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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 17:09

 

reporterre.net

 

Ils sont anarchistes, autogérés, et ils font du très bon pain

Hervé Kempf (Reporterre)

jeudi 17 octobre 2013

 

 

A Montreuil, près de Paris, les boulangers de La conquête du pain font le bonheur du quartier avec des baguettes délicieuses... et mettent en pratique les idées libertaires.

 


 

- Reportage, Montreuil (Seine-Saint-Denis)

C’est dans un coin de Montreuil, là où la ville prend des allures de village, avec des petites maisons protégées par quelques arbres et par des plantes grimpantes. La rue monte, on y croise les parents qui reviennent de l’école avec les enfants, et au coin d’une autre rue, voici « La conquête du pain ». Une boulangerie comme il y a en des milliers, et qui sent beau le pain chaud et croustillant.

On voudrait tout simplement acheter une baguette, mais des détails étonnants amusent le regard. Comme ce tableau listant les sandwichs proposés, qui invitent à choisir entre le Bakounine (bacon mayonnaise), l’Angela Davis (poulet mayonnaise salade), ou le Louise Michel (chèvre pesto). Un petit comptoir longe le mur, où l’on peut se servir un café d’une thermos, et lire les tracts et revues proposées, en commençant par Le Monde libertaire. Près de la vitrine, un canapé recouvert d’un drap blanc invite à la pause. On pourrait s’y poser, et se rappeler que Pierre Kropotkine, un des grands penseurs anarchistes du XIXe siècle, a écrit La conquête du pain, parmi de nombreux autres livres, dont L’entraide reste fondamental.

 

 

Mais on est bien dans une boulangerie, et la chaleur qui monte du sous-sol, où se trouve le four à pain, en témoigne tout autant que la fine odeur de farine. « Les gens ne viennent pas parce qu’on est autogérés et anachistes, mais parce que le pain est bon, dit Pierre Pavin. Le reste, ça les amuse ». Mais cette boulangerie n’existerait pas si Pierre et ses camarades n’étaient pas anarchistes.

Lui, il était boulanger. Il aimait bien son travail, mais il en avait assez de ces tâches très répétitives, souvent subordonnées à un chef. Il appartient à la Fédération anarchiste, et au printemps 2010, lors du congrès de la fédération, alors qu’il était au chômage, il a eu l’idée de livrer du pain à des Amap. Il en parlé à Thomas Arnestoy, informaticien et membre du SCALP, et à Matthieu, avec qui il avait étudié dans le même lycée hôtelier. Le projet a abouti, par amitié et par affinité politique. Le principe serait de monter une boulangerie en Scop (société coopérative de production), « autogérée, avec une implication sociale et un souci écologique, qui fasse du pain de bonne qualité et qui soit rentable ».

Le local a été trouvé assez rapidement, et dès l’automne, les amis ont commencé à pétrir et cuire le pain. « Au début, cela a été très dur. Ici, c’était un taudis, dit Pierre. Et il a tout de suite fallu livrer 300 pains quotidiennement. C’était l’enfer, on bossait vingt heures par jour. Une fois, ,j’ai fait un malaise, je me suis évanoui. »
Mais les camarades ont tenu bon, des amis et la famille sont venus à la rescousse financière, permettant de remettre la boulangerie en bon état, et un bon rythme de production et de livraison s’est pris. Maintenant, la Scop compte huit salariés (quatre boulanger-e-s, trois vendeurs-ses à la boutique, un livreur).

 

 

Soraya et Pierre -

 

Et surtout, ils mettent en application le projet. « On s’est plus intéressé au projet social », dit Pierre, qui parle en début d’après-midi, après le coup de feu du matin (trois à huit heures) et avant d’aller faire la sieste. Le tarif social a été lancé en octobre 2012 : 75 centimes la baguette pour ceux qui le demandent, au lieu d’un euro. « On le fait sans justificatif de ressources, on veut faire confiance. On refuse cette idéologie qui fait des pauvres des profiteurs ». Les boulangers anarchistes organisent aussi des repas de quartier à la Cité Jules Ferry ou fournissent du pain aux travailleurs en grève, par exemple à PSA Aulnay, ou à la raffinerie de Grandpuits, l’an dernier.

Et en interne, on pratique la démocratie. Toutes et tous sont payés 1350 € nets sur douze mois. Une assemblée générale a lieu tous les quinze jours. Les décisions se prennent au consensus - « il nous est arrivé de voter, mais pas sur des sujets importants ». Le gros problème du moment, c’est la discussion sur le temps de travail : les boulangers travaillent tôt le matin, mais moins d’heures que ceux qui sont en magasin. Quant au livreur, il est souvent appelé à n’importe quel moment. Il faut trouver l’accommodement juste pour tout le monde.

 

 

Le boulanger libéré, affiche au mur du magasin -

 

Et puis, il y a le produit lui-même, qui est l’essentiel : les ingrédients utilisés sont de qualité, presque tous issus d’agriculture biologique, et la farine (deux tonnes par semaine) est fournie par un meunier qui travaille à la meule de pierre. Surtout, il y a le temps pris pour bien lever le pain, le ralentir, laisser la fermentation se faire lentement.

Dans le sous-sol, Mathieu – il est là depuis trois mois, il a quitté son métier de graphiste pour devenir boulanger, « un métier essentiel pour nourrir les gens » - détaille les étapes qui mènent à un bon pain : préparer la matière dans le pétrin, mettre en bacs, laisser « pousser » la pâte – quatorze heures, c’est un des secrets de la qualité -, la diviser, la façonner, et enfin la cuire, dans le four brûlant. Un métier d’attention et de patience, mais où il faut agir rapidement et dans la chaleur. « Pendant l’été, cela peut monter à 40° C, dit Mathieu. Ici il fait chaud, mais je ne suis pas sûr que ce soit plus dur que d’être assis toute la journée devant un ordinateur ».

 


Après le pétrin, l’étape de la division, qui va conduire aux baguettes -

 

Allez, il est l’heure d’y aller. En partant, on ne résiste pas à croquer un pain au chocolat, comme les gamins qui entrent et sortent du magasin. On ne sait s’il s’appelle Kropotkine ou Elisée Reclus, mais il est bien bon.

 


 

Source et photos : Hervé Kempf pour Reporterre.

Photo du chapô : Mathieu, près du four.

Thomas Arnestoy, de La conquête du pain, est venu participer à la première Rencontre de Reporterre (voir récit de la soirée et son témoignage video). Lire une autre présentation de La conquête du pain.

Lire aussi : Ils ont changé de vie, cultivent les légumes et nourrissent leurs voisins.

 

 

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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 17:01

 

reporterre.net

Notre Dame des Landes : Plus déterminé-e-s que jamais !

Assemblée générale du mouvement

mercredi 16 octobre 2013

 

 

 

Bon anniversaire ! Le 16 octobre 2012, le gouvernement de M. Ayrault lançait des troupes de gendarmes puissamment armés à l’assaut de la Zone autonome à défendre de Notre-Dame-des-Landes. Prévue pour durer "quelques jours", l’invasion allait s’enliser dans la boue et échouer face à la résistance de tous les opposants à l’aéroport. Un an après, la lutte continue. Un texte commun des opposants témoigne de leur union déterminée.


 

Reporterre - Lors de la dernière assemblée générale du mouvement le 24 septembre à La Vache Rit, réunissant ZAD, Acipa et Coordination, des zadistes ont souhaité une expression commune des différentes composantes de la lutte, sous forme d’une ’déclaration de l’AG’. Elle n’engage que les présents, et n’est pas proposée à la signature des organisations. C’est la première fois qu’un tel texte a été travaillé, puis adopté (le 8 octobre). Cette déclaration commune parait significative de l’alliance qui existe entre les composantes de la lutte.

Aujourd’hui 8 octobre 2013 , nous, présent-e-s à l’Assemblée Générale bimensuelle du mouvement, à laquelle participent toutes les composantes de l’opposition, face aux porteurs du projet, réaffirmons collectivement, avec tou-te-s nos camarades, la légitimité intacte de notre lutte.

Certain-e-s d’entre nous habitent ici, nous y construisons nos vies, cultivons les terres menacées. Notre résistance collective s’organise plus largement que jamais contre le saccage programmé. Nous l’avons montré le 5 octobre, en ensemençant 24 hectares de terres, et en plantant des haies. Ceci malgré les menaces préfectorales, et la poursuite de la répression.

Nous refusons l’expulsion tant des habitant-e-s que des espèces menacées et le début de tous travaux.

Nous savons qu’en cas d’attaque, nous ne serons pas seul-e-s, que tous les comités de soutien, que des milliers de personnes reviendront à Notre Dame des Landes, qu’elles sont prêtes à occuper des centres de décision politique, des agences et chantiers de multinationales, partout.

Mais déjà, nous les appelons à des actions décentralisées le 16 octobre, dans la semaine du 17 au 23 novembre (dates anniversaires des opérations César et de sa riposte), ainsi que le 8 décembre, journée mondiale contre les grands travaux inutiles imposés, occasion de réaffirmer que notre lutte n’est pas seulement locale mais globale et solidaire.

Notre Dame des Landes : Plus déterminé-e-s que jamais !

 


 

Source : Zad.nadir.org.

Illustration : Les alternatifs du Tarn.

Consulter par ailleurs : Dossier Notre Dame des Landes.

Et pour mémoire : Le récit du premier jour d’intervention, le 16 octobre.

 

 

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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 16:45

 

 

mediapart.fr

Les économistes «atterrés» se divisent sur les vertus d'un fédéralisme européen

|  Par Ludovic Lamant

 

 

Faut-il imaginer un fédéralisme démocratique pour sortir de la crise, ou revenir, au contraire, à l'échelle de l'Etat Nation? La fracture se creuse, au sein des économistes hétérodoxes, à l'approche des élections européennes.

 

A gauche, la fracture n'est pas neuve. Mais elle se creuse à l'approche des élections européennes de mai 2014. La publication mercredi d'un nouveau livre des économistes « atterrés », ces universitaires critiques de l'austérité dans l'Union (Changer l'Europe!, Les liens qui libèrent), confirme l'intensité des débats. Voici, en peu de mots, l'alternative: faut-il, pour provoquer la rupture, imaginer un fédéralisme européen d'un autre genre, plus démocratique, ou au contraire, revenir à la case départ, celle de l'Etat Nation, la seule à même de redonner des marges de manoeuvre pour une politique de gauche?

Au printemps, l'un des animateurs du mouvement lancé en 2010, Cédric Durand, en avait déjà surpris plus d'un, en proposant à la gauche de « suspendre la question européenne », pour se concentrer, à l'échelle nationale, sur des chantiers prioritaires à ses yeux - l'emploi, le social (En finir avec l'Europe, La Fabrique). A l'inverse, dans l'un des chapitres du dernier livre des « atterrés », deux d'entre eux, Michel Dévoluy et Dany Lang, se prononcent pour une « planification fédératrice », avec des mécanismes démocratiques rénovés à l'échelle du continent, pour la sortie de crise.  

« C'est un sujet de discorde », confirme Michel Dévoluy, un professeur à l'université de Strasbourg, qui reconnaît « ne pas être certain d'être majoritaire au sein du collectif », lorsqu'il préconise davantage d'intégration en Europe. « Mais l'adhésion est totale sur le diagnostic des difficultés que traverse l'Europe », prend-il soin de nuancer.

 

 

Les « atterrés » sont en effet unanimes pour dénoncer les évolutions institutionnelles impulsées depuis le début de la crise, vers ce qu'ils nomment un « fédéralisme tutélaire », qui place les capitales sous l'autorité d'institutions technocratiques, non élues. Dans le viseur, le « semestre européen »,  le « pacte pour l'euro plus », les règlements du « six pack » puis du « two pack », ou encore le « TSCG », autant de textes peu connus des citoyens, qui renforcent les pouvoirs de la commission, et son influence sur la politique économique des Etats membres. Il s'agit officiellement de mieux coordonner les politiques des uns et des autres au sein de la zone euro.

Aux yeux des « atterrés », cette mainmise des institutions converties au néolibéralisme, à commencer par la commission de José Manuel Barroso, condamne d'avance toute possibilité de relance, ou de mesure progressiste. « Le fédéralisme d'aujourd'hui entraîne la régression sociale », assure Dany Lang, maître de conférence à l'université Paris-13. Ce qui, dans la foulée, « mine la formation d'un sentiment d'appartenance à une entité soucieuse du bien-être collectif ». C'est déjà ce que décrivait Razmig Keucheyan dans le livre dirigé, au printemps, par Cédric Durand, préférant, lui, le terme de « césarisme bureaucratique » - un détour par Gramsci pour mieux insister sur la « dérive autoritaire » de l'UE en temps de crise.

Comment dès lors, provoquer la rupture? D'après les économistes membres des « atterrés » joints par Mediapart, trois scénarios sont en concurrence au sein du collectif. Autant de sensibilités que l'on retrouve au sein de la gauche en général. Première piste, la plus radicale: faire une croix pure et simple sur Bruxelles, puisque l'horizon y est bouché, et sortir de l'euro, puisque toute politique « euro-keynésienne » (un budget européen pour une relance globale, une taxe sur les transactions financières, etc) serait condamnée d'avance (lire notre compte-rendu du livre dirigé par Cédric Durand).

A l'opposé exact, d'autres plaident, à l'instar de Dévoluy et Lang, pour une « planification fédératrice ». Le projet: face au court-termisme des politiques néolibérales, il faudrait « réinscrire nos économies dans une perspective de long-terme ». Grands travaux adossés à un véritable budget européen, refonte de la politique agricole commune (PAC) plus écolo, séparation des activités de dépôts et d'investissement, harmonisation par le haut des systèmes de protection sociale... Tout cela s'articulerait autour d'un « fédéralisme démocratique », en particulier à l'échelle de la zone euro, dotée d'un budget propre et d'un parlement.

A ceux qui jugeraient ces positions totalement utopiques, vu les dynamiques en cours à Bruxelles, Michel Dévoluy assure que l'UE n'a pas toujours été convertie au néolibéralisme... Pour preuve, aux premières heures de l'Union, la communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA), qui instaurait par exemple un contrôle des prix pour soutenir la politique industrielle. « La rupture date de l'acte unique de 1986 », confirme de son côté Dany Lang.

Reste une « position centriste », selon l'expression d'Henri Sterdyniak, de l'OFCE, qui la défend: elle consiste à s'opposer à tout renforcement du fédéralisme « pour un temps au moins ». Un  repli stratégique, dans l'attente que les rapports de force, en Europe, évoluent. Voici le raisonnement, résumé par Benjamin Coriat, professeur à Paris-13: « Sur le principe, je crois qu'une majorité d'entre nous est favorable au renforcement du fédéralisme. L'harmonisation fiscale, la politique industrielle, la transition écologique... tout cela passe par l'Europe. C'est le scénario idéal. Mais pour l'heure, les rapports de force sont tels, que si l'on accepte de renforcer le fédéralisme, on renforce des institutions qui ne parlent que d'ajustement structurel. Pour le moment, on peut donc dire que nous y sommes plutôt opposés ».

Pour Philippe Askenazy, chercheur à l'école d'économie de Paris, « tout le monde s'accorde sur la dérive technocratique, anti-démocratique et néo-libérale de l'Union ». Cet « atterré » historique précise: « S'il y a débat, c'est que justement on ne peut trancher avec des arguments économiques ». C'est l'une des particularités de ce débat, y compris au sein des économistes critiques: leur entrée est souvent davantage politique, voire citoyenne, entre les adversaires du « repli » et les partisans enthousiastes de l'Etat Nation.

Ainsi, Michel Dévoluy explique qu'il est un « internationaliste, que l'Etat Nation n'a jamais séduit ». Même entrée « citoyenne » pour Askenazy: « Les replis sur le national me semblent aller contre le sens de l'histoire. Les dérives de la construction européenne ne doivent pas faire oublier le projet initial après deux guerres mondiales (...) Je me place bien plus comme citoyen que comme économiste sur ce sujet ».

A l'inverse, Christophe Ramaux, autre « atterré », enseignant à Paris-1, est lui favorable à un retour aux Etats nations - qu'il associe à des « Etats sociaux » à protéger, les seuls aptes à s'opposer à la « domination du capital » -  et, logiquement, à un retour aux monnaies nationales. « La démocratie, ce sont les Etats nations, cela suppose par exemple que l'on parle la même langue », estime-t-il. « La démocratie à l'échelle européenne, cela pourrait exister, mais pas avant deux siècles. Et l'horizon de deux siècles ne m'intéresse pas », tranche-t-il. Ramaux veut investir le concept de Nation, « pour ne pas laisser le champ libre à l'extrême droite », « d'un autre contenu, citoyen, républicain ».  

Le débat, qui risque de s'intensifier dans les mois à venir, déborde de loin le champ de l'économie.

 

On signale aussi le débat entre Cédric Durand et Pascal Canfin, secrétaire d'Etat au sein du gouvernement Ayrault, sur ces questions, dans les locaux de Mediapart en juin dernier. A retrouver en vidéo ici.

 

 

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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 16:32

 

 

blogs.mediapart.fr

 Autoroute A65 : le réel parle, les masques tombent

Les associations l’avaient dit et redit, et ce plusieurs années avant que ne soit coupé le premier arbre, la construction de l’autoroute A65 entre Langon et Pau est fondée sur des prévisions de trafic irréalistes qui ne peuvent qu’aboutir à la faillite d’Aliénor, la société concessionnaire, et à la récupération de la dette (environ 900 millions d’euros) par la collectivité.

Depuis l’inauguration de l’équipement, en décembre 2010, les faits parlent et le fiasco se dessine : Aliénor, qui vient de publier ses comptes, enregistre un résultat net négatif de 35,1 millions d’euros en 2012 (après -34,6 millions d’euros en 2011) soit 91,6% de son chiffre d’affaire (si si, vous avez bien lu). Selon l’analyse financière produite par Patrick Dufau de La Mothe[1], à ce rythme, la société sera en situation de faillite dans le courant 2014, ce qui nécessitera une recapitalisation par les actionnaires (Eiffage et la SANEF) ou bien, s’ils ne veulent pas, l’activation de la clause de déchéance prévue contractuellement et faisant retomber la dette sur l’Etat, la Région Aquitaine et les départements de Gironde, des Landes et des Pyrénées Atlantiques.

Durant les années où elles combattaient ce projet absurde, les associations n’ont eu de cesse d’avertir quant à ce risque financier, ne suscitant que l’indifférence des médias locaux et le mépris des élus. Les premiers n’ont pas fait leur travail, les seconds ont mentis.

Nous savons de source interne à la rédaction que durant les années de débats et controverses sur l’autoroute, aucun journaliste de Sud-Ouest (qui détient localement le monopole de la presse écrite) n’a eut pour mission de travailler en profondeur le dossier financier de ce projet.[2] S’il y en avait eut un, il aurait pu (dû) réclamer avec les associations la transparence sur ce projet, et notamment la publication de l’analyse financière prévisionnelle permettant de juger de la rentabilité de l’infrastructure.

Car, il faut le vivre pour le croire, alors que toutes les analyses de l’Etat faites en amont concluaient à la non rentabilité du projet, le seul document disant le contraire, celui rédigé par le concessionnaire, n’a jamais été rendu public (ce qui est pourtant une obligation légale), ni à nous, associations, ni aux élus locaux engageant par leur vote du contrat de concession la solidarité de leur collectivité avec le projet. Nos recours auprès de la Commission d’Accès au Documents Administratifs n’y ont rien fait, pas plus que ceux auprès du Conseil d’Etat, qui dans un attendu qui ne laisse de surprendre jugeait en 2008 que :

« il ressort de l’examen des pièces du dossier que le Conseil Régional d’Aquitaine a délibéré sur le projet de convention relative au financement des concours publics pour la réalisation de l’Autoroute A65 au vu d’un rapport qui comportait l’ensemble des éléments d’appréciation utiles, en particulier sur la clause de déchéance du concessionnaire ; qu’ainsi les requérants ne sont fondés à soutenir ni que le conseil régional d’Aquitaine se serait prononcé sur le fondement d’informations insuffisantes et incomplètes, en violation des dispositions précitées, ni qu’il aurait de ce fait méconnu ses compétences ».

Le rapport de Patrick Dufau de La Mothe, confirme aujourd’hui que cet arrêt de la plus haute juridiction administrative du pays était, au mieux, du travail bâclé. Nous y apprenons en effet que le conseil régional d’Aquitaine «  a demandé une première fois en 2011 à Nathalie Kosciusko Morizet, puis une deuxième fois en 2012 à Frédéric Cuvillier, en leur qualité de ministre des transports, les documents contractuels, les comptes prévisionnels initiaux, comme ceux issus de l’avenant N°1 qui prolonge la concession de 5 ans. Elle n’a rien reçu… ! »

Les élus régionaux aquitains ont donc bien voté en 2006 sans être informés sur les risques qu’ils faisaient prendre à leur collectivité. Les présidents et vice-présidents de cet exécutif, ainsi que ceux des conseils généraux concernés, ont pourtant toujours certifiés avoir connaissance de ces éléments. A l’irresponsabilité sous-jacente à cette décision, que nous pressentions, s’ajoute donc maintenant la preuve du mensonge.

 

Sur le sujet, vous pouvez soutenir le film "L'intérêt général et moi", en cours de production: http://fr.ulule.com/linteret-general/

 


[1] L’expert comptable qui avait produit l’analyse financière des associations en 2008, aujourd’hui conseiller régional Europe Ecologie de la région Aquitaine,

[2] Les seuls à avoir fait ce travail d’investigation sont des journalistes du Monde, de France 2 et de CANAL +, soit aucune rédaction locale.

 

Fichier attachéTaille A65_rapport_PFL.pdf

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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 16:20

 

lavoixdunord.fr

 

  Roubaix: un médecin héberge 50 Roms dans un immeuble désaffecté

 

Mis à jour le 16/10/2013 à 17:07

Par Bruno Renoul (texte) et Ludovic Maillard (photos)

                                                                                                                                                                                                                              Il dit avoir juste voulu « respecter » son serment d’Hippocrate. Le Dr Christophe Lamarre, médecin généraliste à Roubaix, n’a pas hésité à ouvrir les portes d’un immeuble qui lui appartient, pour loger des Roms expulsés du Galon d’Eau il y a trois semaines. Une cinquantaine de Roumains vivent ainsi dans cet ancien cabinet médical situé dans le quartier de l’Hommelet.

 

 

 

C’est un peu l’histoire d’un coup de sang réfléchi. Il ne supportait pas que ses « patients », comme il les appelle, soient « mis à la rue comme des malpropres ». Alors, il les a logés, tout simplement. Conscient des risques, mais incapable de prendre une autre décision.

Tout a démarré il y a trois semaines, le 27 septembre. Le bidonville du Galon d’eau était évacué par la police, et le gros des troupes – près de 250 personnes – éparpillé dans la nature, sans solution de relogement.

Le médecin roubaisien Christophe Lamarre, un généraliste installé en centre-ville de Roubaix, connaissait bien ces Roms : avec son associé, le Dr Pierre Andrzejewski, il les soigne régulièrement depuis leur arrivée massive dans la commune, il y a deux ans. « Quand le camp a été évacué, je n’ai pas résisté, je suis allé voir, à l’heure du déjeuner, car je savais que certains étaient dans un très mauvais état de santé », raconte Christophe Lamarre, qui finit justement par tomber sur une de ces familles, sur le trottoir, qui envisageait de passer la nuit sur des cartons. « La mère de famille a une grave polyarthrite, en restant dehors, elle risquait d’avoir les articulations bloquées », lâche-t-il.

Un enfant tétraplégique laissé à la rue

Il téléphone un peu partout, mobilise ses contacts, mais aucune solution ne se dégage. Alors il craque. Ce médecin engagé possède un immeuble désaffecté dans le quartier de l’Hommelet, qui est son ancien cabinet médical. Il y a œuvré longtemps, de 2001 à 2007, soignant sans rendez-vous de 7h à minuit, chaque jour, tous les défavorisés qui se présentent. Il en est reparti dans une ambulance, après avoir fait un sérieux burn-out.

Depuis, l’immeuble est inoccupé. Il décide donc de loger là cette première famille de six personnes. Puis une autre famille, qui compte parmi ses membres Pavel, un enfant de cinq ans tétraplégique, qui devait retourner à la rue après deux semaines d’hôtel réglées par la préfecture. « Je leur ai demandé de ne rien dire, de rester dans le bâtiment, et d’être discrets », raconte le médecin.

Un voisin menace d’incendier le bâtiment

Mais le téléphone rom semble être à l’entendre la « version turbo » du téléphone arabe. Le dimanche 29 septembre c’est la crise : alertés par la rumeur qui dit « qu’un médecin roubaisien donne des appartements aux Roms », près de 200 Roms affluent de toute la métropole lilloise. « On a vu arriver de Lille des gars avec des caddies, avec tout leur barda, télé, matelas… » c’est très vite l’émeute devant le bâtiment, avec des voisins furieux qui menacent de verser de l’essence sur le toit et d’y mettre le feu.

La police municipale est obligée d’intervenir. « J’étais dépassé », reconnaît aujourd’hui Christophe Lamarre. Aidé par la Ligue des droits de l’Homme de Roubaix et par l’association Aréas, il fait un tri parmi les occupants : « En gros, on a gardé ceux qui étaient déjà à Roubaix, qui avaient des enfants scolarisés ici, ou des problèmes de santé. On a gardé les femmes enceintes, aussi », confie le médecin. Soit aujourd’hui une dizaine de familles, et quelque 50 personnes.

Un ami Algérien dort sur place pour garder le bâtiment

À l’entrée du bâtiment, un ami algérien, Yahia, joue le rôle de concierge et de gardien. Il dort sur place, dans l’ancienne salle d’attente, et tente tant bien que mal de filtrer les entrées dans l’immeuble. « C’est dur. Il faut être très psychologue, ne pas aller à l’affrontement. Mais c’est clair que la nuit, d’autres Roms viennent dormir ici », précise Yahia. Lui et Christophe Lamarre, au jugé, estiment que le soir, la population double de volume dans l’ancien cabinet médical.

À l’intérieur des locaux, équipés du chauffage, de l’électricité, de sanitaires et de l’eau courante, ce n’est pas non plus le luxe. Dans chacune des pièces, au moins deux familles cohabitent. Avec à chaque fois, un mobilier de fortune, « récupéré aux encombrants » : matelas, plaques électriques, frigo, tapis. Les plus chanceux ont un sommier et les plus coquets ont accroché au mur des tableaux surannés que des Roubaisiens ont jeté dans la rue.

À neuf dans 15 m²

Dans une des « chambres » du rez-de-chaussée, la famille Cantargiu, venue de Bacau en Roumanie, vit à neuf dans 15 m². Le linge sèche au milieu de la pièce. Les trois filles de la famille, Loisa, Estera et Sara partagent deux matelas avec le fils aîné de la famille, Timotée. Pavel, l’enfant tétraplégique, dort sur une banquette des années 50, et les parents dorment sur un grand lit avec leur petit-fils, lui aussi baptisé Pavel, qui a neuf mois.

Ils exhibent des documents administratifs, demandent qu’on les aide à les remplir. Se plaignent des « grosses souris », c’est-à-dire des rats, qui les « agressaient » tout le temps au bidonville du Galon d’Eau. Ils sont mieux, ici, beaucoup mieux. Chaque matin, ils emmènent Pavel à l’institut médico-éducatif Lino-Ventura, à Lille, où il est pris en charge toute la journée. Loisa, Estera et Timotée vont à l’école. Et les parents, eux, vont « faire la manche » et « jouer de l’accordéon ».

À l’étage, dans une autre famille, Rémus raconte gagner « cinq à six euros » en jouant au pied du métro. Sa femme, Carmen, gagne la même chose en tendant la main aux passants. « On ne rentrera pas en Roumanie. Ici, on nous traite bien. On a la carte vitale, on peut soigner notre fils ». Celui-ci, âgé de quatre ans, souffre d’une malformation congénitale.

« Je ne demanderai jamais l’expulsion »

Tous remercient celui qui les appelle « le docteur ». Mais ils ne veulent pas forcément rester très longtemps dans l’immeuble. Celui-ci ne peut d’ailleurs être qu’une solution temporaire, aux dires mêmes de Christophe Lamarre. « Ils resteront le temps qu’on trouve une solution. C’est clair que je ne leur demanderai pas de partir s’ils n’ont rien derrière », martèle-t-il. En attendant, c’est lui qui paie l’eau, le chauffage et l’électricité.

Ne comptez pour autant pas sur lui pour se prendre pour l’abbé Pierre. « Je n’ai fait que mon devoir de médecin. Moi, j’ai prêté serment de soigner les gens, de ne pas les abandonner. Je n’avais pas le droit de les quitter sans solution, c’est mon contrat avec mes patients. »

Il dit être aidé par « les catholiques et les musulmans », qui ont rapidement proposé leur aide. Par l’Aréas, aussi, à qui il envisage de « passer la main » pour ce qui est du suivi social des dix familles présentes dans l’immeuble.

Reste que pour se couvrir juridiquement, au cas où il arriverait quelque chose, il a saisi le tribunal d’instance pour « occupation illégale » du bâtiment. « Mais en tant que propriétaire, c’est moi qui maîtrise la procédure. Et je ne demanderai jamais l’expulsion ». Une façon, dit-il, de mettre la préfecture face à ses responsabilités et de la forcer à l’action. « C’est elle qui a expulsé ces gens, constate-t-il. C’est donc à elle de trouver une solution. »

 

 

 

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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 16:07

 

De : Basta ! <contact@bastamag.net>
  

 

[newsletter2] Lancement de l’Observatoire des multinationales

 


Communiqué de presse - 15 octobre 2013

Observatoire des multinationales

Lancement de l’Observatoire des multinationales

 

L’Observatoire des multinationales annonce le lancement de son site internet ce 14 octobre 2013, à l’adresse http://www.multinationales.org/. Ce nouveau site est consacré aux activités des entreprises multinationales françaises partout dans le monde. Il propose des enquêtes originales, une veille informationnelle, et des tableaux de bord sur l’impact social et écologique des grands groupes nationaux.
L’association Alter-médias, qui publie le site indépendant d’information sociale et environnementale Basta ! (www.bastamag.org), est à l’origine de ce nouveau projet. L’Observatoire des multinationales s’inscrit dans la continuité du travail d’investigation mené par les journalistes de Basta! sur les pratiques des grands groupes partout dans le monde, et sur leur impact social et environnemental.
« Dans nos sociétés, le rapport de forces entre les grandes entreprises multinationales, d’un côté, et de l’autre les simples citoyens et salariés, est très déséquilibré, et cela se retrouve au niveau de l’accès à l’information, des moyens de communication et des relais médiatiques. », explique Ivan du Roy, délégué général d’Alter-médias et co-fondateur de Basta ! et de l’Observatoire des multinationales. « Le point de vue des communautés affectées et des travailleurs, en France et plus encore à l’étranger, est marginalisé. L’objectif est de corriger ce déséquilibre. Il existe des initiatives similaires à cet Observatoire dans de nombreux pays européens, mais cela manquait en France. »

Veolia en Inde, GDF-Suez au Brésil

Pour le lancement de l’Observatoire sont dévoilées deux enquêtes originales portant sur les activités de grands groupes français à l’étranger.
  • La première de ces enquêtes est consacrée aux nouvelles implantations de Veolia en Inde, dans le secteur de l’eau, en particulier dans les villes de Nagpur et de Delhi. Ces contrats ont été présentés par l’entreprise et par la presse économique française comme un succès retentissant. Dans le même temps, la gestion privée de l’eau se trouvait de plus en plus critiquée par les citoyens et les élus locaux. Retards et scandales fi nanciers se sont accumulés.
  • La seconde enquête revient en détail sur l’histoire du barrage de Jirau, construit par GDF-Suez en Amazonie brésilienne. Le groupe énergétique français cherche aujourd’hui à le présenter comme un modèle de développement durable, alors que son impact environnemental reste chaudement contesté. Le chantier a entraîné des bouleversements sociaux considérables dans toute la région, des émeutes violemment réprimées parmi les ouvriers, et le déplacement de tribus indigènes en isolement volontaire.
« Malheureusement, ces enquêtes montrent que la communication des entreprises ne présente jamais qu’une image partielle de la réalité. », souligne Olivier Petitjean, co-fondateur et éditeur du site. « Or, cette communication constitue souvent la seule source des articles de presse et même du travail de certaines ONG. Les initiatives et les programmes de ‘responsabilité sociale des entreprises’ (RSE) se sont multipliés, mais pour ne pas simplement se payer de mots, il faut aller regarder la réalité du terrain. »

Note aux rédactions

Alter-médias fait actuellement l’objet de poursuites pour diff amation de la part du groupe Bolloré. Ces poursuites visent un article paru en octobre 2012 sur Basta! et traitant de l’implication d’entreprises françaises (dont Bolloré) dans le phénomène de l’accaparement des terres.
Contact : Olivier Petitjean et Ivan du Roy - observatoire@multinationales.org - 09 52 83 22 46
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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 21:57

 

 

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Tribune 16/10/2013 à 15h24

Pub dans le métro : et vous supportez cette propagande libérale ?

Sami Battikh | Journaliste freelance

 

 

Le 17 octobre 2003, près de 300 Parisiens investissent le métro pour une action antipub de grande ampleur. Munis de pots de peinture, de marqueurs et de bombes, ils recouvrent de slogans et de dessins plus de 2 000 affiches.

Trois autres actions de ce type sont organisées dans les semaines suivantes, la plus grande regroupant plus de 1 000 activistes. Au total, 9 000 affiches sont barbouillées en quelques semaines.

« Le public lui-même se soumet »

J’ai rejoint le mouvement au cours du deuxième rendez-vous, le 7 novembre.

La vingtaine tout juste derrière moi, je n’avais jusqu’alors que très peu réfléchi à l’impact de la publicité. Ma génération « Club Dorothée » fut aussi celle de « Culture Pub », des campagnes Benetton et de la Nuit des publivores. J’ai grandi avec l’image d’une publicité créative et « sympa ». Mais en descendant dans les sous-sols du métro parisien, en dégradant les affiches, en discutant avec les autres activistes présents, ma vision change radicalement et définitivement.

En 1997, dans Le Monde de l’éducation, l’académicien Michel Serres dénonce « la marée hurlante des affiches les plus horribles » et s’étonne :

« Le public lui-même se soumet et ne fomente jamais de réunion ni de forme de foule en proie à une ire prophétique pour détruire et brûler ces panneaux honteux et leurs auteurs au milieu. »


Action antipub dans le métro parisien en 2003 (Sami Battikh)

 

Bien avant les Indignés et Anonymous

Cinq ans plus tard, la destruction semble s’amorcer. Des citoyens décident de détruire par milliers ces publicités qui leur sont imposées quotidiennement.

D’emblée, le mouvement me surprend par son fonctionnement totalement horizontal et décentralisé. Né dans le sillage de la Coordination nationale des intermittents, Stopub échappe très rapidement à ses initiateurs : le projet fonctionne par appels anonymes, par chaînes de SMS et d’e-mails, par décisions collectives nées d’initiatives personnelles et anonymes.

Bien avant les Indignés et Anonymous, le mouvement prône une lutte spontanée, sans leader, sans programme global, en marge de tout parti et syndicat. Proche de l’état d’esprit des free-parties ou du mouvement anglais Reclaim The Street, Stopub propose de se réapproprier l’espace public de façon spectaculaire et festive. Le tout à visage découvert et en annonçant publiquement les rendez-vous.

La RATP tente d’étouffer le mouvement

J’ai pour ma part créé la BAP (Brigade antipub) quelques jours après l’action du 7 novembre. Le site est très rapidement devenu la plateforme de discussion et de réflexion des différents acteurs antipub français. Si les actions sont initialement annoncées sur le site, très vite, il est décidé de ne plus communiquer de rendez-vous face à la menace de poursuites judiciaires (le site Stopub est rapidement fermé par son hébergeur suite à une plainte de la RATP).

Car dès la deuxième action, la RATP décide de combattre le mouvement par la force : arrestations massives, contrôles d’identité et passage au poste pendant plusieurs heures pour « rassemblement non déclaré ». La régie de transport public fait tout, en lien étroit avec la préfecture, pour étouffer le mouvement.

 


Action antipub dans le métro parisien en 2003 (Sami Battikh)

 

En décembre, Metrobus (la régie publicitaire de la RATP, filiale de Publicis et JCDecaux) attaque 60 personnes au « civil » en faisant valoir un préjudice de 980 000 euros. Le procès a lieu le 10 mars 2004 : 45 personnes, qui contestaient les faits reprochés pour lesquels Metrobus a été incapable d’apporter des preuves, ont été déboutées. Les personnes ayant reconnu avoir « barbouillé » des affiches ont été sanctionnées (500 euros de procédure judiciaire et jusqu’à 2 000 euros en dommages et intérêts).

Ces condamnations donnent un sévère coup d’arrêt au mouvement. Sans annonce publique possible, avec le risque permanent d’une amende (voire de poursuites judiciaires), les antipub sont de moins en moins nombreux.

Mais jamais, depuis dix ans, le mouvement ne s’est éteint. Plusieurs groupes informels continuent de se réunir (entre dix et quinze personnes) pour des actions de barbouillage dans le métro parisien. Le site de la BAP existe toujours alors que d’autres forums privés permettent de discuter et de proposer des actions et des rendez-vous. D’autres initiatives, moins risquées légalement, ont également vu le jour, à l’image des Déboulonneurs ou des Recouvreurs.

 


Action antipub dans le métro parisien en 2003 (Sami Battikh)

Des pubs de plus en plus intrusives

Difficile toutefois de ne pas faire le constat qu’en dix ans de lutte, la situation a nettement empiré dans le métro parisien. En 2010, la RATP a ainsi prolongé de neuf ans, sans la moindre concertation, le contrat qui la lie à la société Metrobus. Il n’y a jamais eu autant de pub dans le réseau francilien, et elles sont de plus en plus intrusives.

Pour reprendre l’étonnement de Michel Serres, je ne comprends toujours pas comment des millions de citoyens acceptent si facilement de se voir imposer autant de messages de la part de sociétés privées, qui investissent cet espace public et partagé simplement grâce à de l’argent.

Cette propagande libérale a forcément un impact sur tous ceux qui y sont exposés des milliers d’heures chaque année. Comment ne pas considérer que ces publicités impriment en nous des schémas de pensée et de société ? Des schémas essentiellement sexistes, consuméristes et conservateurs. On nous sortira l’argument soi-disant massue du porte-monnaie de l’usager, notamment en période de crise. Sauf que l’agression publicitaire ne rapporte à la RATP que 100 millions d’euros par an, ce qui ne représente que 2% du chiffre d’affaires.

Sans entrer dans le débat (pourtant nécessaire) sur les méfaits de la publicité dans notre quotidien, il serait tout de même intéressant de remettre à plat cette question concernant les lieux publics, ces espaces de vivre-ensemble, de plus en plus colonisés par le privé.

 


Action antipub dans le métro parisien en 2003 (Sami Battikh)

 

 

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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 21:53

 

rue89.com

 

Rafle 16/10/2013 à 03h08

Indignation après l’interpellation de la jeune Kosovare Leonarda

Pierre Haski | Cofondateur Rue89

 

 

C’est un vent de fronde et de colère sans précédent depuis l’élection de François Hollande qui a traversé mardi soir le Parti socialiste, après l’interpellation et l’expulsion d’une jeune Kosovare de 15 ans, Leonarda, lors d’une sortie scolaire dans le Doubs.

Le ministère de l’Intérieur a décidé mercredi matin de l’ouverture d’une enquête administrative sur les circonstances de l’interpellation, qui remonte au 9 octobre mais a été révélée mardi par RESF, le Réseau éducation sans frontières, sur son blog hébergé par Mediapart.

Une enquête au nom « de la défense des enfants » a également été ouverte par le Défenseur des droits Dominique Baudis.

Ces circonstances sont moins contestées que leur interprétation. La jeune fille se trouvait à bord d’un autocar en compagnie de sa classe lorsque les policiers sont venus l’interpeller devant ses camarades.

Leonarda était présente sur le territoire français avec sa famille depuis janvier 2009. Son père a été expulsé le 8 octobre. Dans un communiqué publié mardi soir, la préfecture du Doubs explique que l’interpellation s’est faite en accord avec sa mère – dans « l’imminence de leur départ pour un vol » – et « dans le plus grand calme ».

Réseau éducation sans frontières insiste sur son blog sur le caractère « totalement inhumain » d’une telle opération et l’état de choc des professeurs et des élèves.

Les circonstances de cette interpellation ont choqué une partie des socialistes, jusque dans la direction du PS, provoquant une mise en cause très politique de Manuel Valls, le ministre de l’Intérieur, qui a défendu cette action.

Circonstances « choquantes » pour le PS

L’affaire a été évoquée lors de la réunion du bureau national du PS, mardi soir, le parti majoritaire décrivant les conditions de cette interpellation comme « choquantes », et demandant que les circonstances soient « clairement établies ».

Plusieurs dirigeants du PS ont pris moins de gants, s’exprimant notamment sur leurs comptes personnels Twitter, à l’image du sénateur socialiste de Paris, David Assouline :

 

David Assouline         @dassouline

Faire descendre d'un bus par les forces de l'ordre une élève devant ses camarades est insupportable et inacceptable http://goo.gl/WZ8U2s  

 

Plus radicale encore, la réaction de Stéphane Delpeyrat, secrétaire national à la recherche du PS, qui brandit carrément une menace de démission :

 

delpeyrat @delpeyrat

Perso je ne me vois pas rester à la direction du PS si rien n'est fait pour j'en tirerai les conséquences ( goutte d'eau , vase )

 

Mercredi, les réactions d’indignation de la part de la gauche se sont poursuivies. Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale, a tweeté :

 

Claude Bartolone @claudebartolone

Il y a la loi. Mais il y a aussi des valeurs avec lesquelles la Gauche ne saurait transiger. Sous peine de perdre son âme.

 

Le mouvement des Jeunes socialistes somme pour sa part en termes polis mais fermes Manuel Valls de s’expliquer :

« Nous prions le ministre de l’Intérieur d’apporter des explications à cette affaire et de rassurer l’ensemble des humanistes en affirmant que des policiers ne peuvent pas arrêter des élèves dans le cadre scolaire. De tels actes seraient un révélateur du manque de changement en terme de politique migratoire depuis la triste période Hortefeux-Guéant-Besson-Sarkozy. »


Capture d’écran du communiqué des Jeunes socialistes

Jusqu’à Sandrine Mazetier, élue socialiste de Paris, vice-présidente de l’Assemblée nationale et en charge justement du dossier de l’immigration au PS, qui a réclamé des « sanctions » contre le préfet du Doubs, Stéphane Fratacci (dont on a appris dans la soirée qu’il avait été nommé à ce poste après avoir été un collaborateur d’Eric Besson au ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale).

 

Sandrine Mazetier @S_Mazetier

L’interpellation de est scandaleuse et injustifiable. le Préfet doit être convoqué et sanctionné.

 

Valls : « J’applique avec fermeté... »

Ainsi mis en cause, Manuel Valls n’a pas tardé à réagir. Dans la soirée, comme on pouvait s’y attendre, le ministre de l’Intérieur a justifié cette action des hommes placés sous son autorité :

« J’applique avec fermeté les décisions d’éloignement tout en veillant scrupuleusement au respect des droits des étrangers qui font l’objet d’une mesure d’éloignement. »

Le lendemain, face à la presse, il a répété sa position :

« J’ai vu qu’il y a une polémique, polémique que je crois stérile, inutile. Je crois que tout le monde peut se retrouver autour de ces principes de fermeté et d’humanité. »

Cette réaction du ministre, qui surfe sur une vague de popularité qui tranche avec l’impopularité du chef de l’Etat et du Premier ministre, contraste avec l’émoi au sein de son parti, plus en phase avec les valeurs traditionnelles de la gauche.

L’« affaire Leonarda » crée un climat de crise au sein du PS, qui trouve là un sujet d’indignation plus propice que le budget ou la loi sur les retraites, sur lesquels la solidarité gouvernementale ne peut faire défaut.

Au-delà de la jeune Kosovare et des circonstances de l’incident, c’est assurément autour de Manuel Valls que va se cristalliser cette crise, que va découvrir François Hollande à son retour d’Afrique du Sud.

Mercredi matin, l’éclaircissement des circonstances par le ministère de l’Intérieur ne suffisait pas à estomper l’indignation. Laurence Parisot, ancienne présidente du Medef, « tweetait » par exemple :

 

Laurence Parisot         @LaurenceParisot

L'expulsion de est insupportable. Pour elle, pour les Roms, pour l'Ecole de la République, pour les valeurs de notre pays.

 

L’UMP Bruno Le Maire jugeait quant à lui sur i>Télé que Leonarda « n’aurait pas dû être expulsée » :

« Cette famille semblait en voie d’intégration, sédentarisée, scolarisée, et on me dit même à quelques semaines seulement d’un possible dépôt de régularisation. »

L’ancien ministre de l’Agriculture met en cause la responsabilité du préfet du Doubs. C’est aussi la réaction de Jean-Vincent Placé, patron des sénateurs EELV :

« Je demande que le préfet soit sanctionné. »

 


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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 21:46

 

mediapart.fr

Au Japon, le lobby nucléaire se fissure

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

Un roman, signé d'un pseudonyme mais écrit par un haut fonctionnaire, décrit les manœuvres du lobby nucléaire japonais pour tenter de faire redémarrer les centrales fermées à la suite de l'accident de Fukushima.

 

Un roman, qui met en scène le lobby nucléaire japonais après Fukushima, est en passe de devenir un best-seller au Japon. Écrit par un haut fonctionnaire qui signe sous le pseudonyme de Retsu Wakasugi, il raconte les efforts du « village nucléaire » japonais, alliance d’industriels, de politiques et de membres du gouvernement, pour relancer les centrales nucléaires nippones, qui tournent au ralenti depuis le tsunami de mars 2011. Toutes les centrales sont arrêtées depuis mi-septembre et aucun redémarrage n’est prévu avant plusieurs mois (voir ici).

 

Exemplaires du roman de Wakasugi dans une librairie japonaise 
Exemplaires du roman de Wakasugi dans une librairie japonaise© Yuka Hayashi

Paru le 11 septembre dernier, le livre en est à son quatrième retirage et s’est vendu à plus de 50 000 exemplaires. Le buzz est entretenu par le mystère de l’identité de l’auteur, qui connaît manifestement très bien son sujet.

« C'est dans la description détaillée de la nature des technocrates japonais et des pratiques politiques et bureaucratiques courantes, ainsi que des relations entre l'administration et l'industrie, et entre l'administration et les médias, que Wagasuki se montre le plus brillant », estime le quotidien The Mainichi.

Wagasuki livre de nombreux détails sur la vie personnelle et professionnelle de ceux qui font partie du « village nucléaire », le lobby nippon de l’atome. On apprend notamment que de jeunes fonctionnaires du METI (ministère de l’industrie) dorment sur des canapés de cuir dans les bureaux personnels de certains de leurs supérieurs hiérarchiques lorsqu’ils ont de trop longues journées de travail.

On assiste aussi à un entretien au cours duquel le numéro 2 de l’agence de l’énergie expose à un parlementaire, ami de trente ans, les points en discussion sur le redémarrage des réacteurs avant une conférence de presse. La rencontre se passe dans un restaurant connu pour être prisé des politiques et hauts fonctionnaires et le parlementaire commande son plat favori, un curry spécial de bœuf wagyu.

À l’évidence, l’auteur du livre sait de qui et de quoi il parle. Et il paraphrase l’actualité, au moment où le gouvernement libéral de Shinzo Abe tente de relancer le nucléaire, malgré l’opposition d’une grande partie de l’opinion publique. Le roman s’intitule Genpatsu whiteout, ce que l’on peut traduire par « le jour blanc du nucléaire ». Un « jour blanc » est un phénomène optique, consécutif à une tempête de neige ou à un brouillard, qui rend invisibles les ombres et les contrastes, tout l’environnement baignant dans une lueur blanche uniforme. Ce jour blanc est à l’image de l’affrontement entre les défenseurs et les adversaires de l’atome au Japon, qui ne savent pas vraiment de quoi l’avenir sera fait.

Le livre – qui n’est pas traduit – est présenté par le Wall Street Journal comme un « roman anti-nucléaire », ce que confirme le sous-titre choisi par l’éditeur (Kodansha) : « Une autre explosion de réacteur est inévitable : l’accusation d’un haut fonctionnaire. » L’auteur ne prend pas explicitement position contre le nucléaire, mais il critique implicitement ses défenseurs, alors que, selon toute vraisemblance, il est politiquement proche d’eux. On peut voir dans la parution de ce roman un signe supplémentaire d’une division croissante parmi les forces qui soutiennent le nucléaire au Japon. Une fracture est en train de s’ouvrir au sein même du Parti libéral démocrate (PLD), actuellement au pouvoir, et traditionnellement pro-nucléaire. Récemment, Junichiro Koizumi, ancien premier ministre libéral et l’un des hommes politiques les plus populaires au Japon, a tenu un discours appelant le gouvernement de Shinzo Abe à abandonner l’énergie nucléaire.

Un autre membre connu du PLD, Taro Kono, membre de la Chambre des représentants, a pris à plusieurs reprises des positions tranchées contre le nucléaire et a appelé son propre parti à cesser de soutenir l’industrie de l’atome. Ainsi, en 2011, Kono appelait son propre parti à abandonner sa politique de soutien aux firmes nucléaires. Interrogé par Reuters, il a récemment critiqué le soutien financier de l’État japonais à Tepco, l’exploitant de la centrale de Fukushima, qui est au bord de la faillite. Un personnage du livre, décrit comme « un loup solitaire du parti conservateur » qui tient un discours anti-nucléaire, n’est pas dépourvu d’une certaine ressemblance avec Kono… 

Les manœuvres du « village nucléaire » décriées dans Genpatsu whiteout aboutiront-elles effectivement à un redémarrage de l’industrie atomique japonaise ? Dans les faits, le Japon dépend de moins en moins du nucléaire pour produire son électricité. Selon le METI, les neuf sociétés qui possèdent des réacteurs nucléaires vont dépenser 7 500 milliards de yens (56 milliards d’euros) en achat de gaz, pétrole et charbon pour l’année fiscale en cours (jusqu’à mars prochain). Un récent sondage, financé par le gouvernement, montre que 31 % des personnes interrogées jugent indolore la hausse de prix de l’électricité due au recours aux combustibles fossiles ; pour 41 %, elle constitue un inconvénient mineur ; seuls 29 % jugent cette hausse douloureuse. Autrement dit, la majorité des Japonais sont prêts à payer un peu plus cher pour se passer d’électricité nucléaire. Le roman de Wakasugi surfe sur la vague anti-nucléaire, tout en y contribuant.

 

 

 

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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 21:41

 

mediapart.fr

France : l’accès aux soins toujours aussi difficile pour les plus pauvres

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

Dans son rapport annuel 2012, Médecins du monde dresse un bilan critique de l'accès aux soins pour les plus pauvres en France et note une affluence croissante dans ses centres de soins.

 

Médecins du monde dénonce, dans son rapport annuel sur l'accès aux soins des plus démunis, rendu public mercredi 16 octobre, « une aggravation de la misère et des inégalités sociales et territoriales ».

Ce rapport est accompagné d'un « baromètre 2013 », dans lequel l'ONG donne de nombreux chiffres détaillant les conditions d’accès aux soins des plus pauvres. Ainsi, Médecins du Monde a accueilli plus de 35 000 personnes dans ses centres d’accueil en 2012 – dont 98 % vivent sous le seuil de pauvreté – un chiffre en progression de 33 % par rapport à 2008. 

Lire le rapport de Médecins du monde

 

 

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