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18 janvier 2014 6 18 /01 /janvier /2014 18:12

 

 

Source : www.mediapart.fr


Climat : Mediapart dresse la liste des dix plus gros pollueurs en France

|  Par Jade Lindgaard et Arthur Pivin

 


ArcelorMittal, EDF, Total, E-ON et GDF Suez sont, de loin, les industriels les plus émetteurs de CO2 en France. Alors que se profile la loi sur la transition énergétique, Mediapart a établi le palmarès des plus gros pollueurs climatiques. Surprise : EDF, pourtant producteur à 80 % d’électricité d’origine nucléaire, y occupe la deuxième place.

En France, l’émetteur de gaz à effet de serre, c’est un peu l’homme invisible : beaucoup en parlent, mais personne ne sait vraiment de qui il s’agit. L'économie française est l'une des moins carbonées d'Europe. Rapportées au PIB, les émissions représentent moins des deux tiers de l'Union européenne ou de l'Allemagne. Cette singularité suffit souvent à éteindre les curiosités. La politique climatique, en partie décidée à Bruxelles, est mal connue, peu lisible, et mal mise en œuvre, conclut un rapport très critique de la Cour des comptes publié le 16 janvier dernier (voir ici).

Dans les nomenclatures officielles, les rejets de gaz à effet de serre sont mesurés par secteurs : les transports (27 % du total en 2011), l’agriculture (19 %), les logements et les bureaux (16 %), les industries, les déchets. Les responsabilités individuelles sont diluées dans la masse globale des tonnes d’équivalent CO2.

 

Source : Agence européenne de l'environnement, juin 2013. 
Source : Agence européenne de l'environnement, juin 2013.


L’appareil productif est systématiquement jaugé par tranche de spécialisation : énergies (12 %), industries manufacturières et construction (13,5 %), procédés industriels (8 %). Avec 33 % du total, l’industrie est bien la première source de gaz à effet de serre en France. Et donc le premier contributeur au dérèglement climatique.

Mais qui sont exactement ces entreprises ? Et quels efforts s’apprêtent-elles à accomplir ? Les réponses sont toujours floues. Réduire nos émissions est pourtant un objectif récurrent de nos politiques publiques. Le projet de loi sur la transition énergétique, attendu au mieux fin 2014, devrait comprendre un objectif de division par quatre des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2050, l’instauration de « budgets carbone » pour en piloter la décrue et prévoir la baisse de 50 % de la consommation de combustibles fossiles en 2030. À l’échelle européenne, le paquet énergie-climat 2030 en cours d’élaboration (voir ici) pourrait exiger des États membres une baisse de 45 % des émissions de gaz à effet de serre pour 2030. 

Prenons l’exemple du CO2, gaz à effet de serre le plus répandu – mille ans après son émission, il en reste encore 20 % dans l’atmosphère. Il existe plusieurs registres de déclaration d’émissions de dioxyde de carbone. Ils sont tous publics, et librement consultables sur internet (ici, , et encore ici). Depuis la création du marché européen des quotas de carbone, les sites industriels les plus polluants doivent en effet déclarer chaque année le total de leurs rejets de CO2 – un millier d’installations sont concernées : centrales thermiques, chaufferies urbaines, usines sidérurgiques, métallurgiques, pétrochimiques, cimenteries, papeteries…

Mais ces millions de tonnes de gaz carbonique sont comptabilisées usine par usine, centrale par centrale, et non par entreprise. Impossible en l’état de savoir quelle société en dégage plus que les autres.

Mediapart s’est plongé dans ces tableaux et a calculé qui en émettait exactement et en quelle quantité en 2012 (le détail de notre décompte figure sous l’onglet Prolonger), dernière année pour laquelle les données sont disponibles.

Voici les résultats de ce palmarès des plus gros pollueurs climatiques sur le territoire national : le groupe de métallurgie ArcelorMittal et l’énergéticien EDF arrivent loin devant les autres, avec respectivement 19 et 16,5 millions de tonnes de CO2, soit l’équivalent de 18 % et 16 % de l’ensemble, selon nos estimations. Ils sont suivis du pétrolier Total (9 % des émissions totales de CO2), de l’énergéticien allemand E.ON (5 %), du groupe GDF-Suez (4 %), du spécialiste des matériaux de construction Lafarge (4 %), du pétrolier ExxonMobil (4 %). Suivent ensuite le cimentier Italcementi, le producteur de chaux Lhoist et le cimentier Vicat.

 

© Arthur Pivin. 
© Arthur Pivin.

 

 
© © Arthur Pivin.

Première surprise de ce palmarès : la place d’EDF, deuxième plus gros émetteur de CO2, malgré la part ultra-dominante du nucléaire dans son offre d’électricité (80 %), et la moindre – mais non négligeable – de l’hydraulique. On comprend mieux en consultant une autre liste, celle des sites qui rejettent le plus de gaz carbonique : on y retrouve quatre centrales thermiques de l’électricien français : Cordemais (charbon et fioul), Blénod (charbon et gaz), Le Havre et La Maxe (charbon). Cumulées, elles représentent plus de la moitié des rejets du groupe.

« EDF, loin d'être aussi faiblement émettrice qu'elle le prétend »

 

Centrale de Cordemais, la plus grosse centrale thermique à flammes d'EDF en France (©EDF). 
Centrale de Cordemais, la plus grosse centrale thermique à flammes d'EDF en France (©EDF).

D’ici à 2015, dix centrales au charbon doivent cesser leurs activités, et être remplacées par des tranches fonctionnant au gaz. C’est aussi le cas pour la centrale la plus polluante d’E.ON, Émile Huchet (Moselle), où est  expérimenté un système de stockage d’hydrogène. En 2012, la production d’électricité à base de charbon avait progressé de 35 % en France. Mais un vaste mouvement de fermeture de ces unités, plus chères que celles au gaz, est enclenchée, dans la foulée de la transposition de la directive relative aux émissions industrielles (IED) qui limite plus drastiquement les gaz à effet de serre.

 

© Arthur Pivin. 
© Arthur Pivin.

EDF confirme nos chiffres – « Oui, on émet beaucoup parce qu'on produit beaucoup d'énergie » – mais rappelle qu’« en France, 95 % de notre électricité est décarbonée, avec 80 % de nucléaire et 15 % d’hydraulique ». Le parc électrique français reste dans son ensemble l’un des moins émetteurs en Europe avec annuellement 0,4 tonne de CO2 par habitant, contre 3,6 tonnes en Allemagne.

Les installations thermiques classiques constituent la troisième source de production d’électricité en France avec en moyenne 10 % de l’énergie électrique totale. À quoi servent-elles ? En partie, à alimenter les chauffages et autres appareils électriques dans les logements en fin de journée l’hiver : « l’effet de pointe ». Mais aussi à pallier la faible disponibilité des réacteurs atomiques, comme cela s’est produit pendant l’été 2012 : la production nucléaire avait chuté de 9,7 % par rapport à l’année précédente, et la consommation de charbon atteint un niveau très élevé pour la période.

Sur son site, Réseau de transport d’électricité (RTE), filiale d’EDF, publie en temps réel la quantité de CO2 dans les kilowattheures d’électricité produits en France.

L’électricien ne s’est fixé « aucun objectif en volume de réduction de ses émissions de CO2 », précise le groupe, mais doit fermer dix réacteurs de centrales à charbon d’ici 2015, ainsi que certaines tranches de fioul. « EDF est loin d'être aussi faiblement émettrice qu'elle le prétend puisque c'est le deuxième plus gros pollueur en France, analyse Célia Gautier, chargée de mission sur les politiques européennes pour le Réseau action climat (RAC). Le recours massif et typiquement français au chauffage électrique pour écouler la production nucléaire amène à rallumer en cas de grand froid les centrales thermiques comme celle de Cordemais (dont la fermeture n’est pas prévue - ndlr), pour répondre aux pics de consommation. L'importance des émissions issues des centrales thermiques montre aussi qu'en l'absence d'un prix significatif pour les émissions de CO2 les producteurs d'énergie ne sont pas incités à fermer leurs centrales charbon et à développer les sources d'énergie renouvelable. »


Site d'ArcelorMittal à Dunkerque (© Arcelor Mittal) 
Site d'ArcelorMittal à Dunkerque (© Arcelor Mittal)

Concernant ArcelorMittal, les sites de Dunkerque et de Fos-sur-Mer produisent de l’acier liquide, dont la fabrication requiert une consommation massive de charbon afin d’obtenir des températures très élevées. Ils rejettent chacun une quantité colossale de dioxyde de carbone, respectivement 11,2 et 7,1 millions de tonnes. Ils sont de très loin les sites les plus émetteurs du pays. À la différence d’EDF, le groupe sidérurgique affiche un objectif officiel de baisse de 8 % de ses gaz à effets de serre entre 2007 et 2020. L’arrêt du seul site de Florange en 2012 (2,5 millions de tonnes de CO2 en 2011) remplit à lui seul cet engagement, ce qui en dit long sur sa timidité.

« ArcelorMittal est l'entreprise la plus émettrice en France, mais c'est aussi celle qui reçoit le plus de quotas de CO2 à titre gratuit, quand d'autres entreprises doivent les acheter aux enchères, explique Célia Gautier, du RAC. Uniquement pour les hauts-fourneaux de Florange, qui ont fermé depuis mars 2013, le gouvernement avait prévu d'allouer à titre gratuit 3,8 millions de quotas de CO2 par an à ce site industriel, y compris en 2013 et jusqu'en 2020 ! Cela représente un cadeau d'une vingtaine de millions d'euros au cours actuel de la tonne de CO2. »

Mais « c'est un peu trompeur pour Lafarge et surtout Total, car ces chiffres sur la France ne sont pas du tout représentatifs de leurs responsabilités d'émetteur, Total émettant bien plus via ses activités en dehors du territoire », analyse Anne Valette, chargée de campagne climat à Greenpeace France. Sur le monde entier, en 2010, Total a rejeté 398 millions de tonnes de CO2, en tenant compte des rejets liés à la combustion des barils extraits, selon les calculs du spécialiste du climat Richard Heede publiés dans la revue scientifique Climatic change fin 2013 (à lire en cliquant ici). Le bilan du cimentier Lafarge atteint alors 61 millions de tonnes. C’est largement au-dessus des données nationales.

L’industrie représente 21 % de la consommation finale d’énergie en France, un poste en constante baisse depuis quarante ans, sous l’effet de la fermeture des usines, de l’amélioration de l’efficacité énergétique des équipements et du remplacement partiel des fossiles par l’électricité. À cause des délocalisations, une partie de la production nécessaire à la satisfaction de la demande intérieure se réalise hors de nos frontières. Pour mieux prendre en compte notre empreinte carbone réelle, les statisticiens intègrent désormais à leurs calculs le bilan carbone de cette offre hors de nos frontières. Résultat : une forte réévaluation de nos émissions, qui passent de 8,2 tonnes de CO2 par habitant à 12,2 tonnes (en 2007) (voir sur ce document, p. 24).

Des millions d'euros de cadeaux en CO2

Deuxième surprise de ce classement : la liste des plus gros émetteurs de CO2 ressemble beaucoup à celle des entreprises qui ont gagné le plus d’argent grâce à ce même carbone sur le marché européen des quotas. Créé en 2005, le système EU-ETS impose un seuil maximal d’émission aux industries les plus polluantes. Mais ces allocations furent très généreuses et, avec la crise économique, le gaz carbonique rejeté par leurs usines a eu tendance à se réduire. Si bien que l’écart entre les rejets autorisés par l’Europe et ceux effectivement réalisés (en France) dépasse en 2012 le million de tonnes pour sept groupes industriels, parmi lesquels : ArcelorMittal, Total, GDF Suez, E.ON, EDF et Lafarge.

Pour ces multinationales, cette différence est lucrative : malgré le faible cours du carbone sur le marché européen, l’enveloppe des sur-allocations a représenté un cadeau de 3,9 milliards de dollars entre 2008 et 2011, sur l’ensemble de l’Europe, selon les calculs de l’ONG britannique Sandbag. Tout ce capital n’a pas été vendu. Les recettes concrètement retirées de la vente d’une partie de ces excédents atteignent 1,8 milliard d’euros sur la période, selon Sandbag. ArcelorMittal aurait ainsi vendu pour 250 millions d’euros de quotas en Europe sur quatre ans. La seule année 2012 fut encore plus profitable, avec 220 millions de recettes, comme l'indique le rapport financier du groupe.

 

© Arthur Pivin. 
© Arthur Pivin.

 

© Arthur Pivin. 
© Arthur Pivin.

Pour la France, en 2012, le groupe ArcelorMittal a reçu un « cadeau » de 5,3 millions de tonnes de CO2, pour une valeur comprise entre 32 et 50 millions d’euros (en fonction du cours du marché cette année-là), selon nos estimations. « Comme l'autorise la réglementation, une partie des quotas dont le groupe dispose a été vendue et les fonds générés ont été utilisés pour financer des projets d'amélioration d'efficacité de nos usines ayant un impact sur l'efficacité énergétique et une réduction des émissions de CO2 », explique le groupe, sans chiffrer les recettes de ses ventes.

« Le gouvernement du Luxembourg a posé un ultimatum au géant de l'acier pour qu'il restitue à l'État ses quotas inutilisés, indique Célia Gautier du RAC. Le gouvernement français devrait faire de même. »

Raffinerie de Normandie de Total, au Havre (©Total). 
Raffinerie de Normandie de Total, au Havre (©Total).

Autre bénéficiaire, Total, qui a fini l’année avec 3,6 millions de tonnes de CO2 d’excédent, pour une valeur comprise entre 22 et 34 millions d’euros. Le groupe assure en avoir conservé la totalité. De son côté, GDF-Suez possédait à peu près la même réserve de dioxyde de carbone fin 2012. Quant à EDF, il a profité d’un surplus de 1,6 million de tonnes en 2012, soit un capital compris entre 9,5 et 15,1 millions d’euros, que le groupe assure aussi avoir conservé : « Nous avons une gestion prudentielle et non spéculative de cette question. »

Le cimentier Lafarge, 6e plus gros émetteur en France en 2012, a retiré 562 millions d’euros de la vente de ses quotas non utilisés en Europe entre 2008 et 2011, selon Sandbag. Dans le même secteur, Italcementi, 8e plus gros pollueur du climat en France en 2012, en aurait obtenu 135 millions d’euros sur la même période.

Les douze sites les plus suralloués en 2012 (©Arthur Pivin). 
Les douze sites les plus suralloués en 2012 (©Arthur Pivin).

Pour Maxime Combes, économiste et membre d’Attac, « l’Union européenne vient de perdre deux ans à vouloir réformer le marché du CO2 pour, au bout du compte, ne le modifier qu’à la marge. Il est une entrave à toute nouvelle politique de transition énergétique ». Au côté d’une centaine d’organisations, Attac France réclame l’abolition du système EU ETS, et son remplacement par des politiques fiscales adaptées et la fin des subventions aux énergies fossiles (voir aussi ici). Pour Célia Gautier du RAC : « Les plus gros pollueurs français et européens bénéficient d'un traitement de faveur injustifié. Aujourd'hui, le marché carbone européen est utilisé non pas pour enclencher les investissements dans la transition énergétique, car le prix du CO2 y est trop faible, mais pour subventionner les industriels les plus pollueurs. »

90 entreprises ont émis les deux tiers des émissions mondiales

 

© The Guardian. 
© The Guardian.

Près des deux tiers des émissions de CO2 et de méthane dans le monde depuis le milieu du XIXe siècle proviennent de 90 entreprises : Chevron, ExxonMobil, Saudi Aramco, BP, Gazprom, Shell occupent les premières places de ce palmarès des plus gros pollueurs historiques du climat. Le premier français, le pétrolier Total, arrive en 13e position – mais se hisse au 7e rang de la liste des entreprises privées – avec 12 milliards de tonnes de dioxyde de carbone rejetées depuis 1854.

Le spécialiste du climat Richard Heede, ancien du Rocky Mountain institute d’Amory Lovins, a publié les résultats de ce spectaculaire calcul dans la revue scientifique Climatic change en octobre dernier (voir ici la superbe visualisation qu'en a livrée le quotidien britannique The Guardian).

Les industriels qui ont le plus largué de gaz carbonique dans l’atmosphère sont pétroliers, gaziers, producteurs de charbon et fabricants de ciment. La moitié du CO2 et du méthane crachés par les industriels depuis 1751 l’a été au cours des trente dernières années. L’effet sur le dérèglement du climat est catastrophique : on trouve encore dans l’atmosphère 20 % des émissions de CO2 mille ans après. Nul ne peut plus exclure que l’effet de serre soit irréversible. La teneur de l’atmosphère en gaz à effet de serre a atteint un niveau inégalé en 2012, selon l’organisation météorologie mondiale (voir ici). Les causes du dérèglement du climat ne cessent de s’aggraver.

Pour la première fois, une autre équipe de chercheurs a mesuré la contribution des pays au dérèglement climatique, dans un article publié par Environmental research letters (à lire ici). Ils ne se contentent pas de mesurer leurs émissions de gaz à effet de serre (CO2, méthane, protoxyde d’azote, aérosols de sulfate), mais calculent aussi l’impact que ces rejets gazeux ont eu sur le réchauffement planétaire depuis la révolution industrielle (et jusqu’en 2005). Le résultat donne un classement inattendu. Premier responsables historique du dérèglement climatique : les Etats-Unis, suivis de la Chine, la Russie, le Brésil, l’Inde, l’Allemagne, le Royaume-Uni, la France (en 8e position donc), l’Indonésie et le Canada (voir plus sur cet article).

Quelles conclusions tirer de ce palmarès ? Nos émissions de CO2 ne sont pas seulement la conséquence de nos modes de vie et de nos choix de sociétés. Elles concernent directement des acteurs économiques majeurs, qui s’en arrangent et en tirent parfois profit dans la plus grande discrétion. Face au défi sans précédent du dérèglement climatique, comment se répartit l’effort entre ménages et entreprises ? Est-il justement partagé ? Personne n’en discute. L’arrêt des émissions de gaz à effet de serre ne peut commander à lui seul la fermeture de sites industriels qui emploient des travailleurs qui en tirent leurs moyens de subsistance, et qui sont aussi les consommateurs des produits qui en sortent. En matière d’émission de CO2, la dichotomie entre offre et demande n’est pas si simple.

 

Pollution atmosphérique en Inde (Arko Datta/Reuters). 
Pollution atmosphérique en Inde (Arko Datta/Reuters).

Et pourtant, l’échec de la diplomatie du climat à endiguer les gaz à effet de serre appelle à trouver des alternatives à la logique du protocole de Kyoto, qui fait peser sur les seuls États la responsabilité de la décrue des émissions. Les pistes le plus souvent discutées passent par des taxes aux frontières, l'écotaxe kilométrique, l'arrêt des subventions des énergies fossiles.

Dans ces conditions, identifier les plus gros pollueurs industriels ne se résume pas à un concours de virtuosité mathématique. Cela met en lumière des acteurs majeurs du sujet, jusqu’ici sous-exposés politiquement. Aux États-Unis, c’est de plus en plus un enjeu juridique. Les contentieux devant la justice et les class actions ont exercé une pression considérable sur les fabricants de tabac. Des poursuites sont désormais envisagées contre les sociétés qui ont continué à massivement rejeter du dioxyde de carbone dans l’atmosphère en connaissant parfaitement son impact sur la crise climatique.

 

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

 

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18 janvier 2014 6 18 /01 /janvier /2014 12:33

 

Source : transitionviganaise.wordpress.com

 

Journée ÉNERCOOP au VIGAN

affiche journée enercoop (PDF)

 

 

affiche journée enercoop

 

NE PLUS FINANCER LE NUCLEAIRE, C’EST POSSIBLE !!!

 

Énercoop est au Vigan le Samedi 18 Janvier à l’Espace Lucie Aubrac


de 14 h -15 h 45 : Les économies d’energie, La consommation des appareils courants? Quelles ampoules? Comment réaliser un éclairage? Quels appareils électroménagers?…Et l’informatique? Les Économies par l’isolation? Les Économies par un chauffe-eau solaire? Quel chauffage électrique?

Avec la présence d’Olivier Chaudron qui tient une écoboutique à Lasalle

 

16 h – 18 h : Les énergies renouvelables – Quelle transition énergétique pour notre territoire? Quelles offres photovoltaïques ou éolien pour les particuliers? Quels projets citoyens possibles en lien avec énercoop?  Solaire, hydraulique, éolien, bois…? Les producteurs énercoop locaux?

Avec la présence de Nicolas BRAHIC, qui réalise une expérience concrète de chauffage grâce au compost de broussaille et de la Coop Soleil qui distribue du matériel d’énergie renouvelable et cherche utiliser les broussailles pour la production de chaleur et de gaz

 

18 h – 18 h 30 : Goûter partagé végétal sobre en energie

 

18 h 30 – 19 h 05 : Projection de "sans lendemain" (26′) et de l’initiative du pays de mené (10′)

 

19 h – 20 h : Présentation d’énercoop et questions-réponses, Les engagements d’enercoop, Les contrats particulier et professionnel, Le fond d’investissement "énergie partagée"

 

20 h – 20 h 30: Présentation d’un producteur enercoop local. Avec la présence de Mr Pinaut qui gère la micro-centrale hydroélectrique sur l’Arre au Vigan

 

20 h 30 – 21 h : Présentation du groupe Transition et de la Maison de l’énergie

 

Après 21 h : Soupe populaire locale. Et invitation à des échanges informels avec les porteurs de projets locaux.

Buvette et snack à prix libre toute l’après-midi

 

 

 

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17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 22:26

 

lien

  vendredi 31 janvier 2014 à 18h45

L'Union des Comités de Quartier de Nîmes Métropole

et l'Association pour la Prospective et les Initiatives Collectives

de Nîmes Métropole

organisent un cycle de conférence qui s'adresse à tous les citoyens de Nîmes Métropole sur les enjeux pour demain du développement urbain.

La quatrième conférence aura lieu le

VENDREDI 31 JANVIER à 18h45

auditorium de Pablo Neruda

Sur le thème :

« L'intérêt d'un retour à une gestion publique de l'eau»

Conférence animée par Raymond AVRILLIER

(Maire - Adjoint honoraire de la ville de Grenoble)

Nous vous demandons de bien vouloir transmettre cette information à tous vos adhérents et sympathisants car le sujet abordé nous concerne tous.

 

Vous trouverez en pièce jointe l'histoire de la gestion de l'eau à Grenoble

pièce jointe: application/pdf

 

 

 

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17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 22:03

 

 

Émission du Carrefour des résistances
du 8 JANVIER

 Sur la lutte citoyenne pour sortir le cinéma associatif d'Aigues Morte des griffes d'une multinationale du divertissement introduite par la mairie socialiste.

 

Revue de presse du Carrefour des résistances
MASAVI

 



Le bilan du mandat de votre serviteur comme conseiller municipal à MUS. Sortez vos mouchoirs !


MASAVI
MUS21
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17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 19:11

 

Source : www.lemonde.fr

 

 

 

Les époux Balkany visés par une information judiciaire pour « détournement de fonds publics »

Le Monde.fr | 17.01.2014 à 14h40 • Mis à jour le 17.01.2014 à 16h12 | Par Fabrice Lhomme et Gérard Davet

 

Le parquet de Nanterre (Hauts-de-Seine) a ouvert il y a quelques semaines une information judiciaire visant implicitement Patrick et Isabelle Balkany, comme l'a indiqué Mediapart vendredi 17 janvier. Ouverte contre X pour « détournement de fonds publics », indique une source judiciaire, l'information a été confiée à deux juges d'instruction du tribunal de Nanterre.

Le député (UMP) et maire de Levallois-Perret et son épouse sont accusés d'avoir utilisé pour leur compte personnel des employés municipaux rémunérés par la Ville de Levallois, notamment des chauffeurs. Certains d'entre eux auraient notamment accompagné M. et Mme Balkany dans leurs déplacements sur l'île de Saint-Martin, aux Antilles, où ils séjournent régulièrement dans une somptueuse propriété.

L'enquête préliminaire menée depuis le mois de janvier 2013 par les policiers a par ailleurs permis d'établir qu'environ 80 000 euros en espèces, dont la provenance semble douteuse, auraient été dépensés par les époux Balkany pour acheter notamment les billets d'avions à l'occasion de leurs voyages à Saint-Martin. Des fonds en liquide dont les juges vont tenter d'établir l'origine.

 Lire notre chat sur le système mis en place par le RPR dans les Hauts-de-Seine :  Hauts-de-Seine : « C'est l'histoire d'un clan qui trafique de l'argent » et notre enquête « Au cœur du clan des Hauts-de-Seine »

 

 LE COUPLE SOUPÇONNÉ D'AVOIR DISSIMULÉ DES AVOIRS AU FISC

Le syndicat national des policiers municipaux (SNPM-FO), à l'origine des plaintes initiales, a indiqué, par la voix de son secrétaire national, Frederic Foncel, et de son avocat, Me Marie Dosé, qu'il entendait se constituer partie civile dans ce dossier. Le couple Balkany est déjà dans le collimateur de deux juges d'instruction parisiens, Renaud Van Ruymbeke et Patricia Simon, saisis depuis le 6 décembre 2013 d'une information judiciaire ouverte pour « blanchiment de fraude fiscale ».

Là encore, une enquête préliminaire, menée sous le contrôle du parquet de Paris, a permis d'étayer les soupçons sur le couple, suspecté d'avoir dissimulé certains de ses avoirs au fisc. Les enquêteurs sont intrigués par l'écart existant entre les revenus et les biens des Balkany, d'un côté, et leur patrimoine et train de vie, de l'autre.

 

Source : www.lemonde.fr

 


 

 

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17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 18:41

 

Source : www.reporterre.net

 

Le Lyon-Turin, un eldorado pour la mafia, affirment des parlementaires italiens

Andrea Barolini (Reporterre)

vendredi 17 janvier 2014

 

 

 

Le projet de liaison ferroviaire Lyon-Turin se présente comme un énorme chantier de 26 milliards d’euros. Une manne qui attire déjà les entreprises liées à la mafia, alertent des élus italiens et des spécialistes de ces organisations criminelles.

 


 

Le Lyon-Turin risque de se révéler un eldorado pour les mafias italiennes. La sonnette d’alarme a été tiré plusieurs fois ces dernières années en Italie. Et tout récemment, Sonia Alfano, députée européenne et présidente de la Commission spéciale sur la Criminalité organisée, corruption et blanchiment de capitaux, a souligné les problèmes posés par la ratification des accords entre l’Italie et la France pour la construction de la ligne à grand vitesse.

Ce qui inquiète la députée italienne est un passage de l’accord pour la réalisation et l’exploitation de la nouvelle ligne ferroviaire qui a été approuvé par l’Assemblée nationale le 14 novembre dernier. Le document crée un « promoteur public » qui sera chargé de la conduite stratégique et opérationnelle de la partie transfrontalière franco-italienne du projet, c’est-à-dire le grand ouvrage entre Saint-Jean-de-Maurienne et Suse. Ce promoteur, indique le document, sera « responsable de la conclusion et du suivi de l’exécution des contrats que nécessitent la conception, la réalisation et l’exploitation de la section transfrontalière ».

Mais l’article 10 de l’accord explique que la passation et l’exécution des contrats par le promoteur public seront régie par le droit public français. A l’exception des contrats sans lien direct avec la conception, la réalisation ou l’exploitation des ouvrages et qui seront entièrement réalisés sur le territoire italien, lesquels seront soumis au droit italien.

 


- Schéma de la section du tunnel projeté du Lyon Turin -

 

Donc, toute la partie transfrontalière (la plus chère, car elle comprend le tunnel) sera réglée par le droit public français. Un faille par laquelle la mafia pourrait s’infiltrer dans le chantier, en Italie comme en France ? « Cette décision, a expliqué Sonia Alfano sur son site internet est le symptôme d’une grave irresponsabilité politique et d’un acharnement contre les habitants du Val de Suse. Il y a un risque réel posé par le fait que les normes qui disciplineront les appels d’offre seront françaises ». En effet, la France ne dispose pas, observe Sonia Alfano « d’un système législatif conçu pour éviter les infiltrations de la mafia ».

Les mêmes préoccupations ont aussi été exprimés par des élus italiens. Marco Scibona, sénateur du Movimento 5 Stelle (qui s’oppose au projet du Lyon-Turin depuis plusieurs années), a demandé un rendez-vous à Giancarlo Caselli, ancien procureur de la République à Palerme et depuis 2008 procureur à Turin, qui est la ville chef-lieu du département où se trouve le Val de Suse : « On a lui expliqué le problème, a-t-il déclaré à Reporterre, comme l’on a fait aussi avec Pietro Grasso ». M. Grasso est un ancien magistrat engagé dans la lutte contre la mafia et actuel président du Sénat italien. « Malheureusement on n’a reçu que des assurances très vagues. On a discuté également avec le ministre des Transports, Maurizio Lupi qui, lui, a reconnu le problème. Il estime que la réponse pourrait se trouver dans un amendement à la loi de ratification de l’accord. Mais cela ne changerait rien, car c’est en fait l’accord lui-même qu’il faudrait changer ».

Réduire les coûts en ne traitant pas les déchets dangereux

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

Source : www.reporterre.net

 




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17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 18:27

 

Source : www.reporterre.net

 

Gaz de schiste : l’Europe démissionne

Hervé Kempf (Reporterre)

vendredi 17 janvier 2014

 

 

 

 

La Commission européenne ne veut pas réglementer l’exploitation du gaz de schiste. Plutôt que de proposer un cadre réglementaire aux Etats, elle se contentera de proposer le 22 janvier de simples "recommandations". Le document, que Reporterre s’est procuré, est téléchargeable ici.


La Commission européenne a adopté la ligne la plus molle en ce qui concerne l’encadrement réglementaire de l’exploitation du gaz de schiste. Alors que la Direction générale de l’Environnement de la Commission avait mis au point une directive - c’est-à-dire un texte ayant force de loi - sur ce sujet, la Commission a finalement décidé de proposer aux Etats-Membres, contre l’avis du Parlement européen, des recommandations peu contraignantes, puisque les entreprises ne sont pas tenues de les respecter.

Celles-ci seront publiées le 22 janvier. Reporterre les publie aujourd’hui :

PDF - 175.2 kolien

Si les États ne respectent pas les recommandations, une évaluation prévue en juillet 2015 pourrait rendre ces règles « juridiquement contraignantes ».

Parmi les recommandations, on relève que qu’il serait souhaitable que :

- un site ne soit sélectionné que si l’évaluation des risques démontre que la fracturation hydraulique à haut débit n’entraîne pas de pollution ;
- les puits soient évités dans les zones inondables et les zones sismiques ;
- le contrôle des débits d’eau, la surveillance des émissions de méthane et l’installation d’infrastructures destinées à la capture du gaz naturel soient assurés ;
- la composition du fluide de fracturation, le volume d’eau consommée, la pression au cours du processus de fracturation et les liquides revenant à la surface soient contrôlés.

La Commission fera le point sur l’application de ces recommandations le 22 juillet 2015. Et concluera éventuellement à

* Suite de l'article sur reporterre

 

Source : www.reporterre.net

 

 


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17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 18:04

 

Source : www.politis.fr

 

Par Erwan Manac’h - Suivre sur twitter - 17 janvier 2014

Notre-Dame-des-Landes : début des travaux « avant l’été »

 

 

 

Les premiers travaux du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes débuteront « sans doute avant l’été », veut croire le président d’Aéroports du Grand Ouest (AGO), la filiale du groupe Vinci concessionnaire du projet. L’horizon s’est quelque peu éclairci ces dernières semaines pour les porteurs du projet, avec la publication de plusieurs arrêtés préfectoraux. Ils espèrent aujourd’hui un échec rapide des derniers recours juridiques entre les mains des opposants.

« Tout est prêt, tout est facile à préparer, car ce ne sont pas des opérations d’envergure en termes de moyens », a précisé jeudi Nicolas Notebaert, président d’AGO, devant des journalistes, jugeant toutefois qu’aucune « planification détaillée » n’est possible à l’heure actuelle.

Il faut dire que, sur place, les 1 650 hectares de la « zone d’aménagement différé » sont toujours occupés par des dizaines d’opposants. La bataille de l’opinion n’est pas non plus gagnée, et des comités de soutien à la lutte de Notre-Dame-des-Landes sont toujours actifs dans toute la France.

Quatre agriculteurs et « une petite dizaine » d’habitants restent surtout à exproprier, indique AGO. Tout ceci imposerait une opération de force périlleuse, sur un terrain vaste et difficilement praticable pour les véhicules de maintien de l’ordre

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JACQUES LOIC / PHOTONONSTOP

 

Source : www.politis.fr

 


 

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17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 17:46

 

Source : www.mediapart.fr

 

La NSA a réussi à hacker le cœur même d'Internet

|  Par JeromeHourdeaux

 

 

 

Derrière l'attaque contre un important câble sous-marin, le SEA-ME-WE 4, se trouve le programme sans doute le plus inquiétant de tous ceux révélés par Edward Snowden. Son nom : QUANTUMINSERT. Il permet à la NSA d'installer, à des points névralgiques, un réseau de l'ombre quasiment invisible et indétectable. En France, Orange a décidé de porter plainte contre X.

En révélant, fin décembre, une attaque de la NSA contre le réseau informatique gérant le câble sous-marin SEA-ME-WE 4, le Spiegel a sans doute mis le doigt sur le programme de l’agence américaine le plus inquiétant parmi ceux révélés par Edward Snowden, et celui qui pourrait avoir le plus de conséquences politiques. Selon les différents documents transmis par Edward Snowden, l'agence américaine aurait réussi à pirater et à infiltrer des points centraux du réseau internet afin de s'assurer à la fois un contrôle total des communications et une capacité d'intervention sans précédent.

De plus, la NSA a également réussi à mettre en place son propre réseau parallèle, capable de piéger ses victimes et reposant sur une série de dispositifs quasiment indétectables insérés au cœur de l'architecture du Net.

Le 29 décembre dernier, au détour d’un article sur une unité spéciale de la NSA baptisée « Office of Tailored Access Operations » (bureau des opérations d’accès adaptées), ou TAO, l'hebdomadaire allemand rapportait que celle-ci avait réussi à pirater « les informations de gestion des systèmes du câble sous-marin SEA-ME-WE 4 ». Mediapart a eu accès à des sources qui confirment ces informations (notre article ici).

 

Le trajet du câble SEA-Me-We 
Le trajet du câble SEA-Me-We © Wikipedia

Géré par un consortium de seize sociétés, dont l’opérateur français Orange, le SEA-ME-WE 4 est l’un des principaux câbles sous-marins qui constituent le véritable « squelette » de l’Internet mondial. Il est notamment la grande voie d’acheminement du trafic internet et téléphonique entre l’Ouest et l’Est, en partant de Marseille pour desservir la Tunisie, l’Algérie, l’Égypte, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, puis le Pakistan, l’Inde, le Bangladesh, la Thaïlande, la Malaisie et Singapour.

Peu après cette révélation, Orange avait fait part de son intention de se constituer partie civile. Contacté par Mediapart, l’opérateur précise aujourd'hui qu’une « plainte contre X... sera déposée dans les jours qui viennent auprès du procureur de la République près le tribunal de grande instance de Paris ». Celle-ci vise des faits « d’accès et maintien frauduleux dans un système de traitement automatisé de données » ainsi qu’à « couvrir les risques non détectés à ce stade : accès à des données personnelles (collecte frauduleuse et atteinte au secret des correspondances) ». Orange, qui précise être « usager et non gestionnaire » du câble, a également demandé au consortium « de réaliser un audit du site internet en question afin de déterminer précisément ce qui s’est passé et au besoin renforcer les mesures de sécurité ».

Le consortium et les différents opérateurs nationaux qui le composent risquent également de devoir réviser une bonne partie de leurs réseaux. Car l’attaque dévoilée par Edward Snowden n’était que la partie émergée de l’iceberg. Le plus inquiétant dans cette affaire réside en fait dans la méthode utilisée par la NSA, tirée d’un programme baptisé QUANTUM aux implications géopolitiques particulièrement lourdes.

Le TAO, à l’origine de cette attaque, est tout d’abord une unité bien particulière, composée de véritables hackers recrutés par la NSA pour exécuter son sale boulot numérique. Dans les documents que le Spiegel a pu consulter, il est expliqué que son activité, la « Computer Network Exploitation » (« exploitation du réseau informatique »), vise à « subvertir des équipements terminaux (d’arrivée) ». En clair, tout simplement à les pirater. Il y est également fait mention des équipements faisant partie des cibles potentielles du TAO : « serveurs, postes de travail, firewalls, routeurs, combinés, boîtiers téléphoniques, systèmes SCADA (ndlr – systèmes de gestion informatique utilisés dans l’industrie), etc. ».

Bénéficiant de son propre département de développement, le TAO a mis au point une boîte à outils qui lui permet de mener une grande variété d’attaques informatiques, et qui a été baptisée QUANTUMTHEORY. Celle-ci est par ailleurs également mise à la disposition de l'agence de renseignement britannique, le GCHQ. Selon l'un des documents internes, cette boîte à outils est particulièrement efficace. Ainsi, « certaines missions QUANTUM ont un taux de succès atteignant les 80 %, alors que le spam est à moins de 1 % ». Un autre document interne, intitulé « QUANTUMCAPABILITIES » liste, parmi les cibles du programme, les principaux géants du Web : Facebook, Yahoo, YouTube, Google ou encore Twitter.

Mais « l’outil » le plus redoutable du TAO semble être justement celui utilisé contre le consortium gérant le câble SEA-ME-WE 4 : le QUANTUMINSERT. Il se trouve que cette attaque a déjà été évoquée ces derniers mois dans des documents diffusés par Edward Snowden. Comme l’a révélé le Spiegel au mois de novembre dernier, elle a notamment été utilisée contre l’opérateur téléphonique belge Belgacom. Et au mois d’octobre dernier, elle avait fait l’objet d’une étude détaillée dans les pages du quotidien britannique The Guardian par l’expert en sécurité informatique américain Bruce Schneier.

« Un réseau de l'ombre quasiment invisible et indétectable »

Le QUANTUMINSERT débute par une véritable enquête en ligne destinée à sélectionner un certain nombre de cibles qui serviront de portes d’entrée. Dans le cas de l’attaque contre Belgacom, menée par le GCHQ, les hackers ont isolé un groupe d’employés de la maintenance et de la sécurité informatique utilisant le réseau social professionnel LinkedIn. Ils ont ensuite mis en place une copie conforme du site, hébergée sur l'un de leurs serveurs, et se sont ensuite arrangés pour que leurs victimes s’y connectent. Lorsqu’elles tentent d'accéder à leur profil, celles-ci sont immédiatement repérées et leur connexion est redirigée vers un réseau parallèle, contrôlé par la NSA, et où est stocké le « faux » site. En croyant se connecter à leur profil, les employés ouvraient en fait les portes de leur ordinateur au GCHQ qui n’avait plus qu’à injecter un programme lui permettant d’infiltrer par la suite l’ensemble du réseau.

Le TAO a également mis en place une autre technique d'infiltration utilisant les messages d’erreur qui s'affichent lorsqu’un PC rencontre un problème technique avec le système d'exploitation Windows de Microsoft. Lorsque la NSA se donne une cible, elle commence par identifier son ordinateur grâce à un « identifiant unique », le plus souvent son adresse IP.  Son puissant logiciel de surveillance de masse « XKeyscore » lui permet ensuite d’être alertée lorsque la machine visée est victime d’un « plantage » et d’intercepter le message d’erreur. Si celui-ci ne comporte pas d’information personnelle à proprement parler, il fournit cependant de précieuses informations sur les failles de sécurité de la cible qui seront exploitées dans une future attaque.

Dans sa conception, cette technique n’est rien d’autre qu’un grand classique, une attaque dite « man-in-the-middle » (« l’homme-du-milieu ») consistant à s’interposer entre les deux extrémités d’une communication. Mais les moyens utilisés sont, eux, beaucoup moins conventionnels. Pour réussir à détourner les connexions de leurs cibles, la NSA a installé, à des points centraux du réseau, des serveurs baptisés QUANTUMSERVERS capables de battre de vitesse, et donc de supplanter, le serveur initialement visé.

Concrètement, lorsqu’une cible tente de se connecter à son site, le programme est immédiatement alerté. L’un de ces serveurs intercepte alors la communication et injecte dans l'ordinateur un petit programme redirigeant la connexion vers un réseau parallèle baptisé « FoxAcid ».

Le TAO a en effet mis en place ce que le Spiegel qualifie de véritable « réseau de l’ombre », composé « d’implants », de serveurs, de routeurs piratés ou installés à des points névralgiques du réseau. Utilisé dans nombre d’attaques menées par le TAO, « FoxAcid » est ainsi qualifié, dans les documents fournis par Edward Snowden, « d’orchestrateur d’exploits ». En résumé, la NSA aurait mis en place l’arme ultime en prenant le contrôle de points centraux du réseau lui offrant accès à la source même du trafic d’une manière quasi indétectable. Notamment parce que les nœuds stratégiques du réseau, les « Internet Exchange Points », répartis à travers le monde, se trouvent souvent situés dans des endroits difficilement contrôlables.

La ville de Fujairah 
La ville de Fujairah © Google

Un technicien raconte ainsi à Mediapart une étrange découverte, faite en 2011 sur le point d’échange des Émirats arabes unis, géré par la société britannique Epsilon Telecom et hébergé dans un data center situé à Fujairah City. Gérant une bonne partie du trafic du câble SEA-ME-WE 4, ce point est particulièrement sensible en raison de la proximité des forces américaines basées à Bahreïn et très présentes dans la ville. Or, en inspectant la table de routage, permettant de vérifier l’activité d’un routeur, le technicien a découvert une série d’adresses étranges vers lesquelles une partie du trafic était redirigée.

« Nous avons cherché à savoir jusqu’à quand ça remontait », raconte-t-il à Mediapart. « Mais lorsque nous nous sommes rendu compte que cela remontait à plus de six mois, le responsable, un Britannique, nous a dit de ne pas chercher plus loin et de ne prévenir personne. » Poursuivant tout de même ses recherches, il a alors découvert sur le câble SEA-ME-WE 4 un « switcher optique », un dispositif permettant de détourner le trafic. « Aujourd’hui, j’ai de plus en plus l’impression qu’il s’agissait d’un insert quantum », estime-t-il.

Cette hypothèse d’un piratage des routeurs dits « cœur de réseau » n’est pas nouvelle. Elle avait notamment été évoquée dans un rapport remis à l’été 2012 par le sénateur UDI Jean-Marie Bockel sur la « cyberdéfense : un enjeu mondial, une priorité nationale ». « Les "routeurs de réseaux" sont des équipements hautement sensibles du point de vue de la sécurité des systèmes d’information », affirmait le sénateur. « Rien n’empêcherait, en effet, un pays producteur de ce type d’équipements d’y placer un dispositif de surveillance, d’interception, voire un système permettant d’interrompre à tout moment l’ensemble des flux de communication. Le fait de placer un tel dispositif de surveillance directement au cœur du "routeur de réseaux" rendrait ce dispositif presque totalement "invisible" et indétectable. »

De son côté, « FoxAcid était déjà connu, au moins sur le principe, via les conférences de cybersécurité, explique Stéphane Bortzmeyer, ingénieur spécialiste des réseaux. Ce qui est une réelle surprise, c’est l’ampleur et la systématisation qui ont demandé pas mal de moyens. » « Ce réseau parallèle existe depuis Echelon », confirme un autre spécialiste de réseau, Kave Salamatian, professeur à l’université de Savoie, en référence au programme d’espionnage de la NSA dévoilé à la fin des années 1990. « À l’époque, il était utilisé pour rediriger les communications interceptées. Mais nous n’avons pas réagi depuis Echelon et ce réseau semble avoir été adapté et perfectionné. »

« La première sécurité, c’est de ne pas se sentir en sécurité »

Concernant le câble SEA-ME-WE 4, l’enquête devra encore déterminer l’étendue de l’infiltration. On sait d’ores et déjà que cette infiltration n’était que la première étape d’une opération de bien plus grande envergure. Dans le cas de l’attaque menée contre Belgacom, le GCHQ avait réussi à pénétrer « profondément au sein du réseau » et jusqu’à « la périphérie du réseau » de l’opérateur belge. Une fois installée au cœur du dispositif informatique, l’agence avait pu déployer un autre programme, baptisé « Operation Socialist II », visant à déchiffrer les connexions chiffrées.

Grâce aux documents d'Edward Snowden, on sait que l’attaque initiale contre le consortium gérant le SEA-ME-WE 4, menée le 13 février 2013, a permis à la NSA de « collecter les informations de gestion des systèmes du câble sous-marin SEA-ME-WE 4 ». L’agence se vante d’avoir « eu accès au site de gestion du consortium et d’avoir collecté les informations du réseau de niveau 2 qui montre la cartographie d’une partie significative du réseau ». Et elle précise que « d’autres opérations sont prévues pour le futur afin de collecter plus d’informations sur celui-ci et sur d’autres systèmes de câble ».

« Je ne connais pas l’architecture de leur réseau, mais il est prudent de dire qu’il n’y a plus grand-chose qui leur échappe, estime Stéphane Bortzmeyer. Ils peuvent faire tout ce qui est théoriquement possible de faire. » « Vous avez la main sur la totalité du réseau et la capacité de faire quasiment tout ce que vous voulez, poursuit Kave Salamatian. Vous pouvez par exemple faire des attaques "man-in-the-middle" au sein même du réseau pour obtenir des logins. » De plus, même lorsque l’attaque sera repérée et le réseau interne nettoyé, resteront toujours les différents « implants », serveurs et routeurs placés ou piratés par la NSA. « Il faudrait faire un audit complet du câble SEA-ME-WE 4, explique Kave Salamatian. Mais pour ça, il faut une pression des clients. Or, certains États refuseront toujours. »

Dans son rapport qui avait suscité de nombreux débats, Jean-Marie Bockel n’envisageait qu’un seul cas : l’installation de portes dérobées par les Chinois dans leurs produits dont il demandait tout simplement l’interdiction en France. « Aujourd’hui, vu l’ampleur des révélations d’Edward Snowden, j’ai un peu changé de doctrine, reconnaît-il. À l’époque, j’avais ciblé les routeurs chinois car il y avait une actualité. Mais l’affaire Snowden a désormais pris une dimension sociétale. Ce n’est plus seulement une affaire de technique. » « Dans un premier temps, poursuit le sénateur, j’avoue que j’ai pu traiter ces révélations avec un peu de légèreté. Mais aujourd’hui, nous avons dépassé les limites de l’acceptable. Il faut remettre les règles du jeu sur la table. »

Cependant, il n’est désormais plus question de boycott, comme si l’espionnage américain avait rendu le crime moins grave. « Je pourrais dire "oui" au boycott, explique Jean-Marie Bockel. Cela ferait plaisir à beaucoup de gens. Mais la réalité est bien plus complexe. Nous sommes dans une situation de rapport de force avec une double spécificité. Les États-Unis sont nos alliés et nos amis. Il faut également savoir qu’il existe des échanges d’informations. » L’élu estime cependant que « cela ne doit pas nous empêcher de montrer les dents ». Il appelle à « unir les fleurons industriels français et européens » du secteur afin de constituer « une industrie qui fasse suffisamment le poids » pour « être acceptée à la table des négociations ».

Enfin, il propose de « travailler à une convention internationale de type onusien qui fixerait une règle de conduite en matière de protection de données ». « Certes, il y a des chances pour que cette convention ne soit pas respectée, mais Edward Snowden nous montre que ça se saura. »

Moins optimiste, Kave Salamatian estime, lui, que « cette affaire démontre qu’il y a un gros problème. Aujourd’hui, nous sommes sans filet. On ne s’en sortira pas si l'on n’en parle pas. Et pour cela, il faut commencer par remettre à plat une série d’a priori ». Il faut tout d’abord prendre conscience que « n’importe quel système informatique est piratable. Aujourd’hui, on ne peut plus faire confiance à aucun de ces outils. Il y a donc également un travail d’éducation des masses à faire, poursuit-il. La première sécurité, c’est de ne pas se sentir en sécurité ».

« Quand l’attaquant est vraiment déterminé, il peut toujours casser un système », confirme Stéphane Bortzmeyer. « Il y a toujours des trous à exploiter. Ce n’est qu’une question de temps. Or, avec les moyens dont dispose la NSA… » Cela dit, « voilà déjà longtemps que les modèles de sécurité raisonnent en partant du principe qu’on est sûr des points de départ et d’arrivée, mais pas de ce qu’il y a entre les deux. Il faut toujours penser comme s’il y avait un "homme du milieu" ».

Mais avec son programme QUANTUMINSERT, la NSA pourrait bien avoir franchi une limite. « Il y a deux types d’attaque, explique Stéphane Bortzmeyer. Les attaques passives, qui consistent à écouter une communication et qui passent généralement inaperçues. Et les attaques actives dont le but est de modifier les données de la cible. QUANTUMINSERT se situe entre les deux car il consiste en une attaque active, puis en une attaque passive. Au point de vue juridique, cela peut avoir des conséquences car, là, nous sommes dans le piratage pur et simple. »

L’enquête devra maintenant déterminer, si elle le peut, quelles informations la NSA a réussi à pirater et quelle proportion du réseau a été corrompue. Contactée par Mediapart, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi), chargée d’assurer la sécurité du réseau français, a refusé de s’exprimer sur cette affaire.

 

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

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17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 17:33

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

La NSA capte des millions de SMS à travers le monde

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

Dans le cadre d'un programme d'espionnage baptisé « Dishfire », l'agence de sécurité américaine a récupéré des millions de SMS, de façon non ciblée, à travers le monde.

L'Agence de sécurité nationale américaine, la NSA, a récupéré près de 200 millions de SMS par jour dans le monde, de façon non ciblée, pour en extraire des renseignements, rapporte jeudi 16 janvier le quotidien britannique The Guardian.

Sur la foi des documents transmis par l'ancien consultant de la NSA Edward Snowden, le quotidien britannique révèle l'existence d'un programme d'espionnage, baptisé « Dishfire », qui permet à la NSA de récupérer « à peu près tout ce qu'il peut », au-delà des communications des personnes faisant l'objet d'une surveillance. The Guardian indique s'appuyer notamment sur un document de la NSA datant de 2011, sous-titré « Les SMS : une mine d'or à exploiter » révélant que le programme a permis de collecter en moyenne 194 millions de textos par jour en avril cette année-là.

Ces révélations interviennent alors que le président américain, Barack Obama doit annoncer ce vendredi une série de réformes des méthodes de surveillance, en réponse au scandale planétaire de la révélation des programmes américains d'espionnage.

Lire sur le site du Guardian

 

Source : www.mediapart.fr

 

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