Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 15:34

 

 

A Nages et Solorgues (30) soirée "Grèce"
Samedi 25/01/14 à 19h au Foyer de Nages .

L'infatigable Bernard Bruyat, agitateur d'idées de l'OPDLM, est invité par l'Assocciation Alter Anagia pour commencer ainsi cette année 2014.

Film de Yannis Youlantas << Ne vivons plus comme des esclaves >> , suivi d'un débat.

Présentation par Bernard Bruyat (OPDLM) qui rentre d'un séjour en Grèce pour << l'université du pas de coté >>

Lors de son voyage, il a a rencontré à Athènes : Panagiotis Grigoriou, auteur du livre " La Grèce Fantôme" qui vient de sortir en France

Le verre de l'amitié sera au rendez vous !

Entrée et paf libre .

OPDLM : OBSERVATOIRE DES PRATIQUES DE DEVELOPPEMENT LOCAL ET MONDIAL

L'Association Alter Anagia "alternatives intercommunales" et son site www.vaunage.net vous souhaitent une très bonne année 2014.

A Nages et Solorgues (30) soirée "Grèce" Samedi 25/01/14 à 19h au Foyer de Nages . L'infatigable Bernard Bruyat, agitateur d'idées de l'OPDLM, est invité par l'Assocciation Alter Anagia pour commencer ainsi cette année 2014. Film de Yannis Youlantas << Ne vivons plus comme des esclaves >> , suivi d'un débat. Présentation par Bernard Bruyat (OPDLM) qui rentre d'un séjour en Grèce pour << l'université du pas de coté >> Lors de son voyage, il a a rencontré à Athènes : Panagiotis Grigoriou, auteur du livre " La Grèce Fantôme" qui vient de sortir en France Le verre de l'amitié sera au rendez vous ! Entrée et paf libre . OPDLM : OBSERVATOIRE DES PRATIQUES DE DEVELOPPEMENT LOCAL ET MONDIAL L'Association Alter Anagia "alternatives intercommunales" et son site www.vaunage.net vous souhaitent une très bonne année 2014.
Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Réunions - conférences et débats
commenter cet article
8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 15:30

 

 

Source : www.mediapart.fr

Grèce: les privatisations imposées par la Troïka sont sans effet sur la dette

|  Par Ludovic Lamant

 

 

C'était l'objectif affiché dès 2010 : il fallait privatiser à tout-va pour faire baisser l'endettement de la Grèce. Alors qu'Athènes prend la présidence de l'UE, le bilan est sans appel. Les privatisations n'ont eu aucun effet sur la réduction de la dette qui dépasse les 300 milliards d'euros.

De notre envoyé spécial à Bruxelles

C'est la petite musique qui accompagne le début de la présidence grecque de l'Union européenne (UE), qui court jusqu'en juin prochain : la Grèce est de retour. Après six années de calvaire et d'austérité, et des méga-prêts cumulés de 240 milliards d'euros, les efforts du patient grec, exsangue, finiraient par payer. Le pays veut croire qu'il renouera avec la sacro-sainte croissance de son PIB cette année (+0,6 % pronostiqué par Athènes, malgré le scepticisme de nombre d'observateurs). Le scénario d'une sortie de la Grèce de la zone euro, pris au sérieux par Angela Merkel au printemps 2012, ne serait plus qu'un mauvais souvenir.

Alors que José Manuel Barroso et son équipe de commissaires européens se rendent à Athènes mercredi, le pronostic reste particulièrement hasardeux. Le PIB s'est effondré de près d'un quart de sa valeur en six ans. Le taux de chômage frôle la barre des 30 %. Surtout, la potion servie par la Troïka (commission européenne, BCE, FMI) peine toujours autant à convaincre. À cet égard, le bilan des trois premières années du programme de privatisations en Grèce (de 2011 à 2013), supervisé par la Troïka, est l'un des révélateurs de l'impasse.

Ces privatisations, bien plus compliquées que prévu à mener sur le terrain, n'ont eu, jusqu'à présent, aucun effet significatif pour réduire la dette colossale de la Grèce. À tel point qu'à Bruxelles, certains s'interrogent. « Faut-il poursuivre dans cette voie ? C'est une question », reconnaît un économiste expérimenté, qui travaille dans les services d'Olli Rehn, le commissaire européen chargé des affaires économiques. 

Depuis 2010, la Troïka n'a cessé de revoir ses ambitions à la baisse en matière de privatisations. En 2011, elle tablait sur des recettes cumulées de 50 milliards d'euros pour les caisses de l'État, d'ici à la fin 2015. La prévision chutait à 19 milliards dès l'année suivante. Elle n'est plus que de 8,7 milliards, dans un rapport publié en juillet 2013 (page 26).

Au-delà des prévisions, qu'en est-il des premiers résultats ? Ces opérations ont dégagé en 2011 un peu moins de 1,6 milliard d'euros – contre 5 milliards initialement espérés. Fin 2013, l'enveloppe totale ne dépassait pas 3,2 milliards d'euros cumulés, quand les experts européens avaient fait miroiter, à l'origine, un magot de… 22 milliards. La vente d'immeubles détenus par l'État avait permis de dégager, fin 2013, 378 millions d'euros (rien en 2011, ni en 2012). « Malgré des progrès dans la préparation des privatisations, la vitesse d'ensemble du processus reste insatisfaisante », reconnaissent les économistes de la Troïka.

Ces performances apparaissent d'autant plus modestes quand on les rapporte au volume de dette globale – plus de 300 milliards d'euros accumulés (lire aussi l'enquête d'Amélie Poinssot à Athènes en avril 2013). Officiellement, rien n'a changé, côté Troïka : « La réalisation complète du programme de privatisations entraînerait des bénéfices considérables, tant pour l'économie grecque dans son ensemble, que pour ses finances publiques », assure Simon O'Connor, le porte-parole d'Olli Rehn, commissaire européen aux affaires économiques.

Le premier ministre grec Antónis Samarás et José Manuel Barroso, président de la commission européenne, le 19 décembre 2013 © CE 
Le premier ministre grec Antónis Samarás et José Manuel Barroso, président de la commission européenne, le 19 décembre 2013 © CE

Mais au fil des mois, la rhétorique de la Troïka s'est adaptée. À l'origine, l'argent de ces privatisations devait intégralement servir à rembourser la dette : c'était un moyen de trouver du cash rapidement. Face aux déconvenues, les privatisations ont trouvé une autre justification : il s'agit désormais, en priorité, de « doper l'efficacité des entreprises », donc de l'économie en général, en attirant davantage d'investissements directs étrangers. En clair, libéraliser les marchés, pour en finir avec des monopoles d'État, considérés comme douteux ou corrompus.

« Nous avons été confrontés à une vive réaction populaire : les gens s'indignaient du fait que les recettes des privatisations servaient, à leurs yeux, à rembourser les créditeurs étrangers… Donc nous expliquons aussi désormais que les privatisations permettent de créer de l'efficacité sur les marchés, et de l'emploi », résume un économiste proche du dossier, au sein de la commission.

Sur la même période, la dette publique de la Grèce s'est, elle, détériorée, figurant parmi les plus élevées en Europe : 148 % du PIB en 2010, puis 170 % l'année suivante, avant de glisser à 156 % en 2012, pour remonter à 176 %, un sommet, l'an dernier (la dette française, elle, a dépassé la barre des 90 % en 2013). Les observateurs les plus optimistes tablent sur une stagnation de la dette globale cette année, à des niveaux qui restent insoutenables à moyen terme.

La progression du ratio s'explique en partie par la poursuite de la récession : l'activité de l'économie grecque a continué à décrocher sur la période (-7,1 % en 2011, -6 % en 2012), et cette baisse prolongée du PIB a fait gonfler mécaniquement le poids relatif de la dette. Quoi qu'il en soit, les programmes de privatisation n'ont pas permis d'inverser la tendance d'un point de vue macroéconomique. Or ces opérations se révèlent par ailleurs très délicates sur le plan politique, avec une opinion publique plutôt hostile.

Une valse des patrons à la tête de l'agence des privatisations

Dans ce contexte, l'exécutif de José Manuel Barroso insiste sur sa supposée « neutralité » en la matière (l'article 345 précise que « les traités ne préjugent en rien le régime de la propriété dans les États membres »). « Ce qui doit être privatisé, jusqu'où, et selon quelle séquence, tout cela, c'est l'État membre qui le décide », assure-t-on du côté de la commission.

Une délégation d'experts bruxellois doit retourner mi-janvier à Athènes, pour poursuivre l'évaluation du programme. « Ils passeront en revue la gouvernance des entreprises, avec l'idée de l'améliorer pour faciliter les privatisations à venir », précise Simon O'Connor, porte-parole d'Olli Rehn.

Sur le terrain, les difficultés se sont accumulées. Créée pour l'occasion, l'agence censée superviser les privatisations, le « Taiped », est confrontée à une valse de ses directeurs : elle en est à son quatrième en moins de deux ans. Son avant-dernier patron, Stelios Stavridis (dont nous avions déjà parlé ici), a été poussé vers la sortie en août, « pour des raisons éthiques » : il avait voyagé à bord d'un jet privé, propriété d'un homme d'affaires grec, qui venait d'obtenir, quelques heures plus tôt, des parts dans la société publique de paris sportifs (Opap) en cours de privatisation…

Au-delà de ce turnover massif, la privatisation très attendue de plusieurs poids lourds a tourné court. Ce fut le cas, en juin 2013, de Depa, une société de distribution de gaz naturel, qui a viré au fiasco après le retrait du seul candidat en lice, Gazprom. Le Russe, longtemps donné gagnant, s'est refusé à formuler une offre en bonne et due forme, anticipant des réticences de la commission européenne, qui cherche à freiner la dépendance énergétique de l'UE envers le gaz russe.

Mais Gazprom a également laissé entendre qu'il jetait l'éponge, de peur d'une dégradation de la situation financière de Depa. Au fond, Athènes peine toujours autant à convaincre les investisseurs étrangers de la fin imminente de la récession et de la stabilité retrouvée de son économie. À cela s'ajoutent des difficultés juridiques de taille, liées au droit à la propriété dans le pays (et l'absence d'un cadastre en bonne et due forme).

Ce contexte difficile n'a pas empêché certaines transactions spectaculaires d'être réalisées ces derniers mois. En juin, l'opérateur du réseau gazier, Desfa, a, lui, bien été cédé, pour 450 millions d'euros, à un groupe d'Azerbaïdjan. En août, la vente d'une participation de contrôle dans Opap, la société de paris sportifs, à un duo d'entrepreneurs tchèque et grec, a rapporté 650 millions d'euros. En novembre, c'est un fonds néerlandais qui s'est adjugé, pour 653 millions d'euros, une majorité dans Pangaea, l'une des plus grosses sociétés d'immobilier commercial en Grèce.

En décembre, un fonds détenu par des investisseurs du Moyen-Orient a acquis pour 400 millions d'euros 90 % des parts d'un palace en banlieue d'Athènes. Le même mois enfin, c'est un fonds new-yorkais qui s'est acheté les droits pour construire un complexe touristique sur l'île de Corfou, pour un investissement total de 100 millions d'euros environ. Cette accélération des transactions, en fin d'année 2013, a fait dire à certains observateurs que les investisseurs étrangers revenaient en Grèce, et que la tendance était, pour de bon, en train de s'inverser.

 

 

Lire aussi

 

Source : www.mediapart.fr

 


 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Grèce
commenter cet article
8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 15:22

 

Source : www.sudinfo.be

 

 

 

Des poulets et des poissons gonflés à l'eau dans nos magasins: jusqu'à 48% de fraudes

MBV.

 

Le SPF Économie l’avait déjà constaté : certains poulets sont gonflés à l’eau ! Aujourd’hui, une enquête menée en France sur certains poissons arrive aux mêmes conclusions. Le pangasius analysé, par exemple, contenait 85 % d’humidité. Autrement dit, le consommateur achète dans ce cas plus d’eau que de poisson…

En France, c’est le Syndicat national du commerce extérieur des produits congelés et surgelés (SNCE), qui regroupe les plus gros importateurs-exportateurs de poissons, qui a décidé de faire réaliser cette enquête sur les ajouts d’eau dans le poisson. En se doutant vraisemblablement de ses résultats puisque, dès le départ, elle a été intitulée « Fraudfilets ». Ce sont en effet les filets de poisson, qui peuvent se vendre sans peau, sans arêtes, prêts à cuire, «  qui plaisent aujourd’hui le plus au consommateur  » explique le magazine de protection des consommateurs UFC-Que choisir. Les plus vendus, ils seraient aussi le plus «  manipulés  ».

Chez nous, le SPF Économie a les mêmes soupçons. «  On est en effet conscient du problème potentiel  », explique la porte-parole du SPF Économie, Chantal Depauw, «  mais ce genre d’enquête est vraiment difficile à mener  ». En collaboration avec l’Afsca, une enquête est néanmoins en cours sur l’eau contenue dans les scampis, mais ses résultats ne sont pas encore connus. Chez nos voisins français, trois années de tests ont été nécessaires pour arriver à bout de l’étude « Fraudfilets », qui a coûté pas moins de 155.000 euros, et portait sur les six espèces les plus vendues en France. Ses résultats sont édifiants : 48 % des échantillons de pangasius dépassaient les normes autorisées, avec des taux d’humidité atteignant jusqu’à 85 %.

> Tous les détails de ces enquêtes dans nos éditions de ce mardi.

 

 

 

                                                                          **************************************

 

Source : tempsreel.nouvelobs.com

 

Les filets de colin gonflés à l'eau et aux produits chimiques

Publié le 06-01-2014 à 19h00

Une étude met en évidence cette pratique frauduleuse et difficilement détectable qui alourdit la facture pour le consommateur.

 

48% des filets de pangas testés n'étaient pas conformes à la règlementation. (image d'illustration) PHILIPPON JOEL/PHOTOPQR/LEPROGRES/MAXPPP

48% des filets de pangas testés n'étaient pas conformes à la règlementation. (image d'illustration) PHILIPPON JOEL/PHOTOPQR/LEPROGRES/MAXPPP

Le poisson vendu en filet, pratique et facile à cuisiner, est de plus en plus populaire auprès des consommateurs. Mais des méthodes couramment employées comme le trempage, l'injection ou les additifs, qui favorisent la rétention d'eau, permettent d'accroître le poids de la marchandise à bon prix comme l'explique un article d'UFC-Que choisir. 

C'est pour mettre fin à ces pratiques frauduleuses que le Syndicat national du commerce extérieur des produits congelés et surgelés (SNCE), qui regroupe les principaux producteurs de poissons surgelés, a décidé de réagir. "En période de crise économique, de stagnation des ressources halieutiques, de forte demande dans le monde, beaucoup peuvent penser qu’ajouter de l’eau aux produits peut permettre de gagner plus, constate Stéphane Barbut, président du SNCE. Mais, à terme, il y aura un prix à payer pour tous."

Des résultats sans appel

Une étude, baptisée "fraudfilets", a alors été entreprise afin de mettre en évidence ces pratiques frauduleuses qui sont particulièrement difficiles à détecter. Mais les efforts ont payé et les premiers résultats, concernant six espèces de poisson particulièrement prisées par les consommateurs, sont sans appel.

Ce sont les filets de panga qui sont les plus touchés par cette fraude avec 48% des échantillons analysés non conforme. Ensuite, viennent le Colin d'Alaska (28%), la cabillaud (18%) et la lotte américaine (14%). Quant au hoki et au saumon kéta, ils font presque office de bons élèves avec moins de 5% des produits en fraude.

Il aura fallu trois ans de travail et plus de 150.000 euros de budget pour parvenir à ces résultats. Mais avec seulement six espèces de poisson étudiées, on peut légitimement se demander quelle est l'ampleur réelle de cette pratique.

A.V. - Le Nouvel Observateur

 

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Alertes- Ce que vous devriez savoir
commenter cet article
7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 18:01

 

Source : zad.nadir.org

 

Infos de la semaine du 6 au 12 janvier.

lundi 6 janvier 2014, par zadist

 


Tant que la situation est calme, on continue les infos régulières, mais sur un rythme plus détendu d’un article par semaine, mis à jour tous les jours. Si quelque chose s’accélère, on donnera de nouveau les nouvelles en temps réel et vous pouvez écouter les nouvelles transmis par radio klaxon en streaming.

Si vous voyez des mouvements de police anormaux autour de la zone n’hésitez pas à nous contacter en appelant le numéro d’urgence au 06.43.92.07.01*

Lundi 6 janvier

Sur la ZAD

Les 100 Noms ont écrit un texte sur l’incendie qui a détruit leur cabane

Autour de la lutte contre l’aéroport

Revue de presse :

- Un ancien responsable de plusieurs compagnies aériennes écrit ses doutes sur les fondements économiques et commerciaux d’un nouvel aéroport (pour celleux qui en doutaient encore). A voir sur le site de 20 minutes

- Et le premier péage gratuit de l’année... à Gravelles ! Bravo ! Court article sur le site de ouest-torchon. (notons que l’action a beau se dérouler en mayenne, pour OF il s’agit toujours de "personnes de notre dame des landes".

- Encore une arnaque pour contrôler les territoires et avoir l’air vert : les "périmètres de Protection des espaces agricoles et naturels périurbains (PEAN)" dont un est prévu... entre Nantes et le "site de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes". Illes oublient que n’est qu’un projet, et que plutôt que réglementer les terres entre Nantes et Notre-Dame, illes pourraient abandonner leur projet...

Autour de la lutte contre son monde

Une grosse action d’autoréduction a eu lieu à Nantes la semaine dernière.

 

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Notre Dame des Landes
commenter cet article
7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 17:41

 

 

Source : www.mediapart.fr

2013, une année faste pour le 1% les plus riches

|  Par Martine Orange

 

 

Les inégalités entre les plus riches et les plus pauvres se sont encore accentuées l’an dernier. Aux États-Unis, les plus fortunés détiennent plus de la moitié des revenus nationaux, une concentration inégalée depuis 1917.

Finalement, 2013 a été une année bien meilleure que prévu, à en croire nombre d’experts. Beaucoup se félicitent de voir la fin des désordres provoqués par la crise économique. À l’appui de ce retour à une situation plus normale, les commentateurs soulignent les performances « historiques » des marchés boursiers mondiaux. De New York à Tokyo en passant par Francfort ou Londres, ils ont volé de record en record, effaçant toute trace de la crise de 2008.

Autre donnée tout aussi réconfortante pour les experts : les marchés immobiliers, plombés pendant plus de six années consécutives, repartent à la hausse. Les appartements et les maisons retrouvent les prix stratosphériques qui rassurent tant les observateurs. Le marché londonien est à son plus haut depuis six ans, celui de New York remonte à tout vitesse. Bref, tout est en train de redevenir comme avant. Enfin pour certains, pour une poignée seulement.

Ce qui caractérise 2013, c'est l’approfondissement du fossé qui sépare les plus riches et les autres, le creusement toujours plus spectaculaire des inégalités. La reprise n’a été, n’est, que pour le 1 %des plus riches, au détriment des 99 % restants.

Selon le classement de l’agence Bloomberg, établi dès le 2 janvier, les 300 milliardaires les plus riches du monde ont encore augmenté leur fortune de 524 milliards cette année. Ensemble, ils représentent une richesse cumulée de 3 700 milliards, soit l’équivalent de l’addition du PIB de la France et de l’Espagne. Le fondateur de Microsoft, Bill Gates, est redevenu l’homme le plus riche du monde, avec une fortune de 78,5 milliards de dollars. Par le seul jeu de la spéculation boursière – les titres Microsoft ont augmenté de 40 % en 2013 –, il a gagné 15,8 milliards de plus l’an dernier. 

Dans le même temps, les classes moyennes et les plus pauvres disent ne noter aucune amélioration dans leur vie. Aux États-Unis, où l’économie est censée avoir le plus progressé, les conditions de vie continuent de se dégrader. Le revenu moyen par habitant s’élève à 28 281 dollars : il est inférieur en valeur constante au revenu moyen de 1998. Le taux de chômage n’est officiellement que de 7 % mais des millions de personnes ont disparu des statistiques officielles de recherche d’emploi. Plus de 46 millions d’Américains vivent désormais en dessous du seuil de pauvreté. Alors que la pauvreté avait continuellement baissé depuis le milieu des années 1960, elle ne cesse d’augmenter depuis le milieu des années 2000 et encore plus depuis la crise. 20 % des jeunes entre 18 et 24 ans sont désormais dans la pauvreté.


Taux de pauvreté aux Etats-Unis 
Taux de pauvreté aux Etats-Unis © census

Les chiffres sont encore plus accablants en Europe où l’austérité est venue s’ajouter à la crise. Alors que l’économie bégaie, le chômage atteint des niveaux records dans toute l’Europe du Sud : plus de la moitié des jeunes espagnols et grecs sont sans emploi. La pauvreté est réapparue partout sur le continent. Plus de huit millions de Français sont en dessous du seuil de pauvreté fixé à 977 euros par mois. 15 % de la population allemande vit elle aussi en dessous du minimum. Dans son dernier rapport, l’agence italienne de statistiques notait que 12 % des familles italiennes vivaient désormais dans la pauvreté. En Grande-Bretagne, la Croix-Rouge a dû rouvrir des centres pour aider les plus pauvres. Des organisations de charité multiplient la distribution de nourriture aux familles. Une situation jamais vue depuis la guerre, disent-elles. 

Alors qu’il s’apprête à quitter la présidence de la Réserve fédérale, la banque centrale américaine, Ben Bernanke a dressé un tableau prudent de son action. Sans l’action déterminée de la Fed, la situation économique aurait été bien plus sombre, a-t-il expliqué pour défendre son bilan. « En dépit des progrès, la reprise demeure de toute évidence incomplète », a-t-il toutefois reconnu, promettant en creux que la politique de taux bas et de mesures non conventionnelles (quantitative easing) allait se poursuivre.  

Ces milliers de milliards de dollars, de yens, d’euros ne sont jamais retombés dans l’économie réelle, mais ils ont provoqué une déformation économique jamais vue jusqu’alors. L’essentiel a été capté par le monde financier, qui l’a utilisé comme il en avait l’habitude : en spéculant massivement sur tous les actifs qui lui semblaient profitables, du pétrole à l’immobilier en passant par les actions et les obligations.

En novembre dernier, alors que la Fed annonçait qu’elle allait continuer à approvisionner les marchés à hauteur de 85 milliards de dollars par mois, un gérant – milliardaire – de hedge funds, Stanley Druckenmiller, se félicitait de cette décision : « C’est une formidable nouvelle pour les riches. C’est la plus grande redistribution de richesse des classes moyennes et des pauvres en direction des plus riches. Qui possède les actifs ? Les riches, les milliardaires. Vous pensez que Warren Buffet hait cette décision ? (….) Pour moi, j’ai eu une excellente journée. Peut-être que cette politique monétaire qui donne de l’argent aux milliardaires, que nous allons dépenser, va marcher. Mais depuis cinq ans, cela n’a pas marché. »

La grande distorsion

Difficile de mieux résumer la politique menée dans les économies occidentales depuis le début de la crise. Depuis cinq ans, un transfert massif des pauvres et des classes moyennes vers les plus riches a été organisé. Dans une enquête réalisée sur la période 2009-2012, l’économiste Emmanuel Saez (qui a mené de nombreux travaux avec Thomas Piketty) arrive à la conclusion que « 95 % des gains de la reprise ont été captés par le 1 % des plus riches ». Les 10% plus riches (définis par des revenus annuels au-delà de 114 000 dollars) ont subi une chute brutale de leurs revenus (-36,3 %) au début de la crise, en raison de la chute des marchés boursiers et immobiliers. Mais à la différence des récessions précédentes où ils avaient été moins exposés, les 99 % ont eux aussi vu leurs revenus baisser de 11,6 % durant cette période.

À partir de 2010, les ménages les plus fortunés ont vite effacé les traces de leurs pertes. « Les revenus du 1 % les plus riches ont augmenté par la suite de 31,4 %, pendant que ceux des 99 % ont progressé seulement de 0,4 %. » « Ces chiffres suggèrent que la grande récession a pesé de façon temporaire sur les revenus les plus élevés mais ne remettra pas en cause l’augmentation spectaculaire des revenus des plus riches à laquelle on assiste depuis les années 1970 », note l’économiste.


Pourcentage des revenus totaux détenus par les 10% les plus riches 
Pourcentage des revenus totaux détenus par les 10% les plus riches © étude Emmanuel Saez

Le grand mouvement de réduction des inégalités qui avait été engagé après la crise de 1929 et surtout après la Seconde Guerre mondiale est définitivement derrière nous. Les Américains les plus fortunés ont payé en 2012 moitié moins d’impôt que les autres Américains, en raison de la fiscalité privilégiée sur le patrimoine. Selon l’étude, la part des 10 % les plus aisés dans la population – correspondant au 1er décile – représentait 50,4 % du total des revenus américains en 2012. Cette proportion a dû encore augmenter en 2013. Un tel niveau d'accumulation de richesses en si peu de mains n'a jamais été atteint depuis 1917, date du début des statistiques américaines, note l’étude. Même à la veille de la crise de 1929, ce pourcentage n’était pas si élevé.

Les chiffres ne sont pas peut-être pas aussi frappants en Europe. Mais la tendance est la même, comme le prouvent les enquêtes de l’Insee pour la France et d’Eurostat pour l’Europe. Partout, les fractures entre riches et pauvres s’agrandissent.

Aux États-Unis, la paupérisation de la population et l’effondrement des classes moyennes sont devenus un sujet politique, même s’il n’en est qu’à ses balbutiements. Début décembre, Barack Obama s’inquiétait de la fin du « rêve américain », alors qu’une majorité de la population est désormais persuadée que leurs enfants ne bénéficieront pas d’ascenseur social. Le président américain disait vouloir s’attaquer aux inégalités et redonner espoir aux classes moyennes, socle de la démocratie américaine. Dans une tribune publiée le 6 janvier dans le Financial Times, Lawrence Summer, ancien conseiller économique de Bill Clinton et candidat malheureux à la succession de Ben Bernanke à la présidence de la Réserve fédérale, va encore plus loin. Soulignant les risques de voir l’économie américaine tomber dans une stagnation séculaire, il demande un changement de politique, une politique d’investissement dans tous les domaines, insistant sur le fait que « le problème est plus dans le manque de la demande que dans le manque d’offre ».

L’Europe n’a même pas engagé le début de cette réflexion. De la Grande-Bretagne à l’Espagne en passant par la France, tout reste placé sous le signe de l’austérité, des réductions des dépenses publiques, de la baisse des impôts, des salaires et de la redistribution sociale. Les grandes fortunes européennes n’ont guère de souci à se faire : 2014 devrait être encore une excellente année pour elles.

 

 

Source : www.mediapart.fr

 


 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 17:25

 

 

Source : www.ladepeche.fr

 

 

 

Salviac. L'employée de la poste se suicide en allant au travail

 

 

Publié le 07/01/2014 à 07:35, Mis à jour le 07/01/2014 à 10:42 | 95

Le centre de tri de Salviac où travaillait Jocelyne Curoux./Photo DDM, Elisabeth Manadeau

Le centre de tri de Salviac où travaillait Jocelyne Curoux./Photo DDM, Elisabeth Manadeau  

 

 

Une factrice âgée de 57 ans, Jocelyne Curoux, s’est suicidée samedi matin à Prats du Périgord. Elle se rendait au travail. À bout de souffle, selon ses proches, elle ne supportait plus les conditions de travail engendrées par des surcharges de tâches.

Jocelyne Curoux travaillait depuis plus de 20 ans pour le centre de tri de Salviac. Samedi, elle s’est, semble-t-il, donnée la mort à Prats du Périgord. Elle se rendait au travail à bord de son véhicule, vêtue de sa tenue de factrice. À 11 heures, inquiets de ne pas la voir, ses collègues l’ont appelée. En vain. C’est un promeneur qui a contacté la gendarmerie. Son corps a été retrouvé flottant dans un lac à Prats du Périgord. La communauté de brigade de Belvès en Dordogne a ouvert une enquête pour accréditer ou pas la thèse du suicide. La piste criminelle est écartée. Un drame terrible pour sa famille, ses collègues. «Elle souffrait au travail. Elle ne voulait pas y revenir. Elle ne rentrait pas de bonne heure. Je n‘accuse personne. Mais tout cela l’a travaillé, elle est décédée» confie son mari Francis Curoux, pétri de douleur. «Elle dépassait les horaires. Elle était en état de stress depuis un moment. Elle ne voulait pas s’arrêter car elle culpabilisait» indique une de ses collègues, très affectée par sa disparition. «À Salviac, le constat est simple. Il y a eu des réorganisations successives, celle de novembre 2013 a été de trop. Avant, il y avait déjà des personnes en souffrance. Les tournées vacantes n’étaient pas remplacées. La Poste avait mis en place un système, quand il manquait quelqu’un, un collègue prenait sa tournée. Cette surcharge de travail peu ou prou, les facteurs l’éprouvent» indique Serge Dondrille, secrétaire du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHCT), secrétaire général départemental CGT la Poste. Il avait tiré la sonnette d’alarme, alerté l’inspection et la médecine du travail. Le centre de tri de Salviac, compte 12 personnes, pas toutes à temps plein. Les facteurs font 8 tournées sur Salviac et Cazals. «À Salviac, une autre factrice est en arrêt maladie pour épuisement. D’autres centres sont en souffrance à Gourdon, Bretenoux où trois tournées ont été supprimées. Elles se font au pas de course. Il y a un mauvais climat dans les services. Les facteurs par ailleurs subissent une non-reconnaissance de la Poste» poursuit Serge Dondrille. «Les tournées, c’est six jours sur sept. On fait notre travail avec le sourire, même si le cœur n’y est pas» conclut Serge Dondrille. Les obsèques de Jocelyne Curoux se dérouleront jeudi à 15 heures à Montcléra, où elle résidait.


Un dispositif d'écoute mis en place

«Toute la communauté de Salviac et de la Poste du Lot est particulièrement affectée par ce drame. La Poste pense à cette collègue, à ses proches.

A cet effet, elle a mis en place un dispositif d’écoute et de soutien à Salviac. Tous ceux qui souhaitent s’exprimer peuvent le faire. Une enquête est en cours pour déterminer les circonstances exactes du décès. Aujourd’hui, Il est en tout état de cause particulièrement indécent de tirer une quelconque conclusion sur les origines de ce drame» indique la direction du courrier Midi-Pyrénées Nord.

Marielle Merly

 

Source : www.ladepeche.fr

 


Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 17:07

 

 

Source : www.lemonde.fr

 

 

 

Le logiciel de téléphonie mobile qui défie le contrôle des Etats

LE MONDE | 21.04.2012 à 10h10 • Mis à jour le 21.04.2012 à 10h10 | Par Yves Eudes

 
en 2011, l'Organisation mondiale de la santé a classé les ondes électromagnétiques comme potentiellement cancérigènes

Depuis quelques semaines, les propriétaires d'un téléphone mobile équipé du système Android peuvent télécharger gratuitement un logiciel baptisé Serval. Malgré une arrivée discrète, celui-ci pourrait bouleverser le marché de la téléphonie et remettre en cause le contrôle étatique des réseaux. Pour l'installer, il faut d'abord "rooter" son téléphone, c'est-à-dire désactiver les verrouillages imposés par les opérateurs. Dès lors, Serval permet à un groupe de mobiles de se connecter directement, sans carte SIM ni antenne relais. Il fonctionne selon le principe d'un maillage ("mesh") consistant à créer des réseaux temporaires et mouvants, entièrement décentralisés. Lorsque deux appareils sont proches l'un de l'autre (quelques centaines de mètres), ils se parlent en direct. S'ils sont trop éloignés, les autres téléphones Serval se trouvant dans la même zone captent automatiquement la communication et la retransmettent, de proche en proche – sans que leurs propriétaires aient à faire quoi que ce soit.

Serval a été inventé par Paul Gardner-Stephen, un chercheur australien de l'université Flinders d'Adelaïde, avec l'aide d'étudiants de l'Institut national de sciences appliquées de Lyon (INSA). Selon lui, son invention restaure les vraies potentialités des téléphones mobiles : "Dans les années 1980, les ingénieurs travaillant sur les premiers prototypes avaient imaginé des réseaux mesh, simples et bon marché. Mais les compagnies de téléphone les avaient empêchés de travailler dans cette direction, parce qu'elles voulaient préserver leur modèle pyramidal contrôlé par le haut, hérité du téléphone filaire – techniquement caduc mais commercialement très profitable. Aujourd'hui encore, si les mobiles ne peuvent pas se parler directement au niveau local, c'est parce qu'ils sont verrouillés par les opérateurs, qui obligent les usagers à passer par leurs relais et donc par leurs systèmes de facturation."

Dans sa première mouture, Serval se sert des émetteurs Wi-Fi des téléphones et, en cas de besoin, des bornes Wi-Fi alentour. Mais la prochaine version utilisera directement leur émetteur principal, sur les fréquences GSM – ce qui, en Europe, pourra poser des problèmes juridiques. Encore difficilement mesurables, les répercussions géopolitiques d'une telle invention sont potentiellement importantes. M. Gardner-Stephen souhaite ainsi la déployer en priorité dans des régions du tiers-monde délaissées par les opérateurs de téléphonie, et dans des zones où les réseaux ont été détruits par des catastrophes naturelles. Dans les grandes métropoles, où tout le monde possède un mobile, Serval pourrait aisément créer des réseaux denses et efficaces, échappant à tout contrôle, commercial ou administratif, au grand dam des Etats.

L'équipe de M. Gardner-Stephen a même imaginé un système encore plus puissant : certains téléphones seront spécialement configurés pour servir de relais à tous les autres, y compris ceux qui ne sont pas équipés du logiciel. En novembre 2011, Serval a été primé lors d'un concours de logiciels innovants organisé à Séoul (Corée du Sud). Déjà, des fabricants de mobiles chinois s'y intéressent.

Yves Eudes

 

Source : www.lemonde.fr

 


 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Consommer et agir autrement
commenter cet article
7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 16:50

 

 

Source : www.mediapart.fr


Désobéir à la politique de l'Union européenne

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

En Europe, le fossé ne cesse de se creuser entre l’échelon continental et national. Au premier l’initiative de la politique économique, au second le débat démocratique. Des chercheurs proposent de rompre avec cette logique.

Dans une tribune publiée sur le site de Regards, des chercheurs proposent de désobéir à l'Union européenne pour rompre avec sa matrice idéologique actuelle, libérale et conservatrice, et recréer les conditions favorables à une « politique de plein emploi, à une réorientation de l’économie en fonction des besoins sociaux, à l'intégration internationale solidaire et à une planification de la transition écologique ».

Lire sur le site de Regards (*ou à la suite de la vidéo)

 

Notre grand débat : En finir avec l'Europe (ou pas)

 

 

 

                                                         ************************************************

 

Source : www.regards.fr

 

Désobéir à l’Union européenne

Par Cédric Durand, Razmig Keucheyan| 7 janvier 2014

Désobéir à l'Union européenne (cc Eisenbahner)
cc Eisenbahner
 

Parti pris : Cédric Durand et Razmig Keucheyan – L’abandon par les élites européennes de toute ambition de progrès social, au profit d’une gestion de la stagnation, ne laisse d’autre solution que la rupture avec l’UE.

On a les rêves qu’on peut. Il n’y a pas si longtemps, les élites européennes ambitionnaient, dans le cadre de la stratégie de Lisbonne, de faire de l’Union européenne « l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde d’ici à 2010, capable d’une amélioration quantitative et qualitative de l’emploi et d’une plus grande cohésion sociale ».

« Les élites européennes ont désormais intégré qu’un taux de chômage à 10% ou 12% est une donnée irréductible de la situation »

La crise est passée par là, et avec elle un long cortège de convulsions financières et de psychodrames institutionnels. Des ambitions d’autrefois il ne reste aujourd’hui plus rien : l’agenda de la compétitivité et de l’innovation n’a généré ni croissance, ni progrès social, ni encore moins de solutions aux grands défis écologiques de notre temps. À quoi rêvent désormais les élites européennes ? De stabilité. Que la catastrophe ralentisse son cours et leur laisse un peu de répit, ne serait-ce que pour quelque temps. C’est ce qui ressort des récents propos de Mario Draghi, le patron de la Banque centrale européenne, l’un des hommes les plus puissants du continent.

Contre toute attente, la tonalité des entretiens accordés la semaine passée par Draghi à la presse est optimiste. Il n’est bien sûr plus question de faire de l’UE l’économie « la plus dynamique du monde », et pas davantage d’y promouvoir la « cohésion sociale  ». Draghi se réjouit désormais de ce que le chômage semble se stabiliser en Europe à 12%. Le rythme de la croissance, ajoute-t-il, atteindra – peut-être – de 1,1% à 1,5%. Les mots « stabilité » et « stabiliser » sont prononcés pas moins de sept fois dans un entretien paru fin décembre dans le JDD. Les « incertitudes refluent », dit-il, invitant les gouvernements à « continuer sur le chemin des réformes ».

À la lecture des propos de Mario Draghi, une conclusion s’impose : les élites européennes – la frange de ces élites la moins encline à se raconter des histoires – ont désormais intégré qu’un taux de chômage à 10% ou 12% est une donnée irréductible de la situation. Elles ont intégré, par la même occasion, que la croissance restera déprimée, s’élevant au mieux à 1,5%, plus probablement autour de 0,5%. À supposer même que les « nouveaux modèles de croissance » que Draghi appelle de ses vœux voient le jour, leurs effets sur l’emploi ne se feraient sentir que dans des années, voire des décennies. Adieu la stratégie de Lisbonne. Gouverner la stagnation, tel est le nouvel horizon des dirigeants de l’UE.

« L’ "euro-keynésianisme" dont il était encore question au début de la crise n’est plus qu’un lointain souvenir »

Depuis le 19e siècle, les avancées démocratiques sont indissociables du développement économique et social. Les périodes de crise, quant à elles, génèrent souvent des raidissements autoritaires. Conformément à cette règle, la stagnation qui s’installe donne lieu à des processus de régression démocratique. En réponse à la crise, les États européens ont accepté un "grand bond en avant" dans l’intégration européenne. Ils ont pour cela abdiqué l’essentiel de leur capacité d’initiative en matière économique, au profit d’institutions de l’UE – comme la Banque centrale – dont les fondements démocratiques sont dans le meilleur des cas très faibles, mais le plus souvent inexistants.

Si la fabrique du politique est désormais européenne, cela n’implique pas pour autant que la vie politique elle-même le soit devenue. Le fossé ne cesse de se creuser entre l’échelon continental et national : au premier l’initiative de la politique économique, au second le débat démocratique. En l’absence de mouvement social à l’échelle du continent, ce fossé va continuer à se creuser, et la dé-démocratisation s’accentuer. Dans ce contexte, l’émergence d’une majorité de gauche en rupture avec le néolibéralisme, en capacité de gouverner l’UE, est tout simplement inconcevable. L’ "euro-keynésianisme" dont il était encore question au début de la crise n’est plus qu’un lointain souvenir.

Pourtant, les partis de la gauche européenne (PGE), réunis récemment en congrès à Madrid, semblent encore attachés à cette option. Un budget européen substantiel et une banque centrale soutenant les finances publiques, des investissements dans les infrastructures écologiques et une assurance chômage continentale, parmi d’autres mesures, permettraient à leurs yeux l’émergence d’une autre Europe. Hélas, les obstacles à la mise en œuvre d’un tel programme sont infranchissables. Ces mesures sont contraires au code génétique des traités européens en vigueur. La construction de l’Europe s’est effectuée autour du projet "ordo-libéral" d’économie sociale de marché. Comme l’a montré Michel Foucault, dans cette perspective, « la forme fondamentale de la politique sociale, ça ne doit pas être quelque chose qui viendrait contrebattre la politique économique et la compenser ».

« Ce n’est qu’une fois la rupture avec l’UE consommée que la vraie politique pourra commencer »

Il s’agit au contraire de permettre la prise en charge par le marché de l’ensemble des besoins sociaux. Le principe contraignant de concurrence libre et non-faussée, l’indépendance de la banque centrale, les limites à la politique budgétaire, la libre circulation des capitaux, l’absence de politique sociale unifiée, découlent mécaniquement de ces prémisses. Prétendre réorienter l’Europe suppose donc au préalable de briser cette machine infernale.

Au cas où elle connaîtrait des succès électoraux dans un ou plusieurs pays, ce qui est tout à fait possible, une gauche en rupture avec le néolibéralisme sera donc placée devant une alternative implacable : ravaler ses ambitions de transformation écologique et sociale afin de devenir euro-compatible, ou désobéir et in fine rompre avec l’UE. Il n’y a pas de troisième possibilité. Ce n’est qu’une fois la rupture avec l’UE consommée que la vraie politique pourra commencer : politique de plein emploi, réorientation de l’économie en fonction des besoins sociaux, intégration internationale solidaire, planification de la transition écologique…

Laisser imaginer, comme le font des secteurs majoritaires de la "gauche de la gauche", qu’une « autre Europe est possible » à partir de celle qui existe, comporte un risque : celui de susciter le pessimisme et la désespérance parmi les militants et les électeurs. D’ici aux élections européennes de juin prochain, clarifier cette question est donc une nécessité. Un seul mot d’ordre s’impose pour cette campagne : désobéissance à l’Union européenne !

 

Cédric Durand est maître de conférences en économie à Paris 13

Razmig Keucheyan est maître de conférences en sociologie à Paris 4

 

 

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
commenter cet article
7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 16:29

 

Source : www.bastamag.net

 

 

Mouvement social

Trois ans plus tard, où en est le mouvement des indignés espagnols ?

par Nathalie Pédestarres 6 janvier 2014

 

 

 

 

Alors que l’austérité s’installe en France, en Espagne la lutte se poursuit contre les banquiers voyous, les expulsions de logement ou la privatisation de la santé publique. Trois ans après les vastes manifestations des « indignés », le mouvement a pris une nouvelle forme, moins médiatisée mais plus efficace, remportant ici et là de petites victoires malgré la répression. Un climat de contestation qui inquiète le gouvernement conservateur, alors qu’un nouveau parti politique se revendiquant des indignés, le parti X, émerge.

« Sí se puede », « Oui, on peut », l’un des slogans les plus populaires du mouvement du 15-M, ce gigantesque campement installé spontanément sur la place Puerta del Sol de Madrid, le 15 mai 2011, est-il resté lettre morte ? Éteint, comme les images spectaculaires des manifestations « indignées » espagnoles ? « Si on croyait voir dans l’avènement de ce mouvement une troisième révolution, on s’est trompé. Certains pensaient que le 15-M renverserait le gouvernement, qu’il ferait tomber le système capitaliste… », assène Marcos Roitman, professeur de sociologie à l’Université Complutense de Madrid. Deux ans de contestations démocratiques n’auraient laissé aucune trace indélébile ?

« Le temps des campements est fini ! », confirme Marta G. Franco, du journal indépendant Diagonal, qui relaie l’actualité des mouvements sociaux. « Les gens se sont lassés de ne pas voir rapidement de changements significatifs aux niveaux politique et économique. Mais ceux qui restent dans le mouvement se sont organisés en réseaux de soutien citoyen dans tout le pays, avec des groupes d’action concrète et des assemblées qui ont lieu régulièrement dans les quartiers. » Banques alimentaires, zones de troc, campagnes de relogement de familles expulsées, squats sociaux et culturels, services gratuits d’attention légale… Ces groupes d’action concrète ne sont pas restés inactifs. Le mouvement a changé de formes.

Bataille contre l’impunité des banquiers voyous

La Plateforme anti-expulsions (PAH) a ainsi multiplié les occupations d’immeubles appartenant à des banques renflouées par l’État ou au fonds Sareb, la « bad bank » espagnole créée par l’État pour récupérer les actifs toxiques des banques et leur patrimoine immobilier invendu. Leurs mobilisations aux côtés des laissés-pour-compte de l’austérité ont permis d’empêcher 902 expulsions et de reloger 712 personnes depuis le début de la crise en 2008. « Nous sommes l’écueil sur lequel les propriétaires de ces immeubles [les banques et le Sareb] ont échoué. C’est la formidable mobilisation citoyenne, les milliers de personnes qui se sont déplacées de tout le territoire pour nous aider à empêcher l’expulsion d’un immeuble. Face à l’inévitable couverture médiatique de ces expulsions [parfois violentes, avec l’intervention de la police], ils ne peuvent pas faire grand-chose d’autre que de négocier s’ils tiennent à préserver leur image », confie Chema Ruiz, porte-parole de la Plateforme anti-expulsions. Leur objectif : pousser l’État et les banques propriétaires à accepter que ces habitats soient requalifiés en logements sociaux.

Entre deux expulsions, la bataille est aussi juridique. Le collectif 15-M PaRato a fait éclater au grand jour le scandale des preferentes, ces produits financiers à hauts risques proposés par des banques aux particuliers, et présentés comme des placements sûrs. Résultat : les économies de milliers de petits épargnants se sont évaporées. Grâce à des dons pour payer les procédures et au soutien d’avocats, le collectif a réussi à faire inculper Miguel Blesa, l’ancien président de la caisse d’épargne madrilène (Caja Madrid), aujourd’hui fusionnée dans Bankia. L’ancien banquier a même été placé à deux reprises en détention par le juge Elpidio Silva. A chaque fois, il a été libéré, ce qui a valu au magistrat d’être écarté du dossier. Mais Miguel Blesa n’en a pas fini avec la Justice. La récente fuite dans la presse de courriers électroniques dans lesquels Miguel Blesa avoue avoir « trompé les clients » a amené la Cour d’Assises (Audiencia Nacional) à demander une enquête sur la responsabilité du banquier et de son équipe dans les émissions de ces placements toxiques (lire notre précédent article sur le sujet)

La répression par l’asphyxie économique

Dans le domaine de la santé publique, l’un des syndicats de personnel soignant de Madrid (AFEM) a également réussi à faire mettre en examen deux anciens conseillers municipaux du système sanitaire madrilène, Juan José Güemes et Manuel Lamela, pour l’attribution frauduleuse de contrats de services hospitaliers à des entreprises privées dans lesquelles ils avaient des intérêts personnels (lire aussi notre enquête).

Même sans grandes manifestations médiatisées, ce climat de contestation inquiète le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy. La droite a réagi en ratifiant toute une batterie de nouvelles lois qui, sous couvert de protection et de salubrité publique, répriment des libertés citoyennes fondamentales. Ainsi, le texte de la « loi de sécurité citoyenne », récemment approuvée par le Parlement, considère le simple fait de manifester pacifiquement devant une institution – le congrès, le Sénat, un tribunal… – sans en avoir averti au préalable la municipalité, comme une « infraction grave », passible d’une amende pouvant atteindre les 30 000 euros. « Le gouvernement ne veut plus assumer les images de policiers en train de matraquer les manifestants. Il a donc choisi la voie de la répression par l’asphyxie économique, en imposant des amendes exorbitantes », commente Marta, du journal Diagonal. Cette loi a suscité des manifestations dans toute l’Espagne et le rejet de l’opposition, notamment les socialistes du PSOE qui envisage de présenter un recours auprès du Tribunal constitutionnel.

« La capacité à construire un autre monde est là »

L’un des apports les plus durables du 15-M est d’avoir réconcilié les Espagnols avec le sens étymologique du terme démocratie. « Le 15-M a été, à tort, interprété comme l’explosion soudaine d’une indignation citoyenne généralisée. Mais cette indignation existait déjà bien avant le campement sur la Puerta del Sol, organisée en collectifs citoyens hétérogènes, politisés, syndiqués se revendiquant d’une gauche anti-capitaliste et de secteurs marginalisés par la politique conventionnelle. Le 15-M n’a fait qu’unir ces luttes. On lui saura gré aussi d’avoir ravivé une prise de conscience citoyenne, un esprit critique », analyse Marcos Roitman, professeur de sociologie à l’Université Complutense de Madrid.

Ce qui s’est produit contre la privatisation de la santé publique en est une illustration. « Il y a dix ans, quand on sortait manifester contre la privatisation des services hospitaliers, nous n’étions suivis que par les usagers du système. Pas par les professionnels », remarque Ángel Navarro, de la plateforme anti-privatisation de la santé publique (CAS). Mais lorsque les coupes budgétaires imposées par le ministère de la Santé Publique ont frappé de plein fouet le personnel soignant, avec son lot de diminution de salaires et de suppression de postes, celui-ci s’est mobilisé. « Ici, en Espagne, il y a toujours eu un esprit libertaire très fort », souligne Antonio Gómez, porte-parole de la CAS. « La capacité à construire un autre monde est là, mais il faut arrêter le spectacle ! En Espagne, les gens parlent beaucoup et cela limite l’action. »

Foire d’empoigne à gauche

Un écueil demeure à l’élargissement de cette forme de démocratie directe : la question du débouché politique pour les uns, de la récupération politique pour les autres. « C’est la foire d’empoigne entre les partis de gauche pour s’accaparer les votes des « indignés » en vue des élections générales dans deux ans », déplorent les deux militants de la plateforme anti-privatisation de la santé publique. « Il se peut que ces mouvements sociaux tentent de former une plateforme du type Syrisa [la coalition de partis de gauche grecque, ndlr] », pronostiquent-ils. Avec le risque qu’un parti traditionnel s’en serve pour « récolter les votes de ces gens qui disaient justement ne pas se sentir représentés ! »

Un autre parti, le « Partido X », créé il y a un an, s’est présenté officiellement en octobre. Il est perçu avec circonspection par certains militants du 15-M. Ce « parti » alternatif , sans dirigeant visible, peu loquace dans les médias, dit vouloir canaliser la convergence de toutes les luttes sociales éparses sur le territoire espagnol. Et envisage de se présenter aux élections de 2015. Son programme, basé sur la démocratie participative, la désobéissance civile et le pragmatisme, propose aussi une totale transparence de la gestion publique, un pouvoir législatif et exécutif sous contrôle citoyen, le droit au vote réel et permanent et le référendum obligatoire et contraignant. Leur but est des répondre à des problèmes concrets par des solutions tout aussi concrètes. À suivre…

Nathalie Pédestarres

Photo : CC Julien Lagarde

 

 

Source : www.bastamag.net

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Les indignés d'ici et d'ailleurs
commenter cet article
7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 16:17

 

Source : http://us6.campaign-archive1.com

 

 

Signez l'initiative citoyenne européenne !

Comme 200.000 citoyens européens, faites entendre votre voix auprès de la Commission européenne pour que le revenu de base soit étudié par les institutions européennes. Pour signer, c'est directement ici : sign.basicincome2013.eu

Envie de passer à l'action?

Rejoignez un groupe local proche de chez vous ! Déjà plus de 30 collectifs se sont constitués à travers la France, en Belgique et en Suisse afin d'organiser des actions de sensibilisations, et récolter des signatures.
>> Consultez cette carte pour entrer en contact avec un coordinateur

Téléchargez et imprimez nos tracts

Plusieurs formats de tracts, cartes de visites, et même des faux billets à l'effigie du revenu de base sont disponibles sur le site de l'association du mouvement. À vous de les télécharger et de les diffuser autour de vous !

Chers ami(e)s du Revenu de base,

2014 est déjà là ! Que cette nouvelle année vous apporte petites et grandes joies et fasse germer un peu partout l'idée du revenu de base...

Avec 7 jours restants, la collecte de signatures pour l'initiative citoyenne européenne touche à sa fin. Si vous n'avez pas signé, il est encore temps de le faire et surtout d'en parler autour de vous ! Grâce à vos efforts, 200.000 citoyens européens ont déjà fait savoir qu'ils souhaitaient voir le Parlement européen plancher sur le revenu de base. De plus, l'idée se diffuse progressivement dans les médias, avec notamment à ne pas manquer, une émission de deux heures à visionner sur le site Arrêt sur Images

Nos voisins belges sont proches de rejoindre la Slovénie et la Croatie dans la liste des pays ayant atteint leur quota de signature avec 80% de son quota de signatures. En France, nous venons tout juste de passer la barre des 50% : cette dernière ligne droite est encore pleine de possibilités!

Une bonne nouvelle de dernière minute pourrait permettre de faire grimper le compteur !

La plateforme de pétitions Avaaz a accepté de relayer notre initiative si la campagne lancée sur leur site mobilise suffisamment de personnes. Il ne tient qu'à vous de signer en ligne - sans pièce d'identité cette fois - et de faire connaître cette pétition Avaaz qui se poursuivra après le 14 janvier -- puisque le mouvement ne s'arrêtera pas ce soir là !

Cette initiative a dores et déjà réussi à déclencher une vague de soutien historique en Europe pour l'idée du revenu de base. C'est très prometteur pour la suite... Alors pourquoi ne pas célébrer en chantant la fin de l'initiative citoyenne européenne le 14 janvier au soir avec les partisans de votre ville ?

L’équipe de coordination de l'Initiative Citoyenne Européenne pour le Revenu de base

SIGNEZ ICI : http://sign.basicincome2013.eu/

 

Lien vers notre événement Facebook officiel

 

 

 

Repost 0
Published by democratie-reelle-nimes - dans Appels et pétitions
commenter cet article

Présentation

  • : Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • Démocratie Réelle Maintenant des Indignés de Nîmes
  • : Le blog des Indignés de Nimes et de la Démocratie Réelle Maintenant à Nimes
  • Contact

Texte Libre

INFO IMPORTANTE

 

DEPUIS DEBUT AOÛT 2014

OVERBLOG NOUS IMPOSE ET PLACE DES PUBS

SUR NOTRE BLOG

CELA VA A L'ENCONTRE DE NOTRE ETHIQUE ET DE NOS CHOIX


NE CLIQUEZ PAS SUR CES PUBS !

Recherche

Texte Libre

ter 

Nouvelle-image.JPG

Badge

 

          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



  Th-o indign-(1)

55

9b22