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28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 17:17

 

rue89.com

 

Tribune 28/10/2013 à 17h18

« Optimisation » de la facturation : comment les hôpitaux creusent le trou de la Sécu

Adrien Renaud, économiste de la santé

 

Tribune

Les hôpitaux ont trouvé le moyen de gagner plus sans travailler plus. Pour opérer ce miracle, ils font appel à des prestataires externes, qu’ils rémunèrent pour « optimiser » leur facturation. Ils parviennent ainsi à gonfler leur chiffre d’affaires (et le trou de la Sécu !), sans pour autant augmenter leur activité.

Making of

Quand il a découvert que certains hôpitaux publics payaient des prestataires externes pour « optimiser » leur facturation, Adrien Renaud a été choqué : « Ils creusent ainsi le trou de la Sécu, sans soigner davantage de patients pour autant. » Il a écrit cette tribune pour faire partager son indignation. Mathieu Deslandes

Cette pratique surprenante a récemment été mise en lumière par une plainte déposée par les syndicats médicaux Avenir Hospitalier et SNPHAR-E auprès du procureur de la République de Saint-Malo.

Ce n’est pas le danger qui plane sur l’équilibre des comptes sociaux qui a poussé les deux organisations à mettre en cause le CHU de la ville bretonne, mais des entorses présumées à la déontologie. Le cabinet de consultants recruté par l’hôpital malouin pour optimiser sa facturation aurait, d’après les deux syndicats, eu accès à 950 dossiers de patients non-anonymisés, violation flagrante de l’éthique médicale.

Parallèlement à la plainte déposée par Avenir Hospitalier et SNPHAR-E, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) avait mis en demeure le 7 octobre dernier le CHU de Saint-Malo pour non respect de la confidentialité des données de santé.

Marchandisation

La mise en demeure a été levée le 17 octobre, mais le problème est loin d’être réglé : d’après les associations de patients, la consultation de dossiers non-anonymisés n’est pas pratiquée uniquement à Saint-Malo. Le Collectif interassociatif sur la santé (CISS) estime par exemple que ce sont environ 15 000 dossiers qui ont été indûment étudiés dans 150 établissements.

Il est vrai que les établissements hospitaliers sont en France à la recherche de nouveaux moyens pour augmenter leurs recettes et combler ainsi leurs déficits. Confrontés à des contraintes budgétaires de plus en plus lourdes, ils enchaînent les plans d’économies.

En théorie, la recette devrait être simple : pour augmenter leur chiffre d’affaires, il leur suffit d’accueillir plus de patients. En effet, depuis 2005, leur rémunération est fonction de leur activité : c’est la fameuse tarification à l’activité (T2A). Les établissements hospitaliers sont devenus un peu comme les médecins libéraux : plus ils accueillent de patients, plus ils gagnent d’argent.

Pour ses promoteurs, la T2A permet de stimuler les hôpitaux et de les inciter à l’efficacité. Ses détracteurs, à l’instar du médiatique professeur André Grimaldi, voient au contraire dans ce système « un tournant politique vers la marchandisation et la privatisation de la santé ».

Un manuel de 1 600 pages

 


Des sièges dans la salle d’attente d’un hôpital (JIhopgood)

 

Au-delà de la polémique, une chose est sûre : la T2A est une véritable usine à gaz. Seuls des spécialistes peuvent la comprendre, et elle nécessite un lourd travail de traitement de l’information. Chaque acte médical effectué par l’hôpital, chaque geste clinique, chaque cas de figure doit être répertorié et tarifé.

Il y a plus de 2 500 « groupes homogènes de malades », inventoriés dans un gros manuel en trois volumes et plus de 1 600 pages. A chacun de ces groupes correspond un tarif :

  • par exemple, un hôpital public qui soigne un « trouble sévère de la lignée érythrocytaire, âge supérieur à 17 ans, niveau 2 » facturera 2 257 euros à la caisse d’assurance maladie ;
  • une « intervention sur la hanche et le fémur pour traumatismes récents, âge supérieur à 17 ans, niveau 4 » sera quant à elle facturée 11 817 euros.

Il y a bien sûr des complications : pour bien facturer, il ne suffit pas de connaître par cœur les 1 600 pages du manuel. Il faut aussi maîtriser les notions de seuil haut, seuil bas, de forfait journalier...

En interne, la complexité de la T2A est gérée par les départements de l’information médicale (DIM). Ces services sont chargés de vérifier que le médecin qui a traité le patient et encodé son acte dans le système informatique ne s’est pas trompé. Mais les DIM doivent aussi éviter de faire payer à la Sécurité sociale des actes indus : les caisses d’assurance maladie veillent au grain et opèrent de fréquents contrôles !

Marché florissant

Le travail d’encodage au quotidien est donc effectué par les hôpitaux eux-mêmes. Mais l’optimisation de la facturation nécessite quant à elle de faire appel à des compétences extérieures, notamment en informatique. Il s’agit d’un marché florissant, et les sociétés de conseil se multiplient : T2A Conseils, Altao, T2A Consultants et leurs concurrents recherchent activement des « médecins DIM », ces spécialistes capables de tirer un bénéfice maximal du travail médical déjà effectué par leurs confrères.

Il est difficile de se faire une idée de la rémunération de ces entreprises. Mais une chose est certaine : quels que soient leurs tarifs, ils sont inférieurs aux ressources supplémentaires que l’hôpital espère obtenir des caisses d’assurance maladie grâce à leur travail. Dans le cas de l’hôpital de Saint-Malo, le CISS estime que le cabinet qui a optimisé la facturation de l’établissement lui a permis de récupérer deux millions d’euros pour la période allant de décembre 2012 à août 2013.

Voici peut-être une information qui peut intéresser les députés, qui doivent voter cette semaine le projet de loi de financement de la Sécurité sociale...

 

 

 

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28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 16:57
En images 28/10/2013 à 16h48

Le petit problème d’Amazon résumé en un graphique

Clément Guillou | Journaliste Rue89

 

 


Capture d’écran : chiffre d’affaires (en bleu) et bénéfice (en jaune) d’Amazon depuis 2009 (Statista.com)

 

Un graphique réalisé par Statista illustre les performances récentes du géant de la vente en ligne Amazon. N’importe quelle entreprise rêverait d’avoir la même courbe bleue pour illustrer son chiffre d’affaires. Une forte progression, régulière, avec des pics au quatrième trimestre, celui des fêtes.

Mais n’importe quelle entreprise « normale » aurait le couteau sous la gorge avec la courbe jaune, celle des bénéfices. Depuis 2010, Amazon n’a jamais annoncé de bénéfice substantiel sur un trimestre. Vendredi, l’entreprise a encore annoncé une perte de 41 millions de dollars pour le troisième trimestre.

C’est simple : tout ce que Jeff Bezos, PDG d’Amazon, gagne, il s’arrange pour le dépenser. Slate.com résume l’affaire avec humour : « Jeff Bezos est comme le roi Midas à l’envers, il transforme l’or qu’il touche en autre chose ».

« Le trimestre à venir posera peut-être à l’entreprise son plus grand défi jusqu’à présent, puisqu’Amazon est presque certain de voir ses revenus atteindre un record historique grâce aux fêtes. Mais en ce qui me concerne, j’ai confiance en Bezos pour trouver un moyen de tout dépenser jusqu’au dernier centime. Cette homme est passé maître dans l’art de ne pas gagner d’argent... »

+220% en trois ans, sans bénéfice

Malgré cette courbe jaune rectiligne, il en est une autre qui n’en finit plus de monter : celle du cours de l’action Amazon. Wall Street est toujours amoureux de Jeff Bezos et a réagi favorablement aux résultats présentés vendredi. Depuis la mi-2010, l’action a gagné 220% sans engranger de bénéfice substantiel. C’est une évolution paradoxale et sans doute unique au monde. Mais elle s’explique.

Benedict Evans, analyste basée à Londres et interrogée par le New York Times :

« Bezos a décidé de faire d’Amazon le vendeur le plus gros, le plus puissant et le plus profitable sur terre dans vingt ans. N’importe qui pourrait en faire une entreprise profitable aujourd’hui. »

Amazon investit massivement depuis plusieurs années à la fois pour assumer ses ventes en augmentation – entrepôts, main-d’œuvre, expansion en Asie – et pour se diversifier – liseuses, production audiovisuelle, « cloud computing », moyen de paiement. Partout où il s’installe, le géant de la vente en ligne veut briser les reins de la concurrence en vendant quasiment à prix coûtant, puis à racheter ce qu’il en reste.

Dans les milieux économiques, le débat sur la profitabilité d’Amazon est de plus en plus vif. Comme le montre Wall Street, ceux qui pensent que le revendeur sera bientôt en position de quasi-monopole et fera de gros profits sont nettement majoritaires.

Les frais de port augmentent

Mais ceux qui ne voient pas comment Amazon pourrait se sortir de ce modèle discount existent aussi. Pour gagner de l’argent, l’entreprise devra un jour abandonner l’un des éléments qui fait qu’elle écrase la concurrence : prix bas, frais de port faibles ou gratuits, excellent service après-vente.

Il est déjà en train de le faire. Aux Etats-Unis, le prix minimum pour bénéficier du port gratuit vient de passer de 25 dollars à 35 dollars. Les conditions d’envoi rapide pour les clients abonnés au service « Prime » ont aussi changé.

Lorsque Jeff Bezos aura avalé toute la concurrence et se sera attaché les faveurs des clients grâce à sa générosité apparente, « je ne pourrai plus me rendre compte que les prix augmentent car je n’aurai plus aucun élément de comparaison », relève un client chef d’entreprise cité par le New York Times.

Interrogé vendredi pour savoir quand Amazon annoncerait à nouveau des profits, le directeur financier n’a pas répondu. Il a juste dit qu’il voyait encore « beaucoup d’opportunités d’investissement ».

 

 

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28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 16:37

 

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Turbulences 28/10/2013 à 14h55

Chez Ryanair, il faut payer pour être formé

Clément Guillou | Journaliste Rue89

 

 


Michael O’Leary, PDG de Ryanair, à Rome le 22 janvier 2013 (MISTRULLI LUIGI/SIPA)

C’est une année noire pour Ryanair, dont les résultats sont en forte baisse. Après les problèmes d’image, la condamnation en France pour infraction au droit social, les questions sur la sécurité des vols, c’est à nouveau le traitement des employés qui est mis en cause.

Des aspirants stewards brisent le silence dans le journal anglais The Observer, qui révèle les conditions de leur intégration dans la compagnie aérienne low-cost.

Plus de 2 000 euros pour espérer travailler

La plupart sont formés par l’agence de recrutement irlandaise Crewlink ou l’entreprise anglaise St James Management Services. Les aspirants doivent payer leur formation : soit avant, soit par déduction du futur salaire. Selon le formateur et la formule, les prix s’étalent de 1 935 à 2 849 euros.

Si les étudiants n’ont pas de bas de laine, ils choisissent logiquement de payer avec leur futur salaire, surtout que Crewlink promet qu’en cas d’échec de la formation – de six semaines –, les frais de formation ne seront pas réclamés. Pourtant, selon les informations recueillies par The Observer, les stagiaires sont souvent poursuivis par les formateurs pour payer les frais de formation, même lorsqu’ils n’ont pas été engagés.

La période d’essai d’un steward chez Ryanair est ensuite de douze mois, selon un contrat consulté par le journal. Durant cette première année, le salaire est de 13,39 livres (15,71 euros) par heure de vol, toutes les heures de travail hors vol – briefings, embarquement, débarquement, accueil des passagers, nettoyage de la cabine, escale – n’étant pas rémunérées.

Les stewards peuvent être déplacés d’une base à l’autre sans compensation et les arrêts maladie ne sont pas indemnisés, pas plus que les permanences obligatoires, plusieurs fois par mois. La première année, l’uniforme coûte 30 livres (35 euros) par mois.

La peur des représailles

Malgré tout, Ryanair trouve toujours des candidats. Alex, jeune steward espagnol, nous avait ouvert son porte-monnaie en 2012. Son salaire – en moyenne 1 310 euros net par mois – lui permettait de financer des études par correspondance.

Comme les stewards contactés par The Observer, Alex refusait de s’exprimer sur les pratiques de Ryanair ou de donner son identité par peur « d’éventuelles représailles ». Le plus ancien pilote de la compagnie a été licencié en août après avoir émis des réserves sur la politique de sécurité de Ryanair à la télévision britannique.

Tandis que le journal assure que beaucoup de stagiaires sont virés durant la période d’essai, un porte-parole de Crewlink assure que plus de 95% d’entre eux sont toujours en poste après six mois. Sur les conditions de travail, il ajoute :

« Si les gens n’aiment pas les conditions contractuelles, ils sont libres de partir quand ils le veulent. »

Ryanair en mission de reconquête

La formule rappelle la réaction de Michael O’Leary, excentrique patron de la compagnie, lorsqu’on lui rapportait les plaintes de ses clients : « S’ils ne nous aiment pas, qu’ils aillent voler ailleurs. » Celui qui est devenu l’un des hommes les plus détestés de Grande-Bretagne tout en faisant grandir Ryanair a dit un jour :

« Les gens disent que le client a toujours raison, mais vous savez quoi ? Ce n’est pas vrai. Parfois il a tort et il faut le lui dire. »

Mais depuis quelques mois, O’Leary bat sa coulpe. L’image très dégradée de sa compagnie, qui fait tout pour gonfler la note finale d’un voyage, a-t-elle joué un rôle dans les résultats décevants de l’année ? Pour la première fois depuis dix ans, Ryanair va sans doute manquer son objectif annuel.

Le PDG et la compagnie sont donc en mission de reconquête. Ryanair a réduit plusieurs frais annexes... mais seulement jusqu’à fin mars – une sorte de promo sur les taxes.

L’entreprise a aussi ouvert un compte Twitter. La semaine dernière, Michael O’Leary s’est mouillé lors d’une séance de questions-réponses via le Twitter de la compagnie. Son autodérision a dans l’ensemble été saluée – « La plus grande erreur de Ryanair ? M’embaucher » – mais il n’a pu s’empêcher de commettre quelques faux pas, en commentant la photo de profil d’une internaute ou en se comparant à Jésus et Superman.

Comme la compagnie irlandaise a de l’humour, elle a précisé que « suivre ce compte n’est pas payant ».

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28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 16:21

 

rue89.com

Témoignage 28/10/2013 à 12h30

Vendeur chez Naturalia, je suis à la fois MacGyver et Superman

Louis.

 

 


Montage : MacGyver joué par Richard Dean Anderson (TCM) et Superman joué par Dean Cain (Warner Bros.)

En promo ce mois-ci chez Naturalia :

« L’exploitation des salariés, c’est notre savoir-faire. »

Making of

Louis (prénom d’emprunt) travaille depuis plusieurs années chez Naturalia. Avant, il aimait cette enseigne spécialisée dans les produits bio. « L’ambiance était sympa, chaleureuse, familiale. » Depuis qu’elle a été rachetée par Monoprix, en 2008, Louis considère que l’expérience vire au désastre.

 

Contactée par Rue89, la direction de Naturalia n’a pas souhaité répondre aux accusations contenues dans ce témoignage. Laure Beaulieu

Promo du mois prochain :

« Le green-washing, c’est notre marque de fabrique ! »

Chez Naturalia, nous sommes en sous-effectif chronique depuis le rachat par Monoprix.

La direction exige donc que le même travail soit effectué avec moins d’employés.

Pour 36 heures par semaine payées au smic horaire, on doit donc courir dans tous les sens. On est à la fois manutentionnaires, caissiers, vigiles...

Moi, je me plains, mais il y a pas mal de nanas dans la boîte. Va soulever les cagettes de 10 kg de pommes de terre à 6 heures du mat’ quand tu fais 50 kg toute mouillée et dépoter cinq chariots conteneurs remplis à ras bord de marchandises ! Et y a pas que des colis de chips là-dedans... Sérieux, on est plus manut’ que vendeurs dans cette boîte.

Des mecs chelous et des mamies voleuses

La direction préfère parfois nous laisser seuls en magasin au lieu de recruter. Tout ou presque peut nous arriver : vols, braquages, malaises… Je vois des mecs chelous à la dentition douteuse, teint gris et poisseux, le regard mauvais et vitreux, partir avec des bouteilles de vin sous leurs vestes de pirate. Perso, je ne cherche pas à m’embrouiller avec eux. J’irai même jusqu’à les ignorer volontairement ces gars-là.

En revanche, surprendre enfin la mamie qui mange des dattes et recrache les noyaux dans nos rayons, ça c’est mon affaire ! Je me précipite sur elle, coup de tête balayette, plaquage au sol, je lui dis ses droits et torture son chihuahua pour qu’elle me confesse combien de kilos de dattes elle a engloutis depuis le temps qu’on la voit passer tous les jours au magasin pour acheter une feuille de salade.

Sachez, mesdames et messieurs les clients, que nous pouvons passer une journée de 8h45 en caisse, sans avoir de quoi s’asseoir pour soulager de temps en temps nos gambettes.

En mode pilote automatique

On vous demandera inlassablement si vous avez besoin de pain. Pitié, laissez-nous vous demander si vous en voulez, même si ça vous agace, car en caisse nous sommes en mode pilote automatique. « Bonjour » devient « au revoir », « madame » devient « monsieur ». Les gens qui « oublient » de peser leurs fruits et légumes nous irritent au plus haut point.

Il n’y a que deux techniciens (nos hommes à tout faire) pour la soixantaine de magasins de Paris et sa banlieue [78 boutiques Naturalia en France, dont 15 hors d’Ile-de-France, ndlr].

« Allô, vous êtes où les gars ? Quoin vous êtes overbookés ? Hein, vous serez dispos dans deux-trois ans ? ! »

Qui va changer l’ampoule ?

  • Solution 1 : on attend qu’on ne vienne pas à notre secours ;
  • solution 2 : on s’improvise MacGyver. Et là, c’est (parfois) le drame.

Tous les jours, nous faisons les « pertes ». C’est-à-dire : jeter les produits dont la date limite de consommation se termine le jour même et le lendemain. Donc le beau poulet bio fermier, les crèmes au chocolat bio, la pizza bio, les pavés de saumons bio et le pain bio invendu du jour iront nourrir la poubelle.

Naturalia nous interdit de récupérer les pertes encore consommables, ni même de les goûter histoire de meubler nos conversations avec « papi pinard », un habitué. Nous ne pouvons pas non plus les donner à des personnes dans le besoin (les rues de Paris n’en manquent pourtant pas).

Vive l’ambiance à la maison

Que tu veuilles une vie privée n’entre pas dans les projets de Naturalia. A ton insu, cette boîte devient ta famille. Tes plannings te sont parfois communiqués le samedi pour le lundi qui arrive. Côté horaires, c’est le yoyo.

Tu sors du magasin à 20h15, et le lendemain, à la fraîche, tu t’y repointes à 6h30 pour faire des épaulés jetés de cagettes. Parfois, ils ne respectent même pas les onze heures de battement entre deux journées de boulot. Comme ton horloge biologique, tu es complètement détraqué.

Ton gentil planning se transforme parfois en montagnes russes. Que du bonheur quand on t’annonce le jour même que tu dois te rendre à l’autre bout de Paris pour renforcer une équipe en galère.

Déphasé et usé, tu finis par préférer ton canapé au gigot de mémé le dimanche. Et tu vis mal le fait de lutter contre le sommeil et ta sciatique naissante pendant le sexe. Vive l’ambiance à la maison. Tu te surprends alors à te shooter au chocolat bon marché en intraveineuse pour oublier que tu as une VDM [vie de merde, ndlr].

Superman payé au smic

Et puis il y a ces fameux « audits ». « Ils » passent en magasin pour contrôler qu’on ne laisse pas de produits périmés en rayon. La bonne blague quand on n’a même pas le temps de faire le minimum dans une journée...

Nous avons aussi moins de temps à consacrer aux clients. Les accueillir, les conseiller. Etablir un contact et guider les « puceaux du bio ». Les fidéliser comme le voudrait tout commerçant en somme.

On comprend leur agacement. Nous devenons des deux côtés de la barrière peu respectueux les uns et des autres. Et cela n’est pas surprenant puisque Monoprix s’obstine depuis cinq ans à faire rentrer Naturalia dans une logique de grande distribution.

T’es payé au smic mais ton poste, c’est d’être Superman. Tu visualises alors ton avenir avec Monoprix/Casino et toute la fine équipe : un énorme gyrophare rouge clignote, qui hurle : « Casse-toi ! »

On avoue que tout cela cumulé, on ne parvient plus à garder le sourire H-24. Les cernes se creusent, la fatigue devient constante et l’abattement s’immisce dans notre optimisme à toute épreuve.

Mais l’enseigne s’en fiche. C’est un vrai moulin, les vendeurs vont et viennent sans avoir vraiment d’attirance pour le bio ou l’écologie, ni la vente d’ailleurs. Comme les employés de McDo. Quoi ? C’est insensé de faire une analogie Naturalia/McDo ? Pas si sûr.

 

 

AaAaAaAaAaAa
AaAaAaAaAaAa
indépendante

Bonjour
J’ai travaillé chez Bio C Bon ( concurrence directe et affichée de Naturalia)
en pensant allier mes convictions et un job alimentaire.. Je me suis vite rendue à l’évidence ; BCB est une holding comme tant d’autres dont le but est le profit, et faire du bio n’est qu’une façon de surfer sur la tendance. Résultat les légumes viennent des 4 coins du monde pour être compétitifs ( « ici on est moins cher que chez Naturalia madame ! » ) et les conditions de travail en magasin et de management sont absolument déplorables , très similaires à celles décrites chez Naturalia. Pour être passée brièvement chez Monoprix, je confirme que le salarié n’a qu’un seul droit : se taire et un devoir : supporter.

Bref, je suis donc partie écoeurée de chez Bio C Bon, après divers accidents, agressions, menaces de mort et j’en passe suite auxquels nos pétitions, demande d’aide à la hiérarchie sont restés lettre morte... voilà, c’est une chaîne, c’est ni pire ni mieux que Naturalia, c’est de la grande distribution, c’est l’appât du gain qui se cache derrière une image « green ».
Ah oui, et payé le smic également, of course !

 

 

 

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27 octobre 2013 7 27 /10 /octobre /2013 19:48

 

languedoc-roussillon.france3.fr

 

Rodilhan : les anti corridas font monter la pression

Quelques 500 manifestants se sont rassemblés dimanche matin à Rodilhan où se déroule un festival taurin. Le village gardois, situé près de Nîmes est cerné par les gendarmes mobiles qui ont installé un périmètre de sécurité afin d'éviter tout affrontement avec les aficionados.

  • Par Isabelle Bris
  • Publié le 27/10/2013 | 11:31, mis à jour le 27/10/2013 | 11:36
Les forces de l'ordre et les manifestants anti corrida face à face à Rodilhan, dans le Gard © F3.S.NAVAS
© F3.S.NAVAS Les forces de l'ordre et les manifestants anti corrida face à face à Rodilhan, dans le Gard

Plusieurs centaines de personnes, dont bon nombre de membres du Crac (comité radicalement anti corrida) manifestent à Rodilhan, dans le Gard. Le maire a interdit l'accès de sa commune aux manifestants. Les forces de l'ordre ont donc placé ce village de 3000 habitants sous haute surveillance. Les voitures et les sacs des automobilistes qui arrivent à l'entrée de la commune sont fouillés. Il faut obtenir un badge pour pouvoir accéder aux arènes.

200 gendarmes mobiles ont été déployés autour du villafge de Rodhilan © F3 S.Navas
© F3 S.Navas 200 gendarmes mobiles ont été déployés autour du villafge de Rodhilan



Le festival taurin doit démarrer à 15 heures. En attendant, manifestants anti-corrida et CRS sont face à face. D'autre actions doivent avoir lieu dans l'après midi. Les membres du Crac devraient tenter de s'infiltrer dans les arènes pour perturber le festival.

© F3.S.NAVAS            
© F3.S.NAVAS

                                                                    ******************************

Rodilhan : gaz lacrymogène et bousculades à la manif anti-corrida

Une dizaine de personnes a été prise en charge par la Croix Rouge, à Rodilhan, dans le Gard où plusieurs centaines de manifestants anti-corridas sont face à face avec 200 gendarmes mobiles qui les empêchent d'accéder au village.

  • Par Isabelle Bris
  • Publié le 27/10/2013 | 14:12, mis à jour le 27/10/2013 | 19:34
A Rodilhan, une dizaine de manifestants anti-corrida, incommodés par le gaz lacrimogène, ont dû être soignés par la Croix Rouge.
A Rodilhan, une dizaine de manifestants anti-corrida, incommodés par le gaz lacrimogène, ont dû être soignés par la Croix Rouge.
Le but des militants du Crac (Comité radicalement anticorrida) est de perturber au maximum la fête taurine qui se déroule ce dimanche dans ce village gardois. Cette manifestation a été interdite par la préfecture à moins de 400 mètres des arènes, du coup le village est cerné par les gendarmes mobiles. Les CRS doivent empêcher les aficionados et les anti-corridas de se rencontrer. Mais le ton monte du coté des opposants qui ont craché sur la voiture de la Pena et aspergé de peinture rouge l'avocat qui doit présider la corrida à partir de 15 heures


Le "sit-in" manifestants anti-corrida, à Rodilhan, dans le Gard
Le "sit-in" manifestants anti-corrida, à Rodilhan, dans le Gard

Il y a deux ans, le même type de manifestation avait dégénéré, des anti-corridas avaient été sérieusement pris à partie dans ce même village en tentant de perturber la fête taurine. Le maire a lui aussi pris un arrêté pour interdire la manifestation près des arènes. Le but des autorités est que tout le monde, pro et anti-corridas, reste calme. Le reportage de nos confrères de Pays Gardois diffusé vendredi :

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27 octobre 2013 7 27 /10 /octobre /2013 18:46

 

 

dailymotion.com

 

"Le tarmac est dans le pré" le documentaire inédit sur Notre Dame des Landes et notre débat interactif official

France 3 Pays de la Loire

 

 

Le Tarmac est dans le pré" le documentaire et le débat interactif d'Enquêtes de régions

Le replay de l'émission du Vendredi 25 octobre à partir 15h00 en direct sur http://pays-de-la-loire.france3.fr/ et sur http://bretagne.france3.fr/



Depuis plusieurs mois, France 3 Pays de la Loire accompagne à travers ses éditions d’informations locales et régionales le « dossier Notre-Dame-des-Landes », des éclairages liés à l’actualité. Cette grande soirée permet d’offrir aux téléspectateurs une photographie plus approfondie, un éclairage pour se faire sa propre opinion à travers un documentaire inédit : « Le tarmac est dans le pré » suivi d’un grand débat.

> LE TARMAC EST DANS LE PRÉ - 52’

Quelque part dans le bocage : des gendarmes suréquipés, des paysans remontés, des altermondialistes barricadés, des élus du peuple contrariés, et une importante entreprise du Bâtiment Travaux Publics qui
compte les jours et les points.

A Notre-Dame-des-Landes, depuis près de cinquante ans, le projet d’un « super aéroport» est régulièrement dans l’actualité tel le serpent de mer, mais ne parvient toujours pas à décoller. Il est devenu en cours de route, et peut être malgré lui, le symbole d’un grand projet inutile et imposé. Lutte paysanne et citoyenne, « guérilla bocagère » ou encore « nouveau Larzac », ce que l’on nomme désormais « le conflit de Notre Dame des Landes » renvoie à une opposition radicale entre deux modèles de développement et de croissance, deux visions du monde et de l’avenir. De surcroît, il stigmatise d’une manière très forte l’exercice
démocratique du pouvoir et les modes de consultation citoyenne. Dans le sillage des hommes et des femmes engagés de part et d’autre dans la bataille, l’histoire de ce récit capte de l’intérieur les termes, les enjeux et les rouages, pour approcher de ce qui se cache et se joue sous les boues épaisses de ces landes-là qui font régulièrement l’actualité.

> suivi d’ENQUÊTE DE RÉGIONS - 52’

Les invités pourront d’abord réagir au documentaire et ensuite, place  aux débats animés par Emmanuel Faure et Robin Durand.
Au programme, des reportages sur l’historique du projet, sur 3 thèmes  majeurs avec des débats en face à face. Vrai ou Faux ? Le futur aéroport  est-il un vecteur de développement économique ? Les raisons du transfert de l’aéroport  sont-elles justifiées ? Le futur aéroport sera-t-il compatible avec les problématiques  environnementales ? 3 grandes questions pour faire le point et se forger sa propre opinion  sur le projet d’aéroport du Grand Ouest à Notre-Dame-des-Landes (44).

Réagissez

 

 

 

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27 octobre 2013 7 27 /10 /octobre /2013 18:35

 

 

presquilegazette.net

 Reportage sur la Zad un an après le début des expulsions

 

 

 

Samedi 26 octobre 2013, un an après le début des expulsions (le 16 octobre 2012), je voulais montrer dans ce reportage quelques belles réalisations en auto-construction, maison autonome, maraîchage, petit élevage.. reportage sur le lieu de vie "Cent Noms" où une magnifique maison autonome est en cours de construction.

6-maison-autonome-cent-noms-1-1.jpg

Construite à partir de matériaux de récupération, palettes, portes et fenêtres, tôles et ardoises pour le toit...

3-palettes-2.jpg

Mais surtout à partir de matériaux naturels et très locaux... puisqu'ils sont prélevés sur le terrain même de la construction : bois et terre argileuse

7-bois-recupere-sur-place-cent-noms.jpg

4-materiau-naturel-argile-1.jpg 4-materiau-naturel-paille.jpg

5-briques-argile-paille.jpg 

Plusieurs petites fosses ont été creusées pour y prélever l'argile. Celle-ci est ensuite mélangée avec de la paille pour fabriquer des moellons. La paille sert aussi à l'isolation : enchâssée entre les montants de l'ossature bois et maintenue par des tasseaux, le tout recouvert par le torchis (argile+eau+paille). 

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La maison est construite sur pilotis afin de la protéger de l'humidité hivernale...nous sommes en zone humide et l'hiver dernier on a pu réellement mesurer ce que cela signifie ! Une couche de fougères a été ajoutée sous le sol de la maison pour renforcer l'isolation.

5-murs-argile-paille-isolation-fougere-dessous.jpg

A l'intérieur les travaux vont bon train : poutres, plancher, mezzanine, isolation...

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Sur le toit tôles et ardoises et... vue imprenable !

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Les différents aménagements sur ce lieu, les Cent Noms, ont démarré en février 2013, depuis, outre cette belle maison autonome, un espace de maraîchage a été créé et de nombreuses cultures ont été réalisées avec essais de différentes méthodes :

Culture en lasagnes

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Culture en spirale avec différentes couches suivant les plants que l'on veut obtenir... et c'est joli en plus !

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Culture en étoile, moins visible en cette fin de période

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Une terre fertile, bien amendée et travaillée avec amour... donne forcément de beaux légumes qui eux aussi participent à l'autonomie de la vie sur la Zad

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Plusieurs petits élevages : poules, canards, moutons d'ouessant sont installés sur le terrain pour le bonheur de ces animaux non entassés dans des élevages industriels

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13-petit-elevage-moutons-d-ouessant-cent-noms-1.jpg


Merci aux habitants des Cent noms pour leur accueil et le temps passé à m'expliquer - dans des détails que je n'ai pas pu tout retranscrire ici - les différentes étapes de la construction de la maison et des cultures.

Guidée par Julien, qui fut mon tout premier guide-zad il y a un an durant la période des expulsions-destructions, merci à lui, je découvre ensuite un lieu un peu magique : le théâtre de verdure où ont eu lieu quelques spectacles.

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Sur chaque lieu expulsé et détruit l'an dernier, de nouveaux aménagements sont sortis de terre...

Sur le chemin du retour quelques arrêts-rencontres. D'abord celle de Lavinia et deux de ses amis, étudiante roumaine en anthropologie, désirant faire un mémoire sur la vie communautaire sur la Zad, en lien avec la lutte en cours dans son pays contre un projet de mine d'or. Nous nous rendons ensemble au bus-média pour saluer celles et ceux qui nous permettent, grâce à leur travail d'information, de nous tenir au courant des évènements, petits ou grands, sur le site zad.nadir

On se dirige ensuite vers la Chateigne où Lavinia veut s'installer pour le week-end ; juste avant je leur présente Maki qui nous accueille dans sa cabane-maison bien aménagée au lieu nommé... le Maquis, là aussi les récoltes des cultures réalisées permettent l'autonomie alimentaire :

"Vous restez manger avec nous ?" propose-t-il gentiment tandis que la cuisson des légumes dégagent une bonne odeur mêlée à celle du poële à bois.

Durant le temps de notre présence, quelques visiteurs passent saluer, dont Simon, 22 ans... à l'origine de la fromagerie de Bellevue.

Voilà ce que je vais chercher sur la Zad : les rencontres, les échanges, une certaine forme de partage qui fait l'une des richesses de ce lieu. Ce qui s'y construit, au sens propre et au figuré, c'est une autre vision du monde, basée sur le respect de l'environnement avec mise en pratique d'idées novatrices, un lieu où les alternatives sont à observer de près pour un autre progrès.

Reportages à Nddl

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Maison autonome et autres aménagements sur la Zad...un an après les expulsions

 

 

 

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27 octobre 2013 7 27 /10 /octobre /2013 18:21

 

france.attac.org

 

L'Accord de libre-échange Union européenne–Canada est inacceptable


Non-démocratique et porteur de graves régressions sociales et écologiques, l'Accord de libre-échange Union européenne – Canada est inacceptable

L'Union européenne et le Canada sont finalement parvenus à s'entendre sur un accord de libéralisation du commerce et des investissements. Si l'accord politique confirmé aujourd'hui par J.M. Barroso et le Premier ministre canadien S. Harper reste symbolique à ce stade (les négociations techniques vont certainement se poursuivre plusieurs mois), cet AÉCG (Accord économique et commercial global) confirme cependant la volonté communautaire d'accélérer le rythme de construction d'un grand marché unique transatlantique, porteur de lourdes menaces du point de vue des mouvements sociaux et citoyens de part et d'autre de l'Atlantique. 

Cette annonce intervient alors que personne – hormis les négociateurs et hommes d'affaire – n'a pu accéder directement au texte négocié, ou aux informations quant aux concessions faites par l'Union européenne et le Canada en vue de conclure cet accord, malgré les appels répétés des organisations de la société civile européenne et canadienne..

D'après les informations fuitées qui nous sont parvenues en novembre 2012, les répercussions de cet accord seraient majeures pour l'agriculture européenne, les services publics, les droits accordés aux multinationales, les règles environnementales et sanitaires, l'accès aux médicaments, etc. Mais les intérêts des multinationales semblent bien plus préoccuper le Président de Commission, J.M. Barosso, qui déclare : « Cet accord ouvrira de nouvelles opportunités pour les entreprises européennes et canadiennes en augmentant l'accès aux marchés des biens et services, et en accordant de nouvelles opportunités aux investisseurs européens. »

Les multinationales peuvent en effet se féliciter des concessions faites concernant l'ouverture des services publics à la concurrence. Comme le souligne Frédéric Viale d'Attac, «l'AÉCG est très offensif en matière de libéralisation des services publics puisqu'il adopterait une approche par 'liste négative', qui signifie que tous les services qui ne sont pas explicitement exclus par le texte de l'accord sont susceptibles d'être libéralisés!». A ce jour, nous ne savons toujours pas la liste des services que l'Union européenne a explicitement exclu de l'ouverture à la concurrence aux entreprises canadiennes. Mais les offres probables du Canada concernant l'ouverture des marchés publics de l'eau laissent présager des concessions importantes de l'Union européenne en retour.

L'Union européenne, fer de lance de la libéralisation des services, consent en échange à supprimer 99 % des tarifs douaniers entre les deux pays, avec une ouverture accrue du commerce agricole, qui supposera notamment l'augmentation de l'importation de produits laitiers, de poissons, de viandes de bœuf et de porc d'origine canadienne. C'est aussi grâce à ces négociations que le Canada a fait pression pour retarder et affaiblir la portée de la directive européenne « Qualité des carburants » visant à lutter contre les changements climatiques .

La conclusion de cet accord consacrera surtout la supériorité des droits des entreprises sur ceux des citoyens ou des consommateurs, et sur la défense de l'intérêt général, puisqu'il devrait inclure l’inacceptable mécanisme de règlement des différends « État-investisseur ». Ce type de mécanisme, dit de « protection des investissements », ouvre le droit à une entreprise de poursuivre un État ou une instance infra-étatique si une réglementation la prive de bénéfices escomptés ; le différend sera arbitré par un panel d'experts privés, de façon discrétionnaire et en dehors des juridictions publiques nationales, régionales ou multilatérales.

Pour Fanny Simon de l'Aitec, « un tel dispositif menace les pouvoirs de régulations des autorités élues, remet en cause la souveraineté des populations et mine leurs droits et libertés démocratiques en donnant le pouvoir aux entreprises multinationales de contester des dispositions réglementaires prises pour protéger l'environnement, les petits paysans, les PME ou encore la santé publique. C'est d'autant plus inacceptable qu'une telle mesure n'influera pas, ou à la marge, les flux d'investissement déjà très importants entre les deux pays, preuve de la confiance des investisseurs dans le cadre juridique en place ». Or, les entreprises recourent de plus en plus souvent à ce type de dispositif pour contester des décisions publiques qu'elles jugent contraires à leurs intérêts . L'entreprise américaine Lone Pine vient ainsi de déposer plainte contre le gouvernement québécois et lui réclame $250 millions de compensation pour l'instauration d'un moratoire interdisant l'utilisation de la fracturation hydraulique dans la vallée du Saint-Laurent.

Un tel accord, profondément anti-démocratique et contraire aux exigences de renforcement des droits écologiques et sociaux des populations est inacceptable. Nous ferons campagne en ce sens et interpellerons l'ensemble des parlementaires européens et nationaux pour qu'un tel accord ne soit jamais ratifié. Nous faisons de cet accord l'exemple même des méthodes et contenus de négociations d'accord de libre-échange et d'investissement que nous refusons catégoriquement. C'est pourquoi nous rejetons les mêmes objectifs et dispositions actuellement en négociation dans le cadre du Partenariat transatlantique pour le commerce et l'investissement (PTCI), qui instaurera un Grand marché transatlantique entre l'Europe et les États-Unis. Nous refusons que le projet d'accord de l'AECG marque le premier pas vers une vaste zone de libre-échange transatlantique entre l'Europe, le Canada, les États-Unis et le Mexique, dans laquelle les droits des affaires et des investisseurs primeraient sur les droits fondamentaux des populations et la protection de l'environnement.

Face une telle offensive, nos organisations appellent les citoyens français, européens et canadiens à s'organiser pour :

  • obtenir de leurs représentants dans cette négociation la divulgation publique du texte, ou projet de texte, faisant l'objet de cet accord
  • faire connaître les dangers immédiats qu'il porte pour les citoyens, l'économie et l'environnement,
  • interpeller les euro-députés sur le calendrier et les modalités de ratification de cet accord, en portant tout particulièrement ces questions au cœur de la campagne pour les élections européennes de juin 2014.

AITEC,
Attac France,
18 octobre 2013

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27 octobre 2013 7 27 /10 /octobre /2013 18:04

 

france.attac.org

 

Dénoncer le chantage à la dette - Eric Toussaint


Eric Toussaint, président du Comité pour l'annulation de la dette du tiers-monde (CADTM), était à l'Université d'été d'Attac à Nîmes fin juillet 2013. Il revient sur les différentes raisons pour lesquelles une partie de la dette publique peut être considérée comme illégitime.

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27 octobre 2013 7 27 /10 /octobre /2013 17:53

 

unairneuf.org

 

10/09/2013

Big pharma : une industrie toute puissante qui joue avec notre santé (Mikkel Borch-Jacobsen)

 

 

En ces jours où la réglementation de la vente des cigarettes électroniques se façonne dans les parlements, un nouvel ouvrage vient nous rappeler que si l’industrie pharmaceutique aime la blouse blanche virginale, sa course au profit nuit souvent à l’intérêt des patients :

La dépendance aux labos nuit gravement à notre santé Big Pharma pharmacine

Nous saluons la publication de :

Big pharma - Une industrie toute puissante qui joue avec notre santéBig pharma - Une industrie toute puissante qui joue avec notre santé
sous la direction de Mikkel Borch-Jacobsen

Les Arènes, 2013, 528 pages, 22,80 €, ISBN : 9782352042594

Avant-propos (extraits)

 

Ceci n’est pas un livre contre les médicaments. C’est un ouvrage contre l’industrie qui en détourne l’usage pour faire du profit, au risque de mettre notre santé en danger et de profondément changer la nature de la médecine.

Les médicaments sont des substances étonnantes, admirables, auxquelles nous devons depuis la fin du XIXe siècle de véritables miracles. Ils ont sauvé d’innombrables vies humaines et la médecine moderne ne serait pas ce qu’elle est sans eux. Ils ont aussi transformé et envahi notre quotidien. Alors qu’en 1940 les armoires à pharmacie de nos parents et grands parents étaient encore pratiquement vides, les nôtres regorgent littéralement d’anti-inflammatoires, de tranquillisants, d’antidépresseurs, d’antibiotiques, de traitements hormonaux, de contraceptifs, d’antihypertenseurs, de statines, de somnifères, de stimulants. Avec la découverte en cascade de nouveaux médicaments et l’extraordinaire expansion de l’industrie pharmaceutique qui en a découlé depuis la Seconde Guerre mondiale, nos sociétés avancées sont devenues hautement pharmacisées et chimio-dépendantes, à un rythme qui s’accélère toujours plus. Que nous soyons riches ou pauvres, jeunes ou vieux, nous avalons tous des pilules, des gélules, des comprimés. Ceux d’entre nous qui ont plus de 65 ans en prennent couramment jusqu’à sept ou plus par jour [1].

Or les médicaments sont aussi des substances dangereuses, à manier avec précaution. Il y a bien sûr les scandales récents qui ont secoué la France. L’affaire du Mediator n’est nullement une exception, elle est plutôt la règle : on assiste depuis une vingtaine d’années à une avalanche de scandales pharmaceutiques à travers le monde, pour la plupart bien plus graves que celui du Mediator et impliquant quasiment tous les grands laboratoires mondiaux. Étrangement, ces affaires retentissantes n’ont pratiquement pas eu d’écho en France. Sans doute a-t-on considéré qu’il s’agissait de problèmes qui ne nous concernaient pas, un peu comme le fameux nuage de Tchernobyl. Pourtant, les entreprises impliquées sont des multinationales implantées sur notre territoire comme sur le reste de la planète et leurs médicaments étaient (ou sont encore) commercialisés également en France. À l’ère de la mondialisation, les molécules circulent aussi librement que le pétrole ou les courriels.

Tous ces scandales comportent exactement les mêmes ingrédients que celui du Mediator :

  • un marketing cynique de molécules dangereuses,
  • des essais cliniques manipulés ou gardés sous le boisseau,
  • des experts aux conflits d’intérêts multiples et variés,
  • des agences sanitaires complaisantes ou passives,
  • des systèmes de pharmacovigilance étrangement peu réactifs, des médecins mal informés ou cooptés,
  • des associations de patients sous influence,
  • des journaux médicaux et des médias achetés à coup de publicité,
  • des politiciens soucieux de protéger un secteur industriel stratégique.

On ne peut plus dire qu’il s’agit de cas isolés de corruption, de quelques « méchants » qu’il suffirait de mettre en prison. Les experts, les scientifiques, les médecins, les politiciens, tous ces gens font simplement leur travail – ils sont même, dans leur grande majorité, bienveillants et de bonne foi. Ce que révèlent les scandales, par leur répétition même, c’est justement cela : la banalité du mal pharmaceutique, son caractère systémique, industriel.

Il y a quelque chose de pourri au royaume de Médecine, comme il est dit dans Hamlet. Nous le sentons tous obscurément, mais nous hésitons à nous l’avouer. Nous voulons continuer à croire que la médecine est « basée sur des preuves », comme on nous le répète tout le temps, que nos médecins sont vigilants et bien informés, que les agences sanitaires ne permettront plus qu’on nous vende des médicaments inutiles et dangereux. Nous voulons continuer à croire en la médecine, car elle a été porteuse depuis la révolution thérapeutique de la fin du XIXe de tous nos espoirs en une vie longue et sans douleur. Mais cette médecine que nous avons connue n’existe plus.

Comme on va le lire dans ce livre, les « preuves » sur lesquelles on se fonde pour nous prescrire des médicaments sont couramment biaisées. Les risques sont cachés par les laboratoires. Les médecins reçoivent leur formation et leurs informations de l’industrie pharmaceutique. Les agences sanitaires approuvent de façon désinvolte des médicaments totalement inefficaces, tout en protégeant le « secret commercial » des données négatives fournies par les firmes. À tous les niveaux, le profit des industries passe AVANT l’intérêt des patients.

Le problème est donc bien plus grave et plus profond que celui de médicaments dont il suffirait de dresser une liste noire. C’est tout le système de la santé qui est à revoir :

  • la recherche et son financement,
  • le système des brevets accordés aux firmes pharmaceutiques,
  • l’évaluation des médicaments (leur efficacité, leurs risques),
  • la méthodologie des essais cliniques,
  • la formation des médecins,
  • le rôle des experts et des agences sanitaires,
  • la façon dont sont définies les maladies, et bien d’autres choses encore.

Le chantier est énorme, mondial, d’une complexité infinie, et c’est pourquoi ce livre compte plus de 500 pages. L’une des raisons pour lesquelles nous autres patients et citoyens sommes si démunis face au dévoiement de la médecine par l’industrie pharmaceutique est précisément cette complexité, que d’ordinaire nous laissons aux experts le soin de débrouiller pour nous. Mais les experts font partie du problème et nous ne pouvons plus compter sur eux pour nous donner la solution. C’est à nous de nous y mettre. Et comme la première étape avant de résoudre un problème consiste à bien le comprendre, ce livre propose un état des lieux de la médecine et de nos systèmes de santé à l’ère de Big Pharma, en termes aussi simples (mais non simplificateurs) que possible. C’est un livre qui s’adresse à tous, afin que nous devenions nous aussi des experts à notre tour et que nous puissions discuter les décisions qui sont d’ordinaire prises pour nous au nom de la Science et de la Santé Publique.

Pour nous y aider, douze... experts. Mais pas n’importe lesquels. Ceux que nous avons réunis dans ce volume font partie de cette poignée de lanceurs d’alerte qui depuis une quinzaine d’années dénoncent la mainmise de l’industrie pharmaceutique sur la recherche et la pratique médicales. Ce sont dans leur majorité des « insiders », des spécialistes internationalement reconnus dans leur domaine. Certains ont même longtemps travaillé avec ou pour l’industrie pharmaceutique. Révoltés à titres divers par ce dont ils étaient témoins, ils ont décidé de mettre leur expertise au service du public plutôt qu’à celui des laboratoires, au prix parfois de leur carrière. Ce sont les Indignés du complexe médico-industriel que nous appelons Big Pharma.

Ils ont été les premiers,

  • à mettre en garde contre les dangers des antidépresseurs (David Healy) et des anti-inflammatoires COX-2 (John Abramson),
  • à dégonfler les prétentions thérapeutiques des antidépresseurs (Irving Kirsch) et des médicaments contre la maladie dite d’Alzheimer (Peter Whitehouse),
  • à dénoncer la fausse « pandémie » de grippe H1N1 (Wolfgang Wodarg) ou encore
  • à dénoncer la promotion de nouvelles maladies destinées à faire vendre des médicaments (Iona Heath).

Médecins, anthropologue médical, psychologue, expert en santé publique, ex-directeur de la communication chez Sanofi, journaliste médical, ils sont devenus nos alliés et nous aident ici à prendre la mesure de la crise qui affecte nos systèmes de santé du fait de l’incroyable emprise de l’industrie pharmaceutique sur la médecine. Ce sont des témoins et des guides à la fois.

Aucun savoir médical ou pharmacologique préalable n’est requis pour lire cet ouvrage. Le lecteur qui entrerait au hasard dans le livre peut se reporter à tout moment au glossaire et aux index en fin de volume. Au bout d’un moment, des acronymes tels qu’AMM, ISRS ou HAM-D ne devraient plus avoir aucun mystère pour lui, pas plus que les mots « statines » ou « randomisation ». Il sera devenu un expert, assez du moins pour se faire une opinion informée sur les débats autour des bénéfices et des risques des médicaments. Quant aux experts qui le sont déjà, ils peuvent se reporter aux notes en fin de volume où ils trouveront les sources des informations contenues dans le livre.

Cet ouvrage est dédié à tous les lanceurs d’alerte et journalistes d’investigation qui, bien plus que les professionnels de la santé, ont mis à jour les pratiques douteuses, quand ce n’est pas franchement criminelles, des grandes entreprises pharmaceutiques. Nous devons beaucoup à leur courage.

Référence

[1] Assemblée Nationale, Rapport d’information sur la prescription, la consommation et la fiscalité des médicaments présenté par Mme Catherine Lemorton, 2008, p. 36.

 

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