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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 14:00

 

marianne.net

 

La dette humaine

Mercredi 2 Octobre 2013 à 10:53

 

 

On en parle sans arrêt, mais on la connaît mal. Dans «Dette, cinq mille ans d'histoire», véritable best-seller aux Etats-Unis, l'anthropologue David Graeber décrypte le fonctionnement de la dette. Une analyse passionnante par l'un des initiateurs d'Occupy Wall Street.

 

Illustration - C. VILLEMAIN/20 MINUTES/SIPA
Illustration - C. VILLEMAIN/20 MINUTES/SIPA
Qui de nous a fait attention au nouveau billet de 5 euros ? Un simple petit biffeton de presque rien. Aussi moche et sans saveur que son prédécesseur et ses grands frères de 10, 20, 50, 100, 200 et même 500 (rarissimes dans nos contrées). Apparemment, il n'y a aucune raison de considérer ce minuscule rejeton de la famille, aux couleurs pisseuses et illustré d'un motif volontairement sans signification, donc sans intérêt.

Pourtant, en regardant bien, on distingue une sorte de griffonnage qu'on imagine réalisé avec une pointe Bic : « MDraghi ». Ce MDraghi, pour Mario Draghi, a remplacé récemment « JcTrichet », pour Jean-Claude Trichet. Le paraphe de « SuperMario » signifie : « Moi, président (de la BCE), je m'engage à rembourser 5 euros dès qu'on présentera ce billet au guichet de ma banque. » Il s'agit donc d'une reconnaissance de dette ! Et c'est justement parce que c'est une dette que nous nous disons, en rangeant le billet dans notre portefeuille : « C'est du sûr. »

Car, à moins d'habiter à Chypre, nous sommes certains que Mario Draghi paiera les 5 euros. Mais pourquoi avons-nous confiance dans la signature d'un homme que nous connaissons à peine, et pas dans le sigle de l'institution imposante qu'est la Banque centrale européenne, comme les Américains attachent de la valeur à l'improbable signature de Jack Lew, le secrétaire d'Etat au Trésor des Etats-Unis, imprimée sur les dollars ?

Nous avons donc de la dette en poche. Et nous trouvons ça très bien. Mais, lorsque nous lisons les journaux qui évoquent la dette grecque, française, italienne, espagnole, nous sommes scandalisés par la punition infligée à ces peuples par la troïka Fonds monétaire international-Banque centrale européenne-Union européenne. C'est ce paradoxe qu'explore l'anthropologue américain David Graeber dans son livre Dette, cinq mille ans d'histoire, qui vient de sortir en français.

De victime à coupable

Graeber prend à rebours la définition des économistes orthodoxes pour qui la dette et les taux d'intérêt sont le simple prix à payer pour le temps (celui de l'investissement) et le risque (de tout perdre). Un instrument neutre, comme aiment à le prétendre les libéraux. Une mystification pour l'auteur : la dette est un instrument de la domination des hommes sur les hommes. « Pourquoi la dette ? D'où vient l'étrange puissance de ce concept ? Sa flexibilité est le fondement de son pouvoir. L'histoire montre que le meilleur moyen de justifier des relations fondées sur la violence, de les faire passer pour morales, consiste à les recadrer en termes de dettes. Cela crée aussitôt l'illusion que c'est la victime qui commet un méfait. »

C'est ainsi qu'au XIXe siècle les colonisateurs français de Madagascar inventèrent de toutes pièces une « dette », en exigeant que les Malgaches remboursent les frais de leur occupation. Ou encore que le gouvernement du roi Charles X obligea en 1825 la jeune république d'Haïti à emprunter (en France, bien sûr) la somme énorme de 150 millions de francs-or (l'équivalent de 18 milliards de dollars actuels), afin de « dédommager » les anciens colons, français bien entendu, chassés vingt ans plus tôt lors de l'indépendance. Les descendants des esclaves ont dû payer pour la libération de leurs parents, jusqu'à la cinquième génération. Haïti est encore aujourd'hui le synonyme de « dette infâme », symbole de toutes les extorsions perpétrées par le fort sur le faible.

Une forme d'assurance

Et pourtant nous continuons à penser que « tout le monde doit payer ses dettes ». Nous y mettons même un point d'honneur. Rien n'est pourtant moins évident que cet adage. Depuis la nuit des temps, les hommes se prêtent entre eux. Bien avant le troc, bien avant la monnaie, ils échangeaient entre voisins des biens et des services en se reconnaissant des créances réciproques. Nul besoin d'éponger la dette : l'assurance que l'échange perdurerait suffisait.

Avec l'irruption du marché, il y a cinq mille ans, et des taux d'intérêt, la dette change de sens : elle devient le signe de l'infériorité matérielle et morale des débiteurs à l'égard des créanciers.

La religion s'en mêle. « Pour les anciens brahmanes, la dette est synonyme de culpabilité et de péché », rappelle Graeber. Les hindouistes ont écrit leurs textes vers 1500 av. J.-C. Trois mille cinq cents ans plus tard les économistes Michel Aglietta et André Orléan inventent le concept de « dette primordiale »*. C'est une « dette de vie », écrivent-ils en « reconnaissance des vivants à l'égard des puissances souveraines, dieux et ancêtres ». « L'homme naît endetté. Il l'est avec sa communauté, avec sa famille, avec les dieux.» Evidemment, il est impossible de rembourser totalement une vie et on passe donc son existence sur Terre à la rembourser par les sacrifices.

Ces péchés qu'on rachète

De ces âges obscurs nous est resté un vocabulaire qui mêle intimement argent et morale. En anglais, le Jugement dernier est appelé Reckoning, le « règlement des comptes ». Le mot guilty (« coupable ») est dérivé du vieil anglais geild, qui signifiait « indemnité » ou « sacrifice », et de l'allemand geld (« argent »). Pour les juifs et les chrétiens, la « rédemption » veut également dire le « rachat ». Jésus meurt sur la croix pour racheter les péchés de l'humanité. Avec un surmoi collectif pareil, pas étonnant que la majorité des Européens d'aujourd'hui, et pas seulement les Allemands, obtus, forcément obtus, estiment que les Grecs sont les premiers responsables de leur malheur.

Le sort du débiteur étant de son fait, le créancier est donc habilité à agir envers lui, presque comme bon lui semble, et jusqu'à la sauvagerie. La manière la plus ancienne et la plus pratique a été de se saisir de sa personne ou de celles de ses épouse, fils ou filles, pour les faire travailler jusqu'au remboursement du capital et des intérêts. La dette est donc intimement liée à l'esclavage, au moins autant qu'à la guerre, grande pourvoyeuse de captifs.

Et pas seulement dans les sociétés antiques. L'exploitation de l'Amérique à partir de la conquête s'est réalisée essentiellement grâce à l'utilisation de millions de péones, des paysans endettés réduits au travail forcé sur les latifundia de leurs créanciers. On s'en souvient peu, mais la loi d'interdiction de l'esclavage promulguée par Abraham Lincoln lors de la guerre de Sécession libère aussi des travailleurs blancs surendettés. L'Inde n'a supprimé les dernières lois permettant l'esclavage pour dettes qu'en 1 975 et le Pakistan qu'en 1992.

C'est ainsi que, depuis trois mille ans, possédants et possédés s'affrontent avec acharnement. Et si l'image de l'endetté est mauvaise, celle de l'usurier, du banquier l'est encore davantage, jusqu'à les placer en marge de la société, comme les juifs sous l'Ancien Régime. « Chaque fois qu'un conflit ouvert a éclaté entre classes sociales, il a pris la forme d'un plaidoyer pour l'annulation des dettes, la libération des asservis et, en général, pour la redistribution équitable des terres », explique David Graeber. A partir du XIXe siècle av. J.-C., les Mésopotamiens, ceux-là mêmes qui avaient inventé le prêt à intérêt vers 3000 av. J.-C., « effacent les ardoises » pour éviter les révoltes et continuer à percevoir des impôts.

L'abandon des créances tous les sept ans, institué par Moïse, rétablit l'égalité entre les enfants d'Israël, conformément au mythe fondateur : « Je suis l'Eternel, ton Dieu, qui t'a sorti de la maison d'esclavage en Egypte.»

Une course à l'abîme

Au VIe siècle avant notre ère, dans Athènes, petite cité au bord de la révolution sociale, le législateur Solon décrète la remise des dettes et l'interdiction de l'asservissement. Il fait franchir un pas de géant à la démocratie : désormais chaque citoyen est à la même distance du pouvoir (isocratie) et a donc vocation à l'exercer. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Keynes appelait à « euthanasier les rentiers » afin d'ouvrir le chemin à un nouveau contrat social progressiste.

Au tournant du XXe siècle, le capitalisme financier a eu l'ambition de faire tourner la machine à l'envers en permettant à tout le monde de devenir rentier, de manière que tous les « travailleurs » puissent happer un fragment des profits créés par leur propre exploitation. On a appelé cela « la démocratisation de la finance ». Formidable renversement opéré par la magie des marchés spéculatifs : les pauvres, ou du moins les classes moyennes laborieuses, fournissent l'épargne qui permet de prêter aux riches, qui eux, abusent de l'emprunt pour spéculer sur l'immobilier, les matières premières, les monnaies... Comme dit la chanson : « le monde a changé de base », non pas, hélas, grâce au communisme, mais avec la révolution reaganienne.

Pour interrompre cette course à l'abîme, David Graeber, rejeton de la gauche radicale américaine, appelle à en finir avec les dettes, par un « jubilé biblique planétaire ». Effaçons toutes les ardoises, et imaginons enfin des relations dont le centre ne soit pas l'argent. Pour être enfin humains.

* La Monnaie souveraine, 1998, ouvrage collectif 1998, éditions Odile Jacob.

Pour une anthropologie anarchiste (Lux). Dette, cinq mille ans d'histoire, Les liens qui libèrent, 624 p., 29 euros.

 

Article publié dans le numéro 857

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 18:34

 

arte.tv/guide/fr

 

 

 

Moins, c'est mieux
 

Moins, c'est mieux

mardi 01 octobre à 20h50 (52 min)

 

Moins, c'est mieux

Limiter la croissance pour une vie meilleure

mardi 01 octobre à 20h50 (52 min)

  Rediffusé samedi 05.10 à 10h30

De plus en plus de personnes en sont convaincues : la croissance illimitée n'est pas viable à long terme dans un monde où les ressources s'épuisent peu à peu. Ce documentaire explore des modèles économiques et de nouvelles façons de vivre qui ouvrent la voie à une société post-croissance.

En savoir plus  

À la faveur de la crise, les opinions publiques prennent peu à peu conscience de ce que l’explosion démographique, la crise énergétique ou encore le changement climatique posent de sérieuses questions que nous ne pouvons plus remettre à demain. De plus en plus de personnes en sont convaincues : la croissance illimitée n’est pas viable à long terme dans un monde où les ressources s’épuisent peu à peu. Il s’avère en outre que l’augmentation du PIB dans les pays industrialisés n’a abouti à aucune amélioration notable de la qualité de vie des populations depuis les années 1970. Se pourrait-il alors que la société de consommation ne tienne pas ses promesses de bonheur et que le bien-être ne soit pas inhérent à la croissance ?

Ce documentaire explore des modèles économiques et de nouvelles façons de vivre qui ouvrent la voie à une société post-croissance. La réalisatrice questionne son propre mode d’existence : à quoi doit-elle renoncer pour espérer mener une vie "durable" ? Pour répondre à cette question, elle sillonne les routes de France, d’Allemagne, d’Espagne et d’Angleterre, à la rencontre d’individus pour qui la croissance économique n’est pas la mesure de toutes choses. Elle comprend alors qu’adapter son mode de vie à son environnement n’est pas nécessairement synonyme de privation, de sacrifice et de renonciation au bien-être : dans bien des cas, un tel changement permet au contraire de gagner en qualité de vie.

 

 

 

 

 

 

Zéro déchet

mardi 01 octobre à 21h45 (52 min)

  Rediffusé samedi 05.10 à 11h20

Le maire de Naples s'est engagé à débarrasser la ville de ses ordures pour parvenir à une production de 'zéro déchet' d'ici à 2020. Un pari révolutionnaire.

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En 2011, Luigi de Magistris est élu maire de Naples. Ce candidat indépendant, qui ne bénéficie d’aucun soutien puissant et n’est fort d’aucune expérience politique, réussit à convaincre les électeurs par une promesse révolutionnaire : résoudre le problème des déchets toxiques qui empoisonnent la vie de la ville depuis des décennies et libérer les Napolitains de l’emprise de la mafia. Un non-sens pour ses opposants, qui le taxent de fou ou, au mieux, d’utopiste ; une nouvelle lueur d’espoir pour les habitants, qui lui accordent leur confiance. Dans le même temps, le maire s’engage à signer un protocole avec Paul Connett, spécialiste de l’évacuation des ordures et leader du mouvement "zéro déchet" : les ordures doivent progressivement disparaître à Naples grâce au recyclage, au réemploi ou à la réduction à la source, sans construction de décharges ou d’incinérateurs. Mais ce vaste programme se révèle plus difficile que prévu et l’élu doit prendre des décisions impopulaires. Se développent alors des initiatives inattendues, dans le cadre de comités d’action, qui vont même au-delà des promesses faites par Luigi de Magistris…

 

 

 

Déchiffrage
 

Déchiffrage

mardi 01 octobre à 22h40 (90 min)

 

Déchiffrage

La croissance, à quel prix ?

mardi 01 octobre à 22h40 (90 min)

  Rediffusé jeudi 10.10 à 8h55

'Déchiffrage' met en lumière et en débat les grands enjeux de l'économie avec les moyens du documentaire et la longue-vue du journal Alternatives économiques. Un premier numéro consacré à la question de la croissance.

En savoir plus  

  VOD-DVD

Ce programme est disponible en vidéo à la demande ou DVD Acheter  

FMI, BCE, Triple A, Libor, CDS, G20… : criblé d’abréviations mystérieuses et de sigles compliqués, le discours économique est d’autant plus difficile à contester qu’il est malaisé à comprendre. Mais ses alphabets étranges et ses formules cryptiques dissimulent quelques-uns des grands choix politiques de notre temps. Et si on se les réappropriait ? Déchiffrage éclaire les enjeux de l’économie contemporaine pour mieux permettre au citoyen spectateur de les mettre en question, en mêlant archives décalées, séquences d’animation originales, reportages sur le vif et entretiens approfondis, assortis de datavisualisations claires et simples consultables sur un second écran. Ce soir, Déchiffrage interroge la notion à géométrie très variable de croissance, en esquissant au préalable un portrait remarquablement limpide de l’économie mondialisée et financiarisée. Réalisation inspirée, propos riche et dense, une salutaire réflexion en images qui propose, à l’instar de l’homme de l’art Jean Gadrey dans ce premier numéro, de "remettre les économistes sur le siège arrière".

De Montreuil à Bangalore

Entre les partisans de la croissance à tout crin et ceux qui lui préfèrent une pause, voire même la "décroissance", pas facile de s’y retrouver. Quel est le prix à payer pour une croissance mondiale posée comme seul étalon du progrès et du bien-être ? Quels sont les modèles alternatifs ? La taxe carbone doit-elle servir de modèle pour la protection de l’environnement ? À court et moyen terme, peut-on imaginer raisonnablement la prospérité sans la croissance ?

Pour son premier numéro, Déchiffrage nous fait voyager de Montreuil à Berlin en passant par Bangalore, afin de mieux questionner les vertus et les méfaits de la croissance. Avec, entre autres, outre Jean Gadrey, les économistes Daniel Cohen, Joseph Stiglitz, Jean Pisani-Ferry, Gosta Esping Andersen ? spécialiste de la protection sociale ? et le physicien Dennis Meadows, directeur du projet Club de Rome en 1970.

 

 

 

La démocratie, c'est nous
 

La démocratie, c'est nous

mercredi 02 octobre à 0h00 (57 min)

 

La démocratie, c'est nous

mercredi 02 octobre à 0h00 (57 min)

  Rediffusé jeudi 17.10 à 8h55

Touchés de plein fouet par la crise économique et financière, les Européens sont de plus en plus nombreux à investir l'espace public pour s'insurger contre les mécanismes de l'économie mondialisée et défendre la démocratie.

 

De Madrid à Reykjavik en passant par l’Allemagne et la Suisse, ce documentaire décrypte les revendications et l’organisation complexe des mouvements contestataires européens, au sein desquels des individus profondément indignés déploient des trésors de créativité pour rendre la parole à tous les citoyens dans la sphère politique.

 

 

 

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 16:37

 

mediapart.fr

Robert Salais: les échecs de l'Europe

|  Par François Bonnet

 

 

Dans un essai Le Viol d'Europe, l'économiste Robert Salais revisite soixante ans de construction européenne. Pour pointer les échecs successifs qui ont réduit l'Europe à une simple pièce d'un ordre mondial néolibéral.

 

 

 


À quelques mois des élections européennes et alors que la crise de l'euro menace de repartir, c'est un essai qu'il faut lire. Dans Le Viol d'Europe, l'économiste Robert Salais revisite méthodiquement, texte après texte, soixante années de construction européenne. Objectif : déconstruire le grand récit officiel qui n'a cessé de « vendre » aux citoyens une Europe des peuples libres et égaux, assise sur le progrès social et l'approfondissement démocratique.

Or c'est un tout autre paysage européen qui a surgi avec les crises qui se succèdent depuis 2008. Cette Europe vantée par les pères fondateurs, relancée par Jacques Delors, n'est pas : à l'inverse l'Union européenne n'est devenue qu'une simple pièce d'un ordre mondial néolibéral. « L'énigme européenne est là, dans ce divorce entre l'Idée au nom de laquelle tout est fait, et la réalité de ce qui se passe. Elle est dans ce paradoxe qu'en travaillant soi-disant à réaliser l'idée d'Europe, le processus politique européen la fait disparaître », écrit Robert Salais.

Pourquoi ces échecs en série, pourquoi Jacques Delors n'a-t-il pas pu faire valoir l'« Europe sociale », pourquoi le rêve européen a-t-il mué en un cauchemar néolibéral ? Entretien.

Robert Salais, Le Viol d'Europe, PUF, 425 pages, 20 euros.

 


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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 16:29

 

 

blogs.mediapart.fr

Ce qui nous attend ?

Jacques Bompard, fondateur du Front National et actuel président de la Ligue du Sud, est le maire d'extrême-droite de la ville d'Orange, depuis 1995. Il est également député de la 4e circonscription du Vaucluse depuis juin 2012. Lundi 16 septembre, il a donné un aperçu de ce que serait une accession au pouvoir de l'extrême-droite, par le langage (qui apparaît à travers les sous-titres) et la manière utilisés à l'endroit d'Anne-Marie Hautant, élue d'opposition d'OC, Partit Occitan. La vidéo de cette session du conseil municipal a déjà beaucoup circulé sur le net.

A l'heure où bon nombre de présumés éditorialistes de media complaisants dissertent élégamment sur la montée de ceux et celles qui sont désormais catalogués comme présentables, les abonnés de Mediapart pourront juger par eux-mêmes de ce qu'est une municipalité aux mains de l'extrême-droite. Plus effrayante que l'attitude du maire celle de plusieurs conseillers fait froid dans le dos et l'on pense aux paroles de la chanson de Jean Ferrat, Le bruit des bottes :

 

On a beau me dire qu'en France

On peut dormir à l'abri

Des pinochets en puissance

Travaillent aussi du képi

On sait comment ils opèrent

Pour transformer les esprits

Les citoyens bien pépères

En citoyens verts-de-gris...

 

 


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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 16:17

 

marianne.net

 

Le couteau de Cameron sous la gorge des chômeurs anglais

Lundi 30 Septembre 2013 à 20:00

 

Lucille Fonteny

 

Les Conservateurs au pouvoir en Grande Bretagne annoncent une mesure qui force les chômeurs de plus de deux ans à effectuer 30 heures de travaux d’intérêt général, sous peine de se voir retirer leurs allocations.

 

David Cameron - REX/Steve Back/REX/SIPA
David Cameron - REX/Steve Back/REX/SIPA
C’est le dernier né du gouvernement Cameron pour lutter contre un assistanat clairement dénoncé et une économie qui peine à se relancer. Le ministre des Finances, George Osborne, a annoncé lundi en marge de la conférence annuelle du parti conservateur que les 200 000 bénéficiaires des allocations chômage, sans emploi depuis deux ans, seraient contraints à effectuer des travaux d’intérêt général.

Les chômeurs de longue durée devront effectuer 30 heures de travaux d’intérêt général hebdomadaires (ramasser les poubelles dans les rues, cuisiner pour les personnes âgées, ou travailler dans une organisation caritative…), pour gagner leur indemnité ou se rendre tous les jours dans leur Agence pour l’emploi. Des stages supervisés par ces agences seront obligatoirement suivis par ceux qui souffrent de problèmes tels que l’alcoolisme ou l’analphabétisme. Baptisé « Help to work », ce dispositif coûtera à l’Etat 300 millions de livres, et devrait entrer en vigueur en avril prochain. La punition pour une première infraction est de quatre semaines d’indemnités en moins, et de trois mois pour la seconde infraction.

Insistant sur un chemin de la croissance « loin d’être retrouvé », M. Osborne a affirmé que « personne ne recevrait quelque chose sans contrepartie»«Pour la première fois, tous les chômeurs de longue durée qui sont capables de travailler devront faire quelque chose en échange de leurs allocations et afin qu’on les aide à trouver un emploi», a-t-il dit.

Rattraper les Travaillistes dans les sondages

Selon le quotidien The Guardian, les sondages révèlent que la population britannique évolue en faveur d’une politique moins généreuse en ce qui concerne les aides octroyées par l’Etat. Cette radicalisation peut être interprétée comme une tentative du Parti Conservateur de réduire l’écart avec le Parti Travailliste en tête dans les sondages d’opinion, après un discours plutôt populiste de la part d’Ed Miliband, leader du principal parti de gauche. Lors d’une conférence la semaine dernière, il avait notamment proposé de geler le coût de l’électricité s’il était au pouvoir en 2015. 
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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 16:12

 

marianne.net

Le capital plus cher que le travail?

Mardi 1 Octobre 2013 à 05:00

 

Magazine Marianne

 

Les Economistes Atterrés organisent un débat autour d’une étude sur la coût faramineux -évalué entre 97 milliards et 132 milliards d’euros- qu’impose le système financier sur les entreprises. Novateur et iconoclaste.

 

Illustration, ouvriers Michelin - SOUVANT GUILLAUME/SIPA
Illustration, ouvriers Michelin - SOUVANT GUILLAUME/SIPA
L’Europe tout entière s’enferre dans des politiques non-coopératives d’austérité et de compétitivité. Qu’il s’agisse de redresser les finances publiques ou de réduire les déséquilibres du commerce extérieur, la pression est mise essentiellement sur les salariés et les ménages. En France, cette « stratégie » d’austérité-compétitivité s’est traduite par le crédit d’impôt de 20 milliards d’euros  par an accordé aux entreprises, le paiement de ce cadeau par les nouveaux prélèvements opérés sur les ménages (10 milliards en plus en 2014), la promesse faite aux entreprises de compenser l’augmentation des cotisations patronales prévue dans le projet de loi sur les retraites… Comme si notre problème essentiel était le sempiternel coût du travail. 
 
Or un grand nombre de nos difficultés actuelles, et parmi les plus importantes, proviennent en réalité d’un coût du capital trop élevé. C’est ce que les économistes atterrés souhaitent présenter et mettre en discussion dans cette conférence débat. Il s’agit de faire voir, d’une manière actualisée, les conséquences néfastes de l’élévation du coût du capital dans l’ère du capitalisme financiarisé, tant sur les plans microéconomique que macroéconomique. Conséquences sur l’emploi, les inégalités de revenus, la pauvreté, le développement des entreprises…  
 
Le capital a certes toujours un coût. Ce coût, c’est l’effort collectif qu’il faut fournir pour fabriquer les biens d’équipement neufs destinés à renouveler ou augmenter le stock de capital productif (les moyens de production des entreprises). A ce coût, il est permis d’ajouter le risque entrepreneurial ou marchand, ainsi que le coût de fonctionnement des canaux de financement. Mais au-delà de ce coût économique ou coût réel, l’acquisition des biens capitaux par les entreprises se « surcharge » d’un coût financier déterminé par les modalités d’approvisionnement des entreprises en capitaux liquides nécessaires au financement de ces acquisitions. Ce coût est formé des revenus prélevés sur l’entreprise – intérêts et dividendes – qui n’ont, en dehors du risque entrepreneurial et du coût d’administration des placements, aucune justification économique. Il s’agit donc plutôt d’un surcoût. 
 
Or, ce surcoût a fortement augmenté depuis le tournant des années 80, pour atteindre des niveaux sans doute insoupçonnés : le coût réel du capital est majoré, selon les hypothèses retenues dans une étude réalisée par le Clersé, de 50 à 70 %. Pour l’année 2011, le surcoût du capital se serait ainsi établi entre 94,7 et 132,7 milliards d’euros… 
 
Les effets de cette élévation du surcoût du capital sont aujourd’hui bien connus. On observe, évidemment, une augmentation du prélèvement financier (intérêts et dividendes) sur la richesse produite par les entreprises. Cette ponction vient diminuer à due concurrence les revenus perçus par les autres parties prenantes, au premier rang desquelles les salariés. Mais l’effet le plus massif de l’élévation de la rente financière va sans doute bien au-delà de son impact sur la répartition fonctionnelle des revenus. Il réside dans l’élévation de la norme de rendement financier imposée aux entreprises, laquelle réduit de manière directe les opportunités d’investissement (les projets d’entreprise) susceptibles de souscrire à cette norme. L’élévation des exigences actionnariales, en élevant le coût du capital, corsette l’accumulation du capital et contraint les économies anciennement industrialisées, en manque de nouveaux Eldorados, à un régime dépressionnaire.

 

Les Économistes atterrés, organisent une conférence-débat sur  
 
Le  coût du capital 
entre :  
Laurent CORDONNIER, chercheur au CLERSÉ (Centre lillois d’études et de recherches sociologiques et économiques), maître de conférences à l’université Lille1 et chargé de cours à Sciences Po Lille (voir sa présentation sur atterres.org.).  
Xavier RAGOT, chercheur au CNRS-PSE, ancien conseiller économique du Ministre du redressement productif.  
Elle sera animée par Philippe ASKENAZY, directeur de recherche au CNRS, chercheur à l’Ecole d’économie de Paris. 
 
Jeudi 3 octobre 2013,  
de 19h30 à 21h45, 
 
à la Maison des Sciences Economiques  
Salle 114   
 
106-112, boulevard de l’Hôpital, 75014 Paris  
Métro Campo Formio.  
(entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles)  
 
Cette initiative est soutenue par Marianne.net 
D’ici là, retrouvez nos analyses et positions sur le sujet dans les chroniques et articles de notre site http://atterres.org
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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 16:04

 

 

marianne.net

Ce soir on ne parle pas d’argent

Mardi 1 Octobre 2013 à 13:00

 

Bertrand Rothé

 

Ce soir, deux sociologues et un réalisateur Antoine Roux nous permettent de suivre quatre « riches ». Ce type d’enquête est la spécialité des Pinçon-Charlot. Le couple a consacré sa vie à les étudier.

 

Ce soir on ne parle pas d’argent

« Sans les riches une nation n’existe pas vraiment » nous dit Paul Dubrule. Plus cynique Warren Buffet disait il y a quelques années « Il y a une guerre des classes, c’est un fait, mais c’est ma classe, la classe des riches qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner ».


Ce soir, deux sociologues et un réalisateur Antoine Roux nous permettent de suivre quatre « riches ». Ce type d’enquête est la spécialité des Pinçon-Charlot. Le couple a consacré sa vie à les étudier. Grâce à leur entregent les ponts-levis s’ouvrent ainsi que les portes des chaix et ceux des vestiaires d’Agen. Quatre portrais : deux héritiers, l’un des fondateurs d’Accord et un nouveau notable dopé par la bulle technologique…


Quatre histoires bien différentes. Les deux premiers sont des héritiers, ils sont propriétaires de leurs châteaux et se débâtent pour les entretenir. Ceux là sont touchants, coincés entre les pierres ils sentent un peu le sapin.


Fortunes faites les deux autres ont encore envie d’en croquer. Alain Tingaud gère son club de rugby d’Agen comme une entreprise. Faire des coups en se faisant plaisir ! Rien n’arrête l’ogre. Paul Dubrule, le dernier de la bande, l’un des deux fondateurs d’Accor fait preuve d’une morgue extraordinaire. Cet ancien sénateur est un évadé fiscal et fier de l’être. C’est sûrement le plus légitime de la série. Multimillionnaire, il roule en Rolls et se promène dans son ancienne entreprise comme un aristocrate.  Son âge et avec son statut lui permettent de faire preuve d’un cynisme patelin…


Conscients de l’intention des auteurs, les quatre personnages posent, certains avec une certaine maladresse. Les nouveaux riches cultivent leurs vignes comme les héritiers entretiennent le château. Chacun essayant de dépasser son statut pour celui d’aristocrate ou de mécène. Le réalisateur n’est pas dupe. Il respecte leur volonté, sûr que son savoir faire de monteur permettra de souligner le comique de certaines mises en scènes. Sûr enfin que le dernier mot appartient à la voix off.


Dans ce petit milieu les non dits sont aussi importants. Ici on ne parle pas d’argent ou très peu. Du reste on ne sait pas très bien d’où vient leur fortune. Travail ou capital ? Ce n’est qu’un détail. Un des châtelains ne sait même plus combien a coûté la réparation de sa toiture. « Quelques dizaines de milliers d’euros. Mais ce n’est pas ça le plus important. Ce qui l’est, c’est que cela permet de conserver des savoir-faire qui sans cela disparaîtraient ».


S’il le dit.


Au Bonheur des riches, documentaire d'Antoine Roux, ce soir sur France 2, 22h35

 

 

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 15:56

 

mediapart.fr

Prothèses PIP : un rapport interne met en cause l'agence du médicament

|  Par Michel de Pracontal

 

 

Un document confidentiel montre que l'agence du médicament a réagi à l'affaire PIP avec au moins deux ans de retard, n'a pas utilisé les informations dont elle disposait et a ensuite cherché à dissimuler sa propre incurie, notamment dans un autre rapport, officiel celui-là.

 

Un rapport interne à l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM, ex-Afssaps), resté confidentiel mais que Mediapart a pu se procurer, critique très sévèrement l’attitude de l’agence dans l’affaire des prothèses PIP. Il fait apparaître que l’Afssaps a réagi avec au moins deux ans de retard aux signaux d’alerte qu’elle a reçus, alors qu’elle aurait pu éviter des milliers d’implantations de prothèses PIP dans cet intervalle de temps. La direction de l’agence n’a pas divulgué ce document interne dont elle avait connaissance, mais a diffusé un rapport officiel, remis à Xavier Bertrand en février 2012, expurgé des informations les plus gênantes pour l’Afssaps.

Les prothèses PIP ont été retirées du marché en mars 2010 après une inspection de l’Afssaps qui a montré qu’elles contenaient un gel non autorisé pour l’usage médical. Mais cette décision aurait dû être prise bien avant, selon le document confidentiel qui démontre que l’agence aurait pu suspendre la commercialisation dès 2007 ou 2008. Et a, du même coup, laissé inutilement 6 000 à 10 000 femmes se faire implanter des prothèses PIP. De plus, l’Afssaps a tardé à conseiller l’explantation préventive des prothèses, alors que le risque de toxicité du gel PIP n’a toujours pas été évalué de manière rigoureuse.

 

Le site de PIP à La Seyne-sur-Mer 
Le site de PIP à La Seyne-sur-Mer© Reuters

D’après nos informations, ce rapport non publié a été rédigé pendant le premier trimestre 2012 et transmis à la direction de l’agence début avril 2012. Il a été saisi, également en avril 2012, lors d’une perquisition effectuée à l’ANSM à la demande de la juge d’instruction Annaïck Le Goff, en charge du volet homicide et blessures involontaires de l’affaire. Rappelons qu’un premier procès pour tromperie aggravée et escroquerie – sans instruction – s’est tenu en mai dernier à Marseille (voir ici). En revanche, l’instruction du juge Le Goff n’est pas close, et l’on ignore quelles suites la justice donnera aux révélations contenues dans le document de l’Afssaps, si elle en donne. 

Un certain nombre d’informations montraient déjà que l’Afssaps avait été lente à répondre aux alertes sur les prothèses PIP. En particulier, elle n’a pas réagi aux avertissements lancés fin 2008 par un chirurgien de Marseille, le docteur Christian Marinetti, qui signalait un nombre anormal d’incidents dus à un « matériel défectueux » et s'inquiétait de la toxicité du gel (voir notre article ici). Mais c’est la première fois que la critique émane de l’intérieur de l’agence. Le rapport confidentiel s’appuie uniquement sur les données de matériovigilance dont disposait l’Afssaps avant l’éclatement de l’affaire pour conclure que « l’augmentation des ruptures pour les prothèses PIP est amorcée dès 2006 » ; selon le document, même en tenant compte d’un délai de latence, « l’Afssaps aurait dû réagir dès 2007 et au plus tard en 2008 ». Ce qui aurait permis d’éviter d’implanter « entre 12 891 et 20 933 unités (au minimum entre 6 445 et 10 466 femmes), soit un tiers des porteuses des implants PIP ».

Le document confidentiel reproche aussi à l’Afssaps d’avoir cherché à rassurer les porteuses de prothèses PIP alors qu’elle ne disposait que de données toxicologiques incomplètes : « Il est incompréhensible, lit-on dans le rapport, qu’une agence sanitaire compétente, en se fondant sur des données de génotoxicité et d’irritation locale à court terme, puisse rendre des conclusions rassurantes sur des gels dont le processus de fabrication, la caractérisation physico-chimique, l’évaluation du danger… sont inconnus. » Et cela, alors que la durée d’exposition à ces gels peut dépasser dix ans pour certaines patientes.

Selon le document, l’Afssaps aurait dû recommander l’explantation préventive des prothèses immédiatement après avoir suspendu leur commercialisation, en mars 2010. Pourtant, en avril 2011, l’Afssaps conseillait encore un « examen clinique et une échographie tous les six mois », mais pas d’explantation si la prothèse n’était pas rompue (voir sur le site de l’ANSM ici). Il a fallu attendre décembre 2011 pour qu’une recommandation du ministère de la santé préconise une explantation préventive « même sans signe de détérioration de l’implant ». Cette recommandation ne résultait pas d’une meilleure évaluation du risque ; elle faisait suite à l’annonce du décès dû à un lymphome d’une patiente porteuse d’une prothèse PIP (mais on n’a pas établi de lien entre ce lymphome et la prothèse).

Selon le rapport confidentiel, « la décision de retarder l’explantation des femmes porteuses d’implants PIP (d’une durée) estimée à un ou deux ans a comme conséquence une exposition supplémentaire qui aurait pu être évitée, car compte tenu de l’absence de données toxicologiques, le doute aurait dû profiter aux patientes ».

Le document ne conclut pas sur le risque de cancer, car les données dont on dispose ne permettent pas de se prononcer, ni dans un sens ni dans l’autre. Après la découverte de la fraude, l’agence a fait réaliser un certain nombre de tests sur des échantillons de gel PIP. Ces tests ont montré que le gel pouvait être irritant mais ils n’ont pas mis en évidence de génotoxicité (laquelle peut entraîner un risque de cancer). Cependant, les données recueillies par l’Afssaps ne sont pas suffisantes pour établir un profil toxicologique des gels. Qui plus est, les résultats sur la génotoxicité obtenus en 2010 sont douteux, et ont dû être confirmés par de nouveaux tests en 2011.

Quoi qu’il en soit, aucun de ces éléments ne permet d’écarter définitivement un risque de cancer. Pourtant, sur le site de l’ANSM, on peut lire une « information importante concernant le suivi des femmes porteuses d’implants PIP » selon laquelle « il n’y a pas de données permettant de conclure à un sur-risque de cancer ». Le site de l’Agence cite en référence un avis de l’Inca (Institut national du cancer) daté du 22 décembre 2011, avis qui conclut « à l’absence de sur-risque d’adénocarcinome mammaire (cancer du sein) chez les femmes porteuses d’implants en comparaison avec la population générale ». Seul problème : fin 2011, on avait relevé moins d’une quinzaine de cas de cancers du sein chez les porteuses de prothèses PIP. Depuis, ce nombre a plus que quadruplé : 70 cas en mai 2013.

« Pas d'alerte significative avant 2009 »

Le seul moyen de vérifier l’absence de risque de cancer du sein pour les porteuses d’implants PIP serait de mener une étude épidémiologique rigoureuse, ce qui n’a pas été fait. Ajoutons que même sans rupture de la prothèse, le gel peut suinter de manière « silencieuse », et donc entraîner un risque potentiel. Le message selon lequel le gel PIP, malgré son caractère irritant, n’est pas cancérigène a été largement diffusé par les autorités sanitaires dans les médias, alors qu’il ne repose pas sur des preuves suffisantes.

 

Prothèse PIP défectueuse 
Prothèse PIP défectueuse© Reuters

Indépendamment du risque de cancer, les gels PIP contiennent un composé appelé siloxane D4, lequel est classé comme reprotoxique (c’est-à-dire qu’il peut affecter la fonction reproductrice). Dans le gel médical homologué (en l’occurrence, le gel Nusil), la concentration de D4 est limitée à une valeur très basse (50 ppm) de manière à éviter ce risque. L’Afssaps a fait réaliser, en septembre 2010, dans son laboratoire de Montpellier, une série d’analyses qui ont montré que les gels PIP contenaient jusqu’à 400 ou 500 ppm de D4, tandis que les enveloppes des prothèses en contenaient plus de 1 %. Cela implique que le gel PIP peut avoir des propriétés reprotoxiques.

Le problème se complique du fait que la composition des gels PIP a varié dans le temps et n’a pas été étudiée systématiquement en fonction des lots de prothèses, de sorte qu’on ne sait pas exactement ce que contient le gel de la prothèse d’une patiente donnée. Mais en tout état de cause, l’Afssaps avait assez d’éléments, en 2010, pour recommander à toutes les porteuses de prothèses PIP de se les faire retirer, à titre de précaution.

Selon le document confidentiel, la question primordiale, toujours sans réponse, est de savoir « pourquoi l’Afssaps a décidé de retarder la décision d’explantation des porteuses des implants PIP alors que les données toxicologiques disponibles ne permettaient pas, même en absence de potentiel génotoxique, de conduire une évaluation du risque selon l’état de l’art ».

Cette question a été soigneusement évacuée d’un autre rapport, tout à fait officiel celui-là, remis en février 2012 à Xavier Bertrand, alors ministre de la santé. Son objet était de faire le point sur l’ensemble des contrôles effectués par les autorités sanitaires sur la société PIP. Ce rapport, qui retrace la chronologie des rapports entre PIP et l’administration depuis 1995, ne contient guère de révélation (voir notre article ici). Mais il démontre implicitement l’inefficacité du système de vigilance français, dont l’attention avait été attirée sur la société PIP dès 1996.

Le rapport de février 2012 est cosigné par la DGS, la direction générale de la santé, mais d’après nos informations l’essentiel de son contenu a été rédigé par des experts de l’agence. Ce rapport confirme que les tests effectués par l’Afssaps ne suffisent pas à écarter les risques de toxicité des gels PIP et que les éléments dont on dispose justifient « à titre de précaution, l’explantation des prothèses et la surveillance des femmes implantées ». Mais alors, pourquoi l’agence n’a-t-elle pas recommandé cette précaution dès qu'elle a été informée de la présence de D4 ?

À titre de comparaison, l’Agence des produits médicaux suédoise (équivalent de l’ANSM) a recommandé en 2013 de retirer préventivement toutes les prothèses PIP, précisément à cause des « risques d’inflammation grave » dus à la teneur élevée de D4 dans les gels de ces prothèses. Aujourd'hui encore, sur son site, l’agence française conseille simplement que les chirurgiens proposent à leurs patientes une explantation « à titre préventif et sans urgence ».

Le rapport officiel ne s'attarde pas sur ce point. Pas plus qu’il n'évoque le retard avec lequel l’agence a réagi. L’analyse des données de matériovigilance, telle qu’elle est présentée dans le rapport de février 2012, accrédite la position soutenue par l’agence : il n’y avait pas d’alerte significative avant 2009. En revanche, l’étude statistique qui montre une augmentation des taux de rupture des prothèses PIP en 2006, justifiant une action de l’Afssaps dès 2007, ne figure pas dans ce rapport officiel.

Cela aurait pourtant dû être le cas. L’expert qui a rédigé le document confidentiel cité plus haut faisait partie du groupe de travail qui a établi le rapport de février 2012. Pour pouvoir réaliser une évaluation correcte du risque, il a demandé à la direction de l’agence d’accéder à l’ensemble des données disponibles sur les ruptures des prothèses PIP, les effets indésirables, etc. Cet accès lui a été refusé, explique-t-il dans le document. Mais on lui a tout de même transmis un tableau partiel ou figuraient les données recueillies de 2001 à 2009 sur les ruptures de prothèses (donc avant le début du scandale sanitaire en 2010). C’est à partir de ces données qu’il a réalisé son analyse statistique montrant une augmentation des taux de rupture des prothèses PIP dès 2006.

Pourquoi cette analyse ne figure-t-elle pas dans le rapport officiel de février 2012 ? Selon un courriel que Mediapart a pu consulter, daté du 16 janvier, l’auteur du document confidentiel a demandé à modifier le sommaire du rapport pour y inclure l’analyse statistique des données de rupture. En vain.

Le rapport officiel de 2012 a été expurgé

Le rapport officiel présente certes une analyse statistique, mais partielle : elle ne prend en compte que les déclarations des professionnels de santé, autrement dit celles des chirurgiens qui ont constaté des incidents après avoir implanté des prothèses PIP. Par contre, les données de matériovigilance fournies par le fabricant sont écartées du rapport officiel. Le document confidentiel, lui, analyse les données globales, donc à la fois celles fournies par le fabricant et celles émanant des chirurgiens.

Or, il est bien connu que, d’une manière générale, les médecins et les professionnels de santé ont tendance à sous-notifier les effets indésirables, qu’il s’agisse de médicaments ou de dispositifs médicaux tels que des prothèses. Cela a été souvent observé, notamment dans le cas du Mediator. En ce qui concerne les prothèses PIP, on a constaté après coup que les chirurgiens n’avaient notifié qu’une petite partie des cas de rupture, du moins avant que le scandale éclate en 2010. Lorsque les prothèses PIP ont été interdites, les déclarations des chirurgiens se sont soudain multipliées, et encore plus après la révélation du cas de lymphome fin 2011.

Le rapport officiel note bien qu’« une augmentation du taux de rupture provenant du fabricant a été constatée » entre 2007 et 2009, mais explique, sans rire, que cette augmentation a été « considérée comme un artefact lié à la sur-déclaration de PIP ». Autrement dit, l’agence n’aurait pas pris en compte les incidents signalés par PIP parce qu’elle aurait jugé que le fabricant en déclarait trop…

 

Fût de produit non conforme livré à PIP 

Le rapport officiel de février 2012 ne contient pas non plus l’exposé complet des données de toxicologie recueillies par l’agence, notamment des analyses qui montrent la présence d’une teneur élevée de D4 dans les gels PIP. Un expert du groupe de travail (différent de l’auteur du document confidentiel présenté ici) avait pourtant demandé que ces éléments figurent de manière détaillée dans le rapport. Une note de bas de page elliptique fait allusion au fait que le D4 est susceptible de nuire à la fertilité, sans autre précision. Et un autre passage mentionne des « teneurs élevées en siloxanes D4 à D13 », mais ne donne pas les résultats chiffrés et n’en tire pas de conclusion pour les porteuses de prothèses PIP.

Au total, le rapport officiel a été expurgé des éléments qui pointaient les manquements importants de la gestion par l'Afssaps de l'affaire PIP. Manquements mis en évidence par notre document confidentiel. La direction actuelle de l'agence s'est abstenue de divulguer ce document et a cautionné la version des faits édulcorée que présente le rapport officiel. Et cela, en désaccord avec certains de ses propres experts. La nouvelle direction de la nouvellement nommée ANSM, mise en place en 2011 après l’affaire Mediator, avec à sa tête Dominique Maraninchi, successeur de Jean Marimbert, devait éviter les errements antérieurs. Si l’agence a changé de sigle, elle n’a pas rompu avec les pratiques opaques et l’inertie reprochées à l’ancienne Afssaps.

 

 

 

 

 

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 15:47

 

marianne.net

 

La récup : entre acte politique et urgence sociale

Mardi 1 Octobre 2013 à 17:34

 

Bruno Rieth

 

Alors que les Français sont de plus en plus nombreux à pâtir de la crise, le gaspillage reste roi dans notre société de surconsommation. Pour dénoncer cette absurdité, consommer moins chère ou tout simplement pour se nourrir sans se ruiner, des citoyens s’organisent autour d’un maitre mot : la récupération.


Collectif Comida Basura, qui sert des repas gratuits élaborés à partir d'invendus - CLAVIERES VIRGINIE/SIPA
Collectif Comida Basura, qui sert des repas gratuits élaborés à partir d'invendus - CLAVIERES VIRGINIE/SIPA
Nos poubelles recèleraient-elles des trésors ? Sans espérer y trouver des lingots d’or, il y a dans la masse de nos ordures un tas de choses encore utilisables. A l’image de notre société, nous achetons beaucoup et nous gaspillons beaucoup. Selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), la France a produit 770 millions de tonnes de déchets pour l’année de référence 2009. Sur ces millions de tonnes, les ordures ménagères représentent 4 % de la production des déchets, les secteurs du BTP et de l’agriculture étant les plus gourmands. Si de plus en plus de Français tentent de revaloriser leurs déchets, la France continue de jeter allégrement : vieilles chaussures, vêtements usagers, électroménagers ou nourriture. Immondices pour les uns, matières premières pour les autres qui n’hésitent plus à fouiller nos poubelles pour en tirer le meilleur. 
 
Le Carré des Biffins 
 
« Avant 2008, il y avait une cinquantaine de biffins qui vendaient régulièrement, mais avec le phénomène de paupérisation, on est arrivé à des pics de mille vendeurs à la sauvette le weekend. Ça devenait ingérable pour les riverains, les vendeurs des puces et les biffins eux-mêmes » se souvient  Gérald Briant, adjoint au Maire du 18ème arrondissements de Paris, chargé des Affaires sociales. Ce nouvel afflux de population entraine de nombreuses nuisances mais surtout, ne permet plus aux biffins de vendre paisiblement le fruit de leur récup, noyé sous le flot des vendeurs d’objets volés, de contrefaçon et des trafiques illégaux. La mairie du 18ème décide de réagir : « Avec l’association Aurore, on s’est mis à réfléchir conjointement pour imaginer un dispositif qui permettrait aux vrais biffins de travailler en toute tranquillité ». 
 
De cette réflexion va naître en octobre 2009 le Carré des biffins. La Mairie aménage un espace de vente de 100 places sous le pont de l’avenue Montmartre mis à disposition le week-end et le lundi. Pour en obtenir une, le biffin doit satisfaire trois conditions : habiter dans le 17ème, le 18ème arrondissement ou à Saint-Ouen, bénéficier des minimums sociaux et ne vendre que des objets de seconde main issus de la récupération. Depuis la création du carré, le calme est revenu dans le quartier.

« Cette espace a aussi permis de créer un contact avec ces populations pour leur proposer une aide sociale et permettre à ces personnes de pouvoir vendre dans une atmosphère apaisée sans la peur du gendarme ou de se faire voler » nous explique Gérald Briant. L’association Aurore qui chapeaute le projet, a installé un bus « café social »à proximité du carré qui permet aux biffins de bénéficier d’entretiens avec un travailleur social. Pour l’élu, le projet a aussi pris une autre dimension : «Un autre élément s’est rajouté au projet qui avait d’abord un caractère purement social, c’est le recyclage. Car les biffins sont par leur activité des « agents-recycleur. On réfléchit donc à faire évoluer le concept en créant par exemple de vrais stands démontables pour que les biffins n’aient plus à vendre à même le sol sur une bâche. On souhaiterait aussi créer une ressourcerie qui travaillerait exclusivement avec les biffins ». 
    
De l’aveu même de l’adjoint au Maire chargé des affaires sociales, le carré des biffins reste une solution d’urgence : «  La situation des biffins n’est évidemment pas enviable, socialement c’est très dur, mais face à une situation qui a toujours existé, on permet d’améliorer les conditions de vie des biffins qui ne vivent que de la récup ». La Mairie du 14ème s’est lancée à son tour en créant un espace pour les biffins porte de Vanves. 
 
Une seconde vie pour nos voitures 
 
Si le secteur de la récup est largement représenté par le monde associatif à l’image d’Emmaüs, les entreprises commencent à s’y intéresser elles aussi. C’est le cas de la Maif. Dans le domaine de la réparation d’automobiles endommagées, l’Assurance se demandait comment faire baisser le coût de la facture pour ses assurés. En moyenne, 40 % du prix va pour la main d’ouvre, 40% pour la pièces et 20 % pour la peinture. Seul le coût de la pièce pouvait évoluer.

Un arrêté du 29 avril 2009 est venu aiguiller la réflexion de la Mutuelle en ouvrant la voie de l’utilisation de pièces d’occasion pour les véhicules accidentés « Dans l'hypothèse où il sera utilisé des pièces de réemploi après accord du propriétaire et de l'expert, ce dernier définit la méthodologie de la remise en conformité et évalue le montant des travaux à effectuer sur le véhicule contradictoirement avec le réparateur ». La Maif décide de lancer en octobre 2010 un test sur quatre départements de la région Poitou-Charentes. L’expérience vise les véhicules âgés de plus de six ans. Les pièces de réemploi proposées aux sociétaires concernent les capots, les pare-chocs, optiques, les portières ou les ailes de voitures.

Selon l’assureur, les résultats sont très satisfaisants. Alors à quand une généralisation au plan national ? Pas pour tout de suite selon la Maif. Contacté par Marianne, la Mutuelle explique que si le pilote mené en Poitou-Charentes a donné satisfaction sur le plan économique et écologique, il reste encore des problèmes à surmonter comme par exemple celui du flux des stocks de pièces.  Au niveau européen, une mutuelle d’assurance suédoise qui favorise l’utilisation de la pièce de remploi a permis en 2009 de réduire la production de déchet de 9000 tonnes et d’économiser 9 millions d’euros sur la réparation automobile. Affaire à suivre donc. 
 
Des trésors pour les glaneurs 
 
Se nourrir sans dépenser un seul centime est-ce possible ? Oui, si on en croit l’expérience des Gars Pilleurs. L’un des co-animateurs nous résume leur projet : « Nous sommes un mouvement de citoyen Lyonnais qui récupère dans les poubelles tous les aliments encore consommables qui sont jetés par les supermarchés, les supérettes ou les boulangeries. Ensuite  on redistribue la nourriture en trop sur la voie publique. » Tout commence il y a deux ans lorsqu’Emmanuel* arrive à Lyon pour ses études. Jeune étudiant sans le sous, il cherche un moyen pour manger tout en préservant ses quelques revenus. Il se lance dans la récup des fins de marché.

Les récoltes sont bonnes certes, mais pas encore suffisante. Il va alors repérer une source bien plus abondante : les poubelles de supermarchés. « J’ai commencé à le faire régulièrement avec un pote. Les supermarchés ne s’embarrassent pas avec le gaspillage. On trouvait de quoi manger pour plusieurs jours » se souvient-il. Vient le jour où il récupère plus de 70 kg de nourriture consommable : « C’était en mars 2013. On ne voulait pas à notre tour  jeter cette nourriture. On a donc décidé de donner le surplus de denrée alimentaire. On a imprimé des tracts pour expliquer notre démarche et annoncer les lieux de redistribution. C’est comme ça qu’a commencé la redistribution sauvage sur la voie publique des Gars Pilleurs ». 

Voilà deux ans qu’Emmanuel n’a pas dépensé un seul euro pour se nourrir. Au-delà des considérations financières, le combat des Gars Pilleurs est un combat contre le gaspillage : « Pour nous, ce gâchis est un vrai problème sociétale et une absurdité totale. Sur Lyon, il n’y  aurait pas assez de gens pour manger le fruit de nos récoltes. La motivation est surtout politique. Ce gâchis est une aberration écologique, économique et sociétale. Il y a des gens qui ont besoin de cette nourriture alors pourquoi s’en priver ». Les récups de ces derniers mois semblent leur donner raison puisqu’ils ont retrouvé pas moins de 230 kg de produits alimentaires dans la poubelle d’un seul supermarché et 97 litres d’alcools dans une autre. De quoi se faire une petite sauterie digne de ce nom. 
 
A Tours, Daniel Boyer, président de la Banque alimentaire de Touraine, l’a bien compris. Depuis le mois de juin, une camionnette réfrigérée passe quatre fois par semaine dans une dizaine de supérette de la ville pour récupérer des produits alimentaires frais. Interrogé par le journal La Croix, Daniel Boyer ne cache pas son enthousiasme : « Nous avons reçu quatre tonnes de produits laitiers, de viande et surtout de fruits et légumes ». Cette initiative s’inscrit dans le Pacte nationale contre le gaspillage alimentaire lancé par le ministre de l’Agroalimentaire Guillaume Garot. A terme, la banque alimentaire espère récupérer 40 tonnes de denrées par an.  
 
Le potager de Marianne 
 
Sur le Marché de Rungis, de nouvelles têtes sont apparues depuis quelques années. L’Association Nationale de Développement des épiceries Solidaires (ANDES) a inauguré en 2008 le potager de Marianne, un atelier chantier d’insertion (ACI) qui emploie 24 salariés en insertion. Ils ont pour mission de valoriser les invendus du Marché de Rungis c’est à dire récupérer, trier, préparer les commandes et livrer les différentes associations soit 670 tonnes de fruits et légumes en 2012. 

Pour Guillaume Bapst, directeur de l’ANDES, tout part d’un constat accablant : « En 2005 on se rend compte que les personnes socialement fragile qui bénéficient d’une aide ont de graves carences alimentaires. En gros seul 1,2 % des personnes concernées mangent de manière équilibrée. En 2007 l’Etat nous demande de réfléchir à un dispositif pour atteindre trois objectifs : Récupérer des fruits et légumes pour lutter contre le gaspillage, ramener vers le travail des personnes qui en sont éloignées et faire bénéficier à un maximum d’associations la redistribution de la récup »

C’est ainsi qu’en 2008, le potager de Marianne est lancé. Pour le directeur de l’ANDES, cinq ans après, l’expérience est très positive : « Economiquement parlant, ce dispositif a permis de faire des économies à l’Etat et au contribuable. En moyenne 70 % des travailleurs passés dans nos ACI retrouvent le chemin de l’emploi au bout de 9 mois. Au Pôle emploi on considère qu’ils mettent deux ans. Ce sont autant d’allocations chômage qu’ils n’auront pas besoin de toucher. Ecologiquement, on a su revaloriser des aliments qui étaient destinés à l’incinération. 39 % des aliments qu’on livre proviennent de la récup. On lutte contre l’absurdité du gaspillage tout en aidant des personnes à retrouver le chemin de l’emploi. » Depuis, d’autres chantiers d’insertion calqués sur le modèle du potager de Marianne ont été ouverts. 
 
Du côté de nos voisins belges 
 
En Belgique, la ville de Herstal située dans la province de Liège a lancé une initiative innovante pour lutter contre le gaspillage alimentaire des grandes surfaces. « Les associations types restos du cœurs et Fédérations des banques alimentaires nous faisaient part de leurs problèmes pour récupérer de la nourriture » se souvient Frédéric Daerden, Bourgmestre d’Herstal et député européen. 
Revenant d’un débat sur la question du gaspillage alimentaire, l’idée d’associer cette lutte à l’aide alimentaire a fait son chemin comme il nous le raconte : « On s’est dit, que lors du renouvellement du permis d’environnement, l’équivalent du permis d’exploitation français, on pouvait inclure une nouvelle obligation pour que les supermarchés proposent aux associations d’aide alimentaire leurs invendus avant de les détruire. On a donc modifié le règlement et testé cette nouvelle idée. La première phase s’est faite durant l’été 2012 avec une grande surface qui avait déjà l’habitude de travailler avec des associations d’aide alimentaire. L’expérience s’est très bien passée et nous avons décidé de généraliser à toute la ville, c’est à dire douze établissements».  
 
Un an après la mise en place de ce système, les associations ont toutes exprimé leurs gratitudes à la mairie et du côté des industriels, malgré quelques réticences au début, cette nouvelle réglementation s’est mise en place sans heurts et fracas. Si selon le Bourgmestre, ce système ne remplacera pas une politique européenne de lutte contre le gaspillage et la montée de la pauvreté « il permet de pallier des solutions d’urgence de manière plutôt simple, guidé par le bon sens. » « On réduit ainsi notre impact sur l’environnement en diminuant le gâchis alimentaire provoqué par la surconsommation et on permet d’aider des associations qui en ont besoin ». Cette idée innovante est en train de faire des petits puisque d’autres élus wallons se renseignent auprès de la ville d’Herstal pour bénéficier de son expérience. Reste à savoir maintenant si les bonnes idées savent aussi traverser les frontières. 
 
*le nom a été changé
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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 15:40

 

rue89.com

En images 01/10/2013 à 10h54

Pour sortir du nucléaire, mettez un chien sur vous

Laure Beaulieu | Rue89

 

Le 18 septembre 2013, nous publiions un article sur les propos du directeur du site Areva-Tricastin, M. Frédéric De Agostini. Dans un e-mail, celui-ci demandait au responsable de la sécurité du site de :

« Prendre les mesures les plus strictes en cas de tentative d’intrusion sur le site et comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, je souhaite une photo d’un militant au sol, un chien sur lui, si cela devait arriver. »

Les militants de Sortir du nucléaire, directement visés par ces propos, ont réagi et diffusent sur leur site et sur les réseaux sociaux (via une page Facebook et un « hashtag » #UnChienSurMoi sur Twitter) des photos de militants « un chien sur eux ».


« Les bergers allemands sortent du nucléaire... Pourquoi pas nous ? » Un militant de Sortir du nucléaire, avec une peluche de chien (SortirDuNucleaire.org)

 

Sur les photos, les militants, cachés le plus souvent par un masque, portent un message du type :

« Les bergers allemands sortent du nucléaire... Pourquoi pas nous ? »

Ou encore :

« Les chiens aboient, le nucléaire ne passera pas ! »

 

 

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          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



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