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12 novembre 2013 2 12 /11 /novembre /2013 18:05

 

 

reporterre.net

 

Ecologie

Marché ou lutte contre la finance : l’enjeu caché de la Conférence Climat à Varsovie

Hervé Kempf (Reporterre)

mardi 12 novembre 2013

 

 

La conférence des Nations unies sur le climat s’est ouverte lundi à Varsovie. Encore des discussions pour rien ? Pas si simple. Derrière la complexité des discussions se jouent des parties majeures. Dont celle qui vise à mettre au pas la finance mondiale afin de lutter vraiment contre le changement climatique.


Le délégué des Philippines à la Conférence sur le climat des Nations unies qui se tient à Varsovie, Naderev Sano, a déclaré lundi 11 novembre "qu’il jeûnerait jusqu’à ce qu’un accord significatif soit en vue" durant la conférence qui doit s’achever le 22. Il réagissait au cyclone Haiyan qui a dévasté son pays et laisse des centaines de milliers de personnes affamés.

La conférence s’ouvre alors que les nouvelles sur le changement climatique sont de plus en plus inquiétantes. Le rapport du GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat) a, en septembre, levé les doutes qui auraient pu exister sur la gravité de l’évolution en cours. Tout récemment, l’Organisation météorologique mondiale a rappelé que la teneur de l’atmosphère en gaz à effet de serre a atteint en 2012 un record, qu’il s’agisse du dioxyde de carbone (CO2), du méthane (CH4) ou du protoxyde d’azote (N20).

Pourtant, le monde continue à émettre des volumes de gaz qui nous conduisent à un réchauffement bien supérieur à 2°C par rapport au niveau de l’ère pré-industrielle : ce seuil de 2°C est considéré comme celui à ne pas franchir si l’on veut que les effets du réchauffement global, déjà graves, restent supportables. Or, selon un rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement (Emissions gap report 2013), les émissions mondiales sont en 2010 de l’ordre de 50 milliards de tonnes équivalent CO2, soit bien au-dessus du niveau qui serait nécessaire pour ne pas dépasser 2°C (44 milliards de tonnes). Et si l’évolution continue au rythme actuel, on serait en 2020 à 59 milliards de tonnes. Pour rester à 2°C, rappelle le PNUE, il faudrait réduire en 2050 les émissions à 20 milliards de tonnes d’équivalent CO2.

Le dédain ostensible du Canada, de l’Australie et de la Pologne

Pourtant, les négociations sur le climat sont enlisées depuis le sommet de Copenhague en 2009. Et plusieurs pays manifestent ostensiblement leur dédain à l’égard du problème : le Canada a quitté le Protocole de Kyoto, l’Australie n’a pas envoyé son ministre de l’Environnement, Greg Hunt, à la conférence de Varsovie, et le pays-hôte de celle-ci la Pologne, n’a rien trouvé de mieux à faire qu’organiser au même moment un Sommet international sur le charbon...

Faut-il alors désespérer de toute négociation internationale en considérant qu’il ne s’agit que d’un cirque vain ? Pas tout à fait. Ces réunions restent la scène où la communauté internationale se retrouve pour se confronter au problème planétaire, et élabore les outils qu’il faudra bien un jour mettre en oeuvre si l’on ne veut pas sombrer dans le chaos.

Toute la discussion s’organise autour de l’objectif d’un accord international à la conférence de Paris en 2015 - accord international qui entrerait en oeuvre en 2020. Cet accord sera-t-il consistant et contraignant, à l’image du protocole de Kyoto signé en 1997 ? Le traité de 2015 viserait lui aussi une baisse globale et coordonnée des émissions. Mais un influent courant de pensée, constatant l’échec du protocole de Kyoto, pense qu’il faut plutôt chercher des accords spécifiques à tel ou tel problème, voire des accords n’impliquant que quelques participants, pour éviter la lourdeur des procédures de l’ONU : Etats-Unis et Chine sont ainsi engagés dans un dialogue soutenu.

Plutôt les Jeux olympiques que le climat

Cependant, un accord international est souhaité par une large partie des pays du sud, notamment en Afrique : ces pays les plus pauvres savent qu’ils seront les premiers et les plus fortement touchés par les effets du changement climatique - c’est en fait déjà le cas -, alors qu’ils en sont les moins responsables. Ils pèsent donc pour le maintien de la négociation onusienne, avec comme objectif central celui du financement de l’aide à l’adaptation, autrement dit d’un transfert financier des pays riches responsables vers les pays pauvres victimes.

A Cancun, en 2010, on s’était mis d’accord sur un transfert de 100 milliards de dollars (environ 75 milliards d’euros) par an à partir de 2020. Pour commencer, on affecterait dix milliards par an sur 2010-2012 à cet objectif. En pratique, observe Luc Lamprière, d’Oxfam, "seuls 30 % de cette somme a été réunie, soit le coût des Jeux olympiques de Londres".

Mais la question du montant éventuel n’est pas la seule. Encore faut-il savoir d’où proviendraient les fonds. Dans la logique néo-libérale dominante, prêts et marchés seraient le principal instrument. Une logique privilégiée par les grandes entreprises internationales, d’ailleurs très présentes dans l’organisation de la conférence de Varsovie. Mais aussi par les principaux pays, à commencer par l’Union européenne, qui a pris vendredi 8 novembre des mesures pour sauver son marché du carbone en quasi-faillite. Cette approche est dénoncée par un collectif de plusieurs dizaines d’organisations à travers le monde : selon elles, ces mécanismes de marché "ont échoué à apporter une solution à la crise climatique, mais en plus bénéficient aux industries qui sont responsables de l’aggravation des dérèglements climatiques".

Taxer la finance

Une autre option serait de recourir aux taxes sur les transactions financières : on lierait ainsi la lutte contre le changement climatique et la lutte contre la spéculation financière, qui participe largement à la dégradation écologique générale. Un précédent existe, avec la taxe aérienne finançant le fonds de lutte contre le Sida. Mais on changerait évidemment d’échelle dans le cas du climat.

Marché ou taxe sur la finance : c’est un enjeu majeur de la grande discussion climatique en cours.

Nul doute que le rôle des citoyens y sera déterminant. Pour l’instant, les opinions publiques semblent apathiques. Sauf que… des étincelles de vie sont prêtes à allumer le feu. Comme dans le train climatique qui part vendredi de Bruxelles vers Varsovie : Reporterre y embarque.


Source : Hervé Kempf pour Reporterre.

Photo : 20minutes.fr.

Consulter le Dossier Changement climatique.


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12 novembre 2013 2 12 /11 /novembre /2013 18:01

 

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Alternatives

La Collecterie redonne vie aux objets et crée des emplois

Barnabé Binctin (Reporterre)

mardi 12 novembre 2013

 

 

A Montreuil (Seine-Saint-Denis), une ressourcerie a ouvert ses portes au début de l’été. Cet écosystème socio-professionnel lutte contre le gaspillage en recyclant les déchets.


- Reportage, Montreuil (93)

« Ici, on prend soin des objets brisés, délaissés, déclassés. Et on fait ça avec des gens brisés, délaissés, déclassés. C’est par la médiation des objets qu’on redonne un élan humain à notre territoire ». Léon Wisznia a le sens de la formule. Président de la Collecterie, inaugurée fin octobre par Dominique Voynet, maire de Montreuil, il a aussi l’énergie du militant et les cheveux grisonnant de son expérience dans l’engagement associatif. Ancien soixante-huitard, ce professeur d’économie rêvait depuis plusieurs années de ce projet pour la ville où il vit depuis plus de quinze ans.

Il aura fallu presque deux ans pour y parvenir, le temps de trouver le lieu adéquat et les soutiens financiers d’institutions comme la commune, le Conseil général ou le Syctom, syndicat de traitement des déchets ménagers en Île-de-France.

A l’origine, une rencontre entre deux artisans, Séverine et Giuseppe. Celui-ci, surnommé le ’’danseur-ébéniste’’, raconte : « Nous en avions marre de travailler de manière isolée, chacun de notre côté. J’étais menuisier, elle était tapissière, on se croisait souvent sur les brocantes, et nous nous sommes dit qu’en mutualisant ces compétences et notre débrouillardise, on pouvait monter une structure autour de la récupération ». Des enseignants, des éducateurs et quelques motivés se joignent au projet et, en mars 2012, l’idée prend tournure : le collectif de la Collecterie est né.

Le local de 50 m2 fait l’affaire pour dépanner au début, mais les encombrants s’entassent et l’équipe s’attèle à trouver un espace plus grand pour stocker ces premiers objets collectés. Finalement, le choix se porte sur un entrepôt de 410 m2 auquel on accède par la rue Saint-Antoine, petite rue prospère et tranquille du Haut-Montreuil. Le 6 juin dernier, la Collecterie ouvre ses portes au public. Sur son tract de présentation, il est inscrit « La collecterie collecte, trie et transforme ». Ca y est, l’est parisien a sa ressourcerie.

Paris intra-muros en possède déjà huit. Les ressourceries, structures nouvelles de l’économie sociale, se sont rapidement développées ces dernières années. On en comptait moins de dix en France au début des années 2000, elles seraient aujourd’hui plus de cinquante, selon le Livre Blanc des Ressourceries sorti en 2010.

Mais qu’est-ce qu’une ressourcerie, exactement ? Un endroit qui « collecte les objets dont vous souhaitez vous débarrasser pour les réparer et les revendre sans but lucratif », explique le réseau des ressourceries. Derrière cet outil, il y a l’idée de réduction, de réemploi et de recyclage des déchets. Les ressourceries appliquent le principe de l’économie circulaire, en réinsérant les biens dans un cycle de production et de consommation courantes.

A la collecterie, lorsqu’on pénètre dans le hangar, c’est une caverne d’Ali Baba qui se dévoile. Mais ici, rien n’est volé, tout est récupéré : « On soustrait juste à l’enfouissement ces objets destinés à finir à la déchetterie » explique Léon. On trouve de tout : des meubles, du textile, des appareils électro-ménagers, des livres, des outils informatiques, etc.

Tout le flux entrant n’a pas encore pu être trié. Mais il est pesé. A la fin de l’année, environ vingt-cinq tonnes de déchets qui auront ainsi été récoltés, en à peine sept mois d’activité. Celle-ci n’est pas vraiment rentable, à l’heure actuelle, la ventes des objets ne rapportant pas plus de 3 à 4 000 euros par mois. Mais la rentabilité n’est pas l’objectif premier.

Comment le prix des objets est-il fixé ? « C’est l’éternelle question » souffle Giuseppe. Un haut tabouret de bar confectionné en bois trône à l’entrée. Un écriteau à côté détaille les matériaux utilisés pour sa confection ainsi que le volume horaire de travail que cela a nécessité – vingt heures environ. A la fin du paragraphe, une question : « Combien coûte selon vous cet objet ? ». Chacun est invité à inscrire sur un bout de papier son estimation. Ce sera donc peut-être la moyenne des avis qui fixera le prix de vente.

Apprendre à réparer les chaises

De chaises, la collecterie n’en manque pas. Tout un pan de murs en révèle des dizaines suspendues, de couleur, de taille et de forme différentes. « La chaise est un peu notre mascotte, explique le président. C’est à la fois ce qui s’use le plus vite et ce face à quoi on est le plus démuni en terme de réparation. Peu de gens savent remettrent un pied de chaise ».

Un des projets pour l’avenir consiste à monter des ateliers collectifs pour apprendre aux gens à réparer des chaises. C’est là une autre valeur fondamentale des ressourceries : la pédagogie au changement. Pour le réseau des ressourceries, la sensibilisation constitue une fonction à forte valeur ajoutée : « La Ressourcerie sensibilise son public aux gestes éco-citoyens de réduction des déchets (choix de consommation, entretien des objets, produits de seconde vie, tri, etc.) ».

Car derrière les objets, il y a des hommes. A l’image de la Petite Rockette à Paris, la Collecterie s’attache à créer du lien social sur son territoire. Le collectif attend un agrément pour janvier 2014 afin de pouvoir proposer des contrats d’insertion. « Six en menuiserie, six en tapisserie » se réjouit Léon.

Florence, accompagnatrice en chantier d’insertion, justifie la démarche : « Pour des gens éloignés de l’emploi, marginalisés et souvent précaires, la ressourcerie est un très beau support de réinsertion. Outre les métiers manuels que cela offre, il y a plein de domaines d’apprentissage : du tri, de la vente, de la mise en rayon, de l’aménagement de l’espace, du design, etc. Ce qui est intéressant, c’est la polyvalence, les gens ne sont pas cantonnés à une seule filière ».

A voir Roland, bénévole à temps presque complet, tatcher le quidam pour lui vendre la dernière merveille retapée, on se dit que le projet est porteur. Il espère une place prochainement en contrat d’insertion, et en attendant, il se rend presque quotidiennement à la collecterie. « Il n’est pourtant censé être là que deux jours par semaine » sourit Florence. Luc, le service civique engagé au début de l’aventure, confirme cette bonne ambiance. Pour lui qui a passé un bac pro d’ébéniste, la Collecterie est l’expérimentation de la mixité sociale : « C’est un mélange avec plein de gens au quotidien, c’est génial. Et mine de rien, ça permet de développer l’imagination ce genre d’endroits ! ».

- Inauguration par Dominique Voynet -

Lieu d’échanges matériels tout autant qu’immatériels, la Collecterie prouve qu’un projet écolo-responsable peut aussi être un incubateur social. Avant le traditionnel « coupé de ruban » - fait d’un assemblage de cravate pour l’occasion - le président parle dans son discours d’inauguration de cette « activité millénaire qui consiste à faire du neuf avec du vieux. Malgré tous nos mérites, comparables à ceux de beaucoup d’autres, nous n’avons pas inventé le fil à couper le beurre... ».

Le but : redonner un sens aux objets en fin de vie, et une nouvelle vie à des hommes en quête de sens.


Source : Barnabé Binctin pour Reporterre

Photos : Florence Vallot.

Illustration : La Collecterie.

Lire aussi : A Paris, une ressourcerie sociale donne une nouvelle vie aux objets


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12 novembre 2013 2 12 /11 /novembre /2013 17:50

 

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A genoux, le Portugal ferme les yeux sur l'«argent sale» venu d'Angola

|  Par Ludovic Lamant

 

 

La revanche du colonisé ? Des hommes d'affaires angolais font leurs courses au Portugal, multipliant les achats dans les banques ou l'immobilier, sur fond de crise de l'ancienne métropole. Parmi eux, Isabel Dos Santos, fille du président angolais. Des observateurs à Lisbonne s'inquiètent des origines douteuses de certains capitaux.

De notre envoyé spécial à Lisbonne

Opération apaisement à Luanda : quatorze députés portugais se sont rendus cette semaine dans la capitale angolaise pour tenter de décrisper les relations entre Lisbonne et son ancienne colonie. À l'exception du Bloc de gauche (extrême gauche), toutes les formations politiques ont fait le déplacement, oppositions socialiste et communiste comprises. « Ce serait hypocrite de dire que nous n'avons pas l'intention de renforcer l'affirmation d'une fraternité incontournable entre les peuples portugais et angolais », a déclaré la présidente de l'assemblée portugaise, Assunção Esteves, qui était elle-même du voyage, preuve de l'importance de cette mission délicate.

Le ministre des affaires étrangères portugais avait cru bien faire, mi-septembre, en formulant des « excuses diplomatiques » à l'intention de l'Angola à propos d'une enquête en cours visant des officiels angolais au Portugal, mais sa sortie inattendue a eu l'effet inverse : tout s'est en fait compliqué entre Lisbonne et Luanda. Le président angolais, José Eduardo Dos Santos, en poste sans interruption depuis 1979, a jugé, lors de son discours sur l'état de la Nation, le 15 octobre, que les conditions pour un « partenariat stratégique » n'étaient plus réunies.

Le 21 octobre, le Journal d'Angola, quotidien officiel du régime de Luanda, dénonçait dans un éditorial intitulé « Adieu lusophonie », une « agression intolérable ». Il avait déjà estimé, plusieurs semaines auparavant, que le Portugal n'avait pas à « donner de leçons » à ses anciennes colonies.

Que s'est-il passé ? Rui Machete, le ministre des affaires étrangères portugais, avait expliqué sur les ondes d'une radio angolaise qu'il n'y avait « rien de fondamentalement digne d'intérêt » dans une enquête en cours portant sur des soupçons de blanchiment d'argent à l'encontre d'officiels angolais. À ses yeux, la procédure ne devrait déboucher sur aucune inculpation. Et le ministre de formuler des « excuses » auprès de Luanda, pour le préjudice soi-disant subi par le pays.

Scandale immédiat à Lisbonne, où des hommes politiques et des éditorialistes ont fermement désapprouvé l'attitude de soumission du ministre. Ce qui, par ricochets, a vexé le pouvoir à Luanda, qui s'est senti « agressé » par ce débat explosif autour de la relation de dépendance qui relie l'ex-métropole proche de la faillite à son ancienne colonie en pleine ascension économique.

« Ce sont des déclarations qui ont beaucoup choqué, de la part d'un ministre des affaires étrangères », avance Ana Gomes, une eurodéputée socialiste portugaise. « D'abord parce qu'un ministre, dans un État de droit, n'a pas à se prononcer sur l'avancée d'une enquête menée par la justice et ensuite parce que c'est humiliant pour les Portugais, et totalement contre-productif. » Le PS, dans l'opposition, a exigé – en vain – la démission de Machete.

 

José Eduardo Dos Santos © Reuters. 
José Eduardo Dos Santos © Reuters.


Pour Jorge Costa, un dirigeant du Bloc de gauche, « Rui Machete n'a fait qu'exprimer la subordination du gouvernement portugais au pouvoir angolais, qui dure depuis longtemps ». La sortie du ministre a en tout cas dévoilé au grand jour une réalité douloureuse, que nombre de dirigeants lisboètes préféraient taire jusqu'à présent : la crise a rendu le Portugal extrêmement dépendant de l'Angola pour sa survie économique.

Une « revanche » de l'Histoire, veulent croire certains médias, qui s'explique avant tout par le décalage brutal entre les deux pays. Avec un taux de chômage autour de 17 % et une récession toujours en cours (-1,8 % attendu pour 2013), aggravée à court terme par une politique d'austérité musclée, Lisbonne semble prête à tout pour attirer des investissements étrangers. À l'inverse, Luanda affiche des taux de croissance impressionnants (proches de 15 % au cours des années 2000), grâce aux cours du pétrole qui s'envolent et à la vente de diamants, et se trouve courtisée par des investisseurs de Chine ou du Brésil.

Symbole de cette inversion des rôles, la balance commerciale du Portugal vis-à-vis de l'Angola, encore positive en 2012, a basculé dans le rouge sur les six premiers mois de 2013. Lisbonne importe désormais davantage de pétrole angolais qu'elle ne parvient à écouler ses produits dans son ancienne colonie. Parallèlement, les investissements angolais au Portugal, difficiles à chiffrer, affichent une progression croissante depuis le début des années 2000. 

Sauf que l'Angola n'est pas seulement une ex-colonie portugaise, peuplée de 19 millions d'habitants et sortie d'une longue guerre civile à partir de 2002. C'est aussi l'un des États autoritaires les plus corrompus de la planète, qui pointe à la 157e place du classement de Transparency International (sur 176), dirigé dans une totale opacité par la famille Dos Santos et le parti présidentiel du MPLA.

La « revanche du colonisé » est plus qu'ambiguë. Bon nombre d'« investissements » angolais, dans l'immobilier de luxe sur le littoral ou dans les banques, sont douteux et ne profitent qu'à un petit cercle d'entrepreneurs proches du pouvoir, à Luanda. Plusieurs interlocuteurs contactés par Mediapart à Lisbonne décrivent un système vertigineux où le Portugal sert de plaque tournante du blanchiment d'argent sale pour des nouveaux riches angolais.

Isabel Dos Santos, la « fille à papa »

« Ils achètent des entreprises, ils lavent leur argent, ils s'emparent de médias portugais », s'inquiète la socialiste Ana Gomes, l'une des rares voix dissonantes au sein du PS portugais. La formation de José Sócrates s'était montrée, lorsqu'elle était au pouvoir jusqu'en 2011, peu regardante avec les investissements des proches du régime angolais. 

« Le Portugal est la seule ancienne métropole d'Europe qui se trouve utilisée par l'élite économique de son ancienne colonie comme un point d'appui pour l'accumulation, le blanchiment et le recyclage de ses capitaux », estime de son côté Jorge Costa, du Bloc de gauche, qui s'apprête à publier un livre, en début d'année prochaine, sur « les propriétaires angolais du Portugal ».

Pour l'ex-journaliste portugais Pedro Rosa Mendes, désormais universitaire à l'EHESS, cette pratique de blanchiment des capitaux remonte à plus loin que la crise actuelle. Elle s'amorce en fait dès la fin des années 1990, lorsque l'Angola, alors en pleine guerre civile, ouvre de nouvelles concessions sur ses réserves pétrolières. La décision entraîne l'explosion de la production d'or noir dans le pays, renfloue les caisses de l'État et renforce d'un coup son influence sur la scène internationale. La récession des pays d'Europe du Sud, à partir de 2008, n'a fait qu'accélérer la grande transformation des relations entre l'Angola et le Portugal.

Combien sont-ils à ainsi vouloir faire main basse sur les joyaux de l'ancienne métropole ? Des familles proches de la présidence à Luanda – quelques centaines de personnes tout au plus – sont à l'offensive, qui disposent de visas angolais et portugais. « Les journaux parlent des “cercles présidentiels”. Mais c'est avant tout Dos Santos lui-même, et sa propre famille, qui figurent aux avant-postes », estime Pedro Rosa Mendes.

 

Isabel Dos Santos en couverture de l'hebdomadaire portugais Visão 
Isabel Dos Santos en couverture de l'hebdomadaire portugais Visão

Sa « propre famille », et surtout la fille aînée : Isabel Dos Santos, 40 ans, diplômée du King's College de Londres, la seule femme milliardaire d'Afrique, est l'un des personnages clés de cette sulfureuse saga post-coloniale. À en croire la presse officielle angolaise, elle serait la preuve vivante que l'Angola, pays où 70 % des habitants vivent avec moins de deux dollars par jour, peut aussi fabriquer des success stories au cœur de la finance internationale.

L'héritière, née d'un premier mariage de Dos Santos, détient aujourd'hui au Portugal un portefeuille d'actifs vertigineux. En quelques années, elle s'est emparée de la moitié du capital d'un géant des télécoms (issu de la fusion entre ZON et Optimus) et d'une bonne part de la banque portugaise BPI – dont elle est, à hauteur de 19,4 %, la deuxième actionnaire. Elle est aussi présente au conseil d'administration d'un autre établissement financier, BIC Portugal, et possède des parts dans Amorim Energia, qui contrôle près de 40 % de Galp, l'un des principaux groupes gaziers et pétroliers d'Europe.

« La princesse » est aujourd'hui la troisième personne la plus riche par la valeur de son portefeuille d'actions cotées à la bourse de Lisbonne. Avec une fortune estimée à 1,7 milliard de dollars, elle est devenue incontournable dans le paysage économique portugais. À première vue, difficile de ne pas se réjouir de l'arrivée massive de ces capitaux frais, alors que le pays est exsangue…

Mais l'affaire se complique si l'on s'intéresse aux origines douteuses de la fortune d'« Isabel ». C'est ce qu'a tenté de faire le magazine américain Forbes dans une enquête fleuve publiée en septembre dernier, qui a fait beaucoup de bruit à Lisbonne – un peu moins à Luanda (à lire ici). Sa conclusion est imparable : « La fille à papa » est une créature inventée de toutes pièces par son père afin d'accaparer, au profit de son « clan », une partie des revenus des biens publics, du pétrole aux diamants, avant de sécuriser cet argent à l'étranger – destination Portugal. 

Les diamants ? C'est sur décision du président angolais qu'est renégocié, à la fin des années 1990, le partenariat public-privé qui exploite les mines du nord du pays. La fille aînée du président empochera alors une part de 24,5 % de la société, dont on ignore tout du financement, et qu'elle revendra par la suite à sa mère. Idem pour le secteur des télécoms : Isabel Dos Santos obtient 25 % du géant Unitel, après la décision de son père d'en privatiser une partie, au début des années 2000. Là encore, impossible de savoir combien l'intéressée a payé, mais sa part est aujourd'hui valorisée à un milliard de dollars…

Un débat étouffé au Portugal

À partir de 2005, elle va aussi faire fortune dans la banque, prenant un quart des parts de l'établissement BIC Angola, qui profitera, notamment, de prêts massifs, à des taux très confortables, au gouvernement angolais… La liste est encore longue, de ces opérations menées en toute opacité, mais qui finissent toujours par enrichir la fille du président, en un temps record : Isabel Dos Santos est devenue milliardaire en moins de dix ans.

 

Isabel Dos Santos et les entreprises où elle a pris des parts au Portugal. 
Isabel Dos Santos et les entreprises où elle a pris des parts au Portugal.

« Les holdings d'Isabel Dos Santos ne sont pas de simples actifs qu'elle accumule en prévision des mauvais jours. Ils dégagent de jolis dividendes, qui lui permettent d'acquérir davantage d'actifs dans des activités qui n'ont pas de rapport avec l'exploitation des biens angolais, par exemple sa part de 500 millions de dollars dans le groupe de médias portugais ZON », écrivent les deux auteurs de l'enquête. L'un d'eux, Rafael Marques, journaliste angolais qui anime le site anti-corruption Maka Angola, connaît plusieurs démêlés judiciaires avec Luanda.

Aux côtés d'Isabel Dos Santos, d'autres « entrepreneurs » angolais font leurs courses au Portugal, à l'instar du général « Kopelipa », un ministre influent à Luanda, qui a mis de l'argent dans les vins et les banques de l'ancienne métropole. À chaque fois, le principe est identique : ces hommes et ces femmes, profitant de relations privilégiées avec le président, ont fait fortune dans des conditions douteuses en Angola et s'emparent d'actifs portugais majeurs, sur fond d'accélération de la crise à Lisbonne.

« Le Portugal a un rôle stratégique pour le pouvoir angolais : il permet à l'élite économique et politique de se ménager une porte de sortie en cas de changement de régime, avec une partie de leurs richesses stockées au Portugal. Mais c'est aussi un pays qui leur sert de “laverie” pour les capitaux angolais douteux », résume Jorge Costa.


 

Un rapport, publié en 2011 par l'ONG Global Witness, passe en revue les comptes – particulièrement opaques – de l'industrie pétrolière en Angola. Il établit notamment qu'il existe une différence de pas moins de 87 millions de barils d'or noir, sur le total de la production de l'année 2008, selon les registres établis par le ministère du pétrole et ceux du ministère des finances… Un exemple parmi d'autres des failles institutionnelles, qui peuvent favoriser le détournement d'argent public.

Malgré l'ampleur des manœuvres, c'est à peine si le débat secoue la scène portugaise. L'affaire des « excuses diplomatiques » de Rui Machete n'a fait que l'effleurer et l'intéressé a fini par échapper à la démission. « Tous les dirigeants politiques portugais, au pouvoir ou dans l'opposition, ont entretenu des liens avec les forces angolaises, d'un côté ou de l'autre du conflit », précise Pedro Rosa Mendes.

À l'origine d'obédience marxiste-léniniste, le Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA) a adhéré à l'Internationale socialiste en 2003. Il entretient donc des liens étroits avec les communistes et les socialistes, mais aussi les sociaux-démocrates (droite) portugais aujourd'hui au pouvoir. « Le MPLA a toujours su s'adapter au contexte au fil des générations et changer d'alliances selon les évolutions géopolitiques », poursuit Pedro Rosa Mendes.

D'après le décompte effectué par Jorge Costa, depuis le retour du Portugal à la démocratie, en 1974, 26 ministres et secrétaires d'État portugais ont occupé ou continuent d'occuper des postes dans des entreprises angolaises, après leur passage par un ministère public. L'actuel premier ministre, Pedro Passos Coelho, a passé une partie de son enfance en Angola. La presse portugaise spécule également sur l'existence d'un « lobby angolais » au sein du gouvernement, constitué de plusieurs ministres ayant vécu à Luanda dans leur enfance.

En 2006, le chef de gouvernement socialiste, José Sócrates, avait quant à lui effectué un retentissant voyage diplomatique à Luanda, emmenant dans ses bagages non seulement dix ministres, mais aussi soixante-dix-huit chefs d'entreprise portugais. « Il est difficile d'observer une différence sur la politique angolaise, entre les socialistes et les sociaux-démocrates », résume Lisa Rimli, ex-responsable de l'Angola au sein de Human Rights Watch et qui continue de s'y rendre régulièrement.

L'Union européenne mise en cause

Autre explication de la faible intensité de ce débat presque tabou : des entrepreneurs se sont mis à racheter des médias portugais, qui tendent, du coup, à évacuer le sujet. C'est le cas d'Alvaro Sobrinho, homme d'affaires de Luanda très en vue à Lisbonne, qui s'est emparé via sa holding, Newshold, d'actifs prestigieux dans le secteur des journaux en crise. Il a ainsi racheté à 100 % l'hebdomadaire Sol et le quotidien i, tandis qu'il grignote des parts dans des groupes qui publient d'autres titres, comme les hebdomadaires Visão et Expresso.

Il faut aussi compter sur l'« auto-censure », selon l'expression de Lisa Rimli, d'une partie du monde économique, en particulier des PME portugaises, inquiètes de perdre des marchés à l'exportation si le débat sur l'origine des fonds angolais devait s'intensifier. En clair : la gravité de la crise fournit une excuse idéale pour ne pas regarder de trop près la couleur de l'argent.

Ceux qui s'aventurent tout de même à critiquer sur la place publique cette cascade d'investissements, prennent alors le risque de se faire taxer de « racistes » ou de « néo-colonialistes » par Luanda. « Je suis anti-colonialiste par conviction », prend ainsi soin de préciser Daniel Oliveira, un journaliste à l'Expresso, en ouverture d'un texte dans lequel il dénonce le silence qui accompagne les placements angolais dans le pays. « Il ne s'agit pas de discriminer les Angolais parce qu'ils sont angolais, mais d'exiger des garanties sur la provenance de l'argent dans certains cas », renchérit la socialiste Ana Gomes.

 

José Manuel Barroso et José Eduardo dos Santos à Luanda, le 19 avril 2012 © CE. 
José Manuel Barroso et José Eduardo dos Santos à Luanda, le 19 avril 2012 © CE.


Si la gêne domine à Lisbonne, d'autres institutions brillent aussi par leur absence. Sur ce dossier, l'Europe est muette. Marcolino Moco, un ancien premier ministre angolais (1992-1996), devenu l'un des plus féroces adversaires de Dos Santos, s'est récemment interrogé sur les silences de l'Union européenne : « Pour préserver ses intérêts économiques avec l'Angola, l'Europe ferme les yeux sur toutes ces malversations. »

Pour l'eurodéputée socialiste Ana Gomes, l'Europe serait même complice de cette opération : « L'austérité et les programmes de privatisation exigés à Lisbonne par l'Europe ont eu pour effet d'aggraver la dépendance du Portugal envers l'Angola. Non seulement l'Europe ne dit rien, mais elle pousse encore plus dans cette direction ! »

Ce n'est en tout cas pas du côté de la commission européenne qu'il faudra attendre une réaction, d'ici les élections européennes de l'an prochain. Son patron depuis 2004, José Manuel Barroso, fut l'un des premiers ministres portugais les plus proches du régime de Dos Santos. En 2003, il s'était rendu à Luanda avec dix de ses ministres. En tant que président de la commission, il a effectué une visite de deux jours en Angola, en avril 2012, pour renforcer la coopération de l'UE avec Luanda.

Barroso fut même l'un des invités de choix du mariage, en 2003, d'une autre fille du président angolais, Tchizé Dos Santos. Cette dernière, plus discrète que sa demi-sœur Isabel, vient d'ailleurs d'acheter 30 % d'une société portugaise d'emballage de fruits.

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12 novembre 2013 2 12 /11 /novembre /2013 17:42

 

 

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Taubira insultée : après le tabou de la parole, celui des actes vient toujours

Noël Mamère - Député de Gironde

Publié le 12/11/2013 à 11h21

 

 


La ministre de la Justice Christiane Taubira à L’Elysée, le 8 novembre 2013 (REVELLI-BEAUMONT/SIPA)

Christiane Taubira a tout pour fédérer la haine : femme, noire, ministre de la Justice, auteure de deux lois fondatrices, contre l’esclavage et pour le « mariage pour tous » ; elle coalise sur sa personne les racistes, les sexistes, les homophobes de tout acabit.

Comme en plus elle est courageuse et brillante, qu’elle est une des rares, à gauche, à ne pas cacher ses convictions, qu’elle ne renie pas son anticolonialisme de jeunesse, elle excite les passions et devient la cible des nouveaux enragés de la droite extrême et de l’extrême droite.


La une de Minute, datée du 13 novembre 2013 

Mais depuis que Christiane Taubira a été comparée à une « guenon mangeant sa banane » par des enfants d’excités de l’UMP et par une candidate du Front national et que des militants de Civitas, le groupuscule de cathos intégristes, scandait dans la rue « y’a bon Banania », les attaques ont franchi un seuil qui vaut affaire d’Etat.

A un tel niveau d’obscénité, le racisme – qui n’est pas une opinion mais un délit – devient un marqueur du climat pourri qui s’est instauré en France depuis quelques mois.

Animalisation des Noirs

Certes l’animalisation des Noirs n’est pas une chose nouvelle. L’année dernière, le film « Vénus noire », montrait que ces pratiques remontent loin dans notre histoire. Nombreux sont les « progressistes » de tout bord qui ont sombré dans ce racisme à caractère prétendument scientifique.

Ma famille idéologique n’en est pas exempte puisque l’inventeur du mot « écologie » Ernst Haeckel, vulgarisateur du darwinisme, transposa la théorie de l’évolution à la société en expliquant que :

« Si l’on voulait à tout prix établir une limite bien tranchée, c’est entre les hommes les plus distingués et les sauvages les plus grossiers qu’il faudrait la tracer, en réunissant aux animaux les divers types humains inférieurs. Cette opinion est en effet celle de beaucoup de voyageurs… Un Anglais qui a beaucoup voyagé et séjourné longtemps sur la côte occidentale de l’Afrique, écrit ceci : “ A mes yeux, le Nègre est une espèce humaine inférieure : je ne puis me décider à le regarder comme homme et comme frère ; car alors il faudrait aussi admettre le gorille dans la famille humaine”. »

La purification de la race était à la mode chez les intellectuels de l’époque. La colonisation institua un Code de l’Indigénat, succédant au Code Noir qui régissait les rapports entre maitres et esclaves.

Tabou après la Seconde Guerre mondiale et l’Holocauste

Mais, ce qui était courant au XIXe siècle devint tabou après la Seconde Guerre mondiale et l’Holocauste.

Le fait qu’il soit brisé aujourd’hui est une régression absolue. On le constate non seulement en France, mais aussi en Italie où Cécile Kyenge, la ministre de l’Intégration, a été victime des mêmes injures racistes depuis sa nomination en avril.

Au mois de juillet, Roberto Calderoli, sénateur de la Ligue du Nord, l’avait comparée à un orang-outan, en ces termes :

« Cécile Kyenge fait bien d’être ministre, mais peut-être devrait-elle le faire dans son pays. Je me console quand je surfe sur Internet et que je vois les photos du gouvernement.

J’aime les animaux, mais quand je vois les images de Kyenge, je ne peux m’empêcher de penser à des ressemblances avec un orang-outan, même si je ne dis pas qu’elle en soit un. »

Un mois plus tôt, un conseiller local du même parti avait estimé qu’il faudrait violer la ministre afin qu’elle comprenne ce que ressentent les victimes de crimes commis par les immigrants.

Crise morale et idéologique

Ce retour vers un passé que l’on croyait révolu montre l’étendue de la crise morale et idéologique qui sévit en France et en Europe et qui risque bien de se traduire politiquement aux prochaines élections européennes.

Je n’ai pas de solutions pour enrayer cette crise, mais je suis convaincu qu’il faut rompre avec le silence de bon aloi qui règne dans tous les milieux, des élites aux corps intermédiaires, tandis que la plaie devient purulente et empoisonne le corps social.

Aucune excuse ne devrait empêcher l’indignation, la révolte, mais aussi la répression et la sanction contre celles et ceux qui osent bestialiser un être humain. Car c’est de l’humanité qu’il s’agit. Et comme dans les années 30, si nous faisons mine de baisser la garde, alors la bête immonde resurgira. Après le tabou de la parole, celui des actes vient toujours.

Ce silence des intellectuels et des politiques s’explique : La droite sarkozyste, avec le débat mortifère sur l’identité nationale, les discours de Toulon, Grenoble et Dakar, le « pain au chocolat », a légitimé peu à peu la libération de la parole raciste en hystérisant le débat politique. La gauche revenue au pouvoir a voulu l’étouffer.

Le silence de Hollande

Le silence de François Hollande durant douze longs jours ne s’explique pas autrement. Le Président a toujours hésité avant de s’engager dans des combats identitaires qui lui semblent « moraux » et non essentiels. Mais ce silence s’explique aussi par les reculs sur le contrôle au faciès, sur le droit de vote des étrangers, sur l’immigration.

Si la gauche croyait gagner une partie de la droite en faisant l’impasse sur ces sujets, elle y a perdu son âme, ses électeurs et semé la division dans son propre camp. Car, comme toujours, ceux qui étaient contre ces mesures se sentent confortés dans leurs positions, ceux qui étaient pour sont découragés devant tant d’impuissance à respecter ses engagements.

La gauche est divisée : nombreux sont ceux qui, en son sein, veulent maintenir les Noirs et les Arabes dans l’invisibilité, estimant qu’en mettant les problèmes sous le tapis, on échappera à la vague raciste. Logiques avec eux mêmes, ils refusent les statistiques de la diversité et la discrimination positive devenue un gros mot à gauche. Ils ont tort.

La thèse de Finkielkraut, un modèle du genre

Ce racisme d’en haut est aussi encouragé par des intellectuels de renom qui, au nom de la défense de « l’identité malheureuse », cautionnent la traque du paria moderne partout où il dérange le mode de vie des bons Français. La thèse d’Alain Finkielkraut est un modèle du genre : le changement démographique et l’immigration de masse affectent l’identité nationale. Il écrit dans « L’Identité malheureuse » (Ed. Stock, 2013) :

« Avec le passage d’une immigration de travail à une immigration familiale, les autochtones ont perdu le statut de référent culturel qui était le leur dans les périodes précédentes de l’immigration. Ils ne sont plus prescripteurs. Quand le cybercafé s’appelle Bled.com et que la boucherie ou le fast-food ou les deux sont halal, ces sédentaires font l’expérience déroutante de l’exil. Quand ils voient se multiplier les conversions à l’islam, ils se demandent où ils habitent. Ils n’ont pas bougé, mais tout a changé autour d’eux.

Ont-ils peur de l’étranger ? Se ferment-ils à l’autre ? Non, ils se sentent devenir étrangers sur leur propre sol. Ils incarnaient la norme, ils se retrouvent à la marge […] Plus l’immigration augmente, et plus le territoire se fragmente. » (pp. 123-124)

Le philosophe à la retraite est nostalgique d’une République du bon vieux temps et pleure l’identité nationale fondée sur l’homogénéité. Pour Finkielkraut, comme pour le Front national, les Français « de souche » ne se sentent plus chez eux et se demandent « où ils habitent ».

Médias : plus c’est gros et plus ça fait vendre

Les médias ont enfin une responsabilité énorme dans cette dérive : les « news magazines » ont remplacé les marronniers sur l’immobilier ou le classement des lycées les plus performants par des unes redondantes sur l’islam, l’immigration, les Roms. Plus c’est gros et plus ça fait vendre. La dictature de l’audimat se faisait auparavant sur le vide. Elle se décline aujourd’hui autour du racisme le plus exacerbé : « la carte des Roms », « l’invasion islamique »… Valeurs actuelles, Le Point, L’Express, L’Opinion, sont devenus les « Minute » politiquement corrects de la pensée rancie.

Médias, intellectuels et politiques se fourvoient. Les flux migratoires sont l’expression d’une mondialisation qui n’a pas débuté il y a trente ans : nous avons détruit des civilisations, des nations, des empires, en voulant imposer notre vision du monde. Le boomerang est là.

Les miséreux du monde se sont mis en marche, arrachés de leur terre par les accords de libre-échange, les multinationales, le démantèlement d’Etats corrompus, par notre argent. Les pauvres du monde présentent aujourd’hui l’addition aux peuples riches. Elle n’est pas chère. Ils nous disent simplement : « Vous avez envahi notre monde, maintenant personne n’est plus chez soi. » Désormais tout le monde est chez les autres. C’est un fait. Le cosmopolitisme et le métissage s’imposeront quoi qu’en pensent les oiseaux noirs du malheur.

Gangrenés par la haine raciste

Oui, nombreux sont nos compatriotes qui, pour une raison ou une autre, à des niveaux plus ou moins grands, sont gangrénés par la haine raciste. Qu’ils soient chômeurs, victimes de la crise économique, n’excuse rien. Mais que les élites de ce pays démissionnent de leurs responsabilités en faisant le lit des pulsions les plus détestables, voilà le vrai danger. Elles ont perdu leur boussole en chemin.

Le court XXe siècle, qui a commencé dans la folle et inutile guerre de 1914, a été le produit de l’esclavage et de la colonisation mais aussi la matrice des génocides contemporains fondés sur le racisme.

 

 

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Nous sommes tous des Christiane Taubira

Voilà une femme qui par la force de ses convictions et de sa personnalité s’est hissée à hauteur d’une république qu’elle conçoit comme son horizon politique. Mue par une intégrité sans faille, elle consacre depuis longtemps toute son énergie à rendre accessible cet horizon à tous et toutes, sans distinction de sexe, de race, d’origine ou de religion. Elle n’a pas attendu les soubresauts identitaires de partisans d’une France qui veut demeurer blanche et straight pour œuvrer au bien commun. Elle n’en attendait sans doute pas tant de leur part : pourquoi tant de haine ?

Voilà qu’une ministre est ravalée à la rhétorique la plus abjecte qui, parcourant la surface de sa peau, entend l’avilir au plus profond d’elle-même, en tant que femme et en tant que noire. Comme s’il fallait étouffer en elle toute fierté d’être l’une et l’autre.

Pendant que l’on se repaissait de détails croustillants sur les slogans bestialisant la garde des sceaux, dont, par décence, il faudrait cesser de faire la publicité, le silence a régné au plus haut niveau de l’État. Un silence indécemment long. Comme si dans les esprits grinçait cette ritournelle selon laquelle elle l’aurait bien cherché.

Que le silence ait pu persister dans les Palais de la république ne devrait pas nous étonner plus que cela et pour tout dire, ne requiert déjà plus notre attention. Il est urgent de nous tourner vers la seule question qui vaille : serons-nous capable de résister au racisme qui prospère et de lutter pour qu’enfin sa matrice soit démantelée et ses exploiteurs démasqués ?

Voilà des années de trop, que le balancier oscillant de la haine de soi à la haine de l’autre fauche les maigres espoirs d’une France réconciliée avec elle-même. Elle prenait des couleurs pour le meilleur, croyait-on, puis le pire est redevenu notre seul horizon et il vient de se refermer sur elle et sur nous.

Désormais, il est trop confortable de se contenter d'accuser la droite extrême, restée assise à l’assemblée, pour avoir bonne conscience et croire s’être ainsi dédouané de toute forme de racisme. Ce sont les mêmes qui hier jetaient de l’huile sur le feu en désignant les coupables à la vindicte populaire et à l’audimat, par viennoiserie interposée, et qui aujourd’hui appellent à rompre avec les scélérats à leur droite toute, en persistant à ignorer qu’ils ne font plus qu’un. Car leur union est déjà scellée par ce dénie partagé : la France est raciste par leur faute. Chaque jour, ils misent un peu plus sur l’exacerbation des propos et des actes de haine qui la mettent à genou.

Mais la gauche n’est pas en reste. Elle n’est plus immunisée, à supposer qu’elle l’ait jamais été. Qu’elle s’installe au pouvoir, ou qu’elle veuille résister à cet exercice corrupteur, elle s’est dissoute au contact corrosif de dissensions et divisions qui laissent la voie libre au grand dérangement raciste. Jusqu’à ses figures consensuelles qui n’ont pas hésité à exploiter le filon de l’aversion contres les nouveaux français, trop basanés, trop musulmans, dont il est temps de dénoncer le jeu dangereux.

Entendons-nous : dire la France est raciste, n’est pas dire tous ses habitants le sont. C’est dire que la xénophobie d’État est bien là, installée dans ses quartiers, qu’ils soient rupins, protégés ou relégués et qu’elle expose toutes sa population au passage à l’acte et à la parole racistes. La xénophobie expose à l’ensauvagement. Que ce soit sous les ors de la république, dans les centres ville préservés ou dans les ornières de périphéries oubliées, le racisme bat son plein, et ce depuis longtemps. C’est donc rappeler que cela ne date pas d’hier et qu’en vérité cela n’a jamais cessé. Certains ont cru, qu’une fois révolues la collaboration et la colonisation, leur pays était tiré d’affaire, guéri d’un désir lancinant de supériorité. Alors qu’il n’était qu’en rémission. Et encore, elle fut bien brève. Tant dans ses tréfonds administratifs, à ses guichets, dans ses dossiers en bas de piles inamovibles, dans ses évictions de postes privilèges réservés, et à chacune de ses brimades, entre dévoilement, expulsion, contrôle au faciès et fouille au corps, s’active un racisme routinier, de basse intensité, sans panache, sans grade, mais bien réel.

Il atteint sans hésiter tout ce qui compte, et ils sont nombreux, de métèques et de parias. Devenu disponible, comme une substance psycho active dont on ne parvient plus à se défaire, objet de transactions à découvert, le racisme peut avoir le visage de chacun d’entre nous, sans exception. Mais, si pour certains, il est insu, ayant infusé face au désastre, pour d’autres il est devenu une vertu, l’ultime rempart d’un patriotisme désastreux.

Il révèle les alliages les plus improbables. Comme les partisans d’un antisexisme patriarcal, s’accommodant d’un racisme aveugle à lui-même, passager clandestin d’un cortège convaincu de cheminer glorieusement vers la liberté et l’égalité pour toutes. Ou ces croisés d’une laïcité dévoyée, tardivement unie à un féminisme intolérant et sélectif, qui marmonnent des formules magiques censées faire fuir les ennemis de l’intérieur qu’ils se sont inventés pour plus de vraisemblance.

Racisme des puissants comme des faibles, l’ironie veut que nous soyons tous égaux face à lui : il corrompt tous ceux qu’il atteint et les avilie bien plus que les cibles qu’il se désigne. Même lorsqu’il nous traverse, il ne nous laisse pas indemne, il se métabolise et s’installe dans les replis de notre être. Ce racisme, dont les effets délétères dissolvent les individus et désagrègent le bien commun, est devenu notre double.

Partout le rictus est sur le point de tordre les bouches et la haine prompte à empoisonner les esprits. Il est temps de les regarder en face.

Faut-il comprendre que répondre à l’abject n’est pas à l’ordre du jour ? Dans ce cas, comment ne pas voir dans le silence qui pèse sur la France une complicité de fait ?

Qui sème le vent récolte la tempête. Qui ne dit mot consent. Ce sont plus que des adages, des alertes qu’il importe désormais d’entendre.

Et qu’enfin, on comprenne que l’intégration n’est plus une réponse, mais le sauf-conduit qui autorise, étalonne et absout toutes les discriminations. Car tenus comptable d’une impossible intégration, les mis en échec subissent la sanction légitimée du racisme et des discriminations. La rhétorique de l’intégration est le plus sûr vecteur de racialisation d’une France qui n’en fini pas d’être hantée par ses spectres coloniaux et raciaux. Ces vestiges survivent au cœur de la république : celles et ceux qui la chérissent devront aller les en extirper.

Voilà pourquoi le silence et l’inaction sont pires que tout, parce qu’ils signent notre capitulation collective devant l’abject. Hormis reconnaître l’étendu du désastre et conjurer la tentation d’une reddition face au raciste pour en venir à bout, aucune autre alternative n’est viable.

La France ressemble déjà à ce qu’elle sera demain, sans retour et sans regret. Il faudra bien qu’enfin ses habitants apprennent, comme y invite la maturité démocratique, à réguler l’aversion qui les étreint encore trop souvent à la vue et au contact d’une altérité devenue intérieure à notre monde commun. L’État doit être le garant du droit à exister avec ses singularités et ses capacités afin d’en faire le multiplicateur des possibles. Il doit mettre un terme à l’aggravation des tensions qui sapent des existences devenues des rebus parce qu’elles sont marquées, à leur corps défendant, du verdict du rejet.

Voilà pourquoi nous sommes tous des Christiane Taubira. Nous, les arabes, les noirs, les roms, les musulmans, les juifs, les migrants, les minoritaires, les étrangers, les indigénisés, les femmes subalternes, les queers, les expulsés, les expulsables, les contrôlés, les contrôlables, les dé/voilées, les percutés au plafond de verre, les exilés forcés, les évincés, les double-peine, les sans droit de vote, les sans papiers, les sans logis, les sans travail. Car elle est comme nous, notre égale, notre semblable, entrée comme nous en résistance face au racisme et à ses pratiquants. Tout ce qui l’atteint nous affecte, tout ce qui lui est ôté nous ampute. Et vice-versa. Bienvenue au club à toutes celles et ceux qui nous rejoindront ! En attendant de manifester, manifestons (nous) sur la toile !

https://www.facebook.com/pages/Nous-sommes-tous-des-Christiane-Taubira/398686576928095?fref=ts
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12 novembre 2013 2 12 /11 /novembre /2013 17:28

 

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Zapping Taxe Tobin (TTF) - 15 ans d'Attac

|  Par ATTAC FRANCE



 

Zapping Taxe Tobin (TTF) - 15 ans d'Attac © Attac TV

Attac a été créée en 1998 pour promouvoir l'idée d'une taxe sur les transactions financières. A l'occasion de la fête des 15 ans de l'association le 15 novembre à Paris, ce zapping revient sur l'appropriation progressive, dans les discours, d'une mesure toujours pas mise en œuvre dans les faits.

 


 

Pour ses 15 ans, Attac vous donne rendez-vous au Cabaret sauvage pour une soirée festive avec Christophe Alévêque et son point de vue décalé sur l'actualité puis un concert avec HK & Les Déserteurs, Emel Mathlouthi et Fantazio.

Depuis 1998, Attac lutte contre le pouvoir de la finance, pour un monde plus juste. De nombreuses personnalités participeront à cette soirée : Susan George (présidente d'honneur d'Attac), Edwy Plenel (Mediapart), Annick Coupé (porte-parole de l'Union syndicale Solidaires), Denis Sieffert (Politis), Pierre Tartakowsky (président de la Ligue des droits de l'Homme), Bernadette Groison (secrétaire générale de la FSU),…

Une soirée en partenariat avec Alternatives Economiques, Basta, Le Monde diplomatique, Mediapart, Mondomix, Politis, Reporterre.

PAF en prévente : 20 euros / tarif réduit : 15 euros (étudiants, chômeurs) / 25 euros sur place

Offre spéciale "15 ans" : une adhésion à 15 euros + 1 place à tarif réduit pour la soirée.

Informations et réservation sur http://www.france.attac.org/evenement/15-nov

Evènement facebook : www.facebook.com/events/596470813744142

 

 

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12 novembre 2013 2 12 /11 /novembre /2013 17:19

 

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Poisson pourri 11/11/2013 à 19h00

Après l’enquête d’« Envoyé spécial », le lobby du saumon norvégien s’active

Renée Greusard | Journaliste Rue89

Infosignalée par un internaute

 

Dans une excellente enquête diffusée jeudi par « Envoyé spécial », sur France 2, on voyait confirmé ce qu’on commence à savoir depuis un bon moment : les poissons d’élevage sont bourrés de substances toxiques. Des produits chimiques utilisés dans leur nourriture et dans les substances avec lesquelles on les asperge.

En surpopulation dans leur cage, les saumons d’élevage tombent en effet plus facilement malades, infestés par des poux de mer. Un militant écologique norvégien raconte ainsi à « Envoyé spécial » :

« Dans les saumons, on trouve du diflubenzuron et toutes sortes de produits chimiques. C’est dégoûtant, ces trucs. Vous savez le saumon norvégien, c’est la nourriture la plus toxique du monde. »


Image extraite du reportage « Elevage en eaux troubles », Nicolas Daniel et Louis de Barbeyrac, diffusé sur « Envoyé spécial »

 

Le reportage n’a pas plu au Centre des produits de la mer de Norvège (CPMN). En septembre, cette organisation a signé un accord de collaboration avec le ministère des Affaires étrangères norvégien. Objectif : « Soutenir l’internationalisation, l’innovation et le marketing des produits de la mer de Norvège ».

C’est en vertu de ces ambitions que ce lobby a diffusé un communiqué en réaction à l’émission, signalé par une lectrice. On y apprend qu’en gros, il n y a pas de problème de santé publique :

« Des résultats récents informent que le saumon norvégien est parfaitement sûr et sain. »

Mais aussi que l’élevage de saumon est « une activité transparente, réglementée et contrôlée » ou que « la priorité pour la Norvège est de produire des produits sains et sûrs à la consommation. »

Une chercheuse poussée vers la porte

Les arguments avancés par le document laissent cependant dubitatifs. Exemple :

« Tous les tests effectués sur le saumon d’élevage norvégien sont faits en accord avec la législation européenne et norvégienne. Ils sont rendus publics sur le site web du Nifes. »

Le Nifes est un institut de recherche étatique norvégien. Problème : on apprend justement dans le reportage qu’il a poussé vers la démission une chercheuse, qui avait étudié les effets sur la santé humaine de l’éthoxyquine, un additif présent dans la nourriture des poissons, .

Elle avait découvert des choses gênantes, comme elle le raconte à « Envoyé spécial » :

« J’ai découvert que l’éthoxyquine a le pouvoir de traverser la barrière hémato-encéphalique du cerveau. Or cette barrière a une fonction très importante. Elle sert à protéger physiquement votre cerveau contre les substances toxiques et aucune substance étrangère au corps humain n’est censée pouvoir la traverser. »

Un poisson nettoyeur qui mange les poux

Le CPMN a d’autres arguments pour défendre ses saumons. Au sujet des poux de mer notamment, le centre concède que « le diflubenzuron est parfois utilisé », mais tempère maladroitement :

« Les statistiques de 2012 montrent que l’utilisation de diflubenzuron est rare, et que les autres moyens de maîtriser les poux de mer sont utilisés en préférence.

La méthode de traitement la plus utilisée consiste à introduire un “ poisson nettoyeur ” (dit “ vieille commune ”) dans les bassins. Les poissons nettoyeurs mangent les poux présents sur la peau du saumon. »

Miam miam tout ça. A lire le communiqué, on a presque l’impression de lire les arguments vintages des fabricants de tabac quand ils assuraient que le tabac était bon pour la santé.

Difficile pourtant d’oublier qu’en juin, comme Rue89 le rappellait, le gouvernement norvégien a émis « une nouvelle recommandation, forcé de reconnaître – tardivement – que ce poisson gras est aussi bourré de produits toxiques ».

Un lobby allié à la diplomatie norvégienne

En même temps, fallait-il s’attendre à une meilleure réponse du CPMN à des accusations aussi graves ? Le communiqué précise :

« Le CPMN a été créé par le ministère norvégien de la pêche en 1991 afin de renforcer la notoriété des produits de la mer de Norvège de par le monde. Ses activités sont financées par le secteur de la pêche et de l’aquaculture via un prélèvement sur les exportations des produits de la mer. »

Par e-mail, j’ai demandé à notre blogueuse en Norvège, Diane Barbain, de nous dire son avis sur la question. Secrétaire des Verts au conseil municipal de Bergen, elle critique l’accord signé en septembre entre le CPMN et le ministère des Affaires étrangères :

« Le Centre est localisé avec les services de la diplomatie norvégienne à l’étranger, et bénéficie d’un statut de diplomate et de l’adresse de l’ambassade de Norvège en France. »

C’est que la France est un marché essentiel pour les producteurs de saumons norvégiens. De l’aveu même du CPMN, dans son communiqué :

« La France est le second marché d’exportation pour les produits de la mer de Norvège avec environ 671 millions d’euros par an, ce qui fait également de la Norvège son plus gros fournisseur en matière de produits de la mer.

La France est également le premier marché d’exportation de saumon de Norvège avec 136 000 tonnes importées en 2012. »

Le saumon est la deuxième ressource économique de la Norvège, après le pétrole.

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12 novembre 2013 2 12 /11 /novembre /2013 17:06

 

 

rue89.com

 

A chaud 11/11/2013 à 12h33

Hollande hué : peu de vrais Bonnets rouges, beaucoup d’extrême droite

Blandine Grosjean | Rédactrice en chef Rue89
Yann Guégan | red. chef adjoint Rue89

 

 

 


Dessin de Na

Qui sont les manifestants qui ont hué François Hollande sur les Champs-Elysées, en marge de la cérémonie de commémoration du 11 novembre ? Des militants d’extrême droite (dont le Renouveau français), du Front national, des sympathisants du Printemps français (coiffés de bonnets rouges comme on le voit sur ce cliché du Parisien), selon le ministre de l’Intérieur Manuel Valls. Mais aussi des militants du Bloc identitaire, de mouvements extrémistes de la Côte d’Azur...

 

 

 

Selon un journaliste du JDD, le collectif « Pas mon président », proche du parti d’extrême-droite Bloc identitaire, avait appelé à manifester :

 

Voir l'image sur Twitter

Le collectif "Pas mon président", proche du parti d'extrême-droite Bloc identitaire avait appelé à manifester

 

Près de 70 d’entre eux ont été arrêtés pour « manifestation non déclarée » et pour certaines pour des « violences volontaires contre les forces de l’ordre ».

En marge du cortège présidentiel, un homme a crié sa colère aux manifestants devant les caméras d’I-télé :

« C’est vous la honte de la France ! Quand on est républicain on se tait et on fait silence. Vous êtes les mêmes qui manifestiez en 1994 lors de la commémoration du Vel d’Hiv. »

Sur les images, nous avons identifié une militante d’extrême-droite niçoise et selon les informations de nos confrères de Nice Matin, plusieurs militants sont montés en délégation du Var et des Alpes-Maritimes et été placés en garde à vue.

Et des bonnets rouges...

Mais sur les trottoirs se trouvaient aussi des opposants au Front national (dont certains membres avaient appelé à manifester ) et des Bretons réclamant le retrait de l’écotaxe. « Hollande démission, dictature socialiste, ta loi on n’en veut pas ! » ont entendu des témoins, tandis que sur Twitter ont circulé des photos de Bonnets rouges interpellés.

 

Voir l'image sur Twitter

arrêtés sur les Champs

 

Dans l’après-midi Christian Troadec, le maire DVG de Carhaix (Finistère), un des porte-parole du collectif breton à l’origine des « Bonnets rouges » en Bretagne, a condamné lundi auprès de l’AFP la manifestation parisienne dans laquelle se trouvaient des bonnets rouges :

« C’est scandaleux, c’est inacceptable », a dit l’élu qui avait appelé à ne pas manifester le 11 Novembre et sortait lui-même d’une cérémonie de commémoration dans sa commune ce lundi matin.

L’embarras au sein du mouvement était palpable en relisant les tweets sur le compte @BonnetsRouges. A 12h30, la présence des Bonnets rouges parmi ceux qui ont hué Hollande y était revendiquée, et l’arrestation de manifestants non-violents dénoncée :

 

Les Bonnets Rouges @BonnetsRouges

Ce 11 novembre, la cérémonie, des venus de toute la France ont hué , responsable du matraquage fiscal.

 

Après quelques mises au point, le compte dénonce, à 14h25, des provocateurs au sein des Bonnets rouges présents sur place.

 

Les Bonnets Rouges @BonnetsRouges

.@BonnetsRouges75 fait état de qq individus "ne partageant pas nos préoccupations et mettant un bonnet rouge pour discréditer le mouvement".

 

Sur I-télé, Marine Le Pen a elle aussi pris ses distances : « Ce n’est ni le lieu ni le moment ». Mais elle a condamné les « arrestations préventives de militants et candidats FN ».

MERCI RIVERAINS ! simla
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12 novembre 2013 2 12 /11 /novembre /2013 16:25

 

 

blogs.rue89.com

Chômage : la réalité derrière les « bons » chiffres américains

Le Yéti - voyageur à domicile

Publié le 12/11/2013 à 14h28

 

 

En septembre, ô miracle, la France inversait sa courbe du chômage avec 64 000 chômeurs de moins déclarés. Avant de revenir sur terre lorsqu’est révélé le nombre des résiliations autoritaires mensuelles de Pôle emploi : 290 200 (selon le blog Vrais chiffres du chômage en France).

Eh bien, les Etats-Unis viennent de faire plus fort en octobre : « Des chiffres de l’emploi bien meilleurs que prévus... » mais avec près de 1 million de personnes sorties des statistiques le même mois ! 932 000 très précisément (selon le site américain Zero Hedge).

91,5 millions d’indécrottables « inactifs »

Malgré une augmentation de la population du pays, le taux d’Américains encore un peu actifs (aux Etats-Unis, avec une petite heure de travail par semaine, vous n’êtes plus considéré comme chômeur) est descendu à 62,8 %. Pire résultat depuis 1978.


Evolution taux de population active aux Etats-Unis depuis 1978 (Capture)

Plus risible encore, le nombre total d’Américains sortis de la population active se monte aujourd’hui à 91,5 millions. Une fois et demie la population française totale. Un chiffre grandissant... à mesure que s’améliore les statistiques du chômage américain !


Evolution en nombre de la population inactive aux Etats-Unis depuis 1990 (Capture)

102 millions d’Américains sans emploi

Si l’on rajoute les 11 millions de chômeurs « reconnus » aux 91,5 millions de déclassés, on obtient la bagatelle de plus de 102 millions d’Américains en âge de travailler sans emploi, près d’un tiers de la population totale des Etats-Unis. Et, non, comme on l’a vu plus haut, ça ne s’arrange pas, quoiqu’en chantent les médias.

A ce rythme, écrit Zero Hedge, il y aura même au pays d’Obama, dans quatre ans, plus d’indécrottables inactifs que de vaillants actifs. Pas grave, tout va moins pire que pire, comme s’obstinent à le claironner des chiffres officiels dont l’unique utilité semble être désormais de donner une illusion de vie à un moribond.

Mais nos maîtres du monde ont-ils encore les moyens et la possibilité d’afficher de mauvais chiffres, sans envoyer presto ce qui reste de leur barcasse par le fond ?

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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 19:20

 

mediapart.fr

Climat: Kyoto II, ou le retour de la momie

|  Par Jade Lindgaard

 

 

À partir de lundi, la communauté internationale va tenter de réanimer un encombrant cadavre : le protocole de Kyoto. La Pologne accueille la 19e conférence de l’ONU sur le climat. Son objectif est de préparer de nouveaux objectifs mondiaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour 2015. 

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon à la conférence sur le climat de Doha, fin 2012 (Reuters) 
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon à la conférence sur le climat de Doha, fin 2012 (Reuters)

À partir de lundi, la communauté internationale va tenter de réanimer un encombrant cadavre : le protocole de Kyoto. La Pologne accueille la 19e conférence de l’ONU sur le climat, la « Cop19 ». Objectif : mettre sur les rails un processus de négociation jusqu’en décembre 2015, date de la conférence qui doit déboucher sur l’accord de Kyoto II, pour fixer de nouveaux objectifs mondiaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre. 

Sans fleurs ni couronne, le protocole de Kyoto est mort fin 2012, date d’expiration de la première période d’engagement des États signataires. Publié en 1997, ce traité international ambitionnait de contraindre le monde à diminuer ses rejets de gaz à effet de serre afin de lutter contre les dérèglements climatiques. Seize ans plus tard, l’échec est total. La concentration de ces gaz dans l’atmosphère n’a jamais été aussi énorme qu’aujourd’hui, constate l’Organisation météorologique mondiale (OMM) dans son dernier rapport (voir ici). Le réchauffement de l’atmosphère s’est aggravé de 32 % entre 1990 et 2012. Pire encore, la hausse des émissions de CO2 survenue entre 2011 et 2012 est supérieure au taux moyen d’accroissement des dix dernières années.

« Si nous poursuivons dans la même voie, la température moyenne du globe à la fin du siècle pourrait excéder de 4,6 degrés ce qu’elle était avant l’ère industrielle. Les conséquences seraient catastrophiques », analyse l’OMM. La physique du climat est implacable : mille ans après, il reste encore dans l’atmosphère 20 % d’une émission de dioxyde de carbone. En parfait accord avec les alertes lancées par les scientifiques du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolutoin du climat (Giec) (voir ici), les chercheurs de l’OMM préviennent : ce qui est en train de se produire « façonnera l’avenir de notre planète pendant des milliers d’années ».

Face à cette catastrophe en route, la science nous « enjoint à tous de nous révolter », écrit la journaliste et activiste canadienne Naomi Klein dans un récent article du New Statesman. De plus en plus de philosophes et d'historiens se disent convaincus que nous entrons dans l’anthropocène, une nouvelle ère géologique induite par l’impact de nos modes de vie sur l’écosystème (voir ici).

Bien sûr, il est difficile et long, très long, de réformer nos systèmes de production et d’échanges. Mais les chiffres ne sont pas seulement mauvais rétrospectivement. Ils sont aussi catastrophiques en prévision. Même si les États respectaient leurs engagements actuels, en 2020, leurs rejets de gaz carbonique seraient beaucoup trop élevés pour espérer contenir la hausse de la température globale à 2 °C. Selon le Programme des Nations unies pour l'environnement (Pnue), l’écart entre le plancher qu’il faudrait atteindre et le plafond que nous sommes partis pour fracasser est compris entre 8 et 12 gigatonnes (milliards de tonnes) équivalent CO2. « C’est énorme », résume Merlyn Van Voore, coordonnatrice de l’adaptation au changement climatique pour l’agence onusienne.

« Le pire est en marche, nous sommes déjà dans la crise climatique », commente Nicolas Hulot, envoyé spécial pour la protection de la planète. En théorie, les émissions annuelles mondiales de gaz à effet de serre ne devraient pas dépasser 44 gigatonnes en 2020, et diminuer ensuite chaque année. Elles atteignaient déjà 50,1 gigatonnes en 2010 – dernière année pour laquelle un décompte est disponible.

C’est la tragédie de la négociation climat : le monde qui s’y dispute est de plus en plus éloigné de la réalité. Les délégations des pays en développement s’affrontent aux négociateurs des pays riches à propos de niveaux d’émissions qui n’existeront peut-être jamais. Depuis des années, des kilomètres de rapports ont été pondus sur les méthodes de mesures et de comptabilisation de volumes de gaz que personne ne semble vraiment vouloir maîtriser. Au fil des ans, l’écart grandit entre la connaissance du changement climatique en train de se produire et l’inertie des sociétés.

À l’exception de Barack Obama et d’Angela Merkel, aucun chef d’État des grands pays n’était en poste au moment de Copenhague. « Ils n’ont jamais réfléchi au changement climatique à ce niveau », analyse Michael Jacobs, ancien conseiller de Gordon Brown, aujourd’hui rattaché à l’Iddri, le think tank de Sciences-Po qui conseille le gouvernement français. Quant à l’Australie, qui préside le groupe dit de l’ombrelle (États-Unis, Russie, Japon, Canada notamment), elle refuse d’envoyer son ministre de l’environnement à Varsovie, pour la première fois en seize ans, sous l’effet de la politique anti-écologiste de son nouveau gouvernement.

Un sommet sur le climat et le charbon

 

Barack Obama parlant de climat en décembre 2009, au moment de la conférence de Copenhague (Reuters) 
Barack Obama parlant de climat en décembre 2009, au moment de la conférence de Copenhague (Reuters)

Pourtant, ce monde de la diplomatie climatique évolue. Rien ne serait plus faux que de croire que rien n’a changé depuis le fiasco du sommet de Copenhague, en 2009. « Les pays réfléchissent à des stratégies de plus long terme, alors que le sommet de Copenhague était beaucoup trop focalisé sur le court terme. Il y a un effet d’apprentissage », analyse Thomas Spencer, directeur du programme Énergie et climat de l’Iddri.

Ainsi, les États-Unis promettent de publier leurs objectifs de baisse d’émissions en amont de la conférence de Paris en 2015. La Chine ne refuse plus le principe de réduire ses propres rejets et veut plafonner sa consommation de charbon, sous la pression de sa population, ulcérée par la pollution atmosphérique, et de divers scandales de contaminations chimiques du milieu naturel. L’Europe, de son côté, a plus réduit ses émissions de gaz à effet de serre que ne l’exigeait le protocole de Kyoto (-12,2 % entre 2008 et 2012, pour un objectif de -8 %). Au rythme actuel, elle devrait largement dépasser son objectif de -20 % en 2020 (par rapport à 1990).

Le Brésil parvient à diminuer les rejets de gaz à effet de serre liée à la déforestation. Les énergies renouvelables se développent partout ou presque – le charbon et les gaz de schiste sont aussi en plein boum. Sur la scène diplomatique, on ne discute plus seulement d’objectifs globaux, mais aussi de thématiques plus spécifiques (villes, secteurs industriels…), ouvrant ainsi la perspective d’accords complémentaires plus concrets.

À quoi pourrait servir un nouveau traité sur le climat applicable à partir de 2020 ? À maintenir la pression sur les gouvernements, symboliquement. Mais ce n’est sans doute plus l’enjeu majeur, au vu des échecs passés. Le protocole de Kyoto n’a été respecté que par ceux qui le voulaient bien. La fiction d’un traité obligeant les pays à mener des politiques contre leur gré a volé en éclats pour de bon.

En revanche, il peut avoir un impact financier. C’est l’autre bataille du climat, et elle n’est pas moins brutale: la lutte des pays pauvres pour obtenir le financement par les riches de leur politique d’adaptation au changement climatique. C’était l’une des rares avancées de l’accord de Copenhague : les États développés se sont engagés à leur verser chaque année 100 milliards de dollars à l’horizon 2020, dans le cadre d’un « fonds vert ». Entre 2010 et 2012, 10 milliards devaient être déboursés par an au titre de financements précoces pour payer la construction de digues, la protection de récoltes, l’accompagnement d’habitants déplacés par des événements climatiques extrêmes.

« Cela paraissait ambitieux mais raisonnable », rappelle Luc Lamprière, directeur général d’Oxfam France. Sauf qu’à ce jour, seuls 6 milliards de dollars ont été mis sur la table en trois ans, soit 20 % de la somme due. « Six milliards de dollars, c’est le prix des Jeux olympiques de Londres », se désole Lamprière. Le fonds vert n’est toujours pas abondé et n’existe que sur le papier. Les pays développés, dont la France, n’ont pas confirmé les montants de l’aide qu’ils verseront pour 2013, dénonce l’ONG. Entre leurs promesses initiales et leurs engagements actuels, il manque plus de deux milliards de dollars.

 

Mine de charbon de Zofiowka, à Jastrzebie, en Pologne (Reuters, Peter Andrews) 
Mine de charbon de Zofiowka, à Jastrzebie, en Pologne (Reuters, Peter Andrews)

Lors de la Cop18 à Doha, en 2012, la France a annoncé que l’Agence française de développement (AFD) consacrerait 2 milliards à l’aide climatique en 2013. Mais ses crédits ont baissé de 6 % cette année. Les bailleurs les plus importants, représentant 85 % des financements précoces, n’ont pas communiqué le montant de l’aide pour 2014. Seul le Royaume-Uni a publié son plan de financement de la lutte contre le changement climatique pour 2015. Pour les pays les moins avancés, notamment le groupe Afrique, obtenir l’aide financière promise devient le seul intérêt de la négociation internationale.

En Pologne, le sommet promet d’être agité. Les 18 et 19 novembre, aux derniers jours de la négociation, le ministère polonais de l’économie et l’association mondiale du charbon organisent conjointement une grande conférence internationale sur le climat et… le charbon. La secrétaire de la convention de l’ONU sur le climat, Christiana Figueres, y est invitée. Le 11 novembre, jour d’ouverture de la conférence, est aussi la journée de la fête de l’indépendance nationale. Un rassemblement de nationalistes est attendu, au lendemain d’une réunion entre souverainistes et représentants syndicaux contre les politiques climatiques.

Le groupe Arcelor Mittal figure parmi les sponsors du sommet onusien. Militants associatifs et ONG dénoncent cette omniprésence du lobby des énergies fossiles. Cette mise en scène un rien cynique n’est pas nouvelle. L’année dernière, le sommet climat s’est tenu au Qatar, l’un des plus gros émetteurs de gaz carbonique. C’est l’autre face de la négociation climatique onusienne : la bataille culturelle. Greenwashing des multinationales contre actions de déminage par les activistes ; opérations de communication des chefs de gouvernement contre rappel de la brutalité des faits par les scientifiques.

 

Lire aussi

 

 

 

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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 17:54

 

jardin.secret.pagesperso-orange.fr

 

Projet d’écovillage culturel

 

Dans le sud de la France ( ?)

 

Le 27/7/05, V1

 

Par Benjamin LISAN

 

image001.jpg

 

Exemple d’écovillage : le village de Végan dans l’Ardèche

Source : http://pageperso.aol.fr/villagevega07

 

*

Dossier en construction.

 

1      Buts du projet

2      Les principes de base de ce village

2.1       Préliminaires

2.2       Principes de bases

3      La pérennisation de l’expérience et sa lutte contre certains dangers et dérives

3.1.1        Les dangers et dérives

3.1.2        Comment éviter ces dangers ?

4      Idées pour la réalisation de ces objectifs

5      Projet amélioration  du  cadre de vie

5.1       Projet jardin et agriculture naturelle

5.2       Projet habitat et architecture intégrées

6      Recherches à entreprendre pour découvrir ce lieu idéal

6.1       1ère solution : un village, hameau à reconstruire ou restaurer

6.2       2ème solution : construction de maisons neuves

6.3       Idées communes à toutes les solutions de site

6.4       Comment trouver ce lieu ?

7      Projet d’écocentre - écoparc

7.1       Buts de l’éco-parc

7.2       Idées pour l’éco-parc

8      Ecoboutique, ecolibrairie, magasin d’éco bricolage

9      Ecotransport et écovoitures

10        Budget / financement

11        Conclusion

12        Annexe1 : Projet de gîte d’étape et restaurant associé

13        Annexe 2 : Exemple de stage de ressourcement dans le sud de la France

14        Annexe : Qu'est ce qu'un Ecovillage ?

15        Annexe : Ecocharte

16        Annexe : Quelles activités dans un écovillage ?

17        Bibliographie, adresses et contacts

17.1     Bibliographie

17.2     Adresses utiles pour l’écocentre et l’écoboutique

17.3     Site de communautés ou d’écovillages citées

17.4     Liste des écovillages de France et d’Europe

 

1         Buts du projet

 

Permettre aux personnes blessées par la vie de se ressourcer. Un havre, permettrant aux personnes de se « panser » et se « (re)penser ». Une lieu où l’on donne une chance de vivre ses passions, ses rêves positifs, là où la société ne donne jamais aucune chance aux gens de réaliser leurs rêves et espoirs.

 

Permettre aux personnes de se réaffirmer, de renforcer pour pouvoir se replonger dans la société.

 

Bref un lieu de vie pour rendre les gens plus heureux et/ou plus solides.

 

En effet, même si la notion de « dureté » du monde, est ressenti différemment selon les individus, certains sont laissés en marge, au bord de la route, et n’arrivent jamais à s’en sortir. Beaucoup (trop) finissent à la rue, ou se suicident. Beaucoup ne résistent pas aux épées de Damoclès permanentes, aux pressions morales, au manque de démocratie, au caractère « militaire » et hiérarchique des sociétés commerciales et capitalistes dans lesquels par nécessité ils sont obligé de travailler pour vivre, le fait que ces sociétés ne sont pas des lieux producteurs de bonheur, dont le seul but est de faire produire à l’employé, le maximum de travail et d’argent.

 

L’aide humanitaire, les aides sociales, le monde médical à destination des personnes fragiles sont les parentes pauvres du budget de l’état et des sociétés privées (elles sont la plupart du temps inexistantes dans les sociétés privées).

Les acquis sociaux ont été obtenus la plupart du temps suite à des luttes sociales, et malheureusement très rarement du fait d’une initiative volontariste des sociétés capitalistes.

 

Donc nous imaginerons donc, à cause du manque de caractère social et solidaire de notre société, par l’intermédiaire de ce projet, une micro-société, plus respectueuses des êtres humains.  C’est le but de la rédaction de ce dossier.

 

Ce projet s’inspire du projet « Jardin de lumière » [8] de François Thonier. Son projet est centré sur :

 

a)       un jardin écovillageois (permaculture), pour vivre en relation constante avec la nature et les autres,

b)       une microsociété ouverte, tolérante et compréhensive, autonome, mais non autarcique.

c)       l’autonomie des habitants, la « bio-centration », la « self-reliance » …

d)       la place de l’enfant au cœur de la société (afin de le rendre fort et autonome),

e)       démarche de libération de ses conditionnement, en particulier l’attitude de soumission envers l’autorité, ou de domination orgueilleuse. Tout le monde est égalitaire.

f)         « spiritualité » laïque, « libertaire ». Liberté d’esprit, liberté intérieure.

g)       pas d’idéologie ou de gourou.

h)       Autre approche du travail. On peut être travailleur, mais sans être esclave du travail. Vivre mieux avec moins d’argent (qualité plutôt que quantité). Motivation au travail par la passion et l’intérêt, et non par la pression  et la contrainte.

i)         Solidarité économique complète. Autogestion communautaire.

j)         Association loi 1901.

 

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Ecovillage de l’Université de Berea, au Kentucky, aux USA.

 

2         Les principes de base de ce village

2.1      Préliminaires

 

Avant même de créer ce village, sera mené une réflexion, entre les protagonistes du projet, sur les racines du bonheur et comment y parvenir. Le résultat de ce travail sera la version définitive de ce projet et de ce document.

Voici si le projet débouche sur une « communauté libre » où juste un simple écovillage de personnes partageant les mêmes idéaux écologiques.

 

Des questions comme les racines de la violence, de la frustration, de la non réussite ou non réalisation personnelle, du fait que des personnes ou la société ne laisse pas toujours une chance aux personnes pour réussir dans sa propre vie, sur la solidarité, l’entraide, l’amour, la compassion, l’empathie, les racines de l’amour, la concurrence et l’émulation … seront abordés.

On pourrait se poser des questions sur la finalité de notre société (sur le voyeurisme de la téléréalité, sur des phrases comme « on offre du cerveau disponible [par nos émissions] à la publicité » selon Jérôme Lelay, directeur de la chaîne de télévision TF1 etc …).

 

2.2      Principes de bases

 

Les principes de base de l’écovillage sont :

 

1)        la recherche (peut-être utopique) d’un monde meilleur, en particulier par l’amélioration des relations humaines entre membres de la communauté villageoise,

2)       l’idée d’un idéal communautaire, et le choix d’une vie communautaire (d’une vie en commun) sur la base de même idéaux _ en particuliers moraux, écologistes, culturels etc … _, en particulier sur des principes moraux et sur une charte éthique, pour y parvenir,

3)       faire que l’on « travaille », par plaisir (sans avoir vraiment l’impression de « travailler »), pour être utile au plus grand nombre et pour soi aussi, et non sous la pression permanente ou/et la contrainte,

4)        la recherche du bonheur en particulier intérieur et la préservation de la vie et de la nature, avant la recherche du profit financier et matériel à tout prix (nous rejetons pas le profit, mais la recherche du profit au détriment de la société, de l’homme _ par exemple la pression permanente, le maintien du stress sur les employés dans les entreprises, pour en tirer la maximum de profit pour la société, et le plus petit nombre (dont le patron et les actionnaires), au détriment de ceux qui produisent vraiment les richesses créées au sein de l’entreprise _ et de la nature),

5)       le respect de règles écologistes : respect de la nature, de l’environnement, le recyclage des ressources, l’évitement du gaspillage des ressources (au niveau de l’eau, des déchets, en étant plus économe, responsable etc …). Pas de croissance à tout prix au détriment de la nature et du cadre de vie.

6)       Son haut niveau scientifique et culturel,

7)       Le développement des « trésors culturels » et humains (compassion, solidarité, curiosité etc …).

8)       La tolérance de toutes les communautés (culturelles, raciales, sexuelles …), le respect de la diversité, à condition qu’elles ne porte pas préjudice aux autres.

9)       L’absence de préjugés.

10)   L’originalité et l’imagination, mises constamment à l’honneur dans le village.

 

En résumé, dans ce village le développement des relations humaines et de la Culture sera mis à l’honneur.

 

Le projet de cet écovillage est issu de réflexions sur le monde capitaliste et sur certains de ces aspects.

 

Note : L’auteur de ce projet n’est pas contre la société capitaliste, quand celle-ci fonctionne sur le mode d’échanges (échanges de biens et de services …), voire sur la loi de l’offre et de la demande.

 

Par contre quand celle-ci pousse à l’égoïsme, le plus total, à l’individualisme le plus « forcené », à un comportement des individus _, alors que l’homme, par nature, est pourtant plutôt un être social _ non solidaire, voire antisocial, cette société capitaliste dans ses dérives « les plus sauvages » (par sa capacité à détruire, dévaster la planète _ déforestation, refus de lutter contre l’émission de gaz à effets de serre cause du réchauffement de la planète, pour des raisons économiques à court terme _, laisser mourir des être humains malades _ comme dans le cas des procès initiés par certaines compagnies pharmaceutiques, contre le productions de médicaments génériques _ antiviraux antisidéens etc. … _ en Afrique du Sud … _, au non du profit (érigé en système de valeur, dogme, voire en religion), posent alors un réel problème de conscience.

 

On peut se poser la question de savoir si le but de l’entreprise capitaliste est uniquement de renforcer son pouvoir, ses profits (sa richesse), en particulier de ses dirigeants et de ses actionnaires majoritaires, au détriment du bonheur de ses employés (en les soumettant sans cesse au stress, pour les faire produire plus et générer plus de profits, les empêchant de réfléchir sur leur vie et le but de leur vie) ou au contraire de permettre l’épanouissement et le bonheur du plus grand nombre.

 

En raison des réflexions précédentes,  nous voudrions créer une société écovillageoise, plus solidaire, plus généreuse, plus respectueuses des êtres, où la « gratuité des choses » existe.

Nous verrons si cette société, en respectant ces buts, sera pérenne ou peut se renforcer dans temps, ou bien au contraire sera plus fragile face au monde extérieur.

 

On verra si cette communauté peut réparer les personnes abîmées par la vie, et redonner une chance à certains.

On verra, dans le cas où cette société est suffisamment solide, si elle pourrait accueillir au son sein des stages de ruptures de jeunes en difficulté (de « loulous » de banlieue, par exemple).

 

 Nous verrons si au sein de ce village, nous pourrions développer des expériences architecturales ou agricoles innovatrices. Par exemple, « l’agriculture naturelle » [5] [1].

Il faudrait vérifier si cette agriculture pourrait vraiment diminuer le temps de travail et améliorer les conditions de vie (car en général, l’agriculture « biologique » demande beaucoup de main d’œuvre et de travaux de soin, type binage au couteau).

Des murs pourraient être utilisés pour reconstituer des arts disparus _ arts minoens, mosaïques romaines (où l’on pourrait placer quelques images anachroniques et humoristiques _ sénateur romain avec son téléphone portable _), des arts premiers _ art du temps du rêve des aborigènes australiens etc. …

Ce village sera un lieu d’expérimentation de nouvelle expérience, mais avec esprit critique.

Au sein de ce village, l’esprit critique positive sera développé.

 

Sinon, on s’inspirera des écovillages déjà existants, comme par exemple, celui de Damanour en Italie.

Cela pourrait être comme eux une société « participative ».

 

Avant de lancer cette idée, on doit bien réfléchir à tous les aspects de ce village.

Cela peut être une expérience innovatrice.

 

La place de l’enfant sera primordiale dans le village.

Il suivra le cursus scolaire habituelle (on  reste en règle). Mais il a des activités libres (choix de certains cours, comme les « libres enfants de Summerhill » en Angleterre). Les parents selon leurs compétence, à tour de rôle, feront réviser leurs devoirs, le soir, à tous les enfants du village.

Il pourrait suivre et participer aux discussions des adultes, proposer des projets. Il pourra participer aux projets et tâches du village.

 

Dans cette micro-société, toute personne peut beaucoup travailler (on est pas contre le travail et même le fait de travailler beaucoup), mais cette quantité de travail ne doit pas être due à la pression, mais due à une participation librement souhaitée, désirée, par passion … et ne doit pas être au détriment de la santé.

 

Plus tard, nous imaginerons que le village devienne :

 

. un centre de colloques intellectuels (avec invitation et cours par des personnalités connus, tels que prix Nobel etc ..),

. un lieu pour des universités d’été et universités populaires (cours d’initiation et d’apprentissage à la culture universelle humaniste, à la culture scientifique, cours de culture générale …),

. un lieu de stages (stages de ressourcement, culturels …, y compris stages astronomiques, botaniques, mathématiques …), avec des places d’hébergement, d’abord dans le gîte, la ferme, puis plus tard dans des bungalows comme au centre de la Flatière (à côté des Houches et de Chamonix).

La diversité architecturale des bungalows pourraient s’inspirer de la diversité des maisons préservée au très bel écomusée Maihaugen de Lillerhammer en Norvège. Un bon nombre de ces maisons auraient un toit supportant une couverture végétale comme certaines maisons islandaises et norvégiennes (sous la terre arable du toit, se trouve un toit rendu étanche par du bitume).

 

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Maisons à toit végétalisée et « maison de Troll », Ecomusée de Maihaugen, Lillerhammer (Norvège).

 

Certaines pourraient être des yourtes mongoles (allant de 15 m2 à 130 m2. Voir les sites : www.yourte.com et www.franceyourte.com ).

- un lieu de discussion philosophique (café-philo sur de nombreux sujets : a) le pouvoir, la force et la faiblesse, b) prévention et répression, c) la réglementation de la société, d) l’amour, la compassion etc. …).

 

Le rêve de l’auteur serait un lieu où tous travaillent durs, tout en prenant le temps de vivre (où l’on  peut avoir des discussions intellectuelles sur toutes sortes de sujets, durant le temps du travail, y compris sur les comètes, comme du temps de Thalès de Millet …Une société « grecque » sans esclave, avec l’utilisation de technologies avancées et intégrées _ raisonnées). On pourrait travailler beaucoup et aussi à d’autre prendre le temps « nomade » (temps de vivre, sans être poussé par le profit maximum. En tout cas, les buts doivent être acceptés et non sous la pression et le stress).

 

Dans ce village on pourrait avoir de bonnes relations ou apporter notre soutien à GreenPeace,  WWF, Survival, P.C.R.F (Planetary Coral Reef Foundation … site : www.pcrf.org ), le musée de l’homme et des ethnologues, d’ONG de défense de la nature et des grandes forêts primaires (Tropicana Verde au Nicaragua etc.) … et suivre par Internet leurs actions (par exemple les périples autour du monde, depuis 1975, du bateau de ferro-ciment MV. L’Haraclitus de l’ONG PCRF …), ou d’autres bateaux d’exploration comme la Boudeuses (quand celui-ci existait encore). On pourrait avoir des réflexions théoriques sur le futur de l’humanité et de la Terre, de la conquête spatiale,  sur les projets de villes (nomades ou non) de l’espace. On pourrait imaginer dans le village, de nouvelles expéditions (idée d’expédition nommée « prend ton cœur, lance-le et cours derrière »), des projets et suggestions de nouvelles techniques pour les pays en voie de développement (mener une réflexion sur le caractère « délicat » ou ambiguë de l’humanitaire …) …

Ou mener des réflexions philosophiques sur les succès et échecs de la non violence (comme dans le cas de la lutte du Peuple tibétain et le rôle du Dalaï-lama), sur la possibilité ou non d’une société gratuite … sans argent (une société de « Potlach », comme chez les amérindiens de la côte ouest du Canada …) ( ?).

 

Beaucoup plus tard, il y aura des salles de cours, de classes (dans des sortes de petites maisons intégrées au paysage), qui seront utilisés successivement par les enfants, les stagiaires, pour des joutes et débats scientifiques (mathématiques, en physique _ style « colloques Solvay » etc …).

 

L’auteur a constaté que des personnes pleines d’idées _ parfois surdouées _ ne réussissaient pas dans la vie, par manque de connaissances scientifiques et de diplômes.

Le village devrait permettre alors à ces personnes par le suivi de cours « libres » (par exemple en auditeurs libres etc …) de rattraper leurs connaissances scientifiques (voire de les aider à produire dans le domaine scientifique).

 

Ce village pourraient être un centre de recherche scientifiques, d’expérimentation, d’idées (un des axes directeurs du village serait « l’imagination toujours au pouvoir » : latrines sèches, éoliennes, solaire, sanicompostage, lombricompostage, couvertures végétalisées de toits, culture du paulownia, du kiwi, du mûrier noir ou blanc, chauffage par le solaire, centrale de chauffage aux copeaux de bois et sciure _ telles qu’on en trouve en grand nombre en Autriche _, qui eux-même viennent des cultures de mûriers, paulownias, robiniers, électricité produites par éoliennes, le solaires, une centrale électrique basse-chute, comme celles qui avaient vendu par Leroy-Merlin, il y a plusieurs années etc. …).

 

Durant ces stages, on mettrait en avant : la recherche de l’excellence (et de la perfection) en tout, le soucis du détail tout en conservant toujours la vue d’ensemble et du tout. « Le toujours mieux [ou d’avantage] » de Saint-Vincent de Paul (ne pas s’endormir sur ses lauriers, toujours se remettre personnellement en cause _ démarche personnelle, « intérieure » et individuelle).

On devrait promouvoir aussi l’humilité (comment ? pas d’idée pour l’instant).

Les cours et les stages doivent être sérieux, honnêtes (les stagiaires doivent en avoir pour leur argent et repartir heureux. Un questionnaire de satisfaction doit être remis à la fin de chaque stage, cession, colloque, conférence …), dont les réponses doivent être traitées avec conscience (professionnelle …) et dont la prise en compte devrait permettre d’améliorer les cours et stages.

 

On doit éviter, dans ces cours et stages, toutes pseudo-sciences et pseudo-médecines (voir à ce sujet les sites : www.pseudosciences.org et www.pseudomedecines.org ).

 

Son économie serait basée sur une économie domestique et une économie de prélèvement. Tout serait sur une base sociale horaire ( ?).  Cette « société » est fondée sur une critique globale, transactionnelle, et une recomposition sociale ( ?).

Tout dans le village serait sous le régime de la loi 1901, y compris l’écoboutique, la boutique d’écobricolage (maison, solaire, éolien …), l’écolibrairie, l’écocentre et écoparc qui se visite (voire s’il on prévoira un prix d’entrée pour l’écoparc ( ?)).

Il pourra y avoir des profits. Tous les profits seront réinvesti dans l’écovillage.

 

3         La pérennisation de l’expérience et sa lutte contre certains dangers et dérives

 

Cette microsociété devra savoir résister aux agressions extérieures et perdurer voire prospérer (ou encore essaimer de par le monde _ faire des émules).

On verra si ses principes contribueront à que ce projet puisse être aussi bien réalisé en France que dans le reste du monde. On mesurera sa capacité à savoir survivre et prospérer face à la société économique « libérale » (i.e. capitaliste « sauvage »).

L’expérience, si elle réussissait, pourrait être alors  transposable ailleurs et essaimer (à San Francisco et … pourquoi pas l’Himalaya, voire le Tibet, dans un futur plus lointain ( ?) …).

 

Mais auparavant, on doit déjà réfléchir pourquoi certaines expériences communautaires n’ont pas perduré et se sont finalement terminées par un échec. Par exemple, pourquoi l’expérience fouriériste (de Fourier), hippies, de certaines communautés dans le Larzac,  par exemple n’ont pas perduré dans le temps.

 

3.1.1          Les dangers et dérives

 

Certaines communautés se sont installées dans (ou ont « squatté ») des sites remarquables, remarquables pour leur beauté, sans avoir nécessairement toutes les autorisations et titres de propriétés nécessaires … et son sont fait délogés par les promoteurs _ voulant mettre main basse sur le site _ et/ ou la police, comme dans le cas de la communauté hippie de Cairn en Australie.

 

Certaines ont été harcelées ou démantelées par les autorités ou la police, à cause d’accusations, fondées ou non, de cultiver le cannabis, de consommation de drogue ou encore de cacher des criminels ou terroristes en fuite.

D’autres se sont ou se seraient transformés en « lupanards » sexuels, sans cadre moral clair.

 

Certaines encore ont été sous la coupe d’un gourou, de personnes déséquilibrés, d’escrocs  plus ou moins « sincères », recherchant en apparence le bien des autres, mais surtout le pouvoir, sur les consciences, les richesses et afin d’assouvir leurs fantasmes.

Il peut aussi avoir une récupération sectaire de la société communautaire et ses idées (comme dans le cas de Davidiens tombant sous la coupe de David Corech).

Il y a toujours le risque que le projet passe sous le contrôle de personnes ne partageant pas les buts et idéaux humanitaires du village.

 

Il faut éviter que des personnes viennent et profite de l’écovillage pour ne pas travailler, pendant que tous les autres travaillent. Ou que certain aient un statut privilégié (les dispensant par exemple de travail) par rapport à d’autres.

 

Certaines communautés arrivent au contraire à se perpétuer, comme les Amishs, en se coupant du monde extérieur et de ses influences culturelles (pas de radio, de télévisions …), en rejetant le progrès technologiques et en ayant une vision très conservatrice pour ne pas dire rétrograde du monde.

 

Un autre danger est la recherche de l’irrationnel (médecines « douces » … dangereuses, thérapies irresponsables, le fait de vivre, en permanence, dans l’irréel et « l’autre monde »…) et le soutiens aux thèses pseudo-scientifiques voire délirantes (« arrêt du Nucléaire immédiat et total ! », lutte archarnée contre les OGM …) bref le manque de réflexion et d’esprit critique.

L’auteur pense qu’aucun groupe humaine ne peut faire l’économie et ignorer les réalités extérieures et les impératifs économiques (par exemple, qu’on ne peut « comme cela », du jour au lendemain, sortir du nucléaire, pour arriver à n’utiliser que les énergies renouvelables, pouvoir se passer du nucléaire tout en se passant des énergies fossiles, et en plus en voulant aussi se passer du grand éolien !).

 

D’une manière générale,  l’enfer peut être pavé de bonnes intentions dans tout projet. Et les religions, même les mieux intentionnées sont un bon exemple (une religion pacifique comme le christianisme a pourtant été utilisée par l’inquisition  …).

 

3.1.2          Comment éviter ces dangers ?

 

Dangers sectaires et gourous

 

Pour éviter les gourous (type gourous dont chaque déclaration serait « parole d’Evangile »), il faut que le fonctionnement de cette société écovillageoise soit aussi démocratique que possible (élection régulière des responsables et du responsable, comme celle d’un maire et de son conseil municipal par exemple. Vote à bulletin secret …).

Entre membre de la communauté, il faudra, en particulier, mener aussi une réflexion démocratique, ensemble, sur les moyens d’éviter toute dérive sectaire ou la survenue de gourou en son sein, ou tout replis sur soi (communautaire),.

C’est d’ailleurs un des points cruciaux du projet, conditionnant son succès ou son échec.

 

Le replis communautaire et les dévires irrationnelles

 

La « communauté » ne sera pas coupée du monde (elle  n’est pas une communauté Amish). Elle ne doit pas être conservatrice et rétrograde. Bien au contraire.

Elle doit être ouverte aux mondes et aux technologies innovantes. Elle doit être tournée vers l’avenir.

 

Pour éviter le replis et l’irrationnel, un haut niveau de culture, et d’éducation, en particulier scientifique, sera cultivé au niveau de l’esprit du village et entre les membres de ce dernier.

L’auteur de ce projet souhaiterait que l’esprit civique, laïque et républicain soit prôné dans le village.

 

Le risque d’OPA d’investisseurs privés, sur le village

 

 Pour éviter cela, savoir :

1)       Avoir en possession de l’association loi 11901, tous les actes de propriétés,

2)       s’entourer d’avocats et de conseils juridiques.

3)       Que l’association ait une trésorerie importante, liés à une(des) source(s) de revenus appréciables et éthiques (culture de la spiruline ? de la brède mafane ?)… 

4)       Que le trésorier et ainsi que le trésorier adjoint soient choisis du fait de leur haute moralité,

5)       Qu’il y a 2 signatures pour retirer l’argent du compte bancaire de l’association.

6)       Les comptes sont vérifiés par une comptable (ou expert comptable) et une association de gestion agréée (devant les impôts).

 

Drogue, respect des lois de la république 

 

Les drogues et les stupéfiants sont interdits dans le village et sur le site (voir l’annexe sur l’écocharte dans ce document).

Donner asile à des personnes ne signifie pas les soustraire à la loi, quand ces dernières personnes ont commis un crime.

Ce monde sera libre, sachant que « le prix de la liberté est la vigilance ».

 

Pas de privilège

 

Le but du village n’est pas l’enrichissement matériel individuel, mais surtout l’enrichissement intellectuel et intérieur et on doit sans cesse le rappeler. On doit y développer le sens de la responsabilité (de l’autonomie, de l’initiative individuelle ou collective).

Le site de l’écovillage doit être propre, une question de respect pour soi et les autres.

 

4         Idées pour la réalisation de ces objectifs

 

Voici des idées sur l'implantation d’un écovillage culturel et touristique :

 

1) Pour permettre la pérennité de cet écovillage culturel et touristique, il faudrait qu'il soit « irréprochable » moralement et que la communauté, qui y habite, soit une démocratie, avec des responsables choisis par voie démocratique au sein de cet écovillage culturel et touristique),

Il faudrait qu'elle soit exemplaire (pas de prévarication, de vénalité, d'oppression ...).

Cette « grande droiture moral » permettrait d’attirer les « bons » candidats, voire les médias qui pourraient parler de cette « expérience » etc. ...

1b) Il faudrait que le projet soit sous le signe « du CULTUREL » (de la CULTURE). Ce dernier disposerait d’un important Centre culturel. L’idée serait que cet écovillage serait peut-être connu un jour comme un important centre culturel mondial (Tout comme Auroville ? Peut-être à l’image d’Auroville en Inde, pour certains aspects ( ?)).

2) il faudrait que la « communauté » adhère et adopte une charte éthique de vie pour ce lieu de vie culturel et touristique (c’est à dire ici l’écovillage). La charte doit être admise démocratiquement.

2b) Les membres de ce « centre culturel et touristique » adhère à cette charte dont tous les articles seront clairs et précis (cette charte est comme une sorte de règle de vie),

Note : Trop de centre culturel et touristiques utopiques au Larzac et ailleurs se sont dissoutes par manque d'idéologie claire et de charte éthique.

4) On imaginer rechercher un joli hameau ou village abandonné (dans les montagnes françaises, par exemple dans les Pyrénées, par exemple dans le Gers, l’Ariège, les Pyrénées orientales etc. ...).

4b) les maisons seraient rachetées à bas prix (aux descendant des anciens propriétaires des bâtisses du village ...), et à côté duquel pourrait subsister les ruines d'un vieux château médiéval (Cathare ...) qui pourrait être loué au village dont il dépend pour un loyer symbolique et pour une bail de 99 ans.

4c) Il faudrait que le Village ou et son site soit très beau (TRES IMPORTANT), éventuellement sur un nid d'aigle.

5) Créer une association (une en France, loi 1901, une en Belgique, ASBL etc. ...) pour soutenir ce projet,  avec un bureau élu démocratiquement,

(Note: il n'existe pas encore une Europe commune pour les associations).

5b) avoir un bon trésorier honnête, connu pour ses valeurs morales,

6) créer un ou plusieurs comptes bancaires (rémunérés), avec au moins 2 ou 3 signatures des membres du bureau  pour retirer l'argent,

7) Les comptes sont vérifiés par une comptable (ou expert comptable) et une association de gestion agréée (devant les impôts),

8) lancer une grande souscription auprès des donateurs, pour racheter le village.

9) Créer un sous-association ("association de fait" ou créer une nouvelle association), style chantier de jeunesses,  ou "Chef d'œuvre en Péril", pour la restauration du village.

10) essayer d'obtenir des subventions du ministère de la culture, si un des (ou le) site(s) est classé (cas improbable),

12) Ce village et la communauté aurait une vocation des productions culturelles :

a)       Oeuvres cinématographiques,

b)       artistiques (peinture, sculpture, émaux, tissus, poterie, photo …),

c)       éditions de livres et de CD voire de DVD,

d)       apiculture, création de confitures,

e)       restaurant, café, salle de spectacle,

f)         culture de plantes médicinales, aromatiques, aromates, plantes pour les tisanes, …,

g)       stages de yoga, de ressourcement psychologique, « retraite spirituelle » etc. ...

 

12bis) Créer une centre culturel et touristique cinématographique pour :

a)       la création de festivals cinématographiques dans ce village : par ex. festival :

-          du film lesbien et « gay »,

-          des autres cultures alternatives,

-          du documentaire sur les civilisations traditionnelles _ « Terres de Couleurs » (+) etc. ...

-          du documentaire humanitaire,

-          de la solidarité, du film solidaire,

-          des exclus, des SDF …, et de la « résistance »

-          contre les discriminations, la précarité,

-          du courage … (ou / et de la résistance _ voir le festival « résistance » de Foix/ Tarascon-sur-Ariège),

-          de l’écologie et de la préservation de la nature,

-          du documentaire animalier et botanique,

-          de la culture occitane,

-          des études et de la culture cathares …

-          du futur … (futurologie, quel futur ?, la SF _ science-fiction …),

-          underground,

-          de la montagne,

-          du vol libre,

-          de l’aviation ( ?),

-          de théâtre amateur (voir celui de Narbonne) ou/et de l’improvisation …

-          des cultures premières (et expositions d’arts premiers),

-          ...

 

(+) Des peuples du monde (martyrs …) pourraient être invités pour des débats.

 

    b) la création d'œuvres cinématographiques (avec studio) sur le créneau des DVD, des cassettes VHS ... (films des personnes différentes, oeuvres d'auteur, oeuvres X, policiers, court-métrages ...).

 

13) Si faire aider de spécialistes pour créer une telle centre culturel et touristique. Avoir une raison sociale claire.

13b) Élaborer des scénarios de bonnes qualité (travail long et patient, avoir de bons scénaristes).

14) Rédiger un projet béton et le proposer pour obtenir des subventions du ministère de la culture, du CNC (Centre National du Cinéma),

16) Installer du matériel vidéo léger (avec les films produits réinvestir dans la rénovation du village),

17) faire un chantier, l'été, avec les donateurs, pour la rénovation du village créer d'abord un restaurant saisonnier ouvrant le plus tôt possible, afin que par ses revenus on puisse financer la rénovation du village et le projet de centre culturel et touristique (Il faut qu'il y ait une bonne ambiance, des jeux et une rivière le soir, pour se détendre. Faire des fêtes).

(Il n'y aura peut-être pas beaucoup de monde _ il y a en général, peu de bénévoles pour ce genre de chantier _, mais il faut y croire). Filmer le chantier et en faire un documentaire sur le projet.

18) Avoir une "bonne commerciale" pour le projet (déjà une bonne expérience commerciale) pour vendre le projet et un centre d'information et de documentation sur le projet sur place (ouvert l'été).

19) Il faut créer une légende ou une rumeur sur le village (le 1er village matriarcal) pour attirer les touristes (légende cathare, wisigoth, de fées, des fées de la ville de Mirmande, de la Déesse mère, ...).

20) Créer un site Web pour faire connaître le village, le référencer dans les syndicats d'initiatives locaux,  les autres sites (les personnes différentes, centres culturels etc... _ voir aussi plus loin idée de  salle Internet). Ce site sera convivial, agréable, facile à lire et au niveau de sa navigation.

21) rénover l'ancienne église ou créer une salle de spectacle. Salle polyvalence, spectacle, réunion, sport, multi-cultes (bouddhiste, chrétien etc. ... il ne faut pas être exclusif ...).

22) Créer un festival folklorique, une procession cathare,

23) Créer un festival de la musique et de la littérature cathare (ou provençal si c'est dans les Alpes du Sud etc. ...).

24) créer un café littéraire avec une importante librairie et bibliothèque (s'inspirer de l'hôtel restaurant "La Joie de Vivre" dans la vallée de la Clarée (à côté de Briançon). Y organiser certains soir, sur sa scène de spectacle, des spectacles amusants style Michou, ou des débats etc ... La bibliothèque servira de bibliothèque à la communauté).

25) Créer un gîte de France ou d'étape, pour la plaisir de touristes.

26) organiser des randonnées (moyenne montagne), avec accompagnateur agréer.

28) pour le développement culturel, organiser régulièrement des « cafés de la philo », invitant de grands penseurs, savants, scientifiques et philosophes (certains un peu sur le modèle de « l’académie Olympia » d’Eintein).

29) on essayera d’élaborer des aspects des relations humaines qui les améliorent : douces attentions _ comme le don d’échappe en soie blanche au Tibet, les Khatas, comme le dons de colliers chez les Bushmen (Bochimans) du Kalahari, pour symboliser une amitié etc. … _, philosophie du don et de l’entraide (mais pas de façon caricatural et imposé, ou dogmatique).

30) l’art aurait une place non  négligeable dans le village (musique, concert, fêtes, peinture, poterie, émaux, sculptures, faïences …).

 

On pourrait imaginer un cybercafé, mettant en œuvre que des technologies open-sources (Linux Ubuntu …), pouvant servir de salle de classe pour les enfant, la journée.

Il faudra prévoir un site web, par exemple en SPIP, un logiciel « Open Source » et un petit journal (payants ?) pour faire connaître le village (donc au minimum, une photocopieuse, une imprimante Laser au départ puis peut-être plus tard une imprimerie, si celle-i est rentabilisées par les productions _ livres ( ?)).

 

Le village posséderait des voitures et véhicules collectifs.

Les toilettes dans le village seront majoritairement des toilettes sèches (avec utilisation de copeaux de bois, de feuilles ou pétales sèches parfumées et odoriférantes, de sciure, qu’on vide, à chaque passage, par un sceau, dans la fosse des toilettes, remplie d’une litière de feuilles sèches et de paille sèche … Puis vidage du compost produit dans ces toilettes, tous les ans, pour « fumer » les sols …).

L’eau du village serait réutilisée et recyclée. Les toits récoltent l’eau de pluie dans les citernes.

 


 


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