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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 14:35

 

 

journaldelenvironnement.net

 

Philippe Martin: «NDDL devra se faire»

Le 24 septembre 2013 par Marine Jobert

Philippe Martin, ministre de l'écologie.
Philippe Martin, ministre de l'écologie.
DR

 

Lors d’une émission, le ministre de l’écologie n’a pas tergiversé, embrassant la position de Jean-Marc Ayrault sur la construction du futur aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Encore une couleuvre à avaler pour les écologistes, qui accueilleront toutefois Philippe Martin et le Premier ministre à Angers lors de leurs journées parlementaires.

L’avantage des émissions radios filmées, c’est qu’en plus du son, on bénéficie de l’image. Et celle de Philippe Martin, invité du Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI, ( *à 29’55" sur la vidéo)  au moment où les journalistes lui demandent s’il partage les vues de Jean-Marc Ayrault sur l’aéroport de Notre-Dame des Landes, vaut le détour. «Ma position est la même que celle du Premier ministre, ça ne va pas vous surprendre», ébauche-t-il après avoir ravalé un grand sourire, mettant en avant les «négociations qui ont lieu, sur les transports et sur le plan agricole».

A l’écouter, l’ambiance aurait presque changé autour du dossier explosif de l’implantation de ce second aéroport en banlieue nantaise. «Ce dossier est moins dans cette phase exubérante que nous avons connue, il est rentré dans une phase de discussions et de négociation.» Vous pensez que ça va se faire?, lui demande un journaliste. Philippe Martin a une moue, semble hésiter, avant de lâcher: «Je pense qu’à l’issue des consultations qui ont lieu actuellement, c’est un équipement qui devra se faire». La suite sonne bizarrement, presque inaudible, quand le ministre de l’écologie assure que ses services instruiront de façon indépendante les questions relatives à la biodiversité.

 

Beaucoup d’obstacles préalables

C’est faire peu de cas de l’issue, qui pourrait être défavorable, des différentes mises en garde lancées par la commission de dialogue, la mission agricole et le comité d’experts scientifiques. Fin juin, le ministre des transports en prenait d’ailleurs acte. A commencer par l’approfondissementdes coûts de réaménagement de l’actuel aéroport de Nantes-Atlantique –si ce site est maintenu- sur la base de 5, 7 et 9 millions de passagers, qui devra être soumis à un débat contradictoire. «Un nouveau groupe de travail doit être constitué, associant étroitement les acteurs locaux à ces études. A chaque étape, le caractère ouvert du débat devra être garanti par l’accès de tous aux données d’études certifiables», écrivait Frédéric Cuvillier. Un groupe qui n’a toujours pas vu le jour. Le ministre évoquait également les mesures de compensation environnementales, à revoir selon les experts mandatés. «Les travaux ne pourront s’engager tant que la faisabilité de ces mesures n’aura pas été démontrée», a-t-il assuré. Récemment, le gouvernement a réussi à esquiver, grâce aux socialistes européens, l’envoi d’une mission d’eurodéputés en octobre sur le terrain, dans le cadre d’une enquête sur de potentielles infractions du projet au droit communautaire. Et la Commission européenne a jugé, la semaine passée, qu’il n’était pas indiqué d’ouvrir une «procédure d’infraction», mais qu’elle allait «continuer à surveiller de très près l’évolution du dossier. C’est au vu de l’ensemble qu’elle prendra sa décision».

 

Durand sur le départ?

Ces récents exemples démontrent à quel point NDDL semble l’otage de rapports de force oscillants et fragiles. Les adhérents d’Europe Ecologie-les Verts comptent leurs plumes après la Bérézina de la Conférence environnementale, où seuls quelques caciques ont exprimé de la satisfaction devant les annonces gouvernementales. Pascal Durand y a perdu son leadership de secrétaire national, après avoir lancé un ultimatum à Jean-Marc Ayrault qui aurait déplu à des élus écologistes. A tel point que le nom de sa successeure, poussée par Cécile Duflot, s’affiche déjà dans tous les journaux. Il s’agirait d’Emmanuelle Cosse, 39 ans, ex-présidente de l’association Act-Up, fraîchement «convertie», puisqu’elle a rejoint EELV en 2009. Elle est actuellement vice-présidente du conseil régional d’Ile-de-France, chargée du logement, et accessoirement compagne de Denis Baupin, vice-président de l’Assemblée nationale.

 

Ayrault invité d’EELV

Alors qu’ils sont très préoccupés par leur congrès de novembre à Caen et par la motion qui rassemblera le plus de voix, aucun élu écologiste n’a pris la parole aujourd’hui pour répliquer à Philippe Martin. Bien au contraire, il sera accueilli, avec le Premier ministre, aux journées parlementaires d’EELV, les 25 et 26 septembre à Angers. Au menu de la seconde journée: «La façon dont les écologistes doivent aborder ‘l’An 2’ de leur participation gouvernementale, sur fond d’un agenda européen incontournable. Un pot de clôture sera servi en présence du Premier ministre.» Cela ne s’invente pas.

 

 

 


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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 14:25

 

reporterre.net

 

Les plantes manipulées pour résister aux herbicides se multiplient discrètement

Appel de Poitiers

mercredi 25 septembre 2013

 

 

 

Les plantes VRTH (Variétés Rendues Tolérantes aux Herbicides), aussi nocives que les OGM mais moins encadrées juridiquement, sont au coeur des préoccupations des dix-huit organisations à l’origine de l’Appel de Poitiers. Elles seront reçues le jeudi 26 septembre par les ministères de l’agriculture et de l’écologie.


S’appuyant sur le rapport de l’expertise collective INRA-CNRS de 2011 diligentée par les ministères de l’agriculture et de l’écologie, les organisations signataires de « l’Appel de Poitiers » de juin 2012 ne cessent d’interpeller ces mêmes institutions et l’ANSES [Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation], sur les conséquences sanitaires, environnementales, socio-économiques, écologiques et agricoles de l’utilisation des semences de variétés rendues tolérantes aux herbicides (VRTH) issues de la mutagénèse provoquée ou de la sélection de mutations spontanées.

Ces plantes dont le génome a été modifié ou sélectionné pour les rendre tolérantes aux herbicides ont les mêmes conséquences néfastes que les OGM issus de la transgénèse mais sont exclues de l’encadrement législatif et donc des obligations d’expertises, d’évaluation et d’étiquetage. Aucune mesure n’a été faite de l’impact de ce type de culture sur le milieu, les populations d’insectes pollinisateurs, la chaîne alimentaire humaine et animale.

Ces variétés sont couvertes par des brevets ou des droits de propriété industrielle ce qui de fait, généralise la main mise sur le « bien commun » originel de l’agriculture que sont les semences et tend à réduire le volume de la biodiversité cultivée. Ces semences créées pour être aspergées de désherbant sont en contradiction totale avec le discours politique actuel qui promeut une agriculture différente en développant l’agro-écologie.

Après les tournesols VRTH mutés, cultivés depuis 2009, et en très fort développement, la campagne 2013 voit l’arrivée des semis de colzas VRTH mutés qui par leurs caractéristiques biologiques vont poser des problèmes de pollutions génétiques et chimiques irréversibles d’une toute autre échelle.

Après la lettre ouverte au ministre de l’agriculture du mois de juillet, le courrier adressé au ministre de l’environnement du mois d’août, et l’inspection citoyenne dans une coopérative agricole en Lorraine le 2 septembre dernier, le collectif pour « L’Appel de Poitiers » a fini par obtenir un rendez vous conjoint avec les ministères concernés le 26 septembre à 14h au ministère de l’environnement, 246 Bd St Germain à Paris.

Le point de vue des citoyens sur les problématiques des VRTH va, enfin, être entendu de façon collégiale par les différents acteurs du dossier.

 



Source : Courriel à Reporterre du collectif pour L’appel de Poitiers

Photo : Garden design ideas

Lire aussi : OGM ou non ? La mutagenèse n’est pas la transgenèse

 

 

 

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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 14:16

 

Le Monde.fr avec AFP

25.09.2013 à 16h05

 

 Manifestations antifascistes en Grèce et opérations de police contre Aube dorée

 

 

 
Manifestants à Athènes, le 25 septembre. L'assassinat du musicien antifasciste Pavlos Fyssas, 34 ans, la semaine dernière dans une banlieue proche d'Athènes, a bouleversé le pays.

Plusieurs milliers de personnes manifestaient mercredi 25 septembre contre le fascisme à Athènes et ailleurs en Grèce, où les opérations de police se poursuivaient contre le parti néonazi Aube dorée.

Le point culminant de ces manifestations était attendu dans la soirée dans la capitale, où partis de gauche, syndicats et associations antifascistes ont appelé à un grand défilé. Ils s'insurgent contre l'assassinat, la semaine dernière dans une banlieue proche d'Athènes, de Pavlos Fyssas, un rappeur antifasciste de 34 ans, par un camionneur qui a confirmé son appartenance au parti néonazi Aube dorée.

 

Lire (édition abonnés) : "La Grèce sous le choc de la violence d'Aube dorée"

 

"Nous appelons à la mobilisation de tous les groupements sociaux et institutionnels", a déclaré le parti socialiste Pasok, qui partage le pouvoir avec la droite, tandis que le parti de la gauche radicale Syriza, principale formation de l'opposition, a appelé à "un défilé pacifique pour défendre la démocratie".


OPÉRATIONS POLICIÈRES CONTRE AUBE DORÉE

 La semaine dernière des manifestations antifascistes avaient été émaillées d'affrontements avec la police antiémeute. Des défilés étaient organisés dans d'autres villes, notamment à Salonique (nord).

Accusée par la presse de passivité, voire de complaisance, face aux agissements des néonazis, la police grecque multiplie désormais les opérations contre Aube dorée. Deux généraux de police en poste dans le sud et le centre de la Grèce ont démissionné lundi, et plusieurs cadres de la police sur l'île d'Eubée, au nord d'Athènes, ont été suspendus parce qu'ils n'avaient pas enquêté sur la présence d'armes dans des locaux d'Aube dorée.

Mardi soir, un policier chargé de la protection d'un député d'Aube dorée a été arrêté, après la découverte dans les locaux de ce parti, à Agrinio (centre), d'objets et de cartouches de chasse lui appartenant.

En septembre 2012, ce policier avait été mis en disponibilité, étant soupçonné d'avoir participé, avec le député d'Aube dorée Kostas Barbaroussis, à la destruction d'étals de marchands issus de l'immigration, près de cette même localité.

 

ENQUÊTE DANS TROIS COMMISSARIATS

Aube dorée, qui surfe sur la grave crise économique en Grèce, a fait son entrée au Parlement en juin 2012 avec 18 députés, sur les 300 que compte la chambre. La police devrait procéder dans les prochains jours à des perquisitions dans d'autres locaux de ce parti, dans le cadre d'une vaste enquête sur ses liens éventuels avec certains éléments de la police.

La police a aussi ordonné une enquête dans trois commissariats de la banlieue sud-ouest de la capitale, soupçonnés d'avoir toléré des violences orchestrées par Aube dorée.

Parallèlement à cette mobilisation contre l'extrême droite, les mouvements sociaux se poursuivent contre une brutale réforme du secteur public dictée par la troïka des créanciers (Union européenne-Banque centrale européenne-Fonds monétaire international). Des milliers de fonctionnaires seront mutés ou licenciés dans le cadre de ce plan. La centrale des fonctionnaires Adedy observait mercredi la seconde journée d'une grève de quarante-huit heures.

De hauts responsable de la troïka poursuivent cette semaine à Athènes l'audit régulier des comptes de la Grèce, en vue du versement de prochaines tranches de prêts.

Lire le décryptage (édition abonnés) : "En Grèce, la violence d'Aube dorée 'relève d'une tactique politique'"

 

 

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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 14:01

 

mediapart.fr

 

Gaz de schiste : le Conseil constitutionnel se prononcera le 11 octobre

|  Par Jade Lindgaard

 

 

Le principe de précaution est au cœur du litige opposant l’État au pétrolier Schuepbach, qui considère inconstitutionnelle la loi de 2011 interdisant la fracturation hydraulique en France. Décision le 11 octobre.

 

C’est la toute fin de l’audience, en ce mardi 24 septembre, et l’avocat du pétrolier Schuepbach, initiateur de la question prioritaire de constitutionnalité (QPC) posée à l’encontre de la loi interdisant la fracturation hydraulique, se fend d’un dernier tacle aux opposants aux gaz de schiste : marquant de la main la hauteur supposée d’une tête de puits de forage, au niveau de la poitrine, il ajoute : « On peut l’habiller de pierres pour faire une jolie petite cabane. » Un décor sympathique, écolo compatible. Du greenwashing pour de rire. Soupirs énervés dans la salle de vidéo conférence ouverte au public par le conseil constitutionnel.

 

Occupation de la plateforme pétrolière de Jouarre par le collectif Les Dindons, 22 septembre 2013. 
Occupation de la plateforme pétrolière de Jouarre par le collectif Les Dindons, 22 septembre 2013.

Le défenseur partage ensuite avec les juges un souvenir d’enfance : ces leçons où l’on apprenait que la France est « une grande puissance » car « nous avons du gaz de Lacq », du nom de ce gisement de gaz naturel près de Pau, dans les Pyrénées-Atlantiques, aujourd’hui épuisé. « Je viens surtout trop tard dans un monde trop vieux. » Ancien cadre dirigeant de Suez environnement, autrefois commissaire du gouvernement au conseil d’État, Marc Fornacciari, désormais « partner » au cabinet Dentons, n’a pas lésiné sur les symboles pour appuyer la QPC de son client, une société basée à Dallas, spécialisée dans l’exploration de gaz et d’huile de schiste. Une entreprise « absolument inconnue » met en garde Alexandre Faro, avocat de Greenpeace, entendue à sa demande en défense de la loi du 13 juillet 2011 bannissant la fracturation hydraulique en France.

C’est le 11 octobre que le conseil constitutionnel doit déclarer la loi Jacob conforme ou non à la constitution. L’enjeu est important car en cas de censure du texte, l’abrogation des sept permis de recherche décidée par François Hollande en 2012, ainsi que de trois autres sous le mandat Sarkozy, pourraient être remises en cause. Même si le chef de l’État s’est engagé lors de son allocution télévisée du 14 juillet : « Tant que je suis président, il n'y aura pas d'exploration de gaz de schiste », un rejet de la loi par les juges signifierait une victoire symbolique retentissante pour les producteurs d’énergie. Pendant toute la durée du débat national sur la transition énergétique, le lobby patronal n’a cessé de s’en prendre à ce texte, accusé de priver la France de la manne des hydrocarbures non conventionnels (voir ici).

Face à ce pilonnage, Alexandre Faro craint qu’« on ne laisse le conseil constitutionnel prendre la décision que l’État ne veut pas prendre ». Une inquiétude partagée par d’autres, alors que les collectivités locales, déboutées par le conseil constitutionnel, protestent contre leur exclusion de la procédure (voir ici). « Incompréhension et inquiétude d’autant plus grandes », écrivent la région Île-de-France et le conseil général de Seine-et-Marne, que le rapporteur public du conseil d’État s’est prononcé en faveur du rejet de la QPC déposée par les communes de Nonville et la communauté de communes de Morêt-Seine-Loing contre l’autorisation de travaux accordée au pétrolier Hess oil (pour un forage d’huile de schiste).

Le problème, c’est que la loi semble « vulnérable », analyse Thierry Cornillet, l’avocat du département de l’Ardèche. Elle n’est pas « fragile », conteste Alexandre Faro, qui considère néanmoins que la loi Jacob de juillet 2011 fut « une réponse urgente, rapide et probablement un peu inadaptée à un problème posé par l’inadaptation du code minier, qui date de 1946 », époque lointaine où le droit de l’environnement n’existait pas.

Schuepbach attaque la loi prohibant la fracturation hydraulique sur un point faible déjà repéré par les députés lors du débat dans l’hémicyle : la référence au principe de précaution. Selon l’article 5 de la charte de l’environnement, « lorsque la réalisation d'un dommage, bien qu'incertaine en l'état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l'environnement », l’État prend des mesures « provisoires et proportionnées » pour l’empêcher.

Mais selon Marc Fornacciari, le principe de précaution « n’est pas un principe d’inaction » : « Dans le doute, ne t’abstiens pas mais agis au mieux. » Si bien que la loi ne devrait pas interdire la fracturation hydraulique dans l’absolu, mais l’accompagner de mesures contraignantes « pour mitiger le risque et le ramener à un niveau socialement acceptable », comme la cartographie du sous-sol, l’interdiction de certains produits chimiques, l’installation de piézomètres pour surveiller les nappes phréatiques. C’est pour cette raison que lors du vote, en 2011, les parlementaires ont fini par s’en référer au principe de prévention qui, lui, oblige à agir pour prévenir un risque certain. Schuepbach détenait deux permis de recherche d’hydrocarbures non conventionnels dans le sud de la France (les permis de Villeneuve-de-Berg et de Nant) qui ont été abrogés en octobre 2011, dans la foulée de la loi Jacob.

[[lire_aussi]]Pour le représentant du gouvernement, Thierry-Xavier Girardot, « le principe de prévention constitue une obligation à agir pour les pouvoirs publics ». Il n’est pas selon lui contradictoire mais complémentaire du principe de précaution : « Une mesure conforme au principe de prévention ne peut être regardée comme contraire au principe de précaution. »

Ce n’est pas la moindre ironie de ce recours que de voir un pétrolier, pour une fois, attaquer une loi au nom du principe de précaution. Décision le 11 octobre.

 

 

 

 

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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 13:37

 

mediapart.fr

 

La BCE prête à redonner leur dose aux banques

|  Par Martine Orange

 

 

Le président de la banque centrale européenne s’est dit prêt à accorder de nouvelles facilités de crédit aux banques. Le but : soutenir le système financier européen qui n’est pas rétabli, alors que les banques centrales cherchent à sortir de l’impasse d’une expansion monétaire sans contrôle, sans provoquer de choc.

 

À en croire les dirigeants européens, la situation économique en Europe n’a jamais été aussi dégagée depuis quatre ans. Le bout du tunnel serait à portée de main. Pourquoi alors le président de la banque centrale européenne (BCE) se sent-il dans l’obligation d’envoyer des messages de plus en plus explicites aux banquiers, pour les assurer que la banque centrale sera toujours derrière eux ?

Auditionné lundi 23 septembre par le parlement européen, Mario Draghi a indiqué que la BCE était prête à étendre les facilités monétaires aux banques. « Nous sommes prêts à utiliser tous les instruments y compris un autre LTRO (long term refinancing operation, opération de refinancement à long terme) si nécessaire pour maintenir les marchés monétaires à court terme à un niveau qui est garanti par notre estimation de l’inflation à court terme », a-t-il expliqué. Enfonçant le clou, un des membres de la BCE, Ewald Nowotny, président de la banque autrichienne, a répété mardi qu’il était beaucoup trop tôt pour envisager d’arrêter les mesures non conventionnelles de soutien de la BCE. Il a laissé entendre qu’un autre LTRO était tout à fait possible.

À peine arrivé à la présidence de la BCE, Mario Draghi avait lancé un programme de crédit aux banques, connu sous le nom de LTRO. Entre fin 2011 et début 2012, la banque centrale avait ainsi distribué 1 000 milliards d’euros de crédit à taux zéro remboursables sur trois ans. Ces facilités étaient destinées à éviter l’effondrement du système bancaire européen en pleine crise de l’euro, alors que des banques en difficulté n’arrivaient plus à avoir accès au crédit interbancaire.

Cette facilité, que la BCE avait surnommée la grosse Bertha (par référence au canon allemand pendant la Première Guerre mondiale), avait apporté une bouffée d’oxygène aux banques et permis un relatif apaisement sur le marché obligataire européen. Depuis, quelque 330 milliards d’euros ont été remboursés par les banques européennes. Mario Draghi veut y voir un signe encourageant, jugeant que les banques sont moins dépendantes qu’auparavant des financements de la banque centrale.

 

 
© Reuters

Si le système bancaire se rétablit, et que le remboursement final des banques ne doit avoir lieu qu’en 2015, pourquoi alors annoncer que la banque centrale est prête à les inonder de nouvelles liquidités ? C’est parce qu’en fait, rien n’est vraiment réparé (voir Crise : les banques reviennent sur le devant de la scène). L’Europe, pourtant n’a pas ménagé sa peine : en plus de la BCE, les banques ont bénéficié de 1 600 milliards d’euros d’aides publiques entre 2008 et 2011, soit 13 % du PIB européen. On n’ose même pas imaginer ce que le tiers de ces liquidités accordées aux États européens auraient pu avoir comme effet.

Malgré tous ces subsides, et les dénégations, le système financier européen est plus dépendant que jamais de l’argent des banques centrales. Il en est devenu totalement intoxiqué. Ainsi, c’est au nom de la fin prévisible du LTRO que les banques françaises ont obtenu de faire main basse sur 50 milliards d’euros tirés de la collecte du Livret A.

Dans toutes ses interventions, Mario Draghi ne cesse de souligner les problèmes de transmission monétaire. En clair, les banques ont capté pour elles l’essentiel de l’argent mis à leur disposition par la banque centrale, afin de redresser leurs comptes et nettoyer leur bilan. Mais rien n’a profité à l’économie réelle. C’est le choix volontairement fait d’une politique assumée qui a préféré financer les banques plutôt que les États.

Les conséquences de cette captation de richesses par la sphère financière sont visibles. Des bulles sont en train de se reformer sur certaines catégories d’actifs comme les marchés boursiers, l’immobilier, le pétrole, certaines matières premières agricoles. Mais les niveaux de crédits distribués à l’économie réelle sont toujours aussi bas. Pire : si la fragmentation de la zone euro a été stoppée, la situation ne s’est pas corrigée. Les entreprises italiennes ou espagnoles ont des frais financiers trois à quatre fois plus élevés que les entreprises allemandes ou néerlandaises.

Cet accaparement des financements n’a même pas servi à rétablir les banques. La BCE et les dirigeants européens avaient fait le pari qu’en leur donnant du temps et les facilités financières nécessaires, ces dernières pourraient se refaire. Erreur ! Faute de les avoir obligées à nettoyer leur bilan, à admettre leurs pertes et à les prendre en compte, les banques portent encore dans leur bilan des milliards de créances douteuses. Selon Les Echos, plus de 1 000 milliards d’euros d’actifs douteux ou liquides sont encore stockés dans le système bancaire européen. Ce n’est qu’une estimation.

Les profits dégagés par la spéculation artificielle sur les marchés ne suffisent pas à effacer les turpitudes passées. D’autant que l’austérité généralisée en Europe et la récession aggravent encore la situation. Les crédits accordés à des entreprises auparavant solides, à des ménages jadis fiables, deviennent du jour au lendemain des créances douteuses, en raison de la chute de l’économie et du chômage.

Mais tout cela reste masqué. Lundi, Mario Draghi déplorait lui-même le secret entretenu par les banques sur leur état de santé réel. « Nous devons dissiper le brouillard qui entoure les bilans bancaires dans la zone euro », a-t-il reconnu. Selon le FMI, le système bancaire européen aurait besoin d’être recapitalisé au moins à hauteur de 200 milliards d’euros. L’avertissement date d’il y a deux ans. Il est toujours valable.

La nervosité de la BCE est d’autant plus grande que le lien entre les États et les banques européennes est loin d’avoir été rompu, contrairement à tous les engagements, et ce alors que le système financier international aborde une passe explosive : la Réserve fédérale a laissé entrevoir fin mai qu’elle pourrait graduellement mettre un terme à son troisième programme de quantitative easing. La seule perspective de devoir se priver, même partiellement, des 85 milliards de dollars généreusement distribués chaque mois a mis le monde financier international au bord de l’hystérie. Car lui aussi est devenu totalement « accro »  à l’argent de la FED, qu’il capte, comme en Europe, pour son seul profit.

La plus grande redistribution vers les riches

 
© Reuters

Après cette annonce, des déplacements massifs de capitaux ont eu lieu en quelques jours. Les pays émergents comme l’Inde, le Brésil, la Thaïlande ont subi des départs massifs de capitaux qui sont retournés aux États-Unis, ce qui a déstabilisé totalement leur monnaie et leur économie. Les marchés boursiers occidentaux ont baissé. Les taux obligataires aux États-Unis mais surtout en Europe se sont envolés. Ils n’ont pas rebaissé depuis. Le taux du Bund allemand est de 2 %, contre 1,17 % début mai, ce qui reste un taux historiquement bas. Mais celui du Portugal qui était à 5,2 % est remonté à plus de 7 % et n’a pas diminué depuis, ce qui exclut tout retour sur les marchés pour se financer.

Ces premières réactions ont suffi à mettre en transe les banques centrales : le monde financier leur avait donné un avertissement. Depuis, les banques centrales temporisent. Revenant sur tous les usages, la banque d’Angleterre et la BCE ont dévoilé leurs intentions. Pour les mois à venir, dans l’espoir de rassurer les financiers, elles ont promis de conserver une politique monétaire très accommodante avec des taux d’intérêt très bas. La FED, elle, semble tétanisée après les premières réactions de mai. Alors que tous les traders spéculaient sur une baisse de l’ordre de 10 à 15 milliards de dollars sur ses rachats obligataires, elle a décidé, jeudi dernier, de ne pas bouger et de continuer à déverser ses 85 milliards de dollars mensuels sur les marchés, afin de ne pas bousculer le monde financier dans ses jeux spéculatifs. Loin de rassurer, cet immobilisme a pris tout le monde par surprise : la situation était vraiment plus grave qu’ils ne le pensaient, ont confié par la suite nombre d’analystes bancaires.

Seuls les cyniques, dévoilant tout l’arrière des cartes, se sont réjouis. « C’est une formidable nouvelle pour les riches », s’est félicité Stanley Druckenmiller, gérant de hedge funds millionnaire, au lendemain de l’immobilisme de la FED. « C’est la plus grande redistribution de richesse des classes moyennes et des pauvres en direction des plus riches. Qui possède les actifs ? Les riches, les milliardaires. Vous pensez que Warren Buffet hait cette décision ? (….) Pour moi, j’ai eu une excellente journée. Peut-être que cette politique monétaire qui donne de l’argent aux milliardaires et nous allons le dépenser, va marcher. Mais depuis cinq ans, cela n’a pas marché. »

On ne saurait mieux résumer la politique monétaire actuelle des banquiers centraux. Depuis Greenspan, les banques centrales ont abreuvé de liquidités le système financier. Ignorant le grand transfert des richesses, elles ont gardé les yeux rivés sur l’inflation nominale des salaires, soumis à une intense pression à la baisse, en faisant abstraction des bulles d’actifs créées par ailleurs. Cela a abouti à une succession d’éclatement de bulles (immobilières, internet, matières premières) jusqu’à la crise de 2008. Alors que le système était déjà gorgé de liquidités mal employées, elles ont continué à en déverser des tombereaux, captées uniquement par le monde financier et les riches au détriment de l’économie réelle. En d’autres termes, c’est la politique de la République de Weimar réservée aux seules banques. L’histoire apprend que l’expérience ne dure pas longtemps et finit mal.

Depuis cette réunion du 17 septembre, les membres de la Fed envoient des messages contradictoires. Les uns paraissent partisans de reprendre en main le système tandis que les autres prônent le déversement de nouvelles liquidités en dépit des dangers de plus en plus flagrants de déstabilisation de tout le système mondial. (Voir l’article de Philippe Riès : le non-choix d’Obama.)

« La Fed a compris, à la différence des marchés, que l’actuelle "reprise" ne pourrait pas survivre sans la poursuite du soutien massif des stimulants monétaires. Les économistes mainstream se sont trompés sur les manifestations de l’expansion monétaire de la Fed, notamment sur la hausse des actions et des prix de l’immobilier, les analysant comme des signes d’une croissance réelle et soutenable. Mais les bulles actuelles sur les prix des actifs n’ont pas à voir avec l’économie réelle. Au contraire, elles sont les prémisses d’une crise douloureuse qui sera vraisemblablement pire que celle que nous avons connue il y a cinq ans », avertit Peter Schiff, responsable d’un fonds stratégique.

[[lire_aussi]]Les banquiers centraux en sont là. La politique monétaire qu’ils ont menée pour plaire aux financiers est dans une impasse. Et personne ne voit de sortie aisée. « Le problème des addictions est que cela devient compulsif. (...) Face au choix de diminuer l’addiction ou de fournir encore la drogue du quantitative easing, la Fed a opté pour la dernière solution », résume un commentateur américain.

À ce stade, les banquiers centraux ne savent pas comment sortir de cette impasse. À chaque mouvement, ils redoutent l’explosion. Alors, tous se mettent en ordre pour tenter d’amorcer une sortie, sans bousculer le système financier. En annonçant que la BCE est prête à tout instant à mettre toutes les liquidités nécessaires à disposition des banques, Mario Draghi essaie de prévenir le choc à venir. Il n’est pas sûr que cela soit suffisant.

 

 

 

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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 12:52

 

blogs.rue89.com

Le Yéti - voyageur à domicile

Publié le 24/09/2013 à 17h28

 

 

Marrant, c’est la gauche qui a remporté les élections allemandes. Faites les comptes et vous verrez que les socialistes du SPD, les « gauchistes » de Die Linke et les Verts allemands disposent ensemble d’une majorité de députés au BundestagPublié le 24/09/2013 à 17h28Publié le 24/09/2013 à 17h28.

Mais, eh non, c’est Angela Merkel qui va gouverner.

Avec l’aide du SPD qui ne veut pas entendre parler d’entente avec la gauche de sa gauche.

On appelle ça une coalition. Comme en Grèce où la droite conservatrice gouverne avec ce qui reste du Pasok socialiste. C’est à la mode, les coalitions.

Vous allez voir que ça va nous arriver en France : une coalition UMP-PS, avec quelques satellites Verts en mal de carrière, au nom (diront-ils) du front anti-crise, du front anti Front (national) et de la lutte contre l’invasion islamico-Roms.

Le journal Deutsche Wirtschafts Nachrichten (Nouvelles économiques allemandes), vicieux comme pas un, y voit d’autres motifs et insinue que cette nouvelle coalition germaine fait drôlement les affaires des banquiers de Goldman Sachs. D’ailleurs, ceux-là ne se privent pas de le dire.

Une coalition qui vient fort à propos

En témoignent les déclarations étonnamment complémentaires de Mario Monti (consultant Goldman de 2005 à 2011 avant d’être imposé dans la foulée comme premier ministre en Italie), de Dirk Schumacher (actuel stratège en chef de la banque d’investissement tentaculaire) et d’un fonctionnaire de la Commission européenne.

« Si une grande coalition vient à propos, je m’attends à ce que des progrès soient réalisés en matière d’intégration européenne... » (Mario Monti).

« ... en particulier si l’on tient compte du fait que le SPD et les Verts ont toujours voté avec le gouvernement au Bundestag sur les différentes mesures de soutien financier » (Dirk Schumacher).

« Avec cette nouvelle coalition, la coopération européenne sera plus facile qu’avec le FDP [mouvement des libéraux, membre de l’ancienne coalition, grand perdant des dernières élections, et qui avait rechigné maintes fois à voter les fameuses mesures de “soutien financier” aux banques, ndlr] » (le fonctionnaire de la Commission).

La grande ambition du groupe Spinelli

Sournois, le DW Nachrichten fait observer que la nouvelle coalition allemande complètera à merveille le lobby du groupe Spinelli au Parlement européen. 100 députés du Parlement de Strasbourg sont en effet aujourd’hui membre de ce groupe influent qui milite, encore un hasard, « pour repousser l’influence des Etats-nations et un super-Etat européen ».

Au fait, pour info, le groupe Spinelli fut créé en 2010 et compte parmi ses co-fondateurs, Mario Monti (à l’époque encore consultant Goldman), Joschka Fischer (Verts) et Daniel Cohn-Bendit (ex-révolutionnaire repenti).

Ajoutez à cela qu’Alexander Didelius, chef de Goldman Sachs en Allemagne, est un proche d’Angela Merkel. Que l’ambassadeur américain actuellement en poste dans le pays est aussi un ancien de Goldman. Sans parler de Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne et ex-vice-président de Goldman de 2002 à 2005).

La finance en pôle-emploi des politiques

Et vous aurez compris que si l’union économique européenne ou, encore pire, sociale, tarde à se parfaire, l’union sacrée financière, elle, fonce à plein galop.

L’union politique ? Réalisée de fait et depuis belle lurette, sachant que si, comme on vient de le voir, le monde de la finance est grand pourvoyeur de nos responsables, il en est aussi le grand et bénéfique recycleur. Exemple : Gerhard Schröder, ex-chancelier SPD, recyclé depuis 2005 dans le monde des affaires et notamment, un temps, comme conseiller de... Goldman Sachs.

Vous me direz, pas grave, puisque comme vous nous le répétez souvent, cette petite clique financière va forcément mordre la poussière. Oui, mais comme le souligne le DW Nachrichten, il y aura toujours une bonne âme pour essayer de ramasser les miettes au moment du big crash. Scout Goldman Sachs, toujours prêt !

 

 

 

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24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 17:13

 

tourdefrancedesalternatives.fr

  Ecolieu du Portail : vivre et travailler autrement

 

 

 

jointout-écolieu-habitat-groupé
Nom de l'alternative : Ecolieu du Portail
Ville : Torpes (71)
Thématique : Logement
 
                                                                                                                                                                                                                           Ils ne se connaissaient pas mais partageaient un même projet : habiter un logement groupé autoconstruit et écologique. Alors ils se sont rassemblés et ont créé l'écolieu du Jointout, un espace à la frontière entre regroupement agricole et lieu de vie collectif.

Vivre et travailler autrement. Voilà ce qui a poussé 4 familles qui pour la plupart ne se connaissaient pas à se réunir pour réfléchir à la mise en place d’un d’écolieu. « L’idée était de créer un habitat groupé en autoconstruction, écologique, avec certaines infrastructures partagées comme une bibliothèque, la buanderie, une salle commune ou une voiture », explique Thomas, un maraîcher allemand engagé dans l’aventure.

Dès le départ, le groupe qui s’est constitué autour du projet a émis le souhait de s’installer en compagnie d’agriculteurs. « On ne voulait pas que ce soit un écolieu dortoir, d’où l’importance d’avoir des gens qui travaillent sur place. Et puis les agriculteurs sont les professions les plus indispensables à l’humanité », estime André, un autre protagoniste du projet.

Une aubaine pour Adèle, bergère états-unienne, qui voulait « réduire [s]on impact sur les terres agricoles mangées chaque année par l’urbanisation » et travailler à proximité de son lieu de vie. Irène quant à elle avait à cœur de « ne pas rester dans la révolte et d’agir concrètement contre l’individualisme, la destruction de la planète et des hommes ». Son époux, Dominique, reconverti dans la boulangerie bio était également « fatigué de voir des gens qui sont uniquement dans la protestation mais qui ne font rien. Maintenant, je suis content de dire : mais si on peut faire des choses ». Quant à André et Françoise, un jeune couple de retraités, c’est la peur de l’isolement et de la dépendance qui les a motivés a tenter l’aventure du collectif : « On a pris conscience de ça en voyant nos parents décliner. Eux avaient leurs enfants à proximité, nous ce n’est pas le cas. On se demandait comment on allait vieillir ».

Besoin de cohérence

Et même si les motivations de chacun diffèrent, ils partagent tous l’envie de « mettre leur vie en cohérence avec leur principes ». Alors, pour donner corps à ce projet d’habitat groupé, ils ont créé en 2007 l’association « du grain à moudre ». Pendant 3 ans, ils se sont réunis chaque mois pour débattre de la forme que prendrait leur futur logement commun et pour travailler sur les statuts et la recherche du lieu.

En 2010, ils jettent leur dévolu sur une ancienne exploitation agricole à Torpes, petit village au cœur de la Bresse. Dans la foulée, ils créent une société civile immobilière pour acheter ensemble 3 hectares de terrain qui serviront à accueillir leur futur habitat. L’association Terre de liens, qui aide des agriculteurs à s’installer ou à se maintenir, a acheté les 40 hectares de terres restant qu’elle loue au maraîcher et aux éleveurs de l’écolieu.

Mutualisation du matériel

 

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Afin de pouvoir commencer les travaux, les 4 familles s’installent sur les lieux dans des maisons en location. La priorité est mise sur les bâtiments professionnels qui sont vite édifiés, notamment celui qui accueillera la boutique commune du maraîcher, des fromagers et du boulanger. Pour les agriculteurs, tout se passe comme prévu. Ils ont pu commencer leur activité et organisent des ventes à la ferme et distribuent leur production dans des Amap ou lors des marchés.

Ce regroupement, au delà de l’aspect social comporte de nombreux avantages pour les jeunes paysans : « On partage du matériel, on se relaie pour faire les marchés, et on mutualise les bâtiments professionnels. Nous ne dépendons pas de l’extérieur, le foin, les céréales et la paille pour les bêtes sont faits ici. Le fait de travailler ensemble nous permet aussi de nous relayer pour les week-ends car traditionnellement, dans les fermes familiales, tu ne peux jamais partir, ici c’est possible », se réjouit Thomas.

Mais si les installations agricoles sont presque toutes en état de marche, les travaux du bâtiment d’habitation, eux, n’ont commencé que cet été. Néanmoins, bien qu’ils n’habitent pas encore ensemble, la cohabitation a déjà commencé. Tous les midis de la semaine, ils mangent ensemble un repas préparé par l’une des familles. Ils se réunissent également une fois par semaine pour régler les affaires courantes et une fois par mois, parfois pendant un week-end entier, pour réfléchir à l’avenir.

Apprentissage de la cohabitation

Et la vie en collectif n’est pas toujours aisée. « Dès que tu veux faire quelque chose à plusieurs c’est problématique, parfois vraiment chiant. En couple c’est déjà compliqué. Là, c’est comme un deuxième couple sauf qu’on est pas mariés avec eux ! », ironise Thomas. Yann, le berger du groupe, prend également l’exemple des relations amoureuses pour décrire son ressenti : « Ce projet, c’est comme dans un couple, au début tout se passe bien, mais un moment, le côté humain ressort et les projections de chacun se confrontent », analyse-t-il. Chaque membre veut défendre sa vision du projet et convaincre le reste du groupe.

Alors, pour éviter les clashs, il faut « accepter les défauts des autres et le fait qu’on ne soit pas parfaits », estime Irène. Faute de quoi, « on pourrait passer notre temps à se chercher des poux dans la tête. Tout le monde a l’impression de faire plus que les autres », raconte Dominique.

Mais même si les débats sont parfois houleux, les futurs habitants ne regrettent pas leur engagement : « On apprend plein de choses. Chacun arrive avec ses compétences, sa sensibilité différente. Ça contribue à la bonne santé d’un groupe. On voit se dégager une forme d’intelligence qui dépasse les individus, chacun met son égo de côté. C’est une forme d’abandon de chaque membre du groupe face au collectif », résume Yann dans un accès de lyrisme.

Pas de recette miracle

Et pour que les débats se passent dans les meilleures conditions possibles, ils ont mis en place des méthodes de communication afin que chacun puisse s’exprimer. A chaque réunion, une personne est en charge de la distribution des tours de paroles et une autre s’occupe de la rédaction du compte-rendu. Ils utilisent également des cartons de couleur pour exprimer leur désaccord ou demander des précisions sans avoir à se couper la parole. Les décisions sont prises au consensus et non au vote pour éviter la frustration de ceux qui verraient leur avis rejeté par ce que l’on appelle couramment « la dictature de la majorité ».

Néanmoins, pour que ce genre de projet fonctionne, « il n’y a pas de recette miracle. C’est presque un coup de bol si ça marche, s’amuse Dominique. Ça dépend de la bonne volonté des gens »… Et de leur capacité à se mettre d’accord sur un projet commun. Pas toujours facile lorsqu’on vit dans une société ou les rapports humains sont basés principalement sur la compétition et non la coopération. Néanmoins, Dominique relativise la difficulté de cette aventure :

« Quand on était dans l’abstrait, on avait l’impression de créer quelque chose d’extraordinaire. Maintenant qu’on a commencé, on trouve ça banal. Le plus extraordinaire c’est de rencontrer des gens et de vivre cette expérience avec eux ».


Emmanuel Daniel

12/09/2013
Cet article est libre de droits. Merci cependant de préciser le nom de l’auteur et un lien vers l’article d’origine en cas de republication

 


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24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 16:56

 

 

Jeux de pouvoirs
 

Jeux de pouvoirs

mardi 24 septembre à 20h50 (90 min)

EXTRAIT 1 min ici

 

Jeux de pouvoirs

mardi 24 septembre à 20h50 (90 min)

  Rediffusé lundi 07.10 à 8h55

Éprouvées par la crise de 2008, la France et l'Union européenne tentent de reprendre la main face aux marchés. Cette enquête à suspense nous introduit dans les coulisses du pouvoir, révélant un éreintant bras de fer entre mondes bancaire et politique.


Ce programme est disponible en vidéo à la demande ou DVD Acheter  

 

Débouchant sur une crise économique dévastatrice, la déroute financière de 2008 a montré la fragilité du pouvoir politique face à une spéculation sans contrôle. Elle a aussi révélé pour la première fois qu'un État pouvait ne pas rembourser sa dette, exacerbant l'agressivité des marchés. Ceux-ci réclament aujourd'hui toujours plus de garanties aux gouvernements européens lorsqu'ils empruntent de l'argent, mettant en péril l'économie des pays du Sud. Jusqu'en 2012, l'Europe, suivant l'axe du tandem "Merkozy", a fait le gros dos et s'est rangée du côté de l'austérité. Mais l'élection de François Hollande a fait naître un nouvel équilibre au sein de l'Union.

Le 28 juin 2012, lors du Conseil européen, les chefs d'État français, espagnol et italien font plier la chancelière allemande : ce sera dorénavant l'Europe qui renflouera les banques et non les États. Mais celle-ci pose une condition : la création d'une union bancaire européenne qui assujettira ces établissements en cas de problème. De son côté, François Hollande annonce un projet de loi visant à réguler les activités des banques françaises. Aussitôt, les lobbyistes multiplient déjeuners et interviews, pour tenter d'influer sur sa rédaction. Une fois qu'il est présenté, des députés, emmenés par la dynamique Karine Berger, rapporteuse du projet, luttent pied à pied pour défendre leurs amendements.

Marathons législatifs

Cette formidable enquête nous entraîne au cœur de batailles, feutrées mais sans merci, entre mondes politique et bancaire. "C'est eux ou nous", résume le Belge Philippe Lamberts, député vert européen, qui, au bout de deux ans de marathon législatif, a réussi à faire adopter une loi rendant plus transparentes les activités des banques dans les paradis fiscaux. Ce documentaire nous fait vivre chaque petite victoire et coup fourré avec suspense, grâce à un montage nerveux et aux interviews des acteurs clés du dossier : outre les deux hérauts susmentionnés, le commissaire européen Michel Barnier, le président François Hollande, le président du Parlement européen Martin Schulz, ainsi que des journalistes, des experts et des responsables bancaires. Il nous introduit dans les coulisses tortueuses de l'Assemblée nationale, de Bercy et de Bruxelles, et dévoilent les tractations internes, qui, grâce à la détermination de quelques-uns, aboutissent parfois à reprendre la main face à un monde financier, à qui l'on avait tout permis.

 

 

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24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 16:42

 

 

actualites-news-environnement.com

 

La Russie saisit un navire de Greenpeace en Arctique et ouvre une enquête pour piraterie

 
La Russie saisit un navire de Greenpeace en Arctique  


La Russie a saisi un navire de Greenpeace en Arctique dans le cadre d’une enquête pour piraterie, alors que l’organisation avait pris pour cible une plateforme pétrolière dans la région.

Le Service de Sécurité Fédérale de la Russie a annoncé vendredi qu’il avait saisi un bateau international de Greenpeace et son équipage après une série de manifestations dans une plateforme pétrolière au large dans l’Océan Arctique, et qu’il bloquerait le navire au port de Murmansk pour mener une enquête.

  

La saisie du navire jeudi soir, qui a été réalisée par des gardes-frontières armés, menace de se transformer en confrontation diplomatique, dans la mesure où l’équipage comprend des citoyens de plusieurs pays, y compris un américain.

 

 

 

Le Ministère des Affaires Etrangères de la Russie a déjà porté plainte contre l’ambassadeur néerlandais car le navire, l’Arctic Sunrise, est enregistré aux Pays-Bas et le siège de Greenpeace se trouve à Amsterdam.

 

Le navire a été saisi dans les eaux internationales près de la plateforme de Prirazlomnaya dans la mer de Pechora

  

Le Service de Sécurité Fédérale, qui supervise les gardes-frontières de la Russie, a déclaré dans un communiqué que le navire a été saisi dans le cadre des lois régissant la zone économique exclusive de la Russie et que ses activités seront rapportées au Comité d’Enquête du pays pour des poursuites criminelles possibles.

  

La branche régionale du comité a déclaré qu’elle envisageait des poursuites pour cause de piraterie.

  

Le navire a été saisi dans les eaux internationales près de la plateforme de Prirazlomnaya dans la mer de Pechora, près de l’île de Novaya Zemlya. La plateforme, propriété du géant russe Gazprom, est la première plateforme pétrolière au large dans l’Arctique. Elle a été terminée l’an dernier et devrait commencer à pomper du pétrole au printemps prochain. Greenpeace a envoyé son navire dans la zone le mois dernier pour protester contre les risques du forage dans un environnement si fragile et une région préservée jusqu’alors.

  

Mercredi, deux des militants du navire ont réussi à monter sur la plateforme et ont été arrêtés, suscitant la première réaction diplomatique de la Russie. Les troupes de la frontière ont aussi tiré plusieurs tirs d’avertissement pendant les manifestations, mais personne n’a été blessé pendant la prise du navire jeudi soir, d’après Greenpeace et le service de sécurité.

  

Pourtant, le directeur de la campagne Arctique de Greenpeace, Ben Ayliffe, a déclaré que la saisie était sans précédent.

  

« Nous n’avons aucune idée de pourquoi ils sont retenus » a-t-il déclaré à propos de l’équipage du navire. « Sont-ils accusés de quelque chose ? Pourquoi retiennent-ils notre navire dans les eaux internationales ? ».

  

Le service de sécurité a déclaré que 27 personnes se trouvaient à bord, y compris 4 russes. Greenpeace a déclaré que l’équipage totalisait 30 personnes. La raison de cet écart n’est pas encore claire.

  

Les responsables de Greenpeace à Moscou, qui ont surveillé les activités du navire dans les bureaux de l’organisation, ont déclaré qu’il n’y avait eu aucun contact avec l’équipage depuis jeudi soir, et aucune réponse officielle de la part des autorités au-delà du communiqué du service de sécurité vendredi, confirmant la saisie.

  

D’après Greenpeace, à sa vitesse actuelle, le navire arrivera à Murmansk lundi.

  

Avant l’interruption des communications, les militants ont signalé que les troupes qui avaient abordé le navire « se comportaient correctement, mais de manière bureaucratique, soviétique »  a déclaré Vladimir Chuprov, un leader de Greenpeace Russie.

  

Dans son communiqué, le service de sécurité a déclaré qu’une fouille du navire avait découvert une « grande collection » d’équipements photographiques et vidéo et de petits navires, suggérant des activités nuisibles pour la sécurité nationale russe.

  

« Ce que fait le service de sécurité ce n’est pas protéger l’intérêt national » a déclaré Vladimir Chuprov.

 

 

 


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24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 16:26

 

Le Monde.fr

 

Nouvelles émeutes des ouvriers du textile au Bangladesh

Le Monde.fr | 24.09.2013 à 11h59 • Mis à jour le 24.09.2013 à 12h20

 

 

 

 

 

Des milliers d'employés de l'industrie textile au Bangladesh ont manifesté lundi 23 septembre afin de réclamer un salaire mensuel minimal de 100 dollars, obligeant une centaine d'usines à interrompre leurs activités. Il s'agit de la troisième journée de suite de protestation des employés du textile, dont certains ont bloqué des rues et s'en sont pris à des véhicules dans les quartiers industriels de Gazipur et Savar, en périphérie de la capitale, Dacca.

A l'heure actuelle, le salaire minimum moyen au Bangladesh est de 38 dollars, la moitié de celui pratiqué au Cambodge, et le gouvernement mène actuellement des négociations avec les syndicats et les organisations patronales sur une éventuelle revalorisation.

En avril, l'effondrement d'un bâtiment qui abritait des ateliers de confection avait provoqué la mort de 1 130 personnes et avait mis en lumière les conditions d'exploitation de la main d'œuvre du pays. Des graves émeutes avaient eu lieu.

Le Monde.fr

 


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