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22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 13:00

 

forez-info.com

 

Une dizaine de personnes auront participé à cette oeuvre amusante et revendicative de détournement publicitaire. Elles étaient réunies dans un collectif stéphanois baptisé "The Caca-Collage Company". Enregistrant actuellement plusieurs départs, il n'est pas certain que celui-ci puisse poursuivre ses activités (NDFI).

La Company par elle-même

Ce collectif aux allitérations en [k] a failli s'appeler La Coloc, toujours avec la même allitération. En effet, en 2011 naissait à Saint-Etienne une ambiance artistique dans une colocation multiculturelle et cosmopolite. Le terme de « colocataire » prenait chaque fois un sens toujours un peu plus élargi, au gré des participations de chacun aux multiples activités de ladite coloc.

La Coloc aurait été un nom un peu trop usurpateur : tout le monde qui a participé n'aurait pas pu se sentir autant reconnu dans la paternité des oeuvres. Et pourtant, La Coloc s'appelle toujours ainsi dans le langage courant : les proches disent qu'ils vont « faire des affiches à la coloc. » Il fallait trouver un nom, un nom qui comprît aussi ces participants d'un soir, un nom paradoxalement à la fois subversif et fédérateur.
Le choix du nom

Quelle marque est la plus connue au monde ? Eh bien, peut-être la marque au soda. Tout le monde sait ce qu'est un coca. Le Petit Robert signale que c'est vers 1945 que l'usage courant a fait un nom commun à partir de la marque bien connue (marque créée en 1886). Tout le monde connaît ? Tout le monde ? Non, selon un film humoristique qui a fait grand bruit : Les dieux sont tombés sur la tête (The Gods Must Be Crazy pour le titre original), du réalisateur Jamie Uys (1980). Le collectif s'est vite rendu compte que leur humour facile était un peu facilement scatologique. Le « Caca » est donc venu naturellement (signe de bonne santé, diront les gastro-entérologues !). Le « Collage » est venu de ce que les ciseaux et la colle sont les amis du collectif : à aucun moment, il n'est fait usage de l'informatique dans la conception des affiches. C'est à l'ancienne que sont réalisés les « trucages », les détournements publicitaires. La « Company » rappelle avec ironie l'aspect collectif du travail mené par ce collectif (sic) ; ironie, car c'est dans une logique anti-commerciale que le collectif pense son art et c'est ainsi aussi que l'art a souvent été pensé.

« Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible. » (Patrick Le Lay, ancien PDG de TF1.)

Le détournement publicitaire

En décembre 2012, le collectif commençait ses activités de détournement publicitaire. Le collectif n'est cependant pas le premier à faire cela. Le détournement publicitaire est en fait, dans l'optique du collectif, un détournement du mobilier urbain publicitaire. Comme le dit un artiste parisien sur un 4x3m, "un espace pour la création vaut mieux qu'une pub à la con !" Le constat de départ est que la pollution visuelle des publicités est bien maigre par rapport à la pollution mentale qu'elle laisse insidieusement : ce que nos yeux voient ne sont donc que la partie visible de l'iceberg et nos esprits sont la partie cachée de l'iceberg. Le mobilier urbain est dans l'espace public : c'est dans la droite ligne de l'art urbain que s'inscrit le détournement publicitaire. Ainsi, dans l'espace public, la réappropriation d'une hygiène mentale se fera avec humour et création populaire. Oui, la publicité est une activité bigrement créative. Mais oui aussi, elle veut enfermer les esprits. Fort conscient de ce paradoxe, le collectif fait de son activité de détournement publicitaire une résistance récréative et re-créatrice. Le détournement est pleinement utilisé dès les années 1960 par les situationnistes (l'Internationale Situationniste, Guy Debord, etc.). Le collectif croit à la force du détournement dans un processus de libération mentale et de recul critique nécessaire face à la publicité. Les affiches (même les inchangées) ont d'ailleurs toutes un titre donné par le collectif : ainsi, le collectif ne partage pas le dessein des publicitaires.

Adbusters : les penseurs

Le mot Adbusters est anglo-saxon : il est composé de « ad », abréviation anglaise courante pour « advertising » (publicité) et « buster », mot polysémantique mais ici donné dans le sens de « destructeur, casseur, éliminateur ». En français de France le terme « casseurs de pub » est une traduction correcte.

La lutte contre les effets négatifs de la pub est menée par les Adbusters aux Etats-Unis. Adbusters (fondé en 1989) est à la fois un magazine (Adbusters magazine) et une fondation (Adbusters Media Foundation). La philosophie de ce mouvement est anti-consumériste. En France, le mouvement s'est organisé dans les années 90. Casseurs de Pub est une association à but non lucratif qui publie annuellement son magazine éponyme (et donc sans pub !) : une de ses revendications est la « Rentrée sans marques », par exemple. « Résistance à l'Agression publicitaire » (R.A.P.) est une association de loi 1901 et compte parmi ses fondateurs le professeur et écrivain François Brune, ancien diplômé de HEC. Des publications plus régulières s'inscrivent aussi dans la lutte contre la publicité, parmi lesquelles Le Publiphobe (mensuel) et La Décroissance (mensuel).

Source : Wikipédia (articles : « antipub », « adbusters », « Résistance à l'Agression Publicitaire », « Casseurs de Pub »)

Adbusting : les acteurs dans l'espace public

Les mouvements qui organisent une pensée pour se libérer des fers de la publicité ne doivent pas occulter les mouvements qui agissent dans la cité (au sens historico-politique du terme). En effet, l'action peut être très artistique ou très militante, entraîner la dégradation du mobilier ou bien être non dégradante pour ce mobilier. Les pratiques diffèrent donc. Un site internet recense toutes les actions, et met au courant des évolutions législatives ainsi que des décisions judiciaires en la matière : c'est le site de la Brigade Anti-Pub.

L'association « Paysages de France » agit sur un plan juridique afin de faire respecter les lois en termes de respect du paysage. Les Reposeurs ont agi fin 2012 sur Paris à grande échelle : ils collaient des papillons adhésifs (pour ne pas faire de pub à cette marque aux papiers jaunes que l'on colle en pense-bête) ou des grandes bandes de papier marron (pour ne pas faire de pub à une autre marque) sur lesquels ils écrivaient des slogans appelant au repos vis-à-vis de la publicité. Les Déboulonneurs agissent différemment, parfois en barbouillant ou en cassant les supports publicitaires, et des procès ont régulièrement lieu ; dernièrement (mars 2013), le tribunal de Paris en a relaxé six d'entre eux en leur reconnaissant l'état de nécessité (en citant l'article 11 de la DDHC) :

« Article 11. - La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre à l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi ».
(Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen.)

Sources : DDHC, site internet de Brigade Anti-Pub.

La cible : le mobilier urbain dans l'espace public

Malgré l'exposition prolongée à la publicité que subissent les usagers des médias (internet, télévision, presse gratuite, voire presse payante telle que les magazines), les mouvements antipub ne ciblent pas forcément tous ces médias dans leurs agissements. C'est aussi le choix du collectif (dont tous les membres vivent pourtant sans télé) : la voix est à reconquérir dans l'espace public car c'est là que l'invasion publicitaire n'a vraiment pas d'arguments pour elle. Elle s'impose au passant qui ne choisit pas de passer devant, mais qui y passe de fait (alors que l'on peut choisir, parfois pour son plus grand bien, d'éteindre un écran). Qui attend à un feu rouge se fait agresser visuellement (et surtout mentalement) par un 4x3m lui disant que la voiture vantée par la publicité est celle d'un gagnant, insinuant que la sienne est mauvaise. La publicité crée de la frustration: dans l'espace public, le collectif The Caca-Collage Company ne peut pas l'accepter. C'est pourquoi, après avoir retravaillé les affiches, il s'efforce de les reposer sur les supports publicitaires où elles ont été momentanément empruntées: la vitre de la « sucette » publicitaire est soulevée et l'affiche modifiée y est remise.

La destinée des affiches dans l'espace public

Une fois sous la vitre d'une sucette publicitaire, une oeuvre de détournement a une espérance de vie incertaine : en effet, c'est un peu le jeu du chat et de la souris, l'intérêt de la société publicitaire étant de remplacer au plus vite les productions des artistes. Le collectif The Caca-Collage Company récupère de temps à autre ses productions après une ou plusieurs journées passées sous vitrine, dans l'espace public. D'autres fois, les affiches du collectif sont retirées par la société publicitaire en moins de vingt-quatre heures.


Soyez « in » avec mon slip.
Déchirage-collage et écriture au marqueur, à partir d'un slip déchiré et d'une affiche au format « raisin » vantant la « une » d'un tabloïd, décembre 2012.


Le Petit Prince prend un malin plaisir à prendre son temps.
Découpage et collage de lettres, à partir d'une affiche publicitaire et d'une bande rose annonçant les soldes, décembre 2012.


Charlotte a fait caca.
Découpage et collage, à partir de deux affiches identiques, janvier 2013.


Le diesel, ça pue (ou l'affiche qui fait mouche), découpage et collage, à partir de deux affiches identiques, février 2013.



Nucléaire : unlimited
Collaboration Ladamenrouge + The Caca-Collage Company, découpage et collage, à partir de deux affiches identiques,  avril 2013



Le casse-couille est mauvais pour votre santé.

Les égéries, de nos jours, ne savent plus se tenir. Découpage et collage à partir de deux affiches de deux produits différents, février 2013.

Impératif : consomme ! Découpage et collage, à partir de deux affiches identiques, février 2013.

Mythique DTC. Découpage et collage, à partir d'une affiche et d'une feuille A4 de papier blanc, février 2013.

 

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22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 12:47

 

reporterre.net

 

A Jouarre, des activistes ont investi la tour de forage du pétrole de schiste

Linda Maziz (Reporterre)

dimanche 22 septembre 2013

 

 

Ils en ont assez d’être les "dindons de la farce" : la farce jouée par le gouvernement qui interdit officiellement la fracturation hydraulique, mais laisse des compagnies chercher du pétrole de schiste. Ce dimanche à l’aube, une trentaine d’activistes ont investi la plate-forme de forage de la compagnie Hess Oil, à Jouarre, en Seine-et-Marne. Reporterre raconte.


- Jouarre, "La Petite Brosse", Reportage

« On peut y aller, la voie est libre ». Il est 6h30 ce matin quand Marie-Dominique, partie en repérage, rejoint le reste du groupe, resté légèrement en retrait, pour plus de discrétion. C’est le signal que tout le monde attendait. A partir de cet instant, tout va très vite. Chacun a en mémoire le briefing de la veille et sait ce qui lui reste à faire. Juste le temps d’un dernier conseil avant de reprendre la voiture. « N’hésitez pas à prendre des initiaves. Une action se joue aussi au culot ».

A peine trois minutes plus tard, un premier militant s’éjecte d’un des six véhicules et passe de l’autre côté du grillage. Par chance, la porte n’est pas cadenassée. Il s’empresse de déverrouiller cette issue de secours pour libérer l’accès au reste du groupe. « Faites attention, soyez discret, il y a des ouvriers sur le site », prévient quelqu’un en tête. Mais l’effet de surprise aidant, les quelques employés n’ont rien tenté pour les empêcher d’accéder aux installations.

Avant qu’ils puissent réaliser ce qu’il se passe, la trentaine d’activistes est parvenue à se faufiler jusqu’à la plate-forme, à monter les escaliers et à investir la foreuse. Certains commencent à s’enchaîner aux structures métalliques. Pendant qu’ils verrouillent leurs cadenas et optimisent le blocage, quatre grimpeurs ont comme prévu pris d’assaut l’échelle qui va leur permettre d’accéder à la tour de forage, et d’atteindre le point culminant du derrick, à 26 mètres de haut. C’est de là qu’ils comptent déployer leur banderole « Stop forage ». Il est 6h40, le jour peut se lever. La plateforme pétrolière de Jouarre, en Seine-et-Marne, est belle et bien occupée.

Les dindons de la farce en ont assez

Le message, qui s’étend sur douze mètres de long, recouvre tout un côté de la tour. Mais ici, à Jouarre, le mal est fait. Le trou dans la croûte terrestre a déjà été percé. La foreuse est descendue à plus de 3 000 mètres de profondeur et les travaux démarrés le 6 août sont maintenant terminés. Le démontage de l’installation a d’ailleurs débuté cette semaine. Pour les militants, il a fallu agir vite pour être en mesure de réunir les troupes avant que la foreuse ne soit démontée et envoyée faire ses trous ailleurs, « probablement vers Nogent-sur-Seine, sur une plateforme située juste à côté d’une centrale nucléaire, avance l’un d’eux. Mais peu importe la prochaine destination, où qu’elle aille, elle ne sera jamais la bienvenue ».

Car faire des trous partout, c’est évidemment contraire aux engagements du gouvernement. Par cette action, ils entendent exiger la fin des forages exploratoires visant le gaz de schiste, de houille et l’huile lourde, l’abrogation de tous les permis de recherche portant sur ces hydrocarbures, le rejet de toutes les demandes de permis en cours d’instruction et l’abandon des projets similaires. Et pour traduire cette opposition d’envergure nationale, ces militants sont arrivés de toute la France pour tenter d’immobiliser la foreuse. De l’Ile-de-France bien sûr, mais aussi de la Saône-et-Loire, du Gard, de la Lozère, des Bouches-du-Rhône ou encore de l’Hérault. La plupart appartiennent à des organisations écologistes, mais aujourd’hui, tous ont décidé d’agir sans étiquettes et de revendiquer l’action au nom du collectif des « Dindons de la farce ».

Un nom qui se veut évocateur de la mascarade qu’ils voient se dérouler sous leurs yeux. Car même si la loi Jacob du 13 juillet 2011 interdit la fracturation hydraulique pour extraire les gaz de schiste, en raison de ses dangers pour l’environnement, tous les permis de recherche ciblant les hydrocarbures non-conventionnels n’ont pas été annulés. C’est le cas du permis de Château-Thierry, sur lequel s’est basé la compagnie américaine Hess Oil pour forer à Jouarre. Officiellement, rien d’incompatible avec la nouvelle législation, se défend la société américaine qui prétend qu’il ne s’agit là que d’un programme de recherche destiné à analyser les réserves de pétrole conventionnel et que d’une simple mise à jour cartographique du sous-sol du bassin parisien.

« Il nous prenne vraiment pour des billes, s’énerve Isabelle Levy, porte-parole du collectif local, qui est arrivé sur place à sept heures, dès qu’elle a appris la nouvelle. La compagnie cherche du pétrole de schiste. Tout le reste, ce n’est que du blabla, c’est de l’emballage. Le problème, c’est que leur stratégie de communication fonctionne. Sauf qu’il est de notoriété publique que lorsque le permis a été octroyé en 2009, c’était écrit noir sur blanc que c’était des huiles de roche qu’ils allaient chercher. Mais comme aujourd’hui, c’est devenu un gros mot, on nous raconte que c’est pour faire de la cartographie et pour aller chercher du conventionnel ».

Pour ce collectif, la cartographie, le conventionnel, ces mots sont un prétexte. Les réserves sont largement connues après cinquante années d’exploitation pétrolière en région parisienne, et ce forage ne laisse planer aucun doute quant aux intentions de la compagnie pétrolière. Même si la loi lui interdit pour l’heure de passer à l’acte, Hess Oil prépare le terrain en attendant la brèche juridique ou administrative qui lui permettra de lancer les hostilités. « C’est la technique du pied dans la porte. Une fois qu’ils sont dans le trou, on peut toujours essayé de les en sortir », alerte Estelle Tardy, une des porte-parole du collectif les dindons de la farce.

« Il était temps de passer à l’action, parce que les pétroliers, eux, ils avancent, souligne Xavier Renou, des Désobéissants. C’est maintenant qu’il faut les arrêter. » Dépôt de permis, forage, recueil de données. Le lobby pétrolier semble prêt à tout pour faire passer la fracturation hydraulique en France. Guettant la faille, il joue sur tous les fronts, politique, économique et évidemment juridique. « Il est évident que les sociétés misent sur une évolution de la loi, voire son invalidation », craint Estelle Tardy, venue de Lozère.

C’est en tout cas ce que laisse craindre la question prioritaire de constitutionnalité déposée par la compagnie texane Schuepbach qui espère ainsi lever l’interdiction.

Le Conseil constitutionnel doit se prononcer d’ici le 24 septembre. « La menace est réelle", assure David Escalier, jardinier biologiste de profession, qui fait partie de ceux qui ont déployé la banderole. Il est venu spécialement de Marseille pour participer à cette action. « Je suis là pour protester contre ce forage coûteux, dangereux pour l’environnement, contraire à la transition énergétique et à tout ce que Hollande nous a promis. Ce que je fais aujourd’hui, je le fais pour la France ».


Actualisation 9 h 30

Tous les activistes ont été fouillés, palpés, et leur identité a été relevée. Les gendarmes leur ont remis une convocation pour une audition libre. Tout le groupe a été libéré, sauf les quatre perchés qui sont toujours en haut.


Source et photos : Linda Maziz pour Reporterre.

Lire aussi : Le déroulé de l’action d’occupation de la plate-forme de Jouarre.

 

 


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21 septembre 2013 6 21 /09 /septembre /2013 17:32

 

 

 

 LE MONDE

21.09.2013 à 09h55 • Mis à jour le 21.09.2013 à 17h24 | Par Jérémie Baruch, Jean-Baptiste Chastand et Alexandre Léchenet

 

 

La grande inégalité des chômeurs face à Pôle emploi

 

 
Que vous soyez chômeur à L'Ile-Rousse, en Haute-Corse, ou à Douai, dans le Nord, vous ne serez pas reçu de la même manière à Pôle emploi. Les données locales détaillées, publiées pour la première fois par l'organisme le vendredi 20 septembre, faisant suite à la demande du Monde, montrent à quel point le nombre de conseillers est inéquitablement réparti sur le territoire.

Lire aussi : Une bataille de six mois pour obtenir des données jugées sensibles

Au 1er septembre, à Douai, chaque conseiller suivait en moyenne 192 chômeurs, contre seulement 32 à L'Ile-Rousse.

La moyenne nationale est de 116 chômeurs par conseiller, mais l'écart varie de un à sept selon les agences. Ces chiffres ne comprennent que les chômeurs qui font l'objet d'un suivi effectif. Ils ne tiennent pas non plus compte d'éventuels conseillers en temps partiel, Pôle emploi n'ayant pas souhaité fournir de données ajustées. Mais ils n'en restent pas moins un bon indicateur de la charge de travail des 1 000 agences que compte la France.

Infographie "Le Monde"
  • De considérables différences régionales

Les disparités entre régions vont du simple au double. En Picardie, la moyenne est ainsi de 150,2 chômeurs par conseiller, contre 66 en Corse. Le Nord-Pas-de-Calais et la Lorraine, malgré leurs taux de chômage élevés, affichent respectivement 136,4 et 127 chômeurs par conseiller. A l'opposé, en Basse-Normandie et en Midi-Pyrénées, deux régions au taux de chômage inférieur à la moyenne nationale, chaque conseiller suit moins de 100 chômeurs.

Selon les données fournies par Pôle emploi, la région qui dispose du moins de moyens par chômeur est La Réunion. Mais comme l'organisme n'a pas été en mesure de donner des chiffres pour la Guadeloupe et la Martinique, nous avons décidé de nous concentrer sur la métropole. Les départements les moins bien lotis sont alors l'Aisne, la Creuse et la Somme. Les mieux dotés sont les deux départements corses et l'Orne.

Les cinquante agences qui disposent du moins de moyens sont situées dans des communes du quart nord de la France (Picardie et Nord-Pas-de-Calais) ou des territoires en difficulté, comme Marseille, Beauvais, Cambrai ou Vierzon. Des agences situées en zones urbaines sensibles comme à Cenon, dans l'agglomération de Bordeaux, ou à Bron, près de Lyon, affichent aussi un nombre de chômeurs par conseiller qui grimpe au-delà des 150. A l'inverse, plusieurs agences en Corse, ou en centre-ville de grandes agglomérations comme Toulouse, Lyon ou Nantes, font partie des agences avec le moins de chômeurs par conseiller.

 

L'Ile-de-France a la particularité de compter à la fois des agences parmi les plus chargées du pays et celles parmi les mieux dotées. La géographie des inégalités franciliennes respecte presque parfaitement celle des différences économiques. Les agences de Saint-Denis, Tremblay-en-France, Sevran, Bobigny, La Courneuve, situées en zones urbaines sensibles en Seine-Saint-Denis, affichent toutes plus de 160 chômeurs par conseiller. La Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne se classent d'ailleurs parmi les vingt départements les moins pourvus.

A l'opposé, dans six agences situées dans des arrondissements parisiens favorisés et des villes aisées comme Versailles ou Rambouillet, les conseillers n'ont pas plus de 80 chômeurs à suivre, soit deux fois moins ! Paris affiche le 10e meilleur chiffre national. Si quelques territoires en difficulté, comme Les Ulis ou Trappes, font partie des agences favorisées, il apparaît globalement que la logique de Pôle emploi qui est "de faire plus pour ceux qui en ont le plus besoin" est loin d'être applicable en Ile-de-france.

Consulter les données chiffrées agence par agence : Quel portefeuille pour les conseillers dans votre agence Pôle emploi ?

  • Des inégalités en voie de correction

L'organisme ne nie pas les disparités territoriales et promet que les 2 000 CDI supplémentaires attribués au printemps par le gouvernement permettront justement de les résorber. "Par exemple, la Picardie, qui représente 3,5 % des demandeurs d'emploi en portefeuille, a bénéficié de 5,5 % des renforts", affirme Pôle emploi.

L'agence de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), parmi les moins favorisées, devrait bientôt profiter de 5 postes supplémentaires. Pour l'instant, seuls 35 % des 2 000 renforts sont opérationnels. Par ailleurs, la convention collective empêche quasiment toute mobilité forcée. Comme pour tous les organismes publics, il est plus facile de trouver des agents volontaires pour travailler dans le Sud-Est que dans le Nord ou dans les quartiers difficiles.

  • 6 % des chômeurs en "suivi renforcé"

Pôle emploi a par ailleurs publié des chiffres sur les modalités de suivi des chômeurs. Depuis janvier, l'organisme a choisi de différencier son suivi en fonction des difficultés des demandeurs d'emploi. Ces derniers sont désormais classés en trois catégories, selon leur éloignement du marché du travail. Pôle emploi affirme qu'un peu plus de 130 000 chômeurs, soit 6 % de ceux suivis par l'organisme, bénéficient d'un suivi renforcé, avec des conseillers qui ne s'occupent pas de plus de 70 chômeurs. 55 % des chômeurs ont un suivi guidé avec en moyenne 105 demandeurs d'emploi par conseiller. Le reste des chômeurs, normalement les plus autonomes, peuvent être suivis par des conseillers qui encadrent jusqu'à 350 chômeurs.

Mais ces chiffres sont fondés sur les seuls chômeurs "en portefeuille", soit 2371000 personnes, près d'un million de personnes en moins que les chiffres officiels du chômage. En tout, Pôle emploi a exclu de cette étude près de 2,3 millions de personnes inscrites dans ses listes, mais actuellement en formation, en contrat aidé ou inscrites depuis moins de quatre mois. En incluant ces chômeurs, la moyenne de demandeurs d'emploi par conseiller grimpe à 230 et il n'est pas rare de voir sur le terrain des conseillers avec plus de 500 chômeurs à suivre.

 Alexandre Léchenet
Journaliste au Monde

 

 


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21 septembre 2013 6 21 /09 /septembre /2013 17:11

 

 

marianne.net

 

Série noire chez JP Morgan

Vendredi 20 Septembre 2013 à 20:15

 

Adrien Francius

 

Après une perte de 6,2 milliards de dollars en 2012 et les dissimulations qui s’en sont suivies, le mastodonte de Wall Street croule sous les condamnations.

 

Mark Lennihan/AP/SIPA
Mark Lennihan/AP/SIPA
Malgré une faible baisse de l’action JP Morgan ce jeudi, la condamnation de la banque à 920 millions de dollars est un coup dur pour ce roi de la finance. La condamnation porte essentiellement sur le défaut de surveillance des actions menées par les traders et les tentatives de dissimulation des pertes de la firme. « L’état major de JP Morgan a violé une règle cardinale du gouvernement d’entreprise en privant son conseil d’administration d’informations critiques qui auraient été nécessaires pour pouvoir évaluer correctement les problèmes » fustige l’autorité des marchés financiers américains (SEC). Les régulateurs américains et britanniques empochent eux, un sacré-pactole, entre 200 et 300 millions de dollars pour chacune des quatre autorités.
 
En charge d’une unité de trading à la City, Bruno Iksil, le trader français, qui avait acquis une position de force sur le marché des assurances sur crédit (CDS, une invention de JP Morgan), a vu pourtant son portefeuille fondre suite à un revirement des marchés financiers. Rien d’illégal jusque là. Les infractions commises par JP Morgan viennent ensuite avec la dissimulation des pertes, les falsifications de la valeur des transactions et les mensonges.

La hiérarchie de l’établissement est également dans la combine en ayant couvert, sans vérifications, les agissements des traders. Pour faire face au scandale, Jamie Dimon, le PDG de la banque s'est voulu rassurant en indiquant qu’il allait destiner un milliard de dollars « au renforcement des procédures de contrôles », notamment pour éviter de futurs amendes.
 
Ayant coopéré avec les autorités de régulation, Bruno Iksil bénéficie d'une l’immunité. En revanche deux de ses collègues sont inculpés pour dissimulation des pertes, fraude boursière, etc. Pour l’heure, les dirigeants de la banque n’ont pas été inculpés, mais les suites de l’enquête pourraient en décider autrement.
 
Outre le scandale lié à « la baleine de Londres », JP Morgan a également escroqué ses clients en leur facturant des services de protection de carte bancaire dont ils ne profitaient pas en réalité. Cette dernière devra par conséquent indemniser ses clients à hauteur de 309 millions de dollars. Pour faire face à ses procès en cascade, l’établissement de crédit a augmenté son budget de frais de justice, pour une somme atteignant 1,5 milliard de dollars. Une bagatelle qui pourrait être compensée par un bénéfice devant atteindre les 25 milliards de dollars en 2013.
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21 septembre 2013 6 21 /09 /septembre /2013 16:51

 

terrenouvelle.ca

 

Véritable arme Divine, l’Amarante ne fera pas rire Monsanto!

L’ Amarante, une arme anti-OGM, un autre moyen de se battre, une arme naturelle et pourtant redoutable…
Dispersez des graines en masse dans les champs OGM et vous verrez Monsanto pleurer…, car l’Amarante ne fera pas rire l’oligarchie psychopathe
Miléna

Amarante

Un gène de résistance est passé d’un OGM à l’amarante. Cette adventice envahit maintenant les terres cultivées aux Etats-Unis.

Pas marrante, l’amarante…

Cinq mille hectares de culture de soja transgénique ont été abandonnés par les agriculteurs en Géorgie, et 50.000 autres sont gravement menacés par une mauvaise herbe impossible à éliminer, tandis que le phénomène s’étend à d’autres états. La cause : un gène de résistance aux herbicides ayant apparemment fait le grand bond entre la graine qu’il est censé protéger et l’amarante, une plante à la fois indésirable et envahissante…
 
En 2004, un agriculteur de Macon, au centre de la Géorgie (à l’est des Etats-Unis), applique à ses cultures de soja un traitement herbicide au Roundup, comme il en a l’habitude. Curieusement, il remarque que certaines pousses d’amarantes (amarante réfléchie, ou Amarantus retroflexus L.), une plante parasite, n’en semblent pas incommodées… Pourtant, ce produit est élaboré à partir de glyphosphate, qui est à la fois l’herbicide le plus puissant et le plus utilisé aux Etats-Unis.

Depuis, la situation a empiré. Actuellement, et rien qu’en Géorgie, 50.000 hectares sont atteints et nombre d’agriculteurs ont été contraints d’arracher leurs mauvaises herbes à la main… quand c’est possible, considérant l’étendue des cultures. A l’épicentre du phénomène, 5.000 hectares ont été tout simplement abandonnés.

Comment en est-on arrivé là ?

Tous les champs victimes de cette envahissante mauvaise herbe avaient été ensemencés avec des graines Roundup Ready, produites par la société Monsanto. Celles-ci comportent une semence ayant reçu un gène de résistance au Roundup, un herbicide également produit par Monsanto. L’argument publicitaire de la firme repose sur le moindre coût représenté par le traitement d’une culture ainsi protégée contre un herbicide total auquel elle est devenue insensible, plutôt que de l’application d’un herbicide sélectif, plus cher à l’achat.

Selon un groupe de scientifiques du Centre for Ecology and Hydrology, organisation britannique à Winfrith (Dorset), il y aurait eu transfert de gènes entre la plante OGM et certaines herbes indésirables, comme l’amarante. Bien que considéré comme très faible car n’ayant jamais été détecté lors d’essais, le risque ne serait cependant pas nul.

Pour Brian Johnson, généticien et chercheur britannique, spécialisé, entre autres, dans les problèmes liés à l’agriculture, la cause ne fait aucun doute. « Il n’est nécessaire que d’un seul évènement (croisement) réussi sur plusieurs millions de possibilités. Dès qu’elle est engendrée, la nouvelle plante est titulaire d’un avantage sélectif énorme, et elle se multiplie rapidement, martèle-t-il. L’herbicide puissant utilisé ici, à base de glyphosphate et d’ammonium, a exercé sur les plantes une pression énorme qui a encore accru la vitesse d’adaptation. »

La firme Monsanto ne nie pas le problème. Lors d’une interview accordée sur la chaîne de télévision France24, Rick Cole, responsable du développement technique, a estimé que ces « super mauvaises herbes » (superweeds, un terme désormais souvent employé) peuvent être maîtrisées. Pourtant, un communiqué émanant directement de la firme annonce que les vendeurs incitent les agriculteurs à alterner Roundup et un autre herbicide comme le 2-4-D (acide 2,4-dichlorophénoxyacétique).

L’amarante vous salue bien…

amarante-en-fleurEn attendant, l’amarante « mutante » se porte bien et prolifère.

Chaque plante produit en moyenne 12.000 graines par an, et celles-ci peuvent rester en état de vie suspendue de 20 à 30 années avant de germer lorsque les conditions lui sont favorables. Profondément enracinées, elles sont très difficiles à arracher, comme le constatent de nombreux agriculteurs, non seulement en Géorgie mais aussi en Caroline du Sud, en Caroline du Nord, en Arkansas, au Tennessee et au Missouri, contraints de passer au désherbage manuel… ou de baisser les bras.

D’autres cultivateurs envisagent de renoncer aux OGM et de revenir à une agriculture traditionnelle. Ainsi Alan Rowland, producteur et marchand de semences de soja à Dudley (Missouri), affirme que plus personne ne lui demande de graines Monsanto de type Roundup Ready alors que ce secteur représentait 80% de son commerce il y a peu. Aujourd’hui, la demande en graines traditionnelles est très forte et les grains OGM ont disparu de son catalogue.

Stanley Culpepper, spécialiste des mauvaises herbes à l’université de Géorgie, annonce que de nombreux agriculteurs américains sont en effet désireux de retourner à une semence traditionnelle, mais pas seulement à cause de la résistance des plantes parasites, car « l’utilisation des OGM devient de plus en plus chère et tout se joue sur une question de rentabilité », affirme pour sa part Alan Rowland.

Un manque flagrant de statistiques et d’informations

On pourra cependant déplorer le manque de précision des données statistiques permettant de quantifier la relation entre semences OGM, nombre de plants résistants apparus et quantité d’herbicide utilisé. En 2008 en effet, alors que les media agricoles américains relataient de plus en plus de cas de résistance, le gouvernement des Etats-Unis a pratiqué d’importantes coupes budgétaires qui ont contraint le Ministère de l’Agriculture à réduire, puis arrêter certaines de ses activités.

Entre autres, le programme de recherches statistiques sur les pesticides et les risques associés aux produits chimiques sur des cultures comme le coton, le maïs, le soja et le blé est passé à la trappe, au grand dam des scientifiques. « Je ne serais pas surpris que Monsanto ait mené une campagne de lobby discrète pour mettre fin au programme », accusait alors Bill Freese, du Centre pour la Sécurité alimentaire des Etats-Unis (USDA), marquant publiquement son mécontentement.

Jean Etienne  – Source + vidéo: combat-monsanto.org – Via les brindherbes

L’amarante, plante médicinales sacrée des Incas peu vaincre la faim dans le monde, la nature se décarcasse pour nous montrer la bonne voie à prendre

Depuis plusieurs millénaires, les graines ont été consommées grillées (comme le pop-corn) ou sous forme de farine tandis que les feuilles étaient cuisinées comme légumes verts. Ainsi que l’explique D. Guillet : « La culture de l’Amaranthe fut à son apogée durant l’Empire Aztèque. Pour le peuple Aztèque, l’Amarante possédait une valeur nutritionnelle, thérapeutique et rituelle. » Après la conquête espagnole du Mexique, leurs cultures furent interdites car elles servaient dans divers offices religieux Aztèques.

Du fait de cette interdiction et de la violente répression qui sévissait durant plusieurs siècles à l’encontre des jardiniers qui continuaient à cultiver cette plante, l’Amarante a depuis le XXe siècle, presque totalement disparue de l’alimentation mexicaine, alors même qu’elle entrait dans la constitution de très nombreux plats aztèques. Cette plante fait reparler d’elle, et en bien en ce moment puisque de nombreux cas de récupération de gènes de résistance à l’herbicide Roundup venu de maïs OGM ont été recensés aux États-Unis d’Amérique. La plante s’y est adaptée et s’est démultipliée grâce à ce gène dans les champs traités avec cet herbicide made in Monsanto !

Il est amusant de constater que cette plante, « diabolique » aux yeux de l’agriculture génétique, et de Monsanto, est une plante sacrée pour les Incas. Elle fait partie des aliments les plus anciens du monde. Chaque plante produit en moyenne 12 000 graines par an, et les feuilles, plus riches en protéines que le soja, pourtant champion du monde, contiennent des vitamines A et C et des sels minéraux.

Ainsi, «la marante» affronte le très puissant Monsanto, comme David s’opposa à Goliath. Et tout le monde sait comment se termina le combat, pourtant bien inégal !

Les diététiciens affirment que la protéine de l’amarante est de qualité supérieure à celle du lait de vache.

Ils conseillent d’utiliser les graines moulues d’amarante, mélangées à celle du blé pour faire du pain à qui elles donnent un délicieux goût de noisette.

lire l’article : http://www.citoyens-et-francais.fr/article-l-amarante-plante-medicinales-sacree-des-incas-peu-vaincre-la-faim-dans-le-monde-la-nature-se-deca-117483087.html

Amarante facile à cultiver

amarante2Le grain possède entre 12% et 16% de protéines et on le consomme complet, broyé ou raffiné, ce qui permet d’obtenir une farine très agréable ; tandis que les feuilles et les fleurs sont préparées comme légumes.

L’amarante a une saveur légèrement épicée. On peut en trouver à vendre dans certaines boutiques bio. Elle est facile à cultiver dans son jardin. Il existe trois variétés de graines d’amarante: l’amarante hypochondriacus, l’amarante cruentus et l’amarante caudatus (queue de renard). L’amarante caudatus convient mieux aux températures froides. Toutefois, les trois espèces produisent des graines comestibles. Issu de cet article de bistrobarblog

Et pour finir, le petit conseil intéressant et indispensable: comment récolter les graines d’amarantes:

Voici comment récolter les graines d »amarante : Coupez les extrémités de la plante, c’est la partie de la plante qui contient les têtes à graines. Étendez les têtes à graines sur une feuille de plastique ou une autre surface qui les protégera de l’humidité du sol. Laissez les sécher au soleil pendant une semaine, ou jusqu’à ce qu’elles soient cassantes. Puis frappez fort sur les plantes pour séparer les graines de la tige. Pour finir, séparez les graines de leur enveloppe. Ramassez les graines. Maintenant elles sont prêtes à l’usage.

Sujet complet sur mauvaisesherbes.org

Source Article : http://lesmoutonsenrages.fr/2013/05/28/l-amarante-vs-monsanto/

Que Monsanto le sache !!!

Nous devons nous préparer à affronter Monsanto & Compagnie,
Nous devons stoker un maximum de graines d’Amarante et les centraliser pour conservation.
Nous devons être prêt à agir avec notre stock national et que ce monsieur le sache !
S’il vient en France emmerder nos agriculteurs… le retour de bâton va lui faire mal, très mal !
Des pétitions c’est bien mais… avec leurs influences les lobbyiste pourraient passer au delà des mailles.
Cela fait quelques temps que je les piste et les voilà au rendez vous !
Les Amarantes sont en fleurs actuellement ! Dans quelques jours les graines seront prête à récolter.
Chaque plant donne plus de 600 graines en moyenne, donc imaginez que vous récoltiez seulement 50 graines chacun !!!
Il faut que vous sachiez également qu’il y a beaucoup de gens qui font ça dans l’ombre tel que moi.
Personnellement j’ai mis l’année dernière plus de 200 000 graines en cultures et dans quelques jours….

LA RECOLTE ! ( photos ci-dessous )

Je vous laisse multiplier 200 000 x 600.


Préparons nous … et défendons les futures générations qui nous reprocherons d’avoir rien fait comme nous pouvons le reprocher a nos anciens.
Monsanto, je t’attends…
Pierrot des Brindherbes – http://lesbrindherbes.org/

 

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21 septembre 2013 6 21 /09 /septembre /2013 15:52

 

leparisien.fr

 


Lobby du tabac : Philip Morris fiche les eurodéputés

Des documents internes montrent que Philip Morris fiche les euro députés, notamment français, pour mieux les approcher. Tout y est détaillé.

 

MARC PAYET | Publié le 21.09.2013, 07h37

Extraits de deux documents confidentiels rédigés par le géant du tabac dans lesquels Philip Morris fiche les 74 députés français du Parlement européen.

Extraits de deux documents confidentiels rédigés par le géant du tabac dans lesquels Philip Morris fiche les 74 députés français du Parlement européen.

 

 
Le lobby du tabac est l’un des mieux pour défendre ses intérêts. On en a un nouvel exemple aujourd’hui, alors qu’une directive examinée le 9 octobre au européen a pour but de mieux protéger les consommateurs (renforcement des avertissements sanitaires, restriction de la commercialisation des menthols et des slims). Pour la combattre, les méthodes des géants du secteur tournent au roman d’espionnage.


Des soupçons sur leur budget

Des documents confidentiels datant de 2012 et 2013 montrent comment Philip Morris International, le leader mondial du secteur avec la marque Marlboro, a fiché les 74 députés français (et les autres aussi) qui siègent au Parlement européen. Les classant selon leur proximité supposée avec l’industrie cigarettière et en spécifiant le degré d’urgence de les approcher. « L’existence de ce fichier est une atteinte aux libertés publiques. Il faut que Philip Morris donne des explications », s’exclame Stéphane Le Foll, le ministre de l’Agriculture, dont le nom — alors qu’il était député européen — apparaît dans le fichier comme « à voir d’urgence ».

Ces méthodes semblent très efficaces. Le report de septembre à octobre de l’examen du texte combattu par l’industrie constitue, en effet, une victoire pour elle. Car la discussion parlementaire pourrait traîner en longueur et la directive ne pas être votée avant les de 2014. Après, estiment les entreprises du tabac, tout espoir sera de nouveau permis…

Même si aucune trace de corruption n’apparaît, certaines données financières sont troublantes. Dans les documents, la liste complète des 161 lobbyistes montre que chacun se voit affecter un budget spécifique pour l’organisation « d’événementiels ». Au total, pas moins de 548927 €. « Il y a un trou noir sur les destinations de cet argent. Il faut savoir où cela va vraiment », s’interroge Emmanuelle Beguinot, présidente du Comité national contre le tabagisme. Au début de l’année, le commissaire européen à la Santé, John Dalli, était tombé pour suspicion de corruption avec un cigarettier.

>> Lire l'intégralité de notre enquête dans l'édition de ce samedi du Parisien-Aujourd'hui en France


Le Parisien

 

 

                                                                            ***************************************

 

 

 Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 21.09.2013 à 15h23 • Mis à jour le 21.09.2013 à 17h11

 

 Tabac : des députés européens fichés par Philip Morris

 

Pour défendre ses intérêts, le numéro un mondial du tabac, Philip Morris, a adopté des méthodes similaires à celle du lobby des armes à feu aux Etats-Unis. Le cigarettier classe les députés européens en fonction de leur sensibilité aux arguments du lobby du tabac, en vue de l'examen imminent de la prochaine directive européenne antitabac. Des documents confidentiels datant de 2012 et 2013, révélés samedi 21 septembre par Le Parisien, montrent que l'ensemble des eurodéputés, dont soixante-quatorze Français, font l'objet d'une telle classification.

Des ennemis farouches (Corinne Lepage, Michèle Rivasi) aux alliés (Christine de Veyrac, Constance Le Grip), en passant par les responsables rencontrer d'urgence" (Stéphane Le Foll, Brice Hortefeux, José Bové), chaque nom est associé à un commentaire. Dans quel but ? Si Le Parisien n'a pas trouvé trace évidente de corruption, le quotidien affirme que les cent soixante et un lobbyistes travaillant pour Philip Morris disposent d'un budget total de 548 927 euros pour l'organisation d'"événementiels". Invitations à des matches de football, à des conférences, l'influence du lobby passerait par ces "programmes d'hospitalité".

 

 LE REPORT DU VOTE, UNE VICTOIRE POUR LE LOBBY

En ligne de mire des cigarettiers, la directive européenne antitabac qui doit être examinée le 9 octobre au Parlement européen, et que le lobby entend bien combattre au nom des "libertés publiques". Or, des associations avaient dénoncé au début de septembre l'influence des lobbyistes dans la décision des eurodéputés de repousser l'examen du texte d'un mois – ce qui pourrait empêcher une adoption avant les élections européennes de 2014.

Le 7 septembre, le quotidien britannique The Observer avait également révélé que Philip Morris avait dépensé des millions d'euros pour financer le travail de ses lobbyistes auprès des eurodéputés. En 2012, le commissaire à la santé européen John Dalli avait déjà été poussé à la démission en raison de soupçons de corruption par des lobbyistes du tabac qu'il aurait secrètement rencontrés.

Dans un communiqué, Philip Morris qualifie d'allégations les informations du Parisien et les conteste formellement. Le groupe dit respecter les règles en matière de lobbying et de respect de la vie privée. "Les dossiers dont il est fait mention reflètent simplement une perception des opinions exprimées par les élus amenés à discuter et adopter des textes de lois", lit-on dans le communiqué. "Ceci est en adéquation avec les usages et conforme à ce que font d'autres entreprises, ONG ou autres groupes d'intérêt dans le cadre d'un processus législatif normal afin de porter à la connaissance des élus les problématiques et enjeux."


Lire : "Comment le lobby du tabac a subventionné des laboratoires français"

 

 

 

 

 

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20 septembre 2013 5 20 /09 /septembre /2013 21:58

 

reporterre.net

 

Reporterre

La croissance, c’est dépassé

Dominique Méda

vendredi 20 septembre 2013

 

 

 

Alors que les experts économiques s’extasient à l’idée d’un frémissement de la croissance, la sociologue Dominique Méda propose une démarche totalement inverse : oublier notre obsession de la croissance et de la performance maximale pour ouvrir une autre voie de développement.


La Mystique de la croissance, qui vient de paraître chez Flammarion, n’est pas un énième plaidoyer pour la décroissance. Pour Dominique Méda (Photo AFP), professeure de sociologie à l’université Paris-Dauphine, la reconversion écologique n’est pas une punition. Elle n’a de sens que si elle s’articule autour de la justice sociale, avec des bienfaits pour tous comme l’exigence de biens et d’emplois de qualité mais aussi la jouissance de plus de temps libre.

Libération - Jamais la préoccupation écologique n’a été aussi grande, on n’a jamais autant parlé de modes alternatifs de production, pourtant la croissance reste la référence absolue de notre modèle économique. Pourquoi ?

Dominique Méda - Parce que la plupart de nos dispositifs économiques et sociaux dépendent aujourd’hui de la croissance et que nous sommes des « sociétés fondées sur la croissance ». Depuis Adam Smith et ses Recherches sur la nature et la cause des richesses des nations, nous considérons que la production est au centre de la fabrique du lien social. Nous pensons que sans croissance nos sociétés vont s’effondrer.

Depuis la fin des Trente Glorieuses, nous implorons le retour de la croissance, nous scrutons l’horizon, nous consultons fiévreusement les augures. Malgré tous les discours sur un autre développement possible, nous continuons à croire dans la mystique de la croissance. Pourtant, si la croissance est nécessaire pour sortir de la grave crise économique et sociale dans laquelle nous nous trouvons, elle accentue la crise écologique avec son cortège de pollutions, d’écosystèmes dégradés, d’émissions de gaz à effets de serre susceptibles d’entraîner un dérèglement climatique majeur. Nous découvrons - ou plutôt nous redécouvrons, car les années 70 avaient une conscience aiguë de cette situation -, que la croissance ne génère pas que des bienfaits mais aussi des maux.

Ce que nous oublions chaque jour quand nous prenons notre voiture ou nous achetons le dernier smartphone ?

C’est ce que j’appelle l’invisibilité des coûts de la croissance : le produit intérieur brut (PIB) occulte, par construction, les coûts de l’augmentation de la production sur le patrimoine naturel et les conditions de vie. Ce que les années 70 appelaient les « dégâts du progrès ». Edmond Maire, le secrétaire général de la CFDT, écrivait en 1972 que la croissance et l’idéologie de la consommation obsession « non seulement ne répondent plus aux besoins humains fondamentaux mais ne peuvent plus être poursuivies sans conduire le monde à la catastrophe ». Le lien était déjà établi à l’époque entre la recherche effrénée de gains de productivité et l’exploitation intensive des ressources naturelles, d’une part, et la dégradation des conditions de vie, du sens du travail et de l’environnement, d’autre part.

Mais remettre en cause la consommation obsession ne relève-t-il pas de la punition dans une société où la qualité de vie vient aussi de la richesse et de la disponibilité des biens…

En effet, le discours de la reconversion écologique apparaît souvent comme la double peine : il faudrait se serrer la ceinture une première fois du fait de la crise et des mesures d’austérité puis une seconde fois pour prévenir la crise écologique. La question de la consommation est donc centrale. Impossible de demander aux pays les moins développés ou à ceux de nos concitoyens, nombreux, qui n’ont pas accès à des moyens convenables d’existence de réduire leur consommation au nom d’un changement climatique susceptible d’intervenir en 2050.

Il faut reconnaître de surcroît le caractère addictif et profondément gratifiant de l’acte de consommation. Il apparaît plus que jamais porteur de libertés pour des individus qui sont de plus en plus contraints, notamment au travail : par le choix infini qu’il semble leur offrir et par l’usage de cet instrument majeur d’émancipation qu’est l’argent.

Il semble donc urgent d’associer l’écologie au plaisir et non à la pénitence, comme vient de le dénoncer Pascal Bruckner dans Libération (1)…

Le ralentissement de la croissance et la fin des énergies fossiles bon marché n’impliquent en aucune manière une régression. Ils peuvent au contraire constituer une nouvelle voie, n’exigeant en rien le sacrifice de la prospérité et du progrès. Il faut parvenir à mettre en évidence le caractère profondément désirable de ce nouveau modèle de développement, dont l’objectif serait non plus de maximiser les quantités produites mais de satisfaire les besoins humains en prenant soin des « facteurs » de production, c’est-à-dire des travailleurs et du patrimoine naturel.

Raisonner « au-delà de la croissance », en se référant non plus au PIB (dont la commission Stiglitz a montré qu’il ne constituait pas une boussole fiable) mais à de nouveaux indicateurs de richesse prenant en considération la qualité du travail, la répartition des revenus et des protections, l’accès à l’emploi et au temps libre, en plus des évolutions du patrimoine naturel me semble de nature à emporter l’adhésion des citoyens, et pas seulement en France ! Le Parlement allemand a publié, en mai, un rapport de 800 pages consacré exclusivement à ces questions et proposé l’adoption de nouveaux indicateurs.

Dans le milieu de l’entreprise, on évoque souvent les notions de bonheur et de bien-être ? Une possible voie ?

Gardons-nous de tomber dans les pièges du bonheur. Les nouveaux indicateurs de bien-être qui font une large place aux perceptions subjectives et aux variations de la satisfaction personnelle présentent trop souvent la double limite de négliger les déterminants sociaux et les inégalités, d’une part, et les dimensions environnementales, d’autre part. Ces approches continuent de mettre au cœur de leur raisonnement et de leur vision du monde l’anthropocentrisme dans sa version la plus individualiste et la plus utilitariste.

C’est pourquoi, il est indispensable de proposer une reconversion qui ne fasse pas l’impasse sur la justice sociale. La santé sociale, aux côtés des préoccupations écologiques, devrait ainsi constituer l’une des deux principales dimensions d’un nouvel indicateur de progrès : la manière dont les chances d’éducation, l’emploi, les revenus sont en permanence redistribués et ré-égalisés est une composante majeure de la santé de la société, de sa capacité à résister à l’éclatement et à l’anomie.

Le point fondamental me semble être notre capacité à construire une cause commune et une alliance entre le mouvement écologiste, les travailleurs, les syndicats, les entreprises de bonne volonté et les gouvernements pour promouvoir un nouveau mode de développement dans lequel la croissance des quantités de biens et services produits ne constituerait plus l’alpha et l’oméga de la performance et la figure centrale du progrès.

On vous dira que cette cause commune est généreuse humainement mais totalement irréalisable.

Paul Ricœur écrit qu’une société sans utopie serait une société sans dessein. Nous devons de toute façon savoir ce que nous ferions si la croissance ne revenait pas. Subsisteraient deux solutions pour faire en sorte que le plus grand nombre ait accès à l’emploi : réduire la durée du travail ou la productivité du travail telle qu’elle est mesurée, au bénéfice de gains de qualité et de durabilité. Ces deux solutions restent, dans l’état actuel du débat public, presque inaudibles. On se souvient de la violence du débat au moment de la discussion de la RTT…

Mais là vous parlez aussi de ralentir les gains de productivité… une hérésie pour les entreprises, pire que les 35 heures, non ?

De plus en plus, l’augmentation obsessionnelle des gains de productivité dans tous les secteurs apparaît en partie responsable non seulement de la perte de sens du travail mais aussi de la dégradation de la qualité des services. Bertrand de Jouvenel avait attiré l’attention dès les années 60 sur le fait qu’avec les progrès de l’efficacité productive et de la productivité, « s’il gagne des satisfactions comme consommateur, l’homme en perd comme producteur ».

Ralentir considérablement les gains de productivité dans certains secteurs peut être une piste. C’est la voie proposée en France par Jean Gadrey, qui, non sans faire écho à l’économiste américain Robert Gordon (pour lequel les freins sont désormais trop nombreux pour que la croissance revienne), indique que le concept de gains de productivité ne correspond plus à nos économies de service. Notre PIB est incapable d’enregistrer les gains de qualité.

Par exemple, il ne fait pas la différence entre 1 kilo de fraises, goûteuses, cultivées sans pesticides, exigeant une importante main-d’œuvre travaillant à proximité et 1 kilo de fraises ramassées dans des conditions sociales médiocres, bourrées de pesticides et ayant parcouru des milliers de kilomètres avant d’atterrir dans l’assiette du consommateur. C’est évidemment dans cette double prise en considération de la qualité, du travail et des produits, que réside l’intérêt suscité par sa démonstration.

Depuis longtemps, vous militez pour une notable réduction du temps de travail. Pourquoi considérez-vous que le travail est aussi une composante majeure d’une reconversion écologique ?

Il nous faut reconsidérer les liens entre la pression de plus en plus forte actuellement exercée sur le monde du travail, précisément au nom des gains de productivité et de rentabilité, et le fort malaise au travail qui s’est développé en Europe et notamment en France, comme nous l’avons mis en évidence avec Patricia Vendramin dans Réinventer le travail (PUF, 2013).

Dès lors, une alliance entre des consommateurs soucieux de la qualité de ce qu’ils achètent et des travailleurs désireux de retrouver du sens à leur travail peut sans doute permettre de constituer la cause commune dont je parlais précédemment.

Une réduction du temps de travail permettant d’accommoder le choc d’un changement de rythme de croissance sur l’économie (mais aussi de réintégrer dans celle-ci les millions de chômeurs qui en sont exclus et de contribuer à améliorer l’égalité professionnelle) peut ainsi être une voie pour répondre aux travaux mettant en évidence que les objectifs fixés par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (réduction de 85 % des gaz à effet de serre d’ici à 2050) sont inaccessibles sans une forte réduction du PIB mondial.

Si l’on se souvient qu’en additionnant les temps partiels (majoritairement féminins) et les temps complets, la France a une durée du travail annuelle supérieure à celle de l’Allemagne. Une réduction de la norme de travail à temps complet, favorable à l’égalité hommes-femmes, est ainsi parfaitement envisageable.

Et l’autre bénéfice d’une réduction du travail serait de valoriser des activités jugées jusqu’à maintenant futiles voire inutiles...

Nul doute qu’un tel modèle permettrait une reconsidération d’activités radicalement méprisées qui, parce qu’elles ne sont pas recensées par le PIB, comptent pour zéro. Toutes ces activités « improductives », consistant à contempler, se promener, être avec les autres, discuter, aimer, s’occuper de ses enfants et de son couple, se reposer, rêver, discuter des conditions de vie communes, faire de la politique contribuent éminemment au bien-être et au lien social et présentent de plus l’immense avantage d’être… infiniment légères (du point de vue de l’empreinte écologique). Ces activités que Françoise Héritier considère comme « le sel de la vie ».

- Propos recueillis par Cécile Daumas.


Note

(1) « Libération » du 6 septembre.

 

 

 



Source et photos : Libération.fr

Lire aussi : Pourquoi rien ne change-t-il alors qu’on sait qu’il faut changer ?

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20 septembre 2013 5 20 /09 /septembre /2013 21:26

 

 

cadtm.org

 

CADTM

 

La doctrine « trop grandes pour être condamnées » ou comment les banques sont au-dessus des lois

20 septembre par Daniel Munevar


Dans une période caractérisée par le pouvoir économique et politique croissant du système financier au niveau mondial, l’utilisation de ressources publiques pour sauver des entités bancaires est devenue un lieu commun. Que ce soit à Chypre, en Grèce, au Royaume-Uni ou aux États-Unis, les sauvetages bancaires d’institutions impliquées dans des affaires de corruption, de fraude et de spéculation sont, les uns après les autres, justifiés par le fait qu’elles sont trop grandes pour faire faillite (Too Big to Fail). Selon ce raisonnement, la banqueroute de grandes banques menace la stabilité financière et économique de leur pays de résidence, d’où l’utilisation nécessaire de l’argent public afin d’éviter une mise en faillite.

Rabâché inlassablement par tous les médias possibles, cet argument est malheureusement devenu un élément rebattu du discours politique dans une bonne partie du monde. Il n’est dès lors plus surprenant d’entendre un fonctionnaire public en Espagne, au Portugal ou en Irlande signaler qu’il n’y a pas d’alternative à l’application de coupes drastiques dans les dépenses publiques, ceci afin d’assurer la solvabilité et la stabilité des banques. Le comble, c’est que transférer de l’argent public aux banques ne suffit plus, il faut en outre protéger les banques et leurs dirigeants des conséquences légales et juridiques des activités illégales et criminelles menées par nombre d’entre eux. Aujourd’hui, les banques sont non seulement trop grandes pour faire faillite, mais aussi trop grandes pour être condamnées.

Le point clef de la nouvelle doctrine visant à offrir un blanc-seing aux banques, indépendamment des activités illégales dans lesquelles elles sont impliquées et des conséquences sociales de celles-ci, a été résumé par Eric Holder, procureur général des États-Unis. Interrogé au sein du Sénat étasunien sur la position de la Cour des Comptes quant à la condamnation des banques étasuniennes et de leurs dirigeants pour des actes de corruption et de fraude, Holder souligna que « ces institutions sont si grandes qu’il est difficile de les poursuivre en justice, et le faire montre qu’effectivement, si on les inculpe pour activités criminelles, cela peut avoir des répercussions négatives pour l’économie nationale, voire mondiale » |1|.

Les retombées de cette position sont claires. Le fait que les excès et la spéculation financière aient causé la pire crise économique du siècle dernier n’a aucune importance. Que de tels excès soient associés a une épidémie de fraudes |2|, à tous les niveaux d’opérations des entités financières, est insignifiant. Et ce n’est qu’un détail si, suite aux pratiques frauduleuses des banques, 495 000 personnes au moins aux États-Unis ont été expulsées illégalement de leurs logements |3| et les fonds de pensions des pays développés ont perdu près de 5400 milliards de dollars |4|. Le rôle des banques est apparemment si important et indispensable que leur fonctionnement transcende les requêtes légales et constitutionnelles des sociétés modernes. Dès lors, la justice détourne le regard des banques et des dirigeants responsables d’actes de corruption et de fraude pour leur éviter de passer ne serait-ce qu’un jour en prison. En fin de compte, on ne peut tout de même pas poursuivre en justice un dirigeant d’une institution bancaire qui « ne fait que le travail de Dieu » |5|, des mots de Lloyd Blankfein (CEO de Goldman Sachs).

Les arguments ci-dessus pourraient prêter à sourire si les conséquences de la doctrine « trop grandes pour être condamnées » n’étaient pas régulièrement visibles par le biais de plusieurs affaires judiciaires très médiatisées, ces derniers mois, des deux côtés de l’océan. Les affaires se suivent et la justice se borne à des amendes qui représentent bien souvent une maigre fraction des bénéfices issus d’activités illégales, sans qu’aucun dirigeant ne soit inquiété. Trois exemples suffisent pour témoigner de l’absurdité de la situation actuelle : le jugement sur les expulsions illégales de logement (« foreclosures ») aux États-Unis, HSBC épinglée pour blanchiment d’argent des cartels de la drogue également aux États-Unis, et l’affaire sur la manipulation du taux LIBOR au Royaume-Uni.

Premier exemple. En janvier 2013, Bank of America, aux côtés de neuf autres banques (parmi lesquelles Citigroup, J.P. Morgan Chase, Goldman Sachs), a convenu avec des régulateurs fédéraux étasuniens de payer une amende de 9,3 milliards de dollars (9 300 000 000 dollars) pour clore l’enquête sur la responsabilité des banques dans les expulsions illégales de maisons |6|. L’affaire contre ces institutions financières se basait sur leur incapacité à fournir les documents justifiant l’expulsion de propriétaires en retard de paiement d’un crédit hypothécaire. La régulation inexistante et le volume élevé de crédits de ce type, accordés dans la période précédant la crise, ont mené les banques à embaucher du personnel chargé de signer quotidiennement des centaines de documents approuvant les expulsions sans suivre la procédure légale. Les banques se sont saisies de logements sans justification économique ou légale dans au moins 450 000 cas. En dépit des dommages massifs causés par les pratiques frauduleuses des banques, l’amende ne s’élève qu’au paiement de moins de 300 dollars par foyer affecté |7|. Malgré les preuves, aucune arrestation ni charges criminelles n’ont été retenues à leur encontre, et l’accord exempte les banques de leur responsabilité à répondre financièrement ou légalement à des accusations similaires survenues au cours de la période antérieure.

Le cas de la banque HSBC illustre le deuxième exemple de la doctrine « trop grandes pour être incarcérées ». Au cours de la dernière décennie, HSBC a collaboré avec les cartels de la drogue du Mexique, de Colombie et avec d’autres organisations terroristes dans le blanchiment d’argent pour un montant de près de 880 milliards de dollars |8|. Les relations commerciales de la banque britannique avec les cartels de la drogue ont perduré malgré les centaines de notifications et avertissements du Département de la Justice des États-Unis. Les bénéfices obtenus ont non seulement conduit HSBC à ignorer les avertissements mais, qui plus est, à ouvrir des guichets spéciaux dans ses locaux à Mexico, où les narcotrafiquants pouvaient déposer des caisses emplies d’argent liquide, pour faciliter le processus de blanchiment |9|. Malgré l’attitude ouvertement provocante de HSBC envers la loi, les conséquences de sa collaboration directe avec des organisations criminelles furent pratiquement nulles. HSBC dut payer une amende de 1,2 milliards de dollars - soit l’équivalent d’une semaine de recettes de la banque - pour clore l’affaire de blanchiment. Pas un seul dirigeant ou employé n’eut à essuyer de poursuites criminelles, bien que la collaboration avec des organisations terroristes ou la participation à des activités liées au narcotrafic requièrent des peines d’au moins cinq ans de prison. Être employé de n’importe quelle grande banque à travers le monde semble être un blanc-seing pour participer au trafic de drogue sans crainte d’être poursuivi en justice.

Le 3ème et dernier exemple est lié à la manipulation du taux LIBOR (London Interbank Offered Rate) par un groupe de dix-huit banques. Le LIBOR est le taux d’intérêt de référence sur base duquel se calculent les taux de retour de 700 000 milliards (700 millions de millions) de dollars d’actifs et de dérivés financiers, ce qui en fait le taux de référence sans doute le plus important au monde. Ce taux est calculé sur base de l’information fournie par dix-huit banques quant à leurs coûts individuels de financement sur les marchés interbancaires. En 2012, des preuves ont révélé la collusion entre de grandes banques, comme UBS et Barclays, afin de manipuler le LIBOR conformément à leurs intérêts. Comme dans les cas précédents, le résultat fut prévisible. Aucune poursuite criminelle à l’encontre des responsables et des amendes d’un montant ridicule en comparaison de l’ampleur de la manipulation : un total de 450 millions de dollars pour Barclays, 1500 millions pour UBS et 615 millions pour RBS |10|.

Bien que les banques en question ont accepté les accusations de manipulation et par conséquent les sanctions imposées par la justice britannique, la justice étasunienne a statué différemment. Le 29 mars, Naomi Buchwald, juge du District de New York, a exempté les banques impliquées dans le scandale de toute responsabilité légale face à des personnes ou institutions affectées par la manipulation du LIBOR |11|. Pour protéger les banques de possibles plaintes pour collusion et pratiques monopolistiques, elle basa son argumentation sur le fait que la fixation du taux LIBOR ne relève pas des lois sur la concurrence. Les banques peuvent dès lors s’accorder sur le taux sans que cela ne constitue une violation des lois antitrust aux États-Unis. La fixation des taux sur les marchés des Swaps et des CDS étant similaire - via l’envoi des taux par les participants, dont on fait la moyenne pour obtenir le résultat final -, ce verdict crée un dangereux précédent, ouvrant la porte à la manipulation manifeste par de grandes institutions financières des prix et taux clefs qui régissent le fonctionnement des marchés financiers globaux.

Il apparaît clairement que les banques et autres grandes institutions financières de portée mondiale tendent vers un niveau totalement méconnu de cynisme et d’abus de pouvoir. Aujourd’hui, mettre l’argent public à disposition des entités financières dès que leurs paris spéculatifs tournent mal ne suffit plus. Désormais, la loi s’adapte afin de protéger les responsables et de justifier a posteriori toute conduite illégale ou criminelle dont ils se seraient rendus coupables. Un tel contexte, où règne l’impunité, encourage les dirigeants des firmes financières à davantage d’abus et de prises de risque. Ils sont confrontés à une situation dans laquelle, au meilleur des cas, le montant de leurs bonus augmente suite à l’augmentation des revenus de la banque, indépendamment de l’origine illégale des ressources ou du fait qu’elles soient issues d’activités financières spéculatives extrêmement risquées. Dans le pire des cas, s’ils sont découverts, ils n’ont qu’à quitter l’institution, ils ne seront pas poursuivis par la justice et conserveront sur leurs comptes bancaires l’entièreté des bénéfices obtenus. Tant que ce genre d’incitants pervers est maintenu, les abus et le pillage des ressources publiques de la part du système financier ne peuvent qu’aller croissants au fil du temps.

Traduit par Cécile Lamarque

Notes

|1| Voir “Holder admits some Banks too big to jail”, disponible sur : http://www.huffingtonpost.com/2013/...

|2| Une étude récente sur les pratiques de crédits des banques aux Etats-Unis signale qu’en dépit de leur hétérogénéité, les irrégularités et les faux sont présents à divers degrés dans toutes les institutions financières analysées. Voir “Asset Quality Misrepresentation by Financial Intermediaries : Evidence from RMBS Market”, disponible sur : http://papers.ssrn.com/sol3/papers....

|3| Voir “Banks to pay $8,5 billion to speed up housing relief”, disponible sur : http://dealbook.nytimes.com/2013/01...

|4| Voir OECD (2010) “The Impact of the Financial Crisis on Defined Benefit Plans and the Need for Counter-Cyclical Funding Regulations”, disponible sur : http://www.oecd.org/insurance/priva...

|5| Voir “Goldman Sachs Blankfein : Doing Gods work”, disponible sur : http://blogs.wsj.com/marketbeat/200...

|6| Voir “The Top 12 Reasons Why You Should Hate The Mortgage Settlement”, disponible sur : http://www.huffingtonpost.com/yves-...

|7| Voir “The Banks penalty to put robbosining behind them : 300 dollars per person”, disponible sur : http://www.zerohedge.com/news/2013-...

|8| Voir “Elizabeth Warren Savaged A Treasury Official During A Hearing On HSBC’s International Money Laundering Scandal” disponible sur : http://www.businessinsider.com/eliz...

|9| Voir “Gangster Bankers : Too Big to Jail”, disponible sur : http://www.rollingstone.com/politic...

|10| Voir “Everything is rigged : The biggest price fixing scandal ever”, disponible sur : http://www.rollingstone.com/politic...

|11| Voir “Judge dismisses antitrust claims in LIBOR suits” disponible sur : http://online.wsj.com/article/SB100...

Daniel Munevar, économiste, est membre du CADTM Colombie et du Réseau CADTM AYNA.

 

 

 

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20 septembre 2013 5 20 /09 /septembre /2013 21:16

 

 

lesmoutonsenrages.fr

828 scientifiques renommés demandent la fin des expérimentations d’OGM de Monsanto !

20 septembre, 2013 Posté par Benji

 


 

Les nouvelles sont encourageantes, les gens commencent à voir les dangers que représentent les manipulations de Monsanto et se mobilisent vraiment pour les arrêter !

Nous ne voulons plus être des rats !
Avez-vous entendu parler des 828 scientifiques éminents qui se sont réunis et ont exigé l’arrêt de la production de cultures et de produits génétiquement modifiés ? 

Les scientifiques  qui ont appelé les puissances mondiales à réévaluer l’avenir de l’agriculture et de rechercher la durabilité plutôt que les profits des entreprises ?  

Ne soyez pas surpris si vous n’en avez pas entendu parlé dans les médias traditionnels !

Plus de huit cents scientifiques font celle demande.
Cela fait une décennie qu’ils mettent à jour cette pétition au fil des ans, en ajoutant de nouvelles signatures.
Toujours est-il que toutes les puissances mondiales ont toujours ignoré leurs appels.

L’Institut de la Science dans la société est un groupe à but non lucratif de scientifiques du monde entier, qui se consacre à mettre un terme à ce qu’ils appellent l’expérience de « dangereux OGM ». Dans leur lettre ouverte sur le monde, ils ont mis en évidence pourquoi les gouvernements doivent cesser de cultures génétiquement modifiées maintenant - avant qu’il n’y ait des effets irréversibles sur la santé de la population et la santé de la terre en général.

 

 
La lettre O du Monde scientifique appelle à tous les gouvernements  à « la suspension immédiate de toutes les pollutions dans l’environnement par des cultures et des produits OGM, commercialement et dans des essais de plein champ, pour au moins 5 ans. »
Ils veulent également que les brevets sur les organismes, les lignées cellulaires et les organismes vivants soient annulés et interdits.
Ces brevets (une sorte de version d’entreprise de « jouer à Dieu ») entraînent une menace sur la sécurité alimentaire, font de la biopiraterie sur les connaissances indigènes et les ressources génétiques, violent les droits fondamentaux de l’homme et la dignité, compromettent la santé, entravent la recherche médicale et scientifique et détruisent le bien-être des animaux.
C’est une mauvaise nouvelle pour Monsanto que suite à la décision récente de la Cour suprême, ils ont un « droit » sur la vie du brevet.
 
Les scientifiques s’expriment et s’opposent :
Au début, après sa première version en 1999, cette pétition a eu un peu plus de 300 signatures.
Depuis lors, elle s’est développée de manière significative.
A la rédaction de cet article, le document comporte 828 signatures représentant 84 pays différents.
Monsanto et la FDA disent qu’on a rien à craindre des OGM car il y a des protocoles sécurisés pour l’avenir de l’agriculture, mais un nombre croissant de scientifiques éminents semblent être en désaccord.
Alors, qui est prêt à les entendre ?
La pétition a été présenté à de nombreux gouvernements et organismes, y compris la Commission des Nations Unies sur le développement durable, la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique, l’Organisation mondiale du commerce, et oui, même le Congrès américain.
Cette pétition est partagée sur de nombreux sites, mais cela ne semble pas devoir faire bouger les choses !
Nous devons continuer et persévérer à transmettre ce genre d’information.
Nous devons rechercher les médias qui sont disposés à parler de cette pétition, parce que nous n’allons pas en entendre parler sur les infos du soir ou par une agence gouvernementale.
Non, le gouvernement américain veut que vous ayez peur du terrorisme et la criminalité, par exemple, mais ils ne veulent certainement pas que vous ayez des doutes sur la nourriture qu’ils mettent sur votre table, ou des OGM qu’ils financent avec vos impôts.

 
Source : http://2012thebigpicture.wordpress.com/ 

Traduction : Filibert
Reproduction autorisée en indiquant nos coordonnées
Le Grand Changement :            http://changera.blogspot.fr/


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20 septembre 2013 5 20 /09 /septembre /2013 18:25

 

mediapart.fr

 

Pourquoi l'Allemagne a pris les manettes du Parlement européen

|  Par Ludovic Lamant

 

 

 

En plus de positions clés dans les institutions européennes, les Allemands occupent presque tous les postes importants à Strasbourg. Une nouvelle manifestation de l'« Europe allemande » ? Leur suprématie s'explique aussi par la défection d'autres élus, à commencer… par les Français.

 

Qu'ont en commun Werner Hoyer, le patron de la Banque européenne d'investissement (BEI) depuis janvier 2012, et Klaus Regling, à la tête du Mécanisme européen de stabilité (MES), ce fonds d'aide censé éviter la faillite aux pays en crise de la zone euro ? Ils sont allemands. Tout comme Horst Reichenbach, qui dirige, depuis novembre 2011 à Bruxelles, la « task force » de la commission pour la Grèce, cette équipe d'experts censée superviser les réformes en cours à Athènes.

Si José Manuel Barroso, le patron de la commission, est portugais, son directeur de cabinet, lui, est un autre Allemand : Johannes Laitenberger. Et du côté du conseil de l'Union européenne, présidé par le Belge Herman Van Rompuy, c'est un diplomate allemand, Uwe Corsepius, qui occupe depuis juin 2011 le poste de secrétaire général – c'est-à-dire qu'il chapeaute l'ensemble de l'administration de l'institution.

À cette liste déjà fournie s'ajoute le nom de Thomas Mirow, qui fut, pendant quatre ans, le patron de la Banque européen pour la reconstruction et le développement (BERD), remplacé en juillet 2012 par un Britannique. Faut-il voir dans cette armada de hauts fonctionnaires allemands, tous placés à des postes clés de la gestion de la crise de la zone euro, une preuve supplémentaire de cette « Europe allemande » décriée par certains ?

Une plongée dans les arcanes du parlement européen permet d'affiner l'analyse. Au plus fort de la crise financière, l'institution a eu du mal à faire entendre sa voix à Bruxelles. Mais ses compétences, en matière d'environnement, de santé ou encore de budget, se sont élargies depuis l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne en 2009. Comme tant d'autres lieux stratégiques de la capitale belge, ce parlement s'est-il lui aussi mis à fonctionner à l'allemande ? Les Allemands sont-ils parvenus à faire main basse sur la seule institution européenne démocratiquement élue ?

À première vue, la réponse – affirmative – ne fait aucun doute. L'assemblée est aujourd'hui tenue par un trio d'hommes forts, tous originaires d'Allemagne. À commencer par son président depuis janvier 2012, le socialiste et hyper-actif Martin Schulz, qui ne cache pas son ambition de présider, un jour, la commission européenne. Schulz est le quatrième président allemand du parlement depuis 1979, année des premières élections au suffrage universel (contre trois présidents pour la France, et autant pour l'Espagne).

 

Le président du parlement européen Martin Schulz © PE. 
Le président du parlement européen Martin Schulz © PE.


Moins connu du grand public, Klaus Welle, proche de l'ex-président du parlement Hans-Gert Pöttering (CDU, droite), est le secrétaire général du parlement européen depuis 2009. À ce titre, « der Generalsekretär » a la main haute sur les procédures internes et l'organisation des séances plénières. Il reste à citer Klaus-Heiner Lehne, un député de la CDU d'Angela Merkel, qui non seulement dirige la commission des affaires juridiques, mais surtout préside la « conférence des présidents de commission » : c'est lui qui, pour le dire vite, supervise l'avancée des travaux des vingt commissions thématiques de l'institution…

« C'est un pur hasard que Schulz et Welle se trouvent à ces postes-là au même moment », relativise Alain Lamassoure, un eurodéputé français du PPE (droite, majoritaire), qui en est à son quatrième mandat. « Avant Schulz, c'était un Polonais (Jerzy Buzek, ndlr) qui a été aux commandes pendant deux ans et demi », nuance de son côté Rebecca Harms, la co-présidente – allemande – du groupe des Verts au parlement.

Mais l'influence allemande à Strasbourg ne se résume pas au trio Schulz-Welle-Lehne. Chaque eurodéputé travaille, dans le cadre de son mandat, dans l'une – au moins – des commissions du parlement, où s'écrivent les textes qui seront ensuite présentés en séance plénière, et où s'effectue, pour le dire vite, l'essentiel des arbitrages politiques.
 
Or, sur les vingt commissions thématiques du parlement (économie, agriculture, emploi, etc.), pas moins de cinq sont présidées par des Allemands (contre trois pour les Français). Et pas n'importe lesquelles : ce sont souvent celles qui ont les compétences les plus vastes. C'est par exemple le cas de la commission du contrôle budgétaire (dirigée par le libéral Michael Theurer), ou encore de la commission s'occupant des questions de santé, d'environnement et de sécurité alimentaire (encadrée par le socialiste Matthias Groote).

Défection française

Comment expliquer cette suprématie ? D'abord par une évidence : l'Allemagne est l'État membre le plus peuplé, il est donc logique qu'elle envoie le plus grand nombre d'élus à Strasbourg (99 sur 766, contre 74 pour les Français). Surtout, à la différence d'autres « grands » pays de l'UE, « leurs élus sont principalement répartis entre les deux grandes formations du parlement, ce qui leur permet de peser davantage », observe Sylvie Goulard, une eurodéputée française du groupe libéral.

Les deux tiers des élus allemands (65) figurent en effet soit dans le groupe du parti populaire européen (PPE), soit dans celui des socialistes et démocrates (S&D). Une concentration qui leur permet, grâce au système d'Hondt en vigueur au parlement pour répartir les postes, de s'assurer à coup sûr certaines des places les plus stratégiques.

Mais les effets mécaniques de la proportionnelle n'expliquent pas tout. Il existe aussi des raisons nettement plus subjectives qui, en creux, accablent le bilan des élus français. « Je ne veux pas dire que le système allemand de recrutement est meilleur, mais il est différent », avance Andreas Schwab, un eurodéputé de la CDU. « Nous respectons le mandat unique. Nous avons aussi, lorsque nous entrons au parlement européen, une stratégie de long terme. Ce qui est possible parce qu'il y a une relative stabilité du vote allemand lors des européennes. »

« Les listes européennes sont constituées au niveau des Länder, et l'on envoie en règle générale des spécialistes de l'Europe, qui ne sont pas forcément connus au niveau national. Angela Merkel, par exemple, n'a pas son mot à dire sur la composition de la liste de la CDU pour les européennes », poursuit Schwab. Entre les lignes, l'élu griffe une partie des eurodéputés français – ex-ministres recasés à Strasbourg (Rachida Dati, Brice Hortefeux…), candidats défaits aux législatives ou municipales en quête de poste rémunéré, seconds et troisièmes couteaux de la politique nationale pas toujours très compétents…

L'eurodéputée Rebecca Harms partage ce constat lorsqu'elle résume : « Les Allemands produisent beaucoup, tandis que les Français sont très souvent à Paris. » Sylvie Goulard renchérit de manière plus directe : « J'en ai assez de ce discours sur l'hégémonie allemande… Il y a la présence des Allemands, certes, mais il y a surtout la défection des autres ! En France, des partis envoient des gens qui ne sont pas toujours mobilisés, ou faits pour le job », juge-t-elle.

Dans un bref essai qu'elle vient de publier (Europe : amour ou chambre à part ?, Flammarion), Sylvie Goulard va jusqu'à qualifier le parlement de, parfois, « poubelle des élections nationales » : « (La France) a envoyé quelques personnalités dépourvues de compétences européennes, ne démontrant pas un grand intérêt pour ces questions. Peu assidues, elles n’occupent pas les fonctions de président de Commission ou de coordinateur, elles ne se voient pas confier de rapports importants », écrit-elle.

Si l'on en croit ce graphique réalisé par l'association Votewatch, qui compile les taux de présence des députés par pays depuis le début du mandat en 2009, l'Allemagne accroche une neuvième place, devancée par de petits États comme l'Estonie ou le Luxembourg, quand la France, l'Italie ou la Grande-Bretagne figurent en queue de peloton.

 

Autre élément qui joue en faveur des Allemands : nombre d'entre eux sont des experts en compromis, habitués aux intenses tractations entre groupes politiques qui rythment la mécanique du parlement européen. Ces méthodes ne sont pas sans rappeler la culture politique à l'œuvre en Allemagne, où les compromis entre l'échelon fédéral et les régions sont réguliers, et les alliances temporaires entre partis rivaux fréquentes. Les élus français, eux, mettent du temps à trouver leurs marques dans cet univers, quand ils n'y sont pas totalement allergiques.

Pour Alain Lamassoure, l'affaire va plus loin : c'est tout le règlement intérieur du parlement qui s'inspire d'un certain savoir-faire allemand, avec ses prises de parole hyper-codifiées (et extrêmement courtes) et l'organisation méticuleuse des séances plénières. « L'obstruction, qui existe dans tous les parlements du monde, est absente du parlement européen. Quoi qu'on pense des politiques votées par ce parlement, je suis impressionné par l'efficacité de la machine parlementaire à produire des décisions. Cela, nous le devons aux Allemands », estime-t-il.

À quelques mois des élections européennes, en mai 2014, rien n'indique que Paris ait décidé d'inverser la tendance, et de reprendre la main sur une institution où les Français sont à la peine.

 

 

 

 

 

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