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21 septembre 2013 6 21 /09 /septembre /2013 17:11

 

 

marianne.net

 

Série noire chez JP Morgan

Vendredi 20 Septembre 2013 à 20:15

 

Adrien Francius

 

Après une perte de 6,2 milliards de dollars en 2012 et les dissimulations qui s’en sont suivies, le mastodonte de Wall Street croule sous les condamnations.

 

Mark Lennihan/AP/SIPA
Mark Lennihan/AP/SIPA
Malgré une faible baisse de l’action JP Morgan ce jeudi, la condamnation de la banque à 920 millions de dollars est un coup dur pour ce roi de la finance. La condamnation porte essentiellement sur le défaut de surveillance des actions menées par les traders et les tentatives de dissimulation des pertes de la firme. « L’état major de JP Morgan a violé une règle cardinale du gouvernement d’entreprise en privant son conseil d’administration d’informations critiques qui auraient été nécessaires pour pouvoir évaluer correctement les problèmes » fustige l’autorité des marchés financiers américains (SEC). Les régulateurs américains et britanniques empochent eux, un sacré-pactole, entre 200 et 300 millions de dollars pour chacune des quatre autorités.
 
En charge d’une unité de trading à la City, Bruno Iksil, le trader français, qui avait acquis une position de force sur le marché des assurances sur crédit (CDS, une invention de JP Morgan), a vu pourtant son portefeuille fondre suite à un revirement des marchés financiers. Rien d’illégal jusque là. Les infractions commises par JP Morgan viennent ensuite avec la dissimulation des pertes, les falsifications de la valeur des transactions et les mensonges.

La hiérarchie de l’établissement est également dans la combine en ayant couvert, sans vérifications, les agissements des traders. Pour faire face au scandale, Jamie Dimon, le PDG de la banque s'est voulu rassurant en indiquant qu’il allait destiner un milliard de dollars « au renforcement des procédures de contrôles », notamment pour éviter de futurs amendes.
 
Ayant coopéré avec les autorités de régulation, Bruno Iksil bénéficie d'une l’immunité. En revanche deux de ses collègues sont inculpés pour dissimulation des pertes, fraude boursière, etc. Pour l’heure, les dirigeants de la banque n’ont pas été inculpés, mais les suites de l’enquête pourraient en décider autrement.
 
Outre le scandale lié à « la baleine de Londres », JP Morgan a également escroqué ses clients en leur facturant des services de protection de carte bancaire dont ils ne profitaient pas en réalité. Cette dernière devra par conséquent indemniser ses clients à hauteur de 309 millions de dollars. Pour faire face à ses procès en cascade, l’établissement de crédit a augmenté son budget de frais de justice, pour une somme atteignant 1,5 milliard de dollars. Une bagatelle qui pourrait être compensée par un bénéfice devant atteindre les 25 milliards de dollars en 2013.
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21 septembre 2013 6 21 /09 /septembre /2013 16:51

 

terrenouvelle.ca

 

Véritable arme Divine, l’Amarante ne fera pas rire Monsanto!

L’ Amarante, une arme anti-OGM, un autre moyen de se battre, une arme naturelle et pourtant redoutable…
Dispersez des graines en masse dans les champs OGM et vous verrez Monsanto pleurer…, car l’Amarante ne fera pas rire l’oligarchie psychopathe
Miléna

Amarante

Un gène de résistance est passé d’un OGM à l’amarante. Cette adventice envahit maintenant les terres cultivées aux Etats-Unis.

Pas marrante, l’amarante…

Cinq mille hectares de culture de soja transgénique ont été abandonnés par les agriculteurs en Géorgie, et 50.000 autres sont gravement menacés par une mauvaise herbe impossible à éliminer, tandis que le phénomène s’étend à d’autres états. La cause : un gène de résistance aux herbicides ayant apparemment fait le grand bond entre la graine qu’il est censé protéger et l’amarante, une plante à la fois indésirable et envahissante…
 
En 2004, un agriculteur de Macon, au centre de la Géorgie (à l’est des Etats-Unis), applique à ses cultures de soja un traitement herbicide au Roundup, comme il en a l’habitude. Curieusement, il remarque que certaines pousses d’amarantes (amarante réfléchie, ou Amarantus retroflexus L.), une plante parasite, n’en semblent pas incommodées… Pourtant, ce produit est élaboré à partir de glyphosphate, qui est à la fois l’herbicide le plus puissant et le plus utilisé aux Etats-Unis.

Depuis, la situation a empiré. Actuellement, et rien qu’en Géorgie, 50.000 hectares sont atteints et nombre d’agriculteurs ont été contraints d’arracher leurs mauvaises herbes à la main… quand c’est possible, considérant l’étendue des cultures. A l’épicentre du phénomène, 5.000 hectares ont été tout simplement abandonnés.

Comment en est-on arrivé là ?

Tous les champs victimes de cette envahissante mauvaise herbe avaient été ensemencés avec des graines Roundup Ready, produites par la société Monsanto. Celles-ci comportent une semence ayant reçu un gène de résistance au Roundup, un herbicide également produit par Monsanto. L’argument publicitaire de la firme repose sur le moindre coût représenté par le traitement d’une culture ainsi protégée contre un herbicide total auquel elle est devenue insensible, plutôt que de l’application d’un herbicide sélectif, plus cher à l’achat.

Selon un groupe de scientifiques du Centre for Ecology and Hydrology, organisation britannique à Winfrith (Dorset), il y aurait eu transfert de gènes entre la plante OGM et certaines herbes indésirables, comme l’amarante. Bien que considéré comme très faible car n’ayant jamais été détecté lors d’essais, le risque ne serait cependant pas nul.

Pour Brian Johnson, généticien et chercheur britannique, spécialisé, entre autres, dans les problèmes liés à l’agriculture, la cause ne fait aucun doute. « Il n’est nécessaire que d’un seul évènement (croisement) réussi sur plusieurs millions de possibilités. Dès qu’elle est engendrée, la nouvelle plante est titulaire d’un avantage sélectif énorme, et elle se multiplie rapidement, martèle-t-il. L’herbicide puissant utilisé ici, à base de glyphosphate et d’ammonium, a exercé sur les plantes une pression énorme qui a encore accru la vitesse d’adaptation. »

La firme Monsanto ne nie pas le problème. Lors d’une interview accordée sur la chaîne de télévision France24, Rick Cole, responsable du développement technique, a estimé que ces « super mauvaises herbes » (superweeds, un terme désormais souvent employé) peuvent être maîtrisées. Pourtant, un communiqué émanant directement de la firme annonce que les vendeurs incitent les agriculteurs à alterner Roundup et un autre herbicide comme le 2-4-D (acide 2,4-dichlorophénoxyacétique).

L’amarante vous salue bien…

amarante-en-fleurEn attendant, l’amarante « mutante » se porte bien et prolifère.

Chaque plante produit en moyenne 12.000 graines par an, et celles-ci peuvent rester en état de vie suspendue de 20 à 30 années avant de germer lorsque les conditions lui sont favorables. Profondément enracinées, elles sont très difficiles à arracher, comme le constatent de nombreux agriculteurs, non seulement en Géorgie mais aussi en Caroline du Sud, en Caroline du Nord, en Arkansas, au Tennessee et au Missouri, contraints de passer au désherbage manuel… ou de baisser les bras.

D’autres cultivateurs envisagent de renoncer aux OGM et de revenir à une agriculture traditionnelle. Ainsi Alan Rowland, producteur et marchand de semences de soja à Dudley (Missouri), affirme que plus personne ne lui demande de graines Monsanto de type Roundup Ready alors que ce secteur représentait 80% de son commerce il y a peu. Aujourd’hui, la demande en graines traditionnelles est très forte et les grains OGM ont disparu de son catalogue.

Stanley Culpepper, spécialiste des mauvaises herbes à l’université de Géorgie, annonce que de nombreux agriculteurs américains sont en effet désireux de retourner à une semence traditionnelle, mais pas seulement à cause de la résistance des plantes parasites, car « l’utilisation des OGM devient de plus en plus chère et tout se joue sur une question de rentabilité », affirme pour sa part Alan Rowland.

Un manque flagrant de statistiques et d’informations

On pourra cependant déplorer le manque de précision des données statistiques permettant de quantifier la relation entre semences OGM, nombre de plants résistants apparus et quantité d’herbicide utilisé. En 2008 en effet, alors que les media agricoles américains relataient de plus en plus de cas de résistance, le gouvernement des Etats-Unis a pratiqué d’importantes coupes budgétaires qui ont contraint le Ministère de l’Agriculture à réduire, puis arrêter certaines de ses activités.

Entre autres, le programme de recherches statistiques sur les pesticides et les risques associés aux produits chimiques sur des cultures comme le coton, le maïs, le soja et le blé est passé à la trappe, au grand dam des scientifiques. « Je ne serais pas surpris que Monsanto ait mené une campagne de lobby discrète pour mettre fin au programme », accusait alors Bill Freese, du Centre pour la Sécurité alimentaire des Etats-Unis (USDA), marquant publiquement son mécontentement.

Jean Etienne  – Source + vidéo: combat-monsanto.org – Via les brindherbes

L’amarante, plante médicinales sacrée des Incas peu vaincre la faim dans le monde, la nature se décarcasse pour nous montrer la bonne voie à prendre

Depuis plusieurs millénaires, les graines ont été consommées grillées (comme le pop-corn) ou sous forme de farine tandis que les feuilles étaient cuisinées comme légumes verts. Ainsi que l’explique D. Guillet : « La culture de l’Amaranthe fut à son apogée durant l’Empire Aztèque. Pour le peuple Aztèque, l’Amarante possédait une valeur nutritionnelle, thérapeutique et rituelle. » Après la conquête espagnole du Mexique, leurs cultures furent interdites car elles servaient dans divers offices religieux Aztèques.

Du fait de cette interdiction et de la violente répression qui sévissait durant plusieurs siècles à l’encontre des jardiniers qui continuaient à cultiver cette plante, l’Amarante a depuis le XXe siècle, presque totalement disparue de l’alimentation mexicaine, alors même qu’elle entrait dans la constitution de très nombreux plats aztèques. Cette plante fait reparler d’elle, et en bien en ce moment puisque de nombreux cas de récupération de gènes de résistance à l’herbicide Roundup venu de maïs OGM ont été recensés aux États-Unis d’Amérique. La plante s’y est adaptée et s’est démultipliée grâce à ce gène dans les champs traités avec cet herbicide made in Monsanto !

Il est amusant de constater que cette plante, « diabolique » aux yeux de l’agriculture génétique, et de Monsanto, est une plante sacrée pour les Incas. Elle fait partie des aliments les plus anciens du monde. Chaque plante produit en moyenne 12 000 graines par an, et les feuilles, plus riches en protéines que le soja, pourtant champion du monde, contiennent des vitamines A et C et des sels minéraux.

Ainsi, «la marante» affronte le très puissant Monsanto, comme David s’opposa à Goliath. Et tout le monde sait comment se termina le combat, pourtant bien inégal !

Les diététiciens affirment que la protéine de l’amarante est de qualité supérieure à celle du lait de vache.

Ils conseillent d’utiliser les graines moulues d’amarante, mélangées à celle du blé pour faire du pain à qui elles donnent un délicieux goût de noisette.

lire l’article : http://www.citoyens-et-francais.fr/article-l-amarante-plante-medicinales-sacree-des-incas-peu-vaincre-la-faim-dans-le-monde-la-nature-se-deca-117483087.html

Amarante facile à cultiver

amarante2Le grain possède entre 12% et 16% de protéines et on le consomme complet, broyé ou raffiné, ce qui permet d’obtenir une farine très agréable ; tandis que les feuilles et les fleurs sont préparées comme légumes.

L’amarante a une saveur légèrement épicée. On peut en trouver à vendre dans certaines boutiques bio. Elle est facile à cultiver dans son jardin. Il existe trois variétés de graines d’amarante: l’amarante hypochondriacus, l’amarante cruentus et l’amarante caudatus (queue de renard). L’amarante caudatus convient mieux aux températures froides. Toutefois, les trois espèces produisent des graines comestibles. Issu de cet article de bistrobarblog

Et pour finir, le petit conseil intéressant et indispensable: comment récolter les graines d’amarantes:

Voici comment récolter les graines d »amarante : Coupez les extrémités de la plante, c’est la partie de la plante qui contient les têtes à graines. Étendez les têtes à graines sur une feuille de plastique ou une autre surface qui les protégera de l’humidité du sol. Laissez les sécher au soleil pendant une semaine, ou jusqu’à ce qu’elles soient cassantes. Puis frappez fort sur les plantes pour séparer les graines de la tige. Pour finir, séparez les graines de leur enveloppe. Ramassez les graines. Maintenant elles sont prêtes à l’usage.

Sujet complet sur mauvaisesherbes.org

Source Article : http://lesmoutonsenrages.fr/2013/05/28/l-amarante-vs-monsanto/

Que Monsanto le sache !!!

Nous devons nous préparer à affronter Monsanto & Compagnie,
Nous devons stoker un maximum de graines d’Amarante et les centraliser pour conservation.
Nous devons être prêt à agir avec notre stock national et que ce monsieur le sache !
S’il vient en France emmerder nos agriculteurs… le retour de bâton va lui faire mal, très mal !
Des pétitions c’est bien mais… avec leurs influences les lobbyiste pourraient passer au delà des mailles.
Cela fait quelques temps que je les piste et les voilà au rendez vous !
Les Amarantes sont en fleurs actuellement ! Dans quelques jours les graines seront prête à récolter.
Chaque plant donne plus de 600 graines en moyenne, donc imaginez que vous récoltiez seulement 50 graines chacun !!!
Il faut que vous sachiez également qu’il y a beaucoup de gens qui font ça dans l’ombre tel que moi.
Personnellement j’ai mis l’année dernière plus de 200 000 graines en cultures et dans quelques jours….

LA RECOLTE ! ( photos ci-dessous )

Je vous laisse multiplier 200 000 x 600.


Préparons nous … et défendons les futures générations qui nous reprocherons d’avoir rien fait comme nous pouvons le reprocher a nos anciens.
Monsanto, je t’attends…
Pierrot des Brindherbes – http://lesbrindherbes.org/

 

Copyright © 2013 ELISHEAN

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21 septembre 2013 6 21 /09 /septembre /2013 15:52

 

leparisien.fr

 


Lobby du tabac : Philip Morris fiche les eurodéputés

Des documents internes montrent que Philip Morris fiche les euro députés, notamment français, pour mieux les approcher. Tout y est détaillé.

 

MARC PAYET | Publié le 21.09.2013, 07h37

Extraits de deux documents confidentiels rédigés par le géant du tabac dans lesquels Philip Morris fiche les 74 députés français du Parlement européen.

Extraits de deux documents confidentiels rédigés par le géant du tabac dans lesquels Philip Morris fiche les 74 députés français du Parlement européen.

 

 
Le lobby du tabac est l’un des mieux pour défendre ses intérêts. On en a un nouvel exemple aujourd’hui, alors qu’une directive examinée le 9 octobre au européen a pour but de mieux protéger les consommateurs (renforcement des avertissements sanitaires, restriction de la commercialisation des menthols et des slims). Pour la combattre, les méthodes des géants du secteur tournent au roman d’espionnage.


Des soupçons sur leur budget

Des documents confidentiels datant de 2012 et 2013 montrent comment Philip Morris International, le leader mondial du secteur avec la marque Marlboro, a fiché les 74 députés français (et les autres aussi) qui siègent au Parlement européen. Les classant selon leur proximité supposée avec l’industrie cigarettière et en spécifiant le degré d’urgence de les approcher. « L’existence de ce fichier est une atteinte aux libertés publiques. Il faut que Philip Morris donne des explications », s’exclame Stéphane Le Foll, le ministre de l’Agriculture, dont le nom — alors qu’il était député européen — apparaît dans le fichier comme « à voir d’urgence ».

Ces méthodes semblent très efficaces. Le report de septembre à octobre de l’examen du texte combattu par l’industrie constitue, en effet, une victoire pour elle. Car la discussion parlementaire pourrait traîner en longueur et la directive ne pas être votée avant les de 2014. Après, estiment les entreprises du tabac, tout espoir sera de nouveau permis…

Même si aucune trace de corruption n’apparaît, certaines données financières sont troublantes. Dans les documents, la liste complète des 161 lobbyistes montre que chacun se voit affecter un budget spécifique pour l’organisation « d’événementiels ». Au total, pas moins de 548927 €. « Il y a un trou noir sur les destinations de cet argent. Il faut savoir où cela va vraiment », s’interroge Emmanuelle Beguinot, présidente du Comité national contre le tabagisme. Au début de l’année, le commissaire européen à la Santé, John Dalli, était tombé pour suspicion de corruption avec un cigarettier.

>> Lire l'intégralité de notre enquête dans l'édition de ce samedi du Parisien-Aujourd'hui en France


Le Parisien

 

 

                                                                            ***************************************

 

 

 Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 21.09.2013 à 15h23 • Mis à jour le 21.09.2013 à 17h11

 

 Tabac : des députés européens fichés par Philip Morris

 

Pour défendre ses intérêts, le numéro un mondial du tabac, Philip Morris, a adopté des méthodes similaires à celle du lobby des armes à feu aux Etats-Unis. Le cigarettier classe les députés européens en fonction de leur sensibilité aux arguments du lobby du tabac, en vue de l'examen imminent de la prochaine directive européenne antitabac. Des documents confidentiels datant de 2012 et 2013, révélés samedi 21 septembre par Le Parisien, montrent que l'ensemble des eurodéputés, dont soixante-quatorze Français, font l'objet d'une telle classification.

Des ennemis farouches (Corinne Lepage, Michèle Rivasi) aux alliés (Christine de Veyrac, Constance Le Grip), en passant par les responsables rencontrer d'urgence" (Stéphane Le Foll, Brice Hortefeux, José Bové), chaque nom est associé à un commentaire. Dans quel but ? Si Le Parisien n'a pas trouvé trace évidente de corruption, le quotidien affirme que les cent soixante et un lobbyistes travaillant pour Philip Morris disposent d'un budget total de 548 927 euros pour l'organisation d'"événementiels". Invitations à des matches de football, à des conférences, l'influence du lobby passerait par ces "programmes d'hospitalité".

 

 LE REPORT DU VOTE, UNE VICTOIRE POUR LE LOBBY

En ligne de mire des cigarettiers, la directive européenne antitabac qui doit être examinée le 9 octobre au Parlement européen, et que le lobby entend bien combattre au nom des "libertés publiques". Or, des associations avaient dénoncé au début de septembre l'influence des lobbyistes dans la décision des eurodéputés de repousser l'examen du texte d'un mois – ce qui pourrait empêcher une adoption avant les élections européennes de 2014.

Le 7 septembre, le quotidien britannique The Observer avait également révélé que Philip Morris avait dépensé des millions d'euros pour financer le travail de ses lobbyistes auprès des eurodéputés. En 2012, le commissaire à la santé européen John Dalli avait déjà été poussé à la démission en raison de soupçons de corruption par des lobbyistes du tabac qu'il aurait secrètement rencontrés.

Dans un communiqué, Philip Morris qualifie d'allégations les informations du Parisien et les conteste formellement. Le groupe dit respecter les règles en matière de lobbying et de respect de la vie privée. "Les dossiers dont il est fait mention reflètent simplement une perception des opinions exprimées par les élus amenés à discuter et adopter des textes de lois", lit-on dans le communiqué. "Ceci est en adéquation avec les usages et conforme à ce que font d'autres entreprises, ONG ou autres groupes d'intérêt dans le cadre d'un processus législatif normal afin de porter à la connaissance des élus les problématiques et enjeux."


Lire : "Comment le lobby du tabac a subventionné des laboratoires français"

 

 

 

 

 

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20 septembre 2013 5 20 /09 /septembre /2013 21:58

 

reporterre.net

 

Reporterre

La croissance, c’est dépassé

Dominique Méda

vendredi 20 septembre 2013

 

 

 

Alors que les experts économiques s’extasient à l’idée d’un frémissement de la croissance, la sociologue Dominique Méda propose une démarche totalement inverse : oublier notre obsession de la croissance et de la performance maximale pour ouvrir une autre voie de développement.


La Mystique de la croissance, qui vient de paraître chez Flammarion, n’est pas un énième plaidoyer pour la décroissance. Pour Dominique Méda (Photo AFP), professeure de sociologie à l’université Paris-Dauphine, la reconversion écologique n’est pas une punition. Elle n’a de sens que si elle s’articule autour de la justice sociale, avec des bienfaits pour tous comme l’exigence de biens et d’emplois de qualité mais aussi la jouissance de plus de temps libre.

Libération - Jamais la préoccupation écologique n’a été aussi grande, on n’a jamais autant parlé de modes alternatifs de production, pourtant la croissance reste la référence absolue de notre modèle économique. Pourquoi ?

Dominique Méda - Parce que la plupart de nos dispositifs économiques et sociaux dépendent aujourd’hui de la croissance et que nous sommes des « sociétés fondées sur la croissance ». Depuis Adam Smith et ses Recherches sur la nature et la cause des richesses des nations, nous considérons que la production est au centre de la fabrique du lien social. Nous pensons que sans croissance nos sociétés vont s’effondrer.

Depuis la fin des Trente Glorieuses, nous implorons le retour de la croissance, nous scrutons l’horizon, nous consultons fiévreusement les augures. Malgré tous les discours sur un autre développement possible, nous continuons à croire dans la mystique de la croissance. Pourtant, si la croissance est nécessaire pour sortir de la grave crise économique et sociale dans laquelle nous nous trouvons, elle accentue la crise écologique avec son cortège de pollutions, d’écosystèmes dégradés, d’émissions de gaz à effets de serre susceptibles d’entraîner un dérèglement climatique majeur. Nous découvrons - ou plutôt nous redécouvrons, car les années 70 avaient une conscience aiguë de cette situation -, que la croissance ne génère pas que des bienfaits mais aussi des maux.

Ce que nous oublions chaque jour quand nous prenons notre voiture ou nous achetons le dernier smartphone ?

C’est ce que j’appelle l’invisibilité des coûts de la croissance : le produit intérieur brut (PIB) occulte, par construction, les coûts de l’augmentation de la production sur le patrimoine naturel et les conditions de vie. Ce que les années 70 appelaient les « dégâts du progrès ». Edmond Maire, le secrétaire général de la CFDT, écrivait en 1972 que la croissance et l’idéologie de la consommation obsession « non seulement ne répondent plus aux besoins humains fondamentaux mais ne peuvent plus être poursuivies sans conduire le monde à la catastrophe ». Le lien était déjà établi à l’époque entre la recherche effrénée de gains de productivité et l’exploitation intensive des ressources naturelles, d’une part, et la dégradation des conditions de vie, du sens du travail et de l’environnement, d’autre part.

Mais remettre en cause la consommation obsession ne relève-t-il pas de la punition dans une société où la qualité de vie vient aussi de la richesse et de la disponibilité des biens…

En effet, le discours de la reconversion écologique apparaît souvent comme la double peine : il faudrait se serrer la ceinture une première fois du fait de la crise et des mesures d’austérité puis une seconde fois pour prévenir la crise écologique. La question de la consommation est donc centrale. Impossible de demander aux pays les moins développés ou à ceux de nos concitoyens, nombreux, qui n’ont pas accès à des moyens convenables d’existence de réduire leur consommation au nom d’un changement climatique susceptible d’intervenir en 2050.

Il faut reconnaître de surcroît le caractère addictif et profondément gratifiant de l’acte de consommation. Il apparaît plus que jamais porteur de libertés pour des individus qui sont de plus en plus contraints, notamment au travail : par le choix infini qu’il semble leur offrir et par l’usage de cet instrument majeur d’émancipation qu’est l’argent.

Il semble donc urgent d’associer l’écologie au plaisir et non à la pénitence, comme vient de le dénoncer Pascal Bruckner dans Libération (1)…

Le ralentissement de la croissance et la fin des énergies fossiles bon marché n’impliquent en aucune manière une régression. Ils peuvent au contraire constituer une nouvelle voie, n’exigeant en rien le sacrifice de la prospérité et du progrès. Il faut parvenir à mettre en évidence le caractère profondément désirable de ce nouveau modèle de développement, dont l’objectif serait non plus de maximiser les quantités produites mais de satisfaire les besoins humains en prenant soin des « facteurs » de production, c’est-à-dire des travailleurs et du patrimoine naturel.

Raisonner « au-delà de la croissance », en se référant non plus au PIB (dont la commission Stiglitz a montré qu’il ne constituait pas une boussole fiable) mais à de nouveaux indicateurs de richesse prenant en considération la qualité du travail, la répartition des revenus et des protections, l’accès à l’emploi et au temps libre, en plus des évolutions du patrimoine naturel me semble de nature à emporter l’adhésion des citoyens, et pas seulement en France ! Le Parlement allemand a publié, en mai, un rapport de 800 pages consacré exclusivement à ces questions et proposé l’adoption de nouveaux indicateurs.

Dans le milieu de l’entreprise, on évoque souvent les notions de bonheur et de bien-être ? Une possible voie ?

Gardons-nous de tomber dans les pièges du bonheur. Les nouveaux indicateurs de bien-être qui font une large place aux perceptions subjectives et aux variations de la satisfaction personnelle présentent trop souvent la double limite de négliger les déterminants sociaux et les inégalités, d’une part, et les dimensions environnementales, d’autre part. Ces approches continuent de mettre au cœur de leur raisonnement et de leur vision du monde l’anthropocentrisme dans sa version la plus individualiste et la plus utilitariste.

C’est pourquoi, il est indispensable de proposer une reconversion qui ne fasse pas l’impasse sur la justice sociale. La santé sociale, aux côtés des préoccupations écologiques, devrait ainsi constituer l’une des deux principales dimensions d’un nouvel indicateur de progrès : la manière dont les chances d’éducation, l’emploi, les revenus sont en permanence redistribués et ré-égalisés est une composante majeure de la santé de la société, de sa capacité à résister à l’éclatement et à l’anomie.

Le point fondamental me semble être notre capacité à construire une cause commune et une alliance entre le mouvement écologiste, les travailleurs, les syndicats, les entreprises de bonne volonté et les gouvernements pour promouvoir un nouveau mode de développement dans lequel la croissance des quantités de biens et services produits ne constituerait plus l’alpha et l’oméga de la performance et la figure centrale du progrès.

On vous dira que cette cause commune est généreuse humainement mais totalement irréalisable.

Paul Ricœur écrit qu’une société sans utopie serait une société sans dessein. Nous devons de toute façon savoir ce que nous ferions si la croissance ne revenait pas. Subsisteraient deux solutions pour faire en sorte que le plus grand nombre ait accès à l’emploi : réduire la durée du travail ou la productivité du travail telle qu’elle est mesurée, au bénéfice de gains de qualité et de durabilité. Ces deux solutions restent, dans l’état actuel du débat public, presque inaudibles. On se souvient de la violence du débat au moment de la discussion de la RTT…

Mais là vous parlez aussi de ralentir les gains de productivité… une hérésie pour les entreprises, pire que les 35 heures, non ?

De plus en plus, l’augmentation obsessionnelle des gains de productivité dans tous les secteurs apparaît en partie responsable non seulement de la perte de sens du travail mais aussi de la dégradation de la qualité des services. Bertrand de Jouvenel avait attiré l’attention dès les années 60 sur le fait qu’avec les progrès de l’efficacité productive et de la productivité, « s’il gagne des satisfactions comme consommateur, l’homme en perd comme producteur ».

Ralentir considérablement les gains de productivité dans certains secteurs peut être une piste. C’est la voie proposée en France par Jean Gadrey, qui, non sans faire écho à l’économiste américain Robert Gordon (pour lequel les freins sont désormais trop nombreux pour que la croissance revienne), indique que le concept de gains de productivité ne correspond plus à nos économies de service. Notre PIB est incapable d’enregistrer les gains de qualité.

Par exemple, il ne fait pas la différence entre 1 kilo de fraises, goûteuses, cultivées sans pesticides, exigeant une importante main-d’œuvre travaillant à proximité et 1 kilo de fraises ramassées dans des conditions sociales médiocres, bourrées de pesticides et ayant parcouru des milliers de kilomètres avant d’atterrir dans l’assiette du consommateur. C’est évidemment dans cette double prise en considération de la qualité, du travail et des produits, que réside l’intérêt suscité par sa démonstration.

Depuis longtemps, vous militez pour une notable réduction du temps de travail. Pourquoi considérez-vous que le travail est aussi une composante majeure d’une reconversion écologique ?

Il nous faut reconsidérer les liens entre la pression de plus en plus forte actuellement exercée sur le monde du travail, précisément au nom des gains de productivité et de rentabilité, et le fort malaise au travail qui s’est développé en Europe et notamment en France, comme nous l’avons mis en évidence avec Patricia Vendramin dans Réinventer le travail (PUF, 2013).

Dès lors, une alliance entre des consommateurs soucieux de la qualité de ce qu’ils achètent et des travailleurs désireux de retrouver du sens à leur travail peut sans doute permettre de constituer la cause commune dont je parlais précédemment.

Une réduction du temps de travail permettant d’accommoder le choc d’un changement de rythme de croissance sur l’économie (mais aussi de réintégrer dans celle-ci les millions de chômeurs qui en sont exclus et de contribuer à améliorer l’égalité professionnelle) peut ainsi être une voie pour répondre aux travaux mettant en évidence que les objectifs fixés par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (réduction de 85 % des gaz à effet de serre d’ici à 2050) sont inaccessibles sans une forte réduction du PIB mondial.

Si l’on se souvient qu’en additionnant les temps partiels (majoritairement féminins) et les temps complets, la France a une durée du travail annuelle supérieure à celle de l’Allemagne. Une réduction de la norme de travail à temps complet, favorable à l’égalité hommes-femmes, est ainsi parfaitement envisageable.

Et l’autre bénéfice d’une réduction du travail serait de valoriser des activités jugées jusqu’à maintenant futiles voire inutiles...

Nul doute qu’un tel modèle permettrait une reconsidération d’activités radicalement méprisées qui, parce qu’elles ne sont pas recensées par le PIB, comptent pour zéro. Toutes ces activités « improductives », consistant à contempler, se promener, être avec les autres, discuter, aimer, s’occuper de ses enfants et de son couple, se reposer, rêver, discuter des conditions de vie communes, faire de la politique contribuent éminemment au bien-être et au lien social et présentent de plus l’immense avantage d’être… infiniment légères (du point de vue de l’empreinte écologique). Ces activités que Françoise Héritier considère comme « le sel de la vie ».

- Propos recueillis par Cécile Daumas.


Note

(1) « Libération » du 6 septembre.

 

 

 



Source et photos : Libération.fr

Lire aussi : Pourquoi rien ne change-t-il alors qu’on sait qu’il faut changer ?

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20 septembre 2013 5 20 /09 /septembre /2013 21:26

 

 

cadtm.org

 

CADTM

 

La doctrine « trop grandes pour être condamnées » ou comment les banques sont au-dessus des lois

20 septembre par Daniel Munevar


Dans une période caractérisée par le pouvoir économique et politique croissant du système financier au niveau mondial, l’utilisation de ressources publiques pour sauver des entités bancaires est devenue un lieu commun. Que ce soit à Chypre, en Grèce, au Royaume-Uni ou aux États-Unis, les sauvetages bancaires d’institutions impliquées dans des affaires de corruption, de fraude et de spéculation sont, les uns après les autres, justifiés par le fait qu’elles sont trop grandes pour faire faillite (Too Big to Fail). Selon ce raisonnement, la banqueroute de grandes banques menace la stabilité financière et économique de leur pays de résidence, d’où l’utilisation nécessaire de l’argent public afin d’éviter une mise en faillite.

Rabâché inlassablement par tous les médias possibles, cet argument est malheureusement devenu un élément rebattu du discours politique dans une bonne partie du monde. Il n’est dès lors plus surprenant d’entendre un fonctionnaire public en Espagne, au Portugal ou en Irlande signaler qu’il n’y a pas d’alternative à l’application de coupes drastiques dans les dépenses publiques, ceci afin d’assurer la solvabilité et la stabilité des banques. Le comble, c’est que transférer de l’argent public aux banques ne suffit plus, il faut en outre protéger les banques et leurs dirigeants des conséquences légales et juridiques des activités illégales et criminelles menées par nombre d’entre eux. Aujourd’hui, les banques sont non seulement trop grandes pour faire faillite, mais aussi trop grandes pour être condamnées.

Le point clef de la nouvelle doctrine visant à offrir un blanc-seing aux banques, indépendamment des activités illégales dans lesquelles elles sont impliquées et des conséquences sociales de celles-ci, a été résumé par Eric Holder, procureur général des États-Unis. Interrogé au sein du Sénat étasunien sur la position de la Cour des Comptes quant à la condamnation des banques étasuniennes et de leurs dirigeants pour des actes de corruption et de fraude, Holder souligna que « ces institutions sont si grandes qu’il est difficile de les poursuivre en justice, et le faire montre qu’effectivement, si on les inculpe pour activités criminelles, cela peut avoir des répercussions négatives pour l’économie nationale, voire mondiale » |1|.

Les retombées de cette position sont claires. Le fait que les excès et la spéculation financière aient causé la pire crise économique du siècle dernier n’a aucune importance. Que de tels excès soient associés a une épidémie de fraudes |2|, à tous les niveaux d’opérations des entités financières, est insignifiant. Et ce n’est qu’un détail si, suite aux pratiques frauduleuses des banques, 495 000 personnes au moins aux États-Unis ont été expulsées illégalement de leurs logements |3| et les fonds de pensions des pays développés ont perdu près de 5400 milliards de dollars |4|. Le rôle des banques est apparemment si important et indispensable que leur fonctionnement transcende les requêtes légales et constitutionnelles des sociétés modernes. Dès lors, la justice détourne le regard des banques et des dirigeants responsables d’actes de corruption et de fraude pour leur éviter de passer ne serait-ce qu’un jour en prison. En fin de compte, on ne peut tout de même pas poursuivre en justice un dirigeant d’une institution bancaire qui « ne fait que le travail de Dieu » |5|, des mots de Lloyd Blankfein (CEO de Goldman Sachs).

Les arguments ci-dessus pourraient prêter à sourire si les conséquences de la doctrine « trop grandes pour être condamnées » n’étaient pas régulièrement visibles par le biais de plusieurs affaires judiciaires très médiatisées, ces derniers mois, des deux côtés de l’océan. Les affaires se suivent et la justice se borne à des amendes qui représentent bien souvent une maigre fraction des bénéfices issus d’activités illégales, sans qu’aucun dirigeant ne soit inquiété. Trois exemples suffisent pour témoigner de l’absurdité de la situation actuelle : le jugement sur les expulsions illégales de logement (« foreclosures ») aux États-Unis, HSBC épinglée pour blanchiment d’argent des cartels de la drogue également aux États-Unis, et l’affaire sur la manipulation du taux LIBOR au Royaume-Uni.

Premier exemple. En janvier 2013, Bank of America, aux côtés de neuf autres banques (parmi lesquelles Citigroup, J.P. Morgan Chase, Goldman Sachs), a convenu avec des régulateurs fédéraux étasuniens de payer une amende de 9,3 milliards de dollars (9 300 000 000 dollars) pour clore l’enquête sur la responsabilité des banques dans les expulsions illégales de maisons |6|. L’affaire contre ces institutions financières se basait sur leur incapacité à fournir les documents justifiant l’expulsion de propriétaires en retard de paiement d’un crédit hypothécaire. La régulation inexistante et le volume élevé de crédits de ce type, accordés dans la période précédant la crise, ont mené les banques à embaucher du personnel chargé de signer quotidiennement des centaines de documents approuvant les expulsions sans suivre la procédure légale. Les banques se sont saisies de logements sans justification économique ou légale dans au moins 450 000 cas. En dépit des dommages massifs causés par les pratiques frauduleuses des banques, l’amende ne s’élève qu’au paiement de moins de 300 dollars par foyer affecté |7|. Malgré les preuves, aucune arrestation ni charges criminelles n’ont été retenues à leur encontre, et l’accord exempte les banques de leur responsabilité à répondre financièrement ou légalement à des accusations similaires survenues au cours de la période antérieure.

Le cas de la banque HSBC illustre le deuxième exemple de la doctrine « trop grandes pour être incarcérées ». Au cours de la dernière décennie, HSBC a collaboré avec les cartels de la drogue du Mexique, de Colombie et avec d’autres organisations terroristes dans le blanchiment d’argent pour un montant de près de 880 milliards de dollars |8|. Les relations commerciales de la banque britannique avec les cartels de la drogue ont perduré malgré les centaines de notifications et avertissements du Département de la Justice des États-Unis. Les bénéfices obtenus ont non seulement conduit HSBC à ignorer les avertissements mais, qui plus est, à ouvrir des guichets spéciaux dans ses locaux à Mexico, où les narcotrafiquants pouvaient déposer des caisses emplies d’argent liquide, pour faciliter le processus de blanchiment |9|. Malgré l’attitude ouvertement provocante de HSBC envers la loi, les conséquences de sa collaboration directe avec des organisations criminelles furent pratiquement nulles. HSBC dut payer une amende de 1,2 milliards de dollars - soit l’équivalent d’une semaine de recettes de la banque - pour clore l’affaire de blanchiment. Pas un seul dirigeant ou employé n’eut à essuyer de poursuites criminelles, bien que la collaboration avec des organisations terroristes ou la participation à des activités liées au narcotrafic requièrent des peines d’au moins cinq ans de prison. Être employé de n’importe quelle grande banque à travers le monde semble être un blanc-seing pour participer au trafic de drogue sans crainte d’être poursuivi en justice.

Le 3ème et dernier exemple est lié à la manipulation du taux LIBOR (London Interbank Offered Rate) par un groupe de dix-huit banques. Le LIBOR est le taux d’intérêt de référence sur base duquel se calculent les taux de retour de 700 000 milliards (700 millions de millions) de dollars d’actifs et de dérivés financiers, ce qui en fait le taux de référence sans doute le plus important au monde. Ce taux est calculé sur base de l’information fournie par dix-huit banques quant à leurs coûts individuels de financement sur les marchés interbancaires. En 2012, des preuves ont révélé la collusion entre de grandes banques, comme UBS et Barclays, afin de manipuler le LIBOR conformément à leurs intérêts. Comme dans les cas précédents, le résultat fut prévisible. Aucune poursuite criminelle à l’encontre des responsables et des amendes d’un montant ridicule en comparaison de l’ampleur de la manipulation : un total de 450 millions de dollars pour Barclays, 1500 millions pour UBS et 615 millions pour RBS |10|.

Bien que les banques en question ont accepté les accusations de manipulation et par conséquent les sanctions imposées par la justice britannique, la justice étasunienne a statué différemment. Le 29 mars, Naomi Buchwald, juge du District de New York, a exempté les banques impliquées dans le scandale de toute responsabilité légale face à des personnes ou institutions affectées par la manipulation du LIBOR |11|. Pour protéger les banques de possibles plaintes pour collusion et pratiques monopolistiques, elle basa son argumentation sur le fait que la fixation du taux LIBOR ne relève pas des lois sur la concurrence. Les banques peuvent dès lors s’accorder sur le taux sans que cela ne constitue une violation des lois antitrust aux États-Unis. La fixation des taux sur les marchés des Swaps et des CDS étant similaire - via l’envoi des taux par les participants, dont on fait la moyenne pour obtenir le résultat final -, ce verdict crée un dangereux précédent, ouvrant la porte à la manipulation manifeste par de grandes institutions financières des prix et taux clefs qui régissent le fonctionnement des marchés financiers globaux.

Il apparaît clairement que les banques et autres grandes institutions financières de portée mondiale tendent vers un niveau totalement méconnu de cynisme et d’abus de pouvoir. Aujourd’hui, mettre l’argent public à disposition des entités financières dès que leurs paris spéculatifs tournent mal ne suffit plus. Désormais, la loi s’adapte afin de protéger les responsables et de justifier a posteriori toute conduite illégale ou criminelle dont ils se seraient rendus coupables. Un tel contexte, où règne l’impunité, encourage les dirigeants des firmes financières à davantage d’abus et de prises de risque. Ils sont confrontés à une situation dans laquelle, au meilleur des cas, le montant de leurs bonus augmente suite à l’augmentation des revenus de la banque, indépendamment de l’origine illégale des ressources ou du fait qu’elles soient issues d’activités financières spéculatives extrêmement risquées. Dans le pire des cas, s’ils sont découverts, ils n’ont qu’à quitter l’institution, ils ne seront pas poursuivis par la justice et conserveront sur leurs comptes bancaires l’entièreté des bénéfices obtenus. Tant que ce genre d’incitants pervers est maintenu, les abus et le pillage des ressources publiques de la part du système financier ne peuvent qu’aller croissants au fil du temps.

Traduit par Cécile Lamarque

Notes

|1| Voir “Holder admits some Banks too big to jail”, disponible sur : http://www.huffingtonpost.com/2013/...

|2| Une étude récente sur les pratiques de crédits des banques aux Etats-Unis signale qu’en dépit de leur hétérogénéité, les irrégularités et les faux sont présents à divers degrés dans toutes les institutions financières analysées. Voir “Asset Quality Misrepresentation by Financial Intermediaries : Evidence from RMBS Market”, disponible sur : http://papers.ssrn.com/sol3/papers....

|3| Voir “Banks to pay $8,5 billion to speed up housing relief”, disponible sur : http://dealbook.nytimes.com/2013/01...

|4| Voir OECD (2010) “The Impact of the Financial Crisis on Defined Benefit Plans and the Need for Counter-Cyclical Funding Regulations”, disponible sur : http://www.oecd.org/insurance/priva...

|5| Voir “Goldman Sachs Blankfein : Doing Gods work”, disponible sur : http://blogs.wsj.com/marketbeat/200...

|6| Voir “The Top 12 Reasons Why You Should Hate The Mortgage Settlement”, disponible sur : http://www.huffingtonpost.com/yves-...

|7| Voir “The Banks penalty to put robbosining behind them : 300 dollars per person”, disponible sur : http://www.zerohedge.com/news/2013-...

|8| Voir “Elizabeth Warren Savaged A Treasury Official During A Hearing On HSBC’s International Money Laundering Scandal” disponible sur : http://www.businessinsider.com/eliz...

|9| Voir “Gangster Bankers : Too Big to Jail”, disponible sur : http://www.rollingstone.com/politic...

|10| Voir “Everything is rigged : The biggest price fixing scandal ever”, disponible sur : http://www.rollingstone.com/politic...

|11| Voir “Judge dismisses antitrust claims in LIBOR suits” disponible sur : http://online.wsj.com/article/SB100...

Daniel Munevar, économiste, est membre du CADTM Colombie et du Réseau CADTM AYNA.

 

 

 

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20 septembre 2013 5 20 /09 /septembre /2013 21:16

 

 

lesmoutonsenrages.fr

828 scientifiques renommés demandent la fin des expérimentations d’OGM de Monsanto !

20 septembre, 2013 Posté par Benji

 


 

Les nouvelles sont encourageantes, les gens commencent à voir les dangers que représentent les manipulations de Monsanto et se mobilisent vraiment pour les arrêter !

Nous ne voulons plus être des rats !
Avez-vous entendu parler des 828 scientifiques éminents qui se sont réunis et ont exigé l’arrêt de la production de cultures et de produits génétiquement modifiés ? 

Les scientifiques  qui ont appelé les puissances mondiales à réévaluer l’avenir de l’agriculture et de rechercher la durabilité plutôt que les profits des entreprises ?  

Ne soyez pas surpris si vous n’en avez pas entendu parlé dans les médias traditionnels !

Plus de huit cents scientifiques font celle demande.
Cela fait une décennie qu’ils mettent à jour cette pétition au fil des ans, en ajoutant de nouvelles signatures.
Toujours est-il que toutes les puissances mondiales ont toujours ignoré leurs appels.

L’Institut de la Science dans la société est un groupe à but non lucratif de scientifiques du monde entier, qui se consacre à mettre un terme à ce qu’ils appellent l’expérience de « dangereux OGM ». Dans leur lettre ouverte sur le monde, ils ont mis en évidence pourquoi les gouvernements doivent cesser de cultures génétiquement modifiées maintenant - avant qu’il n’y ait des effets irréversibles sur la santé de la population et la santé de la terre en général.

 

 
La lettre O du Monde scientifique appelle à tous les gouvernements  à « la suspension immédiate de toutes les pollutions dans l’environnement par des cultures et des produits OGM, commercialement et dans des essais de plein champ, pour au moins 5 ans. »
Ils veulent également que les brevets sur les organismes, les lignées cellulaires et les organismes vivants soient annulés et interdits.
Ces brevets (une sorte de version d’entreprise de « jouer à Dieu ») entraînent une menace sur la sécurité alimentaire, font de la biopiraterie sur les connaissances indigènes et les ressources génétiques, violent les droits fondamentaux de l’homme et la dignité, compromettent la santé, entravent la recherche médicale et scientifique et détruisent le bien-être des animaux.
C’est une mauvaise nouvelle pour Monsanto que suite à la décision récente de la Cour suprême, ils ont un « droit » sur la vie du brevet.
 
Les scientifiques s’expriment et s’opposent :
Au début, après sa première version en 1999, cette pétition a eu un peu plus de 300 signatures.
Depuis lors, elle s’est développée de manière significative.
A la rédaction de cet article, le document comporte 828 signatures représentant 84 pays différents.
Monsanto et la FDA disent qu’on a rien à craindre des OGM car il y a des protocoles sécurisés pour l’avenir de l’agriculture, mais un nombre croissant de scientifiques éminents semblent être en désaccord.
Alors, qui est prêt à les entendre ?
La pétition a été présenté à de nombreux gouvernements et organismes, y compris la Commission des Nations Unies sur le développement durable, la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique, l’Organisation mondiale du commerce, et oui, même le Congrès américain.
Cette pétition est partagée sur de nombreux sites, mais cela ne semble pas devoir faire bouger les choses !
Nous devons continuer et persévérer à transmettre ce genre d’information.
Nous devons rechercher les médias qui sont disposés à parler de cette pétition, parce que nous n’allons pas en entendre parler sur les infos du soir ou par une agence gouvernementale.
Non, le gouvernement américain veut que vous ayez peur du terrorisme et la criminalité, par exemple, mais ils ne veulent certainement pas que vous ayez des doutes sur la nourriture qu’ils mettent sur votre table, ou des OGM qu’ils financent avec vos impôts.

 
Source : http://2012thebigpicture.wordpress.com/ 

Traduction : Filibert
Reproduction autorisée en indiquant nos coordonnées
Le Grand Changement :            http://changera.blogspot.fr/


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20 septembre 2013 5 20 /09 /septembre /2013 18:25

 

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Pourquoi l'Allemagne a pris les manettes du Parlement européen

|  Par Ludovic Lamant

 

 

 

En plus de positions clés dans les institutions européennes, les Allemands occupent presque tous les postes importants à Strasbourg. Une nouvelle manifestation de l'« Europe allemande » ? Leur suprématie s'explique aussi par la défection d'autres élus, à commencer… par les Français.

 

Qu'ont en commun Werner Hoyer, le patron de la Banque européenne d'investissement (BEI) depuis janvier 2012, et Klaus Regling, à la tête du Mécanisme européen de stabilité (MES), ce fonds d'aide censé éviter la faillite aux pays en crise de la zone euro ? Ils sont allemands. Tout comme Horst Reichenbach, qui dirige, depuis novembre 2011 à Bruxelles, la « task force » de la commission pour la Grèce, cette équipe d'experts censée superviser les réformes en cours à Athènes.

Si José Manuel Barroso, le patron de la commission, est portugais, son directeur de cabinet, lui, est un autre Allemand : Johannes Laitenberger. Et du côté du conseil de l'Union européenne, présidé par le Belge Herman Van Rompuy, c'est un diplomate allemand, Uwe Corsepius, qui occupe depuis juin 2011 le poste de secrétaire général – c'est-à-dire qu'il chapeaute l'ensemble de l'administration de l'institution.

À cette liste déjà fournie s'ajoute le nom de Thomas Mirow, qui fut, pendant quatre ans, le patron de la Banque européen pour la reconstruction et le développement (BERD), remplacé en juillet 2012 par un Britannique. Faut-il voir dans cette armada de hauts fonctionnaires allemands, tous placés à des postes clés de la gestion de la crise de la zone euro, une preuve supplémentaire de cette « Europe allemande » décriée par certains ?

Une plongée dans les arcanes du parlement européen permet d'affiner l'analyse. Au plus fort de la crise financière, l'institution a eu du mal à faire entendre sa voix à Bruxelles. Mais ses compétences, en matière d'environnement, de santé ou encore de budget, se sont élargies depuis l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne en 2009. Comme tant d'autres lieux stratégiques de la capitale belge, ce parlement s'est-il lui aussi mis à fonctionner à l'allemande ? Les Allemands sont-ils parvenus à faire main basse sur la seule institution européenne démocratiquement élue ?

À première vue, la réponse – affirmative – ne fait aucun doute. L'assemblée est aujourd'hui tenue par un trio d'hommes forts, tous originaires d'Allemagne. À commencer par son président depuis janvier 2012, le socialiste et hyper-actif Martin Schulz, qui ne cache pas son ambition de présider, un jour, la commission européenne. Schulz est le quatrième président allemand du parlement depuis 1979, année des premières élections au suffrage universel (contre trois présidents pour la France, et autant pour l'Espagne).

 

Le président du parlement européen Martin Schulz © PE. 
Le président du parlement européen Martin Schulz © PE.


Moins connu du grand public, Klaus Welle, proche de l'ex-président du parlement Hans-Gert Pöttering (CDU, droite), est le secrétaire général du parlement européen depuis 2009. À ce titre, « der Generalsekretär » a la main haute sur les procédures internes et l'organisation des séances plénières. Il reste à citer Klaus-Heiner Lehne, un député de la CDU d'Angela Merkel, qui non seulement dirige la commission des affaires juridiques, mais surtout préside la « conférence des présidents de commission » : c'est lui qui, pour le dire vite, supervise l'avancée des travaux des vingt commissions thématiques de l'institution…

« C'est un pur hasard que Schulz et Welle se trouvent à ces postes-là au même moment », relativise Alain Lamassoure, un eurodéputé français du PPE (droite, majoritaire), qui en est à son quatrième mandat. « Avant Schulz, c'était un Polonais (Jerzy Buzek, ndlr) qui a été aux commandes pendant deux ans et demi », nuance de son côté Rebecca Harms, la co-présidente – allemande – du groupe des Verts au parlement.

Mais l'influence allemande à Strasbourg ne se résume pas au trio Schulz-Welle-Lehne. Chaque eurodéputé travaille, dans le cadre de son mandat, dans l'une – au moins – des commissions du parlement, où s'écrivent les textes qui seront ensuite présentés en séance plénière, et où s'effectue, pour le dire vite, l'essentiel des arbitrages politiques.
 
Or, sur les vingt commissions thématiques du parlement (économie, agriculture, emploi, etc.), pas moins de cinq sont présidées par des Allemands (contre trois pour les Français). Et pas n'importe lesquelles : ce sont souvent celles qui ont les compétences les plus vastes. C'est par exemple le cas de la commission du contrôle budgétaire (dirigée par le libéral Michael Theurer), ou encore de la commission s'occupant des questions de santé, d'environnement et de sécurité alimentaire (encadrée par le socialiste Matthias Groote).

Défection française

Comment expliquer cette suprématie ? D'abord par une évidence : l'Allemagne est l'État membre le plus peuplé, il est donc logique qu'elle envoie le plus grand nombre d'élus à Strasbourg (99 sur 766, contre 74 pour les Français). Surtout, à la différence d'autres « grands » pays de l'UE, « leurs élus sont principalement répartis entre les deux grandes formations du parlement, ce qui leur permet de peser davantage », observe Sylvie Goulard, une eurodéputée française du groupe libéral.

Les deux tiers des élus allemands (65) figurent en effet soit dans le groupe du parti populaire européen (PPE), soit dans celui des socialistes et démocrates (S&D). Une concentration qui leur permet, grâce au système d'Hondt en vigueur au parlement pour répartir les postes, de s'assurer à coup sûr certaines des places les plus stratégiques.

Mais les effets mécaniques de la proportionnelle n'expliquent pas tout. Il existe aussi des raisons nettement plus subjectives qui, en creux, accablent le bilan des élus français. « Je ne veux pas dire que le système allemand de recrutement est meilleur, mais il est différent », avance Andreas Schwab, un eurodéputé de la CDU. « Nous respectons le mandat unique. Nous avons aussi, lorsque nous entrons au parlement européen, une stratégie de long terme. Ce qui est possible parce qu'il y a une relative stabilité du vote allemand lors des européennes. »

« Les listes européennes sont constituées au niveau des Länder, et l'on envoie en règle générale des spécialistes de l'Europe, qui ne sont pas forcément connus au niveau national. Angela Merkel, par exemple, n'a pas son mot à dire sur la composition de la liste de la CDU pour les européennes », poursuit Schwab. Entre les lignes, l'élu griffe une partie des eurodéputés français – ex-ministres recasés à Strasbourg (Rachida Dati, Brice Hortefeux…), candidats défaits aux législatives ou municipales en quête de poste rémunéré, seconds et troisièmes couteaux de la politique nationale pas toujours très compétents…

L'eurodéputée Rebecca Harms partage ce constat lorsqu'elle résume : « Les Allemands produisent beaucoup, tandis que les Français sont très souvent à Paris. » Sylvie Goulard renchérit de manière plus directe : « J'en ai assez de ce discours sur l'hégémonie allemande… Il y a la présence des Allemands, certes, mais il y a surtout la défection des autres ! En France, des partis envoient des gens qui ne sont pas toujours mobilisés, ou faits pour le job », juge-t-elle.

Dans un bref essai qu'elle vient de publier (Europe : amour ou chambre à part ?, Flammarion), Sylvie Goulard va jusqu'à qualifier le parlement de, parfois, « poubelle des élections nationales » : « (La France) a envoyé quelques personnalités dépourvues de compétences européennes, ne démontrant pas un grand intérêt pour ces questions. Peu assidues, elles n’occupent pas les fonctions de président de Commission ou de coordinateur, elles ne se voient pas confier de rapports importants », écrit-elle.

Si l'on en croit ce graphique réalisé par l'association Votewatch, qui compile les taux de présence des députés par pays depuis le début du mandat en 2009, l'Allemagne accroche une neuvième place, devancée par de petits États comme l'Estonie ou le Luxembourg, quand la France, l'Italie ou la Grande-Bretagne figurent en queue de peloton.

 

Autre élément qui joue en faveur des Allemands : nombre d'entre eux sont des experts en compromis, habitués aux intenses tractations entre groupes politiques qui rythment la mécanique du parlement européen. Ces méthodes ne sont pas sans rappeler la culture politique à l'œuvre en Allemagne, où les compromis entre l'échelon fédéral et les régions sont réguliers, et les alliances temporaires entre partis rivaux fréquentes. Les élus français, eux, mettent du temps à trouver leurs marques dans cet univers, quand ils n'y sont pas totalement allergiques.

Pour Alain Lamassoure, l'affaire va plus loin : c'est tout le règlement intérieur du parlement qui s'inspire d'un certain savoir-faire allemand, avec ses prises de parole hyper-codifiées (et extrêmement courtes) et l'organisation méticuleuse des séances plénières. « L'obstruction, qui existe dans tous les parlements du monde, est absente du parlement européen. Quoi qu'on pense des politiques votées par ce parlement, je suis impressionné par l'efficacité de la machine parlementaire à produire des décisions. Cela, nous le devons aux Allemands », estime-t-il.

À quelques mois des élections européennes, en mai 2014, rien n'indique que Paris ait décidé d'inverser la tendance, et de reprendre la main sur une institution où les Français sont à la peine.

 

 

 

 

 

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20 septembre 2013 5 20 /09 /septembre /2013 17:41

 

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Mine d’or autorisée par Montebourg : les preuves de la falsification des études

|  Par Karl Laske

 

 

Mediapart a eu accès aux études d’impact de la société minière Rexma lors de l’instruction de sa demande de permis sur le parc amazonien de Guyane : toutes les mises en garde des scientifiques ont été caviardées ou réécrites. Alors qu’une enquête préliminaire pour « faux et usage de faux » a été ouverte, Arnaud Montebourg a gelé le permis fin août.

 

C’est une falsification massive que les services de l’État ont trouvée dans le dossier d’autorisation de la mine d’or de la crique Limonade, à Saül, en Guyane. Ce projet sensible, situé en plein parc naturel amazonien, validé successivement en 2012 par les ministres Éric Besson et Arnaud Montebourg, s’appuyait sur des études d’impact entièrement caviardées et réécrites pour être remises aux services de l’État, fin 2008.

Selon les documents obtenus par Mediapart, les scientifiques mandatés par le bureau d’études Ecobios, lors de cinq missions sur le terrain, ont souligné la richesse du site et la gravité des atteintes prévisibles pour la faune et la flore en cas d’autorisation d’exploitation de la mine dans leurs rapports remis le 4 octobre 2008 à la société Rexma. Mais l’entreprise minière a occulté, point par point, l’impact environnemental de son activité dans un document contrefait, portant la signature d’Ecobios, et remis aux autorités en décembre 2008.

 

Les pelleteuses de l'entreprise minière finalement immobilisées, à Saül 
Les pelleteuses de l'entreprise minière finalement immobilisées, à Saül© DR

Début juillet, une enquête préliminaire a été ouverte pour « faux et usage de faux » par le procureur de la république de Cayenne, comme nous l’avons annoncé ici. Fin août, le ministre du redressement productif Arnaud Montebourg, très critiqué pour avoir signé le permis, a pris acte des soupçons judiciaires, en donnant instruction au préfet de Guyane de « suspendre » la procédure d’autorisation d’ouverture de travaux. « Sans préjuger des suites de l’instruction en cours, je vous demande de ne pas autoriser en l’état l’ouverture des travaux miniers », a-t-il indiqué, soulignant « les risques éventuels d’atteinte à l’environnement, à la flore et à la faune si le rapport d’étude devait avoir été effectivement tronqué. »

Le ministre a demandé au préfet de « déterminer s’il existe ou non des risques environnementaux qui n’auraient pas été portés à la connaissance du public et des services instructeurs ». Le préfet a annulé la réunion du Conseil de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques (Coderst) prévue vendredi dernier pour délibérer de la demande d’autorisation d’ouverture de travaux.

Pour l’entreprise, l’enjeu pesait trois tonnes d’or et demie ; soit 120 millions d’euros. Jean-Pierre Casas, le patron de Rexma, l’a expliqué benoîtement lors d’une conférence de presse de soutien organisée, le 29 août, par le Medef de Guyane, la Chambre de commerce et d’industrie (CCI), et la fédération des opérateurs miniers de Guyane (FOMG). Gauthier Horth, le président de la FOMG, a dénoncé l’ouverture de l’enquête, y voyant « une menace » pour la société Rexma et au-delà « une profession », ainsi qu'« une instrumentalisation de la justice à des fins politiques », a rapporté le site Guyaweb présent à cette conférence.

À cette occasion, le président de la CCI Jean-Paul Le Pelletier a lui aussi proclamé son « soutien plein et entier » à l’entreprise soupçonnée de falsification. Casas a fait valoir les « 50 emplois directs » qu’il envisageait de créer. L’avocat de l’entrepreneur minier, Me Boris Chong-Sit, par ailleurs vice-président (UMP) du conseil régional, a de son côté plaidé la prescription des faits. Le « faux » et l’usage de faux sont des délits dits « instantanés », et se prescrivent en trois ans, mais la justice risque de considérer que l’utilisation du « faux » par l’entreprise s’est poursuivie lors de la procédure d’instruction de sa demande de permis. L’entreprise minière pourrait en outre être visée pour des faits de contrefaçon.

Contacté par Mediapart, Jean-Pierre Casas se plaint de cette « criminalisation ». Il a par ailleurs été condamné le 11 mars dernier à dix-huit mois de prison avec sursis pour « escroquerie », « tromperie » et « détournement de gages » dans son activité d’achat vente de bulldozers pour avoir revendu comme neuf un matériel d’occasion, et détourné des dispositions de défiscalisation – il a fait appel de sa condamnation.

L’enquête devra déterminer qui a contrefait les études originales. Casas reconnaît avoir mandaté une autre équipe à cause des « retards » d’Ecobios. Il a indiqué à Mediapart que le cabinet d’ingénierie Burgeap aurait « coordonné » cette révision, assisté par un biologiste basé en Guyane, Georges Grépin. Hélas, Burgeap n’a pas trouvé trace de cette intervention. « On ne fait pas d’études faune et flore, cela ne peut pas être nous », a indiqué le bureau d’études, qui conteste aussi avoir mandaté M. Grépin. Ce dernier n’a pas donné suite à nos demandes d’entretien. Jean-Pierre Casas, de son côté, peine à expliquer comment à la faveur d'un « retard » – par ailleurs nullement établi – les études d'impact pessimistes et sévères se sont miraculeusement transformées en plaidoyer en faveur de son exploitation minière.

Le gérant d'Ecobios qui a communiqué « des documents complets » à l'entreprise minière en octobre 2008 a découvert la manipulation des études, et la modification de toutes leurs parties conclusives, lors de la visite des gendarmes saisis de l'enquête, fin juin. Ce document litigieux signé Ecobios, qui regorge de fautes d’orthographe, est consultable ci-dessous. Rexma l’a remis aux services de l’État, en décembre 2008, environ trois mois après avoir reçu les vraies études d’Ecobios.

 

Les scientifiques ont effectué cinq missions sur le territoire du permis minier d'exploration entre novembre 2007 et juin 2008. Mediapart a pu comparer des extraits des études d’impact originales remises le 4 octobre 2008 à Rexma, et leur version réécrite – sous la mention “étude Ecobios” – par la société minière. Les paragraphes les plus embarrassants pour l’entreprise minière sont supprimés, ou remplacés. Et ses conclusions sont rigoureusement inverses. Nous avons gardé les fautes d’orthographe qui y figurent.

L'étude d'impact originale n'envisage que de sombres perspectives, à commencer pour les mammifères. « L’exploitation minière des zones ripicoles (ndlr, des rives immergées) de la crique Limonade aurait donc un effet destructeur non négligeable, véritablement dommageable pour la diversité et les populations des mammifères des alentours de Saül », avertissent les chercheurs d’Ecobios. Huit espèces sont « particulièrement concernées et menacées » par les modifications envisagées des rives de la crique Limonade. La loutre géante et le cabiai risquent de disparaître du territoire observé.

« 286 espèces d’oiseaux ont été recensées, pour un peuplement estimé à environ 370 espèces »

  • L’étude originale tire la sonnette d’alarme

« Les loutres sont certainement les mammifères les plus directement menacés par l’exploitation alluvionnaire. Leur comportement et leur alimentation strictement aquatiques les condamnent à une disparition immédiate si les conditions écologiques de la rivière sont altérées (disparition des poissons avec l’augmentation de la turbidité). (…)

La loutre commune (Lontra longicaudis) est uniformément répandue autour de Saül, présente sur tous les types de cours d’eau. Toutefois la crique Limonade semble représenter le bastion de sa population puisque les observations y sont nombreuses, contrairement aux autres criques. La crique Limonade doit jouer le rôle d’un territoire de repli lorsque les petites criques s’assèchent. La perturbation de cette grande rivière aurait donc des conséquences dramatiques pour cette espèce. 

La loutre géante (Pteronura brasiliensis) est rarement mais régulièrement observée en petit nombre sur les criques Limonade et Nouvelle-France (1-2 individus vus chaque année). (…) Par son impact sur les populations de poissons et les dérangements occasionnés, l’exploitation aurait une incidence désastreuse sur ce super prédateur emblématique, intégralement protégé et extrêmement rare autour de Saül. »

 

Vue de la forêt, des arbres Couratari, sur le site du permis 
Vue de la forêt, des arbres Couratari, sur le site du permis© DR
  • L’étude contrefaite (pages 5 et 6) juge l’exploitation positive pour les mammifères et en particulier les loutres

« L’impact de l’exploitation légale sur les grands et moyens mammiféres est estimé positive dans la mesure où l’implantation d’une activité miniére légale et aux normes environnementales sur la crique Limonade et ses affluents empécherait l’installation des orpailleurs clandestins sur le Permis Limonade.

La préservation de la plus grande partie du lit mineur et de sa galerie forestiére, de plusieurs corridors entre les blocs exploités, de l’ensemble des milieux aquatiques et des habitats de zones humides en amont (criques Dominique, Stéphanie et Noémie) sont également des éléments positifs pour la recolonisation de cet habitat par les loutres lorsque l’orpaillage clandestin aura cessé. »

  • L’étude originale craint une disparition des chauves-souris

« La découverte de chauves-souris cavernicoles rares (Lonchorhina, Macrophyllum) ainsi que de diverses cavités favorables sur le bas des pentes du massif de Galbao suggère une biodiversité probablement supérieure dans le secteur nord du permis par rapport à celle du sud. (…) En conclusion, les chiroptères seraient un des groupes qui souffrirait le plus de l’ouverture du milieu naturel du permis minier, avec la disparition sans espoir de retour d’un grand nombre d’espèces purement forestières. L’impact vraisemblablement très négatif et fulgurant des transects (ndlr, dispositif d’observation) de prospection minière sur les populations de chauves-souris est une question à suivre de près. »

  • L’étude contrefaite soutient qu’elles ne seront pas concernées (pages 22 et 23)

« Dans les conditions de reforestation assistée auxquelles c’est engagée l’entreprise, la plupart des espèces de chiroptères inventoriées sur la crique Limonade subiront un impact minimal et temporaire du fait de l’exploitation minière.  (…)

Aucune des espèces inventoriées dans le bas fond n’étant considérée comme rare ou menacée et aucun des habitats impactés n’étant limité à la zone d’exploitation, l’exploitation ne présente aucun risque de diminuer significativement et de manière durable les effectifs des espèces concernées dans la région de Saül. »

  • Selon l’étude originale, 40 espèces d’oiseaux rares ont été répertoriées dans la zone

« 286 espèces d’oiseaux ont été recensées, pour un peuplement global qui peut être estimé à environ 370 espèces. Comparée à d’autres stations de forêt guyanaise, la zone d’étude s’avère donc particulièrement riche. (…) 40 espèces d’oiseaux sont considérées comme rares et patrimoniales à des degrés divers. Parmi celles-ci, les plus remarquables sont le Géocoucou pavonin Dromococcyx pavoninus (connu seulement de 3 localités en Guyane), le Geai de Cayenne Cyanocorax cayanus (localisé et rare en Guyane, endémique du plateau des Guyanes), l’Ibijau roux Nyctibius bracteatus, le Sclérure à bec courbe Sclerurus mexicanus, la Moucherolle d’Euler Lathrotriccus euleri, la Paruline de Pelzeln Granatellus pelzelni.

Au moins 37 espèces sont liées aux habitats de bords de criques ou de forêt alluviale, qui seront directement touchés par l’exploitation minière. 15 d’entre elles figurent parmi les espèces rares et patrimoniales précitées. En portant atteinte à leurs habitats, l’exploitation minière pourrait donc menacer la survie de ces espèces en Guyane ou au minimum dans la région de Saül. »

  • Selon l’étude révisée (pages 25, 31 et 32), la rareté des oiseaux doit être « relativisée »

« Parmi les 286 espèces inventoriées, 40 espèces d’oiseaux sont rarement observées en Guyane, bien que toutes aient une aire de répartition s’étendant soit à une grande partie du continent Sud américain, soit au plateau des Guyanes, soit, pour les moins communes d’entre elles, à la Guyane et au Surinam. (...)

Ces quinze espèces ont un habitat lié aux criques, aux zones humides, aux forêts alluviales, aux lisières d’ouvertures et aux manteaux de lianes. Elles on toutes une aire de répartition étendue (plateau des Guyanes) à très étendue (nombreux pays d’Amérique Latine) et ne sont pas considérées comme menacées au niveau mondial (pas de statut particulier de conservation dans la Liste Rouge de l’UICN)).

L’exploitation minière prévue, dans les conditions de reforestation proposées aura un impact temporaire  sur les sous populations locales des 15 espèces sensibles. Les mesures prévues de conservation des habitats sensibles (corridors de forêt inondable préservés en travers du flat), la reconstitution des habitats impactés dés la fin de l’extraction sur chaque bloc, la présence d’habitats intacts en amont et en aval, et la reforestation continue du site en cours d’exploitation  permettent de considérer qu’il n’y aura pas d’impact négatif permanent sur les populations locales de ces espèces. 

Sur le plan qualitatif, la zone étudiée recèle plusieurs espèces d’oiseaux communs ou très communs. Ces espéces vivent dans des habitats identiques en forêt inondable et inondée et le long des criques pour l’ensemble du plateau des Guyanes ou  d’une partie du continent, mais sont rarement observées en Guyane.

Cette rareté doit être relativisée : il faut tenir compte du très faible nombre d’observations systématiques prolongées et du très faible nombre de sites régulièrement inventoriés au sein du massif Guyanais. »

Les scientifiques mettent en évidence des espèces nouvelles

  • Selon l’étude originale, les amphibiens disparaîtront

« Dans la phase d’exploitation de ce permis, l’ensemble des berges de la crique Limonade et de ses affluents se trouveraient fortement perturbées, voire totalement déforestées. L’impact sur la douzaine d’espèces ripicoles (ndlr, vivant en bordure de l’eau) serait tout à fait important, risquant même de faire disparaître le noyau de la population de certaines d’entre elles (Hypsiboas et Dendropsophus, diverses Centrolenidae, Rhinatrema bivittatum).

De plus, d’autres espèces sont pour le moment uniquement connues de Limonade pour la région de Saül et risqueraient de disparaître de la commune avec la destruction de leurs habitats (Dendrophryniscus minutus, Trachycephalus hadroceps, Leptodactylus hylaedactyla, Leptodactylus sp., Hamptophryne boliviana).

Enfin il est tout à fait possible que des espèces discrètes et inconnues pour la science soient présentes dans ce type d’habitats spécifiques et isolés. (…) L’exploitation minière des zones ripicoles de la crique Limonade aurait donc un effet destructeur non négligeable, tout à fait dommageable pour la diversité et les populations des Amphibiens des alentours de Saül. » Les observations d’Ecobios se poursuivront en 2009, et aboutissent à la découverte dans la crique Limonade d’une rainette inconnue de la faune guyanaise, au chant spécifique : apparentée à une espèce ouest amazonienne, Dendropsiphus leali.

 

La rainette découverte sur le site 
La rainette découverte sur le site© DR

Selon la version contrefaite (pages 51 et 52), les amphibiens « ne peuvent pas être menacés »

« Compte tenu de l’écologie de ces 11 espèces d’amphibiens, il est très probable que les modifications de l’habitat au cours du processus de reforestation seront temporairement  favorables à, Rhinella margaritifera   Hypsiboas fasciatus  Hypsiboas geographicus  Hypsiboas multifasciatus, ou tout au moins sans impact négatif sur les effectifs de leurs populations locales.

Les espèces vivant dans la galerie forestière mature (gardée intacte sur une grande partie de la zone exploitée) et dans les arbres (Rhaebo guttatus, Hypsiboas boans, Dendropsophus leucophyllatus  ) bordant la crique  seront peu  perturbées. 

Ces espèces ne posent pas de problème de réinstallation dans le milieu, et  ne peuvent pas être menacées par l’activité miniére prévue du fait de leur aire de répartition étendue. »

  • Selon l’étude originale, la mine chassera aussi les reptiles

« Le périmètre du permis abrite donc au moins 65 espèces de reptiles, sur les 79 répertoriées à ce jour autour de Saül, soit 82 % des espèces communales. Les caïmans font partie des grands reptiles les plus touchés par les perturbations des rivières. Le caïman à lunettes (Caiman crocodilus) semble restreint aux parties larges de la crique Limonade et est apparemment absent du reste des environs de Saül. L’iguane (Iguana iguana) est rare dans le centre de la Guyane française. Les seules données proches de Saül sont restreintes à la crique Limonade. Les tortues podocnémides (Podocnemis sp.) ont également une répartition limitée à la crique Limonade pour les alentours de Saül.

Dans la phase d’exploitation de ce permis, l’ensemble des berges de la crique Limonade et de ses affluents se trouveraient fortement perturbées, voire totalement déforestées. L’impact sur la quinzaine d’espèces ripicoles serait tout à fait important, risquant même de faire disparaître le noyau de la population de certaines d’entre elles.

De plus, d’autres espèces sont sévèrement restreintes à une répartition sur la crique Limonade. Le bouleversement de ce biotope unique près de Saül conduirait probablement à la disparition de celles-ci sur ce territoire : caïman à lunettes, iguane, podocnémide et anaconda. »

  • Selon l’étude contrefaite, une majorité de reptiles « ne sera pas impactée » mais ira voir ailleurs (pages 66 à 68)

« La majorité de ces espéces fréquente les habitats de forêt haute de terre ferme sur pente et le haut des bassins versants des criques, milieux qui ne seront pas impactés par l’exploitation miniére. Seules une quinzaines d’espéces liées aux zones humides subiront un impact limité du fait de l’exploitation miniére.

Dans la phase d’exploitation de ce permis, seule une partie des berges  de la crique Limonade sera déforestée. Les affluents et leurs abords (crique Noémie, crique Stéphanie, crique Dominique) ne seront pas déforestés . Seules les forêts inondables et inondées de flat le long des  secteurs Nord et Sud de la Limonade, séparés par des corridors laissés intacts, seront défrichées progressivement et reforestées en continu, en laissant intacte sur une grande partie de son cours la galerie forestiére.. La surface active du chantier minier aura une superficie de +/- 30 hectares ; Le reste de la forêt de flat sera soit intacte soit en cours de régénération. L’impact sur la quinzaine d’espèces ripicoles sera donc limité dans le temps et sera réversible. La reconstitution immédiate des habitats sera favorable à la réinstallation de la plupart de leurs espéces proies.

Le caïman à lunettes, l’iguane podocnémide et l’anaconda sont présents dans la zone de Saül et très certainement présents dans les habitats des nombreuses zones humides ouvertes le long des criques descendant du Mont Galbao, et coulant comme la Limonade vers le Grand Inini. Ces espéces ont une aire de répartition étendue en Amazonie et en Guyane et ne sont pas globalement menacées par l’exploitation très localisée prévue.»


L'arbre Erythina mis en évidence lors d'un survol aérien. 
L'arbre Erythina mis en évidence lors d'un survol aérien.© DR
  • L’étude originale souligne la découverte d’un arbre non répertorié dans la région

« Il faut souligner la présence, dans les différentes végétations sur sol hydromorphes, d’un arbre du genre Erythrina dont certains caractères le rattachent à E. glauca. Les populations observées lors d’une reconnaissance aérienne au moment de sa floraison fin mars-début avril semblent indiquer une aire d’occupation restreinte autour de Saül. » Cet arbre, l’Erythrine, originaire des contreforts andins, prendra place dans d’autres études réalisées par Ecobios pour le parc amazonien de Guyane.

L’étude contrefaite (page 73) conteste cette découverte, jugeant « très peu probable qu’une telle espèce puisse être une endémique strictement localisée à la crique Limonade ». L'inventaire de la flore a fait ressortir 527 espèces, dont 458 plantes à fleurs sur le site, dont 127 espèces d'orchidées. Là encore, les études d'Ecobios feront apparaître plusieurs orchidées nouvelles sur le site de la crique Limonade.

Les autorités ont finalement fait le choix de préserver cette richesse environnementale en interdisant toute exploitation minière dans cette zone dans le schéma départemental d'orientation minière (SDOM) entré en vigueur en janvier 2012.

 

En bleu, la zone d'exclusion minière en vigueur depuis 2012 
En bleu, la zone d'exclusion minière en vigueur depuis 2012© DR

L'interdiction englobe désormais le périmètre du parc amazonien de Guyane, et sa zone d'adhésion, où se situe la crique Limonade. Le SDOM n'était toutefois pas applicable rétroactivement aux entreprises ayant auparavant obtenu un permis d'exploration, comme la société Rexma.

 

 

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20 septembre 2013 5 20 /09 /septembre /2013 17:22

 

 

rue89.com

 

Que fait Manuel Valls ? 19/09/2013 à 17h28

Appels au viol sur Twitter après la manif anti-FN : une plainte déposée

Blandine Grosjean | Rédactrice en chef Rue89

 

 

Parce qu’elle relayait la manif anti-FN à Marseille, une militante du Parti de Gauche, a été la cible de « tweets » violents. Un appel contre les « fachos, machos » est lancé.

Le week-end dernier se tenait à Marseille l’université d’été du Front national. Le samedi, un rassemblement était également organisé pour protester contre la tenue de cet évènement.

J., une jeune internaute membre du Parti de Gauche a, comme il se doit, relayé la mobilisation dès le vendredi. Très vite, elle a été la cible d’une campagne incitant à la harceler sur Twitter : plusieurs centaines de « tweets » émanant de militants d’extrême droite ont alors appelé à la violer.

« Terminus #Auschwitz »

 


Capture d’écran d’un tweet : « Allez hop, direction chez les #Femen puis terminus #Auschwizt [sic]. »

Extraits :

  • @WalterKruger88 : « Toi, la suceuse de bougnoules, tu feras partie du voyage, on y veillera. » (Le 15 septembre à 12 heures.)
  • @poissonbass : « C’est où qu’on s’inscrit pour le viol collectif de [J.] ? » (Le 16 septembre, à 9h31.)
  • « Allez hop, direction chez les #Femen puis terminus #Auschwitz. » (Le 16 septembre à 15h27.)

Capture d’écran d’un tweet : « Elle mérite une belle tournante sans GHB »

 

Plainte déposée contre X

Les menaces de plus en plus violentes, racistes et sexistes ont ensuite été dirigées contre une blogueuse antiraciste et un simple sympathisant au « prénom juif » venus à son aide sur les réseaux sociaux.

Ce jeudi après-midi, Samuel Thomas, représentant de la Fédération nationale des maisons de potes, a déposé plainte contre X auprès du procureur de la république de Paris pour « provocation à commettre un crime [le viol est un crime, ndlr], et/ou de provocation à la discrimination, à la haine et à la violence envers un groupe de personnes en raison de leur appartenance à une ethnie ».

Pour comprendre la teneur de la plainte il faut en passer par les tweets visant l’amie blogueuse et le sympathisant au prénom juif :

  • @poissonbass : « Encore une beurette au service du sionisme, quand on vous trouve pas dans les caves des cités. » (Le 15 septembre, à 12h35.)
  • « Pour une vraie Laïcité il faut détruire le Judaïsme qui est un poison à notre République, brûlons les synagogues ! ! » (Le 15 septembre, à 18h34.)
  • @WalterKruger88 : « Encore une male baisée, frustrée, arrogante et méprisante Demandons à Taubira l’islamophile le droit à la lapidation ! » (Le 16 septembre à 11h50.)

Dans la matinée, Samuel Thomas a été reçu par un conseiller de Christiane Taubira à la Chancellerie, où on lui a affirmé que depuis l’affaire « #UnBonJuif », « Twitter s’était engagé à fournir à la justice les adresses permettant d’identifier des auteurs de tweets tombant sous le coup de la loi ».

Mais en l’état actuel des choses, pourtant, cet engagement de Twitter ne concerne que la procédure engagée par l’Union des étudiants juifs de France (UEJF).

« La police ne viendra jamais chez vous »

Pour les militants associatifs, c’est au ministère de l’Intérieur, et non à eux, de poursuivre les auteurs de ces tweets. Samuel Thomas, cible de ces activistes depuis trente ans, est bien certain qu’il ne s’agit pas d’attaques spontanées de personnes « se découvrant un beau matin racistes ou d’extrême droite » :

« Elles proviennent des cyberactivistes antisémites et néonazis actifs sur des sites connus, publiant en français. »

Selon lui, ils forment un petit milieu actif.

Dans une lettre à Manuel Valls, qu’il nous a montrée, il dresse la liste des sites sur lesquels il les a repérés :

  • Herveryssen.over-blog.com ;
  • BoulevardHitler.com ;
  • BVoltaire.fr ;
  • AryanSisterHood.wordpress.com ;
  • Breizatao.com ;
  • Propagandes.info.

Et au téléphone, il accuse le ministère de l’Intérieur et les services de police de ne porter aucune attention à ces affaires :

« Pour eux, la solution, c’est d’effacer ces messages. Donc on peut tout dire sur les réseaux sociaux, appeler à la solution finale, on ne risque rien, la police ne viendra jamais frapper chez vous. Faites la même chose avec un tweet incitant à la pédophilie, et vous risquerez d’avoir des ennuis. »

« Bougnoulisme mental »

Dans la lettre postée ce jeudi après-midi, il écrit :

« Ces sites, tous rédigés en langue française, diffusent des messages clairement antisémites, racistes. Il convient à cet égard de citer certaines catégories d’articles disponibles sur le site BoulevardHitler.com, dont les intitulés sont “ Bougnoulisme mental ” ou encore “ Pourriture juive ”…

Les administrateurs de ces sites, bien que souvent hébergés à l’étranger, postent leurs publications et autres commentaires sur le territoire français. Au cours des dernières années, les ministères de l’Intérieur et de la Justice ont montré leurs capacités à réaliser ce travail d’investigation lorsqu’il s’agissait de poursuivre les auteurs de publications à caractère pédophile ou faisant la promotion de la vente et de la consommation de drogue sur Internet.

Ce même travail doit être mené contre les publications à caractère raciste et antisémite sur Internet, et ce malgré la réticence de Twitter de se conformer à l’ordonnance de référé du 24 janvier 2013 lui enjoignant de communiquer les données d’identification de l’auteur de tweets antisémites et de mettre en place un dispositif de signalement de contenus illicites. »

« Fachos, machos : hors de nos murs ! »

Au niveau politique, un appel intitulé « Fachos, machos : hors de nos murs ! » signé notamment par la Maison des potes, le collectif féministe contre le viol, la fondation Copernic, l’union syndicale Solidaires ou le Nouveau Parti anticapitaliste a été lancé auprès du ministre de la Justice et de l’Intérieur pour que « les auteurs de tweets à caractère sexiste, raciste, antisémite et faisant l’apologie de crime contre l’humanité soient punis à la mesure de l’exceptionnelle gravité de leurs actes. »

 

 

 

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20 septembre 2013 5 20 /09 /septembre /2013 16:47

 

tvlanguedoc.com

 

Découvrez le reportage complet ici

Date : jeudi, 12 septembre 2013 - Durée : 52 :23 mn - Format Vidéo : HD

 

 

800 personnes devant la préfecture du Gard
Plus de 800 personnes ont manifesté vendredi 20 Août en début d'après midi devant la préfecture du Gard, à Nîmes contre l'exploration des gaz de schistes dans le bassin d'Alès.
Si les chiffres varient (un millier selon les organisateurs, 750 selon la police) la vidéo reste le maître mot …

La raison ?
La remise d'un rapport d'expertise indépendant commandé par le ministère de l'écologie. Controversé par les maires et les députés locaux, ce rapport conclut qu'une campagne d'exploration est nécessaire pour approfondir une meilleure connaissance géologique de secteur du Bassin d'Alès, qui recèle « des hydrocarbures de type huile lourde riche pouvant être exploités sans recours à la fracturation hydraulique ».

manifestationRéunion animée
Lors d'une réunion animée par le Préfet Hugues Bousiges, ce rapport d'expertise a été présenté par son auteur, le professeur de géologie Jean Paul Deroin, en présence de Fabrice Verdier, député du Gard, de Sabine Buis, député de l'Ardèche, de deux membres de la société Mouv'Oil et des maires Ardèchois et Gardois des communes * concernées par ce permis de recherche.
 
Environnement
L'expert revèle dans son rapport que " la campagne sismique projetée par la société Mouv'Oil est nécessaire à une meilleure connaissance géologique du bassin d'Alès et que la technique employée par cette compagnie, d'acquisition de données, par camion vibreur, ne présente aucun danger pour l'environnement.

Les expertises réalisées par les collectifs et les experts locaux ont visiblement été écartées du rapport final dixit l'hydro-géologue Joël Jolivet, maire de Tharaux (gard). Bagarre d'experts … le préfet compte les points et ne bouge pas.

Devant nos caméras, Max Bordenave, vice-président de l'exploration de Mouv'Oil, a confirmé devant des confrères journalistes " Nous ne cherchons pas du gaz de schiste ", terminant cette série de questions en ajoutant " La manifestation que vous avez dans la rue, ne nous concerne absolument pas ".

Rixes et bagarres aux portes de la préfecture
Des échauffourées entre des manifestants et de policiers de la B.A.C (Brigade Anti Criminalité) ont eut lieu pendant cette réunion.
Le préfet, les députés et les maires ont entendu de la salle de réunion, les clameurs de la bagarre provenant de la rue Bernard Aton.
Les forces de l'ordre de la préfecture sont venues prêter main forte à leurs collègues de la B.A.C qui tentaient d'arrêter un manifestant soupconné d'avoir tagué des boites aux lettres. Si certains ont tenté de calmer le jeu de part et d'autre, comme Jean-Louis Chopy, le porte parole du collectif Ardèchois, les policiers n'en n'ont pas tenu compte et repoussant à la main au début les manifestants, puis ont sorti leurs matraques télescopiques, frappant à la fin sans ménagement toute personne voulant s'interposer.

Si la préfecture du Gard déplorait dans la soirée, dans un communiqué de presse, que quatre de leurs fonctionnaires de police et un gendarme avaient été blessés, rien n'indique en revanche dans l'autre camp, la violence des coups de matraques en plein visage, sur les têtes, ou sur les mains et avant bras sanguinolants que les manifestants présents ont reçu. Les images du documentaire prouvant la véracité de nos écrits.

Suite à cette arrestation, la voiture de la B.A.C a subi des dégradations, deux pneux dégonflés (non crevés) et un capot moteur rayé.
Plusieurs maires restés au dehors sont venu calmer les manifestants en précisant que cela restait avant tout un combat pacifique.

Il est clair qu'il ne faut plus grand chose au début de l'automne pour que commence à l'orée des bois, une guérilla contre les pétroliers, au sein de notre garrigue et dans les creux de nos vallons cévenols.

Si les camions vibreurs viennent … ce sera le début d'un autre combat, celui du pot de terre contre le pot de fer.

A cela, les parlementaires Sabine Buis et Fabrice Verdier ont apporté la réponse du ministre … Messieurs les pétroliers … on ne bouge pas !  (Pour le moment …  !)

Quid Tempus


* Villages concernés (dans un premier temps)
Allègre, Barjac, Bessas, Beaulieu, Potelières, St André, St Denis, St Jean, St Privat, St Sauveur, St Victor, Rivières, Rochegude, Tharaux et Vagnas.
 
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