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11 novembre 2016 5 11 /11 /novembre /2016 18:13

 

 


Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Paul Magnette: «Dans l’intérêt de l’Europe, il faut parfois lui désobéir»

Par Ludovic Lamant
 
 
 
 

Dans un entretien à Mediapart, le ministre-président wallon Paul Magnette tire les leçons de la victoire de Donald Trump pour la social-démocratie et revient en longueur sur les coulisses de sa bataille contre le CETA. « Ce que les démocrates ont subi aux États-Unis, les sociaux-démocrates en Europe peuvent le subir exactement de la même manière », met-il en garde. Le socialiste belge plaide pour une gauche plus offensive sur les questions commerciales.

Il a été la figure du « moment wallon », lorsque cette région belge de 3,5 millions d’habitants a tenu tête à l’Europe, fin octobre, sur le traité de libre-échange avec le Canada (CETA). Dans un entretien à Mediapart, Paul Magnette, ministre-président de la Wallonie, réagit à la victoire de Donald Trump et réfléchit aux leçons politiques à tirer pour la social-démocratie en Europe. Le socialiste revient aussi, longuement, sur les coulisses de cette négociation inédite avec Bruxelles et Ottawa, et explique pourquoi il a choisi, en bout de course, de ratifier ce texte. 

Paul Magnette à Bruxelles le 27 octobre 2016, en pleine crise du CETA. © Reuters / Yves Herman Paul Magnette à Bruxelles le 27 octobre 2016, en pleine crise du CETA. © Reuters / Yves Herman
 
 
 
 

 

Que vous inspire la victoire de Donald Trump ?
Paul Magnette : Les premiers éléments que l’on observe, surtout lorsque l'on se souvient que le vote des démocrates et des républicains était très figé lors des trois dernières élections, c'est que tous les États de la « rust belt » [la ceinture de la rouille, dans le nord-est – ndlr] ont basculé côté républicain. C'est l’ouvrier qui a subi la désindustrialisation et la pression de la compétitivité, ce sont les classes moyennes qui ont peur du déclassement, et qui ont voté anti-système. Je formule une analyse précoce, parce que je ne connais le résultat que depuis quelques heures (lire la boîte noire). Mais si cela se confirme, c’est bien sûr une question fondamentale pour la gauche. Cela veut dire que ce que les démocrates ont subi aux États-Unis, les sociaux-démocrates en Europe peuvent le subir exactement de la même manière.

Nous devons repenser notre rapport à la politique industrielle et aux politiques anti-dumping, de manière beaucoup plus offensive. On ne doit pas devenir un populiste de gauche pour autant, parce qu’on perdrait notre âme de socialiste. La différente entre un socialiste et un populiste de gauche, c’est que nous avons vocation à gouverner la société. Je dis cela tout en étant convaincu que la fonction tribunitienne est très importante.

 

La réponse à Trump, c'est plus d'agressivité en matière commerciale ?
C’est entendre ce cri des “perdants” de la mondialisation. Si l’on n’entend pas ce cri-là, à quoi on sert, en tant que gauche ? C’est cela qu’on doit incarner. Le problème d’une partie de la social-démocratie européenne, c’est qu’elle a fini par faire partie du système. Sur les questions du libre-échange, la différence idéologique n’est plus aussi nette. Cela ne veut pas dire que l’on doit devenir protectionnistes. Mais je prends toujours l’expression de Gramsci pour le dire : on doit assumer « l’autonomie culturelle » de la gauche. La gauche doit dire : je ne suis ni libérale ni protectionniste, je suis sociale-démocrate et c’est un programme en soi. Si l'on fait des échanges commerciaux avec les pays qui produisent les mêmes produits que nous, et s’ils le font dans des conditions sociales et environnementales inférieures aux nôtres, quel est l'intérêt de l’Europe à se lancer là-dedans ?

 

Cela commence à bouger un peu à Bruxelles, avec la lutte contre le dumping chinois sur l’acier.
Oui, et ce sont celles-là, les vraies questions. La social-démocratie doit porter ce débat-là : très bien, vous voulez faire du commerce, mais pourquoi ? Cela va créer de l’emploi ? Pour lutter contre le réchauffement climatique ? Il faut forcer la commission à dire : on ne peut pas continuer le “business as usual”. J’espère qu’à la commission, il n’y a plus personne ce matin qui croit que l’on va négocier le TTIP [le traité de libre-échange avec les États-Unis, ou TAFTA – ndlr]. Mais je ne suis pas sûr qu’il n’y en ait pas quelques-uns qui y croient encore.


Si l'on vous suit, votre bras de fer sur le CETA, c'est la bonne manière de revitaliser la social-démocratie ?
Le vice-premier ministre de Belgique, Didier Reynders [MR, droite – ndlr], a dit, en substance : Paul Magnette, Donald Trump, même combat. Il l'a dit de manière plus nuancée. Mais il estime, en gros, que le protectionnisme de Trump n’est pas très différent de la résistance de la Wallonie au CETA. Il y a toujours cette volonté de nous faire passer pour des protectionnistes et d’empêcher les sociaux-démocrates d’avoir un discours critique sur le libre-échange. Mais c'est exactement ce qui tue l’Europe, et la gauche depuis toujours.

Si vous étiez contre l’euro, vous étiez un mauvais social-démocrate et un mauvais européen. Si vous étiez contre les traités, idem. Non : je suis un Européen convaincu, mais je pense, et je l'ai dit sans prémonition lors de mon discours de rentrée [le 3 octobre 2016 – ndlr], que « dans l'intérêt de l'Europe, il faut parfois lui désobéir ». Pour sauver le projet européen, il faut, dans certains moments, se mettre en opposition au projet européen, se mettre presque en infraction, pas au sens légal du terme, mais au sens politique.

 

« Tsipras, lui, avait une contrainte colossale »

Qu’est-ce que le « moment wallon » sur le CETA vous a appris de l'Europe ?
J'ai vu de l'intérieur quelles techniques les institutions européennes utilisent pour isoler les « minoritaires ». Un jour, je l’écrirai en détail. Dans le fond, ce sont des techniques diplomatiques classiques. En interne, l'Union fonctionne beaucoup plus comme un système international que comme un État. L’UE n’est pas une machine à produire de l’accord, c’est une machine à réduire les désaccords.

Il y a ceux qui sont pour le traité avec le Canada, très bien. Et il y a les autres. La commission va les voir les uns après les autres, pour cerner les difficultés, et voir comment s’en accommoder. Évidemment, avec une certaine préséance : quand c’est l’Allemagne qui demande, ça n’a pas le même poids que la Wallonie, pour dire les choses clairement.

L'idée, c'est de laisser les plus petits pour la fin. Et à la fin, on vous dit : 27 sont d’accord, vous ne pouvez pas être tout seul à ne pas être d’accord. Comme si le seul fait d’être le dernier vous privait de votre droit au désaccord. Quand on dit que l'UE fonctionne à l'unanimité, ce n'est pas vrai. C'est de la presque unanimité. Au fond, le dernier, surtout s'il est petit, n’a pas le droit d’avoir un veto.

 

Il y a d'autres techniques pour vous faire rentrer dans le rang ?
Les ultimatums. On vous dit qu’il y a une date qu'on ne peut pas dépasser, qu'il y a conseil européen, qu'il faut un accord sur le CETA au conseil européen. Je savais que d'un point de vue institutionnel, c'était faux : ce n'est pas au conseil européen [la réunion des chefs d'État et de gouvernement – ndlr] que l'on adopte les traités commerciaux, c'est aux conseils commerce [les réunions des ministres du commerce des 28 – ndlr] de le faire. Même si j'entendais que politiquement, c'était délicat de sortir du conseil européen le 21 octobre sans accord.

 

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Troisième technique : on vous convoque sans cesse à des réunions. Et il faut être honnête, il n'est pas possible de ne pas y aller. Parce que l'on joue le jeu institutionnel. Il m'est arrivé une seule fois durant la séquence de pratiquer la politique de la chaise vide, parce qu'on avait essayé de me coincer dans un format de réunion qui n'était pas celui que je désirais. Mais sinon, la technique, c’est que l'on vous invite et l'on vous demande d'expliquer vos difficultés. On vous explique pourquoi on ne peut pas y répondre. On vous demande de faire des propositions. On vous fait des contre-propositions. Vous ne pouvez pas sortir de la réunion. La négociation dure. Et il faut reconnaître la qualité intellectuelle et le professionnalisme des experts, de la commission comme du conseil. Ce sont de grands commis de l'État, d'une grande rigueur et honnêteté intellectuelles. Et tout cela fait que l'on se trouve un peu coincés dans le processus.

 

C’est une technique d’épuisement ?
Une technique d’entonnoir, très classique dans les négociations internationales. Au fil des semaines, de moins en moins d'acteurs s'y opposent. Mi-octobre, il restait encore les Roumains et les Bulgares, qui voulaient des garanties sur les visas avec le Canada, pour signer le CETA. Puis il n'est plus resté que les Wallons. Et puisqu'il n'y a plus que vous, vous allez forcément céder. On a dit non. Et là, ils nous disent qu'ils veulent bien discuter, mais uniquement jusqu’à telle date, et sous telles conditions, et uniquement sur tels aspects. Tout l'enjeu pour nous, tout au long des discussions, c'était de rouvrir l’agenda, et de rouvrir le calendrier, pour trouver à chaque fois la manière de ne pas se laisser enfermer.

 

Vous avez pensé à appeler Alexis Tsipras, pour qu'il vous conseille ? [Le premier ministre grec a perdu son bras de fer au sein du conseil européen à l'été 2015, après des mois de bataille, sur l'aide économique à la Grèce]
J’y ai pensé. Mais je ne l’ai pas fait (rires). La grande différence, c’est que Tsipras avait une contrainte colossale. Il avait besoin d’un accord sur la dette, sans quoi le lendemain, son pays était en faillite. Moi, je n’avais besoin de rien. J’étais dans un confort politique beaucoup plus grand. J'avais des pressions diplomatiques, c'est tout...

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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11 novembre 2016 5 11 /11 /novembre /2016 18:01

 

Source : https://blogs.mediapart.fr/patricjean/blog/091116/pourquoi-la-victoire-de-trump-est-elle-une-chance-saisir

 

 

Pourquoi la victoire de Trump est-elle une chance à saisir?

 

 

La victoire de Trump permise par le vote d'Américains désespérés doit être pour nous un électrochoc salutaire. Face au gouffre, une seule question doit nous être posée: que suis-je prêt à perdre pour que d'autres souffrent moins ?

 

"gardez votre monnaie, je veux le changement" "gardez votre monnaie, je veux le changement"
 
 
 
 

 

La victoire d'un milliardaire qui s'est fait connaître du grand public par une télé réalité est un événement politique majeur qui révèle plusieurs fondamentaux:

- une part des hommes blancs (et pas seulement blancs) fait son baroud d'honneur face à la transformation anthropologique que représente l'égalité femmes hommes mais aussi homos hétéros. Un groupe social aussi puissant n'allait pas s'effacer de son pouvoir total et incontesté depuis deux cent millénaires sans tirer une dernière salve. La voilà. Trump a traité Clinton de "féminazie", véritable cri de ralliement du masculinisme revendiqué et revanchard.

- si les conséquences de cette élection sont terribles pour les Noirs en premier lieu (le rythme actuel d'un Noir tué toutes les 28h par la police devrait s'accélérer) mais aussi pour les homosexuels, les migrants, les femmes, il ne faut pas s'imaginer que Trump mettra en pratique les bribes de programme politique qu'il a éructé. Quand il va découvrir que la Chine est le premier propriétaire de la dette américaine, il rangera vite ses idées de barrières douanières. Structurellement, rien ne changera et les pauvres qui ont voté pour lui en seront pour leur compte.

- il serait criminel de ne pas observer que ce qui a permis l'élection de Trump, c'est le désespoir d’hommes et de femmes poussés vers le chômage et le désespoir par une politique menée tant par les Républicains que par les Démocrates. Ils auraient pu tout autant élire le clown de MacDo puisqu'ils ont la politesse d'exprimer leur colère par la violence légitime des urnes. Ce coup de pied dans la fourmilière est peut-être un électrochoc salutaire si nous en tirons immédiatement les leçons avant qu’il ne se reproduise chez nous.

 

Trump élu, que pouvons-NOUS faire? Est-ce une occasion à ne pas rater ?

La réussite de l'extrémisme (Le Pen s'est félicitée de la victoire de Trump) est le résultat de nos petits égoïsmes. Notre système social se fonde sur des rapports de force et de domination auxquels nous participons tous et toutes, souvent involontairement. Hommes sur les femmes, Blancs sur les autres, plus riches sur plus pauvres, hétéros sur homos (bi trans), valides sur handicapés. Sans nous culpabiliser, nous devons reconnaître que la vie est plus facile quand on est un homme, un Blanc, un hétéro, un valide. Contrairement aux homosexuels, je ne risque rien en embrassant ma compagne dans la rue. J’obtiens un emploi ou un logement plus facilement que si j’étais noir ou arabe. En cas de coup dur je possède encore la maison de vacance héritée de la grand-mère. Etc.

Et il faut observer que les privilèges qui nous favorisent ne nous empêchent pas de dormir. Très peu d'entre nous font des cauchemars à l'idée qu'il y a trois millions d'enfants sous le seuil de pauvreté en France.

Le coupable est toujours l'Autre:

- le méchant homme c'est l'Arabe ou le beauf sexiste mais pas moi, même si je profite tranquillement de mon statut d’homme

- les méchants pollueurs sont la Chine et les USA mais pas nous qui achetons du café Max Havelaar

- le méchant raciste c'est l'électeur du FN mais pas moi qui ne m'étonne pas de vivre dans un univers entièrement blanc et qui m'insurge quand un migrant s'est installé dans le hall de mon immeuble

- le méchant homophobe c'est l'intégriste mais pas moi qui continue avec mes blagues de mauvais goût dans l'indifférence de ce qu'elles provoquent

- le méchant antisocial c'est le millionnaire des 1% mais pas moi qui ne vis pourtant pas si mal à côté d'une misère inouïe

- le méchant c'est l'élu-e cynique mais je me fous des personnes handicapées murées chez elle parce que l'accessibilité n'est pas une urgence

L'histoire nous a habitués à penser que l'autre est le problème et que la solution est de le combattre. La révolution anthropologique en cours permet de considérer l'individu comme libre et égal à tout autre individu, une femme à un homme, un homo à un hétéro. Et donc d'admettre que le problème est aussi "moi". Tout cela ne peut se faire sans soubresauts, résistances et régressions dont Trump et Le Pen sont le symptôme. Mais tout cela nous oblige à nous remettre "individuellement" en question, non pour nous culpabiliser ou nous auto-flageller (attitude narcissique par excellence) mais pour sortir de nos idées binaires et observer la société comme une structure où nous occupons chacun-e une place particulière. Pour nous poser une question:

 

Que suis-je prêt à perdre pour que d'autres souffrent moins ?

Ce moment particulier où notre intuition nous indique que la situation politique peut nous mener à des catastrophes plus grandes que celles que l'histoire a déjà connues, cet instant nous force à changer de grille d'analyse avant qu'il ne soit trop tard. Que nous soyons de gauche ou de droite, (pour beaucoup cela ne signifie rien d'autre qu'une tradition familiale) chacun-e peut commencer par exprimer à haute voix la conscience qu'il ou elle a de ses propres privilèges.

Car rien n'est plus terrible que l'humiliation qui consiste à nier la souffrance imposée par nos rapports de force. C'est cette douleur qui pousse des jeunes de quartiers populaires à brûler des voitures quand il n'y a plus personne pour les entendre et leur dire que leur désespoir est légitime. C'est cette folie qui pousse d'autres jeunes à se jeter dans le nihilisme du suicide kamikaze. C'est ce mépris ressenti qui jette les classes oubliées dans les bras des Trump, Le Pen ou autres Soral. C'est ce "no future" entretenu par notre silence qui indique la porte des officines les plus radicales, politiques ou religieuses.

La Fraternité dont le concept est tellement à la mode devrait nous obliger à penser à ce que nous sommes prêts, chacun et chacune à lâcher, à abandonner, à céder. Oublier cette habitude consistant à ne penser le bouleversement de l’échelle sociale qu’en regardant vers le haut, jamais vers celles et ceux qui sont en-dessous. Et donc désirer perdre individuellement pour gagner collectivement. Cesser de penser que mon action individuelle est si minuscule qu’elle ne vaut pas la peinte d’être tentée (car dans ce cas pourquoi voter ou payer des impôts ?).

Parce que je ne peux rien au machisme des Talibans, à la pollution de la Chine, à l'homophobie du Vatican, à la gourmandise des plus riches, au racisme des néo-nazis. Parce que je peux tout sur moi-même dès que j'accepte que je ne suis ni en dehors de la structure sociale, ni au-dessus. Parce que ce que j’obtiens injustement (en tant que membre d’un groupe social particulier, hommes, Blancs, valides etc) quelqu’un d’autre en est, par ce fait-même, privé.

Parce que verbaliser cette prise de conscience de mes privilèges a un effet performatif (la parole agit sur le réel), affirmer à mon entourage que mon statut favorisé d'homme, de Blanc ou blanche, d'hétéro, de petit bourgeois-e de naissance, de valide, me confère des privilèges indus, je participe à faire reculer une pensée qui nous dirige vers le gouffre. Je deviens la molécule d’un catalyseur social mille fois plus efficace que quand je place mon bulletin dans l’urne (et qui ne m’empêche pas de le faire).

Il ne s’agit pas de se soumettre à un fatalisme politique suicidaire mais de considérer que dans le rapport de force qui s’impose, nous ne sommes pas tous intégralement des victimes dès que nous n’appartenons pas à une oligarchie. Déclarer illégitimes nos propres privilèges et en assumer les conséquences est le seul moyen d’abolir tous les privilèges, y compris ceux qui pèsent sur nous. C’est le seul moyen d’éviter Trump, Le Pen ou pire encore.

 

 

 

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

 

 

 

 

Source : https://blogs.mediapart.fr/patricjean/blog/091116/pourquoi-la-victoire-de-trump-est-elle-une-chance-saisir

 

 

 

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11 novembre 2016 5 11 /11 /novembre /2016 17:49

 

Nicole Ferroni

N'ayez crainte... On a tous en nous quelque chose de Donald Trump

 

Source : https://www.youtube.com/watch?v=8kqq3Ivfwa8

 

 

 

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11 novembre 2016 5 11 /11 /novembre /2016 17:29

 

Source : https://la-bas.org

 

 

Pourquoi l’hôpital public est dans la rue ?

Lettre d’une infirmière à Martin Hirsch (version vidéo)

Le

 

 

 

 

Lettre d'une infirmière en lutte à Martin Hirsch par Là-bas si j'y suis

 

 

En une semaine, vous êtes plus de 500 000 à avoir écouté et diffusé la lettre de CLÉMENTINE, 31 ANS, INFIRMIÈRE à l’hôpital Saint-Louis à Paris, adressée à Martin Hirsch, directeur général de l’AP-HP (Assistance Publique-Hôpitaux de Paris).

EN 4 MINUTES et 23 secondes, TOUT EST DIT.

En attendant la réponse de Monsieur Hirsch, vos nombreux commentaires sur le site font débat et témoignent du malaise et des raisons de la lutte.

Voici la version vidéo de la lettre de Clémentine FENSCH recueillie par Anaëlle VERZAUX.

Image et réalisation : Jonathan DUONG

POUR ALLER PLUS LOIN, écoutez :

 « NON À L’HOSTÉRITÉ ! », notre émission LÀ-BAS Hebdo n°20 du 04 juin 2015, avec le professeur André GRIMALDI, Frédéric PIERRU (sociologue), et les personnels en lutte des hôpitaux Georges-Pompidou, Robert-Debré et Saint-Louis...

 « SOIGNONS LES RICHES ! », un reportage d’Anaëlle Verzaux à l’Assemblée générale du personnel de l’hôpital Saint-Louis

 Écoutez la lettre de cette infirmière à Martin Hirsch

 

 

Source : https://la-bas.org

 

 

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9 novembre 2016 3 09 /11 /novembre /2016 22:42

 

 

Info reçue par mail

 

 

 

Message du personnel du Conseil départemental du Gard



Avis à toutes les personnes prêtes à faire pression pour empêcher 25
mises au chômage supplémentaires sur la zone d'Alès et environ: près de
100 agents contractuels au total sur le département seront non
renouvelés au 31 décembre, ce qui s'ajoute à près de 200 départs à la
retraite par an qui ne sont plus remplacés.

La grande saignée [dans le service public] a commencé ici et maintenant;
après avoir liquidé les associations, c'est au tour des agents
départementaux de passer à la moulinette. Le conseil départemental vote
ce jeudi 10 novembre le début d'un plan de réduction massive du
personnel ainsi qu'une réorganisation des services visant à enterrer le
service public territorial (services des routes, des collèges, du
service social...).

Sous couvert de réduction budgétaire, le capitalisme achève son œuvre de
démantèlement des services publics.

Ce jeudi, les agents du Conseil départemental seront en grève et vous
demandent de vous joindre à leur combat pour préserver les missions de
services public et le bien commun.

Rassemblement à Alès dès 8h15 devant le centre médico-social Alésia (24
boulevard Gambetta) pour une manifestation visible de notre colère et de
notre refus de la liquidation du service public pour tous.

Sur Nîmes est organisé rassemblement devant la Préfecture à 9h, au
moment de l'ouverture du vote du budget départemental.

Merci de votre  présence à nos côtés.

 

 

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9 novembre 2016 3 09 /11 /novembre /2016 22:31

 

 

Info reçue par mail

 

 

[NÎMES] Film "AFECTADOS (Rester debout)" de Silvia Munt / A partir du 24 NOV. au SÉMAPHORE
 
 

Bonjour,

 

Le film "AFECTADOS (Rester debout)" de Silvia Munt sort au cinéma à partir du 24 novembre au cinéma LE SÉMAPHORE à Nîmes. Sa diffusion est soutenue officiellement par les Amis du Monde diplomatique, ATTAC, la LDH, le DAL, le Réseau d'Education Populaire...


C’est l’histoire de personnes ordinaires, victimes des conséquences de la crise de 2008 et expulsées de leurs logements, qui prennent conscience de la déshumanisation progressive de la société dans laquelle ils vivent et veulent croire qu’il est possible de dire STOP à un modèle de société reposant exclusivement sur des mécanismes financiers. C’est aussi l’histoire d’un mouvement citoyen - la PAH fondée notamment par Ada Colau devenue depuis maire de Barcelone - qui décide de reprendre son destin en main face au pouvoir des banques.

 

Nous avons besoin de vous !
Pour diffuser les infos sur la sortie du film auprès de vos ami-e-s, vos collègues, vos contacts facebook, dans votre association, votre organisation. Parlez-en autour de vous, partagez la bande-annonce et venez nombreux participer au ciné-débat organisé autour du film :

 


JEUDI 24 NOVEMBRE 2016 à 20H30
au cinéma Le Sémaphore à Nîmes

projection suivie d'une rencontre avec la réalisatrice
Silvia Munt
 

SYNOPSIS

Frappée de plein fouet par la crise économique de 2008, l’Espagne a vu son taux de chômage frôler les 27% en 2012. Des centaines de milliers de personnes se sont alors retrouvées dans l’incapacité de rembourser leur crédit immobilier puis expulsées de leur logement, tout en restant endettées auprès de leur banque. A Barcelone, un collectif citoyen s’est mis en place spontanément pour proposer un cadre d'écoute et d'entraide à ces victimes de prêts toxiques – des hommes et des femmes de tous âges et de tous horizons qui n’auraient jamais pensé qu’ils pourraient un jour se retrouver sans emploi et sans toit. Et qui n’auraient peut-être jamais osé parler de leurs difficultés ni demander de l’aide, meurtris par la honte et l’incompréhension. A travers cette expérience de solidarité et d'engagement, ils vont reprendre espoir et surtout voir la vie et le monde qui les entoure sous un nouveau jour.


SITE DU FILM (distribué par Dissidenz)

http://dissidenzfilms.com/afectados-rester-debout/


PARTENAIRES MÉDIAS

MEDIAPART - ALTERNATIVE ÉCONOMIQUE - VOCABLE - RCF
 
AVEC LE SOUTIEN DES ASSOCIATIONS
LES AMIS DU MONDE DIPLOMATIQUE - ATTAC - LDH - DAL - FIDH -  ATD QUART-MONDE - APHG - RÉSEAU ÉDUCATION POPULAIRE

 

En remerciant par avance chacun-e de son soutien à la diffusion du film.

 

Bien à vous,
 
---
Raymond Macherel / 06 32 91 49 96
Pour Dissidenz Films // 127 rue Amelot / 75011 Paris / www.dissidenzfilms.com

   
 
​"AFECTADOS (Rester debout)"​
Seminci de Valladolid 2015 - Premier Prix Documentaire
​ / ​
DocLisboa IFF 2015
2015 - Espagne - Documentaire - 1H23 - DCP - Couleur - 16/9 - Dolby Stéréo
VO espagnole et catalane -  sous-titrée en français

 

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9 novembre 2016 3 09 /11 /novembre /2016 18:04

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

Arrêt sur images

Donald Trump président des Etats-Unis : dépasser le vertige

 

 

 
 

Puisque à l’heure où j’écris, Donald Trump prononce son discours de vainqueur, puisqu’il faut bien regarder en face cette image inimaginable, inutile de dissimuler un sentiment d’effroi, sociologiquement naturel pour un Européen de mon profil. Journaliste, électeur traditionnel de gauche, roulant en Vélib (quand pas en scooter), vivant dans la capitale d’un grand pays européen développé, j’ai tout pour redouter l’accession au pouvoir du Trump que le système médiatique mondial m’a présenté, et que nous avons abondamment décrit sur ce site.

Tout pour trembler, comme ces Américains qui, parait-il, ont pris d’assaut le site de l’immigration canadienne. Tout pour partager ce vertige, qu’a tweeté l’ambassadeur de France à Washington Gérard Araud avant d’effacer son tweet, ce vertige devant le climato-scepticisme du nouveau président américain, ou devant le monde post-OTAN que ses déclarations ont semblé esquisser.

 

Amère satisfaction

On nous a trop conditionnés à attendre de l’Amérique salut et protection, pour que nous ne tremblions pas de voir Trump aux manettes. Et c’est à peine si ce vertige se panache de l’amère satisfaction de voir que l’appareil médiatico-sondagier, de ses grands patrons à ses soutiers, refusant jusqu’à hier soir d’envisager l’inimaginable, s’est une fois encore auto-persuadé que le monde était à son image.

Que cette machine folle, qui a d’abord assuré à Trump une promotion insensée, en braquant sur lui ses caméras fascinées, avant de tenter dans la panique de tuer le monstre qu’elle avait fabriqué, cette machine est irréformable. Et qu’il est donc plus que jamais indispensable que s’inventent, un jour, Dieu sait sous quelle forme, d’autres médias.

S’il fallait un signe, un seul, qu’ils sont irréformables, et ne comprendront jamais, c’est celui-ci  : tous les envoyés spéciaux des médias mainstream français qui se sont délocalisés aux Etats-Unis pour couvrir l’élection se sont installés... à New York. Au milieu des gratte-ciel, des financiers, des journalistes, des éditeurs et des think tanks, c’est-à-dire à l’endroit des Etats-Unis où le phénomène Trump est le plus opaque. Où les rideaux sont les plus hermétiquement clos sur le peuple américain. Pas un seul ne s’est installé à Flint ou à Detroit, c’est à dire au cœur du nouveau trumpisme.

 

Trump n’est pas que sa caricature

Mais ce vertige ne dispense pas de tenter de comprendre. Trump est bien entendu la caricature misogyne et xénophobe qu’en présentent les medias, européens et américains. Mais il n’est pas que cela.

C’est aussi, comme le reconnaissait Michael Moore, ou comme le rappelait voici deux mois l’ancien directeur du Monde Diplomatique Ignacio Ramonet, dans un article que nous avions signalé, et qu’il va être urgent de relire aujourd’hui, un candidat qui souhaite augmenter les droits de douane des produits chinois, augmenter les impôts des traders des hedge funds, renégocier ou sortir de l’OMC, diminuer le prix des médicaments, maintenir les assurances santé et vieillesse instaurées par Obama que les autres candidats républicains souhaitaient supprimer, rétablir le Glass-Steagall Act, voté lors de la crise de 29 et abrogé par Bill Clinton, qui séparait banque traditionnelle et banque d’affaires (nous vous l’expliquons ici).

Que sa future majorité républicaine lui laisse les mains libres pour mener à bien ce programme est une autre affaire, mais c’est aussi sur ces promesses qu’il s’est fait élire. On a toutes les raisons de trembler, mais il n’est pas interdit de chercher à comprendre.

 
Initialement publié sur Arretsurimages.net

 

                                                                                ************************

 

Source : https://reporterre.net

 

La faillite de la classe dirigeante

9 novembre 2016 / Hervé Kempf

 


 

 
 
 

On ne peut s’empêcher de prendre la victoire de M. Trump comme une claque immense aux classes dirigeantes. Il est vulgaire, sexiste, raciste, climato-sceptique, oui. Il est dangereux, oui. Il est un milliardaire qui méprise profondément les pauvres, oui. Il a une attitude effrayante à l’égard de l’environnement, oui.

Mais si M. Trump a gagné, c’est, que cela plaise ou non, parce qu’il a su parler à une large partie des « petites gens ». Exprimer leur rejet de l’establishment oligarchique qui se partage le pouvoir politique à Washington et le pouvoir financier à Wall Street. Exprimer leur ras-le-bol d’une « globalisation » qui se fait à leur détriment. Exprimer leur malaise dans un monde qu’ils ne comprennent plus.

Et surtout, si Trump a gagné, c’est parce que la pseudo-gauche aux ordres de, ou fondue dans, la finance a mis tout son poids contre le seul qui aurait pu le battre, Bernie Sanders. Celui-ci était le candidat qui parlait au peuple et aux jeunes, mais pour leur proposer un avenir où la justice et l’écologie seraient les maîtres-mots, un avenir où l’on reprendrait le contrôle des marchés financiers.

Pour les classes dirigeantes, il représentait le véritable danger. Il fallait l’éliminer. Et Mme Clinton a bénéficié d’un appui éhonté...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : https://reporterre.net

                                              

 

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9 novembre 2016 3 09 /11 /novembre /2016 17:45

 

Source : http://www.marianne.net/agora

 

 

Mariannaute

Snowden : éloge des lanceurs d'alerte (et critique de la loi Sapin II)

ancien superviseur financier**

 

Si nous voulons protéger notre société, nous devons protéger nos lanceurs d’alerte. Pour de vrai. Pas faire semblant…
 
 
 
- Sipa

Dans notre pays, depuis la sombre période de l’Occupation, la dénonciation n’a pas bonne réputation.

Dans la cour de récréation, on bouscule les « cafteurs ». Chez le malfaiteurs, on trucide les « balances ».

 

Certes, dénoncer des résistants ou des israélites à la Gestapo ou à la Milice les condamnait à un sort funeste. Et c’était fait sous l’empire de passions tristes.

Georges Brassens, quand il voyait un gendarme poursuivre un quidam, c’est au gendarme qu’il faisait un croc-en-jambe. Dénoncer la pauvresse qui vole du pain pour nourrir ses enfants, ça n’est pas bien. Même les petites incivilités, les petites entorses au code de la route, le voisin qui tond sa pelouse un dimanche, on ne court pas au commissariat.

Mais les crimes ? les délits ? Je veux dire les délits qui font un vrai tort aux personnes, un tort grave à la société dans son ensemble ?

Les policiers ont leurs « indics », sans lesquels ils ignoreraient beaucoup de méfaits qui se trament ; et qu’ils récompensent ou protègent d’une manière ou d’une autre. Les douaniers ont leurs « aviseurs », légalement rémunérés par un pourcentage sur les saisies qu’ils ont permises.

Pour le blanchiment d’argent, la loi a remplacé le terme « dénonciation » par celui, neutre, de « signalement » (45.266 informations reçues en 2015), de manière obligatoire pour moult professions, dont les croupiers et les banquiers (pléonasme ?).

En matière de Concurrence, un sort particulièrement clément est réservé, tant en France qu’en Europe, aux sociétés qui dénoncent en premiers leurs accords illégaux. Sans cette incitation, la plupart des grosses affaires récentes ne seraient pas sorties du tout.

En assurance, la mésentente entre administrateurs d’une honorable institution de prévoyance œuvrant dans le domaine judiciaire a fait connaître au superviseur qu’ils se servaient illégalement dans la caisse, de sorte qu’elle a été sanctionnée. En ayant été le contrôleur, je l’avoue à ma courte honte : j’avais vu des anomalies, mais pas celle-là.

Reste le terrain Ô combien glissant de la fiscalité. Pour certains concitoyens (mais sont-ce vraiment des citoyens ?), payer ou pas l’impôt relève de la morale individuelle ou de l’habileté de chacun. Et je n’irai pas dénoncer le cafetier qui oublie de me donner un ticket de caisse.

Parlons plutôt des grandes fortunes et des multinationales ; parlons de milliards d’euros. Ces sommes qu’elle ne paient pas, soit c’est nous autres gens ordinaires qui les payons à leur place, soit elle font défaut dans nos caisses publiques, qui sont de plus en plus menacées de faire elles-mêmes défaut.

 

La loi Sapin II prétend protéger les lanceurs d’alerte. Vraiment ? Qu’y lit-on ?

D’abord, il doit être « désintéressée et de bonne foi ». Mais comment pourra-t-il le prouver ?

Puis il doit d’abord en parler à son supérieur hiérarchique, dont la loi attend qu’il prenne les « diligences » qui s’imposent, c’est-à-dire vérifier la recevabilité du signalement. S’il ne le fait pas dans un « délai raisonnable », alors, ce signalement doit être adressé aux autorités compétentes.

 

Notre législateur se moque-t-il de nous ?

M.Falciani aurait dû aviser son supérieur hiérarchique chez HSBC ?  Et les dénonciateurs d’UBS, de Mossak Fonseka, de PwC ?

La suite du projet de loi continuer à voguer sur les eaux calmes de la bonne foi, de la bonne volonté, et de la conformité spontanée de tous les intervenants à toutes les règles du bien public.

En attendant, M.Assange croupit dans une ambassade, M.Snowden reste à Moscou, M.Falciani a fait de la prison, les dénonciateurs d’UBS et de Luxleaks sont au chômage pour toujours, voire condamnés pénalement, et rien n’est fait, rien n’est prévu pour les aider concrètement.

Alors même que les Américains versent des millions de dollars au dénonciateur d’UBS…

 

 

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9 novembre 2016 3 09 /11 /novembre /2016 17:33

 

 

Source : http://lentreprise.lexpress.fr

 

 

Pourquoi le statut de lanceur d'alerte sera difficile à obtenir

Par , publié le

 

 

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La protection sur les lanceurs d'alerte contenue dans le projet de loi Sapin 2 exige la bonne foi et l'action désintéressée.

 

afp.com/KENZO TRIBOUILLARD

 

 

La loi Sapin 2 instituera officiellement un statut du lanceur d'alerte et une protection à ce dernier. Mais cette réforme longtemps attendue risque de décevoir.

Les députés ont été influencés par les sénateurs. Lorsqu'ils ont examiné le projet de loi Sapin 2 en deuxième lecture, fin septembre, ils ont remanié le volet sur la protection des lanceurs d'alerte, dans le sens voulu par leurs confrères de la chambre haute. Au final, le statut de lanceur d'alerte pourrait être bien difficile à obtenir.  

Les lanceurs d'alerte sont ces salariés qui révèlent crimes et délits commis par leur entreprise, souvent au péril de leur carrière. A l'instar d'Antoine Delcour (affaire Luxleaks), qui avait fourni à la presse des documents révélant des accords entre le fisc luxembourgeois et certaines multinationales, ou de Stéphanie Gibaud, qui avait dénoncé les actes d'évasion fiscale d'UBS.  

 
 

Formulations pièges

A première vue, pas de changement majeur dans la mouture adoptée le 29 septembre au Palais Bourbon. Mais le diable se cache dans les détails, comme l'ont démontré, à l'occasion d'une rencontre avec l'Ajis*, le 7 octobre, les avocats en droit social Patrick Thiébart, du cabinet Jeantet (défenseur des employeurs), et Béatrice Bursztein, de LBBa (côté salariés et syndicats).  

Selon le texte voté, le lanceur d'alerte devrait être une personne "physique". Les parlementaires empêchent ainsi toute personne morale, et notamment une institution représentative du personnel, de se prévaloir du statut.  

 

Il faudrait aussi que cette personne soit "désintéressée" et de "bonne foi". Une brèche dans laquelle la partie adverse ne manquera pas de s'engouffrer. Elle aura tout loisir de mettre en lumière des éléments prouvant que l'intéressé ne l'était pas. Par exemple qu'il était en désaccord avec des personnes de l'entreprise et a voulu leur nuire, ou qu'il a fait du chantage pour négocier son départ en mettant dans la balance le fait qu'il avait un "dossier" sur l'entreprise. "En Angleterre, où il y a une législation sur le sujet depuis 1998, on a supprimé la notion de bonne foi en 2013. Ce qui importe, c'est de savoir si les allégations sont vraies ou fausses, c'est tout", remarque Patrick Thiébart.  

Le projet de loi Sapin 2 instaure aussi la nécessité d'oeuvrer, par sa dénonciation, à l'intérêt général. Une notion pas si limpide. "Une somme d'intérêts particuliers risque de ne pas constituer un tel intérêt général", pointe l'avocat. Ainsi, un cadre qui dénoncerait la façon illégale dont sont calculés les bonus dans sa société ne se verrait pas accorder la protection du lanceur d'alerte.  

Autre ajout des députés: le fait que la personne doive avoir eu "personnellement connaissance" des faits. Une formulation un peu vague qui là encore, laisse tout loisir aux juristes d'affûter des arguments visant à refuser le statut.  

 

Protection de pacotille

Les députés ont également introduit des restrictions à la protection accordée au whistleblower. Si le Défenseur des droits devrait pouvoir accorder au lanceur d'alerte une aide financière, elle n'aurait rien d'automatique. Il pourrait la lui refuser "lorsque les faits n'ont pas été signalés" selon le processus en gradation prévu par la loi (d'abord au supérieur hiérarchique direct ou indirect, à l'employeur ou au référent désigné par celui-ci, puis, sans réponse, à la justice et aux ordre professionnels et enfin, en dernier lieu, au grand public). Il pourrait aussi la diminuer "de la fraction des frais de procédure pris en charge au titre d'un contrat d'assurance de protection juridique".  

Au final, la loi telle qu'elle se dessine mettrait en place une course d'obstacles, pour peu de garanties. La Cour de cassation jouera, comme souvent, un rôle crucial dans son interprétation.  

Le texte doit encore passer en seconde lecture au Sénat - selon un calendrier qui sera connu le 12 octobre, puis retourner à l'Assemblée.D'ici là, la réforme "n'entraînera pas des hordes de salariés dénonçant des faits frauduleux", ironise Patrick Thiébart.  

"De toute façon, la réforme ne changera rien à la réalité des choses, à savoir que, pour un lanceur d'alerte, voir son licenciement pour faute annulé n'est pas, en soit, une protection, appelle Béatrice Bursztein. Le "mal" est fait, en effet, et difficile d'imaginer une réintégration dans l'entreprise. Et il sera par ailleurs toujours aussi compliqué, après s'être engagé dans une telle démarche de dénonciation, de retrouver un emploi.  

*Association des journalistes de l'information sociale 

 

 

 

Source : http://lentreprise.lexpress.fr

 

 

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9 novembre 2016 3 09 /11 /novembre /2016 17:17

 

Source : https://blogs.mediapart.fr/vincent-presumey/blog


 

 

Ne pas jouer à se faire peur mais regarder la réalité en face

 

 

Ni rire ni pleurer, comprendre." (Spinoza). Je serai tenté de préciser : rire, pleurer, et comprendre. Il ne faut ni jouer les étonnés, ni se jouer l'affolement ce matin. Trump, occupé à déposer des recours dans le Nevada, n'avait lui-même pas mesuré pleinement ce qui se passait !

Quand, encore ce mercredi 9, the day after, à 8h 30 du matin, Le Monde nous dit que "contre toute attente" Trump "pourrait" gagner, il reproduit ce "déni de la part des élites" qui, justement, a nourri Trump.


Bon, alors, première précision nécessaire : non le fascisme ne déferle pas, non Hitler ne domine pas le monde, oui un milliardaire taré a gagné la Maison Blanche, certes il y a des aspects hérités du fascisme dans sa rhétorique et, plus que jamais, la question de l'auto-défense et de l'auto-organisation des noirs aux Etats-Unis, et de l'action commune avec eux, est posée largement, non pas tant devant Trump lui-même que contre les forces qui vont se sentir libérées les prochains jours pour cogner encore plus. Mais il ne s'agit pas du fascisme.
Le fascisme avait écrasé par la force de bandes de tarés les organisations ouvrières. Aujourd'hui, le vote d'une classe ouvrière, pas en tant que vote de classe mais en tant que vote de déclassés et de mécontents, a fait la victoire de Trump, sans violences de masse. Le fascisme était financé par le grand capital. Aujourd'hui, les bourses plongent à l'ouverture à cause de l'élection d'un capitaliste. La victoire du fascisme apportait au capital l'ordre dont il avait alors besoin, au niveau national, en préparant la guerre au niveau mondial. La victoire de Trump accentue sur tous les plans et à toutes les échelles tous les désordres aux Etats-Unis et donc dans le monde, tout en portant une orientation isolationniste en politique étrangère, bien que ce domaine soit celui des plus grandes incertitudes.


La comparaison avec le Brexit - un Brexit mondial - est pertinente. Depuis trois décennies que les concepteurs des programmes de Géographie de l'enseignement secondaire, pseudo science pétrie d'idéologie, glosent sur la "mondialisation" impulsée par l'Amérique, voila l'Amérique qui tente un Brexit planétaire envers sa propre mondialisation ! La comparaison est pertinente aussi en ceci que ce qui est rejeté – Wall Street, la commission européenne ...- mérite de l'être, mais que ce qui advient reste dans la sphère du capital, mais partiellement hors contrôle. Défaite de la raison et expression de l'impasse sociale, la victoire d'un Trump n'est pas une victoire du "grand capital". Le chaos grandit, porteur de guerre et de destructions.


Leçon n°1 : l'absence d'alternative démocratique, "à gauche", combinée à la crise politique de la classe dominante elle-même peut assez facilement porter au pouvoir les équivalents de Trump partout. Chacun a compris ce que cela veut dire en France par exemple -et non, cela ne veut pas dire le fascisme, étant entendu que les traits fascisants sont là.


Leçon n°2 : l'ombre de ce qui n'est pas advenu plane sur ces élections, cette ombre s'appelle Sanders, et ce qu'il représente, et les forces qui se sont mises en mouvement sous son nom, dont il faut plus que jamais rappeler qu'elles étaient, dans l'hypothèse d'une candidature Sanders du parti démocrate, gagnantes. La carte de Trump par Etats, parfois même par comtés, ressemble souvent à un décalque de la carte des primaires démocrates (largement truquées ...), Trump gagnant là où Sanders gagnait, dans cette fameuse cambrousse américaine délaissée, brutale et chaleureuse. Cette seconde leçon essentielle doit être précisée sur deux points, car on ne peut pas se contenter de dire à la française que "seule une vraie candidature de gauche peut vaincre la bête immonde" – ce refrain conduit à la défaite assurée !
Le premier point, c'est qu'une candidature démocrate Sanders aurait probablement gagné, mais qu'elle était impossible, puisque le grand capital l'avait interdite – l'histoire ne nous dira jamais ce qu'aurait pu, ou non, une candidature Sanders indépentante, risque que l'intéressé avait écarté depuis le début. Une tierce candidature de gauche n'aurait pas plus percé que les autres fois. La question posée est celle d'un vrai parti démocratique américain, ce que n'est pas le parti démocrate. Seul un vrai parti démocratique, organisé par en bas, peut représenter les ouvriers, et tous les opprimés. Ceci paraît un acte de foi, mais pourtant, c'est ce parti qui était là, de fait, dans les meetings et manifestations de la campagne des primaires Sanders, notamment.


Le second point, c'est que Sanders aurait pris des voix à Trump (de même qu'une partie des électeurs de Trump avait soutenu Sanders) parce que ceux-ci, petites gens, prolétaires méprisés, n'éprouvaient pas le sentiment qu'il les méprisait et appréciaient sa modestie, modestie d'un représentant écoutant les gens, et non d'un chef voulant les conduire. Surgi d'une gauche inconnue, Sanders n'avait pas ce handicap européen du mépris affiché souvent, ressenti toujours, envers le bas peuple "populiste", deplorable comme a dit le meilleur agent électoral de Trump, H. Clinton : jamais il n'avait, jamais il n'aurait, traité des mouvements de travailleurs aussi confus soient-ils, de mouvements d'esclaves et de nigauds, et il ne l'aurait pas pensé ni paru le penser.


Jouer à se faire peur c'est préparer d'autres défaites (1). Ce qui est en marche, c'est le désordre. La classe dominante de la première puissance mondiale implose politiquement. La constitution, fondement de la nation américaine, est en crise. Dans ce désordre, il appartient aux hommes, avec la lanterne de la conscience, et la démocratie comme arme, d'avancer en ne doutant pas un seul instant que les opportunités d'espoir seront, elles aussi, au rendez-vous, mais qu'il faudra les saisir.

VP, 09/11/16.

(1) Pendant que j'écrivais ce billet Trump faisait son discours de vainqueur à Manhattan. Et les médias avaient amorcé le tournant de "jouons à nous faire peur" à 'jouons à nous rassurer" : Clinton lui a téléphoné, il l'a remerciée, appelé à l'union des américains, etc. Faut-il préciser que ce registre forcé est tout aussi erroné que le précédent ?

 

 

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Source : https://blogs.mediapart.fr/vincent-presumey/blog

 

 

 

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