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14 janvier 2014 2 14 /01 /janvier /2014 15:29

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

Tribune 14/01/2014 à 11h25

Végétarien, je suis un repenti du cri de la carotte

cyrillecp | Je vous l'avais bien dit!

 

 

Le débat fait rage entre les végétariens et les non-végétariens, qui deviennent des antivégétariens (contre les anti-non-végétariens, vous suivez ?).

Vous l’avouerai-je ? Je me suis éloigné de la France il y a quelques années, un peu fatigué de cette tournure culturelle de nos débats, qui aboutit généralement à deux clans ennemis, qui auparavant se toléraient. Je suis Windows, mais j’aime le design des Mac. Je suis de gauche, mais pas toujours. J’aime les musiques du monde, mais je ne suis pas insensible à certaines bonnes grosses daubes commerciales américaines qui, je ne sais pourquoi, me mettent en joie. Ça vous gêne ? Non, vraiment ? Alors lisez la suite. Jusqu’au bout, car si le début vous déplaît, la fin vous plaira.

L’attitude de certains végétariens

 


Des carottes (Ramesh NG/Flickr/CC)

 

Quand j’avais 25 ans, ma sœur a décidé de devenir végétarienne, par amour des animaux. Je me suis moqué d’elle à n’en plus finir, je ne l’ai épargnée en rien : le cri de la carotte, l’homme « fait » pour être omnivore, etc. Vous connaissez les poncifs du genre.

Aujourd’hui, c’est moi qui suis végétarien, depuis une quinzaine d’années, et elle qui remange de la viande, quoique très peu. J’ai donc été longtemps dans les deux camps, et j’ai beaucoup, beaucoup médité sur la question.
Et je déplore principalement deux choses :

  • la consommation de viande,
  • l’attitude de certains végétariens.

La consommation de viande est indéfendable

Commençons par la première. Que l’on considère le problème du point de vue de l’éthique, de l’environnement ou de la santé, la consommation de viande est quasiment, objectivement indéfendable. Notez que je parle de la consommation de viande, et pas des consommateurs de viande. La nuance est importante.

Les conditions d’élevage modernes tiennent des camps de concentration, les conditions d’abattage sont très majoritairement barbares. La légitimité même de l’humanité à disposer des autres espèces est elle aussi discutable. Du point de vue de l’environnement, l’élevage des bovins à lui seul pollue plus que tous les transports du monde réunis – et tous les transports du monde, croyez-moi, c’est beaucoup –, une donnée qu’il n’est plus possible de négliger aujourd’hui.

Quant à la santé, je dois avouer qu’un peu de viande blanche ou de poisson semble être un idéal, mais que si l’on s’en tenait à cela, c’est 90% de l’industrie mondiale de la viande qui devrait fermer ses portes. Autant dire que ce que l’on défend ici, c’est le quasi-végétarisme.

Je ne tiens pas à être désagréable mais...

Donc, pour moi, être végétarien ou non, ce n’est pas un choix comme aimer Mozart ou le hard rock. Le végétarisme respecte la vie et la planète, et les non-végétariens commanditent, le plus souvent sans en être conscients, des actes de cruautés effroyables, polluent un monde déjà bien abîmé, et se font du mal dans la foulée.

Je ne tiens pas spécialement à être désagréable, mais c’est un constat objectif, que seule l’ignorance, ou parfois la mauvaise foi, permet de contrer. Il est donc hors de question pour moi de dire « je suis végétarien, tu ne l’es pas, je respecte ton choix ! », car mon cœur de poète saigne pour l’animal que tu as cru bon de faire égorger pour un simple plaisir d’un quart d’heure, et mes poumons et tous les autres poumons du monde pâtissent de ton choix. Ce serait ton choix si ça ne concernait que ta santé, comme une cigarette fumée tout seul.

En tout état de cause, et si le respect se gagnait, comme il se doit, au mérite, il faudrait respecter plus les végétariens, et respecter moins les non-végétariens. Logique. Pourtant, c’est une erreur, et c’est l’erreur fondamentale des végétariens, ou plutôt du mouvement végétarien.

Que dire à un non-végétarien ?

D’abord, parce que l’immense majorité des personnes mangeant de la viande ignore la réalité derrière cette viande. Un peu comme quelqu’un qui porte de l’or ignore que cet or a provoqué la mort d’un Indien d’Amazonie et empoisonné une rivière au mercure. Il faut dire que l’industrie de la viande s’attache à nous proposer des produits lisses, clairs et d’apparence tellement innocente que l’on a peine à imaginer le carnage qui en est à l’origine.

D’autre part, lorsque le végétarien critique la position de l’omnivore, ce n’est pas un privilège indu qu’il met en cause : c’est bien plus que ça, c’est la légitimité de l’omnivore qui est attaquée. Ce n’est pas seulement lui dire « tu dois arrêter de manger de la viande », c’est lui dire « tu es le commanditaire de nombreux crimes et tu détruis la planète ». Evidemment, ce jugement est difficilement acceptable. Car ce coupable n’a guère conscience de sa culpabilité, ou alors il serait déjà devenu végétarien. Le non-végétarien, comme la majorité des humains, se croit sincèrement bon, et il fait de son mieux.

La position du végétarien est donc difficile : il représente le bien, donc le non-végétarien représente le mal. C’est pourquoi le combat pour le végétarisme, pourtant au nom de l’éthique et de l’environnement, est si difficile. D’autant plus lorsque certains végétariens, excédés par les massacres perpétrés, disent leur colère.

Des menus sans violence au restau

Bien qu’ayant moi-même parfois cette envie d’en découdre, devant ces inconscients qui ne voient dans la viande que ce qui remplit leur estomac, et ayant parfois cédé à cette envie, je milite désormais pour une autre approche, car j’ai pu constater par moi-même que l’affrontement ne menait qu’à la radicalisation de la position de mangeur de viande, lequel reprend une côtelette à ma santé, pour me faire enrager.

Or mon but est précisément l’inverse : je souhaite que de moins en moins d’animaux naissent, vivent et meurent dans des conditions épouvantables (que les curieux aillent faire un tour sur YouTube, ils en ressortiront végétariens militants), je souhaite que l’environnement soit un peu plus respecté.

Donc, même si je déplore de toute mon âme la consommation de viande, d’une part, je comprends comment on peut la pratiquer, ayant moi-même été omnivore, dans un passé que je regrette certes amèrement. Je souhaite, dans cette situation bloquée, laisser aux omnivores une porte de sortie honorable. Car l’omnivore est souvent quelqu’un qui ne fait que perpétuer ce qu’on lui a appris, ce que la société lui clame de faire : « Mange de la viande, cela te rendra fort ! »

Je crois donc désormais en des actions plus douces, que j’estime susceptibles de changer les mentalités progressivement :

  • inviter des omnivores à des dîner végétariens qu’ils seront surpris d’apprécier ;
  • leur envoyer ensuite un petit mot tel que « merci d’avoir participé à ce dîner sans violence. Grâce à vous, hier soir, la vie de quelques animaux a été épargnée. Merci pour eux, de tout cœur ! »

Je souhaite aussi que les restaurants insèrent une page de » plats sans violence » dans leurs menus.

Le vrai courage : tendre la main

L’homme en général, se croit bon et essaie sincèrement de devenir meilleur. Je pense qu’en offrant en douceur des opportunités de bien faire, on a plus de chances de succès que par l’affrontement. Et aux végétariens virulents, je souhaite dire que le vrai courage, ce n’est pas l’invective, c’est de tendre la main pour aider l’adversaire à prendre conscience de ce qu’il fait. Le reste est contre-productif.

Je préfère que cent personnes mangent moins de viande plutôt qu’une seule devienne végétarienne, car cela sauve plus de vies. Et aussi parce que tout ceux qui décident de manger moins de viande, en mangeront ensuite de moins en moins, car la prise de conscience se fait en douceur.

Je regrette bien entendu la lenteur du processus, qui fera encore des centaines de milliards de victimes (en comptant pêche et fruits de mer) – plus d’un milliard d’animaux sont tués chaque jour ! –, mais l’homme est lent dans ses progrès. Néanmoins je crois qu’un jour, nos descendants verront nos pratiques alimentaires actuelles avec le même effarement que celui que nous avons aujourd’hui vis-à-vis de l’esclavage.

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 


 

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14 janvier 2014 2 14 /01 /janvier /2014 15:15

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

Le Grand entretien 13/01/2014 à 16h14

« Comment le mouvement ouvrier chinois peut changer le monde »

Pierre Haski | Cofondateur Rue89

 

 


Han Dongfang au micro de Radio Free Asia à Hong Kong (MIKE CLARKE/AFP)

 

Han Dongfang est un activiste chinois pas comme les autres. Basé à Hong Kong, il défend les droits des ouvriers chinois en favorisant les négociations collectives dans les conflits sociaux, une approche constructive, qu’il veut déconnecter au maximum des enjeux idéologiques et de pouvoir.

Agé de 50 ans, cet ancien syndicaliste engagé dans le mouvement démocratique de Tiananmen en 1989, emprisonné puis exilé, explique sa démarche dans un livre, « Mon combat pour les ouvriers chinois » (éd. Michel Lafon, 16 janvier 2014), écrit avec le journaliste français Michaël Sztanke.

De passage à Paris, il explique à Rue89 en quoi son approche pragmatique de l’action sociale dans un pays autoritaire peut transformer la Chine, mais aussi avoir un impact sur le reste du monde en faisant passer les travailleurs chinois du statut de victime ou de concurrent des ouvriers occidentaux à celui d’alliés dans un monde globalisé, en faveur de meilleures normes sociales.


Han Donfang à Paris, le 9 janvier 2014 (Pierre Haski/Rue89)

 

Rue89 : Vous appartenez à la génération des activistes de Tiananmen en exil, mais vous ne vous définissez pas comme « dissident » et ne participez pas au combat pour la démocratie mais pour les droits des travailleurs. Pourquoi ce choix ?

Han Dongfang : En 1992, quand j’ai pu quitter la Chine, j’ai passé un an aux Etats-Unis à observer le mouvement dissident en exil. J’étais malade, sous traitement, incapable de faire quoi que ce soit, et ça a été une « chance ».

J’avais déjà décidé de tenter de rentrer en Chine, car je suis un militant du mouvement social, et vous ne pouvez pas agir loin des travailleurs.

Et, quand j’ai essayé de rentrer en Chine, j’ai eu la chance que le gouvernement chinois m’expulse vers Hong Kong [territoire autonome au sein de la Chine, ndlr], pas vers les Etats-Unis ou l’Europe. C’est une chance car Hong Kong est en prise directe sur la Chine continentale. Vous ne pouvez pas traverser la frontière, mais vous êtes juste de l’autre côté.

Quand j’ai démarré mon programme sur Radio Free Asia [une radio financée par le Congrès américain, ndlr] mon émission s’est vite transformée de commentaire en conversation téléphonique permanente avec des ouvriers en Chine. Ça me permettait de ne pas être éloigné de la réalité quotidienne des Chinois.

Tout ceci a conduit à la création du China Labour Bulletin, à Hong Kong, et son implication de plus en plus grande dans l’aide aux travailleurs chinois dans leur action, en particulier sur le terrain légal, pour faire valoir leurs droits.

Mais pour cela, il faut reconnaître l’autorité des tribunaux, même si c’est dans un système corrompu. Reconnaître l’autorité, cela ne signifie pas que vous en acceptez la réalité. Mais vous entrez dans un dialogue avec ce système corrompu pour le changer.

L’implication des travailleurs dans ce combat, sur leurs propres dossiers, permet de faire la différence.

Vous pensez qu’il existe une possibilité de changer le système de l’intérieur ?

Oui, il y a toujours un espace pour ça, sinon c’est désespérant de penser que quelque chose est immuable.

J’ai visité la Pologne. Beaucoup de gens pensent que la voie polonaise [Solidarité, l’action clandestine, etc., ndlr] est la seule voie. Mais ce qui me dérange, c’est que j’ai fait de la prison, ce n’est pas une expérience agréable même si on apprend beaucoup.

Je suis à Hong Kong, et c’est moralement insupportable de me dire que je pourrais envoyer en prison les gens avec qui je travaillerais dans la clandestinité, tandis que je resterais confortablement dans mon refuge hongkongais.

J’ai cherché d’autres voies que le syndicat clandestin sur le modèle de Solidarité en Pologne. La victoire de Solidarité est historique, unique, pas nécessairement reproductible. En Chine, nous ne pouvons pas attendre le moment où il sera possible d’en faire de même...

En vingt ans, le paysage social chinois a beaucoup changé. Quels en sont pour vous les principales raisons ?

Il y a plusieurs différences. D’abord le facteur générationnel. Les jeunes nés après 1989, qui ont maintenant 23-24 ans, dont beaucoup travaillent en usine depuis plusieurs années, ne connaissent pas la peur.

Ils n’ont pas l’angoisse de 1989 [le massacre de Tiananmen, ndlr], or la peur est un facteur puissant qui affecte l’esprit et l’action des gens. Si vous avez peur, c’est elle qui vous contrôle, si vous n’avez pas peur, vous faites ce que vous pensez juste.

Lorsque cette génération se met en grève, elle n’a pas le réflexe de la génération précédente, qui s’attend immédiatement à la répression du gouvernement. Ce n’est pas dans leur tête. Ils pensent que leur action n’a rien à voir avec le gouvernement, qu’elle est juste dirigée contre leur patron qui les traite mal. Je me mets en grève pour mes droits, un point c’est tout.

Et comme ils n’ont pas peur, le gouvernement n’a pas non plus besoin d’avoir peur. La peur de l’un génère la peur de l’autre, car la peur cache souvent un agenda parallèle. L’absence de peur permet des possibilités nouvelles.

La deuxième raison est économique. La Chine a globalement réussi sa transformation d’économie planifiée en économie de marché. Il y a plein de problèmes, mais c’est globalement une réussite.

Mais si les biens de consommation sont soumis aux prix du marché, le coût du travail, lui, n’est pas soumis au marché. C’est une décision unilatérale des employeurs, et le niveau de salaire ne correspond pas aux besoins de consommation des gens. Il y a un fossé trop grand et il doit être réajusté.

Il n’y a pas de système de négociation en Chine, et lorsque les gens pensent qu’une situation est injuste, ils se mettent en grève pour faire connaître leurs revendications.

Enfin, Internet et les médias sociaux ont changé la donne. Les gens participent activement.

 


La Google Map des grèves et des conflits sociaux en Chine établie par le China Labour Bulletin à Hong Kong (Capture CLB.org.hk)

 

Le développement économique de la Chine a été longtemps basé sur le faible coût de la main-d’œuvre. C’est en train de disparaître avec la fin du modèle entièrement tourné vers les exportations. Mais quelle est la place des travailleurs dans cette mutation ?

C’est un moment idéal pour l’émergence d’un mouvement ouvrier qui pousse à la création d’un système de négociations collectives.

Au cours des 30-35 années de réforme économique [depuis la mort de Mao Zedong en 1976 et le lancement des réformes par Deng Xiaoping en 1979, ndlr], le gouvernement n’a réalisé qu’une partie de la promesse faite au peuple. Un groupe de millionnaires a émergé, mais pour des centaines de millions de personnes, c’est encore une économie de survie.

Aujourd’hui, les gens en sont conscients grâce à la circulation de l’information. Avant, les gens pouvaient se dire « je n’ai pas de chance, je suis stupide, je n’ai pas eu la chance de faire des études »... Aujourd’hui, ils savent ce qui se passe aux quatre coins du pays, les gens se plaignent sur les médias sociaux des mêmes choses.

Une conscience de classe, et pas seulement individuelle, émerge, et ça fait une grande différence.

Si vous voulez réorienter l’économie vers la consommation plutôt que l’exportation, comme le dit le gouvernement, vous ne pouvez pas échapper au sujet de l’amélioration de la vie des ouvriers.

Nous ne nous voyons pas seulement comme des ouvriers faisant des objets pour un faible salaire, mais comme des éléments d’une activité économique globale. Ça nous permet de convaincre le gouvernement d’accepter l’idée des négociations collectives, pour aider les ouvriers dans l’économie moderne avec un pouvoir de consommation.

 

 

Extrait de « Asie, le réveil ouvrier »

Un documentaire de Michaël Sztanke

Le Parti communiste chinois peut-il accepter de passer de questions individuelles à collectives sans se mettre en péril ?

La mentalité de la guerre froide est encore forte, plus de vingt ans après la chute du Mur de Berlin. Cette mentalité, c’est de fixer son agenda à l’avance, de désigner votre ennemi... Ce qui voudrait dire, créer un syndicat indépendant, type Solidarité en Pologne.

Nous devons sortir de cette équation et de cette mentalité. C’est une époque différente.

Le China Labour Bulletin a choisi cette approche. Nous nous sommes d’abord demandés ce que veulent les gens : une vie meilleure. La question est donc, faut-il d’abord créer un syndicat indépendant pour y arriver, ou peut-on démarrer là où nous pouvons pour améliorer la vie des gens ?

Nous pensons qu’il faut être réaliste et pragmatique, chercher à améliorer la vie des gens.

Pouvez-vous donner un exemple concret de processus de ce dont vous parlez ?

En 2011, il y a eu une grève des ouvriers d’une usine de montres japonaises Citizen. Les ouvriers demandaient des indemnités car pendant six ans, la direction leur a fait travailler vingt minutes de plus par jour pour compenser le temps de pause, de toilettes, etc. Ils l’ont longtemps accepté, avant de réaliser que c’était illégal, même selon la loi chinoise.

Il y a eu une grève, et le gouvernement a décidé de ne pas envoyer la police contre les grévistes car leurs demandes étaient fondées sur la loi, et il n’y avait aucune colère dirigée contre le pouvoir politique, uniquement contre l’employeur.

Notre partenaire à Shenzhen (sud de la Chine) est intervenu à la demande des ouvriers pour les aider à élire leurs représentants et négocier avec la direction. Et cette confrontation a débouché sur une négociation et un accord.

Pensez-y : la direction retrouve sa production, les ouvriers ont obtenu non pas 100% de leur demande mais 70%, tandis que le gouvernement, qui a pu être tenté d’envoyer la police, n’est pas intervenu et il ne s’est rien passé de dramatique. C’est donc une situation où tout le monde est gagnant.

Si nous avions pris le problème dans l’autre sens, en réclamant d’abord un syndicat indépendant, que se serait-il passé ? Quelle aurait été la réponse du gouvernement et quel aurait été le résultat pour les ouvriers ? C’est la direction qui gagnait car la colère des ouvriers aurait été redirigée sur le pouvoir politique...

 


Grève des ouvriers d’une usine Honda dans le sud de la Chine en 2010 (AP/SIPA)

 

En quoi cela change-t-il la Chine ?

Cela réduit la peur. Les questions des droits des travailleurs, la question syndicale, étaient des tabous absolus, des sujets hypersensibles. Certains pensent que la répression de 1989 était notamment due à la participation d’ouvriers au mouvement étudiant.

Le Parti communiste a pris le pouvoir en proclamant qu’il était le parti des travailleurs. Si les travailleurs sont mécontents du parti des travailleurs, celui-ci n’a plus de légitimité... L’exemple de Solidarité en Pologne a montré qu’un syndicat pouvait conduire à la fin du pouvoir du Parti communiste...

Pour ces raisons, c’était un sujet tabou. Mais à travers les négociations collectives, vous ouvrez une porte qui apaise les peurs et les tensions. Vous n’avez pas besoin d’avoir peur, nous vivons dans un nouveau monde, ce n’est plus celui de la guerre froide, tout est aujourd’hui une question d’intérêt économique...

Les travailleurs ont fait le premier pas. Nous ne sommes pas dans une démarche d’ennemis, et nous l’avons prouvé par les faits, sur le terrain.

Ainsi, le sujet le plus sensible est devenu l’un des moins sensibles, même si l’on compare avec les questions environnementales qui sont devenues très délicates.

Qu’est-ce que ça signifie pour le reste du monde ?

Pour le mouvement syndical international et le mouvement ouvrier, tout ça est très important. Les ouvriers chinois sont exploités, constituent une main-d’œuvre bon marché, c’est une réalité.

Mais la montée du mouvement ouvrier chinois et la demande d’un droit de négociations collectives devraient être considérées comme un atout pour le mouvement syndical mondial, ce qui n’est pas encore le cas. C’est le message que j’essaye de faire passer à Paris [Han Dongfang doit rencontrer la CGT, CFDT et FO, ndlr].

Les syndicalistes du reste du monde devaient le réaliser. Voici des centaines de millions de travailleurs qui réclament leur droit de négociations collectives, c’est important, même si ce n’est que le début de la route.

Mais ça peut permettre d’effacer ou d’atténuer les effets négatifs des dernières décennies, qu’ont été l’affaiblissement des normes sociales dans le monde, la perte d’emplois y compris en France...

Une partie de la production va quitter la Chine – ça a commencé – car les coûts montent, et se délocaliser au Bangladesh, au Sri Lanka, etc. Ce n’est pas un problème. Une partie importante va rester en Chine, nous avons des bonnes infrastructures, un marché intérieur...

Donc il faut cesser de voir les travailleurs chinois comme des victimes ou comme des concurrents, mais comme des alliés ?

Exactement. D’autant qu’une partie de la production va revenir chez vous dans ce processus. Les grandes centrales syndicales doivent prendre ça en considération.

Les syndicats étrangers doivent-ils parler au syndicat officiel chinois ?

C’est pertinent, mais seulement en partie. Le syndicat officiel ACFTU garde la porte d’entrée au monde ouvrier chinois, mais cela ne suffit pas de rester à la porte... Autrement vous risquez de passer à côté du potentiel du mouvement ouvrier.

Je conseille aux syndicats étrangers de se concentrer sur la négociation collective et d’aider le syndicat officiel chinois à s’y rallier.

Il ne s’agit pas seulement de savoir s’il faut ou pas leur parler, mais leur parler de quoi et pour quoi faire ?

Vous dites dans le livre que le Parti communiste est devenu un parti capitaliste. Cela signifie-t-il que la lutte des classes est de retour ?

Le Parti communiste a perdu la partie dans son sens historique ; il doit faire face à une nouvelle réalité.

Après 1989, il y a eu un pacte diabolique : le parti avait surtout besoin de la loyauté de ses membres, et il l’a échangée contre le droit de s’enrichir par n’importe quel moyen.

C’est pour cela que la corruption est devenue folle en Chine au cours des vingt dernières années, avec un pouvoir politique qui fermait les yeux.

C’est un peu comme lorsque vous avez soif et que vous buvez votre propre sang. Il y a un moment où ça prend fin. C’est ce qui se passe aujourd’hui. Boire son propre sang atteint ses limites : vous changez ou vous mourrez.

Le capitalisme aussi est devenu fou. Car le pouvoir des officiels corrompus ne les enrichit pas en tant que tels, c’est uniquement dans leur interaction avec le monde de l’économie qu’ils peuvent en tirer un profit.

C’est de cette manière que le Parti communiste est devenu capitaliste. Ce n’est pas une question idéologique, mais une question d’intérêt. C’est cette évolution qui touche à sa fin.

Le pouvoir actuel, le groupe de Xi Jinping [le président et chef du parti, ndlr] le sait très bien. Ils savent mieux que vous et moi quelle est la température réelle du pays. Ils doivent trouver une solution, et rétablir la légitimité du parti. C’est un groupe pragmatique, qui n’a pas d’autre choix que d’agir pour changer les choses.

Il peut dès lors y avoir un intérêt commun au parti et aux travailleurs, pourquoi pas ?

Vous êtes parfois critiqué en disant que vous faites le jeu des Américains qui veulent affaiblir la Chine, que vous intervenez sur une radio financée par Washington, etc.

[Rires.] J’ai aussi la critique opposée : on me reproche d’accepter la réalité du pouvoir du Parti communiste, d’accepter la négociation, et je serais donc un traître à la cause de la démocratie, à la cause de 1989...

Je pense que toutes ces critiques sont des héritages de la guerre froide, de gens qui refusent d’accepter que nous vivons dans un monde différent.

J’ai fait mes choix, je les assume, j’accepte ces critiques, mais je me concentre sur mon action pour améliorer la vie des travailleurs, et faire que ce pays s’améliore. Et peut-être, au passage, aurons-nous aidé à transformer ce régime communiste en régime démocratique, une première, pourquoi pas ? ...

 

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

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14 janvier 2014 2 14 /01 /janvier /2014 15:01

 

Source : www.bastamag.net

 

 

Royaume-Uni

Gaz de schiste : comment David Cameron tente d’acheter le silence des élus et des écologistes

par Olivier Petitjean 14 janvier 2014

 

 

 

 

Après avoir mis en place « le régime fiscal le plus avantageux du monde » pour l’exploitation du gaz de schiste, le gouvernement conservateur britannique cherche à vaincre les résistances locales en achetant le consentement des élus et en étouffant les mouvements de résistance à la fracturation hydraulique. Total et GDF-Suez en profitent pour investir – modestement – dans des concessions au Royaume-Uni.

Le groupe français Total a confirmé avoir racheté 40% des parts d’un consortium détenant deux licences de prospection de gaz de schiste dans l’Est de l’Angleterre (Lincolnshire). Un investissement d’environ 35 millions d’euros qui devrait permettre de réaliser un forage exploratoire pour évaluer la viabilité technique et économique de l’extraction de gaz de schiste par fracturation hydraulique dans la zone.

 

Fiscalité très avantageuse

Soutenu par les lobbies énergétiques, notamment états-uniens, le gouvernement conservateur de David Cameron pèse de tout son poids pour favoriser le développement du gaz de schiste au Royaume-Uni et au niveau européen. Le gouvernement britannique veut également développer le gaz de schiste en Écosse, malgré l’opposition du gouvernement régional – tenu par les indépendantistes – qui a adopté une série de mesures restreignant les activités de prospection.

David Cameron a déjà accordé aux entreprises prospectrices des conditions fiscales très avantageuses, notamment une taxation à 30%, contre 62% pour le pétrole et le gaz de mer du Nord [1]. Le gouvernement britannique a également supprimé des régulations environnementales et d’aménagement du territoire : la fracturation hydraulique ne sera pas encadrée spécifiquement, la responsabilité financière des exploitants en cas de pollution est limitée, l’obligation d’informer les propriétaires fonciers sur les activités de prospection est suspendue. Il a aussi classifié pas moins de 60% du territoire britannique comme zone de prospection potentielle.

 

Du cash pour oublier l’écologie

Le Premier Ministre a annoncé le 13 janvier une nouvelle série de mesures destinées à encourager les collectivités locales et les habitants à faire bon accueil à l’exploitation de gaz de schiste. Les collectivités devraient ainsi recevoir 100% des taxes professionnelles issues de cette activité - contre 50% normalement, le reste allant au budget national. Une mesure que Greenpeace a qualifié de « pure et simple tentative de corruption des élus locaux » [2]. Les conseils locaux - qui subissent de plein fouet la cure d’austérité budgétaire imposée par le gouvernement conservateur - se voient désormais encouragés à « oublier » leurs responsabilités environnementales en échange de cash...

Selon le Guardian, David Cameron promet également que les fonds distribués localement par les firmes exploitantes - 100 000 livres sterling par puits (120 000 euros), plus 1% des revenus générés - seront gérés de manière transparente, et pourraient donner lieu à des paiements directs aux propriétaires fonciers. « Nous allons à fond sur le gaz de schiste », a-t-il déclaré.

 

Étouffer les mouvements de résistance

Autant d’annonces qui visent à étouffer dans l’œuf le mouvement de résistance au gaz de schiste dans les diverses zones de prospection. L’été dernier, les villageois de Balcombe, dans le Sussex – pourtant un bastion conservateur – avaient manifesté contre les activités exploratoires de la firme nord-américaine Cuadrilla [3]. Une autre mobilisation importante a lieu en ce moment même à Salford, dans la banlieue de Manchester.

Total est la première major pétrolière à investir dans le gaz de schiste au Royaume-Uni. Cela fait plusieurs mois que le groupe avait annoncé ses intentions et recherchait une concession. L’investissement de Total demeure très modeste : 35 millions d’euros, à comparer avec les plusieurs centaines de millions déboursées par la firme pétrolière Cuadrilla au Royaume-Uni, pionnière du gaz de schiste britannique, et qui n’a pas encore foré un seul puits ! Et également avec les deux milliards d’euros que Total injecte au total chaque année au Royaume-Uni, pour exploiter le pétrole et le gaz de la mer du Nord.

 

Les groupes français traversent La Manche

Le 22 octobre 2013, GDF Suez avait aussi annoncé un investissement similaire dans le bassin de Bowland dans l’Ouest du pays (Lancashire). Le groupe français a acquis, pour plus de 28 millions d’euros, 25% des concessions de Dart Energy, sur une zone de prospection de 1 378 kilomètres carrés. Les autorités britanniques espèrent que l’arrivée de ces majors françaises donnera un coup de fouet aux opérations de prospection de gaz non conventionnel dans le pays, alors que les quelques puits exploratoires installés par les firmes pétrolières sont la cible de manifestations et de blocage.

En raison du vieillissement de son parc de production et de l’obligation de fermer ses centrales au charbon trop polluantes, le Royaume-Uni est confronté au risque d’une pénurie d’électricité dans les prochaines décennies. D’où l’empressement du gouvernement conservateur à soutenir les méga-projets énergétiques des multinationales, quels que soient leur coût réel ou leurs risques environnementaux.

 

Qui profitera des gaz de schiste ?

Comme dans le domaine du nucléaire, où EDF et Areva ont bénéficié de conditions financières aussi avantageuses que contestées pour leur projet de nouveaux réacteurs EPR à Hinkley Point (lire ici), les entreprises françaises pourraient être les premières bénéficiaires des largesses du gouvernement britannique. Alors que l’Union européenne a lancé une enquête sur les aides publiques britanniques au nucléaire, certains eurodéputés en appellent désormais à une enquête similaire pour les aides au gaz de schiste. En tout état de cause, les velléités de passage en force de David Cameron pourraient bientôt se heurter aux régulations mises en place par l’Union.

Le gouvernement britannique prétend que l’exploitation du gaz de schiste permettra de faire baisser les tarifs de l’énergie dans le pays et de rendre l’industrie plus « compétitive ». Les chiffres qu’il avance en termes de contribution à la croissance et à la création d’emploi sont issus de rapports commandés par l’industrie, sans véritable contre-expertise. Et surtout, la plupart des experts s’accordent à penser qu’au contraire de ce qui s’est passé aux États-Unis, le gaz de schiste britannique, s’il est jamais exploité à grande échelle, ne contribuera pas à faire baisser les prix de l’énergie en Europe : les principaux bénéficiaires seront les entreprises exploitantes.

Olivier Petitjean

Photo : CC Prime Minister’s Office

Notes

[1Source.

[2Source : The Independent.

[3Voir l’article du Monde.

 

Source : www.bastamag.net

 

 

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Source : rue89.nouvelobs.com

 

14/01/2014 à 13h11

Gaz de schiste : Total a compris comment acheter les oui des Anglais

Barbara Krief | Rue89

 

 


David Cameron le 13 janvier 2014 sur le site de iGas à côté de Gainsborough (LINDSEY PARNABY/POOL/AFP)

 

Total confirme son investissement britannique. L’entreprise pétrolière française annonce qu’elle sera la première grande compagnie à chercher du gaz de schiste en Grande-Bretagne.

La société possède maintenant une part de « 40% dans deux permis » d’exploitation et de production dans le bassin du Gainsborough Trough, dans l’Est de l’Angleterre. Et les affaires devraient être bonnes.

En plus du monopole, la multinationale a le soutien du gouvernement de David Cameron. Total laissera néanmoins le travail de la phase d’exploration à l’entreprise britannique Igas Energy.

Fiscalité avantageuse pour les communes

Le Royaume-Uni dit vouloir « tout mettre en œuvre » pour l’exploration du nouvel or noir. Afin de motiver les régions encore hésitantes, le Premier ministre promet une fiscalité avantageuse pour les communes qui accepteront le projet. Les amoureux de l’environnement crient à la corruption face à ce qui peut être qualifié de pot-de-vin public.

Les communes qui jouent le jeu de l’exploration du gaz de schiste percevront la totalité de la taxe professionnelle collectée, au lieu des classiques 50%. Cela représente près de deux millions d’euros en plus par an pour chaque site participatif, auxquels viennent s’ajouter 120 000 euros, gracieusement offerts à l’occasion de l’ouverture d’un site.

L’industrie pétrolière n’est pas avare non plus, elle a promis de leur reverser 1% des profits dégagés par la découverte du précieux gaz.

La politique du Premier ministre en la matière n’est pas nouvelle. En août 2013, il annonçait [abonnés] la mise en place d’un régime fiscal extrêmement avantageux pour encourager l’exploration pétrolière et gazière. Il prévoyait de réduire à 30% le taux d’imposition, anciennement à 62%.

Une offre qui ne se refuse pas

Incitatif, ce petit encouragement financier peut faire grincer des dents. Difficile de résister à une augmentation de 50% de ses fonds annuels. David Cameron promet aussi « plus d’emplois et d’opportunités et de sécurité économique » pour son pays. Qu’espérer de mieux pour faire taire les écologistes se félicitant en août dernier de leur première « victoire contre le gaz de schiste » ?

Pendant ce temps en Pologne, premier pays européen à avoir entrepris des recherche de gaz de schiste, les politiques assurent que cette nouvelle richesse leur permettra de s’affranchir de Moscou en réduisant sa dépendance envers le gaz russe.

Mais les derniers résultats des tests forages ne sont pas satisfaisants et l’enthousiasme du ministre de l’Environnement polonais Piotr Wozniak, n’est plus vraiment d’actualité.

« La première exploitation commerciale commencera en Pologne l’an prochain », déclarait le ministre en 2013.

En Amérique, le gaz de schiste est généreux

Aux Etats-Unis, Shell a fait plier les militants anti-gaz de schiste les plus convaincus. La promesse de bénéfices séduit les propriétaires des terrains locaux. Ils seraient 80% à accepter tout de suite les 10% de retombées économiques prévus.

Pour séduire les habitants du bassin de Marcellus, située en Pennsylvanie, Shell a employé les grands moyens. A son arrivée, la société pétrolière a offert 50 000 dollars à une association culturelle, avant de faire don d’un hôpital à la ville.

François Damerval, blogueur pour Rue89 et assistant parlementaire de Corinne Lepage raconte dans son reportage, le pouvoir qu’a Shell dans la région :

« Chacun des puits de Marcellus représente un investissement estimé entre quatre et cinq millions de dollars et le nombre de puits de forage de schiste s’est multiplié. »

Les locaux n’ont pas encore de quoi se plaindre, leur représentant affirme que depuis l’arrivée de la multinationale pétrolière, le chômage et la pauvreté ont disparu de la ville. Les chiffres brandis par les pro-gaz de schiste sont en effet réjouissants : il y aurait eu « entre un et cinq millions d’emplois crées ».

Mais pour François Damerval il n’y a pas de quoi s’enthousiasmer :

« Avec 400 milliards d’investissements sur cinq ans, c’est un minimum ! »

Les lobbys canadiens instauraient en 2011 un forum permettant aux internautes locaux de se renseigner et de se familiariser avec la technique tant critiquée de la fracturation hydraulique. Pour ce faire, l’Association canadienne des producteurs pétroliers a accordé son soutien financier à une agence de relations publiques canadienne, Parta Dialogue.

Les sociétés pétrolières canadiennes jouent plus dans le social que dans le financier. L’entreprise Talisman Energy publiait même en 2011 un livre de coloriage pour enfants illustrant la technique de la fracture hydraulique.

« Le profit de Total va profiter à la France »

En France la pratique de la fracturation hydraulique, aujourd’hui seule technique connue permettant d’extraire du gaz de schiste, est interdite. Depuis le texte voté en 2011 sous le gouvernement Fillon, il est indirectement prohibé d’explorer ou d’exploiter ce gaz. Le 10 octobre 2013, le Conseil constitutionnel validait la loi.

Ce qui n’empêche pas une des plus grosse entreprise française d’exporter la pratique outre-Manche. Pour Yves Leers, journaliste spécialiste de l’environnement, c’est d’abord ça qui pose un problème d’éthique et de cohérence :

« Indirectement le profit, le rayonnement international et le développement d’une entreprise comme Total va profiter à la France. Payer les communes pour qu’elles embrassent un projet néfaste pour l’environnement, comme propose de le faire David Cameron, est tout aussi problématique. »

La Grande-Bretagne va venir s’ajouter à une très courte liste. Aujourd’hui, seuls les Etats-Unis et le Canada pratiquent la fracturation hydraulique. Pour rappel, la technique consiste à injecter un mélange d’eau, de sable et de produits chimiques à haute pression pour créer des fissures souterraines et ainsi extraire les hydrocarbures de schiste.

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 


 

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14 janvier 2014 2 14 /01 /janvier /2014 14:54

 

Lien : www.altereco30.com

 

 

Autonomie : éducation / énergie / éco-construction / agro-écologie / organisation collective / etc

 Alter'éco 30 vous souhaite une année 2014 pleine de créativité.

 Du nouveau sur le site, en accès libre : 


Pour l'auto-construction, de nouvelles fiches techniques à télécharger : http://www.altereco30.com/realisations

serre bio-climatiqe, toilettes sèches en kit, chauffe eau solaire simplifié (à partir d'un cumulus de déchèterie)

 

Mais aussi de nouvelles pages avec vidéos :

* Construction et mise en d'une éolienne Piggott sur notre éco-lieu

* Toilettes sèches : nos modèles avec compostage « intégré »

* La coop bio autogérée « La Saladelle »

 

Enfin, les personnes ou groupes qui souhaitent être accompagnés dans leur projet peuvent découvrir la charte « Etude préalable et accompagnement de projets » ici :  http://www.altereco30.com/realisations


Une lettre d'info, pour à l'avenir recevoir les infos d'Alter'éco 30 (max 3 lettres/an) : http://www.altereco30.com/lettres-d-infos

 

Découvrez le calendrier des stages 2014 : http://www.altereco30.com/stages

« Préparer un projet d'auto-écoconstruction », « Construire un cuiseur solaire parabolique », « Les journée de l'autonomie pratique », « Pédagogie Montessori »

 

Bonne découverte.

Bruno

 


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14 janvier 2014 2 14 /01 /janvier /2014 14:46

 

 

A diffuser :

Objet : Services publics aux abonnés absents

Pour information,
Figurez-vous que juste après le documentaire « Les nouveaux chiens de garde », j'ai eu l'occasion de réaliser un documentaire pour France 5, intitulé « Salariés sans frontières ».
Figurez-vous que ce documentaire a été livré en septembre 2012 et que depuis, France 5 l'avait « oublié » dans des tiroirs.
Il faut dire que les rapports avec France 5 avaient été très tendus lors du montage au printemps 2012, à l'époque où des dizaines de milliers de spectateurs se précipitaient dans les salles pour voir justement Les Nouveaux chiens de garde. Alors, imaginer qu'il peut y avoir un rapport entre cette censure et le film qui a fait plus de 240 000 entrées au cinéma. Non, quand même pas !! Bon, il est vrai qu'Yves Calvi, un des chouchous de France5, est plutôt bousculé dans Les Nouveaux chiens de garde... Mais, non il ne faut pas voir le mal partout !!
Officiellement, c'était donc la musique du film et son compositeur, le talentueux et indocile Dick Annegarn, qui ne plaisait pas à la chaîne... Officiellement vous dis-je...
Toujours est-il que je viens par hasard de m'apercevoir cet après-midi en surfant sur le Net que France 5 s'est enfin décidé de diffuser « Salariés sans frontières » jeudi qui arrive, le 16 janvier à... zéro heure dix. Honteusement, en catimini, histoire de préserver l'illusion de démocratie. Le film n'a bien entendu bénéficié d'aucune promotion de presse de la part de France 5. Résultat, aucun article, aucun reportage, aucun son. Un lien avec Les Nouveaux chiens de garde ? Non vous dis-je !!!
Alors, pour que l'omerta ne soit pas complète, reste à vous tous de diffuser ce message, d'inciter tout un chacun de regarder sur France 5 ce jeudi 16 janvier à zéro heure dix, « Salariés sans frontières », de l'enregistrer et de le montrer autour de vous.
Merci à vous
Gilles Balbastre, co-réalisateur des Nouveaux chiens de garde
En résumé, le film porte sur la destruction du travail ouvrier dans la Grande région (Lorraine, Wallonie, Sarre) qui entoure le Luxembourg et le remplacement des ouvriers de la sidérurgie et des mines de fer par des salariés des services qui tous les matins partent dans le 2ème PIB par habitant du monde nettoyer les bureaux, garder les banques, servir les cafés des golden boys... Une force sociale relativement structurée autour de syndicats, de partis de gauche, organisée collectivement, a été ainsi supprimée et remplacée par une autre, celle-ci atomisée, seule, explosée dans ce coin d'Europe. Au bénéfice comme d'habitude de ceux, qui comme les De Wendel, ont toujours été soutenu politiquement pour amplifier encore et toujours plus leurs intérêts et leurs profits.

http://www.france5.fr/emission/salaries-sans-frontieres

 

 

 

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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 18:01

 

Source : tourdefrancedesalternatives.fr

 

Emmanuel Daniel

13/01/2014

 

Autonomie, émancipation et DIY au programme d’un collège rennais

 

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Nom de l'alternative : Collège Montessori
Ville : Le Rheu (35)
 
 
Visiter le site internet : http://www.college-montessori.org/
Un collège sans notes où les élèves sont "maîtres de leur apprentissage" et décident du règlement avec les professeurs... Non, il ne s'agit d'un rêve de soixante-huitard mais d'un établissement près de Rennes qui applique la pédagogie Montessori. Reportage.

« Il faut partir de ce qui fait sens pour l’enfant pour qu’il comprenne pourquoi il apprend ». Voilà comment Jacques-Olivier envisage l’école. Mais faute de trouver son bonheur dans l’Éducation nationale, ce père de famille à décidé de créer un collège près de Rennes en s’inspirant de la pédagogie alternative de Maria Montessori, une médecin italienne du siècle dernier. Depuis un an et demi, les 10 enseignants de ce collège écologique Montessori (dont 5 bénévoles) installé au Rheu près de Rennes mettent en pratique une « pédagogie active » basée sur les besoins et les rythmes de l’élève que Jacques-Olivier considère comme « un adulte en devenir intégré à la société ».

Et quand on pénètre dans le collège un vendredi matin, on comprend rapidement qu’il ne s’agit pas d’un établissement comme les autres. Comme chaque semaine, les 27 élèves sont rassemblés en cercle dans une pièce en présence d’un professeur pour  discuter ensemble de l’actualité, de leurs difficultés ou encore de leurs projets.

Parlement des élèves

Ce jour-ci, c’est l’organisation d’une sortie cinéma qui occupera le plus clair de la séance. Du choix du film au moyen de transport en passant par le démarchage des adultes accompagnateurs, les élèves gèrent tout par eux-mêmes. L’équipe pédagogique intervient en fin de processus pour valider ou non le projet. « On les laisse essayer et se tromper. L’erreur est une bonne amie de l’apprentissage », justifie Mélanie, professeur d’anglais en charge de l’encadrement de ces « assemblées des élèves ».

C’est Jordan*, élu modérateur du jour, qui est chargé de distribuer la parole tandis que le secrétaire de séance, lui aussi élu au début de l’assemblée, prend des notes. Et les discussions s’enchaînent dans un joyeux brouhaha. Une élève évoque l’astéroïde qui a frôlé la terre la nuit précédente, un autre d’origine hollandaise propose à ses camarades de faire une commande groupées de lettres en chocolat, tradition de noël dans son pays, tandis que deux de leurs camarades suggèrent l’instauration d’un défi lecture. « Ce soir, après les cours, j’apprends à coudre à ceux qui veulent », lance également Émilie, à la fin de la réunion.  Mais ce temps d’échange sert aussi à faire remonter les problèmes : « Ma mère n’est pas la tout le temps et c’est trop dur de réviser seul », explique timidement William. Pendant 2 heures, les collégiens, tous niveaux confondus, discutent et débattent ensemble et l’enseignante n’intervient que quand Florian, élu modérateur du jour, ne parvient pas à maintenir le calme.

« développer l’émancipation »

 

Pendant la première année, les cours se déroulaient dans une yourte, le temps de trouver des locaux en dur.

Pendant la première année, les cours se déroulaient dans une yourte, le temps de trouver des locaux en dur.

 

Et quand on demande aux jeunes ce qui différencie leur collège d’autres établissements, les réponses fusent : « Ici on peut tutoyer les profs », lance une élève. « Il y a 15 élèves par classe donc les professeurs nous donnent plus d’attention. Ça permet plus de débats. Vu qu’on est moins, on se connait mieux les uns les autres », ajoute sa voisine. Une proximité qui favorise les relations adultes/enfants : « On a plus confiance dans les professeurs. Ils cherchent à nous connaitre et à nous comprendre. Plutôt que de me dire de me taire, ils cherchent à savoir pourquoi je parle beaucoup », souligne un collégien. En outre, pendant les cours, l’accent est mis sur la pratique et sur les exemples concrets afin de donner du sens à l’apprentissage.

L’ambition de Jacques-Olivier est de « développer l’émancipation » des élèves en vertu du credo de Maria Montessori : « aide-moi à faire seul ». Outre l’absence de cantine qui pousse les élèves à amener leur nourriture et à faire leur vaisselle, c’est à eux de trouver le financement pour leurs sorties scolaires. « Pour leur voyage en Suède l’année dernière, ils ont décidé de vendre des tickets de tombola à prix libre. Mais avant d’en arriver là, il y a eu plein de calculs et de débats. Ils ont fait leur choix en conscience », se réjouit Mélanie. Un encouragement à l’autonomie que l’on retrouve dans le processus d’apprentissage. « Dans les autres collèges, on ferme sa bouche et on recrache nos leçons. Ici on va pas dire qu’on s’amuse mais on apprend pour notre vie après, pas pour les contrôles ou l’éducation nationale. On le fait pour nous, pas pour eux« , estime Jeanne. « On est maîtres de notre apprentissage », abonde Frida.

En effet, même si l’enseignement est basé sur le socle commun de l’éducation nationale, le rythme est aménagé en fonction des élèves. Une heure de « travail autonome » par jour permet aux collégiens de ne pas trop ramener de travail à faire à la maison. Chaque jour, des professeurs proposent trente minutes de « temps choisis » pour réexpliquer des notions ou refaire passer des évaluations à ceux qui le souhaitent. Les frontières entre les niveaux sont également plus poreuses qu’ailleurs. Les collégiens sont divisés en deux classes (6è-5è et 4è-3è) mais peuvent occasionnellement naviguer entre les niveaux comme l’explique Jacques-Olivier :

« Les choses ne sont pas cloisonnées. Nous avons un élève de 4ème qui a pris un cours d’anglais avec les 6ème car il s’est rendu compte que ça lui ferait du bien. Le travail de l’éducateur est d’accompagner l’élève dans cette démarche. Et ça marche dans l’autre sens. Nous avions un élève de 6ème qui a passé le brevet de français pour s’entraîner car il était doué »

Pas de notes

Le système d’évaluation est également atypique. A part pour les 3ème, les élèves de reçoivent pas de notes mais s’auto-évaluent avec l’aide des professeurs. Pour chaque notion ou compétence, ils précisent : « acquis », « non-acquis », « en cours d’acquisition ». Pour Mélanie, cette méthode est « plus précise » que la notation de l’éducation nationale. Ça a plus de sens de pouvoir dire ‘je sais conjuguer le verbe être en anglais’ plutôt que ‘j’ai 12/20″, estime cette enseignante.

 

Pour lutter contre l'omniprésence de la compétition, l'école favorise la coopération entre les élèves, pendant les cours mais aussi lors des activités sportives

Pour lutter contre l’omniprésence de la compétition, l’école favorise la coopération entre les élèves, pendant les cours mais aussi lors des activités sportives.

 

Pour autant, Mélanie précise que « ce n’est pas de l’apprentissage libre. On ne peut le faire qu’avec des enfants qui sont habitués à l’autonomie, hors beaucoup d’entre eux ne sortent pas d’écoles alternatives et ça se sent. L’autonomie, ça prend du temps. Pendant les assemblées du vendredi, je ne devrais pas intervenir du tout », fait-elle valoir. Cette professeur qui se définit comme « assez autoritaire » évoque le « besoin de replacer la distance de temps en temps. On n’oublie pas que ce sont des ados mais on essaie de leur faire de plus en plus confiance », précise-t-elle. Ainsi, l’équipe pédagogique a fait le choix de décider de la plupart des règles de vie à l’intérieur de l’école avec les élèves.

Ce laxisme apparent vaut à l’établissement d’être qualifié dans la presse d’école de la dernière chance. Un description que Mélanie réfute : « ce type de pédagogie demande plus de travail. On demande aux élèves de comprendre et pas seulement d’apprendre. On attend d’eux qu’ils soient autonomes et se prennent en charge ». Pour autant elle reconnait qu’il y a des « mômes qui ont des sacrés souffrances liées à l’école. C’est fou comme l’école peut faire mal. Ici on les voit progresser, s’épanouir, être contents de venir à l’école. Et quand le bulletin arrive, ce n’est plus la crise à la maison ».

Trop de libertés ?

La plupart des élèves interrogés vantent les mérites de cette pédagogie et ils sont nombreux à affirmer avoir repris goût à l’école, à l’apprentissage et gagné en confiance en eux. Néanmoins, tous les élèves n’apprécient pas cet afflux de liberté et de nouveauté. « J’aimerais avoir des notes et une moyenne, ça me permettrait de mieux juger mon niveau », confie un élève de 5ème arrivé à la rentrée. Pour certains, les règles ne sont « pas assez strictes ». « Vu qu’il n’y a pas obligation de faire le travail, ça décourage les autres », argue une fillette.

Et même si Jacques-Olivier espère « apporter la pédagogie Montessori au plus grand nombre », il admet que des « élèves s’épanouiront mieux dans le système classique ». Il insiste cependant pour que parents et enfants puissent « avoir le choix », ce qui n’est pas le cas aujourd’hui selon lui. « L’idée est que chaque élève a des compétences particulières qu’on n’apprend pas à exploiter, résume-t-il. Mon envie est de développer les super pouvoirs de chacun ».

L’émancipation a un prix

En tant que collège privé hors contrat, le collège Montessori du Rheu ne reçoit pas d’aides de l’État et doit compter sur le mécénat et sur les frais d’inscription versés par les parents pour assurer le quotidien. Ceux-ci s’acquittent d’une somme allant de 100 à 500 € par mois en fonction du quotient familial. Pour permettre aux parents modestes de scolariser leurs enfants dans l’établissement, Jacques-Olivier réfléchit un moyen d’impliquer les parents dans le fonctionnement de l’école afin « datténuer le prix de l’inscription », explique Jacques-Olivier.

Jusqu’alors, le collège n’est pas encore arrivé à l’équilibre financier. Pourtant, ils bénéficient d’un loyer à prix modéré concédé par la municipalité. En outre, le Conseil d’administration est totalement bénévole ainsi qu’une partie des professeurs et les parents sont mis à contribution, notamment pour encadrer des activités extra-scolaires. En attendant de fêter ses 5 ans et ainsi de passer sous contrat avec l’État qui couvrirait une partie de la masse salariale, l’équipe d’encadrement recherche toujours des financements pour boucler l’année en cours et permettre aux élèves de continuer d’expérimenter l’école autrement.


*Les prénoms des élèves ont été modifiés

Emmanuel Daniel
13/01/2014
Cet article est libre de droits. Merci cependant de préciser le nom de l’auteur et un lien vers l’article d’origine en cas de republication

 

 


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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 17:47

 

Source : www.reporterre.net

 

Monsieur le Président, si vous ne faites rien, je recommence !

Yvan Gradis

lundi 13 janvier 2014

 

 

 

 

Face à l’écrasement publicitaire et à la quasi impunité dont jouissent les affichages illégaux, les associations de résistance à l’invasion publicitaire interpellent le Président de la République pour lui demander d’agir. Sinon, Yvan Gradis reprendra ses "barbouillages".

 


 

Monsieur le Président de la République,

J’ai ouï dire, de source autorisée, que les pouvoirs exécutif et législatif ne sont pas prêts à refaire une beauté à la France, je veux dire à la débarrasser de la première cause de laideur : la surpublicité - la publicité, qui n’est pas un mal en soi, s’est muée dans la réalité en maladie de peau, ou de paysage.

De cette démission politique, je ne veux pour preuves, côté exécutif, que le silence opposé par le ministre de l’Écologie à une lettre envoyée il y a six mois par l’association agréée Paysages de France, dermatologue ou esthéticienne par excellence de notre pays (à son actif, peu ou prou dix mille panneaux publicitaires éliminés, cinquante neuf condamnations de l’État au tribunal administratif pour carence des préfets) ; côté législatif, la léthargie parlementaire devant les mauvais coups fomentés par le groupe de pression des afficheurs (un seul exemple : la disparition d’immeubles entiers sous des bâches publicitaires sans autre limite que la façade elle-même ; au
fait, à quand le tour de l’Élysée ?…).

Reste le pouvoir judiciaire, lequel m’a gâté, le 25 mars 2013 en inspirant à la présidente du tribunal correctionnel de Paris de nous relaxer, mes cinq compagnons du Collectif des déboulonneurs et moi, au nom de l’état de nécessité, pour un barbouillage de panneaux publicitaires, relaxe à ce point significative que le parquet, inspiré ou non par la garde des Sceaux amie de notre collectif, n’a pas fait appel.

Conscient de l’avancée « historique » constituée par ce jugement, j’avais, dès sa proclamation, décrété solennellement dans le prétoire une trêve d’un an dans mon activisme antipublicitaire (soixante-et-un barbouillages, quarante-sept conduites au poste, une garde à vue de vingt heures, sept procès correctionnels, quatre condamnations, deux relaxes dont une définitive). Pourquoi un an ? Un an suffit à changer le monde, a fortiori la France, quand volonté politique il y a.

À trois mois de la fin de ma trêve (25 mars 2014), le constat est malheureusement celui par lequel j’ai commencé ma lettre : absence totale de volonté politique. Trois mois qui vous restent, Monsieur le Président, pour me dissuader de repasser à l’acte - ce que je ferai à condition d’être entouré d’au moins cent personnes, barre symbolique à mes yeux de la légitimité de notre cause.

 

 

J’aurais pu vous prendre en traître et vous mettre devant le fait accompli de mon retour au barbouillage. Mais l’esprit de désobéissance civile qui m’anime depuis
l’invention, au tournant du siècle, de ce mode d’action non-violent à visage découvert m’oblige à vous prévenir. En échange de ma… civilité donc, je vous saurais gré de m’indiquer les dispositions qui pourraient...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

Source : www.reporterre.net

 

 

 

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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 17:19

 

 

Source : www.reporterre.net

 

"Le revenu de base rend obsolètes les idées de plein-emploi et de croissance"

Entretien avec Stanislas Jourdan

lundi 13 janvier 2014

 

 

 

Mardi 14 sera le dernier jour de l’initiative citoyenne européenne sur le revenu de base : ce système vise à distribuer un même revenu à chacune et chacun. C’est le moyen d’une nouvelle politique fiscale et écologique, explique Stanislas Jourdan, un des animateurs de cette initiative.

 


 

Stanislas Jourdan est un des responsables du mouvement français pour un revenu de base, et coordinateur en France de l’Initiative citoyenne européenne « Basic income » qui arrive à échéance mardi 14 janvier. Il revient pour Reporterre sur les enjeux d’un tel projet, malgré l’échec de la récolte des signatures.

 

- Stanislas Jourdan -

 

Reporterre - L’initiative citoyenne européenne (ICE) parle d’un « revenu de base inconditionnel » : de quoi s’agit-il ?

Stanislas Jourdan - Le revenu de base est l’idée qui convient de donner à chaque individu d’une société un revenu, sans condition, de la naissance à la mort, afin de lui permettre de subsister. Quatre critères définissent le revenu de base : il doit être universel – il est distribué à tous les membres d’une même communauté politique sans distinction –, individuel – il est attaché à chaque être humain et n’est pas lié à la situation personnelle, il ne dépend pas du ménage, de la vie en concubinage ou du nombre d’enfants –, inconditionnel – il ne fonctionne pas avec une quelconque contrepartie –, et suffisant, pour assurer une existence dans la dignité et une participation dans la société. Il est parfaitement cumulable avec d’autres revenus ; le revenu de base est d’abord un droit humain fondamental et inaliénable.

 

Revenu de base, revenu social garanti, revenu minimum d’existence, revenu de citoyenneté, allocation universelle, dotation inconditionnelle d’autonomie… Le concept est théorisé sous plusieurs noms différents. Pourquoi ?

Il y a une définition générique, mais il existe plusieurs conceptions du revenu de base, des approches néolibérales comme des approches sociales. On peut défendre le revenu de base pour des raisons administratives et fiscales, avec l’idée de simplifier le système des aides, tandis que d’autres considèrent que c’est un moyen de le rendre plus juste et plus équitable. Il y a une vision commune de l’outil, mais le projet politique qui le porte peut être très différent.

 

De nombreux écologistes défendent cette mesure. En quoi est-ce un instrument écologique ?

Dans la perspective écologiste qui nous fait comprendre que l’on consomme et travaille trop, le revenu de base pose des questions essentielles. Celle de la qualité de vie au travers de la réduction du temps de travail, par exemple. Aujourd’hui, dans la logique du plein-emploi, on brime complètement le temps de réflexion, le temps d’agir, le temps de s’engager… Les gens n’ont plus le temps de se réapproprier les simples choses de la vie : faire le marché, cultiver un jardin, etc. Le revenu de base est un outil pour permettre à chacun de mieux arbitrer ses choix de vie. Est-ce qu’on veut vraiment travailler quarante heures par semaine ? Si j’avais un revenu garanti, est-ce que je ne privilégierais pas plus ma vie de famille ? Est-ce que j’accepterais plus une forme de simplicité volontaire ?

Le revenu de base permet également de rendre socialement viable les taxes écologiques, avec l’idée d’une tarification progressive sur l’énergie par exemple. Aujourd’hui, on dit qu’il faut que l’essence coûte plus cher pour que les gens consomment moins de pétrole. Dans la réalité, sans revenu de base, cela peut être antisocial : les gens qui prennent leur voiture tous les matins pour aller à l’usine en seront les premières victimes. Pourtant, il faudra bien parvenir à intégrer le coût environnemental dans le prix des ressources. Le revenu de base permet de lever ce dilemme en garantissant à tous l’accès aux besoins de première nécessité. Chacun peut se payer les premiers litres d’énergie essentiels, mais ceux qui en consomment trop paieront ensuite véritablement plus chers qu’aujourd’hui, à travers les tarifs progressifs. C’est très proche de l’idée d’un droit de tirage sur l’énergie ou l’eau, sauf qu’il est infiniment plus simple – administrativement parlant – de donner ce droit de tirage en monnaie sonnante et trébuchante. Le revenu de base est ainsi la clé de voûte pour une politique écologiste.

 

Quel est l’objectif de cette initiative citoyenne européenne ?

On défend un revenu de base suffisant, c’est-à-dire au-dessus du seuil de pauvreté tel que défini par l’Union Européenne comme 60% du revenu médian – soit à peu près 900 euros en France. Mais il faut plutôt le voir comme un indicateur ; cette initiative cherche d’abord à créer une dynamique et à interpeller l’opinion publique. L’objectif premier est de demander à l’Union européenne de s’emparer du sujet, qu’elle fasse des expérimentations et lance des études pour savoir comment financer un tel revenu, comment il s’harmoniserait en Europe, etc. On ne prend pas position sur un montant précis de revenu.

 

 

Cela paraît pourtant une question importante

Le problème dans le débat sur le revenu de base, c’est l’illusion du montant : quatre cents euros, c’est mal, mille Euros, c’est bien. C’est un écueil parmi de nombreux partisans du revenu de base. Il peut y avoir des revenus de base à mille euros qui ne soient pas progressistes, s’ils sont par exemple financés majoritairement par la TVA. A l’inverse, il peut y avoir des revenus de base à quatre cents ou cinq cents euros qui, s’ils ne sont pas « sexy » au premier abord, s’avèrent intelligemment construits, de sorte à ce que les gens en dessous du seuil de pauvreté y gagnent sans non plus alourdir les prélèvements sur les classes moyennes… L’enjeu n’est pas tant sur le montant que sur ce qui le finance, mais sur ce que le revenu de base remplace ou non. Est-ce qu’on touche aux allocations chômage ? à la retraite ? On ne veut pas d’un revenu de base qui remplace la sécurité sociale. Cela doit être complémentaire. Le revenu de base ne doit pas remplacer l’Etat-Providence, il doit le rendre émancipateur. Fondamentalement, le revenu de base pose la question de la réforme fiscale, en soulignant les injustices actuelles du système et en proposant de meilleures alternatives.

 

Comment le financer ?

On sait aujourd’hui en France financer un revenu de base de quatre cents euros minimum. C’est la thèse de Marc de Basquiat, un économiste, qui montre que, derrière la complexité du système fiscal français, il existe déjà de fait un revenu de base de quatre cents euros, avec les différentes aides comme le RSA, mais également avec les aides « invisibles », comme les exonérations de charge.

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

*Pour signer la pétition


 

Source : www.reporterre.net

 

 

 

 

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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 16:53

 

 

Source : www.mediapart.fr

 


Les manifestants de l'opposition tentent de bloquer Bangkok

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

 

Les dizaines de milliers de manifestants rejettent l'organisation d'élections anticipées en février et continuent de réclamer le départ de la première ministre Yingluck Shinawatra.

Les opposants thaïlandais ont lancé ce lundi une nouvelle opération de « paralysie » de Bangkok, occupant plusieurs intersections clés de la capitale, pour obtenir la démission de la première ministre Yingluck Shinawatra.

« Nous menons notre révolution populaire, nous n'appelons personne à faire un coup d’État », a assuré en tête de cortège le meneur des chemises jaunes, Suthep Thaugsuban, responsable de la répression des chemises rouges, actuellement au pouvoir, lorsqu'il était membre du gouvernement pendant les contestations de 2010.

Pour mettre fin à la crise, Yingluck Shinawatra a annoncé, mi-décembre, des élections législatives anticipées pour le 2 février, que l'opposition a annoncé boycotter. Les manifestants accusent Yingluck Shinawatra de préparer, lors de ces élections anticipées, le retour de son frère, l'ex-chef de gouvernement Thaksin Shinawatra, en exil suite au coup d'État qui l'a poussé en exil 2006. En lieu et place de ces nouvelles élections, et d'un changement factice de la classe politique, les chemises jaunes ont annoncé vouloir remplacer le gouvernement par un « conseil du peuple » non élu.

Depuis le début des affrontements en décembre, au moins huit personnes ont trouvé la mort et quelque 400 autres ont été blessées en marge des manifestations.

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 

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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 16:35

 

Source : www.lemonde.fr

 

Allemagne : ouverture d'un débat sur la durée de travail des parents

Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 10.01.2014 à 11h53 • Mis à jour le 10.01.2014 à 15h14

 
 

 

"Il est toujours difficile de trouver un équilibre entre le travail et la vie familiale mais il faut faciliter la vie des familles en Allemagne", affirme Manuela Schwesig.

 

La nouvelle ministre de la famille allemande, Manuela Schwesig, propose que le temps de travail des parents de jeunes enfants soit réduit à 32 heures par semaine, afin de mieux concilier vie professionnelle et vie familiale, dans un entretien au quotidien économique Handelsblatt vendredi.

La ministre, qui vient d'entrer dans le nouveau gouvernement de coalition d'Angela Merkel, affirme vouloir « faire progresser la compatibilité du travail avec la famille pour les deux parents », alors qu'en Allemagne beaucoup de femmes n'ont pas d'enfants pour continuer à travailler ou renoncent à travailler dès qu'elles deviennent mères.

Le manque à gagner pour les entreprises « pourrait être compensé en partie par la fiscalité » a ajouté la ministre, dans une autre interview à Bild. Le journal populaire cite une étude de l'institut économique DIW chiffrant à 140 millions d'euros le surcoût d'une telle mesure pour le budget de l'Etat.

 

 CHANGER LA CULTURE DU TRAVAIL

Le député conservateur Michael Fuchs a jugé, dans Bild, une telle mesure non finançable, tandis que la fédération allemande des chambres de commerce et d'industrie a estimé dans le journal régional Passauer Neuen Presse que les aménagements de temps de travail « devaient être trouvés au sein des entreprises » et non par une législation. Joachim Pfeiffer, porte-parole de la CDU pour l'économie, juge que le fait de contraindre les entreprises à payer à plein temps des salariés effectuant un temps partiel serait une « attaque contre la compétitivité de l'économie allemande ».

« L'économie doit devenir plus flexible et offrir de bonnes chances de carrière aussi aux parents qui réduisent leur temps de travail pour leur famille », insiste Manuela Schwesig, appelant de ses vœux « une culture du travail dans laquelle les pères qui décident de passer plus de temps avec leur famille ne fassent pas sourire ou ne soient pas regardés de travers ».

Deux hauts responsables sociaux-démocrates allemands ont récemment mis en avant leur volonté de davantage s'occuper de leurs enfants pour expliquer des choix professionnels. Le vice-chancelier et donc numéro deux du gouvernement, Sigmar Gabriel, a ainsi décidé de réserver son mercredi après-midi à sa fille. Quant à Jörg Asmussen, il a mis en avant des raisons familiales dans son choix de quitter son poste au directoire de la Banque centrale européenne (BCE) à Francfort, pour devenir secrétaire d'Etat dans le nouveau gouvernement et voir de nouveau quotidiennement ses deux jeunes enfants qui vivent à Berlin.

Lire (édition abonnés) : France et Allemagne face au défi commun du vieillissement

 

Source : www.lemonde.fr

 

 

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