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9 février 2017 4 09 /02 /février /2017 21:37

 

 

Source : https://www.objectifgard.com/2017/02/08/nimes-circulez-il-ny-a-plus-darbre-a-voir/

 

 

NÎMES Circulez, il n’y a plus d’arbre à voir…

 

8 février 2017 à 11:00 A la une,

 

 

La Place Saint-Charles, sans ses pins Photo Anthony Maurin).

La Place Saint-Charles, sans ses pins (Photo Anthony Maurin).

 

Les arbres des Place Saint-Charles et Square de la Bouquerie ont été coupé tôt ce matin. Cordon de sécurité, Police Municipale et poignée de manifestants étaient au rendez-vous.

C'était prévu depuis quelque temps mais à Nîmes et avec les arbres, il faut y aller avec des pincettes! On se rappelle  avec amertume de la polémique concernant les micoucouliers ceinturant les boulevards de l'Ecusson ou encore celle des platanes de l'avenue Feuchères. Mais ce matin, ce sont les arbres Place Saint-Charles et Square de la Bouquerie, qui étaient au centre des débats et tombaient sous les lames des tronçonneuses.

Tout juste abattus, le jour nétait pas encore levé quand les Nîmois se sont aperçus des "dégâts" (Photo Anthony Maurin).

Tout juste abattus, le jour n'était pas encore levé quand les Nîmois se sont aperçus de l'ampleur des "dégâts" (Photo Anthony Maurin).

 

Remis au goût du jour dans le cadre des travaux du TCSP, il semblerait que ces sites nécessitent un nouvel abattage des arbres les bordant. Sur la Place Saint-Charles, les pins qui ne feront plus d'ombre, auxquels on préfère quelques érables rouges du Japon (nous en reparlerons…). Au Square de la Bouquerie, ce sont les marronniers qui sont tombés . Là aussi, la nouvelle structure de la place aurait "oblige" la municipalité à couper les têtes. Prévention sanitaire ou changement de style, en tout cas, il fallait que l'opération soit bouclée avant le flux de circulation.

Au Square de la Bouquerie, les marronniers ne sont plus (Photo Anthony Maurin).

Au Square de la Bouquerie, les marronniers ne sont plus (Photo Anthony Maurin).

 

"Allez, circulez, il n'y a plus d'arbre à voir!" lâche un passant stupéfait, qui vient tout juste d'apprendre la nouvelle ... "Il ne faut pas choquer les gens, tout sera débité quand le jour sera levé et on pourra dire que c'était un mauvais rêve. On en a assez de voir tomber des arbres sans en connaître les raisons" fulmine une manifestante. Une autre, larmoyante, rajoute "À Nîmes, rien n'est normal. On fait les choses sans concertation et on nous met devant le fait accompli. Pourquoi ces arbres sont abattus?".

2 grues et quelques arbres en moins (Photo Anthony Maurin).

2 grues et quelques arbres en moins (Photo Anthony Maurin).

 

Pour Alain Fabre-Pujol, Conseiller Municipal de Nîmes et Conseiller communautaire à l'agglo, il existe, "Au moins une certitude, monsieur Fournier revient en pleine forme, avec une attitude inchangée, du mépris et une grossièreté vis à vis de celles et ceux qui ne partagent pas son avis. Alors que j’attends toujours une réponse à un courriel du 27 janvier à propos d’une rumeur relative à l'abattage d'arbres place saint-Charles, les tronçonneuses ont été actionnées au petit matin, sans réponse aux associations concernées, habitants et élus interrogatifs, ce 8 février. J'espérai, au regard de la rénovation de cette place, plutôt réussie, que ceci n’était qu’une rumeur. Que nenni la puissance régalienne du "maire roi" a frappé continuant la minéralisation du centre au détriment des finances publiques".

La Police Municipale bloquait le boulevard ou régulait la circulation en fonction de lavancée des abattages (Photo Anthony Maurin).

La Police Municipale, surveillait, bloquait le boulevard Gambetta ou régulait la circulation en fonction de l'avancée des abattages (Photo Anthony Maurin).

Certains reprenaient déjà des propos du célèbre Christian Liger :  "Tour de boul’ Entre la médiathèque en devenir et la Maison Carrée ressuscitée, passe la chaussée. Au-delà et en-deçà, de beaux arbres, de larges trottoirs; on est là sur la couronne de boulevards si caractéristique de Nîmes, et qui contribue essentiellement à sa beauté urbaine; à mesure que la ville démolissait ses remparts devenus inutiles, elle les remplaçait par ses promenades qui tracèrent autour de la vieille ville un cercle continu. On eut l'intelligence d'harmoniser leurs proportions – maisons, trottoirs et pavements – avec celle des monuments. On les planta de platanes et de micocouliers qui après plus d'un siècle, encerclent la ville ancienne d'une verdeur continue ponctuée de quelques squares. Si bien que l'on peut en faire le tour et retrouver son point de départ sans jamais avoir éprouvé la proximité oppressante de la circulation ou la chaleur, accablante l'été, des espaces trop ouverts. Montpellier a sans doute de plus beaux hôtels particuliers, Avignon est plus confite de jardins de cardinaux, Arles a des places secrètes incomparables ; mais aucune de ces villes ne peut offrir cette logique citadine, cette clarté de plan, ce centre ancien débarrassé de la circulation par sa ceinture d'avenues. On dirait qu'un architecte exceptionnel, plus habité de l'humain et de l'harmonie que de théories sociologiques, a réussi d'un coup le dessin général nîmois. C'est une nécessité inventée année après année pendant deux mille ans. Le cercle des boulevards, précisément parce qu'il favorise la promenade, à crée des rites urbains". (Nimes sans Visa, p 118-119).

 

 

 

Source : https://www.objectifgard.com/2017/02/08/nimes-circulez-il-ny-a-plus-darbre-a-voir/

 

 

 

                                                                       ***********************

 

 

 

Source : http://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/gard/nimes/au-centre-ville-nimes-abattage-arbres-centenaires-cree-polemique-1192929.html

 

 

Au centre ville de Nîmes, l'abattage d'arbres centenaires crée la polémique

 

Abattage des arbres centenaires place St Charles et Square de la Bouquerie à Nîmes ce mercredi 8 février 2017. / F3 Pays Gardois

Plusieurs arbres au moins centenaires ont été coupés tôt ce mercredi matin au centre-ville de Nîmes à la grande surprise des riverains. Habitants et militants écologistes sont furieux : selon eux, la municipalité multiplie ces abattages sans explications.

 

 

Par C.Alazet avec Eric Félix

 

Malgré l'heure matinale, riverains et militants écologistes sont venus assister, furieux et impuissants à l'abattage des arbres le long du boulevard Gambetta. Ils disent ne pas avoir été prévenus de l'opération, ni de ses motifs.


Les images de l'abattage des arbres au centre ville de Nîmes : 

L’abattage a été effectué sur la place St Charles et le square de la Bouquerie le long du boulevard Gambetta par lequel passe le trambus depuis début décembre.

Sollicité ce mercredi 8 février par nos équipes de France 3 Pays Gardois, ni la mairie ni l’agglomération n’ont pour l’instant apporté de précisions sur les raisons de ce chantier.

L’association ARBRES et des conseillers municipaux d’opposition se disent scandalisés et demandent des explications.

Ecoutez Muriel, membre de l’association ARBRES, interrogée par Virginie Danger et Denis Pardanaud :

 

 

 

Source : http://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/gard/nimes/au-centre-ville-nimes-abattage-arbres-centenaires-cree-polemique-1192929.html

 

 

 

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DES ARBRES QU'ON ASSASSINE !

 
Les travaux du TCSP sont terminés et inaugurés en décembre !  
Hier, dès  5 h 30 du matin 16 arbres, pour certains centenaires, ont été abattus  square de la Bouquerie et place St-Charles devant le passants consternés et en colère.
Depuis qu'une "rumeur" courait que les pins de la place St-Charles allaient être abattus, notre association a multiplié les courriers recommandés, les appels téléphoniques auprès des responsables de l'Agglo et de la Ville qui nous ont menés en bateau, chacun se renvoyant la balle. 
La Ville et l'Agglo nous ont menti délibérément, l'abattage était programmé depuis septembre et leurs responsables  se sont vraiment moqués de nous.
 
C'est officiel maintenant, ce sont bien  les travaux du TCSP qui sont responsables de la fragilisation des arbres. 
 
Depuis 2011, nous dénonçons sans relâche les conséquences de ces  travaux sur les arbres craignant pour leur pérennité, leur stabilité. Le mépris de la Ville,  de l'Agglo et de leurs  responsables pour le patrimoine arboré de notre ville et, par voie de conséquence, pour les citoyens,  sont une constante à Nîmes. 
Une gabegie financière autour de cette ligne de TCSP qui vide la ville est aussi à dénoncer. 
 
Un rassemblement est prévu demain vendredi 10 février à 11 h devant la Mairie.
pour
dénoncer mensonges, mépris du patrimoine, des citoyens, gabegie financière 
 
Soyons nombreux avec des banderoles, pancartes, slogans, arbres en carton, … à votre imagination !

 

 

http://arbreslesgardiensdelombre.blogs.midilibre.com/
A.R.B.R.E.S.

 

Un autre appel :
 
 
Comité de quartier Gambetta-Révolution
6 rue Porte d'Alès ou Chez Mémé au 5bis rue Fléchier  - 30000 Nîmes
T. 0466 21 14 14 ou 0466 26 07 31 / 
comitedequartiergambetta@gmail.com
 
Lundi 13 février 2017 dès 14h rendez vous "chez mémé" Ilot Fléchier 
 
pour une déambulation pour la "réception" des travaux du Boulevard Gambetta , quartier Révolution et rues adjacentes 
 
    Parlez en autour de vous et venez avec un gilet jaune!! .. 
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9 février 2017 4 09 /02 /février /2017 21:29

 

 

Source : https://blogs.mediapart.fr/agnes-druel/blog/080217/1153

 

 

1153 €

 

 

Tu sais François, j’ai toujours eu beaucoup de mal avec ton discours, avant même que toutes tes casseroles viennent te rattraper. Je n’aime pas les personnes comme toi, qui, parce que privilégiées par une bonne naissance se pensent investies d’une mission divine et imposent une vision rétrograde de la société.

Tu sais François, j’ai toujours eu beaucoup de mal avec ton discours, avant même que toutes tes casseroles viennent te rattraper. Je n’aime pas les personnes comme toi, qui, parce que privilégiées par une bonne naissance se pensent investies d’une mission divine et imposent une vision rétrograde de la société.

J’ai toujours eu des doutes sur la fiabilité d’un politicien dès lors qu’il exige des autres une certaine forme d’exemplarité. Surtout quand il s’agit de toucher aux « privilèges des pauvres », tu sais François, les pauvres, ceux que tu dénonces et stigmatises si bien dans tes discours, ceux qui en raison de leurs prétendus  assistanats sont devenus les responsables du déclin français.

Tu sais François, il y a 10% des français qui touchent 1153€ net par mois. Cela s’appelle le SMIC.  Je ne sais pas si tu as déjà vécu avec 1153€ par mois, en région parisienne par exemple tout en ayant à payer un loyer à 700€ charges non comprises pour un studio de 25 m2, mais cela ne s’appelle plus vivre, cela s’appelle survivre. Mais au vu de tes discours, lutter pour s’en sortir au quotidien doit t’être bien étranger.

Ce matin, le Canard Enchainé nous apprend que ta femme, Pénélope, a touché 45000€ d’indemnités de licenciement lorsque tu as mis un terme à votre collaboration professionnelle.  Pour toi, François, cela ne représente rien. Pour les 10% de français au SMIC, cela représente une somme qu’ils ne pourront jamais économiser par exemple. Une somme qui pourrait pourtant leur permettre d’accéder à la propriété, de payer des études plus longues à leurs enfants, sans que ces derniers aient à cumuler job étudiants et cours à la fac, parfois même emprunter à la banque pour un crédit étudiant.

Mais tu vois, cette notion semble t’échapper François. Parce que même la rémunération de 4500€ par mois pour le stage de ton fils ne semble pas t’avoir pas choqué outre mesure, alors que cette révélation m’a tout simplement scandalisée. J’ai été stagiaire, mes amis ont été stagiaires. Nous n’avons jamais touché de telles sommes. Tu vois, François,  90% des français ne gagnent pas ces salaires, et seulement  10% de français touchent  un salaire mensuel moyen de 3100€, quand 50% d’entre nous ont moins de 1780€ net par mois pour vivre.

Tu sais, François, j’ai suivi des cours de catéchisme pendant plusieurs années, et malgré le fait que ma foi ait disparu depuis un bon moment, je me souviens très bien du message transmis par Jésus, qui nous rappelle la nécessité de partager son manteau avec son prochain quand ce dernier se trouve dans le besoin. Alors, je me demande si tu n’es pas atteint d’une forme d’hypocrisie aigue lorsque tu fais référence à ta chrétienté ou si, par le plus grand des hasards, tu ne te foutrais pas un peu de nous.

Je trouve  abject d’entendre un homme,  déconnecté de toute forme de réalité, demander à son peuple des efforts quand lui-même n’en fournit aucun. Je trouve cela ignoble ce que tu nous imposes, cette division entre Français, cette haine, ce mépris de classe que tu as introduit dans le débat public, pour que finalement tes escroqueries finissent par être révélées au grand jour.

Depuis le début des révélations, je n’ai cessé de penser à toutes ces personnes qui gagnent 1153€ net par mois, qui luttent chaque mois pour s’en sortir et qui entendent chaque matin parler des milliers d’euros que tu as donnés gracieusement aux membres de ta famille. Ces mêmes personnes auxquelles tu demandais encore récemment de travailler plus pour gagner moins. C’est la honte la plus totale pour toi, François.

C’est un terrible affront que tu fais aux pauvres, à chaque français qui connaît la galère François, en continuant à te présenter. Quand on souhaite accéder à la fonction suprême, il faut savoir fédérer, créer de l’unité entre tous, et avant tout respecter chacun de ses citoyens.

François, je trouve ça odieux et indécent que tu persistes à te présenter à l’élection présidentielle. Déjà que tu nous as régulièrement manqué de respect auparavant, mais là, tu nous craches carrément au visage.  Au final, on sait tous que personne ne sortira grandi de cette histoire, alors au lieu de t’acharner, il est grand temps que tu partes et que tu laisses la possibilité aux français de ne pas avoir à voter « contre » une fois de plus.

 

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Source : https://blogs.mediapart.fr/agnes-druel/blog/080217/1153

 

 

 

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 22:12

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

RSA contre bénévolat, le Haut-Rhin s’obstine

Par Mathilde Goanec
 
 
 

Un temps freiné par une décision du tribunal, le conseil départemental du Haut-Rhin a finalement réussi à imposer son objectif : conditionner le versement du RSA (revenu de solidarité active) à des heures de bénévolat hebdomadaires. Le programme doit officiellement démarrer dès ce mois de février : il pourra s’appliquer aux 20 000 allocataires que compte le département. Une première en France, avec, possiblement, un effet boule de neige dans d’autres départements. 

 

 

Éric Straumann, président LR du conseil départemental du Haut-Rhin, doit être ravi. Il tient enfin son dispositif, consistant à pousser les allocataires du RSA à effectuer des heures de travail hebdomadaires, sous forme de bénévolat. Dès février, le programme sera officiellement « déployé » avec une plateforme dediée et Un numéro vert et pourra s’appliquer aux 20 000 allocataires que compte le département.

Malgré une première annulation du délibéré du tribunal administratif de Strasbourg, en octobre 2016 – le juge a estimé l’initiative contraire au code de l’action sociale et de la famille –, le conseil départemental « persiste et signe », comme l’avait annoncé Éric Straumann l’an dernier dans un communiqué, bien décidé à aller au bout de son idée, résumée par la représentante du département à l’audience le 21 septembre dernier : « Une logique de donnant-donnant : pas de bénévolat, pas de RSA. »

Pour passer entre les mailles du filet juridique, le programme a cependant été revisité : plus d’obligation d’aller, sept heures par semaine précisément, travailler dans les municipalités, les maisons de retraite ou les associations. Tous les nouveaux allocataires se verront proposer un « contrat d’engagement réciproque » (CER) les liant au conseil départemental, outil qui sert déjà à inscrire un certain nombre d’obligations en termes de formation, d’insertion et de recherche d’emploi. S’ajoutera donc, dans ce contrat, « l’action de bénévolat », « librement débattue et négociée ». Un projet voté en décembre par le conseil départemental à l’unanimité moins une voix, celle de la seule élue PS dans un territoire très à droite. « Ça ne va pas résoudre le problème, c'est faire du buzz. Cette vision ne permettra pas aux gens de retrouver un emploi », a critiqué Marie-France Vallat, citée par France Bleu.

« On se fixe comme objectif sept heures par semaine, mais ce sera adapté au cas par cas », a expliqué Éric Straumann à l’AFP, cité par 20 minutes. Selon lui, l’incitation à faire du bénévolat tend à « faire prendre conscience aux bénéficiaires que ce n’est pas une situation dans laquelle ils peuvent rester de manière indéfinie ». Le débat est pourtant loin d’être épuisé. Car dans le délibéré du conseil départemental de décembre dernier, il est également précisé que « les manquements aux engagements pris dans le CER pourront conduire à des sanctions, allant de la suspension du versement de l’allocation jusqu’à la radiation ». En clair, si le bénéficiaire d’un revenu de solidarité ne tient pas son « engagement », il pourra voir son allocation partiellement ponctionnée ou carrément supprimée et des contrôles pourront être menés tous les trimestres.

Pour Florent Gueguen, directeur de la Fédération des acteurs de la solidarité (anciennement Fnars), la méthode reste « scandaleuse, du point de vue juridique et moral », et accrédite « l’idée perverse que les allocataires du RSA sont des inactifs et des inutiles ». « Dans leur grande majorité, ces personnes sont occupées à chercher un emploi, rappelle Florent Gueguen. Et ceux qui restent longtemps au RSA ont d’autres problèmes, de santé, de transport, de garde d’enfants… Pourquoi le conseil départemental ne fait pas plus pour développer l’activité économique et l’emploi, même au Smic, plutôt que d’appliquer une telle mesure ? »

Anne-Brigitte Cosson, présidente de l’Anas (Association nationale des assistants de service social), soupire. « Du bénévolat imposé, on peut aussi appeler ça des travaux d’intérêts généraux… Où est la liberté ? »...

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

Lire aussi

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 21:45

 

 

Source : http://www.slate.fr

 

 

700.000 euros, c’est ce que la moitié d’une génération va gagner en une vie de travail

 

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 07.02.2017 à 12 h 44

 

 

 

Ce n'est «que» le cumul des salaires de Penelope Fillon ou de la propriété de François Fillon. Mais c'est aussi, selon l'économiste Thomas Piketty, l'équivalent des salaires de 50% des moins bien payés.

 

 

 

François Fillon en 2008. JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

François Fillon en 2008. JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

 

700.000 euros: c’est un montant autour duquel tourne l’affaire dans laquelle le couple Fillon est empêtré depuis les révélations du Canard enchaîné. Après s’être expliqué devant la presse lundi 6 février, le candidat de la droite à l’élection présidentielle a publié les montants que son épouse aurait touchés lorsqu’elle travaillait comme assistante parlementaire à son service. À raison de 3.700 euros net mensuels, Penelope Fillon aura donc touché, selon cette version, 680.000 euros pour le cumul des quinze ans de travail qu'elle aurait effectués au service de son mari député. Mais 700.000 euros, c’est aussi un montant proche de la propriété sarthoise de François Fillon, évaluée à 750.000 euros selon les documents publiés par le candidat.

Et 700.000 euros, c’est également le montant que touchera la moitié d’une génération pour une vie entière de travail. C’est l’économiste Thomas Piketty, spécialiste des inégalités et auteur d’un livre devenu célèbre sur le retour du patrimoine dans les sociétés occidentales, qui cite ce montant comme point de référence. Interviewé sur France Culture à l’occasion de la Nuit des idées le 26 janvier dernier, il a précisé pourquoi ce montant était important pour comprendre les inégalités sociales en France:

«Il y a un indicateur que je calcule dans mes recherches et qui est assez parlant, c’est: quelle est la part d’une génération qui va recevoir en succession ou donation l’équivalent d’une vie au salaire minimum, ou si on prend un peu plus que le salaire minium, le revenu moyen gagné par leur travail par les 50% d’une génération qui gagnent le moins, donc c'est pas beaucoup au dessus que le salaire minimum, c'est mettons 15.000 euros par an sur cinquante ans.»

On aboutit donc à un montant de 750.000 euros. «C’est un peu ce qu’a gagné Pénélope Fillon comme assistante parlementaire si j’ai bien compris», s’amusait l’économiste sur l’antenne de France Culture. Pourquoi cet indicateur est-il important? Parce qu’alors que le poids de l'héritage avait quasiment disparu dans l'après-Seconde guerre mondiale, avec environ 1% d'une génération qui touchait un tel montant, pour les générations des années 1970-1980, environ 15% va recevoir ce montant en succession, en faisant une classe de quasi-rentiers de fait:

«Évidemment c’est un montant qui n’est pas suffisamment important pour s’arrêter complètement de travailler, et de fait les personnes en question vont sans doute faire de très belles études et gagner des salaires importants, mais en même temps c’est quand même autant que ce que 50% de cette même génération va gagner sur toute sa vie par son travail en étant serveur, caissière de supermarché, en faisant des boulots pas très rigolos.»

 

Une forme d’inégalité dérangeante, car ces moyens ou petits rentiers ne sont pas comparable au fameux –et unanimement décrié– 1% accusé de concentrer les richesses.

«Aujourd’hui, il y a plus de moyen rentiers, et moins de très gros rentiers, analysait encore Piketty au micro de France Culture, et cette société des petits rentiers ou des moyens rentiers c'est une société qui est peut-être plus difficile encore à réguler politiquement que celle du XIXe siècle.»

Jean-Laurent Cassely

Jean-Laurent Cassely (946 articles)

Couverture

 

 

 

Source : http://www.slate.fr

 

 

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 20:13

 

 

Source : http://www.bondyblog.fr/201701060800/bernard-friot-il-faut-que-nous-ayons-un-salaire-qui-ne-depend-pas-du-lieu-ou-nous-travaillons/#.WJjot0fhTrs

 

 

Bernard Friot : "Il faut que nous ayons un salaire qui ne dépend pas du lieu où nous travaillons"

 

 

AMBIANCE vendredi 6 janvier 2017

 

Par Jonathan Baudoin @JoBaudoin

 

 

 

 

Pour la première fois, la question du revenu universel agite la campagne présidentielle. Certains prétendants de la primaire de la gauche, comme Benoît Hamon, portent cette mesure. Le sociologue et économiste Bernard Friot prône un projet plus radical, le salaire à vie, pensé comme une alternative au capitalisme. Interview.

 

Le Bondy Blog : Quel regard portez-vous sur l’importance donnée au revenu universel, ou revenu de base, dans le débat public, à droite comme à gauche ?

Bernard Friot : C’est un débat désastreux qui, une fois de plus, montre combien, du point de vue idéologique, la classe dirigeante aujourd’hui a un véritable boulevard. C’est l’effondrement idéologique à gauche. Et je précise tout de suite, contre ceux qui, parce qu’ils proposent un revenu de base à 800 ou 1 000 euros, parce qu’ils utilisent un vocabulaire de gauche, prétendent que c’est un projet de gauche, qu’il n’y a pas de proposition de gauche d’un revenu de base. Ça n’existe pas parce que le revenu de base est une proposition capitaliste.

 

Le Bondy Blog : En quoi le revenu universel sert de “roue de secours du capitalisme” tel que vous le dénoncez ?

Bernard Friot : Le capitalisme repose sur la propriété lucrative de l’outil de travail, qui permet à ces propriétaires de s’approprier une partie de la valeur produite par le travail des salariés ou des travailleurs indépendants dont ils sont les clients, les donneurs d’ordre ou les prêteurs. Et en même temps que le cœur de la logique capitaliste, c’est la propriété lucrative de l’outil de travail, les travailleurs sont niés comme travailleurs. Ils sont reconnus non pas comme titulaires d’une qualification et du salaire qui y est attaché, mais comme des êtres de besoins qui ont droit à du pouvoir d’achat cherché sur le marché du travail ou sur celui des biens et services. À partir du moment où la forme classique de reconnaissance des besoins des personnes, à savoir le marché du travail, n’est plus une institution performante pour cela, à la fois parce que les capitalistes ne souhaitent plus être employeurs ; et puis parce qu’une partie de la jeunesse en particulier ne souhaite pas être employée, ne souhaite pas se soumettre à un employeur ; à partir de ce moment-là, l’allocation des ressources ne va pas passer par le salaire. Elle va passer par un forfait distribué à tout le monde.

S’il est faible, c’est simplement de la lutte contre la pauvreté. Mais s’il est élevé, toute proportion gardée, s’il est au niveau du seuil de pauvreté, à 900 ou 1 000 euros, alors il va être particulièrement utile pour le capital car les détenteurs du revenu de base vont produire avec leurs 900 ou 1 000 euros. Ils vont faire des vidéos qu’ils vont poster sur YouTube, ils vont faire des jardins bio, des éoliennes, etc. Ils vont faire de la production alternative mais celle-ci va alimenter le capital, bien sûr. C’est-à-dire que ces 900 ou 1 000 euros, le capital va les récupérer à travers la ponction qu’il va faire sur la valeur que vont produire ces personnes. Sans avoir à être employeur, à respecter un code du travail, à cotiser, etc. Rien de tout cela. Comme prêteur, comme client, comme fournisseur de données sur la plateforme collaborative, il empoche une partie de la valeur. Ou tout simplement, il utilise le logiciel libre, par exemple, pour construire ses logiciels propriétaires. Donc, c’est tout bénéfice pour le capital de distribuer 1 000 euros par mois à des gens qu’il va pouvoir exploiter sans avoir à respecter les règles de l’emploi conquises par le syndicalisme au 20ème siècle.

 

Le Bondy Blog : En quoi le salaire à vie, que vous défendez, a-t-il une portée révolutionnaire ?

Bernard Friot : Le salaire à vie, c’est la poursuite de ce que le Parti communiste et la CGT ont mis en place à la période offensive, de 1930 à 1970 à peu près. Cette offensive ouvrière a permis de mettre en place ce sur quoi repose toute révolution, c’est-à-dire des institutions d’un autre mode de production. Faire la révolution, c’est changer le mode de production. La bourgeoisie, c’est une classe révolutionnaire qui a réussi. Elle a changé le mode de production, en passant du mode de production féodal au mode de production capitaliste, en changeant les institutions du travail. Le Parti communiste et la CGT ont commencé à changer les institutions du travail, qu’il s’agisse du statut du producteur ou du régime de propriété. Le marché du travail a commencé à être remplacé non pas par le revenu de base et la fausse indépendance, mais par le salaire à vie, à la qualification personnelle, des fonctionnaires, des retraités, des salariés des branches ou entreprises reconnaissant un droit à carrière sans passage par le marché du travail, etc.

Quant au changement du régime de propriété, absolument décisif pour changer le mode de production, nous produisons de la santé (et aussi de l’éducation) sans alimenter le capital puisqu’il n’y a pas d’actionnaire capitaliste dans la santé, sinon à la marge, du côté des cliniques, mais c’est peu de chose. Sauf pour le médicament : il faut absolument supprimer la production capitaliste du médicament. Mais, jusqu’à ces dernières années où il n’y a hélas plus de hausse du taux de cotisations maladie, l’investissement hospitalier était subventionné par la caisse de sécurité sociale grâce à une hausse du taux de cotisation. Donc, on a inventé un mode de production qui repose sur un autre statut du producteur. Non pas un individu qui se rend sur le marché du travail pour se soumettre à un propriétaire de l’outil ; ou un individu travailleur indépendant, exploité tout en pensant ne pas l’être lorsqu’il est sur le marché des biens et services. Mais un salarié bénéficiaire de droits collectifs, qui est reconnu comme qualifié, au titre de sa personne, donc avec un salaire indépendant de son emploi, et qui est copropriétaire d’usage de son outil de travail.

 

Le Bondy Blog : En quoi le salaire à vie permet-il d’“émanciper le travail” ?

Bernard Friot : Émanciper le travail, c’est-à-dire le libérer des institutions capitalistes, suppose que nous décidions au travail. Et pour décider au travail, il y a deux conditions. Il faut que nous soyons propriétaires. Si nous ne sommes pas propriétaires de l’outil, nous ne pourrons jamais décider. Et deuxièmement, il faut que nous ayons un salaire qui ne dépend pas du lieu où nous travaillons. Parce que si le salaire, c’est notre entreprise qui nous le verse, nous hésiterons à contester ses pratiques. Ces deux conditions sont remplies, d’une part si chaque producteur a un salaire lié à sa qualification versé par une caisse des salaires gérée par les travailleurs et alimentée par une cotisation sur la valeur ajoutée marchande des entreprises ; d’autre part s’il est propriétaire d’usage de l’outil de travail parce que cet outil est subventionné par une caisse qui, elle aussi, est gérée par les travailleurs et qui reçoit les cotisations économiques des entreprises. Dans une telle situation, les entreprises ne paient pas leurs salariés et ne remboursent pas d’emprunts pour l’investissement : elles affectent leur valeur ajoutée à une cotisation salaires et à une cotisation économique.

 

Le Bondy Blog : Quelles sont les conditions pour qu’un citoyen accède à ce salaire à vie et y a-t-il des évolutions salariales possibles ?

Bernard Friot : Les conditions, c’est un enrichissement de la citoyenneté. C’est-à-dire qu’à 18 ans, tout le monde, quel que soit son passé scolaire, son éventuel handicap, accède au statut politique du producteur, avec le salaire à vie et le droit de propriété d’usage des outils de travail. Quelle que soit aussi la nationalité. Comme le droit du travail ou les droits à la santé et à l’éducation aujourd’hui, c’est un droit accessible à tous ceux qui résident sur le territoire. Aucun droit d’ailleurs ne devrait être lié à la nationalité. Les droits doivent être liés au territoire de résidence, là où on contribue au bien commun. Donc toute personne de plus de 18 ans accède automatiquement à ce statut politique.

Ensuite, est-ce qu’il va progresser, aussi bien en capacité de direction d’entreprise qu’en salaire ? Pour moi, oui : je suis contre le salaire unique pour tous, et donc pour qu’on établisse ensemble une échelle des salaires. De 1 à 2, de 1 à 3, de 1 à 4, de 1 à 5 ? C’est à définir collectivement, au niveau national. C’est là que les instances politiques de la nation sont nécessaires, à côté des instances économiques. Mais à partir du moment où il y a décision d’inscrire les salaires dans un rapport de 1 à 4, par exemple, chacun va pouvoir passer des épreuves de qualification fondées sur son expérience professionnelle et monter en salaire, à côté de l’autre façon de progresser qui sera automatique, à l’ancienneté. Le salaire reconnaît une capacité à contribuer à la production de valeur, plus on s’est longtemps mis en situation de contribuer à cette production, plus on a droit à un salaire élevé. Et donc, il y a une progression à l’ancienneté.

 

Le Bondy Blog : Selon vous, est-ce que Nuit Debout a permis de mieux faire comprendre cette idée de salaire à vie auprès des citoyens, notamment les plus jeunes ?

Bernard Friot : Bien sûr, mais moins Nuit Debout que le vidéaste Usul par exemple. Il faut saluer ces vidéastes de gauche qui luttent contre l’omniprésence de l’extrême-droite et des fascistes sur Internet, en direction de la jeunesse. Et qui, s’agissant de Usul en particulier, avec sa vidéo sur le salaire à vie, ont notablement fait progresser la connaissance du salaire à vie dans la jeunesse. Nuit Debout a également joué. J’ai pu remarquer que la proposition de salaire à vie y était connue.

 

Le Bondy Blog : A l’approche de l’élection présidentielle, le salaire à vie a-t-il désormais un écho au sein de la gauche radicale ?

Bernard Friot : En termes de programme, non. Mais en termes de débat interne chez les militants, oui. Beaucoup plus qu’il y a cinq ou six ans. Grâce au travail que fait Réseau salariat, qui regroupe aussi bien des militants “classiques” que des militants alternatifs qui souhaitent plutôt changer ici et maintenant dans le local. Nous regroupons des militants de ces deux types de pratiques. Et le travail qu’ils font depuis maintenant quatre ans que l’association existe se diffuse auprès de leurs organisations respectives, de leurs amis, dans les conversations, dans les lieux de débat. Il y a un progrès mais qui ne se traduit pas en termes d’intégration dans les programmes politiques alternatifs de propositions de statut politique du producteur, en ce double sens de salaire à vie et de propriété d’usage de l’entreprise. Il faut être patient et continuer à semer.

 

Le Bondy Blog : Vous avez fait partie des 58 signataires ayant appelé à continuer à manifester durant l’état d’urgence, fin novembre 2015. Plus d’un an après, que pensez-vous de la situation face à cet état d’urgence ?

Bernard Friot : J’ai des liens avec la vallée de la Roya, à la frontière italienne, qui est un des lieux à la fois de passage des migrants, de maltraitance des migrants, et de criminalisation des nombreuses actions de solidarité avec les migrants par le préfet, les élus de droite et d’extrême-droite. C’est à ça que sert l’état d’urgence. C’est vieux comme le capitalisme : le pouvoir invoque l’état de guerre pour faire la guerre sociale. L’état d’urgence, c’est la classe dirigeante qui se donne les outils policiers et judiciaires de la guerre sociale qu’elle mène contre les migrants, les militants syndicaux, la jeunesse des banlieues.

 

Le Bondy Blog : Estimez-vous qu’un racisme institutionnel s’applique en France ?

Bernard Friot : Les institutions de classe ont forcément une connotation raciste. Prenons le cas Cahuzac. Un ouvrier condamné à la prison et qui ne va pas en prison, c’est rare. Cahuzac, lui, est condamné à de la prison mais il n’ira jamais en prison. Il a fait appel, il y en a pour plusieurs années. Dans cinq ans, un nouveau procès le condamnera non plus à quatre ans de prison ferme mais à deux ans de prison avec sursis, et ce sera fini. Donc, il y a une justice de classe. Compte tenu que la classe populaire contient beaucoup plus de représentants des pays ex-colonisés que la classe dirigeante, évidemment que cette justice de classe va avoir aussi une connotation raciste. Mais d’abord, parce qu’elle est de classe. Je ne suis pas sûr que le racisme soit le moteur de cette discrimination.

L’utilisation raciste de la laïcité par le Front national ou par la droite aujourd’hui, est-ce qu’elle est d’abord raciste ou de classe ? Là aussi, il faut se poser la question. La droite et l’extrême-droite ont toujours été contre la laïcité. Qu’aujourd’hui, elles utilisent la laïcité contre l’islam, est-ce que c’est pour une raison raciste ou une raison de classe ? J’ai peut-être une grosse tendance à amplifier la dimension de classe des phénomènes et à lire leur dimension évidemment raciste comme incluse dans une dimension de classe. Mais je pense qu’une dimension décisive du racisme est économique. Si les travailleurs étaient propriétaires de leur outil de travail, décidaient eux-mêmes de ce qu’ils produisent et comment, ils assumeraient les difficultés de la production, ils seraient insensibles à la propagande qui veut que ce soit les minorités diverses et variées qui sont à l’origine de leurs maux. Ils ne chercheraient pas un bouc-émissaire du côté d’autres victimes du capitalisme, comme certains le font. C’est pour ça que j’ai toujours des difficultés à analyser le racisme indépendamment des questions de classe. Mais en même temps que j’insiste sur la dimension de classe du racisme, je suis convaincu que la lutte des classes n’épuise pas la domination raciste ou la domination de genre et qu’il y a un combat spécifique à mener.

Propos recueillis par Jonathan BAUDOIN

Crédit photo : Julian AUTIER

 

 

 

 

Source : http://www.bondyblog.fr/201701060800/bernard-friot-il-faut-que-nous-ayons-un-salaire-qui-ne-depend-pas-du-lieu-ou-nous-travaillons/#.WJjot0fhTrs

 

 

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 19:33

 

 

Source : http://www.lemonde.fr/les-decodeurs

 

 

Salaires, frais, primes… les zones d’ombre des fonds gérés par les députés

 

L’opacité continue de régner sur l’utilisation des deniers publics par les élus de l’Assemblée nationale.

 

LE MONDE | | Par

 

 

Acculé par deux semaines de révélations sur des emplois fictifs présumés dont auraient bénéficié son épouse et deux de ses enfants, François Fillon s’est livré, lundi 6 février, à un exercice de transparence sur ses revenus et son patrimoine, ainsi que sur les émoluments versés à ses collaborateurs.

 

Toutefois, les conditions de rémunération et d’emploi à l’Assemblée nationale restent entachées d’opacité.

 

  • Sur l’identité des assistants parlementaires

Opaque

L’Assemblée nationale ne les liste pas, contrairement au Sénat et au Parlement européen. Le nom de certains assistants est seulement apparu dans les déclarations d’intérêts qu’ont dû renseigner les députés en 2014. Mais cette liste n’a jamais été mise à jour depuis.

Cette opacité explique pourquoi il a fallu attendre les révélations du Canard enchaîné, en janvier 2017, pour découvrir que Penelope Fillon était l’assistante parlementaire de son mari depuis… les années 1980 !

 

  • Sur l’embauche de collaborateurs familiaux

Opaque

Fin 2016, 59 des 348 sénateurs employaient un membre de leur famille comme collaborateur, selon le décompte du Sénat. A l’Assemblée nationale, le dernier décompte, faute d’être public, a été communiqué au député socialiste René Dosière, qui l’a transmis au Monde : selon lui, 95 députés employaient des collaborateurs familiaux au 1er janvier 2016.

L’Assemblée nationale, contrairement au Sénat, ne limite pas le nombre de collaborateurs familiaux autorisés pour chaque député.

Il existe en revanche des plafonds pour la rémunération de proches, qui ne peut dépasser la moitié de l’enveloppe totale dont dispose un député pour payer ses collaborateurs.

Le respect de cette règle (applicable aux conjoints depuis 1996 et aux ascendants, descendants et pacsés depuis 2011) « est contrôlé par les services de l’Assemblée nationale lors de l’enregistrement des contrats de travail », nous affirme la division presse. La seule explication au fait que ces plafonds aient été largement dépassés à plusieurs reprises dans le cas des proches de François Fillon serait qu’ils sont calculés sur une année pleine.

 

  • Sur l’utilisation de l’indemnité parlementaire que gère le député

Opaque

Le député dispose, en plus de son salaire propre, d’une enveloppe mensuelle de 9 561 euros qu’il peut répartir à sa guise pour rémunérer de un à cinq collaborateurs. Les sommes allouées à chaque collaborateur sont à la discrétion de chaque député ; le Service de la gestion financière et sociale de l’Assemblée ne fait que mettre à disposition des contrats types et, si le député le demande, assure une gestion déléguée :

« En cas de gestion déléguée, le service de la gestion financière et sociale impute, sur les instructions de chaque député, les rémunérations des collaborateurs et effectue, pour le compte du député, les actes de gestion tels que l’établissement des bulletins de paie, le paiement des salaires et des charges y afférant, l’élaboration et la transmission aux organismes compétents des déclarations sociales et fiscales. Il n’exerce, à ce titre, qu’une fonction de prestataire de services. »

Une liberté telle que François Fillon aurait pu empocher l’intégralité de l’enveloppe et ne pas employer son épouse ? C’est ce que soutient, à tort, le député LR Julien Aubert pour défendre son candidat.

Si les députés pouvaient effectivement conserver le reliquat de l’enveloppe pour eux-mêmes, c’était en effet dans la limite d’un plafond très limité : au maximum 5 958 euros par an, selon un courrier confidentiel adressé par la directrice financière de l’Assemblée nationale aux députés. Soit moins de 6 % de l’enveloppe totale annuelle (106 308 euros). Cette pratique a été définitivement interdite au 1er janvier 2013.

Compléments du traitement que lui accorde son député, une série de primes (d’ancienneté, de rappel d’ancienneté, de stabilité…) est versée au collaborateur par l’Assemblée nationale (et directement financées par son budget). Mais là encore, pas de publication officielle. L’ensemble de ces primes représenterait toutefois près de 20 % de la masse salariale de l’Assemblée, selon un document que nous avons obtenu.

 

  • Sur l’indemnité représentative

Opaque

Les députés disposent en outre d’une enveloppe de frais de représentation, dite IRFM (indemnité représentative de frais de mandat), dont l’utilisation ne fait encore une fois l’objet d’aucune publicité.

« L’absence d’un contrôle des dépenses par l’administration fiscale se justifie par la séparation des pouvoirs entre le législatif et l’exécutif », explique René Dosière. Un argument utilisé par François Fillon lundi pour sa défense. Reste que certains tentent de montrer l’exemple : ainsi, le député PS de l’Aisne détaillait en intégralité sur son blog l’utilisation de son IRFM en 2015.

D’un montant de 5 770 euros, cette indemnité couvre les frais liés l’hébergement à Paris, les frais de transport (acquisition et utilisation d’un véhicule), les frais de communication, les frais de représentation et de réception et les frais de formation.

« Comme le font certains collègues, je complète ce montant en utilisant à cet effet mon enveloppe de frais, afin d’assurer une meilleure rémunération à mes collaborateurs », ajoute René Dosière. C’est dans cette même enveloppe de frais que va piocher l’Assemblée pour rémunérer les collaborateurs qui pâtiraient d’une mauvaise gestion de leur député (131 députés étaient en situation de dépassement l’an dernier). Bref, cette enveloppe sert de variable d’ajustement.

Ce qui a été interdit, depuis 2015 et une série de scandales, c’est l’achat d’une permanence, ou de tout bien immobilier, grâce à cette indemnité. Le Bureau de l’Assemblée nationale a publié, pour l’occasion, un compte rendu détaillé de sa décision. Seules restent autorisées les dépenses liées à la location et au fonctionnement de la permanence. Et, outre l’obligation d’avoir un compte bancaire dédié, distinct de son compte personnel, l’indemnité doit être reversée à l’Assemblée nationale si elle n’est pas utilisée en intégralité.

Reste que les contrôles semblent faibles : « Chaque député sera tenu, une fois par an, avant le 31 janvier, d’adresser au Bureau une déclaration attestant sur l’honneur qu’il a utilisé l’IRFM au cours de l’année précédente conformément aux règles établies (…). Le président pourra (…) saisir le déontologue de l’Assemblée nationale d’une demande d’éclaircissements. »

Lire aussi :   Ces députés qui acceptent le contrôle de leur frais professionnels

 

  • Sur la façon dont l’Assemblée se réforme

Opaque

L’Assemblée nationale a posé plusieurs limites concernant la façon dont le député gère sa petite entreprise, comme le décrit Julien Aubert. Mais aucun de ces textes n’est disponible. « Ce sont des arrêtés, pris par le Bureau, qui ne sont pas exigibles par le citoyen », justifie la communication du Palais Bourbon.

« Les données personnelles relatives à l’emploi de collaborateurs par un député ne sont communicables qu’aux intéressés. La communication des documents à caractère général relève des décisions des questeurs. »

Seuls des comptes rendus succincts du Bureau sont disponibles en ligne depuis 2012.

 

 

 

 

Source : http://www.lemonde.fr/les-decodeurs

 

 

 

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 19:01

 

 

Source : http://Source : http://www.lesechos.fr

 

 

L’Inra en alerte sur l’effet d’un additif alimentaire

 

Joel Cossardeaux / Chef de service adjoint Le 23/01 à 06:00

 

 

 

L’Inra en alerte sur l’effet d’un additif alimentaire - Shutterstock

 

Une étude de l’institut relie absorption de dioxyde de titane et développement de lésions précancéreuses chez les rats.

C'est une expérience dont 4 des 11 rats mobilisés pendant cent jours par l'Institut national de la recherche agronomique (Inra) ne sont pas sortis indemnes. Soumis quotidiennement à l'ingestion d'E171, un additif incorporé dans les pâtes de dentifrice, les plats préparés et les confiseries, 40 % de cet échantillon de rongeurs ont développé des lésions précancéreuses sur le colon à l'issue de ce régime alimentaire.

« Nous avons observé des troubles du système immunitaire dans les intestins et jusqu'au foie », détaille Eric Houdeau, du Centre de recherche en toxicologie alimentaire, un laboratoire de l'Inra, organisme dont les travaux ont été publiés vendredi. Leurs résultats témoignent d'un rôle « initiateur » et « promoteur », d'un début de cancérogénèse colorectale, selon un communiqué de l'Inra.Plusieurs précisions s'imposent. L'effet lié à l'absorption de dioxyde de titane - le nom savant de l'E171, composé à 45 % de nanoparticules - au travers de cette expérience ne vaut que pour le rat. En outre, « nous nous sommes limités au stade précoce, ce qui empêche d'extrapoler jusqu'au stade tumoral. Entre les deux, il y a beaucoup d'étapes », prend soin d'indiquer Fabrice Pierre, directeur de recherches à l'Inra.

En d'autres termes, rien ne permet de dire que l'E171 expose l'homme à un risque de cancer. Mais l'étude de l'Inra n'affirme pas non plus le contraire. En tout état de cause, « ses résultats vont justifier une étude de carcirogénèse, selon les lignes directrices de l'OCDE », poursuit Fabrice Pierre. Il s'agira, cette fois, d'observer des groupes de 100 rats sur une échelle de temps de deux ans, comme le prévoient les standards internationaux.

Onde de choc

Sans attendre, les ministères chargés de l'Économie, de la Santé et de l'Agriculture ont fait savoir, vendredi, qu'ils saisissaient conjointement l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses). Mission : « déterminer si l'additif alimentaire E171 présente un éventuel danger pour les consommateurs ». Le dossier ne peut être pris à la légère. « Les niveaux d'exposition vont de 1 à 10 milligrammes/kilo/jour », indique Eric Houdeau. Une échelle de valeur dont les enfants occupent les plus hauts barreaux. Surtout les plus jeunes, très consommateurs de confiseries et qui ont tendance à avaler le dentifrice lors du lavage des dents. Sans faire l'effet d'une bombe, l'étude de l'Inra a produit une onde de choc sur l'industrie agroalimentaire. L'entreprise Verquin Confiseur, qui produit des bonbons Têtes Brûlées, s'est s'engagée à ne plus utiliser de dioxyde de titane dans la fabrication de l'ensemble de ses sucreries. « Après Lutti, Verquin Confiseur est la seconde entreprise à modifier ses recettes afin d'exclure les dioxydes de titane », s'est félicitée l'ONG Agir pour l'Environnement. La semaine dernière, cette association a établi une liste de 200 produits pouvant contenir des nanoparticules.

Joël Cossardeaux, Les Echos
@JolCossardeaux

 

 

 

Source : http://Source : http://www.lesechos.fr

 

 

 

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 18:42

 

 

Source : https://reporterre.net

 

 

Plongée au cœur des abattoirs

6 février 2017 / Lorène Lavocat (Reporterre)

 

 

Le journaliste Geoffrey Le Guilcher a passé deux mois dans la peau d’un boucher d’abattoir. Son livre, Steak Machine, raconte cette immersion clandestine au cœur d’une usine bretonne. Il démontre que les conditions de travail déplorables provoquent la souffrance animale.

 

Un type de dos est en train d’égorger une vache. Les deux pattes avant de la bête sont prises dans des anneaux de métal afin d’éviter les coups de sabot. Il tranche la gorge de l’animal au-dessus d’une rigole pleine de sang. Il fait ça d’un tout petit geste, de la pointe de son couteau, en un rien de temps. Il affûte son couteau, la vache suspendue et ouverte à la gorge se met à remuer violemment sa seule patte libre. Son pis ballote dans sa dernière danse. La vache bouge ainsi cinq à six secondes, puis s’arrête.

Au cœur de l’abattoir breton où il travaille depuis plus de deux mois, Albert assiste à une scène de tuerie ordinaire. Dans cette usine, deux millions d’animaux sont abattus chaque année. La tuerie, ce lieu secret où se passe la mise à mort, est entourée de murs et interdite au public. Mais percer le mystère des abattoirs, c’est justement la mission que s’est fixée Albert, alias Geoffrey Le Guilcher. Le journaliste indépendant s’est fait employer par une de ces entreprises de la mort. Crâne rasé, CV falsifié, passé inventé de jeune maçon fils d’éleveur, Albert Le Guilcher a ainsi travaillé quarante jours sur la chaîne de découpe. À l’arrivée, un livre, Steak Machine, paru le 2 février aux éditions de la Goutte d’or.

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Geoffrey Le Guilcher.

« L’immersion me paraissait le meilleur moyen de tout vivre à fond, de partager le quotidien des ouvriers », explique-t-il à Reporterre. Et de comprendre ce chiffre aberrant : une mise à mort sur cinq est ratée. 20 % des bêtes sont mal étourdies ou mal saignées. Depuis la diffusion des vidéos de L214, la question de la maltraitance animale s’est retrouvée sur le devant de la scène médiatique et politique. « Mais très peu de personnes ne sont penchées sur les hommes et les femmes qui tiennent les couteaux, observe Geoffrey Le Guilcher. J’ai donc voulu aller voir si ces usines à viande ont enfanté des hommes-monstres. Aller tenir le couteau avec eux et raconter ces mains qui assomment, tuent et découpent des êtres sensibles toute la journée », écrit-il. Le journaliste choisit un abattoir breton auquel il donne le doux nom de Mercure, afin de préserver l’anonymat des personnes rencontrées. Une entreprise industrielle, qui génère un milliard d’euros de chiffre d’affaires annuel et abat quotidiennement 600 bœufs et 8.500 porcs...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

 

Source : https://reporterre.net

 

 

 

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 14:44

 

 

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com

 

 

10 omissions, flous et mensonges de François Fillon en conférence de presse

 

 

10 omissions, flous et mensonges de François Fillon en conférence de presse

Devant la presse, le candidat de la droite a tenté de se défendre dans l'affaire d'emplois fictifs présumés de son épouse et ses enfants. Au risque d'affirmer des contre-vérités.

 

 

 

François Fillon a tenté d'éteindre une bonne fois pour toute l'incendie dans l'affaire des emplois fictifs présumés de son épouse et de ses enfants. Au risque d'affirmer de contre-vérités. Voici les éléments qui ont retenu notre attention :

 

Les dates d’emploi de Penelope Fillon comme assistante parlementaire

Sur TF1 le 26 janvier, après les premières révélations du "Canard enchaîné", François Fillon avait affirmé que son épouse avait été "rémunérée depuis 1997" pour ce travail de collaboratrice. La semaine suivante, le "Canard enchaîné" révélait qu'elle avait en fait été rémunérée dès 1988. Interrogé sur cette omission (volontaire ?), François Fillon n'a pas répondu et a insisté sur le trouble qu'ont causé chez lui les révélations de la presse.

 

Les confessions de Penelope Fillon

Evoquant les déclarations de Penelope Fillon, qui a affirmé à plusieurs reprises qu'elle n'avait jamais travaillé pour son mari - notamment dans cette interview télévisée au "Sunday Telegraph" relayée par Envoyé Spécial – François Fillon joue sur les mots. Elle n'a "jamais été [s]a subordonnée", dit-il. "Elle a toujours été, d'abord et avant tout ma compagne de travail et ma collaboratrice." Un nouveau concept.

 

Le salaire de Penelope Fillon comme assistante de Marc Joulaud

On n’en saura pas plus sur le salaire de Penelope Fillon lorsqu’elle s’est mise au service du suppléant de son mari, Marc Joulaud. En choisissant d’évoquer le salaire moyen touché par son épouse au cours de ses années, 3.677 euros par mois - "un salaire parfaitement justifié pour une personne diplômée de droit et de lettres" -, astuce qui lui permet de "lisser" cette rémunération, François Fillon évite d’aborder un détail gênant. Selon le "Canard enchaîné", en effet, Penelope Fillon a été rémunérée 10.167 euros brut entre le 1er janvier et le 31 août, date de la fin de son contrat de travail. Même passé en net, ce montant est bien supérieur au salaire moyen d’un assistant parlementaire.

 

La mission de Penelope Fillon à la Revue des deux mondes

Le candidat n'a par ailleurs pas évoqué l'autre volet de l'affaire Penelope Fillon, qui concerne son emploi présumé fictif à la "Revue des deux mondes".

Le candidat n’est pas revenu sur les 100.000 euros versés à son épouse par la revue, sous la forme d’un salaire mensuel brut d’environ 5.000 euros, entre le 2 mai 2012 et décembre 2013.  

Et quid de la collaboratrice de François Fillon qui aurait aussi bénéficié d’un emploi fictif à la Revue des Deux Mondes ? Là-dessus aussi, motus.

 

Le lien possible entre l’emploi et la Légion d’honneur

Surtout, il n’a pas été question du possible lien révélé par "Le Monde" ce lundi  entre cet emploi présumé fictif et la Légion d’honneur dont a été décoré le directeur de la revue avant l’embauche de Penelope Fillon, lorsque François Fillon était Premier ministre. Il est vrai qu’aucun journaliste n’a demandé de précision à ce sujet et que l’intéressé s’est gardé d'en parler.

 

Les clients de la société 2F Conseil

François Fillon a nommé trois clients de sa société de conseil, 2F Conseil, activité qu’il assure avoir exercée "en toute légalité" : l’assureur Axa, la société Fimalac et la banque Oddo, et a affirmé n’avoir travaillé avec "aucune entreprise russe ni aucun organisme de ce pays".

Faute de questions sur le sujet, il n’a pas précisé les missions réalisées auprès d’Axa, dont l’ancien PDG Henri de Castrie est l’inspirateur du volet économique très libéral du programme de François Fillon. Ni surtout son rôle auprès de la société Fimalac, alors que son PDG Marc Ladreit de Lacharrière est directement impliqué dans l’un des volets de l’affaire d’emplois présumés fictifs de Penelope Fillon.

Penelope Fillon et la revue des deux fiches

 

Pas un mais plus de dix comptes en banque

François Fillon avait assuré lors du meeting de La Villette qu’il n’avait qu’un seul compte commun, au Crédit Agricole de Sablé-sur-Sarthe. Le mercredi suivant, le "Canard enchaîné" avait montré que ce n’était pas un mais 15 comptes que le couple possédait dans cette banque, obligeant le candidat à rectifier les propos qu’il avait tenus en meeting : il n’a en fait "qu’une seule banque, mais plusieurs comptes".

Lors de la conférence de presse, le compte unique d’il y a 10 jours s’est transformé en liste à la Prévert : "Deux PEA, deux comptes titre, deux assurances vies, deux comptes épargne logement, trois comptes communs, un livret Développement durable, un livret A…"

 

Sur la mission précise de ses enfants comme assistants parlementaires

Sur TF1, au lendemain des premières révélations du "Canard enchaîné" François Fillon avait tenté de prendre les devants sur les futures révélations de l’hebdomadaire en expliquant avoir employé ses enfants "qui étaient avocats" lorsqu’il était au Sénat. 

"Lorsque j'étais sénateur, il m'est arrivé de rémunérer, pour des missions précises, deux de mes enfants qui étaient avocats, en raison de leurs compétences", avait-il déclaré.

Pourtant, ses enfants n'étaient pas encore avocats. Le candidat ne s'est pas expliqué sur ce point.

Or d’après les extraits de son audition révélés ce lundi par "Le Monde", François Fillon a affirmé face aux policiers que son fils Charles l'"a aidé en travaillant au programme du candidat à l'élection présidentielle [Nicolas Sarkozy, NDLR] sur des sujets institutionnels".

Quant à sa fille Marie, il a déclaré en audition qu'elle l'avait aidé à écrire son livre, "La France peut supporter la vérité", toujours d'après "Le Monde".

Mais lors de la conférence de presse, François Fillon a affirmé : "Mon fils n’a jamais participé à la campagne présidentielle." Et quid de sa fille ? "Ma fille avait tout à fait la possibilité de travailler à une base de documentation qui m’a permis de faire un livre politique”, répond-il. Est-ce vraiment le travail d’un assistant parlementaire ?

 

La journaliste britannique qui a interviewé Penelope Fillon n’est pas "choquée"

François Fillon affirme que la journaliste qui a interviewé Penelope Fillon en 2007 pour le "Sunday Telegraph" a été "choquée" par la diffusion d’extraits vidéos de cet entretien par Envoyé spécial jeudi dernier. On y voit l’épouse du candidat de la droite affirmer n’avoir "jamais été l’assistante" de son mari. Contactée par "Libération", la journaliste Kim Willsher, qui a réalisé l’interview, dément "fermement" ces propos.

"Je tiens à le dire très nettement : je n'ai jamais dénoncé l'enquête d'Envoyé Spécial. Ils ont fait leur boulot. Il y a une fausse rumeur, qui part de faux tweets. Si je suis choquée, c'est par cette fausse rumeur", dit-elle. A-t-elle appelé Penelope Fillon pour se dire "choquée", comme le dit l’ex-Premier ministre ? Non, elle "n’a pas son numéro de téléphone", répond-elle à Libé. Elle lui aurait simplement envoyé un mail pour lui dire qu’elle était désolée des conséquences de cette interview, sans remettre en question le travail d’Envoyé spécial. Ce qu'elle réitère sur Twitter :

Non M. ! Les propos d'Envoyé Special n'ont pas été sortis de leur contexte. Le reportage ne m'a pas choqué. SVP. Cessez ...(1/2)

...de m'attribuer ces propos. L'interview et le film sont dans le domain publique. LES FAITS. SVP. (2/2).

 

Sur les missions de Penelope Fillon

Selon François Fillon, son épouse Penelope assumait en tant que collaboratrice des "tâches simples mais essentielles". Il a détaillé des missions comme la tenue de son agenda, la gestion de son courrier ou la représentation du député à des événements locaux.

Pourtant, comme on peut le lire dans la biographie de François Fillon écrite par Christine Kelly, le candidat a dans son "premier cercle" une "secrétaire particulière et conseillère", Sylvie Fourmont, chargée notamment de "gérer son agenda" et de "régler chaque détail de ses rendez-vous"...

 

 

 

Que faisait Sylvie Fourmont, sa secrétaire particulière historique, si c'est sa femme qui tenait son agenda? (bio de Kelly)

Et en bonus : un timing bien choisi

"Collaborer avec sa famille en politique c’est une pratique désormais rejetée par les Français. Ce qui était acceptable hier ne l’est plus aujourd’hui", a déclaré François Fillon.

Le candidat a expliqué en avoir "tiré les conclusions" en cessant de faire travailler des membres de sa famille il y a trois ans. Il oublie de préciser que c’est à cette date que remonte la promulgation de la loi pour la transparence de la vie publique… à laquelle il était lui-même opposé. Le vote de cette loi a-t-elle fait perdre sa rémunération d’attachée parlementaire à Penelope ?

M. B., A. R. et L. T.

 

 

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com

 

 

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 14:25

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

Les députés israéliens approuvent l’expropriation de terres palestiniennes

 

Le texte, qui légalise les avant-postes construits sur des terres privées en Cisjordanie, doit à présent être examiné par la Haute Cour de justice.

 

LE MONDE | • Mis à jour le | Par

 

 

Lorsque sera écrit, un jour, le bilan politique de Benyamin Nétanyahou, le 6 février 2017 occupera une place particulière. A cette date, sous son autorité, les députés de la Knesset ont récompensé l’expropriation de terres palestiniennes et tenté d’imposer la loi israélienne en territoires occupés, au lieu de la loi militaire en vigueur depuis cinquante ans.

 

Pour cela, ils ont adopté en dernière lecture par 60 voix contre 52 un texte ouvrant la voie à la légalisation des avant-postes construits sur des terres privées palestiniennes. Ces avant-postes sont des communautés juives, de taille réduite, établies en Cisjordanie depuis près de vingt ans sans autorisation officielle, mais protégées par l’armée et bénéficiant de financements publics.

 

Lire aussi :   Colonies israéliennes en Cisjordanie, près d’un demi-siècle d’installations illégales

 

Selon le décompte de l’ONG La Paix maintenant, 3 850 logements illégaux situés dans 53 avant-postes et des dizaines de colonies pourraient être ainsi blanchis. Les propriétaires doivent recevoir une compensation en argent ou sous forme de lot de terrain alternatif.

« C’est la première fois que les députés légifèrent en dehors du territoire israélien, explique la porte-parole de l’organisation, Anat Ben Nun. Cela donne un feu vert aux colons pour construire partout, y compris sur des terres privées palestiniennes. »

 

« Les victimes de la loi ne sont pas des Israéliens »

Dans l’avion entre Londres et Tel-Aviv au moment du vote, le premier ministre israélien ne voulait pas d’une adoption définitive du texte avant sa rencontre avec Donald Trump à Washington, le 15 février. Les Etats-Unis avaient demandé aux autorités israéliennes d’éviter toute action unilatérale, qui compromettrait les velléités de M. Trump dans le conflit israélo-palestinien.

Mais les considérations de politique intérieure ont pris le dessus. La base des colons pousse le gouvernement vers l’annexion de la Cisjordanie, ou tout du moins de la zone C (60 % de ce territoire). D’autant que le démantèlement de l’avant-poste d’Amona, le 1er février, a été vécu comme un traumatisme.

 

Lire aussi :   Donald Trump, aiguillon de la colonisation israélienne

 

Avocat très engagé auprès de plusieurs ONG israéliennes, Michael Sfard met la dernière main à un ouvrage consacré à la lutte juridique contre l’occupation. Selon lui, le texte voté à la Knesset est « extrêmement grave et important ». D’abord, parce qu’il porte atteinte « aux principes fondamentaux que sont l’égalité, la dignité ou encore le droit à la propriété ». Mais, surtout, souligne-t-il, « parce que les victimes de cette loi ne sont pas des Israéliens et ne votent pas pour élire les députés. C’est la chose la plus antidémocratique qu’on puisse imaginer, c’est un trait de régime autocratique qui mérite une censure constitutionnelle. »

 

Lire aussi :   « A aucun moment, en Cisjordanie, il n’y a d’égalité entre colons et Palestiniens »

 

Fuite en avant

Selon de nombreux commentateurs, il est probable que le texte de loi sera bloqué par la Haute Cour de justice, déjà violemment critiquée par les colons pour avoir ordonné la destruction d’Amona. Le procureur général, Avichai Mandelblit, a fait connaître son opposition à son contenu et ne représentera pas le gouvernement lors de l’audience.

A la fin de novembre 2016, c’est M. Nétanyahou lui-même qui mettait en garde ses ministres contre le projet de loi, en assurant qu’il ouvrirait la voie à des poursuites judiciaires internationales contre les dirigeants israéliens. Mais depuis l’entrée de Donald Trump à la Maison Blanche, le premier ministre découvre le vertige de la conduite sans feux rouges. Il est engagé dans une fuite en avant, dénoncée par l’Union européenne et les Nations unies (ONU), avec une obsession : ne pas perdre l’électorat national religieux au profit de son ministre de l’éducation, Naftali Bennett.

Une fuite d’autant plus éperdue que le premier ministre est cerné par plusieurs enquêtes pénales pour corruption, mettant en cause à la fois son mode de vie luxueux, sa confusion entre intérêts publics et privés et ses sombres desseins pour contrôler les médias.

 

Lire aussi :   Sur la colonisation, Trump avance à tâtons sur Israël et la Palestine

 

« Maisons construites par accident »

Certains experts s’évertuent à défendre la légalité de cette initiative parlementaire, malgré les résolutions continues du Conseil de sécurité de l’ONU contre la colonisation. Parmi eux, Eugene Kontorovich, professeur à la faculté de droit de la Northwestern University et chef du département de droit international au Kohelet Policy Forum, un cercle de réflexion proche de la droite israélienne. Selon lui, le projet de loi « n’a rien à voir avec l’annexion ». « Il s’agit seulement de résoudre un problème délicat, dit-il. Des maisons ont été construites par accident sur des terres privées, mais les propriétaires ne se sont pas manifestés pendant des décennies. »

Le professeur Kontorovich rejette aussi l’argument selon lequel ce projet de loi pourrait activer des procédures judiciaires contre les dirigeants ou les hauts gradés israéliens. « Pour le procureur de la Cour pénale internationale [CPI], dit-il, chaque bâtiment en Judée-Samarie [nom biblique de la Cisjordanie] est un crime de guerre potentiel. Ne pas passer ce projet de loi ne mettrait donc pas Israël à l’abri. »

Tel n’était pas l’avis du leader travailliste Isaac Herzog, lundi soir, qui dénonçait une « annexion de facto », dans l’enceinte de la Knesset, tandis que la droite nationale religieuse saluait un jour « historique ».

 

 

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

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