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23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 18:31

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

#NousSommesUnis

Face à la tentation de la haine et aux rumeurs, cette France qui résiste aux amalgames

par

 

 

 

Depuis les attentats du 13 novembre à Paris, plusieurs actes racistes, islamophobes et antisémites, ont été recensés en France. Sur la toile circulent des intox à connotation xénophobe. Face aux fausses informations et aux actes de malveillance, des citoyens résistent. Guirlande de cœurs déposée à l’entrée d’une mosquée, messages de paix massivement relayés sur les réseaux sociaux, slams appelant à plus de fraternité, discussion animée mais pacifique avec un imam dans la rue…

 

Les attentats à Charlie Hebdo et au supermarché Hyper Cacher en janvier dernier ont été suivis par une forte hausse des actes islamophobes. 222 actes anti-musulmans ont été dénombrés au premier trimestre 2015 en France, soit six fois plus que l’année précédente, à la même période [1]. Faut-il redouter les mêmes amalgames et représailles après les attentats de Paris le 13 novembre, dans un contexte où la récupération politique va bon train ? Or, c’est bien la division que recherchent les djihadistes comme l’analyse Nicolas Hénin, journaliste et ancien otage de l’Organisation État islamique, dans The Guardian : « Ils seront encouragés par tous les signes de réaction excessive, de division, de peur, de racisme, de xénophobie. »

 

Depuis les massacres perpétrés à Paris et revendiqués par l’organisation salafiste État islamique, plusieurs actes racistes et islamophobes sont à déplorer sur l’ensemble du territoire national. La communauté juive se sent également visée après l’agression, le 19 novembre au soir à Marseille, d’un enseignant blessé à coups de couteau à la sortie du centre communautaire Yavné, qui comprend une école juive et une synagogue. L’un des agresseurs aurait exhibé un tee-shirt « à l’effigie de Daech ».

 

Blessé par balle et roué de coups à cause de leur couleur

A Pontivy (Morbihan), un homme d’origine maghrébine a été roué de coups le 14 novembre lors d’un rassemblement « contre les migrants et les étrangers » initié par Adsav, un groupe d’extrême-droite identitaire bretonne. « Non loin de notre magasin, un monsieur d’origine maghrébine a été pris par le col, relate une commerçante. Six personnes l’ont mis à terre. C’était un défoulement sur lui. C’était déchirant, on ne pouvait pas lui porter assistance. (…) Ils disaient à la police et à la gendarmerie "on va les tuer, ils n’ont rien à faire ici ". » Quatre plaintes pour violences ont été déposées.

Dans la nuit du samedi 14 au dimanche 15 novembre, un homme d’origine turque est également blessé par balle à Cambrai (Nord). Alors qu’il se trouve sur un trottoir, un coup de feu est tiré d’une voiture arborant un drapeau tricolore, rapporte le procureur de Cambrai. Le tireur s’est donné la mort la même nuit. Selon les premières auditions des deux autres occupants de la voiture, la cible a été choisie « en raison de son apparence civile ». « La victime semble avoir été choisie au hasard, parce qu’elle avait une couleur de peau qui ne convenait pas au tireur », a précisé le procureur. « Apparemment, ils étaient susceptibles de chercher d’autres victimes », a t-il ajouté. L’enquête a été confiée à la police judiciaire de Lille.

 

Ces hoax qui favorisent l’islamophobie

Comme le décrypte le site d’informations Contre-Attaque(s), de nombreux hoax, c’est à dire de fausses informations, circulent ces derniers jours contribuant à alimenter « l’islamophobie galopante » sur les réseaux sociaux [2]. Un tweet faisant état de cris de joie dans des banlieues parisiennes de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne, et des « arabes à la fenêtre avec des drapeaux algériens », a ainsi été partagé par plus d’un millier de personnes. Il s’agissait d’une intox. Un autre tweet a fait mention de scènes de liesse à Gaza, suite à l’annonce des attentats, avec une photo censée l’illustrer. « Or, la photo utilisée datait en réalité de 2012, avait été prise par l’agence Reuters, et montrait des gazaouis célébrant la signature d’un cessez-le-feu entre le Hamas et Israël », précise Contre-Attaque(s).

Les haines attisées par ces hoax ne se limitent pas à des propos racistes sur la toile mais se traduisent aussi par des agressions physiques. A Marseille, une jeune fille voilée de 18 ans a été blessée le 17 novembre vers 20h à la sortie du métro Castellane, dans le 6e arrondissement. « C’est à cause de vous ce qui est arrivé ! », lui aurait lancé l’individu, rapporte le journal La Provence faisant référence aux attentats de Paris. L’agresseur lui a asséné un coup de poing et l’a blessée légèrement au thorax avec un objet pouvant être un cutter, précise la Direction départementale de la sécurité publique.

 

Face aux actes racistes, des guirlandes de cœurs

Plusieurs lieux de culte musulmans ont par ailleurs été la cible de dégradations le week-end qui a suivi les attentats. Des croix réalisées à la peinture rouge ont été taguées sur la mosquée Sahaba, à Créteil en région parisienne, dans la nuit du 13 au 14 novembre. Ouverte il y a sept ans, c’est la première fois que ce lieu de culte est visé. A Pontarlier, en Franche-Comté, une croix gammée et des inscriptions – « la France aux Français » et « Libéré la Gaule » (sic) – ont été peintes sur la façade d’une mosquée. Du jambon et du lard ont aussi été déposés devant l’entrée du lieu de culte. « Ce qui s’est passé à Pontarlier, ce n’est pas grave comparé à ce qui s’est passé à Paris, a réagi le président de l’association cultuelle. Il ne faut pas ajouter de l’huile sur le feu comme le font certains politiques et faciliter la division ». Une plainte a été déposée.

A Oloron, dans les Pyrénées-Atlantiques, des tags d’extrême droite faisant référence à la LVF (Légion des volontaires français contre le bolchevisme, créée en 1941 par des partis collaborationnistes), ont été écrits sur une boucherie halal et la mosquée de la ville. Des pierres ont aussi été jetées contre la vitrine d’un kebab à Barentin, en Seine-Maritime, au soir du 13 novembre. La même nuit, dans l’Eure, la façade de la mairie d’Évreux a été recouverte de phrases racistes. À Louviers, en Normandie, de nombreux tags ont été découverts le samedi matin dans plusieurs rues de la ville. A l’étranger, plusieurs mosquées ont également été la cible d’actes de malveillance, selon le journal Le Monde. En revanche, les musulmans de Brest ont eu la surprise de découvrir une guirlande de cœurs déposée sur les grilles du lieu de culte. « Partage ton cœur » et « pas d’amalgame », pouvait-on lire. Un geste de fraternité qui fait écho au mouvement lancé en janvier, après les attentats contre Charlie Hebdo et un supermarché casher (notre article).

 

Messages de soutiens et vidéos pour prévenir tout amalgame

L’enseigne de prêt-à-porter espagnole Zara a annoncé, le 15 novembre, la mise à pied d’un vigile et d’une responsable de magasin dans les Yvelines qui ont refusé, la veille, l’accès d’un magasin à une cliente portant un voile [3]. La vidéo de la scène, publiée sur les réseaux sociaux, avait généré des appels au boycott de la marque. Par ailleurs, plusieurs témoignages de personnes musulmanes directement touchées ou ayant perdu un proche se sont fait entendre. C’est le cas d’Abdallah qui a perdu deux sœurs et cinq amis :« Ceux qui ont fait ça ne peuvent pas se revendiquer de la religion », soupire-t-il.

Le message de paix d’une septuagénaire, interviewée près du Bataclan, a également fait le tour de la toile : « Nous fraterniserons avec cinq millions de musulmans qui exercent leur religion librement et gentiment, et nous nous battrons contre les 10 000 barbares qui tuent, soi-disant au nom d’Allah ». Dès le lendemain des attentats, des réfugiés de Calais et Dunkerque, dont de nombreux Syriens et Kurdes irakiens se sont rassemblés en solidarité à Dunkerque. « Les attaques d’hier à Paris sont horribles… Ce n’est bien dans aucune religion. Ce n’est pas humain et les réfugiés de Calais sont particulièrement contre ces attentats parce que nous avons fait l’expérience de ce genre d’attaque dans notre pays, c’est la raison pour laquelle nous sommes ici. Ce dont nous avons besoin, c’est la paix, et nous pleurons pour les victimes, nous sommes avec elles », a écrit un réfugié afghan.

Les jeunes de l’association des Étudiants musulmans de France (EMF) ont également publié une vidéo le 15 novembre. Des plans fixes s’attardent sur ces jeunes tenant une pancarte noire marquée du hashtag #NousSommesUnis, avec un slam en fond sonore : « Et moi ? Je reste sans voix. (...) Verser le sang des innocents ne répond à aucune loi. Si eux ne l’ont pas compris, moi je ne les comprends pas. (...) Ils voulaient affaiblir la France, ils ont renforcé le cœur des Français, un cri se fera plus fort c’est celui de la fraternité, un pour tous et tous pour l’humanité, nous sommes et resterons unis à jamais ». Ce hashtag, initialement proposé par l’association inter-religieuse Coexister, a été largement repris, notamment par des universités. Dans les rues aussi, le débat s’instaure entre croyants et non-croyants pour sortir des incompréhensions, comme en témoigne cette vidéo où les échanges, courtois mais fermes, avec un imam sont bien plus instructifs que de nombreux débats télévisés. Face aux divisions et suspicions, des citoyens tentent, à leur échelle, de résister et de se parler.

 

@Sophie_Chapelle

Photo de Une : CC Bianca Dagheti

 

 

 

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23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 18:23

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

La non-violence est « la meilleure réponse au terrorisme »

21 novembre 2015 / Lorène Lavocat (Reporterre)
 

 

 

Aux attentats de Paris, la classe politique et médiatique a répondu, presque à l’unisson, par des propos martiaux. Une autre voix propose de voir au-delà de l’émotion et de sortir de « l’idéologie de la violence ». Cela suppose du temps, de la réflexion, un retour sur soi, une attention à l’autre.

 

Des bombardements en Syrie, des manifestations interdites et des militaires qui patrouillent dans les rues. Vous l’aurez compris, « la France est en guerre ». Médias et politiques ont salué le discours martial du président de la République, lundi 16 novembre, à Versailles. Députés et sénateurs ont largement approuvé la prolongation et le renforcement de l’état d’urgence. À l’intensification des frappes aériennes en Syrie s’ajoute la possibilité d’une intervention au sol. Pour répondre aux actes terroristes qui ont fait 129 morts, le gouvernement joue la carte guerrière.

Une décision plébiscitée par les Français, du moins si l’on en croit les sondages. D’après l’Ifop, « 84% des personnes interrogées sont prêtes à accepter davantage de contrôles et une certaine limitation de leurs libertés pour mieux garantir la sécurité, et 85 % approuvent l’intervention militaire en Syrie » [1].

 

« Il y a des moments bien sûr où il faut contraindre »

Pourtant, dans les rues de la capitale meurtrie, les citoyens ont préféré les bougies et les fleurs aux armes, les messages d’amour et d’humour à ceux de haine. « Il y a beaucoup de sagesse au sein de la population, les gens se tournent spontanément vers des actions non-violentes », observe Jean-Marie Muller, philosophe et penseur de la non-violence. Symbole de ce refus populaire de la vengeance, Antoine Leiris, un jeune papa qui a perdu sa femme dans les attentats. Son message adressé aux djihadistes a fait le buzz sur la toile : « Je ne vous ferai pas ce cadeau de vous haïr. Répondre à la haine par la colère, ce serait céder à la même ignorance qui a fait de vous ce que vous êtes. Je suis avec mon fils, qui va manger son goûter comme tous les jours, puis nous allons jouer comme tous les jours et toute sa vie, ce petit garçon vous fera l’affront d’être heureux et libre. »

 

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L’humour, une des réponses aux attentats.

Alors, la non-violence peut-elle être une réponse au terrorisme ? Oui, répondent sans hésiter ses défenseurs : « Seule la non-violence peut répondre à la violence. Vaincre le terrorisme, c’est refuser d’entrer dans sa logique de violence », explique Jean-Marie Muller.

Certes, face à une personne armée d’une kalachnikov et déterminée à tuer, la non-violence est un bouclier dérisoire. En 2009, le dalaï-lama affirmait : « Il est difficile de lutter contre le terrorisme par la non-violence. Les terroristes cultivent des mauvais sentiments, leur esprit est fermé. » En août dernier, un attentat a d’ailleurs été évité de justesse dans un train Thalys grâce à l’intervention musclée de trois jeunes états-uniens, militaires ou rompus aux arts martiaux. Ils se sont jetés sur un homme lourdement armé, lui ont porté plusieurs coups de cutter, avant de l’étrangler pour le rendre inconscient. Pas vraiment pacifiste comme action, mais elle a permis d’empêcher un drame.



« Il y a des moments bien sûr où il faut contraindre, reconnaît Serge Perrin, membre du Mouvement pour une alternative non-violente (le Man). Mais il faut absolument rester dans un cadre légal. Et la loi ne se construit pas dans l’urgence, mais dans le débat démocratique. » L’avis est partagé par Jean-Marie Muller, qui met en avant l’initiation à des pratiques de défense comme l’aïkido, qui retourne la violence contre celui qui en use. « Enseigner aux jeunes à se défendre sans violence, c’est aussi important que leur apprendre les maths ! », conclut-il.

 

La guerre ne résout rien

Former les jeunes à être « des artisans de la paix », c’est justement la raison d’être dIntercordia, une association qui accompagne des 20-30 ans dans une mission de solidarité internationale. « Quand survient l’attentat, il est trop tard, admet Baptiste Anguis, chargé de projet au sein de l’ONG. C’est en amont qu’il faut agir, en construisant une culture de paix. » Prendre du recul et de la hauteur, c’est une des invitations de la non-violence : « La culture qui domine nos sociétés est structurée par l’idéologie de la violence nécessaire, légitime et honorable. Désarmer le terrorisme, c’est d’abord désarmer cette idéologie », estime Jean-Marie Muller.

Refuser la violence ne signifie pas nier le conflit, ou ne rien faire, mais proposer d’autres voies pour y répondre. « Pour vaincre le terrorisme, ce n’est pas la guerre qu’il faut faire mais la justice qu’il faut construire », insiste le philosophe. D’ailleurs, la guerre ne résout rien. C’est le constat fondamental de tous les mouvements pacifistes, de Gandhi à Martin Luther King. Dans un dossier consacré à la question du terrorisme, la revue Alternatives non-violentes rappelle ainsi que « l’histoire récente n’enregistre aucun cas dans lequel une lutte armée aurait su transformer un régime », et pointe au contraire – chiffres à l’appui – l’efficacité de la lutte non-violente, « qui est deux fois plus susceptible de mener ses auteurs à leur but que l’action armée ».

 

De l’Irak à l’Afghanistan, de la Libye au Nord-Mali, les faits semblent leur donner raison : comme l’ont rappelé nombre d’analystes, l’État islamique est né de la chute de Saddam Hussein, en conséquence à l’invasion états-unienne.

 

Contre la logique de guerre, les non-violents prônent l’intervention civile de paix. Jean-Marie Muller la définit comme « une intervention non-armée, sur le terrain d’un conflit, de missions extérieures venant accomplir des actions d’observation, d’information, d’interposition, de médiation et de coopération en vue de prévenir ou de faire cesser la violence, de créer les conditions d’une solution politique du conflit qui reconnaisse et garantisse les droits fondamentaux ». Missions d’observation, témoignages et plaidoyer sur la situation, création de zones démilitarisées, éducation populaire à la paix... Au Mexique, des observateurs internationaux se rendent ainsi tous les jours dans des zones de conflit afin d’éviter des massacres de populations civiles.

 

Prendre conscience de « la part de violence qui est en nous-mêmes »

« La paix se gagne au quotidien », insiste Baptiste Anguis. La logique de guerre, très court-termiste, suppose de désigner des coupables à punir. En fait, il vaudrait mieux « faire le constat de l’échec collectif ». « S’interroger sur notre responsabilité, c’est comprendre que notre mode de vie occidental, industrialisé, est un des moteurs de la violence. » Travailler sur les causes de la violence, certes, mais aussi construire au jour le jour « des relations positives, humaines », explique Serge Perrin. « Notre réponse aux actes terroristes passe par une résistance civile collective, par la cohésion sociale, par le vivre ensemble ». Fête des voisins, jardins familiaux, ateliers participatifs. « C’est pour cette raison que les manifestations prévues pendant la COP sont essentielles », pointe le militant.

 

Surtout, la non-violence n’est possible que si chacun d’entre nous prend conscience de « la part de violence qui est en nous-mêmes, explique Baptiste Anguis. Il faut commencer par faire la paix avec soi »...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

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23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 18:07

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

Suite aux attentats, le nouveau visage de la mobilisation citoyenne

21 novembre 2015 / par Emilie Massemin (Reporterre)
 

 

 

La Marche mondiale pour le climat du 29 novembre et les rassemblement citoyens du 12 décembre ont été annulés par le gouvernement, suite aux attentats du vendredi 13 novembre. La Coalition Climat 21 n’a que très peu de temps pour se retourner. Quels sont les plans B envisagés ? Reporterre fait le point.

 

Comment faire pression sur les négociateurs de la COP 21 sans manifester physiquement ? C’est ce casse-tête qu’affronte la Coalition Climat 21, depuis l’annonce mercredi soir 17 novembre de l’interdiction de la Marche mondiale pour le climat du 29 novembre et des rassemblements citoyens du 12 décembre. Une décision gouvernementale communiquée par le ministère des Affaires étrangères, suite aux attentats du vendredi 13 novembre à Paris et à Saint-Denis.

La Coalition n’entend pas baisser les bras. « On nous demande parfois si l’on peut toujours parler de climat dans un tel contexte, rapporte vendredi matin Juliette Rousseau, coordinatrice de la Coalition Climat 21, lors d’une conférence de presse. Oui, plus que jamais, pour deux raisons. D’une part, la crise climatique est liée à des enjeux énergétiques, sources de conflits. Elle va entraîner des guerres, des déplacements de population, et une aggravation de la situation dans laquelle nous nous trouvons. D’autre part, les attentats de vendredi ont attaqué un ’nous’, un collectif. Pour y faire face, il faut une résilience collective. »

 

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La conférence de presse de la Coalition Climat 21

Si la Coalition Climat 21 accepte la décision gouvernementale d’interdire ces deux grandes manifestations, ce n’est pas sans amertume. « Mardi matin, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius nous a laissé entendre que des alternatives nous seraient suggérées. Mais le lendemain, la préfecture de police a renouvelé l’interdiction sans rien nous proposer, alors que d’autres événements comme le marché de Noël des Champs-Élysées ont été maintenus, regrette Juliette Rousseau. Manuel Valls a déclaré que la négociation serait réduite à l’essentiel. Visiblement, nous ne faisons pas partie de cet essentiel. »

Reste alors à reformuler les mobilisations des 29 novembre et 12 décembre, une lourde tâche à laquelle les organisations de la société civile s’attellent depuis jeudi matin.

 

→ La Marche mondiale pour le climat du 29 décembre

Plusieurs pistes sont envisagées pour que la problématique du climat soit présente dans l’espace public le dimanche 29 novembre à Paris. L’ONG Avaaz envisage de « faire exister le parcours de la marche grâce aux créations réalisées par les artistes depuis des mois, utilisées ingénieusement entre République et Nation », décrit Marie Yared, responsable des campagnes France de l’organisation. Ces installations visuelles pourraient se doubler d’un « parcours sonore ».

Un « signe de ralliement dans tout Paris » pourrait être adopté, comme le slogan « ça marche toujours pour le climat ». « En terrasses de café, dans les boulangeries, les coins de rue, les balcons et les fenêtres, et même sur les vêtements, un symbole sera proposé pour exprimer son engagement pour le climat », complète un communiqué de la Coalition Climat 21.

 

Avaaz travaille également à un « appel aux chaussures » pour recouvrir la place de la République et les rues avoisinantes, et ainsi symboliser les pas des marcheurs. « La négociatrice en chef de la délégation française Laurence Tubiana a même prévu d’envoyer ses Converse », sourit Marie Yared.

 

Un site internet baptisé March 4 Me sera mis en ligne mercredi 25 novembre, pour « faire que ceux qui ne peuvent pas marcher puissent marcher symboliquement », explique Benoît Hartmann, porte-parole de France Nature Environnement. Il sera complété sur Twitter du hashtag #March4Me. L’objectif est de mettre en relation les Franciliens privés de manifestation, avec des marcheurs d’autres villes voire d’autres pays, qui pourraient arborer leurs photos et prénoms sur leurs défilés. En effet, « 57 très grandes marches sont prévues dans des grandes villes du monde les 28 et 29 novembre, et 2 176 mobilisations dans le monde entier », selon Marie Yared.

Le collectif Les Désobéissants a pour sa part appelé à manifester malgré l’interdiction du gouvernement, dans un communiqué. « Nous refusons la stratégie du choc qui consiste à utiliser les attentats tragiques de ce vendredi 13 novembre pour restreindre les libertés », écrivent-ils. Vendredi soir, 2 900 personnes s’étaient déjà inscrites à cette marche sur la page Facebook de l’événement.

 

→ Les rassemblements citoyens du 12 décembre

Avant les attentats, deux temps forts étaient prévus : un encerclement du Bourget avec des structures gonflables rouges symbolisant les « lignes rouges » franchies par les négociateurs, et des chaînes humaines place de la République.

Pour l’instant, les organisateurs restent énigmatiques sur les plans B envisagés. « On réfléchit à des mobilisations ingénieuses pour que des dizaines de milliers de personnes soient dans la rue, mais sans rassemblements », indique seulement Malika Peyraut, des Amis de la Terre. « Certains pensent que la désobéissance civile est un devoir. Nous lançons un appel à la désobéissance civile, tout en tenant compte du contexte », complète Eros Sana, du mouvement de désinvestissement des énergies fossiles 350.org.

 

« Il ne faut pas céder à la peur »...

 

Suite de l'article sur reporterre

 

 

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23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 17:57

 

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La tracto-vélo de Notre Dame des Landes se dirige vers la COP 21

23 novembre 2015 / par Nicolas de La Casinière (Reporterre)
 

 

 

Un bel élan militant et convivial a lancé le convoi de tracteurs et de vélos samedi 21 novembre de Notre Dame des Landes. Objectif : Paris, en fin de semaine, pour faire entendre la voix des landes et de l’écologie à la COP 21.

 

- Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), reportage

« Du courage, du jarret ! Réussir à partir, c’est déjà une victoire. On continue à dire non à l’aéroport mais pas que ! », dit Geneviève au mégaphone, au-dessus des thermos de café fumant. Le convoi a élargi son appel en « solidarité avec les populations qui subissent les guerres, le réchauffement climatique, l’Etat d’urgence ».

Samedi matin 21 novembre, le rayon de soleil oblique sur la ZAD chauffe la troupe des militants cyclistes. Ils baignent dans l’euphorie : lancer ce convoi en roue libre vers Paris affirme dans l’espace public une force politique en des temps troublés. Une énergie collective cordiale et enthousiaste, du café bouillant, des tartines généreuses en confiture emplissent la Vache-Rit. Ce hangar agricole est le QG habituel du mouvement et point de départ de cette « tracto vélo » qui associe deux centaines de cyclistes et cinq tracteurs. Six jours sont prévus pour rallier Paris pour la COP 21.

Certains révisent leurs freins à la dernière minute, revissent un garde-boue, d’autres réalisent des panneaux peints « Attention vélos devant ». Une perceuse bricole les montants de la banderole apposée au flanc d’un camion : « L’aéroport de Notre Dame-des-Landes, même pas COP ! ». La vaisselle du petit déjeuner géant fume dans les bassines. On refait du café. Les pains blonds de le boulangerie de la Zad sont en rangs serrés, à la parade, comme les bouteilles de jus de pomme. Le temps est aussi frais que l’ambiance est chaleureuse. « Bouffe, matos de réparation, de cuisine, textes et brochures de l’infokiosk, je vois pas de quoi on pourrait manquer... » « Faudrait des pompes à pied... »

Chacun s’affaire à la fièvre du départ, qu’une corne de brume va lancer par ce temps très clair, au ciel dégagé. Sur le bas côté de la départementale, les voitures des militants venus saluer le départ s’étirent sur deux kilomètres.

« Ce convoi offre l’avantage de nous retrouver ensemble, dans une belle unité. Sa réussite, ce sera déjà d’arriver aux portes de Paris, dit Marcel Thébaud, un des paysans historiques de Notre-Dame-des-Landes, en collant noir de cycliste bien équipé. Moi, je fais quatre étapes, jusqu’au Mans. A la ferme, on est trois, ca s’organise bien. On fait une rotation parmi les paysans présents sur le convoi. »

 

« Ne pas se laisser museler par l’état d’urgence »

« On tenait à maintenir cette critique sociale et environnementale de la COP21 et pas se laisser museler par l’état d’urgence, explique un zadiste. La COP21 déborde d’hypocrisie : le gouvernement s’apprêtait à venir ici nous expulser pour détruire des terres, bocages et zones humides. Le long du parcours, on va se reconnecter avec les comités locaux de soutien, ce qui permettra de redire que ce qui se passe notamment ici sur la Zad est un espoir politique, qui se construit depuis des années au cœur de la lutte , qui voir se réinventer des manières d’habiter, de pratiquer l’agriculture. Est-ce qu’on parviendra à entrer à Paris, ça, c’est le mystère. On se rejoindra en tous cas avec les autres convois venus d’autres luttes, notamment contre l’enfouissement des déchets à Bure, contre le Center Parcs de Roybon, pour le maintien des trois fermes potagères des Lentillères à Dijon... ».

- Voir la video du départ :

« Les raisons d’organiser ce convoi sont intactes. La Cop 21 va se tenir à l’abri des contestations, comme des discussions de salon entre gouvernements, lobbies et multinationales, ajouté Geneviève, militante d’Attac et de la coordination contre l’aéroport. Et si d’autres vont continuer à consommer, nous on continuera à vivre, à lutter, à militer, même si, dès 2012, on nous a traités de "terroristes"... Il est possible que les forces de police soient occupées ailleurs et que le début des expulsions [envisagé en janvier ou février] soit repoussé. Je ne suis pas madame Soleil... Il y aurait de toutes façons une opposition très forte des habitants et des gens de la région, voire plus large. Mais le retard n’est pas notre objectif. Ce qu’on veut c’est l’abandon du projet. »

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Parti le 21 novembre de Notre Dame des Landes, le convoi veut parvenir à Saclay le 28 novembre

Quatre cents kilomètres les attendent avec de haltes à Ancenis, Angers, La Flèche, Le Mans, Nogent-le-Rotrou, Chartres et Saclay. « J’ai changé les freins, acheté une nouvelle chambre à air, mais au-delà, je saurais pas réparer. Dans le groupe, je devrais bien trouver des gens compétents. » Il y a des cyclistes bien équipés et les plus dilettantes. « T’as pas de gants ? on annonce des températures bien fraîches pour les prochains jours... » « Moi je suis jaloux : s’il pleut, les copains ont des protections étanches, pour les godasses... »

 

Un camp autogéré mais roulant

Edifiées en récupération de palettes, coiffée d’un bâche agricole noire, la cabane d’accueil pour chaque halte et étape a fière allure juchée sur sa remorque.

« Ah ! ça fait du bien de partir, finalement... Il y a trois jours, on s’est quand même demandé si on y allait ou pas, si on nous laisserait rouler... J’ai la bizarre impression qu’on a organisé une manif de 400 km... Aux étapes, les mairies PS bloquaient pour l’obtention de salles mais les comités et les gens qui nous accueillent ont fait pression, et un bel élan est né. A La Flèche, faute de salle autorisée pour dormir, l’appel à trouvé très vite 165 places d’hébergement chez l’habitant, et il y en aura sans doute plus à mesure qu’on va avancer sur le parcours... », dit une des Camille de la ZAD. Mais Camille, il y en a aussi dont c’est le vrai prénom, et justement, on la cherche.

Cinq tracteurs font le parcours de bout en bout, tractant des remorques où chaque cycliste dépose son fourbi, duvets et rechanges, le pain pour les repas, la vaisselle, le groupe électrogène, les brochures photocopiées de l’infokiosk militant, les légumes pour la cuisine... La remorque n°3 détaille son contenu : « Tréteaux, bancs et trop plein ». « Ca me fait comme organiser un camp autogéré mais roulant... » dit une autre Camille qui s’appelle en réalité Mathilde.

 

 

La procédure d’appels d’offres lancés par les services de l’Etat pour le débroussaillage avant travaux à Notre Dame des Landes se clôture ce lundi 23 novembre. « Ca n’aboutira à rien, dit un zadiste. Mais de notre côté, on lance nos propres appels d’offres de chantiers d’entretien des chemins, des haies, de nos communs. Il y a des lots à pourvoir pour les comités locaux de soutien, et tous les gens qui veulent réaliser une partie de ces chantiers collectifs et solidaires ». Rendez-vous les 30 et 31 janvier prochain.

 

On ne passe pas ! - Si !

 

 

...Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

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23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 17:46

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

François Gemenne : « L’urgence climatique et l’urgence terroriste posent la même question »

 

 

Oublier le climat pour se concentrer sur la sécurité est contre-productif aux yeux de François Gemenne, spécialiste des migrations. Ces deux questions nous rappellent qu’« il va falloir faire des choix qui touchent à notre rapport à l’autre ».

 

 

Tout était réglé depuis des mois. Enfin, la menace climatique allait être en haut de la liste des préoccupations médiatiques et politiques, grâce à la Conférence des Nations unies sur le climat (à Paris, du 30 novembre au 11 décembre). Et puis la France a été frappée.

La menace terroriste a remplacé la menace climatique dans nos têtes et dans les journaux. Même les actions prévues de la société civile sont annulées.

Dans ce triste temps intermédiaire, il est utile d’écouter François Gemenne. Spécialiste des migrations, ce chercheur en sciences politiques travaille depuis dix ans sur les impacts du changement climatique sur nos sociétés. Contre les préjugés – si nombreux sur ces sujets – il alerte, explique et, parfois, s’énerve.

 

Une rue inondée à Wenling, dans la province du Zhejiang en Chine, le 10 août 2015

Une rue inondée à Wenling, dans la province du Zhejiang en Chine, le 10 août 2015 - STR/AFP
 

Quand on nous parle du changement climatique, c’est souvent avec des mots techniques et des chiffres froids, à propos de faits lointains. François Gemenne fait partie de ceux qui savent rappeler que ces questions sont déjà inscrites dans notre quotidien.

 

Rue89 :  Les attentats ont éloigné un peu plus l’urgence climatique dans l’agenda politique et médiatique. Comment être entendu quand on parle du climat après ces événements ?

François Gemenne : Après les attentats, tout passe au second plan, tout le reste apparaît dérisoire. C’est compréhensible, mais c’est évidemment aussi le but des terroristes : capter toute l’attention politique et médiatique. Or, la question climatique nécessite un autre état d’urgence, comme le dit Bruno Latour. Il est absolument capital que les attentats ne détournent pas l’attention qui doit être portée à la COP21. Parce qu’au fond, l’urgence climatique et l’urgence terroriste posent la même question : comment vivre ensemble dans un monde globalisé ? Et, accessoirement, c’est le pétrole qui finance largement Daech…

 

Vous êtes spécialiste des migrations. Comment en êtes-vous venu à travailler sur le climat  ?

Au départ, c’est une coïncidence. J’étais stagiaire à l’ONU à New York à l’été 2001, et je me suis retrouvé coincé dans un ascenseur avec l’ambassadeur de Tuvalu. Il m’a raconté que si son pays avait adhéré aux Nations unies – ce qui coûte cher à leur échelle –, c’est uniquement pour sensibiliser la communauté internationale à la possibilité que Tuvalu se trouve englouti par la hausse du niveau des mers.

A l’époque, le changement climatique apparaissait comme une menace assez lointaine, on savait encore assez peu de choses sur sa dimension humaine. Cette question m’a passionné.

 

La situation a peu changé depuis 2001, on parle encore souvent du changement climatique comme d’une menace lointaine...

Oui, on continue à voir le changement climatique comme une catastrophe future que l’on peut éviter, en particulier si l’on a un accord fort à Paris [pendant la COP21, ndlr].

La vérité, c’est que le changement climatique est déjà là, c’est déjà une réalité. Les catastrophes naturelles déplacent chaque année 26 millions de personnes [plus que le nombre de réfugiés de guerre, ndlr], c’est une personne par seconde, et à ce chiffre il faut ajouter les déplacements liés à des dégradations plus lentes de l’environnement.

Simplement, on ne voit pas les victimes parce qu’elles habitent dans des pays loin de nous, où peu d’entre nous ont déjà mis les pieds

 

Sur la question des réfugiés climatiques, on parle souvent de dizaines de millions de personnes déplacées d’ici quelques décennies, de hordes de personnes débarquant en Europe. Ces chiffres vous semblent justifiés  ?

La vérité, c’est qu’on est incapable de dire «  il y aura X millions de déplacés en telle année  », en l’état actuel de la science. On peut établir des scénarios, c’est tout. Il faut aussi essayer de comprendre comment les migrations ont lieu sur le terrain.

On voit que les populations les plus vulnérables sont aussi celles qui sont les moins mobiles, contrairement à ce qu’on pourrait croire, parce que les migrations coûtent très cher. La migration se fait aussi parfois de manière irrationnelle, parfois d’une zone vulnérable à une autre zone vulnérable, parce que les gens n’ont pas les moyens d’aller plus loin.

Tout cela dépend aussi beaucoup des choix politiques et collectifs qui seront faits. Quand je parle de choix politiques, c’est, par exemple, quel territoire menacé on va préserver et quel autre on va sacrifier.

On ne pourra pas mettre des digues partout, on ne pourra pas construire des îles artificielles partout, donc des choix politiques vont être faits, et ces choix vont avoir des conséquences énormes sur les déplacements et les localisations des populations.

 

Comment faire prendre conscience qu’il y a déjà des choix à faire sur ces sujets  ?

Il faut faire comprendre aux dirigeants que leur intérêt est d’accompagner ces migrations pour en tirer un maximum de bénéfices, pour les migrants comme pour les sociétés d’accueil et d’origine.

Plutôt que faire de la migration une solution de dernier ressort, on peut en faire une solution d’adaptation. Les gens peuvent migrer non pas parce qu’ils ont échoué à s’adapter, mais précisément pour s’adapter. Pour cela, il faut mettre en place les conditions, leur donner les moyens de s’adapter en leur donnant des ressources, des contacts ou des informations.

 

Après les attentats, le débat sur l’immigration s’est encore dégradé. Certains ont fait le lien entre l’arrivée de réfugiés en France et le trajet des terroristes. Craignez-vous que la situation empire ?

Un des objectifs des terroristes, c’est évidemment de monter les gens les uns contre les autres. Et notamment de jeter la suspicion sur les réfugiés, puisque Daech est l’ennemi commun de la France et des réfugiés. Même si l’on pourrait croire qu’il s’agit d’une mesure de sécurité nécessaire, fermer la porte aux réfugiés sert en réalité l’intérêt des terroristes.

Et marginaliser, stigmatiser les populations musulmanes sert aussi l’intérêt des terroristes, puisque ce sont ces musulmans marginalisés qu’ils espèrent recruter et radicaliser. C’est leur stratégie.

 

Faut-il politiser la question climatique, comme le recommande par exemple la chercheuse Amy Dahan  ?

Tout à fait. Tout se passe comme s’il y avait un grand consensus politique sur la question climatique, comme si ce n’était pas un enjeu électoral. C’est cet unanimité de façade qui fait naître certains mouvements climatosceptiques.

Mais le seul consensus sur la question est scientifique. Au niveau politique, il y a des intérêts extrêmement contradictoires qui sont en présence. Il va falloir faire des choix qui vont froisser des intérêts, fâcher certaines personnes...

On a l’impression que la population est totalement coupée de ces choix collectifs. Les élections régionales françaises tombent par un hasard de calendrier en même temps que la COP21. Pourtant, on a l’impression que ce qui va se passer dans les urnes n’a rien à voir avec ce qu’il va se passer au Bourget [lieu où va se dérouler la COP21, ndlr]. Il y a un problème démocratique.

Les acteurs autour de la table sont toujours les gouvernements, comme on le faisait après la Seconde Guerre mondiale. Or, ceux qui ont le plus de leviers pour agir ne sont pas les Etats, mais les collectivités, la société civile, les sociétés privées. Il faut penser à mettre d’autres acteurs autour de la table, à signer d’autres types d’accords. On pourrait même représenter les acteurs non humains et les générations futures autour de la table.

Quelque chose m’a beaucoup frappé au sommet de Copenhague en 2009. Pour que la négociation ne soit pas juste un calcul de tonnes de CO2 sur des tableaux Excel, la société civile, les ONG, les peuples indigènes sont venus et ont essayé de représenter la réalité du changement climatique. Dans les derniers jours, pour des raisons de sécurité, ils ont été exclus du centre de négociation. On avait l’impression d’une négociation totalement déconnectée de la réalité. Mais on ne doit pas négocier que des tonnes de CO2 ou des milliards d’euros, on négocie aussi la vie des gens.

 

Malheureusement, les marches et rassemblements prévus ont été annulés. Pensez-vous que cela peut nuire à l’issue de la COP ?

Bien sûr. Tout ce qui réduira le rôle, la force et la voix de la société civile sera nuisible à la COP. La société civile est indispensable pour ancrer la négociation dans le réel, pour éviter qu’elle ne s’enferme dans une bulle comme cela avait été le cas à Copenhague.

Cela étant, je comprends naturellement la nécessité d’éviter les rassemblements de foule importants. Mais la société civile doit maintenant trouver d’autres façons de manifester et de peser sur la négociation. Après tout, on n’est pas forcés de manifester avec ses pieds : on peut aussi manifester avec sa voix, avec son téléphone, avec son compte Facebook...

 

Comment inscrit-on la vie des gens dans un accord international ?

La solution que l’on peut trouver à un problème tient beaucoup à la représentation que l’on se fait de ce problème. Aujourd’hui, il n’y a pas de représentation commune du problème du changement climatique. Pour certains, c’est un problème économique, pour d’autres, un problème de survie, de développement, de sécurité, de compétitivité. La lutte contre le changement climatique n’est donc pas un projet politique mobilisateur, elle est encore vécue comme une contrainte.

On a une vision claire du monde catastrophique auquel il faut essayer d’échapper. Ce qu’on n’a pas encore, c’est une idée d’un monde attirant. Quel est le chemin et les obstacles pour y arriver dans deux générations ? Il faut commencer par construire ensemble ce projet politique.

 

Pour provoquer une prise de conscience, faut-il s’énerver, comme vous l’avez fait sur plusieurs plateaux de télé  ?

Je ne suis pas expert en communication, je ne sais pas si c’est une bonne stratégie. J’estime que mon rôle de chercheur est aussi de montrer que ce ne sont pas des débats de salon, d’exprimer les options qui s’offrent à nous.

Il va nous falloir faire des choix qui touchent à notre rapport à l’autre. C’est là qu’il y a des correspondances entre le climat et les migrations.

Je ne veux pas accuser Philippe Verdier de défendre le Front national, mais il y a dans son discours sur le climat quelque chose qui se rapproche beaucoup de celui du FN sur l’immigration. Verdier dit que le changement climatique va produire une série d’impacts positifs en France, que c’est bien pour nous, que ça va créer une ambiance de vacances. De la même façon, le FN dit qu’il ne faut pas laisser les autres venir chez nous, parce qu’on est bien entre nous, et ce parti propose de créer une forteresse autour de nous. C’est la même logique.

Sur le climat, la question c’est  : est-on capable de sacrifier notre intérêt actuel pour l’intérêt supérieur de gens qu’on ne connaît pas, soit parce qu’ils habitent ailleurs, soit parce qu’ils ne sont pas encore nés  ? La question se pose principalement dans les pays industrialisés qui doivent faire l’essentiel de l’effort et qui ne seront pas les principales victimes des impacts du changement climatique.

 

Faut-il désigner des responsables  ?

C’est très difficile d’identifier des responsables. La Chine est le premier émetteur mondial mais la majorité des biens qu’elle produit sont destinés au marché mondial. Qui est responsable  ? Je pense qu’il faut plutôt travailler sur la capacité à faire quelque chose. J’en reviens aux migrations. Angela Merkel a dit « nous allons accueillir des réfugiés » et elle a dit « nous allons le faire parce que nous pouvons le faire, nous avons les moyens de le faire ». Avec cette logique-là, on ouvre beaucoup de perspectives.

 

Vous êtes optimiste sur la réponse de nos élus à cette question ?

Non, et c’est pour ça qu’il faut une mobilisation de la société civile. Malheureusement, quand on parle d’environnement, on s’adresse aux gens comme à des consommateurs, pas comme à des citoyens. Vous pouvez acheter tel type d’ampoules, vous pouvez acheter des panneaux solaires… Ces actes sont important, mais l’essentiel de nos émissions dépendent de choix collectifs et on ne le dit pas assez.

Les médias ont un rôle à jouer. Je rêve d’un débat politique télévisé entre des candidats sur des questions climatiques et environnementales, pour contribuer à les mettre à l’agenda politique et à en faire un déterminant du vote.

 

Beaucoup de gens croient à des solutions technologiques. Est-ce une bonne piste de recherche ou un leurre  ?

Ça reste largement un leurre. Il y a un vrai risque de tomber dans le techno-optimisme, un vrai risque de se dire « ce n’est pas grave de ne pas réduire aujourd’hui nos émissions, on pourra compter dans le futur sur une rupture technologique majeure qui nous permettra de nous passer des énergies fossiles ». Bien sûr, j’espère cette rupture, et bien sûr, les technologies auront un rôle à jouer. Mais ces technologies n’arriveront pas forcément à temps et elles peuvent comporter des risques, comme l’a montré la géo-ingénierie.

D’autre part, certaines technologies existent déjà mais ne sont pas accessibles à tous, notamment pour les pays en développement et pour certaines classes sociales. Pour eux, l’énergie la moins chère est souvent la plus polluante. Il faut rendre ces technologies plus accessibles.

Le drame, c’est que nous avons déjà aujourd’hui les solutions technologiques qui permettraient de nous en sortir, mais elles sont trop peu utilisées, notamment parce que les énergies fossiles reçoivent énormément de subventions, ce qui rend les renouvelables moins compétitives.

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

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23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 17:30

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

Bercy désigne les cinq plus mauvais payeurs de France

 
 
Numéricable, SFR, Airbus Helicopters… Les services de Bercy ont publié une liste des entreprises françaises condamnées le plus lourdement pour des retards de paiement.
 
SFR écope d’une amende de 375 000 € pour ces retards de paiement. JOBARD/SIPA
 

Emmanuel Macron, le ministre de l’Economie et des Finances a décidé de se mettre à l’heure anglaise. Mettant sa menace à exécution, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCRF) rattachée à Bercy vendredi, le nom des entreprises françaises épinglées pour des retards de paiement. Une méthode inspirée du « name and shame » très prisée des anglo-saxons qui consiste à livrer à la société civile le nom des responsables pour leur faire « honte » littéralement.

Des pratiques de retard de paiement qui « sont gravement préjudiciables à la rentabilité des entreprises créancières parce qu’ils leur imposent d’obtenir des financements de court terme auprès de leur banque. Ces retards ont un impact négatif sur leur trésorerie, sur leur compétitivité, voire, pour les plus fragiles d’entre elles, sur leur existence », explique la DGCRF. En tête de ce classement, nous retrouvons la société Numéricable qui écope d’une amende de 375.000 € tout comme SFR, les services de Bercy leur reprochant  « des retards significatifs et répétés dans le paiement des factures de ses fournisseurs. » Airbus Helicopters, la filiale du groupe Airbus, se voit infliger une amende identique aux deux opérateurs téléphoniques. Vient ensuite la société Paul Predault qui travaille dans la charcuterie, sommée de payer une amende de 100.000 € et enfin la société Cosamud condamnée à 87.900 €.

« Depuis 2009, indique en outre la DGCRF, la loi plafonne strictement les délais de paiement contractuels inter-entreprises. Ces délais ne doivent pas dépasser 60 jours à compter de la date de la facture, ou 45 jours fin de mois (article L. 441-6 du code de commerce), des délais spécifiques étant prévus pour certains produits ou services (article L. 443-1 du code de commerce). »

Emmanuel Macron avait rappelé en juillet dernier que du fait de ces pratiques, « le retard en termes de délais de paiement fait que ce sont les PME qui aujourd'hui, dans notre pays, sont les premières banques des grands groupes » et prévenu : « il n'y a qu'une chose qui permette d'avancer, c'est la transparence ». C’est donc fait. Cela incitera peut-être ces sociétés à améliorer leur comportement.

Reste qu’en la matière, l’Etat n'est pas en reste. Comme le révélaient le Canard enchainé et en septembre dernier, en publiant une par les inspections générales des finances, des services judiciaires et des affaires sociales, il existe près de 50.000 travailleurs « au noir » travaillant pour l’Etat et appelés « collaborateurs occasionnels du service public ». Ils travaillent sans fiche de paie ni protection sociale. Surtout, les délais de paiement seraient de plusieurs mois à plus d’un an selon certaines juridictions. 

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

 

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Source : http://www.franceinfo.fr

 

 

Quand l'Etat emploie 48.000 travailleurs au noir...

EXCLUSIF par Jean-Philippe Deniau mardi 1 septembre 2015 19:48
 
 
 

Sur 48.000 personnes employées au noir par les services de l'Etat, la Justice à elle seule en utilise 40.000. © Maxppp
 

L'information est issue d'un rapport remis au gouvernement et que Radio France s'est procuré : l'Etat lui même emploie près de 48.000 personnes en quasi situation de travail au noir. Beaucoup travaillent pour le ministère de la Justice. La garde des Sceaux annonce la préparation d'un décret.

Ils sont pudiquement appelés les COSP : les Collaborateurs occasionnels du service public. Ils sont médecins-experts, interprètes, enquêteurs de personnalité. Certains sont même délégués du procureur. A la fin du mois, ils n'ont pas de fiche de paye, pas même une facture, pas ou peu de couverture sociale. Certains sont payés de la main à la main.

 

Un demi-milliard d'euros pour réparer

Ce tour de passe-passe va coûter cher à l'Etat. Il faudrait, dit le rapport, un demi-milliard d'euros pour réparer cette anomalie, généralisée depuis 15 ans. Et même jusqu'à 46 millions d'euros de budget supplémentaire par an pour la régularisation des situations. Les rapporteurs sont alarmistes : la situation actuelle ne peut pas durer. Il faut entreprendre aussitôt que possible des modifications législatives, insistent-ils. La chancellerie assure ce mardi avoir lancé des initiatives en ce sens. Mais il est difficile d'imaginer où le ministère va pouvoir trouver de telles sommes.

 

Un décret en préparation 

La ministre de la Justice, Christiane Taubira, ne tombe pas des nues. "Je suis", a-t-elle déclaré mercredi, "la première garde des Sceaux à avoir pris le problème en charge". La ministre a dit disposer depuis l'été 2014 d'un rapport issu de trois inspections lancées en 2012 par les services de la Justice, des Finances et la Santé. 

"J'ai réalisé en 2012 que nous n'avions pas d'éléments précis sur le nombre de personnes concernées, ni sur leur statut exact, ni sur les conditions dans lesquelles ces personnes étaient rémunérées."

Christiane Taubira précise qu' "un décret est en préparation"

 

 

Source : http://www.franceinfo.fr

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23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 17:11

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Animaux transgéniques

Le saumon OGM autorisé pour la consommation humaine

par

 

La décision vient d’être prise par les autorités sanitaires des États-Unis : pour la première fois dans le monde, un animal transgénique est autorisé pour la consommation humaine. Le poisson OGM devrait donc débarquer prochainement sur les étals des supermarchés. Il s’agit d’un saumon transgénique de la marque AquAdvantage, modifié avec un gène d’un autre saumon pour grandir deux fois plus vite. Baptisé « Frankenfish » par ses détracteurs, il a été autorisé à la consommation humaine aux États-Unis par la Food and Drug Administration (FDA) le 19 novembre. La FDA a publié ses recommandations : « Après un examen scientifique exhaustif et rigoureux, la FDA est arrivée à la conclusion que le saumon AquAdvantage est aussi sûr pour la consommation que le saumon de l’Atlantique non-génétiquement modifié, et il est aussi nutritif. » Selon l’agence sanitaire, les gènes insérés dans l’ADN du poisson sont restés stables sur plusieurs générations, la modification génétique est sans danger pour le saumon lui-même, et le produit obtenu répond aux attentes en terme de croissance plus rapide.

Ce saumon est développé par AquaBounty Technologies, dont l’actionnaire principal est le groupe Intrexon, spécialiste de la biologie de synthèse. L’entreprise assure qu’il n’y aucun risque de dissémination dans la nature, car elle affirme ne produire que des saumons femelles, stérilisées. Une stérilisation qui ne serait efficace qu’à 99,8 %, admet cependant l’entreprise... Qui peut dire aujourd’hui que ces saumons d’élevage élevés dans des bassins, ne se retrouveront pas demain dans les mers où leur prolifération deviendra incontrôlable ? Une université canadienne a croisé ces saumons OGM avec des truites sauvages : 40 % des rejetons hybrides héritent du gène ajouté artificiellement – et ces hybrides grandissent encore plus vite que le saumon OGM ! Selon lautorisation de la FDA, le saumon AquAdvantage ne pourra être élevé que dans deux installations, au Canada et à Panama.

 

Bientôt des porcs et poulets OGM ?

D’autres animaux génétiquement modifiés ont déjà été autorisés, mais pas pour la consommation humaine (lire notre enquête : Ces animaux mutants que la cuisine génétique vous prépare) : poissons d’aquarium, papillons, moustiques transgéniques pour lutter contre la dengue au Brésil, mouches OGM. Aux États-Unis, l’opposition est grande : la FDA a reçu plus de deux millions de messages lors des consultations dans le cadre de la procédure d’autorisation du saumon. Plusieurs États, comme la Californie ou l’Alaska, souhaitent l’interdire sur leur territoire. Des chaines de supermarchés sont opposées à sa commercialisation. L’étiquetage « OGM » de ce saumon ne sera pourtant pas obligatoire [1].

Au Canada, c’est un cochon génétiquement modifié avec un gène de souris, l’Enviropig™, qui attend son autorisation de mise sur le marché. Et les laboratoires de biotechnologies multiplient les expériences sur les poulets transgéniques, les chèvres avec un gène d’araignée, les lapins et autres poissons-zèbres fluorescents.

 

A lire sur le sujet :
- Après le moustique OGM au Brésil, le papillon génétiquement modifié à New York
- Des millions de moustiques OGM sur le point d’être commercialisés au Brésil
- Le gouvernement catalan refuse de recourir aux mouches OGM
- Ces animaux mutants que la cuisine génétique vous prépare

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23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 16:59

 

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Capitalisme vert

Comment les multinationales se servent du changement climatique pour imposer leur futur modèle agricole

par

 

 

Les émissions de gaz à effet de serre liées au secteur agricole sont dans le collimateur des gouvernements. Un nouveau concept émerge : « l’agriculture climato-intelligente », en vue de produire plus et mieux… Dans les arènes des négociations sur le climat, les multinationales sont dans les starting-blocks pour promouvoir des « engrais intelligents » et des plantes génétiquement modifiées tolérantes à la sécheresse. Alors que l’agro-industrie est en passe de remporter la bataille sur l’agro-écologie, des chercheurs et des ONG tentent de renverser la donne. Enquête.

Près d’un quart des émissions mondiales de gaz à effet de serre seraient imputables à l’agriculture [1]. Un chiffre inquiétant... et dérangeant. Car il englobe tous les systèmes de production, de l’agriculture « conventionnelle » à l’agriculture biologique, de l’élevage hors-sol à l’élevage pastoral, des monocultures industrielles aux petites fermes en polyculture-élevage. Alors que la responsabilité des agriculteurs dans le réchauffement climatique se retrouve pointée du doigt, des acteurs agro-industriels tirent profit de ces amalgames pour reverdir leur image.

C’est le cas de Yara International, une entreprise norvégienne leader des engrais de synthèse, qui a vendu plus de 26 millions de tonnes d’engrais dans 150 pays l’an passé [2]. Le groupe se lance dans l’« intensification durable » ! L’idée ? Accroître le recours aux engrais chimiques augmenterait les rendements, et permettrait ainsi d’utiliser moins de terres agricoles et d’éviter les émissions liées à l’expansion des cultures sur les forêts. Ce raisonnement n’a pas convaincu l’ONG agricole Grain, qui, dans un nouveau rapport, souligne que les fabricants d’engrais figurent « parmi les principaux ennemis du climat au niveau mondial ». Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) estime que pour 100 kilos d’engrais azoté appliqué sur les sols, un kilo se retrouve dans l’atmosphère sous forme d’oxyde nitreux (N2O), un gaz à effet de serre 300 fois plus puissant que le CO2 ! « Leurs produits pourraient être responsables de près de 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES), sans parler des dommages entraînés pour les cours d’eau, les sols et la couche d’ozone », ajoute l’ONG. Un décalage entre pratiques et discours qui vaut à Yara une nomination au Prix Pinocchio du climat 2015 [3].

 

Agriculture climato-intelligente : un concept dangereux

La FAO, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, n’est pas de cet avis : elle considère l’intensification durable comme une solution « intelligente » pour faire face aux changements climatiques. En dépit des critiques formulées par les ONG, Yara fait partie des multinationales qui ont récemment rejoint l’Alliance mondiale pour l’agriculture climato-intelligente (Gacsa [4]), qui regroupe des pays, des ONG de conservation environementale, des universités et des centres de recherche. Le concept d’« agriculture climato-intelligente » – climate smart agriculture, en anglais – repose sur trois piliers. Il s’agit d’abord, explique la FAO, d’augmenter la productivité agricole pour faire face à l’augmentation de la population mondiale, et « d’adapter les systèmes agricoles » face aux événements climatiques extrêmes amenés à se multiplier, tels que les inondations ou les sécheresses. Troisième pilier, la mise en œuvre des pratiques agricoles qui « atténuent » les émissions de gaz à effet de serre.

 

 

Basta ! s’est plongé dans le guide des initiatives « climato-intelligentes » [5]. Au menu des remèdes miracles, le colza tolérant aux herbicides, qui permettrait d’utiliser « moins de produits chimiques de moins en moins toxiques », ou bien encore le maïs tolérant à la sécheresse, qui augmenterait les rendements « de 20 à 30 % » – ce que conteste par ailleurs l’association Inf’Ogm. En septembre 2015, une centaine d’organisations ont signé un appel qui reproche au Gacsa de ne pas préciser les critères qui permettraient de définir ce qui peut, ou pas, être qualifié de « réponse intelligente » au changement climatique. « Il n’y a aucun travail sur la définition des critères de l’agriculture climato-intelligente, car définir reviendrait à exclure des pratiques agricoles », souligne Jeanne-Maureen Jorand du CCFD-Terre solidaire. Or, sans norme ou critères d’exclusion, ce concept est tout simplement dangereux. »

 

Développer l’agriculture industrielle au nom de la lutte climatique

« La définition de l’agriculture climato-intelligente était une ligne rouge pour le gouvernement français », relate Jeanne-Maureen Jorand. Lors du lancement du Gacsa, Annick Girardin, secrétaire d’État au Développement et à la Francophonie, avait ainsi mis en garde sur les risques de certaines pratiques, comme les OGM ou le recours aux agrocarburants : « Il nous faut veiller à ne pas tout cautionner au nom de la lutte contre le dérèglement climatique, et à bien nous assurer que les solutions que nous mettrons en place ne créent pas plus de problèmes qu’elles n’en résolvent », déclarait-elle en septembre 2014. Le gouvernement français a finalement décidé de s’engager dans le Gacsa aux côtés de vingt et un autres pays, expliquant auprès de l’AFP vouloir « être dedans plutôt que dehors pour avoir une influence ».

 

 

C’est aussi la position de certains organismes de recherche, comme le Cirad, Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement [6]. « La définition n’est pas assez rigoureuse, ce qui laisse les portes ouvertes à différentes manières d’intensifier et à la vision d’une agriculture plus industrielle, observe Emmanuel Torquebiau, chargé de mission « changement climatique » au Cirad. On se bat à l’intérieur du Gacsa pour faire valoir notre point de vue. »

 

Danone et Walmart, nouveaux défenseurs de l’agriculture intelligente

« On propose des recherches scientifiques permettant de vérifier ce qui relève de l’agriculture climato-intelligente écologique ou du greenwashing, explique Emmanuel Torquebiau. Il s’agit de rester dans ces réseaux pour y mettre de la science, car il y a beaucoup de discours de façade. » Le Cirad, principalement à l’œuvre dans les pays du Sud, préconise des pratiques agro-écologiques, comme la couverture permanente du sol, afin d’augmenter la matière organique, de piéger du CO2 et de limiter le recours aux engrais. L’Inra, Institut national de la recherche agronomique, également membre du Gacsa, encourage l’agroforesterie en cultivant, par exemple, « des céréales sous les arbres pour mieux résister à la sécheresse ».

Mais la bataille entre agro-écologie et agro-industrie est fortement déséquilibrée au sein de l’alliance, celle-ci comptant une forte représentation du secteur privé. Outre des membres actifs, comme Danone, l’Alliance compte en son sein le Conseil mondial des entreprises sur le développement durable (WBCSD en anglais), qui regroupe de très nombreuses multinationales. Selon les ONG, environ 60 % des membres du Gacsa seraient issus du secteur privé des engrais [7]. Emblématique de cette stratégie, Walmart, le leader mondial de la grande distribution, veut réduire ses émissions, en associant ses fournisseurs à des programmes d’« optimisation des engrais » élaborés par Yara [8] !

 

 

Concrètement, les plantations d’oranges de PepsiCo, entreprise fournisseur de Walmart, doivent désormais recourir à des engrais azotés portant la marque « faible empreinte carbone » de Yara. Censés entraîner moins de ruissellement, ces engrais visent à « éviter une situation dans laquelle les aliments issus de l’agriculture biologique seraient les seuls à bénéficier d’un label dans le cadre de la lutte contre le changement climatique » (sic), explique Yara.

 

La « finance carbone » à l’assaut de l’agriculture

Invité en mars dernier aux troisièmes rencontres de l’agriculture climato-intelligente, à Montpellier, le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll a insisté sur « les puits de carbone » que constituent les sols. « Plus vous augmentez la matière organique de vos sols, plus vous stockez des gaz à effet de serre, a-t-il expliqué. Et, en plus, on augmente les rendements ! » Le gouvernement a lancé un programme de recherche international intitulé « 4 pour 1 000 ». En améliorant de 0,4 % par an la capacité de stockage en carbone des sols à travers la mise en œuvre de certaines pratiques agricoles – non définies pour l’instant –, ce projet ambitionne d’absorber et de stocker 75 % des émissions de gaz à effet de serre ! Et de restaurer, en plus, les terres dégradées, notamment en zone aride et quasi aride du continent africain.

« Au vu des chiffres que j’ai annoncés, précise Stéphane Le Foll, il y a un enjeu qui en vaut largement la chandelle, qui mériterait qu’on finance aussi, à travers le marché du carbone, les techniques, les évolutions, les modèles de production de demain. » S’il aboutit, le projet 4 pour 1 000 pourrait ainsi devenir un outil de compensation des émissions de gaz à effet de serre pour les entreprises privées, à l’instar du projet d’Air France dans les forêts de Madagascar (lire notre enquête). « Un rôle central est confié à la finance carbone et aux investisseurs financiers », dénoncent l’association Attac et la Confédération paysanne dans une note commune sur l’agriculture climato-intelligente. « Ces dispositifs ont pourtant démontré leur inefficacité et leur incapacité à générer une transition post-carbone. Il n’y aucune raison qu’il en soit autrement dans l’agriculture. »

 

L’agriculture climato-intelligente, nouvel avatar du greenwashing ?

À quelques jours de l’ouverture de la COP 21, les organisations de la société civile demandent aux gouvernements de ne pas reconnaître cette « agriculture climato-intelligente » comme solution possible au changement climatique. Une position partagée par la secrétaire d’État au Développement et à la Francophonie, qui a insisté en septembre 2014 pour que Gacsa « ne vienne pas interférer et se substituer aux négociations climat ». Contacté par Basta !, le ministère de l’Agriculture souligne que l’agriculture climato-intelligente pourrait figurer dans « l’agenda des solutions », un texte rassemblant les engagements des acteurs non étatiques et qui pourrait figurer aux côtés de l’accord négocié à Paris.

« L’initiative 4 pour 1000 figure déjà dans cet agenda », remarque Jeanne-Maureen Jorand. Une table ronde des technologies bas carbone (LCPTI), portée par le Conseil mondial des entreprises pour le développement durable et appuyée par le gouvernement français, apparaît aussi dans l’agenda. Parmi les invités de cette table-ronde figure d’ores et déjà... Monsanto ! « C’est une catastrophe, réagit Jeanne-Maureen Jorand, le gouvernement est en train d’institutionnaliser cet agenda des solutions et d’entériner la voie de l’agriculture climato-intelligente sans aucun critère et sans aucune discussion. » Interrogé à ce sujet, le ministère de l’Agriculture n’a pas souhaité répondre.

@Sophie_Chapelle

 

Photos :
- Une : plantations industrielles de salades en Californie / CC Malcolm Carlaw
- Une ferme labellisée climato-intelligente / CIAT.
- Intervention de Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, à la 3e conférence internationale sur l’agriculture climato-intelligente, en mars 2015 / © CSA 2015 Montpellier.
- Employé de Yara / source.

Notes

[1Dans une évaluation publiée en avril 2014, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estime que les émissions de gaz à effet de serre liées à l’agriculture, aux forêts et à la pêche représentent 10 à 12 gigatonnes équivalent CO2, soit 24 % des émissions mondiales. Source

[2Yara International a réalisé en 2014 un chiffre d’affaires de 11,1 milliards d’euros. Voir son site.

[3« Les Prix Pinocchio du Climat ont pour but d’illustrer et de dénoncer les impacts négatifs des entreprises multinationales et spécialement celles qui se blanchissent avec un discours “ vert ” »

[4Cette alliance a été lancée en septembre 2014, à l’occasion du sommet sur le climat à New York, par la Banque mondiale, le CGIAR (Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale et la FAO.

[5Voir le guide des success stories du CGIAR, publié en 2013 par le CGIAR.

[6Membre de l’Alliance, le Cirad a organisé la 3e conférence internationale sur l’agriculture climato-intelligente à Montpellier du 16 au 18 mars 2015.

[7Cette sur-représentation est assurée au travers d’alliances professionnelles comme l’Alliance internationale des industries de la fertilisation ou encore le « Fertilizer Institute » dont Yara est membre.

[8Voir ici et

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

 

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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 20:18

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

ça bouge ! Cap sur la Cop

Parti de Notre-Dame-des Landes, un convoi de vélos et de tracteurs est en route pour Paris

par

 

 

 

Un convoi de vélos et de tracteurs part de la Zad de Notre-Dame-des-Landes le 21 novembre pour arriver le 28 aux portes de Paris. « Puisque la COP est maintenue, indiquent les organisateurs, nous maintenons notre action pour dénoncer l’hypocrisie flagrante entre la volonté de lutter contre le réchauffement climatique, et la destruction de terres agricoles et de zones humides, de dizaines d’habitats pour y construire... un nouvel aéroport. » Un moyen également de partager l’expérience collective et politique qui se construit depuis la lutte de Notre-Dame-des-Landes. Et de manifester leur solidarité avec les populations qui subissent les guerres et le réchauffement climatique.

La COP21 se tiendra à Paris au Bourget du 30 novembre au 11 décembre. Elle est souvent présentée comme le « sommet de la dernière chance » pour enrayer le réchauffement climatique lié aux activités humaines. Pendant toute la quinzaine, ce rassemblement de 195 États (mais aussi de dizaines de milliers de lobbyistes) sera l’occasion de grandes mobilisations dans différents cadres...

Un convoi en vélos et tracteurs du 21 au 28 novembre s’organise pour se rendre de Notre-Dame-des-Landes à Paris à l’occasion de ce sommet intergouvernemental.

Nous viendrons y dénoncer l’hypocrisie flagrante entre, d’une part, la volonté affichée en décembre, par le gouvernement, de lutter contre le réchauffement climatique, et, d’autre part, la menace de revenir quelques semaines plus tard pour expulser la zad, détruire plus de 1600 ha de terres agricoles et de zones humides, des dizaines d’habitats pour y construire... un nouvel aéroport.

Nous cheminerons depuis Notre-Dame-des-Landes avec toute l’énergie du mouvement anti-aéroport, en créant en route des espaces de rencontres et de mobilisation. Comme de nombreux habitant-e-s, paysan-ne-s, migrant-e-s d’autres parties du monde qui subissent déjà en première ligne les conséquences du réchauffement climatique, nous savons que notre salut ne viendra pas des échanges de marchés carbones entre lobbies industriels et gouvernements, encore moins du capitalisme vert. Nous voulons participer à une reprise en main, par les populations et mouvements de lutte, de l’avenir de la planète.

Il est temps de sortir enfin du productivisme industriel, de la privatisation des biens communs, de la destruction des terres nourricières et de la marchandisation du vivant. Pour qu’émergent des possibles, à Notre-Dame-des-Landes comme ailleurs, il s’agit de bloquer concrètement dès maintenant l’avancée de leurs projets nuisibles, imposés et climaticides. Il faut continuer à libérer des espaces où puissent s’inventer, ici et maintenant, d’autres formes de vie commune, de cultures et d’habitats tels qu’ils s’expérimentent aujourd’hui à Notre-Dame-des-Landes.

Malgré les pressions politiques et judiciaires, les pseudos-enquêtes publiques et les troupes policières, nous portons depuis plus de 40 ans la conviction qu’il est toujours possible de résister victorieusement face aux aménageurs. Nous marcherons sur la COP21 pour leur signifier que nous ne les laisserons pas revenir expulser la zad ni démarrer les travaux du chantier d’aéroport. Nous le ferons en solidarité avec toutes celles et ceux qui luttent aussi sur le terrain contre les causes du réchauffement climatique.

 

L’Assemblée d’organisation du convoi constituée d’occupantEs de la ZAD, d’individuEs, de membres de comités et d’organisations contre le projet d’aéroport

Plus d’informations sur le trajet, les modalités pratiques... http://marchesurlacop.noblogs.org

L’appel est téléchargeable ici

 

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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 18:31

 

Source : https://www.laquadrature.net/fr

 

 

État d'urgence : l'État policier pour éluder tout bilan critique

 

 

Paris, le 19 novembre 2015 — L'Assemblée nationale a voté aujourd'hui le projet de loi sur la refonte de l'état d'urgence1, adopté en extrême urgence dans un climat de surenchère autoritaire sans précédent. La Quadrature du Net s'inquiète de plusieurs mesures contenues dans la loi, notamment concernant les perquisitions informatiques, la censure d'Internet et la liberté d'association. À rebours de toute réflexion de fond sur les causes profondes des attentats et la manière de régler une situation complexe, la classe politique dans son ensemble se désavoue elle-même en répondant par la restriction générale des libertés publiques à une attaque sans précédent contre nos libertés.

 

pour votre sécurité

Si le projet de loi précise et actualise un certain nombre de points, notamment en rouvrant une possibilité de recours administratif, La Quadrature du Net regrette profondément qu'il soit refondu dans des délais rendant impossible un examen serein et un débat éloigné des émotions actuelles. Les modifications qui sont faites sur le texte ne sont pas anodines et touchent profondément aux libertés fondamentales. La Quadrature du Net appelle les sénateurs qui voteront le texte demain à adopter des amendements visant à restreindre la portée temporelle de l'état d'urgence, à renforcer le contrôle judiciaire et à borner strictement toutes les mesures exceptionnelles afin d'éviter toute utilisation de l'état d'urgence à des fins autres que celles ayant justifié sa déclaration.

 

 

En effet, les mesures votées sous pression du gouvernement par les députés en ce jour touchent aux fondements des libertés publiques et individuelles :

 

 

  • Tout d'abord sur la prorogation de 3 mois de l'état d'urgence, qui n'est pas justifiée par d'autres motifs que celle de s'affranchir du principe de séparation des pouvoirs. Depuis le début de l'état d'urgence samedi dernier, nombre de perquisitions administratives conduites le sont pour des affaires relevant du droit commun, sans aucun lien avec la lutte antiterroriste, et préfigurent un État policier que la prorogation de trois mois risque de banaliser.

 

  • Au sujet de la perquisition administrative, l'extension aux appareils électroniques et informatiques ne se limite pas à la copie des éléments trouvés sur les appareils, mais permet également la saisie de l'ensemble des éléments et documents « accessibles à partir du système initial ou disponibles pour le système initial ». En dehors de tout contrôle strict par l'autorité judiciaire, c'est donc open bar pour aller chercher de façon extrêmement large n'importe quelle information sur n'importe quel appareil électronique ou informatique de résidents français, et notamment toute information accessible via des identifiants, mots de passe collectés lors d'une perquisition, tout contenu stocké sur Internet, etc.

 

  • Les députés ont également voté un amendement permettant au Ministre de l'Intérieur de faire bloquer sans délai tout site Internet « faisant l'apologie du terrorisme ou provoquant à des actes de terrorisme ». Ce blocage administratif et secret, instauré avec la loi antiterrorisme de 2014 qui confiait déjà cette possibilité aux services de police, ne bénéficiera d'aucun contrôle judiciaire (pas même celui de la CNIL prévu en temps normal).

 

  • En ce qui concerne l'assignation à résidence, il est à noter que la nouvelle rédaction allège sensiblement les conditions nécessaires à cette mesure gravement attentatoire aux libertés individuelles : là où le texte de 1955 demandait que l' « activité s'avère dangereuse pour la sécurité et l'ordre publics », le projet de loi prévoit quant à lui de s'appliquer au personnes pour lesquelles il existe des « raisons sérieuses de penser que son comportement constitue une menace pour la sécurité et l'ordre publics », formulation beaucoup plus large et floue. Aucune définition des « raisons sérieuses » n'est donnée. L'étude d'impact explique que les personnes visées sont celles « qui ont appelé l'attention des services de police ou de renseignement par leur comportement ou leurs fréquentations, propos ou projets ». Cette mesure laisse donc la porte ouverte à des interprétations très larges, d'autant plus graves que les mesures prises en état d'urgence ne sont pas garanties par l'intervention du juge judiciaire.

 

  • De même, le texte précise que cette assignation se fera sur des lieux déterminés par le Ministre de l'Intérieur, ce qui ouvre la voie aux pires demandes de rétention évoquées dans la classe politique (certains ayant évoqué des « camps d'internement »), avec possibilité de placement sous bracelet électronique.

 

  • Concernant la dissolution de groupes et d'associations, la procédure permet une interprétation très large et donc une atteinte grave à la liberté d'association, en décrivant des associations qui « participent à la commission d'actes portant une atteinte grave à l'ordre public, ou dont les activités facilitent cette commission ou y incitent », ce qui permettrait d'y inclure nombre d'associations promouvant, par exemple, l'utilisation de technologies de chiffrement qui sont utilisées certes par des criminels, mais surtout principalement par de nombreux citoyens innocents. Cette crainte est renforcée par le fait que les pouvoirs extraordinaires conférés au pouvoir administratif par l'état d'urgence sont actuellement utilisés pour des affaires sans lien avec l'anti-terrorisme.

 

« Le débat et le vote de la loi sur l'état d'urgence à l'Assemblée nationale montrent que les députés et le gouvernement sont dans le déni complet de la situation actuelle. Ce vote marqué par une ambiance d'acharnement contre l'État de droit et la séparation des pouvoirs montre que la France est bien loin d'avoir entrepris le travail nécessaire à un vrai règlement du risque terroriste dans toute sa profondeur. Nous appelons les citoyens à marquer leur désapprobation auprès de leurs représentants de manière très claire, puisque c'est au nom de leurs craintes que les députés, paniqués, sacrifient aujourd'hui les libertés. Ils croient ainsi créer un illusoire sentiment de sécurité en mettant en place, pour plusieurs mois, un État réellement policier2. Devant ce vote en sur-urgence3, il ne nous reste plus guère que la possibilité de documenter le désastre, en espérant un sursaut proche. » déclare Adrienne Charmet, coordinatrice des campagnes de La Quadrature du Net.

 

La Quadrature du Net vous invite à appeler vos députés pour leur demander d'ouvrir une enquête parlementaire d'investigation sur les lois de surveillance et antiterroristes : la réponse aux attentats ne peut pas être qu'une baisse des libertés ! Agissez maintenant pour demander un vrai bilan !

 

  • 1. Le texte a été adopté à 551 voix contre 6.
  • 2. La principale caractéristique de l'état d'urgence étant de placer entre les mains de la police les prérogatives normalement attribuées au pouvoir judiciaire
  • 3. Texte présenté en conseil des ministres mercredi matin, en commission des lois de l'Assemblée nationale le même jour, votée à l'Assemblée nationale jeudi matin, en Commission des lois du Sénat jeudi après-midi, au Sénat vendredi matin

 

 

Source : https://www.laquadrature.net/fr

 

 

 

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