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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 17:11

 

 

Source : fakirpresse.info

 

30 ans d’injustice fiscale : l’impôt sur les sociétés

Par François Ruffin, 2/12/2013 , N°48 (12-2010)

Le journal Fakir est un journal papier, en vente dans tous les bons kiosques près de chez vous. Il ne peut réaliser des reportages que parce qu’il est acheté ou parce qu’on y est abonné !

                                                                                                                                                                                                                         Depuis trente ans, les gouvernements se suivent et leur politique se ressemble : faire baisser les impôts sur les bases « mobiles » (capitaux, entreprises, riches), et relever ceux sur les bases « immobiles » : vous et moi. Cette orientation se vérifie pour toutes les taxes, et dans tous les pays du continent. C’est qu’une même logique est à l’œuvre : la concurrence fiscale.

La TVA (Taxe sur la Valeur Ajoutée) va encore augmenter, au 1er janvier ?
L’écotaxe touche aussi les transporteurs sur de petits parcours ?
La CET (Contribution économique territoriale, qui a remplacé la taxe professionnelle) surtaxe aveuglément les petits commerçants ?

Malheureusement, François Hollande n’innove pas. Depuis Pierre Bérégovoy en 1985, les gouvernements se suivent et leur politique se ressemble : faire baisser l’impôt sur les sociétés, sur les revenus, sur les successions. C’est-à-dire les impôts « progressifs », les plus justes. Pour se rattraper sur les impôts « régressifs » : la TVA, la taxe d’habitation, les impôts locaux, etc. qui frappent plus les pauvres.

Et la même orientation, grosso modo, est visible à travers tout le continent. C’est que la même logique prévaut partout en Europe, celle de la « concurrence fiscale », Les « bases mobiles » sont favorisées, car elles risquent de partir : les capitaux, les grosses entreprises, les riches. Tandis que les « bases immobiles » sont pénalisées.

Qui sont ces « bases immobiles » ? Vous. Pas facile de se délocaliser au Portugal, par exemple, quand on a sa famille, ses enfants, son boulot, son logement ici. On peut dès lors faire basculer la fiscalité sur notre dos, et sans risque.

Pour démasquer cette logique à l’œuvre, Fakir reprend, en une série d’articles, l’histoire de chaque impôt depuis les années 80.

Impôt sur les sociétés : ratiboisé


« Le coût de la baisse des taux de l’impôt sur les sociétés est énorme, s’étonnent Les Échos, puisqu’il est estimé à 13 milliards de francs » (13/09/91). À l’automne 1991, la presse financière est stupéfaite, surprise de l’offrande que « la gauche » s’apprête à faire au patronat : « Cette mesure, qui coûtera à l’état 7,7 milliards de francs en 1993, est un cadeau fiscal aux entreprises, mais également à leurs actionnaires » (La Tribune, 22/10/91).
Dans quelle France est prise cette décision ? Dans un pays à la croissance radieuse, à l’état généreux, aux caisses débordantes ? Pas vraiment. En 1991, « le gouvernement affirme sans cesse qu’il faut des réductions budgétaires ». Il opte pour un « prélèvement de 0,9 % des cotisations sociales, l’augmentation du forfait hospitalier, les mini-augmentations de salaire » (L’Humanité, 27/08/91). Mieux : l’« état continue de racler les fonds de tiroir pour boucler le budget », notamment en soutirant « 500 millions de francs sur les bénéfices d’EDF » (Le Quotidien de Paris, 18/10/91). Bref, pour à peu près tout, à l’époque, le refrain revient : « Il n’y a pas d’argent dans les caisses. » Pour tout, sauf pour « muscler les entreprises françaises au moyen d’allègements fiscaux conséquents » (La Tribune, 26/08/91).

 

 

Marché unique

Que se passe-t-il alors ?
Depuis 1971, sous la droite, la France de Valéry Giscard d’Estaing, même celle de Georges Pompidou, ses patrons, ses entreprises, ses actionnaires, avaient parfaitement supporté un impôt sur les bénéfices de 50 %. Et voilà que, sous la gauche, la France de François Mitterrand ne tolère plus ce même taux ? Voilà qu’il convient de le raboter sans cesse – à 45% (1985), à 42 % (en 1986), jusqu’à 33,3 % donc ? L’explication tient en trois mots : « marché unique européen ». Comme le notent Les Échos ,« pressé par la perspective du grand marché de 1993, le gouvernement veut accélérer la réforme de l’impôt sur les sociétés... Si le gouvernement modifie aujourd’hui sa philosophie et accélère la réforme, c’est essentiellement parce que le temps presse : le 1er janvier 1993, le marché unique européen devient une réalité. Il s’agit tout à la fois de mettre les entreprises en bonne position par rapport à leurs concurrentes – le taux moyen de l’impôt sur les sociétés est de 43 % en RFA [Allemagne de l’ouest], 35 % en Grande-Bretagne – et de favoriser les implantations étrangères en France » (26/08/91). Cette logique sévit depuis 1986, depuis la signature de l’Acte unique européen. Nous n’en sommes toujours pas sortis.

 

Le taux réel

Au cours des années 90, cet impôt variera peu – et demeure fixé à 33,3 %. Du moins, le taux affiché. Car s’y est ajouté un second mouvement, plus souterrain : discrètement, le taux réel a plongé. C’est ainsi que les firmes du CAC 40 ne paient que 8 % d’impôt sur les sociétés. Les entreprises de plus de 2 000 salariés, 13 %. Contre 30 % pour les PME. Pourquoi pareille injustice entre les « petites » et les « grosses » boîtes ? Pourquoi pareil fossé entre le taux réel et le taux affiché ? La faute à l’« optimisation fiscale ». Grâce à leurs conseillers, à leurs bataillons d’avocats, les multinationales situent leurs bénéfices dans des paradis fiscaux, installent leur siège aux Pays-Bas où sont détaxées les plus-values, et échappent ainsi largement à l’impôt. On comprend que les PDG se soient unis, lors du référendum de 2005, pour célébrer « la libre circulation des capitaux et des marchandises » : ça rapporte gros…

 

PME à l’amende

Les Petites et moyennes entreprises paient 30 % d’impôt sur les sociétés. Les multinationales du CAC 40, seulement 8 % – grâce à leurs « centres offshore » (autre nom pour « paradis fiscal ») et leurs facultés d’« optimisation fiscale » (autre nom pour « tricherie légale ») (Le Monde, 14 décembre 2009).

 

 

 

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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 17:00

 

Source : linuxmanua.wordpress.com

 

50 alternatives pour remplacer tous les produits Google

Google_Alternatives
Google, c’était bien avant. 
C’est maintenant devenu un cancer.

L’entreprise Google est devenue la plus puissante agence de renseignements qui n’ait jamais existé dans l’histoire de l’humanité.

 

Google sait tout de vous :

  • vos correspondances (Gmail)
  • vos amis, vos centres d’intérêt et vos opinions (Google +, Google Reader)
  • vos contacts  (Google Contacts)
  • vos recherches sur internet (Google Search)
  • vos documents (Google Docs, Drive)
  • votre navigation internet (Chrome)
  • votre domicile (Street View)
  • vos coordonnées bancaires (Google Play)
  • vos photos (Picassa)
  • votre n° de téléphone (Récupération de compte Google)
  • vos trajets et votre localisation (Latitude, Google Map)
  • votre agenda (Google Agenda)
  • vos vidéos et vos musiques (Youtube, Google Music)
  • votre Blog (Blogger)
  • vos données de votre téléphone portable (Apps Androïd)
  • et bientôt votre vie IRL (Google Glasses)
  • etc …
 

Or Google est une entreprise malfaisante et criminelle qui :

  • Revend vos données personnelles,
  • Balance votre vie privée à tous les pouvoirs en place,
  • Collabore activement avec les dictatures,
  • Censure son moteur de recherche pour se conformer aux lois locales et aux diktats de "l’industrie culturelle",
  • Pratique massivement la fraude fiscale appauvrissant ainsi les états et les peuples,
  • Censure, dans Google Play, les apps androïd qui lui font de l’ombre (récemment : Adblock).

Peut-être pensez-vous que cela vous est égal car vous n’avez rien à vous reprochez ou à cacher. En êtes vous sur ? Et si cela est vraiment le cas, êtes-vous certain, qu’à l’avenir, vous serez toujours en phase avec les lois de votre pays ? D’ailleurs, êtes vous certain de vivre dans une Démocratie ?

J’ai donc décidé de remplacer Google avec des alternatives me permettant :

  • de gérer gratuitement mes données en multi-plateforme (Androïd, Linux, Windows, Tablette, Mobile, PC Fixe et Portable),
  • d’avoir des applications web avec des fonctionnalités au moins aussi bien que celles de Google,
  • de ne pas avoir à supporter des pubs,
  • de répartir mes données personnels sur plusieurs herbergeurs web différents, de préférence à l’étranger,
  • un respect minimum de mes données privées de la part des herbergeurs de ces applications,
  • d’exporter et de sauvegarder localement mes données quand je veux,
  • de ne pas retomber dans les griffes d’autres Géants de l’Internet qui ont l’ambition de devenir le prochain Google,
  • de ne pas être obliger de monter mon propre serveur car j’ai d’autres priorités. De plus, si monter son propre serveur est la solution idéale, cette solution génère d’autres contraintes.

Voici donc ma proposition d’alternatives pour les applications Web :

Gmail : Mailoo (France/1Go), Zoho (5Go/USA), Gmx (Allemagne), InMano (2Go/France), MelShake, Megaliste dispo ici  (Merci spiraledigitale.com), Opera (Norvège&USA/1Go), Lavabit (1Go/USA/sécurisé/utilisé par Swoden)

Google Agenda : InMano, 30 Boxes (Web seulement), Zoho

Google Docs : Framalab (France), Ulteo ,Zoho

Google Reader : InoReader, Netvibes, Framanews (France), Feedly (Nécessite maintenant Google+)

Google Drive : Wuala (5Go/chiffré depuis PC/Suisse),Tresorit (5Go/chiffré depuis PC/ Europe), DropBox (5Go/chiffré/USA), Mega (50Go/chiffré), HubiC (25Go/chiffré/France), Spideroak  (2Go/chiffré/USA), Digiposte (3Go/Norme NF Z 42-013/France)

Google Picasa : Photobucket

Google Images : Toile Libre

Google Search : DuckDuckGo, Startpage, Qwant, Ixquick

Google Map : MapQuest, Openstreetmap, Here, Maps.yahoo

iGoogle : Portal.opera, Startme, uStart, Protopage, Ighome, Backstit

Google Note / Google Keep : Evernote

Google Music : Grooveshark, Cogimix (France / hébergement de playlist)

Youtube : Vimeo, Dailymotion et pour les playlists : Ubster ou Kippt

Chrome : Firefox (Pc, Android) et pour la gestion des bookmarks Xmarks et Diigo ou Delicious

Google Alerte : Talk Walker Alert  (hors réseaux sociaux) et Mention (réseaux sociaux uniquement)

Google + : Twitter, Movim, Diaspora

Google Talk : Gibberbot (chiffré/Android, iPhone, Mac, Linux, PC), Cryptocat (chiffré/ Firefox), Tox (chiffré / Linux)

Blogger : WordPress (Web, Android)

Google DNS : Opennicproject ou voir ma liste

Et ma proposition d’alternatives pour Android :

Google Android : Cyanogen

Google Play : F-Droid  , Real APK Leecher , App-Shop Amazon

Gmail : K9Mail

Google Video : Vlc

Google Play Musique : Apollo

Google Search : DuckDuckGo

Google Latitude : ShareMyPosition

Google Maps : Osmand

Et bien entendu, pour assurer la sécurité de votre vie privée, vous veillerez à utiliser, pour chaque service, des pseudos et des mots de passes différents. Keepass (chiffré/ PC et Android & dispo sur F-Droid) vous aidera bien.

Bon je vous laisse compléter, en commentaires, avec vos propres trouvailles.

Liens complémentaires :

PS :

  • Rien à voir avec le sujet mais je vous rappelle que Microsoft est aussi un fléau et que l’antidote est Linux:)
  • Je met à jour régulièrement cet article, je vous suggère d’y revenir de temps en temps.

 

 

 

 

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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 16:45

 

Source : blogs.mediapart.fr

 

La police gaze des enfants Roms pour les disperser

 

Lyon, lundi 2 décembre 2013, à 6 heures du matin, la température avoisine zéro degré quand plusieurs dizaines de policiers pénètrent dans un squat occupé depuis 3 mois par des familles Roms. Il s’agit d’une expulsion, une de plus, une de trop, alors que les hébergements d’urgence sont déjà saturés, le préfet décide de jeter à la rue des familles entières dont de très nombreux enfants. Mais cette fois, la police va gazer tout le monde.

 

Une expulsion qui dérape

La semaine dernière déjà, des rumeurs d’expulsion avaient courues. Personne ne voulait y croire. Le bâtiment occupé est vide depuis plusieurs années. Il n’existe aucun projet sinon celui de sa destruction dans un futur lointain.  Squatté par des jeunes, le bâtiment est libéré au mois d’août suite à une décision de justice. Mi- septembre, des familles Roms expulsées d’autres squats occupent à nouveau le bâtiment. Ce lundi matin, des jeunes étaient présents pour manifester leur soutien aux familles. Certains ont même dormi sur place. A 7 heures du matin, alors que l’expulsion est en cours depuis plus d’une heure et que les baluchons obstruent le trottoir, les familles décident de s’asseoir devant le bâtiment, au milieu de la rue. Dernière tentative symbolique de protester contre le sort que leur réserve la préfecture et la promesse de passer l’hiver à la rue. Parmi ces enfants qui s’assoient par terre et qui sont scolarisés, certains ont été expulsés plus de 5 fois en un an. Et après on nous raconte que « ces gens » ne veulent pas s’intégrer. Essayez donc de suivre une scolarité normale quand vous changez de quartier 5 fois dans l’année. Une école scandalisée par le traitement réservée à ses élèves a fait pression et obtenu un hébergement pour une famille du squat.

Alors que les enfants s’assoient par terre avec leurs parents et les personnes venues les soutenir, la police décide de dégager la rue. Les CRS coiffent leur casque de combat et montent au front. Arrivés à 5 h 45, voilà plus d’une heure qu’ils se gèlent à attendre que tout le monde sorte du bâtiment. Engagez-vous qu’ils disaient. A moitié congelés, les policiers ont enfin une occasion de se réchauffer un peu. Ils y vont de bon cœur. Courageux policiers qui traînent par terre des enfants accrochés à leurs mamans et qui ne comprennent pas bien ce déchaînement de violence. Les jeunes, eux, sont un peu plus difficiles à bouger car ils se serrent les coudent. Alors des coups de pieds pleuvent. Ca fait mal. Un policier arrache un sac et le balance sur le trottoir par dessus le groupe, manquant d’arracher le bras qui va avec. Une mêlée confuse s’en suit et tout-à-coup les jets de gaz lacrymogène jaillissent et dispersent tout le monde. Il faut voir cet enfant se rouler par terre de douleur en se tenant la tête, ou cet autre qui court dans tous les sens, les yeux fermés en criant. Un autre enfant vomit un peu plus loin. Les mamans pleurent. Une femme fait un malaise, une autre étouffe. Tout le monde est sous le choc. Ils ont osé. 

 

Les mensonges de la préfecture

Dans un premier temps, la préfecture répond aux journalistes qu’il s’agit d’un squat d’anarchistes et non d’un squat de Roms pensant probablement qu’elle arriverait à faire avaler l’utilisation de gaz lacrymogène contre des enfants. En ce qui concerne les violences policières, personne n’est au courant au service communication de la préfecture. Quelques heures plus tard un communiqué très détaillé et très mensonger est publié : « "Une trentaine de personnes a tenté de faire obstruction en entravant la circulation sur le quai Perrache et en s'opposant violemment à l'action légitime des forces de l'ordre. Cette trentaine de troublions  composée uniquement de militants anarchistes a été repoussée avec l'emploi de moyen individuel de gaz lacrymogène. Ces gaz se sont propagés dans le périmètre incommodant légèrement les personnes demeurées à proximité du site dont des membres de familles issues de la communauté Roms introduites dans les locaux par les anarchistes illicitement implantés ».

La police fait machine arrière et reconnaît que des familles Roms occupaient le bâtiment, mais pour justifier l’usage de gaz lacrymogène, elle ment sur les circonstances qui conduisent les policiers à perdre leur sang-froid et à gazer les femmes et les enfants. Elle parle de militants anarchistes qui entravent la circulation et s’opposent violemment aux forces de l’ordre. Les photos prises par des journalistes sur place montrent très clairement des femmes et des enfants présents au milieu de la rue. Les rapports des pompiers venus prendre en charge une femme et des enfants dont l’un est âgé de quelques mois contredisent également la version policière. D’autre part, quelques heures plus tard, on apprend l’arrestation de 2 personnes liées aux incidents survenus un peu plus tôt. Selon la préfecture elle-même elles ont été arrêtées pour "des faits d'injures, de crachat, d'outrage et de rébellion à l'encontre des effectifs policiers présents sur le site". C’est ballot quand même, pas un mot sur d’éventuelles violences… D’habitude on nous gratine de « violences sur une personne dépositaire de l’autorité publique» avec une dizaine de jours d’ITT pour arrondir les fins de mois des policiers. Sur ce coup, rien.

A Lyon, il n’y a même plus besoin de recueillir des preuves et des témoignages pour mettre en évidence les mensonges de la police. Il suffit de lire ses communiqués.

 

La censure de certains médias

L’AFP prévenue plusieurs jours auparavant ainsi que le jour même de l’expulsion n’a pas écrit une ligne sur les évènements. Une équipe de télévision sur place au moment de l’expulsion a tourné des images qui n’ont pas été diffusées. Le gazage par la police d’enfants Roms ne doit pas constituer à leurs yeux une information digne de ce nom. Une dépêche de l’agence Reuters, reprise par des médias nationaux relate néanmoins les faits. Les médias locaux, probablement bien informés par des contacts sur place reprennent également les informations et relatent précisément les violences policières

Certains médias seraient-ils aux ordres ? Une remontrance de la préfecture et on ne traite pas un sujet ? Non… Ce n’est pas possible. Pas les socialistes. Eux qui avaient tellement critiqué la mainmise de Nicolas Sarkozy sur les médias.

 

Des diagnostics appliqués à coups de gaz lacrymogène

Les associations se plaignent depuis plus d’un an que le préfet du Rhône, Jean-François Carenco, refuse d’appliquer la circulaire inter-ministérielle du 26 août 2012 censée encadrer les évacuations de campements illicites et prévoyant notamment des diagnostics individuels. On connaît maintenant la méthode Carenco. Soucieux de ne pas gaspiller l’argent public, il confie les diagnostics, non pas à des assistantes sociales, mais à des policiers. Rapide, pas cher, il fait d’une pierre deux coups. Puisqu’ils sont sur place au moment de l’expulsion, ils font le diagnostic dans la foulée.

Attends, je vais te diagnostiquer moi. Des diagnostics tu en veux, en voilà, aller hop un coup de gaz lacrymogène. Tu en veux un autre, aller hop, un autre coup de gaz lacrymogène. Si avec ça tu n’as pas compris que tu as vocation à retourner en Roumanie, je ne sais pas ce qu’il te faut.

 

Un précédent gravissime

Alors que depuis 2 ans, la préfecture n’avait jamais accordé le concours de la force publique contre des familles Roms pendant la trêve hivernale, voilà que le préfet change d’avis. Il y a quelques mois, devant des associations, il promettait pourtant de ne pas expulser de squats pendant l’hiver. Les municipales ? La volonté de faire plaisir à son ami Gérard Collomb, maire « socialiste » de Lyon ? Les déclarations encourageantes de son patron Valls accusé d’incitations à la haine raciale contre les Roms ? Une amnésie subite ? Pourquoi donc a-t-il changé d’avis ?

Jeter des enfants à la rue dont des nourrissons, cela ne semble pas affecter beaucoup la préfecture, représentante de l’Etat socialiste raciste qui viole les traités internationaux en persécutant la plus grande minorité d’Europe. L’usage illicite de gaz lacrymogène contre des enfants Roms pour disperser un attroupement pacifique à laquelle ils participaient ne semble pas beaucoup l’émouvoir non plus.

Manuel Valls, ministre de l’intérieur, déclare régulièrement que les Roms ont vocation à retourner en Roumanie. A force d’entendre les déclarations du premier flic de France, de plus en plus de policiers se disent qu’il faut en finir et ils n’hésitent pas à régler le problème à leur manière.

Jusqu’où iront-ils pour chasser les Roms ?

 

 

 

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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 16:30

 

Source : multinationales.org

 

 

 

Après Alstom et GDF Suez

Brésil, Guyane : EDF se lance dans les grands barrages amazoniens

29 novembre 2013 par Olivier Petitjean

 

 


 

Après Alstom et GDF Suez, un troisième groupe énergétique français, EDF, se lance désormais sur le créneau des grands barrages en Amazonie. Un secteur qui s’est pourtant retrouvé sous les feux des projecteurs avec la contestation très médiatisée du mégaprojet de Belo Monte par les environnementalistes et les populations indigènes. Au Brésil, le groupe public a répondu à des appels d’offres pour de nouveaux barrages dans des régions encore préservées de l’Amazonie. Des visées qui pourraient également concerner à terme la Guyane française.

Depuis plusieurs années, deux multinationales françaises du secteur de l’énergie, Alstom et GDF Suez, participent activement au développement hydroélectrique (qualifié de « forcené » par ses critiques) de l’Amazonie brésilienne (lire Alstom et GDF Suez, au cœur de Belo Monte et du développement hydroélectrique de l’Amazonie). Une troisième, EDF, paraît décidé à se joindre à la fête. Le groupe public, dont l’État français détient 86% des parts, participe en effet, à des titres divers, à plusieurs projets de barrages dans la région, y compris potentiellement jusqu’en Guyane française.

EDF avait connu une expérience malheureuse au Brésil après avoir racheté Light, la compagnie publique d’électricité de l’État de Rio de Janeiro dans les années 1990. La ville avait par la suite connu de nombreuses coupures d’électricité, et les problèmes financiers d’étaient accumulé, contraignant l’entreprise française au départ en 2006. EDF ne possède plus aujourd’hui au Brésil qu’une centrale thermique, dans l’État de Rio de Janeiro, à laquelle elle a récemment adjointe une unité solaire. Mais selon le journal Valor Econômico, qui s’est entretenu avec Olivier Orsini, directeur du développement international d’EDF, l’entreprise française compte bien désormais revenir petit à petit dans le pays.

En 2012, le groupe public a signé un accord global de partenariat avec son homologue brésilien Eletrobras. Ce partenariat porte à la fois sur le nucléaire et sur l’hydroélectrique. En ligne de mire, la nouvelle vague de mégabarrages appelée à se développer dans le bassin du Rio Tapajós, affluent de l’Amazone.

Le Tapajós, nouvelle frontière des grands barrages amazoniens après Belo Monte

Alors que le chantier des barrages de Jirau et Santo Antonio touchent à leur fin et que celui de Belo Monte est bien entamé (lire GDF Suez, aventurier amazonien), la lutte autour du développement hydroélectrique de l’Amazonie se déplace désormais vers le bassin du Rio Tapajós, à l’Ouest du Rio Xingu où est implanté Belo Monte. Il s’agit là aussi d’une région encore largement préservée, abritant une biodiversité unique et des centaines de milliers d’indigènes et de populations traditionnelles [1]. Selon les écologistes, l’impact cumulé des multiples barrages projetés dans le bassin n’a pas été sérieusement étudié, et les indigènes s’apprêtent là aussi à opposer une résistance farouche à ces aménagements. Pour l’instant, le gouvernement brésilien paraît toujours décidé à passer en force, comme il l’a fait à Belo Monte [2].

Rien de ceci ne semble déranger EDF, qui en août 2013 a répondu conjointement avec l’entreprise énergétique brésilienne Cemig à l’appel d’offres pour le barrage de Sinop (400 MW), sur le Rio Teles Pires (affluent du Tapajós). Malgré leur échec lors de cet appel d’offres, les deux firmes seraient aujourd’hui en négociation avec Alupar, l’un des concessionnaires désignés, pour reprendre ses 51% de parts du consortium.

La presse brésilienne rapportait encore récemment qu’EDF envisageait également de concourir à nouveau, en décembre de cette année, pour obtenir le marché du barrage de São Manoel (700 MW), toujours sur le Teles Pires, qui intéressait d’ailleurs aussi GDF Suez. L’entreprise publique, que nous avons sollicitée, nous a indiqué qu’elle ne comptait pas participer aux enchères pour São Manoel. Dans le même temps, toutefois, l’un de ses cadres à Rio déclarait encore le contraire.

Comme cela a été le cas aussi bien pour Jirau et Santo Antonio que pour Belo Monte, tous les barrages du Rio Tapajós font l’objet de batailles juridico-politiques particulièrement âpres. Arguant de la violation des droits des peuples indigènes, les procureurs fédéraux ont fait annuler à plusieurs reprises en première instance ces projets de barrage. Comme pour Belo Monte, ces jugements ont été systématiquement cassés par des décisions unilatérales des autorités judiciaires supérieures, se prévalant d’une disposition légale datant de la période de la dictature autorisant la poursuite des projets au nom de la « sécurité nationale ».

En réponse à nos questions sur les critiques et les contestations qui entourent le développement des barrages en Amazonie, EDF souligne que le gouvernement brésilien impose des critères drastiques en termes de limitation des impacts sociaux et environnementaux, et assure qu’elle entend bien les respecter, et ne se serait pas engagée avec Eletrobras si cette dernière n’avait pas été exemplaire en ce domaine.

En matière de grands barrages, le seul véritable projet d’envergure dont EDF puisse se prévaloir à l’heure actuelle au niveau international est celui de Nam Theun 2 au Laos, que l’entreprise aime présenter comme un modèle de développement durable. Ce qui n’empêche pas cet ouvrage d’être lui aussi très critiqué par les écologistes et des ONG locales [3].

Des études d’impact en attendant de construire un barrage ?

EDF participe d’ailleurs aussi (tout comme GDF Suez) au Grupo de Estudos do Tapajós (Groupe d’études du Tapajós, GET), coordonné par la compagnie publique Eletrobras et chargé de réaliser les études de viabilité et d’impact environnemental de tous les projets de barrage dans le bassin du Rio Tapajós. Un groupe dont le travail est loin d’être neutre, puisque trois chercheurs ont été kidnappés en juin dernier par des indigènes munduruku, qui reprochaient au Brésil de ne pas les avoir consultés sur le projet, en violation de la convention 169 de l’Organisation internationale du travail (OIT) sur les droits des peuples indigènes (un reproche récurrent en ce qui concerne les grands chantiers menés par le Brésil en Amazonie). Les chercheurs ont été libérés après médiation de la FUNAI (institution en charge des questions indiennes) et du ministère de la Justice brésilien.

Le gouvernement brésilien aurait envoyé des forces de sécurité pour escorter dorénavant les experts du GET. Selon Brent Milikan d’International Rivers, le groupe aurait également commencé illégalement à procéder à un cadastre socio-environnemental des populations riveraines du fleuve (ribeirinhos) : « Ce cadastre est mis en oeuvre pour intimider et coopter les communautés locales, en donnant l’impression que les barrages sont un fait accompli et qu’ils vont retirer beaucoup d’argent de ces projets.

La presse a récemment annoncé que les études d’impact environnemental de deux nouveaux projets de barrages par le GET, ceux de São Luiz do Tapajós (6133 MW) et de Jatobá (2338 MW), seront déposées officiellement le 15 décembre prochain. Les appels d’offres pour sa construction devraient être lancés en 2014 et 2015 en cas de validation des études [4]. En réponse à nos questions, l’entreprise a confirmé qu’elle envisageait de répondre à ces appels d’offres, particulièrement pour São Luiz do Tapajós. « C’est un projet passionnant pour nous. », déclarait Éric Orsini à Valor Econômico.

D’autres projets en Guyane ?

Un autre projet d’envergure se dessine en filigrane, en relation cette fois avec des territoires français. EDF est également en discussion avec Eletrobras, la Banque interaméricaine de développement et l’Agence française de développement (AFD) en vue de l’interconnexion des réseaux de transmission électrique entre les deux Guyanes, le Surinam et le Nord du Brésil. La justification officielle du projet, baptisé « Arco Norte », est de favoriser l’accès à l’électricité dans la région.

Encore au stade des études de faisabilité, le projet Arco Norte inclut aussi une évaluation des besoins énergétiques futurs de la région, et donc la possibilité de construire de nouvelles unités de génération, notamment hydroélectriques. Le patron local d’EDF, interrogé à ce sujet, ne cache pas que l’un des enjeux du projet est la construction d’un nouveau barrage en Guyane française, dans la mesure où celle-ci est selon lui en mesure d’exporter de l’électricité à ses voisins pour un prix « compétitif ». Le siège de l’entreprise à Paris, en revanche, indique qu’il est trop tôt pour évoquer les projets qui pourraient éventuellement voir le jour dans le cadre d’Arc Norte.

Selon la presse brésilienne, la véritable motivation des Brésiliens est qu’Arco Norte leur permettrait de faire réaliser hors de leurs frontières des barrages dotés de réservoirs importants, ce qui n’est plus considéré comme politiquement acceptable au Brésil. L’électricité générée serait principalement destinée au Brésil, et surtout, ces barrages avec réservoirs lui permettront de stocker l’énergie. Du point de vue des intérêts hydroélectriques brésiliens, ces futurs ouvrages seront donc complémentaires de ceux qui sont et seront construits (au fil de l’eau, c’est-à-dire avec des réservoirs moins importants) de l’autre côté de la frontière brésilienne [5]. Ils seront aussi pour le Brésil une forme d’externalisation de ses émissions de gaz à effet de serre, puisque les barrages créant des réservoirs importants sont de forts émetteurs de méthane.

En Guyane française, EDF est déjà constructeur et opérateur du barrage de Petit-Saut (116MW), achevé en 1994. Ce barrage a justement entraîné la submersion d’une surface importante de forêts (365 kilomètres carrés, soit la plus importante retenue artificielle sur territoire français). Il constitue un véritable cas d’école en termes d’émissions de gaz à effet de serre et de dégradation de la qualité de l’eau du fait de la décomposition de la biomasse dans le réservoir.

Les discussions sur Arco Norte s’inscrivent elles aussi dans le cadre du partenariat entre EDF et Eletrobras, qui envisage aussi la réalisation conjointe de futurs barrages dans des pays tiers, en Amérique du Sud et en Afrique (Mozambique).

Olivier Petitjean

— 
Photo : Rio Tapajós, International Rivers CC

[1Voir la page de la campagne Tapajós de l’ONG internationale anti-barrages International Rivers (en anglais).

[2Même les propositions très conciliatrices du WWF, consistant à étudier quelles zones du bassin du Tapajós doivent absolument être préservées et lesquelles pourraient éventuellement être développées, restent pour l’instant ignorées.

[3Voir ici, ici et ici. Comme GDF Suez, EDF est partie prenante du nouveau certificat « vert » de l’industrie hydroélectrique, le Hydropower Sustainability Assessment Protocol (HSAP). Un label décrié par les environnementalistes comme un exemple de greenwashing, et dont l’application au barrage de Jirau construit par GDF Suez (lire notre enquête Un barrage modèle ?) a effectivement de quoi susciter bien des interrogations.

[4Pour Belo Monte comme pour Jirau, ces études ont toujours été validées de force par le pouvoir exécutif, malgré l’avis négatif des administrations concernées.

[5Le site officiel d’EDF évoque seulement la possibilité de construire dans le futur des centrales au fil de l’eau et des hydroliennes.

 

 

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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 16:27

 

Source : geographica.net

 

OGM et persticides: pourquoi les combattre

 

On nous habitue insidieusement à accepter de vivre dans un environnement pollué: au nom du progrès, on nous dit que respirer un air empoisonné n’est pas si grave, que manger toxique est une vue de l’esprit, que tous ces dangers finalement ne sont que des inventions d’écologistes malveillants et réactionnaires.

Quand on questionne le progrès technique, on nous rétorque souvent que l’augmentation de l’espérance de vie est tout de même un argument fort. Oui mais ce que l’on oublie de dire, c’est que la plupart des personnes âgées sont méprisées, oubliées et reléguées en dehors de la société « intéressante ». Sans oublier les cancers, allergies et autres maladies « de civilisation » qui ont explosé, écornant considérablement cette sacro-sainte « espérance de vie » qui n’est qu’un indice abstrait et théorique. Ne pas confondre avec l’âge au décès…

En bref, la désinformation est reine, et il devient très difficile d’obtenir des renseignements fiables. Mais comme le disait Pierre Rabhi, autant on disait naguère avant d’entamer un repas « bon appétit », autant à présent on se souhaite bonne chance…

Cela pourrait n’être qu’une boutade, mais un certain fascisme alimentaire, n’ayant pas peur des mots, s’invite dans notre assiette. Pour preuve, ce viticulteur mis en examen parce qu’il a osé ne pas obéir à des directives l’obligeant à traiter ses vignes avec des agents phytosanitaires non-biologiques. Si l’on y ajoute les nombreux procès intentés à Kokopelli pour « vente illégale » de semences, des semences rustiques oubliées par les grands semenciers, on voit bien la logique à l’œuvre, qui est de contrôler de manière systématique le commerce du vivant au seul profit des grandes entreprises industrielles qui se contrefichent de la prospérité des paysans.

Les OGM ne peuvent pas être défendus au même titre que les semences sélectionnées: l’OGM est à l’hybride ce que le nucléaire est à l’électronique: en fait, rien à voir. Faire croire que la manipulation du vivant est sans conséquences, c’est une fois de plus mentir à escient. Le plus grave c’est la logique financière en dessous de tout cela: les pommes de terre ou les tomates que nous mangeons sont là grâce au travail de centaines de générations de paysans andins qui n’ont jamais eu l’idée de réclamer de copyright pour leur travail. Or, aujourd’hui, on peut être arrêté pour ne pas cultiver la variété « autorisée » par le marché.

Caricature? La France est un fleuron de l’agro-industrie, et les fermetures d’usines en Bretagne devraient éveiller l’attention sur les changements des habitudes alimentaires. Dans le même mouvement, divers groupes essaient de revenir à une alimentation plus saine, mais la bataille est longue et âpre.

 

La star des jardins en est aussi l’ennemi…

 

Les pesticides ont été présentés comme un progrès technique. Mais comme le DDT s’est avéré d’une haute toxicité, les pesticides chimiques ont eux aussi des effets sur la santé effrayants. Le plus connu d’entre eux étant le sinistre Round Up, que vous trouverez en tête de gondole chez tous les pépiniéristes standards. Quand on sait que la chimie de ces produits dérive de celle des armes chimiques, cela peut faire réfléchir !

Dans tous les cas, tout est fait pour contrôler cette « liberté alimentaire » qui devrait aller de soi. En fait, la marchandisation du vivant affecte aussi l’humain, c’est une évidence. Le tout est de savoir dans quelle société on souhaite vivre.

 

Ci-dessus: La cicadelle, responsable d’une maladie grave de la vigne. Source: Wikipedia

 

 

 

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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 16:19

 

Source : Les Verts de Rage


http://meatvideo.com/

 

 

 

 

 

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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 15:57

 

Source : france.attac.org

 

Guide de navigation pour affronter le grand marché transatlantique

 

Le 8 juillet 2013, l’Union européenne et les États-Unis ont entamé des négociations en vue de conclure un accord commercial bilatéral, le Partenariat Transatlantique de Commerce et d’Investissement (PTCI/TAFTA). C’est l’aboutissement de plusieurs années de lobbying des groupes industriels et financiers, européens et états-uniens.

Le partenariat transatlantique serait un des accords de libre-échange et de libéralisation de l’investissement les plus importants jamais conclus, représentant la moitié du PIB mondial et le tiers des échanges commerciaux. Comme d’autres accords bilatéraux signés récemment ou en cours de négociations– notamment l’accord UE-Canada–le PTCI ne se contentera pas d’abolir les barrières douanières ; il s’étendra aussi aux « barrières non-tarifaires ». En effet, toute réglementation, même décidée démocratiquement, peut être considérée comme un obstacle au commerce. Le PTCI va donc viser le démantèlement, ou l’affaiblissement, de toutes les normes qui limitent les profits des entreprises européennes ou états-uniennes, en fonction de leurs intérêts respectifs.

Le volet « investissement » du mandat de négociation du PTCI prévoit en outre un mécanisme particulièrement menaçant dit « de règlement des différends » qui pourraient survenir entre des acteurs économiques privés et l’un des gouvernements. L’accord UE-Canada, qui n’est pas encore ratifié, contient une telle procédure. L’introduction d’un tel mécanisme ad-hoc, à travers la nomination d’experts « arbitres » qui délibéreraient indépendamment des juridictions publiques nationales ou communautaires, permettrait aux transnationales de poursuivre des États dont les normes sanitaires, écologiques ou sociales, ou toute autre réglementation protectrice des consommateurs ou des économies locales, apparaîtraient comme des entraves aux investissements étrangers. L’objectif : étendre le champ possible des investissements et « sécuriser » la liberté et les bénéfices des investisseurs.

Le PTCI pourrait avoir des conséquences considérables dans bien d’autres domaines qui dépassent largement le périmètre du commerce. Il renforcerait par exemple drastiquement les droits de propriété intellectuelle des acteurs économiques privés et du domaine du brevetable, et pourrait donner aux multinationales des nouvelles technologies de l’information un pouvoir accru de contrôle des données de l’internet, notamment celles relatives aux citoyens. Pour la Commission européenne, qui négocie au nom de tous les pays de l’Union européenne, il s’agit d’aligner le PTCI sur « le plus haut niveau de libéralisation » qui soit. Elle souhaite même ériger l’accord en modèle.

Ce Guide de navigation pour affronter le grand marché transatlantique décrypte les principaux risques émanant de ce projet d’accord.

 

Alerte 1 - La diminution des droits de douane et les attaques sur les normes sociales, sanitaires et écologiques

Le mandat donné à la Commission européenne par le Conseil des ministres européen du commerce du 14 juin 2013 appelle à une « réduction substantielle des tarifs douaniers ». Si les droits de douane sont en moyenne assez faibles de part et d’autre de l’Atlantique, ils restent élevés dans certains secteurs.

Dans l’agriculture par exemple, les droits de douane moyens sont de 7 % côté États-Unis et de 13 % côté Union européenne. Ces droits de douane protègent certains secteurs vis-à-vis d’une agriculture états- unienne plus industrielle et plus « compétitive », du fait notamment de la médiocrité des protections sociales et environnementales outre-Atlantique. Les droits de douane permettent également à l’UE de se protéger d’un taux de change plus favorable pour les productions états-uniennes. Que se passerait-il si ces droits de douane étaient démantelés ? Face à l’arrivée massive de nouveaux produits agricoles américains, notre propre agriculture n’aurait d’autre possibilité que de généraliser le modèle agro-exportateur défendu par les transnationales européennes.

La concurrence accrue aboutirait à la contraction des coûts de production, qui exigerait d’affaiblir les standards environnementaux, alimentaires, sociaux. Les perspectives de promotion des circuits courts et de la relocalisation des activités agricoles, de l’agro- écologie et de l’agriculture paysanne disparaîtraient.

L’argument principal des promoteurs du PTCI porte sur les retombées économiques. Pourtant, d’après une étude de la Commission européenne, le gain en terme de PIB est estimé à 0,1 % pour 10 ans, soit moins de 0,01 % par an… Des « retombées » en vérité tout à fait insignifiantes comparées aux risques qui pèsent sur l’emploi et les droits sociaux. Ceux-ci pourraient en effet être revus à la baisse dans le cadre de l’« harmonisation » des normes sociales.

Ainsi, par exemple, d’après la Confédération syndicale états-unienne AFL-CIO, l’ALENA (accord similaire entre le Mexique, les États-Unis et le Canada) a déjà coûté 1 million d’emplois du fait notamment de l’abaissement des tarifs douaniers et des restructurations d’entreprises devenues « non-compétitives ». Par cette extension géographique de la compétition économique, le marché transatlantique favoriserait les fusions/acquisitions d’entreprises, donnant aux firmes multinationales un contrôle de plus en plus grand de l’économie et de la finance.

Concrètement : une nouvelle étape décisive dans l’histoire de la dérégulation

Depuis les années 90, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a été le moteur de la libéralisation du commerce. En son sein, plus de 150 pays négocient la baisse des droits de douane sur de nombreux biens et services, la suppression des barrières non tarifaires, ainsi que l’extension du domaine du libre-échange et du marché, par exemple aux services publics et à la propriété intellectuelle.

La marche de l’OMC vers la dérégulation totale du commerce s’est rapidement heurtée à de nombreux obstacles : mobilisations de la société civile, d’une part, qui récusait les conséquences dramatiques du libre-échange, dénonciation de la mainmise des grandes puissances par les pays en développement, d’autre part. Constatant le relatif blocage de l’OMC, les grandes puissances, et notamment l’Union européenne et les États-Unis, se sont engagés dans une stratégie bilatérale et birégionale avec leurs partenaires commerciaux. Elles profitent alors d’un rapport de force très défavorable aux pays les plus pauvres. Lorsque les accords bilatéraux se négocient entre économies de puissance comparable, l’avantage consiste alors pour les négociateurs, à l’abri du regard du public, à pouvoir aller beaucoup plus loin que dans le cadre de l’OMC dans l’instauration d’un système commercial conçu pour et avec les firmes multinationales.

 

Alerte 2 - La marchandisation de nouveaux pans de l’économie

Les négociations du PTCI ne consistent pas uniquement à abattre les barrières tarifaires. Il s’agira aussi de réduire toute barrière réglementaire à l’extension du domaine du libre-échange, notamment dans les secteurs des services. La distribution d’eau et d’électricité, l’éducation, la santé, la recherche, les transports, l’aide aux personnes… ces secteurs qui pour beaucoup relèvent encore du service public, pourraient ainsi être ouverts à la concurrence.

Les négociations du PTCI risquent notamment de conduire à l’ouverture des marchés publics en Europe mais aussi aux États-Unis, comme le souhaitent les lobbies européens ; les collectivités locales pourraient être contraintes de lancer des appels d’offre ouverts aux multinationales. Avec à la clé des règles strictes qui ne leur permettront plus de favoriser les entreprises, emplois et produits locaux (et donc le développement local), ni d’adopter des normes environnementales ou sociales élevées.

Le gouvernement français s’est targué d’avoir préservé l’« exception culturelle », qui permet de subventionner en partie la création artistique, audiovisuelle notamment. Mais l’exception incluse dans le mandat de négociations ne concerne que le secteur de l’audiovisuel : aucune restriction n’a été prévue pour les autres secteurs de la culture et du numérique. Cette exclusion partielle du mandat de négociation n’est par ailleurs pas définitive : à tout moment, la Commission peut demander l’élargissement de son mandat de négociations. Et ces secteurs ne seront pas à l’abri du mécanisme de règlement des différends.

Dans le domaine des technologies de l’information et de la communication, le PTCI pourrait reprendre les éléments présents dans le projet « ACTA » (Anti-counterfeiting Trade Agreement ou Accord commercial anti-contrefaçon), qui prévoyait de fortement renforcer les droits de propriété intellectuelle et qu’une large mobilisation avait conduit à l’échec en juillet 2012. Au nom de la lutte contre le « piratage » il pourrait en effet permettre une surveillance généralisée du réseau et réduire la liberté d’expression sur internet. Autre conséquence, l’accès des consommateurs à des médicaments abordables (génériques) pourrait être menacé.

Il s’agit aussi de s’attaquer aux règles sanitaires, environnementales – et notamment de bien-être animal dans le secteur agricole et alimentaire – qui font « obstacle » au commerce. Les États-Unis utiliseront l’opportunité du PTCI pour contraindre l’Union européenne à l’abandon de ses mesures et principes (comme le principe de précaution) jugés « protectionnistes » et à l’adoption des normes américaines.

Concrètement

Le bœuf aux hormones représente la plus grande partie de la production et de la consommation de bœuf aux États-Unis ; la production et l’importation en sont interdites dans l’UE, pour des raisons de risques sanitaires. L’OMC avait déjà donné raison aux États-Unis et au Canada dans le cadre de leur plainte contre l’UE, en autorisant la mise en place de mesures de rétorsion. Qu’en sera-t-il dans le cadre du PTCI ?

La question se pose aussi pour les volailles désinfectées avec des solutions chlorées, que les États-Unis souhaitent pouvoir exporter dans l’UE. L’accord UE-Canada, s’il était ratifié, autoriserait les firmes à porter plainte contre les États qui refusent le bœuf aux hormones, et ouvrirait directement la voie à un accord UE-US.

A ce jour, 52 variétés d’OGM sont autorisées à l’importation dans l’UE ; les puissantes multinationales semencières et lobbies agro-industriels européens et américains font pression pour que la liste soit élargie. Les clauses de sauvegarde décidées par certains pays comme la France, qui refusent la plantation d’OGM sur leur territoire, pourraient être attaquées par une multinationale via le mécanisme de règlement des différends.

Pour l’industrie européenne comme états-unienne, et notamment pour les industries extractives, les négociations du PTCI et l’accord UE-Canada sont une aubaine : l’occasion d’obtenir la remise en cause d’un certain nombre de protections ou de régulations écologiques, par exemple sur l’exploitation des gaz de schiste qui demeure interdite en France et en Bulgarie, ou encore de la réglementation européenne REACH sur les produits chimiques, jugée trop contraignante.

Les banques et assurances se frottent les mains : le PTCI sera aussi l’occasion pour les lobbies financiers d’amoindrir les instruments de régulation financière et bancaire et d’approfondir la libéralisation des services financiers. Il deviendra impossible de renforcer le contrôle des banques, de taxer les transactions financières, de lutter contre les fonds spéculatifs.

Alerte 3 - Une attaque sans précédent contre la démocratie : les transnationales à la manœuvre, le contrôle citoyen à la trappe

Les multinationales européennes et leurs lobbies, comme Business Europe, ont déployé un lobbying intense en perspective de l’ouverture des négociations du PTCI. Les intérêts industriels prévalent auprès des institutions européennes, comme en témoignent la composition et le fonctionnement du groupe de travail de haut niveau mis en place par l’Union et les États-Unis pour examiner les effets de l’accord et faire des recommandations.

La Commission a multiplié les consultations auprès des transnationales européennes. Ainsi, parmi les 130 rendez-vous pris par la Commission pour discuter avec les parties-prenantes de l’accord, 119 concernaient des transnationales ou des lobbies industriels de premier plan. Dans le même temps, le public demeure dans la désinformation la plus totale. Sans forte mobilisation citoyenne, l’opacité des négociations restera la règle, puisque pour l’heure le mandat de la Commission européenne n’a pu être connu que grâce à des fuites.

Mais le premier danger pour la démocratie concerne le mécanisme d’arbitrage « investisseur-Etat » prévu dans le mandat donné à la Commission européenne. Ce mécanisme de règlement des différends, qui figure déjà dans l’accord UE-Canada, permettrait aux transnationales de porter plainte contre un Etat ou une collectivité territoriale dès lors qu’une loi ou qu’une réglementation fera entrave au commerce et à l’investissement.

Pour les multinationales, l’enjeu est immense. Il s’agit d’obtenir la possibilité d’agir en véritable « police de l’investissement », d’obliger les États à se conformer à leurs règles et de pouvoir éliminer tout obstacle à leurs profits présents mais aussi futurs ; des obstacles tels que des normes sanitaires, écologiques, sociales, votées démocratiquement, et remises en cause au nom du principe sacré du droit des investisseurs !

On trouve de nombreux exemples de plaintes de multinationales dans le cadre d’accords bilatéraux d’investissement déjà conclus. Certains États ont ainsi été condamnés à des amendes très dissuasives, se chiffrant souvent en millions, voire en milliards, de dollars (Nouvelle Zélande, Uruguay, Argentine…).

 

Lone Pine et les gaz de schiste

Dans le cadre d’un mécanisme similaire au mécanisme d’arbitrage « investisseur-Etat » envisagé dans le PTCI, la multinationale Lone Pine poursuit le gouvernement canadien et demande 250 millions de dollars de réparation pour des investissements et des profits qu’elle ne peut réaliser en raison du moratoire sur l’extraction des gaz de schiste mis en place par le Québec. En France, grâce à des mobilisations populaires importantes, la fracturation hydraulique est pour l’instant interdite. Mais régulièrement, les industriels du secteur reviennent à la charge pour convaincre les autorités des bienfaits économiques de cette extraction ultra-polluante. Que se passera-t-il si les géants de l’énergie européens ou américains utilisent le PTCI pour poursuivre le gouvernement français ?

 

Conclusion

En 1998, une mobilisation citoyenne internationale avait réussi à mettre en échec un projet d’accord international négocié dans le cadre de l’OCDE, qui visait une libéralisation de l’investissement pour les firmes transnationales, l’Accord multilatéral pour l’investissement (AMI). L’Accord commercial anti-contrefaçon (ACTA) a lui aussi été refusé en juillet 2012 par les eurodéputés suite à une large mobilisation des citoyens européens. Il est donc possible de stopper cette soumission des sociétés et de la nature aux intérêts marchands des multinationales.

Nous devons obtenir la non-ratification du traité entre le Canada et l’Union européenne car il contient déjà l’essentiel des dispositions que nous refusons, et le blocage des négociations sur le PTCI car il représente une menace pour les citoyen.ne.s européen.ne.s et états-unien.ne.s.

En France, Attac est à l’initiative de la constitution d’un collectif qui s’oppose à ce projet d’accord et qui rassemblent des dizaines de réseaux citoyens, organisations associatives, syndicales et politiques.

Nous mènerons une campagne de longue haleine qui mobilisera toute l’association (réunions publiques, documents d’information, site internet, interpellation des élus et candidats aux élections européennes, initiatives publiques…) afin que la négociation de cet accord soit remise en cause !

A lire

 

 

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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 15:47

 

 

Source : france.attac.org

 

Réforme fiscale: de l'argent, il y en a! 360 milliards d'euros pour un vrai débat

 

 

 

Le Premier ministre a annoncé qu'il souhaitait "remettre à plat" la fiscalité, un an après avoir renoncé à mener la "révolution fiscale" promise par le candidat Hollande. C'est pourtant bien d'une révolution dont nous aurions besoin, à un moment où la fiscalité - qui frappe plus durement les plus fragiles et qui épargne les plus riches - est remise en question dans sa légitimité même.

Un exemple significatif : la hausse de la TVA, programmée pour janvier 2014, va frapper les plus faibles pour mieux financer des cadeaux fiscaux qui vont bénéficier en grande partie aux plus grosses entreprises, et ce sans contrepartie ! De quoi questionner les vélléités de "remise à plat" du Premier ministre...

Les riches et les grandes entreprises doivent contribuer à hauteur de leurs moyens à l'effort fiscal, c'est une affaire de justice sociale. Mais aussi une nécessité économique en ces temps d'austérité. Au lieu de persévérer dans l'erreur en imposant des mesures d'austérité qui détruisent l'économie, il suffirait de prendre l'argent là où il se trouve !

Dans la poche des spéculateurs : 200 milliards d'euros pourraient être récupérés à l'échelle de l'Europe. Dans la poche des actionnaires et des créanciers : 100 milliards de surcoût du capital qui pèsent sur l'économie française. Et quid de l'évasion fiscale ? Ce sont 60 milliards qui sont soustraits au budget chaque année en France par les fraudeurs.

Alors pour une vraie réforme fiscale, Attac fait monter les enchères. De l'argent il y en a : 360 milliards d'euros pour un vrai débat !

Dans ce dossier

200 milliards d'euros pour la TTF européenne, les spéculateurs doivent payer

Les spéculateurs sont les ennemis publics n°1. Ils sont responsables des bulles et des crises financières dont le coût social et environnemental est énorme.

100 Milliards d’euros : le surcoût annuel du capital

Chaque année, les entreprises non financières versent 130 milliards d’euros, sous forme de dividendes aux actionnaires et d’intérêts aux prêteurs. 

60 milliards d'euros de fraude et d’évasion fiscales : stop ou encore ?

Combien faudra-t-il d’affaires Cahuzac, HSBC, Offshoreleaks, Guéant... pour que le gouvernement prenne des mesures à  la hauteur des enjeux ?

60 milliards d’euros, c’est la somme qui échappe aux recettes publiques en France à cause de la fraude et de l’évasion fiscales, une somme qui pourrait servir, entre autres :

 

 

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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 15:37

 

Source : reporterre.net

 

Gaz de schiste : en Roumanie, la police envahit violemment un camp pacifique

Marie Olteanu

lundi 2 décembre 2013



Ce matin durant la nuit, la police roumaine a envahi un camp d’opposants pacifiques à l’exploitation du gaz de schiste. Cela s’est produit à Pungesti, dans le nord-ouest du pays, où la compagnie Chevron veut réaliser un forage. Reporterre publie le premier témoignage.


Courriel envoyé à Reporterre par Françoise Lienhard, du Collectif Garrigue-Vaunage (Gard) : Je vous fais suivre ce message de Maria Olteanu, militante roumaine contre les gaz de schiste, qui appelle à l’aide et demande un soutien international et une mobilisation des médias. Merci pour tout ce que vous pourrez faire dans ce sens.

- Correspondance, Pungesti (Roumanie)

Alors que les opposants au forage Chevron à Pungesti occupaient pacifiquement un camp pour manifester leur opposition, à 3h40 les choses se mettaient en place, cette nuit, pour une attaque en règle des forces de la police anti-émeute.

"(...) they started at 3.40 from somewhere next to Vaslui, the chef-lieu of Vaslui County, some 40 km away from Pungesti, loading the machinery, They will meet with the riot police on the way. I barely fell asleep that I got the news, people are heading towards there !"

Un message reçu à 4h42 annonçait que l’attaque avait débuté dans une atmosphere incroyable, avec l’utilisation de gaz lacrymogène, y compris contre les personnes âgées et les enfants. A cette heure-ci, la communication passait. Pas de presse internationale, juste des correspondants locaux.

"(...) they entered right now, got a direct call, an unbelievable atmosphere, teargase against old people, kids ! it’s a tragedy.
luckily they left communication ok so far so we could communicate, no international press there, just a local one !"

Maria suggère que nous organisions, avec l’aide des députés européens que nous connaissons, un événement à l’occasion de la journée universelle des Droits de l’Homme, le 10 décembre qui vient.

*******
A 6h59, je reçois un message de D. I. annonçant :

(traduction rapide)

"Arrivée de 45 véhicules, plus de 500 policiers anti émeute, des ambulances, des officiers de police et des gardes privés. Alors que pas plus de cent personnes occupaient le camp de manière pacifique, la police a barricadé la zone malgré les protestations des propriétaires des terrains privés. Les routes sont coupées et la communication bloquée. La loi martiale est appliquée dans le village. Des membres de la presse ont tenté de s’approcher de la zone, mais ils ont été repoussés et renvoyés au centre du village dans un "point presse" où ils ne reçoivent aucune information.

Un homme , le même homme qui avait des problèmes de santé la dernière fois , a été emmené dans une ambulance, après qu’il a été sorti d’une voiture, battu et laissé dans la rue ( M. Spiridon , ancien maire et leader d’opinion dans la communauté ).

D’autres militants , les plus éminents, ont été immédiatement isolés du reste, pris dans des fourgons de police et placés en détention sans aucune justification !
Les autorités locales sont totalement silencieuses, le porte-parole de la police anti-émeutes locales refuse de sortir avec une déclaration publique. La police anti-émeutes utilise une force militaire, ils sont équipés avec des armes, du gaz et applique une logique de guerre.

Il est difficile de croire qu’une telle chose puisse arriver au jour d’aujourd’hui. Les gens sont déterminés à résister et sont en fait plus que jamais déterminé à mettre fin à toute exploitation dans la région. La machinerie lourde se prépare à entrer dans le cas ùa,tenant ceint de barrières .

Voici le journal local où vous pouvez trouver les mises à jour , en auto-traduisant la page

Le camp de la résistance tient bon ​​et se poursuivra, nous avons maintenant la preuve d’un mépris total des droits de l’homme et de l’Etat de droit en Roumanie. Cela pourrait tout aussi bien être le début de la fin pour le gouvernement .

L’intervention a complètement perturbé la vie de la communauté . Les enfants sont debout dans les rues avec leurs cartables , les gens sont tous nerveux et effrayés, personne ne les a informés de quoi que ce soit et ils ont tous sont alarmés mais pacifique .

Merci pour votre soutien ! "

Texte original du message en bleu ci-dessous

**************************
A 8h 01 , je reçois un nouveau message de Maria Olteanu :

Elle annonce un vrai cauchemar, un état de guerre, "les gens ont été battus sans distinction (des vieillards et des enfants), les ambulances ont emmenés les blessés des gens arrêtés, des voitures et des charettes à chevaux renversées par les forces de la police anti-émeute. la zone est militarisée !"

"Toute cette mobilisation a commencé à trois heures du matin, où plus de 100 policiers ont été mobilisés dans différentes parties du pays. Ce ne sont donc pas des policiers locaux comme le 16 octobre dernier. A presque 9 heures du matin, la situation est toujours en cours."

"Il n’y avait aucun média sur place pour témoigner de ce qui s’est passé, pas d’images, donc. Comme il faisait nuit, impossible de filmer. La police n’a pourtant pas le droit d’intervenir avant 7h."

"Actuellement France TV est sur place, ainsi que d’autres TV, mais la plupart sont à la solde des forces présentes et tentent de convaincre le public que l’intervention des forces de police était justifiée par le fait que les manifestants étaient violents et bloquaient la route (la police elle-même avait bloqué ls côtés de la route dès le tout début), et ils minimisent les chiffres. Une intervention du chef de la ppolice a annoncé que Pungesti était déclarée zone spéciale d’intervention, ce qui explquait que tout cela s’était passé et justifiait l’absence des médias par le fait qu’ils voulaient prévenir la survenance d’accident !"

"Mieux que cela , la police essaie de convaincre que ce projet est bon et qu’il créera des emplois !!"

"Une aide urgente est nécessaire !! Nous avons bsoins d’activistes et de la présence de la presse ! ce n’est plus un jeu, ici nous sommes en guerre ! Des images parviendront bientôt (ce que nous avons pu filmer de nuit). C’était très dur de couvrir l’événement car nous n’avions pas de PC, juste des téléphones portables mais on s’est tout de même débrouillé pour réaliser un couverture télé visible sur un canal en ligne.

"Actuellement, à 8h48, heure roumaine, très peu de gens demeurent au camp, car la plupart d’entre eux ont été emmenés par la police dans leurs camions. La Roumanie est officielement une dicatature. S’il vous plait passez lemot dans le monnde entier. Venez sur place ou envoyez la presse internationale. C’est maintenant la seule chose qui leur fait peur."


Complément d’info : Video en roumain sur les événements de cette nuit :

http://www.youtube.com/watch?v=iP6UG2yqhKc&feature=youtu.be

.

 


Source : Courriel à Reporterre.

Photo : Vremea.

Lire aussi : En Pologne, les opposants au gaz de schiste s’organisent.


Pour une information libre sur l’écologie, soutenez Reporterre :

 

 

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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 15:25

 

Source : informaction.info

 

Etats-Unis : la révolution du gaz de schiste se termine en désastre écologique et social

 

Portrait de Renaud Schira

 

 

Deux récents rapports d’organisations indépendantes tirent  la sirène d’alarme sur les conséquences de l’exploitation du gaz de schiste aux Etats-Unis. L’obsession du gouvernement américain pour devenir un pays énergiquement autosuffisant a provoqué  en effet une catastrophe écologique et sociale qui a particulièrement  touché les Etats de Pennsylvanie, du Texas et de La Louisiane, où se trouvent les plus grandes exploitations de gaz de schiste. 

 

1° Des conséquences écologiques désastreuses

 

Rusia Today fait état d’une étude menée par un  Freelance Bureau of International Investigation  selon laquelle l’extraction du gaz de schiste est en train de transformer des terres agricoles en un désert empoisonné par les produits chimiques utilisés lors de  la production de gaz par la technique de fracturation,  qui a peu évolué depuis son apparition en 1940 et qui a rapidement été appelée «terrorisme vert» en raison de ses effets secondaires catastrophiques, . 

Les habitants des zones occupées par les sociétés d’extraction de schiste ont commencé à souffrir de diverses maladies parce que l’eau potable  est devenue un véritable poison. Les produits chimiques contenus dans  la composition liquide de 20 millions de litres introduits dans les puits , joints au  gaz qui en est extrait, contaminent les eaux souterraines.  

La composition du liquide utilisé est un secret commercial, mais selon un groupe environnemental américain, le fluide de fracturation se compose de plus de 90 substances chimiques différentes

En raison des fuites de gaz des puits défectueux, le niveau de méthane et de métaux lourds a largement dépassé les seuils autorisés pour les eaux souterraines. Ce qui est alarmant, c’est que la quantité de fuites de liquides  toxiques  dans la formation géologique peut dépasser les 70% des volumes injectés.

 

La seule option pour les familles touchées par l’intoxication afin d’améliorer leur état de  santé  et de retourner à une vie paisible est de vendre leurs terres à bas prix et de quitter la région. Pendant ce temps, les sociétés concernées essayent de taire le problème. Ainsi, la famille Hallovich dont les enfants sont constamment malades, s’est vue offrir une compensation de 750.000 dollars pour quitter la zone contaminée sans divulguer d’informations sur les effets du gaz. 

 

Selon Iris Marie Bloom, directrice de la fondation Protecting our waters  , basée à Philadelphie, des nombreux cas d’intoxication par l’eau ont été recensés. «Nous savons aussi que les victimes sont menacées pour qu’elles gardent le silence. Les producteurs présentent le gaz de schiste comme combustible propre, mais en réalité  il pollue l’environnement à tous les niveaux de sa production. »

Cet été, des chercheurs de  l’Université Duke   ont par ailleurs analysé 141 échantillons d’eau potable provenant de puits privés dans le nord de Pennsylvanie à proximité des zones d’extraction de gaz de schiste. Les résultats ont alarmé les experts: la concentration de méthane dépasse  six fois le niveau autorisé aux Etats-Unis et celui de l’éthane, 23 fois. La situation dans la région s’est détériorée à un point tel que cela pourrait enflammer l’eau qui sort du robinet.

 

Il existe aussi le risque de tomber sur du méthane qui cherche naturellement un accès vers la surface. Un fermier de Pennsylvanie, qui essayait de forer sur son propre terrain, a provoqué ainsi une fuite de 84.000 mètres cubes de méthane pendant trois jours d’affilée. 

Par ailleurs, le rapport de l’Institut de la Terre de  l’Université Columbia   révèle que la technologie de  fracturation hydraulique provoque des tremblements de terre suite à une étude a menée dans l’État de l’Ohio, l’un des principaux sites de production de gaz de schiste. Pendant l’observation de la région depuis plus d’un an, les spécialistes ont enregistré 109 tremblements de terre, d’une magnitude maximale de 3,9. 

 

 

2° Les conséquences sociales  du fracking en Pennsylvanie

 

Il convient de mentionner également le rapport  de l’Organisation Food and Water Watch  de septembre 2013 qui porte sur les conséquences sociales du fracking à partir de l’étude du cas de la Pennsylvanie, épicentre du boom de la fracturation hydraulique, avec près de 5000 puits de gaz de schiste forés entre 2005 et 2011.

Pour réaliser cette étude, FWW a entre autres, comparé des données entre les 12 comtés restés vierges de toute exploitation de gaz de schiste (« unfracked ») et les 23 comtés qui procèdent à la fracturation hydraulique (« fracked»).

Selon ce rapport, la situation qu’ont connue certaines régions de l’Etat de Pennsylvanie  considérées jusqu’alors comme bucoliques est  similaire à celle qui a eu lieu en 1850 en Californie avec la ruée vers l’or.

L’arrivée massive de nombreux travailleurs n’a pas été sans conséquences dans de nombreux domaines.

Dans le domaine de la santé, Food and Water Watch fait état de l »augmentation importantes des MST en raison de l’arrivée massive de la prostitution . Le nombre annuel moyen de cas de chlamydia et de  gonorrhée en Pennsylvanie a augmenté de 32,4% entre 2005 et 2010, tandis que dans  les comtés sans fracturation l’augmentation  n’a été que de  20,1%. Une fois démarrées les opérations de fracturation, le nombre de cas de MST a augmenté en moyenne de 8% par an dans les comtés fortement « fracked» et seulement 3,8% dans les comtés « unfracked. »

Sur le plan de la circulation, le nombre s’accidents impliquant des poids lourds est deux fois supérieur dans les zones de fracking et a augmenté de en moyenne de 7% chaque année depuis l’apparition de la fracturation alors qu’il a baissé de 12% dans les comtés   »unfracked ».

L’arrivée massive de travailleurs a crée également des bouleversements sociaux dans les comtés ruraux avec un forte augmentation de l’alcoolisme et de la délinquance. Les capacités d’accueil et d’hébergement insuffisantes ont provoqué la hausse des loyers ainsi que l’apparition de sites-vie dont les conditions d’hygiène et de salubrité ne sont pas souvent conformes.

Il convient également d’évoquer ici  l’étude de Thomas Porcher sur les créations d’emplois résultant de l’exploitation du gaz de schiste aux Etats-Unis.

Entre 2005 et 2012, le nombre de puits aux Etats-Unis est passé de 14 000 à plus de 500 000, et cela  n’a créé  qu’un peu plus d’un emploi par puits. Ce qui n’est guère surprenant car la production de gaz, comme toutes les industries extractives, ne nécessite que peu de main d’oeuvre.

L’université de Cleveland est arrivée  aux mêmes conclusions. Dans les comtés d’Ohio au cœur du boom du gaz de schiste, l’emploi a augmenté de 1,4% entre 2011 et 2012 alors que les autres comtés d’Ohio (sans schiste) ont gagné 1,3% sur la même période. En cause, la destruction des emplois dans le tourisme et dans l’agriculture qu’entraîne l’exploitation du gaz de schiste.(Regards ). (Voir l’article consacré au livre de Thomas Porcher, Le mirage du gaz de schiste, de Thomas Porcher, éditions Max Milo ici ).

 

Pour finir, Freelance Bureau of International Investigation  pose la question de savoir pourquoi le gouvernement  Obama  ne tient-il pas compte de cette situation catastrophique? La réponse est selon elle en fait assez simple: Obama ne fait que tenir ses promesses électorales selon lesquelles sous son gouvernement, interviendrait une révolution du gaz de schiste qui ferait des Etats-Unis  un pays auto-suffisant en gaz naturel pendant 100 ans.

Selon Freelance Bureau of International Investigation, ces promesses ne deviendront  jamais réalité: le président des  USA a oublié de dire qu’il est techniquement impossible d’extraire la majeure partie du schiste, car cela s’avérerait extrêmement coûteux. 

D’après l’expert américain dans le domaine de la production de pétrole et de gaz, David Hughes, pour maintenir le niveau actuel de production annuelle,  il faudrait forer jusqu’à 7 000 m, ce qui coûterait 42 milliards $ USD. Or la valeur de tout le gaz de schiste produite par les États-Unis l’an dernier a totalisé 32,5 millions de dollars. « Donc, la rhétorique de l’indépendance énergétique des Etats-Unis dans l’état actuel de la technologie n’est qu »un mensonge » a-t-il  déclaré.

Dés lors, en comptant le volume qui peut être extrait à un prix  rationnel et compte tenu du rythme actuel de la consommation américaine, les réserves américaines seront suffisantes  pour environ onze ans. Et si la consommation de gaz augmente, les ressources seront épuisées beaucoup plus tôt.

D’ailleurs, signe de la fin d’un mirage, les exploitants de gaz de schiste ont commencé depuis cet été à liquider leurs actifs dans l’exploitation du  gaz de schiste.

C’était bien la peine…

 

Sources: Freelance Bureau of International Investigation  via Rusia Today  Food and Water Watch  via Green Report.it 

Lien: Le rapport de Food and Water Watch , en américain

 

Aller plus loin:

THE SKY IS PINK, l’enquête de Josh FOX, auteur de GASLAND. Version sous titrée en français  sur le gaz de schiste dans l’Etat de New York avec la mise en lumière de documents internes aux entreprises de forage accablants.

Source: 
Blogapares.com
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Published by democratie-reelle-nimes - dans Gaz de Schiste
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