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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 15:23

 

marianne.net

 

Le compte en Suisse et le train de vie des Balkany intéressent la justice

Mardi 8 Octobre 2013 à 16:44

 

Thibault Le Berre‏

 

Ouverture d’un compte en Suisse déclaré ou pas ? Utilisation à des fins privées d’un employé municipal payé par des fonds privés ou publics ? La justice enquête actuellement sur le maire de Levallois-Perret, Patrick Balkany. Ce dernier a répondu par un communiqué de presse laconique sur Twitter.

 

REVELLI-BEAUMONT/SIPA
REVELLI-BEAUMONT/SIPA
« Je suis l’homme le plus honnête qui soit » disait, il y a peu sur le plateau de Canal Plus, Patrick Balkany député-maire de Levallois-Perret. La police judiciaire ne le croît pas sur parole. Elle a récemment mené une perquisition à la mairie de Levallois-Perret afin de récupérer l’emploi du temps des agents de la police municipale de la ville, indique l’hebdomadaire Le Point.

L’élu UMP est effectivement accusé d’avoir utilisé un policier municipal comme chauffeur lors de son séjour sur l’île antillaise de Saint-Martin. Reste à savoir si ces services ont été financés par ses administrés ou avec ses propres deniers. L’enquête a été ouvert e par le parquet de Nanterre suite à une lettre de syndicats de police USSPM et SNPM-FO adressée au bureau du procureur en décembre 2012.

Suite à ces révélations Patrick Balkany a publié un communiqué via son compte Twitter.

 

 

Pas de financements publics « bien entendu » selon l'intéressé. Ce n’est pas la première fois cependant que « l’homme le plus honnête qui soit » est soupçonné de faits de cette nature. En 1996, le tribunal correctionnel de Nanterre l’avait même condamné à quinze mois de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité pour avoir utilisé, de 1985 à 1995, des employés municipaux dans sa résidence secondaire. Les électeurs de Levallois l’avaient pourtant réélu en 2001. Plus récemment, en 2008, Le Canard Enchaîné avait accusé Patrick Balkany d’avoir utilisé des employés municipaux lors du mariage de sa fille.
 
Qu'en est-il par ailleurs du « faramineux train de vie » des époux Balkany? Rappelant qu’ils avaient déclaré, il y a huit ans, ne pas payer l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF), Le Point se demande dès lors comment le couple a bien pu se payer une propriété de quatre hectares à Giverny, dans l’Eure, avec deux piscines et un green de golfe ? Dans le communiqué mentionné précédemment, Patrick Balkany affirme que la « maison de Giverny a été acquise en 1982 avant (qu'il détienne) un mandat électif ». Avant d’ajouter, « J’ai vendu à un investisseur suisse, en toute légalité, mes actions de l’entreprise familiale de prêt-à-porter, à la fin des années 1980. Le produit de la vente de ces actions a été intégralement transféré à l’époque au CCF de Levallois (aujourd’hui HSBC) ».

 

Cette seconde phrase vise à répondre aux journalistes du magazine, selon lesquels l’élu détiendrait ou aurait détenu un compte en Suisse dans la banque ABM Amro. Bordereau d’ouverture du compte à l’appuie, il aurait été déposé, le 26 juillet 1994, 1,6 millions d’euros de francs suisses soit l’équivalent de 6,5 millions de francs (990 000 €). Somme dont personne ne sait si elle a été déclarée au fisc français. L’existence de ce compte pourrait révéler un possible montage financier via une société suisse, Atlas Finanz Service. Un compte rendu d’enquête de juin 2001 que s’est procuré l’hebdomadaire mentionne que « des investigations (…) montrent l’omniprésence de la société Atlas Finanz Service, dont les activités apparaissent systématiquement bénéficier à Mr Balkany ». Le très probable candidat à sa propre succession à la mairie de Levallois-Perret en mars 2014 a du souci à se faire.
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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 15:13

 

blogs.mediapart.fr

 

Pour une belle manif ce fut une belle manif !

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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 14:18

 

 

mediapart.fr

Aux prud'hommes, UBS face à sa lanceuse d'alerte

|  Par Dan Israel

 

 

Stéphanie Gibaud, ancienne responsable marketing d'UBS France, dénonçait devant les prud'hommes le harcèlement et la discrimination dont elle estime avoir été victime pour avoir mis en cause l'organisation de l'évasion fiscale au sein de la banque. UBS rejette toute accusation.

 

Une lanceuse d’alerte harcelée et discriminée pour ne pas avoir accepté de couvrir les traces de son entreprise, empêtrée dans des pratiques d’organisation d’évasion fiscale à grande échelle. Ou bien une manipulatrice qui se drape dans la vertu pour mieux extorquer de l’argent à son ex-employeur. Deux portraits irréconciliables de Stéphanie Gibaud. Employée d’UBS France de septembre 1999 à février 2012, assistante marketing puis responsable de l’organisation des « événements » où la banque réunissait banquiers et (futurs) clients, elle contestait lundi 7 octobre devant le conseil des prud’hommes de Paris la dégradation de ses conditions de travail chez UBS entre 2008 et 2011.

Tour à tour, salariée et employeur ont présenté leurs versions des faits, opposées sur presque tous les points. Les conseillers censés trancher entre eux ne s’y sont pas risqués, et ont renvoyé le dossier en départage, où il sera jugé, dans un an environ, par un magistrat professionnel.

 

Stéphanie Gibaud 
Stéphanie Gibaud© DR

Pour Stéphanie Gibaud, les faits sont limpides. À l’été 2008, sa supérieure hiérarchique lui a demandé de supprimer tous ses dossiers, papiers et informatiques, qui pourraient s’avérer compromettants pour la banque. La responsable des « events » passait en effet son temps à organiser des événements mondains où les banquiers d’UBS, français et suisses, courtisaient leurs clients, mais aussi des « prospects » susceptibles d’être intéressés par les services de la banque. Or, les « chargés d’affaires » (CA) suisses ont interdiction de démarcher des clients en France, comme dans toute l’Union européenne.

À l’audience, Renaud Dufeu, l’avocat de l’ex-salariée, a attaqué bille en tête la banque, l’accusant d’avoir « pillé la France ». « Je venais du milieu du football. Pendant de longues années, je ne savais pas que ces activités étaient illégales, a raconté Stéphanie Gibaud à Mediapart. Je n’ai compris que tardivement. En juillet 2008, ma supérieure m’a dit : “Vu la conjoncture et les circonstances, détruisez-moi tout ça.” »

Les circonstances ? Fin 2007 aux États-Unis, la filiale d’UBS est prise en pleine organisation d’évasion fiscale pour de riches clients américains. Un salarié, Bradley Birkenfeld, accepte de collaborer avec la justice, qui contraint UBS à payer en 2009 780 millions de dollars d’amende et de livrer au fisc des détails sur 4 450 de ses clients américains. Les responsables de la filiale seront forcés de s’excuser d’avoir violé la loi devant les parlementaires américains.

Selon Stéphanie Gibaud, c’est une perquisition dans le bureau parisien du responsable de la gestion de fortune de l’époque qui déclenche la panique. Les ordres de destruction, toujours oraux, se multiplient. Elle refuse de s’attaquer à ses propres fichiers sans une demande écrite. Qui ne viendra jamais. Elle s’en étonne publiquement. Son évaluation annuelle s’effondre, le bonus qui lui est versé chaque année également. Fin décembre 2008, elle écrit au président de la filiale française pour dénoncer ces instructions orales, et les pratiques de harcèlement dont elle a commencé à être la victime de la part de sa cheffe. « Subitement, elle est devenue nulle, incompétente, trop payée, trop proche des clients, avec un état d’esprit qui n’est pas le bon », énumère Me Dufeu.

Le président n’a jamais répondu à la lettre de décembre 2008. « Mais parce qu’elle a osé écrire pour dénoncer un ordre illégal, assure l’avocat, elle est mutée en tant que responsable des hôtesses, sans son consentement. » Ni celui de l’inspection du travail, pourtant obligatoire puisque Stéphanie Gibaud est aussi secrétaire du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT). « Épuisée », « au bout du rouleau », tombée dans une « lourde dépression » et devant multiplier les arrêts de travail, elle accepte finalement en décembre 2011 de faire partie du prochain plan de licenciement économique organisé par la banque.

Pour UBS, rien de tout cela ne correspond à la réalité. « Il n’y a pas de discrimination, pas de harcèlement. Il y a une relation difficile entre une salariée et sa responsable, c’est évident », mais rien de plus, plaide Jean-Michel Segeron, l’avocat de la banque. La première n’aurait pas supporté l’arrivée de la seconde dans une position hiérarchique supérieure à la sienne, en 2007. Dans tout ce qui est décrit par son ancienne employée, l’entreprise ne voit rien d’autre que des conséquences de la crise économique traversée par la finance, et par UBS, à partir de 2008. Stéphanie Gibaud a vu ses bonus baisser de plus de 45 % entre 2008 et 2009 ? « Le pot de bonus accordé à tous les salariés a baissé dans les mêmes proportions. » Les tâches subalternes auxquelles elle a été reléguée ? « On est en pleine crise, les budgets sont restreints, il y a beaucoup moins d’événements, les salariés du service marketing doivent aussi accomplir des tâches plus administratives. » L’ancienne responsable marketing affirme aussi depuis des années que le contenu de certains de ses dossiers informatiques sensibles a été effacé par une intervention extérieure. Là encore, UBS balaye : une enquête menée par ses services informatiques démontre que ces accusations ne tiennent pas.

Les charges s'accumulent contre la banque

Bref, ce conflit n’aurait rien que de très banal. Une ligne de défense certes cohérente, mais qui nécessite d’évacuer le contexte dans lequel cette affaire est née. Et c’est difficile. D’ailleurs, le directeur juridique et le directeur général de la filiale se seraient-ils déplacés pour assister à une audience sans importance ? Depuis le départ de Stéphanie Gibaud d’UBS, les charges se sont en tout cas accumulées. Le 31 mai, UBS France a été mise en examen pour complicité de démarchage illicite, et placée sous le statut de témoin assisté pour les qualifications de blanchiment de démarchage et de blanchiment de fraude fiscale. Trois anciens cadres de la banque, dont l’ex-directeur général, l'avaient déjà été. Une semaine plus tard, c’est la maison-mère suisse, UBS AG, qui est mise en examen pour démarchage illicite.

« Au plan pénal, il n'y a rien qui puisse être reproché à UBS France pour le moment », a annoncé en préambule de l’audience Me Segeron, rappelant qu’« UBS n'entend pas mettre la tête sur le billot » et « dément les accusations qui sont portées contre elle ». Ces accusations sont nombreuses. L’ouverture de l'instruction judiciaire, menée par les juges Guillaume Daïeff et Serge Tournaire, suivait de quelques semaines la sortie, en mars 2012, du livre clé d’Antoine Peillon, Ces 600 milliards qui manquent à la France, paru au Seuil. Le journaliste de La Croix y rassemblait nombre d’éléments sur la façon dont UBS facilitait l’évasion fiscale de ses clients vers la Suisse, et tenait une comptabilité secrète, les fameux « carnets du lait ». Mediapart a largement documenté ces éléments dans une série d’articles intitulée « Les carnets UBS ».

Le 26 juin 2013, l'Autorité de contrôle prudentiel (ACP), le gendarme des banques, a infligé à la banque la plus forte amende de son histoire. Dix millions d'euros, assortis d’un blâme, pour son « laxisme » dans la mise en place du contrôle des pratiques de ses salariés. Et du côté des prud’hommes, deux décisions ont déjà sanctionné le licenciement de cadres tenant des discours similaires à celui de Stéphanie Gibaud.

Le 30 août 2011, UBS a été condamnée pour le licenciement abusif en juillet 2008 de l’ancien responsable de son agence de Strasbourg. Le conseil avait estimé que le fait que des CA suisses viennent démarcher des clients dans l’est de la France empiétait sur l’exclusivité régionale dont était censée bénéficier l’agence strasbourgeoise. Et dans un jugement rendu le 19 juin 2012, le conseil de prud'hommes de Paris avait considéré que le licenciement de Nicolas Forissier, l’ancien contrôleur interne d’UBS France qui dénonçait des pratiques illicites, était « sans cause réelle et sérieuse » (Nous avions détaillé son cas, en protégeant son identité à l’époque). La banque a fait appel du jugement.

Aujourd’hui en Suisse, comme nous le racontions cet été, UBS a décidé de faire le ménage parmi ses clients non déclarés. Le Parisien a révélé mi-septembre le contenu d’une lettre envoyée par la banque à tous ses clients français, où il leur est demandé une attestation justifiant qu'ils sont en règle avec le fisc hexagonal dans « les meilleurs délais ». Ce qui n’empêche pas les témoignages de se multiplier. Dans son récent livre, le député Yann Galut, qui suit de près les questions liées à l’évasion fiscale, évoque les pratiques d’UBS dont il a eu connaissance lors de diverses auditions. Et France 5 diffusera dans les semaines à venir un documentaire consacré au cas d’UBS France, réalisé par Patrick Benquet, qui est notamment l’auteur d’un excellent documentaire en deux volets sur la Françafrique.

Un ex-banquier d'UBS raconte les coulisses du système à Mediapart

“Envoyé spécial” vient également de proposer une enquête sévère pour la banque. Un ancien CA suisse, salarié d’UBS pendant plus de dix ans, y racontait sous couvert d’anonymat comment il avait travaillé avec des centaines de clients français désireux d’échapper au fisc, en les rencontrant en France ou en Suisse, et en plaçant leur argent à l’abri des regards. Mediapart a retrouvé ce témoin.

L’homme, qui se déclare prêt à répondre à la justice française s’il est interrogé, décrit son ancien travail comme « un job assez sympa ». Il estime son portefeuille de clients français « entre 300 et 600, selon les années, dont les placements n’étaient pas déclarés au fisc pour leur quasi-totalité ». La masse des avoirs qu’il avait sous gestion a évolué entre 200 et 600 millions d’euros, évalue-t-il. « Et ça, c’est pour un seul chargé d’affaires, dans une seule ville et une seule banque suisse, pointe-t-il. Rien que dans mon bureau, nous étions douze, et autant dans celui d’à côté… »

Ce témoin atteste formellement s’être rendu à de nombreuses reprises dans les locaux d’UBS France. « Moi je passais pour dire bonjour quand j’étais en France et je rencontrais mes clients ailleurs. Mais il arrivait que d’autres CA rencontrent les leurs directement dans les locaux parisiens de la banque », affirme l’ex-banquier.

Tension extrême à l'audience

Ce point est justement l’un de ceux qui ont alimenté l’affrontement entre Stéphanie Gibaud et son employeur. Affrontement qui s’est déroulé aux yeux de tous, car la salariée a posé ses questions lors de plusieurs séances du CHSCT, et les a consignées dans les rapports qu’elle a rédigés. Le 18 décembre 2008, d’abord, où elle évoque publiquement les demandes de suppressions des fichiers qui lui sont faites. Réponse de la directrice des ressources humaines : il ne s’agit que de limiter le coût de la gestion du papier !

Mais le choc le plus violent a lieu lors du CHSCT du 30 juin 2009, où Stéphanie Gibaud évoque à nouveau l’ordre de destruction, et la collaboration franco-suisse dans l’organisation de l’évasion fiscale des clients. Selon le compte-rendu qu’elle a rédigé, ces points sont évacués par la direction. Problème, les responsables d’UBS France refusent de signer le PV de la réunion, assurant que leurs réponses ont été déformées et que certains points de la discussion n’ont en fait jamais eu lieu. La secrétaire du CHSCT envoie tout de même ce compte-rendu à tous les salariés, en novembre. « J’ai pris conseil auprès de l’inspectrice du travail qui me suivait, et qui m’a rappelé que c’est moi qui tenais la plume », explique Stéphanie Gibaud.

Cet envoi non approuvé par la direction lui vaudra d’être poursuivie devant le tribunal de police pour « diffamation non publique ». La banque est déboutée en septembre 2010. Au même moment, la salariée porte plainte auprès du procureur de Paris, notamment pour des faits de harcèlement moral, de destruction de preuves, de complicité de démarchage illicite et de blanchiment d’argent en bande organisée.

La situation est inextricable. Fin 2009, la banque avait demandé l’autorisation à l’inspection du travail de licencier sa salariée pour motif économique. Refusé. Sollicité par UBS, le ministère du travail confirme ce refus. Mais le tribunal administratif finit par l’autoriser. Stéphanie Gibaud accepte de partir, parce qu’elle ne supporte plus ses conditions de travail, selon son récit. Elle le signifie à l’inspection du travail, qui ne s’oppose donc plus à son départ. Pour l’avocat de la banque, cet enchaînement est la preuve que le harcèlement n’est pas constitué (bien que la décision du tribunal ne porte légalement que sur la validité du licenciement économique).

Me Segeron insiste aussi sur le fait que Stéphanie Gibaud n’a pas contesté le jugement du tribunal. Et souligne qu’un mois après le premier refus de son licenciement par l’inspection du travail, elle avait tout de même demandé une rupture conventionnelle à la banque, moyennant le paiement d’indemnités. Refusé cette fois par la banque. « L’inspectrice du travail m’avait dit qu’elle refusait mon licenciement vu les conditions qui m’étaient imposées, justifie Stéphanie Gibaud auprès de Mediapart. Mais bien sûr, elle ne voulait pas m’empêcher de quitter une situation intenable. »

Dans une ambiance très tendue, l’avocat sous-entend lui qu’elle s’est en fait livrée à un chantage, et déclare ne « pas trop adhérer au concept des lanceurs d’alerte » : « Par derrière, il y a un intérêt personnel, faire pression sur l’entreprise pour partir aux conditions que l’on souhaite », attaque-t-il. Quelques instants auparavant, Me Dufeu avait comparé UBS à « ceux qui nient l’existence d’un génocide ». Ce qui lui vaudra une brève altercation avec le directeur juridique de la banque à l’issue de l’audience. La violence des échanges sera peut-être retombée d’ici quelques mois, quand le dossier sera à nouveau examiné. Ce n’est pas certain : dans un communiqué, la banque dénonce les « affirmations outrancières de la partie adverse » et prévient qu’elle « entend faire à nouveau valoir avec vigueur son point de vue devant la formation de départage ».

 

Lire aussi

 

 

 

 

 

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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 14:00

 

 

 

 

Le Nouveau Parti Anticapitaliste du Gard
organise une rencontre - débat
avec Bernard FRIOT

professeur émérite de sociologie
à l'Université Paris Ouest Nanterre

 

Les retraites :
un tremplin pour sortir du
capitalisme ?


Vendredi 11 octobre 2013 à 20h30
Salle du foyer Pré de Valence
Rue neuve - BLAUZAC



Le gouvernement a dévoilé son projet de réforme des retraites : il faudra cotiser plus longtemps et la légère augmentation du taux de cotisation sera entièrement compensée pour les entreprises !
Dans ce contexte est-il possible de faire émerger des revendications offensives et non pas seulement défensives, des revendications qui permettent de penser un autre avenir ?

Pour Bernard Friot, il y a dans la cotisation sociale quelque chose de révolutionnaire, un « déjà-là » émancipateur qui peut servir de point d’appui au dépassement du capitalisme.
En effet, pour payer les 200 milliards d’euros aux retraités, la cotisation sociale n’est pas mise de côté, mais finance immédiatement les pensions. Il n’y a pas besoin de marchés financiers, de l’épargne ou de la bourse !
Finalement les retraites démontrent l’inutilité de ces institutions capitalistes. C’est pour cela qu’elles sont attaquées depuis plusieurs années au prétexte de la compétitivité des entreprises ou de l’allongement de la durée de la vie. Luttons pour les défendre et les développer !

 

 

 


Avec la participation
des Alternatifs de l’Uzège
du Parti communiste de l’Uzège
du Parti de gauche de l’Uzège-Pont du Gard
Contact : npadugard@gmail.com
Imp. par nos soins

 

 

Biographie

Bernard Friot, professeur émérite à l’Université Paris Ouest Nanterre, est économiste et sociologue. Ses travaux portent sur la sécurité sociale et plus généralement sur les institutions du salariat nées au XXe siècle en Europe continentale. Il fait partie du Réseau salariat (reseau-salariat.info) et de l’Institut européen du salariat (ies-salariat.org). Il a récemment publié à La Dispute L’enjeu des retraites (2010), L’enjeu du salaire (2012) et Puissances du salariat (2012 réédition).

 

Idée principale

L’apport principal de Bernard Friot est de montrer en quoi la cotisation sociale s’oppose à la logique capitaliste et incarne un « déjà-là émancipateur » à partir duquel on peut penser concrètement l’au-delà du capitalisme. Ponction sur la richesse, versée aussitôt que produite, la cotisation ne procède pas d’une accumulation et ne génère aucun profit. En ponctionnant la valeur ajoutée pour financer la santé ou la vieillesse, la cotisation sociale met en évidence l’inutilité du crédit et de la propriété lucrative.

 

Principaux passage dans les médias

Vidéos :

Emission sur internet très bien faite :

http://www.youtube.com/watch?v=8MWQBbLLwg4

 

Passage à l’émission Ce soir ou jamais sur France, 2 juin 2013 :

http://www.youtube.com/watch?v=sIaDmbJ0fTU

 

Radio :

Passage à l’émission Là-bas si j’y suis, 10 septembre 2013 :

http://www.franceinter.fr/emission-la-bas-si-jy-suis-lenjeu-des-retraites-avec-bernard-friot

 

Presse écrite :

L’humanité du 14 août 2013 :

http://www.humanite.fr/social-eco/bernard-friot-le-salariat-c-est-la-classe-revoluti-547252

 

Le monde diplomatique de févier 2012 :

http://www.monde-diplomatique.fr/2012/02/FRIOT/47384

 

 

 

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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 17:59

 

 

alternatives.blog.lemonde.fr

 

Les forçats de l’Alternative

 

 

 

 
in Share5

Hier encore, ils n'en doutaient plus. Comme une évidence: leur pays n'était pas conquis. Poussés par la force de leurs convictions et l'ampleur de la tâche à accomplir, rien, alors, ne semblait les perturber. Partis sur les routes de France, ces coureurs du nouveau monde se bornent à montrer que les Alternatives existent. Et qu'elles fonctionnent. Reste à convaincre la foule de s'en emparer.

 

Eté 2008, le tour de France du développement durable

En 2008, l'effervescence autour de l'écologie battait son plein. Les Poulidor du moment s'appelaient Al Gore, Brown ou encore Hulot. Ils couraient en tête quand le Grenelle a dopé les troupes. Inspirés par le tour du monde en "80 hommes" de Sylvain Darnil et Mathieu Le Roux ou le périple de la famille De Cherisez, Gilles, Hélène et Bertrand partirent à l'aventure.

Pour mon compte, je les suivais à distance. Ces étudiants voulaient établir un état des lieux d’initiatives mises en oeuvre dans l'hexagone.

"Ce sont autant de solutions pour inventer une relation plus harmonieuse avec notre environnement naturel, social, économique" expliquait Gilles.

Un petit ouvrage réunit depuis l'ensemble de ces solutions rencontrées alors. Et le jeune homme continue à promouvoir ses explorations et ses rencontres avec des hommes et des femmes de terrain (explorateurs, aventuriers, etc.) via Vive la Terre, son association.

2009, du vert dans les oreilles

Ceux-là furent téméraires. Partis pendant près d'un an, Alexis et Goulven utilisèrent un micro pour croquer le paysan bio français: "en termes d’agriculture et de modes de vie durables, qui fait quoi en France? Quels choix de vie cela implique-t-il? Pourquoi aboutir à de tels systèmes de production ?" se demandaient-ils.

Dénonçant un modèle agricole productiviste, leur périple les mena à la rencontre de vingt agriculteurs alternatifs branchés en mode d'agriculture bio et locale. La mise en relation de la parole d'un exploitant et de l'univers sonore quotidien dans lequel il vit apportât à leur approche une dimension fort rafraîchissante.

Ete 2013, sous le signe de l'écofrugalité

Philippe Green n'en était pas à son premier coup d'essai. Habitué des longs périples pour défendre ses idées, c'est avec un vieux combi Wolkswagen qu'il partit avec son équipe cet été.

Objectif: répandre les principes de l'écofrugalité, aller à la rencontre des acteurs, et jouer de la roue (de récup!) écofrugale pour tester les connaissances de ses interlocuteurs en matière d'économies générées par l'écologie.

Bilan de sa course ? Plus de 5000 kilomètres parcourus malgré quelques pannes en route, et un constat: "les Français ont envie d’agir pour la planète à condition qu’on leur apporte les preuves concrètes que c’est bon pour leur pouvoir d’achat et leur niveau de vie. Du coup j'ai décidé que mon livre, le Guide Ecofrugal, serait téléchargeable gratuitement sur internet pour le rendre accessible au plus grand nombre", déclarait le coureur sur la ligne d'arrivée.

Juin à Novembre 2013, le tour de France des Alternatives

Le jeune journaliste Emmanuel Daniel souhaitait en savoir plus sur les alternatives qui poussent en France. Sa devise, reprise d'Eluard, est la suivante: "un nouveau monde existe, il est dans celui-ci". Parti sur la route des utopies concrètes, il quitta la région parisienne vers le 20 juin 2013. Son voyage, entièrement participatif (utilisant les principes de l'économie du partage - stop, covoiturage, couchsurfing, échange du logis contre cuisine à domicile, etc.), est conçu pour aller à la rencontre de ceux qui élaborent des solutions locales, concrètes et reproductibles en réponses aux problématiques de logement, d’alimentation, de santé et d’éducation.

"Ces expériences sont autant de pistes concrètes à explorer pour relocaliser l’économie, renforcer la démocratie, préserver notre environnement et favoriser le vivre-ensemble" déclarait récemment le jeune homme sur son site. Porté par l'envie de redonner espoir et envie d’agir à ses lecteurs, il prévoyait de clôturer son périple en remontant la côte ouest de la France, pour finir en décembre 2013 par la Bretagne ("le meilleur pour la fin" dit-t-il)

Ete 2013, un tour pour l'émancipation

Du 4 août 2013 au 16 septembre 2013, ce fut au tour du toulousain Frédéric Bosquet, à l'origine de la monnaie alternative le Sol Violette et du site Alternatives humanistes, de partir sur 4000 km en 40 jours. Equipé d'un vélo  électrique, son objectif était de faire signer l'initiative citoyenne Européenne en faveur d'un Revenu de base inconditionnel pour tous.

Ici aussi, la démarche reposait sur la rencontre en demandant l'hospitalité chaque soir à des groupes de citoyens "engagés à un revenu, une entreprise, une planète, une existence et une cité pour tous".

Pour le soutenir dans ses efforts au-delà de la Grande Boucle, il suffit de signer la pétition en ligne sur revenudebase.info.

Octobre 2013, départ du tour des candidats et maires de France

Aujourd'hui, c'est Armel le Coz qui se lance sur les routes de France. Son angle d'attaque: les candidats et maires de FranceIl souhaite les questionner sur leur connaissance des alternatives, et sur leur perception de la démocratie participative.

Ce jeune designer de 28 ans, d'ores et déjà investi dans le développement du projet Parlements et Citoyens, a toujours été animé par l'envie de simplifier, par le design, la compréhension des décisions politiques. Désireux de réaliser des boîtes à outils pour les collectivités qui lui font appel (pour la conception d’un dispositif numérique, une démarche de facilitation, la conception d'un atelier créatif, etc.), il souhaite aller plus loin: ne plus travailler pour les services de l'administration, mais avec les élus.

"Je suis dans une recherche personnelle d’un modèle de société qui fonctionnerait mieux" confiait-il avant de partir, animé par "l'envie de les sensibiliser et leur faire découvrir ces nouvelles alternatives tout autant que découvrir leurs pratiques, pour voir comment la démocratie est pratiquée, côté élu et candidat".

Convaincu que la démocratie doit se pratiquer autrement qu'au travers d'une logique de partis, il part sans prévoir ses points de chute. Inspiré par l'émission Nus et Culottés, il veut se confronter avec l'existant pour réaliser son rêve: dessiner le modèle de société qui lui plaît, un "objectif idéal" reconnaît celui qui a démarré durant la nuit blanche du 5 octobre à Paris, devant l'hôtel de ville.

A voir la multiplication de leurs initiatives, on comprend: ils ne font pas le tour de France pour se promener, mais pour courir et rattraper le temps perdu à tergiverser. C'est une vraie course contre la montre. Et une nouvelle fois la preuve que la France est riche de ceux qui la voient autrement. De quoi inspirer un détour de France ?

Anne-Sophie Novel / @SoAnn sur twitter

 

 


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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 17:47

 

lemonde.fr

 

L'Etat condamné à trouver un hébergement spécialisé pour une jeune femme handicapée

Le Monde.fr avec AFP | 07.10.2013 à 17h34 • Mis à jour le 07.10.2013 à 17h47

 
 

 

Agée de 19 ans, Amélie n'avait plus de place en centre spécialisé depuis sa majorité.

 

Le tribunal administratif de Pontoise a ordonné lundi 7 octobre à l'Etat de "prendre toutes dispositions" pour qu'une place en hébergement spécialisé soit trouvée pour Amélie, une jeune femme de 19 ans lourdement handicapée qui avait attaqué l'administration. L'agence régionale de santé (ARS) d'Ile-de-France doit "prendre toutes dispositions pour qu'une offre de soins permettant la prise en charge effective, dans un délai de quinze jours, de la jeune femme, par un établissement médico-social adapté à son état, soit présentée à ses parents", a jugé le tribunal, sous peine d'une astreinte de 200 euros par jour de retard.

"Eu égard à l'absence de prise en charge médico-sociale" de la jeune femme "et à l'épuisement psychique de la famille, il y a une atteinte au droit à la vie", a avancé son avocat, Me Karim Felissi. Dans la famille d'Amélie, la fin de la prise en charge par des établissements spécialisés, auxquels elle a eu accès jusqu'à sa majorité, a marqué un bouleversement. En octobre 2012, elle a dû quitter l'institut médico-éducatif qu'elle fréquentait et qui, selon sa mère, "n'était plus adapté".

 

 "NOUS DEVONS TROUVER UNE SOLUTION TEMPORAIRE"

"Amélie est complètement isolée, elle n'a plus de relations sociales" depuis qu'elle reste à la maison, s'est désolée sa mère lors de ce procès. "Le fait qu'elle soit [à la maison] sans activité, ça développe tous ses troubles", a-t-elle expliqué. Le syndrome de Prader-Willi, une anomalie génétique rare dont elle est atteinte, a entraîné un retard mental et l'a rendue obèse. Elle souffre aussi de troubles autistiques et de troubles envahissants du développement, et doit être surveillée 24 heures sur 24, une tâche éprouvante et épuisante pour ses proches.

Le conseil général du Val-d'Oise et l'ARS d'Ile-de-France se sont défendus en affirmant qu'une solution d'hébergement a été trouvée, mais dans un établissement à Baumont-sur-Oise encore en travaux, qui ne peut l'accueillir dans l'immédiat. "Nous devons trouver une solution temporaire", a concédé Marion Leroux, directrice générale adjointe en charge de la solidarité au conseil général, ajoutant toutefois que le département avait déjà "fait énormément de recherches" pour la jeune femme. "Ses comportements assez destructeurs font qu'il est très difficile de trouver un établissement adapté", d'autant que "la famille refuse de s'en séparer totalement, refusant une place dans un établissement belge à cause de l'éloignement", a-t-elle souligné.

 

 DES STRUCTURES SATURÉES

Au-delà de ce cas, une fédération d'associations spécialisées dans la défense des personnes handicapées mentales, l'Unapei, espère que ce précédent permettra aux handicapés d'obtenir non seulement des dommages et intérêts, comme c'est le cas actuellement, mais une obligation pour l'Etat, sous astreinte par exemple, de leur trouver une place. "Nous voulons montrer que c'est un déni de citoyenneté", a déclaré la présidente de l'Unapei, Christel Prado, regrettant que les lois prévoyant l'accueil des personnes handicapées "dans des établissements adaptés à leurs besoins ne soient pas appliquées". Plus d'une "dizaine de milliers" d'enfants et d'adultes handicapés cherchent en vain un hébergement spécialisé en France, selon cette fédération.

En région parisienne, les capacités d'accueil d'adultes et d'enfants handicapés dans des établissements spécialisés ont augmenté ces dernières années mais les institutions restent saturées. La région Ile-de-France dispose de 3 515 places pour adultes handicapés en maison d'accueil spécialisée, et 3 050 places en foyer d'accueil, pour des adultes plus légèrement handicapés, selon l'ARS.

 

 

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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 17:33

 

lemonde.fr

 

 

L'intérêt partagé de la location solidaire

LE MONDE | 05.10.2013 à 11h47 • Mis à jour le 07.10.2013 à 09h51 | Par Laurence Boccara

 
 
Appartement à louer dans un immeuble parisien.

Après des années de bénévolat et de militantisme auprès de plusieurs associations d'aide aux mal-logés, Stéphane P., une retraitée de 60 ans, a décidé de s'engager d'une autre façon. Il y a quatre ans, elle achète dans le quartier des Batignolles, dans le 17e arrondissement de Paris, un studio de 25 mètres carrés avec un objectif précis : le confier en location au Secours catholique qui le sous-loue à un couple ayant des petits revenus.

Prix du loyer consenti à ce ménage : 425 euros par mois, soit 17 euros par mètre carré. Bien loin du montant du loyer libre moyen de 30 euros par mètre carré pratiqué dans la capitale pour ce type de surface. Malgré ce prix défiant toute concurrence, Stéphane P. y trouve son compte. "Cela n'est assurément pas une démarche lucrative, mais cela ne me coûte rien, car je bénéficie de nombreux avantages", affirme-t-elle. L'équilibre financier de ses locations est possible grâce à une conjonction de plusieurs facteurs.

Pour rénover son appartement, cette propriétaire a bénéficié d'une subvention de l'Agence nationale de l'habitat (ANAH), qui lui a financé, en partie, les travaux. En échange de cette aide financière, Stéphane P. a accepté de louer son bien à des loyers très modestes pendant une durée de six ans minimum. Cet engagement, appelé "conventionnement avec travaux" dans le jargon locatif, lui permet de bénéficier d'un avantage fiscal substantiel. Chaque année, au moment de déclarer ses revenus fonciers, elle applique un abattement de 70 % sur le montant des loyers encaissés.

 

SÉCURITÉ MAXIMALE

Pour mettre en place cette opération, Stéphane P. a adhéré au dispositif Louez solidaire, créé depuis 2007 par la Mairie de Paris. Un autre système quasi analogue, baptisé Solibail, est géré par l'Etat et se décline dans le reste du territoire. Tous deux reposent sur l'intermédiation locative. L'objectif ? Proposer à des familles (souvent monoparentales) à revenus très modestes des logements en bon état dans le parc privé.

A Paris, 2 370 personnes vivent dans près de 1 000 logements loués à de "petits" loyers. "Les propriétaires qui consentent à faire cet effort financier ont souvent hérité d'un ou plusieurs appartements dont certains sont vacants", explique Christine Foucart, à la direction du logement et de l'habitat à la Mairie de Paris. "D'autres bailleurs ont été échaudés par des gros soucis de location. Ils acceptent ces conditions pour la tranquillité apportée par ce système", ajoute Marie Savereux, responsable du service marketing chez Habitat et Humanisme.

C'est donc une association agréée et expérimentée qui devient le locataire officiel. Elle signe le bail et paie le loyer. C'est aussi elle qui se charge de trouver l'occupant et s'en porte garant. La gestion locative du bien est donc assurée. Même si le rendement locatif est plus faible (surtout dans les villes chères), Solibail et Louez solidaire offrent une sécurité maximale aux bailleurs, puisque le paiement des loyers et des charges locatives est garanti.

 

AVANTAGE FISCAL APPRÉCIABLE

Ces dispositifs prévoient aussi un accompagnement de l'occupant par un organisme conventionné agréé. Il en existe par exemple douze à Paris, dont les associations FREHA, Aurore ou encore Habitat et Humanisme Ile-de-France. Enfin, la remise en état en cas de dégradation éventuelle du logement en cours ou en fin de bail est réalisée gratuitement. A cela s'ajoute un avantage fiscal appréciable, avec un abattement de 30 % à 70 % des revenus locatifs selon les caractéristiques du bail (durée, montant du loyer).

L'habitation doit répondre à plusieurs conditions : elle doit être non meublée, présenter tous les critères de décence, respecter les normes en vigueur (sécurité, santé, etc.) et disposer de tous les diagnostics techniques obligatoires.

A Paris, le logement doit être supérieur à 16 mètres carrés. "Depuis que je loue ainsi, je perçois chaque mois mes loyers sans aucun retard de paiement. Le tout en aidant des personnes en réinsertion et jusqu'alors mal logées. Certes, souligne Stéphane P., je ne gagne pas d'argent, mais mes biens, qui sont remis en état, prennent de la valeur." Preuve que ce type d'opération est intéressant, elle a renouvelé l'expérience en achetant un 2-pièces dans le 18e arrondissement de Paris.

Laurence Boccara

 

 

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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 17:16

 

lemonde.fr

 

Apple et ses taxes : le gendarme de la bourse ne trouve rien à redire

Le Monde.fr | 07.10.2013 à 14h28 • Mis à jour le 07.10.2013 à 17h21

 
 

 

Un employé compte des billets dans le magasin Apple de Manhattan, le 20 septembre

 

La Securities and Exchange Commission (SEC), le gendarme américain de la Bourse, a terminé sa plongée de quatre mois dans le rapport fiscal annuel 2012 d'Apple et n'a rien trouvé à redire quant à son dispositif, pourtant accusé de contourner la législation américaine.

Par conséquent, la SEC ne prendra aucune mesure contre la marque à la pomme, nous apprend le site spécialisé All Things Digital.

La question des obligations fiscales d'Apple aux Etats-Unis était pourtant un sujet controversé. Tim Cook, le patron d'Apple, avait été convoqué face au Congrès en mai, sommé de s'expliquer sur les pratiques fiscales de son entreprise, accusée de n'avoir payé que très peu de taxes aux Etats-Unis sur ses 74 milliards de dollars de profit réalisés ces quatre dernières années.

"Nous payons tous nos impôts, avait expliqué Tim Cook lors de son audition. Nous ne faisons que nous conformer aux lois, nous en respectons l'esprit."

Apple, et plus largement l'ensemble des entreprises du numériques, est régulièrement accusé de contourner le système fiscal américain, notamment en orientant ses flux de trésorerie, et plus particulièrement ses bénéfices, vers des filiales situées dans des pays où la pression fiscale est faible, voire inexistante.

Selon un rapport d'enquête, Apple détient à l'étranger 102 milliards des 145 milliards de cash dont il dispose, et n'a payé qu'une part très marginale des impôts sur ses bénéfices réalisés à l'étranger.

Lire : "Et Apple inventa l'iTaxe"

Mais si l'horizon fiscal d'Apple s'éclaircit outre-Atlantique, la situation s'annonce plus compliquée en Europe, où la Commission européenne a réclamé (lien abonnés) aux Pays-Bas, à l'Irlande et au Luxembourg – souvent considérés comme des paradis fiscaux pour ces entreprises –, davantage de détails sur les accords fiscaux qu'ils nouent au cas par cas.

 

 

 

 

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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 16:43

 

italie.blog.lemonde.fr

 

Silvio Berlusconi, du conflit d’intérêts aux travaux d’intérêt général…

 

 

 

Silvio Berlusconi, le 2 octobre, au Sénat italien. AP Photo/Gregorio Borgia

 

Il aurait choisi. Le conditionnel reste bien sûr de rigueur s'agissant d'un homme qui a démontré, ces derniers jours, pouvoir changer aussi rapidement d'avis que de partenaires dans les soirées du Bunga Bunga. Silvio Berlusconi (eh oui, encore lui...)  pourrait demander d'effectuer des travaux d'intérêt général afin de purger sa peine d'un an de prison pour fraude fiscale.

Cette solution aurait été préférée à l'assignation à résidence, probablement à son domicile romain du Palazzo Grazioli, en compagnie de Francesca Pascale, la jeune girlfriend du Cavaliere, de leur caniche, Dudù, et d'un nombre important de maîtres d'hôtel et de femmes de chambre. Pourtant, la surface de l'appartement, mille mètres carrés, Via del Plebiscito, écartait tout risque de promiscuité. C'est à cette adresse en tout cas qu'il a récemment enregistré sa nouvelle domiciliation administrative, de préférence aux 120 hectares de la Villa San Martino à Arcore (Lombardie).

Pour Silvio Berlusconi, cette hypothèse est presque une humiliation. Il aurait voulu passer pour un "prisonnier politique" dans l'un de ses palais plutôt que de paraître admettre une faute qu'il devra réparer comme un "quelconque criminel". L'avantage pourtant est indéniable. Les juges auront jusqu'au mois de décembre pour décider de son placement en vertu des preuves de "bonne volonté de réinsertion" que le condamné aura démontrées. Du coup sa peine pourrait être réduite de douze à neuf mois...

 

"Je voudrais le réveiller le matin, l'inviter à faire son lit, à nettoyer les toilettes"

Les Italiens qui ne manquent pas d'humour s'amusent évidement (et nous aussi) de cette ironie de l'histoire qui voit l'homme du conflit d’intérêts se consacrer à des travaux d'intérêt général. "Quel mal y-a-t-il , disait-il, à privilégier mes petites affaires quand je suis au pouvoir si, en même temps, mes compatriotes y trouvent aussi leur compte ?" Cette fois, les Italiens pourraient "y trouver leur compte" avant lui. Ce qui constitue une première.

D'ores et déjà, le concours est lancé. Les travaux d'intérêt général comprennent le rangement des rayons de supermarchés en blouse grise, l'assistance aux personnes âgées et l'effacement, avec éponge et seau, de graffitis, qui à Rome sont assez nombreux. Mais il est probable que Silvio Berlusconi se portera volontaire dans le secteur de la bienfaisance. Il a l'embarras du choix.

Les invitations arrivent de toutes parts. Des City Angels de Milan qui s'occupent des sans-abris. Du Parti radical, en pointe sur la question des peines alternatives et de la surpopulation carcérale. Mais la plus pressante est celle de Don Antonio Mazzi, directeur de la Communauté Exodus qui oeuvre dans le domaine de la toxico-dépendance.  "Je voudrais tellement qu'il vienne, non par méchanceté, déclare-t-il, mais afin qu'il travaille sa rédemption. Je voudrais le réveiller le matin, l'inviter à faire son lit, à nettoyer les toilettes et à cueillir les tomates en silence. Au fond de lui quelque chose peut être sauvé."

 


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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 16:07

 

 

mediapart.fr

 

Guinée: corruption, putsch et eldorado minier

|  Par François Bonnet

 

 

Mediapart publie un document inédit où un ancien collaborateur du président Condé et un ancien ministre évoquent son renversement, l'accusant de fraudes électorales, sur fond de pots-de-vin et de pressions des groupes miniers. Le pays est au bord d'une crise politique majeure, l'opposition demandant l'annulation des législatives qui viennent de se tenir.

 

 

C'est une aimable conversation. Ce dimanche 2 décembre 2012, deux hommes parlent longuement. Il est question de corruption, de fraudes électorales, de renversement de régime, de services secrets, de commissions de millions de dollars pour des enjeux miniers qui pèsent, eux, des milliards de dollars. Le pays cible ? La Guinée, présidée depuis novembre 2010 par Alpha Condé, un eldorado inexploité où s'accumulent quelques-uns des plus grands gisements de la planète, uranium, diamants, bauxite, minerai de fer (lire également sous l'onglet Prolonger de cet article).

La rencontre se tient en Floride, au 166 Palm Avenue, Miami Beach, dans une extravagante propriété aux airs de palais italien, aujourd'hui mise en vente pour 16,5 millions de dollars. La conversation est précise mais reste amicale, avenante, à l'image de la luxueuse propriété dont on peut avoir un aperçu ci-dessous. Dans les moments de détente, on parle aussi femmes et voitures de luxe : Bentley, Lamborghini, Rolls. « J'attends d'ailleurs le dernier modèle », dit l'un.

 

166 Palm Avenue, sur Palm Island, Miami. 
166 Palm Avenue, sur Palm Island, Miami.

L'hôte des lieux, en ce début décembre 2012, s'appelle Samuel Mebiame. Fils d'un ancien premier ministre de feu le dictateur du Gabon Omar Bongo, Samuel Mebiame a la double nationalité franco-gabonaise. Il a construit une solide fortune en faisant prospérer le business familial mais en travaillant surtout pour quelques grandes compagnies pétrolières et minières sud-africaines. Son job ? Lobbyiste, entremetteur, monteur de contrats en travaillant un solide réseau de décideurs africains, du président sud-africain Zuma au président du Niger, en passant par la Guinée, la Guinée-Équatoriale, la Centrafrique, le Tchad et le Gabon, où « mon frère d'enfance, parce que nos papas ont travaillé ensemble », Ali Bongo, a pris le relais d'Omar.

Le deuxième homme avec qui Samuel Mebiame vient de prendre un brunch dans un restaurant huppé de Miami Beach avant de le conduire dans sa propriété s'appelle Mahmoud Thiam. Lui a été ministre des mines de Guinée-Conakry en 2009 et 2010 avant de repartir pour New York. Sa société de conseil, Thiam and Co, est aujourd'hui installée dans de luxueux bureaux sur l'une des avenues les plus chères de Manhattan, Madison Avenue.

 

Mahmoud Thiam. 
Mahmoud Thiam.© (dr)

« Qu'appelez-vous fortune ? » répond-il à Mediapart quand nous l'interrogeons pour savoir s'il faut compter en dizaines ou en centaines de millions de dollars pour évaluer sa richesse. Car avant d'être ministre, Mahmoud Thiam fut banquier d'affaires à Merril Lynch avant d'effectuer un transfert spectaculaire pour UBS. « Oui, j'ai gagné beaucoup d'argent quand je suis passé avec mon équipe à UBS. Pour vous donner une idée, ma secrétaire a touché 500 000 dollars pour ce transfert. Cet argent me rend libre, je n'ai pas besoin de pots-de-vin, moi, contrairement à ce que dit le clan Condé qui veut me salir», insiste-t-il.

Alpha Condé, président de la Guinée, voilà l'unique objet du ressentiment des deux hommes. C'est pour lui et pour s'en débarrasser qu'ils se retrouvent ce jour à Miami Beach. C'est leur première rencontre. Elle va durer plus de trois heures mais la cordialité affichée cache un premier piège de taille : l'intégralité de leurs échanges va être enregistrée. Mediapart s'est procuré la totalité de cet enregistrement et l'a authentifié (il est à écouter intégralement sous l'onglet Prolonger de cet article).

Soros, Blair, Kouchner, Condé

Plusieurs éléments laissent penser que Mahmoud Thiam est l'auteur de cet enregistrement. Ses déplacements, jusque dans les toilettes, sont clairement audibles. Mais l'ancien ministre s'en défend ardemment. Car, si c'est bien lui, n'aurait-il pas dû aussitôt saisir la police américaine des possibles délits ainsi révélés et discutés à Miami ? « Ce n'est pas moi, nous avons été piégés, regardez plutôt du côté des sociétés d'espionnage mandatées par Condé et George Soros, DLA Piper par exemple, qui ne cessent de vouloir me salir », assure-t-il à Mediapart.

Et voilà le financier milliardaire et philanthrope George Soros ciblé à son tour. Pour son soutien massif à Alpha Condé depuis son élection. Pour son implication dans les troubles batailles des concessions minières guinéennes. Soros, tout comme Tony Blair, autre soutien de Condé, fait valoir une tout autre version. Pour aider au progrès de la bonne gouvernance en Afrique, oui, il soutient Alpha Condé, président issu des premières élections reconnues comme libres et sincères par les organisations internationales depuis l'indépendance du pays en 1958.

 

Alpha Condé. 
Alpha Condé.© (Reuters)

Après cinquante ans de dictature, de régimes autoritaires, de juntes militaires et de scrutins massivement truqués sur fond de violences, la Guinée a fait un pas vers la démocratie avec l'élection de Condé. Soros a alors mis ses équipes d'experts, d'avocats internationaux, de détectives à la disposition de cet homme ayant vécu la plupart de sa vie en exil en France, proche de la gauche française et de l'Internationale socialiste, ami de lycée de Bernard Kouchner. Objectif fixé par Soros et Condé aussitôt élu : revoir le code minier guinéen, réexaminer les concessions délivrées par les régimes précédents, enquêter sur des contrats de concessions ayant donné lieu à des corruptions de décideurs.

Mahmoud Thiam, ancien ministre des mines dont Alpha Condé se débarrasse en 2010, est donc dans le viseur des équipes de Soros. Comme du FBI à New York (ce sera à lire dans le deuxième volet de cette enquête). Le voici accusé de deals louches, de valises d'argent réceptionnées, d'amitiés corruptrices avec quelques géants miniers. Mais l'ancien banquier d'affaires est déterminé à se défendre. Et cet enregistrement, qui ne serait pas son œuvre, viendrait en fait le servir, veut-il croire. « Personne n'aime voir volées ses conversations privées, dit-il à Mediapart, mais au bout du compte, je n'ai rien à me reprocher. Dans ce que je dis ce jour-là à Mebiame, rien n'est embarrassant pour moi. »

En est-il si sûr ? À Samuel Mebiame, Mahmoud Thiam raconte les raisons de sa rupture avec Alpha Condé et la « guerre ouverte » désormais engagée. « Condé trahit systématiquement tous ceux qui l'ont aidé. Je l'ai aidé entre les deux tours, à deux reprises, je lui ai fait livrer 3 ou 4 millions de dollars (...) C'est une nature mesquine, vindicative, agressive. Ce bonhomme, il faut le sortir, s'en débarrasser et tous ceux qui veulent le dégager, démocratiquement ou par la force, auront besoin de moi. Il creuse sa propre tombe, ne respecte aucun contrat. Il a déclenché la guerre avec moi, eh bien, il faudra que l'un de nous deux tombe, j'irai jusqu'au bout », dit-il tout au long de cette conversation.

Depuis des mois, les tensions s'exacerbent en Guinée sur fond de campagne pour des élections législatives qui se sont enfin tenues ce 28 septembre après de multiples reports. Mais une semaine après le scrutin législatif, les résultats définitifs n'étaient pas encore publiés, laissant le soupçon de trucage grandir. L'opposition, vendredi 4 octobre, a demandé l'annulation du scrutin, criant à une fraude massive (lire ici et ici également). Des rumeurs mais aussi des notes de services occidentaux (citées par Le Canard enchaîné) font état de la préparation d'un possible putsch. Alpha Condé évoque lui-même dans des conversations privées des recrutements en cours de mercenaires, en particulier en Afrique du Sud. Ses adversaires l'accusent en retour de faire de même et d'attiser les rivalités ethniques. Mahmoud Thiam ne trouve-t-il donc rien d'« embarrassant » dans ses propos ?

« Non, je vous le redis, tout ce que j'ai expliqué à Mebiame, je l'ai dit publiquement. Condé est l'une des personnalités les plus corrompues, moi je suis un légaliste parfait, je ne suis pas engagé dans une bataille politique et je n'ai pas d'allié en Guinée », nous assure-t-il. Pourquoi lui, le banquier à succès d'UBS, a-t-il accepté un poste de ministre des mines alors que le pouvoir était aux mains de militaires auteurs d'un coup d'État en 2009 ? « Ce n'était pas vraiment un coup d'État, il y a eu très vite un régime de transition pour organiser les élections, se défend-il aujourd'hui. Vous savez, moi j'ai voulu aider mon pays, en tant que bon technicien, puis je suis retourné à New York où je vis avec ma famille et mes trois filles. »

Dossier contre rendez-vous

Mahmoud Thiam répond bien volontiers à Mediapart comme à de nombreux journaux africains (lire ici, par exemple). Samuel Mebiame s'est lui effacé du paysage depuis cette rencontre. Pas d'interviews, aucune déclaration publique. Contacté à plusieurs reprises, via celui qu'il présente comme son « homme de confiance », un opérateur immobilier de Miami, Farouk Gongee, Samuel Mebiame n'a jamais retourné nos appels. Signe d'embarras ? Sans doute plus encore.

 

Carte de la Guinée. 
Carte de la Guinée.© Ministère français des affaires étrangères

Car Samuel Mebiame voit aujourd'hui projetés en plein jour ses affaires, ses intrigues et ses coups ratés. Au fil des explications qu'il donne à Mahmoud Thiam, on croise plusieurs dirigeants sud-africains, ainsi que les services secrets de ce pays, des compagnies minières, des sociétés électorales, l'entourage de Condé, ses relations avec Ali Bongo : bref, les coulisses peu reluisantes du rôle d'entremetteur de premier plan qu'il s'attribue. Ses partenaires apprécient sans doute peu de se voir ainsi jetés sur la place publique.

Mebiame a invité Thiam à Miami dans un but bien précis. Lui proposer un dossier présenté comme déflagratoire sur Alpha Condé – une supposée fraude massive de l'élection présidentielle de 2010 – en échange d'une rencontre avec Benny Steinmetz. Et voici un autre acteur clé de l'eldorado guinéen. Steinmetz, roi du diamant, franco-israélien, première fortune d'Israël, est au cœur de la plus grande bataille minière de la planète : le contrôle du gisement de minerai de fer de Simandou, la plus importante réserve au monde.

Nous y reviendrons en détail dans le second volet de cette enquête, mais résumons l'essentiel : en revoyant le code minier, Alpha Condé a décidé de revoir la concession faramineuse accordée au groupe BSGR de Benny Steinmetz à Simandou. Enjeu : des dizaines de milliards de dollars. Depuis, Steinmetz se bat comme un beau diable.

 

Simandou, le plus grand gisement de minerai de fer au monde. 
Simandou, le plus grand gisement de minerai de fer au monde.© (dr)

— « Votre dossier, dit en ce début décembre 2012 Mahmoud Thiam à Samuel Mebiame, je peux en faire une bombe atomique. C'est la fin d'Alpha Condé. »
– « J'en suis convaincu, renchérit Mebiame, ce dossier c'est mon trésor de guerre, mon parachute. Et même si Alpha ne tombe pas, il sera tellement mûr que vous le contrôlerez. »

De quoi s'agit-il ? Le second tour de l'élection présidentielle de 2010 a été lourdement truqué pour assurer l'élection d'Alpha Condé. C'est Samuel Mebiame, qui avait alors rejoint son équipe de campagne et apporté d'importants moyens financiers, qui l'affirme. Comment ? En demandant à l'entreprise Waymark, une société réputée proche des services secrets sud-africains et qui assurait l'organisation et la logistique de l'élection – jusqu'à la collecte informatique des résultats – de « corriger » le scrutin. C'est du moins ce qu'affirme Samuel Mebiame.

— « Quels étaient les résultats bruts ? » s'enquiert Mahmoud Thiam.
— « Vous le savez, tout est négociable avec ces machines informatiques. Mais j'ai les documents, les accords passés entre Waymark, Alpha Condé et son fils Mohamed. Et j'ai un agent des services sud-africains qui peut témoigner. J'ai aussi le détail des 14 millions de dollars versés ensuite par la banque centrale guinéenne pour Waymark via une société proche des services », précise Samuel Mebiame.

Aucun de ces documents n'a jamais été rendu public et aucune preuve ne peut à ce jour être fournie à l'appui des accusations de Samuel Mebiame. Les deux hommes se réfèrent à des résultats électoraux qui avaient effectivement « étonné » pour le moins beaucoup d'observateurs. Pas ceux de l'Union européenne, qui avaient jugé fiable et correcte l'élection d'Alpha Condé. À leur suite, d'autres organisations internationales ou de puissants think tank, tel l'International Crisis Group, n'avaient pas remis en cause la sincérité de l'élection.

Mais il reste cette étrangeté. Alpha Condé réunit au premier tour de la présidentielle 18 % des voix, son principal adversaire Cellou Dalein Diallo faisant plus de 43 %. Au second tour, et bien que les autres candidats se soient désistés pour Diallo, Condé l'emporte avec 52,5 % des voix.

« Ça a surpris tout le monde, dit aujourd'hui Antoine Glaser, spécialiste de l'Afrique. Un tel bond, cela s'est rarement vu... Dans le même temps, Diallo est peul, l'ethnie majoritaire dans le pays, et il y avait un tel sentiment anti-peul dans le pays que les ethnies minoritaires ont pu peut-être se fédérer. Diallo a reconnu sa défaite, ce qui nous a aussi grandement surpris... » On avait alors parlé de compromis entre les deux hommes, le perdant se voyant promettre de multiples compensations. Un autre élément est le rôle de l'armée, qui s'est rangée du côté d'Alpha Condé et aurait elle aussi pesé de manière décisive sur le scrutin.

Pas de commentaires chez Alpha Condé

Depuis trois ans, Waymark – opérateur d'élections – est sous surveillance. La société est aussi au cœur des désaccords entre pouvoir et opposition sur l'organisation des élections législatives qui, après plus de deux années de reports successifs, viennent enfin de se tenir. Waymark a participé à l'organisation du scrutin mais avec d'autres cette fois (lire ici un article évoquant Waymark mais aussi les démêlés récents du neveu du président sud-africain Zuma).

Quand Thiam et Mebiame se rencontrent en ce début décembre 2012, les élections sont justement annoncées pour la fin du mois (elles seront reportées). Les deux hommes font le décompte. « Il faut aller vite, presse Samuel Mebiame, je vais vous donner le dossier mais je veux voir Benny Steinmetz. » «Une fois que j'ai le dossier, il me faut 5 à 7 jours pour faire exploser la bombe et il faut que cela se passe 4 ou 5 jours avant l'élection. Le rapprochement avec Benny et BSGR, je m'en occupe », dit Thiam.

 

Benny Steinmetz, roi du diamant, détient plusieurs exploitations minières. 
Benny Steinmetz, roi du diamant, détient plusieurs exploitations minières.© (dr)

Aujourd'hui, Mahmoud Thiam raconte la suite de l'histoire à Mediapart. « Steinmetz n'a pas voulu rencontrer Mebiame, j'ai posé la question, ils ont refusé. Mebiame ne m'a pas envoyé le dossier, seulement quelques documents mais très insuffisants, je crois qu'il voulait faire payer ce dossier, pensant que Steinmetz aurait pu l'acheter. J'ai revu Mebiame une fois, c'est tout. Mais je crois que ce que dit ce monsieur est très crédible, il était au cœur du système, n'est-ce pas ? Et j'ai d'ailleurs mes propres informations. »

La « bombe » a fait long feu. Pour l'instant. Le rôle de Samuel Mebiame, un temps au cœur de l'équipe d'Alpha Condé, est avéré. C'est lui qui a déclenché un autre scandale – l'affaire dite Palladino – en signant en 2011 un prêt de 25 millions de dollars accordé, via une société offshore, par plusieurs groupes sud-africains au nouveau pouvoir guinéen... Prêt garanti sur d'énormes actifs miniers du pays et qui pourrait cacher d'autres flux financiers beaucoup plus importants.

Contactée par Mediapart, l'équipe d'Alpha Condé se réfugie dans un silence prudent : trop de pièges et d'alliances volatiles au moment où les élections législatives peuvent tout bouleverser dans le pays. « Non, la présidence ne commente pas tout cela et ne veut pas parler de M. Thiam, dit un porte-parole de la présidence de la République. Il y a des procédures en cours, la présidence ne fera pas de déclarations publiques tant qu'elles ne seront pas achevées. »

Dollars, mines, multinationales, pouvoir politique, puissances étrangères et services secrets : c'est dans ce champ de bataille que la Guinée, l'un des pays les plus misérables et les plus corrompus de la planète, tente de se construire. Mahmoud Thiam et Benny Steinmetz ont perdu la partie. Pour l'instant seulement, tant les alliances peuvent se défaire.

Car la roue peut vite tourner : moyennant 750 millions de dollars de « rallonge » pour une concession, le groupe Rio Tinto est rentré en grâce. Le géant russe de l'aluminium, Rusal, est toujours là. Le Français Vincent Bolloré, proche d'Alpha Condé, a lui resurgi : en consolidant sa concession du port de Conakry, d'abord (ici le site de Bolloré-Africa). Et en décrochant surtout la construction d'une ligne stratégique de chemin de fer. Celle qui servira au transport du minerai de fer de Simandou, le trésor guinéen. Quand il sera exploité.

Écoutez sous l'onglet Prolonger de cet article l'intégralité de l'enregistrement et lisez les principaux éléments retranscrits.

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A suivre: la guerre des concessions minières 

 

 


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          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



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