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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 16:05

 

 

 

 

Source : www.reporterre.net

 

Dans la Somme, le projet des Mille Vaches veut transformer l’agriculture en industrie

Fabrice Nicolino (Reporterre)

lundi 6 janvier 2014

 

 

 

Cette semaine, alors que le projet de loi agricole est discutée à l’Assemblée nationale, une campagne est lancée par la Confédération paysanne contre le projet de ferme-usine des "Mille vaches". Dans la Somme, ce projet d’immense étable industrielle s’apprête à bouleverser l’élevage. Reporterre commence une série d’enquêtes sur ce projet inquiétant.


- Envoyé spécial, Drucat-le-Plessiel (Somme)

Soit un plateau de craie intensivement livré à la pomme de terre, à la betterave, au colza, au blé. Le fleuve qui a donné son nom au département se jette dans la Manche, dans cette si fameuse baie de Somme où prospère tant bien que mal une colonie de phoques veaux-marins. Plus haut, le puissant Nord-Pas-de-Calais des barons socialistes ; plus bas, l’Île-de-France des ministères et des grandes décisions. C’est là, tout près d’Abbeville, qu’on prétend ouvrir la plus grande ferme de la longue histoire agricole française. Mille vaches. Mille vaches prisonnières de l’industrie.

Quand on arrive sur le chantier de la Ferme des Mille vaches, il vaut mieux avoir le cœur en fête, car la plaine agricole fait vaciller le regard. À perte de vue, des immenses monocultures, rases encore en ce début d’hiver. Aucun arbre. Nulle haie. L’industrie de la terre. De Drucat, aller jusqu’au hameau Le Plessiel, puis prendre à gauche la départementale 928, sur environ 500 mètres, en direction d’Abbeville, qui n’est qu’à deux pas. C’est donc là. Mais où ?

Il faut s’arrêter juste avant le Centre de formation de l’Automoto-école de la ZAC, et prendre un chemin de boue grise qui le borde. À main gauche, un no man’s land de bâtiments préfabriqués, d’asphalte râpé et d’herbes clairsemées. C’est dans ce lieu guilleret que l’on apprend à manier motos et poids lourds, avant de s’aventurer sur la route. À main droite, trois cents mètres plus loin, le vaste chantier de la Ferme des Mille vaches. Un immense hangar posé sur des piliers en acier, sans murs encore, un petit bâtiment à l’entrée, un semblant de grue, deux bétonnières, quelques ouvriers de l’entreprise belge Vanbockrijck, spécialiste des « plaques de béton coulées pour les silos ».

L’objectif de cette usine en construction ? Produire du lait à un prix de revient très bas et transformer fumier et lisier des animaux en électricité au travers d’un gros méthaniseur.

Il en est plusieurs points de départ à cette stupéfiante affaire, mais le voyage en Allemagne préfigure de nombreux développements. Habitué aux mœurs du BTP – il en est un champion régional -, le promoteur Michel Ramery embarque le 14 avril 2011 une quarantaine de personnalités de la région. Par avion. Il y a là le maire socialiste d’Abbeville, Nicolas Dumont, des conseillers généraux, des maires, dont Henri Gauret, celui de Drucat, où pourrait être construit le méthaniseur (voir encadré ci-dessous). Gauret est d’une race si peu ordinaire que s’il accepte le voyage, il exige de le payer, ce que ne feront pas les autres.

Sur place, on leur fait visiter deux fermes modèles, avec méthaniseur bien sûr. Pas d’odeur, pas de malheur : tout a été soigneusement préparé.

Je me suis dit, "Pauvres bêtes !"

Et puis plus rien. Mais un jour d’août 2011, Henri Gauret découvre avec stupéfaction qu’une enquête publique doit commencer le 22 août, alors que la moitié de la population est en vacances. « Vous comprenez, dit-il à Reporterre, Drucat est un village résidentiel de neuf cents habitants. Des habitants d’Abbeville ou même d’Amiens ont fait construire ici pour le calme, la nature. Mes premiers contacts avec Michel Ramery, fin 2010, n’ont pas été mauvais, mais quand j’ai découvert cette histoire d’enquête publique, là, comme on dit, ça m’a drôlement interpellé ». Et Gauret alerte la population du village par un courrier déposée dans la boîte à lettres, déclenchant une mobilisation générale.

Gilberte Wable s’en souvient comme si c’était hier. « Cette histoire m’a mise en colère, dit-elle à Reporterre. Mon premier mot a été pour les vaches. Je me suis dit : ’Pauvres bêtes !’. Les enfermer à mille, dans un espace si petit qu’elles ne peuvent pas bouger leurs pattes, je ne pouvais pas supporter. J’ai pris un papier, un stylo, et j’ai rédigé une première pétition que j’ai fait signer un soir à mon Amap. Tout le monde a signé, mais on n’était encore qu’un groupuscule. Dans un deuxième temps, j’ai rallongé le texte, et on l’a fait circuler à Drucat, où près de 80 % des adultes ont signé. Après, il y a eu la réunion publique. »

Un autre moment fondateur. Le 26 septembre, deux cents personnes se pressent dans la salle polyvalente de Drucat, qui n’a pas l’habitude d’une telle foule. Ramery est là, en compagnie de Michel Welter, son chef de projet, et du sous-préfet. Henri Gauret, qui préside, s’inquiète fort de l’ambiance et regrette, aujourd’hui encore, certains mots employés contre Ramery par les opposants les plus chauds. « La colère grondait ! reprend Gilberte Wable. On a demandé à Ramery de s’expliquer, et il a juste lâché : ’Vous avez vos droits, j’ai les miens’. Le dialogue était impossible. Ce soir-là, je suis sûre qu’il pensait pouvoir passer en force. Il ne voyait pas que nous allions nous souder. Mais nous non plus ».

Habitué à tout obtenir des politiques (voir un prochain volet de notre enquête), Ramery a toujours dédaigné l’opinion, ce qui va lui jouer un mauvais tour. Car en effet, une équipe gagnante se met en place. Derrière Gilberte Wable et quelques autres pionniers apparaît un véritable tribun, Michek Kfoury, médecin-urgentiste à l’hôpital d’Abbeville. Et Kfoury, habitant de Drucat, ne se contente pas de fédérer l’opposition : il l’entraîne sur des chemins très inattendus.

Au passage, des centaines de contributions pleuvent sur le cahier de doléances de l’enquête publique, sans aucunement troubler le commissaire-enquêteur, qui donnera sans état d’âme un avis favorable. Le 17 novembre 2011, dans une certaine ferveur, naît l’association Novissen. Drucat est en pleine révolte populaire, ce dont se contrefichent, bien à tort, les élus locaux et les copains de Michel Ramery, qui sont souvent les mêmes. La suite n’est pas racontable ici, tant les épisodes du combat sont nombreux. Ceux de Novissen inventent leur combat jour après jour, inaugurant par exemple le 2 juin 2012 une Ronde des indignés sur la place Max Lejeune d’Abbeville, la sous-préfecture voisine.

Malgré tout, la machine officielle avance. En février 2013, le préfet accorde une autorisation d’ouverture portant sur cinq cents vaches, et non pas mille. Tout le monde comprend qu’il s’agit d’une simple ruse administrative : l’essentiel est de lancer l’usine à vaches, qu’on pourra facilement agrandir ensuite. Mais que faire ? Le principal renfort viendra de la Confédération paysanne, qui va mettre des moyens exceptionnels au service d’un combat commun.

Ce syndicat minoritaire, connu il y a dix ans par son porte-parole de l’époque – José Bové -, se dote d’un « responsable des campagnes et actions » jeune et enthousiaste, Pierre-Alain Prévost. Reporterre est allé l’attraper au siège de la Conf’, comme on appelle le syndicat, dans la banlieue parisienne.

« J’ai rencontré les gens de Novissen à Abbeville, confie-t-il, et puis nous nous sommes retrouvés pour une manif au Salon de l’Agriculture, en mars 2013. Et c’est alors que j’ai dit au Comité national du syndicat : ’Il faut y aller !’. J’ai creusé le dossier, j’ai appelé pas mal de gens, et on a commencé. Laurent Pinatel, notre porte-parole, a embrayé ».

Une visite mouvementée

À partir de juin 2013, la Conf’ prépare dans le plus grand secret une opération grand style. Ce qui donnera, dans la nuit du 11 au 12 septembre 2013, une visite mouvementée sur le chantier de la Ferme des Mille vaches.

Vingt syndicalistes peignent sur place une inscription de 250 mètres de long : « Non aux 1000 vaches ! ». Au passage, ils subtilisent des pièces des engins de chantier – qui seront rendues – et dégonflent les pneus des véhicules présents.

Non seulement Ramery porte plainte, ce qui peut se comprendre, mais son chef de projet, Michel Welter, se ridiculise en affirmant sans rire : « C’est du terrorisme pur et dur ». La suite est moins distrayante, car six personnes, dont le président de Novissen Michel Kfoury, sont placées en garde à vue, bien que l’association n’ait nullement été mêlée à l’action de la Conf’.

Cela n’altère d’aucune façon la détermination générale. Il faut dire que Novissen dispose d’un avocat en or massif, Grégoire Frison. Ce spécialiste du droit de l’environnement, installé à Amiens, reçoit Reporterre en rappelant quelques heureuses évidences. « Le fric, mais ça ne doit servir qu’à vivre mieux ensemble, pas à spéculer ! Un tel projet ne peut que créer de la misère sociale en ruinant des dizaines de petits éleveurs laitiers. En faisant disparaître nos potes. Oui, nos potes ! Ceux avec qui nous pouvons envisager un art de vivre, une communauté vivante. Ce que Ramery et ses soutiens déteste, c’est justement cette solidarité qui renaît entre paysans et néo-ruraux ».

Sur le plan juridique, explique Frison, le combat pourrait bien rebondir dès ce mois de janvier, grâce à une plainte déposée pour non-respect du permis de construire. La faute à l’un des vice-présidents de Novissen, Claude Dubois. Ce dernier, plutôt rigolard, raconte à Reporterre : « J’ai un permis d’avion, mais depuis quelques années, je fais surtout de l’ULM à partir de l’aérodrome d’Abbeville, qui est tout proche du chantier de la Ferme. Comme je faisais beaucoup de photos aériennes, j’ai plutôt l’œil. Et puis le 28 novembre dernier, on a appris que M.Ramery avait déposé une demande de permis de construire modificatif. J’ai pris des photos, j’ai comparé avec les plans officiels de la Ferme, j’ai sorti mon triple décimètre, et j’ai compris ».

Les photos de Claude Dubois sont sans appel. On y voit notamment un espace entre deux bâtiments bien plus grand que sur le plan déposé. Et, pire, des fondations au beau milieu, alors qu’aucun hangar ne devrait être construit si l’on s’en tient au permis de construire.

 

 

*Suite de l'article sur reporterre.net

 

Source : www.reporterre.net

 

 



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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 15:43

 

 

Source : www.courrier-picard.fr

 

 

Les anti-Mille Vaches rameutent hors des frontières picardes

 

 

Publié le 06/01/2014

Par RÉMI LE LEZ

 

Les opposants au projet Mille Vaches invitent les sympathisants à manifester mardi devant les préfectures. L'ensemble du territoire national est concerné.

 

 

 

 

800 manifestants s'étaient rassemblés au mois de septembre sur la parcelle qui doit accueillir le projet d'élevage, à Drucat (Photo d'archives).

 

 

 

Abbeville, Amiens, Arras, Beauvais, mais également Lille, Paris, Lyon, Marseille, Rennes, Dijon, Nantes, Perpignan ou encore Toulouse. Après la trêve hivernale, et festive, les opposants au projet Mille Vaches, qui doit voir le jour sur les communes de Drucat et Buigny-Saint-Maclou, ne décolèrent pas et invitent la France entière à se mobiliser mardi, et les jours qui suivent, devant les grilles de nombreuses préfectures du territoire.

Ce même jour, débutera l'examen du texte de la loi pour l'avenir de l'agriculture, de l'alimentation et de la forêt par les 577 députés de l'Assemblée nationale, à Paris. L'occasion était trop belle pour ne pas se montrer.

Non plus uniquement portée par l'association Novissen, cette fronde sera conjointement menée par des associations telles que L214 (protection animale), Agir pour l'environnement ou la Confédération paysanne.

Le thème retenu pour cette vague protestataire sera « La vache en colère ». Sur la toile, nombre de ces manifestations s'organisent sur les réseaux sociaux. En faisant référence au récent clip sorti sur les réseaux internet au mois de décembre - qui revisite le titre Blurred lines, de Robin Thicke, façon anti-Mille Vaches -, les organisateurs invitent leurs sympathisants à se munir de masques de bovins en guise de signe de ralliement. Une fois n'est pas coutume, mardi, en lieu et place des agriculteurs, ce sont des vaches qui beugleront sous les fenêtres des préfets.

RÉMI LE LEZ


Les manifestations prévues dans le nord de la France :

Abbeville : mardi 7 janvier, de 10 à 12 heures, devant

la sous-préfecture, rue des Minimes.

Amiens : mardi, de 10 à 12 heures, devant la préfecture, rue de la République.

Beauvais : samedi 11 janvier, à 10 h 30, devant la préfecture, place de la Préfecture.

Arras : jeudi 9 janvier, de 11 heures à 12 h 30, près de la préfecture, rue Ferdinand-Buisson.

Lille : mardi, de 11 à 13 heures, sur la place de la République.

 

 

 

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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 15:34

 

 

A Nages et Solorgues (30) soirée "Grèce"
Samedi 25/01/14 à 19h au Foyer de Nages .

L'infatigable Bernard Bruyat, agitateur d'idées de l'OPDLM, est invité par l'Assocciation Alter Anagia pour commencer ainsi cette année 2014.

Film de Yannis Youlantas << Ne vivons plus comme des esclaves >> , suivi d'un débat.

Présentation par Bernard Bruyat (OPDLM) qui rentre d'un séjour en Grèce pour << l'université du pas de coté >>

Lors de son voyage, il a a rencontré à Athènes : Panagiotis Grigoriou, auteur du livre " La Grèce Fantôme" qui vient de sortir en France

Le verre de l'amitié sera au rendez vous !

Entrée et paf libre .

OPDLM : OBSERVATOIRE DES PRATIQUES DE DEVELOPPEMENT LOCAL ET MONDIAL

L'Association Alter Anagia "alternatives intercommunales" et son site www.vaunage.net vous souhaitent une très bonne année 2014.

A Nages et Solorgues (30) soirée "Grèce" Samedi 25/01/14 à 19h au Foyer de Nages . L'infatigable Bernard Bruyat, agitateur d'idées de l'OPDLM, est invité par l'Assocciation Alter Anagia pour commencer ainsi cette année 2014. Film de Yannis Youlantas << Ne vivons plus comme des esclaves >> , suivi d'un débat. Présentation par Bernard Bruyat (OPDLM) qui rentre d'un séjour en Grèce pour << l'université du pas de coté >> Lors de son voyage, il a a rencontré à Athènes : Panagiotis Grigoriou, auteur du livre " La Grèce Fantôme" qui vient de sortir en France Le verre de l'amitié sera au rendez vous ! Entrée et paf libre . OPDLM : OBSERVATOIRE DES PRATIQUES DE DEVELOPPEMENT LOCAL ET MONDIAL L'Association Alter Anagia "alternatives intercommunales" et son site www.vaunage.net vous souhaitent une très bonne année 2014.
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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 15:30

 

 

Source : www.mediapart.fr

Grèce: les privatisations imposées par la Troïka sont sans effet sur la dette

|  Par Ludovic Lamant

 

 

C'était l'objectif affiché dès 2010 : il fallait privatiser à tout-va pour faire baisser l'endettement de la Grèce. Alors qu'Athènes prend la présidence de l'UE, le bilan est sans appel. Les privatisations n'ont eu aucun effet sur la réduction de la dette qui dépasse les 300 milliards d'euros.

De notre envoyé spécial à Bruxelles

C'est la petite musique qui accompagne le début de la présidence grecque de l'Union européenne (UE), qui court jusqu'en juin prochain : la Grèce est de retour. Après six années de calvaire et d'austérité, et des méga-prêts cumulés de 240 milliards d'euros, les efforts du patient grec, exsangue, finiraient par payer. Le pays veut croire qu'il renouera avec la sacro-sainte croissance de son PIB cette année (+0,6 % pronostiqué par Athènes, malgré le scepticisme de nombre d'observateurs). Le scénario d'une sortie de la Grèce de la zone euro, pris au sérieux par Angela Merkel au printemps 2012, ne serait plus qu'un mauvais souvenir.

Alors que José Manuel Barroso et son équipe de commissaires européens se rendent à Athènes mercredi, le pronostic reste particulièrement hasardeux. Le PIB s'est effondré de près d'un quart de sa valeur en six ans. Le taux de chômage frôle la barre des 30 %. Surtout, la potion servie par la Troïka (commission européenne, BCE, FMI) peine toujours autant à convaincre. À cet égard, le bilan des trois premières années du programme de privatisations en Grèce (de 2011 à 2013), supervisé par la Troïka, est l'un des révélateurs de l'impasse.

Ces privatisations, bien plus compliquées que prévu à mener sur le terrain, n'ont eu, jusqu'à présent, aucun effet significatif pour réduire la dette colossale de la Grèce. À tel point qu'à Bruxelles, certains s'interrogent. « Faut-il poursuivre dans cette voie ? C'est une question », reconnaît un économiste expérimenté, qui travaille dans les services d'Olli Rehn, le commissaire européen chargé des affaires économiques. 

Depuis 2010, la Troïka n'a cessé de revoir ses ambitions à la baisse en matière de privatisations. En 2011, elle tablait sur des recettes cumulées de 50 milliards d'euros pour les caisses de l'État, d'ici à la fin 2015. La prévision chutait à 19 milliards dès l'année suivante. Elle n'est plus que de 8,7 milliards, dans un rapport publié en juillet 2013 (page 26).

Au-delà des prévisions, qu'en est-il des premiers résultats ? Ces opérations ont dégagé en 2011 un peu moins de 1,6 milliard d'euros – contre 5 milliards initialement espérés. Fin 2013, l'enveloppe totale ne dépassait pas 3,2 milliards d'euros cumulés, quand les experts européens avaient fait miroiter, à l'origine, un magot de… 22 milliards. La vente d'immeubles détenus par l'État avait permis de dégager, fin 2013, 378 millions d'euros (rien en 2011, ni en 2012). « Malgré des progrès dans la préparation des privatisations, la vitesse d'ensemble du processus reste insatisfaisante », reconnaissent les économistes de la Troïka.

Ces performances apparaissent d'autant plus modestes quand on les rapporte au volume de dette globale – plus de 300 milliards d'euros accumulés (lire aussi l'enquête d'Amélie Poinssot à Athènes en avril 2013). Officiellement, rien n'a changé, côté Troïka : « La réalisation complète du programme de privatisations entraînerait des bénéfices considérables, tant pour l'économie grecque dans son ensemble, que pour ses finances publiques », assure Simon O'Connor, le porte-parole d'Olli Rehn, commissaire européen aux affaires économiques.

Le premier ministre grec Antónis Samarás et José Manuel Barroso, président de la commission européenne, le 19 décembre 2013 © CE 
Le premier ministre grec Antónis Samarás et José Manuel Barroso, président de la commission européenne, le 19 décembre 2013 © CE

Mais au fil des mois, la rhétorique de la Troïka s'est adaptée. À l'origine, l'argent de ces privatisations devait intégralement servir à rembourser la dette : c'était un moyen de trouver du cash rapidement. Face aux déconvenues, les privatisations ont trouvé une autre justification : il s'agit désormais, en priorité, de « doper l'efficacité des entreprises », donc de l'économie en général, en attirant davantage d'investissements directs étrangers. En clair, libéraliser les marchés, pour en finir avec des monopoles d'État, considérés comme douteux ou corrompus.

« Nous avons été confrontés à une vive réaction populaire : les gens s'indignaient du fait que les recettes des privatisations servaient, à leurs yeux, à rembourser les créditeurs étrangers… Donc nous expliquons aussi désormais que les privatisations permettent de créer de l'efficacité sur les marchés, et de l'emploi », résume un économiste proche du dossier, au sein de la commission.

Sur la même période, la dette publique de la Grèce s'est, elle, détériorée, figurant parmi les plus élevées en Europe : 148 % du PIB en 2010, puis 170 % l'année suivante, avant de glisser à 156 % en 2012, pour remonter à 176 %, un sommet, l'an dernier (la dette française, elle, a dépassé la barre des 90 % en 2013). Les observateurs les plus optimistes tablent sur une stagnation de la dette globale cette année, à des niveaux qui restent insoutenables à moyen terme.

La progression du ratio s'explique en partie par la poursuite de la récession : l'activité de l'économie grecque a continué à décrocher sur la période (-7,1 % en 2011, -6 % en 2012), et cette baisse prolongée du PIB a fait gonfler mécaniquement le poids relatif de la dette. Quoi qu'il en soit, les programmes de privatisation n'ont pas permis d'inverser la tendance d'un point de vue macroéconomique. Or ces opérations se révèlent par ailleurs très délicates sur le plan politique, avec une opinion publique plutôt hostile.

Une valse des patrons à la tête de l'agence des privatisations

Dans ce contexte, l'exécutif de José Manuel Barroso insiste sur sa supposée « neutralité » en la matière (l'article 345 précise que « les traités ne préjugent en rien le régime de la propriété dans les États membres »). « Ce qui doit être privatisé, jusqu'où, et selon quelle séquence, tout cela, c'est l'État membre qui le décide », assure-t-on du côté de la commission.

Une délégation d'experts bruxellois doit retourner mi-janvier à Athènes, pour poursuivre l'évaluation du programme. « Ils passeront en revue la gouvernance des entreprises, avec l'idée de l'améliorer pour faciliter les privatisations à venir », précise Simon O'Connor, porte-parole d'Olli Rehn.

Sur le terrain, les difficultés se sont accumulées. Créée pour l'occasion, l'agence censée superviser les privatisations, le « Taiped », est confrontée à une valse de ses directeurs : elle en est à son quatrième en moins de deux ans. Son avant-dernier patron, Stelios Stavridis (dont nous avions déjà parlé ici), a été poussé vers la sortie en août, « pour des raisons éthiques » : il avait voyagé à bord d'un jet privé, propriété d'un homme d'affaires grec, qui venait d'obtenir, quelques heures plus tôt, des parts dans la société publique de paris sportifs (Opap) en cours de privatisation…

Au-delà de ce turnover massif, la privatisation très attendue de plusieurs poids lourds a tourné court. Ce fut le cas, en juin 2013, de Depa, une société de distribution de gaz naturel, qui a viré au fiasco après le retrait du seul candidat en lice, Gazprom. Le Russe, longtemps donné gagnant, s'est refusé à formuler une offre en bonne et due forme, anticipant des réticences de la commission européenne, qui cherche à freiner la dépendance énergétique de l'UE envers le gaz russe.

Mais Gazprom a également laissé entendre qu'il jetait l'éponge, de peur d'une dégradation de la situation financière de Depa. Au fond, Athènes peine toujours autant à convaincre les investisseurs étrangers de la fin imminente de la récession et de la stabilité retrouvée de son économie. À cela s'ajoutent des difficultés juridiques de taille, liées au droit à la propriété dans le pays (et l'absence d'un cadastre en bonne et due forme).

Ce contexte difficile n'a pas empêché certaines transactions spectaculaires d'être réalisées ces derniers mois. En juin, l'opérateur du réseau gazier, Desfa, a, lui, bien été cédé, pour 450 millions d'euros, à un groupe d'Azerbaïdjan. En août, la vente d'une participation de contrôle dans Opap, la société de paris sportifs, à un duo d'entrepreneurs tchèque et grec, a rapporté 650 millions d'euros. En novembre, c'est un fonds néerlandais qui s'est adjugé, pour 653 millions d'euros, une majorité dans Pangaea, l'une des plus grosses sociétés d'immobilier commercial en Grèce.

En décembre, un fonds détenu par des investisseurs du Moyen-Orient a acquis pour 400 millions d'euros 90 % des parts d'un palace en banlieue d'Athènes. Le même mois enfin, c'est un fonds new-yorkais qui s'est acheté les droits pour construire un complexe touristique sur l'île de Corfou, pour un investissement total de 100 millions d'euros environ. Cette accélération des transactions, en fin d'année 2013, a fait dire à certains observateurs que les investisseurs étrangers revenaient en Grèce, et que la tendance était, pour de bon, en train de s'inverser.

 

 

Lire aussi

 

Source : www.mediapart.fr

 


 

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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 15:22

 

Source : www.sudinfo.be

 

 

 

Des poulets et des poissons gonflés à l'eau dans nos magasins: jusqu'à 48% de fraudes

MBV.

 

Le SPF Économie l’avait déjà constaté : certains poulets sont gonflés à l’eau ! Aujourd’hui, une enquête menée en France sur certains poissons arrive aux mêmes conclusions. Le pangasius analysé, par exemple, contenait 85 % d’humidité. Autrement dit, le consommateur achète dans ce cas plus d’eau que de poisson…

En France, c’est le Syndicat national du commerce extérieur des produits congelés et surgelés (SNCE), qui regroupe les plus gros importateurs-exportateurs de poissons, qui a décidé de faire réaliser cette enquête sur les ajouts d’eau dans le poisson. En se doutant vraisemblablement de ses résultats puisque, dès le départ, elle a été intitulée « Fraudfilets ». Ce sont en effet les filets de poisson, qui peuvent se vendre sans peau, sans arêtes, prêts à cuire, «  qui plaisent aujourd’hui le plus au consommateur  » explique le magazine de protection des consommateurs UFC-Que choisir. Les plus vendus, ils seraient aussi le plus «  manipulés  ».

Chez nous, le SPF Économie a les mêmes soupçons. «  On est en effet conscient du problème potentiel  », explique la porte-parole du SPF Économie, Chantal Depauw, «  mais ce genre d’enquête est vraiment difficile à mener  ». En collaboration avec l’Afsca, une enquête est néanmoins en cours sur l’eau contenue dans les scampis, mais ses résultats ne sont pas encore connus. Chez nos voisins français, trois années de tests ont été nécessaires pour arriver à bout de l’étude « Fraudfilets », qui a coûté pas moins de 155.000 euros, et portait sur les six espèces les plus vendues en France. Ses résultats sont édifiants : 48 % des échantillons de pangasius dépassaient les normes autorisées, avec des taux d’humidité atteignant jusqu’à 85 %.

> Tous les détails de ces enquêtes dans nos éditions de ce mardi.

 

 

 

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Source : tempsreel.nouvelobs.com

 

Les filets de colin gonflés à l'eau et aux produits chimiques

Publié le 06-01-2014 à 19h00

Une étude met en évidence cette pratique frauduleuse et difficilement détectable qui alourdit la facture pour le consommateur.

 

48% des filets de pangas testés n'étaient pas conformes à la règlementation. (image d'illustration) PHILIPPON JOEL/PHOTOPQR/LEPROGRES/MAXPPP

48% des filets de pangas testés n'étaient pas conformes à la règlementation. (image d'illustration) PHILIPPON JOEL/PHOTOPQR/LEPROGRES/MAXPPP

Le poisson vendu en filet, pratique et facile à cuisiner, est de plus en plus populaire auprès des consommateurs. Mais des méthodes couramment employées comme le trempage, l'injection ou les additifs, qui favorisent la rétention d'eau, permettent d'accroître le poids de la marchandise à bon prix comme l'explique un article d'UFC-Que choisir. 

C'est pour mettre fin à ces pratiques frauduleuses que le Syndicat national du commerce extérieur des produits congelés et surgelés (SNCE), qui regroupe les principaux producteurs de poissons surgelés, a décidé de réagir. "En période de crise économique, de stagnation des ressources halieutiques, de forte demande dans le monde, beaucoup peuvent penser qu’ajouter de l’eau aux produits peut permettre de gagner plus, constate Stéphane Barbut, président du SNCE. Mais, à terme, il y aura un prix à payer pour tous."

Des résultats sans appel

Une étude, baptisée "fraudfilets", a alors été entreprise afin de mettre en évidence ces pratiques frauduleuses qui sont particulièrement difficiles à détecter. Mais les efforts ont payé et les premiers résultats, concernant six espèces de poisson particulièrement prisées par les consommateurs, sont sans appel.

Ce sont les filets de panga qui sont les plus touchés par cette fraude avec 48% des échantillons analysés non conforme. Ensuite, viennent le Colin d'Alaska (28%), la cabillaud (18%) et la lotte américaine (14%). Quant au hoki et au saumon kéta, ils font presque office de bons élèves avec moins de 5% des produits en fraude.

Il aura fallu trois ans de travail et plus de 150.000 euros de budget pour parvenir à ces résultats. Mais avec seulement six espèces de poisson étudiées, on peut légitimement se demander quelle est l'ampleur réelle de cette pratique.

A.V. - Le Nouvel Observateur

 

 

 

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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 18:01

 

Source : zad.nadir.org

 

Infos de la semaine du 6 au 12 janvier.

lundi 6 janvier 2014, par zadist

 


Tant que la situation est calme, on continue les infos régulières, mais sur un rythme plus détendu d’un article par semaine, mis à jour tous les jours. Si quelque chose s’accélère, on donnera de nouveau les nouvelles en temps réel et vous pouvez écouter les nouvelles transmis par radio klaxon en streaming.

Si vous voyez des mouvements de police anormaux autour de la zone n’hésitez pas à nous contacter en appelant le numéro d’urgence au 06.43.92.07.01*

Lundi 6 janvier

Sur la ZAD

Les 100 Noms ont écrit un texte sur l’incendie qui a détruit leur cabane

Autour de la lutte contre l’aéroport

Revue de presse :

- Un ancien responsable de plusieurs compagnies aériennes écrit ses doutes sur les fondements économiques et commerciaux d’un nouvel aéroport (pour celleux qui en doutaient encore). A voir sur le site de 20 minutes

- Et le premier péage gratuit de l’année... à Gravelles ! Bravo ! Court article sur le site de ouest-torchon. (notons que l’action a beau se dérouler en mayenne, pour OF il s’agit toujours de "personnes de notre dame des landes".

- Encore une arnaque pour contrôler les territoires et avoir l’air vert : les "périmètres de Protection des espaces agricoles et naturels périurbains (PEAN)" dont un est prévu... entre Nantes et le "site de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes". Illes oublient que n’est qu’un projet, et que plutôt que réglementer les terres entre Nantes et Notre-Dame, illes pourraient abandonner leur projet...

Autour de la lutte contre son monde

Une grosse action d’autoréduction a eu lieu à Nantes la semaine dernière.

 

 

 

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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 17:41

 

 

Source : www.mediapart.fr

2013, une année faste pour le 1% les plus riches

|  Par Martine Orange

 

 

Les inégalités entre les plus riches et les plus pauvres se sont encore accentuées l’an dernier. Aux États-Unis, les plus fortunés détiennent plus de la moitié des revenus nationaux, une concentration inégalée depuis 1917.

Finalement, 2013 a été une année bien meilleure que prévu, à en croire nombre d’experts. Beaucoup se félicitent de voir la fin des désordres provoqués par la crise économique. À l’appui de ce retour à une situation plus normale, les commentateurs soulignent les performances « historiques » des marchés boursiers mondiaux. De New York à Tokyo en passant par Francfort ou Londres, ils ont volé de record en record, effaçant toute trace de la crise de 2008.

Autre donnée tout aussi réconfortante pour les experts : les marchés immobiliers, plombés pendant plus de six années consécutives, repartent à la hausse. Les appartements et les maisons retrouvent les prix stratosphériques qui rassurent tant les observateurs. Le marché londonien est à son plus haut depuis six ans, celui de New York remonte à tout vitesse. Bref, tout est en train de redevenir comme avant. Enfin pour certains, pour une poignée seulement.

Ce qui caractérise 2013, c'est l’approfondissement du fossé qui sépare les plus riches et les autres, le creusement toujours plus spectaculaire des inégalités. La reprise n’a été, n’est, que pour le 1 %des plus riches, au détriment des 99 % restants.

Selon le classement de l’agence Bloomberg, établi dès le 2 janvier, les 300 milliardaires les plus riches du monde ont encore augmenté leur fortune de 524 milliards cette année. Ensemble, ils représentent une richesse cumulée de 3 700 milliards, soit l’équivalent de l’addition du PIB de la France et de l’Espagne. Le fondateur de Microsoft, Bill Gates, est redevenu l’homme le plus riche du monde, avec une fortune de 78,5 milliards de dollars. Par le seul jeu de la spéculation boursière – les titres Microsoft ont augmenté de 40 % en 2013 –, il a gagné 15,8 milliards de plus l’an dernier. 

Dans le même temps, les classes moyennes et les plus pauvres disent ne noter aucune amélioration dans leur vie. Aux États-Unis, où l’économie est censée avoir le plus progressé, les conditions de vie continuent de se dégrader. Le revenu moyen par habitant s’élève à 28 281 dollars : il est inférieur en valeur constante au revenu moyen de 1998. Le taux de chômage n’est officiellement que de 7 % mais des millions de personnes ont disparu des statistiques officielles de recherche d’emploi. Plus de 46 millions d’Américains vivent désormais en dessous du seuil de pauvreté. Alors que la pauvreté avait continuellement baissé depuis le milieu des années 1960, elle ne cesse d’augmenter depuis le milieu des années 2000 et encore plus depuis la crise. 20 % des jeunes entre 18 et 24 ans sont désormais dans la pauvreté.


Taux de pauvreté aux Etats-Unis 
Taux de pauvreté aux Etats-Unis © census

Les chiffres sont encore plus accablants en Europe où l’austérité est venue s’ajouter à la crise. Alors que l’économie bégaie, le chômage atteint des niveaux records dans toute l’Europe du Sud : plus de la moitié des jeunes espagnols et grecs sont sans emploi. La pauvreté est réapparue partout sur le continent. Plus de huit millions de Français sont en dessous du seuil de pauvreté fixé à 977 euros par mois. 15 % de la population allemande vit elle aussi en dessous du minimum. Dans son dernier rapport, l’agence italienne de statistiques notait que 12 % des familles italiennes vivaient désormais dans la pauvreté. En Grande-Bretagne, la Croix-Rouge a dû rouvrir des centres pour aider les plus pauvres. Des organisations de charité multiplient la distribution de nourriture aux familles. Une situation jamais vue depuis la guerre, disent-elles. 

Alors qu’il s’apprête à quitter la présidence de la Réserve fédérale, la banque centrale américaine, Ben Bernanke a dressé un tableau prudent de son action. Sans l’action déterminée de la Fed, la situation économique aurait été bien plus sombre, a-t-il expliqué pour défendre son bilan. « En dépit des progrès, la reprise demeure de toute évidence incomplète », a-t-il toutefois reconnu, promettant en creux que la politique de taux bas et de mesures non conventionnelles (quantitative easing) allait se poursuivre.  

Ces milliers de milliards de dollars, de yens, d’euros ne sont jamais retombés dans l’économie réelle, mais ils ont provoqué une déformation économique jamais vue jusqu’alors. L’essentiel a été capté par le monde financier, qui l’a utilisé comme il en avait l’habitude : en spéculant massivement sur tous les actifs qui lui semblaient profitables, du pétrole à l’immobilier en passant par les actions et les obligations.

En novembre dernier, alors que la Fed annonçait qu’elle allait continuer à approvisionner les marchés à hauteur de 85 milliards de dollars par mois, un gérant – milliardaire – de hedge funds, Stanley Druckenmiller, se félicitait de cette décision : « C’est une formidable nouvelle pour les riches. C’est la plus grande redistribution de richesse des classes moyennes et des pauvres en direction des plus riches. Qui possède les actifs ? Les riches, les milliardaires. Vous pensez que Warren Buffet hait cette décision ? (….) Pour moi, j’ai eu une excellente journée. Peut-être que cette politique monétaire qui donne de l’argent aux milliardaires, que nous allons dépenser, va marcher. Mais depuis cinq ans, cela n’a pas marché. »

La grande distorsion

Difficile de mieux résumer la politique menée dans les économies occidentales depuis le début de la crise. Depuis cinq ans, un transfert massif des pauvres et des classes moyennes vers les plus riches a été organisé. Dans une enquête réalisée sur la période 2009-2012, l’économiste Emmanuel Saez (qui a mené de nombreux travaux avec Thomas Piketty) arrive à la conclusion que « 95 % des gains de la reprise ont été captés par le 1 % des plus riches ». Les 10% plus riches (définis par des revenus annuels au-delà de 114 000 dollars) ont subi une chute brutale de leurs revenus (-36,3 %) au début de la crise, en raison de la chute des marchés boursiers et immobiliers. Mais à la différence des récessions précédentes où ils avaient été moins exposés, les 99 % ont eux aussi vu leurs revenus baisser de 11,6 % durant cette période.

À partir de 2010, les ménages les plus fortunés ont vite effacé les traces de leurs pertes. « Les revenus du 1 % les plus riches ont augmenté par la suite de 31,4 %, pendant que ceux des 99 % ont progressé seulement de 0,4 %. » « Ces chiffres suggèrent que la grande récession a pesé de façon temporaire sur les revenus les plus élevés mais ne remettra pas en cause l’augmentation spectaculaire des revenus des plus riches à laquelle on assiste depuis les années 1970 », note l’économiste.


Pourcentage des revenus totaux détenus par les 10% les plus riches 
Pourcentage des revenus totaux détenus par les 10% les plus riches © étude Emmanuel Saez

Le grand mouvement de réduction des inégalités qui avait été engagé après la crise de 1929 et surtout après la Seconde Guerre mondiale est définitivement derrière nous. Les Américains les plus fortunés ont payé en 2012 moitié moins d’impôt que les autres Américains, en raison de la fiscalité privilégiée sur le patrimoine. Selon l’étude, la part des 10 % les plus aisés dans la population – correspondant au 1er décile – représentait 50,4 % du total des revenus américains en 2012. Cette proportion a dû encore augmenter en 2013. Un tel niveau d'accumulation de richesses en si peu de mains n'a jamais été atteint depuis 1917, date du début des statistiques américaines, note l’étude. Même à la veille de la crise de 1929, ce pourcentage n’était pas si élevé.

Les chiffres ne sont pas peut-être pas aussi frappants en Europe. Mais la tendance est la même, comme le prouvent les enquêtes de l’Insee pour la France et d’Eurostat pour l’Europe. Partout, les fractures entre riches et pauvres s’agrandissent.

Aux États-Unis, la paupérisation de la population et l’effondrement des classes moyennes sont devenus un sujet politique, même s’il n’en est qu’à ses balbutiements. Début décembre, Barack Obama s’inquiétait de la fin du « rêve américain », alors qu’une majorité de la population est désormais persuadée que leurs enfants ne bénéficieront pas d’ascenseur social. Le président américain disait vouloir s’attaquer aux inégalités et redonner espoir aux classes moyennes, socle de la démocratie américaine. Dans une tribune publiée le 6 janvier dans le Financial Times, Lawrence Summer, ancien conseiller économique de Bill Clinton et candidat malheureux à la succession de Ben Bernanke à la présidence de la Réserve fédérale, va encore plus loin. Soulignant les risques de voir l’économie américaine tomber dans une stagnation séculaire, il demande un changement de politique, une politique d’investissement dans tous les domaines, insistant sur le fait que « le problème est plus dans le manque de la demande que dans le manque d’offre ».

L’Europe n’a même pas engagé le début de cette réflexion. De la Grande-Bretagne à l’Espagne en passant par la France, tout reste placé sous le signe de l’austérité, des réductions des dépenses publiques, de la baisse des impôts, des salaires et de la redistribution sociale. Les grandes fortunes européennes n’ont guère de souci à se faire : 2014 devrait être encore une excellente année pour elles.

 

 

Source : www.mediapart.fr

 


 

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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 17:25

 

 

Source : www.ladepeche.fr

 

 

 

Salviac. L'employée de la poste se suicide en allant au travail

 

 

Publié le 07/01/2014 à 07:35, Mis à jour le 07/01/2014 à 10:42 | 95

Le centre de tri de Salviac où travaillait Jocelyne Curoux./Photo DDM, Elisabeth Manadeau

Le centre de tri de Salviac où travaillait Jocelyne Curoux./Photo DDM, Elisabeth Manadeau  

 

 

Une factrice âgée de 57 ans, Jocelyne Curoux, s’est suicidée samedi matin à Prats du Périgord. Elle se rendait au travail. À bout de souffle, selon ses proches, elle ne supportait plus les conditions de travail engendrées par des surcharges de tâches.

Jocelyne Curoux travaillait depuis plus de 20 ans pour le centre de tri de Salviac. Samedi, elle s’est, semble-t-il, donnée la mort à Prats du Périgord. Elle se rendait au travail à bord de son véhicule, vêtue de sa tenue de factrice. À 11 heures, inquiets de ne pas la voir, ses collègues l’ont appelée. En vain. C’est un promeneur qui a contacté la gendarmerie. Son corps a été retrouvé flottant dans un lac à Prats du Périgord. La communauté de brigade de Belvès en Dordogne a ouvert une enquête pour accréditer ou pas la thèse du suicide. La piste criminelle est écartée. Un drame terrible pour sa famille, ses collègues. «Elle souffrait au travail. Elle ne voulait pas y revenir. Elle ne rentrait pas de bonne heure. Je n‘accuse personne. Mais tout cela l’a travaillé, elle est décédée» confie son mari Francis Curoux, pétri de douleur. «Elle dépassait les horaires. Elle était en état de stress depuis un moment. Elle ne voulait pas s’arrêter car elle culpabilisait» indique une de ses collègues, très affectée par sa disparition. «À Salviac, le constat est simple. Il y a eu des réorganisations successives, celle de novembre 2013 a été de trop. Avant, il y avait déjà des personnes en souffrance. Les tournées vacantes n’étaient pas remplacées. La Poste avait mis en place un système, quand il manquait quelqu’un, un collègue prenait sa tournée. Cette surcharge de travail peu ou prou, les facteurs l’éprouvent» indique Serge Dondrille, secrétaire du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHCT), secrétaire général départemental CGT la Poste. Il avait tiré la sonnette d’alarme, alerté l’inspection et la médecine du travail. Le centre de tri de Salviac, compte 12 personnes, pas toutes à temps plein. Les facteurs font 8 tournées sur Salviac et Cazals. «À Salviac, une autre factrice est en arrêt maladie pour épuisement. D’autres centres sont en souffrance à Gourdon, Bretenoux où trois tournées ont été supprimées. Elles se font au pas de course. Il y a un mauvais climat dans les services. Les facteurs par ailleurs subissent une non-reconnaissance de la Poste» poursuit Serge Dondrille. «Les tournées, c’est six jours sur sept. On fait notre travail avec le sourire, même si le cœur n’y est pas» conclut Serge Dondrille. Les obsèques de Jocelyne Curoux se dérouleront jeudi à 15 heures à Montcléra, où elle résidait.


Un dispositif d'écoute mis en place

«Toute la communauté de Salviac et de la Poste du Lot est particulièrement affectée par ce drame. La Poste pense à cette collègue, à ses proches.

A cet effet, elle a mis en place un dispositif d’écoute et de soutien à Salviac. Tous ceux qui souhaitent s’exprimer peuvent le faire. Une enquête est en cours pour déterminer les circonstances exactes du décès. Aujourd’hui, Il est en tout état de cause particulièrement indécent de tirer une quelconque conclusion sur les origines de ce drame» indique la direction du courrier Midi-Pyrénées Nord.

Marielle Merly

 

Source : www.ladepeche.fr

 


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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 17:07

 

 

Source : www.lemonde.fr

 

 

 

Le logiciel de téléphonie mobile qui défie le contrôle des Etats

LE MONDE | 21.04.2012 à 10h10 • Mis à jour le 21.04.2012 à 10h10 | Par Yves Eudes

 
en 2011, l'Organisation mondiale de la santé a classé les ondes électromagnétiques comme potentiellement cancérigènes

Depuis quelques semaines, les propriétaires d'un téléphone mobile équipé du système Android peuvent télécharger gratuitement un logiciel baptisé Serval. Malgré une arrivée discrète, celui-ci pourrait bouleverser le marché de la téléphonie et remettre en cause le contrôle étatique des réseaux. Pour l'installer, il faut d'abord "rooter" son téléphone, c'est-à-dire désactiver les verrouillages imposés par les opérateurs. Dès lors, Serval permet à un groupe de mobiles de se connecter directement, sans carte SIM ni antenne relais. Il fonctionne selon le principe d'un maillage ("mesh") consistant à créer des réseaux temporaires et mouvants, entièrement décentralisés. Lorsque deux appareils sont proches l'un de l'autre (quelques centaines de mètres), ils se parlent en direct. S'ils sont trop éloignés, les autres téléphones Serval se trouvant dans la même zone captent automatiquement la communication et la retransmettent, de proche en proche – sans que leurs propriétaires aient à faire quoi que ce soit.

Serval a été inventé par Paul Gardner-Stephen, un chercheur australien de l'université Flinders d'Adelaïde, avec l'aide d'étudiants de l'Institut national de sciences appliquées de Lyon (INSA). Selon lui, son invention restaure les vraies potentialités des téléphones mobiles : "Dans les années 1980, les ingénieurs travaillant sur les premiers prototypes avaient imaginé des réseaux mesh, simples et bon marché. Mais les compagnies de téléphone les avaient empêchés de travailler dans cette direction, parce qu'elles voulaient préserver leur modèle pyramidal contrôlé par le haut, hérité du téléphone filaire – techniquement caduc mais commercialement très profitable. Aujourd'hui encore, si les mobiles ne peuvent pas se parler directement au niveau local, c'est parce qu'ils sont verrouillés par les opérateurs, qui obligent les usagers à passer par leurs relais et donc par leurs systèmes de facturation."

Dans sa première mouture, Serval se sert des émetteurs Wi-Fi des téléphones et, en cas de besoin, des bornes Wi-Fi alentour. Mais la prochaine version utilisera directement leur émetteur principal, sur les fréquences GSM – ce qui, en Europe, pourra poser des problèmes juridiques. Encore difficilement mesurables, les répercussions géopolitiques d'une telle invention sont potentiellement importantes. M. Gardner-Stephen souhaite ainsi la déployer en priorité dans des régions du tiers-monde délaissées par les opérateurs de téléphonie, et dans des zones où les réseaux ont été détruits par des catastrophes naturelles. Dans les grandes métropoles, où tout le monde possède un mobile, Serval pourrait aisément créer des réseaux denses et efficaces, échappant à tout contrôle, commercial ou administratif, au grand dam des Etats.

L'équipe de M. Gardner-Stephen a même imaginé un système encore plus puissant : certains téléphones seront spécialement configurés pour servir de relais à tous les autres, y compris ceux qui ne sont pas équipés du logiciel. En novembre 2011, Serval a été primé lors d'un concours de logiciels innovants organisé à Séoul (Corée du Sud). Déjà, des fabricants de mobiles chinois s'y intéressent.

Yves Eudes

 

Source : www.lemonde.fr

 


 

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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 16:50

 

 

Source : www.mediapart.fr


Désobéir à la politique de l'Union européenne

|  Par La rédaction de Mediapart

 

 

En Europe, le fossé ne cesse de se creuser entre l’échelon continental et national. Au premier l’initiative de la politique économique, au second le débat démocratique. Des chercheurs proposent de rompre avec cette logique.

Dans une tribune publiée sur le site de Regards, des chercheurs proposent de désobéir à l'Union européenne pour rompre avec sa matrice idéologique actuelle, libérale et conservatrice, et recréer les conditions favorables à une « politique de plein emploi, à une réorientation de l’économie en fonction des besoins sociaux, à l'intégration internationale solidaire et à une planification de la transition écologique ».

Lire sur le site de Regards (*ou à la suite de la vidéo)

 

Notre grand débat : En finir avec l'Europe (ou pas)

 

 

 

                                                         ************************************************

 

Source : www.regards.fr

 

Désobéir à l’Union européenne

Par Cédric Durand, Razmig Keucheyan| 7 janvier 2014

Désobéir à l'Union européenne (cc Eisenbahner)
cc Eisenbahner
 

Parti pris : Cédric Durand et Razmig Keucheyan – L’abandon par les élites européennes de toute ambition de progrès social, au profit d’une gestion de la stagnation, ne laisse d’autre solution que la rupture avec l’UE.

On a les rêves qu’on peut. Il n’y a pas si longtemps, les élites européennes ambitionnaient, dans le cadre de la stratégie de Lisbonne, de faire de l’Union européenne « l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde d’ici à 2010, capable d’une amélioration quantitative et qualitative de l’emploi et d’une plus grande cohésion sociale ».

« Les élites européennes ont désormais intégré qu’un taux de chômage à 10% ou 12% est une donnée irréductible de la situation »

La crise est passée par là, et avec elle un long cortège de convulsions financières et de psychodrames institutionnels. Des ambitions d’autrefois il ne reste aujourd’hui plus rien : l’agenda de la compétitivité et de l’innovation n’a généré ni croissance, ni progrès social, ni encore moins de solutions aux grands défis écologiques de notre temps. À quoi rêvent désormais les élites européennes ? De stabilité. Que la catastrophe ralentisse son cours et leur laisse un peu de répit, ne serait-ce que pour quelque temps. C’est ce qui ressort des récents propos de Mario Draghi, le patron de la Banque centrale européenne, l’un des hommes les plus puissants du continent.

Contre toute attente, la tonalité des entretiens accordés la semaine passée par Draghi à la presse est optimiste. Il n’est bien sûr plus question de faire de l’UE l’économie « la plus dynamique du monde », et pas davantage d’y promouvoir la « cohésion sociale  ». Draghi se réjouit désormais de ce que le chômage semble se stabiliser en Europe à 12%. Le rythme de la croissance, ajoute-t-il, atteindra – peut-être – de 1,1% à 1,5%. Les mots « stabilité » et « stabiliser » sont prononcés pas moins de sept fois dans un entretien paru fin décembre dans le JDD. Les « incertitudes refluent », dit-il, invitant les gouvernements à « continuer sur le chemin des réformes ».

À la lecture des propos de Mario Draghi, une conclusion s’impose : les élites européennes – la frange de ces élites la moins encline à se raconter des histoires – ont désormais intégré qu’un taux de chômage à 10% ou 12% est une donnée irréductible de la situation. Elles ont intégré, par la même occasion, que la croissance restera déprimée, s’élevant au mieux à 1,5%, plus probablement autour de 0,5%. À supposer même que les « nouveaux modèles de croissance » que Draghi appelle de ses vœux voient le jour, leurs effets sur l’emploi ne se feraient sentir que dans des années, voire des décennies. Adieu la stratégie de Lisbonne. Gouverner la stagnation, tel est le nouvel horizon des dirigeants de l’UE.

« L’ "euro-keynésianisme" dont il était encore question au début de la crise n’est plus qu’un lointain souvenir »

Depuis le 19e siècle, les avancées démocratiques sont indissociables du développement économique et social. Les périodes de crise, quant à elles, génèrent souvent des raidissements autoritaires. Conformément à cette règle, la stagnation qui s’installe donne lieu à des processus de régression démocratique. En réponse à la crise, les États européens ont accepté un "grand bond en avant" dans l’intégration européenne. Ils ont pour cela abdiqué l’essentiel de leur capacité d’initiative en matière économique, au profit d’institutions de l’UE – comme la Banque centrale – dont les fondements démocratiques sont dans le meilleur des cas très faibles, mais le plus souvent inexistants.

Si la fabrique du politique est désormais européenne, cela n’implique pas pour autant que la vie politique elle-même le soit devenue. Le fossé ne cesse de se creuser entre l’échelon continental et national : au premier l’initiative de la politique économique, au second le débat démocratique. En l’absence de mouvement social à l’échelle du continent, ce fossé va continuer à se creuser, et la dé-démocratisation s’accentuer. Dans ce contexte, l’émergence d’une majorité de gauche en rupture avec le néolibéralisme, en capacité de gouverner l’UE, est tout simplement inconcevable. L’ "euro-keynésianisme" dont il était encore question au début de la crise n’est plus qu’un lointain souvenir.

Pourtant, les partis de la gauche européenne (PGE), réunis récemment en congrès à Madrid, semblent encore attachés à cette option. Un budget européen substantiel et une banque centrale soutenant les finances publiques, des investissements dans les infrastructures écologiques et une assurance chômage continentale, parmi d’autres mesures, permettraient à leurs yeux l’émergence d’une autre Europe. Hélas, les obstacles à la mise en œuvre d’un tel programme sont infranchissables. Ces mesures sont contraires au code génétique des traités européens en vigueur. La construction de l’Europe s’est effectuée autour du projet "ordo-libéral" d’économie sociale de marché. Comme l’a montré Michel Foucault, dans cette perspective, « la forme fondamentale de la politique sociale, ça ne doit pas être quelque chose qui viendrait contrebattre la politique économique et la compenser ».

« Ce n’est qu’une fois la rupture avec l’UE consommée que la vraie politique pourra commencer »

Il s’agit au contraire de permettre la prise en charge par le marché de l’ensemble des besoins sociaux. Le principe contraignant de concurrence libre et non-faussée, l’indépendance de la banque centrale, les limites à la politique budgétaire, la libre circulation des capitaux, l’absence de politique sociale unifiée, découlent mécaniquement de ces prémisses. Prétendre réorienter l’Europe suppose donc au préalable de briser cette machine infernale.

Au cas où elle connaîtrait des succès électoraux dans un ou plusieurs pays, ce qui est tout à fait possible, une gauche en rupture avec le néolibéralisme sera donc placée devant une alternative implacable : ravaler ses ambitions de transformation écologique et sociale afin de devenir euro-compatible, ou désobéir et in fine rompre avec l’UE. Il n’y a pas de troisième possibilité. Ce n’est qu’une fois la rupture avec l’UE consommée que la vraie politique pourra commencer : politique de plein emploi, réorientation de l’économie en fonction des besoins sociaux, intégration internationale solidaire, planification de la transition écologique…

Laisser imaginer, comme le font des secteurs majoritaires de la "gauche de la gauche", qu’une « autre Europe est possible » à partir de celle qui existe, comporte un risque : celui de susciter le pessimisme et la désespérance parmi les militants et les électeurs. D’ici aux élections européennes de juin prochain, clarifier cette question est donc une nécessité. Un seul mot d’ordre s’impose pour cette campagne : désobéissance à l’Union européenne !

 

Cédric Durand est maître de conférences en économie à Paris 13

Razmig Keucheyan est maître de conférences en sociologie à Paris 4

 

 

 

 

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