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17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 17:17

 

 

Source : www.mescoursespourlaplanete.com

 

12.01.2014

Au Danemark un restaurant solidaire réutilise les surplus alimentaires des supermarchés

 

Au Danemark un restaurant solidaire réutilise les surplus alimentaires des supermarchés

 

Récemment ouvert (avant l'été 2013) à Copenhague, au Danemark, Rub & Stub est un restaurant associatif opéré grâce à des bénévoles par l’organisation danoise à but non-lucratif Retro, qui mène trois projets de développement au Sierra Leone grâce aux bénéfices engendrés par le restaurant. Mais plus original encore, le restaurant est aussi le premier qui intègre à sa mission la lutte contre le gaspillage alimentaire puisqu'il récupère les aliments encore consommables jetés par la grande distribution et l'industrie agro-alimentaire. On sait que ces dernières, strictement réglementées notamment en ce qui concerne les dates de péremption des aliments, produisent beaucoup plus que ce qu'elles ne vendent. Et le résultat est que des millions de tonnes de denrées alimentaires sont jetées chaque année. La chef Ditte Jensen et les quelques 89 volontaires de “Rub & Stub” ont décidé d'apporter leur pierre à l'édifice de la solution : ils récupèrent donc, en lien avec plusieurs partenaires dont des distributeurs, des industriels et les banques alimentaires locales, les surplus de nourriture dont se débarrassent les distributeurs, et en particulier les légumes tordus ou impropres à la vente, avant de les resservir dans leur restaurant. L'objectif, à terme, est de ne plus devoir acheter aucun ingrédient alimentaire - à travers un réseau de partenaires encore en construction.
Au Danemark, on estime que 500 000 tonnes de nourritures sont jetées chaque année,  dont une grande partie peut encore tout à fait être mangée, explique Ditte Jensen, chef du restaurant danois. Une réalité qu'elle qualifie d'“injuste et absurde, quand des milliers de gens meurent de faim”. Une chose est sûre : son concept innovant et éthique attire de nombreux clients, séduits par la cuisine familiale de l'établissement. Le menu est essentiellement composé de produits frais (quelques-uns étant congelés afin de ne pas être jetés) et il est évidemment renouvelé chaque jour en fonction de l'arrivage du jour - autrement dit des aliments récupérés. Si les bénévoles de “Rub & Stub” n’ont pas la prétention de sauver le monde,  ils espèrent néanmoins éveiller les consciences à l’absurdité du gaspillage alimentaire et prouver qu'on peut y remédier en adoptant d’autres modes de consommation.

 

Source : www.mescoursespourlaplanete.com

 

 

 

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17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 16:53

 

 

Source : www.mediapart.fr

«Vie privée» des politiques et écran de fumée

|  Par Philippe Riès

 

 

 

L’indifférence des Français aux escapades « sentimentales » des princes qui les gouvernent est le pendant de leur tolérance à l’égard de la corruption de la classe politique. C’est la marque d’un profond et récurrent déficit démocratique.

L’indifférence des Français, attestée par les sondages, aux escapades « sentimentales » des princes qui les gouvernent est le pendant de leur tolérance, illustrée par leurs votes, à l’égard de la corruption de la classe politique. Qu’elle soit individuelle ou institutionnelle, active ou passive, qu’elle relève du népotisme ou du clientélisme. C’est la marque d’un profond et récurrent déficit démocratique. 

Ici n’est pas le lieu d’en tracer les origines, à supposer même qu’on en ait la compétence : monarchisme d’Ancien Régime en dépit d’une histoire révolutionnaire qui se pousse volontiers du col ; schizophrénie ou hypocrisie catholique chez la « fille aînée de l’Église » ; « latinité » qui arrime la France aux pays du sud de l’Europe ; individualisme congénital et manque d’esprit civique qui contredisent, par les comportements individuels et collectifs, le slogan inscrit dans la pierre au fronton des monuments « républicains » ?

Dans la revendication par les hommes (et femmes) publics d’un droit à la « protection de la vie privée », il y a d’abord une manipulation assez grossière : « leur » droit serait la garantie de celui légitimement revendiqué par les citoyens ordinaires. Alors que tout, dans sa composition sociale, sa formation, son train et son style de vie, sa « professionnalisation », sa longévité au pouvoir occupé souvent à vie (même par alternance), éloigne irrésistiblement la caste politicienne du vulgum pecus. Sans oublier que sous le régime de la Ve République, une « exception française » qui fait tache au cœur de l’Europe démocratique, parler de « présidence normale » est un oxymore. Ce, sans même souligner, comme cela ne cesse d’être fait légitimement par ailleurs, que la caste en question s’abandonne avec délice à la société du spectacle lorsqu’elle y voit le moyen de faire prospérer sa cause.

Ensuite, et c’est plus grave, parce que la conception de la « vie privée » s’est révélée particulièrement extensive dans la pratique de la classe politique et, malheureusement, dans le traitement d’une presse française respectueuse des puissants qui vient à nouveau de se donner en (triste) spectacle lors de la grand-messe présidentielle mise en scène le 14 janvier à l’Élysée. Vie privée, les dépenses de fonctionnement extravagantes des sénateurs, leur « caisse noire », l’embauche d’épouses ou de rejetons comme collaborateurs rétribués sur fonds publics par des parlementaires ou de « grands » élus locaux ? Vie privée, le détournement des ressources de l’État à usage personnel ou à des fins politiques, et pas seulement en période de campagne électorale ? Vie privée, dans un État « en faillite », la persistance d’un train de vie exorbitant par rapport au sort ordinaire de la population par un personnel politique, national ou local, qui prospère véritablement « hors sol » ?

Ce qui a pu être mis au jour de ces dérives (au cours de la brève existence de Mediapart, notamment) n’est que la partie émergée de l’iceberg. C’est en tout cas la perception qu’en ont ceux qui classent la France parmi les plus corrompus des grands pays développés. Qui affirmerait que c’est à tort ?

Deux exemples, tirés de notre histoire récente, devraient inciter à considérer avec circonspection (le mot est faible) cette revendication d’un droit à la « protection de la vie privée » dû à la classe politique. Celui de François Mitterrand bien sûr, figure tutélaire d’une gauche volontiers moralisatrice, qui pour protéger sa double vie privée, l’existence d’une maîtresse et d’une fille adultérine généreusement entretenues sur fonds publics pendant deux septennats, n’a pas hésité à mettre en œuvre des procédés de basse police afin d’attenter à la vie privée de citoyens ordinaires et de journalistes. En matière de cynisme, on touche ici à la perfection. Et ceci encore, du même personnage : « vie privée », le mensonge d’État maintenu pendant quatorze ans, communiqués médicaux à l’appui, sur l’état de santé d’un détenteur du « feu nucléaire », selon la formule consacrée ?

Et celui de Jacques Chirac qui, au fil d’une existence passée tout entière au crochet de la République, a usé et abusé de l’argent du contribuable, français ou parisien selon l’époque, afin de protéger une « vie privée »passablement agitée. Certes, au regard de l’histoire et du sort du pays, ces peccadilles, assez coûteuses tout de même, étaient moins néfastes que l’immobilisme brejnévien qui a caractérisé l’exercice du pouvoir « suprême » par l’hôte aujourd’hui diminué de la famille Hariri. Les Français, à en croire les sondages, ont la nostalgie du « Chi ». On a les dirigeants que l’on mérite.

Quant au dernier épisode de cette chronique, qui concerne l’actuel détenteur de la même charge, on ne peut qu’approuver ce qui a été écrit excellemment dans ces colonnes (lire ici). Mais qui, comme pour les cas précédents, laisse sans réponse la question de l’impact éventuel de la « vie privée » sur l’action publique, si subalterne soit-elle, comme la nomination d’une actrice de cinéma au jury de la villa Médicis (décision annulée par la ministre de la culture aussitôt qu'elle a été révélée par le Canard enchaîné !).

Faut-il espérer que change un état des mœurs politiques qui indiffère à ce point l’opinion dite publique ? Il y faudrait un changement de paradigme, un vrai (pas comme le « libéralisme » de Hollande) : que la caste politique, réformes institutionnelles à l’appui, renonce à la carrière à durée indéterminée ; que l’État modeste se substitue à la monarchie républicaine, à ses ors et à ses fastes ; que se réconcilient la morale publique et la morale privée (la femme de César doit être insoupçonnable et César aussi, pendant qu’on y est). Et surtout, peut-être, que soit enfin rompu le cordon ombilical entre le monde politique et celui des médias. À lire la dernière promotion de la Légion d’honneur, où des journalistes, comme chaque fois, se donnent l’indignité de recevoir (et donc de réclamer) le hochet à ruban rouge distribué par le gouvernement (pour quels services ?), on se dit que ce n’est pas gagné.

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

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17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 16:35

 

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Traité transatlantique, conférence de Susan George (ATTAC)

 

Par agenceinfolibre 


Publiée le 15 janv. 2014

Conférence de Susan George, fondatrice et présidente d'honneur de l'association ATTAC (Association pour la taxation des transactions financières et pour l'action citoyenne) à propos de l'accord de libre-échange transatlantique, entre les États-Unis et l'Europe, qui doit entrer en vigueur en 2015.

En quoi ce traité, préparé dans le secret le plus absolu, va t-il nous impacter et pourquoi nous devons tous être informés de ses dangers ?

 

 

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17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 16:15

 

 

Source : www.bastamag.net

 

Maïs OGM : des militants occupent une usine de Monsanto

par Sophie Chapelle 17 janvier 2014

 

 

 

Une centaine de faucheurs volontaires occupent depuis 15h30 ce 17 janvier l’usine du groupe Monsanto à Trèbes (Languedoc-Roussillon). Selon les informations recueillies, une partie des militants sont sur les grues, d’autres se sont enchainés sur les toits. « Nous ne sortirons que lorsque le gouvernement nous aura assuré d’un nouveau moratoire sur le maïs OGM Mon810 », a déclaré Pascal Pavie, joint au téléphone par Basta !. Le Conseil d’Etat a invalidé le 1er août dernier l’interdiction française de ce maïs, estimant que la France « n’avait pas apporté la preuve de l’urgence et d’une situation susceptible de présenter un risque important mettant en péril de façon manifeste la santé humaine, la santé animale ou l’environnement », rappelle l’association Inf’Ogm.

Le lendemain de cette décision, les ministres de l’Agriculture et de l’Environnement s’étaient engagés à « maintenir le moratoire sur la mise en culture de semences OGM, afin de prévenir les risques environnementaux et économiques pour les autres cultures et l’apiculture », d’ici aux prochains semis. Mais « la saison des semis de maïs commence dans deux mois et aucun nouveau moratoire n’a été pris, poursuit Pascal Pavie. Nous craignons que les commandes de semences ne soient passées et que l’on nous mette devant le fait accompli. »

Le lieu choisi pour cette action est symbolique : Monsanto est le fabricant du maïs Mon810, et l’usine de Trèbes est l’un des plus grands sites d’Europe de production et de conditionnement des semences de maïs et de colza. Sur place, des faucheurs volontaires, des désobéissants, des militants de la Confédération paysanne et de la fédération Nature et progrès, assurent être prêts à passer la nuit sur place, sans violence, jusqu’à obtenir l’assurance par le gouvernement d’un nouveau moratoire.

A lire, notre dossier sur le maïs OGM Mon810.

 

 

Source : www.bastamag.net

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 15:59

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

Droit de suite 17/01/2014 à 12h12

Le médecin scrupuleux de la centrale nucléaire reçoit un avertissement

Camille Polloni | Journaliste Rue89

 

En mai, Rue89 rendait compte d’une initiative encore très rare en France : une entreprise avait porté plainte contre un médecin du travail devant le conseil de l’ordre, parce qu’il avait lié la pathologie d’un salarié à ses conditions de travail.

Il s’agit de Dominique Huez, médecin de la centrale nucléaire de Chinon (Indre-et-Loire), connu pour ses interventions en faveur de la protection de la santé des salariés. La société Orys, un sous-traitant d’EDF, estimait qu’il avait manqué à « ses obligations professionnelles et déontologiques ».

 

« Je revendique mes actes professionnels »

La chambre disciplinaire, qui a entendu le médecin du travail le 18 décembre, vient de rendre sa décision : elle lui inflige un avertissement. C’est la plus faible des sanctions administratives possibles, mais l’Ordre des médecins a bien considéré qu’il avait commis une faute.

Estimant cette peine injuste, Dominique Huez a déjà annoncé qu’il ferait appel et transmis sa réaction :

« L’ordre des médecins a perdu tout repère sur la question sociale et les pathologies évitables générées par le travail et son organisation. [...] Les employeurs multiplient ce type de plaintes pour discréditer les écrits des médecins du travail et échapper à leur éventuelle responsabilité pénale. [...]

Ma conception de la déontologie médicale me conduit à agir en responsabilité au regard de mon patient et je revendique mes actes professionnels. »


Source : rue89.nouvelobs.com



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Source : rue89.nouvelobs.com

Enquête 06/05/2013 à 19h07

Qui veut la peau du médecin de la centrale nucléaire ?

Elsa Fayner | Journaliste Rue89


Première en France : trois entreprises portent plainte contre des médecins du travail, qui ont lié les pathologies de salariés à leurs conditions de travail.

Le médecin de la centrale nucléaire de Chinon n’est pourtant pas un débutant. Dominique Huez exerce depuis 1978 et ne compte plus ses interventions, prises de position, publications en faveur de la protection de la santé des salariés. Bref, jusqu’à présent, s’il avait dérangé, ni EDF ni aucune entreprise du Chinonais n’avaient voulu le couler.

Voilà qui vient de changer. La société Orys a porté plainte contre lui devant le Conseil de l’Ordre des médecins, pour manquement à ses « obligations professionnelles et déontologiques ». Ce sous-traitant d’EDF a estimé que le médecin du travail avait outrepassé ses prérogatives en établissant que la pathologie d’un de ses salariés était liée à ses conditions de travail dans l’entreprise.

 


La centrale nucleaire EDF de Chinon en Indre-et-Loire, le 5 juin 2011 (SALOM-GOMIS SEBASTIEN/SIPA)

 

Une première ? A un jour près, une plainte similaire a été déposée contre un autre médecin du travail, dans le même département, par EDF cette fois. Enfin, dans l’Ain, la même procédure a déjà abouti à un blâme, qui fait actuellement l’objet d’un appel. Ce sont les seuls cas que le Conseil national de l’Ordre des médecins recense jusqu’à présent. Les trois premiers en médecine du travail.

« J’ai fait un truc assez banal en fait »

Le 2 décembre 2011, Vincent Abergel débarque dans le cabinet médical, à la centrale de Chinon, se souvient Dominique Huez :

« Il était effondré, il pétait les plombs. Son état ne nécessitait pas d’appeler les pompiers, mais je suis intervenu en urgence parce que sa santé m’a vraiment inquiété. Quand il s’est senti mieux, je lui ai remis le certificat médical que je venais de rédiger. Ça arrivait régulièrement à Chinon. J’ai fait un truc assez banal en fait. »

Le médecin se souvient d’avoir fait parler le patient comme à son habitude. Selon lui, le salarié avait été muté à Chinon, dans un métier qui n’était pas le sien, en guise de punition : sur un chantier précédent, il avait refusé d’intervenir parce qu’il estimait que la sécurité n’y était pas assurée et, depuis, l’employeur lui faisait subir des vexations. Pour Dominique Huez, la situation l’avait amené à développer « une pathologie anxio-dépressive ».

Pour la société Orys, le médecin a développé une analyse qui n’a rien de factuel : il n’a pas respecté, dans son certificat médical, les notions de « prudence » et de « circonspection », comme il est écrit dans la plainte déposée le 19 février et que Rue89 s’est procurée.

Or, le patient constituait un dossier contre son employeur pour harcèlement moral et le certificat du Dr. Huez est venu s’y ajouter. La société a donc demandé au Conseil de l’Ordre de convoquer le médecin à une « conciliation et d’engager des poursuites disciplinaires à [son] encontre ». La démarche a de quoi surprendre. D’autant qu’elle ne concerne pas uniquement le Dr. Huez.

Deux autres médecins poursuivis

Depuis qu’il est en préretraite, Dominique Huez est détaché au CHRU de Tours, à la consultation hospitalière de pathologie professionnelle « souffrance au travail ». Or, dans le même service, un autre médecin du travail a été visé par une plainte similaire. Celle-ci a été rédigée par EDF le 18 février, soit un jour avant celle contre Dominique Huez.

Le médecin concerné, le Dr. Bernadette Berneron, est accusé lui aussi d’avoir jugé l’entreprise. Elle avait été sollicitée par un confrère généraliste, inquiet pour une patiente secrétaire de direction au Centre national d’équipement de production d’électricité. Le généraliste avait écrit, dans un document que Rue89 s’est procuré :

« Merci de voir en consultation [cette personne], âgée de 49 ans pour angoisse, troubles de I’humeur, troubles du sommeil, en rapport avec un stress professionnel majeur depuis environ novembre 2011. »

Le Dr. Berneron avait confirmé l’analyse, dans une réponse au médecin traitant. La patiente a eu copie de cette lettre et l’a ajoutée au dossier qu’elle constitue en vue d’un procès aux prud’hommes contre son employeur.

EDF juge inadmissible qu’elle ait eu accès à la missive, tout comme elle déplore le contenu du courrier. L’électricien a donc saisi à son tour le Conseil départemental de l’ordre (mais n’a pas donné suite à notre demande de précisions). Enfin, dans l’Ain, un médecin du travail de Romorantin a été poursuivi par une étude notariale, et blâmé par le Conseil de l’Ordre. Il a fait appel.

La parade des employeurs

Pourquoi ces trois procédures d’un nouveau type sont-elles déclenchées maintenant ? Pourquoi lancer aujourd’hui la chasse aux écrits des médecins du travail ? Parce que ça peut coûter cher, de plus en plus. L’employeur peut en effet, depuis 2002, être poursuivi s’il n’a pas pris les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des salariés.

A deux reprises déjà, les conditions de travail ont été mises en cause par un tribunal, dans des cas de suicides chez Renault. Tandis que France Télécom doit toujours répondre devant le procureur de la République pour « mise en danger d’autrui et harcèlement moral du fait de méthodes de gestion de nature à porter atteinte à la santé des travailleurs ».

Mais au-delà des suicides et des cas spectaculaires, cette « obligation de résultat » de l’employeur devrait mener de plus en plus de salariés à faire valoir leurs droits aux prud’hommes, estime François Desriaux, rédacteur en chef de Santé & Travail :

« Auparavant, seules les affaires de maladies professionnelles allaient en justice. Aujourd’hui, la femme de 55 ans qui n’est pas malade, mais usée par des années de travail, s’il elle est licenciée parce que déclarée inapte, comme cela arrive, peut se retourner contre son employeur qui n’a pas veillé à sa santé. »

Alors, du côté des employeurs, on cherche des parades.

Conciliation, piège à con ?

Dominique Huez a déjà prévenu qu’il risquait de ne pas se rendre à l’audience de conciliation qui a lieu mardi 7 mai avec la société Orys :

« Je suis tout à fait d’accord pour m’expliquer avec l’Ordre sur ma pratique déontologique, mais l’Ordre ne peut pas méconnaître que je ne peux pas m’exprimer devant un employeur sur le dossier médical de l’un de ses salariés. Ça m’est interdit par la loi. »

C’est son « droit le plus absolu », commente le secrétaire général de l’Ordre des médecins, Walter Vorhauer. Dans ce cas-là, direction la chambre disciplinaire de premier instance. Là, le magistrat examine la plainte et décide s’il elle recevable ou non, et s’il y a matière à sanction.

Pour Walter Vorhauer :

« Il n’est pas inintéressant de voir arriver cette affaire. C’est important de voir ce que vont dire les juges. Si une jurisprudence est établie en faveur des médecins, les entreprises vont arrêter de les poursuivre. »

MERCI RIVERAINS ! Pierrestrato

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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 16:58

 

Source : www.bastamag.net

 

 

Capitalisme

David Graeber : « La façon la plus simple de désobéir à la finance, c’est de refuser de payer les dettes »

par Agnès Rousseaux 16 janvier 2014

 

 

 

 

La dette ? Une construction sociale, fondatrice d’un pouvoir arbitraire, estime David Graeber, anthropologue et économiste états-unien, considéré par le New York Times comme l’un des intellectuels les plus influents actuellement. Les pays pauvres et les personnes endettées sont aujourd’hui enchainés aux systèmes de crédit. Piégés dans des relations basées sur la violence, les inégalités et justifiées par la morale, décrit l’auteur, dans un ouvrage qui retrace 5000 ans d’histoire de la dette. « Rembourser ses dettes » est devenu un dogme, impossible à contester. Et si, malgré tout, on décidait d’effacer l’ardoise ? Avec le mouvement Occupy Wall Street, David Graeber lance des actions de désobéissance civile pour démontrer l’absurdité du système capitaliste actuel. Entretien.

Basta ! : A quel moment dans l’histoire le crédit est-il apparu ? Qu’est-ce qu’une dette ?

David Graeber [1] : La dette est une promesse, qui a été pervertie par les mathématiques et la violence. On nous a raconté une histoire : « Il était une fois des gens qui utilisaient le troc. Voyant que cela ne marchait pas très bien, ils ont créé la monnaie. Et l’argent nous a amené le crédit. » Du troc au crédit, une sorte de ligne droite nous amènerait donc à la situation actuelle. Si on regarde plus attentivement l’histoire, cela s’est passé bien différemment ! Le crédit a d’abord été créé. La monnaie physique est apparue quelques milliers d’années plus tard. Cela permet de poser les questions différemment : comment sommes-nous passés d’un système où les gens disaient « je vous dois une vache », à un système où l’on peut mesurer la valeur exacte d’une dette ? Ou l’on peut assurer, formule mathématique à l’appui, que « 340 poulets sont équivalents à cinq vaches » ? Comment une promesse, une obligation de remboursement, est devenue une « dette » ? Comment l’idée que nous devons une faveur a-t-elle été quantifiée ?

En quoi quantifier une dette est-elle un problème ?

Quantifiable, la dette devient froide, impersonnelle et surtout transférable : l’identité du créancier n’a pas vraiment d’importance. Si je promets de vous rencontrer à cinq heures demain, vous ne pouvez pas donner cette promesse à quelqu’un d’autre. Parce que la dette est impersonnelle, parce qu’elle peut être exigible par des mécanismes impersonnels, elle peut être transférée à une autre personne. Sans ces mécanismes, la dette est quelque chose de très différent. C’est une promesse qui repose sur la confiance. Et une promesse, ce n’est pas la négation de la liberté, au contraire, c’est l’essence de la liberté ! Être libre, c’est justement avoir la capacité de faire des promesses. Les esclaves ne peuvent pas en faire, ils ne peuvent pas prendre d’engagements auprès d’autres personnes, car ils ne sont pas sûrs de pouvoir les tenir. Être libre, c’est pouvoir s’engager auprès d’autrui.

Au contraire, le « remboursement de la dette » est devenu un dogme moral...

La dette a été transformée en une question d’arithmétique impersonnelle, en l’essence même de l’obligation morale. C’est ce processus que nous devons défaire. Il est fascinant aussi de voir le lien entre la notion de dette et le vocabulaire religieux, de constater comment les premières religions débutent avec le langage de la dette : votre vie est une dette que vous devez à Dieu. La Bible par exemple commence avec le rachat des péchés... Devenue dogme moral, la dette justifie les dominations les plus terribles. On ne peut comprendre ce qu’elle représente aujourd’hui sans un détour par cette longue histoire de la dette comme justification morale de relations de pouvoir inégales. Le langage de la dette permet de justifier une relation de pouvoir arbitraire. Et il est très difficile d’argumenter face à un pouvoir arbitraire sans adopter le même langage.

Vous citez l’exemple de la mafia...

Parler de dette devient un moyen pour décrire des relations inégales. Les mafieux ont compris cela : ils utilisent souvent le terme de dette, même si ce qu’ils font est en réalité de l’extorsion. Quand ils annulent ou reportent certaines dettes, cela passe pour de la générosité ! C’est comme les armées qui font payer un tribut aux vaincus : une taxe en échange des vies épargnées. Avec le langage de la dette, on dirait que ce sont les victimes qui sont à blâmer. Dans de nombreuses langues, dette, culpabilité et péché sont le même mot ou ont la même racine.

La monnaie, qui permet de quantifier précisément la valeur d’une dette, apparaît d’ailleurs dans les situations de violence potentielle. L’argent est aussi né du besoin de financer les guerres. La monnaie a été inventée pour permettre aux États de payer des armées professionnelles. Dans l’Empire romain, la monnaie apparait exactement là où stationnent les légions. De la même façon, le système bancaire actuel a été créé pour financer la guerre. Violence et quantification sont intimement liés. Cela transforme les rapports humains : un système qui réduit le monde à des chiffres ne peut être maintenu que par les armes.

Il y a aussi une inversion : le créancier semble être devenu la victime. L’austérité et la souffrance sociale sont alors considérées comme un sacrifice nécessaire, dicté par la morale…

Absolument. Cela permet par exemple de comprendre ce qui se joue en Europe aujourd’hui. L’Europe est-elle une communauté de partenaires égaux ? Ou y a-t-il une relation de pouvoir entre entités inégales ? Est-ce que tout peut être renégocié ? Quand une dette est établie entre égaux, elle est toujours traitée comme une promesse. Nous renégocions des promesses tout le temps, car les situations changent : si je vous promets de vous voir demain à cinq heures, si ma mère meurt, je ne suis pas obligé de tenir ma promesse.

 

 

Les gens riches peuvent être incroyablement compréhensifs concernant la dette des autres riches : les banques états-uniennes Goldman Sachs et Lehman Brothers peuvent se concurrencer, mais quand quelque chose menace leur position générale de classe, soudain elles peuvent oublier toutes les dettes contractées si elles le veulent. C’est ce qui s’est passé en 2008. Des trillions de dollars de dettes ont disparu, parce que cela arrangeait les puissants. De la même façon des gens pauvres vont être très compréhensifs les uns envers les autres. Les prêts que l’on fait à des proches sont finalement souvent des cadeaux. C’est lorsqu’il y a des structures d’inégalités, que soudain la dette devient une obligation morale absolue. La dette envers les riches est la seule à être vraiment « sacrée ». Comment se fait-il que Madagascar soit en difficulté quand il doit de l’argent aux États-Unis, mais que lorsque ce sont les États-Unis qui doivent de l’argent au Japon, c’est le Japon qui est en difficulté ? Le fait notamment que les États-Unis ont une puissante armée change le rapport de force...

Aujourd’hui, on a l’impression que la dette a remplacé les droits : les droits à la formation ou au logement se sont transformés en droit au crédit ?

Certains utilisent leur maison pour financer leur vie en contractant de plus en plus de prêts hypothécaires. Leurs maisons deviennent des distributeurs de billets. Les micro-crédits pour faire face aux problèmes de la vie se multiplient, en substitution de ce qui était auparavant assuré par l’État-providence, qui donnait des garanties sociales et politiques. Aujourd’hui, le capitalisme ne peut plus offrir un bon « deal » à tout le monde. On sort de l’idée que chacun pourrait posséder un bout du capitalisme : aux États-Unis, chacun était censé pouvoir investir dans les entreprises, qui en fait exploitent chacun. Comme si la liberté consistait à posséder une part de notre propre exploitation.

Puis les banquiers ont transformé la dette en produits bancaires, échangeables comme de la monnaie...

C’est incroyable ! Il y a six ans, même des gens très intelligents disaient : « Que ces gens sont brillants, ils ont créé de l’argent à partir de rien ». Ou plutôt avec des algorithmes tellement complexes, que seuls des astrophysiciens pouvaient les comprendre. Mais cette incroyable sophistication s’est révélée être une escroquerie ! J’ai eu récemment des entretiens avec de nombreux astrophysiciens, qui m’ont affirmé que ces chiffres ne veulent rien dire. Tout ce travail semble très sophistiqué, mais en fait il ne l’est pas. Une classe de personnes a réussi à convaincre tout le monde qu’ils étaient les seuls à pouvoir comprendre. Ils ont menti et les gens les ont cru. Soudain, un pan de l’économie a été détruit, et on a vu qu’eux-mêmes ne comprenaient pas leurs instruments financiers.

Pourquoi cette crise n’a-t-elle pas changé notre rapport à la dette ?

A cause d’un profond déficit intellectuel. Leur travail idéologique a été tellement efficace que tout le monde est convaincu que le système économique actuel est le seul possible. Nous ne savons pas quoi faire d’autre. Alors nous posons un morceau de scotch sur le problème, prétendant que rien ne s’est passé. Où cela nous mènera-t-il ? A une nouvelle panne. Nous entrons désormais dans une nouvelle étape : celle du jeu défensif. Comme la plupart des justifications intellectuelles du capitalisme s’effondrent, ses promoteurs attaquent aujourd’hui toutes les alternatives possibles. En Grande-Bretagne, après la crise financière, la première chose qu’ont voulu faire les responsables économiques a été de réformer le système scolaire, pour le rendre plus compétitif. En réalité, le rendre plus semblable au système financier ! Pourquoi ? Sans doute parce que l’enseignement supérieur est un des seuls espaces où d’autres idées, d’autres valeurs, peuvent émerger. D’où la nécessité de couper court à toute alternative avant qu’elle ne puisse émerger. Ce système éducatif fonctionnait pourtant très bien jusqu’à présent, alors que le système financier a failli de manière spectaculaire. Il serait donc plus pertinent de rendre le système financier semblable au système éducatif, et non l’inverse !

Aujourd’hui, aux États-Unis, des gens sont emprisonnés pour incapacité à rembourser leurs dettes. Vous citez l’exemple d’un homme condamné à la prison en 2010 dans l’État de l’Illinois pour une durée illimitée, tant qu’il n’aura pas réussi à rembourser 300 dollars...

Aux États-Unis, des gens sont emprisonnés parce qu’ils n’ont pas réussi à payer les frais de citation en justice. Alors qu’il est presque impossible de poursuivre des banques pour des saisies illégales ! Les banques peuvent toujours aller voir la police pour leur demander de vous arrêter pour défaut de paiement, même si tout le monde sait qu’il s’agit d’une saisie illégale. Pouvoir financier et pouvoir politique sont en train de fusionner. Police, collecteurs d’impôts, les personnes qui vous expulsent de vos maisons, opèrent directement dans l’intérêt des institutions financières. Peu importe votre revenu, un robot signe votre expulsion et la police vous fait sortir de votre maison.

Aux États-Unis, tout le monde croyait faire partie de la classe moyenne. Ce n’est pas vraiment une catégorie économique, plutôt une catégorie sociale et politique : on peut considérer que font partie de la classe moyenne les citoyens qui se sentent plus en sécurité quand ils voient un policier, que l’inverse. Et par extension, avec toutes les autres institutions, banques, écoles... Aujourd’hui, moins de la moitié des Américains considèrent qu’ils font partie de la classe moyenne, contre les trois quarts auparavant. Si vous êtes pauvres, vous supposez que le système est contre vous. Si vous êtes riches, vous avez tendance à croire que le système est avec vous. Jusqu’à présent aucun banquier n’a été mis en prison pour des actes illégaux durant la crise financière. Et des centaines de manifestants ont été arrêtés pour avoir tenté d’attirer l’attention sur ces faits.

La dette provoque toujours contestation et désordre dans les sociétés, écrivez-vous. Et depuis 5000 ans, les insurrections populaires commencent très souvent par la destruction des registres de dette...

La dette semble être le plus puissant des langages moraux jamais créés pour justifier les inégalités et les rendre « morales ». Mais quand tout explose, c’est avec une grande intensité ! L’historien britannique Moisis Finley défendait l’argument que dans le monde antique, il n’y avait qu’une seule demande révolutionnaire : abolir les dettes, et ensuite redistribuer les terres. De la décolonisation de l’Inde à l’Amérique latine, les mouvements d’abolition des dettes semblent partout une priorité. Lors de révolutions paysannes, une des premières actions des insurgés est de trouver les registres de dettes pour les brûler. Puis les registres de propriété des terres. La raison ? La dette, c’est pire que si vous dites à quelqu’un qu’il est inférieur, esclave, intouchable. Car cela signifie : « Nous ne sommes pas fondamentalement différents, vous devriez être mon égal, mais nous avons conclu un contrat d’affaires et vous avez perdu. » C’est un échec moral. Et cela peut engendrer encore plus de colère. Il y a quelque chose de profondément insultant, dégradant avec la dette, qui peut provoquer des réactions très violentes.

Vous réclamez un jubilé, c’est-à-dire un effacement des dettes – dettes souveraines des États mais aussi dettes individuelles. Quel impact économique cela aurait-il aujourd’hui ?

Je laisse les détails techniques aux économistes... Cela supposerait notamment de revenir à un système public pour les pensions de retraite. Les précédentes annulations de dettes n’ont jamais concerné toutes les dettes. Mais certains types de dettes, comme les dettes de consommation ou la dette souveraine des États, pourraient être effacées sans réels effets sociaux. La question n’est pas de savoir si l’annulation de dette va avoir lieu ou pas : les gens qui connaissent bien la situation admettent que cela va évidemment arriver. La Grèce, par exemple, ne pourra jamais rembourser sa dette souveraine, elle sera progressivement effacée. Soit avec de l’inflation – une manière d’effacer la dette qui a des effets délétères – soit par des formes d’annulation directe. Est-ce que cela arrivera « par en bas », sous la pression des mouvements sociaux, ou « par en haut », par une action des dirigeants pour tenter de préserver le système ? Et comment vont-ils habiller cela ? Il est important de le faire de manière explicite, plutôt que de prétendre à un simple « rachat » de la dette. Le plus simple serait de dire qu’une partie de la dette est impayable, que l’État ne garantit plus le paiement, la collecte de cette dette. Car pour une grande part, cette dette existe uniquement parce qu’elle est garantie par l’État.

L’effacement de la dette des États, c’est la banqueroute. Les experts du FMI ou de la Banque mondiale seront-ils un jour d’accord avec cette option ?

Le FMI annule actuellement des dettes en Afrique. Les experts savent que la situation actuelle n’est pas viable. Ils sont conscients que pour préserver le capitalisme financier et la viabilité à long terme du système, quelque chose de radical doit avoir lieu. J’ai été surpris de voir que des rapports du FMI se réfèrent à mon livre. Même au sein de ces institutions, des gens proposent des solutions très radicales.

Est-ce que l’annulation de dettes signifie la chute du capitalisme ?

Pas nécessairement. L’annulation de dettes peut aussi être un moyen de préserver le capitalisme. Mais à long terme, nous allons vers un système post-capitaliste. Cela peut paraître effrayant, puisque le capitalisme a gagné la guerre idéologique, et que les gens sont convaincus que rien d’autre ne peut exister que cette forme précise de capitalisme financier. Il va pourtant falloir inventer autre chose, sinon dans 20 ou 30 ans, la planète sera inhabitable. Je pense que le capitalisme ne sera plus là dans 50 ans, mais je crains que ce qui arrive ensuite soit encore pire. Nous devons construire quelque chose de mieux.

Dans le cadre du mouvement Occupy Wall Street, vous êtes l’un des initiateurs de la campagne Rolling Jubilee. Quels sont ses objectifs et son impact ?

C’est un moyen de montrer à quel point ce système est ridicule. Aux États-Unis, des « collecteurs » achètent de la dette, à 3% ou 5% du montant de la dette initiale, et vont ensuite tenter de recouvrer la totalité de l’argent en faisant payer les personnes endettées. Avec la campagne Rolling Jubilee, nous faisons comme ces collecteurs de dette : nous achetons collectivement nous-mêmes de la dette – ce qui est parfaitement légal – et ensuite, au lieu d’exiger leur remboursement, nous effaçons ces dettes ! Quand nous atteindrons un niveau où cela commence à avoir un effet réel sur l’économie, ils trouveront sans doute un moyen de rendre ça illégal. Mais pour le moment, c’est un bon moyen de mettre en évidence l’absurdité du système (sur cette campagne, lire notre aticle « Strike debt » : un plan de sauvetage du peuple par le peuple). En complément, nous développons le projet « Drom », Debt resistors operation manuel, qui fournit des conseils légaux et pratiques aux personnes endettées.

La façon la plus simple de désobéir à la finance, c’est de refuser de payer les dettes. Pour lancer un mouvement de désobéissance civile contre le capitalisme, on peut commencer par là. Sauf que les gens le font déjà ! Un Américain sur sept est poursuivi par un collecteur de dettes. 20 % au moins des prêts étudiants sont en situation de défaut. Si vous ajoutez les prêts hypothécaires, sur les 80 % de la population qui sont endettés aux États-Unis, entre un quart et un tiers sont déjà en situation de défaut de paiement ! Des millions d’Américains font déjà de la désobéissance civile par rapport à la dette. Le problème est que personne ne veut en parler. Personne ne sait que tout le monde le fait ! Comment réunir tous ces gens isolés ? Comment organiser un mouvement social si tout le monde a honte de ne pas réussir à rembourser ses dettes ? À chaque fois que vous refusez de payer une dette médicale, une dette « odieuse » créée par la collusion entre gouvernement et financiers – qui piège les gens dans des dettes que vous n’avez d’autre choix que de subir – vous pouvez dépenser votre argent pour quelque chose de socialement important. Nous voulons encourager les « coming-out » sur cette résistance au système. Fédérer cette armée invisible de gens qui font défaut, qui sont déjà sur le terrain de bataille, s’opposant au capitalisme par une résistance passive.

Propos recueillis par Agnès Rousseaux

@AgnesRousseaux

Photos : CC A. Golden (Une) et CC Gonzalo

A lire :
- Sur la campagne Rolling Jubilee : « Strike debt » : un plan de sauvetage du peuple par le peuple
- Maurizio Lazzarato : « La dette neutralise le temps, matière première de tout changement politique ou social »

 

 David Graeber, Dette, 5000 ans d’histoire, Editions Les liens qui libèrent, 2013, 620 pages.

 

Notes

[1Docteur en anthropologie, économiste, ancien professeur à l’Université de Yale, David Graeber est actuellement professeur à la London School of Economics. Il est selon le New York Times l’un des intellectuels les plus influents actuellement. Et est l’un des initiateurs du mouvement Occupy Wall Street.

 

 

Source : www.bastamag.net

 


 

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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 16:45

 

Source : www.reporterre.net

 

Près d’Orléans, massacre de la forêt au tractopelle

Collectif pour un site préservé entre Loire et forêt

jeudi 16 janvier 2014

 

 

 

 

Sur l’agglomération orléanaise, seize hectares de terres encore cultivées et boisées sont menacés par le projet d’un centre commercial. La semaine dernière, une partie boisée de la zone a été totalement saccagée et les arbres abattus... alors que l’enquête publique n’est pas finie, que le conseil municipal n’a pas encore donné son accord et que le permis de construire n’a pas été délivré.

 


 

Précision depuis l’écriture de ce texte : Après coup de fil à la mairie de Saint Jean de Braye, au service urbanisme, il s’avère que le chantier actuel est autorisé par un arrêté préfectoral pris par l’Etat pour faire un "diagnostic archéologique" de la zone. Il devrait durer deux à trois semaines.

C’est quoi ce carnage ?

Voici les photos prises sur le site que nous voulons préserver de l’implantation d’une zone commerciale « Village Oxylane-Décathlon ». Et c’est à grands coups de tractopelle qu’une bonne partie du terrain boisé entre les champs et la tangentielle a été rasée la semaine dernière. Qui a autorisé le saccage de cette zone ? Qui l’a effectué ? Dans quel but ?

 

 

Le projet de « village Oxylane » n’est pourtant pas encore passé devant la commission départementale d’aménagement commercial ; l’enquête publique pour la modification du PLU n’a encore donné lieu à aucun avis du commissaire enquêteur, celui-ci ayant jusqu’au 20 janvier 2014 pour rendre son rapport. Et il faudra ensuite la délibération en conseil municipal et la délivrance du permis de construire. Tout cela n’est pas fait.

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : www.reporterre.net

 


 

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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 16:33

 

Source : revenudebase.info

 

Une initiative se termine, un mouvement prend son envol

basicincome-initiative

 

L’initiative européenne vient de se terminer après 10 mois de campagne intensive. Le million de signatures n’est pas atteint mais une belle dynamique s’est mise en place, surtout dans les dernières semaines de collecte.

Traduction et adaptation du communiqué paru sur basicincome2013.eu

L’Initiative Citoyenne Européenne (ICE)1 pour le Revenu de Base Inconditionnel (RBI) a officiellement pris fin le mardi 14 janvier à 23h59, après avoir récolté  285 042 déclarations de soutien provenant de citoyens européens de 28 pays différents (voir les statistiques complètes ici). Elle n’a cependant pas réussi à atteindre le million de signatures demandé par la Commission Européenne pour obtenir la reconnaissance de l’idée du revenu de base comme perspective vers une nouvelle forme de protection sociale émancipatrice.

En France, le compteur s’est arrêté à 37.415 signatures, après des journée particulièrement intenses grâce aux relais de plusieurs médias dont Le Monde, Reporterre, ainsi qu’une tribune co-signée par un vingtaine de personnalités publiée sur Bastamag.net vendredi dernier et une Bande Dessinée réalisée par Hélène Pouille qui a facilité la viralité sur les réseaux sociaux.

La France ne décroche certes pas son ‘quota’ de signatures nécessaire comme ont réussi à la faire six pays (Bulgarie, Estonie, Slovénie, Croatie, Pays-Bas, Belgique), mais l’idée « connaît une percée médiatique dans la presse en ligne française » saluait lundi le site Arrêt Sur Images. Ces derniers jours de campagne sont en effet très prometteurs pour la suite.

Nous souhaitons remercier toutes les personnes ayant signé ou soutenu l’initiative”, a déclaré Klaus Sambor (Autriche), organisateur général du comité de citoyens européens ayant lancé cette initiative dans 28 pays européens. Le Mouvement Français pour le Revenu de Base (MFRB) qui a porté cette initiative en France tient également à remercier tous ceux qui ont soutenu cette campagne, que ce soit sur le terrain dans les groupes locaux, ou via les réseaux sociaux.

Une envolée de dernière minute

Alors que l’initiative a lentement progressé pendant une bonne partie de l’année, les dernières semaines ont été marquées par une augmentation massive du nombre de signatures (voir graphique ci-dessous).

 

nombre-signatures

 

À elle seule, la Bulgarie a récolté 30 000 signatures dans les cinq derniers jours, grâce à l’incroyable soutien de dernière minute apporté par le syndicat de travailleurs CITUB. “L’exemple de la Bulgarie reflète une intensification générale de l’intérêt pour le revenu de base, ce qui a suscité l’intérêt des principaux médias européens”, explique Martin Jordo (attaché de presse, Suède). Ainsi, Le Monde, la BBC, El Mundo, Huffington Post, Al-Jazeera, RT’s Keiser Report, des télévisions bulgares et portugaises ainsi que la radio publique néerlandaise ont couvert l’initiative citoyenne européenne.

Bien que l’objectif officiel n’ait pas été atteint, il y a de quoi être satisfait de ce résultat. “Cette ICE n’est que le point de départ d’un mouvement européen de grande ampleur”, a déclaré Sambor. De nouveaux groupes se sont formés dans de nombreux pays pour soutenir cette campagne, et les réseaux promouvant le RBI qui existaient auparavant se sont vus renforcés par cette initiative. La perspective d’un nouveau modèle social plus juste en Europe s’en trouve renforcée.

La dynamique engagée cette année va continuer en 2014”, a affirmé Stanislas Jourdan, organisateur de la campagne en France. Dans la continuité de cette première campagne d’envergure internationale, un nouveau réseau européen s’est à présent constitué afin de poursuivre l’objectif de l’ICE : promouvoir la faisabilité et les avantages de l’instauration d’un revenu de base inconditionnel dans toute l’Europe.

L’initiative européenne : un processus “trop lourd”

 

stanjourdan-luxembourg

 

Les organisateurs n’envisagent cependant pas de lancer une autre ICE en 2014. “Les règles actuelles sont trop lourdes et contraignantes pour des organisations purement citoyennes comme les nôtres”, explique Stanislas Jourdan. Les organisateurs font valoir qu’ils ont perdu deux mois de campagne à cause de difficultés à mettre en place le système de récolte des signatures en ligne, une conséquence des règlementations complexes des ICE. Une demande de prolongation de la période de collecte a d’ailleurs été refusée par la Commission Européenne, alors même que de telles prolongations avaient été auparavant autorisées par la Commission pour d’autres initiatives.

Nous envisagerons peut être d’utiliser à nouveau l’ICE à l’avenir, si les règles sont simplifiées et que la date de lancement est mieux préparée”, précise Stanislas Jourdan, faisant référence au fait que l’Union Européenne est censée réviser le règlement des initiative européennes courant 2015.

Afin de continuer à démontrer la popularité du concept du RBI et de défier les lacunes du système de collecte des signatures de la Commission Européenne, les organisateurs de l’ICE ont lancé une pétition en ligne en collaboration avec la plateforme Avaaz.org.

Nous voulons jouer les règles de l’ICE jusqu’au bout. Or la règle de base est que les organisateurs ont douze mois pour récolter les signatures,” explique Koen Van Haagen, le coordinateur néerlandais de cette pétition. “Le résultat combiné des deux pétitions sera soumis à différentes autorités de l’Union Européenne ainsi qu’aux politiques afin de soutenir notre revendication – qu’un soutien public pour le revenu de base est en train d’émerger.” Le comité de citoyens de l’ICE va également explorer la possibilité de faire valoir les signatures collectées pendant l’ICE dans le cadre d’une pétition classique adressée au parlement européen.

Objectif en 2014 : peser sur les élections européennes

L’un des objectifs prioritaires du nouveau réseau européen en 2014 sera notamment de peser sur les élections européennes de mai 2014. Une nouvelle campagne citoyenne devrait être lancée à cet effet en avril, lors d’une conférence à Bruxelles. D’autres initiatives nationales vont également être lancées en parallèle, notamment en Espagne où une coalition d’organisations va lancer dès le 15 janvier une initiative législative populaire.

Une page se tourne, mais le reste de l’Histoire reste à écrire !

 

 

Source : revenudebase.info

 

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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 16:23

 

 

Source : www.romandie.com

 

(©AFP / 14 janvier 2014 12h13)

 

Gaz de schiste: le groupe italien Eni se retire de Pologne

 

 


VARSOVIE - Le groupe gazier italien ENI va se retirer de Pologne où il explorait des gisements de gaz de schiste, a rapporté mardi le quotidien économique polonais Puls Biznesu.

ENI abandonne les schistes polonais, a affirmé le journal. La décision de la direction à Milan a déjà été prise, a-t-il ajouté en se référant à des sources non identifiées.

Interrogé par l'AFP, le groupe ENI n'a pas commenté cette information.

Selon le journal, Eni qui possède trois concessions en Pologne, dont une vient d'expirer et deux autres expireront prochainement, ne demandera pas aux autorités polonaises leur renouvellement.

Nous avons été informés par ENI qu'ils n'allaient plus participer au programme de dialogue avec les habitants, car le groupe a décidé de ne pas prolonger sa concession de Mlynary expirée le 5 janvier, a indiqué mardi à l'AFP Anna Miazga, responsable d'un programme gouvernemental de dialogue social visant à apaiser les tensions entre les partisans et les opposants de l'exploitation du gaz de schiste.

ENI serait ainsi le quatrième groupe, après Exxon, Talisman et Marathon, à se retirer de Pologne.

Selon un expert du secteur gazier, Andrzej Szczesniak, ces sociétés n'ont pas trouvé de gisements de gaz de schiste espérés. Le groupe italien de facto n'a pas commencé ses forages, a-t-il déclaré à l'AFP.

Soucieuse de garantir son indépendance énergétique, la Pologne, largement dépendante du gaz russe, compte beaucoup sur le gaz de schiste.

Les réserves de gaz de schiste en Pologne sont évaluées à entre 800 et 2.000 milliards de m3. Une première extraction, à titre expérimental, avait été lancée en juillet.

Une cinquantaine de forages ont jusqu'à présent été réalisés. Pour décider de la rentabilité de l'exploitation commerciale, il en faudrait quelque 350 au total.

Le gouvernement prévoit d'investir à cet effet 12,5 milliards d'euros d'ici à 2020.

mc/mrm/jld

ENI

EXXONMOBIL


(©AFP / 14 janvier 2014 12h13)

 

 

Source : www.romandie.com

 

 


 

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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 16:13

 

Source : www.reporterre.net

 

Vive le temps partiel !

Samuel Michalon, Baptiste Mylondo et Lilian Robin

jeudi 16 janvier 2014

 

 

 

Pendant que M. Hollande fait de nouveaux cadeaux au patronat, la flamme de l’alternative ne s’éteint pas. Et plutôt que le chômage, l’idée du partage du travail est toujours bien vivante.


 

Pour quiconque appelle de ses vœux l’émergence d’une société écologique, la place accordée au travail devient une (peut-être même LA) question centrale. Et qui décide de s’y intéresser, et s’attelle quelques instants à torturer le mot travail, en conclut sans tarder qu’il convient de distinguer travail et emploi.

Admettant (pour mieux la critiquer) l’actuelle centralité de ce dernier, on postule sans difficultés qu’on bosse trop, parce qu’on produit trop et que par voie de conséquence, injonction nous est faite de consommer trop… Certes la démonstration est un peu rapide, mais nous adressant aux lecteurs de Reporterre nous faisons l’économie du constat (a priori partagé) pour développer plus avant notre proposition.

Déduction logique de ce qui précède : il faut bosser moins ! Mais comment ? De quelles marges de manœuvre disposons-nous, en tant qu’individus, pour ajuster notre temps d’emploi ? Le droit français prévoit un accès (quasi) automatique au temps partiel, pour changer des couches (avec le congé parental d’éducation) ou s’en remettre une couche (en créant une entreprise).

Pas envie de rajouter du turbin au turbin, pas de bambins ou déjà grands, juste envie de faire autre chose (quoi que ce soit), vous bénéficiez d’un très généreux droit... de demander. Droit de demander qui, vous l‘aurez compris, accorde à votre employeur un droit de refuser. Et il ne s’en privera pas !

En effet, moins d’un quart des demandes de temps partiel (hors congés parentaux ou pour création d’entreprise) sont acceptées par les employeurs [1]... Vous aviez déjà sérieusement élaboré votre projet, commencé à faire des plans sur la comète, désolé de vous décevoir mais ça n’est pas vous qui décidez (de votre vie). C’est votre employeur !

Nous avons créé la coopérative d’inactivité

Ça vous est insupportable ? À nous aussi ! C’est pourquoi nous avons créé une coopérative d’inactivité qui, pour paraphraser André Gorz, est un non statut pour la non classe des non travailleurs.

Un autre « mot obus » (comme dirait Paul Ariès) pour un collectif qui s’est tout de même donné pour objectif concret de militer pour la création d’un droit inconditionnel au temps partiel (à l’image de ce qui existe aux Pays-Bas).

Notre hypothèse est qu’en légitimant, par le droit, le temps choisi, nous soulagerons les individus de cette pression à la conformité qui les amène (malgré eux) à se soumettre à la norme du temps plein (et à la norme de surconsommation qui va avec).

Car cette stigmatisation que laisse craindre le pas de côté est un obstacle qui semble difficilement surmontable pour nombre de nos concitoyens : seuls 10% des français ont demandé et obtenu un temps partiel alors même qu’un sur deux souhaiterait baisser son temps d’emploi.

 

 

*Suite de l'aticle sur reporterre

 

Source : www.reporterre.net

 


 


 

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