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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 15:40

 

rue89.com

En images 01/10/2013 à 10h54

Pour sortir du nucléaire, mettez un chien sur vous

Laure Beaulieu | Rue89

 

Le 18 septembre 2013, nous publiions un article sur les propos du directeur du site Areva-Tricastin, M. Frédéric De Agostini. Dans un e-mail, celui-ci demandait au responsable de la sécurité du site de :

« Prendre les mesures les plus strictes en cas de tentative d’intrusion sur le site et comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, je souhaite une photo d’un militant au sol, un chien sur lui, si cela devait arriver. »

Les militants de Sortir du nucléaire, directement visés par ces propos, ont réagi et diffusent sur leur site et sur les réseaux sociaux (via une page Facebook et un « hashtag » #UnChienSurMoi sur Twitter) des photos de militants « un chien sur eux ».


« Les bergers allemands sortent du nucléaire... Pourquoi pas nous ? » Un militant de Sortir du nucléaire, avec une peluche de chien (SortirDuNucleaire.org)

 

Sur les photos, les militants, cachés le plus souvent par un masque, portent un message du type :

« Les bergers allemands sortent du nucléaire... Pourquoi pas nous ? »

Ou encore :

« Les chiens aboient, le nucléaire ne passera pas ! »

 

 

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 15:30

 

 

marianne.net

Affaire Bettencourt : pourquoi Sarkozy joue son va-tout !

Mardi 1 Octobre 2013 à 12:58

 

 

 

Nicolas Sarkozy - BEBERT BRUNO/SIPA
Nicolas Sarkozy - BEBERT BRUNO/SIPA

Mis en examen pour abus de faiblesse dans le cadre de l'affaire Bettencourt, l'ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, s'est donc pourvu en cassation contre l'arrêt de la cour d’appel de Bordeaux du 24 septembre dernier validant la quasi-totalité de l'instruction des magistrats bordelais.

Huit des douze mis en examen dans ce dossier, dont Nicolas Sarkozy, donc, mais aussi son ancien ministre du Budget Eric Woerth, ont en effet contesté cet arrêt qui validait notamment une expertise médicale clef du dossier selon laquelle la vieille dame était en état de vulnérabilité depuis 2006 et pouvait donc être victime d'abus de faiblesse. Une décision qui confirmait aussi que la mise en examen de l'ancien chef de l'État n'était pas entachée de nullité et qui rendait même hommage aux juges d'instruction pour la "rigueur" et la "fermeté" dont ils ont "su faire preuve". 

Ce pourvoi en cassation en dit long sur un bobard savamment distillé ces dernières semaines par le clan Sarkozy. Selon ce bobard, le juge d’instruction, Jean-Michel Gentil, aurait eu l’intention de rendre une ordonnance de non-lieu en faveur de Nicolas Sarkozy – comme le lui a d’ailleurs suggéré le parquet. A entendre les amis de l’ancien Président, le magistrat aurait fini par prendre conscience de la fragilité des charges pesant sur le justiciable Sarkozy. D’où l’idée qu’au fond, Nicolas Sarkozy n’avait aucun intérêt à se pourvoir en cassation. Ce scénario bidon a été écrit, décrit, raconté avec force détails dans tous les médias depuis des semaines. Patatras ! Nicolas Sarkozy se pourvoit en cassation. Pourquoi ? Parce que, contrairement à ce qu’il a fait dire, il craint bel et bien d’être renvoyé en correctionnelle. 

Entre deux maux, choisissons le moindre ! Nicolas Sarkozy prend le risque de perdre un an de plus, quitte à devoir ensuite jongler avec un calendrier judiciaire et un calendrier politique fort peu compatibles. Preuve que les avocats de Nicolas Sarkozy, ne sachant rien des intentions réelles du magistrat instructeur, préfèrent explorer toutes les voies de droit pour éviter l’humiliation d’un renvoi en correctionnelle. 

Le président de la chambre criminelle de la Cour de cassation va désormais décider si l'affaire doit être examinée en urgence. Si ce pourvoi est jugé recevable, cette nouvelle étape judiciaire pourrait prendre plusieurs mois. Ce n’est donc qu’en 2014 qu’on saura définitivement si l’instruction de l’affaire Bettencourt est ou non validée. Ce qui signifie, au mieux, que le procès Bettencourt en première instance n’aura lieu qu’au premier semestre 2015. En cas d’appel, le second procès n’interviendrait qu’en 2016. C’est-à-dire au plus mauvais moment pour un éventuel futur candidat à l’élection présidentielle de 2017. 

En vérité, ce pourvoi en cassation ressemble à s’y méprendre à un va-tout politique autant que judiciaire.

 

 

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 15:22

Droit de Semer

 

Pendant des siècles, et des siècles, et des siècles, nos ancêtres on produit leur propre semence pour leurs récoltes. Chaque année ils l’ont semé. Les semences donnent des plantes et les plantes donnent des semences. Chaque année, les agriculteurs sélectionnent les meilleures semences adaptées à leur climat, terroir et besoins,prenant part à notre héritage commun. Puis, au 20e siècle , la politique agricole encouragea les agriculteurs à acheter de la semence certifiée de producteurs spécialisés. La plupart des agriculteurs ont arrêté de faire leur semence.

Aujourd’hui, quelles options restent-il aux agriculteurs ? Rencontrons Olivia pour comprendre…

 

 

 

 

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 15:11

 

blogapares.com

septembre 29th, 2013

 

Selon le PDG de Nestlé, l’accès à l’eau ne devrait pas être un droit, les aliments bio vont nous tuer, et la Nature est naze

 

 

1521546 orig Selon le PDG de Nestlé, laccès à leau ne devrait pas être un droit, les aliments bio vont nous tuer, et la Nature est naze

Peter Brabeck, le PDG de Nestlé a été enregistré dans une vidéo au début du mois alors qu’il tape assez rudement sur les aliments bio, l’équilibre de l’Homme et de la Nature, et le droit d’une personne à avoir accès à l’eau.

Dans la vidéo, Brabeck parle de la nourriture bio et affirme que les OGM sont meilleurs car ils ne rendent pas malades.

 


*Pour voir la vidéo, cliquer ici


« Un bon exemple est le mouvement bio. Le bio est ce qu’il y aurait de mieux maintenant. Mais le bio n’est pas le meilleur.

 Après 15 ans de consommation de produits génétiquement modifiés aux Etats-Unis, pas un seul cas de maladie n’a été déclarée jusqu’à présent pour en avoir mangé. Et malgré cela, nous sommes tous si inquiets à ce sujet en Europe à propos de ce qui pourrait nous arriver. »

Le PDG de Nestlé poursuit son attaque contre les produits naturels en affirmant que la Nature est là pour nous tuer et finira par nous nuire:

« Aujourd’hui les gens croient que tout ce qui provient de la Nature est bon. Cela représente un changement énorme car jusqu’à récemment nous avons toujours appris que la nature pouvait être simpitoyable. L’homme est maintenant en position de fournir un équilibre à la nature. Mais en dépit de cela, nous préjugeons que tout ce qui provient de la nature est bon. »

La déclaration la plus troublante et absurde de Peter Brabeck, cependant, porte sur les réserves d’eau dans le monde. Le PDG de Nestlé déclare:

« L’eau est bien sûr la ressource de base le plus important que nous avons dans le Monde aujourd’hui. On peut se poser la question de savoir  si nous devrions privatiser l’approvisionnement normal de l’eau pour la population.

Il y a deux opinions différentes à ce sujet. La première opinion, qui est je pense extrême, est représentée par les ONG, qui stipulent que l’eau est un droit public. Cela veut dire qu’en tant qu’être humain vous devriez avoir accès à l’eau. C’est une solution extrême. Et l’autre opinion dit que l’eau est un aliment comme n’importe quel autre. Et comme n’importe quel produit alimentaire, elle devrait pouvoir être sur le marché. Personnellement je pense que c’est mieux de donner à toute denrée alimentaire une valeur marchande… »

Source: Inquisitr

 

 

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 14:53

 

l'humanite.fr

Politique - le 5 Août 2013

penser un monde nouveau 16/34

 

Pierre Rabhi « Toute démarche qui construit 
de l’autonomie est insurrectionnelle »

 

 

 


 

Les séries d'été de l'Humanité : Penser un monde nouveau  Agroécologiste, philosophe, créateur 
de mouvements écologistes, Pierre Rabhi, 
face au capitalisme, milite pour la puissance de 
la modération et l’insurrection des consciences.

Sa vie parle pour lui. En 1961, Pierre Rabhi, qui étudie la philosophie en autodidacte, est OS dans une entreprise de la région parisienne. La condition ouvrière crée chez lui une insurrection aussi douce que radicale. « Je travaillais dans un lieu carcéral et je considérais que ma vie était plus importante qu’un salaire. Nous ne sommes pas nés pour le produit national brut mais pour vivre. » Avec sa compagne, il part s’installer en Ardèche. Lui, le déraciné d’une oasis du Sud algérien, va prendre racine sur une terre aride où, dès 1962, refusant tout conditionnement, il opte pour l’agriculture biologique. La « sobriété heureuse », 
une utopie incarnée, 
qui deviendra le titre d’un 
de ses ouvrages en 2010, est dorénavant son mode de vie. Parallèlement 
à son activité agricole, Pierre Rabhi poursuit 
un travail de réflexion 
et d’écriture : il a publié une quinzaine d’ouvrages. Dès la fin des années 1970, il forme des stagiaires à l’agroécologie. En 1981, à l’invitation de Thomas Sankara, il intervient au Burkina Faso. Ses réalisations et ses réflexions dépassent les frontières. Il crée le Mouvement pour la terre 
et l’humanisme et lance 
le mouvement Oasis 
en tous lieux. Aujourd’hui, à soixante-quinze ans, face au capitalisme, il prône la « puissance de la modération », « l’insurrection et la fédération des consciences ». Alors que 
les citoyens mettent en avant leur incapacité à agir, il les invite à « reprendre 
le pouvoir sur leur existence et à incarner une politique en actes dans chacune des sphères de leur quotidien ».  

En 1960, vous décidez de quitter 
usine et ville. Un choix radical 
et mûrement réfléchi ?

Pierre Rabhi. La question était pour moi : comment sortir de cette aliénation, existe-t-il une façon de reconquérir son destin ? Avec ma compagne, nous avons décidé de retourner à la terre. Les critères de beauté ont beaucoup pesé dans le choix du lieu où nous voulions vivre. En complet décalage avec les critères traditionnels ! La beauté est une valeur importante dans la vie, mais elle ne figure jamais dans un bilan. Dès le début, nous avons établi une feuille de route : intégrer la modération, ­rester dans un cadre sobre et maîtrisable. J’ai alors passé un petit diplôme d’agriculteur, pour me former, et j’ai découvert que nous étions dans une forme de guerre contre la nature. Il fallait travailler en permanence avec un masque, vu la dangerosité des produits que nous manipulions à longueur de journée. J’ai refusé cela et j’ai trouvé que des gens avaient déjà mis au point des méthodes d’agronomie respectueuses de la nature. J’ai fait tout de suite ce choix.

Un choix qui a guidé votre vie et reste 
pertinent aujourd’hui ?

Pierre Rabhi. Il y a aujourd’hui des valeurs essentielles à mes yeux dont je vérifie la pertinence et la réceptivité grâce au débat public. Les idées que j’essaie de promouvoir depuis des années reposent sur une composante très concrète, je suis un agroécologiste dans la matière, sur la terre. J’essaie de vivre sur des principes qui ne sont pas ceux du « produisons, détruisons et polluons », mais du « produisons, valorisons et améliorons ». Nous sommes face à un choix radical : soit nous nous nourrissons en détruisant la terre qui nous nourrit, soit nous nous nourrissons en entretenant la vie, la terre pour nous-mêmes et les générations à venir. Aujourd’hui, à cause de notre boulimie, notre inintelligence, notre non-sens, notre cruauté, nous laissons aux générations futures de trop graves problèmes à régler. Ce n’est pas déontologiquement acceptable.

Vous avez vérifié les dégâts de ce que 
vous appelez l’« agro-nécrocarburante » jusqu’en Afrique…

Pierre Rabhi. En 1981, des paysans du Burkina Faso ont fait appel à moi. Ces paysans des zones semi-arides avaient subi un dérèglement complet de leur existence du fait de la « modernité ». En son nom, on leur avait dit : « Abandonnez les petites parcelles qui vous nourrissent, cultivez du coton et de l’arachide pour exporter ! » Des brigades de vulgarisateurs parcouraient la brousse avec des sacs d’engrais : « Essayez cette poudre des Blancs, vous allez voir ! » Sur un sol semi-stérile, l’engrais fait des miracles. On donnait cette poudre aux paysans en les invitant à rembourser une fois la récolte faite. Mais la vente du produit des récoltes ne compensait pas l’investissement de l’intrant. Les paysans étaient pris dans la spirale de l’endettement. Face à cette situation, je me suis retrouvé alors à ­expliquer comment l’agroécologie pouvait être une alternative à ce système. Une démarche scientifique, pas un truc façon soixante-­huitards. Nous avons lancé un nouveau paradigme. ­Thomas Sankara, qui présidait alors le ­Burkina Faso, avait décidé d’en faire une politique ­nationale. Hélas, il a été assassiné.

De ces expériences, vous avez tiré la conclusion que notre modèle économique est mortifère…

Pierre Rabhi. Notre modèle actuel de société est en déshérence, ne répond plus et provoque un grand nombre de tragédies dans le monde. Le capitalisme cumulatif a réinstauré une féodalité planétaire, provoquant une vulnérabilité humaine et nous installant dans la voie de la confiscation du patrimoine vital de l’humanité par une minorité. Cela m’est insupportable. On aboutit à un paroxysme que j’appellerai « un hold-up légalisé ». Je ne peux pas admettre que l’argent justifie tout. Dans le processus de survie de l’humanité, nous sommes face à des sols détruits, 60 % des semences traditionnelles cumulées depuis 10 0000 à 12 000 ans ont disparu… Avec les OGM, les grandes firmes s’occupent d’évacuer tout ce qui les gêne pour dégager des espaces de profit. En suivant ce chemin, l’humanité va se retrouver subordonnée à la stricte autorité de l’argent et des gagneurs d’argent. C’est un coup d’État planétaire qui est en train de se faire insidieusement. Car, ce qu’ils savent faire le mieux, c’est emprunter les voies subliminales : créer du consentement chez l’autre. Apporter un message et convaincre l’autre de sa véracité. La force de ce système réside dans la manipulation humaine.

Ce sont ces considérations qui vous ont poussé à vous présenter à l’élection présidentielle 
en 2002 ?

Pierre Rabhi. La seule chose qui m’intéressait dans cette aventure était d’ouvrir un espace de débat public au plan national et d’y défendre des idées qui ne s’inscrivent pas dans le strict cadre de la politique. Parmi celles que je voulais mettre en avant : le féminin au cœur du changement, parce qu’on a banalisé la subordination de la femme au plan planétaire ; l’éducation, dont la base ne doit pas être la compétition mais la coopération, la solidarité ; l’incarnation des utopies, parce qu’elles ne sont pas des chimères, mais au contraire ce qui fait avancer le monde ; l’agriculture, qu’il faut sortir du désastre dans lequel elle s’enfonce. Et puis, grand blasphème qui m’aurait valu le bûcher : la décroissance. Je me suis aperçu que nos idées étaient plus partagées que je ne le pensais. C’est normal, l’écologie c’est la vie, personne n’y échappe. J’intègre à l’écologie, l’être humain, notre rapport les uns aux autres, pas seulement entre la nature et nous.

L’être humain reste un point central 
dans votre réflexion…

Pierre Rabhi. L’humain s’est autoproclamé le meilleur et a décrété sa domination sur la nature et sur la vie. Il s’est donc arbitrairement octroyé des prérogatives qu’il considère ­aujourd’hui comme normales. Nous sommes dans ce brouillard-là. L’être humain, par sa pensée, sa capacité spéculative, sa perception du temps, sa connaissance de la vie, n’a-t-il pas plus le devoir de protéger et de prendre soin, plutôt que de détruire ? Nous devons être les gardiens de la vie et non ses destructeurs. À partir de là, se pose la question : « Peut-on remettre en phase ­l’humain et la nature ? » Aujourd’hui, nous ­faisons de l’humanitaire. Mais l’humanitaire, c’est la défaillance de l’humanisme. Nous sommes dans le scénario global d’une catégorie sociale humaine qui pille la planète, qui confisque les biens des gens jusqu’à les rendre pauvres et qui, ensuite, court avec des sacs de riz pour leur dire : « Voyez comme nous sommes gentils. » C’est la politique du pompier pyromane. Cette politique a l’appui de chefs d’État pourris, prêts à vendre leur pays et ses ressources au détriment de leur propre peuple. Ces chefs d’État corrompus, complices du banditisme international, m’écœurent. Thomas Sankara a tenté de s’opposer à cela et il a été assassiné.

Quels moyens préconisez-vous pour sortir 
de cette situation ?

Pierre Rabhi. Je pense qu’il faut une fédération des consciences car chacun est un peu pétrifié dans son histoire. Les croyances, les idéologies fragmentent les sociétés. Regardez une ­mappemonde, vous êtes face à un puzzle de nations. C’est un processus de destruction généralisée. L’ensemble du genre humain est confronté à la question de son propre devenir. Quelle planète laisserons-nous à nos enfants ? Quels enfants laisserons-nous à notre planète ? Il faut transcender tout cela, fédérer les consciences et raisonner en termes d’humanité. Il faut universaliser la réponse.

En appeler à l’individu, est-ce suffisant ?

Pierre Rabhi. Il est vrai que vous pouvez manger bio, recycler votre eau, vous chauffer à l’énergie solaire… et exploiter votre prochain. Je remarque d’ailleurs que le capitalisme s’intéresse aux alternatives. Il laisse la société civile faire le boulot et quand la situation est mûre, il le détourne à son profit. Quand je vois la bio se retrouver entre les mains de la grande distribution, je me sens ruiné. Aujourd’hui, soit on est subordonné à un système inique, unique et totalitaire qui est fondé sur la puissance ­absolue de la finance, qui est elle-même capable de ­subordonner les États et de ­déterminer les destins collectifs en ­fonction de ses propres critères, soit il faut marquer une forme ­insurrectionnelle. Produire et consommer localement est ­aujourd’hui un critère politique, quand ­l’alimentation est confisquée par des trusts qui font circuler en tout sens les produits dans des camions pour leur plus grand profit, seul ressort de cette dynamique. À tous nos ­stagiaires qui viennent apprendre à cultiver bio, je dis qu’ils sont en train de commettre un acte de résistance et un acte politique. Toute ­démarche qui construit de l’autonomie est ­insurrectionnelle parce que notre système a instauré 
– et n’existe que grâce à – la dépendance. Les trusts, aujourd’hui, nous rendent dépendants. Cette dépendance est claire avec les OGM : ils ­neutralisent les semences transmissibles. En Inde, cela a provoqué de nombreux suicides de paysans. C’est un crime contre l’humanité.

Parmi vos propositions, vous mettez en avant aujourd’hui la notion de « puissance de 
la modération ». Comment se traduit-elle ?

Pierre Rabhi. La puissance de la modération est une option politique. Nous ne sommes pas dans la morale, dans l’ascèse ou la mortification, si nous sommes nombreux à adopter la modération face au toujours plus, infini. Nous n’avons qu’une planète, nous sommes dans un système limité. Dans le cadre d’un humanisme généralisé, nous devrions tenir compte des capacités de notre terre, les partager équitablement sans oublier les générations futures. Voilà une réflexion fondamentale. Produire toujours plus, ça veut dire aussi toujours plus travailler. Dans la logique du capitalisme généralisé, c’est augmenter les profits, réduire les charges, et donc aussi éliminer les gens, en exclure toujours plus. Dans ce système, on produit de plus en plus de choses et on réduit les moyens des gens qui ne peuvent plus les acheter. La publicité entretient la frustration, laisse des citoyens en permanence inassouvis. Une de mes problématiques est, aujourd’hui, comment aller vers la simplicité ? Dans la société civile, des gens pourtant conditionnés pour penser la complexité vont vers un mode de pensée qui passe par la simplification. Il y a aujourd’hui tout un réservoir de gens qui innovent, inventent, et tout notre boulot est de parvenir à les fédérer pour en faire une proposition politique. Et si les politiques acceptent de sortir du schéma de la croissance à tout prix, qui est négatif, et soutenir ces initiatives, en faire une proposition sociopolitique, là, oui, il y aura de l’intelligence. Nous en avons besoin. À l’appauvrissement financier, il faut donner une réponse non financière.

Vous prônez la décroissance depuis longtemps. A-t-elle toujours autant de vertu à vos yeux ?

Pierre Rabhi. Quand on invoque la croissance, ça veut dire qu’on maintient les castes qui concentrent l’argent. Même s’il y avait générosité, ­attention à l’autre, il faudrait se demander à quoi elle sert. À fabriquer des armes ? Combien de dépenses sont faites sans qu’on prenne l’humain en compte ? L’urgence, c’est l’humain. Dans les entreprises, c’est en se délestant des salaires qu’on fait un meilleur bilan. C’est ça, la croissance économique ? Si l’urgence absolue était de maintenir le travail et non de mettre les gens dehors pour augmenter le profit, la situation serait complètement différente. Aujourd’hui, peu importe l’humain. On a mis en place des palliatifs pernicieux pour éviter que les gens ne meurent de faim. C’est inique, d’autant que je suis persuadé que ces palliatifs ne tiendront pas longtemps. L’indigence va se développer… Face à une telle situation, je considère que les hommes politiques sont dans la gestion, dans l’entretien du système, dans l’acharnement thérapeutique. Pourtant, ce modèle ne peut pas tenir, c’est impossible. Il ne tiendra pas. Par contre, la société civile invente, innove, imagine un autre modèle de société. Avec la puissance de la ­modération, on inverse les choses. La modération devient un fondement puissant de l’organisation d’un monde futur. Avec elle, le capitalisme a du souci à se faire.

  • Une conférence de Pierre Rabhi sur "la sobriété heureuse"

 

 

 

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 14:31

 

mediapart.fr

 

En Chine, le trafic d'ivoire en toute liberté

|  Par Jordan Pouille

 

 

 

40 000 éléphants ont été tués l'an dernier en Afrique. La Chine est le premier consommateur d'ivoire de la planète. En voulant contrôler le marché, l'État chinois a créé des structures qui servent en fait à “blanchir” les pièces illégales. Des milliers de défenses ont été saisies ces derniers mois. Reportage à Pékin.

 

 Pékin, de notre correspondant

De l’extérieur, le Arts and Crafts Emporium de l’avenue Wangfujing ne paie pas de mine. Comme les Champs-Élysées, la principale artère touristique de Pékin dégaine les boutiques de luxe, fast-foods et enseignes mondialisées. L’Emporium, ce parangon de l’artisanat chinois, se retrouve pris en sandwich entre un McDo et un KFC. Le rez-de-chaussée du magasin est dédié aux métaux précieux : de la chevalière en platine jusqu’à la maquette en or du porte-avions Liaoning. Devant chaque présentoir, les touristes comptent et recomptent le nombre de zéros avant de quitter le magasin, hébétés.

Le quatrième étage est un festival de jade blanc et d'ivoire. Dès la sortie de l’escalator, le visiteur affronte une armée de bouddhas, de Guanyin et autres statuettes de divinités finement sculptées, censés apporter fortune et longévité et qu'il est interdit de photographier. Ceux qui ont déjà tout s’intéressent à cette jolie paire de défenses d’éléphanteaux, à 220 000 euros. Les ascètes se contentent de paires de baguettes à 1 700 euros ou d’un bijou. Une jeune cliente en lunettes de soleil Dior essaie un bracelet de la même blancheur lactée que son visage poupon. « Tout est authentique et certifié », susurre une vendeuse en tailleur. Chaque objet de plus de 50 grammes dispose d’un certificat en plastique affichant un hologramme, sa photo “d'identité” et un numéro de série vérifiable sur Internet.

 

A l'Emporium, magasin accrédité d'ivoire gravé à Pékin 
A l'Emporium, magasin accrédité d'ivoire gravé à Pékin© JP

L’Emporium est l’un des 135 commerces d’ivoire légaux du pays, se distinguant par le panneau bilingue officiel : « Point de vente accrédité de gravures d’ivoire ». Ils se fournissent auprès de 37 usines de gravure agréées, devant elles-mêmes jongler avec un stock de 61 tonnes de défenses d’éléphants acquis par l’État chinois en 2008 auprès du Zimbabwe, du Botswana, de l’Afrique du Sud et de la Namibie, avec l’accord de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces menacées d’extinction), mettant un terme à un moratoire de vingt ans sur l’ivoire (le Japon l’ayant brisé plus tôt, en 1999).

Depuis, l’État chinois délivre ses défenses au compte-gouttes : six tonnes d’ivoire par an, sur dix ans. Soit au bout du compte, seulement 44 kilos par magasin : une somme bien dérisoire, aux antipodes de la réalité du marché. Face à une clientèle croissante de nouveaux riches en mal de prestige ostentatoire, l’afflux d’ivoire « frais » et de toute origine est irrépressible.

Le 6 août dernier, dans le port de Kwai Chung, les douaniers hongkongais annoncent une pêche miraculeuse : 1 120 défenses cachées au fond de deux conteneurs marchands en provenance du Nigeria. Un mois plus tôt, ils découvraient une cargaison de 1 148 défenses, principalement d’éléphanteaux, en provenance du Togo. En novembre 2012, 569 défenses apparaissent sous une montagne de graines de tournesol de Tanzanie. Le mois précédent, 1 200 défenses sont extirpées d’un amas de déchets de plastique africains destinés à être recyclés en Chine. Soit un total de 8 tonnes d’ivoire saisies en dix mois, rien qu’à Hong Kong. Les douanes hongkongaises disent détenir 16 tonnes d'ivoire dans leurs hangars. Parmi d'autres actions, une pétition en ligne a été lancée ce mois-ci, afin que le stock illicite soit incinéré.

En déplacement dans l’Anhui en juillet, nous avions rencontré par hasard un jeune menuisier de retour d’une mission de trois ans en Afrique du Sud. Il disait s’être octroyé un salaire confortable de 6 000 euros par mois en planquant de l’ivoire dans les conteneurs chargés de parquet massif à destination de la province côtière du Zhejiang.

 

Dans une boutique de Pékin. 
Dans une boutique de Pékin.© JP

Que les 135 boutiques d’ivoire chinoises autorisées et si bien approvisionnées servent aussi à blanchir l’ivoire braconné est un secret de Polichinelle. Dans un récent rapport diffusé par le Fonds international pour la protection animale (IFAW), les enquêteurs Ning Hua et Juan Wang déchantent : « Au départ, l’intention d’acheter ces stocks de défenses était d’inonder le marché d’ivoire légal afin de faire baisser les prix et dissuader le braconnage. Mais c’est l’inverse qui s’est produit. L’afflux limité d’ivoire légal sur le marché chinois a renforcé la demande, augmenté les prix et donné naissance à un marché gris dans lequel le marché légal apporte des lieux et des opportunités de vente pour l’ivoire braconné. »

Les ateliers d'Etat

 

Atelier de gravure d'ivoire, rue Guoru, à Pékin 
Atelier de gravure d'ivoire, rue Guoru, à Pékin© JP

Le grand retour de l’ivoire en Chine en 2008 a permis la réouverture de 37 ateliers de gravure. Ces entreprises publiques – Pékin en compte 8 – fournissent uniquement les 135 boutiques certifiées. « Comme les anciens ouvriers ont été mis à la retraite au moment du moratoire mondial sur l’ivoire (en 1989), il nous a fallu embaucher sept nouveaux sculpteurs. Le plus âgé n’a pas trente ans », se réjouit Xu Jian, 35 ans, commercial en bras de chemise et ceinturon Hermès chez l’atelier de gravure des dents d’éléphant de Pékin (Beijing Xiang Ya Diaoke Chang). C’est une usine discrète, cachée derrière la gare centrale depuis 1958. « Ici s’exprime un savoir-faire millénaire », assure-t-il, devant une pléthore de défenses finement ciselées. L’éléphant, qui gambadait encore au nord et au centre de la Chine sous les dynasties Shang et Zhou, doit son succès constant à la similarité entre son caractère (Xiang) et celui de la fortune (Jixiang).

Xu Jian dit ignorer si la marchandise de son atelier provient de mammifères morts de vieillesse ou empoisonnés au cyanure, comme ces  87 animaux du Zimbabwe. Et se moque d'apprendre que le trafic de l'ivoire profiterait aux combattants d'Al Shebab. « Ce n’est pas ce que les clients veulent savoir. Mais grâce aux certificats, ils ont la garantie qu’ils n’achètent pas du mammouth russe », ersatz fossile de l’ivoire africain, libéré des sols gelés sibériens grâce, notamment, au réchauffement climatique. Xu Jian bannit les photos : « L’an dernier, un photographe et un journaliste américains sont venus nous voir. Tout s’est bien passé mais ils ont publié une photo d’un de nos sculpteurs à côté de celle d’un éléphant meurtri. Le collègue était très triste car il est bouddhiste et refuse que l'on tue des animaux. »

Dans une enquête du journal cantonnais Nangfang Weekend publiée le 9 décembre 2011, l'auteur révèle qu'une poignée d'ateliers officiels s'approvisionne auprès du stock d'ivoire étatique, jugé cher et de mauvaise qualité. Ce qui laisse sous-entendre que la majorité achète son ivoire ailleurs, dans des hangars du Guangdong, du Zhejiang ou du Fujian, où échouent les défenses interdites.

Mammouth, ivoire, légal ou braconné : la confusion est grande dans les monts de piété et sur les marchés d’antiquités de la capitale. Comme à Panjiayuan, où exercent 3 000 marchands « civilisés et crédibles » d’après les écriteaux. Figés derrières leurs meubles anciens, les vendeurs sont nombreux à proposer, spontanément, des médaillons en ivoire et sans certificat. Plus loin, dans le marché climatisé de Chengtian, devant lequel stationnent les Audi noires d’officiels en goguette, un commerçant est fier de présenter ses huit grosses défenses certifiées… mais rechigne à montrer la plaque “point de vente accrédité” : « Si vous êtes acheteur, qu'est-ce que cela peut vous faire ? »


Défense de mammouth, au Mont de piété. 
Défense de mammouth, au Mont de piété.© JP

 Chez ce prêteur sur gage de l'avenue Chang’An, à côté du siège de la fédération nationale des femmes chinoises, deux défenses de mammouth offrent une haie d'honneur. Un coffret de bois laqué est posé sur l'étagère voisine, avec 144 tuiles de mahjong, toutes en ivoire selon le vendeur. Le scénario se répète au Beijing Antics Center, mitoyen d’un concessionnaire Cadillac : la “Boutique de l’Ancien Banquet”, au dernier étage, exhibe elle aussi quelques défenses à la patine chaude et brillante, mais sans certificat ni licence de vente. « Parce qu’elles datent de bien avant la Nouvelle Chine », soutient Deng Yamin, le patron.

Ailleurs, sur l’avenue Jianguomenwai, à l'entrée du quartier d'affaires, quelques palaces plébiscités par les businessmen chinois incitent à l’achat. Le Jinglun ou le China World Hotel ont installé des défenses et des statues d’ivoire incrustées de turquoises à quelques mètres de leurs boutiques de souvenirs.

Bien sûr, l’ivoire s’achète aussi en ligne, en toute illégalité. L’offre est discrète mais tenace car les connaisseurs utilisent des subterfuges pour éviter les ennuis policiers. Dans la barre de recherche du site marchand gucn.com ou du forum feiqu.com, on n’écrit pas « éléphant » mais plutôt « gros mammifère » ou ses initiales. Et parce qu’un nombre de zéros élevé paraîtrait suspect, les tarifs sont parfois remplacés par la mention « à négocier ».

À défaut d’être prohibé par un gouvernement qui en tire actuellement profit, le commerce de l’ivoire ne pourra s’estomper que par le remords collectif. Dans la terminologie chinoise, une défense se dit « dent » et laisse entendre qu’elle tombe de l’animal naturellement. L’association IFAW teste donc une campagne d’information dans les métros des grandes villes et sur les réseaux sociaux. Comme à Pékin, à la station Jiangguomen, sur la ligne 1. Pas de photo barbare, juste quelques mots feutrés et candides pour rappeler que l’ivoire ne s’obtient qu’à partir d’éléphants morts. Sur un millier de badauds sondés par IFAW après avoir vu la campagne, 68 % d’entre eux ont assuré qu’ils ne succomberaient jamais à l’or blanc. Dans le même esprit, l’association WildAid, défendue par l'icône du basket-ball Yao Ming, diffuse un clip dans les rames avec ce credo : « Si la tuerie s'arrête, le commerce aussi. »

Ces associations savent bien que leur temps d’action est limité : quand le stock d’ivoire étatique aura totalement disparu dans cinq ans, tous les commerces, légaux ou illégaux, ne s’alimenteront qu’en ivoire braconné.

 

 

 

 

 

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30 septembre 2013 1 30 /09 /septembre /2013 22:50

 

ordif.com

Danemark : un resto récup !


Un restaurant de Copenhague cuisine avec des invendus.

 

 

 

danemark

 

Le 17 septembre, en plein centre de Copenhague, le restaurant "Rub og Stub" (« tout sans exception »)  a ouvert ses portes. Il propose des côtes d'agneau, magrets de canard, salades de pâtes …. Tous les ingrédients utilisés proviennent des stocks de nourriture destinés à être jetés par les supermarchés et les entreprises locales. La co-gérante de cet établissement a fréquenté les cuisines des entreprises et les rayons des supermarchés avant d'y faire ce constat sur le gaspillage alimentaire. D'où ce projet. Elle précise que la nourriture est récupérée avant d’être jetée dans la poubelle.

Plus précisément le restaurant récupère les denrées que les supermarchés ne mettent pas en rayon parce que par exemple la date de péremption est trop proche.
La carte change tous les jours en fonction des marchandises récupérées.

Le premier distributeur au Danemark, la chaine de magasin Coop, a adhéré au concept et a donné d'importants stocks de nourritures à l'établissement. Cerise sur le gâteau: l'ensemble des bénéfices sont reversés à des associations humanitaires actives au Sierra Leone.
Source : RTBF

Plus d’informations :
- Le site Internet de RTBF

Sur le site de l’ORDIF :
Etude ORDIF « Lutte contre le gaspillage alimentaire, les bonnes pratiques européennes » 
Article ORDIF « Royaume-Uni : lutte contre le gaspillage alimentaire »  

 

 

 

 

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30 septembre 2013 1 30 /09 /septembre /2013 20:08

 

 

parlement.blog.lemonde.fr

Lobbies à l’Assemblée nationale : ce qui va changer

 

 

 
in Share 

Le député Christophe Sirugue remet un rapport sur la réforme des dispositifs de soutien aux revenus d’activité modestes à Jean-Marc Ayrault, le 15 juillet 2013. AFP PHOTO/ JACQUES DEMARTHON

 

On ne les appelle toujours pas “lobbies”, pourtant leur existence devient de moins en moins cachée. A partir de mardi 1er octobre, les “représentants d’intérêts”, ces groupes de pression ou d’influence, défendant les intérêts d’entreprises, d’ONG ou d’associations vont franchir un nouveau pas vers la reconnaissance et l’officialisation de leur statut à l’Assemblée nationale.

Issues du rapport du député Christophe Sirugue (PS, Saône-et-Loire), les nouvelles dispositions qui entrent en vigueur vont vers plus de transparence et d’encadrement et sont saluées comme “un nouveau pas dans la bonne direction” par l’organisation Transparency International France, même si cela reste “un minimum en matière de transparence de la décision publique”. De leur côté, les lobbyistes se disent satisfaits, par la voix de Pascal Tallon, président de l’Association française des conseils en lobbying qui assure que “tout le monde va découvrir qu’il n’y a rien à découvrir”.

 

Plus d’informations, mais toujours pas de contrôle. Un registre de renseignement existait déjà depuis 2009 mais le nouveau “registre de transparence”, mis en ligne à partir de mardi, s’inspire directement du modèle bruxellois et va encore plus loin (voir le modèle pour les cabinets de conseil). Toute personne ou organisme voulant défendre ses intérêts auprès des députés et souhaitant le faire officiellement via le registre devra désormais indiquer : le nom de ses clients, les honoraires perçus pour le seul lobbying au Parlement, les objectifs et missions à remplir ainsi que le chiffre d’affaires ou les montants dépensés en termes de lobbying. Autant d’informations qui seront rendues publiques.

Si “l’orientation est bonne” pour Pascal Tallon, il va falloir du temps pour convaincre les clients de passer à la transparence, la plupart étant tenus par des clauses de confidentialité dans leur contrat. Les associations qui devront, pour leur part, fournir la liste de leur financements se heurteront au même problème. Beaucoup pourraient donc être tentés de ne tout simplement pas s’inscrire sur le registre et passer par des voies officieuses ; pour les autres, Christophe Sirugue espère pouvoir récolter l’ensemble des informations au 1er janvier 2014. Autre bémol, souligné par l’association Transparency : aucun contrôle ou vérification de ces informations n'est prévu.

 

Un accès plus restreint dans les lieux. Jusqu’alors, un lobbyiste inscrit sur le registre bénéficiait d’un badge d’accès à l’année lui permettant d’aller et venir au Palais-Bourbon. Une pratique consistant à “arpenter les couloirs à la rencontre de parlementaires, décrite comme inefficace et potentiellement source d’incidents” et qui “suscite de fortes réticences de la part des députés, qui ressentent très négativement le démarchage dont ils peuvent faire l’objet, au détour d’un couloir”, selon le rapport Sirugue.

Désormais, la salle des Quatre-Colonnes où se retrouvent députés et journalistes ainsi que la grande salle attenante des Pas-Perdus seront interdites aux représentants d’intérêts, qui devront en outre récupérer un nouveau badge d’accès pour chaque visite. “Le représentant d’intérêt ne pourrait être présent à l’Assemblée nationale que dans un but précis”, explique Christophe Sirugue. L’association Transparency aurait voulu que les choses aillent plus loin, avec la publication de la liste des réunions et des rencontres entre les députés et des représentants d’intérêts.

 

Des rapports plus exhaustifs. Les rapporteurs des textes de loi vont être appelés à plus de rigueur dans leurs rédactions. En 2011, une étude de Transparency International France, avec l’association Regards Citoyens, avait montré que dans 62% des cas, les rapports des textes de lois ne mentionnaient pas la liste des personnes auditionnées ou rencontrées, un chiffre anormalement élevé.Le nouveau règlement prévoira l’obligation de publier cette liste ainsi qu’une mention explicite lorsqu’aucune audition n’a été conduite.

De plus, devront être distingués les représentants d’intérêts inscrits sur le registre et ceux qui ne le sont pas. “Seraient ainsi clairement mis en avant les lobbyistes qui jouent le jeu de la transparence”, et les autres pointés du doigt, veut croire M. Sirugue.

Sa réforme, si elle est ambitieuse, repose encore beaucoup sur le bon vouloir de tous les acteurs. Malgré cela, l’Assemblée nationale reste, dans la reconnaissance du lobbying, en avance sur le Sénat, les ministères et toutes les administrations publiques.

 

 

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30 septembre 2013 1 30 /09 /septembre /2013 18:52

 

reporterre.net

 

Gaz de schiste : la liste des grandes entreprises françaises qui sont déjà dans le business

Sylvain Lapoix (Reporterre)

lundi 30 septembre 2013

 

 

 

 

Si le lobby en faveur de l’exploitation du gaz de schiste est si fort en France, c’est que plusieurs grandes entreprises sont engagées dans cette activité aux Etats-Unis : de Vallourec à Vinci en passant par Veolia, Lafarge et Suez, elles sont nombreuses à en tirer déjà profit.

 


 

Une leçon du vieil Ouest est revenue à la mode avec le boom des gaz de schiste aux Etats-Unis  : « Durant la ruée vers l’or, les seuls à être sûr de faire fortune étaient les vendeurs de pioche. » Passé de l’artisanat du tamisage des rivières à l’ère industrielle, les chercheurs d’or gris ont désormais besoin de la fracturation hydraulique et du forage horizontal pour faire cracher les schistes profonds. Mais si les méthodes ont changé, il y a toujours des quincaillers pour profiter de la manne, dont plusieurs d’entreprises françaises du Cac 40 spécialisées dans des segments clefs de ces techniques : tubage, béton, chimie, services pétroliers et eau. Au delà d’une vision « industrielle » par laquelle ils encouragent une exploitation tous azimuts des ressources énergétiques, les majors françaises défendent avec les gaz de schiste des relais de croissance pour leurs propres activités. Des retombées bien plus certaines qu’une baisse des prix de l’énergie pour les ménages.

Vallourec et Lafarge déjà leader aux Etats-Unis

D’un point de vue industriel, la fracturation hydraulique et les forages horizontaux sont des techniques intensives en matériel comme en compétence. La phase de forage mobilise trois ingrédients principaux  : un « rig » (la plateforme de forage), du tubage (canalisations insérées dans le puits sur toute sa longueur), et du béton (sous forme de « manteau  » coulé le long du tubage pour assurer son étanchéité et la résistance à la pression).

 

 

Sous la marque VAM USA, la société Vallourec s’est imposée comme un des leaders des tubages traités et des joints filetés qui garnissent chaque puits de gaz de schiste sur un minimum de cinq kilomètres [1]. Fin 2012, l’entreprise a inauguré une usine spécialisée à Youngstown (Ohio) d’un coût de 1,05 milliards de dollars. Une adaptation judicieuse pour l’entreprise dont le directeur des affaires industrielles espère doubler le business « dans les deux ans qui viennent  ». Philippe Crouzet, le patron de l’entreprise Vallourec, est l’époux Sylvie Hubac, directrice du cabinet du président de la République. Il avait pesé publiquement, en juin dernier, pour le limogeage de la ministre de l’Ecologie Delphine Batho, jugée trop opposée aux gaz de schiste.

Pour le coffrage, la société Lafarge qui est sur les rangs  : sponsors du congrès « Global WellCem » regroupant les experts du bétonnage de puits, le cimentier français dispose d’une unité de production de ciment technique à Allentown, en Pennsylvanie, livrant les forages du gisement de gaz de schiste de Marcellus.

On ne saurait bien sûr oublier Total, directement engagée dans l’exploitation du gaz de schiste aux Etats-Unis, notamment à ses parts dans la société Chesapeake.

Quant aux sociétés de services pétroliers, les maîtres d’ouvrages sont le plus souvent des multinationales (Schlumberger, Baker Hughes et Halliburton) sous-traitant l’exécution à des maîtres d’ouvrages locaux. Pour le forage pétrolier de Jouarre, c’est une foreuse de la société Cofor (filiale de Vinci) qui est utilisée par Schlumberger, chargée du chantier par la société Hess, producteur titulaire du permis. La société de certification Bureau Veritas bénéficie aussi de l’appel d’air en matière d’expertise.

Relais de croissance pour Suez et Veolia

La fracturation hydraulique, par laquelle les gaz ou huiles présents en microbulles dans la couche de schiste sont « libérés », mobilise quant à elle des grandes quantités de matériau  : dix à vingt millions de litres d’eau, cinq cents tonnes de proppant (granulé chargé de « bloquer » les fissures, le plus souvent du sable) et cinquante tonnes de produits chimiques.

 

 

Camion de transport de solution liquide pour la fracturation.

 

Sur ce dernier volet, la société SNF capte un tiers du marché américain des polymères solubles, utilisés pour rendre l’eau plus visqueuse et à même d’amener le proppant dans les fissures. Ce segment (en hausse de 20% par an) constitue désormais 100 millions de dollars de chiffre d’affaires pour la société.

Du côté des grandes entreprises, les sociétés Arkema (issue de la branche chimie de Total) et Saint-Gobain proposent toute une gamme de produits, notamment des alternatives au sable (dont le prix explose) sous forme de billes de céramique. A l’occasion de sa journée des investisseurs du 18 septembre 2012, Arkema présentait comme facteurs clefs de croissance de son activité le secteur pétrolier et gazier via le « enhanced recovery of oil ». Un terme décrivant dans le domaine les nouvelles techniques d’extraction intensive, à commencer par le fracking.

Suez et Veolia, enfin, placent de grands espoirs dans les déchets de ce procédé  : pour chaque puits 60 à 80% de l’eau utilisée pour fracturer la couche de schiste remonte à la surface, soit des millions de litres d’eau usée. Si la réglementation américaine autorise l’enfouissement dans des « puits poubelles », les normes environnementales européennes, plus strictes, ouvrent un boulevard pour le retraitement massif de ces déchets chargés de polymères, acides et autres dérivés de pétrole.

 

 

Veolia mène ainsi une expérience conjointe avec la société Chevron en Californie visant à une gestion plus efficace de l’eau dans la fracturation hydraulique et a remporté en avril dernier un contrat pour le traitement des eaux usées issues de l’exploitation des gaz de houille du bassin de Surat, en Australie, d’un montant de 650 millions d’euros. L’occasion pour son PDG Antoine Frérot de s’enthousiasmer dans le rapport annuel du groupe  : « L’extraction des gaz de schiste constitue pour nous un autre secteur d’avenir. Veolia se range parmi les très rares entreprises au monde maîtrisant la chaîne des techniques nécessaires pour exploiter proprement ces gaz, sans pollution hydrique et en recyclant la totalité des volumes d’eau utilisés ».

 


 

Source : Sylvain Lapoix pour Reporterre.

Illustrations :
. chapô : A côté de chaque puits de gaz ou huile de schiste, des kilomètres de tubes attendent de venir renforcer le puits. Ici, à Newtown, dans le Dakota du Nord, mai 2013. Source : Sylvain Lapoix.
. schéma de forage : Journarles
. camion de tranport : SNF

Lire aussi : Gaz de schiste : le gouvernement est incohérent.

 

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30 septembre 2013 1 30 /09 /septembre /2013 18:50

 

 

 

lemonde.fr

 

La Grèce dévoile les "actions criminelles" d'Aube dorée

Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 30.09.2013 à 11h51 • Mis à jour le 30.09.2013 à 17h27

 
 

 

D'après les informations du quotidien "Ta Nea", des photos de Hitler, des croix gammées et un pistolet de calibre 38 ont été trouvés au domicile du député Christos Pappas, ici escorté par la police, le 29 septembre.

 

Des témoignages d'ex-membres du parti d'extrême droite Aube dorée et un rapport judiciaire, publiés lundi 30 septembre, mettent au jour les nombreuses "actions criminelles" du parti néonazi grec, qui a commencé "ses attaques en 1987, tout d'abord contre des immigrés et ensuite contre des Grecs".

Des "milices d'assaut" avaient ainsi été constituées et s'en prenaient en particulier aux migrants pakistanais ces dernières années, ont confié à la justice deux ex-membres du parti, après l'arrestation ce week-end des principaux dirigeants d'Aube dorée.

"J'ai participé à plusieurs reprises à des actions où prenaient part cinquante à soixante motos, avec deux personnes sur chacune. Celui qui était à l'arrière tenait un bâton avec le drapeau grec et frappait tous les Pakistanais qu'il rencontrait."

"STRUCTURE STRICTEMENT HIÉRARCHISÉE"

Selon le rapport du vice-procureur de la Cour suprême, Charalambos Vourliotis, Aube dorée dispose d'une "structure strictement hiérarchisée, le dirigeant étant tout-puissant selon le principe de Hitler, le Führerprinzip". D'après le témoignage des deux anciens membres du parti, Aube dorée est en effet divisée en petites cellules de cinq personnes, qui ont chacune un chef chargé de rendre compte des actions aux leaders du parti. Les membres suivaient également régulièrement des cours qui analysaient des événements historiques. Celui sur la période nazie "niait l'existence de toutes les atrocités imputées au régime", selon la presse grecque.   

Selon les deux témoins, "tout membre qui posait des questions à ses supérieurs hiérarchiques subissait des violences physiques". Un groupe avait d'ailleurs été spécialement créé pour "harceler toute personne qui choisissait de quitter le parti, afin qu'elle ne se risque pas à parler de ses expériences". 

 

"ENTRAÎNEMENT DE TYPE MILITAIRE"

Le document précise que ce parti, "dont les membres bénéficient d'un entraînement de type militaire, surtout dans des régions de l'Attique [agglomération d'Athènes] (...) a commis des dizaines d'actions criminelles".  Cette liste comprend deux homicides volontaires, trois tentatives d'homicide et de nombreuses attaques contre des immigrés. Selon les ex-militants, qui ont témoigné en "situation de témoins protégés" :

"La goutte d'eau qui a fait déborder le vase, cela a été quand ils ont tiré avec des armes contre deux Pakistanais. L'un a réussi à s'enfuir mais l'autre a été attrapé, violemment battu à coups de pied dans la tête. Les agresseurs disaient : 'On frappe un penalty' ou 'Peut-être qu'il est mort'" (...) il y avait des stylets, des matraques et des couteaux dans des locaux du parti."

PAS D'ÉLECTIONS ANTICIPÉES

Lundi, la police a poursuivi ses perquisitions dans des locaux du parti et recherchait des caches d'armes, après les arrestations effectuées ce week-end du dirigeant et fondateur d'Aube dorée, Nikos Michaloliakos, de six des dix-huit députés du parti et d'une quinzaine de ses membres. D'après les informations du quotidien Ta Nea, des photos de Hitler, un drapeau affichant une croix gammée, et un pistolet de calibre 38 au domicile du député Christos Pappas, qui s'est rendu lui-même à la police dimanche. Selon les conclusions du procureur adjoint de la Cour suprême, "Christos Pappas a occupé le poste de chef adjoint de l'organisation criminelle".

De son côté, le gouvernement a exclu lundi des élections anticipées après le démantèlement d'Aube dorée. "Les scénarios sur des élections anticipées sont inexistants, ce serait dangereux pour l'économie et la stabilité politique et sociale du pays", a dit M. Venizélos, vice-président du gouvernement et ministre des affaires étrangères. "Personne ne peut provoquer une crise parlementaire", a ajouté M. Venizélos en soulignant qu'il ne croyait pas que les députés d'Aube dorée "allaient oser démissionner".

Le chef de la diplomatie a toutefois annoncé que le gouvernement présenterait au Parlement un nouveau projet de loi contre le racisme, d'une "valeur morale et symbolique", dans les jours qui viennent. Le parti conservateur Nouvelle Démocratie du premier ministre, Antonis Samaras, qui gouverne avec les socialistes, n'était pas à l'origine favorable à une nouvelle législation antiraciste, estimant que les textes actuels suffisaient. Le gouvernement prépare aussi une nouvelle loi qui mettrait fin au financement d'Aube dorée par des fonds publics, car "la démocratie n'a pas à financer ses adversaires", a poursuivi Venizélos.

 

 

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