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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 16:04

 

rue89.com

 

Billet d’humeur 28/09/2013 à 17h49

Sauver la planète ou travailler le dimanche : faux dilemme, vraie crise

Pierre Haski | Cofondateur Rue89

 

 

Soyez honnêtes, avez-vous vraiment lu les articles à propos du dernier rapport des experts scientifiques du Giec sur les changements climatiques ? Avez-vous regardé d’un œil autrement que distrait les reportages télé qui, vendredi soir, nous annonçaient que Bordeaux et La Rochelle seraient sous les eaux dans un délai dans lequel nous serons sans doute tous morts (surtout moi) ?

Je ne rejoins pas, en posant ces questions perfides, les rangs des climatosceptiques qui contestent la validité du travail colossal du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec). Je respecte leur travail et partage globalement leur verdict rendant l’humain coupable de la dégradation de notre environnement.

Ce que je veux dire, c’est que ces données chiffrées, ces prédictions apocalyptiques scientifiques, tombent à plat à un moment de crise dans lequel l’horizon immédiat est suffisamment bouché pour qu’on n’ait la possibilité de réfléchir à l’horizon lointain.

« Il faut sauver la planète »

En écoutant, là aussi d’une oreille distraite, Clémentine Autain, vendredi soir à « Ce soir ou jamais » sur France 2, parler de la nécessité de « sauver la planète » dans un débat de sourds sur le travail le dimanche à Bricorama, je n’ai pas pu m’empêcher de me dire que c’était devenu un cliché inaudible.

 


Une fleur cassée et « réparée » (Arne Hendricks/Flickr/CC)

 

Oui, la planète a besoin d’être sauvée, mais, pour ça, il faut arriver à réconcilier :

  • la sortie du marasme mental dans lequel nous nous débattons actuellement ;
  • le retour d’un espoir de vie sinon meilleure au moins d’une vie tout court pour tous ceux qui se sentent perdre pied dans la société actuelle ;
  • avec les perspectives à plus long terme visant à protéger notre environnement.

La grande faillite intellectuelle des écologistes, c’est de ne pas avoir réussi à faire cette synthèse de manière convaincante, qui aurait non seulement justifié leur raison d’être dans le champ politique, mais aussi modifié le rapport de forces entre une gauche classique obstinément productiviste et les nouveaux acteurs issus de la société civile.

Ils n’y sont pas parvenus, sans doute parce que la tâche est colossale, mais aussi parce que les logiques politiciennes les ont court-circuités, en France encore plus qu’ailleurs.

L’échec de l’écologie politique

Cet échec de l’écologie politique n’est peut-être que temporaire, mais il repose sur un paradoxe. Jamais, la conscience de la nécessité d’une réponse « verte » aux problèmes de notre société n’a été autant partagée par les citoyens... tout en s’éloignant des préoccupations politiques de l’heure. C’était le cas sous Nicolas Sarkozy avec son « ça commence à bien faire » à propos de l’écologie ; c’est dit plus élégamment sous François Hollande.

 


Fiscalité verte sur le site du Ministère de l’écologie (capture d’écran)

 

Dans l’actualité récente, la formule qui résume cette contradiction est celle de « fiscalité verte »... L’inventeur de cette formule doit être grassement payé par Areva et Total réunis pour avoir réussi à rendre aussi antipathique l’action des écologistes. De quoi préférer polluer avec son diesel plutôt que de payer encore plus de taxes, même vertes !

Comment sortir de cette contradiction ? Faudra-t-il un nouveau Fukushima, nucléaire ou autre, pour retrouver les chemins de la prise de conscience et l’envie de passer à l’acte ? Ou au milieu de la morosité actuelle, sera-t-il possible de réunir suffisamment d’intelligence politique pour proposer autre chose ?

Peut-être n’est-ce pas dans le champ politique qu’il faut désormais agir pour « sauver la planète » ? Peut-être l’espoir repose-t-il dans d’autres organisations de la société, d’autres pratiques sociales et productives, sans attendre les lendemains qui sont censés chanter depuis longtemps ?

En attendant, la planète va mal. On n’avait pas besoin des experts du Giec pour le savoir, mais ça va mieux en le disant avec autorité. Connaître la maladie est nécessaire, mais pas suffisant, pour la guérir.

 

 

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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 15:45

 

 

mediapart.fr

Berlusconi lance l'Italie dans la crise et l'Europe avec

|  Par Martine Orange

 

 

Silvio Berlusconi a décidé de précipiter une crise politique, dans l’espoir d’échapper à une inéligibilité à vie. L’Italie risque de se retrouver aux mains de la spéculation financière. Et la zone euro avec.

 

 

Cela couvait depuis l’été. Après avoir brandi toutes les menaces, Silvio Berlusconi, soucieux de son seul intérêt, a décidé de passer aux actes : samedi 29 septembre, l’ancien premier ministre italien a obtenu la démission des cinq membres de son parti, le peuple de la Liberté, qui siégeaient au gouvernement. La fragile coalition gouvernementale, laborieusement mise en place au lendemain des élections législatives de février, qui avaient fait apparaître un paysage politique totalement décomposé, est à terre. Elle n’a pas duré cinq mois.

Le président du Conseil, Enrico Letta, dénonce un geste « fou et irresponsable », à la suite de l’annonce de cette démission. Le président de la République, Giorgio Napolitano, qui depuis le mileu de la semaine appelait tout le monde à la raison, a annoncé qu’il tiendrait dimanche, avec le gouvernement, une conférence d’urgence. Il a devant lui deux options : soit trouver les modalités pour former une nouvelle coalition gouvernementale, soit appeler à de nouvelles élections. Dans la semaine, il avait appelé le parti de Silvio Berlusconi à la raison, en soulignant que le pays ne pouvait se payer le luxe d’élections anticipées. « Nous avons besoin d'un parlement qui débatte et travaille et non qui soit dissous en permanence. Nous avons besoin de continuité », avait-il insisté.

Officiellement, la démission des ministres du parti de Silvio Berlusconi fait suite à un désaccord sur les choix gouvernementaux de maintenir la hausse de la TVA, qui doit passer de 21 % à 22 % au 1er octobre. Les ministres du parti de  Silvio Berlusconi, opposés à cette hausse, entendraient marquer leur désaccord avec le président du conseil, Enrico Letta, qui, vendredi lors du conseil des ministres, aurait remballé toutes les propositions alternatives – hausse des impôts sur l’essence, hausse de la taxe du logement – face au désaccord des membres du gouvernement.

Le gouvernement estime qu’il a besoin, compte tenu de la dérive du budget, d’un milliard d’euros de recettes supplémentaires s’il veut respecter son engagement de ramener le déficit budgétaire à 3 % du PIB, comme il s’y est engagé auprès de la Commission européenne. Faute d’accord sur des mesures alternatives, il a donc décidé de maintenir sa mesure controversée de hausse de la TVA.

Alors que l’Italie s’enfonce dans la récession et a à nouveau révisé la baisse ses prévisions économiques – la chute de l’économie serait de plus de 1,7 % cette année au lieu de 1,3 % prévu –, le refus de toute mesure d’austérité, qui ne risque que d’aggraver la situation, pourrait solidement s’argumenter. Dans le cas particulier, Sivlio Berlusconi a exigé la démission des ministres de son parti par simple calcul personnel.

Depuis que la Cour de cassation a confirmé début août son inéligibilité, assortie d’une condamnation de douze mois d’assignation à résidence et de travaux d’intérêt général pour fraude fiscale, l’ancien premier ministre cherche par tous les moyens à échapper à sa condamnation. Après les déclarations du président de la République, rappelant que la justice italienne était indépendante et qu’il n’y aurait pas de grâce présidentielle, il a commencé à s’énerver. Début septembre, il est apparu à la télévision annonçant la renaissance de son parti, Forza Italia, tout en vouant aux gémonies la justice italienne.

La menace a été suspendue jusqu’aux élections allemandes. Silvio Berlusconi, ayant compris que le Sénat était prêt à confirmer, le 4 octobre, la sentence de la Cour de cassation et à approuver son inéligibilité à vie, est entré en manœuvre. Dès mercredi, les députés de son parti menaçaient de démissionner en bloc. Même si certains députés du parti déclaraient que la consigne relevait de l’appréciation individuelle – sous-entendu qu’ils n’étaient pas disposés à la suivre, l’Italie a suspendu son souffle. Le marché boursier a commencé à dévisser, tandis que les taux italiens ont légèrement monté. Rome était en apnée.

En déplacement à New York, le président du conseil Enrico Letta a multiplié les déclarations sur l’attitude irresponsable de Silvio Berlusconi, tandis que le président de la République appelait tout le monde à ses responsabilités. Doutant de l’attitude des députés de son parti, Sivlio Berlusconi a préféré précipiter la crise, en obtenant des cinq membres de son parti qui siègent au gouvernement – et que manifestement il tient bien – leur démission samedi.

Son calcul est basique : s’il n’y a plus de gouvernement, il faut appeler à des élections anticipées. Dès lors, le Sénat est dissous, il ne peut donc voter sa destitution et son inéligibilité à vie. Compte tenu des sondages, alors que son parti est au coude à coude avec le Cinque Stelle (le Mouvement 5 étoiles qui a refusé de participer à toute coalition gouvernementale), il a toutes les chances de se refaire, voire de redevenir président du Conseil.

C’est oublié que le jeu est un peu plus compliqué que cela. Dès lundi, l’Italie risque de se retrouver aux prises avec une spéculation financière, qui n’ayant jamais cru au replâtrage politique imposé par la commission européenne, est aux aguets. Alors que le pays est totalement anémié par une cure d’austérité voulue par l’Europe et asphyxié par un euro qui ne correspond absolument pas à la réalité de son économie, il se retrouve à la merci du haut brigandage financier. Par effet de contagion, toute la zone euro se retrouve à nouveau menacée.

Une solution de bricolage peut être trouvée. Mais elle risque de ne tromper personne. L’Europe, qui avait tenté de gagner du temps en imposant à Rome une solution bancale, se retrouve prise à son propre piège. La fausse accalmie décrétée le temps de la réélection d’Angela Merkel est bien achevée. Tous les problèmes politiques et économiques que les dirigeants européens ont repoussé depuis cinq ans de crise, se retrouvent devant nous.

 

 

 

 

 

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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 14:40

 

mediapart.fr

Frédéric Lordon : «Revenir aux monnaies nationales, pour refaire une monnaie commune»

|  Par La rédaction de Mediapart

 

Invité de notre émission «En direct de Mediapart», l'économiste Frédéric Lordon est revenu sur son dernier ouvrage : La Société des affects – Pour un structuralisme des passions.

 

 

 

Frédéric Lordon, qui vient de faire paraître La Société des affects – Pour un structuralisme des passions (Éditions du Seuil), était vendredi en direct de Mediapart. Joseph Confavreux l'a interrogé sur la passion en politique et en économie, mais aussi, à travers notamment la question d'une éventuelle sortie de l'Euro et d'un détour par les monnaies nationales, sur les mésusages de l'Europe et un possible recours à la notion de Nation, qui soit à la fois irrécupérable par l'extrême droite et susceptible de réouvrir des possibilités démocratiques.

 

 

 

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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 14:27

 

 

mediapart.fr

Au Maroc, manifestations contre l'incarcération d'un journaliste

|  Par Ilhem Rachidi

 


Pour avoir fait un lien renvoyant à une vidéo d’Al Qaïda menaçant le Maroc, le journaliste Ali Anouzla, du site indépendant Lakome, est incarcéré pour « incitation au terrorisme ». Il risque jusqu'à 20 ans de prison. Correspondance au Maroc.

 

 Rabat, Maroc, correspondance

« Anouzla est journaliste, pas terroriste ! », « Pourquoi ils t’ont arrêté, Ali ? Parce que tu dis la vérité ! », « Tous solidaires avec Ali Anouzla ! » Ils étaient plusieurs centaines à être venus ce jeudi devant le parlement marocain dénoncer l’inculpation du journaliste Ali Anouzla pour « incitation au terrorisme ». Connu pour ses éditoriaux critiques envers le pouvoir, le directeur de la version arabophone du journal électronique indépendant Lakome est poursuivi pour avoir publié un lien renvoyant à une vidéo d’Al Qaïda menaçant le Maroc.

Manifestation en faveur de journaliste Anouzla à Rabat  
Manifestation en faveur de journaliste Anouzla à Rabat © IR

Avocats, journalistes, acteurs associatifs, artistes et quelques personnalités politiques se sont réunis à Rabat pour appeler à sa libération et à l’abandon des charges qui pèsent contre lui. À Tanger aussi, une manifestation a rassemblé quelques dizaines de personnes. Pour la militante du Mouvement du 20 Février et de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) Kamilia Raouyane, « le pouvoir essaie de se venger de lui en lui collant une affaire de terrorisme ».

Mardi soir, après une garde à vue d’une semaine, Anouzla était présenté devant un juge d’instruction et poursuivi pour apologie du terrorisme, incitation au terrorisme et assistance matérielle. Il a ensuite été transféré à la prison de Salé, où sont généralement détenus les prisonniers condamnés pour terrorisme. Il est poursuivi en vertu de la loi antiterroriste de 2003 et, d'après son avocat, risque jusqu’à 20 ans de prison.

Dans un article évoquant une menace terroriste contre le Maroc, Anouzla a partagé le lien d’une vidéo d’Al Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI) qui appelait au Jihad – tout en précisant qu’il s’agissait de propagande – disponible sur un blog du journal espagnol El País, et retirée depuis. La version francophone du site Lakome a publié cette vidéo, mais son directeur, Aboubakr Jamaï, n’a pour l’instant pas été inquiété. Contacté par téléphone le lendemain de l’annonce des poursuites, Aboubakr Jamaï se disait « abasourdi »  par les chefs d’accusation retenus contre son confrère.

Selon l’avocat d’Anouzla, Me Abderrahim Jamaï, le fait que son client soit accusé selon la loi antiterroriste est « scandaleux » et « aberrant ». « C’est un procès d’opinion. Quand on fait un procès à un journaliste, c'est la liberté d’expression qui est menacée, affirme-t-il. Il s’agit de quelqu’un qui n’a commis aucun acte matériel. Quand on cherche coté matériel, on trouve un site électronique, des analyses. »

Depuis l’inculpation d’Anouzla, la mobilisation s’est nettement intensifiée. Ce samedi, des sites d’information électroniques (Lakome bien sûr et aussi Yabiladi, Mamfakinch, Onorient, Telquel), ainsi que des blogueurs connus (Larbi.org, docteurho.com, mounirbensalah.org, excepmag.com, mdd.ma, sniper.ma, transportmaroc.wordpress.com, carnetdebeur.com, mcherifi.org, thesanae.com) ont lancé une opération blackout Internet. Elle a été aussi suivie sur Facebook et Twitter.

Vendredi 27 septembre, 56 journalistes marocains établis à l’étranger ont entamé une grève de la faim. Sur les réseaux sociaux, des journalistes du monde entier ont publié leur photo appelant à sa libération. De nouveaux rassemblements sont aussi prévus à l’étranger, à Montréal ce samedi, et à Lille le 1er octobre.

Un signal contre la presse libre

 

Le journaliste Ali Anouzla 
Le journaliste Ali Anouzla

Déjà, au lendemain de l’arrestation d’Anouzla, une centaine de manifestants s’étaient réunis devant la brigade nationale de police judiciaire, où Anouzla était maintenu en garde à vue. Puis, une manifestation s'était déroulée devant le ministère de la justice à Rabat. Sur la toile, de nombreux internautes ont exprimé leur colère et leur stupéfaction. « Nous assistons à l'assassinat de la presse libre marocaine », écrivait le twitto @Vi_Ninua. D’autres ont envoyé des lettres de protestation et inondé de SMS les messageries du ministre de la justice Mustapha Ramid et du ministre de la communication et porte-parole du gouvernement Mustapha El Khelfi.

La mobilisation a rapidement dépassé les frontières marocaines. « La rapidité et la détermination avec laquelle les plus grandes ONG de défense des droits de l'Homme et de liberté de la presse se sont mobilisées pour Ali est exceptionnelle. Au Maroc aussi, il y a un vrai élan en faveur d'Ali », souligne Jamaï. Amnesty International, Human Rights Watch, ainsi que le Committee to Protect Journalists et Reporters sans Frontières ont appelé les autorités marocaines à libérer Anouzla.  

Au Maroc, les soutiens parmi la classe politique et les médias traditionnels ont été jusqu'ici plutôt timides. Plus inquiétant, des membres éminents de partis politiques estiment justifiée la détention d’Anouzla. Le ministre de la communication et porte-parole du gouvernement Mustapha El Khlefi a même publié un communiqué à l'adresse des organisations qui soutiennent Anouzla. Il n’a répondu ni aux appels ni aux messages laissés par Médiapart. Le ministre de la justice Mustapha Ramid s’est refusé à tout commentaire. « Je ne veux rien dire ni me prononcer, je ne veux pas commenter une instruction en cours », a-t-il déclaré au téléphone. Il était pourtant de ceux qui s’étaient farouchement opposés à l’adoption de la loi antiterroriste il y a 10 ans. Alors avocat, il défendait de nombreux islamistes accusés d’être impliqués dans les attentats perpétrés en mai 2003 à Casablanca.

Ce n’est pas la première fois qu’Anouzla a des démêlés avec la justice marocaine. En 2009, il était déjà poursuivi et condamné à un an avec sursis pour avoir publié de « fausses informations » sur la santé du roi Mohamed VI. Son journal, Al Jarida El Oula, disparaîtra.
 
En juin, il s’interrogeait sur les longues absences à l’étranger du roi. Le mois dernier, il lançait ce qui allait devenir le scandale du Danielgate – la grâce royale d’un pédophile espagnol condamné à 30 ans de détention pour le viol de 11 enfants –  et évoquait la responsabilité du conseiller et proche du roi, Fouad Ali El Himma, dans ce scandale. Son dernier éditorial était consacré à l’Arabie saoudite. Il y dénonçait les efforts du royaume pour freiner tout effort de démocratisation dans le monde arabe.

 

Sur la pancarte : « Vous avez libéré Daniel et vous avez emprisonné Anouzla ! »  
Sur la pancarte : « Vous avez libéré Daniel et vous avez emprisonné Anouzla ! » © IR

Pour de nombreux journalistes indépendants, le message est clair. Le pouvoir tente d’éliminer la presse électronique indépendante, à défaut de ne pouvoir la domestiquer, comme il a pu le faire avec la presse traditionnelle.

Le journaliste Rachid El Belghiti du site d’information Hespress redoute que certains de ses confrères « ne fassent marche arrière », même si lui ne changera pas « sa façon de travailler ». « Ça fait vraiment peur, c’est mauvais signe. Ça veut dire que nous sommes dans un pays qui recule », regrette-t-il. « Ali Anouzla, c’est une école, j’ai beaucoup appris avec lui. C’est aussi un ami. Je connais ses valeurs humaines. C’est inacceptable de mettre un journaliste dans une cellule et le poursuivre en se basant sur la loi antiterroriste. Ça n’arrive plus, même dans les pays de dictature militaire. »

Le journaliste Imad Stitou dénonce des accusations « fantaisistes ». « Anouzla n’a fait que son travail », dit-il. D’après lui, cette arrestation est un retour à l’ère du Maroc de Hassan II. Un recul, qui risque de changer sa façon – et celle de ses confrères, d’après lui – de pratiquer le journalisme. « On commence à penser aux lignes rouges, de plus en plus nombreuses. »

De plus en plus de « lignes rouges »

Ces dernières années, le pouvoir marocain a progressivement étouffé la presse indépendante. Les sujets à aborder avec des pincettes demeurent les mêmes : la situation au Sahara, l’Islam, la monarchie ou l’entourage royal. Plusieurs publications indépendantes ont mis la clef sous la porte après des condamnations judiciaires, mais surtout à cause des boycotts publicitaires. C’est le cas du Journal hebdomadaire et de Nichane, disparus des kiosques en 2010.

« Ali est aussi, et probablement surtout, le cofondateur d'un média réellement indépendant qui expose et qui perpétue le genre de journalisme libre d'Al Jarida Al Oula et du Journal hebdomadaire », explique Jamaï. « Il y a un effet mirage lorsque vous vous mettez devant un kiosque marocain, poursuit-il. La diversité quantitative est réelle, mais si vous vous intéressé à ce sujet essentiel : qui sont ceux qui exercent le pouvoir et comment ils l'exercent, alors le désert éditorial apparaît. L'uniformité est alors déprimante. »


Manifestation à Rabat en faveur de journaliste Anouzla
Manifestation à Rabat en faveur de journaliste Anouzla © IR

Cette affaire ne suscite pas d’inquiétude uniquement chez les journalistes. Le rappeur Mouad Belghouate, alias L7a9d, était présent lors des manifestations. Il a passé quatre mois puis un an en détention pour une supposée bagarre et une chanson qui avait déplu à la police. Mais d’après ses soutiens, il a été incarcéré pour ses raps irrévérencieux envers le pouvoir dans lesquels il va jusqu’à critiquer le roi. « Je suis en colère. Anouzla est l’un des rares journalistes qui ne tient pas compte des lignes rouges. Le peu de liberté d’expression que nous avons, ils veulent nous la réduire. »

 

 

 

 


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28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 16:11

 

nevivonspluscommedesesclaves.net

 

Ne vivons plus comme des esclaves !


 


25 SEPTEMBRE : COMME PROMIS, VOICI LE FILM EN INTÉGRALITÉ !


Trois remarques :
- Internet ne nous permet qu’une qualité moyenne tant au niveau du son que de l’image, c’est pourquoi nous vous invitons à venir nous retrouver : rien ne vaut les projections-débats pour savourer l’ambiance, entrer dans l’image, vivre les situations, se laisser porter par les nombreuses chansons, assister ou participer aux débats (détails dans la rubrique Agenda projections-débats).
- Le bilan comptable du film affiche un déficit de 1715 euros au 25 septembre. La souscription continue pour boucler à l’équilibre cette aventure bénévole (détails dans la rubrique "Souscription de soutien").
- Nous avons sorti le film en version grecque avec un mois d’avance, le 28 août :
voir ici l’accueil du film en Grèce.

 



Pour améliorer la qualité de l’image, lancez la vidéo, puis cliquez en bas à droite sur le rouage et choisissez 720pHD, avant de mettre en plein écran

Prochaines projections-débats (détails dans la rubrique Agenda) :
26/09 à JOIGNY (89) en présence de Yannis Youlountas (réalisateur)
28/09 à DAMIATTE (81) en présence de Cyril Gontier (chanteur qui a participé à la BO du film)
29/09 à MERLIEUX (02) en présence de Mimi et Vangelis (personnages du film) ainsi que Yannis
29/09 à LILLE en présence de Mimi, Vangelis et Yannis
30/09 à PARIS en présence de Mimi, Vangelis et Yannis
01/10 à PARIS en présence de Mimi, Vangelis et Yannis
01/10 ST-DENIS (93)en présence de Mimi, Vangelis et Yannis
02/10 à LYON en présence de Mimi, Vangelis et Yannis
03/10 à NÎMES en présence de Mimi, Vangelis et Yannis
04/10 à DURFORT (81, limitrophe 31 et 11)en présence de Mimi, Vangelis et Yannis
05/10 à RENNES en présence de Mimi et Vangelis
06/10 à ROUEN en présence de Mimi et Vangelis
07/10 à PARIS en présence de Mimi et Vangelis
(...)
Toutes les soirées à prix libre sauf Durfort. Soirée de Joigny organisée par la Maison citoyenne, soirée de Damiatte par le FdG, tournée Mimi et Vangelis par la FA, soirée de Durfort par La Fontaine Magique (repas de fête avant projection-débat : réservation 48h avant maxi auprès de maud@nevivonspluscommedesesclaves.net 15€, tout compris, vin et surprises inclus). Détails dans la rubrique "Agenda projections-débats".

 

JEUDI 26 SEPTEMBRE 19H30 À JOIGNY (89)
Projection-débat du film en présence du réalisateur
Salle Debussy 61, rue Saint-Jacques 89300 Joigny

La projection sera précédée d’un hommage à notre ami et camarade Pavlos,
assassiné par les fascistes ce 18 septembre au Pirée.

Καλο ταξίδι φίλε... Γεια σου ρε Παυλο
Δεν ξεχναμε, δε συγχωρουμε

Voir le film en grec, anglais, allemand :

ΝΑ ΜΗΝ ΖΗΣΟΥΜΕ ΣΑΝ ΔΟΥΛΟΙ (GR)
http://nevivonspluscommedesesclaves...
ou lien direct : http://youtu.be/neRt6XS05b0

LET’S NOT LIVE LIKE SLAVES (EN)
Bientôt disponible sur
http://www.x-pressed.org/?xpd_artic...

LASS UNS NICHT LÄNGER WIE SKLAVEN LEBE (DE)
Bientôt disponible sur
http://www.x-pressed.org/?xpd_artic...

Plusieurs versions dans d’autres langues ont commencé (espagnol, croate, russe, etc.).
Si vous désirez proposer une autre langue, contactez la coordination des traductions du film :
maud@nevivonspluscommedesesclaves.net ou info@x-pressed.org

 


 

ladepeche.fr

 

 

Ginals. Le film d'Yannis Youlountas ovationné

 

Publié le 23/08/2013 à 03:49

Les témoins grecs en traduction simultanée avant la projection.

Les témoins grecs en traduction simultanée avant la projection.  


 

C’est un film* encore à retravailler selon son réalisateur Yannis Youlountas qui a fait le clou de la soirée des Rencontres du Possibles, à Begayne. Tourné avec la fonction vidéo d’un appareil photo à Athènes et surtout à Exerchia, le quartier ZAD de la capitale grecque, ce documentaire donne largement la parole aux promoteurs des pratiques alternatives pour résister à la crise que connaît le pays. Depuis les réseaux entre producteurs de jardins partagés et épiceries ou restaurants autogérés jusqu’aux analyses des acteurs des occupations des places, un éclairage authentique de la réalité vécue par les Grecs dans une période de crispation entre néo-fascistes et anti-autoritaires.

La personnalisation des témoignages rend chaleureuse l’explication et les panneaux de réflexions que propose le réalisateur pour ponctuer les chapitres donnent raison à Raoul Vaneigem, André Gorz, Buenaventura Durruti ou Victor Hugo éclairés des choix musicaux remarquables. On reconnaît là la formation philosophique d’Yannis.

Une soirée très grecque

La soirée, débutée avec un repas grec délicieux, au son du groupe Ta Limania Xena et des danses des spectateurs, a donné ensuite lieu à des échanges détendus avec le groupe de jeunes Grecs autour du feu de vallée et co.

Questions, traductions, échanges, la compréhension du fonctionnement du système n’étonne pas grand monde mais l’espoir d’une société plus juste se lisait dans les pratiques concrètes mises en place autour et dans Athènes.

Jeudi 22 août, les plantes et la nourriture se retrouvaient au cœur des débats.

Aujourd’hui vendredi 23, encore du concret pour rendre les hétérotopies possibles: faites-le vous-même! montrera des exemples pratiques avant le concert d’Annabeth MacNamara.

*Le film sans but lucratif «Ne vivons plus comme des esclaves!» sera accessible gratuitement dans sa version définitive sur internet le 25 septembre, après sa présentation le 21 au festival du film grolandais de Toulouse. Souscription possible à nevivonspluscommedesesclaves.net

La Dépêche du Midi

 



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28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 15:23

 

 

lemonde.fr

Fukushima : le système de décontamination de l'eau à nouveau stoppé

Le Monde.fr avec AFP | 28.09.2013 à 08h54 • Mis à jour le 28.09.2013 à 11h39

 
 

 

 

Le problème de l'eau contaminée a dégénéré en crise à la centrale de Fukushima.

 

 

La compagnie gérante de la centrale accidentée de Fukushima a fait part, samedi 28 septembre, de l'arrêt du système avancé de traitement de liquide (advanced liquid processing system, ALPS) qui venait tout juste d'être remis en service, à cause d'un problème technique.

Tokyo Electric Power (Tepco) s'est rendu compte dans la nuit de vendredi à samedi de l'existence d'un problème dans le débit d'une pompe de ce système de décontamination de l'eau  censé filtrer 62 éléments radioactifs (à l'exception du césium 134 et du césium 137 retirés en amont et du tritium qui reste).

Tepco avait relancé une unité ALPS en test à chaud vendredi à 0 h 4, mais a dû la stopper à 22 h 37 le même jour, sans pour le moment connaître la cause exacte de cette avarie. Entre-temps, 100 tonnes de liquide radioactif ont été traitées, ce qui est une goutte d'eau comparée à l'énorme quantité de plus de 400 000 tonnes stockées dans des réservoirs ou accumulées dans les sous-sols du complexe atomique saccagé par le tsunami du 11 mars 2011.

 

 

 DISPOSITIF ARRÊTÉ PLUSIEURS MOIS

Le dispositif ALPS avait déjà été testé en mars, mais n'avait alors pas donné totale satisfaction. Il a été arrêté plusieurs mois pour remédier à ce qui ne fonctionnait pas correctement. Une seule des trois unités existantes avait été remise en exploitation vendredi, les autres devraient l'être dans quelques semaines.

ALPS est un des rouages clés de la stratégie de Tepco pour traiter les centaines de milliers de tonnes d'eau du site, une quantité qui augmente de jour en jour et qui ne pourra pas être stockée indéfiniment, d'autant que les réservoirs utilisés ne sont pas fiables. L'un d'eux a fui récemment et a jeté le doute sur les 300 autres du même type.

 

 PURIFIER L'EAU AVANT MARS 2015

Lors de la tenue vendredi d'une réunion d'une commission d'enquête parlementaire sur le problème de l'eau à Fukushima, le patron de Tepco, Naomi Hirose, a déclaré vouloir "purifier l'eau contenue dans les réservoirs d'ici à la fin de mars 2015 [terme de la prochaine année comptable]".

Le problème de l'eau radioactive a dégénéré en crise, et Tepco est sous la pression du gouvernement japonais et de la communauté internationale pour en venir à bout, une partie de cette eau souillée s'écoulant aussi dans l'océan Pacifique voisin depuis les sous-sols inondés de la centrale. Le gouvernement a déjà décidé d'allouer des fonds pour créer un "mur de glace" en sous-sol afin d'isoler les eaux contaminées sous la centrale des nappes souterraines. Il s'agira de faire passer dans des tuyaux verticaux une substance réfrigérante pour geler le sol alentour. La construction de cette muraille prendra néanmoins deux ans.

Lire : "Le Japon va consacrer 360 millions d'euros à Fukushima"

 

 

 

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28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 15:17

 

animaux.blog.lemonde.fr

, par Catherine Vincent

Poules en batterie: des images de maltraitance censurées par la justice

 

 

« Chers amis, chères amies, Nous avons besoin de votre aide… » Ce n'est pas si souvent que  L214, spécialisée dans la défense des animaux d’élevage, fait ainsi appel à ses sympathisants. Mais la décision de justice est elle-même peu ordinaire : en juillet,  l'association a été condamnée à payer une somme conséquente à deux élevages de poules pondeuses en batterie, au motif... d'une « atteinte à la vie privée ». 

De quoi s’agit-il ? De deux reportages vidéo, reçus il y a quelques mois par L214. Ils ont été tournés de façon clandestine dans deux élevages en batterie, situés en Saône-et-Loire pour l’un, dans l'Ain pour l’autre. Deux élevages parmi des dizaines,  qui ne traitent sans doute pas leurs volailles plus mal que d'autres. Mais qui détiennent, dans « des bâtiments gigantesques, des milliers de poules enfermées dans des cages non conformes à la réglementation », affirme l'association. Jouant son rôle de lanceur d'alerte, celle-ci demande aux éleveurs de corriger la situation, informe les autorités vétérinaires,et avertit dans la foulée les supermarchés qui commercialisent ces œufs, notamment Carrefour, Super U et Monoprix. La réponse ne tarde pas : les deux exploitants assignent L214 en justice,  les images ayant été obtenues sans autorisation.

Quelques semaines plus tard,  la justice tranche. En faveur des éleveurs. Par deux ordonnances, à consulter ici et , L214 a interdiction d’utiliser les images (sous astreinte de 3000 et 5000 € par infraction constatée), et se voit condamnée à payer des réparations financières (1300 € dans un cas, 1500 € dans l'autre) aux deux élevages. L’association a fait appel de la décision, mais le jugement et l'appel s'élèvent à plus de 6000 €. Des frais importants pour cette petite structure, au budget annuel d'environ 100 000 €. D’où cet appel aux dons.

"Quelle justice ordonne de fermer les yeux sur la détresse d'êtres vivants ?", s’interroge Brigitte Gothière, co-fondatrice de L214, qui affirme "avéré que ces deux élevages sont en infraction avec la réglementation européenne en vigueur depuis le 1er janvier 2012 ". Celle-ci impose notamment que les cages soient équipées de "nids" artificiels avec sols en plastique,  de perchoirs, d’une litière pour le picotage et le grattage et de raccourcisseurs de griffes. Or, que constate L214 en visionnant les vidéos reçues? Dans le premier élevage (111 000 poules), exploité par la société Val Produits sur la commune de Branges (Saône-et-Loire), "les nids ne sont pas conformes, les raccourcisseurs de griffes inadaptés et aucun dispositif pour le picotage et le grattage n’est installé", énumère Brigitte Gothière, en précisant que « certaines poules n’ont plus que quelques plumes sur le corps", et que "des cadavres en décomposition avancée bloquent des œufs ».

Même constat ou presque dans le cas du second élevage (200 000 poules), exploité par le GAEC (Groupement agricole d'exploitation en commun) du Perrat, sur la commune de Chaleins (Ain). Avec, en prime, "des oeufs et de nombreuses poules infestés de parasites". Des éléments difficiles à vérifier en l'absence d'images fiables (et maintenant d'images tout court), mais qui figurent de manière récurrente parmi  les "effets collatéraux" de ce type d'installations.

Car rien n'est simple au royaume de l'élevage intensif,  pour les poules comme pour ceux qui s'en occupent. En réponse à la demande de précisions du distributeur Carrefour, alerté par L214, la société Val Produits indique dans un courrier daté du 6 juin 2013 que « plusieurs aménagements ont été entrepris » dans son élevage dans le respect des nouvelles dispositions européennes . Le retour d’expérience de ces changements, poursuit-elle toutefois, « tend à mettre en évidence les avantages des nouvelles dispositions de confort, mais également plusieurs inconvénients ayant un effet contraire au bien-être animal recherché ». Si ses cages ne contiennent pas d’aire de grattage et de picotage par distribution de matériel friable et de grain sur une zone dédiée, c'est que celle-ci  s’est révélée « extrêmement difficile à nettoyer et à désinfecter ». Un risque sanitaire qui a incité Val Produits  « à attendre les évolutions techniques et règlementaires des exigences relatives à la litière permettant grattage et picotage ». 

En ce qui concerne le GAEC du Perrat,  l’association L214 a reçu du groupe Casino, par un courrier daté du 2 juillet, les conclusions des services vétérinaires de l’Ain, qui ont réalisé une inspection de cette exploitation le 26 juin. Selon ces derniers,  l’élevage « a réalisé la mise aux normes du bien être des poules »,  lesquelles sont hébergées dans des cages aménagées conformément aux dispositions de la dernière directive européenne. Cette inspection a toutefois révélé certaines non-conformités pour lesquelles la DDPP (Direction départementale de la protection des populations) de l'Ain a demandé des mesures correctives : notamment pour le sol des "nids", toujours constitués de treillis métallique et non de caillebotis plastiques.

Faire tant de foin pour quelques micro-infractions, est-ce bien raisonnable? "Personne ne s'étonne d'avoir une amende parce qu'il dépasse dans sa voiture la limite de vitesse de quelques km/h", rétorque Brigitte Gothière. Soucieux « d'être en conformité avec la réglementation », le groupe Casino affirme avoir provisoirement stoppé son approvisionnement auprès du GAEC du Perrat. Une initiative dont se réjouit L214, comme elle déplore de se retrouver "criminalisée dans son rôle d'information" .

"Ce n'est pas la première fois qu'en France, des filières agricoles tentent, parfois avec succès, de faire interdire des images. Si ces jugements se généralisent, l'industrie agro-alimentaire  restera seul maître à bord", s'inquiète Brigitte Gothière. S'étonnant que la justice qualifie d'atteinte à la vie privée "ce qui relève avant tout de l'intérêt général", elle précise que son association reçoit  "de plus en plus de vidéos anonymes et de témoignages de gens ayant vu des maltraitances avérées sur les animaux d'élevage".

Catherine Vincent

 

 

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28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 15:08

 

lejournaldabbeville.fr

 

 

Drucat Flash: 800 manifestants sur la ferme des 1000 vaches

La confédération paysanne, les Élus verts (EELV), Pascal Durand en tête, il y a du monde au Plessiel.

Dernière mise à jour : 28/09/2013 à 16:19

 


 
 
 

 

Pascal Durand, président d’Europe écologie les verts, est aux côtés de la Confédération paysanne , déjà présente le 17 septembre pour un raid nocturne (video) et des adhérents de Novissen et des habitants de Drucat pour dénoncer le projet de ferme des 1000 vaches.

EELV.jpg

Les manifestants étaient, pour la plupart, déguisés en vache.

La confédération paysanne état fortement représentée.

conf.jpg

 

 

Drucat, France
leredacchef
                                                                                             ***********************

L'étable des multiplications

LE MONDE | 28.09.2013 à 11h32 • Mis à jour le 28.09.2013 à 14h57 | Par Laurence Girard

 
 
Dans la Somme, le projet de l'entreprise Ramery prévoit d'accueillir un millier de vaches laitières. Une rupture avec le modèle français d'élevage.

La ferme des 1 000 vaches commence à sortir de terre. A Buigny-Saint-Maclou, près d'Abbeville, dans la Somme, au coeur d'une large plaine céréalière et betteravière, un premier hangar pour stocker la paille est déjà construit. Suivra l'étable géante de 234 mètres de long abritant les fameuses 1 000 laitières. Mais aussi des bâtiments pour les 750 génisses (vaches qui n'ont pas encore vêlé) et pour les veaux. Si tout se déroule comme prévu pour les promoteurs du projet, la première traite du plus grand troupeau de France pourra se dérouler en avril 2014. Un méthaniseur d'1,5 megawatt viendra compléter le dispositif en 2015.

Pour suivre l'avancée des travaux, il suffit de se connecter sur le site Internet de Novissen (Nos villages se soucient de leur environnement). Photos et vidéos prises par les membres de cette association montrent le ballet des camions et tractopelles sur les 2 hectares du chantier. Mais aussi l'inlassable mobilisation de ce groupement depuis près de deux ans, contre cette "ferme-usine", comme il la qualifie. D'Abbeville à Bruxelles, d'Amiens à Paris, du Salon de l'agriculture au ministère de l'environnement, Novissen ne cesse de dire non.

Samedi 28 septembre à 14 heures, l'association et ses 2 000 adhérents avaient prévu de manifester une nouvelle fois leur opposition près de la future plus grande ferme française de vaches laitières. Son mot d'ordre : "Halte aux travaux. Exigeons l'abandon total du projet [de la société] Ramery". Un troupeau de 1 000 vaches devait accompagner la mobilisation. Beaucoup de riverains soucieux de leur environnement sont prêts à répondre à l'appel. Mais aussi la Confédération paysanne, qui dénonce "l'industrialisation de l'agriculture". Ce syndicat agricole avait déjà mené une opération coup-de-poing, le 12 septembre, sur le chantier, puis au siège de la société Ramery, à Erquinghem-Lys (Nord).

 APPROCHE LIBÉRALE DE L'AGRICULTURE

La ferme des 1 000 vaches est devenue un symbole. Et la crispation qui accompagne son avancement est à la hauteur des tensions qui secouent le monde agricole. Alors que le ministre de l'agriculture, Stéphane Le Foll, vient de lancer la concertation sur son projet de loi d'avenir et s'apprête à donner les nouvelles clés de répartition des 7 milliards d'euros de crédits alloués chaque année par Bruxelles aux agriculteurs, les interrogations sur le modèle agricole français se font pressantes.

D'autant qu'au fil des années, l'Europe a opté pour une approche libérale de l'agriculture. Début 2015, les quotas laitiers auront vécu. La disparition de cet outil de régulation inquiète des éleveurs. La France a la particularité de posséder un tissu encore dense de fermes laitières familiales enracinées dans de nombreuses régions. L'élevage laitier, qui est souvent la seule activité agricole possible en montagne, emploie d'ailleurs aujourd'hui le plus d'agriculteurs. Combien seront-ils demain ?

La ferme des 1 000 vaches est en rupture totale - et elle le revendique - avec ce modèle français d'élevage familial où la moyenne des troupeaux n'excède pas 50 à 80 bovins. Rupture de par l'origine de son promoteur, Michel Ramery, un entrepreneur du Nord qui a bâti dans sa région un groupe de BTP d'envergure, avec un chiffre d'affaires de 541 millions d'euros en 2012 et 3 550 salariés. Le magazine Challenges classe M. Ramery et sa famille, propriétaires de 100 % de l'entreprise, au 349e rang des fortunes françaises, avec un capital estimé à 120 millions d'euros.

 "LAIT POSITIF"

Le patron nordiste, qui possède une exploitation dans la Somme, est le seul gérant de la société civile d'exploitation agricole Côte de la justice qui porte le projet de la ferme des 1 000 vaches. Il s'est associé en 2009 à trois producteurs de lait au sein d'une société civile laitière baptisée Lait Pis Carde pour mettre en commun leurs quotas laitiers et constituer progressivement le futur cheptel. Deux autres producteurs l'ont rejoint en 2013. Ils gèrent désormais dans cette structure commune 300 vaches. Leur production de 2,8 millions de litres de lait est livrée à Senagral, filiale commune au fabricant de produits laitiers Senoble et à la coopérative Agrial.

Autre rupture : pour gérer cette structure d'élevage et piloter l'installation de la future ferme, M. Ramery a recruté un chef de projet salarié, Michel Welter, et des employés. Enfin, les promoteurs du projet, qu'ils appellent, eux, "lait positif", sont allés chercher leur inspiration hors des frontières. Des Etats-Unis à l'Allemagne, en passant par l'Espagne ou Israël. Sachant que l'Allemagne, où les fermes de 1 000 vaches sont légion, produit désormais plus de lait que la France.

De retour de leurs pérégrinations, ils ont dessiné le modèle de leur future étable géante. Les 1 000 vaches seront cantonnées dans un bâtiment ouvert, juste couvert d'un toit. Des stores mobiles protégeront les bêtes des intempéries.

La traite, automatisée, mais pas robotisée, aura lieu trois fois par jour, contre deux habituellement en France. Le recours à des salariés autorise ce rythme intensif. "La production de lait passera de 9 000 à 11 500 litres par an et par bête" assure Philippe Beauchamps, président du directoire du groupe Ramery, qui chiffre l'investissement pour la ferme à 6 millions d'euros.

QUE FAIRE DES RÉSIDUS ORGANIQUES ISSUS DU MÉTHANISEUR ?

Le projet de méthaniseur est, lui, indépendant de la ferme, même s'il traitera son lisier. Il est géré directement par Ramery Environnement, filiale du groupe de BTP. La société connaît ce métier de valorisation des déchets, qu'ils soient agricoles, ménagers ou industriels. Elle a décroché, il y a quatre ans, avec Dalkia, un contrat de délégation de service public auprès de Lille Métropole, pour la collecte et la valorisation des déchets urbains.

Le méthaniseur installé à Ducrat, commune limitrophe à Buigny-Saint-Maclou, sera l'un des plus puissants du secteur agricole. L'investissement est de 6 millions d'euros. "Le rachat de l'électricité par EDF rapportera 1,2 million d'euros par an", affirme M. Beauchamps. La revalorisation des tarifs auxquels EDF est obligé de racheter l'électricité rend ce type d'investissement attractif. Ramery Environnement est d'ailleurs en pourparlers pour un autre méthaniseur, qui traiterait, cette fois, des déchets de pêche.

Reste un problème de taille : que faire du "digestat", les résidus organiques chargés d'azote produits par le méthaniseur ? Il faut avoir une surface agricole suffisante pour l'épandre. Si le permis de construire a bien été accordé par arrêté préfectoral en mars 2013 pour l'ensemble du projet, le droit d'exploitation est limité pour l'instant à un troupeau de 500 vaches. Une limitation qui correspond à la superficie des contrats d'épandage signés avec les agriculteurs, soit 1 500 hectares. L'entreprise de M. Ramery souhaite convaincre d'autres céréaliers de signer pour atteindre les 3 000 hectares nécessaires.

EMPÊCHER LE ROULEAU COMPRESSEUR

L'association Novissen tente de ralentir le rouleau compresseur de l'entreprise de BTP Ramery qui construit la ferme de son patron. En mai, elle a déposé un recours auprès du préfet de la Somme contre le permis de construire. Puis le 6 septembre, une requête en excès de pouvoir auprès du tribunal administratif d'Amiens. "La préfecture refuse de nous donner le plan du projet malgré l'accord de la commission d'accès aux documents administratifs" dit Michel Kfoury, président de Novissen qui met en avant l'impact sur la santé, l'eau et l'environnement du projet.

"Pour nous, le problème n'est pas le nombre de vaches, c'est celui du modèle d'agriculture. Il n'est pas celui d'un industriel qui crée une usine à faire de l'argent. La passion de 95 % des éleveurs c'est l'élevage, pas la rentabilité des capitaux", dit André Bonnard, de la Fédération nationale des producteurs de lait, branche laitière du syndicat FNSEA.

Laurence Girard
Journaliste au Monde


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28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 14:46

 

 

reporterre.net

Hyper riches : au-delà de l’indécence

Michel Lepesant (Mouvement des objecteurs de croissance)

mardi 8 janvier 2013

 

"Dans un pays sans croissance qui continue pourtant d’en réciter le catéchisme, nous pouvons prévoir qu’il faudra de plus en plus d’appauvris pour que quelques-uns continuent de s’enrichir de plus en plus."


La polémique fait-elle vraiment rage ? « Protégés » par un bouclier fiscal, les riches sont-ils aujourd’hui les nouveaux persécutés, harcelés par des prélèvements confiscatoires ?

Comment arriver à le croire quand, dans une même semaine, les news ne font au contraire que confirmer et entériner la légitimation des inégalités les plus iniques ?

L’ex-épouse bafouée d’un ex-dirigeant transalpin obtient par décision de justice une pension alimentaire de trois millions d’euros par mois, soit près de 100 000 euros par jour : comment peut-on encore continuer à qualifier une telle pension d’« alimentaire » ? Que veut dire « justice » dans ce cas ?

Le Conseil Constitutionnel vient de censurer, dans la loi de finances pour 2013, la taxation à 75% pour les revenus supérieurs à 1 million d’euros. Serait-il indécent de rappeler que le montant mensuel net du Smic pour 35 heures de travail (après déduction de la CSG et de la CRDS) est en décembre 2012 de 1138,36 euros ? Serait-il absurde de rappeler que le même Conseil Constitutionnel valide, dans le budget 2012 rectifié, un crédit d’impôts d’aide aux entreprises de 20 milliards d’euros, quand on sait parfaitement que ce type de « cadeau fiscal » aux entreprises n’est qu’une nouvelle aubaine en faveur du Capital et aux dépens du Travail ?

A l’annonce de cette nouvelle, le président de la Ligue de Football Professionnel s’est félicité de cette « belle et indispensable victoire collective ». Comment ne pas s’indigner quand la laideur des pires individualismes revendique la défense de la « beauté » et du « collectif » ?

Faut-il vraiment s’étonner d’une telle rhétorique footbalistique quand nous apprenons l’introduction dans le dictionnaire suédois du verbe « zlataner », une invention de nos Guignols de l’info ? Et pour ceux qui l’ignorent, il signifie « dominer » ! Mais bien sûr, pour décrire l’invention permanente de nouvelles formes de domination, nous avions bien besoin d’un nouveau verbe !

Cette déroute des mots, celle qui déroule le tapis rouge sur la route des maux, atteint le comble de la confusion quand même les porte-parole de l’indignation ne font que renforcer, cran par cran, le progrès des indécences et le recul du sens commun. Dans une tribune, le producteur Vincent Maraval dénonce avec raison l’impéritie économique du cinéma français financé par l’argent public : « Dix fois moins de recettes, cinq fois plus de salaire, telle est l’économie du cinéma français. » Mais jusqu’où nos bras peuvent-ils tomber quand nous lisons, quelques lignes plus bas, que sous couvert de dénoncer un « système » il prend la défense de celui des héritiers, de cette nouvelle aristocratie des « fils de » ? Comment peut-on présenter comme modèle de vertu l’usage que le fils de Jean-Pierre Cassel fait de « son argent et son énergie » pour aider le fils de Kiki Picasso et celui de Costa-Gavras ? Faut-il alors s’étonner que cette tribune, vendue comme une « charge au canon », finisse en proposant une « idée simple », celle de plafonner les cachets des acteurs à 400 000 euros ? 400 000 euros, plus un intéressement aux bénéfices en cas de succès… commercial !

Mais tout cela n’est-il pas l’air du temps qui permet à la ministre des « affaires sociales » et de la santé de garantir un salaire plancher de 4600 euros mensuel pour les jeunes médecins acceptant de s’installer pendant deux ans dans un « désert médical » ? Que veut encore dire « social » quand il n’y a plus que la logique « libérale » des « affaires » ?

Comment reprocher aux uns de perdre tout bon sens dans l’évaluation d’un « plafond » quand d’autres nomment « plancher » ce qui n’est que « privilège » et aveu d’impuissance à conduire une véritable « politique » ?

Nous avons toujours su qu’il faut, mathématiquement, beaucoup de « pauvres » pour faire un seul « riche ». Mais dans un pays sans croissance qui continue pourtant d’en réciter le catéchisme, nous pouvons prévoir qu’il faudra de plus en plus d’« appauvris » pour que quelques-uns continuent de s’enrichir de plus en plus.

Ce qui signifiera de plus en plus d’indécences, de plus en plus d’irresponsabilités écologiques, de plus en plus d’injustices sociales, de plus en plus d’atteintes à la démocratie ; bref, de plus en plus de croissance…

De plus en plus de rage devant des polémiques faussées.

 



 

Source : Lettre des objecteurs de croissance

Photo de Gérard Depardieu, RTBF

Consulter aussi le Dossier Revenu maximal admissible, pourquoi ? comment ?

 

 

 

                                                                                   ***********************************

 

reporterre.net

 

Voilà comment les trop riches utilisent leur argent - et détruisent la planète

 

Christophe Cornevin (Le Figaro)

samedi 28 septembre 2013

 

 

Les hyper-riches ne savent plus quoi inventer pour tromper leur vie oisive et oiseuse. Ajoutant l’indécence à la futilité, de riches particuliers anglais participent tous les ans à une course illégale et ultra select à travers l’Europe. Au mépris de la sécurité d’autrui et de leur empreinte carbone, of course.


Les 165 concurrents clandestins, partis de Londres dimanche 22 septembre au volant de bolides, rallient Rome via la France. Stoppée dans les Alpes, une Ferrari roulait à 178 km/h sur une départementale.

Les fous du volant sont de retour. Quintessence de l’extravagance british, de riches particuliers viennent de se lancer, à tombeau ouvert, dans la dernière édition du Cannonball, course clandestine de bolides à travers les routes d’Europe. Selon nos informations, pas moins de 165 participants sont partis dimanche de Londres sur les chapeaux de roue avant de se scinder en deux groupes vrombissants.

Le premier, inscrit au Modball Rallye, est déjà passé par le Luxembourg et la Hollande avant de rejoindre Prague dans un temps record. Le second, organisé sous l’exotique label de Riviera Adventure, a été acheminé en Ferry depuis le port de Douvres où ils ont été repérés par la police dès samedi dernier.

Suivant une feuille de route toujours dévoilée au dernier moment pour tenter de prendre par surprise les autorités, les candidats ont déjà franchi la ville étape de Calais avant de filer vers la Savoie et Monte-Carlo où ils ont fait escale dimanche. La compétition est ensuite repartie vers Milan avant de franchir le drapeau à damier de la ligne d’arrivée, à Rome.

Les gendarmes français sur le qui-vive

À partir du 29 juin, c’est-à-dire en plein départ des juillettistes sur les routes de France, la folle équipée mécanique devrait rentrer au bercail, toujours à un train d’enfer, en passant cette fois par le Doubs, la Marne, l’Oise et les abords du château de Chantilly avant de converger vers Calais pour une traversée outre-Manche.

Depuis plusieurs semaines, les gendarmes français, à l’instar de leurs homologues européens, sont sur le qui-vive pour intercepter ces pilotes qui transforment les autoroutes du Vieux Continent en circuits de Formule 1 à chaque début d’été. Informés par les services de renseignements anglais, les militaires avaient notamment mis en place un solide comité de réception le long des itinéraires.

Dans la plus grande discrétion, plusieurs centaines d’hommes affectés aux Escadrons départementaux de sécurité routière ont été mobilisés. Postés sur les ponts, au niveau des échangeurs ou encore embusqués aux sorties de service des autoroutes, ces traqueurs de bolides équipés de jumelles sont appuyés par des hélicoptères, des pelotons autoroutiers roulant en BMW 1 300 cm3 mais aussi en Renault Mégane RS capables de mener des chasses à des allures frisant les 250 km/heure.

« Mais la vitesse n’est pas essentielle pour intercepter les concurrents du Cannonball, précise le colonel Gérard Escolano, chef du bureau de la sécurité routière de la gendarmerie. Nous préférons intervenir quand la course est ralentie par des obstacles “naturels”, comme les péages par exemple. Se lancer dans des courses-poursuites avec sirènes et gyrophares risquerait de provoquer des réactions imprévisibles et de semer la panique dans le flot des automobilistes… »

Depuis le lancement de « Riviera Adventure », les gendarmes ont interpellé dès dimanche un premier concurrent en flagrant délit de vitesse. Surpris sur une route départementale à 178 km/h au lieu des 90 autorisés, un ressortissant britannique s’est fait immobiliser sa Ferrari pour « mise en danger de la vie d’autrui » à Le Poët-Laval (Hautes-Alpes) en attendant d’être convoqué à la brigade locale. Et les gendarmes seront de nouveau sous tension à la fin du mois, quand repasseront les « hooligans » de l’asphalte.

Issus d’un rang social élevé, ces aristocrates, cadres supérieurs ou encore turbulents rejetons de la gentry londonienne, les candidats au Cannonball s’acquittent chacun d’une inscription de 6000 euros pour figurer sur la ligne de départ. L’organisateur, dont l’entregent tourne comme un moteur six cylindres, s’emploie ensuite à mettre en place une logistique hollywoodienne. Déboulant en Ferrari, Porsche, Lotus, Bentley ou encore Maserati aux couleurs de l’Union Jack, les coureurs débarquent déguisés en Zorro, en Spiderman ou encore avec des chapeaux mexicains dans les villes étapes où les attendent des réservations dans des palaces.

Après une soirée festive au champagne, les héros - un peu - fatigués reprennent la route au petit matin. « Chaque voiture est reconnaissable grâce à des macarons souvent collés sur le capot et la malle arrière, précise le colonel Escolano. L’objectif est de respecter un timing, avec une heure limite d’arrivée sous peine d’être pénalisé. »

Les poches garnies d’euros pour s’acquitter du procès-verbal

Mais la vraie motivation n’est pas vraiment de grimper sur la première marche du podium. « Les cannonballeurs cherchent surtout à s’offrir des bouffées d’adrénaline en jouant au chat et à la souris avec nos effectifs sur le terrain, décrypte-t-on à la Direction générale de la gendarmerie nationale. En général, si certains sont détectés à 220 km/h, la majeure partie des concurrents veillent à ce que leurs excès de vitesse ne dépassent pas le seuil des 1500 euros d’amende. »

Prévoyants, ils ont les poches garnies d’euros pour s’acquitter du procès-verbal rubis sur l’ongle, en vrais gentlemans, avant de reprendre la course sur le champ. Et lorsque la Jaguar de l’un d’eux est saisie comme l’année dernière dans le Nord, un avion privé est affrété pour lui permettre le retour au pays.

Identifié depuis 1999 dans l’Hexagone, le phénomène Cannonball avait été récemment marqué par un légendaire Londres-Istanbul, via Cannes, Monaco et Venise. Un joli ruban de 4700 kilomètres de bitume dévoré en moins d’une semaine. De manière très bling-bling, mais sans accident à déplorer.

 



 

Source et photo : Le Figaro

Lire aussi : Hyper riches : au-delà de l’indécence

Ainsi que : Mercedes conserve le droit d’augmenter fortement l’effet de serre

 



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28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 14:22

 

 

mediapart.fr

Axa : menacés de licenciement pour avoir parlé à Mediapart

|  Par Martine Orange

 

 

 

Depuis quatre ans, deux membres d’Axa, syndicalistes en Haute-Savoie, interrogent le groupe d’assurances sur la légalité de ses contrats. Pour avoir dénoncé les pratiques publiquement et nous avoir parlé, une procédure de licenciement a été engagée à leur encontre.

 

Il ne fait pas bon être lanceurs d’alerte chez Axa et d’en parler à Mediapart. Deux salariés du groupe d’assurances, travaillant en Haute-Savoie, sont sur le point de payer chèrement le fait d’avoir dénoncé les pratiques de leur maison. Jeudi dernier, Alain Arnaud et Stéphane Legros, respectivement délégué du personnel et représentant de la CFDT, ont été convoqués pour un entretien préliminaire en vue de leur licenciement  disciplinaire. Ils sont convoqués lundi à un entretien avec un inspecteur du travail, qui doit se prononcer sur la légalité de leurs licenciements, puisque leur mandat leur donne un statut de salariés protégés.

Leur faute ? Axa les accuse d’avoir « un comportement déloyal allant à l’encontre des obligations les plus essentielles qui découlent de leur contrat de travail, et ce, dans l’intention, non dissimulée, de nuire à l’entreprise et ses dirigeants ». Il leur est reproché d’avoir dénoncé publiquement l’illégalité du contrat phare d’assurance-vie du groupe, Euractiel.

« Le contentieux qui oppose mes clients à Axa dure depuis plusieurs années. Un recours aux prud’hommes a été déposé pour discrimination syndicale et harcèlement moral contre Alain Arnaud. Une action a été engagée devant la justice pour non-respect de la loi sur le contrat Euractiel, les heures supplémentaires, usage de domicile pour fins professionnelles et discrimination syndicale. La chambre sociale de la Cour de cassation doit se prononcer en octobre sur le dossier. Mais incontestablement, c’est l’article de Mediapart qui a déclenché la procédure de licenciement », dit Thierry Billet, avocat des deux syndicalistes.

« Nous dénonçons les pratiques d’Axa depuis longtemps. Il y a eu un tract syndical dans lequel il était dénoncé l’illégalité du contrat Euractiel, auquel le groupe n’a pas répondu. Ce que le groupe ne supporte pas aujourd’hui, c’est que tout ce que nous dénoncions à l’intérieur soit désormais connu du grand public », renchérit Stéphane Legros.

« Mediapart n’est en rien responsable de la mise en cause de ces personnes. Les faits sont antérieurs et n’ont rien à voir à l’exercice de leurs mandats syndicaux. Axa est très attaché au dialogue social et au respect des mandats syndicaux. À l’origine du dossier, il y a une lettre ouverte publiée à la mi-juillet où il est porté des dénigrements à l’égard du groupe et de ses dirigeants », dit Sybille Queré-Becker, responsable des relations sociales dans le groupe.

À lire le dossier constitué par Axa pour enclencher la procédure de licenciement contre les deux syndicalistes, si la lettre publique est mentionnée, le fait d’avoir parlé à Mediapart, d’avoir commenté l’article, d’avoir créé un blog sur notre site, d’avoir diffusé l’information sur d’autres sites paraît être ce qui pèse le plus lourd.  

Parmi les preuves citées de ce que le groupe considère comme un « comportement déloyal », AXA cite des commentaires qu’Alain Arnaud avait fait sous l’article en empruntant un pseudo. Celui-ci notamment :

 

 

« M. Arnaud a pu être identifié comme étant l’auteur de ces écrits », est-il insisté dans le dossier transmis à l’inspecteur du travail. « Ces commentaires démontrent que M. Arnaud a donné certaines informations à ce média », est-il noté. Le groupe lui reproche aussi d’avoir créé un blog sur Mediapart. Il est notamment accusé d’avoir écrit que « le pdg d’Axa a (fait) un don de 7 500 euros à l’association Répondre à gauche avec François Hollande ». Il se voit mis en cause pour avoir posté des commentaires sur d’autres sites, parlant « de l’énorme fraude mise en place par l’assureur français. (…) L’assureur n’ayant pas satisfait à ses obligations légales engrange ainsi près de 20 millions d’euros par an de cotisations en toute illégalité ».

Ces nouveaux cas illustrent une nouvelle fois le rapport de forces totalement déséquilibré entre les salariés lanceurs d’alerte et leur entreprise. Dénoncer des pratiques illégales revient à un acte de déloyauté. En parler publiquement s’assimile à une rupture de contrat. Quant à créer un blog, c’est tout simplement de la haute trahison. 

Si les syndicalistes en sont arrivés à recourir aux médias et aux réseaux sociaux, la faute en revient à Axa qui, depuis des années, élude la question de la légalité de ses pratiques, soulevée par les salariés eux-mêmes.

Stéphane Legros et Alain Arnaud reconnaissent qu’ils ont découvert le sujet par hasard. Jusqu’en 2009, ces salariés d’Axa chargés de commercialiser les contrats du groupe travaillaient sans se poser de questions et étaient bien vus de leur hiérarchie. Puis arriva l’incident fatal. En juin 2009, Stéphane Legros, qui travaille chez AXA depuis trois ans, démarche un couple et leur fait signer un contrat Euractiel. Ses supérieurs le félicitent en découvrant le nom du souscripteur : il s’agit du sénateur UMP de Haute-Savoie, Jean-Claude Carle, aujourd’hui vice-président du Sénat. Ce dernier n’a pas retourné nos appels alors que nous cherchions à avoir sa version des faits.

« Ce parlementaire pourrait nous causer des ennuis »

Ce qui aurait dû être un succès se transforme pourtant en enfer : les services centraux qui doivent homologuer le contrat refusent de le faire. Motif avancé : « Il m’a été expliqué que le parlementaire pouvait nous causer des ennuis, en raison de ses nombreuses relations », raconte-t-il. Non seulement le contrat est annulé, mais Axa, en plus, lui reproche auprès de ses clients comme à l’intérieur, d’avoir fait une faute.

Indigné par ce traitement, Stéphane Legros cherche à comprendre. Après maintes recherches et questions, il finit par découvrir le pot aux roses : le contrat Euractiel ne devrait plus être commercialisé depuis 2007 ! La loi de 2005 ne permet plus la pratique des frais précomptés, base du contrat Euractiel, qui consiste à prélever en une seule fois les frais de gestion d’un contrat censé durer au moins dix ans. D’un seul coup, les souscripteurs voient diminuer leur apport de près de moitié. S'ils cassent leur contrat avant la fin, ils ont toutes les chances de ne pas retrouver l’intégralité de leur apport de départ. Même s’ils restent jusqu’au terme prévu, leur épargne leur rapportera moins puisque les intérêts sont calculés sur la somme investie, amputée de la totalité des frais de gestion prélevés au départ.

Cette technique a été jugée tellement désavantageuse pour les épargnants que les législateurs ont décidé d’y mettre fin, en spécifiant que les frais de gestion ne pouvaient plus dépasser 5 % des sommes investies. Les élus donnent alors deux ans aux assurances pour se mettre en conformité avec la loi et revoir leurs conventions collectives, puisqu’une partie de leurs commerciaux étaient rémunérés sur des commissions prélevées sur ces frais de gestion.

L’ennui est que le texte ne prévoit aucune sanction au cas où un groupe d’assurances ne se mettrait pas en conformité avec la loi. Tout est laissé à la charge des souscripteurs, s’ils sont mécontents. Mais qui prendra le risque d’engager une procédure longue et coûteuse pour rentrer dans ses droits ?

Stéphane Legros réalise qu’Axa n’a fait ni l’un et que partiellement l’autre, les conventions collectives n’ayant pas été totalement revues. Avec quelques autres salariés, il commence à se mobiliser. Ils alertent leur syndicat, la CFDT, puis les autres, posent des questions à la hiérarchie, puis montent plus haut. À chaque fois, ils se heurtent au même mur du silence. En 2012, ils décident d’alerter les pouvoirs publics, écrivent au président du Sénat, de l’Assemblée nationale, de la présidence de la République. Hormis un simple accusé de réception, leurs lettres restent sans réponse. Axa continue à l’intérieur à envoyer le même message aux salariés : le groupe d’assurances ne saurait avoir des pratiques illégales. Il a consulté des juristes qui lui ont confirmé la parfaite validité de leur contrat Euractiel.

Auteur de la réforme du Code des assurances de 2005, Philippe Marini, aujourd’hui président de la commission des finances du Sénat, ne laisse pourtant planer aucune ambiguïté sur le sens de son amendement : « Il s’agissait bien d’en finir avec les mécanismes des frais pré-comptés dans les contrats d’assurance-vie », a-t-il déclaré à Mediapart . « L’amendement, qui a été adopté à mon initiative, plafonne à 5 % la diminution des valeurs de rachat par imputation sur celles­-çi des frais d’acquisition du contrat. Cela revient à interdire de facto les contrats dits “à frais précomptés” (…) », répète-t-il dans Le Dauphiné Libéré, qui s’est également saisi du dossier.

En dépit de la loi, des déclarations du rapporteur du texte législatif, des multiples propos tenus lors des débats à l’Assemblée nationale et du Sénat lors de la discussion sur la réforme du Code des assurances, qui toutes parlent d’en finir avec les frais précomptés, malgré un arrêt de la Cour de cassation qui mentionne leur interdiction, Axa assure qu’il agit en parfaite légalité et que la loi ne concerne pas son contrat d’assurance-vie. « Imaginez-vous qu’Axa pourrait commercialiser des produits non-conformes à la réglementation ? Nous avons fait vérifier par plusieurs juristes : tous nous disent que nos contrats sont parfaitement légaux. Nos contrats d’ailleurs n’ont jamais été retoqués. En six ans, nous aurions dû avoir un jugement. Cela n’a jamais été le cas »,soutient Oliver Mariée, directeur épargne-vie d’Axa France.

Au dossier de licenciement contre les deux syndicalistes, adressé à l’inspection du travail, le groupe d’assurances a joint un nouvel avis d’expert, le professeur de droit Luc Mayaux, qui souligne la parfaite conformité de son contrat d’assurance-vie avec la loi. Un avis tout à fait indépendant : M. Luc Mayaux est directeur de l’institut des assurances à Lyon. Il a animé notamment en 2010 une table ronde avec le directeur des ressources humaines d’Axa Sud et un responsable de la fédération française des assurances sur le thème : “L'assurance, des métiers d’avenir pour les jeunes.”

Si Axa est si sûr de son interprétation, pourquoi ne fait-il pas appel à la justice pour trancher définitivement le différend ? Le groupe d’assurances en avait l’occasion : le recours devant la Cour de cassation soulevait précisément le problème de la légalité de son contrat Euractiel. Le rapporteur devant la Cour a estimé opportunément que les magistrats de la Cour de cassation n’avaient pas à étudier ce problème pour se concentrer sur le seul problème social.  Le flou va donc perdurer.

« Les commerciaux d’AXA doivent savoir. La loi prévoit que leur responsabilité peut être engagée en même temps que celle du groupe s’ils ont vendu des produits non-conformes », insiste Alain Arnaud. Les deux syndicalistes sont décidés à défendre leur cause jusqu’au bout. Le parti socialiste de Haute-Savoie leur a apporté son soutien et a décidé de saisir le gouvernement de leur cas.

 

 

 

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
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