Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 17:48

 

rue89.com

 

Live blogging 03/10/2013 à 12h49

Naufrage de Lampedusa : l’Italie décrète un deuil national

Nolwenn Le Blevennec | Journaliste Rue89

 

Le bilan du naufrage d’un bateau de migrants, originaires de la Corne de l’Afrique, ce jeudi près de Lampedusa (Sicile), dans le sud de l’Italie, s’alourdit. Peu avant 13 heures, 94 corps avaient été ramenés à terre. 40 corps ont été retrouvés depuis portant le bilan à plus de 130 morts.

 


Les corps de victimes alignés, à Lampedusa le 3 octobre 2013 (Nino Randazzo/AP/SIPA)

 

Le bilan final risque d’être très meurtrier. Selon les gardes-côtes et la police douanière, environ 150 passagers ont été récupérés vivants sur les quelque 500 qui étaient à bord d’une embarcation surchargée.

Le maire de Lampedusa en pleurs

Celle-ci se serait trouvée en difficulté au large de la toute petite île des Lapins, plus proche des côtes nord-africaines que de la Sicile. Mais les migrants à bord n’ont pas réussi à joindre, avec leurs téléphones mobiles, les gardes-côtes italiens.

Pour lancer un appel à l’aide, ils auraient allumé un feu qui aurait provoqué un incendie (à cause du fioul) et le bateau se serait ensuite retourné.

Le navire venait probablement de Libye, du port de Misrata. Une grande partie des passagers étaient somaliens. Dans la matinée, la maire de l’île de Lampedusa Giusi Nicolini a précisé, sur la chaîne en continu Sky TG24, que plusieurs « enfants en bas âge » et des femmes figuraient parmi les victimes.

En pleurs, à l’agence italienne Ansa :

« C’est une horreur, une horreur ; ils n’arrêtent pas d’apporter des corps. »

Selon elle, un passeur d’origine tunisienne aurait été arrêté. D’après des témoignages des survivants, plusieurs bateaux seraient passés à proximité du navire en feu sans s’arrêter.

Opération de sauvetage à Lampedusa (vidéo ici )

Le pape prie pour les victimes

Le président du conseil italien, Enrico Letta, a annoncé que le ministre de l’intérieur, Angelino Alfano, allait se rendre immédiatement sur le lieu de la « tragédie ».

 

Enrico Letta         @EnricoLetta

Fatto punto su immane tragedia con Alfano e vertici ministero che si recheranno subito sul luogo disastro per i primi interventi

 

De son côté, le pape François a apporté son soutien sur Twitter.

« Nous prions Dieu pour les victimes du tragique naufrage au large de Lampedusa. »

 

Papa Francesco         @Pontifex_it

Preghiamo Dio per le vittime del tragico naufragio a largo di Lampedusa.


En juillet dernier, le pape s’y était rendu pour son premier déplacement hors de Rome. Il avait publiquement affirmé sa solidarité avec les dizaines de milliers de migrants qui débarquent chaque année sur l’île :

« L’Eglise est avec vous dans votre quête d’une vie plus digne pour vous et vos familles. »

Lundi déjà, 13 immigrés, pour la plupart érythréens, s’étaient noyés, peut-être jetés à l’eau par des passeurs, en tentant de rejoindre la côte près de Raguse (sud-est de l’île principale de Sicile).

Début août, une catastrophe semblable s’était produite sur une plage de Catane (est de la Sicile). Six Egyptiens s’étaient noyés en pensant être arrivés à terre. Leur embarcation s’était ensablée non loin du rivage.

Depuis le début de l’année, selon la dépêche AFP, plus de 22 000 migrants ont été débarqués sur les côtes du sud de l’Italie, soit près de trois fois plus que sur l’ensemble de 2012.

 

 


Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Italie
commenter cet article
3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 17:32

 

rue89.com

Chapeau ! 03/10/2013 à 15h21

A la télé, tout n’est pas à jeter : il y a « Cash investigation »

Pascal Riché | Cofondateur Rue89

 

 

L’émission « Cash investigation », lancée il y a quelques mois, continue de tenir ses promesses, donnant un coup de vieux aux autres magazines journalistiques. Celle qui était diffusée mercredi soir, consacrée au grand détournement de l’argent de la formation, a tenu les promesses de départ de l’émission. Le travail réalisé par cette équipe de journalistes, autour d’Elise Lucet, est impressionnant.

L’argent de la formation, c’est un des gros scandales du moment. Deux chiffres pour s’en convaincre : 26 milliards sont dépensés chaque année, mais seulement 13% de cet argent va aux chômeurs.

L’enquête de « Cash », que vous pouvez visionner ici, est accablante (n’en déplaise aux grincheux). Même si elle n’est pas exhaustive, elle dévoile très concrètement, en six tableaux, le fond du problème. Le montage est efficace et humoristique, assorti d’une musique drolatique pour souligner l’absurdité des situations décrites. Les journalistes parviennent à coincer les responsables de ces situations grâce à des documents qu’ils leur produisent sous le nez : plusieurs transpirent alors à grosses gouttes sous l’œil de la caméra.

Premier tableau

La formation fantaisiste : transe au manoir

Les journalistes de « Cash investigation » se sont intéressés à l’organisme Irett, spécialisé en « psychothérapie transpersonnelle ». Il organise des séminaires où l’on évoque le chamanisme et la communication avec les morts, voire avec les extraterrestres. Un stagiaire se réjouit qu’on lui ait intégralement payé cette formation, plus les déplacements, plus l’hôtel... « Et j’ai même eu droit à mon salaire. Royal. »

Moment le plus surréaliste, les journalistes de « Cash » filment un week-end de formation dans un manoir au cours duquel les stagiaires se frottent le dos mutuellement puis entrent en transe autour de deux bougies (c’est de la « thérapie holotropique »). Le tout financé par l’argent public.

Deuxième tableau

La formation inventée : course en sac et « air guitar »

Les journalistes font agréer une formation « Grand reporter, réflexes et automatismes » à base de « course en sac à patates », de « jeux de mimes » et de « air guitar ».

Au ministère du Travail, le fonctionnaire tamponne avec nonchalance le document d’agrément et commente avec résignation : « Sur dix formations, cinq sont bidons. »

 

 

Elise Lucet se rend chez le ministre Michel Sapin qui commence à contester la possibilité de tirer de l’argent public avec une formation « sac à patates », mais Lucet lui met le premier chèque de 1 196 euros qu’elle a reçue. Il a du mal à cacher son embarras et promet des réformes.

Troisième tableau

La formation bidon chez Jardiland : « Je découvre »

« Cash » s’interroge sur les formations prodiguées par l’enseigne de jardinage à ses salariés, pour un montant de près de 5 millions d’euros : d’anciens employés, dont les noms figurent sur les feuilles d’émargement, n’ont jamais suivi ces formations.

 

 

Les journalistes ont découvert que l’Etat avait sanctionné le centre de formation de Jardiland (aujourd’hui appelé Formaxis) pour des centaines de fausses formations entre 2007 et 2011.

L’avocat du groupe commence par expliquer que Jardiland a été victime d’une escroquerie interne, en chargeant l’ancien responsable de la formation (qui dément : tout cela était assumé par l’entreprise, dit-il). Les journalistes de « Cash investigation » interviewent alors Michel Conte, le patron. Il commence à expliquer que personne dans le groupe n’est complice de ce « pillage » sophistiqué, mais Elise Lucet lui met un document de son DRH sous les yeux et Conte ne peut que balbutier (« Je découvre »).

Quatrième tableau

Feu le « Meetic de la formation professionnelle »

L’organisme patronal a ambitionné de créer un « Meetic de la formation professionnelle “ (le site s’appellera LaFormation-Pro.com) et a dépensé 678 000 euros pour cela, une somme manifestement très exagérée. Le site est financé via le Fonds de gestion paritaire de la formation professionnelle continue et trois ans plus tard, il a disparu du Web.

Le responsable de cette opération fuit maladroitement les caméras de” Cash investigation ».

Cinquième tableau

Le rapport censuré de Perruchot sur les syndicats

Un rapport dénonçant le système de financement des syndicats patronaux et salariés par l’argent de la formation a été rédigé par Nicolas Perruchot (UMP). Mais il a été enterré par les députés, sous la majorité précédente. Sur les trente membres de la commission d’enquête, neuf ont participé au vote : il y a eu deux voix pour (centristes), trois contre (socialistes) et quatre abstentions (UMP). Le rapport Perruchot est envoyé aux oubliettes.

Le Point l’a entretemps exhumé et publié. L’équipe de « Cash investigation » coince certains députés de la commission afin de comprendre pourquoi le rapport a ainsi été censuré. Un député socialiste renvoie la balle sur la droite (après tout, ce sont eux qui étaient aux affaires) et l’UMP Christian Jacob accuse de son côté la gauche (après tout, ce sont eux qui ont voté contre)... C’est assez comique mais aussi très agaçant.

Selon le rapport censuré, 66 millions d’euros ont été ponctionnés par les syndicats de patrons et de salariés pour leur propre fonctionnement.

Sixième tableau

La porosité entre EELV et son organisme de formation

Les partis forment leurs cadres, ce qui est normal. Ce qui l’est moins, c’est quand l’argent de ces formations sert à financer le fonctionnement des partis.

« Cash investigation » a pris l’exemple d’Europe écologie-Les Verts et de son organisme de formation, le Cedis. Et ont constaté que si les cadres verts émargent les feuilles de présence, ils ne suivent pas toujours forcément les formations.

 

En 2011, Cécile Duflot (alors élue d’Ile-de-France) a ainsi émargé pour trois jours et demi, alors qu’elle n’a suivi que quelques heures de stage. « Je ne suis pas très assidue », se justifie-t-elle maladroitement. Une autre façon de voir les choses serait de reconnaître que l’essentiel des 1 400 euros de sa formation de trois jour ont été détournés.

 

 

 

De même, le centre de formation a participé à l’achat du siège du parti et aux journées d’été. A l’époque, le sénateur Jean-Vincent Placé dirigeait le Cedis. Au téléphone, il refuse de répondre : « 75 000 euros, c’est peut-être une grosse somme pour vous... » laisse-t-il passer dans la conversation : sous-entendu, ce n’est pas si terrible...

C’est un peu la phrase qui résume le mieux le malaise général qui prend le téléspectateur après cette émission d’une heure et demie : même si toutes ces personnes interrogées ont conscience que le système souffre d’opacité et déplorent les ambiguïtés malheureuses, aucune ne semble avoir le sentiment que cet immense trafic de fausses factures est vraiment scandaleux.

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Alertes- Ce que vous devriez savoir
commenter cet article
3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 17:25

 

 

rue89.com

 

Quelles sont les différences entre l’« Obamacare » et l’Assurance maladie ?

 

Question posée le 03/10/2013 à 16h34 par Rémi Noyon

La réponse de  Paola SchneiderBerangere Mc Neese

03/10/2013 à 16H39

 

 

 

Voté par le Congrès en 2010, l’« Obamacare », ou « loi sur les soins abordables », a dû braver l’opposition. Finalement jugée conforme à la Constitution par la Cour suprême en 2012, elle devait se concrétiser ce mardi 1er octobre. Mais les républicains s’y opposent toujours et la procédure coince. Ils ne veulent pas d’un système de Sécurité sociale à l’européenne. On en est pourtant loin.

Qui en bénéficie ?

Obamacare : pour tous les citoyens américains

Aujourd’hui, nombre d’Américains n’ont aucune couverture santé et renoncent donc à se soigner. Grâce à la « loi sur les soins abordables », ces quelque 50 millions d’Américains devraient pouvoir bénéficier d’une couverture santé minimale, quel que soit leur niveau de vie.

Mais l’Obamacare n’a été conçu que pour les citoyens américains. Pour se soigner, les étrangers ne pourront donc prétendre à aucune aide d’Etat. Sans assurance ou moyen de paiement, pas de prise en charge.

L’ Assurance maladie : un système universel

En France, la couverture santé est universelle. Pas besoin d’être français pour en bénéficier. Si vous êtes étranger, mais résidez et êtes salarié sur le territoire, vous êtes obligé de souscrire à un régime de Sécurité sociale et bénéficiez donc de l’Assurance maladie. Vos ayants droit (conjoint, enfants) en profitent également.

Si vous n’avez pas droit à l’Assurance maladie, c’est la Couverture maladie universelle (CMU) qui vous prend en charge. Elle s’adresse par exemple aux personnes touchant le RSA. Les étrangers qui ont entamé des démarches pour obtenir un titre de séjour, et résident en France de façon régulière depuis au moins trois mois, peuvent également en bénéficier.

Enfin, il existe une Aide médicale d’Etat (AME) pour les personnes en situation irrégulière. Mise en place à titre humanitaire, elle répond surtout à des situations d’urgence.

Qui gère la prise en charge ?

Obamacare : l’Etat met les pieds dans un marché privé

Aujourd’hui, les Américains assurés le sont auprès d’assurances privées très coûteuses. Une fois sur deux, c’est l’employeur qui paie. Mais pour les autres, rien n’est prévu ou presque. L’Obamacare vise à rendre ces assurances privées obligatoires, mais en faisant baisser leur coût.

C’est la hausse du nombre d’assurés qui doit permettre de réduire les prix. Ainsi que la mise en concurrence des assurances sur une plateforme internet. Mais la couverture maladie continue de relever du secteur privé. Là où l’Etat intervient, c’est en accordant des aides aux foyers modestes pour leur permettre de payer une couverture désormais obligatoire.

Il existe toutefois un système de soins public pour les plus démunis : le Medicaid. Avec l’Obamacare, le nombre de citoyens éligibles au Medicaid devrait augmenter.

L’Assurance maladie : un organisme public

En France, l’Assurance maladie est un organisme d’Etat, c’est l’une des quatre branche de la Sécurité sociale. Elle délègue les prises en charge à des organismes de droit privés, mais gérés de façon paritaire, c’est-à-dire entre représentants des employeurs et des salariés.

La couverture maladie ne devient donc un marché qu’à partir d’un certain seuil, lorsque l’on recourt à une complémentaire santé.

Quels remboursements ?

Obamacare : le poids du fédéral

L’Obamacare est une réforme fédérale, mais gérée et cofinancée par les Etats. Chaque Etat doit établir un panel de plans – « or », « argent », « bronze » – proposant une couverture plus ou moins complète. Tous sont forcés d’inclure des remboursements minimums au sein des dix catégories suivantes :

  • services ambulatoires,
  • services d’urgence,
  • hospitalisation,
  • accouchement et prise en charge du nouveau-né,
  • santé mentale,
  • prescriptions médicales,
  • services de rééducation,
  • analyses,
  • prévention et prise en charge des maladies chroniques,
  • services pédiatriques (vue et audition comprises).

Les compagnies d’assurances peuvent en réalité proposer des formules de couverture très variées. En principe, plus vous déboursez, mieux vous serez soigné.

Mais les offres varient d’un Etat à l’autre. Pour le même prix, vous n’aurez pas droit aux même remboursements selon que vous vivez dans le Minnesota ou dans le Wyoming. Dans certains Etats, comme celui de New York, le prix d’un plan d’assurance peu même varier d’une ville à l’autre.

L’Assurance maladie : les complémentaires de plus en plus indispensables


Un examen de l’œil, photomontage (Lewis Minor)

 

L’assurance maladie, c’est garantir à tous le même remboursement des soins de santé. A chacun selon ses besoins plutôt que selon ses moyens. Quel que que soit votre niveau de vie, une consultation chez le médecin vous sera donc remboursée au minimum à 70%. L’Assurance maladie couvre d’ailleurs des prestations dont il n’est pas question dans l’Obamacare de base.

  • interruption volontaire de grossesse (IVG),
  • prestations dentaires,
  • frais d’optique,
  • moyens de contraception,
  • kinésithérapeute,
  • podologue...

Un principe de solidarité visant à réduire les inégalités, mais dont les limites se font sentir. Le « reste à charge » ayant tendance à augmenter, souscrire à une complémentaire santé devient une nécessité. Or si deux tiers des salariés bénéficient d’une mutuelle par le biais de leur entreprise, 4 millions de personnes en France n’en ont pas.

Obamacare ou pas, les soins de santé restent donc moins onéreux et plus égalitaires en France qu’aux Etats-Unis. Mais l’Hexagone glisse peu à peu vers un système à deux vitesses.

 

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Informations diverses
commenter cet article
3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 17:07

CADTM

 

 

cadtm.org

Procès d’un homme exemplaire

 

3 octobre par Eric Toussaint

 

 

Au gré des scandales politico-économiques qui ponctuent l’actualité internationale, les noms de personnalités importantes sortent régulièrement dans la presse. De ces protagonistes on ne retient souvent que quelques éléments épars.
Jacques de Groote, dont il est question dans ce livre, est un exemple intéressant. Ex-directeur exécutif du FMI et de la Banque mondiale représentant la Belgique pendant une vingtaine d’années, il est accusé par la justice suisse de « blanchiment d’argent aggravé », « escroquerie » et « faux dans les titres ». L’impact médiatique a été très important en 2013, en Europe et au-delà.
Ce qui intéresse tout particulièrement Éric Toussaint dans ce récit, c’est qu’à travers le parcours de cet ancien haut responsable se dessine un morceau d’histoire de deux grandes institutions financières internationales – le FMI et la Banque mondiale – qu’il critique radicalement depuis de nombreuses années.
Les grands médias font la part belle à ces deux institutions. Impossible de les critiquer, de remettre en cause leur action, encore moins leur existence. Tout se passe comme si elles faisaient partie d’une autre dimension, où leurs échecs répétés et les graves dégâts qu’elles provoquent ne peuvent leur être imputés. Elles jouissent d’une légitimité intrinsèque et sans limite. Jamais leurs dirigeants ne sont poursuivis en justice car ils bénéficient d’une immunité pour les faits commis dans l’exercice de leurs fonctions.
Depuis leur création en 1944, la Banque mondiale et le FMI n’ont fait l’objet d’aucun procès malgré des violations répétées des droits humains.
La raison est simple : ces deux institutions sont au service des gouvernements des pays dominants et des grandes sociétés privées multinationales. Leur boussole oscille entre les intérêts privés (qu’ils soient politiques, économiques ou financiers) et ceux des grandes puissances.
Ce livre passionnant, qui se lit comme un roman historique, met en lumière ces différents éléments à travers la vie de Jacques de Groote. L’auteur ne pratique ni l’insinuation ni la diffamation envers Jacques de Groote. Il s’en tient aux faits, basant son travail d’investigation sur des sources citées de manière précise.
Nous suivons notre personnage principal au Congo Kinshasa auprès du dictateur Mobutu , qui restera célèbre pour sa féroce dictature et pour la fortune personnelle qu’il a amassée sur le dos du peuple congolais.
Nous partons ensuite au Rwanda où notre personnage principal rend des services à son ami Van den Branden, baron et patron d’une grande société minière. Là, d’une pierre trois coups, de Groote va agir en fonction des intérêts des institutions qu’il représente, le FMI et la Banque mondiale, de ceux de son ami et du régime du général Juvénal Habyarimana.
L’épopée se poursuit en République tchèque où éclate « l’affaire » de la privatisation frauduleuse de MUS (Mostecká Uhelná Spolecnost), une des principales mines de charbon. La Belgique fait également partie du décor, puisque se dessinent les intérêts géostratégiques du royaume, la généralisation de la politique néolibérale à partir des années 1980, les groupes de pression, les alliances et amitiés politiques.
Le théâtre des opérations est mondial : procès aux États-Unis, en Suisse, pipe-line en Inde, success story de la Banque mondiale et du FMI au Mexique, connexions avec des grandes banques privées internationales... À plusieurs reprises, des conflits d’intérêts sont avérés.
La toile de fond de la narration reste les institutions financières internationales qui sont responsables de violations répétées des droits humains. Lever le voile sur leurs agissements est primordial. Il va de soi qu’elles doivent rendre des comptes, tout comme les personnes qui les dirigent et les représentent. Il est essentiel de démonter le puissant mécanisme de domination que ces institutions imposent aux peuples de la planète depuis bientôt 70 ans. Le CADTM s’attelle à ce travail de critique radicale depuis plus de 20 ans et toutes ses publications regorgent d’analyses approfondies permettant de comprendre la logique mortifère des choix qui sont faits au niveau mondial.
La chute n’est pas écrite mais ce récit jette une pierre dans le jardin néolibéral et fournit de précieux éléments à toutes celles et tous ceux qui souhaitent comprendre et combattre ce système injuste.
Il est temps de vous laisser découvrir cet ouvrage très documenté qui doit provoquer en chacun de nous un besoin de révolte salutaire et renforcer la conviction qu’il faut agir.

Pauline Imbach & Damien Millet


Share on email Share on facebook Share on twitter More Sharing Services 

 

 

88 pages - 9 €
Éditions Al Dante : www.al-dante.org
Imprimerie : Clip / Marseille, Europe.
Dépôt légal : 4e trimestre 2013
Issn : 1626-1798 / Isbn : 978-2-84761-782-5

  • Avant-propos d’Aminata Traoré
  • Introduction par Pauline Imbach & Damien Millet
  • Procès d’un homme exemplaire
  • Épilogue
  • Annexes
    1/ Jacques de Groote > Chronologie
    2/ Plaidoyer en 30 points contre la Banque mondiale et le FMI
    3/ La Banque mondiale
    4/ Le Fonds monétaire international (FMI)
  • Postface > Éric Toussaint, lanceur d’alerte par Jean Ziegler
  • Bibliographie

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 17:00

 

CADTM

cadtm.org

Les chômeurs saignent l’État ou l’État saigne les chômeurs... ?

2 octobre par CAC Liège

 


Groupe de travail sur la sécurité sociale du comité liégeois d’audit citoyen de la dette publique en Belgique.

La presse papier est en crise. Les hebdomadaires se plient en quatre pour arriver à se vendre. Du coup, Marianne Belgique a fait fort avec sa ligne éditoriale « indépendante, intelligente et irrévérencieuse » : Les chômeurs saignent l’État, tel est le titre du dossier, signé Pierre Jassogne, de son numéro du 21 septembre. Mais ne nous inquiétons pas, ce jeune journal veut fournir une information nuancée à ses lecteurs et lectrices : malgré eux apparaît en sous-titre ! Et ceux qui ouvriront le journal – et vogue la galère pour l’écrasante majorité des personnes qui ne verront, et ne retiendront, que le titre racoleur de la couverture croisée furtivement dans leurs libraires – pourront y lire une analyse bienveillante tentant de démontrer que ce n’est pas le coût des allocations de chômage qui est directement visé ici mais le coût... de leur inactivité. Il nous est apparu important d’apporter, à notre tour, certaines « nuances ».

 

« Les chômeurs saignent l’État, malgré eux », ah oui ?

Le magazine nous prévient d’emblée : attention aux idées reçues et prétend poser une question dérangeante et subversive. Celle du coût réel des chômeurs, non pas de leurs allocations de chômage (plus ou moins 7 milliards d’euros par an, pour un PIB de près de 370 milliards environ, soit moins de 2% !) mais bien, grosse différence qui mérite réflexion, de ce qu’entraîne leur situation de non-emploi (plus ou moins 13 milliards d’euros, soit près de deux fois plus, un peu moins de 3,5 % du PIB) : c’est-à-dire les pertes de rentrées supposées en cotisations de sécurité sociale et en impôts prélevés par le fisc sur leur salaire potentiel. On apprend alors que le coût annuel moyen d’un demandeur d’emploi serait de 33.443€ alors que ce que donne l’État a un demandeur d’emploi (frais d’accompagnement et administratifs compris dans ce « don ») s’élèverait à 11.176€ par an. Et d’en conclure que l’étude d’IDEA Consult |1| devrait pourtant mettre tout le monde d’accord : l’emploi doit être une priorité, quitte à le subsidier . CQFD.

Tout le monde d’accord ? Suivant cette lecture de la question, on pourrait d’abord être tenté de dire que ce coût, du chômage, devrait être assumé par les seuls employeurs puisqu’ils sont à l’origine du non-emploi. Dans notre régime économique, c’est eux qui sont censés le créer, l’emploi, et ils le revendiquent, ils disent même qu’ils créent des entreprises pour ça ! Or, le taux de chômage officiel en Belgique est de 8,7% de la population active, soit 610.893 demandeurs d’emploi (août 2013). Bon, en réalité, il y a en fait dans ce pays plus de 1.000.000 de personnes totalement ou partiellement sans emploi |2| (ce qui donnerait un taux proche des 15%). Personnes à qui on exige de courir après de l’emploi qui n’existe pas, de mille et une façons, plus ou moins humiliantes selon les cas. Il y a en Belgique de 60 à 70 000 offres d’emplois par mois en moyenne (dont des emplois à temps partiels, intérimaires, à durée limitée, ou même comme... indépendants), soit 1 offre pour 14 personnes en moyenne.

On devrait alors conclure que l’État doit mettre en place, pour des emplois utiles, sains, convenables et émancipateurs, une réduction collective du temps de travail (RTT) – avec embauches compensatoires et sans pertes de salaire – puisque la productivité du travail ne cesse d’augmenter, qu’une partie toujours plus grande de celui-ci est effectuée par des machines et que nous sommes nombreux-ses à pouvoir participer à « l’effort » collectif utile. Mais les employeurs ne seront pas d’accord, leur objectif est d’accumuler du profit privé, pas de répartir le travail utile entre tout le monde. Le dossier propose pourtant de renforcer les subsides à l’emploi privé (financés en partie par les propres caisses de la sécurité sociale !), sans exigence ni d’embauche ni de qualité de travail, alors que tant et tant de ces cadeaux sont déjà offerts aux employeurs, depuis plus de trente ans... Sans aucun effet en termes de réduction du chômage mais avec de multiples effets en termes de dégradation continue des conditions d’emploi...

Mais changeons de lecture. Finalement, la question de l’emploi est-elle une question (un problème) d’employeur ou de salaire, de reconnaissance de la valeur économique de ce que nous produisons ? Le chômeur, comme le retraité, ne coûtent pas, ils produisent de la richesse hors emploi, et leur allocation/retraite sont la reconnaissance collective de cette production. Travail domestique, soins aux personnes âgées, éducation des enfants, travail bénévole dans l’associatif ou partout ailleurs, potagers collectifs, friperies, ateliers de récup’ et de réparation en tout genre, animation de réseaux et de sites d’informations, créations et diffusions artistiques, ou tout autre travail souvent invisible – car non rémunéré dans le cadre d’un emploi – mais qui produit de la valeur d’usage. On ne pourrait qu’inviter ici l’auteur à aller relire, ou revoir, toute la connaissance existante sur la distinction entre emploi (capitaliste) et activité productive.

Pourtant, en Belgique comme ailleurs, on attaque les chômeurs (et la sécurité sociale en général) par différentes mesures d’austérité. Pour remplir les caisses d’une collectivité exsangue ? Pas vraiment... En PIB par habitant, la Belgique se classe 17e mondiale, et 10e au niveau européen. Le gouvernement Di Rupo a estimé le gain lié à sa mesure de dégressivité des allocations de chômage à 167 millions d’euros... À titre de simple comparaison, cela représente moins d’1 % des impôts sur les sociétés que celles-ci ne paient pas – légalement – chaque année (voir plus bas). Non, ce qui pose problème avec la sécurité sociale, pour les réformateurs libéraux et leurs alliés sociaux-démocrates actuels, pour Marianne aussi visiblement, ce n’est pas son coût pour la collectivité (inexistant) mais son coût pour les capitalistes : les 50 milliards d’euros de cotisations sociales, collectés directement sur la valeur ajoutée produite collectivement, qui échappent donc au profit et qui rémunèrent du travail produit « hors emploi », donc hors contrôle capitaliste. Partout, les périodes de crise sont l’occasion pour le capital d’attaquer cette institution anticapitaliste qu’est la sécurité sociale et de s’en approprier chaque fois plus le contenu.

L’État saigne les chômeurs, volontairement

Non, les chômeurs ne saignent pas l’État, ils produisent de la richesse hors emploi. Par contre, oui, l’État saigne les chômeurs, et consciemment, main dans la main avec le patronat – qui, rappelons-le, a besoin d’une armée de chômeurs mal rémunérés et « activés » pour pouvoir faire pression sur les salaires et les conditions de travail. La dégressivité des allocations de chômage est un moyen, cette mesure permet de rendre plus grande la différence entre le salaire et l’allocation de chômage (Daphné Valsamis, auteure de l’étude)... Voici donc l’intelligence que voulait nous faire partager Marianne Belgique. Il ne s’agit donc pas de RTT, d’augmenter collectivement les salaires (allocations de chômage comprises) en diminuant la part revenant au capital ou de conditionner les cadeaux fiscaux faits aux entreprises par de la création d’emplois utiles, non, il s’agit de diminuer une partie des allocations de chômage et de limiter dans le temps une autre partie (allocation dite d’insertion)... La première mesure est déjà entrée en application. La seconde portera, elle, ses effets au 1er janvier 2015 et touchera 35.000 personnes dans un premier temps |3|... En 2011, le taux de pauvreté officiel en Belgique était de 15,3 %, il était de 37,8 % chez les chômeurs. Avec cette mesure, ce taux va irrémédiablement exploser (particulièrement chez les « chômeuses »). Malgré cela, on préfère détruire des milliers de foyers et communautés et renforcer la pression du sacro-saint « marché de l’emploi » sur toute la population plutôt que d’aller voir du côté de ce qui saigne vraiment les caisses de l’État.

Ce simple graphique montre ce qui représente réellement un gouffre financier en Belgique : un cinquième du budget de l’État est dédié aux comptes en banques des créanciers de la dette publique. Le service de la dette constitue en fait la première dépense de l’État (45 milliards par an), dont 13 milliards d’euros – le même chiffre que le soit-disant coût du « non-emploi » des chômeurs – pour les seuls intérêts.

Parlant d’intérêts, demandons-nous si les taux d’intérêts sur la dette que la Belgique paie ne saignent pas également les caisses de l’État ? Pour rappel, l’architecture européenne impose aux pays de la zone euro de passer par les marchés financiers pour s’endetter, et non plus par leurs banques nationales. Les marchés financiers empruntent, eux, à la Banque centrale européenne à des taux d’intérêts bien moins élevés (0%-1%) et empochent ainsi la différence. Sur la période 1992-2011, l’État belge a remboursé, en intérêts de la dette uniquement, un montant équivalent à 313 milliards d’euros (s’il avait pu emprunter auprès de sa banque centrale à un taux de 1% il aurait alors économisé 250 milliards d’euros... ) |4|.

Parlant de marchés financiers, les banques n’ont-elles pas saigné les caisses de la collectivité avec leur crise – qui a fait passer la dette publique belge de 285 milliards d’euros en 2007 à 395 milliards aujourd’hui) |5| – et le renflouement inconditionnel de leurs propres dettes par la même collectivité (33 milliards d’euros injectés dans Fortis, Dexia, KBC et l’assureur Ethias jusqu’à maintenant) ?

Si d’après ce dossier nos chômeurs sont les plus chers d’Europe (et comment retourner le discours en nous expliquant qu’il faut être gênés de cette conquête... ), c’est aussi en Belgique – paradis fiscal faut-il le rappeler – que les patrons coûtent particulièrement... cher. Pour ne citer qu’un exemple de tous les cadeaux concédés à la partie la plus riche de la population, et ce depuis des décennies, le contournement de l’impôt sur les sociétés (qui est officiellement de 33,99%) représente une perte annuelle pour l’État de plus ou moins 20 milliards d’euros |6| (et on ne parle même pas ici de l’évasion fiscale illégale). Mais bon, il paraît que ces cadeaux fiscaux aux grosses entreprises ont pour but de créer de l’emploi. Combien ? On n’en sait trop rien puisque ce n’est pas une condition. Par contre, on sait que les 50 sociétés qui ont bénéficié des plus grosses déductions fiscales en 2009 ont diminué leurs emplois de 2.504 équivalents temps plein... (comme Arcelor Mittal qui, la même année, a payé 496 euros d’impôts pour un bénéfice de 1,39 milliards) |7|. Rappelons également que les exonérations de cotisations sociales, accordées aux entreprises sans retours non plus en termes d’emploi, saignent – elles – la sécurité sociale : entre 6 et 7 milliards par an... !

Enfin, lorsque l’on se pose cette question dérangeante et subversive d’ « où va l’argent ? », il n’est pas inutile de rappeler qu’en Belgique, les 20 % les plus riches de la population se partagent plus de 60 % du patrimoine national, alors que les 20 % les plus pauvres, eux, s’en partagent 0,20... |8| ? Les impôts sur les grosses fortunes qui n’ont pas arrêté de baisser dernièrement accentuent de fait ces inégalités. L’ensemble de la valeur ajoutée produite collectivement en Belgique (le PIB, avec tous les défauts que cet indicateur contient par ailleurs) est de plus ou moins 370 milliards d’euros par an. La richesse ne vient pas de nulle part. Toutes les richesses accumulées ont, un jour, été produites par les producteurs, or elles sont de plus en plus accaparées par les détenteurs de capitaux (et non par le « non-emploi » des chômeurs... ).

Et si au lieu de saigner jusqu’à en crever...

Ce sont les employeurs et les actionnaires qui coûtent cher à la collectivité, pas l’inactivité imaginaire, très minoritaire en tout cas et fort bien entretenue (ne serait-ce que par les termes officiels d’« inactifs », d’« inoccupés ») du chômeur stéréotypé, davantage à plaindre qu’à jalouser, oisif dépressif, vautré dans son divan, devant sa télé, canette à la main.

Ce fantasme masque le vrai débat : La richesse collectivement produite est accaparée par un petit pourcentage de la population, propriétaire des moyens de production et détentrice des capitaux, nous faisant accepter de baisser la part des salaires (directs et indirects) dans celle-ci depuis des décennies. S’attaquer à la sécurité sociale, c’est en réalité rendre possible l’accaparement, par une toute petite minorité de profiteurs, de la richesse produite hors emploi capitaliste. Mais l’auteur préfère conclure son semblant d’analyse avec une proposition au service du capitalisme : En effet, il faut bien se rendre compte que, face à ces milliards qui pourraient rentrer chaque année dans les caisses de l’État, responsables politiques, partenaires sociaux, patrons devraient s’accorder une fois pour toute, et faire feu de tout emploi, fût-il subsidié... Propos qui seront appuyés par la notre sinistre (sic) de l’emploi « socialiste » Monica De Coninck : Car soyons honnêtes, face aux critiques que l’on peut entendre sur les emplois subsidiés, il faut rappeler que le système qui nous coûte le plus cher, ce sera toujours le chômage ! |9| C’est marrant, nous en penserait plutôt que c’est le système capitaliste qui coûte cher, très cher... En maladies de toutes sortes par exemple, en assuétudes, en burn-out, en suicides au travail, en dépressions, en courses quotidiennes ou amertumes cultivées au plus profond de soi-même qui se paient un jour cash... faut-il rappeler l’Histoire !

Soyons honnêtes, le fait de laisser l’Emploi (c’est-à-dire l’activité, le travail, l’œuvre collective reconnus) être géré par les intérêts privés des détenteurs de capitaux nous envoie droit dans le mur. Si on attend qu’ils nous « offrent » des emplois à tou-te-s |10|, avec des conditions de travail et un salaire convenables, qui ont du sens pour nous, qui ne soient pas nuisibles socialement, ne détruisent pas l’environnement dont nous dépendons, ne nous détruisent pas nous-mêmes au fil des années comme des outils qui s’usent, et bien on n’a pas fini de pleurer... Et n’oublions pas que ce genre de discours coûte également très cher en termes de fracture sociale, car il alimente l’idée selon laquelle ce mur qui se rapproche et les souffrances et injustices déjà bien présentes dans la société seraient le fait de boucs émissaires |11| et non d’un système économique mortifère. Du travail pour tout le monde il y en a, de la tâche à accomplir il y en a, ne serait-ce que pour se donner une chance de vivre une transition écologique viable, nous sortir de la m... où ils nous ont mis en définitive. Mais l’emploi meurt, et nous avec. Le capitalisme se porte mieux que jamais et la richesse produite n’est toujours pas utilisée pour mettre en œuvre les investissements dont la société a urgemment besoin.

Et si au lieu de saigner (à en crever |12|), on arrêtait l’hémorragie en répudiant la dette illégitime et en reprenant le contrôle de la sécurité sociale ? Celle-ci, avant le Pacte social de 1944, était gérée par les travailleurs eux-mêmes. Depuis, ils ont laissé l’État en prendre le contrôle en très grosse partie. Au regard de ce qui précède, le Pacte social n’est plus respecté, et ce depuis longtemps. Il est donc temps de reprendre le contrôle de ces caisses, de nos caisses, de supprimer ou contrôler totalement des institutions aujourd’hui illégitimes telles que l’ONEM et d’allouer les allocations via un processus démocratique appartenant aux seuls producteurs de richesse que sont les travailleurs dans et hors l’emploi. De manière plus générale, notre audit citoyen sur la sécurité sociale propose non seulement d’analyser la dette illégitime qu’on nous fait payer chaque jour à coup de milliards, mais aussi de reprendre le contrôle de l’orientation économique de toute la richesse produite collectivement. C’est ce à quoi nous conduit une analyse « dérangeante et subversive » du chômage, et de la sécurité sociale dans son ensemble : (re)prendre le contrôle de la production |13|.

BONUS : Extrait du « café serré » de Thomas Gunzig du mardi 24 septembre sur la Première

[…]

Et là, Rudy Demotte qui se lance dans la campagne nous annonçant un truc génial : en 2025, 2025, un gros 10 ans, en Wallonie, eh bien, ce sera le plein emploi. Oui, je sais, la presse en a peu parlé. C’est bizarre parce que c’est pourtant une super nouvelle. Dans 10 ans, plus de chômage en Wallonie.

Alors évidemment, les éternels mauvais coucheurs ont ricané. Et c’est vrai qu’à première vue, c’est ambitieux. 200 000 chômeurs en Wallonie. 13% de la population active. Si on veut le plein emploi, sur 10 ans, il faut donc 20 000 chômeurs trouvant un travail chaque année. Ça veut dire 1666 chaque mois. Ça veut dire 55 par jour pendant 10 ans. Donc, c’est vrai que ça a l’air beaucoup comme ça.

Mais en réfléchissant, on se rend compte que ce n’est pas impossible. Quoi ? Vous voulez quelques pistes ? Eh bien, par exemple, sachant qu’en moyenne dans un Carrefour Market, il y a 10 employés, il suffirait d’ouvrir en Wallonie, 5 Carrefour Market par jour. Tous les jours. Pendant 10 ans. Vous voyez ? Par exemple, le lundi, on en ouvre un à Fosse-la-Ville, un à Walcourt, un à Houyet, un à Walhain et un à Gouvy. Et puis le mardi, on en ouvre un à Paliseul, un à Libramont, un à Sombreffe, un à Brugelette et un à Dour. Voilà. Et puis le mercredi, même chose, jusqu’au dimanche. Et le lundi, eh bien on recommence. Tout ça pendant 10 ans tous les jours. Bon, je suis désolé, c’est vrai que c’est du boulot mais ce n’est pas impossible. Il a fallu 20 ans à des Égyptiens en sandales pour faire une Grande Pyramide, on peut bien ouvrir 5 Carrefour Market par jour en Wallonie.

Cela dit, Rudy Demotte n’a jamais dit qu’on allait créer de l’emploi de manière progressive. Peut-être que, dans les 10 ans à venir, ça va rester un peu comme maintenant, un peu sinistre, des petites Rosetta partout. Trainings, caravanes, marché noir. Il pleut, les TEC sont en grève. Et puis, paf, 31 décembre 2024, il se passe un truc, je sais pas quoi et on engage les 200 000 chômeurs d’un coup. Peut-être qu’on a ouvert un super grand Carrefour Market ou alors une énorme intercommunale avec un énorme conseil d’administration. Ou alors on les mange tous pour la Noël, du râble de chômeur. Bon, sans doute qu’à force d’avoir été chassés, la viande sera un peu dure. Mais enfin si c’est pour le plein emploi wallon, il ne faudra pas trop faire la fine bouche.
À demain.

Notes

|1| Étude commandée (ben oui !) par une fédération patronale de travail à domicile : l’EFSI, la Fédération européenne des entreprises de services à la personne, dont le rôle est de représenter et de promouvoir le développement de ce secteur en Europe.

|2| Voir « A tomber mort » de Riposte-CTE

|3| Voir des témoignages portant sur cette mesure ici.

|4| BONFOND Olivier, et si on arrêtait de payer ? 10 questions/réponses sur la dette publique belge et les alternatives à l’austérité, Aden, 2012, p.45

|5| Pour plus d’information, lire « Leur crise, 5 ans après... » du CADTM, septembre 2013.

|6| Pour plus d’information, voir le site Internet du collectif « Dites 33 ! »

|7| VAN HEES Marco, Les riches aussi ont le droit de payer des impôts, Aden, 2013.

|8| Voir Banque nationale de Belgique : « Structure et répartition du patrimoine des ménages », septembre 2013.

|9| Cette idéologie libérale est particulièrement installée en Allemagne, où l’emploi est fortement subsidié et que l’on nous présente souvent comme modèle avec son taux de chômage proche des 5 %. Chez nos voisins, il n’y a pas de salaire minimum. Du coup, 20 % des salariés (soit 5 millions de travailleurs) gagnent un maximum de 400€ par mois... Et les milliers de « bénéficiaires » contraints du système Hartz 4 (travail rémunéré à 1 euro de l’heure) sont retirés des statistiques... Qui dit mieux ?

|10| Rappelons qu’il est illégal pour un chômeur de travailler sans autorisation préalable (autorisation possiblement limitative) de l’ONEM. Vous ne pouvez a priori pas vous livrer à une activité utile aux autres et émancipatrice pour vous mêmes.

|11| À ce sujet, voir la campagne contre la stigmatisation des chômeurs du PAC et des Équipes Populaires « Tous des glandeurs » lancée le 24 septembre 2013.

|12| En Grèce, depuis le début des mesures d’austérité, le taux de chômage est passé à presque 30 % (60 % chez les jeunes) et un tiers de la population n’a plus accès à la sécurité sociale...

|13| Cette vidéo « Pour un statut politique du producteur » du réseau salariat, avec ses défauts et ses qualités, essaie de mettre des images sur cette proposition.

Share on email Share on facebook Share on twitter More Sharing Services

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 16:42

 

 

bizimugi.eu/fr/alternatiba

 

oct 02 2013

 

Pour profiter au mieux d’Alternatiba, nous vous proposons de télécharger le document suivant :

Le plan programme d’Alternatiba, tout le Village des alternatives résumé en deux pages !

Version PDF en noir et blanc (2,1 Mo)

 

http://www.bizimugi.eu/wp-content/uploads/2013/10/planinfos_alternatiba_fr-01.jpg

 

 

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Réunions - conférences et débats
commenter cet article
3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 16:30

 

mediapart.fr

Fukushima : Tepco annonce une nouvelle fuite d’eau radioactive

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

Plus de deux ans après la catastrophe de Fukushima, la société japonaise Tepco annonce une nouvelle fuite dans les cuves de stockage de l’eau contaminée. 

 

Alors que la situation à Fukushima n’est toujours pas maîtrisée, la société Tepco, exploitant de la centrale nucléaire, a annoncé jeudi 3 octobre, une nouvelle fuite d’eau radioactive sur le site.

La fuite provient d’une des 5 cuves construites sur la pente inclinée du site de la centrale nucléaire. C’est lors du transfert de l’eau contaminée d’une de ces cuves qu’une partie de l’eau radioactive s’est échappée du sommet du réservoir, s'écoulant au-delà du mur d’enceinte de protection des cuves.

L’eau contaminée des cuves, construites par Tepco et gérées par l’Etat japonais, est extrêmement radioactive. Les 430 litres qui se sont échappés du site contiennent 580 000 becquerels par litre de substances radioactives quand la limite légale n’en autorise que 30 par litre.

Le porte-parole du gouvernement, lors d’une conférence de presse, a déclaré que « la situation était totalement sous contrôle ». Les autorités sont cependant dans l’incapacité de détailler précisément l’ampleur de la fuite.

Ce nouvel incident a été découvert dans une zone différente de celle de la précédente fuite en août 2013, lors de laquelle 300 tonnes d’eau s’étaient échappées des cuves.

Depuis la catastrophe sur le site nucléaire en mars 2011, les cuves construites pour accueillir l’eau contaminée, nécessaire au refroidissement des réacteurs, fuient et s’écoulent dans le Pacifique.

 

 

 

                                                                             ***************************************

 

 

La série noire continue à la centrale accidentée japonaise. Tepco qui gère le site ravagé par le tsunami du 11 mars 2011 a annoncé hier avoir découvert des gouttes sur la partie supérieure d’un réservoir de 450 m3. Un écoulement vers l’océan Pacifique distant de 200 mètres environ n’est pas exclu.

Tepco a reconnu “une erreur” sur ce réservoir rempli à ras bord.

Une fuite de 300 m3 d’eau très radioactive était déjà survenue en août dernier d’un gros réservoir de même conception mais plus important et mal assemblé. L’incident avait dégénéré en crise mais le Premier ministre japonais avait assuré au monde entier que la situation était pourtant et soi-disant “sous contrôle” lors de l’attribution des Jeux Olympiques de 2020 finalement décrochés par Tokyo.

 

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Fukushima
commenter cet article
3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 14:34

 

Info reçue par mail

 

Après la vaine tentative de JP Fournier en 2011 de mettre un frein aux recours contentieux des citoyens,  voilà que Cécile Duflot  (EELV) va exaucer le voeu de notre sénateur-maire ; elle utilise le même  vocabulaire en faisant allusion aux "recours abusifs, voire mafieux"….
Les promoteurs ont de beaux jours devant eux, merci Mme Duflot !

Bonne lecture.

 

Duflot-2.JPG

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Alertes- Ce que vous devriez savoir
commenter cet article
2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 16:25

 

zad.nadir.org

 

Infos du 30 sept au 6 octobre

mardi 1er octobre 2013, par zadist

 


Tant que la situation est calme, on continue les infos régulières, mais sur un rythme plus détendu d’un article par semaine, mis à jour tous les jours. Si quelque chose s’accélère, on donnera de nouveau les nouvelles en temps réel. Si vous voyez des mouvements de police anormaux autour de la zone n’hésitez pas à nous contacter en appelant le numéro d’urgence au 06.43.92.07.01

Mercredi 2 Oct.

- reçu : URGENT menace d’expulsion Playa Vicente

Bonjour tout le monde, l’Assemblée Populaire du Peuple de de Juchitan vient de nous faire passer un communiqué urgent dans lequel il elle expliquent et dénonce les menaces qu’elle fait face à l’heure actuelle. Lundi 30 semtembre sont attendu des representant de Gas Naturel Fenosa avec un groupe de choque pour expulser la barricade de Playa Vicente. Les gens se preparent à une répression violente a partir de demain. Nous rappelons que le peuple de Juchitan est en lutte contre l’imposition d’un parc éolien mené par Gas Natural Fenosa. Vous trouverez plus d’information en regardant le documentaire "somos viento" qui explique rapidement ( 35 minutes) la situation que doivent affronter les populations locales. http://somosvientodocumental.wordpress.com/otros-idiomas-other-languages/

Nous vous passons également les coordonnées de Gas Natural Fenosa, en partie responsable de la situation. C’est une entreprise espagnole qui à une succursale en France. Gas Natural Europe 40 Avenue Hoche, 75008 Paris En espérant que vous pourrez faire passer l’information autour de vous et que diverses actions se réalisent.

 

Merci beaucoup. FRATERNALMENTE ASAMBLEA POPULAR DEL PUEBLO JUCHITECO ¡¡LA TIERRA, EL MAR Y EL VIENTO NO SE VENDEN, SE AMAN Y SE DEFIENDEN !! ¡¡FUERA GAS NATURAL FENOSA DE NUESTRAS TIERRAS COMUNALES !!

- Jeu Ceux qui nous combattent (ou que nous combattons) #2 :

Il fait expérimenter par les forces de l’ordre en septembre 2007 le tir de flash ball sur des lycéens pour ensuite participer au durcissement de la politique d’immigration du ministre Brice Hortefeux . Il défend par tous les moyens possibles le projet d’aéroport de NDDL .Qui-est-ce ? (dés que on a reçu, la réponse en fin de page )

- Article sur la repression en Turquie : En Turquie, des "violations des droits de l’homme à grande échelle"

- Non, on n’est pas parano, pas encore.... ;) : Ces apprentis James Bond qui espionnent la gauche et les écologistes

- reçu  : à suivre et appronfondir

Pour Vinci, la Coupe du monde 2022 au Qatar se joue maintenant

Coupe du monde 2022 : des "esclaves" népalais morts au Qatar sur les chantiers

le Quatar détiendrai 5% de Vinci

- reçu  : dernier clin d’oeil de René à la finale du championnat de france de chiens de troupeau en aout dernier, il termine troisième, même Veinard admire son t-shirt..... c’était un mec bien

- reçu par rapport de L’entreprise de tp Charier :

Pas étonnant que l’Ent. CHARIER diffuse des autocollants et autres gadgets PRO AEROPORT à ses salariés . Durant toute la période de LA CHAîNE HUMAINE, ils nous ont viré, scié, tagué quantité de panneaux dans notre secteur d’Allaire, Redon. Ils étaient en travaux à proximité et faisait du passage systématique pour tout nous dégommer ;

Ils ont bien tort de se mêler de cela !

Pas de preuve irréfutable /( on n’est pas tombé dessus en ayant pourtant même fait de la veille nocturne) mais les présomptions sont bien fortes avec tous les recoupements sur d’autres secteurs que nous avons pu faire . CHARIER, VINCI même combat désormais ?

- une lien de l’article de la semaine dernière qui marché pas : reportage photo légumier à voir ici

- Article  : "Les Nouveaux Désobéissants : citoyens ou hors-la-loi ?"

- reçu  : Le maire de Mont-Saint-Aignan veut placer la Ferme des Bouillons en zone naturelle

- Le paysan militant René Bodiguel est décédé

Un hommage lui sera rendu jeudi 3 octobre à 14 h 30, au centre culturel du Vieux Couvent à Muzillac ! Il n’y aura pas de cérémonie religieuse.

On transmets nos sincéres condoléances a ses proches ! Adieu René !

- INFO reçu : L’entreprise de tp Charier (http://www.charier.fr/) qui doit participer au projet d’aéroport à NDDL (croient-ils) et qui avait déjà fait quelques travaux à Vigneux-de-Bretagne, donne (ou met à disposition) aux employés des autocollants et affiches "Des ailes pour l’ouest" pour le transfert de l’aéroport.

Mardi 1 oct.

- reçu  :

on nous signale une arrivée de gardes mobiles sur Nantes et sa banlieue visiblement ils essaient de ne pas se faire repérer ils arrivent à 4 ou 5 dans des petits véhicules mais au total le nombre augmente sérieusement

- On va lancer un petit jeu du Qui-est-ce Ceux qui nous combattent (ou que nous combattons*) à propos de toutes ces personnes qui essaient d’imposer leur projet d’aménagement. Si vous avez des propositions à nous faire : zad@riseup.net

Ceux qui nous combattent (ou que nous combattons) #1 :

Il récuse le nouveau plan d’étude du bruit...Mais avant il bossait comme coordinateur sur l’EPR..! Et avant, avant ça, il était prof de sport, licencié de sociologie ... Qui est-ce ? (La réponse en fin de page)

 


 

Ceux qui nous combattent (ou que nous combattons) #1 :

Réponse : Mikaël Doré, L’actuelle sous-préfet en charge du projet d’aéroport !

 

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Notre Dame des Landes
commenter cet article
2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 16:00

 

 

lemonde.fr

Piraterie : "La douteuse inculpation des militants de Greenpeace"

Le Monde.fr | 02.10.2013 à 12h59 • Mis à jour le 02.10.2013 à 16h10 | Propos recueillis par Audrey Garric

 
 
L'"Arctic Sunrise" à Mourmansk, le 1er octobre 2013.

La sentence est tombée : la justice russe a prononcé, mercredi 2 octobre, des premières inculpations pour "piraterie en bande organisée" à l'encontre des trente militants de Greenpeace, un crime passible d'une peine de dix à quinze ans de prison.

Lire l'article : Inculpations de militants de Greenpeace pour "piraterie" en Russie

En cause : plusieurs d'entre eux avaient tenté d'escalader une plateforme pétrolière du géant russe Gazprom pour en dénoncer le risque écologique. Les militants ont nié avoir créé un danger pour la sécurité de la plate-forme et rétorqué que la Russie avait pris d'assaut illégalement leur bateau battant pavillon néerlandais dans les eaux internationales, en mer de Barents (Arctique russe), le 19 septembre. Jean-Marc Thouvenin, professeur de droit à l'université Paris Ouest-Nanterre-La Défense et directeur du centre de droit international (Cedin) analyse cette notion de droit maritime complexe.

 

Comment la notion de piraterie est-elle définie en droit international ?

Jean-Marc Thouvenin : La piraterie est définie par la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, aussi appelée Convention de Montego Bay, signée en 1982. D'après l'article 101, elle regroupe, en substance, tout acte illicite de violence ou de détention ou toute déprédation commis par l'équipage ou des passagers d'un navire ou d'un aéronef privé, agissant à des fins privées et dirigé contre un autre navire ou aéronef, ou contre des personnes ou des biens à leur bord, en haute mer. Il s'agit d'un acte criminel, un crime grave.

Cette notion a été prévue par la Convention afin de définir les types d'actes que les Etats peuvent réprimer en haute mer. Il s'agit de l'une des exceptions au principe de libre navigation dans les eaux internationales, selon lequel aucun Etat ne peut arraisonner un navire battant pavillon tiers.

La Convention ne prévoit par contre pas de répression de la piraterie. Ce sont donc les Etats parties de la Convention (la Russie l'a ratifiée en 1997) qui mettent en œuvre cette répression en application de leurs lois internes. Le problème est que certains peuvent abuser de cette notion, tandis que d'autres ne se dotent pas des lois nécessaires à la répression de la piraterie – la France a, elle, mis à jour son propre arsenal législatif en 2012.

 

Peut-on parler de "piraterie" concernant l'action de Greenpeace ?

J'ai des doutes sérieux sur cette qualification. Tout d'abord, une plate-forme pétrolière fixe peut difficilement être qualifiée de navire ; l'idée de piraterie à son encontre est par conséquent pour le moins étonnante. Le texte juridique qui pourrait plutôt s'appliquer en la matière est la Convention de 1988 pour la répression d'actes illicites contre la sécurité de la navigation maritime, et surtout son protocole qui concerne la sécurité des plateformes fixes situées sur le plateau continental. Ce texte, qui ne prévoit pas de notion de piraterie, traite essentiellement d'actes de violence criminelle graves, y compris terroristes.

Or, si l'on ne connaît pas exactement la teneur de la prise d'assaut de la plate-forme, il est peu probable que Greenpeace ait commis de tels actes de violence de même que ceux visés au titre de la piraterie. L'ONG n'en a pas l'habitude.

Mais surtout, l'interprétation de la notion de "fins privées" prévue dans la définition de la piraterie pose question. Cette notion a été définie à l'origine par opposition aux actes de course commis par des corsaires jusqu'au XIXe siècle : ces derniers agissaient à des fins publiques dans la mesure où ils étaient mandatés par des Etats pour détériorer des navires d'Etats concurrents. La difficulté est aujourd'hui de donner une définition aux "fins privées". L'action des militants de Greenpeace peut-elle être qualifiée de fins privées alors que l'ONG défend l'intérêt général en dénonçant des projets de forage au milieu de réserves naturelles ? Cet élément peut remettre en cause l'inculpation.

 

Cette inculpation est-elle une première pour une ONG ?

Il semble que c'est une première. Les "pirates" qui ont fait parler d'eux ces dernières années sont ceux qui demandent des rançons après avoir capturé des bateaux, essentiellement au large du Cameroun, du Nigeria ou de la Somalie. On se rappelle notamment des affaires du Ponant et du Carré-d'As, entre autres.

 

Quels sont les recours juridiques dont dispose Greenpeace ?

Il en existe plusieurs. En échange de la remise en liberté du navire et de son équipage, Greenpeace peut payer une caution aux autorités russes qui garantit que les militants inculpés comparaîtront à leur procès. Si la Russie refuse, ce qui est probable, les Pays-Bas, l'Etat du pavillon de l'Arctic-Sunrise, peuvent alors envisager d'engager une procédure judiciaire internationale en saisissant le Tribunal international pour le droit de la mer, qui siège à Hambourg. Il s'agit de la procédure dite de la prompte mainlevée de l'immobilisation du navire. Le tribunal décidera ou non de l'obligation pour la Russie de relâcher l'équipage et le navire.

Dans la mesure où 26 des 30 militants de Greenpeace détenus sont étrangers, les Etats concernés (Pologne, Nouvelle-Zélande, Etats-Unis, Canada, Danemark, Italie, France, etc) peuvent également exercer leur protection diplomatique au profit de leurs ressortissants si ces derniers ont vu leurs droits violés, et dans le cas où ils ont épuisé toutes les voies de recours interne en Russie.

 Audrey Garric
Journaliste au Monde

 


Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Russie
commenter cet article

Présentation

  • : Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • : Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
  • Contact

Texte Libre

INFO IMPORTANTE

 

DEPUIS DEBUT AOÛT 2014

OVERBLOG NOUS IMPOSE ET PLACE DES PUBS

SUR NOTRE BLOG

CELA VA A L'ENCONTRE DE NOTRE ETHIQUE ET DE NOS CHOIX


NE CLIQUEZ PAS SUR CES PUBS !

Recherche

Texte Libre

ter 

Nouvelle-image.JPG

Badge

 

          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



  Th-o indign-(1)

55

9b22