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2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 17:56

 

 

Source : http://www.lci.fr

 

 

Loi Travail : le licenciement économique facilité dès aujourd'hui

 

 

 

http://photos.lci.fr/images/1024/560/myriam-el-khomri-manuel-valls-b967bf-0@1x.jpeg

DOMINIQUE FAGET / AFP

 

 

DÉCRET - Deux nouvelles dispositions relatives licenciement économique, relatifs à la loi El Khomri, entrent en vigueur ce jeudi. Il sera en somme plus facile pour une entreprise de se séparer de ses salariés. Mais sous quelle condition ?

 

Le saviez-vous ? Ce jeudi 1er décembre entre en vigueur l’une des mesures les plus controversées de la loi Travail, celle visant à faciliter le licenciement économique. A compter de ce jour, la loi protègera les employeurs lorsqu’ils licencieront des salariés selon deux nouveaux motifs : une réorganisation de l’entreprise nécessaire à sa compétitivité et une baisse de commandes ou de son chiffre d’affaires sur une durée définie en fonction de sa taille. 

 

Dans quel contexte procéder au licenciement économique

 

Plus précisément, les petites entreprises de moins de onze salariés pourront utiliser ce motif de licenciement si elles subissent au moins un trimestre de baisse "significative des commandes ou du chiffre d'affaires", des "pertes d’exploitation", ou encore une "dégradation de la trésorerie". Les sociétés de moins de 50 employés devront, elles, justifier d’au moins deux trimestres de baisse consécutifs, celles embauchant entre 50 et 299 personnes, trois trimestres consécutifs et à partir de 300 employés, quatre trimestres consécutifs. 

 

De quoi inquiéter les salariés qui, s’ils étaient protégés jusque-là par le code du travail, voient désormais les rôles s’inverser. Car le très contesté article 67 de la loi Travail, contre laquelle les syndicats et une partie des Français ont battu le pavé pendant plusieurs mois cette année, vise à sécuriser ce type de licenciement devant les prud’hommes. 

 

Le jeu des chaises musicales

 

L’objectif ? Faciliter la reprise de l’activité et, enfin, l’embauche en CDI au détriment des contrats précaires. "Les patrons de TPE-PME cherchent tous les moyens pour ne pas embaucher, par crainte d'être coincés en cas de retournement de conjoncture", argumente Jean-Michel Pottier, en charge des affaires sociales à la CGPME, auprès de L'Express. Toute "dédramatisation de la rupture" est "favorable à l'emploi" pour les employeurs. 

 

Un argument qui ne convainc pas l’économiste Eloi Laurent, professeur à Sciences Po et à l’université de Stanford, cité par 20 Minutes : "La rupture conventionnelle, introduite en août 2008, poursuivait exactement le même objectif mais n’a pas renforcé les recrutements en CDI". Comme le souligne le quotidien, les chiffres de 2015 témoignent de cet échec : en dépit de plus de 358.000 ruptures conventionnelles sur l’année, la France reste le deuxième pays de l’Union européenne à proposer des CDD. 

 

La loi Travail regroupe 134 décrets d’application. Selon le site du ministère du Travail, ceux concernant le temps de travail, qui actent la primauté de l’accord d’entreprise sur l’accord de branche, entreront en vigueur au 1er janvier 2017, de même que ceux relatifs au compte personnel d’activité (CPA). Ceux visant à moduler la durée du temps de travail, ou encore les congés, restent à venir.

 

 

 

Source : http://www.lci.fr

 

 

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2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 17:43

 

Source : https://www.facebook.com/nonaeroportNotreDamedesLandes/photos/a.204003813041339.41608.119994038108984/1059291800845865/?type=3&theater

 

Non à l'aéroport à Notre Dame des Landes.

 

L’image contient peut-être : 1 personne , plein air
Non à l'aéroport à Notre Dame des Landes
2 h

!!! 49 villes se déclarent prêtes à manifester
leur soutien à défendre la zad #NDDL
en cas d'intervention !!!

A7 (PACA), ALBI, ANGERS, ANNEMASSE, AURAY, AUXERRE, BAIONA, BLOIS, BORDEAUX, BREST, CAEN, CARCASSONNE, CHAMBERY, CHOLET, CERGY, COMMINGES, GAP, GUINGAMP, GRENOBLE, LANGON, LANNION, LAVAL, LILLE, LOCHES, LONS-le-SAUNIER, LORIENT, LYON, MARCILLAC-VALLON, MONTPELLIER, les MONTS D'ARRÉES, MORLAIX, NANCY, NANTES, NÎMES, PARIS, POITIERS, QUESTEMBERT, QUIMPER, RENNES, ROUEN, SAINT-BRIEUC, SAINT-MALO, SEGRÉ, SEVERAC, STRASBOURG, TOULOUSE, TOURS, VALENCE, VANNES ( détails : http://zad.nadir.org/spip.php?article4041 )

Travaux ou expulsions,
nous réagirons avec la même détermination !
-> http://zad.nadir.org/spip.php?article4169

Si vous ne trouvez pas votre ville dans cette liste vous pouvez vous rapprocher de votre comité local ou en créer un par là : http://comites-ndl.blogspot.fr/

Diffusez l'appel à rassemblement sur votre blog ou un des calendriers de médias libres (http://mediaslibres.org/ ) ou des calendriers militants (https://demosphere.eu/ ) bref en évitant au maximum d'offrir vos premières sources d'infos aux réseaux marchands (sociaux, mainstream...) et de donner des coordonnées personnelles.
Vous pouvez utiliser le programme TOR si besoin d'anonymat https://www.torproject.org/

Et bien sûr envoyez-nous un mail à zad[@]riseup.net pour que nous puissions annoncer votre rassemblement avec le lien vers votre source.

Merci à tou-te-s pour ces soutiens !

 

 

Source : https://www.facebook.com/nonaeroportNotreDamedesLandes/photos/a.204003813041339.41608.119994038108984/1059291800845865/?type=3&theater

 

 

 

 

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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 16:31

 

 

                                                                          *****************************

 

 

Source : http://france3-regions.francetvinfo.fr/rhone-alpes/video-maire-alep-ne-se-resigne-pas-victoire-bachar-el-assad-1142495.html

 

Video : le maire d'Alep ne se résigne pas à la victoire de Bachar-El-Assad

Alors qu'une phase décisive de la guerre se joue dans la deuxième ville de Syrie, le président du conseil de la ville d'Alep-Est répond aux questions de Paul Satis. La reconquête par les forces du Président Bachar-El-Assad de cette ville occupée par l'opposition constituerait un "tournant".      

  • Par Philippe Bette
  • Publié le , mis à jour le

 

 

Prise d'Alep

 

Le président du Conseil de la ville d'Alep-Est ne veut pas croire que les combats en cours dans sa ville dévastée par les bombardements vont amener les siens à renoncer à leur liberté. Il ne veut pas croire à la chute de sa ville, ni à une redddition de son peuple . "Un dictateur ne peut pas vaincre son peuple", c'est ce qu' explique Brita Hagi Hasan , le maire d'Alep au micro de Paul Satis...    

C'est une révolution de la liberté et de la dignité


Le président Bachar al-Assad veut à tout prix reconquérir Alep, deuxième ville de Syrie, pour porter un coup décisif aux rebelles mais aussi repositionner son régime sur la scène internationale, à l'heure d'un possible changement de cap de la diplomatie américaine. Depuis plusieurs mois, les offensives se succèdent pour reprendre les quartiers Est d'Alep aux mains de la rébellion depuis l'été 2012. La dernière en date, lancée mi-novembre, pourrait s'avérer déterminante, l'armée ayant réussi à capturer le plus grand de ces quartiers.

L'ancienne capitale économique et foyer industriel de Syrie se situe à un carrefour commercial stratégique, Pourprès de la frontière avec la Turquie.
Depuis 2012, Alep est divisée entre secteurs loyalistes dans l'ouest, où vivent 1,2 million d'habitants, et des quartiers tenus par les rebelles dans l'est, où
résident plus de 250.000 personnes.

Le maire d'Alep interpelle l'opinion publique internationale  : "Où sont les droits de l'homme ?"  

 

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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 16:23

 

Source : https://www.senat.fr/notice-rapport/2015/r15-850-notice.html

 

 

100 millions de téléphones portables usagés : l'urgence d'une stratégie

 

Rapport d'information de Mme Marie-Christine BLANDIN, fait au nom de la mission d'information n° 850 (2015-2016) - 27 septembre 2016

 

Partant du constat de la multiplication des téléphones mobiles, de leur obsolescence rapide et de la conservation de près de 100 millions d'appareils usagés par les particuliers, le Sénat a constitué, à la demande du groupe écologiste, une mission d'information sur l'inventaire et le devenir des matériaux et composants des téléphones mobiles.

En trois mois de travaux, la mission a procédé à plus d'une vingtaine d'auditions, entendant un large panel d'acteurs (ministère de l'écologie, fabricants, opérateurs de téléphonie mobile, éco-organismes, associations de consommateurs, industriels, chercheurs...) et effectué deux déplacements sur le terrain, visitant une entreprise de l'économie sociale et solidaire et un site industriel de recyclage des métaux précieux.

La mission a pu analyser l'ensemble du cycle de vie des téléphones portables, de la fabrication au recyclage, en passant par la mise sur le marché, l'utilisation, la collecte des équipements usagés et le réemploi. Elle s'est intéressée à des questions aussi diverses que la composition des téléphones portables, l'absence d'écoconception, les différents aspects de l'obsolescence programmée, l'insuffisante collecte des appareils usagés, le devenir des déchets issus des téléphones et le potentiel de développement d'une filière de recyclage.

Au terme de ses travaux, la mission aboutit à des constats forts et met en avant des données chiffrées frappantes, pour dénoncer certaines stratégies des fabricants, alerter les pouvoirs publics, mais également sensibiliser les consommateurs. Elle formule cinq orientations, qui se déclinent en une vingtaine de propositions portant sur l'ensemble du cycle de vie d'un téléphone portable.

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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 15:35

 

Source : https://reporterre.net

 

L’incompréhensible obstination des décideurs politiques à tuer le rail

 

1er décembre 2016 / Corinne Morel Darleux

 

 

 

Tous les arguments sont là pour faire du rail un modèle d’avenir, explique notre chroniqueuse, de la sécurité routière à la santé publique en passant par le climat et le coût pour la collectivité. Et pourtant, les décideurs politiques s’obstinent à tuer le train. Pourquoi ?

 

Corinne Morel Darleux est secrétaire nationale à l’écosocialisme du Parti de gauche et conseillère régionale Auvergne - Rhône-Alpes.

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Corinne Morel Darleux

 

Cette chronique fait suite à « Crains qu’un jour un train ne t’émeuve plus ».

 

Si tout le monde aime le train, le développement du rail devrait être un sujet en or, jalousement protégé, revendiqué, instrumentalisé, même, par les politiques : ils surfent sur tout, pourquoi pas sur cette vague de sympathie ferroviaire tirée de notre imaginaire collectif ? Après tout, ils défilent bien à côté des vaches pour s’assurer la sympathie d’un imaginaire paysan, se pressent en gilets fluo sur des chantiers pour se donner une allure industrielle, n’hésitent pas même à se faire photographier en train de boire un verre au comptoir d’un bistrot de quartier pour asseoir leur côté populaire Que ne posent-ils pas devant un train, la mine fière, un pied sur le marchepied ?

Je ne comprends pas. Tous les arguments sont là pour faire du rail un modèle d’avenir. L’absolue nécessité de réduire la pollution de l’air, notamment dans nos vallées alpines, dont le coût est estimé à 100 milliards d’euros par an selon un rapport du Sénat. L’objectif de réduction de nos émissions de gaz à effet de serre, qui devrait rendre évident le développement du transport ferroviaire, tant pour les passagers que pour les marchandises. La sécurité routière, la santé publique, le climat. Et pourtant…

 

 

Les lois issues du Grenelle de l’environnement prévoyaient de faire passer la part du fret ferroviaire et fluvial de 14 à 25 % à l’horizon 2022, et à plus brève échéance d’augmenter cette part de 25 % entre 2006 et 2012. Or, cette part a dégringolé de 21,7 % en 1990 à 17,9 % en 2000, 12,7 % en 2005 et seulement 11,9 % en 2012 ! Tout a été fait au contraire pour saccager le fret ferroviaire...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : https://reporterre.net

 

 

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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 15:15

 

 

Source : https://reporterre.net

 

 

Mort de Rémi Fraisse : l’ancien chef des gendarmes poursuit un internaute pour diffamation

 

1er décembre 2016 / Marine Vlahovic (Reporterre)

 

 

 

Denis Favier était le plus haut gradé de la gendarmerie nationale au moment de la mort de Rémi Fraisse en octobre 2014. Il a ensuite été recruté au sein du groupe Total. Cette évolution a suscité l’ire d’un internaute bordelais, qui l’a vertement critiqué sur sa page Facebook. Il sera jugé en diffamation le 12 janvier prochain. Pendant ce temps, l’enquête sur la mort par les gendarmes de Rémi Fraisse piétine.

 

  • Bordeaux (Gironde), reportage

Il a gardé son habit de travail pour se présenter au tribunal, ce jeudi 24 novembre. Siglé du nom d’une grande surface, son badge « Stéphane, conseiller de vente » scintille sous les néons de la salle d’audience ultramoderne du Tribunal de grande instance de Bordeaux. Une pile de dossiers à la main, Stéphane Nouzarède s’avance fébrilement à la barre pour se voir notifier la date de son procès, fixée aussitôt au 12 janvier prochain. « Vous devriez faire appel à un avocat, vous ne pouvez pas vous représenter tout seul », lui enjoint d’une voix ferme la présidente de la 4e chambre, avant d’ajouter : « C’est une affaire particulière. »

Car le vendeur de 54 ans est poursuivi pour injure et diffamation par le général Denis Favier, ex-directeur général de la gendarmerie nationale, après la publication de commentaires sur Facebook l’été dernier. Il lui faudra revenir dans deux mois dans cette même salle pour être jugé. Sa défense était pourtant fin prête, explique-t-il en montrant son carnet de notes rempli d’une écriture fine : « Je ne peux pas faire appel à un avocat, je suis fauché », poursuit l’habitant de Mérignac (Gironde) en quittant le palais de justice.

Stéphane Nouzarède est dépassé par la situation. Faute de temps pour s’investir sur le terrain, l’ancien partisan déçu du Parti socialiste utilise depuis quelques années les réseaux sociaux comme une plate-forme militante. Jusqu’à l’automne, il publiait des liens d’articles agrémentés de commentaires à ses 2.800 amis « et des poussières » sur son compte Facebook, accessible à tous. Le 22 juin dernier, lorsqu’il apprend la nomination de Denis Favier, alors directeur de la gendarmerie nationale, à la tête de la sûreté du groupe Total, son sang ne fait qu’un tour. « Petite promotion pour un des fumiers qui a couvert la mort de Rémi Fraisse… Fumier !! » réagit-il aussitôt. Il récidive plus d’une semaine plus tard, alors que la justice annule la déclaration d’utilité publique du barrage de Sivens (Tarn) : « C’est pour éviter d’être jugé que Favier est parti chez Total ? Ce fumier a “couvert” la mort de Rémi Fraisse. Aujourd’hui, on apprend que Rémi est vraiment mort pour rien, car là où il se trouvait, non seulement il n’y avait rien à défendre, mais le projet de barrage était complètement débile », écrit Stéphane Nouzarède le 1er juillet 2016. Face aux termes employés qui lui sont aujourd’hui reprochés, le quinquagénaire pousse un long soupir : « J’aurais dû écrire “cynique personnage” au lieu de fumier. Mais, pour moi, ce n’est pas une nomination, mais une promotion, un “recasage” pur et simple par un pouvoir qui est aux abois. »

 

« C’est vraiment le pot de terre contre le pot de fer » 

L’employé de grande surface a reconnu être l’auteur de ces propos au commissariat de Mérignac, où il a été convoqué le 6 septembre dernier : « Je ne regrette rien, je m’exprime […] Si lui [Denis Favier] est choqué par ça, moi je suis choqué par son attitude, qui me semble plus importante que mes propos », déclare Stéphane Nouzarède à un officier de police judiciaire.

Car la machine judiciaire s’est rapidement mise en marche. Le 20 juillet, Denis Favier a déposé plainte au Parquet de Paris. Le 29 juillet, une enquête préliminaire pour « injure publique envers un fonctionnaire public » et « diffamation publique à l’encontre d’un fonctionnaire public » est ouverte. Début septembre, Stéphane Nouzarède a été entendu par les policiers. « Ensuite, je n’y ai plus pensé, je pensais que l’affaire était classée », explique-t-il. Il met cette histoire de côté jusqu’à fin octobre, lorsqu’un huissier se présente sur son lieu de travail pour lui signifier une citation à comparaitre devant le tribunal de Bordeaux, jeudi 24 novembre.

 

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Stéphane Nouzarède au tribunal de grande instance de Bordeaux.

 

« C’est vraiment le pot de terre contre le pot de fer », s’écrie le quinquagénaire en instance de divorce qui dénonce un acharnement judiciaire : « Denis Favier me demande jusqu’à 13.000 euros pour les dommages et intérêts, les frais d’avocats et la publication d’un communiqué dans la presse. Moi, je gagne 1.200 euros par mois. Je ne suis pas parano, mais là on veut m’étrangler économiquement pour me faire taire ! » Stéphane Nouzarède ne s’est jamais rendu sur la Zad de Sivens, mais à l’époque de la mort de Rémi Fraisse, tué par la grenade offensive d’un gendarme mobile en octobre 2014, il s’est senti concerné et a continué à suivre l’affaire de près. Ses yeux verts rougissent et se remplissent de larmes : « Ça aurait pu être mon fils, un gamin innocent tué comme ça, alors que les gendarmes n’avaient rien à protéger, il y a de quoi péter un plomb »...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : https://reporterre.net

 

 

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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 14:46

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Scandale sanitaire

Irène Frachon : « Dans l’affaire du Mediator, les criminels ne sont toujours pas inquiétés »

 

par

 

 

 

Suite au décès de certains de ses patients, victimes d’hypertensions artérielles, Irène Frachon, pneumologue au CHU de Brest, commence à mener une enquête médico-policière sur le Mediator dès 2007. Avec l’aide de collègues, elle parvient à prouver les effets toxiques de ce médicament et contraint le laboratoire Servier à le retirer de la vente en 2009. Sept ans plus tard, la bataille est loin d’être terminée : le procès pénal se fait toujours attendre, et les victimes peinent à se faire indemniser. A l’occasion de la sortie du film La fille de Brest (170 000 entrées en une semaine), qui raconte cette affaire, Basta ! s’est entretenu avec une lanceuse d’alerte déterminée, pour ses patients, à mener la bataille jusqu’au bout.

Basta ! : « Après la révélation du scandale, c’était bien pire que ce que j’avais imaginé », dites-vous. Jusqu’à aujourd’hui, combien de malades ont-ils été touchés par le Mediator ? Combien ont été indemnisés ?

Irène Frachon : Le Mediator était commercialisé depuis 1976, une grande partie des victimes sont donc disparues aujourd’hui. L’alerte a été donnée en 2009-2010 et les gens qui se manifestent aujourd’hui forment la pointe émergée de l’iceberg. Environ 2 800 patients ont à ce jour été reconnus officiellement comme victimes du Mediator, quelques centaines ont eu de lourdes opérations cardiaques à cœur ouvert et quelques dizaines en sont morts. Sachant que les morts qui sont reconnus aujourd’hui individuellement sont souvent décédés après 2009... Mais on estime que le Mediator a provoqué la mort de 2 000 patients. Ainsi que des dizaines de milliers de victimes de maladies cardiaques. C’est monstrueux.

Comment se fait-il qu’il n’y ait toujours pas eu de procès pénal contre le laboratoire Servier, qui produisait ce médicament ?

Parce que les mécanismes de défense des criminels en col blanc sont à l’œuvre. Ces derniers, quand ils sont incriminés ou mis en examen, paient des cabinets d’avocats très prestigieux, des pénalistes-virtuoses. Ils dépensent sans compter pour que ces cabinets d’avocats fassent jouer de manière dévoyée tous les droits de la défense. Sur les aspects procéduraux, ce sont des contestations multiples, des demandes d’annulation et de contre-expertise, des contestations devant la chambre de l’instruction, puis devant la cour de cassation, et ainsi de suite. Ils essaient de mettre en route un cercle infernal de contestation qui empêche la justice d’avancer. Ils font feu de tout bois sur le plan procédural puisque sur le fond, ils sont à poil, et ils le savent.

Certains de vos confrères rechignent à délivrer aux victimes du Mediator des certificats de prescription de ce médicament, ou même à les recevoir ou effectuer des demandes d’indemnisation. Pourquoi ces attitudes ?

Les médecins sont obsédés par le risque judiciaire, par la responsabilité médico-légale. Au début de l’affaire du Mediator, la responsabilité des prescripteurs a été mise en cause. J’ai beaucoup combattu pour que ce ne soit pas le cas. Mais c’était un retour de bâton judiciaire pour ces médecins, qui l’ont très mal vécu. Ils ont d’abord eu un réflexe d’auto-défense. La première technique d’autodéfense est de ne pas reconnaître avoir prescrit le Mediator. Énormément de victimes se trouvent face à des médecins qui ont perdu les ordonnances, les dossiers, ou la mémoire. Pour les victimes, c’est absolument effrayant.

Cela révèle une attitude corporatiste primaire du corps médical, et c’est quand même très décevant. Il y a aussi eu un réflexe destiné à protéger certains de leurs avantages auprès des milieux industriels (voir par exemple notre enquête sur les études observationnelles). Tout cela n’est pas très en accord avec la vocation médicale, qui est de servir l’intérêt des patients avant tout. Il s’agit d’un énorme gâchis, car dans les faits Servier a également trompé les prescripteurs.

Le film La fille de Brest montre tout de même le soutien, pas seulement de votre famille, mais aussi de vos collègues médecins...

Oui, heureusement, il y a des collègues, notamment au CHU de Brest, qui se sont levés et qui m’ont rejoint au début de mon combat. Ils se sont mis au travail et sont devenus des experts de la question, se sont engagés à leurs risques et périls. Mais ce n’est pas la majorité et je trouve cela très dur à avaler. Beaucoup sont malheureusement restés du mauvais côté du manche.

C’est en ce sens que vous parlez de « trahison des élites médicales » ?

Oui, et je le maintiens. Les grandes sociétés savantes, l’académie de médecine, les grands responsables – notamment hospitalo-universitaires – de la santé publique en France, n’ont jamais pris les positions très fermes que j’attendais, vis à vis des laboratoires Servier mais aussi en faveur des victimes. Ils laissent les choses se dérouler, voire contribuent à les obscurcir. Il y a des manipulations, un peu de déni, voire du négationnisme. C’est parfaitement indigne.

Mais ce n’est pas le cas de tout le monde. A l’été 2015, j’ai lancé sur internet le manifeste des 30.Grâce à cette action, j’’ai pu être rejointe par de très grands médecins qui ont appelé le corps médical à réagir, à couper les liens avec Servier. Mais, au final, l’initiative est quasiment resté lettre morte.

Comment expliquez-vous que les agences sanitaires ont, pour reprendre vos termes, laissé « le drame se produire, en connaissance de cause » ?

La corruption, l’influence. Dans cette affaire, on atteint quand même un sacré niveau de compromission ! C’est impressionnant. Certains experts de l’agence de sécurité du médicament sont mis en examen parce que d’une main, ils donnaient des avis sur les autorisations de mise sur le marché des produits, et de l’autre ils recevaient des honoraires de Servier en contrepartie de « conseils stratégiques ». On navigue en pleine collusion ! Mais tout est suspendu au procès. C’est infernal, on n’en sort pas. Jusqu’à présent, ils sont tous présumés innocents. Même Servier, qui peut continuer à vendre ses drogues, souvent suspectes. On marche sur la tête dans cette histoire, je suis effarée.

La loi Bertrand sur la « sécurité sanitaire du médicament » adoptée en 2011 a-t-elle permis de faire évoluer ces agences sanitaires ?

La loi Bertrand est importante : il y a beaucoup plus de transparence et d’exigences d’indépendance pour les experts. Ce qui n’est pas sans poser problème parce qu’il est très difficile de trouver des experts indépendants dans un monde qui est en réalité presque totalement lié à l’industrie pharmaceutique ! Nous sommes face à une sorte d’équation impossible à résoudre : la recherche d’experts indépendants dans un milieu qui ne l’est pas. Cela pose beaucoup de problèmes à ces agences, qui peinent à se reconstruire. Là encore, la mise en suspens du procès pénal est dramatique, car il y a une page à tourner après, du moins je l’espère, un jugement exemplaire. L’agence est toujours mise en examen, et la justice pénale ne se prononce pas : comment se refonder alors que ce crime n’est pas jugé, alors que les défaillances de l’agence ne sont pas reconnues par la justice ?

 

Il s’agit selon vous de « mettre fin à une pharmaco-délinquance hors norme ». Quels changements d’envergure vous semblent nécessaires pour éviter, à l’avenir, d’autres scandales sanitaires comme celui du Mediator ?

Il faut que le monde médical remette chacun à sa place et soit moins poreux à l’influence des labos. A ce propos, il ne faut pas mettre dans le même panier les collaborations scientifiques, dans le cadre d’essais cliniques transparents, et les stratégies marketing qui se déversent sans contrôle et sans filtre sur le monde médical. Il y a quand même une sacrée distance entre ces deux postures là. Nous avons besoin de faire basculer la posture du monde médical vers plus d’étanchéité avec le monde de l’industrie, sans évidemment toucher à l’innovation thérapeutique, bien au contraire. Moins de gaspillage conduit à plus de recherche !

Ce problème de la perméabilité se pose dès la formation en médecine, où les étudiants sont, dites-vous, « biberonnés par l’industrie pharmaceutique ».

Oui, la formation en médecine est également à revoir. Il faudrait réglementer de manière extrêmement rigoureuse les liens entretenus par l’industrie avec les étudiants et les internes (lire notre article sur le sujet). Avec la sortie du film sur le Mediator, je suis contactée par énormément de facultés de médecine. Tours, Nice, Saint-Étienne, Marseille, Bordeaux, ou encore Strasbourg. Les étudiants en médecine sont très demandeurs de débats et très réceptifs. Ce n’est pas non plus des centaines d’étudiants qui déferlent. Mais il se passe quelque chose, un germe critique au sein de ces jeunes étudiants.

Dans l’affaire du Mediator, les visiteurs médicaux ont servi de courroie de transmission des laboratoires, afin de pousser les médecins à prescrire ce médicament en tant que coupe faim, alors que le Mediator est un anti-diabétique. Faut-il mieux encadrer cette profession, voire même la supprimer ?

La visite médicale, ce sont les représentants commerciaux des labos qui vont démarcher les médecins hospitaliers, libéraux, partout, avec de solides techniques de démarchage, très pugnaces. Il est très difficile de les arrêter parce qu’ils sont payés pour ça : ils ont même appris des stratégies de contournement face à l’hostilité croissante des médecins à les recevoir. Heureusement, les médecins ont identifié ces stratégies. Les labos mettent désormais tous leurs moyens, non plus sur la visite médicale, qui est en train de régresser, mais sur les leaders d’opinion, c’est-à-dire les grands professeurs hospitalo-universitaires qui deviennent de véritables représentants de commerce pour l’industrie pharmaceutique.

A ce sujet, j’attends beaucoup de la parution prochaine d’un décret qui va permettre de lever le voile sur le montant des conventions passées entre les industriels et ces médecins. Ce décret ne rendra pas ces liens illégaux, mais risque quand même de les rendre illégitimes en révélant un problème d’impartialité de ces médecins, ce qui n’est pas rien.

Sept ans après avoir lancé l’alerte, y a t-il des choses que vous conseilleriez à d’autres lanceurs d’alerte ou que vous feriez différemment ?

Je ne ferais rien différemment de ce que j’ai fait, car j’avais beaucoup anticipé les risques. En fait, je pense que je suis assez trouillarde : je me suis vraiment préparée à une guerre. Je ne me suis pas lancée dans le désordre, droit devant, sans savoir scruté les arrières, sans avoir réfléchi. J’ai énormément consolidé toutes mes alertes, que ce soit sur le plan scientifique ou sur le plan pénal. J’ai pris des précautions : un avocat, un éditeur courageux, j’ai contacté la presse. Il faut garder son sang froid, rester très déterminé. Il y a beaucoup de lanceurs d’alerte qui me demandent comment j’ai fait pour que l’alerte fonctionne. Ma réponse est terrible : c’est 2 000 morts.

Aujourd’hui, vous êtes beaucoup plus offensive, moins prudente dans vos propos. On sent votre colère...

J’en ai ras le bol. Ce n’est pas normal que l’on en soit seulement là, aujourd’hui, en 2016. Que malgré l’affaire du Mediator, Servier ait toujours les mains libres, que les criminels ne soient pas inquiétés et qu’ils soient même accueillis partout, qu’ils refusent les indemnisations aux victimes ou les contestent centime après centime. Six ans plus tard, on marche toujours sur la tête, et cela m’insupporte. Le film raconte l’histoire de Corinne. Mais des Corinne, il y en a des centaines, c’est monstrueux.

Propos recueillis par Sophie Chapelle, avec Simon Gouin

Photo : CC Utherian.

 

Irène Frachon, Mediator 150 mg, combien de morts ?, éditions dialogues, juin 2010, 152 pages, 15,90 euros.

 

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 14:36

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

La privatisation programmée de la Sécurité sociale

Par Laurent Mauduit
 
 
 

François Fillon a pour projet une privatisation de la Sécurité sociale. Il est allé piocher dans un rapport secret du Medef et une note de l’Institut Montaigne, dont le président, Henri de Castries, est un ami proche. L’ex-PDG d’Axa pourrait devenir ministre si le candidat Les Républicains accédait à l’Élysée.

 

Si l’on s’en tient aux déclarations de François Fillon, on peine à comprendre, s’il était le vainqueur de l’élection présidentielle, quelle réforme il engagerait pour la Sécurité sociale. Dans un premier temps, juste avant le second tour des primaires organisées par Les Républicains, il a tenu des propos radicaux, suggérant qu’il pourrait engager une privatisation du système le plus emblématique du modèle social français. Puis dès le lendemain du second tour, il a tenu des propos plus modérés, laissant comprendre que pour les plus modestes, cela ne changerait rien à leur couverture sociale et que la réforme ne figurerait pas dans les priorités qu’il comptait mettre en œuvre, sitôt installé à l’Élysée.

 

Dans cet embrouillamini de propos en apparence contradictoires, il n’est pourtant pas difficile de se repérer, si l’on a en mémoire les réflexions qui se mènent depuis plusieurs années dans certains cénacles de la droite et dans les milieux patronaux. C’est bel et bien une privatisation de la Sécurité sociale qui est en réflexion. Et il n’est pas très difficile de l’établir, tant il existe d’indices nombreux d’un « brainstorming » autour de ce projet, conduit par François Fillon et certains de ces milieux patronaux qui sont proches de lui. C’est comme une longue marche vers la privatisation, engagée depuis longtemps, qui serait en passe de bientôt aboutir…

 

Reprenons d’abord le fil des déclarations récentes de François Fillon. Lors du débat sur TF1 et France 2, le jeudi 24 novembre, juste avant le second tour des primaires, il a clairement présenté ce que serait son projet. Et parmi de nombreuses autres propositions (franchise universelle, etc.), il a ainsi annoncé ce que serait le cœur de sa réforme : elle s’appliquerait « en focalisant l'assurance-maladie notamment sur les affections graves ou de longue durée : le panier de soins solidaire ; et l'assurance complémentaire sur le reste : le panier de soins individuel » (lire Pour «casser la baraque», le projet-gourdin de Fillon).

 

Passablement obscures pour le commun des mortels, ces formulations étaient décryptées le lendemain par Les Échos, dans un article au sein duquel la parole était aussi donnée à Dominique Stoppa-Lyonnet, porte-parole santé de François Fillon, et professeur de génétique à l'université Paris-Descartes. Explication du quotidien : « Il s'agit d'un thème récurrent à droite : à la Sécurité sociale de payer le risque “lourd”, tandis que le marché peut se débrouiller avec le risque “léger”. Mais personne n'a jamais réussi à définir chacune de ces catégories – à part les affections de longue durée, par exemple le diabète, le cancer, l'insuffisance rénale sévère. Dominique Stoppa-Lyonnet évoque parmi les risques légers “le désordre digestif temporaire, la grippe – encore qu'une grippe peut être dramatique”, et explique que “tout cela sera à définir en concertation”. “La solidarité ne peut pas tout prendre en charge. L'optique, le dentaire, les audioprothèses n'ont pas à être financés par l'assurance maladie de base”. »

 

Et Les Échos ajoutaient : « Pour les complémentaires santé, la perspective d'un élargissement de leur marché est une bonne nouvelle. D'autant plus que François Fillon n'est pas favorable à l'encadrement actuel des tarifs et de l'offre des contrats dits responsables, selon Dominique Stoppa-Lyonnet. Mais alors, comment éviter les abus tarifaires, les couvertures indigentes ? D'une part, le candidat entend mettre en place “un régime spécial de couverture accrue” pour les personnes les moins favorisées, peut-être sur le modèle de l'actuelle couverture maladie universelle. D'autre part, il créerait une “Agence de contrôle et de régulation de l'assurance-santé privée”, bénéficiant d'une délégation de service public, pour définir un contrat-type “parfaitement lisible pour les assurances privées avec une variable : le prix”. “Nous ne donnerons pas un blanc-seing aux assureurs complémentaires”, promet la porte-parole. »

 

En clair, le quotidien mettait bien en évidence la gravité du projet : il s’agit bel et bien d’une privatisation, au moins partielle, de l’assurance maladie puisqu’une partie des risques, dits les plus « légers », serait  couverte par les mutuelles ou les assureurs privés, les maladies les plus graves et les plus coûteuses restant à la charge d’un système solidaire.

 

Une privatisation d’autant plus préoccupante que la solidarité ne jouerait donc plus pour des besoins de santé pourtant majeurs comme l’optique ou les soins dentaires ; et que les tarifs médicaux cesseraient d’être encadrés. En somme, la couverture sociale serait moindre et sans doute plus coûteuse : un danger immense pour les assurés sociaux les plus modestes, et une aubaine pour les assureurs privés.

 

Et puis le lundi suivant, au lendemain de sa victoire au second tour des primaires, François Fillon, qui était invité du « 20 heures » de France 2, a semblé sinon faire machine arrière en tout cas vouloir surtout rassurer ceux que son projet aurait pu alarmer. Il a ainsi promis qu’il voulait « que les personnes les plus modestes et âgées » soient « mieux remboursées qu'aujourd'hui », que ce soit par le biais de l'assurance maladie ou des mutuelles. « Je veux tout de suite arrêter cette polémique sur “moins bien rembourser”, moi ce que je veux, c'est sauver la Sécurité sociale », a-t-il assuré.

 

Niant qu’il voulait privatiser l’assurance maladie, il a annoncé qu’il allait « travailler avec les professions de santé, avec les responsables de l'assurance maladie, avec tous ceux qui ont un rôle dans ce domaine, pour travailler à un projet qui doit être un projet permettant l'équilibre de la Sécurité sociale mais améliore la couverture des soins en particulier pour les plus modestes. »

 

Il ne faut pourtant pas être dupe de ces déclarations. C’est bel et bien une privatisation à laquelle pense François Fillon. Et pas une privatisation partielle, comme le suggèrent la plupart des décryptages parus dans la presse, dont celui des Échos. Non ! Une privatisation totale, ouvrant l’immense marché de l’assurance maladie aux géants de l’assurance privée, qui en rêvent depuis des lustres...

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

 

Lire aussi

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 00:47

 

 

Source : http://www.liberation.fr

 

 

Tribune

Quand les multinationales forcent la porte des collèges

 

 
 

 

A la Défense, à Paris.

A la Défense, à Paris. REUTERS

Des professeurs d'un collège du Tarn dénoncent les intrusions des entreprises telles que Nestlé, Total ou Microsoft sous la forme de «kits pédagogiques». Avec l'idée d'inculquer des comportements de consommateur aux individus dès leur plus jeune âge.

 

Début octobre 2016, dans un collège du Tarn, les enseignants apprennent que leur établissement pourra participer au concours organisé par Total pour les établissements scolaires pour promouvoir l’énergie solaire ! On pense immédiatement à Coca-Cola, responsable en grande partie du fléau de l’obésité au Mexique, qui a fait don aux écoles de fontaines à eau potable.

Le pragmatisme, comme l’efficacité, est l’argument de tous ceux qui acceptent sans broncher ces intrusions qui rompent pourtant les digues qui protègent l’école publique des intérêts partisans, religieux mais aussi économiques.

 

Kits et espaces pédagogiques

Cette multinationale est loin d’être la seule à vouloir forcer la porte des écoles, tant nos élèves représentent un enjeu essentiel comme futurs consommateurs. Pour ne citer que quelques exemples, la fondation Nestlé a un «espace pédagogique» en ligne et propose des kits pédagogiques sur l’alimentation et la cuisine, de même que la fondation Louis Bonduelle.

Colgate propose un «programme scolaire» autour de l’hygiène bucco-dentaire et l’on apprend sur leur site que «120 000 enfants sont déjà inscrits par leur professeur» à ce programme. Le kit pédagogique de Bonne Maman propose des recettes à faire en classe avec les produits de la marque, tandis que McDonald’s s’intéresse au sponsoring sportif, et qu’Engie amorce une offensive avec des projets pédagogiques clé en main au moment où les compteurs Linky sont contestés…

Ces tentatives d’inculquer des comportements de consommateur aux individus dès leur plus jeune âge ne sont pas nouvelles (il faut se souvenir du scandale des Baby Killers en Afrique dans les années 1970) mais ce qui nous inquiète aujourd’hui, c’est leur prolifération.

 

L’Education nationale et Microsoft

Sans doute que la digue a été ouverte avec l’accord conclu entre le ministère de l’Education nationale et Microsoft fin 2015. Le plan numérique dans l’Education nationale est une véritable manne pour les multinationales : non seulement nous n’avons pas de service public du numérique, mais notre ministère s’est aussi refusé à promouvoir les logiciels libres.

Sachant aussi que nous ne produisons pas d’ordinateurs en France, nous serions tout à fait curieux de savoir combien de milliards d’argent public dépensés pour l’équipement des établissements scolaires ont servi à soutenir la croissance des multinationales.

Plus que le pragmatisme, nous sommes désormais face à un non-choix : un professeur a de fait un double contrat, avec l’Etat mais aussi avec Microsoft. Et on l’incite à utiliser avec ses élèves Facebook, Twitter… en oubliant que ce sont des multinationales au même titre que Coca-Cola, McDonald’s, Amazon ou… Total.

Au plus haut sommet de l’Etat, la digue a donc cédé et rien ne protège désormais nos établissements de l’avenir que les multinationales ont rêvé pour eux : des vitrines commerciales et des professeurs ambassadeurs qui seront légion pour peu qu’on leur propose quelques rétributions puisqu’il est de notoriété publique que les salaires des enseignants français sont les plus bas d’Europe.

Comme de hasard, ces kits pédagogiques arrivent dans le contexte de la réforme du collège avec la mise en place des EPI (enseignements pratiques interdisciplinaires) pour lesquels les enseignants n’ont pas été formés (et aucun horaire supplémentaire ne leur est accordé pour mettre en musique cette interdisciplinarité). Ce que le ministère n’a pas anticipé, Total l’a fait, la multinationale propose un «EPI – clé en main et conforme aux nouveaux programmes» (sic).

Pour compléter le tableau, il faut savoir que la réforme des collèges implique le renouvellement de tous les manuels scolaires, or les finances de l’Etat ne peuvent le permettre. De nombreuses disciplines ne sont donc pas pourvues en manuels d’enseignement et devront attendre les rentrées suivantes. Il s’agit notamment des SVT, de la physique-chimie, de la technologie. C’est justement aux enseignants de ces disciplines que s’adresse le «Kit Total Solar Expert». N’est-ce pas merveilleux ?

Valérie Brun, Patricia Combarel, Liêm-Khê Luguern, Pascal Pragnère et Laurent Rouzière, professeurs d’histoire-géographie, d’anglais et de mathématiques dans l'enseignement secondaire

 

 

 

Source : http://www.liberation.fr

 

 

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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 00:31

 

Source : http://next.liberation.fr

 

En Grande-Bretagne, il y a des animaux morts dans les billets de banque

 

Par Pierre Carrey
 
 

Les défenseurs de la cause animale exigent le retrait des nouveaux billets de cinq livres, qui contiennent de la graisse de bœuf et de mouton.

Mark Carney, gouverneur de la Banque d'Angleterre, présente le nouveau billet de cinq livres, le 13 septembre 2016 à Londres.

Mark Carney, gouverneur de la Banque d'Angleterre, présente le nouveau billet de cinq livres, le 13 septembre 2016 à Londres. Photo Stefan Wermuth. AFP

 

Encore une histoire d’argent qui engraisse. En Grande-Bretagne, les nouveaux billets de banque de cinq livres (5,9 euros), en circulation depuis deux mois, suscitent la colère des défenseurs de la cause animale parce qu’ils contiennent du suif, c’est-à-dire de la graisse de bœuf ou de mouton. La Banque royale du Royaume-Uni cherchait un matériau innovant, sans papier, afin d'améliorer la résistance des billets à l'eau et décourager les faussaires. Mais, lundi, elle a admis qu’il y avait aussi des animaux morts à l’intérieur. Plus exactement, «des traces de suif dans les plastiques polymères utilisés dans le substrat de base du polymère pour les billets de cinq livres».

Une pétition a été lancée, exigeant le retrait de ces petites coupures. «C’est inacceptable pour des millions de vegan, végétariens, Hindous, Sikhs, Jaïs et autres [citoyens] au Royaume-Uni, dit le texte signé déjà signé par plus de 20 000 personnes en moins d’une journée. Nous demandons que cesse l’utilisation de produits animaux dans la fabrication de monnaie dont nous faisons usage.»

La banque royale a pour sa part prévu de continuer sa fabrication de billets en polymère entre l'été prochain et 2020, incluant les billets de 10 et de 20 livres.

 

De la graisse animale aussi dans les frites ou le savon

Les billets de banque rejoignent la liste des nombreux objets de la vie quotidienne problématiques pour les protecteurs des animaux. On trouve ainsi du suif dans certaines préparations alimentaires, allant du bain de friture (c’est là le secret des très bonnes frites belges) aux pâtisseries (notamment en Grande-Bretagne avec le christmas pudding ou en Espagne avec l’équivalent des viennoiseries). La graisse animale recueillie dans les abattoirs est également le constituant de base de nombreux savons, bougies, lubrifiants et sacs plastiques. Mêmes les boules de nourriture déposées dans les cabanes à oiseaux en hiver renferment du suif. Sans parler des produits cosmétiques généralement peu «vegan friendly» et des tonneaux de bière qui utilisent de la graisse de poisson. Ou encore des cigarettes qui mettent du sang de porc dans leur filtre…

La plupart du temps, la composition n’est pas mentionnée ou les étiquettes sont difficiles à comprendre. Dans certains pays, comme la Grande-Bretagne, les associations vegan sont assez puissantes pour apposer leur logo sur les produits sans ingrédients d’origine animale et il est alors possible de faire ses achats en connaissance de cause. Pour ce qui concerne les billets de banque, il sera plus difficile de ne pas se salir les mains.

Pierre Carrey

 

 

Source : http://next.liberation.fr

 

 

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