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28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 17:42

 

Source : rue89.com

 

 

A l'unanimité, les députés ont adopté la distinction entre votes blancs et votes nuls lors des élections. Le mesure prendra effet le 1er avril 2014, soit juste après les municipales. Et elle ne changera pas grand-chose.

 

*Article publié il y a 1 an 6 jours

 

 

Mieux que rien 22/11/2012 à 16h34 

L’Assemblée avance d’un (mini) pas vers la reconnaissance du vote blanc

Camille Polloni | Journaliste Rue89

 

 

 

« Le vote blanc reconnu à l’Assemblée. » A l’unanimité en plus : les 90 députés présents (du Front de Gauche au Front national) ont approuvé la proposition de loi des centristes. Bon sang de bois ! Ça fait des années que ce débat énerve tout le monde, et d’un coup de baguette magique, c’est réglé ?

Ben non.

Nuance assez majeure pour ne plus être une nuance : le chiffre du vote blanc ne sera pas davantage pris en compte dans les suffrages exprimés. On ne lira jamais :

  • « François Hollande, X% ;
  • Nicolas Sarkozy, X% ;
  • Vote blanc, X%. »

Les votes blancs et nuls, auparavant comptabilisés ensemble, seront toutefois notés séparément sur le procès-verbal. Il sera désormais possible de savoir combien de Français votent blanc (papier blanc dans l’enveloppe ou enveloppe vide).

« Une simple mesure symbolique »

François Sauvadet, rapporteur de la proposition de loi, était pourtant favorable à l’intégration du vote blanc dans les suffrages exprimés. C’est ce qu’il écrivait dans son rapport du 14 novembre (la semaine dernière) :

« Plutôt que de s’en tenir à une simple mesure symbolique dépourvue de toute conséquence juridique, la prise en compte des bulletins blancs dans les suffrages exprimés permettrait de mesurer la légitimité des élus et le degré de confiance des électeurs. »

L’Assemblée a donc voté, de l’avis même du député à l’origine de la proposition, « une simple mesure symbolique dépourvue de toute conséquence juridique ». Mais François Sauvadet vante cependant « une avancée majeure ».

Réformer la Constitution

Pour voir sa proposition de loi votée, le député de Côte-d’Or a dû renoncer à son ambition initiale. En commission, le texte avait été rejeté, la question de l’intégration du vote blanc aux suffrages exprimés étant la principale difficulté juridique du projet, explique François Sauvadet :

« Par exemple pour l’élection du président de la République, il aurait fallu réformer la Constitution, qui dit qu’il est élu à la majorité absolue des suffrages exprimés.

Le 6 mai 2012, plus de 2,1 millions de bulletins blancs et nuls ont été décomptés (5,82 % des votants). François Hollande n’aurait donc pas été déclaré vainqueur avec les règles constitutionnelles actuelles.

Soit j’allais au bout d’une position maximaliste, au risque de ne pas faire passer le texte, soit je l’amendais pour procéder à une avancée grâce à la convergence des groupes politiques. »

Comme en 2003

Régulièrement, des députés déposent des propositions de loi pour la reconnaissance du vote blanc, sans succès. Le rapport cite l’exemple qui est allé le plus loin, en 2003, à l’initiative de l’UDF :

« La proposition de loi n°501 a été adoptée par l’Assemblée nationale. Alors que son texte initial proposait en substance la même réforme que la présente proposition de loi, cette proposition avait été modifiée, à l’initiative de la commission des Lois, pour exclure la prise en compte des bulletins blancs dans la détermination des suffrages exprimés.

Le texte finalement adopté par l’Assemblée nationale disposait : “ Les bulletins blancs sont décomptés séparément et annexés au procès-verbal. Ils n’entrent pas en compte pour la détermination des suffrages exprimés, mais il en est fait mention dans les résultats des scrutins.” Ce texte n’a cependant jamais été inscrit à l’ordre du jour du Sénat. »

A l’époque, François Sauvadet faisait partie des signataires de la proposition. Il se retrouve exactement dans la même situation qu’en 2003, mais espère bien que cette fois-ci, le Sénat s’en occupe.

Pierre Claret, membre du Parti du vote blanc et lui-même centriste, se félicite de « ce premier pas » :

« C’est très important pour faire barrage au Front national, parce qu’il sera possible de s’exprimer autrement dans le ras-le-bol général.

On ne peut pas précipiter les choses mais c’est un bon début. Si les hommes politiques se rendent compte que le vote blanc a du succès, il va falloir qu’ils se réforment. »

 

 

 

 

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28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 17:31

 

 

Source : mediapart.fr

Le gouvernement veut légaliser les géolocalisations en temps réel

|  Par Louise Fessard

 

 

 

Après le holà mis par la Cour de cassation, le gouvernement a entrepris d’encadrer et d’élargir l’usage en temps réel de la géolocalisation, à la fois pour les enquêtes judiciaires et dans le domaine du renseignement. Cette décision soulève de fortes inquiétudes, alors que Mediapart a révélé l’utilisation par la police d’un programme illégal de géolocalisation des suspects.

Le gouvernement a entrepris d’encadrer et d’élargir l’usage de la géolocalisation en temps réel, à la fois pour les enquêtes judiciaires et dans le domaine du renseignement. La loi de programmation militaire (LPM), débattue à l’Assemblée nationale depuis mardi 26 novembre 2013, étend son usage administratif. Et, dans le domaine judiciaire, un autre projet de loi, légalisant la géolocalisation lors d’enquêtes menées sous la direction du parquet, devrait être présenté début décembre au Conseil de ministres. Dans les deux cas, il s’agit d’encadrer des pratiques existantes, mais sans base légale. Zoom sur cette technique, alors que Mediapart a révélé l’utilisation par la police entre fin 2012 et début 2013 d’un programme illégal de géolocalisation des suspects.

 

 

Même s’il n’a pas été conçu dans ce but, le téléphone portable est un véritable mouchard, que ce soit via les bornesrelais ou par satellite. « C’est une fonction inhérente : dès que le téléphone est allumé, il est identifié sur le réseau pour pouvoir acheminer les appels depuis la borne la plus proche, explique Sébastien Crozier, président du syndicat CFE CGC d’Orange-France Télécom. Avec une fragilité technique, car sa vocation première n’est pas d’identifier l’emplacement précis des usagers, mais de se raccrocher à la borne la plus efficiente. »

L’apparition du GPS, puis du Wifi, a permis d’affiner cette triangulation à l’origine très sommaire. « Mais si vous désactivez le GPS, l’opérateur ne peut savoir où vous êtes, et le GPS ne fonctionne pas dans les tunnels et le métro », nuance le syndicaliste. Cette donnée d’exploitation est très appréciée des applications commerciales, des services de secours et des policiers, qui ont multiplié les réquisitions judiciaires ces dernières années. Dans un flou juridique complet. « Il n’y avait aucun cadre jusqu’alors : la géolocalisation était considérée comme une technique d’enquête classique », souligne Christophe Régnard, secrétaire général de l’Union syndicale des magistrats (USM).

Mais le 22 octobre 2013, la Cour de cassation a estimé, dans deux arrêts, que la géolocalisation de portables constituait « une ingérence dans la vie privée, dont la gravité nécessite qu'elle soit exécutée sous le contrôle d'un juge ». Et non sous le seul contrôle du parquet qui, pour la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), n’est pas une autorité judiciaire indépendante. Dans la foulée, le ministère de la justice a donc demandé le 29 octobre 2013 l’arrêt des géolocalisations en cours dans des enquêtes conduites sous la direction du parquet, sauf à les confier à des juges d’instruction.

La circulaire étend cette exigence aux balises, des capteurs GPS posés sous des voitures et pudiquement passés sous silence par les policiers dans la majorité des dossiers judiciaires. « Nous avions des procédures où on balise le véhicule sans aucune autorisation, reconnaît un policier. Ça permet (en filature - ndlr) de suivre un véhicule à distance sans se faire repérer. » Il ajoute malicieusement : « Nous n’avions pas forcément besoin d’indiquer que le véhicule était balisé. Il pouvait réapparaître opportunément… »

La circulaire demande également aux parquets de supprimer dans tous leurs dossiers les actes d'enquête liés à la géolocalisation. Les procureurs renâclent. « Il n’y a pas eu de requêtes en annulation pour l’instant et, face à des situations d’urgence, des géolocalisations ont été faites », affirme Robert Gelli, président de la conférence des procureurs.

Face à l’urgence, le gouvernement devrait présenter début décembre 2013 devant le conseil des ministres un projet de loi encadrant ces géolocalisations. Selon le président de la commission des lois de l’Assemblée nationale, Jean-Jacques Urvoas (PS), le texte devrait ensuite être adopté en procédure accélérée (une seule lecture par chambre) avant l'interruption fin février 2014 de la session parlementaire.

Une « explosion des demandes » des services enquêteurs et de renseignement

En attendant, « plusieurs affaires sensibles qui auraient pu permettre l’interpellation de trafiquants ont été mises à mal, affirme Jean-Marc Bailleul, secrétaire général du syndicat des cadres de la sécurité intérieure (SCSI). À la PJ de la préfecture de police, des gars, qui étaient sur une bande organisée, ont monté une planque. Ils se sont fait semer au bout de deux sens interdits, car ils n’avaient pas de balise. »

L’impasse était pourtant prévisible. Le 2 novembre 2010, dans une affaire de tentatives de meurtres et d’attentats à la bombe en Allemagne, la CEDH avait estimé que la géolocalisation pouvait se justifier, mais uniquement si elle était prévue dans la loi et susceptible d'un contrôle judiciaire. Pour la CEDH, les géolocalisations représentent toutefois une ingérence moins importante dans la vie privée que des écoutes. « Comme d’habitude, la France n’a pas anticipé la jurisprudence européenne et on légifère dans l’urgence après coup », regrette Jean-Marc Bailleul.

D’après le syndicat policier, le futur projet de loi prévoit que le parquet garde la main sur les géolocalisations en temps réel de moins de quinze jours. Le juge des libertés et de la détention (JLD) n’interviendrait qu’après cette période pour autoriser ou non une éventuelle prolongation. Avec la possibilité pour les officiers de police judiciaire, en cas d’urgence, d’agir de leur propre initiative en avisant au plus tôt le procureur. « Une partie des balisages se font à titre préventif, indique le député Jean-Jacques Urvoas. Ça paraît compliqué d’aller réveiller un JLD à 3 heures du matin, juste parce qu’on suppose qu’une voiture pourrait servir à commettre une infraction. »

La mesure concernerait les infractions condamnées de plus de trois ans d’emprisonnement, soit un champ très large comprenant par exemple les vols simples. « On part parfois d’un vol simple pour arriver sur de la criminalité organisée : un véhicule puissant volé est susceptible d’être utilisé par une équipe qui monte un braquage », justifie Carlos Garcia, du SCSI. Le régime des géolocalisations sera beaucoup moins restrictif que celui actuel des écoutes judiciaires, déjà encadré par la loi de 2004 sur la criminalité organisée. En enquête préliminaire, ces dernières ne sont en effet autorisées que pour les infractions les plus graves et uniquement sur autorisation du JLD, pour une durée de quinze jours, renouvelable une fois.

Selon Le Monde, policiers et gendarmes effectuent 5 000 mesures de géolocalisation par an grâce à la pose de balises sous des véhicules et 20 000 grâce à la téléphonie. Ce dernier chiffre a presque doublé depuis 2010 (11 000 géolocalisations). « Les balises sont résiduelles, seule une cinquantaine par an aboutissent à l’ouverture d’une enquête judiciaire, explique Christophe Régnard, de l’USM. En revanche, les géolocalisations par téléphone sont beaucoup plus importantes et utilisées pour des dossiers moins graves. Cela concerne souvent des affaires de stupéfiants, mais aussi des violences intra-familiales avec des cas de non-présentation d’enfant. »

Pour lui, « il serait paradoxal de ne pas suivre l’évolution de la délinquance » qui utilise ces « nouvelles techniques ». « C’est un moyen pour vérifier des infos et laisser tomber ou non une piste », explique Jean-Marc Bailleul. Les syndicats policiers estiment qu’une géolocalisation est bien moins intrusive qu’une filature à l’ancienne. « Le filochage n’est pas réglementé et pourtant on voit parfois des choses beaucoup plus personnelles », souligne Carlos Garcia.

Mais c’est la massification et la systématisation des réquisitions judiciaires en matière de télécommunication qui inquiètent. Selon la Cour des comptes, les écoutes judiciaires « ont augmenté de 65 % en quatre ans pour atteindre en 2011 le chiffre de 43 000, contre 10 500 en 2003 ». Désormais, ce sont les données de connexion (factures détaillées, géolocalisation, identification d’un abonné, etc.) qui ont pris le relais, les voyous se montrant très méfiants au portable. Il faut lire l'arrêté du 24 mars 2012 pour constater l'étendue de ce que la police peut obtenir des opérateurs.

En  2012, les réquisitions aux opérateurs ont coûté 40 millions d’euros au ministère de la justice. « Les parquetiers affirment qu’on pourrait faire beaucoup moins de géolocalisation, ça devient une solution de facilité, déplore Françoise Martres, présidente du syndicat de la magistrature (SM). Et dans le moindre dossier aujourd’hui, vous avez des écoutes téléphoniques. Ça coûte cher, et pendant qu’on fait ces écoutes, on nous dit qu’on ne peut pas faire des enquêtes de personnalité par exemple. »

Du côté des opérateurs de télécommunication, Sébastien Crozier constate une « explosion des demandes » des services enquêteurs et de renseignement. « La dérive, c’est qu’on stocke tout au nom de la sécurité et de la lutte antiterroriste, dit-il. Entre leur téléphone portable, leurs mails, ce qu’ils publient sur Internet, la vie des gens qui naissent aujourd’hui sera enregistrée, seconde par seconde, sur un disque dur. En tant qu’individu, vous avez le droit de vouloir être protégé. Mais si quelqu’un veut vous nuire, il va avoir accès à toute votre vie privée. Même si vous n’avez rien fait de répréhensible au regard de la loi, cela peut servir à une manœuvre de déstabilisation. C’est toute la question sociétale qui se pose : qui doit avoir accès à ces données et dans quel cadre. »

Pour Françoise Martres, l'affaire du programme de géolocalisation illégal de la police, révélée par Mediapart, montre bien « combien la tentation est grande de généraliser ce type de dispositif, inadmissible dans une démocratie ».

Extension du « régime d'exception » en matière de renseignement

Les services de renseignement français sont également friands de ces données techniques de communication. Comme l’explique un rapport parlementaire, cette technique permet de localiser « un objet, téléphone ou ordinateur portable par exemple », via  « satellite, mais également par GSM ou Wifi, ou encore par le biais de l’adresse IP ». Et de détecter le numéro d’un mobile étranger d’un suspect « dès lors qu’il apparaît sur les réseaux de téléphonie mobile de notre pays ». Entre août 2011 et août 2012, le Groupement interministériel de contrôle (GIC) a traité 197 000 demandes des services de renseignement, dont 180 000 d’identification d’un usager et 3 900 mesures de détail de trafic (fadettes et éventuellement géolocalisation - ndlr).

Une des dispositions du projet de loi sur la programmation militaire, actuellement en discussion à l’Assemblée nationale, vise d’ailleurs à encadrer la géolocalisation en temps réel, qui n’était pas jusqu’alors explicitement prévue dans la loi française. La loi antiterroriste de 2006 permettait déjà la collecte des données de connexion, mais a posteriori et uniquement dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Le futur texte prévoit que les données de connexion pourront désormais « être recueillies sur sollicitation du réseau et transmises en temps réel par les opérateurs ».

Et cette technique concernera des objectifs bien plus vastes, allant de la recherche de « renseignements intéressant la sécurité nationale » à « la sauvegarde des éléments essentiels du potentiel scientifique et économique de la France », en passant par la prévention « de la criminalité et de la délinquance organisée » ainsi que « la reconstitution de groupements dissous ». Comme pour les écoutes administratives, les services de renseignement devront obtenir le feu vert d’une personnalité qualifiée placée auprès du premier ministre et seront soumis a posteriori au contrôle de la commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité (CNCIS).

L’association des sites internet communautaires (ASIC), un groupement de professionnels, regrette que la future loi de programmation militaire étende le « régime d’exception (prévu en 2006 - ndlr) au-delà des cas de terrorisme ». Dans un communiqué du 20 novembre, l’Asic s’inquiète également d’un possible glissement technique et juridique qui donnerait directement accès aux réseaux aux autorités : « Est-ce que cette “sollicitation du réseau” signifie que les autorités souhaitent donner un cadre juridique à une “interconnexion directe” sur les réseaux ? ».

Ce n’est pas l’interprétation de Jean-Jacques Urvoas, selon qui les services de l’État auront toujours besoin de passer par les opérateurs de télécommunication. « Une fois la réquisition traitée, les autorités ont accès à une application interconnectée directement sur le réseau, du style "Uber" (une application qui permet de localiser sur son portable le taxi le plus proche - ndlr) qui va y chercher les données de géolocalisation », précise Sébastien Crozier.

La LPM encadre également les écoutes administratives, qui portent non sur le contenant mais sur le contenu des correspondances, qu’il s’agisse de courriels ou de coups de fil. La durée d’autorisation des collectes pourrait passer de quatre mois à un mois, voire dix jours selon un amendement déposé par le Sénat en première lecture.

 

 

 

 

 

 

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28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 17:18

 

 

Source : mediapart.fr

L'Union européenne et Microsoft : vingt ans de dépendance aveugle

|  Par Jérôme Hourdeaux

 

 

 

Les institutions européennes ne veulent pas entendre le message politique lancé par le hacker qui a piraté la messagerie du parlement, comme l'a révélé Mediapart. Et il semble hors de question de remettre en cause le partenariat (100 millions d'euros) unissant, depuis vingt ans, la commission européenne et Microsoft, à chaque fois renouvelé sans appel d'offres.

Les révélations, publiées la semaine dernière par Mediapart, sur le piratage dont a été la cible le service de messagerie du parlement européen auraient pu être l'occasion d'une remise à plat de la sécurité informatique des institutions européennes. Difficile d'imaginer moment mieux choisi. Pressée par des députés et des associations qui demandent depuis des années l'abandon des contrats les liant à Microsoft, confrontée aux révélations d'Edward Snowden sur le dispositif d'espionnage mondial mis en place par les États-Unis, ces institutions ont désormais la preuve de la facilité avec laquelle il est possible de s'introduire dans un service de messagerie. L'an prochain, la commission européenne, qui contracte pour l'ensemble des institutions de l'Union, aura l'occasion de renégocier ses contrats passés avec le géant américain du logiciel, son principal fournisseur depuis vingt ans.

Pour l'instant, la commission européenne fait la sourde oreille et ne veut pas voir de problème de fond, limitant le piratage du parlement européen à un simple problème « technique ». Interrogé par Mediapart sur ses motivations, le hacker avait pourtant insisté sur la dimension politique de son acte. Il ne s'agissait pas de s'attaquer à un logiciel en particulier. Outré par le manque de réaction des responsables politiques face au scandale Prism, il voulait « les secouer un peu » pour « améliorer la prise de conscience » et, « qui sait, améliorer les choses pour le prochain mandat ».

Les dirigeants européens ne veulent pas entendre ce message politique. « Il s’agit d’un problème opérationnel urgent, mais ce n’est pas une question de politique publique », a ainsi déclaré au site Slate la commissaire chargée de la société numérique, Neelie Kroes. De fait, les réponses du parlement européen à l'annonce de son piratage se sont pour l'instant limitées à des mesures techniques d'urgence comme la fermeture du réseau wifi extérieur ou l'envoi d'un simple mail demandant à tous les usagers de changer leur mot de passe, ce qui ne change strictement rien aux possibilités de piratage!

Interrogée par Mediapart sur l'opportunité de travailler avec des entreprises dont la participation au programme d'espionnage de la NSA ne fait désormais plus de doute, la commission se contente de renvoyer à des réponses déjà faites à des questions d'eurodéputés (par exemple, celle du 11 juin, par Hans-Peter Martin, élu indépendant autrichien). Dans sa réponse, publiée le 18 septembre dernier, le vice-président de la commission Maroš Šefčovič expliquait que l'UE était tenue par un accord avec l'Organisation mondiale du commerce l'obligeant à ouvrir ses appels d'offres à tous les pays sans discrimination. Des exceptions existent bien, notamment quand la sécurité nationale est en jeu. Mais celles-ci « doivent être interprétées de manière restrictive », avertissait le commissaire.

Dans la foulée, Hans-Peter Martin avait déposé, le 2 octobre, une nouvelle question demandant plus précisément si, après les révélations d'Edward Snowden, la commission entendait faire jouer cette exception pour exclure de ses marchés publics des entreprises telles que Microsoft, Google, Apple ou encore Yahoo. Dans sa réponse, non encore publiée mais que la commission a transmise à Mediapart, celle-ci explique qu'elle « continuera à vérifier » que ses fournisseurs respectent les « spécifications techniques » notamment en matière de sécurité. Avant de poursuivre : « Au regard des logiciels et du matériel auxquels se réfère l'Honorable Membre, et en particulier ceux utilisés par la commission, pour l'instant la commission n'a aucune preuve concluante qu'ils contiennent une backdoor délibérément implantée. »

Cette affirmation fera bondir toute personne ayant un peu suivi l'actualité... La commission se limite en effet à évoquer les « backdoors », des failles de sécurité utilisées comme des portes d'accès secrètes aux logiciels. Elle écarte ainsi les nombreux programmes révélés par la presse et dans le cadre desquels les services américains obtiennent des données directement des sociétés visées, sans avoir à utiliser de « backdoor ». De plus, même s'il est effectivement difficile par définition de prouver la présence d'une « backdoor » particulière, leur existence a été à de nombreuses reprises attestée.

Or c'est à cette même commission européenne que reviendra la charge de négocier avec Microsoft ses deux principaux contrats arrivant à échéance en 2014. Or, depuis 1993, la firme fondée par Bill Gates a réussi à rester le principal partenaire des institutions européennes. L'alliance a été reconduite à six reprises, sans aucune concurrence, car précédée d'aucun appel d’offres!

La passation de marchés publics est pourtant encadrée par un « règlement financier » qui prévoit, par défaut, que tout contrat doit au préalable faire l’objet d’une mise en concurrence. Mais les textes prévoient également certaines dérogations permettant à la commission de choisir directement une entreprise, dans le cadre d’une « procédure négociée », notamment lorsque celle-ci est capable de répondre à elle seule à l’ensemble de la demande. Et jusqu’à présent, Microsoft s’est toujours arrangé pour bénéficier de l’une de ces « procédures négociées ».

Dans les années 1990, le principal argument avancé pour ce régime de faveur était que la société américaine, à une époque où l’informatique grand public était encore peu développée, était quasiment la seule sur son marché. Puis, au fur et à mesure qu’apparaissaient de potentielles alternatives, la commission a commencé à justifier son choix par le fait que changer de fournisseur coûterait trop cher et serait trop compliqué techniquement à mettre en place.

Ces explications sont jugées insuffisantes, voire contradictoires, par de nombreux employés et élus européens. Le dernier contrat, signé en mai 2011 et portant sur la fourniture de logiciels pour 36 000 ordinateurs pour un montant de 50 millions d’euros, a ainsi été contesté par plusieurs députés. La commission avait justifié ce recours à une « procédure négociée », parce qu’il s’agissait d'une mise à jour des logiciels, d’une « extension » de contrat, d'un « remplacement partiel » de logiciels déjà existants. De plus, la commission expliquait que le passage à un autre fournisseur provoquerait « une incompatibilité ou des difficultés techniques disproportionnées dans l’opération et la maintenance ».

Ce dernier argument est justement celui avancé par les défenseurs du logiciel libre, c’est-à-dire ouvert et ne dépendant d’aucune licence propriétaire, qui réclament une véritable rupture avec le système actuel. « En fait, ce qu’ils disent, c’est "nous ne pouvons rien acheter d’autre que du Microsoft car ça serait trop compliqué à faire fonctionner". Et cela nous mène à la question du "lockin"», de l’enfermement », explique Karsten Gerloff, président de la Free Software Foundation Europe (FSFE).

« De fait, ajoute-t-il, en faisant le choix de Microsoft, la commission européenne accentue elle-même ce processus de "lockin". Quand ils disent qu’ils ont tellement de choses au format Microsoft qu’ils ne peuvent pas s’en sortir, cela veut dire que Microsoft peut imposer ce qu’il veut. C’est une situation à laquelle de nombreuses entreprises, mais également des particuliers, doivent faire face. Dois-je continuer à payer le fabricant propriétaire des logiciels pour installer encore plus de fichiers aux formats secrets ou, à un certain point, dois-je investir pour me libérer de ces formats et basculer dans des formats libres pour pouvoir, à l’avenir, choisir la manière dont je veux fonctionner et utiliser toute une gamme de logiciels disponibles ? »

Une procédure opaque

Ce quasi-monopole de Microsoft est d’autant plus étrange que les institutions européennes n’ont de cesse de vanter non seulement les vertus de la concurrence et la nécessité de marchés publics transparents, mais aussi les mérites des logiciels libres. De plus, les différentes équipes techniques semblent avoir pleinement conscience des enjeux.

Il existe ainsi, au sein du parlement européen, une association des utilisateurs de logiciels libres, l’EPFSUG, qui travaille en collaboration avec la direction des services informatiques (DIGIT). « Nous avons lancé l’EPFSUG il y a trois ans », raconte ainsi Erik Josefsson, conseiller du groupe Vert pour les questions de nouvelles technologies. « Et nous avons eu un bon dialogue avec le DIGIT, en particulier sur le chiffrement des communications. C’est donc une discussion en cours. Nous sommes tombés d’accord sur le fait qu’il fallait s’éloigner de plateformes propriétaires fermées. »


Le siège de la commission européenne à Bruxelles 
Le siège de la commission européenne à Bruxelles © Reuters

Par ailleurs, les institutions européennes ont déjà mis en place plusieurs projets de logiciel, comme « AT4AM » permettant de gérer les amendements. Et l’EPFSUG travaille actuellement sur un « projet de distribution sous Debian », un système d’exploitation libre, « permettant d’intégrer PGP », le principal logiciel libre de chiffrement de données. De son côté, la commission a bien mis en place, en 2011, une « stratégie pour l’usage interne des logiciels libres » sous la forme d’une déclaration d’intentions. Mais le document, qui s’arrête en 2013, n’a pour l’instant pas été mis à jour.

Les députés n’ont de cesse de questionner leur administration sur la question. En 2012, le parlement a demandé des explications sur l’utilisation des logiciels libres à l’occasion du vote de la décharge, c’est-à-dire le contrôle du budget pour l’année 2011, durant laquelle ont été conclus les derniers contrats avec Microsoft. Depuis, le groupe Vert se bat pour obtenir des explications. Saisi en juillet par une question écrite de Daniel Cohn-Bendit et Rebecca Harms, le président du parlement Martin Schulz a répondu en détaillant l’ensemble des projets impliquant des logiciels libres. Insuffisant, ont répondu les élus qui ont mandaté une société extérieure, Mitopics, pour mener une expertise du parc informatique.

Dans son rapport, rendu à la fin du mois d’octobre, Mitopics soulignait, notamment, que le parlement n’avait « pas fourni une réponse pleine et complète aux questions » posées par les députés et appelait à plus de transparence dans le processus décisionnel.

Cette opacité est un autre des reproches régulièrement formulés, notamment dans le cadre des décisions accordant à Microsoft une « procédure négociée » au détriment d’un appel d’offres. En effet, pour bénéficier de ce régime dérogatoire, « il y a plusieurs cas de figure possibles (détaillés ici et ici) mais tous ont en commun qu'ils doivent être exceptionnels et surtout dûment justifiés », explique Maël Brunet de l’Open Forum Europe, une association militant pour le développement des logiciels libres. « Dans le cas du contrat de services Microsoft, l'explication fournie par la commission (voir ici, IV.1.1Type of procedure) était clairement expéditive et insatisfaisante, c'est pourquoi le recours à cette procédure a d'ailleurs été largement critiqué. »

Ainsi, les détails mêmes des contrats passés avec Microsoft en 2011 n’ont pas été rendus publics. « Ce qu’ils disent, c’est qu’ils ne peuvent pas donner les détails du contrat car cela violerait les intérêts commerciaux de Microsoft », explique Karsten Gerloff. « Personnellement, en tant que citoyen, je me moque des intérêts commerciaux de Microsoft. Ce qui m’intéresse, en tant que contribuable, ce sont les intérêts des institutions européennes, de savoir où va mon argent, s’il est utilisé d’une manière efficace ou non. Or, la tendance est plutôt à conserver les contrats de fourniture secrets. »

À ce jour, la commission européenne est liée à Microsoft par deux contrats. Le premier, passé via un fournisseur du nom de Fujitsu, est celui portant directement sur la fourniture des logiciels pour un montant de 50 millions d’euros. Le second, signé directement avec Microsoft pour un montant de 44,7 millions d’euros, porte lui sur le « support », c’est-à-dire l’entretien des logiciels vendus.

Or, ces deux contrats arrivent tous deux à échéance l’année prochaine. La commission se décidera-t-elle à sauter le pas du logiciel libre en remettant en cause sa dépendance vis-à-vis de Microsoft? « J’aimerais le penser », estime Karsten Gerloff. « Le moment n’a jamais été meilleur. Il n’y a jamais eu autant de gens concernés par les logiciels libres au sein de la commission et ceux-ci sont de plus en plus performants. En même temps, je ne suis pas excessivement optimiste. »

Interrogée par Mediapart sur son intention de lancer, ou non, un appel d'offres, la commission refuse pour l'instant de se prononcer. Elle rappelle que « ses décisions dans le domaine du choix des logiciels, d’une part, respectent toujours pleinement la législation applicable en matière de marchés publics et, d’autre part, sont basées sur des analyses coût-bénéfice visant à déterminer le coût total de possession (et les risques) de chaque alternative ».

La commission précise cependant avoir récemment « recadré sa stratégie autour de trois grands axes d’action : Axe 1 - Garantir à tout moment la continuité totale des opérations en ce qui concerne l’ensemble de la plateforme bureautique. Axe 2 - Introduire progressivement des technologies et des solutions alternatives, à l’échelle jugée opportune au cas par cas. Axe 3 - Préparer le terrain pour permettre, à terme, une gestion de la plateforme bureautique en mode "services" ». Le piratage du Parlement risque d'accélérer ces débats.

 

 

 

 

 

 

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28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 17:03

 

Source : reporterre.net

 

Dans le Tarn, les citoyens font barrage pour sauver une zone humide

Grégoire Souchay (Reporterre)

jeudi 28 novembre 2013

 

 

 

 

À Lisle-sur-Tarn, au bord du Tescou, des citoyens se mobilisent pour sauver une zone humide boisée. Elle est menacée par un projet de barrage visant l‘irrigation intensive de quelques exploitants agricoles. A un coût pharamineux.


 

- Reportage, Lisles-sur-Tarn (Tarn)

Quittant la départementale reliant Gaillac et Montauban, la route sillonne en plein campagne en direction de la maison forestière de Sivens, appréciée des habitants de ce petit coin du Tarn pour son calme et la beauté des lieux. L’automne a paré ses habits ocres tandis que les chasseurs venus guetter le gibier portent le gilet orange fluo : « Le barrage de Sivens ? Oh, vous savez, on ira chasser ailleurs » disent-ils.

Plus loin sur la route se trouve la Métairie neuve, une vieille ferme délaissée depuis des années et désormais occupée par des opposants au projet de barrage sur la rivière en contrebas. À l’entrée, c’est Erwan, punk écolo breton, « mais pas que ça, hein ! », qui nous accueille. « Je fais un peu tout ici : ranger, faire des rondes, accueillir les gens de passage ».


 

Lui et quelques autres occupent les lieux depuis le mercredi 13 novembre, jour où des naturalistes sont venus réaliser des captures d’espèces protégées, donnant le coup d’envoi pour le chantier du barrage. « On était quatre-vingt sur place et on a réussi à les empêcher d’agir » raconte Erwan. Autour de la table, les quelques présents racontent les vieilles histoires : « Dès 1969, ils voulaient déjà aménager une base de loisirs, ici, sans succès. Historiquement, c’est un coin rebelle, nous sommes à deux pas de Carmaux et de chez Jaurès ! ». Une vingtaine de personnes sont réunies en ce dimanche pour la réunion du collectif « Tant qu’il y aura des bouilles » qui gère les actions sur le terrain et l’occupation.

Des bouilles et des militants

Un peu plus loin, Françoise Blandel, habitante de Lisle-sur-Tarn nous explique : « Les bouilles, selon le patois local, sont des terres qui, dit-on, ne valent rien ». Cette militante est une des chevilles ouvrières du deuxième collectif, plus ancien, « Pour la sauvegarde de la zone humide du Testet » qui s’occupe plutôt des actions juridiques.

Deux collectifs mènent ainsi la lutte, « chacun joue son rôle » nous assure Françoise en nous conduisant un kilomètre plus loin, au bord du Tescou, et au cœur de la zone humide. Sur la passerelle, une pancarte de la commune rappelle qu’il s’agit de la dernière zone humide d’importance, classée ZNIEFF (Zone naturelle d’intérêt faunistique et floristique), sur ce bassin versant « et qui disparaitra si le barrage se fait » ajoute Françoise. De l’autre côté de la rive, elle nous fait découvrir la singularité de la zone : « ce sont ces bois humides. Au printemps ici, c’est couvert d’aurore, une petite fleur violette ». Pour l’heure, ne se dévoilent que frênes, aulnes et saules, les pieds dans l’eau.

Trois détonations nous ramènent prestement à découvert, les chasseurs ne sont pas loin. Une voiture s’arrête à notre hauteur. Bernard, un habitant de Lavaur est simplement venu « voir ce qu’il se passe ». La discussion se prolongeant avec lui, un groupe de promeneuses nous rejoint. Parmi elles, se trouve Josiane : « J’habitais justement dans le coin, au hameau de Barrat, juste au dessus de la zone humide ! ». Pour elle, « c’est un bel endroit qu’il ne faut pas détruire. Les causes avancées n’en valent pas la peine ».


 

Ouvrage « d’intérêt général » ou inutile ?

Pourquoi faire un barrage sur cette zone humide du Testet ? Stéphane Mathieu, directeur de l’eau et de l’environnement au Conseil Général du Tarn explique à Reporterre : « C’est une réflexion ancienne. Il y a un déficit chronique en eau dans la vallée du Tescou. Or, nous avons des débits minimaux imposés du fait des rejets chimiques dans le cours d’eau, notamment Sodiaal, une laiterie du Tarn-et-Garonne. »

Sauf qu’entre la première étude de 2001 et aujourd’hui, « la laiterie a été mise aux normes et à considérablement réduit ses rejets » rappelle Ben Lefetey, autre porte-parole du collectif de sauvegarde du Testet.

Autre argument, l’irrigation : « Le bassin versant est déficitaire explique M. Mathieu, et le système est ainsi fait que pour un mètre cube en aval, il nous en faut 1,5 dans le barrage ». D’où une capacité prévue d’1,5 millions de m3 pour ce barrage dont l’emprise est de trente-six hectares. Surprise : cette évaluation a été réalisée non pas au regard d’obligations légales de débit mais par la Compagnie d’Aménagement des Coteaux de Gascogne (CACG), qui est chargée des travaux.

« Nous n’avons jamais nié que ce projet ait un impact environnemental, assure Stéphane Mathieu, nous cherchons à faire au mieux pour compenser les espaces détruits et minimiser l’impact. Pour autant, au regard des besoins futurs en eau, ce projet a valeur d’intérêt général ».

« Faux ! » répond Françoise Blandel : « Le rapport d’enquête indique que seuls vingt-cinq irrigants sont vraiment concernés. On voudrait nous faire croire qu’il en va de "l’intérêt général" de construire un barrage à 7,8 millions d’euros pour 25 irrigants, avec un financement public ! »

À ces interrogations, Hélène Romet, responsable communication à la CACG répond : « Le plan de gestion des étiages a été validé en 2003, les enquêtes publiques ont eu lieu et ont approuvé ce projet comme étant d’intérêt général. Il ne s’agit pas d’un débat, il s’agit de répondre à un besoin ». Le diable se cache pourtant dans les détails.

Un proche du ministre Philippe Martin impliqué

« La commission d’enquête a effectivement donné un avis favorable mais sous réserve de l’aval du Conseil National de Protection de la Nature (CNPN) », détaille Ben Lefetey. Or, ledit CNPN a donné par deux fois un avis défavorable au projet (du fait de manquement sur la protection des espèces). Peine perdue : « Le CNPN dépend directement du ministère de l’environnement, et donc de Philippe Martin, qui a choisi de donner le feu vert à la préfète malgré l’avis défavorable."

Coïncidence troublante : avant d’être ministre de l’environnement, Philippe Martin était président du conseil général du Gers. Et Francis Daguzan, vice-président de cette assemblée, n’est autre que le directeur de la CACG.

Au final, c’est la justice qui tranchera puisqu’un recours suspensif a été déposé par le collectif. Tandis que la CACG « espère que la situation va se débloquer rapidement », le Conseil Général assure quant à lui qu’il « n’est pas question de passer en force ». Le 5 décembre, c’est le tribunal administratif qui décidera si ce projet de barrage tient toujours la route malgré les fissures techniques et politiques pointées par les opposants. À notre départ de la Métairie neuve, un membre de l’assemblée nous lance : « Vous savez, on est ici pour se faire plaisir, se réapproprier les lieux et l’espace. Le Testet, c’est un coin de plus de la ZAD partout. Et on fera ce qu’il faut pour le protéger. »



Subvention sous condition

Ce projet estimé aujourd’hui à 7,8 millions d’euros est financé pour 50% par l’Agence de l’eau Adour-Garonne, 30% par l’Union Européenne via le FEADER et 10% respectivement par les conseils généraux du Tarn et du Tarn-et-Garonne. Or, ce fond européen agricole pour le développement rural (FEADER) expire fin 2013. Et pour que la subvention soit validée, les promoteurs doivent garantir les délais de réalisation.

Or, pour cela, il faut que les captures des espèces préalables au déboisement soient réalisées au plus vite. Et même si une extension de délai est en cours de discussion, une décision défavorable du tribunal pourrait remettre en cause l’ensemble de l’enquête publique. Et la subvention de deux millions d’euros avec. En attendant, un appel à un moratoire sur le projet a été lancé.



Source et photos : Grégoire Souchay pour Reporterre

Lire aussi : L’opposition monte en Europe contre le barrage brésilien de Belo Monte.


 

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27 novembre 2013 3 27 /11 /novembre /2013 16:17

 

Source : zad.nadir.org

 

Infos du 25 novembre au 1er décembre

mardi 26 novembre 2013, par zadist

 


Tant que la situation est calme, on continue les infos régulières, mais sur un rythme plus détendu d’un article par semaine, mis à jour tous les jours. Si quelque chose s’accélère, on donnera de nouveau les nouvelles en temps réel et vous pouvez écouter les nouvelles transmis par radio klaxon sur se lien.

Si vous voyez des mouvements de police anormaux autour de la zone n’hésitez pas à nous contacter en appelant le numéro d’urgence au 06.43.92.07.01

Mardi 26 novembre

après un très bon we de fêtes et de chantiers, où les betteraves ont volé, le maïs s’est fait effanouillé, les arbres plantés, les chataignes grillées, et où la battucada battucada....dans la joie et la bonne humeur ( merci à tou-te-s !) , il est temps de reprendre le fil des infos :

- ce matin, Virgile passait au tribunal de Saint Nazaire pour occupation illégale de terrain par ses ruches installées à Notre Dame des Landes : rendu le 10 décembre, un article ici sur le rassemblement de soutien

- des images du we sont visibles ici : Arboretum et betterave-party

- fin de semaine réjouissante à Paris aussi : Vendredi 22 novembre, une cinquantaine de personnes se sont retrouvées pour l’inauguration de l’aéroport de Vinci-Rueil, à Rueil-Malmaison, dans le cadre de la semaine d’action des comités de soutien du 17-23 novembre.

en attendant les images des copains, une video de l’action : http://www.politis.fr/Notre-Dame-des-Landes-action,24650.html

- et pendant ce temps là, quelques patrons manifestaient à Nantes pour un aéroport : Aéroport de ND-des-Landes. Les entreprises se mobilisent. Pendant que ceux là n’hésitent pas à réclamer "l’évacuation des zadistes", d’autres s’offusquent de verre cassé : Notre-Dame-des-Landes. Vitres caillassées chez des partisans du projet. ( et pour le plaisir,ici le communiqué de presse de De Rugy, tellement fidèle à lui-même....

- des nouvelles d’ailleurs :

- Appel des filles et fils de butte à Lyon  : rassemblement festif devant le T.G.I de Lyon, ce mardi 26 novembre, à 14hpour le procès de 6 Zadistes, jugé(e)s pour s’etre fermement opposé(e)s à la force de démolition des grands gagnants du Monopoly spécial "OL Land", à savoir Aulas, Collomb, Vinci, etc, se tiendra ce 26 novembre, à 14h (...) Rassemblons nous encore une fois afin de rappeler au bétonneurs, que nous sommes toujours là, et que nous ne lachons(erons) rien.

- Manifestation vendredi 29 Novembre à Millau  : Contre l’enterrement programmé de notre département sous des centaines d’éoliennes et lignes à très haute tension. Contre l’implantation du méga-transfo de Saint-Victor. http://stopeoliennes.over-blog.com/

 

 

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27 novembre 2013 3 27 /11 /novembre /2013 16:13

 

Source : politis.fr

 

Par Erwan Manac’h - Suivre sur twitter - 22 novembre 2013

Notre-Dame-des-Landes : action clownesque devant le siège de Vinci

                                                                                                                                                                                             Le comité d’Île-de-France de soutien à la lutte de Notre-Dame-des-Landes inaugurait un aéroport à Rueil-Malmaison, vendredi.

 

 

 

 

À quelques mètres du siège de Vinci, une cinquantaine d’opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ont marqué, à leur façon, un week-end de mobilisation qui s’ouvre sur la Zone d’aménagement différé (ZAD) contre la mise en route annoncée des travaux sur le barreau routier.

Sur place, le bras de fer continue

Les arrêtés « loi sur l’eau » et « déplacement des espèces protégées » devraient être publiés par les services de l’État en décembre. La Commission européenne vient également de donner son accord à la subvention de 150 millions d’euros de l’État pour l’aéroport.

Les travaux doivent donc juridiquement pouvoir commencer sous peu, mais les opposants au projet d’aéroport prévoient de nouveaux recours. La mobilisation reste aussi importante sur la ZAD.

Parmi les nombreux rendez-vous judiciaires des occupants de la ZAD, un apiculteur est assigné en référé par la société AGO-Vinci devant le juge du tribunal de Saint-Nazaire, le 26 novembre, pour occupation illégale de terres agricoles. Un rassemblement de soutien, à l’appel d’organisations d’apiculteurs professionnels et de Copain44, est prévu à 10 heures devant le tribunal.

 

 

 

 

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27 novembre 2013 3 27 /11 /novembre /2013 16:07

 

Source : reporterre.net

 

La pression pétrolière s’accroit sur l’Arctique, fragilisé par le changement climatique

Barnabé Binctin (Reporterre)

mercredi 27 novembre 2013

 

 

 

L’océan arctique est doublement victime du changement climatique : sa banquise fond et son écosystème se transforme. Devenant ainsi plus accessible, il est menacé par les compagnies pétrolières qui voudraient exploiter ses ressources. Mais elles sont encore peu présentes : il reste possible de les empêcher de venir.

 


 

En grec ancien, « árktos » veut dire ours. Si le nom Arctique est d’abord une référence aux constellations de la Grande Ours et de la Petite Ours qui irradient près du pôle Nord céleste, l’imaginaire collectif l’associera plutôt à l’ours polaire, animal emblématique de la banquise. L’ours blanc est aujourd’hui menacé, comme est vulnérable son habitat de la région Arctique.

Quelles menaces pèsent sur l’Arctique ? La région souffre en premier lieu du réchauffement climatique. Considéré par les scientifiques comme un indicateur précis des variations climatiques à l’échelle de la planète, l’Arctique a vu ses températures moyennes augmenter deux fois plus vite que le reste du monde selon le Programme de surveillance et d’évaluation de l’Arctique, un groupe de travail du Conseil de l’Arctique. Leur rapport Arctic Impact Climate Assessment, paru en 2004, révèle que l’évolution climatique actuelle dans cette région est la plus sévère de la planète, et estime que ces changements de températures devraient s’accélérer.

Ces changements climatiques se traduisent par la fonte des glaces et la disparition progressive du pergélisol, ce sol gelé pendant au moins deux ans qui constitue une partie de l’horizon arctique. Or ces deux conséquences amplifient le réchauffement climatique. C’est le concept d’ « amplification polaire du changement climatique », explique Anne-Marie Tréguier, chercheuse au Laboratoire de physique des océans d’Ifremer : « La fonte des glaces diminue l’albédo, qui est la manière dont un corps reflète la lumière. La glace blanche renvoie normalement le rayonnement solaire vers l’atmosphère. Si la banquise disparaît, elle découvre l’océan, qui est sombre et qui absorbe le rayonnement solaire. L’océan se réchauffe et contribue d’autant plus à la fonte de la banquise, et ainsi de suite. On entre dans un cercle vicieux de réchauffement généralisé ».

La fonte du pergélisol, de son côté, devrait augmenter l’émission de gaz à effet de serre, car il est composé de carbone et de méthane. Une étude parue en 2011 estimait à 1700 milliards de tonnes de carbone le volume contenu dans le pergélisol, soit deux fois plus que le volume actuel dans l’atmosphère.

 


- Paysage de pergélisol -

 

Ces bouleversements ont un impact global, car l’Arctique joue un rôle clé dans l’équilibre physique et biologique de la Terre. La commission océanographique internationale considérait ainsi en 2010 que « les processus physiques et biologiques subissent des transformations, tandis que les mécanismes de rétroaction climatiques liés à la dynamique atmosphérique et océanographique en pleine évolution de l’Arctique font sentir leurs effets à l’échelle de toute la planète ».

Parmi eux, une possible modification des courants : « Il est encore trop tôt pour l’affirmer, mais cela est fort probable. La fonte des glaces provoque un apport d’eau douce qui réduit le niveau de salinité et donc de densité, affectant in fine le processus de formation des eaux profondes » explique Pascal Morin, directeur du programme scientifique à l’Institut Polaire Français.

La fonte de la banquise a une autre conséquence : « La région a longtemps été une zone vierge de tout impact anthropique conséquent. Dès lors que la banquise se réduit et que les surfaces océaniques restent libres de glace plus longtemps, elles deviennent de plus en plus accessibles, et plus longtemps, pour les explorations d’hydrocarbures. Et dès qu’on introduit des activités humaines et industrielles, cela perturbe le milieu » poursuit Pascal Morin.

 

 

Julien Rochette, chercheur sur les océans et les zones côtières à l’IDDRI, corrobore cette idée. Selon lui, le forage offshore – activité d’extraction pétrolière et gazière en mer – présente des risques environnementaux pour l’écosystème marin à toutes les étapes : « Lors de la phase d’exploration qui vise à évaluer les potentialités de gisement, on envoie de l’air comprimé qui perturbe les espèces marines. De plus, aujourd’hui, les forages réalisés sont de plus en plus profonds, jusqu’à 2 ou 3 km - on parle d’’ultra-profond’. C’est problématique en termes de protection des fonds marins. Et lors de la phase de production, il y a toutes les pollutions chroniques avec déversement de substances dangereuses dans l’écosystème... ».

Le scénario catastrophe réside bien sûr dans l’explosion de la plateforme, provoquant ainsi une marée noire. Celle-ci s’avérerait désastreuse en raison et des très basses températures qui y règnent : « Le temps de réversibilité est plus important avec le froid et les impacts seraient donc plus durables que dans d’autres climats » précise Pascal Morin.

Selon Greenpeace, qui cite un responsable canadien, les solutions manquent en cas de marée noire en Arctique : « Il n’existe, à l’heure actuelle, aucune solution ou méthode qui nous permettrait de récupérer du pétrole en cas de marée noire en Arctique ».

Pourtant, « le risque de marée noire en Arctique existe. Les conditions de forage restent très délicates, et la technologie offshore, particulièrement complexe, est contrôlée par le secteur privé, ce qui est synonyme de manque de transparence à ce niveau. On n’a aucune garantie qu’en cas de problème, les compagnies sauraient faire face » estime Julien Rochette.

- A suivre…



 

Source : Barnabé Binctin pour Reporterre

Photos :
. Ours blanc : Questions critiques
. Bateau : ACIA
. Pergélisol : Fedre.

Lire aussi : Des semaines en prison pour sauver l’Arctique.

 


 

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27 novembre 2013 3 27 /11 /novembre /2013 16:00

 

 

Source : le75020.fr

 

 

Photo Gilles Darbord
 
   

La Tournée : système de livraison à domicile expérimental dans le 20e

 

Avec la Tournée, les habitants du haut de Belleville peuvent se faire livrer leurs courses pour deux euros seulement. Ce système de livraisons mutualisées a déjà séduit plus de 700 clients et une soixantaine de commerçants y adhèrent. En phase expérimentale depuis près de deux ans, il pourrait s’élargir au reste de la capitale dès la fin de l’année.


Les livreurs de la Tournée et leurs charriots - Photo Gilles Darbord

Après la collecte auprès des commerçants du quartier, les livreurs de la Tournée se répartissent les colis à acheminer aux clients – Photo Gilles Darbord

 

 Jusqu’au début de l’été 2013, ils étaient cinq livreurs poussant leur charriot de chaque côté de la rue de Belleville. Avez-vous un colis pour moi ?, leur demandait-on comme au facteur naguère. Aujourd’hui la Tournée n’emploie plus qu’un seul livreur, Arnaud. Et demain ? Né il y a près de deux ans, le service encore en phase expérimentale, est dans l’expectative. S’il séduit riverains et commerçants, il retient aussi beaucoup l’attention de la mairie de Paris. On saura en fin d’année si ce service d’utilité publique se généralisera à l’ensemble de la capitale.

Simple comme bonjour

Le principe de la Tournée est simple et se déroule en trois temps : d’abord le client téléphone à un commerçant adhérent pour lui passer commande. Ensuite, dans un secteur qui lui est proprement attribué, le livreur visite chaque boutique et retire les commandes.

Le client, lui, n’habite pas forcément dans la zone couverte par le livreur. Ce dernier, une fois qu’il a récupéré ses colis, les répartis avec ses autres collègues à un point donné. Chacun part enfin livrer dans sa propre zone.

 

Un système de livraison faisant appel aux nouvelles technologies - Photo Gilles Darbord

Les livreurs de la Tournée utilisent une application smartphone développée dans le cadre de l’expérimentation de ce système – Photo Gilles Darbord

 

Un système imaginé par des entrepreneurs expérimentés

Du lundi au samedi inclus, six heures par jour, le matin de 9h30 à midi et le soir de 18h à 21h, le livreur suit un parcours organisé méthodiquement.

L’application mobile qui lui permet de retirer les commandes et de les tracer a été mis au point par Atos.

Cette très importante firme spécialisée en informatique est aussi l’une des sociétés contributrices de l’Alud - l’Association pour une Logistique Urbaine Durable – qui pilote ce projet.

La Tournée, dont le budget atteindrait les 700 000 euros (selon le site Paroles d’élus), a été imaginée par des entrepreneurs expérimentés, insiste Carole Cuillier, sa directrice.

Déjà plus de 700 clients

Un peu plus de 700 clients ont eu recours au moins une fois à la Tournée depuis son lancement : personnes âgées, malades qui ne peuvent sortir de chez eux, employés qui doivent déjeuner sur leur lieu de travail, c mères ou pères célibataires qui rentrent tard, on trouve tous les profils.

Je connais bien les commerçants de mon quartier et je voulais un service qui me permette d’avoir des fruits et des légumes frais pour mes enfants dans la semaine alors que je n’ai pas le temps d’aller faire des courses, même rapides, lorsque je rentre du bureau, témoigne une mère de famille sur le site de la Tournée.

 

Un coup de téléphone à son commerçant et la Tournée apporte la commande - Photo Gilles Darbord

Un coup de téléphone à son commerçant et la Tournée apporte la commande – Photo Gilles Darbord

 

Convivialité et emploi

En cas d’absence, il arrive que le livreur dépose la veste qui sort de chez le teinturier ou les articles de bureau chez le voisin prévenu. Cela crée de la convivialité et donne à ce coin de Belleville l’identité d’un village branché sur les nouvelles technologies.

Pendant la période expérimentale – jusqu’en juin 2013 – cinq jeunes du quartier (quatre temps-pleins et un mi-temps) ont été recrutés en CDI via l’antenne locale de Pôle emploi.

Pour Carole Cuillier c’est une première marche. L’idée c’est qu’ils puissent acquérir des compétences afin d’aller vers d’autres entreprises. Mounir, un des livreurs,  remplace un livreur qui a été embauché par la Poste.

Une tournée née en Inde

Utile, éco-responsable et créatrice de lien social, cette astucieuse mutualisation des livraisons est née en Inde il y a plus d’un siècle.

Aujourd’hui, à Bombay, près de 300 000 clients reçoivent leurs courses chez eux apportées par environ 5000 livreurs que l’on nomme les dabbawallahs. En deux heures, ils peuvent passer un colis d’une extrémité à l’autre de cette mégapole.

 

Laurent Demoncy, président de l'association de commerçants Le Hameau de Belleville a tout de suite été séduit par l'idée de la Tournée - Photo Gilles Darbord

Laurent Demoncy, président de l’association de commerçants Le Hameau de Belleville a tout de suite été séduit par l’idée de la Tournée – Photo Gilles Darbord

 

Un farfelu !

Le pâtisser Laurent Demoncy, également président de Belleville village, l’association des commerçants du Hameau de Belleville, est l’un des 17 adhérents pionniers de la Tournée (ils sont maintenant plus de 60).

Il se souvient de la réaction des autres commerçants quand il a commencé à expérimenter ce système : Certains me prenaient pour un farfelu ! À deux euros la livraison, ils ne comprenaient pas comment ça pouvait marcher.

Pourtant ça marche : les clients sont contents et les commerçants s’aperçoivent qu’un client qui commande par téléphone n’est pas forcément perdu. Il n’est pas possible de livrer à ce tarif, sauf en mutualisant. Ça permet de faire de toutes petites livraisons et ça ne concurrence personne puisque ça n’existait pas.


Chaque jour les livreurs de la Tournée font leur...tournée - Photo Gilles Darbord

Épicerie, pressing, pharmacie, colis postaux… chaque jour les livreurs de la Tournée font leur… tournée – Photo Gilles Darbord

 

Dites-le avec des fleurs

Nathalie Choquet, fleuriste rue des Pyrénées, également vice-présidente de l’association des commerçants, explique que certains de ses clients ont découvert la Tournée en recevant leur bouquet.

Il est rare que les gens se commandent eux-mêmes des fleurs. Nous recevons des commandes de la France entière et lorsque les destinataires habitent dans le quartier nous les faisons livrer par la Tournée. Quand ils reçoivent leurs fleurs ils découvrent la Tournée et font ensuite appel à ce service.

Le haut de Belleville quartier pilote

Après une étude de faisabilité, l’Alud a choisi de tester la Tournée avec les commerçants des environs de Jourdain dont certains sont regroupés au sein du Hameau de Belleville, une association dont le dynamisme a été un critère de choix, mais pas le seul.

Le quartier présente de fortes déclivités, un aspect non négligeable quand il faut livrer à pieds. Il est aussi commercialement dense et sa population est mélangée. Belleville est donc « un cas d’école » souligne Carole Cuillier.

 

Les livreurs de la Tournée sillonnent le haut de Belleville - Photo Gilles Darbord

Les livreurs de la Tournée sillonnent le haut de Belleville – Photo Gilles Darbord

 

Quand les livreurs ne livrent rien

Mais rien n’est jamais parfait en ce monde. Il arrive que les livreurs soient bredouilles  : aucune commande passée, donc aucune livraison à effectuer.

Il faut pourtant payer les salaires. Or, même à deux euros la livraison d’un colis, il en faut beaucoup pour assurer la viabilité d’un tel service.

Le flux est vital

Ça marche, sauf qu’on n’a pas assez de flux, concède Bernard Liscia, ingénieur et fondateur de la Tournée. On est sur de la vente à distance de proximité et nous avons donc besoin de gens qui apportent du flux extérieur en quantité. Naturalia, Monoprix, Nicolas, les grandes enseignes feront des efforts si la Tournée couvre une surface minimale sur Paris…

Jusqu’à présent la Tournée assurait la livraison de petits colis pour La Poste et de plateaux repas aux seniors pour Saveurs et vie, société de restauration spécialisée. Deux clients qui représentent un gros apport financier et un gros apport de flux, confie Carole Cuillier. Pour l’heure, à la Poste, on pèse le pour et le contre en haut lieu.

 

Un chariot utilisé par les livreurs de la Tournée - Photo Gilles Darbord

Un chariot à assistance électrique testé par les livreurs de la Tournée dans les rues en pentes du 20e arrondissement – Photo Gilles Darbord

 

Une économie de partage

Nous sommes dans une économie de partage, explique Bernard Liscia : la Tournée crée de l’emploi (on en créerait 450 au minimum si elle se développait dans tout Paris), cela rend service à tout le monde, notamment aux personnes âgées, et cela diminue la pollution. Sa notoriété dans le quartier est hallucinante. Tous ces avantages font qu’on a envie d’y participer (par exemple en prenant le colis d’un voisin absent). Nous rendons les Parisiens et les commerçants acteurs.

Bientôt Paris ?

Plébiscité par les riverains et les commerçants ce service répond à une attente tout autant qu’aux nouvelles perspectives de logistique urbaine durable chères à Julien Bargeton. De son côté Bernard Liscia précise que la Tournée est l’un des quinze projets suivis par la mairie et l’un des cinq mis en évidence lors de la présentation de la Charte à l’Hôtel de ville.

Demain peut-être des centaines de dabbawallahs parigots sillonneront les arrondissements parisiens derrière leurs chariots.

À terme, la Tournée, structure associative, pourrait devenir une Scop. Elle n’aura pas vocation à gagner de l’argent. Ni à en perdre. Mais plus que les investisseurs, il s’agit de convaincre les grosses entreprises de messageries (privées ou non) que, bientôt, livrer des colis en camion dans Paris deviendra tellement contraignant qu’il faudra trouver d’autres solutions. Ces solutions existent…

 

 

 

 

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27 novembre 2013 3 27 /11 /novembre /2013 15:55

 

Source : reporterre.net

 

Déboulonner les pylônes, nouvelle phase de la lutte anti-nucléaire

Des anonymes

mercredi 27 novembre 2013

 

 

Les déboulonnages de pylônes de lignes à haute tension se multiplient. A l’heure où les nucléaristes veulent prolonger la durée de fonctionnement de centrales nucléaires de plus en plus dangereuses, une action de contestation plus directe est prônée sur le terrain.


"Ubiquité : Le fait d’être présent partout à la fois ou en plusieurs lieux en même temps.
En informatique, le terme ubiquitaire désigne un environnement dans lequel les ordinateurs et réseaux sont « enfouis », « intégrés » et « omniprésents » dans le monde réel. L’utilisateur a accès à un ensemble de services au travers d’interfaces distribuées se voulant intelligentes, dont il est entouré. Ces interfaces s’appuient sur des technologies intégrées dans les objets familiers.

En sociologie, l’ubiquité du pouvoir se définit ainsi : Le pouvoir est partout, ce n’est pas qu’il englobe tout, c’est qu’il vient de partout. Le pouvoir ce n’est pas une institution, ce n’est pas une structure et ce n’est pas une certaine puissance dont certains seraient dotés, c’est le nom qu’on prête à une situation stratégique complexe, dans une situation donnée." (Michel Foucault)
­
En mathématiques, l’ubiquité est une propriété caractéristique des formes fractales.

Nous avons eu écho d’actions de sabotage (déboulonnage des pylônes en solidarité avec les victimes du nucléaire, qu’il soit civil ou militaire) dans le sud-est de la France ainsi que sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. En Mayenne, 3 pieds d’un pylône THT ont été entièrement déboulonnés (sans chute). Une locomotive d’AREVA a déraillé à Bessines au nord de Limoges. A Nantes, des tags anti-THT tout frais ont été posés sur les murs de la nécropôle. En Normandie, un isolateur de la ligne THT Cotentin-Maine a chuté, la réunion des nucléocrates de « nucleopolis » a été perturbée. C’est donc avec plaisir que nous accueillons ces nouvelles ! Partout, nous avons lutté, nous luttons et nous lutterons. Trop souvent des blessé-e-s, des procès, des amendes, des prisonnier-e-s… À tou-te-s les camarades qui ont pris acte, nous disons MERCI et RESPECT !

Voici l’un des communiqués :

« Parce que leur nucléaire n’est pas plus sûr qu’il n’est transparent, nous déboulonnons et nous déboulonnerons les pylônes THT. Par solidarité avec les victimes civiles et militaires de la dictature nucléaire. Assez de catastrophes qui nous affectent tous : Hiroshima, Nagasaki, Tchernobyl, Three Miles Island, Fukushima… Halte aux rejets radioactifs quotidiens passés sous silence, halte aux crimes. Rapport des renseignements généraux adressé à EDF en 1983 : ‘La situation risque d’être grave, car si l’on peut protéger les centrales nucléaires par des barbelés et des pelotons de CRS, ce n’est pas le cas des pylônes.’ »

Les actions contre les pylônes se généralisent sur l’ensemble du territoire : Nord-Ouest, Nord-Est, ZAD de Notre-Dame-des-Landes, Sud-Ouest, Sud-Est… C’est une victoire ! Nous sommes solidaires de ce genre d’actes et nous ne pouvons que les encourager. Et ce, jusqu’à ce que cette pratique se popularise complètement. Nous avons recueilli les propos de Catherine Grével Dinger, directrice régionale RTE sud-est sur France Bleu le 7 août 2013, par rapport aux déboulonnages du sud-est :

« Ça peut fragiliser les pylônes donc il y a un risque de chute. Il peut y avoir aussi des risques de chute de câbles ou du moins de conducteurs qui s’approchent fortement du sol. Il peut y avoir des risques d’incendie ou de sécurité des personnes. Pour vous donner un ordre d’idée, dans le seul Vaucluse, il y a plus de 300 pylônes THT et chaque pylône a entre 600 et 900 boulons. Donc nous avons mobilisé nos équipes pour procéder à ce contrôle visuel et nous sommes en liaison avec les préfectures pour voir l’évolution de la situation. »


Une chute ! Une chute ! Une chute !…

Laisser entendre qu’il serait possible en enlevant quelques boulons, de faire tomber un pylône qui en comporte de 600 à 900, et taxer ces pratiques de terrorisme, c’est un pas que les autorités font volontiers pour créer l’écart entre les dangereux activistes et les raisonnables citoyen-ne-s.

Il semble que la lutte anti-nucléaire et anti-centrale soit à un tournant.

Si nous agissons à certains moments de manière anonyme, c’est pour ne pas avoir à subir les lourdes peines encourues par nos actes (amendes, prison…), c’est pour ne pas avoir à participer aux pièces de théâtre (gratuites) que la justice de classe met en scène, c’est pour ne pas avoir à payer cher une défense. Enfin, si nous agissons de manière anonyme, c’est aussi pour signifier que tout le monde peut faire ce genre d’action. Il n’y a pas besoin de faire partie de l’élite activiste d’une organisation institutionnelle pour se permettre ce genre de chose. Les actes parlent d’eux-mêmes, leur associer une figure médiatique, c’est se détourner du fond du problème !

Les “organisations déclarées” agissent, par leur structure même, dans un cadre qui se doit de respecter les règles de l’ordre établi. Pour tenter de répondre à ces limites, et étendre le(s) champ(s) d’action, faire le choix de l’anonymat et de l’ubiquité, c’est aller vers le prolongement du discours aux actes.

Nous aimerions que les associations et réseaux qui luttent contre le nucléaire cessent de nous stigmatiser ou de nous criminaliser dans leurs communiqués officiels, faisant ainsi le jeu des dominants qui distinguent stratégiquement une soi-disant « branche radicale » d’une résistance qui a toujours été faite de diversités. Nous aimerions qu’ils-elles affichent publiquement leur solidarité comme ils-elles le manifestent officieusement à titre individuel.

Nous construisons d’ores et déjà des bases en dehors de toute existence institutionnelle. Nous piratons le réseau et mieux encore, nous nous coupons de lui. Nous construisons notre autonomie énergétique.

La peur change de camp ; un simple appel à blocage d’un convoi de MOX en direction de Fukushima mobilise 1000 gendarmes et militaires dans le Cotentin… Briquebec Stop MOX, un poisson d’avril à faire se dresser les poils des nucléocrates répugnant-e-s.

Tous les débats publics (physiques) sur CIGEO (projet présenté comme LA solution aux déchets nucléaires : l’enfouissement à 400 mètres de profondeur sur 1600 hectares dans la Meuse près de Bure) ont été bloqués. Merci à celles et ceux qui se sont organisé-e-s et déplacé-e-s pour rendre ces blocages effectifs. C’est une victoire et nous nous en félicitons !

Nous pensons que l’heure n’est plus seulement aux actions de sensibilisation, nous pensons qu’il n’y a pas besoin d’être un expert pour analyser, comprendre et ressentir que le nucléaire civil et militaire sont des abominations aux caractères irresponsables et anti-démocratiques. Ne laissons donc pas ces questions entre les seules mains des experts.

 

« Un expert, c’est quelqu’un qui en sait beaucoup sur très peu. » Anonyme

Nous sommes à l’heure :

où la Terre est déjà contaminée par les radiations des déchets, des catastrophes nucléaires, des essais nucléaires militaires ;

de la construction du marché européen de l’énergie : production, transport, distribution, fourniture, déchets nucléaires… Un marché de l’énergie juteux pour les entreprises et les gouvernants qui le pilotent et en profitent ;

où les débats publics de CIGEO ne se passent plus que sur internet sur le site de la CNDP ;

où la forme des camp-actions et des chaînes humaines semble montrer ses limites.

Nous sommes à l’aube du renouvellement et du maintien du parc nucléaire français, quand Tricastin fuit…

Nous sommes à l’heure de « l’intégration au réseau énergétique des centrales à énergie verte » : entre autres grands parcs éoliens ou photovoltaïques industriels, dont la production imprévisible imposerait d’ajouter « une couche d’intelligence » au réseau. Dans un réseau énergétique où la production électrique doit être exactement équivalente à la consommation, sous peine de black-out, l’inconstance des éléments naturels représente un sérieux danger pour les fondements du système, mais également une opportunité de regain de contrôle sur les usages et usagers.

Nous sommes à l’heure où les technocrates parlent eux aussi de décentralisation et de centrales virtuelles pilotées pour intégrer les petits producteurs d’électricité, afin de mieux les contrôler et les brimer en les rendant dépendant d’un réseau dit intelligent. C’est le projet SMART GRID ou encore “internet de l’énergie”… 8 projets pilotes en france (Projet VENTEEA, Projet Postes intelligents, Projet So Grid à Toulouse, Projet POST, Projet TBH Alliance, Projet Smart Electric Lyon, Projet MIETeC et le Projet Smart Grid Vendée) avant la généralisation à l’ensemble du territoire européen.

Nous sommes à l’heure du remplacement des anciens compteurs bleus par les compteurs Linky : compteurs contenant une puce capable de transmettre et de recevoir des informations sans contact (SMART), compteurs indispensables à la construction du « réseau intelligent ».

A ce sujet, nous pouvions lire dans un communiqué sur zad.nadir.org :

Mardi 9 juillet 2013, Jean-Marc Ayrault a annoncé le remplacement de tous les compteurs électriques par des compteurs « intelligents » Linky, équipés d’une puce RFID. 3 millions de compteurs installés par ERDF d’ici à 2016 et tous les logements en seront équipés d’ici 2020…

Cet « internet de l’énergie » est conçu pour collecter, transmettre et interpréter automatiquement les informations relatives à notre consommation électrique.

Ce ne sera pas à la production de répondre à notre consommation mais notre consommation qui s’adaptera à la quantité de kilowatts/heure produits et circulant dans le réseau. À distance, des machines décideront quand se mettront en marche les radiateurs et/ou autres appareils électroménagers, et par là même le montant de la facture.

Ces compteurs marqueront l’entrée officielle des puces de contrôle à l’intérieur des habitats. Une grande porte s’ouvre au contrôle des foyers ! Pour votre sécurité !

Nous sommes de celles et ceux qui agissent

Nos objectifs :

Arrêter la production de déchets nucléaires, donc mettre un maximum de bâtons dans les roues de la machine technico-nucléaire. Faire en sorte que la maintenance de leurs infrastructures devienne ingérable afin de montrer que nous sommes vivant-e-s, imprévisibles et à fleur de peau. Enjeu important dans une société automatique où le vivant est perçu comme un « facteur de perturbation », qui risque de faire “bugger” un système incapable d’interpréter cette donnée.

En finir avec la logique de centralisation de la production d’énergie, même « renouvelable » ! Celle-ci nous maintient dans une situation de dépendance à des firmes et des institutions dont nous ne cautionnons ni l’existence, ni les pouvoirs.

Créer des luttes ancrées dans des territoires grâce à des occupations (comme au Chefresne, sur la ZAD de Notre-Dame des-Landes, dans le Val de Suze en Italie, dans la ceinture verte d’Avignon, dans le bois du Tronçay dans le Morvan, etc) car nous pensons qu’elles favorisent la vie quotidienne des luttes, les rencontres, les échanges de savoirs et donc l’organisation d’actions. Elles permettent aussi d’instaurer les rapports de force nécessaires. Elles proposent directement d’autres modes de vie : notamment le refus de l’exploitation salariale et la critique des rapports de domination entre individu-e-s…

 

Nos moyens d’actions :

- Réaliser des actions contre EDF, RTE, AREVA, CIGEO, et tous les acteurs du nucléaire et de l’internet de l’énergie…
- Bloquer leurs chantiers, y compris ceux de leurs nombreux sous-traitants : Cegelec, Spie, Cofely GDF-Suez…
- Saboter les machines et les infrastructures.
- Continuer les sabotages de pylônes, pour laisser des cadeaux surprises à RTE.
- Empêcher les réunions de nucléo-technocrates, comme Nucléopolis au Pieux (50) ou Radon et société à Paris (75).
- Bloquer les transports de matières premières et de déchets nucléaires, notamment entre la Hague et les centrales, et à destination de l’Allemagne et des Pays-Bas.
- Refuser l’installation des compteurs Linky en s’organisant par quartier, par immeuble.
- Empêcher la réalisation du Projet VENTEEA, du Projet Postes intelligents, du Projet So Grid à Toulouse, du Projet POST, du Projet TBH Alliance, du Projet Smart Electric Lyon, du Projet MIETeC et du Projet Smart Grid Vendée.
- Acquérir des savoirs-faire, viser l’autonomie énergétique : produire nous-mêmes l’électricité dont nous avons besoin, se couper du réseau, apprendre à couper le jus comme des technicien-ne-s (ou pas)…
- Inventer, Imaginer, Proposer, Partager !!!

Nous soutenons et nous soutiendrons toutes les actions qui iront dans ce sens.

 


 

Source : Assemblée anti THT

Dessin :
. Stop THT.
. Briquebec : Jura libertaire
Photos :
. Boulons : La Manche Libre
. Compteur Linky : Mise en conformité éléctrique

Lire aussi : Nouvel incident grave à la centrale du Tricastin, EDF ne dit rien

 

 

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27 novembre 2013 3 27 /11 /novembre /2013 15:47

 

Source : rue89.com

 

Arme de guerre 26/11/2013 à 13h16

En Syrie, les femmes violées dans les geôles du régime

Zineb Dryef | Journaliste Rue89

 

 


Des réfugiées syriennes qui ont fui Alep étendent du linge à Bab Al-Salameh, près de la frontière turque, le 30 août 2012 (Muhammed Muheisen/AP/SIPA)

 

Combien sont-elles ? Plusieurs milliers ? Impossible de savoir combien de femmes ont été violées en Syrie depuis le début du conflit en mars 2011. D’après un chiffre donné par la fondation Thomson Reuters en novembre 2013, elles seraient au moins 4 000 à avoir été victimes de violences sexuelles. Le SNHR (Syrian Network for Human Rights) en comptabilise plus de 6 000.

Dans une région où les victimes de viol sont stigmatisées et considérées comme des coupables – certaines sont chassées par leurs familles –, leur réticence à témoigner laisse craindre un chiffre nettement supérieur.

 

Voir le document

(Fichier PDF)

 

Ce 25 novembre, dans son rapport [PDF] consacré à la Syrie, le Réseau euro-méditerranéen des droits de l’homme (REMDH) qualifie les agressions sexuelles en Syrie de « tactique délibérée visant à blesser l’autre partie ».

Sa lecture et celle des précédents rapports, publiés régulièrement depuis le début de la guerre, décrivent l’épouvante dans laquelle sont plongées les femmes syriennes. Menaces, viols, enlèvements, chantage, pressions : elles sont en première ligne des combats.

Torture et violences sexuelles

Plus de 700 cas de viols commis dans les prisons du régime de Bachar el-Assad ont été documentés. Un systématisme tel qu’on est quasiment certain qu’une femme vue dans un commissariat ou interpellée par les forces gouvernementales a été victime de harcèlement ou de violences à caractère sexuel, écrit la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH). Certains récits, rapportés par les soignants, témoignent de la cruauté des agresseurs, comme celui d’une jeune syrienne dont le frère avait été forcé de la violer.

 

Voir le document

(Fichier PDF)

 

Dans son rapport [PDF] publié en décembre 2012, la FIDH rapporte ce témoignage d’un homme syrien témoin d’actes de torture et de violences sexuelles perpétrés contre trois jeunes étudiantes :

« On les a forcées à se déshabiller intégralement devant 42 prisonniers. L’une des jeunes filles qui refusait d’enlever ses sous-vêtements parce qu’elle avait ses règles, fut forcée de le faire. Pendant tout ce temps, elles firent l’objet de jurons et d’avances sexuelles.

On les fit se pencher puis se relever, puis les hommes s’approchèrent et commencèrent à leur faire des attouchements tout en ayant des comportements de nature sexuelle à leur égard. Des traces de coups étaient visibles sur leurs corps. J’ai appris qu’elles avaient été amenées de la section antiterrorisme. Cette scène de harcèlement envers ces jeunes filles, qui s’est déroulée devant moi, a duré environ 15 minutes...

Dans les casernes dans lesquelles j’ai été détenu, la plupart des prisonniers étaient en isolement carcéral en raison de problèmes avec le personnel de sécurité.

Je pense qu’ils ont voulu que nous assistions à cette scène, en guise de menace, pour que nous sachions que la même chose pouvait arriver à “nos femmes” si nous poursuivions nos activités contre le régime. »

Humilier les familles

Lorsqu’elles ne sont pas violées, certaines Syriennes contrôlées par la police subissent des pressions insoutenables. Une jeune femme citée par le REMDH raconte qu’en détention, un officier de policier s’est vanté d’avoir violé dix-sept prisonnières :

« Quand je lui ai demandé quel crime ces filles avaient commis, il m’a dit qu’il avait envie de les violer et d’humilier leurs familles. Il m’a aussi dit qu’il autorisait ses hommes à violer les femmes et à filmer leur sauterie, comme il disait. Il m’a dit qu’il allait envoyer la vidéo à l’oncle d’une des filles, un religieux très connu et membre de l’opposition. »

Des vidéos de violences et de viol en réunion circulent effectivement sur Internet.

Ce témoignage d’une femme enlevée et victime d’attouchements fait également état de méthodes d’interrogatoire violentes :

« L’homme qui m’avait dit que je lui plaisais proposa de m’interroger. Il me conduisit dans une pièce minuscule. J’avais très peur. J’ai demandé à rester là où j’étais pour être interrogée devant les autres, mais il me frappa et me força à entrer dans la pièce.

Il commença à me toucher, en mettant ses doigts sur mes lèvres et en s’amusant avec. Il m’indiqua que j’avais été arrêtée parce que certains de mes amis avaient avoué que j’étais impliquée dans la révolution. J’ai nié.

Nous sommes restés dans le studio de 10 heures à 15 heures Ils nous ont ensuite amenées dans une toute petite maison. Après un moment, deux hommes sont entrés et nous ont dit que nous n’étions pas en détention, mais que nous avions été enlevées.

Les résidents de Harasta avaient enlevé X et Y et ils nous avaient kidnappées pour les échanger contre nous. Dans la nuit, trois jeunes hommes arrivèrent accompagnés d’un homme plus âgé. L’un d’eux me ligota les mains et les pieds, me bâillonna, et m’assit sur le sol.

Peu de temps après, deux d’entre eux s’approchèrent de moi, en me faisant des attouchements sur tout le corps et sur mes parties intimes. Ils se mirent à boire et revinrent vers moi de temps en temps, mais ils ne m’ont pas violée. »

Utilisées comme boucliers humains

Le rapport du REMDH fait état d’une pratique courante mais méconnue : l’utilisation des femmes et des enfants comme boucliers humains par l’armée régulière syrienne.

« En décembre 2012, Samia et son amie Loubna ont été arrêtées par les forces gouvernementales au checkpoint d’Al-Arbaeen, sur la route qui relie Al-Moadamieh au quartier Dari (sud de Damas).

Un échange de tirs a eu lieu entre l’armée et des groupes armées. Le commandant a utilisé les femmes pour se protéger en les plaçant en première ligne jusqu’à ce que les troupes aient atteint un endroit sûr. »

Monnaie d’échange

Le Réseau syrien des droits de l’homme estime qu’entre décembre 2011 et mai 2012, 125 femmes et deux enfants ont été pris en otage. Les personnes enlevées servent de monnaie d’échange ou « pour faire pression sur les hommes de la famille afin qu’ils se rendent ».

A ce sujet, le rapport de la FIDH écrit :

« Selon plusieurs femmes et des organisations proposant des services de soutien, les familles forcent quelquefois les survivantes d’un viol à se marier pour “ sauver l’honneur familial ”.

Les risques de stigmatisation et de rejet des survivantes impose une culture du silence, empêchant les femmes de dénoncer les crimes sexuels subis. De ce fait, une grande partie de celles qui ont besoin d’un soutien médical et psychosocial n’y ont pas accès. »

Le cauchemar continue dans les camps

Les Syriennes réfugiées en Jordanie ne sont pas forcément en sécurité, alerte Amnesty International. Outre les hommes qui « visitent » le camp à la recherche d’épouses, souvent très jeunes, des cas de viols ont été constatés :

« Le dernier cas d’agression sexuelle signalé est celui d’une réfugiée syrienne de 14 ans qui, selon les informations parues dans la presse, a été violée en réunion par trois hommes syriens le 24 septembre 2013.

Une organisation jordanienne qui propose des services psychosociaux aux femmes et aux jeunes filles syriennes dans le camp de Zaatari nous a indiqué qu’elle recevait chaque mois, en moyenne, trois à cinq d’entre elles qui se plaignaient d’avoir subi une forme de violence sexuelle ou de violence liée au genre. »

 

 

 

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