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2 mars 2015 1 02 /03 /mars /2015 16:03

 

Source : http://blogs.rue89.nouvelobs.com/chez-noel-mamere

 

 

« Notre maison brûle » mais nous encourageons l’agriculture industrielle

Noël Mamère
Député de Gironde

Publié le 02/03/2015 à 15h28

 

 

 

Le Salon de l’agriculture vient de fermer ses portes. Comme chaque année, il aura été marqué par la ruée de centaines de milliers de visiteurs et la farandole de responsables politiques voulant battre le record d’heures passées à titiller le cul des vaches.

Mais, cette année, il aura été un peu plus que cette grande fête néo-archaïque d’un monde rural en perdition, vénéré par des urbains en quête de ressourcement : il s’est présenté comme une étape sur le chemin de la COP 21, ce sommet mondial sur le climat qui se tiendra à Paris en 2015.

En effet, ne s’est-il pas ouvert par un Forum international sur l’agriculture et le changement climatique, organisé par les ministères de l’Agriculture et des Affaires étrangères, en partenariat avec la FNSEA, l’Association des semenciers, le Crédit agricole et les groupes Veolia et GDF-Suez ?

 

Grand écart sémantique

Le simple énoncé de ces « partenaires » suffit à montrer la duplicité des autorités françaises en la matière. Ce salon 2015 aura été l’occasion d’un nouveau grand écart sémantique :

  • d’un côté, une ode à « l’agro-écologie », nouveau mot-valise, utilisé à tort et à travers, à l’instar du développement durable ou de l’économie verte ;
  • de l’autre, l’alignement sur les thèses de la FNSEA, toujours plus acharnée à défendre l’agro-business et l’agriculture intensive.

 

Le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, au Sommet de l’élevage près de Clermont-Ferrand, le 2 octobre 2014 (AFP Photo / Thierry Zoccolan)

 

Cette contradiction n’est en fait qu’apparente. Entre Pierre Rabhi et Xavier Beulin, il n’y a pas photo ! On amuse la galerie en reprenant les mots du premier, on continue, sous la houlette du second, à privilégier le développement de l’agriculture industrielle, à coup d’élevage intensif et d’utilisation massive de pesticides qui encouragent la libération d’importants stocks de carbone.

Ainsi, la fameuse carte des 29 fermes usines, dévoilée par la Confédération paysanne aussitôt dénoncée par Stéphane Le Foll, le ministre de l’Agriculture, qui, en prime, a osé défendre avec bec et ongles, au Grand journal de Canal Plus, le projet de la ferme des Mille vaches en Picardie face à un paysan du Front national qui pourfendait l’agro-industrie. On croyait rêver !

 

Logique infernale

Une fois de plus, voulant ménager la chèvre et le chou, le gouvernement a été pris à son propre piège. Car, en voulant intensifier la production à tout prix, au nom de la nécessaire « productivité », les gros agriculteurs continuent à détruire l’agriculture de proximité commencée dans les années 60.

En donnant la priorité à l’exportation, ils inondent le marché des pays du Sud de produits alimentaires à bas coût, qui ruinent les paysans en tirant leur revenu vers le bas et en les fragilisant face à la menace du réchauffement climatique. C’est cette logique infernale que l’on nous vend sous prétexte d’efficacité. De même, l’utilisation à haute dose du soja pour nourrir le bétail encourage la déforestation des forêts tropicales. Dans ce monde, tout est lié.

Et le choix politique français de continuer à protéger l’agro-business a des répercussions sur le dérèglement climatique que nos dirigeants prétendent vouloir combattre. Ce sont ces mêmes choix que zadistes et paysans en lutte dénoncent à Sivens et à Notre-Dame-des-Landes, en recevant pour seules réponses les paroles lénifiantes de Ségolène Royal et la répression policière bien réelle, orchestrée par Bernard Cazeneuve avec la complicité des milices violentes de la FNSEA.

 

Qui détourne son regard ?

Ce n’est pas en faisant le tour du monde, accompagné d’actrices de renom et en lançant l’Appel de Manille contre le réchauffement climatique que l’on combattra le danger principal qui menace la planète. D’autres l’ont déjà fait avec le succès que l’on sait ! Souvenons-nous de l’Appel de Johannesburg, lancé par Jacques Chirac, le 2 septembre 2002, au sommet de la Terre, et inspiré par le même « ambassadeur spécial pour la planète », Nicolas Hulot. Oui, « notre maison brûle et nous regardons ailleurs ».

Mais qui détourne son regard, sinon ceux qui continuent à nous enfoncer dans la même logique mortifère consistant à changer les mots pour s’obstiner à ne rien changer aux règles du jeu qui régissent la course folle à l’industrialisation de l’agriculture ?

Justice climatique et souveraineté alimentaire sont les deux faces d’une même politique. On ne peut se battre pour l’une sans faire respecter l’autre. Une fois de plus, force est de constater que si les chemins menant à l’Elysée sont pavés de bonnes intentions, la réalité, elle, nous indique que le bonheur est encore loin d’être dans le pré.

 

 

Source : http://blogs.rue89.nouvelobs.com/chez-noel-mamere

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2 mars 2015 1 02 /03 /mars /2015 15:51

 

Source : https://tantquilyauradesbouilles.wordpress.com/

 

Bouilles Hebdo du 2 au 8 mars 2015

Publié le mars 1, 2015

 

 

Lundi 2 :

  • À Paris ce soir 18h30 : APPEL À RASSEMBLEMENT DEVANT LE SIÈGE DE LA FNSEA

Depuis plusieurs mois maintenant, le harcèlement des pro-barrage à l’encontre des opposants se fait de plus en plus virulent et violent, avec des passages à tabac, des destructions des infrastructures des opposants, des intimidations aux abords de la zone d’occupation. La situation devient intenable et relève de l’état de siège : les soutiens sont empêchés de pénétrer la zone, les occupants peinent à se ravitailler.

Les pro-barrage agissent avec la bénédiction de la direction départementale de la FNSEA et la complicité des gendarmes qui refusent d’enregistrer les plaintes des personnes agressées et dépouillées par des pro-barrage et se contentent la plupart du temps d’assister passivement aux évènements.

Alors que la ZAD du Testet est menacée d’expulsion imminente, que les partisans du projet se voient déjà en aménageurs victorieux dans un futur proche, il devient plus qu’urgent de soutenir les ami-e-s qui se sentent bien isolé-e-s dans la lutte sur place et appellent à l’aide depuis maintenant deux semaines dans un silence assourdissant.

Parce que nous ne voulons pas de barrage à Sivens,
Parce que nous nous opposons aux logiques agricoles productivistes,
Parce que nous n’oublierons pas que les gendarmes ont tué Rémi Fraisse,
Parce que nous n’acceptons pas que des milices brutales imposent leur vision opportuniste,
Parce que nous luttons contre les aménageurs et leur monde,

Nous appelons à un rassemblement lundi 2 mars à 18h30 devant le siège de FNSEA, 11 rue de la Baume, dans le 8ème arrondissement, Métro Miromesnil.

Des membres du collectif francilien de soutien à Notre-Dame-des-Landes et des ami-e-s et soutiens de la lutte au Testet

  • UN BARRAGE CONTRE LES MILICESRassemblons-nous pour pour porter à manger aux occupants et opposants au projet de barrage sur le Tescou.

    Montrons massivement que ne sommes pas intimidés par la violence des milices pro-barrage.

    Rassemblons-nous mercredi à 14 H place de la Libération à Gaillac avec des paniers bien remplis de victuailles.

    Nous formerons un convoi pacifique pour ravitailler en nourriture et médicaments ceux et celles qui sont assiégés pour défendre notre bien commun.

    Contre les milices pro-barrage qui ont annoncé qu’ils bloqueraient la zone jour et nuit du 2 au 5 mars ( dans le but de faire pression sur le conseil général qui doit décider de l’avenir de la zone le vendredi 6 mars) quitte à affamer les occupants du site.

    Par notre notre nombre, notre tranquillité et notre détermination nous dirons qu’ici les milices ne font plus la loi depuis les heures les plus sombres de notre histoire.

  • [Expression libre] Les conseillers du CG81 sont les seuls responsables de cette situation dramatique. En oeuvrant pour les seuls intérêts des dirigeants de la FNSEA, CACG, SAFER, Chambre Agri, des toutous trop habitués à se faire assister et en excluant de la réflexion globale toutes les autres composantes de la population. C’est André Cabot, qui palpe du fric à tous les rateliers dans le projet de barrage, c’est Thierry Carcenac qui palpe du pognon sur tous les fronts (avec son entreprise qui fait du Wifi), c’est Georges Paulin qui se gave avec ses entreprises et sa centrale photovoltaïque…
  • Avertissement de la Destroïka (blog du lundi matin)
  • Sivens : une centaine d’agriculteurs bloquent la Zad (presse des bourgeois : Le Point)
  • Semaine à haut risque à Sivens (presse les bourgeois c’est comme les cochons, plus ça devient vieux, plus ça devient bête ; les bourgeois c’est comme les cochons, plus ça devient vieux, plus ça devient… Le figaro)
  • Sivens : les gendarmes bloquent l’accès après de vives tensions (Boursorama, qui s’inquiète du niveau de ses bourses)

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Encore une attaque violente de pro-barrages ce samedi au niveau de l’entrée côté D999…Des affaires persos (outils, papiers d’indentité,etc…) brulées et un copain tabassé, les quelques gendarmes présents au moment des faits s’étant fait débordés. Grosse présence policière (fourgons de GMs) alentours depuis.

Communiqué de presse de la coordination des opposants au projet, le 1/03/2015 :

Barrage de Sivens, les pro-barrage sont dangereux
Dans la vallée de Sivens, les pro-barrage sont toujours plus violents. Après avoir bloqué et interdit l’accès plusieurs week-ends de suite, ils se mobilisent nuit et jour jusqu’au 5 mars quitte à affamer les occupants du site. Ils font pression sur les élus du CG qui se réunissent le 6 mars espérant que ces derniers opteront pour un barrage pourtant majoritairement contesté. Ils ont donné un premier assaut samedi matin qui s’est soldé par de la violence.
Nous sommes très inquiets quant à leur capacité de nuisance physique, et la propagande qu’ils sont capables de faire circuler via leur syndicat agricole, quelques élus et et la presse locale. Nous en avons averti la préfecture.
Ici, depuis la Seconde guerre mondiale, nous refusons que les milices fassent la loi.

 

 

Source : https://tantquilyauradesbouilles.wordpress.com/

 

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2 mars 2015 1 02 /03 /mars /2015 15:43

 

Source : https://tantquilyauradesbouilles.wordpress.com/

 

 

Publié le mars 1, 2015

 

 

Besoin de personnes motivées sur la ZAD du Testet pour résister à la pression policière et milicienne. Ramenez-vous dès que possible !

 

-Rassemblement mercredi 4 mars à Gaillac, place de la libération à 14h pour un départ en convoi alimentaire vers la ZAD dans l’après midi.


-Rassemblement vendredi 6 mars à 10h à Albi devant le Conseil Général pour une soupe populaire et conviviale au moment où sera discutée la relance du projet de Sivens.

 

La ZAD est en danger, menacée par la collusion entres des milices et les forces de l’ordre. Nous nous attendons à une expulsion à partir du samedi 7 mars ou jours suivants. En attendant, dès le lundi 2 mars, jour et nuit, les pro-barrages, par le biais de la FDSEA et des JA (Jeunes Agriculteurs de la FDSEA) prévoient le blocage des entrées et sorties de la ZAD. Chaque jour, une délégation par département se mobilise, celle du Tarn assurant une présence chaque nuit. La pression se fait de plus en plus forte. Depuis début février, les agressions se sont multipliées. Des blocages se sont mis en place avec voiture retournée (avec des personnes à l’intérieur), pares-brises éclatés, personnes menacées ou frappées, affaires personnelles brûlées avec l’approbation des gendarmes, racket de denrées alimentaires dans les voitures. On a besoin de soutien !! S’il semble acté que le projet initial est abandonné, il n’en reste pas moins que les deux scénarios alternatifs proposés restent inacceptables. En effet, ces deux projets restent sur la zone humide, ces deux projets surévaluent les besoins en eaux, ces deux projets continuent de servir les intérêts des pouvoir locaux et ces deux projets restent dans une logique de destruction. On lâche rien !

Pour rejoindre la zone, contacter l’Infozad : 06.78.57.37.60

Les bouilles et les occupants, le 1er mars 2015

 

 

Source : https://tantquilyauradesbouilles.wordpress.com/

 

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2 mars 2015 1 02 /03 /mars /2015 15:31

 

Source : www.bastamag.net

 

 

Biens communs

Loin du béton, ces terres rendues à la vie sauvage

par Stéphane Perraud 2 mars 2015

 

 

 

 

Jugeant l’action de l’Etat et la protection des parcs naturels peu efficaces pour protéger la faune et la flore, des associations rachètent du foncier pour constituer des réserves de vie sauvage où la nature est laissée en évolution libre. Des espaces interdits à la chasse et à la pêche mais laissés en accès libre aux randonneurs. D’ici 2020, l’objectif est de rendre, en Europe, un million d’hectares à la vie sauvage, soit l’équivalent de la région Île-de-France. Reportage dans la Drôme.

Cet article est issu d’un partenariat avec le magazine Village

« Ici on peut voir des chamois, des chevreuils, des cerfs, des blaireaux, des renards, mais aussi des aigles royaux et des vautours fauves. C’est un bonheur de savoir que tous ces animaux peuvent à nouveau vivre en paix, sur un territoire qui leur a été rendu », souffle Françoise Savasta, l’œil rivé à ses jumelles. Administratrice de l’Aspas (l’Association pour la protection des animaux sauvages) dans la Drôme, elle scrute une grande combe entre deux crêtes où les arbres s’accrochent aux rochers. Une zone escarpée, aride, peu accessible, sauf pour la faune sauvage qui d’après les nombreuses traces observées en a fait son terrain de jeu et de reproduction. « Bienvenue dans la réserve de vie sauvage du Grand Barry, au sud du massif du Vercors. Il y a là 130 hectares de terres que nous avons rachetées pour les soustraire à l’activité humaine et les laisser évoluer librement », poursuit-elle.

Jugeant les pouvoirs publics incapables de protéger efficacement la faune et la flore, l’Aspas a décidé d’acquérir elle-même du terrain pour mieux le rendre à « la nature ». « Il n’y a pratiquement plus de zones préservées en France. Saviez-vous que la chasse est autorisée dans certains parcs nationaux, comme ceux des Cévennes et des Calanques, ainsi que dans 70 % des réserves naturelles ? », explique Madline Reynaud, la directrice de la structure. « Ne parlons pas des parcs régionaux où absolument tout est permis au nom du développement économique. »

« On laisse ces espaces accessibles »

La loi de 2006 qui a réformé le statut des parcs nationaux et régionaux a en effet considérablement accru l’empreinte humaine sur ces espaces. Les collectivités et les usagers siègent désormais au conseil d’administration. Ils peuvent renégocier les chartes. Pour l’Aspas, la pression économique et touristique s’accommode parfois mal de la protection de la nature. « Que faire si les rares espaces dédiés ne jouent plus leur rôle ? Notre réponse, c’est l’acquisition foncière. C’est devenu le meilleur outil de protection des milieux. Mais pas question de mettre la nature sous cloche. On laisse ces espaces accessibles. Tout le monde doit pouvoir continuer à admirer la beauté de la vie sauvage », précise Madline. Chasse, pêche, cueillette, exploitation forestière et circulation motorisée sont interdites. Seule la randonnée est autorisée sur les sentiers.

Sur le terrain, quelques petits panneaux symbolisent ces interdits et les chasseurs locaux semblent pour l’instant respecter cette propriété privée d’un nouveau genre. La démarche fait même boule de neige. Des voisins de la réserve ont fermé leur propriété à la chasse, agrandissant ainsi la zone de protection de quelques dizaines d’hectares supplémentaires. Douze adhérents de l’Aspas ont suivi une formation pour devenir gardes assermentés. Ils peuvent dresser des procès verbaux en cas d’infraction.

Associations en quête de nouvelles terres

Pour acheter ce pan de montagne en septembre 2012, l’Aspas a déboursé 150 000 €. L’association, qui refuse toute subvention publique pour garantir son indépendance, s’est appuyée sur les cotisations, les dons et les legs de ses 11 000 adhérents. La réserve naturelle du Grand Barry devrait être la première d’une longue liste. L’Aspas recherche dans tout l’Hexagone d’autres terres comme celles-ci, peu impactées par l’homme, sans activité agricole, ni habitations. La Frapna de la Drôme lui a récemment offert 60 hectares de zone humide à Châteauneuf-du-Rhône, aussitôt rebaptisés la Réserve des deux lacs. Outre l’intérêt financier, le don permet d’éviter la préemption d’une collectivité, ce qui n’est pas le cas lors d’une vente.

 

 

« La réserve est désormais interdite à la pêche. On doit faire preuve de pédagogie, car un pêcheur ne comprend pas qu’il dérange la faune, surtout s’il pratique le no kill. Pourtant, en sa présence, les oiseaux viennent moins nombreux. Et le poisson relâché est stressé. Il a parfois la bouche abimée. Enfin, les déchets de pêche (hameçons arrachés, lignes brisées) provoquent des blessures aux animaux, dans l’eau ou sur les rives », poursuit Madline. Dans les Côtes d’Armor, une autre donation a permis de créer la Réserve du Trégor : 60 hectares de forêts et de futaies longés par le Léguer, un petit fleuve côtier qui abrite de nombreux saumons sauvages. L’Aspas monte un quatrième projet dans l’Allier avec deux autres associations.

La crainte de créer des sanctuaires

Située en Haute-Loire, l’association Forêts Sauvages se lance également dans l’acquisition foncière pour une libre évolution des forêts. Elle s’inspire notamment du Parc national suisse où 17 200 hectares situés à l’est du pays sont interdits à la chasse, au pastoralisme et à la sylviculture depuis… un siècle ! Le couvert forestier, qui avait totalement disparu, est revenu naturellement, tout comme les ongulés. On compte aujourd’hui près de 2 000 cerfs sur ce territoire. Et c’est le loup, prédateur naturel, qui se charge de leur régulation. Depuis peu, des ours et des lynx ont également refait leur apparition.

« Certains craignent qu’on construise des sanctuaires, mais il ne s’agit que de quelques centaines d’hectares seulement sur toute la France… Et quand bien même, nous devons retrouver de l’humilité face à la nature. Ceux qui ont des envies de balades en quad ou de parties de chasse ont l’embarras du choix, partout autour », conclut Françoise. Si la démarche étonne, c’est surtout en raison de notre retard sur nos voisins européens en matière de protection de la vie sauvage. Le Grand Barry a rejoint le réseau Rewilding Europe dont l’objectif est de rendre un million d’hectares à la nature d’ici 2020. Il regroupe près d’une trentaine de réserves, comme la montagne Rhodope en Bulgarie, l’Apennin central en Italie ou encore la partie orientale des Carpates entre Pologne, Ukraine et Slovaquie. La seule Roumanie compte déjà 14 parcs nationaux où la nature s’exprime et se régule librement. Des exemples à suivre.

Texte : Stéphane Perraud / Village

Photo : CC José Manuel Ríos Valiente (une) / massif du Grand Barry (source)

En savoir plus
www.aspas-nature.org
www.forets-sauvages.fr
www.rewildingeurope.com

Retrouvez prochainement Françoise Savasta en vidéo au sein de la réserve du Grand Barry sur le site internet de Village

 

Découvrez le magazine Village, en kiosque ou à commander en ligne ici. Au programme : la qualité de l’eau, créer son petit élevage, un éco-hameau et « les bonnes idées de nos cousins québécois ».

 

 

La page Facebook de la revue Village.

 

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Source : www.bastamag.net

 

 

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1 mars 2015 7 01 /03 /mars /2015 18:43

 

Source : http://www.lefigaro.fr

 

 
Hôpitaux : des coupes colossales à venir dans les budgets

 

 

Marisol Touraine, ministre de la Santé. Crédit: Sébastien Soriano/Le Figaro.

Le ministère de la Santé table sur une maîtrise de la masse salariale de l'ordre de 860 millions soit l'équivalent de 22.000 postes et 2% des effectifs de la fonction publique hospitalière

 

Le gouvernement a étayé son plan d'économies de 3 milliards d'euros pour les hôpitaux d'ici à 2017, la maîtrise de la masse salariale devant notamment rapporter à elle seule 860 millions d'euros, selon le quotidien en ligne Challenge Soir. «Le ministère de la Santé table sur une maîtrise de la masse salariale de l'ordre de 860 millions soit l'équivalent de 22.000 postes et 2% des effectifs de la fonction publique hospitalière», affirme le quotidien dans un article publié vendredi soir, s'appuyant sur un «document du ministère».

Par ailleurs, «la mutualisation des achats des hôpitaux et l'obtention de meilleurs tarifs auprès des fournisseurs doivent dégager 1,2 milliard», et «les rapprochements entre hôpitaux voisins quelque 450 millions d'euros». Le développement de la chirurgie ambulatoire, qui permet une sortie de l'hôpital le jour de l'intervention, «doit générer 400 millions» d'euros et «la réduction des durées d'hospitalisations 600 millions».

Contacté par l'AFP, le ministère de la Santé a précisé que «les économies doivent s'entendre non pas comme une réduction des dépenses mais comme une évolution maîtrisée de l'augmentation des dépenses». Les efforts ne vont donc pas forcément se traduire par des coupes budgétaires ou des réductions de personnels, mais par un frein à la hausse des dépenses de santé.

 

10 milliards d'économies pour l'Assurance maladie d'ici à 2017

Celles-ci augmentent naturellement chaque année en raison du vieillissement de la population et de l'augmentation des pathologies chroniques. Leur progression est limitée chaque année par l'Objectif national des dépenses de l'Assurance maladie (Ondam). Elle a été fixée par le gouvernement à 2,1% pour 2015. «Les efforts visent tout les secteurs d'activité, pas seulement le secteur hospitalier» a commenté le ministère, assurant que «des travaux visant l'amélioration des organisations et des pratiques sont toujours en cours».

En avril dernier, la ministre de la Santé Marisol Touraine avait présenté dans les grandes lignes son plan pour dégager 10 milliards d'euros d'économies pour l'Assurance maladie d'ici à 2017, dont 2 milliards d'euros pour l'hôpital et 1 milliard grâce au développement des soins ambulatoires. La Fédération hospitalière de France (FHF) rappelle de son côté que, dans un contexte budgétaire contraint, la masse salariale peut devenir un levier, les dépenses de personnel représentant près de 70% du budget des établissements de santé.

 

 

 

Source : http://www.lefigaro.fr/retraite/2015/03/01/05004-20150301ARTFIG00042-hopitaux-des-coupes-colossales-a-venir-dans-les-budgets.php?fb_ref=Default

 

 

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1 mars 2015 7 01 /03 /mars /2015 18:04

 

Source : https://mrmondialisation.org/effarant-il-doit-detruire-100kg-de-nourriture-chaque-jour/

 

 

 

Effarant ! Il doit détruire 100kg de nourriture chaque jour !

 

Ce sont des tomates. Des kilos et des kilos de tomates comestibles, passées à la broyeuses sous nos yeux. Cette vidéo a été prise dans le sud de la France en février 2015. Selon la personne qui l’a publiée, ce spectacle est tristement quotidien. Témoignage.

 

Selon les chiffres officiels, en France, plus de 7 millions de tonnes de déchets alimentaires sont jetés tout au long de la chaîne de production/vente/consommation chaque année. Si une part importante de ce gaspillage provient des déchets alimentaires des ménages, une part tout aussi importante vient des invendus jetés par les supermarchés. Mais difficile de mettre une image sur un chiffre. La destruction des denrées alimentaires est un sujet tabou et il n’existe pratiquement aucune scène filmée de ces opérations de destruction pourtant quotidiennes. Jusqu’à aujourd’hui.

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C’est avec une profonde tristesse et beaucoup de crainte que Jean-Marc (nom d’emprunt), travailleur dans la grande distribution, nous a contacté cette semaine avec un message simple : « Le gâchis, y’en a marre. Il faut que cela s’arrête ! » accompagné de cette vidéo où on peut le voir passer à la broyeuse des dizaines de kilos de tomates, sous ordre d’un supérieur. Pourquoi un tel gâchis ? Nous avons voulu en savoir plus et Jean-Marc s’est livré à nous.

Jean-Marc travaille depuis plus de dix ans pour une grande chaîne de supermarchés dont il préfère conserver le nom pour sa sécurité. Selon ses dires, la tendance est au licenciement dans l’entreprise et il craint pour son avenir. Cependant, la charge psychologique était trop lourde pour ses épaules. En tant que responsable de rayon, Jean-Marc est chargé de faire « disparaitre » de la marchandise proche de la date limite de consommation, mais toujours consommable. En moyenne, c’est un caddie de 100kg qui part « à la casse » chaque jour, nous précise-t-il.

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« Cette vidéo n’est qu’un petit échantillon, car il faut s’imaginer que chaque jour le rayon fruit et légumes « casse » en moyenne pour 200€ de produits, soit environ un peu moins de 100kg de fruits & légumes. » nous affirme-t-il. Même tarif pour la viande sous barquette jetée au broyeur alors qu’il reste jusqu’à 2 jours pour la consommer. Par an, on demande à Jean-Marc de détruire des dizaines de tonnes de produits consommables. Conscient des enjeux environnementaux, du gaspillage colossal mais aussi du nombre important de gens ayant faim, Jean-Marc cède sous le poids des remords. Il nous explique en effet qu’il n’avait pas le choix. Les ordres sont clairs. « Il faut obéir ou prendre la porte » nous suggère-t-il.

S’il est vrai que certains produits sont effectivement impropres à la consommation, il précise que la majorité reste dans les dates légales de consommation, assez pour être distribué à des associations. Ce serait donc une volonté du grand magasin de ne pas en faire profiter les autres. Beaucoup d’aliments sont également détruits en raison de critères de beauté. Les employés ne peuvent évidemment pas se fournir des fruits et légumes abimés. Ceux-ci terminent à la broyeuse, avec le reste, selon lui.

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« Je trouve assez dur psychologiquement d’être confronté à ce gâchis monstre tout les jours. » nous exprime Jean-Marc dans une lettre. « Comment peut on accepter, en tant qu’employé, en ayant parfois l’obligation de faire des sacrifices pour pouvoir diversifier sa propre alimentation, de devoir jeter des fruits, des légumes, des yaourts ou des barquettes de viandes qui sont encore consommables alors qu’on pourrait très bien les brader, les donner aux employés ou fournir des associations ? C’est incompréhensible ! » On ne pourra pas le contredire. Ce type de pratique va à contre-courant des mentalités et même des décisions gouvernementales.

Rappelons que le ministère délégué à l’Agroalimentaire a lancé en 2013 un pacte « Anti gaspi » avec pour objectif est de réduire de moitié le gaspillage alimentaire en France d’ici à 2025. Le plus gros de l’action consiste à pousser les consommateurs à moins gaspiller. Mais est-ce bien raisonnable si en amont, à l’abri des regards, certains supermarchés continuent de détruire à tour de bras des tonnes de nourriture ? Jean-Marc souhaite aujourd’hui que son histoire soit partagée partout en France, qu’on en parle jusqu’à réveiller le monde politique sur ces pratiques inqualifiables.

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Jean-Marc conclut son message par ces mots : « Quand on connait les moyens énormes mis en place pour pouvoir produire des fruits, des légumes, ou bien l’abattage « en série » pour la viande, voir tout ça partir à la poubelle comme une vulgaire poussière indésirable est profondément consternant. Parfois, chez moi, je suis en colère en pensant à ceux qui ont des familles à nourrir et pour qui ce gâchis représenterait une mine d’or. Peut-être que si les gens qui dictent ces règles étaient un peu plus conscients de leur erreur, peut-être pourrions-nous faire l’économie de cet effroyable gâchis. » Reste à espérer que le monde politique prenne en main ce dossier pour imposer des réglementations strictes sur la manière de détruire les denrées alimentaires. Dans les idées étudiées par les associations on trouve : imposer un rabais automatique des produits qui approchent la DLC; imposer une mise à disposition facultative aux associations; interdire la destruction avant DLC (date limite de consommation). D’ici là, Jean-Marc compte sur nous pour faire entendre son histoire.

 

DSC_0811

 

 

NB : C’est devant une telle information qu’on peut aisément imaginer les dégâts que ferait une loi de type « secrets d’affaires » si elle était votée. Quant aux déchets plastiques, ces images donnent une fois de plus raison aux magasins sans emballage qui fleurissent partout en France !

 

Source : http://www.developpement-durable.gouv.fr/Stop-au-gaspillage-alimentaire.html / Chaque photographie fut fournie par Jean-Marc dont nous conservons l’anonymat.

 

Source : https://mrmondialisation.org/effarant-il-doit-detruire-100kg-de-nourriture-chaque-jour/

 

 

 

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1 mars 2015 7 01 /03 /mars /2015 17:37


Source : http://www.francetvinfo.fr/societe/salon-de-l-agriculture/paul-francois-l-agriculteur-qui-defie-monsanto-j-etais-un-pur-produit-du-tout-chimique_828111.html

 

 

Paul François, l'agriculteur qui défie Monsanto : "J'étais un pur produit du tout-chimique"

 

 

Le céréalier Paul François dans un de ses champs, à Bernac (Charente), le 17 février 2015.

 

A l'occasion du Salon de l'agriculture, francetv info est allé à la rencontre d'agriculteurs qui ont été sous le feu des projecteurs.

 

 

Par Benoît Zagdoun

Mis à jour le 23/02/2015 | 15:10 , publié le 23/02/2015 | 15:09

 

 

 

Pour un agriculteur, Paul François a un agenda de ministre. Par chance, il n'a jamais eu besoin de beaucoup de sommeil. Le céréalier parcourt des milliers de kilomètres par an, et passe presque autant de temps à Paris que dans sa ferme. Il reçoit le visiteur dans cette bâtisse proprette, avec ses dépendances aux murs de vieilles pierres, à l'entrée de Bernac, un petit village de Charente, entre Poitiers et Angoulême.

Habillé d'un camaïeu de gris assorti à ses cheveux poivre et sel, le quinquagénaire parle d'une voix rapide et passionnée. De sa bataille judiciaire contre Monsanto. De son combat pour les agriculteurs victimes, comme lui, des produits phytosanitaires. Et de sa lutte contre l'agriculture intensive nourrie aux pesticides.

"Je vis avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête"

Paul François a cessé d'en manipuler depuis bientôt onze ans. Depuis le 27 avril 2004, précisément. Ce jour-là, il vient d'épandre du Lasso, un puissant herbicide, sur son champ de maïs. Il ouvre la cuve de son pulvérisateur et se penche pour vérifier qu'elle est vide. Mais l'engin est resté au soleil tout l'après-midi et sous l'effet de la chaleur, le liquide s'est évaporé. Paul François inhale le gaz toxique. La suite ? Une amnésie de onze jours, de redoutables migraines, des comas à répétition, cinq mois d'hospitalisation et neuf mois d'arrêt de travail.

Je me souviendrai toujours de ce que m’a dit un médecin : 'Vous auriez dû mourir dans l’heure qui a suivi votre accident.'

francetv info

Aujourd'hui, il évoque ses séquelles avec pudeur. A 51 ans, il souffre de lésions neurologiques, immunitaires et rénales, de problèmes d'élocution, de douleurs dans les membres et toujours de terribles maux de tête. Son taux d’incapacité est de 40%, et il doit passer un check-up complet tous les six mois. "Il y a des jours où je ne peux pas travailler", dit-il sans s'apitoyer. "Je vis avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête, mais je n’y pense pas en me réveillant chaque matin." Il sort sur le pas de la porte donner des consignes à ses deux ouvriers agricoles. Il faudrait traiter un champ, mais aujourd'hui, il y a trop de vent.

"Pragmatique avant tout", il a organisé sa succession, "comme si tout pouvait s’arrêter demain". Ses deux filles étudiantes ne se destinent pas à devenir agricultrices, mais l'aînée sait déjà qu'elle reprendra la gestion de l'exploitation. Dans la grande cuisine, les bûches crépitent dans le poêle à bois. Le téléphone allumé sur la table, Paul François participe par textos à une réunion.

 

Paul François à son bureau, à Bernac (Charente), le 17 février 2015. Au mur, une photo de ses filles.

 

Paul François est un battant. Son premier combat a été la reconnaissance de ses maux comme maladie professionnelle par la Mutuelle sociale agricole (MSA). Il l'a remporté en 2010, au bout de cinq longues années de procédure. En parallèle, il s'est lancé dans une bataille d'une toute autre ampleur : attaquer en justice le fabricant du Lasso, le géant américain Monsanto.

En février 2012, en première instance, Monsanto a été jugé responsable de son intoxication et condamné à l'indemniser. Une expertise médicale doit évaluer le montant du préjudice. Monsanto décide de faire appel.

 

Paul François avec son épouse et l'une de ses filles à l'ouverture du procès contre Monsanto pour son intoxication, au palais de justice de Lyon (Rhône), le 12 décembre 2011.

 

"Cela a a été très dur, mais je n'avais encore rien vu, confie l'agriculteur. Pendant l'expertise, les avocats de Monsanto ont refait le procès, mettant en cause ma bonne foi, contestant toutes les décisions devant le tribunal. C'est une pression énorme, psychologique et financière. Tous les frais de justice sont à ma charge. Cela représente plusieurs dizaines de milliers d'euros." Ses avocats l'avaient mis en garde. Il s'exposait à dix à quinze années de procédure. Il s'en approche. L'affaire revient devant le tribunal le 28 mai prochain.

Aujourd'hui, s'il fallait recommencer, je me demande si je le ferais. Ce n'est pas sûr.

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Paul François est devenu agriculteur "un peu par défaut" en travaillant dès 14 ans dans la ferme de ses parents. "Je n'ai pas été très longtemps à l'école, je n'aimais pas ça. J'ai bac moins 5", plaisante-t-il. En 1987, il s'est installé à quelques champs de là. Il a débuté avec 20 hectares. Il en gère aujourd'hui 400 avec son associé. "J'ai tout fait à la force du poignet", s'enorgueillit-il. Sous les appentis, devant et derrière le corps de ferme, des tonnes de maïs séchés sont entreposées.

"J'ai cru à cette agriculture intensive"

Paul François est à la tête d'une grosse exploitation. "J'ai cru à cette agriculture intensive. J'étais formaté, un pur produit du tout-chimique. Je considérais qu'on ne pouvait pas se passer de ces produits qui apportaient une solution à tout", confesse-t-il. Mais dès les années 1990, "le modèle montre ses limites". La monoculture et les produits phytosanitaires épuisent les sols. Les rendements stagnent. Il décide de réduire les doses dans "une démarche purement économique".

 

Paul François dans l'un de ses champs, à Bernac (Charente), le 7 novembre 2008.

 

"Il m'a fallu dix ans pour ramener de la vie dans le sol. Je sais combien il est difficile de sortir de ces méthodes-là", déplore-t-il. "Il m'a fallu ce que j'ai vécu pour comprendre que tous ceux qui nous disaient : 'On ne peut pas faire autrement' étaient ceux qui en profitaient."

Désormais, il a diminué "de façon drastique" le recours au chimique. Il a remplacé les sempiternels maïs, blé et colza par une douzaine d’espèces végétales cultivées en alternance, réintroduit des engrais verts, fumier, paillage et couverts végétaux, qui apportent de l'azote et font vivre le sol. Sa coopérative agricole, elle aussi, a réduit la dose, et sélectionne les produits les moins toxiques possibles.

Il faut changer notre agriculture dans sa globalité. Il faut retrouver le bon sens paysan. Ce n’est pas rétrograde. Au contraire, c’est l’avenir.

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Cette "agriculture durable", il la prêche dans les lycées agricoles. "Je leur dis : 'Vous avez l’un des plus beaux métiers du monde entre les mains. Ma génération a été stigmatisée. On nous disait qu’on vivait des subventions de la PAC. Et maintenant, nous sommes les empoisonneurs. Retrouvez cette fierté d’être agriculteurs, parce que nous, on rase les murs.'"

"L'agriculture biologique est beaucoup plus technique"

Cette année, il va passer une centaine d'hectares en agriculture biologique. "Ce n'est pas un petit challenge, reconnaît-il. L'agriculture biologique est beaucoup plus technique." Il le fait par conviction. Et par intérêts. Parce qu'il est dans une zone semi-urbaine et qu'il ne peut pas utiliser de produits chimiques trop près des habitations.

Il reste encore des produits phytosanitaires sur son exploitation. Ils sont stockés dans un conteneur à l'arrière de la ferme, à côté du hangar des engins agricoles. Ses employés n'y touchent pas sans avoir revêtu leur tenue de protection, gants, bottes et masque intégral.

 

Un écriteau met en garde contre les dangers des produits stockés dans le local phytosanitaire de l'exploitation de Paul François, à Bernac (Charente) le 17 février 2015.

Avec d'autres victimes des produits phytosanitaires, il a créé, en 2011, une association, Phyto-Victimes, pour venir en aide aux agriculteurs atteints de Parkinson, de lymphomes et de cancers après avoir été exposés, souvent de longues années, aux produits phytosanitaires. Il veut éveiller les consciences.

"Des agriculteurs ont perdu la santé et se retrouvent dans un gouffre financier, et on les laisse crever la gueule ouverte", s'insurge-t-il, renvoyant industriels et politiques dos à dos. "On a parfois travaillé n'importe comment avec ces produits, c'est vrai. Mais on a fait avec les préconisations qu'on avait. Et les pouvoirs publics ont fait preuve de laxisme." Le Lasso n'a été interdit qu'en 2007 par la France, alors que le Canada et le Royaume-Uni l'avaient banni depuis 25 et 15 ans.

La Légion d'honneur épinglée à la veste

"Les produits les plus dangereux ont été retirés, mais ceux qui restent entre les mains des agriculteurs sont bien trop nombreux. Il faut une politique d'élimination très rapide", lance-t-il, pointant les carences du plan Ecophyto. Il met en garde contre une bombe à retardement : "Les agriculteurs qui ont aujourd'hui entre 40 et 70 ans sont la génération qui aura utilisé la plus grande quantité de produits et le plus de molécules différentes."

En 2014, il a été décoré de la Légion d’honneur, à sa "grande surprise". "J’ai mis longtemps à savoir si j’allais l’accepter, assure-t-il. Je l’ai acceptée au nom de mon combat et de mon association. Et aussi pour dire aux politiques : 'Vous me l’avez donnée, alors maintenant, vous allez m’écouter.'"

 

 

Source : http://www.francetvinfo.fr/societe/salon-de-l-agriculture/paul-francois-l-agriculteur-qui-defie-monsanto-j-etais-un-pur-produit-du-tout-chimique_828111.html

 

 

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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 22:18

 

Source : http://journaldelenergie.com

 

 

Surgénérateur : le passé comme seul avenir ?

Par Martin Leers - le 26 février 2015 à 16:48

 

 

 

Pour le Commissariat à l’énergie atomique (CEA), l’avenir énergétique du pays passe par un réacteur nucléaire alimenté au plutonium et refroidi par un métal liquide (le sodium), qui explose au contact de l’eau et s’enflamme au contact de l’air : le projet ASTRID, prototype d’une filière de réacteurs dits « surgénérateurs ». Technologie des années 1950, le surgénérateur est mondialement connu pour ses défaillances et ses surcoûts, illustrés en France par le réacteur Superphénix abandonné en 1997 et dont le coût a été estimé à douze milliards d’euros, hors démantèlement, par la Cour des comptes[1]. Les trois derniers présidents de la République ont pourtant décidé le financement d’un nouveau surgénérateur très controversé. Prise à l’écart de tout débat démocratique sur la politique énergétique, comme cela avait été le cas pour Superphénix, cette décision n’est pas sans risques pour la France.

Un article de Bernard Laponche[2] à partir de documents du CEA, de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) sur ce projet et publié récemment[3] par Global Chance fait le point sur la dangerosité d’ASTRID, l’inachèvement du projet et son coût exorbitant. En voici la synthèse.

 

 

La combinaison du combustible fortement chargé en plutonium et du sodium fait d’ASTRID une machine particulièrement dangereuse. Le plutonium est un élément radioactif très toxique. Tout ce qui touche à l’industrie du combustible au plutonium est par conséquent à haut risque : extraction du plutonium par le retraitement, transport du plutonium et des combustibles neufs ou irradiés, fabrication des combustibles et gestion des déchets radioactifs. Par ailleurs, le plutonium est le matériau de choix pour la réalisation d’armes nucléaires. C’est pour cette raison que les espoirs de vente d’un réacteur au plutonium à l’étranger sont quasiment nuls, la communauté internationale s’y opposerait de facto.

 

D’autre part la technologie du surgénérateur ne laisse pas de droit à l’erreur. Un défaut de refroidissement du réacteur peut se traduire par une augmentation de réactivité et donc de puissance. Si, pour une raison quelconque (secousse sismique par exemple) les assemblages combustibles se rapprochaient les uns des autres ou si, à la suite d’une fusion partielle, les combustibles se rassemblaient dans une région du cœur, la formation de masses critiques conduisant à une accélération de la réaction en chaîne (excursion nucléaire) et libérant une grande quantité d’énergie sous forme explosive est envisageable. Un tel accident conduirait, en cas de rupture de l’enceinte de confinement, à la diffusion d’aérosols de plutonium hautement toxiques dans l’atmosphère.

 

 

Alors que le prototype ASTRID devrait selon son cahier des charges présenter une sûreté améliorée par rapport au réacteur EPR, la liste des demandes de l’ASN à prendre en compte pour la poursuite du projet en dit long sur le caractère flou d’ASTRID. Dans un courrier[4] daté d’avril 2014, le directeur de l’ASN annonçait à l’administrateur du CEA : « Au stade actuel de définition des orientations, le caractère synthétique et préliminaire des informations transmises ne me permet pas de prendre une position complète et définitive concernant la sûreté de votre projet ». Et cela ne concerne que le prototype de réacteur et non les industries et activités liées au combustible, dont on ignore tout.

 

Autre point gênant, le CEA ne mentionne pas la présence d’une enceinte de confinement autour du réacteur dans son document de présentation d’ASTRID. « Il manque principalement dans la monographie du CEA la description de l’enceinte de confinement et sa conception pour éviter toute sortie de produits radioactifs » remarque le Groupement de Scientifiques sur l’Information Nucléaire (GSIEN)[5].

 

 

Au stade d’avant-projet, ce projet de réacteur de 600 MWe[6] est déjà doté d’un budget dépassant les 600 millions d’euros, argent public issu du programme des investissements d’avenir[7]. Les informations fournies par le CEA sur le coût total de la filière des surgénérateurs sont laconiques. Rien n’est dit sur le coût d’ASTRID et de celui de la chaîne du combustible qui en est le complément indispensable et donc, in fine, sur le coût du kWh que produirait un tel réacteur. Une seule certitude pour le CEA : les réacteurs issus du prototype ASTRID coûteraient beaucoup plus cher qu’un réacteur classique. Le promoteur du réacteur estime « un surcoût de 30% de l’investissement pour un RNR[8], par rapport à un réacteur à eau classique, tout en notant les très fortes incertitudes sur cette valeur »[9]. Le coût du kWh se situerait, en ne prenant en compte que le réacteur, et en fonction des connaissances actuelles sur le coût d’investissement de l’EPR, à environ 150 € par MWh, ce qui est totalement rédhibitoire. Et ces calculs ne tiennent pas compte des coûts supplémentaires des usines dédiées au combustible d’ASTRID. On arrive alors à des estimations encore plus élevées du coût du kWh.

 

 

L’argument mis en avant par les tenants des surgénérateurs est le remplacement du combustible à l’uranium par le combustible au plutonium pour économiser les ressources en uranium. Mais le désastre nucléaire de Fukushima, la concurrence des énergies renouvelables et du gaz, le déclin du nombre de réacteurs dans le monde et l’effondrement du cours de l’uranium ont considérablement diminué les tensions d’approvisionnement sur ce minerai.

 

De surcroît, le surgénérateur doit produire plus de combustible qu’il n’en consomme (il « surgénère » du plutonium). Pour que le réacteur accomplisse ce miracle, il faut extraire le plutonium produit en son sein et en faire un nouveau combustible. Mais les capacités techniques qui permettraient au réacteur de produire plus de plutonium qu’il n’en consomme n’existent pas aujourd’hui en France. Pour que la filière fonctionne il faudrait, outre la présence d’ASTRID, produire du plutonium en retraitant les combustibles irradiés des réacteurs existants puis, ensuite, extraire le plutonium du combustible irradié du réacteur surgénérateur lui-même, et enfin fabriquer le nouveau combustible afin d’alimenter le réacteur concerné. Une usine à gaz. Le raccourci de la présentation du surgénérateur comme la technique permettant l’utilisation « illimitée » de l’uranium masque la réalité et la complexité des opérations que cela implique et donc les coûts et les risques de l’ensemble des techniques à mettre en œuvre. Le CEA explique que ASTRID ne sera pas « surgénérateur » : « Bien que les centrales à neutrons rapides du futur puissent avoir vocation à être surgénératrices, ASTRID sera « isogénérateur » [10]. Ce qui veut dire que le réacteur produirait autant de plutonium qu’il en consommerait mais pas plus. La justification du choix technologique d’ASTRID s’en trouve dès lors amoindrie.

 

Les éléments fournis par le CEA ne font que confirmer le sentiment d’une filière à la fois dangereuse et extrêmement coûteuse. N’y a-t-il pas mieux à faire avec l’argent public ? Pourquoi les dirigeants s’obstinent-ils à soutenir un projet de réacteur dangereux et hors de prix porté par une poignée d’ingénieurs responsables de l’échec de Superphénix ?

 

 

Retrouvez l’analyse complète de Bernard Laponche sur le site de Global Chance :

ASTRID : une filière nucléaire à haut risque et coût exorbitant

 

 

[1] Les coûts de la filière électro nucléaire, Cour des comptes, 2012. https://www.ccomptes.fr/Publications/Publications/Les-couts-de-la-filiere-electro-nucleaire

[2] Bernard Laponche préside l’association qui édite le Journal de l’énergie.

[3] ASTRID : une filière nucléaire à haut risque et coût exorbitant, Bernard Laponche, février 2014. http://www.global-chance.org/ASTRID-une-filiere-nucleaire-a-haut-risque-et-cout-exorbitant

[4] Courrier ASN CODEP-DRC-2013-062807. http://www.asn.fr/content/download/91899/628478/version/2/file/2013-06-27-GPR-Position.pdf

[5] ASTRID : une filière nucléaire à haut risque et coût exorbitant, Bernard Laponche, février 2015 (p.15). http://www.global-chance.org/ASTRID-une-filiere-nucleaire-a-haut-risque-et-cout-exorbitant

[6] Puissance électrique du réacteur.

[7] Rapport relatif à la mise en œuvre et au suivi des investissements d’avenir, ministère des Finances, 2015.

http://www.performance-publique.budget.gouv.fr/sites/performance_publique/files/farandole/ressources/2015/pap/pdf/jaunes/jaune2015_investissements_avenir.pdf

[8] RNR : réacteur à neutron rapide, technologie d’ASTRID.

[9] Les réacteurs nucléaires à caloporteur sodium, CEA, novembre 2014 (p.197). http://www.cea.fr/energie/les-reacteurs-nucleaires-a-caloporteur-sodium/projets-pour-le-futur

[10] Les réacteurs nucléaires à caloporteur sodium, CEA, novembre 2014 (p.190). http://www.cea.fr/energie/les-reacteurs-nucleaires-a-caloporteur-sodium/projets-pour-le-futur

 

Photo : Endless Stairs (Kuhn/Flickr/CC)

 

 

 

Source : http://journaldelenergie.com

 

 

 

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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 19:02

Source : http://www.franceinter.fr/emission-geopolitique-la-tres-grande-sagesse-de-la-grece

l'émission du jeudi 26 février 2015

La très grande sagesse de la Grèce

Ce compromis passé entre la Grèce et ses partenaires de la zone euro, il faudrait l’applaudir et s’en réjouir mais non, ce n’est bizarrement pas ce qu’on lit ou entend. Il y a ceux qui s’étonnent qu’un gouvernement considéré comme radical ou d’extrême gauche s’engage à ne pas augmenter l’endettement de son pays. Il y a ceux qui estiment, et en manchette, que la Grèce se serait « pliée aux exigences de Bruxelles » et il y a ceux enfin, Mme Le Pen en tête mais également à l’autre extrême des échiquiers politiques, qui en sont à déjà dénoncer ou craindre une « trahison » du gouvernement grec.

         Bon… Chacun est libre de penser ce qu’il veut mais l’ignorance que dénotent ces réactions est proprement stupéfiante. Car enfin est-ce sur un projet de sortie de l’Union européenne ou même de l’euro que Syriza, le parti d’Alexis Tsipras, a remporté les élections ?

Non. Ce parti et ses dirigeants ont toujours dit, au contraire, qu’ils voulaient que la Grèce reste dans la zone euro « dont nous ne sommes pas locataires, disaient-ils, mais copropriétaires ». Ce qu’ils voulaient, en revanche, c’est que les conditions mises à l’aide reçue par la Grèce ne soient plus dictées par des fonctionnaires mais débattues au niveau politique entre partenaires européens, qu’elles soient moins brutales afin de permettre à la Grèce d’alléger le poids de sa dette en relançant sa croissance économique par l’augmentation du pouvoir d’achat et que ce soit donc la Grèce elle-même et non pas le reste de la zone euro qui décide où et comment elle devait réduire ses dépenses.

         Il était dès lors évident qu’on arriverait à un compromis qui ne serait par définition pas ce que ce gouvernement aurait ambitionné dans l’absolu. Comme dans toute négociation, le gouvernement Tsipras avait mis haut la barre puisqu’il allait avoir, bien sûr, à la descendre. Il est absurde et même choquant de le critiquer d’avoir su faire des concessions - au demeurant pas si grandes - et la seule question à se poser, le seul doute qu’on puisse nourrir, est de savoir si la réforme de l’Etat et la lutte contre la fraude fiscale auxquelles Syriza entend s’atteler au plus vite lui permettront vraiment de tenir ces promesses de relance par le pouvoir d’achat qu’il a réitérées dans ce compromis.

C’est tout, sauf évident. Ce gouvernement peut échouer. Il le sait et le dit mais comment peut-on ne pas se féliciter qu’un parti venu de l’extrême gauche sache conclure un compromis et veuille faire évoluer, en Grèce et dans toute l’Europe, par la négociation et non pas par la rupture, des politiques communes que le FMI, la nouvelle Commission, toute la gauche européenne, une grande partie de la droite aussi et les Etats-Unis également jugent aujourd’hui socialement intenables et surtout contreproductives ?

La Grèce ne plie pas. Elle s’inscrit dans une évolution en cours en Europe, une bien trop lente évolution qu’elle accélère tout en n’oubliant pas qu’à trop vouloir brusquer les choses, elle ne ferait que tout briser et, d’abord, elle-même. Libre à chacun de penser que ce gouvernement se déjuge, trahit ou se rend mais le fait est que ces nouveaux venus en politique ont infiniment plus de sagesse et de vision que ceux qui les critiquent ou les moquent avec tant de légèreté.

 

 

 

Source : http://www.franceinter.fr

 

 

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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 18:03

 

Source : http://www.pauljorion.com/blog/2015/02/28/la-troika-les-banques-et-nous-par-zebu/

 

 

La Troïka, les banques et nous, par Zébu

28 février 2015 par Paul Jorion |

Billet invité.

 

Le documentaire qu’Arte a diffusé ce mardi, « Puissante et incontrôlée : la Troïka », est un très bon documentaire.

D’abord parce qu’il est réalisé par une chaîne franco-allemande, que c’est une production allemande et qu’il est présenté par un journaliste allemand, en allemand [1]. Ce type de documentaire participe justement à cette nécessité de ‘parler aux Allemands’, sur ce qu’est la réalité et non sur ce qu’en disent leurs représentants élus ou leurs medias. Il n’est alors pas plus étonnant qu’avec un tel matraquage idéologique seulement 21% des Allemands soient d’accord avec l’accord récemment dessiné avec la Grèce (et ‘seulement’ 36% pour ceux proches de Die Linke) …

Ensuite, ce documentaire est très récent et intègre les derniers bouleversements politiques en Grèce, et même une interview de M. Varoufakis, Ministre des finances grec, qui explicite ainsi très clairement, avec d’autres acteurs politiques actuels ou passés, ce qu’est la représentation politique grecque de la Troïka et sans doute une part de vérité sur ce qu’elle fut et ce qu’elle va probablement continuer d’être, mutatis mutandis.

Et bien qu’il soit instruit en bonne partie ‘à charge’ contre la Troïka, ce documentaire prend aussi le soin de donner la parole à certains acteurs, en Grèce ou au Portugal, qui continuent de défendre la nécessité d’un tel programme et d’une telle ‘institution’, si tant est que l’on puisse dénommer ainsi ‘quelque chose’ qui n’a pas d’existence légale. Certaines institutions ont pu, par le biais des acteurs qui ont pu être approchés, comme le FMI et l’Eurogroupe, délivrer leurs certitudes pour certains, voir leur morgue, leur obstination quant à la détention de la vérité, ou leurs doutes et même leurs critiques, comme ce fut le cas avec l’administrateur brésilien du FMI sur la transformation des règles du jeu pour l’adapter au cas grec. Ceci démontre en tout cas, le documentaire évitant ainsi le manichéisme simplificateur, que la complexité est aussi du côté de la Troïka.

Il n’en reste pas moins que deux institutions majeures de la Troïka n’ont pas souhaité participer à ce film et répondre à ses questions : la BCE et la Commission européenne. L’une et l’autre sans doute parce qu’in fine, ce qui apparaît dans ce reportage, c’est bien le fait que cette Troïka fut initiée et gérée par les nations européennes, par le Conseil européen et surtout l’Eurogroupe (l’autre ‘institution’ avec la Troïka qui ne soit pas communautaire et donc européenne), en lieu et place d’une gestion communautaire strictement, a fortiori en lieu et place des seuls représentants élus à qui ce type d’action aurait dû être dévolu, le Parlement européen. Quelque part, ce sont bien des nations européennes, souveraines, qui ont décidé d’assujettir d’autres nations souveraines, puisque le documentaire aborde aussi d’autres réalités européennes de cette Troïka : Portugal surtout, mais aussi Irlande et Chypre (on peut néanmoins regretter que l’Espagne n’ait pas été intégrée, sauf de manière allusive à cette présentation de la Troïka).

 

Ce film ne révèle pourtant pas de choses, de faits que le public qui s’intéresse un tant soit peu à ce sujet ne sache pas dans ses grandes lignes, et notamment sur ses effets, sauf sans doute ce que l’on pourrait qualifier de ‘vol organisé’ lors de la vente des filiales chypriotes en Grèce à une banque grecque (Pyraeus Bank) et l’énorme profit qu’elle en tira (3 milliards d’euros, l’équivalent de 14% du PIB annuel de Chypre en 2013 !).

Ce qu’il révèle par contre, ce sont les visages et les noms de cette Troïka pour certains, et surtout les modes d’action de la Troïka qui n’apparaît jamais véritablement autrement que sous le vocable pratique (et parfois faux) de ‘technocrates’ et de ‘fonctionnaires européens’.

Ce qu’on y voit, surtout, c’est l’affleurement de ce que l’on pourrait dénommer tranquillement sans se voir contredire outre-mesure d’un fascisme en col blanc, dont les caractéristiques seraient les suivantes : un pouvoir auto-construit, en dehors de la loi (communautaire ou nationale), pouvant imposer ses décisions au pouvoir politique démocratiquement élu (y compris d’ailleurs à ceux qui étaient censés ou pensaient pouvoir le réguler), au profit de bénéficiaires cachés, qu’ils soient collectifs ou individuels.

Un fascisme d’un genre nouveau donc, sans nom et en apparence sans chef(s), seuls les exécutants apparaissant, éventuellement, sur l’écran radar des citoyens.

Un fascisme sans parti unique mais avec une idéologie unique, celle de l’ordo-libéralisme, dirigiste néanmoins puisque sa ‘loi’ s’impose à tous et sur tout (totalitaire donc), raciste puisque le racisme social (ou darwinisme social) lui tient lieu d’éthique, réduisant les individus, les nations et la démocratie à de simples ‘mécanismes’ ou rouages lui permettant d’appliquer l’ordre défini, ce nouvel idéal social et politique érigé comme horizon indépassable. Et tout comme le fascisme historique, issu lui aussi de la crise économique engendrée par la crise financière ou la guerre (économique, pour le coup, aujourd’hui).

C’est bien cela que révèle ce documentaire, dans toute sa laideur et sa froide détermination, c’est bien cela auquel se confronte actuellement le gouvernement grec en Europe, pour l’instant, ce qui permet par ailleurs de remettre à sa juste proportion le combat qu’il est en train d’effectuer.

 

Pour autant, on aurait tort, comme pourrait le laisser à penser le documentaire, de se focaliser comme le font les pseudos ‘nationalistes’ d’extrême-droite et même une partie de l’extrême gauche en Europe sur ces ‘technocrates’, européens (mais pas que), cette Europe non ou a-démocratique, car viser des exécutants ne permet pas de dégager une compréhension globale du processus de la Troïka : sauf à ce que ces exécutants aient un niveau de sadisme supérieur à la moyenne, ceux-ci restent des exécutants et les gifler intellectuellement ne peut qu’apporter une satisfaction à bon compte.

De la même manière, il est bon de rappeler comme le fait ce film que ce sont bien des nations souveraines qui ont exécuté ces politiques et créé le ‘monstre’ : viser la responsabilité de la construction européenne dans la Troïka tendrait ainsi à blanchir les lourdes responsabilités des gouvernements nationaux, ce qui ne signifie évidemment pas qu’il ne faille pas, aussi, rechercher les responsabilités et les impérities des institutions communautaires en l’espèce. Mais comme pour tout, c’est bien surtout de hiérarchie de responsabilités dont il s’agit de parler.

 

Ce qui affleure en effet avec ce fascisme en col blanc dans le documentaire, c’est bien dans le même mouvement ‘autre chose’, quelque chose de bien plus structurel et décisionnel que tous ces technocrates et ces gouvernements démocratiquement élus agissant pour et dans la Troïka, à savoir les banques.

Car si la Grèce fut intégrée, in extremis, dans la zone euro, ce fut bien selon le souhait des nations et des gouvernements, et rappelons-le, de la France en particulier. Ce fut en connaissance de cause des difficultés structurelles de ce pays, que les gouvernements occultèrent jusqu’à ce qu’ils ‘découvrent’ la réalité fin 2009 mais que l’Eurostat, sur ordre de l’EcoFin (réelle institution, communautaire, qui doit gérer les problématiques financières en Europe) se chargea de rappeler début 2010, en démontrant, preuves à l’appui dans un rapport que nombre de ses alertes sur les dissimulations statistiques de la réalité grecque avaient été ignorées par ce même EcoFin. Un temps mis en cause, on ne parla plus jamais de ce rapport de l’Eurostat …

Une banque, encore, mais américaine celle-là, qui avait maquillé les comptes publics grecs avec un swap, pour lui permettre d’intégrer l’euro.

Car l’intégration de la Grèce dans la zone euro était surtout une très bonne affaire pour les banques, européennes, notamment avec les jeux olympiques dont le choix porta sur Athènes en 1997. Des banques qui ont prêté massivement à l’Etat grec, en toute connaissance de cause quant à son insolvabilité, à un point tel où certaines banques, comme le Crédit Agricole, avait une exposition de 29,5 milliards d’euros lorsque la crise financière survint et la crise politique et économique en Grèce plus particulièrement [2]. Et alors même que certains institutions, comme le déclare dans le documentaire, l’administrateur brésilien du FMI, savaient que la Grèce n’avait pas un problème de liquidité mais bien de solvabilité, et qu’il faudrait bien passer par un défaut partiel, on décida donc d’attendre [3], afin de permettre aux banques européennes de pouvoir transférer massivement leur exposition vers les institutions publiques, comme la BCE et les futurs outils financiers qui seront créés pour que les États reprennent à leur compte ces créances des banques sur la Grèce.

‘Mieux’, la spéculation financière par le biais des CDS a ‘permis’ d’obtenir un retour sur investissement de ces mêmes banques, qui utilisèrent ces CDS à des fins spéculatives, tout en se garantissant contre le risque de défaut sur les titres de la dette grecque.

Et quand le transfert des risques fut effectué entre les banques et les institutions financières (FMI, BCE) et les gouvernements européens, on réalisa alors le ‘haircut’ (défaut partiel) qui aurait dû être fait, de l’avis même du FMI, dès le départ pour la Grèce et ce qui lui aurait permis très certainement d’avoir une trajectoire différente de celle qui fut prise par la suite.

Une suite qui fut d’ailleurs ‘exécutée’ par la Troïka, au bénéfice de ces mêmes banques ou de ceux-là même qui ont des intérêts dans ces banques (comme le montre l’exemple chypriote de Pyraeus Bank) lors des privatisations, qui ‘immanquablement’ eurent lieu pour ‘solvabiliser’ le budget de l’état grec, au plus grand détriment des classes moyennes et des plus fragiles en Grèce.

Des banques, européennes encore comme HSBC, qui participèrent et facilitèrent l’évasion fiscale des Grecs les plus riches dont se moquait la Troïka, à croire que les recettes fiscales issues de cette évasion ne la concernait pas …

 

Les banques, européennes, donc.

Ce que montre ainsi indirectement le documentaire c’est que ce fascisme en col blanc a bien des chefs (et non un seul), les banques, et un parti unique, celui du secteur financier.

C’est à ce niveau de responsabilité qu’il est donc nécessaire de se hisser quant à la Troïka.

Car c’est à ce niveau de responsabilité que se sont décidées les choses, décidée la création de la Troïka et décidée l’application des politiques austéritaires et meurtrières, en Grèce et ailleurs en Europe.

 

Que faire pour faire face à cet ‘ordre nouveau’ qui s’est instauré progressivement en Europe depuis quelques décennies mais qui a profité de la crise financière pour s’imposer, d’abord en pratiquant la vivisection, puis en établissant les règles nécessaires à sa pérennisation (déficit des budgets publics en Europe maximal de 0,5%) ?

Tout simplement : imposer la loi.

Pas celle qui fut édictée en Europe, comme la ‘loi bancaire’ dite de ‘séparation bancaire’ ne séparant au mieux que 3% du chiffre d’affaire, ou même, plus structurée, comme la loi Dodd-Franck, mais détricotée par les lobbys bancaires américains.

Pas celle non plus qui prévalut à l’après-guerre et lors de la crise financière de 2008, avec des nationalisations de banques : l’État ne fut pas meilleur gérant de l’intérêt général (le Crédit Lyonnais en France) ni même le garant de celui-ci (refus de devenir actionnaire si ce n’est par des actions de référence, création de ‘bad bank’ dont les actifs pourris sont à la charge de la collectivité publique comme avec Dexia, etc.).

Pas celle non plus du Glass Steagall Act, qui permit dans le cadre qui existait alors aux États-Unis de garantir pendant plusieurs décennies la stabilité financière en séparant les activités spéculatives des activités bancaires et en cassant les conglomérats, car le monde d’aujourd’hui, plus globalisé et automatisé, rend illusoire une telle séparation.

Mais bien plutôt celle de l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix, paris qui ont plombé des pays comme la Grèce et le Portugal en Europe et qui ont profité largement à ceux-là même qui les avaient inondés de leur crédit à taux d’intérêt faible, comme un dealer prodigue le ferait pour saturer un marché et s’attacher la dépendance de junkies.

Mais bien plutôt celle de la compensation monétaire entre les différents pays d’une même zone monétaire afin de remédier aux effets structurels de la compétitivité exacerbée entre pays membres, évitant ainsi l’accumulation de différentiels, positifs ou négatifs, comme c’est le cas entre l’Allemagne et le reste de l’Europe. Cela permettrait d’ailleurs de contrôler efficacement l’interdiction des paris entre les différents pays.

 

On aurait tort de surévaluer le rapport de force néanmoins, manière ainsi d’anticiper un éventuel débat sur cette application de la loi dans un sens négatif, puisqu’en apparence perdu d’avance.

Pour preuve, il n’y a qu’à demander à la BNP Paribas si l’action du régulateur américain ne s’est pas faite sentir, tordant le bras aussi bien à une des banques (française) les plus puissantes en Europe, mais aussi à la légende urbaine que les banques sont intouchables. Certes, la BNP avait quelque peu ‘abusé’, tant dans les montants que sur ce que l’on pourrait dénommer les intérêts stratégiques du gendarme du monde. Il n’empêche. L’UBS a aussi été visée par la justice française l’année dernière pour blanchiment aggravé de fraude fiscale et des anciens dirigeants de la banque (suisse) sont poursuivis pénalement, avec une caution jamais vue d’1 milliard d’euros. La banque (anglaise) HSBC est elle aussi poursuivie pour blanchiment de fraude et démarchage illégal. D’autres pourraient suivre.

Le FACTA, dispositif américain obligeant les banques étrangères à déclarer les comptes d’Américains, a fait tâche d’huile et les échanges automatiques de données deviendront la règle.

Les outils juridiques existent donc, la volonté des juges également.

Mais ces actions sont longues à mettre en œuvre et à ce jeu, du voleur et du policier, le voleur à toujours un temps d’avance, puisque le cadre permet toujours de spéculer sans limites véritables, même et toujours sur les matières premières, sans oublier le shadow banking.

Si le rapport de force a ainsi pu être modifié, grâce aux ‘lanceurs d’alerte’ par exemple et à la ténacité de certains juges, il reste que celui-ci est largement en faveur des banques, en l’absence de règles structurelles réellement appliquées.

 

Mais il reste encore un dernier niveau de responsabilité, à la fois le plus basique et le plus élevé : celui qui nous incombe.

En effet, c’est en notre nom que certaines décisions, notamment celles montrées concernant la Grèce, furent prises, afin de ‘sauver le secteur bancaire’, à chaque fois selon les intérêts bien pesés de leur ‘nationalité’ supposée, afin de ‘sauver les petits épargnants’.

Plus prosaïquement, ce fut aussi l’occasion de produire des rendements élevés avec les niveaux de spéculation qui apparurent en Europe sur les titres de dettes, rendements dont une partie fut reversée aux rentiers. Sauver les banques, c’était donc sauver les épargnants, ou plus précisément, sauvegarder les intérêts que le système bancaire ‘se doit’ de verser à ceux qui détiennent un capital : l’argent se doit d’être rémunéré, par le simple fait qu’il est présent ici et maintenant et qu’il doit être dédommagé pour sa temporaire ‘mise à disposition’.

Nous sommes, de fait, les créanciers des banques car c’est avec notre épargne que le système fonctionne : pas d’épargne, pas de capital, pas de casinos, pas de paris financiers, mais pas non plus de Troïka, qui n’est que le ‘fondé de pouvoir’ du secteur bancaire, le bras ‘temporel’ qui agit pour leur bénéfice. C’est pourquoi nous ne dénonçons pas ce système (et la Troïka par conséquent) parce que nous en recevons un ‘petit quelque chose’, un intérêt versé, une part de miettes dans l’amoncellement des richesses qu’en tirent les banques.

 

La véritable question qui se pose est donc de savoir si nous devons continuer à fonctionner ainsi ou si nous devons décider d’abandonner la rémunération que nous pouvons tirer de l’épargne.

Cette question se pose à une partie de la population bien spécifique : pas celle la plus pauvre (les 16% en dessous du seuil de pauvreté en Europe par exemple), qui a déjà du mal à subvenir à ses besoins pour ne pas être très concernée par l’épargne, pas non plus celle appartenant aux 10% et encore moins aux 1% les plus riches, qui ont un intérêt ‘objectif’ à ce que ce système perdure, mais bien à celle dite ‘des classes moyennes’, soit les 75% de la population européenne, celle par ailleurs qui constitue le gros des troupes électorales (mais de moins en moins) lors des différents votes.

À cette question, on peut d’ores et déjà répondre qu’objectivement, ces classes moyennes n’ont pas intérêt à faire perdurer un tel système, parce que les intérêts qu’ils en tirent doivent être déduits des intérêts qu’ils payent lorsqu’ils contractent un crédit, dont le taux d’intérêt reflétera le risque qu’ils font porter à leur contrepartie (bancaire), un risque bien plus élevé que celui que ne feront jamais porter aux banques les 10% les plus riches. Un crédit dont ces classes moyennes auront à un moment ou un autre besoin pour subvenir à leurs besoins immédiats (crédits à la consommation) et importants (crédit immobilier), un crédit qui devient de plus en plus important au fur et à mesure que les revenus se réduisent en termes de pouvoir d’achat et que l’inégale répartition des richesses progresse.

Refuser donc la rémunération de l’épargne pour accéder à un crédit non pas gratuit mais dont le taux d’intérêt sera structurellement faible (les taux d’intérêts actuels sont faibles parce que les banques centrales ont inondé les marchés financiers de leurs liquidités, provoquant d’ailleurs des dysfonctionnements graves à terme) serait de l’intérêt de touts ceux qui n’appartiennent pas aux 10% les plus riches.

La contrepartie d’un tel renoncement est désormais claire pour tous ceux-là : l’acceptation, consciente ou non, de cet ‘ordre nouveau’, qui tôt ou tard les broiera aussi dans ses politiques d’austérité, par le chômage et la raréfaction des aides sociales ou des services publics auxquels ils continuent d’accéder. La Grèce, mais aussi le Portugal, l’Espagne, l’Irlande et l’Italie dans une moindre mesure, en sont des exemples concrets, en attendant d’en voir les effets concrets en France dès cette année.

On ne pourra pas, on ne pourra plus très longtemps continuer cette vie schizophrénique où l’on échappe à la Troïka (et ce quel que soit son visage ou son nom ainsi que sa localisation) tout en bénéficiant des intérêts qu’un tel système veut bien nous octroyer, avec notre argent.

On ne pourra plus non plus exiger, à raison, que la fraude fiscale des plus puissants soit traquée dans ses moindres recoins sans que l’on renonce aussi aux avantages fiscaux que l’État, nous, consentons aux intérêts de l’épargne.

 

Le fascisme avait deux atouts majeurs pour assurer son émergence et sa pérennité : la peur et l’attractivité.

Le système actuel ne renie aucun de ces deux atouts et les applique consciencieusement, notamment en Grèce. La peur, d’abord dans les pays soumis à la Troïka, qui paralyse et disloque les solidarités. Cette peur a aussi une vertu ‘pédagogique’ pour ceux à qui un tel châtiment est exposé car elle les instruit de la puissance exercée. Elle incite ceux qui ne sont pas concernés directement par la Troïka à s’insérer dans ‘l’ordre nouveau’, que l’adhésion soit ou non d’ailleurs effective.

Mais un régime fasciste ne peut pas non plus tenir uniquement sur la peur, même totalitaire. Il lui faut obtenir le consentement, l’adhésion, du moins d’une partie de la population. Cette attractivité sera rendue possible par la garantie à ceux qui possèdent un capital, même faible, que celui-ci ne sera pas réduit comme ce fut le cas à Chypre (bail-in), la garantie aussi que même faible une rémunération de l’épargne sera effective.

Si on parachève en outre l’ensemble par une répartition entre ceux qui échouent et ceux qui réussissent, répartition que l’on essentialise (la Grèce est en faillite parce que les Grecs sont cela, ils sont ceci, par ‘nature’), on permet ainsi d’attribuer une place à chacun dans ce nouvel ordre social. Il n’y a qu’à constater par exemple combien sont valorisés les Allemands dans leur fierté de produire, d’exporter le plus possible, de travailler, propagande se servant du sentiment nationaliste pour mieux différencier les Allemands des Grecs quand bon nombre d’Allemands n’ont rien à leur envier parfois en termes de pauvreté. Et peu importe l’identité des ‘bons’ et des ‘mauvais’ dans cet ordre, l’essentiel étant que l’ordre perdure : hier les Allemands étaient les ‘mauvais’, aujourd’hui ce sont les ‘bons’, demain …

 

La rupture essentielle qui a eu lieu dans cet ‘ordre nouveau’ tient principalement au fait que les Grecs ont fait face à cette peur en élisant Syriza au pouvoir. Ils n’ont certes pas ‘gagné’ dans le combat qu’ils ont récemment mené mais ils ont au moins gagné cette bataille sur la peur.

Il reste surtout aujourd’hui à engager la bataille de l’attractivité, pour montrer toute la nocivité de cet ‘ordre’ masqué par l’opacité, cette opacité qui se lit si bien dans le documentaire sur la Troïka.

 

Pour cela, il y a plusieurs moyens.

Paul Jorion appelle à un Tribunal d’opinion sur la Troïka, non pas tant pour juger en droit les protagonistes mais bien pour juger un système pervers et fasciste : le donner à voir à tous, à commencer aux Allemands et aux Européens, aux classes moyennes, aux épargnants, aux pauvres pour qu’ils sachent qui et quoi les appauvrit et les opprime.

On peut aussi exiger l’interdiction des paris sur les fluctuations des prix et la mise en œuvre d’un système monétaire européen de compensation.

On peut aussi décider de placer son épargne sur des comptes non rémunérés et exiger l’absence de rémunération du crédit à la consommation.

On peut, si on recherche une rémunération qui serait afférente au risque pris, décider d’utiliser les multiples plates-formes de crowdfunding solidaire ou non, en prêtant une partie de son épargne pour des entreprises qui en ont cruellement besoin.

On peut aussi exiger de l’État qu’il intervienne en garantie et en co-financement à parité pour les coopératives financières qui ne rémunéreraient pas l’épargne et pratiqueraient un taux d’intérêt très bas, coopératives qui devront avoir les mêmes capacités que les banques à offrir les différents services dont les sociétaires pourraient avoir besoin.

 

On peut faire et exiger plein de choses.

 

Mais on doit en premier lieu décider si l’on continue ou non à cautionner ce ‘nouvel ordre’, d’essence fasciste, qui s’est imposé grâce à la crise et qui se défendra bec et ongles pour sa survie, comme l’ont montré les événements récents sur la Grèce.

La Troïka est ‘notre’ monstre, à nous de décider qu’en faire.

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[1] Et aussi, rassurez-vous lecteurs francophones, sous-titrés en français évidemment : c’est une chaîne franco-allemande, qu’on vous dit.

[2] 57 milliards pour les banques françaises, 45 milliards pour les banques allemandes, 11 milliards pour la Grande-Bretagne et 9 milliards pour les Pays-Bas, soit un total de 122 milliards pour ces seuls pays et 142 milliards pour les banques européennes (sources BRI).

[3] L’autre ‘révélation’ du documentaire est que l’administrateur du FMI précise bien que c’est Dominique Strauss Kahn qui imposa au FMI la modification des règles pour prêter à une Grèce insolvable, en toute connaissance de cause, pour avoir à éviter de restructurer le secteur bancaire français, étant déjà dans la course élyséenne. Cela en dit long sur les rapports entre les politiques et ces mêmes banques et la puissance du pouvoir des secondes sur les premiers.

 

 

Source : http://www.pauljorion.com/blog/2015/02/28/la-troika-les-banques-et-nous-par-zebu/

 

 

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