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23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 21:02

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Projet de loi

Comment le gouvernement veut « moderniser » le dialogue entre patrons et salariés

par

 

 

 

 

Une loi qui « simplifiera » le dialogue entre patrons et salariés dans les entreprises. Telle est l’ambition du gouvernement. Les partenaires sociaux ayant échoué à se mettre d’accord en janvier, c’est le gouvernement qui tranche : le ministre du Travail vient de présenter en Conseil des ministres son projet de loi sur le dialogue social et l’emploi. Un texte qui ne satisfait ni les syndicats ni le patronat. Et qui, en voulant simplifier les « contraintes » pour les employeurs, vient réduire une fois de plus les droits des salariés.

« Une loi de progrès social » : c’est ainsi que François Rebsamen, ministre du Travail, résume son projet de loi relatif au dialogue social et à l’emploi, qui devrait arriver à l’Assemblée nationale à la mi-mai. Présenté ce mercredi 22 avril en conseil des ministres, le projet fait suite à l’échec des négociations interprofessionnelles qui se sont tenues en janvier dernier. Les désaccords entre partenaires sociaux s’étaient notamment cristallisés sur le sort réservé aux comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) – outil indispensable à la protection de la santé des travailleurs [1]. Dans le nouveau projet de loi, la suppression des CHSCT n’est plus à l’ordre du jour. Sont-ils pour autant « sauvés » ? Pas si sûr…

Les missions des CHSCT risquent en effet d’être amoindries, et leurs moyens réduits. L’employeur d’une entreprise de moins de 300 salariés pourra ainsi décider unilatéralement de fusionner le CHSCT, les délégués du personnel et le comité d’entreprise en une délégation unique du personnel (DUP). Dans les établissements de plus de 300 salariés, la décision dépendra d’un accord majoritaire. Ce passage des CHSCT en DUP va mécaniquement réduire le nombre de représentants du personnel, de même que le nombre d’heures de délégation des élus.

 

Une représentation des salariés appauvrie

Selon des calculs réalisés par la revue Santé&Travail, et par le quotidien les Échos, certaines entreprises de 100 à 124 salariés pourraient perdre jusqu’à 70 heures de délégation, temps que les salariés élus consacrent à la défense des droits de leurs collègues. Pour les entreprises de 50 à 74 salariés, cette perte pourrait atteindre 31 heures. Comment, dans ces conditions, imaginer que les élus pourront s’acquitter correctement de leurs missions, sachant qu’ils peinent déjà bien souvent à le faire correctement, faute de temps et de moyens ? Le tout dans un contexte où les atteintes à la santé dans le milieu du travail explosent...

En cas de DUP, le délai de convocation du CHSCT passerait de 15 jours à 5 jours. Cela « risque de nuire singulièrement aux capacités de mobilisation et de réaction des représentants du personnel de cette instance », déplore l’association des experts et intervenants auprès des CHSCT. Autre sujet d’inquiétude : la fusion des avis (rendus sur des questions d’organisation du travail par exemple) du comité d’entreprise et du CHSCT. Un avis fusionné sera « réducteur » avertit l’association, « puisqu’il risque de négliger la réflexion sur les conditions de travail au profit de la seule appréciation de la stratégie économique l’entreprise ».

Le projet laisse de surcroit en suspens toute une série de questions relatives au fonctionnement des instances regroupées en DUP : comment gérer la présence des médecins et inspecteurs du travail, par exemple, jusqu’à présent membres de droit du CHSCT mais pas du comité d’entreprise ? Enfin, le droit à l’expertise (droit de faire appel à des experts extérieurs) serait conservé, mais il pourrait être bouleversé par la création d’une « expertise commune » sur les questions relevant du comité d’entreprise et du CHSCT. Les modalités en seront fixées ultérieurement.

 

Négociations : exit les syndicats ?

Le projet de loi remet par ailleurs en cause la place des syndicats dans la négociation d’entreprise : il étend la possibilité pour les employeurs de négocier en l’absence de délégués syndicaux, avec des élus du personnel. Il élargit aussi le champ des sujets de négociation possibles dans ces conditions : les personnes désignées pourront mener toutes les négociations, y compris celles sur les salaires, l’égalité homme-femmes, la pénibilité. Alors qu’aujourd’hui elles sont limitées, en droit, à négocier les « mesures dont la mise en œuvre est subordonnée par la loi à un accord collectif », telles les contrats de génération, l’épargne salariale ou les forfaits-jour. Auparavant, cette mise à l’écart des syndicats n’était pas possible dans les entreprises de plus de 200 salariés.

François Rebsamen propose aussi de supprimer l’obligation de faire valider par une commission paritaire de branche les accords signés par des élus du personnel. Avec quels risques ? La commission paritaire de branche est une instance de contrôle : elle permet que les dispositions signées par accord conservent une certaine homogénéité et ne soient pas inférieures aux normes légales et conventionnelles. En supprimant son intervention, le législateur ouvre la voie à des accords inférieurs et au dumping social au sein de la branche, dès lors que la loi en offre la possibilité. Pour l’instant, cette possibilité est très limitée et strictement encadrée, mais pour combien de temps ? Manuel Valls vient en effet de confier à Jean-Denis Combrexelles, ancien directeur général du travail, la responsabilité d’un groupe de travail en charge de formuler des propositions qui donneraient au contrat une place plus importante qu’à la loi. Une étape de plus dans le démantèlement des acquis sociaux et des droits des salariés ?

Nolwenn Weiler

- Lire aussi : Dialogue social : menaces sur la liberté d’expression et la santé de millions de salariés, 22 janvier 2015.

Photo : CC Travailleurs sur le chantier de construction de l’hôtel Château Champlain, 1966. Archives de la ville de Montréal.

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23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 17:47

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

A Toulouse, manifester peut coûter la prison ferme

|  Par Louise Fessard

 

 

Accusé d’avoir participé à une manifestation interdite et d’avoir tenté de lancer un panneau sur un policier, Gaëtan Demay, un étudiant toulousain, a été condamné en appel à six mois de prison dont deux ferme. Dans la préfecture de Haute-Garonne, plus de 50 Toulousains ont été condamnés en six mois suite à des manifestations.

Sa condamnation a provoqué un large mouvement de solidarité sur les réseaux sociaux, allant bien au-delà des frontières françaises. Le 1er avril 2015, Gaëtan Demay, étudiant de 24 ans en histoire de l’art et archéologie à l'université du Mirail, écopait de six mois de prison dont deux ferme et de 1 100 euros de dommages et intérêts. Interpellé le 8 novembre 2014 lors d’une manifestation de soutien à Rémi Fraisse, le jeune homme est accusé d’avoir participé à un attroupement interdit et d’avoir tenté de lancer un panneau publicitaire sur un policier.

 

 

Toulouse, 8 novembre 2014. Les policiers chargent et effectuent leurs premières interpellations.Toulouse, 8 novembre 2014. Les policiers chargent et effectuent leurs premières interpellations. © Jacob Chetrit / La France VUE D'ICI
 

 

Les faits sont graves. Le 8 novembre, quelque 500 Toulousains, dont beaucoup d’étudiants venus du Mirail, manifestent sur les allées Jean-Jaurès à Toulouse contre les « grands projets inutiles », « les violences policières » et en mémoire du jeune écologiste Rémi Fraisse, tué par une grenade offensive sur le chantier du barrage de Sivens. La veille, le préfet de Haute-Garonne a interdit le mouvement en raison des « exactions commises précédemment » et d’une déclaration faite « hors délai ». Toutes les artères adjacentes aux allées Jean-Jaurès sont bloquées par un impressionnant déploiement policier, prenant en étau les manifestants. (Voir le portfolio que nous avons publié au lendemain des faits.) Deux hélicoptères survolent la ville. Vers 18 heures, alors que le cortège se disperse lentement, Gaëtan Demay est interpellé boulevard de Strasbourg par des agents en civil de la Brigade spécialisée de terrain (BST).

Selon deux agents, il aurait tenté de forcer le cordon policier et aurait traité le fonctionnaire porte-bouclier de « fils de pute », avant de lancer dans sa direction le panneau publicitaire d’un vendeur de kebab voisin. Un lancer pitoyable, puisque le panneau, trop lourd, aurait atterri à un mètre du gardien de la paix. Ce dernier, qui n’a donc même pas été effleuré, dépose plainte pour violences volontaires. Dans sa déposition, ce policier de la BST indique qu’il était accompagné de deux collègues. Tandis que dans le procès-verbal d’interpellation rédigé par un autre policier, les flics étaient cinq à intervenir. Peu importe ces contradictions, Gaëtan Demay est embarqué pour 48 heures de garde à vue au commissariat de Toulouse. Circonstance accablante, il est porteur de deux bouteilles de bière vides, qui constituent, aux yeux des policiers, une preuve de sa volonté d'en découdre.

« Je suis militant féministe, insulter la mère des gens n’est pas mon style, proteste Gaëtan Demay. Et je ne vois pas qui serait assez stupide pour tenter de forcer tout seul un barrage de policiers avec casques et boucliers. D’après moi, les policiers devaient interpeller des gens et en ont pris un au hasard. » L’étudiant reconnaît sa participation à la manifestation interdite, mais dément tout le reste. « Vers 17 heures, l’étau s’est relâché, les manifestants ont commencé à repartir, mais les policiers ont continué leur ratissage jusqu'à 18 heures, explique Gaëtan Demay. Moi, je marchais le long du mur en écrivant un texto. Je ne faisais pas trop attention à ce qui se passait. Le cordon de CRS s’arrêtait à chaque intersection pour laisser passer la BAC (brigade anticriminalité) qui interpellait n’importe qui. Puis les policiers chargeaient. Ils m’ont dépassé deux fois et la troisième fois, je me suis pris un coup de matraque sur le mollet. Un policier en civil m’a poussé et mis des coups de matraque au sol. » L’étudiant affirme avoir boité pendant plusieurs jours et avoir eu des hématomes au dos, aux cuisses et aux avant-bras. Mais en garde à vue, le médecin qui l'a examiné ne lui aurait pas délivré d'interruption temporaire totale (ITT). La scène, plutôt confuse, est en partie visible sur cette vidéo (à partir de 5 min 4 s et jusqu'à 6 min 8 s). On voit d'abord Gaëtan Demay habillé d'un blouson en cuir, jean bleu et baskets blanches marcher avec une autre personne le long du mur tout à gauche, puis au sol au milieu de policiers, avec un foulard rouge.

 

 

Selon la police, 21 personnes ont été arrêtées lors de cette manifestation. Au commissariat central, « les cellules étaient pleines, pas de couverture, ça sentait le vomi et la merde, et une geôlière chantait "Il est libre Max" », dit Gaëtan Demay. L’un de ses compagnons de cellule est « un jeune de 17 ans qui rentrait du travail ». Une première volée de manifestants sont condamnés en comparution immédiate le 10 novembre, dont un homme qui prend quatre mois ferme. Le 4 décembre, c’est au tour de Gaëtan Demay, qui a refusé la comparution immédiate, d’écoper de deux mois avec sursis et 1 100 euros de dommages et intérêts. Manifestement rédigé à la chaîne par le parquet de Toulouse, le procès-verbal de comparution immédiate fait référence, par erreur, au Code du sport (l'article L332-11 visé concerne les interdictions judiciaires de stade !). Les faits de violences sont si peu établis qu’Hervé Barrié, le président du tribunal correctionnel de Toulouse, les requalifie en « tentative de violences volontaires », une infraction non punissable. Ce que relève immédiatement le procureur présent à l'audience.

L’étudiant fait donc appel. Mais si la copie du jugement reçue par son avocat, Me Julien Brel, mentionne bien qu'il n'a fait que « tenter » de blesser le policier, la condamnation ne fait pas état de cette requalification. Et pour cause. En consultant le dossier de son client au greffe, Me Brel s’aperçoit que la note d’audience a été blancotée pour transformer la « tentative de violences volontaires » en « violences volontaires ». Stupéfait, il saisit, le 27 janvier 2015, le président du tribunal de grande instance de Toulouse, Henri de La Rosière de Champfeu.

 

Toulouse, 8 novembre 2014. Des policiers en civil attendent au croisement de ruelles. Le climat est très tendu.Toulouse, 8 novembre 2014. Des policiers en civil attendent au croisement de ruelles. Le climat est très tendu. © acob Chetrit / La France VUE D'ICI
 

Après enquête, le président se fend, le 4 février 2015, d’une lettre de trois pages à Me Brel et au bâtonnier des avocats de Toulouse pour leur expliquer qu’il s’agit d’une « méprise complète entre le juge et la greffière ». Et surtout pas d’un faux. « Rien ne vient établir qu’il y aurait eu la volonté, de la part du juge, de forger un faux pour couvrir une illégalité », assure le magistrat, qui insiste dans son courrier sur « la bonne foi » du juge et de la greffière, ainsi que sur le « caractère exceptionnel voire unique » de cette « erreur ».

Que s'est-il passé ? La greffière se serait méprise sur les propos du juge, qui lui aurait recommandé, à l'issue de l'audience, de ne rien changer malgré l'illégalité de la décision. Puis, Hervé Barrié aurait tout simplement signé le jugement rédigé par sa greffière sans remarquer qu’il ne mentionnait pas la requalification. Cette « inattention constitue une négligence », écrit Henri de La Rosière. Pour finir, la greffière, « pour assurer la conformité de la note d’audience avec le jugement, a recouvert avec du correcteur blanc la mention de la note d’audience relative à la requalification, ce qui constitue une faute ». D’inattention en négligence, Hervé Barrié, qui s’était déjà illustré en septembre 2013 en accusant les Roms de « piller la France », a été privé de la présidence des audiences correctionnelles et sa greffière mutée dans un autre service. « Concernant d'éventuelles sanctions disciplinaires, cela relève désormais du président de la cour d’appel », nous a indiqué, ce 22 avril, le secrétariat général du président du tribunal de Toulouse.

Criminalisation des mouvements sociaux

 

Assemblée générale à l'université Toulouse II, le 16 avril 2015.Assemblée générale à l'université Toulouse II, le 16 avril 2015.
 

Suite à cette « erreur », la cour d’appel de Toulouse n'a pu que constater la « distorsion entre le jugement prononcé à l’audience et le jugement rédigé ». Et a dû annuler, le 1er avril, la décision du tribunal correctionnel. Ce qui n’a pas empêché les juges d’alourdir la peine de prison de Gaëtan Demay, portée à six mois dont deux avec sursis. L'étudiant a été condamné pour « participation sans arme à un attroupement après sommation de se disperser » et « violences n’ayant pas entraîné d’incapacité totale de travail sur personne dépositaire de l’autorité publique ». La cour d'appel a considéré que, malgré l'absence de casier judiciaire, les faits « présentent une gravité particulière, s’agissant non seulement d’une atteinte aux personnes, mais de plus, dirigée contre des policiers »

 

Congrès de l'Unef le 12 avril 2015.Congrès de l'Unef le 12 avril 2015.

 

« Si le droit de manifester constitue une liberté fondamentale, l’adhésion aux valeurs que cette manifestation entendait exprimer (…) n’autorise pas sous ce couvert à développer une agressivité significative en profitant de la confusion consécutive à la situation du refus des manifestants de quitter les lieux et en se donnant les moyens matériels de développer sa violence, pour commettre des actes au préjudice des policiers (…) uniquement parce qu’ils constituent la représentation visible de la puissance publique », justifie-t-elle dans sa décision. Tout comme lors de la première audience, le policier « victime » n’était pas présent à l'audience.

Membre du syndicat Solidaires étudiant-e-s et du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), l’étudiant a préféré ne pas se pourvoir en cassation, « à cause des délais » et « pour ne pas faire retomber » le mouvement de soutien qui s'est constitué autour de lui. Son père, militant à Sud PTT dans la Nièvre, qui « s’est démené pour que je ne sois pas incarcéré », a été hospitalisé lasemaien dernière suite à un infarctus. « Il était à bout et n’admettait pas que je sois condamné à deux mois de prison pour rien, dit Gaëtan Demay. On ne savait pas s’il allait survivre. Heureusement il va mieux, et s'est réveillé hier. » L’étudiant, qui travaille comme vacataire à la fac et dans une boulangerie, attend toujours un rendez-vous avec le juge d’application des peines : « On m’a dit au palais de justice que ça pouvait prendre trois, voire six mois. »

 

Mouvement interprofessionnel du 9 avril 2015.Mouvement interprofessionnel du 9 avril 2015.
 

Selon un décompte militant, quelque 54 Toulousains ont été condamnés depuis novembre 2014 et les premières manifestations interdites contre le barrage de Sivens. Souvent en comparution immédiate, une procédure qui « présente toujours le risque d'une plus grande sévérité, car les prévenus ont moins le temps de préparer leur défense et le tribunal dispose de moins d'éléments d'appréciation », souligne Odile Barral, déléguée régionale du Syndicat de la magistrature à la cour d'appel de Toulouse. Prenant prétexte de quelques débordements réels lors de rassemblements en soutien aux zadistes, la préfecture de Haute-Garonne s’oppose désormais presque systématiquement aux rassemblements en centre-ville. Et la nouvelle municipalité UMP n'est pas en reste. « Nous en sommes réduits à lutter pour avoir le droit de lutter, dit Gaëtan Demay. Alors que nous ne faisons qu’exercer un droit fondamental, que le gouvernement se gargarisait de représenter après l’attentat à Charlie Hebdo. Et au premier mouvement de contestation, ils mettent ces droits au pilori ! » Le 6 mars 2015, quelque 500 militants toulousains, qui protestaient devant le Capitole contre l’expulsion annoncée de plusieurs syndicats dont la CGT de leur siège historique à la Bourse du travail, ont été gazés par des policiers municipaux.

Le 7 mars, la section toulousaine de la Ligue des droits de l’homme (LDH) s'est vu interdire le centre-ville par la préfecture pour une manifestation organisée dans le cadre de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes (lire le communiqué du NPA 31). L’association s’inquiète de la « dégradation progressive » de « l’exercice des droits fondamentaux » à Toulouse avec des interdictions en pagaille, « un contrôle policier grotesque et démesuré » et leur « cantonnement à l’extérieur du cœur de la ville ». Le 21 mars, c’est une modeste marche « contre tous les racismes » et « l'islamophobie » qui provoque à nouveau un dispositif sécuritaire ahurissant : près de 600 policiers pour 300 manifestants, selon l’AFP

Le 31 mars, Jean-Luc Moudenc, le maire UMP de Toulouse, refuse au NPA l’usage d’une salle municipale pour la tenue d’une réunion publique dénonçant « L’Apartheid, de l’Afrique du Sud à Israël ». Dans un communiqué, l’élu argue qu’il ne peut « tolérer qu’une réunion publique prônant la discrimination à l’égard de personnes de confession juives et de produits commerciaux associés à la religion juive et à l’État d’Israël se tienne à Toulouse, dans une salle municipale ». Il invoque également des « risques de trouble à l’ordre public ». À nouveau, la LDH s'insurge de cette décision « arbitraire qui s’inscrit dans la dérive actuelle qui tend, en termes de liberté d’expression, à faire prévaloir les décisions de coercition administrative a priori sur le pouvoir de contrôle judiciaire, garant du respect des libertés des personnes ».

 

En avril, chez des employés de Coca-Cola en lutte à Madrid.
En avril, chez des employés de Coca-Cola en lutte à Madrid.
 

Emmanuel Barot, maître de conférences en philosophie à l’université du Mirail, très actif au sein du collectif de soutien à Gaëtan Dumay, note une « convergence entre la préfecture et le nouveau maire UMP pour étouffer toute contestation radicale en criminalisant les mouvements sociaux ». « Depuis novembre, les manifestations sont fliquées et quadrillées avec un déploiement policier qui témoigne d’une volonté de ne laisser la rue à personne, estime-t-il. Ce qui peut faire penser que Toulouse sert de laboratoire d’un nouveau mode de gestion de la rue. »

Le 16 avril, au Mirail, une assemblée générale réunissant étudiants et personnels a voté la création d'un collectif unitaire contre la répression. Deux rassemblements en soutien à Gaëtan ont eu lieu vendredi 17 avril devant la fontaine Saint-Michel à Paris et place Jean-Jaurès à Toulouse. Le même jour, le secrétaire national du Parti de gauche Éric Coquerel et l’ex-porte parole du NPA Olivier Besancenot ont dénoncé lors d’une conférence de presse « la répression et la criminalisation du mouvement social ». « Le cas de Gaëtan condense deux scandales en un, estime Olivier Besancenot dans un communiqué commun. D'abord une peine révoltante à elle seule, qui porte sur le seul fait d'avoir manifesté. Et ensuite tout ce que ça implique, quand on voit la loi sur le renseignement. Parce que si cette loi passe, des Gaëtan il va y en avoir partout. » Dans Libération, une cinquantaine de personnalités se sont, elles, alarmées sous le titre « Manifester en France, c'est risquer de finir en prison ».

Les militants toulousains cherchent désormais à tisser des liens avec les comités de soutien d’autres manifestants condamnés, comme cet étudiant italien arrêté le 18 mars à Francfort (Allemagne) lors de la journée d'action contre la Banque centrale européenne organisée par la coalition Blockupy. « Nous voulons reconstruire une solidarité à une nouvelle échelle entre tous ceux qui sont condamnés pour avoir manifesté leur opposition aux politiques sociales, environnementales et économiques actuelles », dit Emmanuel Barot. Malgré sa condamnation, Gaëtan Demay est déterminé à « leur montrer qu'on ne se laissera pas faire ». « Nous voulons construire autre chose et leur répression ne nous impressionne pas », lance le jeune homme.

 

Boîte noire : Toutes les photos (à l'exclusion de la première) utilisées dans cet article proviennent de la page Facebook « Pas de prison pour Gaëtan ». Me Julien Brel, qui ne défend plus Gaëtan Demay, n'a pas souhaité s'exprimer.

 

 

 

Source : http://www.mediapart.fr

 

 

 

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23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 17:36
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23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 17:27

 

Info reçue par mail

 

RAMASSAGE BÉNÉVOLE DÉCHETS PLAGE GRAND RADEAU 2015
 

 
 
Bonjour
Si vous voulez faire une super balade sur une plage protégée communale magnifique réservée aux taureaux et au oiseaux en pensant à eux ?
Nous pouvons organiser un covoiturage à partir de notre secteur . Et vous pouvez faire de même dans le votre.
 A FAIRE SUIVRE
J'ai participé l'an passé , c'est magnifique.
 
A votre disposition pour plus d'info
Bernard Bruyat
O4 75 37 58 97
 
 
 
 
 
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23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 17:17

 

Info reçue par mail

 

Salut à tous,
 
De septembre 2015 à juin 2016 avec Zicomatic Asso 
on cherche à mettre en place des stages de théâtre adultes sur Nimes (ou alentours).
Ça sera du théâtre d'impro (méthode Stanislavsky)
Stage que j'animerai moi même (je suis comédienne et intervenante en théâtre).
Le stage se fera un Week-End par mois (journée entière du samedi et dimanche après-midi) et coûtera 35 euro par mois pour chômeurs- RSA- petits salaires ou petite retraite et 45 euros pour les autres. Les participants devront s'engager sur l'année pour pouvoir faire un travail évolutif.
Pour l'instant je suis à la recherche d'une salle.
Etant donné coût du stage (très petit prix par rapport à nos tarifs habituels, mon but étant de le rendre accessible à tous) il me faudrait un minimum de 10 personnes. Pour l'instant je tâte le terrain de qui peut-être intéressé avant de me lancer dans la pub. 
Pouvez vous faire tourner l'info. Si des personnes sont interessées elles peuvent envoyer un mail à zicomaticasso@yahoo.fr ou un texto au 06.09.38.60.21. Si vous avez des idées de salle je suis preneuse.
Merci de faire tourner, ayant peu de contacts sur Nîmes je compte sur le bouche à oreilleS.
Merci. 
Marion

 

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23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 17:01

 

Info reçue par mail

 

 

 

ROBIN DES TOITS
Correspondance : 33 rue d'Amsterdam 75008 Paris

Tél. : 33 1 47 00 96 33


De : <info@santepublique-editions.fr>

Objet : URGENT : Appel à mobilisation contre le compteur Linky

 

Bonjour, (MERCI DE BIEN VOULOIR TRANSFERER CE MAIL A VOTRE CARNET D'ADRESSES)
 

La loi de transition énergétique, qui sera votée « avant l'été 2015 », prévoit de rendre obligatoire le Linky, un nouveau compteur électrique qui émet des radiofréquences, sous peine d'amende de 1.500 euros.

Les radiofréquences qu'émet le Linky sont classées « cancérogènes possibles » depuis le 31 mai 2011 par le Centre international de recherche sur le cancer, qui dépend de l'OMS.

Après l'installation d'un compteur Linky, tous les appareils électriques ré-émettent ces radiofréquences sur une distance de 2,50 mètres.

(voir la vidéo de mesures réalisée par l'association Next-up, en ligne sur
http://www.santepublique-editions.fr/loi-de-transition-energetique-linky-3-mois-de-sursis-pour-les-victimes-c.html#videonext).

Si la loi de transition énergétique est adoptée en l'état par les députés et les sénateurs lors de son deuxième examen « avant l'été 2015 », personne ne pourra échapper aux radiofréquences.

De plus, le système Linky prévoit que des « opérateurs d'effacement » éteindront à distance nos appareils électriques pour lisser les « pointes » de consommation. Mais cette non-consommation ne diminuera pas nos factures, ce sont les « opérateurs d'effacement » (des sociétés privées) qui s'en mettront « plein les poches » selon l'expression toute crue utilisée en séance par un sénateur UMP le 18 février 2015.

La presse reste muette sur le sujet alors que 2.500 journalistes ont reçu par mail, entre le 3 février et le 3 mars 2015, des informations détaillées sur les raisons supplémentaires de ne pas déployer 35 millions de compteurs Linky en France :

- l'augmentation des cas d'électro-hypersensibilité

- la surveillance, à distance et en temps réel, de l'activité des occupants des logements

- l'augmentation de 10 à 20 % de la consommation mesurée (et facturée), car le compteur Linky mesure la consommation réelle des appareils électriques munis de moteur, comme le lave-linge, l'aspirateur, les robots ménagers, l'outillage pour le bricolage, les ventilateurs, les climatiseurs, les pompes à chaleur, les appareils munis de tranformateurs et/ou de batteries rechargeables -téléphone portable, ordinateur fixe et portable, imprimante, scanner, hifi, etc. (Tous les appareils électriques sont munis de moteurs, à l'exception de ceux qui produisent de la chaleur au moyen d'une résistance : radiateur, ballon d'eau chaude, four, plaque de cuisson, grille-pain, bouilloire, fer à repasser.)

Quant aux ampoules basse consommation fluocompactes, dont le Cosinus Phi est de 0,5, leur consommation mesurée (et facturée) va doubler. De plus, il faut savoir qu'après avoir été rendues obligatoires, ces ampoules sont d'ores et déjà interdites au niveau mondial à l'horizon 2020 par la Convention de Minimata, signée le 19 janvier 2013 à Genève par 140 Etats dont la France, en raison de leur teneur en mercure.

Tout ce qu'il faut savoir est en ligne sur le site http://www.santepublique-editions.fr

Voici des idées d'actions à mettre en oeuvre avant l'été 2015 afin de faire pression sur le gouvernement et sur le parlement pour qu'ils renoncent au déploiement du compteur Linky (le mode d'emploi détaillé de chaque action est en ligne sur le site http://www.santepublique-editions.fr)

1. Transférer ce mail à tout votre carnet d'adresses pour alerter un
maximum de personnes avant le prochain réexamen de la loi de transition énergétique, en demandant à vos correspondants de transférer eux aussi le mail à tout leur carnet d'adresse, afin de créer une chaîne d'information par mail. Il faudrait que toute personne qui dispose d'une adresse mail en France reçoive cette information avant le 15 mai 2015, puisque la presse n'en parle pas.

2. Signer et faire signer la pétition contre le compteur Linky et l'envoyer à Madame Ségolène Royal, ministre de l?Ecologie et de l'Energie. (Il est certes facile de cliquer sur une pétition en ligne, mais l'impact sera plus fort si des milliers de pétitions "papier" lui parviennent chaque matin par la poste.)

3. Prendre rendez-vous avec votre député et votre sénateur pour leur apporter des informations et leur demander de déposer des amendements contre le système Linky lors de l'examen de la loi en deuxième lecture.

4. Envoyer en quelques clics un mail à tous les députés et sénateurs (le mode d'emploi et toutes les adresses mail sont en ligne sur www.santepublique-editions.fr)

5. Envoyer un mail ou une lettre à François Hollande. L'envoi du courrier au président de la République est gratuit (franchise postale).

6. Demander aux journalistes des médias que vous lisez ou auxquels vous êtes
abonné-e de révéler sans délai toutes les informations disponibles sur les nombreux inconvénients du Linky.

***

Dans un premier temps, l'obligation du compteur Linky s'appliquera à tous les
bénéficiaires des minima sociaux et à ceux qui procèderont à une rénovation thermique de leur logement. L'obligation sera ensuite étendue par voie d'ordonnance aux autres catégories de population.

C'est maintenant qu'il faut manifester notre opposition au Linky !

Merci de bien vouloir diffuser largement cette information autour de vous.

Bien sincèrement à vous,

Annie Lobé
Journaliste scientifique indépendante
http://www.santepublique-edtions.fr

SantéPublique éditions
20 avenue de Stalingrad
94260 FRESNES


2 pièces jointes : - ALTERNATIF bien-être : conseils pratiques pour se protéger des ondes

- fiche technique Mesures_CQFD sur le CPL (Courant Porteur en Ligne) couplé au compteur LINKY obligatoirement.

Marc CENDRIER
Chargé de l'Information Scientifique

Tél. : 33 1 47 00 96 33

Permanences téléphoniques :
- le matin entre 8h00 et 9h00 (sauf samedi et dimanche matin)
- le soir entre 21h00 et 22h00
 
 
 
 
 
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23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 16:50

 

Info reçue par mail

 

Equinox, le centre équestre de Sauve (Gard) a besoin d'aide

 

 

Bonjour,
Demain vendredi 24, de 18h30 à 20h, Équinox organise une "réunion-apéro" pour créer un comité de soutien destiné à nous entourer face à la situation de grande difficulté où nous sommes rendus. Toutes les bonnes volontés sont bienvenues, il y a urgence ! Voici un mail si vous ne pouvez pas venir mais que vous souhaitez être informé(e) à ce sujet : alertebanassou@yahoo.fr
De nîmes, prendre la D999 direction le Vigan jusqu'à SAUVE. à Sauve, laisser le village sur la gauche et prendre à droite la D 182 direction VILLESEQUE. Continuer 3 km en suivant les panneaux Equinox sur la D 182. L'entrée est un chemin sur la droite, indiqué par un panneau avec un cheval ! Pour ceux qui le souhaitent, il est possible de rester dormir sur place, avec une tente ou en yourte (prévoir duvet ou drap + couverture). Après la réunion, il est aussi possible de prolonger la soirée au village avec un concert au bar Troquet Toqué.
http://www.equinox-equitation.com/

 

 

 

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23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 16:45

 

Source : http://zad.nadir.org

 

Infos du 20 avril au 26 avril

mercredi 22 avril 2015, par zadist

 

 

Point sur les rumeurs concernant une possible intervention sur la ZAD de NDDL

Il y a toujours des rumeurs au sujet d’une possible intervention des flics.

- si vous voyez quelque chose, de nous signaler toute information sur d’éventuelles présences de flics ou d’engins de travaux au numéro d’urgence : 06 43 92 07 01 ;
- avant de faire tourner une info, de la recouper en regardant sur ce site web ou en appelant le numéro d’urgence si elle n’est pas encore publiée sur le site.

Les infos d’urgence qui tournent sur les réseaux sociaux ne sont pas toujours confirmées. Restons vigilants, mais évitons de crier au loup ! Ca nous permettra de réagir rapidement et évitera de faire tourner des rumeurs.

Merci d’avance !


Pour la connexion sécurisé de notre site : https://zad.nadir.org l’empreinte du nouveau certificat c’est 7C:88:27:D9:7F:FE:BD:EC:2B:F9:7E:7F:74:43:22:33:90:02:B7:68 (du 12/04/2015 au 22/05/2015)


Infos sur la répression

- Jordan est incarcéré suite à la manif du 22 février ; il avait pris 5 mois ferme (qui devaient être aménagés en autre chose que de la prison). Pour lui écrire : MAHE Jordan - écrou 60532 - Centre Pénitentiaire de Nantes - B.P. 71636 - 44316 NANTES-CÉDEX


La saison d’étude du "Suivi scientifique du dispositif de compensation en faveur du Triton marbré" ayant repris, ouvrons l’oeil pour repérer les étudiant-e-s, les dispositifs de prélèvements, ... (de mi mars à fin juillet). Contre l’aéroport et son monde de compensation !!

- Mardi 21 avril

- des nouvelles de Vinci :
même pas honte : Vinci porte plainte en diffamation contre l’association Sherpa suite au dépot de plainte contre Vinci Construction Grands Projets et sa filiale Qatarie le 23 mars pour travail forcé et réduction en servitude.

- et de la CCI : qui sort une nouvelle étude pour dire que l’extension de l’aéroport actuel ne serait pas possible, le tout sous couvert d’écologie... en tout cas, c’est pas l’avis de l’Atelier Citoyen, qui présentera ses réflexions à Blain le 28 avril à 20h à la salle Henri Dunan...

-  des nouvelles d’ailleurs :

- la ZAD d’Oléron est expulsable : courage et solidarité !

- des nouvelles du comité NDDL 09 qui ont organisé le we dernier une soirée de soutien à Sivens et un rassemblement devant un réservoir vide, projet qui avait été combattu à son époque ...

- à Vannes, Le groupe libertaire Lochu appelle à se mobiliser contre le rassemblement initié par le groupe d’extrême droite bretonne Adsav, samedi 25 avril au port de Vannes. Sous prétexte de dénonciation du trafic de drogue, leur communiqué montre très vite que leur démarche est xénophobe. Mais, au fond, leur revendication vise à accroître la surveillance déjà installée par la mairie UMP de Vannes sur l’ensemble de la population. Place des Lices, à Vannes, dès 13h30

- de la lecture  : une tribune dans Libération "Manifester en France, c’est risquer de finir en prison" signée par de nombreuses personnalités pour dénoncer la criminalisation des luttes sociales et politiques en ce moment en france.

- un petit aperçu de la journée du 17 avril, journée internationale des luttes paysannes : à Bruxelles, une cinquantaine de paysan-ne-s et personnes concernéesont occupé pendant quelques heures le département responsable de l’agriculture de la commission européenne, pour demander la fin des négociations sur le traité transatlantique. A Vannes, une chanson au milieu de la cantine de la cité de l’agriculture a retenti pour affirmer qu’on ne se laissera pas faire, on aura accès aux terres !

- Le soleil brille toujours, les jardins se relancent, les cabanes poussent, les discussions se poursuivent, les oignons sont plantés, ... c’est le printemps ....

 

Source : http://zad.nadir.org

 

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22 avril 2015 3 22 /04 /avril /2015 15:28

 

Source : http://www.reporterre.net

 

En Catalogne, une colonie éco-industrielle invente une façon de vivre libérée du profit

22 avril 2015 / Emmanuel Daniel (Reporterre)
 


 

 

Construire un analyseur d’eau, des systèmes d’éclairage écolos, brasser de la bière ou créer un réseau de téléphone alternatif... Voilà à quoi s’affairent une vingtaine de Géo Trouvetou installés dans une usine délabrée transformée en communauté rurale libertaire et high-tech. Cette « colonie éco-industrielle post-capitaliste » invente des façons de vivre et de produire libérées de la logique du profit.

 

- Calafou (Espagne), reportage

Pour accéder au fond de la vallée, le véhicule doit naviguer entre les bosses d’un chemin de terre mal entretenu. A l’arrivée, on est acccueilli par une barrière levée et rouillée qui semble bloquée dans cette position depuis des décennies. Sur le muret d’enceinte, on peut lire en lettres vertes et noires sur fond blanc : « Calafou, colonie éco-industrielle post-capitaliste ».

De prime abord, le post-capitalisme n’a rien de séduisant. Des murs grisâtres défraîchis par le temps, des embrasures de portes sans portes, des carreaux brisés qui laissent passer le vent frais de février. Certains bâtiments donnent l’impression d’avoir été abandonnés avant même d’avoir été finis. Derrière l’un d’eux, une cheminée industrielle pointe encore son nez vers le ciel mais cela fait longtemps qu’aucune fumée n’en est sortie.

 

 

Adossée au bâtiment principal, une petite église investie par la végétation sert de débarras. Sans la présence de voitures et de caravanes, on pourrait penser que Calafou fait partie de la centaine de colonies industrielles désaffectées qui pourrissent près des rivières catalanes, vestige du passé industriel de la région.

 

Souveraineté technologique

« Au siècle dernier, plusieurs dizaines de familles vivaient ici et produisaient du papier, du textile ou plus récemment des plaques de métal », me raconte Pablo, un doctorant en biologie, en s’appuyant sur les souvenirs de l’ancien propriétaire et les quelques archives dénichées dans les sous-sols de Calafou. Abandonnée depuis l’incendie d’un des bâtiments au milieu des années 2000, cette friche industrielle située à 60km à l’ouest de Barcelone a été rachetée il y a quatre ans par une bande de néo-ruraux pas comme les autres.

Didac, un des initiateurs du projet explique qu’ici « l’objectif n’est pas tant d’arriver à l’autosuffisance alimentaire qu’à la souveraineté technologique ». Pour ce sociologue qui a vécu plus d’un an sur place, Calafou s’inscrit dans une logique de réappropriation de la technique et des outils qu’il refuse de laisser « entre les mains des entreprises capitalistes internationales ».

En quatre ans, de nombreux travaux ont été effectués. Mais malgré les efforts des habitants, les 28 000 m² de hangars offrent encore un paysage que Didac qualifie de « post-apocalyptique ». Et c’est précisément ce qui a attiré Maxigas, doctorant en production collaborative.

 

 

Installé devant un écran traversé par des lignes d’écriture verte qui semblent venir directement de la planète Mars, une tasse de maté fumante à la main, il m’explique les raisons de sa présence ici : « Vu que la société est une ruine, j’aurais l’impression de me mentir à moi-même si j’habitais dans un appartement propret aux finitions parfaites. J’aime les ruines et les univers chaotiques, ils m’ont l’air plus réels ».

 

Biologie, porno et bricolage

Ulyses, un trentenaire au sourire ineffaçable se charge de faire visiter les lieux aux cinq personnes arrivées ces derniers jours. On découvre que derrière ces mastodontes de béton se cache une Silicon Valley rurale et anti-capitaliste.

Le long d’un grand hangar à ciel ouvert, quelques portes donnent sur des ateliers abrités par la seule partie du toit épargnée par les flammes. Derrière l’une d’elles, on trouve un laboratoire de biologie où Pablo analyse notamment l’eau et la terre des environs qu’il soupçonne d’avoir été souillées par les rejets industriels des dernières décennies.

 

 

Sur la table et les étagères de ce minuscule local, quelques instruments d’analyse et de stérilisation traînent aux côtés d’un cendrier et d’une pile de bouquins. Mais faute de moyens, l’équipement du labo est minimaliste. Heureusement, ses utilisateurs ne manquent pas de créativité :

« On a construit notre propre incubateur avec un appareil photo, des lumières et du wifi. Grâce à ça, on peut voir les bactéries en train de se développer à distance », raconte-t-il avec fierté en ouvrant le vieux frigo dans lequel leur création est conservée.

Quelques portes plus loin, des inscriptions à la bombe nous indiquent l’entrée du Penchblenda, un « trans-hack feminism lab ». Dans ce cabinet des curiosités à peine plus grand qu’un studio d’étudiant, chaque centimètre carré est utilisé pour stocker une des inventions de Pin, une des taulières du lieu.

 

 

Cette autodidacte aux cheveux roses et rebelles nous fait visiter son antre avec un enthousiasme communicatif. A côté d’un détecteur gérant le remplissage d’une cuve à eau, d’une dynamo artisanale, d’un projet de LEDs, de piezo-électricité et d’un microscope fabriqué avec une caméra USB, elle nous montre des godemichés moulés sur place dans une matière caoutchouteuse innovante, des instruments de musique corporels, des outils pour faire soi-même son diagnostic gynécologique et des photos de « post-porn ».

Une cohabitation surprenante d’objets et de concepts qui répond pourtant d’une même volonté : reprendre la main aussi bien sur son corps que sur son environnement. Transformer et bidouiller tout ce qui a été standardisé et par le capitalisme et « l’hétéro-patriarcat ».

 

Pirates des temps modernes

A l’étage inférieur, je pénètre via une porte branlante dans un des lieux phares de la colonie : le Hackafou. Sous le regard rieur de Jolly Roger, le drapeau pirate qui flotte au milieu de la salle, des hackers s’affairent.

Pendant que la coque d’un analyseur d’eau sort couche par couche d’une imprimante 3D, un homme installe Linux sur un ordinateur pendant qu’un autre s’amuse à pirater mon appareil photo. C’est à ce moment que Pin surgit et repart avec sous le bras une pile de vieux ordinateurs portables qu’elle entend ressusciter.

Dans ce repère où cohabitent des petits génies, du matériel high-tech, un poêle à bois antédiluvien et des revendications politiques, plusieurs équipes ont travaillé sur le développement d’outils destinés aux mouvements sociaux comme un réseau social alternatif ou un réseau téléphonique gratuit et sécurisé.

 

 

Mais c’est le Bitcoin, une monnaie virtuelle cryptée, qui a apporté une renommée internationale à Calafou, au grand dam des habitants actuels. Amir Taaki, surnommé le « Guru du bitcoin » a séjourné plusieurs mois à la colonie avec son équipe, attirant des journalistes laissant entendre dans leurs articles que Calafou était le QG du Bitcoin.

Cette publicité indésirable ramène encore aujourd’hui des curieux du monde entier en quête d’informations sur cette la fameuse monnaie qui prend de l’ampleur hors de tout contrôle étatique. Sauf que les occupants acceptent difficilement d’être associés à cette monnaie « anarcho capitaliste » et ils sont nombreux à la colonie à garder un souvenir amer du Guru et de son équipe.

Peuplée de punks, de technophiles, de féministes radicales et de bricoleurs, Calafou n’a rien d’une communauté de hippies. « On ne ressemble pas aux communautés néo-rurales classiques qui font pousser des légumes. Moi je voulais vivre à la campagne et faire des choses liées à la science et à la technologie », raconte Pablo.

 

 

Dans cette atmosphère technophile fleurissent néanmoins des projets divers. Près du bâtiment principal, dans une salle carrelée, trois personnes surveillent un thermomètre plongé dans une cuve. De là sortira la Rosa de Foc (Rose de feu, surnom de Barcelone), la bière artisanale dont ils produisent 800 litres par mois.

Ulyses explique qu’à Calafou on trouve également un mini cirque, une fabrique de savon, un projet de numérisation de livres, un centre social, un jardin... La colonie compte aussi un énorme atelier équipé d’une dizaine de machines dédiées au travail du bois. Ces outils sont collectivisés et n’importe qui peut les utiliser gratuitement à condition de reverser une part à Calafou en cas de profit.

 

Une économie alternative

Certains projets comme le centre social ou le laboratoire de biologie sont dits collectifs et à ce titre bénéficient du soutien de la Colonie et de locaux gratuits. Les autres, comme la brasserie ou la fabrique de savon, sont dits autonomes. Ceux-ci louent l’espace utilisé à raison d’1€ par mois et par m² et doivent reverser une partie de leurs bénéfices à la communauté.

Généralement, les projets autonomes versent 1/3 des recettes à ceux qui y participent, 1/3 pour consolider le projet et 1/3 pour la colonie. Pour le moment l’équilibre financier est fragile et la Colonie a bouclé l’année dernière avec difficulté. « Mais ça va mieux. Cette année, on va mettre le paquet », assure Pablo.

Et puis, en cas de problème, ils ne sont pas seuls. Calafou est un des projets autonomes de la Coopérative intégrale catalane (CIC), un mastodonte de l’alternative doté d’un budget d’un demi million d’euros issu de « l’insoumission fiscale », en clair, de l’évasion fiscale à des fins sociales. Avec cet argent, ils développent des outils juridiques, techniques et économiques afin de faciliter la construction d’alternatives dans le domaine de la santé, de l’éducation ou encore du logement. On trouve à Calafou un bon exemple de ce que permettent les outils crées par la commission logement de la CIC.

Au fond du terrain, caché entre un flanc de montagne et l’énorme hangar au toit carbonisé, se trouve la coopérative de logement social, une des sources principales de rentrées d’argent de Calafou. Le bâtiment compte 27 appartements et près d’une vingtaine sont pour l’instant occupés. Les habitants peuvent payer un loyer de 175 € à la coopérative ou acheter le droit d’usage de l’appartement pour 16 800 €.

 

 

C’est ce qu’a choisi de faire Karioka. Il peut en jouir à vie et récupérer sa mise en cas de départ, mais les murs continuent d’appartenir à la coopérative. Il ne peut donc pas revendre son logement. « L’avantage du droit d’usage est qu’on ne peut pas spéculer sur l’immobilier », explique ce grand gaillard avec sa voix puissante et un cheveu sur la langue.

C’est notamment cet argent qui a permis d’acheter la colonie vendue 400 000€ par son propriétaire. Près de la moitié a déjà été remboursée et ils entendent se libérer de la dette en moins de dix ans. Les habitants qui ne peuvent ou ne veulent pas payer pour un appartement personnel résident dans la « maison rouge », bâtiment en brique composé de dortoirs où logent également les invités.

 

Vers le post-capitalisme

En cette fin février, la colonie ne déborde pas d’activité et on se demande si les vingt-cinq personnes qui y vivent actuellement ne sont pas entrées en hibernation. Rox explique que le climat n’y est pas pour rien. « L’hiver a été très froid et sans la structure pour affronter ce froid, c’est dur d’être productif. En été, quand on peut faire des choses sans avoir cinq épaisseurs de vêtements sur soi, ça change la donne », raconte cette Italienne dont les mèches bleues dépassent de ses deux capuches.

Mais ce n’est pas la seule raison. « Beaucoup d’activités ici ne sont pas visibles. Le lieu est très grand donc personne ne te voit travailler », continue-t-elle. En effet, chaque jour passé sur place, j’ai découvert au moins une nouvelle pièce dans ce dédale industriel...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

 

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22 avril 2015 3 22 /04 /avril /2015 15:00

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

Pour l’Afrique et ailleurs 22/04/2015 à 13h18

Des ordis dans des bidons

Claire Richard | Journaliste Rue89

 

 
 

Récupération et coûts minimum : le mouvement des Jerrys diffuse un accès facilité à l’informatique avec des composants d’ordinateur et des logiciels libres dans des jerrycans et autres matériaux simples.

 

Un jerry ouvert (Jerry-DIT)

Installer un ordi dans un bidon, une calebasse ou une mappemonde ? Oui, c’est possible. Un peu partout dans le monde, la communauté des « Jerrys » s’affaire à organiser des ateliers pour fabriquer des ordis de récup’. L’idée : lutter contre la fracture numérique et se réapproprier de façon ludique la technologie.

 

Un ordi dans un bidon

Les Jerrys sont nés en 2011, à l’Ecole nationale supérieure de création industrielle (l’ENSCI), d’une collaboration entre des étudiants et l’entreprise Hedera, qui voulait fabriquer des serveurs à bas prix pour les pays en voie de développement. Justine Hannequin, membre de Jerry Paris, raconte :

« En faisant des études de terrain en Afrique, ils s’étaient rendu compte que ces populations n’avaient pas accès aux technologies à cause des coûts d’acheminement. A cette époque, il n’existait pas d’usine de production de serveur ou d’ordinateur en Afrique. Les coûts étaient donc exorbitants : au coût des composants s’ajoutait le transport de la matière des carcasses qui les entourent. »

Pour que l’hébergement des composants informatiques coûte moins cher et que le coût des infrastructures diminue, trois étudiants proposent d’utiliser un bidon. Car les bidons sont très courants en Afrique et ailleurs, très résistants mais aussi faciles à découper et à modifier. L’idée s’impose et les étudiants créent une association pour diffuser cette idée simple : installer les composants d’un ordinateur dans un bidon.

 

Du « Do It Yourself » au « Do It Together »

Jerry est d’abord un projet « Do It Yourself » (faites-le vous-mêmes) : on est censé lire la méthodologie et les tutoriels, et le faire soi-même.

 

 

Mais rapidement, le projet prend de l’ampleur. En 2012, des étudiants algériens contactent les membres de Jerry Paris, pour qu’ils les aident à installer des jerrys dans leur fac.

« On y a passé un mois et on les a aidés à organiser deux semaines d’ateliers. C’est ça qui a marqué le tournant vers le Do It Together, l’idée de faire à plusieurs. Là-bas, on a compris que c’était une composante essentielle du projet. »

Jerry s’étoffe et devient une communauté, avec un projet social et pédagogique. Les jerrys se fabriquent en « workshop », à plusieurs. A chaque fois, c’est l’usage qui prime sur la méthode : le groupe commence par se demander à quoi servira le jerry avant de le construire.

« De là, on sait qu’on va avoir besoin d’un disque dur qui fasse minimum telle taille, une carte-mère qui ait un minimum de telle ou telle puissance... L’idée ce n’est pas de générer de nouveaux déchets, mais de les confier à des organismes capables de les retraiter. »

Car Jerry est aussi un outil de recyclage, face au problème grandissant des déchets électroniques en Afrique.

 

Leçon de choses

Concrètement, comment ça marche ? Pour nous l’expliquer, Justine Hannequin nous a amené un jerry, installé dans un bidon bleu. Elle l’a ouvert pour nous donner une petite leçon de choses sur le fonctionnement des ordinateurs.

En sortant un à un les composants du bidon, elle explique :

 

Justine et son « jerry bleu » (Claire Richard)

 

« Il faut toujours trois composants : la carte mère, qui fait les calculs, le disque dur, qui fait office de mémoire, qui va stocker les données, et l’alimentation, qui fournira en électricité les autres composants.
Ça c’est la base. »

 

On branche la carte mère... (Claire Richard)

 

« Il te faut aussi un système, qui consiste en une sorte de livre de recettes pour l’ordinateur, si tu veux. Puis tu connectes les composants les uns aux autres, tu les alimentes en électricité, et tu installes ensuite le système, que tu mets sur une clef USB ou un disque.

Après, on peut avoir besoin de cartes graphiques puissantes, si on veut installer des logiciels 3D ou jouer à des jeux vidéo, ou d’une carte son, si tu veux faire de la musique. Et donc tu as des périphériques qui viennent se rajouter.

Si tu veux faire du réseau, si tu veux que ton jerry serve de serveur wifi local, par exemple, il te faut une carte réseau. »

Et voilà : un petit ordinateur qui fonctionne, pour un coût proche de zéro.

 

On range tout et on referme le bidon (Claire Richard)

Est-ce pour autant facile à faire dans sa cuisine ? Les membres de la communauté Jerry ont beaucoup travaillé pour mettre en ligne beaucoup de ressources : un manuel (PDF), un wiki et des tutoriels vidéo. Mais, reconnaît Justine, pour la plupart des gens, cela ne suffit pas. D’où le modèle du Do It Together.

 

Concrètement, à quoi servent les jerrys ?

Le plus fou c’est que ça marche. Les jerrys sont particulièrement utiles dans les zones où l’accès à Internet est lent ou inexistant, et l’accès à la technologie coûteux. Ils s’adaptent à chaque cas.

Le site Adopt A Jerry présente une galerie de jerrys, venus de France et d’Afrique :

 

Jerry Junior, Tchad

 

Ce jerry héberge le service OpenStreetMap, pour servir à la cartographie libre, au Tchad.

 

Jerry Marathon, Côte d’Ivoire

 

Ce jerry héberge un serveur d’envoi de SMS pour des étudiants d’Abidjan, qui leur envoie régulièrement des informations comme les dates de rentrées, les horaires de leurs cours et quand leurs bulletins sont disponibles.

 

Jerry dans une calebasse, Burkina Faso

 

Ce jerry installé dans une calebasse, premier du genre, a servi à cartographier le réseau de bus de Ouagadougou en hébergeant le service OpenStreetMap.

Bref le jerry est flexible et s’adapte aux besoins et aux circonstances.

Ainsi, en Côte d’Ivoire, le clan Jerry a commencé par une idée potache : proposer un service d’envoi de SMS romantiques aux amants en mal d’inspiration, ou envoyer les scores des matchs de foot pendant la Coupe du monde. Mais ils ont ensuite développé un service pour les femmes enceintes en zones rurales : le système envoie des SMS de conseils et de recommandations – utiles pour des femmes qui habitent souvent très loin d’hôpitaux et ont souvent du mal à faire un suivi médical optimal.

 

A Saint-Etienne

Mais pas besoin d’aller en Afrique pour trouver des zones mal connectées. La fracture numérique existe aussi en France. Plusieurs projets Jerrys ont été menés avec des écoles ou des centres sociaux en France. Simon Jacquemin a ainsi fabriqué en 2013 un Jerry avec des jeunes de Saint-Etienne.

« Certaines salles d’écoles ou de centre sociaux ne possèdent pas d’ordinateur ou/et de connexion internet. Nous avons voulu installer sur l’ordinateur Emmabuntüs, un système d’exploitation libre développé par une association affiliée à Emmaüs.

Ce système propose des logiciels éducatifs et une suite Office pour travailler. Le gros plus que nous avons ajouté à ce Jerry, c’est une version de Wikipédia accessible en hors ligne pour aider aux recherches dans le cadre des devoirs.

Pour faire ceci nous avons téléchargé, absorbé l’ensemble du contenu textuel de Wikipédia (près de 20 gigaoctets de données) pour le mettre sur le disque dur du jerry. Avec un logiciel comme Kiwix il était ainsi possible de faire une recherche sur ce Wikipédia Hors ligne. »

Ici encore, l’enjeu est pédagogique : il s’agit de sensibiliser aux enjeux du logiciel libre. Justine Hannequin :

« C’est aussi une façon d’expliquer comment fonctionne Internet - parce que la plupart du temps, on en reste à un côté un peu magique. Quand on voit qu’on peut accéder à Wikipédia même sans Internet, on comprend qu’Internet c’est une série d’ordinateurs connectés les uns aux autres, qui rendent leur contenu accessible. »

 

D’autres valeurs pour la technologie

L’intérêt du jerry est donc aussi de nous faire penser autrement notre rapport aux technologies et à la technique. Jerry s’est ainsi doté d’un manifeste, très ancré dans la tradition du mouvement du « faire » et des makers. On y lit ainsi la déclaration suivante :

« La technologie est un outil. Nous préférons créer et maîtriser nos outils plutôt que leur être soumis. Les ordinateurs peuvent stocker, traiter, recevoir et transmettre de l’information. Nous exploitons ces capacités selon nos besoins et nos désirs, pour communiquer et trouver des solutions créatives à des problèmes. »

Bien sûr, il est très difficile de comprendre entièrement le fonctionnement d’une machine. Car aux mystères du « hardware » s’ajoutent les opacités du « software », des logiciels et algorithmes de plus en plus complexes.

« Il y a une espèce de surenchère des techniques fermées qui fait qu’on perd de plus en plus d’autonomie. On exécute, mais on n’est pas dans la réflexion de : comment je vais faire ? Pourquoi je fais comme ça et pas comme ça ? »

De bidons en calebasses, Jerry propose un premier pas vers une réappropriation de la technologie. Et pointe, de façon critique, l’importance de penser à l’impact de l’informatique sur l’environnement.

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

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