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19 décembre 2016 1 19 /12 /décembre /2016 12:02

 

Source : http://www.penserlibrement.fr

 

Trois minutes chrono pour coller Merkel sur le génocide du Proche Orient et le lobby militaro industriel !

guerre-proche-orient

 

En trois minutes chrono, Sahra Wagenknecht, vice-présidente du groupe Die Linke, soit la gauche de la gauche allemande, colle Merkel au mur en pointant la responsabilité et les hypocrisies du lobby militaro-industriel national dans les 1,3 millions de morts des conflits récents du Proche-Orient !

 

Voir vidéo ci-dessous (lien)

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social Ils réagissent
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19 décembre 2016 1 19 /12 /décembre /2016 11:48

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

Ces profs qui ont choisi de déscolariser leurs enfants

 

 

 

Chaque année, de plus en plus de parents décident de sortir leurs enfants de l'école et de se charger eux-mêmes de leur instruction. Parmi eux, beaucoup d'enseignants, rebutés par ce qu'ils ont vu de l'Education nationale. Et déterminés à expérimenter d'autres méthodes pédagogiques.

 

Huit heures du matin, un vendredi du mois de septembre. Dans la maison des Hérino, parents et enfants s'activent dans la cuisine, entre tartines, café et galettes de riz. Pourtant, des cinq membres de la famille, seul Rodolphe, 43 ans, doit partir à temps pour arriver à l'école. Il est professeur de physique-chimie dans un collège ; sa femme, Claire, est institutrice, en «disponibilité» depuis plusieurs années. S'ils le voulaient, leurs trois enfants, Martin, Marion et Antoine, pourraient aller se recoucher une fois le petit déjeuner englouti : aucun d'eux n'est scolarisé. Du tout, ni dans le public, ni dans le privé. Rodolphe reconnaît qu'il lui a fallu plusieurs années pour assumer le paradoxe : «Je vis d'un système que je refuse pour mes enfants. Au début, c'était très culpabilisant.»

 

En toute légalité

Un choix atypique, certes, mais contrairement à ce que l'on pourrait croire, pas illégal. Car si, depuis Jules Ferry, l'instruction est obligatoire, l'enseignement, lui, est libre, et chaque parent peut choisir le mode d'éducation qu'il estime adapté pour son enfant. Dès lors qu'il accède au fameux «socle commun de connaissances, de compétences et de culture» - ce qu'un inspecteur de l'Education nationale est censé contrôler annuellement -, tout est possible. En 2015, près de 25 000 petits filous ont ainsi échappé à l'appel du maître, sans même avoir besoin de s'inventer une fièvre en posant le thermomètre sur le radiateur. Sur 8,1 millions d'enfants soumis à l'obligation scolaire, le chiffre peut sembler dérisoire. Sauf qu'il est en constante augmentation : en sept ans, il a même été multiplié par deux, au point d'alerter le ministère de l'Education nationale qui se dit désormais «préoccupé» par la tendance. D'autant que, dans le documentaire Etre et devenir (1), sorti en 2014, qui retrace les parcours de familles pratiquant l'instruction à domicile, la proportion d'enseignants parmi les dissidents est pour le moins saisissante... Et un brin déstabilisante. Comment des professeurs, témoins privilégiés et acteurs principaux du système, sont-ils devenus des apostats de l'école ?

 

 

"En 2015, près de 25.000 petits filous ont ainsi échappé à l'appel du maître"

Sur le papier, Soline Lucas avait coché toutes les cases d'une scolarité exemplaire. Excellente élève, benjamine de sa promotion à la Femis, prestigieuse école de cinéma parisienne, elle se décrit comme un «pur produit de l'Education nationale». «Mais, socialement, j'étais une handicapée de la vie, assène la trentenaire en guise d'introduction. Je n'ai pas profité de cette réussite scolaire. J'ai subi du harcèlement scolaire, des moqueries. J'ai été témoin de violences ordinaires et d'humiliations auxquelles je ne voulais pas exposer mes enfants.»

Très intéressée par les pédagogies alternatives, Soline commence par se mettre en quête d'une école Montessori pour ses petits garçons. Cette méthode, mise en place au début du XXe siècle par une pédagogue italienne, favorise l'autonomie des élèves : rarement assis derrière une table, ils sont en circulation constante dans l'espace, en fonction des activités qu'ils choisissent eux-mêmes d'entreprendre. «Pour moi, c'était la panacée !» sourit-elle. Elle-même passe le concours de professeur des écoles, avec l'idée d'adapter ses enseignements dans cette direction. Double échec. Les écoles Montessori sont chères et trop éloignées du domicile familial. Quant aux résultats qu'elle-même obtient en tant qu'institutrice dans sa classe de moyenne section du XVe arrondissement de Paris, ils ne sont pas à la hauteur de ses ambitions. «Je n'arrivais pas à aller au bout de ce que je voulais mettre en place, reconnaît-elle franchement. Ils s'emmerdaient. Mais ils s'emmerdaient vraiment !» Résultat : tout le monde est rentré à la maison, Soline comprise, son congé parental en bandoulière. C'est alors qu'a débuté pour la famille Lucas une expérience pour le moins radicale.

Car ce n'est pas pour faire l'école à la maison que les enseignants rencontrés par Marianne ont claqué la porte de l'Education nationale, mais pour tenter l'aventure de «l'apprentissage autonome». Pas de programme scolaire, pas de matières séparées les unes des autres, pas de leçon, pas de contrôle, ni de notes : les enfants ne s'intéressent qu'à ce qu'ils veulent, et à leur rythme. L'idée peut sembler dingue, elle n'est pourtant pas nouvelle. Dès 1971, le penseur autrichien Ivan Illitch publie Une société sans école, un livre de référence chez les adeptes de la non-scolarisation. Farouche contempteur de la société de consommation, Illitch insiste sur les capacités d'apprentissage naturelles de l'enfant : «Ce n'est pas l'école qui apprend à l'enfant à parler, à jouer, à aimer, à se sociabiliser, qui lui apporte la connaissance d'une deuxième langue, le goût de la lecture», écrit-il.

 

"Gourou de secte"

Aux Etats-Unis, une abondante littérature documente ces théories ; l'école Sudbury, pour ne citer qu'elle, les applique depuis près de cinquante ans. En France, en revanche, quiconque se recommande de tels principes passe vite pour un gourou de secte. Car l'apprentissage autonome suppose d'accepter des situations... inhabituelles. Comme le fait, par exemple, qu'un enfant de 12 ans soit un virtuose de piano, mais sans savoir déchiffrer une ligne de texte. Même les plus détendus des parents reconnaissent d'ailleurs quelques sueurs froides : pendant des semaines, Antoine, 7 ans, ne s'est intéressé qu'à l'histoire de la Première Guerre mondiale, à l'exclusion de tout autre sujet. «Bien sûr, que nous avons des peurs, aujourd'hui encore, affirme Claire, la maman du jeune expert en poilus. Mais on a aussi la certitude que suivre les aspirations profondes d'un enfant, ça marche.»

Attablée dans le jardin de sa maison corrézienne, Claire raconte comment, malgré sa profonde aspiration à enseigner, elle a renoncé à consacrer son temps à l'Education nationale. Ingénieur agronome de formation, elle commence par donner naissance à trois enfants, puis passe le concours de professeur des écoles. Mais, devant sa première classe, le rêve se fissure. «Les élèves étaient très nombreux, se souvient-elle. Il y avait le fait d'être enfermée dans une salle, de passer le plus clair de mon temps à faire de la discipline... Et puis, surtout, de voir à quel point ils s'en foutaient.» L'expérience aidant, la jeune femme aurait sans doute encaissé la déception. Mais il se trouve que, parallèlement à ces débuts difficiles, le fils aîné du couple développe une phobie scolaire carabinée.

 

"Martin, n'a su lire qu'à 12 ans. Mais d'un seul coup, et impeccablement."

Agé de 7 ans à l'époque, Antoine est malade à la seule idée de franchir le seuil de la classe. «C'était insupportable de le laisser dans un état pareil», se souvient Rodolphe, son père. Démunis, les parents décident de «sortir» Antoine de l'école, qualifiant la décision de «mesure d'urgence». Claire demande et obtient une mise en disponibilité, qui lui permet de quitter l'Education nationale pour un temps, sans démissionner. L'année suivante, les deux autres enfants du couple rentrent aussi à la maison. «Marion avait 6 ans, et elle n'était pas aussi mal que son frère à l'école. Mais, quand elle en est sortie, j'ai remarqué très vite un changement énorme en matière de créativité, c'était manifeste.» Aujourd'hui, Marion a 15 ans ; elle fabrique des bijoux et se passionne pour le cinéma. Son frère cadet, Martin, n'a su lire qu'à 12 ans. Mais d'un seul coup, et impeccablement.

«Il s'est mis à dévorer J.K. Rowling ou Timothée de Fombelle, sans aucune forme de transition en termes d'apprentissage», se souvient sa mère. Quand il ne s'adonne pas à l'une de ses activités sportives, natation ou rugby, Martin lit aussi des livres de cuisine, dont il teste les recettes en famille. Quant à Antoine, 17 ans, il s'est formé à un logiciel d'animation en 3D grâce à un Mooc, ces cours disponibles gratuitement sur Internet. Il travaille en ce moment à ses premières réalisations cinématographiques. A les observer tous les trois, beaux comme des astres, racontant leurs projets avec enthousiasme autour de la soupe concoctée avec les légumes du jardin, on soupçonnerait presque la famille Hérino d'avoir trouvé la recette du bonheur...

 

Une lubie pour riches bobos ?

 

Ce sont les parents eux-mêmes qui tempèrent les enthousiasmes. La tribu habite en rase campagne, à quarante minutes de voiture de Limoges. Claire a passé de longues heures à faire le taxi pour accompagner ses enfants à un stage chez un menuisier ou au cours de guitare ; le prix à payer pour éviter l'isolement social. Dans un avenir proche, les Hérino aimeraient développer une pratique plus collective, constituer «une communauté éducative», selon leurs termes, qui serait accessible à tous, y compris à ceux qui vont à l'école. «Pour qu'un enfant qui souhaite apprendre le russe, par exemple, puisse être soutenu dans son élan, explique la jeune quadragénaire. On ne dit pas que la déscolarisation est le meilleur choix pour tous. Il se trouve que, moi, ça m'a passionnée, parce que ça entrait en résonance avec ma vocation personnelle. Je le vis comme un cadeau non prémédité.»

Claudia Renau n'avait rien prémédité non plus. Professeur d'histoire-géographie dans la région parisienne pendant dix ans, puis dans un Espe - nouveau nom des IUFM - pendant cinq ans, elle découvre par hasard la déscolarisation en parcourant des forums Internet. Son mari, qui de son côté y songeait depuis plus d'un an, saute sur l'occasion et lui propose de n'envoyer aucune de leurs trois filles à l'école. «J'ai mis trois ans à accepter l'idée, j'avais pour ma part de très bons souvenirs de classe, admet Claudia. Mais mon mari était convaincu qu'avant 10 ans un enfant n'est pas assez solide pour faire face à ce que l'école a de corrosif. J'ai eu envie de lui faire confiance.»

Les souvenirs de son expérience personnelle en tant qu'enseignante ont fait le reste. Alors qu'elle est en poste en zone d'éducation prioritaire à Evry, Claudia découvre une souffrance à laquelle elle-même avait échappé : celle des élèves en grande difficulté. «C'était des adolescents vifs d'esprit, mais ils avaient de mauvaises notes. Je me souviens d'un garçon en particulier, qui a vraiment vécu son redoublement comme une punition. Je l'ai défendu, mais j'ai compris que je n'étais pas crédible parce qu'on estimait que j'étais trop laxiste. J'avais de la considération pour mes élèves, mais ce n'était pas au détriment de leur travail, au contraire ! Un enfant qui a de mauvaises notes va accepter d'être orienté dans une "voie de garage" et sortira de l'école convaincu de sa propre nullité. Et c'est révoltant.»

 

"Que fait l'école pour l'égalité républicaine dans un système qui privilégie l'héritage ?"

Depuis que la famille s'est lancée dans la «désco», de longues heures de réflexion et de discussion avec son mari ont rendu Claudia incollable sur les arguments que l'on oppose le plus souvent à sa démarche. Une lubie pour riches bobos ? Plutôt un choix de vie qui oblige à réviser ses priorités : les Renau vivent à cinq dans un appartement parisiende 45 m2 que Claudia a payé avec son salaire de prof. Les autres familles que nous avons rencontrées partagent un salaire ou puisent le minimum dans leurs économies, héritage ou vestiges d'un poste abandonné. Les authentiques «riches bobos», eux, auraient plutôt tendance à contourner le naufrage de l'école en inscrivant leurs enfants dans le privé.

Parmi les remarques les plus courantes, les parents pratiquant l'instruction à domicile entendent aussi - à raison - qu'ils sont des privilégiés bénéficiant d'un haut niveau d'instruction : tous les parents ne pourraient pas suivre leur exemple. «Mais que fait l'école de cette question de l'égalité républicaine dans un système qui, de manière structurelle, privilégie l'héritage ?» interroge Claudia Renau, faisant allusion aux études européennes (2) qui pointent les graves inégalités scolaires des petits Français en fonction de leur origine sociale.

 

"Comme des chercheurs"

Interrogé par Marianne, le ministère de l'Education nationale engage à «se détendre un peu», c'est-à-dire à modérer la portée de ces expériences qualifiées de «libertariennes» et d'«ultra-individualistes». «Nous n'avons pas d'hostilité à leur égard, affirme Olivier Noblecourt, directeur adjoint du cabinet de la ministre Najat Vallaud-Belkacem. Mais l'école doit être capable de donner un cadre collectif, et de transmettre un certain nombre de valeurs aux enfants.» Du côté des «désco», personne n'a formulé le vœu de brûler l'école de la République, et les profs sont qualifiés, au choix, de «perles», de «guerriers» ou de «digues sans lesquelles le système scolaire abîmerait bien plus d'élèves encore». Cette poignée d'aventuriers intello, anticonformistes et décroissants convaincus, espèrent même pouvoir un jour faire bénéficier la collectivité de leurs réflexions.

Pour l'instant, l'Education nationale a tendance à tenir ce projet à distance, en renforçant plutôt le contrôle des familles qui pratiquent l'instruction à domicile. Pour l'institution, il s'agit évidemment d'éviter que certains parents ne partent en roue libre et ne privent leurs enfants de l'accès à la connaissance ; chez les adeptes de l'apprentissage autonome, ce «fliquage» est perçu comme une entrave à la fameuse liberté d'enseignement, inscrite dans la loi. «Il y aurait pourtant des choses à apprendre de nous, notamment sur les façons de préserver les capacités d'adaptation et d'innovation des enfants !» estime Soline Lucas. En termes d'expérience, cette maman de trois petits garçons non scolarisés en connaît un rayon : la famille vit en itinérance, dans une caravane, en mode carpe diem. «Il faudrait nous considérer comme des chercheurs», propose la jeune femme. Chercheurs ou savants fous, tous ont le mérite d'interroger les conditionnements... Et de bousculer les certitudes. 

(1) Le film documentaire Etre et devenir, de Clara Bellar.

(2) Etudes Pisa, menées tous les trois ans par l'OCDE pour mesurer les performances des systèmes éducatifs.

 

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

 

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19 décembre 2016 1 19 /12 /décembre /2016 11:34

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Christine Lagarde reçoit les félicitations du procureur général Marin!

 
Par Michel Deléan

 

 

 

Jean-Claude Marin a requis la relaxe de Christine Lagarde, jeudi 15 décembre, devant la CJR, en défendant le droit des responsables politiques à prendre des décisions. Une position fidèle à sa carrière.

 

Le verbe est choisi, le raisonnement travaillé. Dans un réquisitoire à deux voix digne du grand oral de l’ENA, car parlant d'éthique et de politique autant que de droit, la fine fleur du parquet général de la Cour de cassation a requis – comme prévu – la relaxe de Christine Lagarde, jeudi 15 décembre en fin de journée.

L’ancienne ministre de l’économie de Nicolas Sarkozy est jugée pour négligence en rapport avec le détournement de fonds public que constitue l’arbitrage frauduleux rendu en faveur de Bernard Tapie en 2008. Quatre jours de débats ont montré d’étonnantes et multiples absences de la part de Christine Lagarde dans ce dossier ruineux, qui a coûté quelque 403 millions d’euros aux contribuables (lire nos comptes-rendus ici, , et encore là). Les charges de l'arrêt de renvoi restent lourdes. Qu’importe, tout cela n’est pas suffisant pour constituer une infraction aux yeux du procureur général Jean-Claude Marin. Un magistrat qui a traité les affaires Tapie pendant de longues années, comme chef de la section financière du parquet de Paris, puis comme procureur ajoint, et enfin comme procureur de Paris, parfois de façon critiquée, et sur fond de pressions politiques.

 

Le procureur général Jean-Claude Marin © Reuters

Le procureur général Jean-Claude Marin © Reuters

 

« Les débats ont été très riches », mais n’ont apporté « aucun élément propre à modifier les réquisitions » de non-lieu prises en faveur de Christine Lagarde, commence Jean-Claude Marin, solennel. Et s’il subsiste encore des « doutes » et des « questions » dans ce dossier complexe, « notre audience n’a pas conforté une accusation bien faible, sinon incantatoire », attaque le hiérarque, qui vise ainsi les trois juges de la commission d’instruction de la CJR. Il convient, selon lui, d’examiner avec beaucoup de précaution dans cette affaire « la frêle limite entre le politique et le judiciaire ».

 

Jean-Claude Marin le dit, « il n’y aura pas d’accusation à cette audience », c’est un « procès atypique ». On repense alors au procès de Jacques Chirac, en 2011, contre lequel il s'était prononcé en requérant un non-lieu en fin d'instruction, en tant que procureur de Paris, mais qu'il n’avait pu empêcher, et qui s'était conclu par une condamnation cuisante de l'ancien chef de l'État, en 2011.

L’actuel procureur général près la Cour de cassation (nommé en 2011 avec l’onction de Nicolas Sarkozy) dépeint l’affaire Christine Lagarde comme un dossier tortueux, biaisé dès le départ car lancé par des parlementaires, dont les qualifications pénales ont été changeantes, et qui est jugé parallèlement à un détournement de fonds publics sur lequel la justice n’a pas encore statué. Soit.

Jean-Claude Marin pointe aussi le caractère étrange du délit de « négligence », jamais reproché à un ministre. C’est une « qualification peu usuelle, et sans rapport avec ce dossier », assène-t-il. On repense alors au délit encore plus baroque de « complicité par abstention » qu’il avait fermement reproché à Dominique de Villepin, dont il avait requis la condamnation dans l’affaire Clearstream, en 2009, mais sans être suivi par le tribunal correctionnel.

Retour au cas Lagarde. « La négligence dans la conduite des affaires de l’État peut constituer une infraction, et c’est le rôle de la CJR d’en juger », concède le grand parquetier. « Mais encore faut-il déterminer précisément les diligences que l’on attend d’un ministre dans l’exercice de ses fonctions. » Or justement, dans cette histoire d’arbitrage Tapie, « on ne lui reproche pas une inaction mais une action », relève Jean-Claude Marin. Or « un ministre doit pouvoir décider ». « Sa décision » d’aller à l’arbitrage « relève-t-elle d’une négligence, ou d’un choix politique ? », demande-t-il à la Cour, constituée de douze parlementaires et trois magistrats. 

Prenant à son tour la parole, l’avocat général Philippe Lagauche déconstruit méthodiquement les charges retenues par la commission d’instruction de la CJR. Selon lui, la décision d’aller à l’arbitrage en 2007 a certes été « rapide et assez peu documentée », mais personne ne s’y est opposé, et la démarche n’est pas pénalement répréhensible...

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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17 décembre 2016 6 17 /12 /décembre /2016 22:09

 

 

Source : https://france.attac.org

 

Les dispensaires autogérés grecs

 

Résistances et luttes pour le droit à la santé

 

 

L’effondrement du système de santé est certainement une des conséquences les plus tragiques de la crise économique et sociale qui secoue la Grèce. Selon Médecins du monde, 25 à 30 % des personnes qui se présentent aujourd’hui à l’hôpital sont refusées. Fermeture de dizaines d’hôpitaux, réduction drastique des effectifs, multiplication des suicides et des maladies mentales, pénurie de médicaments, pourcentage croissant de la population privé d’accès aux soins : face à cette situation les Grecs ont réagi en créant des structures solidaires gratuites et autogérées pour prendre en charge collectivement les questions de santé.

 

Ces nouveaux dispensaires gratuits couvrent l’ensemble du territoire et ce sont des centaines de milliers de patients qui ont recours à leurs services. Un autre système de santé émerge, une résistance sociale s’organise.
Face au manque de médicaments et de matériels médicaux, désormais impossibles à importer, un réseau international de solidarité tente d’apporter son aide à ces dispensaires autogérés.
« Nous considérons notre initiative comme faisant partie d’un mouvement général de solidarité qui se développe au sein de la société grecque. Tous ensemble, nous luttons pour que les droits sociaux ne soient pas abolis et que le régime de la peur et de l’individualisme ne domine pas. Nous luttons pour établir des valeurs de solidarité, de justice et de dignité. »

 

 

 

Source : https://france.attac.org

 

 

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17 décembre 2016 6 17 /12 /décembre /2016 22:02

 

Source : http://soligrecsnimes.collectif-citoyen.fr

 

L’Eurogroupe rallume la mèche avec la Grèce sur la question de la dette

 

L’Eurogroupe a décidé, mercredi, de suspendre les quelques mesures d’allègement de la dette grecque décidées dix jours plus tôt. En cause : de timides mesures, visant les catégories les plus démunies, introduites par le gouvernement Tsipras. Une fois de plus, l’Allemagne s’oppose au FMI sur le cas grec.

Si certains considéraient que le gouvernement Tsipras n’avait pas suffisamment été assommé à l’été 2015, ils ont aujourd’hui de quoi se réjouir. Alors que Syriza au pouvoir applique une austérité stricte qui ne le distingue pas fondamentalement de ses prédécesseurs conservateurs et sociaux-démocrates depuis le début de la crise grecque, le gouvernement vient de se faire à nouveau taper sur les doigts par l’Eurogroupe pour avoir osé introduire deux timides mesures visant les catégories les plus démunies.

La première, c’est l’octroi d’une « prime de Noël » pour les pensions de retraite les plus modestes, c’est-à-dire inférieures à 800 euros. La seconde, c’est le maintien de la TVA à taux réduit sur les îles concernées par l’afflux de réfugiés. C’en est apparemment trop pour les ministres des finances de la zone euro : mercredi 14 décembre, ils ont brutalement mis fin aux modestes mesures d’allègement de la dette publique grecque décidées dix jours plus tôt, après de longs mois pendant lesquels la restructuration de cette dette était constamment repoussée malgré les engagements des Européens de l’été 2015.

« Les actions du gouvernement grec ne sont pas dans la ligne de nos accords », ont statué dans un communiqué commun les différentes institutions créditrices de la Grèce : Commission, BCE, Mécanisme européen de stabilité et FMI.

Derrière cette décision se cache en réalité une volonté allemande, racontent les médias bruxellois. C’est le ministre des finances Wolfgang Schäuble qui aurait demandé à l’Eurogroupe de frapper aussi fort. Le ministre français Michel Sapin a d’ailleurs réagi au lendemain de la réunion, assurant que l’Eurogroupe n’avait pas changé de position : « Il a édécidé sans condition que des dispositions d’allégement de la dette grecque à court terme devaient être mises en œuvre, elles seront mises en œuvre », a-t-il déclaré. Le président français a confirmé cette ligne jeudi, en arrivant au sommet du Conseil européen : « Je suis pour que la Grèce soit traitée dignement. […] Il ne peut pas être question de demander encore des efforts supplémentaires à la Grèce », a déclaré François Hollande.

De son côté, le commissaire aux affaires économiques et financières Pierre Moscovici a également estimé qu’il fallait s’en tenir à l’accord du 5 décembre dernier. « On ne peut pas dire que cette décision [de suspendre les mesures d’allègement de la dette – ndlr] a été prise sur la base d’une évaluation de la Commission, car cette évaluation n’a pas eu lieu. » Bref, c’est la cacophonie totale sur fond de nouveau chantage avec Athènes.

 

 

Alexis Tsipras au sommet du Conseil européen, le 15 décembre 2016 © ERT

Depuis le début de la crise grecque, il est de notoriété publique que Wolfgang Schäuble a toujours été dans les négociations le plus intraitable et le plus méprisant à l’égard de la Grèce. Et il est manifeste depuis l’arrivée de Syriza au pouvoir, en janvier 2015, que les différentes institutions divergent entre elles, en particulier le FMI et la Commission – le premier souhaitant avant tout que la dette publique soit réduite à un niveau « viable », tandis que la seconde traîne des pieds pour toucher aux obligations de l’État grec.

Le ministre allemand est-il effectivement à l’origine de cette nouvelle provocation de l’Eurogroupe ? Pourquoi les socialistes français se réveillent-ils le lendemain et se mettent-ils tout à coup à endosser le beau rôle alors qu’ils avaient totalement manqué de solidarité à l’égard de Tsipras quand celui-ci en avait besoin, tout au long du premier semestre 2015 ? Peu importe, au fond. Le résultat est là : la déclaration de l’Eurogroupe est irresponsable. Elle met de l’huile sur le feu en rouvrant un dossier qui a causé l’une des plus graves crises que l’Union européenne ait connues ses dernières années.

Ramenons les choses à leur juste proportion. La « prime de Noël » annoncée par le gouvernement Tsipras – et qu’il entend faire voter malgré la réaction de l’Eurogroupe – représente 617 millions d’euros de dépenses. Elle vient mettre un peu de beurre dans les épinards pour 1,6 million de retraités qui ont vu passer, depuis 2010, une douzaine de réformes ayant conduit à une baisse de 40 % en moyenne des pensions de retraite : dès le début de la crise, les 13e et 14e mensualités dans les pensions avaient été supprimées.

Quant au gel de la TVA sur des îles qui ont vu passer depuis 2015 la plupart des réfugiés se dirigeant vers l’Europe et qui continuent de faire face à des arrivées quotidiennes, la mesure paraît bien compréhensible. Ces îles fournissent, avec très peu de moyens, un accueil que de plus en plus d’États européens refusent de mettre en place.

Mais compréhension et solidarité ne font à l’évidence pas partie du vocabulaire de certains à Bruxelles, où la logique de la carotte et du bâton continue de fonctionner à plein. Or la carotte est de plus en plus maigre… Car il ne faut pas s’y méprendre : les mesures d’allègement de la dette grecque aujourd’hui suspendues n’ont rien à voir avec un haircut (décote, autrement dit effacement pur et simple de créances, comme cela s’est produit à deux reprises en 2012, dans des opérations organisées avec les créanciers privés du pays). Elle consistent simplement en un allongement des périodes de remboursement de 28 à 32 ans et demi pour les emprunts noués auprès du Mécanisme européen de stabilité, et en une limitation de la variation des taux d’intérêt. Cela devait alléger la dette d’environ 45 milliards d’euros, soit 20 % du PIB… d’ici à 2060 ! Un soulagement bien modeste, qui ne va rien changer à l’économie grecque à court terme et qui ne va pas, à long terme, rendre la dette grecque réellement plus « viable » qu’aujourd’hui (elle pèse actuellement environ 180 % du PIB).

Ce chantage malheureux des Européens sur le dos des Grecs révèle par ailleurs, une fois de plus, les tiraillements profonds entre le FMI et les institutions bruxelloises. C’est le FMI qui a semble-t-il mis le feu aux poudres cette semaine, en écrivant, mardi, qu’il « ne réclamait pas plus d’austérité » à la Grèce et que les exigences des créanciers européens pour de « très hauts » excédents budgétaires n’étaient « simplement pas crédibles ».

Les Européens, pris par surprise, n’ont pas tellement apprécié… Ainsi de Moscovici qui, jeudi dans le Financial Times, accuse le FMI de jouer « un jeu qui risque de détruire la confiance et les progrès accomplis jusque-là ». Le commissaire européen avertit : « Ne jouons pas dans l’ombre avec l’avenir de la Grèce. Le travail technique est pratiquement fait. Les leaders politiques de la zone euro et les institutions créancières de la Grèce doivent prendre l’initiative. »

Tentant de faire entendre raison à ses adversaires à l’occasion du sommet européen de ces deux derniers jours, le premier ministre grec Alexis Tsipras a assuré que les deux mesures envisagées n’auraient pas d’impact sur les objectifs d’excédent budgétaire de 2016, ni 2017-2018. À l’occasion de sa conférence de presse à Bruxelles, il a montré qu’il n’était pas dupe des postures des uns et des autres, glissant que 2017 était une année électorale pour plusieurs pays importants (la France, l’Allemagne et les Pays-Bas)… « Il n’y a pas de place pour les caprices, les chantages et les petits jeux, chacun devra prendre ses responsabilités. » Le chef de l’exécutif grec a ajouté : « Il n’est pas possible que la situation d’exception à laquelle la Grèce a été condamnée ces dernières années devienne définitivement la règle. » Certains dirigeants européens, à l’évidence, tentent aujourd’hui de faire l’impossible.

Lire l’article original d’Amélie Poissot sur Médiapart ici.

 

 

Source : http://soligrecsnimes.collectif-citoyen.fr

 

 

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17 décembre 2016 6 17 /12 /décembre /2016 21:31

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Écologie politique

« Les jardins partagés et les initiatives locales rendent possible un renouveau démocratique »

 

par

 

 

 

Et si les jardins partagés, les potagers urbains et la nouvelle vigueur de l’agriculture familiale représentaient bien plus qu’une alternative écolo – et perçue comme un peu « bobo » – à la malbouffe et à l’agriculture industrielle ? C’est la position de la philosophe Joëlle Zask. Dans son livre La démocratie aux champs, elle souligne le potentiel individuel et collectif de pratiques agricoles. Généralement ignorées ou déconsidérées par les politique, ces pratiques s’inscrivent dans une longue histoire d’expérimentations démocratiques, porteuses d’autonomie et génératrices de solidarités.

 

Basta !  : Votre dernier ouvrage, La démocratie aux champs, étudie ce qui favorise l’essor démocratique dans l’action de cultiver la terre. Pourquoi l’agriculture et les agriculteurs ont-ils été laissés de côté par la pensée politique et la construction des démocraties modernes ?

Joëlle Zask [1] : Pendant longtemps, les paysans n’ont pas été considérés comme des sujets politiques. Le mot “citoyen” désigne à l’origine littéralement l’habitant de la cité. Le terme politique désigne la “polis”, la ville. Le vocabulaire politique même de la démocratie écarte le paysan. Longtemps, ils ont été exclus de cette capacité de discuter des conditions de la vie en commun, parce qu’ils sont réputés isolés. C’est la rhétorique de Marx, selon lequel le paysan est penché sur son sillon ; il ne va donc pas arriver à une conscience politique. En fait, l’agriculture repose sur des formes de solidarité anciennes, complexes, et absolument nécessaires. L’agro-industrie, qui dissocie les gens, se passe au contraire de ces formes de sociabilités et de solidarités qui sont le propre des productions à petite échelle.

Ce livre veut inciter à une correction des défauts de nos démocraties modernes. Au moment où elles se sont constituées, elles se sont construites sans une immense majorité de la population, que constituaient alors les paysans. En Europe, la méfiance envers les paysans est très forte. Ils sont tantôt humiliés et disqualifiés, tantôt considérés par les calculateurs politiques comme des forces très conservatrices et tournées vers le passé, quand ce n’est pas fascistes. Ils ne sont pas reconnus dans leur capacité démocratique. Ce n’est pas tout à fait le cas des États-Unis.

 

 

 

En quoi est-ce différent aux États-Unis ?

Aux États-Unis, il y a quelques courants politiques, comme le courant jeffersonnien (de Thomas Jefferson, troisième président des États-Unis, ndlr), qui ont considéré la possibilité d’une démocratie agraire. Jefferson a porté une voix très minoritaire dans la construction des États-Unis. Mais il a tout de même fait passer un certain nombre d’idées profondément démocratiques. Même si cela n’a pas abouti dans les faits. Les institutions représentatives mises en place à la fin du 18e siècle ont finalement bridé le pouvoir du peuple, y compris du peuple agraire. Les choix constitutionnels ont été les mêmes qu’en Europe. De nombreuses expériences de démocratie agricole ont cependant existé en Amérique du Nord. En Europe aussi, des assemblées villageoises pré-démocratiques ont vu le jour dès le Moyen âge.

 

Le regain d’intérêt actuel pour les jardins partagés où une forme collaborative de retour à la terre s’inscrit-il dans la continuité de ces formes de démocratie agricole très anciennes ?

Il n’y a pas une continuité au sens où un héritage historique serait assumé. Je pense que c’est une sorte de grammaire universelle : cultiver la terre, c’est aussi se cultiver soi, et cultiver la communauté. Cette culture à trois étages forme un tout cohérent, satisfaisant humainement, à la portée de tout le monde, resocialisant, cicatrisant, très intégrateur, qui permet aussi à tous ceux qui ne maitrisent pas le langage de dialoguer avec leur environnement. Les mouvements actuels de permaculture sont animés par des considérations écologiques, mais ils s’inscrivent aussi dans ce paradigme de cultiver la terre en se cultivant soi-même et en formant une communauté. C’est une expérience que l’on retrouve un peu peu partout sur la planète. C’est intéressant de découvrir cette humanité commune du jardinage.

 

Les jardins partagés ne seraient donc pas seulement un passe-temps pour classes moyennes urbaines en quête de sens, mais un véritable phénomène politique global ?

Ce qui m’intéresse, c’est de rendre visible un système qui fonctionne et qui est déployé sur toute la planète. L’agriculture familiale ou partagée produit 80 % des ressources alimentaires mondiales. Il faut la prendre en considération [2]. Ce n’est pas un phénomène de bobos, une activité qui serait réservée à des urbains désabusés en mal de passe-temps et de sens de leurs existence. Si la possibilité d’un renouveau démocratique existe, c’est en direction des initiatives locales à la portée de tous, comme les jardins partagés, que nous devons regarder.

 

Pour vous, le jardinage partagé doit être différencié des utopies agraires ?

Des utopies, il en a existé de toutes sortes : des utopies agraires productivistes, comme le kolkhoze en Union soviétique, ou la grande ferme collective chinoise. Ces « utopies » étaient d’ailleurs en compétition. Une rationalisation de la production agricole, avec une prolétarisation des paysans, peut aussi s’accompagner d’une mythologie du retour à la terre : l’homme, par son travail, renouerait avec son authentique nature, son terroir... Au 19ème siècle en Allemagne, les stations agricoles expérimentales et le mythe d’un retour à la nature ont fusionné. Là, l’idéal productiviste et l’idéal naturaliste ont marché main dans la main. En revanche, le jardin partagé est clairement une expérience et pas une utopie. Ce n’est pas un modèle. C’est un processus par lequel on construit un pouvoir d’agir. L’expérience, ce n’est pas forcer la nature, ni la contempler. C’est agir.

 

 

 

N’y aurait-il pas néanmoins une dimension très individualiste dans cette volonté de retour à la terre incarnée par les mouvements d’agriculture urbaine ?

Je ne pense pas, parce que recréer des conditions d’indépendance alimentaires dépend avant tout d’une gouvernance partagée. Si chacun fait cela dans son coin, ça ne va pas fonctionner. Le jardin partagé n’est pas un phénomène gauchiste. Il réunit aussi des personnes qui peuvent avoir une tendance plus conservatrice. C’est une manière de valoriser la capacité d’innovation, indépendamment des origines sociales ou professionnelles. Si tant est qu’un “mouvement” du jardinage partagé existerait aujourd’hui, il traverse les catégories sociales, ethniques, politiques. C’est pour cela qu’il constitue un outil puissant. D’autant plus que, grâce à des techniques agricoles comme la permaculture, presque tous les espaces peuvent être mis en culture : un coin de cour, un bas-côté, des interstices urbains suffisants pour nourrir les habitants, comme le montre l’expérience des incroyables comestibles en Grande-Bretagne. Cela crée une dynamique dans la ville, qui n’est pas fusionnelle ou identitaire dans la mesure où, à partir des jardins, on démultiplie les initiatives et les activités.

 

Longtemps, les paysans n’ont pas été perçus comme des citoyens par le politique. Estimez-vous que le phénomène de l’agriculture urbaine, des jardins partagés, est aujourd’hui encore déconsidéré par les responsables politiques ?

De plus en plus de responsables voient bien que le jardinage est une source de socialisation et d’intégration, qu’il génère des revenus. Déjà dans les années 1870 en France, les pouvoirs publics ont soutenu les jardins ouvriers, et ce jusqu’à la Première guerre mondiale. Les jardins potagers aident à passer les crises, ils constituent un enjeu de survie, de subsistance. Aujourd’hui comme hier, il s’agit d’une source d’indépendance alimentaire fondamentale. Cela n’apporte jamais la richesse, mais comme avec les jardins communautaires de New York dans les années 1970, c’est une source de nourriture gratuite. Le jardinage urbain est aussi un loisir, mais ce n’est pas seulement ça.

De la même manière, l’opposition entre les savoir-faire paysans et la science des ingénieurs agronomes est très idéologique. Cultiver la terre suppose des connaissances très complexes, transmises, accumulées, et sans lesquelles il est impossible de faire pousser un haricot. Dans les jardins partagés, des formations sont mises en œuvre, dans le but de rendre chacun autonome. Nous retrouvons là les fondamentaux de la démocratie. Qu’est-elle sinon le fait qu’un groupe mette à la disposition de chacun les moyens communs d’acquérir leur propre autonomie ? La démocratie, c’est fabriquer l’indépendance des individus. Pour cela, le jardin partagé est un outil très puissant.

Propos recueillis par Rachel Knaebel

 

 

 

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Joëlle Zask, La démocratie aux champs. Du jardin d’Éden aux jardins partagés, comment l’agriculture cultive les valeurs démocratiques, éditions La Découverte, 2016.

Photo de une : Jardin partagé à Marseille. Nathalie Crubézy / Collectif à-vif(s).

- Lire aussi : Quand l’écologie populaire permet de lutter contre la désespérance sociale et la criminalité.

- Voir tous nos articles sur les alternatives agricoles et partagées.

 

 

Notes

[1Professeure au département de philosophie de l’université Aix-Marseille, Joëlle Zask est l’auteure, entre autres, de Participer. Essais sur les formes démocratiques de la participation (Le Bord de l’eau, 2011) et Outdoor Art. La sculpture et ses lieux (La Découverte, « Les Empêcheurs de penser en rond », 2013).

[2Voir le rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation.

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

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17 décembre 2016 6 17 /12 /décembre /2016 21:16

 

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Source : https://france.attac.org

 

 

Libération immédiate des « Faiseurs de paix » arrêtés à Louhossoa

samedi 17 décembre 2016, par Attac France
 
 
 
 

Cette nuit, à Louhossoa (Pays-Basque), Txetx Etcherverry, fondateur du mouvement écologiste et altermondialiste Bizi ! ; Michel Berhocoirigoin, syndicaliste paysan, ancien président de la chambre d’agriculture du Pays-Basque, Michel Bergougnan, coopérateur viticole et Béatrice Molle-Haran, ont été interpellés par le RAID, alors qu’ils tentaient de rendre inutilisable une partie du stock d’armes de l’organisation séparatiste basque, ETA, avant de le remettre ultérieurement aux autorités françaises qui ont jusqu’à présent refusé de récupérer ces armes.

 

Nous partageons de nombreux engagements avec ces militants qui ont choisi une démarche non-violente, publique et transparente pour faire avancer un processus de paix qui bloque au niveau des États.

Txetx Etcheverry, Michel Berhocoirigoin et Michel Tubiana (président d’honneur de la Ligue des droits de l’Homme), avaient précisé leur démarche dans des courriers qui ont été transmis à la presse :

Nous nous situons en intermédiaires entre une organisation armée avec laquelle nous n’avons aucun lien ni subordination, et un État que nous voulons amener à réfléchir. (…) Nous avons décidé de prendre nos responsabilités avec la conviction que cela peut être utile à la paix. C’est pourquoi, nous avons proposé à l’organisation ETA de transférer à la société civile la responsabilité politique de la destruction de son arsenal militaire. Nous avons choisi de le faire de manière publique et assumée, à l’instar des engagements dont nous sommes porteurs. Ces engagements sont publics et transparents. Ils sont caractérisés par l’implication personnelle, le souci de la démocratie, le choix de la non-violence.

Les polices françaises et espagnoles ont cru pouvoir communiquer en annonçant un « coup dur porté à l’ETA » et au terrorisme.

Nous demandons que cette communication mensongère soit rectifiée et nous exigeons que nos amis, faiseurs de paix au Pays basque, soient immédiatement libérés.

Rassemblement organisé le 17 décembre à 16 h à Bayonne en soutien aux faiseurs de paix arrêtés.

 

 

 

 

 

Source : https://france.attac.org

 

 

*Pétition de soutien disponible ici

 

 

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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 22:17

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

A Flint, Michigan, la crise de l'eau n'en finit pas

Par Yves Eudes

 

Photos Sara Naomi Lewkowicz pour le Monde

 

 

 

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L’église catholique Saint Michael est désaffectée, mais le sous-sol, transformé en bureaux abritant des associations caritatives, est plein de monde du matin au soir. Dans la pièce du fond, Aaaron Kottke s’habille chaudement, car il va passer l’après-midi et la soirée dehors, dans le vent glacial de ce début d’hiver. Sa mission consiste à faire du porte-à-porte dans un quartier modeste de Flint pour rappeler aux habitants que l’eau du robinet est toujours toxique et leur prodiguer des conseils sanitaires

 

Aaron est employé de Flint Rising, l’une des associations militantes qui se battent pour que l’eau du robinet redevienne potable. La crise de l’eau est une conséquence directe de l’appauvrissement général de la ville. Depuis la fermeture des usines automobiles General Motors dans les années 90, Flint, jadis prospère, a sombré. Aujourd’hui, elle compte à peine 100 000 habitants, un tiers de moins qu’il y a vingt-cinq ans, dont 57 % de Noirs. Près de 42 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, le taux de criminalité est l’un des plus élevé des Etats-Unis, le pourcentage de jeunes obtenant un diplôme de fin d’études est très inférieur à la moyenne nationale. La ville est entourée de terrains vagues grillagés de plusieurs kilomètres de long – l’emplacement des usines General Motors, récemment rasées. Dans le centre, on détruit aussi beaucoup : maisons abandonnées, écoles, casernes de pompiers et postes de police devenus inutiles, supermarchés désertés… Les terrains vagues apparaissent un peu partout.

 

L’affaire de l’eau remonte à 2011. Flint, surendettée, est au bord de la faillite. La municipalité démocrate est placée sous la tutelle d’un « administrateur d’urgence » nommé par le gouverneur républicain du Michigan. Pour garantir le remboursement de la dette, on décide de réduire les dépenses et de privatiser les services publics, y compris le réseau d’eau. En mars 2014, pour économiser encore quelques millions de dollars, les autorités décident de cesser d’approvisionner Flint en eau provenant de la ville de Detroit, distante de 120 km, et de la remplacer par de l’eau pompée directement dans la rivière traversant la ville, notoirement polluée. Pour eux, il s’agit d’une mesure transitoire, car ils ont lancé un projet ambitieux : la construction d’un aqueduc privé apportant directement l’eau du lac Huron, qui sera prêt en 2017. Plusieurs responsables politiques locaux acquièrent des parts dans les entreprises chargées de construire et de gérer le nouveau système, sans se soucier des conflits d’intérêts.

 

Pour traiter l’eau de la rivière, on remet en service la petite station d’épuration de la ville, obsolète et en sous-effectif. Or, aussitôt, l’eau corrosive et mal filtrée attaque les vieilles canalisations en plomb. Elle arrive dans les robinets chargée de plomb, de divers métaux lourds et de bactéries pathogènes, provoquant toute une gamme de maladies chez de nombreux usagers. Quand on la boit, elle peut endommager les organes internes, y compris le cerveau, et quand on se douche, elle affecte la peau et les cheveux. Elle attaque même les machines : dès octobre 2014, General Motors, qui possède encore une usine de camions à Flint, exige d’être à nouveau alimentée par de l’eau de Detroit, à ses frais, car celle de la rivière corrode ses installations et endommage sa production. Après avoir longtemps nié le problème, puis minimisé ses conséquences, les autorités finissent par rétablir l’approvisionnement en eau provenant de Detroit en octobre 2015, mais il est trop tard. Les canalisations corrodées continuent à contaminer l’eau, les produits chimiques injectés pour l’assainir augmentent sa toxicité.

 

Deux ans et demi après le début de la crise, rien n’est vraiment réglé. Le gouvernement fédéral n’a pas déclaré Flint comme zone sinistrée, car il ne s’agit pas d’une catastrophe naturelle. Le Congrès de Washington, dominé par les républicains, refuse de voter les fonds d’urgence proposés par le président Obama. Depuis la fin de 2015 Flint a une nouvelle maire, Karen Weaver, première femme noire à occuper ce poste. Elle n’est pas compromise dans le scandale de l’eau, mais ses pouvoirs sont limités : les administrateurs d’urgence sont partis, mais Flint est toujours sous le contrôle partiel de l’Etat du Michigan.

 

Lors de la campagne électorale de 2016, les candidats à la présidence sont tous venus ici. Ils ont tenu des meetings, se sont affrontés dans des débats, ont rencontré des militants et des victimes, ont fait des promesses, puis ils sont repartis. A ce jour, seul l’Etat du Michigan intervient, modestement : le remplacement des canalisations défectueuses a commencé, quelques centaines de maisons au début de décembre 2016, sur les 39 000 bâtiments que compte la ville. En attendant, l’Etat, les églises et les associations caritatives ont installé des centres de distribution gratuite d’eau en bouteille et de filtres bas de gamme sur des parkings et des terrains vagues. Les habitants arrivent en voiture et chargent leur coffre de caisses de petites bouteilles, avec l’aide de riverains embauchés par l’Etat pour l’occasion. Il n’y a pas de limite, chacun emporte ce qu’il veut. En théorie ce service est réservé aux résidents, mais personne ne vérifie.

 

Dans le quartier quadrillé par Aaron Kottke et son équipe de bénévoles, les habitants savent que l’eau est toujours dangereuse, et chacun se débrouille à sa façon. Les plus prospères ont fait installer des systèmes de filtrage très chers, plus ou moins efficaces. Aaron leur rappelle que si on fait bouillir l’eau non filtrée, la vapeur se charge de substances nocives qui entrent directement dans les poumons. D’autres utilisent l’eau en bouteille pour boire et faire la cuisine, mais continuent à se doucher et laver leur linge avec l’eau de la ville non filtrée, et se demandent s’ils vont tomber malades. Certains adoptent des comportements dangereux : l’hiver, ils ouvrent leurs ballons d’eau chaude et les remplissent de neige, ce qui peut provoquer des dégâts. D’autres recueillent l’eau de pluie, mais un employé de mairie leur a dit que c’était illégal.

 

Cela dit, la plupart conservent leur sens de l’humour. Brandissant une canette de bière, Greg Whitman, 58 ans, ouvrier de chantier mis à la retraite à la suite d’un accident, affirme en riant : « Cette histoire me concerne peu, je ne suis pas un gros buveur d’eau. » Plus sérieusement, Greg, qui a emménagé ici récemment, se plaint d’avoir dû payer 325 dollars de dépôt de garantie à la compagnie des eaux – une arnaque supplémentaire, arbitraire et incompréhensible. Paradoxalement, à Flint, l’eau est extrêmement chère, les factures atteignent parfois des centaines de dollars par mois. Les habitants qui ont payé régulièrement (75 % des entreprises, et seulement 25 % des particuliers) ont désormais droit à un crédit de quelques mois financé par l’Etat. En revanche, ceux qui n’ont pas pu ou pas voulu régler leurs factures vont être rappelés à l’ordre, puis pénalisés. L’objectif est de faire payer au moins 70 % des particuliers, faute de quoi l’Etat coupera sa subvention.

 

Comme beaucoup de résidents de Flint, Greg Whitman va se doucher et faire sa lessive chez des proches installés en banlieue, dans des zones qui sont restées approvisionnées par l’eau de Detroit. Son voisin, William McMillin, 21 ans, les bras couverts de tatouages, aime aussi plaisanter : « Vous tombez bien, je m’y connais en plomb, je viens de faire quatre mois de prison pour une affaire de vol et de trafic d’armes à feu. » Sur un ton plus grave William raconte sa vie de détenu : « Jusqu’en janvier dernier les prisonniers de Flint étaient obligés d’utiliser l’eau de la ville, et certains sont tombés malades. Maintenant, chacun a droit à deux bouteilles d’eau minérale par jour, mais cet été, en pleine chaleur, c’était insuffisant, alors nous avons continué à boire aussi l’eau du robinet. Je me douchais le moins possible, une fois par mois. » Depuis sa sortie, William est hébergé par son grand-père, qui est atteint d’un cancer : « Du coup, je n’ai pas besoin d’aller chercher de l’eau dans les centres de distribution, une association d’aide aux malades nous livre à domicile. »

 

Aaron Kottke demande aussi aux habitants s’ils souhaitent participer aux activités de Rising Flint. Tous se disent d’accord sur le principe, mais restent vagues sur les modalités. La fondatrice de l’association, Nayyirah Sharif, une quadragénaire énergique et éloquente, sait que la mobilisation est difficile : « La crise de l’eau a provoqué beaucoup de colère, mais aussi une certaine paralysie. Les gens ont peur, ils sont perdus, ils ne savent pas quoi faire et se résignent. »

 

Malgré tout, Nayyirah Sharif a réussi, au début de 2016, à créer Rising Flint, qui a pour vocation de fédérer les initiatives locales et de faire le lien avec des organisations nationales. Après avoir travaillé bénévolement pendant des mois, elle a obtenu des subventions de plusieurs fondations et de la société Kellog’s, le géant mondial des corn flakes (pétales de maïs), qui est basé dans le Michigan. Elle a recruté plus de 150 bénévoles et embauché quelques militants aguerris, qui mènent campagne sur le terrain et auprès des autorités : « Nous incitons les gens à s’organiser au niveau de leur quartier. La mobilisation est un long voyage, mais peu à peu, ils comprennent que pour s’en sortir, ils devront s’unir. »

 

Flint Rising s’est fixé des objectifs ambitieux : remboursement intégral des factures d’eau depuis 2014, gratuité des soins médicaux pour les victimes, remplacement rapide de toutes les canalisations défectueuses, attribution des marchés publics à des sociétés qui s’engageront à former et embaucher des jeunes de la ville. Nayyirah Sharif espère aussi que le gouvernement fédéral finira par venir réparer le système : « Ils pourraient envoyer un régiment du génie de l’US Army, comme cela se fait souvent pour d’autres catastrophes. Mieux vaut tard que jamais. Sinon, cette affaire restera un déshonneur pour l’Amérique. »

 

D’autres femmes de Flint se sont engagées dans le combat après être tombées malades. Melissa Mays, 38 ans, une Blanche de la classe moyenne, mariée, trois enfants, n’avait aucun passé militant : « Avant la crise de l’eau, j’étais insouciante et naïve, toujours souriante. Je travaillais dans le marketing pour un groupe de stations de radio FM et j’organisais des concerts. » Au printemps 2014, dès que la ville commence à pomper l’eau de la rivière, la santé de Melissa se détériore brutalement : « A l’époque, je faisais beaucoup de sport, je buvais six litres d’eau par jour. Nous habitons dans un quartier où les canalisations sont très anciennes, notre maison date de 1906. J’ai reçu une dose massive. » Melissa se dit atteinte de neuf pathologies différentes, qui s’attaquent à toutes les parties de son corps, et qui lui ont valu plusieurs séjours à l’hôpital.

 

Même chose pour ses trois fils, qui, selon elle, souffrent de multiples maux, notamment des troubles de la croissance, des rhumatismes, des déficits d’attention :

« Mon aîné de 18 ans a dans son organisme du plomb, du cuivre, de l’étain, de l’aluminium et des bactéries. Récemment, il a eu une tumeur sur la langue. Même nos chats et nos chiens sont tombés malades, et nous n’avons plus de jardin : j’arrosais les arbres avec l’eau de la ville, ils sont tous morts. »

 

Incapable de travailler, Melissa perd son emploi, puis son assurance maladie : « Mon patron m’a dit : reviens quand tu iras mieux. » Elle réussit à obtenir une couverture maladie de l’Etat fédéral, mais doit payer de sa poche une partie des soins, surtout pour ses enfants : « Quand ils ont plus de 6 ans, ils n’ont plus droit aux tests de dépistage gratuits, et les consultations de spécialistes coûtent une fortune. » La famille survit grâce aux revenus du père, artiste indépendant.

 

Dès qu’elle commence à aller mieux, Melissa se lance dans l’action militante et crée sa propre association, Water You Fighting for, financée par un groupe de médecins de la région, et affiliée à Flint Rising. Elle est partie prenante dans cinq procès contre des représentants de l’Etat et de la ville, et s’est imposée comme une spécialiste reconnue des problèmes d’eau toxique. Elle est invitée dans tout le pays pour donner des conférences : « Beaucoup de villes sont dans la même situation, sans vraiment le savoir : leurs canalisations en plomb sont usées, prêtes à lâcher, leurs stations d’épuration sont obsolètes. Cette affaire est une énorme bombe à retardement à l’échelle nationale. »

 

Les associations de Flint sont proches du Parti démocrate, qui contrôle la ville sans partage depuis des décennies. Nayyirah Sharif se considère comme une

« démocrate socialiste », Melissa Mays a soutenu Bernie Sanders lors de la campagne électorale de 2016, et lors de l’élection de novembre, les militants de l’église Saint Michael affirment avoir voté pour Hillary Clinton, qui a remporté près de 85 % des voix à Flint. Selon eux, le principal responsable du désastre est le gouverneur républicain du Michigan, Rick Snyder, qui dès son arrivée au pouvoir, en 2011, a imposé à Flint un administrateur et exigé la mise en place d’une austérité budgétaire féroce. Pour les démocrates, il s’agit en fait d’une décision raciste, car à l’époque, d’autres villes du Michigan étaient en faillite, mais du fait qu’elles étaient majoritairement blanches, elles ont échappé à la tutelle. Certains imaginent même que l’Etat veut vider la ville d’une partie de ses habitants, en priorité les Noirs, la placer sous l’autorité du comté, qui est dominé par les banlieues blanches et prospères, et en faire une petite ville universitaire.

 

Les républicains du Michigan racontent une tout autre histoire. David Forsmark, consultant politique républicain qui a organisé les campagnes électorales pour des candidats locaux des deux partis, y compris un ancien maire démocrate de Flint, rappelle que la ville est gouvernée par les démocrates depuis des générations :

« Jusque dans les années 90, Flint était prospère. Les élus démocrates auraient pu investir dans la modernisation des infrastructures, mais ils ne l’ont pas fait. Plus récemment, ils ont fait beaucoup d’emprunts, qui auraient pu servir à rénover le réseau d’adduction d’eau, comme cela a été fait dans plusieurs villes de banlieue. A Flint, ils ont préféré transformer la municipalité en une machine clientéliste dont la principale fonction est de fournir des emplois confortables et bien payés, parfois fictifs, à leurs familles et leurs copains… » David Forsmark affirme aussi que les administrateurs successifs envoyés par le gouverneur étaient des démocrates, et que la décision de pomper l’eau de la rivière a été prise par l’ancien maire démocrate de la ville, Dayne Walling :

« L’administrateur a un droit de veto, mais il ne décide pas. En pleine crise, le maire Walling s’est montré devant les caméras de télévision en train de boire des grands verres d’eau de la ville pour prouver qu’il n’y avait rien à craindre. » Battu lors de l’élection municipale de 2015 (où l’abstention a atteint 85 %), Dayne Walling est aujourd’hui attaqué en justice par plusieurs associations de résidents pour son implication dans le scandale.

 

Par ailleurs le consultant David Forsmark laisse entendre que certaines victimes de l’eau ne sont pas aussi malades qu’elles le disent : « Appeler ça un empoisonnement collectif, c’est exagéré. Certains pâtés de maison ont été touchés, mais la majorité de la ville a été épargnée. J’ai grandi dans un quartier populaire de Flint, j’ai sans doute plus de plomb dans le corps que beaucoup de ceux qui se plaignent aujourd’hui. » Ces interrogations sur l’ampleur du désastre sont largement partagées. L’officière de police Twanda Plair, une femme noire qui a voté pour Hillary Clinton, a constaté que certains habitants mentaient sur leur état de santé, soit par détresse psychologique, soit par intérêt : « Ils espèrent que les procès vont aboutir et qu’ils toucheront une indemnité. Je connais une femme qui est en chaise roulante depuis de nombreuses années, et aujourd’hui elle prétend que c’est à cause de l’eau. Je lui ai fait remarquer, elle l’a mal

pris… »

 

Selon les autorités, la situation s’améliore depuis quelques mois, grâce aux travaux effectués dans la station d’épuration et à une meilleure formation du personnel. La maire, Karen Weaver, espère que d’ici à anvier 2017, mille maisons seront desservies par des nouvelles canalisations. De même, Bill Kerr, directeur du programme alimentaire du Michigan, qui distribue des grosses quantités de bouteilles d’eau et de nourriture à Flint, se veut rassurant : « L’eau est moins toxique qu’il y a un an, elle se rapproche des normes exigées par l’Agence fédérale pour la protection de l’environnement. Nous y arriverons dans quelques mois. » Ensuite le nouvel aqueduc résoudra tous les problèmes.

 

Les militants ne sont pas convaincus. Melissa Mays utilise toujours de l’eau en bouteille pour la cuisine, et va faire sa lessive dans des laveries de villes de banlieue non contaminées : « Pour la toilette, nous avons des filtres, mais ils ne résistent pas à l’eau chaude, nous prenons des douches froides. Pour installer un filtrage efficace, cela coûterait 20 000 dollars, que nous n’avons pas. L’eau continue à pourrir les tuyaux dans les murs, et depuis peu les murs eux-mêmes. Au bout de deux ans et demi de ce traitement, notre maison ne vaut plus rien, nous ne pouvons plus la vendre ni l’hypothéquer. »

 

Pour elle, la victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle ne présage rien de bon : « Les républicains vont tout privatiser, gérer les villes comme des business, abolir les lois sur la qualité de l’eau et de l’air, supprimer les agences de protection de l’environnement. Bientôt, la moitié du pays va ressembler à Flint. Bienvenue dans le monde de Trump ! » Ses fils ont épinglé dans leur chambre un drapeau canadien : « Ils sont tellement déçus par les Etats-Unis qu’ils rêvent de voir le Michigan rattaché au Canada tout proche. »

 

D’autres militants sont moins pessimistes. Gina Luster, 42 ans, qui a été malade à cause de l’eau et qui travaille aujourd’hui avec Flint Rising, a voté pour Hillary Clinton, mais elle espère que le président Trump va aider Flint :

« Il répète sans arrêt qu’il va investir des milliards dans les infrastructures du pays. Il pourra venir ici pour lancer son programme, Flint est l’exemple parfait d’une ville où les infrastructures sont en ruines. » Gina est d’autant plus intéressée par cette perspective que son père possède une entreprise de travaux publics engagée dans la rénovation du réseau d’eau.

 

En attendant, la guérilla politico-judiciaire continue. A la fin de novembre, un juge local a ordonné à l’Etat de livrer les bouteilles d’eau au domicile de tous ceux qui en ont besoin. A contrecœur, l’administration a commencé à s’exécuter, mais elle va réduire d’autres services à la personne, et a prévenu qu’elle allait peut-être devoir ralentir le rythme du remplacement des canalisations.

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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 21:52

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

Le mariage d’une fillette jette une lumière crue sur les violations des droits des femmes en Tunisie

 

 

 

A Tunis, le 14 décembre 2016, manifestation contre l’article 227bis du Code pénal tunisien qui permet à un violeur de mineur d’échapper à la prison s’il épouse sa victime.

 

Sur la pancarte, elle a écrit en lettres capitales « How I met your mother ? » (« comment ai-je rencontré votre mère ? »), reprenant le titre d’une série télé américaine humoristique, et cette réponse, cinglante : « Je l’ai violée lorsqu’elle avait 13 ans ». A l’image de cette jeune manifestante tunisienne, plusieurs dizaines de personnes, en majorité des femmes, se sont rassemblées, mercredi 14 décembre, à Tunis devant le Parlement pour dénoncer une nouvelle affaire de mariage d’une mineure.

 

La colère des militantes a éclaté mardi lorsque a été connue la décision d’un tribunal du Kef, région au nord-ouest de la Tunisie, prise le 1er décembre et autorisant le mariage d’une jeune fille de 13 ans avec un proche âgé de 20 ans qui l’a mise en enceinte. Pour les organisations de défense des droits des femmes, l’adolescente a été violée et ce mariage n’est qu’une façon pour son agresseur d’éviter des poursuites, comme le lui permet la loi.

 

Chokri Mejri, porte-parole du tribunal de première instance, a tenté d’expliquer la décision, assurant que l’adolescente n’avait pas été violée. « Nous avons entendu la fille et après vérification de tous les détails, nous avons considéré qu’elle était apte au mariage. La preuve, elle est enceinte », a-t-il ainsi déclaré à l’AFP, précisant que « les deux familles ont demandé le mariage pour ne pas faire scandale ». Une version vertement contredite par la responsable de la protection de l’enfance de la région du Kef, Houda Abboudi : « Quand il s’agit d’une enfant de 13 ans, on ne peut parler d’un rapport sexuel avec consentement. Il s’agit d’un viol. »

 

« Subir sans violence »

Au cœur de l’affaire : un article du Code pénal tunisien (l’article 227bis), adopté en 1958, qui punit de six ans de prison toute personne ayant « fait subir sans violence l’acte sexuel à un enfant de sexe féminin âgé de moins de 15 ans accomplis » (cinq ans si elle a entre 15 et 20 ans), mais précise que « le mariage du coupable avec la victime (…) arrête les poursuites ». L’abrogation de cet article est une demande récurrente des organisations de défense des droits des femmes depuis des décennies, qui, outre la clause sur le mariage, soulignent l’aberration de l’idée même d’un acte sexuel sur mineur « sans violence ».

« Il n’a jamais été abrogé, car cela ne fait pas partie des priorités politiques, mais il y a eu, aussi, la volonté de ménager une société patriarcale et conservatrice dans laquelle des femmes et des filles continuent d’être sacrifiées sur l’autel de l’honneur familial », dénonce Alya Cherif Chammari, avocate et militante pour les droits des femmes et des petites filles.

 

Lire aussi :   Maroc : le suicide de Khadija Souidi, violée et torturée, relance le débat sur l’impunité de ses agresseurs

 

L’histoire du Kef rappelle que, dans un pays pionnier des droits des femmes, le combat pour leur respect est loin d’être achevé. Depuis 2011, et la chute du président Zine El-Abidine Ben Ali, plusieurs projets de loi sur le sujet sont en souffrance, que ce soit une réforme globale du Code pénal, un projet visant spécifiquement à abroger l’article 227bis, ou encore un texte entièrement dédié à la lutte contre les violences faites aux femmes. Elaborée en 2014 grâce à un partenariat très étroit entre le ministère de la femme et les organisations de la société civile, la loi est toujours dans les cartons du Parlement.

 

Principes constitutionnels

Cette affaire peut-elle provoquer un électrochoc ? Alya Cherif Chammari estime que oui, soulignant que cette fois l’indignation est allée bien au-delà des traditionnels cercles militants. « La société tunisienne est prête pour ces changements, assure-t-elle. De manière générale, il faut harmoniser les lois à la Constitution qui affirme l’égalité entre hommes et femmes et la lutte contre toute forme de violence contre les femmes. Que l’Etat passe au scanner les lois à l’aune de ces deux principes constitutionnels. »

Face à la levée de boucliers, Chokri Mejri est revenu sur ses déclarations. Le porte-parole du parquet de Kef a annoncé, mercredi 14 décembre, que le procureur général s’était constitué partie civile et réclamait l’annulation de la décision judiciaire ayant autorisé cette union. Les organisations de défense des droits des femmes demandent, elles, l’annulation du mariage.

 

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 18:27

 

 

Source : https://www.facebook.com/artereportage/videos/10154633091056223/

 

ARTE Reportage

1000 milliards d'euros échappent à l'impôt chaque année.
Ha si j’étais riche ! Ça fait combien mille milliards d’euros? Vous ne voyez pas ce que ça représente ? On vous aide un peu...


http://info.arte.tv/fr/luxleaks-laffaire-antoine-deltour

 

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