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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 17:47

 

america-latina.blog.lemonde.fr

 

Cuba censure le musicien Roberto Carcassés après une improvisation politique au cours d’un concert

 

 

 

Chef du groupe de "jazz fusion" Interactivo, le Cubain Roberto Carcassés, 41 ans, a été interdit de se produire en public par les autorités de La Havane, lors d’une réunion à l’Institut cubain de la musique. Cette interdiction frappe en fait l’ensemble du groupe, privé de son pianiste et chanteur.

 

 

La censure sanctionne une improvisation de "Robertico" Carcassés, au cours d’un concert de solidarité avec les agents secrets cubains emprisonnés aux Etats-Unis depuis quinze ans pour espionnage – ceux que la propagande officielle de Cuba appelle "les cinq héros" (même s’ils ne sont plus que quatre).

Le concert a eu lieu, le 12 septembre, sur la  "tribune anti-impérialiste", placée devant le siège de l’ancienne ambassade américaine à La Havane, devenue la "section" qui veille aux intérêts des Etats-Unis. C’est un emplacement bien connu des Cubains, qui font la queue pour demander un visa et des touristes qui fréquentent l’hôtel Nacional, tout près.

A un moment donné, Robertico Carcassés quitte le piano et s’approche du micro. Le public accompagne la chanson interprétée avec le refrain "Je veux, souviens-toi que je veux toujours". Le chanteur lance : "Nous voulons le retour de nos frères et beaucoup de choses encore." Puis Carcassés enchaîne un autre souhait : "Libre accès à l’information, pour avoir ma propre opinion." Le régime détient le monopole sur les médias et limite l’accès à Internet.

Ensuite, le chanteur ajoute : "Je veux élire le président par vote direct et non pas par une autre voie." Fidel Castro et son frère Raul Castro n'ont pas été élus au suffrage universel, lors d'un scrutin ouvert à plusieurs candidats et concurrentiel, mais par l’Assemblée nationale, elle-même issue d’une élection où les candidatures sont choisies par le Parti communiste de Cuba (parti unique).

Enfin, Robertico Carcassés conclut :  "Ni militants, ni dissidents, les Cubains ont tous les mêmes droits, la fin du blocus et de l’auto-blocus." Le musicien demande ainsi la levée de l’embargo des Etats-Unis, mais aussi la fin du verrouillage des réformes politiques par le régime de La Havane.

 

 

Le concert était retransmis en direct par la télévision cubaine. La régie n’a pas eu le temps de réagir. La séquence a donc été entendue et comprise par les téléspectateurs. D’autant plus facilement qu’elle rejoint les aspirations de nombreux Cubains. Qui n’ont tout de même pas l’habitude d’écouter des propos pareils énoncés en public par une personnalité.

"Je veux, souviens-toi que je veux toujours", répétait le refrain de la chanson, repris par les présents. Les caméras n’ont pas montré la réaction des spectateurs aux souhaits de Robertico. Mais dès le lendemain, la machine répressive s’est mise en branle. Convocation du groupe à l’Institut cubain de la musique, le 13 septembre. Dans la "novlangue" des officiels cubains, on ne dit pas interdiction ni même suspension, on décrète la "séparation" du secteur musical de Roberto Carcassés, pour un temps indéfini.

C’est la page Facebook d’Interactivo qui a annoncé la sanction, le 14 septembre. Les concerts prévus au café jazz Miramar et au café-théâtre Bertold-Brecht, à La Havane, ont été annulés. Mais le buzz sur Internet n’est pas près de s’arrêter.

 

 

 

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 17:31

 

lavoixdunord.fr

 

 

Grèce: au moins 17 000 fonctionnaires manifestent contre mutations et licenciements

 

Publié le 16/09/2013

Par La Voix du Nord

 


 

Au moins 17 000 enseignants et fonctionnaires des caisses de retraite ont cessé le travail et manifesté ce lundi à Athènes et Salonique, premier jour d’une série de grèves contre un plan de mutations et de licenciements dans le secteur public.

 

 Ces manifestations ont donné le coup d’envoi d’une série de grèves. PHOTO AFP AFP

 

Environ 7 000 personnes se sont rassemblées à la mi-journée dans le centre de la capitale pour dénoncer les politiques du gouvernement, dictées par l’Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI) et visant à la réduction de personnels dans les établissements d’enseignement et les administrations pour réduire la dépense publique. À Thessalonique, deuxième ville du pays située dans le nord, ils étaient environ 10 000 dans la rue.

« Non à la politique gouvernementale, de l’UE et du FMI », « École publique gratuite. Aucun enseignant, aucun élève n’est en trop », proclamaient les banderoles du grand syndicat des professeurs du secondaire, Olme, en tête de la manifestation d’Athènes.

Les centres-villes d’Athènes et de Salonique ont été fermés à la circulation pendant plusieurs heures tandis que les manifestants étaient canalisés par d’importantes forces de police antiémeute. Quelques incidents ont éclaté en début de matinée devant le ministère de la Réforme administrative, accompagnés de jets de grenades lacrymogènes.

Semaine de grèves

Ces manifestations de lundi ont donné le coup d’envoi d’une série de grèves de cinq jours, reconductibles, appelées par les syndicats des caisses de retraites et l’Olme, qui entraîne notamment la fermeture de collèges et de lycées. La grande centrale du public Adedy a appelé à une grève de 48 heures à partir de mercredi, pour protester contre le vaste plan de réorganisation auquel le gouvernement met la dernière main avant une visite imminente de la troïka des créanciers, Union européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international. Selon ce plan plusieurs milliers de fonctionnaires, notamment des enseignants et gardiens d’école, sont entrés dans un mécanisme de disponibilité depuis juillet.

Ces employés cessent d’occuper leurs fonctions en attendant d’être mutés dans un autre service. Pendant les huit mois de cette disponibilité, ils sont payés 75 % de leur salaire.

Les mises en disponibilité doivent atteindre 12.500 avant la fin du mois et 25.000 d’ici la fin de l’année pour remplir les objectifs que la troïka a assignés à la Grèce en vue de la poursuite des prêts au pays endetté.

 

 

 

 

 

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 17:18

 

 

Le Monde.fr

 16.09.2013 à 17h15 • Mis à jour le 16.09.2013 à 17h23

 

 

 

Le puissant typhon Man-yi a traversé lundi le Japon du sud-ouest au nord-est, déversant des pluies "sans précédent" sur plusieurs régions, placées "sous alerte spéciale". De l'eau accumulée à la centrale de Fukushima s'est déversée dans l'océan.

 

 

 

Ce typhon, le 18e de la saison en Asie, a déjà fait plus d'une centaine de blessés et au moins deux morts. Il a abordé lundi l'île principale de Honshu via la préfecture d'Aichi (centre-sud) à 7 h 40, heure locale (dimanche à 22 h 40 GMT), avant de traverser la région de Tokyo, puis de se diriger vers l'océan Pacifique à l'est via la province de Fukushima, a annoncé l'Agence de météorologie.

 

Il a véhiculé de très fortes rafales de vent (jusqu'à 160 km/h) et des pluies qualifiées en certaines endroits de "terribles" dans un large périmètre

 

Des "alertes spéciales" de niveau maximal ont été émises pour la première fois par l'Agence de météorologie dans plusieurs régions – dont l'ex-capitale impériale, Kyoto, à l'ouest –, à cause de précipitations jamais vues.

 

En fin d'après-midi, on déplorait deux morts, quatre disparus et au moins 127 blessés, selon la chaîne de télévision NHK.

 

 

 

 

 

 

Des trombes d'eau se sont aussi abattues sur la région de Fukushima, où se trouve la centrale ravagée par le tsunami du 11 mars 2011, et de ce fait très vulnérable. Ces précipitations exceptionnelles ont obligé la compagnie exploitante, Tokyo Electric Power (Tepco), à prendre des dispositions particulières.

Crédits : AP/Shizuo Kambayashi

 

 

 

 

 

Elle avait dès dimanche renforcé les fixations des équipements cruciaux, comme les conduites d'eau pour le refroidissement des réacteurs ou les pompes. Les grues ont aussi été arrimées et les patrouilles de surveillance renforcées.


Tepco a été forcée d'appliquer des "mesures d'urgence" consistant à évacuer vers l'océan Pacifique voisin l'eau de pluie qui s'était accumulée dans les zones protégées par un muret où sont installés des réservoirs de liquide radioactif. Ces relâchements ont été réalisés après avoir vérifié que la teneur en strontium 90 de cette eau un temps en contact avec le sol contaminé ne dépassait pas 30 becquerels par litre, a assuré Tepco.

 

 

 

 

Dans certains réservoirs, le niveau de rayonnements bêta de l'eau accumulée était si élevé (jusqu'à 170 000 becquerels par litre) que Tepco n'a pu la laisser sortir et a dû installer des pompes provisoires afin de la transvaser dans des citernes. Les pluies risquent en outre d'augmenter d'autant les quantités déjà très importantes d'eau radioactive qui se sont infiltrées dans les sous-sols du complexe atomique en péril.

Crédits : AP/Shizuo Kambayashi

 

 

 

Les groupes de transport aérien et ferroviaire ont quant à eux annoncé une réduction de leurs services. Quelque 500 vols devaient être annulés au total lundi, notamment au départ de Tokyo, et les liaisons par trains, dont une partie des lignes à grande vitesse, ont été réduites. Comme ce lundi est un jour férié, de graves conséquences aux heures habituelles de pointe ont, semble-t-il, été évitées.

 

Avant lundi, le Japon avait cette année été relativement épargné par les typhons, mais de fortes pluies avaient déjà causé de nombreux dégâts en août dans l'Ouest, tandis que l'Est a connu une chaleur sèche aussi torride qu'exceptionnelle qui a fait au moins 350 morts (des personnes âgées).

 

 

 

 

 

 

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 17:00

 

 

Le Monde.fr avec AFP

16.09.2013 à 16h41

 
 

 

Syndicats, patronat et opposition sont unanimes à réclamer davantage de souplesse pour les comptes.

 

Alors que l'austérité fait l'objet de critiques de plus en plus dures et menace la cohésion politique, la troïka des créanciers du Portugal (UE, FMI, BCE) a commencé lundi 16 septembre à étudier à la loupe le programme de rigueur du pays sous perfusion financière.

Le vice-premier ministre, Paulo Portas, compte à cette occasion demander à la troïka de revoir sa copie et de porter l'objectif de déficit de 4 % à 4,5 % du PIB en 2014. Mais les créanciers, qui doivent se prononcer sur le déblocage d'une nouvelle tranche de crédit de 5,5 milliards d'euros, semblent peu enclins à faire un geste. Le débat sur l'excès d'austérité, et la mise sous tutelle financière liée à l'octroi d'un plan de sauvetage de 78 milliards d'euros en mai 2011, domine la campagne pour les élections municipales qui auront lieu le 29 septembre.
 

"C'est vexant et humiliant pour une nation vieille de neuf siècles de devoir dépendre de ceux qui lui prêtent de l'argent quand elle est au bord du précipice", a lancé dimanche lors d'une réunion électorale M. Portas. "Dans ma vie, j'ai déjà vu trois fois le FMI au Portugal. J'espère que cette fois-ci aura été la dernière fois que le Portugal a dû céder une partie de sa souveraineté à des tiers", a-t-il déclaré.

Syndicats, patronat et opposition sont unanimes à réclamer davantage de souplesse pour les comptes. "Le Portugal s'en sortira seulement s'il obtient plus de temps pour équilibrer ses comptes publics. Il faut dire cela à la troïka", a insisté Antonio José Seguro, secrétaire général du Parti socialiste, principale formation de l'opposition.
 

"Les politiques d'austérité ont creusé le déficit et généré plus de dette, plus d'inégalités, plus de pauvreté. Il y a des gens qui ont faim. Il faut revoir le mémorandum", a réclamé Arménio Carlos, secrétaire général de la CTPP, principale confédération syndicale du pays, proche du Parti communiste. "Il faudra qu'on nous explique comment on va pouvoir passer d'un déficit de 5,5 % en 2013 à un déficit de 4 % en 2014. Jamais on n'a assisté à une aussi forte réduction", a renchéri le chef du patronat portugais, Antonio Saraiva.

Syndicats et patronat s'exprimaient lundi à l'occasion d'une réunion avec M. Portas consacrée aux négociations avec les créanciers. Mardi, ce sera au tour de la troïka de prendre le pouls des partenaires sociaux lors d'une réunion prévue au Conseil économique et social de Lisbonne.

 

 TENSION SUR LES TAUX

L'arrivée lundi, dans la plus grande discrétion, des experts de la troïka coïncide avec des taux d'emprunt portugais très élevés sur le marché de la dette, qui frôlent les 7,4 % pour l'échéance à dix ans, s'approchant du niveau atteint lors de la crise politique en juillet.

Récemment promu au poste de numéro 2 du gouvernement, M. Portas avait contribué à provoquer la crise en juillet en démissionnant de son poste de ministre des affaires étrangères pour marquer son désaccord avec l'excès d'austérité défendu selon lui par le gouvernement.

Aux côtés de la nouvelle ministre des finances, Maria Luis Albuquerque, M. Portas, chef du petit parti populiste CDS-PP, membre de la coalition gouvernementale de centre droit dirigée par le premier ministre, Pedro Passos Coelho, sera désormais le principal interlocuteur de la troïka.

 

Lire aussi : "Le Portugal entrevoit une fragile sortie de crise"

 


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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 16:53

 

decodeurs.blog.lemonde.fr

  Hollande sur TF1 : trois petits arrangements avec la vérité

 

 

 

 

François Hollande était interrogé, dimanche 15 septembre, sur TF1 ; une première interview télévisée depuis le 14 juillet. Lors de celle-ci, il n'y eut que peu d'annonces, mais beaucoup de"pédagogie" sur les chantiers mis en œuvre depuis son élection, proférant au passages quelques imprécisions et petits arrangements avec la vérité. Les Décodeurs ont choisi de revenir sur trois d'entre eux.

 

>> Lire la synthèse : Fiscalité, Syrie... François Hollande a voulu rassurer et s'expliquer

>> Lire l'analyse : François Hollande, général assiégé


  • François Hollande a oublié qu'il avait fait campagne contre une hausse de la TVA

Ce qu’il a dit : "La TVA avait été portée par François Fillon à 21,2 %. On l'a annulée. On l'a reportée au 1er janvier 2014 et relevée à 20%. C'est moins que le gouvernement précédent. Il n'empêche que c'est beaucoup."

Pourquoi c’est oublier rapidement le passé : Ce que dit le président de la République est exact : la précédente majorité avait fait voter, en fin de mandat, une TVA dite antidélocalisation ou encore TVA sociale afin de dégager une marge de manœuvre pour baisser le coût du travail.

Le taux normal de TVA, qui s’applique à la plupart des produits et services –  exceptés les produits de premières nécessité ainsi que certains secteurs – avait ainsi été porté à 21.2 %. Il devait être appliqué à l’automne 2012.

Le candidat Hollande et la gauche à l’unisson avait fait de cette hausse de la TVA un axe fort de la campagne arguant que c’était un impôt injuste puisque payé par tous, sans distinction de revenus.  "Si demain je suis appelé aux responsabilités alors que cette augmentation de la TVA est adoptée, je demanderai qu'elle soit annulée", avait-il promis, lors d’un discours prononcé le 30 janvier 2012 à Brest.

En arrivant aux responsabilités, les parlementaires socialistes ont voté la fin de cette TVA anti délocalisation, version Sarkozy.

Mais la majorité, confrontée aux déficits et à la nécessité de financer ses réformes, est revenues sur la question. Et elle a choisi ce même levier pour financer, en partie, le pacte de compétitivité, qui doit permettre de diminuer de 20 milliards d'euros les cotisations payées par les entreprises. La hausse est certes moindre que celle initialement prévue, comme l’a rappelé le chef de l’Etat lors de son allocution, mais en augmentant la TVA à 20 %, la majorité socialiste utilise un levier qu’elle conspuait jadis. Ce n’est pas qu’une "baisse" c'est aussi un renoncement à une promesse de campagne.

>> Lire : TVA de droite, TVA de gauche : le jeu des différences selon Hollande


  • Quand François Hollande "annule une augmentation"... Pour la remplacer par une autre

Ce qu’il a dit : "J'ai annulé l'augmentation de la CSG qui était annoncée, la presse s'en faisait écho."

Pourquoi c’est exagéré : François Hollande a cherché, tout au long de son entretien, à répondre à la grogne populaire face à la montée des impôts et taxes. Quitte à parfois tomber dans l’exagération. Ici, il a cherché à rassurer, en expliquant qu’il avait "annulé" une hausse annoncée de la contribution sociale généralisée (CSG).

La presse s’en "faisait-elle l'écho" ? En réalité, la presse avait surtout relaté que le gouvernement réfléchissait à une augmentation de cette taxe, prélévée depuis 1990 sur quasiment tous les types de revenus... pour financer les retraites. L’hypothèse a été évoquée, notamment par Le Monde au mois de juillet.

Le chef de l’Etat n’a donc pas tort : il a bien, selon ses dires en tous cas, refusé de céder sur un financement des retraites via une hausse de CSG. Mais il oublie de préciser qu’il a bien fallu financer les retraites ailleurs. Le gouvernement et François Hollande ont choisi de faire reposer ce financement avant tout sur les actifs, avec une hausse de 0,3 point des cotisations vieillesse d’ici 2017 ; hausse qui serait compensée au niveau des entreprises par des baisses de fiscalité.

On peut donc dire que M. Hollande a épargné une hausse de CSG aux Français, mais pas une hausse de taxes. Et il faut rappeler également que la question centrale de la "piste CSG" était celle d’une taxation accrue des retraités aisés, que M. Hollande a repoussé en partie.

Par ailleurs, comme l'indiquait le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger "les recettes de la CSG doivent être attribuées en priorité à la santé et à la perte d'autonomie". En n'augmentant pas cette contribution pour financer les retraites, l'exécutif se laisse une marge de manœuvre pour financement de la dépendance qui sera un gros chantier du quinquennat.

 

  •  Rénovation thermique : une mesure nouvelle… qui existe déjà

Ce qu’il a dit : "Très prochainement sera mis en place un crédit d’impôt pour la rénovation thermique."

Pourquoi c’est une fausse annonce : Ce "crédit d’impôt rénovation thermique" est l’une des rares annonces de l’interview présidentielle. Et en réalité, ce n’en est pas vraiment une... En effet, il existe déjà une panoplie assez complexe de dispositifs fiscaux incitant les particuliers à effectuer des travaux en ce sens.

Premier dispositif existant, le crédit d’impot développement durable (CIDD), mis en place dans la foulée du Grenelle de l’environnement, permet déjà d’obtenir des réductions, voire du crédit d’impôt pour les particuliers qui investissent soit dans des travaux d’isolation, soit dans des économies d’énergie ou des énergies alternatives (chauffe-eau solaire), soit.. dans la mise en place d’une chaudière plus écologique. Le CIDD doit normalement se terminer en 2015, mais le gouvernement pourrait le prolonger ou le fondre dans un autre dispositif.

Le CIDD n’est pas la seule manière d’etre aidé pour remplacer son système de chauffage par un dispositif plus "vert". Il est possible, sous condition de revenu, de souscrire à un "éco-pret à taux zéro", qui permet de financer des travaux de rénovation thermique. On peut également, pour ce type de travaux, bénéficier d’une TVA réduite, ou d’une aide locale dans certaines communes… Au total, l’Agence nationale de l’habitat recense pas moins de neuf aides à la rénovation thermique selon les publics. L’annonce de M. Hollande n’en est donc pas vraiment une.

 

Jonathan Parienté et Samuel Laurent

 

 


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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 16:46

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 16.09.2013 à 17h58 • Mis à jour le 16.09.2013 à 17h59

 

  Patrick Le Lay condamné pour abus de CDD

 

 

L'ancien PDG de TF1, Patrick Le Lay.

 

Pour la première fois, lundi 16 septembre, un patron de l'audiovisuel français a été reconnu coupable à titre personnel de recours abusif à des contrats à durée déterminée.

La cour d'appel de Versailles a confirmé le jugement en première instance condamnant Patrick Le Lay, ancien PDG de TF1, pour avoir utilisé ce type de contrat de mai 2002 à mars 2003 au sein de la chaîne. Il devra verser 3 500 euros d'amende et 5 000 euros de dommages et intérêts au Syndicat national de radiodiffusion et de télévision (SNRT-CGT), partie civile dans le dossier.

 

 "RESPONSABILITÉ PERSONNELLE"

Cette condamnation correspond au cas des cinq intermittents du spectacle mis en lumière par le syndicat, à savoir une maquilleuse, un documentaliste, une opératrice synthétiseur, un chef opérateur son et un assistant de plateau. Ces personnes avaient cumulé de cinq à dix-neuf ans d'ancienneté, dont plusieurs de CDD, selon le syndicat.

"Aujourd'hui, on ne peut plus commettre impunément des infractions. Les directions des médias et de l'audiovisuel mettent en jeu leur responsabilité personnelle. Cela va considérablement modifier le paysage social dans l'entreprise", s'est félicité l'avocat du syndicat, Oury Attia.

Contactée, la direction de TF1 n'a pas souhaité faire de commentaire.

 

 

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 16:39

 

 

LE MONDE.fr

16.09.2013 à 11h20 • Mis à jour le 16.09.2013 à 17h49 | Claire Gatinois

 

 

 En Basse-Saxe, la "ceinture de graisse" du pays prospère grâce à des salaires de misère

 

 
Les raisons qui ont poussées Stefan Petrut et sa femme à quitter la Roumanie pour venir travailler en Allemagne sont simples. "L'argent".

Les raisons qui ont poussées Stefan Petrut à quitter la Roumanie pour venir travailler en Allemagne sont simples. "L'argent". L'homme épais, à la figure bonhomme, qui ne laisse rien transparaître de trente ans de travail à la chaîne à découper les viandes dans les abattoirs, ne s'en cache pas. L'argent lui manquait tellement à Buzau, sa ville natale à 100 kilomètres de Bucarest.

Alors, en 2008, quand son ami Nicolaï, lui a parlé de ce travail d'équarrisseur en Basse-Saxe, à Essen-Oldenburg payé 1 600 euros par mois. "J'ai dit oui. J'arrive". Quelques jours plus tard, Stefan, quarante-six ans à l'époque, laisse sur place un fils déjà grand mais emmène sa femme, Luminata, couturière. Elle lâche ses travaux d'aiguilles pour se convertir à la découpe de bestiaux. De 16 heures à deux heures du matin, pauses comprises. L'affaire est trop belle. Au début, tout va bien. Si ce n'est cet appartement sommaire dans une maison de briques de Quakenbrück, à dix kilomètres de l'abattoir que Stefan et Luminata doivent partager avec deux autres couples. Une seule salle de bains. Une toilette pour tout le monde. Le tout pour 175 euros par personne et par mois payés "au patron". Celui-là même qui dirige l'abattoir.

Mais au bout de quelques mois, l'entreprise change le fonctionnement. Fini le salaire fixe, désormais Stefan et sa femme seront payés à la pièce : 1,31 centime (0,0131 euro) par cochon découpé pour lui, 0,98 centime pour elle. "Normalement, ça va, je suis un spécialiste", explique-t-il, fier. Solide et rompu à l'exercice, Stefan peut faire 700 bêtes par heure, donc, toucher un peu plus de 9 euros de l'heure. Mais Luminata ne tient pas la cadence. Pis au bout de quelques jours, les porcs n'arrivent plus. Danish Crown, un gros industriel de la viande qui achetait la pièces à l'abattoir de Stefan, veut changer de sous-traitant pour un autre, moins cher.

"Plus de cochons, plus d'argent", résume Stefan dans un français qu'il a appris à l'école. Sa femme et lui vivotent alors avec 500 euros mensuels. Puis, plus rien. L'abattoir fait faillite. Eux sont licenciés sans toucher les 5 000 euros et quelque qu'on leur doit encore.

 

 "NATIONALITÉS INVITÉES"

En Basse-Saxe, le cas de ces Roumains n'est qu'un exemple parmi d'autres de l'exploitation de la main-d'œuvre étrangère, peu au fait de ses droits, et souvent maintenue à dessein dans l'ignorance. Depuis un an, la presse locale se fait l'écho d'histoires plus ou moins sordides recensées dans "la ceinture de graisse" de l'Allemagne, championne européenne de l'exportation de viandes.

Got Ilie, le visage mat et l'air encore espiègle de ses 24 ans en témoignent. Arrivé en Allemagne en 2010, il a passé un an payé 5 euros de l'heure, sans sécurité sociale, et avant déduction des 70 euros à régler chaque mois à son employeur pour le logement : une chambre à partager avec cinq autres Roumains.

Au fil des ans, les nationalités "invitées" évoluent mais le scénario reste le même. Un salaire de misère qui frise parfois les deux à trois euros de l'heure et des conditions de logement indécentes. "Il y a quelques semaines, j'ai été alerté par un Espagnol employé dans une découpe de volailles qui n'avait pas reçu son salaire. J'ai découvert que lui et d'autres Espagnols vivaient à soixante-dix dans 180 mètres carrés dans un restaurant désaffecté", raconte Matthias Brümmer, responsable régional du syndicat de l'alimentaire NGG.

"Des Grecs, on n'en a pas encore vus. Mais l'industrie cherche et trouve toujours ce qu'elle veut là où la misère est la plus grande, dit-il, écœuré. Ces industriels se vantent de traiter correctement les animaux, mais eux traitent leurs salariés comme des bêtes !" M. Brümmer, un ancien des abattoirs, s'est rendu compte il y onze ans, grâce à un journaliste du Rheinische Post, que ces scènes dignes d'un roman de Zola existaient dans son propre pays, ce super modèle de l'Europe.

Interrogé sur de telles pratiques, Danish Crown explique que c'est le marché du travail allemand qui implique de tels niveaux de salaires. Quant aux sous-traitants, le groupe peut difficilement les contrôler, explique Jens Hansen, le porte-parole de l'entreprise danoise, ajoutant que le groupe, basé dans un pays réputé pour la générosité de son système social, ne rechigne pas à payer correctement ses propres salariés. Une stratégie d'évitement, certes, qui n'est toutefois pas éloignée de la réalité. Pour M. Brümmer, la réglementation du marché du travail allemand a permis ces dérives et l'émergence de ce qu'il appelle un "capitalisme de Manchester".

 

 PAS DE SALAIRE MINIMAL

Outre-Rhin, aucun salaire minimal n'est imposé dans la filière de la viande. En outre, sous le gouvernement de Gerhard Schröder (SPD) une clause a été introduite permettant à un employeur allemand de "louer" de la main d'œuvre à une entreprise étrangère, roumaine ou bulgare par exemple. Dans ce cadre, les employés sont soumis au droit du travail de leur pays d'origine, souvent moins disant.

En permettant aux industriels d'avoir recours à une main d'œuvre bon marché, la Basse-Saxe est devenue un aimant aux multinationales de la viande. Danish Crown, mais aussi le néerlandais Vion y sont représentés aux côtés des allemands Tonnies, Westfleisch, entre autres.

Résultat, dans cette région agricole, le chômage est au ras des pâquerettes (6,5 % en août selon l'agence pour l'emploi), et en dépit de l'automatisation du métier, l'industrie emploie encore 142 000 personnes, et plus de 200 000 en comptant ces travailleurs "loués", indique M. Brummer. "Aujourd'hui, si l'Allemagne arrête de produire de la viande, l'Europe fait famine !", plaisante-t-il.

Pour lui comme pour nombre d'Allemands, ce résultat n'a pourtant rien d'une réussite. "J'ai honte. Quand je voyage à l'étranger et qu'on m'interroge à ce sujet, je suis incapable de justifier cela", confie Alexander Herzog-Stein, spécialiste du marché de l'emploi à l'institut IMK, proche des syndicats.

Dans la région, aussi, on a honte. Depuis plus d'un an, à Vechta, une petite ville tranquille, le prêtre Peter Kessen mobilise les foules pour que cesse ce "dumpig social", dénoncé également par la France et la Belgique. Pour son action, le prêtre a reçu des menaces : une peau de lapin, déposée devant sa porte en novembre dernier.

C'est que le combat de ce religieux dérange. Son objectif est d'obliger l'instauration d'un salaire minimum à 8,50 euros de l'heure, pour tous. Une lutte à la frontière entre religion et politique : la mesure figure dans le programme du SPD, en lice face à la CDU d'Angela Merkel pour les élections législatives du 22 septembre."C'est notre responsabilité sociale", sourit-il. Et pour ceux qui redouteraient de voir alors la compétitivité de l'industrie s'effondrer, le prêtre a déjà fait les calculs. Avec ce niveau de salaire, le kilo de viande ne serait renchéri que de 5,7 centimes, dit-il. Reste que les entreprises pourraient déguerpir, à la recherche d'une main-d'œuvre meilleur marché. "Qu'ils s'en aillent !", lâche M. Brümmer.

Depuis quelques jours, la région a bon espoir de mettre fin à tout cela. A la suite d'une table ronde, mardi 10 septembre, les grands industriels se sont mis d'accord pour l'instauration d'un salaire minimum. Mais M. Brümmer se méfie. "Ce n'est pas la première fois qu'en période préélectorale on nous fait des promesses. Attendons le 23 septembre !".

Et puis après la viande viendra le combat pour les employés de l'hôtellerie, de la restauration et pour les garçons coiffeurs, dont les salaires, dit-on, ne dépassent pas 2 à 3 euros de l'heure...

Claire Gatinois
Journaliste au Monde

 

 


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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 15:47

 

blogs.rue89.com

Flora Zanichelli - Journaliste

Publié le 16/09/2013 à 16h22

 

 

 

 

Tous les matins, elle est là. Place Montecitorio, minuscule avec ses cheveux blancs et son grand sac en cuir. Annarella, à Rome, est une star. De 87 ans. Depuis plusieurs années, elle campe tous les jours devant la Chambre des députés italiens. Avec elle, une bande d’amis, tous à la retraite. Leur point commun : dire leurs quatre vérités aux politiques.

Il faut la voir, Annarella, courir derrière les parlementaires, les apostropher en romain, prendre la pause pour faire des photos avec les spectateurs de passage. Personne n’ose rien lui dire, à cette mamie frêle qui sourit en disant les pires gros mots.

Comme les journalistes qui attendent à la sortie du palazzo Chigi et qui l’appellent :

« Ao’ Annare’ ! Vie’ un po’ qua, dicce qualcosa ! » (Annare’ viens par ici, dis-nous quelque chose.)

Annarella, communiste, pose le poing levé

A 87 printemps donc, Annarella touche 215 euros de retraite par mois. Un montant ridicule qu’elle a obtenu parce que son mari était carabinier. Avant, Annarella vendait des fruits et légumes sur le marché d’Ostiense, un quartier du sud de Rome.

Elle est communiste : si vous lui demandez de faire une photo, elle prendra la pose le poing levé. Une histoire de famille : son père, quand elle était petite, la mettait sur le porte-bagage de son vélo. Et ils partaient à travers la campagne, assister à des meetings, à la tombée de la nuit.

Annarella connaît tous les journalistes, tous les carabiniers, tous les politiques. Dans son grand sac, elle sort une petite enveloppe avec à l’intérieur, glissées pêle-mêle, des photos qui la représentent avec le président de la République Giorgio Napolitano, avec la présidente de la caméra des députés, Laura Boldrini...

Annarella a deux animaux de compagnie : un petit chien qu’elle a appelé Brunetta, du nom d’un cacique du parti de Silvio Berlusconi, connu pour sa petite taille ; et une chatte qu’elle a baptisée Santanché, du nom de la pitonesse, l’amazone en chef, la plus ardente des pro Silvio Berlusconi.

Annarella n’aime pas Silvio Berlusconi, qu’elle qualifie de « sozzo » (infâme, pour être poli). Quand le Cavaliere a été condamné à quatre ans de prison pour fraude fiscale en août dernier, elle s’est préparée « una coda alla vaccinara », un délicieux plat de queue de bœuf accompagnée d’une sauce aux légumes, typique de la cuisine romaine. C’est peu dire que c’était fête !

Combien de têtes je ferais tomber ?

Annarella est un concentré de romanité (elle ne parle que le dialecte) avec ses apostrophes (elle vous appelle « disgraziata », vaurienne), ses grands gestes, son côté un peu ronchon.

« Ici tout le monde m’aime », sourit-elle, coincée entre deux gendarmes. Et c’est vrai qu’il y a une tendresse pour cette grand-mère de presque 90 printemps qui se sauve de chez elle tous les matins « sans que le chien [l]’aperçoive sinon il aboie », et qui vient crier sa rage sur la place publique. Même si aujourd’hui, c’est presque devenu un jeu. Un jeu mélancolique. Un fonds de vérité aussi, dans une Italie en pleine tempête politique.

« Combien de têtes je ferais tomber moi, si tu savais. A 87 ans, après tout, qu’est-ce que je risque ? ! »

 

 

 

 

 

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 14:42

 

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Les inégalités se creusent dangereusement

En ces jours de septembre, les études sur la pauvreté, confirmant sa progression, pleuvent comme à Gravelotte. Les inégalités s’accroissent irrémédiablement. C’est le moment que choisissent les Pinçon-Charlot pour publier La violence des riches.

 Les pauvres c’est maintenant

L’étude sur les niveaux de vie publiée par l’INSEE (1) le 13 septembre constate la progression des inégalités en France (le taux de pauvreté est monté en 2011 à 14,3 % de la population, soit son plus haut niveau depuis 1997). La ministre actuelle chargée de la lutte contre l’exclusion voit là « l’échec économique, social et moral des années Sarkozy ».

 

Sauf que la veille, le 12 septembre, l’Union nationale des centres communaux et intercommunaux d’action sociale (UNCASS) a annoncé que son dernier « baromètre » indiquait un « enkystement de la précarité » en constatant qu’en 2013 les demandes d’aide, présentées par les populations défavorisées dans ces centres rattachés aux communes, ont augmenté de 77 % (2).

 

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[Photo YF]

 

Parallèlement, les associations de défense des sans-abris et des mal-logés revendiquent une meilleure place dans le projet de loi Duflot sur le logement, en faveur de ces laissés pour compte (au moment même où l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale, l’ONPES, révèle que « l’âge moyen au décès de la population sans domicile est de 49 ans » (soit 30 ans de moins que la population générale)(3).

 

Louis Marin, le directeur de l’Observatoire des inégalités, de son côté, a publié un article le 10 septembre (4) dans lequel il montre comment le discours orchestré contre l’impôt (le fameux « ras le bol fiscal ») aboutit à une pause fiscale, qui profitera aux plus fortunés (« le bluff des plus aisés a marché »). La critique contre l’impôt et les dépenses publiques est biaisée : « les comparaisons internationales de prélèvements obligatoires n’ont aucun sens », car on compare « des services rendus totalement différents selon les pays » : « la France a choisi de répondre collectivement à certains besoins, pour garantir un accès universel ». L’impôt sur le revenu (en y incluant la CSG) ne représente en France que 7,3 % du PIB en 2010 (la France est en 14ème position pour les pays de l’OCDE, après l’Allemagne qui collecte davantage avec 8,8 % du PIB). Les ressources publiques viennent d’ailleurs, en particulier de la TVA, impôt injuste s’il en est.

 

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Affiche dans le métro parisien [Photo YF]


A l’approche de l’automne, les feuilles d’impôts, elles, se ramassent à la pelle. Car elles sont lourdes : même Philippe Dessertine, « spécialiste de la finance », a reçu la sienne et a confié à C dans l’air (France 5) le 12 septembre qu’elle était douloureuse. Cet « expert » dispense ses sermons à longueur d’année sur la nécessité de sabrer dans les dépenses sociales pour réduire la dette et relancer la compétitivité (sans jamais évoquer les causes de la crise dues essentiellement à la folie du monde de la finance, ce monde qu’il est sensé tellement bien connaître) : on se surprend du coup à se réjouir que le fisc ne l’ait pas oublié. Lui et tant d’autres qui sont chargés de mener campagne contre le principe de solidarité nationale. Mais ce qui est inquiétant c’est que des revenus bien plus modestes soient taxés gravement (en partie du fait du gel des barèmes de l’impôt instauré par Nicolas Sarkozy et prorogé pour cette année par François Hollande) : certains perdent même la prime pour l’emploi. Cette injustice non seulement révoltera les « petites » classes moyennes ainsi que les classes populaires, mais encore les plus aisés (ceux qui avaient tant profité des baisses d’impôt du précédent quinquennat) auront le culot de s’en servir pour défendre leur cause. C’est ce que fait Guillaume Roquette, du Figaro Magazine, le défenseur de l’économie libérale, le représentant de l’oligarchie (c’est-à-dire cette classe qui prône une économie sans entraves, sans Etat  pour assurer la justice sociale) qui se plaint soudain que les ménages modestes, en payant des impôts, perdent du coup des aides sociales qui leur permettaient de tenir le coup jusqu’alors !

 

La violence des riches

Les sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot sortent le 12 septembre en librairie La violence des riches, chronique d’une immense casse sociale (Zones, 2013). Les auteurs du président des riches, pas tendres avec le précédent président, ne ménagent pas l’actuelle majorité. Pour eux, la pauvreté des uns et la richesse des autres constituent, dans notre société, une réelle violence. Ils décrivent comment l’élite gangrène la démocratie, en s’accaparant tous les avantages, en se concertant, en défendant âprement ses intérêts (face aux autres classes sociales éclatées, mal organisées). Et une partie du personnel politique de gauche est compromis dans ces alliances de caste, tout en feignant de s’opposer aux leaders de la droite (le combat que mènent certains est davantage un combat pour les places qu’un combat pour la justice sociale).

 

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Ils écrivent : « La classe dominante, lorsqu'elle devient système oligarchique, présente une violence accrue dans les rapports sociaux qui permet à des individus lucides et cupides de faire valoir leurs intérêts particuliers en aménageant de surcroît la légalité à leur convenance. Les oligarques qui mènent la France, l'Europe et peut-être la planète tout entière à sa perte n'ont jamais reconnu leur responsabilité dans la crise financière de 2008. Ils accusent les peuples de coûter trop cher, d'être trop gourmands, de dépenser trop pour leur santé et leur éducation. Ils cherchent ainsi à se défausser sans jamais, eux, remettre en cause leur cupidité financière ».

 

Ils ajoutent : « la déréglementation de la vie économique a donc permis l'éclosion d’un cynisme individuel et collectif. L'exilé fiscal assume au grand jour sa volonté d'échapper à la loi et de ne pas s'acquitter des impôts dont il est redevable. Il le proclame haut et fort. Depardieu révolte, mais fait aussi rire, fascine et obtient un certain soutien, y compris populaire. C'est en affichant ouvertement son déni de la règle que le dominant prend le pas sur les dominés, eux-mêmes tentés de se replier sur un individualisme de dernier recours en abandonnant utopies et luttes collectives. Ce renoncement est une sorte de fatalisme particulier qui associe d’une manière contradictoire acceptation et non-consentement ».

 

Ce livre fourmille d’informations. Il a le mérite de mettre en lien diverses données, et assure une chronologie d’évènements qui, comme le disait une journaliste de France Inter le 12 septembre en recevant Monique Pinçon-Charlot, révèle une cohérence troublante. Lors de l’émission Mots croisés sur France 2 le 9 septembre, Monique Pinçon-Charlot a déclaré : « les riches avec la complicité de la droite et de la gauche libérale font la guerre aux classes moyennes et aux classes populaires ». Un de ses interlocuteurs, Laurent Wauquiez, s’étranglait : « il faut arrêter de prendre les riches pour des ennemis ». Et de répéter comme un enfant dans une cour d’école : « Il faut ar-rê-ter ! ». Quant à Agnès Verdier-Molinié, directrice de l’IFRAP (plus violemment « libéral » que ce think tank, tu meurs) regardait notre sociologue avec condescendance et s’égosillait en reprochant à la gauche de vouloir augmenter la prime pour l’emploi (PPE) et les minima sociaux !

 

L’étrange capitulation

Laurent Mauduit a, quant à lui, publié cette année un livre percutant L’étrange capitulation, le changement c’était maintenant ! (éditions Jean-Claude Gawsewitch, 2013) plus directement orienté vers une critique implacable de la politique menée par la gauche, qui, selon lui, n’a pas attendu quelques mois avant de se renier, mais l’a fait dès son arrivée au pouvoir. Ainsi, il reproche à François Hollande d’avoir choisi d’appliquer la politique économique de Nicolas Sarkozy. Il montre comment certains économistes sont des « agents doubles » (servant les deux camps à la fois). Entre autres trahisons, il suspecte l’Elysée de vouloir un jour « contourner le Smic au profit du Revenu de solidarité active (RSA) » quitte à majorer quelque peu ce dernier. Et bien d’autres capitulations (le titre est emprunté à Marc Bloch, célèbre historien, auteur d’un essai écrit à l’été 1940, mais publié en 1946, intitulé L’étrange défaite). On pourrait se demander, s’il en est ainsi, pourquoi tant de haine à l’encontre d’un président qui accomplirait les vœux les plus chers du pouvoir économique dominant : certainement pour qu’il ne s’arrête pas en chemin. S’il y a reprise (que j’évoquais dans un précédent article), les « experts » mettront longtemps à l’admettre car cela n’arrangera pas leurs affaires et les contraindra à réfréner leur propagande.

 

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Le risque d’explosion

L’économiste Thomas Piketty, si rarement invité dans les médias, fait le point dans le Capital au XXIème siècle, véritable somme de près de 1000 pages, qui vient de paraître, sur l’augmentation considérable des inégalités dans notre pays. Il note par exemple que 10 % de la population reçoivent, grâce à l’héritage, beaucoup plus que ce que 50 % des Français gagnent pendant toute la durée de leur vie (700 000 euros). Thomas Piketty a précisé à Télérama ( 31 août ) : « si vous prolongez la tendance actuelle jusqu'aux années 2040 ou 2050, les inégalités deviennent insoutenables. Même les plus fidèles défenseurs du marché devraient s'en inquiéter. Aussi concurrentiel soit-il, ce marché n'empêchera pas, dans les décennies à venir, le rendement du capital d'être supérieur au taux de croissance, et donc les inégalités de se creuser, mécaniquement. Avec le risque qu'un repli national brutal – nationalisme politique ou protectionnisme exacerbé – finisse par servir de soupape de sécurité aux tensions sociales. » La solution : « Taxer le capital, donc, non pas pour se venger des plus riches, comme le craignent certains, mais pour éviter que les plus hauts patrimoines ne progressent, structurellement, trois ou quatre fois plus vite que l'économie. » Sinon, dit-il, il y a un risque d’explosion sociale, à l’échelle mondiale.

 

_____

(1) http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?reg_id=0&ref_id=ip1464

(2) www.uncass.org

(3) www.onpes.gouv.fr

(4) http://www.inegalites.fr/spip.php?page=analyse&id_article=1832&id_rubrique=28&id_mot=30&id_groupe=9

 

 

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 14:19

 

 

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 Dassault : l'aveu de la corruption

|  Par Fabrice Arfi et Michaël Hajdenberg et Pascale Pascariello

 


Pour la première fois, l’industriel et sénateur UMP Serge Dassault reconnaît dans un enregistrement réalisé fin 2012, et dont Mediapart publie des extraits, avoir acheté la victoire de son successeur à la mairie de Corbeil-Essonnes. Une somme de 1,7 million d’euros est en jeu. Les deux hommes à l’origine de l’enregistrement se sont fait tirer dessus trois mois plus tard.

Cette fois, Serge Dassault ne pourra pas nier. L’industriel milliardaire et sénateur UMP admet dans un enregistrement clandestin réalisé fin 2012, que Mediapart a pu écouter en intégralité et dont nous diffusons des extraits, avoir payé pour s’assurer de la victoire de son successeur à la mairie de Corbeil-Essonnes, Jean-Pierre Bechter, lors de la campagne municipale de 2010.

 

Serge Dassault, le 14 juillet 2013, à la Bastille (Paris).  
Serge Dassault, le 14 juillet 2013, à la Bastille (Paris). © Reuters

Pour la première fois, on entend Serge Dassault admettre avoir payé, et c’est tout un système de corruption aux conséquences criminelles qui se fait jour. Durant cette conversation accablante pour le milliardaire soupçonné par la justice d’avoir mis en place un système de corruption électorale dans sa ville, Serge Dassault dit ouvertement avoir commis des actes illégaux et, en creux, avoir opéré des paiements occultes depuis le Liban, s’inquiétant d’être désormais « surveillé par la police ».

La rencontre a eu lieu en novembre 2012. Deux hommes, habitants de Corbeil-Essonnes, décrochent un rendez-vous dans le bureau du célèbre avionneur et propriétaire du Figaro, en prenant soin de dissimuler leur matériel (voir la Boîte noire). Durant la discussion, qui dure au total vingt-quatre minutes, ils se plaignent qu’un acteur clé du « système Dassault » n’ait pas redistribué comme prévu 1,7 million d’euros destinés à des personnes qui ont participé à la campagne victorieuse de 2010 dans des quartiers populaires du sud de Corbeil.

L’existence de cet enregistrement avait déjà été évoquée par Le Canard enchaîné en décembre 2012. Libération (ici ou ) et Le Point ont de leur côté raconté comment banditisme et politique étaient étroitement mêlés à Corbeil. Mais pour la première fois, dans les documents que nous publions, Dassault confirme lui-même la folie du système mis en place, dont les conséquences sont aujourd'hui incontrôlables.

Nous avons pu entendre cet enregistrement de bout en bout, connaître les conditions de sa réalisation et authentifier la voix de Serge Dassault. Nos sources nous ont autorisés à en publier trois extraits.

Dans le premier d’entre eux, Serge Dassault, 88 ans, lui-même ancien maire de Corbeil (1995-2010) où il est surnommé « le Vieux », vend rapidement la mèche, montrant la conscience qu’il a du caractère illégal de ces pratiques électorales. Ses interlocuteurs lui réclament leur dû et le sénateur lâche : « Là, je ne peux plus rien donner. Je ne peux plus rien sortir, c’est interdit. (…) Je suis surveillé. Je suis surveillé par la police. »

 


 

Dans un autre extrait, alors que les deux individus évoquent le fait que l’argent a été versé depuis le Liban, le milliardaire, 69e fortune mondiale selon Forbes, ne nie pas, bien au contraire, prenant seulement soin de préciser : « L’argent a été donné, complètement. Moi, j’ai donné l’argent. Je ne peux plus donner un sou à qui que ce soit. Je ne peux plus sortir l’argent pour qui que ce soit. Y a plus de Liban. Y a plus personne là-bas, c’est terminé. Moi, j’ai donné l’argent. »

 


 

Dans un troisième extrait, le milliardaire se défend d’être responsable de la mauvaise répartition de son propre argent noir : « Si c’est mal réparti, dit-il, ce n’est pas de ma faute. Je ne vais pas payer deux fois. Moi, j’ai tout payé, donc je ne donne plus un sou à qui que ce soit. Si c'est Younès, démerdez-vous avec lui. Moi, je ne peux rien faire. »

 


 

Contacté, Serge Dassault nous a fait savoir que « compte-tenu de la situation », il ne souhaitait pas s’exprimer. Quant à Jean-Pierre Bechter, son successeur à la mairie, il explique avoir déjà entendu parler de cette vidéo, ne pas l’avoir visionnée, mais refuse de l’entendre : « Je n’en ai rien à foutre de cette vidéo cachée. En bon chiraquien, je vous dirai que ça m’en touche une sans faire bouger l’autre. »

L’actuel maire, qui assure n’avoir jamais parlé de cet enregistrement avec Serge Dassault, tente par avance de le discréditer en expliquant que « les Tarterêts (nom d’une cité de Corbeil – ndlr), c’est Hollywood. Il y a plein de vidéos et de montages qui circulent. » Quand nous lui expliquons que nous avons authentifié la bande et que nous détaillons son contenu, il répond : « Ce que raconte Serge Dassault deux ou trois ans après… Je n’ai pas d’explication. Il dit ce qu’il veut. Ce n’est pas moi qui suis en cause. »

Quelle explication apporter à ces propos ? « Je n’en sais rien, confie-t-il. Peut-être qu’il se fout d’eux. Moi, j’ai été élu sans verser un euro. Je n’ai jamais entendu parler d’achat de voix. Il y avait un magistrat dans chaque bureau de vote. J’ai été élu avec 750 bulletins d’avance. Comment voulez-vous acheter 800 voix ? Ça coûterait une fortune. Et de toute façon, un mois avant l’élection, grâce aux sondages, on savait que j’allais gagner. Je ne vois pas pourquoi il aurait dépensé un euro. Et aucun de mes adversaires politiques n'a d'ailleurs contesté mon élection. »

Un tireur en cavale

L’affaire est pourtant fâcheuse. Il apparaît, d’après plusieurs enquêtes de police actuellement en cours, que trois mois après la réalisation de cet enregistrement clandestin, les deux personnes qui sont venues réclamer leur dû auprès de Serge Dassault se sont fait tirer dessus, à Corbeil. Les faits remontent au 19 février dernier. Le tireur présumé ? Younès B., selon des sources proches de l’enquête. Soit précisément l’homme cité par Dassault dans l’enregistrement et accusé de ne pas avoir comme convenu réparti l’argent.

Si les enquêteurs sont aussi certains de l’identité du tireur, c’est que celui-ci ne s’est pas caché au moment de son forfait, commis en pleine rue non loin d’un bar dont il est le propriétaire, agissant à visage découvert devant de nombreux témoins. Identifié très rapidement, le tireur a toutefois réussi à quitter la France après sa tentative de meurtre et, selon des sources policières, résiderait aujourd’hui en Algérie.

La principale victime des coups de feu est un boxeur de 32 ans. Il a reçu trois balles de calibre .38, le blessant grièvement. Un mois plus tôt, en janvier, un autre acteur du système Dassault, Rachid T., qui avait dénoncé une dérive « mafieuse » dans la ville, a été victime lui aussi d’une tentative de meurtre par balles.

La justice cherche à déterminer s’il existe un éventuel lien de causalité directe ou indirecte entre la tentative d'assassinat de février et l’enregistrement clandestin qui accable Dassault sur l’achat de votes. Elle enquête sur ces deux volets, de façon distincte. À Évry (Essonne), sous l'autorité de plusieurs juges d'instruction, les policiers de la brigade criminelle s’intéressent à la tentative d'homicide, tandis qu'à Paris, une information judiciaire a été ouverte fin mars sur des soupçons d’« achats de vote », « corruption », « blanchiment » et « abus de biens sociaux » lors des campagnes municipales de 2008 à 2010. L’enquête a été confiée à la Division nationale des investigations financières et fiscales (Dniff), basée à Nanterre.

 

Le 22 octobre 2010, au Sénat.  
Le 22 octobre 2010, au Sénat. © Reuters

En juillet dernier, Jean-Pierre Bechter, l’actuel maire de Corbeil et homme lige de Serge Dassault sur place, a été placé en garde à vue et entendu dans le volet criminel du dossier, tout comme le directeur du service jeunesse et sports de la mairie. Les deux hommes sont ressortis de leur audition sans avoir été déférés devant les magistrats. Jean-Pierre Bechter affirme à Mediapart connaître Younès B., mais pas la victime des coups de feu. « Tout a été réglé par mon audition », assure-t-il.

Les juges d’Évry auraient également voulu entendre Serge Dassault. Mais le 3 juillet, le bureau du Sénat (voir ici sa composition) a refusé de lever son immunité parlementaire, au motif que « la demande présentait un défaut de motivation ». La décision a permis à Serge Dassault de ne pas avoir à répondre devant l’autorité judiciaire. Mais les enregistrements clandestins révélés par Mediapart pourraient changer la donne. Ils apparaissent dans tous les cas comme une pièce à conviction centrale dans le volet financier du dossier, celui portant sur la corruption électorale de Corbeil.

Les pratiques locales de Serge Dassault ont déjà valu en 2009 au milliardaire l’invalidation par le Conseil d'État de son élection municipale à Corbeil pour fraude électorale. C’est donc faute de pouvoir se représenter qu’il avait placé l’année suivante à la tête de la ville un de ses proches, Jean-Pierre Bechter, ancien député RPR de Corrèze et administrateur de son groupe de presse, la Socpresse. À l’évidence, les pratiques d’achats de votes sous Serge Dassault, telles qu’elles ont été rapportées par de très nombreux habitants de Corbeil, ont continué après sa chute. Mais toujours avec son argent, dont il va falloir, pour les policiers, désormais reconstituer le cheminement.

Or une troisième enquête judiciaire, menée à Paris par les policiers de la Brigade de répression de la délinquance sur la personne (BRDP), pourrait y aider. Engagées pour des faits de « harcèlement » suite à une plainte de l’un des fils Dassault, Laurent, et de son épouse, victimes ces derniers mois de multiples coups de téléphone menaçants, les investigations ont d’ores et déjà permis de remonter la piste de trois frères originaires de Corbeil.

Selon les témoignages recueillis lors de l'enquête, l’un d’entre eux, Mamadou K., aujourd’hui réfugié en Belgique, aurait perçu par le passé de l’argent au Liban depuis un compte bancaire lié à Serge Dassault, en relation avec les activités politiques du milliardaire. Exactement comme le patron de l’empire Dassault le laisse entendre lui-même dans l’enregistrement pirate que nous révélons aujourd’hui.

Près de vingt ans après la conquête de Corbeil par Serge Dassault en 1995, c’est tout un système qui est donc en train d’imploser dans l’Essonne. Même si, pour l’heure, les différentes enquêtes judiciaires ouvertes sur les diverses ramifications du dossier n’ont pas été regroupées.

 

 

 

                                                                                                                                                                                                                                                                             LA BOÎTE NOIRE

Cela fait plusieurs années que Pascale Pascariello, journaliste indépendante (France Inter, France Culture, Le Canard enchaîné, Arte Radio…), travaille à Corbeil-Essonnes sur le système Dassault. Certains de ses contacts nous ont proposé il y a quelques semaines de visionner l'enregistrement de 24 minutes cité dans l'article. Il s'agit d'une vidéo réalisée en caméra cachée. Nous l'avons visionné de bout en bout, puis nous avons pris le temps nécessaire pour l'expertiser, authentifier les voix, et nous assurer de l'absence de montage. 

Nos sources n'ont cependant pas souhaité que nous le diffusions en intégralité. Elles ont seulement accepté que nous en publiions trois extraits.

L'image fixe étant sans intérêt, nous avons décidé de nous en tenir à la bande-son. Nous avons légèrement poussé la voix de Serge Dassault afin qu'il soit mieux entendu, ajouté des photos et des sous-titres pour aider à la compréhension.

Mercredi 11 septembre, en début de matinée, nous avons contacté Serge Dassault et Jean-Pierre Bechter. Le premier nous a fait savoir qu'il ne souhaitait pas nous répondre « compte-tenu de la situation ». Ses avocats, Me Jean Veil et Me Pierre Haïk, ne nous ont pas plus répondu. 

Jean-Pierre Bechter, lui, nous a rappelés. Ses explications figurent dans l'article.

 

 

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