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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 17:17

 

lemonde.fr

 

Goldman Sachs n'a pas rompu avec sa stratégie de lobbying haut de gamme

Le Monde.fr | 08.10.2013 à 15h07 | Par Marc Roche

 
 
Goldman Sachs a annoncé avoir recruté comme conseiller l'ancien président de la Banque mondiale, Robert Zoellick.

Le recrutement par Goldman Sachs de l'ancien président de la Banque mondiale, Robert Zoellick, au poste de chef des conseillers internationaux ne manquera pas de relancer la polémique sur le réseau d'influence de la banque d'affaires américaine.

Surtout, cette nomination, annoncée lundi 7 octobre, va à contre-courant de la stratégie de normalisation et de recentrage sur son cœur de métier revendiquée par l'établissement new-yorkais.

Depuis la crise financière de 2008, et celle de la dette souveraine de 2010, le PDG de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein, s'efforce de tourner la page sur les pires dérives de son organisation.

Le départ d'une kyrielle d'associés de la vieille garde, l'abandon du négoce physique sur les matières premières, l'accent sur le service à la clientèle et le désinvestissement progressif de l'activité de "hedge fund" (fonds spéculatifs) témoignent de cette volonté de rentrer dans le rang.

 

"CALMAR GÉANT"

En particulier, Goldman Sachs veut en finir avec l'étiquette de "calmar géant enroulé sur le visage de l'humanité " apposée en 2009 par Matt Taibbi, spécialiste des enquêtes au long cours du magazine américain "Rolling Stone", en raison de son réseau d'influence unique au monde.

Il faut dire qu'on trouve un certain nombre d'anciens de la banque américaine à la tête de la Banque centrale européenne (Mario Draghi), de la Banque d'Angleterre (Mark Carney) ou du gouvernement italien (Mario Monti entre 2011 et 2013 ), ou encore au sein du gouvernement britannique de David Cameron. De quoi alimenter les pires théories du complot anglo-saxon qui fourmillent sur internet.

Il y a aussi urgence à se faire pardonner l'aide apportée, en 2000, par la banque au gouvernement grec pour maquiller ses comptes, contribuant ainsi, une décennie plus tard, au torpillage de la monnaie unique.

Lire aussi : Goldman Sachs, enquête sur une société secrète

Le capitalisme d'accès que représente le "gouvernement Goldman" a toutefois mangé son pain blanc. Les complicités anciennes se révèlent moins utiles face à des politiciens sensibles à l'impopularité des professionnels de la finance, tenus pour responsables des politiques d'austérité provoquées par la crise.

Le carnet d'adresses ne suffit plus sur une planète financière complexe et technique et face à une nouvelle génération d'industriels moins pétris de respect pour l'establishment financier.

Enfin, les gouvernements veillent à se tenir à l'écart des conflits d'intérêt face à l'irruption de nouveaux acteurs comme les ONG, les groupes d'actionnaires, les investisseurs institutionnels et les médias qui réclament des comptes.

 

ENTRÉES À PÉKIN, DELHI, BRASILIA OU MOSCOU

Mais dans les pays émergents, les missi dominici issus de la politique comme de la haute fonction publique ont encore leur utilité. La nomination de Robert Zoellick s'inscrit dans ce cadre.

L'ancien patron de la Banque mondiale, qui fut auparavant le représentant des Etats-Unis au commerce international, a ses entrées à Pékin, à Delhi, à Brasilia ou à Moscou.

L'entregent considérable et la connaissance des coulisses des Etats lui permettent d'appeler directement les décideurs. Sa vaste expérience facilite l'obtention de mandats.

Au demeurant, Goldman Sachs n'est pas la seule à recentrer ses efforts de lobbying haut de gamme sur les pays émergents. Telle est aussi la mission de l'ex-premier ministre britannique, Tony Blair chez JP Morgan, de l'ancien ministre britannique du commerce, lord Mandelson chez Lazard, de l'ancien chancelier allemand, Gerhard Schröder chez Rothschild, ou de l'ex-patron de la BERD, Jean Lemierre chez BNP Paribas.

Londres, correspondant

 Marc Roche
Journaliste au Monde

 


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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 17:08

 

lemonde.fr

 

 

Le préfet soupçonné d'avoir fait payer ses PV par l'administration a démissionné

Le Monde.fr avec AFP | 08.10.2013 à 17h58 • Mis à jour le 08.10.2013 à 18h29

 
 

 

Selon Mediapart, le haut fonctionnaire du ministère de l'intérieur, à la tête d'une agence chargée de traiter les infractions établies par les radars routiers, aurait "fait payer par son administration ses contraventions routières".

 

Soupçonné d'avoir fait payer ses contraventions par l'Etat, le préfet Jean-Jacques Debacq, responsable du traitement des infractions des radars routiers, a démissionné.

Il a "présenté sa démission au ministre de l'intérieur", Manuel Valls, "qui l'a acceptée", a déclaré Pierre-Henry Brandet, le porte-parole du ministère de l'intérieur, mardi 8 octobre.

 

 "PRÈS DE 700 EUROS" RÉGLÉS PAR L'ADMINISTRATION, SELON MEDIAPART

Dans une enquête publiée le 30 septembre, le site Mediapart avait accusé Jean-Jacques Debacq, directeur de l'Agence nationale de traitement automatisé des infractions (Antai), d'avoir "fait payer par son administration – c'est-à-dire par le Trésor public – les contraventions routières du dimanche dont son véhicule de fonction, une Peugeot 508, fait l'objet". Il aurait également échappé au retrait de points sur son permis de conduire que les infractions auraient dû entraîner.

Mediapart dit avoir retracé "une douzaine de contraventions" attachées au véhicule de fonction du préfet, "soit près de 700 euros", qui auraient été réglées par mandats administratifs.

Lire : Le "M. Radar" du ministère de l'intérieur soupçonné de faire payer ses PV à son administration

 

 

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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 15:47

 

 

reporterre.net

"Du sang dans nos portables" projection débat à Lyon

mardi 8 octobre 2013

 

 

Du sang dans nos portables. L’exploitation du coltan en RD Congo

 

Soirée projection et débat
Jeudi 10 octobre à 20h
MJC Saint-Just, 6 rue des Fossés de Trion, Lyon 5e.

 


 

80 % des ressources mondiales de certains minerais indispensables à nos téléphones et nos ordinateurs portables, nos consoles de jeux, nos appareils photo numériques, nos tablettes… se trouvent en République démocratique du Congo (RDC).

Les richesses immenses que représentent ces ressources font l’objet de guerres depuis plus de 15 ans, pour le contrôle de leur exploitation et leur commerce (coltan, cassitérite…).

Pour que nos enfants puissent jouer à la PlayStation, des enfants du Congo travaillent dans des mines sans aucune sécurité et dans un air irrespirable. De nombreux groupes armés pillent les mineurs, leurs familles, leurs villages. Ils torturent, violent et tuent…

Le coltan capté par les pillards est vendu sur les comptoirs locaux avant de partir pour l’étranger et intégrer l’industrie de l’électronique. L’argent de la vente est réinvesti dans leur propre armement au lieu de profiter à la population, manquant terriblement de besoins les plus élémentaires comme la scolarisation, la santé, l’alimentation…

Intervention et débat avec Déo TANDA MUZINGA et Boniface MUSAVULI, réfugiés politiques.

Jeudi 10 octobre 2013 à 20h

Accueil, table de presse à partir de 19 h 30

MJC Saint Just 6 rue des Fossés-de-Trion, Lyon 5e (ligne C20 ou C21, arrêt Trion)

 



 

Source : Courriel à Reporterre de l’Observatoire des armements

Photo : Festival du film des droits de l’homme

Voir par ailleurs Les événements de Reporterre

 

 

 

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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 15:43

 

 

 

reporterre.net

 

Près de Paris, la ZAD Patates se bat contre l’urbanisation de la dernière plaine

Linda Maziz (Reporterre)

mardi 8 octobre 2013

 

 

Une "Zad patates" s’est installée dans les Yvelines pour lutter contre l’urbanisation de la Plaine de Montesson. Les habitants occupent un lopin de terre que les bétonneurs menacent d’une voie départementale, d’une extension de zone commerciale, d’une bretelle d’autoroute et de lotissements… Dans cette plaine sans cesse grignotée par la ville poussent un tiers des salades consommées en région parisienne.


- Reportage, Montesson (Yvelines)

C’est ce qu’on peut appeler une friche résiduelle. Un espace laissé pour compte, coincé entre une voie de circulation et le parking d’une grosse enseigne vestimentaire. De l’autre côté de la route, un autre parking, une autre enseigne, l’hypermarché Carrefour de Montesson, monstre de dix-huit milles mètres carrés. Et pour parfaire le cadre, une station-service, laissée à l’abandon.

« Là, on a voulu expérimenter le trio amérindien, c’est une technique ancestrale qui repose sur la culture de trois plantes complémentaires », explique une jardinière paysagiste, qui tient à se faire appeler « Camille ». Plus qu’un pseudonyme, c’est une signature. Camille, c’est d’abord le prénom générique d’une lutte, initiée, à vol d’oiseau, à 340 kilomètres de là. Et l’utiliser, c’est une façon de décliner son identité zadiste et de signifier son affiliation à Notre-Dame-des-Landes.

Une leçon de botanique s’improvise, où l’on apprend que les tiges de maïs servent de tuteurs aux haricots, qui enrichissent le sol en azote, tandis que le feuillage de la courge permet de conserver une certaine humidité à la surface de la terre. Mais la leçon principale de ce potager, sorti de terre en avril dernier, c’est d’abord qu’un espace naturel inutilisé, quel qu’il soit, n’est jamais perdu.

« Il faut arrêter de penser que les friches ne servent à rien ou qu’elles sont juste bonnes à bâtir », prêche Jean-Pierre Bastide, militant écolo encarté chez EELV. « On a besoin de ces surfaces pour freiner l’érosion de la biodiversité, limiter le réchauffement climatique et produire de la biomasse alimentaire », renchérit Robert Levesque, ingénieur agronome, auteur de « Terre nourricière, si elle venait à nous manquer » (L’Harmattan, 2011).

Zad Patates contre Carrefour extensible

Il y a six mois, c’était un bout de terrain insignifiant. Aujourd’hui, c’est devenu le QG de l’association Plaines-Terres qui y fait pousser des légumes et germer un esprit de révolte. Baptisé « ZAD patates », ce jardin collectif est devenu en quelques mois le symbole d’une résistance à l’urbanisation, qui après avoir vampirisé la région Ile-de-France, continue de déployer son entreprise mortifère sur les terrains qui ont jusqu’à présent échappé au béton.

C’est une vitrine aussi, parce qu’ici, on n’est pas tout à fait sur la ligne de front. La zone à défendre, c’est la Plaine de Montesson, qui s’étend juste à l’arrière du Carrefour. « On aurait pu aller se perdre au milieu des champs, mais on a préféré s’installer à proximité, pour rester bien en vue, en zone passante », explique Gaby, 26 ans, ingénieur paysagiste, habitué des actions de « guerilla gardening ».

La Plaine de Montesson, c’est une superficie d’environ 370 hectares de terres agricoles, dont 270 cultivées. Un tiers des salades consommées en région parisienne sont produites ici, à moins de dix kilomètres du pôle économique de la Défense, dans cette banlieue chic du nord-est du département des Yvelines. Mais peut-être plus pour longtemps. Car même si l’Ile-de-France présente un fort déficit en terres maraîchères et en espaces verts, d’aucuns voient d’abord cet espace comme une opportunité foncière.

« A chaque fois, c’est pareil. Tout le monde prétend vouloir sauver la Plaine, mais tout le monde s’accorde quand il s’agit de convoiter ce terrain pour y bâtir quelque chose, souligne Robert Levesque. Et comme ça, on a eu le Carrefour, l’autoute A 14, le lotissements des Terres blanches... A chaque nouvel empiètement, on cherche à nous faire croire que c’est pour la bonne cause, mais que c’est la dernière fois. Sauf qu’ici, les dernières fois se suivent, se succèdent et se ressemblent ».

C’est un petit groupe de quatre personnes « moitié EELV, moitié rien du tout » qui a donné l’impulsion au printemps dernier. « C’est évident que ce qui se joue à Notre-Dame-des-Landes nous a incités à passer à l’action », confie Camille. Ils viennent des communes alentours, de Paris et d’ailleurs et ils ont décidé qu’après tout, l’avenir de cette plaine les concernait, comme ils se sentaient concernés par le dossier aéroport. Ils ont planté leurs patates en guise de ligne de défense sans savoir très bien au départ d’où viendrait la menace.

A peu près six mois se sont écoulés. En cette fin septembre, c’est jour de fête sur la ZAD. Une centaine de personnes sont venues pique-niquer, filer un coup de main pour l’entretien du potager, s’informer des enjeux de la lutte ou simplement manifester par leur présence un soutien à cette occupation. La presse locale aussi est passée. Un reportage a été diffusé, des articles ont été publiés.

Des projets "nécessaires" et "fantastiques" selon le maire UMP de Montesson

« Cette association, je ne la comprends pas. C’est bien gentil leur happening, ils ameutent toute la presse, mais ils représentent qui ? Ils représentent quoi ? Ils ne sont même pas de la ville », tempête Jean-François Bel, le maire UMP de Montesson. La plaine, c’est son affaire et certainement pas leurs oignons. « Ils sortent de leur chapeau, ils ont découvert la lune. Moi je ferai venir les gens de Nantes si on me touche à l’essentiel de la plaine. Là, je risque de faire une bataille gauchiste, pourquoi pas. Mais pas sur un mauvais sujet ».

Le vrai sujet, selon lui, c’est le combat qu’il dit mener contre l’Etat, qui attaque son plan local d’urbanisme pour soi-disant lui coller massivement du logement social et remettre sa ville dans les quotas. Avec environ 15 % de logements sociaux, Montesson est encore loin des 25 % exigés par la loi Duflot. Son combat, pour sauver la Plaine, c’est celui-là. « C’est pour ça que tout le monde devrait soutenir le maire de Montesson ».

Mais, à ce stade de la conversation, Jean-François Bel soutient que cette bande d’arrivistes n’a rien compris à la situation et n’a pas à venir fourrer son nez dans des projets pour lesquels il se vante d’avoir obtenu l’accord de sa population.

D’un côté, il y a la création d’une nouvelle voirie départementale, déviation de la RD 121, qui va draîner une circulation automobile supplémentaire, couper la Plaine en deux et faire disparaître a minima une quinzaine d’hectares de cultures. Un ouvrage à 100 millions d’euros, intégralement financé par le conseil général des Yvelines.

L’autre amputation, d’environ huit hectares, concerne la ZAC de la Borde, un projet d’extension de l’actuelle zone commerciale autour du Carrefour, qui prévoit le rapatriement de plusieurs enseignes alentour et l’implantation de nouvelles, la création de places de parking et la réalisation de logements. « Deux projets inutiles, nuisibles et qui relèvent de l’urbanisme du siècle dernier », estiment les militants de la ZAD Patates, déterminés à les faire capoter.

Deux projets « nécessaires » et « fantastiques », estime de son côté Jean-François Bel, qui n’y voit que des avantages pour sa ville et aucun inconvénient environnemental. Et de toute façon, à l’entendre , l’affaire est pliée. La nouvelle voirie est déclarée d’utilité publique depuis belle lurette et les travaux sont en passe d’être lancés dans la Plaine. « Et concernant la ZAC de la Borde, le commissaire enquêteur m’a donné un avis favorable, j’attends maintenant la décision du Préfet. Ça ne sert à rien de s’exciter maintenant, c’est au mois de mai qu’il fallait s’exprimer ».

La fin de l’activité agricole ?

« On a participé à la dernière enquête publique, mais nos interventions n’ont pas été retenues, rétorque Bruno Bordier, secrétaire de l’association Plaines-Terres. Le commissaire enquêteur n’a pas rendu un avis factuel, il a rendu un avis politique ».

Ces militants sont peut-être arrivés sur le tard, mais ils sont persuadés d’avoir encore des raisons d’y croire. « Tant que les parcelles ne seront pas bétonnées, la partie n’est pas perdue. On sait aujourd’hui qu’il est plus important pour l’humanité de préserver des surfaces naturelles et agricoles que de les détruire au profit de surfaces commerciales inutiles, qui mettent en péril le commerce de proximité pour des logements qu’on devrait être capable de reconstruire par densification du tissu urbain existant ».

Leur priorité c’est que ce projet de ZAC ne soit pas déclaré d’utilité publique. C’est en ce sens qu’ils ont envoyé fin août un courrier au Préfet pour souligner les incohérences, les manquements et les dysfonctionnements qu’ils ont relevés. « On demande aussi un moratoire sur le projet de déviation. Cette route est une aberration, un appel à l’utilisation de la voiture, à l’heure où on est censé diminuer la consommation de pétrole et diviser par quatre le trafic routier », résume un militant.

La lettre envoyée au préfet à télécharger : ici

« Avec ses neuf giratoires et sa section à quatre voies, cet ouvrage rompt la continuité des terres agricoles », s’insurge Bruno Bordier, qui pointe l’effet dévastateur de ces constructions, qui ne peuvent conduire qu’à l’abandon des cultures, et donc, à l’apparition de franges supplémentaires urbanisables. « Demain, nos politiques vont nous expliquer que ces friches ne servent à rien et qu’il serait tout aussi judicieux de les bétonner ».

« Ce projet affaiblit dangereusement la viabilité de la Plaine ». Cette fois, ce ne sont pas les zadistes qui le disent, mais Christian Dubreuil, directeur général de l’Agence des Espaces Verts (AEV) de la région Ile-de-France, pas franchement favorable à l’arrivée de cette nouvelle voie de circulation. Et pour cause. Le projet se trouve être en contradiction totale avec l’action menée par l’AEV.

Parmi les terrains qui doivent être goudronnés, certains ont fait l’objet en 2000 d’un périmètre régional d’intervention foncière (PRIF), censé protéger durablement l’activité agricole contre l’avancée du bitume. « On a dépensé beaucoup d’argent, d’énergie et de temps à acquérir ces hectares de terres agricoles, en vue de freiner la spéculation foncière et de garantir l’activité maraîchère du cœur de Plaine », explique-t-il. Des efforts aujourd’hui piétinés par le Conseil général, qui face au refus de l’AEV de céder ses terrains à l’amiable, a lancé à son encontre une procédure d’expropriation.

« Après un coup comme ça, il ne faut pas que nos politiques s’étonnent si aujourd’hui on a perdu toute confiance dans leurs belles promesses », lâche un opposant. Au chapitre des faux-semblants, il faut ajouter l’éventualité d’un raccordement avec l’autoroute A14, qui jusqu’à présent traverse cette boucle de la Seine, sans s’y arrêter. « C’est évident que cette route appelle une bretelle, elle doit passer à ras, pointe Jean-Pierre Bastide. Tous les élus jurent leurs grands dieux que ce n’est pas du tout l’objectif, alors que ça fait 20 ans qu’on en entend parler et qu’avec cette départementale, le projet n’a jamais été aussi près de se réaliser ».

A l’évidence, la présence d’un échangeur signerait la fin de l’activité agricole. « Il ne faut pas se leurrer. Investir ici dans une bretelle d’autoroute, ça ne sera pas pour fluidifier la circulation, mais pour construire massivement du logement ».


Source et photos : Linda Maziz pour Reporterre.

Lire aussi :
- Le gaspillage des terres se poursuit frénétiquement en Ile-de-France
- 13 juillet, ZAD patate Montesson

 

 

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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 15:38

 

reporterre.net

 

25 hectares semés à Notre Dame des Landes pour faire reculer le béton

Geneviève Coiffard-Grosdoy

mardi 8 octobre 2013

 

 

 

La journée de remise en culture de 24 hectares, à Notre Dame des Landes, samedi 5 octobre, s’est déroulée sous le soleil : les semis collectifs amorcent la replantation des haies et le "contre-remembrement".

 


 

- Témoignage, Notre-Dame-des-Landes.

Magnifique journée d’automne pour ce rendez-vous très important, samedi 5 octobre, et un réel succès de la mobilisation, malgré une préparation relativement hâtive.

Aux Ardillières, une douzaine de tracteurs sont là, avec des habitants de la zone, des voisins, des militants de longue date contre le projet, munis d’outils et porteurs d’arbres, contents de se retrouver une fois de plus... L’ambiance est excellente dans la manifestation qui va nous mener des Ardillières vers les parcelles à semer, vers les nouvelles haies à planter. Mais si nous ne sommes pas très nombreux au départ, la troupe va enfler tout au long de la journée, créant de longues files de voiture le long de la départementale.

Des prises de parole ont lieu. Marcel Thébault. pour l’Adeca (Association de Défense des Exploitants Concernés par l’Aéroport), présente les enjeux de cette journée : dès le départ de la lutte, dans les années 1970, l’occupation et la mise en valeur des terres menacées a été analysée comme stratégique, d’où les bagarres pour permettre l’installation de paysans. Le fait que les 25 ha concernés par l’action d’aujourd’hui soient restés non cultivés cette année était une écharde pour nous. "Ce problème, nous sommes en train de le résoudre collectivement. Cette action de semis collectifs permet à la fois de partager les risques à assumer (si la récolte est impossible) et nous protège contre le fait que les terres qui se libèrent servent des projets d’agrandissement."


 

Marcel Thébault.

 

Depuis qu’il n’y a plus de flics sur la zone, nous travaillons davantage sur le « vivre ensemble ». Différents modes de culture (classique, sans intrants...) et différentes cultures dans différents projets permettront l’alimentation des bêtes et des humains (légumes...). L’interdiction de semer et de cultiver des terres ridiculise ceux qui la portent, même si nous vivons dans la crainte d’une possible aggravation de la situation.

Les politiques n’ont pas lâché le morceau, et Ayrault cherche le moment opportun pour avancer sur le terrain : il aura bien du mal ! Certains ont pu croire que l’Europe serait le lieu d’enterrement du projet, en fait c’est le lieu où tous les politiques et les lobbys unis sont venus le défendre. On leur a seulement dit « posez des actes et on verra après ». Les pétitions sont toujours ouvertes, la loi sur l’eau doit être appliquée. Les pro-aéroport s’attendaient à prendre une claque, c’est juste qu’ils ne l’ont pas prise et nous, nous on n’a rien perdu !

V. pour COPAIN 44 (Collectif des organisations professionnelles agricoles indignées par le projet d’aéroport) fait un point juridique. Il revient sur la répression depuis l’opération César, en octobre-novembre 2012 : plus de 200 arrestations, plus de 50 comparutions : on cherche à transformer les opposants en délinquants, mais R. par exemple, finalement n’écope qu’une amende pour … stationnement gênant de son tracteur. Un autre paysan est convoqué pour occupation illégale de terrain : avec ses ruches ! Encore une mobilisation en perspective pour le défendre.

 

 

Plantation des haies


Pour les deux intervenants de la Zad, la recherche de l’autonomie, d’une production de nourriture échappant aux circuits marchants, est essentielle. Elle ne peut se faire sans la transmission des savoirs faite par les paysans, qu’ils remercient. Les cultures sont diverses, le ’contre-remembrement’ est en marche « puisque nous allons planter plus d’un km de haies (il y en a eu 220 000 de détruites dans le bocage breton !). Nous voulons une réflexion collective sur l’avenir et le partage des terres. César est venu, César est reparti, qu’il essaie donc d’y revenir ! Ce que nous allons semer nous le récolterons ! Et nous nous opposerons à toutes les étapes de la réalisation du projet ! »


 

Sur le semoir


Après les interventions, mélange des graines, remplissage des semoirs... tandis que les labours et les plantations d’arbres sont déjà en cours... A l’avant de l’un des tracteurs, J. souffle à plein poumons dans sa cornemuse, pour encourager les laboureurs.

 

Couscous et galettes permettront une pause bien venue. Le travail reprend, le nombre des participants grandit, les arbres affluent (assez pour toutes les haies créées...) ; pendant l’arrosage des plantations, quelques yeux se mouillent : non, ce n’est pas la pluie, samedi il faisait beau à Notre Dame des Landes !

 


Source et photos : Courriel de Geneviève Coiffard-Grosdoy à Reporterre.

Consulter par ailleurs : Dossier Notre Dame des Landes.

 

 

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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 15:31

 

marianne.net

 

Alcatel-Lucent annonce des suppressions de postes massives pour 2014

Mardi 8 Octobre 2013 à 12:16 | Lu 1188 fois I 8 commentaire(s)

 

Thibault Le Berre‏

 

Nouvelle vague de licenciements dans l’entreprise Alcatel-Lucent. 900 emplois seront supprimés en France. Dix mille employés devraient être remerciés dans le monde.

 

SALOM-GOMIS SEBASTIEN/SIPA
SALOM-GOMIS SEBASTIEN/SIPA

Les dirigeants d’Alcatel-Lucent l’avaient annoncé le 19 juin dernier : un plan de restructuration sera mis en place. Intitulé « Shift », il vise à réduire d’un milliard d’euros les coûts fixes de l’entreprise. Dès 2014, ce sont 900 postes qui seront supprimés en France, « principalement dans les fonctions support, administratives et commerciales », précise le communiqué de presse du groupe de télécommunications.

Ainsi, sur les treize sites Français, le plan prévoit la fermeture des entreprises de Toulouse et de Rennes, la vente de site de Eu (Seine-Maritime) et de Ormes (Loiret) ou encore la relocalisation du site parisien de Suffren, selon le journal Les Echos. Ceux de Lannion en Bretagne et de Villarceaux en région parisienne devraient bénéficier de la nouvelle stratégie du groupe. Ils se spécialiseront respectivement dans le très haut débit mobile et dans la recherche et développement pour devenir le premier centre en Europe.

Ces licenciements ne sont pas les premiers. Déjà en 2001, la décision de l’ancien directeur Serge Tchuruk de faire de Alcatel une « entreprise sans usines » avait entrainé la division par deux des effectifs, passant de 131 000 à 76 000 salariés. Plus récemment, Alcatel Lucent avait annoncé la suppression de 1 400 emplois dans l’Hexagone et le licenciement de 5.000 employés dans le monde. Cette fois, ce sont plus de 9 000 personnes qui vont perdre leur emploi: 3 200 en Europe, Afrique et Moyen Orient, 3 800 en Asie-Pacifique et 2 100 sur le continent américain.

Ce nouveau plan de restructuration intervient suite à l’arrivée de Michel Combes au poste de directeur général du groupe, en avril dernier. Ce polytechnicien, passé par France Télécom, envisage de recentrer le groupe sur les « technologies du futur : réseau Internet (IP), Cloud et accès très haut débit » pour « que l’entreprise retrouve la maîtrise de son destin ». Les salariés prochainement licenciés voient, eux, leur avenir s’assombrir.

 

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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 15:23

 

marianne.net

 

Le compte en Suisse et le train de vie des Balkany intéressent la justice

Mardi 8 Octobre 2013 à 16:44

 

Thibault Le Berre‏

 

Ouverture d’un compte en Suisse déclaré ou pas ? Utilisation à des fins privées d’un employé municipal payé par des fonds privés ou publics ? La justice enquête actuellement sur le maire de Levallois-Perret, Patrick Balkany. Ce dernier a répondu par un communiqué de presse laconique sur Twitter.

 

REVELLI-BEAUMONT/SIPA
REVELLI-BEAUMONT/SIPA
« Je suis l’homme le plus honnête qui soit » disait, il y a peu sur le plateau de Canal Plus, Patrick Balkany député-maire de Levallois-Perret. La police judiciaire ne le croît pas sur parole. Elle a récemment mené une perquisition à la mairie de Levallois-Perret afin de récupérer l’emploi du temps des agents de la police municipale de la ville, indique l’hebdomadaire Le Point.

L’élu UMP est effectivement accusé d’avoir utilisé un policier municipal comme chauffeur lors de son séjour sur l’île antillaise de Saint-Martin. Reste à savoir si ces services ont été financés par ses administrés ou avec ses propres deniers. L’enquête a été ouvert e par le parquet de Nanterre suite à une lettre de syndicats de police USSPM et SNPM-FO adressée au bureau du procureur en décembre 2012.

Suite à ces révélations Patrick Balkany a publié un communiqué via son compte Twitter.

 

 

Pas de financements publics « bien entendu » selon l'intéressé. Ce n’est pas la première fois cependant que « l’homme le plus honnête qui soit » est soupçonné de faits de cette nature. En 1996, le tribunal correctionnel de Nanterre l’avait même condamné à quinze mois de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité pour avoir utilisé, de 1985 à 1995, des employés municipaux dans sa résidence secondaire. Les électeurs de Levallois l’avaient pourtant réélu en 2001. Plus récemment, en 2008, Le Canard Enchaîné avait accusé Patrick Balkany d’avoir utilisé des employés municipaux lors du mariage de sa fille.
 
Qu'en est-il par ailleurs du « faramineux train de vie » des époux Balkany? Rappelant qu’ils avaient déclaré, il y a huit ans, ne pas payer l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF), Le Point se demande dès lors comment le couple a bien pu se payer une propriété de quatre hectares à Giverny, dans l’Eure, avec deux piscines et un green de golfe ? Dans le communiqué mentionné précédemment, Patrick Balkany affirme que la « maison de Giverny a été acquise en 1982 avant (qu'il détienne) un mandat électif ». Avant d’ajouter, « J’ai vendu à un investisseur suisse, en toute légalité, mes actions de l’entreprise familiale de prêt-à-porter, à la fin des années 1980. Le produit de la vente de ces actions a été intégralement transféré à l’époque au CCF de Levallois (aujourd’hui HSBC) ».

 

Cette seconde phrase vise à répondre aux journalistes du magazine, selon lesquels l’élu détiendrait ou aurait détenu un compte en Suisse dans la banque ABM Amro. Bordereau d’ouverture du compte à l’appuie, il aurait été déposé, le 26 juillet 1994, 1,6 millions d’euros de francs suisses soit l’équivalent de 6,5 millions de francs (990 000 €). Somme dont personne ne sait si elle a été déclarée au fisc français. L’existence de ce compte pourrait révéler un possible montage financier via une société suisse, Atlas Finanz Service. Un compte rendu d’enquête de juin 2001 que s’est procuré l’hebdomadaire mentionne que « des investigations (…) montrent l’omniprésence de la société Atlas Finanz Service, dont les activités apparaissent systématiquement bénéficier à Mr Balkany ». Le très probable candidat à sa propre succession à la mairie de Levallois-Perret en mars 2014 a du souci à se faire.
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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 15:13

 

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Pour une belle manif ce fut une belle manif !

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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 14:18

 

 

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Aux prud'hommes, UBS face à sa lanceuse d'alerte

|  Par Dan Israel

 

 

Stéphanie Gibaud, ancienne responsable marketing d'UBS France, dénonçait devant les prud'hommes le harcèlement et la discrimination dont elle estime avoir été victime pour avoir mis en cause l'organisation de l'évasion fiscale au sein de la banque. UBS rejette toute accusation.

 

Une lanceuse d’alerte harcelée et discriminée pour ne pas avoir accepté de couvrir les traces de son entreprise, empêtrée dans des pratiques d’organisation d’évasion fiscale à grande échelle. Ou bien une manipulatrice qui se drape dans la vertu pour mieux extorquer de l’argent à son ex-employeur. Deux portraits irréconciliables de Stéphanie Gibaud. Employée d’UBS France de septembre 1999 à février 2012, assistante marketing puis responsable de l’organisation des « événements » où la banque réunissait banquiers et (futurs) clients, elle contestait lundi 7 octobre devant le conseil des prud’hommes de Paris la dégradation de ses conditions de travail chez UBS entre 2008 et 2011.

Tour à tour, salariée et employeur ont présenté leurs versions des faits, opposées sur presque tous les points. Les conseillers censés trancher entre eux ne s’y sont pas risqués, et ont renvoyé le dossier en départage, où il sera jugé, dans un an environ, par un magistrat professionnel.

 

Stéphanie Gibaud 
Stéphanie Gibaud© DR

Pour Stéphanie Gibaud, les faits sont limpides. À l’été 2008, sa supérieure hiérarchique lui a demandé de supprimer tous ses dossiers, papiers et informatiques, qui pourraient s’avérer compromettants pour la banque. La responsable des « events » passait en effet son temps à organiser des événements mondains où les banquiers d’UBS, français et suisses, courtisaient leurs clients, mais aussi des « prospects » susceptibles d’être intéressés par les services de la banque. Or, les « chargés d’affaires » (CA) suisses ont interdiction de démarcher des clients en France, comme dans toute l’Union européenne.

À l’audience, Renaud Dufeu, l’avocat de l’ex-salariée, a attaqué bille en tête la banque, l’accusant d’avoir « pillé la France ». « Je venais du milieu du football. Pendant de longues années, je ne savais pas que ces activités étaient illégales, a raconté Stéphanie Gibaud à Mediapart. Je n’ai compris que tardivement. En juillet 2008, ma supérieure m’a dit : “Vu la conjoncture et les circonstances, détruisez-moi tout ça.” »

Les circonstances ? Fin 2007 aux États-Unis, la filiale d’UBS est prise en pleine organisation d’évasion fiscale pour de riches clients américains. Un salarié, Bradley Birkenfeld, accepte de collaborer avec la justice, qui contraint UBS à payer en 2009 780 millions de dollars d’amende et de livrer au fisc des détails sur 4 450 de ses clients américains. Les responsables de la filiale seront forcés de s’excuser d’avoir violé la loi devant les parlementaires américains.

Selon Stéphanie Gibaud, c’est une perquisition dans le bureau parisien du responsable de la gestion de fortune de l’époque qui déclenche la panique. Les ordres de destruction, toujours oraux, se multiplient. Elle refuse de s’attaquer à ses propres fichiers sans une demande écrite. Qui ne viendra jamais. Elle s’en étonne publiquement. Son évaluation annuelle s’effondre, le bonus qui lui est versé chaque année également. Fin décembre 2008, elle écrit au président de la filiale française pour dénoncer ces instructions orales, et les pratiques de harcèlement dont elle a commencé à être la victime de la part de sa cheffe. « Subitement, elle est devenue nulle, incompétente, trop payée, trop proche des clients, avec un état d’esprit qui n’est pas le bon », énumère Me Dufeu.

Le président n’a jamais répondu à la lettre de décembre 2008. « Mais parce qu’elle a osé écrire pour dénoncer un ordre illégal, assure l’avocat, elle est mutée en tant que responsable des hôtesses, sans son consentement. » Ni celui de l’inspection du travail, pourtant obligatoire puisque Stéphanie Gibaud est aussi secrétaire du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT). « Épuisée », « au bout du rouleau », tombée dans une « lourde dépression » et devant multiplier les arrêts de travail, elle accepte finalement en décembre 2011 de faire partie du prochain plan de licenciement économique organisé par la banque.

Pour UBS, rien de tout cela ne correspond à la réalité. « Il n’y a pas de discrimination, pas de harcèlement. Il y a une relation difficile entre une salariée et sa responsable, c’est évident », mais rien de plus, plaide Jean-Michel Segeron, l’avocat de la banque. La première n’aurait pas supporté l’arrivée de la seconde dans une position hiérarchique supérieure à la sienne, en 2007. Dans tout ce qui est décrit par son ancienne employée, l’entreprise ne voit rien d’autre que des conséquences de la crise économique traversée par la finance, et par UBS, à partir de 2008. Stéphanie Gibaud a vu ses bonus baisser de plus de 45 % entre 2008 et 2009 ? « Le pot de bonus accordé à tous les salariés a baissé dans les mêmes proportions. » Les tâches subalternes auxquelles elle a été reléguée ? « On est en pleine crise, les budgets sont restreints, il y a beaucoup moins d’événements, les salariés du service marketing doivent aussi accomplir des tâches plus administratives. » L’ancienne responsable marketing affirme aussi depuis des années que le contenu de certains de ses dossiers informatiques sensibles a été effacé par une intervention extérieure. Là encore, UBS balaye : une enquête menée par ses services informatiques démontre que ces accusations ne tiennent pas.

Les charges s'accumulent contre la banque

Bref, ce conflit n’aurait rien que de très banal. Une ligne de défense certes cohérente, mais qui nécessite d’évacuer le contexte dans lequel cette affaire est née. Et c’est difficile. D’ailleurs, le directeur juridique et le directeur général de la filiale se seraient-ils déplacés pour assister à une audience sans importance ? Depuis le départ de Stéphanie Gibaud d’UBS, les charges se sont en tout cas accumulées. Le 31 mai, UBS France a été mise en examen pour complicité de démarchage illicite, et placée sous le statut de témoin assisté pour les qualifications de blanchiment de démarchage et de blanchiment de fraude fiscale. Trois anciens cadres de la banque, dont l’ex-directeur général, l'avaient déjà été. Une semaine plus tard, c’est la maison-mère suisse, UBS AG, qui est mise en examen pour démarchage illicite.

« Au plan pénal, il n'y a rien qui puisse être reproché à UBS France pour le moment », a annoncé en préambule de l’audience Me Segeron, rappelant qu’« UBS n'entend pas mettre la tête sur le billot » et « dément les accusations qui sont portées contre elle ». Ces accusations sont nombreuses. L’ouverture de l'instruction judiciaire, menée par les juges Guillaume Daïeff et Serge Tournaire, suivait de quelques semaines la sortie, en mars 2012, du livre clé d’Antoine Peillon, Ces 600 milliards qui manquent à la France, paru au Seuil. Le journaliste de La Croix y rassemblait nombre d’éléments sur la façon dont UBS facilitait l’évasion fiscale de ses clients vers la Suisse, et tenait une comptabilité secrète, les fameux « carnets du lait ». Mediapart a largement documenté ces éléments dans une série d’articles intitulée « Les carnets UBS ».

Le 26 juin 2013, l'Autorité de contrôle prudentiel (ACP), le gendarme des banques, a infligé à la banque la plus forte amende de son histoire. Dix millions d'euros, assortis d’un blâme, pour son « laxisme » dans la mise en place du contrôle des pratiques de ses salariés. Et du côté des prud’hommes, deux décisions ont déjà sanctionné le licenciement de cadres tenant des discours similaires à celui de Stéphanie Gibaud.

Le 30 août 2011, UBS a été condamnée pour le licenciement abusif en juillet 2008 de l’ancien responsable de son agence de Strasbourg. Le conseil avait estimé que le fait que des CA suisses viennent démarcher des clients dans l’est de la France empiétait sur l’exclusivité régionale dont était censée bénéficier l’agence strasbourgeoise. Et dans un jugement rendu le 19 juin 2012, le conseil de prud'hommes de Paris avait considéré que le licenciement de Nicolas Forissier, l’ancien contrôleur interne d’UBS France qui dénonçait des pratiques illicites, était « sans cause réelle et sérieuse » (Nous avions détaillé son cas, en protégeant son identité à l’époque). La banque a fait appel du jugement.

Aujourd’hui en Suisse, comme nous le racontions cet été, UBS a décidé de faire le ménage parmi ses clients non déclarés. Le Parisien a révélé mi-septembre le contenu d’une lettre envoyée par la banque à tous ses clients français, où il leur est demandé une attestation justifiant qu'ils sont en règle avec le fisc hexagonal dans « les meilleurs délais ». Ce qui n’empêche pas les témoignages de se multiplier. Dans son récent livre, le député Yann Galut, qui suit de près les questions liées à l’évasion fiscale, évoque les pratiques d’UBS dont il a eu connaissance lors de diverses auditions. Et France 5 diffusera dans les semaines à venir un documentaire consacré au cas d’UBS France, réalisé par Patrick Benquet, qui est notamment l’auteur d’un excellent documentaire en deux volets sur la Françafrique.

Un ex-banquier d'UBS raconte les coulisses du système à Mediapart

“Envoyé spécial” vient également de proposer une enquête sévère pour la banque. Un ancien CA suisse, salarié d’UBS pendant plus de dix ans, y racontait sous couvert d’anonymat comment il avait travaillé avec des centaines de clients français désireux d’échapper au fisc, en les rencontrant en France ou en Suisse, et en plaçant leur argent à l’abri des regards. Mediapart a retrouvé ce témoin.

L’homme, qui se déclare prêt à répondre à la justice française s’il est interrogé, décrit son ancien travail comme « un job assez sympa ». Il estime son portefeuille de clients français « entre 300 et 600, selon les années, dont les placements n’étaient pas déclarés au fisc pour leur quasi-totalité ». La masse des avoirs qu’il avait sous gestion a évolué entre 200 et 600 millions d’euros, évalue-t-il. « Et ça, c’est pour un seul chargé d’affaires, dans une seule ville et une seule banque suisse, pointe-t-il. Rien que dans mon bureau, nous étions douze, et autant dans celui d’à côté… »

Ce témoin atteste formellement s’être rendu à de nombreuses reprises dans les locaux d’UBS France. « Moi je passais pour dire bonjour quand j’étais en France et je rencontrais mes clients ailleurs. Mais il arrivait que d’autres CA rencontrent les leurs directement dans les locaux parisiens de la banque », affirme l’ex-banquier.

Tension extrême à l'audience

Ce point est justement l’un de ceux qui ont alimenté l’affrontement entre Stéphanie Gibaud et son employeur. Affrontement qui s’est déroulé aux yeux de tous, car la salariée a posé ses questions lors de plusieurs séances du CHSCT, et les a consignées dans les rapports qu’elle a rédigés. Le 18 décembre 2008, d’abord, où elle évoque publiquement les demandes de suppressions des fichiers qui lui sont faites. Réponse de la directrice des ressources humaines : il ne s’agit que de limiter le coût de la gestion du papier !

Mais le choc le plus violent a lieu lors du CHSCT du 30 juin 2009, où Stéphanie Gibaud évoque à nouveau l’ordre de destruction, et la collaboration franco-suisse dans l’organisation de l’évasion fiscale des clients. Selon le compte-rendu qu’elle a rédigé, ces points sont évacués par la direction. Problème, les responsables d’UBS France refusent de signer le PV de la réunion, assurant que leurs réponses ont été déformées et que certains points de la discussion n’ont en fait jamais eu lieu. La secrétaire du CHSCT envoie tout de même ce compte-rendu à tous les salariés, en novembre. « J’ai pris conseil auprès de l’inspectrice du travail qui me suivait, et qui m’a rappelé que c’est moi qui tenais la plume », explique Stéphanie Gibaud.

Cet envoi non approuvé par la direction lui vaudra d’être poursuivie devant le tribunal de police pour « diffamation non publique ». La banque est déboutée en septembre 2010. Au même moment, la salariée porte plainte auprès du procureur de Paris, notamment pour des faits de harcèlement moral, de destruction de preuves, de complicité de démarchage illicite et de blanchiment d’argent en bande organisée.

La situation est inextricable. Fin 2009, la banque avait demandé l’autorisation à l’inspection du travail de licencier sa salariée pour motif économique. Refusé. Sollicité par UBS, le ministère du travail confirme ce refus. Mais le tribunal administratif finit par l’autoriser. Stéphanie Gibaud accepte de partir, parce qu’elle ne supporte plus ses conditions de travail, selon son récit. Elle le signifie à l’inspection du travail, qui ne s’oppose donc plus à son départ. Pour l’avocat de la banque, cet enchaînement est la preuve que le harcèlement n’est pas constitué (bien que la décision du tribunal ne porte légalement que sur la validité du licenciement économique).

Me Segeron insiste aussi sur le fait que Stéphanie Gibaud n’a pas contesté le jugement du tribunal. Et souligne qu’un mois après le premier refus de son licenciement par l’inspection du travail, elle avait tout de même demandé une rupture conventionnelle à la banque, moyennant le paiement d’indemnités. Refusé cette fois par la banque. « L’inspectrice du travail m’avait dit qu’elle refusait mon licenciement vu les conditions qui m’étaient imposées, justifie Stéphanie Gibaud auprès de Mediapart. Mais bien sûr, elle ne voulait pas m’empêcher de quitter une situation intenable. »

Dans une ambiance très tendue, l’avocat sous-entend lui qu’elle s’est en fait livrée à un chantage, et déclare ne « pas trop adhérer au concept des lanceurs d’alerte » : « Par derrière, il y a un intérêt personnel, faire pression sur l’entreprise pour partir aux conditions que l’on souhaite », attaque-t-il. Quelques instants auparavant, Me Dufeu avait comparé UBS à « ceux qui nient l’existence d’un génocide ». Ce qui lui vaudra une brève altercation avec le directeur juridique de la banque à l’issue de l’audience. La violence des échanges sera peut-être retombée d’ici quelques mois, quand le dossier sera à nouveau examiné. Ce n’est pas certain : dans un communiqué, la banque dénonce les « affirmations outrancières de la partie adverse » et prévient qu’elle « entend faire à nouveau valoir avec vigueur son point de vue devant la formation de départage ».

 

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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 14:00

 

 

 

 

Le Nouveau Parti Anticapitaliste du Gard
organise une rencontre - débat
avec Bernard FRIOT

professeur émérite de sociologie
à l'Université Paris Ouest Nanterre

 

Les retraites :
un tremplin pour sortir du
capitalisme ?


Vendredi 11 octobre 2013 à 20h30
Salle du foyer Pré de Valence
Rue neuve - BLAUZAC



Le gouvernement a dévoilé son projet de réforme des retraites : il faudra cotiser plus longtemps et la légère augmentation du taux de cotisation sera entièrement compensée pour les entreprises !
Dans ce contexte est-il possible de faire émerger des revendications offensives et non pas seulement défensives, des revendications qui permettent de penser un autre avenir ?

Pour Bernard Friot, il y a dans la cotisation sociale quelque chose de révolutionnaire, un « déjà-là » émancipateur qui peut servir de point d’appui au dépassement du capitalisme.
En effet, pour payer les 200 milliards d’euros aux retraités, la cotisation sociale n’est pas mise de côté, mais finance immédiatement les pensions. Il n’y a pas besoin de marchés financiers, de l’épargne ou de la bourse !
Finalement les retraites démontrent l’inutilité de ces institutions capitalistes. C’est pour cela qu’elles sont attaquées depuis plusieurs années au prétexte de la compétitivité des entreprises ou de l’allongement de la durée de la vie. Luttons pour les défendre et les développer !

 

 

 


Avec la participation
des Alternatifs de l’Uzège
du Parti communiste de l’Uzège
du Parti de gauche de l’Uzège-Pont du Gard
Contact : npadugard@gmail.com
Imp. par nos soins

 

 

Biographie

Bernard Friot, professeur émérite à l’Université Paris Ouest Nanterre, est économiste et sociologue. Ses travaux portent sur la sécurité sociale et plus généralement sur les institutions du salariat nées au XXe siècle en Europe continentale. Il fait partie du Réseau salariat (reseau-salariat.info) et de l’Institut européen du salariat (ies-salariat.org). Il a récemment publié à La Dispute L’enjeu des retraites (2010), L’enjeu du salaire (2012) et Puissances du salariat (2012 réédition).

 

Idée principale

L’apport principal de Bernard Friot est de montrer en quoi la cotisation sociale s’oppose à la logique capitaliste et incarne un « déjà-là émancipateur » à partir duquel on peut penser concrètement l’au-delà du capitalisme. Ponction sur la richesse, versée aussitôt que produite, la cotisation ne procède pas d’une accumulation et ne génère aucun profit. En ponctionnant la valeur ajoutée pour financer la santé ou la vieillesse, la cotisation sociale met en évidence l’inutilité du crédit et de la propriété lucrative.

 

Principaux passage dans les médias

Vidéos :

Emission sur internet très bien faite :

http://www.youtube.com/watch?v=8MWQBbLLwg4

 

Passage à l’émission Ce soir ou jamais sur France, 2 juin 2013 :

http://www.youtube.com/watch?v=sIaDmbJ0fTU

 

Radio :

Passage à l’émission Là-bas si j’y suis, 10 septembre 2013 :

http://www.franceinter.fr/emission-la-bas-si-jy-suis-lenjeu-des-retraites-avec-bernard-friot

 

Presse écrite :

L’humanité du 14 août 2013 :

http://www.humanite.fr/social-eco/bernard-friot-le-salariat-c-est-la-classe-revoluti-547252

 

Le monde diplomatique de févier 2012 :

http://www.monde-diplomatique.fr/2012/02/FRIOT/47384

 

 

 

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