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2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 14:23

 

 

Source : http://www.lemonde.fr/planete

 

 

Comment Lyon a banni les pesticides de ses parcs et jardins

 

Au 1er janvier 2017, l’Etat et les collectivités locales devront se passer de traitements chimiques dans leurs espaces verts, et même sur la voirie. Un objectif que la capitale des Gaules a atteint en 2008.

 

LE MONDE | • Mis à jour le | Par

 

 

Le parc de la Tête-d’Or, à Lyon.

Dans son bureau du parc de la Tête-d’Or, Daniel Boulens, directeur chargé des espaces verts de Lyon, sourit en entendant le hennissement d’un cheval de trait. C’est ce dernier qui ramasse désormais poubelles et branches mortes dans le prestigieux jardin romantique. « Au début, les jardiniers ont un peu protesté à l’idée de s’en occuper… », se souvient-il. Mais c’était avant. Avant que la ville ne décide de supprimer tous les produits phytosanitaires de ses trois cents parcs et jardins – soit 430 hectares accessibles au public. Avant de bousculer toutes ses habitudes et de remiser son vieux camion polluant.

 

Lyon a atteint son objectif « zéro phytos » en 2008, au prix de sept ans d’effort. Sa réussite fait des envieux car, au 1er janvier 2017, toutes les collectivités locales, l’Etat et les établissements publics devront se passer de traitements chimiques dans leurs parcs, promenades, forêts et même sur la voirie. Les particuliers devront adopter la même conduite vertueuse dans leur jardin à partir de 2019.

 

Une première loi de 2014, portée par le sénateur écologiste du Morbihan Joël Labbé, fixait des objectifs à plus long terme. Mais, en  2015, la loi sur la transition énergétique pour la croissance verte a fait preuve de plus d’ambition et fixé les actuelles échéances. Selon le ministère de l’environnement, environ quatre mille collectivités locales se sont déjà engagées dans cette voie. Cependant, une bonne partie des petites communes en sont encore à se demander par quel versant aborder l’obstacle.

« Cela demande...

 

L’accès à la totalité de l’article est protégé

 

 

Source : http://www.lemonde.fr/planete

 

 

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2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 14:13

 

 

Source : http://www.huffingtonpost.fr

 

 

LES BLOGS

Ce que le nouvel étiquetage des produits ne nous dit pas sur la cruauté de la viande

 

Savoir où le bœuf de sa sauce bolognaise a été élevé, abattu et découpé n’indique pas les conditions de vie de l’animal, ni la manière terrifiante et atroce par laquelle il a été tué à l’abattoir.

 

02/01/2017 08:05 CET | Actualisé il y a 7 heures

Anissa Putois Chargée de campagne pour PETA (Pour une Éthique dans le Traitement des Animaux)

 

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L’étiquetage des produits ne nous apprend rien sur la cruauté de la viande.

 

Depuis le 1er janvier 2017, les étiquettes des produits alimentaires transformés doivent indiquer la provenance de la viande qu'ils contiennent. Mais savoir où le bœuf de sa sauce bolognaise a été élevé, abattu et découpé n'indique pas les conditions de vie de l'animal, ni la manière terrifiante et atroce par laquelle il a été tué à l'abattoir.

 

Annoncée au Journal Officiel en septembre dernier, cette mesure prévoit de nouvelles règles quant à l'étiquetage des produits transformés contenant plus de 8% de viande et plus de 50% de lait. Pour la viande, il doit maintenant être fait mention des lieux de naissance, d'élevage et d'abattage de l'animal, et pour le lait, des lieux de collecte, de transformation ou de conditionnement. Mais ces règles sont si vagues que les nouvelles mentions pourront simplement indiquer "origine: France" ou "origine: Non UE", par exemple, ce qui n'apprend rien aux consommateurs soucieux du bien-être animal.

 

Et le scandale que provoque chaque nouvelle enquête dans un abattoir prouve que les consommateurs veulent savoir d'où proviennent leurs aliments, et pas seulement en termes géographiques. La plupart d'entre nous, bien qu'aimant les animaux, continue à soutenir leur maltraitance par nos choix alimentaires, souvent sans vraiment s'en rendre compte. Mais si on pouvait lire, sur les étiquettes des paquets de viande : "cochon mâle, né dans un élevage intensif, arraché à sa mère à trois semaines d'âge, castré, mutilé (queue et oreilles coupés sans anesthésie) et égorgé à l'âge de 4 mois", plus d'un consommateur reposerait l'emballage, réalisant ce que sont vraiment ces lardons ou ce saucisson – la chair d'un individu avec une personnalité, des émotions et l'envie de vivre.

 

Sur les briques de lait, ou les paquets d'emmental, la mention "origine: France" n'est pas non plus très informative. On devrait plutôt y lire "produit par une vache inséminée par un tube et abattue à quatre ans, lorsque jugé inutile par l'industrie". En effet, combien de consommateurs ignorent que pour produire du lait, les vaches sont inséminées de force et à répétition, et qu'on leur enlève tous leurs veaux, parfois dès la naissance ?

 

Les nouvelles étiquettes ne diront rien non plus sur les risques de santé liés à la consommation de viande et de produits laitiers – qui incluent le diabète, l'ostéoporose, les maladies cardiovasculaires et certains types de cancers.

Ces nouvelles exigences ont été mises en place suite au scandale de la viande de cheval retrouvée dans des lasagnes de "bœuf" il y a trois ans. Alors qu'en terme de sensibilité, d'intelligence et de souffrance il n'y a pas de grande différence entre une vache et un cheval, cette affaire a servi à montrer que l'industrie de la viande est tout sauf transparente. Au contraire, divers stratagèmes sont utilisés pour camoufler l'atroce réalité de la production de chair animale, tel que des images de vaches, cochons et poules en liberté et des labels "plein-air", "bio" ou "bien-être" qui ne sont pas régulés ni vérifiés et cachent les réelles conditions de vies des animaux dans ces élevages. Dans 95% des cas, ces êtres vivent parqués par centaines dans des hangars sombres et insalubres ou confinés à des cages. Ils subissent des mutilations douloureuses, se voient arracher leurs petits en bas âge et ne sortent que pour être emmenés à l'abattoir, suspendus à l'envers et égorgés. Mais ces informations concrètes sur l'origine de la viande ne figurent pas, elles, sur les étiquettes des barquettes de jambon.

Selon le Ministère de l'Agriculture, le but du dispositif est d'assurer "une plus grande transparence" dans la chaîne alimentaire. Mais si la production de la viande et du lait était réellement transparente, les consommateurs seraient au courant de la façon dont les animaux dont provient leur nourriture sont traités, et une grande majorité d'entre eux choisirait de ne plus soutenir ces pratiques cruelles.

Ainsi, l'étiquetage de l'origine de la viande et des produits laitiers n'améliore aucunement le sort des millions d'animaux tués pour la nourriture chaque année, malgré le fait que leur bien-être soit une préoccupation de plus en plus importante. Et alors qu'il est pratiquement impossible d'y voir clair dans une industrie délibérément trouble, la seule solution est de se défaire entièrement de ces produits en faisant la transition vers une alimentation végane.

 

 

 

Source : http://www.huffingtonpost.fr

 

 

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2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 14:00

 

 

*2 Articles du Monde réunis en 1

 

 

Source : http://www.lemonde.fr,

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

Smic, prix du gaz, paquet neutre, tiers payant, divorce...... Ce qui change au 1er janvier 2017

 

Des services plus chers, des simplifications administratives… les nouveautés que réserve l’année qui vient.

La nouvelle année annonce l’entrée en vigueur de nouvelles réformes. Précisions sur les mesures les plus importantes de 2017.

 

LE MONDE | • Mis à jour le | Par

LE MONDE | • Mis à jour le | Par

 

Santé, social, justice, institutions, assurances… Comme chaque année, le 1er janvier apporte son lot de mesures entrant en vigueur ou de changements de tarifs. Pour cette nouvelle année, nombreux sont les domaines concernés. Sélection des principaux changements notables pour le 1er janvier 2017 :

 

 

 

Tabac : le paquet neutre obligatoire

Pour réduire l’attractivité des paquets de cigarettes, le paquet neutre – c’est-à-dire sans aucune indication de marque, de logo ou de couleur et affichant uniquement des images et des textes de prévention – a été commercialisé dès le mois de mai en France. Chez les buralistes, les paquets neutres peuvent coexister, jusqu’au 1er janvier 2017, avec les paquets normaux, afin de permettre l’épuisement des stocks.

A compter de la nouvelle année, cette coexistence sera interdite. Ce dispositif inscrit dans le texte de la loi santé, voté en décembre 2015 et promulgué en janvier 2016, reste minoritaire en Europe ; seuls quelques pays, dont le Royaume-Uni et l’Irlande ayant tenté l’expérience. L’Australie est le premier pays à avoir adopté ce type de loi.

>> Décryptage : La délicate évaluation du « coût social » du tabac

 

 

Santé : le tiers payant chez le médecin étendu

Le tiers payant est un dispositif permettant au patient de ne pas avancer les frais médicaux de consultation chez un médecin. Alors qu’il faut d’abord payer avant de se faire rembourser par l’Assurance-maladie et éventuellement, ensuite, par une complémentaire, le tiers payant assure le paiement de la part prise en charge par la Sécurité sociale directement au médecin. Actuellement, les personnes concernées par le tiers payant étaient principalement les bénéficiaires de la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C), de l’aide médicale d’Etat (AME), ou encore de l’aide pour une complémentaire santé. Ce dispositif sera étendu le 1er janvier 2017 aux patients pris en charge à 100 % par l'Assurance-maladie (femmes enceintes à partir du sixième mois de grossesse et patients atteints d’une affection de longue durée , comme le diabète ou la maladie d’Alzheimer). La généralisation à l'ensemble des patients, prévue pour novembre 2017, pourrait être menacée par une alternance politique.

>> Lire : Qu'est-ce que le tiers payant généralisé chez le médecin ?

 

 

Don d’organe : une inscription sur un registre des refus, pour lever l’incertitude

Un renforcement de la loi Caillavet de 1976, relative au consentement présumé pour le don d’organe, est prévu dans la loi santé adoptée en décembre 2015. La loi réaffirme que chaque personne est un donneur présumé d’organes si elle n’a pas exprimé un refus de son vivant. Elle reprécise également les différentes manières de manifester son refus.

Le moyen principal reste l’inscription sur le registre national automatisé des refus de prélèvement, géré par l’Agence de la biomédecine. A partir du 1er janvier 2017, cette inscription pourra désormais se faire en ligne, elle restera révocable et modifiable à tout moment. Il sera également possible de faire valoir son refus par écrit, avec un document daté et signé donné à un proche, ou bien oralement, en dernier recours, le proche devra alors retranscrire l’expression précise du refus et la signer.

>> Lire : Don d’organe : quarante ans après la loi sur le consentement présumé, où en est-on ?

 

 

Certains plats cuisinés étiquetés plus précisément

A partir de 2017, les produits qui contiendraient plus de 8 % de viande ou 50 % de lait de provenance étrangère devront indiquer spécifiquement l’origine de leurs produits. Dans le cas de la viande, ils devront préciser le pays de naissance, d’élevage et d’abattage des animaux ; dans le cas du lait, le pays de collecte, de conditionnement et de transformation. Seuls les plats cuisinés avec 100 % de viande française ou de lait français pourront être étiquetés « produit d’origine française ». Cette expérimentation, proposée par le ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll, devrait durer deux ans, selon la Commission européenne.

 

 

Le divorce par consentement mutuel sans juge

A partir de 2017, une nouvelle possibilité s’offre pour les personnes mariées souhaitant divorcer : plus besoin de juge si les deux parties s’accordent sur les principes et les conséquences de la rupture. La convention de divorce sera rédigée par les époux et les avocats. Ainsi, tout divorce par consentement mutuel se fera obligatoirement sans intervention d’un juge, sauf si au moins un enfant mineur du couple demande à être entendu. Les détracteurs de cette procédure dénoncent le coût plus important d’un divorce, en particulier par l’obligation d’avoir chacun un avocat alors que de nombreux couples choisissent actuellement un avocat commun.

>> Lire : Procédures, enfants, revenus : radioscopie du divorce en France

 

 

Les tarifs de l’énergie en hausse

Les prix du gaz vont progresser de plus de 5 %. A cause, tout d’abord, de la hausse des tarifs réglementés, due à une augmentation des coûts d’approvisionnement d’Engie (ex-GDF Suez), dans le sillage de la remontée des cours du pétrole. A cela s’ajoute le relèvement de la taxe intérieure de consommation sur le gaz naturel – ou contribution climat-énergie (taxe carbone) : elle passe de 4,34 euros par mégawattheure à 5,88 euros, ce qui doit déboucher sur un accroissement de 3,5 % de la facture.

S’agissant du fioul domestique, la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques connaîtra, elle, une augmentation d’environ 27 euros (pour une commande de 1 000 litres), en vertu d’une disposition de la loi de finances rectificative pour 2015 : en 2017, elle atteindra donc 142,6 euros (pour 1 000 litres), soit plus du double par rapport à 2014.

 

Les frais bancaires flambent

Selon une étude réalisée par le comparateur Meilleurebanque.com pour Le Figaro portant sur 54 établissements, les banques relèvent fortement leurs tarifs pour restaurer leur rentabilité. Les frais de tenue de compte augmenteront en moyenne de 13 % dès le 1er janvier 2017. D’autres frais, comme les retraits dans les distributeurs d’autres banques, coûteront plus cher de 4,5 % en moyenne. Le prix des cartes à débit immédiat grimpera de 3,35 %. Sur les packages des produits d’entrée de gamme, l’accroissement est de 2,61 %.

 

Le prix des timbres s’envole

Les tarifs du courrier augmentent de 3,1 % en moyenne pour, selon La Poste, « assurer la pérennité du service universel dans un contexte de baisse des volumes du courrier ». Le timbre rouge de la lettre prioritaire passera de 0,80 à 0,85 euro, (+ 6,3 %). Le vert augmentera de 0,70 à 0,73 euro, (+ 4,3 %). L’écopli, lui, progresse de 68 à 71 centimes (+ 4,4 %). Un recommandé coûtera désormais 3,95 euros, contre 3,77 euros (+ 4,8 %).

 

Le bulletin de salaire simplifié et dématérialisé

Fin 2014, le gouvernement avait exprimé le souhait de simplifier la fiche de paye. Une première étape est franchie : les entreprises d’au moins 300 personnes devront désormais remettre à leurs personnels le nouveau modèle du bulletin de salaire (les sociétés de taille inférieure y étant tenues à partir du 1er janvier 2018).

L’objectif est de rendre ce document plus lisible et plus pédagogique. Le nombre de lignes sera divisé par deux, avec des libellés qui cherchent à être plus clairs et un regroupement par postes de charges. Cette présentation vise à faire comprendre facilement le montant des cotisations dues par les salariés et par les patrons, en tenant compte des exonérations dont ces derniers peuvent bénéficier. Elle fait aussi apparaître les allégements de cotisations, comme ceux accordés pour les salaires inférieurs ou égaux à 1,6 smic (dans le cadre du pacte de responsabilité). Les lignes de cotisation seront rassemblées par thématiques (assurance-chômage, retraites, complémentaire santé…).

Par ailleurs, les entreprises pourront transmettre à leurs personnels la fiche de paye sous forme électronique, sauf si le salarié souhaite continuer à recevoir un document en papier.

Ces changements s’inspirent de recommandations faites dans un rapport remis en juillet 2015 par Jean-Christophe Sciberras, DRH du groupe de chimie Solvay.

 

Une augmentation mécanique du smic, sans « coup de pouce »

Cette année, le gouvernement ne donnera aucun « coup de pouce » dans la revalorisation du smic pour accroître le pouvoir d’achat. Son augmentation est régie par une formule d’indexation prévue chaque année par les textes. Le salaire minimum de croissance sera donc revalorisé de seulement 0,93 % en 2017, passant de 9,67 euros à 9,76 euros brut de l’heure, pour une augmentation de 11 euros net par mois, à 1 138,48 euros, pour un travail à temps plein (35 heures/semaine).

Concernant les minima sociaux, la demande de revenu de solidarité active (RSA) se fera désormais sur le site Internet de la caisse d’allocations familiales (CAF) afin de simplifier la procédure, avec un ajustement trimestriel du montant.

 

 

Précarité : la garantie jeunes généralisée

Ce dispositif, mis en place par le gouvernement depuis 2013, permet aux 16-25 ans en situation de grande précarité, n’étant ni étudiants ou scolarisés ni salariés ou en formation, et dont les ressources sont inférieures au RSA (524,68 euros) de bénéficier d’une aide financière de l’Etat à hauteur de 461,72 euros par mois et d’un accompagnement. En contrepartie, le bénéficiaire devra suivre des missions locales (stages, formations professionnelles, ateliers, etc.) censés faciliter son entrée dans la vie professionnelle. Cette aide financière sera suspendue s’il ne respecte pas son engagement.

D’abord introduite à titre expérimental dans plusieurs territoires, puis jugée concluante, la garantie jeunes est généralisée sur l’ensemble du territoire français en janvier 2017 par la loi travail.

 

 

Loi travail : création du compte personnel d’activité et du référendum en entreprise

Inscrit dans la loi travail, le compte personnel d’activité (CPA) dont la création a été annoncée par Manuel Valls va entrer en vigueur en 2017. Le CPA a été pensé comme une adaptation à la mobilité croissante du salarié dans le secteur du travail. Il permet donc à un employé de conserver certains droits acquis au sein d’une entreprise même s’il change d’emploi ou de région. Une deuxième mesure phare mais des plus contestées de la loi travail va également être appliqué dès 2017, il s’agit du référendum en entreprise. Afin de contourner des syndicats totalement hostiles à un projet d’entreprise et d’éviter le blocage, cette mesure permettra aux syndicats favorables au projet et représentant au moins 30 % des voix de demander aux salariés de se prononcer sur le sujet par référendum.

 

 

Sécurité routière : l’entreprise doit dénoncer ses salariés contrevenants

La loi du 12 octobre 2016 oblige un employeur, après la réception d’un avis de contravention, à dénoncer son salarié s’il commet une infraction routière avec un véhicule de l’entreprise, au risque d’une amende d’un montant de 90 euros à 1 875 euros. Cette mesure vise à responsabiliser les conducteurs, qui risquent un retrait de points une fois leur nom révélé aux autorités.

>> Lire : Infractions routières : les entreprises devront dénoncer les salariés coupables

 

Un surcroît de taxes sur les contrats d’assurance

La taxe prélevée sur chaque contrat d’assurance (automobile, habitation…) pour indemniser les victimes du terrorisme sera relevée de 4,30 à 5,90 euros. L’assurance habitation connaîtra l’augmentation la plus élevée, de 2,50 % en moyenne, d’après les projections du cabinet d’études Facts & Figures (contre + 2,64 % en 2016). Les contrats d’assurance automobile devraient, en moyenne, grimper de 1,5 %, contre + 0,64 % en 2016.

 

Des complémentaires santé plus onéreuses

Le relèvement des prix pour les contrats individuels devrait être compris entre + 2 % et + 4 % en moyenne, tandis que les contrats collectifs connaîtront une hausse variant entre + 3 % et + 5 %. Ce serait dû à la progression des dépenses de santé et à la généralisation de la complémentaire à tous les salariés depuis janvier 2016.

 

Assurances : la taxe attentat augmentée

La taxe attentat est prélevée sur les contrats d’assurance de biens (principalement assurances habitations et certaines assurances automobile) pour être reversée au Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d’autres infractions (FGTI), organisme chargé de l’indemnisation des victimes d’attentat. Cette taxe va augmenter de 37 % en 2017, passant de 4,30 euros à 5,90 euros par an. Elle avait déjà augmenté le 1er janvier 2016, de 3,30 euros à 4,30 euros. Ces augmentations successives ont pour but de répondre aux fortes sollicitations du FGTI dues à la multiplication des attaques terroristes en France.

 

 

L’extension de la contrainte pénale à tous les délits

La contrainte pénale est une peine dite de « milieu ouvert », c’est-à-dire une peine purgée en dehors des murs d’une prison. La plus connue de ce type de peine est le « sursis avec mise à l’épreuve », qui est une condamnation à une peine de prison qui ne sera pas mise en exécution si le condamné respecte certaines obligations.

La contrainte pénale, amorcée par Christiane Taubira, ancienne ministre de la justice, se voulait un encadrement renforcé par rapport au sursis, pour prévenir davantage la récidive et assurer une meilleure réinsertion du délinquant. Elle inclut donc un accompagnement pouvant aller jusqu’à cinq ans d’engagements liés à l’indemnisation de la victime, à un stage citoyen ou encore à diverses réunions de soutien…

Appliquée pour l’instant uniquement pour des délits passibles d’une peine de moins de cinq ans, elle sera généralisée à tous les délits à partir du 1er janvier 2017.

>> Lire : La peine de contrainte pénale s’installe lentement en France

 

 

La Cour de cassation contrôlée par une instance du ministère de la justice

La création de l’inspection générale de la justice a été annoncée dans un décret du 5 décembre 2016, pris par Matignon. Cette nouvelle instance exercera la fonction d’inspection sur l’ensemble des juridictions de l’ordre judiciaire. Avant la publication de ce décret, seules les juridictions de première et de deuxième instance étaient placées sous le contrôle du ministère de la justice, et non la Cour de cassation.

Cette décision a suscité de fortes critiques au sein de la Cour, qui a dénoncé une atteinte à l’indépendance de la justice. Ce contrôle concerne la gestion, le fonctionnement et la performance de la cour, mais n’interférera pas dans son activité juridique. Il faut toutefois noter que l’inspecteur général à la tête de cette institution et tous les magistrats chargés de mener le contrôle seront validés par le Conseil supérieur de la magistrature.

>> Lire : La Cour de cassation craint de perdre son indépendance

 

 

Et aussi...

Il sera possible de prendre un congé sans solde d’une durée de trois mois pour prendre soin d’un proche malade, âgé ou handicapé, sans devoir justifier d’un lien de parenté.

  • La Poste a annoncé une augmentation des prix à partir du 1er janvier 2017 : le tarif de la lettre prioritaire va augmenter de 6,3 % passant de 0,80 euro à 0,85 euro, tandis que la lettre verte passera de 0,70 euro à 0,73 euro, soit une augmentation de 4,3 %.

  • Le prix des timbres s’envole

Les tarifs du courrier augmentent de 3,1 % en moyenne pour, selon La Poste, « assurer la pérennité du service universel dans un contexte de baisse des volumes du courrier ». Le timbre rouge de la lettre prioritaire passera de 0,80 à 0,85 euro, (+ 6,3 %). Le vert augmentera de 0,70 à 0,73 euro, (+ 4,3 %). L’écopli, lui, progresse de 68 à 71 centimes (+ 4,4 %). Un recommandé coûtera désormais 3,95 euros, contre 3,77 euros (+ 4,8 %).

  • Les sacs plastiques très fins seront désormais interdits dans les rayons fruits et légumes. De nouveaux sacs faits d’un mélange plastique et amidon, en papier, en tissu ou encore en plastique épais viendront les remplacer.

  • Les 5,8 millions de clients d’Engie verront leur facture de gaz augmenter de plus de 5 % suite à une hausse de taxe et des coûts d’approvisionnement du fournisseur.

  • Les fournisseurs d’eau seront désormais contraints d’afficher le prix au litre sur les factures.

 

 

 

Syrine Attia

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

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2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 13:32

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

« Que conseilleriez-vous à votre fils ou fille pour trouver sa voie ? » : 35 personnalités répondent

 

Des acteurs innovants du monde entier donnent des pistes à suivre pour choisir son orientation. Leurs témoignages sont à retrouver en vidéo lors d’O21/s’Orienter au 21e siècle, dont les premières rencontres sont prévues vendredi 6 et samedi 7 janvier à Lille.

 

LE MONDE | • Mis à jour le | Par

 

 

 

Pour le prospectiviste Joël de Rosnay, il faut tout lire, « des livres philosophiques de grands penseurs à la presse internationale ».

Pour préparer ses événements O21/s’Orienter au 21e siècle, « Le Monde » a interrogé trente-cinq entrepreneurs et penseurs du monde entier sur leur parcours et les enseignements à en tirer pour aider les jeunes à trouver leur voie. Leurs témoignages seront diffusés en vidéo à O21 – vous pouvez d’ores et déjà vous inscrire gratuitement à O21 Lille, pour participer à une ou plusieurs conférences, vendredi 6 et samedi 7 janvier, en suivant ce lien.

 

« Pour trouver sa voie, il faut être à l’écoute de soi-même », conseille ­depuis le Togo Sénamé Koffi ­Agbodjinou, architecte et anthropologue, conscient néanmoins que l’introspection n’est pas facile quand on a entre 16 et 20 ans. « Ce n’est pas évident d’entendre sa petite voix, ­confirme ­Bertin Nahum, fondateur de Medtech (Zimmer), mais la vie est trop courte pour s’engager dans un chemin qui ne nous correspond pas. » Pour Aimee van Wynsberghe, présidente de la fondation Responsible Robotics aux Pays-Bas, l’idéal est même d’« aimer ce que l’on fait, au point de ne plus avoir l’impression de travailler ». Et d’être ainsi capable de s’investir totalement dans son projet.

 

Lire aussi :   O21 Lille / s’Orienter au 21e siècle : le programme complet des conférences

 

Découvrir sa passion

« Que votre passion relève du domaine sportif, artistique, culturel ou économique, peu ­importe, estime Pierre Dubuc, cofondateur d’OpenClassrooms. On sait que l’on va être bon là où l’on prend du plaisir. Voilà ce qui est ­important : il faut être extrêmement motivé par quelque chose pour devenir excellent dans sa spécialité. L’expertise et la passion sont liées. »

Oui, mais que faire si l’on n’a pas de passion ? « Trouvez-la ! lance Jean-François Ouellet, professeur à HEC Montréal. Tout le monde a une passion, il s’agit simplement de la découvrir, en voyageant, en allant à la rencontre des autres pour comprendre ce qui véritablement nous fait vibrer. » « Il faut le faire, répète l’enseignant, parce que sans passion, il est bien ­­dif­ficile de passer par-dessus les embûches et d’aller jusqu’au bout des choses. »

 

Lire aussi :   « Le meilleur conseil que l’on m’a donné, c’est... » : trente-cinq personnalités témoignent

 

Oser cheminer sans se limiter

L’important est de réussir à ne pas se brider. « Ne pensez pas aux normes de la société, ne vous fixez pas de limite », insiste Ismaël Le Mouël, président de HelloAsso. « Lorsque j’étais en classe préparatoire, raconte-t-il, je ­visais une école d’ingénieurs. Mon professeur de mathématiques m’avait alors dit : “Non, non, ne vise pas celle-là, pense plutôt à celle tout en haut et tu verras bien après.” De fait, cette ­technique a assez bien fonctionné ! » « Il faut faire sauter tous les blocages », poursuit ­Amélie Edoin, directrice du Labo des histoires Ile-de-France-Ouest. Et de marteler : « Les grandes écoles ne sont pas réservées à une élite. Elles sont réservées aux gens qui ont les moyens de réussir intellectuellement et qui se surpassent pour réussir. »

Pour Thomas Schenck, cofondateur de ­Connect’O, le défi est d’être « à la fois ambitieux et humble : il faut être lucide sur ce que l’on est, sur ses qualités comme sur ses défauts. Si vous savez vous remettre en question, alors l’ambition vous permettra d’aller très loin ».

 

Ne pas s’arrêter en cas d’échec

« Oui, certains vont se tromper. Oui, leur ­parcours ne sera pas linéaire, et alors ? lance ­Sébastien Bazin, PDG d’AccorHotels. Oui, on a le droit de connaître enfin son parcours à 27 ans, car ça n’est pas parce qu’on a 22 ans qu’on doit être en mesure d’appréhender le monde de demain. Il y a des gens qui entrent dans le monde du travail à 32 ans et ils sont aussi bons, ça leur a pris cinq ans de plus, ça n’a aucune espèce d’importance. » Ludwine Probst, développeuse et cofon­datrice de ­Ladies of Code ­Paris, renchérit : « Ce n’est pas parce que l’on décide à un moment de suivre une voie que l’on ne pourra pas bifurquer. Quand j’avais 16 ans, je me disais qu’il fallait tout ­réussir tout de suite. En fait, quand on veut aller d’un point A à un point B, on n’est pas obligé d’aller tout droit, on peut tout à fait ­passer par D, C, F… Il existe des passerelles : je rencontre de nombreuses personnes qui changent de métier à 30 ou 35 ans et qui ­apprennent encore. »

Lire aussi :   Découvrez O21, l’orientation nouvelle génération

 

Multiplier les expériences

« Pour apprendre à se connaître, le conseil ­numéro un que je donnerais est de se lancer dans des projets. Le simple fait de réaliser ­quelque chose vous apprend à mieux vous comprendre. Cela vous transforme également », ­estime le mathématicien Cédric ­Villani. Pour Marie ­Ekeland, cofondatrice du fonds d’investis­sement ­Daphni, ces expérimentations permettent de « sortir de sa zone de ­confort et de son environnement habituel ». Il est important d’« aller à la rencontre de dif­férents mondes, poser des questions et ne pas avoir peur de dire “je ne sais pas, expliquez-moi”. Et ce, jusqu’à ce que l’on ait compris », ­note-t-elle.

« Regarder à droite et à gauche, faire des stages dans des entreprises variées pour vraiment savoir ce qui vous plaît et ce qui ne vous plaît pas. Ce travail personnel est indispensable », ­estime Sylvain Kalache, cofondateur de la Holberton School aux Etats-Unis. C’est finalement ce côté « touche à tout, curieux, qui sort des sentiers battus que les start-up valorisent déjà et qui va devenir la norme dans les années à venir », ajoute Philippe Wagner, cofondateur de Captain Contrat. L’avocate Lise Damelet ­encourage également cette curiosité. « Butiner sur des fleurs auxquelles on n’avait pas nécessairement pensé » permet de développer une pensée plus large, transversale, estime-t-elle, une pensée qui permettra d’être plus adapté au monde de demain.

 

Cultiver sa curiosité

Il faut tout lire, affirme le prospectiviste et conseiller de la Cité des sciences Joël de ­Rosnay : « Des livres philosophiques de grands penseurs, pour acquérir les fondamentaux, à la presse internationale, pour se familiariser avec la géopolitique. C’est grâce à cette culture que l’on acquiert des racines nous permettant de construire une vision systémique globale. »

Marita Cheng, fondatrice de 2Mar Robotics, abonde dans ce sens. « Soyez curieux du monde. Apprenez autant que vous pouvez, à l’école et en dehors. » Une ouverture d’esprit que défend aussi le paléoanthropologue Pascal Picq : « Pour être créatif, il faut regarder ce qu’il se passe ailleurs, lire, se documenter, échanger avec les autres. On peut trouver des idées géniales en ­allant voir un match de foot, pourquoi pas. »

Le meilleur conseil est de « ne jamais cesser d’apprendre, ne jamais penser que l’on a fini son développement et qu’on ne peut rien faire ou apprendre de nouveau », conclut, au Kenya, Ory Okolloh, investisseuse au sein de la fondation Omidyar Network. « Je lis toujours beaucoup, j’essaie des choses différentes. Cela me maintient connectée et m’ouvre à de nouvelles opportunités. On n’arrête jamais d’apprendre, et pas seulement de l’école : on apprend aussi des autres, des livres, des magazines, des amis, d’Internet. La connaissance est une quête infinie. »

Tout au long des événements O21 seront diffusées des vidéos de 35 pionniers du XXIe siècle dont des extraits sont publiés ci-dessous. Ils sont responsables académiques comme François Taddei (Centre de recherches interdisciplinaires – Paris 5), John Hennessy (Stanford), Peter Dillenbourg (Ecole polytechnique fédérale de Lausanne), Jean-François Ouellet (HEC Montréal) ; chefs d’entreprises comme Sébastien Bazin (Accor), Xavier Niel (Free), Frédéric Mazzella (Blablacar) et Bertin Nahum (MedTech-zimmer) ; startuppers comme Pierre Dubuc (OpenClassrooms), Laure Courty (Jestocke.com), Philippe Wagner (Captain Contrat) , Ben Rattray (Change.org), Sename Koffi Agbodjinou (Welab, Togo), Ory Okolloh (Omidyar Network, Kenya) ; entrepreneurs sociaux comme Ismaël Le Mouel (Hello Asso) et Amélie Edoin (Labo des histoires) ; « king coders » comme Paul Duan et Louison Dumont ; scientifiques et penseurscomme Pascal Picq (paléoanthropologue), Cédric Villani (mathématicien), Boris Cyrulnik (psychiatre), Henri Atlan (médecin et philosophe), Joël de Rosnay (prospectiviste), Aimée van Wynsbergh (professeur d’éthique, spécialiste des robots)…

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

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2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 13:06

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Solidarités locales

A Saint-Etienne, une nouvelle forme de pédagogie sociale émancipe les femmes et les enfants d’un quartier pauvre

 

par

 

 

Dans un quartier populaire de Saint-Etienne, des « ateliers de rue » sont proposés régulièrement aux enfants. Leur principe : un accueil libre, inconditionnel et gratuit. Sur cet espace en milieu ouvert, les enfants, parfois accompagnés par leurs parents, sont invités à prendre des initiatives et à coopérer. Ces ateliers s’inspirent d’une pédagogie sociale visant à expérimenter de nouvelles façons de vivre et d’éduquer collectivement, avec tous les âges et à partir de toutes les cultures. Cinq ans après leur mise en place, ces pratiques d’émancipation, qui recréent aussi du lien entre adultes, gagnent du terrain, mais sont peu soutenues par les politiques. Un « café des femmes » a également ouvert. Reportage.

Difficile de trouver l’espace de jeux du quartier de la Tarentaize, bordé par un boulevard urbain d’un côté, abrité par une grande médiathèque de l’autre. A mesure que l’on s’approche, les cris des gamins disputant une partie de foot recouvrent le bruit des voitures ralliant Saint-Étienne. Aux abords du terrain, des enfants affluent pour aider à déplier les tapis de jeux fournis par l’association Terrain d’entente. Des sourires gagnent les visages à la vue des diabolos, jeux de société, slackline (sortes de cordes pour funambules), instruments de jongle et autres coloriages... Depuis cinq ans, l’association propose des ateliers de rue, les mercredi et samedi après midi, tout au long de l’année. Avec un principe clé : l’accueil est libre, inconditionnel et gratuit.

« Les enfants partent et viennent librement, les différents jeux sont à leur disposition », relate Josiane Reymond, fondatrice de l’association. « C’est parti d’une demande des enfants, qui nous disaient qu’il n’y avait rien pour eux. » La Tarentaize, à l’ouest de Saint-Etienne, est considérée comme l’un des quartiers les plus en difficulté de la ville, avec un taux de pauvreté dépassant les 43% [1]. « Beaucoup d’habitants voudraient partir, nous sentons que les enfants souffrent, la vie est dure. Au lieu de regretter que les gens ne se mobilisent plus, nous avons décidé d’aller à leur rencontre. Nous sommes venus avec des tapis et des jeux, au pied des immeubles, en nous demandant : quelle légitimité peut-on avoir en n’étant pas du quartier ? » La réponse, l’association l’a trouvée dans la présence grandissante d’enfants lors de ces ateliers installés dans l’espace public.

Pour les enfants, ces ateliers de rue ne sont pas seulement un moment de jeu, mais aussi un temps pour évoquer leurs préoccupations et leurs envies. « Ils sollicitent notre présence pour certains conflits », observe Josiane. « Nous nous référons aux outils de la pédagogie sociale pour aider les enfants à construire des relations positives, traverser les conflits de façon à ce que chacun trouve sa place au sein du collectif. » Derrière le concept de « pédagogie sociale », on retrouve des figures comme le pédagogue Célestin Freinet [2]. Aller à la rencontre de quartiers délaissés, offrir une présence régulière, favoriser l’émancipation individuelle et collective, c’est l’engagement tenu dans la durée par les pédagogues sociaux. « Nous ne sommes plus dans la distance mais dans la proximité, nous ne sommes plus dans la défiance mais nous construisons au fil du temps des relations de confiance et d’estime réciproques », explique Josiane, qui s’appuie fortement sur les travaux de Laurent Ott, chercheur en travail social.

 

« Chacun possède un petit bout de l’histoire d’un enfant »

L’association Terrain d’entente propose de partir des idées des enfants, et de compter sur tout le monde pour les réaliser. Ce jour-là, Youssef, un jeune adolescent, reparle de son envie d’organiser une chasse au trésor. Saad, stagiaire chez Terrain d’entente, propose de l’aider avec d’autres enfants. « Des projets deviennent possible avec la participation de tous, notre petite équipe, les enfants, les adultes, souligne Josiane. A force de tâtonnements, on trouve peu à peu la meilleure façon de se retrouver collectivement. Nous organisons des « conseils » avec les enfants, pour discuter de la manière dont les choses se passent. » Un « bâton de parole » y circule entre enfants, seul celui qui tient le bâton est autorisé à parler.

A la différence des centres de loisir, le travail mené par l’association Terrain d’entente se mène dehors, sur l’espace public, sans aucune barrière de protection traçant une frontière entre intérieur et extérieur. « Souvent, quand on ne sait plus quoi faire avec un gamin, on le met dehors, observe Josiane. La sanction, nous la dégainons tous, mais ça ne règle rien : les gamins se sentent exclus, abandonnés. Être dans l’espace public nous rend d’une certaine manière plus intelligent. Nous finissons toujours par trouver une solution. » L’équipe organise au moins deux réunions par semaine pour faire le point. « Chacun possède un petit bout de l’histoire d’un enfant. Nous cherchons ensemble l’attitude la plus adaptée face à des gamins parfois très tendus. »

 

« Nous nous sommes efforcés d’entendre, de comprendre »

Josiane évoque l’exemple de Sonia*, une jeune fille de 12 ans, la plupart du temps agressive avec les autres enfants mais aussi avec les adultes. « Notre première intention a été le rappel au cadre, l’exclusion de certains jeux, ce qui a redoublé sa rage. Puis, nous nous sommes efforcés d’entendre, de comprendre. » Sonia s’est peu à peu confiée sur les problèmes de sa famille, sa détresse. « Nous avons partagé sa peine, son sentiment d’injustice, de ne pas se sentir aimée. Et comme la plupart des enfants lorsqu’ils se sentent entendus, pris en compte, elle s’est reconnectée à ses envies. » Sonia voulait construire un atelier coiffure et beauté. « Lors de cette première journée réalisée à son initiative, elle s’est montrée très attentive aux autres, s’efforçant d’intégrer tous ceux qui souhaitaient profiter de ce nouvel espace. Elle a pu manifester une autre et très belle, très touchante part d’elle-même. »

Face à des familles en difficulté, de plus en plus isolées, Josiane estime que l’éducation des enfants « concerne tout le quartier ». « Les parents ne peuvent pas consacrer toute leur énergie à s’occuper des enfants, ils ont plein de choses à tenir pour assurer le quotidien : de nombreuses démarches, des préoccupations, ils sont parfois épuisés. Notre présence auprès des enfants, deux après midis par semaine, constitue un petit relais auprès des parents qui le souhaitent. On se sent concernés et on agit ensemble sur les différents évènements qui traversent ces temps de rencontre. » Ce collectif permet de faire sortir les gens de chez eux, de créer des liens de confiance et de compter sur d’autres. « Certains nous disent que nous rendons les parents démissionnaires. C’est fou ! Personne ne s’inquiète des parents qui confient leurs enfants au centre de loisir. »

Originaire d’Algérie, Samia vient régulièrement avec ses enfants. « Je n’ai pas ma famille ici, et la solitude me pèse. Je restais souvent à la maison. Maintenant, nous nous connaissons avec les autres femmes du quartier, nous partageons nos joies et nos peines. » Une garde des bébés a également été mise en place le mardi après-midi dans le centre social du quartier, avec la possibilité pour les parents d’être présents. L’équipe assure également une présence régulière à la médiathèque de la Tarentaize, apportant notamment une aide aux devoirs. Des sorties nature, théâtre ou cinéma sont aussi organisées.

 

« Il y a beaucoup de cafés pour les hommes, mais rien pour nous »

Depuis 2013, l’association a ouvert un café des femmes, à leur demande, qui se tient le vendredi après-midi dans le centre social. « Il y a beaucoup de cafés pour les hommes dans le quartier, mais il n’y a rien pour nous », témoigne Fiala, son bébé dans les bras. « Ici, nous parlons librement, nous n’avons peur de rien », poursuit son amie qui a déménagé dans un autre quartier, mais qui n’hésite pas à faire trente minutes de trajet en transports en commun pour participer à ce temps d’échange. Ce vendredi, elles sont une dizaine de femmes réunies autour d’un thermos de thé à la menthe et de gâteaux faits maison. Elles reviennent sur leur journée de travail, évoquent des galères administratives, rient à la vue des photos du tournoi de foot en soutien à la Palestine auquel elles ont participé. « On peut tout faire avec le voile, vous voyez ! », plaisantent-elles.

C'est la première fois que Djilalia participe au café des femmes. La voix fébrile, elle explique que son enfant de 13 ans vient d’être mis à pied huit jours par le collège suite à une bagarre. Elle est venue avec les courriers de l’école qu’elle n’a plus la force d’ouvrir, et ne sait pas à qui s’adresser pour l’aider. « Je n’arrive plus à dormir, souffle t-elle, il va passer en conseil de discipline. » Tour à tour, ces femmes qui ne la connaissaient pas une heure avant, lui apportent leurs conseils et tentent de la rassurer. « Toutes seules, on est trop fragiles », constate Josiane. Et parfois, l’espoir de pouvoir offrir un avenir meilleur à leurs enfants est bien ténu. Toutes s’accordent sur la nécessité d’organiser des rencontres avec des enseignants pour évoquer la scolarité, mieux comprendre les difficultés et leur trouver des solutions. Dans ce lieu, l’entraide et la solidarité ne sont pas que des mots, elles se vivent.

 

Peu de moyens, beaucoup d’« inventivité »

Si les idées et les envies ne manquent pas, l’association dispose en revanche de très faibles moyens financiers. A défaut de local, l’équipe investit ponctuellement le centre social ou la médiathèque en cas de pluie, et stocke le matériel dans un garage insalubre. « Le café des femmes est remis en question lors de chaque vacances scolaires car le centre social a besoin de ses locaux. Cela renvoie aux habitants de ces quartiers qu’il n’y a pas grand chose pour eux, seulement les miettes », soupire Josiane. Ne pouvant embaucher de manière pérenne, le turn-over dans l’équipe est fort [3]. Les autres énergies sont bénévoles. Josiane redoute de ne pas arriver à maintenir cette démarche dans la durée. Elle s’accroche cependant : « Avoir peu permet de développer l’ingéniosité, la créativité. C’est possible, si l’on appartient à un collectif. »

Cet usage collectif de l’espace public, tissé de solidarités, n’est pas propre à Saint-Étienne. Des initiatives similaires existent à Paris-Longjumeau avec l’association Intermèdes-Robinson, et dans le quartier de la Villeneuve à Grenoble, avec l’association Mme Ruetabaga (voir la vidéo de présentation ci-dessous). « Il est temps de multiplier ces initiatives, de construire des espaces de rencontre où l’on fait les choses ensemble », reprend Josiane. « C’est par le faire-ensemble qu’on retrouve le commun qui permet de se parler, de rétablir la confiance. »

Sophie Chapelle

Photos : association Terrain d’entente.

*Son prénom a été modifié.

 

 

Notes

[1Le seuil de pauvreté est fixé à 1008 euros par mois pour une personne seule.

[3L’association compte actuellement deux services civiques et deux salariés en contrat aidé.

 

 

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2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 12:56

 

 

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Trier, manger bio, prendre son vélo… ce n’est pas comme ça qu’on sauvera la planète

 

 

La culpabilisation des individus occulte les véritables causes de la destruction de la planète: le capitalisme et les Etats-nations. Par Slavoj Zizek.

 

 

Trier, manger bio, prendre son vélo… ce n’est pas comme ça qu’on sauvera la planète

 

En décembre 2016, des milliers de citadins chinois asphyxiés par le smog ont dû se réfugier à la campagne dans l’espoir d’y trouver une atmosphère plus respirable. Cette «airpocalypse» a affecté 500 millions de personnes. Dans les grandes agglomérations, la vie quotidienne a pris les apparences d’un film post-apocalyptique: les passants équipés de masques à gaz circulaient dans un sinistre brouillard qui recouvrait les rues comme une chape.

Ce contexte a clairement fait apparaître la séparation des classes: avant que le brouillard n’amène à fermer les aéroports, seuls ceux qui avaient les moyens de s’acheter un billet d’avion ont pu quitter les villes. Afin d’exonérer les autorités, les législateurs pékinois sont allés jusqu’à envisager de classer le smog au nombre des catastrophes météorologiques, comme s’il s’agissait d’un phénomène naturel, et non d’une conséquence de la pollution industrielle. Une nouvelle catégorie est ainsi venue s’ajouter à la longue liste des réfugiés fuyant les guerres, les sécheresses, les tsunamis, les tremblements de terre et les crises économiques: les réfugiés du smog.

Décroissants, démocrates, catastrophistes, etc.: comment se repérer dans la pensée écolo L’airpocalypse n’a cependant pas tardé à faire l’objet d’une normalisation. Les autorités chinoises, bien obligées de prendre acte de la situation, ont appliqué des mesures permettant aux citoyens de poursuivre leur train-train quotidien. Elles leur ont recommandé de rester calfeutré chez eux et de ne sortir qu’en cas de nécessité, munis d’un masque à gaz. La fermeture des écoles a fait la joie des enfants. Une escapade à la campagne est devenue un luxe et Pékin a vu prospérer les agences de voyage spécialisées dans ces petites excursions. L’essentiel étant de ne pas s’affoler, de faire comme si de rien n’était.

Une réaction compréhensible, si l’on considère que «nous sommes confrontés à quelque chose de si complètement étranger à notre vécu collectif que nous ne le voyons pas vraiment, même lorsque la preuve est écrasante. Pour nous, ce ‘‘quelque chose’’ est un bombardement d’immenses altérations biologiques et physiques sur le monde qui nous a nourris». Aux niveaux géologique et biologique, l’essayiste Ed Ayres énumère quatre «pics» (développements accélérés) approchant asymptotiquement du point au-delà duquel se déclenchera un changement qualitatif: croissance démographique, consommation de ressources limitées, émissions de gaz carbonique, extinction massive des espèces.

Face à ces menaces, l’idéologie dominante mobilise des mécanismes de dissimulation et d’aveuglement: «Parmi les sociétés humaines menacées prévaut un mode général de comportement, une tendance à s’affubler d’œillères au lieu de se concentrer sur la crise, bien en vain.» Cette attitude est celle qui sépare le savoir et la croyance : nous savons que la catastrophe (écologique) est possible, voire probable, mais nous refusons de croire qu’elle se produira.

L’écologie est-elle réactionnaire?, par André Gorz

 

Quand l’impossible devient normal

Souvenez-vous du siège de Sarajevo au début des années 1990: qu’une ville européenne «normale» de quelques 500.000 habitants se trouve encerclée, affamée, bombardée et terrorisée par des snipers pendant trois ans aurait semblé inimaginable avant 1992. Dans un premier temps, les habitants de Sarajevo ont cru que cette situation ne durerait pas. Ils comptaient envoyer leurs enfants en lieu sûr pendant une ou deux semaines, jusqu’à ce que les choses s’apaisent. Pourtant, très vite, l’état de siège s’est normalisé.

Ce même basculement de l’impossible au normal (avec un bref intermède de stupeur et de panique) se manifeste dans la réaction de l’establishment libéral américain face à la victoire de Trump. Il se manifeste également dans la manière dont les États et le grand capital appréhendent des menaces écologiques telles que la fonte de la calotte glaciaire. Les politiciens et les gestionnaires qui, récemment encore, écartaient la menace de réchauffement climatique comme un complot cryptocommuniste ou, du moins, comme un pronostic alarmiste et infondé, nous assurant qu’il n’y avait aucune raison de s’affoler, considèrent désormais le réchauffement climatique comme un fait établi, comme un élément normal.

En juillet 2008, un reportage de CNN, «The Greening of Greenland» («Le Groenland se met au vert»), vantait les possibilités ouvertes par la fonte des glaces: quelle aubaine, les habitants du Groenland vont désormais cultiver leur potager! Ce reportage était indécent en ce qu’il applaudissait les bénéfices marginaux d’une catastrophe mondiale, mais surtout parce qu’il associait la «verdure» du Groenland, conséquence du réchauffement climatique, à une prise de conscience écologique. Dans «La Stratégie du choc», Naomi Klein montrait comment le capitalisme mondial exploite les catastrophes (guerres, crises politiques, catastrophes naturelles) pour faire table rase des vieilles contraintes sociales et imposer son propre agenda. Loin de discréditer le capitalisme, la menace écologique ne fera peut-être que le promouvoir davantage.

 

Naomi Klein : "Il y a un choc frontal entre l'urgence climatique et l'idéologie de nos élites"

 

Battre sa coulpe

Paradoxalement, les tentatives mêmes de contrer d’autres menaces écologiques risquent d’aggraver le réchauffement des pôles. Le trou dans la couche d’ozone contribue à protéger l’Antarctique du réchauffement climatique. S’il était amené à se résorber, l’Antarctique pourrait bien rattraper le réchauffement du reste de la planète. De même, il est de bon ton de souligner le rôle décisif du «travail intellectuel» dans nos sociétés post-industrielles. Or, aujourd’hui, le matérialisme opère un retour de bâton, comme en témoigne la lutte pour les ressources raréfiées (nourriture, eau, énergie, minerai) ou la pollution atmosphérique.

Même lorsque nous nous disons prêts à assumer notre responsabilité, on peut y voir un stratagème visant à occulter leur véritable ampleur. Il y a quelque chose de faussement rassurant dans cette promptitude à battre notre coulpe. Nous culpabilisons bien volontiers car, si nous sommes coupables, c’est que tout dépend de nous, c’est nous qui tirons les ficelles, il suffit que nous modifions notre style de vie pour nous tirer d’affaire. Ce qu’il nous est plus difficile d’accepter, nous Occidentaux, c’est d’être réduits à un rôle purement passif d’observateur impuissant. Nous préférons nous lancer dans une frénésie d’activités, recycler nos papiers usagés, manger bio, nous donner l’illusion de faire quelque chose, apporter notre contribution, comme un supporter de foot bien calé dans son fauteuil, devant un écran de télé, qui croit que ses vociférations influenceront l’issue du match.

 

Arundhati Roy : “Le capitalisme fabrique des fantômes”

 

En matière d’écologie, le déni typique consiste à dire: «Je sais que nous sommes en danger, mais je n’y crois pas vraiment, alors pourquoi changer mes habitudes?» Mais il existe un déni inverse: «Je sais que nous ne pouvons pas faire grand-chose pour enrayer le processus qui risque de mener à notre perte, mais cette idée m’est tellement insupportable que je vais essayer, même si cela ne servira à rien.» Tel est le raisonnement qui nous pousse à acheter des produits bio. Nul n’est assez naïf pour croire que les pommes étiquetées «bio», à moitié pourries et hors de prix, sont plus saines. Si nous choisissons de les acheter, ce n’est pas simplement en tant que consommateurs, c’est dans l’illusion de faire un geste utile, témoigner de nos convictions, nous donner bonne conscience, participer à un vaste projet collectif.

 

Retour à la Mère Nature ?

Arrêtons de nous leurrer. L’airpocalypse chinoise montre clairement les limites de cet environnementalisme prédominant, étrange combinaison de catastrophisme et de routine, de culpabilisation et d’indifférence. L’écologie est aujourd’hui un champ de bataille idéologique majeur où se déploie toute une série de stratégies pour escamoter les véritables implications de la menace écologique:

1) l’ignorance pure et simple : c’est un phénomène marginal, qui ne mérite pas que nous nous en préoccupions, la vie (du capital) suit son cours, la nature se chargera d’elle-même;

2) la science et la technologie peuvent nous sauver;

3) le marché résoudra les problèmes (par la taxation des pollueurs, etc.);

4) insistance sur la responsabilité individuelle au lieu de vastes mesures systémiques: chacun doit faire ce qu’il peut, recycler, réduire sa consommation, etc.;

5) le pire est sans doute l’appel à un retour à l’équilibre naturel, à un mode de vie plus modeste et plus traditionnel par lequel nous renonçons à l’hybris humaine et redevenons des enfants respectueux de notre Mère Nature.

 

Pour résoudre la crise climatique, pourquoi ne pas manipuler le climat ?

 

Le discours écologique dominant nous interpelle comme si nous étions a priori coupables, en dette envers notre mère Nature, sous la pression constante d’un surmoi écologique: «Qu’as-tu fait aujourd’hui pour dame Nature? As-tu bien jeté tes vieux papiers dans le container de recyclage prévu à cet effet? Et les bouteilles en verre, les cannettes? As-tu pris ta voiture alors que tu aurais pu circuler à vélo ou emprunter les transports en commun? As-tu branché la climatisation au lieu d’ouvrir les fenêtres?»

Les enjeux idéologiques d’une telle individualisation sont évidents: tout occupé à faire mon examen de conscience personnel, j’en oublie de me poser des questions bien plus pertinentes sur notre civilisation industrielle dans son ensemble. Cette entreprise de culpabilisation trouve d’ailleurs une échappatoire facile: recycler, manger bio, utiliser des sources d’énergie renouvelables, etc. En toute bonne conscience, nous pouvons continuer notre petit bonhomme de chemin.

Mais alors, que devons-nous faire? Dans son dernier ouvrage, «Was geschah im 20. Jahrhundert» (non traduit en français), Sloterdijk dénonce la «passion du réel» caractéristique du siècle précédent, terreau de l’extrémisme politique qui mène à l’extermination des ennemis, et il formule des propositions pour le XXIe siècle: nous, êtres humains, nous ne pouvons plus minimiser les dommages collatéraux générés par notre productivité. La Terre n’est plus l’arrière-plan ou l’horizon de notre activité productive, mais un objet fini que nous risquons de rendre invivable par inadvertance.

Alors même que nous devenons assez puissants pour affecter les conditions élémentaires de notre existence, il nous faut reconnaître que nous ne sommes qu’une espèce parmi d’autres sur une petite planète. Cette prise de conscience appelle une nouvelle manière de nous inscrire dans notre environnement : non plus comme un travailleur héroïque qui exprime son potentiel créatif en exploitant ses ressources inépuisables, mais comme un modeste agent qui collabore avec ce qui l’entoure et négocie en permanence un degré acceptable de sécurité et de stabilité.

 

Tambora, le volcan qui a causé une catastrophe écologique mondiale

 

La solution : imposer une solidarité internationale

Le capitalisme ne se définit-il pas justement par le mépris des dommages collatéraux? Dans une logique où seul le profit importe, les dégâts écologiques ne sont pas inclus dans les coûts de production et sont en principe ignorés. Même les tentatives de taxation des pollueurs ou de mise à prix des ressources naturelles (y compris l’air) sont vouées à l’échec. Pour établir un nouveau mode d’interaction avec notre environnement, il faut un changement politico-économique radical, ce que Sloterdijk appelle «la domestication de la bête sauvage Culture».

Jusqu’à présent, chaque culture disciplinait ses propres membres et leur garantissait la paix civile par le biais du pouvoir étatique. Mais les relations entre différentes cultures et États restaient constamment menacées par une guerre potentielle, la paix n’était qu’un armistice temporaire. Hegel a montré que l’éthique d’un État culminait dans cet acte d’héroïsme suprême, la volonté de sacrifier sa vie pour la nation. En d’autres termes, la barbarie des relations interétatiques sert de fondement à la vie éthique au sein même d’un État. La Corée du Nord, lancée dans la course aux armements nucléaires, illustre bien cette logique de souveraineté inconditionnelle de l’État-nation.

 

Comment le discours médiatique sur l'écologie est devenu une morale de classe

 

La nécessité de civiliser les civilisations elles-mêmes, d’imposer une solidarité et une coopération universelles entre toutes les communautés humaines est rendue d’autant plus difficile par la montée de la violence sectaire et ethnique et par la volonté «héroïque» de se sacrifier (ainsi que le monde entier) au nom d’une cause. Surmonter l’expansionnisme capitaliste, établir une coopération et une solidarité internationales capables de générer un pouvoir exécutif qui transcende la souveraineté de l’État: n’est-ce pas ainsi que nous pourrons espérer protéger nos biens communs naturels et culturels? Si de telles mesures ne tendent pas vers le communisme, si elles n’impliquent pas un horizon communiste, alors le terme de «communisme» est vide de sens.

Slavoj Zizek
Traduit de l’anglais par Myriam Dennehy

Slavoj Zizek, bio express

Né en 1949, le philosophe Slavoj Zizek est devenu au cours des années 2000 une des figures de proue de la pop philosophique mondiale et du renouveau de l'idée communiste. Il a publié en 2015 "Moins que rien. Hegel et l'ombre du matérialisme dialectique" (Fayard) et "Quelques réflexions blasphématoires. Islam et modernité" (Jacqueline Chambon/Actes Sud).

 

D'autres textes signés Slavoj Zizek

 

 

Source : http://bibliobs.nouvelobs.com

 

 

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30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 13:39

 

 

Source : http://www.latribune.fr

 

 

La vérité sur les rémunérations des patrons du CAC40 en 2015 : 167,6 millions d'euros !

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La forte augmentation du package de Carlos Tavares paraît tout à fait légitime compte tenu du très fort rendement délivré par l'action PSA Peugeot Citroën en 2015 : 58,6%, le plus élevé de l'indice.

La forte augmentation du package de Carlos Tavares paraît tout à fait légitime compte tenu du très fort rendement délivré par l'action PSA Peugeot Citroën en 2015 : 58,6%, le plus élevé de l'indice. (Crédits : Reuters)

Notre enquête exclusive réalisée avec Facta donne le détail complet des rémunérations des dirigeants du CAC 40 en 2015 : au total 167,6 millions d'euros soit 4,2 millions en moyenne ! Surtout, notre document permet de croiser leurs "packages" avec la capitalisation et le rendement pour l'actionnaire. Une information précieuse pour mieux juger s'ils méritent ce qu'ils gagnent, à l'exemple de Carlos Tavares, dont le doublement du salaire a fait polémique.

L'ensemble des rémunérations attribuées au principal dirigeant exécutif dans les sociétés du CAC 40 a atteint 167,6 millions d'euros au titre de l'exercice 2015, soit une moyenne de 4,2 millions par dirigeant. La hausse est de 11,4% sur ces mêmes 40 sociétés par rapport à 2014, de 9% entre le CAC 40 de 2015 et celui de 2014, et de 6,8% si l'on s'en tient à la partie parfaitement comparable de l'échantillon. C'est-à-dire les 30 sociétés du CAC 40 qui étaient dans l'indice en 2014 et en 2015 et pour lesquelles il n'y a pas eu de changement de dirigeant en 2014-2015.

L'essentiel de l'écart entre ces niveaux de variation s'explique par le cas d'Olivier Brandicourt, le nouveau patron exécutif de Sanofi. La plus grosse capitalisation de l'indice a en effet également le dirigeant le mieux payé. Et comme Sanofi en a changé en 2015, celui-ci a bénéficié de différentes composantes de rémunération liées à son arrivée dans le groupe. Ce qui conduit à un package supérieur d'environ 8 millions d'euros à celui de son prédécesseur écarté fin 2014, Christopher Viehbacher.

L'hétérogénéité des rémunérations et de leurs composantes est en tout cas très forte dans ce palmarès des rémunérations du CAC 40, avec un écart de 1 à 16,9 pour le package total entre Martin Bouygues, le moins bien payé en 2015, et donc Olivier Brandicourt.

Bouygues - Martin Bouygues
16 759 875
Sanofi - Olivier Brandicourt (11)
9 529 426
LVMH - Bernard Arnault
9 149 680
L'Oréal - Jean-Paul Agon
7 246 350
Renault - Carlos Ghosn
5 730 242
Schneider Electric - Jean-Pascal Tricoire
5 337 508
Axa - Henri de Castries
5 241 600
PSA Peugeot Citroën - Carlos Tavares (13)
5 202 839,87
LafargeHolcim (1) (3) - Eric Olsen (8)
5 040 800
Gemalto (1) - Olivier Piou
4 854 360
Danone - Emmanuel Faber (7)
4 828 157
Capgemini - Paul Hermelin
4 763 479,38
ArcelorMittal (1) (2) - Lakshmi Mittal
4 737 360
Total - Patrick Pouyanné (12)
4 731 983
Airbus (1) - Thomas Enders
4 574 020
Air Liquide - Benoît Potier
4 282 000
Solvay (1) - Jean-Pierre Clamadieu
4 125 800
Essilor - Hubert Sagnières
3 917 500
Publicis - Maurice Lévy
3 892 875
Accor - Sébastien Bazin
3 861 467
Saint-Gobain - Pierre-André de Chalendar
3 750 000
Carrefour - Georges Plassat
3 624 700
Société générale - Frédéric Oudéa
3 587 256
BNP Paribas - Jean-Laurent Bonnafé
3 580 412
Technip - Thierry Pilenko
3 540 224
Kering - François-Henri Pinault
3 416 039
Vinci - Xavier Huillard
3 330 000
Valeo - Jacques Aschenbroich
3 213 600
Vivendi - Arnaud de Puyfontaine
3 095 692
Alcatel-Lucent - Michel Combes (5)
3 089 187
Engie - Gérard Mestrallet
2 798 919
Unibail-Rodamco - Christophe Cuvillier
2 468 000
Alstom (4) - Patrick Kron
2 376 975
Michelin - Jean-Dominique Senard
2 303 750
Veolia - Antoine Frérot
2 226 362
Pernod Ricard (4) - Alexandre Ricard (9)
1 800 909
Legrand - Gilles Schnepp
1 632 927
Safran - Philippe Petitcolin (10)
1 440 000
Orange - Stéphane Richard
1 386 984
Klépierre - Laurent Morel
1 134 032
Crédit Agricole - Philippe Brassac (6)
993 900
Bouygues - Martin Bouygues

Options et actions gratuites : merci Macron !

 

Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron lors des questions au gouvernement le 17 février 2015

Fait notable de l'année 2015, les rémunérations fixes des dirigeants restent très stables. Les comités des rémunérations semblent privilégier la stabilité de cette composante sur le long terme, qu'il n'est pas de bon ton de faire progresser alors qu'elle ne repose sur aucune condition de performance. D'ailleurs, Maurice Lévy n'a même plus de fixe chez Publicis !

Ce sont donc les composantes variables qui tirent les packages des dirigeants du CAC 40, et surtout les attributions d'options et d'actions gratuites. Tout se concentre en fait sur ces dernières, les options ayant beaucoup moins la cote aujourd'hui : les krachs passés, qui ont pu rendre sans valeur des plans entiers d'attribution d'options, ont laissé des traces. Par ailleurs, si les options continuent d'être très pénalisées aux plans fiscal et social, ça s'arrange pour les actions gratuites ! Dans sa loi de 2015, Emmanuel Macron a en effet largement adouci la taxation de ces produits que les entreprises cotées affectionnent tant : suppression d'une cotisation sociale exceptionnelle de 10% sur le gain d'acquisition, régime des plus-values au lieu de l'impôt sur les salaires pour ce revenu, taxation des entreprises en baisse et reportées de l'attribution à l'acquisition. On peut estimer que pour une attribution d'actions d'une valeur d'un million d'euros, la nouvelle fiscalité va faire économiser en moyenne environ 200.000 euros de prélèvements obligatoires au bénéficiaire et 150.000 euros à l'entreprise... « Va faire » et non « a fait », car a priori, sauf plan attribué sur décision d'une assemblée générale postérieure à la loi Macron de l'été dernier, c'est encore l'ancienne fiscalité qui s'est appliquée en 2015.

Ce qui n'a pas empêché un mouvement d'enthousiasme pour ces produits. L'enveloppe d'attributions d'options et d'actions 2015 aura été ainsi supérieure de 32% à celle de 2014 sur les 40 sociétés de l'indice. Avec là aussi un « effet Brandicourt ». Mais à périmètre strictement comparable, sur 30 sociétés, la hausse est encore de 19%, témoin de la popularité de ces instruments, que la fiscalité Macron va sans nul doute encore renforcer en 2016.

Dans un autre registre, 33 des 39 entreprises du CAC 40 pour lesquelles l'information est disponible ont mis en place des régimes de retraite supplémentaire bénéficiant à leurs dirigeants. Peu d'entre elles sont toutefois pleinement transparentes sur la valeur des rentes ainsi constituées, qui représentent souvent des montants colossaux. Comme avait pu l'illustrer « l'affaire Varin » : l'ancien dirigeant de PSA était pourtant sûrement dans la norme de ses pairs, mais le groupe avait eu le malheur d'être l'un des rares à chiffrer la valeur capitalisée du coût brut des rentes à verser...

Par ailleurs, une tendance nouvelle se fait jour pour les retraites des dirigeants : la constitution d'une épargne retraite dédiée par des versements de l'entreprise chaque année, avec là aussi des montants en millions d'euros, par exemple chez Schneider Electric (qui les détaille), à la place d'un traditionnel régime de retraites à prestations définies. La mauvaise réputation de ces régimes, du fait de l'impact de la hausse de l'espérance de vie sur les provisions à constituer, et leur pénalisation fiscale très forte par le législateur devraient encourager cette nouvelle pratique.

 

L'effet taille toujours important

Le lien entre la taille d'une entreprise et la rémunération de son principal dirigeant ne se dément pas. Comme l'illustre le graphique ci-dessous, les trois plus fortes rémunérations du CAC 40 en 2015 concernent par exemple trois des quatre premières capitalisations de l'indice. Attesté dans différents pays par des travaux d'économistes, ce lien s'explique assez naturellement. Les comités des rémunérations et leurs conseils externes vont avoir tendance à raisonner en entreprises « comparables » pour fixer la rémunération d'un dirigeant, et la taille de son entreprise va être une variable importante de cette analyse. Les plus grandes d'entre elles seront également plus enclines à aller chercher des pairs dans les pays anglo-saxons, où les rémunérations ont tendance à être encore bien plus élevées. Et une très grosse capitalisation signifie des entités / filiales de valeurs économiques déjà très importantes. Dont les patrons devront être rémunérés en conséquence, ce qui, là aussi, va tirer à la hausse l'échelle des rémunérations des dirigeants ultimes des groupes.

On notera à cette aune quelques patrons « sous-cotés », comme ceux de Total, BNP Paribas ou Orange. Inversement, Carlos Ghosn - par ailleurs rémunéré en parallèle pour ses fonctions chez Nissan - a une rémunération qui correspondrait davantage à une entreprise deux fois plus grosse en bourse.

 

Tavares méritait bien une grosse augmentation !

 Mais si la taille d'une entreprise va impacter la rémunération de ses dirigeants, beaucoup attendent surtout que celles-ci évoluent en fonction des performances des entreprises. Or ce lien, qui devrait présider notamment à la détermination des rémunérations variables et aux attributions d'actions et d'options, ne semble pas toujours fonctionner.

Il est bien sûr impossible de juger de la pertinence d'une rémunération sur la base d'un ou deux critères seulement. Mais du point de vue des actionnaires tout au moins - et d'une certaine façon aussi pour les salariés, via notamment leur actionnariat et/ou leur participation/intéressement -, l'évolution de la rémunération du patron ne devrait pas être trop divergente de celle du rendement de l'action la même année (même si le dividende versé se rapporte d'abord à l'exercice précédent).

Bien sûr, tout ceci est à relativiser. La bourse peut être exposée à une conjoncture qui n'a pas grand-chose à voir avec les performances des entreprises. Et ses variations peuvent affecter différemment certains secteurs, sans que cela soit la bonne mesure de la santé de chaque groupe.

Il n'empêche que si l'on s'en tient à la doxa de la finance contemporaine, les sorts des actionnaires et des dirigeants devraient être suffisamment liés. A ce titre, la forte augmentation du package de Carlos Tavares paraît tout à fait légitime compte tenu du très fort rendement délivré par l'action PSA Peugeot Citroën en 2015 : 58,6%, le plus élevé de l'indice. En revanche, si Martin Bouygues a lui été peu gourmand en matière de rémunération malgré la bonne performance de son groupe, la forte hausse du package de Thierry Pilenko chez Technip ou la quasi-stabilité de celui de Lakshmi Mittal semblent déconnectées des parcours boursiers de leur société en 2015.

Les tailles des ronds sont proportionnels à la valeur des packages attribués à chaque dirigeant. En orange, les sociétés pour lesquelles la comparaison entre 2014 et 2015 pose problème car le dirigeant n'est pas le même et / ou n'a pas été en fonction sur l'ensemble d'un des exercices. LafargeHolcim n'est pas pris en compte, la société n'existant pas sous cette forme sur l'ensemble de l'année 2015.

Avec désormais le pouvoir de se prononcer sur la rémunération du dirigeant de la société en assemblée générale (« say on pay »), les actionnaires ont la possibilité d'envoyer des messages forts aux managements des sociétés cotées. Et on le voit cette année, au Royaume-Uni notamment, ils commencent à se saisir de cette prérogative qui, si elle n'est pas décisionnelle, peut difficilement être ignorée.

 

______

 REFERENCES

 

(1) : société de droit étranger ne suivant pas la présentation Afep/Medef et/ou AMF des rémunérations

(2) : société présentant ses comptes en US dollars ; cours de change utilisé : 1 EUR = 1,0887 USD au 31/12/2015 ; effet de change dans la comparaison 2015 / 2014

(3) : société présentant ses comptes en francs suisses ; cours de change utilisé : 1 EUR = 1,0835 CHF au 31/12/2015 ; effet de change dans la comparaison 2015 / 2014

(4) : société à exercice décalé 2014/2015

(5) : dirigeant parti au 31 août 2015, valeur des options/actions attribuées en 2015 compensées par des paiements en 2015/2016, indemnité pour clause de non concurrence non prise en compte

(6) : dirigeant en fonction depuis le 20 mai 2015, pas de prise en compte de rémunérations dans une fonction préalable, comparaison avec son prédécesseur Jean-Paul Chifflet pour 2014

(7) : dirigeant en fonction depuis le 1er octobre 2014, comparaison avec son prédécesseur Franck Riboud pour 2014

(8) : fusion Lafarge Holcim effective au 10 juillet 2015 ; comparaison 2014 avec Bruno Lafont chez Lafarge

(9) : dirigeant en fonction depuis le 11 février 2015, mais prise en compte de ses rémunérations préalables comme directeur général délégué jusqu'à cette date ; comparaison avec son prédécesseur Pierre Pringuet pour 2014

(10) : dirigeant en fonction depuis le 24 avril 2015, pas de prise en comptes de rémunération dans une fonction préalable, comparaison avec son prédécesseur Jean-Paul Herteman pour 2014

(11) : dirigeant en fonction depuis le 2 avril 2015, pas dans le groupe auparavant, comparaison avec son prédécesseur Christopher Viehbacher pour 2014 (exercice incomplet)

(12) : dirigeant en fonction depuis le 22 octobre 2014, comparaison avec son prédécesseur Christophe de Margerie pour 2014 (exercice incomplet)

(13) : pour la comparaison 2014, membre du directoire jusqu'au 31 mars 2014, président du directoire depuis

________

METHODOLOGIE DE L'ENQUÊTE

Sociétés

Ont été prises en compte les sociétés du CAC 40 dans sa composition du 31 décembre 2015. Ce qui inclut PSA Peugeot Citroën et Klépierre, entrés en cours d'année 2015 à la place respectivement de Gemalto et EDF, mais pas Nokia, qui s'est substitué à Alcatel-Lucent en janvier 2016 ni Sodexo, qui a remplacé Alstom en mars 2016.

Dirigeants

Le dirigeant étudié est le principal dirigeant exécutif de chaque groupe : président-directeur général, président du directoire, directeur général... Par ailleurs, en cas de fonction occupée seulement sur une partie de l'année 2015, a été retenu le dirigeant qui l'avait occupée le plus longtemps au cours de l'année : Olivier Brandicourt chez Sanofi, Philippe Brassac au Crédit Agricole, Michel Combes pour Alcatel-Lucent, Philippe Petitcolin chez Safran et Alexandre Ricard pour Pernod-Ricard.

Rémunérations

Les rémunérations prises en compte sont présentées selon les catégories prévues par le code Afep/Medef et l'AMF, lorsque cette information est disponible : rémunération fixe due / versée, rémunération variable due / versée, jetons de présence, avantages en nature, valeur des options et actions attribuées. Les données sont celles issues des rapports des sociétés, généralement le document de référence.

Toutefois, pour les totalisations présentées, les avantages en nature n'ont pas été inclus. Il s'agit en effet d'éléments (voiture de fonction, assurance prévoyance...) qui par définition ne correspondent pas à des versements immédiats ou différés, contrairement aux autres catégories prises en compte, et pour lesquelles les sociétés n'ont pas toujours la même politique de transparence ou de comptabilité. Ces montants, faibles en comparaison des autres éléments de rémunération (au plus 70000 euros pour un dirigeant en 2015), ont donc été écartés des totalisations présentées (mais figurent dans le tableau détaillé). En revanche, les jetons de présence sont effectivement perçus par leurs bénéficiaires et sont donc pris en compte le cas échéant.

S'agissant des rémunérations variables pluriannuelles, avec différents critères de performance et parfois une référence directe au cours de l'action, elles ont été systématiquement rattachées aux rémunérations variables dues, quand bien même certaines sociétés souhaitent davantage les assimiler à des attributions d'options ou d'actions. Ces éléments de rémunération sont d'ailleurs a priori versés en cash, et non en actions assorties d'une période d'indisponibilité, contrairement aux options et aux actions gratuites.

Pour ces dernières, la valeur indiquée correspond à l'estimation en normes IFRS de l'avantage à sa date d'attribution, telle que présentée par la société. Mais il convient de prendre cette valeur avec prudence : elle n'est que l'estimation en probabilités d'un avantage futur, selon une modélisation toujours discutable. Et son montant effectif plusieurs années après l'attribution, lorsque les actions deviennent cessibles, peut être très différent pour le bénéficiaire, à la hausse comme à la baisse.

Si les 36 sociétés du CAC 40 suivant la présentation Afep/Medef et/ou AMF des rémunérations ont désormais adopté des normes relativement standardisées, l'information est de moins bonne qualité pour les quatre autres de droit étranger (Airbus et surtout ArcelorMittal, LafargeHolcim et Solvay).

Comme en 2014, Veolia n'indique pas la valorisation d'un instrument de rémunération en actions supposant un investissement de ses bénéficiaires : le package du dirigeant indiqué dans le document de référence (et donc dans les tableaux ci-dessus) est diminué d'autant.

Par ailleurs, à la date de cette étude, Carrefour n'avait pas encore publié son document de référence : seules les informations sur les rémunérations fixe et variable de Georges Plassat, communiquées séparément, sont donc connues.

Enfin, certains cas particuliers méritent attention et sont signalés par des notes de bas de page figurant au-dessus de cette section.

 

Données boursières

Les capitalisations et les performances des actions en 2015 ont été collectées sur Bloomberg. Il s'agit des capitalisations au 31 décembre 2015 et des rendements totaux pour les actionnaires de chaque action, c'est-à-dire sa variation sur l'année augmentée le cas échéant d'un dividende réinvesti.

S'agissant de l'alignement des intérêts des actionnaires et des dirigeants, principe fondateur dans les lignes directrices fixant les rémunérations des dirigeants d'entreprises cotées, c'est bien la rentabilité totale pour l'actionnaire qui apparaît le meilleur indicateur. En effet, les résultats financiers des entreprises sont plus difficiles à interpréter. En particulier, les normes IFRS peuvent entraîner un décalage important entre performance effective et résultat net publié. Cependant, la performance financière doit être d'abord rapprochée de celles des entreprises similaires, davantage qu'appréciée dans l'absolu ou même en variation d'une année sur l'autre.

 

 

Source : http://www.latribune.fr

 

 

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30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 13:26

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Le Smic est en berne, le CAC 40 est à la fête

Par Laurent Mauduit et Donatien Huet

 

 

Le Smic est revalorisé à compter du 1er janvier, mais seulement du montant résultant de l’obligation légale. À l’instar de Nicolas Sarkozy, François Hollande a renoncé à tout coup de pouce durant son quinquennat. Les rémunérations des PDG du CAC 40 continuent, elles, de flamber. Deux évolutions qui soulignent les dérives d’un capitalisme de plus en plus dérégulé.

 

C’est devenu une habitude depuis dix ans : d’abord sous la présidence de Nicolas Sarkozy, puis sous celle de François Hollande, le salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic) est chaque année revalorisé du montant correspondant à l’obligation légale, mais sans jamais plus bénéficier de coup de pouce. Ce sera donc de nouveau le cas ce 1er janvier 2017 : le Smic ne progressera que d’un montant dérisoire. Ce fameux salaire minimum prend d’ailleurs valeur de symbole : il résume à lui seul le caractère très antisocial du quinquennat crépusculaire qui est en train de se clore, très favorable aux hauts revenus, mais dur pour les plus modestes.

Un décret en date du 22 décembre dernier, signé par François Hollande et quelques-uns de ses ministres, et publié le lendemain au Journal officiel,  a confirmé la décision : « À compter du 1er janvier 2017 (…), le montant du salaire minimum de croissance est porté à 9,76 euros l'heure en métropole, en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique, à La Réunion, à Saint-Barthélemy, à Saint-Martin et à Saint-Pierre-et-Miquelon », contre 9,67 euros tout au long de l’année 2016, soit une majoration de seulement 9 centimes d’une année sur l’autre.

Concrètement, un smicard (travaillant 35 heures par semaine) va donc percevoir 1 480,27 euros brut mensuels en 2017, contre 1 466,62 euros brut mensuels en 2016, soit une majoration de seulement 13,65 euros par mois. Ce niveau correspond pour 2017 à un Smic net mensuel de 1 153 euros, en hausse de 11 euros. Une misère !..

 

...

...

...

...

...

Les rémunérations du CAC 40 en hausse de 11,4 % en 2015

L’injustice du sort réservé aux plus précaires est d’autant plus insupportable que, dans le même temps, les rémunérations des plus riches n’ont cessé durant les deux derniers quinquennats de progresser dans des proportions exponentielles.

Selon les chiffres compilés par le site de La Tribune et le bureau d’études Facta, les PDG des groupes du CAC 40 se sont partagé un montant record de 167,6 millions d'euros, soit 4,2 millions en moyenne chacun en 2015. Leur rémunération totale a progressé de 11,4 % par rapport à l’année précédente...

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

 

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29 décembre 2016 4 29 /12 /décembre /2016 15:46

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

La romancière turque Asli Erdogan obtient une libération provisoire ce 29 décembre

 
 
 
Pour ses écrits défendant les minorités, notamment les Kurdes, Asli Erdogan risque l'enfermement à perpétuité. Son procès et celui de huit autres accusés s'ouvre ce jeudi à Istanbul malgré une forte mobilisation internationale. La première décision du tribunal a été de la remettre en liberté sous contrôle judiciaire le temps du procès.

 

Asli Erdogan ici en France, en 2006 - SIPA

[Edit 16h] Le tribunal a décidé d'accorder une remise en liberté provisoire, sous contrôle judiciaire, à Asli Erdogan ainsi qu'à sept des autres accusés jugés ce jeudi. La romancière est restée derrière les barreaux, en détention préventive, durant 132 jours jusqu'à cette décision, après la fausse annonce de sa libération conditionnelle fin-novembre. Elle doit sortir ce jeudi en fin de journée. Le journaliste Inan Kizilkaya va en revanche rester emprisonné le temps du procès. La prochaine audience a été programmée en janvier.
 

>> Cet article a été publié une première fois ce 29 décembre au matin.

Elle risque la prison à vie. Comme des milliers de Turcs depuis la tentative de putsch du 15 juillet contre le président Erdogan, la physicienne et romancière engagée pour la défense des minorités de son pays, Asli Erdogan, est la cible d'une chasse aux sorcières. Son procès, ainsi que celui de huit autres personnes, s'ouvre ce jeudi 29 décembre à Istanbul. Elle est accusée de soutenir la rébellion pro-kurde du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan). C'est le chef d'accusation d'"appartenance à une organisation terroriste" qui peut lui valoir une peine d'emprisonnement à perpétuité. 

 

Mi-août, elle était arrêtée pour ses écrits dans un journal d'opposition pro-kurde, Özgür Gündem, tout comme une vingtaine de journalistes du média, fermé de force depuis. Avec elle sur le banc des accusés ce jeudi, des journalistes mais également Necmiye Alpay, linguiste et philosophe. 

Fausse libération

Fin novembre, et face à la forte mobilisation internationale, Asli Erdogan, 49 ans, avait brièvement été libérée par un tribunal turc. De la prison des femmes de Bakirköy, la romancière avait lancé un appel fier et déchirant à l'Europe :

 

"La situation est très grave, terrifiante. Je suis convaincue que le régime totalitaire en Turquie s'étendra inévitablement sur toute l'Europe. Une Europe qui est focalisée sur la crise des réfugiés et ne semble pas se rendre compte des dangers de la disparition de la démocratie en Turquie. Nous, auteurs, journalistes, Kurdes, alevis et, bien sûr, les femmes, payons le prix lourd de la crise de démocratie. L'Europe doit prendre ses responsabilités..."

Le cri d'Asli Erdogan a été relayé en France et en Europe par les écrivains, les journalistes, le Centre national du livre à Paris et plusieurs grandes associations littéraires. Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont signé une pétition appelant à sa libération.

L'enfant du malheur turc

Cette brune aux yeux inquiets sous des boucles batailleuses vit une tragédie qu'elle a décrite dans l'un de ses ouvrages, le Bâtiment de pierre, traduit et publié par Actes Sud, son éditeur français. La prison était alors au cœur de son texte.

Car Asli est l'enfant du malheur turc toujours recommencé. Elle a vu son père, un militant syndicaliste, arrêté lors du coup d'Etat militaire de 1980. Elle est hantée par l'enfermement et les tortures du passé. Exactement comme Orhan Pamuk, prix Nobel de littérature en 2006, décrivait, à la génération précédente, l'angoisse qui habitait les écrivains face à la démocratie impossible. Dans toute son œuvre, Asli reprend le fil du conte de bruit et de fureur craché par l'idiotie totalitaire : "J'écris la vie pour ceux qui peuvent la cueillir dans un souffle, dans un soupir. Comme on cueille un fruit sur la branche, comme on arrache une racine." Elle dit encore : "Je ne me sens chez moi qu'en écrivant."

Des dizaines de milliers de voix l'ont entendue mais les portes de la prison se sont à nouveau refermées sur elle fin novembre, le jour même, quelques heures à peine après l'annonce à la télévision turque de sa libération. Plus de libération conditionnelle pour la durée du procès à cause du chef d'accusation d'"appartenance à une organisation terroriste". C'est dans un état de santé inquiétant - la romancière souffre d'asthme et de diabète - que son incarcération s'est poursuivie jusqu'à l'ouverture de son procès, ce jeudi.

 

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

 

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29 décembre 2016 4 29 /12 /décembre /2016 15:27

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

Santé

Généralisation du tiers payant : qu'est-ce qui va changer le 1er janvier 2017 ?

 

 

Le tiers payant pour tous, ça commence dès le mois prochain. Mais de manière facultative. Il faudra en effet attendre novembre 2017 pour que l'ensemble des Français bénéficie de la dispense d'avance de frais chez le médecin de façon obligatoire. Alors, comment ça marche ? Qui est concerné ? La partie couverte par les mutuelles est-elle également prise en charge ? "Marianne" vous explique tout.

 

Bientôt terminées, les avances de frais chez le médecin ? Presque. Comme le prévoit la loi Santé, le tiers payant se généralise à partir du 1er janvier 2017, de manière facultative, et devient obligatoire en novembre. Cette dispense d'avance des frais remboursés par la Sécurité sociale était déjà appliquée par les pharmacies ou les laboratoires d'analyse mais peu par les médecins généralistes ou spécialistes. C'est ce qui va changer. 
 
Déjà appliqué à certaines allocations de santé générale (CMU-C, AME, ACS) ou exceptionnelle (accidents et maladie du travail, contraception pour mineure de moins de 15 ans...) bien avant la loi de Marisol Touraine, le dispositif a été élargi une première fois en juillet 2016. Onze millions de femmes enceintes et personnes touchées par une affection longue durée (ALD) ont alors pu bénéficier du tiers payant, si leurs praticiens l'acceptaient. Au 1er janvier 2017, c'est une vaste généralisation qui se met en place. 

 

 Qui est concerné ?

- Dès le mois prochain, tous les Français pourront le demander à leur médecin. Ce dernier étant libre d’accepter ou de refuser jusqu'en novembre 2017, lorsque la mesure deviendra obligatoire pour tous
 
- Le tiers payant appliqué aux femmes enceintes et allocataires de l’ALD (cancer, diabète, Alzheimer), jusqu'ici facultatif, devient obligatoire le 31 décembre 2016. Et ce n’est pas rien : en moyenne, une femme enceinte avance 640 € au cours de sa grossesse et une personne diabétique en ALD 1 100 € par an, selon le ministère.

 

► Comment en bénéficier ? 

A la fin d’une consultation, le patient doit être en mesure de présenter sa carte Vitale à jour, sur laquelle sont inscrits ses droits. Le médecin s'occupe de transmettre les informations de paiement à l'Assurance Maladie via une plateforme en ligne. 

 

► Je n’aurai vraiment plus rien à avancer ? 

Si. La généralisation du tiers payant ne s’appliquera pas à la part prise en charge par les mutuelles. Ainsi, le tiers payant "partiel" s’appliquera à la part “Sécu”, mais les Français devront toujours avancer les frais remboursés par leur mutuelle. Par exemple, pour un assuré lambda en consultation chez un généraliste, 70% du prix est directement payé par l'Assurance Maladie, soit le montant pris en charge par la "Sécu". Le reste doit être réglé par le patient. 
 
 
Autre restriction : les dépassements d’honoraires, non remboursés par la Sécu, toujours à la charge du patient. 
 
Exemple : sur une consultation classique à 23 euros, vous devrez toujours avancer 6,90 euros correspondant à la part de votre mutuelle. Ce à quoi il faut ajouter la franchise médicale d'un euro. Si le médecin pratique un dépassement d'honoraire avec une consultation à 43 euros, il vous faudra au total avancer 27,90 euros.
 
A noter que seuls les médecins "volontaires" pourront toujours vous proposer le "tiers payant intégral", couvrant à la fois la part "Sécu" et la part "Mutuelle". Pour cela, la mutuelle doit avoir passé une convention avec l'Assurance Maladie. 

 

► Va-t-il vraiment falloir attendre novembre ? 

Ne devenant obligatoire pour tous qu'au 1er novembre 2017, le tiers payant partiel restera d'ici là au bon vouloir des médecins pour une majorité d'assurés. Mais on peut s'attendre à ce que les professionnels de santé prennent le pli, anticipant le moment où le tiers payant deviendra obligatoire. D’après un rapport de la Direction générale de la Santé (DGS), le tiers payant a été appliqué dans 74% des cas pour les patients en ALD en octobre 2016, contre seulement 66% au début de l’année. Même évolution pour les femmes enceintes, le chiffre passant de 56% au 1er trimestre 2016 à 65% en octobre dernier. De quoi laisser entrevoir le même type de comportement pour l'ensemble des praticiens et des Français.

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

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      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



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