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31 décembre 2013 2 31 /12 /décembre /2013 17:44

 

 

Source : www.mediapart.fr

Des sans-abri pour nettoyer le site de Fukushima

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

Avec la complicité de la mafia japonaise, des entreprises sous-traitantes en charge du nettoyage de la centrale de Fukushima emploient des sans-abri qu'elles rémunèrent bien en dessous du minimum légal.

Des entreprises japonaises emploient des sans-abri, qu'elles payent en dessous du minimum légal, pour nettoyer le site de la centrale de Fukushima, rapporte l'organisation Think Progress.

Financées par une dotation publique d'un montant global de 35 millions de dollars, les entreprises sous-traitantes, avec la complicité de la mafia japonaise, recourent à des sans-abri qu'elles exploitent pour intervenir sur la zone de la catastrophe nucléaire, au péril de leurs vies.

L'organisation Think Progress cite notamment le cas d'un sans-abri de 55 ans qui a déclaré avoir gagné « l'équivalent de 10 $ pour un mois complet de travail », une fois les frais d'hébergement et de nourriture décomptés sur son salaire.

 

Lire sur le site de Think Progress

 

 

Source : www.mediapart.fr

 



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31 décembre 2013 2 31 /12 /décembre /2013 17:35

 

 

Source : www.reporterre.net

 

Pierre Rabhi : "le superflu est sans limites alors qu’on n’assure pas l’indispensable"

Barnabé Binctin (Reporterre)

dimanche 29 décembre 2013

 

 

 

Démographie, mariage homosexuel, OGM, ministres écologistes : Pierre Rabhi répond en franchise et fermement, dans le deuxième volet du long entretien qu’il nous a accordés.


Après un premier entretien il y a quinze jours, Reporterre retrouve Pierre Rabhi pour prolonger la discussion sur les grands enjeux écologiques de la société française.

Le gouvernement organise un débat public national la « transition énergétique ». Qu’en attendez-vous ? Que doit mettre en place le gouvernement ?

Pierre Rabhi - Avant toute chose, il faut d’abord qu’on réduise notre avidité. Comment voulez-vous répondre à une insatiabilité permanente par des ressources limitées ? Lorsqu’on cherche à résoudre à un problème, il faut commencer par savoir ce qui le détermine. Quel est le problème du monde ? Notre insatiabilité. Et qu’est-ce qu’on a fait de l’être humain ? Un être insatiable.

On ne met jamais en évidence ce que l’on a, ce qui peut déjà nous réjouir. On ne parle jamais de ce dont on a vraiment besoin. J’ai besoin d’être nourri, j’ai besoin d’être vêtu, j’ai besoin d’être abrité et j’ai besoin d’être soigné. Tous ces éléments-là doivent être partagés avec l’ensemble du genre humain. Tout le monde doit, légitimement, bénéficier de ça. Après, que reste-t-il ? Il reste ce qu’on appelle le superflu. Et aujourd’hui, le superflu est sans limites alors que l’on ne parvient pas à assurer l’indispensable... Il paraît que le marché de luxe ne connaît pas de crise. Par contre, on n’a plus d’argent pour ce qui est indispensable, pour nourrir des enfants qui viennent au monde, pour les aider à survivre et à créer une société conviviale et belle.

Et les gaz de schistes participent de cette tendance énergivore…

Ca prouve une fois de plus que la civilisation moderne est la civilisation la plus fragile de toute l’histoire de l’humanité. On a créé une civilisation fondée sur la consommation énergétique, sur l’usage de l’énergie, et on est devenu prêt à toutes les concessions pour que ça perdure. Parce qu’on sait parfaitement qu’aujourd’hui, sans pétrole et sans électricité, tout s’effondre. On a fondé une civilisation qui a un besoin absolument vital, et sans aucune restriction, de la combustion énergétique. On comprend ensuite pourquoi la question de l’énergie devient si gigantesque, et pourquoi on essaye de trouver d’autres ressources…

Pourtant, notre population augmente, nous sommes sept milliards d’êtres humains sur Terre, bientôt neuf. Cela va augmenter le niveau de consommation, il faut un réseau de production énergétique important, pour les transports, pour l’alimentation,...

Non, l’histoire de la démographie n’a rien à voir là-dedans. Je suis radical là-dessus, je ne peux pas supporter qu’on dise que c’est parce que nous sommes trop nombreux qu’il y a la faim dans le monde. On agite en permanence cette idée et beaucoup de gens pensent ça. C’est une réalité dans nos consciences collectives, mais ce n’est pas vrai !

Il n’y a pas la faim dans le monde parce que nous sommes trop nombreux, il y a la faim dans le monde parce que nous faisons partie des gens qui se baffrent au-dessus de la nécessité, qui satisfont leur poubelle et leur décharge publique bien plus que tous les autres… Cela repose la question éthique de notre système planétaire.

Aujourd’hui, on concentre beaucoup de moyens sur le meurtre, on est capable de créer des armes terrifiantes et on consacre beaucoup d’argent pour fabriquer des missiles intercontinentaux ou des avions de guerre. C’est significatif du niveau moral où nous nous situons. Une grande partie de l’énergie humaine est consacrée à la destruction de l’homme par l’homme. Et l’autre partie de l’énergie est destinée à détruire le milieu vivant. Ça veut dire que l’on rend beaucoup plus hommage à l’aspect négatif de notre destin : on entretient beaucoup mieux ce qui relève de la mort que ce qui relève de la vie.

Un autre sujet de ce début d’année, qui intéresse beaucoup les écologistes, c’est le mariage homosexuel. De quelle manifestation étiez-vous en janvier ?

 

*Suite de l'article sur www.reporterre.net


 

Source : www.reporterre.net

 


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31 décembre 2013 2 31 /12 /décembre /2013 17:23

 

 

Source : www.rue89.com

 

 

Le grand entretien 27/10/2012 à 17h25

« La gratuité, c’est ce qui a le plus d’importance dans nos vies »

Sophie Caillat | Journaliste Rue89

 

Co-auteur d’un essai sur l’expérience de gratuité des transports publics à Aubagne, le philosophe et dramaturge Jean-Louis Sagot-Duvauroux réfléchit au sens de la gratuité comme alternative à une société de plus en plus marchande.

 


Une personne déchirant un billet d’un dollar (Images Money/Flickr/CC)

 

Jean-Louis Sagot-Duvauroux passe une bonne partie de son temps comme dramaturge au sein d’une compagnie de théâtre malienne, Blonba.

Il est aussi, en tant que philosophe, le co-auteur de « Voyageurs sans ticket. Liberté Egalité Gratuité. Une expérience sociale à Aubagne » (éd. Au diable Vauvert).

Depuis la chute du système communiste, cet auteur de nombreux essais (notamment le best-seller « On ne naît pas noir, on le devient », Albin Michel) cherche « les vraies transformations qui ne produisent pas de la tyrannie ».

Electeur assumé du Front de gauche, il aimerait surtout que la gauche française « se pose un peu plus la question de l’alternative réelle au système capitaliste en place ».

 


Jean-Louis Sagot-Duvauroux (Gilles Perrin)

 

Rue89 : Pour commencer, une question qui peut ressembler à un sujet de bac philo : quelle est la valeur de la gratuité ?

Jean-Louis Sagot Duvauroux : La gratuité, c’est ce à quoi on accorde le plus d’importance dans nos vies. Par exemple, si je suis père de famille et enseignant, le fait de s’occuper des enfants des autres aura moins de valeur que de s’occuper du mien.

Ce qui est sans prix a plus d’importance que ce qui est évaluable financièrement. C’est brouillé par une obnubilation du marché. On a l’impression que ce qui n’est pas payant est sans valeur, mais en fait le sens de notre existence est sans prix.

Quand les gens se suicident au travail, ce n’est pas parce qu’ils ont des petits salaires, mais parce que leur activité n’a plus de sens. Si on supprime le sens, on supprime la vie. Les aspects essentiels de l’existence (l’amour, la santé, la haine...) ne s’évaluent pas monétairement.

Pourtant, la gratuité n’est pas dans l’air du temps, écrivez-vous....

La gratuité nous entoure en permanence : le trottoir, le lampadaire, l’école, les parcs, la PMI... tout cela est gratuit au sens de « chacun selon ses besoins » (et non selon ses moyens). Disons que l’accès à ces biens est sorti du rapport marchand.

En anglais, on dit « free », libre. Mais en français le mot « gratuit » a un sens étymologique religieux : c’est « Dieu nous a donné la grâce », la vie, sans demander de rétribution.

La gratuité recule aujourd’hui dans l’école ou la santé …

Mais la partie inaliénable du temps humain, le temps libre, est plus important que jamais. Des lois (congés payés, 35 heures) ont acté cela, c’est un progrès considérable.

Le libéralisme dominant défend l’idée que le marché est la meilleure façon possible de gérer des biens. Les ultralibéraux disent même que la police pourrait être un bien marchand, cherchent à mordre sur la part gratuite relativement importante de nos existences.

Si intérieurement, on sait se servir en permanence de la sphère marchande et non-marchande, les actions de la sphère marchande ont pris une valeur obnubilante.

A Aubagne, des élus communistes ont décidé de mener une action un peu anti-sarkozyste, en instaurant la gratuité des transports en commun. En pleine époque du « travailler plus pour gagner plus », c’était totalement à contre-courant...

Les élus ont en effet voulu trancher avec le système, à la différence de la vingtaine d’autres collectivités qui ont instauré cette mesure, et l’avaient fait plutôt pour des raisons techniques.

On constate que quand on sort du rapport marchand aux transports publics, on lève les freins à la hausse de la fréquentation.

Partout où les transports sont gratuits, la fréquentation des transports en commun augmente, ça crée de la productivité. Sans compter que l’investissement public a diminué par deux, un déplacement coûtait 4 euros à la collectivité, il en coûte un peu plus de 2 euros maintenant.

La gratuité, en provoquant la disparition du contrôle, a-t-elle modifié le rapport entre les gens dans l’espace public ?

 


Couverture du livre

 

Oui et c’est un élément très important. Trop souvent, les politiques abordent les questions de sécurité de façon binaire : il y a des délinquants, il faut des caméras et des policiers. Mais les caméras n’ont jamais fait baisser la délinquance !

La gratuité des transports en commun a rendu le travail du chauffeur beaucoup moins angoissant : il n’a plus de caisse à garder, il n’a plus qu’à faire l’essentiel, transporter ses concitoyens d’un endroit à un autre, leur rendre service.

Quand le Syndicat des transports en Ile-de-France (Stif) instaure le dézonage le week-end, cela crée un sentiment de liberté et fait baisser la délinquance.

Quand les gens sont rendus à eux mêmes, on voit que globalement ils ne sont pas si méchants qu’on veut bien le dire.

Alors que quand un gamin passe sans payer devant le chauffeur, il y a quelque chose d’humiliant pour le chauffeur, de désagréable pour tout le monde. Si vous supprimez ça, l’espace public devient plus agréable et convivial. Ça ne résoud pas tous les problèmes mais on constate que globalement, les tensions intergénérationnelles à Aubagne ont été supprimées.

Aujourd’hui, on voit que l’école est de moins en moins gratuite.

L’école est surtout confrontée au problème de la ségrégation sociale et du coup, l’école publique est gratuite pour les pauvres, elle devient une école sociale, et non plus l’école de tous, où pauvres et riches ont le même avantage. Quand l’école devient une école de seconde catégorie, ceux qui ont de l’argent vont dans dans une école non gratuite.

La gauche critique parfois l’expérience d’Aubagne en disant qu’il n’y a pas de raison d’avantager les riches. Moi je réponds : il faut des endroits dans la société où il n’y a plus de différence entre riches et pauvres. La gratuité, c’est de donner aux gens un droit. Ensuite libre à eux de l’exercer selon leur bon vouloir. On pourrait imaginer un droit au téléphone, par exemple.

Va-t-on vers une extension des zones de gratuité d’après vous ?

Le mouvement global va contre la gratuité, et pourtant, la gratuité est rentrée dans le champ social et politique. On voit le succès d’audience de Paul Ariès, et de certaines de ses propositions comme la gratuité de l’eau vitale.

Je trouve intéressante l’idée d’une sécurité sociale du logement qui permettrait, en cas de perte d’emploi ou de dépression, de ne pas être chassé de son logement.

Certaines villes proposent la gratuité des obsèques, et je trouve qu’éviter aux gens de négocier la qualité du cercueil quand ils viennent de perdre un proche, c’est très humain et civilisant.

Comment à travers la gratuité favoriser des comportements plus écologiques (en rendant payants les mésusages, comme le suggère Paul Ariès) ?

L’idée qu’on a le droit de vivre dans une planète qui ne se flingue pas (et que peut-être il faut préférer mettre de l’argent dans les transports en commun) se met dans les têtes peu à peu. Cela a surgi à la conscience les vingt dernières années, et rejoint d’autres milieux sociaux.

Aubagne est une expérience très localisée mais qui donne à penser au niveau beaucoup plus large. « Think globally, act locally », disent les altermondialistes.

Si beaucoup d’actions se font comme ça, droite et gauche devront en tenir compte.

 

MERCI RIVERAINS ! Pierrestrato
Source : www.rue89.com

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30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 21:21

 

 

Source : www.mediapart.fr

2013, le jeu des sept faillites de la gauche

|  Par Stéphane Alliès

 

 

Dans le rétroviseur d’une première année pleine et entière au pouvoir, la gauche gouvernementale désespère son électorat, et l’hypothèse pour l'heure peu probable d’une alternative, comme d’un changement de cap, n’enthousiasme pas davantage. Retour sur sept faillites qui ne laissent guère optimiste sur 2014.

Après le désenchantement, le néant. Si depuis son arrivée à l’Élysée, le nouveau pouvoir socialiste n’a de cesse de tester les bas-fonds de son impopularité, de reculades en renoncements, d’absences de courage en cadeaux aux entreprises, la situation n’est guère plus brillante dans les autres allées de la gauche. Et c’est peut-être la plus grande réussite du début de quinquennat Hollande : à force d’organiser la déception et d’agencer la résignation, personne ne semble aujourd’hui en mesure de venir lui contester son austère et amer magistère. Pourtant si nombreuses, les oppositions dans son propre camp paraissent démunies, contraintes d’observer et de se lamenter sur le champ de ruines des idéaux de la gauche française et du mouvement social en décrépitude…

Comme anesthésiées par dix ans de droite, et d’une prétendue droitisation de la société qui arrange bien les plus conservateurs (lire ici), désireux de continuer à tracer les contours du cercle de la raison dont il ne faudrait surtout pas sortir, les gauches françaises ne sont plus à la recherche du peuple, mais bien du côté de la continuité de l’État et de la haute fonction publique qui leur dicte quoi faire. Quant aux gauches qui s’opposent, faute de stratégie d’alternative crédible ou de courageuses et tangibles recherches de convergences, elles en sont réduites à commenter et contempler l’ampleur du désastre. Sous Jospin, bon an mal an, la gauche était plurielle. Sous Hollande, la gauche n’est plus rien. Et en 2013, sa désintégration a pris le tour d’un déprimant jeu des sept faillites.

 

Bruno Le Roux, président du groupe PS à l'Assemblée. 
Bruno Le Roux, président du groupe PS à l'Assemblée. © Reuters

 

  • L’hypo-parlement

Déjà un an et demi que l’hémicycle est installé et l’on peine encore à trouver les nouveaux Peillon et Montebourg de 1997, jeunes députés ayant biberonné à autre chose que la vie interne (l’un était professeur de philosophie, l’autre avocat) et se saisissant de leurs pouvoirs parlementaires pour enquêter de façon offensive sur la situation des tribunaux de commerce ou sur les paradis fiscaux. Des initiatives, telle la lutte contre la fraude fiscale ou quand il s’est agi d’améliorer le texte de loi sur le contrôle bancaire, ont sorti certains élus de leur tétanie. Mais le quotidien parlementaire reste en 2013 plus marqué par la caporalisation que par l’autonomie conquérante face à l’exécutif. Même au moment d’émettre la bien peu audacieuse possibilité de voter l’entrée en guerre (au moment de l’épisode syrien), les parlementaires se sont montrés impuissants face aux prérogatives du chef des armées de l’Élysée. L’exemple anglais et américain a davantage renvoyé à la France son parlementarisme potiche. Et depuis, les forces françaises se sont engagées en Centrafrique, sans que personne s’insurge de l’absence d’aval de l’Assemblée.

Question moralisation et rénovation de la vie publique, la “force tranquille” est toujours de rigueur, surtout si l’on compare les timides travaux législatifs de l’année 2011 à ceux des parlements anglo-saxons (par exemple, la condamnation de députés à de la prison ferme en Angleterre, dans l'affaire des notes de frais). La commission d’enquête sur l’affaire Cahuzac a montré la faiblesse d’un camp incapable de se prononcer sur ses propres turpitudes (voir notre émission), allant même jusqu’à désigner comme rapporteur un ancien trésorier du PS, Alain Claeys, quand le financement politique du parti socialiste était l’un des enjeux sous-jacents de la commission. Sur le cumul des mandats, la résistance sénatoriale a montré l’archaïsme d’une partie des socialistes (essentiellement des proches de François Hollande). Quant à la loi sur le non-cumul, après avoir vu son application reportée à 2017, son extension à l’idée d’un non-cumul dans le temps (trois mandats consécutifs maximum) a sèchement été évacuée par le groupe socialiste (lire ici), malgré un vote majoritaire des députés de gauche en commission.

 

Réunion à l'Assemblée nationale, où plusieurs "clubs" et courants socialistes ont réclamé une réforme fiscale, le 2 juillet 2013 
Réunion à l'Assemblée nationale, où plusieurs "clubs" et courants socialistes ont réclamé une réforme fiscale, le 2 juillet 2013 © S.A

 

En creux, c’est le constat le plus désolant : trop heureux de retrouver la majorité, les socialistes se sont lovés dans la culture d’acquiescement législatif que chérit d’habitude la droite. Résultat, à quelques rares exceptions près – dont la principale demeure le mariage pour tous (mais avec l'assistance médicale à la procréation abandonnée en route) –, on ne trouve pas trace d’un texte voté par l’ensemble de la gauche, au Sénat et à l’Assemblée. Une majorité introuvable, faute de se donner la peine de penser des convergences. L’exemple le plus chimiquement impur a été celui de la proposition de loi sur l’amnistie sociale. Après un compromis entre communistes, écologistes et socialistes au Sénat, avec la bienveillance de Christiane Taubira, c’est un enterrement qui s’ensuivit à l’Assemblée, avec la malveillance de Manuel Valls. Symbolique, ce refus socialiste d’accéder aux demandes du reste de la gauche s’est répété lors de la proposition de loi écologiste sur les ondes électro-magnétiques, puis sur le texte radical instituant une liste électorale unique aux européennes.

Quant aux voix divergentes internes à la majorité parlementaire, quand elles s’expriment, c’est souvent à titre individuel et sans grande coordination. Ainsi Malek Boutih au moment de la démission de Delphine Batho, Pouria Amirshahi après l’affaire Léonarda (lire ici), Isabelle Attard après le vote de la réforme des retraites (lire ici)… Souvent mentionnée dans les discussions de coulisses, l’hypothèse d’une scission du groupe socialiste, lui enlevant sa majorité absolutiste (il suffirait d’une quinzaine de départs) et obligeant à prendre en compte les avis divergents, reste d’actualité pour 2014. Mais une telle tentative court le risque de voir le groupe socialiste restant transiger avec les députés centristes, davantage que sur sa gauche. Alors cela prend pour l'instant la forme de conférences de presse occasionnelles, entre différentes nuances de gauche (durable, populaire, forte, etc.), comme en juillet dernier. Revendication commune alors : une réforme fiscale consacrant la fusion de la CSG avec l'impôt sur le revenu. Six mois plus tard, le bilan de la démarche est mitigé : si une « remise à plat fiscale » a été annoncée, on n'en connaît pas encore les contours, et elle devrait s'étaler sur tout le quinquennat…

  • La disparition du PS… et de l’aile gauche socialiste

Aubry l’avait sorti du coma, il y est retombé, étouffé sous l’édredon hollandais. Comme redouté au regard de ses états de service, l’heureux désigné, Harlem Désir, n’est pas parvenu à briser son armure d’apparatchik rentré dans le rang solférinien. Inaudible et démuni face aux atermoiements d’un pouvoir qu’il soutient coûte que coûte, il a paru être investi d’une mission impossible. Quand il a fait preuve d’audace (en demandant un référendum institutionnel ou quand il exprima sa volonté de voir rentrer Léonarda et sa famille en France), il a fini de creuser sa tombe, sévèrement recadré par des éléphants aux attentes contradictoires. De plus petit dénominateur commun, il est désormais devenu un simple détonateur, fusible évident en cas de déroute confirmée aux prochaines européennes.

Dans les actes, le plus grand de ses échecs à la tête du parti est la façon dont il a “fossoyé” la plus intéressante des innovations du PS de ces dernières années : la primaire citoyenne. En organisant a minima sept consultations municipales en tout et pour tout sur le territoire, il a cassé l’élan modernisateur de la compétition présidentielle, qui avait réussi à impliquer enfin des sympathisants socialistes lassés des obscurs jeux de courant dans des sections socialistes volontairement réduites au plus petit nombre, histoire d’être le plus verrouillées possible. En préférant l’expérimentation à la généralisation, le PS d’Harlem Désir a “gadgétisé” l’outil primaire, le réduisant à un “clientélisme à ciel ouvert” à Marseille, atténuant sa légitimité au Havre, ou rendant carrément inopérant son résultat à La Rochelle (lire ici et ici). Avec le sentiment que, définitivement, ce parti socialiste préférera toujours les petits arrangements entre quelques dizaines de milliers de militants, répartis en une dizaine d’écuries, à l’ouverture audacieuse à la société mobilisée.

Harlem Désir 
Harlem Désir © Reuters

Quant aux ailes gauches du PS, c’est l'hallali. Benoît Hamon et les siens, pourtant charnière essentielle dans le dispositif actuel (un ministre et une vingtaine de députés), ont mis la tête dans le sable, fidèles à une stratégie édictée lors du congrès de Toulouse : on joue la légitimité du pouvoir en place et on attend des jours meilleurs, afin de prendre le PS, et des villes (comme Montreuil ou Saint-Denis) ou la présidence de la région Île-de-France. Un pari à long terme, qui pourrait même passer par une alliance pragmatique avec Manuel Valls, à l’autre bord de l’échiquier socialiste.

De son côté, Arnaud Montebourg est lui aussi totalement rentré dans le rang, et ne fait plus entendre sa musique particulière qu’au moment de critiquer les orientations de l’Union européenne. Tout occupé à consolider son “alliance des producteurs”, et donc à parfaire son réseau patronal et syndical en vue d’échéances futures, le héraut de la rénovation socialiste, de la démondialisation et de la VIe République, se satisfait aujourd’hui sans gêne des archaïsmes institutionnels et fait avec la mondialisation, tout occupé à sa volonté réindustrialisatrice du pays, souvent synonyme jusqu’ici d’anti-écologisme parfois primaire.

Le courant Maurel/Lienemann, enfin, n’en finit plus de commenter les renoncements et de conter l’éloignement progressif du pouvoir vis-à-vis des valeurs de gauche, quitte à s’accommoder de la déprime et du fatalisme qu’elle peut engendrer. Jouant le strict jeu du parti, “Maintenant la gauche” se résout à ce que ce soit plus tard, et bataille poliment pour gagner des positions en interne. Avec un succès mitigé, Emmanuel Maurel n’étant investi qu’en deuxième position de la liste du Grand-Ouest aux européennes.

 

Marie-Noëlle Lienemann et Pierre Laurent, à l'assemblée des gauches, le 12 décembre 2012 
Marie-Noëlle Lienemann et Pierre Laurent, à l'assemblée des gauches, le 12 décembre 2012 © Antoine Pesch

 

  • Le Front de gauche en capilotade

C’était l’année de tous les dangers pour le rassemblement de l’autre gauche. Pour la première fois, il n’y avait pas d’élection pour mobiliser, et la double divergence stratégique qui la traverse depuis ses débuts en 2009 avait tout pour prospérer et faire des dégâts dans ses rangs. Cette double divergence, autour du rôle et du poids des élus locaux, ainsi qu’autour de sa finalité existentielle : prendre le pouvoir par la révolution citoyenne ou l’influencer en pesant sur la majorité et en la tirant à gauche, a fini par le faire – momentanément ? – imploser.

Bien que dans les textes la proximité programmatique entre les différentes forces du Front de gauche ait été réaffirmée en début d’année, la progressive personnalisation de la rivalité entre Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon a mis en danger la pérennité d’un regroupement touchant les limites du cartel électoral. La préparation des municipales à Paris a symbolisé le désaccord, entre la volonté acharnée de la direction communiste à passer un accord dès le premier tour avec le PS et les surenchères verbales contreproductives de Mélenchon à l’encontre de son allié (lire ici).

 

Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent, à Grenoble, le 25 août 2013 
Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent, à Grenoble, le 25 août 2013 © S.A

 

Seule bonne nouvelle cette année pour le Front de gauche, la constitution d’un troisième pôle (Ensemble), regroupant communistes unitaires, alternatifs et fractions diverses du NPA et de la LCR. Avec l’espoir de sortir la gauche de gauche du face-à-face Laurent/Mélenchon, devenu aujourd’hui davantage un obstacle qu’un marche-pied à la résurrection du mouvement social. Mais rien ne dit encore que son émergence garantira la pérennité du Front de gauche.

La dynamique militante paraît sérieusement entamée, et les choix stratégiques des uns et des autres n’ont pas recueilli les résultats escomptés. L’alternative via une alliance majoritaire au cœur de la gauche, souhaitée par le PCF, s’est résumée à des assises citoyennes sans lendemain (lire ici). L’alternative via la rue et la révolution citoyenne, défendue par le PG et mise en branle le 5 mai et le 1er décembre dernier, n’a mobilisé qu’un noyau militant certes encore soudé, mais bien loin des marées citoyennes espérées.  

Les élections européennes à venir pourraient alors devenir le vrai test de survie pour la gauche antilibérale post-référendum européen, qui risque de voir resurgir le spectre de la division sur fond de désaccord irrémédiable entre Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon (lire ici). En jeu : un retour au début des années 2000, où chacun se compte en dessous des 5 %, ou le maintien d'un attelage encore fragile, mais permettant d'obtenir plus de 10 % des suffrages.

  • L’écologie “désarmée”

Si les couacs et désaccords gouvernementaux auront été multiples en 2013, seule la ministre de l’écologie aura été démise de ses fonctions. Outre son alerte sur l’austérité en cours, le message de la ministre sortie au début de l’été, Delphine Batho, notamment sur le poids des lobbies dans l’entourage élyséen, aurait dû faire événement, à tout le moins débat. Il n’en fut rien, les socialistes regardant ailleurs, et les écologistes préférant se ranger derrière le successeur Philippe Martin, alors jugé plus compétent en matière environnementale, et ses promesses de transition écologique à venir.

Une rentrée habilement placée par Pierre Moscovici sous le signe du « ras-le-bol fiscal », et voilà que tous les espoirs écolos se sont fracturés, et pas même de façon hydraulique... La fiscalité écologique puis l’écotaxe ont réduit les ministres et parlementaires d’EELV, jusqu’ici fiers d’être arrivés si nombreux à ce niveau de pouvoir, au rôle de vulgaires taxeurs, punitifs des plus pauvres. Le nucléaire ne s’est jamais aussi bien porté, et l’objectif d’une réduction de la part de nucléaire à 50 % du mix énergétique en 2025 jamais aussi bien enterré. Notre-Dame-des-Landes n’a jamais été aussi proche de connaître la pose de la première pierre de son aéroport. Même les gaz de schiste sont encore dans le paysage médiatique, protégés par un moratoire fort fragile. Seul espoir des écolos : que le détail de la transition énergétique, annoncé pour le printemps 2014 par l'exécutif, soit à la hauteur des promesses passées.

 

Cécile Duflot et Delphine Batho, à l'Assemblée nationale 
Cécile Duflot et Delphine Batho, à l'Assemblée nationale © Jacky Naegelen / Reuters

L’écologie défensive (lire ici) est devenue l'occupation d’un parti qui, faute de marges de manœuvre externes, préfère s’anéantir dans les manœuvres internes, faites de rivalités et de rancœurs recuites. Après l’éviction de son secrétaire national, Pascal Durand, au terme d’une illisible révolution de palais (lire ici), puis d’un congrès pathétiquement incompréhensible (lire ici), c’est à Emmanuelle Cosse d’assumer le flambeau d’EELV (lire ici). Ou plutôt de la flammèche, tant la dynamique et l’attractivité du parti écologiste se résument aujourd’hui à ses seuls élus, quasiment aussi nombreux que ses militants mobilisés.

 

  • Les quartiers populaires abandonnés

Si l’on repense à la marche pour l’égalité de 1983, les critiques en récupération de l’époque (adressées à SOS-Racisme et au PS de Mitterrand) pourraient faire sourire aujourd'hui. Tant il y aurait fort à parier qu’une mobilisation similaire serait aujourd’hui traitée comme un soulèvement djihadiste ou anti-républicain, mettant en danger la laïcité et prônant un insidieux communautarisme.

L’abandon de l’électorat des quartiers populaires, qui s’était fortement mobilisé derrière François Hollande en 2012, n’a eu de cesse de s’amplifier en 2013. Mesures principales du programme de Hollande, en tout cas les seules concernant les banlieues françaises, le droit de vote des étrangers et le récépissé de contrôle d’identité (lire ici) ont été sabordés sans le moindre scrupule par la majorité socialiste et écologiste. Cet été, d'Argenteuil à Trappes, des contrôles policiers d’identité sur des femmes en niqab ont dégénéré. Et à chaque fois, l'État s’est rangé derrière l’ordre républicain, sans autre réponse sur la lutte contre les discriminations (lire ici).

 

 

Même l’intégration n’apparaît plus que comme un problème. Dernière preuve en date, l’invraisemblable polémique autour des rapports commandés par Matignon (lire ici), qui ont provoqué un tollé à droite, mais aussi à l’intérieur du gouvernement. La gauche au pouvoir n’a tellement plus de courage ou de convictions pour affronter ces questions, qu’elle s’interdit même d’en débattre. Quant à la politique de la ville, celle-ci s’éloigne des banlieues dans ses critères (lire ici), et le rapport Mechmache/Bacqué (lire ici), prônant une participation citoyenne et une reconnaissance accrues des habitants des quartiers populaires, est d’ores et déjà rangé dans les tiroirs.

Le principe de laïcité a toujours plus été instrumentalisé au détriment de la seule religion musulmane, faisant monter une islamophobie de plus en plus radicalisée, dont les conséquences ont été le plus souvent niées pour les pouvoirs publics. Le gouvernement Hollande/Ayrault n’assume pas encore tout à fait dans ses discours sa conception d’une laïcité de fer anti-musulmane, mais il encourage vivement, par ses ministres Manuel Valls et Vincent Peillon, à interdire aux femmes voilées de travailler dans des crèches ou d’accompagner leurs enfants dans des sorties scolaires (lire ici).

  • Le non-idéal européen

C’était l’une des promesses emblématiques de Hollande candidat. Lui président, il ferait entendre une autre voix dans le concert européen, et incarnerait un pôle de résistance à la majorité libérale-conservatrice de l’Union. Si sa promesse de renégociation du TSCG a été dévoyée dès l’été 2012, l’année 2013 fut surtout marquée par l'absence de résultats pour la gauche française. Union bancaire au rabais, passivité face au scandale Prism, refus d’asile d’Edward Snowden, ouverture des négociations du grand marché transatlantique, conséquences de la directive sur les travailleurs détachés

Comme toujours, l’Europe a aussi servi d’alibi pour justifier les inactions et les passivités coupables (par exemple, en mettant « le problème rom » sur le dos des accords de Schengen). En revanche, aucune proposition de relance concrète de la dynamique institutionnelle européenne n’a été faite par la France, qui semble s’être résolue à prendre les conseils européens les uns après les autres, sans ambitions à long terme.

 

Angela Merkel et François Hollande avec, au centre, le Belge Elio Di Rupo, le 15 mars 2013 à Bruxelles. ©CE. 
Angela Merkel et François Hollande avec, au centre, le Belge Elio Di Rupo, le 15 mars 2013 à Bruxelles. ©CE.

Dans un paysage social-démocrate européen à la dérive (lire ici), l’étrange pas de deux vis-à-vis de l’Allemagne merkelienne dit beaucoup de la confusion qui règne dans les têtes socialistes, dès qu’il s’agit d’orientation européenne. Certains lâchent leurs coups contre la chancelière, comme Claude Bartolone ou Arnaud Montebourg. Mais François Hollande fait dans le même temps l’éloge du réformisme de Gerhard Schroeder, à la tribune du congrès du SPD, et sous les yeux d’Angela Merkel (lire ici). Le PS français se range avec entrain derrière l’eurodéputé SPD Martin Schultz pour la présidence de la commission, pendant que le SPD fait grande coalition avec la droite allemande, même si les désaccords restent profonds.

Le débat interne du PS sur l’Europe, en juin dernier, dit bien tout le désintérêt des ténors socialistes sur le sujet. Escamoté par la grâce d’un tripatouillage dont seul le PS a le secret (lire ici), il s’est finalement réduit à une négociation sémantique nocturne, entre gauche et droite du parti, avant qu’une sombre convention nationale dévoile un texte indolore convenant à tout le monde (lire ici). Ultime illustration de cette débandade à gauche : la constitution des listes pour les européennes à venir. Le PS bricole et s’en remet à Édouard Martin, arbre magique cachant la forêt grisouille des investitures bureaucratiques. Les écolos reconduisent des sortants méritants mais ayant laissé la dynamique société civile de 2009 aux vestiaires. Le Front de gauche attend les municipales de mars pour voir s’il peut encore tenir debout aux élections de mai. Pierre Larrouturou tente bien l’aventure de la novation (avec Nouvelle donne, lire ici), propice à un tel scrutin, mais rien ne dit que ses candidatures iront au bout, au risque de rejoindre les autres coups sans lendemain tentés par le héraut des 32 heures.

 

Pierre Moscovici, le 7 mai 2012 
Pierre Moscovici, le 7 mai 2012 © Reuters

 

  • L’économie comme seul dogme intellectuel

Un premier semestre 2013 marqué par l’austérité et les pleins pouvoirs donnés aux entreprises, un second par le « ras-le-bol fiscal », formule initiée en propre par le ministre des finances, Pierre Moscovici, dont l'influence sur la marche du pouvoir reste une énigme (lire ici). En 2013, ceux qui rêvaient encore de « rêve français » en ont été pour leurs frais, découvrant à la place le « bricolage pragmatique », déjà revendiqué par Hollande dès 1984 (lire ici), et la République des comptables à lunettes (lire ici).

Ainsi que Mediapart l’a longuement documenté (ici et ici), pour que l’invention soit au pouvoir sous Hollande, il faudrait que les intellectuels soient dans ses arcanes. Or, point d’idéologues dans les entourages de l’État socialiste, juste des hauts fonctionnaires, obsédés par la continuité de l’État et effrayés par tout pas de côté vers l’inconnu. L’exécutif gère le tout-venant, ne voyant pas plus loin que l’horizon de la réduction des dépenses publiques et l’inversion de la courbe du chômage. Et la gouvernance socialiste de l’État s’est peu à peu résumée en une « auto-régulation exigeante » des entreprises (autre remarquable formule de Pierre Moscovici) et en des reculades en tout genre face à ceux qui refusent l’impôt.

À côté de cet économicisme forcené, privilégiant les chiffres et statistiques comme lecture première de la société, aucune idée neuve n’a surgi. Aucun grand discours élyséen n’a accompagné les réformes de l’éducation ou de la justice. Simplement des questionnements sur les compétences personnelles d’un ministre (Vincent Peillon) ou la mise en image de la rivalité entre deux autres (Manuel Valls et Christiane Taubira). Même la réforme fiscale a été annoncée dans un grand cafouillage, où le plus important semblait de savoir si le premier ministre voulait sauver sa peau, plutôt que, là encore, de mettre en scène la thématique de l’égalité, qui était pourtant le socle de la campagne électorale de François Hollande.

Cette croyance en l’économie se double d’une révérence envers la haute administration, origine de tous les maux, à en croire nombre d’élus désorientés par la situation actuelle. « Il y a trop peu de ministres qui font de la politique et ils se font bouffer par les technos », entend-on sans cesse dans les bouches socialistes. La technostructure bénéficie d’une confiance telle, qu’elle en devient intouchable. Ainsi le très sarkozyste directeur du Trésor, Ramon Fernandez, est toujours en poste, deux mois après que Jean-Marc Ayrault a annoncé son départ. La citadelle de Bercy semble plus que jamais inébranlable. À l'inverse du doute dans l'électorat de gauche, à la veille de 2014.

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

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30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 19:13

 

Source : www.liberation.fr

 

Naissance en Espagne du Parti X, issu de la mouvance des Indignés

AFP 8 octobre 2013 à 22:22

 

Des manifestants se rassemblent sur la Puerta Del Sol, à Madrid,, pour marquer l'anniversaire du mouvement des Indignés, le 12 mai 2012.

Des manifestants se rassemblent sur la Puerta Del Sol, à Madrid,, pour marquer l'anniversaire du mouvement des Indignés, le 12 mai 2012. (Photo Andrea Comas. Reuters)

 

Le mouvement dénonce «une classe politique corrompue et incapable» de sortir de la crise.

Une mouvement citoyen, le Parti X, a été lancé mardi en Espagne, avec des ex-membres du mouvement des Indignés, né en 2011, et dénonçant, comme lui, «une classe politique corrompue et incapable» de sortir de la crise. «La majeure partie des personnes du réseau citoyen Parti X, bien que pas toutes, nous nous sentons du 15M», le mouvement des Indignés lancé le 15 mai 2011, explique le parti sur son site internet.

Comme pour les Indignés, ce parti fonctionne avec des personnes qui «travaillent» sur des tâches précises et ne dispose d’aucun organe dirigeant ou de listes en vue des prochaines échéances électorales. «Nous n’avons pas de liste fermée comme les autres partis», a expliqué à l’AFP une porte-parole, le nouveau parti se voyant plus comme «un groupe de pression». Quant au programme, «nous proposons un plan d’urgence de sortie de crise. Nous pensons que c’est le moment d’une réponse citoyenne et que les conditions sont réunies», a affirmé l’une des intervenantes, lors de la présentation du nouveau parti.

Le projet de programme affiché sur le site est d’ailleurs ouvert aux amendements des citoyens, ont souligné les intervenants. «Nous voulons que les coupables de la crise soient jugés et un plan d’action pour les citoyens (un Nuremberg financier et un plan Marshall adapté au 21è siècle)», affirme le parti sur son site internet.

Le mouvement citoyen des Indignés, qui avait campé pendant un mois sur la place centrale de la Puerta del Sol à Madrid, était devenu le symbole d’un ras-le-bol de la classe dirigeante qui avait surpris un pays où, malgré la crise, le mécontentement s’était jusque-là peu exprimé. Mais il avait ensuite perdu en visibilité, ses membres refusant souvent de fournir leur nom et de désigner des listes de dirigeants comme les autres partis politiques dont ils dénonçaient le fonctionnement opaque et corrompu.

«Depuis le début, l’une des demandes récurrentes était de "montrer des visages". Aujourd’hui, nous commençons à le faire avec les premiers noms de la commission anticorruption», affirme le Parti X. Parmi eux, figure notamment le Français Hervé Falciani, ex-informaticien de la banque HSBC Genève qui a divulgué en 2008 des fichiers bancaires permettant de découvrir des milliers d’évadés fiscaux dans le monde et ayant mené au redressement fiscal de fraudeurs français.

AFP

Source : www.liberation.fr


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30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 19:03

 

Source : http://www.youtube.com

 

 

 

 

Comment financer le revenu de base ?

Publiée le 28 déc. 2013

Une émission de Radio Ici & Maintenant avec les éconmistes Yoland Bresson, Marc de Basquiat et Amaru Mbape qui explorent et détaillent les différentes approches de financement d'une allocation universelle en France.

Le site de la radio Ici & Maintenant : http://www.icietmaintenant.com/
Pour signer l'initiative européenne : http://basicincome2013.eu/
En savoir plus sur le revenu de base : http://revenudebase.info/

 

Source : http://www.youtube.com

 


 

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30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 18:53

 

Source : www.ouest-france.fr

 

 

Les panneaux d'affichage ont trouvé preneur

Saint-Gildas-des-Bois - 27 Décembre

 

Pas encore officiellement mis à disposition de la population, comme en témoignent les barrières d'accès toujours en place autour du chantier, les panneaux d'affichage érigés à l'entrée de l'agglomération ont déjà trouvé preneur. Pas sûr que ce soit le genre d'affichage privilégié, avant celui des associations locales ; néanmoins, s'il peut éviter l'affichage sauvage, c'est aussi un bienfait de son utilité !

 

Source : www.ouest-france.fr



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30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 18:43

 

 


 

Notre-Dame-des-Landes : les deux casses têtes environnementaux qui plombent l’aéroport

 

Publié le 23-11-2012 à 14h49

Vinci devra compenser les destructions en reconstituant des mares et des ruisseaux sur deux fois plus d’hectares, dans cette région du nord de Nantes. Et une fois que le bitume aura remplacé les sols poreux, comment absorber les eaux de pluie et éviter les inondations ?

 

 

 

La manifestation du 17 novembre David Vicent/ AP/ SIPA

La manifestation du 17 novembre David Vicent/ AP/ SIPA

 

VENDREDI 23 NOVEMBRE, peu avant 7 heures du matin, près de 500 gendarmes ont lancé une opération d’évacuation de grande ampleur sur le site du projet d’aéroport Notre-Dame-des-Landes.

C’est une nouvelle démonstration de la fermeté dont veut faire preuve le gouvernement de Jean-Marc Ayrault sur ce dossier. « Notre-Dame-des-Landes est un projet d’intérêt général et pas un projet personnel, déclare le Premier ministre dans Paris Match. L’aéroport se fera ».

De fait, l’hôte de Matignon est engagé de longue date sur cet « Ayraultport », comme on le surnomme désormais dans la presse. Mais les embûches se multiplient sur le chemin du futur chantier.

Manifestation. Il y a bien sûr eu la manifestation du 17 novembre dernier, durant laquelle des milliers de manifestants se sont rassemblés pour protester contre ce projet d’aéroport. Moins visible mais peut-être plus gênant encore, le Conseil d’État avait pris quelques jours avant une décision lourde de conséquence pour Notre-Dame-des-Landes…

Le 14 novembre dernier, le Conseil d’État a validé le Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) de la région Pays de la Loire. Pour les promoteurs de l’aéroport, ce n’est pas une bonne nouvelle.

Préservation. Le SDAGE considère la préservation de ces espaces comme un enjeu majeur. Il impose désormais à tous les aménageurs de la région un respect absolu des zones humides, cruciales pour prévenir les crues et essentielles pour maintenir une biodiversité remarquable.

 

Vinci devra compenser les destructions en réhabilitant deux fois plus d’hectares dans la région proche !

 

Or, le projet d’aéroport atterrit sur 1 600 hectares composés à 40 % de cultures, 32 % de prairies, 25 % de boisements et haies, « soit 97 % de zones humides » résume Guy Bourles, responsable de la ligue de protection des oiseaux (LPO) pour la Loire-Atlantique.

L’enquête publique sur le respect de la loi sur l’eau qui s’est déroulée cet été détaille ainsi ce qu’est une « zone humide de tête de bassin-versant » : dix ruisseaux y prennent leur source, 52 mares ont été répertoriées ainsi que 52,8 kilomètres de haies, royaumes d’espèces rares et remarquables de grenouilles, salamandres, oiseaux et plantes hygrophiles.

Cliquez sur la carte pour la visualiser.

 

 

Compensation. Le SDAGE admet la destruction de ce genre de milieux lorsque les projets bénéficient d’une déclaration d’utilité publique, ce qui est le cas de l’aéroport. Mais l’aménageur, Vinci, doit alors compenser les destructions en réhabilitant deux fois plus d’hectares dans la région proche.

Aujourd’hui, le projet inclut 463 hectares de compensation, principalement pour la reconstitution de haies. Manquent 2 700 hectares que Vinci peut cependant compenser non pas en surface mais en « fonctionnalité ». En clair, en reconstituant des mares et des ruisseaux dans la proche région. Outre que la démarche n’est pas écologiquement satisfaisante, elle ouvre la porte à toutes les contestations juridiques.

 

Le bitume va remplacer les sols poreux : comment retenir désormais les eaux de pluie ?

 

Autre sujet aquatique qui fâche : la rétention des eaux de pluies. Le bitume va remplacer des sols poreux. La pluie ne sera plus absorbée et il faut donc prévoir de quoi retenir ces volumes pour éviter les inondations en aval, comme cela a pu se dérouler dans la ville voisine de Redon en janvier 2001 (cinq des ruisseaux rejoignent la Vilaine, fleuve qui arrose cette ville).

Rétention. Vinci a prévu sept bassins de rétention susceptibles de retenir des volumes de pluies constatés tous les dix ans. Et des drains sont implantés sous les pistes pour éviter que la nappe phréatique ne fasse pression sur elles. Suffisant ?

La commission en charge de l’enquête publique de cet été a remis le 24 octobre un avis favorable au projet mâtiné des réserves portant sur les compensations écologiques. Le préfet de région va, dans quelques semaines, publier l’arrêté affirmant la compatibilité de l’aéroport avec la loi sur l’eau française et la directive-cadre européenne.

Gibecière. Les opposants se tiennent en embuscade avec déjà, dans leur gibecière, tous les éléments écologiques et hydrologiques susceptibles de faire capoter les avions. Coïncidence : ce débat se déroulera au moment où le gouvernement Ayrault présentera sa loi sur la protection de la nature (la première depuis 1976) proposant la création d’une agence nationale de la biodiversité.

 

Loïc Chauveau
Sciences et Avenir
23/11/12

 

 

Source : www.sciencesetavenir.fr

 

 

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30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 18:37

 

Source : www.midilibre.fr

 

Millau : la table d'hôtes Cak’T témoigne de sa solidarité avec les bols de soupe en "attente"

JÉRÉMY BEAUBET
30/12/2013, 06 h 00 | Mis à jour le 30/12/2013, 10 h 59
La restauratrice Evelyne Fournier est la première à Millau à s’engager dans cette démarche citoyenne.
La restauratrice Evelyne Fournier est la première à Millau à s’engager dans cette démarche citoyenne. (E. T.)

Vous payez deux soupes mais vous n'en consommez qu'une. L'autre, "en attente", est ensuite notée sur un écriteau placé en vitrine, et offerte à une personne démunie. Voilà la brillante initiative que vient de lancer la table d’hôtes de la rue de La Capelle. 

C’est l’idée la plus touchante mise en place en cette fin d’année en pays millavois. Il y a trois semaines, le principe des bols de soupe “en attente” a fait discrètement son apparition en ville, précisément sur la carte de Cak’T, la célèbre table d’hôtes "sucré-salée" que tient Évelyne Fournier dans un petit recoin de la rue de la Capelle.

En pratique, cela signifie que les clients peuvent commander, une fois à table, deux bols de soupe “maison” mais n’en dégusteront qu’un. Le second - payé un euro seulement - étant destinée à une personne "qui n’en a pas forcément les moyens", explique la patronne de ce lieu enchanteur.

Le nombre de bols en attente est affiché sur la vitrine 

Elle le reconnaît, ce n’est pas son idée. "J’ai découvert ce principe il n’y a pas longtemps, par le biais d’une émission à la télé qui parlait des cafés “en attente” à Paris, explique Évelyne avec enthousiasme. J’ai trouvé ça super et j’ai cherché un moyen de le décliner chez moi". Après mûre réflexion, son choix s’est porté sur ses soupes bio dont la notoriété se transmet de palais en gosier depuis maintenant huit ans.

"Au départ, j’ai amorcé la pompe moi-même en glissant deux euros dans la coupelle que j’ai installée exprès sur mon comptoir. Deux euros pour les deux premières soupes. Mais, très rapidement, ma clientèle s’y est mise sans que j’aie à lui forcer la main, ce que je me voyais mal faire de toute façon."

Agréablement surprise par "la générosité" de ces clients, Évelyne Fournier a désormais pris l’habitude d’afficher tous les jours le nombre de bols de soupe en attente sur sa devanture afin que les passants "dans le besoin" soient au courant et n’hésitent pas à franchir la porte. "Pour l’instant, confie-t-elle, cinq personnes, et pas seulement des SDF, ont osé entrer et en profiter. J’espère qu’il y en aura de plus en plus. Je sais que ce n’est pas une démarche facile mais je peux dire qu’elles sont contentes. Généralement, je leur dis de venir après le service. Elles peuvent ainsi profiter de la chaleur et boire le bol de soupe sans se presser, en lisant le journal par exemple, et surtout sans avoir l’impression d’abuser."

"Ça pourrait donner des idées à d’autres..."

Samedi midi, Cak’T comptait une dizaine de bols de soupe solidaires d’avance. "Le défi maintenant, c’est de faire connaître le principe au plus grand nombre. Qui sait, ça pourrait aussi donner des idées à d’autres commerçants". À Paris, mais aussi ailleurs en Europe, notamment en Italie et en Belgique, les initiatives de ce genre sont nombreuses à voir le jour ces temps-ci. Dans les cafés mais aussi les pizzerias et les sandwicheries. En cette période hivernale, il faut se réjouir d’un tel effet boule de neige...

 

 

Source : www.midilibre.fr

 

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30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 18:27

 

Source : www.rue89.com

 

Good coop’ 30/12/2013 à 17h03

On a visité le « supermarché socialiste » de New York

Texte et photos Sophie Caillat

 

Pas cher, bio et malin : un supermarché new‑yorkais géré par ses clients prospère depuis quarante ans. Le concept doit être décliné à Paris. Visite guidée d’un lieu sans pareil.

 


A la Foodcoop de Brooklyn, au rayon légumes (Sophie Caillat/Rue89)

 

(De New York) Quarante ans après sa création, la Food Coop de Park Slope (PSFC), à New York, va faire un petit à Paris. La Louve ne compte ouvrir dans le XVIIIe arrondissement qu’en 2015, mais il a déjà dépassé ses objectifs de levée de fonds sur Kiss Kiss Bank Bank, avec plus de 40 000 euros collectés. Les futurs bénévoles se pressent, espérant faire leurs courses pour 20% à 40% moins cher qu’ailleurs.

A la Coop [PDF] de Brooklyn, les 16 200 membres travaillent gratuitement 2h45 toutes les quatre semaines pour faire tourner la boutique – 75% de la main-d’œuvre est donc bénévole.

Rue89 a visité ce lieu sans pareil avec Joe Holtz, premier des 60 salariés et désormais directeur général. Son slogan ? « “La nourriture pour les gens, pas pour le profit” : on a fait ça pour nous, parce qu’on ne pouvait pas s’acheter à manger.  » Dans l’Amérique des années 2010, c’est encore pire, surtout si l’on veut manger bio.

 

                                                                                                                                                                                                                             1 Espace livraison : un « valet » pour remplir le coffre

 

A la Coop, il n’y a pas de parking, contrairement à la plupart des supermarchés américains, mais un valet peut vous raccompagner chez vous ou à votre voiture. C’est l’une des tâches proposées aux 500 bénévoles qui, chaque jour, font tourner le magasin.

Whole Foods, la grande chaîne de supermarchés bio, doit ouvrir prochainement dans ce quartier, avec un parking pour la clientèle. Mais la Food Coop ne craint pas la concurrence, puisqu’elle n’est pas dans l’économie de marché.

 

                                                                                                                                                                                                                              2 Au sous-sol, on découpe le fromage et on prépare les épices

 

Les bénévoles se répartissent en équipes et font leurs 2h45 ensemble toutes les quatre semaines à la même heure. Quand on en a rejoint une, normalement, on n’en change plus. A la cave, à côté du stock, un endroit est réservé au conditionnement des matières premières. Les coopérateurs découpent le fromage, pèsent et emballent condiments, tisanes et épices.

Ceux qui ont la tâche – plus pénible – de nettoyer le magasin bénéficient d’un temps de travail raccourci à deux heures.

 

                                                                                                                                                                                                                              3 A la caisse, Lucy trouve que le temps passe vite, les clients moins

 

Les caissières aussi sont des membres de la communauté. Lucy est affectée à ce poste, et même si elle n’a pas joué à la marchande quand elle était petite, elle trouve que le temps passe vite et que sa tâche lui permet de bien connaître l’ensemble de l’offre (plus de 8 000 produits). Les clients sont indulgents quand elle n’est pas assez rapide.

Mais quand elle repasse de l’autre côté de la caisse, elle trouve parfois pénible de devoir faire la queue. Elle s’organise pour venir en dehors des heures de trop grande affluence. Le week-end, la file d’attente peut aller jusqu’à une demi-heure.

C’est en clin d’œil à cette tradition-là que le journal de la Coop s’est appelé The Linekeeper’s Gazette (« le journal des gens qui font la queue »). «  Avant, c’était encore pire, nous avons étendu les horaires d’ouverture au fil des années. Maintenant, la Coop est ouverte 7 jours sur 7 (de 6 heures à 22 heures le samedi). Mais plus on a des horaires élargies et plus ça attire du monde  », explique Joe Holtz, «  pas très fier  » de devoir limiter le nombre de nouvelles adhésions.

 

                                                                                                                                                                                                                             4 Devant les casiers, des contrôles pour filtrer les nounous

 

Pas de vigile ici, mais un(e) bénévole qui vérifie les cartes à l’entrée et les tickets de caisse à la sortie. Chacun peut déposer son manteau et son sac en toile (offert par la Coop lors de l’adhésion) dans un casier à l’entrée, histoire de se sentir vraiment comme à la maison.

Mais attention, la sécurité a dû être renforcée après que «  l’affaire des nounous  » a porté un sale coup à la réputation de l’établissement. Dans ce quartier intello qui n’en finit pas de s’embourgeoiser, certains adhérents à l’emploi du temps trop chargé avaient choisi d’envoyer leur employé de maison bosser bénévolement à leur place – «  Le temps, c’est ce qu’on a de plus précieux  », philosophe Joe Holtz. Désormais, le contrôle à l’entrée se fait sur photo.

 

                                                                                                                                                                                                                             5 Dans les rayons : wasabi, fougère, daïkon, champignons... débordent

 

Le problème de la Coop, c’est le manque de place. Produits et affichettes débordent de partout. Si vous voulez une nouvelle marque de yaourts, vous le mettez dans le livre des suggestions.

Les acheteurs décident ensuite, en concertation avec la communauté, s’ils le mettent en rayon. Puis, comme partout ailleurs, si les nouveaux produits ne se vendent pas, ils sont retirés.

Ici, on trouve des pousses de wasabi et de fougère, du daïkon, treize sortes de champignons… et même, depuis 1991, de la viande (de l’agneau venu d’Australie, mais du bœuf uniquement nourri à l’herbe).

La bière a fait son introduction plus récemment (elle n’est pas vendue fraîche afin d’éviter qu’elle ne soit consommée tout de suite). Les produits sont majoritairement bio (sauf si la différence de prix est trop importante), et provenant de fermes locales (enfin, situées à moins de 800 kilomètres). (Photo : AFP.)

 

                                                                                                                                                                                                                             6 A la crèche, des nounous surbookées

 

Un service de baby-sitting gratuit permet de déposer ses enfants pour faire les courses ou prendre son tour de travail. Les nourrices sont évidemment des membres de la communauté.

Le nombre d’enfants est limité à douze s’il y a trois bénévoles pour s’en occuper, et à dix s’ils ne sont que deux : «  Il est recommandé de s’organiser autrement si vous voulez être sûr d’avoir une place  », souligne le règlement.

 

                                                                                                                                                                                                                               7 Dans les bureaux, on prépare la retraite

 

Parmi les 60 salariés de la Coop, 19 sont affectés à la coordination des bénévoles. La coopérative ajoute 21% sur le prix de gros et réalise depuis peu des bénéfices, qui sont réinvestis dans la baisse des prix.

Il faut aussi organiser le don des invendus à des associations caritatives, le recyclage de toutes les matières d’emballage, le compostage, la filière de recyclage des déchets électriques...

Et mettre en place des règles particulières pour certains membres. Ainsi, vous ne pouvez prendre votre retraite de la Coop et continuer à y consommer que si vous avez 65 ans et au moins vingt ans d’ancienneté. Les seuls autres motifs pour être exempté sont le handicap ou le congé maternité. Vous pouvez être radié si vous ne respectez pas les règles – une amnistie est quand même possible après une période de probation.

Au quotidien, la coopérative fonctionne comme une vraie communauté à l’américaine, avec ses événements organisés dans une grande salle, comme des cours de cuisine ou des fêtes d’anniversaire.

                                                                                                                                                                                                                               8 A la rédaction, on prépare le journal de la communauté

 

 


La couverture du « Linewaiters Gazette »

 

Une partie des bénévoles sont affectés à la réalisation du Linewaiter’s Gazette, le journal de la communauté. On peut lire dans un numéro récent un article titré : «  Galettes de riz et chips d’algue  : les conséquences de Fukushima sur la nourriture  ».

Un autre revient sur un documentaire consacré à la gentrification de Brooklyn et réalisé par une des membres de la Coop.

Dans les colonnes se trouvent aussi une foultitude d’annonces pour les soirées de la communauté  : soirée jeux pour tous les âges, soirée « savoir quand prendre sa retraite », cours de BodyTalk (science du toucher) ou pour apprendre la photo avec son iPhone… De quoi occuper toute sa semaine avec les coopérateurs.

 

Source : www.rue89.com


 

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