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17 septembre 2013 2 17 /09 /septembre /2013 13:56

 

marianne.net

 

Les Pinçon-Charlot contre-attaquent

Dimanche 15 Septembre 2013 à 10:00

 

Bertrand Rothé

 

Le nouveau livre du couple de sociologues, "la Violence des riches", pointe une fois encore le cynisme des élites françaises et s'en prend à la délinquance fiscale, véritable sport de classe.

 

Les Pinçon-Charlot contre-attaquent

Loin des conflits entre Taubira et Valls et autres vaudevilles politiques qui tentent de nous faire oublier la hausse du chômage et la montée des inégalités, les Pinçon-Charlot réfléchissent aux violences que nous font subir les riches. Les décisions de cette petite élite peuvent jeter des milliers de familles dans la misère. Il suffit de se promener dans les Ardennes. Les friches industrielles y succèdent aux usines murées. Les délocalisations, les fonds spéculatifs et autres inventions financières ont fait des ravages. Bien davantage que les vols d'autoradios et de portables.

Les escroqueries à la Sécurité sociale ou au fisc coûtent, elles, des dizaines de milliards à la collectivité nationale. Car la fraude fiscale est un sport de classe que l'on pratique plus à Neuilly-sur-Seine qu'à La Courneuve et à Sarcelles. C'est finalement Valls qui ferait bien de mettre la pression sur Mme Taubira ! Car l'ordre républicain est ici bafoué tous les jours par des juges plus laxistes qu'en banlieue. «En moyenne, six mois avec sursis et quelques millions d'euros d'amendes pour des fraudes avoisinant le milliard d'euros», écrivent les Pinçon-Charlot. N'en déplaise à François Hollande, ces délinquants ont un prénom et un visage : ils s'appellent Laurence, Bernard... Qu'ils soient héritiers, financiers ou gestionnaires de fonds, en cas de récidive, aucune peine plancher n'est prévue pour eux. Au contraire. Ils gagnent à tous les coups. Le soutien du Medef leur est acquis, et en prime ils peuvent devenir conseillers du gouvernement socialiste.

"L'argent, c'est la liberté"

Tout le monde en prend pour son grade avec les Pinçon. Les hommes politiques, évidemment. L'UMP trouvera d'ailleurs ici tout prêt un «inventaire» saisissant de la politique de Sarkozy. Pour un complément d'information, Copé et son équipe pourront aussi puiser allégrement dans un précédent livre du couple : le Président des riches (La Découverte, 2011). Notre gouvernement n'est pas pour autant oublié. L'hommage rendu aux socialistes par Bernard Arnault, la première fortune de France, dans un entretien au Monde de 2013 est un vrai coup de griffe du rapace. «Quand Pierre Bérégovoy était ministre de l'Economie de François Mitterrand, l'entrepreneur était considéré comme un héros national», et les salariés, eux, commençaient à être vus comme une charge. Si les réseaux de Hollande sont décrits un peu trop vite ; dans un chapitre sur PSA, les deux auteurs s'interrogent avec ironie sur cette «deuxième droite». «Comment Pierre Moscovici a-t-il pu déclarer au Monde le 17 juillet 2012 : "Comme tout le monde, j'ai ressenti un choc à l'annonce du plan de PSA. Et c'est d'abord aux salariés et à leurs familles que je pense." Mais pouvait-il être dans l'ignorance des difficultés de cette société en tant que vice-président du Cercle de l'industrie, dont Philippe Varin [le président du directoire de PSA] est le président ?»

Les petits soldats du journalisme ne sont pas oubliés. Il suffit d'allumer sa radio pour entendre un auditeur nous rappeler que les riches font vivre le commerce : «L'argent, c'est la liberté, et je regrette qu'en France on soit envieux vers le haut et que l'on tire notre pays vers le bas.» Le Meccano de la domination se voit encore une fois ici démonté.

La Violence des riches, de Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, 256 p., 17 €. A paraître le 12 septembre.

 

 

 

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 17:55

 

 

lemonde.fr

 

 

Derrière les 400 Américains les plus riches, les inégalités explosent

Le Monde.fr | 16.09.2013 à 18h43 | Par Stéphane Lauer

 
 
On peut lire ce palmarès comme un bottin mondain, en pointant ceux qui gagnent des places (Bill Gates, Warren Buffett, Carl Icahn ou Mark Zuckerberg) et ceux qui en perdent.

New York, correspondant

Au moment où chacun tire un bilan de la crise financière, cinq ans tout juste après la faillite de la banque Lehman Brothers, le palmarès des Américains les plus riches, publié lundi 16 septembre par le magazine Forbes, donne un éclairage instructif sur les principaux bénéficiaires de la reprise. Alors qu'aux Etats-Unis le taux de chômage peine à reculer et que les salaires stagnent, la fortune des 400 Américains les plus fortunés n'a jamais été aussi importante. En 2012, elle a passé la barre des 2 000 milliards de dollars, soit l'équivalent du PIB de la Russie. C'est 300 milliards de dollars de plus qu'en 2011 et plus du double qu'il y a dix ans, constate Forbes.

On peut lire ce palmarès comme un bottin mondain, en pointant ceux qui gagnent des places (Bill Gates, Warren Buffett, Carl Icahn ou Mark Zuckerberg) et ceux qui en perdent. Les aléas du classement, en somme. Mais l'enseignement le plus précieux est que, pour cette catégorie des 400 plus riches, la crise financière n'est qu'un lointain souvenir du point de vue de leur fortune, puisque celle-ci est globalement supérieure à ce qu'elle était en 2007.

Trois facteurs ont contribué à rendre les plus riches encore plus riches. La hausse de la Bourse, d'abord. Le Dow Jones a plus que doublé depuis 2009. L'économie sort de sa convalescence, mais surtout, la Bourse a bénéficié d'un afflux de liquidités sans précédent grâce aux politiques accommodantes de la Banque centrale américaine. Or 90 % des actions aux Etats-Unis sont détenues par les 10 % les plus riches. Deuxième facteur, la reprise des prix de l'immobilier, qui a créé un effet richesse, dont les plus fortunés ont été les principaux bénéficiaires. Enfin l'augmentation des profits des entreprises a permis de distribuer des dividendes généreux, tandis que la montagne de cash qu'elles ont accumulé les a incitées à racheter leurs propres actions, pour ensuite les annuler et augmenter ainsi mécaniquement la valeur de la part des actionnaires.

 

 UNE PART GRANDISSANTE DE LA RICHESSE NATIONALE

Dans la dernière édition de leur étude sur les inégalités aux Etats-Unis, les économistes Emmanuel Saez et Thomas Piketty notent que 1 % des Américains les plus riches captent un cinquième du revenu total de la nation. Il s'agit du taux le plus élevé depuis 1913, date de la création par le gouvernement américain d'un impôt sur le revenu. Dans cette analyse, parue début septembre, M. Saez, économiste à l'université de Berkeley (Californie), explique que la Grande récession n'a que temporairement affecté les revenus les plus élevés et qu'elle n'a pas remis en question la part grandissante qu'ils occupent dans la richesse nationale depuis les années 1970. Le revenu des 0,01 % les plus riches a augmenté de plus de 32 % rien qu'en 2012. Les 1 % les plus privilégiés ont vu leur richesse plonger de 36 % pendant la récession, pour ensuite augmenter de 31 % en moyenne au cours de la reprise.

Les Américains sont donc loin d'être tous égaux face à la reprise. Pour les 99 % autres pour cent, le revenu a plongé de 12 %, mais ne s'est regonflé que de 0,4 % depuis. C'est-à-dire que le pourcentage le plus privilégié a capté 95 % des gains de la reprise, pointe encore M. Saez. Pis, quand on affine le panel, on se rend compte que 0,1 % des plus riches (ceux qui ont un revenu annuel supérieur à 1,9 million de dollars) ont capté plus de 60 % des gains de la reprise.

A titre indicatif, pour entrer dans le classement de Fortune, il faut gagner au minimum 1,3 millions d'euros.

 

Peu de surprise dans le peloton de tête

 

 

Bill Gates, la famille Walton (Walmart), le charismatique président d'Oracle, les frères Koch, le maire de New York Michael Bloomberg... Les têtes du peloton de tête du palmarès de Forbes ne changent guère depuis quelques années, même si l'ordre des premiers de la classe varie d'année en année.

 

Une vingtaine de nouvelles têtes font leur entrée, parmi eux un spécialiste du refinancement de prêts immobiliers (William Erbey), un spécialiste de la vente d'articles sportifs (Michael Rubin), un créateur d'outils de "networking" (Robert Pera), l'inventeur de la caméra GoPro (Nicholas Woodman) ou encore l'héritier d'une brasserie (Richard Yuengling).

 

 

 

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 17:47

 

america-latina.blog.lemonde.fr

 

Cuba censure le musicien Roberto Carcassés après une improvisation politique au cours d’un concert

 

 

 

Chef du groupe de "jazz fusion" Interactivo, le Cubain Roberto Carcassés, 41 ans, a été interdit de se produire en public par les autorités de La Havane, lors d’une réunion à l’Institut cubain de la musique. Cette interdiction frappe en fait l’ensemble du groupe, privé de son pianiste et chanteur.

 

 

La censure sanctionne une improvisation de "Robertico" Carcassés, au cours d’un concert de solidarité avec les agents secrets cubains emprisonnés aux Etats-Unis depuis quinze ans pour espionnage – ceux que la propagande officielle de Cuba appelle "les cinq héros" (même s’ils ne sont plus que quatre).

Le concert a eu lieu, le 12 septembre, sur la  "tribune anti-impérialiste", placée devant le siège de l’ancienne ambassade américaine à La Havane, devenue la "section" qui veille aux intérêts des Etats-Unis. C’est un emplacement bien connu des Cubains, qui font la queue pour demander un visa et des touristes qui fréquentent l’hôtel Nacional, tout près.

A un moment donné, Robertico Carcassés quitte le piano et s’approche du micro. Le public accompagne la chanson interprétée avec le refrain "Je veux, souviens-toi que je veux toujours". Le chanteur lance : "Nous voulons le retour de nos frères et beaucoup de choses encore." Puis Carcassés enchaîne un autre souhait : "Libre accès à l’information, pour avoir ma propre opinion." Le régime détient le monopole sur les médias et limite l’accès à Internet.

Ensuite, le chanteur ajoute : "Je veux élire le président par vote direct et non pas par une autre voie." Fidel Castro et son frère Raul Castro n'ont pas été élus au suffrage universel, lors d'un scrutin ouvert à plusieurs candidats et concurrentiel, mais par l’Assemblée nationale, elle-même issue d’une élection où les candidatures sont choisies par le Parti communiste de Cuba (parti unique).

Enfin, Robertico Carcassés conclut :  "Ni militants, ni dissidents, les Cubains ont tous les mêmes droits, la fin du blocus et de l’auto-blocus." Le musicien demande ainsi la levée de l’embargo des Etats-Unis, mais aussi la fin du verrouillage des réformes politiques par le régime de La Havane.

 

 

Le concert était retransmis en direct par la télévision cubaine. La régie n’a pas eu le temps de réagir. La séquence a donc été entendue et comprise par les téléspectateurs. D’autant plus facilement qu’elle rejoint les aspirations de nombreux Cubains. Qui n’ont tout de même pas l’habitude d’écouter des propos pareils énoncés en public par une personnalité.

"Je veux, souviens-toi que je veux toujours", répétait le refrain de la chanson, repris par les présents. Les caméras n’ont pas montré la réaction des spectateurs aux souhaits de Robertico. Mais dès le lendemain, la machine répressive s’est mise en branle. Convocation du groupe à l’Institut cubain de la musique, le 13 septembre. Dans la "novlangue" des officiels cubains, on ne dit pas interdiction ni même suspension, on décrète la "séparation" du secteur musical de Roberto Carcassés, pour un temps indéfini.

C’est la page Facebook d’Interactivo qui a annoncé la sanction, le 14 septembre. Les concerts prévus au café jazz Miramar et au café-théâtre Bertold-Brecht, à La Havane, ont été annulés. Mais le buzz sur Internet n’est pas près de s’arrêter.

 

 

 

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 17:31

 

lavoixdunord.fr

 

 

Grèce: au moins 17 000 fonctionnaires manifestent contre mutations et licenciements

 

Publié le 16/09/2013

Par La Voix du Nord

 


 

Au moins 17 000 enseignants et fonctionnaires des caisses de retraite ont cessé le travail et manifesté ce lundi à Athènes et Salonique, premier jour d’une série de grèves contre un plan de mutations et de licenciements dans le secteur public.

 

 Ces manifestations ont donné le coup d’envoi d’une série de grèves. PHOTO AFP AFP

 

Environ 7 000 personnes se sont rassemblées à la mi-journée dans le centre de la capitale pour dénoncer les politiques du gouvernement, dictées par l’Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI) et visant à la réduction de personnels dans les établissements d’enseignement et les administrations pour réduire la dépense publique. À Thessalonique, deuxième ville du pays située dans le nord, ils étaient environ 10 000 dans la rue.

« Non à la politique gouvernementale, de l’UE et du FMI », « École publique gratuite. Aucun enseignant, aucun élève n’est en trop », proclamaient les banderoles du grand syndicat des professeurs du secondaire, Olme, en tête de la manifestation d’Athènes.

Les centres-villes d’Athènes et de Salonique ont été fermés à la circulation pendant plusieurs heures tandis que les manifestants étaient canalisés par d’importantes forces de police antiémeute. Quelques incidents ont éclaté en début de matinée devant le ministère de la Réforme administrative, accompagnés de jets de grenades lacrymogènes.

Semaine de grèves

Ces manifestations de lundi ont donné le coup d’envoi d’une série de grèves de cinq jours, reconductibles, appelées par les syndicats des caisses de retraites et l’Olme, qui entraîne notamment la fermeture de collèges et de lycées. La grande centrale du public Adedy a appelé à une grève de 48 heures à partir de mercredi, pour protester contre le vaste plan de réorganisation auquel le gouvernement met la dernière main avant une visite imminente de la troïka des créanciers, Union européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international. Selon ce plan plusieurs milliers de fonctionnaires, notamment des enseignants et gardiens d’école, sont entrés dans un mécanisme de disponibilité depuis juillet.

Ces employés cessent d’occuper leurs fonctions en attendant d’être mutés dans un autre service. Pendant les huit mois de cette disponibilité, ils sont payés 75 % de leur salaire.

Les mises en disponibilité doivent atteindre 12.500 avant la fin du mois et 25.000 d’ici la fin de l’année pour remplir les objectifs que la troïka a assignés à la Grèce en vue de la poursuite des prêts au pays endetté.

 

 

 

 

 

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 17:18

 

 

Le Monde.fr

 16.09.2013 à 17h15 • Mis à jour le 16.09.2013 à 17h23

 

 

 

Le puissant typhon Man-yi a traversé lundi le Japon du sud-ouest au nord-est, déversant des pluies "sans précédent" sur plusieurs régions, placées "sous alerte spéciale". De l'eau accumulée à la centrale de Fukushima s'est déversée dans l'océan.

 

 

 

Ce typhon, le 18e de la saison en Asie, a déjà fait plus d'une centaine de blessés et au moins deux morts. Il a abordé lundi l'île principale de Honshu via la préfecture d'Aichi (centre-sud) à 7 h 40, heure locale (dimanche à 22 h 40 GMT), avant de traverser la région de Tokyo, puis de se diriger vers l'océan Pacifique à l'est via la province de Fukushima, a annoncé l'Agence de météorologie.

 

Il a véhiculé de très fortes rafales de vent (jusqu'à 160 km/h) et des pluies qualifiées en certaines endroits de "terribles" dans un large périmètre

 

Des "alertes spéciales" de niveau maximal ont été émises pour la première fois par l'Agence de météorologie dans plusieurs régions – dont l'ex-capitale impériale, Kyoto, à l'ouest –, à cause de précipitations jamais vues.

 

En fin d'après-midi, on déplorait deux morts, quatre disparus et au moins 127 blessés, selon la chaîne de télévision NHK.

 

 

 

 

 

 

Des trombes d'eau se sont aussi abattues sur la région de Fukushima, où se trouve la centrale ravagée par le tsunami du 11 mars 2011, et de ce fait très vulnérable. Ces précipitations exceptionnelles ont obligé la compagnie exploitante, Tokyo Electric Power (Tepco), à prendre des dispositions particulières.

Crédits : AP/Shizuo Kambayashi

 

 

 

 

 

Elle avait dès dimanche renforcé les fixations des équipements cruciaux, comme les conduites d'eau pour le refroidissement des réacteurs ou les pompes. Les grues ont aussi été arrimées et les patrouilles de surveillance renforcées.


Tepco a été forcée d'appliquer des "mesures d'urgence" consistant à évacuer vers l'océan Pacifique voisin l'eau de pluie qui s'était accumulée dans les zones protégées par un muret où sont installés des réservoirs de liquide radioactif. Ces relâchements ont été réalisés après avoir vérifié que la teneur en strontium 90 de cette eau un temps en contact avec le sol contaminé ne dépassait pas 30 becquerels par litre, a assuré Tepco.

 

 

 

 

Dans certains réservoirs, le niveau de rayonnements bêta de l'eau accumulée était si élevé (jusqu'à 170 000 becquerels par litre) que Tepco n'a pu la laisser sortir et a dû installer des pompes provisoires afin de la transvaser dans des citernes. Les pluies risquent en outre d'augmenter d'autant les quantités déjà très importantes d'eau radioactive qui se sont infiltrées dans les sous-sols du complexe atomique en péril.

Crédits : AP/Shizuo Kambayashi

 

 

 

Les groupes de transport aérien et ferroviaire ont quant à eux annoncé une réduction de leurs services. Quelque 500 vols devaient être annulés au total lundi, notamment au départ de Tokyo, et les liaisons par trains, dont une partie des lignes à grande vitesse, ont été réduites. Comme ce lundi est un jour férié, de graves conséquences aux heures habituelles de pointe ont, semble-t-il, été évitées.

 

Avant lundi, le Japon avait cette année été relativement épargné par les typhons, mais de fortes pluies avaient déjà causé de nombreux dégâts en août dans l'Ouest, tandis que l'Est a connu une chaleur sèche aussi torride qu'exceptionnelle qui a fait au moins 350 morts (des personnes âgées).

 

 

 

 

 

 

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 17:00

 

 

Le Monde.fr avec AFP

16.09.2013 à 16h41

 
 

 

Syndicats, patronat et opposition sont unanimes à réclamer davantage de souplesse pour les comptes.

 

Alors que l'austérité fait l'objet de critiques de plus en plus dures et menace la cohésion politique, la troïka des créanciers du Portugal (UE, FMI, BCE) a commencé lundi 16 septembre à étudier à la loupe le programme de rigueur du pays sous perfusion financière.

Le vice-premier ministre, Paulo Portas, compte à cette occasion demander à la troïka de revoir sa copie et de porter l'objectif de déficit de 4 % à 4,5 % du PIB en 2014. Mais les créanciers, qui doivent se prononcer sur le déblocage d'une nouvelle tranche de crédit de 5,5 milliards d'euros, semblent peu enclins à faire un geste. Le débat sur l'excès d'austérité, et la mise sous tutelle financière liée à l'octroi d'un plan de sauvetage de 78 milliards d'euros en mai 2011, domine la campagne pour les élections municipales qui auront lieu le 29 septembre.
 

"C'est vexant et humiliant pour une nation vieille de neuf siècles de devoir dépendre de ceux qui lui prêtent de l'argent quand elle est au bord du précipice", a lancé dimanche lors d'une réunion électorale M. Portas. "Dans ma vie, j'ai déjà vu trois fois le FMI au Portugal. J'espère que cette fois-ci aura été la dernière fois que le Portugal a dû céder une partie de sa souveraineté à des tiers", a-t-il déclaré.

Syndicats, patronat et opposition sont unanimes à réclamer davantage de souplesse pour les comptes. "Le Portugal s'en sortira seulement s'il obtient plus de temps pour équilibrer ses comptes publics. Il faut dire cela à la troïka", a insisté Antonio José Seguro, secrétaire général du Parti socialiste, principale formation de l'opposition.
 

"Les politiques d'austérité ont creusé le déficit et généré plus de dette, plus d'inégalités, plus de pauvreté. Il y a des gens qui ont faim. Il faut revoir le mémorandum", a réclamé Arménio Carlos, secrétaire général de la CTPP, principale confédération syndicale du pays, proche du Parti communiste. "Il faudra qu'on nous explique comment on va pouvoir passer d'un déficit de 5,5 % en 2013 à un déficit de 4 % en 2014. Jamais on n'a assisté à une aussi forte réduction", a renchéri le chef du patronat portugais, Antonio Saraiva.

Syndicats et patronat s'exprimaient lundi à l'occasion d'une réunion avec M. Portas consacrée aux négociations avec les créanciers. Mardi, ce sera au tour de la troïka de prendre le pouls des partenaires sociaux lors d'une réunion prévue au Conseil économique et social de Lisbonne.

 

 TENSION SUR LES TAUX

L'arrivée lundi, dans la plus grande discrétion, des experts de la troïka coïncide avec des taux d'emprunt portugais très élevés sur le marché de la dette, qui frôlent les 7,4 % pour l'échéance à dix ans, s'approchant du niveau atteint lors de la crise politique en juillet.

Récemment promu au poste de numéro 2 du gouvernement, M. Portas avait contribué à provoquer la crise en juillet en démissionnant de son poste de ministre des affaires étrangères pour marquer son désaccord avec l'excès d'austérité défendu selon lui par le gouvernement.

Aux côtés de la nouvelle ministre des finances, Maria Luis Albuquerque, M. Portas, chef du petit parti populiste CDS-PP, membre de la coalition gouvernementale de centre droit dirigée par le premier ministre, Pedro Passos Coelho, sera désormais le principal interlocuteur de la troïka.

 

Lire aussi : "Le Portugal entrevoit une fragile sortie de crise"

 


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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 16:53

 

decodeurs.blog.lemonde.fr

  Hollande sur TF1 : trois petits arrangements avec la vérité

 

 

 

 

François Hollande était interrogé, dimanche 15 septembre, sur TF1 ; une première interview télévisée depuis le 14 juillet. Lors de celle-ci, il n'y eut que peu d'annonces, mais beaucoup de"pédagogie" sur les chantiers mis en œuvre depuis son élection, proférant au passages quelques imprécisions et petits arrangements avec la vérité. Les Décodeurs ont choisi de revenir sur trois d'entre eux.

 

>> Lire la synthèse : Fiscalité, Syrie... François Hollande a voulu rassurer et s'expliquer

>> Lire l'analyse : François Hollande, général assiégé


  • François Hollande a oublié qu'il avait fait campagne contre une hausse de la TVA

Ce qu’il a dit : "La TVA avait été portée par François Fillon à 21,2 %. On l'a annulée. On l'a reportée au 1er janvier 2014 et relevée à 20%. C'est moins que le gouvernement précédent. Il n'empêche que c'est beaucoup."

Pourquoi c’est oublier rapidement le passé : Ce que dit le président de la République est exact : la précédente majorité avait fait voter, en fin de mandat, une TVA dite antidélocalisation ou encore TVA sociale afin de dégager une marge de manœuvre pour baisser le coût du travail.

Le taux normal de TVA, qui s’applique à la plupart des produits et services –  exceptés les produits de premières nécessité ainsi que certains secteurs – avait ainsi été porté à 21.2 %. Il devait être appliqué à l’automne 2012.

Le candidat Hollande et la gauche à l’unisson avait fait de cette hausse de la TVA un axe fort de la campagne arguant que c’était un impôt injuste puisque payé par tous, sans distinction de revenus.  "Si demain je suis appelé aux responsabilités alors que cette augmentation de la TVA est adoptée, je demanderai qu'elle soit annulée", avait-il promis, lors d’un discours prononcé le 30 janvier 2012 à Brest.

En arrivant aux responsabilités, les parlementaires socialistes ont voté la fin de cette TVA anti délocalisation, version Sarkozy.

Mais la majorité, confrontée aux déficits et à la nécessité de financer ses réformes, est revenues sur la question. Et elle a choisi ce même levier pour financer, en partie, le pacte de compétitivité, qui doit permettre de diminuer de 20 milliards d'euros les cotisations payées par les entreprises. La hausse est certes moindre que celle initialement prévue, comme l’a rappelé le chef de l’Etat lors de son allocution, mais en augmentant la TVA à 20 %, la majorité socialiste utilise un levier qu’elle conspuait jadis. Ce n’est pas qu’une "baisse" c'est aussi un renoncement à une promesse de campagne.

>> Lire : TVA de droite, TVA de gauche : le jeu des différences selon Hollande


  • Quand François Hollande "annule une augmentation"... Pour la remplacer par une autre

Ce qu’il a dit : "J'ai annulé l'augmentation de la CSG qui était annoncée, la presse s'en faisait écho."

Pourquoi c’est exagéré : François Hollande a cherché, tout au long de son entretien, à répondre à la grogne populaire face à la montée des impôts et taxes. Quitte à parfois tomber dans l’exagération. Ici, il a cherché à rassurer, en expliquant qu’il avait "annulé" une hausse annoncée de la contribution sociale généralisée (CSG).

La presse s’en "faisait-elle l'écho" ? En réalité, la presse avait surtout relaté que le gouvernement réfléchissait à une augmentation de cette taxe, prélévée depuis 1990 sur quasiment tous les types de revenus... pour financer les retraites. L’hypothèse a été évoquée, notamment par Le Monde au mois de juillet.

Le chef de l’Etat n’a donc pas tort : il a bien, selon ses dires en tous cas, refusé de céder sur un financement des retraites via une hausse de CSG. Mais il oublie de préciser qu’il a bien fallu financer les retraites ailleurs. Le gouvernement et François Hollande ont choisi de faire reposer ce financement avant tout sur les actifs, avec une hausse de 0,3 point des cotisations vieillesse d’ici 2017 ; hausse qui serait compensée au niveau des entreprises par des baisses de fiscalité.

On peut donc dire que M. Hollande a épargné une hausse de CSG aux Français, mais pas une hausse de taxes. Et il faut rappeler également que la question centrale de la "piste CSG" était celle d’une taxation accrue des retraités aisés, que M. Hollande a repoussé en partie.

Par ailleurs, comme l'indiquait le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger "les recettes de la CSG doivent être attribuées en priorité à la santé et à la perte d'autonomie". En n'augmentant pas cette contribution pour financer les retraites, l'exécutif se laisse une marge de manœuvre pour financement de la dépendance qui sera un gros chantier du quinquennat.

 

  •  Rénovation thermique : une mesure nouvelle… qui existe déjà

Ce qu’il a dit : "Très prochainement sera mis en place un crédit d’impôt pour la rénovation thermique."

Pourquoi c’est une fausse annonce : Ce "crédit d’impôt rénovation thermique" est l’une des rares annonces de l’interview présidentielle. Et en réalité, ce n’en est pas vraiment une... En effet, il existe déjà une panoplie assez complexe de dispositifs fiscaux incitant les particuliers à effectuer des travaux en ce sens.

Premier dispositif existant, le crédit d’impot développement durable (CIDD), mis en place dans la foulée du Grenelle de l’environnement, permet déjà d’obtenir des réductions, voire du crédit d’impôt pour les particuliers qui investissent soit dans des travaux d’isolation, soit dans des économies d’énergie ou des énergies alternatives (chauffe-eau solaire), soit.. dans la mise en place d’une chaudière plus écologique. Le CIDD doit normalement se terminer en 2015, mais le gouvernement pourrait le prolonger ou le fondre dans un autre dispositif.

Le CIDD n’est pas la seule manière d’etre aidé pour remplacer son système de chauffage par un dispositif plus "vert". Il est possible, sous condition de revenu, de souscrire à un "éco-pret à taux zéro", qui permet de financer des travaux de rénovation thermique. On peut également, pour ce type de travaux, bénéficier d’une TVA réduite, ou d’une aide locale dans certaines communes… Au total, l’Agence nationale de l’habitat recense pas moins de neuf aides à la rénovation thermique selon les publics. L’annonce de M. Hollande n’en est donc pas vraiment une.

 

Jonathan Parienté et Samuel Laurent

 

 


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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 16:46

 

 

Le Monde.fr avec AFP | 16.09.2013 à 17h58 • Mis à jour le 16.09.2013 à 17h59

 

  Patrick Le Lay condamné pour abus de CDD

 

 

L'ancien PDG de TF1, Patrick Le Lay.

 

Pour la première fois, lundi 16 septembre, un patron de l'audiovisuel français a été reconnu coupable à titre personnel de recours abusif à des contrats à durée déterminée.

La cour d'appel de Versailles a confirmé le jugement en première instance condamnant Patrick Le Lay, ancien PDG de TF1, pour avoir utilisé ce type de contrat de mai 2002 à mars 2003 au sein de la chaîne. Il devra verser 3 500 euros d'amende et 5 000 euros de dommages et intérêts au Syndicat national de radiodiffusion et de télévision (SNRT-CGT), partie civile dans le dossier.

 

 "RESPONSABILITÉ PERSONNELLE"

Cette condamnation correspond au cas des cinq intermittents du spectacle mis en lumière par le syndicat, à savoir une maquilleuse, un documentaliste, une opératrice synthétiseur, un chef opérateur son et un assistant de plateau. Ces personnes avaient cumulé de cinq à dix-neuf ans d'ancienneté, dont plusieurs de CDD, selon le syndicat.

"Aujourd'hui, on ne peut plus commettre impunément des infractions. Les directions des médias et de l'audiovisuel mettent en jeu leur responsabilité personnelle. Cela va considérablement modifier le paysage social dans l'entreprise", s'est félicité l'avocat du syndicat, Oury Attia.

Contactée, la direction de TF1 n'a pas souhaité faire de commentaire.

 

 

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 16:39

 

 

LE MONDE.fr

16.09.2013 à 11h20 • Mis à jour le 16.09.2013 à 17h49 | Claire Gatinois

 

 

 En Basse-Saxe, la "ceinture de graisse" du pays prospère grâce à des salaires de misère

 

 
Les raisons qui ont poussées Stefan Petrut et sa femme à quitter la Roumanie pour venir travailler en Allemagne sont simples. "L'argent".

Les raisons qui ont poussées Stefan Petrut à quitter la Roumanie pour venir travailler en Allemagne sont simples. "L'argent". L'homme épais, à la figure bonhomme, qui ne laisse rien transparaître de trente ans de travail à la chaîne à découper les viandes dans les abattoirs, ne s'en cache pas. L'argent lui manquait tellement à Buzau, sa ville natale à 100 kilomètres de Bucarest.

Alors, en 2008, quand son ami Nicolaï, lui a parlé de ce travail d'équarrisseur en Basse-Saxe, à Essen-Oldenburg payé 1 600 euros par mois. "J'ai dit oui. J'arrive". Quelques jours plus tard, Stefan, quarante-six ans à l'époque, laisse sur place un fils déjà grand mais emmène sa femme, Luminata, couturière. Elle lâche ses travaux d'aiguilles pour se convertir à la découpe de bestiaux. De 16 heures à deux heures du matin, pauses comprises. L'affaire est trop belle. Au début, tout va bien. Si ce n'est cet appartement sommaire dans une maison de briques de Quakenbrück, à dix kilomètres de l'abattoir que Stefan et Luminata doivent partager avec deux autres couples. Une seule salle de bains. Une toilette pour tout le monde. Le tout pour 175 euros par personne et par mois payés "au patron". Celui-là même qui dirige l'abattoir.

Mais au bout de quelques mois, l'entreprise change le fonctionnement. Fini le salaire fixe, désormais Stefan et sa femme seront payés à la pièce : 1,31 centime (0,0131 euro) par cochon découpé pour lui, 0,98 centime pour elle. "Normalement, ça va, je suis un spécialiste", explique-t-il, fier. Solide et rompu à l'exercice, Stefan peut faire 700 bêtes par heure, donc, toucher un peu plus de 9 euros de l'heure. Mais Luminata ne tient pas la cadence. Pis au bout de quelques jours, les porcs n'arrivent plus. Danish Crown, un gros industriel de la viande qui achetait la pièces à l'abattoir de Stefan, veut changer de sous-traitant pour un autre, moins cher.

"Plus de cochons, plus d'argent", résume Stefan dans un français qu'il a appris à l'école. Sa femme et lui vivotent alors avec 500 euros mensuels. Puis, plus rien. L'abattoir fait faillite. Eux sont licenciés sans toucher les 5 000 euros et quelque qu'on leur doit encore.

 

 "NATIONALITÉS INVITÉES"

En Basse-Saxe, le cas de ces Roumains n'est qu'un exemple parmi d'autres de l'exploitation de la main-d'œuvre étrangère, peu au fait de ses droits, et souvent maintenue à dessein dans l'ignorance. Depuis un an, la presse locale se fait l'écho d'histoires plus ou moins sordides recensées dans "la ceinture de graisse" de l'Allemagne, championne européenne de l'exportation de viandes.

Got Ilie, le visage mat et l'air encore espiègle de ses 24 ans en témoignent. Arrivé en Allemagne en 2010, il a passé un an payé 5 euros de l'heure, sans sécurité sociale, et avant déduction des 70 euros à régler chaque mois à son employeur pour le logement : une chambre à partager avec cinq autres Roumains.

Au fil des ans, les nationalités "invitées" évoluent mais le scénario reste le même. Un salaire de misère qui frise parfois les deux à trois euros de l'heure et des conditions de logement indécentes. "Il y a quelques semaines, j'ai été alerté par un Espagnol employé dans une découpe de volailles qui n'avait pas reçu son salaire. J'ai découvert que lui et d'autres Espagnols vivaient à soixante-dix dans 180 mètres carrés dans un restaurant désaffecté", raconte Matthias Brümmer, responsable régional du syndicat de l'alimentaire NGG.

"Des Grecs, on n'en a pas encore vus. Mais l'industrie cherche et trouve toujours ce qu'elle veut là où la misère est la plus grande, dit-il, écœuré. Ces industriels se vantent de traiter correctement les animaux, mais eux traitent leurs salariés comme des bêtes !" M. Brümmer, un ancien des abattoirs, s'est rendu compte il y onze ans, grâce à un journaliste du Rheinische Post, que ces scènes dignes d'un roman de Zola existaient dans son propre pays, ce super modèle de l'Europe.

Interrogé sur de telles pratiques, Danish Crown explique que c'est le marché du travail allemand qui implique de tels niveaux de salaires. Quant aux sous-traitants, le groupe peut difficilement les contrôler, explique Jens Hansen, le porte-parole de l'entreprise danoise, ajoutant que le groupe, basé dans un pays réputé pour la générosité de son système social, ne rechigne pas à payer correctement ses propres salariés. Une stratégie d'évitement, certes, qui n'est toutefois pas éloignée de la réalité. Pour M. Brümmer, la réglementation du marché du travail allemand a permis ces dérives et l'émergence de ce qu'il appelle un "capitalisme de Manchester".

 

 PAS DE SALAIRE MINIMAL

Outre-Rhin, aucun salaire minimal n'est imposé dans la filière de la viande. En outre, sous le gouvernement de Gerhard Schröder (SPD) une clause a été introduite permettant à un employeur allemand de "louer" de la main d'œuvre à une entreprise étrangère, roumaine ou bulgare par exemple. Dans ce cadre, les employés sont soumis au droit du travail de leur pays d'origine, souvent moins disant.

En permettant aux industriels d'avoir recours à une main d'œuvre bon marché, la Basse-Saxe est devenue un aimant aux multinationales de la viande. Danish Crown, mais aussi le néerlandais Vion y sont représentés aux côtés des allemands Tonnies, Westfleisch, entre autres.

Résultat, dans cette région agricole, le chômage est au ras des pâquerettes (6,5 % en août selon l'agence pour l'emploi), et en dépit de l'automatisation du métier, l'industrie emploie encore 142 000 personnes, et plus de 200 000 en comptant ces travailleurs "loués", indique M. Brummer. "Aujourd'hui, si l'Allemagne arrête de produire de la viande, l'Europe fait famine !", plaisante-t-il.

Pour lui comme pour nombre d'Allemands, ce résultat n'a pourtant rien d'une réussite. "J'ai honte. Quand je voyage à l'étranger et qu'on m'interroge à ce sujet, je suis incapable de justifier cela", confie Alexander Herzog-Stein, spécialiste du marché de l'emploi à l'institut IMK, proche des syndicats.

Dans la région, aussi, on a honte. Depuis plus d'un an, à Vechta, une petite ville tranquille, le prêtre Peter Kessen mobilise les foules pour que cesse ce "dumpig social", dénoncé également par la France et la Belgique. Pour son action, le prêtre a reçu des menaces : une peau de lapin, déposée devant sa porte en novembre dernier.

C'est que le combat de ce religieux dérange. Son objectif est d'obliger l'instauration d'un salaire minimum à 8,50 euros de l'heure, pour tous. Une lutte à la frontière entre religion et politique : la mesure figure dans le programme du SPD, en lice face à la CDU d'Angela Merkel pour les élections législatives du 22 septembre."C'est notre responsabilité sociale", sourit-il. Et pour ceux qui redouteraient de voir alors la compétitivité de l'industrie s'effondrer, le prêtre a déjà fait les calculs. Avec ce niveau de salaire, le kilo de viande ne serait renchéri que de 5,7 centimes, dit-il. Reste que les entreprises pourraient déguerpir, à la recherche d'une main-d'œuvre meilleur marché. "Qu'ils s'en aillent !", lâche M. Brümmer.

Depuis quelques jours, la région a bon espoir de mettre fin à tout cela. A la suite d'une table ronde, mardi 10 septembre, les grands industriels se sont mis d'accord pour l'instauration d'un salaire minimum. Mais M. Brümmer se méfie. "Ce n'est pas la première fois qu'en période préélectorale on nous fait des promesses. Attendons le 23 septembre !".

Et puis après la viande viendra le combat pour les employés de l'hôtellerie, de la restauration et pour les garçons coiffeurs, dont les salaires, dit-on, ne dépassent pas 2 à 3 euros de l'heure...

Claire Gatinois
Journaliste au Monde

 

 


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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 15:47

 

blogs.rue89.com

Flora Zanichelli - Journaliste

Publié le 16/09/2013 à 16h22

 

 

 

 

Tous les matins, elle est là. Place Montecitorio, minuscule avec ses cheveux blancs et son grand sac en cuir. Annarella, à Rome, est une star. De 87 ans. Depuis plusieurs années, elle campe tous les jours devant la Chambre des députés italiens. Avec elle, une bande d’amis, tous à la retraite. Leur point commun : dire leurs quatre vérités aux politiques.

Il faut la voir, Annarella, courir derrière les parlementaires, les apostropher en romain, prendre la pause pour faire des photos avec les spectateurs de passage. Personne n’ose rien lui dire, à cette mamie frêle qui sourit en disant les pires gros mots.

Comme les journalistes qui attendent à la sortie du palazzo Chigi et qui l’appellent :

« Ao’ Annare’ ! Vie’ un po’ qua, dicce qualcosa ! » (Annare’ viens par ici, dis-nous quelque chose.)

Annarella, communiste, pose le poing levé

A 87 printemps donc, Annarella touche 215 euros de retraite par mois. Un montant ridicule qu’elle a obtenu parce que son mari était carabinier. Avant, Annarella vendait des fruits et légumes sur le marché d’Ostiense, un quartier du sud de Rome.

Elle est communiste : si vous lui demandez de faire une photo, elle prendra la pose le poing levé. Une histoire de famille : son père, quand elle était petite, la mettait sur le porte-bagage de son vélo. Et ils partaient à travers la campagne, assister à des meetings, à la tombée de la nuit.

Annarella connaît tous les journalistes, tous les carabiniers, tous les politiques. Dans son grand sac, elle sort une petite enveloppe avec à l’intérieur, glissées pêle-mêle, des photos qui la représentent avec le président de la République Giorgio Napolitano, avec la présidente de la caméra des députés, Laura Boldrini...

Annarella a deux animaux de compagnie : un petit chien qu’elle a appelé Brunetta, du nom d’un cacique du parti de Silvio Berlusconi, connu pour sa petite taille ; et une chatte qu’elle a baptisée Santanché, du nom de la pitonesse, l’amazone en chef, la plus ardente des pro Silvio Berlusconi.

Annarella n’aime pas Silvio Berlusconi, qu’elle qualifie de « sozzo » (infâme, pour être poli). Quand le Cavaliere a été condamné à quatre ans de prison pour fraude fiscale en août dernier, elle s’est préparée « una coda alla vaccinara », un délicieux plat de queue de bœuf accompagnée d’une sauce aux légumes, typique de la cuisine romaine. C’est peu dire que c’était fête !

Combien de têtes je ferais tomber ?

Annarella est un concentré de romanité (elle ne parle que le dialecte) avec ses apostrophes (elle vous appelle « disgraziata », vaurienne), ses grands gestes, son côté un peu ronchon.

« Ici tout le monde m’aime », sourit-elle, coincée entre deux gendarmes. Et c’est vrai qu’il y a une tendresse pour cette grand-mère de presque 90 printemps qui se sauve de chez elle tous les matins « sans que le chien [l]’aperçoive sinon il aboie », et qui vient crier sa rage sur la place publique. Même si aujourd’hui, c’est presque devenu un jeu. Un jeu mélancolique. Un fonds de vérité aussi, dans une Italie en pleine tempête politique.

« Combien de têtes je ferais tomber moi, si tu savais. A 87 ans, après tout, qu’est-ce que je risque ? ! »

 

 

 

 

 

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