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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 18:55

 

CADTM

 

Source : cadtm.org

 

David Graeber à propos de “Occupy Wall Street” et “Strike the Debt”

6 décembre par David Graeber , CADTM , Jonas Nunes de Carvalho

 


Cette interview de David Graeber par Jonas Nunes de Carvalho (CADTM) a été réalisée le 4 octobre 2013 à Bruxelles après une conférence organisée par le CADTM à l’occasion de la sortie en français du livre Debt : the first 5000 years (Dette, 5000 ans d’histoire).

CADTM : Vous êtes impliqué dans les mouvements “Occupy Wall Street” et “Strike the Debt”. Pouvez-vous nous expliquer ce qui se passe actuellement aux États-Unis autour des actions concernant les dettes immobilières, les dettes des étudiants et les dettes municipales notamment à Detroit ?

David Graeber : Eh bien nous sommes dans cette situation bizarre où il y a une crise de la dette à tous les niveaux mais personne n’a l’air de savoir ce qu’il faut faire. Nous avons créé le mouvement “Strike the Debt” dans la foulée du movement Occupy et la première année nous nous sommes demandé comment initier de la désobéissance civile face au capital financier. Moi je me suis mis à parler d’emprunts et de créances à gauche et à droite. Il faut dire que pendant que j’organisais le mouvement Occupy Wall Street, j’écrivais un livre sur la dette et j’essayais de bien faire la distinction, ce qui n’était pas facile parce que dès que je faisais une conférence, des gens venaient me trouver pour me demander, par exemple, si je ne pouvais pas lancer un mouvement sur les prêts aux étudiants. Manifestement, l’intérêt est grand, pourtant, en dépit du nombre de personnes qui souhaitent faire quelque chose, je ne voyais pas trop quoi. C’est dû en partie au fait que beaucoup ont peur. Une première idée, c’était de dire que les gens allaient s’engager à ne plus rembourser une fois qu’un certain nombre de signatures serait atteint. Il faut savoir que des étudiants par exemple doivent parfois rembourser jusqu’à trente mille dollars. Mais nous ne voulions pas non plus être accusés d’avoir poussé les gens à faire défaut et leur avoir ainsi attiré encore plus d’ennuis. Nous avons rédigé cet engagement, pour nous apercevoir qu’il était très difficile de le faire signer. Nous avons eu peut-être cinq ou six mille signatures, mais pas vraiment d’engagements personnels. Nous avons considéré que c’était un échec et qu’il nous fallait reprendre la réflexion. Une de nos conclusions, c’était que bien des gens ne voulaient pas signer un texte qui suggérait qu’ils pourraient ne pas rembourser leur prêt d’études. Et cela parce qu’ils ne le remboursaient pas. Un étudiant sur cinq est actuellement en défaut de paiement et un autre cinquième vous dira en privé et sous couvert de l’anonymat qu’il va y être contraint.

Comme ils étaient déjà en situation de non paiement ou qu’ils en envisageaient la possibilité, la dernière chose qu’ils souhaitaient faire, c’était signer un document qui disait “oui c’est bien moi et mes motifs sont politiques et l’agence de recouvrement n’a plus qu’à me cueillir”. Nous nous sommes dit que le phénomène était peut-être plus vaste que ce que nous avions envisagé, et de fait, en cherchant un peu, nous avons découvert que la quantité de défauts de paiement est énorme : un Américain sur sept est actuellement poursuivi par une agence de recouvrement pour une dette ou l’autre, sans parler les non remboursements des prêts hypothécaires ou des prêts d’études. L’un dans l’autre, probablement un quart des Américains endettés, sinon davantage, sont déjà en situation de non remboursement.

Alors on se rend compte de l’ampleur du phénomène : plusieurs millions, peut-être 75-80-90 millions de personnes qui font de fait de la désobéissance civile contre le capital financier mais ils ne veulent pas que ça se sache. Comment organiser des gens qui cachent leur résistance ? Nous avons suggéré la notion d’une armée invisible : “il existe une armée invisible de gens en défaut de paiement”. La cinéaste Astra Taylor et Laura Hanna ont eu l’idée de réaliser une vidéo où elles filmeraient des Américains ordinaires en train de parler de prêts non remboursés. On les voit en train de réaliser des activités quotidiennes, banales – tondre la pelouse, promener le chien, ce genre de trucs. Tous sont des membres de cette armée invisible de débiteurs en défaut de paiement. Plus important encore, nous avons eu l’idée d’un manuel à l’usage des résistants de la dette, un manuel d’utilisation pour l’armée invisible. Il s’agit de rassembler autant d’informations que possible sur chaque type d’emprunt, toutes les espèces de dettes qui existent aux États-Unis, et de donner un minimum d’explications historiques et politiques, puis de passer à des informations pratiques du genre : que vont-ils vous annoncer comme sanction si vous ne payez pas et que va-t-il réellement se passer, ceci souvent en persuadant des personnes qui travaillaient dans certains secteurs de livrer des secrets d’entreprise. Par exemple, quelqu’un qui avait travaillé pour “Payday Loans” pendant un an avant de s’en aller, dégoûté, nous a expliqué que le grand secret de “Payday Loans”, c’est qu’ils font payer jusqu’à 800% de taux d’intérêt annuel (par mois), ce qui est du capitalisme ordinaire. Le capitalisme n’a pas encore été aboli en Amérique. Mais leur excuse c’était que “si vous ne payez pas, il ne se passe rien”. Ils vous fichent la paix, donc ça peut être de l’argent gratuit. Bien évidemment ils ne vont pas vous le dire, alors c’est ce genre d’info que nous publions. Cela a eu un succès certain, nous avons fait circuler sur internet et distribué des centaines de milliers d’exemplaires.

Nous nous sommes aperçu que bien des institutions ou entreprises créancières prennent en fait en compte le non remboursement de sommes non négligeables. Mais cette remise de dettes, ce ne sont pas les débiteurs qui en bénéficient. C’est très important, cela montre que des remises et des annulations de dettes, cela se passe tout le temps, et probablement à grande échelle, mais les créanciers n’ont pas envie que ça se sache. Ils veulent préserver la moralité de la dette, l’idée que nous avons une obligation absolue de rembourser les emprunts contractés.

Donc, supposons que vous avez une dette de $10 000 sur votre carte de crédit. Après 6 mois de non paiement, la société se tourne vers une agence de recouvrement, mais ce qu’elle fait c’est lui vendre la créance (votre dette) à, disons, 5 cents le dollar : au lieu de $10 000, elle en reçoit 500 tandis que l’agence de recouvrement qui l’a achetée va essayer de vous faire payer $10 000, et elle réussit dans 1 cas sur deux, elle fait donc d’énormes bénéfices.

En poursuivant notre investigation, nous avons compris qu’il n’est pas nécessaire d’être une agence de recouvrement pour racheter des dettes. À peu près n’importe qui peut le faire. Mais ils ne vont pas vous dire à qui la dette appartient, parce que vous pourriez racheter votre propre dette. Vous pouvez dire : je veux acheter la dette des soins de santé du New Jersey, je veux acheter les créances de tiers de l’Iowa ou presque ce que vous voulez, vous pouvez l’acheter et l’annuler. Personne ne pourra vous dire “vous ne pouvez pas faire ça”. Alors nous avons récolté des millions de dollars et nous avons commencé à annuler les dettes des gens.

CADTM : Et Detroit là-dedans ?

DG : Detroit, c’est l’exemple parfait de cette moralité de la dette, de la façon de considérer certaines dettes comme plus sacrées que d’autres. Ainsi les dettes entre riches et les dettes entre pauvres ont toujours pu être renégociées. Mais la dette entre les riches et les pauvres, c’est une autre histoire. Encore que, à y bien réfléchir, c’est seulement dans un sens : la dette des riches envers les pauvres peut très bien être renégociée, et l’est en fait tout le temps. C’est ainsi que nous assistons à des tentatives répétées de modifier le fonctionnement de la sécurité sociale. Il s’agit là d’une dette envers les pauvres qui est constamment remise en cause.

Voyez les fonds de pension de Detroit. La ville doit des sommes énormes à plein de gens, et suite à une série de manipulations financières, voilà que justement ils doivent équilibrer le bilan. Quand cela arrivait dans le passé, on trouvait une solution. Mais c’est lors d’une crise budgétaire similaire que les néolibéraux ont mis au point leur tactique pour la mise en œuvre de réformes néolibérales : c’était en 1975 à New York, la ville n’arrivait pas à un équilibre budgétaire. Cela s’était souvent produit au fil de l’histoire des États-Unis ; l’Etat fédéral intervient et fournit l’aide financière nécessaire pour remettre la ville à flot. Or cette fois, il n’y a pas eu d’aide. Au lieu de permettre un refinancement, ils ont fait venir un groupe d’experts, en fait, des créanciers, et leur ont donné carte blanche pour réformer l’économie de la ville, alors bien sûr ils ont privatisé à tout va. New York était une ville démocratique et sociale, elle avait une université gratuite, par exemple, toutes sortes de services sociaux gratuits, ils ont fait place nette, dégagé tout qui était de gauche, imposé toutes sortes de nouvelles taxes aux pauvres, et c’est cette façon de résoudre une crise budgétaire (imposer une inspection par des technocrates présentés comme neutres qui sont en fait des agents du marché libre, qui imposent à leur tour une série de réformes prétendument essentielles qui dévoient les ressources publiques sans l’accord de la population), c’est donc cette formule dont ils étaient si satisfaits, qu’ils ont exporté à l’ensemble du Tiers Monde, pays après pays, dans les années 1980 et 1990. Il est donc assez ironique que la formule nous revienne. New York avait servi de laboratoire ; aujourd’hui, c’est le tour de Detroit.

Traduit de l’anglais par Christine Pagnoulle

 

 


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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 18:47

 

Source : reporterre.net

 

Alternatives

 

En Bretagne, on s’organise directement entre producteurs et consommateurs

Olivier Clisson (Campagnes solidaires)

 

samedi 7 décembre 2013

 

 

En Bretagne, les installations sur des petites surfaces avec vente en circuits courts ont le vent en poupe.

 


 

Au Nord-Ouest de Rennes, le Clic des champs a vu le jour en juin 2013 à la suite d’une réflexion entre producteurs et consomm’acteurs réunis en association. Ils organisaient déjà des paniers réguliers avec dépôts en centres culturels publics.

L’engagement contraignant pour les habitants qui faisaient les paniers, allaient chercher les produits, commandaient pour plusieurs semaines et n’avaient pas le choix des légumes (très limitant en zone rurale où des jardins sont cultivés), a fait émerger la volonté de faire évoluer le système. Objectif : donner plus de souplesse, tout en gardant la convivialité et la coopération dans la prise de décision. Une nouvelle association fut donc créée avec un nombre égal de producteurs et de consommateurs au sein du conseil d’administration.

Les habitants qui désirent commander à la semaine s’acquittent d’un droit d’entrée unique, puis font leurs courses sur le site Internet avant le lundi soir. Les producteurs – seize à ce jour - préparent chacun leurs denrées et se retrouvent le jeudi après midi afin de confectionner la commande totale de chaque famille. Celles-ci n’ont plus qu’à venir les chercher dans l’un des dépôts – quatre à ce jour - où un producteur à tour de rôle est responsable de la distribution et de la réception des règlements.

Sur le site, on peut même organiser des covoiturages pour aller chercher les commandes. Cette formule, à chaque fois adaptée aux conditions locales, est inspirée d’autres : Le Goût d’Ici, dans le Pays de Maure, au sud de Rennes, ou La Binée Paysanne, dans les Côtes-d’Armor. Telle une ruche saine qui essaime de proche en proche...

 


Source et photo : Campagnes solidaires n° 290

Lire aussi : Des paysans bretons s’en sortent bien… en changeant l’agriculture.

 

 

 

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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 18:39

 

Source : cadtm.org

 

Chronologie : Jacques de Groote au FMI, à la Banque mondiale, au Congo, au Rwanda, en République tchèque et devant la justice suisse

 

6 décembre par Eric Toussaint

 


Jacques de Groote, ex-directeur exécutif du FMI (1973-1994) et de la Banque mondiale (1975-1991) représentant la Belgique, a été condamné en octobre 2013 par la justice suisse dans l’affaire de la privatisation frauduleuse de la principale mine de charbon de la république tchèque.

Ses coaccusés, cinq hommes d’affaires tchèques, ont écopé de peines privatives de liberté oscillant entre 36 et 52 mois de prison et d’amendes. Les cinq Tchèques ont été reconnus coupables de blanchiment aggravé et d’escroquerie ou de complicité d’escroquerie. Ces condamnations sanctionnent le détournement des actifs de la société minière tchèque MUS (Mosteck Uhelna Spolecnost), entre 1997 et 2003. Les cinq hommes d’affaires véreux, dont certains étaient des ex-administrateurs de la société ou des membres du Comité de surveillance, étaient parvenus à contrôler près du 97% de la société MUS. Placés sur une centaine de comptes bancaires, en Suisse, au Liechtenstein, aux Bahamas,… les montants issus de leurs malversations étaient blanchis par l’intermédiaire de plus de 30 sociétés. Selon le quotidien suisse, Le Temps, « Jacques de Groote a participé à cette gigantesque tromperie et a touché près d’un million de francs suisses à titre de rémunération. Il a joué un rôle trouble en accréditant la thèse d’investisseurs étrangers. Grâce à lui, les cinq hommes d’affaires tchèques ont pu avancer masqués. » |1| « Il a abusé de l’excellente réputation qu’il avait » et a fourni aux autorités et aux médias tchèques des informations qu’il savait « contraires à la réalité », a déploré lors de la lecture du verdict Jean-Luc Bacher, président du tribunal |2|. Selon le quotidien La Libre Belgique qui lui est généralement favorable, Jacques de Groote, suite à sa condamnation, a déclaré : "J’introduirai un recours contre cette décision pour faire valoir ma bonne foi. Il est en effet essentiel pour moi de mettre fin à une suite de procédures qui durent depuis plus de dix ans et qui m’ont ruiné moralement, financièrement et - à 86 ans - physiquement" |3|.

Au-delà du périmètre strict du procès, il est intéressant de se pencher sur la trajectoire de Jacques de Groote car il constitue une figure emblématique du FMI et de la Banque mondiale. Il y a un lien entre son rôle dans ces institutions et l’affaire dont s’est saisie la justice suisse.

Chronologie

1960 : Jacques de Groote participe comme fonctionnaire belge à la table ronde qui prépare l’indépendance du Congo belge proclamée le 30 juin 1960.

14 septembre 1960 : Mobutu fait un coup d’Etat contre le président Joseph Kasavubu et le premier ministre Patrice Lumumba. Est mis en place un collège des commissaires généraux avec, à leur tête, Justin Bomboko.

Octobre 1960 : Mobutu fait arrêter Patrice Lumumba.

17 janvier 1961 : assassinat de Patrice Lumumba au Katanga. La Belgique, Mobutu et des dirigeants politiques katangais, dont Moïse Tshombé, sont activement impliqués dans ce meurtre. La CIA de son côté avait également eu pour mission d’assassiner Lumumba.

D’avril 1960 à mai 1963 : J. de Groote est, à Washington, l’assistant du Directeur exécutif belge au FMI et à la Banque mondiale.

1961 : Mobutu repasse les rênes du pouvoir à Joseph Kasavabu qui le nomme commandant en chef de l’armée.

24 novembre 1965 : Mobutu destitue le président Joseph Kasavubu et prend le pouvoir avec l’appui du haut commandement de l’armée, des autorités belges et des Etats-Unis. A partir de ce moment, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international soutiennent activement le régime dictatorial de Mobutu.

De mars 1966 à mai 1969 : J. de Groote est conseiller économique du Congo et conseiller du gouverneur de la Banque Nationale du Congo à Kinshasa. Il s’occupe notamment de l’Union minière (Gécamines).

De mai 1969 à novembre 1973 : il est conseiller financier à la délégation belge à l’OCDE à Paris.

1970 : le MPR de Mobutu devient « parti-unique ». Voyage officiel du roi des Belges, Baudouin et de la reine Fabiola pour le 10e anniversaire de l’indépendance. La Belgique, les Etats-Unis, la France et d’autres puissances occidentales soutiennent militairement et financièrement le régime mobutiste.

De 1973 à 1994 : J. de Groote occupe à Washington un poste de directeur exécutif au FMI en représentation de la Belgique qui préside un groupe de pays pesant 5 % dans les votes (soit plus que la France, la Grande Bretagne, la Chine ou l’Inde). De 1973 à 1991, il est également directeur exécutif à la Banque mondiale. A la fin de son mandat, le groupe qu’il présidait était composé de la Belgique, de la République tchèque, de la Slovaquie, de la Slovénie, de l’Autriche, du Luxemburg, de la Turquie, du Belarus, de la Hongrie et du Kazakhstan.

Mai 1978 : intervention de troupes belges et françaises à Kolwezi pour soutenir Mobutu contre une rébellion anti-mobutiste.

De 1980 à 1989 : J. de Groote est membre du jury de la Fondation Roi Baudouin qui « lutte contre la pauvreté et le sous-développement ».

Début des années 1980 : selon J. de Groote, les autorités rwandaises lui auraient demandé de les représenter au sein de la Banque mondiale. J. de Groote intervient en faveur d’une dévaluation du franc rwandais, ce qui sert notamment les intérêts de la mine Géomines du Baron van den Branden qui ensuite obtient de la banque belge Nagelmaekers qu’elle fasse un prêt à J. de Groote. Les faits sont dénoncés plus tard par le Wall Street Journal. Dans une interview au quotidien Le Soir, J. de Groote a répondu à ces accusations : « …ce n’est pas ma faute si j’ai un ami qui avait une mine au Rwanda. Et si j’ai sollicité un prêt par son intermédiaire, c’est parce que je voulais éviter de le demander à des banques avec lesquelles j’avais des liens familiaux. »4

Au début des années 1980, quand éclata la crise de la dette du Tiers-monde, le Rwanda (comme son voisin, le Burundi) était très peu endetté. Alors qu’à cette époque la Banque mondiale et le FMI abandonnaient leur politique active de prêts et prêchaient l’abstinence dans les autres pays, ils adoptèrent une attitude toute différente avec le Rwanda et le Zaïre de Mobutu auquel ils prêtèrent massivement. Ainsi, la dette extérieure du Rwanda a été multipliée par vingt entre 1976 et 1994.

1982 : le Rapport Blumenthal rédigé à la demande du FMI est rendu public. Il dénonce la corruption systématique du régime Mobutu. Malgré cela, la Banque mondiale et le FMI augmentent les crédits octroyés au régime mobutiste.

Selon le Wall Street Journal, J. de Groote est intervenu pour informer les autorités de Kinshasa de ce qu’attendait d’elles la mission du FMI qui se préparait à visiter le pays en 1982. L’enjeu portait sur le versement d’un prêt de 246 millions de dollars par le FMI.

1986 : selon le Wall Street Journal, J. de Groote rend visite à Mobutu dans sa villa du Sud de la France au mois d’août 1986.

1989-1991 : chute du Mur de Berlin et implosion de l’Union soviétique, le régime de Mobutu n’est dorénavant plus utile aux puissances occidentales, à la Banque mondiale et au FMI.

Décembre 1990 : le Wall Street Journal publie les résultats d’une longue enquête de sa rédaction à propos de Jacques de Groote. Le journal établit que de Groote a usé systématiquement de son influence au sein du FMI et de la Banque mondiale pour servir les intérêts du dictateur Mobutu. La rédaction considère qu’il y a conflit d’intérêt : de Groote aurait tiré des avantages financiers de sa fonction. Le quotidien financier affirme également que de Groote a obtenu un bénéfice de son action au sein de la Banque mondiale et du FMI en ce qui concerne le Rwanda.

Fin 1990 : Jacques de Groote et Alain Aboudarham entament une collaboration. Le premier rend des services au second en aidant la société d’A. Aboudarham à alléger sa facture fiscale en République tchèque et obtenir un contrat pour la construction d’un pipeline en Inde.

1991 : fin du mandat de J. de Groote à la Banque mondiale.

En 1991 : le FMI rompt les relations avec le Zaïre. La Banque mondiale fera de même en 1993. Sans nouveaux apports de fonds étrangers, le Zaïre de Mobutu ne dispose plus de liquidités suffisantes pour satisfaire au remboursement de sa dette et il en suspend le service en 1994.

1992-1994 : Alain Aboudarham écrit : « Le travail de conseil fourni par M. de Groote auprès de ma société, pour les seules années 1992 à 1994, lui a permis de percevoir des commissions d’environ 1 292 902 $. »

1994 : fin du mandat de J. de Groote au FMI.

Avril-juin 1994 : génocide au Rwanda, plus de 900 000 Tutsis et des opposants Hutus sont assassinés. La France intervient militairement pour soutenir le régime génocidaire et exfiltrer des génocidaires vers le Congo-Kinshasa. Le CADTM a mis en cause la Banque mondiale et le FMI qui ont dicté au Rwanda des politiques socialement néfastes et ont soutenu la dictature du général Habyarimana jusqu’en 1993.

1997 : chute du régime de Mobutu.

1998 : la privatisation frauduleuse de la mine MUS en République tchèque commence.

En 1998-1999 : J. de Groote devient président d’Appian Group, société suisse établie à Fribourg, spécialisée dans des investissements dans les entreprises privatisées d’Europe centrale et de l’Est, en particulier en République tchèque. Selon le Financial Times, en 2004, Appian Group occupait 15 000 employés et possédait outre la mine MUS (acquise en 1998), le groupe Skoda engineering (lui aussi privatisé).

2000 : un prêt de 500 000 dollars consenti à Jacques de Groote par Alain Aboudarham tourne mal. Leurs relations s’enveniment.

2002 : Alain Aboudarham fait pression sur Jacques de Groote et ses associés tchèques pour récupérer son argent, sans succès.
Décembre 2004 : Alain Aboudarham écrit à la justice suisse pour « faire éclater l’affaire ».

Juin 2005 : Alain Aboudarham est convoqué par la justice pour détailler sa dénonciation. Dans la foulée, le Ministère public de la Confédération helvétique (MPC) ouvre une enquête.

Entre 2004 et 2006 : aux Etats-Unis, différents tribunaux jugent le litige entre Alain Aboudarham et Jacques de Groote.

2006 : le CADTM, informé des procès aux Etats-Unis, interroge Gino Alzetta, le directeur exécutif pour le groupe présidé par la Belgique au sein de la Banque mondiale, à propos du comportement de J. de Groote. Gino Alzetta a affirmé qu’il ne voyait rien de répréhensible dans le comportement de J. de Groote.

Janvier-mars 2008 : au fil d’une « enquête internationale financière complexe », les autorités suisses ordonnent le gel de 660 millions de francs suisses sur une centaine de comptes bancaires en Suisse.

21 octobre 2011 : le Ministère public de la Confédération helvétique (MPC) transmet un acte d’accusation au Tribunal pénal fédéral, accusant Jacques de Groote et six ressortissants tchèques de, entre autres, blanchiment d’argent aggravé et escroquerie.

13 mai 2013 : le procès s’ouvre à Bellinzona dans le Tessin suisse. J. de Groote refuse de se rendre sur place et nie toute culpabilité.

Mai 2013 : pour la deuxième fois, le CADTM interpelle Gino Alzetta, représentant de la Belgique à la Banque mondiale concernant les faits reprochés à J. de Groote. Gino Alzetta réitère son soutien à J. de Groote.

Juillet 2013 : le ministère public de la confédération helvétique (MPC) a requis une peine de deux ans de prison avec sursis et le paiement de 162 000 euros (200 000 francs suisses) contre Jacques de Groote.

Octobre 2013 : Jacques de Groote a été condamné par la justice suisse pour escroquerie. Les 5 Tchèques qui ont organisé la fraude sont condamnés à des peines de prison ferme. Les fonds gelés (660 millions de francs suisses) seront versés aux victimes tchèques de la fraude qui a eu lieu lors de la privatisation.

 

Sources : Biography : Dr. Jacques De Groote http://www.zoominfo.com/p/Jacques-D... ; Le Temps, Wall Street Journal, Le Soir et recherches de l’auteur.

Le livre Procès d’un Homme Exemplaire est disponible en commande sur le site du CADTM.

Notes

|1| Le Temps, « CH/TPF : épilogue d’une escroquerie au préjudice de l’Etat tchèque » ,
http://www.letemps.ch/Page/Uuid/0fc...

|2| Le Temps, « Les six accusés de l’affaire MUS sont déclarés coupables » http://www.letemps.ch/Page/Uuid/474...

|3| La Libre Belgique, "Jacques de Groote condamné à une amende avec sursis", 11 octobre 2013 http://www.lalibre.be/economie/jacq...

 

Eric Toussaint, président du CADTM Belgique (Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde, www.cadtm.org), est maître de conférence à l’université de Liège. Il est l’auteur de Procès d’un homme exemplaire, Edition Al Dante, Marseille, septembre 2013 ; Banque mondiale : le coup d’Etat permanent, Edition Syllepse, Paris, 2006, téléchargeable : http://cadtm.org/Banque-mondiale-le... Voir également Eric Toussaint, Thèse de doctorat en sciences politiques présentée en 2004 aux universités de Liège et de Paris VIII : « Enjeux politiques de l’action de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international envers le tiers-monde », http://cadtm.org/Enjeux-politiques-... Eric Toussaint est coauteur avec Damien Millet de 65 Questions, 65 Réponses sur la dette, le FMI et la Banque mondiale, Liège, 2012 (version en téléchargement libre sur internet : http://cadtm.org/65-questions-65-re... ) ; La dette ou la vie. coédition CADTM-Aden, Liège-Bruxelles, 2011. Prix du livre politique octroyé par la Foire du livre politique de Liège http://www.cadtm.org/Le-CADTM-recoi... .

 

 

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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 18:29

 

Source : mediapart.fr

Forages dans le Nord : pourquoi aller plus loin ?

|  Par Jade Lindgaard

 

 

La société Gazonor, propriété d’une filiale du Belge Albert Frère, veut forer le gaz de couche de l’ancien bassin minier du Nord-Pas-de-Calais. Officiellement, elle exclut le recours à la fracturation hydraulique. Dans les faits, c’est plus compliqué.

Ce devait être une simple formalité administrative : la société Gazonor, exploitant du grisou dans les anciennes mines de charbon du Nord-Pas-de-Calais depuis 25 ans, demande à l’État la prolongation de ses concessions, qui arrivent à expiration. Ce pompage est nécessaire pour des raisons de sécurité. Pour rallonger un contrat de ce type, une simple enquête publique suffit. Elle s'est terminée vendredi 6 décembre.

 

Coupe schématique d'un forage d'exploitation (Gazonor). 
Coupe schématique d'un forage d'exploitation (Gazonor).



Mais une surprise se loge dans le dossier déposé par l’entreprise : elle ne demande pas seulement à tirer le gaz de mine, dénomination officielle du grisou. Elle veut aussi exploiter le gaz de couche, enfoui bien plus profondément sous la terre. Ce type de gaz est exploité aux États-Unis et en Australie par fracturation hydraulique, une technique interdite en France depuis 2011. Si bien que sur place, des voix s’élèvent contre le projet, et qu’un collectif d’opposants s’est constitué en juin dernier : Houille, ouille, ouille. Ils exigent le rejet de la demande de prolongation, et réclament une étude d’impact sur les conséquences environnementales du forage des gaz de couche. « Si l’on parle de prolongation, ce devrait être la prolongation de la même activité, or le dossier de Gazonor est très clair : ils veulent exploiter le gaz de couche et créer des unités de production d’électricité », explique Christine Poilly, une porte-parole du collectif. Gazonor projette en effet de produire du courant à partir de ce gaz que jusqu’ici il revend sous sa forme initiale à GDF. Le filon est en plein essor : la France oblige désormais EDF à racheter cette électricité, et veut financer ce soutien public par une hausse de la contribution au service public de l’électricité (CSPE). Un tarif d’obligation d’achat est en cours d’élaboration (voir ici).

Dans le dossier de demande adressé par Gazonor aux services de l’État, on lit que « pour développer ses capacités de productions, Gazonor mettra en place de nouveaux sondages d’accès au gisement ou des sondages pour extraire du gaz de couche » et que la société a lancé ces dernières années diverses études pour « quantifier plus précisément » les capacités du gisement en CBM, c’est-à-dire le « Coal bed methane », dénomination internationale du gaz de couche. La profondeur prévisionnelle de ces puits se situe entre 1 500 et 1 600 mètres.

Dans le mémoire technique, on voit encore que Gazonor « a comme objectif de développer ses ressources gazières que ce soit en CMM (le gaz de mine, ndlr) ou en CBM ». Plus précisément, la société indique avoir déposé deux demandes d’ouverture de travaux miniers pour effectuer des sondages d’exploration, dans l’objectif  « de rechercher de nouveaux potentiels d’hydrocarbures gazeux dans des secteurs non exploités (CBM) des faisceaux charbonneux du Westphalien et du Namurien ». À plusieurs reprises, l’exploitant affirme exclure de recourir à la fracturation hydraulique. Mais, indique Christine Poilly, « je ne crois absolument pas qu’ils puissent forer ces gaz sans fracturation hydraulique ».

 

 

Un événement a mis de l’huile sur le feu : en juillet dernier, la direction régionale de l’environnement (Dreal) a publié deux arrêtés d’autorisation de forages, sur les communes d’Avion et de Divion (Nord). Ils correspondent à deux permis de recherche attribués à Gazonor en sus de ses concessions, les permis de Sud-Midi et du Valenciennois, à cheval sur les départements du Nord et du Pas-de-Calais.

Premier problème : les arrêtés n’ont pas été rendus publics, malgré les demandes d’associations et d’élus. Le maire adjoint de la commune voisine de l’un des puits, Daniel Ludwikowski, s’est même vu répondre par la préfecture que ces documents administratifs ne pouvaient lui être transmis par manque d’effectifs.

Second problème, plus épineux : en 2009, Gazonor avait déposé une première version de sa demande pour ces permis de recherche. Dans le document concernant le permis « Sud midi », dont Mediapart s’est procuré un extrait, l’exploitant annonce vouloir sonder le sous-sol minier par fracturation hydraulique : « Un niveau de charbon sera sélectionné pour la mise en œuvre de techniques de fracturation hydraulique en fonction de la perméabilité du charbon », peut-on y lire, p. 32 (voir ci-dessous le document).

Extrait de la première demande de permis par Gazonor, en 2009.  
Extrait de la première demande de permis par Gazonor, en 2009.

Après le vote de la loi Jacob interdisant cette technique en 2011, la société a déposé une nouvelle demande de permis, toute référence à la fracturation hydraulique en a cette fois disparu. Or le périmètre de ce permis est limitrophe des concessions dont Gazonor demande la prolongation. Le forage des gaz de couche rouvre-t-il la porte à la fracturation hydraulique ? « Cette technique est interdite en France », rappelle le ministère de l’écologie. Mais rien n’interdit de penser que le gazier pose des pions et parie sur une éventuelle autorisation, à terme, de ce mode opératoire à titre expérimental.

« Un des rares dossiers économiques qu’on a ici »

 

Processus de traitement du gaz de mine (Gazonor). 
Processus de traitement du gaz de mine (Gazonor).

« Il y a une grande confusion entre les gaz de mine, de couche et de schiste », explique Karim Ben Slimane, chef du département de prévention et sécurité minière au bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), chargé de la surveillance du bassin minier nordiste. « D’un point de vue géologique, la différence fondamentale, c’est que le charbon est plus poreux que le schiste. Il est en quelque sorte à la fois la roche mère et le réservoir à gaz. Dans le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, les gisements de gaz de couche sont fracturés par la faille du midi. Il est donc théoriquement possible de produire ces gaz sans fracturation hydraulique. Mais ce n’est qu’une hypothèse. La seule façon de le confirmer, c’est de forer. » D’où les deux permis délivrés l’été dernier.

En Lorraine, la société European Gas Limited (EGL), l’ancien propriétaire de Gazonor, explore déjà le sous-sol en quête de gaz de couche, dans le cadre de permis exclusifs de recherche qu’elle détient en Moselle (Bleue Lorraine, Bleue Lorraine Sud). Mais son forage actuellement en cours à Tritteling-Redlach (Moselle-Est) rencontre des problèmes techniques. Il est à l’arrêt depuis plusieurs jours. L’ONG écologiste France nature environnement (FNE) a déposé deux recours pour l’annulation de ces permis. C’est le même EGL qui doit forer les puits nordistes de Gazonor, racheté en 2011 par Transcor France, une filiale du groupe du milliardaire belge Albert Frère.

Dans le Nord, EGL prévoit de forer « en arête de poisson », selon une courbe parallèle au plan de la couche de charbon, à l’horizontal. Depuis le tube principal, de multiples drains doivent pénétrer dans la couche pour aspirer le gaz qui y repose. Pour Ben Slimane du BRGM, c’est de « la haute technologie » mais avec un appareil de forage classique. Le forage traverse la nappe phréatique, un mode opératoire habituel des forages pétroliers franciliens, ajoute l’expert. Tout cela est très coûteux et l’un des enjeux pour Gazonor sera d’évaluer si la quantité d’hydrocarbures présente dans le charbon situé sous les anciennes mines va suffire à rentabiliser d’onéreuses opérations

 

Sondage de gaz de mine à la station de captage de Divion (Nord). 
Sondage de gaz de mine à la station de captage de Divion (Nord).

« Ils veulent réindustrialiser le Pas-de-Calais en relançant la production charbonnière », analyse Dominique Plancke, conseiller régional EELV, qui pointe la contradiction entre cette quête aux énergies fossiles, émettrices de gaz à effet de serre, et le plan climat régional qui vise 100 % d’énergies renouvelables en 2050 et une baisse de 60 % de la consommation énergétique, sur la base d’un « master plan » développé par l’économiste américain Jeremy Rifkin.

Bertrand Péricaud, conseiller régional PCF, et président d’une mission régionale sur les gaz de couche, ne cache pas son soutien à l’exploitation des gaz de l’ancien bassin minier : « C’est un des rares dossiers économiques qu’on a ici, à deux encablures de Marine Le Pen. On est sur la ligne de front. On est tout seuls. Quel score fera le Front national aux prochaines élections ? Marine Le Pen peut-elle nous prendre la région Nord-Pas-de-Calais ? Je n’ai pas d’industriel qui nous propose de fabriquer chez nous des pales d’éoliennes et de créer 500, 1 000 emplois. Je ne parle pas de plan climat, de théorie. Je parle du concret. »

Quant aux émissions de gaz à effet de serre que dégagerait l’exploitation de ces hydrocarbures gazeux, il considère que « si on produit du gaz de houille dans la logique des circuits courts, pour consommer sur place ou pour alimenter une unité industrielle sur place, le bilan en CO2 sera moins élevé qu’avec du gaz de Sibérie qui s’est tapé des milliers de kilomètres en gazoducs ». Pas d’avenir du nord de la France sans fossile alors ? Pour l’élu communiste, c’est une évidence. « Sinon, il faut m’expliquer pourquoi on est en train de construire un port méthanier à Dunkerque. »

Géologiquement différents, gaz de schiste et de couche participent du même problème politique : tant que l’État et les industriels projetteront leur avenir énergétique dans les hydrocarbures, nous continuerons à rejeter des gaz à effet de serre et à aggraver le dérèglement climatique. Mais tant que la puissance publique échouera à programmer le développement massif de l’efficacité énergique et des sources renouvelables, les élus locaux soutiendront la vieille économie carbonée.

Opposés à la fracturation hydraulique, mais pas au principe de l’exploitation des gaz de schiste, le gouvernement et l’Élysée restent englués dans la zone grise de la loi de 2011, qui prohibe une technique mais pas un sujet, celui de l’usage toujours accru d’énergies polluantes. C’est un blocage insurmontable à la mise en œuvre d’une véritable transition écologique. 

 

Lire aussi

 

 

 

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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 18:19

 

Source : blogs.mediapart.fr/blog/jean-paul-baquiast

 

NSA. Réactions contrastées des firmes américaines de l'Internet

Le New-York Times participe avec le Guardian et quelques autres quotidiens moins connus, aux protestations (discrètes) ayant suivi les révélations par Edward Snowden de l'espionnage intensif que subissent les entreprises de l'Internet, fussent-elles américaines et traitant des échanges domestiques.

Il publie dans cet esprit un article exposant les différentes mesures que mettent en place ces firmes pour protéger les données de leurs clients, et leurs propres bases d'information. Il s'agit principalement de Google, Mozilla, Twitter, Facebook and Yahoo. L'article ci-dessous référencé en donne un exposé intéressant, mais un peu technique. Bornons nous à citer l'encryptage dit Transport Layer Security, disponible déjà depuis plusieurs années sur Internet dans le http(s). S'ajouteront bientôt le Perfect Forward Secrecy et sans doute de nouvelles versions améliorant la vitesse.

Mais le journal explique, dans un louable effort pour dédouaner la NSA et autres agences, que les utilisateurs répugnent à utiliser de tels logiciels, lesquels compliquent et alourdissent les échanges. Avec réalisme, il laisse aussi entendre que dans la course aux armements entre les adeptes du secret sur Internet et les briseurs de code, ce seront toujours les derniers qui auront le dernier mot. Ceci notamment s'ils disposent des milliards de dollars dépensés par les Etats pour pénétrer les matériels, les fichiers et les câbles.

Le Brésil prétend, comme certains autres pays, être capable de construire des Internet inaccessibles à la NSA. Mais on peut rester sceptique. Nous pensons pour notre part que le monde est entré définitivement dans l'ère de l'espionnage urbi et orbi. Les utilisateurs que nous sommes devront s'y résoudre.

Un lobbying intense

Dans le même temps, les géants américains du Net, Google, Facebook, IBM et consorts, multiplient actuellement leur lobbying à Bruxelles pour que la Commission ne mette pas en place les timides restrictions aux échanges de données personnelles actuellement envisagées par la commissaire à la Justice Viviane Reading, y compris un début de "droit à l'oubli" interdisant la conservation de ces données au delà d'un temps raisonnable. L'argument présenté est que ces réglementations diminueraient la liberté d'action de ces entreprises et donc leurs bénéfices.

Les géants du Net s'appuient pour agir à l'encontre du Parlement européen, comme l'indique un article du Monde daté du 6 décembre, sur des associations récemment crées à Bruxelles par eux, sous des noms évocateurs tels que l'European Privacy Association ou le Center for Democray and Technology. Il serait difficle de faire plus blanc que blanc.

* Article du NYT : http://www.nytimes.com/2013/12/05/technology/internet-firms-step-up-efforts-to-stop-spying.html?_r=0

* Article du Monde : Philippe Ricard, vendredi 6 décembre, p. 6.

 

 

 

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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 18:07

 

Source : euractiv.fr

 

Edward Snowden va témoigner devant les eurodéputés

 

Publié 06 décembre 2013

 

 

 

L'eurodéputé allemand Jan Philipp Albrecht vient d’annoncer qu'Edward Snowden, « le lanceur d’alerte » et acteur clef dans le scandale NSA, souhaite témoigner devant le Parlement européen.

L'audition d’Edward Snowden sur le scandale d'espionnage massif aura lieu à la commission Libertés civiles, justice et affaires intérieures (LIBE) au Parlement européen. Elle sera intégralement enregistrée au format vidéo, selon Jan Philipp Albrecht, rapporteur sur le projet de loi portant sur la protection des données.

L’Américain Edward Snowden a quitté son pays d'origine, avant de faire ses révélations qui ont mis les services de sécurité du pays dans une situation délicate. Il vit actuellement en Russie où il s'est vu accorder un droit d'asile pour une durée d'un an (voir « Contexte »).

« Edward Snowden, en tant que témoin principal dans le scandale de mise sur écoute, a souhaité témoigner en public par le biais d’une vidéo devant le Parlement européen. Ce choix représente une réussite énorme pour l'institution en question », affirme Jan Philipp Albrecht dans un communiqué.

« Edward Snowden répondra aux questions des eurodéputés de la Commission LIBE.  La réunion ne sera certainement pas à l'ordre du jour avant le 18 décembre », selon le même communiqué.

Jan Philipp Albrecht critique vertement le fait qu’aucun des responsables politiques n’ait tiré les conséquences. Il revient maintenant au Parlement européen d’agir, ajoute-t-il.

 

L'enquête parlementaire est en cours

Les eurodéputés verts avaient déjà demandé qu'Edward Snowden soit invité devant la commission, avant même qu'une enquête officielle soit lancée sur le scandale de mise sur écoute le 4 juillet. 

Lors du sommet européen des 24 et 25 octobre, la chancelière allemande, Angela Merkel, a exigé que les États-Unis concluent un accord de « non-espionnage » avec Berlin et Paris d'ici la fin de l'année. Elle a déclaré que Washington devait cesser d’espionner deux de ses plus proches alliés.

La chancelière souhaite que le président américain passe à l'action. Elle ne se contente pas d'excuses à la suite des révélations sur l'Agence américaine de la sécurité nationale (NSA), qui aurait eu accès à des dizaines de milliers de conversations téléphoniques en France et surveillé le téléphone portable privé d'Angela Merkel.

L'Allemagne et la France chercheront un accord mutuel avec les États-Unis sur la coopération entre leurs services de renseignement. D'autres États membres de l'UE pourraient éventuellement y participer par la suite.

Les États-Unis ont conclu un accord de non-espionnage avec le Royaume-Uni, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et le Canada. Cette alliance, connue sous le nom de « Five Eyes », avait été nouée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

Mais les Américains ont traditionnellement toujours rechigné à sceller un accord similaire avec d'autres alliés. Malgré leurs excellentes relations avec l'Allemagne à l’heure actuelle.

 

Colère collective

De hauts fonctionnaires allemands et le président du Parlement européen, Martin Schulz, ont lancé un appel en vue de suspendre les négociations entre l'UE et les États-Unis sur l'accord de libre-échange. Ces négociations ont commencé en juillet, à la suite des révélations faites sur les pratiques d’espionnage américaines.

Le Parlement européen a soutenu en octobre le projet de loi proposé par la Commission européenne au début de l'année 2012. Ce projet a pour but de durcir les règles portant sur la protection des données, établies en 1995.

Les nouvelles règles devraient restreindre les méthodes de partage de données par des sociétés telles que Google et Facebook collectées en Europe avec des pays non européens. Ainsi, les citoyens européens pourront demander que leurs traces numériques soient effacées. Une amende de 100 millions d'euros voire plus pourra être imposée aux sociétés contrevenantes.

Si l’on en croit les propos de Jan Philipp Albrecht, des décideurs politiques européens mais aussi du monde entier suivront l’audition.

 

Prochaines étapes : 
  • Après le 18 décembre : Edward Snowden témoignera par l’intermédiaire d’une vidéo devant le Parlement
EurActiv.fr — Article traduit de l'anglais

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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 17:53

 

 

Source : mediapart.fr

Grèce: quatrième budget d'extrême rigueur

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

 

Les députés grecs ont adopté samedi soir un budget 2014 marqué par l'austérité. Mais ce budget n'a pas reçu l'aval de la troïka des créanciers de la Grèce.

Les députés grecs de la coalition conservateurs-socialistes ont adopté samedi 7 décembre à une très courte majorité un budget 2014 marqué par la rigueur. Le budget prévoit une hausse de 2,1 milliards des revenus tirés des impôts, et une baisse de 3,1 milliards des dépenses, en amputant les secteurs de la santé, des assurances sociales et de l'éducation. C'est le quatrième budget d'extrême rigueur de la Grèce depuis son placement sous perfusion financière de l'Union européenne (UE) et du Fonds monétaire international (FMI) au printemps 2010.

Pourtant, le projet de loi de finances n'a pas reçu l'aval de la troïka des créanciers de la Grèce: l’UE, la Banque centrale européenne et le FMI. Ce qui entraîne le gel du versement d'un prêt de 1 milliard d'euros négocié depuis septembre. Le point le plus litigieux porte, selon Les Echos, sur la liquidation de l'industrie de défense EAS. « Il faut faire plus sur le plan budgétaire et en ce qui concerne les réformes de la fiscalité et de l'administration publique, les privatisations », avait exhorté cette semaine, José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne après une rencontre avec le premier ministre grec Antonis Samaras à Bruxelles.

A Athènes, le premier ministre grec a lui défendu les « efforts » et « grands sacrifices » d'un pays qui a réduit son déficit budgétaire de 15 % du PIB en 2009 à 2,2 % prévu en 2013. Dans le même temps, le chômage a bondi à plus de 27 %, le PIB grec a chuté de 25 % et le pouvoir d'achat de 40 %. Les  syndicats ont dénoncé un budget qui va conduire à « une hausse du chômage, un appauvrissement de la population, l'effondrement de la cohésion sociale et une crise humanitaire sans précédent ».

Comme l'Espagne, le Portugal et l'Italie, la Grèce parie sur un retour de la croissance : le budget adopté samedi table sur une légère progression du PIB de +0,6 %, après six ans de récession. Pour la première fois depuis longtemps, un excédent primaire (hors service de la dette) devrait être atteint cette année, grâce auquel le gouvernement espère réduire à 174,8 % du PIB (320 milliards d'euros) la dette de la Grèce.

 

 

 

 

 

 

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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 19:32

 

 

Source : marianne.net

 

Tintin chez les Bisounours européens

Samedi 7 Décembre 2013 à 16:00

 

Jack Dion
Directeur adjoint de la rédaction de Marianne et grand amateur de théâtre En savoir plus sur cet auteur

 

Pour le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, la «libre circulation» des personnes est «un signe de civilisation» incontestable. Soyons clairs. Nul n'aurait l'idée saugrenue de s'offusquer de saluer la possibilité pour les touristes d'aller de Paris à Berlin comme on va d'un village à un autre. Mais Herman Van Rompuy avalise ici la mise en concurrence des salariés d'un pays à l'autre, qui constitue un vrai recul de civilisation.

 

Herman Van Rompuy - Alessandra Tarantino/AP/SIPA
Herman Van Rompuy - Alessandra Tarantino/AP/SIPA

Voici peu, Herman Van Rompuy, président du Conseil européen, a tenu à célébrer le 24e anniversaire de la chute du mur de Berlin dans la capitale allemande. Bonne idée, assurément. A cette occasion, il a fait un discours à la gloire de la liberté, de la fraternité, de l'égalité, j'en passe et des meilleures. Parmi ces fortes paroles, on a entendu ceci : «Le populisme et le nationalisme ne sont pas une réponse aux défis de notre temps.» Bravo, même si la notion de «populisme» fait partie de ces mots-valises où l'on met tout et n'importe quoi, à commencer par le mépris vis-à-vis du peuple. Passons.

A la suite de ces envolées lyriques, le bon monsieur Van Rompuy a expliqué qu'il fallait se méfier des critiques formulées à l'égard de l'immigration dérégulée, fustigeant ceux qui y voient la marque du «dumping social». A ses yeux, cela relève du faux procès.

Pour le digne représentant de l'élite bruxelloise, en effet, la «libre circulation» des personnes est «un signe de civilisation» incontestable. Soyons clairs. Nul n'aurait l'idée saugrenue de s'offusquer de saluer la possibilité pour les touristes d'aller de Paris à Berlin comme on va d'un village à un autre. Mais Herman Van Rompuy avalise ici la mise en concurrence des salariés d'un pays à l'autre, qui constitue un vrai recul de civilisation.

Dans ce cas, en effet, il s'agit d'une forme de guerre des pauvres contre les pauvres, d'une guerre où les puissants sont à la quête du moins-disant social grâce à une Europe où l'harmonisation relève du fantasme. Grâce au miracle de la concurrence non libre et complètement faussée, on fait du salaire une variable d'ajustement, on encourage le détricotage du droit du travail et on pousse au démantèlement des modèles sociaux les plus développés, à commencer par celui de la France, hérité de l'esprit du Conseil national de la Résistance.

Dénoncer le populisme et le nationalisme qui minent le rêve européen sans mettre en cause cette réalité, c'est le comble de l'hypocrisie. Comme disait Bossuet : «Dieu se rit des créatures qui déplorent les effets dont elles chérissent les causes.»

 

 


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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 19:19

 

Source : reporterre.net

 

Ecologie

 

Le réseau français et européen contre les grands projets inutiles imposés prend de l’ampleur

Geneviève Coiffard-Grosdoy

samedi 7 décembre 2013

 

 

 

Ce week-end voit se dérouler de nombreuses actions contre les Grands projets inutiles imposés. Les luttes locales ont commencé à se mettre en réseau, partageant expériences et informations. Car la même logique destructive et corrompue est à l’oeuvre dans tous ces projets lancés en Europe par les gouvernements et les multinationales.

 


 

De nombreux citoyens et peuples, en France, en Europe et dans le monde, s’interrogent de plus en plus sur la pertinence de projets pharaoniques : infrastructures liées à la production ou au transport de personnes, de marchandises, d’énergie (barrages, centrales nucléaires), de matières premières (mines) ou de ’biens’ manufacturés ; complexes touristiques, sportifs ou commerciaux...

Négligeant les conséquences pour les populations concernées, les dégâts environnementaux et climatiques induits, sur la finitude de la planète, politiques et multinationales prétendent vendre aux citoyens ces équipements au nom de l’« attractivité du territoire » ou du « développement ». Face à cette pression toujours plus forte, la mise en réseau de nombreuses luttes locales commence à se développer.

 

Un mouvement en développement

Des oppositions locales à plusieurs de ces projets ont déjà une longue histoire, mais ce qui est nouveau, c’est la mise en évidence de leurs caractéristiques communes et la mise en réseau des luttes et des alternatives. C’est ainsi que différents collectifs ont initié une réflexion collective, d’abord autour du ferroviaire, qui a abouti à la Charte d’Hendaye en janvier 2010.

La question de nouvelles LGV y est posée : outre leur coût monstrueux, elles déchirent et détruisent les territoires pour des gains de quelques dizaines de minutes, au détriment de l’entretien et de la desserte de lignes régionales qui répondent, elles, au besoin des populations locales

Le premier Forum Européen contre les Grands Projets Inutiles (GPI) a eu lieu à Venaus, en Italie, en août 2011, à l’initiative de No-Tav (opposition à la LGV Lyon-Turin), s’ouvrant aux thématiques Transport, au-delà du ferroviaire. Une délégation de Notre Dame des Landes a répondu à l’invitation des amis italiens, qui nous ont ’passé le flambeau’.

Le deuxième Forum, à Notre Dame des Landes en juillet 2012, a dépassé le thème des transports, intégrant la question de l’énergie ou des équipements touristico-commerciaux tels le projet d’EuroVegas en Espagne. Le terme « Imposés » s’ajoute alors à la description, et les « Grands Projets Inutiles Imposés » deviennent des GPII, appellation de plus en plus souvent reprise.

 

- A Notre Dame des Landes -

 

Depuis, d’autres rencontres ont eu lieu, à Florence en novembre 2012, au Forum Social Mondial à Tunis en mars 2013, à l’Action Gran Navi à Venise (contre l’entrée de grands navires dans la lagune, qu’ils ravagent), 3° Forum contre les GPII à Stuttgard fin juillet 2013->4282].

 

L’adoption de différents textes jalonnent l’avancée de notre réflexion commune

- La charte de Hendaye (23 janvier 2010)

Consacrée au ferroviaire, réunissant des représentants d’associations (Italie, France, Espagne), rédigée après analyse des différents dégâts, elle pointe les caractères communs des projets : désastre écologique, abandon de voies existantes, mensonges, déni de démocratie. Elle affirme la volonté de créer une opposition européenne et interpelle Commission Européenne, Parlement européen et gouvernements pour l’arrêt des travaux et l’ouverture d’un véritable débat public au niveau européen sur le modèle de transport, d’aménagement du territoire et de société.

- Le texte final du Deuxième Forum contre les GPII à Notre Dame des Landes (10 août 2012)

« Rassemblés pour identifier, recenser, combattre les grands projets que nous reconnaissons inutiles, ruineux en fonds publics et socialement injustes, écologiquement destructeurs ou dangereux, et qui excluent les populations de la prise de décision... », les participants affirment leur volonté d’« expliquer et populariser largement ce concept, et se doter de moyens concrets de communication, de mutualisation d’expériences, de développement d’expertise commune. »

- La charte de Tunis

Elle renouvelle les constats, en approfondissant l’analyse de la situation, « le système économique libéral qui domine le monde est en crise profonde... les mêmes mécanismes qui endettent les Pays les plus pauvres depuis la fin de la colonisation directe sont maintenant utilisés aussi dans les Pays occidentaux ». Elle propose des pistes pour la « recherche de solutions :

• l’entretien et l’optimisation des infrastructures existantes ;
• la transformation profonde du modèle économique et social aujourd’hui en profonde crise, en faisant notamment de la proximité et de la relocalisation de l’économie, de la protection des terres agricoles, de la sobriété énergétique et de la transition vers les énergies renouvelables décentralisées, nos priorités ;
• la restitution de la capacité de décision aux populations...
• de nouvelles relations entre les peuples au sud comme au nord, des relations de solidarité qui rompent définitivement avec la logique de domination et d’impérialisme. »


- A Tunis -

 

- Enfin la déclaration finale de Stuttgart, en juillet 2013.

Après le rappel des textes antérieurs, elle réaffirme « la volonté de renforcer les liens entre les différents mouvements d’opposition, au niveau national et international, en incluant ceux d’autres continents.
Ils déclarent qu’ils seront présents dans les débats pour les prochaines élections européennes.
Ils appellent dès aujourd’hui les mouvements d’opposition, l’ensemble de la classe politique et de la société civile à faire respecter toute les dispositions de la Convention Européenne des Droits de l’Homme ; de même, ils appellent à exiger la signature des Décrets d’application de la Convention d’Aarhus.
Dès maintenant ils ont décidé de se retrouver pour un 4ème Forum contre les Projets Inutiles et Imposés qui aura lieu à Roşia Montană, Roumanie, du 1er au 4 mai 2014 »
.

 

- Près de Stuttgart -

 

Un réseau pour la convergence des luttes

En dépit de grandes similitudes entre les projets et les résistances, les mobilisations sont forcément marquées par les actualités locales, les acteurs sont variés… En ce sens, des structures ’verticales’ (syndicats, partis, grandes ong...) sont peu pertinentes, et c’est bien la nécessité d’une mise en réseau qui s’impose.

Réunir les opposants à l’EPR finlandais et à celui de Flamanville, les opposants à la LGV pays Basque du nord (côté français) et du sud fait sens. La mise en réseau nous permet d’échanger et de nous entraider sur les différentes formes de lutte : « Cherchez les conflits d’intérêt... et vous verrez, vous en trouverez... » ont sussuré les amis de l’opposition Lyon Turin à d’autres luttes qui n’avaient pas forcément exploré cette piste..., et on pourrait multiplier les exemples.

Pour autant ceci ne nous exempte pas de la recherche de solidarités locales (syndicats ouvriers et paysans, associations), en particulier sur les problèmes de l’emploi.

Enclencher la lutte suffisamment en amont d’un projet est identifiée par tous comme condition nécessaire pour mener des luttes gagnables, dont tous seront bénéficiaires.

 

8 décembre : 3è journée européenne contre les GPII (Grands Projets Inutiles Imposés)

Une mise en visibilité du réseau est la tenue (désormais européenne, mais aussi au-delà) de journées d’actions à la même date.

Pour l’opposition au projet d’aéroport de Notre Dame des Landes, des dizaines de points de visibilité et d’intervention sont prévus pour la journée du 8 décembre, en particulier en Bretagne. Ce n’est plus un secret de polichinelle, ils concerneront des zones ’autour’ d’axes routiers. Les personnes intéressées sont invitées à consulter leur comité le plus proche (liste par carte et contact).
D’autres groupes organiseront des soirées (CADE, No Tav...).

 

Actualiser la carte des GPII

Enfin cette journée est l’occasion de lancer un appel pour mise à jour de la carte des GPII.

Cette carte, démarrée par Nicolas H. (membre d’Attac et de l’Aitec) est un début de (gros) travail, qu’il faut actualiser et entretenir.

Nous vous invitons à consulter cette carte (par exemple à partir de ce lien) et d’envoyer vos GPII et à l’enrichir.

 

Renforçons notre réseau au niveau mondial !

Cela nécessite la mise en mouvement de millions de citoyens... et de vous !

 


 

Compléments d’info :

- Actions à Paris et en Ile-de-France : Costif
- Manifestation ce samedi à Orléans : SPLF45.
- Manifestation ce samedi à Brest : Courriel à Reporterre.



 

Source et photos : Geneviève Coiffard-Grosdoy (membre de l’ACIPA et de Attac) pour Reporterre.

Lire aussi : A Lyon, la ZAD contre le Grand stade résiste toujours.

 


 

Pour une information libre sur l’écologie, soutenez Reporterre :

 

 

 

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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 19:13

 

Source : reporterre.net

 

Libertés - Reporterre

 Contre la censure scientifique, Reporterre place en ligne l’étude originale de Gilles-Eric Séralini et de son équipe

 

vendredi 6 décembre 2013

 

 

 

Un cas unique de censure scientifique : la revue Food and chemical toxicology a fini par retirer l’étude de l’équipe de M. Séralini sur les OGM et le Roundup. Au seul motif que ses résultats ne seraient "pas concluants". Comme des milliers d’études publiées dans les revues scientifiques. Reporterre met en ligne cette étude, pour qu’elle reste facilement accessible.

 


 

La revue Food and Chemical Toxicology, dont un récent membre du comité scientifique est un ancien employé de Monsanto, a fini par retirer l’article de Gilles-Eric Séralini et de son équipe, publié en septembre 2012.

C’est un cas extraordinaire de censure scientifique. Il n’est pas reproché à cette étude d’erreur ou de fraude, mais que ses résultats ne sont "pas concluants", ce qui est le cas de milliers d’études publiées dans les revues scientifiques.

Reporterre place ici la version originale de cette étude, de façon à ce qu’elle reste disponible en téléchargement :

PDF - 2.2 Molien

L’épisode précédent de cette incroyable histoire : OGM : une nouvelle offensive est lancée contre l’étude de l’équipe Séralini.

Voir aussi la vidéo : EXCLUSIF : Séralini répond à ses détracteurs.

 


 

Source : Reporterre

 


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          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



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