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17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 18:13

 

 

Source : http://www.cadtm.org

 

 

Pour la prise de pouvoir par le peuple : Dix propositions afin de ne pas reproduire la capitulation que nous avons connue en Grèce

 

28 décembre 2016 par Eric Toussaint

 

 

Pour éviter de reproduire la capitulation que nous avons connue en Grèce en 2015, je fais dix propositions sur la prise de pouvoir par le peuple |1|.

 

La première proposition est la nécessité, pour un gouvernement de gauche, de désobéir, de manière très claire et annoncée au préalable, à la Commission européenne. Le parti qui prétend, ou la coalition de partis qui prétendent gouverner et, bien sûr, je pense par exemple à l’Espagne, devront refuser d’obéir, dès le début, aux exigences d’austérité, et s’engager à refuser l’équilibre budgétaire. Il faudra dire : « Nous ne respecterons pas l’obligation décrétée par les traités européens de respecter l’équilibre budgétaire » parce que nous voulons augmenter les dépenses publiques pour lutter contre les mesures anti-sociales et d’austérité, et pour entreprendre la transition écologique. Par conséquent, le premier point est de s’engager d’une manière claire et déterminée à désobéir. Selon moi, après la capitulation grecque, il est essentiel d’abandonner l’illusion d’obtenir de la Commission européenne et des autres gouvernements européens qu’ils respectent la volonté populaire. Conserver cette illusion nous conduirait au désastre. Nous devons désobéir.

 

Deuxième point : S’engager à appeler à la mobilisation populaire. Tant au niveau de chaque pays qu’au niveau européen. Cela aussi a échoué l’année dernière en Grèce. Il est évident que les mouvements sociaux européens ne furent pas à la hauteur en termes de manifestations, qui certes eurent lieu, mais ne montrèrent pas un niveau suffisant de solidarité avec le peuple grec. Mais il est vrai aussi que l’orientation stratégique de Syriza ne prévoyait pas de faire appel à la mobilisation populaire au niveau européen, ni même de faire appel à la mobilisation populaire en Grèce. Et quand ils ont appelé à la mobilisation par le référendum du 5 Juillet 2015, ce fut pour ensuite ne pas respecter la volonté populaire de 61,5% des Grecs, qui refusèrent d’obéir aux exigences des créanciers.

 

Troisième point : S’engager à organiser un audit de la dette avec la participation des citoyens. Je dirais que cet audit devra être simultané à la suspension des remboursements de la dette. Les situations dans 28 pays de l’Union européenne sont différentes. Il y a des pays européens où la suspension des remboursements est une mesure de nécessité absolue et prioritaire, comme dans le cas de la Grèce, et comme serait le cas du Portugal et de Chypre. En Espagne, il faudrait voir. Dans d’autres pays, il est possible de réaliser d’abord l’audit et ensuite décider de la suspension des remboursements. Ces mesures doivent être mises en œuvre en tenant compte de la situation spécifique de chaque pays.

 

Quatrième mesure : Mettre en place des contrôles des mouvements de capitaux. Et tenir compte de ce que cela signifie. C’est à dire aller à l’encontre de l’idée selon laquelle il serait interdit aux citoyens de transférer quelques centaines d’euros à l’étranger. Il est évident que les transactions financières internationales seront autorisées jusqu’à un certain montant. Par contre, il s’agit de mettre en place un contrôle strict sur les mouvements de capitaux au-dessus d’un certain montant des transferts.

 

Cinquième mesure : Socialiser le secteur financier et le secteur de l’énergie. Selon moi, socialiser le secteur financier ne consiste pas seulement à développer un pôle bancaire public. Il s’agit de décréter un monopole public sur le secteur financier, à savoir les banques et les sociétés d’assurance. Une socialisation du secteur financier sous contrôle citoyen. C’est-à-dire transformer le secteur financier en service public |2|. Dans le cadre de la transition écologique, bien sûr, la socialisation du secteur de l’énergie est également une mesure prioritaire. Il ne peut y avoir de transition écologique sans monopole public sur le secteur de l’énergie, tant au niveau de la production que de la distribution.

 

Proposition numéro six : Création d’une monnaie complémentaire, non convertible. Que ce soit dans le cas d’une sortie de l’euro ou d’un maintien dans la zone euro, de toute façon, il est nécessaire de créer une monnaie complémentaire non convertible. Autrement dit, une monnaie qui sert, en circuit court, aux échanges à l’intérieur du pays. Par exemple, pour le paiement de l’augmentation des retraites, des augmentations de salaire aux fonctionnaires, pour le paiement des impôts, pour le paiement des services publics ... Utiliser une monnaie complémentaire permet de se détacher et de sortir partiellement de la dictature de l’euro et de la Banque Centrale Européenne. Bien sûr, on ne peut pas éviter le débat sur la zone euro. Je pense que dans plusieurs pays, la sortie de la zone euro est également une option qui doit être défendue en tant que partis et syndicats de classe. Plusieurs pays de la zone euro ne pourront pas réellement rompre avec l’austérité et lancer une transition écosocialiste sans quitter la zone euro. Dans le cas d’une sortie de la zone euro, selon moi, il faudra faire une réforme monétaire redistributive. Qu’est-ce que cela signifie ? Cela signifie décréter, par exemple, que jusqu’à 200.000 euros liquides, le taux de change serait de 1 euro pour 100 pesetas. Mais au-dessus de 200.000 (ou peut-être au-dessus de 100.000), le taux de change serait de 1.5 euros pour obtenir 100 pesetas. A un niveau encore supérieur, il serait de 2 euros. Au-delà de 500.000, il faudrait donner 10 euros pour obtenir 100 pesetas. Ceci consiste en une réforme monétaire redistributive. Cela diminue le liquide en circulation et redistribue la richesse liquide des ménages. Et bien sûr, cela élimine une partie des actifs liquides des 1% les plus riches. Sachant que, je ne connais pas exactement ce que les données du Pays basque et de l’Espagne, mais près de la moitié de la population n’a même pas d’épargne. 30% de la population, les moins riches, ont des dettes, pas d’actifs liquides. Ils ont éventuellement du patrimoine en termes de logement (hypothéqué ou non), mais cette proportion de la population n’a pas de capital.

 

La septième mesure : Bien sûr, une réforme radicale de la fiscalité. Supprimer la TVA sur les biens et les services de consommation de base, comme la nourriture, l’électricité et l’eau, et d’autres bien de première nécessité. Par contre, une augmentation de la TVA sur les biens et les produits de luxe, etc. Nous avons aussi besoin d’une augmentation des impôts sur les bénéfices des entreprises privées et des revenus au-dessus d’un certain niveau. Autrement dit, un impôt progressif sur les revenus et sur le patrimoine.

 

Huitième mesure : Déprivatisations. « Racheter » les entreprises privatisées pour un euro symbolique. Ainsi, de ce point de vue, utiliser l’euro pourrait s’avérer très sympathique, en payant un euro symbolique à ceux qui ont profité des privatisations. Et renforcer et étendre les services publics sous contrôle citoyen.

 

Neuvième mesure : Réduire le temps de travail avec maintien des salaires. Abroger les lois anti-sociales et adopter des lois pour remédier à la situation de la dette hypothécaire. Cela pourrait très bien se résoudre par la loi, en évitant des procès (car il y a de nombreux procès sur la dette hypothécaire où les ménages sont confrontés aux banques). Un Parlement peut décréter par une loi l’annulation des dettes hypothécaires inférieures à 150.000 euros, par exemple. Cela permettrait d’éviter d’aller en justice.

 

Dixième mesure : Entamer un véritable processus constituant. Il ne s’agit pas de changements constitutionnels dans le cadre des institutions parlementaires actuelles. Il s’agirait de dissoudre le parlement et de convoquer l’élection au suffrage direct d’une Assemblée constituante. Bien sûr, il faudra tenir compte des questions de nationalités, etc. mais il s’agit d’ouvrir un véritable processus constituant, que ce soit aux niveaux des nationalités ou au niveau de l’État en tant que tel. Et de rechercher à insérer ce processus dans d’autres processus constituants au niveau européen.

 

Ce sont pour moi dix propositions de base à soumettre au débat. Mais je mets ces mesures à un niveau élevé de priorité. Parce que je crois que, sans mesures radicales annoncées depuis le début, il n’y aura pas de rupture avec des politiques d’austérité. Il n’y a pas de marge de manœuvre pour rompre avec les politiques d’austérité sans prendre des mesures radicales contre le grand capital. Ceux qui pensent qu’ils peuvent éviter cela, ce sont des « enfumeurs » qui ne pourront pas obtenir de réelles avancées concrètes. Le niveau européen, l’architecture européenne est telle, et la crise du capitalisme est tellement étendue qu’il n’y a pas de réel espace pour des politiques productivistes néo-keynésiennes. Selon moi, l’écosocialisme ne doit pas être à la marge mais au cœur du débat, d’où doit venir les propositions immédiates et concrètes. Il faut mener à bien la lutte contre l’austérité et se lancer sur le chemin et la transition de éco-socialiste est une nécessité absolue et immédiate.


Traduit par Trommons

 

Notes

|1| Ce texte correspond à la conférence que Eric Toussaint a donnée à Bilbao le 25 Septembre 2016 lors de la troisième réunion écosocialiste internationale http://alterecosoc.org/?lang=fr

|2| Pour une explication à propos de la socialisation des banques, voir Que faire des banques ? Version 2.0, http://www.cadtm.org/Que-faire-des-banques-Version-2-0

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Eric Toussaint

docteur en sciences politiques des universités de Liège et de Paris VIII, porte-parole du CADTM international et membre du Conseil scientifique d’ATTAC France. Il est l’auteur des livres Bancocratie, ADEN, Bruxelles, 2014 ; Procès d’un homme exemplaire, Éditions Al Dante, Marseille, 2013 ; Un coup d’œil dans le rétroviseur. L’idéologie néolibérale des origines jusqu’à aujourd’hui, Le Cerisier, Mons, 2010. Il est coauteur avec Damien Millet des livres AAA, Audit, Annulation, Autre politique, Le Seuil, Paris, 2012 ; La dette ou la vie, Aden/CADTM, Bruxelles, 2011. Ce dernier livre a reçu le Prix du livre politique octroyé par la Foire du livre politique de Liège. Il a coordonné les travaux de la Commission pour la Vérité sur la dette publique de la Grèce créée le 4 avril 2015 par la présidente du Parlement grec. Cette commission a fonctionné sous les auspices du parlement entre avril et octobre 2015. Suite à sa dissolution annoncée le 12 novembre 2015 par le nouveau président du parlement grec, l’ex-Commission poursuit ses travaux et s’est dotée d’un statut légal d’association sans but lucratif.

 

 

 

Source : http://www.cadtm.org

 

 

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17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 18:03

 

 

Source : http://www.lefigaro.fr

 

 

Turquie : ces nouveaux journalistes qui défient la loi du silence

 

 

La chaîne Medyascope traite sans concession tous les sujets sensibles occultés par les médias contrôlés par le pouvoir d'Erdogan.

 

ENQUÊTE - Alors que la répression du putsch raté du 15 juillet ne faiblit pas, une nouvelle génération de reporters met tout en oeuvre pour faire parler les «sans voix». Notre correspondante à Istanbul est allée à leur rencontre.

En Turquie, où la répression de l'après-putch avorté du 15 juillet étouffe chaque jour un peu plus les voix critiques, la presse indépendante est dans le collimateur du pouvoir. Accusés, pêle-mêle, de propagande terroriste, d'espionage, de tentative de coup d'Etat, 177 médias (journaux, radios et télévisions confondus) ont été fermés en quelques mois.

A ce jour, plus d'une centaine de journalistes sont derrière les barreaux. Mais à l'exil - une option choisie par certains -, de jeunes reporters opposent une envie farouche de continuer à exercer leur métier, de prendre des chemins de traverse pour éviter que la Turquie ne se transforme en trou noir de l'information.

Avec souvent pour seule arme la caméra de leur téléphone portable, ils improvisent des studios télévisés dans des cafés, des locaux associatifs, des tribunaux. Une seule devise, faire parler les «sans-voix»: enseignants limogés, intellectuels black-listés, épouses de dissidents arrêtés. Il en résulte des forums de discussion, filmés et diffusés en direct sur des cyberchaînes grâce, entre autres, à l'application Periscope. Une nouvelle génération de télévisions, sans filtre ni tabou qui défie la loi du silence…

Retrouvez notre enquête dès à présent sur Le Figaro Premium ou mardi 17 janvier dans les éditions du Figaro.

 

 

 

Source : http://www.lefigaro.fr

 

 

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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 14:56

 

Source : https://www.francebleu.fr

 

 

Climat – Environnement

Les faucheurs volontaires arrachent du Colza à Messigny vers Dijon

Par Victoria Koussa, France Bleu Bourgogne vendredi 13 janvier 2017 à 12:44 Mis à jour le vendredi 13 janvier 2017 à 15:04

 

 

 

 

La culture du colza

La culture du colza © Radio France

 

Près d'un hectare de colza a été arraché dans le hameau des Herbuottes par les faucheurs volontaires de Côte-d'Or la nuit dernière.

Nouvelle action. Le collectif écologiste de la Confédération paysanne qui prône la désobéissance civile, les Faucheurs Volontaires, a arraché tous les pieds de colza sur une plateforme d'essai la nuit dernière. Elle est située au hameau des Herbuottes à Messigny-et-Vantoux, au nord de Dijon.

 

Près d'un hectare

Précisément 7 000 mètres carrés, soit trois-quart d'un hectare de plants de colza sont concernés par la nouvelle action des Faucheurs Volontaires. C'est presque deux mois après une action similaire sur une parcelle de Dijon Céréales pour dénoncer des herbicides présents dans ces plateformes d'essai.

 

 

 

Source : https://www.francebleu.fr

 

 

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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 14:45

 

 

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com

 

 

PHOTOS. Les 8 ultra-riches qui possèdent autant que la moitié de l'humanité

 

 

PHOTOS. Qui sont les 8 ultra-riches ?

Huit personnes détiennent autant de richesse que la moitié la plus pauvre de la population mondiale. C'est le constat accablant que dresse l'ONG britannique Oxfam dans un rapport publié avant l'ouverture du Forum économique mondial à Davos, le 16 janvier. Au premier rang du classement des huit personnes les plus riches de la planète, culmine sans surprise le fondateur de Microsoft, Bill Gates, avec un patrimoine estimé à 75 milliards de dollars.

PHOTOS. Qui sont les 8 ultra-riches

L'Espagnol Amancio Ortega, à la tête d'Inditex, la maison mère de Zara, est en deuxième position avec 67 milliards de dollars. Les montants des fortunes de ces magnats du business ont été établis par le magazine "Forbes".

PHOTOS. Qui sont les 8 ultra-riches

 

Warren Buffett détient 60, 8 milliards de dollars. Le PDG et premier actionnaire de Berkshire Hathaway se hisse à la troisième place de ce classement des plus riches.

PHOTOS. Qui sont les 8 ultra-riches

Le Mexicain Carlos Slim, magnat des télécoms latino-américains en quatrième position avec 50 milliards de dollars.

PHOTOS. Qui sont les 8 ultra-riches

La cinquième fortune (45, 2 milliards de dollars) est celle détenue par Jeff Bezos, le fondateur et PDG d'Amazon.

PHOTOS. Qui sont les 8 ultra-riches

Le PDG et cofondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, à la sixième place avec 44,6 milliards de dollars.

PHOTOS. Qui sont les 8 ultra-riches

Le numéro 7, Larry Ellison, cofondateur et PDG d'Oracle, dont la fortune est estimée à 43,6 milliards de dollars.

PHOTOS. Qui sont les 8 ultra-riches

 

 

L'ancien maire de New York, Michael Bloomberg, fondateur et PDG de Bloomberg LP, dont le patrimoine est estimé à 40 milliards de dollars, arrive en huitième position dans le classement "Forbes".

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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 14:37

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

 

De pire en pire : 8 personnes plus riches que la moitié la plus pauvre du monde

 

 

Au rythme où va l'accroissement des inégalités mondiales, 2017 sera-t-elle l'année où un seul homme sera plus riche que la moitié la plus pauvre de la population de la planète ? Le dernier rapport d'Oxfam, publié ce lundi, le fait craindre…

 

Alors que s'ouvre le forum économique mondial à Davos, Oxfam rappelle que les inégalités entre plus riches et plus pauvres n'en finissent pas de se creuser dans le monde. - Michel Euler/AP/SIPA

"Indécent." Huit personnes sur la planète détiennent autant de richesse que la moitié la plus pauvre de la population mondiale, pointe l’ONG britannique Oxfam publié ce lundi 16 janvier, alors qu'est sur le point de s'ouvrir le Forum économique mondial (World Economic Forum) de Davos, qui attire chaque année les plus puissants PDG, banquiers et responsables politiques du monde entier.

 

"Quand on sait qu'une personne sur dix dans le monde vit avec moins de 2 dollars par jour, explique l’ONG par la voix de sa porte-parole en France, Manon Aubry, il est indécent que tant de richesses soit concentrées dans les mains d'une si infime minorité." Et par "infime minorité", Oxfam qui a déjà sonné l’alarme en 2015 - - signifie qu’en 2016, les huit chanceux se partagent à eux seuls une fortune évaluée à plus de 400 milliards de dollars, selon le célèbre classement du magazine économique américain

Et un regard dans le rétroviseur donne le tournis sur la vitesse à laquelle s'accroissent les inégalités. Pas plus tard qu'en 2010, il fallait cumuler les richesses de 388 personnes dans le monde pour égaler la moitié la plus pauvre de la populaiton de la planète ! Un chiffre tombé à 177 dès l'année suivante, puis à 62 en 2015…

 

En France, 21 milliardaires concentrent les richesses

Parmi les huit, le plus riche d’entre tous, l'indétrônable Bill Gates, ex-patron de Microsoft (75 milliards de dollars), volontiers présenté en philanthrope reconverti, à travers les œuvres de sa Fondation Bill-et-Melinda-Gates, dans la lutte contre le paludisme. Pour résoudre le problème des inégalités, qui permettrait notamment aux populations un meilleur accès aux soins, il faudra en revanche attendre.

Car les entreprises comme celles de Bill Gates ou de ses comparses, l'Espagnol Amancio Ortega (67 milliards de dollars), fondateur de la marque de vêtements Zara, ou encore l'Américain Warren Buffett (60,8 milliards) à la tête du fonds d’investissements Berkshire Hathaway - actionnaire de plusieurs grandes compagnies, à l’instar de Coca-Cola -, pratiquent allègrement, en marge de ces belles oeuvres de charité, l’optimisation fiscale, pointe Oxfam dans son rapport, "privant ainsi les Etats des ressources essentielles pour financer les politiques et les services nécessaires pour réduire" lesdites inégalités.

Quant à la France, elle n'échappe pas aux critiques. Selon l'étude de l'ONG, 21 milliardaires y possédent autant que les 40% les plus pauvres de la population en 2016...

 

 

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 14:20

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Grèves

Chez McDo, la lutte contre l’évasion fiscale rejoint celle pour de meilleures conditions de travail

par

 

 

 

Six restaurants McDonald’s étaient en grève le 13 janvier au soir, dans le nord de Paris. Aux côtés des salariés du syndicat CGT McDonald’s, une centaine de militants et d’étudiants se sont mobilisées contre la dégradation des conditions de travail chez le géant du fast-food et sa politique d’évasion fiscale. « Ces dernières années, des bornes automatiques ont été installées dans tous les restaurants, illustre Gilles Bombard, de la CGT McDonald’s. Les clients commandent et paient avant d’être servis. Résultat : il faut servir dix personnes en même temps. Nous sommes obligé de préparer les commandes très vite, sous le regard des clients qui s’impatientent, ce qui est très stressant. Nous sommes à flux très tendu. Nous n’avons même plus le temps de boire un verre d’eau. Pour McDo, c’est tout bénef, bien sûr. Ils maintiennent leur chiffre d’affaire en diminuant le nombre de salariés. »

Les salariés s’insurgent aussi contre la très forte proportion de restaurants franchisés. Selon les gréviste, 80% des enseignes McDo sont gérées par un employeur indépendant qui paie la multinationale pour l’utilisation de sa marque, de ses produits et de ses fournisseurs. « Les salariés n’y ont pas de comité d’entreprise (CE), ni de 13ème mois contrairement à ceux qui sont embauchés directement par McDo France », explique Gilles Bompard. Certains franchisés trichent, car ils possèdent plusieurs restaurants, et comptent donc suffisamment de salariés pour être dans l’obligation de mettre en place un comité d’entreprise. « La CGT a lancé des actions en justice pour que ces tricheurs soient punis et obligés de respecter les droits des salariés. Mais c’est long, soupire le syndicaliste. Il y en a au moins pour deux ans, à chaque fois. C’est toujours ça de gagné pour eux. »

 

Lutte commune contre l’évasion fiscale

« D’un côté, ils maltraitent les salariés ; de l’autre, ils trichent en ne payant pas leurs impôts », ajoute Julie Mandelbaum, de l’association ReAct, qui appuie l’organisation collective de salariés pour défendre leurs droits face et abus des entreprises multinationales. Pour les grévistes, maltraitance des employés et évasion fiscale sont les deux faces d’une même médaille. « Depuis 2009, McDonald’s a bénéficié de mécanismes de réductions fiscales en domiciliant ses activités financières au Luxembourg. L’Union européenne devenant trop regardante sur la perception d’impôts sur les bénéfices, ces activités ont été rapatriées à Londres, dénoncent le ReAct et la CGT. À cela, s’ajoute les aides fiscales du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) – l’équivalent de 0,7% de son chiffre d’affaires en 2013 pour « création d’emploi » alors même que le groupe connaît un turn-over de près de 60%. »

Les échanges entre étudiants émargeant chez Mc Do et militants en guerre contre l’évasion fiscale ont commencé pendant le mouvement social contre la Loi Travail, explique Julie Mandelbaum. La mobilisation contre Mc Do traverse également les frontières. Aux États-unis, le collectif « Fight For 15 », créé en 2012, se bat pour l’augmentation du salaire minimum– à 15 dollars de l’heure – et pour les libertés syndicales. Le mouvement a déjà obtenu l’augmentation du salaire minimum dans certains États du pays. Le 29 novembre dernier, ils se sont mobilisés dans 340 villes différentes.

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 13:58

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Hinter, la filiale très rentable et illégale d’Uber

Par Dan Israel

 

 

 

 

Depuis 2014, par l’intermédiaire de sa filiale Hinter, le géant des applications de VTC a loué à des centaines, voire à des milliers de chauffeurs « partenaires » une licence temporaire leur donnant le droit de travailler. En deux ans, ce discret business lui a rapporté plus de 440 000 euros net. Mais pour le gouvernement, « cette pratique est illégale ». Nos révélations.

 

Les chauffeurs Uber sont encore loin d’être satisfaits. Ce lundi 16 janvier, ils ont prévu de se rassembler place de la Bastille, à Paris, pour gêner la circulation et protester contre leurs conditions de travail et de rémunération. Comme lors du mouvement de fin décembre, où ils avaient notamment bloqué les abords des aéroports parisiens, les représentants de divers syndicats et collectifs de chauffeurs VTC (voiture de tourisme avec chauffeur) demandent que l’application Uber, qui domine largement le marché et qu’ils sont plusieurs milliers à utiliser pour être mis en relation avec leurs passagers, revoie ses conditions tarifaires.

Le 8 décembre, à la surprise générale, Uber avait augmenté le prix des courses de 15 % en moyenne, mais avait aussi imposé le passage de 20 à 25 % des commissions que les chauffeurs doivent lui payer. Pas de quoi satisfaire les conducteurs « partenaires », qui réclament de mieux gagner leur vie. Une revendication qui ne cesse de prendre de l’ampleur depuis octobre 2015, lorsque Uber avait baissé de 20 % le tarif des courses, au moment même où les candidats affluaient à ses portes pour devenir chauffeurs et utiliser son application (nous expliquions ici les dessous du dossier). Toujours plus de chauffeurs, pour des courses qui rapportaient moins : le ferment de la colère d’aujourd’hui était planté.

Et cette colère ne s’apaisera sans doute pas avec les révélations de Mediapart : depuis fin 2013, date à laquelle Uber s’est implanté en France, l’entreprise qui propose la célèbre application se livre à un petit business discret, très profitable et entièrement illégal, comme nous l’a confirmé le gouvernement. Par l’entremise de la société Hinter France, une de ses filiales à 100 %, Uber propose à des chauffeurs de leur louer une « licence VTC », moyennant le paiement d’une commission de 5 % sur les courses effectuées. Selon nos calculs, ce procédé illicite a concerné des centaines, voire des milliers de chauffeurs depuis 2014. En 2014 et 2015, il a rapporté à l’entreprise la somme totale de 443 700 euros, après impôt.

Les taxis manifestent Porte Maillot, à Paris, le 26 janvier © Reuters - Charles Platiau

Les taxis manifestent Porte Maillot, à Paris, le 26 janvier © Reuters - Charles Platiau

L’existence de Hinter, le faux nez d’Uber, est un secret de Polichinelle dans le secteur. La plupart des chauffeurs en ont entendu parler et nombreux sont ceux qui ont eu recours aux services de cette société. Farid Aieche, le président du Syndicat des exploitants du transport de personnes (SETP), a collecté des informations sur la société, puis établi un dossier explicite dès la fin 2015. « Cela fait seize ans que je travaille dans le secteur, explique-t-il à Mediapart. Tout le monde sait que si une entreprise de VTC a le droit de faire rouler ses salariés avec sa propre licence professionnelle, la loi interdit en revanche de louer cette licence à des chauffeurs extérieurs. Or, c’est bien ce que fait Hinter, en proposant des locations, contre une commission sur les courses. »

Interrogé par Mediapart, Uber assume, mais insiste sur l’aspect temporaire de la location (lire sous l’onglet Prolonger l’ensemble des questions posées à l’entreprise et ses réponses) : « La société Hinter France SAS permet à des chauffeurs titulaires de la carte professionnelle VTC ayant déposé leur demande d’inscription en tant qu’exploitant de VTC, au sens du code des transports, de bénéficier de sa propre autorisation administrative d’exploitation, à titre provisoire, confirme l’entreprise. […] Une telle mise à disposition s’effectue contre rémunération sur le chiffre d’affaires ainsi réalisé. »

Pour travailler à son compte, sous le statut d’autoentrepreneur la plupart du temps, un chauffeur doit en effet posséder une carte professionnelle, mais aussi être inscrit au registre des exploitants de voitures avec chauffeur. Cette inscription peut prendre de un à trois mois, mais nécessite de posséder ou de louer au préalable une voiture professionnelle. « Comme bien d’autres, j’ai utilisé pendant presque deux mois une licence Hinter lorsque j’ai commencé à être chauffeur VTC en 2015, témoigne Clément (son prénom a été changé à sa demande). En attendant que la licence soit délivrée, vous êtes bloqué pendant plusieurs semaines, alors que les coûts s’accumulent, et vous n’avez qu’une envie : démarrer tout de suite. C’est justement ce que permet Hinter. »

Farid Aieche indique avoir informé de la situation la préfecture de police de Paris, la répression des fraudes et le cabinet d’Alain Vidalies, secrétaire d’État chargé des transports, dès décembre 2015. Il a aussi approché le député socialiste Laurent Grandguillaume, auteur d’une toute récente loi sur le secteur, qui a signalé à Mediapart avoir interrogé à son tour le gouvernement, sans retour officiel à ce jour. De fait, durant de longs mois, les autorités ont semblé tolérer la combine, laquelle paraît d’ailleurs calquée sur le système qui existe depuis des décennies au sein des taxis parisiens : la compagnie G7 possède un millier de licences de taxi à Paris, qu’elle loue environ 200 euros par jour aux chauffeurs désireux d’exercer sans détenir le précieux sésame, dont le prix de cession dépasse toujours les 120 000 euros.

«  Je me suis fait contrôler et les policiers m’ont indiqué qu’ils étaient au courant, qu’ils toléraient cette pratique, mais que je ne devais pas la faire durer trop longtemps », raconte Clément. Des récits semblables circulent un peu partout dans le milieu professionnel. Dans les explications fournies, Uber se garde d’ailleurs bien de se prononcer sur la légalité de son activité parallèle...

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

Lire aussi

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

 

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15 janvier 2017 7 15 /01 /janvier /2017 19:30

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

Chômeurs fainéants, nordistes alcooliques : le strike de Macron

 

 

 

 

Depuis des mois, Emmanuel Macron a fait du "parler vrai" un argument de campagne. Ce week-end, il a mis en application ses principes en évoquant la paresse de certains chômeurs et l'alcoolisme dans le Pas-de-Calais... Au point de passer du "parler vrai" à une vraie caricature ?

 

 

Ce week-end, Emmanuel Macron était en déplacement dans les Hauts-de-France. Bien qu'il s'agisse d'une spécialité locale, le candidat à la présidentielle n'a pas fait dans la dentelle : à plusieurs reprises, le fondateur d'En Marche a pointé sans nuance la situation sociale difficile d'une partie des habitants de la région. Ce qui est en passe de devenir sa signature.

En meeting à Lille, ce samedi 14 janvier, Emmanuel Macron, a longuement évoqué la question sociale. "Au risque de choquer certains, [je veux] regarder en face la grande misère qui s’est installée dans ces terres de combat", a-t-il revendiqué, . Une partie du problème, selon le candidat ? La paresse de certains chômeurs ! "Je ne veux plus entendre ‘j’ai encore droit de rester un peu au chômage’ ou ‘on ne me propose rien' !", a-t-il affirmé, insinuant qu'il entendait régulièrement ce genre de discours empreints d'indolence.

Les statistiques sur la fraude avérée sont loin de corroborer cette sensation. Selon des chiffres par Pôle emploi en 2014, 7308 dossiers de fraude aux allocations chômage ont été détectés en 2013. Rapporté aux 3,3 millions de chômeurs en catégorie A à la fin de cette année, le taux de fraude atteint à peine 0,2%.

Alcoolisme installé

La veille, l'ex-banquier d'affaires s'était déjà fait remarquer en évoquant l'alcoolisme et le tabagisme dans le Pas-de-Calais. En visite dans la cité minière de Noeux-les-Mines, il avait affirmé que "l’alcoolisme et le tabagisme se sont peu à peu installés dans le bassin minier", et l'AFP.

Ces propos ont été immédiatement qualifiés sur Twitter d'"insulte" par le maire LR de Tourcoing, Gérald Darmanin et de "mépris social" par le secrétaire national du PCF Pierre Laurent comme le vice-président du FN Florian Philippot.

Cette fois, les études tendent pourtant à corroborer l'assertion du fondateur d'En Marche. Dès 2002, l'Observatoire Régional de la Santé du Nord-Pas-de-Calais :

"La population du Bassin Minier du Nord-Pas-de-Calais est exposée depuis près de cinquante ans à une crise sanitaire sans équivalent en France. L'un des principaux signes de cette déstabilisation de l'état de santé collectif est l'alcoolisation des hommes, mais aussi des femmes et des jeunes, et plus encore ses conséquences sur l'état de santé des populations. La mortalité à la consommation immodérée d'alcool y atteint deux fois l'indice national, elle peut culminer à six fois la mortalité française dans les secteurs les plus affectés."

En 2015, produit par l'Agence Régionale de Santé (ARS) du Nord-Pas-de-Calais a confirmé l'importance sanitaire de ces "conduites addictives concernant l’alcool et le tabac" dans la région.

Brutalité volontaire

A tort ou à raison, Emmanuel Macron a en tout cas pris l'habitude de pointer ainsi les difficultés sociales en France, au nom d'un certain "parler vrai". Dans un communiqué publié ce samedi soir, il persiste d'ailleurs dans ce registre volontairement brutal :

 

"Emmanuel Macron, conforme à sa volonté de nommer les choses et d'affronter la réalité, ne retire pas un mot de ce qu'il a dit.  Il note que la coalition des bien-pensants va de l'extrême-gauche à l'extrême-droite"

Ces derniers mois, Emmanuel Macron a multiplié ce type de propos abrupts. En novembre dernier, il défendait l'entreprise Uber, qui embauche mais propose des rémunérations en dessous du Smic, en mettant en balance cet emploi et le trafic de drogue en banlieue :

"Allez à Stains (en Seine-Saint-Denis, ndlr) expliquer aux jeunes qui font chauffeur Uber de manière volontaire qu'il vaut mieux tenir les murs ou dealer".

Jean-Luc Mélenchon y avait vu un "propos méprisant de grand bourgeois qui ne connaît rien à la vie".

"Costard" et "illettrées"

Dans la même veine transgressive, il expliquait en juin dernier à un militant anti-loi Travail qui lui reprochait un certain mépris social que "la meilleure façon de se payer un costard, c'est de travailler".

A force de vouloir "nommer les choses", Emmanuel Macron trébuche. C'était déjà le cas le 17 septembre 2014, dans une de ses premières prises de parole publiques. Il avait alors qualifié les ouvrières de l'abattoir de Gad, dans le Finistère, d'"illettrées". L'après-midi, il avait reconnu avoir employé un terme "extrêmement blessant" et s'était excusé "platement" à l'Assemblée nationale.

 

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

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15 janvier 2017 7 15 /01 /janvier /2017 17:04

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

Sur les réseaux

Enquête sur l’algo le plus flippant de Facebook

 

 

 

 

Si la section « Vous connaissez peut-être » vous faisait parfois flipper en vous proposant des profils précis et éloignés de vos réseaux habituels, vous n’avez encore rien vu.

 

La section « Vous connaissez peut-être » (« People you may know ») de Facebook est une source inépuisable de spéculations. Cette fonction, en apparence sympathique puisqu’elle nous propose d’ajouter de nouveaux amis, semble détenir des informations très personnelles sur chacun d’entre nous.

  • Une journaliste de la rédaction s’est ainsi vu proposer un flirt dont elle n’avait pas noté le téléphone dans son portable ;
  • un autre collègue s’est vu proposer un pote qu’il n’a pas revu depuis 10 ans et qui venait de lui envoyer un mail ;
  • une autre enfin, sa femme de ménage, dont elle a le numéro de téléphone dans son portable, mais avec laquelle elle n’a jamais eu aucune interaction en ligne.

Beaucoup ont aussi vu apparaître des gens rencontrés sur des applis de rencontre comme Tinder ou Grindr. Plutôt embarrassant, non ?

 

Folles rumeurs

Entre nous, les mots de « magie noire » et « espionnage » sont prononcés. Sur Internet, les rumeurs les plus folles circulent sur la façon dont cet algorithme plutôt intrusif fonctionnerait.

  • Il existerait un « profil fantôme » de chacun d’entre nous, pré-rempli et automatiquement activé dès notre inscription.

C’est la théorie d’un utilisateur de Reddit. Il raconte avoir créé un profil anonyme avec un mail jamais utilisé et s’être vu proposer plein de contacts connus.

  • A Rue89, on en formule une autre pour se faire peur : Facebook nous proposerait aussi les personnes qui nous « stalkent » (espionnent en ligne) ou que nous avons récemment « stalkées ».

Je découvre que cette rumeur existe déjà, et que beaucoup d’utilisateurs y croient dur comme fer. Facebook l’a toujours démentie.

  • Dans le même genre, la sérieuse BBC affirmait, via des témoignages concordant et une société de sécurité informatique, que Facebook se connectait à des applications type Tinder ou Grindr pour vous faire des suggestions d’amis.

Un journaliste du Huffington Post a fait la même hypothèse. Ce que le réseau social a nié avec force.

Fabrice Epelboin, spécialiste des médias sociaux et entrepreneur du Web, croit les dires de Facebook, comme Vincent Glad :

« Ce serait très dangereux économiquement. Facebook n’est pas une société idiote, elle prend des risques calculés. »

Pour lui, l’explication est beaucoup plus simple :

« Quand on “date” quelqu’un sur Tinder, on lui donne bien son numéro avant, non ? Facebook se connecte en fait à votre répertoire. »

Ah bon ?

 

Un aspirateur à données, via votre téléphone

On résume. Il faut imaginer l’algorithme de Facebook comme un aspirateur à données géant.

 Visages et Facebook

Visages et Facebook - Pixabay/CC0

Dans un article du Washington Post, qui fait référence en la matière, il est expliqué que l’algorithme de « Vous connaissez peut-être » est basé sur la « science des réseaux ».

En définissant les réseaux auxquels on appartient, Facebook calcule nos chances de connaître telle ou telle personne. Et il peut même prédire nos futures amitiés. Un peu de probabilités et c’est dans la boîte.

« Ce n’est pas de la magie, mais juste des mathématiques très pointues », apprend-on.

Avertissement de Messenger, dont la

Avertissement de Messenger, dont la « synchronisation » permet au contact de « se connecter sur Facebook »

Couverture

 

En fonction des amis que l’on a, de nos interactions plus ou moins fortes et fréquentes avec eux, de l’endroit où on vit, des lieux où on a étudié et travaillé, l’algorithme fait ses calculs. Il tente aussi de définir les personnes « clés » de votre réseau, celles qui vous présentent aux autres. Enfin, il utilise votre géolocalisation, ce qui a probablement mené ce lundi à l’arrestation du voleur de la voiture d’un internaute, qui est apparu dans ses suggestions d’amis.

Surtout, depuis qu’il est arrivé sur votre mobile, via les applis Facebook et Messenger, le réseau social a un tas d’autres informations à mettre sous la dent de leur algo :  vos contacts téléphoniques et vos mails.

Vous l’avez autorisé, probablement sans en avoir conscience, au moment de l’installation de l’une et/ou l’autre application.

 

Le test ultime : le Nokia de Xavier de La Porte

Comme c’était un jour de pluie, j’ai voulu tester la puissance de cet algorithme qui marche donc sur deux pieds :

  • La « science des réseaux » ;
  • des tonnes de données « scrapées » de notre mobile notamment.

Je décide de créer un compte avec un numéro de téléphone et avec un faux nom. Le mien est déjà lié à un compte, donc Facebook le refuse.

En effet, il est interdit, en théorie, de créer un faux compte ou de doublonner, selon sa politique de « l’identité réelle » – les personnes transgenres en savent malheureusement quelque chose.

Il y a une personne dans ces bureaux qui n’a pas lié son compte Facebook à son numéro. J’ai nommé : Xavier de La Porte. Il possède un charmant Nokia cassé sur le dessus.

Le téléphone de Xavier, bolide de la protection des données

Le téléphone de Xavier, bolide de la protection des données

« J’ai 20 contacts dessus, seulement ma famille et mes amis proches », jure-t-il.

Il n’est évidemment pas question d’applications quelconques. Avec le numéro de Xavier, Facebook accepte la création du compte de « Mathilde Machin », 21 ans.

 

« Mathilde Machin », couverture très discrète

Et là, un truc vraiment effrayant arrive : des dizaines de contacts sont proposés, amis, famille, collègues de bureau, sources de Xavier. Ils ne sont pas dans son répertoire. Et ne sont pas non plus tous amis avec lui sur Facebook. A partir de là, deux hypothèses s’offrent à moi :

  • Son compte a été lié un jour à ce numéro de téléphone, et Facebook se rend compte qu’il s’agit de la même personne. Il lui propose logiquement d’ajouter les amis du compte de Xavier.

Mais, Facebook refuse d’ouvrir deux comptes avec le même mail ou le même numéro. Il s’agirait d’une sorte de faille de sécurité, puisque le téléphone sert justement à sécuriser votre compte. Et cela n’expliquerait pas pourquoi Mathilde Machin se voit proposer des personnes qui ne sont pas dans les amis Facebook de Xavier.

  • Les contacts proposés sont ceux qui possèdent le numéro de Xavier dans leur répertoire. Et qui ont donné à Facebook l’autorisation de scraper leurs données. Ce qui veut dire que l’algorithme de suggestion est tellement puissant qu’il réussit, en quelques secondes, à « inverser » la recherche.

Facebook, après s’être creusé les méninges un moment – c’est un peu technique –, me confirme la dernière hypothèse.

C’est vertigineux. Mais inscrit noir sur blanc dans les flippantes « Confidentialités et conditions » de Facebook. Qui autorisent l’application à utiliser les « données que vous importez ou synchronisez de votre appareil », type répertoire, mais aussi : 

« Les contenus et informations que les autres personnes fournissent lorsqu’elles ont recours à nos services notamment des informations vous concernant, par exemple lorsqu’elles partagent une photo de vous, vous envoient un message ou encore lorsqu’elles téléchargent, synchronisent ou importent vos coordonnées. »

Un algo gourmand

Facebook m’explique donc que l’algorithme se nourrit aussi des données que les autres ont sur vous (votre mail, votre numéro). Pour le dire autrement, quelqu’un qui a votre contact et l’importe dans son appli Facebook va probablement apparaître dans vos suggestions d’amis. C’est aussi fou que les rumeurs. Facebook insiste sur le fait que :

  • Le processus est transparent ;
  • l’algorithme, gentil, ne cherche qu’à vous faire retrouver vos amis et échanger avec eux ;
  • « Facebook ne possède pas et n’utilise pas » votre numéro de téléphone, il s’en sert pour mettre en relation des profils ;
  • et les paramètres de votre compte sont personnalisables.

Un samedi soir, vous êtes tombée amoureuse d’un ami d’ami. Le lendemain, vous demandez à l’ami commun son numéro. Vous hésitez à envoyer un message, vous bloquez plusieurs jours. Sachez donc que ce mec, à qui vous n’avez rien envoyé, vous a peut-être déjà vu apparaître dans « Vous connaissez peut-être ». Et qu’il a déjà peur de vous.

Article initialement publié le 2 juin 2016.

 

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

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14 janvier 2017 6 14 /01 /janvier /2017 21:43

 

 

Source : http://leplus.nouvelobs.com

 

 

Handicapé moteur, le train est un enfer pour moi : j'attaque la SNCF pour discrimination

 

Par 
Étudiant

LE PLUS. Kevin Fermine, étudiant en droit, est handicapé moteur. Avec le temps, ce Toulousain atteint du syndrome de Little a appris à accepter sa maladie. Mais lorsqu’il prend un train, on lui rappelle systématiquement sa différence. Toilettes inaccessibles ou wagon restaurant inatteignable en fauteuil roulant, il ne dispose pas des mêmes possibilités que les autres usagers. Il a donc décidé d’assigner la SNCF pour discrimination.

 

Édité et parrainé par Louise Auvitu

 

Depuis ma naissance, je suis atteint du syndrome de Little, une affection neurologique, qui m’empêche de conserver mon équilibre. Je suis handicapé moteur : je ne peux me déplacer qu’en fauteuil roulant.

 

J’ai appris à vivre avec ma maladie et mon infirmité et a accepté ma différence.

 

Quand je dois me déplacer, je suis contraint de me renseigner pour savoir si le lieu est accessible aux handicapés. Je n’obtiens pas toujours de réponse et il m’arrive d’être confronté à des marches et de devoir faire demi-tour. Bien que cela m’attriste de réaliser que je ne suis pas considéré par la société, je sais qu’on ne peut pas espérer des changements du jour au lendemain, à coup de baguette magique.

 

En revanche, ce que j’ai beaucoup plus de mal à accepter, c’est qu’une entreprise comme SNCF ne daigne pas faire le moindre effort. Aujourd’hui, ni les gares, ni les trains ne sont adaptés pour les gens comme moi.

 

Des obstacles insurmontables

 

L’année dernière, j’avais fait le choix de faire mes études à Montpellier, mais tous les week-ends, je rentrais à Toulouse pour retrouver ma petite amie et mes parents. Systématiquement, j’ai été confronté à des obstacles insurmontables.

 

Mes problèmes débutent dès la réservation des billets de train. Comme je suis handicapé moteur, je dois faire appel au service "accès plus" de la SNCF, en particulier lorsque je voyage seul. Il s’agit d’un service gratuit d’accueil en gare et d’accompagnement au train.

 

C’est bien que la SNCF propose une telle prise en charge. Le problème, c’est que je suis obligé de les prévenir 48 heures plus tôt et que si je souhaite changer de train, je n’ai aucune garantie d’avoir quelqu’un pour m’aider une fois sur place. Il m’est arrivé de louper mon train et d’attendre le prochain parce qu’il n’y avait personne pour m’aider.

 

Les autres passagers sont priés de m’enjamber

 

Je suis totalement dépendant du modèle de train dans lequel j’embarque. Il faut savoir que la majorité d’entre eux sont tout bonnement inaccessibles. Le pire étant les TGV en duplex.

 

Pour me hisser de plateforme au train, j’ai besoin de l’aide d’une personne du service "accès plus". Avec mon fauteuil, je passe la porte de quelques centimètres, mais après les choses se compliquent. Rouler, tourner, faire demi-tour, je ne peux en aucun cas me déplacer à l’intérieur de la rame.

 

Une fois à l’intérieur, un nouvel obstacle surgit : il n’existe quasiment pas d’emplacement réservé aux handicapés et quand il y en a, il n’y en a qu’un. Alors si je me retrouve avec une autre personne dans la même situation que moi, on nous parque tous les deux dans un mini espace.

 

En règle générale, on m’installe en plein milieu d’une allée. Les autres passagers sont priés de m’enjamber pour circuler dans le train. C’est particulièrement dégradant de voyager dans ces conditions.

 

Les contrôleurs n’acceptent pas toujours de m’aider

 

Une fois en place, je ne peux plus bouger. Si je souhaite me rendre quelque part, je dois appuyer des boutons d’assistance qui sont rarement activés. Et lorsque je demande à un contrôleur, ces derniers n’acceptent pas toujours de m’aider. Il y a aussi un service d’urgence "accès plus", mais il est payant.

 

L’un d’entre eux m’a d’ailleurs rétorqué :

 

"Estimez-vous heureux, vous avez la climatisation."

 

Imaginez-vous faire un trajet de six heures, sans pouvoir vous rendre au wagon restaurant ou aux toilettes ? C’est simple, il m’est arrivé de me pisser dessus.

 

Quand quelqu’un daigne m’aider, je suis dans l’incapacité de faire rentrer mon fauteuil dans l’habitacle, soit je ne peux pas fermer la porte.

 

J’ai porté plainte contre la SNCF pour discrimination

 

Très vite, mes allers-retours en train se sont transformés en enfer. J’en ai eu marre de cette situation. J’ai alors décidé en août dernier d’adresser plusieurs courriers de mise en demeure à la SNCF qui m’a envoyé des réponses types écrite avec un jargon purement juridique.

 

En octobre, j’ai porté plainte contre la SNCF pour discrimination, pour finalement saisir le tribunal administratif il y a un mois.

 

Je ne cherche absolument pas à obtenir des dommages et intérêts. Non, tout ce que je veux, c’est que la SNCF reconnaisse ses torts et qu’elle fasse les aménagements nécessaires pour que je sois enfin considéré comme tous les autres citoyens français.

 

 

Propos recueillis par Louise Auvitu

 

 

 

Source : http://leplus.nouvelobs.com

 

 

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