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15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 19:52

 

 

 

A Niîmes : Samedi 18 janvier : nouvelle action d’appel à boycott d’Unilever en soutien aux salariés de FRALIB (Thé l’Eléphant) : besoin de monde !
Rendez vous dans la galerie marchande de Geant Casino (Carré Sud) au bar qui se trouve près de la fontaine, à 14h30... l'action finira vers 16h30

- Note perso : Si vous avez, prenez un jeton de caddy et pourquoi pas un chapeau pour mettre un tract ou autres moyens pour se rendre visible :-)

Soutien aux salariés de Fralib de Gémenos. Attac sera sur la piste des éléphants !

A l’appel des Fralib, le samedi 18 janvier 2014 est la seconde journée de mobilisation contre le groupe Unilever.
Avec les Fralib, Attac s'engage pour libérer l'Eléphant !
Des représentant-e-s du mouvement social, politique et intellectuel ont décidé, en accord avec les salariés de Fralib (à Géménos près de Marseille), de lancer un appel à la mobilisation citoyenne le samedi 18 janvier prochain dans les supermarchés de France pour populariser l'appel au boycott de Fralib.
Il s'agit de contraindre par la pression citoyenne la multinationale Unilever à rendre possible le lancement du projet de SCOP (coopérative de production) élaboré par les salariés de Fralib. Concrètement, les Fralib demandent de pouvoir récupérer la marque Eléphant (abandonnée par Unilever). 
Après le succès de la journée du 7 décembre, une nouvelle action (en cours de préparation) se déroulera dans un supermarché de Nîmes le samedi 18 janvier à partir de 14h30 (prévoir 2 heures environ).
Merci aux personnes intéressées de se faire connaître : nimes (at) attac.org 
Nous avons besoin de monde pour cette action nécessaire et conviviale : n'hésitez pas à vous joindre à l'évènement !
Pour plus d’informations et pour voir les marques du groupe Unilever à boycotter: 

 

https://blogs.attac.org/liberez-l-elephant/article/le-samedi-18-janvier-nouveau> Los Fralibos - les salariés de Fralib chantent leur lutte :

 

 

 

 

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14 janvier 2014 2 14 /01 /janvier /2014 18:29

 

Source : www.mediapart.fr

 

Wall Street : 50 milliards de dollars pour annuler les poursuites

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

Les banques de Wall Street impliquées dans la crise des subprimes pourraient accepter de payer des amendes au trésor américain afin de mettre fin aux poursuites du ministère public.

Les banques de Wall Street seraient prêtes à payer près de 50 milliards de dollars pour faire cesser les investigations des autorités fédérales concernant leur rôle dans la crise des subprimes, selon une information du New York Times.

Selon le quotidien américain, la pression sur 16 banques impliquées dans la crise a fortement augmenté après que la banque JP Morgan a conclu en novembre, avec le ministère public, un accord l'obligeant à payer 13 milliards de dollars d'amende pour solder une série de litiges dus à la crise immobilière, inquiétant plusieurs responsables d'autres établissements bancaires.

Si les banques transigeaient avec le ministère public, Bank of America pourrait payer 11,7 milliards de dollars de pénalité, Goldman Sachs, 3,4 milliards de dollars et Morgan Stanley, 3 milliards de dollars. La Royal Bank of Scotland, dont l'État britannique est actionnaire majoritaire, devrait quant à elle régler aux alentours de 10 milliards de dollars d'amende.

 

Lire la suite sur le site du New York Times

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

 


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14 janvier 2014 2 14 /01 /janvier /2014 18:09

 

 

Source : www.mediapart.fr

Hollande: cap sur le néolibéralisme

|  Par Laurent Mauduit

 

 

 

À la veille de la conférence de presse de François Hollande, au cours de laquelle il doit détailler de nouveaux cadeaux pour les entreprises, beaucoup de médias disent de sa politique économique qu'elle est « sociale-libérale ». Mais c'est un abus de langage. Car la politique menée n'a pas grand-chose de social.

Depuis que François Hollande a annoncé au soir du 31 décembre, lors de son allocution télévisée pour présenter ses vœux aux Français, qu’il comptait prochainement proposer aux entreprises un « pacte de responsabilité » avec, à la clef, des allègements massifs de cotisations sociales en contrepartie d’engagements sur le front de l’emploi, c’est devenu le quiz favori de nombreux médias : mais quelle est donc la politique économique suivie par le chef de l’État ? Et quelle est son inspiration ? Le chef de l’État lui fait-elle prendre un tournant, à la manière du « virage de la rigueur » des années 1982-1983 ? Et si tournant il y a, comment faut-il donc le baptiser ?

On objectera, certes, que dans le contexte social présent, ces jeux sémantiques n’ont qu’un intérêt limité. Car pour une grande majorité de Français – les quelque 5,5 millions (toutes catégories confondues) qui sont au chômage (les chiffres sont ici), les quelque 10 millions qui vivent sous le seuil de pauvreté ; les 50 % des Français qui disposent d’un revenu inférieur à 1 630 euros par mois (les chiffres sont là) et dont le pouvoir d’achat est en fort recul depuis deux ans –, cette controverse peut apparaître un tantinet surréaliste. À quoi bon disserter sur la doctrine économique des socialistes – si tant est qu’ils en aient une – puisque, de toute façon, l’important, ce sont les retombées de cette politique ? Et ces retombées, les Français savent pertinemment qu’elles sont socialement désastreuses.

On objectera également qu’il est périlleux de chercher une cohérence à cette politique économique pour une autre raison majeure : rarement depuis les débuts de la Ve République, l’exécutif n’aura semblé aussi à la dérive. Impréparation, amateurisme, réformes bâclées, incompétence : on ne connaît pas, dans la période contemporaine, de pouvoir en France qui se soit aussi vite montré à ce point inconsistant ou incohérent. Alors, on se prend à penser que ce serait donner à l'action du gouvernement un crédit qu’elle n’a pas que de vouloir l’inscrire dans une doctrine économique. Cette politique économique est d’abord désordonnée, patouilleuse, brouillonne.

Il n’empêche que, malgré ce grand désordre, malgré ce climat politique sans précédent qui, alimenté par des affaires à répétition et tout autant de couacs désastreux, s’apparente à celui d’une crise de régime permanente, les mesures économiques, aussi mal préparées soient-elles, finissent par s’inscrire dans une logique, toujours la même. Et cette logique-là, il n’est pas absurde de s’appliquer à comprendre ce qu’elle est. Alors, même avec précaution, participons à notre tour au quiz en vogue, et appliquons-nous à qualifier cette politique économique.

Serait-elle donc réformiste ? Ou l’aurait-elle été, au moins dans les premiers mois du quinquennat ? La réponse ne fait guère de doute : ce ne fut le cas à aucun moment, pas même dans les premières semaines après l’accession de François Hollande à l'Élysée. Et c’est sûrement le signe distinctif majeur de ce pouvoir socialiste, par rapport à tous ceux qui l’on précédé. Si en 1936, poussé par la grève générale, le gouvernement de Léon Blum a pris des mesures progressistes, avant de rendre les armes face aux « 200 familles », et de « capituler face aux banques », selon la formule du socialiste de gauche Marceau Pivert ; si le gouvernement de Pierre Mauroy a cherché à conduire en 1981 une politique de gauche, avant de se fracasser contre le mur de la contrainte extérieure, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, lui, a rendu les armes dès le premier jour, s’il n’est pas passé avec armes et bagages dans le camp d’en face.

Que l’on veuille bien faire la liste de tous les reniements, des abandons, des promesses bafouées ! L’histoire de ce pouvoir socialiste se résume à celle des déceptions qu’il a suscitées dans son propre camp. De l’austérité budgétaire et salariale jusqu’au « choc de compétitivité », qui a apporté 20 milliards de crédit d’impôt aux entreprises, en passant par le relèvement de l’impôt le plus injuste qu’est la TVA, la trahison des ouvriers de Florange, l’accord de flexibilité du travail, le renoncement à la « révolution fiscale » ou à la partition des banques…, tout s’est fait à rebours de ce que François Hollande avait promis. Il s’était engagé à faire de la finance son ennemi ; il l’a servie avec servilité ! Et c'est en cela qu'on peine à relever un soi-disant virage dans la politique du chef de l'État (lire La duperie de François Hollande).

Pas une seule mesure de gauche !

C’est même encore plus stupéfiant que cela : depuis l’alternance de 2012, est-il possible d’identifier une seule mesure économique dont on puisse dire qu’elle est clairement de gauche ? Disons-le ! Nous n’en trouvons aucune – sauf le mariage pour tous, qui ne relève pas de la politique économique. Non, aucune ! Pas la moindre ! En 1988, sur la pression notamment de Pierre Bérégovoy, le gouvernement socialiste est déjà happé par des logiques libérales – mais en contrepoint, l’équipe au pouvoir a le courage d'engager de grandes réformes, comme celle de l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) ou du Revenu minimum d’insertion (RMI). En 1997, Lionel Jospin est lui-même emporté par ces mêmes logiques libérales – mais il pilote envers et contre tout quelques réformes dont l’inspiration est clairement à gauche – comme le très spectaculaire durcissement de la fiscalité de l’épargne. Mais en 2012, rien de tel ! D’emblée, François Hollande tourne casaque. Réformiste, le chef de l’État ne l’a donc pas été un seul instant. Adepte de la transformation sociale, encore moins !

Et ce n’est pas le nouveau plan d’allègement des cotisations sociales au profit des entreprises que François Hollande va détailler, mardi 14 janvier, lors de sa conférence de presse, qui va changer quoi que ce soit à ce diagnostic. C’est même tout l’inverse ! On aurait pu penser qu’après cette accumulation de mesures en faveur des entreprises, le chef de l’État allait marquer une pause. Eh bien, non ! C’est comme une course folle. Comme de juste, les milieux d’affaires sont ingrats et, maugréant sans cesse, en demandent toujours davantage ; et François Hollande s’empresse de les satisfaire, encore et encore. Au-delà de ce que la situation des finances publiques peut supporter ; bien au-delà, surtout, de ce que l’équité sociale devrait permettre…

À la différence de 1988 ou de 1997, il n’y a pas même quelques mesures, économiquement sans enjeu mais symboliquement fortes, pour donner un sentiment d'équilibre. Dans le cas de l’ISF, par exemple – un impôt-croupion dont la fonction n'est précisément que symbolique –, François Hollande a ainsi préservé une bonne partie des mesures de défiscalisation prises par Nicolas Sarkozy, avec en particulier le maintien à 1,3 million d’euros du seuil de déclenchement, et l’instauration d’un mécanisme de plafonnement qui est encore plus avantageux que le célèbre « bouclier fiscal » (lire ISF : le Conseil constitutionnel censure le bouclier fiscal). Des avantages fiscaux scandaleux au profit des plus grandes fortunes, qui devaient être abrogés, comme ceux portant sur la défiscalisation dans les DOM-TOM, ont aussi été maintenus, en violation des promesses de campagne…

Se refusant à agiter ne serait-ce que quelques petites mesures économiquement sans enjeu mais politiquement fortes, François Hollande n’a donc jamais pris le soin de parler à son camp. Avec désinvolture, il lui a tourné le dos.

Il nous faut donc passer à une deuxième hypothèse : s’il n’est pas réformiste et s’il ne l’a même jamais été, ce pouvoir socialiste serait-il donc social-démocrate ou social-libéral ?

Pour parvenir à répondre à la question, encore faut-il se mettre d’accord sur ce que les qualificatifs veulent dire. Car trop souvent, certains observateurs, qui ignorent les méandres complexes de l’histoire de la gauche ou l’histoire de ce qu’en d’autres temps on appelait le mouvement ouvrier, affublent les dirigeants socialistes du vocable de « sociaux-démocrates » juste pour signaler qu’ils ne sont pas franchement de la « première gauche », et qu’ils sont même assez nettement ancrés à droite. Ce qui n’est pas très approprié, car à l’origine, la social-démocratie est l’un des grands courants du mouvement ouvrier, dont la SFIO est la section française, le SPD la section allemande ou encore le Parti ouvrier social-démocrate (POSDR) la section russe, avec dans chacun de ces partis, à la veille de la Première Guerre mondiale, des courants de gauche, pacifistes et révolutionnaires parmi lesquels les bolcheviks en Russie, et des courants très droitiers. Laissons donc de côté cette formule de social-démocrate, qui n’est pas appropriée et explorons celle de « social-libéral » qui, dans les temps présents, a plus de succès et est fréquemment évoquée pour qualifier la politique économique de François Hollande.

C’est à la fin des années 1990, sous le gouvernement de Lionel Jospin que ce qualificatif de « social-libéralisme » a fait florès en France. À l’époque, les hiérarques socialistes, et tout particulièrement Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn, étaient engagés dans une compétition pour imiter le mieux possible le Britannique Tony Blair. C’était même entre eux l’objet d’une bataille permanente. Il faut ouvrir le capital d’EDF, disait ainsi le premier ; il n’y aurait même rien de sacrilège à envisager la pure et simple privatisation du service public de l’électricité, surenchérissait le second. Et ainsi de suite, dans une surenchère sans fin, jusqu'à la défaite calamiteuse de Lionel Jospin, devancé par Jean-Marie Le Pen, lors du premier tour de l'élection présidentielle.

Les incessantes galipettes de Laurent Fabius

Mais dans ce concept de « social-libéralisme », il n’y avait pas que l’idée sous-jacente d’une dérive libérale de certains courants de la social-démocratie. Si le vocable de « social » était accolé à celui de « libéralisme », c’était, dans l'esprit de ses promoteurs, pour signaler l’ambition de cette nouvelle politique économique. Une ambition reposant sur l’idée d’un échange ou d’un troc, proposé au monde du travail : accepter plus de marché, accepter même de renoncer à certaines conquêtes sociales ; mais pour obtenir d’autres assurances sur le front de l’emploi ; ou même d’autres protections ou garanties sociales, plus adaptées à notre époque…

Or, quiconque examine de près la politique économique impulsée par François Hollande, et défendue par ses ministres, en arrive vite à la conclusion que ce qualificatif de « social-libéral » est impropre. Car, on voit bien ce qu’il y a de « libéral » dans les mesures annoncées au fil des mois par le gouvernement. Mais où est le « social » ? On a beau le chercher, impossible de le dénicher !

En veut-on une illustration, il suffit de lire le récent entretien que le ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, a accordé jeudi 9 janvier aux Échos. Piétinant allégrement les plates-bandes du ministre des finances Pierre Moscovici, le patron du Quai d’Orsay évoque la politique économique française, et ce qu’il dit ne le distingue en rien – pas même dans la forme – de ce que pourrait dire un hiérarque de l’UMP. Baisse des impôts, baisse drastique de la dépense publique, priorité absolue à la compétitivité des entreprises : il n’y a pas même une formule pour donner un tout petit accent de gauche à tout cela, ou seulement un semblant d’équilibre. Sans doute y a-t-il une bonne part de cynisme. L'ultralibéral Laurent Fabius de la fin des années 1990, qui avait fait amende honorable dans le milieu des années 2000 et avait même pris des accents gauchistes pour appeler à voter non au Traité européen, fait aujourd'hui une nouvelle embardée, sans jamais ressentir le besoin de se justifier sur ces incessantes galipettes doctrinales.

Mais quand on rentre dans le détail de la politique économique choisie par François Hollande, le constat est le même : le gouvernement s’est concrètement toujours bien gardé de proposer un véritable échange au monde du travail. Ou cela a toujours été un marché de dupes. Si l’on prend l’accord dit de « fléxi-sécurité » que François Hollande a parrainé et que les partenaires sociaux (ou du moins quelques-uns) ont signé voilà un an, le 11 janvier 2013, on sait ce qu’il en a été. L’accord a grandement accru la flexibilité au détriment du monde du travail et a démantelé des pans entiers du Code du travail et notamment du droit du licenciement. Mais, en contrepartie, les mesures de compensation qui ont été offertes ont été dérisoires sinon même… illusoires.

Dans le cas du « choc de compétitivité », le gouvernement n’a pas même voulu que les 20 milliards d’euros offerts aux entreprises sous la forme de crédit d’impôt soient réservés aux entreprises qui prennent des engagements en termes d’investissement ou d’emploi. Cette idée d’aides sous condition a été beaucoup défendue par de nombreux députés socialistes qui craignaient non sans raison que les entreprises, sans cela, ne mettent l’argent dans leur poche sans investir ni embaucher voire augmentent les dividendes de leurs actionnaires. Mais le gouvernement n’a rien voulu entendre et a souhaité que ces aides colossales soient accordées sans contrepartie. Pierre Moscovici a même ajouté : et même « sans contrôle » ! (Lire Ce que révèle le tango d'amour Gattaz-Moscovici.)

Pourquoi faudrait-il donc qualifier ce « choc de compétitivité » de « social-libéral » ? C’est à l’évidence un abus de langage. Il est libéral mais pas social pour un sou.

Et ce qui a été vrai du « choc de compétitivité » risque de l’être tout autant du « pacte de responsabilité » pour les entreprises que François Hollande va détailler ce mardi. Car on a compris que le chef de l’État va annoncer de nouvelles baisses de cotisations sociales au profit des employeurs et qu’il compte du même coup les inviter à embaucher davantage. Mais rien ne dit qu’il y aura la moindre contrainte ou le moindre échange dans le pacte. François Hollande espère que les futurs allègements de cotisations sociales auront un effet sur l’emploi, mais il n’y aura pas de « donnant-donnant ». Que l'on se souvienne du malencontreux précédent de 1984: à l'époque, Yvon Gattaz (le père de Pierre), président du Medef avait demandé à la puissance publique de créer ce qu'il avait appelé sans trop de gêne des « Enca » - pour « emplois nouveaux à contraintes allégées » – en promettant que le patronat créerait pas loin de 471 000 (sic!) emplois nouveaux si des mesures d'assouplissement du code du travail étaient prises, conjuguées à des mesures d'allégements de cotisations sociales (on en trouve trace ici). Accédant au pouvoir en 1986, la droite avait accédé à ses demandes, et pris de nombreuses mesures de déréglementation, dont la suppression de l'autorisation administrative préalable aux licenciements, jusque-là délivrée par l'inspection du travail. Mais les emplois nouveaux promis n'ont jamais vu le jour.

Faudrait-il donc que l'histoire bégaie et que l'entourloupe d'Yvon Gattaz, président du Medef, soit répétée par son fils, Pierre Gattaz, président du Medef ? C'est cela qu'accepte par avance François Hollande avec son « pacte de responsabilité », alors même qu'il sait, instruit par cette promesse passée, qu'il s'agit encore une fois d'un marché de dupes. En clair, il n’y aura peut-être aucun effet sur l’emploi mais seulement des effets d’aubaine, comme dans le cas du « choc de compétitivité », et comme en 1986. Alors, si tel est le cas, faut-il qualifier cette politique économique de « sociale-libérale » ? Autant dire clairement les choses. Cette politique n’a décidément rien de social. Elle n'est ni sociale-démocrate, ni « sociale-libérale »; elle est libérale, voilà tout !

Pour être encore plus précis, c’est une politique purement néolibérale. Dans le grand désordre du moment, il y a envers et contre tout une forte cohérence. Pour les libertés publiques, Manuel Valls conduit une politique digne d'un gouvernement néoconservateur. La politique économique est à l'avenant...

 

 

Source : www.mediapart.fr

 


 

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14 janvier 2014 2 14 /01 /janvier /2014 17:57

 

Source : www.mediapart.fr

Le plan Sapin affole l'inspection du travail

|  Par Rachida El Azzouzi

 

 

Malaise dans les sections de l'inspection du travail. Le « plan Sapin », vaste projet de réforme des services, qui sera débattu à la fin du mois au Parlement, ne passe pas dans les rangs d'une majorité des agents et des syndicats. Explications.

« Alerte, vigilance, combat », « Casse de l'inspection du travail : le Medef en rêvait, le PS l'a fait », « La gauche peut être pire que la droite », « Non aux fourberies de Sapin »... Les relations entre les agents de l'inspection du travail et leur ministre de tutelle Michel Sapin ne s'améliorent pas. Dans les sections mais aussi sur la page facebook « Contre la casse de l'inspection », les tracts des syndicats se suivent et s'accumulent depuis des mois pour dénoncer le vaste projet de réforme du système d'inspection que le ministre du travail a lancé à son arrivée en 2012 pour « plus d'efficacité et de cohérence ». Avec toujours le même ton virulent.

Après deux ans d'un dialogue social rythmé par des grèves et des manifestations mais aussi les séminaires et les groupes de travail avec les syndicats (bien que tout semblait déjà plié selon une note interne dévoilée par la CGT Gironde en février dernier), le projet de loi tant décrié – que l'on peut consulter ici – sera présenté en conseil des ministres ce 22 janvier, puis débattu au Parlement la semaine suivante pour une entrée en vigueur dès le printemps 2014. Le calendrier est serré pour les syndicats les plus hostiles au projet (CGT, Sud, SNU, FO et CNT) qui l’estiment « dangereux » car « il porte atteinte à l’indépendance des agents et diminue les effectifs de contrôle pour renforcer la ligne hiérarchique ».


Michel Sapin 
Michel Sapin © reuters

Ils espèrent parvenir à sensibiliser dans la dernière ligne droite des parlementaires contre cette réforme dite du « ministère fort » qu'ils ont rebaptisée réforme du « ministère mort ». Passée inaperçue dans le brouhaha médiatique, ce chamboulement inédit de l'organisation territoriale du corps de l'inspection du travail ainsi que de ses pouvoirs – derrière lequel se cache Jean-Denis Combrexelle, l'inamovible directeur général du travail sous la droite en poste depuis 2002 –, est « une mise à mort de l’inspection du travail française », accusent les syndicats. Ils organisent, à la veille de l'examen du texte devant l'assemblée, un grand meeting à la bourse du travail à Paris le lundi 27 janvier pour « alerter sur la casse » de ce qui constitue l’un des derniers remparts des salariés face au rouleau compresseur patronal.

Dissimulé dans le volumineux et complexe projet de loi relatif à la formation professionnelle, l'emploi et la démocratie sociale, qui prévoit également la suppression des élections prud'homales (lire ici notre article) et que le gouvernement veut voir voté au plus vite avant la trêve parlementaire de fin février en raison des municipales, le « plan Sapin » est massivement rejeté en interne. « Nous réclamions une réforme, de nouveaux moyens, de nouveaux effectifs, mais pas une mise à mort que même la droite n’aurait pas osé faire », confie un inspecteur du travail francilien « écœuré » qui espérait un doublement des effectifs tant les sections sont à flux tendu. La France ne compte encore qu’un inspecteur ou contrôleur du travail pour 10 000 salariés, un ratio fort médiocre qui laisse plusieurs longueurs d'avance aux délinquants en col blanc dans les entreprises...

 

© @dr

 

Pas une seule des organisations syndicales de l’inspection du travail n’a voté pour cette réforme lors du comité technique ministériel. La CFDT (17 %) et l’UNSA (14 %), qui représentent un tiers des agents, se sont abstenues. Les autres qui représentent deux tiers du personnel (CGT, FSU, SUD, FO, CNT, CFTC) ont voté contre. Non pas que la majorité des 700 inspecteurs et 1 500 contrôleurs du travail soient « rétifs ''au changement, c'est maintenant'' », « corporatistes », comme le ministère peut les décrire, s'insurge Pierre Meriaux, délégué syndical SNU-TEFE-FSU. Mais parce que derrière le bel habillage – « renforcer les pouvoirs de l'inspection » –, et sous couvert d'une revalorisation de certains métiers et de quelques avancées, les syndicats voient dans cette réforme plusieurs attaques dangereuses à l'institution et à la fonction d'inspecteur du travail ainsi qu'une désorganisation du travail « pathogène, lourde de souffrance au travail ». « Des attaques jamais vues », disent-ils, depuis la création de cette institution il y a 121 ans – au départ pour protéger les femmes et les enfants avant de devenir un élément fondamental de la protection des salariés.

« On a tous expérimenté des pressions patronales sur des dossiers sensibles »

Plusieurs points de ce projet qui entend faire passer sans concours, mais selon un tri, 1 500 contrôleurs (agent catégorie B aux pouvoirs limités) en inspecteurs (agent catégorie A aux pouvoirs étendus) pour ne faire plus qu’un seul corps, une vieille antienne, les inquiètent. Certaines de leurs craintes ont été confirmées par le CNIT, les “sages” de l'Inspection du travail (comme ici ou là) qui ont demandé au ministère de revoir sa copie. Notamment le coup qui pourrait être porté à l'indépendance des contrôleurs et inspecteurs. Garantie par la convention 81 de l'Organisation internationale du travail (OIT), elle place ces deux corps de la fonction publique accessibles uniquement par concours à l'abri « de tout changement de gouvernement et de toute influence extérieure indue ».

Or la disparition des sections au profit d'unités de contrôles de 8 à 12 agents encadrés par un DUC dans la novlangue du ministère, un supérieur hiérarchique, qui, nouveauté, aurait lui aussi des pouvoirs de contrôle dans les entreprises, pourrait menacer leur indépendance et signer la fin de leur autonomie. « Jusque-là, explique Yann Dufour, membre du bureau national de la section “travail” de la CGT, une section (un inspecteur, deux contrôleurs, deux secrétaires intervenant en toute indépendance, dans un secteur géographique délimité) s’organisait comme elle le voulait, selon les opportunités, les urgences et les demandes des salariés, sans supérieur hiérarchique au-dessus d’elle ».


 
© @dr

Avec la nouvelle réforme qui coupe les agents des usagers en accentuant la programmation de leur activité en amont, c’est fini. « Les missions seront définies par le haut, par les exigences de la hiérarchie qui dictera ''quand il faut y aller”, avec le risque d’une inspection affaiblie dans la lutte contre les abus des employeurs, poursuit Yann Dufour. On a tous expérimenté des pressions patronales sur des dossiers sensibles au travers de notre hiérarchie partagée entre l’accompagnement et le contrôle des entreprises. Elle est là pour promouvoir la politique de l’emploi du gouvernement, vendre les emplois d’avenir, les contrats de génération. En temps de crise, de chômage et de licenciements massifs, elle préfère parfois fermer les yeux sur une infraction au code du travail pour ne pas se mettre à dos des patrons qui répliqueraient par du chantage à l'emploi. »

Pierre Meriaux du SNU-TEFE-FSU va plus loin, comparant le sort réservé par la gauche aux inspecteurs du travail à celui des juges d’instruction sous la droite : « Sarkozy a tenté de flinguer les juges d'instruction trop indépendants et il n'y est pas arrivé. Hollande va dézinguer les inspecteurs du travail pour les mêmes motifs, pour répondre aux demandes du patronat car il est devenu le président des entreprises, et il va réussir sans que personne s'alarme de ce nouveau recul social. » Conscient lui aussi, en trente ans d’inspection qu’en temps de chômage record, priorité est donnée par la hiérarchie à l'emploi plutôt qu'au contrôle de la bonne application du droit du travail.

Au ministère, ces craintes prêtent à sourire. « Le risque d’une perte d’indépendance est un élément fantasmatique. On est dans le délire. La convention de l’OIT sera respectée. Le DUC n’a qu’un rôle d’animateur pour que les agents jouent plus collectif. Il y a 750 sections actuellement en France et personne au-dessus d’elles n’assure leur coordination. Ce n’était pas efficace. »

On pointe aussi une frange de la corporation, « militante du statu quo qui n'aime pas le changement, plus attaché à son autonomie, son fonctionnement de profession libérale qu'à son indépendance ». Avant de vanter au contraire cette réforme du « ministère fort » qui « va révolutionner enfin l'inspection du travail française, fondre en un seul corps contrôleurs et inspecteurs, l'un des rares pays d'Europe en retard, et faire face aux enjeux d’un monde du travail qui s’est complexifié ». Une réforme acceptée « par la moitié des agents », tient-on à préciser, « en particulier, par les jeunes générations », ce que contestent les syndicats.

Des nouveaux pouvoirs ou des pouvoirs conformes aux exigences du patronat ?

Autre inquiétude des agents et des syndicats de l’inspection du travail : l’inexorable dépénalisation du droit du travail qui a cours en France, en raison de l’obsession du patronat d'échapper aux bancs des délinquants des tribunaux correctionnels, et ne plus voir le nom d'une entreprise affichée dans les journaux. À l’heure actuelle, les inspecteurs qui constatent des infractions ne peuvent que recourir à la voie pénale. Or, la moitié des procédures sont classées sans suite et celles qui aboutissent requièrent en moyenne deux ans. Le ministère souhaite donc que les agents puissent aussi imposer des sanctions administratives et financières plus immédiates. Il envisage également de recourir aux ordonnances pénales (procédures sans audience avec un juge au lieu de trois) pour accélérer les procédures. Sur le papier, c’est plutôt une avancée, gage de rapidité quand les tribunaux sont engorgés.

Mais plus que des nouveaux pouvoirs, les opposants à la réforme voient là « des pouvoirs conformes à la volonté du patronat », « une forme de nouveau cadeau de François Hollande au Medef en toute discrétion » après l’accord sur la flexibilisation du marché du travail il y a un an ou la suppression des prud’hommes à venir. Aujourd’hui, les agents de contrôle peuvent demander directement à l’employeur de régulariser des situations d’infractions (paiement d’heures supplémentaires, mise en conformité d’équipements de travail, etc.). Ils peuvent également, s’ils le jugent utile et efficace, relever les infractions constatées par voie de procès-verbal, les adresser au procureur de la République, qui va choisir s’il poursuit les auteurs des infractions considérées ou pas.

 

 
© @dr

« Demain, l’autorité administrative, c’est-à-dire le directeur régional du travail, qui n’a rien d’indépendant, pourra transiger avec les contrevenants pour des contraventions et délits punis d’une peine d’emprisonnement inférieure à un an – ce qui constitue une énorme part des peines prévues en cas d’infractions. Cela signifie, très concrètement, que le directeur régional proposera aux employeurs une amende transactionnelle pour régler le litige : pas de passage en correctionnelle pour le patron délinquant ! » s’alarme Benoît Verrier, inspecteur du travail et syndicaliste Sud.

Une accusation que le ministère réfute en bloc : « Le régime des sanctions ne change pas. Les agents continueront à signaler au procureur les infractions qui relèvent du pénal. Ce dernier donnera suite ou pas. Mais plutôt qu’un classement sans suite, nous préférons une sanction financière. » « Il vaut mieux une sanction six mois après les faits que trois ans. Cela n’a pas de sens. Notre organisation ne tenait plus. Il fallait une révolution », abonde un directeur régional du travail sous couvert d’anonymat.

Sur son blog (ici et ), Gérard Filoche, membre du bureau national du parti socialiste, et ancien inspecteur du travail – qui a marqué les esprits en avril dernier avec ses larmes de colère après les aveux de Jérôme Cahuzac et la signature de l’accord sur l’emploi “flexibilisant” un peu plus les salariés –, partage les mêmes craintes que la majorité du corps de l’inspection. Il voit dans cette réforme « la mort d’un métier, d’une institution, une cassure historique ». « C’est triste, écrit-il, de voir tant de compétences, d’expérience du droit du travail et des entreprises, bafouées et méprisées de la sorte. Et par un ministre de gauche que toute l’inspection attendait. C’est aussi la fin de la défense du droit du travail pour des millions de salariés. C’est pour cela que les agents sont médusés et dans une colère noire. »

Au moment même où le monde du travail va de plus en plus mal, où salariés et syndicalistes ont besoin de ces garants du code du travail honnis des patrons dans les entreprises, le plan Sapin vient accentuer le malaise et le mal-être qui règnent dans les services. Malmenés par la RGPP (la réforme générale des politiques publiques), puis la MAP, « la RGPP de gauche », essorés par l'avènement du « faire mieux avec moins », la pression des chiffres, impuissants devant le démantèlement du code du travail depuis trente ans, dont le dernier grand coup fut porté avec l’accord sur l’emploi il y a un an, les agents du ministère du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle sont à cran.

Sous pression, ils alertent régulièrement sur leurs conditions de travail qui ne cessent de se dégrader au fil des années faute de moyens suffisants, d'effectifs, de pouvoirs. « Le suicide de deux de nos agents, Luc Béal-Rainaldy et Romain Lecoustre (reconnus accident du travail), en 2011 et 2012 est encore dans toutes les têtes. Cette nouvelle réorganisation pathogène ne peut qu’engendrer ce type de drames, des dépressions, des suicides tout en détruisant un service public de proximité important pour les salariés, les précaires », lâche une inspectrice sous couvert d’anonymat.

Elle craint d’être désormais « cantonnée par sa hiérarchie à l'emploi, l'hygiène et la sécurité, qu’on lui demande de laisser de côté les salaires, les conventions collectives, la protection des délégués, la durée du travail, tout ce qui fait le quotidien de l'exploitation des salariés ». Et comme nombre de ses pairs de la fonction publique, acquis à la gauche, elle regrette amèrement d’avoir voté François Hollande aux deux tours : « Ce n’est pas le président des salariés mais des patrons. »

Une désillusion criante dans les services de l'inspection du travail, où la promotion du jour de l'an de la Légion d'honneur (à retrouver ici) de Michel Sapin n'est pas passée inaperçue. Aucun syndicaliste, seuls des hauts gradés de l'administration, des DRH ou des chefs d'entreprise, ont été promus. « On ne s'attendait pas à y retrouver Xavier Mathieu, le leader des Continental, mais quand même, pour une promo de ministre de gauche ! » se désole un vieux routier de l'inspection et du syndicalisme, qui voit là « une nouvelle preuve du virage pro-patronal » du gouvernement socialiste.

 

 

 

Source : www.mediapart.fr

 


 

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14 janvier 2014 2 14 /01 /janvier /2014 17:27

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

Chine, Cambodge, Bangladesh: le réveil ouvrier

|  Par Sophie Dufau

 

Alors que le gouvernement cambodgien a fait tirer sur les ouvriers réclamant des hausses de salaire, ce documentaire de Michaël Sztanke raconte comment, de la Chine au Bangladesh en passant par le Cambodge, les multinationales délocalisent toujours vers le pays le moins disant socialement. Attisant aujourd'hui la colère des ouvriers.

Au tout début de cette année, au Cambodge, la police militaire a réprimé dans le sang le mouvement des ouvriers du textile travaillant notamment pour les marques internationales comme H&M, Puma et Adidas. Ils réclamaient une augmentation de salaire et des conditions décentes de travail et de vie. En avril 2013, au Bangladesh, plus de 1 200 ouvriers sont morts après l'effondrement d'un bâtiment abritant des ateliers de confection à Dacca. En Asie, les ouvriers payent de leur vie la croissance de leur pays.

Mais « un jour, ça va exploser », prévient, dans le documentaire que nous vous présentons ci-dessous, un jeune travailleur chinois. La nouvelle génération des soutiers de la mondialisation, aidée par des syndicats ou des avocats, commence à s'organiser, à riposter. Entre 2011 et 2013, Michaël Sztanke a rencontré ces ouvriers en Chine, au Cambodge et au Bangladesh. Il a aussi croisé des chefs d'entreprise et de gouvernement, détaillant pour les uns la logique du profit et pour les autres leur impuissance. Et c'est le cercle infernal des délocalisations vers le moins disant social qu'il raconte dans Asie : le réveil ouvrier, un film de 45 minutes.

 

 

Michaël Sztanke est aussi co-auteur du livre de Han Dongfang, Mon combat pour les ouvriers chinois (sortie le 9 janvier 2014, éd. Michel Lafon). Ancien ouvrier des chemins de fer, Han Dongfang a fondé le premier syndicat indépendant de Chine. Après la répression de la place Tienanmen à Pékin en 1989, il est emprisonné et transféré aux États-Unis pour raison médicale. Interdit de séjour en Chine, il vit actuellement à Hong Kong, d'où il dirige le China Labour Bulletin et anime une émission de radio sur Radio free Asia. 

Han Dongfang est présent à Paris pour une conférence sur l'état du monde ouvrier en Chine, mardi 14 janvier 2014 à 20 heures, au cinéma Nouveau Latina, 20, rue du Temple, 75004. Une projection du film Asie : le réveil ouvrier précédera le débat.

 

 

Source : www.mediapart.fr

 

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14 janvier 2014 2 14 /01 /janvier /2014 16:07

 

Source : www.arte.tv/guide/fr

 

Spéculation ou la faim programmée

Dernière mise à jour: 14 Janvier 2014


Depuis les récentes émeutes de la faim en Afrique, en Asie et au Mexique, le fonctionnement du marché des matières premières est sur le banc des accusés. Quelle est la responsabilité des traders dans ces désordres économiques et humanitaires ?

Traders - Le marché secret des matières premières

*Pour voir la vidéo, cliquer ici lien

 

Jamais nos sociétés n’ont consommé autant de matières premières qu’en ce début de XXIe siècle. Blé, riz, sucre, soja, pétrole… : tous ces produits sont aujourd'hui objets de spéculation. Pour la première fois, un documentaire démonte les mécanismes de ce grand commerce mondial aux enjeux économiques, politiques et alimentaires majeurs, et révèle le quotidien de ceux qui en sont les principaux acteurs : les traders eux-mêmes, ces hommes et ces femmes qui achètent, transportent, revendent les marchandises et spéculent sur l’évolution de leurs prix.

Documentaire de Jean Crépu (France 2013, 1h17mn) : mardi 14 janvier à 20h50


Débat sur le fonctionnement du marché des matières premières

Les invités du débat animé par Emilie Aubry :

Heiner Flassbeck, économiste allemand et ex-secrétaire d'Etat aux Finances dans le ministère d'Oskar Lafontaine (1998-1999) et Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Forêt du gouvernement Jean-Marc Ayrault.

Débat : mardi 14 janvier à 22h10

  • marché des matières premières

Les courtiers à l'heure des nouvelles technologies

  • BIG DATA @ Wall Street

    BIG DATA @ Wall Street

    7 min

 

 

 *Pour voir la vidéo, cliquer lien

 

Kenny Polcari est un courtier réputé qui a travaillé avec les plus grands, de Gordon Gecko à Mark Zuckerberg. En 1980, il a débuté à Wall Street comme coursier, livrant plus de 5 500 traders. Aujourd’hui, il est directeur des opérations boursières à New York, au cœur d’un paysage informatique très discret dans lequel des milliards de dollars sont négociés en l’espace de quelques millisecondes.


Heiner Flassbeck : "La spéculation sur les matières premières est très dangereuse"

Heiner Flassbeck a été pendant 10 ans chef économiste de la Cnuced à Genève. En qualité d’expert sur les questions de commerce mondial, il conseille les gouvernements à travers le monde et participe au G-20 des ministres de finance. S'agissant de la spéculation sur les matières premières, Heiner Flassbeck insiste sur le rôle de la politique.

Par Barbara Bouillon

Dans quelle mesure les spéculations sur les matières premières conduisent-elles à des crises alimentaires ?

La spéculation n’est pas directement responsable de la faim. Ce serait trop simple. Le sujet est complexe. Même si cela a déjà été ponctuellement le cas : en 2008 par exemple, le prix des denrées alimentaires a augmenté drastiquement en raison des spéculations, ce qui a causé sans aucun doute de la faim dans le Tiers-monde.

Comment évaluez-vous le commerce de matières premières, est-ce problématique ou plutôt positif ? Des économistes agricoles renommés ont pu prétendre que cela avait une action stabilisatrice sur les prix.

Non, la spéculation sur les matières premières est très dangereuse. Par exemple sur le pétrole : le prix du pétrole n’a aujourd’hui plus rien à voir avec l’offre et la demande. C’est complétement sorti du contexte économique et n’est plus qu’influencé par la finance.

À quoi cela mène-t-il ?

Le prix du pétrole n’est pas simplement un chiffre. Cela a, par exemple, des conséquences directes sur le changement climatique. Ce sujet global ne doit en aucun cas rester entre les seules mains des marchés financiers, pour qui seul le profit compte et non les conséquences à moyen et long terme.

Est-ce que cela vaut aussi pour des denrées alimentaires comme le blé, le riz ou le maïs ?

Absolument. Ces denrées sont également évaluées par les marchés financiers. Ces évolutions sont inquiétantes. Quand ce n’est plus l’offre et la demande qui déterminent les prix, les producteurs reçoivent des informations erronées, ce qui peut avoir des conséquences dramatiques comme la surproduction ou la sous-production. Et cela a pour conséquence la faim. Les marchés financiers doivent absolument être tenus à l’écart de ces domaines essentiels.

Comment cela peut-il être mis en œuvre ?

C’est ici que le politique doit agir. Il doit s’opposer courageusement aux lobbies, c-à-d concrètement contre les banques, et limiter leurs pouvoirs. Aux États-Unis, Obama a au moins essayé de réagir à la crise financière. Avec le « Dodd-Frank Act », il a tenté de rendre les marchés financiers plus transparents et plus responsables. Mais même cette tentative n’est pas encore assez courageuse, ni complète.

Comment évaluez-vous les politiques mises en place en Europe ?

Même si une nouvelle bulle financière est en train de se reconstituer sur les marchés, presque rien ne se passe. Les hommes politiques n’osent pas affronter efficacement les lobbies. Un bon exemple : Angela Merkel continue de se faire conseiller par la Deutsche Bank. Alors que serait son rôle serait de réduire son influence.

Un dernier aspect : on dit qu’une sorte de monopole est en train de se créer sur le marché des matières premières. Comment peut-on lutter contre cela ?

Ici aussi, c’est au politique d’agir. Mais le combat contre des acteurs mondiaux comme Glencore, qui ont une influence considérable, est difficile. Les gouvernements nationaux ne peuvent pas grand-chose à leur échelle. Contre ce genre de monopoles, il faut agir à l’échelle mondiale. Le G20 est le bon cadre pour cela. Mais des pays comme l’Australie, les États-Unis ou le Canada bloquent régulièrement des projets correspondant à cela. Ils n’ont pas intérêt à détruire des monopoles, dont leurs propres pays profitent énormément pour l’une ou l’autre raison.


A la faim, c’est toujours la finance qui gagne

Un rapport de l’ONG Oxfam dénonce la spéculation sur les matières premières agricoles, en plein débat sur la loi bancaire à l’Assemblée. 

Lisez la suite de l'article sur le site de notre partenaire Libération.fr.


Riz, maïs et blé : la sécurité alimentaire à quel prix ?

Depuis quatre ans, le prix du riz est globalement orienté à la hausse et cela ne devrait pas s'arranger. L'ONG OXFAM estime en ce sens que le prix du riz pourrait augmenter de 107% à l’horizon 2030. Une perspective sur laquelle s'alignent généralement d'autres céréales comme le blé ou le maïs et qui menace la sécurité alimentaire de millions d'êtres humains.

 

 

Source : www.arte.tv/guide/fr

 


 

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14 janvier 2014 2 14 /01 /janvier /2014 15:52

 

 

Source : www.francetvinfo.fr

 

 

 

Votre fiche de paie de décembre est peut-être fausse

Europe 1 révèle que le revenu annuel figurant sur les bulletins de paie de deux salariés sur trois est erroné en décembre.

 

 

(MYCHELE DANIAU / AFP)

 

Par

Mis à jour le 13/01/2014 | 13:23 , publié le 13/01/2014 | 13:03

 

Salariés, vous devriez vérifier votre bulletin de paie de décembre. Dans certains cas, le montant du revenu annuel y figurant a été mal calculé, révèle Europe 1, lundi 13 janvier. Deux tiers des salariés sont concernés, ceux qui bénéficient d'une mutuelle d'entreprise obligatoire, soit environ 15 millions de personnes, selon la radio. 

Explications. Le budget 2013 prévoit que les mutuelles soient désormais imposées plus lourdement. La part patronale qui finance la mutuelle doit figurer dans le revenu imposable des salariés. Mais le Conseil d’Etat n'a validé cette mesure que le 30 décembre. Or certaines entreprises ont bouclé leurs fiches de paie avant cette date et n'ont donc pas pris en compte cette loi pourtant entrée en vigueur.

Résultat, les salariés concernés risquent d'avoir une mauvaise surprise en mars-avril, lorsqu'ils recevront leur déclaration d'impôt. Le montant du revenu imposable prérempli par les services fiscaux sera supérieur à celui inscrit sur leur bulletin de paie. Ils devront donc payer plus d'impôts que ce qu'ils pensaient.

 

 

Source : www.francetvinfo.fr

 

 

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14 janvier 2014 2 14 /01 /janvier /2014 15:43

 

Source : www.bioalaune.com

 

Roundup de Monsanto est désormais interdit au Salvador

L'herbicide Roundup de l'américain Monsanto est désormais interdit dans les exploitations agricoles au Savador, l'un des plus grands producteurs de café au monde. En cause, une augmentation des risques de maladies rénales liée à différents produits chimiques.

Avec 45 voix pour, le congrès du Salvador a approuvé la modification d’une loi sur le contrôle des pesticides et des engrais. 53 produits chimiques vont être interdit dans les productions agricoles de ce pays d’Amérique Centrale. Parmi ces produits, on trouve ceux contenant du paraquat, du glyphosate et de l’endusolfan. Le Roundup de Monsanto est fabriqué à partir de glyphosate.

Nery Diaz, député du parti Frente Farabundo Marti a défendu l’idée, preuve que ces substances sont liées à l’augmentation des maladies rénales dans le pays. Incidence sur la santé à la base de ce changement législatif. Toutefois, l’opposition est forte face à cette nouvelle loi. Carlos Borgonovo, président de l’Association des producteurs de café du pays, estime que cette initiative menace la qualité et surtout la quantité de la récolte de cérales. Il affirme qu’aucun substitut n’existe pour le moment. Le directeur de l’association, Marcelino Samayoa, explique que le café est traité deux fois par an contre les mauvaises herbes et ajoute qu’enlever les mauvaises herbes à la machette demande deux fois plus de temps. Toutefois, Monsieur Samayoa n’explique pas qu’utiliser le désherbant Monsanto fait gagner du temps au profil du géant américain, alors qu’un travail à la main, certes plus long, crée de l’emploi en utilisant la main d’oeuvre locale.


Tout est souvent une question d’argent, comme le déclare sans le vouloir Ricardo Esmahan, membre du Conseil Exécurif National : “nous lançons un appel pour qu’il y ait un grand nombre de recherches effectuées et que, avant toute sanction, des observations soient faites sur l’impact que cela aura à moyen et long terme, non seulement en ce qui concerne la sécurité alimentaire, mais également par rapport à l’économie.” A-t-on le droit de jouer avec la santé ?

Rappelons que le Roundup est l’herbicide le plus vendu au monde. Depuis les années 1990, les agriculteurs s’en servent massivement, amenant de mauvaises herbes résistantes au glyphosate. Les normes biologiques, tel le label AB en France, interdisent l’utilisation de ce produit qualifié d’herbicide total. En effet, ce produit chimique tue les végétaux en protégeant les cultures, mais en modifiant ou détruisant l’environnement. Et ce n'est pas tout :

 

 

 

 

Source : centralamericadate.com
Rédaction : Mathieu Doutreligne

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Source : www.bioalaune.com

 

 


 

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14 janvier 2014 2 14 /01 /janvier /2014 15:35

 

 

Source : www.bastamag.net

 

Légumes clandestins : halte à la répression des petits maraîchers

par Rédaction 14 janvier 2014

 

 

 

 

En mai dernier, des petits maraîchers ont reçu la visite d’un agent de la répression des fraudes, sur un marché en Ariège. Leur délit : vendre des plants de tomates non inscrites au catalogue officiel, et ne pas disposer de la carte de l’interprofession nationale des semences et des plants. Alors qu’ils encourent une amende potentielle de 450 euros, un collectif d’organisations appelle à un rassemblement le 15 janvier devant le siège de la répression des fraudes à Toulouse. Basta ! relaie leur appel.

L’Etat prétend ne pas avoir de moyens pour contrôler Monsanto, Spanghero ou les autres multinationales du commerce international et de la « malbouffe ».
Mais il en trouve pour contrôler des petits maraîchers qui vendent sur les marchés de proximité quelques plants de tomates ou de poivrons de variétés traditionnelles issus de leur propre production.

Ces maraîchers seraient coupables :
• de vouloir rester agriculteurs et de ne pas avoir pris, pour quelques plants vendus chaque saison, la carte professionnelle des semenciers ;
• de mettre à disposition des jardiniers une grande diversité de plants de légumes qui ne trouvent pas leur place au catalogue officiel ;
Et... cerise sur le gâteau : la plupart des contrôleurs ne sont pas des agents de l’Etat mais des salariés de l’interprofession des semenciers.

 

Rappel des faits

Suite à un contrôle de petits maraîchers de l’Ariège par un agent de la répression des fraudes le 17 mai 2013, un rassemblement a eu lieu le 4 juin devant l’antenne régionale de la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes) pour dénoncer le caractère abusif de ce contrôle [1]
Une délégation a été reçue. Les responsables présents leur ont proposé de rencontrer des responsables au siège de la DGCCRF (ministère des finances). Une autre délégation a été reçue, le 2 juillet, par des responsables parisiens qui leur ont alors proposé d’écrire une lettre à la directrice générale de la DGCCRF. Cette lettre a été envoyée le 10 juillet en courrier recommandé. A ce jour et malgré un rappel envoyé le 3 septembre, il n’y a pas de réponse, pas même un accusé de réception !

Un collectif d’organisations a donc décidé d’appeler à un nouveau rassemblement qui aura lieu devant le siège de la répression des fraudes à Toulouse (5 esplanade Compans Caffarelli), le 15 janvier 2014 à partir de 11h.

Un courrier a été adressé le 8 janvier à cette antenne régionale justifiant ce deuxième appel à rassemblement.

Tracts et flyers sont téléchargeables ici et .

Plus d’infos : semonslabiodiversité.com

 

 

Source : www.bastamag.net

 

 

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14 janvier 2014 2 14 /01 /janvier /2014 15:29

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

Tribune 14/01/2014 à 11h25

Végétarien, je suis un repenti du cri de la carotte

cyrillecp | Je vous l'avais bien dit!

 

 

Le débat fait rage entre les végétariens et les non-végétariens, qui deviennent des antivégétariens (contre les anti-non-végétariens, vous suivez ?).

Vous l’avouerai-je ? Je me suis éloigné de la France il y a quelques années, un peu fatigué de cette tournure culturelle de nos débats, qui aboutit généralement à deux clans ennemis, qui auparavant se toléraient. Je suis Windows, mais j’aime le design des Mac. Je suis de gauche, mais pas toujours. J’aime les musiques du monde, mais je ne suis pas insensible à certaines bonnes grosses daubes commerciales américaines qui, je ne sais pourquoi, me mettent en joie. Ça vous gêne ? Non, vraiment ? Alors lisez la suite. Jusqu’au bout, car si le début vous déplaît, la fin vous plaira.

L’attitude de certains végétariens

 


Des carottes (Ramesh NG/Flickr/CC)

 

Quand j’avais 25 ans, ma sœur a décidé de devenir végétarienne, par amour des animaux. Je me suis moqué d’elle à n’en plus finir, je ne l’ai épargnée en rien : le cri de la carotte, l’homme « fait » pour être omnivore, etc. Vous connaissez les poncifs du genre.

Aujourd’hui, c’est moi qui suis végétarien, depuis une quinzaine d’années, et elle qui remange de la viande, quoique très peu. J’ai donc été longtemps dans les deux camps, et j’ai beaucoup, beaucoup médité sur la question.
Et je déplore principalement deux choses :

  • la consommation de viande,
  • l’attitude de certains végétariens.

La consommation de viande est indéfendable

Commençons par la première. Que l’on considère le problème du point de vue de l’éthique, de l’environnement ou de la santé, la consommation de viande est quasiment, objectivement indéfendable. Notez que je parle de la consommation de viande, et pas des consommateurs de viande. La nuance est importante.

Les conditions d’élevage modernes tiennent des camps de concentration, les conditions d’abattage sont très majoritairement barbares. La légitimité même de l’humanité à disposer des autres espèces est elle aussi discutable. Du point de vue de l’environnement, l’élevage des bovins à lui seul pollue plus que tous les transports du monde réunis – et tous les transports du monde, croyez-moi, c’est beaucoup –, une donnée qu’il n’est plus possible de négliger aujourd’hui.

Quant à la santé, je dois avouer qu’un peu de viande blanche ou de poisson semble être un idéal, mais que si l’on s’en tenait à cela, c’est 90% de l’industrie mondiale de la viande qui devrait fermer ses portes. Autant dire que ce que l’on défend ici, c’est le quasi-végétarisme.

Je ne tiens pas à être désagréable mais...

Donc, pour moi, être végétarien ou non, ce n’est pas un choix comme aimer Mozart ou le hard rock. Le végétarisme respecte la vie et la planète, et les non-végétariens commanditent, le plus souvent sans en être conscients, des actes de cruautés effroyables, polluent un monde déjà bien abîmé, et se font du mal dans la foulée.

Je ne tiens pas spécialement à être désagréable, mais c’est un constat objectif, que seule l’ignorance, ou parfois la mauvaise foi, permet de contrer. Il est donc hors de question pour moi de dire « je suis végétarien, tu ne l’es pas, je respecte ton choix ! », car mon cœur de poète saigne pour l’animal que tu as cru bon de faire égorger pour un simple plaisir d’un quart d’heure, et mes poumons et tous les autres poumons du monde pâtissent de ton choix. Ce serait ton choix si ça ne concernait que ta santé, comme une cigarette fumée tout seul.

En tout état de cause, et si le respect se gagnait, comme il se doit, au mérite, il faudrait respecter plus les végétariens, et respecter moins les non-végétariens. Logique. Pourtant, c’est une erreur, et c’est l’erreur fondamentale des végétariens, ou plutôt du mouvement végétarien.

Que dire à un non-végétarien ?

D’abord, parce que l’immense majorité des personnes mangeant de la viande ignore la réalité derrière cette viande. Un peu comme quelqu’un qui porte de l’or ignore que cet or a provoqué la mort d’un Indien d’Amazonie et empoisonné une rivière au mercure. Il faut dire que l’industrie de la viande s’attache à nous proposer des produits lisses, clairs et d’apparence tellement innocente que l’on a peine à imaginer le carnage qui en est à l’origine.

D’autre part, lorsque le végétarien critique la position de l’omnivore, ce n’est pas un privilège indu qu’il met en cause : c’est bien plus que ça, c’est la légitimité de l’omnivore qui est attaquée. Ce n’est pas seulement lui dire « tu dois arrêter de manger de la viande », c’est lui dire « tu es le commanditaire de nombreux crimes et tu détruis la planète ». Evidemment, ce jugement est difficilement acceptable. Car ce coupable n’a guère conscience de sa culpabilité, ou alors il serait déjà devenu végétarien. Le non-végétarien, comme la majorité des humains, se croit sincèrement bon, et il fait de son mieux.

La position du végétarien est donc difficile : il représente le bien, donc le non-végétarien représente le mal. C’est pourquoi le combat pour le végétarisme, pourtant au nom de l’éthique et de l’environnement, est si difficile. D’autant plus lorsque certains végétariens, excédés par les massacres perpétrés, disent leur colère.

Des menus sans violence au restau

Bien qu’ayant moi-même parfois cette envie d’en découdre, devant ces inconscients qui ne voient dans la viande que ce qui remplit leur estomac, et ayant parfois cédé à cette envie, je milite désormais pour une autre approche, car j’ai pu constater par moi-même que l’affrontement ne menait qu’à la radicalisation de la position de mangeur de viande, lequel reprend une côtelette à ma santé, pour me faire enrager.

Or mon but est précisément l’inverse : je souhaite que de moins en moins d’animaux naissent, vivent et meurent dans des conditions épouvantables (que les curieux aillent faire un tour sur YouTube, ils en ressortiront végétariens militants), je souhaite que l’environnement soit un peu plus respecté.

Donc, même si je déplore de toute mon âme la consommation de viande, d’une part, je comprends comment on peut la pratiquer, ayant moi-même été omnivore, dans un passé que je regrette certes amèrement. Je souhaite, dans cette situation bloquée, laisser aux omnivores une porte de sortie honorable. Car l’omnivore est souvent quelqu’un qui ne fait que perpétuer ce qu’on lui a appris, ce que la société lui clame de faire : « Mange de la viande, cela te rendra fort ! »

Je crois donc désormais en des actions plus douces, que j’estime susceptibles de changer les mentalités progressivement :

  • inviter des omnivores à des dîner végétariens qu’ils seront surpris d’apprécier ;
  • leur envoyer ensuite un petit mot tel que « merci d’avoir participé à ce dîner sans violence. Grâce à vous, hier soir, la vie de quelques animaux a été épargnée. Merci pour eux, de tout cœur ! »

Je souhaite aussi que les restaurants insèrent une page de » plats sans violence » dans leurs menus.

Le vrai courage : tendre la main

L’homme en général, se croit bon et essaie sincèrement de devenir meilleur. Je pense qu’en offrant en douceur des opportunités de bien faire, on a plus de chances de succès que par l’affrontement. Et aux végétariens virulents, je souhaite dire que le vrai courage, ce n’est pas l’invective, c’est de tendre la main pour aider l’adversaire à prendre conscience de ce qu’il fait. Le reste est contre-productif.

Je préfère que cent personnes mangent moins de viande plutôt qu’une seule devienne végétarienne, car cela sauve plus de vies. Et aussi parce que tout ceux qui décident de manger moins de viande, en mangeront ensuite de moins en moins, car la prise de conscience se fait en douceur.

Je regrette bien entendu la lenteur du processus, qui fera encore des centaines de milliards de victimes (en comptant pêche et fruits de mer) – plus d’un milliard d’animaux sont tués chaque jour ! –, mais l’homme est lent dans ses progrès. Néanmoins je crois qu’un jour, nos descendants verront nos pratiques alimentaires actuelles avec le même effarement que celui que nous avons aujourd’hui vis-à-vis de l’esclavage.

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 


 

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