Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 15:07

 

 

 

huffingtonpost.fr

Jean-François Narbonne

 

Pesticides: la désinformation continue

Publication: 14/01/2013 06h39

 

 

"En matière de {limites maximales de résidus pour les pesticides}, la {Commission européenne} a inventé la machine à diviser par 2 les quantités de pesticides retrouvées dans les aliments! Cela revient à doubler la tolérance par rapport aux résidus de pesticides et à exposer la population européenne à des quantités toujours plus grandes de ces produits toxiques dans leur alimentation, ce qui est un pur scandale", déclarait François Veillerette, porte-parole de Générations Futures, en décembre 2012.

Ou comment transformer une donnée technique en complot des multinationales contre la santé des consommateurs.

 

Les faits :

Dans le passé, chaque pays d'Europe fixait ses propres autorisations d'usage de produits phytosanitaires mais aussi ses propres valeurs limites en résidus (LMR). Ceci entrainait des problèmes pour les échanges commerciaux, certains aliments pouvant être donc conformes dans un pays et non-conformes dans un autre.

Pour assurer la libre circulation des produits alimentaires au sein de l'UE, il y a eu dans un premier temps une harmonisation des teneurs en pesticides dans les aliments, avec la création des limites de résidus de pesticides (LMR). Cependant, ces contrôles de conformité prennent en compte l'incertitude analytique des laboratoires analysant les résidus de pesticides et les différences éventuelles entre les laboratoires. Au sein d'un même laboratoire, cette incertitude est de l'ordre de 20%, et elle peut aller jusqu'à un facteur 3 entre différents laboratoires.

A l'arrivée de nouveaux pays au sein de l'UE, de très grandes différences en qualité d'analyses existaient entre certains laboratoires de l'Europe de l'Est et de l'Ouest. Ceci a été d'ailleurs un vrai sujet de préoccupation pour les résultats des premières compilations de données européennes. En une dizaine d'années, un formidable effort de mise à niveau technique et méthodologique des réseaux de contrôle a été effectué. L'harmonisation européenne dans la fixation des LMR s'est donc accompagnée d'une harmonisation dans le calcul des incertitudes analytiques. Une étude d'inter-comparaison a donc été faite auprès de laboratoires de contrôles des différents pays et a donné comme résultat une incertitude globale de 50% que l'on peut considérer comme un chiffre remarquable résultant des améliorations spectaculaires des performances analytiques pour les récents entrants. Ces performances sont d'autant plus remarquables que les anciennes substances ont été largement abandonnées et que les matières actives les plus récentes sont utilisées à de faibles doses et que les LMRs, dans un but de meilleure protection du consommateur, se rapprochent des seuils de quantifications.

 

Les conséquences :

Ainsi, le facteur d'incertitude utilisé aujourd'hui en France pour établir la conformité des aliments est harmonisé mais augmente évidemment par rapport celui qui était auparavant utilisé à l'intérieur de chaque Etat. En fait comme conséquences, on aura moins de produits déclarés non-conformes (on doit passer de 4% à 1,5%) mais aussi on aura moins de faux positifs ou de faux négatifs, c'est-à-dire des différences de conformité pour un même produit qui franchit une frontière.

Mais contrairement à l'exploitation faite par certaines ONGs, ceci ne change évidemment rien à l'exposition des consommateurs. En premier lieu, les doses utilisées sur le terrain par les agriculteurs ne dépendent pas des LMR mais de problèmes de terrain et surtout de climat. Il n'y a donc pas de signal d'incitation des opérateurs à augmenter les doses de traitement. En termes statistiques, tous les modèles utilisés pour évaluer l'exposition alimentaire montrent que la consommation marginale (moins de 5%) d'aliments très contaminés ne change pas significativement l'exposition du consommateur. Or, ici il ne s'agit pas d'augmentation de contamination mais simplement d'un changement de classement de conformité, le chiffre du dosage restant celui donné par l'analyse.

Enfin le calcul des expositions des consommateurs (tels que ceux publiés récemment par l'Anses dans l'étude EAT2) prend en compte les résultats des dosages et non des classements de conformités. En revanche, les incertitudes liées aux différents paramètres pris en compte participent aux calculs d'hypothèses basses et hautes et donnent donc une fourchette d'exposition. L'assertion d'une « exposition de la population européenne à des quantités toujours plus grandes de ces produits toxiques dans l'alimentation » est donc une pure fiction et on peut remettre en cause le sérieux des journalistes qui relaient une telle information. Il faut rappeler que la quantité de pesticides utilisée n'est pas liée à une volonté démoniaque des agriculteurs manipulés par le grand capital mais à des choix agricoles productivistes soutenus par tous les ministres de l'Agriculture depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. Les usages ont d'ailleurs tendance à diminuer vu le prix élevé des nouvelles substances actives utilisées. Les fluctuations annuelles souvent constatées et faussement rapportées par notre ministre actuel comme contraires au plan « Ecophyto » sont simplement dues aux variations climatiques, un printemps sec comme en 2008 entraînant une diminution d'utilisation, au contraire des printemps humides comme en 2011 et 2012, qui ont entraîné une augmentation des usages (cette année, l'attaque du mildiou dans les vignes a été catastrophique).

La seule solution pour réduire les usages et la pollution due aux pesticides est de changer profondément les modes de production agricole, chose tout à fait possible comme l'ont démontré les résultats d'une étude de l'Inra sur 12 ans et basée sur des rotations de culture optimisées. Les associations qui militent justement pour la diminution d'usage des pesticides feraient mieux de valoriser ces résultats de vraies études scientifiques que de monter des scénarios catastrophes artificiels.

 

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Alertes- Ce que vous devriez savoir
commenter cet article
22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 15:00

 

fukushima-diary.com

Posted by Mochizuki on October 21st, 2013

 

 

La centrale de Fukushima s’effondre et s’enfonce à cause du dernier typhon / Aucun communiqué

 

Article lié : La radioactivité β des eaux souterraines multipliée par 6 557 après le passage du typhon : 400 000 000 Bq/m³ – record absolu

Deux travailleurs de Fukushima ont déclaré sur Twitter que le typhon “WIPHA” a provoqué un glissement de terrain dans la centrale de Fukushima.
La pente est en face de la rue principale et la terre et le sable ont bloqué le passage par cette rue. Il y a eu également une partie qui a fait subsidence (effondrement vertical de tout un terrain).

Ces travailleurs sont surpris parce qu’il n’y a eu aucun communiqué de presse de Tepco dessus.

Un travailleur ajoute qu’il y a d’autres pentes dans la centrale et qu’elles peuvent parfaitement s’effondrer durant le prochain typhon qui frappera l’Est du Japon ce week-end. (cf. Le typhon suivant frappera l’Est japonais ce week-end / encore un “très fort”)

https://twitter.com/Happy11311/status/391573832160403456
https://twitter.com/Happy11311/status/391577467770511360

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Fukushima
commenter cet article
22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 14:49

 

rue89.com

22/10/2013 à 13H0

 

Allons-nous manger du bœuf aux hormones sans le savoir ?

 

Question posée le 22/10/2013 à 12h52 par Mathieu Deslandes

La réponse de Camille Polloni

 

 

 

 

José Bové s’inquiète. Invité de Jean-Jacques Bourdin sur RMC ce mardi, le Don Quichotte de la « malbouffe » revient sur les accords de libre-échange transatlantique – en cours de négociation entre les Etats-Unis et l’Union européenne, conclus vendredi avec le Canada – et surtout sur leurs conséquences en terme de sécurité alimentaire.

« Le problème, c’est que personne n’a vu le texte, le gouvernement ne l’a pas vu. Dans ce texte, la question des importations de bœuf qui pourraient être hormonés risque d’être un problème.

On a eu les grands chapitres : il y a aura deux types de bœuf importé, le bœuf “de qualité”, et le bœuf “standard” : c’est du bœuf aux hormones ! »

Une guerre commerciale qui dure depuis 1988

Pour comprendre de quoi parle José Bové, il faut rappeler le contexte. Depuis 1988, l’UE soumet le bœuf canadien et américain à des restrictions sur son territoire, pour des raisons de santé publique : l’élevage dans ces deux pays utilise des hormones de croissance interdites en Europe.

En guise de représailles, le Canada et les Etats-Unis sanctionnent des produits européens. Ce conflit commercial dure depuis 25 ans.

Côté européen, la seule viande de bœuf canadienne et américaine tolérée, c’est la viande « haute qualité », c’est-à-dire avec une traçabilité suffisante pour garantir au consommateur qu’elle est sans hormones.

Des négociations permettent d’augmenter épisodiquement les quotas de viande « haute qualité » acceptés en Europe. En échange, le Canada et les Etats-Unis allègent les sanctions sur les produits européens. En mars 2011 par exemple, la Commission européenne et le Canada étaient arrivés à un accord de ce type. Même chose entre les Etats-Unis et l’UE en 2012.

15 000 tonnes de bœuf congelé, 31 000 tonnes de bœuf frais

Pour ses partisans, le traité Canada-UE négocié depuis quatre ans permettrait d’accroître de 20% les échanges commerciaux entre les deux zones. Au terme de quatre ans de négociations, le texte prévoit notamment l’abaissement des droits de douane sur un ensemble de services, de produits manufacturés et agricoles.

« Au final, Ottawa a accepté de doubler le quota de fromage européen admis sans droits tarifaires, en échange d’un plus grand accès au marché européen pour les producteurs de bœuf canadiens. »

En vertu de cet accord, l’UE « importera sans droits tarifaires 15 000 tonnes de bœuf congelé et près de 31 000 tonnes de bœuf frais ».

 


La vache qui lit ou « ZH Dominicow », sculpture de Rodrigo Oliveira, « Cow Parade », Porto Alegre (Brésil), 2010 (Alexandre Pereira/Flickr/CC)

 

Mais cet accord risque-t-il de remettre en cause un équilibre trouvé tant bien que mal, en permettant l’arrivée de bœuf aux hormones sur le marché européen ? José Bové n’est pas le seul à le penser. Le député européen UMP Michel Dantin menace de ne pas voter l’accord et déclare, dans une interview au Figaro :

« J’attends de voir les termes exacts de cet accord et notamment ses clauses sanitaires. S’il ne respecte pas les conditions d’élevage européennes et les règles sanitaires comme certains députés le soulignent déjà, nous mettrons tout mettre en œuvre pour ne pas voter cet accord. Je rappelle que les hormones de croissance sont interdites pour l’élevage en Europe car elles représentent un danger pour la santé du consommateur. »

« C’est hors de question et nous sommes tous d’accord »

Ce qui est perturbant, c’est que pas plus Michel Dantin que José Bové n’ont pu lire le texte intégral de l’accord. Prévoit-il vraiment l’importation de viande hormonée en Europe ou est-ce une crainte des éleveurs ? Attac a aussi fait part publiquement de ses inquiétudes.

D’après les éléments les plus précis parus dans la presse française et canadienne, il n’est pourtant pas prévu de déroger à la règle en vigueur depuis 25 ans. Si Nicole Bricq, la ministre du Commerce française, s’est montrée réservée sur l’accord par crainte d’une concurrence accrue imposée aux éleveurs européens déjà en difficulté, elle a aussi apporté un démenti catégorique à José Bové :

« L’importation de bœuf aux hormones n’est pas dans la négociation. C’est hors de question et nous sommes tous d’accord au niveau européen. »

Elle défend la même ligne en ce qui concerne les Etats-Unis.

« Le Canada a accepté les normes européennes »

Un poids lourd de l’élevage européen confirme auprès du journal québecois Le Devoir :

« Parmi les aspects positifs de l’accord-cadre, Pekka Pesonen [secrétaire général de Copa-Cogeca qui regroupe 38 000 coopératives et 13 millions de producteurs européens] note tout de même que le Canada a accepté les normes européennes interdisant l’utilisation de certaines hormones de croissance. »

L’Association européenne des éleveurs, elle aussi, a admis que « le Canada a fait deux concessions importantes dans le secteur agricole, en acceptant de respecter plus de 140 appellations contrôlées, et en ajustant ses conditions d’élevage aux normes européennes ». D’après La Presse, « la viande canadienne vendue en Europe sera exempte d’hormones de croissance ».

Le journal chiffre même cet effort à « 15% des coûts » supplémentaires pour les producteurs. D’autres estiment ce surcoût entre 25 et 50 dollars canadiens par tête de bétail. Mais au final, les éleveurs canadiens considèrent qu’avec l’augmentation des quotas, l’opération sera rentable.

L’accord, qui doit être finalisé, validé par le Parlement européen et ratifié par les Etats-membres de l’UE, n’entrera pas en vigueur avant 2015.

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Alertes- Ce que vous devriez savoir
commenter cet article
22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 14:36

 

 

l'humanite.fr

Monde - le 27 Août 2013

Enquête

 

Accord de libre-échange: l'UE et le Canada signent un vrai cheval de troie

 

Le Canada et l'UE négocie un accord de libre-échange dans le plus grand secret.

 

L’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada, négocié depuis 2008, a été signé entre le Premier ministre canadien et Stephen Harper, et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. S'il a fait très peu de vagues en Europe, c'est un véritable cheval de troie préfigurant le partenariat avec les États-Unis. Au Canada à l'inverse, la résistance à la doctrine néolibérale s’est activée contre ce traité. Un exemple à suivre pour les Européens, car l’accord UE-USA n’en sera qu’une copie.

Nous republions ici notre décryptage de cet accord publié fin août:

Dans le plus grand secret, l’Union européenne et le Canada négocient un traité de libre-échange depuis 2008, l’Accord économique et commercial global (AECG, CETA en anglais, pour Comprehensive Economic and Trade Agreement). Le Canada réclame un accord avec l’UE, deuxième partenaire économique du Canada, depuis 2004. La signature était prévue pour fin 2011 mais les négociations ont pris du retard et les plus optimistes parlent maintenant de fin 2013.

« Indifférence générale »

Car depuis l’ouverture des discussions sur un accord de libre-échange avec les États-Unis d’Amérique (TAFTA, pour Transatlantic Free Trade Area, qui devrait voir le jour en 2015), l’UE traîne des pieds dans le dossier canadien. Le Canada n’est que le 12e partenaire économique de l’Union, ne représentant que 1,8 % des échanges commerciaux totaux, loin derrière Oncle Sam et ses 14 %. Une puissance commerciale de seconde zone donc pour l’Union européenne, qui toutefois teste pour la première fois son pouvoir de négociation avec un pays du G7. En effet, depuis l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne en 2009, les accords de libre-échange sont conclus directement au niveau européen, par la Commission européenne, et l’AECG devrait être le premier partenariat signé.

Le premier mais pas le seul, car l’Union européenne noue des accords de libre-échange à la pelle : outre les USA, l’Union négocie sec avec l’Inde et la Corée du Sud. De quoi faire oublier le Canada. « Nous sommes moins importants au commerce européen que l’Inde ou la Corée du Sud. Et notre pays ne compte que 34 millions d’habitants, bien moins que les USA, qui seront un négociateur beaucoup plus coriace lors des discussions. », admet Stuart Trew, responsable du commerce au Conseil des Canadiens, une organisation militante canadienne créée en 1985 pour s’opposer à l’accord de libre-échange nord-américain (ALENA). « C’est vrai que ce traité est négocié dans l’indifférence générale », déplore Marie-Christine Vergiat, eurodéputée Front de gauche. « Et le silence le plus total de la Commission européenne n’aide pas à sa médiatisation. »

Résistance canadienne

Si l’accord passe quelque peu inaperçu en Europe, il n’en va pas de même au Canada où militants de gauche, syndicats et ONG organisent la résistance contre le néolibéralisme. Pour Stuart Trew, « Les trente dernières années ont assez prouvé que le libre-échange enrichit les riches et appauvrit les pauvres, menace la santé publique et la défense de l’environnement et encourage à toujours plus de privatisations. »

À la demande du Canada, les négociations ont eu lieu sous le régime dit de la liste négative : tout service public qui n’est pas exclu nommément de l’accord est considéré comme automatiquement inclus, même s’il n’existait pas au moment de la signature. Une aberration pour Judith Kirton-Darling : « Pour nous, les services publics viennent du choix d’un peuple de ce qu’il veut mettre dedans, maintenant ou dans le futur. » La jeune femme est secrétaire générale de la Confédération européenne des syndicats (CES), une organisation dont sont membres les principaux syndicats français. « Sur le principe, nous ne sommes pas opposés à un accord de libre-échange, mais nous souhaitons qu’il soit « gold standard », de la meilleure qualité possible. Il doit protéger le droit du travail, l’environnement et les services publics. », détaille-t-elle.

Outre-Atlantique, les propos sont plus virulents : « Avec cet accord, les grandes multinationales européennes auront accès aux marchés publics canadiens, ce à quoi nous nous opposons totalement. », explique Claude Vaillancourt, président d’Attac-Québec. L’association a contribué à créer le Réseau québécois sur l’intégration continentale (RQIC), qui rassemble syndicats et associations québécoises contre l’AECG. « Par exemple, l’eau est une ressource publique au Canada. On craint qu’avec l’accord, des multinationales type Veolia débarquent. Regardez en Europe, les tarifs ont explosé quand les services de distribution ont été privatisés. »

Traité international, réforme intérieure

Puisqu’au Canada les services publics, ainsi que l’exploitation des ressources naturelles, relèvent de la compétence des provinces, les Canadiens craignent que le traité n’entraîne une perte d’autonomie. Ce sont les provinces qui gèrent les monopoles de service public, comme Hydro-Québec, l’équivalent québécois d’EDF, avant la libéralisation du secteur. « Tous les monopoles du monde entier agacent ceux qui négocient des accords de libre-échange », confesse Pierre-Marc Johnson, ancien Premier ministre du Québec, lors d’une audition devant le Parlement québécois en 2010.

« Du point de vue du Canada, l’AECG relève plus de la réforme intérieure que du commerce. », explique Stuart Trew. Un avis partagé par la Commission européenne qui se félicite des concessions canadiennes. Ainsi, dans une note d’octobre 2012, elle note que : « L’offre canadienne d’accès aux marchés publics est la plus complète et ambitieuse jamais faite par le Canada et ses provinces à un partenaire commercial, y compris les États-Unis. L’offre dépasse même les accords mutuels entre les différentes provinces canadiennes. De cette façon, l’AECG ouvre la voie à une importante réforme intra-canadienne. »

Les entreprises contre la société

Si l’AECG entraînera une privatisation à tout va, il conduira aussi à une possible contestation des lois sociales et environnementales, à cause de la mise en place de mécanismes d’arbitrage investisseur-État (ISDS en anglais, pour Investor-State Dispute Settlement). « Ces mécanismes sont notre plus grande crainte », admet Judith Kirton-Darling. Sous leur nom barbare, ces mécanismes d’arbitrage, hérités de l’accord de libre-échange entre le Canada, les USA et le Mexique (ALENA), permettent à une entreprise privée de poursuivre, devant un tribunal spécial, un gouvernement étranger si une réglementation la prive de profits anticipés. « L’AECG est le premier accord négocié par l’UE où un mécanisme d’arbitrage investisseur-État est intégré. », rappelle la syndicaliste.

Une nouveauté pour l’UE mais pas pour le Canada, déjà confronté depuis de nombreuses années à ce système. À cause des nombreuses lois de protection de l’environnement que le pays a votées, le Canada a été poursuivi 28 fois par des entreprises privées, entre 1994 et 2011, pour un total de cinq milliards de dollars (3,7 milliards d’euros). Dernier exemple en date, le Québec a récemment interdit la fracturation hydraulique, utilisée pour extraire le gaz de schiste. La société canadienne d’exploitation de gaz de schiste Lone Pine Resources, grâce à une filiale aux USA, menace de poursuivre le gouvernement du Québec et lui réclame 250 millions de dollars canadiens (environ 180 millions d’euros) pour profits non-réalisés.

Une plaie pour les citoyens. Selon Claude Vaillancourt, « Les tribunaux spéciaux sont coûteux, antidémocratiques et penchent souvent en faveur des entreprises. Les nombreux exemples issus de l’ALENA en attestent. » Un avis partagé par Judith Kirton-Darling : « Le Canada et l’UE ont les systèmes juridiques parmi les plus développés du monde, il n’y a aucun besoin de ces arbitrages supplémentaires. »

Le Parlement européen, par la voie de sa résolution du 8 juin 2011, s’oppose à la mise en place de ces arbitrages. Et le groupe d’experts mandaté par la Commission européenne pour étudier l’impact de l’accord est lui aussi sceptique. Dans son rapport adressé à la Commission, rendu en juin 2011, il stipule que « l’intégration des mécanismes d’arbitrages investisseur-État dans l’AECG aura un effet bénéfique réduit, tant au niveau économique que social et environnemental. » Mais la Commission européenne et les lobbies économiques ne sont pas près de lâcher le morceau. 

Gentil Canada contre Europe libérale ?

Surtout que l’accord offre plus de libéralisation pour un gain économique au final assez faible. En 2011, le groupe d’experts mandatés par la Commission européenne a évalué ce profit à quatre milliards de dollars en moyenne, tant pour l’Union que pour le Canada, soit une hausse respective du PIB de 0,025 % et 0,27 %.

Originellement, la signature aurait dû avoir lieu fin 2011, mais elle a été maintes fois repoussée depuis. Principale pierre d’achoppement, les quotas d’importation dans l’agriculture. « L’accord permettra aux Canadiens d’exporter leurs bœufs aux hormones, dont se méfient les Européens, et aux Européens d’exporter leurs fromages, qui menacent la multitude de fromageries locales au Canada. », expose Claude Vaillancourt.

Avec une population quinze fois inférieure et un PIB égal au douzième de celui de l’UE, le Canada paraît en position de faiblesse dans ces négociations. D’ailleurs la Commission européenne note qu’« un point clé est que la liste des intérêts que l’Europe a à gagner avec ce traité est beaucoup plus longue que celle du Canada. » « Je ne vois pas bien l’intérêt du Canada dans cette affaire. », renchérit Marie-Christine Vergiat. Les seuls gains pour le Canada seraient une ouverture du marché du bœuf, de certains éléments d’automobile et peut-être du poisson.

TAFTA, récidive de l’AECG 

Un constat que ne partage pas Claude Vaillancourt : « Dans les négociations de libre-échange, c’est souvent le pays le plus néolibéral, en l’occurrence le Canada, qui impose son point de vue, car c’est lui qui pousse le libre-échange le plus loin. C’est le Canada qui a réclamé l’instauration des mécanismes d’arbitrage, c’est le Canada qui a forcé l’UE à avoir recours à la liste négative. Dans les deux cas, l’UE a fini par accepter. » Au détriment des populations, tant canadienne qu’européenne.

Surtout que l’Union européenne joue plus qu’un accord entre deux zones économiques. « Quand l’UE signera l’AECG, cela bloquera sa position pour les accords futurs. », explique Judith Kirton-Darling. En clair, les prochains pays qui négocieront avec l’UE, en particulier les USA, « réclameront les mêmes avantages que le Canada », annonce Claude Vaillancourt. Pour Marie-Christine Vergiat, les Européens devraient s’élever contre l’AECG : « C’est sûr, on mobilise davantage avec les USA, parce qu’ils font plus peur. Mais les dangers sont aussi importants avec le Canada. »

La hausse du prix des médicaments, symbole de la lutte

Ces derniers mois, au Canada, une partie de la campagne anti-AECG s’est portée sur les médicaments. Un médicament sur deux vendus au Canada est un générique. Là-bas, les données d’un médicament sont actuellement protégées durant six ans, pendant lesquels toute recherche d’un médicament générique est impossible. Les laboratoires pharmaceutiques disposent en outre d’une exclusivité de marché pendant deux années supplémentaires, portant à huit ans le temps minimum entre la commercialisation d’un médicament breveté et celle de son générique.
L’Union européenne voudrait augmenter cette durée à huit ans plus deux ans d’exclusivité, soit 10 ans au total, retardant l’arrivée des génériques et obligeant les Canadiens à se tourner vers les médicaments brevetés, plus chers. Un allongement de durée soutenu par les labos européens, qui ne veulent surtout pas perdre une énorme manne financière : chaque année, l’UE vend pour quatre milliards d’euros de produits pharmaceutiques au Canada, soit 12 % de ses exportations vers ce pays. Selon Stuart Trew, cet allongement coûterait aux Canadiens près de trois milliards de dollars canadiens par an (2,2 milliards d’euros).

L'AECG, resucée d'ACTA
En France, une des rares organisations à maintenir la pression est La Quadrature du Net. En analysant un document de travail qui a fuité sur Internet, La Quadrature a découvert que plusieurs mesures de l’AECG concernant les droits de propriété intellectuelle (DPI) sont un copié-collé de celles de feu l’accord anti-contrefaçon ACTA, rejeté par le Parlement européen en juillet 2012. De son côté, la Commission européenne assure que le document est une ancienne version de l’accord, datant de février 2012. « Comme tant l'UE que le Canada étaient alors engagés dans le processus de ratification d'ACTA, il n'est pas étonnant que certaines dispositions de cette version contenaient des formulations qui se trouvaient aussi dans ACTA », déclare ainsi Karel De Gucht, le commissaire européen au Commerce, dans une réponse écrite au Parlement européen, en août 2012. Il précise par la suite que « le chapitre de l’AECG sur les DPI est en cours de révision pour tenir compte de la position exprimée par le Parlement européen sur ACTA. »
Mais la Commission peine à faire passer le message que CETA n’est pas ACTA, allant jusqu’à publier en février 2013 une mise au point… tout en justifiant certaines mesures anti-copyright. Les défenseurs des libertés sur Internet ont de quoi être inquiets, car Karel De Gucht est un vigoureux promoteur d’ACTA. En juillet 2012, la veille du vote devant le Parlement, il déclarait : « Ma position, en tant qu’ardent défenseur des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, est qu’il n’y a rien à craindre d’ACTA. » En voilà un que l'hypocrisie n'étouffe pas.

 

  • Lire aussi : 

Exclusif. Humanite.fr publie les bases de travail pour l'accord de libre-échange transatlantique

L'exception culturelle, la pillule pour faire passer l'accord de libre-échange Europe-États-Unis

Accords de libre-échange UE/USA : les lobbies n'ont pas à décider de notre avenir (Solidaires)

Benjamin Bultel

 

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 18:14

 

 

lemonde.fr

Italie : la place Pia de Rome occupée par des manifestants

Le Monde.fr avec AFP | 21.10.2013 à 03h08 • Mis à jour le 21.10.2013 à 08h47

 
 

 

Des manifestants ont dressé leur camp sur la place Pia de Rome samedi 19 octobre.

 

Des centaines de personnes ont annoncé, dimanche 20 octobre, qu'elles continueraient à camper sur la place Pia, dans le centre de Rome, pour protester contre l'austérité, les expulsions, et pour réclamer des logements moins chers. Une rencontre est prévue mardi entre le ministre des infrastructures et des transports, Maurizio Lupi, et une délégation de manifestants afin de débattre des revendications de ces derniers.

"Nous laisserons les tentes en place jusqu'à notre rencontre avec M. Lupi, mardi, lorsque nous organiserons une autre manifestation pour faire entendre notre voix", a déclaré Luca Fagiano, un représentant des organisateurs de la manifestation.

"Reprenons la ville", peut-on lire sur une bannière plantée dans le camp qui bloque une artère importante de Rome. Une autre bannière proclame : "Stop aux expulsions et aux saisies". "Le camp n'est pas un point d'arrivée, mais le départ de la révolte", affirme un slogan sur le site Web des organisateurs de la manifestation, la Coordination citoyenne de lutte pour le logement.

Lire aussi : "Mobilisations contre l'austérité en Italie et au Portugal"

 

 SEIZE PERSONNES ARRÊTÉES SAMEDI

Des dizaines de milliers de personnes avaient manifesté samedi pacifiquement dans la capitale italienne, afin d'attirer l'attention sur le coût social de la crise économique. Quelques manifestants ont ensuite monté des tentes.

Des heurts ont opposé des manifestants à la police autour du ministère des finances, samedi, et le ministre de l'intérieur, Angelino Alfano, a annoncé l'arrestation de seize personnes et l'expulsion du pays de cinq militants français.

L'Italie s'efforce de sortir de deux ans de récession qui ont fait croître le chômage, notamment des jeunes. Le Parlement italien a commencé l'examen du budget pour l'an prochain, qui comporte de nouvelles coupes sociales. Selon les derniers chiffres publiés, le chômage en Italie a atteint 12,2 % de la population active en août. Il s'agit du taux le plus élevé depuis la création des statistiques du chômage, tant mensuelles (2004) que trimestrielles (1977).

Lire (édition abonnés) : "L'Italie s'enfonce dans la récession"

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Italie
commenter cet article
21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 17:31

 

 

reporterre.net

L’autoroute A65 au bord de la faillite : on avait prévenu, ça arrive !

Julien Milanesi

lundi 21 octobre 2013

 

 

 

 

Les écologistes l’avaient dit et redit : l’autoroute A 65, qui a ravagé des zones humides entre Pau et Langon, en Aquitaine, ne serait pas rentable. La prédiction se réalise, et la société exploitante perd massivement de l’argent. Et comme il était annoncé, ce sont les contribuables qui vont finir par payer la note de ce gâchis écologique.

 


 

Les associations l’avaient dit et redit, et ce plusieurs années avant que ne soit coupé le premier arbre, la construction de l’autoroute A65 entre Langon et Pau est fondée sur des prévisions de trafic irréalistes qui ne peuvent qu’aboutir à la faillite d’Aliénor, la société concessionnaire, et à la récupération de la dette (environ 900 millions d’euros) par la collectivité.

Depuis l’inauguration de l’équipement, en décembre 2010, les faits parlent et le fiasco se dessine : Aliénor, qui vient de publier ses comptes, enregistre un résultat net négatif de 35,1 millions d’euros en 2012 (après -34,6 millions d’euros en 2011) soit 91,6% de son chiffre d’affaire (si si, vous avez bien lu).

Selon l’analyse financière produite par Patrick Dufau de La Mothe [1], à ce rythme, la société sera en situation de faillite dans le courant 2014, ce qui nécessitera une recapitalisation par les actionnaires (Eiffage et la SANEF) ou bien, s’ils ne veulent pas, l’activation de la clause de déchéance prévue contractuellement et faisant retomber la dette sur l’Etat, la Région Aquitaine et les départements de Gironde, des Landes et des Pyrénées Atlantiques.

Durant les années où elles combattaient ce projet absurde, les associations n’ont eu de cesse d’avertir quant à ce risque financier, ne suscitant que l’indifférence des médias locaux et le mépris des élus. Les premiers n’ont pas fait leur travail, les seconds ont menti.

Nous savons de source interne à la rédaction que durant les années de débats et controverses sur l’autoroute, aucun journaliste de Sud-Ouest (qui détient localement le monopole de la presse écrite) n’a eu pour mission de travailler en profondeur le dossier financier de ce projet. [2] S’il y en avait eu un, il aurait pu (dû) réclamer avec les associations la transparence sur ce projet, et notamment la publication de l’analyse financière prévisionnelle permettant de juger de la rentabilité de l’infrastructure.

Car, il faut le vivre pour le croire, alors que toutes les analyses de l’Etat faites en amont concluaient à la non rentabilité du projet, le seul document disant le contraire, celui rédigé par le concessionnaire, n’a jamais été rendu public (ce qui est pourtant une obligation légale), ni à nous, associations, ni aux élus locaux engageant par leur vote du contrat de concession la solidarité de leur collectivité avec le projet. Nos recours auprès de la Commission d’Accès au Documents Administratifs n’y ont rien fait, pas plus que ceux auprès du Conseil d’Etat, qui dans un attendu qui ne laisse de surprendre jugeait en 2008 que :

« il ressort de l’examen des pièces du dossier que le Conseil Régional d’Aquitaine a délibéré sur le projet de convention relative au financement des concours publics pour la réalisation de l’Autoroute A65 au vu d’un rapport qui comportait l’ensemble des éléments d’appréciation utiles, en particulier sur la clause de déchéance du concessionnaire ; qu’ainsi les requérants ne sont fondés à soutenir ni que le conseil régional d’Aquitaine se serait prononcé sur le fondement d’informations insuffisantes et incomplètes, en violation des dispositions précitées, ni qu’il aurait de ce fait méconnu ses compétences ».

Le rapport de Patrick Dufau de La Mothe confirme aujourd’hui que cet arrêt de la plus haute juridiction administrative du pays était, au mieux, du travail bâclé. Nous y apprenons en effet que le conseil régional d’Aquitaine « a demandé une première fois en 2011 à Nathalie Kosciusko Morizet, puis une deuxième fois en 2012 à Frédéric Cuvillier, en leur qualité de ministre des transports, les documents contractuels, les comptes prévisionnels initiaux, comme ceux issus de l’avenant N°1 qui prolonge la concession de 5 ans. Elle n’a rien reçu… ! »

Les élus régionaux aquitains ont donc bien voté en 2006 sans être informés sur les risques qu’ils faisaient prendre à leur collectivité. Les présidents et vice-présidents de cet exécutif, ainsi que ceux des conseils généraux concernés, ont pourtant toujours certifié avoir connaissance de ces éléments. A l’irresponsabilité sous-jacente à cette décision, que nous pressentions, s’ajoute donc maintenant la preuve du mensonge.

Sur le sujet, vous pouvez soutenir le film "L’intérêt général et moi", en cours de production.

 


 

Notes

[1] L’expert comptable qui avait produit l’analyse financière des associations en 2008, aujourd’hui conseiller régional Europe Ecologie de la région Aquitaine,

[2] Les seuls à avoir fait ce travail d’investigation sont des journalistes du Monde (Hervé Kempf, "Pau-Langon, Chère liaison", 12 avril 2008), de France 2 et de Canal +, soit aucune rédaction locale.

 



 

Source : Le blog de Julien Milanesi

Photo : Pau circulation

Lire aussi : L’autoroute A 65 Pau-Langon toujours aussi vide et inutile

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 17:25

 

reporterre.net

 

A Nantes, championne du "greenwashing", le banquet écolo a été vampirisé par une multinationale

Nicolas de La Casinière (Reporterre)

lundi 21 octobre 2013

 

 

 

 

Un grand banquet gratuit à base de légumes de récupération, pour lutter contre le gaspillage et montrer qu’on est écolos : Nantes, qui se proclame "ville verte", avait mis les petits plats dans les grands. Sauf que la multinationale Sodexo a assuré la logistique de l’opération, qui a coûté près de 60 000 euros...

 


 

- Nantes, correspondance

Le 25 septembre à Nantes, quelque 7500 convives ont pu dîner gratis d’un curry de légumes de récupération, pour célébrer le dixième Sommet mondial de la ville durable, Ecocity, tout en luttant contre le gaspillage alimentaire. Le but était surtout pédagogique, démontrant en actes que le gâchis de nourriture peut trouver des parades collectives, à grande échelle. Il s’agissait aussi de faire bouger les mentalités, d’interpeller les élus, les entreprises, la grande distribution voire à terme de faire bouger la législation.

« Avec 1,3 tonne servie, on a servi 6 000 repas. Un événement spectaculaire, et une performance qui a nourri 2 % de la population de Nantes, ce qui en fait le record d’un monde. Faire œuvrer ensemble le monde associatif et celui de l’entreprise, deux mondes qui se côtoient peu, c’est comme faire une vinaigrette, huile et vinaigre. Sans moyens industriels, financiers, législatifs, les associations tambourinent, mais pas plus. Il faut dépasser les postures stériles de défiance et d’opposition de principe, qui séparent entre gens foncièrement mauvais et d’autres foncièrement idéalistes », dit Julien Dossier, coordinateur du grand repas nantais, consultant en « green business », prof à HEC (école des Hautes études commerciales) et à l’école des Mines.

 

Bonne humeur et bonne conscience -

 

Huile et vinaigre peut-être mais l’émulsion a-t-elle vraiment pris ? Associer une multinationale a une soirée événementielle prônant l’éco-responsabilité collective, est-ce possible ?

La présence massive de la multinationale de la restauration collective, Sodexo, a fait tousser quelques associations qui ont préféré jeter l’éponge en cours de route, avant le jour J de ce « Banquet des 5000 ». Les membres de Nantes en transition, et d’ADDA (Aujourd’hui restaurons demain) ont considéré que le budget était démesuré et que la présence de Sodexo contredisait l’esprit de ce repas de légumes invendables, tordus, hors des normes ou en rebut des circuits marchands. « On a été manipulé, broyé par une grosse opération de com. On a préféré ne pas participer à ça », note, amer, un membre d’une de ces associations.

 

"Notre visibilité est contrainte"

Soupirs chez Sodexo : « C’est vrai, on a senti une froideur de la part de certaines associations. C’est dommage mais ça ne nous a pas empêché de faire cette belle manifestation, confie Mathilde Loing, directrice de la campagne Stop hunger Europe [Stopper la faim en Europe] au sein du groupe. Pour nous, l’esprit de ces collaborations hybrides, ce n’est pas d’un côté les associations, les gentils, et de l’autre les entreprises qui seraient les méchants... ». Sodexo regrette aussi de ne pas avoir pu faire apparaître publiquement son appui : « Ce qui nous intéresse, ce n’est pas tant l’utilisation de légumes glanés, qui ne ressemble évidemment pas à nos pratiques, que la mobilisation responsable contre le gaspillage, faite d’une manière non culpabilisante. Sur ces événements, notre visibilité est assez contrainte. On met plus en avant les ONG. C’est dommage mais c’est comme ça. Sans doute la crainte du greenwashing, mais ce n’est pas du tout notre esprit. Reste qu’on peut communiquer en interne à nos clients, nos salariés... ».

 

 

Sur quoi se base cet ostracisme subi par l’entreprise ? Ce n’est pas une question à laquelle on répond, chez Sodexo, d’autant que le groupe s’est associé dès le premier de ces « banquets des 5000 » à Trafalgar Square en 2009, où Sodexo retient que « la visibilité » de sa marque était alors « admise ».

 

Logo exclu par contrat

Associée à Tristam Stuart, initiateur des banquets des 5000 dans le monde, Maude Frachon, de l’association Disco Soupe, tempère : « A Trafalgar Square, Sodexo a pris l’organisation au dépourvu en arrivant avec casquettes et T Shirt siglés. Pour Tristam Stuart comme pour nous, il est hors de question de recevoir des fonds privés. Je me suis battue, avec Tristam Stuart, pour que le banquet des 5000 ne soit pas financé par Sodexo, qui a finalement fait son don à Ecocity. Un contrat a même été signé entre Ecocity et Sodexo pour que l’argent qu’on doit recevoir d’Ecocity provienne explicitement de la part de fonds publics, pas de l’apport de Sodexo. Sinon, on aurait annulé. Sodexo voulait son logo sur la tenue des bénévoles, mais c’est l’équipe d’Ecocity qui n’a pas compris notre exigence de "no logo " ». 

Sodexo a donc donné à Ecocity, qui a financé le Banquet des 5000. Les apparences sont donc sauves. Mais la réalité est là : la multinationale, en compagnie des fonds de la municipalité, a financé cette opération "écologique"...

 

"Mécénat de compétences"

Combien Sodexo a-t-elle donné pour le Banquet des 5000 à Nantes ? « Ce n’est pas un sujet intéressant », rétorque Mathilde Loing. En revanche aucun problème pour indiquer que la compagnie a mobilisé un « mécénat de compétences », soit une vingtaine de cadres, et a donné et prêté une vingtaine de louches, autant de cuillères de service, deux pelles à mélanger, 6 000 assiettes et 6 000 couverts jetables garantis biodégradables, des lots de tabliers, charlottes et gants pour 150 marmitons bénévoles. « L’apport de matériel Sodexo n’a pas été à la hauteur de la liste qu’on leur a fournie. On a du compléter en faisant appel à un loueur », reprécise Maude Frachon. Pendant deux jours, le site d’Ecocity a associé le logo Sodexo aux associations investies dans l’organisation de ce grand repas gratuit. La colère des associations a fait supprimer le logo qui fâchait.

L’initiative du repas gratuit est portée par l’Anglais Tristam Stuart, figure mondiale de la lutte contre le gâchis alimentaire, créateur des « banquets des 5000 » et consultant indépendant. Il travaille pour les gouvernements, les collectivités, est mandaté par la Commission européenne pour organiser des banquets aux quatre coins de l’Europe. Pour sa prestation à Nantes, la présence de son équipe a d’abord été annoncée aux associations locales à hauteur de 10 000 euros. « C’est en fait 6 000 euros. Mais nous n’avons encore rien reçu, répond Tristam Stuart à Reporterre. Et pas un seul euro ne va dans ma poche. Je suis bénévole sur ces organisations. Je ne reçois personnellement rien et n’ai jamais rien perçu pour les banquets des 5000. Je facture les institutions et les entreprises pour faire des interventions et divers travaux, ce qui me permet de travailler le reste du temps gratuitement ».

 


Image générique de Tristam Stuart qui sert pour chaque banquet

 

Du côté de Nantes Métropole, la personne chargée d’Ecocity n’a pas souhaité répondre aux questions de Reporterre.

Un document préparatoire au dîner gratuit estime que « le budget sera valorisé à 60 k€, qui se répartissent environ à 40 k€ en monétaire et 20 k€ en nature. Sodexo sera partenaire d’Ecocity qui utilisera une partie du financement pour le banquet (...) Un accord de "discrétion" existe entre Sodexo et Tristam Stuart, c’est pourquoi leur visibilité sur l’évènement sera très mesurée. L’échange se faisant aussi sur Ecocity. Il faut préciser à ce stade que Sodexo se lance dans une stratégie de diversification avec notamment l’offre de service à la ville, d’où son intérêt pour Ecocity. »
 
Selon Julien Dossier, cheville ouvrière de l’opération, le budget opérationnel a réellement été de 30 000 euros. « Et c’est un budget de sobriété. Il y a quelques coûts incontournables, l’installation d’une cuisine, la sécurité, le nettoyage, les affiches et les tracts, des associatifs qui se sont libérés, se sont dédiés à temps plein à l’organisation, du gaz à consommer pour la cuisson, et le chef qui vient de Londres avec un camion et du carburant. Autant de dépenses qui ne se troquent pas ».

« Ça fait un mois que je dois m’expliquer. Ça m’épuise. Personnellement, je ne reproduirai pas ce genre d’opération avec un grand groupe industriel », dit Maude Frachon.

 


 

Hypocrisie, pour le collectif des glaneurs

Le banquet public gratuit en ouverture du colloque Ecocity n’a pas fait que des ravis. Un collectif des glaneurs et glaneuses est intervenu le soir même en brandissant des banderoles dénonçant « Nantes capitale de l’hypocrisie », et clamant que « La récup’ n’est ni un dîner de gala, ni une source de profits ». Une pancarte soulignait : « La récup’ ? de l’art pour les bobos un délit au quotidien ». Au micro, une femme a dénoncé cette mise en scène spectaculaire pour bobos : « Que Nantes ville durable organise un repas-spectacle à base de récup’ nous met en colère, à l’heure où des personnes se retrouvent devant les tribunaux pour récupération dans les poubelles des supermarchés ». Deux procès devraient se dérouler les 23 et 26 octobre à propos de tels "délits". Un des membres de ce collectif informel a déclaré que « Nantes se bâtit comme une ville moderne, ultra libérale, utilise des associations honnêtes, comme Discosoupe qui font un super travail avec les gens défavorisés juste pour se donner une image ».

Dès 21 h 38, un communiqué rageur du maire de Nantes et du président de Nantes métropole prévenait la presse déplorant un « comportement tout simplement regrettable » et la « perturbation » de ce « grand moment de partage », décrit comme une «  fête populaire et citoyenne ».

 


 

Sodexo, au-delà du soutenable ?

Malgré des déclarations ronflantes sur sa responsabilité sociale et environnementale, son plan Better tomorrow et des prix développement durable, le groupe Sodexo est régulièrement traversé par des scandales notamment pour ses pratiques antisyndicales aux Etats-Unis, et au Brésil, ce qui a valu au groupe français d’être la cible de campagne de protestation dans les universités américaines et de se voir épinglé par un rapport de Human right watch en 2010 pour discrimination syndicale.

La même année 2010, Sodexo a été tenu d’ indemniser l’Etat de New York à hauteur de 20 millions de dollars, après des irrégularités dans les services facturés à 21 écoles et universités et les rabais exigés aux fournisseurs. En 2011, au Forum social de Dakar, des syndicalistes ont dénoncé les conditions de travail de salariés marocains et guinéens, mêlant « surveillance, harcèlement et pressions ». En septembre 2012, en Allemagne, Sodexo a aussi du s’excuser et indemniser les victimes pour avoir importé des fraises congelées toxiques de Chine et provoqué une intoxication alimentaire affectant 11 200 élèves de cantines frappés de gastro-entérite. Mais sinon, tout va bien pour le groupe qui emploie 420 000 salariés dans 80 pays de la planète.

 


 

Source : Nicolas de La Casinière pour Reporterre. Nicolas est l’auteur de Les prédateurs du béton. Enquête sur la multinationale Vinci.

Photos :
. chapô : Metronews
. Préparation des légumes : Jolie Margot
. Choix du repas : Presse Océan
. Tristam Stuart : Wik-Nantes

Lire aussi : J’ai sauvé 80 kilos de fruits et légumes dans une Disco Soupe.

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 17:16

 

reporterre.net

 

Gaz de schiste : dans le Jura, une manifestation massive pour dire "Non"

Daniel Bordur (Reporterre)

lundi 21 octobre 2013

 

 

 

 

A Saint-Claude, dans le Jura, on n’avait pas vu autant de monde dans les rues depuis 1928 ! Comme dans de nombreux endroits du monde en ce samedi 19 octobre de mobilisation mondiale contre le gaz de schiste, les citoyens ont protesté contre les projets de forage dans le Jura et dans le Bugey.

 


 

- Saint-Claude (Jura), correspondance

« On n’est pas masoschiste », « N’inschistez pas, dégazez ! », « L’eau est vitale, la polluer est fatal », « Bonjour forage, adieu fromages », « No gazaran »... Des slogans souriant ont fleuri samedi 19 octobre dans les rues de Saint-Claude, sous-préfecture du Jura à la tradition coopérative vivace, enchâssée dans la moyenne montagne. Entre 1 500 et 2 500 personnes ont défilé dans la ville qui compte 11 000 habitants, afin de clamer leur opposition aux gaz de schiste. L’événement avait lieu à l’appel de collectifs de Savoie, d’Ain, du Haut-Jura, du Haut-Doubs, du Val de Travers (Suisse), à l’occasion de la Journée internationale de mobilisation contre le gaz de schiste.

Dès le matin plus de 200 personnes s’étaient massées dans une salle prêtée par la ville pour écouter l’économiste Thomas Porcher, auteur d’une thèse sur la stratégie des compagnies pétrolières et professeur à l’Ecole supérieure de gestion. Il se réjouit d’avoir éclairé les pouvoirs publics avec ses études résumées dans Le Mirage des gaz de schiste et entend fournir des arguments susceptibles d’être entendus au-delà des seuls défenseurs de l’environnement. C’est déjà le cas dans les montagnes du Jura où une large part de l’économie repose sur l’agriculture extensive, les fromages AOC-AOP (Appelllation d’origine contrôlée), le tourisme vert. La Confédération paysanne ou les accompagnateurs en montagne sont parmi les réseaux mobilisés...

 

Duplex avec la Pologne et l’Argentine

Deux liaisons duplex avec Zurawlow (Pologne) et un village d’Indiens Mapuche en Patagonie (Argentine) ont conclu dans l’émotion la conférence. Là-bas, les paysans résistent aux engins, à la police, à la pression économique de Chevron, percent l’indifférence médiatique, s’activent sur le plan juridique. « Pour les Mapuche, la terre est la mère. Si la terre est malade, tout est malade », explique Virginia Cattin, qui traduit les propos en espagnol des paysans Mapuche.

Architecte à la retraite, cette habitante du Val-de-Travers, en Suisse, raconte la mobilisation dans cette haute vallée célèbre pour son absinthe : « C’est la moindre des choses de venir manifester à Saint-Claude, les Français nous ont réveillés ! Une concession avait été votée en 2010 par le Grand Conseil neuchâtelois [parlement cantonal] au profit de Celtique Energie. En juin, lors d’une réunion avec les Verts, nous avons appris que quelque chose s’était passé. Nous avons lancé une pétition qui a obtenu 10 518 signatures en deux mois pour demander un moratoire contre tout forage... Maintenant, Celtique revient par derrière dire qu’ils vont rechercher du gaz conventionnel pour lequel il faut ’’stimuler’’ la roche. Mais ça se fait avec de la fracturation ! Si les problèmes continuent, nous irons vers une initiative cantonale, il faut 4 500 signatures... ». Autrement dit, la prochaine étape avant un référendum d’initiative populaire dont les Suisses sont friands.

 

Maire « à cause de ça »

Côté français où plusieurs concessions sont en cours, les choses sont moins bordées juridiquement. Les motions anti gaz de schiste adoptées par une cinquantaine de collectivités, dont la ville de Saint-Claude et le Parc naturel régional du Haut-Jura, n’ont pas de valeur contraignante. Les produits du sous-sol appartiennent en effet à l’Etat à qui revient le dernier mot. On connaîtra sa position à l’échéance des concessions d’exploration : renouvellement ou pas ? Aux Moussières, village emblématique du fromage bleu de Gex, 1 200 m d’altitude, la concession accordée à Celtique Energie, qui assure ne chercher que du pétrole s’est terminée en mars dernier.

 

 

Mais « l’Etat a quinze mois pour se prononcer », explique Julien Vandelle, du collectif Non aux forages d’hydrocarbures. Si aucun forage n’a eu lieu sur le Haut Jura, il n’en a pas été de même dans le Bugey, plus au sud. « Ils avaient foré à 200 m de notre source qui n’a pas été polluée, mais celle à 2 kilomètres l’a été », dit Hervé Leroy qui a été élu maire de Lantenay (Ain) en décembre 2011 après la démission de son prédécesseur qui s’apprêtait à louer un terrain communal à Celtique : « Il y avait eu 900 manifestants pour 360 habitants », souligne Hervé Leroy qui co-préside désormais l’association des élus contre le forage à laquelle ont adhéré une quinzaine de collectivités.

 

 

Claude Leroy -

 

Une échéance le 27 octobre...

On devrait être rapidement fixé sur les intentions de l’Etat. La concession accordée à European Gas Limited à Lons-le-Saunier où du gaz de houille a été exploité dans les années 1950, arrive à échéance le 27 octobre. L’absence de nouvelles de l’Etat vaudra refus tacite de renouvellement. Quant à la concession de Pontarlier dont le périmètre inclut notamment la station de ski de Métabief, accordée là encore à Celtique Energie jusqu’en septembre 2015, elle n’a débouché sur aucun acte.

Plusieurs élus, ceints de tricolore ou non, ont pris la tête du cortège, juste derrière un tracteur tirant une charrette de bidons de lait.

 

 

Francis Lahaut, maire de Saint-Claude (PCF) dit qu’il faut remonter à 1928 et aux obsèques du député-maire Henri Ponard pour voir autant de monde dans une manifestation à Saint-Claude.

Il considère que « la décision du Conseil constitutionnel ne met pas fin au débat. Face à nous il y a des lobbies très puissants, Solvay (basée à Taux, près de Dole) vient de racheter une entreprise américaine spécialisée dans le fracking : les pétroliers y croient. Ils ne renonceront pas sans une opposition forte et populaire... » Jacques Laçon, adjoint écologiste au maire UMP de Lons-le-Saunier, est présent car c’est « un combat majeur ». Il y a aussi le conseiller général de Morez François Godin (Parti radical), la députée du Doubs Barbara Romagnan (PS), les conseillers régionaux (EELV) Brigitte Monnet et Eric Durand...

Mais c’est bien la société civile qui est dans la rue avec calicots, musique et banderoles. Au printemps dernier, le collectif du Haut-Jura défilait même avec un char à l’occasion de la fameuse fête pluri-centenaire des Soufflaculs dans les rues de Saint-Claude !

 


 

Source et photos : Daniel Bordur pour Reporterre.

Lire aussi : A Jouarre, des activistes ont investi la tour de forage du pétrole de schiste.

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Gaz de Schiste
commenter cet article
21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 16:59

 

 

rue89.com

 

#1dollar 21/10/2013 à 17h48

Pour un dollar, que peut-on acheter autour du monde ?

Pascal Riché | Cofondateur Rue89

 

La bonne nouvelle, d’abord : depuis 1990, grâce au développement de certains pays d’Asie, à commencer par la Chine, plus de 700 millions de gens sont sortis de la pauvreté extrême, définie comme ceux qui vivent avec moins de 1,25 dollar par jour.

Le nombre d’habitants des pays en développement vivant sous le seuil de 1,25 dollar par jour est passé, en 23 ans, de 43% à 20%. Le but de la Banque mondiale est de réduire à moins de 3% de la population mondiale la part de ceux qui sont dans cette situation d’ici 2030.

Opération #1dollar sur Twitter

Dans cette animation, on voit la pauvreté se dégonfler depuis 1990, avec trois scénarios pour l’après 2014, le plus favorable étant le violet, le moins favorable étant le vert.

 

Le nombre, en millions, de personnes dans le monde vivant en situation d'extrême pauvreté

 

La mauvaise nouvelle ensuite : plus d’un milliard de personnes continuent de vivre avec moins de 1,25 dollar par jour. Plus d’un tiers d’entre eux sont des enfants.

Pour sensibiliser l’opinion, la Banque mondiale a demandé aux détenteurs de comptes Twitter de prendre une photo de ce qu’on peut acheter, dans leur pays, avec un dollar (« hashtag » ou mot-clé : #1dollar). Voici quelques exemples.

 

Huit bananes au Pakistan

 

World Bank         @WorldBank

What can you buy for ? Tweet a photo response incl. your name, country & what you can buy. Tag w/ .

@WorldBank This is Babar from Pakistan and I can buy these fresh bananas for . pic.twitter.com/EpKNPzOYlf

Voir l'image sur Twitter

 

Une salade de fruit au Mexique

 

Voir l'image sur Twitter

In Mexico, buys you a cup of fresh fruit. @WorldBank

 

Des boulettes de viande en Indonésie

 

World Bank         @WorldBank

What can you buy for ? Tweet a photo response incl. your name, country & what you can buy. Tag w/ .

@WorldBank i can buy a bowl of meatball with . Julia rizky, lombok, Republic of Indonesia. pic.twitter.com/9IsUY4GOum

Voir l'image sur Twitter

 

Six tomates en Afrique du Sud

 

World Bank         @WorldBank

What can you buy for ? Tweet a photo response incl. your name, country & what you can buy. Tag w/ .

@WorldBank will buy 6 small salad tomatoes in South Africa pic.twitter.com/Gh9P1U3noy

Voir l'image sur Twitter

 

Deux œufs et demi en France

 

Voir l'image sur le site web HootSuite

Great eggstagram from France. http://ow.ly/i/3sFvK   via http://instagram.com/p/fmydhGEy36/   Tweet a photo of what you can buy for .

 

De la sauce pour les frites en Belgique

 

RFCL Rugby @rugbyliege

@Banquemondiale En à , avec je peux acheter la sauce pour accompagner un cornet de frites pic.twitter.com/8xyaKneGmC

Voir l'image sur Twitter

 

 

 

Pendant ce temps sur Twitter

 

 

                                                                   *******************************************************

 

 

 

lemonde.fr

Tout à 1 euro

LE MONDE | 19.10.2013 à 10h42 • Mis à jour le 21.10.2013 à 09h50 | Par Marlène Duretz

 
 
Un dollar américain.

"Que pouvez-vous acheter dans votre pays avec #1dollar ?" (0,73 centime d'euro), demande la Banque mondiale aux internautes des cinq continents inscrits sur les réseaux sociaux Twitter, Facebook et/ou Instagram.

Cette opération participative s'inscrit dans une campagne de sensibilisation de lutte contre la pauvreté. Pour apporter sa voix à l'éradication de la pauvreté d'ici à 2030, tout connecté doit répondre à cette question, en mots ou en photo à lier au mot-dièse #1dollar. "Comment le dépenseriez-vous ? En nourriture, électricité, combustible ou pour un abri ?"


EXTRÊME PAUVRETÉ

Sur son blog, l'organisation basée à Washington rappelle que "plus d'un milliard de personnes vivent dans une extrême pauvreté dans le monde, avec moins de 1,25 dollar par jour" (bit.ly/19delNN)

Les réseauteurs sont dans la place. Pour #1dollar en Afrique du Sud, c'est un petit pot pour bébé ou un litre de lait. En Arabie saoudite, 1/4 de litre de jus de fruit et une barre chocolatée. En Inde, une douzaine d'oeufs ou 850 ml d'essence. En Indonésie, un plat de nouilles au poulet ou un paquet de cigarettes. Au Honduras, une quinzaine de bananes. A Bruxelles, "un pain turc à l'épicerie en bas de chez moi". A Madagascar, "une petite collation". Au Mexique, un verre de fruits frais. Au Kenya, un kilo de farine de maïs. Au Vietnam, un bun cha. En France, quelques bonbons à la boulangerie ou un petit pain au chocolat.

En Jamaïque, "tu ne peux rien acheter avec 1 dollar, SERIEUSEMENT", s'exclame sur Twitter Laura Edwards, tandis que le polyglotte Auguste Hoxha lui renvoie la balle : "En Colombie, nada, nothing, rien, zilch, niente, nada."


"PEUT-ON TOUT ACHETER ?"

Et que répond un moteur de recherche à la question "Que peut-on acheter avec...?" Notre e-guide renvoie au site Planet.fr qui a mis dans son panier 20 produits de consommation courante d'un prix de 1 euro en 2010, soit 1,25 baguette, 2 tomates, 11 bols de riz, 1/2 camembert, 5 bouteilles d'eau de source, 38 grammes de saumon frais ou encore 1,72 timbre.

A deux clics de là, le site Europsy.org surenchère. "Peut-on tout acheter ?", s'interroge-t-il. "On ne peut pas acheter le bleu du ciel, ni les étoiles ni les valeurs morales, l'amour, l'honneur, l'honnêteté, la paix de l'âme et la sérénité (...). L'argent est la mesure de la valeur, mais ce n'est pas la plus grande valeur, sinon il n'y aurait plus d'idéal."

L'idéal serait pourtant que chacun mange à sa faim.

duretz@lemonde.fr

 Marlène Duretz
Journaleuse au Monde.fr

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 16:53

 

 

lemonde.fr

Brésil : une manifestation pour la défense de la cause animale dégénère

Le Monde.fr avec AFP | 20.10.2013 à 06h56 • Mis à jour le 20.10.2013 à 15h37

 
 

 

Manifestation contre l'utilisation d'animaux pour les tests pharmaceutiques, le 19 octobre à São Paulo.

 

Une manifestation contre l'utilisation de chiens pour les tests pharmaceutiques a dégénéré, samedi 19 octobre dans l'Etat de São Paulo au Brésil, et s'est terminée en heurts entre manifestants anarchistes et policiers. Au moins quatre personnes ont été arrêtées.

Selon la police, 700 personnes ont manifesté près du laboratoire Institut royal, dans la ville de São Roque, envahi la veille par un groupe de militants qui avaient libéré 200 chiens ayant servi de cobayes. La plupart des protestataires portaient des affiches contre l'utilisation d'animaux dans les recherches.

Mais quand ils sont arrivés près du barrage policier bloquant l'accès au laboratoire, un groupe de manifestants masqués, armés de barres de fer, a fait irruption et a détruit une voiture de police avant d'y mettre le feu, ainsi qu'à un véhicule de la presse, selon le site d'information G1 de la chaîne Globo.

Il y a eu une discussion entre les militants anarchistes bloc noir (Black Bloc ou Schwarzer Block – groupement éphémère d'individus masqués au cours d'une manifestation pour créer une foule anonyme non identifiable par la police) et manifestants, qui tentaient de contenir les casseurs. "Quand les manifestants masqués arrivent, ça tourne à la confusion et au tumulte. Nous étions en train de négocier l'entrée pacifique dans le laboratoire mais tout a été perdu", a déploré une activiste, citée par G1.

 

"UN BEAGLE SANS YEUX"

Vendredi, les activistes qui ont libéré les chiens, tous de la race beagle, avaient retrouvé l'un d'eux congelé dans de l'azote liquide et plusieurs autres mutilés. "Ce qui a le plus impressionné le groupe a été un beagle sans yeux", a déclaré au journal O Estado de S. Paulo, Giulana Stefanini, une des militantes qui a participé à l'occupation du laboratoire. Plusieurs foetus de souris ont également été trouvés.

Les militants avaient tenté, sans succès, de porter plainte contre les mauvais traitements infligés aux chiens au commissariat local. Leur plainte n'a pas été enregistrée. Mais le parquet a ouvert une enquête contre l'Institut royal sur les mauvais traitements présumés.

Une partie des installations du laboratoire a été saccagée. L'Institut royal, qui avait annulé au dernier moment une réunion avec les défenseurs de la cause animale, a qualifié l'invasion "d'acte de terrorisme" et a assuré que ses activités étaient contrôlées par l'Agence nationale de vigilance sanitaire. L'utilisation de chiens pour la recherche scientifique est autorisée au Brésil, dans le cadre des règles internationales.

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Ils réagissent
commenter cet article

Présentation

  • : Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • : Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
  • Contact

Texte Libre

INFO IMPORTANTE

 

DEPUIS DEBUT AOÛT 2014

OVERBLOG NOUS IMPOSE ET PLACE DES PUBS

SUR NOTRE BLOG

CELA VA A L'ENCONTRE DE NOTRE ETHIQUE ET DE NOS CHOIX


NE CLIQUEZ PAS SUR CES PUBS !

Recherche

Texte Libre

ter 

Nouvelle-image.JPG

Badge

 

          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



  Th-o indign-(1)

55

9b22