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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 17:39

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

Le grand entretien 24/03/2015 à 17h58
« On atteint le point critique : l’effondrement de notre civilisation »
Thibaut Schepman | Journaliste Rue89

 

 

François Roddier marie économie, biologie et thermodynamique pour analyser notre monde et ses crises. Pour lui, le choc de la fin du pétrole sera très brutal, mais nous pouvons surmonter cette transition abrupte.

 

Statues de l’île de Pâques (Jantoniov/Wikimedia Commons/CC)

 

La pensée de François Roddier est complexe. Il faut du temps pour l’assimiler. Mais son intérêt vaut largement les minutes nécessaires à son appréhension.

En mariant l’économie, la biologie et la thermodynamique (l’étude de l’énergie et de ses transformations), cet astrophysicien de presque 80 ans propose une lecture étonnante et passionnante de notre monde et de ses crises.

Parfait pour stimuler son cerveau.

Voici d’abord une présentation de sa démarche, tirée d’une conférence organisée le 12 mars par le think tank The Shift project :

« Tout comme les animaux mangent pour vivre, l’humanité se nourrit d’énergie, notamment du pétrole. On peut donc dire qu’elle a un métabolisme et que l’économie est l’étude de ce métabolisme. Si on regarde bien, on peut voir que les processus biochimiques qui régissent les êtres vivants se transposent très bien à l’économie. »

 

Conférence de François Roddier le 12 mars 2015

 

Pour comprendre son propos, il faut savoir les trois choses suivantes :

  • François Roddier évoque la notion de systèmes dissipatifs. Cela désigne les systèmes qui sont alimentés en permanence par un flux d’énergie. Une casserole d’eau sur un feu, une étoile, un être vivant ou une société humaine sont des systèmes dissipatifs.
  • Il existe deux lois fondamentales en thermodynamique. La première dit que l’énergie se conserve. La seconde précise que l’énergie se dégrade sous la forme de chaleur. Une boule de pétanque qui roule va s’arrêter au bout d’un moment, à cause de frottements qui la ralentissent et dégagent de la chaleur. On appelle cela la dissipation de l’énergie. Cette énergie est en quelque sorte perdue, puisqu’elle n’est plus utilisable par l’homme.
  • La mesure de cette dissipation s’appelle l’entropie. Comme le résume le journaliste Matthieu Auzanneau, l’entropie est de fait « une mesure de la désorganisation des systèmes, du désordre irrémédiablement croissant du monde ».

 

Rue89 : Comment en êtes-vous venu à appliquer les lois de la thermodynamique à l’économie ?

 

François Roddier : Quand j’ai pris ma retraite d’astrophysicien, je me suis dit qu’il était grand temps de m’intéresser à autre chose que l’astronomie. J’ai fait des recherches sur la biologie, je m’intéressais aussi beaucoup aux problèmes contemporains, aux crises économiques, au chômage… J’ai démarré un blog, en 2005, où j’ai commencé à raconter le fil de ma pensée et de mes lectures.

J’ai lu à l’époque « Effondrement » [2005, éditions Gallimard, ndlr], de Jared Diamond, où l’auteur s’intéresse à trois îles polynésiennes, Mangareva, Pitcairn et Henderson, qui avaient mis en place un commerce triangulaire très poussé. Mais pour ce faire, ils ont abattu leurs arbres, tous leurs arbres, ils ont détruit leur environnement, ils ont alors disparu. J’ai trouvé que c’était un bon exemple et de là j’ai poursuivi mon raisonnement au fil de mes lectures. Dès le 5e article de mon blog j’en arrive à la thermodynamique, tout simplement parce qu’il m’a paru évident, en tant que thermodynamicien, qu’on pouvait appliquer certaines lois à l’économie.

 

Est-ce nouveau comme raisonnement ?

J’ai commencé à lire des choses sur les gens qui essayent d’appliquer les lois de la thermodynamique à d’autres domaines. Beaucoup de biologistes par exemple étudient les écosystèmes de cette façon. Le vivant est un système qui dissipe de l’énergie, comme une machine à vapeur. Pour bouger, il vous faut sans cesse être alimenté en énergie. C’est de la thermodynamique !

Vous dites que l’homme est une espèce particulièrement efficace pour dissiper de l’énergie, 10 000 fois plus que le soleil ! Comment expliquer ce phénomène ?

C’est un astronome américain qui a étudié ça, il s’appelle Eric Chaisson. Il a tracé une courbe où l’on voit l’énergie dissipée par unité de masse, et on voit qu’au fil de l’histoire de l’univers sont apparues des structures capables de dissiper toujours plus d’énergie.

 

 

La courbe réalisée par Eric Chaisson montrant l’énergie dissipée par unité de masse en fonction de l’âge d’apparition (François Roddier, « Thermodynamique de l’évolution », Parole Editions, 2012, p. 50)

L’homme est tout en haut, puisqu’on est les seuls à avoir une industrie, à construire des automobiles, ça dissipe beaucoup plus d’énergie. Savez-vous combien ça coûte de monter une voiture en haut de la Tour Eiffel, soit une tonne élevée de 300 mètres ? Ça coûte 30 centimes d’euros, c’est le prix du kilowattheure aujourd’hui [chaque Français consomme en moyenne 7 292 kilowattheure par an, ndlr]. Ça montre bien combien on consomme et donc combien on dissipe une énergie considérable. La dissipation à grande échelle avec des machines, ça a commencé au Moyen-Age, avec les moulins à eau, ça n’a fait que s’accélérer depuis.

On en arrive au troisième principe de thermodynamique, qui est encore en débat et qu’on appelle le principe de production maximale d’entropie. Le premier à avoir essayé de le démontrer, c’est un Ecossais, physicien, spécialiste des arbres, il s’appelle Roderick Dewar. Il a publié une première démonstration qui n’est pas encore totalement satisfaisante.

Même si elle n’est pas totalement démontrée, cette loi est conforme à l’expérience. Elle avance que les systèmes dissipatifs maximisent le taux de production d’entropie, c’est-à-dire qu’ils maximisent la vitesse à laquelle ils dissipent l’énergie.

Tout organisme vivant cherche à dissiper le plus d’énergie possible. On peut lire ainsi la compétition darwinienne des espèces. Celui qui l’emporte c’est celui qui dissipe le plus d’énergie. Parmi les animaux, ce sont les plus gros prédateurs qui dissipent le plus d’énergie. Pour les sociétés humaines, le pays qui domine l’économie est aussi celui qui dissipe le plus d’énergie, les États-Unis.

 

Dans la nature, on voit aussi beaucoup de formes de coopération. Cela veut dire qu’il y a des contextes où cette troisième loi ne s’applique pas ?

Il y a des cycles, des oscillations autour d’un point critique, où l’on passe de la coopération à la compétition. Tout ça, c’est visible sur une courbe, avec deux phases et entre les deux, il y a un point critique. Quand il n’y a pas assez d’énergie, la seule solution est de coopérer, tout seul on n’y arrive pas. Au-delà d’un certain seuil, l’énergie est suffisante pour tous, la compétition prend le dessus.

 

Comment mesure-t-on la quantité d’énergie qui est dissipée par une société humaine ?

Le PIB est une très bonne mesure de la dissipation de l’énergie. Les courbes qui montrent les liens historiques entre la croissance de consommation de pétrole et la croissance du PIB sont très parlantes. Là-dessus je ne suis pas d’accord avec les écologistes qui renient complètement le PIB, c’est un très bon indicateur de la dissipation de l’énergie.

 

Vous évoquez le pétrole, vos raisonnement s’appliquent aussi bien à une civilisation qui s’appuie sur une énergie non fossile ?

Ce qui est sûr, c’est que l’énergie solaire a un potentiel énorme. Le problème c’est qu’elle est très diffuse. L’énergie solaire vient à nous petit à petit, c’est pour ça que la vie a eu le temps de se développer, si elle était tombée d’un seul coup ça aura été l’incendie, il n’y aurait probablement pas eu de vie.

Le gros problème du pétrole c’est que c’est trop facile, le jour où l’humanité a découvert le pétrole, elle a changé de dimension, elle s’est mise à dissiper de l’énergie de plus en plus vite juste en forant des trous. On n’aura pas le temps de remplacer le pétrole par l’énergie solaire avant la fin du pétrole.

 

Vous parlez souvent de l’information. Pour vous c’est une forme de grandeur physique au même titre que celles que vous venez de citer ?

Dans les bouquins de thermodynamique, on trouve souvent un petit dessin qui montre une locomotive qui avance avec de l’information. La vie c’est une machine qui avance avec l’information.

Les animaux doivent chercher de la nourriture. Ils ont besoin pour ça d’information, qui est dans leur cerveau. Dans mon livre, je cite une bactérie, qui se dirige toujours vers sa nourriture. Aux yeux d’un biologiste, c’est un début d’intelligence, basée sur de l’information. Pour un physicien, c’est la loi de Le Châtelier, qui dit que les réactions se font toujours de manière à diminuer les gradients. Là, le gradient c’est le tas de nourriture.

La bactérie est un système dissipatif qui obéit aux lois de la thermodynamique en allant réduire le gradient de nourriture, et elle le fait grâce à l’information. De même, nous vivons dans une mer d’énergie, l’énergie est partout, le tout pour l’homme c’est de réussir à l’utiliser. Pour ça il faut de l’information.

Les civilisations s’effondrent et se reconstruisent grâce à l’information. Après la chute de l’empire Romain, la civilisation s’est reconstruite grâce aux informations détenues dans les couvents et par les moines copistes. Tout ce que les Grecs et les savants de l’époque, Archimède, Euclide, Platon et Aristote, ont trouvé nous est resté comme ça.

 

Jamais l’humanité n’a consommé autant d’énergie ni produit autant d’information qu’aujourd’hui. La production d’information et la consommation d’énergie sont-elles proportionnelles ?

La quantité d’énergie dissipée est proportionnelle à la quantité d’information produite, oui.

 

Le numérique a permis une production d’information impressionnante avec une consommation d’énergie relativement faible, est-ce un motif d’espoir pour vous ?

Heureusement qu’il y a ça. C’est peut-être ce qui nous fera sortir du choc de la fin du pétrole. Sans cette masse d’informations, on aurait du mal à s’en remettre. Je vous ai dit qu’à la fin de l’empire romain, l’information était dans les couvents, aujourd’hui elle est sur Internet. Il y aura beaucoup de pertes, tout comme la bibliothèque d’Alexandrie a été brûlée, mais c’est grâce à cette information que l’humanité pourra repartir.

 

Peut-on mesurer et anticiper le moment où une société humaine traverse un point critique ?

Quand on manque d’énergie et que toutes les entreprises font faillite, on peut dire qu’on atteint un point critique. C’est pour ça que je fais l’effort de vulgariser ces notions, c’est pour alerter sur le fait qu’on va traverser le point critique, c’est-à-dire l’effondrement de notre civilisation actuelle.

 

Qu’est-ce qui vous permet de l’affirmer ?

Plus rien ne marche, l’économie s’est arrêtée.

 

Elle stagne mais elle n’est pas complètement arrêtée !

On essaye de la maintenir en activité, oui. On est dans une sorte d’état de surfusion, comme ce qu’il peut se passer lors du passage de l’état liquide à l’état solide. Vous mettez une bouteille au congélateur pendant 2h30, vous la sortez, elle a l’air encore liquide alors qu’elle est déjà en dessous de zéro degré. Il suffit alors d’un tout petit choc pour qu’elle se transforme en glace. Il y a des vidéos sur YouTube là-dessus. Le passage entre les deux est une transition abrupte, c’est ce qu’il risque de nous arriver.

 

Une surfusion

 

 

Il y a un livre qui s’appelle « Phase transition » où des physiciens s’intéressent aux différentes formes de transitions de phase, ils évoquent le passage de l’eau à l’état solide, puis ils appliquent ça ensuite à la biologie, puis à l’effondrement des sociétés humaines. Ce sont les mêmes processus. Et je le répète, quand on parle de transition abrupte, c’est abrupt.

 

De nombreuses structures et entreprises se créent aujourd’hui avec un modèle qui consiste à minimiser la consommation d’énergie et de ressources. Pour citer les plus gros, quand leur modèle n’est pas détourné, Airbnb augmente le nombre de personnes par logements et Uber le nombre de passagers par voiture. On peut espérer que l’être humain soit capable d’anticiper la rareté qui s’annonce ?

Oui tout à fait. On vit une transition de phase actuellement, entre une voie et une autre, les deux sont encore en présence, l’une décline et l’autre arrive. Notre monnaie est adaptée à la voie ancienne. Avant que tout ne s’effondre il faut une seconde monnaie pour encourager la nouvelle phase, celle de l’économie de la fonctionnalité et des énergies nouvelles, et non plus celle où l’argent est détenu par des capitalistes et dans la finance et l’immobilier. J’ai appelé cette monnaie enzyme, elle serait dédiée aux services et à l’immatériel, alors que l’euro resterait réservé aux biens matériels, les biens dont la production nécessitent une dissipation d’énergie.

 

Pour vous, les solutions viendront plutôt d’« en haut », avec des mesures comme cette seconde monnaie que vous défendez, ou plutôt d’en bas ?

Les gens réalisent ce qu’il faut faire localement, mais quand ils se réunissent et échangent les informations, ça peut former des cascades, qui sont des prises de conscience massives. C’est ce que j’essaye faire, j’essaye de déclencher une avalanche. Mais les avalanches sont par nature impossible à prévoir.

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 16:50

 

Source : http://gard.demosphere.eu

 

jeudi 26 mars 2015 à 18h

 

Débat contradictoire sur le TAFTA (projet d'accords de libre-échange Etats-Unis / Europe)

Débat organisé par la Maison de l'Europe Nîmes à qui il a été demandé la présence d'un intervenant d'ATTAC afin d'équilibrer la présentation des enjeux de ce projet en cours et aux conséquences potentiellement énormes dans bien des domaines de notre vie quotidienne. Cette demande a été acceptée par la Maison de l'Europe ; nous les en remercions.

Entrée est libre et ouverte à tous.

De 18 à 20h, conférence - débat avec :

- Cyril ROBIN-CHAMPIGNEUL, qui dirige la Représentation de la Commission européenne à Marseille,

- Franck PROUST, député européen membre de la commission du commerce international,

- (à confirmer) un représentant d'une entreprise exportatrice de la région,

- Frédéric VIALE, juriste et membre de l'association ATTAC France (Association pour la Taxation des Transactions financières et pour l'Action Citoyenne).

Plus d'infos sur le TAFTA : https://www.collectifstoptafta.org/

Source : message reçu le 20 mars 09h

 

 

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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 16:40

 

Info reçue par mail

 

 

L'eau, Régie Publique?
 

 
 
MERCREDI 1er AVRIL 19H00 A NIMES
GRAND AUDITORIUM PABLO NERUDA
 
Avec RENE REVOL, Président Délégué de la Commission Service public de l’Eau et de l’Assainissement (Agglo de Montpellier)
Maire de Grabels.
THIERRY USO, Association EAU SECOURS!

 

https://webmail.laposte.net/service/home/~/?auth=co&loc=fr&id=11280&part=2.2

 

https://webmail.laposte.net/service/home/~/?auth=co&loc=fr&id=11280&part=2.4

 

 

 

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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 16:34

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

Les gendarmes du médicament faisaient affaire avec les labos

|  Par Michaël Hajdenberg et Pascale Pascariello

 

 

La mise sur le marché de médicaments et leur remboursement sont soumis à des commissions supposées indépendantes. Or, plusieurs mois d'enquête ont permis à Mediapart de découvrir que, pendant des années, des membres éminents de ces commissions (dont un président) ont conseillé secrètement les laboratoires pharmaceutiques. L'affaire, au-delà des questions déontologiques et de conflits d'intérêts, interroge la probité du système sanitaire français.

 

 

Pendant plus de vingt ans, ils ont eu pouvoir de vie et de mort sur les médicaments en décidant de leur mise sur le marché et de leur remboursement. Aux postes de présidents, vice-présidents ou simples membres des principales commissions du système français, un petit groupe d’amis a parallèlement et secrètement conseillé les laboratoires sur la meilleure façon de présenter leurs dossiers. L'affaire, au-delà des évidentes questions déontologiques et de conflits d'intérêts qu'elle pose, interroge la probité du système sanitaire français tout entier.

Après une enquête de plusieurs mois, Mediapart a en effet découvert que Gilles Bouvenot (président de la commission de la transparence de 2003 à 2014), Bernard Avouac (président de la commission de la transparence de 1989 à 1998), Jean-Pierre Reynier (vice-président de la commission d’autorisation de mise sur le marché de 1994 à 2002 et membre du conseil d’administration de l’agence européenne du médicament), Christian Jacquot (membre de la commission d’autorisation de mise sur le marché de 1996 à 2012), Renée-Liliane Dreiser (ancienne experte auprès de la commission de la transparence) et quelques autres, avaient mené sans jamais les déclarer des activités rémunérées de consultants.

 

 

Plusieurs membres de ce « board » reconnaissent les faits rapportés par de nombreux responsables ou anciens dirigeants de laboratoires. D’autres préfèrent minimiser les faits ou parlent d’erreurs dans les dates.

Car il faut bien prendre la mesure de l’affaire. La commission de mise sur le marché du médicament, comme son nom l’indique, permet à un médicament d’être vendu sur le territoire français, même si, depuis 1998, une grande partie des autorisations se fait dans le cadre de l’agence européenne.

La commission de la transparence, elle, joue un rôle encore plus déterminant au sein de la haute autorité de santé (HAS). Elle apprécie le service médical rendu (SMR) ainsi que l’amélioration qu’il est susceptible d’apporter par rapport aux traitements déjà disponibles sur le marché (amélioration du service médical rendu – ASMR). Elle donne un avis (suivi quasi systématiquement par le ministre de la santé) sur le possible remboursement des médicaments par la Sécurité sociale, et le cas échéant, fixe le taux de remboursement. Son avis a un impact direct sur le futur prix du médicament.

Pour les Français, les avis rendus par la commission ont deux impacts majeurs : la sécurité sanitaire bien sûr. Mais encore plus directement le déficit de la Sécurité sociale, qui pourrait atteindre près de 15 milliards d'euros en 2015.

Du côté des laboratoires, l’avis de la commission peut peser jusqu’à plusieurs centaines de millions d’euros : sans remboursement, un médicament ne fera pas carrière. Fort de cette équation, le système mis en place était particulièrement ingénieux, puisque les membres du groupe d’amis bien placés se sont servis de leurs positions à des fins personnelles sans pour autant mettre ostensiblement en danger le système sanitaire.

Car payer ce groupe de consultants, qui recevaient souvent à Marseille des représentants de laboratoires, ne garantissait pas une décision favorable. Les laboratoires le savaient. Ils espéraient juste que le regard de la commission soit plus bienveillant à leur égard. Sans garantie aucune.

Christian Jacquot, membre de la commission d’autorisation de mise sur le marché de 1996 à 2012, cherche à minimiser la portée des enjeux. Cet ancien spécialiste en pharmaco-toxicologie ne conteste ni la tenue ni la teneur de réunions de conseil aux laboratoires, auxquelles il participait fréquemment. Oui, elles avaient souvent lieu à Marseille, où vivent Gilles Bouvenot et Jean-Pierre Reynier, mais, explique-t-il, « moi j’allais avant tout à ces réunions pour casser la croûte. J’étais surtout là comme "Monsieur Bon sens", du fait de mon expérience. La rémunération, je ne me souviens plus précisément. C’était très modique ».

Mais si tout était normal, pourquoi se réunir en catimini à Marseille, et non dans un cadre officiel, à la HAS (Haute autorité de santé) ? « Mieux vaut aller à Marseille qu’à Saint-Denis [siège de la HAS] où on risque de se faire abîmer sa voiture », tranche Christian Jacquot, aujourd’hui à la retraite. Il ne voit pas en quoi les conseils qu’il donnait aux laboratoires sur différents produits parallèlement à ses propres responsabilités à la commission d’autorisation de mise sur le marché pouvaient poser problème. « Vous savez, moi, l’AMM, c’était 2 h ou 2 h 30 dans la semaine. Pas plus. » La disponibilité serait donc le seul enjeu de cette double activité...

Un autre ancien membre du petit groupe de conseil, lui-même titulaire à la commission de la transparence pendant les années 2000, a accepté de nous détailler le fonctionnement de ce groupe à condition que son anonymat soit préservé. Il explique : « Il y avait deux types de réunions. Une très en amont quand il s’agissait pour un laboratoire de savoir comment développer un produit pour avoir un SMR ou un ASMR cinq ou six ans plus tard. Et une autre, peu de temps avant que le dossier soit déposé à la commission de la transparence. On se voyait à Marseille, au Sofitel ou à la faculté de pharmacie. Et parfois à Paris, dans des hôtels comme le Méridien Montparnasse. Pour les laboratoires, venait souvent une personne en charge du market access, un directeur médical, éventuellement un responsable scientifique. »

Ce médecin précise : « Je n’étais pas convié à toutes les réunions. Il y avait des piliers et ensuite, l’invitation variait en fonction du produit et des compétences des uns et des autres. Moi, on me disait de venir une fois par trimestre peut-être. On conseillait plutôt sur ce qu’il fallait mettre en avant, sur la façon de présenter les choses. »

Ce médecin cite de nombreux laboratoires français et étrangers qui ont été conseillés dans ce cadre. Si la plupart des membres de laboratoires qui nous ont parlé de ces réunions évoquent des sommes d’environ 60 000 euros versées pour ces prestations, ce médecin explique qu'il touchait pour sa part « seulement » de 1 000 à 1 500 euros la réunion. « C’était toujours en espèces. Je trouvais soit une enveloppe dans le dossier qu’on me transmettait, soit une enveloppe dans ma chambre d’hôtel, sur mon lit. » Il n’a jamais déclaré ces rémunérations à qui que ce soit. Et le jour où il n’a plus été titulaire à la commission de la transparence, il n’a plus été convié à ces réunions. Ce qui lui semble normal.

Jean-Pierre Reynier, ancien vice-président de la commission d’AMM (1994-2002) et ancien membre du conseil d’administration de l’agence européenne du médicament, ancien chef du pôle pharmacie à l’AP-HM, détenteur comme Gilles Bouvenot, Bernard Avouac et Christian Jacquot de la Légion d’honneur, se montre beaucoup plus gêné, et beaucoup plus prudent.  Des réunions avec Gilles Bouvenot, Bernard Avouac, Renée-Liliane Dreiser, Christian Jacquot ? « C’est possible », dit-il d’abord. Avant de reconnaître : « La majorité de ces réunions sur la stratégie de développement d’un produit se tenaient dans des hôtels mais cela n’avait rien de clandestin. » Le détail ? « C’est très flou dans ma tête. » Ses rémunérations ? « J’ai demandé de reverser l’argent en taxe d’apprentissage vers les facultés », assure-t-il. Interrogée, la faculté de Marseille n’a pas répondu à notre question, se contentant de confirmer une évidence : « La faculté a été destinataire de versements au titre de la taxe d’apprentissages de la part de laboratoires pharmaceutiques. »

Renée-Liliane Dreiser, elle, était notamment chargée de démarcher les laboratoires, de leur transmettre des propositions. Elle n’a pas répondu à nos différents messages.

 

Des versions contradictoires

Mais l’affaire est évidemment encore beaucoup plus gênante pour ceux qui ont présidé la commission de la transparence. Comment peut-on à la fois diriger une commission décisive et se faire gratifier par des laboratoires pour les aider à présenter un dossier plus convaincant ?

Bernard Avouac a présidé cette commission de 1989 à 1998 avant de passer officiellement de l’autre côté de la barrière et de créer sa propre société de conseil. Juridiquement et éthiquement, la pratique se discute.

Mais il y a plus grave. Alors qu’il était président, Bernard Avouac conseillait déjà l’industrie pharmaceutique. Cela n’apparaît qu’en filigrane dans ses déclarations d’intérêts de l’époque. Il y mentionne par exemple travailler avec PR International, la société de Daniel Vial, figure incontournable de l'industrie pharmaceutique qui a également employé Jérôme Cahuzac. Mais il se garde bien de mentionner les laboratoires qu’il conseille.

Relancé à de multiples reprises, Bernard Avouac a préféré fuir nos questions : « Je ne confirme ni n’infirme rien. »

En réalité, le petit groupe d’amis dont il est l’un des piliers est à l’époque déjà à l’œuvre. Gilles Bouvenot, qui deviendra président de la commission de la transparence en 2003, nous l’a confirmé, en sachant que ses propos étaient enregistrés. « Nos réunions de conseil étaient très nombreuses dans les années 90 », a-t-il lâché. Puis face à notre stupéfaction et se rendant compte de sa bourde aux conséquences désastreuses pour son ami Bernard Avouac, il a d’abord déclaré : « C’est à lui de vous répondre. » Avant de se rétracter quelques jours plus tard, expliquant s’être trompé sur les dates.

 

Gilles Bouvenot
Gilles Bouvenot
 

Gilles Bouvenot a également beaucoup varié dans ses explications sur son propre parcours. Il a d’abord expliqué qu’il avait arrêté ces activités de conseil dès l’instant où il avait accédé à la présidence de la commission de la transparence en 2003. Avant là aussi, de se rendre compte que cela ne réglait pas tout.

Car entre 1997 et 2003, Gilles Bouvenot n’est rien d’autre que vice-président de la Commission d’autorisation de mise sur le marché (1999 à 2003), conseiller scientifique « médicament » du directeur général de la Santé au ministère de la santé (2002-2003), président de l’Observatoire national des prescriptions et consommations des médicaments dans les secteurs ambulatoire et hospitalier (1997-2000), vice-président de la Commission de contrôle de la publicité et de la diffusion de recommandations sur le bon usage du médicament (1994-1997), président du groupe de travail de l’Afssaps sur le bon usage du médicament (1997-2000), président du Comité de validation des recommandations de bonnes pratiques de l’Afssaps (1997-2005)...

Le 19 décembre 2014, en présence de son avocat Me Forster, il ne nie pas avoir parallèlement conseillé l’industrie pharmaceutique jusqu’en 2003. Quand Mediapart s’étonne de ces activités au vu des charges qu’il occupait, notamment vice-président de la commission d’autorisation de mise sur le marché des médicaments, il explique que « c’était un poste potiche. J’avais une activité hospitalière. Je ne voulais pas perdre pied, et je souhaitais rester dans les tuyaux de l’industrie pharmaceutique ». Sauf qu'aucune mention de ses activités de consultant ne figure dans ses déclarations d’intérêts entre 1997 et 2003, si ce n’est un colloque, pour lequel il précise qu’il ne fut pas rémunéré.

Combien a-t-il touché en réalité en récompense de ses conseils avisés ? « Je ne demandais pas d’argent, qui était imposable. Je demandais aux firmes de m’inviter à des congrès. Le fisc ne s’intéressait pas particulièrement aux avantages en nature. »

Quand il accède à la présidence de la transparence, moment où il affirme devenir vertueux, il ne déclare rien non plus de son passé alors qu’il s’apprête à expertiser comme président des produits dont il a pu conseiller le développement quelques années plus tôt... « À l’époque il fallait déclarer ses liens à venir. Je n’ai pas pris en compte les mois précédents mais le jour d’arrivée à la HAS », répond Gilles Bouvenot.

Quelques jours plus tard, mesurant peut-être la portée de ses paroles, il se reprend. De nouveau, il dit s’être emmêlé dans les dates : il « croit » avoir arrêté ses activités de consultant en 2000.

Christian Jacquot, membre du petit groupe parallèlement à ses activités à la commission d’autorisation de mise sur la marché, ne s’embarrasse pas avec les dates car il ne perçoit pas le job de consultant de Gilles Bouvenot parallèlement à ses fonctions de président de la commission de la transparence comme un souci. « C’est son problème. Je n’ai aucune idée de ce qu’il a pu toucher. Je ne l’ai jamais vu toucher de l’argent devant moi. Je ne veux rien dire contre lui. Il est du Jura, il est de mon pays et vous savez, avec les hommes de son pays, on est chauvin. »

Christian Jacquot poursuit : « Ce que je peux vous dire, c’est que les conflits d’intérêts, ça ne veut rien dire. On n’est jamais en conflit avec ses intérêts. Et il n’y avait pas de conséquences sur les avis que rendait la commission de la transparence. Pourquoi serais-je choqué ? Quelqu’un qui travaille, il travaille. Il n’y a pas de normalité ni d’anormalité là-dedans. Il n’y a pas de règles, il y a des rapports humains. »

Un autre médecin du « board », précédemment cité, confirme également avoir conseillé des laboratoires en présence de Gilles Bouvenot alors que celui-ci était président de la commission de la transparence : « Même si c’est vrai qu’il n’était pas toujours là. Ça dépendait de l’industriel. Je pense qu’il venait seulement avec ceux avec qui il était en bons termes, quand il était en confiance. À Marseille, il était souvent là. À Paris, parfois. Il arrivait aussi qu’il ne vienne que le lendemain, pour une sorte de debriefing de la réunion avec nous. Il donnait alors son avis. Gilles était très critique et très exigeant. Je ne crois pas que ces pré-commissions donnaient de chance supplémentaire pour le passage officiel. On ne peut pas inventer des données qui n’existent pas. »

Gilles Bouvenot dément : « C’est vrai que comme leurs réunions se tenaient à Marseille, on se voyait parfois le lendemain, mais entre amis. Alors peut-être qu’ils évoquaient parfois leur réunion de la veille, mais ce n’était pas le cœur de notre rencontre. »

 

« Est-ce qu’il y a des micros ici ? »

En plus des témoignages des propres membres de son groupe de conseil, Mediapart a cependant recueilli la parole de responsables ou ex-responsables de laboratoires qui mettent à mal la version de Gilles Bouvenot.  

Au laboratoire danois Lundbeck, un ancien dirigeant nous explique avoir participé à une réunion sur le Seroplex au Sofitel de Marseille en présence de Gilles Bouvenot, et à l’initiative de Renée-Liliane Dreiser, à qui un versement en honoraires aurait été effectué. Un renseignement que le laboratoire n’a ni confirmé ni infirmé, en dépit du délai de plusieurs semaines que nous lui avons laissé.

Un autre représentant du laboratoire Lundbeck nous assure lui aussi que Gilles Bouvenot a touché de l’argent de la part de la société danoise dans ce dossier. Et une troisième source différente au sein de l’entreprise nous a raconté comment il lui a été demandé, à l’époque, d’effacer de son ordinateur toute trace de document ayant servi à des réunions secrètes.

Gilles Bouvenot, lui, ne se souvient que d’une rencontre officielle à la HAS avec un représentant de chez Lundbeck. De rien d’autre. Quant au PDG de l’époque du laboratoire, Jacques Bedoret, il assure n’être au courant de rien. Mais commente : « Il faut se mettre dans la psychologie des gens de l'industrie. Pour une somme aussi faible que 60 000 euros, je crois que les gens qui donnent n'ont pas l'impression de corrompre. On n'a pas l'impression de corrompre en offrant un voyage de 5 000 euros. Ce qu'on achète, c'est du temps de discussion. »

Chez le laboratoire américain Lilly, deux dirigeants, rencontrés séparément, nous ont fait un récit à propos d’un de leurs produits qui devait passer quelques jours plus tard devant la commission de la transparence. Un dirigeant explique avoir d’abord rencontré Renée-Liliane Dreiser. « Au début, c’était business as usual. Et puis dans mon bureau, Dreiser m’a demandé : "Est-ce qu’il y a des micros ici ?" Et on m’a proposé d’acheter la décision de la commission. Dans mon souvenir, elle demandait 100 000 euros et proposait une rencontre avec Bouvenot, à Marseille, quelques jours avant la commission. C’était impensable. J’ai protesté. Avouac a répondu : "Vos collègues le font." Quand j’ai dit non, ils m’ont répondu : "Vous n’y arriverez pas sans nous". »

 

 

En réalité, Lilly obtiendra le remboursement espéré, mais dans des circonstances bien particulières. Car quand un autre dirigeant de Lilly apprend le marché proposé, il décide de s’en préoccuper. « Ils voulaient organiser une réunion à Marseille sur notre médicament, le Cymbalta. Ils disaient qu’il fallait verser 7 500 euros par participant. 10 000 euros pour Bouvenot. Et organiser deux réunions. Ils voulaient qu’on paie en liquide. On était pris en otage. Bouvenot pensait qu’il était intouchable. Je n’en ai pas dormi pendant des nuits entières. L’enjeu pour nous était énorme. Si on n’avait pas le remboursement, on ne lançait pas le produit. On a fait savoir à Gilles Bouvenot que nous rendrions publiques ces malversations, que la corruption était inacceptable pour obtenir des remboursements. Gilles Bouvenot a-t-il eu peur ? Quelques semaines plus tard, on a en tout cas obtenu gain de cause. » Questionné sur cet épisode, Gilles Bouvenot nie tout échange de ce type et appelle à se méfier de Lilly et de ses dirigeants, avec qui il était en mauvais termes.

Mediapart a également recueilli différents récits témoignant d’une proximité peu avouable avec l’industrie pharmaceutique en dehors des heures de travail. Une invitation à l’opéra de Vérone par un groupe italien, des dîners de truffes offerts dans le Vaucluse par un laboratoire allemand ; un week-end avec un représentant de Servier dans la maison de Bernard Avouac près d’Orange… Gilles Bouvenot conteste, minimise ou nie, selon les rencontres, les moments, les versions qu’il livre à quelques jours d’écart.

Après l’affaire du Mediator, Gilles Bouvenot semble s’être montré cependant plus prudent. Un responsable du laboratoire américain Amgen raconte fin 2010 une pratique différente. « Bouvenot me dit : "Je ne peux plus parler aux industriels", et me demande "Comment on fait ?", sans apporter lui-même de réponse. Et à ce moment-là, on a été approchés par Bernard Avouac et Renée-Liliane Dreiser, qui nous ont proposé une réunion à Marseille en expliquant que Gilles Bouvenot passerait peut-être. On a payé cher, 60 000 euros. Il n’est pas venu. Quelques mois plus tard, j’ai reparlé avec Bouvenot qui m’a dit : "J’ai appris que votre positionnement avait évolué. Je serais prêt à l’accepter." Mais je ne saurai jamais ce qui s’est exactement passé entre eux. »

Gilles Bouvenot explique que, de manière générale, beaucoup d’intermédiaires se vantaient, à tort, d’avoir son oreille : « J’ai toujours dit aux industriels que personne ne pouvait parler en mon nom. » Concernant ce cercle d’amis proche, son discours est un peu différent : « Ils me connaissent bien, connaissent ma façon de voir les choses et peuvent préjuger de mon point de vue. »

Que ce soit avant, pendant ou après sa présidence de la commission de la transparence, Gilles Bouvenot a bien pris soin de laisser le moins de traces possibles de ses activités de conseil. Vis-à-vis du monde extérieur, et comme un Aquilino Morelle ou un Jérôme Cahuzac dans ce même monde de l’industrie pharmaceutique, il a pris soin de se construire une image d’homme dur, impitoyable.

Une autre question se pose cependant. En dépit de ses multiples contradictions, si on suit le raisonnement final de Gilles Bouvenot, comment a-t-il pu, une fois devenu président de la commission de la transparence, tolérer que ses amis soient rétribués par des laboratoires sur des dossiers qu’ils auraient officiellement à examiner quelques mois plus tard ? « Je ne jugeais pas. Ils font ce qu’ils veulent », se justifie-t-il. Mais comment pouvait-il accepter que ces rencontres ne figurent pas dans leurs déclarations d’intérêts ? « Je ne me jetais pas sur les déclarations d’intérêts des uns et des autres. Je ne surveillais pas. Chacun est censé sortir de la salle s'il a un lien d’intérêt et ne pas prendre part au vote. Et dans ce cas, il n’y a rien de choquant. » Gilles Bouvenot n’a pas estimé nécessaire de s’assurer que les procédures étaient respectées en la matière.

Gilles Bouvenot, qui se présentait publiquement comme « le dernier rempart » face aux laboratoires pharmaceutiques, en revient toujours aux deux mêmes points : « Vous ne trouverez rien de compromettant dans mon patrimoine, constitué d’un appartement de 100 m2 à Marseille et d’une Peugeot 308. » Et surtout : « Nous avons été très durs avec les laboratoires. Aujourd’hui, certains se vengent. »

Sauf que, quand on les sollicite, des dirigeants de laboratoires font spontanément le même récit, décrivent le même groupe, sensiblement les mêmes montants, les mêmes procédés, les mêmes lieux. Et que même s’ils étaient tous de mèche, liés par un improbable complot au but peu compréhensible (Gilles Bouvenot a quitté la présidence en 2014), il resterait à comprendre pourquoi ses propres amis, au sein de son groupe de travail, confirment qu’il a bien eu ces activités.  

 

 

Boîte noire !

Nous avons commencé cette enquête au début de l'été 2014. Depuis, nous avons rencontré des dizaines d'acteurs du monde du médicament : dirigeants et salariés de laboratoires, membres des commissions, consultants, membres de cabinets ministériels... À leur demande, une immense majorité d'entre eux, craignant des répercussions sur leur carrière, n'ont pas souhaité que leur nom apparaisse dans l'article. Certains évoquent « l'omerta » régnant dans ce milieu. Mais, afin que l'enquête puisse être publiée, plusieurs ont accepté que leur identité puisse être révélée devant la justice si un procès est intenté à Mediapart, de façon que nous puissions prouver le sérieux de notre enquête.

Mediapart ne découvre pas les difficultés à enquêter dans ce secteur où, derrière des problématiques de santé publique et de financement de la sécurité sociale, se nichent des enjeux financiers colossaux. Depuis 2008, nous avons écrit sur le lobbying des laboratoires pharmaceutiques, sur les conflits d'intérêts des experts, sur les liens entre les entreprises du médicament et le monde politique et cela s'est traduit notamment par des révélations dans le scandale du Mediator, l'affaire Cahuzac ou l'affaire Morelle.

Cette enquête s'inscrit comme la suite logique de ce travail, avec l'idée, non pas d'épingler une ou des personnalités ayant une forte notoriété ou contre laquelle nous aurions une quelconque animosité, mais de décortiquer un système.

Nous avons contacté à de multiples reprises chacune des personnes mises en cause. Nous avons vu Gilles Bouvenot, ancien président de la commission de la transparence, à deux reprises, fin 2014, en présence de son avocat, Me Lef Forster. Ses réponses ont varié, à l'oral, puis à l'écrit, puisqu'il nous a adressé plusieurs mails pour revenir sur ce qu'il avait déclaré ou pour préciser sa pensée.

Certains autres membres de ce groupe de conseil nous ont répondu par téléphone, alors que nous leur avons proposé, à tous, de les voir. D'autres n'ont pas souhaité nous parler plus que quelques instants. L'une, enfin, n'a jamais donné suite à nos différents messages. 

AJOUT : Après parution de l'enquête, l'ancien président de la commission de la transparence Bernard Avouac nous a envoyé un SMS. Le voici : « Je n'ai jamais rencontré un dirigeant de Lilly dans ces circonstances. »

 

 

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 16:01

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

Vinci accusé de travail forcé au Qatar

24 mars 2015 | Par Lucie Delaporte

 

 

 

L'association Sherpa a déposé plainte ce mardi contre le groupe français de BTP Vinci qu'il accuse de pratiquer du travail forcé sur les chantiers du Mondial de foot au Qatar.

 

L’association Sherpa a déposé plainte ce mardi au tribunal de Nanterre contre le groupe de BTP français Vinci qu’il accuse d’avoir recours au travail forcé sur les chantiers du Mondial 2022. « Selon l’association, Vinci, via sa filiale qatarie QDVC, emploie directement et par le biais de nombreux sous-traitants de droit qatari des milliers de travailleurs sur place », or assure Sherpa, « les enquêtes menées sur place concluent à l’utilisation par ces entreprises de menaces diverses pour contraindre une population vulnérable à des conditions de travail et d’hébergement indignes et à une rémunération dérisoire ».

Le Parisien qui révèle l’affaire a mis en ligne le témoignage vidéo d’un ouvrier qui travaille sur le chantier de Lusail city, une ville qui accueillera des matchs de la Coupe du monde de foot en 2022. Il y affirme s’être fait confisquer son passeport par son employeur, à savoir QDVC, une filiale à 51 % de Qatari Diar et à 49 % de Vinci Construction.

L’entreprise a répliqué dans un communiqué que tous les « collaborateurs » de la filiale qatari avaient un « libre accès » à leur passeport et que « les temps de travail et de repos sont strictement respectés ».

Sherpa a parallèlement lancé une pétition pour demander à la garde des Sceaux d’ordonner au plus vite l’ouverture d’une enquête sur les pratiques de Vinci au Qatar.

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

                                                        ********************************

 

 

Source : http://www.leparisien.fr

 

 

VIDEOS. Mondial au Qatar : Vinci accusé de travail forcé

Boris Cassel et Matthieu Pelloli | 24 Mars 2015, 07h03 | MAJ : 24 Mars 2015, 10h34

 

 

Une plainte a été déposée hier par l'ONG Sherpa contre la filiale du groupe français travaillant dans l'émirat sur divers chantiers du Mondial 2022.

Doha (Qatar), le 18 mars. Dans cet Etat du Golfe, le groupe Vinci mène
plusieurs chantiers avec sa filiale QDVC, la Qatar Diar Vinci  construction.

Doha (Qatar), le 18 mars. Dans cet Etat du Golfe, le groupe Vinci mène
plusieurs chantiers avec sa filiale QDVC, la Qatar Diar Vinci construction.

(LP/Olivier Corsan.)

 

Une accusation lourde et rare. Contre les pratiques d'une entreprise à part. Dans un pays unique en son genre. L'association de défense des victimes de crimes économiques, Sherpa, accuse le géant du BTP français Vinci de pratiquer une forme « d'esclavage moderne » au détriment des ouvriers travaillant sur les gigantesques chantiers qu'il pilote au Qatar.

 

Stades, transports publics, hôtels... Ces derniers mois, les médias britanniques avaient déjà révélé les conditions de travail déplorables sur les chantiers liés à la Coupe du monde de football 2022. Mais, pour la première fois, un champion français, coté au CAC 40, est mis en cause.

Un dossier sensible

Dans une plainte très documentée (plusieurs dizaines de pages) qui a été transmise hier au parquet de Nanterre (Vinci a son siège social dans les Hauts-de-Seine), l'association Sherpa dénonce des faits de « travail forcé » et de « réduction en servitude ». Des termes graves, réfutés par Vinci qu'on n'avait pas entendu depuis l'affaire Total en Birmanie il y a plus de dix ans. Le procureur de Nanterre décidera d'ouvrir une enquête ou de classer sans suite la plainte contre Vinci Construction grands projets et plusieurs de ses dirigeants. Un dossier sensible sachant que le Qatar est un partenaire économique privilégié de la France. Notre journal s'est rendu au Moyen-Orient pour constater quelles sont les conditions de vie et de travail des ouvriers (majoritairement indiens, népalais, pakistanais) sur les chantiers et dans les camps de travailleurs de Doha, la capitale du Qatar. Sur place, les standards sociaux sont visiblement très éloignés des pratiques occidentales.

VIDEO. Mondial au Qatar : Sherpa porte plainte contre Vinci pour travail forcé

 

Des progrès ont été faits, selon l'émirat

« Nous faisons des efforts permanents pour améliorer le sort des travailleurs migrants », précise-t-on à l'ambassade du Qatar en France, qui évoque « 90 textes » mis en place ces derniers mois pour réformer leurs conditions de vie et de travail telles que le règlement des salaires par virement bancaire ou le remplacement programmé de la très décriée « Kafala » par un contrat de travail. Le représentant de l'Emirat, qui chiffre à plus d'un million et demi le nombre de résidents étrangers dans son pays (soit plus de 80 % des habitants) met aussi en avant une « responsabilité partagée » avec les pays qui « envoient des travailleurs » au Qatar (Népal, etc.) en leur « promettant l'eldorado ».
B.C. et M.P.


Du côté de l'Emirat, on répond ne pas avoir attendu Sherpa pour se saisir du dossier des travailleurs migrants. « Le ministère du Travail qatarien emploie plus de 200 inspecteurs. Leur nombre sera porté à 300 dans un futur proche », assure-t-on à l'ambassade du Qatar à Paris, insistant sur la révision prochaine du nœud du problème : la « kafala ». Ce système obligatoire de « parrainage » de tout étranger par un Qatarien maintient le travailleur immigré dans une relation de dépendance. Les étrangers doivent ainsi obtenir le consentement de leur patron s'ils souhaitent changer d'emploi. Et c'est bien une application très stricte, voire abusive, de ce système qui est reproché par Sherpa à QDVC, la filiale qatarienne de Vinci Construction grands projets. Au fond, l'ONG ne demande aux dirigeants de Vinci que d'appliquer l'engagement n° 1 de leur charte d'éthique : « Agir en employeur responsable ».

VIDEO. Mondial au Qatar : une ville à 45 milliards d'euros et combien de travailleurs forcés ?

 

 

VIDEO. Mondial au Qatar : témoignage d'un ouvrier de Vinci privé de passeport

 

 – LP/OLIVIER CORSAN

 

Source : http://www.leparisien.fr

 

 

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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 15:18

Info reçue par mail :

 

Dans le cadre de la démarche de la semaine nationale pour les alternatives aux pesticides, le Syndicat Mixte des Nappes Vistrenque et Costières organise des projections du film "pesticide mon amour". Ce film un peu provocateur, comme en témoigne son titre, humoristique et teinté d'humour, s'adresse au grand public pour les sensibiliser sur l'utilisation des pesticides dans les pars, espaces verts, jardins, potagers, bord de routes ou de voie ferrée .... Il montre les effets indésirables et néfastes des pesticides sur la santé humaine, la biodiversité et qualité de l'eau et présente des solutions alternatives aux pratiques actuelles.

 

le film sera suivi d'un débat en présence du réalisateur Erik Fretel, spécialement venu de Suisse.

 

le mardi 24 mars à Aimargues : 19h30, salle Lucien Dumas

le mercredi 25 mars à 19h30 à Bellegarde à la médiathèque

le jeudi 26 mars à 19h30 à Vauvert, salle Bizet.

 

l'entrée est gratuite et le projection sera suivie d'une apéritif offert par le Syndicat

 

Nous vous attendons nombreux

 

Cordialement
 

 

 

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23 mars 2015 1 23 /03 /mars /2015 18:47

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

Les pauvres sont plus écologistes que les riches

16 mars 2015 / Paul Ariès

 

 

 

« Les potentialités qu’offrent les milieux populaires sont du côté de ce qu’exigent les transitions écologique, sociale et politique. (...) La force du système est de rendre invisible les milieux populaires (...). Les modes de vie populaires ne sont qu’endormis et il nous appartient d’aider à les faire revivre. »

 

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Paul Ariès

Thorstein Veblen est un grand économiste qui, à la fin du XIXe siècle, a développé la théorie de la rivalité ostentatoire. Celle-ci assure que les différentes couches de la société ajustent leur mode de vie en imitant celui des classes plus fortunées. Si Thorstein Veblen a raison, les milieux populaires ne seraient que dans l’imitation des modes de vie des classes dominantes et les pays du Sud dans celle des pays du Nord.

Si Thorstein Veblen a raison, nous pourrions dire que « les riches détruisent la planète », mais il n’y aurait rien de bon à attendre des milieux populaires, d’ici et d’ailleurs. Les milieux « écolos » aiment certes les milieux populaires, mais ceux d’avant, ceux d’ailleurs, jamais ceux d’ici, jamais nous-mêmes, signe d’une auto-culpabilisation.

La haine des gens du commun, c’est d’abord la haine des 99 % pour eux-mêmes. Thorstein Veblen, logique avec lui-même, n’avait d’ailleurs d’espoir que dans une prise de conscience des ingénieurs et techniciens, jamais dans un sursaut des « gens de peu ».

 
Les milieux populaires, plus écolos que les écolos

J’ai donc eu envie de pousser un coup de gueule contre cette idée qu’il n’y aurait rien de bon à attendre des gens ordinaires au regard de la situation sociale, politique, écologique. C’est à qui dénoncera le plus vertement leur rêve de grand écran de télévision, leurs vieilles voitures polluantes, leurs logements mal isolés, leurs achats dans les hypermarchés, leur goût pour la viande rouge et les boissons sucrées, leurs rêves de zones pavillonnaires et de vacances bon marché, etc.

Les élites auraient raison : « Salauds de pauvres qui consommez si mal ! » ; et il faudrait rééduquer les pauvres au moyen d’une « fiscalité verte » socialement injuste comme celle qui taxe en fonction du poids les ordures ménagères. Les élites auraient raison : « Salauds de pauvres qui votez si peu », et il faudrait frapper ceux qui ne votent pas d’une amende, comme le propose le député EELV François de Rugy.

Le pire est que ce discours condescendant et méprisant finit par contaminer ceux qui, à gauche et dans l’écologie, se disent le plus conscients des enjeux planétaires. Au moins, les riches achèteraient des produits bio, auraient des voitures électriques, des maisons bien isolées et lorsqu’ils prennent l’avion pour leurs vacances, ils achèteraient des compensations carbone.

Ce mépris des milieux populaires ne résiste pourtant pas à l’analyse. Tous les indicateurs prouvent que les milieux populaires ont un bien meilleur « budget carbone », une bien meilleure « empreinte écologique », un bien plus faible écart par rapport à la « bio-capacité disponible », un bien meilleur indice « planète vivante » (concernant l’impact des activités sur la biodiversité), un « jour de dépassement de la capacité régénératrice de la planète » plus tardif, une moindre emprise sur la « déplétion » des stocks non renouvelables, etc.

Bref, si on savait déjà que les milieux populaires sont plus « écolos » que les enrichis, ils le sont également davantage que les « écolos » déclarés !

 
Les modes de vie populaires du côté de la transition

L’erreur serait alors de croire qu’ils ont un meilleur bilan carbone faute de moyens financiers. Cette vision, rassurante pour la « bonne société », est démentie par toutes les recherches. Des centaines de travaux de sociologues, d’économistes, de psychologues, de géographes montrent que les « gens de peu » ne sont pas des riches auxquels il ne manquerait que l’argent, qu’ils ne se définissent pas d’abord en termes de manque (en économie : le manque de pouvoir d’achat, en culture, le manque d’éducation, en politique, le manque de participation, en psychologie, le manque d’estime de soi).

 

 

Les gens ordinaires entretiennent d’autres rapports au travail, à la consommation, au temps, à l’espace, à la nature, au temps libre, à la maladie, au vieillissement, à la mort donc à la vie.

Il ne s’agit pas d’idéaliser les milieux populaires en ignorant leurs contradictions. Nous n’avons pas besoin de cet angélisme pour démontrer que les potentialités qu’offrent les milieux populaires sont du côté de ce qu’exigent les transitions écologique, sociale et politique pour construire des sociétés soutenables.

Même la façon de regarder la TV des milieux populaires n’est pas la même que celle des bien pensants, ils sont moins dans une hypnose individuelle et davantage dans une attention oblique...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

 

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23 mars 2015 1 23 /03 /mars /2015 18:34

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

Fabrique du mensonge 23/03/2015 à 18h33
Cancer et herbicides : Monsanto préfère s’en prendre aux scientifiques
Thibaut Schepman | Journaliste Rue89

 

 

Un agriculteur pulvérise du glyphosate sur son champ de maïs dans l’Illinois, aux Etats-Unis, le 1er juin 2010 (Seth Perlman/AP/SIPA)

 

Vous ne connaissez pas le glyphosate ? En fait, si. C’est Monsanto qui a vendu le premier ce produit chimique, en 1974, via son célèbre Roundup. Depuis, le glyphosate est devenu l’herbicide le plus vendu au monde. Il est utilisé dans les champs mais aussi dans les jardins, les forêts, les rues, les cimetières.

Du coup, on en trouve dans l’air que l’on respire, dans l’eau que l’on boit et dans la nourriture que l’on mange, a rappelé ce vendredi le Circ (Centre international de recherche sur le cancer), l’agence internationale de référence pour la recherche sur le cancer, qui a été créée par l’Organisation mondiale de la santé et qui est basée en France, à Lyon.

Dans son évaluation – publiée après un travail d’un an mené par dix-sept experts internationaux indépendants qui ont recensé l’ensemble des études scientifiques sur le sujet – le Circ a classé ce produit comme « probablement cancérogène ».

 

Un champ de blé français sur trois

L’information est énorme. En France, un champ de blé sur trois est traité au glyphosate. En Europe, pas moins de 400 entreprises en commercialisent, à travers 30 désherbants différents. Ailleurs dans le monde, une bonne partie des maïs et soja OGM ont été conçus pour être « Roundup ready », c’est-à-dire résistantes au glyphosate. Ce qui permet d’épandre du glyphosate sur un champ et y tuer toutes les plantes sauf les OGM. Ce qui permet à Monsanto de vendre à un agriculteur à la fois la plante et l’herbicide. Génial.

Mais revenons au Circ.

Cet organisme international de référence classe donc l’herbicide au rang de cancérogène probable, dans sa catégorie 2A. Pour comparaison, on trouve dans la même catégorie les formaldéhydes, ces produits chimiques biocides utilisés dans les colles, résines et dans le textile dont la mise sur le marché est interdite en France depuis 2012.

Les bitumes routiers, qui ont valu la condamnation en 2012 d’une filiale de Vinci après la mort d’un employé atteint d’un « cancer du bitume », ne sont classés eux que dans la catégorie 2B, c’est-à-dire cancérogènes possibles. C’est dire la prudence du Circ. Rappelons ensuite que jamais un agent classé cancérogène n’a ensuite été rétrogradé par le Circ à un échelon de dangerosité inférieur.

Nicolas Gaudin, directeur de la communication au Circ, ajoute :

« Nos évaluations correspondent à une méthodologies très précise. Nous appliquons les mêmes méthodes de travail depuis 40 ans, et nos évaluations sont utilisées comme références depuis 40 ans par les gouvernements du monde entier ».

 

La contre-attaque commence en France

Pourtant, les industriels du secteur mènent depuis plusieurs jours une contre-attaque en règle contre l’évaluation du Circ.

Tout commence par un « Livre blanc » [PDF], publié le 13 mars par les industriels français du secteur – dont Monsanto ou Syngenta – réunis dans un groupe appelé « plateforme glyphosate ».

On y lit notamment que la réduction de l’utilisation du glyphosate entraînerait un désastre économique, puisqu’il entraînerait une baisse de 30% des rendements. Source ? Une étude [PDF] de deux pages menée par deux chercheurs d’un cabinet, sans relecture par un comité scientifique. Surtout, on lit dans ce livre blanc que « le glyphosate n’est pas cancérigène ». Source ? « Des centaines de publications scientifiques. »

Comment expliquer que ce livre blanc paraisse une semaine avant l’avis du Circ ? Réponse d’Arnaud Dechoux, coordinateur de la plateforme :

« Notre livre blanc était en route depuis plus d’un an, nous n’avons pas voulu cette coïncidence, je ne peux pas vous en dire plus. »

 

Coïncidence ?

La coïncidence n’en est peut-être pas une. Car l’évaluation était elle aussi annoncée depuis un an par le Circ, explique Nicolas Gaudin :

« Dans notre procédure d’évaluation, un appel officiel aux experts internationaux est lancé un an avant la publication. Dans ce cadre, notre procédure permet à des observateurs d’accéder à une partie des débats, sans y participer. Il y avait en l’occurrence trois observateurs liés à l’industrie, dont un expert de Monsanto. Monsanto a ensuite décidé de ne pas respecter notre embargo, et de communiquer contre notre évaluation avant sa publication. Ces gens ne sont pas très réglos. »

Monsanto et la plategorme glyphosate ont publié vendredi sur leurs sites respectifs des textes dénonçant la procédure du Circ. Monsanto avance ainsi :

« Le Circ a volontairement écarté des dizaines d’études scientifiques qui soutiennent que le glyphosate ne présente pas de risques pour la santé humaine. »

La plateforme glyphosate met en avant le même argument. Nous avons interrogé Kathryn Guyton, la chercheuse qui a coordonné l’étude du Circ à ce sujet :

« Les études auxquelles il est fait référence dans ce communiqué sont des études menées sur les bactéries et dont les résultats indiquent en effet l’absence de danger du glyphosate. Nous expliquons dans le sommaire de notre évaluation que les études menées sur les animaux et les êtres humains, qui indiquent elles que le glyphosate est probablement cancérogènes, sont plus significatives pour évaluer la dangerosité pour l’être humain.

Contrairement à ce qui est avancé, nous avons donc bien pris en compte les études sur les cellules, nous les avons simplement considérées comme moins significatives. »

 

« Ils demandent aux scientifiques de se taire »

Deuxième argument de la plateforme glyphosate :

« Le récent rapport de réévaluation (Review Assessment Report), généré dans le cadre du processus actuel de renouvellement de l’approbation du glyphosate par l’UE, a conclu que “aucune évidence de cancérogénicité n’a été obtenue” dans les études prises en compte »,

Encore un argument fallacieux selon Kathryn Guyton :

« Ce rapport n’était pas finalisé au moment de la publication de notre évaluation. Nous ne pouvions donc tout simplement pas le prendre en compte. Et si vous regardez la composition de leur groupe de travail, on voit qu’au moins quatre membres sont directement liés à l’industrie et sont donc en situation de conflit d’intérêts. »

Malgré la légèreté de ses arguments, la plateforme glyphosate se permet dans son communiqué de demander au Circ de retirer sa décision. Nicolas Gaudin s’étonne :

« C’est inouï et totalement naïf. Ce n’est pas le Circ qui s’exprime, mais un comité des meilleurs experts internationaux indépendants sur la question. Ces experts n’ont pas produit un rapport mais ont recensé les études publiées sur le sujet pour en tirer une évaluation. Et les industriels leur demandent de se taire. On peut admettre que des scientifiques soient en désaccord s’ils apportent des arguments scientifiques, mais là, en clair, ils nous demandent de retirer notre évaluation simplement parce qu’on n’a pas pris en compte les arguments qui leurs convenaient. »

 

La fabrique du mensonge

La méthode rappelle furieusement les pratiques des industriels décrites par le journaliste Stéphane Foucart dans son excellent ouvrage « La Fabrique du mensonge » (éd. Denoël, 2013). On y découvre comment des industriels, sous couvert de recherche scientifique, protègent leurs produits dangereux pour la santé et l’environnement. Il y raconte comment les industriels du tabac ont financé des études afin de produire du « doute » après la publication de travaux prouvant la dangerosité du tabac. Ou comment les industriels de la chimie ont réussi à noyer les études montrant la dangerosité des insecticides sur les abeilles en faisant publier… dix fois plus d’études aux résultats bien sûr contraires.

L’histoire se répète sans cesse. Le même Stéphane Foucart racontait dans Le Monde il y a quelques jours comment les industriels de la chimie ont tenté de torpiller un moratoire européen mis en place en 2012 sur certaines utilisations de quatre molécules insecticides. Moratoire qui intervenait à la suite d’un passage en revue de la littérature scientifique, établi par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), qui attestait de l’impact de ces molécules sur les abeilles et la biodiversité.

L’arme des industriels ? Une étude scientifique annonçant un cataclysme agricole et économique si ces produits étaient interdits. Bien sûr, malgré le moratoire, le cataclysme n’a pas eu lieu. Il n’empêche, une résolution proposée par plusieurs sénateurs français enjoignant la France a « à agir auprès de l’Union européenne pour une interdiction de toutes les utilisations de ces substances » a été rejetée en février par le Sénat.

Le journaliste termine son article par ces mots :

« L’histoire fait au moins comprendre une chose : l’état de notre environnement est souvent celui de notre démocratie. »

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

 

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23 mars 2015 1 23 /03 /mars /2015 18:17

 

Source : http://www.bastamag.net

 

Face à la fonte des glaciers, un Péruvien veut faire payer le plus gros pollueur d’Europe

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t si les habitants du Vanuatu, l’archipel dévasté par le cyclone Pam, se retournaient contre les entreprises les plus polluantes, celles qui émettent le plus de CO2 dans l’atmosphère, contribuant ainsi au dérèglement climatique et à la montée des océans ? S’ils exigeaient d’elles qu’elles contribuent à financer la reconstruction du pays ? Impensable ? Un Péruvien vient pourtant d’engager une procédure contre le groupe énergétique allemand RWE, gros émetteur de CO2. Il l’enjoint à participer au financement des installations nécessaires à la protection de sa ville face aux conséquences du réchauffement climatique, en l’occurrence, la fonte des glaciers.

Saúl Luciano Lliuya habite la petite ville de Huaraz. La cité se trouve en contrebas d’un lac alimenté par les glaciers des Andes. Avec la fonte des glaces consécutive au réchauffement climatique, le lac a quadruplé de volume depuis 2003. Il suffirait que des blocs de glace de grande taille se détachent du glacier et tombent dans le lac pour que la maison du Péruvien et le reste de sa ville de 55 000 habitants se retrouvent sous les eaux. Les autorités d’Huaraz déclarent d’ailleurs régulièrement l’état d’urgence face au risque d’inondations. Mais il n’existe sur place ni système d’alerte précoce, ni équipements de pompage des eaux du lac. Pour les installer et renforcer le système de digues, il faut de l’argent. Le Péruvien a donc décidé de s’adresser aux entreprises directement responsables du changement climatique. Avec une avocate allemande spécialisée dans les questions environnementales, Roda Verheyen, et le soutien de l’ONG allemande Germanwatch, il réclame ainsi au groupe allemand RWE de participer aux coûts de ces infrastructures.

Car le géant énergétique allemand RWE, et sa douzaine de centrales à charbon exploitées en Allemagne et en Europe, est selon une étude de 2013 [1] la plus grosse entreprise émettrice de CO2 en Europe. Ainsi, elle serait responsable de 0,5 % des émissions de gaz à effet de serre rejetées dans l’atmosphère depuis le début de l’industrialisation. Le Péruvien de Huaraz réclame donc au groupe allemand qu’il finance 0,5 % des coûts des installations de protection de sa ville, soit la modeste somme de 20 000 euros.

Si l’entreprise refuse, Saúl Luciano Lliuya et son avocate sont bien décidés à porter l’affaire devant un tribunal allemand. « Une telle initiative est inédite en Europe, signale Christoph Bas, directeur de l’ONG Germanwatch.« Il y a dans le monde toujours plus de personnes dont l’existence est menacée par le réchauffement climatique alors qu’ils sont parmi ceux qui y ont le moins contribué. Il faut une solution politique à ce scandale. Une solution qui mette les émetteurs de CO2 devant leurs responsabilités. Le prochain accord sur le climat qui doit être signé à Paris en décembre 2015 donne l’occasion d’avancer d’un pas décisif sur cette question. »

Rachel Knaebel

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

 

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23 mars 2015 1 23 /03 /mars /2015 18:02

 

Source : http://www.bastamag.net

 

Attentats

En Tunisie, les mouvements sociaux en première ligne dans la lutte contre le terrorisme

par , Sophie Chapelle

 

 

 

Après l’attentat au musée du Bardo, comment réagissent les Tunisiens ? Alors que les rassemblements ont été jusqu’à présent sporadiques, des citoyens engagés – jeunes, syndicalistes, chômeurs en grève de la faim ou militants écologistes – s’apprêtent à rejoindre le Forum social mondial qui débute mardi 24 mars, à Tunis. Ils porteront la voix des luttes sociales et environnementales qui se multiplient dans le pays. Des mouvements sociaux fer de lance de la lutte contre l’obscurantisme et le terrorisme. Reportage dans la ville de Gabès et sur l’île de Djerba.

Gabès, à 400 kilomètres au sud de Tunis. Au café Charchara, les regards des clients sont rivés sur l’écran. Au soir du 18 mars, Barcelone affronte Manchester City dans la Ligue des champions. Dans cette ambiance footballistique, la fumée des chichas envahit doucement la salle. Difficile d’imaginer que s’est produite quelques heures plus tôt l’attaque terroriste la plus meurtrière dans l’histoire du pays. Selon le dernier bilan officiel, vingt touristes étrangers et un tunisien ont été tués lors de l’attentat au musée du Bardo à Tunis, revendiqué par le groupe État islamique.

Entre stupéfaction et indignation, les jeunes Tunisiens rencontrés ce soir-là peinent à mettre des mots sur cette attaque. Il faut attendre la prise de parole du président Béji Caïd Essebsi, qui appelle à « combattre sans pitié le terrorisme » pour que les langues se délient. « Il ne faut pas avoir peur, on est en sécurité ici », affirme Khaled, qui a grandi dans une oasis près de Gabès. « Les terroristes n’ont aucune relation avec l’islam, ce sont des criminels ! », renchérit son ami, Mohamed Ali, un jeune cadreur. Il s’inquiète cependant : « Ces attentats vont provoquer de l’instabilité politique, qui vient s’ajouter au désespoir économique. » A Gabès, des jeunes diplômés chômeurs ont entamé une grève de la faim depuis trois semaines pour obtenir un emploi.

 

« Pour lutter contre le terrorisme, il faut s’attaquer au chômage »

Des bouteilles d’eau sucrée sont alignées à l’entrée du local de la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) à Gabès, où sont accueillis ces grévistes. Ils sont huit, âgés de 30 à 40 ans, dont deux femmes. Tous sont diplômés, titulaires de maitrises voire de doctorats. Mais au chômage depuis plus de dix ans. « Ce ne sont pas de simples chômeurs, mais des chômeurs persécutés pour avoir été militants de syndicats étudiants », explique Abdeljabbar Reguigui, militant de la LTDH. « Sous la dictature de Ben Ali, il y avait un filtre sécuritaire qui ne permettait jamais à ces militants d’obtenir les concours dans la fonction publique. » Quatre ans après la révolution, ces jeunes toujours privés d’emplois s’estiment « délaissés » par le gouvernement. La revendication de ces militants, membres de l’Union des diplômés chômeurs (UDC), est simple : obtenir un emploi. Mais dans un pays où le taux de chômage officiel est de plus de 15 % – les personnes rencontrées évoquant plutôt 20, voire 25 % –, les jeunes ont d’énormes difficultés à se faire embaucher.

 

 

Enfouis sous les couvertures, deux grévistes reviennent tout juste de l’hôpital, car leur état de santé s’est détérioré ces derniers jours. Bien que très affaiblie, Chahira a participé à une manifestation en hommage aux victimes de l’attentat. Elle se bat pour obtenir un travail. « La dignité est en lien direct avec l’argent. Je ne veux pas être éternellement obligée de tendre la main vers mes parents, explique t-elle. On veut arriver en haut de l’échelle sociale sans recourir à la corruption et sans porter préjudice à notre pays. La priorité politique est d’aider les jeunes Tunisiens qui refusent de partir faire le djihad. Il faut vraiment des décisions politiques qui prennent en considération notre combat. »

Le rendez-vous qu’ils ont obtenu auprès du ministre de l’emploi à Tunis avait allumé une lueur d’espoir. « Mais tout est parti en fumée avec l’attentat, déplore Abdeljabbar. Le pays s’en va en guerre contre le terrorisme et les revendications sociales n’ont plus de place. L’éradication du terrorisme ne doit pas signifier l’éradication des libertés, des droits et des revendications sociales. » Un constat partagé à la section régionale de l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT), la centrale syndicale tunisienne. « Pour lutter contre le terrorisme, il faut s’attaquer au chômage », assure le secrétaire régional, Ben Hamed Slah, à Gabès. « On est en train d’apprendre la démocratie, ajoute son adjoint, Belghaieb Lassaad. Pour le moment, les soucis majeurs des citoyens, notamment l’emploi, ne sont pas entendus. C’est le pouvoir de l’argent qui règne, parmi les politiques qui gouvernent la Tunisie. »

 

Se battre pour l’écologie et pour la paix

Dans la cour du syndicat, au lendemain des attentats, des jeunes préparent le Forum social mondial (FSM), le rassemblement altermondialiste qui débute le 24 mars à Tunis, et va rassembler des ONG, des syndicats et des associations du monde entier. L’occasion pour les jeunes de Gabès de faire entendre leur voix dans la capitale. Leur symbole : des masques anti-pollution avec un logo nucléaire, qu’ils dessinent avec des bombes de graffiti sur de grandes bâches. Leur mot d’ordre : « L’avenir vert ».

 

 

Entre pollution atmosphérique et forte diminution des ressources en eau, Gabès, 120 000 habitants, est touchée de plein fouet par l’industrie de transformation du phosphate. Une réalité sur laquelle les jeunes militants veulent communiquer lors du Forum social mondial. « Le FSM nous permettra aussi de montrer notre solidarité et notre unité, alors que les terroristes veulent que nous arrêtions de vivre, raconte Ala Ben Kabeh, un journaliste de 22 ans. La Tunisie est un pays de culture et de paix. »

 

Liberté d’expression et organisation de la « société civile »

Depuis la révolution, les initiatives citoyennes se multiplient. La liberté d’expression retrouvée favorise la création d’associations. La « société civile » – expression utilisée par tous ces acteurs – s’organise progressivement. Ici, contre l’installation d’une décharge de boues toxiques ou le déversement anarchique de poubelles. Là, pour la formation de paysans bio ou la sensibilisation aux enjeux politiques à travers un festival de cinéma [1]. Ou encore des luttes sociales pour de meilleures conditions de travail. Au grand dam de certains, qui semblent regretter « l’ordre » qui régnait sous Ben Ali. « L’industrie du phosphate est en difficulté, et le tourisme vient de subir un coup dur avec cet attentat », fait ainsi remarquer un responsable du Groupe chimique tunisien, une entreprise d’État spécialisée dans la production d’engrais. « Il est temps d’avancer et de cesser les grèves. »

L’ouverture de la société tunisienne n’en est pourtant qu’à ses débuts. « Nous voulons profiter des échanges du FSM pour que la société civile se renforce, grâce à un autre regard sur le monde », espère Cheima Ben Hmida, coordinatrice des volontaires, au siège de l’organisation du FSM, à Tunis. Pour elle, le Forum sera l’occasion de sensibiliser des Tunisiens à un autre modèle de développement que celui de « la société de consommation et du capitalisme ». Ce forum pourrait aussi être une réponse donnée à la menace terroriste, en Tunisie et ailleurs. Le comité d’organisation a ainsi appelé « à la mobilisation de toutes les forces sociales, civiles, altermondialistes et pacifiques [...] pour s’opposer au terrorisme ». Il s’agit pour les organisateurs de soutenir « un rapport de forces au profit de la paix de la démocratie, de la justice sociale dans la région et dans le monde ». Symbole de cette détermination : mardi, la marche d’ouverture du FSM se terminera devant le musée national du Bardo.

 

Ne pas laisser le terrain libre aux islamistes

Deux jours après l’attentat, les petites rues de la médina d’Houmt Souk, sur l’île de Djerba, sont presque désertes. Le long de la côte nord-est, les complexes hôteliers qui comptent chacun plusieurs centaines de lits, semblent abandonnés. Rien d’anormal : la saison touristique n’a pas encore commencé. Mais l’attaque terroriste de Tunis risque fortement de la retarder. Et les milliers d’îliens qui vivent principalement du tourisme d’en pâtir. En Tunisie, depuis la révolution, le tourisme a chuté de 12 % en quatre ans [2] « Pour attirer de nouveaux clients, les hôtels baissent les prix et les agences paient des campagnes de publicité dans le métro parisien, explique Chedly Ben Messaoud, dermatologue et président de l’ONG de solidarité Djerba Ulysse. Mais ce n’est pas la bonne solution : les touristes ne viendront que s’ils se sentent en sécurité. »

Avec son association, Chedly Ben Messaoud organise début juin une chaîne humaine pour la paix et la tolérance. Cette année, l’événement revêtira une importance toute particulière après l’attentat du 18 mars, sur une île connue pour son mélange des cultures. Sur ses 140 000 habitants, Djerba compte entre 2000 et 5000 résidents permanents juifs et l’une des plus anciennes synagogues d’Afrique. C’est cette synagogue de Ghriba qui a été touchée, en 2002, par un attentat suicide faisant 19 morts.

 

 

« Ces jeunes [qui ont perpétré les attentats à Tunis] sont des victimes, estime Chedly Ben Messaoud. Comment les arracher de la gueule de ces loups ? » Le militant associatif pointe lui aussi du doigt le chômage : « Dans le secteur de l’hôtellerie par exemple, les employés ne travaillent que trois mois l’été. Le reste du temps, ils n’ont pas de revenus. Alors quand on leur propose des milliers de dinars pour partir en Syrie... . » Entre 2000 et 3000 djihadistes tunisiens seraient partis combattre en Irak, en Syrie ou en Libye. La moitié serait rentrée en Tunisie. « Il ne faut pas laisser le terrain libre aux islamistes, ajoute Chedly Ben Messaoud. Il faut redonner vie à la culture religieuse, que les jeunes puissent apprendre à comprendre le Coran plutôt que le réciter. Et se libérer de la crainte inculquée par la religion qui pousse à l’obscurantisme. » En Tunisie, le travail est immense, pour continuer la transition démocratique, le développement économique, la construction d’une société civile solide. Mais la mobilisation citoyenne ne faiblit pas.

 

Texte : Sophie Chapelle et Simon Gouin

Photos : Nathalie Crubézy / Collectif à vif(s)
- Une : les grévistes de la faim de Gabès, membres de l’Union des diplômés chômeurs

A l’occasion du Forum social mondial, la rédaction de Basta ! est à Tunis cette semaine.

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