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24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 21:54

 

Source : http://europeecologie.eu

 

 

Rapport
Evasion fiscale : qui sont ces intermédiaires qui aident les plus riches à échapper à l’impôt ?
 
par Yan

23 janvier 2017

 

 

 

Ce nouveau rapport des Verts/ALE au Parlement européen fait toute la lumière sur le rôle des intermédiaires fiscaux comme le cabinet d’avocat Mossack Fonseca dont les "Panama Papers" ont été révélés au grand jour en avril 2016. Attention, votre banque en fait sûrement partie ! Un rapport à consulter en ligne ici : http://bit.ly/2k8Jo8K

 
Le 3 avril 2016, le plus gros scandale d’évasion fiscale connu à ce jour a été révélé par le Consortium international des journalistes d’investigation (CIJI). Les « Panama Papers » ont mis à jour 11,5 millions de documents confidentiels issus du cabinet d’avocats panaméen Mossack Fonseca, détaillant la manière dont ce cabinet a contribué à créer 214 488 sociétés écrans à travers le monde pour le compte de ses clients.

Les Verts/ALE au Parlement européen ont utilité les données rendues publiques par le CIJI concernant les Panama Papers (mais également des Offshore et Bahama Leaks) pour enquêter sur le rôle des intermédiaires comme Mossack Fonseca, qui aident les plus riches à échapper à l’impôt en créant et gérant ces entreprises fictives. Malgré les limites des données recueillies, nous avons ainsi pu retracer l’identité et l’origine de certains de ces intermédiaires.

Hong Kong, le Royaume-Uni et les États-Unis sont les trois principaux pays d’origine de ces intermédiaires fiscaux. Si l’Asie est le premier continent d’accueil de ces intermédiaires, l’Europe décroche tristement la deuxième place. En Europe, le Royaume-Uni, la Suisse et le Luxembourg sont sur les marches du podium. 90% de tous les intermédiaires jouant un rôle dans l’évasion fiscale au niveau mondial sont regroupés en Asie, en Europe et en Amérique centrale et du Nord. Relativement peu d’entre eux ont choisi l’Amérique du Sud, l’Afrique et l’Océanie comme pays d’accueil. Le business de l’évasion fiscale ne concerne donc pas simplement le Panama ou les Bahamas ! Tous les pays du monde sont concernés, l’Union européenne y compris.

Nous avons également regardé de plus près qui se cache derrière ces intermédiaires. Parmi les 20 plus gros intermédiaires (en terme de nombre d’entité offshore créées), on retrouve les principales banques connues dans le monde (UBS, Crédit Suisse, Citibank, HSBC, Société Générale), mais également les « Big 4 », ces quatre plus grands groupes d’audit financier au monde (Deloitte, Ernst&Young, KPMG, PWC). On retrouve aussi tout un tas de plus petites entreprises inconnues du grand public.

Les banques suisses UBS et Crédit Suisse décrochent les deux premières places de ce triste Top 20, créant à elles deux autant d’entités offshore que les trois intermédiaires suivants dans la liste. Plusieurs banques originaires du Luxembourg, mais aussi de France (Société Générale, Crédit Agricole et BNP Paribas), font également parti de cette liste.

Parmi les 140 intermédiaires identifiés dans cette enquête, 127 (environ 90%) ont au moins une entité ou une filiale active en Europe. L’Europe ressort comme une destination très attractive pour ces intermédiaires fiscaux.

Nous espérons que ce nouveau rapport des Verts/ALE pourra servir les travaux de la Commission d’enquête sur les Panama Papers du Parlement européen. Nous encourageons évidemment quiconque désireux d’en savoir plus sur le rôle des intermédiaires dans le phénomène d’évasion fiscale à jeter un œil à notre rapport. Il est urgent de réguler cette industrie de l’évasion fiscale. L’Union européenne devrait encadrer strictement les pratiques de ces intermédiaires afin de s’assurer qu’ils n’encouragent pas les pratiques illégales.

En complément, ci-dessous, l’Intervention de Pascal Durand le 24 Janvier 2017 devant le Parlement Européen dans le cadre de la Commission d’enquêtes sur les Panama Papers.

ATTENTION : Nous souhaiterions attirer l’attention des lecteurs sur le fait que les données utilisées dans ce rapport sont issues du Consortium international de journalistes d’investigation, et concernent uniquement les Offshore, Panama et Bahama Leaks. Ces données ne représentent donc qu’une fraction des activités de ces intermédiaires au niveau mondial. Elles pourraient mettre en avant certaines pratiques, entreprises ou pays de manière disproportionnée, puisqu’elles ne sont issues que de registres concernant le Panama et les Bahamas. Néanmoins, nous pensons que ces données, même partielles, nous permettent de tirer certaines conclusions sur l’identité et l’origine de ces intermédiaires.

 

 

Source : http://europeecologie.eu

 

 

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24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 21:42

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

"Le Canard" accuse madame Fillon d'un emploi fictif à l'Assemblée

 

 

"Le Canard enchainé" affirme dans son édition à paraître ce mercredi 25 janvier que la femme de François Fillon aurait touché un total d'un demi million d'euros comme attachée parlementaire de son mari puis du suppléant de celui-ci, alors que Pénélope Fillon s'est toujours affichée en retrait des activités politiques de son mari, et qu'aucun témoin n'accrédite son travail à l'Assemblée.

L'accusation est lourde. Dans son édition à paraître ce mercredi 25 janvier, Le Canard enchaîné révèle que l'épouse de François Fillon, Pénélope Fillon, a été rémunérée pendant huit ans comme attachée parlementaire de son mari ou du suppléant de celui-ci, sans que le journal ait pu trouver de trace de son passage à de tels postes. Or, si le fait d'embaucher des proches comme collaborateurs n'est pas interdit pour les parlementaires, il en va autrement d'un emploi fictif.

D'après "les feuilles de paie" de Pénélope Fillon, celle-ci a été rémunérée de 1998 à 2002 par son mari, député de la Sarthe, sur l'enveloppe réservée à cet effet pour les députés et les sénateurs. Cette enveloppe, qui vient en sus de l'indemnité du député, sert à rémunérer les assistants parlementaires basés à l'Assemblée ou dans les permanences des circonscriptions. Calculé en principe pour trois collaborateurs, son montant est de 9.561 euros par mois actuellement.

Un demi million d'euros, selon "Le Canard"

 

A partir de 2002, après l'entrée de François Fillon au gouvernement, Pénélope Fillon, sans profession connue et qui s'est toujours affichée en retrait des activités politiques de son mari, devient collaboratrice du suppléant de celui-ci, Marc Joulaud. D'après les chiffres obtenus par Le Canard enchaîné, c'est à cette période qu'elle sera rémunérée le plus (de 6.900 à 7.900 euros mensuels). Mais une collaboratrice de François Fillon à l'époque, interrogée par l'hebdomadaire, dit "n'avoir jamais travaillé avec elle". "Je n'ai pas d'info à ce sujet. Je ne la connaissais que comme femme de ministre."

En 2012, Le Canard affirme encore que Pénélope Fillon a de nouveau été rémunérée "pendant six mois au moins" quand François Fillon est redevenu député, de Paris cette fois, après cinq ans à Matignon. "Au total, Pénélope aura perçu environ 500.000 euros brut sur les caisses parlementaires" en huit ans, affirme l'hebdomadaire.

 

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

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24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 19:37

 

 

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com

 

 

Pour le partage d'UN article, Diego Gomez risque 8 ans de prison

 

Comme Aaron Swartz, comme Alexandra Elbakyan, cet étudiant colombien est traîné en justice au profit du lobby des gros éditeurs scientifiques. Il passe en procès vendredi 27 janvier.

Je me souviens d'Aaron Swartz. "The Internet's Own Boy", l'enfant d'Internet. Qui s'est suicidé à 27 ans. Poursuivi et harcelé par la justice et le lobby des grands groupes éditoriaux pour avoir "libéré" des articles scientifiques. Ils voulaient un exemple. Ils ont eu un martyr. 

Je me souviens d'Alexandra Elbakyan. Opératrice principale de la première bibliothèque scientifique pirate des internets. Sci-Hub. De sa lettre adressée à Hellsevier.

Lui, il s'appelle Diego Gomez Hoyos. Il est colombien. Comme Aaron Swartz et Alexandra Elbakyan, il est étudiant. En doctorat. Il encourt actuellement huit ans de prison pour avoir partagé un, oui, UN article scientifique "sous copyright". Huit ans de prison pour avoir mis en ligne un article sous copyright. 

Diego_gomez-600

Ce monde est fou. Hallucinant de bêtise

Diego Gomez a aujourd'hui 28 ans, il fait sa thèse en biologie. Son histoire commence en 2010. La Colombie, comme plein d'autres pays, n'a pas les moyens de se payer des accès aux bases de données d'articles scientifiques nécessaires pour conduire une recherche. Et Diego Gomez fait donc comme il peut pour arriver à se procurer la documentation nécessaire à la conduite de sa thèse. Il finit, grâce à un groupe de discussion Facebook, par trouver les références d'une thèse sur le même sujet de recherche que lui, parvient à se procurer une version électronique de cette thèse, thèse qu'il est tellement content d'avoir trouvé qu'il la met aussitôt en ligne sur le site Scribd pour que d'autres chercheurs en biologie puissent également y avoir accès.

"Je pensais que cela pourrait intéresser d'autres personnes", écrit-il alors. Il disait aussi : "J'ai partagé cette thèse parce qu'elle était utile pour identifier les amphibiens dans le travail de terrain que j'effectuai avec mon groupe à l'université".

Un an après la mise en ligne du document, Diego Gomez recevra alors une plainte. Problème, comme le rappelle cet article du Guardian, dans le code pénal colombien, "reproduire, distribuer ou offrir une œuvre sans la permission de l'auteur est passible de 4 à 8 années de prison et d'une amende pouvant aller jusqu'à 327 000 dollars. Alors qu'une agression sexuelle vous vaudra au maximum 3 à 6 ans de prison, et une inculpation pour trafic d'êtres humains entre 4 et 6 ans."

Cette législation est le résultat d'un durcissement qui eut lieu en 2006, à la faveur d'un accord de libre échange où, sous la pression des Etats-Unis et des lobbys éditoriaux, la Colombie fut contrainte de durcir encore une loi déjà disproportionnée. Si la loi sur la violation de copyright aux Etats-Unis précise que l'on ne peut être condamné que si cette infraction est réalisée "for the purpose of commercial advantage or private financial gain", la loi colombienne est hélas plus floue, plus large, et plus sévère. 

Au tribunal après six ans de procédure

Après des années de procédure, Diego Gomez Hoyos sera finalement jugé le 27 janvier 2017. Ce vendredi en Colombie, un jeune chercheur en biologie âgé de 28 ans risque d'être condamné à 8 ans de prison pour avoir partagé en ligne une thèse en biologie. Je vais réécrire cette dernière phrase pour que vous en perceviez bien l'hallucinant cynisme et l'ahurissante absurdité :

Ce vendredi 27 janvier 2017 en Colombie, un jeune chercheur en biologie âgé de 28 ans risque d'être condamné à 8 ans de prison pour avoir partagé en ligne une thèse en biologie.

Voilà où nous en sommes. Voilà plus de 7 ans que cette histoire dure. Voilà plus de 6 ans qu'il est mis en accusation. Six ans qu'il vit avec au-dessus de sa tête la possibilité de passer les huit prochaines années en prison.

Heureusement, et même s'il est bien moins médiatique que ne le fut Aaron Swartz ou que ne l'est encore Alexandra Elbakyan, Diego Gomez peut compter sur un réseau de soutien important, parmi lesquels l'Electronic Frontier Fondation (EFF) et l'organisation Creative Commons. Et une pétition est en ligne. Sur place c'est la fondation Karisma qui suit l'affaire et lui apporte un soutien juridique. Mais son cas reste hélas encore bien trop peu médiatisé, notamment en France. 

Aaron, Alexandra, Diego

Aaron Swartz, Alexandra Elbakyan et Diego Gomez. Chacun à leur manière, ces trois-là ont eu et continuent d'avoir un courage et une conduite exemplaires. La communauté universitaire dans son ensemble devrait s'interroger sur le fait qu'il s'agisse avant tout de trois... étudiants. Dont l'un est déjà mort en martyr, dont la seconde est actuellement poursuivie en justice par Elsevier, et dont le troisième risque ce vendredi 27 janvier de passer les huit prochaines années en prison.

J'avais bien sûr déjà entendu parler du cas de Diego Gomez mais n'avais jamais pris le temps de faire un article à son sujet. Après le décès d'Aaron Swartz, je me souviens de l'émotion et des larmes de Lawrence Lessig lorsqu'il évoquait la mémoire de son jeune ami disparu. Je me souviens aussi de ces mots de Lawrence Lessig :

"Quiconque affirme qu’il y a de l’argent à faire avec un stock d’ARTICLES SCIENTIFIQUES est soit un idiot, soit un menteur."

En France, la loi pour une république numérique du 7 octobre 2016 permet désormais, pour les travaux de recherche financés au moins pour moitié par des fonds publics, de placer en accès libre leurs preprints (c'est-à-dire la version de l'article acceptée par une revue) et ce "même après avoir accordé des droits exclusifs à un éditeur". Un délai d'embargo est prévu, il est de 6 mois maximum dans le domaine des sciences, de la technique et de la médecine et de 12 mois maximum dans le domaine des sciences humaines et sociales.

Aujourd'hui, alors que j'apprenais par un tweet la comparution ce vendredi de Diego Gomez, paraissait sur Le Monde un article titré "Les éditeurs scientifiques craignent de disparaître", article dans lequel des "éditeurs de taille moyenne" (sic) viennent une nouvelle fois se lamenter des risques soi-disant énormes que ce libre accès aux résultats de la recherche publique (après l'embargo de 6 ou de 12 mois donc) ferait peser sur leur business model et réclament - entre autres - un embargo d'au moins 24 mois.

Le président du groupe des éditeurs universitaires du SNE (Syndicat national de l'édition) nous gratifie même d'un "c'est une loi très dogmatique" (lol) et "il n'a pas été possible de discuter" (re-lol).

Il est vrai que pour une fois - qu'Axelle Lemaire soit ici remerciée pour son arbitrage éclairé - les intérêts publics l'ont emporté sur les intérêts privés, pour une fois un autre puissant lobby (celui de l'édition universitaire publique, c'est-à-dire le CNRS) a fait son job et a permis d'aboutir à ce qui reste encore - de mon point de vue - parfaitement insuffisant, mais qui est un compromis acceptable, un minimum qui permettra peut-être, à moyen terme, de sortir des situations ubuesques dans lesquelles se trouvent aujourd'hui les bibliothèques universitaires et avec elles l'ensemble de la communauté universitaire. 

Le monde se divise en deux catégories

Au risque d'être brutal, il semble ici que le monde se divise en deux catégories.

Ceux qui veulent empêcher le rendu public de connaissances financées sur fonds public en maintenant des rentes au travers de délais d'embargo qui n'ont plus aucun sens ni aucune légitimité (je vous l'avais déjà expliqué - notamment - dans mon billet "pourquoi je ne publierai plus jamais dans des revues scientifiques""). Ceux-là font preuve d'un lobbying intense, interviennent directement dans le processus législatif, et viennent régulièrement pleurnicher dans la presse pour réclamer le retour de leurs rentes comme Harpagon sa cassette.

Et puis ceux qui ont besoin de cette connaissance, de ces résultats de la recherche publique, qui en ont besoin parce que sans cela ils n'ont pas les moyens de faire leur travail de chercheur et de scientifique, pas les moyens de permettre à leurs pays de mettre en place des vaccins, des politiques de santé publique, de sauver chaque jour des vies, ou plus simplement pas les moyens d'à leur tour produire de nouvelles connaissances. Et ceux-là risquent 8 ans de prison en Colombie. 

Alors n'oubliez pas

N'oubliez pas que ce vendredi 27 janvier 2017, en Colombie, un jeune chercheur en biologie âgé de 28 ans risque d'être condamné à 8 ans de prison pour avoir partagé en ligne une thèse en biologie. Il s'appelle Diego Gomez Hoyos. N'oubliez pas non plus que si quelqu'un vous affirme qu'il y a de l'argent à faire avec un stock d'articles scientifiques, vous avez immanquablement affaire à un idiot ou à un menteur.

Et s'il vous plaît, nous, enseignants-chercheurs établis, installés, pépères, qui ne risquons rien, qui ne prenons aucun risque, s'il vous plaît, montrons-nous digne de ces trois étudiants, Aaron, Alexandra et Diego : déposons systématiquement tous nos articles dans une archive ouverte ou institutionnelle, et chaque jour, chaque jour, essayons de convaincre davantage de collègues de le faire à leur tour. De toute façon, depuis le 7 octobre 2016 la loi française nous le permet. C'est le minimum. Pas juste le minimum légal, le minimum vital

[ndlr : cet article est d'abord paru sur Affordance, l'excellent blog d'Olivier Ertzscheid]

Aller plus loin

« Je ne publierai plus jamais dans une revue scientifique »

La vente d’articles scientifiques : du « racket »

La France préfère payer (deux fois) pour les articles de ses chercheurs

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24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 18:51

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

Jon Palais, « faucheur de chaises » contre l’évasion fiscale, relaxé

 

 

Le militant altermondialiste était poursuivi par la BNP Paribas pour un vol en réunion dans une de ses succursales le 19 octobre 2015.

 

Le Monde.fr avec AFP | • Mis à jour le

 

 

 

Le militant altermondialiste Jon Palais, qui était jugé pour avoir revendiqué un « fauchage » de chaises dans l’une de ses succursales de la banque BNP Paribas le 19 octobre 2015, afin de protester contre l’évasion fiscale des banques, a été relaxé lundi 23 janvier par le tribunal de Dax. Une décision conforme aux réquisitions.

 

Florence Bouvier, présidente du tribunal correctionnel, a aussi exprimé la nullité de la procédure concernant notamment le refus de prélèvements ADN de M. Palais au cours de l’enquête, et a conclu à « la relaxe de la totalité des chefs de poursuite », dont celui de vol en réunion pour ce qu’elle a appelé « la prise de chaises ».

 

Lire aussi :   Le procès du « faucheur » de chaises devient celui de l’évasion fiscale

 

« Désaveu pour la BNP »

Au procès le 9 janvier, le procureur Jean-Luc Puyo avait requis la relaxe de Jon Palais pour « l’emport de chaises » et une dispense de peine pour son refus de prélèvements biologiques. La BNP, partie civile dans ce procès où elle n’était pas représentée, réclamait 1 euro symbolique de réparations.

« C’est un grand désaveu pour la BNP », a réagi devant les médias M. Palais. Le militant altermondialiste de 37 ans a été défendu par Eva Joly, magistrate et candidate écologiste à l’élection présidentielle de 2012, et sa fille, Caroline Joly.

Il a vu dans le jugement « un signe fort pour la légitimité des actions des faucheurs de chaises » dans leur lutte contre l’évasion fiscale, en référence à une quarantaine d’actions collectives de ce type menées dans plusieurs banques en 2015, avec d’autres procès à venir.

 

Lire aussi :   La BNP attaque en justice un « faucheur de chaise »

 

Une quarantaine de « fauchages de chaises »

Lors de son procès, M. Palais a réitéré à la barre que son acte était « une manière de dénoncer le vol constitué par un système organisé d’évasion fiscale ».

Le concept de « réquisition citoyenne de chaises » (« Rendez les milliards, nous rendrons les chaises ! ») avait été lancé en février 2015 dans une agence HSBC de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques, à la suite des révélations SwissLeaks à propos de l’évasion fiscale par le mouvement écologiste basque Bizi ! (Vivre !), auquel appartient M. Palais.

Une quarantaine d’actions collectives de « fauchages de chaises » ont ensuite été menées dans d’autres banques, par ANV-COP21, Attac, Les Amis de la Terre ou Alternatiba… Les fameuses chaises avaient finalement été laissées sur la voie publique, à l’occasion de l’ouverture du procès à Paris pour fraude fiscale de l’ex-ministre Jérôme Cahuzac.

 

Lire aussi :   Nouvelle saison de dénonciation des banques pour les « faucheurs de chaises »

 

Des soutiens politiques

Parmi les centaines de soutiens au militant altermondialiste, dont José Bové, des candidats à l’élection présidentielle avaient fait le déplacement à Dax pour organiser le « contre-procès » de l’évasion fiscale. « C’est aux banques et à leurs dirigeants d’être devant les tribunaux pour fraude organisée », a ainsi lancé Yannick Jadot, candidat d’Europe Ecologie-Les Verts, déplorant que « la société civile » doive s’occuper de la question en lieu et place des pouvoirs publics.

Mouvements de défense de l’environnement ou altermondialistes avaient fait de ce procès très médiatisé une « journée festive et revendicative » dans la sous-préfecture des Landes.

 

 

 

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

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22 janvier 2017 7 22 /01 /janvier /2017 22:23

 

 

Source : http://www.lemonde.fr/les-decodeurs

 

 

Primaire à gauche : ce qui différencie les programmes de Hamon et de Valls

 

LE MONDE | • Mis à jour le | Par

 

 

 

Les deux qualifiés pour le second tour de la primaire à gauche s’opposent sur de nombreux points de leurs programmes, de l’écologie à la sécurité en passant par la réforme des institutions.

 

Benoît Hamon et Manuel Valls s’affronteront donc au second tour de la primaire à gauche. Qualifiés au premier tour, les deux hommes incarnent pourtant deux orientations radicalement opposées au sein du Parti socialiste : d’un côté, le « frondeur », qui a critiqué la ligne économique du gouvernement, avant de le quitter à l’été 2014 ; de l’autre, le premier ministre qui a mis en œuvre le tournant social libéral de François Hollande et défend le bilan du quinquennat.

Au-delà de l’économie, MM. Hamon et Valls s’opposent également sur de nombreux points clés de leurs programmes, de l’écologie à la sécurité, en passant par la protection sociale et la réforme des institutions.

 

L'ECONOMIE

 

HAMON :

Encourager la réduction du temps de travail sous les 35 heures par l’incitation fiscale

Encadrer les rémunérations abusives des patrons

Fusion impôt sur le revenu/CSG

 

VALLS :

Encourager les heures supplémentaires par leur défiscalisation

Faciliter l’accès des PME aux marchés publics

Contrôler les investissements étrangers dans les domaines stratégiques

 

ILS SONT D'ACCORD SUR :

Le chèque syndical 

Trois mandats consécutifs maximum pour les élus

Multiplier les référendums 

 

 

LE SOCIAL

 

HAMON :

Un revenu universel et inconditionnel (à terme) 

Revaloriser le smic de 10 % ·

Abroger la loi travail

 

VALLS :

Un minimum décent pour les plus précaires 

Revaloriser les petites retraites 

Maintenir la loi travail

 

 

LES INSTITUTIONS

 

HAMON :

Elire une partie des députés à la proportionnelle 

Réformer le Sénat 

Reconnaître le vote blanc 

Passer au septennat non renouvelable

 

 

VALLS :

Supprimer la Cour de justice de la République 

Réduire le nombre de députés et sénateurs 

Inscrire la laïcité dans la Constitution

 

 

LA SANTE

 

HAMON :

Retirer le conventionnement aux médecins dans les zones surdotées pour lutter contre les déserts médicaux 

Baisser le prix des médicaments, y compris par la contrainte

 

 

VALLS :

Limiter la liberté d'installation des médecins pour lutter contre les déserts médicaux

 

 

L'EUTHANASIE

 

HAMON :

· Autoriser l’aide médicale à mourir pour les malades incurables qui le demandent

 

VALLS :

· Aller plus loin que la loi actuelle, mais par étapes et dans le consensus

 

 

LE CANNABIS

 

 

HAMON :

Le légaliser et encadrer sa distribution

 

VALLS :

Maintenir l’interdiction

 

 

LA FAMILLE

 

 

HAMON :

Ouvrir la PMA (procréation médicalement assistée) aux couples de femmes

 

VALLS :

Lancer un débat sur l’ouverture de la PMA

 

 

ILS SONT D'ACCORD SUR :

Maintenir l’interdiction de la GPA (gestation pour autrui)

 

 

L'IMMIGRATION

 

HAMON :

Accueillir davantage de réfugiés

Autoriser les demandeurs d’asile à travailler en France plus rapidement 

Ouvrir le droit de vote aux étrangers pour les élections locales

 

VALLS :

Conserver la politique actuelle d’accueil des réfugiés 

Renforcer le contrôle des frontières extérieures de l’espace Schengen 

Ne pas ouvrir le droit de vote aux étrangers pour les élections locales

 

 

LA SECURITE

 

HAMON :

Favoriser les alternatives à la prison

Rétablir la police de proximité

 

VALLS :

Construire 10 000 places de prison supplémentaires

 

 

ILS SONT D'ACCORD SUR :

Recruter 5 000 policiers et gendarmes en 5 ans

Augmenter le budget de la défense

 

 

L'ENVIRONNEMENT

 

 

HAMON :

Contre Notre-Dame-des-Landes

Pour une fiscalité écologique 

Sortie du diesel à l’horizon 2025 

Mettre le paquet sur les renouvelables

 

 

VALLS :

Pour Notre-Dame-des-Landes

Contre une fiscalité écologique

 

 

ILS SONT D'ACCORD SUR :

Maintenir l’interdiction des gaz de schiste

Plan pour la rénovation énergétique 

Réduction de la dépendance au nucléaire à 50 % en 2025 (contre 75 % aujourd’hui)

 

 

L'EDUCATION ET LA JEUNESSE

 

 

HAMON :

Recruter 40 000 enseignants

Service public d’aide aux devoirs 

Service civique étendu aux collégiens

 

VALLS :

Revaloriser le statut des enseignants

Scolarisation accrue des moins de 3 ans 

Service civique obligatoire

 

ILS SONT D'ACCORD SUR :

Service public d’accueil de la petite enfance

Réforme de la formation continue des enseignants

 

 

L'EUROPE

 

HAMON :

Un moratoire sur les règles budgétaires européennes 

Contre la ratification de l’accord CETA 

Réviser la directive « travailleurs détachés »

 

VALLS:

Respect des règles budgétaires européennes (moins de 3 % de déficit) 

Pour la ratification de l’accord CETA

 

ILS SONT D'ACCORD SUR :

Grand plan d’investissements européen

Harmonisation sociale et fiscale en Europe 

Contre le Tafta 

Réforme de la politique agricole commune

 

 

L'INTERNATIONAL :

 

 

HAMON :

Reconnaissance de la Palestine

 

VALLS :

Erasmus euro-africain

 

 

ILS SONT D'ACCORD SUR :

Pas de soutien à Bachar Al-Assad

Promouvoir une alliance militaire européenne alternative à l’OTAN

 

 

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22 janvier 2017 7 22 /01 /janvier /2017 17:13

 

 

Source : https://citoyenssolidaires06.com

 

 

Suite à l’arrestation de Morgan, Lucille et Cédric, ce dernier écrit au procureur qui, après une intervention musclée, a libéré tous les prévenus sans aucune poursuite judiciaire malgré plus de 36h de garde à vue et d’énormes moyens mobilisés : près de 30 policiers casqués et armés, une mobilisation des militaires du dispositif « sentinelle », des lunettes infrarouges, des enquêteurs en civil ainsi qu’un drone. Le bilan de cette opération se réduirait à l’arrestation de ces 3 mineurs que Cédric avait pris en charge depuis plus d’un mois et pour qui il demandait aux pouvoirs publics une prise en charge. Ce bilan inclut aussi le traumatisme de l’infirmière de Médecins du Monde sur qui un policier a pointé son arme en hurlant, l’agression du journaliste de Libération plaqué au sol ayant subit par 2 fois une clé au bras et bien sur le choc vécu par ces enfants soudanais.

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Monsieur le procureur,
Vous avez fait pleurer ma mère, mon père.
Vous avez arrêté mon frère, mon amie.
Vous nous avez mis sous les verrous, traités comme des chiens, des malfrats.
Vous avez ordonné à une trentaine de gardes mobiles, armes aux poings, d’entrer sur mes terres, prendre ces trois enfants sans parents, qui attendent chez moi, depuis plus d’un mois d’être pris en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance.
Ces enfants ont connu la guerre, la torture, l’esclavagisme.
Ces enfants que je protège
Ces enfants qui m’ont donné leur confiance.
Vous avez au nom de votre France, violé les droits de l’Enfant!
Ils attendaient sécurité de la part de notre pays!
Vous me savez sensible aux personnes que j’aide, aux personnes que j’aime.
Vous savez que ma liberté ne s’arrêtera pas aux barreaux de vos prisons et vous tapez là où ça fait mal !!!
Sachez Monsieur le Procureur que je resterai fidèle à mes convictions, que ma France, que notre France, continuera à défendre les droits des hommes, des femmes, des enfants présents sur le sol français au nom de nos valeurs qui fondent la République Française.
Ne pensez pas que je suis seul, nous sommes des milliers, des millions!
Chacun son métier, le mien c’est agriculteur, le vôtre c’est de faire respecter la Loi. Loi qui protège et fait que le vivre ensemble soit la règle primordiale de notre démocratie.
Vive notre France
et …..celle que tu représentes

 

Et l’article le plus complet à ce jour est celui de Médiapart, il est accessible ici

https://www.facebook.com/plugins/post.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2Fpermalink.php%3Fstory_fbid%3D1713567675554457%26id%3D1707778992799992&width=500

 

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22 janvier 2017 7 22 /01 /janvier /2017 17:07

 

 

Source : https://blogs.mediapart.fr/agnes-druel/blog

 

 

La honte!

 
 
 
J’ai mal pour mon pays. Parfois, j’en ai honte, comme hier matin par exemple. J’ai honte de voir qu’un homme, Cédric Herrou, qui refuse d'abandonner des réfugiés sans ressources, sans aide, sans rien, soit interpellé et jugé pour des raisons obscures telles que « aide au séjour irrégulier en France ».
 

 

Je n’arrive pas à structurer ma colère. Mettre de points, des tirets, indiquer et souligner de façon claire là où ça bloque. C’est complètement confus. En ce moment, je trouve qu’on échoue de façon lamentable sur notre capacité à vivre ensemble. Mon incompréhension est totale concernant la politique menée par notre gouvernement qui n’aura eu de cesse que de rater, mépriser, et saboter la cohésion nationale.

 

J’ai mal pour mon pays. Parfois, j’en ai honte, comme hier matin par exemple. J’ai honte de voir qu’un homme, Cédric Herrou, qui refuse d'abandonner des réfugiés sans ressources, sans aide, sans rien, soit interpellé et jugé pour des raisons obscures telles que « aide au séjour irrégulier en France ».

 

J’ai honte d’entendre des politiciens, des citoyens dire à qui veut l’entendre qu’il faut privilégier l’entraide envers les SDF, ceux qui sont bien de chez nous, et refouler les migrants, les réfugiés. La bienséance m’oblige à rester polie, mais eux, ces odieuses personnes qui alimentent des messages de haine, je ne les ai jamais vus en maraude, pas même une seule fois, aller discuter avec les SDF. Ce sont juste de minables trolls qui pullulent dans l'unique but d'alimenter un climat déjà bien anxiogène.

 

J’ai honte de tous ces reportages diffusés par M6 et chaînes consœurs et qui sont visionnés par des millions de français sur le 93 ou toutes autres banlieues en France. J’en ai honte et mal à la fois que tant de mauvaise foi et de misérabilisme puisse être partagée, approuvée, par autant de téléspectateurs. J'ai honte face à tant de médiocrité intellectuelle.

 

J'ai encore plus honte quand je lis et vois les réactions de beaucoup d'entre nous face à l'Islam. Un tel degré de mépris, d'islamophobie, de haine à l'encontre d'une religion ne peut qu'être un danger pour une soi disant démocratie déjà bien secouée et affaiblie par ses problèmes sociétaux.

 

J'ai toujours plus honte quand chaque lundi soir je me transforme en professeur de français pour des adultes migrants. C'est à l'état que devrait incomber cette tâche. Pas à moi et mes nombreuses fautes de grammaire, pas à tout ces bénévoles qui agissent au quotidien.

 

En fait, toute cette haine, ces torrents de violence verbale et physique à l'encontre de ce qui nous est étranger me dégoûte. Devoir lire des sondages où l'on m'explique qu'environ 60% des français sont mal à l'aise face à une femme voilée, que nombre d'entre nous expriment avec fierté leur rejet systématique de l'autre, du réfugié, du migrant, d'anticiper les questions à chaque fois qu'un reportage est diffusé sur Saint-Denis.

 

Cette hypocrisie me terrifie. Cette violence des relations humaines aussi. Ce consentement que nous avons tous dès lors qu'il s'agit de mépriser une partie de la population en raison d'une soi-disant différence que nous avons normée, nous occidentaux est pire que tout.

 

On m'impose depuis des années des débats stériles sur l'Islam, sur les réfugiés, sur les assistés. Mais qui sont-ils, ceux dont la parole est emplie de haine, ceux qui ne craignent plus les huées, puisque maintenant ils sont acclamés. De quelle façon pouvons-nous nous satisfaire d'écraser notre prochain de cette façon, le dénuer de toute humanité, lui refuser toute considération, lui rappeler une prétendue faiblesse constamment ? Nous, auto-centré sur notre monde, nos médiocres démocraties, nos valeurs.

 

Jean Ziegler conclut ainsi son dernier essai, Chemins d'Espérance. Il prend comme exemple la journée du 11 septembre 2001. Il nous rappelle que ce jour-là, dans une tragédie que nous connaissons tous, que nos enfants étudient déjà dans les livres d'histoire, 2973 personnes ont perdu la vie.

 

Il explique alors que ce même jour, ailleurs dans le monde, là où les caméras ne vont plus ou pas, 35000 enfants de moins de 10 ans sont mort de faim et que 156368 personnes sont mortes de tuberculose, du SIDA, de malaria...

 

Chez nous, ces 200000 morts n'ont provoqué aucune émotion, aucune indignation, aucun combat des politiques, aucune lutte acharnée dans les médias. Au contraire, des tapis rouges sont déroulés pour les multinationales, pour les firmes pharmaceutiques, pour tout ce qui génère des bénéfices monstres. Pour tout ce qui affaiblit les moins forts.

 

Voilà cette société que nous sommes en train de construire. Une société où le faible doit se taire, un monde où il est acceptable de fixer le prix des denrées alimentaire en bourse quand des enfants meurent de faim, une société où nous avons accepté qu'une religion soit responsable de tout à l'aide de matraquage médiatique incessant, une société où la vie d'un homme occidental continuera de valoir plus que celle d'un Malien ou d'un Pakistanais, une société maladivement hypocrite.

 

Alors qui sommes-nous pour aller expliquer à nos voisins ce qu'est une démocratie quand nous laissons mourir nos frères à nos portes ? Qui sommes-nous pour nous nourrir ainsi de la haine et du mépris de l'autre et de s'en satisfaire pleinement ? Cette société me fait tout simplement honte.

 

 

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Source : https://blogs.mediapart.fr/agnes-druel/blog

 

 

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22 janvier 2017 7 22 /01 /janvier /2017 16:57

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Voter ou ne pas voter (quand on est de gauche)?

 

 
 

Mediapart a interrogé une trentaine de responsables de la “société mobilisée” pour prendre le pouls de ce qu’il reste des sympathisants de gauche. Si le rejet vis-à-vis des socialistes est grand, la campagne a tout de même suscité de l’intérêt.

À l’issue d’un quinquennat si déprimant que le président sortant élu par la gauche a préféré ne pas se représenter, comment une nouvelle primaire du PS pourrait-elle intéresser à nouveau au-delà de ce qu’il reste des sympathisants socialistes ? Alors que les candidats, comme les entreprises de sondages, affirment avoir confiance en une mobilisation avoisinant les deux millions de votants, la rédaction de Mediapart a interrogé plusieurs de ses contacts parmi la “société mobilisée”. Des syndicalistes et des militants associatifs faisant figure de relais d’opinion dans le peuple de gauche, qui s’investit en dehors des partis et plus encore du PS de ces dernières années, mais a toujours entretenu un rapport plus ou moins distant (parfois privilégié, souvent de force) avec la sphère politique socialiste.

La primaire du PS fait-elle encore sens, pour tous ces déçus du pouvoir socialiste ? En parle-t-on autour d’eux ? Qu’est-ce qui motiverait les éventuels votants à se rendre aux urnes dimanche ? Et pour voter qui ?

En creux, c’est un constat alarmant de l’état du parti socialiste qui est dressé. Avec beaucoup de lucidité, la grosse trentaine de citoyens engagés interrogés, qui s’expriment à titre personnel (quelques-uns ont réclamé l’anonymat), semble ne plus rien attendre du PS ni parfois même de la politique tout court. Mais parce que ces “capteurs” gravitent parmi ce que les entreprises de sondages nomment “les sympathisants de gauche”, et parce qu’ils sont tous des acteurs d’une démocratie qui les représente pourtant de moins en moins, ils ont quasiment tous suivi les débats de cette courte campagne, et en dressent un bilan nuancé et peu enthousiaste.

 

  • Ceux qui ne peuvent plus

Il y a ceux pour qui le passif du quinquennat est si lourd et négatif qu’ils ne peuvent pardonner au PS. Entre rancœur et déprime, ils considèrent que le PS est mort, et sa primaire est par conséquent un objet auquel ils ne s’intéressent pas. Ainsi, cet élu CGT de Marseille confie que lui et ses collègues « ne s'occupent pas » de cette primaire. « Il y a toujours un marginal qui ira voter, sur le principe du “On me demande mon avis, je le donne”, mais en réalité c'est jamais évoqué entre nous ou dans nos réunions, explique-t-il. On regarde plutôt du côté de Mélenchon. C'est fini le parti socialiste ! Beaucoup à la CGT se disent que la meilleure chose qui puisse arriver est que ce parti disparaisse pour de bon. » Éric Beynel, porte-parole de Solidaires, confirme ne « quasiment pas en entendre parler dans le cercle militant, un cercle qui n’en finit plus de vomir la gauche gouvernementale. Soit ils n’y prêtent aucun intérêt, soit ils s’en moquent ». « En fait, les militants sont déjà dans l’après-présidentielle, à dire qu’il faut préparer la lutte, ajoute-t-il. Quant à l’idée du vote utile, elle a été engloutie depuis le vote Chirac contre Le Pen puis Hollande contre Sarko. Beaucoup de militants disent qu’ils s’abstiendront ou n’iront pas voter à la présidentielle. »

Membre du syndicat des avocats de France (SAF), Slim Ben Achour est lui aussi à mille lieues du vote socialiste de dimanche. « Je n’en parle absolument pas aux copains. C’est fou, c’est un non-événement. » Même s’il se dit « conscient que derrière la gauche c’est pire, donc c’est la moins pire des solutions », celui qui fut l’un des avocats à l’origine de la condamnation de l’État pour des contrôles discriminatoires a désormais des griefs rédhibitoires vis-à-vis du PS. « Ils ont renoncé aux idéaux de la gauche, non par stratégie politique, mais par conviction, s’exaspère-t-il. Ils nous ont dit : “Ne nous emmerdez pas avec l’histoire du contrôle au faciès.” Mais ils ne se rendent pas compte de l’impact que cela a dans les quartiers populaires, qui s’étaient vraiment mobilisés pour faire voter Hollande en 2012 ! Ils sont déconnectés, et se disent que “les quartiers ne pourront jamais voter à droite”, ils voteront pour nous quoi que nous fassions. Par ce renoncement, les socialistes contribuent à l’accession au pouvoir de l’extrême droite. »

Place de la Bastille, le 5 juillet 2016. © D.I.

Place de la Bastille, le 5 juillet 2016. © D.I.

Grégory Bekhtari, prof d’anglais au lycée Éluard à Saint-Denis et membre du syndicat enseignant majoritaire SNES, abonde : « Aucun d’entre eux, Montebourg ou Hamon inclus, ne reconnaît que ce quinquennat a été dramatique. Ils ont réussi à dégoûter beaucoup de gens de la gauche ou l’idée qu’on s’en fait. Autour de moi, beaucoup sont déboussolés. Mais paradoxalement, dans la salle des profs on a plus parlé de la primaire de droite. Je ne ressens pas d’enthousiasme. On se sent désemparés et orphelins. Dans mon cercle syndical, certains regardent vers Hamon, d’autres Mélenchon. Mais pas grand monde ne semble convaincu. » « Ce qu’on entend des candidats de la primaire du PS prouve que ce parti a arrêté de réfléchir il y a 15 ans, tranche Nicolas Haeringer de l’ONG écolo 350.org. Il n’a plus d’autres clivages que des clivages individuels surdéterminés par les choix tactiques, alors qu’ils auraient pu se connecter au mouvement des communs, aux conférences européennes sur la décroissance, aux luttes pour la justice climatique. » S’il concède des « nuances sur la transition énergétique », il déplore que « la seule réponse valable, celle d’un mix 100 % renouvelable, n’existe qu’à l’extérieur de cette primaire ». Le directeur général de Greenpeace France, Jean-François Julliard, est tout aussi incrédule : « Aucun des candidats socialistes ne défend la rupture avec le système existant, même si Hamon va un peu plus loin. Ils disent tous vouloir plus d’énergies renouvelables, plus de bio, moins de diesel, et sortir du charbon… des trucs hyper consensuels et déjà en marche, qui se feront de toute façon avec ou sans eux. »

 

Même son de cloche qui ne sonne plus chez Matthieu Bonduelle, ancien président du syndicat de la magistrature (SM). « Le bureau du syndicat a regardé les débats, les a tweetés, comme un travail de veille. Mais il y a une forme d’indifférence. J’ai l’impression qu’on en parle avec un sourire en coin, un peu moqueur. » À l’entendre, le SM a de bonnes raisons de se tenir à distance : « La question judiciaire n’est vraiment pas au cœur du débat politique. Sauf sous l’angle sécuritaire. Même le débat sur le cannabis n’est pas abordé sous un angle judiciaire. Les candidats parlent à la limite de justice pénale, et encore, seulement sous l’angle carcéral. L’antiterrorisme est aussi abordé, mais on évoque plus les opérations homo ou les services de renseignement que la justice elle-même. Le statut du parquet, une éventuelle réforme institutionnelle, n’est même pas évoqué. » Et de conclure : « Il y a une forme de lassitude à voir que le sujet justice est soit occulté, soit mal traité. » Ancien responsable d’Emmaüs, Patrick Doutreligne est lui aussi dans un rapport éloigné à la primaire du PS : « On en parle, mais ce n’est vraiment pas enthousiasmant. Ce qui nous intéresse, c’est le revenu minimum d’existence. Mais ce qui nous inquiète, c’est qu’il n’est pas très élaboré. » Celui qui est désormais président de l’Uniopss (Union nationale interfédérale des œuvres et organismes privés sanitaires et sociaux) regrette l’absence de « vision prospective » sur le sujet : « Ce n’est pas assez structuré, les associations n’adhèrent pas car ce serait un grand saut dans le vide. » Et l’absence tout court de discours sur « la protection sociale, la place des enfants, ou les problèmes d’intégration ». « Il n’y a quasiment rien sur le projet social. Et c’est faible sur les programmes de société », soupire-t-il. Marie Alibert, porte-parole d’Osez le féminisme, est tout aussi sceptique. « Bien sûr qu’on suit la primaire du PS, comme celle de droite avant. Mais les militantes sont blasées et lasses de ce qu’elles ont pu entendre lors des débats. L’égalité hommes/femmes est souvent anecdotisée ou utilisée comme un alibi. Il y a peu de propositions concrètes, beaucoup de promesses vagues et peu d’objectifs chiffrés. »

Membre d’Attac dont il fut l’un des porte-parole, Thomas Coutrot ne voit pas plus d’intérêt à cette primaire PS autour de lui. « Beaucoup me disent qu’ils n’iront pas voter, alors que nous y étions tous allés en 2012. Ce sont des débats internes au PS, et l’enjeu principal porte sur qui va garder le contrôle de l’appareil au moment de la scission », estime-t-il. Il ne perçoit lui non plus « pas de débats d’idées : on le voit bien avec Valls, il n’y a pas de contenu politique. La seule nouveauté est la proposition d’Hamon sur le revenu universel. C’est un marqueur idéologique astucieux mais c’est du marketing, critique-t-il. Après les mouvements sociaux du printemps, on aurait pu espérer quelques réflexions, des remises en cause. Mais ils n’en ont tiré aucune leçon »...

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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22 janvier 2017 7 22 /01 /janvier /2017 16:47

 

 

Source : https://blogs.mediapart.fr/jacquoulecroquand24/blog

 

 

Un début de " commun " entre Partis , Syndicats et Société civile....

 

 

Un texte COMMUN sur la réindustrialisation de la France signé par des responsables PG ( D. Simonnet ; E.Coquerel ; Jacques Généreux économiste...) des responsables syndicaux CGT ( P.Martinez ; B.Thibault...) FO ( J.C.Mailly...) du PCF ( P.Laurent....) du PS ( A.Montebourg....) des économistes , des chercheurs etc....

Généreux , Martinez, Mailly , Montebourg : « Redonnons la priorité à l’industrie »

La France a perdu près d’un million d’emplois industriels depuis 2001. Plusieurs responsables politiques et syndicaux appellent à réorienter l’économie.

LE MONDE | 18.01.2017 à 06h44 • Mis à jour le 18.01.2017 à 15h19
Ce chiffre-là glace d’effroi. Et même en pleine campagne électorale, où les discours doivent donner de l’élan, il faut bien le citer. Peut-être même le crier : depuis 2001, l’industrie française a perdu chaque jour, en moyenne, 165 emplois. Une ville comme Lourdes ou Fontainebleau « rayée » chaque trimestre, et cela pendant quinze ans. Au total, près d’un million d’emplois directs perdus. Ça suffit ! Si enclin à fustiger de « démagogue » tout discours à rebours de ses idées austéritaires, le patron des patrons, Pierre Gattaz, promettait effrontément de créer « un million d’emplois » si le coût du travail baissait suffisamment.

Selon la même magie de l’appauvrissement, François Fillon, assure lui de diviser par deux le taux de chômage. Ils trompent les Français ! Pour retrouver le sentier du développement et de l’emploi, le pays ne doit pas jouer les Pères Fouettards du salariat mais s’appuyer sur la mère de toutes les batailles productives : l’industrie. Même à l’heure du numérique et de la robotique, l’industrie entraîne avec elle toute l’activité, la recherche, l’investissement et, au final, l’emploi.

Réorientons les activités industrielles et productives. Dans une dynamique nouvelle de développement, les activités industrielles devront être vigoureusement stimulées et réorientées de manière à répondre aux besoins fondamentaux tels qu’une alimentation saine, respectueuse de la rareté des ressources naturelles (terre, eau, air), une santé protégée et des logements économes en énergie… Cette réorientation s’inscrit pleinement dans la perspective de la nécessaire transition écologique et ne pourra être opérée qu’avec des travailleurs mieux formés.

Changeons la place du travail et favorisons un nouvel entrepreneuriat dans l’économie et la société. La place du travail dans notre société et dans notre économie est fortement questionnée aujourd’hui. Le chômage et le mal emploi se répandent, les compétences sont globalement mal valorisées. Or l’innovation n’est pas le fruit spontané des nouvelles technologies mais bien le résultat des interactions humaines.

Le développement industriel a besoin de salariés innovants, aux compétences reconnues, bien rémunérés, occupant des emplois stables et prenant une part active aux décisions. Seuls des salariés compétents et impliqués sont, en effet, en mesure de donner aux entreprises les capacités d’innover. Ici réside le compromis fondamental entre le capital et le travail sans lequel aucun développement n’est possible.
Remettons la finance à sa place

De concert avec une organisation du travail fortement rénovée, de nouvelles formes de travail et d’entrepreneuriat devront être stimulées. L’innovation ouverte, l’externalisation ouverte, les tiers lieux, les « fab lab », les très jeunes entreprises devront être soutenus. L’économie sociale et solidaire devra être encouragée et l’économie collaborative promue et protégée afin de ne pas devenir un avatar « ubérisé » du capitalisme financiarisé.

Remettons la finance à sa place. La finance continue d’étouffer l’industrie. Le temps des marchés financiers et celui des publications de résultat trimestriel ne sont pas ceux de l’entreprise et des projets industriels. Sans parler des exigences excessives de rendement des capitaux propres qui privent les entreprises de nombreuses opportunités industrielles et commerciales. Le principe même de cette finance folle est profondément inégalitaire puisqu’il rémunère les « facteurs » selon leur propension à la mobilité.

Ancrons également les activités dans les territoires. C’est un autre enjeu essentiel de la nouvelle dynamique de développement. Un tel ancrage repose sur les différentes dimensions de la proximité territoriale : compétences, ressources et valeurs. Si le renforcement des différentes dimensions de la proximité trouve naturellement sa place dans une dynamique nouvelle de développement, il en va de même de l’économie circulaire ou encore de l’économie de la fonctionnalité.

L’économie circulaire élimine la notion de « déchet » en considérant, dès la conception des produits, leur recyclage et leur réparabilité dans une perspective opposée à l’obsolescence admise, voire programmée. L’économie de la fonctionnalité met, elle, l’accent sur une utilisation raisonnée et le plus souvent partagée des services que peuvent rendre les biens, plutôt que leur propriété individuelle.

Nous ne croyons pas que la politique d’austérité suivie depuis des années soit de nature à donner à la France la perspective et le dynamisme dont elle a besoin. Les coupes claires budgétaires ne peuvent que provoquer la récession et la contraction des débouchés des entreprises. Seul un développement des activités productives soutenu par une politique publique de relance et des dispositifs financiers tournés vers l’investissement dans l’industrie – et non au versement de dividendes accrus – permettra de retrouver le chemin de la prospérité. Il s’agit d’un enjeu collectif qui engage tous les Français, et qui doit être au cœur des débats qui vont animer les campagnes électorales à venir.

Signataires : Jean-Baptiste Barfety, fondateur de la Conférence Gambetta ; Marie-Françoise Bechtel, député République moderne ; Gabriel Colletis, professeur de sciences économiques (Toulouse 1-Capitole) ; Eric Coquerel, Parti de gauche ; Laurent Cordonnier, maître de conférences en économie, Université de Lille ; Franck Dedieu, délégué général République moderne ; Pierre Dubreuil, ancien conseiller régional Ile-de-France, chargé du projet « Nouvelle Europe, auprès d’Arnaud Montebourg ; Guillaume Etievant, économiste, expert auprès des comités d’entreprise ; Olivier Favereau, économiste ; André Gauron, économiste ; Jacques Généreux, Parti de gauche ; Gaël Giraud, chef économiste de l’Agende française de développement ; Gaëtan Gorce, sénateur PS ; Roland Gori, psychanalyste ; Alain Grandjean, économiste associé de Carbone 4 ; Michel Husson, statisticien et économiste à l’Institut de recherche économiques et sociales ; Pierre Laurent, secrétaire national PCF ; Jean-Claude Mailly, secrétaire national du syndicat FO ; Philippe Martinez, secrétaire national du syndicat CGT ; Benjamin Masse-Stamberger, journaliste ; Arnaud Montebourg, candidat à la primaire de la gauche ; Etienne Morin, professeur d’économie en classes préparatoires ; François Morin, professeur émérite de sciences économiques, Toulouse 1-Capitole ; Pierre-Alain Muet, député PS ; Christophe Ramaux, maître de conférences en économie, Université de Paris 1 ; Robert Salais, directeur de recherche émérite en économie au CNRS ; Danielle Simonnet, parti de gauche ; Henri Sterdyniak, économiste à l’OFCE. Bernard Thibault, ancien secrétaire national de la CGT.

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Source : https://blogs.mediapart.fr/jacquoulecroquand24/blog

 

 

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20 janvier 2017 5 20 /01 /janvier /2017 22:01

*Suite à cet article, nous avons reçu un commentaire que nous vous retransmettons dans son ensemble pour que vous puissiez vous faire votre propre opinion, n'hésitez pas à rebondir. Nous apprenons tous des uns des autres et nous ne sommes que des passeurs d'infos...

Theron 22/02/2017 00:38

"Cet individu n'appartient à aucune des Vélorution en France, que ce soit les associations ou collectifs. Il n'appartient pas non plus à l'Heureux Cyclage. En fait, il squatte le nom Vélorution sur fb, refuse toute rencontre, n'appartient pas non plus à Roule and Co, diffuse de fausses informations et semble avoir un problème relevant de la psychiatrie, avec dédoublement de personnalité et vouloir s'approprier ce que d'autres font. Pour le connaisseur que je suis du réseau vélo en France, mais aussi pour les copains/copines de L'Heureux Cyclage, pour la FUB comme pour les vélorutionnaires, ce type est juste un boulet ! Ca va finir par énerver de voir tant de fausses informations... Pourriez-vous ne pas relayer cet "article" bourré d'erreurs ? Vous pouvez voir ce qu'en pensent les vélorutionnaires parisien.nes pour voir que ce problème ne date pas d'hier, là : http://velorution.org/organisation/ceci-n-est-pas-velorution/#lavelorution Vous pouvez aussi contacter L'Heureux Cyclage... Vous comprendrez que nous avons affaire à un boulet..."

 

 

 

Source : http://consocollaborative.com

 

 

200 ateliers de réparation de vélo coopératifs : il y en a forcément un près de chez vous

 

 

 
A propos de l’auteur Come Bastin
 
 

Guetteur d'innovations sociales, technologiques et environnementales, j'écris pour Ouishare, Socialter, WeDemain et parle sur Nova. Suis de près l'économie collaborative et les mutations du capitalisme. Prix Reporters d'Espoirs 2015.

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En dix ans, ils ont fleuri partout en France. Entretien avec Guillaume Cohen, membre du réseau l'Heureux Cyclage à l'origine d'une carte de France des ateliers vélo et co-responsable de la page Facebook « Vélorution ».

Côme Bastin : De quoi Vélorution est-il le nom ?

Guillaume Cohen : De beaucoup de choses ! Il y a plusieurs associations distinctes en France et dans le monde qui portent le nom de Vélorution. À Londres, c’est le nom d’une boutique. En France, plusieurs collectifs l’utilisent mais ne travaillent pas toujours ensemble. Ils agissent selon les besoin de la ville et de ses habitants au plus près du terrain : organisation d’ateliers de réparation de vélos, discussions avec les municipalités sur l’urbanisme… Au niveau national, c’est la FUB (Fédération des usagers de bicyclette) qui porte la parole des militants du biclou.

Qu’est ce qu’on fait dans les ateliers vélos répertoriés sur la carte ?

On comptait en 2005 seulement 6 ateliers vélo en France ; puis 100 en 2014 et. 200 en 2016 ! Habitant Annecy je participe à l’atelier qui s’appelle Roule & co. Un bénévole est là tous les soirs de semaine et les gens qui veulent participer paient une cotisation pour devenir membre, selon leur niveau de revenu. Ça leur donne le droit de venir quand l’atelier est ouvert pour faire de la maintenance sur leur vélo en présence de pro de la réparation. L’association a aussi un partenariat avec les déchetteries de la ville pour réparer de vieux vélos et récupérer de vieilles pièces pour les remettre en vente. Et puis elle a un rôle de promotion du vélo dans la ville.

Ces associations de cyclistes ont donc un rôle quasiment politique ?

Oui par exemple auprès des collectivités locales, pour demander des pistes cyclables, mais aussi faire évoluer le code de la route : vous avez surement remarqué les petits panneaux triangulaires apparus récemment pour laisser le droit au vélo de passer même quand le feu est rouge. On peut aussi limiter la vitesse de circulation, permettre au vélo de rouler à contresens…. Au niveau national la FUB a un droit d’entrée au ministère du développement durable et son président y intervient régulièrement.

Strasbourg, Grenoble et Bordeaux ont récemment été sacrées capitales du vélo en France. Y a-t-il une recette ?

Il faut une volonté forte de la part des pouvoirs publics. Ca n’est pas facile pour les élus d’annoncer qu’ils vont laisser moins de place aux voitures. À Strasbourg, la municipalité s’est inspirée de la ville de Copenhague, qui considère que la voiture coute plus cher que ce qu’elle ne rapporte à une ville. Et les médecins ont commencé à prescrire aux malades, notamment aux diabétiques, de faire du vélo en complément des médicaments. Pour l’anecdote, la FUB organise chaque année un concours pour élire la ville la moins en avance sur la question, en envoie un clou rouillé à son maire en guise de récompense !

Image de une : © Vieux Biclou

 

 

 

Source : http://consocollaborative.com

 

 

 

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