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9 février 2017 4 09 /02 /février /2017 22:37

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Face à la corruption, s'indigner ne suffit plus

Par Fabrice Arfi

 

 

 

Doit-on continuer à regarder le grand feuilleton des « affaires » qui fracassent la vie publique depuis trente ans comme on va au cirque ? En Roumanie, en Islande ou au Brésil, des foules manifestent contre la corruption des classes dirigeantes. En France, rien. Il est aussi de la responsabilité des citoyens d'agir.

 

Bon. Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? On continue, tels des automates sous hypnose, à regarder le grand feuilleton des « affaires » qui fracassent la vie publique depuis trente ans comme on va au cirque ?

Mesdames et messieurs, voici l’illusionniste François Fillon : y a un emploi, y a plus d’emploi ! [applaudissements dans le public]

Et maintenant le jongleur Nicolas Sarkozy : pas une, pas deux, pas trois, mais dix affaires dans lesquelles il est cité ! [“waouh”, s’exclament les spectateurs]

Sans oublier l’incroyable acrobate Jérôme Cahuzac : il est chargé au sein du gouvernement de lutter contre la fraude fiscale tandis qu’il est lui-même un fraudeur fiscal depuis vingt ans ! [souffles coupés dans la salle]

Vous l’adorez, le clown Jean-Christophe Cambadélis : il n’hésite pas à mettre en doute publiquement l’honnêteté de Fillon alors qu’il a lui-même été condamné deux fois par la justice dans des affaires d’emplois fictifs ! [rires unanimes]

 

Des numéros de cette qualité, la France en a des wagons à proposer, à gauche comme à droite ou à l'extrême droite : Le Pen, Dassault, Lagarde, Balkany, Guérini, Giacobbi, Andrieux, Squarcini, Boillon, Guéant, Kucheida, etc. Il faut vraiment vivre dans un monde parallèle – celui de la communication sidérante et du commentariat sidéré – pour ne pas faire le constat d’un pays ravagé par ses démons : la corruption, les arrangements avec l’éthique, la fraude et l’évasion fiscales, les conflits d’intérêts.

 

Le décentrement permet de voir comme nous sommes vus. Et c’est moche. Les médias étrangers, anglais, allemands, scandinaves ou américains, n’ont plus de mots pour décrire l’état de corruption de la France.

 

C’est la honte.

 

Dans d’autres pays, en Roumanie ces derniers jours, en Islande au moment de la révélation des Panama Papers, au Brésil il y a peu, les citoyens se sont emparés du premier des biens communs, la rue, pour manifester et crier leur indignation. Pour dire – excusez l’expression – qu’il serait peut-être temps d’arrêter de se foutre de notre gueule.

 

Et en France ? Eh bien, en France, rien. Funambules de la vie publique, nous regardons, extatiques, passer ces affaires qui surgissent dans le quotidien des matinales radio et des chaînes d’info en continu et qui disparaissent aussi vite qu’elles sont apparues. Puis on passe à autre chose, comme si le monde de la politique (celui des programmes et du débat d’idées) et la furia des scandales n’étaient pas liés. Comme si l’un et l’autre évoluaient dans deux mondes parallèles qui ne se rencontraient jamais.  

 

On ne le répétera jamais assez : les affaires ont un sens. Elles sonnent, quand les faits qu’elles portent sont vérifiés et d’intérêt public, comme le signal d’alarme d’une démocratie qui suffoque. La facture est lourde. Nous – le “nous” citoyen qui ne fait le tri ni des convictions ni des cheminements personnels – en sommes tous les victimes invisibles.

 

Démocratiquement, elles nous désespèrent en ce qu’elles alimentent le sentiment qu’il existerait une classe dirigeante qui ne fait pas ce qu’elle dit, qui détourne elle-même ce qu’elle prône, qui est, en somme, comme un enfant de 5 ans, incapable de se discipliner, à l’abri d’un puissant sentiment d’impunité.

 

Financièrement, les affaires nous coûtent. Elles frappent notre portefeuille. Il y a un invariant de la corruption et de tous ses corollaires : l’enrichissement d’un seul signifie l’appauvrissement de tous. Ce n’est pas un hasard si l’étymologie grecque du mot “corruption” (phtora) signifie le contraire de la création. C’est-à-dire la destruction...

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

 

 

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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9 février 2017 4 09 /02 /février /2017 22:06

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Lobbying

De François Fillon à Benoît Hamon, que déclarent les parlementaires comme conflits d’intérêts potentiels ?

 

par , Rachel Knaebel

 

 

 

La transparence de la vie politique a ses limites, comme le montre à nouveau le cas de François Fillon et de ses discrètes activités de sa société de conseil 2F. Le candidat de la droite n’est pas le seul à conseiller des multinationales et à en tirer de substantiels revenus : lobbyistes, avocats, dirigeants d’entreprises peuplent les bancs du Parlement. Quels sont les intérêts qu’ils déclarent ? Ont-ils mis fin à leurs activités une fois élus ou sont-elles jugées compatibles avec leur mandat ? Animent-ils des clubs parlementaires en lien avec ces intérêts privés qui sont aussi les leurs ?

On le sait, nombre d’« élus du peuple » au Parlement ne défendent pas uniquement l’intérêt général. Quoiqu’en dise la Constitution française, ils représentent aussi les intérêts particuliers de leur circonscription ou de leur territoire, ce qui peut les conduire à écouter d’une oreille plus attentive les entreprises qui y sont implantées. Ils sont aussi soumis à de nombreuses pressions de la part d’intérêts privés à l’occasion des projets de loi sur lesquels ils doivent se prononcer. Certains parlementaires se sont fait une spécialité de la défense d’un secteur économique particulier, jusqu’à siéger dans une multitude de clubs, de commissions, de think tanks ou d’organismes publics ou parapublics liés à ces intérêts. D’autres sont encore plus intimement liés à des intérêts privés : ceux qui dirigent une entreprise, siègent au sein d’un conseil d’administration ou exercent une activité de conseil en tant qu’avocat ou consultant.

L’exemple le plus récent concerne bien évidemment François Fillon. En plus des soupçons d’emplois fictifs dont auraient bénéficié sa femme et ses enfants, le candidat de la droite et du centre a également travaillé pour le compte d’un grand groupe conseillant les multinationales françaises, Ricol Lasteyrie, par l’intermédiaire de sa propre société de conseil, 2F. Et en a dégagé de substantiels revenus sans pour autant dévoiler l’identité de ses clients. L’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy n’est pas le seul parlementaire français à exercer ce type d’activité de consultant en parallèle de son mandat. Il suffit d’éplucher les déclarations d’intérêts et d’activités des députés et sénateurs faites auprès de la Haute autorité pour la transparence de la vie politique pour s’en rendre compte.

Plusieurs parlementaires sont eux-mêmes d’anciens lobbyistes, comme Frédéric Lefebvre (LR) ou Malek Boutih (PS), directeur des « relations institutionnelles » de la radio Skyrock jusqu’en 2012. Le plus grand nombre exercent leurs activités de conseil à travers le statut d’avocat. Parmi nos 577 députés et 348 sénateurs, une cinquantaine sont avocats de profession. Certains sont retraités. Beaucoup ont suspendu leurs activités suite à leur élection. D’autres, au contraire, sont devenus avocats une fois élus, à la faveur de leur ancien statut de haut-fonctionnaire et grâce à un décret pris en 2012 par Nicolas Sarkozy, juste avant l’élection présidentielle, leur permettant, quasi automatiquement, de rejoindre le barreau. Ce décret a été abrogé depuis par la Garde des Sceaux Christiane Taubira.

Devenir ou être avocat autorise les députés à exercer une activité de conseil au cours de leur mandat, ce qui est interdit aux autres... [1]. Certains, comme le montre notre échantillon ci-dessous, ne s’en privent pas. Diriger une entreprise pendant son mandat, ou siéger au conseil d’administration de grandes entreprises privées, n’est pas, non plus, interdit par les règles déontologiques du Parlement. A l’inverse, le cumul d’un mandat électif avec des fonctions de direction dans des entreprises publiques n’est pas autorisé [2]. La famille Dassault, dont deux membres siègent à l’Assemblée et au Sénat, incarne de façon emblématique ce cumul d’une fonction élective avec les intérêts d’une ou de plusieurs entreprises.

Ces deux exceptions montrent déjà les limites de la « transparence de la vie politique » et la lutte contre les conflits d’intérêts. La déclaration d’intérêt auxquels sont soumis députés et sénateurs depuis 2014 est aussi très partielle : s’ils exercent des activités de conseils, ils ne sont pas obligés de mentionner leurs clients. Quant à vérifier leur véracité et éventuelles omissions, le citoyen doit s’en remettre au travail d’investigation de journalistes ou d’associations : la Haute autorité n’a aucun pouvoir de vérification, ni de sanction. Voici un florilège des risques de potentiels conflits d’intérêts que dévoilent ces déclarations :

 

François Brottes (PS) : une transition qui rapporte gros

Député PS jusqu’en août 2015, il a quitté son mandat en cours de législature pour devenir patron de RTE, la filiale d’EDF en charge des réseaux de transmission électrique. Un poste qui lui rapporte 250 000 euros de rémunération fixe par an [3], soit plus de 20 000 euros par mois. Avec la part variable, François Brottes pourrait percevoir jusqu’à 400 000 euros annuels, s’il fait aussi bien que son prédécesseur (voir ici). Problème : c’est François Brottes qui a été rapporteur spécial de la loi sur la transition énergétique lorsqu’il était député. Une loi décisive pour EDF et sur laquelle l’entreprise a pratiqué un lobbying intense (voir notre article). L’ancien député avait notamment déposé un amendement qui favorisait le chauffage électrique.

 

Dominique Bussereau (LR) : l’appel du large

Élu à l’Assemblée nationale depuis 1986, il est membre du conseil d’administration de CMA CGM, premier groupe français de transport maritime. Pour cette activité, le député a perçu 12 000 euros de jetons de présence sur les deux années 2012 et 2013, et 7620 euros en 2014. Dominique Bussereau connaît bien le secteur des transports pour en avoir été le secrétaire d’État en 2002. Il a aussi fondé, en 1995, le club parlementaire Avenir Transport [4], qui accueille parmi ses membres une vingtaine de grandes entreprises comme Alstom, SNCF, Air France, RATP, Keolis, Vinci ou Transdev. Ce club parlementaire est coprésidé par le socialiste Gilles Savary. Il était aussi à la date de son élection membre du conseil de surveillance de l’agence de notation environnementale TK Blue. Il en a démissionné en 2013.

 

Jean-Pierre Cantegrit (LR) : œnologue de luxe

Ce sénateur représentant des Français de l’étranger occupait jusqu’à fin 2014, en parallèle de son mandat, un poste de chargé des relations extérieures au sein du Groupe Castel, « spécialiste des métiers du Vin et de la Bière et boissons gazeuses » et « n°3 mondial des vins ». Ce travail lui rapportait plus de 72 000 euros annuels [5]. Dans ces secteurs, deux clubs parlementaires, des structures où se retrouvent parlementaires et acteurs économiques, sont particulièrement actifs : le Club de la Table française et l’Association nationale des élus de la vigne et du vin.

 

Luc Chatel (LR) : des revenus en hausse de 266%

Le député, ancien ministre de l’Éducation entre 2009 et 2012, a créé sa propre société de « conseil en stratégie et accompagnement », appelée LCH, juste avant le début de son nouveau mandat, en mai 2012. Cette société lui a apporté plus de 50 000 euros de revenus en 2012 et plus de 183 000 euros en 2013, dernière année renseignée de la déclaration d’intérêts du député, qu’il n’a pas mise à jour depuis. Luc Chatel n’a pas répondu à nos sollicitations sur la nature de son activité ni sur l’identité de ses clients [6].

 

Serge Dassault (LR) : un mirage au Sénat

Sénateur Les Républicains, élu depuis 2004, il cumule sa fonction élective avec une longue liste d’intérêts : président du groupe industriel Marcel Dassault (qui lui a apporté plus de 620 000 euros en 2013), PDG de Dassault médias, le groupe qui édite Le Figaro, directeur général de la société des Châteaux Dassault, administrateur d’une série d’entreprises du groupe Dassault, comme Dassault Falcon Jet Corporation (filiale basée aux USA), Dassault International ou Dassault Système. Serge Dassault est aussi président d’honneur et administrateur de Dassault aviation, président et membre du conseil d’administration de Dassault Belgique Aviation, président et gérant d’une société immobilière d’investissements… À se demander quand Serge Dassault peut trouver le temps d’étudier les projets de loi de passage au Sénat [7].

 

Olivier Dassault (LR) : administrateur en rafales

Le fils de Serge Dassault a été élu à l’Assemblée nationale de 1988 à 1997, puis sans interruption depuis 2002. Il est également administrateur de Dassault aviation, de Dassault médias, vice-président du groupe Valmonde (éditeur du magazine Valeurs actuelles), administrateur de la société du Figaro, président du conseil de surveillance du groupe Marcel Dassault (rémunéré pour cela plus de 350 000 euros bruts annuel, sans compter les dividendes), administrateur et membre du conseil de surveillance de deux autres sociétés, et président du conseil de surveillance de la société d’investissements immobilier de Serge Dassault [8].

Autant dire que le groupe d’armement et de médias a de quoi défendre ses intérêts au Parlement. Étrangement, l’entreprise Dassault n’est enregistrée dans aucun des registres de lobbying du Parlement français, ni à l’Assemblée nationale, ni au Sénat, contrairement à d’autres entreprises du secteur de l’armement comme Thalès. Dassault est par contre inscrite dans le registre de lobbying de l’Union européenne. La famille n’y dispose pas encore d’un siège de député européen...

 

Philippe Dominati (LR) : abonné aux centres d’appels

Philippe Dominati, sénateur depuis 2004, est aussi administrateur et président du conseil de surveillance de Téléperformance, qui gère des centres d’appels et emploie 188 000 salariés dans le monde. Cette activité lui a rapporté 87 800 euros en 2014 et 121 800 euros en 2015 [9]. Le sénateur a également administré, en 2009 et 2010, l’entreprise Theolia – devenue depuis Futuren, qui produit de l’électricité éolienne – pour un rémunération globale de 200 000 euros [10].

 

François Fillon (LR) : des conseils chèrement payés

L’ancien Premier ministre, député Les Républicains, et candidat de la droite à la présidentielle, a créé en 2012, une entreprise de conseil, 2F Conseil, juste avant de démarrer son mandat de député. Il a déclaré à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique des revenus de 70 000 euros issus de cette activité en 2012, et de plus de 142 000 euros en 2013, soit sept fois le salaire moyen. Ses déclarations à la Haute autorité s’arrêtent en 2013. Ce n’est pas illégal : la loi n’oblige les députés à déclarer revenus et activités qu’une seule fois au cours de leur mandat.

Mais pour l’année 2015, la société 2F Conseil a réalisé un chiffre d’affaires en hausse de 38%, qui atteint près de 300 000 euros [11]. Et selon Le Monde, François Fillon aurait gagné 750 000 euros entre 2012 et 2015 grâce à sa société. Quelle est la nature exacte de ces « conseils » ? Qui sont ses clients ? Leur identité est-elle de nature à présenter un conflit d’intérêt ? Nous avons contacté l’équipe de François Fillon à ce sujet, sans réponse. Début février, Médiapart révélait que, parmi ses clients, figure le cabinet Ricol Lasteyrie Corporate Finance, un grand groupe de conseil aux entreprise du Cac 40 et aux multinationales françaises (comme Air France, Alstom, BPCE, EDF, Engie, Altran…). François Fillon siège également au comité stratégique de ce cabinet (lire aussi notre article : Les très discrètes mais lucratives « activités de conseil » du candidat François Fillon).

 

Razzy Hammadi (PS) : de l’urbanisme à l’Assemblée nationale

Le député de Seine-Saint-Denis dirigeait un cabinet de conseil en urbanisme et habitat, HQB Conseil. Il assure avoir vendu ses parts en 2012 après son élection à l’Assemblée nationale. Cette activité lui a rapporté 4500 euros nets mensuels entre 2010 et 2012 [12].

 

Benoît Hamon (PS) : dirigeant au salaire moyen

Dans la case « profession » de sa déclaration d’activité, le candidat socialiste à la présidentielle a indiqué, en 2014, « directeur de société ». Avant de devenir député en 2012, Benoît Hamon dirigeait une petite société d’études d’opinion, Le Fil. Une activité qui lui rapportait environ 2000 euros mensuels, soit environ le salaire moyen. Il a quitté sa fonction de direction une fois élu [13].

 

Jean-François Lamour (LR) : défense d’intérêt

Député et membre de la commission défense de l’Assemblée, il siège également au conseil d’administration de la Fondation Safran, la fondation « pour l’insertion » de l’un des grands groupes d’armement français [14].

 

Gérard Longuet (LR) : cumulard d’activités annexes

Élu sénateur en 2001, Gérard Longuet dirige une société de conseil depuis 1994, Sokrates group. Sa déclaration d’intérêts affiche une rémunération issue de cette activité de 42 000 euros en 2013, et 18 000 euros les années précédentes. « L’activité est modeste en raison de son manque de disponibilité », fait-il savoir par le biais de ses collaborateurs parlementaires, qui ajoutent : « Les clients passés, présents ou à venir sont couverts par le secret professionnel. »

En plus de son mandat et de son activité « modeste » pour Sokrates group, l’ardent défenseur de François Fillon préside le conseil d’administration de Sea Invest Afrique, filiale d’un groupe belge de manutention portuaire, et siège parmi les administrateurs de Sea Invest France et Cockerill Maintenance & Ingénierie (voir ici) [15].

 

Alain Marsaud (LR) : bénévole pour Veolia

Élu à l’Assemblée nationale de 1993 à 1997, et depuis 2002. Entre ses deux mandats, il est directeur général adjoint du pôle eau de la Compagnie générale des eaux et directeur de l’analyse et de la prospective de Vivendi Universal. Il est également, bénévolement assure-t-il, membre du conseil d’administration indépendant de plusieurs filiales de Veolia, dont la Compagnie générale des eaux est l’ancêtre : Veolia Voda (la filiale en Europe de l’Est, devenu Veolia Central and Eastern Europe), Veolia Water and Technology, et a été administrateur de la Sidem, filiale active dans le déssalement des eaux. Il indique même sur son site être administrateur, là encore à titre gracieux, de la fondation Serge Dassault pour les personnes handicapées [16].

 

Laure de la Raudière (LR) : un club parlementaire très stratégique

La députée Laure de la Raudière était, avant de commencer son mandat, directrice générale d’une entreprise de conseil en stratégie, Navigacom, spécialisée dans les infrastructures réseaux et télécoms pour des grands groupes français. Parmi les clients de l’entreprise se trouvent Air France, SNCF, Thales, PSA, Louis Vuitton, Lafarge, DCNS, ArcelorMittal, Crédit agricole, Société générale… La députée a toutefois quitté ses fonctions en 2010 et n’en est plus actionnaire depuis 2012. Elle est aujourd’hui coprésidente du club parlementaire Nouvelle révolution industrielle, où elle croise à nouveau ces grandes entreprises [17].

 

Thierry Solère (LR) : lucratif recyclage

Le député est consultant de profession. Il a conseillé une entreprise de gestion des déchets, Chimirec Développement, avant d’en devenir salarié depuis 2014, pendant son mandat, pour un salaire brut mensuel de 12 000 euros [18].

 

Rachel Knaebel

Photo : CC Magali

Notes

[1« Il est interdit à un député, en cours de mandat, de commencer à exercer une activité de conseil, sauf s’il exerçait déjà une telle activité avant son élection. Cette interdiction n’est toutefois pas applicable aux membres des professions libérales soumises à un statut réglementé, telles que la profession d’avocat. Lorsqu’il exerce la profession d’avocat, le parlementaire a l’interdiction de plaider contre l’État, les sociétés nationales, les collectivités ou établissements publics ; cette interdiction s’applique à l’ensemble des membres du cabinet d’avocats dans lequel exerce le parlementaire. » Source : http://www2.assemblee-nationale.fr/decouvrir-l-assemblee/role-et-pouvoirs-de-l-assemblee-nationale/le-depute/le-statut-du-depute.

[2Voir les règles sur le site de l’Assemblée nationale.

[3Voir ici, p 21.

[4Voir la déclaration de Dominique Busserau.

[5Voir la déclaration de Jean-Pierre Cantegrit ici et son actualisation.

[6Voir la déclaration de Luc Chatel.

[7La déclaration de Serge Dassault.

[8La déclaration d’Olivier Dassault.

[9Voir le dernier document de référence de l’entreprise, p 85.

[10Voir la déclaration de Philippe Dominati ici.

[11Voir la déclaration de François Fillon.

[12Voir la déclaration de Razzy Hammadi.

[13Lire la déclaration de Benoît Hamon.

[14Voir la déclaration de Jean-François Lamour.

[15Voir la déclaration de Gérard Longuet.

[16Voir la déclaration d’Alain Marsaud.

[17Voir la déclaration de Laure de la Raudière ici et lire l’article de Basta ! qui décrypte son action parlementaire dans le cadre de la loi sur l’exposition aux ondes électromagnétiques.

[18Voir la déclaration de Thierry Solère.

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

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9 février 2017 4 09 /02 /février /2017 21:56

 

 

Source : http://positivr.fr/detroit-agriculture-ferme-urbaine-renaissance/

 

 

Ravagée par le chômage, Détroit mise sur une alimentation collaborative… et gratuite !

 

Des quartiers entiers transformés en zone cultivables, vous y croyez ? Tel est le pari génial et audacieux d'une ville en pleine reconversion !

 

Longtemps dénigrée et synonyme de ruralité, l’agriculture tient enfin sa revanche. Aujourd’hui, c’est même elle qui vient au secours des grandes villes ravagées par la désindustrialisation. Exemple à Détroit où, après des années de dépression, l’espoir renaît enfin grâce aux fruits et aux légumes !

Source : The Michigan urban farming initiative

 

En 1950, Détroit, sorte d’Eldorado de la construction automobile, était une ville prospère et comptait alors 1 850 000 habitants. Aujourd’hui, ravagée par la délocalisation et le chômage (jusqu’à 50% de sans-emploi !), elle n’abrite plus que 680 250 personnes ! En 2011, accablée par 18,5 milliards de dollars de dette, elle s’est même déclarée en état de faillite… Mais, heureusement, le bout du tunnel n’est peut-être plus très loin !

Source : The Michigan urban farming initiative

 

Symbole de cette renaissance : la multiplication du nombre de fermes urbaines. Détroit en compterait aujourd’hui 1 600 ! Un chiffre parfaitement inouï…

Récemment, en partenariat avec une association locale (Michigan urban farming initiative), la ville et ses habitants ont par exemple lancé la conversion totale de l’un de ses quartiers en territoire cultivable. Nom de code du projet : Agrihood.

Source : The Michigan urban farming initiative

 

L’idée ? Avec l’aide de tous, transformer une zone désertée en jardin extraordinaire, 100% bio, 100% durable… et 100% gratuit !

 

Fonctionnant uniquement sur la base du volontariat, Agrihood accueille déjà 200 arbres fruitiers et un jardin sensoriel pour les enfants. Et ce n’est pas fini : on attend aussi l’arrivée prochaine d’un café communautaire ainsi qu’un centre éducatif.

Source : The Michigan urban farming initiative

 

Sur le modèle des Incroyables comestibles, non seulement le système recrée du lien entre les habitants autour d’un beau projet mais, en plus, il permet à la ville de viser l’autosuffisance alimentaire.

22 tonnes de fruits et de légumes bios seraient déjà sortis de la terre de Agrihood. Une quantité impressionnante de nourriture distribuée gratuitement à 2 000 familles. Ça compte, surtout dans un pays où l’insécurité alimentaire touche 13% de la population…

Source : The Michigan urban farming initiative

 

Fruit d’un travail collectif et solidaire, ces performances exemplaires redonnent espoir à toute une ville. Ça n’est d’ailleurs pas un hasard si le nombre de fermes urbaines explose à Détroit !

Source : The Michigan urban farming initiative

 

Est-ce que ça inspirera d’autres territoires ? C’est à souhaiter. 

 

Lire aussi : En misant sur le bio et le gratuit, Albi est en route vers l’autosuffisance alimentaire !

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9 février 2017 4 09 /02 /février /2017 21:37

 

 

Source : https://www.objectifgard.com/2017/02/08/nimes-circulez-il-ny-a-plus-darbre-a-voir/

 

 

NÎMES Circulez, il n’y a plus d’arbre à voir…

 

8 février 2017 à 11:00 A la une,

 

 

La Place Saint-Charles, sans ses pins Photo Anthony Maurin).

La Place Saint-Charles, sans ses pins (Photo Anthony Maurin).

 

Les arbres des Place Saint-Charles et Square de la Bouquerie ont été coupé tôt ce matin. Cordon de sécurité, Police Municipale et poignée de manifestants étaient au rendez-vous.

C'était prévu depuis quelque temps mais à Nîmes et avec les arbres, il faut y aller avec des pincettes! On se rappelle  avec amertume de la polémique concernant les micoucouliers ceinturant les boulevards de l'Ecusson ou encore celle des platanes de l'avenue Feuchères. Mais ce matin, ce sont les arbres Place Saint-Charles et Square de la Bouquerie, qui étaient au centre des débats et tombaient sous les lames des tronçonneuses.

Tout juste abattus, le jour nétait pas encore levé quand les Nîmois se sont aperçus des "dégâts" (Photo Anthony Maurin).

Tout juste abattus, le jour n'était pas encore levé quand les Nîmois se sont aperçus de l'ampleur des "dégâts" (Photo Anthony Maurin).

 

Remis au goût du jour dans le cadre des travaux du TCSP, il semblerait que ces sites nécessitent un nouvel abattage des arbres les bordant. Sur la Place Saint-Charles, les pins qui ne feront plus d'ombre, auxquels on préfère quelques érables rouges du Japon (nous en reparlerons…). Au Square de la Bouquerie, ce sont les marronniers qui sont tombés . Là aussi, la nouvelle structure de la place aurait "oblige" la municipalité à couper les têtes. Prévention sanitaire ou changement de style, en tout cas, il fallait que l'opération soit bouclée avant le flux de circulation.

Au Square de la Bouquerie, les marronniers ne sont plus (Photo Anthony Maurin).

Au Square de la Bouquerie, les marronniers ne sont plus (Photo Anthony Maurin).

 

"Allez, circulez, il n'y a plus d'arbre à voir!" lâche un passant stupéfait, qui vient tout juste d'apprendre la nouvelle ... "Il ne faut pas choquer les gens, tout sera débité quand le jour sera levé et on pourra dire que c'était un mauvais rêve. On en a assez de voir tomber des arbres sans en connaître les raisons" fulmine une manifestante. Une autre, larmoyante, rajoute "À Nîmes, rien n'est normal. On fait les choses sans concertation et on nous met devant le fait accompli. Pourquoi ces arbres sont abattus?".

2 grues et quelques arbres en moins (Photo Anthony Maurin).

2 grues et quelques arbres en moins (Photo Anthony Maurin).

 

Pour Alain Fabre-Pujol, Conseiller Municipal de Nîmes et Conseiller communautaire à l'agglo, il existe, "Au moins une certitude, monsieur Fournier revient en pleine forme, avec une attitude inchangée, du mépris et une grossièreté vis à vis de celles et ceux qui ne partagent pas son avis. Alors que j’attends toujours une réponse à un courriel du 27 janvier à propos d’une rumeur relative à l'abattage d'arbres place saint-Charles, les tronçonneuses ont été actionnées au petit matin, sans réponse aux associations concernées, habitants et élus interrogatifs, ce 8 février. J'espérai, au regard de la rénovation de cette place, plutôt réussie, que ceci n’était qu’une rumeur. Que nenni la puissance régalienne du "maire roi" a frappé continuant la minéralisation du centre au détriment des finances publiques".

La Police Municipale bloquait le boulevard ou régulait la circulation en fonction de lavancée des abattages (Photo Anthony Maurin).

La Police Municipale, surveillait, bloquait le boulevard Gambetta ou régulait la circulation en fonction de l'avancée des abattages (Photo Anthony Maurin).

Certains reprenaient déjà des propos du célèbre Christian Liger :  "Tour de boul’ Entre la médiathèque en devenir et la Maison Carrée ressuscitée, passe la chaussée. Au-delà et en-deçà, de beaux arbres, de larges trottoirs; on est là sur la couronne de boulevards si caractéristique de Nîmes, et qui contribue essentiellement à sa beauté urbaine; à mesure que la ville démolissait ses remparts devenus inutiles, elle les remplaçait par ses promenades qui tracèrent autour de la vieille ville un cercle continu. On eut l'intelligence d'harmoniser leurs proportions – maisons, trottoirs et pavements – avec celle des monuments. On les planta de platanes et de micocouliers qui après plus d'un siècle, encerclent la ville ancienne d'une verdeur continue ponctuée de quelques squares. Si bien que l'on peut en faire le tour et retrouver son point de départ sans jamais avoir éprouvé la proximité oppressante de la circulation ou la chaleur, accablante l'été, des espaces trop ouverts. Montpellier a sans doute de plus beaux hôtels particuliers, Avignon est plus confite de jardins de cardinaux, Arles a des places secrètes incomparables ; mais aucune de ces villes ne peut offrir cette logique citadine, cette clarté de plan, ce centre ancien débarrassé de la circulation par sa ceinture d'avenues. On dirait qu'un architecte exceptionnel, plus habité de l'humain et de l'harmonie que de théories sociologiques, a réussi d'un coup le dessin général nîmois. C'est une nécessité inventée année après année pendant deux mille ans. Le cercle des boulevards, précisément parce qu'il favorise la promenade, à crée des rites urbains". (Nimes sans Visa, p 118-119).

 

 

 

Source : https://www.objectifgard.com/2017/02/08/nimes-circulez-il-ny-a-plus-darbre-a-voir/

 

 

 

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Source : http://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/gard/nimes/au-centre-ville-nimes-abattage-arbres-centenaires-cree-polemique-1192929.html

 

 

Au centre ville de Nîmes, l'abattage d'arbres centenaires crée la polémique

 

Abattage des arbres centenaires place St Charles et Square de la Bouquerie à Nîmes ce mercredi 8 février 2017. / F3 Pays Gardois

Plusieurs arbres au moins centenaires ont été coupés tôt ce mercredi matin au centre-ville de Nîmes à la grande surprise des riverains. Habitants et militants écologistes sont furieux : selon eux, la municipalité multiplie ces abattages sans explications.

 

 

Par C.Alazet avec Eric Félix

 

Malgré l'heure matinale, riverains et militants écologistes sont venus assister, furieux et impuissants à l'abattage des arbres le long du boulevard Gambetta. Ils disent ne pas avoir été prévenus de l'opération, ni de ses motifs.


Les images de l'abattage des arbres au centre ville de Nîmes : 

L’abattage a été effectué sur la place St Charles et le square de la Bouquerie le long du boulevard Gambetta par lequel passe le trambus depuis début décembre.

Sollicité ce mercredi 8 février par nos équipes de France 3 Pays Gardois, ni la mairie ni l’agglomération n’ont pour l’instant apporté de précisions sur les raisons de ce chantier.

L’association ARBRES et des conseillers municipaux d’opposition se disent scandalisés et demandent des explications.

Ecoutez Muriel, membre de l’association ARBRES, interrogée par Virginie Danger et Denis Pardanaud :

 

 

 

Source : http://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/gard/nimes/au-centre-ville-nimes-abattage-arbres-centenaires-cree-polemique-1192929.html

 

 

 

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DES ARBRES QU'ON ASSASSINE !

 
Les travaux du TCSP sont terminés et inaugurés en décembre !  
Hier, dès  5 h 30 du matin 16 arbres, pour certains centenaires, ont été abattus  square de la Bouquerie et place St-Charles devant le passants consternés et en colère.
Depuis qu'une "rumeur" courait que les pins de la place St-Charles allaient être abattus, notre association a multiplié les courriers recommandés, les appels téléphoniques auprès des responsables de l'Agglo et de la Ville qui nous ont menés en bateau, chacun se renvoyant la balle. 
La Ville et l'Agglo nous ont menti délibérément, l'abattage était programmé depuis septembre et leurs responsables  se sont vraiment moqués de nous.
 
C'est officiel maintenant, ce sont bien  les travaux du TCSP qui sont responsables de la fragilisation des arbres. 
 
Depuis 2011, nous dénonçons sans relâche les conséquences de ces  travaux sur les arbres craignant pour leur pérennité, leur stabilité. Le mépris de la Ville,  de l'Agglo et de leurs  responsables pour le patrimoine arboré de notre ville et, par voie de conséquence, pour les citoyens,  sont une constante à Nîmes. 
Une gabegie financière autour de cette ligne de TCSP qui vide la ville est aussi à dénoncer. 
 
Un rassemblement est prévu demain vendredi 10 février à 11 h devant la Mairie.
pour
dénoncer mensonges, mépris du patrimoine, des citoyens, gabegie financière 
 
Soyons nombreux avec des banderoles, pancartes, slogans, arbres en carton, … à votre imagination !

 

 

http://arbreslesgardiensdelombre.blogs.midilibre.com/
A.R.B.R.E.S.

 

Un autre appel :
 
 
Comité de quartier Gambetta-Révolution
6 rue Porte d'Alès ou Chez Mémé au 5bis rue Fléchier  - 30000 Nîmes
T. 0466 21 14 14 ou 0466 26 07 31 / 
comitedequartiergambetta@gmail.com
 
Lundi 13 février 2017 dès 14h rendez vous "chez mémé" Ilot Fléchier 
 
pour une déambulation pour la "réception" des travaux du Boulevard Gambetta , quartier Révolution et rues adjacentes 
 
    Parlez en autour de vous et venez avec un gilet jaune!! .. 
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9 février 2017 4 09 /02 /février /2017 21:29

 

 

Source : https://blogs.mediapart.fr/agnes-druel/blog/080217/1153

 

 

1153 €

 

 

Tu sais François, j’ai toujours eu beaucoup de mal avec ton discours, avant même que toutes tes casseroles viennent te rattraper. Je n’aime pas les personnes comme toi, qui, parce que privilégiées par une bonne naissance se pensent investies d’une mission divine et imposent une vision rétrograde de la société.

Tu sais François, j’ai toujours eu beaucoup de mal avec ton discours, avant même que toutes tes casseroles viennent te rattraper. Je n’aime pas les personnes comme toi, qui, parce que privilégiées par une bonne naissance se pensent investies d’une mission divine et imposent une vision rétrograde de la société.

J’ai toujours eu des doutes sur la fiabilité d’un politicien dès lors qu’il exige des autres une certaine forme d’exemplarité. Surtout quand il s’agit de toucher aux « privilèges des pauvres », tu sais François, les pauvres, ceux que tu dénonces et stigmatises si bien dans tes discours, ceux qui en raison de leurs prétendus  assistanats sont devenus les responsables du déclin français.

Tu sais François, il y a 10% des français qui touchent 1153€ net par mois. Cela s’appelle le SMIC.  Je ne sais pas si tu as déjà vécu avec 1153€ par mois, en région parisienne par exemple tout en ayant à payer un loyer à 700€ charges non comprises pour un studio de 25 m2, mais cela ne s’appelle plus vivre, cela s’appelle survivre. Mais au vu de tes discours, lutter pour s’en sortir au quotidien doit t’être bien étranger.

Ce matin, le Canard Enchainé nous apprend que ta femme, Pénélope, a touché 45000€ d’indemnités de licenciement lorsque tu as mis un terme à votre collaboration professionnelle.  Pour toi, François, cela ne représente rien. Pour les 10% de français au SMIC, cela représente une somme qu’ils ne pourront jamais économiser par exemple. Une somme qui pourrait pourtant leur permettre d’accéder à la propriété, de payer des études plus longues à leurs enfants, sans que ces derniers aient à cumuler job étudiants et cours à la fac, parfois même emprunter à la banque pour un crédit étudiant.

Mais tu vois, cette notion semble t’échapper François. Parce que même la rémunération de 4500€ par mois pour le stage de ton fils ne semble pas t’avoir pas choqué outre mesure, alors que cette révélation m’a tout simplement scandalisée. J’ai été stagiaire, mes amis ont été stagiaires. Nous n’avons jamais touché de telles sommes. Tu vois, François,  90% des français ne gagnent pas ces salaires, et seulement  10% de français touchent  un salaire mensuel moyen de 3100€, quand 50% d’entre nous ont moins de 1780€ net par mois pour vivre.

Tu sais, François, j’ai suivi des cours de catéchisme pendant plusieurs années, et malgré le fait que ma foi ait disparu depuis un bon moment, je me souviens très bien du message transmis par Jésus, qui nous rappelle la nécessité de partager son manteau avec son prochain quand ce dernier se trouve dans le besoin. Alors, je me demande si tu n’es pas atteint d’une forme d’hypocrisie aigue lorsque tu fais référence à ta chrétienté ou si, par le plus grand des hasards, tu ne te foutrais pas un peu de nous.

Je trouve  abject d’entendre un homme,  déconnecté de toute forme de réalité, demander à son peuple des efforts quand lui-même n’en fournit aucun. Je trouve cela ignoble ce que tu nous imposes, cette division entre Français, cette haine, ce mépris de classe que tu as introduit dans le débat public, pour que finalement tes escroqueries finissent par être révélées au grand jour.

Depuis le début des révélations, je n’ai cessé de penser à toutes ces personnes qui gagnent 1153€ net par mois, qui luttent chaque mois pour s’en sortir et qui entendent chaque matin parler des milliers d’euros que tu as donnés gracieusement aux membres de ta famille. Ces mêmes personnes auxquelles tu demandais encore récemment de travailler plus pour gagner moins. C’est la honte la plus totale pour toi, François.

C’est un terrible affront que tu fais aux pauvres, à chaque français qui connaît la galère François, en continuant à te présenter. Quand on souhaite accéder à la fonction suprême, il faut savoir fédérer, créer de l’unité entre tous, et avant tout respecter chacun de ses citoyens.

François, je trouve ça odieux et indécent que tu persistes à te présenter à l’élection présidentielle. Déjà que tu nous as régulièrement manqué de respect auparavant, mais là, tu nous craches carrément au visage.  Au final, on sait tous que personne ne sortira grandi de cette histoire, alors au lieu de t’acharner, il est grand temps que tu partes et que tu laisses la possibilité aux français de ne pas avoir à voter « contre » une fois de plus.

 

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Source : https://blogs.mediapart.fr/agnes-druel/blog/080217/1153

 

 

 

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 22:12

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

RSA contre bénévolat, le Haut-Rhin s’obstine

Par Mathilde Goanec
 
 
 

Un temps freiné par une décision du tribunal, le conseil départemental du Haut-Rhin a finalement réussi à imposer son objectif : conditionner le versement du RSA (revenu de solidarité active) à des heures de bénévolat hebdomadaires. Le programme doit officiellement démarrer dès ce mois de février : il pourra s’appliquer aux 20 000 allocataires que compte le département. Une première en France, avec, possiblement, un effet boule de neige dans d’autres départements. 

 

 

Éric Straumann, président LR du conseil départemental du Haut-Rhin, doit être ravi. Il tient enfin son dispositif, consistant à pousser les allocataires du RSA à effectuer des heures de travail hebdomadaires, sous forme de bénévolat. Dès février, le programme sera officiellement « déployé » avec une plateforme dediée et Un numéro vert et pourra s’appliquer aux 20 000 allocataires que compte le département.

Malgré une première annulation du délibéré du tribunal administratif de Strasbourg, en octobre 2016 – le juge a estimé l’initiative contraire au code de l’action sociale et de la famille –, le conseil départemental « persiste et signe », comme l’avait annoncé Éric Straumann l’an dernier dans un communiqué, bien décidé à aller au bout de son idée, résumée par la représentante du département à l’audience le 21 septembre dernier : « Une logique de donnant-donnant : pas de bénévolat, pas de RSA. »

Pour passer entre les mailles du filet juridique, le programme a cependant été revisité : plus d’obligation d’aller, sept heures par semaine précisément, travailler dans les municipalités, les maisons de retraite ou les associations. Tous les nouveaux allocataires se verront proposer un « contrat d’engagement réciproque » (CER) les liant au conseil départemental, outil qui sert déjà à inscrire un certain nombre d’obligations en termes de formation, d’insertion et de recherche d’emploi. S’ajoutera donc, dans ce contrat, « l’action de bénévolat », « librement débattue et négociée ». Un projet voté en décembre par le conseil départemental à l’unanimité moins une voix, celle de la seule élue PS dans un territoire très à droite. « Ça ne va pas résoudre le problème, c'est faire du buzz. Cette vision ne permettra pas aux gens de retrouver un emploi », a critiqué Marie-France Vallat, citée par France Bleu.

« On se fixe comme objectif sept heures par semaine, mais ce sera adapté au cas par cas », a expliqué Éric Straumann à l’AFP, cité par 20 minutes. Selon lui, l’incitation à faire du bénévolat tend à « faire prendre conscience aux bénéficiaires que ce n’est pas une situation dans laquelle ils peuvent rester de manière indéfinie ». Le débat est pourtant loin d’être épuisé. Car dans le délibéré du conseil départemental de décembre dernier, il est également précisé que « les manquements aux engagements pris dans le CER pourront conduire à des sanctions, allant de la suspension du versement de l’allocation jusqu’à la radiation ». En clair, si le bénéficiaire d’un revenu de solidarité ne tient pas son « engagement », il pourra voir son allocation partiellement ponctionnée ou carrément supprimée et des contrôles pourront être menés tous les trimestres.

Pour Florent Gueguen, directeur de la Fédération des acteurs de la solidarité (anciennement Fnars), la méthode reste « scandaleuse, du point de vue juridique et moral », et accrédite « l’idée perverse que les allocataires du RSA sont des inactifs et des inutiles ». « Dans leur grande majorité, ces personnes sont occupées à chercher un emploi, rappelle Florent Gueguen. Et ceux qui restent longtemps au RSA ont d’autres problèmes, de santé, de transport, de garde d’enfants… Pourquoi le conseil départemental ne fait pas plus pour développer l’activité économique et l’emploi, même au Smic, plutôt que d’appliquer une telle mesure ? »

Anne-Brigitte Cosson, présidente de l’Anas (Association nationale des assistants de service social), soupire. « Du bénévolat imposé, on peut aussi appeler ça des travaux d’intérêts généraux… Où est la liberté ? »...

 

*Suite de l'article sur mediapart

 

Lire aussi

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 21:45

 

 

Source : http://www.slate.fr

 

 

700.000 euros, c’est ce que la moitié d’une génération va gagner en une vie de travail

 

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 07.02.2017 à 12 h 44

 

 

 

Ce n'est «que» le cumul des salaires de Penelope Fillon ou de la propriété de François Fillon. Mais c'est aussi, selon l'économiste Thomas Piketty, l'équivalent des salaires de 50% des moins bien payés.

 

 

 

François Fillon en 2008. JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

François Fillon en 2008. JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

 

700.000 euros: c’est un montant autour duquel tourne l’affaire dans laquelle le couple Fillon est empêtré depuis les révélations du Canard enchaîné. Après s’être expliqué devant la presse lundi 6 février, le candidat de la droite à l’élection présidentielle a publié les montants que son épouse aurait touchés lorsqu’elle travaillait comme assistante parlementaire à son service. À raison de 3.700 euros net mensuels, Penelope Fillon aura donc touché, selon cette version, 680.000 euros pour le cumul des quinze ans de travail qu'elle aurait effectués au service de son mari député. Mais 700.000 euros, c’est aussi un montant proche de la propriété sarthoise de François Fillon, évaluée à 750.000 euros selon les documents publiés par le candidat.

Et 700.000 euros, c’est également le montant que touchera la moitié d’une génération pour une vie entière de travail. C’est l’économiste Thomas Piketty, spécialiste des inégalités et auteur d’un livre devenu célèbre sur le retour du patrimoine dans les sociétés occidentales, qui cite ce montant comme point de référence. Interviewé sur France Culture à l’occasion de la Nuit des idées le 26 janvier dernier, il a précisé pourquoi ce montant était important pour comprendre les inégalités sociales en France:

«Il y a un indicateur que je calcule dans mes recherches et qui est assez parlant, c’est: quelle est la part d’une génération qui va recevoir en succession ou donation l’équivalent d’une vie au salaire minimum, ou si on prend un peu plus que le salaire minium, le revenu moyen gagné par leur travail par les 50% d’une génération qui gagnent le moins, donc c'est pas beaucoup au dessus que le salaire minimum, c'est mettons 15.000 euros par an sur cinquante ans.»

On aboutit donc à un montant de 750.000 euros. «C’est un peu ce qu’a gagné Pénélope Fillon comme assistante parlementaire si j’ai bien compris», s’amusait l’économiste sur l’antenne de France Culture. Pourquoi cet indicateur est-il important? Parce qu’alors que le poids de l'héritage avait quasiment disparu dans l'après-Seconde guerre mondiale, avec environ 1% d'une génération qui touchait un tel montant, pour les générations des années 1970-1980, environ 15% va recevoir ce montant en succession, en faisant une classe de quasi-rentiers de fait:

«Évidemment c’est un montant qui n’est pas suffisamment important pour s’arrêter complètement de travailler, et de fait les personnes en question vont sans doute faire de très belles études et gagner des salaires importants, mais en même temps c’est quand même autant que ce que 50% de cette même génération va gagner sur toute sa vie par son travail en étant serveur, caissière de supermarché, en faisant des boulots pas très rigolos.»

 

Une forme d’inégalité dérangeante, car ces moyens ou petits rentiers ne sont pas comparable au fameux –et unanimement décrié– 1% accusé de concentrer les richesses.

«Aujourd’hui, il y a plus de moyen rentiers, et moins de très gros rentiers, analysait encore Piketty au micro de France Culture, et cette société des petits rentiers ou des moyens rentiers c'est une société qui est peut-être plus difficile encore à réguler politiquement que celle du XIXe siècle.»

Jean-Laurent Cassely

Jean-Laurent Cassely (946 articles)

Couverture

 

 

 

Source : http://www.slate.fr

 

 

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 20:13

 

 

Source : http://www.bondyblog.fr/201701060800/bernard-friot-il-faut-que-nous-ayons-un-salaire-qui-ne-depend-pas-du-lieu-ou-nous-travaillons/#.WJjot0fhTrs

 

 

Bernard Friot : "Il faut que nous ayons un salaire qui ne dépend pas du lieu où nous travaillons"

 

 

AMBIANCE vendredi 6 janvier 2017

 

Par Jonathan Baudoin @JoBaudoin

 

 

 

 

Pour la première fois, la question du revenu universel agite la campagne présidentielle. Certains prétendants de la primaire de la gauche, comme Benoît Hamon, portent cette mesure. Le sociologue et économiste Bernard Friot prône un projet plus radical, le salaire à vie, pensé comme une alternative au capitalisme. Interview.

 

Le Bondy Blog : Quel regard portez-vous sur l’importance donnée au revenu universel, ou revenu de base, dans le débat public, à droite comme à gauche ?

Bernard Friot : C’est un débat désastreux qui, une fois de plus, montre combien, du point de vue idéologique, la classe dirigeante aujourd’hui a un véritable boulevard. C’est l’effondrement idéologique à gauche. Et je précise tout de suite, contre ceux qui, parce qu’ils proposent un revenu de base à 800 ou 1 000 euros, parce qu’ils utilisent un vocabulaire de gauche, prétendent que c’est un projet de gauche, qu’il n’y a pas de proposition de gauche d’un revenu de base. Ça n’existe pas parce que le revenu de base est une proposition capitaliste.

 

Le Bondy Blog : En quoi le revenu universel sert de “roue de secours du capitalisme” tel que vous le dénoncez ?

Bernard Friot : Le capitalisme repose sur la propriété lucrative de l’outil de travail, qui permet à ces propriétaires de s’approprier une partie de la valeur produite par le travail des salariés ou des travailleurs indépendants dont ils sont les clients, les donneurs d’ordre ou les prêteurs. Et en même temps que le cœur de la logique capitaliste, c’est la propriété lucrative de l’outil de travail, les travailleurs sont niés comme travailleurs. Ils sont reconnus non pas comme titulaires d’une qualification et du salaire qui y est attaché, mais comme des êtres de besoins qui ont droit à du pouvoir d’achat cherché sur le marché du travail ou sur celui des biens et services. À partir du moment où la forme classique de reconnaissance des besoins des personnes, à savoir le marché du travail, n’est plus une institution performante pour cela, à la fois parce que les capitalistes ne souhaitent plus être employeurs ; et puis parce qu’une partie de la jeunesse en particulier ne souhaite pas être employée, ne souhaite pas se soumettre à un employeur ; à partir de ce moment-là, l’allocation des ressources ne va pas passer par le salaire. Elle va passer par un forfait distribué à tout le monde.

S’il est faible, c’est simplement de la lutte contre la pauvreté. Mais s’il est élevé, toute proportion gardée, s’il est au niveau du seuil de pauvreté, à 900 ou 1 000 euros, alors il va être particulièrement utile pour le capital car les détenteurs du revenu de base vont produire avec leurs 900 ou 1 000 euros. Ils vont faire des vidéos qu’ils vont poster sur YouTube, ils vont faire des jardins bio, des éoliennes, etc. Ils vont faire de la production alternative mais celle-ci va alimenter le capital, bien sûr. C’est-à-dire que ces 900 ou 1 000 euros, le capital va les récupérer à travers la ponction qu’il va faire sur la valeur que vont produire ces personnes. Sans avoir à être employeur, à respecter un code du travail, à cotiser, etc. Rien de tout cela. Comme prêteur, comme client, comme fournisseur de données sur la plateforme collaborative, il empoche une partie de la valeur. Ou tout simplement, il utilise le logiciel libre, par exemple, pour construire ses logiciels propriétaires. Donc, c’est tout bénéfice pour le capital de distribuer 1 000 euros par mois à des gens qu’il va pouvoir exploiter sans avoir à respecter les règles de l’emploi conquises par le syndicalisme au 20ème siècle.

 

Le Bondy Blog : En quoi le salaire à vie, que vous défendez, a-t-il une portée révolutionnaire ?

Bernard Friot : Le salaire à vie, c’est la poursuite de ce que le Parti communiste et la CGT ont mis en place à la période offensive, de 1930 à 1970 à peu près. Cette offensive ouvrière a permis de mettre en place ce sur quoi repose toute révolution, c’est-à-dire des institutions d’un autre mode de production. Faire la révolution, c’est changer le mode de production. La bourgeoisie, c’est une classe révolutionnaire qui a réussi. Elle a changé le mode de production, en passant du mode de production féodal au mode de production capitaliste, en changeant les institutions du travail. Le Parti communiste et la CGT ont commencé à changer les institutions du travail, qu’il s’agisse du statut du producteur ou du régime de propriété. Le marché du travail a commencé à être remplacé non pas par le revenu de base et la fausse indépendance, mais par le salaire à vie, à la qualification personnelle, des fonctionnaires, des retraités, des salariés des branches ou entreprises reconnaissant un droit à carrière sans passage par le marché du travail, etc.

Quant au changement du régime de propriété, absolument décisif pour changer le mode de production, nous produisons de la santé (et aussi de l’éducation) sans alimenter le capital puisqu’il n’y a pas d’actionnaire capitaliste dans la santé, sinon à la marge, du côté des cliniques, mais c’est peu de chose. Sauf pour le médicament : il faut absolument supprimer la production capitaliste du médicament. Mais, jusqu’à ces dernières années où il n’y a hélas plus de hausse du taux de cotisations maladie, l’investissement hospitalier était subventionné par la caisse de sécurité sociale grâce à une hausse du taux de cotisation. Donc, on a inventé un mode de production qui repose sur un autre statut du producteur. Non pas un individu qui se rend sur le marché du travail pour se soumettre à un propriétaire de l’outil ; ou un individu travailleur indépendant, exploité tout en pensant ne pas l’être lorsqu’il est sur le marché des biens et services. Mais un salarié bénéficiaire de droits collectifs, qui est reconnu comme qualifié, au titre de sa personne, donc avec un salaire indépendant de son emploi, et qui est copropriétaire d’usage de son outil de travail.

 

Le Bondy Blog : En quoi le salaire à vie permet-il d’“émanciper le travail” ?

Bernard Friot : Émanciper le travail, c’est-à-dire le libérer des institutions capitalistes, suppose que nous décidions au travail. Et pour décider au travail, il y a deux conditions. Il faut que nous soyons propriétaires. Si nous ne sommes pas propriétaires de l’outil, nous ne pourrons jamais décider. Et deuxièmement, il faut que nous ayons un salaire qui ne dépend pas du lieu où nous travaillons. Parce que si le salaire, c’est notre entreprise qui nous le verse, nous hésiterons à contester ses pratiques. Ces deux conditions sont remplies, d’une part si chaque producteur a un salaire lié à sa qualification versé par une caisse des salaires gérée par les travailleurs et alimentée par une cotisation sur la valeur ajoutée marchande des entreprises ; d’autre part s’il est propriétaire d’usage de l’outil de travail parce que cet outil est subventionné par une caisse qui, elle aussi, est gérée par les travailleurs et qui reçoit les cotisations économiques des entreprises. Dans une telle situation, les entreprises ne paient pas leurs salariés et ne remboursent pas d’emprunts pour l’investissement : elles affectent leur valeur ajoutée à une cotisation salaires et à une cotisation économique.

 

Le Bondy Blog : Quelles sont les conditions pour qu’un citoyen accède à ce salaire à vie et y a-t-il des évolutions salariales possibles ?

Bernard Friot : Les conditions, c’est un enrichissement de la citoyenneté. C’est-à-dire qu’à 18 ans, tout le monde, quel que soit son passé scolaire, son éventuel handicap, accède au statut politique du producteur, avec le salaire à vie et le droit de propriété d’usage des outils de travail. Quelle que soit aussi la nationalité. Comme le droit du travail ou les droits à la santé et à l’éducation aujourd’hui, c’est un droit accessible à tous ceux qui résident sur le territoire. Aucun droit d’ailleurs ne devrait être lié à la nationalité. Les droits doivent être liés au territoire de résidence, là où on contribue au bien commun. Donc toute personne de plus de 18 ans accède automatiquement à ce statut politique.

Ensuite, est-ce qu’il va progresser, aussi bien en capacité de direction d’entreprise qu’en salaire ? Pour moi, oui : je suis contre le salaire unique pour tous, et donc pour qu’on établisse ensemble une échelle des salaires. De 1 à 2, de 1 à 3, de 1 à 4, de 1 à 5 ? C’est à définir collectivement, au niveau national. C’est là que les instances politiques de la nation sont nécessaires, à côté des instances économiques. Mais à partir du moment où il y a décision d’inscrire les salaires dans un rapport de 1 à 4, par exemple, chacun va pouvoir passer des épreuves de qualification fondées sur son expérience professionnelle et monter en salaire, à côté de l’autre façon de progresser qui sera automatique, à l’ancienneté. Le salaire reconnaît une capacité à contribuer à la production de valeur, plus on s’est longtemps mis en situation de contribuer à cette production, plus on a droit à un salaire élevé. Et donc, il y a une progression à l’ancienneté.

 

Le Bondy Blog : Selon vous, est-ce que Nuit Debout a permis de mieux faire comprendre cette idée de salaire à vie auprès des citoyens, notamment les plus jeunes ?

Bernard Friot : Bien sûr, mais moins Nuit Debout que le vidéaste Usul par exemple. Il faut saluer ces vidéastes de gauche qui luttent contre l’omniprésence de l’extrême-droite et des fascistes sur Internet, en direction de la jeunesse. Et qui, s’agissant de Usul en particulier, avec sa vidéo sur le salaire à vie, ont notablement fait progresser la connaissance du salaire à vie dans la jeunesse. Nuit Debout a également joué. J’ai pu remarquer que la proposition de salaire à vie y était connue.

 

Le Bondy Blog : A l’approche de l’élection présidentielle, le salaire à vie a-t-il désormais un écho au sein de la gauche radicale ?

Bernard Friot : En termes de programme, non. Mais en termes de débat interne chez les militants, oui. Beaucoup plus qu’il y a cinq ou six ans. Grâce au travail que fait Réseau salariat, qui regroupe aussi bien des militants “classiques” que des militants alternatifs qui souhaitent plutôt changer ici et maintenant dans le local. Nous regroupons des militants de ces deux types de pratiques. Et le travail qu’ils font depuis maintenant quatre ans que l’association existe se diffuse auprès de leurs organisations respectives, de leurs amis, dans les conversations, dans les lieux de débat. Il y a un progrès mais qui ne se traduit pas en termes d’intégration dans les programmes politiques alternatifs de propositions de statut politique du producteur, en ce double sens de salaire à vie et de propriété d’usage de l’entreprise. Il faut être patient et continuer à semer.

 

Le Bondy Blog : Vous avez fait partie des 58 signataires ayant appelé à continuer à manifester durant l’état d’urgence, fin novembre 2015. Plus d’un an après, que pensez-vous de la situation face à cet état d’urgence ?

Bernard Friot : J’ai des liens avec la vallée de la Roya, à la frontière italienne, qui est un des lieux à la fois de passage des migrants, de maltraitance des migrants, et de criminalisation des nombreuses actions de solidarité avec les migrants par le préfet, les élus de droite et d’extrême-droite. C’est à ça que sert l’état d’urgence. C’est vieux comme le capitalisme : le pouvoir invoque l’état de guerre pour faire la guerre sociale. L’état d’urgence, c’est la classe dirigeante qui se donne les outils policiers et judiciaires de la guerre sociale qu’elle mène contre les migrants, les militants syndicaux, la jeunesse des banlieues.

 

Le Bondy Blog : Estimez-vous qu’un racisme institutionnel s’applique en France ?

Bernard Friot : Les institutions de classe ont forcément une connotation raciste. Prenons le cas Cahuzac. Un ouvrier condamné à la prison et qui ne va pas en prison, c’est rare. Cahuzac, lui, est condamné à de la prison mais il n’ira jamais en prison. Il a fait appel, il y en a pour plusieurs années. Dans cinq ans, un nouveau procès le condamnera non plus à quatre ans de prison ferme mais à deux ans de prison avec sursis, et ce sera fini. Donc, il y a une justice de classe. Compte tenu que la classe populaire contient beaucoup plus de représentants des pays ex-colonisés que la classe dirigeante, évidemment que cette justice de classe va avoir aussi une connotation raciste. Mais d’abord, parce qu’elle est de classe. Je ne suis pas sûr que le racisme soit le moteur de cette discrimination.

L’utilisation raciste de la laïcité par le Front national ou par la droite aujourd’hui, est-ce qu’elle est d’abord raciste ou de classe ? Là aussi, il faut se poser la question. La droite et l’extrême-droite ont toujours été contre la laïcité. Qu’aujourd’hui, elles utilisent la laïcité contre l’islam, est-ce que c’est pour une raison raciste ou une raison de classe ? J’ai peut-être une grosse tendance à amplifier la dimension de classe des phénomènes et à lire leur dimension évidemment raciste comme incluse dans une dimension de classe. Mais je pense qu’une dimension décisive du racisme est économique. Si les travailleurs étaient propriétaires de leur outil de travail, décidaient eux-mêmes de ce qu’ils produisent et comment, ils assumeraient les difficultés de la production, ils seraient insensibles à la propagande qui veut que ce soit les minorités diverses et variées qui sont à l’origine de leurs maux. Ils ne chercheraient pas un bouc-émissaire du côté d’autres victimes du capitalisme, comme certains le font. C’est pour ça que j’ai toujours des difficultés à analyser le racisme indépendamment des questions de classe. Mais en même temps que j’insiste sur la dimension de classe du racisme, je suis convaincu que la lutte des classes n’épuise pas la domination raciste ou la domination de genre et qu’il y a un combat spécifique à mener.

Propos recueillis par Jonathan BAUDOIN

Crédit photo : Julian AUTIER

 

 

 

 

Source : http://www.bondyblog.fr/201701060800/bernard-friot-il-faut-que-nous-ayons-un-salaire-qui-ne-depend-pas-du-lieu-ou-nous-travaillons/#.WJjot0fhTrs

 

 

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 19:33

 

 

Source : http://www.lemonde.fr/les-decodeurs

 

 

Salaires, frais, primes… les zones d’ombre des fonds gérés par les députés

 

L’opacité continue de régner sur l’utilisation des deniers publics par les élus de l’Assemblée nationale.

 

LE MONDE | | Par

 

 

Acculé par deux semaines de révélations sur des emplois fictifs présumés dont auraient bénéficié son épouse et deux de ses enfants, François Fillon s’est livré, lundi 6 février, à un exercice de transparence sur ses revenus et son patrimoine, ainsi que sur les émoluments versés à ses collaborateurs.

 

Toutefois, les conditions de rémunération et d’emploi à l’Assemblée nationale restent entachées d’opacité.

 

  • Sur l’identité des assistants parlementaires

Opaque

L’Assemblée nationale ne les liste pas, contrairement au Sénat et au Parlement européen. Le nom de certains assistants est seulement apparu dans les déclarations d’intérêts qu’ont dû renseigner les députés en 2014. Mais cette liste n’a jamais été mise à jour depuis.

Cette opacité explique pourquoi il a fallu attendre les révélations du Canard enchaîné, en janvier 2017, pour découvrir que Penelope Fillon était l’assistante parlementaire de son mari depuis… les années 1980 !

 

  • Sur l’embauche de collaborateurs familiaux

Opaque

Fin 2016, 59 des 348 sénateurs employaient un membre de leur famille comme collaborateur, selon le décompte du Sénat. A l’Assemblée nationale, le dernier décompte, faute d’être public, a été communiqué au député socialiste René Dosière, qui l’a transmis au Monde : selon lui, 95 députés employaient des collaborateurs familiaux au 1er janvier 2016.

L’Assemblée nationale, contrairement au Sénat, ne limite pas le nombre de collaborateurs familiaux autorisés pour chaque député.

Il existe en revanche des plafonds pour la rémunération de proches, qui ne peut dépasser la moitié de l’enveloppe totale dont dispose un député pour payer ses collaborateurs.

Le respect de cette règle (applicable aux conjoints depuis 1996 et aux ascendants, descendants et pacsés depuis 2011) « est contrôlé par les services de l’Assemblée nationale lors de l’enregistrement des contrats de travail », nous affirme la division presse. La seule explication au fait que ces plafonds aient été largement dépassés à plusieurs reprises dans le cas des proches de François Fillon serait qu’ils sont calculés sur une année pleine.

 

  • Sur l’utilisation de l’indemnité parlementaire que gère le député

Opaque

Le député dispose, en plus de son salaire propre, d’une enveloppe mensuelle de 9 561 euros qu’il peut répartir à sa guise pour rémunérer de un à cinq collaborateurs. Les sommes allouées à chaque collaborateur sont à la discrétion de chaque député ; le Service de la gestion financière et sociale de l’Assemblée ne fait que mettre à disposition des contrats types et, si le député le demande, assure une gestion déléguée :

« En cas de gestion déléguée, le service de la gestion financière et sociale impute, sur les instructions de chaque député, les rémunérations des collaborateurs et effectue, pour le compte du député, les actes de gestion tels que l’établissement des bulletins de paie, le paiement des salaires et des charges y afférant, l’élaboration et la transmission aux organismes compétents des déclarations sociales et fiscales. Il n’exerce, à ce titre, qu’une fonction de prestataire de services. »

Une liberté telle que François Fillon aurait pu empocher l’intégralité de l’enveloppe et ne pas employer son épouse ? C’est ce que soutient, à tort, le député LR Julien Aubert pour défendre son candidat.

Si les députés pouvaient effectivement conserver le reliquat de l’enveloppe pour eux-mêmes, c’était en effet dans la limite d’un plafond très limité : au maximum 5 958 euros par an, selon un courrier confidentiel adressé par la directrice financière de l’Assemblée nationale aux députés. Soit moins de 6 % de l’enveloppe totale annuelle (106 308 euros). Cette pratique a été définitivement interdite au 1er janvier 2013.

Compléments du traitement que lui accorde son député, une série de primes (d’ancienneté, de rappel d’ancienneté, de stabilité…) est versée au collaborateur par l’Assemblée nationale (et directement financées par son budget). Mais là encore, pas de publication officielle. L’ensemble de ces primes représenterait toutefois près de 20 % de la masse salariale de l’Assemblée, selon un document que nous avons obtenu.

 

  • Sur l’indemnité représentative

Opaque

Les députés disposent en outre d’une enveloppe de frais de représentation, dite IRFM (indemnité représentative de frais de mandat), dont l’utilisation ne fait encore une fois l’objet d’aucune publicité.

« L’absence d’un contrôle des dépenses par l’administration fiscale se justifie par la séparation des pouvoirs entre le législatif et l’exécutif », explique René Dosière. Un argument utilisé par François Fillon lundi pour sa défense. Reste que certains tentent de montrer l’exemple : ainsi, le député PS de l’Aisne détaillait en intégralité sur son blog l’utilisation de son IRFM en 2015.

D’un montant de 5 770 euros, cette indemnité couvre les frais liés l’hébergement à Paris, les frais de transport (acquisition et utilisation d’un véhicule), les frais de communication, les frais de représentation et de réception et les frais de formation.

« Comme le font certains collègues, je complète ce montant en utilisant à cet effet mon enveloppe de frais, afin d’assurer une meilleure rémunération à mes collaborateurs », ajoute René Dosière. C’est dans cette même enveloppe de frais que va piocher l’Assemblée pour rémunérer les collaborateurs qui pâtiraient d’une mauvaise gestion de leur député (131 députés étaient en situation de dépassement l’an dernier). Bref, cette enveloppe sert de variable d’ajustement.

Ce qui a été interdit, depuis 2015 et une série de scandales, c’est l’achat d’une permanence, ou de tout bien immobilier, grâce à cette indemnité. Le Bureau de l’Assemblée nationale a publié, pour l’occasion, un compte rendu détaillé de sa décision. Seules restent autorisées les dépenses liées à la location et au fonctionnement de la permanence. Et, outre l’obligation d’avoir un compte bancaire dédié, distinct de son compte personnel, l’indemnité doit être reversée à l’Assemblée nationale si elle n’est pas utilisée en intégralité.

Reste que les contrôles semblent faibles : « Chaque député sera tenu, une fois par an, avant le 31 janvier, d’adresser au Bureau une déclaration attestant sur l’honneur qu’il a utilisé l’IRFM au cours de l’année précédente conformément aux règles établies (…). Le président pourra (…) saisir le déontologue de l’Assemblée nationale d’une demande d’éclaircissements. »

Lire aussi :   Ces députés qui acceptent le contrôle de leur frais professionnels

 

  • Sur la façon dont l’Assemblée se réforme

Opaque

L’Assemblée nationale a posé plusieurs limites concernant la façon dont le député gère sa petite entreprise, comme le décrit Julien Aubert. Mais aucun de ces textes n’est disponible. « Ce sont des arrêtés, pris par le Bureau, qui ne sont pas exigibles par le citoyen », justifie la communication du Palais Bourbon.

« Les données personnelles relatives à l’emploi de collaborateurs par un député ne sont communicables qu’aux intéressés. La communication des documents à caractère général relève des décisions des questeurs. »

Seuls des comptes rendus succincts du Bureau sont disponibles en ligne depuis 2012.

 

 

 

 

Source : http://www.lemonde.fr/les-decodeurs

 

 

 

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 19:01

 

 

Source : http://Source : http://www.lesechos.fr

 

 

L’Inra en alerte sur l’effet d’un additif alimentaire

 

Joel Cossardeaux / Chef de service adjoint Le 23/01 à 06:00

 

 

 

L’Inra en alerte sur l’effet d’un additif alimentaire - Shutterstock

 

Une étude de l’institut relie absorption de dioxyde de titane et développement de lésions précancéreuses chez les rats.

C'est une expérience dont 4 des 11 rats mobilisés pendant cent jours par l'Institut national de la recherche agronomique (Inra) ne sont pas sortis indemnes. Soumis quotidiennement à l'ingestion d'E171, un additif incorporé dans les pâtes de dentifrice, les plats préparés et les confiseries, 40 % de cet échantillon de rongeurs ont développé des lésions précancéreuses sur le colon à l'issue de ce régime alimentaire.

« Nous avons observé des troubles du système immunitaire dans les intestins et jusqu'au foie », détaille Eric Houdeau, du Centre de recherche en toxicologie alimentaire, un laboratoire de l'Inra, organisme dont les travaux ont été publiés vendredi. Leurs résultats témoignent d'un rôle « initiateur » et « promoteur », d'un début de cancérogénèse colorectale, selon un communiqué de l'Inra.Plusieurs précisions s'imposent. L'effet lié à l'absorption de dioxyde de titane - le nom savant de l'E171, composé à 45 % de nanoparticules - au travers de cette expérience ne vaut que pour le rat. En outre, « nous nous sommes limités au stade précoce, ce qui empêche d'extrapoler jusqu'au stade tumoral. Entre les deux, il y a beaucoup d'étapes », prend soin d'indiquer Fabrice Pierre, directeur de recherches à l'Inra.

En d'autres termes, rien ne permet de dire que l'E171 expose l'homme à un risque de cancer. Mais l'étude de l'Inra n'affirme pas non plus le contraire. En tout état de cause, « ses résultats vont justifier une étude de carcirogénèse, selon les lignes directrices de l'OCDE », poursuit Fabrice Pierre. Il s'agira, cette fois, d'observer des groupes de 100 rats sur une échelle de temps de deux ans, comme le prévoient les standards internationaux.

Onde de choc

Sans attendre, les ministères chargés de l'Économie, de la Santé et de l'Agriculture ont fait savoir, vendredi, qu'ils saisissaient conjointement l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses). Mission : « déterminer si l'additif alimentaire E171 présente un éventuel danger pour les consommateurs ». Le dossier ne peut être pris à la légère. « Les niveaux d'exposition vont de 1 à 10 milligrammes/kilo/jour », indique Eric Houdeau. Une échelle de valeur dont les enfants occupent les plus hauts barreaux. Surtout les plus jeunes, très consommateurs de confiseries et qui ont tendance à avaler le dentifrice lors du lavage des dents. Sans faire l'effet d'une bombe, l'étude de l'Inra a produit une onde de choc sur l'industrie agroalimentaire. L'entreprise Verquin Confiseur, qui produit des bonbons Têtes Brûlées, s'est s'engagée à ne plus utiliser de dioxyde de titane dans la fabrication de l'ensemble de ses sucreries. « Après Lutti, Verquin Confiseur est la seconde entreprise à modifier ses recettes afin d'exclure les dioxydes de titane », s'est félicitée l'ONG Agir pour l'Environnement. La semaine dernière, cette association a établi une liste de 200 produits pouvant contenir des nanoparticules.

Joël Cossardeaux, Les Echos
@JolCossardeaux

 

 

 

Source : http://Source : http://www.lesechos.fr

 

 

 

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