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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 17:35

 

 

Source : reporterre.net

 

LES BRÈVES - Un aéroport construit devant le siège de la société Vinci, à Rueil-Malmaison - enfin, un aéroport…

vendredi 22 novembre 2013


 

- Un aéroport construit devant le siège de la société Vinci, à Rueil-Malmaison - enfin, un aéroport…


- Photos : Twitter, @romaintoublant)
. Dans le cadre de la manifestation-happening organisée par le Collectif IDF-Notre Dame des Landes.

 

 

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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 17:30

 

Source : reporterre.net

 

La fin pitoyable d’une conférence sur le climat vampirisée par les multinationales

Hervé Kempf (Reporterre)

vendredi 22 novembre 2013

 

 

 

Les ONG écologistes ont décidé de quitter la conférence des Nations unies sur le climat qui s’achève aujourd’hui à Varsovie. Elles n’ont plus rien à faire dans une enceinte envahie par les multinationales et où les pays les plus responsables du changement climatique refusent d’avancer d’un pouce.


Une BMW surpuissante est-elle le meilleur moyen de lutter contre le changement climatique ? C’est ce que laisse croire la firme - et l’ONU qui a accepté cette provocante turlupinade - en exhibant un de ses derniers modèles à l’entrée du lieu de la conférence sur le climat à Varsovie. Elle n’était d’ailleurs pas seule, puisque les firmes multinationales ont lourdement marqué leur présence durant la conférence : « Dès l’entrée, les logos sont partout : les distributeurs d’eau sont siglés Alstom, les fauteuils Emirates, le mobilier Ikea…Ce fut un vrai choc à notre arrivée ! », décrit sur Novethic Célia Gautier, du Réseau Action Climat. Et derrière l’affichage, les lobbies industriels, recensés par Corporate Europe Observatory, occupaient couloirs et sièges d’observateurs.

Le pays hôte, la Pologne, en a rajouté dans la provocation, accordant le statut de partenaire à douze entreprises, relève Basta !, tout en organisant un sommet sur le charbon au moment même de la conférence sur le climat et à cinq cent mètres de celle-ci.

Excédées et désolées, les ONG environnementales présentes ont décidé de ne plus participer à cette mascarade, quittant en masse la conférence jeudi 21 novembre.

Car, pendant que les multinationales paradaient, les gouvernements avaient multiplié les signes d’abandon : le Canada, qui avait quitté le protocole de Kyoto fin 2012, a salué la décision de l’Australie de n’envoyer qu’un fonctionnaire et non son ministre de l’Environnement à la conférence de Varsovie, tandis que le Japon annonçait qu’il augmenterait ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020 !

Quant aux discussions elles-mêmes, elles n’ont pas avancé d’un pouce, notamment sur le volet financier : comme l’explique Oxfam France, "la réunion des ministres des Finances n’a amené quasiment rien de concret sur la question des financements et les négociations sur un mécanisme international de réparation des ’pertes et dommages’ sont restées au point mort". En fait, les pays riches refusent de tenir leurs engagements financiers envers les pays pauvres de les aider à s’adapter à un changement climatique dont ils sont les premières victimes.

Ils renâclent aussi à s’engager dans un accord contraignant de réduction des émissions : comme le rapporte l’AFP, les grands pays émergents veulent que les pays industrialisés, responsables historiquement du réchauffement, fassent beaucoup plus d’efforts qu’eux. Une position rejetée par les États-Unis, qui refusent que la Chine bénéficie d’un traitement de faveur. "Un accord basé sur cette ligne de partage entre pays développés et en développement ne fonctionnera pas", a déclaré le négociateur en chef des Etats-Unis, Todd Stern. A quoi le Chinois Zhenhua Xie répondait qu’il y a d’un côté des pays en cours "d’industrialisation" et d’autres "qui sont post-industriels", et que "cette division subsistera après 2020". Zhenhua Xie souhaite que l’accord de 2015 comprenne des "objectifs de réduction drastique d’émissions de gaz à effet de serre" pour les pays riches, et que les pays du Sud ne s’engagent qu’à "renforcer leurs efforts" en ce sens.

Face à cette divergence radicale de points de vue, on voit se dessiner une logique qui ferait d’un traité en 2015 une coquille vide, laissant à chaque pays le soin de prendre des initiatives en propre.

La France, qui accueillera au Bourget, près de Paris la conférence de 2015, pourra-t-elle peser pour que le rendez-vous débouche sur un traité réellement contraignant ? Il faudra déjà, pour cela, qu’elle ait elle-même une vraie légitimité environnementale, aujourd’hui défaillante si l’on considère son triste bilan en la matière. Un élément pourrait faire pencher la balance du bon côté : une mobilisation citoyenne internationale, comme l’écrit Maxime Combes, d’Attac. Les jeunes qui ont joyeusement rempli le train climatique de Bruxelles à Varsovie ont montré que ce n’était pas là des vains mots. Mais cela suppose une stratégie internationale des écologistes qui n’a pas encore émergé.


Source : Hervé Kempf pour Reporterre.

Photos :
. BMW : Réseau Action Climat.
. ONG quittent conférence : Friends of the earth.

Lire aussi : Marché ou lutte contre la finance : l’enjeu caché de la Conférence Climat à Varsovie.


Pour une information libre sur l’écologie, soutenez Reporterre :

 

 

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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 17:17

 

Source : rue89.com

 

 

Futur sans oubli 21/11/2013 à 16h39

« La vie privée, une anomalie » : Google de plus en plus flippant

Philippe Vion-Dury | Journaliste Rue89

« Le vie privée pourrait en réalité être une anomalie. »

Non, cette phrase n’a pas été lâchée par James Clapper ni un autre responsable de la NSA. On la doit à Vint Cerf qui n’est autre que le « chef évangéliste de l’Internet » de Google.

Cet homme, considéré comme l’un des pères fondateurs d’Internet, avance que vivre sans aucune intimité n’a non seulement rien de neuf, mais rien de bien inquiétant.

Il explique ainsi qu’il a lui-même grandi dans une petite ville de 3 000 habitants, sans ligne téléphonique, où le postier savait de qui venait toutes les correspondances. L’idée d’anonymat serait selon lui apparue avec l’urbanisation et la révolution industrielle et n’est plus nécessairement compatible avec notre société contemporaine.

« Il sera de plus en plus difficile pour nous de garantir la vie privée. »

Cette déclaration peut nous choquer, nous faire peur. Elle est cohérente avec le discours du patron de Google, Eric Schmidt, président du conseil d’administration et ancien PDG de la firme au célèbre slogan « Don’t be evil » (ne soit pas maléfique).

 


Eric Schmidt à Hong Kong, le 4 novembre 2013 (Vincent Yu/AP/SIPA)

                                                                                                                                                                                      1 Google, le gentil monstre

« Implanter des choses dans votre esprit franchit la ligne rouge. Du moins, pour l’instant. »

 

Pour poser le décor, revenons sur une déclaration d’Eric Schmidt au Washington Ideas Forum en 2010 :

« Google a pour règle d’aller jusqu’au bord de ce qui pourrait vous donner la chair de poule et de ne pas aller plus loin. Je dirais qu’implanter des choses dans votre cerveau franchit cette ligne rouge. Du moins pour l’instant, jusqu’à ce que la technologie s’améliore. »

Qu’on se rassure donc, il faudra attendre que les implants ne soient pas rejetés par le corps ou ne nous détruisent pas les synapses pour se les implanter. Pas question d’éthique ici, juste de fiabilité technique...

Ne voyez pas le mal partout, les gens de Google ont une idée très précise du bon et du mauvais, ils savent ce qu’ils font (Abu Dhabi, mars 2010) :

« Il y a beaucoup, beaucoup de choses que Google pourrait faire, mais choisit de ne pas faire... Un jour nous avions cette conversation où nous débattions si oui ou non nous pourrions tout simplement prédire [les fluctuations de] la Bourse. Et puis nous avons conclu que c’était illégal. Alors on a arrêté de le faire. »

                                                                                                                                                                                      2 Google, un ami qui vous veut du bien

« Les gens veulent que Google leur dise quelle est la prochaine action qu’ils devraient faire. »

 

Si vous avez raté un épisode, le grand projet de Google tient en un mot : « Personnalisation ». Le but ultime de la firme est de créer pour chaque individu un Internet à sa taille, conçu pour lui et par lui (à son insu), afin que finalement, Google lui soit totalement indispensable.

Eric Schmidt a tout avoué au Financial Times en mai 2007 :

« Nous allons devenir de plus en plus forts au niveau de la personnalisation. L’objectif, c’est que les utilisateurs de Google puissent en venir à poser une question comme “ que dois-je faire à présent ?” ou encore “ quel job devrais-je prendre ?” ».

Il récidive en 2010 avec le Wall Street Journal :

« Une idée serait que de plus en plus de recherches soient effectuées en votre nom, sans que vous ayez à les taper. Je pense véritablement que la plupart des gens ne souhaitent pas que Google réponde à leurs questions. Ils veulent que Google leur dise quelle est la prochaine action qu’ils devraient faire. »

« La technologie du ciblage individuel sera si performante qu’il sera vraiment dur pour les gens de regarder ou consommer quelque chose qui n’a pas été d’une manière ou d’une autre taillé pour eux. »

En bref, si j’ai regardé trop de nanars dans ma jeunesse,difficile voire impossible pour moi de tomber un jour sur un Wong Kar Waï ou un Rohmer : c’est la fameuse bulle de verre théorisée par Eli Pariser dans son ouvrage « The Filter Bubble » (Ed. Penguin Press, 2011).

                                                                                                                                                                                       3 Google est moral

« Si vous faites quelque chose que vous souhaitez que personne ne sache, peut-être devriez vous commencer par ne pas le faire. »

 

Mais revenons un instant au concept googlien de la vie privée et des conséquences que peuvent entraîner sa violation ou son exposition sur la Toile. La philosophie Google est assez simple : au même titre que nous nous baladons dans le monde réel munis de papiers d’identité, notre vie numérique doit porter une empreinte qui permette de nous identifier.

La justification ? La voici :

« Pas d’anonymat. Et la raison est que dans un monde de menaces asymétriques, le vrai anonymat est trop dangereux. […] Ce n’est pas possible d’avoir tel ou tel terroriste faire telles ou telles terribles choses sous le couvert d’un anonymat absolu. »

Et pour les non-terroristes, Eric Schmidt dit :

« Si vous faites quelque chose que vous souhaitez que personne ne sache, peut-être devriez vous commencer par ne pas le faire. »

A noter que le PDG de Google n’a pas toujours eu pour habitude d’appliquer à lui-même cette logique implacable. Les journalistes du site américain CNET par exemple ont été blacklistés pendant plus d’un an par Google pour avoir publié des infos sur Eric Schmidt (salaire, adresse, hobbies et certaines donations politiques) toutes obtenues grâce au moteur de recherche de la firme.

                                                                                                                                                                                      4 Google, lui, ne vous abandonnera jamais

« Nous connaîtrons votre position au mètre près. »

 

Allez, une dernière citation pour vous empêcher de dormir. Eric Schmidt lors de la conférence TechCrunch Disrupt en 2010 :

« C’est un futur où vous n’oubliez rien. Dans ce futur nouveau, vous n’êtes jamais perdu. Nous connaîtrons votre position au mètre près et bientôt au centimètre près. Vous n’êtes jamais seul, vous ne vous ennuyez jamais, les idées ne viennent jamais à vous manquer. »

 

 

 

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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 17:04

 

Source : mediapart.fr

Allemagne: un salaire minimum pour en finir avec l'ère Schröder

|  Par Thomas Schnee

 


Angela Merkel accepte la création d'un salaire minimum légal, revendication centrale des sociaux-démocrates. C'est un tournant historique dans la lutte qui oppose depuis dix ans les partisans de la dérégulation libérale à la « mode Schröder », à ceux qui estiment que les déséquilibres sociaux deviennent intenables. Un Allemand sur six vit sous le seuil de pauvreté.

Berlin, correspondance

La chancelière allemande a confirmé, jeudi 21 novembre, que l’Allemagne allait se doter d’un salaire minimum légal. « Une analyse réaliste de la situation montre vite que les sociaux-démocrates ne pourront pas sortir de ces négociations sans avoir obtenu un salaire minimum légal universel », a-t-elle expliqué à un parterre de patrons comme consternés. Cette concession est la seule option envisagée par Angela Merkel pour s'assurer de la formation d’un gouvernement de grande coalition (conservateurs/sociaux-démocrates) et éviter la tenue de nouvelles élections à quelques mois du scrutin européen.

 

Angela Merkel. 
Angela Merkel. © Reuters

Mise sous pression par une base militante qui répugne très fortement à voir son parti « perdre son âme » une nouvelle fois en s’alliant aux conservateurs, la direction du SPD a en effet décidé que ses 473 000 adhérents se prononceront par référendum du 6 au 12 décembre sur le programme de gouvernement en cours de négociation. Or si ce programme ne comprend pas le salaire minimum, il ne fait aucun doute que les militants le rejetteront, ouvrant la voie à de nouvelles élections.

Le geste de Mme Merkel n’est bien sûr pas gratuit. En échange, celle-ci entend encore obtenir des assurances de la part du SPD. Par exemple celle du maintien ferme et définitif de la retraite à 67 ans. Les négociations entre les conservateurs et le SPD sur le salaire minimum s’achevant mardi prochain, Angela Merkel a précisé que son parti ferait tout pour limiter les effets négatifs sur l’emploi que l’introduction d’un tel salaire pourrait induire. Pour l’instant, la commission de négociation, qui réunit les chefs de parti, n’a pas décidé si le futur « Smic allemand » serait identique pour tous les secteurs d’activité, sur tout le territoire et d’un montant minimum de 8,50 euros de l’heure, comme le veulent les sociaux-démocrates.

L’annonce de la chancelière est un tournant important dans le long combat sur les salaires qui a démarré en 1995, après la dernière grande grève de l’IG Metall. À l’époque, l’Allemagne est considérée comme le « malade de l’Europe » et connaît déjà un chômage de masse. La grève déclenchée cette année-là par les métallos, pour obtenir une augmentation salariale de 6 %, part de la Bavière et s’étend vite à toute l’Allemagne. Pourtant, dans les nouveaux Länder, les troupes traînent des pieds. Une partie importante des ouvriers de la métallurgie comprend mal que leur syndicat revendique une telle augmentation en pleine crise. À tel point que le syndicat est obligé d’affréter des bus qui emmènent des métallos de l’Ouest pour assurer les piquets de grève dans les usines de l’Est.

Pendant ce temps, chez Volkswagen, où 20 000 emplois ont été maintenus grâce à l’introduction en 1993 de la fameuse « semaine de quatre jours », les syndicalistes admettent à mi-mots que l’entreprise ne pourra pas longtemps maintenir cette situation de sureffectifs qui pèse sur sa compétitivité. Cette grève, qui s’achève par une augmentation modeste, marque le début d’une longue période de modération salariale, d’abord forcée, puis acceptée par des syndicats affaiblis et dont les effectifs fondent comme neige au soleil. De 1991 à 2004, le nombre des adhérents des syndicats allemands passe ainsi de 12 à 6,5 millions

Au début des années 2000, rien n’y fait. La modération salariale et les réformes lancées par Gerhard Schröder pour faciliter l’adaptation des entreprises allemandes à la mondialisation n’empêchent pas la croissance du chômage : il culmine, en 2005, à 5 millions de chômeurs. En 2003, Schröder décide de lancer une réforme radicale du marché de l’emploi qui doit rendre le « travail plus intéressant que le chômage ». Il annonce alors le fameux Agenda 2010 qui, schématiquement, généralise le recours à l’intérim, crée les mini-jobs (jusqu’à 60 heures par mois pour un salaire de 400 euros par mois avec des cotisations sociales réduites). Il fusionne l’allocation chômage longue durée et l’aide sociale. La nouvelle et désormais célèbre allocation « Hartz IV » place alors les chômeurs sous une pression parfois insoutenable qui doit les motiver à rechercher un travail, quel qu’il soit.

« À l’époque, nous avions déjà proposé la création d’un salaire minimum universel. Mais il a été refusé par les conservateurs », se rappelle aujourd’hui Thomas Oppermann, secrétaire général du groupe parlementaire du SPD. En réalité, les syndicats sont également opposés à la création d’un Smic par la loi. À l’époque, ils y voient surtout une grave atteinte à leur monopole de négociation. Ils n’ont pas prévu que les réformes de l’Agenda 2010 vont être massivement utilisées par les patrons pour faire pression sur les salaires, flexibiliser l’emploi à l’extrême et faire reculer la négociation collective sectorielle au profit des accords d’entreprise.

Aujourd’hui, le résultat est là. L’Allemagne affiche des records à l’exportation et un taux de chômage spectaculairement bas (6,9 % en octobre 2010). Mais selon l’Institut sur le travail et la qualification, de l’université de Duisbourg-Essen, 6,8 millions d’Allemands travaillent pour un taux horaire brut de moins de 8,50 euros en 2012 ; 2,5 millions d’entre eux sont même rémunérés à moins de 6,50 euros de l’heure. Par ailleurs, près de 1,31 million de salariés plein temps sont obligés de quémander un « complément de revenu» auprès de l’Agence fédérale pour l’emploi afin de pouvoir assurer le minimum vital à leur famille. Enfin, la pauvreté progresse nettement.

Améliorer l'image de l'Allemagne en Europe

Les chiffres livrés en octobre dernier par l’Agence fédérale des statistiques montrent qu’en 2011, 1 Allemand sur 6, soit 13 millions de personnes ou 16,1 % de la population, vit sous le seuil de pauvreté (environ 980 euros brut par mois pour un célibataire). De son côté, le principal groupe de sociétés de recouvrement de créances, Creditreform, qui publie régulièrement des statistiques sur l’endettement des Allemands, précise que près de 10 % des Allemands adultes sont surendettés (6,59 millions de personnes en 2012). Pendant que les exportations bondissent de record en record au point que même Washington s’en inquiète et que Bruxelles décide de lancer une enquête, la consommation des ménages allemands reste atone. En 2009, les dépenses des Allemands avaient augmenté de 13 % par rapport à 1995, contre 37 % pour les Français, 45 % pour les Britanniques et 47 % pour les Espagnols.

Dans l’Allemagne d’aujourd’hui, personne n’est dupe. L’économie allemande est gagnante à cause de son excellence technologique, d’un remarquable dispositif de cogestion du monde du travail ou encore d’un système d’apprentissage qui assure la formation d’un personnel hautement qualifié. Mais elle est aussi gagnante à cause de la dualité de son marché du travail. Pendant qu'une élite salariée réalise les tâches « nobles », un nouveau prolétariat assure à moindre coût les services plus vils. Angela Merkel et l’aile « sociale » du parti conservateur savent qu’à terme, les déséquilibres ainsi créés sont dangereux.

Chaîne de montage chez Audi. Le salaire minimum est déjà supérieur à 8,50 euros de l'heure. 
Chaîne de montage chez Audi. Le salaire minimum est déjà supérieur à 8,50 euros de l'heure. © Reuters

Sous ces deux premiers mandats, Mme Merkel se résout à accepter des solutions sectorielles là où les partenaires sociaux sont suffisamment implantés. De 2005 à 2013, 14 secteurs tels l’intérim, les services postaux, le gardiennage, la coiffure ou le nettoyage industriel, se dotent ainsi d’un salaire minimum sectoriel, la plupart du temps égal ou supérieur à 8,50 euros /heure. En revanche, et jusqu’à aujourd’hui, la Chancelière a toujours refusé toute solution générale comme un Smic à la française. La droite libérale a toujours refusé de parler de « salaire minimum », lui préférant le terme de « minima salariaux ».

Le rapport de force politique issu des élections la conduit aujourd’hui à accepter cette solution qu’elle qualifie de « mauvaise ». Les adversaires du Smic, qui se sont livrés ces dernières semaines à un matraquage médiatique exceptionnel, espèrent encore que les derniers arbitrages permettront d’éviter un vrai salaire minimum identique pour tous et dans toute l’Allemagne. Le week-end dernier, les quatre grands patrons de l’automobile, Dieter Zetsche (Daimler), Martin Winterkorn (Groupe Volkswagen), Norbert Reithofer (BMW) et Karl-Thomas Neumann (Opel), ont même menacé de délocaliser une partie de leur production si ce salaire arrivait.

En réalité, personne ne sait vraiment quels seront les effets d’une telle mesure sur l’économie allemande. Certains spécialistes du ministère des finances évoquent la destruction possible de 1,8 million d’emplois. D’autres, plus impartiaux, comme Viktor Steiner de l’université libre de Berlin et Kai-Uwe Müller de l’institut DIW, estiment à 500 000 le nombre d’emplois menacés. Selon eux, l’instauration de cette revendication sociale-démocrate risque surtout d’avoir un effet réduit sur le salaire net des personnes concernées : après la hausse des cotisations sociales, de l’impôt sur le revenu et surtout la diminution des prestations sociales consécutives à leur basculement dans une autre catégorie, il resterait en moyenne une augmentation nette des revenus de 900 euros par an, expliquent-ils.

Sur le terrain, les craintes des entreprises semblent moins consistantes. Et ce, même dans les services, secteur le plus concerné par les bas salaires. Le hard-discounter Lidl a ainsi fait savoir qu’il pourrait très bien vivre avec 8,50 euros/ heure puisque, via un accord-maison, il offre déjà un salaire minimum de 10 euros de l’heure ! Quant à Amazon Deutschland, actuellement menacé par la grève à cause de son refus de signer une convention collective, l’entreprise paye un minimum de 9 à 10 euros de l’heure. Dans l’industrie, le patron du comité d’entreprise de Volkswagen, Bernd Osterloh, a de son côté expliqué que 8,50 euros, c’était « très insuffisant ». Il faut savoir que si le « cœur exportateur » de l’industrie allemande (métallurgie, automobile, machine-outil) utilise de plus en plus d’intérimaires ou de travailleurs sous contrat de prestation (en tout 1 million sur 3,6 millions de salariés !), les employeurs de ces secteurs payent bien au-delà de 8,50 euros.

La crainte de nombreux employeurs et économistes est plutôt liée aux effets que pourrait induire l’introduction d’un salaire minimum légal, par exemple une pression généralisée à la hausse sur les salaires, qu’au salaire minimum lui-même. Reste que des secteurs « sauvages » comme l’hôtellerie, la restauration, les petits enseignes du commerce ou encore la tristement célèbre filière « viande » et ses abattoirs à bon marché, vont probablement subir un choc.

Il n’est en tout cas pas certain qu’Angela Merkel soit entièrement désolée par cette évolution. D’une part, parce que personne ne conteste le problème posé à long terme par la fracture sociale. Et d’autre part, parce que les effets du Smic sur la consommation intérieure allemande pourraient jouer positivement au niveau européen. Une telle évolution, saluée hier par le ministre français de l’économie Pierre Moscovici, serait aussi une réponse positive aux critiques des partenaires de l’Allemagne. À terme, cela pourrait nettement améliorer l’image et la marge de manœuvre politique de Berlin au sein de l’Union européenne.  

 

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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 16:49

 

Source : mediapart.fr

La réforme fiscale, une nouvelle austérité?

|  Par Mathieu Magnaudeix

 

 

 

En même temps que l'annonce d'une grande réforme fiscale, Jean-Marc Ayrault a confirmé une réduction des dépenses publiques de 15 milliards d'euros par an dans les années à venir. Certains élus PS s'inquiètent déjà, alors que la TVA va également augmenter au 1er janvier.

Ils sont soulagés, les députés socialistes. L'annonce, lundi, par Jean-Marc Ayrault dans Les Échos, d'une « remise à plat » de la fiscalité les sort de la profonde déprime dans laquelle ils étaient plongés depuis des mois. Déprime que la fronde fiscale tous azimuts des dernières semaines n'a fait qu'aggraver. Du coup, ils ne mégotent pas sur les superlatifs pour saluer l'initiative. « C'est un très beau rebond politique », salue Thierry Mandon, porte-parole des députés PS. « C'était absolument indispensable », salue François Marc, rapporteur du budget au Sénat. « Finement joué », se félicite Christian Eckert, son homologue de l'assemblée nationale.

Une fois les partenaires sociaux consultés (lundi et mardi prochains), un groupe de travail associant des piliers de la majorité (spécialistes du budget, membres des différentes commissions) va prochainement être créé au parlement pour réfléchir à l'architecture de la grande réforme fiscale, un immense chantier qui « prendra le temps du quinquennat », comme l'a expliqué mercredi François Hollande.

« Jean-Marc Ayrault a repris la main et il a l'ensemble des députés socialistes derrière lui », affirme la députée Karine Berger, secrétaire nationale du PS à l'économie. Son rapport sur la réforme fiscale, prêt en septembre, avait été prestement enterré par l'exécutif, alors opposé à tout big bang fiscal.

« C'est une contre-attaque politique bienvenue : Ayrault a recrédité son compte, se félicite Thomas Thévenoud, un proche d'Arnaud Montebourg. Mais nous sommes encore en état de grande convalescence. » De fait, le pouvoir va devoir, en parallèle des grands travaux fiscaux, gérer la hausse de la TVA au 1er janvier, destinée à financer le crédit impôt compétitivité emploi (CICE) voté l'an dernier.

Et cela préoccupe déjà certains parlementaires. « Il y a tout de même un bémol sérieux aux annonces du premier ministre : la réforme fiscale n'apparaîtra pas aux Français tant qu'ils n'en verront pas les effets. Elle va mettre du temps à se mettre en place. Pendant ce temps, le 1er janvier, la TVA va augmenter, accréditant l'idée d'une hausse des impôts. D'ici quelques jours, le débat va peut-être ressortir », explique Laurent Baumel, l'un des membres de la Gauche populaire qui réclame bruyamment depuis des semaines des mesures en faveur du pouvoir d'achat.

« Le pays est au bord de la crise de nerfs : s'il y a un mouvement social sur la TVA autour du 1er janvier, l'affaire pourrait se compliquer », ajoute-t-il. « La TVA va augmenter au 1er janvier, nous l'avons votée. Mais c'est un impôt bien injuste pour les Français les plus modestes », concède François Marc, qui demande des « arbitrages » dans les mois à venir, « pour équilibrer les différents impôts, trancher notamment la question de la répartition entre impôts progressifs et impôts proportionnels comme la TVA. » Le Front de gauche appelle le 1er décembre à une manifestation contre les hausses de TVA (lire notre entretien avec Jean-Luc Mélenchon).

« Il ne faut pas que l'on casse la croissance »

D'autres s'inquiètent déjà de l'autre annonce contenue dans l'entretien de Jean-Marc Ayrault aux Échos, et passée inaperçue : la confirmation d'une réduction, à train très soutenu, des dépenses publiques au cours des prochaines années. « Nous allons réaliser 15 milliards d’euros d’économies en 2014, mais il faudra continuer au moins au même rythme en 2015, en 2016, en 2017 », a ainsi annoncé le premier ministre. La France s'est en effet engagée auprès de la Commission européenne à ramener son déficit public sous la barre des 3 % du produit intérieur brut (PIB) fin 2015.

L'ampleur de ces coupes n'est pas tout à fait une surprise. Début novembre, alors que le gouvernement excluait obstinément toute réforme fiscale d'ampleur, le ministre délégué au budget, Bernard Cazeneuve, avait même laissé entendre dans Les Échos que le niveau des économies pourrait être encore plus élevé.

« Il n'y a rien de nouveau sous le soleil, argumente Karine Berger. On l'a toujours dit ! Dans son programme, François Hollande parlait de 50 milliards d'économie sur cinq ans. On fait juste un peu plus à cause du crédit impôt compétitivité emploi. » Pour cette économiste, « il ne s'agit en rien d'austérité, mais d'un fort ralentissement de la progression des dépenses publiques ». De fait, les dépenses publiques augmentent mécaniquement d'environ 35 milliards par an. Les économies annoncées sont donc en réalité une réduction de la hausse tendancielle, ce que critique d'ailleurs régulièrement l'opposition, qui réclame des coupes bien plus claires dans les dépenses publiques. « C'est beaucoup, mais on y est arrivé cette année. Et c'est nécessaire, car on ne peut plus augmenter les impôts », explique Christian Eckert.

La rigueur qui s'annonce inquiète pourtant franchement ce député influent au sein du groupe PS, qui s'exprime sous couvert de l'anonymat : « 60 milliards d'économie en quatre ans, c'est inouï. Sarkozy, que nous vilipendions alors, avait fait 10 milliards d'euros sur trois ans ! » D'autant que l'essentiel de ces économies « porteront sur la dépense », comme cette année, rappelle le sénateur François Marc. Autrement dit sur les dépenses de fonctionnement, les opérateurs de l'État, les collectivités locales, les dépenses sociales et l'assurance-maladie (médicaments, hôpitaux, etc.) Pour plusieurs élus, la question se pose avec d'autant plus d'acuité que la réforme fiscale nécessite des moyens financiers, aujourd'hui non chiffrés. « Ça nécessite des marges de manœuvre que nous n'avons pas forcément », s'inquiète déjà un interlocuteur de confiance de François Hollande.

« 15 milliards par an, ça me paraît beaucoup. Il faut faire les choses de façon raisonnable », soutient le député Pierre-Alain Muet, ancien conseiller économique de Lionel Jospin à Matignon, un proche de Martine Aubry. Lui plaide plutôt pour un effort plus réduit, « autour de 10 milliards d'euros, le bon rythme pour ne pas endommager la croissance ».

« Ces annonces ne sont pas forcément rassurantes, s'alarme Laurent Baumel. Les 15 milliards prévus dans la loi de finances pour 2014, ça commence déjà à faire mal. Il ne faut pas que l'on casse la croissance (la commission européenne prévoit une faible croissance pour 2014, de l'ordre de 0,9 %  ndlr). Je souscris à l'idée de réduction des déficits, mais pas à marche forcée. » Baumel veut croire que les chiffres annoncés, fixés au doigt mouillé, sont en réalité destinés « davantage aux institutions européennes ou aux marchés qu'à l'opinion ».

Pour le député d'Indre-et-Loire, ils rouvrent surtout le débat européen. « Alors que même la commission européenne s'interroge sur les dégâts de l'austérité, il faut d'urgence reprendre la discussion avec l'Allemagne », dit-il. Dans un livre qui vient de paraître (L'urgence européenne, téléchargeable ici), le président de l'assemblée nationale, Claude Bartolone, partisan de longue date d'une « confrontation » avec l'Allemagne, invite lui aussi la gauche européenne à  rompre « le dogme néolibéral » et l'« Europe disciplinaire », si elle veut éviter une déroute aux européennes des 22-25 mai 2014.

 

Lire aussi

 

 

 

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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 16:22

 

Source : bastamag.net

 

 

Liberté de cultiver

Agriculteurs et jardiniers seront-ils bientôt obligés de cultiver dans la clandestinité ?

par Sophie Chapelle 22 novembre 2013

 

 

 

 

Les paysans qui ressèment leur récolte seront-ils considérés comme des trafiquants ? Oui, ont répondu les sénateurs en adoptant le 20 novembre à l’unanimité un projet de loi élargissant aux plantes le délit de contrefaçon. S’émanciper des droits de propriété détenus par les grandes firmes semencières sera désormais un délit. La loi prévoit aussi de nouveaux moyens de répression contre paysans et jardiniers clandestins. Pour les promoteurs de la loi, il s’agit simplement de « protéger les entreprises ».

Semer sa propre récolte. Un acte des plus banal perpétué depuis les prémisses de l’agriculture. Un acte désormais considéré comme criminel, au même titre que l’impression de fausses monnaies, la vente de médicaments illicites à partir de molécules copiées, ou la reproduction de sacs ou de montres de grandes marques. En 2014, la chasse aux contrefaçons pourrait s’étendre jusque dans les potagers, les champs et les fermes. Le 20 novembre, les sénateurs ont voté à l’unanimité – y compris les écologistes – une proposition de loi destinée à renforcer la lutte contre la contrefaçon. Celle-ci représente « près de 10 % du commerce international » et grève les recettes fiscales de la France de plus de six milliards d’euros chaque année. Or, la répression de la contrefaçon prévoit d’être étendu à l’ensemble des branches de la propriété intellectuelle. Parmi elles, les « obtentions végétales ». Un terme qui recouvre les semences de ferme, ces graines issues de variétés sélectionnées par l’industrie semencière, que l’agriculteur sème, récolte et, de fait, multiplie.

La contrefaçon est « souvent le produit de l’exploitation d’être humains et du travail illicite » pointe le projet le loi, et « participe au financement de nombreuses organisations mafieuses et terroristes ». « Les agriculteurs qui utiliseraient des semences de ferme sur leur propre exploitation [sont assimilés] de manière tout à fait abusive, à des criminels en réseau », s’insurge la Coordination rurale. « L’acte millénaire de sélectionner et de ressemer une partie de sa récolte sera considéré comme une contrefaçon, c’est à dire sera mis sur le même plan que la reproduction frauduleuse d’un objet ou d’une monnaie », renchérit le collectif Semons la biodiversité [1] qui avait interpellé les sénateurs dans une lettre ouverte. Graines de soja, de maïs, de tomates, de céréales ou de patates pourront ainsi être considérées comme des copies illégales !

Plusieurs groupes parlementaires [2] avaient pourtant demandé que soit insérée la précision suivante : « La production à la ferme par un agriculteur de ses semences pour les besoins de son exploitation agricole ne constitue pas une contrefaçon et ce, quelle que soit l’origine de ses semences. » Au final, seuls vingt sénateurs ont voté pour l’amendement porté par le groupe communiste, suite à la promesse du député socialiste Michel Delebarre, rapporteur du projet de loi, d’un nouveau débat. « Ce débat aura lieu dans le cadre de la loi d’avenir agricole en janvier prochain, a-t-il assuré. Il n’y a pas de risques avec ce projet. » Une lecture attentive du texte révèle pourtant le contraire.

 

L’État au service des entreprises privées

Cette loi vient renforcer un arsenal juridique qui protège les entreprises commercialisant des semences. Depuis 2011, une loi (analysée ici) autorise la reproduction à la ferme de seulement 21 variétés de semences, en échange du paiement d’une redevance appelée « Contribution volontaire obligatoire » (sic)... Pour toutes autres variétés, la reproduction est donc interdite, au prétexte de ne pas violer le droit de propriété intellectuelle détenue par l’entreprise ! « La loi de 2011 demande à tous les agriculteurs qui font des semences de ferme de s’enregistrer auprès de l’administration, explique Guy Kastler du Réseau semences paysannes, contacté par Basta !. Aujourd’hui, les entreprises ne poursuivent pas les agriculteurs qui n’ont pas payé cette redevance car elles n’en ont pas les moyens. Cela leur coûterait trop cher d’apporter la preuve de la contrefaçon. » Jusqu’à maintenant, les agriculteurs continuaient donc de reproduire leurs semences à la ferme, sans risquer d’être poursuivi [3].

« La nouveauté, c’est que ce projet de loi demande à l’administration d’aider l’entreprise à lutter contre les contrefaçons et de transmettre toutes les informations dont elle dispose », poursuit Guy Kastler. Les services de l’État mettront donc à disposition des entreprises une liste d’agriculteurs qui sont présumés contrefacteurs. Sur simple demande de l’entreprise détenant un droit de propriété intellectuelle sur une variété, les services des douanes pourront saisir les semences « contrefaites », ou la récolte qui en est issue. Un agriculteur ayant cultivé une variété pour laquelle les semences de ferme sont interdites pourra voir sa récolte détruite... « Ou confisquée jusqu’à ce qu’il paye des royalties (redevances, ndlr) s’il s’agit d’une espèce dérogatoire », précise Guy Kastler. Et d’ajouter que « si l’Etat n’applique pas la loi en faisant payer l’agriculteur, il pourra être poursuivi par l’entreprise », comme Basta ! l’avait déjà souligné dans cette enquête.

 

Des douaniers infiltrés en zone rurale ?

Pire, l’agriculteur ne devra pas seulement disposer de factures pour ses semences, mais aussi pour ses animaux reproducteurs et ses préparations naturelles. Quid du paysan-boulanger qui élabore son propre levain pour faire son pain, ou du fromager qui utilise son propre ferment ? Avec ce projet de loi, les douaniers pourront se présenter comme des acheteurs de semences de ferme en vue de prouver la contrefaçon. Ils pourront utiliser deux techniques, « l’infiltration » (article 9) et « les coups d’achat » (article 10), décrites dans la proposition de loi :

 

 

« Jusqu’à maintenant, l’entraide et la confiance sont des fondements du tissu social du monde rural », rappelle Guy Kastler. Mais avec ces dispositions, toute personnes demandant d’échanger des semences sera susceptible d’être un agent de la lutte contre les contrefaçons. De quoi générer un climat de méfiance généralisé... Pourtant, selon la Coordination nationale pour la défense des semences fermières (CNDSF), il existe déjà « un arsenal juridique (...) permettant aux détenteurs des certificats d’obtentions végétales de faire respecter leur droit. Il en est pour preuve l’ensemble des contrôles réalisés sur le terrain très régulièrement chez les agriculteurs et chez les prestataires de service par les organismes habilités dans le but de contrôler le respect de la législation sur les semences. » En mai dernier, Basta ! relatait la visite d’un agent de la répression des fraudes sur un marché en Ariège, où les petits maraîchers se sont vus notifier une amende potentielle de 450 euros pour diffusion de « légumes clandestins »...

 

Généralisation des OGM ?

« C’est cette menace constante de poursuite en contrefaçon qui a conduit les agriculteurs américains à cultiver en moins de dix ans plus de 90 % de leurs champs de soja et de maïs avec des OGM brevetés et qui a condamné à la faillite ceux qui ont voulu résister », alertent plusieurs personnalités dans le journal Le Monde. Aujourd’hui, 75 % du marché mondial de semences est contrôlé par seulement… dix multinationales ! Mais pour le sénateur socialiste Richard Yung, à l’origine de la proposition de loi sur la contrefaçon, il s’agit de « protéger nos entreprises ». Richard Yung a fait toute sa carrière dans le monde de la propriété intellectuelle et des brevets, de l’Institut national de la propriété industrielle à l’Office européen des brevets, à Munich. « Le risque, c’est que vous développiez une nouvelle plante, et qu’elle soit reproduite sans que l’on vous paye », explique-t-il, cité par Reporterre.

Que les semenciers ne soient pas payés n’est pourtant pas d’actualité. Le montant des exportations de semences et plants, hors Hexagone, représente près de 1,5 milliard d’euros en 2012-2013, soit une hausse de 15 % par rapport à l’exercice précédent. « Cette performance représente l’équivalent de 20 Airbus A320 », se félicite ainsi le Groupement national interprofessionel des semences. Celui-ci reproche aux agriculteurs qui reproduisent leurs semences à la ferme de ne pas participer au financement de la recherche. Le caractère de telle variété plus résistante aux climats secs, ou de telle autre moins vulnérable aux insectes est-elle pour autant la propriété des grandes firmes semencières ? « Il est le résultat de 10 000 ans de sélection paysanne, anonyme et publique », estime Jacques Caplat de l’association Agir pour l’environnement. Le sélectionneur professionnel serait donc tout aussi redevable en s’appropriant un travail engagé par les paysans depuis des millénaires. Mais lui ne commet pas de délit de contrefaçon.

 

Paroles, paroles, paroles...

Le sort du premier maillon de la chaine alimentaire se joue désormais dans les arènes politiques. En 2007 déjà, une nouvelle loi sur la contrefaçon avait fait de la semence produite à la ferme une contrefaçon. A l’époque, le groupe socialiste avait initialement soutenu, avec des élus communistes, écologistes et centristes, un amendement qui excluait de la loi les semences de ferme [4]. Ils avaient retiré leur amendement à la suite de la promesse [5] du ministre de l’époque, Hervé Novelli, de reconnaître le droit des agriculteurs de produire leurs semences et de ne pas le considérer comme une contrefaçon dans une future loi. Or, la loi de 2011 a maintenu le caractère délictueux des semences de ferme... Et ce sont aujourd’hui les socialistes qui le promettent à leur tour...

Une bataille législative s’amorce, alors même que le gouvernement a estimé que le texte devait être voté en « procédure accélérée ». Le projet de loi sur les contrefaçons devrait être discuté à l’Assemblée nationale en février 2014. Face à l’arsenal législatif déployé pour interdire aux paysans d’exercer leur métier, une campagne pour une loi de reconnaissance positive des droits des agriculteurs et des jardiniers a été lancée. Après les sénateurs, les députés se contenteront-ils aussi de se comporter en simple chambre d’enregistrement des desiderata des lobbys industriels ? Et de considérer nombre d’agriculteurs comme des voleurs ?

Sophie Chapelle
(@Sophie_Chapelle)

Photo : CC Daniel Jolivet

 

Notes

[1Ce collectif regroupe 22 associations et syndicat, et promeut le respect absolu du droit des agriculteurs de réutiliser et échanger leurs semences.

[2Les groupes écologiste, CRC (communiste républicain citoyen), Nouveau-Centre, UMP, RDSE (Rassemblement démocratique et social européen).

[3A l’exception du blé tendre pour lequel le décret est déjà appliqué.

[4L’amendement défendu était le suivant : « Ne constitue pas une contrefaçon la reproduction par un agriculteur de semences de ferme pour les besoins de son exploitation agricole, et ce quelle que soit l’origine de ces semences. »

[5Lire la retranscription des débats du 17 octobre 2007.

 

 

 

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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 16:11

 

 

 

 
Le collectif 06 de soutien à Notre-Dame-Des-Landes
 
 
 
à l'occasion de l'anniversaire de la marche de Nice Notre-Dame-Des-Lande vous invite à une
 
projection-débat du film "sur la route des luttes" sur la marche Nice-Notre-Dame-Des-Landes
 
suivie d'un repas bio et local avec possibilité végétarien
 
(5 euros par personne inscriptions fortement souhaitées par mail)
 
 
 
Samedi 7 Décembre à partir de 16h
 
 
 
16h - 18h : Accueil et présentation de l'expo
 
18h - 20h : Projection du film "sur la route des luttes" + débat avec les marcheurs
 
sur la suite à donner au mouvement
 
20h - 22h : Repas avec possibilité végétarien
 
à la salle FSGT 27 rue Smolett 06300 Nice (accès : arrêt tram "Acropolis")
 
 
 
Cette soirée a pour but de remercier tous les participants à cette marche mais aussi tous ceux qui sont venus apporter leur soutien à cette marche de solidarité aux militants de notre dame des landes.
 
Le film projeté a vocation à retracer les témoignages recueillis le long de cette marche : des témoignages de lutte contre les grands projets inutiles imposés et pour l'invention d'un monde alternatif à la folie du béton et de la spéculation.
 
Nous vous invitons donc lors de cette soirée à entamer une réflexion participative et constructive sur les grands projets inutiles imposés et quelle lutte mener contre cette monstruosité mais aussi ce que nous pouvons créer pour montrer que nous aussi nous avons des projets à proposer.
 
 
 
Venez donc partager un moment de convivialité mais aussi un moment militant fort et émouvant sur une expérience unique qui a conduit des milliers de gens à travers toute la France à prendre part à une marche de soutien aux militants qui continuent à être vigilants sur le terrain à Notre-Dame-Des-Landes !
 
Faites-nous savoir si vous venez que nous puissions préparer le repas en conséquence.
 
S’inscrire par mail auprès de Françoise ( francoise.michel801@orange.fr) ou message SMS ou sur répondeur sur portable (06 50 13 71 64)
 
Pour s’inscrire à la liste d’information du collectif NDDL 06, il suffit d'envoyer un mail avec votre adresse mail à : news-zadgecko-subscribe@roc06.fr

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21 novembre 2013 4 21 /11 /novembre /2013 22:14

 

Attac France — 2013

 

Les Possibles Revue éditée
à l’initiative du Conseil
scientifique d’Attac

No. 01 Automne 2013

 

   

Éditorial : La promesse des biens communs

Pour toutes celles et tous ceux qui nous ont accompagnés depuis le début de la préparation du premier numéro de cette revue, qui nous ont rejoints ou qui nous rejoindront – nous l’espérons – par la suite, nous transcrivons ci-après de larges extraits de l’appel à création que nous avions lancé au printemps dernier et qui introduisait le dernier numéro de la Lettre du Conseil scientifique, à laquelle cette nouvelle revue est appelée à succéder. Cet appel indique le sens du projet que nous mettons en œuvre, dont l’ouverture permanente que nous souhaitons lui donner sera un critère de sa réussite. Nous le complétons en présentant le contenu thématique de ce premier numéro, qui a été conçu en lien avec une actualité faite de remises en cause des acquis sociaux, de renoncement à tout changement véritable de la part des gouvernements des pays européens, et notamment du gouvernement français, dans un contexte de crise sociale et écologique chaque jour plus dangereuse.
   

Dossier Protection sociale

L’état de la protection sociale en France et dans l’Union européenne. Vers la mise à mort de l’État-providence ?

par Jean Tosti
Les néolibéraux, qu’ils soient économistes ou politiciens, nous annoncent ou nous promettent depuis maintenant des décennies la fin de l’État-providence. C’était encore le cas il y a quelques semaines aux Pays-Bas où le roi, à peine descendu de son carrosse doré, tenait devant les parlementaires un discours où il estimait dépassé « l’État-providence classique de la deuxième moitié du vingtième siècle ». À quoi il ajoutait : « À tous ceux qui le peuvent, il est demandé de prendre leurs responsabilités pour leur propre vie et pour leur entourage [1]. » De discours en discours, de sondage en sondage, les populations européennes ont fini par croire qu’effectivement les États étaient trop dépensiers et qu’il fallait que ça cesse. Elles oublient simplement, ou on oublie de leur dire, que l’État-providence, c’est d’abord et avant tout la protection sociale à laquelle elles ont droit.

Pour reprendre l’offensive : penser la révolution de l’État social

par Christophe Ramaux
Le néolibéralisme est entré depuis 2007 dans une crise irréversible. Il peut certes perdurer. La frange extrêmement réduite (le fameux 1 % et même 0,01 % des hauts cadres de la finance et des multinationales), qui a vu ses revenus exploser grâce à ce régime, y a intérêt. Mais le carburant grâce auquel il a longuement fait illusion – la hausse de la dette privée en lieu et place des salaires directs et indirects (les prestations sociales) – a atteint ses limites. Il ne tiendra dorénavant qu’au prix de l’enlisement sans fin dans la crise. Comment en sortir ? Ce qui bloque à l’évidence n’est pas tant la force propre du néolibéralisme que l’absence d’alternative cohérente à lui opposer. Quelle peut-elle être ? Dans ce qui suit, on soutient que celle-ci est déjà là sous nos yeux avec l’État social, dont la protection sociale est l’un des piliers. Le principal frein à l’alternative est dans les têtes : nous n’avons pas saisi toute la portée révolutionnaire de l’État social. Comment expliquer cela ? En quoi la protection sociale illustre-t-elle cette portée révolutionnaire ?

Trois modèles de protection sociale en Europe de 1995 à 2010

par Georges Menahem
Quand nous comparons les modèles de protection sociale dans le monde, nous constatons qu’ils assurent aux personnes couvertes des niveaux très différents de sécurité de leurs ressources selon les pays et les époques. Par exemple, face aux situations de chômage ou de maladie, la sécurité des revenus est beaucoup plus faible aux États-Unis qu’elle ne l’est dans les pays européens (Menahem, 2008). Dans cet article, je vais me limiter à une comparaison entre les pays de l’Europe des Quinze, en m’appuyant sur les dernières statistiques d’Eurostat de 2013. L’actualisation de mes calculs réalisés il y a huit ans montre que les systèmes de protection sociale sont encore très différents entre le sud et le nord de l’Europe (1). Ils ont un rôle néanmoins toujours très important, à la fois pour la sécurité des revenus qu’ils procurent aux personnes et pour la stabilisation macroéconomique qu’ils assurent aux économies confrontées avec les crises (2). Et les retraites ? Pour commencer à répondre à cette question, nous centrerons notre attention dans la dernière partie sur la comparaison des évolutions des prestations retraites dans les différents pays européens entre 1995 et 2010 (3).

Les différentes facettes de la privatisation rampante du système de santé

par André Grimaldi
Le processus de privatisation des systèmes de santé a été imaginé dans les années 1980 par des think-tanks (Gouvernance Institute et Institute Health Summit). Puis il a été adopté par l’OCDE et l’OMC, laissant le soin à chaque pays d’adapter son application en tenant compte des spécificités nationales [2]. Combattre ce processus de privatisation suppose d’intervenir sur plusieurs fronts [3] : sur le front théorique et idéologique, sur le modèle scientifique de la médecine, sur celui de l’« hôpital-entreprise » et sur le financement du système de santé.

Pour un financement de la santé à la hauteur des besoins

par Pierre Khalfa
La question des besoins en matière de santé est complexe. Elle renvoie à la fois à la notion de bien-être individuel, dont le caractère subjectif est évident, et aux objectifs d’une politique de santé publique qui doivent, en théorie, relever du débat démocratique. Ces deux points ne seront pas traités dans cet article qui se concentrera sur les évolutions du financement de la santé et les débats que ces dernières ont entraînés.

Femmes et retraites : un besoin de rupture

par Christiane Marty
La réforme de 2013 est censée faire face à une aggravation plus importante que prévue du déficit des caisses de retraite, qui atteindrait progressivement 20 milliards d’euros en 2020. La raison de ce déficit n’a rien à voir avec des évolutions démographiques mais est essentiellement liée à la crise, comme l’indiquent le Conseil d’orientation des retraites (COR) et, après lui, le rapport Moreau. Les politiques d’austérité, la baisse d’activité et le chômage conduisent en effet à une baisse des recettes sociales (et fiscales). Le gouvernement avait annoncé une réforme menée au nom de la justice sociale et de la réparation des injustices. Rien de nouveau, cette référence à l’équité était omniprésente lors des précédentes « réformes » de retraite… qui ont pourtant fait peser tous les efforts sur les salarié-es et les retraité-s et ont conduit à une importante baisse du niveau des pensions. Elles ont eu des conséquences encore plus négatives pour les femmes, et leurs effets n’ont pas fini de se faire ressentir, alors que les inégalités de pension sont très importantes entre les sexes. Il est donc utile de faire un point sur la situation et les enjeux actuels pour les femmes.

Du RMI et de l’API au RSA, les écueils de la « solidarité active »

par Anne Eydoux
Cet article questionne ce qu’il est convenu d’appeler la « solidarité active » qui a présidé à la lente métamorphose du revenu minimum d’insertion (RMI) et de l’allocation de parent isolé (API) en revenu de solidarité active (RSA). Cette métamorphose a vu les injonctions au retour à l’emploi des allocataires se faire plus pressantes, dans un contexte de décentralisation des politiques d’insertion et de généralisation de l’accompagnement vers l’emploi. La conception de la solidarité publique s’est modifiée, dépréciant la logique de soutien au revenu des ménages pauvres au profit d’une logique d’incitation individuelle au retour à l’emploi, tandis que la responsabilité de l’insertion était transférée de l’État vers les allocataires et vers les départements. La mise en évidence du caractère problématique de ces changements permet d’expliquer les échecs de la « solidarité active » et d’esquisser des pistes de réforme.

Revenir à la société : la question du revenu inconditionel Pour une conception ATTACquante et non pas défensive de la protection sociale : acquérir de nouveaux avantages en faveur de la société

par Baptiste Mylondo, Michel Lepesant
Il peut sembler incongru de traiter du revenu inconditionnel dans un dossier sur la protection sociale : cette mesure aux multiples noms et variantes est souvent critiquée à gauche par ceux qui craignent qu’elle ne remette en cause notre système français de protection sociale. En effet, dans une optique libérale, il s’agirait bien de supprimer l’essentiel des prestations sociales avec, pour solde de tout compte, le versement d’un revenu minimum, le plus souvent d’un montant indécent. Un tel revenu minimum impliquerait alors une régression sociale, qui se traduirait notamment par une baisse des prestations mais surtout par la disparition de certains dispositifs assurantiels comme l’assurance chômage ou même l’assurance maladie (comme le redoute par exemple Michel Husson [4]).

À l’offensive pour un autre travail grâce au salaire à vie À l’offensive pour un autre travail grâce au salaire à vie et à la copropriété d’usage des entreprises

par Bernard Friot
Le conflit sur les pensions offre des tremplins décisifs pour une émancipation du travail des institutions capitalistes qui l’enchaînent : la propriété lucrative, le marché du travail et la mesure de la valeur par le temps. S’en saisir suppose que nos revendications immédiates soient :
  • retraite à 55 ans,
  • 100 % du meilleur salaire net quelle que soit la durée de la carrière,
  • financement par une hausse des salaires bruts et du taux de cotisation. Et pas, donc : retraite à 60 ans, 75 % du salaire (sans préciser si c’est le brut ou le net), retour aux 10 meilleures années pour le salaire de référence, retour à la carrière complète de 37,5 annuités (ou passage à 35) avec élargissement de leur mode de calcul (intégration de temps de formation, coefficient de pénibilité, baisse du salaire trimestriel minimum), financement par taxation du capital sous ses diverses formes. Toutes ces revendications nous enferment dans le terrain que se sont choisi les réformateurs, celui de la pension comme revenu différé.

Du développement social à la protection sociale : quel progrès ?

par Francine Mestrum
Après vingt ans de « lutte contre la pauvreté », les organisations internationales du développement proposent des politiques de protection sociale universelle. Est-ce un progrès ? Cette protection sociale signifie-t-elle un retour au « développement social » des années 1970 ? Va-t-elle au-delà de la réduction de la pauvreté ? Constitue-t-elle une rupture avec les politiques néolibérales ?
Quand, en 1968, Robert McNamara devient président de la Banque mondiale (BM) – après avoir été ministre de la défense dans les gouvernements de Kennedy et de Johnson aux États-Unis –, il constate que les progrès en matière de développement ne sont pas particulièrement spectaculaires. Il commande un rapport indépendant sur le bilan de vingt ans d’aide au développement et des propositions pour une stratégie globale pour les années 1970.

Autour de la protection sociale, de quoi parle-t-on ? Autour de la protection sociale, de quoi parle-t-on : salaire, cotisation, valeur ajoutée, revenu, prélèvements, financement, paiement, socialisation… ?

par Jean-Marie Harribey
Les discussions sur la protection sociale sont souvent compliquées par la variété des définitions des mots employés et la variété des sens accordés à ces mots à partir parfois d’une même définition. Il est difficile, sinon impossible, de proposer un cadre sémantique sur lequel il y aurait consensus. Mieux vaut essayer de dégager les enjeux de telles incertitudes ou des désaccords, la discussion étant autant politique que théorique. On le vérifie notamment avec les notions de salaire socialisé, de valeur, de cotisation sociale, de revenu et de revenu d’existence.
 

Débats

Réflexions sur « Le capital au XXIe siècle » de Thomas Piketty

par François Chesnais
Le capital au XXIe siècle de Thomas Piketty [5] est un gros livre (plus de 950 pages) au titre ambitieux, ce dont il est tout à fait conscient. Le livre aurait pu être plus long encore, puisque Piketty renvoie à des annexes sur son site Internet. Cependant, il cerne soigneusement son sujet. On sait dès les premières lignes qu’il va traiter de l’évolution de la répartition des richesses dans le long terme et du rapport entre l’accumulation de capital privé et sa concentration. Il s’agit, « au début de ce siècle de tirer de l’expérience des siècles passés quelques modestes clefs pour l’avenir » portant sur l’évolution des inégalités de revenu et de patrimoine tout en sachant que « l’histoire invente ses propres voies » (p. 60). Piketty veut aider ses lecteurs à l’aide de références littéraires qui peuvent être une incitation à relire, ou à lire pour la première fois, les grands romanciers observateurs de la société bourgeoise anglaise et française du XIXe siècle et du début du XXe. Il reste que, si la lecture du livre section par section est généralement claire et facile, sa structure en rend le maniement ardu et l’accessibilité assez difficile.

Éléments de réponses à François Chesnais

par Thomas Piketty
Je voudrais d’abord remercier François Chesnais pour sa lecture attentive de mon livre et pour ses commentaires élogieux. Je vais ici me concentrer sur quelques remarques permettant de préciser certains points de désaccords possibles.

« La richesse, la valeur et l’inestimable » de Jean-Marie Harribey

par Eric Toussaint
Jean-Marie Harribey a fourni un travail colossal pour mettre à la disposition des lectrices et des lecteurs cet important ouvrage qui a pour sous-titre « Fondements d’une critique socio-écologique de l’économie capitaliste [6] ». L’auteur nous invite à découvrir ou revisiter les œuvres d’Adam Smith, de David Ricardo, de Karl Marx, de John Maynard Keynes et de bien d’autres en les confrontant au capitalisme actuel. Ce n’est pas une des moindres qualités de ce livre que de prendre la peine de résumer les travaux des classiques avant de les soumettre à la critique.

Éléments de réponse à Éric Toussaint

par Jean-Marie Harribey
Je remercie tout d’abord chaleureusement Éric Toussaint pour la recension de mon livre [7], ainsi que pour les notes et remarques, certaines critiques, qu’il m’adresse, montrant ainsi la qualité et la finesse de sa lecture.
La critique est totalement libre et ce qui suit n’est qu’un essai de poursuite de la réflexion et de la discussion, sans clore bien sûr cette dernière.
 

La revue des revues

En rapport avec le dossier sur la protection sociale : la Lettre de l’ONPES L’observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale

par Jacques Cossart
L’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale (ONPES) qui propose plusieurs articles et études qui viennent illustrer le contenu de ce premier numéro de la revue.
L’Observatoire des inégalités qui propose un dossier sur la pauvreté en France et un autre sur les minima sociaux en France.

En rapport avec le dossier sur la protection sociale : l’Observatoire des inégalités L’Observatoire des inégalités

par Jacques Cossart
On se reportera aussi avec avantage à l’Observatoire des inégalités

Rapports des institutions internationales : le rapport 2013 du PNUD Le rapport 2013 du PNUD

par Jacques Cossart
Le rapport 2013 du PNUD (Programme des Nations unies pour le développement) est intitulé : « L’essor du Sud : le progrès humain dans un monde diversifié »,

Rapports des institutions internationales : la banque mondiale et le business La banque mondiale et le business

par Jacques Cossart
Tout d’abord « Doing business » dont la version complète est publiée en anglais, et dans une version abrégée en français

Rapports des institutions internationales : les indicateurs de la Banque mondiale Les indicateurs de la Banque mondiale

par Jacques Cossart
La Banque mondiale propose, en plusieurs langues, dont le français, sous le titre « Données–Indicateurs » un outil interactif donnant accès à plus de 300 indicateurs regroupés en 18 chapitres et portant sur la période 1980-2012.

Rapports des institutions internationales : le rapport 2013 sur le développement de la Banque mondiale Le rapport 2013 sur le développement de la Banque mondiale

par Jacques Cossart
« World development report2013 » dont la lourde version complète (422 pages) est publiée en anglais, est le rapport de la Banque mondiale sur le développement dans le monde de 2013, centré sur l’emploi.

Rapports des institutions internationales : le rapport 2014 sur le développement de la Banque mondiale Le rapport 2014 sur le développement de la Banque mondiale

par Jacques Cossart
La Banque mondiale vient depublier son Rapport sur le développement dans le monde 2014 « Risques et opportunités, La gestion du risque à l’appui du développement », . L’objectif de la Banque mondiale est d’apporter une réponse à « la question pressante : comment pouvons-nous accroître notre résilience face aux risques ? »

Rapports des institutions internationales : la richesse dans le monde selon le Crédit suisse La richesse dans le monde selon le Crédit suisse

par Jacques Cossart
« Global Wealth Report 2013 » est le rapport du Crédit suisse sur la fortune dans le monde.Le terme « wealth » ne doit pas conduire à penser que les chiffres indiqués rendraient compte de la valeur des PIB dans le monde ; il s’agit de l’évaluation des stocks de fortunes individuelles sur la base des valeurs immobilières et mobilières, dont on sait qu’elles ne représentent que du capital fictif tant qu’elles ne sont pas liquidées.

Rapport du GIEC : La dégradation climatique

par Jacques Cossart
Le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) a présenté le 27 septembre 2013 la première partie (éléments scientifiques) du cinquième rapport d’évaluation du GIEC ; on trouvera, en français, les documents relatifs aux quatre précédents, le dernier datant de 2007.
Le GIEC est organisé en trois groupes de travail auxquels s’ajoute une équipe chargée des inventaires nationaux des gaz à effets de serre (GES). Ce sont plusieurs centaines de scientifiques et experts du monde entier qui contribuent, bénévolement, à l’établissement des rapports.
Le lourd rapport (2 216 pages) apportant les éléments scientifiques n’a été rendu public en septembre 2013 qu’après l’adoption, à l’unanimité, du « Résumé à l’attention des décideurs » relatif au rapport final ; on lira ici une version non officielle, en français, dudit résumé.

Information sur la lutte des femmes de LATelec en Tunisie

par Esther Jeffers
LATelec est une société filiale à 100 % du groupe français Latécoère. Cet équipementier aéronautique français est l’un des leaders mondiaux de son secteur et fournit de grands noms de l’aviation comme Airbus ou Dassault.
 Le document de référence et les derniers comptes financiers 2012, qu’on pourra consulter, montrent que le chiffres d’affaires a crû au cours des trois derniers exercices (page 18).

La Syrie, que faire ?

par Jacques Cossart
En raison de son emplacement géographique, sur la route des échanges entre l’Europe et l’Asie, la Syrie joue, depuis la haute Antiquité, un rôle important dans l’histoire. En témoignent les très nombreuses dominations qu’elle a subies, depuis celle des Égyptiens près de 1700 ans avant J.-C., jusqu’aux décennies du protectorat français qui a pris fin en 1946. Le parti Baas s’imposera dès 1966 jusqu’à la prise de pouvoir, après la défaite de la Guerre des Six Jours, par la général Hafez el-Assad dont le fils cadet Bachar el-Assad sera nommé président de la République en 2000, après la mort de son père. L’utilisation de la religion est constante depuis des décennies.
 
Attac France — 2013
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21 novembre 2013 4 21 /11 /novembre /2013 19:21

 

Source : lemonde.fr

 

 

 

Les Suisses appelés à limiter le salaire des patrons

Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 21.11.2013 à 17h42 • Mis à jour le 21.11.2013 à 17h53

 
 
Les partisans de 1:12 ont aussi organisé une manifestation devant les bâtiments abritant la banque UBS à Zurich, symbole selon eux de tous les excès salariaux. Le patron de la banque représenté sur l'affiche dit "En tant que dirigeant d'UBS, j'ai gagné autant que tous ces gens réunis".

Les électeurs suisses sont appelés à se prononcer, dimanche 24 novembre, sur l'encadrement des rémunérations des dirigeants d'entreprise. Si l'initiative "1:12 Pour des salaires équitables", lancée par la Jeunesse socialiste (JS), recueille la majorité des voix dans les vingt-six cantons et à l'échelle nationale, elle interdira aux patrons de gagner plus de douze fois le salaire le plus bas dans leur entreprise.

"Au cours des dix dernières années, une petite partie de la société s'est emparée de la plus grosse partie des bénéfices", s'insurge David Roth, le président de la JS, dont l'initiative a réuni les 100 000 signatures nécessaires pour permettre l'organisation d'une votation nationale.

Les partisans de "1:12" ont organisé le 2 novembre une manifestation devant les bâtiments abritant la banque UBS à Zurich, symbole selon eux de tous les excès salariaux.

Le patron de la banque, Sergio Ermotti, était représenté sur un affiche disant : "En tant que dirigeant d'UBS, j'ai gagné autant que tous ces gens réunis".

L’an dernier, accusent les militants socialistes, les dirigeants de la banque se sont offerts 2 milliards d'euros en bonus, alors que, dans le même temps, la banque essuyait des pertes équivalentes.

Le débat sur les salaires des dirigeants a été alimenté au début de l'année par la polémique liée au chèque de 72 millions de francs (58 millions d'euros) promis au président de Novartis, Daniel Vasella, à l'occasion de son départ en retraite. Un "parachute doré" auquel ce dernier a dû renoncer face aux critiques.

 

 "530 EUROS PAR MINUTE DE TRAVAIL"

"La Suisse a changé au cours des derniers mois : plusieurs dizaines de milliers de drapeaux ont été suspendus aux balcons et fenêtres. Un panel de militant(e)s de tous âges et de toutes conditions salariales a participé activement à cette campagne de proximité, a affirmé le président du PS suisse, Christian Levrat dans un discours le 5 novembre. Les employeurs et associations économiques n’ont d’autre choix que de reconnaître les excès salariaux de certains top managers."

"Certains encaissent 730 francs suisses [530 euros] par minute de travail", s'insurge M. Levrat, des chiffres selon lui "injustifiables, inacceptables [qui] remettent en cause le ciment social" du pays.

Preuve que l'initiative des "1:12" dérange, des employés de grandes entreprises ont rendu publics des courriers ou circulaires internes de multinationales comme Nestlé ou Novartis, incitant leurs collaborateurs à voter non dimanche.

Pour certains cadres et dirigeants, le manque à gagner serait élevé. En 2010, les 10 % des salariés helvétiques ayant les plus faibles revenus gagnaient moins de 4 000 francs (3 242 euros) par mois, selon l'Union syndicale suisse. Le calul est donc simple : si la loi sur l'encadrement des rémunérations était adoptée, les salaires les plus élevés seraient en théorie plafonnés autour de 576 000 francs suisses (467 000 euros) par an.

Or, le salaire moyen des dirigeants des principales entreprises helvétiques cotées a atteint 6,7 millions de francs en 2012, selon le cabinet de conseil PwC.

 

MENACES DE QUITTER LA SUISSE

Le directeur général du groupe d'ingénierie helvético-suédois ABB, Ulrich Spiesshofer, s'est dit inquiet, mercredi : "Nous n'aurions par exemple pas les moyens de garder ceux qui sont le mieux payés dans la recherche et développement. Cela pourrait menacer la position mondiale d'ABB à la pointe de la technique et de l'innovation, donc c'est une question vraiment importante", a-t-il affirmé au quotidien économique suédois Dagens Industri.

L'adoption de la proposition des JS est toutefois loin d'être acquise. Selon un sondage publié le 13 novembre par gfs.bern, 54 % des personnes interrogées se disent défavorables à l'initiative "1:12 Pour des salaires équitables", 36 % y étant favorables et 10 % sans opinion.

Les opposants au projet, parmi lesquels se trouve le Conseil fédéral, l'équivalent du gouvernement en France, estiment que cette initiative menace l'attractivité de la Suisse, qu'elle encouragera les entreprises à quitter le pays et se traduira par une montée du chômage. Ils craignent aussi une diminution des recettes fiscales et des cotisations sociales.

Outre les banques, les sociétés de négoce de matières premières, qui se concentrent dans l'arc lémanique, sont également vent debout contre l'intiative.

Le directeur général du négociant anglo-suisse Glencore, Ivan Glasenberg, a déclaré au journal SonntagsZeitung que l'adoption du texte serait une catastrophe et contraindrait son groupe à quitter la Suisse. Il a lui-même touché un salaire équivalent à 130 millions d'euros l'an dernier.

Lire : Rémunérations abusives : tour d'horizon des lois européennes

Un droit de regard pour les actionnaires

 

Les Suisses ont déjà approuvé, le 3 mars par 67,9 % des voix, une initiative les "rémunérations abusives" des patrons des sociétés suisses cotées dans le pays ou à l'étranger. Cette disposition, portée par le sénateur Thomas Minder et qui doit entrer en vigueur début 2014, prévoit que certaines formes de rémunérations, telles que les indemnités de départ – communément appelées parachutes dorés – ou les primes pour des achats d'entreprises, seront interdites.

En outre, les rémunérations du conseil d'administration et de la direction devront être approuvées obligatoirement par l'assemblée générale des actionnaires, qui devront voter chaque année la somme des rémunérations mise à disposition des membres du conseil d'administration et de la direction. Les sanctions en cas d'infraction vont d'une amende correspondant à six ans de revenu à trois années de prison.

 

 

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21 novembre 2013 4 21 /11 /novembre /2013 19:12

 

Source : lemonde.fr

 

Les liquidations d'entreprise atteignent des sommets en France

Le Monde.fr | 21.11.2013 à 08h32 • Mis à jour le 21.11.2013 à 13h11 | Par Denis Cosnard

 
 
La faillite de FagorBrandt, l'un des champions de l'électroménager en France, met en péril 1 870 emplois.

Le titre était prémonitoire. « Ce journal, nous lui avons donné le nom du temps qui vient : L'Impossible », écrivait Michel Butel il y a un an et demi, pour présenter son nouveau mensuel. Après quatorze numéros, la structure qui l'éditait a récemment déposé le bilan.

Lancer en kiosque un journal qui se revendiquait « bancal, foutraque, élégant, pauvre, écrit, engagé, indépendant » relevait du pari. Les problèmes de santé de Michel Butel l'ont rendu impossible à gagner. A 74 ans, l'ancien patron de L'Autre Journal ne s'avoue pas vaincu pour autant, et promet de nouvelles aventures. Mais sous un autre nom…

Des PME ainsi rayées de la carte, jamais la France n'en avait recensé autant. Ces douze derniers mois, 43 981 entreprises ont été liquidées après avoir déposé leur bilan, selon les relevés de l'assureur-crédit Coface, qui publie ce jeudi 21 novembre son baromètre des défaillances.

C'est 2 % de plus qu'en 2009, l'année catastrophique qui avait suivi la chute de la banque américaine Lehman Brothers et vu un effondrement de la production industrielle. Cette année-là, le nombre de faillites était monté en flèche. Puis il a décru lentement, grâce à la reprise économique.

Mais depuis le printemps 2012, la chute de la croissance puis l'entrée de la France en récession ont provoqué une deuxième vague de défaillances, malgré tous les efforts du gouvernement, en particulier la mobilisation des commissaires au redressement productif dépêchés par le ministre Arnaud Montebourg dans les régions.

 

 LIQUIDATIONS EN SÉRIE

Au cours des douze derniers mois, 62 431 entreprises ont ainsi été placées en procédure de sauvegarde, mises en redressement judiciaire ou liquidées, le cas le plus courant. « C'est un total très élevé, en hausse de 4 % par rapport à la même période de 2012 », souligne Jennifer Forest, de Coface.

Le nombre d'entreprises en grande difficulté retrouve ainsi presque son sommet de 2009. Et en ce qui concerne les seules liquidations, le record est battu.

« Avec la crise de 2009, certaines sociétés se sont retrouvées fragilisées, analyse Mme Forest. Elles ont alors puisé dans leurs fonds propres pour tenir le choc. Ensuite, la petite reprise de 2010-2011 n'a pas été suffisante pour qu'elles se reconstruisent. Si bien qu'elles prennent de plein fouet la nouvelle dégradation de la conjoncture. » Comme un tissu ancien, trop souvent lavé, rincé, essoré, qui finit par craquer. »

Plusieurs grosses PME, souvent assez dépendantes du marché français, ont ainsi dû frapper à la porte du tribunal de commerce au cours des derniers mois.

C'est notamment le cas d'Européenne Food, un important grossiste de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne), de l'institut de sondage LH2, ou encore des déménagements Guigard, près de Lyon. Sans oublier la plus lourde faillite du moment, celle de FagorBrandt, l'un des champions de l'électroménager en France. Un fiasco qui met en péril 1 870 emplois.

Lire : Quatre repreneurs en lice pour l'institut de sondages LH2

Avec des entreprises de cette taille, les juges optent en général pour la sauvegarde si la situation n'est pas trop dégradée, ou le redressement judiciaire, qui donne le temps de chercher des repreneurs. Cependant, le succès n'est pas forcément au rendez-vous, même lorsque la société bénéficie d'un certain renom.

 

 LE SECTEUR DE LA DISTRIBUTION EST PARTICULIÈREMENT AFFECTÉ

Un exemple ? Marithé et François Girbaud. La griffe de jeans des deux créateurs français avait été placée en redressement judiciaire en mai 2012. Le tribunal de commerce de Paris jugeait alors possible de sauver la société, dont, à la grande époque, certains films publicitaires avaient été tournés par Jean-Luc Godard.

Mais au bout d'un an et demi de procédure, les discussions engagées avec un gros partenaire étranger n'aboutissant pas, le tribunal a prononcé la liquidation le 5 novembre. Environ 80 postes ont été supprimés, et les boutiques détenues en propre ont baissé le rideau.

La même mésaventure est arrivée au club de football professionnel du Mans, placé en redressement en août et liquidé à la mi-octobre. L'équipe jouait encore en Ligue 1 il y a trois ans.

Mais pour 30 % d'entreprises qui bénéficient d'un redressement judiciaire permettant une éventuelle sortie « par le haut », 70 % vont directement à la liquidation. C'est d'ailleurs presque toujours le cas pour les petites et très petites sociétés (TPE), peu susceptibles d'attirer des repreneurs.

« Or ces PME et TPE sont particulièrement affectées par la crise actuelle et la baisse du pouvoir d'achat », relève Mme Forest. C'est ce qui explique que, depuis un an, la hausse des liquidations (+6 %) soit plus forte que celle des ouvertures de redressements judiciaires (+0,5 %).

Les secteurs les plus touchés par la recrudescence des défaillances sont d'ailleurs ceux les plus sensibles à la consommation des ménages, comme la distribution.

Parmi les enseignes fauchées récemment figurent Marithé et François Girbaud, mais également les magasins de musique Milonga et les vêtements pour enfants Marèse (marque Ooxoo). Et surtout, des milliers de petits commerces d'habillement et de chaussures. Certes, ces pas-de-porte ne font pas les gros titres, mais ils représentent le quotidien des tribunaux de commerce.

Lire aussi : Le risque juridique refroidit les fonds spécialisés dans les rachats d'entreprises

Denis Cosnard
Journaliste au Monde

 


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