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21 janvier 2014 2 21 /01 /janvier /2014 18:17

 

Source : www.leparisien.fr

 

Enquête 

Un banquier d’UBS accuse

Élisabeth Fleury et Matthieu Pelloli | Publié le 21 janv. 2014, 07h00

 

Un ancien salarié de la banque suisse livre un témoignage clé sur les mécanismes d’évasion fiscale pour attirer des clients français. La banque nie toute malversation

 

 
 Bâle (Suisse). UBS, l’Union des banques suisses, la plus grande des banques helvètes, est soupçonnée d’avoir démarché des particuliers en France dans les années 2000 afin qu’ils ouvrent des comptes non déclarés en Suisse.  Bâle (Suisse). UBS, l’Union des banques suisses, la plus grande des banques helvètes, est soupçonnée d’avoir démarché des particuliers en France dans les années 2000 afin qu’ils ouvrent des comptes non déclarés en Suisse.  (AFP/Fabrice Coffrini.)

C’est un témoignage anonyme car risqué : les Suisses emprisonnent ceux de leurs ressortissants qui osent braver le secret bancaire. Celui-ci, inédit, émane d’un ancien salarié d’UBS Suisse qui, pendant quatorze ans, a recruté en des clients à l’évasion fiscale. Aujourd’hui retiré du secteur bancaire, ce quadragénaire a récemment livré son témoignage aux Guillaume Daïeff et Serge Tournaire, qui l’ont immédiatement versé à leur dossier. Il pourrait s’avérer déterminant pour la suite de l’enquête.

Comment recrutiez-vous des clients en ?

Pendant des années, ils venaient de leur propre initiative. Puis, en raison de la concurrence, il nous a fallu devenir plus agressifs. A partir de 2002-2003, notre direction nous a encouragés à travailler de plus en plus avec Paris. Chaque conseiller devait avoir un ou deux contacts en France susceptibles de nous mettre en relation avec de futurs clients.

S’agissait-il toujours d’ouvrir des comptes non déclarés ?

Evidemment. La question ne se posait même pas.

Concrètement, comment s’organisait cette coopération transfrontalière ?

Je prenais contact avec mes futurs clients grâce aux renseignements fournis par mes collègues d’UBS Paris. Nous nous rencontrions ensuite dans des halls ou des chambres d’hôtel, ou parfois à leur domicile, ce qui est préférable : cela permet de connaître l’environnement du client, son mode de vie, ses goûts... Dans tous les cas, il fallait être extrêmement discret.

Quelles étaient les consignes ?

Lorsque nous étions envoyés en France, rien ne devait permettre d’établir un quelconque lien avec UBS. Il fallait donc n’avoir aucun document portant le logo de la banque, pas même une carte Visa. On nous fournissait, pour chaque voyage, un ordinateur vide. Une fois en France, nous récupérions les informations nécessaires — relevés de comptes, contact clients, numéros de téléphone... — sur une plate-forme ultra-sécurisée à laquelle nous ne pouvions accéder que pour la durée de la visite. Toutes ces informations devaient être détruites avant de retraverser la frontière.

Les clients étaient-ils inquiets ?

On savait les rassurer. Certains collègues allaient jusqu’à leur dire que nous étions aussi fiables qu’une valise diplomatique. La vérité, c’est que l’on envoyait tout simplement en Suisse, par la Poste, les documents qu’ils nous confiaient.

Vous est-il arrivé de vous faire prendre ?

Une seule fois, dans le Lausanne-Paris, des douaniers m’ont fouillé. C’était un scénario auquel j’étais préparé. Sur les conseils de ma hiérarchie, je leur ai dit que c’était un voyage privé et que j’allais voir un spectacle. Cela a fonctionné.

Et pour ouvrir le compte en Suisse puis transférer les avoirs, comment opériez-vous ?

Il y avait deux cas de figure. Soit l’argent était déjà caché ailleurs, dans un paradis fiscal par exemple, et le client n’avait qu’à opérer un virement. Soit l’argent avait été déclaré en France et il fallait le sortir en cash, ce qui était plus délicat.

Comment vous y preniez-vous ?

Parfois le client prenait le risque de venir lui-même en Suisse pour y déposer sa fortune, cash ou lingots. Mais le plus souvent, des conseillers d’UBS faisaient la mule en transportant eux-mêmes ces sommes de l’autre côté des Alpes. Sac sur le dos, certains empruntaient les pistes de ski. J’avais moi-même un passeur.

Des précautions particulières étaient-elles prises pour certains clients ?

Il existait chez UBS Suisse un département spécial, baptisé PEP pour « Personnes exposées politiquement ». Il regroupait tous les clients sensibles, soit par le montant de leur fortune, soit par leurs fonctions. L’objectif de la direction, en regroupant ces clients, était d’éviter que trop de noms connus ne circulent au sein de la banque. Les conseillers PEP devaient être d’une disponibilité absolue, ces clients-là sont très exigeants.

Avez-vous croisé certaines de ces personnalités ?

J’ai vu des créatrices de mode françaises ainsi que des footballeurs de l’équipe championne du monde en 1998. Le nom d’un ministre, aussi, circulait. Dans le cadre de nos formations, il était même utilisé, sur des documents types, pour illustrer les montages financiers opaques. On nous disait par exemple : « Monsieur Untel veut prêter de l’argent à son fils, à partir d’un trust situé aux Bermudes, voilà les étapes à suivre... ».

Ce que vous dites est considéré, en Suisse, comme une violation du secret bancaire. Vous risquez, à ce titre, la prison. Pourquoi parlez-vous aujourd’hui ?

J’en ai assez de voir la banque UBS se défausser sur ses employés et tenter de négocier, sur notre dos, avec la justice. Si nous avons agi illégalement, c’était à la demande de la banque.

 

 

Source : www.leparisien.fr

 

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21 janvier 2014 2 21 /01 /janvier /2014 18:09

 

Source : lexpansion.lexpress.fr

 

McDo dans le viseur du fisc français pour une évasion de 2,2 milliards d'euros

 Par Emmanuel Paquette - publié le 21/01/2014 à 17:07

 


Exclusif: Bercy soupçonne McDonald's d'échapper, en partie, au fisc français grâce à ses filiales luxembourgeoise et genevoise, où atterrissent les commissions versées par les franchisés. Un pactole de plus de 2 milliards d'euros qui a valu une perquisition au siège tricolore de l'enseigne.


 

Big micmac fiscal chez McDo

Le clown Ronald, symbole de McDonald's, incarne son engagement social. Bien loin de ses pratiques fiscales.

REUTERS/Eric Thaye


Deux milliards d'euros glissés entre une tranche suisse et une autre, luxembourgeoise. La multinationale américaine McDonald's n'est pas seulement le spécialiste incontesté du hamburger : elle a aussi élaboré une recette très secrète de sandwich fiscal. A la faveur d'un savant montage, le roi du Big Mac est soupçonné par l'administration française d'avoir soustrait, en cinq ans, une bonne partie de son chiffre d'affaires réalisé dans l'Hexagone. Depuis 2009, plus de 2,2 milliards d'euros, selon les services de Bercy, ont été transférés directement au Luxembourg et en Suisse sans que la fliale tricolore n'ait acquitté sur ces sommes le paiement de la TVA et de l'impôt sur les bénéfices. Ce sont entre 330 et 650 millions d'euros qui auraient ainsi échappé au fisc chaque année. Un joli tour de passe-passe...

Pour y voir plus clair dans les arrière-cuisines de la multinationale, une perquisition s'est déroulée discrètement au siège de la société, à Guyancourt (Yvelines), sous l'autorité du tribunal de grande instance de Versailles. Ayant débuté le 15 octobre dernier au matin, elle s'est terminée le lendemain à l'aube. A l'heure du McCafé.

Contactée par L'Express, l'entreprise confrme les faits : "Comme la plupart des grandes sociétés, nous faisons l'objet de demandes d'informations courantes de la part de l'inspection des fnances publiques, auxquelles nous avons toujours répondu." Mais ses dirigeants n'ont pas donné suite à nos demandes de rencontre. Détail savoureux, quelques jours avant cette opération, Jean-Pierre Petit, PDG des activités françaises et vice-président Europe du groupe, publiait son livre J'ai vendu mon âme à McDo (Cherche Midi). On ne saurait mieux dire.

Les 300 franchisés tricolores acquittent des redevances pour l'utilisation de la marque

En trente-cinq ans, l'enseigne américaine a réussi l'exploit de faire de la France son deuxième marché le plus rentable, juste derrière les Etats-Unis. McDo a dû batailler dur pour se faire une place au pays du Guide Michelin. Non contente de devoir lutter contre sa réputation de symbole de la malbouffe, la chaîne de restauration rapide a aussi subi, dans les années 1990, le kidnapping de son effgie, le clown Ronald, par des écoguerriers, et le démontage de l'un de ses restaurants, à Millau, par José Bové.

Pour améliorer son image teintée d'impérialisme américain, elle ajoué très vite la carte de la traçabilité des produits et de ses liens avec les producteurs nationaux. Sans compter l'adaptation de ses recettes au goût local : sauces aux fromages (saint-nectaire, fourme d'Ambert, cantal), McBaguette ou, plus récemment, formule "Casse-croûte" à moins de 5 euros. Une stratégie payante. "Jamais les Américains n'avaient imaginé que McDonald's se développerait ainsi au pays de ces sacrés gastronomes mangeurs d'escargots", se félicite Petit dans son ouvrage.

En 2012, dans l'Hexagone, la multinationale a vendu pour 4,35 milliards d'euros hors taxes de hamburgers, de salades, de nuggets de poulet, etc., à travers son puissant réseau : plus de 1 300 restaurants, dont 20 % appartiennent à la marque et 80 % à des franchisés. Voilà la clef de la réussite de McDo. "Tout notre système repose sur [les franchisés]", reconnaît Jean-Pierre Petit dans son livre. En moyenne, chacun possède trois restaurants. Mais les plus importants d'entre eux peuvent en détenir jusqu'à 19, comme Michel Réglat dans la région de Toulouse, Mario Piromalli en Bretagne, ou Hervé Clément en Ile-de-France.


McDo dans le viseur du fisc français pour une évasion de 2,2 milliards d'euros

AFP PHOTO / BERTRAND GUAY


Le PDG de McDo France, Jean-Pierre Petit, n'a pas souhaité répondre à L'Express.

La franchise est aussi au coeur du système qui a permis l'évasion fiscale et qui donne aujourd'hui des migraines aux services de Bercy. Car les 300 franchisés tricolores acquittent des redevances "pour l'utilisation de la marque et du savoir-faire qui appartiennent à McDonald's". Ils doivent rétrocéder au géant américain 4 % de leur chiffre d'affaires pour les frais publicitaires et, surtout, entre 10 % et 20 % sous forme de commissions d'exploitation. Une fois leur obole versée, "ces entrepreneurs indépendants paient leurs impôts, investissent et créent des emplois du fait de la nature même de leur activité", tient à préciser l'enseigne. Les redevances des franchisés constituent l'essentiel de la rentabilité du groupe, soit près des deux tiers de ses marges.

Pour optimiser la gestion de cette manne, une fliale luxembourgeoise, McD Europe Franchising, a ouvert en janvier 2009 deux succursales, l'une aux Etats-Unis, dans l'Illinois, l'autre à Genève, en Suisse. Placée sous la direction de deux cadres, Cathy Martin et Mahrukh Sultana Hussain, la structure helvétique a encaissé plusieurs centaines de millions d'euros de commissions en provenance de McDo France. Une autre partie des flux fnanciers hexagonaux est parvenue au Luxembourg, à la suite d'un accord passé en mars 2009 avec le siège américain.

La maison mère permet alors à McD Europe Franchising d'"acquérir le droit d'utiliser, de développer, ou de sous-louer les moyens marketing et la propriété intellectuelle liés aux restaurants McDonald's dans toute l'Europe". En clair, la société du grand-duché peut recueillir le paiement des royalties de tous les franchisés installés sur le Vieux Continent, dont la France, mais elle doit ensuite reverser un montant annuel à la multinationale.

Les résultats sont impressionnants. Sur la seule année 2012, cette entité luxembourgeoise de 13 salariés affche un chiffre d'affaires de plus de 1 milliard de dollars, pour un bénéfce net de 172,4 millions, grâce aux redevances payées par les franchisés de toute l'Europe. Surtout, le montage lui permet d'acquitter un impôt sur les bénéfces de 1,85 % seulement, au lieu du taux de 33,3 % en France .Une jolie économie. Elle n'aura payé en 2012 que 3,2 millions de dollars de taxes au total.

Un risque de redressement fiscal qui pourrait s'étendre à d'autres pays

Et c'est bien là que les services de Bercy s'étranglent. Pour eux, il ne fait aucun doute que la société luxembourgeoise et sa succursale suisse offcient directement sur notre territoire. En effet, les franchiseurs bénéfcient de moyens humains et matériels alloués par McDonald's France. Comme le rappelle d'ailleurs dans son livre le patron tricolore, l'enseigne met à leur disposition "les meilleurs outils et les meilleures conditions afn qu'ils s'épanouissent, qu'ils prospèrent". Dès lors, selon l'administration fiscale, les commissions reversées par les franchisés doivent bienêtre soumises à l'impôt dans l'Hexagone. Le manque à gagner pour l'Etat est susceptible de s'élever à plusieurs centaines de millions d'euros.

Pour le groupe américain, la menace d'un redressement fiscal est d'autant plus inquiétante que d'autres pays européens, comme l'Allemagne, par exemple, risquent d'emboîter le pas à la France. Un effet domino qui pourrait être désastreux. "Les entreprises doivent, à côté du marketing de leurs produits, avoir de plus en plus ce rôle citoyen [...], écrit Jean-Pierre Petit. En trente ans, McDonald's est devenu un membre actif et responsable de la société." De quoi s'étouffer, sans même avoir avalé un hamburger.

Les comptes 2012 de McDo au Luxembourg où il est imposé à 1,8%


En savoir plus sur http://lexpansion.lexpress.fr/entreprise/mcdo-dans-le-viseur-du-fisc-francais-pour-une-evasion-de-2-2-milliards-d-euros_424781.html#BhPhwL63kgv5LuGS.99

 

Source : lexpansion.lexpress.fr

 

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21 janvier 2014 2 21 /01 /janvier /2014 17:47

 

Source : www.marianne.net

 

Cette guerre idéologique que l’austérité est sur le point de gagner!

Mardi 21 Janvier 2014 à 05:00

 

*Michel Santi

 

Le scénario est toujours le même. Le gouvernement du pays en question opte pour l’austérité, croyant ainsi conserver la confiance des marchés financiers. A l’unisson, l’ensemble des partis politiques affichent leur indéfectible volonté de préserver la notation de la dette souveraine de leur pays. Jusqu’à ce que l’austérité déprime la consommation, fige l’investissement et, en finalité, débouche sur la récession.

 

Un vieil homme marche les pieds symboliquement enchaînés lors d'une manifestation, septembre 2012, Athènes - RAKITA MAGDA/SIPA
Un vieil homme marche les pieds symboliquement enchaînés lors d'une manifestation, septembre 2012, Athènes - RAKITA MAGDA/SIPA
Le scénario est toujours le même. Le gouvernement du pays en question opte pour l’austérité, croyant ainsi conserver la confiance des marchés financiers. A l’unisson, l’ensemble des partis politiques affichent leur indéfectible volonté de préserver la notation de la dette souveraine de leur pays. Jusqu’à ce que l’austérité déprime la consommation, fige l’investissement et, en finalité, débouche sur la récession.

Les objectifs en matière de réduction des déficits sont donc évidemment très loin d’être atteints, tant et si bien qu’une intensification de l’austérité est exigée par les responsables politico-économiques. Lequel regain de rigueur exerce une pression supplémentaire sur ce qui reste de croissance et que, en finalité, le pays perde son AAA, ou la note enviable dont il bénéficiait de la part des agences de notation. Lesquelles agences de notation qui invoquent les misérables perspectives de croissance pour justifier la dégradation de la note de ce pays.

C’est à peu près à ce stade que le Ministre des Finances de ce pays, montrant une détermination sans faille, assure vouloir redoubler d’efforts pour réduire la dette publique, non sans distiller son angoisse vis-à-vis de déficits « qu’il nous est impossible de transmettre aux générations futures »…
 
Scénario familier, donc, qui ne s’est que trop répété ces dernières années en Europe et qui a par exemple touché en décembre dernier les Pays-Bas, « déshonorés » par la perte de leur triple A. Austérité qui a donc embarqué ce pays dans une spirale infernale où la croissance rétrécit comme une peau de chagrin année après année et où le fardeau de l’endettement s’aggrave, lui, année après année. Comment et pourquoi s’en émouvoir – ou tout simplement s’en étonner ? – quand le gouvernement hollandais adopte des mesures d’économies et d’augmentations d’impôts se montant à 6.5% du P.I.B. entre 2011 et 2014, et à 2.5% d’économies supplémentaires entre 2015 et 2017 ? Pourtant – quelle surprise ! – : la dette publique s’enfonce de 65.7% du P.I.B. en 2011 à 76.3 prévue cette année. Tandis que le chômage double quasiment sur la même période de 4.3% en 2011 à 8% prévu en 2014…

C’est donc plus ou moins à ce moment de cette tragédie dont le final n’est que trop connu que le gouvernement hollandais (ou du pays européen en question) décrète un resserrement de l’austérité, afin d’atteindre – ou de se rapprocher le plus possible – du critère aberrant des 3%. Gouvernement du pays en question qui ne se rend nullement compte de l’ironie de la situation où il s’empêtre le cœur léger, et qui veut que chaque mesure supplémentaire de rigueur adoptée l’éloigne un peu plus de ce AAA si convoité.
 
Autorités du pays dégradé en question qui se rebellent et qui se scandalisent dès que leur notation souveraine se retrouve dégradée par celles-là mêmes (les agences de notation) qui les avaient mises en garde… « Que d’efforts pour rien ! », s’exclament alors des autorités politiques et financières qui semblent n’avoir toujours rien compris aux rudiments de la macro économie. Qui, dans leur infinie naïveté, sont persuadés que tous les secteurs d’une économie peuvent épargner, peuvent cesser de dépenser, et peuvent interrompre leurs investissements sans que cela ne se ressente sur l’activité, et donc sur la croissance. Et qui, à la faveur de la gifle de la dégradation de leur notation, commencent enfin à intégrer des éléments de macro économie pour apprentis-économistes.
 
Non : l’économie hollandaise (ou française, ou espagnole, ou britannique…) n’était absolument pas en danger. Non : ses finances publiques ne risquaient à aucun moment d’échapper à tout contrôle. Non : il n’est nullement impératif du point de vue macro économique d’atteindre un budget excédentaire. Oui : les critères européens des 3% sont de nature à fausser la donne et à troubler la vision des politiques qui ne se braquent plus dès lors que sur le quantitatif au détriment du qualitatif. Et, oui: les seules et uniques priorités de ce gouvernement (comme de tout autre exécutif) sont de résorber le chômage et de soutenir la croissance. Et pourtant, elle est en train de la gagner cette guerre : l’austérité ! Grâce à l’économie britannique qui reprend enfin le chemin de la croissance. A l’Espagne dont le P.I.B. cesse subitement de se dégrader. A l’Irlande qui vient de voir sa note remontée par les agences de notation. Et même à la Grèce qui voit poindre un semblant de reprise.
 
Ne vous y trompez toutefois pas car ce rebond n’est strictement pas redevable à la « sagesse » de nos gouvernants, mais à une interprétation qualitative fallacieuse des statistiques économiques. Car c’est les pays ayant imposé l’austérité la plus rude qui ont subi le plus fort décrochage de leur croissance et l’augmentation la plus spectaculaire de leur dette. Car la croissance est comme ce ballon qui rebondit forcément – et mécaniquement – après avoir touché le sol : elle repart même sans mesure qui puisse la stimuler.

L’économie – c’est comme les êtres humains- : ils récupèrent après un moment d’abattement et finissent par se relever. Si ce n’est que les économies touchées par l’austérité se rétablissent à un rythme d’une lenteur extrême, et qu’elles ne reviennent jamais à leur niveau d’avant, d’avant la crise.


(*) Michel Santi est économiste, auteur de « L'Europe, chronique d'un fiasco politique et économique »« Capitalism without conscience »   Son dernier ouvrage est  «Splendeurs et misères du libéralisme»    (l’Harmattan)

 

Source : www.marianne.net

 

 


 

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21 janvier 2014 2 21 /01 /janvier /2014 17:27

 

Source : rue89.nouvelobs.com

 

 

Ce qui nous arrive sur la Toile 21/01/2014 à 11h24

Ce que cache le Turc mécanique d’Amazon

Xavier de La Porte | France Culture

 

Et si le Turc mécanique d’Amazon était l’avenir du travail ?

D’Amazon, le géant américain du commerce en ligne, on connaît assez bien les conditions de travail déplorables dans les hangars, la pression exercée sur les employés, etc., tout cela est maintenant bien documenté. Mais d’Amazon, on connaît moins le « The Mechanical Turk » ou, pour le dire en français, le Turc mécanique.

 


Le Turc mécanique, gravure de Karl Gottlieb von Windisch dans le livre de 1783, « Raison inanimée » (Wikimedia Commons)

 

Le Turc mécanique d’Amazon, c’est une plateforme – un site internet donc –, sur laquelle s’inscrivent des entreprises d’un côté, et des particuliers – des travailleurs – de l’autre. Le principe est simple : les entreprises proposent des microtâches, auxquelles sont associées une rémunération (en général minime, 10 cents, 20 cents, ¼ de dollar) et un temps alloué (si vous prenez la tâche et ne la réalisez pas dans le temps alloué, elle est remise sur le marché).

Ça c’est le principe général. Et on voit bien à quelle vision du travail il correspond : travail décentralisé, précaire, flexible, individualisé, morcelé (le temps alloué pour une tâche, c’est 3 minutes, 10 minutes, 1 heure), sans aucun contrôle, sans aucune perspective (si ce n’est de devenir « Master », c’est inscrit sur le site, mais je ne sais pas très bien ce que ça veut dire, ni les critères d’accession à ce niveau).

Un canular du XVIIIe siècle

Quelles sont les tâches proposées ? Ces tâches sont en gros toujours les mêmes :

  • certaines exigent une qualification minimale (essentiellement de la traduction de fragment de texte) ;
  • la plupart exigent peu ou pas de qualification : la transcription de son en texte, du « taggage » (identifier des objets sur une image et nommer ces objets), classer des images en différentes catégories.

 


Le Turc mécanique portes ouvertes, gravure (Wikimedia Commons)

 

D’accord, mais pourquoi appeler cela de ce nom étrange : le Turc mécanique ?

Le Turc mécanique, c’est une référence à un très célèbre canular de la fin du XVIIIe siècle. Il s’agissait d’un automate, qui avait l’apparence d’un Turc, capable de jouer aux échecs et de résoudre quelques problèmes compliqués. Sauf que c’était une supercherie : à l’intérieur de l’installation, se trouvait un être humain qui manipulait le mannequin. Et ce Turc mécanique a fasciné les Européens du XVIIIe siècle, même après que la supercherie a été dévoilée.

Artificielle intelligence artificielle

Si Amazon se réfère à ce célèbre canular, ajoutant sur son site un sous-titre assez ironique – « artificial artificial intelligence », artificielle intelligence artificielle –, c’est parce que son service est une sorte de supercherie contemporaine, supercherie démasquée depuis longtemps.

Vous croyez que les entreprises qui vous vendent des transcriptions de réunion minute ont recours à des logiciels superperfectionnés ? Eh bien non, elles ont recours au Turc mécanique d’Amazon, à des petites mains éparpillées dans monde entier qui pour presque rien transcrivent en quelques minutes des petits morceaux de la réunion, des morceaux qui sont découpés par des algorithmes, distribués par des algorithmes, puis ré-assemblés ensuite par des algorithmes.

Même chose pour le classement d’images, même chose pour des identifications de personnes sur des photos. Et pourquoi ces entreprises ont-elles recours à des humains plutôt qu’à des machines ? Parce que, malgré les progrès de l’informatique, c’est très compliqué pour un ordinateur d’identifier des objets sur une image, classer des images en catégorie ou traduire, c’est très compliqué voire encore impossible. Voilà la supercherie.

« Peut-on être payé en roupies ? »

Ces tâches invisibles – mais importantes car elles créent des données qui seront ensuite travaillées par les algorithmes –, ce ne sont pas des machines qui les exécutent mais des gens, un sous-prolétariat mondialisé et exploité. Je ne sais pas combien de personnes cela concerne, je ne sais pas non plus quel type de gens se livrent à ce travail (si ce n’est qu’il doit y avoir pas mal d’Indiens, parce qu’une des questions fréquemment posées sur le site, c’est : « Peut-on être payé en roupies ? »). Ce serait intéressant d’avoir des données, ne serait-ce que pour savoir si le service est expansion.

Ce qui est le plus fascinant là-dedans, c’est qu’on est à la fois dans une forme de travail hypercontemporaine (son côté mondialisé, organisée par des algorithmes) et une forme très ancienne, qui rappelle les « calculateurs humains », ces gens qui, avant les ordinateurs, effectuaient des morceaux de calculs qui étaient assemblés pour réaliser des opérations complexes (on a beaucoup utilisé de calculateurs humains, et notamment des femmes sous payées, dans le projet Manhattan, qui a abouti à la création de la première bombe atomique).

Les ordinateurs ont fait disparaître les « calculateurs humains », mais ils ont fait apparaître une autre forme d’exploitation totalement invisible, cachée dans l’antre des machines. Ce n’est pas l’usine, mais c’est guère plus désirable.

 

Publié initialement sur
France Culture 
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21 janvier 2014 2 21 /01 /janvier /2014 14:52

 

Source : blogs.rue89.nouvelobs.com

 

« Salariés sans frontières », le docu classé X par France 5 interdit de replay

Le Yéti - voyageur à domicile

Publié le 21/01/2014 à 11h43

 

 

Ils l’avaient déjà diffusé à une heure de film X. En catimini honteux, au-delà de minuit. Voilà qu’ils récidivent, passant de la goujaterie à la volonté manifeste de nuire. France 5, chaîne de service public, pourtant commanditaire du film, refuse d’offrir le replay au documentaire de Gilles Balbastre, « Salariés sans frontières ».

Montée au créneau des partisans du film, protestations, rien n’y fait. L’histoire édifiante des salariés de cette grande région française limitrophe au paradis luxembourgeois des financiers est vouée au silence et à l’oubli.

L’appel de Gilles Balbastre

Gilles Balbastre, coréalisateur d’un autre célèbre docu au titre prémonitoire ( « Les Nouveaux Chiens de garde »), cofondateur de la société de production alternative Nada (nous avons des armes), se résout en désespoir de cause à appeler les spectateurs à visionner son documentaire sur les réseaux ou sur des sites comme YouTube.

Gilles Balbastre :

« N’hésitez pas à aller sur ces sites pour visionner le documentaire ou pour réclamer un replay. Plus le mouvement sera fort, plus la contestation d’une télévision de service public qui n’a plus rien de public sera visible. »

Mais foin de ce prologue publicitaire, éteignez les lumières, asseyez-vous dans vos fauteuils, ouvrez vos boîtes de pop-corns, et regardez ce film classé X par des malotrus.

(NB : les amateurs de scènes croustillantes en seront pour leurs chaleurs, mais le classement X ne s’applique pas qu’aux films pornos, mais plus généralement aux œuvres « violentes » ou « portant atteinte à la dignité humaine ». Celle des censeurs, manifestement.]


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21 janvier 2014 2 21 /01 /janvier /2014 14:37

 

lien

 

Bonjour,


Afin d’échanger sur le sujet du PTCI(*), sur les très graves menaces qu’il fera peser dans de nombreux secteurs et surtout afin d’envisager ensemble les réactions et les mobilisations à venir

nous vous invitons
le jeudi 23 janvier à 18h30
au centre Pablo Neruda (salle 2) à Nîmes, 1 place Hubert Rouger
à une réunion dont l'objet sera d'échanger sur la création nécessaire d'un collectif anti PTCI / TAFTA

Pour en savoir plus sur le sujet, vous trouverez ci-après un point sur les risques liés à l’application de cet accord commercial ainsi qu’un lien vers le site d’ATTAC Nîmes où sont mis en ligne :
un diaporama de Raoul Marc Jennar, qui avait déjà fait un très appréciable travail du genre au moment du Traité constitutionnel européen ;

l’enregistrement audio de la présentation de Frédéric Viale d’ATTAC France lors de sa venue à Nîmes le 29 novembre.
http://local.attac.org/attacnimes/?Accord-de-libre-echange
D’autres informations sont également disponibles sur le site d’ATTAC France (dont le Guide de navigation pour affronter le grand marché transatlantique):

http://www.france.attac.org/dossiers/quest-ce-que-tafta
Nous avons refusé en son temps l’AMI (Accord multilatéral sur l’investissement), et nous avons obtenu l’arrêt des négociations. Nous refusons ce projet !
N’hésitez pas à faire suivre ce message à toute personne potentiellement intéressée.
Bien cordialement et solidairement,

ATTAC Nîmes
nimes@attac.org

(*) TAFTA (Trans-Atlantic Free Trade Agreement) ou TTIP (Transatlantic Trade and Investment Partnership) ou encore PTCI (Partenariat Transatlantique de Commerce et d’Investissement)


Le 8 juillet 2013, l’Union européenne et les États-Unis ont entamé des négociations en vue de conclure un accord commercial bilatéral, le Partenariat Transatlantique de Commerce et d’Investissement (PTCI/TAFTA). C’est l’aboutissement de plusieurs années de lobbying des groupes industriels et financiers, européens et étasuniens.



Le partenariat transatlantique serait un des accords de libre-échange et de libéralisation de l’investissement les plus importants jamais conclus, représentant la moitié du PIB mondial et le tiers des échanges commerciaux. Comme d’autres accords bilatéraux signés récemment ou en cours de négociations– notamment l’accord UE-Canada–le PTCI ne se contentera pas d’abolir les barrières douanières ; il s’étendra aussi aux « barrières non-tarifaires ». En effet, toute réglementation, même décidée démocratiquement, peut être considérée comme un obstacle au commerce. Le PTCI va donc viser le démantèlement, ou l’affaiblissement, de toutes les normes qui limitent les profits des entreprises européennes ou étasuniennes, en fonction de leurs intérêts respectifs.
Le volet « investissement » du mandat de négociation du PTCI prévoit en outre un mécanisme particulièrement menaçant dit « de règlement des différends » qui pourraient survenir entre des acteurs économiques privés et l’un des gouvernements. L’accord UE-Canada, qui n’est pas encore ratifié, contient une telle procédure. L’introduction d’un tel mécanisme ad-hoc, à travers la nomination d’experts « arbitres » qui délibéreraient indépendamment des juridictions publiques nationales ou communautaires, permettrait aux transnationales de poursuivre des États dont les normes sanitaires, écologiques ou sociales, ou toute autre réglementation protectrice des consommateurs ou des économies locales, apparaîtraient comme des entraves aux investissements étrangers. L’objectif : étendre le champ possible des investissements et « sécuriser » la liberté et les bénéfices des investisseurs.
Le PTCI pourrait avoir des conséquences considérables dans bien d’autres domaines qui dépassent largement le périmètre du commerce. Il renforcerait par exemple drastiquement les droits de propriété intellectuelle des acteurs économiques privés et du domaine du brevetable, et pourrait donner aux multinationales des nouvelles technologies de l’information, un pouvoir accru de contrôle des données de l’internet, notamment celles relatives aux citoyens. Pour la Commission européenne, qui négocie au nom de tous les pays de l’Union européenne, il s’agit d’aligner le PTCI sur « le plus haut niveau de libéralisation » qui soit. Elle souhaite même ériger l’accord en modèle.

 

 

 

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21 janvier 2014 2 21 /01 /janvier /2014 14:09

 

   
Festival du Film des Droits de l'Homme

 

Cher(es) ami(es)

La 2ème édition du Festival International du Film des Droits de l'homme se déroule cette année du 20 au 31 Janvier 2014.
Le Secours Catholique en est le principal organisateur en collaboration avec Amnesty International, La ligue des droits de l'Homme, l'ACAT et l'Observatoire International des Prisons.

Vous êtes chaleureusement invité à y participer notamment à la cérémonie d'ouverture du Lundi 20 Janvier 2014 (entrée libre) ouverte à tous. Au cours de la soirée d'inauguration projection du film "One day after peace" et débat et échange avec Erez Laufer, réalisateur venu spécialement de Tel Aviv.

Cette année 6 films documentaires inédits dans le Gard
10 projections publiques sur les 3 principales villes du département (Nimes, Ales et Bagnols sur Ceze) ainsi qu'une projection cette année sur Saint Hippolyte du Fort
16 projections en établissements scolaires

 

 

LES FILMS

 

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21 janvier 2014 2 21 /01 /janvier /2014 13:52

 

Source : www.vaunage.net

 

NAGES (30)

 

L'Association Alter Anagia "alternatives intercommunales"

SOIREE DEBAT " LA GRECE FANTÔME "

le SAMEDI 25 JANVIER 2014 à 19h au Foyer de Nages .


L’infatigable Bernard Bruyat, agitateur d’idées de l’OPDLM, est invité par l'Association Alter Anagia pour commencer ainsi cette année 2014.

Film de Yannis Youlantas « Ne vivons plus comme des esclaves » , suivi d'un débat.

Présentation par Bernard Bruyat (OPDLM) qui rentre d’un séjour en Grèce pour « l'université du pas de coté »

 Lors de son voyage, il a a rencontré  à Athènes : Panagiotis Grigoriou, auteur du livre " La Grèce Fantôme" qui vient de sortir en France

Entrée et paf libre .


OPDLM : OBSERVATOIRE DES PRATIQUES DE DEVELOPPEMENT LOCAL ET MONDIAL

 

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21 janvier 2014 2 21 /01 /janvier /2014 13:44

 

 

 


 
COMMUNIQUE DE PRESSE
 
2e Action d’appel au boycott UNILEVER/soutien FRALIB (samedi 18 janvier à Nîmes)
 
Après la réussite de l’action du samedi 7 décembre dans l'hyper-marché Carrefour Nîmes Ouest, c’est le Géant Casino de Carré Sud à Nîmes qui a été visé par une vingtaine de citoyens pour l’action d’appel au boycott des marques de la multinationale UNILEVER et en premier lieu la marque LIPTON, en soutien aux salariés de FRALIB (Thé l'Eléphant, à Géménos proche de Marseille).
 
Contre la délocalisation en Pologne et la fermeture de leur site décidée unilatéralement par la multinationale UNILEVER malgré 3 décisions de justice en leur faveur, les salarié-e-s de Fralib ont monté un projet de reprise du site sous la forme juridique de Scop (société coopérative et participative), qui a été reconnu économiquement viable et qui concernera une centaine de personnes. La scop « T.I » (pour Thés et Infusions) pourrait démarrer, mais Unilever refuse toujours de céder la marque « Éléphant » !
 
Cette action, à l'appel local de l'association ATTAC Nîmes (*), s'est déroulée dans le calme et a permis, par la distribution de tracts, d’autocollants et la discussion, de sensibiliser à cette cause de nombreux clients et même le personnel, qui ont généralement réagi très favorablement, certains clients allant même jusqu'à vérifier qu'ils n'avaient pas mis dans leur caddie des produits de cette multinationale. Autant de monde appelé à boycotter UNILEVER, pour que vive FRALIB !
 
ATTAC Nîmes a appelé à cette action car le projet des FRALIB représente une véritable occasion de transition écologique et citoyenne ; écologique en s'appuyant sur des productions locales et de qualité, et citoyenne par la réappropriation de l’outil de travail et le fonctionnement en coopérative.
 
A noter :
31 janvier et 1er février : Première Rencontre Européenne « L’Economie des travailleurs » chez Fralib
Elle se déroulera dans l’usine occupée Fralib, les 31 janvier et 1er février 2014. Cette rencontre est une continuité des Rencontres internationales « L’Economie des travailleurs » organisées depuis 2007 à partir de l’expérience des entreprises récupérées et d’autres mouvements pour l’autogestion du travail en Amérique latine.
Cette rencontre s’annonce déjà comme un succès comme en témoignent les nombreuses inscriptions d’acteurs de reprises d’entreprises par les salariés, de militants et sympathisants de ces expériences venant d’Allemagne, de Catalogne, d’Espagne, de France, de Grèce, d’Italie, du Pays Basque, du Royaume-Uni et de Serbie sans compter une présence significative de latino-américains (Argentine, Brésil, Mexique). Vous trouverez ci-joint le dépliant de l’événement. Elle se déroulera dans l’usine occupée Fralib – 500, avenue de Bertagne, 13420 Gémenos.
 
(*): ATTAC: Association pour la Taxation des Transactions financières et pour l'Action Citoyenne (contact : nimes@attac.org)
 

 

Toutes les marques du Groupe UNILEVER sont identifiables avec ce logo :
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21 janvier 2014 2 21 /01 /janvier /2014 01:23

 

Source : www.legrandsoir.info

 

Tomjo

Nous avons interviewé Edward Snowden, le jeune informaticien reclus en Russie pour ses révélations sur les programmes d’espionnage américains. Il nous explique les raisons qui l’ont poussé à fuir son job et « balancer » son ancien employeur.
Du fait de sa connaissance des outils de contrôle, nous l’avons questionné à propos de la politique numérique lilloise : la banalisation des moyens de surveillance, Internet des objets ou capteurs, attaqueraient notre libre arbitre.
Pour lui, des parallèles doivent être faits entre la lutte contre le terrorisme, les mesures contre la « crise », et l’action des écologistes dans la mise au pas des populations.
Pour preuves, Edward Snowden nous rend compte des écoutes d’Euratechnologies, Sandrine Rousseau ou Éric Quiquet. Révélations.

 

Bonjour Edward, c’est un honneur de vous rencontrer, vous avez pris des risques énormes.

Vous savez, je n’ai fait que ce qui devait être fait. Je ne suis pas un héros, juste un déserteur. Le « système », comme on dit, qu’il soit économique ou policier, tient pour une part sur des gens qui ne font que leur travail. Des gens qui ne font que mettre au point des alliages de métaux qui deviendront plus tard des engins atomiques ; qui ne font qu’un morceau d’algorithme qui analysera les conversations privées de la planète.

Personne ne se sent responsable de rien. Or l’histoire du XX° siècle a montré que cette division des tâches, ce morcellement du travail peut conduire à des horreurs sans que personne ou presque n’en réalise la portée. Moi, je ne pouvais plus participer à la barbarie. Pour en faire l’expérience, je sais bien que tout le monde ne peut déserter facilement. Mais faire « fuiter » des informations, c’est déjà refuser d’être un rouage. C’est déjà subvertir cette machinerie inhumaine qu’est la bureaucratie. Et ce qui est possible à la NSA l’est d’autant plus à Lille métropole.

 

Justement, on nous a dit que vous étiez intéressé par cette « carte de vie quotidienne » qui arrive à Lille pour enregistrer déplacements, achats, loisirs. Qu’est-ce que vous en pensez ?

En effet, c’est préoccupant pour un analyste comme moi qui a travaillé à la NSA. Vos élus, des Verts je crois, vous ont toujours dit « Ne vous inquiétez pas, il n’y aura pas de recoupement entre les identifiants et l’état civil, on ne va pas suivre les gens à la trace, on a mis des garde-fous techniques et juridiques, il n’y pas à s’inquiéter », c’est faux ! C’est faux pour deux raisons au moins, et mes révélations le prouvent.

La première est simple : ce qui est techniquement possible et politiquement nécessaire sera fait. Si vous avez les capacités d’écouter quelqu’un, vous finirez par le faire. Pour nous à la NSA, écouter est d’une simplicité incroyable. Un bouton à activer, un tampon sur un bordereau, et hop ! Des collègues ont même écouté leur femme ou leur petit ami.

Notre agence a pris des initiatives, on va dire... « extra-légales », parce que nous avions décidé que c’était nécessaire : « Pour retrouver une aiguille dans une botte de foin, s’est défendu Obama, il faut scanner toute la botte de foin. » Voilà un rêve policier qui ne connaîtra pas de restrictions.

Voyez l’écoute d’Angela Merkel ou du Quai d’Orsay. C’est interdit, on est d’accord. Mais les intérêts économiques ou géopolitiques des États-Unis seront toujours plus forts que des considérations morales ou juridiques. Il n’y aura jamais de garde-fous, une technologie est faite pour être utilisée. Les gens qui affirment le contraire sont des menteurs ou des naïfs.

Je l’ai déjà dit : les restrictions aux écoutes sont politiques et non techniques, elles peuvent changer à tout moment. Avec la carte Pass-Pass dans les transports en commun, ou votre future « carte de vie quotidienne », c’est pareil. Le jour où la métropole, les grandes surfaces, la police ou l’entreprise de transports a besoin de savoir qui travaille où, consomme quoi, se déplace à quel moment pour y faire quoi, etc, ils le feront. De toutes façons, c’est déjà leur projet. En matière de respect des individus, les lignes rouges qu’on veut bien se donner finissent toujours par être franchies.

La seconde raison, et la plus importante, c’est que transformer les gens en numéros dissout toute humanité dans un stock, une quantité, une abstraction que l’on traite sans empathie aucune. Je vais prendre un exemple extrême : les camps de concentration.

Quand IBM accole un numéro aux juifs, aux communistes, aux tziganes, aux homosexuels, ils ne font que gérer des stocks de numéros. Un camp, c’est des milliers de numéros qui entrent et qui ’’sortent’’ – qu’il faut gérer. Cette logistique complexe est permise justement par les identifiants numériques et les machines à calculer.

Ces techniques permettent le traitement de grands nombres en même temps qu’elles déresponsabilisent les fonctionnaires. Il faut se battre contre ça et contre ceux qui s’en félicitent.

 

Mais aujourd’hui, on fait quoi avec cette mise en fiches des populations ?

Analyser le comportement des masses permet de transformer le comportement des masses : on peut « inciter » à acheter telle ou telle chose, avoir tel ou tel loisir, respecter telle ou telle règle qu’on a « insufflée ». Nos comportements sont leur matière première.

Analyser les déplacements ou les achats permet de sonder à son insu l’opinion d’une masse et l’inciter à adopter les bons gestes. On peut prévoir des révoltes, des épidémies ou des délits comme on peut vous faire acheter ce dont vous n’avez pas besoin. C’est la puissance du « Big Data », cette masse d’informations numériques qui n’a pas fini d’augmenter.

 

Que pensez-vous des activités d’Euratechnologies par exemple ? C’est à Lille...

Oui, je connais bien. La « cathédrale des nouvelles technologies », c’est comme ça que l’appelle votre maire, Mme Aubry...

 

Oui c’est ça, la nouvelle dévotion.

Hé bien, le travail que les entreprises d’Euratechnologies mènent avec des grandes surfaces ou la mairie illustre ce que je viens de dire. Quand elles cartographient les déplacements des métropolitains via leur smartphone ou qu’elles analysent les parcours des clients à partir de la vidéo-surveillance, quand elles installent des caisses biométriques à Auchan ou contrôlent la consommation d’électricité des ménages, ces entreprises se substituent à votre libre arbitre.

Et vous n’aurez pas la possibilité de refuser, c’est une question de relance de l’économie. Faut pas oublier qu’Euratechnologies est la meilleure retombée de Lille2004. Les élus y mettent tous leurs espoirs pour réamorcer la pompe du développement local.

Ce n’est pas un hasard s’ils viennent d’accueillir la Compagnie européenne d’intelligence stratégique. Cette boîte dirigée par un général, un ancien ingénieur de la Délégation générale à l’armement, des anciens des services de renseignement comme la DST prouve que l’économie est une guerre. Au sens propre.

Ce qui me choque le plus, c’est que tous ces salariés d’Euratechnologies, qui ont pourtant fait des études, qui ont lu les Lumières, qui connaissent l’histoire de France et de la Résistance, soient à ce point soumis. Pas un n’a jamais ne serait-ce que « balancé » une info. Pourtant ils lisent votre site – je le sais, j’ai les relevés. Mais la plupart ne se pose aucune question. Ils obéissent. Ils pensent qu’ils ne font que trouver des solutions techniques.

 

Et vous avez lu ce livre, L’Enfer Vert ?

Oui bien sûr, et c’est excellent. Je l’ai lu avant même qu’il sorte, on l’avait « aspiré » depuis la NSA. On en avait même eu un résumé avant qu’il soit écrit.

 

Wouah !

Oh c’est pas grand chose, juste de bons algorithmes d’analyse des comportements. Ce que je peux dire de ce bouquin, c’est qu’un parallèle peut être fait entre l’écologie et la lutte contre le terrorisme que je connais bien. Que ce soit la gestion d’accidents industriels type AZF ou Fukushima, ou que ce soit face aux catastrophes environnementales, biologiques, climatiques, les écologistes ne font qu’utiliser des mesures de rétorsion administrative et technique.

Prenez cette histoire d’écotaxe qui a entraîné la manifestation des bonnets rouges en Bretagne. Quelles que soient les raisons des manifestants, on voit que la solution des écologistes en matière de lutte contre le réchauffement climatique, c’est de mettre des balises GPS sur les camions pour contrôler les kilomètres parcourus, de truffer les routes de mouchards, et de faire payer les gens pour un développement qui nécessite toujours plus de transports, pour consommer des produits toujours plus chers et moins bons. Leur truc marche sur la tête.

Face au terrorisme, c’est pareil – à la différence que le terrorisme ne fait aucun mort comparé aux accidents de la route ou au cancer. Les États développés ne lâcheront pas leurs positions en Afrique ou au Moyen-Orient. Question de ressources. Dans ce chaos industriel qui crée des désœuvrés, des fanatiques ou des révoltés, ils ne peuvent que multiplier ces mesures de rétorsion et de surveillance pour sauver leurs intérêts, leur modèle de développement. Face aux catastrophes environnementales ou au terrorisme, la logique c’est :

  1. effacer les responsabilités des industriels et des États,
  2. ressouder la communauté face au péril intérieur ou extérieur, pour
  3. faire accepter les mesures de contrôle qu’on prend contre elle.

 

C’est un projet cynique, vous ne trouvez pas ? On ne vous traite jamais de paranoïaque ?

Moi, parano ? Avec ce que je viens de balancer et ce qui les attend, ça va être compliqué de me traiter comme ça.

 

Oui, c’est vrai, ils auraient l’air un peu con.

Faut pas prendre les gens au pouvoir pour ce qu’ils ne sont pas. Prenez Sandrine Rousseau, votre élue verte à la Recherche régionale, c’est une nana très intelligente. Ancienne militante écolo, syndicaliste, chercheuse en économie, depuis qu’elle est élue elle parle couramment le notable. Elle annonce ce qu’elle fait : mettre la recherche au service des entreprises.

Vous connaissez les Ateliers de l’innovation et du co-design, Adicode, dans le quartier de Bois Blancs ? Des ingénieurs de l’université catholique et de Lille 1 vont bosser ensemble à Euratechnologies sur l’Internet des objets, la ville ubiquitaire, la maison intelligente – bref, l’extension de la société de contrôle.

On leur a même construit un bâtiment spécial, l’Urbawood, à la fois High Tech et 100 % bois – tout un symbole de l’enfer vert, non ?

À ce propos, Sandrine Rousseau nous dit :

« Il est fondamental aujourd’hui de soutenir une recherche qui mise pleinement sur l’intelligence collective et la transdisciplinarité, où les sciences humaines et sociales sont étroitement impliquées. C’est une voie nouvelle à développer pour une recherche créatrice de valeur, d’emplois et d’innovation, bénéfique pour notre développement. » [1]

C’est du Fioraso dans le texte. En quoi les sciences sociales, dont on prétend qu’elles sont « molles », ont un rôle à jouer ? Elles permettent de comprendre puis de modifier les habitudes des gens pour qu’ils s’adaptent à leur nouvel environnement ou qu’ils achètent ce qu’on leur vend.

C’est la « sociologie des usages » que relaie « l’ingénierie sociale ». Du marketing. Sandrine Rousseau n’est pas cynique, elle fait son job, elle est intelligente. Avec des collègues de l’Agence, on a mis son téléphone sur écoute. On l’a entendu pendant une conférence sur la valorisation économique de la sociologie, de l’anthropologie ou du droit.

 

Mais, vous écoutez tout le monde ?

Le plus possible en tout cas. Mieux vous connaissez un environnement, et plus vous pouvez agir dessus pour garder l’avantage. Sandrine Rousseau ne dira pas le contraire : « Ce qui est important, c’est de travailler sur les changements de comportement, expliquait-elle. Par exemple, notre région est la première en Europe en matière de ferroviaire. Sauf qu’il n’y a aucun chercheur sur les changements de comportement.

Le tramway de Valenciennes a coûté 100 millions d’euros, or il y a toujours autant de gens qui prennent leur voiture. C’est une impasse, même en terme de marché économique. Idem avec la Troisième Révolution Industrielle.
Il existe un effet rebond des technologies, par exemple en termes d’efficacité énergétique des logements, mais si les gens ne modifient pas leurs comportements, c’est de l’argent jeté par les fenêtres. Il y a un besoin d’accompagnement en termes de ’’SHS’’ 
 ». Elle dit « SHS » pour sciences humaines et sociales, comme d’autres disent « NTIC » ou « SS2I », c’est la marque des technocrates.

Pour Mme Rousseau, l’humain c’est de la pâte-à-modeler. Il faut pétrir les mentalités, les comportements, les adapter à la machine sociale. Pour revenir à notre discussion de départ, on voit qu’au rang des techniques de contrôle, les sciences humaines aident à prendre les mesures qui contraindront la société aux nécessités économiques et écologiques. Facebook, Prism ou Sandrine Rousseau, c’est le même autoritarisme. D’ailleurs, sciences humaines et « Big data » fusionnent déjà. Les chercheurs devront bosser de plus en plus avec ces opérateurs de la ville intelligente qui enregistrent des milliards d’informations sur notre mode de vie. C’est pour ça que les sociologues se mettent aux Internet studies, Web Science ou Digital Humanities. En ce moment, des sociologues et des informaticiens du projet ANR-Algopol travaillent avec Facebook pour « faire parler » les données brutes. Mais les « données brutes », c’est nous ! Alors ils craignent que la méfiance vis-à-vis de ces technologies ne remette en cause leur accès aux statistiques. [2] Nous sommes leur matière première, ne l’oublions pas.

 

Et Éric Quiquet, juste par curiosité, vous avez des infos sur lui ?

Attendez voir... [il consulte son fichier] Oui, j’ai plein de choses, ses photos de vacances, ses achats de noël, l’heure à laquelle il prend sa douche... Tiens, ça peut vous intéresser, j’ai un compte-rendu de conversation téléphonique qui date de l’époque où il était étudiant. Il disait qu’un jour il ferait de la politique, et peu importe le parti ! C’est un mec de pouvoir, il vit pour ça. Mais je ne peux pas tout révéler, j’ai déjà la CIA sur le dos, si en plus la police municipale de Lille est à mes trousses...

 

Propos presque recueillis par Tomjo Lille - La Brique, 3 Janvier 2014.

[1Dossier de presse Adicaode-Euratechnologies, non daté.

[2« Les sciences sociales et les données indiscrètes du web », Le Monde, 17 décembre 2013.


* La Brique
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Source : www.legrandsoir.info

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