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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 14:05

 

 

ILS ONT COUPE LES ARBRES

     Ils vont  continuer !

             …empêchons les !

 

PROTESTATION :

  

  GRATIFERIA  

   (Marché   Gratuit)

 

    Samedi 18 février   

 

Chacun apporte ce dont il n’a plus besoin,

                                                 …et repart avec ce qui lui est nécessaire.

     Avec, soupe bio, boissons chaudes,   et animations pour les enfants.

 

 

    Place Saint Charles    

    (à côté de la poste Gambetta)

    de 14 à 19 h.

 

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      COUPE DES ARBRES  :          

La politique du béton

            …et des gros sous !

 

La Mairie de Nîmes n’arrête pas couper les magnifiques arbres

centenaires de nos places   publiques.

 

                    Aucune raison ne justifie ce choix.

 

Certes, nous dit-on : « Ils sont malades, il faut en replanter de nouveaux,  

car ces gros arbres sont un danger ».

Cet argument est fallacieux, car même malade, un arbre se soigne.

Mais surtout , pour qu’il ne soit pas malade

ou dangereux, il faut d’abord entretenir ce patrimoine vert, par des soins réguliers.

Non, le choix de la Mairie est politique : Comme dans beaucoup de villes,

on préfère le béton aux espaces verts,

car le béton rapporte beaucoup de profits, alors que la verdure engendre des dépenses.

Ainsi les milliardaires du Bâtiment et Travaux Publics (Bouygues et consorts amassent

de gigantesques sommes d’argent,

au dépend de la nature …avec la complicité  des hommes politiques locaux.

 

 

Site : www.nuitdeboutnimes.fr

 

Mail : nuitdeboutnimes@gmail.com

 

Facebook : Nuit   Debout – Nîmes

 

Instagram : nuitdeboutnimes

 

Tél : 06 11 41 34 40

 

 
 
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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 21:55

 

 

Source : http://www.humanite.fr

 

 

Les fortunes des ultrariches démultiplient les inégalités

patrimoine
Clotilde Mathieu
Vendredi, 10 Février, 2017
L'Humanité

 

 

Entre 2012 et 2016, la richissime Liliane Bettencourt a vu ses milliards se multiplier par deux et a ainsi accumulé un patrimoine de 31,2 milliards d’euros. Photo : AFP

Entre 2012 et 2016, la richissime Liliane Bettencourt a vu ses milliards se multiplier par deux et a ainsi accumulé un patrimoine de 31,2 milliards d’euros. Photo : AFP

Déjà la plus riche de France, Liliane Bettencourt a doublé sa fortune en cinq ans, à l’instar d’une poignée de milliardaires, tandis que les inégalités de patrimoine progressent, témoignant de l’existence d’une France à deux vitesses.

Les candidats des riches n’ont pas oublié que les fortunes de France et du monde se constituent à coups de biens financiers. Il n’y a d’ailleurs qu’à analyser le patrimoine des milliardaires français pour observer qu’il flambe au rythme des marchés financiers. Car leur capital ne se compte pas seulement en nombre de châteaux ou autres propriétés immobilières, mais en actifs détenus dans les groupes qu’ils possèdent et qui ont bénéficié, après le krach de 2008, de confortables valorisations, déconnectées de toute réalité économique. Selon l’économiste Thomas Piketty, les hauts patrimoines ont ainsi progressé de 7 à 8 % par an en moyenne, contre 1 à 2 % pour le PIB.

 

Bettencourt a vu ses milliards se multiplier par deux

Une envolée financière due à la politique monétaire des banques centrales qui, depuis la crise, ont fait tourner leur planche à billets et submergé l’économie de milliards qui ont été investis de préférence sur les actifs réels, comme les participations dans les sociétés, cotées ou non. De telle sorte que le patrimoine global des 500 Français les plus riches a atteint, en 2016, 460 milliards d’euros. Entre 2012 et 2016, la richissime Liliane Bettencourt, héritière de l’empire L’Oréal, a vu ses milliards se multiplier par deux et a ainsi accumulé un patrimoine de 31,2 milliards d’euros, grâce aux 33 % du groupe que la première fortune de France détient via sa holding, Téthys. Une société écran qui lui permet d’échapper totalement à l’ISF en 2015. Idem pour le deuxième du podium, Bernard Arnault, patron du groupe de luxe LVMH, qui a amassé une fortune de 30,3 milliards d’euros, en hausse de 43 % depuis 2012. Il ne s’acquitte que de 2 millions d’euros d’ISF, « économisant » ainsi 5 millions d’euros. Et ce, grâce au mécanisme de plafonnement imposé par le Conseil constitutionnel (voir page 5). En tout, selon la liste des services de Bercy que s’est procurée l’an dernier le Canard enchaîné, 50 contribuables ultrariches se sont acquittés de seulement 21,2 millions d’euros d’ISF en 2015, alors que le montant initial était de 219,6 millions, précise le Canard.

De quoi écœurer n’importe quel salarié, retraité, dans un pays où le pouvoir d’achat de l’immense majorité stagne ou régresse, qui voit dans cette abondance le résultat de choix politiques des gouvernements qui se sont succédé pour bâtir une économie au service des 1 % les plus riches. Avec, pour résultat, une explosion des inégalités, à commencer par celles sur le patrimoine qui, dixit l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), « sont beaucoup plus marquées que celles des revenus ». En effet, rappelle l’Insee, les 10 % des ménages les mieux dotés détiennent 47 % de la masse du patrimoine brut. Alors que les 10 % des ménages aux revenus les plus importants captent 26 % de l’ensemble des revenus.

 

L’étude de l’Insee démontre l’explosion des inégalités sociales

L’accroissement du patrimoine s’accélère tout en haut de l’échelle. Les 5 % les mieux lotis détiennent ainsi un tiers de la richesse totale. Et les 1 % les plus riches en possèdent à eux seuls 16 %, soit deux fois plus que l’ensemble du patrimoine cumulé des 50 % les moins fortunés des ménages. Le patrimoine moyen des 10 % des foyers les plus riches culmine ainsi à 1 953 000 euros. Celui des 10 % les plus pauvres atteint péniblement 2 000 euros en moyenne, soit 79 fois de moins que le patrimoine médian (158 000 euros). Entre milieux sociaux, les inégalités sont tout aussi révoltantes. Le patrimoine des ouvriers non qualifiés s’élève à 16 400 euros, soit 4 fois moins que le patrimoine médian des cadres supérieurs (204 000 euros).

L’étude de l’Insee montre également que celui qui n’a que son salaire pour s’enrichir se retrouve dans une situation très défavorable par rapport à celui qui hérite. « Les ménages bénéficiaires de ces transmissions (héritage ou donation – NDLR) disposent généralement d’un patrimoine de 242 900 euros contre 72 100 euros pour la moitié de ceux qui n’en ont pas bénéficié », relève l’Insee. À gauche, beaucoup souhaitent régler ces déséquilibres insoutenables par l’impôt en taxant le capital.

 
Grâce à son «verrou», Bercy dépénalise la fraude fiscale
Le « verrou » ou monopole de Bercy est une spécificité française des plus scandaleuses. Puisqu’il permet au ministère des Finances publiques d’interdire à la Justice, et plus particulièrement au Parquet, de mettre son nez dans  les dossiers de fraude fiscale, et de pouvoir engager  des poursuites. Comme cela aurait dû être le cas après  les révélations des Panama Papers ou HSBC.  Sans compter que cette disposition pose un vrai problème de séparation des pouvoirs. C’était notamment le cas avec l’affaire Jérôme Cahuzac. Mais pour Bercy,  il s’agit d’un outil d’incitation permettant de « convaincr » les exilés fiscaux de rapatrier leurs avoirs cachés  à l’étranger et de payer  les pénalités en échange d’une promesse tacite d’absence de poursuite pénale... Des magistrats ont tenté de saisir le Conseil constitutionnel. Des députés ont déposés plusieurs amendements. Mais quand  il s’agit de protéger les riches, le verrou reste.
 
Journaliste à la rubrique social-économie

 

 

 

Source : http://www.humanite.fr

 

 

 

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 18:50

 

 

Source : http://www.lexpress.fr

 

Violences policières: "Les citoyens doivent avoir le réflexe de filmer"

Par , publié le , mis à jour à

 

 

 

A Aulnay-sous-Bois, l'interpellation de Théo -ayant abouti à la mise en examen d'un policier pour viol et de trois autres pour violences- a été filmée par un témoin de la scène à l'aide d'un smartphone.

afp.com/Martin BERTRAND

 

L'interpellation violente de Théo s'est en partie jouée sous l'oeil de la vidéosurveillance et d'une caméra amateur. De plus en plus, les images jouent un rôle clé dans les affaires de violences policières.

 

Pas moins de 2600 caméras embarquées. Jeudi, Bruno Le Roux a annoncé la mise en place de ces "caméras-piétons", déjà expérimentées, auprès des policiers et gendarmes. Le ministre de l'Intérieur voit dans ce dispositif un moyen de rapprocher policiers et citoyens et "d'apaiser les tensions", quelques jours après la mise en examen, dimanche, d'un policier pour viol et de trois autres pour violences volontaires à l'issue de l'arrestation de Théo, Aulnaysien de 22 ans. Une interpellation filmée en partie par des caméras de surveillance et un témoin éloigné de la scène.  

 

  • Filmer, être filmé pour se protéger

Certes, dans le cas de l'affaire Théo, la vidéo n'est pas l'élément le plus intangible pour prouver le viol présumé. A l'hôpital, les médecins ont en effet prescrit 60 jours d'incapacité totale de travail au jeune homme de 22 ans après avoir constaté qu'il souffrait d'une "plaie longitudinale du canal anal" et d'une "section du muscle sphinctérien". 

 
 

LIRE AUSSI >> Violences policières: "Pour des pans de la population, la police n'est pas légitime" 

Néanmoins, le jeune homme a raconté s'être déplacé volontairement sous l'oeil des caméras lors de son interpellation pour tenter de se protéger. "Je savais très bien que dans le coin où on était, il n'y avait pas de caméras. Je me suis dit 'faut que je me débatte du mieux que je peux' pour que j'aille devant les caméras. J'ai réussi à y aller", a-t-il témoigné auprès de BFMTV

 

  • Une pratique venue des Etats-Unis
 

D'où vient ce réflexe, à présent adopté par de nombreux jeunes issus des quartiers dits "sensibles"? Il trouve son origine dans l'"affaire Rodney King", qui a secoué les Etats-Unis. Le 3 mars 1991 à Los Angeles, quatre policiers interpellent un automobiliste noir, avant de le passer à tabac face à son comportement quelque peu erratique. Testant son caméscope tout neuf depuis son balcon, un riverain décide de filmer la scène. 

 

LIRE AUSSI >> Copwatch, site anti-police, renaît de la censure 

 

A l'ère des smartphones le geste paraît banal, "mais à l'époque, c'était la première fois qu'une brutalité policière était filmée et diffusée sur toutes les télévisions américaines et mondiales", souligne Mathieu Zagrodzki, chercheur associé au Centre de recherche sociologique sur le droit et les institutions pénales. "C'est le début du mouvement Copwatch" ["cop" pour "flic" et "watch" pour surveiller, avoir à l'oeil], qui consiste à lutter contre les violences policières en filmant les actions des forces de l'ordre. 

 

  • Donner du crédit à la parole de la victime

Aujourd'hui le fait de filmer les altercations avec les forces de l'ordre fait partie des consignes données par les associations luttant contre les violences policières. D'autant plus que les réseaux sociaux offrent aux images une caisse de résonance considérable. "Le cas du lycéen frappé devant l'établissement Henri-Bergson, en mars dernier est l'exemple même d'une affaire qui n'en aurait pas été une s'il n'y avait pas eu de vidéo des faits", indique à L'Express Aline Daillère, responsable des programmes France de l'Association chrétienne contre la torture (ACAT). 

Ces images, filmées en marge d'une manifestation contre la loi Travail, avaient fait le tour des réseaux sociaux et déclenché une intense polémique. Le ministre de l'Intérieur de l'époque, Bernard Cazeneuve, s'était dit "choqué" et avait saisi immédiatement l'IGPN, la police des polices.  

 

LIRE AUSSI >> Violences policières au lycée Bergson: le fonctionnaire face à la justice 

 

"Sans cette vidéo, le lycéen n'aurait jamais été entendu", analyse Aline Daillère. Interrogé au moment des faits par L'Obs, un parent d'élève élu au conseil d'administration du lycée Bergson avait d'ailleurs déclaré: "Personnellement, s'il n'y avait pas eu les vidéos, je les aurais crus à moitié".  

L'image permet en effet de s'extraire du "parole contre parole". Dans l'imaginaire collectif, "la parole d'un citoyen interpellé ou contrôlé vaut moins que celle d'un policier, qui est assermenté", explique la membre de l'ACAT. "Si on ajoute en plus les éléments 'jeune de cité avec un casier judiciaire', alors là, la balance de la crédibilité penche encore plus vers la police". 

 

  • Un réflexe pour "prévenir les risques"

"Les vidéos tournées par les victimes elles-mêmes ou les témoins sont les seuls éléments de preuve intangibles permettant de renverser la version de la police", insiste Aline Daillère.  

Violences policières : si vous êtes témoin, please, filmez. Le seul espoir pour une victime de voir sa plainte aboutir

"Pour nous, il est important que les citoyens aient le réflexe de filmer, par exemple lors des contrôles, de façon à prévenir les risques", abonde auprès de L'Express Amal Bentounsi, dont le frère Amine a été tué d'une balle dans le dos par un policier en 2012. 

 

LIRE AUSSI >> "Légitime défense ou bavure: un policier jugé pour la mort d'un braqueur" 

 

Cette grande soeur endeuillée, qui a fondé l'Observatoire national des violences policières, rappelle aussi que la vidéo peut permettre de réaliser l'inconcevable: "Quand on voit celle de l'interpellation de Théo, on ne peut pas y croire, cela dépasse l'entendement: comment des policiers peuvent se comporter comme des voyous?" 

 

Caméras-piétons dissuasives?

Côté policier, la vidéo est aussi en train de prendre. "Les caméras-piétons peuvent permettre de constituer des éléments de preuve", affirme Mathieu Zagrodzki. "Car face aux jeunes qui racontent être surcontrôlés, faire l'objet de violences, les forces de l'ordre, elles, se plaignent de ne pas être respectées, de faire l'objet d'attaques ou d'insultes. Les deux ont une part de vérité", poursuit le chercheur spécialiste des questions de sécurité publique.  

Avec la généralisation des caméras embarquées, le ministère de l'Intérieur entend créer "une garantie pour les uns comme pour les autres". Même s'il ne faut pas oublier que "les images elles-mêmes, par le jeu du montage ou d'angles différents, peuvent faire l'objet d'un conflit de récits entre la victime et le policier", précise Mathieu Zagrodzki. 

 

LIRE AUSSI >> Les policiers bientôt tous équipés de "caméras-piétons"? La Cnil dit stop 

 

Ce nouveau dispositif pourra-t-il jouer un rôle dissuasif dans les violences policières? Après un an d'expérimentation en Californie, en 2012, une étude a constaté que l'usage de la force par les policiers avaient diminué de 60% et qu'il y avait 88% de plaintes en moins pour des brutalités policières, indique le chercheur.  

Avec toutefois deux bémols: la caméra ne tourne pas en boucle, c'est le policier qui décide de la déclencher lors d'un contrôle. "Et celle-ci, fixée sur l'épaule ou le thorax n'offre pas un angle de vue total", ajoute Mathieu Zagrodzki. Si Amal Bentounsi juge la proposition "plutôt bonne", elle estime que celle-ci ne vaut qu'à la condition d'aller "jusqu'au bout". Autrement dit, que "la caméra soit activée 24h/24, dès que le policier commence son service et jusqu'à la fin". 

 

 

Source : http://www.lexpress.fr

 

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social Se protéger
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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 17:29

 

 

Source : https://www.youtube.com/watch?v=G-BzxXZMthQ

 

 

"Avec l'ouverture du CETA, le loup risque d'être dans la bergerie", le billet de Nicole Ferroni

 

 

 

Ajoutée le 15 févr. 2017

"Les citoyens à qui on dit « Enlevons les clôtures pour libérer les moutons » voient que les clôtures qui enferment les moutons sont aussi celles qui les protègent des loups et qu'avec l'ouverture du CETA le loup risque d'être dans la bergerie, dans un accord tellement déclôturé que les loups seront peut-être les bergers"
Le billet d'humeur de Nicole Ferroni dans le 7/9 (8h55 - 15 Février 2017)
Retrouvez tous les billets de Nicole Ferroni sur https://www.franceinter.fr/emissions/...

 

 

Source : https://www.youtube.com/watch?v=G-BzxXZMthQ

 

 

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 16:25

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

En France, des forêts classées sous la menace d’une exploitation minière

 

Un projet de décret ouvre la voie à la recherche de minerais dans les forêts de protection françaises.

 

LE MONDE | • Mis à jour le | Par

 

Verra-t-on renaître demain, en forêt de Fontainebleau (Seine-et-Marne) ou de Rambouillet (Yvelines), des carrières de meulières ou de grès comme il en existait par le passé ? Leur sous-sol va-t-il être grignoté par des activités minières ? C’est ce que craignent des associations environnementales. Un projet de décret, mis en consultation jusqu’au 20 février sur le site internet du ministère de l’agriculture, prévoit en effet d’autoriser l’exploitation de ressources minérales dans les forêts dites de protection.

 

Cette appellation recouvre 154 000 hectares de massifs boisés métropolitains (1 % de la superficie forestière hexagonale), dont 61 000 hectares en Ile-de-France (Fontainebleau, Rambouillet, Sénart, Arc boisé et Fausses-Reposes). Ces domaines, publics ou privés, sont classés et protégés par l’Etat, en raison de la protection qu’ils assurent contre les risques naturels dans les régions de montagne - érosion des sols, glissements de terrains ou avalanches -, et de la qualité de vie qu’ils apportent dans les zones urbanisées. A ce titre, le code forestier y proscrit défrichements, fouilles et extraction de matériaux, seule la recherche d’eau étant permise.

Or, le projet de décret, soumis à la signature du premier ministre, Bernard Cazeneuve, ainsi que des ministres de l’agriculture, Stéphane Le Foll, de l’environnement, Ségolène Royal, de l’économie, Michel Sapin, de la culture, Audrey Azoulay, et du secrétaire d’Etat à l’industrie, Christophe Sirugue, met fin à ces interdits. Par dérogation au code forestier, il rend possible d’une part les « fouilles et sondages archéologiques », d’autre part « les travaux nécessaires à la recherche et l’exploitation souterraine des ressources minérales revêtant un intérêt national ou régional, telles que les substances de mines et certaines substances de carrières ».

 

Pétition en ligne

Interrogé par Le Monde, le ministère de l’agriculture assure que l’objectif n’est pas de remettre en cause le régime des forêts de protection, mais de l’étendre, « pour les protéger elles aussi », à des zones forestières périurbaines qui ne peuvent actuellement bénéficier de ce classement, du fait des chantiers qui y sont menés. Il s’agit de la forêt de Haye, près de Nancy (Meurthe-et-Moselle), qui s’étend sur 11 000 hectares et où sont conduites des campagnes archéologiques. Et de la forêt de Montmorency (Val-d’Oise), qui couvre 2 200 hectares et où sont exploitées des carrières de gypse.

« Une modification du code forestier est nécessaire pour créer une base juridique permettant le classement de ces deux massifs », explique le ministère. Mais, ajoute-t-il, « il n’est pas question de faire de l’exploitation minière dans des forêts où il n’y en a pas aujourd’hui. »

Les associations n’en sont pas moins sur leurs gardes. Une pétition en ligne, lancée par l’ONG allemande Sauvons la forêt, a déjà recueilli près de 30 000 signatures. « Offrir la possibilité de mener des travaux de recherche ou d’exploitation souterraine de ressources minérales est une régression vis-à-vis des réglementations environnementales en vigueur », dénoncent les protestataires. « Il faut traiter les cas particuliers mis en avant par le ministère. Mais cela ne doit pas conduire à ouvrir une plaie béante dans le statut des forêts de protection, estime également Julie Marsaud, coordinatrice du réseau forêts de France Nature Environnement. Le décret doit être encadré pour garantir que ce statut ne sera pas mis à mal. »

 

Nouvelle rédaction du décret

La Fédération nationale des communes forestières a elle aussi réagi à un projet qu’elle juge « préoccupant ». Cette association, qui fédère plus de 6 000 collectivités, considère que la dérogation prévue au code forestier « peut s’exercer dans le cadre de fouilles archéologiques mais en aucun cas pour toute extraction de matériau au sein d’un massif classé ».

De son côté, la Fédération des parcs naturels régionaux de France a publié en ligne un communiqué intitulé : « Non à l’exploitation minière dans les forêts de protection ! » Son président, Michaël Weber, y faisait part de son opposition à « ce nouveau détricotage des dispositifs de protection de notre nature ». Le texte a ensuite été retiré du site internet de la Fédération. « Nous avons exprimé une inquiétude, explique un porte-parole. Puis, le ministère ayant annoncé une réunion de concertation, nous avons décidé d’en attendre le résultat, sans faire de bisbilles. »

Dans l’urgence, le ministère de l’agriculture a en effet convoqué une « réunion technique », jeudi 16 février - à quelques jours de la fin de la consultation publique -, avec les différentes parties prenantes. « Nous avons entendu les inquiétudes, affirme le ministère. Nous allons travailler à une nouvelle rédaction du décret pour les dissiper. » Responsables forestiers et associations jugeront sur pièces.

 
 

 

 

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 19:07

 

 

Source : http://www.lemonde.fr/planete

 

 

La face sombre de l’aquaculture

 

La surexploitation des petits poissons, réduits en farine, menace la sécurité alimentaire des pays du sud.

 

LE MONDE | | Par

 

 

 

Sur les côtes du Sénégal, depuis quelques années, des fabricants de farine de poissons coréens, russes, chinois, installés sur place, raflent toute la petite pêche.

 

Près du marché au poisson de Joal, sur les côtes du Sénégal, les femmes qui traditionnellement achetaient chinchards, anchois, maquereaux et sardinelles pour les fumer, se sont retrouvées au chômage. Ces petits pélagiques, moins nobles que le thon ou la daurade, fondent la base de la cuisine jusque dans l’arrière-pays. Mais voilà que depuis quelques années des fabricants de farine de poissons coréens, russes, chinois se sont installés sur place et raflent tout en offrant quelques centimes de plus par caisse débarquée des pirogues de pêche artisanale.

 

C’est l’un des effets du boum de l’aquaculture mondiale. La population mondiale qui croît est de plus en plus gourmande de protéines animales. Il lui faut de plus en plus de farines et d’huile de poisson. Voilà pourquoi les sardinelles africaines réduites au rôle de fourrage vont nourrir des saumons norvégiens, des truites polonaises, des anguilles chinoises, des crevettes thaïlandaises, mais aussi des carpes a priori herbivores, des volailles, ou encore des visons, des chiens, des chats

L’ONG Bloom sonne l’alerte sur cette façon de livrer « de la confiture aux cochons », selon sa formule. En effet la pêche minotière, largement pratiquée par les grandes flottilles asiatiques dans les eaux des pays du sud, contribue à mettre en péril la ressource alimentaire des populations littorales, déjà mise à mal par la surexploitation des grands poissons prédateurs au large.

Mardi 14 février, l’association a rendu publique son analyse sur ce secteur, mettant à plat les ressorts et les conséquences de ce qu’elle appelle « l’envers du décor de l’aquaculture ».

 

Un quart des poissons réduit en farine

Le même jour paraissait dans la revue Fish and Fisheries une publication scientifique cosignée par Frédéric Le Manach, directeur scientifique de Bloom, Tim Cashion, Daniel Pauly et Dirk Zeller de l’université de Colombie britannique. Cette étude souligne qu’en moyenne, entre 1950 et 2010, 27 % du total des captures débarquées autour du globe (soit environ vingt millions de tonnes par an) a été réduit et transformé, servant à autre chose qu’à nourrir directement les humains. Selon Bloom, les farines de poisson alimentent certes l’aquaculture mondiale (elle en consomme environ 57 %), mais elles fournissent aussi largement l’élevage de porcs (22 %) et de volailles (14 %).

Or les auteurs estiment que 90 % des poissons devenus farine étaient parfaitement comestibles, ce qui va à l’encontre du code de conduite pour une pêche responsable établi par l’agence des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Celle-ci préconise au contraire de ne transformer que les poissons qui ne sont pas consommés par les humains (comme les lançons ou les tacauds), afin de ne pas menacer la sécurité alimentaire de tous.

Comment élève-t-on les produits de la mer ? La question mérite d’être soulevée alors que ce mode de production est fréquemment présenté comme une alternative à l’épuisement de l’océan : les stocks de poissons sauvages sont surexploités à 90 % selon la FAO. Aussi depuis 2012 l’aquaculture fait-elle à peu près part égale avec la pêche en mer et en eau douce sur les étals de poissonniers. Nous en mangeons au moins autant. La Chine, une fois encore, apparaît comme le géant du marché : elle fournit à peu près la moitié des poissons, des crustacés et des mollusques d’élevage.

 

Le krill, objet de convoitise

Pour alimenter ce secteur prometteur, l’attrait des navires industriels ne se limite pas aux anchois du Pérou – premier producteur mondial de farine de poisson –, aux maquereaux du Chili ni aux sardines africaines. Désormais, ces derniers ciblent aussi de nouvelles espèces comme les poissons sanglier et lanterne.

Pire, le krill de l’Antarctique, très prisé sous forme d’huile, est désormais objet de leur convoitise, notamment des flottes venues du Danemark. Or il constitue la base même de la chaîne trophique. Ces tout petits crustacés, comme les poissons fourrage, nourrissent les gros prédateurs : thons, marlins, cabillauds, ainsi, évidemment, que de nombreux oiseaux et mammifères marins.

« C’est dans la pêche minotière que les pêcheries sont le moins suivies, note pour sa part Arnaud Gauffier, chargé de programme au WWF, le Fonds mondial pour la nature. C’est là qu’il y a le plus de pêche illégale et de captures de poissons d’eaux profondes. On est en train de déstabiliser les grands fonds pour faire de la farine et de l’huile ! » L’ONG partage le même point de vue que Bloom sur le secteur, sans en tirer les mêmes conclusions.

L’association de Claire Nouvian, Bloom, s’insurge, elle, contre l’attribution de labels de gestion durable du type Marine Stewardship Council (MSC, créé par le WWF) à des pêcheries minotières alors que par nature ces pratiques déstabilisent les écosystèmes et grèvent le possible rétablissement des stocks de poissons.

 

Insectes et déchets alimentaires

Comme elle l’avait déjà fait avec obstination et finalement avec succès sur le sujet de la pêche en eaux profondes, l’association se tourne vers l’Union européenne. Certes celle-ci n’est pas la championne de la pêche minotière, qui n’y représente que 12 % du total des captures, mais une fois encore les militants aimeraient la voir jouer un rôle exemplaire. Ils demandent à la Commission de commencer par interdire la fourniture de farines de poissons à des élevages d’animaux non-carnivores.

Frédéric Le Manach suggère par ailleurs de développer une forme d’économie circulaire à base de récupération de sous-produits de conserveries de poissons – ce qui existe déjà –, mais aussi de récupération de déchets alimentaires, de sang d’abattoirs et d’élevages d’insectes. Un modèle de fermes aquacoles où déjections de poissons et plantes aquatiques ou algues se nourrissent mutuellement intéresse de plus en plus. Bloom conseille en outre aux consommateurs de privilégier la viande de porcs et de volailles nourris entièrement de végétaux et préconise surtout de diminuer l’achat de protéines animales.

Mardi 14 février, la Banque mondiale publiait de son côté une évaluation remise à jour du manque à gagner qui découle de la mauvaise gestion de la ressource halieutique. Selon les calculs de ses experts, « pêcher moins et mieux » pourrait générer des gains supplémentaires de 83 milliards de dollars à l’échelle mondiale. Mettre fin à la surexploitation permettrait non seulement aux populations de poissons de se reconstituer, mais aussi d’accroître la valeur des prises.

 
 

 

 

Source : http://www.lemonde.fr/planete

 

 

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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 17:03

 

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Maintien de l’ordre

« Affaire Théo » : les violences et sévices sexuels perpétrés par des policiers sont-ils exceptionnels ?

 

par

 

 

Le « viol avec matraque » dont est accusé un policier sur Théo L., un jeune aulnaysien de 22 ans, a suscité la réprobation de toute la classe politique, mise à part l’extrême-droite. Si elles demeurent rares, les violences avec sévices sexuels perpétrées par des policiers ne sont malheureusement pas exceptionnelles. La France a déjà été condamnée à deux reprises par la Cour européenne des droits de l’homme pour de tels faits. Un policier, accusé d’avoir commis des violences similaires à Drancy, sera jugé le 20 février. D’autres affaires pour « agression sexuelle aggravée » perpétrée lors de contrôle au faciès sont en cours d’instruction. D’où viennent ces pratiques ? Enquête.

 

Le 2 février dernier, quatre agents de police ont arrêté un jeune homme noir, Théo L., 22 ans, dans un quartier d’Aulnay-sous-Bois (Seine Saint-Denis). « Je l’ai vu avec sa matraque : il a baissé mon pantalon et me l’a enfoncée dans les fesses, volontairement […] Dans la voiture, ils m’ont mis plein de coups […] avec la matraque, sur les parties intimes » et des « crachats et insultes : ’’négro’’, ’’bamboula’’, ’’ salope’ »’, témoigne Théo L. Une « lésion du canal anal de dix centimètres de profondeur », selon le rapport médical, lui vaut une incapacité totale de travail (ITT) de 60 jours.

 

Pour ces faits, un policier est mis en examen pour viol, qualificatif finalement retenu par le juge d’instruction, et trois autres pour violences volontaires. Les quatre policiers ont été placés sous contrôle judiciaire et trois sont suspendus. Le Président de la République François Hollande s’est rendu au chevet de la victime, tandis que tous les candidats à l’élection présidentielle ont été invités à réagir. Ces sévices sexuels perpétrés par des policiers sont-ils si exceptionnels en France ?

 

La justice doit statuer, ce 20 février, sur une affaire similaire pour laquelle trois policiers municipaux sont mis en examen. Dans la soirée du 28 octobre 2015, à Drancy (Seine-Saint-Denis), des policiers municipaux interpellent Alexandre T., 27 ans au moment des faits, couvreur, pour tapage nocturne. Alors qu’il est menotté, l’un des agents, un ancien gendarme, lui place sa matraque télescopique sous le fessier. « Tout a dégénéré lorsqu’ils ont voulu me faire remonter dans leur voiture pour repartir du commissariat », raconte la victime, cité par Le Parisien.

 

« L’un des policiers m’a dit ’’Vous les arabes, vous aimez être baisés’’ »

« J’avais les mains menottées dans le dos et, comme je n’avais plus de ceinture à mon pantalon, il était en train de glisser. C’est à ce moment-là que j’ai été violé ». Lors de son hospitalisation, les médecins constatent une perforation anale et une lésion de 1,5 cm. L’ADN d’Alexandre T. est retrouvé sur la matraque [1]. Les trois policiers municipaux sont initialement placés en garde à vue pour « viol en réunion ». Le Parquet requalifie les faits en « violences aggravées ». L’audience s’est déroulée le 16 janvier au tribunal de grande instance de Bobigny. Le procureur a requis six mois avec sursis et l’interdiction d’exercer pendant un an.

 

Avant ces dossiers, l’État français a déjà été condamné à deux reprises par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) pour des sévices sexuels perpétrés par des policiers. Le premier cas remonte à 1991 : « L’un d’eux m’a dit ’’Vous les arabes, vous aimez être baisés’’. Ils m’ont pris, m’ont fait déshabiller et l’un d’eux m’a introduit dans l’anus une petite matraque noire », raconte Ahmed Selmouni. L’homme a 49 ans au moment des faits qui se déroulent au commissariat de Bobigny. Les rapports médicaux décrivent de nombreux hématomes sur tout son corps, y compris le fessier.

 

Yassine D., 16 ans, fracture du testicule droit

« Le soir et alors qu’il y avait moins de personnel à l’étage, je fus une nouvelle fois interrogé par six inspecteurs, qui se sont montrés particulièrement violents à mon égard, j’ai reçu des coups de poing, de matraque et de batte de base-ball. Ils ont tous exercé des violences à mon encontre et ce jusqu’à 1 heure du matin. (...) L’un des policiers a sorti son sexe et s’est approché de moi en disant « Tiens, suce-le » ; à ce moment là, j’étais à genoux. J’ai refusé tout en gardant la bouche fermée (…). Devant mon refus, cet inspecteur a uriné sur moi, sur les conseils d’un de ses collègues », témoigne la victime. L’État français est condamné par la CEDH huit ans plus tard, en 1999 [2]. « Il convient de souligner la gravité des faits reprochés à l’État Français, deuxième État [membre du conseil de l’Europe, ndlr] à être condamné pour ’’torture’’ après la Turquie », commente alors la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH).

 

La CEDH a de nouveau condamné la France en 2011 pour des faits remontant à 2001. Des policiers interpellent alors Yassine D., âgé de 16 ans, lors d’un contrôle et l’emmènent au commissariat d’Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine) pour une vérification d’identité. Deux heures plus tard, l’adolescent est transféré à l’hôpital. Le médecin y constate « des contusions du globe oculaire droit, du poignet et du dos, de multiples érosions cutanées du visage et du cou, de multiples hématomes du cuir chevelu. Les examens radiologiques effectués montrèrent également une fracture du testicule droit avec contusions et hématomes. Le médecin déclara une ITTP (incapacité temporaire totale personnelle) de vingt et un jours » [3].

 

« Dans tous les dossiers que je traite, la dimension sexuelle est présente »

Un autre dossier faisant état de violences sexuelles est en cours d’instruction : dix-huit « Arabes et Noirs » de 14 à 23 ans, vivant dans un quartier populaire de Paris, ont déposé plainte en 2015 pour « agression sexuelle aggravée ». « Ils nous ont rapporté une cinquantaine de faits », explique leur avocat, Slim Ben Achour, spécialisé dans les questions d’égalité et de discrimination​. « Des agents de police ont fait ​mettre des adolescents de 13 à 14 ans à quatre pattes et leur ont introduit un ​doigt dans l’anus​. » Pour l’avocat, ces pratiques sont « une constante » : « Dans tous les dossiers que je traite en rapport avec les contrôles au faciès, la dimension sexuelle est présente. Par exemple dans celui qui a mené à la condamnation de l’État en 2016 pour faute lourde dans le cadre d’un contrôle d’identité au faciès, avec des commentaires du type ’’Ça a l’air de te plaire​ Mohamed​, tu se​rais pas en érection ?’’ »

 

D’où viennent ces pratiques ? « Ce n’est pas enseigné aux agents de police. Des violences sont commises par certains mais les violences sexuelles restent extrêmement rares », certifie Sihem Souid, ancienne fonctionnaire de la Police aux frontières, auteure de Omerta dans la police [4]. Mais une autre forme d’apprentissage peut intervenir : « Les policiers reconnaissent que leur formation se fait sur le terrain, à travers la socialisation avec les anciens policiers. Des pratiques de brutalisation, d’humiliation et d’évitement sont transmises », estime le sociologue Mathieu Rigouste, auteur de plusieurs ouvrages sur les violences policières [5]. « De nombreuses personnes racontent des palpations génitales, une pratique assez répandue », ajoute-t-il.

 

« Je vais te violer et on va voir si après tu filmeras la police »

L’actuel commissaire d’Aulnay-sous-Bois, auquel est rattaché la brigade de sécurité de terrain (BST), dont quatre agents sont mis en cause pour les violences sur Théo L., a lui-même été impliqué dans une affaire similaire, en 2004, et racontée par L’Humanité du 13 février (lire ici). Un agent de la brigade anti-criminalité (BAC) de Paris, dont le commissaire d’Aulnay est alors le chef adjoint, est mis en examen pour « violences aggravées » à l’encontre d’un homme « extrait de l’habitacle [de son véhicule] et tabassé, il finit sur le goudron, pantalon et slips baissés, un cerceau d’enjoliveur entre les fesses ». Le commissaire écopera de son côté d’un an de prison avec sursis pour « abstention volontaire d’empêcher un crime ou un délit ».

 

En 2016, un cas sera très médiatisé : celui de Guillaume Vadot, un enseignant-chercheur de la Sorbonne. Il a porté plainte pour abus d’autorité, violences volontaires aggravées, agression sexuelle aggravée, menaces, injures publiques et vol auprès du parquet de Bobigny contre des policiers. Il les accuse de l’avoir empêché de filmer l’interpellation d’une femme noire d’une cinquantaine d’années, qui n’a pas présenté son titre de transport, dans la gare RER de Saint-Denis et de l’avoir menacé : « On va te tuer, tu es mort, on va te défoncer [...] On va te violer, ça te plaît ça ? Je vais te violer et on va voir si après tu filmeras la police », lui lancent-ils.

 

« Humilier le Noir ou l’Arabe fantasmé comme potentiellement dangereux »

« Le plus frappant c’est que ces pratiques sont dénoncées depuis plus de 40 ans », mais « le tabou autour des violences policières est extrêmement puissant », déplore Rachida Brahim, doctorante en sociologie à Aix Marseille Université, qui a recensé les « crimes racistes en France depuis les années 1970 ». « Les faits sont déformés à chaque fois, suivant un même schéma : la préfecture et l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) les réécrivent, les banalisent. Ils parlent de légitime défense, évoquent les qualités des policiers, l’éventuel passé pénal des témoins et finissent par inverser la responsabilité », observe-t-elle. Dans ce contexte, les violences sexuelles sont spécifiques : « Il existe une volonté d’humilier le Noir ou l’Arabe fantasmé comme potentiellement dangereux. Cela s’inscrit dans une atteinte au corps, infraction énorme, surtout quand on touche au plus intime, et tient de la violence disciplinaire. » Plusieurs hommes de quartiers populaires, perçus comme d’origine étrangère lors des contrôles d’identité, confirment que des policiers brandissent souvent « la menace de viol ».

 

Selon Mathieu Rigouste, ces violences policières à caractère sexuelles prennent racines dans l’ordre sécuritaire mis en œuvre par la France en Algérie et visant les « indigènes musulmans » : « Il y a une généalogie coloniale de l’agression à caractère sexuel visant à briser la dignité des colonisés, comme l’avait formulé Frantz Fanon, et une généalogie militaire : le viol est une arme de guerre. » Catherine Brun et Todd Shepard l’illustrent dans l’ouvrage Guerre d’Algérie, Le sexe outragé, publié par le CNRS en octobre 2016 [6]. Ils y analysent la « sexualisation du conflit » : « Viols des femmes et hommes, émasculation » – des chiens sont dressés spécialement pour manger le pénis d’Algériens – c’est là qu’est construite « l’impulsivité criminelle chez l’indigène algérien ». Mouloud Améziane y raconte ce que le droit qualifie de « tortures » que lui font subir des militaires français : « On le fit asseoir sur une bouteille, en lui appuyant sur les épaules. Les chairs se déchirèrent. Le sang coula. »

 

De la Brigade de surveillance des Nord-Africains à la BAC

Il s’agissait par ces actes de « déviriliser » les colonisés, en Algérie comme dans le reste des colonies. Plus récemment en France, des femmes musulmanes ont accusé des policiers d’ « attouchements et insultes à caractère sexuel » et d’avoir refusé de les laisser remettre leur voile durant la vague de perquisitions de 2015 [7].

 

Mathieu Rigouste démontre dans L’ennemi intérieur. La généalogie coloniale et militaire de l’ordre sécuritaire dans la France contemporaine [8] que cette doctrine a ensuite inspiré les pratiques de maintien de l’ordre appliquées aux populations françaises issues de l’immigration post-coloniale et vivant au sein des quartiers populaires de métropole. « Dans les années 1930, l’État français a créé la Brigade de surveillance des Nord-Africains (BNA) », indique le chercheur, « puis la brigade des agressions et violences (BAV), en 1953. L’accent n’est plus mis sur la ’’race’’ des colonisés mais sur leur supposée ’’criminalité’’. » La première Brigade anti-criminalité est ensuite créée en 1971 à Saint-Denis, par Pierre Bolotte, ancien directeur de cabinet du préfet d’Alger entre 1955 et 1958, puis préfet de la Guadeloupe pendant le massacre d’État de mai 1967, quand la répression d’une manifestation par les forces de l’ordre fit plus de 80 morts [9].

 

« L’affaire Théo » émerge en pleine campagne présidentielle. L’Assemblée nationale vient d’approuver une loi élargissant les prérogatives des agents de police en matière d’usage des armes à feu. Le Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof) indique que parmi eux et les militaires, « 51,5 % ont voté pour le Front national en 2015 », « l’un de leurs partis préférés ». Enfin, les violences policières ont largement débordé des quartiers populaires pour toucher une frange de la population habituellement épargnée, dans le cadre des manifestations contre la « Loi Travail ». « La violence policière n’a rien d’accidentel ou exceptionnel, elle est produite et régulée par l’État », rappelle Mathieu Rigouste. La question de la justice face aux violences policières, qui continuent de faire l’objet d’une grande impunité malgré leur augmentation, va devenir de plus en plus cruciale.

 

Warda Mohamed

 

Lire aussi nos enquêtes :
 « Homicides, accidents, « malaises », légitime défense : 50 ans de morts par la police »
 En France, moins de 2% des affaires de viols aboutissent à une condamnation en cour d’assises

 

Illustration : CC Guy Masavi

 

 

Notes

[3Voir l’arrêt de la CEDH du 14 mars 2011.

[4Le cherche midi, 2010.

[5Chercheur en sciences sociales, il est notamment l’auteur de L’ennemi intérieur : la généalogie coloniale et militaire de l’ordre sécuritaire dans la France contemporaine, La Découverte, 2009 ; La domination policière : une violence industrielle, La Fabrique éditions, 2012.

[6Sous la direction de, CNRS Éditions, 2016 : http://www.cnrseditions.fr/histoire/7345-guerre-d-algerie.html.

[8La découverte, 2009.

 

 

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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 16:59

 

 

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Mohamed K., ami de Théo, raconte son passage à tabac par le même policier

 

 

 

 

Mohamed K., ami de Théo, raconte son passage à tabac par le même policier

Une semaine avant la violente interpellation de Théo par quatre policiers à Aulnay-sous-Bois, son ami dit avoir été roué de coups sans motif. Une enquête préliminaire est ouverte. Récit.

Le passage à tabac par les forces de l’ordre est-il une habitude à Aulnay-sous-Bois ? Théo, 22 ans, agressé le 2 février par quatre policiers de la Brigade spécialisée de terrain (BST), dont l'un qu'il accuse de l'avoir violé avec une matraque alors qu’il était en chemin pour rendre une paire de baskets à une amie de sa sœur, n’est semble-t-il pas un cas exceptionnel.

Une enquête préliminaire a été ouverte mardi 14 février après de nouvelles accusations visant un des policiers mis en examen après l'interpellation de Théo.

Mohamed K., un ami de Théo, 22 ans aussi, avait en effet rencontré les mêmes policiers quelques jours plus tôt. C’était le 26 janvier. Le jeune homme n’a alors pas porté plainte, "parce que je venais de trouver du travail et que je ne pouvais pas me permettre de risquer de le perdre".

 

"Toi aussi on va te fouiller"

Ce jour-là, il était rentré tôt de sa tournée de livraison, pour pouvoir faire des démarches, "aller aux Assedic". Mohamed K. est sorti acheter du pain. "J'ai vu un petit de la cité courir, avec derrière lui un homme de grande taille, vêtu d’un manteau à capuche avec de la fourrure." L’individu ne portait pas de brassard, "il a fait une balayette au petit à cinq mètres de moi, je suis intervenu, j’ai demandé ce qui passait". L’homme a ôté sa capuche et indiqué qu’il était policier.

Mohamed K. raconte qu’il a mis le jeune au sol pour lui enfiler les menottes, et qu’ils sont repartis à pieds tous les deux. Le livreur a poursuivi sa route avec un copain vers la boulangerie.

"Et je vois sur mon chemin deux policiers, dont l’homme à la capuche. Ils me disent 'viens là, toi aussi on va te fouiller', j’ai répondu que je voulais juste aller acheter ma baguette et rentrer chez moi, mais ils ont insisté."

 

Tout le monde l'appelle "Barbe Rousse"

Mohamed K. demande à son ami de rester à l’écart, "parce que je ne voulais pas qu’il y ait de problème, je me suis dit, ils vont me palper et c’est bon". Mais l’agent de police "me pousse vers l’entrée d’un bâtiment", aidé d’un de ses collègues. Un troisième policier sort du hall.

"On le connaît dans le quartier, c’est le même que celui qui a pénétré Théo avec sa matraque, tout le monde l’appelle 'Barbe Rousse'."

Mohamed K. explique que les trois fonctionnaires lui "font des croche-pattes" tentant de le "mettre à terre". Une fois dans l’immeuble, il reconnaît le "petit jeune arrêté juste avant moi, qu’ils sont en train de déshabiller". Là, le contrôle dégénère :

"Ils me frappent, coups de pied, coups de poing au visage, dans le ventre, dans le dos, je saigne parce qu’ils m’ouvrent le crâne, je leur dis que je suis essoufflé, ils me traitent de 'sale noir', de 'salope', ils me crachent dessus."
"'Barbe Rousse' me cogne avec sa matraque. Un des policiers me braque à bout portant avec son Taser, et me dit 'laisse-toi faire ou je te tase'."

Mohamed K. affirme ensuite :

"Les agents me menottent, me balayent au sol, m’écrasent la tête, me donnent des coups de genoux dans les yeux, je voyais mon sang au sol, j’essayais de ramper."

Des voisins entendent les cris, les coups. L’un d’eux "ouvre sa porte, mais la referme aussitôt, effrayé". Selon Mohamed K., la scène a duré 30 à 40 minutes.

Photos de Mohamed avant et après l'agression. (DR)

 

"Ils m'ont de nouveau frappé, traité de 'sale noir'"

Pour le conduire au camion de police, poursuit Mohamed K., les agents de la force publique, croisant des habitants choqués, braquent ces derniers avec leur flash-ball. "Barbe Rousse" et un autre de ses collègues lui ordonnent de s’asseoir "par terre". Mohamed K. s’installe sur le siège.

"Ils m’ont de nouveau frappé, traité de 'sale noir' jusqu’à ce que je finisse au sol."

Au commissariat, le jeune livreur les alerte : "J’avais du mal à respirer, et je ne comprenais pas ce que je faisais là." Les policiers l’informent qu’il est en garde à vue pour "outrage et rébellion". Puis l’emmènent au service médico-judiciaire de l’hôpital Jean-Verdier à Bondy. "On me fait un bain de bouche, on m’essuie le sang, on me donne un Doliprane. Je supplie de ne pas retourner en garde à vue, une infirmière me soutient. Le médecin se tait. Et me dit seulement : 'Je t’ai mis cinq jours d’ITT (interruption temporaire de travail), tu retournes au commissariat.'"

Mohamed K. est resté 24 heures en garde à vue, sans comprendre ce qui lui était reproché. Il dit que lorsqu’il s’est réveillé le matin, il avait les yeux "si gonflés par les coups reçus" qu’il n’y voyait plus rien. Sa famille, alertée par un ami, a appelé plusieurs fois le commissariat pour prendre des nouvelles : "Il leur a été répondu que j’allais sortir."

Les policiers à l’origine de l’interpellation de Mohamed K. ont porté plainte contre le jeune livreur. Un officier de police judiciaire a auditionné Mohamed K. et l’a informé de la plainte déposée par ses collègues contre lui. L’un d’eux a même eu trois jours d’ITT (interruption temporaire de travail). Il s’est tordu le petit doigt. Mohamed K. ne conteste pas, il précise : "Parce qu’il me frappait." Mohamed K. a décidé de porter plainte. C’est l’avocat de Théo, maître Eric Dupond-Moretti, qui se charge de le défendre.

Mis à jour mardi 14 février à 12h20 : après la parution de notre article, la préfecture de police annonce avoir saisi l'IGPN (l'Inspection générale de la police nationale), afin d'ouvrir une enquête administrative.

Le ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux annonce également avoir saisi administrativement la police des polices.

"Ce sont des accusations graves portées sur le même fonctionnaire, qui méritent que l'on fasse évidemment toute la lumière. Immédiatement informé, le ministre a saisi l'IGPN", a déclaré à l'AFP, le porte-parole du ministère Pierre-Henry Brandet.

"Je ne veux rien laisser passer mais je ne fais pas d'amalgame. Quand il y a des comportements qui doivent être sanctionnés, ils le sont", a de son côté lancé Bruno Le Roux en déplacement à Sarcelles (Val-d'Oise).

 

Elsa Vigoureux

Copie du certificat médical : 

"Tuméfaction ecchymotique de 2cm x 3cm sur la joue gauche. Plaies superficielles punctiformes au cuir chevelu pariétal droit. Hématome frontal gauche de 2cm x 2cm avec douleurs à la pression. Hématome de 1cm x 1cm avec plaies superficielles punctiformes sur la muqueuse de la lèvre inférieure à gauche. Hématome sous-orbitaire occipital droit gauche de 2cm x 3cm avec douleurs à la pression. [...] Tuméfaction ecchymotique de 2cm x 3cm sur la face antérieure de la jambe gauche au tiers moyen avec douleurs à la pression."

Article mis à jour le 14/02 à 19h30, avec l'annonce par le parquet de Bobigny de l'ouverture d'une enquête préliminaire confiée à l'IGPN.

 

 

Source : http://actualites.nouvelobs.com

 

 

 

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 22:39

 

 

Source : http://www.lepoint.fr

 

 

Quand le message de l'évangile rattrape François Fillon à la messe

En déplacement à La Réunion, le candidat Les Républicains, catholique, a assisté à un prêche qui a fait curieusement écho à l'actualité.

Publié le | Le Point.fr

 

Assis au milieu de la salle, le candidat qui n'a jamais hésité à faire part de sa foi catholique écoute le prêtre poursuivre sans ciller.

Les voies du seigneur sont impénétrables. En déplacement durant trois jours à La Réunion dans le cadre de sa campagne électorale, François Fillon a assisté le 12 février à une messe dominicale cocasse célébrée dans une église de Saint-Denis. Le père Russel Torpos, qui y officiait, a lu un passage de l'Évangile selon Matthieu, dont certains passages ramènent curieusement à l'actualité judiciaire de François Fillon : « Accorde-toi vite avec ton adversaire pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge et qu'on ne te jette en prison. Amen, je te le dis, tu ne t'en sortiras pas avant d'avoir payé jusqu'au dernier sou. »

La scène a été rapportée par les nombreux journalistes qui assistaient également à ce sermon portant sur l'adultère et le respect de l'engagement. Assis au milieu de la salle, le candidat qui n'a jamais hésité à faire part de sa foi catholique écoute le prêtre poursuivre sans ciller. « Si nous ne faisons pas de bonnes actions et même si nous en sommes inconscients, nous en sommes quand même responsables », reprend alors l'homme d'Église. Certains ont cru y voir un signe alors que, ce même jour, Le Journal du dimanche affirme que le Parquet national financier qui s'est saisi du dossier du Penelopegate pourrait rendre sa décision concernant la suite de l'affaire dans la semaine. Le candidat est sorti de l'église sans commenter l'homélie et a préféré accorder quelques selfies aux paroissiens.

Hasard du calendrier liturgique

Francois fillon assiste à une messe. Evangile du jour sur l'adultère et le respect de ses engagements

Le thème du prêche est en fait une simple coïncidence puisque c'est le Vatican qui détermine le calendrier liturgique des lectures des Évangiles. François Fillon qui se rendait sur l'île dans l'objectif de relancer sa campagne après trois semaines de tourmente judiciaire et médiatique a dû également essuyer une manifestation d'opposants, munis de casseroles et de pancartes sur lesquelles étaient inscrits des messages hostiles à l'ancien Premier ministre.

Lecture evangile St Matthieu pendant messe Fillon à St-Gilles : "tu ne t'en sortiras pas avant d'avoir payé jusqu'au dernier sou"

 

 

 

Source : http://www.lepoint.fr

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 22:29

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

A Bucarest, la foule forme un drapeau géant pour réclamer la démission du gouvernement

 

LE MONDE |

En images

 

Pour le treizième jour d’affilée, des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues de Bucarest, dimanche 12 février. Cette fois-ci, pourtant, le rassemblement place de la Victoire était particulier : leurs téléphones portables tournés vers le ciel, les quelque 50 000 personnes rassemblées ont formé un drapeau roumain géant. Comme le montrent ces images, le résultat vu du ciel est impressionnant.

Moins d’un mois après son investiture, le gouvernement roumain dirigé par le Parti social-démocrate (PSD) suscite un mouvement de contestation populaire sans précédent depuis la chute du communisme en 1989 pour avoir pris le 31 janvier, de nuit et en catimini, un décret assouplissant la législation anticorruption. Celui-ci aurait permis aux fonctionnaires et aux responsables politiques d’échapper à des peines de prison en cas d’abus de pouvoir constituant un préjudice inférieur à 44 000 euros. Le chef du PSD, Liviu Dragnea, poursuivi pour abus de pouvoir aurait ainsi pu échapper à une condamnation, selon ses détracteurs.

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

Roumanie : la foule forme un drapeau géant pour réclamer la démission du gouvernement

 

Près de 50 000 personnes ont manifesté dimanche à Bucarest, utilisant leur téléphone portable pour composer une bande bleue, une jaune et une rouge.

 

Le Monde.fr avec AFP | • Mis à jour le

 

 

 

Manifestation devant le siège du gouvernement roumain à Bucarest, dimanche 12 février 2017.

Manifestation colorée à Bucarest, dimanche 12 février. Bleu, jaune, rouge : des dizaines de milliers de manifestants ont formé dans la capitale roumaine un drapeau géant du pays, avec leurs téléphones portables pour réclamer la démission du gouvernement, qu’ils accusent de miner la lutte contre la corruption.

 

Bravant des températures glaciales pour le treizième jour d’affilée, près de 80 000 personnes, dont de nombreux jeunes et des familles, sont descendues dans les rues des grandes villes de Roumanie pour exprimer leur défiance face à l’exécutif social-démocrate et « défendre l’Etat de droit ». A Bucarest, ils étaient quelque 50 000 rassemblés devant le siège du gouvernement, place de la Victoire, scandant en chœur « voleurs ! » et « démission ! », selon les estimations de plusieurs médias roumains dont la télévision publique, les autorités ne donnant pas de chiffres.

Lire aussi :   En Roumanie, la lutte anticorruption a fait naître une société civile

 

Appel lancé sur les réseaux sociaux

A 21 heures locales (20 heures heure de Paris), les protestataires ont tenu le défi lancé sur les réseaux sociaux en formant un immense drapeau roumain grâce à des panneaux de couleurs illuminés par les lumières des téléphones portables. « Nous voulons défendre l’Etat de droit dans ce pays », a expliqué à l’Agence France-Presse (AFP) Gheorghe Badescu, médecin d’une petite ville à 100 km de Bucarest venu manifester avec son fils, Ionut. « Les Roumains veulent être représentés par des gens honnêtes », a renchéri Ionut, qui exerce, lui, comme médecin en Grande-Bretagne.

Dans le reste du pays, près de 30 000 personnes ont défilé, dont 10 000 à Cluj, la grande ville de Transylvanie, 4 000 à Timisoara (ouest) et 5 000 à Sibiu (centre).

Moins d’un mois après son investiture le gouvernement roumain dirigé par le Parti social-démocrate (PSD) suscite un mouvement de contestation populaire sans précédent depuis la chute du communisme en 1989 pour avoir pris le 31 janvier, de nuit et en catimini, un décret assouplissant la législation anticorruption. Celui-ci aurait permis aux fonctionnaires et aux responsables politiques d’échapper à des peines de prison en cas d’abus de pouvoir constituant un préjudice inférieur à 44 000 euros. Le chef du PSD, Liviu Dragnea, poursuivi pour abus de pouvoir aurait ainsi pu échapper à une condamnation, selon ses détracteurs.

Lire aussi :   Liviu Dragnea, le visage de la corruption roumaine

Le gouvernement a affirmé avoir agi pour mettre en conformité le code pénal avec des demandes de la Cour constitutionnelle. Mais des milliers de Roumains expriment leur colère depuis. Ils étaient jusqu’à un demi-million dimanche 5 février, un record. L’Union européenne a elle aussi vertement critiqué l’exécutif roumain pour ces mesures.

 

Un « carton rouge » au gouvernement

Face à la fronde, le gouvernement a reculé et abrogé le décret il y a une semaine. Mais l’annulation doit encore être validée par le Parlement, où les sociaux-démocrates ont une large majorité. Le ministre de la justice, Florin Iordache, artisan du décret, a quant à lui démissionné jeudi.

Lire aussi :   Après une vague de manifestations, le ministre de la justice roumain démissionne

« Nous voulons donner un carton rouge au gouvernement. La démission du ministre de la justice ne suffit pas après ce qu’il a tenté de faire, ni l’abrogation du décret », a expliqué à l’AFP un des manifestants, Adrian Tofan, un entrepreneur de 33 ans. « Nous n’avons plus confiance. On doit avoir des élections anticipées », a lancé Andreea Moldovan, une médecin qui a fait plus de 170 kilomètres avec son mari pour manifester. « Il faut au moins un pacte pour que les dirigeants s’engagent à ne plus toucher à la justice », soulignait son mari, Bogdan, lui aussi médecin.

Après avoir travaillé à l’étranger, ils ont choisi de revenir dans leur pays mais ne veulent « pas d’un retour trente ans en arrière » dans un système où la corruption de haut niveau était tolérée.

Entrée dans l’Union européenne en 2007, la Roumanie a intensifié sa lutte contre la corruption il y a quelques années. De nombreux ministres ont été condamnés à des peines de prison ferme pour des abus et le parquet national anticorruption est devenu une des institutions dans lesquelles les Roumains ont le plus confiance.

Un peu plus tôt dans la journée, environ 1 000 personnes ont manifesté devant le palais présidentiel demandant la démission du chef de l’Etat, Klaus Iohannis. Issu d’un parti opposé au PSD, ce dernier a critiqué les mesures du gouvernement, descendant même dans la rue un soir pour défendre la lutte contre la corruption.

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

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