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25 novembre 2015 3 25 /11 /novembre /2015 14:03

 

Source : http://cadtm.org

 

Lettre ouverte au Président du parlement grec à propos de la dissolution de la Commission pour la Vérité sur la Dette grecque

24 novembre par Sofia Sakorafa

 

 

Sofia Sakorafa, Zoe Konstantopoulou, Eric Toussaint lors de la conférence de presse d’annonce de la création de la commission pour la vérité sur la dette (au parlement grec le 17 mars 2015)

 

Nous publions la lettre ouverte adressée par la députée européenne, Sofia Sakorafa, au nouveau Président du Parlement grec, Nikos Voutsis, qui a annoncé la fin des travaux de la Commission pour la Vérité sur la Dette grecque. Dès 2011, alors qu’elle était députée, Sofia Sakorafa a participé à la commission d’audit citoyen de la dette grecque. En mars 2015, elle a accepté de faire partie de la commission d’audit créée par la Présidente du Parlement grec et de se charger des relations avec le Parlement européen et les autres parlements. Suite à la capitulation du gouvernement d’Alexis Tsipras, Sofia Sakorafa a quitté Syriza et siège comme eurodéputée indépendante depuis septembre 2015.

Monsieur le Président,

Par lettre recommandée signée par vous le 12 novembre, reçue le 17 novembre 2015, vous m’avez annoncé la suppression de la Commission pour la Vérité sur la Dette publique grecque.

Dans votre lettre, vous n’osez même pas mentionner le nom de la Commission. Cela se comprend. Lorsque l’on cherche à faire en sorte que le peuple grec « oublie » la question de la légitimité de la dette et que l’on veut lui faire croire que le troisième mémorandum, le plus dur, est la seule solution envisageable, il est vrai que la vérité peut faire peur, quand bien même il ne s’agit que de ce seul mot de « vérité ».

Monsieur le Président,

Il est inconcevable que le Président du Parlement hellénique, et encore moins quelqu’un qui a été de gauche, supprime la Commission pour la Vérité sur la Dette publique.

Il est offensant que le Parlement redevienne le lieu de blanchiment des scandales, des irrégularités, des choix politiques barbares, des accords de soumission, des contrats léonins, et que tout cela soit accepté et ratifié par le Président de la Chambre.

Monsieur le Président, je pense qu’il n’y a plus rien à ajouter. Vous n’avez fait qu’exécuter les ordres. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle vous avez été choisi comme Président de la Chambre en cette période cruciale.

La responsabilité politique de cette décision appartient entièrement au Premier ministre, Alexis Tsipras.

M. Tsipras qui, en compagnie du Président de la République, a assisté à l’ouverture des travaux de la Commission le 4 avril 2015.

M. Tsipras qui m’a personnellement assuré avec fermeté que la Commission fonctionnerait sans entraves jusqu’à la conclusion de ses travaux.

M. Tsipras porte l’entière responsabilité politique du refus de faire la lumière sur les politiques imposées à l’aide de la corruption et de contrats léonins qui nous ont menés dans une impasse.

M. Tsipras porte l’entière responsabilité politique de la renonciation à utiliser un outil de renégociation de la dette qui est pourtant accepté, approuvé et légitimé par un règlement de l’Union européenne.

Il est certain que votre décision de supprimer la Commission pour la Vérité sur la dette n’affectera en rien la détermination et l’efficacité de nous tous qui continuons à lutter et restons convaincus que la vérité sera le catalyseur de changements politiques profonds.

Sofia Sakorafa

 

 

 

Auteur

 
 

Autres articles en français de Sofia Sakorafa (1)

Conférence de presse de clôture au Parlement grec

23 juin, par Zoe Konstantopoulou , Eric Toussaint , Georges Kassimatis , Maria Lucia Fattorelli , Sofia Sakorafa , Ozlem Onaran , Renaud Vivien

 

 

Source : http://cadtm.org

 

 

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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 16:56

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

Catastrophe écologique au Brésil : le littoral frappé par la coulée de boue toxique

24 novembre 2015 / Mathilde Dorcadie (Reporterre)
 


 

 

Après avoir dévasté un des plus importants fleuves du pays, le mélange de boue et de résidus d’exploitation minière se déverse désormais dans la mer, menaçant la vie marine et le tourisme dans la région.

 

- Sao Paulo (Brésil), correspondance

Depuis samedi 21 novembre, les habitants de la commune de Regência, où se situe l’estuaire du Rio Doce, assistent impuissants au spectacle d’une mer qui se teinte d’un rouge-brun de mauvais augure. Située à 600 km au nord de Rio de Janeiro, dans l’Etat d’Espírito Santo, l’embouchure du fleuve est connue pour ses plages prisées par les surfeurs, son offre d’éco-tourisme et pour être la zone de reproduction d’une espèce de tortue marine géante déjà menacée d’extinction.

 

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La coulée énorme de pollution a parcouru plus de 650 km
 

Durant les 16 jours qui se sont écoulés entre la rupture du barrage, à 650 km en amont, et l’arrivée de la boue contaminée, la population a tenté de se préparer. Pour éviter la concentration dans l’embouchure du fleuve, les autorités ont entrepris de dégager son ouverture en creusant dans une bande de sable afin que les eaux troubles se diluent plus rapidement dans l’océan.

 

Selon les prévisions du ministère de l’Environnement, basées sur l’étude des capacités de dispersion et d’assimilation de l’océan, la pollution ne devrait affecter que 9 kilomètres de côtes. L’étude a été menée par les chercheurs de l’Université de Rio de Janeiro (Coppe-UFRJ), mais d’autres experts estiment que cette prévision est sous-évaluée.

 

Ainsi Andres Ruchi, le directeur de l’Ecole de Biologie Marine, située à Santa Cruz dans l’Etat d’Espírito Santo, évoque le rôle nourricier pour les espèces marines de toute la zone de l’estuaire. « Elle fournit des nutriments à toute la chaîne alimentaire de la région sud-est du Brésil et la moitié de l’Atlantique Sud », a-t-il expliqué à la BBC. Pour le biologiste, les conséquences pourraient se ressentir sur l’écosystème pendant des dizaines d’années.

 

Sur la plage de la réserve naturelle de Comboios, les volontaires du projet Tamar, qui luttent depuis 35 ans pour préserver les tortues marines, continuent de recueillir quotidiennement les œufs de tortues luths afin de leur éviter toute perturbation. Car malheureusement, le mois novembre correspond à la période de reproduction de l’espèce Dermochelys coriacea. Malgré sa taille (1,80 mètre de long pour 400 kilogrammes à l’âge adulte), l’animal est très sensible aux changements de son environnement. L’augmentation de la température des océans affectait déjà sa reproduction depuis plusieurs années. Cette catastrophe arrive au plus mal, selon les membres de l’ONG.

 

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Les tortues protégées par le projet Tamar : la pollution complique encore leur protection

Ce weekend, les biologistes de l’Institut Chico Mendes de préservation de la biodiversité (ICMbio) ont repêché un grand nombre de poissons morts aux branchies obstruées par la boue. La présence inhabituelle de silures a été observée dans l’estuaire du fleuve. En effet, ces poissons d’eau douce semblent avoir fui devant l’arrivée de l’eau polluée pour se retrouver coincés par l’eau de mer. Pour protéger la végétation de l’estuaire, des bouées de contention ont été disposées par les pêcheurs de la région engagés par Samarco, l’entreprise responsable de la catastrophe. Cependant ce système n’est pas efficace à 100%. La boue est en effet constituée de diverses particules plus ou moins fines qui flottent à des vitesses et des profondeurs différentes.

 

Inquiétude des populations riveraines

 

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Les habitants de Regencia observent l’avancée de la coulée
 

Samedi 21 novembre, la population locale a protesté contre la destruction irrémédiable de son environnement et de ses ressources. A Regência, les 1.200 habitants ont exprimé aux médias leurs inquiétudes pour l’avenir de leur région lors d’une manifestation. Un homme, tout de noir vêtu, déguisé en « grande faucheuse » arborait une faux sur laquelle était écrit « Samarco ». Les manifestants ont porté des cercueils et des banderoles demandant « Combien vaut le Rio Doce ? ». La région littorale vit en effet essentiellement de la pêche et du tourisme, grâce à la proximité de spots de surf et de réserves naturelles où les visiteurs viennent observer les tortues, les baleines et les dauphins. Depuis lundi, les plages sont interdites à la baignade pour une durée indéterminée.

 

Outre les préoccupations envers l’environnement et l’économie, le million et demi de riverains du fleuve s’inquiètent des conséquences sur la santé publique. Plusieurs municipalités ont décidé de couper l’approvisionnement en eau...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 16:38

 

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L’autre état d’urgence

23 novembre 2015 / Bruno Latour
 


 

 

Si les fanatiques armés doivent être combattus comme des criminels, leurs actes nous menacent moins que le changement climatique, affirme le sociologue Bruno Latour. Le bouleversement possible du climat « menace nos valeurs dans ce qu’elles ont de plus profond ». Et face à ce défi, c’est aux citoyens qu’il faut donner la liberté d’agir, et pas au seul Etat.

Bruno Latour est sociologue, anthropologue et philosophe des sciences. Son dernier ouvrage, Face à Gaïa, a été publié en octobre 2015, aux éditions La Découverte.

 

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Bruno Latour.

Ce qui décourage aussi dans l’action des terroristes, c’est qu’on est tenté de ramener la discussion sur leurs motifs à un niveau aussi insensé que leurs actions. À chaque attentat, on se rejoue le grand jeu de la guerre, de la nation en péril, de l’État protecteur en prétendant se dresser contre la barbarie. Ce qui est vrai, bien sûr, mais terriblement régressif. La sécurité doit être assurée et qu’on donne à l’État les moyens. Point.

 

Ce qui rend encore plus décourageant la situation présente, c’est que les crimes du 13 novembre ont lieu quelque jours avant une autre échéance, concernant d’autres tragédies, qui obligent, elles, contrairement aux assassinats de Daech, à inventer de tout autre réponses à de tout autres menaces. Je veux parler bien sûr de la Conférence climat de Paris, la COP 21, qui risque de paraître moins grave, en tous cas moins urgente, que la réponse policière aux sanglantes équipées de ces branquignoles surarmés.

 

Ce serait là commettre une grave erreur d’appréciation dans l’ordre et l’ampleur des menaces qui pèsent sur les États modernes. Les fanatiques armés sont criminels mais ils ne mettent pas en péril comment nous devons vivre, penser, produire, apprendre, habiter. Il faut se défendre contre eux. Mais il n’y a rien dans leur idéologie qui mette en péril la manière dont nous tenons à nos valeurs — pas plus que les pirates ne menacent les valeurs du commerce international. Il faut les combattre, c’est tout. Aucun message politique n’en sort, pas même une originalité tactique, et bien sûr aucune sorte de leçon religieuse. Quelle scientifique, quel citoyen, quelle artiste, quelle commerçante, quelle juge, quelle mère, quel musicien, quel sportif aspire à être dirigé par Daech ? J’ajouterai même : quel croyant ? Rien à voir de ce point de vue avec les anciennes guerres civiles qui divisaient de l’intérieur. Contre ce banditisme criminel, malgré les coups de clairon et l’agitation des drapeaux tricolores, c’est une question de police, pas de guerre.

 

Il en est tout autrement du nouveau régime climatique. Il menace tous les États dans toutes leur dimensions de production, de culture, d’habitation, d’art et de commerce. Il menace nos valeurs dans ce qu’elles ont de plus profond. Et là, les États sont vraiment en guerre les uns contre les autres pour l’occupation de territoires et le développement de l’économie comme de la culture. Et chacun d’entre nous est divisé contre lui-même. S’il y a « une guerre de civilisation », c’en est probablement une — et elle nous concerne tous. Or, contre ces nouvelles menaces, on le sait, les anciens États sont démunis et aussi désemparés que devant la menace terroriste. La police ne suffit pas. C’est toute la société civile qui doit prendre en main son destin pour forcer les institutions politiques à d’autres réponses.

 

On voit le danger si les mesures à prendre contre le terrorisme, mesures nécessaires, obligeaient l’État français à limiter la COP 21 à une discussion diplomatique entre fonctionnaires et spécialistes, dans le camp fortifié du Bourget devenue une sorte de Zone verte, comme à Bagdad. Et cela, au moment même où la question climatique prenait enfin la dimension civilisationnelle qui lui a manqué jusqu’ici.

 

C’est pourquoi il semble important de multiplier les pressions pour que, malgré les exigences de sécurité, la société civile puisse s’exprimer pacifiquement sur ce qui la concerne au premier chef. L’éradication de Daech sera longue, mais sa condamnation est déjà prononcée. Cette terreur peut se prolonger, mais elle est tirée vers le passé, sans autre innovation que l’ajout d’une ceinture d’explosifs à une autre ceinture d’explosifs. La menace résumée par le terme de Climat, elle, appartient à l’avenir et dépend de ce que nous tous, et pas simplement la police, nous serons capable d’inventer. Il est donc vain de vouloir régler l’une en délaissant l’autre.

 

D’autant que, par un lien qui n’a rien de mystérieux, elles sont intimement liées. Je ne veux pas parler de la connexion incertaine, en tous cas trop indirecte, entre les transformations climatiques au Moyen-Orient et la crise en Syrie. Je ne veux pas non plus parler de l’horreur des réfugiés chassés par les terroristes, par la destruction de leur pays et par notre propre réaction. Je veux parler de cette terrible attirance qui fait préférer au destin terrestre la mort dans l’au-delà. Bien sûr le nihilisme des candidats au suicide paraît simpliste, mais, comme dans un inepte et atroce modèle réduit, il offre l’image de ce suicide collectif auquel nous entraîne le développement du front de modernisation. Le 13 novembre est une préfiguration gore de la catastrophe qui suivra l’échec de la conférence de Paris et des suivantes. Si vous utilisez avec raison le terme de nihilisme pour décrire les militants fous, il me semble que le terme s’applique aussi, mais à une échelle démultipliée, à ceux qui ont aussi, à leur façon, le goût pervers de l’au-delà. Tout comme ceux qui se tuent en tuant, ceux qui prétendent ne pas aborder de front la grande mutation climatique, s’écrient au fond, selon deux registres différents mais qui résonnent avec la même stridence : « Vive la mort ! »

 

Il serait vraiment tragique qu’en s’occupant avec raison de détruire ceux qui ne peuvent que tuer pour un temps limité des innocents, on retarde une fois encore de s’occuper de ceux qui peuvent tuer massivement, longtemps, progressivement en entraînant dans leur délire bien d’autres êtres que les humains...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

 

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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 16:21

 

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BNP-Paribas obstinée sur les paradis fiscaux, les faucheurs de chaises vont agir

24 novembre 2015 / par Lorène Lavocat (Reporterre)
 

 

 

Les représentants des « faucheurs de chaises » ont été reçus hier par la direction de BNP-Paribas, qui a refusé toute fermeture de ses filiales aux Îles Caïmans. Les militants pour le climat ont donc annoncé la poursuite des « réquisitions citoyennes » pour combattre l’évasion fiscale.

 

« Une réunion pour rien. » Thomas Coutrot, d’Attac, Pauline Boyer et Txetx Etcheverry d’Action non-violente COP 21, et Florent Compain des Amis de la Terre, ne cachent pas leur déception ni leur colère. Ils sortent d’une rencontre avec des dirigeants de la BNP-Paribas, entrevue obtenue après de longs mois de pression citoyenne à travers une opération de « fauchage de chaises ».

« Nous espérions l’annonce de la fermeture des sept filiales que le groupe possède aux Îles Caïmans, explique Txetx Etcheverry. À la place, nous avons assisté à une séance de justification. » Philippe Bordenave, Michel Konczaty et Laurence Pessez, tous membres de la Direction générale du premier établissement financer français, leur ont rappelé que les Îles Caïman ne figuraient plus sur la liste noire des paradis fiscaux de l’OCDE. En 2009, l’archipel a en effet signé des accords de coopération avec l’organisation internationale, s’engageant ainsi à plus de transparence. Mais pour de nombreux observateurs comme le Tax Justice Network, c’est loin d’être suffisant. En 2015, les Îles ont ainsi été classées au cinquième rang des pays les plus opaques.

 

Trophées de chasse

La BNP justifie sa présence dans les Caraïbes par l’absence de normes contraignantes. « Pour eux, il s’agit d’un paradis réglementaire et non pas fiscal », résume Thomas Coutrot. Pas de changement de politique en vue, malgré l’annonce de la fermeture de trois des sept filiales, « pour des raisons d’ordre économique et stratégique ». Les associations ont donc décidé de poursuivre leurs actions, et même de les intensifier pendant la COP 21.

 

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Le siège parisien de la BNP-Paribas.

Car depuis février dernier, elles réclament la fin de l"évasion fiscale, au nom de la lutte contre le réchauffement climatique. Leur leitmotiv est « l’argent pour sauver le climat existe : il est dans les paradis fiscaux ». Leur moyen d’action : la « réquisition citoyenne de chaises ». Dans les faits, des militants non-violents se sont introduits dans 35 établissements bancaires pour y prendre des sièges. Le mobilier est ensuite entreposé chez des particuliers, dont Edgar Morin et Patrick Viveret, ou dans les locaux d’organisations. Greenpeace affiche ainsi dans sa vitrine quelques-uns de ces trophées de chasse. Le but : réunir 196 chaises – une pour chaque État représenté lors des négociations sur le climat – lors du Sommet citoyen pour le financement de la transition sociale et écologique, qui se tiendra à Montreuil le 6 décembre prochain. Ils en ont actuellement près de 200.

 

« Toute intrusion dans nos agences pouvant avoir des conséquences très graves »

Quid de l’état d’urgence et de la menace terroriste ?...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 16:01

 

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Morts au travail

Quatre ouvriers tués depuis un an : que se passe-t-il chez ArcelorMittal ?

par

 
 

Le premier accident a eu lieu il y a presque un an, le 26 décembre 2014, sur le site d’ArcelorMittal de Dunkerque. Le salarié a été percuté par une chargeuse. Puis, le 12 avril 2015, un intérimaire se retrouve coincé puis écrasé entre deux wagons. Lui aussi décède. « Il avait très peu de formation », précise Bernard Colin, délégué syndical CGT, secrétaire du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) au site dunkerquois d’ArcelorMittal. « C’est arrivé dans la cadre d’une opération de déchargement sous-traitée à une autre entreprise. Celle-ci prenait des intérimaires pour le faire. Le jour de l’accident, les trois membres de l’équipe étaient tous des intérimaires. »

Le 13 juillet 2015, toujours à Dunkerque, un intérimaire tombe dans la fonte en fusion. « Il avait seulement cinq mois d’expérience dans le métier de fondeur », souligne Bernard Colin. Le 10 septembre dernier, c’est sur le site d’ArcelorMittal de Fos-sur-Mer, dans les Bouches-du-Rhône, qu’un accident mortel survient. Le salarié d’une entreprise sous-traitante tombe lui aussi dans la fonte en fusion. « Des accidents terribles », constate le délégué syndical. Quatre accidents mortels dans de telles circonstances en moins d’un an, dont deux qui ont touché des intérimaires et un autre, un employé d’un sous-traitant. C’est beaucoup.

La situation est assez préoccupante pour que la boîte d’intérim Ranstad décide fin octobre de retirer, pour des raisons de sécurité, une trentaine de ses intérimaires du site d’ArcelorMittal de Dunkerque. La communication du groupe sidérurgiste répond en démentant « fermement tout écart de traitement entre les différents intervenants », salariés, intérimaires ou employés des sous-traitants. Le fait est que les intérimaires sont nombreux à Dunkerque comme à Fos-sur-Mer, deux sites pourtant classé Seveso, donc dangereux.

À Dunkerque, ArcelorMIttal emploie 3200 salariés directement et fait travailler en moyenne 285 intérimaires, soit un peu moins de 10 % des effectifs, selon les chiffres fournies par l’entreprise. Sur le site de Fos-sur-Mer, le sidérurgiste déclare 2500 salariés en CDI et entre cent et deux-cents intérimaires. La direction ne dispose pas de chiffres sur le nombre de travailleurs sous-traitants. Ils sont pourtant 1700 en moyenne à Dunkerque, selon la CGT. Et cela « hors gros travaux ». À Fos-sur-Mer, Sébastien Thomas, délégué CGT, recense 2400 salariés en CDI sur les 4600 personnes intervenant sur le site. Parmi le personnel permanent, « la moitié ont moins de cinq ans d’ancienneté. Ça joue aussi sur la sécurité. Ils ne connaissent pas encore forcément bien le risque, pas parce qu’ils ne font pas attention, mais parce qu’ils ont vécu moins d’accidents du travail. »

 

« Des intérimaires pas suffisamment formés »

Comment ArcelorMittal a réagi à cette série d’accidents mortels ? « Des mesures de renforcement de la sécurité ont été prises à l’issue des accidents (interdiction formelle d’utiliser son téléphone portable en situation de travail, même en extérieur, installation d’une protection renforcée pour empêcher toute chute dans une rigole de fonte…) », a déclaré la direction suite à la décision de Randstad. « Le PDG rappelle à chaque communication l’importance de la sécurité », nous indique aussi le service de communication. « Nous matraquons les consignes de sécurité. L’idée, c’est de compenser le facteur humain. »

« Il a fallu un accident mortel pour que la direction bouge », regrette de son côté Bernard Colin. « Après le premier accident de décembre, le direction a bien mis en place un plan d’action. Mais nous avions alerté sur les risques dans la zone en question dès 2011 ». Pour le délégué CGT, c’est bien plus la formation des travailleurs que les erreurs humaines qui sont en cause dans ces accidents. « Nous trouvons que les intérimaires ne sont pas suffisamment formés. Nous ne disons pas que la politique de sécurité est mauvaise. Nous ne disons pas qu’il ne faut pas d’intérimaires, c’est une autre question. Mais il faut qu’ils soient correctement formés. Nous critiquons aussi la politique d’embauche d’ArcelorMittal. Avec la crise, il y a eu un plan de départs volontaires, avec lequel les compétences sont parties. »

Le CHSCT de Dunkerque a demandé une expertise sur la sécurité de l’ensemble du site suite à l’accident du 13 juillet. La direction l’a contestée, jugeant plus « pertinent » que l’inspection se limite au seul secteur de la fonte, là où l’intérimaire est mort cet été après seulement quelques mois dans le métier. Le tribunal de Dunkerque doit en décider le 26 novembre.

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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 15:49

 

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Financement du terrorisme

Le pétrole, le coton ou le phosphate de l’Etat islamique sont-ils vendus en Europe ?

par , Rachel Knaebel

 

 

 

Des puits de pétrole, des gisements gaziers, des mines de phosphate, des champs de coton, des cultures de céréales… Autant de ressources sur lesquelles l’Etat islamique a mis la main grâce aux territoires qu’il contrôle en Irak et en Syrie. Malgré l’embargo dont il fait l’objet, une partie de ces produits sont écoulés sur les marchés, vers les pays voisins, et servent à financer sa guerre sans fin. Comment les entreprises des secteurs concernés, les négociants de matières premières, les banques et les institutions internationales s’assurent-ils qu’ils ne contribuent pas à remplir les caisses de Daech ?

 

« Les établissements financiers et de crédit sont appelés à exercer une vigilance particulière à l’égard de toutes transactions commerciales de nature à bénéficier à Daech » prévient Tracfin, la branche du ministère français des Finances chargée de la lutte contre le blanchiment. Les revenus annuels de l’État islamique avoisinent les 3 milliards de dollars, selon les estimations. En prenant le contrôle d’une partie du territoire syrien et irakien, le groupe armé a mis la main sur plusieurs puits de pétrole, sur des gisements gaziers, des fabriques d’engrais, des champs de coton et de céréales… Autant de matières premières qui peuvent contribuer à son financement. En plus de l’argent venu des enlèvements, des taxes imposées aux populations, du trafic d’antiquités, cette mainmise sur des ressources naturelles et les hydrocarbures rapportent des sommes conséquentes. Encore faut-il écouler ces matières premières. Qui sont donc les partenaires commerciaux de Daech ? Les autorités internationales et les grandes entreprises des secteurs concernés ont-elles pris les mesures qui s’imposent ?

Avec le déploiement du porte-avions Charles-De-Gaulle en Méditerranée orientale, suite aux attentats de Paris du 13 novembre, l’armée française va intensifier ses bombardements aériens – débutés il y a plus d’un an – contre Daech en Syrie et en Irak. La veille des attaques de Paris, le ministère de la Défense annonçait avoir bombardé trois sites pétroliers syriens. Les frappes menées par les États-Unis ciblent également des installations pétrolières de Daech. L’opération a été baptisée "Tidal Wave II", en référence à la première opération Tidal Wave qui visait les ressources pétrolières des nazis en Roumanie durant la Seconde Guerre mondiale. Le lundi 16 novembre, pour la première fois, les États-Unis ont commencé à attaquer également des convois de camions citernes, transportant du pétrole destiné à la contrebande. Ce dont ils s’étaient abstenus jusqu’alors par crainte de faire des victimes civiles.

 

ExxonMobil, Chevron et Total convoitent les sous-sol kurdes

Les puits pétroliers contrôlés par Daech représentent, en octobre 2014, 60 % de la production syrienne de pétrole et 10 % de la production irakienne, selon un rapport de l’agence d’informations financières Thomson Reuters. Ce qui correspond à l’époque à une capacité de 60 000 barils par jour dans chaque pays. Une production qui place en théorie le « califat » au 40ème rang des pays producteurs de pétrole, et rapporte un profit estimé entre 2 et 4 millions de dollars par jour. Mais c’était il y a plus d’un an.

La situation militaire a changé. Une partie des puits capturés par Daech en 2014 ont été reconquis par les forces kurdes et irakiennes appuyées par les États-Unis et l’Iran, réduisant considérablement les ressources potentielles de l’État islamique. S’ils revêtent une importance majeure pour la conduite de la guerre, les gisements actuellement exploités par Daech restent en fait modestes : quelques dizaines de milliers de barils par jour au plus, alors que la production d’ensemble de l’Irak se compte en millions de barils. Les gisements syriens contrôlés par l’organisation sont par ailleurs sur le déclin. Mais l’avancée de Daech dans le nord de l’Irak durant l’été 2014 menace alors directement des gisements pétroliers bien plus considérables, ce qui a probablement motivé l’intervention états-unienne. ExxonMobil, Chevron et la française Total se préparent d’ailleurs toutes à exploiter les richesses du sous-sol kurde.

 

Pétrole, phosphate et textile made in Etat islamique ?

Que fait Daech avec ses ressources, même limitées, en pétrole ? L’État islamique « couvre ses propres besoins et, semble-t-il, vend le reste sur le marché noir local, et exporte du pétrole brut et ou raffiné vers la Jordanie, l’Iran, le Kurdistan et la Turquie », indique le rapport de Thomson Reuters. Les djihadistes profiteraient des réseaux de contrebande existant depuis les embargos frappant l’Irak de Saddam Hussein puis l’Iran. Un rapport d’avril 2015 du Congrès des États-Unis signale aussi que le groupe vend du pétrole venu de ses puits irakiens via la Turquie « de la même manière pour l’essentiel que le pétrole syrien ». Des informations font aussi état de ventes possibles du pétrole de Daech au régime syrien, et même aux rebelles et aux Kurdes de Syrie, qui combattent les islamistes.

En plus du pétrole, Daech a aussi pris le contrôle de plusieurs gisements gaziers, d’une mine de phosphate irakienne, d’une usine de production d’acide sulfurique et phosphorique et de cinq cimenteries, dont une de Lafarge en Syrie. Mais, précise une analyse du groupement intergouvernemental de lutte contre le blanchiment d’argent (Groupement d’action financière, Gafi), « au contraire du pétrole brut et raffiné, pour lesquels il existe des circuits de contrebande établis de longue date et des marchés noirs locaux, ces autres ressources sont probablement plus difficile à monétiser pour Daech ». Des inquiétudes existent aussi sur la possibilité que du coton syrien cultivé dans les champs sous contrôle de Daech puisse passer par la Turquie, avant de se retrouver dans les stocks des fabricants textiles européens. Une étude réalisée par une consultante française sur la filière textile régionale alertait il y a deux mois sur l’existence d’un risque réel pour les consommateurs français d’acheter des vêtements contenant du coton de l’État islamique. Des conclusions que l’Union française des industries textiles, indirectement mise en cause, juge erronées.

 

Les transaction de pétrole avec Daech interdites par l’UE, les États-Unis et l’ONU

En principe, toute transaction qui risque d’alimenter les caisses des groupes islamistes en Syrie et en Irak est interdite. Des entreprises ont stoppé leurs achats de matières premières avec la Syrie dès le début de la guerre. La multinationale norvégienne Yara, spécialisée dans les engrais, assure ne plus acheter de phosphate syrien depuis février 2011, ni venant d’Irak. L’Union européenne a prohibé tout achat de pétrole syrien [1]. À cette époque, les sanctions visent spécifiquement le régime de Bachar El-Assad et la répression sanglante face au soulèvement populaire – l’Etat islamique n’a pas encore surgi sur la scène régionale. Total cesse toutes ses activités de production en Syrie en décembre 2011. L’entreprise française y exploitait du pétrole dans la région de Deir Ez Zor. Elle n’emploie aujourd’hui plus que deux personnes dans son bureau de Damas, afin de « respecter les obligations contractuelles », fait savoir la compagnie.

Les États-Unis aussi ont interdit l’importation de pétrole venu de Syrie avant que Daech ne prenne le contrôle d’une partie des puits [2]. Les sanctions états-uniennes prohibent toutes les transactions de pétrole, mais aussi toute transaction financière en lien avec du pétrole d’origine syrienne. Au sein de l’ONU, les décisions prises visent uniquement les groupes islamistes de la région, mais épargnent le gouvernement syrien, grâce au soutien de la Russie, qui dispose d’un droit de véto au Conseil de sécurité. Une résolution [3] de février 2015 condamne « tout engagement dans un commerce direct ou indirect en particulier de produits pétroliers, et de raffineries modulables, avec Daech et le Front Al-Nusra », une autre composante des forces islamistes en Syrie.

 

Des réseaux de contrebande qui datent de l’embargo irakien

En France, Tracfin invite « les établissements financiers et de crédit » à « considérer les transactions financières relatives, directement ou indirectement, à l’achat de pétrole, brut ou non, en provenance d’Irak ou produit en Irak, comme des transactions à risque élevé, justifiant des vigilances particulières, sauf si la State Oil Marketing Organization, qui relève du ministère du Pétrole du gouvernement Irakien, y a consenti. » Sur place, les frontières sont poreuses, les alliances de factions sont à géométrie variable, la corruption est généralisée et la situation régionale, notamment au Kurdistan irakien, extrêmement complexe. Autant d’éléments qui favorisent évidemment la vente de pétrole de Daech par l’intermédiaire de trafiquants à travers l’Irak et la Turquie. Le gouvernement régional kurde d’Irak, s’il combat lui aussi Daech, exporte par exemple du pétrole sans l’accord du gouvernement central irakien, dans une stratégie d’indépendance politique et financière [4].

Dans cette situation de guerre, où les réseaux de contrebande sont implantés de longue date, les frontières troubles, et où le Kurdistan irakien vend du pétrole sans l’aval de Bagdad, il est extrêmement difficile de tracer le pétrole dans la région. Là encore, la frontière turque est montrée du doigt. « Les institutions financières feraient bien d’examiner précisément les transactions qui impliquent des entreprises turques ou des individus liés au secteur pétrolier en Turquie », conseille l’agence d’informations financières Thomson Reuters dans son rapport. En Irak, « il est apparu que Daech fait usage des anciens réseaux mis en place par le parti Baas [l’ancien parti au pouvoir à l’époque de Saddam Hussein, ndlr] pour contrevenir au programme Pétrole contre nourriture ».

 

Les sociétés de trading achètent-elles du pétrole de Daech ?

Ce programme, mis en place par l’ONU pour atténuer les effets de l’embargo des États-Unis contre l’Irak entre 1992 et 2002, s’est retrouvé au cœur d’un vaste système de corruption pour le contourner. Dans cette affaire, l’entreprise française Total a été poursuivie pour corruption. Elle est toujours en attente du jugement en appel [5]. Une grande entreprise suisse de négoce de pétrole, Vitol, a également été condamnée en 2007 aux États-Unis à plus de 17 millions de dollars d’amende et de compensation pour la corruption de fonctionnaires irakiens.

Comment les négociants de pétrole et de matières premières s’assurent-ils qu’ils ne commercent pas de l’or noir extrait par l’État islamique ? « Vitol a un programme global de conformité qui inclue des politiques et des procédures rigoureuses d’examen des intermédiaires et de leurs chaîne d’approvisionnement », nous assure la société de trading. « Dans la région, une vigilance et des contrôles renforcés ont été mis en place, comme l’exigence de ne traiter qu’avec des interlocuteurs connus de longue date et de confiance. »

 

« Il est très difficile de tracer l’origine exacte d’un produit pétrolier »

Trafigura, une autre grande entreprise de courtage de matières premières, apporte une réponse similaire : « Trafigura n’achète du pétrole et des produits pétroliers, des métaux, et minerais qu’à des sources que nous connaissons bien et qui ont passé nos procédures de connaissance clients ». Trafigura avait aussi été pointée du doigt pour des transactions illicites avec le pétrole soudanais au moment de la guerre du Darfour (ainsi que dans un scandale de déversement de déchets toxiques en Côte d’Ivoire). Les deux entreprises collaboreraient désormais avec les autorités de Washington : elles « ont été invitées dans le seul but de donner, sur la base de leurs connaissances de leur branche, une évaluation du possible volume et le déroulement des opérations pétrolières de l’État islamique », communiquent les autorités suisses.

Est-ce suffisant ? Pour Marc Guéniat, responsable d’enquêtes à l’ONG suisse Déclaration de Berne, qui suit de près les activités des grandes frimes de négoce, « il est très difficile de tracer l’origine exacte d’un produit pétrolier, surtout s’il est mélangé. Il n’existe pas de dispositif qui contraindrait un négociant à se poser cette question. En Suisse, où se trouvent les grands négociants, ceux-ci n’ont pas l’obligation de s’interroger sur l’origine des matières premières qu’ils commercent, contrairement aux banques, qui doivent s’interroger sur l’origine des fonds qu’elles reçoivent en vertu de la loi sur le blanchiment d’argent. Les négociants peuvent acquérir une matière première d’origine illégale ou qui serait le produit d’un crime. » Le traçage semble d’autant plus difficile dans des situations de conflit ouverts, des situations qui ne repoussent pourtant pas les négociants, au vu des scandales passés.

 

Cesser toute activité avec les pays voisins ?

En septembre 2014, l’ambassadrice européenne en Irak Jana Hybaskova confie qu’il est connu que des pays européens achètent en bout de course du pétrole de Daech [6]. Sans que plus d’informations à ce sujet n’ait été communiquée par les institutions européennes depuis. « Les négociants seraient bien inspirés de véritablement exclure le commerce de pétrole provenant des zones de Daech, juge Marc Guéniat. Une banque française qui travaille à Genève dans le financement du négoce a décidé d’écarter totalement ce risque en cessant toute activité dans le pétrole de la région, ce qui signifie aussi en Turquie. C’est, à mon sens, le seul moyen d’être certain de ne pas écouler ce pétrole sur les marchés mondiaux. »

Les banques françaises savent bien que ce type de transaction en zones troubles peuvent leur valoir un coûteux retour de bâton. L’année dernière, c’est pour des transactions avec des régimes sous sanctions des États-Unis (Soudan, Iran, Cuba) que BNP Paribas a écopé d’une amende record de plus de six milliards d’euros. Près de trois quarts des transactions incriminées concernaient des échanges réalisés avec le régime soudanais, visé par des sanctions pour soutien au terrorisme et violations des droits de l’homme. Et c’est de vente de pétrole dont il s’agissait [7]. La première banque française a, depuis, considérablement renforcé son contrôle juridique, et serait particulièrement vigilante à ne pas s’impliquer dans les pays voisins de la Syrie.

 

La Suisse, paradis des commerçants de pétrole… et du trafic d’antiquités

La Suisse est aussi au cœur des préoccupations sur le commerce des antiquités pillées dans les zones occupées par Daech. Un rapport du président du Louvre, rendu public après les attentats de Paris, indique que les principaux sites antiques de Syrie et d’Irak ont fait l’objet « d’un nombre incalculable de fouilles sauvages ». La vente de ces objets viendrait, elle aussi, gonfler les finances de Daech.

« Daech a probablement récupéré les plus belles pièces du musée de Raqqa (en plus de celles volées dans les musées en Irak) pour les revendre à des trafiquants qui bénéficient de réseaux parfaitement organisés et qui existaient bien avant l’apparition de Daech », pointe le rapport. Or, il se peut que ces pièces volées se retrouvent dans les ports francs du monde entier pour y trouver acheteur. Car dans ces « paradis du recel », confidentialité et discrétion sont la règle. « Dans certains ports francs, aucune obligation d’inventaires à l’intention des douanes n’est imposée : la nature des biens entreposés, leur valeur et l’identité de leur propriétaire restent confidentiels », souligne le directeur du Louvre. Parmi ces territoires, on trouve Singapour et Shangaï, mais aussi Genève et Luxembourg. Au cœur de l’Europe.

Rachel Knaebel, avec Olivier Petitjean

En photo : Des miliciens de l’Etat islamique dans la région de Tikrit en Irak et leurs prisonniers, en juin 2014. Après la prise de la ville et d’une base militaire irakienne, l’État islamique revendique le massacre de 1700 prisonniers chiites.

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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 15:39

 

Source : http://www.lemonde.fr/les-decodeurs

 

 

Perquisitions musclées, arrestations injustifiées : les abus de l’état d’urgence

Le Monde.fr | • Mis à jour le | Par

 

 

 

Des policiers à Strasbourg, le 16 novembre 2015.

Mickaël, 27 ans, regardait un film d’action dans le TGV Marseille-Rennes, vendredi 20 novembre, en compagnie d’un autre homme. Mal lui en a pris, selon Sud-Ouest : en gare de Massy (Essonne), la police évacue le train et lui saute dessus pour l’arrêter. Des passagers auraient trouvé suspects son comportement et son aspect : le jeune homme est barbu et il portait des gants. Choqué, il a été libéré au bout de quatre heures.

 

Cette histoire n’est qu’un exemple des nombreux cas relevés cette semaine par la presse locale : la France est en état d’urgence. Un état administratif qui donne aux forces de l’ordre de larges moyens d’action. Mais aussi un état collectif prompt à l’emballement.

 

Lire aussi le post de blog : Observons l’état d’urgence

 

Une fillette de 6 ans blessée

Autre histoire édifiante, celle que raconte La Voix du Nord sur ce jeune homme, dont le père de 67 ans a été interpellé manu militari, mardi 17 novembre, à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais). Sophiane avait accompagné son père à la préfecture la veille pour une démarche administrative. Les forces de l’ordre l’auraient alors repéré prenant des photos, ce qu’il dément. Résultat : la police enfonce la porte du domicile familial, fouille l’appartement de fond en comble, et arrête son père, qui passe la nuit en garde à vue.

A Quévrechain, dans le Nord, Fatima et sa fille ont subi une brusque perquisition de nuit au motif qu’un homme, que les autorités suspectaient de détenir des armes de guerre, avait habité dans la maison par le passé. La jeune fille raconte les lasers dans l’appartement, la porte qui vole en éclats, sa mère de 43 ans menottée… pour une perquisition qui n’a rien donné.

 

Les victimes des bavures sont parfois très jeunes et impressionnables : à Nice (Alpes-Maritimes), une petite fille de 6 ans a été blessée par des éclats au cou, lors d’une perquisition jeudi. A 4 h 30 du matin, les policiers d’élite du RAID enfoncent la porte de l’appartement familial, plaquent le père au sol. Les voisins évoquent des tirs dans les serrures, que la police dément, mais c’est bien par des éclats de bois qu’a été blessée la fillette, touchée alors qu’elle dormait dans la chambre d’à côté. Et le tout pour rien : la police s’est trompée de porte, elle visait en fait le voisin. Hospitalisée, la petite fille n’a rien de grave et la police a reconnu une « erreur rare ».

Lire aussi : Récit d’une perquisition musclée dans le Val-d’Oise

 

Le musicien Ibrahim Maalouf retenu sans motif

Ibrahim Maalouf, trompettiste français renommé, qui a rendu un hommage aux victimes des attentats sur le plateau du « Grand Journal » de Canal+ le 16 novembre, a raconté au site spécialisé Clique avoir été retenu plusieurs heures par des policiers, gare du Nord à Paris, avant de monter dans un train Eurostar pour Londres.

Le natif de Beyrouth (Liban) aurait alors appris que son passeport avait fait l’objet d’un signalement auprès de l’organisme de coopération policière Interpol. Papiers confisqués, interrogatoire… Une fois relâché, il raconte sur son compte Facebook sa mésaventure relayée aussitôt sur Le Parisien, qui impute la responsabilité à la douane au lieu de la police. Le musicien prend ensuite son train, avant d’être invité à en descendre par « trois agents de la douane », fâchés d’avoir été associés à l’épisode. S’il dit comprendre l’attitude de la police face au signalement d’Interpol (dont il ne saisit pas la raison), Ibrahim Maalouf reproche aux douaniers d’avoir « dépassé les limites en [le] traitant comme un terroriste potentiel devant tout un wagon juste parce qu’un journaliste a écrit par erreur qu’ils [l]’avaient arrêté ».

Lire aussi : Que va changer l’état d’urgence pour les citoyens ?

 

« Acharnement contre un lieu sacré »

Les riverains de la mosquée d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), eux, sont scandalisés par l’état du bâtiment laissé par la police après sa perquisition musclée, dans la nuit du 16 au 17 novembre. Un des responsables de la mosquée a assuré avoir proposé les clés à la police, qui a refusé, « préférant forcer la porte ». Un adjoint au maire d’Aubervilliers, Sofienne Karroumi, a posté sur sa page Facebook des photos des dégradations subies par le lieu de culte, qu’il qualifie d’« acharnement contre un lieu sacré ».

Ces personnes pourront-elles obtenir réparation ? En théorie, elles peuvent porter plainte pour violation de domicile et voie de fait, sans garantie, bien entendu, d’obtenir réparation. Il est même possible, si les dommages causés ont été reconnus par la police, d’invoquer la responsabilité de l’Etat, et d’adresser les factures au ministère. Dans certains cas, les forces de police ou les préfectures ont déjà indiqué qu’elles indemniseraient les personnes concernées.

Lire aussi : Que contient la loi sur l’état d’urgence ?

 

 

 

Source : http://www.lemonde.fr/les-decodeurs

 

 

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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 15:24

 

Source : http://piketty.blog.lemonde.fr

 

 

Le tout-sécuritaire ne suffira pas

A Paris, le 21 novembre. REUTERS/Charles Platiau

A Paris, le 21 novembre. REUTERS/Charles Platiau

 

Face au terrorisme, la réponse doit être en partie sécuritaire. Il faut frapper Daech, arrêter ceux qui en sont issus. Mais il faut aussi s’interroger sur les conditions politiques de ces violences, sur les humiliations et les injustices qui font que ce mouvement bénéficie de soutiens importants au Moyen-Orient, et suscite aujourd’hui des vocations sanguinaires en Europe. A terme, le véritable enjeu est la mise en place d’un modèle de développement social et équitable, là-bas et ici.

C’est une évidence   : le terrorisme se nourrit de la poudrière inégalitaire moyen-orientale, que nous avons largement contribuée à créer. Daech, «  Etat islamique en Irak et au Levant  », est directement issu de la décomposition du régime irakien, et plus généralement de l’effondrement du système de frontières établi dans la région en 1920.

Après l’annexion du Koweït par l’Irak, en 1990-1991, les puissances coalisées avaient envoyé leurs troupes pour restituer le pétrole aux émirs – et aux compagnies occidentales. On inaugura au passage un nouveau cycle de guerres technologiques et asymétriques – quelques centaines de morts dans la coalition pour «  libérer  » le Koweït, contre plusieurs dizaines de milliers côté irakien. Cette lo­gique a été poussée à son paroxysme lors de la seconde guerre d’Irak, entre 2003 et 2011   : environ 500  000 morts irakiens pour plus de 4  000 soldats américains tués, tout cela pour venger les 3  000 morts du 11-Septembre, qui pourtant n’avaient rien à voir avec l’Irak. Cette réalité, amplifiée par l’asymétrie extrême des pertes humaines et l’absence d’issue politique dans le conflit israélo-palestinien, sert aujourd’hui à justifier toutes les exactions perpétrées par les djihadistes. Espérons que la France et la Russie, à la manœuvre après le fiasco américain, fassent moins de dégâts et suscitent moins de vocations.

 

Concentration des ressources

Au-delà des affrontements religieux, il est clair que l’ensemble du système politique et social de la région est surdéterminé et fragilisé par la concentration des ressources pétrolières sur de petits territoires sans population. Si l’on examine la zone allant de l’Egypte à l’Iran, en passant par la Syrie, l’Irak et la péninsule Arabique, soit environ 300 millions d’habitants, on constate que les monarchies pétrolières regroupent entre 60  % et 70  % du PIB régional, pour à peine 10  % de la population, ce qui en fait la région la plus inégalitaire de la planète.

Encore faut-il préciser qu’une minorité des habitants des pétromonarchies s’approprient une part disproportionnée de cette manne, alors que de larges groupes (femmes et travailleurs immigrés notamment) sont maintenus dans un semi-esclavage. Et ce sont ces régimes qui sont soutenus militairement et politiquement par les puissances occidentales, trop heureuses de récupérer quelques miettes pour financer leurs clubs de football, ou bien pour leur vendre des armes. Pas étonnant que nos leçons de démocratie et de justice sociale portent peu au sein de la jeunesse moyen-orientale.

Pour gagner en crédibilité, il faudrait démontrer aux populations qu’on se soucie davantage du développement social et de l’intégration politique de la région que de nos intérêts financiers et de nos relations avec les familles régnantes.

 

Déni de démocratie

Concrètement, l’argent du pétrole doit aller en priorité au développement régional. En 2015, le budget total dont disposent les autorités égyptiennes pour financer l’ensemble du système éducatif de ce pays de près de 90 millions d’habitants est inférieur à 10 milliards de dollars (9,4 milliards d’euros). Quelques centaines de kilomètres plus loin, les revenus pétroliers atteignent les 300 milliards de dollars pour l’Arabie saoudite et ses 30  millions d’habitants, et dépassent les 100 milliards de dollars pour le Qatar et ses 300  000 Qataris. Un modèle de développement aussi inégal ne peut conduire qu’à la catastrophe. Le cautionner est criminel.

Quant aux grands discours sur la démocratie et les élections, il faudrait cesser de les tenir uniquement quand les résultats nous arrangent. En 2012, en Egypte, Mohamed Morsi avait été élu président dans une élection à la régulière, ce qui n’est pas banal dans l’histoire électorale arabe. Dès 2013, il était expulsé du pouvoir par les militaires, qui ont aussitôt exécuté des milliers de Frères musulmans, dont l’action sociale a pourtant souvent permis de pallier les ­carences de l’Etat égyptien. Quelques mois plus tard, la France passe l’éponge afin de vendre ses frégates et de s’accaparer une partie des maigres ressources publiques du pays. Espérons que ce déni de démocratie n’aura pas les mêmes conséquences morbides que l’interruption du processus électoral en Algérie en 1992.

Reste la question  : comment des jeunes qui ont grandi en France peuvent-ils confondre Bagdad et la banlieue parisienne, et chercher à importer ici des conflits qui ont lieu là-bas  ? Rien ne peut excuser cette dérive sanguinaire, machiste et pathétique. Tout juste peut-on noter que le chômage et la discrimination professionnelle à l’embauche (particulièrement massive pour les personnes qui ont coché toutes les bonnes cases en termes de diplôme, expérience, etc., comme l’ont montré des travaux récents) ne doivent pas aider. L’Europe, qui avant la crise financière parvenait à accueillir un flux migratoire net de 1 million de personnes par an, avec un chômage en baisse, doit relancer son modèle d’intégration et de création d’emplois. C’est l’austérité qui a conduit à la montée des égoïsmes nationaux et des tensions identitaires. C’est par le développement social et équitable que la haine sera vaincue.

Chronique publiée dans Le Monde du dimanche 22 et lundi 23 novembre 2015

 

 

Source : http://piketty.blog.lemonde.fr

 

 

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23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 22:12

 

Source : http://anv-cop21.org

 

 

Les Faucheurs de chaises reçus par la direction de la BNP ce lundi 23 novembre !

 

 

FaucheursDeChaises1

Les faucheurs de chaises reçus par la direction de BNP Paribas : vers la fermeture des filiales dans les paradis fiscaux  ?
#FaucheursDeChaises

Lundi 23 novembre à 16h, des représentants des faucheurs de chaises seront reçus par la direction générale au siège du Groupe BNP Paribas pour discuter de la fermeture de ses filiales dans les paradis fiscaux. Alors que ces derniers sont à nouveau sur la sellette pour leur contribution au financement des réseaux terroristes internationaux, la principale banque française va-t-elle enfin se décider à rompre ses liens avec ces trous noirs de la finance ?

Dès le lendemain des attentats du 13 novembre, par un e-mail émanant de Madame Pessez, sa déléguée à la responsabilité sociale et environnementale, le Groupe BNP Paribas a demandé aux faucheurs de chaises « de cesser vos actions de vols de chaise, toute intrusion dans nos agences pouvant avoir des conséquences très graves »étant donné « l’état d’urgence désormais en vigueur ».

Dans leur réponse (lire la lettre ici), Thomas Coutrot (porte-parole d’Attac), Florent Compain (président des Amis de la Terre) et Txetx Etcheverry (membre de la Coordination d’Action Non-Violente COP21) proposent à BNP Paribas une armistice: « nous sommes prêts à appeler à la suspension des réquisitions de chaises dans les agences de la BNP si vous annoncez la fermeture de vos 7 filiales dans les îles Caimans ».

Depuis début octobre 35 actions de réquisitions citoyennes ont eu lieu, dans de nombreuses villes en France, et même à l’étranger, dans des banques impliquées dans l’évasion fiscale. Le Groupe BNP Paribas a été particulièrement visé (27 fauchages) car il est en pointe dans l’organisation de l’évasion fiscale via ses 171 filiales dans les paradis fiscaux, dont 7 dans les Îles Caïmans.

 

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Ces actions ont répondu à l’« Appel à réquisitionner 196 chaises » qui a été lancé le 30 septembre par des dizaines de personnalités, dont le philosophe et ancien résistant Edgar Morin, le sociologue Alain Caillé, l’essayiste Susan George, le philosophe et ancien Haut référendaire à la Cour des Comptes Patrick Viveret, ou l’ancien résistant Claude Alphandéry.

Suite aux terribles attentats du 13 novembre, les faucheurs de chaises ont suspendu leurs actions pour quelques jours pour respecter la période de deuil. Mais l ‘évasion fiscale, elle, continue à réduire les fonds disponibles pour la transition écologique et sociale, à commencer par le Fonds vert pour le climat.

​Et les paradis fiscaux continuent à héberger l’argent des mafias criminelles et terroristes.

Si la réunion du 23 novembre ​débouchait sur un échec, les faucheurs de chaises repartiront à l’action pour obliger BNP Paribas à cesser ses pratiques scandaleuses.

 

 

Source : http://anv-cop21.org

 

 

 

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23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 18:42

 

source : http://www.bastamag.net

 

 

Inégalités

Comment la fortune accumulée par 782 milliardaires pourrait contribuer à sauver la planète

par

 

 

 

Un peu plus de 5000 milliards de dollars d’investissements seraient nécessaires pour que la moitié de la planète bénéficie d’une électricité d’origine renouvelable d’ici quinze ans. Les énergies renouvelables – principalement hydroélectriques – pèsent pour l’instant environ 20% de la production mondiale d’électricité. 5000 milliards supplémentaires, cela semble énorme : plus de deux fois le PIB de la France. Mais du point de vue des grandes fortunes mondiales, cela paraît peu : l’investissement est égal à la richesse actuellement détenue par 0,00001 % de la population mondiale. Soit les 782 personnes les plus riches de la planète, parmi lesquelles de nombreux propriétaires et PDG de grandes entreprises.

Ces éléments sont mis en relation dans un nouveau rapport publié par les Amis de la Terre ce 23 novembre [1]. A partir des projections de l’Agence internationale de l’énergie, l’organisation écologiste a calculé que ces milliards de dollars pourraient permettre à l’Afrique, l’Amérique latine et la plupart des pays de l’Asie d’accéder à 100 % d’énergies renouvelables d’ici 2030. « Une révolution de l’énergie à 100 % renouvelable est financièrement à la portée, écrivent les auteurs. Ce rapport montre que le financement d’une révolution énergétique existe, mais que la volonté politique de conduire la transformation est scandaleusement absente. »

Les 782 personnes les plus riches de la planète détiennent personnellement l’argent nécessaire à cette « révolution énergétique ». A la tête de ce top 10 figure l’américain Bill Gates (76 milliards de dollars en 2014) suivi par le mexicain Carlos Slim dont une large part de la richesse vient de holdings industrielles très destructrices en matière d’environnement (notre enquête :

Ces milliardaires qui spéculent sur l’avenir de la planète).

 

« Le rapport ne suggère en aucun cas que la richesse d’un groupe de personnes en particulier puisse ou devrait être directement utilisée pour opérer la transformation énergétique », tiennent à préciser les auteurs. Mais les comparaisons avec les fortunes personnelles rappellent l’existence incontestable des ressources financières pour enrayer le changement climatique. « Ce rapport n’est pas une position politique sur l’expropriation de la richesse, ni un plan technique pour un avenir en énergies renouvelables, mais un appel au réveil pour les décideurs politiques, les ONG et les gouvernements. Notre monde est confronté à deux crises destructrices et imbriquées – les inégalités croissantes et le changement climatique. Le temps est venu de les défier ensemble. »

 

A l’heure où 90 entreprises sont responsables de deux tiers des émissions mondiales, « c’est une injustice flagrante que 0,00001 % de la population mondiale détienne le niveau de richesse qui pourrait mettre un terme au désastre climatique, mais qui à l’inverse exacerbe bien souvent le problème », pointe le rapport. Un cinquième de la population mondiale (1,3 milliards de personnes) n’ont en effet toujours pas accès à l’électricité. L’ONG appelle à une transformation complète de la manière de produire, distribuer et consommer l’énergie. Ce qui implique « la transformation des structures économiques et la nécessité de démanteler le pouvoir des multinationales », mais aussi « l’appropriation démocratique des ressources énergétiques renouvelables ». A l’image de l’Allemagne où le mouvement vers une transition énergétique décentralisée prend de l’ampleur.

 
 
 
 
 
 

 

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