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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 15:38

 

Source : http://www.bastamag.net

 

Finance toxique

Spéculation, évasion fiscale, bonus des traders : observez en direct la démesure des banques et marchés financiers

par Agnès Rousseaux 18 mars 2015

 

 

 

*Les compteurs n'arrêtent pas de tourner, pour les visualiser en direct cliquer ici

 

Sept ans après la crise financière de 2008, rien n’a vraiment changé : spéculation effrénée, création de produits financiers toxiques, évasion fiscale, rémunérations des banquiers... Nous voici revenus aux mêmes niveaux qu’avant la crise, voire au-delà. Les chiffres font peur. Nous vous invitons à une plongée au cœur de cette finance folle, pour en percevoir, minute par minute, la démesure. Pour comprendre les dérives de cette folie spéculative. Et l’urgence de reprendre le contrôle sur ce système financier dérégulé.

« Les produits dérivés sont une arme de destruction massive », affirmait le milliardaire américain Warren Buffett il y a dix ans. Les produits dérivés, ce sont ces produits financiers à l’origine de la crise financière de 2008. Sept ans plus tard, malgré les grandes promesses de régulation, la spéculation sur les produits dérivés est reparti de plus belle ! Une spéculation totalement déconnectée de l’économie réelle. Qui paiera lorsque ce fragile château de cartes vacillera de nouveau ? Regarder en direct défiler les chiffres de ce casino démesuré donne le tournis :

 

Produits dérivés de gré-à-gré en circulation dans le monde, depuis le 1er janvier
137 005 946 215 753 euros
PIB mondial, depuis le 1er janvier
14 961 385 537 671 euros

 

*Les compteurs n'arrêtent pas de tourner, pour les visualiser en direct cliquer ici

 

Vous avez sous les yeux le montant des produits dérivés échangés de gré-à-gré – ou Over the Counter (OTC) – c’est-à-dire entre deux acteurs économiques ou financiers, sans passer par des places de marché organisées comme les bourses, échappant ainsi à la surveillance des autorités [1]. En 2014, ce montant dépasse le niveau atteint en 2008 : 652 000 milliards d’euros [2]. Soit 10 fois le PIB mondial ! 652 000 milliards d’euros représente le « montant notionnel » de ces produits dérivés. C’est-à-dire le capital théorique sur lequel portent les contrats (qui sont au départ des contrats d’assurance, de « couverture »), le capital sur lequel ils sont adossés.

Ce montant n’est pas équivalent au risque pris : pour un dérivé sur le taux de change d’une monnaie, le risque ne représente que quelques pourcentages de possible variation du cours. Mais pour un dérivé sur un crédit immobilier, le risque est de 100% de ce montant notionnel si l’emprunteur est dans l’incapacité totale de rembourser sa dette. Sur une matière première, le risque est important, les cours du pétrole ou du blé par exemple étant plutôt volatiles. Quand tout va bien, les montants se compensent. Mais vu le niveau de ces produits dérivés, même une faible perte peut avoir des conséquences dramatiques ! Surtout, l’essentiel des transactions sur dérivés (93 %) se fait entre acteurs financiers, bien loin de l’économie réelle. Ils sont devenus des instruments de spéculation. Rappelons que le montant notionnel des produits dérivés de BNP Paribas s’élève à 48 000 milliards d’euros. 23 fois le PIB de la France !

Outre la menace qu’elle fait peser sur la stabilité du système économique mondial, la spéculation peut avoir des conséquences désastreuses. En particulier lorsqu’elle fausse le prix réel des matières premières agricoles, comme le prix du blé, du maïs et du soja qui vont déterminer celui des aliments que nous achetons. « Les activités des fonds indiciels ont joué un rôle clé dans la flambée des prix alimentaires en 2008 », explique la Banque mondiale, après que des émeutes de la faim aient secoué plusieurs pays d’Afrique et d’Asie. La tonne de blé passe alors de 100 à 300 euros. En 2011, les fonds spéculatifs indexés sur les matières premières agricoles, énergétiques et minières pèsent 600 milliards de dollars. Et, à l’exception du Crédit agricole, les grandes banques françaises y participent (lire ici).

 

 

Évasion fiscale : un manque à gagner colossal pour les États
Manque à gagner pour la France lié à l’évasion fiscale, depuis le 1er janvier
14 709 441 288 euros
Impôt sur le revenu collecté en France (prévision 2015), depuis le 1er janvier
15 928 223 566 euros

 

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Autre dossier noir de la finance : l’évasion fiscale. Elle serait impossible sans la complicité des banques, qui ferment les yeux ou incitent ouvertement leurs clients à « optimiser » leur patrimoine en transférant leur argent sur des comptes à l’étranger. Le manque à gagner pour l’État français est évalué entre 60 à 80 milliards d’euros par an, selon les derniers rapports parlementaires [3]. Soit l’équivalent de ce qui est collecté avec l’impôt sur le revenu [4]. Un euro sur 5 échappe ainsi à l’impôt en France !

Les scandales se succèdent : la banque HSBC a été mise en examen en 2014 pour démarchage bancaire illicite et blanchiment de fraude fiscale. En 2013, l’Autorité de contrôle prudentiel a infligé à UBS France une amende de 10 millions d’euros, pour « laxisme » dans le contrôle de pratiques commerciales susceptibles de relever du blanchiment de fraude fiscale. Les banques ne semblent pas pressées de mettre un frein à l’industrie de l’évasion fiscale.

Un quart du chiffre d’affaires international des grandes banques françaises est toujours réalisé dans les paradis fiscaux [5]. Grâce à la Loi bancaire de 2013, qui introduit un peu de transparence, on sait que BNP compte 170 filiales dans les paradis fiscaux, devant la Société générale (139 filiales) et le Crédit agricole (134 filiales) [6].

 
Un coût environnemental gigantesque

Tout ne se mesure pas en euros. Le coût des banques, ce sont aussi les impacts environnementaux de leurs investissements. Et les banques françaises ne sont pas toujours les plus avisées. Depuis la signature du protocole de Kyoto en 2005, le secteur bancaire a investi 165 milliards d’euros dans des projets d’extraction de charbon, alors même que le dérèglement climatique s’aggrave. Ces financements ont augmenté de 397 % en dix ans ! Parmi les 20 plus gros investisseurs, derrière les banques chinoises, états-uniennes ou britanniques, on retrouve deux champions nationaux : Crédit agricole et BNP. Cette dernière investit dix fois plus dans les énergies fossiles que dans les énergies renouvelables. Pour la transition énergique, on repassera ! Les projets dans lesquels BNP investit émettent 1360 millions de tonnes de CO2 par an [7]. Soit quatre fois les émissions de CO2 de la France !

 

Émissions de CO2 générées par les placements financiers de BNP Paribas, depuis le 1er janvier
285 784 933 tonnes de CO2
Émissions de CO2 générées par les placements financiers du Crédit agricole, depuis le 1er janvier
220 642 779 tonnes de CO2
Émissions de CO2 de la France, depuis le 1er janvier
72 917 185 tonnes de CO2
 
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Rémunérations des banquiers : le jack-pot pour quelques uns

Paradoxe du capitalisme : si les impacts négatifs de ces activités augmentent, les profits des banques également. Mais les dizaines de milliers de salariés des agences bancaires n’en profiteront pas, contrairement à quelques privilégiés qui travaillent pour la banque de marché, à des postes où ils bénéficient de faramineux bonus. Malgré la crise, ces bonus ont fortement augmenté : il y a vingt ans, la Société générale distribuait 21 millions d’euros de bonus, à 1400 salariés. Soit un bonus moyen de 15 000 euros. Rien à voir avec la situation actuelle : 467 millions d’euros de bonus sont distribués par la banque, à 2800 salariés. Soit un chèque de 162 000 euros en moyenne par salarié [8] ! Une petite prime de fin d’année équivalente à ce que gagne un salarié au Smic en 10 ans. Vous avez dit inégalités ?

 

 

Rémunérations de 8300 dirigeants et traders de BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole, BPCE, depuis le 1er janvier
504 329 486 euros
Rémunérations brutes de 8300 salariés au SMIC, depuis le 1er janvier
30 494 535 euros

 

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Au sommet de la pyramide, les PDG des banques françaises les mieux payés touchent tous les ans l’équivalent de 200 années de Smic. Sans compter les retraites chapeau et autres parachutes dorés. Grâce à ces niveaux inégalés de rémunérations, le secteur de la finance a pris une place prépondérante parmi les hauts revenus. Mieux vaut être trader ou banquier que de créer son entreprise... En quinze ans, les revenus des 0,1% les plus riches ont augmenté de 32 % – tandis que 90% de la population se contentait d’une hausse moyenne de 5%. Et en trois décennies, dans ce club des 0,1% de privilégiés, la proportion de banquiers est passé de 5% à 25% [9].

 
Le lobby bancaire investit des millions pour que rien ne change

Pourquoi les responsables politiques, malgré leurs promesses de régulation, ont-ils accepté les uns après les autres de maintenir de ce système dangereux et coûteux pour la société, qui socialise les pertes et privatise les profits ? Si rien ne change – ou si peu –, c’est que les banques ont su se montrer convaincantes. Il faut dire que le lobby bancaire est un véritable rouleau compresseur. Ses moyens sont impressionnants : le secteur financier européen emploie au moins 1700 lobbyistes, d’après les estimations de l’ONG Corporate Europe Observatory (CEO). Un chiffre à comparer aux 400 fonctionnaires chargés de la régulation des marchés financiers au sein de la Commission européenne. Soit quatre lobbyistes pour un fonctionnaire ! Selon CEO, le lobby bancaire dépense chaque année 120 millions d’euros pour influencer les politiques européennes [10].

 

 

Dépenses de lobbying par les banques en Europe, depuis le 1er janvier
25 216 650 euros
Dépenses des ONG, syndicats et associations de consommateurs européens sur les questions financières à Bruxelles
840 555 euros
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Le coût faramineux de la crise et du sauvetage des banques

Ce ne sont là que quelques uns des coûts que font peser les banques sur la société. Nous aurions pu parler des emprunts toxiques, ces produits financiers concoctés par les banques pour accroître leurs profits et qui plombent les finances de collectivités locales et d’hôpitaux, dont les dettes ont littéralement explosées. Nous aurions pu évoquer la forte baisse du taux d’imposition des banques depuis 20 ans. Ou encore les milliards d’euros accordés aux banques par la Banque centrale européenne, à des taux d’intérêts très bas, pendant que celles-ci spéculaient sur les dettes souveraines des pays du sud de l’Europe. Ou bien encore la subvention implicite de 48 milliards d’euros chaque année pour les grandes banques françaises – BNP-Paribas, Crédit agricole, Société générale et Banque populaire-Caisse d’épargne –, du fait de la garantie de l’État qui leur permet de bénéficier sur les marchés financiers de taux d’intérêts plus bas [11]. C’est presque l’équivalent de l’impôt sur les sociétés perçu chaque année en France [12] !

 

Subvention implicite aux 4 grandes banques françaises, grâce à la garantie de l’État, depuis le 1er janvier
10 086 737 230 euros
Impôt sur les sociétés collecté en France (prévisions 2015), depuis le 1er janvier
11 725 832 030 euros

 

*Les compteurs n'arrêtent pas de tourner, pour les visualiser en direct cliquer ici

 

Nous aurions pu mentionner aussi le coût des scandales, arnaques et manipulations (lire notre article Évasion fiscale, fraudes et manipulations : découvrez le casier judiciaire de votre banque).

Les dirigeants bancaires affirment également que la crise de 2008 n’a rien coûté aux contribuables français. À croire que le nuage de produits financiers toxiques qui a contaminé la planète en 2008 se serait arrêté aux frontières du pays ! L’Union européenne a pourtant dû mobiliser 4500 milliards d’euros pour éviter l’écroulement du système financier. Un chèque en blanc aux banques, d’un montant équivalent à 37 % du PIB européen [13] ! Le sauvetage des banques françaises a coûté 25 milliards d’euros, au minimum. A lui seul, le sauvetage de la banque franco-belge Dexia a plombé les finances publiques de 6,6 milliards d’euros, selon la Cour des comptes [14].

Sans compter les coûts indirects, exorbitants, de la crise financière. Car comme un virus toxique, la crise bancaire s’est propagée aux finances publiques et à l’économie réelle. Dans la zone euro, le taux de chômage est passé de 7,3% avant la crise, à 11% en 2012. Soit huit millions chômeurs en plus ! Quant à la dette publique française, elle fait un bond gigantesque, passant de 60% du PIB en 2006 à plus de 93% en 2013. Les banques françaises rejettent toute responsabilité. Évaluer ces coûts, les rendre visibles est une nécessité. Pour que spéculation et investissements hasardeux ne se fassent plus avec notre argent. Pour que les banques retrouvent leur fonction d’utilité sociale. Et la finance sa juste place.

@AgnèsRousseaux

Compteurs : Mathieu Lapprand

Photo : CC David Trawin

À lire, pour aller plus loin : Le livre noir des banques, co-écrit par Basta ! et Attac, Ed. Les liens qui libèrent, 372 pages. Disponible en librairie ou à commander en ligne sur cette page.

Notes

[1En 2012, l’Union européenne a imposé des déclarations sur toute transaction de dérivés, avec le règlement européen Emir (European Market and Infrastructure Régulation). Mais la transparence est encore bien difficile à atteindre. Lire ici.

[3C’est le montant donné par la députée européenne écologiste Eva Joly, et par le rapport d’information de l’Assemblée nationale présenté en octobre 2013 par les députés Alain Bocquet et Nicolas Dupont-Aignan. En janvier 2013, un rapport du syndicat Solidaires-Finances publiques évalue le manque à gagner des différentes formes de fraudes et d’évasion fiscale à ce même montant.

[4Montant de l’impôt sur le revenu prévisionnel d’après le Projet de loi de finances pour 2015. Source : ministère des Finances.

[5Rapport de la Plateforme Paradis Fiscaux et Judiciaires « 2014 : Que font les plus grandes banques françaises dans les paradis fiscaux ? », qui prend en compte la liste des paradis fiscaux établie par le réseau Tax Justice Network.

[6Des chiffres contestés par les banques : BNP estime n’être présente que dans deux paradis fiscaux, en se référant à la liste noire établie par la France. Il faut dire que même Jersey et les Bermudes ont été sorties de cette liste noire officielle en 2014, dans laquelle ne figurent pas non plus la Suisse ou le Luxembourg, paradis fiscaux préférés des banques françaises…

[7Source : Finance responsable, site édité par l’ONG Les Amis de la Terre, et rapport du cabinet Utopies/Amis de la Terre, « L’empreinte carbone des banques françaises ». BNP Paribas ne calcule pas les émissions induites par ses activités de financement et d’investissement. Les Amis de la Terre ont estimé ces émissions à plus de 1360 millions de tonnes de CO2 en 2010 pour BNP et à 1050 millions de tonnes de CO2 pour le Crédit agricole. Source pour les émissions de CO2 de la France : ministère de l’Ecologie.

[8Chiffres de 2012. Source : Documents de référence de la Société générale.

[9Pendant ce temps, les chefs d’entreprises, eux, sont passés de 60% à 20% de ce groupe des 0,1% de privilégiés les mieux rémunérés.

[10Lire Le livre noir des banques, co-écrit par Attac et Basta !, Ed. Les liens qui libèrent, 2015, chapitre 17. Et le rapport de Corporate Europe Observatory, « The fire power of the financial lobby, A survey of the size of the financial lobby at the EU level », 2014.

[11Pour ces quatre grandes banques universelles française, les investisseurs anticipent le fait que, malgré les risques pris, l’État sera toujours là en cas de faillite. Cette garantie implicite leur permet d’emprunter à des taux plus bas sur les marchés financiers. Grâce à ces taux d’intérêt plus favorables, en 2012, le secteur bancaire européen a perçu l’équivalent de 234 milliards d’euros de subvention implicite des États. Lire le détail ici.

[12Montant de l’impôt sur les sociétés prévisionnel, d’après le Projet de loi de finances pour 2015. Source : ministère des Finances.

[13Les prêts seront remboursés, les garanties ne seront pas utilisées. Heureusement...

[14Pour le détail de cette évaluation, lire Le Livre noir des banques, Attac & Basta !, Éditions Les liens qui libèrent, 2015, chapitre 1.

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

 

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17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 22:48

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

Le Parlement grec crée une commission pour auditer la dette

 

 

Le Monde.fr | 17.03.2015 à 17h02 • Mis à jour le 17.03.2015 à 17h07 | Par Adéa Guillot (Athènes, correspondance)

 

 

Le Parlement grec, le 13 mars.

Le Parlement grec, le 13 mars. Aris Messinis / AP

 

Après l’annonce, au début du mois, de la création d’une commission du Parlement grec sur les réparations allemandes de la seconde guerre mondiale, la présidente de la Vouli, Zoé Konstantopoulou, a confirmé, mardi 17 mars, la constitution d’une commission d’audit sur la dette grecque.

« L’objectif est de déterminer l’éventuel caractère odieux, illégal ou illégitime des dettes publiques contractées par le gouvernement grec », a précisé Mme Konstantopoulou lors d’une conférence de presse, faisant allusion à plusieurs affaires de corruption et à l’opacité qui entoure l’achat d’armes par son pays.

Lire aussi : L’incorruptible de la Vouli, figure de Syriza

« Le peuple a le droit de demander que la partie de la dette qui est illégale – si cela est avéré à l’issue de la commission – soit effacée », a-t-elle ajouté.

 

 

Zoé Konstantopoulou, présidente du Parlement grec.

 

L’article 7 du règlement adopté en mai 2013 par l’Union européenne (UE) prévoit en effet qu’« un Etat membre faisant l’objet d’un programme d’ajustement macroéconomique réalise un audit complet de ses finances publiques afin, notamment, d’évaluer les raisons qui ont entraîné l’accumulation de niveaux d’endettement excessifs ainsi que de déceler toute éventuelle irrégularité » (Règlement UE 472/2013 du 21 mai 2013« relatif au renforcement de la surveillance économique et budgétaire des Etats membres de la zone euro »).

 

Une annonce explosive

Mais l’annonce de la création de cette commission est explosive alors que le gouvernement grec, qui a longtemps souhaité un effacement d’un pan de la dette, semble s’être rendu, ces dernières semaines, aux arguments de ses créanciers et ne parle plus désormais que de rééchelonnement.

Début mars, le ministre grec des finances, Yanis Varoufakis, a pris acte du refus de ses interlocuteurs européens d’entendre parler d’une décote de la dette (un effacement pur et simple). « Une décote est un gros mot. Je l’ai compris, a expliqué M. Varoufakis. Il y a des solutions plus intelligentes. Nous pourrions reconvertir une partie des crédits que nous avons reçus du fonds de sauvetage européen [FESF] en obligations. Le coupon et les remboursements seraient ainsi indexés sur l’évolution de notre produit intérieur brut [PIB].

Formellement la nouvelle commission d’audit devrait commencer ses travaux le 3 avril et présenter ses premières conclusions en juin. Soit au moment précis où l’accord conclu le 20 février entre la Grèce et ses créanciers arrivera à échéance, et où le moment d’ouvrir un nouveau chapitre de la renégociation de la dette sera venu.

Cette commission parlementaire sera composée en partie de scientifiques et de juristes grecs mais aussi d’une dizaine de spécialistes de l’audit de renommée internationale.

 

« Une dette illégitime viole les traités »

« Nous allons étudier dans le détail la constitution de la dette ces dernières années, depuis le début de l’action de la troïka [les bailleurs de fonds du pays – Banque centrale européenne, Commission de Bruxelles et Fonds monétaire international] mais aussi revenir sur la période antérieure à 2010 », avance le belge Eric Toussaint, du Comité pour l’abolition de la dette du Tiers-Monde (CADTM). ce dernier a été choisi par Mme Konstantopoulou pour diriger techniquement les travaux de la commission sur l’audit. « Une dette illégitime viole les traités ou les conventions internationales mais aussi les droits humains fondamentaux et c’est ce que nous allons nous attacher à déceler », ajoute M. Toussaint.

Lire aussi : Pour un véritable audit de la dette grecque

Une fois les résultats de cette commission connus, et pour peu qu’ils concluent à l’illégitimité d’une partie de la dette grecque, rien n’obligera cependant les créanciers du pays à accepter le principe d’un effacement pur et simple de leurs créances. Mais « le gouvernement grec pourra alors prendre la décision souveraine de ne pas payer », assure M. Toussaint. « Notre commission a pour but de donner des arguments solides et scientifiques pour soutenir, ensuite, une décision politique qui appartient au gouvernement grec », ajoute-t-il.

 

  • Adéa Guillot (Athènes, correspondance)
    Journaliste au Monde
     


Source : http://www.lemonde.fr

 

 

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17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 22:23

 

 

Un bon entretien avec Naomi Klein (No logo, La Stratégie du choc), où il est question de climat, TAFTA, de grands projets inutiles imposées, de politiques d'austérité,... et finalement d'optimisme.

 

Naomi Klein : “ExxonMobil, BP, Shell... ont déclaré la guerre à la planète”

Weronika Zarachowicz Publié le 17/03/2015.

 

Egérie de la gauche nord-américaine, elle s'engage, avec un nouvel essai, dans la lutte contre le changement climatique. Et voit dans la crise actuelle une chance pour remettre en cause le système capitaliste… Voici la version longue d'un entretien paru dans “Télérama”.

La suite: http://www.telerama.fr/idees/naomi-klein-exxonmobil-bp-shell-ont-declare-la-guerre-a-la-planete,123946.php

 

 

 

Mais aussi sur Reporterre:

Naomi Klein : « C’est très simple : les pollueurs doivent payer »

16 mars 2015 / Entretien avec Naomi Klein

 

Naomi Klein revient avec un fort livre, Tout peut changer. Capitalisme et changement climatique. Présentant le changement climatique comme un « risque existentiel », elle démontre que, pour éviter la catastrophe, il faut adopter des politiques radicalement contraires au néo-libéralisme dominant. Reporterre s’est entretenu avec elle.

La suite: http://www.reporterre.net/Naomi-Klein-C-est-tres-simple-les

 

 

 

 

 

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17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 22:22

 

Source : http://www.mesopinions.com/petition/nature-environnement/projet-zad-verte-dire-stop-projet/13917

 

Signez la pétition

 

Projet de ZAD verte pour dire stop au projet de golf à Montcombroux-les-Mines (Auvergne)

Auteur : Marc-Claude de Portebane

Créé le 10/03/2015 - Fin le 31/12/2016

 

 

Pétition : Projet de ZAD verte pour dire stop au projet de golf à Montcombroux-les-Mines (Auvergne)

À l'attention : de Messieurs les présidents de l'Union Européenne et de Monsieur le Président de la République française

Les services de l'Etat ont perdu tout sens des réalités en autorisant un projet de golf à Montcombroux-les-Mines (Est de l'Allier) où se concentrent une faune et une flore importantes en Auvergne.

En 2007, la SARL Société Montcombroux Golf dépose un dossier de demande d’autorisation. Ce dossier est complété en 2010, soumis à enquête publique l’année suivante, puis examiné par le CODERST 03 (Conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques) de l’Allier le 30 septembre 2011. Il est finalement autorisé par le Préfet de l’Allier le 10 novembre 2011.

Le périmètre du projet s’étendra sur plus de 300 hectares dans la vallée du Haut-Roudon. Il prévoit notamment :

- trois hameaux de 275 villas et 136 appartements (41 000 m2 au total) ;
- un hôtel de 4 500 m2 (96 chambres) avec parking ;
- un parcours de golf de 27 trous (3 boucles de 9 trous) ;
- un réseau d’arrosage du golf ;
- un parking de 200 places ;
- un restaurant, un clubhouse, des villas, bureaux et appartements, une piscine couverte… (3 600 m2 au total) ;
- un centre équestre (400 m2) ;
- 4 retenues d’eau (environ 110 000 m3 au total).

Coût annoncé : 120 millions d’euros H.T. (fonds privés).

Tout cela pour un « tourisme » éclectique, à une 1 heure de route de Moulins et de Vichy, et à 1 heure 50 de Clermont-Ferrand !

Sur ce domaine du château de Montcombroux, 3 années après l’autorisation, le massacre a commencé cet automne 2014 avec les premiers travaux, ceux de déboisement. 15 hectares seront décapités. Sur les 300 hectares du périmètre, 75 % sont en zone agricole. 30 hectares sont des terres cultivées.

Eu égard à la présence de plusieurs centaines de différentes espèces végétales et animales, les services de l’Etat ont été interpellés en décembre 2014 pour connaître la réalité de la procédure devant le Conseil national de la protection de la nature et des dérogations à l’interdiction de destruction des espèces ou habitats protégés, répertoriés au niveau des directives européennes (« Oiseaux sauvages » et « Habitats »), nécessaires à l’exécution des travaux. La réponse de la Direction départementale des territoires (DDT) de l’Allier est toujours attendue.

La DREAL Auvergne vient également d’être saisie sur ce point et d’être interrogée quant au respect des dispositions de l’arrêté préfectoral interdisant la réalisation des défrichements dans les secteurs d’intérêt batrachologique et chiroptérologique entre novembre et juillet (période d’hibernation et de reproduction).

Non seulement les travaux de déboisement ont débuté mais des villas sont déjà mises en vente par la société alors, pourtant, que les permis d’aménager n’ont pas encore été délivrés voire même déposés !

Nous, collectif zadiste, à l'image de Sivens, de Roybon ou de Notre-Dame-Des-Landes, défenseurs des animaux et de la nature, nous demandons sur le site de notre future ZAD l'intervention de la LPO (Ligue de Protection des Oiseaux) et de l'Etat pour que cessent le massacre de la nature, le futur arrosage intense de pelouses, l’usage massif d’herbicides, de taupicides et autres répulsifs.

Marc-Claude de Portebane
Ancien candidat à la députation de l'Auvergne

 

 

Source : http://www.mesopinions.com/petition/nature-environnement/projet-zad-verte-dire-stop-projet/13917

 

 

 

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17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 22:09

 

 

 

 

Refusons l'emprise de l'Agglo sur les terres

 

de St Hilaire

 

et sa logique d'aménagement prédateur.

 

 

Retrouvons-nous sur la

 

ZAD golfique

 

Samedi 21 mars

 

 

pour labourer et ensemencer, résister

 

et poursuivre notre lutte contre ce projet inutile

 

 

 

 

Samedi 21 mars plantation d'un champ de patate sur la ZAD golfique
labourer et ensemencer, résister et poursuivre notre lutte contre le projet inutile du Golfe de Saint Hilaire de Brethmas


Au programme : balade-découverte des infrastructures prévues,
pique-nique tiré du sac, labours de terres et plantation de patates,
présentation de la nouvelle version de la ZAD golfique, prises de parole
et débats... Esprit festif et convivial. Petite restauration sur place.
Rassemblement dès 10 H dans le village de St Hilaire (fléchage)

 

 

 

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17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 22:03

 

 

 

 

 

 

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17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 21:49

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

Electricité : plainte contre l’effacement diffus

17 mars 2015 | Par La rédaction de Mediapart

 

 

 

L’association de défense des consommateurs UFC-Que Choisir porte plainte devant le Conseil d’État contre le dispositif « scandaleux » de l’effacement diffus, qui consiste à couper temporairement la consommation d’électricité de clients volontaires.

 

L’association de défense des consommateurs UFC-Que Choisir porte plainte devant le Conseil d’État contre le dispositif d’effacement diffus introduit par la loi Brottes de 2013, et précisé par la loi de transition énergétique (que les députés vont examiner en deuxième lecture après l’échec de la commission mixte paritaire).

Méconnue du grand public, cette pratique consiste à couper temporairement la consommation d’électricité de clients volontaires. Le principe est le suivant : à un moment précis, entre 19 heures et 19 h 15 par exemple, votre radiateur électrique s'arrête, interrompu à distance par un opérateur d'effacement. Vous ne vous rendez compte de rien, a priori. Mais pendant ce temps, les kilowattheures (kWh) que vous n'avez pas utilisés ne sont pas perdus : ils sont vendus sur le marché de l'électricité à RTE, la filiale d'EDF, qui s'en sert pour équilibrer le réseau. Le but est d’alléger la demande de courant en période de « pointe », c’est-à-dire quand les besoins explosent, typiquement en fin de journée en hiver. Mediapart a consacré une enquête à ce dispositif payé par une hausse (encore une) de la CSPE, et donc du prix de l'électricité, sans que son utilité écologique n’ait été démontrée.

Pour l’UFC-Que Choisir, le mécanisme de l’effacement diffus est « scandaleux » car il « alourdit injustement la facture de l’ensemble des consommateurs et s’avère, en outre, inefficace, voire contre-productif ». Elle a déposé un recours en excès de pouvoir devant le Conseil d’État.

 

 

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17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 19:51

 

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Chômage : le coup de massue des droits rechargeables

17 mars 2015 | Par Rachida El Azzouzi et Mathilde Goanec

 

 

Cinq mois après l'entrée en vigueur des droits rechargeables, mesure phare du gouvernement, les témoignages de chômeurs et précaires lésés se multiplient. Les partenaires sociaux doivent se remettre autour de la table, sans pour autant être d'accord ni sur les chiffres ni sur le remède.

 

 

« Désormais, plus on travaille, plus on a de droits. Chaque fois qu’un demandeur d’emploi retravaillera, il accumulera des droits sans perdre ceux déjà acquis. Il n’aura plus à s’inquiéter d’une possible perte de son allocation s’il retrouve un travail temporaire. » C'est ainsi que le ministère du travail qualifiait le 6 octobre dernier les « droits rechargeables », ce dispositif obtenu à l’arraché lors de la dernière négociation sur l’assurance chômage et signé par trois syndicats sur cinq (CFDT, FO, et CFTC) : « une belle avancée pour les demandeurs d’emploi ». Cinq mois après leur entrée en vigueur, la réalité est tout autre pour des milliers de précaires et chômeurs, dont certains vivent un véritable drame social.

À l’image de ceux récoltés par la CGT chômeurs rebelles du Morbihan, très active sur cette question, les témoignages se multiplient sur les effets pervers de cette mesure phare du gouvernement. « Nous n’avons jamais été autant sollicités, assure Pierre-Édouard Magnan, délégué fédéral du Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP). Pour trouver un équivalent, il faut remonter dix ans en arrière, jusqu’au scandale des "recalculés". » En 2004, 400 000 demandeurs d'emploi s'étaient en effet retrouvés privés de leur allocation chômage du jour au lendemain, après la renégociation par les partenaires sociaux de la convention d’assurance chômage.

 

Occupation d'une agence Pôle emploi dans la région lyonnaise en novembre 2014

Occupation d'une agence Pôle emploi dans la région lyonnaise en novembre 2014 © @DR

 

Le récit des « rechargés » d’aujourd’hui est tout aussi inquiétant : « Ma fille est psychologue, et avait le projet de partir à La Réunion, raconte Brigitte. Pour financer son départ, elle a fait des remplacements dans de grandes enseignes de distribution et dans l'animation, histoire de glaner quatre sous. » Une fois sur l’île, la jeune femme ouvre des droits au chômage pour quelque temps avant d’être acceptée pour un CDD d’un an au sein d’une mission locale. Mais lorsqu'elle constitue en décembre 2014, à l’issue de ce contrat, un nouveau dossier à Pôle emploi, ce dernier applique la réforme des droits rechargeables. « Ils sont remontés jusqu’en 2013 et aux droits ouverts sur la base des petits boulots effectués à ce moment-là, explique Brigitte, révoltée par le sort de sa fille. L'année à temps plein n'est pas prise en compte et elle a donc droit à 420 euros mensuels seulement jusqu'en janvier 2016 ! »

En accusation dans cette affaire, le système de calcul. Avant la nouvelle convention d’assurance chômage, les droits ouverts pour les chômeurs étaient calculés en fonction de l’indemnisation la plus favorable. Mais depuis la mise en place des « droits rechargeables », les indemnisations versées aux demandeurs d’emploi sont calculées sur les anciens droits non épuisés (Pôle emploi remonte dans l’historique professionnel plus de trois ans en arrière à partir de la date d'inscription à Pôle emploi). Soit une avancée pour ceux qui acceptent un poste moins bien payé (l'allocation perçue se décale mais ne baisse pas tant qu’ils n’ont pas utilisé tous leurs anciens droits) et une double peine pour tous ceux dont le dernier emploi était mieux rémunéré que les précédents. Ils se retrouvent bloqués dans d'anciens droits, à l’indemnisation moins avantageuse. Principales victimes : les personnes passant d’un temps partiel à un temps plein, enchaînant les CDD plus ou moins bien rémunérés, les intermittents, ou encore ceux qui connaissent une progression salariale.

Laurence, trentenaire, est dans ce cas. Elle a travaillé pendant quatre ans à l’étranger comme contractuelle pour le ministère des affaires étrangères. Elle rentre en France en 2012 et s’inscrit au chômage. Elle y restera deux mois avant d’obtenir un contrat auprès d’un opérateur du ministère de la justice œuvrant dans le domaine de la coopération internationale. Au bout d’un an et demi, sans réelles possibilités d’évolution, la jeune femme décide de se réorienter et effectue une rupture conventionnelle pour faire un bilan de compétences. Elle s’inscrit donc auprès de Pôle emploi. Son dossier d’indemnisation, compliqué, met plusieurs mois à aboutir. Quand la décision tombe, Laurence est atterrée. Elle va toucher environ 1 200 euros par mois, son indemnisation étant calculée sur son salaire perçu au sein du ministère des affaires étrangères (hors primes), en 2012. « J’ai cotisé ces deux dernières années, sur un salaire de 2 800 euros net, pensant avoir le temps de voir venir en cas de réorientation professionnelle, s’insurge la jeune femme. Cet argent, il est passé où ? »

Si le rechargement des droits, allongeant la durée d’indemnisation possible, peut paraître séduisant, la mesure sous-jacente de « l’épuisement des droits » fait bondir certains agents de Pôle emploi, comme Catherine Barbier, à Saint-Brieuc. « Le rechargement n’intervient qu’après avoir été au bout des anciens droits. Ce qui veut dire qu’on peut rester des mois, voire des années avec un taux de misère, avant que les nouveaux droits ne prennent le relais, explique la déléguée syndicale CGT. Par exemple, un étudiant qui pendant deux ans a travaillé un samedi par semaine pour payer ses études, il lui faudra 700 jours avec une indemnité de rien du tout pour arriver au bout et pouvoir prétendre toucher l’indemnité correspondant à son emploi suivant. » C’est aussi ce qui révolte Laurence : « J’ai droit à 665 jours d’indemnisation, mais ça me paraît évident que je ne resterai pas tant de temps au chômage, surtout avec un montant si faible. Je reprendrai mon sac à dos et j’irai chercher un travail à Berlin ou à Bruxelles… Donc je ne comprends absolument pas la logique. »

« L’incompréhension est totale car ça défie le bon sens, rapporte Pierre-Édouard Magnan du MNCP. En plus, c’est injuste, mais légal. Et il n’y a aucun recours possible selon nos avocats. » Les partenaires sociaux (à l’exception de la CGT et de la CFE-CGC, vent debout depuis le début contre la nouvelle convention Unedic) refusent pourtant de revenir en arrière, préférant parler d’un « bug », d’un « raté » dont il s’agirait de corriger les effets.

 

Négociations en vue d'un nouvel accord

Le projet d’origine poursuivait un but clairement énoncé : inviter au retour à l’emploi, inciter les chômeurs à accepter un contrat, même à durée limitée, sans craindre d’être sortis du dispositif de l’assurance chômage. D’un point de vue comptable, « il vaut mieux que les gens acceptent n’importe quoi plutôt que de peser sur les finances de l’Unedic », assure le sociologue Mathieu Grégoire (retrouver ici notre entretien). Une logique de court terme que décrypte ce spécialiste du travail « discontinu » : « Il est plus intéressant pour les gestionnaires d’ouvrir la possibilité de droits plus longs mais plus faibles, cela fait baisser les flux financiers. » Effectivement, tous les chômeurs indemnisés ne profiteront pas de la totalité de leur « stock » de droits. Idéologiquement, les droits rechargeables sont donc dans la droite ligne d’une approche de l’assurance chômage fonctionnant sur le mode de l’épargne individualisée. On touche, au jour près, ce que l’on a cotisé, et tant pis si entretemps la situation a changé.

En permettant les allers-retours entre l’emploi et le Pôle emploi, l’Unedic et les partenaires sociaux signataires de cet accord valident également une précarité massive, dont il convient de s’accommoder. Actuellement, la moitié des indemnisés sont issus des contrats à durée déterminée. Les « intermittents » de l’emploi sont passés de 500 000 en 1997 à 1 million 700 000 aujourd’hui. « Cette précarité est réelle, il faut l’admettre et prévoir des droits pour ces gens-là, concède Mathieu Grégoire. Mais là, ces droits sont trop faibles et inadaptés. »

Admettant le recul qu’ont pu constituer cinq mois d’application des droits rechargeables pour les chômeurs, les partenaires sociaux pourraient se réunir pour amender le texte. La piste la plus évidente est d’élargir le « droit d’option », jusqu’ici réservé aux apprentis, à un plus grand nombre de bénéficiaires. Grossièrement, il s’agit de choisir entre les deux montants celui qui est le plus favorable, quitte à y perdre en nombre de jours (un retour à l’ancien système). Jusqu’où pourrait aller la remise en cause ? Véronique Descacq, négociatrice pour la CFDT, estime que le droit d’option pourrait concerner ceux qui ont 30 % d’écart entre les indemnités correspondant à deux périodes travaillées, et ceux qui ont une indemnité journalière faible.

Dans une note publiée mi-janvier, à lire ici, l’Unedic, l’organisme paritaire de gestion de l’assurance chômage, dont le déficit abyssal obsède gouvernement et patronat, reconnaît des dysfonctionnements. Elle admet notamment un montant de l'allocation chômage versée aux demandeurs d'emploi qui alternent emploi et période sans activité jusqu'à 40 % moins élevé que ce qu'il aurait été, si le régime de l'assurance chômage n'avait pas été réformé. Néanmoins, elle minimise la portée des effets négatifs en estimant à seulement 30 000 personnes par an le nombre de personnes touchées. En effet, ne sont considérées comme lésées que les personnes dont l’écart entre les rémunérations considérées pour le calcul de droits excède 30 %, ayant retravaillé au moins un an, et dont le reliquat de « droits ouverts » est supérieur à 6 mois. Autant de restrictions qui font baisser les chiffres. La CGT, qui parlait elle au départ de 500 000 personnes concernées, a revu son estimation et parle désormais de 100 000 personnes « spoliées ». Dans un cas comme dans l’autre, cette situation est loin d’être anecdotique.

Le droit d'option « réglerait la quasi-totalité des cas problématiques », assure la syndicaliste, pour qui l’allongement de la durée de prise en charge permet par ailleurs aux chômeurs de se former. « Si la croissance repart, la qualification des chômeurs sera la clef. » Pierre-Édouard Magnan est nettement plus réservé : cette solution, « j’en suis bien conscient, va éteindre l’incendie, et soulager les agents de Pôle emploi qui, pour le moment, se retrouvent face à la colère des usagers. Mais en demandant au chômeur de choisir, on lui demande aussi de renoncer à des droits qu’il a pourtant acquis ».

Les négociations, prévues ce mercredi 19 mars, ont cependant été reportées à la demande du Medef, faute d’accord préalable à la fois sur le chiffrage et les solutions. « Si les partenaires sociaux reviennent dessus, ce sera à coût constant, met en garde Mathieu Grégoire. Si le droit d’option est adopté, les syndicats devront offrir quelque chose en échange au patronat. » Un pis-aller en attendant la prochaine convention sur l’assurance chômage, en 2015.

 

 

Boîte noire : La question des droits rechargeables renvoie à la multiplication des contrats courts, ce travail "discontinu" où l'on fait des allers-retours constants entre le monde professionnel et Pôle emploi. Quels sont les impacts d'une telle instabilité professionnelle sur la vie quotidienne ? Comment gérer l'intermittence perpétuelle et la dépendance vis-à-vis de Pôle emploi ? S’accommode-t-on de courir ainsi après les contrats ? Si vous avez un témoignage à apporter, merci de nous écrire à ces adresses : mathilde.goanec@mediapart.fr ou rachida.el-azzouzi@mediapart.fr en laissant si possible un moyen pour vous joindre.

 

 

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Source : http://www.mediapart.fr

 

 

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17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 18:16

 

Source : http://cadtm.org

 

CADTM

 

APPEL EN SOUTIEN À BLOCKUPY : « Il nous faut une autre Banque Centrale ! »

Rachat de dettes : un cadeau de plus aux banques privées

16 mars par ACiDe

 

 

Le 18 mars à Francfort, des dizaines de milliers d’activistes venu.e.s de toute l’Europe manifesteront lors de l’inauguration du nouveau siège de la Banque centrale européenne. Le message sera clair : dire non aux politiques capitalistes menées par cette institution, profitables pour les banques privées et leurs actionnaires mais catastrophiques pour les populations.

La BCE prête à des taux proches de zéro (son taux directeur est actuellement de 0,05%) aux grandes banques privées qui prêtent à leur tour aux États à des taux bien plus élevés (11 % pour la Grèce actuellement), et empochent la différence... Ce système aberrant est une des causes d’endettement des États : il coûte aux finances publiques européennes environ 350 milliards par an en intérêts de la dette.

Ce système aberrant est une des causes d’endettement des États : il coûte aux finances publiques européennes environ 350 milliards par an en intérêts de la dette.

La BCE : neutre et indépendante ?

Le Président de la BCE, Mario Draghi, est un ancien Président de la tristement célèbre Goldman Sachs. Il était d’ailleurs a sa tête lorsque celle-ci a aidé le gouvernement grec de l’époque à maquiller les comptes publics du pays...

Depuis 2007, la BCE soutient les banques qui ont provoqué la crise de manière illimitée et inconditionnelle. Elle leur a d’abord prêté plus de 1.600 milliards d’euros à des taux d’intérêt très bas. Sa nouvelle trouvaille, nommée « assouplissement monétaire », est un cadeau de plus fait aux banques privées : racheter 1000 milliards de titres de dettes souveraines et de produits structurés dont elles veulent se débarrasser sur le marché secondaire, et cela, sans aucune contrepartie ou obligation de financer l’économie réelle.

La BCE n’est pas neutre, elle pose des choix politiques. Le dernier épisode en date est le chantage qu’elle a utilisé envers la Grèce en menaçant de couper l’accès à tous les fonds si le nouveau gouvernement élu démocratiquement ne rentrait pas illico presto dans les rails de l’austérité…

Une autre banque centrale pourrait…

Prêter directement aux États à des taux d’intérêts très réduits ;
Reverser les intérêts qu’elle a touchés sur les titres publics des pays européens qu’elle détient ; Racheter des dettes souveraines de pays en difficulté et les annuler de ses comptes ;
Financer directement des États soucieux d’atteindre des objectifs économiques, sociaux et environnementaux qui intègrent les besoins et les droits fondamentaux des populations ;
Être placée sous contrôle des citoyen.ne.s européen.ne.s et non des seuls gouverneurs nommés et des « experts indépendants » triés sur le volet.

Pour toutes ces raisons, nous soutenons la mobilisation « Blockupy Frankfurt » du 18 mars 2015 pour en finir avec une BCE qui finance la spéculation et impose l’austérité.

 

 

 

 

 

Source : http://www.auditcitoyen.be/il-nous-...

 

 

Source : http://cadtm.org

 

 

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16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 18:16

 

Publié le 15 mars 2015 à 12h13 | Mis à jour le 15 mars 2015 à 19h57

 

Brésil: 1,5 million de manifestants contre Dilma Rousseff

 

 

 

Un manifestant déguisé en Batman tient une pancarte... (PHOTO Ricardo Moraes, REUTERS)

Un manifestant déguisé en Batman tient une pancarte sur laquelle on peut lire: «Dehors Dilma».

PHOTO Ricardo Moraes, REUTERS

 

 

Agence France-Presse

 

Près d'un million de Brésiliens ont manifesté dimanche contre la présidente de gauche Dilma Rousseff, dans 74 villes du pays, dont plus de la moitié à Sao Paulo (sud-est), selon des estimations de la police militaire.

À Sao Paulo, capitale économique du géant d'Amérique latine et fief de l'opposition, un immense cortège rassemblait vers 15H20 (18H20 GMT) quelque 580 000 personnes dans le centre-ville, a indiqué la police militaire locale sur son compte twitter.

Une foule gigantesque, en jaune et vert, envahissait l'avenue Paulista à perte de vue, entonnant l'hymne national brésilien ou scandant des appels à la destitution de Dilma Rousseff, réélue de justesse fin 2014 pour un second mandat de quatre ans.

«Nous voulons maintenant la destitution de Dilma Rousseff», a déclaré à une journaliste de l'AFP Rubens Nunes, un avocat de 26 ans, conseiller juridique du mouvement citoyen Brésil Libre, à l'origine de cette manifestation officiellement apolitique.

 

«Il existe des fondements juridiques solides suffisants (...) Il est absurde qu'elle continue d'affirmer qu'elle ne savait rien» du vaste système de corruption au sein du groupe étatique pétrolier Petrobras qui éclabousse sa majorité parlementaire, a estimé M. Nunes. «C'est au minimum une grave erreur de gestion», a-t-il ajouté.

La manifestation monstre de Sao Paulo, à laquelle se sont joints des camionneurs en colère contre la récente augmentation du prix du gasoil, se déroulait pacifiquement, comme les autres manifestations qui se sont déroulées depuis le matin sur toute l'étendue de ce pays continent de 202 millions d'habitants.

Les manifestations de dimanche, qui ont notamment rassemblé quelque 50 000 personnes à Brasilia, 24 000 à Belo Horizonte et 12 000 à Rio de Janeiro, selon des estimations de la police militaire ville par ville, sont les plus importantes enregistrées dans le pays depuis la fronde sociale historique de juin 2013.

Les plus importantes manifestations de juin 2013 avaient rassemblé jusqu'à 1,5 million de personnes en une journée pour protester contre la facture publique du Mondial de football, la corruption et l'indigence des services publics.

Trois mois à peine après avoir entamé son second mandat, la présidente Rousseff est confrontée au mécontentement croissant des pans de la population proches de l'opposition conservatrice en raison de la crise économique qui frappe le pays et du scandale Petrobras qui ébranle la coalition au pouvoir.

 

 

 

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