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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 18:48

 

Reçue par mail

 

 

 

Salut camarades

 

Pour info, en lien ci dessous, la vidéo que j'ai réalisé et monté avec mon camarade, Mohamed Amami, sur la "Campagne contre la criminalisation du mouvement social espagnol".

 

https://www.youtube.com/watch?v=05yggHr-8YI&feature=youtu.be

 

Merci d'être indulgent, cette vidéo est le résultat d'un travail d'amateur et non d'un pro du montage vidéo.

 

Si vous n'êtes pas branché Streetpunk, mettez le son en bas volume pour les 5 premières minutes. Je vous rassure le reste des apports musicaux de la vidéo est plus consensuel.

 

J'attends vos commentaires critiques. N'hésitez pas c'est par la critique que l'on avance.

 

Jérémie (Solidaires 30)

 

Campagne contre la criminalisation du mouvement social espagnol

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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 22:30

 

Source : http://www.reporterre.net

 

A Carcassonne, les crèmes glacées ont un bon goût de coopérative

19 mars 2015 / Lisa Giachino (L’Âge de Faire)
 


 

Ils s’étaient fait « manger par le capital ». Dix-neuf ouvriers de l’ancienne usine Pilpa ont créé une Scop de glaces artisanales, fabriquées à partir de fruits de la région. Les ouvriers sont devenus patrons, gèrent collectivement l’entreprise... et ça marche. Reportage.


- Carcassonne, reportage

- Alors, vous en êtes où ?
- Ça infuse…

La vanille de Madagascar exhale son parfum, plongée gousses ouvertes dans du lait entier. Autour des cuves, Kevin et Yannick s’activent. Demain, la production sera lancée. En attendant, d’autres ouvriers font des travaux : il faut retirer le câblage de l’immense chambre froide où étaient entreposées les glaces quand l’usine produisait en quantités industrielles pour Disney, Oasis, Fauchon ou Orangina…

« Avant, cinq personnes faisaient 2800 pots à l’heure, précise Jérôme, « chef de ligne », qui veille au bon fonctionnement de la production. Aujourd’hui, à six, on en fait 600 à l’heure ! Il n’y a presque rien d’automatisé. »

Quand les travailleurs de la Fabrique du Sud, à Carcassonne, racontent leur histoire, les mots « avant » et « après » reviennent comme un leitmotiv. Avant, c’était du temps de Pilpa, une usine de glaces créée il y a 42 ans par une coopérative laitière. Au fil du temps, le lait frais a été remplacé par du lait en poudre, les parfums naturels par des arômes artificiels, et les glaces ont été gonflées d’air – moins de matière première, plus de volume, et plus de profit.

En juillet 2011, l’entreprise est rachetée par R&R Ice Cream, une multinationale anglo-allemande financée par un fonds de pension américain. Un an plus tard, le groupe annonce la fermeture de l’usine.

« C’est intéressant d’être patrons et ouvriers »

Les 120 salariés démontrent, expertise comptable à l’appui, que le site est rentable et que sa fermeture est une question de stratégie financière. L’exemple des Fralib, qui se battent pour reprendre leur usine de thé près de Marseille, interpelle les syndicalistes, et le projet de créer une Scop (Société coopérative de production) mûrit peu à peu.

Après un an de lutte, ils obtiennent de la multinationale des indemnités de licenciement et un budget de formation conséquents, ainsi que la somme de 815 00 euros pour que la Scop puisse acquérir du matériel.

L’agglomération de Carcassonne achète une partie des locaux. Dix-neuf ouvriers et techniciens choisissent de rejoindre la Scop. Ils investissent chacun 5000 euros et 45 % de leurs droits au chômage.

Aujourd’hui, dans le bâtiment devenu trop vaste pour eux, ils semblent encore un peu sonnés par l’ampleur du changement. Autrefois simples exécutants de produits formatés, les Pilpa inventent leurs propres recettes. « On fait de bonnes glaces et on est fiers de nous, résume Sebastiana, qui était dans l’entreprise depuis dix-sept ans. C’est intéressant d’être patrons et ouvriers à la fois. On réfléchit ensemble : comment installer la ligne de production ? Comment emballer ? »

Vendues sous la marque La Belle Aude, dans de jolies boîtes en carton ornées d’une vache et de la silhouette des remparts de Carcassonne, les glaces de la Scop sont mises au point dans le laboratoire de Bernard. « On va lancer un parfum rhum-raisin, annonce-t-il, en blouse et coiffé d’une charlotte. On fera nous-mêmes la macération du raisin, dans du bon rhum de Martinique ! »

« Seul, on n’est rien »

Après trente-six ans dans l’entreprise comme assistant au contrôle qualité, Bernard s’est senti « très vulnérable » quand il a été licencié, à cinquante ans passés. « Et puis, je me suis dit que je pouvais apporter quelque chose à cette Scop, et j’ai repris confiance en moi. »

Pendant la phase de construction de l’entreprise, le technicien anime le groupe de travail « produit », qui décide d’orienter l’usine vers une glace traditionnelle, de qualité, à base d’ingrédients locaux [1]. « Aucun d’entre nous n’avait travaillé au service Recherche et développement de Pilpa. On a contacté des anciens pour avoir le BA-Ba, et deux d’entre nous ont suivi une formation à l’école de pâtisserie. On a acheté une petite turbine d’occasion pour faire des essais, tout le monde a participé à la dégustation. Cette expérience m’a appris que seul, on n’est rien. »

Les quatre commerciaux, qui se sont installés dans les bureaux de l’ancienne direction, au premier étage, ont eux aussi dû apprendre un nouveau métier : « avant », ils travaillaient à la production, au nettoyage ou à l’entretien des machines. A leur tête, Christophe a été élu président du conseil d’administration de la Scop. Il explique que la reconversion d’une partie des ouvriers était indispensable pour que tous les volontaires puissent intégrer le projet.

« Pour partir à 19, nous devions tout faire en interne. Mais au début, personne ne voulait devenir commercial ! Ce n’est pas évident de se mettre en avant. » Aux côtés des quatre hommes, Coralie, vingt ans, vient d’être recrutée comme apprentie. « Elle nous apporte le côté théorique, se félicite Christophe. Nous,on n’est pas des pro, mais quand les gens nous entendent, ils sentent notre engouement. Notre avantage, c’est que l’on sait parfaitement comment est fabriqué le produit. »

Daniel K., solide moustachu de 53 ans, est intarissable sur son nouveau métier. « Mon premier bon de commande, je n’ai pas pu le remplir tellement je tremblais, confie-t-il. J’ai un niveau CAP de 1978, faire des tableurs sur Excel, ça me saoûle, et je sais pas envoyer un texto. Mais j’ai la tchatche, et je m’éclate ! Sur mon secteur, j’ai déjà 28 grandes surfaces sur les 32 possibles, et mercredi je vais attraper la 29e ! Pendant trois ans, il faut qu’on soit au taquet pour augmenter le chiffre d’affaires. » Tous les membres de la Scop participent à l’effort commercial, en assurant des animations dans les supermarchés.

Le ragoût de Paul

Ce midi, le ragoût de sanglier fume dans la marmite de Paul : le beau-frère de l’un des salariés a percuté le bestiau en voiture. Délégué du personnel chez Pilpa, Paul a été licencié après trente-huit ans de service. Depuis le début de la lutte, il cuisine pour ses anciens collègues.

« Je suis à deux ans de la retraite, alors je préfère laisser la place aux jeunes, explique-t-il. Mais autant que je fasse quelque chose d’utile au lieu de rester chez moi. » Tous les jours ou presque, il vient faire le café à 7h30. Il passe la matinée à cuisiner, fumer et jouer à l’ordinateur en écoutant la radio, puis il rentre chez lui après le repas. Chacun donne deux ou trois euros par jour pour approvisionner la cuisine.

En dehors des réunions, c’est à table que les gens de la production, du service commercial et de l’administratif se rencontrent. Ce jour là, il y a aussi Michel. Ancien agent EDF, syndicaliste, il est l’une des chevilles ouvrières de l’association Les amis de la Fabrique du Sud.

« Ce qui m’a passionné dans cette histoire, c’est qu’on est au cœur du capital. Là, on peut faire de l’éducation populaire ! » s’enthousiasme-t-il. Avec Rachid, représentant CGT qui a mené la lutte des Pilpa avant de prendre sa retraite, et quelques bénévoles, il écume les centres de vacances et les foires pour présenter La Belle Aude et faire connaître l’économie coopérative.

Forte de ses 830 adhérents, l’association a investi 15 000 euros dans la Scop. C’est elle qui recueille les dons et les mots de soutien, comme celui de Suzanne, 79 ans : « Montrez à tous les salauds qui licencient de quoi les ouvriers sont capables. Vous êtes mon denier du culte… et en vous, je crois. »

La grande distribution en question

L’association joue aussi les aiguillons en continuant à porter le projet politique dont est née la Sc’p. « Je dis aux salariés que grâce à leur lutte, un bâtiment qui appartenait à un fonds d’investissement est désormais le bien de la population carcassonnaise, souligne Michel. Maintenant, il faudrait que le site soit vraiment géré démocratiquement, et ouvert à d’autres porteurs de projets. Il y avait un projet de plate-forme coopérative de l’agroalimentaire, mais ça n’avance pas beaucoup. »

Michel rêve également d’un réseau indépendant, porté par les adhérents de l’association, qui permettrait à la Scop de se passer de la grande distribution…

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 22:18

 

Source : http://www.contribuables.org

 

Un sénateur jamais présent touchera plus de 7200 euros net par mois

Le 17/03/2015

 

Le président du Sénat, Gérard Larcher, a annoncé que la Chambre Haute envisage de pénaliser les sénateurs absentéistes en leur infligeant des retenues sur leurs indemnités. Une mesure allant dans le bon sens, mais encore loin du compte.

 

Lu sur le Huffington Post :

 

 

[T]out parlementaire qui sera absent, au cours d’un même trimestre, à plus de la moitié des votes solennels, ou des réunions de commission, ou des séances de questions au gouvernement (convoquées une fois toutes les deux semaines), verra son indemnité de fonction amputée de moitié. Soit une perte sèche de 700 euros par mois.

Le Sénat s’est voulu encore plus sévère avec les récidivistes qui « sèchent » purement et simplement tous les travaux de la haute assemblée. Si l’absence d’un parlementaire atteint la moitié des trois catégories citées précédemment, la sanction entraînera la suppression de la totalité de l’indemnité de fonction (1400€/mois) et de 50% de l’Indemnité représentative de frais de mandat (IRFM, soit 3000€/mois).

Résultat des courses: les sénateurs les moins assidus pourraient perdre jusqu’à 4400€ d’avantages financiers par mois[.]

La rémunération d’un sénateur étant de 11 628,90 euros net par mois, une retenue de 4400 euros signifierait qu’un sénateur jamais présent continuerait à toucher 7228,90 euros par mois.

Et pour toucher l’intégralité de leurs indemnité, il leur suffirait de ne pas être absent à la moitié des votes solennels, réunions de commission et séances de questions au gouvernement.

Question rhétorique : dans quelle entreprise serait-il possible à un salarié de ne respecter qu’une grosse moitié de la durée prévue par son contrat de travail et quand même toucher l’intégralité de son salaire ?

***

Si le cas des « sénateurs-fantômes » est minoritaire, il concerne quand même une trentaine d’entre eux, soit près de 10 %

 

 

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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 17:18

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

Arrêt sur images 19/03/2015 à 10h06

Oups ! Le doigt d’honneur de Varoufakis à l’Allemagne était truqué

Daniel Schneidermann | Fondateur d'@rrêt sur images

 

 

 

Ils ont bonne mine, les Allemands. Pas tous les Allemands, mais ce présentateur d’une très sérieuse émission politique de l’ARD, Günther Jauch, qui avait projeté la semaine dernière à Yanis Varoufakis une séquence filmée en 2013 dans laquelle on voyait l’alors futur ministre des Finances grec faire un doigt d’honneur à l’Allemagne. Et tous ceux qui y ont cru. Et tous les médias qui ont rediffusé cette image. Et tous les articles, comme celui-ci, qui ont présumé Varoufakis coupable du geste sacrilège.

 

Une image fabriquée

Le doigt d’honneur était truqué. C’est Jan Böhmermann, l’animateur d’une émission satirique, et pas du tout sérieuse, de la chaîne publique concurrente allemande, la ZDF, et auteur de la supercherie, qui vient de l’avouer, en dévoilant les images du truquage.

Si Varoufakis, dans cette réunion croate, parlait bien de « faire un doigt à l’Allemagne », il ne joignait pas le geste à la parole. Mais pour tourner un clip (par ailleurs très drôle) l’équipe de Böhmermann, croisement de Jon Stewart et de Yann Barthès, avait besoin de cette image. Ils l’ont donc fabriquée.

 

 

 

Clip de la chaîne ZDF

 

Elle apparaissait dans ce clip, où l’équipe de la très sérieuse émission politique allemande est allée la piocher.

 

Capture d’écran du making of du truquage, dévoilé par Böhmermann : côte à côte, l’image originale (à gauche) et l’image truquée (à droite) (ZDF)

Capture d’écran du doubleur silhouette de Varoufakis, et son authentique majeur (ZDF)

 

Pour les sceptiques, une autre image fabriquée, avec l’index levé, à la place du majeur

 

Les coupables, pas du tout repentants

 

Ils ont bonne mine. En ce jeudi matin, ni Jauch ni l’ARD n’ont encore réagi, mais ça ne devrait pas tarder. Ils ont bonne mine, et on a bonne mine aussi. Alors que l’article de Juliette Gramaglia, publié ici, faisait état des dénégations de Varoufakis, affirmant à Jauch que la vidéo était truquée, j’ai choisi de le titrer sur « Varoufakis embarrassé », plutôt que sur « Varoufakis dément ». Non pas que j’ignore qu’on peut truquer n’importe quelle image de télé, avec un bon fond vert. Mais – attention introspection du matinaute – il faut bien admettre que je partais de plusieurs présupposés.

 

Victime de la narration germano-européenne

D’abord, compte tenu des autres signaux émis depuis deux mois par Varoufakis, et notamment, disons, sa... franchise à l’égard de l’Allemagne, le doigt me semblait parfaitement vraisemblable. Et puis, une très sérieuse émission politique allemande (pardon pour les pléonasmes en chaîne), comment imaginer qu’elle diffuse une vidéo truquée ?

Bref, en dépit de nos efforts permanents, ici-même, pour tenter, dans la crise grecque, de n’être dupes ni de la narration germano-européenne, ni de la narration grecque, mais de les considérer toutes deux avec le recul nécessaire, une part de moi-même a bien dû intégrer la première, celle qui suppose les Grecs par essence effrontés provocateurs.

Leçon de l’épisode (tout au moins, jusqu’à ce qu’on nous révèle que les révélations de Böhmermann sont elles-mêmes truquées) : au-delà de l’anecdote, dans la guerre des chiffres et des mots, les plus provocateurs ne sont pas toujours où on nous dit qu’ils sont. Et les plus sérieux non plus.

 

 

Publié initialement sur
Arretsurimages.net

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 17:03

 

Source : http://www.bastamag.net

 

Politique

Départementales : quand les écologistes, le Front de gauche et Nouvelle Donne s’inspirent de Podemos et Syriza

par Ivan du Roy 19 mars 2015

 

 

 

 

Une très forte abstention, un enracinement de l’extrême droite et une débâcle du PS : tels sont les principaux éléments attendus à l’issue du scrutin pour l’élection des conseillers généraux, les 22 et 29 mars. Une nouveauté ignorée des sondages pourrait cependant s’ajouter à ces prévisions : l’émergence électorale de listes de l’union des gauches alternatives, regroupant les écologistes, le Front de gauche ainsi que, dans les cantons urbains, le jeune parti Nouvelle Donne. Dans plusieurs départements, ces alliances pourraient créer la surprise, y compris face au FN. Et constituer la base d’une nouvelle dynamique politique à gauche, davantage ouverte aux citoyens.

Les sondages ne les voient pas. Le ministère de l’Intérieur fait tout pour les ignorer en les fondant dans l’étiquette politique fourre-tout « divers gauche », réservant au PS quand il est allié avec une autre force politique l’appellation « Union de la gauche ». Pourtant, une offre politique se voulant alternative est bien présente lors de ces élections départementales. Ces 400 cantons environ, où une alliance entre Europe écologie – Les verts (EELV) et le Front de gauche, ou une de ses composantes (PCF, Parti de gauche, Ensemble), s’est dessinée. Chez les écologistes comme au Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon, on assure y observer « une dynamique militante », renforcée ici ou là par Nouvelle Donne, le mouvement lancé en 2013 par l’ancien socialiste Pierre Larrouturou et des personnalités issues de la société civile.

« Reste à voir ce que cela va donner électoralement », prévient David Cormand, secrétaire national adjoint d’EELV. Quelles sont les zones à suivre ? « Il y a des accords significatifs avec EELV dans une trentaine de départements », comptabilise Eric Coquerel, son homologue au Parti de gauche (PG). En Isère, la dynamique qui a permis à l’écologiste Eric Piolle et à ses alliés du Parti de gauche de ravir la mairie de Grenoble au PS, s’étend à presque tout le département. L’union des gauches « alternatives » peut potentiellement réunir 23% des voix si l’on se base sur l’addition de leurs scores aux élections européenne [1]. De quoi en théorie damer le pion au PS et à l’UMP et faire jeu égal avec le FN. Mais le Parti communiste local, favorable au projet controversé du Center Parcs de Roybon, a préféré faire alliance avec le PS.

 
Ne pas se contenter « d’une coalition de logos »

Dans le Limousin, l’attelage alternatif peut espérer faire aussi bien, voire mieux, que le PS, avec un potentiel électoral avoisinant les 18% en Haute-Vienne et en Corrèze – le fief de François Hollande – ainsi qu’en Indre (région Centre). Mais il faudra attirer des abstentionnistes pour espérer être présent au second tour dans plusieurs cantons face à l’UMP alliée aux centristes ou… au FN qui y a réalisé des scores supérieurs à 20%. Dans le Lot (Midi-Pyrénées), si véritable dynamique de gauche il y a, avec un cumul de 30% des voix lors du scrutin européen, EELV, Front de gauche et Nouvelle donne peuvent devancer largement le FN, l’UMP et le PS [2]. Le potentiel électoral est similaire dans les cantons toulousains, où l’alliance des « 50 nuances du vert au rouge », selon les mots de David Cormand, pourrait créer la surprise. Comme dans d’autres villes moyennes, à Poitiers, Clermont-Ferrand ou au Havre.

Et ensuite ? « Les militants décideront, mais cela donnera peut-être envie d’aller plus loin pour des élections régionales de décembre », espère David Cormand. « Mais il ne faudra pas que ces convergences soient seulement une coalition de logos, nous devrons rassembler militants et citoyens autour d’un nouveau projet. » La position est identique du côté du Parti de gauche. « Si on observe une réelle dynamique dans ces départements, tous ceux qui proposent cette ligne vont en sortir renforcés. Nous pourrons alors envisager l’étape suivante : les élections régionales », confirme Eric Coquerel. « Matérialiser des alliances entre organisations est toujours utile, mais nous devons aller plus loin. J’observe que Cécile Duflot a la même préoccupation », ajoute-t-il.

 
« On a raté le virage que Syriza et Podemos ont réussi »

« Après 2012, le Front de gauche a été incapable de concrétiser la dynamique des présidentielles. Cela a été une erreur. On a raté le virage que Syriza et Podemos ont réussi », regrette le responsable du PG. Dans un contexte de défiance et d’abstentions, alors que le FN se renforce, les élections départementales puis régionales permettront-elles aux partis de gauche alternatifs de se rattraper ? Des « chantiers de l’espoir » rassemblant ces composantes ont été lancés en janvier. Le Mouvement pour la 6ème République (M6R) fédère des militants autour d’une réforme constitutionnelle. Mais ces initiatives peinent encore à sortir de la confidentialité et à s’étendre plus largement « aux citoyens ».

Il reste encore des obstacles. Les écologistes demeurent divisés sur la stratégie à suivre. L’alliance avec une ou plusieurs composantes du Front de gauche a été largement choisie, localement, par les écologistes. Dans 400 autres cantons, ils battent la campagne électorale en « autonomie », sans partenaires. Ils ne font cause commune avec le PS que dans 160 cantons environ. Et en privilégiant, si possible, des candidats socialistes plutôt critiques de la politique gouvernementale actuelle. En Essonne (Île-de-France), ils se sont alliés avec les candidats proches de Jérôme Guedj, l’un des leaders des frondeurs socialistes. Et en Seine-Saint-Denis, avec la fédération tenue par Claude Bartolone, qui « ne figure pas parmi les pro Manuel Valls », estime le secrétaire national adjoint d’EELV. Dans le Nord-Pas-de-Calais, plutôt que les candidats de Martine Aubry, les écologistes ont cependant choisi le Front de gauche. Reste que plusieurs parlementaires écologistes seraient toujours prêts à figurer au gouvernement en cas de remaniement.

 
Des alliances effacées de la photographie électorale

Pour le Parti de gauche, des alliances même locales et ponctuelles avec le PS demeurent la ligne jaune à ne pas franchir. « Nous sommes disponibles pour envisager des accords avec des socialistes dissidents, clairement en rupture avec les politiques du gouvernement, mais nous n’en avons pas encore trouvé », ironise Eric Coquerel. Le congrès du PS en juin éclaircira peut-être ce complexe panorama. En attendant, le gouvernement est accusé de vouloir « disperser façon puzzle le décompte des voix qui se porteront sur les candidatures PC, PG, FDG, Nouvelle Donne et EELV ou des alliances regroupant tout ou partie de ces différents partis », déplore David Cormand.

Au soir des résultats, le ministre de l’Intérieur leur attribuera une variété d’étiquettes. Un moyen de faire disparaître de la photographie électorale et médiatique ces alliances naissantes gênantes. Et de livrer un angle d’attaque à l’aile droite du PS pour faire peser sur la division de la gauche la responsabilité de la probable débâcle. « Il y a une tentation autodestructrice au sein de la gauche », dénonce déjà le député de Paris Christophe Caresche pour expliquer la défaite. C’est sûr que la politique menée par le gouvernement n’y sera absolument pour rien.

Ivan du Roy (@IvanduRoy sur Twitter)

Photo : Préparation du premier meeting de François Hollande au Bourget lors de la campagne présidentielle de 2012 / CC Benjamin Géminel

 

Notes

[1] EELV 12,26%, Front de gauche 6,43%, Nouvelle donne 4,29%.

[2] EELV 13,65%, Front de gauche 10%, Nouvelle donne 3,57%.

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 16:44

 

Source : http://www.reporterre.net

 

Face au changement climatique, les semences paysannes sont l’avenir de l’agriculture

17 mars 2015 / Lorène Lavocat (Reporterre)
 


 

 

Depuis des décennies, l’agriculture industrielle fait la guerre aux semences paysannes. Elles sont pourtant mieux armées que les variétés commerciales pour résister aux effets du changement climatique, et constituent une alternative pour nous nourrir demain.

Sous le soleil couchant, les pousses de blé se parent d’un vert éclatant. Accroupi dans la terre de sa ferme de Pont de l’Arche, à Bouchemaine dans le Maine et Loire, Florent Mercier observe avec tendresse ses 200 parcelles. « Pourquoi j’aime les blés paysans ? Ils sont beaux et si variés ! » Poulette à épi blanc, Petit rouge du Morvan, Barbu de l’Aveyron... Chacun a sa couleur, sa forme, sa saveur. Des blés pourtant délaissés et oubliés, car incompatibles avec le modèle agricole intensif qui s’est imposé durant les dernières décennies.

Résultat : moins de dix variétés fournissent aujourd’hui plus de la moitié du blé tendre produit en France. Et 80 % des légumes cultivés il y a cinquante ans ont disparu. Une perte de biodiversité qui n’est pas sans conséquence pour notre environnement et notre santé.

 

 
L’avenir de notre agriculture

Paysan bio, Florent Mercier élève des vaches laitières et cultive du blé en Anjou. Il est coprésident de l’association Triptolème dont l’objectif est la promotion et la défense de la biodiversité cultivée.

« Ces blés se cultivent sans pesticide, et ils ont une meilleure qualité nutritionnelle que les variétés commerciales », explique-t-il. Surtout, ils résistent bien mieux aux aléas climatiques. Les semences paysannes seraient-elles l’avenir de notre agriculture ?

« Les végétaux qui peuplent nos assiettes trouvent leur origine dans le travail séculaire des paysans, qui les ont d’abord domestiqués, puis adaptés, améliorés et mis en circulation à travers l’échange des graines », racontent Christophe Bonneuil, Olivier Petitjean et Frédéric Thomas, dans leur ouvrage Semences : une histoire politique. Les semences sont donc « par nature » paysannes, puisqu’elles résultent de la sélection par les agriculteurs. Ainsi « les plantes s’adaptent au fur et à mesure au terroir et aux conditions environnementales », explique Isabelle Goldringer, généticienne à l’INRA.

Résistance à la sécheresse, défense contre les pathogènes... En comparaison, les variétés modernes sont confrontées à un environnement parfois fort différent des conditions maîtrisées des laboratoires où elles ont été conçues. C’est pourquoi, « dans des fermes avec des sols peu fertiles ou des climats rigoureux, les semences locales sont plus performantes que les commerciales », observe-t-elle.

 

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Florent Mercier cultive, en partenariat avec l’INRA, plus de 200 parcelles expérimentales. Une centaine de variétés de blés de pays différentes ont été sorties des banques de graines et semées sur sa ferme.

D’autant plus que ces graines sont chaque année triées sur le volet par les paysans. « Dans les champs, la sélection naturelle et paysanne s’effectue en continu », explique Isabelle Goldringer, « donc les semences s’adaptent très vite. » Ce qui n’est pas le cas des variétés industrielles, qui peuvent mettre dix ans à voir le jour. « Entre le moment où un sélectionneur industriel va vouloir créer une variété résistante à la sécheresse et sa mise sur le marché, il peut s’écouler plus de sept ans », ajoute-t-elle. « Quand c’est fini, le climat a à nouveau changé, et il faut tout recommencer ! »

Face au changement climatique, les variétés anciennes paraissent donc mieux armées que leurs cousines commerciales. Pour Florent Mercier, elles sont avant tout une réponse immédiate à la crise écologique : « Elles sont bien plus adaptées à l’agriculture biologique, sans intrant », constate-t-il. Il sélectionne des blés de haute taille, qui limitent la croissance des « mauvaises herbes ».

 
L’atout de la diversité

Mais la carte maîtresse des semences paysannes demeure leur diversité. « On parle de variété population, car au sein même d’une variété ancienne, chaque individu, chaque plante est unique, comme pour les êtres humains », explique Isabelle Goldringer. Au contraire, les variétés commerciales ressemblent à des clones, elles ont été élaborées pour être « homogènes », au nom de la standardisation et de la rationalisation de l’agriculture. Ainsi, d’après la Confédération paysanne, « les paysans du monde créent plus de biodiversité chaque année que la sélection industrielle en cinquante ans. »

« Si chaque plante est différente, en cas de maladie ou de stress, il y aura toujours des individus qui survivront », note Isabelle Goldringer. « Mais si tous sont semblables, il est possible que rien ne résiste. »

 

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Chaque variété de blé est clairement identifiée, pour pouvoir ensuite être comparée aux autres.

Un constat partagé par Véronique Chable. Il y a quinze ans, cette agronome travaillant à l’établissement rennais de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) rencontre des maraîchers bio confrontés à un épineux problème : ils ne trouvent que des variétés pour le conventionnel, toutes conçues avec des biotechnologies, donc incompatibles avec les principes de l’agriculture biologique. Comment faire ? Avec la scientifique, ils sortent des banques de graines de l’INRA les semences anciennes de crucifères. Et relancent la culture du chou en Bretagne, sans pesticides.

Dans un grand hangar, Florent Mercier stocke ses précieuses graines dans des bidons. Un trésor de biodiversité, puisqu’il cultive plus d’une centaine de variétés. Pourtant, impossible pour lui de les donner ou de les vendre à d’autres paysans. L’échange de semences est en effet interdit par la loi. Brevet, certificat d’obtention végétale et catalogue officiel constituent un filet inextricable qui empêche la commercialisation des semences paysannes.

 

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Florent Mercier stocke les semences de blé dans des bouteilles en plastique, pour les protéger des rongeurs.

Le catalogue officiel répertorie depuis 1949 les variétés autorisées. Comme le rappelle Christophe Bonneuil et Frédéric Thomas, « l’inscription au catalogue est conditionnée par le respect de critères très stricts de distinction, d’homogénéité et de stabilité (DHS), ainsi que de valeur agronomique et technologique (VAT), qui excluent de fait les variétés de pays. » Les deux historiens ont d’ailleurs fait les comptes : « En ce qui concerne les blés tendres, on est ainsi passé de près de 400 variétés inscrites au début des années 1930 à 65 en 1966. »

Justifiée par un impératif de modernisation agricole, la disgrâce des semences paysannes s’est poursuivie jusqu’à nos jours. A l’INRA, pas question de plancher sur ces « reliquats » du néolithique. Depuis dix ans, Isabelle Goldringer fait partie des rares chercheurs à travailler sur ces questions, en collaboration avec les paysans.

 
Faire reconnaître les pratiques paysannes

« Au départ, la direction n’était pas du tout coopérative. On nous a interdit de travailler sur ces questions, nos sujets de thèse ont été massacrés au moment de l’évaluation... c’était très bloqué », se rappelle-t-elle. Même son de cloche à Rennes, où Véronique Chable doit se débrouiller avec une équipe minuscule et des moyens dérisoires : « L’INRA s’est fondé sur le développement de l’agriculture conventionnelle, et toutes ses méthodes découlent de ce modèle. » Pour elle, seule « une révolution culturelle », portée par l’appétit des consommateurs pour des produits sains, peut réorienter la machine.

 

 

Bannies des centres de recherches, privées de statut juridique, confinées dans des frigos comme « ressource phytogénétique », les semences paysannes n’ont pourtant pas dit leur dernier bourgeon. Une poignée d’irréductibles paysans, appuyés par quelques chercheurs, œuvrent d’arrache-pied pour remettre ces variétés au goût du jour. Depuis 2004, le Réseau Semences Paysannes coordonne ainsi les initiatives qui germent partout, et milite pour la reconnaissance scientifique et juridique des semences et des pratiques paysannes...

 

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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 16:19

 

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100 000 euros pour rénover le bureau du PDG de Radio France

18 mars 2015 | Par La rédaction de Mediapart

 

 

Le Canard enchaîné révèle que Mathieu Gallet s'est fait refaire son bureau, pourtant déjà refait à neuf un an auparavant.

 

Cela rappelle fâcheusement une des révélations qui avaient poussé le patron de la CGT Thierry Lepaon à démissionner. Le Canard enchaîné révèle ce mercredi que Mathieu Gallet, le PDG de Radio France, a ordonné de lourds travaux pour rénover son bureau, alors même que le groupe est dans une situation financière difficile. En moins de deux mois, Gallet a tout fait changer, assure l’hebdomadaire satirique : moquette, peintures, stores électriques, mobilier... Ces travaux ont coûté 35 000 euros.

Le reste de la facture vient de la rénovation des murs, habillés « de boiseries précieuses en palissandre ». Ces travaux supplémentaires, payés plus de 72 000 euros, ont fait grimper l'addition à 105 000 euros. Une dépense fort peu compréhensible puisque le bureau avait déjà été rénové en novembre 2013.

Ces dépenses n'ont « rien d'excessif », a réagi la directrice générale de Radio France, Catherine Sueur, interrogée par France Info, en comparant ce chantier à la réhabilitation totale de la Maison de la radio, qui a coûté 430 millions d'euros. La direction du groupe de radio publique précise aussi, dans un communiqué, que « la restauration des boiseries et meubles de ce bureau et de ses annexes était prévue dans le budget 2014 adopté en décembre 2013 », c’est-à-dire avant la nomination de Mathieu Gallet.

Pas de quoi rasséréner les syndicats, qui rappellent que la radio publique doit faire face à un déficit colossal, qui pourrait grimper jusqu'à 50 millions d'euros en 2019 si rien n'est fait d'ici là. Mathieu Gallet s'est donc lancé dans un plan d'économies sévère. Craignant un plan social, les syndicats de Radio France ont déposé un préavis de grève illimitée, à partir de jeudi.

« Alors qu'un plan social menace, et que l'entreprise doit se battre pour faire entendre sa voix auprès de la tutelle, son PDG Mathieu Gallet devient totalement inaudible pour n’avoir pas réfléchi, une minute, au prix de travaux, absolument non essentiels, qu’il a jugé bon de faire exécuter dans son bureau », a jugé le SNJ dans un communiqué. Le syndicat se dit « abasourdi, choqué et consterné », « mais aussi très inquiet, dans un contexte déjà alourdi par les menaces qui pèsent sur l'emploi et, à terme, sur les missions de l'entreprise ».

 

 

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

 

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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 16:17

 

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A Francfort, les Européens libres ont fait sa fête à la Banque centrale

19 mars 2015 / Lucas Mascarello (Reporterre)
 


 

 

1,3 milliards d’euros pour le siège de la Banque centrale européenne à Francfort. Mais son inauguration, aujourd’hui, se déroule sous les huées, et entourée de huit mille policiers. Reporterre vous raconte cette journée.

- Francfort, reportage

Mardi 18 mars, 07h 20 : Le bourdonnement des hélicoptères se mêle aux sirènes de police dans les rues de Francfort. Ils accompagneront les manifestants toute la journée comme un acouphène rappelant la surveillance et la gestion du mouvement. Il y a des barrages partout, impossible de s’approcher de la Banque centrale européenne. Tous les points d’accès sont gardés par la police. Des manifestants dispersés dans le centre-ville cherchent des points d’accès. Huit mille policiers seraient déployés. La
situation est relativement calme, face à cette énorme présence policière.

 

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Sur le pont Flösserbrück, un clown activiste fait face à la police
 

Plus de deux cents manifestants sont venus de France. Les deux cars étaient pleins, Attac regrette de ne pas en avoir prévu davantage. Des bus en provenance de Nantes, de Lyon et de Strasbourg, sont également venus, ainsi que de Belgique, de Hollande et du Danemark. Trois cents Italiens seraient présents.

À huit heures, j’ai rejoint le pont Flösserbrück, qui est proche de la BCE. L’ambiance est tendue, des barricades sont en feu et la police se prépare à charger. Une quinzaine de Blacks Blocs sont en première ligne ainsi que quelques clowns.

Plusieurs assauts repoussent le cortège de quelques mètres sur le pont. Une explosion retentit alors qu’un journaliste tombe au sol. C’est une grenade assourdissante. Certains se précipitent pour le mettre à l’abri. Plus loin, il y avait des batucadas et de la musique. Quelques cartouches de gaz lacrymogène atterrissent au centre du pont et sont aussitôt jetées à l’eau. Sur le fleuve, il y a des bateaux de la brigade fluviale.

 

 

J’ai rencontré Vincent, Rémi et Clément. L’un vient de Nantes et les autres vivent en Allemagne. Ils me disent qu’"il est rare que se déroule une manifestation européenne, alors que la problématique est européenne. La BCE est un symbole de grand projet inutile et coûteux. Ce sont des personnes qui font subir au peuple une politique d’austérité et qui se payent un immeuble luxueux." Ils me disent que, s’ils avaient pu la détruire, ils l’auraient fait, mais qu’ils n’ont que deux bouts de bois.

Irène est militante à Attac et au DAL (Droit au logement), elle a 63 ans et était dans le train venu de Paris. Son premier combat était contre les centrales nucléaires. Selon elle, "la politique financière de la BCE détruit tout, le social comme l’environnement. Ils produisent l’appauvrissement du peuple, comme en Grèce. Cette politique pousse à l’enfermement, et malheureusement, la seule solution qui reste est la violence".

 

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Irène

Brigitte Klass fait partie des vingt-cinq observateurs mis en place par le Komitee für Grundrechte und Democratie. Elle ne comprend pas la tactique policière qui pousse les manifestants vers la vieille ville, elle pense que c’est dangereux. "La police bloque toute la ville et cela rend les manifestants en colère".

 

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Brigitte Klass

Il est difficile d’évaluer le nombre de manifestants, tout le monde court à droite à gauche, il y a des rassemblements, on n’a pas idée de ce que font les groupes de cinquante ou cent personnes aux différents endroits.

Vers 14h00, tout le monde se rassemble pour une grande manifestation. L’ambiance est beaucoup plus calme et familiale. Le cortège arrive doucement sur la place Römer où se tient un meeting. À côté de moi, Mehdi se félicite du nombre de personnes présentes. "On a perdu l’habitude de ces manifestations internationales. C’est aussi un moyen de renouer des liens". Il me précise que les employés et dirigeants de la BCE auraient pu regagner le siège de la banque par bateau, vers 11 h, les rues d’accès étant bloquées. Sur la place, l’après-midi se déroule et les intervenants, dont Naomi Klein, se succèdent au micro pour soutenir Blockupy. On peut estimer à près de huit mille le nombre de personnes, de tous âges, présentes sur la place.

 

 

Dans le train du retour vers Paris, Luigi, 28 ans, me raconte sa matinée avant de se reposer. Il a passé la nuit du mardi sur le campus de Bokenheim où beaucoup d’Italiens sont venus dormir. Il me dit que sept bus sont venus d’Italie. Au petit matin, il est parti avec quatre groupes, qui ont tenté de bloquer les accès à la BCE à des points stratégiques de la ville. "Il y avait des policiers partout. Du coup, on s’est dispersé pour éviter qu’ils nous encerclent. De six heures à sept heures du matin, les affrontements étaient très violents". Luigi me montre des photos de la journée. La présence policière est impressionnante et les affrontements violents. Sur les images, je vois des clowns soigner les manifestants blessés.

Malgré les scènes de violences, les blessures et les arrestations de la matinée, plusieurs militants m’ont confié leur satisfaction quant au bilan de cette journée du 18 mars 2015 : l’inauguration de la Banque centrale européenne et la célébration initialement prévue a été largement perturbée. La fête n’était pas du côté des banquiers, mais de celui des résistants.

 

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Lundi 17 mars

Grand jour pour la Banque centrale européenne (BCE) : elle inaugure le 18 mars son nouveau siège à Francfort, dans le quartier d’Ostende, en présence de responsables politiques et de dirigeants financiers. Mais contre l’inauguration du bâtiment et plus généralement contre la politique d’austérité de la BCE, le mouvement Blockupy se mobilise.

Un budget faramineux

La première pierre de ce bâtiment forteresse a été posée en 2010 par Jean-Claude Trichet (président de la BCE de l’époque). Le coût du bâtiment était initialement estimé à 500 millions d’euros. « Nous devons nous assurer que les coûts de construction ne dépassent pas le budget », avait alors déclaré Trichet.

Au final, le siège de la BCE aura couté près de 1,3 milliard d’euros ! Il doit accueillir près de 2 600 employés. Chaque poste de travail aura coûté environ 600 000 euros, le tout étant financé par le contribuable. La somme astronomique dépensée est jugée obscène par de nombreuses personnes dans un contexte de restriction économique et de politique d’austérité imposé par la BCE...

 

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Source : http://www.reporterre.net

 

 

 

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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 16:09

 

Source : http://www.marianne.ne

 

La politique de la BCE contestée par ses propres salariés !

Jeudi 19 Mars 2015 à 5:00

Propos recueillis par

Alexandre Coste

 

Journaliste à Marianne chargé de l'animation de la communauté des Mariannautes

 

 

Mardi, l'inauguration des nouveaux locaux de la Banque centrale européenne a été perturbée par de nombreux manifestants venus exprimer leur désaccord vis-à-vis de la politique économique menée par l'institution. Une semaine plus tôt, les membres du syndicat IPSO, qui représente 40% du personnel de la BCE, avaient déjà déployé une banderole hostile à l'établissement. Marianne a interrogé Emmanuel Larue, statisticien à la BCE, président du syndicat IPSO et membre du comité du personnel, qui estime que le déficit démocratique de la banque centrale se retrouve autant dans sa politique extérieure que dans celle qu'elle mène en interne.

 

Michael Probst/AP/SIPA

 

Marianne : Mardi, des manifestations ont perturbé l'inauguration des nouveaux locaux de la BCE, une action avait déjà été menée en interne la semaine dernière par les personnels de la BCE. Quels problèmes vouliez-vous soulever ?
Emmanuel Larue
: Nous avons fabriqué une banderole sur laquelle nous avons inscrit « More democracy and balance of power for Europe and ECB » (« Plus de démocratie et d’équilibre des pouvoirs pour l’Europe et la BCE »). Nous l’avons suspendue dans le hall d’entrée et l’avons montré à quelques sympathisants. Pour ma part, j’ai fait un petit discours. Ensuite, nous avons donné la banderole aux collègues de la confédération allemande des syndicats, et eux l’ont affiché sur la façade de leur immeuble. Les problèmes que nous voulions soulever, en creux, c’est que ces problèmes, que l’on met sous l’étiquette de « déficit démocratique », ce sont les deux côtés d’une même médaille : c’est à dire qu’on les retrouve à l’intérieur de la banque et, selon nous, on les retrouve également à l’extérieur. Quand la BCE sort un peu de son mandat, qui est la politique monétaire, avoir une inflation basse et pas une inflation modérée, et quand on voit que la BCE intervient en matière sociale de droit du travail en Grèce, en Espagne, en disant « On veut bien vous prêter de l’argent mais voilà, il faut démanteler le droit du travail », « Il faut baisser les salaires », et bien c’est une attitude que l’on retrouve également en interne. La BCE est assez autoritaire, ne négocie pas et n’a pas une fibre sociale évidente.

 

 

Que représentent les syndicats à l'intérieur de la BCE ?
Notre syndicat s’appelle IPSO, pour International and European Public Service Organisation. Il a fallu se battre pour le créer, la BCE ne voulait pas de syndicat dans la maison. Un jour, nous sommes devenus tellement gros qu’ils ont été obligés d’accepter. Et c’est grâce à M. Trichet, d’une certaine façon, puisqu’à l’époque il nous avait fait une réforme des pensions de retraite, ce qui a poussé les gens, en grand nombre, à nous rejoindre. Il fut difficile après ça d’ignorer le syndicat. Cependant, ce dernier n’a pas de pouvoir de négociation, en tout cas pas officiellement… Nous avons un droit de consultation uniquement. C’est le seul syndicat qui existe à la BCE. Les relations entre les employés et la banque sont placés sous le statut de la BCE., notamment son article 36.1 : « Les gouverneurs des banques centrales font les règles d’emploi ». Nous comptons à peu près 600 membres, ce qui représente à peu près 40% du personnel permanent. C’est beaucoup pour une banque centrale. Les syndicats français, par exemple, sont rarement à 10%. C’est un syndicat qui est à l’origine une petite graine plantée par la confédération syndicale allemande Ver.di (syndicat des services). Maintenant nous sommes autonomes, indépendants. Nous gardons encore un lien affectif mais il n’y a pas de lien politique ou financier. IPSO est un syndicat qui a toute les particularités du syndicat unique, c’est à dire que nous n’avons pas de couleur politique officielle. Il y a des gens qui sont religieux, non religieux… Et puis ce n’est pas un syndicat catégoriel, il y a des gens de tous niveaux de la hiérarchie, jusqu’aux directeurs.

Qu'en est il du droit du travail au sein de la BCE ?
Nous n'avons pas de séparation entre le trias politicas, les trois pouvoirs. C’est tout dans une main. Il faut bien comprendre que même si nous sommes basés en Allemagne, nous n’avons rien à voir avec l’Allemagne. Les salaires, c’est la BCE qui décide. Les promotions, c’est la BCE qui décide. La sécurité sociale, c’est la BCE. Les pensions de retraite, c’est la BCE. Les pensions d’invalidité, d’accident, encore la BCE. En fait pour nous la BCE c’est à la fois l’employeur, le législateur, l’Etat, la sécurité sociale. ET la BCE, contrairement aux autres institutions européennes, n’a pas mis en place des « checks and balances », des éléments internes d’équilibre, puisque la banque voulait toujours avoir les coudées franches.

Du coup, quand vous parlez de la BCE, je suppose que vous faites référence à un nombre limité de personnes…
Clairement. La BCE, c’est les 6 membres du conseil directoire plus les 19 gouverneurs des banques centrales qui ont l’euro pour monnaie. Les autres comme moi, les 3000 ou 4000 employés, nous ne sommes pas la BCE, nous sommes le personnel de la BCE.

Il y a une certaine corrélation entre vos demandes et celles des manifestants, même si ces dernières ne sont pas exprimées de la même manière…
Nous, on fait un peu partie du système, on se sent loyaux vis-à-vis de l’institution. Ceci dit, même si on ne les rejoints pas sur les moyens, on ne pense pas que ce soit une bonne idée de brûler des voitures, il y a de la sympathie et de la compréhension envers ces manifestants. Nous voyons bien ce qu’ils veulent dire.

Vous communiquez avec les organisations qui fédèrent ces manifestants ?
Non. Il y a certaines choses avec lesquelles nous ne voulons pas êtres associés. Notre syndicat est élu, il a un fonctionnement démocratique et nous représentons l’ensemble de nos membres, avec toutes les nuances qui sont exprimées. Certains membres plutôt conservateurs comprendraient mal qu’on s’associe publiquement à des actions violentes. Mais nous écoutons ces organisations, nous les entendons. La semaine dernière par exemple, je suis allé à un débat où se trouvait également un membre de Blockupy. Nous pouvons discuter, échanger.

Les manifestants critiquaient le coût faramineux du nouveau siège de la BCE, estimé à 1,3 milliards d'euros. Quel est votre avis personnel sur ce bâtiment ?
J’en pense qu’il est trop petit ! J’en pense que nous avons été victimes de l’avarice sordide et du manque d’anticipation politique des gouverneurs des banques centrales. Ceci étant dit, je suis tout de même admiratif, car il est vrai que le bâtiment est architecturalement assez impressionnant. On a un peu l’impression d’entrer dans une petite ville quand on pénètre à l’intérieur. Maintenant, une chose que j’entends régulièrement de mes collègues, c’est que tout ça est bel et bon, grandiloquent on va dire, mais que si on avait eu des bureaux un peu plus grands, on s’en serait mieux porté. Une chose est sûre c’est qu’on a tapé un peu à côté de la plaque, parce que l’un des objectifs du déménagement était de rassembler tous le monde sur le même site, et là, ce n’est pas le cas…

Où se trouvent les autres effectifs, ceux qui ne sont pas sur le nouveau site ?
Tous les collègues de la supervision bancaire sont dans le centre-ville de Francfort, à l’intérieur de ce que l’on appelle « La Tour Japonaise » (Japan center) et puis, à la fin de l’année, ils seront transférés à l’ancienne Eurotower, l’ancien siège de la BCE, actuellement en cours de rénovation. Les statisticiens sont également dans une autre tour, en ville. C‘est compliqué…

Pourquoi avoir choisi de changer de site pour aller dans un site plus éloigné du centre-ville ?
Le premier objectif était de devenir propriétaire. Et dans le centre de Francfort, dans le quartier des banques, il n’y avait pas de terrain assez grand à vendre, alors que celui-ci fait 12 hectares. C’était à charge de reprendre le monument, l’ancien marché de gros (Grossmarkthalle).

Et de le conserver ?
Oui, c’est un monument classé. On en pense ce qu’on en veut, certains disent que c’est laid comme les sept péchés, mais la ville y tient comme à la prunelle de ses yeux et donc ils ont dit « On vous vend le terrain (60 millions d’euros, acheté en 2001 avec les fonds propres de la BCE) mais il faut conserver le monument. »
Donc voilà, la première raison c’était la disponibilité, ce terrain avait le mérite d’exister. Est-ce qu’il y avait un élément un peu symbolique dans le fait que la BCE se mette à distance des banques commerciales ? Je ne sais pas. Il y avait aussi des raisons de sécurité, c’est à dire que l’ancienne tour était auparavant une tour de bureau normale, de banque, et il n’y avait pas tous les éléments de sécurité passive qui existent maintenant. Celle-ci a été construite en tenant compte du fait qu’il s’agisse d’une banque centrale. Mais bon, à la base, c’est une décision économique. Vous savez toutes les banques centrales d’Europe sont propriétaires de leur immeuble, et ceci depuis des années, voire des siècles. C’est un peu comme pour un ménage, quand on se dit « est-ce que j’achète mon appartement ou pas ? ». Et si on a les moyens de le faire, souvent, ce n’est pas une mauvaise opération.

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 16:01

 

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A Francfort, à l'assaut de la BCE

19 mars 2015 | Par Ludovic Lamant

 

 

 

La coalition Blockupy a organisé mercredi une journée d'action musclée contre la Banque centrale européenne, le jour de l'inauguration de son nouveau siège à Francfort. « La crise entre pour la première fois en Allemagne », se réjouit l'un des organisateurs. Le sort de Syriza, et les manières de lui venir en aide, ont occupé une bonne partie des conversations.

 

De notre envoyé spécial à Francfort.- Les percussions de la fanfare, ponctuées des cris « Non à la Troïka », se mêlent au ronronnement de l'hélicoptère des forces de l'ordre, stationné une centaine de mètres plus haut. Ils sont un peu plus de 300 activistes à s'être massés dès 6 heures du matin, mercredi, sur ce lieu de « blocage ». Ils font face, de l'autre côté de la barrière de barbelés, à une rangée de policiers et leurs fourgons. À l'arrière-plan, les deux imposantes tours de verre bleutées de la Banque centrale européenne (BCE), dans les quartiers est de Francfort.

 

A Francfort mercredi, au petit matin.

A Francfort mercredi, au petit matin.

 

À quelques mètres de là, une troupe de clowns s'amuse à déstabiliser d'autres policiers, qui bloquent l'accès à une rue adjacente. Plus loin, une carcasse de voiture finit de brûler. Des graffeurs ont pris soin d'y ajouter, sur la tôle encore chaude, à la peinture orange : « Stupide ». Une fourgonnette de la police a, elle, été bombardée à coup de jets de peinture rose. On sort ici et là ses banderoles et pancartes pour la journée. « BCE, fascisme monétaire », dit l'une d'elles. Un homme en fauteuil roulant fait le tour des lieux, un drapeau grec fixé à son siège.

Entre les murs de la BCE, ce mercredi est un jour très particulier. L'institution inaugure son nouveau siège conçu par un architecte viennois (185 mètres de haut), en présence du président Mario Draghi et d'invités triés sur le volet. À l'origine chiffré à 850 millions d'euros lors de son lancement en 2002, le projet a vu sa facture exploser : il en a coûté 1,3 milliard d'euros aux contribuables pour aménager les anciennes halles de la ville, qui hébergeaient, au XXe siècle, un marché au gros. Un comble, de la part d'une institution membre de la Troïka, qui n'a cessé de prodiguer des cures d'austérité aux pays en crise.

 

La vidéo officielle de la BCE de présentation de son nouveau siège.

 

« Quand la BCE a annoncé cette cérémonie, qui est une manière pour elle de se féliciter du travail accompli, c'était clair pour nous qu'il fallait gâcher la fête. Parce qu'il n'y a vraiment rien à célébrer dans l'Europe d'aujourd'hui », explique Hannah Eberle, une Berlinoise membre de Blockupy, un collectif mêlant ONG, syndicats et partis politiques de toute l'Europe, à l'origine de la journée d'action à Francfort. Les organisateurs se sont lancés dans un pari musclé, dans les tuyaux depuis des mois : mettre en place un siège de la BCE, pour bloquer l'accès de l'institution aux invités de la cérémonie. Certains y sont même allés de leur appel à la « Destroïka ».

 

Des policiers s'apprêtent à intervenir pour forcer un « blocage ».

Des policiers s'apprêtent à intervenir pour forcer un « blocage ».

 

Quelque 6 000 activistes – selon les organisateurs – ont tenté d'enfoncer les barrages des forces de l'ordre, se dispersant dans le dédale des rues voisines de la BCE, tout au long de la matinée. Des habitants du quartier étaient aux balcons, pour suivre les courses-poursuites. Quelques vélos brûlés, des jardinières de plantes ou des poubelles éventrées servent à construire des mini-barrages, que les forces de l'ordre s'empressent de défaire. À intervalles réguliers, des grappes de policiers ultra-équipés, par trentaine, surgissent au pas de course, pour déstabiliser les militants. Il suffit de suivre les déplacements des hélicoptères, pour savoir dans quelles rues les face-à-face sont les plus tendus.

 

Une armée de clowns déstabilise des policiers.

Une armée de clowns déstabilise des policiers.

Il est dix heures, sur le pont Flösser, à quelques encablures de la BCE, lorsqu'une centaine de policiers se décide à charger, et évacuer cet axe de circulation. Certains des activistes présents s'assoient, d'autres se tiennent par les coudes. Un musicien joue des airs larmoyants au synthétiseur, pour apaiser l'ambiance. Le face-à-face dure une demi-heure. Un militant est embarqué. Les policiers finissent par rebrousser chemin, appelés à s'occuper d'autres points « chauds ». Blockupy a fait état de 21 blessés dans la matinée, contre 14 pour la police. Les forces de l'ordre disent avoir procédé à 16 arrestations. Dans la nuit de mardi à mercredi, sept voitures de police ont été incendiées, et sept autres caillassées. Les ministres allemands de l'économie Sigmar Gabriel et des finances Wolfgang Schäuble ont condamné d'une seule voix les violences.

 

A Francfort, mercredi matin.

A Francfort, mercredi matin.

Au-delà des actes de vandalisme, qui ont fait les gros titres des journaux, et que le mouvement a regretté, Blockupy creuse son sillon. Après le « blocage » du matin, des prises de parole publiques ont été organisées l'après-midi, avant une grande manifestation en fin de journée, dans le centre-ville, s'achevant au pied des tours de la Deutsche Bank. Le collectif dénonce les politiques d'austérité et le pouvoir de la BCE, devenue l'une des institutions maîtresses dans la gestion de la crise de l'euro, malgré son manque criant de légitimité démocratique. Lancé à l'origine par des Allemands (le parti Die Linke, le syndicat Ver.di, et d'autres groupes de gauche), Blockupy avait déjà organisé plusieurs mobilisations à Francfort depuis 2012. Mais l'euro-mobilisation de mercredi était de loin la plus massive.

« Des espaces de solidarité pour les Grecs »

 

Lors des prises de parole l'après-midi en plein centre de Francfort.

Lors des prises de parole l'après-midi en plein centre de Francfort.

« Blockupy mélange des techniques de désobéissance civile, le blocage de la matinée, avec des pratiques de l'occupation des lieux, héritées des mouvements Occupy aux États-Unis, ou 15-M en Espagne », décrit l'Italien Bepe Caccia, l'un des piliers du mouvement. Pour cet élu municipal de la gauche indépendante à Venise, cette mobilisation marque un précédent : « La crise entre pour la première fois en Allemagne. La rage née dans toute l'Europe, sous l'effet de la crise, se fait non seulement entendre sous les fenêtres de Monsieur Draghi, mais aussi au pays de "Frau Merkel" », se réjouit-il. « Le schéma selon lequel il existe un mauvais Sud, et un Nord épargné par la crise, ne tient plus, et beaucoup de jeunes Allemands participent à nos actions, conscients que l'Allemagne, elle aussi, s'appauvrit. »

La concordance entre l'inauguration de la BCE – plusieurs fois repoussée –, et la victoire de Syriza à Athènes fin janvier, n'est peut-être pas pour rien dans le succès de la mobilisation. La décision de Mario Draghi de couper l'un des canaux de financement des banques grecques, dans la foulée de l'élection de Syriza, décrite par certains comme un « coup d'État financier », n'a rien arrangé à la réputation de la BCE. C'est à Francfort que se joue l'avenir d'une bonne partie du dossier grec. L'ambition de Blockupy, d'enclencher un vrai débat public sur les politiques d'une institution encore trop peu transparente, l'une des « boîtes noires » de l'Europe, tombe à pic.

« Il faut avant tout créer des espaces de solidarité pour les Grecs et les Espagnols », estime Hélène Cabioc'h, d'Attac-France, qui participe, elle aussi, au comité international de Blockupy. « Le calendrier de la mobilisation est un peu particulier, parce qu'une fenêtre d'opportunité vient de s'ouvrir, en Grèce », reconnaît-elle. Alors que Syriza reste toujours aussi isolé dans ses négociations à Bruxelles, le salut d'Alexis Tsipras viendra-t-il des mouvements sociaux européens ? « Autour de la table des discussions, nous sommes à 18 contre 1, pas 17,5 contre 1,5 mais bien 18 contre 1 », s'est inquiété Giorgos Chondros, un responsable de Syriza qui a pris la parole dans l'après-midi, aux côtés d'autres élus et organisateurs.

 

Mario Draghi a bien inauguré mercredi matin le nouveau siège de la BCE (avec Jean-Claude Trichet à l'arrière-plan). ©Reuters.

Mario Draghi a bien inauguré mercredi matin le nouveau siège de la BCE (avec Jean-Claude Trichet à l'arrière-plan). ©Reuters.

 

Sans surprise, l'avenir de Syriza, et sa capacité à sortir de l'« impasse » actuelle, étaient sur beaucoup de lèvres. L'eurodéputé de Podemos Miguel Urban a notamment résumé la victoire du parti de Tsipras à la « victoire des peuples d'Europe, qu'il faut soutenir à tout prix », promettant à Athènes qu'« on arrive » [au pouvoir à Madrid]. Mais au-delà des déclarations de principe, rien de concret n'a émergé. Le projet d'une conférence de la dette, qui fait pourtant consensus dans ces milieux, n'a pas été mis en avant.

Dernier acte d'une journée marathon, la manifestation de la fin d'après-midi a rassemblé environ 20 000 participants, selon les organisateurs. Dans les rues de la ville, ce sont les forces vives – et très jeunes, la majorité des participants ayant moins de 30 ans – d'une Europe avide d'alternatives, qui ont défilé. On a croisé, en vrac, des militants écolos catalans d'Ecologistas en Accion, des syndicalistes français de la CGT-Sanofi Aventis, des activistes belges anti-TAFTA, des représentants de précaires au Portugal, des militants des centres sociaux à Rome, des intermittents français. Soixante bus venus de 39 villes d'Europe ont fait le déplacement. Tous ces gens-là se retrouvent pour investir, à nouveau, un espace européen qu'ils avaient peut-être, un temps, délaissé, préférant se concentrer sur des batailles plus locales.

 

 

Présents en force, les Italiens (première délégation, après les Allemands) cherchent à imposer des idées neuves à l'agenda, et ne se contentent pas des seules marques de soutien affichées à Syriza ou Podemos. Ils plaident pour recycler à l'échelle européenne, leur concept de « grève sociale », qu'ils ont testée, en Italie, le 14 novembre 2014. Ce jour-là, il s'agissait de protester contre une réforme du marché du travail lancée par Matteo Renzi, et de permettre aux précaires de faire grève, en modifiant les règles du jeu traditionnelles de la grève. « Nous voulons faire de cette mobilisation, de Blockupy, autre chose qu'une simple contre-manifestation contre le pouvoir, et ses rituels », explique Francesco Brancaccio, du centre social Esc à Rome, lui aussi présent à Francfort. « Nous sommes venus ici pour proposer une grève sociale européenne, sur laquelle les mouvements européens pourraient s'entendre, et construire des rapprochements. »

Également venue à Francfort, l'activiste canadienne Naomi Klein a quant à elle insisté, sans surprise, sur les liens à creuser entre les luttes « Blockupy », contre les politiques de la BCE, et les batailles contre le changement climatique, appelant à la mobilisation générale à l'approche de la conférence climat de Paris. « Les politiques de la BCE ont des conséquences sociales désastreuses, on le sait. Elles sont aussi en train de déstabiliser la planète entière », a-t-elle lancé.

 

En fin de journée à Francfort, au pied du siège de la Deutsche Bank.

En fin de journée à Francfort, au pied du siège de la Deutsche Bank.

 

 

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Source : http://www.mediapart.fr

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DEPUIS DEBUT AOÛT 2014

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          Depuis le 26 Mai 2011,

        Nous nous réunissons

                 tous les soirs

      devant la maison carrée

 

       A partir du 16 Juillet 2014

            et pendant l'été

                     RV

       chaque mercredi à 18h

                et samedi à 13h

    sur le terrain de Caveirac

                Rejoignez-nous  

et venez partager ce lieu avec nous !



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