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27 décembre 2016 2 27 /12 /décembre /2016 15:55

 

 

Source : http://www.monde-diplomatique.fr

 

 

Information sous contrôle

Médias français : qui possède quoi

 

 

Marie Beyer & Jérémie Fabre, juillet 2016

 

 

http://www.monde-diplomatique.fr/local/cache-vignettes/L890xH532/ppa-1-7-d54a8-770da.png

 

Cette infographie sur les médias français est une refonte de la carte du Parti de la presse et de l’argent (PPA) réalisée pour Le Plan B en 2007 et mise à jour à l’occasion de la sortie du documentaire Les Nouveau Chiens de garde en 2012.

Plutôt que l’exhaustivité, nous avons, avec l’association Action-Critique-Médias (Acrimed), fait le choix de la lisibilité, en simplifiant l’information. Ainsi, seuls les principaux propriétaires des médias sont indiqués ici, plutôt que la multitude de petits actionnaires qui cohabitent souvent avec eux (1).

De même, alors qu’il existe plusieurs milliers de titres de presse en France (2), ne sont ici représentés que :
 les titres de presse écrite papier à diffusion nationale de type généraliste, économique et politique ;
 les titres de la presse quotidienne régionale ;
 la télévision nationale (et quelques chaînes de télévision locales) ;
 les canaux de radio à portée nationale ;
 certains sites d’information en ligne.

Enfin, les groupes indépendants des puissances d’argent (Société nouvelle du journal L’Humanité, groupe Bayard-Presse propriétaire du quotidien La Croix) ainsi que la presse dite alternative ne sont pas représentés (3).

 

Un travail en cours

Il n’existe pas de source centralisée sur la composition du capital des titres de presse. Nous avons dû procéder groupe par groupe, média par média, afin de vérifier les informations contenues dans cette infographie. Des erreurs peuvent subsister. Pour nous les signaler ou proposer des améliorations : nous écrire ici.

 

 

Source : http://www.monde-diplomatique.fr

 

 

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26 décembre 2016 1 26 /12 /décembre /2016 16:17

 

 

Source : http://eaubienpublic.collectif-citoyen.fr

 

 

Une mauvaise nouvelle et un scandale !

 
Par défaut
 

Yvan Lachaud enfume les habitants de l’agglomération nimoise…

Deux délibérations, sur l’eau et sur l’assainissement, ont été adoptées au dernier conseil d’agglomération : la fixation du tarif de l’eau et de l’assainissement et la mise en place d’un “plan d’action”. Il s’agit d’une mauvaise nouvelle et d’un scandale !

Une mauvaise nouvelle car l’augmentation des tarifs est bien supérieure à l’inflation et se porte globalement à 1,75%. C’est la part « assainissement », plombée par les choix désastreux liés aux emprunts toxiques qui est la plus fortement impactée puisqu’elle augmente de 3,5%. Pour certaines communes, l’augmentation est exponentielle là encore sans lien direct avec l’inflation.

Par exemple la commune de Redessan voit son tarif au m³ augmenter de plus de 45% par rapport à 2015 (dont 250% pour la seule part assainissement).

Mais que dire du scandaleux “plan d’action” adopté par l’agglomération qui vise à réduire les pertes d’eau. Il est tout simplement indigne d’une collectivité de cette dimension. En 4 pages creuses et incantatoires, il ne fait que récapituler des actions passées et n’est malheureusement pas à la hauteur des enjeux.

Nous rappelons que plus de 7 milliards et demi de litres d’eau ont été perdus l’année dernière !

Prévu depuis le Grenelle 2 de l’environnement et ses décrets d’application (soit en 2012), ce “plan d’action” (au singulier prouvant qu’il n’y en a pas beaucoup …) n’a pas été préparé alors que la date limite d’adoption était fin 2016.

La délibération sur ce pseudo “plan d’action” n’a pour seul but que d’éviter les sanctions de l’agence de l’eau et une augmentation de 100% de la taxe qui lui est dévolue en raison des pertes d’eau colossales dans cette agglomération.

On voit bien le peu de considération que l’Agglomération a pour cette question ô combien cruciale.

 

 

 

Source : http://eaubienpublic.collectif-citoyen.fr

 

 

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26 décembre 2016 1 26 /12 /décembre /2016 14:23

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Ralentir

Accélération, fuite du temps : « Le burn-out menace quasiment tout le monde »

 

par

 

 

 

 

 

Plus la modernité nous permet, en théorie, de gagner du temps dans nombre de nos actions, plus le « temps libre » semble se faire rare. Cette accélération permanente n’épargne personne, ni aucune sphère de nos vies, selon le sociologue et philosophe Hartmut Rosa. Si elle affecte autant chacune et chacun de nous, c’est qu’elle régit en profondeur les structures des sociétés occidentales. Au point de nous faire perdre de vue ce qui constitue l’essentiel, et de constituer une menace mortelle pour l’avenir de la démocratie et de la planète. Entretien, dans le cadre d’un partenariat avec la Revue Projet.

Cet article a initialement été publié dans le numéro 355 de la Revue Projet, intitulé : « Je suis débordé, donc je suis ? ». Pour découvrir ce numéro et la Revue Projet, rendez-vous ici.

Revue Projet : Comment en êtes-vous venu à vous intéresser au thème de l’accélération ?

Hartmut Rosa [1] : J’étais d’abord intrigué par le fait que nous soyons si efficaces pour gagner du temps, grâce à la technologie sous toutes ses formes – jusqu’au four à micro-ondes et au sèche-cheveux – sans que nous en ayons pour autant. Gagnant du temps dans tous les domaines – étant plus rapide dans mes déplacements, dans mes communications, dans chacune de mes actions – il m’en manquait toujours ! Je me suis donc demandé : où va le temps ? Comparé à ce qu’il en était il y a quarante ou deux cents ans, on devrait être dans l’abondance de temps ; or, c’est l’inverse. J’ai voulu comprendre ce paradoxe, et quel était le lien entre ces deux réalités : gagner du temps d’un côté et ne pas en avoir de l’autre. L’histoire de la modernité est vraiment l’histoire de cette tension, qui paraît empirer. Ensuite, je me suis interrogé sur la manière dont nous menons nos vies. Quels sont les facteurs déterminants pour ce que l’on fait au quotidien ?

J’ai consacré mon doctorat au philosophe canadien Charles Taylor qui explique que nous avons des « évaluations fortes » : nous savons ce qui est vraiment important et nous suivons ces évaluations dans nos vies. Mais, au quotidien, le plus pressant l’emporte sur ce qui compte vraiment. Il y a toujours une échéance et le besoin d’aller vite. Lorsque nous éduquons nos enfants, nous leur disons de commencer par faire les choses les plus importantes, mais nous agissons différemment : nous parons au plus pressé. Beaucoup de choses importantes n’ayant pas d’échéance fixe ou de date limite, nous ne les faisons jamais.

Cette rareté du temps a des conséquences sur nos manières de vivre. Enfin, c’est la différence entre village et métropole, où tout va tellement plus vite, qui m’a frappé. Je viens d’un petit village dans la Forêt noire. J’ai fait mes études à Fribourg, puis à Londres, ensuite à Berlin pour mon doctorat en sciences politiques avec Axel Honneth, et plus tard à New York, où j’ai écrit mon livre sur l’accélération. Chaque fois que je reviens dans mon village, je constate que la principale différence avec les grandes villes est la manière d’être au monde, liée à l’appréhension du temps.

Quand et comment ce phénomène est-il apparu ?

Imaginons que des extraterrestres nous observent. Que verraient-ils ? Pendant des siècles, le un monde était plutôt stable et statique, même s’il ne l’est jamais vraiment : parfois des gens y voyageaient sur de longues distances, comme Marco Polo, et des populations migraient. À partir du 18ème siècle, les hommes essayèrent de se déplacer plus vite. Ils bâtirent des routes sans aucun virage pour se déplacer plus rapidement, changèrent plus souvent de chevaux... La technologie n’était pas première dans cette dynamique, mais il y avait comme un appétit pour la vitesse.

Puis vint la machine à vapeur. Les extraterrestres verraient qu’à partir de là, il y eut de plus en plus de bateaux, naviguant nettement plus rapidement, et en même temps le développement du chemin de fer. Au début, les rails ne couvraient que de petites distances. Celles-ci s’allongèrent, les trains gagnèrent en vitesse, un réseau ferré se constitua en Europe, aux États-Unis, en Inde. Il y eut aussi le vélo, qui sonne mieux en français qu’en anglais (« bike »), évoquant la vélocité. Au sein des villes, on observait ce double mouvement : plus de déplacements, à un rythme plus rapide. Les voitures arrivèrent qui dynamisèrent énormément le monde et, finalement, l’avion…

Aujourd’hui, à chaque instant de la journée, un à deux millions de personnes sont dans les airs. Cela ne concerne pas seulement les gens, mais aussi les biens et les matières premières. Ce phénomène est redoublé par la vitesse du capital, de l’information et des communications. L’accélération sociale est cette mise en mouvement du monde. Elle n’est pas que technique et matérielle : elle concerne aussi le changement social. Et ce changement s’accélère, car les gens réagissent : ils cherchent à augmenter leur rythme de vie pour ne pas être distancés. Or cette rareté du temps, l’impression d’en manquer, n’ont rien à voir avec la rapidité avec laquelle nous agissons.

On est pressé en raison de la somme des tâches à faire qui a explosé : le nombre d’entrées sur notre « to do list » (pense-bête) surpasse le temps dont nous disposons. Les attentes légitimes se sont démultipliées : on attend de plus en plus de nous et chacun attend de plus en plus de soi-même et des autres. Ces attentes ne se limitent pas au monde du travail : prendre soin de sa famille, entretenir sa forme, etc. Nous les nourrissons nous-mêmes : nous voulons partir en week-end ou en vacances dans tel endroit, aller au cinéma, écouter des concerts, que sais-je encore.

 

Quelle part imputer à la technique ?

Dès que nous acquérons un Smartphone, cela modifie notre manière d’être. Il transforme la manière dont on communique, dont on travaille et avec qui on travaille. Nous nous disons : « Je pourrais faire ceci, vérifier cela ». La sociologue Judy Wajcman explique dans Pressed for time [2] que les technologies sont toujours socialement façonnées. Les courriels sont un cas intéressant. Aujourd’hui, les gens y répondent dans un délai d’une dizaine de minutes ou de quelques heures : ce n’est pas la technologie qui force à être si rapide. Nous vivons dans une société qui ne peut se stabiliser, reproduire ses structures, qu’en mouvement. Pour maintenir notre société, nos institutions, il nous faut de la croissance, de l’innovation – il faut toujours innover ! Cette logique globale mène à une spirale de l’accélération [3].

Presque partout en Europe, responsables politiques et économistes insistent sur la nécessité de poursuivre la croissance économique. Ils craignent une récession, « slow-down » en anglais. L’économie capitaliste a besoin de créer plus de valeur, chaque année, et donc d’augmenter la productivité, de produire plus en moins de temps. C’est aussi lié à la dette et au retour sur investissement attendu de tout placement. Cette logique se transfère au niveau individuel à travers la compétition, qui n’est pas réservée au domaine économique et au monde du travail. Le moteur n’en est pas tant la cupidité que la peur. Peur de perdre son emploi, de ne pas avoir une couverture sociale et une retraite suffisantes…

Le capital économique n’est pas le seul en jeu. Le capital culturel est peut-être plus important encore. Il faut être à la page dans ses compétences, son savoir. De même pour le capital social : il faut rester dans le jeu, connaître les bonnes personnes, être impliqué dans différents projets. Enfin, les gens se préoccupent énormément aujourd’hui de leur « capital corporel » : il faut rester en forme, être mince, créatif, dynamique… Alors on travaille sur son corps, on s’entraîne – les Américains disent « work out » – pour avoir le bon look, être en bonne santé, avoir la bonne pression artérielle. Et, bien sûr, le lien se fait avec l’incorporation de la technologie. Les premiers implants électroniques mesurant toutes les données sur votre état physique ont été créées dans le but d’améliorer ce capital corporel. La logique de croissance et d’accélération s’empare de notre esprit et de notre corps.

 

Vous relevez que « Nous n’en sommes pas les victimes. Nous aimons aussi la dynamisation [4] ».

C’est un paradoxe. Nous pourrions nous décrire comme complètement libres : nous pouvons croire ce que nous voulons, écouter ce que bon nous semble, vivre avec qui nous souhaitons… Mais nous pourrions aussi nous dire privés de liberté. La plupart des gens agissent en se disant : « Je dois faire ceci de toute urgence, je dois absolument faire cela. » Peu importe leurs performances cette année : l’année prochaine, il faudra aller encore un peu plus vite et travailler un peu plus dur… Pourquoi ? On ressent du plaisir et du désir à explorer le monde, à en élargir l’horizon de possibilités et d’opportunités. J’ai forgé, pour dire cela, une notion en allemand : Weltreichweite, de Welt, le monde, et Reichweite, la portée, l’horizon.

Les enfants sont heureux d’avoir un vélo : ils peuvent aller un peu plus loin, disons au bout du village. Puis, ils sont heureux de recevoir un scooter, pour aller au village d’à côté. À 18 ans, avec la voiture, ils iront dans la grande ville. Avec l’avion, celui qui en a les moyens peut aller en Angleterre ou même au Japon. Ces pays sont désormais à notre portée, de même que les images des antipodes avec la télévision. Grâce à l’iPhone, tous nos amis sont joignables, le savoir du monde tient dans notre poche. Chaque fois que nous étendons notre prise sur le monde, nous éprouvons une sorte de liberté et de bonheur. Mais le monde, mis à notre portée, ne nous parle pas forcément [5].

Prenons l’exemple de la musique – mais cela vaut également pour les livres. On peut acheter l’intégrale de Beethoven ou de Mozart pour quelques dizaines d’euros. Les gens se disent : « Maintenant, j’ai Beethoven sur mon étagère, je peux l’écouter quand je le souhaite ». Mais on perd le plaisir de la recherche de telle ou telle sonate ou symphonie du compositeur. Les 135 CD de Mozart vous frustrent car l’on n’a jamais le temps de les écouter. Spotify pousse encore cette logique : pour neuf euros par mois, vous accédez à toute la musique que vous souhaitez. Est-ce bien ou mal ? En tous les cas, la probabilité d’écouter vraiment la musique et de vivre une expérience intense à travers elle décroît. La résonance, c’est quand on est touché par un morceau de musique, un lieu, un ami… qui trouvent un écho en vous. Quand vos yeux s’illuminent ou s’embuent. Mettre le monde à votre portée est le projet de la modernité ; sa part d’ombre, c’est le risque d’aliénation.

 

Pourquoi parler d’accélération plutôt que d’une fragmentation de nos vies, d’une dispersion de nos activités ? L’accélération mène-t-elle systématiquement à une désynchronisation [6] ?

Avec l’idée de fragmentation, on souligne que les différentes sphères politique, scientifique, religieuse, artistique... se dissocient très fortement. Mais cette notion ne capte pas l’aspect dynamique lié aux changements sociaux constants. La désynchronisation me paraît plus pertinente car, dans la mise en mouvement du monde, il y a certains domaines que vous ne pouvez accélérer sans les modifier ou les détruire. Il en va ainsi de la nature. Les arbres, par exemple, mettent toujours du temps à pousser : les couper trop vite n’est pas sans conséquences. Il en va de même pour la pêche. Il n’y a rien de mal dans cette activité, à partir du moment où on laisse le temps aux poissons de se reproduire. Le même raisonnement s’applique aux changements climatiques [7].

La désynchronisation affecte aussi la démocratie. Cette dernière est un processus chronophage : il ne s’agit pas simplement de prendre des décisions, mais de parvenir à une compréhension commune des problèmes et de créer du consensus. Ce qui demande d’autant plus de temps que les sociétés sont pluralistes et les questions envisagées très complexes. Un troisième domaine est celui du psychisme humain. La dynamisation incessante de la vie risque d’obérer notre capacité à être attaché au monde, à entrer en résonance avec d’autres et de conduire au burn-out.

 

En même temps, vous rappelez combien l’adaptabilité humaine est incroyable [8].

Bien sûr, l’espèce humaine a une grande capacité d’adaptation. On pense souvent que nos difficultés ne sont que transitoires : si nous souffrons, c’est que nous ne serions pas encore accoutumés aux nouvelles technologies ! Mais la vitesse augmentera encore et les changements arriveront toujours plus vite. Ce n’est pas comme si l’on pouvait atteindre un nouveau plateau où se reposer. La pente sera de plus en plus raide. La question n’est pas de savoir si nous pourrons être plus rapides qu’aujourd’hui. Bien sûr nous le pouvons, mais au prix d’une adaptabilité qui devra être toujours accrue. Que nous ayons pu nous adapter à l’accélération dans le passé ne présume pas du futur.

Nous avons des limites physiques, jusque dans nos fonctions cérébrales. Certains cherchent d’ailleurs à les repousser. Paul Virilio a expliqué que la troisième révolution de la vitesse – après celle des transports et des télécommunications – serait une révolution de la transplantation [9]. Nous y sommes déjà : nous avons commencé à fusionner ordinateur, technologie, biotechnologie et corps humain et, à l’aide d’implants, nous pouvons contrôler l’ensemble de nos fonctions corporelles. La prochaine étape pourrait consister à implanter une puce directement dans le cerveau. En pensant à quelque chose, elle nous permettrait, par exemple, d’accéder à une sorte de Wikipédia. C’est techniquement réalisable. Si l’on continue dans cette voie de l’accélération, de la compétition, de la croissance et de l’innovation, nous fusionnerons nos corps aux machines. Mais la question n’est pas de savoir jusqu’à quel point nous pourrons être rapide. Elle est plutôt : cela fait-il sens ? Est-ce une vie bonne ? Comment adapter le système à nos vrais besoins ?

 

Cette accélération touche-t-elle toutes les catégories sociales ?

Oui. Et tous les métiers. Prenons par exemple les serveurs des cafés et des brasseries ou les personnes travaillant dans le domaine du soin : ils doivent s’occuper d’un nombre croissant de personnes et de tâches. La situation est similaire dans le bâtiment ou pour les conducteurs de camion. La pression temporelle a augmenté. Mais les cadres ont tendance à intérioriser cette pression et ce stress, là où les employés et les ouvriers les ressentent en grande partie comme extérieurs (venant de la direction, du patron).

Même les personnes au chômage sont touchées : la réinsertion sur le marché du travail est de plus en plus difficile à mesure que le temps passe, et la situation empire d’année en année. Leur temps est complètement dévalorisé : la société leur alloue un petite somme d’argent, mais celle-ci est presque conçue comme de la charité pour des existences « parasitaires ». Elles sont coupées de la reconnaissance sociale et de l’estime, qui se distribuent essentiellement via une logique compétitive. Ceux qui sont lents, qui ne peuvent pas courir dans la cage d’écureuil, ne comptent pas beaucoup. Ce ne sont pas eux qui fixent les règles du jeu, qui dictent le cours des choses.

L’accélération touche aussi la culture des classes populaires. Leurs enfants, par exemple, jouent aux jeux vidéo. Cette activité, comme la culture musicale ou livresque, suit une logique d’accélération. D’abord sur les relations sociales : avec l’internet, les jeux sont très souvent multi-joueurs et interconnectés. Il y a là une pression temporelle réelle. C’est la question des attentes légitimes : les autres attendent de vous que vous participiez et que vous ayez vos propres attentes quant à votre participation. Ensuite, en raison du développement constant des jeux vidéo. Ils offrent tant de possibilités et de dimensions différentes : comme les livres, avant même de réellement posséder un jeu et d’en connaître les différentes dimensions, un ami arrive avec un nouveau jeu...

 

Qu’en est-il dans les pays du Sud [10] ?

Cette logique d’accélération globale et ses risques d’érosion sociale semblent s’étendre à l’Asie entière. Et en Afrique, où l’on fait face au même dilemme : attirer le capital et la technologie, ou s’appauvrir relativement et se déconnecter. Soit vous progressez (« move up »), soit vous régressez (« move down »). L’exemple de l’Inde est significatif, où un très fort développement technologique coexiste avec un temps traditionnel et cyclique. La situation n’était pas si différente en France et en Allemagne il y a un siècle. Il y avait alors une abondance de temps. Les jeunes des villages se réunissaient sur la place et traînaient là, sans avoir grand-chose à faire, les vieux étaient à leur fenêtre. Ils avaient le temps. L’accélération aspire de plus en plus de segments de la société. Des mouvements de résistance, il est vrai, se font jour, en Amérique latine notamment avec les peuples autochtones, mais aussi en Corée du Sud où l’accélération a été si brutale que des aspirations à une vie autre et meilleure ont émergé. Sources d’espoir, ces réactions contredisent aussi un reproche adressé à ma théorie de ne concerner que la vieille Europe, qui seule trouverait qu’elle va trop vite.

 

Constatez-vous des différences générationnelles ?

On pourrait penser que les jeunes, les « digital natives », n’en souffrent pas. Il s’agit d’un mythe. Il est vrai que, généralement, les jeunes ont plus d’énergie et se lancent dans la vie avec enthousiasme, alors que les personnes âgées sont plus distantes et pessimistes. Mais ils éprouvent de grandes difficultés à se représenter l’avenir et à s’y projeter. Ils comprennent très bien ce que signifie le problème du temps et ressentent fortement cette pression. Et ils retournent l’argument, en disant : vous avez grandi dans un monde dont les sources d’information étaient relativement stables, où vous aviez le temps de définir ce que vous souhaitiez faire. Nous, nous devons grandir dans un monde volatil et flexible où il est très dur de s’orienter et d’avoir des sources d’information fiables.

 

N’existe-t-il pas différentes façons d’aborder le temps ?

Il existe en effet différentes conceptions du temps et de la temporalité. Ainsi les religions avaient généralement une conception cyclique du temps, mais le christianisme a introduit une conception linéaire – de la Création à la Résurrection jusqu’à l’Apocalypse. Il y a bien différentes façons d’être dans le temps et elles influencent encore notre manière de vivre. Mais les forces de l’accélération sont uniformes et s’exercent partout. Le burn-out menace quasiment tout le monde.

Certains essaient de récréer des espaces artificiels de « non-disponibilité ». Nous cherchons toujours à étendre notre horizon de possibilités et d’opportunités, mais, parfois, nous le réduisons délibérément. Cela touche à la notion d’otium, mot latin qui désigne une expérience différente du temps. Appelons-la « temps libre ». C’est quelque chose que vous éprouvez quand votre journée de travail est achevée, quand vous avez terminé votre liste de tâches. Dans les sociétés anciennes, cet état était atteint à la fin de la journée, pour les paysans par exemple, quand le bétail était nourri et à l’étable, et le soleil couché. Il n’y avait pas de téléphone ou de télévision, encore moins de Smartphone ou d’ordinateur.

On ne pensait pas alors : j’ai ceci à regarder, untel à appeler… Vous éprouviez un temps libre. Cet état, nous ne l’atteignons plus. Bien sûr, vous pouvez décider le soir d’arrêter de faire des choses, mais il en reste sur la liste et vous aurez à les faire demain. Dès lors, les gens vont au monastère ou font de la haute montagne, pour une semaine ou deux, et recréent artificiellement cet état. Là, il n’y a ni télévision, ni internet, ni aéroport, mais du silence.

 

Comment percevez-vous la réception de votre thèse ?

J’ai moi-même été surpris de l’écho rencontré dans toutes les sphères de la société, en Allemagne et en France. Les enseignants m’ont dit : c’est exactement le problème auquel nous sommes confrontés ; de même les gens travaillant dans les grandes entreprises, dans les médias, les psychologues, et même dans la police et l’armée ! Des hommes politiques, devant prendre des décisions rapides sur des questions extrêmement complexes, disent éprouver aussi ce problème. Certains ont aussi manifesté leur intérêt. Ils se demandent comment concilier décélération et croissance. Or cette conciliation est impossible.

On a des politiques économiques, des politiques de transport, des politiques éducatives, des politiques sociales et, à côté, une politique temporelle. Mais cette dimension temporelle traverse toutes les politiques publiques : on ne peut pas les laisser inchangées, chercher à les rendre plus efficaces, et en même temps dégager du temps. Les hommes politiques disent vouloir établir une souveraineté temporelle accrue. Ainsi, dans le domaine de la santé, on demande au personnel plus de flexibilité encore, en supprimant tout temps mort afin qu’ils puissent assumer l’ensemble de leurs tâches. Cela ne fera qu’aggraver leur situation.

La plupart des hommes politiques manquent de la volonté ou de la vision qui permettrait de prendre à bras le corps ce problème. Aussi, en Allemagne, une organisation vise-t-elle à ralentir le temps [11], une autre promeut des politiques temporelles. Il y a bien une prise de conscience, d’où je suis parti dans le premier livre : « La question de la vie que nous voudrions mener revient exactement à poser celle de la manière dont nous voulons passer notre temps [12]. » Mais l’imagination manque pour la formulation de solutions concrètes. Surtout, la question à poser n’est pas celle de notre adaptation à une vitesse croissante, mais celle d’une société bonne pour les êtres humains. Or même les Verts l’ont abandonnée !

 

Votre thèse a-t-elle suscité des réactions dans le monde de l’entreprise ?

L’expérience est un peu ambivalente. La plupart du temps, quand on parle de justice sociale, le monde des affaires se renferme. Si l’on dit qu’il faut repenser le système, ils se montrent réfractaires car ils pensent que vous voulez détruire le capitalisme. Mais quand vous abordez le problème sous l’angle temporel, ils sont beaucoup plus ouverts. Bien sûr, le besoin constant de croissance a des conséquences directes pour eux. Tous le reconnaissent, mais les solutions leur semblent introuvables.

Il est facile pour un universitaire de se montrer critique ; mais il doit parler avec les personnes qui sont aux manettes. Les grands cabinets de consultants eux aussi, comme McKenzie, posent des questions et se préoccupent de l’avenir des marchés boursiers. J’ai même été invité par le Dax (principal indice boursier allemand, ndlr [13]), mais je me suis heurté à un mur : « Vous êtes contre le progrès. » Ils admettent le problème et cherchent à protéger leurs employés du burn-out, mais ils veulent concilier cela avec la croissance la plus forte possible. En Allemagne de l’Est, des collègues ont réalisé une étude sur les managers. Ils se comportent en parfait capitalistes, tout en disant : « Nous ne pourrons pas continuer ainsi éternellement. Nous courons à la catastrophe. »

 

Et du côté des syndicats ?

Les syndicats, eux, n’ont pas souhaité prendre part à ce débat. Peut-être parce qu’ils sont productivistes et contribuent au processus d’accélération ? À l’inverse, l’Église protestante a montré beaucoup d’intérêt. Les pasteurs et les prêtres sont confrontés au phénomène dans leur quotidien. Présents autrement lors de la naissance et de la mort – deux événements qui créent une rupture dans le temps ordinaire – ils observent aujourd’hui comment les femmes cherchent à optimiser la date de naissance de leur enfant en fonction de leur agenda et, de même, quand les gens meurent et sont incinérés – pratique plus courante en Allemagne qu’en France – leurs proches choisissent de plus en plus la date d’enterrement selon leur convenance.

Les sociologues me reprochent de me tourner vers les théologiens, mais c’est l’inverse : la théorie de la résonance peut expliquer pourquoi la religion est toujours et sera peut-être toujours une force puissante dans nos sociétés et nos cultures. Elle n’est pas seulement la promesse d’accéder à la « réalité totale » – selon le philosophe allemand Karl Jaspers – elle est aussi l’assurance que ce que nous faisons a quelque part un sens, trouve un écho dans un ordre supérieur. La Bible est un texte de désir ardent, de prières, de cris et de plaintes pour obtenir une réponse. Le christianisme et les autres religions font cette promesse de reconnaissance et de réponse. Le philosophe israélo-autrichien Martin Buber explique qu’à la base même de nos existences existe une sorte de relation « résonante » à un ordre supérieur. À l’opposé, pour Camus, Nietzsche ou Sartre dans une certaine mesure, il n’y a, au fondement de notre existence, qu’un univers muet, qui ne répond pas. Un univers indifférent, voire hostile, comme le dit Camus. On ne peut pas décider laquelle de ces versions est vraie. Mais toutes deux parlent de cette aspiration humaine pour la résonance du monde. Nul besoin d’être croyant pour le comprendre.

 

Dans vos propos, l’accélération semble revêtir une forme inéluctable. Peut-on y résister ?

On ne résoudra pas ce problème individuellement. C’est un élément structurel de notre monde. Si la vitesse était produite par notre cupidité, alors nous pourrions changer d’attitude. Mais c’est la peur qui nous mène, celle d’être dépassés. Je ne vois pas de bonnes solutions. Il y a en revanche deux mauvaises issues. La première serait un désastre écologique ou financier mondial. La seconde, un désastre politique. L’État islamique est un cas d’école : son idéologie est à l’exact opposé de la stabilisation dynamique du monde occidental. Il veut figer la société : pas d’innovation, pas d’accélération, bien que, dans sa manière d’agir, il lui faille de plus en plus d’attaques terroristes, de plus en plus spectaculaires. Si nous continuons sur les pentes de l’accélération, il est possible que ce type d’idéologie gagne du terrain.

La solution ne peut pas passer uniquement par un ralentissement des choses, ni par une réforme magique, comme la taxe Tobin. Je ne veux pas tomber dans la dichotomie vitesse = mal, lenteur = bien. C’est ainsi que j’ai développé le concept d’aliénation. Un état dans lequel je ne suis plus attaché aux choses, où le monde est comme mort et muet. C’est d’ailleurs la définition du péché pour Luther : quand l’âme est nouée sur elle-même et ne s’ouvre plus à l’autre, Dieu en l’occurrence. Dans la tradition protestante, le péché est la perte de la nécessité de contacts, de liens et de réponses. C’est ce que j’exprime à travers la notion d’aliénation : les choses, la musique, ne vous parlent plus. La vitesse crée cette forme de vie aliénée : il y a tant de gens à qui je parle, tant de villes où je passe, que je n’arrive plus à créer du lien.

 

La résonance n’est-elle pas cependant individualiste ?

La résonance n’est pas un état émotionnel. C’est un mode de relation au monde. Elle a deux versants, intimement liés, l’un subjectif et l’autre institutionnel. Je prétends qu’une société qui ne peut se stabiliser que dynamiquement, à partir d’une accélération permanente, crée un contexte où la résonance est quasiment impossible. Il existe aujourd’hui toute une industrie de la « pleine conscience » (« achtsamkeit » en allemand). Tout comme le désir de lenteur – la « slow food », « slow science »... – elle exprime l’envie d’une autre relation au monde, d’un autre mode d’être dans le monde. Mais la plupart des tenants de ces mouvements pensent que cela ne repose que sur eux-mêmes. Or le versant politique et institutionnel ne peut être éludé.

La stabilisation dynamique nourrit un état d’esprit de croissance et de compétition permanente. Cela crée, dans nos sociétés, un mode de vie schizophrénique. Dans la sphère économique, nous sommes durs, ultra-efficaces, rapides, pressés. Dans nos temps libres, le vendredi soir au concert par exemple, le samedi en forêt, prenant soin de nos animaux, ou le dimanche à l’église, nous voulons être en résonance avec le monde. Soit une vie polarisée – aliénée d’un côté, attentive et consciente de l’autre – qui ne peut être une vie bonne. Nous avons à créer les conditions de possibilité de la résonance.

 

Mais comment agir, comment créer ces nouvelles conditions ?

Un changement de vie fondamental est nécessaire, comme lorsque, au Moyen-Âge, on se demandait comment entrer dans l’époque moderne. Je pense que le revenu universel de base peut y contribuer. Dans nos sociétés, si vous n’avez pas de travail, ni d’éducation, vous risquez une forme de mort sociale, tant la compétition est rude. Les aides sociales tendent à être assimilées à de la charité et une sorte de précariat se développe. En même temps, ceux qui ont un emploi vivent avec la peur constante de le perdre.

Un revenu de base changerait notre mode d’être dans le monde : chacun aurait une place juste et décente. L’argument selon lequel personne ne travaillerait ne tient pas. Si comme le prétendent les néolibéraux, nous avons des désirs constants, alors nous travaillerons pour les assouvir, pour nous procurer le dernier iPhone par exemple. Surtout, le travail est l’une des principales voies de résonance de notre humanité. Il est ce qui transforme le monde et ce qui nous transforme.

L’autre réforme serait un profond renouvellement démocratique, pour contrer le puissant sentiment d’aliénation politique actuel. Nous en sommes venus à interpréter la démocratie comme la sphère de résolution des conflits et de confrontation des intérêts. Or elle est, selon moi, une promesse de résonance, résonance qui est aussi le développement de votre propre voix et l’écoute de la voix de l’autre. La démocratie est la promesse que tous les citoyens aient une voix, que celle-ci soit entendue et reliée à celles des autres. La résonance a une capacité de transformation : une fois que nous élevons notre voix et entendons celle des autres, nous créons du commun et un monde en partage. Nous l’avons oublié : nous ne nous élevons qu’en rires cyniques contre les politiciens stupides ou en cris d’indignation. Nous avons perdu le sens de créer de la résonance à travers l’action démocratique.

Propos recueillis par Jean Vettraino

Cet article a initialement été publié dans la Revue Projet, numéro 355, intitulée : « Je suis débordé, donc je suis ? ». Pour découvrir ce numéro et la Revue Projet, rendez-vous ici.

Notes

[1Né en 1965, Hartmut Rosa, sociologue et philosophe, est professeur à l’université Friedrich Schiller de Iéna et directeur du Max-Weber-Kolleg à Erfurt,en Allemagne. Il est notamment l’auteur de Accélération. Une critique sociale du temps (2010, 2013) et d’Aliénation et accélération. Vers une théorie critique de la modernité tardive (2012 et 2014), à La Découverte.

[2Pressed for time. The acceleration of life in digital capitalism, University of Chicago Press, 2015.

[3Hartmut Rosa a schématisé cette spirale : cf. Accélération. Une critique sociale du temps, La Découverte, 2010, fig. 9, p. 190.

[4H. Rosa (vidéo) : « Why are we stuck behind the social acceleration ? », TEDx, mars 2015, notre traduction.

[5C’est le point de départ d’un prochain livre de Hartmut Rosa : Resonanz. Eine Soziologie der Weltbeziehung, Suhrkamp Verlag, 2016. Ce livre de plus de 800 pages, en allemand, sera traduit en français aux éditions La Découverte.

[6Accélération, op. cit., p. 33 : « Des systèmes fonctionnels et des sous-systèmes sociaux peuvent être désynchronisés entre eux. Ainsi, selon un diagnostic courant dans les sciences sociales, et jusque dans les journaux et le discours politique, l’économie, la science, la technique iraient trop vite pour permettre une gestion politique et une régulation juridique des changements sociaux. L’économie, la science et la technique d’une part, le droit et la politique de l’autre auraient cessé de “marcher du même pas” et se seraient donc désynchronisés ».

[7Pour une explicitation de ce point : Hartmut Rosa, Aliénation et accélération. Vers une théorie critique de la modernité tardive, La Découverte, 2014, p. 94.

[8Accélération, op. cit., p. 95.

[9P. Virilio, Open Sky, Verso, 1997, p. 51 : « Behind closed laboratory doors, the transplantation revolution is now secretly gearing up, not only with the grafting of livers, kidneys, hearts and lungs, but with the implantation of new kinds of simulators, much more effective than the pacemaker, and the imminent grafting of micromotors capable of overcoming the defective functioning of this or that natural organ and so improving on the vital performance of this or that physiological system belonging to a person in perfect health – thanks to scanners that can be accessed instantly at a distance. »

[10Rappelons qu’Hartmut Rosa avait été clair sur ce point dans son étude fondatrice : « Ce livre n’a pas l’ambition d’écrire une histoire universelle du temps ou d’élaborer un concept anti-historique du temps social, mais représente une tentative pour appréhender le caractère et la dynamique d’une modernité suivant le modèle occidental » (Accélération, p. 46).

[12Accélération, op. cit., p. 11.

[13Deutscher AktienindeX. Sa valeur est fondée sur le cours des actions des 30 plus importantes entreprises cotées à la Bourse de Francfort.

 

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26 décembre 2016 1 26 /12 /décembre /2016 14:06

 

 

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En réanimation, la rentabilité contre l'éthique médicale

Par Caroline Coq-Chodorge
 
 
 

Troisième volet de notre enquête sur la tarification à l’activité. Deux médecins réanimateurs décrivent les effets pervers de ce mode de financement de l’hôpital sur leur spécialité.

 

La réanimation est une spécialité hospitalière de pointe, très technique, qui prend en charge, parfois pour une longue période, des patients dans un état critique. Deux réanimateurs ont accepté de décrire l’impact de la tarification à l’activité (T2A) sur leur spécialité. Le premier a souhaité conserver l'anonymat : simple praticien hospitalier, il exerce dans un grand hôpital public parisien, au sein d’une équipe qui parvient encore à faire passer l’éthique médicale au-dessus des impératifs budgétaires. Le deuxième, Benoît Misset, est professeur des universités-praticien hospitalier, chef du service de réanimation du CHU de Rouen. Il a rejoint le service public après avoir longtemps exercé dans un établissement privé non lucratif parisien, l’hôpital Paris Saint-Joseph. Il y a joué le jeu de la rentabilité, jusqu’à en être « écœuré ».

 

La T2A, mal adaptée à la réanimation

Benoît Misset décrit ainsi sa spécialité, pratiquée par environ 2 000 médecins en France. « Nous utilisons des machines pour maintenir en vie des malades qui présentent une ou plusieurs défaillances vitales. Ils nous arrivent sans diagnostic. Nous devons en poser un ou plusieurs quasi immédiatement, décider d’un traitement urgent, mettre en place une assistance respiratoire, circulatoire, etc. C’est très difficile de prévoir la durée de l’hospitalisation de nos malades. Par exemple, une pneumonie aiguë peut justifier trois jours d’hospitalisation, ou trois semaines, ou trois mois... Cela dépend de la gravité de la maladie, de l’âge du patient, des complications qui surviennent ensuite, etc. »


Cette imprévisibilité du devenir des malades rend difficile une tarification a priori du séjour. C’est pourtant la philosophie de la tarification à l’activité : un tarif, censé correspondre à la meilleure prise en charge possible, a été fixé pour 2 300 malades types. Ce tarif prend en compte la pathologie et sa gravité, mais aussi l’âge du malade, ses autres maladies, etc.

En tant que membre de la Société de réanimation de langue française (SRLF, la société savante de réanimation), Benoît Misset a participé à la mise en place de la T2A dans sa spécialité, en 2003-2004. « En réanimation, nous avons très vite compris que nous serions perdants. Nous avons tenté d’adapter la T2A à notre activité, en élaborant un indice de gravité (IGS) au début du séjour. Celui-ci prédit bien le risque de décès, mais mal la durée d'hospitalisation. Par exemple, un patient dans un état très grave peut décéder très vite ou bien, au contraire, survivre, au prix d'un très long séjour. Nous avons obtenu de la tutelle un tarif à la journée d’hospitalisation calculé en fonction de cet indice de gravité. Mais l’étude de coût en réanimation a été mal faite, les tarifs qui nous sont appliqués sont inférieurs au coût réel et ne prennent pas en compte les progrès dans les pratiques. Tant que les budgets des hôpitaux étaient suffisants, cela allait : les directions admettaient que certaines activités, comme la réanimation, ne soient pas rentables puisque d’autres le sont, comme la dialyse, la chirurgie, l’ophtalmologie, etc. L’essentiel était que l’hôpital trouve un équilibre. Il ne devait pas y avoir de pression exercée sur les services structurellement déficitaires. Mais cet engagement n’a pas été tenu, parce que les budgets des hôpitaux sont de plus en plus contraints. »...

 

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26 décembre 2016 1 26 /12 /décembre /2016 10:22

 

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Flexibilité, primes et travailleurs détachés, l'ordinaire d'une petite entreprise agricole

Par Lucie Tourette
 
 
 

Dans la Drôme, un ancien salarié modèle attaque l'entreprise d'herbes aromatiques qui l'employait pour licenciement abusif. Il supervisait un système mis en place par son patron et reposant sur les heures supplémentaires et la flexibilité de travailleurs détachés. Enquête dans l'ordinaire d'une petite entreprise agricole.

 

Drôme, envoyée spéciale.– Man Gurung est chef d'équipe, originaire du Bhoutan. Il commande à des ouvriers guatémaltèques détachés par une société d'intérim espagnole. Tous travaillent dans une entreprise agricole de la Drôme, tenue par une famille de protestants rigoristes. L'affaire pourrait être classique, celle d’un chef d’équipe qui conteste son licenciement et réclame le paiement d'heures supplémentaires. Mais, examiné par les prud’hommes, le conflit a permis de faire surgir la réalité des conditions de travail des salariés de l’agriculture.

Man Gurung s’est présenté devant le conseil des prud'hommes de Valence, jeudi 23 novembre, pour démontrer que son licenciement était dépourvu de faute grave et de cause sérieuse. Il demande à son ancien patron, Ruben Deaux, le paiement de ses indemnités de rupture et la réparation du préjudice subi. Il réclame également le règlement de centaines d'heures supplémentaires effectuées entre 2011 et 2015 et qui ne lui ont pas été payées.

Face aux conseillers prud'homaux, Jean-François Coppere, l'avocat de l'employeur, met les heures non payées sur le compte de « quelques problèmes de formalisme ». Il s'agit d'un « loupé » dû à « l'externalisation de la comptabilité ». « Il manque peut-être l'intitulé “manageur” sur la fiche de paie, concède-t-il, mais la réalité, c'est qu'il est manageur. »

Man Gurung était le bras droit du patron. Il arrivait en même temps que lui, à 6 heures, et éteignait la lumière en partant le soir. Située à Livron-sur-Drôme, dans la campagne au sud de Valence, l'entreprise Les Herbes de Chenevière vend de la menthe, de l'aneth, de la coriandre et d’autres herbes aromatiques fraîches. À sa tête, Ruben Deaux, 34 ans, est protestant, membre d'une communauté rigoriste. Il ne mange jamais avec une personne extérieure à sa communauté. C'est lui qui a fait de l'exploitation agricole familiale une entreprise florissante, optant pour la culture des plantes aromatiques car les marges sont intéressantes. Aujourd'hui, l'entreprise expédie à Lyon, Bordeaux, Paris et à l'étranger des plantes à ses clients restaurateurs.

Man Gurung, 38 ans, originaire du Bhoutan, a passé son adolescence en Inde. Après un diplôme de manageur dans l'hôtellerie, il part pour la France, obtient l'asile en 2005, la nationalité française en 2009. Il commence à travailler aux Herbes de Chenevière en 2008, comme ouvrier agricole, et se retrouve rapidement manageur. Payé au Smic les premiers temps, il est augmenté de manière régulière : 11 euros de l'heure en juin 2010, 12 euros en 2011, 14,36 euros en 2015. Il organise le travail de dix à vingt personnes suivant les saisons, de la récolte des herbes à leur emballage.

Sur son site internet, l'entreprise met en avant sa réactivité : « Possibilité de livrer le lendemain pour toute commande passée avant 8 heures du matin. » Alors Man Gurung rallonge souvent ses journées et celles des autres. Il travaille 10 ou 11 heures par jour, ne prend qu'une semaine de congés par an. Son patron part au temple vers 17 heures. Il lui confie l'entreprise lorsqu'il voyage à l'étranger.

 

La maison de Man Gurung. Originaire du Bhoutan, il s'est installé dans la Drôme en 2008 © Lucie Tourette

La maison de Man Gurung. Originaire du Bhoutan, il s'est installé dans la Drôme en 2008 © Lucie Tourette

 

Man Gurung pilote cinq équipes. La plupart des responsables d'équipe ont un statut administratif précaire. Plusieurs sont réfugiés, l'un a une carte de séjour temporaire. Les patrons se méfient des salariés français : « Pour eux, assure Man Gurung, la plupart des Français sont des syndicalistes. Il y a plein de Français qui viennent pour chercher du travail mais ils ont toujours dit non. » Un discours qu'il fait d’ailleurs sien lorsqu’il raconte les tensions qui peuvent survenir avec des ouvriers. Il dit d'eux qu'ils « commencent à faire les syndicalistes ».

Malgré ses responsabilités dans l'entreprise, Man Gurung garde un statut d'ouvrier agricole jusqu'en 2014. Et seulement une partie de ses heures lui sont payées. Se fondant sur les relevés d'heures établis par l'employeur lui-même entre 2011 et 2013 et sur des calendriers qu'il annotait entre 2014 et 2015, Man Gurung a comptabilisé 1 419 heures supplémentaires...

 

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25 décembre 2016 7 25 /12 /décembre /2016 17:36

 

BEST-OF

Si Nuit Debout avait un visage, ce serait peut-être celui de Frédéric Lordon. Appelé plusieurs fois à s'exprimer sur la place de la République à Paris, l'économiste français est devenu un leader (malgré lui ?) du collectif. Mais ses discours lors de cette mobilisation ne sont pas les seuls à avoir fait de lui une figure de la contestation.

LIBERATION
 
 
 
 
Source : http://www.liberation.fr
 
 
 
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25 décembre 2016 7 25 /12 /décembre /2016 17:23

 

 

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Pauvreté : Le rapport censuré par Merkel

 

par

Publié le 21 décembre 2016

 

Article paru
dans l'hebdo N° 1433-1434

Du 2016-12-21 17:30:02

 

 

Un rapport sur la pauvreté est venu relativiser le succès du modèle allemand.

Ah, le modèle allemand ! Une santé économique insolente, un taux de chômage à 5,8 %, « le plus bas depuis la réunification », s’extasie toute la presse économique. La preuve incontestable que l’austérité et la flexibilisation de l’emploi, ça marche ! Sauf que… Un rapport sur la pauvreté, qui a fuité la semaine dernière, est venu relativiser le tableau. Il revient sur le nombre de pauvres (16 millions) qui a bondi (comme, d’ailleurs, le nombre de ­millionnaires), l’explosion du surendettement ou ces « quatre millions de personnes qui travaillaient en 2010 en Allemagne pour un salaire horaire brut de moins de sept euros ».

Dans sa première version, le rapport soulignait aussi qu’« une réforme a plus de chances d’être adoptée si elle est soutenue par les riches ». Selon la presse d’outre-Rhin, il aurait été censuré par le gouvernement au motif qu’il donnait une image disharmonieuse du pays.

 

 

 

par
publié le 21 décembre 2016

 

 

 

Source : http://www.politis.fr

 

 

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25 décembre 2016 7 25 /12 /décembre /2016 17:05

 

 

Source : http://www.politis.fr

 

Procès Lagarde, la culpabilité version business class

 

Publié le 21 décembre 2016

 

Photo: Martin BUREAU / AFP

 

 

 

Le Comité pour l'abolition des dettes illégitimes réagit au verdict de la Cour de justice de la République qui dispense de peine la directrice générale du FMI.

 

La Cour de justice de la République a rendu ce lundi 19 décembre son jugement dans l'affaire de l'arbitrage Tapie : l'ancienne ministre de Nicolas Sarkozy et actuelle directrice du Fonds monétaire international, Christine Lagarde est reconnue coupable mais reste dispensée de peine et son casier judiciaire reste vierge (!). Véritable prouesse, voire un non-sens juridique, cette sentence est définitive car il n'est pas possible de faire appel. Elle ne fait que confirmer une justice d'exception à l'égard des hauts fonctionnaires.

Alors qu'elle avait affirmé se mettre en congé durant son procès, Christine Lagarde qui risquait jusqu'à un an de prison et 15 000 euros d'amende (somme dérisoire comparée au plus de 400 millions incriminés), n'a pas daigné assister au rendu de son jugement et a préféré rentrer à Washington où siège le FMI. Il faut dire que le suspens n'était pas vraiment à son comble... Avec une Cour, dont la raison d'être est d'exempter les politiques de la justice ordinaire, il était couru d'avance qu'elle n'allait pas risquer gros. D'autant que le parquet, c'est-à-dire l'accusation dans cette affaire, s'était prononcé pour un non-lieu lors de l'instruction et avait requis la relaxe. Dans ces conditions la défense de Christine Lagarde s'avérait juste une simple formalité...

Paradoxalement, elle est pourtant bien reconnue coupable de négligence dans la gestion de l'arbitrage rendu en 2008 entre Bernard Tapie et l’ancienne banque publique Crédit lyonnais lorsqu'elle était ministre. Arbitrage qui avait extrêmement bénéficié à l’homme d’affaire français, en lui octroyant pas moins de 403 millions d’euros d’argent public – dont 45 millions au titre du préjudice moral – aux dépens des intérêts de l’État et donc des contribuables. Ce qui n'empêcha pas Christine Lagarde d'affirmer qu'elle assumait des décisions, prises « avec pour seul objectif la défense de l’intérêt général ».

Le fait qu'elle n'ait pas engagé de recours après la sentence arbitrale constituait bien une faute pénalement répréhensible et c'est pourquoi elle était jugée pour « détournement de fonds publics commis par un tiers » résultant de sa négligence. Pendant le procès, Christine Lagarde justifiait son manque d'attention vis-à-vis de cet arbitrage en invoquant la crise financière de 2008 qu'elle s'attelait alors à régler... Ce qui peut faire sourire ou bondir, lorsque l'on sait que la gestion de la crise bancaire de 2008 a été l'un des plus grands transferts d'argent public vers le secteur financier, faisant exploser la dette publique française [^1]. L'affaire Tapie n'est pas tout à fait terminé pour autant puisque l'ancien directeur de cabinet de Madame Lagarde et actuel directeur d'Orange, Stéphane Richard est, avec Bernard Tapie, mis en examen.

 

Confiance prolongée ?

En France, le gouvernement a aussitôt réaffirmé sa confiance en Christine Lagarde, via un communiqué du ministre de l’Économie, Michel Sapin : « Christine Lagarde exerce son mandat au FMI avec succès et le gouvernement maintient toute sa confiance en sa capacité à y exercer ses responsabilités. » Le FMI qui, en février dernier, en dépit de sa mise en examen et d'un procès en perspective, avait reconduit Christine Lagarde à la tête de l'institution pour un second mandat de cinq ans [^2], a renouvelé de nouveau son soutien quelques heures après le verdict malgré sa condamnation. Réuni en urgence à Washington, le conseil d'administration du FMI a exprimé sa « pleine confiance » dans sa capacité à assurer ses fonctions « efficacement » et a loué son « incroyable leadership ». Rien que ça ! Premiers actionnaires du FMI, les États-Unis ont également renouvelé leur confiance et rendu hommage à une « dirigeante solide ».

La Cour de justice de la République semble, elle aussi, avoir été charmée par l'aura de Christine Lagarde, puisque dans son arrêt final elle justifie la dispense de peine en évoquant la « personnalité » et la « réputation internationale » de la directrice du FMI. Devant de tels arguments juridiques, on reste sans voix...

Alors que le FMI vante à tour de bras la « bonne gouvernance » et exige la plus grande discipline aux États qu'elle endette via ses plans d'ajustements et autres memoranda, on observe dans ses rangs des démissions successives de ses directeurs généraux sur fond de scandales à répétition : l'ancien directeur du Fonds Dominique Strauss-Kahn, contraint à la démission en mai 2011 après son arrestation pour tentative de viol à New York, et son prédécesseur, l’espagnol Rodrigo Rato, poursuivi lui aussi pour détournement de fonds, fraude fiscale, blanchiment, escroquerie, faux et usage de faux, dans l’affaire Bankia.

 

Une inculpée préside le FMI

En résumé, Christine Lagarde avalise le vol de 403 millions d'euros dans les caisses de l’État, et en ressort avec un casier vierge, un blason redoré et demeure à la tête d'une des institutions financières les plus puissantes au monde, puisque les statuts du FMI ne prévoient pas de démission automatique en cas de condamnation.

Pendant ce temps, Jon Palais des associations Bizi et ANV-COP21, va comparaître le 9 janvier à Dax pour avoir réquisitionné une chaise dans une agende BNP Paris afin de dénoncer les milliards d'euros que la banque participe à faire échapper au fisc [^3] ; un jeune homme est condamné à trois mois ferme à Toulouse pour avoir volé un fromage ; et enfin Ysoufou et Bagui Traoré ont écopé respectivement de six mois de prison dont trois avec sursis et huit mois de prison ferme ainsi que deux ans d'interdiction de séjour à Beaumont-sur-Oise et 7000 euros d'amende pour avoir exigé la lumière sur les causes du décès de leur frère mort sous les coups de la police.

Autant d'illustrations de l'impartialité de la justice [^4].

Notes :

[^1] En cinq ans, la dette publique est passée de 1 200 à 1 800 milliards d'euros sous le règne de Nicolas Sarkozy.

[^2] Celui-ci a débuté en juillet 2016.

[^3] Voir l’appel à soutien de J. Palais et à mobilisation lors de son procès, dont le CADTM France est signataire.

[^4] Lire le communiqué de presse du CADTM « Procès Luxleaks et Lagarde : la justice protégera-t-elle encore longtemps la délinquance financière ? »

 

 

par et
publié le 21 décembre 2016

 

 

 

 

Source : http://www.politis.fr

 

 

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25 décembre 2016 7 25 /12 /décembre /2016 16:53

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

Christine Lagarde, Jérôme Cahuzac et Raoul Péret, d'un scandale l'autre

Par Michel Deléan

 

 

La manière dont la Cour de justice de la République a refusé de sanctionner Christine Lagarde tranche fortement avec la condamnation sévère de Jérôme Cahuzac, mais rappelle singulièrement l’affaire Raoul Péret… qui date de 1931.

 

Quelques beaux esprits parleront de populisme et de lynchage. D’autres se pinceront le nez avec une moue dégoûtée. Mais le succès rare de la pétition visant à obtenir « Un vrai procès pour Christine Lagarde », lancée par un enseignant de l’Éducation nationale, et qui a déjà recueilli plus de 170 000 signatures ce 23 décembre, pose de vraies questions, quand bien même elle n’a aucune chance d’aboutir.

La dispense de peine accordée le 19 décembre à l’ex-ministre de l’économie de Nicolas Sarkozy, malgré sa condamnation pour « détournement de fonds publics commis par un tiers et résultant de la négligence » d'une personne dépositaire de l'autorité publique (délit passible d'un an de prison et 15 000 euros d’amende selon l’article 432-16 du code pénal), dans l’affaire de l’arbitrage truqué à 403 millions d’euros, est majoritairement perçue comme un déni de justice.

Certes, la justice ne se rend pas par sondage ni par pétition, et c’est tant mieux. Mais l'arrêt rendu par la Cour de justice de la République (CJR, on peut le lire ici) n’en reste pas moins calamiteux, cristallisant les ressentiments et les colères du temps. Il contredit le principe de l’égalité des citoyens devant la loi : la dispense de peine n’est accordée que dans moins de 1 % des affaires pénales et seulement si le préjudice a été réparé. Il ne présente pas les garanties d’une justice équitable, neutre et impartiale : les juges de la CJR sont majoritairement des parlementaires, le parquet général n’a pas joué son rôle et aucune partie civile n’a pu se faire entendre. Enfin, cet arrêt n’est pas susceptible de recours: seul un pourvoi en cassation pour des motifs de droit est éventuellement possible (et seul le procureur général de la Cour de cassation pouvant en décider).

Symboliquement dévastateur, ce jugement contribue, malheureusement, à saper une fois encore la foi des citoyens dans les institutions et à affaiblir le faible crédit qu’ils accordent actuellement aux politiques et aux magistrats. 

 

Christine Lagarde. © Reuters

Christine Lagarde. © Reuters

 

Si le fait de laisser filer 403 millions d’euros d’argent public dans la nature ne mérite aucune sanction, comment justifier qu’un Jérôme Cahuzac écope de trois ans de prison ferme pour une fraude de quelques centaines de milliers d’euros ? Comment exiger des politiques qu’ils soient exemplaires, alors que la ministre Christine Lagarde avait menti (elle aussi) sur le coût de l’arbitrage Tapie, et qu’elle continue, malgré sa culpabilité, à diriger le FMI ? Et quelle peine faudra-t-il oser requérir contre une responsable de bibliothèque ou de service municipal qui serait jugée pour ce même délit de négligence ?

L’effet de souffle de cette décision inique se ressent déjà dans les tribunaux, où les avocats ont beau jeu de demander une dispense de peine pour leurs clients et où les magistrats sont par avance soupçonnés de partialité. Une mécanique infernale...

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

 

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25 décembre 2016 7 25 /12 /décembre /2016 16:41

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Militer autrement. Ecoravie, un habitat collectif et coopératif

Par Patrick Artinian
 
 

Après neuf années de gestation, le premier des trois bâtiments d’Ecoravie, un habitat participatif, écologique et intergénérationnel à Dieulefit dans la Drôme, sort enfin de terre. Ses futurs habitants s’activent sur les finitions. Pour eux, c’est un saut dans l’inconnu car les bâtiments, à énergie positive, n’ont pas de chauffage, une gageure sur ces contreforts alpins. Rencontre avec les membres de cette coopérative.

Une fois achevé, Ecoravie devrait rassembler 17 logements de 50 à 150 mètres carrés répartis sur trois bâtiments, auxquels s'ajoutera une maison commune. Pour l'instant, seul un bâtiment est quasi terminé, pour les autres, les recherches de financement sont en cours.

 

Le principe est celui d'une coopérative : « On pratique la gouvernance partagée. Le groupe prend des décisions sans qu’il y ait un chef, un leader, et fait place à l’opinion de chacun. Les décisions sont prises au consentement et il faut que personne n’ait d’objection. Une objection, c’est quand une décision représente une limite pour moi ou pour le projet », précise Camille Perrin, qui n’habitera pas dans ce premier bâtiment, mais le deuxième, dont seules les fondations sont coulées. Dans la vidéo ci-dessous, elle détaille le financement de cette coopérative.

 

 

 

Suite de l'article sur mediapart

 

 

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