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8 novembre 2016 2 08 /11 /novembre /2016 17:57

 

 

Source : http://www.lepoint.fr

 

 

Sarkozy : double ration de frites, sinon rien !

 

VIDÉO. En meeting chez lui à Neuilly, l'ancien chef de l'État a réaffirmé son opposition aux menus de substitution dans les cantines scolaires.

 

Modifié le - Publié le | Le Point.fr

 

 

 

On dit souvent que les meetings de Nicolas Sarkozy ressemblent à des one-man-show. Que les « punchlines » succèdent aux faux dialogues avec la salle. Les propos sérieux aux moments plus légers. Les effets sont soignés, les rires nombreux. Et à la clé, les polémiques pleuvent. Alors qu'il tenait un meeting, chez lui à Neuilly-sur-Seine (92), l'ancien président a d'abord recyclé une attaque plutôt douteuse sur les migrants de Calais. « J'avais pas pigé qu'il y avait une jungle à Calais. Oui, je sais, le réchauffement climatique... »

Puis, il s'est livré à la défense de la laïcité dans les cantines scolaires. Rappelant son opposition aux menus de substitution, Nicolas Sarkozy a expliqué ne pas vouloir à l'école « qu'il y ait des tables de juifs et des tables de musulmans ». Et de livrer un conseil culinaire : « Le jour où à la cantine, il y a des frites et une tranche de jambon, eh bien, le petit qui ne prend pas de tranche de jambon, il prendra une double ration de frites. C'est la République. La même règle et le même menu pour tout le monde. C'est ça la République ! », s'exclame sous les applaudissements nourris l'ancien chef de l'État.

 

Twitter critique

Cette position n'est pas nouvelle. Depuis des mois, Nicolas Sarkozy lutte contre cette idée de menus de substitution. « Dans les cantines d'écoles publiques, je suis opposé à ce qu'on appelle les repas de substitution, où en fonction des origines des enfants ou des religions des parents, on choisit des repas différents, annonçait-il sur TF1 en 2015. Si vous voulez que vos enfants aient des habitudes alimentaires confessionnelles, vous allez dans l'enseignement privé confessionnel. »

Cette sortie n'a pas fait rire tout le monde. Benoist Apparu, lieutenant du clan Juppé, a dénoncé sur LCI des « petites phrases de meeting qui sont très sympathiques pour les salles ». « Je ne suis pas sûr que ce soit comme ça que l'on mène une campagne électorale », a-t-il ajouté. Tantôt ironique, tantôt critique, Twitter s'est lâché sur la phrase du président de la République à l'image du philosophe Raphaël Glucksman ou Gilles Boyer, le bras droit d'Alain Juppé.

 

Je crois que je vais prendre double ration de frites


 

Toujours derrière Alain Juppé, mais relancé dans un récent sondage, Nicolas Sarkozy croit encore en ses chances. Il multiplie les meetings et se prépare, déjà, au dernier débat entre tous les candidats programmé jeudi 17 novembre. En espérant que ces phrases-chocs aient un retentissement dans l'électorat qui va se déplacer les 20 et 27 novembre. Il annonce d'ailleurs sentir « monter la mobilisation » de la « France silencieuse ». Une France qui mange jambon-frites à la cantine ?

 

 

Source : http://www.lepoint.fr

 

 

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8 novembre 2016 2 08 /11 /novembre /2016 17:47

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

L’hôpital de Toulouse, un univers impitoyable pour ses salariés

Par Elsa Sabado


 

C'est jour de mobilisation ce mardi pour les personnels infirmiers et non médicaux de l'hôpital public. Dans le CHU de la ville rose, quatre personnes se sont suicidées en juin ; début octobre, une autre a tenté de mettre fin à ses jours. Violences verbales, mépris des salariés reconnus handicapés par le travail, liste illégale du personnel en difficulté… la DRH ne recule devant rien.

 

Toulouse, envoyée spéciale.- La lumière d’octobre se réverbère sur les bâtiments rutilants de l’hôpital de Purpan, joyau du CHU de Toulouse, l’un des plus importants et réputés de France. Pourtant, personne, dans les couloirs, n'y a une mine tout à fait réjouie. Quelques jours plus tôt, une nouvelle tentative de suicide a eu lieu sur le site voisin, à Rangueil. C'est le dernier en date d'une série noire pour le CHU de Toulouse. En juin dernier, quatre agents se sont donné la mort en dix-huit jours. Deux d’entre eux étaient reconnus travailleurs handicapés.

Ce mardi, une journée de mobilisation nationale et de grève a été lancée par la Coordination nationale infirmière, rejointe par les fédérations FO, CGT et SUD des secteurs de la santé. A Toulouse, la ronde macabre a commencé le lundi 13 juin, lorsque J. E., infirmier en réanimation cardiaque sur le site de Rangueil, « est retrouvé enfermé, allongé et inanimé dans son local de travail de “mesure ambulatoire de pression artérielle”, une voie intraveineuse à l’avant-bras gauche ». Il venait de se tuer en s’injectant du curare et de l’anesthésiant. Reclassé sur un poste qu’il estime peu valorisant après un problème de santé, puis délocalisé dans une salle exiguë, sans climatisation ni salle d’attente suite à une restructuration, l'infirmier avait signalé ses problèmes à sa direction quelques mois avant de se suicider. Un nouveau déménagement de son service était prévu la semaine suivante. Le 20 juin, une élève de l’école d’infirmière se tue, suivie, le 21 juin, d’un autre infirmier, du site de Purpan cette fois-ci. Puis, le 1er juillet, une aide-soignante de l’hôpital des enfants se suicide. Sa fragilité psychologique était connue de la direction : elle avait déjà fait une tentative de suicide en 2012 et demandait, en vain, à changer de poste, arguant que le sien n'était pas adapté à ses restrictions médicales.

Le reportage de ITélé sur les suicides à l'hôpital de Toulouse

 

C'est à Purpan qu'on trouve le petit bureau de Julien Terrié, délégué de la CGT. Ce bureau est celui des pleurs, au propre comme au figuré. On vient y vider son sac, profitant des oreilles attentives du manipulateur radio. C'est pour cela qu'il accompagnait, avant qu'elle ne mette fin à ses jours, l'aide-soignante de l'hôpital des enfants dans son combat pour obtenir un poste aménagé et contre ce qu'elle considérait être du harcèlement de la part de sa hiérarchie et de ses collègues.

 

Pour Julien, un homme incarne le management qui a contribué aux suicides de ses collègues : Richard Barthes. « Cet homme a été placé là pour accompagner les bouleversements que supporte l'hôpital », rapporte le syndicaliste. Une de ses collègues se souvient : « Lorsqu'il [Richard Barthes] s'est présenté au personnel des écoles qu'il dirigeait alors, il nous a annoncé : “Moi, je suis ici parce que j'ai une mission. Et j'irai au bout de ma mission. J'avance comme un tank.”» En 2013, le manager organise une conférence à l’hôpital, intitulée : « Du lean manufacturing au lean hospital, ou comment déployer des pratiques industrielles à l’hôpital pour le bien-être de tous », interrompue par les militants syndicaux. En 2014, Richard Barthes est promu DRH. Son équipe s’est illustrée, au printemps dernier, par un dérapage public qui a ému les agents. Alors qu'une aide-soignante témoignait de son stress au travail en CHSCT, une des collaboratrices du “tank” a soufflé : « Si elle ne sait pas gérer son stress, elle n'a qu'à aller faire caissière au Casino. »

Un document de prévention des risques produit par l'équipe de Richard Barthes révèle l'esprit qui anime la DRH (on peut le consulter ici, en pdf :Le document de prévention des risques (pdf, 227.6 kB)). On peut y lire notamment, qu'il faut « comparer le coût d'un accident du travail avec celui de l'installation d'une prise éthernet ».

Extrait du plan d'actions poles cliniques
 
Extrait du plan d'actions poles cliniques

 

C'est entre les mains de cette équipe de ressources humaines que passe chaque travailleur handicapé du CHU de Toulouse. Il en compte 752, dont 603 femmes. Ce chiffre est en augmentation : « On a repoussé l’âge de la retraite des infirmières et intensifié leur travail. Elles se fatiguent plus vite, et “cassent” plus fréquemment », relève Florence Lacoma, une autre syndicaliste. Après leur arrêt, souvent lié à un accident du travail, elles ont rendez-vous avec les « cadres chargées de maintien dans l'emploi », car l'institution est légalement tenue de proposer un poste adapté aux restrictions médicales de ses agents ou de les reclasser.

Celles-ci ne s'embarrassent visiblement pas de pincettes. « La cadre m’a proposé trois fois une formation en toilettage canin, alors que je lui ai dit dès la première fois que ça ne m’intéressait pas et que je cherchais un poste assise », témoigne une agente. Une personne membre de la direction générale, souhaitant garder l'anonymat, ajoute : « L'une de ces cadres déstabilise les agents, qui sortent en pleurant de son bureau. La dernière fois, elle a dit à un agent dont elle refusait d’aménager le poste : “Attendez de faire une dépression, et on en reparlera.” »

Outre la violence verbale qui semble caractériser la politique managériale du CHU, les refus d'aménagement de poste des travailleurs RQTH (Reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé) se multiplient. Leurs dossiers s’amoncellent sur le bureau de Julien Terrié, délégué au CHSCT : « La direction pousse les personnes abîmées à arrêter de travailler à l’hôpital. Elle les décourage par tous les moyens possibles », constate le cégétiste. Certains ont accepté de nous raconter leur histoire, mais requis l’anonymat, de crainte d’avoir « plus de problèmes qu’ils n’en ont déjà »...

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

 

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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8 novembre 2016 2 08 /11 /novembre /2016 17:39

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Notre-Dame-des-Landes: le procès de l’aéroport tourne au réquisitoire

 
Par Jade Lindgaard

 

 

Pour la rapporteuse publique de la cour administrative d’appel de Nantes, le projet d’aéroport causerait trop de dommages à l’environnement alors qu’il existe une alternative avérée à sa construction.

Nantes, de notre envoyée spéciale.-  D’emblée, le ton est posé : « Si des personnes pensent que le rapporteur public peut être influencé par des pressions du gouvernement, elles connaissent mal le rapporteur public. » Christine Piltant a tenu sa promesse, lundi 7 novembre, pendant près de quatre heures et demie, lors de l’audience de la cour administrative d’appel de Nantes, dans une salle surchauffée où les visages devenaient plus rouges au fil des heures. Elle a présenté, sans ciller, trébuchant à peine sur quelques formulations administratives, les arguments juridiques de fond justifiant l’annulation de quatre arrêtés préfectoraux autorisant les travaux de construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Alors que s’ouvre l’audience, bondée, une réunion démarre à la préfecture de Loire-Atlantique : le comité de pilotage doit informer les élus locaux des suites du chantier. Jusqu’au bout, les autorités politiques agissent comme si le projet d’aéroport ne pouvait souffrir aucune contestation, pas même du pouvoir judiciaire. Le week-end précédent, Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères mais ancien maire de Nantes, a déclaré que le projet « continuera sa route quelles que soient les vicissitudes ». François Fillon, lui, a comparé l’avis de la rapporteuse publique à « une opération montée ».

 

Les avocats des opposants à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le 7 novembre 2016. (JL) Les avocats des opposants à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le 7 novembre 2016. (JL)
 
 
 
 

 

Pas moins de dix requêtes sont inscrites à l’ordre du jour de la séance. D’abord, les recours déposés par les opposants contre la déclaration d’utilité publique (DUP) du programme viaire, c’est-à-dire l’ensemble des projets routiers (4 voies, contournements, aménagements de voies communales…) devant accompagner la construction de la plateforme aéroportuaire. La magistrate les rejette un à un, tout en critiquant les insuffisances de sa méthode : l’impact des destructions de l’environnement qu’ils vont causer « n’est pas à négliger ». Elle déclare valider la DUP « plus par discipline que par conviction ».

Vers 17 heures, vient le temps de son exposé au sujet des cinq requêtes demandant l’annulation des arrêtés préfectoraux de décembre 2013 autorisant les travaux au titre de la loi sur l’eau – ainsi que de la décision du tribunal administratif de juillet 2015 rejetant en première instance les recours des opposants. Dans la salle, les nombreux opposants au projet sourient. Ils savent que la rapporteuse publique va demander l’annulation des arrêtés.

Mais sa démonstration se transforme en réquisitoire contre le projet d’aéroport. Le site, réservé il y a 40 ans pour y construire l’aéroport, comprend plus de mille hectares de zone humide, en tête de trois bassins versants, dotée de 59 mares, décrit-elle. La zone humide de la zone d’aménagement différé de Notre-Dame-des-Landes joue donc « un rôle important pour les milieux aquatiques et l’écosystème en aval ». Or la directive européenne-cadre sur l’eau demande aux États membres de s’opposer à tout projet pouvant détériorer les masses d’eau. Hausse des températures, salinité, manque d’oxygène : Christine Piltant détaille les dommages attendus sur la ressource en eau du territoire si l’aéroport est construit et exploité. « Les fonctionnalités biogéochimiques de la plateforme seraient impactées. »

Le maître d’ouvrage du chantier, AGO Vinci, propose bien des mesures de compensation, mais elles n’offrent aucune garantie de réussite. Surtout, « la destruction est immédiate alors que recréer des fonctions naturelles perdues peut prendre des décennies ». La masse d’eau menacée par l’aéroport ne représente que 1,44 % de la zone impactée. « Si 1,44 % de la population française contractait la rage, cela ferait 1 million de personnes. On ne dirait pas que c’est insignifiant. »...

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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7 novembre 2016 1 07 /11 /novembre /2016 16:53

 

Source : http://www.marianne.net

 

Ceta : après la Wallonie, la fronde monte aux Pays-Bas

Un mouvement réclamant l'organisation d'un référendum sur le traité de libre-échange UE-Canada (CETA) prend de l'ampleur aux Pays-Bas, et pourrait mettre un nouveau grain de sable dans la belle mécanique déroulée par Bruxelles.
 
 
 
- Sipa
 
Des militants néerlandais ont affirmé ce week-end avoir réuni près des deux-tiers des signatures nécessaires pour contraindre leur gouvernement à organiser un référendum sur le traité de libre-échange UE-Canada (CETA), possible nouveau revers après la résistance wallonne à cet accord.
 
Le CETA, négocié depuis sept ans, avait finalement été signé fin octobre à Bruxelles avec plusieurs jours de retard en raison des réserves de la région belge de Wallonie, à l'origine de vifs désaccords entre Belges. L'accord, qui supprimera 99% des droits de douane entre l'UE et Ottawa, entrera en application provisoire dans les prochains mois mais doit ensuite être approuvé par l'ensemble des Parlements nationaux et régionaux de l'UE pour devenir définitif.

 

"Je suis pro-UE"

Des groupes citoyens aux Pays-Bas appellent à un référendum pour décider si le Parlement doit ratifier le CETA, tout comme l'impopulaire TTIP (ou Tafta) en discussion avec les Etats-Unis. Une pétition lancée en octobre 2015, mais qui s'est nourrie d'un regain d'intérêt ces dernières semaines, a déjà réuni 190.400 signatures sur les 300.000 nécessaires pour imposer ce référendum au gouvernement.

"On veut dire clairement aux politiques que ces accords devraient être discutés plus ouvertement et radicalement modifiés", a expliqué Niesco Dubbelboer, du mouvement Meer Democratie (plus de démocratie, ndlr). Ces traités "sont des accords vieillots, post-coloniaux, qui favorisent les intérêts des grosses entreprises et investisseurs", argumente-t-il, estimant que les questions "du climat et de la durabilité devraient être davantage en première ligne". Cette organisation s'est alliée au groupe néerlandais de défense de l'environnement Milieudefensie, et d'autres ONG.

En avril, un référendum consultatif de ce type, convoqué par des groupes eurosceptiques, avait rejeté un accord-clé entre l'Union européenne et l'Ukraine, mettant le Premier ministre Mark Rutte dans l'embarras face aux 27 pays de l'UE ayant déjà ratifié l'accord et l'obligeant, sur le plan intérieur, à tenter de négocier un compromis. Les organisateurs de la pétition anti-CETA se défendent d'être eurosceptiques. "Je suis pro-UE", affirme Niesco Dubbelboer, "mais je crois que l'Europe devrait être plus démocratique". Un référendum, si les 300.000 signatures étaient acquises, ne serait vraisemblablement pas organisé avant plusieurs mois et sans doute pas avant les législatives prévues en mars.

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

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7 novembre 2016 1 07 /11 /novembre /2016 15:34

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

L’apocalypse qui vient

 

Ces dix lieux où les conséquences du changement climatique sont déjà dramatiques

 

par

 

 

 

 

 

Le 7 novembre prochain, la 22ème conférence des Nations Unies sur le changement climatique doit s’ouvrir à Marrakech, sans faire l’objet d’un intérêt aussi marqué qu’il y a un an, pour celle de Paris. Pourtant, le changement climatique n’est déjà plus un lointain péril. Le processus est bel et bien enclenché. Ses premières conséquences se font sentir : îles du Pacifique englouties par les eaux, villages contraints de déménager, patrimoines de l’humanité menacés, premiers réfugiés climatiques... Avec des effets parfois inattendus, comme la libération de bactéries mortelles jusqu’ici enfermées dans le sol gelé. De la Sibérie au Sénégal, en passant par l’Italie, tour d’horizon d’une catastrophe climatique bien présente.

L’année 2016 est en passe de battre un nouveau record de chaleur. Sur les neuf premiers mois de l’année, la température à la surface de la planète a dépassé de près d’un degré la température moyenne du 20ème siècle, surpassant le précédent record enregistré... l’année dernière. C’est dans ce contexte que se tient la 22ème conférence internationale pour le climat, à Marrakech (Maroc), du 7 au 18 novembre. Et que l’accord conclu lors de la conférence de Paris s’apprête à être ratifié. Pendant ce temps, de la banquise arctique aux archipels ensoleillés du Pacifique, en passant par la Sibérie, Venise ou le Bangladesh, les effets combinés du réchauffement climatique et des activités industrielles les plus polluantes se font d’ores et déjà déjà de plus en plus durement ressentir.

 

Cercle arctique : la banquise se réduit, des villages déménagent, les caribous disparaissent

Début septembre, la couche de glace dans l’océan Arctique a atteint son niveau le plus bas de l’année. Une animation créée à partir d’images prises depuis l’espace, et diffusée par la Nasa, montre la fonte des glaces dans l’hémisphère nord, entre le 24 mars et le 10 septembre. La surface glacière a été divisée par plus de trois, passant de 14,5 millions à 4,1 millions de km2.

 

Le niveau de 2012 – la plus faible étendue de banquise enregistrée jusqu’à présent avec 3,3 millions de km2 – n’a pas été atteint, précise la Nasa [1]. A titre de comparaison, la couverture de glace pendant l’été en Arctique couvrait 4 millions de km2 en 2007 et 5,1 millions de km2 dans les années 1980 et 1990 [2]. Les répercussions de cette fonte à grande vitesse de l’Arctique se font sentir dans la planète toute entière : élévation du niveau moyen des mers de 19 cm entre 1901 et 2010 [3], modification des courants marins et aériens, dont le Gulf stream, qui permet à l’Europe occidentale de bénéficier d’un climat plus doux que l’Amérique du Nord et l’Asie aux mêmes latitudes. Un désastre pour certains, comme les Inuits en Alaska. A Shishmaref, village inuit de 600 habitants situé sur une mince bande de terre du détroit de Béring, l’océan grignote trois mètres de littoral chaque année. La température y a grimpé de 4°C en quelques décennies, et la banquise ne protège plus les côtes lors des tempêtes d’automne. Les habitants ont voté, en août, le déménagement et la relocalisation de leur village. Dans la région, une trentaine d’autres villages subissent les mêmes tourments.

La fonte des glaces est cependant perçue comme une aubaine pour d’autres : une ruée générale sur les ressources de l’Arctique – du pétrole aux stocks de poissons en passant par les minerais – se prépare, sur fonds de tensions frontalières (lire notre enquête).

Au Canada voisin, dans les Territoires du Nord-Ouest qui bordent l’océan Arctique, ce sont les caribous qui sont menacés de disparition. Le troupeau de Bathurst, qui vit au nord du Grand lac des Esclaves, comptait 472 000 caribous il y a 30 ans. Sa population s’est réduite de 95%, selon une étude de WWF Canada, qui dénombre aujourd’hui 20 000 têtes. D’autres populations de caribous canadiens ont aussi fortement décliné, pris en étau entre le réchauffement rapide de l’Arctique au nord, et l’expansion de l’industrie pétrolière au sud (lire : Comment transformer un paradis boréal en un enfer boueux et toxique : grâce aux sables bitumineux).

 

Sibérie : la fonte du permafrost libère une bactérie mortelle

Dans la péninsule de Yamal, sur le cercle polaire arctique en Sibérie, les températures de l’été 2016 ont été anormalement douces, dépassant les 35°C. La fonte progressive du pergélisol – ou permafrost en anglais, des zones dont le sol reste normalement gelé tout au long de l’année – a libéré des spores d’anthrax. La carcasse d’un animal porteur de la bactérie, qui avait été gelée dans le sol, aurait été mise au jour récemment par le dégel [4]. La bactérie devient dangereuse dès lors qu’elle entre en contact avec un être humain ou un animal. Depuis juillet 2016, une épidémie d’anthrax – ou « maladie du charbon » – a gagné cette région située à 2 500 km au nord-est de Moscou. Un garçon de 12 ans en est mort, et plus de 2 500 rennes ont été décimés.

Début octobre, le gouverneur de ce territoire autonome a annoncé qu’il faudrait tuer 100 000 rennes du Yamal pour freiner l’épidémie. Une pétition a été lancée par un éleveur de rennes contre cette décision, faisant valoir qu’il n’y aurait pas eu d’épidémie de fièvre charbonneuse si le gouvernement n’avait pas cessé d’en distribuer les vaccins en 2007. Selon lui, la réduction des troupeaux est motivée par les intérêts de l’industrie du forage de gaz, qui installent des centrales dans la régions afin d’exploiter les gisements libérés par le dégel [5]. Outre la crainte d’épidémies, la fonte du permafrost libère également des gaz – dioxyde de carbone, méthane – qui aggravent l’effet de serre.

 

 

Littoraux : plus de 450 « zones mortes » dans le monde

De la Mer Baltique au Golfe du Mexique, les « zones mortes » maritimes prolifèrent. Ce sont des zones de mer contenant peu ou pas d’oxygène – un état appelé hypoxie. Faune et flore marines les fuient ou y périssent. Résultant d’une surabondance d’azote, ces zones sont généralement présentes à proximité des côtes, et particulièrement aux embouchures de fleuves et de rivières qui drainent engrais, fertilisants agricoles, eaux usées et émanations toxiques issues de l’activité humaine. Tous ces polluants favorisent la prolifération de micro-algues et de phytoplanctons particulièrement gourmands en oxygène. Le taux d’oxygénation de l’eau y diminue drastiquement, provoquant la mort de toute forme de vie. Cette année, la zone morte qui s’étend dans le golfe du Mexique pourrait atteindre plus de 15 000 km2, soit la moitié de la surface de la Belgique.

Il y a dix ans, un rapport de l’ONU tirait déjà la sonnette d’alarme sur les 150 zones mortes recensées dans le monde. En 2008, un nouvel inventaire évalue leur nombre à 450. La plus grande est située en mer Baltique. Si les pollutions directes sont clairement pointées du doigt, le changement climatique contribue également à détériorer la situation. Un réchauffement de l’eau peut affecter le métabolisme des espèces marines, ce qui augmente leur consommation d’oxygène alors que celui-ci se raréfie. Le phénomène d’hypoxie étant réversible, des engagements internationaux ont été pris, notamment par l’Europe avec la directive sur les nitrates.

Méditerranée : un projet pharaonique pour sauver Venise des eaux

Fondée au 5e siècle, Venise se dresse sur 118 îles, reliées par des canaux et 338 ponts. La Sérénissime est de plus en plus fréquemment inondée depuis le milieu du 20e siècle. Entre 2000 et 2010, l’emblématique place Saint-Marc s’est retrouvée plus de cinquante fois sous plus d’un mètre d’eau. Depuis les années 1960, et une inondation record de près de deux mètres, les autorités politiques et scientifiques se penchent sur l’avenir de la cité et de sa lagune, inscrites au Patrimoine mondial de l’Unesco. L’idée d’un ouvrage de défense contre les hautes eaux s’impose. Une loi spéciale, promulguée en 1973 décrète la protection de Venise « d’intérêt national prioritaire ». Cette mobilisation donne naissance au projet de Modulo sperimentale elettromeccanico (« module expérimental électromécanique », également appelé Mose ou Moïse) dont la réalisation a commencé en 2003.

 

 

 

Ce système de protection comptera 78 digues flottantes de 20 mètres de large pour 30 mètres de haut. La muraille automatisée est censée empêcher l’eau de pénétrer dans la lagune. L’entreprise est colossale : 45 km de plages ont été renforcés, 100 km de rives habitées et 11 km de quai ont été surélevés, 8 km de dunes côtières et 12 îlots lagunaires ont été aménagés. La fin des travaux est annoncée à l’automne 2017 moyennant un budget de 5,5 milliards d’euros. Mais le projet est entaché d’un énorme scandale politico-financier. En juin 2014, 35 personnes, soupçonnées de corruption, de trafic d’influence et de blanchiment dans le cadre de ces gigantesques travaux ont été interpellées, dont l’ancien maire de Venise poussé à la démission. Par ailleurs, l’efficacité du projet Mose reste à démontrer, et il n’est pas exclu que le bétonnage des fonds et ses retombées sur les courants et marées ravage le fragile écosystème lagunaire.

 

Amazonie : la forêt ne résistera pas à un changement climatique important

La forêt amazonienne s’étend sur plus de 6 millions de km2 et sur neuf pays, principalement le Brésil, mais aussi la France – à travers la Guyane [6]. Cet écosystème tropical constitue la plus grande réserve mondiale d’espèces animales et végétales, et rend des services essentiels aux communautés qui y vivent. Fin août, une étude publiée dans la revue Nature Climate Change, montre que la diversité de l’Amazonie favorise sa résilience au changement climatique. C’est-à-dire sa capacité à reconstituer sa matière végétale et à stocker du gaz carbonique. Du moins jusqu’à un certain seuil de réchauffement.

 

 

 

Selon l’étude, la forêt amazonienne survivra au 21ème siècle si les émissions de CO2 sont plafonnées, et si l’augmentation de la température planétaire se stabilise entre 1,1 et 2,6°C à l’horizon 2100. Dans ce cas, plus des trois-quart du territoire boisé de l’Amazonie parviendrait à se régénérer. En revanche, dans l’hypothèse d’une poursuite incontrôlée des émissions, seuls 13% du bassin amazonien seraient en capacité de se régénérer à longue échéance. D’autres menaces pèsent sur l’Amazonie, déjà amputée d’un cinquième de sa surface par la déforestation massive et le développement de la culture du soja et du palmier à huile. Le tableau est également sombre pour les forêts boréales du Nord qui, de l’Alaska à la Sibérie orientale, vont être confrontées avec le réchauffement à des risques accrus d’incendies ou d’attaques de ravageurs.

 

Bangladesh : 60 millions de réfugiés climatiques d’ici 2050 ?

Le Bangladesh est le pays le plus densément peuplé au monde : 160 millions d’habitants vivent sur un territoire grand comme un tiers de la France métropolitaine. Deux tiers des terres y culminent à moins de cinq mètres au-dessus du niveau de la mer. Ici, les cyclones surgissent tous les deux à trois ans. Les inondations sont de plus en plus fréquentes et puissantes. A chaque fois, les Bangladais repartent de zéro, sans récolte, sans terre et sans maison. La salinité des sols aggrave l’insécurité alimentaire. La liste des maladies, pour la plupart liées à l’eau polluée et salée, s’allonge.

 

 

 

Construction de digues toujours plus hautes, mise en place de systèmes de traitement des eaux, consolidation des logements, abris anti-cycloniques, essais de variétés de riz résistantes au sel... En dépit des programmes mis en place par le gouvernement pour faire face au changement climatique, chaque jour des centaines de Bangladais viennent trouver refuge dans les bidonvilles de Dacca, la capitale du pays. 20% du territoire pourraient disparaitre sous les eaux dans les années qui viennent [7]. 78 millions de personnes pourraient être contraintes de migrer d’ici 2020 à cause des inondations [8].

 

 

Océanie : des dizaines d’archipel bientôt submergés

Voilà bientôt dix ans que l’évacuation des îles Carteret, dans le Pacifique Sud, à commencé. Une partie des 3 000 habitants ont quitté leurs villages pour être relogés sur l’île de Bougainville, une région autonome de Papouasie-Nouvelle Guinée. En cause : la sécheresse et la montée du niveau de l’océan. Sur ces îles où le point le plus haut n’est qu’à 1,5 mètre au dessus du niveau de la mer, les terres cultivées sont menacées par l’érosion et les inondations, contraignant les communautés à se nourrir uniquement avec des fruits de mer. Début 2016, les écoles des îles Carteret ont fermé « en raison de l’absence de régime alimentaire pour les enfants ». Fragilisées, les personnes âgées ne sont plus en mesure de lutter contre les maladies. D’ici 2020, l’ONG Tulele Peisa, qui a lancé un programme de réinstallation, espère avoir relogé plus de la moitié de la population. Seules dix familles – une centaine de personnes – ont pour l’instant bénéficié du programme, par manque de financements.

Kiribati, Maldives, Tuvalu, Marshall, Fidji, Samoa, Tonga, Salomon, Vanuatu... Plusieurs îles et archipels du Pacifique sont aussi dans une situation extrêmement vulnérable. Avant même d’être englouties, les assauts de l’eau salée rendent les sols incultivables. Les programmes nationaux et internationaux d’adaptation au changement climatique rivalisent de solutions de court terme – plantation de mangroves, construction de digues, amélioration des canalisations et de la récupération d’eau de pluie… Mais leur relative inefficacité a déjà conduit plus d’un millier de Tuvaluans à quitter leur pays pour l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

 

Sénégal : Saint-Louis, sous la menace des flots de l’Atlantique

Saint-Louis, ville sénégalaise classée au Patrimoine mondial de l’Unesco, a été régulièrement exposée à des crues fluviales jusqu’en 2003. Cette année-là, le gouvernement annonce le creusement d’une brèche de quatre mètres dans la langue de Barbarie, un cordon de sable s’étirant sur plusieurs dizaines de kilomètres du sud de Saint-Louis à l’embouchure du fleuve Sénégal. L’idée est de favoriser l’écoulement du fleuve vers l’océan. Mais le résultat est catastrophique.

En quelques années, sous la force des vagues, cette brèche s’élargit et mesure désormais six kilomètres de large. Saint-Louis n’est plus exposé aux crues, mais l’océan pénètre dans l’embouchure du fleuve à travers la brèche, grignotant les terres. Sur les bords, la salinisation de l’eau décime les cultures maraichères. La Langue de Barbarie est amputée de plusieurs kilomètres, dévorée par l’Atlantique. Trois villages ont été engloutis par la mer [9]. Le maire de Saint-Louis promet la construction prochaine de brise-lames. L’État a également commandé une étude dont les résultats sont attendus fin 2016 pour déterminer s’il faut fermer ou stabiliser la brèche. 80% de l’île de Saint-Louis seront en « risque fort » d’inondation d’ici à 2080 [10].

 

 

 

Pacifique : le phénomène El Niño menace les îles Galápagos

A un millier de kilomètres des côtes équatoriennes, s’étendent les Galápagos, un archipel de 18 îles qui accueillent une remarquable diversité d’espèces. 180 plantes n’existent nulle part ailleurs. Mais cette faune est aujourd’hui menacée, suite à la réapparition fin 2015 du phénomène El Niño dans l’océan Pacifique tropical. Ce phénomène se traduit par une augmentation anormale de la température des eaux du Pacifique-Est, en particulier le long des côtes de l’Amérique du Sud, qui interrompt la remontée d’eaux froides et riches en nutriments indispensables à de nombreuses espèces. La réduction des phytoplanctons pousse les petits poissons et les invertébrés à migrer plus loin. La chaine alimentaire dans son ensemble est affectée.

El Niño avait déjà frappé les Galápagos, inscrites au Patrimoine naturel de l’humanité par l’Unesco. Son passage y a laissé des marques indélébiles : 90 % des populations d’iguanes marins ont disparues, ainsi que les trois quarts des manchots et la moitié des lions de mer. L’augmentation de la température de l’océan fragilise par ailleurs les massifs coralliens de l’archipel en accentuant leur blanchiment. Selon la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), l’été 2016 a marqué une amélioration. Mais une étude publiée en janvier 2014 dans la revue Nature Climate Change suggère que les épisodes les plus intenses seront deux fois plus fréquents au cours du 21ème siècle.

Australie : la Grande barrière de corail en péril

Le plus grand récif corallien au monde, aussi étendu que l’Italie avec ses 2 300 km de long au nord-est des côtes australiennes, va mal. Depuis le début de l’année, les coraux blanchissent. En cause : la hausse des températures du Pacifique équatorial, du fait de El Niño, qui entraîne l’expulsion des petites algues (zooxanthelle) qui donnent au corail sa couleur et ses nutriments. Certains coraux regagneront leurs couleurs dans les mois à venir, quand l’eau refroidira, mais beaucoup, parmi les plus touchés, risquent de mourir. 93 % des récifs sont affectés.

 

Cette augmentation de la température combinée à l’acidification des océans mettent en péril la diversité de la Grande barrière, qui abrite 400 espèces de coraux, 1 500 espèces de poissons et 4 000 espèces de mollusques. Le site a déjà perdu plus de la moitié de ses prairies coralliennes en trois décennies. Si rien n’est fait pour le protéger, le récif pourrait continuer à se détériorer dans les mêmes proportions dans les cinq prochaines années. Or, comme l’ont montré plusieurs de nos enquêtes, d’autres menaces planent sur la Grande barrière de corail avec le développement de l’industrie du charbon et du gaz. Suite aux pressions diplomatiques du gouvernement australien, l’Unesco a renoncé à inscrire la Grande barrière de corail sur la liste du patrimoine mondial en péril.

Sophie Chapelle

Photos :
- Une : sécheresse en Mongolie / CC Banque de développement en Asie.
- Forêt amazonienne / CC VaqueroFrancis.
- Maison inondée au Bangladesh / CC DFID.
- Iguane marin des Galapagos / CC Pantxorama.

 

 

 

 

 

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7 novembre 2016 1 07 /11 /novembre /2016 15:34

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

L’apocalypse qui vient

 

Ces dix lieux où les conséquences du changement climatique sont déjà dramatiques

 

par

 

 

 

 

 

Le 7 novembre prochain, la 22ème conférence des Nations Unies sur le changement climatique doit s’ouvrir à Marrakech, sans faire l’objet d’un intérêt aussi marqué qu’il y a un an, pour celle de Paris. Pourtant, le changement climatique n’est déjà plus un lointain péril. Le processus est bel et bien enclenché. Ses premières conséquences se font sentir : îles du Pacifique englouties par les eaux, villages contraints de déménager, patrimoines de l’humanité menacés, premiers réfugiés climatiques... Avec des effets parfois inattendus, comme la libération de bactéries mortelles jusqu’ici enfermées dans le sol gelé. De la Sibérie au Sénégal, en passant par l’Italie, tour d’horizon d’une catastrophe climatique bien présente.

L’année 2016 est en passe de battre un nouveau record de chaleur. Sur les neuf premiers mois de l’année, la température à la surface de la planète a dépassé de près d’un degré la température moyenne du 20ème siècle, surpassant le précédent record enregistré... l’année dernière. C’est dans ce contexte que se tient la 22ème conférence internationale pour le climat, à Marrakech (Maroc), du 7 au 18 novembre. Et que l’accord conclu lors de la conférence de Paris s’apprête à être ratifié. Pendant ce temps, de la banquise arctique aux archipels ensoleillés du Pacifique, en passant par la Sibérie, Venise ou le Bangladesh, les effets combinés du réchauffement climatique et des activités industrielles les plus polluantes se font d’ores et déjà déjà de plus en plus durement ressentir.

 

Cercle arctique : la banquise se réduit, des villages déménagent, les caribous disparaissent

Début septembre, la couche de glace dans l’océan Arctique a atteint son niveau le plus bas de l’année. Une animation créée à partir d’images prises depuis l’espace, et diffusée par la Nasa, montre la fonte des glaces dans l’hémisphère nord, entre le 24 mars et le 10 septembre. La surface glacière a été divisée par plus de trois, passant de 14,5 millions à 4,1 millions de km2.

 

Le niveau de 2012 – la plus faible étendue de banquise enregistrée jusqu’à présent avec 3,3 millions de km2 – n’a pas été atteint, précise la Nasa [1]. A titre de comparaison, la couverture de glace pendant l’été en Arctique couvrait 4 millions de km2 en 2007 et 5,1 millions de km2 dans les années 1980 et 1990 [2]. Les répercussions de cette fonte à grande vitesse de l’Arctique se font sentir dans la planète toute entière : élévation du niveau moyen des mers de 19 cm entre 1901 et 2010 [3], modification des courants marins et aériens, dont le Gulf stream, qui permet à l’Europe occidentale de bénéficier d’un climat plus doux que l’Amérique du Nord et l’Asie aux mêmes latitudes. Un désastre pour certains, comme les Inuits en Alaska. A Shishmaref, village inuit de 600 habitants situé sur une mince bande de terre du détroit de Béring, l’océan grignote trois mètres de littoral chaque année. La température y a grimpé de 4°C en quelques décennies, et la banquise ne protège plus les côtes lors des tempêtes d’automne. Les habitants ont voté, en août, le déménagement et la relocalisation de leur village. Dans la région, une trentaine d’autres villages subissent les mêmes tourments.

La fonte des glaces est cependant perçue comme une aubaine pour d’autres : une ruée générale sur les ressources de l’Arctique – du pétrole aux stocks de poissons en passant par les minerais – se prépare, sur fonds de tensions frontalières (lire notre enquête).

Au Canada voisin, dans les Territoires du Nord-Ouest qui bordent l’océan Arctique, ce sont les caribous qui sont menacés de disparition. Le troupeau de Bathurst, qui vit au nord du Grand lac des Esclaves, comptait 472 000 caribous il y a 30 ans. Sa population s’est réduite de 95%, selon une étude de WWF Canada, qui dénombre aujourd’hui 20 000 têtes. D’autres populations de caribous canadiens ont aussi fortement décliné, pris en étau entre le réchauffement rapide de l’Arctique au nord, et l’expansion de l’industrie pétrolière au sud (lire : Comment transformer un paradis boréal en un enfer boueux et toxique : grâce aux sables bitumineux).

 

Sibérie : la fonte du permafrost libère une bactérie mortelle

Dans la péninsule de Yamal, sur le cercle polaire arctique en Sibérie, les températures de l’été 2016 ont été anormalement douces, dépassant les 35°C. La fonte progressive du pergélisol – ou permafrost en anglais, des zones dont le sol reste normalement gelé tout au long de l’année – a libéré des spores d’anthrax. La carcasse d’un animal porteur de la bactérie, qui avait été gelée dans le sol, aurait été mise au jour récemment par le dégel [4]. La bactérie devient dangereuse dès lors qu’elle entre en contact avec un être humain ou un animal. Depuis juillet 2016, une épidémie d’anthrax – ou « maladie du charbon » – a gagné cette région située à 2 500 km au nord-est de Moscou. Un garçon de 12 ans en est mort, et plus de 2 500 rennes ont été décimés.

Début octobre, le gouverneur de ce territoire autonome a annoncé qu’il faudrait tuer 100 000 rennes du Yamal pour freiner l’épidémie. Une pétition a été lancée par un éleveur de rennes contre cette décision, faisant valoir qu’il n’y aurait pas eu d’épidémie de fièvre charbonneuse si le gouvernement n’avait pas cessé d’en distribuer les vaccins en 2007. Selon lui, la réduction des troupeaux est motivée par les intérêts de l’industrie du forage de gaz, qui installent des centrales dans la régions afin d’exploiter les gisements libérés par le dégel [5]. Outre la crainte d’épidémies, la fonte du permafrost libère également des gaz – dioxyde de carbone, méthane – qui aggravent l’effet de serre.

 

 

Littoraux : plus de 450 « zones mortes » dans le monde

De la Mer Baltique au Golfe du Mexique, les « zones mortes » maritimes prolifèrent. Ce sont des zones de mer contenant peu ou pas d’oxygène – un état appelé hypoxie. Faune et flore marines les fuient ou y périssent. Résultant d’une surabondance d’azote, ces zones sont généralement présentes à proximité des côtes, et particulièrement aux embouchures de fleuves et de rivières qui drainent engrais, fertilisants agricoles, eaux usées et émanations toxiques issues de l’activité humaine. Tous ces polluants favorisent la prolifération de micro-algues et de phytoplanctons particulièrement gourmands en oxygène. Le taux d’oxygénation de l’eau y diminue drastiquement, provoquant la mort de toute forme de vie. Cette année, la zone morte qui s’étend dans le golfe du Mexique pourrait atteindre plus de 15 000 km2, soit la moitié de la surface de la Belgique.

Il y a dix ans, un rapport de l’ONU tirait déjà la sonnette d’alarme sur les 150 zones mortes recensées dans le monde. En 2008, un nouvel inventaire évalue leur nombre à 450. La plus grande est située en mer Baltique. Si les pollutions directes sont clairement pointées du doigt, le changement climatique contribue également à détériorer la situation. Un réchauffement de l’eau peut affecter le métabolisme des espèces marines, ce qui augmente leur consommation d’oxygène alors que celui-ci se raréfie. Le phénomène d’hypoxie étant réversible, des engagements internationaux ont été pris, notamment par l’Europe avec la directive sur les nitrates.

Méditerranée : un projet pharaonique pour sauver Venise des eaux

Fondée au 5e siècle, Venise se dresse sur 118 îles, reliées par des canaux et 338 ponts. La Sérénissime est de plus en plus fréquemment inondée depuis le milieu du 20e siècle. Entre 2000 et 2010, l’emblématique place Saint-Marc s’est retrouvée plus de cinquante fois sous plus d’un mètre d’eau. Depuis les années 1960, et une inondation record de près de deux mètres, les autorités politiques et scientifiques se penchent sur l’avenir de la cité et de sa lagune, inscrites au Patrimoine mondial de l’Unesco. L’idée d’un ouvrage de défense contre les hautes eaux s’impose. Une loi spéciale, promulguée en 1973 décrète la protection de Venise « d’intérêt national prioritaire ». Cette mobilisation donne naissance au projet de Modulo sperimentale elettromeccanico (« module expérimental électromécanique », également appelé Mose ou Moïse) dont la réalisation a commencé en 2003.

 

 

 

Ce système de protection comptera 78 digues flottantes de 20 mètres de large pour 30 mètres de haut. La muraille automatisée est censée empêcher l’eau de pénétrer dans la lagune. L’entreprise est colossale : 45 km de plages ont été renforcés, 100 km de rives habitées et 11 km de quai ont été surélevés, 8 km de dunes côtières et 12 îlots lagunaires ont été aménagés. La fin des travaux est annoncée à l’automne 2017 moyennant un budget de 5,5 milliards d’euros. Mais le projet est entaché d’un énorme scandale politico-financier. En juin 2014, 35 personnes, soupçonnées de corruption, de trafic d’influence et de blanchiment dans le cadre de ces gigantesques travaux ont été interpellées, dont l’ancien maire de Venise poussé à la démission. Par ailleurs, l’efficacité du projet Mose reste à démontrer, et il n’est pas exclu que le bétonnage des fonds et ses retombées sur les courants et marées ravage le fragile écosystème lagunaire.

 

Amazonie : la forêt ne résistera pas à un changement climatique important

La forêt amazonienne s’étend sur plus de 6 millions de km2 et sur neuf pays, principalement le Brésil, mais aussi la France – à travers la Guyane [6]. Cet écosystème tropical constitue la plus grande réserve mondiale d’espèces animales et végétales, et rend des services essentiels aux communautés qui y vivent. Fin août, une étude publiée dans la revue Nature Climate Change, montre que la diversité de l’Amazonie favorise sa résilience au changement climatique. C’est-à-dire sa capacité à reconstituer sa matière végétale et à stocker du gaz carbonique. Du moins jusqu’à un certain seuil de réchauffement.

 

 

 

Selon l’étude, la forêt amazonienne survivra au 21ème siècle si les émissions de CO2 sont plafonnées, et si l’augmentation de la température planétaire se stabilise entre 1,1 et 2,6°C à l’horizon 2100. Dans ce cas, plus des trois-quart du territoire boisé de l’Amazonie parviendrait à se régénérer. En revanche, dans l’hypothèse d’une poursuite incontrôlée des émissions, seuls 13% du bassin amazonien seraient en capacité de se régénérer à longue échéance. D’autres menaces pèsent sur l’Amazonie, déjà amputée d’un cinquième de sa surface par la déforestation massive et le développement de la culture du soja et du palmier à huile. Le tableau est également sombre pour les forêts boréales du Nord qui, de l’Alaska à la Sibérie orientale, vont être confrontées avec le réchauffement à des risques accrus d’incendies ou d’attaques de ravageurs.

 

Bangladesh : 60 millions de réfugiés climatiques d’ici 2050 ?

Le Bangladesh est le pays le plus densément peuplé au monde : 160 millions d’habitants vivent sur un territoire grand comme un tiers de la France métropolitaine. Deux tiers des terres y culminent à moins de cinq mètres au-dessus du niveau de la mer. Ici, les cyclones surgissent tous les deux à trois ans. Les inondations sont de plus en plus fréquentes et puissantes. A chaque fois, les Bangladais repartent de zéro, sans récolte, sans terre et sans maison. La salinité des sols aggrave l’insécurité alimentaire. La liste des maladies, pour la plupart liées à l’eau polluée et salée, s’allonge.

 

 

 

Construction de digues toujours plus hautes, mise en place de systèmes de traitement des eaux, consolidation des logements, abris anti-cycloniques, essais de variétés de riz résistantes au sel... En dépit des programmes mis en place par le gouvernement pour faire face au changement climatique, chaque jour des centaines de Bangladais viennent trouver refuge dans les bidonvilles de Dacca, la capitale du pays. 20% du territoire pourraient disparaitre sous les eaux dans les années qui viennent [7]. 78 millions de personnes pourraient être contraintes de migrer d’ici 2020 à cause des inondations [8].

 

 

Océanie : des dizaines d’archipel bientôt submergés

Voilà bientôt dix ans que l’évacuation des îles Carteret, dans le Pacifique Sud, à commencé. Une partie des 3 000 habitants ont quitté leurs villages pour être relogés sur l’île de Bougainville, une région autonome de Papouasie-Nouvelle Guinée. En cause : la sécheresse et la montée du niveau de l’océan. Sur ces îles où le point le plus haut n’est qu’à 1,5 mètre au dessus du niveau de la mer, les terres cultivées sont menacées par l’érosion et les inondations, contraignant les communautés à se nourrir uniquement avec des fruits de mer. Début 2016, les écoles des îles Carteret ont fermé « en raison de l’absence de régime alimentaire pour les enfants ». Fragilisées, les personnes âgées ne sont plus en mesure de lutter contre les maladies. D’ici 2020, l’ONG Tulele Peisa, qui a lancé un programme de réinstallation, espère avoir relogé plus de la moitié de la population. Seules dix familles – une centaine de personnes – ont pour l’instant bénéficié du programme, par manque de financements.

Kiribati, Maldives, Tuvalu, Marshall, Fidji, Samoa, Tonga, Salomon, Vanuatu... Plusieurs îles et archipels du Pacifique sont aussi dans une situation extrêmement vulnérable. Avant même d’être englouties, les assauts de l’eau salée rendent les sols incultivables. Les programmes nationaux et internationaux d’adaptation au changement climatique rivalisent de solutions de court terme – plantation de mangroves, construction de digues, amélioration des canalisations et de la récupération d’eau de pluie… Mais leur relative inefficacité a déjà conduit plus d’un millier de Tuvaluans à quitter leur pays pour l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

 

Sénégal : Saint-Louis, sous la menace des flots de l’Atlantique

Saint-Louis, ville sénégalaise classée au Patrimoine mondial de l’Unesco, a été régulièrement exposée à des crues fluviales jusqu’en 2003. Cette année-là, le gouvernement annonce le creusement d’une brèche de quatre mètres dans la langue de Barbarie, un cordon de sable s’étirant sur plusieurs dizaines de kilomètres du sud de Saint-Louis à l’embouchure du fleuve Sénégal. L’idée est de favoriser l’écoulement du fleuve vers l’océan. Mais le résultat est catastrophique.

En quelques années, sous la force des vagues, cette brèche s’élargit et mesure désormais six kilomètres de large. Saint-Louis n’est plus exposé aux crues, mais l’océan pénètre dans l’embouchure du fleuve à travers la brèche, grignotant les terres. Sur les bords, la salinisation de l’eau décime les cultures maraichères. La Langue de Barbarie est amputée de plusieurs kilomètres, dévorée par l’Atlantique. Trois villages ont été engloutis par la mer [9]. Le maire de Saint-Louis promet la construction prochaine de brise-lames. L’État a également commandé une étude dont les résultats sont attendus fin 2016 pour déterminer s’il faut fermer ou stabiliser la brèche. 80% de l’île de Saint-Louis seront en « risque fort » d’inondation d’ici à 2080 [10].

 

 

 

Pacifique : le phénomène El Niño menace les îles Galápagos

A un millier de kilomètres des côtes équatoriennes, s’étendent les Galápagos, un archipel de 18 îles qui accueillent une remarquable diversité d’espèces. 180 plantes n’existent nulle part ailleurs. Mais cette faune est aujourd’hui menacée, suite à la réapparition fin 2015 du phénomène El Niño dans l’océan Pacifique tropical. Ce phénomène se traduit par une augmentation anormale de la température des eaux du Pacifique-Est, en particulier le long des côtes de l’Amérique du Sud, qui interrompt la remontée d’eaux froides et riches en nutriments indispensables à de nombreuses espèces. La réduction des phytoplanctons pousse les petits poissons et les invertébrés à migrer plus loin. La chaine alimentaire dans son ensemble est affectée.

El Niño avait déjà frappé les Galápagos, inscrites au Patrimoine naturel de l’humanité par l’Unesco. Son passage y a laissé des marques indélébiles : 90 % des populations d’iguanes marins ont disparues, ainsi que les trois quarts des manchots et la moitié des lions de mer. L’augmentation de la température de l’océan fragilise par ailleurs les massifs coralliens de l’archipel en accentuant leur blanchiment. Selon la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), l’été 2016 a marqué une amélioration. Mais une étude publiée en janvier 2014 dans la revue Nature Climate Change suggère que les épisodes les plus intenses seront deux fois plus fréquents au cours du 21ème siècle.

Australie : la Grande barrière de corail en péril

Le plus grand récif corallien au monde, aussi étendu que l’Italie avec ses 2 300 km de long au nord-est des côtes australiennes, va mal. Depuis le début de l’année, les coraux blanchissent. En cause : la hausse des températures du Pacifique équatorial, du fait de El Niño, qui entraîne l’expulsion des petites algues (zooxanthelle) qui donnent au corail sa couleur et ses nutriments. Certains coraux regagneront leurs couleurs dans les mois à venir, quand l’eau refroidira, mais beaucoup, parmi les plus touchés, risquent de mourir. 93 % des récifs sont affectés.

 

Cette augmentation de la température combinée à l’acidification des océans mettent en péril la diversité de la Grande barrière, qui abrite 400 espèces de coraux, 1 500 espèces de poissons et 4 000 espèces de mollusques. Le site a déjà perdu plus de la moitié de ses prairies coralliennes en trois décennies. Si rien n’est fait pour le protéger, le récif pourrait continuer à se détériorer dans les mêmes proportions dans les cinq prochaines années. Or, comme l’ont montré plusieurs de nos enquêtes, d’autres menaces planent sur la Grande barrière de corail avec le développement de l’industrie du charbon et du gaz. Suite aux pressions diplomatiques du gouvernement australien, l’Unesco a renoncé à inscrire la Grande barrière de corail sur la liste du patrimoine mondial en péril.

Sophie Chapelle

Photos :
- Une : sécheresse en Mongolie / CC Banque de développement en Asie.
- Forêt amazonienne / CC VaqueroFrancis.
- Maison inondée au Bangladesh / CC DFID.
- Iguane marin des Galapagos / CC Pantxorama.

 

 

 

 

 

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7 novembre 2016 1 07 /11 /novembre /2016 13:36

 

Source : http://www.cadtm.org

 

 

COP22 à Marrakech : Le royaume du business

1er novembre par ATTAC/CADTM Maroc , GRAIN

 

 

 

CC - Flickr - UNclimatechange

 

 

L’Afrique sera à l’honneur lors de cette Conférence des Parties sur les Changements climatiques (COP 22) à Marrakech entendons nous dire un peu partout. C’est une COP africaine insiste-t-on du côté du Comité marocain de pilotage de la COP. Un Pavillon Afrique sera dressé et son animation sera assurée par la Banque Africaine de Développement (BAD), le Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD) et la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), dont l’un des rôles est d’appuyer la mise en place d’un environnement favorable au développement du secteur financier, à l’esprit d’entreprise et aux activités du secteur privé.

Ainsi donc, au niveau global comme au niveau africain, ce sont les banques et les entreprises qui capturent le débat sur le changement climatique. Celles-là même qui, par leur recherche effrénée du profit avant tout, sont les principales responsables du réchauffement climatique.

Les thématiques choisies pour cet espace sont également lourdes de sens : la finance climatique, le transfert de technologie, l’industrialisation et l’adaptation de l’agriculture.

Que l’on ne s’y méprenne pas, il ne sera donc nullement question de réfléchir à d’autres modes de produire et de vivre pouvant permettre de faire baisser de façon conséquente nos émissions de gaz à effet de serre.

Au contraire ceux qui prendront la peine de se déplacer auront à apprécier le fossé qui sépare la réalité que vivent les communautés, les paysans et paysannes d’Afrique et du Monde et l’aveuglement qui caractérise certains acteurs en charge des politiques qui devraient régler la question du climat.

Ces derniers continuent à parier sur la technologie pour apporter des solutions au problème du réchauffement climatique. Or c’est précisément elle la principale cause du réchauffement climatique et de la destruction de notre planète.

La (BAD) en pointe dans le soutien à « cette COP africaine » semble notamment être loin de cerner l’urgence climatique pour les agriculteurs et agricultrices d’Afrique. Pour cette dernière le développement agricole de l’Afrique passe tout particulièrement par l’accès aux engrais |1|, alors qu’ils polluent les soles, participent au réchauffement climatique en émettant des gaz à effet de serre (GES) et augmentent la facture énergétique mondiale.

Le Président de la BAD se déclare sur la même longueur d’onde que le PDG de l’Office chérifien des phosphates(OCP) qui exploite le gisement de phosphate marocain, le plus important au monde et est donc un acteur incontournable pour le commerce des engrais.

L’OCP, qui utilise des procédés mis au point par Monsanto et prétend « contribuer à une réelle révolution verte du continent » |2|, vient même de créer une nouvelle usine, l’ « Africa Fertilizer Complex » afin de pouvoir inonder le marché africain. Et ce alors que l’Union européenne envisage de bloquer les importations d’engrais marocains du fait de leur forte teneur en cadmium |3|.

Ainsi les multinationales du secteur des engrais, qui sont en vérité les ennemis du climat à cause des méfaits de leurs produits |4|, vont continuer à faire des profits énormes comme lors de la crise alimentaire de 2007 et continuer les mêmes agissements dans les négociations climatiques et au sein de cette Alliance mondiale pour une agriculture intelligente face au climat mis en place pour soutenir une autre arnaque pour l’agriculture qu’est le Climate Smart Agriculture.

Elles feront la promotion de la REDD (Réduction des missions liées à la déforestation et la dégradation des forêts), du Climate Smart Agriculture (ou Agriculture Intelligente face au Climat) et désormais de leur nouvelle trouvaille : l’initiative AAA (Adaptation de l’Agriculture Africaine). Née pour capter l’argent du Fonds Vert Climat, cette initiative, encouragée par des Institutions comme l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture(FAO) envisage de soutenir l’adaptation au changement climatique de l’agriculture africaine avec des fonds privés.

Ne nous y trompons pas : cette Initiative Triple A qui vise selon les promoteurs à l’adaptation de l’agriculture africaine aux changements climatiques |5|, n’est en fait qu’une nouvelle illusion à servir aux paysans et paysannes d’Afrique et dont déjà 27 Pays Africains se font complices.

La cible de toutes ces initiatives aux noms ronflants, c’est la destruction de l’agriculture paysanne et la souveraineté alimentaire. On sait pourtant aujourd’hui que l’agriculture industrielle porte une lourde responsabilité dans les émissions de gaz à effet de serre et que l’agriculture paysanne et la relocalisation des productions près des consommateurs constituent l’une des solutions pour refroidir la planète |6|.

La COP 22 de Marrakech comme la précédente de Paris a aiguisé tous les appétits, surtout ceux du secteur du business et de belles opérations marketing ont été montées pour le profit de la soi-disant « finance verte ». Finance verte qui sera le thème du « Climate Finance Day » qui se tiendra 3 jours avant l’ouverture du folklore climatique de cette année à Casablanca.

Gérard Mestrallet, le patron du Groupe Energétique Français ENGIE déclarait que 70% des investissements pour réaliser les objectifs de lutte contre les changements climatiques viendraient de sources privées. Il faut dire que le secteur de l’énergie – fossile et renouvelable- est l’un de ceux qui attire aujourd’hui fortement les investisseurs en quête de surprofits.

Et le Maroc n’est pas en reste. Alors qu’il fait appel à l’investissement étranger pour créer non seulement son mégaprojet de centrale solaire Noor, mais aussi de nouvelles centrales à charbon et à gaz (tout en n’écartant pas l’éventualité de centrales nucléaires), il se positionne de plus en plus sur les marchés africains : c’est ainsi que la société marocaine Nareva, filiale du holding royal SNI et la société française Engie ont conclu un protocole d’accord afin de conquérir de nouveaux marchés sur le continent, et dans un premier temps, en Égypte, Côte d’Ivoire, Sénégal, Ghana et au Cameroun. Comble de toutes les contradictions, il passe un accord avec la Côte d’Ivoire afin de créer des centrales à charbon. L’émoi qu’avait suscité cette information en Cote d’Ivoire et en Afrique avait donné lieu à des Pétitions |7| et autres dénonciations.

Ainsi donc, Marrakech ne sera ni plus ni moins que le rendez-vous déjà vu de la célébration des fausses solutions et des mensonges pour « sauver le climat ». Des banques, comme la Société Générale ont commencé depuis bien longtemps à parrainer des rencontres climat et la grosse armada des multinationales, surtout celles engagées dans l’agriculture industrielle et l’énergie, est déjà entrée en scène.

Or les populations les plus démunies sont parmi les premières victimes des dérèglements climatiques qui affectent leurs vies quotidiennes. Les paysans et paysannes africain(e) sont contraint(e)s à migrer lorsque leurs terres sont dévastées par les catastrophes climatiques et sont aussi cerné(e)s par les fausses solutions proposées par les multinationales et les gouvernements lors de ces grandes messes internationales que sont les Conventions des Parties, qui viennent à peine de reconnaître la nécessité de limiter le réchauffement climatique à 2°, voire 1,5°. Vingt et un ans de réunions pour ce résultat !

Ne laissons pas le débat climatique aux mains de la finance et des multinationales. Le réchauffement climatique, les peuples le subissent, ce débat est le leur et ils ont des propositions et des solutions.

Rabat, Accra, 26 octobre

 

Notes

|1| http://telquel.ma/2016/07/24/bad-so...

|2| http://observateurocde.org/news/ful...

|3| http://www.agrimaroc.ma/alerte-le-p...

|4| https://www.grain.org/article/entri...

|5| http://www.latribune.fr/opinions/bl...

|6| Cf. Hold up sur le climat : comment le système alimentaire est responsable du changement climatique et ce que nous pouvons faire, Grain, CETIM, 2016.

|7| https://secure.avaaz.org/fr/petitio...

 
 
 
 

ATTAC/CADTM Maroc

membre du réseau CADTM en bref : L’Association pour la Taxation des Transactions en Aide aux Citoyens au Maroc (ATTAC Maroc) a été créée en 2000. ATTAC Maroc est membre du réseau international du Comité pour l’annulation de la dette du tiers monde (CADTM) depuis 2006 (devenu Comité pour l’abolition des dettes illégitimes depuis juin 2016). Nous comptons 11 groupes locaux au Maroc. ATTAC veut être un réseau aidant à l’appropriation par les acteurs engagés dans l’activité sociale, associative, syndicale et plus largement militante des enjeux de la mondialisation sur les problématiques de résistance sociale et citoyenne. www.attacmaroc.org http://arabic.cadtm.org/

 

 

 

 

Source : http://www.cadtm.org

 

 

 

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6 novembre 2016 7 06 /11 /novembre /2016 21:49

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

Sur les réseaux

Les meufs, lundi à 16h34, tweetez pour vos salaires : « Ah bon ? Mais j’ai envie de tout casser »

 

 

 

 

Ce devait être un mouvement en ligne... mais beaucoup veulent plus. Pour protester contre l’inégalité salariale dont elles sont victimes, les femmes sont invitées à arrêter de travailler ou à tweeter, lundi 7 novembre à 16h34.

 

 

 

« Bonne révolution ! »

C’est par le biais de cette idée que Jeanne (son prénom a été changé) a découvert le mouvement du 7 novembre. Pour cette journaliste salariée d’une petite locale, la mobilisation est l’occasion d’une réflexion plus générale sur le sexisme en entreprise.

« Moi je bosse dans un média où il n’y a pas de femme chef et où les hommes ont des progressions salariales plus rapides. »

Pour autant, Jeanne ne pourra pas quitter son poste à 16h34 :

« On doit sortir un canard et je ne veux pas mettre mes collègues dans la merde. »

Va donc pour le tweet et le rouge ! J’ai dit à Jeanne que je ferai de même et que j’irai sûrement au rassemblement parisien.

Elle raccroche le téléphone un sourire dans la voix, en me souhaitant une « bonne révolution », comme on se dit « joyeux noël » le 25 décembre. On dirait qu’il se passe un truc.

 

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 
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6 novembre 2016 7 06 /11 /novembre /2016 20:25

 

 

Source : http://multinationales.org

 

 

Source : Les jours

 

Fiscalité

Comment Engie a transféré 27 milliards d’euros au Luxembourg

 

 

 

 

Il y a quelques semaines, la Commission européenne ouvrait une enquête sur les pratiques fiscales d’Engie au Luxembourg, avec en ligne de mire certaines opérations problématiques entre des filiales basées dans le Grand-duché. Il s’avère qu’Engie a placé en tout 27 milliards dans ce petit pays, aujourd’hui sous le feu des critiques pour ses pratiques fiscales. Plus de la moitié de ses capitaux propres ! De quoi lui permettre de diminuer substantiellement sa fiche d’impôts, selon l’enquête des Jours.

Nicolas Cori des Jours a poursuivi son enquête sur les filiales d’Engie au Luxembourg :

Parmi les 26 filiales luxembourgeoises d’Engie (ex-GDF Suez) que Les Jours ont révélées (voir l’épisode précédent), l’une d’entre elles renferme un trésor caché. Pas un coffre avec des bijoux comme dans les histoires de pirates – on est dans le monde des multinationales – mais, plus prosaïquement, des euros. Beaucoup d’euros : 27 milliards au total. Cette holding s’appelle Engie Invest International (Engie II) et ces 27 milliards représentent le niveau de ses capitaux propres, c’est-à-dire de ses ressources financières. Engie, un groupe détenu à 33 % par l’État français, dispose d’une filiale au Luxembourg possédant plus de la moitié de sa valeur totale (le groupe affichait fin 2015 des capitaux propres totaux de 49 milliards d’euros). De quoi mettre au point un schéma d’évasion fiscale massif (ou d’optimisation, comme disent les avocats fiscalistes). Selon nos calculs, ce sont ainsi 2 milliards d’euros de profits qui auraient été transférés au Luxembourg entre 2011 et 2014 afin de diminuer la fiche d’impôt du groupe.

Cette information, vous ne la trouverez pas dans les rapports annuels d’Engie. La multinationale est une société cotée en Bourse qui doit a priori de la transparence à ses actionnaires, mais Engie II est aussi bien cachée qu’un coffre enterré sur une île déserte. On ne communique pas sur cette filiale (ou alors seulement devant des cercles très restreints). Une seule référence est faite dans le dernier document de référence publié : Engie II est citée dans une liste de « certaines entités des branches Énergie Europe et autres » qui « ne publient pas de comptes annuels en application des dispositions internes de droit luxembourgeois ». Pour trouver des informations comptables sur cette filiale, il nous a fallu éplucher un nombre très important de documents provenant d’autres sociétés du groupe. Contacté, Engie n’a pas souhaité s’exprimer. Et ce que nous avons découvert pourrait intéresser la Commission européenne qui, depuis le 30 août, conduit une enquête approfondie sur le traitement fiscal accordé par le Luxembourg à quatre filiales de la multinationale. Engie II est en effet liée financièrement à ces quatre sociétés. Elle est leur maison-mère, et c’est elle qui a prêté la somme destinée à mettre au point l’un des montages d’optimisation fiscale considéré comme litigieux par la Commission.

Lire l’intégralité de l’enquête sur le site des Jours (abonnement).

Engie n’a toujours pas communiqué officiellement sur cette affaire.

— 
Photo : Xavier Julie CC

 

 

 

Source : http://multinationales.org

 

 

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6 novembre 2016 7 06 /11 /novembre /2016 19:29

 

Source : http://www.marianne.net

 

Les Français veulent bien du revenu universel… mais pas pour les autres!

 
 
 
Un sondage publié cette semaine par l’institut Odoxa révèle que l’idée d’un revenu universel suscite la défiance d’une majorité de Français. Ces derniers craignent qu’il encourage l’oisiveté… tout en affirmant qu’ils continueraient à travailler s’il était mis en place. Un paradoxe qui traduit l’essoufflement du mouvement solidariste en France.
 
 
 
Selon un sondage, les Français se méfieraient des effets sur la société du revenu universel. - SIPA
 

Coup de froid sur le revenu universel. Alors qu’un BVA indiquait il y a six mois que plus de la moitié des Français étaient favorables à la création d’un revenu de base, il semblerait que la donne ait changé. En effet, selon une d’Odoxa publiée ce jeudi 3 novembre, les Français seraient une large majorité à voir cette mesure d’un mauvais œil. Là, c'est l’effet désincitatif qu’elle pourrait avoir sur l’emploi qu'ils pointent du doigt. Ainsi, 64% des sondés estiment que la création d’un revenu universel créerait une société d’assistés. Ils sont par ailleurs une large majorité à penser qu’une telle mesure ne serait ni bonne (59%), ni juste (62%). Une lecture superficielle de ce sondage pourrait donc laisser penser que le projet du revenu universel est bon pour les orties…

Ce serait négliger toutefois la véritable information que délivre l’enquête d’Odoxa. Un paradoxe : si 64% des sondés pensent que le revenu universel inciterait les autres à ne plus travailler, ils sont une écrasante majorité à dire que pour eux-mêmes, il n’y aurait pas d’effet désincitatif. En effet, 85% d'entre eux affirment qu’ils continueraient à travailler pour gagner plus d’argent et parce qu’une vie sans travail ne leur semble pas concevable. Les réticences entourant le revenu de base tiennent donc essentiellement à l’image dépréciée que les individus ont de leur société : celle d’une société de fainéants, où les autres profitent des efforts consentis au niveau individuel.

 

La solidarité nationale, un concept suranné ?

François Dubet, sociologue du travail et ancien directeur de l’Ecole des hautes études en sciences sociales, n’est pas étonné par ce paradoxe français. « Tous les travaux universitaires montrent qu’il existe une forme de défiance généralisée vis-à-vis d’autrui, explique-t-il. C’est particulièrement le cas à l’égard des pauvres et des chômeurs. Le discours de culpabilisation qui veut que "s’il y a des pauvres, c’est la faute aux pauvres" est de plus en plus répandu, y compris chez les hommes politiques. C’est un renversement de l’opinion publique en France car, jusqu’à il y a quelques années, on considérait que les chômeurs étaient des victimes et non des coupables. » Pour le chercheur, ce changement de perception est à mettre sur le compte d’un « long épuisement de la solidarité nationale et de la glorification du système méritocratique américain ».

Les réserves exprimées dans ce sondage sont aussi largement alimentées par l’incertitude qui règne autour du concept de revenu universel. Son montant, son mode de distribution et son financement sont autant d’inconnus qui finissent par accoucher de préjugés tenaces. D’ailleurs, l’étude d’Odoxa montre bien les fantasmes qui sont projetés sur le revenu universel. Alors que la question posée par l’institut retient l’hypothèse d’une « mesure qui s’appliquerait sans dépense supplémentaire pour l’Etat puisqu’elle s’accompagnerait d’une remise à plat des autres mesures de solidarités existantes », 62% des sondés pensent que l’instauration d’un revenu universel aurait un coût exorbitant pour la société…

 

Une expérimentation dans les tuyaux

Reste enfin la teneur des questions adressées aux sondés. Comme le souligne François Dubet, « certaines questions appellent certaines réponses. Ici, on ne demande pas "pensez-vous qu’un revenu universel puisse diminuer la pauvreté ?" mais "pensez-vous qu’un revenu universel créera une société d’assistés ?" Cela change pas mal de choses... » D’autres questions sont, elles, extrêmement vagues. Ainsi lorsqu’il est demandé aux sondés si l’instauration d’un revenu universel « compris entre 500€ et 1.000€ euros » serait une mesure bonne et réaliste : comme l’a démontré la , les effets et le financement d’un revenu universel diffèrent justement totalement selon qu’il est de 500€ ou de 1.000€. Dès lors, comment peut-on répondre à une question pareille ?

La fondation Jean Jaurès, d’ailleurs, vient de s’associer avec la Gironde pour travailler à une du revenu universel dans le département. Cet essai pratique pourrait intervenir au début de l’année 2017. Il sera sans doute plus utile d’interroger les Girondins qui auront participé à ce projet pour obtenir un retour fiable sur l’intérêt du revenu universel.

 

 

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

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