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30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 18:18

 

 

Source : www.lemonde.fr

 

Avortement: la régression espagnole

LE MONDE | 30.12.2013 à 11h55 • Mis à jour le 30.12.2013 à 16h03

 
 

Il fut un temps où l'Espagne montrait la voie en matière de droits des femmes. Le socialiste José Luis Rodriguez Zapatero innova en mettant en pratique, en 2004, une authentique parité au gouvernement. C'est aussi à Madrid qu'a été conçue et appliquée l'une des politiques les plus progressistes d'Europe pour lutter contre le fléau de la violence conjugale.

Malheureusement, la dynamique s'est inversée. Si l'Espagne revendique aujourd'hui un rôle pionnier sur les droits des femmes, c'est dans la régression. Le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy est en train d'opérer un virage à 180 degrés sur l'avortement. L'avant-projet de la loi de protection de la vie de l'être conçu et des droits de la femme enceinte, présenté en conseil des ministres peu avant Noël, supprime purement et simplement le droit des femmes à décider librement d'interrompre leur grossesse. Ce droit, consacré par une loi entrée en vigueur en 2010, en autorisant l'avortement sans condition de motif jusqu'à la quatorzième semaine de grossesse, avait considérablement libéralisé la législation postfranquiste de 1985.

Le nouveau texte, proposé par le ministre de la justice, Alberto Ruiz Gallardon, et qui doit être bientôt soumis au Parlement, est plus restrictif encore que celui de 1985. Il n'autorise l'avortement que dans deux cas : s'il y a eu viol et si la santé physique ou psychique de la mère est menacée « de manière durable ou permanente ». Ce risque devra être certifié par deux médecins différents, étrangers à l'établissement où serait pratiquée l'IVG. La loi de 1985 permettait l'avortement en cas de malformation du foetus, ce que ne prévoit plus le projet de loi actuel. « On ne peut laisser la vie du foetus dépendre exclusivement de l'avis de la mère », a jugé M. Ruiz Gallardon.

M. Rajoy avait promis, pendant la campagne électorale, de revenir sur la loi de 2010, très critiquée par l'épiscopat espagnol et la droite conservatrice, mais il n'avait pas laissé entendre que ce serait de manière aussi radicale. Cette initiative n'est fondée sur aucune justification de santé publique, puisque le nombre d'IVG pratiquées en Espagne était en baisse en 2012. Les motivations du ministre de la justice sont, en réalité, d'ordre idéologique : M. Ruiz Gallardon déclare « en avoir fini avec le mythe de la supériorité morale de la gauche » et veut à présent porter sa croisade antiavortement devant le Parlement européen.

Le gouvernement espagnol est, dans ce domaine, à contre-courant. Vingt des vingt-huit Etats de l'UE reconnaissent le droit des femmes à décider librement de leur grossesse dans les douze à quatorze premières semaines. Six l'assortissent de conditions ; seuls deux, Malte et l'Irlande, interdisent l'avortement. Ce droit, acquis de haute lutte par les femmes comme une reconnaissance de leur liberté de disposer de leur corps, est un droit fondamental. M. Rajoy commet une grave erreur en en faisant un instrument de reconquête idéologique.

Lire le récit : Le gouvernement Rajoy veut lancer une croisade contre l'avortement en Europe

 

 

Source : www.lemonde.fr

 

 

 

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30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 18:07

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

La NSA américaine a piraté Orange

|  Par JeromeHourdeaux

 

 

Selon des documents fournis par Edward Snowden, une unité spéciale de hackers de l'agence américaine a introduit un virus dans le réseau informatique d'un consortium de seize sociétés – dont Orange –, gérant le câble sous-marin qui achemine les communications téléphoniques et internet depuis Marseille vers l'Afrique du Nord, les pays du Golfe et l'Asie.

Hambourg, de notre envoyé spécial

La NSA a réussi à pirater, au mois de février 2013, le réseau informatique du consortium gérant un important câble de communication qui relie la France à l’Afrique Nord et à l’Asie, rapporte, dimanche 29 décembre, Spiegel Online. Mediapart a eu accès à des sources qui confirment ces informations.

Selon des documents fournis par Edward Snowden au site allemand, les services de renseignement américains ont réussi à introduire un virus informatique dans le réseau de l’organisation gérant le câble sous-marin dit « SEA-ME-WE-4 ». Ce câble part de Marseille pour acheminer les communications, téléphoniques et internet, vers la Tunisie, l’Algérie, l’Égypte, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, puis le Pakistan, l’Inde, le Bangladesh, la Thaïlande, la Malaisie et Singapour.

 

Le trajet du câble SEA-Me-We-4 
Le trajet du câble SEA-Me-We-4 © Wikipedia

Ces câbles sous-marins offrent, à celui qui les contrôle, l’accès à une quantité formidable d’informations. Au nombre d’environ 250 sur l’ensemble de la planète, ils constituent le véritable squelette de l’internet mondial par lequel transite la quasi-totalité des communications. Chaque câble relie en effet plusieurs pays ou continents en se connectant à une série de points d’entrée, appelés Internet Exchange Points, qui ensuite redistribuent le trafic au sein du territoire concerné. Le câble « SEA-Me-We-4 », lui, part du point appelé « Marseille internet eXchange », situé au cœur de la cité phocéenne et géré par un consortium de seize sociétés dont le groupe de télécommunication français Orange.

Le 21 juin, le quotidien britannique The Guardian avait déjà révélé l’existence d’un programme, baptisé Tempora, développé depuis 18 mois par l'agence de renseignement britannique GCHQ en partenariat avec la NSA, qui permet l’interception des données circulant sur les très nombreux câbles situés au Royaume-Uni. Selon les documents fournis à l'époque par Edward Snowden, les données sont conservées 30 jours, le temps d’être triées et analysées. Au mois de mai dernier, pas moins de 300 analystes britanniques et 200 américains travaillaient sur le programme Tempora. En Grande-Bretagne, cette surveillance aurait été effectuée avec la collaboration d’entreprises britanniques, qualifiées dans les documents fournis par Edward Snowden au Guardian, de « partenaires d’interception ».

Dans le cadre de la France, il ne semble pas que l’opérateur historique français Orange ait eu, lui, son mot à dire. La NSA a réalisé un véritable piratage du réseau informatique gérant le câble. Selon un document classé top secret, fourni au Spiegel par Edward Snowden, une unité spéciale de la NSA spécialisée dans le hacking, l'Office of Tailored Acces Operation (bureau des opérations d’accès adaptées), ou TAO, a en effet introduit un virus informatique lui permettant d’accéder aux outils de gestion du consortium. Le document affirme ainsi que, le 13 février 2013,  la TAO « a réussi à collecter les informations de gestion des systèmes du câble sous-marin SEA-Me-We ». L’agence se vante ainsi d’avoir « eu accès au site de gestion du consortium et d’avoir collecté les informations du réseau de niveau 2 qui montre la cartographie d’une partie significative du réseau ».

Pour mener cette attaque, la NSA aurait utilisé une technique baptisée « QUANTUMINSERT », déjà utilisée par le GCHQ pour infiltrer les ordinateurs de l’opérateur téléphonique belge Belgacom ou encore ceux du siège de l’organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEC). Mais cette intrusion n’aurait été qu’un début. « D’autres opérations sont prévues pour le futur afin de collecter plus d’informations sur celui-ci et sur d’autres systèmes de câble. »

L’article du Spiegel revient également largement sur les méthodes et les opérations menées par la TAO, qualifiée de véritable « unité de hacking de la NSA », basée à San Antonio en Californie et développée après les événements du 11 septembre 2001. Cette unité spéciale intervient dans de très nombreuses opérations, que ce soit la lutte contre le terrorisme, les cyberattaques ou encore l’espionnage. Selon les documents diffusés par Edward Snowden, la TAO aurait notamment pour habitude d’utiliser les nombreuses failles de sécurité des produits informatiques de sociétés telles que Microsoft, Cisco, ou encore le chinois Huawei. Elle est également chargée de mener « des attaques agressives » sur certaines cibles. Ainsi, sur la dernière décennie, rapporte le site du Spiegel, elle aurait réussi à accéder à 258 cibles situées dans 89 pays.

Pour cela, la NSA a spécialement recruté des spécialistes, souvent issus du monde du hacking, qualifiés de « plombiers digitaux » par le site, souvent plus jeunes que la moyenne des agents de l’agence. Spiegel Online rappelle d’ailleurs que, ces dernières années, le directeur de la NSA, Keith Alexander, a fait plusieurs apparitions remarquées lors des principales réunions de hackers aux États-Unis.

Le directeur de la NSA Keith Alexander lors de la conférence de hackers Blackhat 2013 © (Reuters)

Il est de notoriété publique que les agences de renseignement du monde entier n’hésitent pas à recruter directement certains de leurs agents au sein de la communauté des hackers. La publication de l’article du Spiegel intervient d’ailleurs en plein 30e congrès du Chaos Computer Club (CCC), la principale organisation de hackers

 

Le directeur de la NSA Keith Alexander lors de la conférence de hackers Blackhat 2013

 

d’Europe, qui se tient depuis le 27 décembre à Hambourg en Allemagne. Un événement auquel assistent notamment plusieurs proches collaborateurs d’Edward Snowden dont les journalistes du Spiegel Laura Poitras et Jacob Appelbaum, signataires de l’article, ainsi que Glenn Greenwald. Lors d’un discours d’ouverture prononcé en duplex depuis le Brésil, ce dernier a semblé avertir les hackers présents en les appelant à fabriquer des « outils de libération » pour contrer « les outils d’oppression ». « Les gens, comme ceux dans cette salle, vont-ils travailler pour ceux qui détruisent le monde, ou vont-ils travailler pour le bien de l’humanité ? » leur a-t-il demandé.

 

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

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30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 17:54

 

Source : www.informaction.info

 

« Les grands médias occultent que Monsanto a poussé 284.000 paysans indiens au suicide »

 

 

 

Portrait de Renaud Schira

 

Date: 
12/11/2013

Monsanto a réussi à prendre le contrôle de la production du coton en Inde avec l’appui de gouvernements soumis, néo-libéraux et aujourd’hui 90% de la production dépend des semences et des poisons. Ce qui a entraîné une destruction du mode paysan de production du coton et l’endettement généralisé des producteurs. La conjonction de l’usage de produits toxiques qui ont mené à la dépression et à la honte de la dette, ont poussé depuis 1995 284.000 paysans indiens au suicide. Un véritable génocide occulté par les grands médias du monde entier et dont le coupable principal est l’entreprise privée Monsanto.

 

C’est pour près de 3000 personnes que la célèbre scientifique indienne Vandana Shiva a réalisé un exposé d’une heure et a répondu aux questions, ouvrant la IIIème journée internationale d’agro-écologie à Botucatu, Brésil, l’après-midi du 31 juillet 2013.

 

Vandana Shiva a commencé par raconter sa vie d’étudiante en biologie et en physique quantique à l’université, aliénée par rapport aux réalités du monde, jusqu’au choc que signifia pour elle le tragique accident survenu dans l’usine états-unienne de pesticides Union Carbide, installée à Bhopal qui causa la mort de 35 mille indiens, il y a trente ans. A partir de là, elle s’est convertie à la cause du peuple et n’a cessé d’enquêter sur les activités des entreprises transnationales dans l’agriculture. 

 

Elle est aujourd’hui considérée comme une des principales scientifiques et chercheuses en matière des atteintes à la santé et de la destruction de la biodiversité que les OGM et les produits agro-toxiques des entreprises transnationales causent dans le monde entier.

 

Elle est repartie des conséquences de la “révolution verte” des années 60, que le gouvernement des États-Unis imposa à son aire d’influence comme moyen de vendre plus de produits agro-chimiques et plus de marchandises agricoles, subjuguant la paysannerie de tous ces pays. Résultat : 65% de toute la biodiversité et des ressources en eau douce mondiale ont été polluées par les agro-toxiques. Des études montrent que 40% de l’effet de serre qui affecte le climat planétaire est causé par l’usage excessif et non nécessaire de fertilisants agricoles chimiques. Dans de nombreuses régions d’Europe, à la suite de la mortalité et de la disparition des abeilles, la productivité agricole a déjà chuté de 30%. Vandana Shiva a rappelé que si nous nous calculions les préjudices et les coûts nécessaires pour rétablir la biodiversité, rééquilibrer l’environnement et remédier aux dégâts climatiques, le montant en dollars dépasserait le chiffre d’affaires de la vente de biens par les entreprises.

 

En ce qui concerne l’action des entreprises transnationales qui opèrent dans l’agriculture – Monsanto, Bungue, Syngenta, Cargill – Vandana explique qu’elles contrôlent la production et le commerce mondial de la soja, du maïs, du colza et du blé, martelant via la publicité que l’humanité dépend des aliments produits par l’agro-business. En réalité l’humanité se nourrit de centaines d’autres végétaux et sources de protéines qu’elles écartent et n’ont pas encore pu contrôler. 

 

Pour la chercheuse “ces entreprises qui promeuvent les OGM n’ont rien inventé et n’ont rien développé. La seule chose qu’elles ont faite fut d’opérer des mutations génétiques qui existent dans la nature pour rentabiliser la vente de leurs produits agro-toxiques.

 

Elle a expliqué que Monsanto a réussi à prendre le contrôle de la production du coton en Inde avec l’appui de gouvernements soumis, néo-libéraux et qu’aujourd’hui 90% de la production dépend des semences et des poisons. Ce qui a entraîné une destruction du mode paysan de production du coton et l’endettement généralisé des producteurs. La conjonction de l’usage de produits toxiques qui ont mené à la dépression et à la honte de la dette, ont poussé depuis 1995 284.000 paysans indiens au suicide. Un véritable génocide occulté par les grands médias du monde entier et dont le coupable principal est l’entreprise privée Monsanto.

 

Malgré tout ce sacrifice en vies humaines, Monsanto reçoit dans son pays 200 millions de dollars annuels, perçoit des royalties pour l’usage de semences génétiquement modifiées de coton.

 

La critique du modèle de l’agro-business en général

 

Le modèle de l’agro-business n’est qu’une forme de s’approprier les bénéfices des biens agricoles mais il ne résout pas les problèmes du peuple. La preuve : en augmentant beaucoup la production, nous pourrions alimenter 12 milliards de personnes alors qu’aujourd’hui nous avons un milliard de personnes qui souffrent de la faim quotidiennement, 500 millions d’entre elles étant des paysans qui ont vu leur système de production d’aliments détruit par l’agro-business. 

 

Les produits agricoles sont de simples marchandises, plus des aliments. 70 % des aliments dans le monde restent produits par les paysans. Nous devons comprendre que les aliments sont la synthèse de l’énergie nécessaire aux êtres humains pour survivre à partir du milieu où ils vivent, recueillant cette énergie de la fertilité et de l’environnement. Plus grande la biodiversité naturelle, plus grand le nombre de sources nutritives et plus saine pour les humains l’alimentation produite dans cette région. L’agro-business a détruit la biodiversité et les sources d’énergie véritables.

 

Les entreprises utilisent le fétiche de la publicité des techniques modernes de la bio-technologie utilisées pour augmenter la productivité des plantes. Mais ce n’est qu’un hameçon : quand on fait des recherches sur ces bio-technologies on se heurte au secret. Dans le fond elles ne sont que des mécanismes pour augmenter la rentabilité des grandes plantations ; l’agriculture industrielle est la standardisation de la connaissance, la négation de la connaissance de l’art de cultiver la terre. La vraie connaissance est développée par les agriculteurs eux-mêmes et par les chercheurs dans chaque région, dans chaque biome, pour chaque plante.

 

Le modèle de l’agro-business veut transformer les personnes en « consommateurs » de leurs produits. Nous devons combattre l’usage et le réductionnisme du terme “consommateurs”, pour utiliser l’expression "êtres humains" ou personnes qui ont besoin de vie saine. Le consommateur est une réduction subalterne de l’être humain.

 

Les entreprises de l’agro-business disent qu’elles incarnent ledéveloppement et le progrès, qu’elles contrôlent 58% de toute la production agricole mondiale, mais en fait elles ne donnent du travail qu’à 3% des personnes vivant dans le monde rural. C’est donc un système anti-social.

 

La scientifique indienne a révélé qu’elle fait partie d’um groupe de 300 autres chercheurs internationaux qui se sont consacrés à étudier l’agriculture pendant trois années intensives et ont démontré que ni la révolution verte des États-Unis ni l’usage intensif des semences transgéniques et des produits agro-chimiques ne peuvent résoudre les problèmes de l’agriculture et de l’alimentation mondiales. Seule peut le faire la récupération des pratiques agro-écologiques em harmonie avec la biodiversité, partout sur la planète.

 

Elle a conclu sa critique du modèle de l’agro-business en montrant comment son projet génère la destruction, la peur, parce qu’ il est basé sur la concentration et l’exclusion. C’est pour cela que les entreprises procèdent à l’intimidation ou à la cooptation des scientifiques qui s’opposent à elles.

 

La solution : l’agro-écologie.

 

Le modèle agro-écologique est le seul qui permette de développer des techniques accroissant la productivité et la production sans destruction de la biodiversité. L’agro-écologie est la seule forme de créer de l’emploi et des formes de vie saines pour que la population puisse vivre en milieu rural sans être contrainte de se marginaliser dans les villes.

 

Surtout, les méthodes agro-écologiques sont les seules qui permettent la production d’aliments sains, sans poisons.

 

6 recommandations aux jeunes étudiants en agro-écologie et aux producteurs agricoles.

1. La base de l’agro-écologie est la préservation et la mise en valeur des sources nutritives existantes dans le sol – en cela elle s’est référée à une autre scientique présente à cette rencontre et qu’elle a écoutée attentivement – la professeure Ana Maria Primavesi. Nous devons appliquer des techniques qui garantissent la santé du sol et de cette santé recueillir les fruits en termes d’énergie saine.

2. Stimuler et promouvoir le contrôle des semences par les agriculteurs. Les semences sont la garantie de la vie. Nous ne pouvons permettre que des entreprises privées, transnationales, les transforment en marchandises. Les semences sont un patrimoine de l’humanité.

3. Nous devons lier l’agro-écologie à la production d’aliments sains qui garantissent la santé et peuvent ainsi conquérir les cœurs et les esprits des habitants des villes comme des zones rurales, de plus en plus empoisonnés par les marchandises traitées par les agro-toxiques (multiplication de cancers depuis quarante ans). Si nous lions les aliments à la santé des personnes, nous gagnerons des millions des habitants des villes à notre cause.

4. Nous devons transformer les territoires sous contrôle des paysans en véritables sanctuaires de semences, d’arbres sains, de cultures de la biodiversité, d’élevage d’abeilles, de diversité agricole.

5. Nous devons défendre l’idée, qui fait partie de la démocratie, de la liberté des personnes de choisir les aliments. Les produits de référence ne peuvent pas se réduire à ceux que les entreprises décident de mettre dans les rayons.

6. Nous devons lutter pour que les gouvernements cessent d’utiliser des fonds publics qui appartiennent à l’ensemble des citoyens, pour les transférer en subventions aux grands propriétaires et entrepreneurs de l’agro-industrie. C’est ce qui se passe dans le monde entier et aussi en Inde. Le modèle de l’agro-business ne survivrait pas sans ces subventions et sans les avantages fiscaux offerts par les gouvernements qui les garantissent.

 

En Inde, rappelle Vandana Shiva, on a vécu des problèmes majeurs à l’époque du colonialisme anglais. Gandhi a enseigné que la force est de toujours “lutter pour la vérité”. Le capital trompe, ment, pour pouvoir accumuler des richesses. Et la vérité est avec la nature, avec les personnes. S’il existe une volonté politique de réaliser des changements, s’il y a une volonté de produire des aliments sains, il deviendra possible de les cultive.

 

Source : mouvementsansterre.wordpress.com 

Source: 
Michelcollon.info

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30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 17:42

 

Source : http://lesbrindherbes.org

 

 

OGM : les scientifiques donnent l’alerte, les politiques restent sourds

 

 

 

Titre initial :
140 chercheurs défendent le prof Séralini et ses thèses sur la toxicité des OGM

 


Pour ceux qui ne connaissent pas cette histoire, il convient de rappeler que le 19 septembre dernier, le professeur Gilles-Eric Séralini publie des résultats chocs sur la toxicité d’un maïs OGM et du pesticide Round up utilisé en association. Des photos avec des rats ayant développé d’importantes tumeurs sont diffusées dans toute la presse. La réaction ne tarde pas : le 20 septembre, soit le lendemain, des scientifiques s’élèvent contre la manière dont ont été faites les expériences.

Tout dernièrement, soit le 14 novembre, dans une lettre ouverte intitulée «Science et conscience» publiée sur le Monde.fr,

140 scientifiques s’insurgent contre les critiques de l’étude et défendent le professeur Séralini.

Voici ce qu’ils disent:

 

 

« D’une part, les scientifiques qui se sont exprimés sur ce sujet l’ont fait en leur nom propre et ne peuvent prétendre représenter la communauté scientifique dans son ensemble. Le fait qu’un groupe d’une douzaine de personnes,prétendant représenter six académies, ait décidé d’un communiqué commun sans débat est contraire au fonctionnement normal de ces institutions et interroge sur la vision de la science et de la technologie »

Ces chercheurs sont issus de plusieurs instituts de recherche français sérieux comme le CNRS (Centre national de la recherche scientifique). Ils veulent que les risques liés aux technologies soient pris en compte et mettent en doute la déontologie scientifique de ceux qui ont très rapidement critiqué l’étude de Séralini.

« Disqualifier le protocole suivi dans le cadre de cette étude revient à disqualifier du même coup les données ayant fondé les décisions d’acceptation des OGM par les experts. Il est remarquable de voir ces mêmes experts accepter (même s’ils le critiquent parfois) un protocole expérimental quand il donne des résultats qui vont dans le sens de l’acceptation d’une technique et le démolir aussi ardemment quand les résultats vont dans le sens opposé ».

 

 

Ces scientifiques ajoutent : « Nous sommes profondément choqués de l’image de notre communauté que cette polémique donne aux citoyens. L’expertise des risques pour la santé humaine ou l’environnement est une activité difficile qui doit faire face à de nombreuses incertitudes.
« Beaucoup des menaces qui pèsent sur notre planète ont été révélées par des scientifiques isolés puis confirmées par des études nombreuses venues de la communauté scientifique. »

Ce débat sur les OGM me rappelle celui sur le nucléaire. Il y a tellement d’intérêts financiers en jeu qu’il est difficile d’obtenir des informations scientifiques fiables et il y aura toujours des chercheurs pour venir défendre l’indéfendable.

Un article de Isabelle Chevalley, publié par tdg.ch et relayé par SOS-planete

Note de Jacques : il fut un temps où les hommes de sciences étaient respectés. Leurs travaux, une fois reconnus par un comité de lecture, paraissaient dans des revues scientifiques au-dessus de tout soupçon. Ils étaient parfois récompensés par un prix Nobel lorsque leur travail représentait une avancée scientifique majeure. Cette pratique est toujours d’actualité mais les événements prennent une tournure dramatique et insupportable.
La science n’est plus la science et nous ne pouvons plus avoir confiance en ses représentants.

Pour preuve, Monsanto s’est quasiment attribué le prix mondial de l’alimentation ! http://www.bastamag.net/Le-prix-mondial-de-l-alimentation

Les services de santé et de l’alimentation sont complètement anesthésiées par les lobbies du médicament et de l’agro-alimentaire, au point de laisser circuler des substances nocives pour l’humanité entière.

Les courageux qui se sont attaqués aux laboratoires pharmaceutiques ont vécu les pires moments de leur vie. Bizarrement, les labos sont toujours sûrs d’eux-mêmes, détiennent la vérité et ne supportent pas d’être contrariés.
Les faits démontrant que les intérêts financiers passent avant la vérité scientifique ne manquent pas. Le dernier en date concerne l’étude du Professeur Gilles-Eric Séralini sur les OGM et le Roundup.

L’histoire est une suite de mensonges sur lesquels on est d’accord. Napoléon 1er

Source : http://www.terresacree.org

 

Source : http://lesbrindherbes.org

 

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30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 17:02

 

Source :  www.mediapart.fr

 

Comment le Luxembourg s'est construit en trou noir de la finance mondiale

|  Par Dan Israel

 

 

Au cœur de la zone euro, le Luxembourg est aujourd'hui un paradis fiscal qui gère les fortunes cachées et les évasions de capitaux d'une partie du monde. La santé de ce petit pays dépend de sa « place financière », et il y est impossible de critiquer la finance et ses dérives. Le Grand-Duché vient de lâcher du lest sur le secret bancaire, mais le nouveau gouvernement n'entend pas dévier de la ligne fixée pendant dix-huit ans par Jean-Claude Juncker.

De notre envoyé spécial au Luxembourg

C’est encore un rapport qui épingle le Luxembourg et le décrit comme un agent actif de l’évasion fiscale dans le monde. Et c’est encore un rapport qui, comme ses – nombreux – prédécesseurs, restera sans écho dans ce petit pays fondateur de l’Union européenne, coincé entre France, Allemagne et Belgique. Car au Luxembourg, dans les rues de la capitale du Grand-Duché, au milieu des marchés de Noël des communes disséminées aux alentours, dans les centres de décision rassemblés dans les bâtiments de verre et de métal du plateau du Kirchberg, ou même au sein de la société civile, le poids et le rôle exact de la « place financière », qui fait vivre tout le pays, sont un sujet qui ne se discute pas. Un tabou que bien peu se risquent à briser.

 

 

Le réseau Eurodad (the European Network on Debt and Development) a fait travailler quinze ONG européennes pour évaluer les politiques de treize États en matière de lutte contre les flux illicites de capitaux. Publié à la mi-décembre, ce rapport intitulé Donner d’une main, et reprendre de l’autre pointe la responsabilité du Luxembourg, qui dépense pourtant 1 % de son PIB (soit 310 millions d’euros) dans l’aide au développement.

Les motifs sont connus depuis des années : dans le système financier mondial, l’évaporation de milliards d’euros vers des paradis fiscaux a des impacts très négatifs pour les pays en développement ; et le Luxembourg est un acteur essentiel de ce système. Ou plutôt sa « place financière », un terme unanimement repris pour désigner l’ensemble de l’industrie des services financiers du pays.

« Au lieu de défendre le statu quo, l'industrie financière du Luxembourg doit reconnaître que nous avons un problème mondial très grave, et coopérer en se transformant en un centre financier moderne et transparent, qui profite de son professionnalisme et de sa crédibilité, pas de son secret », déclare Tove Maria Ryding, la représentante d’Eurodad. L’ONG demande au gouvernement local de confier une analyse d’impact à un organisme indépendant pour vérifier les effets réels de son action sur les pays en développement.

Contrairement à d’autres acteurs luttant pour la transparence et la fin du secret fiscal, le réseau Eurodad a pris bien soin de ne pas qualifier le pays de paradis fiscal, un terme qui braque aussitôt les autorités du pays et empêche toute discussion. Et pourtant, le rapport n’a suscité aucune réaction publique et aucun échange. Fin décembre, l’opinion publique luxembourgeoise s’indignait bien plus volontiers du jugement très clément d'un automobiliste qui, pour avoir tué un jeune de 17 ans en décembre 2012, écopait en tout et pour tout de 2 000 euros d’amende et d’un retrait de permis avec sursis.

Tout aussi significatif, aucune ONG luxembourgeoise ne signe le rapport d’Eurodad, même si le Cercle de coopération, qui réunit la petite centaine d’associations existant dans le pays, a accepté d’y apposer son logo et de publier l’étude sur son site. Pourtant, dans ce pays riche en donateurs et encore très marqué par la charité chrétienne, plusieurs associations sont très actives dans le secteur de l’aide au développement.

« Ici, la place financière pèse dans les mentalités, et on la défend sans réfléchir, témoigne Mike Mathias, qui a travaillé une vingtaine d’années dans le secteur associatif et animé le Cercle de coopération pendant huit ans. C’est très clair dans le discours ambiant : ce qui est bon pour la place financière est bon pour le pays. » Ce socio-économiste, assistant parlementaire des Verts luxembourgeois depuis trois ans, est un fin observateur du rôle et du poids des services financiers sur le territoire. Et sa vision n’est guère optimiste : « Très peu de gens osent élever la voix pour critiquer l’impact de cette politique sur le pays. Il n’y a pas de courage politique face au poids du lobby financier. »


Mike Mathias 
Mike Mathias © D.I.

Un poids écrasant. Dans ce pays de 525 000 habitants, le secteur financier pèse 12 % de l'emploi, un quart du PIB, et presque un tiers des recettes fiscales ! Le Luxembourg compte 144 banques sur son tout petit territoire. Il est le second marché mondial des fonds communs de placement (derrière les États-Unis), et le second lieu de domiciliation des hedge funds au monde. Il abrite le plus gros marché de captives de réassurance d’Europe. Et il est surtout le premier pays de la zone euro dans le domaine de la gestion de fortune, avec 300 milliards d’euros d’actifs sous gestion. Soit la moitié de ce que gèrent les banques suisses.

Les habitants sont bien conscients que c’est cette industrie qui leur permet de toucher des salaires souvent deux à trois fois supérieurs à ceux de leurs voisins français et allemands, à poste et qualification égaux. « La finance, c’est la richesse du pays, ce sont les emplois. On en parle peu entre nous, il y a une méconnaissance de la réalité des activités des financiers dans le pays. Et on n’en parle pas aux journalistes ! » témoigne un militant, sous le sceau de l’anonymat (voir notre Boîte noire). Il n’est pas le seul à ne pas vouloir se dévoiler en pleine lumière. Aucune association n’a accepté d’apparaître officiellement dans notre article. « Depuis 2009, avec l’augmentation de la pression internationale sur les paradis fiscaux, on peut parler en se cachant un peu moins, mais c’est toujours un tabou, explique un adhérent. Ce n’est pas de l’ordre de la discussion publique, même dans les milieux progressistes. Il est considéré que la critique de la finance fera inévitablement baisser notre niveau de vie. Et nous faire revenir cent ans en arrière, quand nous étions tous ouvriers ou cultivateurs de pommes de terre. »

« C’est comme être contre le pétrole en Arabie saoudite ! »

 

David Wagner, porte-parole du parti Déi Lénk. 
David Wagner, porte-parole du parti Déi Lénk. © D.I.

David Wagner, le porte-parole du parti d’extrême gauche Déi Lénk (La Gauche), décrit ces réactions comme typiques d’une « mentalité d’anciens pauvres » : « Nous vivons depuis vingt ans une opulence jamais connue, mais nous sommes conscients que c’est très fragile et les gens ont peur de tout perdre. » Le parti de David Wagner, qui pèse entre 5 et 10 % des voix, est le seul à critiquer explicitement le fonctionnement de l’industrie financière. « Mais nous devons marcher sur des œufs, explique-t-il. C’est comme être contre le pétrole en Arabie saoudite ! Nous essayons de développer un plan de sortie sur plusieurs années, comme on peut en envisager un pour sortir du nucléaire en France. »

Des années, il en faudrait au pays pour se sortir de l’emprise de la finance, tant elle s’est rapidement ancrée sur son territoire. Certes, le statut de holding, qui permet à des groupes internationaux de gérer leurs filiales depuis le Grand-Duché en étant exonérés de presque tous les impôts, date de 1929 (il a été supprimé en 1998), mais jusque dans les années 1960, le Luxembourg était avant tout un pays de sidérurgie, dont ArcelorMittal est aujourd’hui l’héritier. L’impressionnant siège du groupe est d’ailleurs toujours à Luxembourg, où il occupe tout un pâté de maisons.

L’explosion du centre financier date de 1963, année où le pays a autorisé l’émission et l’utilisation d’Eurobonds, ce type d’obligations émises dans la devise de leur choix par des grandes entreprises qui souhaitent se dégager des contraintes, ou des obligations légales, liées à leur monnaie nationale. C'est notamment ce que raconte en détail le journaliste et écrivain Nicolas Shaxson, auteur d’un brillant livre sur les paradis fiscaux. Dans les années 1970, la sidérurgie est en crise, puis en déclin rapide. Le Grand-Duché se tourne alors vers la finance comme nouveau pourvoyeur de richesse nationale. Avec succès. Les lois ménageant l’accueil le plus chaleureux possible aux multinationales se multiplient. Le secret bancaire devient une valeur garantie par la loi en 1981. Attirer les fonds d’investissement et les hedge funds à coup d’exemptions fiscales, devient une priorité. Pour toute la gamme des services de la finance offshore, la régulation est peu à peu conçue pour être la plus légère possible. Et cela fonctionne.

Selon le rapport sénatorial français sur le rôle des banques dans l’évasion fiscale (dont nous parlions ici), le Luxembourg est le troisième centre offshore à attirer le plus de capitaux, juste derrière les îles Caïmans et l’Irlande. Le Comité catholique contre la faim et pour le développement, CCFD-Terre solidaire, a, lui, établi que la plupart des 50 plus grandes entreprises européennes ont installé des filiales au Luxembourg (qui compte à peine moins de ces filiales que la Chine).

Le magazine Alternatives économiques invite quant à lui à s’intéresser à un éclairant indicateur : l'écart entre le produit intérieur brut par habitant, c'est-à-dire la richesse qui est censée avoir été produite dans un pays, et le revenu national brut par habitant. Au Luxembourg, l’écart est de plus d’un quart : un quart de la richesse censément produite ne revient pas aux habitants. « Le soupçon est alors très fort que cette production de richesse soit en réalité largement fictive et ne relève que des jeux d'écritures destinés à localiser des profits dans un paradis fiscal », analyse le magazine.

Dans son récent livre, La Richesse cachée des nations, l’économiste Gabriel Zucman a justement établi que le tiers des 1 800 milliards d’argent caché en Suisse est investi dans des fonds de placement hébergés au Luxembourg, et masqué par des sociétés-écrans. Car l’opacité joue elle aussi à plein. Le pays, nous a-t-on expliqué officiellement, est d'ailleurs incapable de mesurer exactement quelle est la part d'argent suisse investi dans ses fonds, « puisqu’il s’agit là d’informations à valeur commerciale évidente, détenue par les gestionnaires des fonds ». Le Luxembourg est classé deuxième, entre la Suisse et Hong Kong, dans l’index 2013 de l’opacité financière établi par le Tax justice network, que nous avons largement détaillé.

Gabriel Zucman estime qu’aucun pays n'est allé aussi loin dans « la commercialisation de sa souveraineté », en laissant les entreprises négocier les taxes et les règles auxquelles elles sont soumises. Très sévère, il va jusqu’à évoquer une exclusion du Luxembourg de l'Union européenne, le réduisant à « une plateforme hors sol pour l’industrie financière mondiale ». Et il est certain qu’un tour d’horizon des scandales et autres entourloupes fiscales dans lesquels le Luxembourg est cité, donne vite le tournis. Une simple plongée dans les archives de Mediapart offre un aperçu vertigineux du rôle que le pays s’est forgé au cœur de l’Europe : un trou noir de la mondialisation, très accueillant pour les riches Européens et les entreprises résolues à esquiver contraintes légales ou impôts de tous ordres.

 

Cette tour, l'un des emblèmes du Luxembourg, n'est pas celle du château grand-ducal, mais celle de la Caisse d'épargne... 
Cette tour, l'un des emblèmes du Luxembourg, n'est pas celle du château grand-ducal, mais celle de la Caisse d'épargne... © D.I.

1. Le trou noir de la finance mondiale

Les exemptions fiscales et un ensemble de règles fort accommodantes permettent aux multinationales qui y installent leur centre financier ou leur quartier général de ne payer quasiment aucun impôt, comme nous l’avons démontré concernant ArcelorMittal. D’autres jouent des filiales luxembourgeoises pour rémunérer discrètement les dirigeants de leur entreprise, sans en avertir le fisc. C’est ce qu’a mis en place pendant des années, et à plusieurs reprises, Wendel, ex-géant de la sidérurgie converti en fonds de placement, sous la supervision de l’ancien patron du Medef, Ernest-Antoine Seillière, avant de se faire pincer.

On peut aussi utiliser ces filiales en guise de paravent, comme l’illustrent à merveille notre enquête sur la face cachée du groupe Bolloré et sa myriade de filiales, ou le récit du rachat du Printemps par le Qatar au groupe Pinault, via plusieurs groupements financiers du Grand-Duché. Selon Pierre Condamin-Gerbier, l’ancien salarié de la banque Reyl, témoin clé de l’affaire Cahuzac, l’homme d'affaires Alexandre Allard a lui aussi usé et abusé de la filière luxembourgeoise pour masquer le montant réel de sa fortune, qui s'élève à plusieurs centaines de millions d’euros.

Il est encore possible de jouer sur la réglementation financière assez souple concernant les placements financiers. Ce qu’avait bien compris Bernard Madoff : c’est à partir d’une Sicav luxembourgeoise, Luxalpha, que l’instigateur de l’escroquerie à 65 milliards de dollars a arrosé toute l’Europe de gains bidon. Nous avons longuement expliqué en quoi Luxalpha n’était pas conforme à la réglementation de presque toute l’Europe… sauf du Luxembourg, et pourquoi les autorités de contrôle locales ont négligé de s’interroger sur ce fonds de placement pourri.

Le pays est par ailleurs bien connu des politiques français ou de leurs proches. Au cœur de l’affaire Karachi, on trouve ainsi Heine, la société-écran montée au Luxembourg avec l’aval de Nicolas Sarkozy, selon la police grand-ducale, pour abriter les commissions occultes de la vente au Pakistan des sous-marins du contrat Agosta. Et ils sont nombreux à être soupçonnés d’avoir utilisé le Luxembourg comme un coffre-fort, d’Alexandre Guérini, frère de Jean-Noël Guérini, sénateur et président PS du conseil général des Bouches-du-Rhône, à la maire de Puteaux Joëlle Ceccaldi-Reynaud, en passant par l’entourage d’un maire UMP de l’Essonne.

Face à ce paysage pour le moins problématique, l’OCDE n’affiche pas d’opinion aussi tranchée que celle de Zucman. Mais fin novembre, le club des pays riches, qui supervise le Forum mondial sur la fiscalité, a néanmoins porté un coup très rude au Grand-Duché, en le classant parmi les territoires « non conformes » à ses règles de transparence financière. Après une analyse soignée, il a été conclu que l’État, qui a pourtant pris toutes les mesures législatives pour rendre possible l’échange d’informations fiscales, ne jouait pas le jeu. Lorsque d’autres pays, dont la France au premier chef, demandent des informations sur leurs contribuables soupçonnés de cacher de l’argent au fisc, en général, les réponses arrivent, mais tellement vagues qu’elles sont à peine exploitables.

Il est peu de dire que cette notation sévère a été mal reçue dans le pays, habitué à être le bon élève de la construction européenne et de la rigueur budgétaire. « Cela illustre un des gros problèmes du pays, assure un journaliste local : il existe un écart significatif entre les discours officiels et la réalité. » « Nous allons tout faire pour satisfaire aux critères de l’OCDE et corriger ce qui doit l’être, affirme de son côté Nicolas Mackel, le dirigeant de Luxembourg for finance, l’agence de promotion de la place, créée en partenariat par l’industrie financière et l’État. Mais il y a un acharnement contre le Luxembourg. Notre pays présente des qualités tout à fait différentes de celles que le monde politico-médiatique, surtout français, présente à longueur d’articles. »

À entendre les représentants de la finance luxembourgeoise, tout comme les responsables politiques, leur succès se fonde avant tout sur une grande stabilité politique et sociale, sur un cadre réglementaire « moderne constamment adapté aux évolutions des marchés », et sur la compétence de ses salariés. « Pour un entrepreneur qui a des intérêts dans plusieurs pays, l’agence de Limoges de la BNP est moins pertinente que l’agence de Luxembourg, qui a développé une expertise multi-pays, assure Mackel. Ici, nous avons tout, à commencer par la pratique des langues. » Le français, l’allemand et le luxembourgeois sont en effet les langues officielles du pays, et l’anglais est parlé couramment sur la place.

 

Sur le plateau du Kirchberg, la Maison de la finance rassemble les lobbyistes du secteur. 
Sur le plateau du Kirchberg, la Maison de la finance rassemble les lobbyistes du secteur. © D.I.

« Le Luxembourg est dans une situation particulière : nos clients ne sont pas luxembourgeois. Nous exportons des services financiers, comme les Allemands exportent des voitures et les Français du vin », rappelle pour sa part Jean-Jacques Rommes, le président de l’Association des banques et banquiers (ABBL). Selon lui, cette réussite créerait des jalousies très fortes. D'après le représentant des banquiers, c’est la France qui a multiplié les demandes d’information fiscale et qui a décrit à l’OCDE les renseignements obtenus comme peu convaincants. « La France nous a dénoncé et maintenant elle se réjouit du résultat. Bien sûr, puisque cela sert ses intérêts. »

2. Le pays a abandonné le secret bancaire

Nicolas Mackel et Jean-Jacques Rommes, comme tous ceux qu’ils représentent, balayent avec indignation l’image de paradis fiscal qui colle au Grand-Duché. Certes, en 2009, il a été brièvement inscrit sur la liste noire du G20. Mais il a bien vite décidé de se régulariser pour rentrer dans le rang. Et à en croire nombre de représentants officiels, tout a changé en quatre ans. Point d’orgue de cette nouvelle politique : l’annonce, en mars 2013, par le ministre des finances Luc Frieden, que son pays se plierait à partir du 1er janvier 2015 à l’échange automatique d’informations sur les intérêts de l’épargne avec tous les pays de l’Union européenne. Une pratique qui est en place depuis 2005, mais dont le Luxembourg et l’Autriche avaient obtenu d’être exemptés, contre des versements d’argent aux pays concernés.

Et c’est effectivement une révolution, l’échange automatique étant considéré comme la méthode la plus drastique contre l’évasion fiscale : chaque pays s'engage à livrer à ses homologues, une fois par an, des informations bancaires concernant les comptes ouverts sur son sol par leurs contribuables. C’est la fin effective du secret bancaire, déjà actée en avril par l’accord luxembourgeois de signer avec les États-Unis l’accord Fatca. Voté en 2010 et imposé partout dans le monde par le géant américain échaudé par les révélations sur la façon dont UBS organisait la fraude fiscale sur son territoire, Fatca devrait entrer en vigueur dans les mois qui viennent. Le texte impose aux banques l’échange automatique d’informations pour toutes les données concernant les résidents américains.

Pour enfoncer le clou, le Luxembourg a également signé en mai la convention multilatérale de l’OCDE sur la coopération fiscale, s’engageant de facto à répondre à toutes les demandes d’une grosse soixantaine de pays. Il a également annoncé qu’il adopterait dès sa mise en place le nouveau standard d’échange automatique promu par l’OCDE… « Nous n’attachons aucun espoir quel qu’il soit quant au maintien du secret bancaire. C’est fini. C’est inévitable, commente Jean-Jacques Rommes. Celui qui n’a pas compris, ça ne passera pas les deux prochaines années. »

Quel impact pour cette révolution copernicienne ? En novembre, Statec, l’office national des statistiques, a évalué le manque à gagner dans les années à venir aux alentours de 1 % du PIB national, avec un impact négatif tournant autour de 5 % de la rentabilité de la place financière. Officiellement, quelque 2 000 emplois pourraient être menacés. D’autres sont bien plus pessimistes. En avril, un avocat fiscaliste réputé s’attendait à voir disparaître la moitié des banques du pays, au motif que « la plus grande partie de la clientèle des banques luxembourgeoises a de l'argent non déclaré ».

Le gouvernement veut imiter la Belgique

En privé, un haut responsable luxembourgeois, qui évolue depuis plus de vingt ans dans les sphères financières, ne se cache pas derrière son petit doigt. « Il est clair que le secret fiscal a longtemps été utilisé comme argument commercial pour attirer la clientèle non résidente, reconnaît-il. Nous avons toujours exploité les opportunités qui nous sont offertes, nous sommes dans une logique de marché. Et vu notre petite taille, nous n’avons pas le choix si nous voulons nous développer. » Ce spécialiste s’attend à ce que « la tempête » emporte environ le quart des actifs gérés par la place. « Mais même si 50 banques devaient disparaître, ce ne serait pas un risque systémique », anticipe-t-il.

Car au Luxembourg, la « gestion privée » de capitaux n’est pas le nerf de la guerre. Elle représente environ 20 % des revenus de l’industrie financière, bien loin de la gestion des fonds de placement et de l’assurance-vie, qui constituent le cœur de la machine. Et c'est peut-être pour cette raison qu'après un grand pas en direction de la transparence sur les revenus des comptes bancaires simples, le pays bloque à nouveau lorsqu’il s’agit d’élargir le champ des données qui seront bientôt échangées (cette attitude ambiguë sera l’objet du second volet de notre enquête).

« Les petits épargnants, comme le dentiste belge, qui est constamment cité en exemple chez nous, tous ces gens qui bénéficiaient d’un système simple et traité de façon presque industrielle, quittent le pays, car le secret bancaire les concerne au premier chef, convient Mike Mathias, des Verts. Mais les banques savaient depuis plus de dix ans que cela arriverait. Elles se sont préparées. » Ainsi, le Luxembourg a légiféré il y a un an sur l’activité de « family office », réservant à des professionnels réglementés cette gestion de la fortune et de la vie privée des plus fortunés de la planète, en espérant les attirer toujours plus. Une loi autorisant la création de fondations privées, permettant de masquer l’identité du bénéficiaire final, est aussi en discussion. De même, un port franc est en cours de construction près de l’aéroport, comme le racontait Der Spiegel. Pensé pour concurrencer celui de Genève, il devrait prochainement abriter quantités d’œuvres d’art, en toute opacité et sans que les fiscs européens puissent savoir ce qu’il cache.

Enfin, pour continuer à attirer les entreprises (une politique à laquelle sera consacré le troisième volet de notre enquête), le tout nouveau gouvernement envisage d’importer de Belgique le concept d’« intérêts notionnels » : lorsqu’une entreprise se finance par ses fonds propres, elle peut déduire fiscalement un montant équivalent à ce que lui aurait coûté un prêt bancaire ! Une prime aux plus riches, que le premier ministre Xavier Bettel, assermenté le 4 décembre, n’exclut pas de mettre en place, comme il le confirme dans une interview au mensuel paperJam. Et ce alors même que la Belgique est dans le collimateur de la Commission européenne sur ce sujet précis…


3. Mélange des genres

Autant dire que le nouveau gouvernement ne semble pas vouloir quitter la ligne de ses prédécesseurs. Et pourtant, les dernières élections, le 20 octobre, auraient pu provoquer un tremblement de terre. Convoqués après le départ anticipé de l’indéboulonnable Jean-Claude Juncker, englué dans une affaire d’espionnage, les électeurs ont porté au pouvoir une coalition du parti libéral (dont Bettel est le leader), des socialistes (déjà au pouvoir dans plusieurs gouvernements précédents) et des Verts. Poussé vers la sortie, Juncker aura été à la tête du gouvernement depuis 1995, après avoir été ministre des finances pendant six ans. Quant à son parti, le CSV, « chrétien social », il a dirigé le pays sans interruption depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, hormis une parenthèse de 1974 à 1979.

Juncker ne devrait cependant pas être trop contrarié par son successeur. Bettel a nommé au ministère des finances Pierre Gramegna, lui aussi membre du parti libéral, et jusqu’alors directeur général de la chambre de commerce de Luxembourg. Pas vraiment un ennemi de la libre entreprise. Et pour son premier discours, lors du raout annuel organisé par les assureurs luxembourgeois, Gramegna a tout fait pour rassurer le milieu financier, promettant notamment « beaucoup de continuité, pas seulement dans les mots, mais dans les faits ».

 

Luc Frieden et Pierre Gramegna 
Luc Frieden et Pierre Gramegna © DR

L’occasion de vérifier une fois de plus qu’une des particularités du pays, selon un argumentaire élaboré par l’association des banquiers, est « l’accès facile aux décideurs », et la « paperasserie limitée »… Interrogez sur ce point un responsable luxembourgeois et il vous renverra à la figure l’exemple français, que Mediapart n’est pourtant pas le dernier à critiquer. « Au Luxembourg, tout le monde se connaît, c’est vrai. C’est un microcosme à peine plus grand que le milieu parisien ! » ironise ainsi Jean-Jacques Rommes.

Dans Les Échos,en janvier 2013, un associé du cabinet d’audit Deloitte estimait tout de même que si « en France, c'est la haute administration qui élabore les réglementations, au Luxembourg, c'est la profession elle-même qui suggère les textes ». En octobre dernier, la nomination par l’ancien ministre des finances Luc Frieden de sa conseillère, Sarah Khabirpour, à la commission de surveillance du secteur financier, avait aussi fait hausser les sourcils jusqu’au Financial Times. Mais à la même période, c’est un autre mélange des genres qui a fait tousser dans les rangs des partis politiques : lors des négociations pour la formation du nouveau gouvernement, la délégation du parti libéral accueillait le dirigeant luxembourgeois du cabinet d’audit Ernst & Youg, Alain Kinsch…

« Les Luxembourgeois ont un certain mépris pour la banque »

Cette interpénétration des mondes financiers et politiques explique aussi le consensus national sur la question de l’industrie financière. Car au besoin, les avertissements peuvent se faire explicites. C’est ce qui est arrivé, l'été 2009, au Cercle de coopération des ONG à propos du rapport sur l'évasion fiscale commandé au journaliste et économiste allemand Rainer Falk.

 

L’étude, disponible en allemand et dont le résumé en français est ici, établissait, pour la première fois aussi explicitement, que la gestion de fortune au Luxembourg faisait perdre aux pays en développement plus de cinq fois la somme dépensée par le Grand-Duché pour l'aide au développement. Elle rappelait aussi, noir sur blanc, que le pays offrait l'environnement idéal pour l'évasion fiscale des multinationales. Un point de vue qui n’a apparemment pas droit de cité au Luxembourg : le 29 juillet 2009, à la Chambre des députés, lors de la déclaration de politique générale de son nouveau gouvernement, Juncker s’en est pris avec des mots très durs à l'étude, la qualifiant de « primitive et primaire », l’accusant de nuire à l’image du pays, en reprenant notamment des arguments de l’ABBL.

Diverses pressions ont conduit le Cercle à retirer l’étude de son site internet. « Après cet épisode, l'association Etika avait monté un débat intitulé “(Ne) Parlons (pas) d’argent qui fâche”. Cette interpellation vaut toujours pour aujourd’hui », juge Jean-Sébastien Zippert, membre de plusieurs ONG, dont Attac, et observateur attentif des questions financières… Le plus ironique dans cette affaire est que Jean-Claude Juncker, de l’avis général, n’était pas un fervent admirateur de la place financière. « Juncker n’aime pas forcément ce monde, concède ainsi David Wagner du parti Déi Lénk. Son père était ouvrier, syndicaliste chrétien, et il est à l’image de nombreux Luxembourgeois nés avant l’explosion de la place financière. Ils n’aiment pas trop le bling bling et ont un certain mépris pour la banque. »

C'est une position paradoxale dans un pays qui vit de la banque. « Cette dynamique financière fait notre richesse, oui, mais l’afflux de capitaux pose aussi de sérieux problèmes, comme l’augmentation sans fin des loyers, tempère Mike Mathias. Et souvenez-vous que 70 % de la population active n’est pas de nationalité luxembourgeoise. » En effet, chaque jour, environ 150 000 frontaliers (dont 80 000 Français, comme nous le relations ici) viennent travailler chez leur voisin plus riche. À peu près autant d’étrangers résident et travaillent sur place. Quant aux Luxembourgeois réellement actifs dans leur pays, ils sont une grande majorité à être employés de la fonction publique, ces emplois leur étant réservés.

« La finance, ce n’est pas comme la sidérurgie, où nous avions tous un frère, un père ou un oncle, confirme le Luxembourgeois familier du milieu financier déjà cité. L’intégration sociale ne s'est pas faite. Nous avons besoin d’eux, nous reconnaissons leur importance, mais nous n’aimons pas beaucoup les banquiers. » D’autant que l’afflux financier n’a pas empêché les inégalités de se creuser, comme le résume cet excellent rapport de la chambre des salariés, qui recense 10 % de travailleurs pauvres et souligne que l’écart de richesse entre les 5 % les plus pauvres et les 5 % le plus riches a presque doublé de 1985 à 2010.


4. La complicité de la France et de l'Allemagne

Finalement, s’accordent tous les acteurs et observateurs rencontrés au Luxembourg, leur pays n’aurait pas pu développer ses activités sans la complicité, au moins tacite, de ses grands voisins. Pour le militant Jean-Sébastien Zippert, « le Luxembourg est juste un rouage ». « Il est évident que le Luxembourg travaille beaucoup à rester attractif pour les acteurs du monde financier, et même qu’il entretient l’ambiguïté sur l’avenir. Mais il est tout aussi évident que son positionnement profite aux industriels français et aux particuliers allemands », signale Mike Mathias.

L’économiste vert explique que dans les années 1960, les banques allemandes ont « découvert » le Luxembourg : alors que la régulation commençait à devenir importante dans leur pays et qu’elles cherchaient à se développer, elles ont vite compris qu’avec sa poignée de banques, à l’époque, le pays n’avait pas encore établi de règles strictes dans de nombreux secteurs pointus. « Un territoire germanophone, proche de l’Allemagne, où l’accès aux dirigeants n’était pas trop compliqué du fait de sa petite taille, c’était parfait, résume Mathias. Aujourd’hui encore, les banques allemandes sont majoritaires. »


Le siège de la BGL-BNP, à Luxembourg. 
Le siège de la BGL-BNP, à Luxembourg. © D.I.

Sur les quelque 140 banques recensées aujourd’hui, seules 5 sont luxembourgeoises. Selon le décompte de la commission de surveillance du secteur financier, 39 sont allemandes, 14 françaises et 11 belges. D'après le CCFD-Terre solidaire, le Luxembourg est la première destination offshore pour les actifs gérés par les banques françaises, et 18 % des profits du groupe Deutsche Bank proviennent de quatre filiales luxembourgeoises.

Sur place, la BNP, fusionnée en 2008 avec la Banque générale du Luxembourg (BGL), est, avec ses 4 000 salariés, le second employeur du pays, derrière ArcelorMittal. Autre exemple, le Crédit communal de Belgique, l’ancêtre de Dexia, s’est lancé dès 1990 dans la gestion de fortune au Luxembourg, alors qu’il s’agissait d’un établissement public, dont les communes belges étaient actionnaires. « Je dis souvent qu’il n’y a pas de place financière luxembourgeoise, mais qu’il y a une place financière au Luxembourg, dit David Wagner. Et la nuance est de taille. »


Cliquez sur l'image pour l'afficher en gros plan. 

Dans les milieux dirigeants, on ne se prive pas de fustiger l’hypocrisie de la France et de l’Allemagne sur ces dossiers. Dernier exemple, le rapport publié en toute discrétion par l’OCDE sur la façon dont ses 34 membres luttent contre la fraude fiscale et le blanchiment. Certes, le Luxembourg est classé dans les cinq derniers pour la mise en œuvre des recommandations du Groupe d’action financière (Gafi), l’instance qui coordonne la lutte internationale contre les « flux illicites ». Mais la France et l’Allemagne sont à peine mieux placées, en 22e et 24e positions. Chacun a de quoi balayer devant sa porte, et le Grand-Duché continuera de faire passer le message par tous les canaux disponibles. 

 

 

Lire aussi

 

Source :  www.mediapart.fr

 


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30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 16:50

 

 

  • Assemblée "Programme" des indignés de Paris RDM
  • Samedi, 5 Janvier, 2013 - 15:00
  • Café juste à la sortie du Métro Couronnes. SOYEZ À L'HEURE !

 

  • Salut !

     Ce pad pour y rassembler les titres, résumés et liens que doit contenir le "programme" ou autrement dit les positions, ce que les indignés de RDM Paris veulent.

       Les sujets que nous avons évoqués en tracts (la finance, les banques, la consommation, le nucléaire, etc) depuis le début, en 2011, ceux que nous avons travaillé, comme la démocratie, l'écologie, le logement, la constituante, etc. 

    ( On peut aussi rassembler les slogans (mais à la fin du pad) )

     

    https://etherpad.mozilla.org/fRHlvgmvPo

     

    L'idée est de montrer ce que nous sommes et qu'il n'y ait pas de confusion possible avec d'autres. 

    Chaque fois, si nous l'avons fait, il faut la critique, le sujet et la proposition. Écrivez un petit résumé et pas un discours.

    C'est aussi bien un travail d'archives persos et collectives qu'une démarche qui va en même temps montrer nos manques. Mais ce sont 2 étapes différentes : d'abord ce qui a déjà été évoqué dans le mouvement.

    Et puis R-V, pour mettre ça en forme ensemble à l'Assemblée du Dimanche 5 janvier à 15h00 au café qui est tout juste à la sortie du Métro Couronnes.

    Bossons bien d'ici là chez soi et à bientôt.

    Et n'oublions pas " Les raisons de la colère " :

    http://www.youtube.com/watch?v=5061gg0LYSk

    Ce que nous avons fait et que nous pouvons refaire :

    http://www.dailymotion.com/video/xlpyhh_15-octobre-les-indignes-paris-hotel-de-ville_news

     


Secrétariat Démocratie Réelle Paris http://paris.reelledemocratie.net/
_______________________________________________
 
Mouvement Démocratie Réelle Maintenant / Occupy / Indignés
Groupe de travail sur l'économie commun à différentes assemblées du mouvement afin de partager informations, réflexions et analyses sur ce sujet.
 
Pour envoyer un mail aux inscrits à la mailing list, écrire à gt-economie@lists.takethesquare.net
 
Pour se désabonner ou changer vos options (ex. mails groupés) : https://lists.takethesquare.net/mailman/listinfo/gt-economie
 
 
Merci d'utiliser cette liste avec modération, de respecter vos interlocuteurs et l'objet de la liste.
 
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29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 17:48

 

Source : alternatives.blog.lemonde.fr

 

Delevoye : « Nous avons deux France : celle qui croît à toute vitesse, et celle qui disparaît »

 

 

 

 
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Street art de l'artiste Banksy

"Parce qu'elle sait que ça va mal", la société adapte ses comportements et s'organise en réseaux. Rares sont les élites qui saisissent ce monde en marche : totalement dépassées par le numérique, "elles ne soupçonnent pas la lame de fond sociétale qui se forme", souligne la journaliste Laure Belot dans cet article.

Comment les aider à comprendre cette nouvelle culture et s'adapter ? Voici quelques éléments de réponse avec Jean-Paul Delevoye, président du CESE et maire de Bapaume, auparavant médiateur de la République, parlementaire et ministre, qui fait partie de ceux qui arrivent à prendre du recul sur les enjeux actuels... au point de bousculer au sein même de son institution.

 

A suivre vos prises de parole, on vous sent non seulement en phase avec la société actuelle, mais aussi serein avec le monde qui vient. Qu'est-ce qui, dans votre parcours bien rempli, explique cette posture ?

Le président du Conseil économique, social et environnemental, Jean-Paul Delevoye, à l'Elysée à Paris, le 21 mars 2011. | AFP/LIONEL BONAVENTURE

Le président du Conseil économique, social et environnemental, Jean-Paul Delevoye, à l'Elysée à Paris, le 21 mars 2011. | AFP/LIONEL BONAVENTURE

Voilà une question que je ne me suis jamais posée... Mes parents ont divorcé quand j’avais 14-15 ans. Ce fut une première épreuve enrichissante sur la réalité de la vie. De même, mon parcours d'entrepreneur m'a confronté au fait d’avoir des échéances, des cautions, des batailles, etc.

Je ne suis pas diplômé, non plus : j’ai fait une première année de fac mais j’ai été viré pour raisons soixante-huitardes… aussi n'ai-je jamais eu de souci à transférer mes incompétences sur les compétences des autres, et je n’ai pas de souci d’ego. Mais j’ai été, en revanche, élevé par le doute socratique.

A bien réfléchir me vient aussi à l'esprit l'époque où j'étais pensionnaire au collège de la Providence à Amiens. On ne s'en rend pas compte à cet âge-là, mais la solitude et l'isolement marquent profondément. D'ailleurs, nous profitions de la conférence Saint-Vincent-de-Paul pour sortir du pensionnat et aller boire un chocolat en compagnie de personnes âgées... ou pour aller peindre des logements de femmes dont les maris étaient détenus à la prison d'Amiens. Je me souviens avoir régulièrement vu cinq ou six gamins s'entasser dans une pièce de 20 mètres carrés, j'ai très tôt été interpellé par cette réalité de la vie.

A mon sens l’action ne vaut que par le sens qu’on lui donne, le pouvoir n’a jamais été un objectif, il doit défendre un humanisme, un projet de partage.

C’est d'ailleurs un débat avec mes collaborateurs depuis quinze ou vingt ans : ils me trouvent courageux de dire ce que je pense, mais c’est le contraire qu’il faut condamner. Ma parole n’est pas portée par les calculs, elle est rare mais je n'attends rien si ce n'est de faire bouger les choses.

Est-ce le courage qui manque le plus en politique ?

La soif de pouvoir perturbe les hommes politiques, ils sont plus dans le calcul et dans la gestion de leur carrière que dans la conviction et la croyance dans un projet de société. Il faut donc interroger le sens du pouvoir et retrouver la cause politique qui les amènera à se transcender.

Prenons un exemple : la question qui préoccupe l’Europe est celle du maintien de l'euro, mais cela n'est qu'un moyen. La question est celle du choix de société pour l'Europe et de son rôle dans l'équilibre du monde.

En France, il faut aussi retrouver la lecture politique d'un projet de société, restaurer la politique et le syndicalisme, accepter les bonnes questions pour avoir les bonnes réponses. On est incapable d'ouvrir des débats qui pourtant sont essentiels pour l'avenir de notre société : est-ce l'énergie ou la croissance ? Un travail pour tous ? Une activité pour tous ? Doit-on aller d'une société d’acquisition à une société de partage ?

Je suis convaincu que l'on doit redéfinir le contrat du partage, accepter par exemple que le travail ne peut pas payer santé et retraite, revoir les principes de prise en charge médicale et le principe de la dépense, savoir si la gratuité doit être offerte à tous... Tous ces principes représentent une occasion aujourd’hui de rebâtir un vrai projet politique construit non dans un souci de séduction ou d'impact électoral, mais dans un souci de mobilisation citoyenne.

Et vos collègues politiques, qu'en disent-ils ?

Les politiques sont assez lucides sur la fragilité du système mais sans pour autant changer de cap pour le modifier. Quand on regarde par exemple les échéances européennes, certains reconnaissent que leur préoccupation n'est pas le projet, mais les têtes de gondole, les leaders qui doivent être mis sur les listes pour équilibrer le pouvoir au sein d'un parti ou améliorer l'impact électoral... ici encore l’image l’emporte sur la compétence, c'est assez pathétique. Ce système va imploser ou exploser par les forces citoyennes qui se rebellent de façon assez saine contre un système qui nous met dans le mur.

Regardez l'alternance Sarkozy-Hollande : ce n'est pas Hollande qui a gagné, mais Sarkozy qui a perdu. L'opinion a compris, par cette alternance, que la gauche applique quand elle est dans la majorité ce qu'elle dénonçait quand elle était dans l'opposition. Les gens ont vite la sensation qu'il n’y a pas de convictions, mais que des postures.

Quand la société est déboussolée et que les dirigeants semblent impuissants, les sentiments deviennent des ressentiments. Aujourd'hui, nous sommes dans ce moment où les sentiments d'adhésion au système se transforment en ressentiments contre le système car on a l’impression de ne plus s’en sortir. On exprime donc sa colère avec l'impression que la république, construite au départ pour protéger le faible, laisse la loi du plus fort et du plus violent l’emporter. L’Etat n’est plus capable de corriger les inégalités, avec des produits de la rente qui sont supérieurs aux produits de la production... jusqu'où allons-nous accepter cela ?

Comment voyez-vous l'alternative dans ces conditions ?

Les parcours ne sont plus assumés pour tous, au cœur du déclassement de la classe moyenne, on voit des Virgin disparaître et des Amazon se renforcer, Peugeot fermer et Airbus triompher... on est soumis à des tempêtes économiques incroyables, la hargne est en train de gagner le pays. Cela peut être la source de forces libératrices absolument extraordinaires pour adhérer à une société nouvelle qui émerge avec l'économie numérique.

Le "burn out", le stress individuel et les sentiments d'humiliation sont en train d'évoluer vers une inquiétude collective qui entraîne une perte de confiance dans la capacité de l’économie nouvelle à nous répondre. Entre l'économie ancienne qui disparaît et la nouvelle qui apparaît, la plus-value et l'espérance future ne sont pas plus fortes que la douleur de la disparition de ce qui existe. Nous sommes donc dans une forte période d’instabilité qui va durer cinq à dix ans.

Ce basculement d'un système ancien à un système nouveau est une période compliquée, difficile et dangereuse, mais c'est aussi la plus exaltante, avec des espoirs nouveaux : sur le terrain, je vois plein de jeunes innover, créer, parfois par nécessité, mais ça bouge de partout, il y a une fertilité extraordinaire avec un système qui n'a pas compris que l'avenir sera dans l'innovation et qui se raidit à son encontre, car l'innovation, c’est la contestation de ce qui existe. 

Quand on renverse un système (de la royauté, de la république, etc.), on le fait avec une vision alternative, mais là nous ne sommes plus dans ce type de révolte, nous sommes dans une révolte des affamés et des humiliés qui se nourrit de désespérance et veut juste mettre un terme à sa survie du quotidien. On est dans ce moment, qui n'est même pas collectif car nous avons deux France : celle qui croît à toute vitesse, et celle qui disparaît (hôtellerie, restauration, petits commerces...)

Vous avez présidé l’association des maires de France : comment voyez-vous le rôle des municipalités ?

La dimension du problème impose la dimension des réponses. Si on veut une attractivité mondiale, il faut une réponse à l'échelle des continents. Si on veut travailler une attractivité internationale, c’est à l’échelle des métropoles. La puissance dans la réponse dépend du défi que l'on veut relever. Si on veut jouer à l'échelle de la commune, on agit à l'échelle de l'intercommunalité, ce qui pose la question du potentiel des territoires (certains seront sensibles à la qualité environnementale et à la protection de la biodiversité, d'autres joueront sur l'habitat, etc.) avec des conséquences fiscales qui ne sont pas les mêmes. Nous sommes guidés dans nos choix par des préférences fiscales plutôt que politiques.

Nous allons passer d'une société de la performance à une société de l'épanouissement. Les maires qui étaient des faiseurs de rois, puis de construction, doivent devenir des faiseurs d'espérances individuelles pour nourrir les espérances collectives. La vitalité sociale et la solidarité de proximité sont au cœur des phénomènes de stabilisation des sociétés chahutées. Il faut analyser la dépendance des territoires par rapport à des systèmes monoéconomiques – quand on supprime des usines sur un territoire... la condamnation de l'usine condamne le territoire.

Cette société de l'épanouissement, du bonheur de vivre et du partage va renforcer le rôle des maires dans la société : ils n'auront plus un enjeu de pouvoir mais un enjeu relationnel. Les administrations doivent rentrer elles aussi dans cette logique de services et d’usage, là aussi c'est un choc culturel.

La société du partage n’est-elle pas une bulle médiatique, ces pratiques ne sont-elles pas simplement en train de renouveler le système D ?

J'ai les mêmes interrogations. La notion de partage est née par l’impasse de la société d’acquisition. Comme on va entrer dans une croissance faible, on ne pourra plus acquérir comme les générations précédente. Si on est dans l'impasse de l'acquisition, seules la location et la gestion des usages nous permettront de bien vivre. On est dans une notion de partage de biens collectifs (vélos, voitures, etc.) mis en commun pour les optimiser au maximum.

La dimension morale se pose aussi. Une ami marocain me disait un jour cette phrase terrible : "Au Maroc, on a beaucoup de pauvreté mais pas de misère, en France vous avez beaucoup de pauvreté mais aussi beaucoup de misère." Ce qui est pour certains superficiel est essentiel pour d’autres.

Le troisième enjeu est un enjeu sociologique majeur : le XXIe siècle est le siècle de l’isolement. La vertu la plus rare est celle du temps, du temps que l'on consacre pour soi et de celui que l'on accorde aux autres. Cette notion du partage du temps et du partage avec l’autre est un enjeu qui pose aussi celle du lien, entre individus, car il faut redéfinir la liaison des individus pour faire le collectif.

Aujourd'hui la notion du partage est évidente chez les plus jeunes, les groupes, les bandes, les amis… Estimant que l’avenir sera compliqué, ils survalorisent le moment présent. En 68, on rêvait de liberté pour renverser le système, aujourd'hui on revient à la dimension humaine : on aura moins de fric mais on veut être plus heureux, l'avenir est compliqué mais on veut vivre le temps présent si bien qu'ils développent la richesse des relations humaines basées sur la confiance et le partage. Cela s'observe même au niveau des couples qui se font confiance de manière différente...

Pour ce qui est de la citoyenneté du monde maintenant, c’est le partage de responsabilité. Pour réveiller la citoyenneté, il faut qu'on accepte de dire que nous sommes tous responsables de la planète, etc.

Mais est-ce que le pouvoir citoyen peut tout ? Ne faut-il pas cocréer ?

Les citoyens doivent être des coproducteurs du futur. Mais le pouvoir a peur du pouvoir citoyen. Le pouvoir économique a intégré le pouvoir citoyen sous la pression des consommateurs. D'ailleurs, si on revient un peu sur l'histoire religieuse, c'est l'évolution de l'opinion qui a façonné la croyance religieuse, et non l'inverse. C'est l'opinion qui a fait flancher l'Eglise quant aux thèses de Galilée, qu'elle réfutait. On a surestimé les croyances religieuses, alors que ce sont les opinions qui ont obligé l’Eglise politique a reconnaître que la Terre est ronde.

Le consommateurs ont déjà modifié l’offre des entreprises, et nos institutions vont évoluer sous l'impulsion des attentes citoyennes. Le citoyen va à terme modifier l'offre politique.

Aura-t-on besoin d’un régime présidentiel ? Ou d'un régime parlementaire avec un président qui rassemble ? Avec une capacité de coalition et de partage autour d'un projet collectif qui doit aussi être regardé avec la volonté pour certains de ne pas partager ? Là réside toute la complexité de la métamorphose.

Les partis politiques ont-ils encore de l’importance ? Vous qui venez de quitter l’UMP pour soutenir un candidat PS...

Il n’y aura pas de destruction des partis, mais une recomposition des partis politiques. On a besoin de partis politiques et d'idéologie politique, de croyance collective, car les peuples ont besoin de croire en quelque chose. C’est un enjeu important où les politiques doivent redéfinir les lignes. On souffre d’un excès de politiciens, ils sont à l'image de notre société : c’est tout, tout de suite, avec une jouissance qui l’emporte sur le long terme.

Il faut retrouver le sens de la vision politique et prendre le temps nécessaire de construire des convictions plutôt que de gérer des émotions. Le choc de temporalité est d'ailleurs un choc de pouvoir...

Le développement des territoires se fera autour de projets et d'hommes en mesure de rassembler des philosophies, des cultures et des natures différentes. A titre personnel, j'ai choisi de suivre un homme qui rassemble. Même si je le combats sur le champs des idées, je reste gaulliste et réfléchis en fonction de l’intérêt des habitants.

Que pensez-vous du collectif Roosevelt et du parti Nouvelle Donne ?

Le collectif porté par Larouturou est ancien. Mais c'est un exemple de ce qui va émerger: les listes citoyennes vont se multiplier avec des projets coélaborés de manière collective, pour que chacun apporte sa contribution, comme le proposent Parlements et Citoyens.

La stabilisation citoyenne fait désormais partie de la décision politique : plus aucune décision politique ne sera imposée sans être appropriée par ceux qui la subissent. Cela implique une temporalité politique nouvelle, avec en premier lieu la pédagogie des enjeux et la compréhension des débats, puis l'acceptation de la contestation et de la remise en cause, les pouvoirs doivent apprendre à obéir aux forces citoyennes associatives, philosophiques, experts... en révisant les équations de la république.

La réaction citoyenne actuelle est saine, elle fait émerger des questions de fond auxquels les politiques n'ont jamais répondu. Les politiques séduisent les électeurs même s'ils perdent les citoyens. On oblige les politiques à accepter un débat qu'ils ont mis un talent fou à refuser... Le collectif Roosevelt pose la question des quatre jours, aucun parti ne s'en est emparé.

Pour finir, trois questions du tac au tac, en lien avec l'actualité [l'entretien a été réalisé au début de décembre 2013]. Si je vous dis "bonnets rouges" et écotaxe, vous me dites...

Explications – Le fait d'avoir imposé l'écotaxe sans expliquer l'importance de la fiscalité environnementale engendre ce genre de crispation de ceux qui payent, il manquait une pédagogie des enjeux.

Si je vous dis prostitution, vous me dites...

Réalité – Est-ce qu’en pénalisant le client je vais supprimer la prostitution ? Non, la vraie question est comment permettre à chacune des femmes de pouvoir rester digne dans l'exercice de sa profession ? En pénalisant le client ? Ne devrait-on pas ouvrir le débat sur la création de maison de prostitution ? C'est la question de la transformation de la loi comme posture morale qui se pose ici comme dans le cas de la dépénalisation de certaines drogues...

Si je vous donne le pouvoir demain, par quoi commencez-vous ?

Par le refuser, le pouvoir se conquiert.

Anne-Sophie Novel / @SoAnn sur twitter

A lire pour aller plus loin

 

 

Source : alternatives.blog.lemonde.fr

 

 

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29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 17:25

 

 

Source : www.lemonde.fr

 

L'heure de la revanche pour les lanceurs d'alerte

LE MONDE GEO ET POLITIQUE | 11.12.2013 à 11h03 • Mis à jour le 12.12.2013 à 17h24 | Propos recueillis par Yves Eudes

 
 

Depuis le début du millénaire, des groupes de hackers et de militants de l'Internet libre expliquaient que les agences de renseignement des Etats-Unis mettraient en place un système de surveillance d'envergure planétaire, capable d'espionner des pays entiers. Parmi ces lanceurs d'alerte, Christopher Soghoian, Jérémie Zimmermann et Jacob Appelbaum. Les médias les écoutaient, puis les oubliaient, car ils n'apportaient pas de preuves matérielles exploitables. On les prenait parfois pour des paranoïaques ou des extrémistes égarés par leur antiaméricanisme.

Tout change au printemps 2013, quand un consultant de l'Agence de sécurité nationale (NSA) américaine, Edward Snowden, fournit aux médias des milliers de documents authentifiés de facto par le gouvernement des Etats-Unis, qui n'a pas contesté leur provenance. Aujourd'hui, les théories et les intuitions des militants de l'Internet libre ont acquis un nouveau poids.

Jacob Appelbaum.

Informaticien, militant de l'Internet libre, Jacob Appelbaum est l'un des concepteurs du projet TOR, vaste réseau de serveurs permettant de naviguer sur Internet sans se faire repérer. Il a aussi été le porte-parole de WikiLeaks aux Etats-Unis. En 2013, il s'est installé à Berlin pour fuir le harcèlement policier dont il était victime dans son pays.

Que répondez-vous à ceux qui disent : « Tout ça ne me concerne pas, je n'ai rien à cacher » ?

Jacob Appelbaum : Quand quelqu'un vous sort cette phrase, répondez-lui : « Alors déshabille-toi, mets-toi nu devant moi, tout de suite. » Non seulement il ne le fera pas, mais il se mettra en colère, parce qu'il comprendra que vous essayez de prendre le pouvoir sur lui. Ensuite, ça le fera réfléchir.

Que faire face à la NSA quand on est un simple citoyen ?

Au niveau personnel, pas grand-chose. Se protéger tout seul dans son coin, c'est comme recycler trois déchets pour sauver la planète. Ce nouveau système de surveillance de masse est totalitaire au sens strict du terme, car il n'y a pas d'échappatoire. Même si on ne va pas sur Internet, on est surveillé, identifié, localisé, de mille façons, y compris quand on utilise son passe électronique dans le métro – mais vous allez encore dire que je suis parano…

Beaucoup n'ont pas encore compris qu'ils peuvent être surveillés, même s'ils ne sont pas intéressants pour les services secrets. Vous serez fiché parce que vous êtes l'ami d'un ami de quelqu'un qui les intéresse, ou que vous le côtoyez par hasard. Plutôt que de sélectionner les informations, la NSA garde les données de tout le monde, pour toujours. Compte tenu de leurs moyens et de la baisse continue des coûts de stockage, c'est faisable.

Que peut faire l'Europe ?

D'abord, les Européens doivent comprendre que cette mise sous surveillance de pays entiers est une nouvelle forme de colonisation. Quand j'ai demandé à des élus allemands pourquoi leur pays n'accordait pas l'asile politique à Edward Snowden (actuellement réfugié en Russie), plusieurs m'ont répondu : « C'est impossible, il ne serait pas en sécurité ici. » C'est un aveu implicite : face aux Etats-Unis, l'Allemagne n'est pas tout à fait un pays indépendant.

Le téléphone d'Angela Merkel est sur écoute depuis 2002, bien avant qu'elle soit devenue chancelière. Alors, ne croyez surtout pas qu'elle est la seule responsable allemande à être espionnée par la NSA. Or, face aux Etats-Unis, l'Union européenne est faible, elle pratique la politique désastreuse de l'apaisement. Il faudrait au contraire enquêter en profondeur, tout mettre sur la table, tout publier, puis lancer une grande opération de type « Vérité et réconciliation ».

Et si personne ne réagit ?

Tout va empirer. En collectant sans cesse des masses de données vous concernant, le système de surveillance fabrique votre doppelgänger numérique, un double qui devient plus vrai que vous. Votre profil et votre graphe social (cartographie de votre entourage) sont sans doute remplis d'informations erronées, mais vous ne pourrez jamais les faire rectifier, car vous ignorez leur existence.

Dans des pays où les Etats-Unis mènent des attaques de drones pour tuer des personnes identifiées comme des ennemis, la culpabilité d'une personne peut être décrétée par des machines, qui surveillent les communications et les déplacements de son téléphone. Pas besoin de connaître son nom, il est condamné à mort par un ordinateur, à cause de son téléphone. Je prédis que les Etats-Unis vont étendre leur programme d'attaques de drones, y compris dans des pays qui, aujourd'hui, se croient totalement à l'abri.

Le pire dans cette affaire, c'est que les gens de la NSA sont assurés de l'impunité. Moi, si je mens sous serment devant le Congrès, ou si je pirate des serveurs, je vais en prison. Pas eux. Cela dit, je peux aussi m'estimer heureux. Si je suis toujours en vie, c'est sans doute parce que je suis citoyen américain, que je suis juif et que j'ai la peau blanche. Si j'étais étranger, noir ou musulman, je serais mort aujourd'hui.

Quelle contre-offensive serait efficace ?

La seule solution est de multiplier les fuites de documents secrets. Le monde a besoin de plus d'hommes courageux comme Edward Snowden, qui risquent leur vie pour imposer la transparence. Il est facile aujourd'hui pour un jeune bien formé techniquement d'infiltrer ces agences, car elles ont sans cesse besoin de nouveaux talents. Nous devons aussi changer la tonalité du discours ambiant. Tout le monde parle de « cyberguerre » comme si elle était inéluctable. Il faudrait arrêter un peu, et parler plutôt de « cyberpaix ». Notre rôle est de pacifier Internet.

Christopher Soghoian.
  • « C'est comme si j'avais répété à un ami fumeur qu'il allait attraper le cancer » Christopher Soghoian, 32 ans, américain, britannique et français.

Christopher Soghoian possède trois passeports. Après une vie aventureuse de hacker et de militant indépendant, il a été embauché en 2012 par l'American Civil Liberties Union comme expert en « liberté d'expression, respect de la vie privée et technologie ». Il vit à Washington.

Quel effet cela fait-il d'avoir eu raison avant tout le monde ?

Christopher Soghoian : Ce n'est pas réjouissant, c'est un peu comme si j'avais répété à un ami fumeur qu'il allait attraper le cancer. Le jour où il découvre qu'il a le cancer, je ne vais pas aller le narguer en criant : « Je te l'avais bien dit ! » Je suis terrifié par les révélations d'Edward Snowden. Je savais que l'Etat américain nous surveillait, mais j'avais sous-estimé l'ampleur des moyens mis en oeuvre. Cela dit, ça fait plaisir de constater que mes copains ont cessé de croire que j'étais complètement parano. C'est une période exaltante pour les gens comme moi.

Avez-vous changé votre comportement quotidien ?

Déjà, avant les révélations de Snowden, je payais mes achats en liquide, je n'avais pas de compte Facebook et, quand je participais à une réunion importante, j'ôtais la batterie de mon téléphone. Désormais, je prends encore plus de précautions, j'ai renforcé la sécurité de mes communications et de mes appareils. Pour les entretiens importants, je demande à mes interlocuteurs de venir se promener avec moi dans un parc de Washington.

Les choses vont-elles changer aux Etats-Unis ?

J'ai quelques espoirs du côté des entreprises. De nombreux informaticiens travaillant dans le privé sont très en colère. Leurs relations avec les agences officielles vont se distendre. Certains grands services Internet vont sans doute renforcer les systèmes de protection des données personnelles, notamment grâce au cryptage. On peut aussi imaginer que les géants comme Google ou Facebook se retrouvent concurrencés par des nouveaux venus, proposant aux usagers des services mieux sécurisés. Par le simple jeu du marché, la sécurité pourrait progresser partout.

Et pour l'Europe ?

Les Européens doivent comprendre que les élus américains, même ceux qui sont très critiques à l'égard de la NSA, n'ont pas vocation à protéger les étrangers. Le salut de l'Europe ne viendra pas de ce côté. D'autre part, même si le gouvernement des Etats-Unis promet aux Européens de ne plus les espionner, il ne respectera pas sa parole, il continuera à tricher et à mentir.

Pour les Européens, la seule solution est technologique. Ils peuvent décider de ne plus utiliser les services, les logiciels et les matériels américains. Cela dit, le problème est profond. La création d'un « cloud souverain » européen ne mènera pas très loin. Même si les Européens conservent leurs données sur leur territoire, tant que leurs serveurs seront connectés à Internet, les services secrets américains pourront les pénétrer. Ils sont très forts.

D'autre part, un pays qui est incapable de fabriquer ses propres équipements de communication est dans une posture d'infériorité fondamentale face aux pays fournisseurs de matériels. Tant que les responsables politiques et économiques français utiliseront des iPhone, ils n'auront aucun espoir d'échapper à la surveillance américaine.

Jérémie Zimmermann.
  • « Si nous perdons la liberté d'avoir une vie privée, nous perdrons toutes les autres » Jérémie Zimmermann, 35 ans, français.

Jérémie Zimmermann est le cofondateur de La Quadrature du Net, association de défense des libertés des citoyens sur Internet, installée à Paris.

Comment se sent un militant de l'Internet libre aujourd'hui ?

Jérémie Zimmermann : Le fait d'avoir alerté l'opinion sur ce problème depuis des années nous donne aujourd'hui une grande responsabilité, car la société dans son ensemble se tourne vers nous pour trouver des solutions. Nous sommes aux avant-postes de cette bataille, et nous allons la livrer. C'est la mère de toutes les batailles car, si nous perdons la liberté d'avoir une vie privée, nous allons perdre toutes les autres.

Comment les pays visés doivent-ils réagir ?

La première étape consiste à admettre que le problème existe, ce qui n'est pas évident, et la deuxième à avoir envie de le résoudre. Dans certains pays, comme l'Allemagne ou le Brésil, l'opinion est en train de franchir ces deux étapes. La troisième consistera à imaginer une alternative. C'est l'affaire des experts et des militants de l'Internet libre. D'abord, nous devons faire un audit des services et applications utilisés par le grand public. Tout ce qui vient des grandes sociétés américaines est irrécupérable au niveau sécurité : poubelle direct.

Même chose pour les logiciels propriétaires fermés, dont on ne peut pas inspecter le fonctionnement interne. Mais cela va plus loin. Il faut aussi examiner les logiciels libres et les systèmes de cryptage, pour voir si certains n'ont pas été compromis. Ensuite, nous devrons concevoir des solutions alternatives – imposer les logiciels libres un peu partout, construire des réseaux décentralisés, installer des systèmes de cryptage automatique pour toutes les communications…

Et à plus long terme ?

Pour finir, il faudra appliquer nos solutions dans le monde réel, ce sera l'affaire de la société tout entière. Nous devrons commencer par les pays ayant la volonté politique de lancer ce chantier.
Nous devrons aussi combler notre retard dans le domaine du « matériel libre ». Jusqu'à présent, les hackers se sont concentrés sur les logiciels libres, et n'ont pas su proposer une alternative crédible en ce qui concerne les appareils. C'est une erreur.

Nous ne nous sommes pas assez battus contre l'arrivée des nouveaux appareils proposés par les grands fabricants, dont la stratégie commerciale est entièrement fondée sur la collecte d'informations et le contrôle. Aujourd'hui, on peut dire qu'un smartphone est une machine à espionner permettant aussi de téléphoner.

Yves Eudes
Grand reporter

 

 

Source : www.lemonde.fr

 

 


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29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 17:10

 

 

Source : www.mediapart.fr


ISF : le conseil constitutionnel censure le bouclier fiscal

|  Par Laurent Mauduit

 

 

 

Le conseil constitutionnel a censuré le plafonnement de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) prévu dans la loi de finances 2014. Nous republions un parti-pris publié début décembre, qui mettait en garde contre les méfaits du retour du « bouclier fiscal ».

Le conseil constitutionnel a censuré le plafonnement de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), dans le cadre de son examen du projet de loi de finances 2014 (lire l'intégralité de sa décision publiée dimanche). Au total, les sages, qui avaient été saisis par le groupe UMP de l'assemblée nationale, ont bloqué 24 des 236 articles du projet de loi 2014 et de la loi de finance rectificative de 2013. Ils ont en revanche donné leur feu vert à la taxation à 75% sur les hauts revenus, dont ils avaient bloqué une première mouture l'an dernier. Nous republions le parti-pris de Laurent Mauduit sur les dangers d'un retour du « bouclier fiscal », publié le 5 décembre 2013.

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S’il y a un dispositif qui symbolise le quinquennat de Nicolas Sarkozy et les injustices qu’il a générées, c’est assurément celui du bouclier fiscal. À juste titre, c’est ce que n’a cessé de faire valoir la gauche en général et les socialistes en particulier : ce mécanisme qui faisait obligation à l’État de rendre des millions d’euros aux contribuables les plus fortunés assujettis à l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) était assurément très emblématique de la politique conduite à l’époque par le « président des riches ».

Eh bien voilà que le symbole fonctionne aujourd’hui en sens contraire. Car depuis que François Hollande, sitôt arrivé au pouvoir, a décidé de conduire une politique d’austérité budgétaire et salariale, de relever le plus inégalitaire des impôts qu’est la TVA, d’apporter 20 milliards d’euros aux entreprises sous forme de crédit d’impôt sans la moindre contrepartie, de flexibiliser encore davantage le marché du travail, de renier sa promesse faite aux ouvriers de Florange, de conduire une réforme des retraites qui épargne le capital et accable le travail, il est apparu au fil des mois qu’il ne restait plus grand-chose qui distinguât sa politique économique et fiscale de celle impulsée par son prédécesseur. Il ne restait plus guère précisément que la suppression de ce fameux bouclier fiscal, si vivement et si justement dénoncé par la gauche.

Eh bien non ! Même cette différence n’en est plus une. Et la droite va pouvoir, à bon droit, se moquer d’une gauche qui, après lui avoir fait un procès en injustice fiscale, pratique exactement la même politique fiscale qu’elle, y compris dans le cas de l’ISF. C’est ce qui transparaît très clairement des statistiques sur l’ISF que le président (UMP) de la commission des finances de l’Assemblée nationale, Gilles Carrez, est arrivé après bien des difficultés à obtenir du ministre des finances, Pierre Moscovici. Évoqués jeudi matin par le quotidien Les Échos, les chiffres livrés par Bercy font en effet très clairement apparaître que le gouvernement socialiste a mis au point un dispositif très proche de ce fameux bouclier fiscal de Nicolas Sarkozy. Dans le cadre de la loi de finances pour 2013, il a instauré un mécanisme de plafonnement permettant de limiter à 75 % des revenus l’ensemble des impôts payés, ISF compris. Du même coup, 7 630 contribuables assujettis à l’ISF ont bénéficié en 2013 de ce plafonnement, ce qui a diminué le montant de leur impôt de 730 millions d’euros.

Par un courrier en date du 24 septembre, Gilles Carrez avait en effet demandé aux ministres des finances et du budget de lui transmettre des données sur les effets du nouveau plafonnement à 75 % instauré pour 2013, et qui a donc pris effet pour l’ISF payable cette année, au plus tard le 15 juin dernier. Les deux ministres ont visiblement traîné des pieds puisqu’ils n’ont transmis une réponse que le 3 décembre. À la lecture du document, on comprend le peu d’empressement de Bercy, tant les chiffres sont embarrassants pour le gouvernement.

Voici les documents transmis par les deux ministres à Gilles Carrez :

640 millions € pour 2 674 contribuables

Des deux tableaux transmis, c’est le second qui apparaît comme le plus important :

 

 

Ce tableau fait apparaître que sur les quelque 300 000 contribuables assujettis à l’ISF (pour un rendement l’an passé de près de 5 milliards d’euros), une infime minorité, soit 7 630 contribuables, ont profité d’un cadeau de 730 millions d’euros, du fait de ce plafonnement. C’est même encore plus spectaculaire que cela ! Ce sont 2 674 contribuables, ceux qui disposaient d’un patrimoine net taxable supérieur à 10 millions d’euros, qui se sont partagé l’essentiel du magot, soit 640 des 730 millions.

En somme, exactement comme sous les années Sarkozy, ce sont les ultrariches qui ont bénéficié de ce cadeau. À preuve, pour ces 2 674 contribuables chouchoutés par le gouvernement socialiste, la minoration d’ISF induite par le plafonnement a été en moyenne de 237 663 euros.

Sous Nicolas Sarkozy, ce n’était certes pas exactement le même dispositif. Les contribuables payaient leur ISF, et ensuite, c’était l’administration fiscale qui leur restituait le trop-perçu, si la somme de tous les impôts payés par le contribuable dépassait 50 % de ses revenus. Mais en vérité, il n’est pas certain que le dispositif inventé par les socialistes soit moins critiquable. C’est même exactement l’inverse. Au moins, sous Sarkozy, c’était l’administration fiscale qui faisait le calcul du trop-perçu, tandis qu’en 2013, ce sont les contribuables, lors du paiement de l’ISF, qui ont eux-mêmes arrêté le cadeau qu’ils se faisaient à eux-mêmes. Et puis, sous Nicolas Sarkozy, les effets du bouclier fiscal étaient… moins spectaculaires. Pour l’année 2010, le journal Le Monde avait par exemple révélé que 14 443 contribuables avaient au total profité du bouclier, pour un montant total de 591 millions d’euros. Le nombre de contribuables avait donc été supérieur à celui de l’année 2013, mais le cadeau fait par Nicolas Sarkozy avait été nettement inférieur à celui décidé par François Hollande. La seule chose qui, d’un quinquennat à l’autre, n’a pas changé, c’est la clientèle la plus chouchoutée. Sous le quinquennat précédent, c'étaient aussi les ultrariches qui avaient été les plus choyés, un peu moins de 1 000 contribuables assujettis à l’ISF se partageant 352 millions d’euros de restitution d’impôt.

Gilles Carrez fait donc remarquer, à bon droit, que le dispositif si critiqué de Nicolas Sarkozy avait au moins le mérite d’être plus transparent que celui inventé par les socialistes – sur le modèle de ce que Pierre Bérégovoy avait institué à la fin du second septennat de François Mitterrand. Au cours du quinquennat de Nicolas Sarkozy, les services de Bercy étaient en effet dans l’obligation de rendre public le montant des restitutions, ce qui n’est plus le cas. Et l’on parvenait ainsi à savoir parfois, avec un peu de pugnacité, le montant du chèque fabuleux que le Trésor public faisait à certains contribuables. Mediapart avait ainsi révélé que pour 2008 Liliane Bettencourt avait perçu un chèque de restitution de 30 millions d’euros (lire Liliane Bettencourt : cherchez l’impôt !). Mais pour 2013, quel a été le gain offert par le gouvernement à la même milliardaire ? Mystère et boule de gomme…

Ce cadeau apparaît d’autant plus spectaculaire qu’il n’est pas le seul et surtout qu’il est en contradiction totale avec les engagements pris par François Hollande. Pendant la campagne présidentielle, le candidat socialiste mène en effet la charge contre le « président des riches » et promet qu’il supprimera le bouclier fiscal et rétablira un ISF vidé de sa substance. La promesse est consignée dans la plate-forme du candidat (elle est ici) – c’est sa proposition n° 17 : « Je reviendrai sur les allègements de l’impôt sur la fortune institués en 2011 par la droite, en relevant les taux d’imposition des plus gros patrimoines. »

Mais François Hollande n’a pas, ensuite, honoré son engagement. S’il a rétabli des taux d’imposition progressifs pour l’ISF, il a porté le taux marginal à seulement 1,5 %, pour les patrimoines supérieurs à 10 millions d’euros, comme on peut le constater dans le tableau ci-dessous, qui présente les tranches d'imposition en vigueur pour 2013.

 

 

Mais, sans que personne ne le remarque et sans que cela ne fasse débat, François Hollande n’a en fait pas honoré totalement son engagement, car au tout début du quinquennat de Nicolas Sarkozy, le taux marginal de l’ISF était non pas de 1,5 % mais de 1,8 %.

Pourquoi Hollande ne paie pas l'ISF

Et puis surtout, il y a eu une autre reculade. Pendant son quinquennat, Nicolas Sarkozy avait en effet décidé que la première tranche d’imposition à l’ISF commencerait à partir de 800 000 euros de patrimoine comme par le passé, mais à la condition – et c’était cela la mesure de Nicolas Sarkozy – que le contribuable dispose d’un patrimoine d’au moins 1,3 million d’euros. En clair, le barème de l’impôt  était resté inchangé, mais le seuil de déclenchement de l’impôt avait été relevé de 800 000 euros de patrimoine à 1,3 million d’euros. On trouvera ici, sur le site internet de l’administration des impôts, les détails du mécanisme.

Or, sans tambour ni trompettes, cette mesure pour transformer l’ISF en gruyère, avec plein de trous permettant aux contribuables d’y échapper, a été maintenue par François Hollande. Et précisément, le seuil de déclenchement de l’ISF a été maintenu à 1,3 million d’euros, et non pas rabaissé à 800 000 euros, comme on aurait pu le penser au vu de la promesse du candidat.

Pour la petite histoire – mais n’est-ce que la petite histoire ? –, on peut d’ailleurs relever qu’il y a un contribuable qui n’a sans doute pas à se plaindre de ce choix : c’est… François Hollande lui-même ! Si l’on en croit sa déclaration de patrimoine (elle peut être consultée ici), le président socialiste dispose d’un patrimoine total de 1,17 million d'euros, constitué pour l'essentiel par des biens immobiliers. Officiellement, il n’est donc pas redevable de l’ISF, compte tenu des contours actuels de l’ISF. Mais sans doute le serait-il s’il avait choisi d’honorer sa promesse.

Pour qui connaît François Hollande, ce stupéfiant conservatisme fiscal n’est, en vérité, pas très surprenant. Déjà lors d’un face-à-face enregistré en vidéo par Mediapart le 28 janvier 2011 avec l’économiste Thomas Piketty (lire Hollande – Piketty : confrontation sur la révolution fiscale), François Hollande avait fait montre de beaucoup de prudence sur l’ISF.

 

Et, dans une drôle de formule (à écouter vers 12’00’’), il avait fait comprendre le bonheur qu’il y avait à être propriétaire : « L'ISF pour l'essentiel est un impôt immobilier, ce qui n'est d'ailleurs pas choquant dès lors qu'une façon de vivre sa richesse est de la connaître dans l'immobilier. »

Mais par-delà sa situation personnelle de contribuable, il y a quelque chose de beaucoup plus choquant : avec François Hollande, l’un des rares symboles qui subsistaient encore pour distinguer une politique économique hollandaise d’une politique économique de droite s’est d’un seul coup effondré. Le premier ministre a beau appeler de ses vœux une « remise à plat de la fiscalité », le constat malheureusement saute aux yeux : de différence, il n’y en a presque plus aucune. Alors que François Hollande avait, bien avant le Front de gauche, plaidé pour une « révolution fiscale », c’est aujourd’hui, avec la hausse de la TVA ou le plafonnement de l'ISF, une contre-révolution qui est en cours…

 

 

Lire aussi

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

 

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28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 22:24

 

 

Source : www.agoravox.fr

 

par olivier cabanel (son site) vendredi 27 décembre 2013 -  
 

La fable du « ruissellement »

 

Cette vielle théorie, chère aux libéraux et aux capitalistes de tout crin, qui voudrait que « plus les riches s’enrichiront, moins les pauvres le seront  », le débordement de la richesse leur étant bénéfique, a fait son temps…

 

Cette théorie aurait été imaginée par un certain Will Rogers, acteur dans de nombreux westerns, qui déclara, au sujet des baisses d’impôts décidées par le Gouvernement d’Herbert Hoover, en 1928 : «  on a mis tout l’argent en haut de l’échelle, en espérant qu’il finisse par ruisseler vers les nécessiteux. Monsieur Hoover (…) ne savait pas que l’argent ruisselle toujours vers le haut  ». lien

On sait aujourd’hui, et depuis un certain temps, ce qu’il en est, puisque la France d’aujourd’hui regorge de riches de plus en plus riches, des pauvres toujours plus pauvres, entrainant dans leur chute la classe moyenne.

L’année 2013 a été l’occasion de faire ce constat accablant, révélé en juillet 2013 par la revue Challenges publiant le classement des 500 plus grosses fortunes de France (lien) prouvant que l’écart entre riches et pauvres n’en finit pas de se creuser, illustré par le film de Michel Munz « ah ! Si j’étais riche  » : dans un échange savoureux : « finalement, quand on est riche, ça ne s’arrête jamais ? Rassurez-vous, c’est pareil quand on est pauvre ». lien  

Aujourd’hui, 500 français se partagent un gâteau de 350 milliards, et 2013 compte 10 milliardaires de plus qu’en 2012, portant leur nombre à 55…

Si la moitié du patrimoine des 500 plus grosses fortunes françaises était distribués aux 2,7 millions d’enfants qui vivent dans les familles pauvres, ils recevraient chacun 61 000 euros.

En 1996, le capital des 10 français les plus riches représentaient 25% du patrimoine des 500 plus grosses fortunes…en 2013, il en représente 40%...

Etonnante situation sous une présidence se prétendant socialiste, avec à la tête de l’état un homme qui affirmait, droit dans ses bottes, avant son investiture : «  mon adversaire, c’est le monde de la Finance  ». lien

On ne demande qu’à le croire, mais quasi au 1/3  de son mandat, on serait en droit de douter de la parole présidentielle.

Rien ne l’empêche aujourd’hui de légiférer sur la séparation des banques de dépôt, et des banques d’affaires…ni de décider, comme il le voulait, une échelle de salaire qui ne dépasse pas de 1 à 20 alors qu’elle est aujourd’hui de 1 à 400lien

Et quid de la taxe à 75% sur les plus hauts salaires, de la fin des stock-options, de la limitation des bonus, du plafonnement des rémunérations des dirigeants des entreprises publiques, et de l’encadrement de celles des patrons d’entreprises privées ?

On attend en vain des idées neuves, comme celle de mettre en place un revenu de base, quasi seule solution pour remettre l’égalité, la fraternité, au cœur de la République, faisant reculer la misère, et relancer la consommation.

Il voulait renégocier le traité européen, mais a finalement abandonner l’idée…

Pourtant récemment, une grande avancée aurait été réalisée au niveau bancaire européen, s’il faut en croire Michel Barnier ou Pierre Moscovici, évoquant l’un après l’autre « un changement révolutionnaire dans le secteur financier européen" et « un accord historique » affirmant que l’Europe vient de prendre une décision capitale, destinée, parait-il à organiser le contrôle des banques…

C’est sans compter sur l’analyse lucide qu’a fait le 23 décembre, l’économiste (et jésuite) Gaël Giraud, chercheur en économie au CNRS, et auteur de « lire l’économie » (éditions de l’atelier-prix lycéen du livre).

Il a qualifié cet accord « d’union de façade qui ne garantit aucune sécurité pour le secteur bancaire européen  ».

En principe cet accord devait casser le lien entre les banques et les états, afin de ne pas faire payer les erreurs des banques aux contribuables comme ça a été le cas jusqu’à présent, et même si un fond européen de résolution des banques a été décidé, « ça n’est pas suffisant » a-t-il déclaré.

Ce fond sera, dans 10 ans, à la hauteur de 55 milliards d’euros, et même si la somme parait considérable, elle est largement insuffisante.

Comme le rappelle l’économiste, l’actif au bilan de BNP-Paribas, c’est plus de 2000 milliards aujourd’hui, et lors de l’épisode Dexia, la France avait mis en garantie plus de 80 milliards…quant au fond de résolution français il ne contient que 2 ridicules milliards, et si la loi bancaire envisagée par Moscovici prévoit de le faire monter à 20 milliards c'est seulement dans 10 ans, donc beaucoup trop tard… si des problèmes surgissent, ce qui est probable, les citoyens seront une fois de plus mis à contribution.

Comme les banques savent qu’en cas de pépin, ce seront de nouveau les contribuables qui seront mobilisé pour les sauver, elles ont tout fait pour limiter le montant de l’accord.

De plus, cette loi protège les créanciers et les actionnaires, puisqu’elle fixe pour leur éventuelle contribution un plafond de 8% sur le passif de la banque, et comme les fonds de résolution sont trop modestes, c’est une fois de plus le contribuable qui sera sollicité.

L’objectif de cette loi était donc bon, mais le résultat final est pour le moins décevant, malgré les félicitations que se sont partagés les décideurs européens.

De plus, ce nouveau choix donne a la Banque Centrale Européenne, la mission de superviser les banques européennes, et pour Gaël Giraud, avant tout ça, il aurait fallu mettre en place toute une série de réformes.

S’il est évident qu’il faudrait avancer vers un véritable fédéralisme européen, aujourd’hui on retire aux états le contrôle de leur secteur bancaire, on le donne à la BCE, qui n’a pas de mandat démocratique, qui est très soumise à la pression et aux lobbys bancaires, et qui va devoir constamment arbitrer entre sa fonction de régulatrice de l’inflation, et sa fonction de supervision du secteur bancaire, se décrédibilisant en ayant ses deux mandats.

Aujourd’hui donc, cet accord dépossède les états d’un droit de regard légitime sur leurs secteurs bancaires, mais aussi de tous les attributs de leur souveraineté.

Giraud rappelle qu’une banque ne dira jamais quand elle va mal, tout comme la BCE, car si elle refusait l’opacité, elle pourrait mettre en faillite une partie du secteur bancaire européen…comme le dit avec humour l’économiste, « le ciel est bleu même quand il pleut  », ajoutant que les stress test mis en place par la BCE ne sont pas crédibles, et qu’ils seront calibré, afin que la casse soit minimale, ce qui permettra d’épargner les banques françaises et allemandes, les pertes n’étant déclarées que pour les pays déjà naufragés comme l’Espagne, la Grèce, le Portugal... lien

Pas étonnant dès lors que les bonnets rouges en France et les fourches en Italie soient de sortie…

Car si la naissances des bonnets rouges à une origine au départ plutôt corporative, le peuple des Fourches italien rassemble maintenant des chômeurs, des étudiants, des syndicats, alors qu’à sa création en Sicile en 2012, ce n’était qu’un mouvement corporatiste, dans lequel on ne trouvait que des agriculteurs, des pécheurs, et des routiers en colère contre l’austérité du gouvernement de technocrates de Mario Monti. lien

Ce « mouvement des fourches » prend de l’ampleur, multiplie les manifestations, et promet de marcher sur Rome en 2014, soutenu qu’il est par le « mouvement 5 étoiles  », lequel avait crée la surprise lors des dernières élections, emportant un joli nombre de sièges.

En France, on le sait, les bonnets rouges ont été à l’origine lancés en Bretagne pour lutter contre l’écotaxe, voulue par de pseudo-écolos, en manque d’imagination, portés par la volonté de pénaliser les poids lourds, sans imaginer une seconde qu’elle n’enlèverait que peu de camions sur les routes, et qu’au final, c’est le consommateur qui serait pénalisé.

Alors, en 2014, allons-nous assister à la mutation de ce mouvement, tout comme en Italie, puisque récemment Christian Troadec, l’un des leaders, maire de Carhaix et animateur du festival des vieilles charrues, à décidé de rejoindre la lutte de Notre Dame des Landes ? lien

En tout cas, devant l’acharnement d’Ayrault à imposer son inutile et dévastateur aéroport à NDDL (lien) il ne serait pas impossible que la colère se propage…d’autant que les grands projets inutiles, comme le « Lyon Turin » et d’autres, se multiplient, avec l’accord du premier personnage de l’état. lien

Alors si Hollande n’est pas le Père Noel que l’on attendait pour la France, braqué sur son illusoire inversion de courbes du chômage (lien) on sait au moins qu’il est le Père Noel de sa bonne ville de Tulle, qui constate que, depuis 2012, les subventions pleuvent généreusement. lien

Devant l’exaspération citoyenne de voir appliquer de mauvaises solutions à des problèmes réels, ces colères ne devraient pas être une surprise.

En continuant d’augmenter les taxes, impôt injuste puisqu’il pénalise toujours plus les pauvres, François Hollande ne semble pas avoir dans sa boite à outils ni les moyens de réparer les erreurs commises…ni les outils pour combattre celui qu’il prétend désigner comme son adversaire… le monde de la finance…

Comme dit mon vieil ami africain : « celui qui rame dans le sens du courant fait rire les crocodiles  ».

L’image illustrant l’article vient de « herboyves.blogspot.fr »

Merci aux internautes de leur aide précieuse

Olivier Cabanel

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Signer la pétition pour la séparation des banques : ici

 

 

Source : www.agoravox.fr

 

 


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