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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 14:36

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

La privatisation programmée de la Sécurité sociale

Par Laurent Mauduit
 
 
 

François Fillon a pour projet une privatisation de la Sécurité sociale. Il est allé piocher dans un rapport secret du Medef et une note de l’Institut Montaigne, dont le président, Henri de Castries, est un ami proche. L’ex-PDG d’Axa pourrait devenir ministre si le candidat Les Républicains accédait à l’Élysée.

 

Si l’on s’en tient aux déclarations de François Fillon, on peine à comprendre, s’il était le vainqueur de l’élection présidentielle, quelle réforme il engagerait pour la Sécurité sociale. Dans un premier temps, juste avant le second tour des primaires organisées par Les Républicains, il a tenu des propos radicaux, suggérant qu’il pourrait engager une privatisation du système le plus emblématique du modèle social français. Puis dès le lendemain du second tour, il a tenu des propos plus modérés, laissant comprendre que pour les plus modestes, cela ne changerait rien à leur couverture sociale et que la réforme ne figurerait pas dans les priorités qu’il comptait mettre en œuvre, sitôt installé à l’Élysée.

 

Dans cet embrouillamini de propos en apparence contradictoires, il n’est pourtant pas difficile de se repérer, si l’on a en mémoire les réflexions qui se mènent depuis plusieurs années dans certains cénacles de la droite et dans les milieux patronaux. C’est bel et bien une privatisation de la Sécurité sociale qui est en réflexion. Et il n’est pas très difficile de l’établir, tant il existe d’indices nombreux d’un « brainstorming » autour de ce projet, conduit par François Fillon et certains de ces milieux patronaux qui sont proches de lui. C’est comme une longue marche vers la privatisation, engagée depuis longtemps, qui serait en passe de bientôt aboutir…

 

Reprenons d’abord le fil des déclarations récentes de François Fillon. Lors du débat sur TF1 et France 2, le jeudi 24 novembre, juste avant le second tour des primaires, il a clairement présenté ce que serait son projet. Et parmi de nombreuses autres propositions (franchise universelle, etc.), il a ainsi annoncé ce que serait le cœur de sa réforme : elle s’appliquerait « en focalisant l'assurance-maladie notamment sur les affections graves ou de longue durée : le panier de soins solidaire ; et l'assurance complémentaire sur le reste : le panier de soins individuel » (lire Pour «casser la baraque», le projet-gourdin de Fillon).

 

Passablement obscures pour le commun des mortels, ces formulations étaient décryptées le lendemain par Les Échos, dans un article au sein duquel la parole était aussi donnée à Dominique Stoppa-Lyonnet, porte-parole santé de François Fillon, et professeur de génétique à l'université Paris-Descartes. Explication du quotidien : « Il s'agit d'un thème récurrent à droite : à la Sécurité sociale de payer le risque “lourd”, tandis que le marché peut se débrouiller avec le risque “léger”. Mais personne n'a jamais réussi à définir chacune de ces catégories – à part les affections de longue durée, par exemple le diabète, le cancer, l'insuffisance rénale sévère. Dominique Stoppa-Lyonnet évoque parmi les risques légers “le désordre digestif temporaire, la grippe – encore qu'une grippe peut être dramatique”, et explique que “tout cela sera à définir en concertation”. “La solidarité ne peut pas tout prendre en charge. L'optique, le dentaire, les audioprothèses n'ont pas à être financés par l'assurance maladie de base”. »

 

Et Les Échos ajoutaient : « Pour les complémentaires santé, la perspective d'un élargissement de leur marché est une bonne nouvelle. D'autant plus que François Fillon n'est pas favorable à l'encadrement actuel des tarifs et de l'offre des contrats dits responsables, selon Dominique Stoppa-Lyonnet. Mais alors, comment éviter les abus tarifaires, les couvertures indigentes ? D'une part, le candidat entend mettre en place “un régime spécial de couverture accrue” pour les personnes les moins favorisées, peut-être sur le modèle de l'actuelle couverture maladie universelle. D'autre part, il créerait une “Agence de contrôle et de régulation de l'assurance-santé privée”, bénéficiant d'une délégation de service public, pour définir un contrat-type “parfaitement lisible pour les assurances privées avec une variable : le prix”. “Nous ne donnerons pas un blanc-seing aux assureurs complémentaires”, promet la porte-parole. »

 

En clair, le quotidien mettait bien en évidence la gravité du projet : il s’agit bel et bien d’une privatisation, au moins partielle, de l’assurance maladie puisqu’une partie des risques, dits les plus « légers », serait  couverte par les mutuelles ou les assureurs privés, les maladies les plus graves et les plus coûteuses restant à la charge d’un système solidaire.

 

Une privatisation d’autant plus préoccupante que la solidarité ne jouerait donc plus pour des besoins de santé pourtant majeurs comme l’optique ou les soins dentaires ; et que les tarifs médicaux cesseraient d’être encadrés. En somme, la couverture sociale serait moindre et sans doute plus coûteuse : un danger immense pour les assurés sociaux les plus modestes, et une aubaine pour les assureurs privés.

 

Et puis le lundi suivant, au lendemain de sa victoire au second tour des primaires, François Fillon, qui était invité du « 20 heures » de France 2, a semblé sinon faire machine arrière en tout cas vouloir surtout rassurer ceux que son projet aurait pu alarmer. Il a ainsi promis qu’il voulait « que les personnes les plus modestes et âgées » soient « mieux remboursées qu'aujourd'hui », que ce soit par le biais de l'assurance maladie ou des mutuelles. « Je veux tout de suite arrêter cette polémique sur “moins bien rembourser”, moi ce que je veux, c'est sauver la Sécurité sociale », a-t-il assuré.

 

Niant qu’il voulait privatiser l’assurance maladie, il a annoncé qu’il allait « travailler avec les professions de santé, avec les responsables de l'assurance maladie, avec tous ceux qui ont un rôle dans ce domaine, pour travailler à un projet qui doit être un projet permettant l'équilibre de la Sécurité sociale mais améliore la couverture des soins en particulier pour les plus modestes. »

 

Il ne faut pourtant pas être dupe de ces déclarations. C’est bel et bien une privatisation à laquelle pense François Fillon. Et pas une privatisation partielle, comme le suggèrent la plupart des décryptages parus dans la presse, dont celui des Échos. Non ! Une privatisation totale, ouvrant l’immense marché de l’assurance maladie aux géants de l’assurance privée, qui en rêvent depuis des lustres...

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

 

Lire aussi

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 00:47

 

 

Source : http://www.liberation.fr

 

 

Tribune

Quand les multinationales forcent la porte des collèges

 

 
 

 

A la Défense, à Paris.

A la Défense, à Paris. REUTERS

Des professeurs d'un collège du Tarn dénoncent les intrusions des entreprises telles que Nestlé, Total ou Microsoft sous la forme de «kits pédagogiques». Avec l'idée d'inculquer des comportements de consommateur aux individus dès leur plus jeune âge.

 

Début octobre 2016, dans un collège du Tarn, les enseignants apprennent que leur établissement pourra participer au concours organisé par Total pour les établissements scolaires pour promouvoir l’énergie solaire ! On pense immédiatement à Coca-Cola, responsable en grande partie du fléau de l’obésité au Mexique, qui a fait don aux écoles de fontaines à eau potable.

Le pragmatisme, comme l’efficacité, est l’argument de tous ceux qui acceptent sans broncher ces intrusions qui rompent pourtant les digues qui protègent l’école publique des intérêts partisans, religieux mais aussi économiques.

 

Kits et espaces pédagogiques

Cette multinationale est loin d’être la seule à vouloir forcer la porte des écoles, tant nos élèves représentent un enjeu essentiel comme futurs consommateurs. Pour ne citer que quelques exemples, la fondation Nestlé a un «espace pédagogique» en ligne et propose des kits pédagogiques sur l’alimentation et la cuisine, de même que la fondation Louis Bonduelle.

Colgate propose un «programme scolaire» autour de l’hygiène bucco-dentaire et l’on apprend sur leur site que «120 000 enfants sont déjà inscrits par leur professeur» à ce programme. Le kit pédagogique de Bonne Maman propose des recettes à faire en classe avec les produits de la marque, tandis que McDonald’s s’intéresse au sponsoring sportif, et qu’Engie amorce une offensive avec des projets pédagogiques clé en main au moment où les compteurs Linky sont contestés…

Ces tentatives d’inculquer des comportements de consommateur aux individus dès leur plus jeune âge ne sont pas nouvelles (il faut se souvenir du scandale des Baby Killers en Afrique dans les années 1970) mais ce qui nous inquiète aujourd’hui, c’est leur prolifération.

 

L’Education nationale et Microsoft

Sans doute que la digue a été ouverte avec l’accord conclu entre le ministère de l’Education nationale et Microsoft fin 2015. Le plan numérique dans l’Education nationale est une véritable manne pour les multinationales : non seulement nous n’avons pas de service public du numérique, mais notre ministère s’est aussi refusé à promouvoir les logiciels libres.

Sachant aussi que nous ne produisons pas d’ordinateurs en France, nous serions tout à fait curieux de savoir combien de milliards d’argent public dépensés pour l’équipement des établissements scolaires ont servi à soutenir la croissance des multinationales.

Plus que le pragmatisme, nous sommes désormais face à un non-choix : un professeur a de fait un double contrat, avec l’Etat mais aussi avec Microsoft. Et on l’incite à utiliser avec ses élèves Facebook, Twitter… en oubliant que ce sont des multinationales au même titre que Coca-Cola, McDonald’s, Amazon ou… Total.

Au plus haut sommet de l’Etat, la digue a donc cédé et rien ne protège désormais nos établissements de l’avenir que les multinationales ont rêvé pour eux : des vitrines commerciales et des professeurs ambassadeurs qui seront légion pour peu qu’on leur propose quelques rétributions puisqu’il est de notoriété publique que les salaires des enseignants français sont les plus bas d’Europe.

Comme de hasard, ces kits pédagogiques arrivent dans le contexte de la réforme du collège avec la mise en place des EPI (enseignements pratiques interdisciplinaires) pour lesquels les enseignants n’ont pas été formés (et aucun horaire supplémentaire ne leur est accordé pour mettre en musique cette interdisciplinarité). Ce que le ministère n’a pas anticipé, Total l’a fait, la multinationale propose un «EPI – clé en main et conforme aux nouveaux programmes» (sic).

Pour compléter le tableau, il faut savoir que la réforme des collèges implique le renouvellement de tous les manuels scolaires, or les finances de l’Etat ne peuvent le permettre. De nombreuses disciplines ne sont donc pas pourvues en manuels d’enseignement et devront attendre les rentrées suivantes. Il s’agit notamment des SVT, de la physique-chimie, de la technologie. C’est justement aux enseignants de ces disciplines que s’adresse le «Kit Total Solar Expert». N’est-ce pas merveilleux ?

Valérie Brun, Patricia Combarel, Liêm-Khê Luguern, Pascal Pragnère et Laurent Rouzière, professeurs d’histoire-géographie, d’anglais et de mathématiques dans l'enseignement secondaire

 

 

 

Source : http://www.liberation.fr

 

 

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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 00:31

 

Source : http://next.liberation.fr

 

En Grande-Bretagne, il y a des animaux morts dans les billets de banque

 

Par Pierre Carrey
 
 

Les défenseurs de la cause animale exigent le retrait des nouveaux billets de cinq livres, qui contiennent de la graisse de bœuf et de mouton.

Mark Carney, gouverneur de la Banque d'Angleterre, présente le nouveau billet de cinq livres, le 13 septembre 2016 à Londres.

Mark Carney, gouverneur de la Banque d'Angleterre, présente le nouveau billet de cinq livres, le 13 septembre 2016 à Londres. Photo Stefan Wermuth. AFP

 

Encore une histoire d’argent qui engraisse. En Grande-Bretagne, les nouveaux billets de banque de cinq livres (5,9 euros), en circulation depuis deux mois, suscitent la colère des défenseurs de la cause animale parce qu’ils contiennent du suif, c’est-à-dire de la graisse de bœuf ou de mouton. La Banque royale du Royaume-Uni cherchait un matériau innovant, sans papier, afin d'améliorer la résistance des billets à l'eau et décourager les faussaires. Mais, lundi, elle a admis qu’il y avait aussi des animaux morts à l’intérieur. Plus exactement, «des traces de suif dans les plastiques polymères utilisés dans le substrat de base du polymère pour les billets de cinq livres».

Une pétition a été lancée, exigeant le retrait de ces petites coupures. «C’est inacceptable pour des millions de vegan, végétariens, Hindous, Sikhs, Jaïs et autres [citoyens] au Royaume-Uni, dit le texte signé déjà signé par plus de 20 000 personnes en moins d’une journée. Nous demandons que cesse l’utilisation de produits animaux dans la fabrication de monnaie dont nous faisons usage.»

La banque royale a pour sa part prévu de continuer sa fabrication de billets en polymère entre l'été prochain et 2020, incluant les billets de 10 et de 20 livres.

 

De la graisse animale aussi dans les frites ou le savon

Les billets de banque rejoignent la liste des nombreux objets de la vie quotidienne problématiques pour les protecteurs des animaux. On trouve ainsi du suif dans certaines préparations alimentaires, allant du bain de friture (c’est là le secret des très bonnes frites belges) aux pâtisseries (notamment en Grande-Bretagne avec le christmas pudding ou en Espagne avec l’équivalent des viennoiseries). La graisse animale recueillie dans les abattoirs est également le constituant de base de nombreux savons, bougies, lubrifiants et sacs plastiques. Mêmes les boules de nourriture déposées dans les cabanes à oiseaux en hiver renferment du suif. Sans parler des produits cosmétiques généralement peu «vegan friendly» et des tonneaux de bière qui utilisent de la graisse de poisson. Ou encore des cigarettes qui mettent du sang de porc dans leur filtre…

La plupart du temps, la composition n’est pas mentionnée ou les étiquettes sont difficiles à comprendre. Dans certains pays, comme la Grande-Bretagne, les associations vegan sont assez puissantes pour apposer leur logo sur les produits sans ingrédients d’origine animale et il est alors possible de faire ses achats en connaissance de cause. Pour ce qui concerne les billets de banque, il sera plus difficile de ne pas se salir les mains.

Pierre Carrey

 

 

Source : http://next.liberation.fr

 

 

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30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 23:59

 

Source : http://www.rtl.fr

 

La visite au médecin du travail aura lieu tous les cinq ans

 

Selon le projet de décret de la loi Travail, la visite médicale aura désormais lieu tous les cinq ans, quatre pour les salariés sur des postes à risques.

Un médecin (illustration)

 

 

La visite médicale aura lieu tous les cinq ans, quatre pour les salariés sur des postes à risques, selon le projet de décret de la loi Travail, dont l'AFP a obtenu copie. Des décrets de 2012 avaient déjà assoupli à deux ans la périodicité de la visite médicale. À partir du 1er janvier, seuls les travailleurs exposés à des postes à risques (exposition à l'amiante, plomb, agents cancérogènes, mutagènes, toxiques, biologiques, rayonnements ionisant, risque hyperbare) bénéficieront d'une visite médicale d'embauche.

Pour tous les autres salariés, cette visite d'embauche sera supprimée et remplacée par une simple "visite d'information et de prévention", selon ce projet, dévoilé par le site d'information Actuel-RH. Elle doit intervenir avant la fin de la période d'essai mais dans un délai n'excédant pas trois mois après l'arrivée du salarié dans l'entreprise. Une nouvelle visite a lieu "dans un délai n'excédant pas cinq ans", quatre pour les salariés sur des postes à risque.

 

 

Source : http://www.rtl.fr

 

 

 

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30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 23:49

 

 

Aux personnes, groupes, collectifs, syndicats, et organisations du mouvement social.
3 décembre, journée de partage et d’élaboration, d’échange et de fête, de 14h à minuit au Royal occupé ! 13 rue Boussayrolles quartier Gare.

 

 

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Aux personnes, groupes, collectifs, syndicats, et organisations du mouvement social

Lors de son Assemblée du 22 octobre, l’AG Populaire – Nuit Debout a affirmé sa volonté d’abandonner sa forme actuelle et d’amorcer sa mue. Nous vous invitons donc à créer ensemble un espace de luttes et de débats.

Pour se faire, l’assemblée a pris la décision d’organiser une journée de partage et d’élaboration, d’échange et de fête le 3 décembre de 14h à minuit au Royal (13 rue Boussayrolles).

Au programme de cette journée et dans la continuité de nos pratiques d’auto-organisation et de démocratie directe, nous vous proposerons des ateliers, une AG, de l’info et de la bonne humeur.

Toutes les dynamiques seront les bienvenues. Cet espace sera ce que nous en ferons.

Contre leur monde, seule la lutte paie !

Les participant-e-s à l’AG populaire – Nuit Debout du 22 octobre

Programme prévisionnel (plus de détails à venir) :

  • 14h : accueil et lancement de la journée

AG plénière : présentation et validation du programme

Historique du mouvement social depuis mars 2016 à Montpellier : aspects très factuels illustrés par des éléments visuels issus du book (archivage et présentation de tous les faits et productions de l’AG pop ND)

  • 15h – 16h30 : Echanges en petits groupes : bilan et envies de suite(s)
  • 16h30 – 17h30 : AG plénière : restitution des débats par groupe + synthèse : est-ce qu’on continu une forme d’organisation collective de lutte ?

Si non => on peut fêter ensemble la fin de l’Ag et continuer à échanger de façon informelle jusqu’au repas partagé et concert

Si oui => 18h- 19h : ateliers d’élaboration de la suite (thématiques, besoins…)

  • 19h-20h : AG plénière de synthèse des débats et de prise de décisions
  • 20h- 21h30 : apéro offert par l’AG pop ND puis repas partagé des mets amenés par chacun-e
  • 21h30 : concert !

 

 

Source : https://lepressoir-info.org/spip.php?article622

 

 

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30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 20:10

 

C'est reparti pour douze jours dans quatre pays (Suisse, Belgique, Algérie et France), résolument loin des trompettes médiatiques et des paillettes du pouvoir (merci pour le bouche à oreille). A moins ? A moins qu'un jour prochain, je finisse, comme beaucoup, par retourner ma veste :

BERNARD-HENRI YOULOUNTAS

Ouais, non, je sais : ça colle pas. J'ai pas le look de l'emploi. Manquent la perruque, la chemise blanche à grand col, les mimiques, la poudre au nez, les grands gestes, le portefeuille de winner, le regard de killer... Faut vraiment que j'y bosse, et vite : plus que quatre ans pour avoir une Rolex avant la ligne d'arrivée des cinquante piges !

Bon, en attendant cette normalisation indispensable, probablement saluée par une soirée petits-fours dans un ministère, les félicitations de Cazeneuve ou même de Valls en personne, une flûte de Veuve Clicquot à la main, et deux premiers rendez-vous avec mes nouveaux amis Calvi et Barbier, j'ai encore quelques dates à vous annoncer. Les dernières dans ma vie d'avant mon imminente béhachélisation (à moins que renaudisation me convienne mieux si je me rapproche plutôt de Fillon).

Bref, voilà mes ultimes rendez-vous en tant qu'utopiste has-been, après un dernier tour à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes (où Sid* m'a pris en photo aux côtés de son chien fétiche Léo) :
- PORRENTRUY (Suisse) mercredi 30 novembre à 19h
"Ne vivons plus comme des esclaves" + débat (entrée gratuite)
- ST-IMIER (Suisse) jeudi 1er décembre à 20h
"Je lutte donc je suis" (nouvelle version) + débat (tarifs Espace Noir)
- PERCY (France, Isère) vendredi 2 décembre à 20h
"Je lutte donc je suis" (nouvelle version) + débat (prix libre)
- BRUXELLES (Belgique) dimanche 4 décembre de midi à 22h
8 heures contre la dette illégitime, ouverture à midi avec Eric Toussaint, j'interviendrai à 14h30, programme très riche :
http://www.cadtm.org/8-heures-contre-la-dette
Inscription recommandée (prix libre) : inscriptions@cadtm.org
- ALGER (Algérie) mardi 6 décembre à 19h30
"Je lutte donc je suis" (nouvelle version) + débat (entrée gratuite)
- ALGER (Algérie) mercredi 7 décembre à 19h (rattrapage)
"Je lutte donc je suis" (nouvelle version) + débat (entrée gratuite)
Festival International du cinéma d'Alger http://www.ficinema.dz/fr
- TAILHAC (France, Haute-Loire) vendredi 9 décembre à 20h
"Je lutte donc je suis" (nouvelle version) + débat (prix libre)
- STE-SIGOLÈNE (France, Haute-Loire) samedi 10 décembre à 17h
"Je lutte donc je suis" (nouvelle version) + débat (tarifs ciné)
- LE-PUY-EN-VELAY (France, Haute-Loire) samedi 10 déc. à 20h
"Je lutte donc je suis" (nouvelle version) + débat (tarifs ciné)

Tous les détails sont ici :
http://jeluttedoncjesuis.net/spip.php?article16
Bande-annonce de "Je lutte donc je suis" :
https://www.youtube.com/watch?v=p9tMjHBHbYo
Contact : Maud 06 18 26 84 95 ou maud@jeluttedoncjesuis.net

Bon, j'arrive à la frontière Suisse... Que c'est beau toutes ces banques !

Yannis Youlountas

- - - - - - -

* Sid fait partie des musiciens-interprètes avec lesquels je prépare actuellement les chansons pour notre troisième film. Quoi ? Vous ne connaissez pas Sid ? Ah oui, c'est vrai, lui aussi n'a pas encore retourné sa veste. Tenez, voilà une de ses chansons que j'écoute souvent sur la route :
https://www.youtube.com/watch?v=IvnS0quhvdc (vous reconnaitrez la pomme de son chien Léo)
Et une autre qui parle de nos souvenirs communs, il y a deux ans dans le Tarn :
https://www.youtube.com/watch?v=kteJTllWPuI (séquence nostalgie)
En savoir plus sur Sid :
http://blogyy.net/…/mon-coup-de-coeur-sur-les-routes-musica
Sid, qu'est-ce que tu dirais d'aller faire un tour à Courchevel, puis St-Trop' l'année prochaine ?

 

 

 

 

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30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 19:23

 

 

Source : http://www.cadtm.org

 

 

De la COP21 à la COP22, les grandes entreprises continuent à peser lourdement sur les négociations climatiques

30 novembre par Olivier Petitjean

 

 

De la COP21 à la COP22, les grandes entreprises continuent à peser lourdement sur les négociations climatiques

30 novembre par Olivier Petitjean

 

Tout comme la COP21 il y a un an à Paris, la 22e Conférence internationale sur le climat qui vient d’avoir lieu au Maroc aura été marquée par le poids des multinationales et de leurs « solutions ». Cette présence et les débats qu’elle suscite révèlent les différences de fond et les points aveugles qui persistent derrière le consensus apparent de l’Accord de Paris. Agriculture, finance verte, business des renouvelables, influence des industries fossiles... : tour d’horizon des controverses sur le rôle des multinationales dans la COP22.

La 22e Conférence internationale sur le climat s’achève à Marrakech. Moins médiatisée que la COP21, elle constitue un premier rendez-vous crucial pour donner corps à l’Accord international sur le climat signé à Paris un an plus tôt. Si les objectifs affichés par la communauté internationale sont relativement clairs et consensuels – maintenir le réchauffement global des températures sous la barre des 2ºC et si possible de 1,5ºC –, les moyens de les atteindre le sont beaucoup moins.

À l’occasion de la COP21, l’Observatoire des multinationales avait mis en lumière la place importante et souvent problématique des multinationales au sein de la conférence (voir en particulier nos enquêtes sur le salon Solutions COP21, le lobbying autour de la COP et les véritables politiques climatiques des entreprises françaises). Cette année encore, les grandes entreprises sont très présentes à Marrakech. Y compris les multinationales françaises, dont dépend en partie l’économie marocaine, qui considèrent le royaume chérifien comme un tremplin vers le reste de l’Afrique.


Derrière le consensus apparent

La signature de l’Accord de Paris a marqué le point d’orgue d’un mouvement sans précédent en faveur du climat, avec des effets indéniablement positifs : l’essor sans précédent des énergies renouvelables, la remise en cause du charbon et des autres énergies fossiles. Reste la face sombre. Le rôle privilégié accordé aux mécanismes de marché et au secteur privé, plutôt qu’aux pouvoirs publics, aux citoyens et à la régulation, pose question. Comme la promotion de technologies (agrocarburants, capture-séquestration du carbone, agriculture climato-intelligente, compensation carbone...) qualifiées de « fausses solutions » par la société civile. Leurs bénéfices pour le climat sont extrêmement douteux. Ces technologies vont souvent de pair avec un contrôle accru des intérêts économiques sur les ressources naturelles (terres, forêts), notamment dans les pays du Sud. Autant de sujets qui sont au cœur de la COP22 de Marrakech, et qui pourraient miner d’avance toute chance d’atteindre les objectifs fixés à Paris.

L’« élan » cristallisé par l’Accord de Paris n’est pas non plus à l’abri de reculs. L’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis vient le rappeler. La bataille se joue également au sein de l’Union européenne – désormais plus intéressée à promouvoir le gaz que les renouvelables – et des Nations-unies elles-mêmes. Le blocage politique créé par l’élection de Donald Trump pourrait même renforcer la position des multinationales et de tous ceux qui pensent qu’elles sont les seules à détenir les solutions à la crise climatique. Le secrétaire d’État américain John Kerry a ainsi déclaré – après que 360 multinationales américaines aient solennellement demandé au nouveau président élu de ne pas remettre en cause l’Accord de Paris – que les « forces de marché » suffiraient à garantir la continuité de la lutte contre le changement climatique malgré Donald Trump...

La question de la place des grandes entreprises et des intérêts privés prend un relief particulier du fait que le pays hôte est le Maroc. Principal exportateur mondial de phosphates, l’État marocain entretient des liens étroits avec l’agriculture industrielle. La holding de la famille royale marocaine est aussi un acteur majeur de l’énergie dans le pays, et prévoit d’étendre ses activités dans le reste de l’Afrique. La mort récente d’un jeune pêcheur, broyé par une benne à ordures suite à une dispute avec la police, a entraîné des manifestations dans tout le pays, qui mettent en lumière les carences démocratiques du régime. Une manière de rappeler que la question du climat est aussi une question de justice et d’inégalités. Le poids des multinationales sur la politique climatique internationale doit aussi se juger à cette aune.

Tour d’horizon de quelques lignes de front de cette bataille qui se joue à plusieurs niveaux dans le cadre de la COP22 et au-delà.

- L’agriculture africaine, ligne de front climatique
- Le secteur de l’eau lorgne sur la manne de la finance verte
- Engie, partenaire commercial de la royauté marocaine
- Quand les géants des énergies fossiles participent aux négociations
- Union européenne : le gaz aux dépens des renouvelables
- Doutes sur la finance verte


L’agriculture africaine, ligne de front climatique

Beaucoup d’acteurs institutionnels ont insisté sur le fait que la COP22 serait à la fois « la COP africaine » et « la COP de l’agriculture ». De fait, Marrakech constitue une nouvelle étape dans une bataille dont dépend l’avenir de l’Afrique rurale. D’un côté, on trouve les partisans d’une industrialisation agricole, avec ses semences industrielles hybrides, ses OGM, engrais et pesticides, et d’une exploitation accrue des ressources naturelles. Selon eux, c’est la solution la plus efficace pour répondre au défi alimentaire voire énergétique via la biomasse, les agrocarburants et la compensation carbone. De l’autre, on trouve les défenseurs des droits des populations rurales et de l’agroécologie, pour qui la préservation et le développement de l’agriculture paysanne sont à la fois plus justes et plus efficaces en termes de souveraineté alimentaire et pour la préservation du climat. Pour caricaturer : d’un côté les petites exploitations paysannes et l’agroforesterie, de l’autre les grandes plantations et les réserves de biomasse gérées pour le compte des multinationales.

Les institutions internationales dédiées à l’Afrique comme la Banque africaine de développement, particulièrement présentes à Marrakech, misent résolument sur une « révolution verte » basée sur l’industrialisation et sur un usage accru des engrais chimiques. Le Maroc, principal producteur et exportateur mondial de phosphates, est directement intéressé au développement des engrais de synthèse sur le continent malgré leur impact climatique.

Du fait de ces débats, la Conférence de Marrakech, les avancées concrètes sur ce sujet seront faibles. Cela pourrait laisser le champ libre aux multiples « initiatives » portées par les multinationales et leurs partenaires – gouvernements, institutions internationales ou grandes ONG – qui font la part belle aux « solutions » technologiques des grandes entreprises : la Nouvelle alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition lancée par le G7 |1|, l’Alliance pour une agriculture climato-intelligente (voir notre enquête), ou l’Adaptation de l’agriculture africaine (AAA) lancée par le Maroc lui-même et soutenue notamment par le groupe Avril-Sofiprotéol du président de la FNSEA Xavier Beulin, de même que par le fonds Livelihoods lancé par Danone.

« Cette multiplication des initiatives en parallèle des négociations officielles, en plus d’en complexifier le suivi, en fait le terrain de jeu idéal pour les fausses solutions et le verdissement de pratiques pourtant nuisibles au climat, explique Anne-Laure Sablé, chargée de campagne au CCFD-Terre solidaire. Alors qu’on a assisté à des blocages dans les discussions sur l’agriculture, il est inquiétant de voir ces initiatives continuer à se développer, hors de tout cadre. »

Pire encore : les terres agricoles d’Afrique et d’ailleurs seraient menacées par l’expansion des mécanismes de compensation carbone. Déjà mis en œuvre pour les forêts, le principe contesté de la compensation sera désormais étendu aux terres, considérées comme des « puits de carbone ». Cela incitera les gros pollueurs à prendre le contrôle de vastes surfaces dans les pays du Sud, particulièrement celles dont les utilisateurs traditionnels sont vulnérables, pour se dédouaner à bon compte de leur responsabilité climatique. Une coalition de 50 ONG et mouvements paysans a lancé un appel dénonçant un risque d’aggravation des phénomènes d’accaparement des terres.


Le secteur de l’eau lorgne sur la manne de la finance verte

Autre enjeu pour les grands groupes agro-industriels à Marrakech : attirer les financements publics et privés dédiés à l’adaptation au changement climatique. Sans garde-fous appropriés, cette notion élastique d’« adaptation » peut servir aussi bien à protéger les populations et leurs moyens de subsistance qu’à financer l’industrialisation agricole et les solutions technologiques promues par les multinationales. Selon une analyse publiée par Attac Maroc et le CADTM, le lancement de l’initiative AAA a pour objectif de « capter l’argent du Fonds Vert Climat ».

L’agro-industrie n’est pas la seule à tenter de se ménager une part du gâteau. Les géants français Suez et Veolia espèrent aussi attirer une partie de ces financements, en mettant en avant leurs solutions de gestion des ressources en eau. Coïncidence, les dirigeants de Suez ont réalisé plusieurs entretiens dans la presse française à l’occasion de la conférence. « Nos technologies, comme le dessalement, qui permet d’obtenir de l’eau douce avec l’eau de mer, peuvent en effet résoudre une partie des problèmes liés au réchauffement climatique », n’a pas hésité à déclarer Jean-Louis Chaussade, le DG de Suez, dans l’un de ces entretiens. Ces technologies sont aussi coûteuses, d’où la proposition de réserver une partie des 100 milliards de dollars du Fonds vert à la question de l’eau.

Au-delà de leur cœur de métier traditionnel d’approvisionnement urbain et d’assainissement, les géants français de l’eau cherchent à se positionner sur le marché de la gestion des ressources en eau à grande échelle et pour les acteurs industriels et agro-industriels. Une manière de trouver dans la crise climatique de nouvelles opportunités de « croissance », alors qu’une approche basée sur la prévention et la conservation des ressources serait sans doute moins coûteuse et plus efficace. Pour Suez et Veolia, c’est aussi une occasion de re-légitimer la gestion privée de l’eau à un moment où elle est battue en brèche, y compris au Maroc. Les deux firmes y assurent la gestion déléguée des services de l’eau et de l’électricité dans plusieurs grandes villes – Casablanca pour Suez, Tanger-Tétouan et Rabat-Salé pour Veolia – et y essuient les critiques des citoyens marocains ainsi que de la Cour des comptes.


Engie, partenaire commercial de la royauté marocaine

S’agissant du Maroc et de son gouvernement, difficile de distinguer ce qui relève de l’intérêt général et des intérêts économiques privés, car le roi Mohammed VI baigne en plein conflit d’intérêt. La Société national d’investissement (SNI), holding de la famille royale, joue ainsi un rôle central dans l’économie du pays, et en particulier dans l’énergie. À l’occasion de la COP22, le Maroc n’a pas manqué de vanter ses nombreux projets dans le secteur des énergies solaire et éolienne. Des projets qui sont quasi systématiquement mis en œuvre par une entreprise privée, Nareva, filiale de la SNI... Comme le souligne un article d’Orient XXI, le roi Mohammed VI – dont la fortune est désormais estimée à 5 milliards de dollars – intervient donc à la fois en tant que chef de l’État, responsable de la nomination des agences chargées de superviser le secteur des renouvelables, et en tant que chef d’entreprise remportant presque immanquablement, en partenariat avec des industriels étrangers, des appels d’offres passés par ces mêmes agences…

Côté français, Engie a noué les relations les plus étroites avec la holding de la famille royale. Elle s’est notamment associée à Nareva pour construire le parc éolien de Tarfaya, présenté comme le plus important d’Afrique avec une capacité de 300 MW. Mais aussi – en contradiction avec les déclarations d’Engie sur sa conversion à la transition énergétique – pour construire une nouvelle centrale électrique au charbon à Safi, une ville portuaire éloignée des circuits touristiques qui souffre déjà de l’impact de l’industrie des phosphates et du ciment. En plus de ses émissions de CO2, la centrale de Safi utilisera des quantités massives d’eau de mer pour son refroidissement. Elle risque de porter le coup de grâce aux écosystèmes marins qui faisaient naguère de Safi le premier port de pêche du pays.

Ces derniers mois, Engie a multiplié les annonces et les initiatives au Maroc, comme celle d’un programme d’amélioration de l’efficacité énergétique de mosquées ou encore le projet d’une « ville durable » au milieu du désert |2|. Et, surtout, Engie a noué une alliance stratégique avec Nareva pour développer de nouveaux projets énergétiques au Maroc et, à terme, dans le reste du continent africain (Égypte, Côte d’Ivoire, Sénégal, Ghana et Cameroun, selon leur communiqué de presse conjoint).

Le Maroc a également lancé un vaste programme solaire , avec tout d’abord la centrale Noor 1 à Ouarzazate, inaugurée en février 2016. Sur une superficie de 460 hectares, cette centrale produit actuellement 160 MW et devrait atteindre 580 MW à terme. Bien qu’elle ait été unanimement saluée par la presse comme un succès sans nuance, cette centrale soulève néanmoins de nombreuses questions sur les droits des populations locales (qui n’ont reçu qu’une compensation minimale pour les terres dont elles ont été privées, sous prétexte qu’il s’agissait de désert alors qu’elles étaient en fait utilisées comme pâturage) et sur l’utilisation massive d’eau qu’elle implique dans une région semi-aride |3|.

D’autres centrales solaires ou parcs éoliens géants sont projetées sur le territoire marocain - y compris plusieurs dans le territoire du Sahara occidental occupé par le Maroc depuis les années 1970. Selon l’ONG de soutien au peuple Sahraoui Western Sahara Resource Watch, les projets menés au Sahara occidental représentent au moins un quart du programme d’investissement marocain dans les renouvelables. Selon l’ONG, ces projets énergétiques « verts » ont pour objectif d’alimenter en électricité les mines et autres installations industrielles destinées à « piller » les ressources naturelles du Sahara occidental, alors même que la souveraineté du Maroc sur ce territoire n’est pas reconnue par l’ONU.

Pour atteindre ses objectifs ambitieux en matière de développement des renouvelables, le Maroc mise donc sur des projets industriels à très grande échelle et fortement capitalisés. Soutenus à bout de bras par les institutions financières internationales, ils bénéficient principalement à une entreprise contrôlée par la famille royale. Parallèlement, le royaume continue par ailleurs à développer toutes les énergies fossiles, comme en témoigne la construction de la centrale charbon de Safi et le « plan gaz » annoncé il y a deux ans. Le gouvernement marocain envisage même, à terme, de se lancer dans le nucléaire. L’essor du solaire et de l’éolien dans le royaume tient donc beaucoup à une stratégie de développement énergétique tous azimuts, avec pour perspective d’exporter une bonne partie de l’électricité produite, et non pas tant à une stratégie de transition énergétique.


Quand les géants des énergies fossiles participent aux négociations

La présence des intérêts industriels dans le cadre de la COP22 ne se réduit pas à la promotion de leurs « solutions » en marge du sommet. Leur influence s’exerce aussi à l’intérieur même de l’espace des négociations intergouvernementales. Le système des « observateurs » mis en place par les Nations-unies ménage en effet une place aux « organisations non gouvernementales » - une catégorie qui peut aussi bien inclure des associations écologistes que des institutions de recherches ou des organisations professionnelles. Les multinationales, y compris les majors du pétrole et du charbon, profitent à plein de cette ouverture. Une analyse réalisée par l’ONG américaine Corporate Accountability International (voir l’infographie ci-dessous) montre comment ExxonMobil, Chevron, Total ou BP sont en mesure de participer indirectement à la COP via des associations professionnelles comme l’Association mondiale du charbon, le lobby européen de la chimie ou encore l’IPIECA, association mondiale du secteur pétrolier pour les questions environnementales.

Shell est même directement présente dans l’enceinte de la COP22 via le statut d’observateur reconnu à sa fondation d’entreprise. (C’est le cas aussi pour la fondation BNP Paribas, alors que la banque est l’un des principaux financeurs des énergies fossiles au niveau mondial.) Pour Corporate Accountability International, ainsi que pour plusieurs gouvernements du Sud qui ont tenté en vain de mettre de l’ordre dans ce système, cette présence relève du conflit d’intérêts : les mêmes entreprises pétrolières ou charbonnières qui sont les principales responsables de la crise climatique sont autorisés à participer aux discussions internationales, alors qu’elles ont un intérêt avéré à empêcher ou modérer toute action ambitieuse dans ce domaine. Pour mettre fin à ces abus, les militants du climat invoquent l’exemple de d’une autre convention-cadre des Nations unies, celle portant sur le contrôle du tabac, qui a mis en place des règles très strictes pour empêcher la participation de lobbyistes des industriels du tabac à leurs discussions. Une pétition appelant à appliquer le même système à la Convention cadre des Nations unies sur le changement climatique a été signée par plus de 500 000 personnes.


Union européenne : le gaz aux dépens des renouvelables

Et l’Europe dans tout ça ? Le temps paraît loin où elle pouvait apparaître comme un leader au niveau international en termes d’ambition climatique. La Commission européenne semble actuellement beaucoup plus préoccupée de sécurité énergétique que de climat, en raison des tensions géopolitiques avec la Russie et plus généralement des conséquences de la libéralisation du secteur de l’énergie sur le vieux continent. Et la solution qu’elle privilégie n’est pas d’accélérer la transition énergétique ou de renforcer le contrôle politique de ce secteur stratégique, mais plutôt un développement massif du gaz à travers des grandes infrastructures de gazoducs comme le « Corridor Sud » ou des terminaux méthaniers destinés à importer du gaz de schiste en provenance des États-Unis (lire notre enquête en deux parties sur cette Europe du gaz : De la mer Caspienne à la Méditerranée, un projet de gazoduc géant symbolise les reniements de l’Europe et Comment la Commission et les industriels voudraient imposer le gaz (de schiste) aux Européens).

L’une des explications de renoncement climatique tient peut-être, comme souvent à Bruxelles, aux relations étroites entretenues par la Commission européenne avec les industriels. Une analyse réalisée par l’ONG bruxelloise Corporate Europe Observatory montre ainsi que depuis leur entrée en fonctions il y a deux ans, les deux commissaires européens en charge de l’énergie et du climat, l’espagnol Miguel Arias Cañete et le slovaque Maroš Šefčovič, ont consacré près de 80% de leurs rendez-vous officiels à des représentants du secteur privé, contre moins de 20% à des ONG ou des syndicats. Parmi ces représentants du secteur privé, on comptait une majorité écrasante d’entreprises ou d’associations professionnelles investies dans les énergies fossiles, à commencer par le gaz, comme les groupes énergétiques Iberdrola, BP, Shell, Engie, E.on et Statoil, ainsi que Trans Adriatic Pipeline, le consortium en charge d’une partie du gazoduc Corridor Sud, ou encore Eurelectric, le lobby européen des producteurs d’électricité. Dans ces conditions, « il n’y a rien de surprenant à voir la Commission pousser au développement de toujours plus d’infrastructures gazières », estime Pascoe Sabido du Corporate Europe Observatory. « Il ne peut pas y avoir de véritable transition tant que ceux qui sont en charge de définir les politiques climatiques fricotent avec les gros pollueurs. »

Doutes sur la finance verte

Pour mettre en œuvre les objectifs de l’Accord de Paris, et aider les pays du Sud à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et s’adapter aux conséquences de la crise climatique, beaucoup mettent leurs espoirs sur la finance climatique, ou « finance verte ». Le secteur est aujourd’hui en pleine effervescence et aiguise beaucoup d’appétits. Cependant, en l’absence de critères rigoureux sur ce qui est réellement bénéfique pour le climat, la finance verte peut donner lieu à tous les abus. En témoigne le précédent de l’« obligation verte » lancée par Engie en 2014, qui aura surtout servi à boucler le financement du mégabarrage de Jirau, en Amazonie, largement critiqué pour ses impacts destructeurs et dont les bénéfices climatiques paraissent maigres (lire notre enquête). Au-delà de ce cas extrême, le site web FossilFreeFunds.org montre que la plupart des sociétés de gestion et des fonds financiers qui se réclament du climat et des investissements « décarbonés » ont en réalité une empreinte carbone équivalente ou supérieure à celle des fonds classiques. En ce qui concerne la transparence, là encore, on retrouve aussi les travers habituels de la finance. Une étude de la coalition « AdaptationWatch », réunissant ONG et institutions de recherches, a récemment sonné l’alarme sur le faible niveau de transparence des flux financiers publics et privés entre Nord et Sud mobilisés au nom du climat.

La Bourse de Paris, à travers son organisation promotionnelle Paris Europlace (présidée par Gérard Mestrallet, patron d’Engie), cherche activement à se positionner sur le créneau de la finance verte et a co-organisé avec la Bourse de Casablanca un « Climate Finance Day » quelques jours avant la COP22. Mais les banques et autres institutions financières qui lorgnent ainsi sur le filon de la finance verte ont-elles réellement rompu avec leurs habitudes de soutien aux énergies fossiles ? Les grandes banques françaises ont toutes annoncé des mesures de réduction de leur financement du charbon – la principale source mondiale de gaz à effet de serre -, voire d’exclusion de certains projets ou de certaines entreprises spécialisées dans ce secteur d’activité. Mais les organisations écologistes comme les Amis de la terre questionnent la portée réelle de ces engagements, dans la mesure où ces mêmes banques continuent de fait à financer des projets de nouvelles centrales charbon, comme le Crédit agricole en Indonésie ou la Société générale en République dominicaine (lire le récent rapport publié par Banktrack, les Amis de la terre et d’autres ONG sur l’état des engagements des grandes banques internationales dans le secteur du charbon).

Quand @BNPParibas dit s'engager à blacklister les entreprises du de son portefeuille-clients / elle en vire 20, elle en garde 480 !

 

Quant à BNP Paribas, de loin la banque française la plus investie dans les énergies fossiles, elle continue malgré ses annonces pour la COP21 et la COP22 à soutenir financièrement l’entreprise polonaise PGE, l’une des dernières à vouloir développer le charbon en Europe. « Un an après la COP21, on s’aperçoit que, non seulement les mesures adoptées par les banques sont insuffisantes pour répondre à l’urgence climatique, mais surtout, qu’elles tardent à être mises en œuvre », commente Lucie Pinson, chargée de campagne Finance privée aux Amis de la Terre.

Entre promotion d’une « finance verte » aux contours mal définis et continuité du soutien aux énergies fossiles, la position de BNP Paribas résume à elle seule les limites et les risques de l’engagement des multinationales pour le climat.



Photos : Takver CC (une) ; Unido CC ; Banque mondiale CC ; Philippe Roos CC ; Amis de la terre.


Source : Multinationales.org
— -

 

Notes

|1| Lire les critiques des ONG françaises.

|2| Engie et Nareva ont également co-organisé plusieurs conférences dans le cadre de la COP22, notamment sur le prix du carbone et l’efficacité énergétique.

|3| Lire à ce sujet l’analyse détaillée de Hamza Hamouchene, qui se demande si « un simple passage de l’énergie fossile à l’énergie renouvelable, tout en restant dans le cadre capitaliste de marchandisation et privatisation de la nature au profit de quelques-uns » constitue une réponse adéquate à la crise climatique.

 
 

Olivier Petitjean

En charge de l’Observatoire des multinationales. Passe son temps à surveiller le CAC 40, non pour jouer en bourse, mais pour en mesurer l’impact écologique et social. A côtoyé les mouvements de solidarité internationale et l’édition. Entre France et Nouvelle-Zélande.

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30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 18:47

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

courrierinternational.com

Le site qui vous aide à disparaître d’Internet

 

 

Si vous souhaitez vous retirer de Facebook, quitter Twitter, abandonner vos contacts Linkedin ou vos abonnés Instagram, ce site devrait vous faciliter la tâche. Créé par deux développeurs Suédois, Deseat.me permet aux internautes de disparaître ou plutôt de réduire leurs traces en ligne.

Il suffit pour cela d’entrer son compte Google, à partir duquel Deseat.me va trouver tous les comptes en ligne associés à cette adresse (l’utilisation d’un protocole OAuth garantit à l’utilisateur que Deseat.me n’a pas accès aux données de connexion). L’internaute peut enfin supprimer chaque compte en quelques clics.

 

 

Adieu pinboards, images et macramés ; adieu Pinterest. cc @Tristan_Brtloot pic.twitter.com/kcZWC4ACuR

 

 

Avec deseat.me, le travail est plus simple. Il fouille et trouve vos comptes à supprimer et vous fait une petite liste. /v @LucieRonfaut pic.twitter.com/Dnt0wPwUfA

 

Dans la continuité du grand ménage numérique, des sites du type Unroll.me permet aux internautes de se débarrasser rapidement des newsletters (ou de les condenser en un seul envoi).

 

« Marie Kondo du numérique »

Disparaître d’Internet ? Mi-octobre, un journaliste racontait comment il s’était transformé en Marie Kondo du numérique (Marie Kondo est l’auteure d’un best-seller sur le rangement). Sur Twitter, puis sur Libération, il décrivait son « retrait progressif du Web ».

«  Sans surprise, les comptes des grandes boîtes américaines sont les plus faciles à fermer. On trouve rapidement un lien pour télécharger ses données. En trois clics on est débarrassé  », retraçait-il. «  Sur d’autres plateformes plus confidentielles, c’est plus artisanal. Mail à envoyer à une adresse contact. Ou pire, courrier en papier, avec photocopie de pièce d’identité.  »

Le journaliste rappelait que les entreprises derrière ces comptes en ligne utilisent et monnayent en quelque sorte nos données : «  En m’ôtant de tous ces sites que j’utilise peu ou pas, j’aide à redonner la juste valeur aux entreprises qui les exploitent.  »

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Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

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30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 18:33

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

Procès de la "chemise arrachée" à Air France : 3 peines de prison avec sursis, 2 relaxes et 10 amendes

 

 

 

 

Le tribunal correctionnel de Bobigny a condamné, ce mercredi 30 novembre, 3 ex-salariés d'Air France poursuivis pour violences, dans l'affaire de la "chemise arrachée", à 3 à 4 mois de prison avec sursis. Deux ont été relaxés pour les mêmes faits. Dix autres employés ou ex-salariés se sont quant à eux vus infligés 500 euros d'amende pour dégradations.

 

 

 

3 à 4 mois de prison avec sursis pour trois ex-salariés, militants de la CGT, et deux relaxes. Le verdict dans le procès de la "chemise arrachée" à Air France a été rendu, ce mercredi 30 novembre, par le tribunal correctionnel de Bobigny. Outre ces trois condamnations pour violences, dix employés et ex-salariés, poursuivis pour dégradations, se sont vus infligés une amende de 500 euros.

Une décision qui permettra peut-être de mettre fin au long feuilleton qui acommencé le 5 octobre 2015 lors de la présentation, aux représentants du personnel d’Air France, d’un plan de restructuration menaçant à l’époque 2.900 emplois.

 

Pris à parti par les salariés en colère au siège d'Air France, sur le site de l'aéroport parisien Roissy-Charles-de-Gaulle, les directeurs des ressources humaines et de l'activité long courrier, Xavier Broseta et Pierre Plissonnier, bousculés, avaient alors vu leurs chemises déchirées au contact de la foule.

Les images de la scène, filmées, ont ensuite rapidement fait le tour du monde, quitte à occulter le contexte dans lequel les violences se sont inscrites. Ce contexte, les accusés l’ont donc longuement rappelé, à la barre, au cours de l’audience.

 

 

 

Casse sociale et violences chez Air France

Mais pour le procureur, il a surtout été question ce jour-là d’une "opération de casseurs, de voyous" - terme également utilisé par le Premier ministre Manuel Valls – plutôt que d’une "opération syndicale". Les parties civiles déplorant elles aussi cette tentative "d’ériger les victimes en coupables". Douze des accusés ont quant à eux regretté, par la voix de leur avocate, Me Lilia Mhissen, "un dossier bâclé" et la volonté de trouver à tout prix des "boucs émissaires".

Prévu en mai dernier, en plein mouvement de protestation contre la loi Travail, le procès avait été reporté à fin septembre afin de juger les faits "sereinement". Les cinq salariés licenciés risquaient jusqu'à trois ans de prison et 45.000 € d’amende.

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

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Source : https://www.francebleu.fr

 

 

Procès de la "chemise arrachée" : trois salariés d'Air France condamnés à de la prison avec sursis

 

Par Marina Cabiten, France Bleu Paris Région et France Bleu mercredi 30 novembre 2016 à 10:14 Mis à jour le mercredi 30 novembre 2016 à 12:22

 

 

 

Pierre Plissonnier, le responsable de l'activité long-courrier d'Air France, avait notamment été malmené en octobre 2015.

Pierre Plissonnier, le responsable de l'activité long-courrier d'Air France, avait notamment été malmené en octobre 2015. © AFP - KENZO TRIBOUILLARD

 

Les images de deux dirigeants d'Air France, l'un torse nu, l'autre la chemise en lambeaux, avaient fait le tour du monde : trois salariés de la compagnie aérienne ont été condamnés ce mercredi à trois ou quatre mois de prison avec sursis.

Les salariés d'Air France ont été fixés sur leur sort, ce mercredi. Trois d'entre eux, des militants CGT, ont été condamnés par le tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis) à des peines de trois ou quatre mois de prison avec sursis pour violences. Deux autres ont été relaxés. Dix prévenus mis en cause pour dégradations volontaires ont été reconnus coupables et condamnés à des amendes de 500 euros chacun.

 

Des images qui ont marqué

5 octobre 2015. Dans un contexte social tendu, la direction présente aux représentants du personnel un plan de restructuration qui menace 2.900 emplois. Alors que plus de 2.000 salariés de l'entreprise manifestent, une centaine d'entre eux parviennent à forcer la grille d'accès.

Dans un mouvement de foule, deux directeurs sont malmenés, ainsi que des vigiles chargés de leur protection. Xavier Broseta, le DRH d'Air France à l'époque, et Pierre Plissonnier, le responsable du long-courrier, avaient dû fuir sous les huées, torse nu pour le premier, la chemise en lambeaux pour le second. Vues "1,4 milliard de fois dans le monde entier" et particulièrement "humiliantes" pour les intéressés, les images des deux cadres escaladant un grillage pour échapper à leurs assaillants avaient fait le tour du monde.

 

 

 

"Boucs émissaires"

L'avocate de onze des prévenus, Lilia Mhissen, a jugé "scandaleuses" ces condamnations. Elle "conseillera" à ses clients de faire appel. Les représentants de la compagnie aérienne ont, à l'opposé, exprimé leur "satisfaction" de voir la "culpabilité" des prévenus "reconnue". "Cette décision permet de clore le triste épisode" du Comité central d'entreprise d'Air France du 5 octobre 2015, a estimé l'entreprise dans un communiqué.

A l'issue d'une enquête fondée notamment sur l'exploitation des images de la vidéosurveillance et des médias, quinze personnes, dont sept adhérents de la CGT, avaient été renvoyés devant le tribunal correctionnel.

 

 

Source : https://www.francebleu.fr

 

 

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30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 18:25

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

Tribune

Santé et sécurité sociale : les incohérences du programme Fillon

 
 

 

Chevènementiste, cardiologue et ancien enseignant d'économie de la santé au CNAM, Elie Arié tient également un blog sur Marianne.net : .

 
 
Avec son programme, François Fillon ne fait pas que rompre avec le principe de solidarité et de redistribution de la Sécurité sociale. Il démontre également l'insuffisance de sa réflexion quant aux conséquences catastrophiques en matière de santé publique.

 

 

Dans le projet de politique de santé de François Fillon, il y a deux aspects :

 

1 - Un aspect clairement politique revendiqué et voulu, que tout le monde a compris d’emblée :

 
  • Pour réduire les dépenses publiques de santé, François Fillon propose d'augmenter la dépense privée en transférant la prise en charge des soins courants (hors hospitalisation et affections graves) aux assurances complémentaires (à but lucratif ou pas -mutuelles- peu importe). Ce principe rompt avec celui de la solidarité et de la redistribution, qui sont ceux de la Sécurité sociale : la cotisation n’y dépend plus des revenus et augmente avec l'âge et la charge de famille, et le remboursement des soins dépend du niveau de protection du contrat souscrit.

  • De plus François Fillon souhaite instaurer, pour la Sécurité sociale, une « franchise médicale universelle en fonction des revenus » : mais les personnes appartenant aux classes moyennes, bien portantes, ayant une bonne hygiène de vie et sans risque génétique connu, ne voudront alors plus payer deux fois pour leur santé : une fois la Sécurité sociale au titre de la solidarité avec les personnes ayant une maladie grave et avec les très pauvres - alors que la Sécurité sociale ne ne leur remboursera plus pratiquement aucun soin - et une deuxième fois leur assurance complémentaire de plus en plus chère pour eux et leur famille. Elles en viendront logiquement à réclamer la fin du monopole de la Sécurité sociale. Et ce sera la fin du modèle solidaire et redistributif, qui a fini par être généralisé à tous les résidents légaux sur le territoire français en 2000, avec la création de la CMU.

 

2 - Mais aussi un aspect qui semble relever d’une réflexion insuffisante sur ses conséquences catastrophiques non-anticipées :

  • Personne n’a jamais pu définir la frontière entre « maladie grave» et « bobologie » : mais on sait que la majorité des maladies graves correspondent à des petits symptômes ou à des facteurs de risque non traités à temps : la bonne équilibration d’une hypertension ou d’un diabète, des consultations de tabacologie pour tenter d’arrêter de fumer, qui ne seront plus pris en charge par la Sécu, donneront lieu à davantage d’infarctus et d’accidents vasculaires cérébraux, qui, eux, resteront dans les « maladies graves » ; des troubles digestifs persistants (« bobologie ») pourront conduire à des investigations découvrant un cancer qui, traité plus tôt, aura plus de chances de guérir et coûtera moins cher, etc. On pourrait multiplier les exemples à l’infini, pour démontrer que la négligence des « petits soins » aggravera la facture de la Sécurité sociale pour les « maladies gaves ». Et c’est pourquoi les systèmes de soins efficaces et aux dépenses les mieux maîtrisées sont ceux qui encouragent le plus la consultation au médecin de premier recours (en général le généraliste), notamment par l’absence d’avance de frais (ce fameux tiers payant dont nos généralistes ne veulent pourtant pas, et que tous les candidats de la droite se sont engagés à supprimer), par un bilan annuel systématique de l’état de santé, par des objectifs chiffrés de résultats médicaux à atteindre, etc.

 

Or, transférer cette responsabilité aux assurances complémentaires revient à les rendre beaucoup plus chères, et à en priver nécessairement un nombre considérable de résidents en France : on sait, en effet, que la mise en concurrence des payeurs entraîne automatiquement une hausse considérable de leurs frais de gestion : en moyenne, 6 % pour la Sécurité sociale, contre 15 à 20 % pour les complémentaires, qui sont tenues de consacrer 10 à 15 % de leur budget au marketing et au démarchage d’adhérents (chacun de nous voit bien de quelle façon il est quotidiennement assailli de publicité et d’appels téléphoniques en ce sens.)

François Fillon a beau dire qu’une aide au paiement des complémentaires sera mise en place pour les plus défavorisés (), cela n’empêchera pas un nombre croissant d’assurés de s’en trouver privés : c’est en fait très exactement le modèle d’assurance-santé américain qui se mettra en place : primes très élevées, croissance des dépenses non maîtrisée ( 17 % du PIB, la plus élevée au monde), systèmes publics d’aide aux plus défavorisés (Medicaid) et aux retraités (Medicare- ce qui, notons-le, n’existe pas en France, où les adhérents d’une complémentaire d’entreprise en perdent le bénéfice en partant à la retraite – précisément à l’âge où les soins de « bobologie » deviennent de plus en plus importants), et un pourcentage important de citoyens de la classe moyenne sans aucune couverture (échec du plan Obamacare qui visait à sa généralisation).

Or, il n’y a aucune raison, sinon idéologique, pour s’inspirer du modèle américain (sinon d’élargir le marché des assurances privées, mais ne faisons pas des procès d’intention aux conseillers de François Fillon, tels qu’Henri de Castries, ancien dirigeant du groupe AXA) ; la Sécurité sociale française maîtrise assez bien ses dépenses, et pourrait le faire encore mieux si on considère celle de l’Allemagne, qui y consacre, comme la France, 11 % de son PIB, et qui est...bexcédentaire ! Pourquoi donc, sinon par idéologie, préférer s’inspirer de ce qui marche mal, tant financièrement que médicalement ?

 

On attend vainement le candidat à la présidentielle qui proposera les deux seules mesures permettant d’avoir une assurance-santé généralisée, solidaire, médicalement efficace et aux dépenses maîtrisées :

  1. Intégrer, comme en Allemagne, les professionnels de santé à sa gestion, ce qui les responsabilisera financièrement ;

  2. Ne prendre en charge que les seuls démarches diagnostiques et thérapeutiques validées pour leur efficacité, à l’instar du système public américain des Veterans, financé par l’impôt (ministère de la Défense) et dont le succès médical et financier fait l’objet d’une conspiration du silence.

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

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