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17 décembre 2016 6 17 /12 /décembre /2016 22:02

 

Source : http://soligrecsnimes.collectif-citoyen.fr

 

L’Eurogroupe rallume la mèche avec la Grèce sur la question de la dette

 

L’Eurogroupe a décidé, mercredi, de suspendre les quelques mesures d’allègement de la dette grecque décidées dix jours plus tôt. En cause : de timides mesures, visant les catégories les plus démunies, introduites par le gouvernement Tsipras. Une fois de plus, l’Allemagne s’oppose au FMI sur le cas grec.

Si certains considéraient que le gouvernement Tsipras n’avait pas suffisamment été assommé à l’été 2015, ils ont aujourd’hui de quoi se réjouir. Alors que Syriza au pouvoir applique une austérité stricte qui ne le distingue pas fondamentalement de ses prédécesseurs conservateurs et sociaux-démocrates depuis le début de la crise grecque, le gouvernement vient de se faire à nouveau taper sur les doigts par l’Eurogroupe pour avoir osé introduire deux timides mesures visant les catégories les plus démunies.

La première, c’est l’octroi d’une « prime de Noël » pour les pensions de retraite les plus modestes, c’est-à-dire inférieures à 800 euros. La seconde, c’est le maintien de la TVA à taux réduit sur les îles concernées par l’afflux de réfugiés. C’en est apparemment trop pour les ministres des finances de la zone euro : mercredi 14 décembre, ils ont brutalement mis fin aux modestes mesures d’allègement de la dette publique grecque décidées dix jours plus tôt, après de longs mois pendant lesquels la restructuration de cette dette était constamment repoussée malgré les engagements des Européens de l’été 2015.

« Les actions du gouvernement grec ne sont pas dans la ligne de nos accords », ont statué dans un communiqué commun les différentes institutions créditrices de la Grèce : Commission, BCE, Mécanisme européen de stabilité et FMI.

Derrière cette décision se cache en réalité une volonté allemande, racontent les médias bruxellois. C’est le ministre des finances Wolfgang Schäuble qui aurait demandé à l’Eurogroupe de frapper aussi fort. Le ministre français Michel Sapin a d’ailleurs réagi au lendemain de la réunion, assurant que l’Eurogroupe n’avait pas changé de position : « Il a édécidé sans condition que des dispositions d’allégement de la dette grecque à court terme devaient être mises en œuvre, elles seront mises en œuvre », a-t-il déclaré. Le président français a confirmé cette ligne jeudi, en arrivant au sommet du Conseil européen : « Je suis pour que la Grèce soit traitée dignement. […] Il ne peut pas être question de demander encore des efforts supplémentaires à la Grèce », a déclaré François Hollande.

De son côté, le commissaire aux affaires économiques et financières Pierre Moscovici a également estimé qu’il fallait s’en tenir à l’accord du 5 décembre dernier. « On ne peut pas dire que cette décision [de suspendre les mesures d’allègement de la dette – ndlr] a été prise sur la base d’une évaluation de la Commission, car cette évaluation n’a pas eu lieu. » Bref, c’est la cacophonie totale sur fond de nouveau chantage avec Athènes.

 

 

Alexis Tsipras au sommet du Conseil européen, le 15 décembre 2016 © ERT

Depuis le début de la crise grecque, il est de notoriété publique que Wolfgang Schäuble a toujours été dans les négociations le plus intraitable et le plus méprisant à l’égard de la Grèce. Et il est manifeste depuis l’arrivée de Syriza au pouvoir, en janvier 2015, que les différentes institutions divergent entre elles, en particulier le FMI et la Commission – le premier souhaitant avant tout que la dette publique soit réduite à un niveau « viable », tandis que la seconde traîne des pieds pour toucher aux obligations de l’État grec.

Le ministre allemand est-il effectivement à l’origine de cette nouvelle provocation de l’Eurogroupe ? Pourquoi les socialistes français se réveillent-ils le lendemain et se mettent-ils tout à coup à endosser le beau rôle alors qu’ils avaient totalement manqué de solidarité à l’égard de Tsipras quand celui-ci en avait besoin, tout au long du premier semestre 2015 ? Peu importe, au fond. Le résultat est là : la déclaration de l’Eurogroupe est irresponsable. Elle met de l’huile sur le feu en rouvrant un dossier qui a causé l’une des plus graves crises que l’Union européenne ait connues ses dernières années.

Ramenons les choses à leur juste proportion. La « prime de Noël » annoncée par le gouvernement Tsipras – et qu’il entend faire voter malgré la réaction de l’Eurogroupe – représente 617 millions d’euros de dépenses. Elle vient mettre un peu de beurre dans les épinards pour 1,6 million de retraités qui ont vu passer, depuis 2010, une douzaine de réformes ayant conduit à une baisse de 40 % en moyenne des pensions de retraite : dès le début de la crise, les 13e et 14e mensualités dans les pensions avaient été supprimées.

Quant au gel de la TVA sur des îles qui ont vu passer depuis 2015 la plupart des réfugiés se dirigeant vers l’Europe et qui continuent de faire face à des arrivées quotidiennes, la mesure paraît bien compréhensible. Ces îles fournissent, avec très peu de moyens, un accueil que de plus en plus d’États européens refusent de mettre en place.

Mais compréhension et solidarité ne font à l’évidence pas partie du vocabulaire de certains à Bruxelles, où la logique de la carotte et du bâton continue de fonctionner à plein. Or la carotte est de plus en plus maigre… Car il ne faut pas s’y méprendre : les mesures d’allègement de la dette grecque aujourd’hui suspendues n’ont rien à voir avec un haircut (décote, autrement dit effacement pur et simple de créances, comme cela s’est produit à deux reprises en 2012, dans des opérations organisées avec les créanciers privés du pays). Elle consistent simplement en un allongement des périodes de remboursement de 28 à 32 ans et demi pour les emprunts noués auprès du Mécanisme européen de stabilité, et en une limitation de la variation des taux d’intérêt. Cela devait alléger la dette d’environ 45 milliards d’euros, soit 20 % du PIB… d’ici à 2060 ! Un soulagement bien modeste, qui ne va rien changer à l’économie grecque à court terme et qui ne va pas, à long terme, rendre la dette grecque réellement plus « viable » qu’aujourd’hui (elle pèse actuellement environ 180 % du PIB).

Ce chantage malheureux des Européens sur le dos des Grecs révèle par ailleurs, une fois de plus, les tiraillements profonds entre le FMI et les institutions bruxelloises. C’est le FMI qui a semble-t-il mis le feu aux poudres cette semaine, en écrivant, mardi, qu’il « ne réclamait pas plus d’austérité » à la Grèce et que les exigences des créanciers européens pour de « très hauts » excédents budgétaires n’étaient « simplement pas crédibles ».

Les Européens, pris par surprise, n’ont pas tellement apprécié… Ainsi de Moscovici qui, jeudi dans le Financial Times, accuse le FMI de jouer « un jeu qui risque de détruire la confiance et les progrès accomplis jusque-là ». Le commissaire européen avertit : « Ne jouons pas dans l’ombre avec l’avenir de la Grèce. Le travail technique est pratiquement fait. Les leaders politiques de la zone euro et les institutions créancières de la Grèce doivent prendre l’initiative. »

Tentant de faire entendre raison à ses adversaires à l’occasion du sommet européen de ces deux derniers jours, le premier ministre grec Alexis Tsipras a assuré que les deux mesures envisagées n’auraient pas d’impact sur les objectifs d’excédent budgétaire de 2016, ni 2017-2018. À l’occasion de sa conférence de presse à Bruxelles, il a montré qu’il n’était pas dupe des postures des uns et des autres, glissant que 2017 était une année électorale pour plusieurs pays importants (la France, l’Allemagne et les Pays-Bas)… « Il n’y a pas de place pour les caprices, les chantages et les petits jeux, chacun devra prendre ses responsabilités. » Le chef de l’exécutif grec a ajouté : « Il n’est pas possible que la situation d’exception à laquelle la Grèce a été condamnée ces dernières années devienne définitivement la règle. » Certains dirigeants européens, à l’évidence, tentent aujourd’hui de faire l’impossible.

Lire l’article original d’Amélie Poissot sur Médiapart ici.

 

 

Source : http://soligrecsnimes.collectif-citoyen.fr

 

 

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17 décembre 2016 6 17 /12 /décembre /2016 21:31

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Écologie politique

« Les jardins partagés et les initiatives locales rendent possible un renouveau démocratique »

 

par

 

 

 

Et si les jardins partagés, les potagers urbains et la nouvelle vigueur de l’agriculture familiale représentaient bien plus qu’une alternative écolo – et perçue comme un peu « bobo » – à la malbouffe et à l’agriculture industrielle ? C’est la position de la philosophe Joëlle Zask. Dans son livre La démocratie aux champs, elle souligne le potentiel individuel et collectif de pratiques agricoles. Généralement ignorées ou déconsidérées par les politique, ces pratiques s’inscrivent dans une longue histoire d’expérimentations démocratiques, porteuses d’autonomie et génératrices de solidarités.

 

Basta !  : Votre dernier ouvrage, La démocratie aux champs, étudie ce qui favorise l’essor démocratique dans l’action de cultiver la terre. Pourquoi l’agriculture et les agriculteurs ont-ils été laissés de côté par la pensée politique et la construction des démocraties modernes ?

Joëlle Zask [1] : Pendant longtemps, les paysans n’ont pas été considérés comme des sujets politiques. Le mot “citoyen” désigne à l’origine littéralement l’habitant de la cité. Le terme politique désigne la “polis”, la ville. Le vocabulaire politique même de la démocratie écarte le paysan. Longtemps, ils ont été exclus de cette capacité de discuter des conditions de la vie en commun, parce qu’ils sont réputés isolés. C’est la rhétorique de Marx, selon lequel le paysan est penché sur son sillon ; il ne va donc pas arriver à une conscience politique. En fait, l’agriculture repose sur des formes de solidarité anciennes, complexes, et absolument nécessaires. L’agro-industrie, qui dissocie les gens, se passe au contraire de ces formes de sociabilités et de solidarités qui sont le propre des productions à petite échelle.

Ce livre veut inciter à une correction des défauts de nos démocraties modernes. Au moment où elles se sont constituées, elles se sont construites sans une immense majorité de la population, que constituaient alors les paysans. En Europe, la méfiance envers les paysans est très forte. Ils sont tantôt humiliés et disqualifiés, tantôt considérés par les calculateurs politiques comme des forces très conservatrices et tournées vers le passé, quand ce n’est pas fascistes. Ils ne sont pas reconnus dans leur capacité démocratique. Ce n’est pas tout à fait le cas des États-Unis.

 

 

 

En quoi est-ce différent aux États-Unis ?

Aux États-Unis, il y a quelques courants politiques, comme le courant jeffersonnien (de Thomas Jefferson, troisième président des États-Unis, ndlr), qui ont considéré la possibilité d’une démocratie agraire. Jefferson a porté une voix très minoritaire dans la construction des États-Unis. Mais il a tout de même fait passer un certain nombre d’idées profondément démocratiques. Même si cela n’a pas abouti dans les faits. Les institutions représentatives mises en place à la fin du 18e siècle ont finalement bridé le pouvoir du peuple, y compris du peuple agraire. Les choix constitutionnels ont été les mêmes qu’en Europe. De nombreuses expériences de démocratie agricole ont cependant existé en Amérique du Nord. En Europe aussi, des assemblées villageoises pré-démocratiques ont vu le jour dès le Moyen âge.

 

Le regain d’intérêt actuel pour les jardins partagés où une forme collaborative de retour à la terre s’inscrit-il dans la continuité de ces formes de démocratie agricole très anciennes ?

Il n’y a pas une continuité au sens où un héritage historique serait assumé. Je pense que c’est une sorte de grammaire universelle : cultiver la terre, c’est aussi se cultiver soi, et cultiver la communauté. Cette culture à trois étages forme un tout cohérent, satisfaisant humainement, à la portée de tout le monde, resocialisant, cicatrisant, très intégrateur, qui permet aussi à tous ceux qui ne maitrisent pas le langage de dialoguer avec leur environnement. Les mouvements actuels de permaculture sont animés par des considérations écologiques, mais ils s’inscrivent aussi dans ce paradigme de cultiver la terre en se cultivant soi-même et en formant une communauté. C’est une expérience que l’on retrouve un peu peu partout sur la planète. C’est intéressant de découvrir cette humanité commune du jardinage.

 

Les jardins partagés ne seraient donc pas seulement un passe-temps pour classes moyennes urbaines en quête de sens, mais un véritable phénomène politique global ?

Ce qui m’intéresse, c’est de rendre visible un système qui fonctionne et qui est déployé sur toute la planète. L’agriculture familiale ou partagée produit 80 % des ressources alimentaires mondiales. Il faut la prendre en considération [2]. Ce n’est pas un phénomène de bobos, une activité qui serait réservée à des urbains désabusés en mal de passe-temps et de sens de leurs existence. Si la possibilité d’un renouveau démocratique existe, c’est en direction des initiatives locales à la portée de tous, comme les jardins partagés, que nous devons regarder.

 

Pour vous, le jardinage partagé doit être différencié des utopies agraires ?

Des utopies, il en a existé de toutes sortes : des utopies agraires productivistes, comme le kolkhoze en Union soviétique, ou la grande ferme collective chinoise. Ces « utopies » étaient d’ailleurs en compétition. Une rationalisation de la production agricole, avec une prolétarisation des paysans, peut aussi s’accompagner d’une mythologie du retour à la terre : l’homme, par son travail, renouerait avec son authentique nature, son terroir... Au 19ème siècle en Allemagne, les stations agricoles expérimentales et le mythe d’un retour à la nature ont fusionné. Là, l’idéal productiviste et l’idéal naturaliste ont marché main dans la main. En revanche, le jardin partagé est clairement une expérience et pas une utopie. Ce n’est pas un modèle. C’est un processus par lequel on construit un pouvoir d’agir. L’expérience, ce n’est pas forcer la nature, ni la contempler. C’est agir.

 

 

 

N’y aurait-il pas néanmoins une dimension très individualiste dans cette volonté de retour à la terre incarnée par les mouvements d’agriculture urbaine ?

Je ne pense pas, parce que recréer des conditions d’indépendance alimentaires dépend avant tout d’une gouvernance partagée. Si chacun fait cela dans son coin, ça ne va pas fonctionner. Le jardin partagé n’est pas un phénomène gauchiste. Il réunit aussi des personnes qui peuvent avoir une tendance plus conservatrice. C’est une manière de valoriser la capacité d’innovation, indépendamment des origines sociales ou professionnelles. Si tant est qu’un “mouvement” du jardinage partagé existerait aujourd’hui, il traverse les catégories sociales, ethniques, politiques. C’est pour cela qu’il constitue un outil puissant. D’autant plus que, grâce à des techniques agricoles comme la permaculture, presque tous les espaces peuvent être mis en culture : un coin de cour, un bas-côté, des interstices urbains suffisants pour nourrir les habitants, comme le montre l’expérience des incroyables comestibles en Grande-Bretagne. Cela crée une dynamique dans la ville, qui n’est pas fusionnelle ou identitaire dans la mesure où, à partir des jardins, on démultiplie les initiatives et les activités.

 

Longtemps, les paysans n’ont pas été perçus comme des citoyens par le politique. Estimez-vous que le phénomène de l’agriculture urbaine, des jardins partagés, est aujourd’hui encore déconsidéré par les responsables politiques ?

De plus en plus de responsables voient bien que le jardinage est une source de socialisation et d’intégration, qu’il génère des revenus. Déjà dans les années 1870 en France, les pouvoirs publics ont soutenu les jardins ouvriers, et ce jusqu’à la Première guerre mondiale. Les jardins potagers aident à passer les crises, ils constituent un enjeu de survie, de subsistance. Aujourd’hui comme hier, il s’agit d’une source d’indépendance alimentaire fondamentale. Cela n’apporte jamais la richesse, mais comme avec les jardins communautaires de New York dans les années 1970, c’est une source de nourriture gratuite. Le jardinage urbain est aussi un loisir, mais ce n’est pas seulement ça.

De la même manière, l’opposition entre les savoir-faire paysans et la science des ingénieurs agronomes est très idéologique. Cultiver la terre suppose des connaissances très complexes, transmises, accumulées, et sans lesquelles il est impossible de faire pousser un haricot. Dans les jardins partagés, des formations sont mises en œuvre, dans le but de rendre chacun autonome. Nous retrouvons là les fondamentaux de la démocratie. Qu’est-elle sinon le fait qu’un groupe mette à la disposition de chacun les moyens communs d’acquérir leur propre autonomie ? La démocratie, c’est fabriquer l’indépendance des individus. Pour cela, le jardin partagé est un outil très puissant.

Propos recueillis par Rachel Knaebel

 

 

 

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Joëlle Zask, La démocratie aux champs. Du jardin d’Éden aux jardins partagés, comment l’agriculture cultive les valeurs démocratiques, éditions La Découverte, 2016.

Photo de une : Jardin partagé à Marseille. Nathalie Crubézy / Collectif à-vif(s).

- Lire aussi : Quand l’écologie populaire permet de lutter contre la désespérance sociale et la criminalité.

- Voir tous nos articles sur les alternatives agricoles et partagées.

 

 

Notes

[1Professeure au département de philosophie de l’université Aix-Marseille, Joëlle Zask est l’auteure, entre autres, de Participer. Essais sur les formes démocratiques de la participation (Le Bord de l’eau, 2011) et Outdoor Art. La sculpture et ses lieux (La Découverte, « Les Empêcheurs de penser en rond », 2013).

[2Voir le rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation.

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

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17 décembre 2016 6 17 /12 /décembre /2016 21:16

 

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Source : https://france.attac.org

 

 

Libération immédiate des « Faiseurs de paix » arrêtés à Louhossoa

samedi 17 décembre 2016, par Attac France
 
 
 
 

Cette nuit, à Louhossoa (Pays-Basque), Txetx Etcherverry, fondateur du mouvement écologiste et altermondialiste Bizi ! ; Michel Berhocoirigoin, syndicaliste paysan, ancien président de la chambre d’agriculture du Pays-Basque, Michel Bergougnan, coopérateur viticole et Béatrice Molle-Haran, ont été interpellés par le RAID, alors qu’ils tentaient de rendre inutilisable une partie du stock d’armes de l’organisation séparatiste basque, ETA, avant de le remettre ultérieurement aux autorités françaises qui ont jusqu’à présent refusé de récupérer ces armes.

 

Nous partageons de nombreux engagements avec ces militants qui ont choisi une démarche non-violente, publique et transparente pour faire avancer un processus de paix qui bloque au niveau des États.

Txetx Etcheverry, Michel Berhocoirigoin et Michel Tubiana (président d’honneur de la Ligue des droits de l’Homme), avaient précisé leur démarche dans des courriers qui ont été transmis à la presse :

Nous nous situons en intermédiaires entre une organisation armée avec laquelle nous n’avons aucun lien ni subordination, et un État que nous voulons amener à réfléchir. (…) Nous avons décidé de prendre nos responsabilités avec la conviction que cela peut être utile à la paix. C’est pourquoi, nous avons proposé à l’organisation ETA de transférer à la société civile la responsabilité politique de la destruction de son arsenal militaire. Nous avons choisi de le faire de manière publique et assumée, à l’instar des engagements dont nous sommes porteurs. Ces engagements sont publics et transparents. Ils sont caractérisés par l’implication personnelle, le souci de la démocratie, le choix de la non-violence.

Les polices françaises et espagnoles ont cru pouvoir communiquer en annonçant un « coup dur porté à l’ETA » et au terrorisme.

Nous demandons que cette communication mensongère soit rectifiée et nous exigeons que nos amis, faiseurs de paix au Pays basque, soient immédiatement libérés.

Rassemblement organisé le 17 décembre à 16 h à Bayonne en soutien aux faiseurs de paix arrêtés.

 

 

 

 

 

Source : https://france.attac.org

 

 

*Pétition de soutien disponible ici

 

 

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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 22:17

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

A Flint, Michigan, la crise de l'eau n'en finit pas

Par Yves Eudes

 

Photos Sara Naomi Lewkowicz pour le Monde

 

 

 

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L’église catholique Saint Michael est désaffectée, mais le sous-sol, transformé en bureaux abritant des associations caritatives, est plein de monde du matin au soir. Dans la pièce du fond, Aaaron Kottke s’habille chaudement, car il va passer l’après-midi et la soirée dehors, dans le vent glacial de ce début d’hiver. Sa mission consiste à faire du porte-à-porte dans un quartier modeste de Flint pour rappeler aux habitants que l’eau du robinet est toujours toxique et leur prodiguer des conseils sanitaires

 

Aaron est employé de Flint Rising, l’une des associations militantes qui se battent pour que l’eau du robinet redevienne potable. La crise de l’eau est une conséquence directe de l’appauvrissement général de la ville. Depuis la fermeture des usines automobiles General Motors dans les années 90, Flint, jadis prospère, a sombré. Aujourd’hui, elle compte à peine 100 000 habitants, un tiers de moins qu’il y a vingt-cinq ans, dont 57 % de Noirs. Près de 42 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, le taux de criminalité est l’un des plus élevé des Etats-Unis, le pourcentage de jeunes obtenant un diplôme de fin d’études est très inférieur à la moyenne nationale. La ville est entourée de terrains vagues grillagés de plusieurs kilomètres de long – l’emplacement des usines General Motors, récemment rasées. Dans le centre, on détruit aussi beaucoup : maisons abandonnées, écoles, casernes de pompiers et postes de police devenus inutiles, supermarchés désertés… Les terrains vagues apparaissent un peu partout.

 

L’affaire de l’eau remonte à 2011. Flint, surendettée, est au bord de la faillite. La municipalité démocrate est placée sous la tutelle d’un « administrateur d’urgence » nommé par le gouverneur républicain du Michigan. Pour garantir le remboursement de la dette, on décide de réduire les dépenses et de privatiser les services publics, y compris le réseau d’eau. En mars 2014, pour économiser encore quelques millions de dollars, les autorités décident de cesser d’approvisionner Flint en eau provenant de la ville de Detroit, distante de 120 km, et de la remplacer par de l’eau pompée directement dans la rivière traversant la ville, notoirement polluée. Pour eux, il s’agit d’une mesure transitoire, car ils ont lancé un projet ambitieux : la construction d’un aqueduc privé apportant directement l’eau du lac Huron, qui sera prêt en 2017. Plusieurs responsables politiques locaux acquièrent des parts dans les entreprises chargées de construire et de gérer le nouveau système, sans se soucier des conflits d’intérêts.

 

Pour traiter l’eau de la rivière, on remet en service la petite station d’épuration de la ville, obsolète et en sous-effectif. Or, aussitôt, l’eau corrosive et mal filtrée attaque les vieilles canalisations en plomb. Elle arrive dans les robinets chargée de plomb, de divers métaux lourds et de bactéries pathogènes, provoquant toute une gamme de maladies chez de nombreux usagers. Quand on la boit, elle peut endommager les organes internes, y compris le cerveau, et quand on se douche, elle affecte la peau et les cheveux. Elle attaque même les machines : dès octobre 2014, General Motors, qui possède encore une usine de camions à Flint, exige d’être à nouveau alimentée par de l’eau de Detroit, à ses frais, car celle de la rivière corrode ses installations et endommage sa production. Après avoir longtemps nié le problème, puis minimisé ses conséquences, les autorités finissent par rétablir l’approvisionnement en eau provenant de Detroit en octobre 2015, mais il est trop tard. Les canalisations corrodées continuent à contaminer l’eau, les produits chimiques injectés pour l’assainir augmentent sa toxicité.

 

Deux ans et demi après le début de la crise, rien n’est vraiment réglé. Le gouvernement fédéral n’a pas déclaré Flint comme zone sinistrée, car il ne s’agit pas d’une catastrophe naturelle. Le Congrès de Washington, dominé par les républicains, refuse de voter les fonds d’urgence proposés par le président Obama. Depuis la fin de 2015 Flint a une nouvelle maire, Karen Weaver, première femme noire à occuper ce poste. Elle n’est pas compromise dans le scandale de l’eau, mais ses pouvoirs sont limités : les administrateurs d’urgence sont partis, mais Flint est toujours sous le contrôle partiel de l’Etat du Michigan.

 

Lors de la campagne électorale de 2016, les candidats à la présidence sont tous venus ici. Ils ont tenu des meetings, se sont affrontés dans des débats, ont rencontré des militants et des victimes, ont fait des promesses, puis ils sont repartis. A ce jour, seul l’Etat du Michigan intervient, modestement : le remplacement des canalisations défectueuses a commencé, quelques centaines de maisons au début de décembre 2016, sur les 39 000 bâtiments que compte la ville. En attendant, l’Etat, les églises et les associations caritatives ont installé des centres de distribution gratuite d’eau en bouteille et de filtres bas de gamme sur des parkings et des terrains vagues. Les habitants arrivent en voiture et chargent leur coffre de caisses de petites bouteilles, avec l’aide de riverains embauchés par l’Etat pour l’occasion. Il n’y a pas de limite, chacun emporte ce qu’il veut. En théorie ce service est réservé aux résidents, mais personne ne vérifie.

 

Dans le quartier quadrillé par Aaron Kottke et son équipe de bénévoles, les habitants savent que l’eau est toujours dangereuse, et chacun se débrouille à sa façon. Les plus prospères ont fait installer des systèmes de filtrage très chers, plus ou moins efficaces. Aaron leur rappelle que si on fait bouillir l’eau non filtrée, la vapeur se charge de substances nocives qui entrent directement dans les poumons. D’autres utilisent l’eau en bouteille pour boire et faire la cuisine, mais continuent à se doucher et laver leur linge avec l’eau de la ville non filtrée, et se demandent s’ils vont tomber malades. Certains adoptent des comportements dangereux : l’hiver, ils ouvrent leurs ballons d’eau chaude et les remplissent de neige, ce qui peut provoquer des dégâts. D’autres recueillent l’eau de pluie, mais un employé de mairie leur a dit que c’était illégal.

 

Cela dit, la plupart conservent leur sens de l’humour. Brandissant une canette de bière, Greg Whitman, 58 ans, ouvrier de chantier mis à la retraite à la suite d’un accident, affirme en riant : « Cette histoire me concerne peu, je ne suis pas un gros buveur d’eau. » Plus sérieusement, Greg, qui a emménagé ici récemment, se plaint d’avoir dû payer 325 dollars de dépôt de garantie à la compagnie des eaux – une arnaque supplémentaire, arbitraire et incompréhensible. Paradoxalement, à Flint, l’eau est extrêmement chère, les factures atteignent parfois des centaines de dollars par mois. Les habitants qui ont payé régulièrement (75 % des entreprises, et seulement 25 % des particuliers) ont désormais droit à un crédit de quelques mois financé par l’Etat. En revanche, ceux qui n’ont pas pu ou pas voulu régler leurs factures vont être rappelés à l’ordre, puis pénalisés. L’objectif est de faire payer au moins 70 % des particuliers, faute de quoi l’Etat coupera sa subvention.

 

Comme beaucoup de résidents de Flint, Greg Whitman va se doucher et faire sa lessive chez des proches installés en banlieue, dans des zones qui sont restées approvisionnées par l’eau de Detroit. Son voisin, William McMillin, 21 ans, les bras couverts de tatouages, aime aussi plaisanter : « Vous tombez bien, je m’y connais en plomb, je viens de faire quatre mois de prison pour une affaire de vol et de trafic d’armes à feu. » Sur un ton plus grave William raconte sa vie de détenu : « Jusqu’en janvier dernier les prisonniers de Flint étaient obligés d’utiliser l’eau de la ville, et certains sont tombés malades. Maintenant, chacun a droit à deux bouteilles d’eau minérale par jour, mais cet été, en pleine chaleur, c’était insuffisant, alors nous avons continué à boire aussi l’eau du robinet. Je me douchais le moins possible, une fois par mois. » Depuis sa sortie, William est hébergé par son grand-père, qui est atteint d’un cancer : « Du coup, je n’ai pas besoin d’aller chercher de l’eau dans les centres de distribution, une association d’aide aux malades nous livre à domicile. »

 

Aaron Kottke demande aussi aux habitants s’ils souhaitent participer aux activités de Rising Flint. Tous se disent d’accord sur le principe, mais restent vagues sur les modalités. La fondatrice de l’association, Nayyirah Sharif, une quadragénaire énergique et éloquente, sait que la mobilisation est difficile : « La crise de l’eau a provoqué beaucoup de colère, mais aussi une certaine paralysie. Les gens ont peur, ils sont perdus, ils ne savent pas quoi faire et se résignent. »

 

Malgré tout, Nayyirah Sharif a réussi, au début de 2016, à créer Rising Flint, qui a pour vocation de fédérer les initiatives locales et de faire le lien avec des organisations nationales. Après avoir travaillé bénévolement pendant des mois, elle a obtenu des subventions de plusieurs fondations et de la société Kellog’s, le géant mondial des corn flakes (pétales de maïs), qui est basé dans le Michigan. Elle a recruté plus de 150 bénévoles et embauché quelques militants aguerris, qui mènent campagne sur le terrain et auprès des autorités : « Nous incitons les gens à s’organiser au niveau de leur quartier. La mobilisation est un long voyage, mais peu à peu, ils comprennent que pour s’en sortir, ils devront s’unir. »

 

Flint Rising s’est fixé des objectifs ambitieux : remboursement intégral des factures d’eau depuis 2014, gratuité des soins médicaux pour les victimes, remplacement rapide de toutes les canalisations défectueuses, attribution des marchés publics à des sociétés qui s’engageront à former et embaucher des jeunes de la ville. Nayyirah Sharif espère aussi que le gouvernement fédéral finira par venir réparer le système : « Ils pourraient envoyer un régiment du génie de l’US Army, comme cela se fait souvent pour d’autres catastrophes. Mieux vaut tard que jamais. Sinon, cette affaire restera un déshonneur pour l’Amérique. »

 

D’autres femmes de Flint se sont engagées dans le combat après être tombées malades. Melissa Mays, 38 ans, une Blanche de la classe moyenne, mariée, trois enfants, n’avait aucun passé militant : « Avant la crise de l’eau, j’étais insouciante et naïve, toujours souriante. Je travaillais dans le marketing pour un groupe de stations de radio FM et j’organisais des concerts. » Au printemps 2014, dès que la ville commence à pomper l’eau de la rivière, la santé de Melissa se détériore brutalement : « A l’époque, je faisais beaucoup de sport, je buvais six litres d’eau par jour. Nous habitons dans un quartier où les canalisations sont très anciennes, notre maison date de 1906. J’ai reçu une dose massive. » Melissa se dit atteinte de neuf pathologies différentes, qui s’attaquent à toutes les parties de son corps, et qui lui ont valu plusieurs séjours à l’hôpital.

 

Même chose pour ses trois fils, qui, selon elle, souffrent de multiples maux, notamment des troubles de la croissance, des rhumatismes, des déficits d’attention :

« Mon aîné de 18 ans a dans son organisme du plomb, du cuivre, de l’étain, de l’aluminium et des bactéries. Récemment, il a eu une tumeur sur la langue. Même nos chats et nos chiens sont tombés malades, et nous n’avons plus de jardin : j’arrosais les arbres avec l’eau de la ville, ils sont tous morts. »

 

Incapable de travailler, Melissa perd son emploi, puis son assurance maladie : « Mon patron m’a dit : reviens quand tu iras mieux. » Elle réussit à obtenir une couverture maladie de l’Etat fédéral, mais doit payer de sa poche une partie des soins, surtout pour ses enfants : « Quand ils ont plus de 6 ans, ils n’ont plus droit aux tests de dépistage gratuits, et les consultations de spécialistes coûtent une fortune. » La famille survit grâce aux revenus du père, artiste indépendant.

 

Dès qu’elle commence à aller mieux, Melissa se lance dans l’action militante et crée sa propre association, Water You Fighting for, financée par un groupe de médecins de la région, et affiliée à Flint Rising. Elle est partie prenante dans cinq procès contre des représentants de l’Etat et de la ville, et s’est imposée comme une spécialiste reconnue des problèmes d’eau toxique. Elle est invitée dans tout le pays pour donner des conférences : « Beaucoup de villes sont dans la même situation, sans vraiment le savoir : leurs canalisations en plomb sont usées, prêtes à lâcher, leurs stations d’épuration sont obsolètes. Cette affaire est une énorme bombe à retardement à l’échelle nationale. »

 

Les associations de Flint sont proches du Parti démocrate, qui contrôle la ville sans partage depuis des décennies. Nayyirah Sharif se considère comme une

« démocrate socialiste », Melissa Mays a soutenu Bernie Sanders lors de la campagne électorale de 2016, et lors de l’élection de novembre, les militants de l’église Saint Michael affirment avoir voté pour Hillary Clinton, qui a remporté près de 85 % des voix à Flint. Selon eux, le principal responsable du désastre est le gouverneur républicain du Michigan, Rick Snyder, qui dès son arrivée au pouvoir, en 2011, a imposé à Flint un administrateur et exigé la mise en place d’une austérité budgétaire féroce. Pour les démocrates, il s’agit en fait d’une décision raciste, car à l’époque, d’autres villes du Michigan étaient en faillite, mais du fait qu’elles étaient majoritairement blanches, elles ont échappé à la tutelle. Certains imaginent même que l’Etat veut vider la ville d’une partie de ses habitants, en priorité les Noirs, la placer sous l’autorité du comté, qui est dominé par les banlieues blanches et prospères, et en faire une petite ville universitaire.

 

Les républicains du Michigan racontent une tout autre histoire. David Forsmark, consultant politique républicain qui a organisé les campagnes électorales pour des candidats locaux des deux partis, y compris un ancien maire démocrate de Flint, rappelle que la ville est gouvernée par les démocrates depuis des générations :

« Jusque dans les années 90, Flint était prospère. Les élus démocrates auraient pu investir dans la modernisation des infrastructures, mais ils ne l’ont pas fait. Plus récemment, ils ont fait beaucoup d’emprunts, qui auraient pu servir à rénover le réseau d’adduction d’eau, comme cela a été fait dans plusieurs villes de banlieue. A Flint, ils ont préféré transformer la municipalité en une machine clientéliste dont la principale fonction est de fournir des emplois confortables et bien payés, parfois fictifs, à leurs familles et leurs copains… » David Forsmark affirme aussi que les administrateurs successifs envoyés par le gouverneur étaient des démocrates, et que la décision de pomper l’eau de la rivière a été prise par l’ancien maire démocrate de la ville, Dayne Walling :

« L’administrateur a un droit de veto, mais il ne décide pas. En pleine crise, le maire Walling s’est montré devant les caméras de télévision en train de boire des grands verres d’eau de la ville pour prouver qu’il n’y avait rien à craindre. » Battu lors de l’élection municipale de 2015 (où l’abstention a atteint 85 %), Dayne Walling est aujourd’hui attaqué en justice par plusieurs associations de résidents pour son implication dans le scandale.

 

Par ailleurs le consultant David Forsmark laisse entendre que certaines victimes de l’eau ne sont pas aussi malades qu’elles le disent : « Appeler ça un empoisonnement collectif, c’est exagéré. Certains pâtés de maison ont été touchés, mais la majorité de la ville a été épargnée. J’ai grandi dans un quartier populaire de Flint, j’ai sans doute plus de plomb dans le corps que beaucoup de ceux qui se plaignent aujourd’hui. » Ces interrogations sur l’ampleur du désastre sont largement partagées. L’officière de police Twanda Plair, une femme noire qui a voté pour Hillary Clinton, a constaté que certains habitants mentaient sur leur état de santé, soit par détresse psychologique, soit par intérêt : « Ils espèrent que les procès vont aboutir et qu’ils toucheront une indemnité. Je connais une femme qui est en chaise roulante depuis de nombreuses années, et aujourd’hui elle prétend que c’est à cause de l’eau. Je lui ai fait remarquer, elle l’a mal

pris… »

 

Selon les autorités, la situation s’améliore depuis quelques mois, grâce aux travaux effectués dans la station d’épuration et à une meilleure formation du personnel. La maire, Karen Weaver, espère que d’ici à anvier 2017, mille maisons seront desservies par des nouvelles canalisations. De même, Bill Kerr, directeur du programme alimentaire du Michigan, qui distribue des grosses quantités de bouteilles d’eau et de nourriture à Flint, se veut rassurant : « L’eau est moins toxique qu’il y a un an, elle se rapproche des normes exigées par l’Agence fédérale pour la protection de l’environnement. Nous y arriverons dans quelques mois. » Ensuite le nouvel aqueduc résoudra tous les problèmes.

 

Les militants ne sont pas convaincus. Melissa Mays utilise toujours de l’eau en bouteille pour la cuisine, et va faire sa lessive dans des laveries de villes de banlieue non contaminées : « Pour la toilette, nous avons des filtres, mais ils ne résistent pas à l’eau chaude, nous prenons des douches froides. Pour installer un filtrage efficace, cela coûterait 20 000 dollars, que nous n’avons pas. L’eau continue à pourrir les tuyaux dans les murs, et depuis peu les murs eux-mêmes. Au bout de deux ans et demi de ce traitement, notre maison ne vaut plus rien, nous ne pouvons plus la vendre ni l’hypothéquer. »

 

Pour elle, la victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle ne présage rien de bon : « Les républicains vont tout privatiser, gérer les villes comme des business, abolir les lois sur la qualité de l’eau et de l’air, supprimer les agences de protection de l’environnement. Bientôt, la moitié du pays va ressembler à Flint. Bienvenue dans le monde de Trump ! » Ses fils ont épinglé dans leur chambre un drapeau canadien : « Ils sont tellement déçus par les Etats-Unis qu’ils rêvent de voir le Michigan rattaché au Canada tout proche. »

 

D’autres militants sont moins pessimistes. Gina Luster, 42 ans, qui a été malade à cause de l’eau et qui travaille aujourd’hui avec Flint Rising, a voté pour Hillary Clinton, mais elle espère que le président Trump va aider Flint :

« Il répète sans arrêt qu’il va investir des milliards dans les infrastructures du pays. Il pourra venir ici pour lancer son programme, Flint est l’exemple parfait d’une ville où les infrastructures sont en ruines. » Gina est d’autant plus intéressée par cette perspective que son père possède une entreprise de travaux publics engagée dans la rénovation du réseau d’eau.

 

En attendant, la guérilla politico-judiciaire continue. A la fin de novembre, un juge local a ordonné à l’Etat de livrer les bouteilles d’eau au domicile de tous ceux qui en ont besoin. A contrecœur, l’administration a commencé à s’exécuter, mais elle va réduire d’autres services à la personne, et a prévenu qu’elle allait peut-être devoir ralentir le rythme du remplacement des canalisations.

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Source : http://www.lemonde.fr

 

 

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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 21:52

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

Le mariage d’une fillette jette une lumière crue sur les violations des droits des femmes en Tunisie

 

 

 

A Tunis, le 14 décembre 2016, manifestation contre l’article 227bis du Code pénal tunisien qui permet à un violeur de mineur d’échapper à la prison s’il épouse sa victime.

 

Sur la pancarte, elle a écrit en lettres capitales « How I met your mother ? » (« comment ai-je rencontré votre mère ? »), reprenant le titre d’une série télé américaine humoristique, et cette réponse, cinglante : « Je l’ai violée lorsqu’elle avait 13 ans ». A l’image de cette jeune manifestante tunisienne, plusieurs dizaines de personnes, en majorité des femmes, se sont rassemblées, mercredi 14 décembre, à Tunis devant le Parlement pour dénoncer une nouvelle affaire de mariage d’une mineure.

 

La colère des militantes a éclaté mardi lorsque a été connue la décision d’un tribunal du Kef, région au nord-ouest de la Tunisie, prise le 1er décembre et autorisant le mariage d’une jeune fille de 13 ans avec un proche âgé de 20 ans qui l’a mise en enceinte. Pour les organisations de défense des droits des femmes, l’adolescente a été violée et ce mariage n’est qu’une façon pour son agresseur d’éviter des poursuites, comme le lui permet la loi.

 

Chokri Mejri, porte-parole du tribunal de première instance, a tenté d’expliquer la décision, assurant que l’adolescente n’avait pas été violée. « Nous avons entendu la fille et après vérification de tous les détails, nous avons considéré qu’elle était apte au mariage. La preuve, elle est enceinte », a-t-il ainsi déclaré à l’AFP, précisant que « les deux familles ont demandé le mariage pour ne pas faire scandale ». Une version vertement contredite par la responsable de la protection de l’enfance de la région du Kef, Houda Abboudi : « Quand il s’agit d’une enfant de 13 ans, on ne peut parler d’un rapport sexuel avec consentement. Il s’agit d’un viol. »

 

« Subir sans violence »

Au cœur de l’affaire : un article du Code pénal tunisien (l’article 227bis), adopté en 1958, qui punit de six ans de prison toute personne ayant « fait subir sans violence l’acte sexuel à un enfant de sexe féminin âgé de moins de 15 ans accomplis » (cinq ans si elle a entre 15 et 20 ans), mais précise que « le mariage du coupable avec la victime (…) arrête les poursuites ». L’abrogation de cet article est une demande récurrente des organisations de défense des droits des femmes depuis des décennies, qui, outre la clause sur le mariage, soulignent l’aberration de l’idée même d’un acte sexuel sur mineur « sans violence ».

« Il n’a jamais été abrogé, car cela ne fait pas partie des priorités politiques, mais il y a eu, aussi, la volonté de ménager une société patriarcale et conservatrice dans laquelle des femmes et des filles continuent d’être sacrifiées sur l’autel de l’honneur familial », dénonce Alya Cherif Chammari, avocate et militante pour les droits des femmes et des petites filles.

 

Lire aussi :   Maroc : le suicide de Khadija Souidi, violée et torturée, relance le débat sur l’impunité de ses agresseurs

 

L’histoire du Kef rappelle que, dans un pays pionnier des droits des femmes, le combat pour leur respect est loin d’être achevé. Depuis 2011, et la chute du président Zine El-Abidine Ben Ali, plusieurs projets de loi sur le sujet sont en souffrance, que ce soit une réforme globale du Code pénal, un projet visant spécifiquement à abroger l’article 227bis, ou encore un texte entièrement dédié à la lutte contre les violences faites aux femmes. Elaborée en 2014 grâce à un partenariat très étroit entre le ministère de la femme et les organisations de la société civile, la loi est toujours dans les cartons du Parlement.

 

Principes constitutionnels

Cette affaire peut-elle provoquer un électrochoc ? Alya Cherif Chammari estime que oui, soulignant que cette fois l’indignation est allée bien au-delà des traditionnels cercles militants. « La société tunisienne est prête pour ces changements, assure-t-elle. De manière générale, il faut harmoniser les lois à la Constitution qui affirme l’égalité entre hommes et femmes et la lutte contre toute forme de violence contre les femmes. Que l’Etat passe au scanner les lois à l’aune de ces deux principes constitutionnels. »

Face à la levée de boucliers, Chokri Mejri est revenu sur ses déclarations. Le porte-parole du parquet de Kef a annoncé, mercredi 14 décembre, que le procureur général s’était constitué partie civile et réclamait l’annulation de la décision judiciaire ayant autorisé cette union. Les organisations de défense des droits des femmes demandent, elles, l’annulation du mariage.

 

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 18:27

 

 

Source : https://www.facebook.com/artereportage/videos/10154633091056223/

 

ARTE Reportage

1000 milliards d'euros échappent à l'impôt chaque année.
Ha si j’étais riche ! Ça fait combien mille milliards d’euros? Vous ne voyez pas ce que ça représente ? On vous aide un peu...


http://info.arte.tv/fr/luxleaks-laffaire-antoine-deltour

 

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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 17:49

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

Center Parcs de Roybon : l’arrêt du projet confirmé en appel

Le Monde.fr avec AFP |

 

 

La justice s’est une nouvelle fois opposée à ce projet qui entend construire mille cottages autour d’une « bulle tropicale » de 200 hectares, au cœur de la forêt de Chambaran (Isère).

 

La cour administrative d’appel de Lyon a confirmé vendredi 16 décembre en appel la suspension du chantier d’un village de vacances Center Parcs à Roybon, en Isère, conformément à la décision rendue en première instance.

C’est la dernière étape en date d’un feuilleton judiciaire qui remonte à l’été 2015, date à laquelle le tribunal administratif de Grenoble avait annulé l’arrêté préfectoral autorisant le projet porté par le groupe Pierre & Vacances au titre de la loi sur l’eau et avait validé celui relatif à la destruction des espèces protégées.

Le contentieux porte sur les dommages causés à l’environnement par le futur village vacances de 990 habitations de 54 mètres carrés à 170 mètres carrés, doté de commerces et d’un centre aquatique. Pour le construire, le promoteur immobilier a prévu d’« artificialiser » de vastes zones humides situées sur un plateau où naissent plusieurs sources, au cœur de la forêt de Chambaran.

 

Lire aussi :   Les déboires juridiques du Center Parcs de Roybon

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 17:41

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

Sur les réseaux

Dans sa nouvelle vie, Pierre Le Corf défend le régime syrien sur Facebook

 

 

 

Après un tour du monde, ce jeune homme de 27 ans s’est arrêté en Syrie. Il y vit depuis plusieurs mois et raconte ce qu’il voit sur Facebook.

 

 

Capture de la page Facebook de Pierre Le Corf (cliquer pour agrandir)

Capture de la page Facebook de Pierre Le Corf (cliquer pour agrandir) - Facebook
 

Dans la nuit de lundi à mardi, sur sa page Facebook, le jeune Pierre Le Corf (27 ans) a célébré l’entrée de l’armée de Bachar el-Assad à Alep-Est, dernier morceau de la ville tenu par les rebelles.

Alors que les journalistes et les témoins sur place décrivaient une nuit où « l’errance et la mort » avaient pris place, que des militaires pro-régime se livraient à des atrocités sur les populations civiles, lui postait une photo de « balles traçantes » dans le ciel. Avec ces mots :

« On célèbre. »

Sur sa page Facebook, suivie par plus de 20 000 personnes, il tentait aussi de décrédibiliser les informations parues dans la presse :

« A contrario de ce que disent certains médias désespérés de ne bientôt plus pouvoir vendre de chair humaine, la quasi-totalité des civils ont pu s’échapper ici et sont pris en charge par les grandes organisations humanitaires. »

 

 

un Français se livrant à de la propagande pour un régime criminel sera t il un jour traduit en justice ? @JJUrvoas

 

Imprégné par l’ouest

Pierre Le Corf, 27 ans, humanitaire, est-il pour autant un propagandiste du régime syrien, comme le suggère un article publié sur Medium ? Après lui avoir parlé, la réponse semble être : tout à fait, mais malgré lui.

Pierre Le Corf, courageux et émotif, raconte la vie des Syriens de l’ouest de la ville d’Alep – côté gouvernement – depuis le printemps dernier : les bombes, les mortiers, les chaudières à eau montées en roquettes lancées par les rebelles qui tombent sur la tête des civils.

A force, il a fini par s’imprégner complètement de la pensée loyaliste environnante. Et sans en avoir conscience, il est devenu l’animateur d’un petit média pro-régime – ses pages sur les réseaux sociaux. Hargneux et manichéen.

Ce jeune Breton, qui témoigne sincèrement de ce qu’il voit autour de lui, mais qui n’a ni les moyens ni la volonté d’accéder à une vue d’ensemble, commence tout juste à s’interroger sur sa responsabilité.

Ce mercredi sur Skype, nous en avons longuement discuté.

 

« Je n’étais pas de droite »

Pierre Le Corf raconte être né dans une famille très modeste d’ostréiculteurs du Morbihan. Il a passé son enfance entre la maison de ses grands-parents à Quiberon et le parc à huîtres de ses parents à Locmariaquer. Il ne veut pas raconter ce qu’il s’y est passé, mais évoque des « traumatismes importants ». Il déguerpit jeune.

Scolairement, il part dans tous les sens. Ecole hôtelière à Quimper, études de droit à Vannes et à Lyon. Ecole de cinéma à Paris.

Socialement, il se cherche. Pendant sa période lyonnaise, il essaye de devenir quelqu’un d’autre, nous raconte-t-il. Il travaille au Leader Price de son quartier, mais évolue dans les milieux ultra-cathos et bourges de Lyon. Avec la tête qu’il a (une tête de Versaillais), « ça passe crème ».

Dans la boîte de nuit qu’il cofonde à l’époque, il se fait prendre en photo avec un magnum de champagne Nicolas Feuillatte sur l’épaule.

« Je n’étais pas de droite, mais j’essayais de l’être. Tout le monde s’imaginait des choses : on disait que mon père était le patron d’une grande banque. »

C’est au bal des débutantes de Lyon qu’il fait la connaissance de Benjamin Blanchard, figure d’extrême droite, cofondateur de SOS Chrétiens d’Orient. C’est l’homme qui lui a soufflé l’idée d’aller en Syrie et qui a « facilité ses démarches » pour entrer dans le pays. 

 

Mythe fondateur

Après sa « phase trou du cul » à Lyon, Pierre Le Corf devient « serial entrepreneur » à Paris. Il cofonde, entre autres, un incubateur d’entreprises et une boîte de prod. Il plante plusieurs start-up, ce qui fait de lui un bon conférencier d’écoles de commerce.

A cette époque, Pierre Le Corf raconte beaucoup son mythe fondateur : à 12 ans, il faisait déjà du porte-à-porte pour désencombrer les maisons de sa petite ville bretonne. Il revendait ensuite les objets au marché.

Mais début 2015, Pierre Le Corf, qui transforme en plaquette de communication tout ce qu’il touche et lui-même, dit qu’il a une révélation : « celle d’être devenu con ». Il a tout d’un coup la sensation de s’être trop éloigné des gens de son enfance, ces gens modestes,  « avec un petit savoir de vie ».

Il crée alors le projet Wearesuperheroes qui consiste à donner la parole à des « communautés marginalisées » – en postant sur Internet des photos et des témoignages bruts. La promesse :

« Nous voulons aider les communautés à développer leur confiance en elles à travers le storytelling. »

 

« Voilà, sur ce, je retourne au travail »

En mars 2015, il entame un tour du monde, à la rencontre de ses « héros du quotidien ». Etats-Unis, Afrique du Sud, Russie, Turquie, Inde, Japon. Cela donne des petits portraits, plus ou moins forts.

Cela relève du projet perso financé par un conseil régional, mais Pierre Le Corf veut lui donner une autre dimension. Il le façonne avec du storytelling (encore) pour que ça prenne l’apparence d’un destin.

Dans les interviews qu’il donne, il raconte à tour de bras les visites dans les décharges publiques avec son grand-père. Il y trouvait des objets, des cahiers et des cartes postales qui racontaient la vie d’inconnus. Sa curiosité pour les autres serait née de ces promenades.

Il raconte aussi qu’il a « tout vendu » avant de partir. Comment ça, « tout », puisqu’il venait d’une famille modeste ? Sans se démonter, il me répond :

« J’ai toujours eu peur de manquer donc j’ai toujours travaillé sept jours sur sept et accumulé des choses. J’ai vendu des montres, des petits bijoux, des livres anciens, des cadeaux. »

Capture d'écran de la page Facebook de Pierre Le Corf

Capture d’écran de la page Facebook de Pierre Le Corf

En février 2016, il est au Canada. Il publie sur Facebook une vidéo dans laquelle il explique pourquoi il ne s’intéresse pas plutôt aux populations « successful » de tous ces pays. Tout le monde est « successful » en un sens : c’est sa réponse. A la fin, ému par ses mots,

« voilà, sur ce, je retourne au travail. »

En mai, au site de France 24 qui fait un portrait de lui, il présente son projet comme « sa petite goutte d’eau ».

Ce mercredi matin, à propos de ce maniérisme et cette tendance au storytelling outrancier, Pierre Le Corf nous répond vraiment gentiment :

« Je suis lyrique, je suis comme ça. Je n’y peux rien. C’est ma façon de m’exprimer. Ce sont mes mots, ils sont honnêtes. »

Au téléphone, une de ses amies et anciennes collègues compare Pierre le Corf à Mère Teresa. Tout en s’excusant de ne pas trouver d’exemple mieux dimensionné.

 

Sauf « si tu insultes le président »

Au printemps 2016, un peu plus d’un an après son départ, Pierre Le Corf n’a pas envie de rentrer. Il accepte donc la proposition de Benjamin Blanchard de rejoindre SOS Chrétiens d’Orient à Damas. Il trouve le garçon « humain » et se moque de ses positions politiques.

C’est en passant par l’Église grecque-melkite catholique que l’association lui obtient un visa. Benjamin Blanchard :

« Il ne connaissait rien à la Syrie. Il est arrivé, avec un esprit très neutre, croyant ce qu’il y avait écrit dans la presse. Une fois dans le pays, il a mené sa vie. »

Pierre Le Corf se rend à Alep et se rapproche de l’organisation humanitaire chrétienne Les Maristes bleus. Depuis neuf mois, le jeune Breton vit donc à l’ouest de la ville, la partie tenue par le régime. Où sa présence est « tolérée ».

Il est obligé :

« J’ai jamais vu de mauvais traitement ici. La seule chose qui est mal vue, c’est si tu insultes le président. Si tu insultes le président, quelqu’un pourrait te poser des questions. »

Et tenu :

« Les gens du gouvernement qui m’entourent, mais que je ne connais pas personnellement ont toujours été très gentils avec moi. »

Mais ce n’est pas un problème parce qu’il pense sincèrement que le régime est respectueux et salvateur. Dans une vidéo, postée fin septembre sur Facebook, Pierre Le Corf est exalté :

« Beaucoup de gens m’envoient des messages pour m’encourager, mais aussi des messages des fois un petit peu compliqués... Des gens qui me disent “Oui, mais le régime tue son peuple”...

Je ne veux pas prendre de position politique ou militaire, mais soyons clair, moi je prie le jour et la nuit pour que les avions arrivent.

Vous pouvez regarder, ne serait-ce que cinq minutes par jour, la chaîne de télévision qui appartient à l’armée rebelle ici, plus personne ne voudrait jamais soutenir la guerre. La seule chose qu’on voit, ce sont les mortiers qu’ils nous envoient dessus. “Allah Akbar, boum”. »

 

« Ce prix, je le voyais tous les jours »

Ce mercredi, Pierre Le Corf tente d’expliquer sa position :

« Ce n’est pas parce que je dénonce les attaques terroristes que je soutiens le régime. Mais il y a une différence entre soutenir le gouvernement et l’attaquer. »

Ne pas l’attaquer, c’est omettre des choses. Prendre acte des massacres d’Alep-Est pratiqués par des mauvais éléments de l’armée (dit-il en gros), mais ne pas en parler sur sa page Facebook.

Et le justifier par sa petitesse, son peu d’amplitude, sa position géographique.

« Je ne parle pas de l’est, parce que je ne suis pas à l’est. »

Le justifier aussi par son empathie et son humanité (bien réelles) :

« Quand tu vois tout le temps des gamins avec leurs visages moitié arrachés, tu te ranges de leur côté. »

« Quand tu ramasses des morceaux de gens, on ne peut pas te reprocher de ne pas compter les chiffres. »

« Ce que je comprends, c’est que les gens de l’ouest étaient des dommages acceptables, le prix à payer pour soumettre le régime. Mais moi, ce prix, je le voyais tous les jours. »

 

« Je ne suis pas journaliste »

Depuis son café d’Alep, ce mercredi, Pierre Le Corf est un peu plus nuancé. Peut-être a-t-il lu l’avalanche de papiers relatant l’horreur de la nuit de lundi à mardi.

« Les bombardements et les exactions du gouvernement, pour aller plus vite dans la guerre, c’est aussi un crime. Autant que celui des terroristes qui nous tirent dessus.

Je n’ai ni d’affinités avec le gouvernement, ni avec les rebelles, qui ont chacun des positions radicalisées. »

Quand on lui parle de la responsabilité qu’il a, maintenant qu’il est un petit média, il s’embrouille.

« J’aime pas les étiquettes. Moi je vois ça sur un plan humain. »

Cinq minutes plus tard :

« Je ne suis pas un journaliste, parce que je vis ici. »

Je lui demande, m’excusant du point Godwin et du caractère bancal de la comparaison, s’il n’a pas l’impression de documenter Berlin (et la souffrance du peuple allemand) sous les bombardements alliés.

« Ce que je vois, je le dis et j’ai le droit de le dire. Mais les gens ne doivent pas se contenter de que je dis. Je peux être aveugle sur la situation globale. »

 

« Les gens vont moins mourir »

Pierre Le Corf a été blessé par l’article publié sur Medium (auquel il a répondu point par point, comme une lettre de rupture mal passée) et il est blessé quotidiennement par les messages agressifs qu’il reçoit sur Facebook, depuis plusieurs semaines.

Il a donc décidé, nous dit-il, de retourner à son projet de départ (relayer des témoignages bruts et désormais filmés pour qu’ils ne soient pas discutables) :

« Je vais arrêter de parler de la situation maintenant qu’il y a moins de raison d’avoir peur et d’être triste, parce que les gens vont moins mourir. »

Pierre Le Corf assure qu’il n’a pas publié, lundi soir, les scènes de liesse dans la rue par respect pour ce qu’il se passait à l’est. Il compte rester vivre en Syrie pour aider la ville à se reconstruire.

« Je suis doué pour comprendre les gens, les aider à croire en eux et apaiser leur douleur. »

Mais son goût pour la communication le portera probablement ailleurs.

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

 

 

 

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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 17:37

 

 

Info reçue par mail

 

 

Rassemblement le 17 décembre à Partir de 15h devant la préfecture sur feucheres

 
Alors que la situation à Alep se dégrade d'heure en heure, alors que nous savons que ce conflit en Syrie a fait plus de 300 000 morts et plus de 10 millions de déplacés et/ou réfugiés, alors qu'Alep est ravagée par la guerre, nous ne pouvons continuer à être témoins des massacres sans réagir. En France, dans de nombreuses villes, des citoyens ont commencé à s'organiser pour faire pression sur la communauté internationale et plus particulièrement sur notre pays qui a une responsabilité historique vis à vis de la Syrie.
Bien que notre démarche soit politique nous ne prenons pas position sur Bachar Al Assad ou sur les forces rebelles. Nous laissons les Syriens décider de ce qu'ils pensent être le mieux pour leur pays.
A Nîmes, il est URGENT de nous organiser, pour montrer à l'ensemble du monde que nous ne fermons pas les yeux sur ce qui se passe aujourd'hui en Syrie, que nous ne baissons pas les bras et que nous nous indignons face à ce conflit qui dure, mais aussi dans un mouvement plus large «CONTRE LA GUERRE », car il n'y a pas de guerre propre.
 
Bonjour à tous, Samedi 17 décembre à 15h (demain ) RDV, devant la préfecture à Feuchere. Rassemblement  en solidarité avec le peuple syrien notamment à Alep qui cri son désespoir et appel l'humanité à leur venir en aide. 
Nous savons tous, que nous sommes impuissants face à ces crimes mais on peut au moins faire une chose, descendre dans la rue pour interpeller notre gouvernement français et le mettre face à ses  responsabilités. Notre état est un état de droit alors profitons de ce statut et privilège que d'y vivre pour venir en  aide à notre petit niveau au peuple syrien qui subit un génocide à la vue du monde entier.
Le rassemblement d'hier aux arènes de Nimes à réunit plus de 100 personnes, nous comptons sur votre présence pour dire STOP au massacre à ALEP.  
Nous faisons appel à votre conscience et votre bon coeur. 
Les enfants d'Alep tués sont nos enfants et les enfants de l'humanité.
PARTAGER sans modération!!!
PS: vous pouvez faire vos propres pancartes et banderoles.
On vous attend nombreux!!!!
 
 
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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 17:29

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

France Culture

15 choses que j’ai apprises sur Internet en 2016

 

 

Initialement publié sur

 
 
 
 
 
 
Se filmer en train de manger une banane, être remplacé par un robot, être assuré contre la violence dans les réseaux sociaux... Rapide panorama de l’année numérique.

 

« 52 choses que j’ai apprises en 2016 » : c’est le titre d’un papier de Medium. Par une mise en abyme extraordinaire, cet article m’a appris des choses que j’espère à mon tour vous apprendre. En voici une quinzaine.

Google peut savoir si, après avoir vu une publicité en ligne, vous vous êtes rendu dans le magasin dont vous avez vu la publicité. Pour ça, l’entreprise combine la localisation par GPS avec les bornes wifi de plus en présentes dans les espaces commerçants. Elle le fait depuis 2014 et utilise ces métriques publicitaires.

40% des adultes âgés entre 16 et 60 des pays de l’OCDE (qui compte ce qu’on appelle des pays dits « développés »), n’ont pas les compétences techniques suffisantes pour supprimer un mail.

Une compagnie d’assurances japonaise proposera prochainement un contrat pour vous assurer contre l’hostilité dont vous êtes victimes dans les réseaux sociaux (j’aimerais donc si possible assurer le cadenas de mon scooter qui est arrosé de pipi de chien chaque matin).

En Iran, il y a 6 millions de iPhone, alors même qu’ils sont interdits par le gouvernement, et ne devraient pas entrer sur le territoire iranien du fait des sanctions internationales.

A Hong-Kong, on peut acheter un IMSI-catcher pour 15 000 dollars. L’IMSI-catcher est un outil formidable, une petite valise qui vous permet d’aspirer les numéros de téléphone – et les conversations – des personnes qui passent aux alentours. C’est un outil dont l’usage est permis pour les services de renseignement français depuis la loi renseignement.

AdWords, le système de ventes de publicités qui a fait la fortune de Google permet à des annonceurs d’acheter des mots-clés pour qu’à chaque fois qu’un internaute le tape, la publicité apparaisse. Savez quel est le mot-clé le plus cher en Angleterre ? « Jouer au blackjack en direct. »

En 2015, la bande passante utilisée par le site de vidéos pornographiques YouPorn (c’est-à-dire le débit nécessaire à transmettre les vidéos) a équivalu à la bande-passante nécessaire à tous les iPhones qui ont été vendus en 2015. Ce qui me donne l’occasion de rappeler qu’en 2016, cette vérité fondamentale est toujours valable :

« Internet, c’est pour le porno »
 

Twitter perd beaucoup d’argent, mais a assez de cash pour vivre 412 ans avec ses pertes actuelles. Décidément, en 2016, le capitalisme numérique est toujours aussi incompréhensible.

Installer dans un bâtiment un seul escalator au lieu de deux l’un à côté l’un de l’autre, garantit un meilleur rendement parce que les gens passent moins de temps à hésiter entre les deux. Je préfère ne pas en tirer de conclusion politique.

Pour réduire le syndrome de stress post-traumatique dont sont atteints les pilotes de drones américains, des psychologues ont proposé que les drones soient équipés d’un système comme le Siri des iPhones, c’est-à-dire une sorte d’intelligence artificielle avec lesquels les pilotes pourraient discuter et sur laquelle ils pourraient reporter la culpabilité.

En Chine, les webcams ont un grand succès, des gens se filment en direct en train de faire plein de choses, et d’autres les regardent. Eh bien, les autorités chinoises ont interdit que les gens se filment en train de manger une banane. Je ne comprends pas pourquoi.

Un singe mange une banane, à Lopburi (nord de Bangkok en Thaïlande), le 27 novembre 2016

Un singe mange une banane, à Lopburi (nord de Bangkok en Thaïlande), le 27 novembre 2016 - TANG CHHIN Sothy/AFP
 

Foxconn, l’entreprise taïwanaise qui fabrique l’iPhone, a pu remplacer 50% de ses salariés par des robots quand l’iPhone 6 est sorti.

Il y a 7,3 milliards d’habitants sur Terre, il y a 7,6 milliards de numéros de téléphones mobiles actifs.

Voilà. Tel est notre monde donc. Mais il faut y ajouter deux choses que j’ai apprises cette année :

Que l’Amérique - le pays qui nous a donné Internet - est celui qui a élu à sa tête un milliardaire ridicule, sexiste, xénophobe, et climatosceptique. Et quand Trump convoque hier les leaders de la Silicon Valley, ils accourent.

Que nous pouvons regarder à chaque instant, sur le même écran que celui sur lequel nous discutons, travaillons, jouons, écoutons de la musique, lisons, écrivons des mots d’amour, que nous pouvons sur le même écran regarder mourir une ville, sans que cela rende notre impuissance plus insupportable.

 

Retrouvez les podcasts de l’émission via iTunes ou en RSS.

 

 

 

Initialement publié sur France Culture

 

http://www.franceculture.fr

 

 
 
 
 
Source : http://rue89.nouvelobs.com
 
 
 
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