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6 décembre 2016 2 06 /12 /décembre /2016 16:40

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

A Bruxelles, la discrète victoire des lobbies pro-armes

Par Ludovic Lamant
 
 
 
 

Un an après les attentats de Paris et Saint-Denis, un texte européen censé durcir le contrôle sur les armes à feu peine à aboutir. Des eurodéputés – y compris LR et FN – refusent l’interdiction d’armes semi-automatiques comme les fusils d’assaut AK-47.

 

De notre envoyé spécial à Bruxelles.-  La commission européenne a-t-elle péché par naïveté dans ce dossier sensible ? Lorsque son président a présenté le 18 novembre 2015 son projet de révision de la directive sur les armes à feu, Jean-Claude Juncker pensait sans doute défendre un texte consensuel au sein des 28. Quelques jours après les attentats de Paris et Saint-Denis, la bataille pour l’encadrement des armes à feu semblait facile à mener.

Un an plus tard, il n’y a toujours pas d’accord définitif sur le texte, même si la Slovaquie, qui occupe la présidence tournante de l’UE jusqu’à la fin de l’année, en a fait l’une de ses priorités. Un quatrième « trilogue » s'est déroulé lundi, du nom de ces réunions secrètes où se négocient les versions définitives des textes les plus controversés dans la capitale belge, entre représentants des trois principales institutions de l’UE (la commission, le parlement et le conseil, qui représente les États membres à Bruxelles). Il s'est déroulé pendant sept heures, jusqu'à trois heures du matin, mais les parties n'ont toujours pas réussi à s'entendre.

 

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À ce stade, une seule certitude : le contenu du texte a été fortement dilué. Sous la pression de certains eurodéputés conservateurs, mais aussi d’une poignée d’États (scandinaves et d’Europe centrale), des dispositions ont sauté. Les lobbies des détenteurs d’armes ont remporté des victoires. Dans la dernière ligne droite, les accrochages sont encore très vifs. « Beaucoup d’éléments du texte de la commission restent inacceptables », a tranché en fin de semaine dernière Vicky Ford, une eurodéputée conservatrice britannique, qui mène les négociations pour le parlement, et a engagé un bras de fer musclé avec l’exécutif de Juncker. Lundi soir, les désaccords sont restés massifs...

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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6 décembre 2016 2 06 /12 /décembre /2016 16:34

 

Source : http://www.lesechos.fr

 

 

La sécurité publique, nouvelle cible des entreprises innovantes

 

Paul Molga
 
 

La salle de contrôle opérationnel du Centre de Supervision Urbain de la ville de Nice, plus grand centre de surveillance vidéo urbain d'Europe. Les policiers municipaux du CSU peuvent aujourd’hui piloter 250 caméras de vidéo-surveillance, chiffre qui sera porté à plus de 600 d’ici la fin de l’année. Les patrouilles de la police municipale sont géolocalisables en temps réel grâce au GPS. - Ian HANNING/REA

 

La menace terroriste dope l’équipement des collectivités en matériel de pointe, région Paca en tête.Le marché va continuer d’évoluer de 5 % par an jusqu’en 2020, et il pèse déjà près de 30 milliards d’euros.

La réponse de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur aux attentats de Nice n'a pas tardé. L'assemblée votera en décembre, dans son prochain budget, une première tranche de 50 millions d'euros pour mettre en place son plan de sécurité intérieure, destiné à renforcer les moyens matériels et humains de protection des biens et personnes. Christian Estrosi prévoit même de dépenser 250 millions d'euros sur son mandat. Une grande part sera dévolue au développement de la vidéosécurité en ville et sur les réseaux collectifs routiers, notamment scolaires, et ferroviaires.  Une autre servira à la rénovation de commissariats et à la construction de nouvelles casernes de gendarmerie.

Pressée par le choc terroriste, la région Paca est la première à sortir l'artillerie lourde. Encouragé par la commande publique, le marché des équipements vidéo a déjà progressé l'an passé en France de 3,4 %, selon l'atlas « En toute sécurité » (12% au niveau mondial). L'appétit des décideurs pour la qualité d'image et les nouvelles technologies d'analyse (détection et prédiction de mouvement, reconnaissance faciale...) place les entreprises les plus innovantes sur la ligne de front. Le module d'analyse intelligente d'Alcea permet par exemple de dénombrer une foule et de remarquer une personne stationnée anormalement longtemps dans un secteur. Genetec est, elle, capable de balayer en un temps record des milliers de plaques d'immatriculation pour rechercher un véhicule suspect dans un flux mobile. Les caméras haute définition capable d'enregistrer des détails d'arrière plan même dans les pires conditions de lumière se généralisent également. « Le format 4K, avec une résolution supérieure à la Full HD, sera la norme d'ici à 2020 », soutient même le département de produit vidéo sécurité de Sony.

Technologies de suivi

La vidéoprotection n'est pas le seul marché dopé par la menace terroriste. Une étude réalisée par le Comité de la filière industrielle de sécurité (CoFIS) place à 5 % par an l'évolution globale du marché de la sécurité en France d'ici à 2020. Une dizaine de segments y figurent comme des locomotives, parmi lesquelles les technologies de suivi et de traçage (+18 %), les drones de surveillance (+15 %) et les données de sécurité (+9 %). Les services à forte valeur ajoutée sont également aux avant-postes, avec des croissances espérées de 7 % (pour le conseil) à 14 % (pour l'audit et la gouvernance).

Les pouvoirs publics sont prescripteurs, directement ou indirectement, de près de la moitié (44 %) des commandes et leur demande va aller en s'accroissant, « à la fois pour s'équiper et pour externaliser certaines tâches », selon l'étude. Les budgets des services publics de sécurité (police, pompiers, justice, douanes...) comptent déjà pour 28 milliards d'euros.

Parmi le millier de grandes et petites entreprises que compte le secteur, plusieurs centaines de PME vont profiter de cette croissance. « C'est chez elles que sont développées les solutions d'avenir qui permettront de gagner en efficacité autour de thème comme l'accélération du traitement de l'information, la détection d'explosifs, les technique biométriques ou la cybersécurité », jugeait l'an passé le secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale Louis Gautier, à l'occasion du Salon de la sécurité Milipol qui se tient tous les deux ans à Paris. La prochaine édition (21 au 24 novembre 2017) s'y prépare, avec notamment l'accueil d'un « start-up challenge » et d'une majorité de pme innovantes parmi les 950 exposants attendus de 55 pays.

L'enjeu industriel est de taille : 52.000 nouveaux emplois pourraient être créées dans ce secteur d'ici à 2020. Au-delà de la vidéosurveillance, le marché de l'armement des polices devrait lui aussi progresser. Le 29 novembre, un décret a été publié par le ministère de l'Intérieur, permettant de doter les policiers municipaux de pistolets semi-automatiques de 9 mm « avec des munitions de service à projectile semi-expansif », c'est-à-dire un calibre semi-automatique permettant une plus forte cadence de tir.

Paul Molga

 

 

 

Source : http://www.lesechos.fr

 

 

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6 décembre 2016 2 06 /12 /décembre /2016 16:24

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

Airbnb, Drivy... Que dois-je déclarer aux impôts ? Suis-je taxé ?

 

 

 

 

Deux textes votés ce lundi à l'Assemblée nationale vont quelque peu modifier le quotidien des aficionados des plateformes d'économie collaborative. Voici ce qui va changer pour les utilisateurs d'Airbnb, Drivy, Ouicar…

 

L'Assemblée nationale a tranché. Après plusieurs et un intense exercice de persuasion de la part des plateformes collaboratives pour que la loi épargne leurs clients, les députés ont adopté définitivement ce lundi 5 décembre le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2017. Ce dernier comprend un volet sur la taxation de l'économie collaborative qui prévoit de transformer, ou non, les gros utilisateurs en autoentrepreneurs…

 

En parallèle, le même jour, les parlementaires se sont penchés sur la déclarations au fisc des revenus issus de Airbnb et compagnie et ce, dans le cadre de l'examen d'un autre texte, celui du budget rectificatif de 2016. Que retenir de ces différents votes ? On fait le point.

 

- Gagner plus de 23.000 euros par an lorsqu'on loue son logement meublé, via des plateformes comme Airbnb ;

- Gagner plus de 7.720 euros par an lorsqu'on loue un bien comme sa voiture, via des plateformes du type Drivy ou Ouicar.

Au-delà de ces seuils, les particuliers deviendront donc des travailleurs indépendants, devant s'acquitter de cotisations sociales déduites de ces revenus.

 ► Une déclaration automatique au fisc en 2019

Les députés se sont inspirés sur ce point d'une  et qui n'avait pas survécu à l'ensemble du processus législatif. Ce lundi, ils semblent s'être entendus. A partir de 2019, les plateformes collaboratives citées ci-dessus devront en effet transmettre automatiquement aux finances publiques les gains engendrés par les particuliers chez eux. De la même manière qu'un employeur transmet aujourd'hui les revenus de son salarié aux impôts. De la même manière également, déclarer ne voudra pas forcément dire payer : tout dépendra du montant déclaré et du caractère professionnel ou non-professionnel de la location.

, le secrétaire d'Etat au budget Christian Eckert a toutefois émis des réserves quant à la mise en place immédiate d'une telle déclaration automatique, arguant qu'il était difficile de "cerner ce qui est imposable et ce qui ne l'est pas", dans la diversité des offres proposée par l'économie collaborative :

"Nous avons beaucoup travaillé (...) et nous avons rencontré à chaque fois des situations assez difficiles à trancher. Nous avons établi clairement ce qu’était le partage de frais, mais quelle règle adopter s’agissant d’une personne qui propose un repas à la maison, partagé ou non, à la cuisine ou avec des invités, peut-être un repas régional typique comme il arrive que des sites en proposent ? Il est parfois difficile de faire entrer ces prestations dans une catégorie et de déterminer ce qui relève du revenu, ce qui relève du bénéfice et ce qui relève du partage."

Les députés, menés par Charles de Courson pour l'UDI et Pascal Cherki pour le PS, ont alors proposé ce compromis : mettre en place la déclaration automatique mais seulement dans deux ans, au 1er janvier 2019, afin de laisser au secteur le temps de se développer et au gouvernement le temps de résoudre les problèmes soulevés. Cette proposition de compromis a reçu un accueil favorable du gouvernement. 

Attention, d'ici là, il n'est pas question de ne *pas* déclarer ses gains au fisc. Les plateformes sont déjà censées informer les bénéficiaires du montant exact et du statut des revenus perçus - mais Christian Eckert reconnaît lui-même que ce n'est pas "tout à fait efficient" -, afin de les laisser remplir eux-mêmes les bonnes cases dans leur déclaration d'impôts chaque année, par exemple en les qualifiant de "revenus complémentaires". On est cependant encore loin de l'automatisation du dispositif, qui ne manquera pas d'être réinterrogé d'ici à 2019.

 

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

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6 décembre 2016 2 06 /12 /décembre /2016 16:13

 

 

 

 

 

Gratiferia - marché gratuit


(report si intempéries)

 

NUIT DEBOUT NIMES VOUS INVITE


Samedi 10 déc. à partir de 14h


au square ANTONIN (angle Gambetta, canal de La Fontaine)

 

à

* la GRATIFERIA de NOEL : vous amenez vétements et objets que vous avez envie de donner,

vous prenez ce qui peut vous intéresser.


* JEUX, DESSINS et GOUTER pour les ENFANTS et aussi... pour les ADULTES !

(en libre participation)

 

* et.......... pour toutes et tous LA SOUPE DE L'AMITIE !

 

 

 

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6 décembre 2016 2 06 /12 /décembre /2016 15:56

 

Source : http://zad.nadir.org

 

RésistanceS : Et toujours sabotage !

 

 

vendredi 2 décembre 2016

 

En cas de tentative d’expulsion ou de début de travaux en lien avec le projet d’aéroport, nous comptons bien participer à une résistance diversifiée et déterminée : un groupe occuperait des arbres qui poussent à un endroit stratégique pendant qu’un autre défendrait une barricade construite avec nos camarades paysan.ne.s sur un accès au chantier ; un groupe masqué saboterait une machine utilisée pour les travaux tandis qu’un blocage de masse barrerait la route aux autres machines et à leur escorte, etc.

Nous réaffirmons la diversité des tactiques : toutes les façons de résister sont respectables tant qu’elles se renforcent plutôt que de s’affaiblir. Ce qui serait à éviter, ce serait de se mettre en danger les un.e.s les autres que ce soit en lançant un cocktail Molotov au milieu d’un sit-in aussi bien qu’en prenant la tête à des personnes qui se masquent pour ne pas être identifiées.

Souvenons-nous de 2012. Ensemble, on a à peu près tout fait, du rassemblement aux barricades enflammées, de l’approvisionnement en chaussettes sèches aux occupations et manifs dans plein de villes, du ballet de tracteurs au jet de pierre, d’argile ou de peinture. Et on a été soutenu.e bien au-delà de tout ce qu’on aurait espéré. C’est parfois en osant faire ce qu’on n’ose pas habituellement plutôt qu’en marchant dans les sentiers battus, en résistant concrètement plutôt qu’en ayant peur de la tension, qu’on éveille les soutiens.

La violence est avant tout un mot, un concept, une idée, sortie des dictionnaires et agitée comme un épouvantail par les tenant.e.s de l’ordre établi, qu’il soit moral, étatique ou religieux. Être violent.e, c’est être « du mauvais côté », qu’il s’agisse d’un acte concret ou d’une simple attitude : l’hostilité manifeste à l’encontre d’un.e représentant.e de l’ordre peut être considéré comme un « refus d’obtempérer » voire une « rébellion ». Refuser une loi ou un projet considéré comme « légal » par l’état - ne serait-ce que par la pensée ou la libre expression de cette pensée - est déjà à ses yeux une forme de violence, de rébellion, alors que mettre des milliers de personnes à la rue en plein hiver ne l’est pas… On voit bien par ces exemples que c’est l’état policier qui définit le degré de violence ; et en appeler à la non-violence, c’est d’une certaine façon faire allégeance à cette notion de violence définie par l’état, ou au moins négliger de la questionner.

Pourquoi alors appeler à agi[r] à visage découvert* quand on voit la répression de l’état s’abattre sur celles et ceux qu’il juge indésirables ? Alors qu’il n’y a même plus besoin de juge pour assigner des personnes fichées à résidence, il nous semble plus que jamais nécessaire d’accepter le choix de se masquer, et de le défendre.

Il nous semble que plutôt que de se poser la question « Est-ce violent ? » ou « Est-ce non-violent ? », on devrait se poser d’autres questions : « Qu’est-ce qui va nous aider à résister ? À durer dans le temps ? » ; « Qu’est-ce qu’on est prêt.e.s à faire et à défendre ? » ; « Comment faire attention les un.e.s aux autres ? » ou encore « Comment respecter les choix des autres sans négliger les siens ? ».

Des occupant.e.s de la ZAD et la réunion des occupant.e.s du jeudi 1er décembre

* voir RESISTANCE : appel de l’ACIPA

 

 

Source : http://zad.nadir.org

 

 

 

 

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Source : http://zad.nadir.org

 

Appel du Collectif syndical contre l’aéroport et son monde à rejoindre la lutte

 

 

vendredi 2 décembre 2016

 

Le Collectif est constitué d’organisations syndicales et de militants et de militantes syndicalistes qui ensemble luttent pour le maintien de l’aéroport de Nantes Atlantique et contre l’expulsion des habitants et habitantes de la ZAD.

Premiers signataires de cet appel : Union Départementale Solidaires 44 - CNT 44 - CGT AGO - Collectif National des Syndicats CGT de Vinci - CGT Travail-Emploi-FP 44 - CGT CDC - et des syndiqués CGT opposés à l’aéroport.

Documents joints

 

 

 

Source : http://zad.nadir.org

 

 

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6 décembre 2016 2 06 /12 /décembre /2016 15:21

 

 

Source : https://gard.demosphere.eu/rv/3553

 

mardi 6 décembre 2016 à 18h30

 

 

UCCN - Des révolutions arabes à Nuit Debout : quelles résistances dans l’espace urbain ?

 

Avec Catherine Bernié-Boissard, géographe.

L'UCCN change de formule et vous propose pour l'année 2016-2017 :

une inaugurale suivie de quatre conférences (1er trimestre)

un partenariat avec le Théâtre du Périscope autour de deux spectacles

(Les grandes bouches et Petit chaos)

et deux forums (janvier et mars) en partenariat avec la Féria du Livre et ATTAC
Avec le soutien et la participation de Médiapart

Le thème de l'année 2016-2017 :

Résistances, désobéissances, révolutions :

Repenser l'émancipation

Face au naufrage social, démocratique et écologique, face à la montée des nationalismes et des intégrismes, il est urgent de refonder un projet émancipateur et solidaire. Un projet pour le 21ème siècle qui prenne en compte les profonds bouleversements politiques, économiques, sociaux et culturels que nous vivons.
C'est à cette tâche que nous souhaitons contribuer, avec vous, dans un cadre pluraliste, largement ouvert aux partenariats.

 

document au format PDF:

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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 17:03

 

Source : http://www.liberation.fr

 

 

Lettre ouverte

«Monsieur Fasquelle, pour vous, les autistes n'ont pas les mêmes droits que les autres?»

 
 

La mère d'un enfant autiste exprime sa colère contre les députés LR qui veulent interdire la psychanalyse dans la prise en charge de l'autisme à l'initiative de l'élu du Pas-de-Calais, Daniel Fasquelle.

 

 

Monsieur,

En réponse à votre proposition de résolution «invitant le gouvernement à promouvoir une prise en charge de l’autisme basée sur les recommandations de la Haute Autorité de santé», dont vous faites une lecture biaisée et liberticide, je me permets de m’insurger car aujourd’hui c’est ma liberté de parent d’exercer des choix éclairés pour mon enfant que vous venez piétiner, comme vous piétinez et discréditez les professionnels qui nous accompagnent.

Tout d’abord, permettez-moi de vous demander en quoi un homme qui a fait ses études en droit est à même de comprendre ce qui se joue de particulièrement difficile et délicat dans l’accompagnement d’une personne autiste. Vous suffit-il d’avoir quelques connaissances autour de vous ? Quelques opinions ? Pour venir ainsi nourrir une querelle de chapelle qui ne cesse depuis des années d’alourdir le quotidien des familles touchées par ce handicap ?

A lire aussi Autisme, des députés LR relancent la guerre contre les psys

Moi je vais vous dire, Monsieur Fasquelle, j’en ai marre.

Mère d’un enfant autiste, je ne supporte plus que vous nous pondiez des lois, des décrets, des résolutions et je ne sais quoi encore sur un sujet dont fondamentalement vous n’avez que faire si ce n’est qu’il sert vos intérêts politiques. Aussi, permettez qu’aujourd’hui, à quelques jours d’un vote qui risque de changer la vie de mon garçon et de celle de ma famille, je prenne la parole en public.

Depuis l’émergence de l’autisme de mon fils, je n’ai fait que slalomer entre vos querelles, vos goûts du pouvoir, vos ambitions, vos prétentions et, pardonnez-moi, mais aussi vos incompétences, pour parvenir à l’élever comme je l’entendais, avec toujours la peur au ventre qu’un jour on vienne m’interdire de faire ce qui me semble au mieux pour lui.

Et ce ne sont pas les recommandations de la Haute Autorité de Santé et encore moins la façon dont elles ont été instrumentalisées, qui sont venues me rassurer à ce sujet !

Il est de bon ton depuis quelque temps de s’en prendre aux psys, toutes obédiences confondues. C’est très à la mode, ça rapporte des voix… et ça nourrit le portefeuille des lobbies comportementalistes qui vous soutiennent. Les psys, que vous aimez rendre coupables de tout ce que vous ne comprenez pas, de tout ce qui vous dépasse, de toute cette douloureuse complexité qui vous échappe et qui vous dérange. Les psys qui pourtant, ne vous en déplaise, s’occupent depuis toujours de ces «fous» qui inquiètent, qu’on cache, qu’on entasse… et qu’on délaisse.

Ces psys qui pourtant, m’ont écoutée, entendue, secondée, soutenue… Qui ont cheminé aux côtés de ma famille, de mon fils «bancal», de cet autiste dont pourtant la société ne voulait pas… ou pas vraiment.

Car ça dérange, un autiste… ça fait tache, ça ralentit, c’est bruyant, agaçant, angoissant. Ça a des comportements qui ne s’accordent pas avec la bonne marche d’un système aveuglé par sa propre suffisance.

C’est pour ça que les comportementalistes plaisent tant ! Parce qu’ils rognent les arêtes, ils étouffent les cris, camouflent la raison d’être de ces comportements… sans chercher à en comprendre la source… car au fond, soyons honnêtes, qui ça intéresse?

Pas vous apparemment.

Mais voyez-vous Monsieur Fasquelle. Il y en a que ça intéresse, dont je fais partie. Il y a des parents qui veulent autre chose que le prêt-à-porter comportementaliste et surtout, il y a des parents qui veulent avoir le choix. Le choix pour leur enfant, autiste ou non.

Car c’est là, voyez-vous, que j’ai du mal à comprendre. Vous ne pouvez pas interdire la psychanalyse en France, mais vous voulez l’interdire pour les autistes ? Est-ce à dire que pour vous, Monsieur Fasquelle, les autistes n’ont pas les mêmes droits que les autres ? De quelle autorité vous munissez-vous pour scinder ainsi une population dans son accès à un accompagnement psychanalytique ?

J’aimerais que vous veniez chez moi Monsieur Fasquelle, regarder mon fils, écouter notre histoire, visionner nos films, feuilleter nos albums photos pour réaliser tout ce qui a été possible sans se borner aux lunettes étroites du comportementalisme !

Mon fils, diagnostiqué autiste typique de Kanner à l’âge de 2 ans, mutique, automutilant… est aujourd’hui un adolescent bien dans sa peau. Il a intégré une école spécialisée et a quasiment rattrapé son retard scolaire. Il fait de la plongée sous-marine et a des projets d’avenir. Il pense même avoir des enfants plus tard ! Oh bien sûr, il est toujours autiste ! Il le restera toute sa vie, mais il le vit bien, et nous aussi.

Son comportement autistique, au lieu de me déranger, m’a aidée à le comprendre, surtout à l’époque où il ne parlait pas. Plutôt que de le rogner ou de tenter de le normaliser, j’ai observé ce comportement pour comprendre qui était mon enfant, quelle était sa place au monde et comment je devais l’aider à s’y épanouir.

J’ai pris le parti de m’intéresser à son être, à calquer ma relation à lui au fil de ses inventions et de ses intérêts, aussi restreints fussent-ils. J’ai fait absolument tout ce que combattent les comportementalistes et que prônent et conseillent ces psys dont vous voulez la peau. D’ailleurs sur notre chemin nous en avons rencontré de toutes sortes qui sont devenus nos amis, nos alliés, nos soutiens indéfectibles. Je constate leur travail, leur engagement, leur humanité, leur ouverture d’esprit, leur instruction, leur savoir… Leur infinie richesse. Ce que vous voulez aujourd’hui remplacer par quoi ? Du comportementalisme ? Cette espèce de méthode anglo-saxonne revisitée à la sauce européenne afin de faire passer la pilule ? Ce prêt à penser ? Ce fourre-tout lucratif qui se propulse sous forme de secte institutionnalisée ?

Oh bien sûr, on me rétorquera que le comportementalisme a mis de l’eau dans son vin et a su s’adapter et se remettre en question. Oui, c’est vrai… le comportementalisme s’adapte et c’est un outil dont je pourrais me servir à l’occasion. Un outil, mais certainement pas une fin en soi ! Nos enfants autistes méritent mieux qu’être enfermés dans une méthode !

Et puis d’ailleurs, de quel autisme parlons-nous ? Kanner ? Asperger ? Avec déficience mentale ou sans ? Avec épilepsie ? De quel recoin du spectre des Troubles envahissants du développement ? A partir de quel diagnostic ? Un diagnostic validé par quel professionnel ? Les comportementalistes ? Oui bien sûr, puisqu’il ne restera plus qu’eux !

Non Monsieur Fasquelle. Non !

Lorsque le président, Monsieur François Hollande a appelé dernièrement à un quatrième Plan Autisme qui serait celui de l’apaisement et du rassemblement, je pensais que nous allions enfin entrer dans une ère de paix ! Que nous pourrions, enfin, travailler tous ensemble auprès de nos enfants fragiles !

Mais voilà que vous voulez à nouveau scinder, briser, diviser… Voilà qu’à nouveau nos autistes ne sont plus qu’un moyen, une excuse… Et non plus une priorité.

Voilà revenu le temps de l’inquisition.

Monsieur Fasquelle, au-delà de ma colère et de ma déception, je vous prie de percevoir à travers ces mots, l’espoir fou d’avoir su toucher l’homme en vous et je vous supplie de mettre un terme à cette résolution et à tout ce qu’elle risque d’entraîner de dramatique et d’irréparable.

Permettez aux parents de choisir pour leurs enfants. De choisir vraiment.

Valérie Gay-Corajoud

 

 

 

Source : http://www.liberation.fr

 

 

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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 16:50

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

Evasion fiscale : quand Eva Joly débat avec Joseph Stiglitz

Propos recueillis par
"Marianne" a rencontré à Bruxelles Eva Joly, eurodéputée Europe Ecologie-Les Verts, ancienne magistrate spécialisée dans la lutte contre la fraude, et Joseph Stiglitz*, économiste, prix Nobel 2001. Tous deux sont membres de la Commission indépendante pour la réforme de l'impôt international sur les sociétés (Icrict), formée à la suite du scandale des Panama Papers révélant les pratiques des multinationales. Extrait du débat disponible en intégralité dans "Marianne" en kiosques.

Marianne : Vous demandez aux Etats-Unis et à l'Union européenne de prendre la tête d'une coalition internationale contre les paradis fiscaux et l'optimisation fiscale des firmes internationales. Mais est-ce qu'on n'a rien fait depuis 2009 et la proclamation de Nicolas Sarkozy : «Les paradis fiscaux, c'est terminé» ?

Eva Joly : Le mouvement de menton de Sarkozy, c'était des paroles, mais pas l'action. En consultant les statistiques de la Banque des règlements internationaux, on s'aperçoit que les flux financiers en provenance ou en direction des paradis fiscaux n'ont jamais cessé d'augmenter. La régulation antiblanchiment déjà en place aux Etats-Unis et en Europe n'empêche pas la compétition actuellement à l'œuvre à l'échelle internationale pour gérer ces énormes masses troubles de dollars ou d'euros. Ce qui rend la lutte difficile, c'est la coalition d'intérêts entre des individus riches qui veulent cacher une partie de leur fortune, des partis politiques qui ont besoin de fonds occultes pour leurs campagnes électorales et les multinationales qui souhaitent pouvoir créer des filiales fictives à leur guise afin de réduire l'impôt au minimum. C'est ce que montre le rapport des Verts européens sur BASF, firme qui a plus de 500 filiales - dont beaucoup sont fictives et situées dans des paradis fiscaux.

 

Joseph Stiglitz : Des choses ont bien été faites depuis 2009. On a effectivement réduit le secret bancaire. Mais on ne s'est pas attaqué au secret des affaires, au problème des bénéficiaires finaux des sociétés-écrans. Il existe une relation malsaine entre les questions fiscales et le principe du secret. La Commission européenne n'a appris l'existence de l'accord entre Dublin et Apple que grâce à une audition devant le Congrès des Etats-Unis. Mais on ne sait toujours pas ce qui lie les autres grandes compagnies avec les Etats européens, au nom du secret fiscal. Il n'existe pas de bons arguments pour soutenir ce secret, car il s'agit d'accords entre des entreprises et les Etats. Or, les Etats, ce sont les peuples, qui ont seuls le droit de consentir aux impôts. Dans ce cas, la publicité devrait être un principe général. Les Etats-Unis et l'Union européenne devraient traiter les paradis fiscaux comme les porteurs de dangereux virus qui se propagent comme une maladie contagieuse.

"Une large union citoyenne et politique est nécessaire pour mettre fin à ce hold-up financier et démocratique"

 

Mais cela signifie-t-il qu'il faut des moyens juridiques de répression supplémentaires contre l'optimisation, au niveau de la lutte antiterroriste ?

E.J. : La menace que font peser les paradis fiscaux et les pratiques des multinationales sur les démocraties est réelle, car elle remet fondamentalement en cause la souveraineté et la capacité d'agir des citoyens. Aux fragiles, l'austérité. Aux 1 % les plus aisés, les richesses et le pouvoir de décision. Nous avons le devoir d'agir, et une large union citoyenne et politique est nécessaire pour mettre fin à ce hold-up financier et démocratique qui représente un manque à gagner de près de 1 000 milliards dollars pour les Etats. C'est un problème de niveau mondial. Réguler au niveau européen ne sera pas suffisant. L'Europe devra faire bouger les lignes au niveau mondial pour que les entreprises n'aillent pas se loger ailleurs, au Delaware, à Singapour ou à Doha.

(...)

*Dernier ouvrage de Joseph Stiglitz : L'Euro : comment la monnaie unique menace l'avenir de l'Europe, Les liens qui libèrent, 2016.

 

 

>>> Retrouvez ce débat en intégralité dans 

Il est également disponible au format numérique  ou au numéro via   et 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 16:41

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

En Autriche, la victoire des «citoyens mobilisés»

Par Amélie Poinssot
 
 
 

L’extrême droite a perdu l’élection présidentielle autrichienne. Pour la députée Alef Korun, du parti du président élu, les Verts, c’est la réussite d’un travail de terrain auprès de la base de l’électorat, et un message fort envoyé à l’Europe après le Brexit.

Alexander Van der Bellen a été élu dimanche soir président de la République d’Autriche, avec plus de 53 % des voix, contre Norbert Hofer. Alors que l’écart n’avait été que de quelque 30 000 voix le 22 mai entre le candidat des Verts et celui de l’extrême droite, la répétition de ce deuxième tour en raison d’un vice de procédure a creusé l’amplitude et assuré une victoire confortable à Van der Bellen. Entretien avec Alef Korun, députée des Verts d’origine turque, qui s’est activement engagée dans la campagne.

 

Alexander Van der Bellen, au soir de son élection. © Reuters

Alexander Van der Bellen, au soir de son élection. © Reuters

 

Que signifie pour vous ce résultat ?

Alef Korun : C’est un succès énorme de la société civile. La réussite de Van der Bellen résulte de la mobilisation de milliers de citoyens aux origines sociales diverses, venant de différents horizons professionnels et proches de différents partis politiques. Après le Brexit et l’élection de Trump aux États-Unis, les électeurs ont fait le choix d’un candidat fiable, qui respecte les gens, y compris ceux qui défendent des idées différentes des siennes. Le rôle du Brexit a été particulièrement important : les Autrichiens ont pris conscience de ce qui pouvait se passer quand les nationalistes essayent de détruire l’Union européenne (UE). Ils ont donc voté pour une Autriche forte dans l’UE, pour un pays ouvert sur ses voisins, contre la fermeture. Et le profil sérieux d’Alexander Van der Bellen l’a emporté, face à Nobert Hofer dont le masque est tombé à plusieurs reprises pendant la campagne.

Le candidat de l’extrême droite a en effet commis plusieurs erreurs. Alors que beaucoup avaient cru à son visage « sympathique » et à ses allures de « gentleman » pendant la première campagne au printemps, il a bien insisté pendant cette deuxième campagne sur le fait qu’il représentait « à 100 % » le FPÖ [le parti libéral d’Autriche, extrême droite – ndlr]. Il disait que rien ni personne n’allait l’arrêter. Sur les migrants, son discours était d’une intolérance maximale : il voulait expulser l’ensemble des immigrés en Autriche. Il ne s’agissait même plus de coupables d’actes criminels, mais des migrants tout court. Cet agenda raciste – sans jamais utiliser le mot racisme – est une des raisons de son échec.

Enfin, je crois que les électeurs ne voulaient pas tout chambouler. Ils voulaient un changement, mais pas détruire la république ! Dans ce contexte, Van der Bellen incarnait la stabilité, y compris pour des électeurs qui n’étaient pas de son bord.

 

Quelle leçon tirez-vous de cette campagne ?

Je me suis beaucoup investie dans cette campagne, j’ai donc eu l’occasion de discuter avec des gens très différents qui ne sont pas des électeurs traditionnels des Verts, comme les retraités. J’ai pu voir de très nombreuses personnes s’emparer de cette deuxième campagne, beaucoup plus que la première, en distribuant des tracts notamment. On dit en Europe que les gens sont frustrés, déçus de la politique… Eh bien là, ce que j’ai vu, c’est le contraire : il y a de très nombreux Autrichiens qui sont prêts à prendre leurs responsabilités, à s’engager du côté pro-européen, et à se mobiliser de manière bénévole. Cette élection de Van der Bellen, ce n’est pas la victoire d’un camp politique – les Verts, ou les sociaux-démocrates – mais bien celle de tous ces citoyens qui se sont mobilisés, ensemble, pour défendre la démocratie.

J’ai entendu de nombreuses personnes, dimanche soir, dire qu’elles souhaitaient être actives en politique les prochains mois et les prochaines années. Elles voient à la fois la nécessité de prendre les choses en main mais aussi le fait qu’on peut avoir de l’influence : avec ce scrutin, nous avons envoyé un message très fort à nos voisins européens et dans le monde ! C’est très encourageant, cela montre que l’engagement politique fonctionne quand les gens sont mobilisés, à la base de la société, et pas seulement les dirigeants…

 

Suite de l'article sur mediapart

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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Source : http://www.liberation.fr

 

 

Social

Autriche : une élection dopée aux réseaux sociaux

Par Gurvan Kristanadjaja, envoyé spécial à Vienne (Autriche)

 

 

 

Capture écran du compte Facebook du président élu dimanche soir en Autriche.

Capture écran du compte Facebook du président élu dimanche soir en Autriche.

Au cours de la campagne présidentielle autrichienne, dont Alexander Van der Bellen est sorti vainqueur face au candidat d'extrême droite, les deux adversaires et leurs camps se sont livrés à une bataille sur les réseaux sociaux.

 

Demandez à un Autrichien de vous parler en détail de la campagne présidentielle, il finira à coup sûr par sortir son téléphone pour faire défiler son fil Facebook. Avant de remporter l’élection présidentielle dimanche soir, Alexander Van der Bellen, professeur d’université et candidat des Verts (Die Grünen) a mené avec son concurrent d’extrême droite Norbert Hofer, un match sur les réseaux sociaux.

 

A lire aussi: En Autriche, l’écologiste Van der Bellen contient l’extrême droite

 

Pour nous le prouver, Fabian, un étudiant vivant à Vienne sort son téléphone, le pose sur la table et fait défiler son fil d’actualités. Nous sommes la veille du vote, et l’on peut voir apparaître çà et là le visage de l’un ou l’autre des candidats. «C’est impressionnant. C’est bien la première fois, en Autriche, que la campagne électorale se passe vraiment sur les réseaux sociaux. Et depuis plusieurs jours, je n’ai que ça sur mon téléphone», explique-t-il. Une étudiante rencontrée devant le bureau de vote abonde : «Cette campagne s’est jouée surtout sur les réseaux sociaux».

 

Hofer sur un tracteur de jardin

Les deux candidats ont dégainé leurs meilleures armes dans le but de toucher le plus d’internautes possible, s’inspirant parfois maladroitement de la culture web. Ainsi, on pouvait voir le 1er décembre une photo de Norbert Hofer flirtant avec le ridicule sur un tracteur tondeuse. Le tout pour montrer qu’il n’appartient pas à l’élite et que, comme tout le monde, il tond sa pelouse. Ils se sont adonnés aussi chacun à de petits exercices de live vidéo et remercient leurs fans lorsqu’ils dépassent des totaux symboliques de like, comme le feraient des YouTubers.

 

 

 

Mais celui qui semble avoir réussi le meilleur coup est Alexander Van der Bellen. Le 24 novembre, plus d’une semaine avant l’élection, le candidat des Verts poste une vidéo sur sa page Facebook. On y voit une ancienne déportée juive qui témoigne. Elle appelle à voter écolo : «Pour moi, ce sera sûrement mon dernier vote», dit-elle. Plans resserrés, montage sobre, 4 minutes, le candidat des Verts abat sa dernière carte.

Un succès inespéré : 3,4 millions de vues en quelques jours pour un pays qui compte un peu plus de 8 millions d’habitants. Quelques jours plus tard, chacun de ses électeurs connaît «Gertrude» et commente ses propos avec la même affection que s’il s’agissait de leurs propres grands-parents. En ayant seulement suggéré le lien entre Norbert Hofer, l’extrême droite et la Shoah, l’équipe d’Alexander Van der Bellen est aussi parvenue à faire prendre conscience à certains électeurs qu’un vote populiste n’était pas anodin.

 

 

Montages photos appelant à la haine

 

La campagne sur les réseaux sociaux a surtout libéré la parole. «J’ai été terrifiée par ce que j’ai vu de certains électeurs d’extrême droite sur les réseaux sociaux», confie une votante. Une autre nous montre sur son téléphone des montages photos partagés sur les réseaux sociaux, des appels à la haine ou au meurtre contre les migrants. «Certains sont des connaissances. Je n’imaginais vraiment pas qu’ils pouvaient avoir cette opinion. Ces commentaires m’ont encore plus donné envie de me mobiliser pour Van der Bellen», appuie-t-elle.

 

A lire aussi: Trump : Facebook et Google en cure de désintox ?

 

On le sait : les réseaux sociaux peuvent avoir une influence sur un vote. Aux Etats-Unis, lors de la campagne de Donald Trump, Facebook et Twitter ont pris une large place dans la propagande électorale. Avec notamment, ce que le réseau social fait de mieux : créer de l’endogamie. L’un des électeurs de Van der Bellen rencontré dans le sud de l’Autriche nous montre, lui aussi, son fil Facebook, puis s’interroge : «Regardez, je n’ai que des actualités sur Van der Bellen. Pourtant, j’ai plusieurs centaines d’amis. Est-ce parce que je n’ai que des amis qui votent pour les verts, ou est-ce parce que Facebook me montre ce que j’ai envie de voir ?» Un peu des deux sans doute.

C’est aussi le principe sur lequel est conçu l’algorithme du réseau social, théorisé par le militant d’Internet Eli Pariser : la bulle de filtre. L’idée que le réseau ne donne à voir que ce qui conforte nos opinions. Si l’on est de droite, il n’affichera que du contenu de droite. Idem pour la gauche. Et une fois encore, à en croire les militants autrichiens, il a plutôt bien fonctionné.

Gurvan Kristanadjaja envoyé spécial à Vienne (Autriche)

 

 

Source : http://www.liberation.fr

 

 

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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 16:31

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Désobéissance

Etats-Unis : victoire des Sioux face au projet d’oléoduc qui menace leurs terres

par

 

 

 

 

Les Sioux de la réserve de Standing Rock, dans le Dakota du Nord, viennent de remporter une grande victoire le 4 décembre. Depuis le 1er avril, ils ont établi un camp de résistance pour bloquer un projet d’oléoduc, le Dakota Access Pipeline d’une longueur de 1800 kilomètres, qui menace des sites culturels ancestraux et leurs sources d’eau. Le 4 décembre, le Corps des ingénieurs de l’armée américaine a annoncé qu’il refusait à la société pétrolière un permis de forage sous la rivière Missouri. La secrétaire adjointe aux travaux civils de l’Armée de terre précise dans un communiqué que le gouvernement va « entreprendre une étude d’impact environnementale complète » et « étudier des tracés alternatifs » [1]. Cette déclaration stoppe officiellement la construction du pipeline, évalué à 3,8 milliards de dollars, et financé en partie par des banques françaises.

- Lire à ce sujet : Les grandes banques françaises derrière le projet d’oléoduc combattu par les Sioux

« Cette bataille est gagnée, mais la guerre n’est pas terminée »

« Nous appuyons sans réserve la décision de l’administration et saluons le courage dont ont fait preuve le président Obama, le Corps de l’armée, le ministère de la Justice et le ministère de l’Intérieur, de prendre des mesures pour corriger le cours de l’histoire et faire ce qui est bon », a réagi le président de la réserve de Standing Rock, Dave Archambault. D’autres opposants au projet d’oléoduc se montrent néanmoins plus prudents, mettant en avant la possibilité que la compagnie exploitante Energy Transfer Partners fasse appel de la décision. « Tout le monde doit rester en place », commente Frank Archambault, un membre de la tribu de Standing Rock, qui s’est installé avec toute sa famille dans le camp de résistance depuis quatre mois. « On nous a menti et trompé tout ce temps. Pourquoi cette fois-ci serait-elle différente ? » [2]

L’entrée en fonction du président Donald Trump en janvier 2017 pourrait également changer la donne. La semaine dernière, il a rappelé qu’il appuyait le projet d’oléoduc, mais il assure que son soutien n’a rien à voir avec son investissement... [3] Donald Trump a investi entre 500 000 et un million de dollars dans la compagnie Energy Transfer Partners, et une somme similaire dans la société Phillips 66 qui bénéficiera de 25 % de parts dans l’oléoduc, une fois sa construction achevée (voir ici). Pour l’heure, les représentants de l’équipe de transition de Donald Trump n’ont pas répondu aux demandes de commentaires. « Cette bataille est gagnée, mais la guerre n’est pas terminée », résume l’un des opposants.

 

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

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