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28 novembre 2015 6 28 /11 /novembre /2015 16:11

 

Source : https://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart

 

 

Militants assignés à résidence : lettre ouverte à Manuel Valls

 

 

 

 

Dans un courrier adressé au premier ministre, Mes Muriel Ruef et Alexandre Faro, qui défendent des militants du climat assignés à résidence, s'indignent du traitement infligé à leurs clients. « Ce sont vos opposants politiques que vous avez placés sous résidence surveillée, comme l’aurait fait n’importe quel régime autoritaire », dénoncent-ils.

Monsieur le Premier Ministre,

 

La Conférence des Parties à la Convention-Cadre des Nations Unies sur le Changement climatique (dite COP21) s’ouvre demain à Paris dans un climat de deuil qui ne tient pas seulement aux faits survenus le 13 novembre dernier.

À la veille de ce rassemblement sans précédent de Chefs d’État et de Gouvernements, vous avez décidé d’offrir au monde qui nous regarde le visage inquiétant d’un pays triste et muselé, aux rues vides et à la contestation étouffée.

Profitant de l’émotion et de la peur qui nous ont légitimement envahis au moment de ces attentats, vous avez, à la faveur de l’instauration de l’état d’urgence, sorti des vieux cartons de l’Empire la pratique de l’assignation à résidence.

Or, les mesures liberticides se justifient toujours par la promesse qu’elles ne s’appliqueront qu’aux salauds désignés. Vous l’avez vous-même confirmé devant la Représentation Nationale en arguant de leur efficacité dans la lutte contre le terrorisme. Il était pourtant évident que ces assignations à résidence auraient vocation à s’appliquer dans les seuls cas où la justice pénale, avec son arsenal complet de mesures (garde à vue, contrôle judiciaire, perquisition,…), ne trouverait pas à s’appliquer, c’est à dire contre les personnes contre lesquelles il n’existe aucune preuve démontrant qu’elles ont commis ou tenté de commettre une infraction. Nous étions donc déjà loin des salauds.

En désignant ainsi des personnes et en les empêchant de mener une vie normale vous portez une atteinte manifeste à d’autres valeurs essentielles de notre droit républicain que sont la présomption d’innocence, la liberté de circuler et la liberté de travailler et d’entreprendre. Tout ceci au nom d’un impératif de sécurité légitimée par la lutte contre le terrorisme.

Ce 25 novembre, quelques jours seulement après avoir imposé l’état d’urgence, votre gouvernement franchi un cap supplémentaire en assignant à résidence des militants environnementaux et sociaux impliqués dans la lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et dans l’organisation - au grand jour et depuis plusieurs mois - des manifestations prévues à l’occasion de votre conférence internationale. Des policiers en civil sont postés en permanence devant leur porte, et ils doivent pointer trois fois par jour au commissariat.

Ce sont ainsi vos opposants politiques que vous avez placés sous résidence surveillée, comme l’aurait fait n’importe quel régime autoritaire et comme cela ne s’est plus vu dans ce pays depuis longtemps.

Vous avez utilisé la peur et l’émotion pour bâillonner une opposition à l’heure d’une réunion diplomatique sans précédent, justifiant ces mesures par l’emploi des mots «violences», «mouvance contestaire» et «ultra gauche», expressions vides de faits comme de sens, créées de toute pièce, sans la moindre consistance.

Vous aurez cependant du mal à faire croire aux spectateurs du monde entier que les militants qui  s’impliquent et qui organisent la contestation légitime à votre manière de gérer le désastre environnemental constituent des menaces pour leur sécurité.

Vous offrez au monde entier le sombre spectacle d’un pays déstabilisé par les attentats au point de renoncer à ses valeurs les plus essentielles, celles-là même que les terroristes cherchaient à atteindre ce 13 novembre.

Il aura donc suffit de douze jours pour mettre à genoux notre héritage révolutionnaire.

Il semble en effet acquis, à la lumière de vos récentes déclarations, que vous envisagez fort naturellement la poursuite de ce que les plus naïfs appeleront «une parenthèse autoritaire» bien au-delà des trois mois légaux. Vous en auriez même informé la Cour Européenne des Droits de l’Homme.

Les assignations à résidence de ceux qui s’opposent à vous sont, dans ces circonstances, une honte, une honte abjecte et intolérable qui emporte, avant même qu’elle n’ait commencé, votre Conférence du Désastre dans les poubelles de l’Histoire.

Nous devons cependant craindre la suite, lorsque les caméras mondiales regarderont ailleurs et que vos mesures d’exception deviendront la règle.

Il nous reste alors à espérer que les philosophes et les historiens qui, depuis plusieurs jours, appellent par voie de presse à la vigilance populaire vis-à-vis des pouvoirs que vous vous êtes octroyés soient enfin écoutés, et que la contestation, que vous tentez de museler, enfin se fasse entendre. 

 

Muriel RUEF                                                                       Alexandre FARO

Avocate au Barreau de Lille                                              Avocat au Barreau de Paris

 

 

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Source : https://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart

 

 

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28 novembre 2015 6 28 /11 /novembre /2015 16:01

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Un pouvoir hors la loi, un Etat hors contrôle

27 novembre 2015 | Par François Bonnet
 
 
 

Deux semaines après les attentats du 13 novembre, la Ve République présente le visage hideux de la peur, de l’emballement guerrier et d’un pouvoir hors contrôle. Cette fuite en avant sécuritaire est porteuse de nouvelles crises. Qu'un gouvernement socialiste en soit l'acteur renvoie aux pires jours de la IVe République sous Guy Mollet.

Deux semaines après les attentats du 13 novembre, la Ve République a donc radicalement changé. La voici qui présente le visage hideux de la peur, de l’emballement guerrier et d’un pouvoir hors contrôle. Qu’il est donc loin, « l’esprit du 11 janvier », célébré au lendemain de l'attentat contre Charlie Hebdo puis de la tuerie antisémite au magasin HyperCasher de Vincennes !

Ce 11 janvier 2015, la société française se levait en masse, à l’occasion des plus grandes manifestations jamais survenues depuis l’après-guerre. Nous avions appelé à y participer (lire notre article ici), non pas pour célébrer une quelconque « union sacrée », dont l’histoire nous enseigne qu’elle mène à la catastrophe, mais pour rendre hommage aux victimes, en premier lieu, et pour être de cet immense réveil citoyen qui submergea alors la simple parole politique.

 

11 janvier, place de la République, Paris. © Thomas Haley 11 janvier, place de la République, Paris. © Thomas Haley

 

Les ambiguïtés, les dissonances, les contradictions de ces rassemblements furent relevées et débattues. Mais au moins la société était-elle là, en première ligne, dans sa force et sa diversité, mettant au défi l’ensemble de la classe politique d’élaborer des réponses radicalement nouvelles, qui ne répètent pas les erreurs tragiques du passé. Celles commises par l’administration Bush au lendemain du 11 septembre 2001. Erreurs d’ailleurs inspirées par un autre naufrage, français celui-là : les pouvoirs spéciaux accordés à Guy Mollet en 1956 et l’engloutissement de la IVe République dans la guerre d’Algérie (pour rappel, les conseillers de Rumsfeld, ministre de la défense de Bush, étudièrent de près la bataille d’Alger).

 

Ce pouvoir, qui semble se résumer depuis le 13 novembre à trois hommes, François Hollande, Manuel Valls et Bernard Cazeneuve, n’a donc rien appris, rien retenu des crises passées qui aujourd’hui encore nous poursuivent. Le naufrage républicain de la guerre d’Algérie, le naufrage démocratique de l’après-11-Septembre : que faut-il donc de plus pour que ce pouvoir comprenne qu’il précipite le pays dans une zone de risques où, à la crise politique, se surajouteraient des déflagrations sociales ?

Il y a quelques mois seulement, au lendemain des attentats du 7 janvier, deux hommes avaient cadré les enjeux, et sans doute – avec beaucoup d’autres – endigué les tentations de fuite en avant du pouvoir. Le premier est Robert Badinter, qui avertissait alors : « Les terroristes nous tendent un piège. Ce n’est pas par des lois et des juridictions d’exception qu’on défend la liberté contre ses ennemis » (son texte est à lire ici). Le second est Dominique de Villepin : « Résistons à l’esprit de guerre. La guerre contre le terrorisme ne peut pas être gagnée, il n’y a pas de contre-exemple. Il faut une stratégie politique et une capacité à penser au-delà » (lire ici une de ses récentes tribunes).

Parleraient-ils aujourd’hui que ces deux anciens responsables politiques seraient au mieux ignorés, au pire accusés de laxisme, angélisme, traîtrise, irresponsabilité… Toutes ces formules qui, quand elles ne sont pas formulées directement par le gouvernement, sont énoncées par des médias ayant aussitôt revêtu l’uniforme et brandi le drapeau tricolore.

N’en déplaise à Robert Badinter et Dominique de Villepin, voilà donc la France précipitée et dans la guerre, et sous un régime d’exception. C’est le choix d’un pouvoir faible, inquiet, qui par cette violente fuite en avant tente de se sauver en se barricadant derrière l’état d’urgence. L’état d’urgence de douze jours (tel que limité par la loi de 1955) aurait pu être exclusivement motivé par des impératifs sécuritaires. Complété, renforcé et prolongé de trois mois (voire plus, disent déjà des responsables), le voilà destiné à deux autres fonctions : museler la société en installant durablement cet état de peur qui tétanise ; interdire ou à tout le moins limiter les indispensables questionnements sur les choix politiques faits depuis des années.

Au-delà de l’engagement du pays dans une guerre – choix jamais véritablement discuté et expliqué –, la réponse au terrorisme est donc la mise entre parenthèses de notre démocratie. Après l’État de droit, voici l’État hors la loi. C’est un choix revendiqué par le Premier ministre. Se sentant sans doute à l’étroit entre François Hollande et Bernard Cazeneuve, Manuel Valls a bruyamment défendu l’instauration de ce régime d’exception, tout à son rôle de « Monsieur + ».

 

Un abandon de l'Etat de droit signifié au Conseil de l'Europe

D’abord en demandant aux députés qui examinaient la nouvelle loi sur l’état d’urgence de « ne pas faire de juridisme ». « Avançons ! », a-t-il insisté pour faire taire les rares parlementaires qui s’inquiétaient de dispositions liberticides en rien liées à la lutte contre le terrorisme. Le premier ministre n’a pas eu à insister tant le parlement avait hâte de s’incliner, et ce jusqu’aux députés communistes qui ont voté sans rechigner l’état d’urgence comme ils avaient voté les pouvoirs spéciaux à Guy Mollet en 1956. « Jamais dans un passé récent des décisions aussi graves n’auront été approuvées avec une telle célérité par les parlementaires de droite comme de gauche. Tous prétendent commander aux événements ; ils ne font que s’y soumettre car ils ont peur », note l'universitaire Olivier Le Cour Grandmaison (lire ici son billet de blog sur Mediapart).

 

Manuel Valls à l'Assemblée, le 25 novembre. © Matignon Manuel Valls à l'Assemblée, le 25 novembre. © Matignon

 

Ensuite, Manuel Valls a pris soin de prévenir les mêmes parlementaires qu’ils devaient se garder de saisir le conseil constitutionnel, car cette loi d’exception ne passerait pas le filtre de la loi fondamentale. « Il y a des mesures qui ont été votées à l'Assemblée nationale qui ont une fragilité constitutionnelle », a-t-il expliqué aux sénateurs. « Si le Conseil répondait que la loi révisée est inconstitutionnelle sur un certain nombre de points, cela peut faire tomber 786 perquisitions et 150 assignations à résidence déjà faites. » Parmi ces points : la mise sous bracelet électronique d’une personne condamnée pour terrorisme et ayant purgé sa peine depuis moins de huit ans ; et la possibilité d’une dissolution administrative des associations…

Enfin, cet abandon de l’État de droit a été officialisé par la France auprès du Conseil de l’Europe. Dans une lettre à cette institution, le gouvernement annonce qu’il assume de s’affranchir de la Convention européenne des droits de l’homme. Une telle demande de dérogation est obligatoire pour pouvoir éviter d’éventuels procès devant la Cour européenne des droits de l’homme. Du coup, le pouvoir reconnaît que « certaines d’entre elles (les mesures liées à l’état d’urgence) sont susceptibles d’impliquer une dérogation aux obligations » de la convention européenne.

Cet état d’urgence installe un État hors contrôle. Au-delà des minces barrières de la justice administrative, telles que définies dans le nouveau texte, l’appareil d’État est libéré de toute contrainte et tout contrepoids. Ces quinze derniers jours en ont déjà donné l’illustration. Confiées aux seuls préfets, les décisions de perquisitions administratives et d’assignations à résidence ont provoqué une surenchère zélée.

« Oui, c’est une pêche au chalut ! », reconnaissait un préfet cité dans cette enquête de Mathilde Mathieu. Près de 300 personnes ont été assignées à résidence et plus de 1 600 perquisitions ont été conduites depuis le 13 novembre : des personnes enregistrées comme « fiches S », mais aussi des maraîchers bios, des squatteurs, des militants associatifs, des activistes du climat… Un ratissage large, permettant aussi aux forces de police de régler hors procédure judiciaire de vieilles affaires (stupéfiants, petite et grand délinquance) et aux renseignements de peaufiner la surveillance de tel ou tel groupe (lire ici notre observatoire « L’état d’urgence dans tous ses états »).

L’administration est très vite allée plus loin que ce que le texte d’exception autorise. Des mouvements sociaux ont été ciblés, des territoires entiers deviennent zones interdites (c’est le cas du plateau de Saclay – lire ici). « La lutte contre le terrorisme n’est ici qu’un prétexte pour interdire toute voix dissonante. Comme nous l’avions craint, l’état d’urgence s’accompagne de mesures de plus en plus arbitraires, note ce vendredi la Ligue des droits de l’homme. Le ministre de l’Intérieur perd ses nerfs, confond et assimile le mouvement associatif au terrorisme. »

Par une circulaire du 25 novembre révélée par l'AEF, le ministère de l’intérieur tente de freiner un zèle administratif et policier produisant des incidents en série. « C’est parce que la perquisition administrative porte particulièrement atteinte aux libertés individuelles des personnes que les policiers et gendarmes sont tenus d’être exemplaires », écrit Bernard Cazeneuve. Mais les motifs de perquisition demeurent aussi larges et flous : « des raisons sérieuses de penser que le lieu est fréquenté par une personne dont le comportement menace l’ordre ou la sécurité publics. » Tout comme le simple « comportement » d’une personne peut motiver son assignation à résidence.

 

Campagne caricaturale

 

Hommage national aux victimes, vendredi aux Invalides. © Reuters Hommage national aux victimes, vendredi aux Invalides. © Reuters

 

Manuel Valls n’en a cure. Endossant le nouveau programme présidentiel énoncé devant le parlement réuni en congrès, et qui puise massivement dans les projets de la droite comme de l’extrême droite, le premier ministre est le metteur en scène de cette hystérie sécuritaire qui inquiète plus qu’elle ne rassure. « La France mènera une guerre implacable » ; « éradiquer », « anéantir » Daech ; « ennemi intérieur » ; « nous sommes tous au front » ; « cette guerre sera longue » ; « extraordinaire travail des forces de l’ordre » : Manuel Valls chef de guerre écarte toute question ou hésitation.

Toute interrogation, par exemple sur la politique étrangère de la France ou encore sur la désorganisation profonde de notre appareil de renseignement (lire Un ex-directeur de la DGSE: «On a baissé la garde sur le renseignement humain»), est aussitôt disqualifiée : pas de « culture de l’excuse », pas de « culture de la repentance ». Quand le gouvernement, après les attentats de janvier, en appelait – non sans réserves – à la société, celle-ci est désormais sifflée pour se ranger dans le rang et sommée de s’adonner à la ferveur patriotique.

 

hommage hommage

 

Le résultat ? Cette caricaturale campagne gouvernementale qui voudrait réduire notre participation à l’hommage à toutes les victimes du 13 novembre, à un drapeau bleu, blanc, rouge à télécharger et à accrocher à sa fenêtre, à un « Faites un selfie en bleu, blanc, rouge » et à une pensée Twitter en 140 signes sur le hashtag #FiersdelaFrance. Choquante, la soudaine nationalisation d’une douleur partagée par la société interroge sur les arrière-pensées politiques d’un pouvoir aux abois. « Je suis révulsé par l’étatisation de l’émotion, par son appropriation par ceux-là mêmes dont le destin politique ne tient plus qu’à son instrumentalisation permanente », note Philippe Aigrain, l’un des responsables de la Quadrature du Net.

 

Cette construction dans l’urgence d’un régime d’exception ne réglera pas la question sécuritaire. Pas plus que ne l’ont réglée les dix lois visant à lutter contre le terrorisme adoptées depuis 2001. Nos libertés menacées par l’arbitraire de l’État, notre démocratie mise sous cloche, l’effacement des repères politiques dans un pays gangréné par l’extrême droite… Ces décisions sont porteuses d’autres crises. En 1955, l'état d'urgence fut rapidement jugé insuffisant. Il fallait encore et encore élargir les pouvoirs de la police et de l'armée : ce fut, un an plus tard, les pouvoirs spéciaux. Avec ces derniers, un président du conseil socialiste, Guy Mollet, donnait le signal du naufrage de la IVe République et, avec elle, d’une gauche française déshonorée. François Hollande et Manuel Valls empruntent la même pente.

 

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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28 novembre 2015 6 28 /11 /novembre /2015 15:46

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

 

Etat d'urgence: les militants du climat sont désormais ciblés

 
 
 

Squats perquisitionnés, militants assignés à résidence durant la COP21, zones interdites, convocations au commissariat... Avant l'ouverture du sommet de Paris sur le climat, les mesures mises en place pour prévenir de nouveaux attentats sont dévoyées.

L’état d’urgence tombe comme une chape de plomb sur les militants du climat qui préparaient des mobilisations à l’occasion de la COP21, le sommet sur le dérèglement climatique qui démarre ce week-end. Avant même les attentats du 13 novembre, le gouvernement avait fait savoir qu’il renforçait le contrôle aux frontières de la France en vue du sommet sur le climat afin d’éviter la venue de militants considérés comme hostiles, mais depuis ceux-ci et surtout la mise en place de l’état d’urgence, l'étau s'est ressérré. Depuis le jeudi 26 novembre, 24 militants ont été assignés à résidence, selon un décompte de l'AFP. Au moins deux perquisitions ont eu lieu dans des squats. Une personne est en garde à vue. D’autres sont convoquées au commissariat, ou incitées à rester chez elles.

 

À Saclay, dans l’Essonne, la préfecture a entièrement bouclé la zone où des opposants aux grands projets d’infrastructures (Notre-Dame-des-Landes notamment) comptaient se rendre. Quant à la manifestation pour le climat du dimanche 29 novembre, elle est interdite dans au moins 15 villes de France, en comptant Paris : Marseille, Lyon, Grenoble, Strasbourg, Nice, Montpellier, Lille, Limoges, Le Mans, Dijon, Chambéry, Caen, Avignon, Amiens. « Quand on touche au droit de manifester, on sent vraiment l’atteinte aux libertés », a déclaré Christine Lazerges, présidente de la Commission consultative des droits de l’homme dans Libération jeudi. 

À Rennes, huit personnes ont reçu des assignations à résidence. Les trois arrêtés que nous avons pu consulter pointent tous le même motif : empêcher leur éventuelle participation à la mobilisation citoyenne interdite autour de la COP21 « compte tenu de la gravité de la menace » quils représenteraient « pour l’ordre et la sécurité publics ».

Chez Amélie*, une Rennaise de 27 ans qui se dit « proche des luttes écologiques notamment contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes», les policiers n’ont pas eu besoin de défoncer la porte jeudi 26 novembre : elle était ouverte. « Vers 11 heures, hier matin, la police est venue en force à une vingtaine avec des fusils-mitrailleurs chez nous, dit la jeune femme. Ils ont crié : "On est là dans le cadre de l’état d’urgence". J’ai vu un fusil à 20 centimètres de mon visage. Ils nous ont plaqués au sol et menottés chacun dans une pièce différente,  moi et mes deux colocataires. On ne comprenait pas ce qui se passait. En même temps, ils nous ont dit qu’ils faisaient une perquisition administrative mais ne nous ont montré aucun papier. Ils ont juste ouvert des portes, ça a duré une demi-heure, trois quarts d’heure. Puis ils m’ont remis mon assignation à domicile et sont repartis en disant : "C’est bon, on n’a pas trouvé d’arme de guerre dans votre maison". » 

 

Extrait d'une des assignations à résidence décidée contre un militant rennais Extrait d'une des assignations à résidence décidée contre un militant rennais

 

Comme les autres Rennais concernés, Amélie doit rester chez elle entre 20 heures et 6 heures du matin, pointer au commissariat central de Rennes trois fois par jour à 9 heures, 14 heures et 19 heures (y compris les dimanches et jours fériés) et ne pas sortir du « chef-lieu de résidence » sans autorisation écrite du préfet. Ces mesures vont jusqu’au 12 décembre 2015, juste après la fin de la COP21. Pratique pour quelqu’un qui, comme elle, « travaille dans un bar ». « Je suis en train de négocier avec mon employeur, mais ça me rend la vie impossible ! », dit Amélie.

« Au regard de la gravité de la menace terroriste sur le territoire national, des mesures particulières s’imposent pour assurer la sécurité de la conférence des Nations unies sur les changements climatiques, dite COP21 », indique l’arrêté du ministère de l’intérieur qui lui a été remis. Il poursuit : « Des mots d’ordre ont circulé pour appeler à des actions revendicatives violentes. » Or « la forte mobilisation des forces de sécurité pour lutter contre la menace terroriste ne saurait être détournée pour répondre aux risques d’ordre public liés à de telles manifestations revendicatives », déroule le document. 

 

Extrait d'une des assignations à résidence décidée contre un militant rennais Extrait d'une des assignations à résidence décidée contre un militant rennais
 

L’arrêté assène ensuite, sans aucune preuve, que la jeune femme « envisage de rejoindre la région parisienne pendant le déroulement de la COP21 ». Puis déroule son CV militant, tout droit sorti des fichiers des services de renseignement. « L’intéressée appartient à la mouvance contestataire radicale et fait partie d’un groupe d’individus ayant commis de graves troubles à l’ordre ou la sécurité publics », affirme le document qui pointe sa participation « aux manifestations violentes anti-NDDL [Notre-Dame-des-Landes - ndrl] du 22 février 2014 à Nantes », « aux manifestations violentes à l’encontre de la police à Pont-de-Buis les 23, 24, 25 octobre 2015 » [un week-end de débats devant l’usine de munitions Alsetex dans le Finistère - ndlr], ainsi qu’une interpellation « en Italie le 28 avril 2015 dans un squat en possession de cocktails Molotov préalablement à une manifestation NO TAV ». « Il y a donc tout lieu de penser que [sa] présence en région parisienne aux dates prévues vise à participer à des actions revendicatives susceptibles de troubler gravement l’ordre public », conclut l’arrêté, fort de cette implacable démonstration. 

Amélie ne comprend pas : « Je n’ai jamais été condamnée pour des actions violentes », même en Italie où elle a « juste été expulsée du territoire ». « 50 000 personnes ont participé à la manifestation de février 2014 contre Notre-Dame-des-Landes, relève-t-elle. Je ne vois pas ce que ça prouve, si ce n’est que je suis opposée à l’aéroport. » La jeune femme assure par ailleurs qu’elle n’avait « pas du tout prévu d’aller à Paris »

Chez plusieurs militants, la remise de l’assignation à domicile s’est, selon leurs récits, doublée d’une perquisition administrative ne disant pas son nom. Gauthier*, 30 ans, a été « plaqué au sol » par « une dizaine de policiers armés de fusils d’assaut » alors qu’il sortait de l’appartement d’amis jeudi matin « vers 10 heures ». Ce Rennais est employé dans une association « pour le développement de l’écologie en milieu urbain » qu’il préfère ne pas nommer. « Les policiers sont rentrés dans l’appartement de mes amis, l’ont fouillé et au bout de trois quarts d’heure m’ont signifié mon assignation à résidence, ainsi qu’à mes deux amis présents. » Puis les policiers l’ont, selon son récit, accompagné à son domicile où ils ont « fouillé les papiers, les livres mais sans rien emporter », toujours sans présenter d’ordre de perquisition administrative. « Ils avaient l’air de chercher des armes de guerre et des explosifs, mais en vrai ils savaient très bien qu’ils allaient chez des militants et ne trouveraient rien », dit Gauthier. 

Pour Théophile*, étudiant de 24 ans, et Sylvain*, chômeur de 24 ans, qui avaient dormi chez des amis après une soirée, la remise de l’assignation a été « un peu plus violente » et là encore prétexte à des fouilles sans présentation d’un ordre de perquisition administrative. « Les policiers nous ont réveillés à 10 heures du matin, on était encore en caleçon, raconte Théophile. Ils nous ont plaqués au sol et menottés. Ils ont mis un certain temps à nous expliquer que c’était pour des assignations à résidence. » Théophile a fini la journée au commissariat en garde à vue pour détention de cannabis, « une petite quantité pour ma consommation personnelle », dit-il.  

Au-delà du choc de voir débarquer la police chez eux, Gauthier* juge surtout « inquiétant que ce tournant sécuritaire soit bientôt inscrit dans la Constitution ». « Se permettre préventivement d’assigner à résidence sans motif des personnes considérées comme d’ultra gauche c’est un musellement de toute contestation politique », dénonce-t-il. 

Me Marie Dosé, qui défend les huit personnes assignées à Rennes, entend déposer dès vendredi soir plusieurs recours en référé-liberté et référé-suspension devant le tribunal administratif de Paris pour atteintes à la liberté de manifester, d’aller et venir et disproportion. L’avocate se dit « très inquiète » de ce détournement de l’état d’urgence pour contrôler des mouvements revendicatifs. « On est en train d’assigner des gens à résidence parce qu’on présume qu’ils pourraient avoir des velléités d’aller manifester ! », relève-t-elle. Ces mesures ressemblent fortement à l’interdiction administrative de manifester pour les personnes signalées par les services de renseignement qu’avait proposée en mai 2015 le député PS Pascal Popelin, rapporteur de la commission d’enquête parlementaire sur le maintien de l’ordre.

* Les prénoms ont été changés à la demande des intéressés.

 

Perquisition à L'Annexe au Pré-Saint-Gervais

En région parisienne, deux militants sont assignés à domicile jusqu’à la fin de la COP21, le 12 décembre. Ils doivent pointer trois fois par jour au commissariat. L’un d’eux, Joël Domenjoud, responsable de la legal team, le service d’aide juridique qui collabore avec la la Coalition climat 21, en charge de la mobilisation citoyenne pendant la COP21, habite à Malakoff. Mais le commissariat le plus proche se trouve dans une autre commune, à Vanves. Résultat : trois fois trente minutes de déplacement par jour (quinze minutes par déplacement). Son ordonnance d’assignation est fondée sur la suspicion qu’il commette des actes dangereux. Son avocate a déposé un recours en référé-liberté vendredi matin.

D'autres exemples sont relevés à Paris. Pierre, un coiffeur parisien de 26 ans, est arrivé dimanche en fin de manifestation de soutien aux migrants, alors que le cortège atteignait République. Malgré le fait qu’il n’a pas été contrôlé par les policiers, il a trouvé à son retour du travail mardi 24 novembre une convocation à se rendre à 17 heures le même jour au commissariat du IVe, boulevard Bourdon, « dans le cadre d’une enquête judiciaire pour violation de l’arrêté d’interdiction des manifestations en Île-de-France lors de l’état d’urgence ». « J’ai milité dans le cadre de mouvements sociaux et étudiants, donc j’ai déjà eu affaire aux RG, explique-t-il. Et au moins trois personnes parmi les convoqués n’étaient pas à la manifestation, ce qui laisse supposer que les policiers ont travaillé sur des fichiers. » Pierre a décidé, comme plusieurs autres convoqués, de ne pas se rendre au commissariat. « Nous appelons à continuer à manifester car c’est précisément le moment où on a le plus besoin d’entendre des voix différentes, de porter des discours critiques, estime le jeune homme. Dans tous les pays démocratiques, même en état de guerre, on peut critiquer son gouvernement et dire que le tout sécuritaire n’est pas la réponse adaptée. » 

Agathe, 26 ans et animatrice à Paris, était également présente à la manifestation de soutien aux migrants. Comme Pierre, elle estime que « tout le monde n’est pas logé à la même enseigne face à l’état d’urgence ». « Il y a plein d’événements sportifs, commerciaux et culturels qui sont maintenus, dit-elle. Les convocations, c’est un coup de pression avant la COP21, pour faire peur aux gens susceptibles d’aller manifester. »

Au Pré-Saint-Gervais, en Seine-Saint-Denis, plusieurs dizaines de gendarmes lourdement équipés et des policiers, dont certains en civil, ont perquisitionné vendredi matin pendant plus de deux heures l'Annexe, une ancienne menuiserie qui abrite des activistes écologistes, français et étrangers, en préparation de la COP21.

À cette heure-là, seuls onze militants, français et étrangers, se trouvaient dans cet ancien bâtiment industriel, occupé avec l'accord de son propriétaire. « Ils sont arrivés en mode antiterroriste, en pointant des flashballs sur nous, raconte un des militants qui se fait appeler “Camille”, prénom habituellement utilisé par les zadistes. Ils nous ont fait allonger par terre, on a été fouillés, je n'avais jamais vu ça. Les chiens ont sniffé partout. Ils cherchaient, nous ont-ils dit, des choses qui peuvent nuire à l'ordre public. Ils ont perquisitionné, n'ont rien trouvé. » 

Marc, ancien zadiste de Notre-Dame-des-Landes présent dans le bâtiment, raconte : « Ils ont vidé les effets personnels de tout le monde, relevé nos identités qui ont été vérifiées en direct à la radio. » Quelques heures avant, vers une heure du matin, Marc, sa copine, son fils et des amis avaient été contrôlés dans le quartier. « On était deux avec des dreadlocks, un avec un sarouel, ma copine fait clairement baba cool... Le contrôle a été assez musclé, en plus un d'entre nous avait une vieille cartouche de chasse sur lui, alors on nous a fait mettre contre le mur. Tout ça est franchement exagéré. » Une vingtaine de militants venus par la suite en soutien ont été eux aussi fouillés, priés de décliner leur identité, et retenus en face du bâtiment pendant une heure par les gendarmes.

Un CRS y a saisi une affiche. Dans ce local, de nombreux activistes et artistes « bricolent la scénographie » de la Zone Action Climat, un événement « d'action et d'expression » organisé par la Coalition Climat et qui sera hébergé par le Cent Quatre, lieu culturel de la Ville de Paris.

Le quartier a été bouclé et les riverains ont été priés de faire un détour. « Ce matin en emmenant mes filles à l’école vers 8 h 30, j’ai vu plein de camions de gendarmerie et des voitures banalisées de police, explique Christophe Antiphon, un voisin de L'Annexe. Toutes les rues adjacentes ont été bouclées, la circulation automobile interdite. Ça semblait un peu disproportionné. » Sur place, les gendarmes n'ont pas souhaité nous donner de précisions. « Vous n'allez pas me faire un reportage ! » nous a lancé un gendarme qui a prétendu nous interdire de prendre des photos. 

Selon “Camille”, un des policiers en civil présents vendredi lors de la perquisition était venu assister jeudi soir à l'“Annexe” à une réunion logistique de préparation de la COP21, ouverte au public. « Ce sont des techniques d'État policier, commente “Camille”. Ils profitent de l'état d'urgence pour s'assurer qu'il n'y aura pas de mobilisation sur le climat. Ils ne veulent pas que la société civile se mobilise, alors qu'ils autorisent dans le même temps des marathons et des marchés de Noël. » Vers 10 h 30, policiers et gendarmes sont ressortis des lieux. Plus d'une vingtaine de fourgons ont alors quitté le quartier en file indienne, un dispositif impressionnant. « Ils nous ont dit qu'ils allaient sur une autre opération », raconte un des occupants de l'Annexe, enfin autorisé à mordre dans une viennoiserie. 

Un groupe de 300 cyclistes belges qui souhaitaient rejoindre Paris à vélo pour participer à la marche du 29 novembre ont reçu un appel téléphonique de la police pour leur interdire d’entrer en Île-de-France. Vendredi après-midi, ils étaient encore 178 à pédaler vers la capitale, malgré deux contrôles de police.

À Rouen, cinq militants du mouvement Alternatiba ont été convoqués par la police pour leur signaler que la manifestation du 29 novembre pour le climat était interdite, selon la Coalition climat 21.

 

Le Massicot, un squat d’Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) où vivent une dizaine de personnes, a été perquisitionné jeudi 26 novembre par plusieurs dizaines de membres des forces de l’ordre, pour une part portant casques et boucliers, et pour une part en civil, à partir de 8 heures du matin. Ils appartiennent notamment à la Compagnie de sécurisation et d’intervention (CSI) du Val-de-Marne. « Je sortais pour aller au boulot, je me retourne et je vois plein de gens dehors : c’était la police », raconte une habitante. Elle poursuit : « Je leur ai dit que j’allais leur ouvrir, ils ont répondu que ce n’était pas la peine. Ils ont défoncé le portail, enlevé la porte et l’ont jetée dans le jardin. »

 

À l’intérieur, des habitants sont regroupés dans le salon, d’autres sont mis à terre. Un habitant est blessé par une “balayette” d’un agent en tombant sur une foulure en voie de guérison, selon ses colocataires. C’est le seul Noir du groupe, tiennent-ils à préciser. Il a dû se rendre à l’hôpital quelques heures plus tard. Un autre habitant, de nationalité américaine, est arrêté. Jeudi en fin de journée, ses colocataires ne parvenaient à obtenir aucune information sur sa situation, ni même sur le lieu où il était retenu.

 

La grille du squat le Massicot, à Ivry, forcée par la police le 26 novembre. La grille du squat le Massicot, à Ivry, forcée par la police le 26 novembre.


La perquisition de ce lieu ouvert à l’automne 2014 dans d’anciens locaux d’IDF Habitat a été motivée par l’état d’urgence, selon l’ordonnance remise aux occupants. Selon la police, ils sont liés à « la mouvance contestataire radicale ». Pendant près de trois heures, les agents ont dit chercher des armes et des objets pouvant servir à des actions violentes. Ils sont repartis avec plusieurs ordinateurs, des liasses de papiers et des affiches mentionnant la COP21.

 

« Quand ils les ont trouvées, on a senti un ouf de soulagement », raconte une habitante. Il s’agissait notamment d’un tract annonçant une « cantine populaire » sous le titre « Cap sur la COP21 » tenue quelques jours plus tôt. « Non à l’incinérateur ! à Ivry confluences ! à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes » peut-on y lire. Une autre affiche provient du réseau militant « anti-COP21 ». On peut y lire : « Ils ne sont pas la solution mais le problème ».

La semaine précédente, un policier des renseignements s’est rendu dans plusieurs squats d’Ivry, dont le Moulin (voir le récit qu’en a fait le site Paris.luttes.info) et le Massicot. « Il nous a demandé si nous allions accueillir des gens pendant la COP21 », se souvient une habitante. « J’ai répondu que non. Il a dit : “Si vous accueillez des black blocks, c’est le RAID qui va débarquer.” J’ai demandé ce qu’est le RAID. Il a répondu : “Vous suivez bien ce qui se passe à la télé.” » L’échange a eu lieu jeudi 19 novembre, au lendemain de l’assaut à Saint-Denis contre Abdelhamid Abaaoud, responsable présumé des attentats de Paris et Saint-Denis.

 

Exemples d'affiches saisies par la police au Massicot, le 26 novembre. Exemples d'affiches saisies par la police au Massicot, le 26 novembre.
 

Jeudi 26 novembre, les policiers n’ont trouvé qu’une dizaine de personnes au Massicot. Leurs véhicules ont aussi été perquisitionnés. Ils ont montré à un habitant une photo de leur cuisine, prise de l’extérieur, lors d’une réunion. « C’est la chorale qui chante après la distribution de légumes que nous récupérons après le marché de Rungis », commentent les colocataires. En partant, ils s’entendent dire par un agent : « Ne vous inquiétez pas, on vous a laissé le guide du RSA. »

Le même jour, deux militants ont été assignés à résidence : un habitant du squat Le Moulin, à Ivry, et le responsable de la legal team, le service d’aide juridique, liée à la Coalition climat 21, en charge de la mobilisation citoyenne pendant la COP21, Joël Domenjoud. C’est l’un de ceux qui ont déposé le référé-liberté contre l’interdiction de manifester en Île-de-France jusqu’au 30 novembre (recours rejeté par le tribunal administratif jeudi en fin d’après-midi, lire ici).

 

Ils doivent pointer trois fois par jour au commissariat (à 9 heures, 13 heures et 19 h 30), rester à domicile entre 20 heures et 6 heures du matin, et ne peuvent quitter leur ville de résidence sans autorisation préfectorale. Ces mesures courent jusqu’au 12 décembre, le lendemain de la clôture officielle du sommet. Pour leur avocate, Muriel Ruef, « ces décisions reposent sur des faits jamais examinés par un juge ». Les deux hommes pourraient faire appel de leur assignation.

Contactée par Mediapart jeudi soir, la préfecture de police n’avait pas répondu à nos questions vendredi matin. La Ligue des droits de l’homme a protesté dans un communiqué : « Le ministre de l’intérieur perd ses nerfs, confond et assimile le mouvement associatif au terrorisme. » Pour l’organisation, « si l’on avait besoin d’une confirmation que l’état d’urgence est un danger pour les libertés publiques, cette mesure en attesterait tant elle révèle que la lutte contre le terrorisme n’est ici qu’un prétexte pour interdire toute voix dissonante ».

Jeudi soir, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées place de la République à Paris contre l’interdiction de manifester. Malgré l’état d’urgence, la police était très discrète. « État d’urgence, État policier ! On nous enlèvera pas le droit de manifester », ont scandé les manifestants. À la suite d’une manifestation de solidarité avec les migrants dimanche 22 novembre, le ministère de l’intérieur a transmis les identités de 58 personnes au procureur de la République. Elles sont convoquées les unes après les autres. Deux personnes ont été placées en garde à vue, et une déférée.

La Coalition climat 21 appelle à une chaîne humaine à midi à Paris dimanche 29 novembre, à la place de la manifestation pour le climat interdite. Le convoi des ZAD, en provenance de Notre-Dame-des-Landes, est toujours interdit d'entrée à Saclay et à Paris. Le soir du 26 novembre, il se trouvait dans l'Essonne.

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 20:32

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Etat d’urgence

Perquisition administrative chez des maraîchers bio : « Ils s’attendaient à quoi, des légumes piégés ? »

par

 

 

 

Le 24 novembre, le préfet de Dordogne a ordonné la perquisition d’une ferme du Périgord vert. À la recherche de « personnes, armes ou objets susceptibles d’être liés à des activités à caractère terroriste », les gendarmes ont fait chou blanc. Sur les 1 233 perquisitions administratives menées en France, les abus commencent à s’accumuler.

 

La ferme d’Elodie et Julien, à mi-chemin entre Périgueux et Angoulême, figure dans une plaquette de l’office de tourisme au chapitre « vente directe de fruits et légumes ». Il faut croire qu’on la trouve aussi dans les petits papiers du préfet de Dordogne. Mardi matin à 7 h 20, depuis sa chambre avec vue sur l’arrière de la maison, un ami hébergé par le couple entend des claquements de portières et aperçoit la lumière de lampes torches. C’est une perquisition administrative. « Quand on est descendus, les gendarmes étaient déjà dans la cuisine », raconte Elodie, 36 ans. Elle ne sait pas si l’ami « a ouvert ou s’ils sont entrés tout seuls », de toute façon « la porte était ouverte ». Devant elle et son compagnon Julien, 34 ans, s’alignent « une dizaine » de gendarmes de Nontron, Ribérac et Verteillac.

 

Comme les maraîchers bio demandent des explications, les forces de l’ordre invoquent l’état d’urgence et leur montrent un ordre de perquisition signé par le préfet Christophe Bay (voir ci-dessous). Selon ce papier, faisant référence aux attentats du 13 novembre et à « la gravité de la menace terroriste sur le territoire national », « il existe des raisons sérieuses de penser » que, chez eux, « peuvent se trouver des personnes, armes ou objets susceptibles d’être liés à des activités à caractère terroriste ». « Ils s’attendaient à quoi, des légumes piégés ? », plaisante Elodie après coup. Installés depuis trois ans et demi en Dordogne, Julien et sa compagne ont une fille de deux ans, vendent des légumes de saison à Biocoop et le samedi au marché.

 

« Le G8, les manifestations pour l’environnement, ça ne vous dit rien ? »

Pendant deux heures quarante, les gendarmes fouillent chaque pièce en regardant « dans les placards, les coffres, la bibliothèque, les recoins, les boîtes », détaille Elodie. Ils semblent « très intéressés par les petits carnets, les coupures de presse. Les livres, moins. » Et demandent quelle surface fait la ferme, s’il y a des appentis. L’un d’eux prend les choses particulièrement au sérieux. « Il nous dit : “le G8, les sommets européens, les manifestations pour l’environnement, ça ne vous dit rien ?”, et mentionne aussi la COP 21. Visiblement, la perquisition a un rapport avec nos activités militantes. »

 

Cette impression se confirme lorsque les gendarmes évoquent enfin «  un truc tangible », une action à laquelle Elodie et Julien ont participé il y a trois ans contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes : le blocage du péage autoroutier de Mussidan. « Je ne pense pas avoir fait une seule manif depuis », résume la maraîchère. «  La petite a deux ans. Je ne veux pas jouer la Sainte Nitouche, mais manifestation ou pas, qu’est-ce qui justifie ça ? » Le gendarme zélé explique aux habitants de la ferme « qu’avec l’état d’urgence, tout rassemblement est interdit, et qu’organiser une manifestation est illégal ». Elodie demande : « Si vous trouvez un papier disant que j’organise une manifestation, vous m’arrêtez ? » La réponse est oui. Mais ils ne trouvent rien de tel.

 

Les ordinateurs de la maison sont raccordés « à un appareil qui ressemblait à un disque dur externe, apparemment pour en copier le contenu », sans même avoir besoin de demander les mots de passe. « Il y a un ordi sous Ubuntu [un système d’exploitation libre, ndlr] , et, là, ça n’a pas marché. » « Ils ont aussi branché les téléphones portables à une machine, en expliquant que le logiciel se déclenchait en fonction de mots-clés. » Un gendarme s’autorise une petite impertinence : « Je suis pas sûr que ça marche avec le péage de Mussidan. »

 

« Ils nous parlent d’extrême gauche et sous-entendent qu’on est islamistes ? »

Lorsqu’ils tombent sur des autocollants de la CNT, les gendarmes demandent de quoi il s’agit. « C’est mon syndicat », répond Elodie, affiliée à la Fédération des travailleurs de la terre et de l’environnement. Pas de questions supplémentaires sur ce point. L’ami hébergé est fouillé sans insistance. Le matériel agricole ne semble pas non plus susciter leur curiosité. La conversation prend un tour plus inquiétant quand les gendarmes voient écrit « Bruxelles » dans un carnet et sur la carte d’identité de Julien, qui a travaillé en Belgique où il a encore des amis. Ils veulent savoir si le couple y va souvent. Ce signe de fébrilité agace Elodie : « On parle de quoi là ? Ils nous parlent d’extrême gauche et d’un coup sous-entendent qu’on est islamistes ? On ne sait pas ce qu’ils cherchent. » Pour seule réponse, les habitants récoltent un « voyez ça avec le préfet, nous on exécute les ordres ».

 

À 10 heures, après avoir fait signer un compte-rendu de perquisition reconnaissant qu’ils n’ont rien trouvé, les gendarmes repartent comme ils sont venus. Les maraîchers pensent quand même « qu’il faut que ça se sache ». Comme beaucoup de militants, ils craignent les conséquences de l’état d’urgence. « C’est vrai que notre préfet a la réputation d’être un peu rigide. Mais là on s’aperçoit que dès que la loi le permet, des individus se sentent libres de faire ce qu’ils veulent sur leur territoire. Visiblement, la brèche est ouverte. »

 

1 233 perquisitions, 165 interpellations, 142 gardes à vue, 230 armes saisies

La préfecture, que nous avons contactée, refuse de commenter ce cas particulier. « Nous préparons un communiqué de presse pour la fin de la semaine sur le nombre de perquisitions administratives, mais rien d’autre », nous répond-on. Lundi, un premier bilan départemental avait été rendu public : 26 perquisitions administratives en Dordogne depuis l’entrée en vigueur de l’état d’urgence, dans la nuit du 13 au 14 novembre. Une arme de collection, détenue illégalement, a été remise aux gendarmes et détruite. Impressionnant bilan pour la Dordogne.

Sur l’ensemble du territoire, on dénombrait mardi 1 233 perquisitions administratives, conduisant à 165 interpellations, dont 142 gardes à vue, et la saisie de 230 armes. Un certain nombre d’abus et de bizarreries sont déjà signalés : citons par exemple une fillette de 6 ans blessée à Nice, un TGV évacué pour un film d’action, un trompettiste retenu sans motif Gare du Nord, un restaurant investi par la police en plein service… Au point que les recensions de ces dérapages ont été systématisées par La Quadrature du Net et remplissent les pages des journaux.

Le ministre de l’Intérieur croit-il désormais ce qu’il lit dans la presse ? Ce mercredi, Bernard Cazeneuve a annoncé qu’il allait envoyer une circulaire à tous les préfets « pour que ces perquisitions se fassent, même si on est dans un état d’urgence, dans le respect du droit ». C’est sûr que si personne ne prévient les préfets que les droits doivent être respectés…

 

Camille Polloni

 

Photo d’illustration : CC Philippe Leroyer (manifestation lycéenne à Paris, en avril 2008)

 

 

À lire aussi :
- « Il faut être clair : un monde a pris fin, il n’y aura pas de retour en arrière »
- Le pétrole, le coton ou le phosphate de l’Etat islamique sont-ils vendus en Europe ?
- « Modifier notre Constitution sur injonction de Daech, c’est donner aux terroristes la victoire qu’ils espèrent »
- Face à la tentation de la haine et aux rumeurs, cette France qui résiste aux amalgames
- Face à l’état d’urgence et à la stigmatisation, les quartiers populaires toulousains en quête d’alternatives

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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 18:35

 

Source : http://www.franceinter.fr/emission-le-telephone-sonne-leconomiste-frederic-lordon-face-aux-auditeurs

 

 

par Nicolas Demorand
du lundi au jeudi de 19h15 à 20h

 

l'émission du jeudi 26 novembre 2015

L'économiste Frédéric Lordon face aux auditeurs

 
 
 

L'économiste Frédéric Lordon face aux auditeurs

 

Frédéric Lordon

Economiste et sociologue, directeur de recherches au CNRS et chercheur au Centre de sociologie européenne (CSE).

Il est membre du collectif "Les économistes atterrés", et l'auteur de On achève bien les Grecs : chroniques de l'Euro 2015 (Les liens qui libèrent, 2015).

 

Frédéric Lordon © Radio France - 2015

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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 18:06

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

Les recettes pour devenir autonome

26 novembre 2015 / Jean-Pierre Tuquoi (Reporterre)
 

 

 

La jeune maison d’éditions Ypy Pyp propose une quinzaine de fiches pour mettre l’autonomie à la portée de chacun : faire du feu, construire sa maison, réussir un compost, reconnaître les plantes sauvages, etc.

 

Qui n’a pas rêvé d’être autonome et de vivre de façon agréable en tirant profit des ressources de la terre mais sans la saccager ni imposer lourdement notre présence ? C’est ce rêve enfoui au cœur de chacun que proposent de concrétiser les toutes jeunes éditions Ypy Pyp avec, en quelque sorte, des fiches cuisine sur l’autonomie appliquées à vie quotidienne.

En suivant pas à pas leurs recommandations, construire une maison minuscule (tiny house), un four solaire ou des toilettes sèches est à la portée des moins bricoleurs, produire son électricité s’apparente à un jeu d’enfant, réussir un compost, composer un jardin luxuriant, faire du pain ou des fromages végans, se nourrir sans gluten tous ces exploits de la vie quotidienne paraissent à portée de main.

La collection des fiches – aujourd’hui une quinzaine mais d’autres viendront sans doute s’y ajouter – est éclectique en diable. Les titres concernent aussi bien les champignons (Je cultive mes champignons à la maison) que les cosmétiques bio, l’art de faire du feu en pleine nature ou de bâtir un igloo en terre (une kerterre). Des fiches permettent de savoir reconnaître les plantes sauvages dans la nature tandis que d’autres promettent de « soulager (les) maux par simple pression des doigts », de créer « un jardin luxuriant en recyclant (les) eaux usées » ou de maîtriser « l’art du souffle ».

 

Alimenter une illusion et nourrir un rêve

Chaque fiche (format 30 cm x 40 cm) pliée en trois marie texte et illustrations. Celles-ci sont des aquarelles magnifiques avec un trait précis et des couleurs douces. Les textes, eux, sont denses et précis. Rédigés par des spécialistes qui le plus souvent réussissent à résumer avec le minimum de mots des années d’expérience et de pratique, disent l’essentiel. En cas de doute ou lorsque les explications paraissent insuffisantes, le lecteur peut compléter le continu de la fiche cuisine en allant sur l’Internet. La plupart des auteurs ont développé leur spécialité sur un site, le leur ou celui d’une association. La fiche, alors, se transforme en porte d’entrée…

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Devenir autonome, fiches pratiques, éditions Ypy Pyp, format 30 cm x 40 cm, 3,90 euros l’unité

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

 

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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 16:49

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

Cette nouvelle mesure anti-évasion fiscale adoptée par les députés en commission

 
 
 
 
Hier soir, les députés réunis en commission des Finances ont soutenu un amendement pour introduire la publicité du reporting pays par pays. Un mécanisme qui pourrait permettre à la France de mener efficacement son combat contre l'évasion fiscale.
 

 

NICOLAS MESSYASZ/SIPA
 
 

Un outil majeur contre l'évasion fiscale. Hier, les députés ont adopté en commission des Finances un amendement sur la publicité du reporting pays par pays. Un nom compliqué pour une mesure essentielle dans la lutte contre l’évasion fiscale des multinationales. La publicité du reporting pays par pays consiste à obliger les entreprises à rendre publics des élements d'information sur leurs activités et les impôts qu’elles paient dans chacun des pays où elles sont présentes. Comme le nom de leurs implantations et la nature de leurs activités, leur bénéfice, le nombre de leurs filliales ou encore les subventions publiques reçues. Des données qui permettent in fine de savoir si ces entreprises s'acquittent bien des impôts à hauteur de leurs activitées réelles et donc de mettre à jour un éventuel mécanisme d'évasion fiscale.

Pour le député socialiste Pascal Cherki qui a défendu cet amendement en commission des finances, c'est un pas "important qui a été franchi. C'est un combat mené depuis longtemps par les députés socialistes, écologistes, communistes et par les associations de lutte contre l'évasion fiscale dans la lutte pour la transparence", se félicite-t-il auprès de Marianne. Mais la partie n'est pas encore finie. Cet amendement qui a reçu un avis favorable de la part de la commission des Finances doit maintenant être voté en séance, lors des discussions sur le projet de loi de finances rectificative. "La balle est dans le camp du gouvernement maintenant", prévient le député socialiste qui n'envisage pas qu'il ne puisse être voté : "Si on ne le vote pas à l'Assemblée nationale, alors que l'on a été un moteur sur cette question pour les banques, les industries minières, que l'on a poussé l'Europe à se positioner, la France se retrouvera à la traîne dans le combat pour la transparence fiscale ".

 
 

Adoption par la Commission des Finances de la publicité du reporting pays par pays. Un grand moment !

 
 

Pour Manon Aubry, porte-parole de Oxfam France, c'est aussi "une bonne nouvelle car on revient de loin". En effet, alors que la France, au début du quinquennat de François Hollande était "championne dans le combat contre l'évasion fiscale, il y a eu un temps d'arrêt à partir de 2014", regrette-t-elle. Et de rappeler que le 12 novembre dernier, un sous-amendement porté par le groupe écologiste introduisant la publicité du reporting pays par pays. "La publicité de ces informations pourrait permettre une véritable avancée dans la lutte contre l'évasion fiscale. Jusqu'à présent, l'idée est de réserver ces informations aux administrations fiscales, sauf que l'on a pu le constater avec l'affaire du "luxleaks", on ne peut pas toujours leur faire confiance. De toute manière, elles n'ont pas forcément la capacité d'analyser l'ensemble de ces informations. La publicité, pourrait vraiment changer la donne et faire évoluer le comportement des entreprises", se réjouit-elle

Autre objet de satisfaction, le travail de concert fait entre les politiques et les acteurs de la société civile. "Sans l'expertise de la plateforme de lutte contre l'évasion fiscale qui réunit différentes associations, on n'en serait pas là", rappelle le député Cherki. Même impression pour la porte-parole de Oxfam France : "C'est un bon exemple du rôle complémentaire de la société civile avec les politiques. Mais je reste aussi prudente, cet amendement doit encore passer en discussion à l'Assemblée la semaine prochaine. Rien n'est donc joué."

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 16:28

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

« Taxons enfin les Gafa » : le Sénat vote contre les profits détournés

 

Copiant le Parlement britannique, les sénateurs viennent d’adopter une mesure pour taxer les profits des géants du Net and co détournés via un montage de filiales ou vers des paradis fiscaux. Encore faut-il arriver à bien les identifier.

 

Tremblez, champions de l’optimisation fiscale. Les fameux Gafa (Google, Apple, Facebook, Amazon) n’ont qu’à bien se tenir  : le Sénat vient de voter, lundi 23 novembre au soir, une mesure destinée à en finir avec les resquilleurs.

C’est un amendement (n° I-347 rectifié) au projet de loi de finances, présenté par le sénateur socialiste du Finistère François Marc, soutenu par l’ensemble du groupe socialiste, qui a été «  adopté par une écrasante majorité au Sénat  », écrit la sénatrice de Paris Marie-Noëlle Lienemann sur son blog.

L’objectif est de «  réintégrer les profits détournés dans l’assiette de l’impôt  » de ces «  entreprises déloyales  ». Le sénateur a expliqué l’esprit du texte  :

«  De nombreuses entreprises détournent aujourd’hui les bénéfices qu’elles réalisent dans un pays en payant des licences ou des redevances disproportionnées à des sociétés-mères localisées dans des paradis fiscaux. Ces paiements colossaux ne correspondent à aucune activité économique réelle. Ils n’ont comme seul objectif que d’éviter à ces entreprises de payer des taxes et des impôts dans les pays où elles exercent leur activité.

Ce détournement de profits se fait au détriment de l’Etat, des services publics, des entreprises locales concurrentes et des citoyens. Des géants du fast-food à ceux de l’Internet, les exemples ne manquent pas depuis cinq ans.  »

 

Capture d'écran de l'amendement N° I-347 rect.

Capture d’écran de l’amendement N° I-347 rect.
 

Il s’agit des fameux montages d’optimisation fiscale appelés «  double irlandais  » et «  sandwich hollandais  » – très bien décrits dans le rapport sur la fiscalité du numérique de Pierre Collin et Nicolas Colin [PDF, page 33] et pratiqués par :

« Toutes les grandes entreprises américaines de l’économie numérique : c’est le cas, en particulier, de Google, Apple, Amazon, Facebook et Microsoft. »

Cette société financière suisse décrit à merveille ce tour de passe-passe «  100% légal  » tellement pratique dans une vidéo  :

 

Le « Double irlandais » et le Sandwich néerlandais

 

Logo bleu-blanc-rouge vs les impôts

Ce sont bien les gros poissons qui sont dans le viseur  : le texte ne s’applique pas aux PME ou aux start-up réalisant moins de 10 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel lié à la France («  ou dont les charges annuelles liées à la France sont inférieures prises ensemble à 1 million d’euros  », dixit l’amendement).

En séance, Marie-Noëlle Lienemann a appelé les sénateurs à se mobiliser, contre l’avis du gouvernement et de la commission des finances  :

«  Votons enfin un dispositif efficace pour taxer les Gafa. Je me réjouis qu’ils affichent leur solidarité à notre égard après les attentats en parant de bleu-blanc-rouge leur logo ; je leur demande encore un effort : payez vos impôts en France !  »

Un argument pas mal entendu sur Twitter depuis les attentats, par exemple ici  :

 

Merci Apple, c'est gentil. Après, si tu pouvais payer tes impôts en France on pourrait payer les policiers. Bisous.

 
 

La sortie de la sénatrice a été applaudie selon le compte-rendu [PDF] des débats (ce n’est pas très audible dans la vidéo). En tout cas, la mesure fait consensus. Si le rapporteur déconseillait de faire «  cavalier seul  », sur le mode «  mieux vaut promouvoir la coopération au niveau de l’OCDE  » (dont les membres ont adopté le plan de lutte contre l’évasion fiscale à Lima en octobre, suivis du G20 il y a dix jours), l’argument a été balayé dans son propre camp par le sénateur Les Républicains Roger Karoutchi  :

«  Adopter cet amendement ne gênera pas l’avancée des négociations. »

Le sénateur socialiste Richard Yung a conclu les discussions en avançant :

«  Il y a une grande impatience chez nos concitoyens. Je pense à Booking, qui déclare en France un chiffre d’affaires de 100 millions d’euros quand la réalité est plus proche d’un milliard. »

Amendement adopté au Sénat contre l’évasion fiscale des grands groupes
23 novembre 2015
 
 

Copié-collé de Cameron

Cet amendement doit encore être adopté par l’Assemblée nationale, qui prend au sérieux le sujet. Il y a deux semaines, les députés ont voté l’obligation pour les grandes entreprises de détailler leurs bénéfices pays par pays pour lutter contre l’optimisation fiscale, sous peine d’une amende de 100 000 euros (au maximum).

Selon l’ONG Tax Justice Network, les entreprises américaines se livrant à ces pratiques de cache-cache fiscal ont privé la France de plus de 4 milliards d’euros de recettes rien qu’en 2012. Un autre rapport, rédigé par les députés Marc Laffineur et Isabelle Bruneau, présenté début octobre, évalue le manque à gagner de l’évasion fiscale entre 2% et 3% du PIB, «  soit pour la France 40 à 60 milliards d’euros  ».

Le texte adopté par les sénateurs est un copié-collé (ou presque) de celui du gouvernement Cameron, pourtant adepte des taux d’impôt attractifs. L’amendement ne se cache pas d’ailleurs d’être «  calqué sur le régime mis en place par la partie 3 de la loi de finances 2015 du Royaume-Uni  », en mars dernier, que les Britanniques ont surnommé la « taxe Google » (en réalité elle s’appelle la «  Diverted Profits Tax  »).

La Grande-Bretagne avait voulu taper du poing sur la table après le tollé provoqué par la révélation des impôts ridicules payés par des grandes multinationales américaines comme Starbucks ; récemment on a appris que Facebook n’avait payé que des cacahuètes (moins de 5 000 livres sterling) d’impôt sur les sociétés l’an dernier. Le chancelier de l’Echiquier (le ministre britannique des Finances), George Osborne, avait promis de s’attaquer à ces mauvaises pratiques. Sa nouvelle taxe doit rapporter plus d’un milliard de livres (1,3 milliard d’euros) sur les cinq prochaines années.

Plus facile à dire qu’à faire cependant. Comme en Grande-Bretagne, la difficulté sera d’évaluer ces bénéfices détournés. Le texte français reprend l’idée revenant à présumer un «  établissement stable  » dans l’Hexagone lorsque l’entreprise domiciliée à l’étranger «  conduit en France une activité pour la vente de ses produits ou services et que l’on peut raisonnablement considérer  » que le montage a pour objet «  d’éviter une domiciliation de la personne morale concernée en France  ».

Limite non négligeable du texte par rapport à nos voisins, le Sénat n’a pas prévu de sanction, craignant de se faire retoquer au Conseil constitutionnel, comme cela avait été le cas il y a deux ans sur la notion d’« abus de droit fiscal » comme le rappelle le juriste Jean-Baptiste Soufron sur son blog.

Reste à voir si les députés voudront eux aussi en finir avec les ruses des Gafa.

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social
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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 16:16

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

Climat d’insécurité

LE MONDE | • Mis à jour le | Par

 

 

 

Sur l'île yéménite de Socotra, en novembre 2015.

C’était bien évidemment la question piège. Samedi 14 novembre, sur la chaîne de télévision CBS, l’animateur du débat entre les prétendants à l’investiture démocrate pour l’élection présidentielle américaine a demandé à Bernie Sanders s’il pensait toujours que le changement climatique était « la menace la plus importante pour la sécurité des Etats-Unis », comme il l’avait déclaré quelques semaines auparavant. La question est presque rhétorique. La veille, Paris était ensanglantée par des attaques terroristes d’une brutalité inédite en France. L’« urgence climatique » semble reléguée, depuis, à une question vaguement subsidiaire.

 

Bernie Sanders a pourtant répondu qu’il maintenait « absolument » son opinion. « En fait, le changement climatique est directement lié à l’augmentation de la menace terroriste (…), a-t-il expliqué. Si nous n’écoutons pas ce que les scientifiques nous disent, nous allons voir des pays tout autour du monde c’est ce que dit la CIA se battre pour l’accès à l’eau, pour l’accès aux terres arables, et nous verrons surgir toutes sortes de conflits. »

Tirer un lien entre sécurité et changement climatique en fait sourire certains. Ce lien est pourtant une certitude, et une certitude suffisamment incommodante pour être systématiquement oubliée et régulièrement redécouverte.

 

« Multiplicateur de menaces »

En mars 2008, le haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité transmettait aux Etats membres un rapport sans ambiguïté sur le sujet. Sept ans après sa rédaction, force est de constater son caractère prémonitoire. Le texte estimait que le réchauffement agit comme un « multiplicateur de menaces » dans des zones déjà traversées par des tensions sociales, politiques, religieuses ou ethniques.

 

« Les changements climatiques risquent d’avoir, à l’avenir, des incidences sur la stabilité sociale et politique au Proche-Orient et en Afrique du Nord », détaillait le rapport, qui pointait « les tensions liées à la gestion des ressources hydriques de la vallée du Jourdain et du bassin du Tigre et de l’Euphrate, qui se raréfient » et l’aggravation de ces tensions par l’augmentation des températures.

Il mettait aussi l’accent sur « une augmentation sensible de la population du Maghreb et du Sahel » au cours des prochaines années qui, combinée au changement climatique et à la diminution des surfaces agricoles, pourrait entraîner une « déstabilisation politique » et « accroître les pressions migratoires ». Même alerte sur le Yémen.

De manière troublante, presque toutes les zones identifiées en 2008 comme les plus sensibles au réchauffement – de la Mésopotamie au Levant en passant par le Yémen, le Sahel et l’Afrique du Nord –, ont basculé sept ans plus tard dans l’instabilité ou le chaos, chaos dont les attentats du 13 novembre sont le monstrueux rejeton.

Le cas syrien, en particulier, a fait l’objet de plusieurs travaux, cherchant la part prise par le climat dans la situation actuelle. Francesca de Châtel (université Radboud de Nimègue, aux Pays-Bas), spécialiste des questions de gestion de l’eau au Proche-Orient, en a livré une chronique saisissante, publiée en janvier 2014 dans la revue Middle Eastern Studies. Le scénario combine un cauchemar environnemental à une incurie à peu près totale du gouvernement syrien dans la gestion de ses conséquences.

Entre 2007 et 2010, favorisée par le réchauffement en cours, une sécheresse d’une sévérité jamais vue depuis le début des relevés météorologiques s’installe sur la région. Les Nations unies estiment que 1,3 million de Syriens en sont affectés. En 2008, pour la première fois de son histoire, la Syrie doit importer du blé. L’année suivante, plus de 300 000 agriculteurs désertent le nord-est du pays faute de pouvoir poursuivre leur activité. Car non seulement il ne pleut pas, mais un grand nombre de nappes phréatiques, surexploitées depuis les années 1980, sont à sec… En 2010, 17 % de la population syrienne est en situation d’insécurité alimentaire.

Bien sûr, les déterminants environnementaux n’invalident nullement les autres – religieux, politiques, ethniques, etc. –, habituellement mis en avant. Mais leur rôle est clair : comment penser que la destruction partielle de la production primaire d’un pays puisse être sans effet aucun sur sa stabilité et la sécurité de ses voisins ?

 

Grilles de lecture

Dans une étude publiée en mai dans Journal of Development Economics, Matthias Flückiger et Markus Ludwig, de l’université de Bâle, en Suisse, donnent une illustration extraordinaire de ce lien entre environnement et sécurité. Les deux économistes ont analysé les données relatives aux actes de piraterie au large d’une centaine de pays, et à l’abondance de plancton dans les mêmes eaux. Selon leurs calculs, lorsque la quantité de plancton baisse de 10 %, le nombre d’actes de piraterie augmente d’autant…

Parce qu’elle est étrangère à nos grilles de lecture habituelles, cette corrélation peut surprendre, mais elle n’est pas si étonnante. Le plancton – affecté par le réchauffement – forme le socle de la chaîne alimentaire marine : lorsqu’il vient à manquer, ce sont les pêcheries qui trinquent. Les pêcheurs se retrouvent alors avec des bateaux qui ne peuvent plus servir à pêcher. Il faut donc trouver une autre activité permettant de les amortir, et la piraterie en est une.

En frappant Paris le 13 novembre, l’organisation Etat islamique (EI) a remis le court terme au centre de l’agenda politique. La conférence décisive sur le climat, qui doit s’ouvrir le 30 novembre dans la capitale française, est passée au second plan. Pour la lutte contre le réchauffement, c’est une mauvaise nouvelle. On aura compris que, pour l’EI et tous ceux qui prospèrent sur le désespoir des plus pauvres, c’est une formidable victoire.

 
 Stéphane Foucart

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 14:30

 

Quelques liens :

http://marchemondialepourleclimat.org/fr/

http://coalitionclimat21.org/

http://marchesurlacop.noblogs.org/

https://www.facebook.com/events/832275816805963/

 

 

                                                                      ***************************

 

dimanche 29 novembre 2015 à 10h

 

Marchez pour le climat !

 

Le 29 novembre 2015, veille de l'ouverture de la COP21, une Marche Mondiale pour le Climat est organisée dans de nombreuses villes du monde et de France

afin de contraindre les états à agir radicalement contre le réchauffement climatique, dénoncer les activités prédatrices des multinationales et leurs conséquences pour les populations et les éco-systèmes et apporter des solutions alternatives pour une véritable transition.

L'association St Hilaire Durable, en lutte contre un projet de golf-immobilier à St Hilaire de Brethmas, a choisi cette date pour organiser une marche qui partira d'Alès pour se rendre

sur la ZAD golfique de St Hilaire

Gaspillage de la ressource en eau, destruction de terres agricoles, multiplication des déplacements par la création d'un urbanisme excentré, morcellement des territoires,

ce projet, porté par Alès Agglomération, est éminemment néfaste pour le climat et notre territoire.

Votre association/collectif est invité(e), au travers de tous ses adhérents et sympathisants, à participer à cette marche.

 

 

 

le 29 novembre,

A pied et à vélo,

marchons ensemble d'Alès à St Hilaire !

10h : Rassemblement sur le parvis de la mairie d'Alès puis marche jusqu'à St Hilaire de Brethmas

12h30 : Arrivée-Rassemblement sur la ZAD golfique de St Hilaire pour un pique-nique géant

sur place : stands, interventions, débats

Nous vous demandons de bien vouloir nous faire savoir, par retour, si votre association participera à la marche et si elle souhaite apparaître comme soutien de cet événement.

 

pièce jointe: application/pdf

 

 

                                                                 **********************

 

 

Source : http://www.lexpress.fr

 

 

 

COP21: faute de marche pour le climat, les ONG se mobilisent autrement

 

Par avec AFP, publié le 23/11/2015 à 17:11

 

 

 

Une manifestation géante avait eu lieu à New York en septembre 2014 lors du sommet Climat à l'ONU. A Paris, la grande marche pour le climat, en marge de la COP21, est interdite pour cause d'attentats.

 

Une manifestation géante avait eu lieu à New York en septembre 2014 lors du sommet Climat à l'ONU. A Paris, la grande marche pour le climat, en marge de la COP21, est interdite pour cause d'attentats.

 

REUTERS/Adrees Latif

 

 

Pour des raisons de sécurité après les attentats de Paris, la société civile sera privée des grands rassemblements des 29 novembre et 12 décembre, initialement prévus dans la Capitale, en marge de la COP21. Quelles alternatives pour les ONG?

 

Comment se faire entendre sans manifester? La société civile, qui devait être une actrice majeure de la COP21 à Paris, est privée de la grande marche pour le climat prévue le 29 novembre et probablement de l'"action de masse" organisée le 12 décembre prochain. "L'exigence de sécurité s'impose", a fait savoir la présidence de la COP21, quelques jours après les attentats du vendredi 13 novembre. Le risque: que le sommet s'enferme dans un huis clos diplomatique. A côté de quelques appels à la désobéissance, les 130 ONG réunies sous la bannière "Coalition climat 21"cherchent à raviver la mobilisation citoyenne par d'autres biais. 

 

>> Quelle sécurité pour la COP21 après les attentats? 

 
 

Des chaussures pour le climat

Les marcheurs avaient initialement rendez-vous le dimanche 29 novembre à 12h, à Paris, sur la place de la République, entièrement dédiée à la mémoire des victimes, à proximité des lieux des fusillades. "Nous ne pourrons pas manifester en personne, mais nous pouvons encore nous assurer que notre message y sera entendu", espère l'organisation Avaaz, qui veut "recouvrir la place et les rues avoisinantes de chaussures, qui symboliseront chacun de nos pas". 

"La négociatrice en chef pour la France lors de la COP21, Laurence Tubiana, déposera même ses Converse", se félicite une membre de l'organisation, Marie Yared. Pour l'imiter, il est d'ores et déjà possible d'envoyer sa paire de chaussures par La Poste ou de la déposer sur place. Pour que la marche de Paris existe un peu quand-même, au moins virtuellement, un parcours visuel et sonore devrait être installé le long du parcours. "Nous allons la faire vivre d'une manière artistique", assure Alix Mazounie, pour Réseau action climat. 

 

Plan B in Paris: Fill the Place de la République with shoes! https://secure.avaaz.org/fr/paris_march_next_steps_/ 

 

 

Une marche par procuration

 

Paris ne devait pas manifester seule, loin s'en faut. La grande marche pour le climat devait mobiliser les citoyens dans des centaines de villes dans le monde. S'il semble difficile de les maintenir à Beyrouth ou Bamako, elles aussi meurtries récemment par le terrorisme, ces "Global Climate March" devraient fleurir sur tous les continents comme prévu.  

Les marcheurs "empêchés" y seront représentés par procuration, grâce à un site qui doit être lancé ce mercredi: March4me.org. "Là où les manifestations sont maintenues, ailleurs en France et dans le monde, chacun pourra endosser le nom d'une personne qui souhaitait défiler à Paris et qui se sera inscrite sur le site, explique Benoit Hartmann, de France nature environnement. Une façon de satisfaire l'énorme envie de manifester pour le climat". 

 

La marche climat n'aura pas lieu, mais la mobilisation continue sur le digital ! #

 

 

March for everyone & everything that can't, we're all in this together. pic.twitter.com/dEEpPrbJlC

 
 

D'autres rendez-vous à Paris et près de Paris

D'autres actions sont maintenues à Paris ou à proximité. La Conférence de la Jeunesse, COY11, doit se tenir du 26 au 28 novembre au Parc des Expositions de Villepinte. L'"espace Génération climat" est maintenu au Bourget, où est confiné le pan diplomatique de la COP21. Ce dernier rendez-vous est un peu trop "officiel" au goût des ONG, qui avaient déjà lancé un certain nombre de rassemblements "off" dans ce festival pour le climat, note Slate

Le sommet citoyen de Montreuil propose débats, projections, ateliers... les 5 et 6 décembre. A proximité de la Gare du Nord, "The Place to Be" se veut un "média center" alternatif. La Villette organise le 5 décembre également une plantation citoyenne avec la militante indienne Vandana Shiva. Et le CentQuatre accueille la Zone d'Action pour le Climat du 7 au 11 décembre, dans le 19e arrondissement de Paris. Nicolas Hulot y est attendu le 8 décembre, puis Naomi Klein le 10 décembre... L'activiste devrait y répéter ce qu'elle a écrit dans le Guardian. Pour elle, l'annulation des marches à Paris est l'illustration même de l'injustice liée au changement climatique: "Ceux qui font face aux pires conséquences du changement climatique n'ont presque pas voix au chapitre dans les débats." 

 

En route pour Ostende avec le Climate Express

Le Climate Express devait permettre à 10 000 Belges de se rendre à la COP21 de Paris, en vélo, en bus ou en train. Et si les Français le prenaient "en sens inverse", suggère Libération. Compte tenu de la tension et des risques dans la capitale belge, c'est vers Ostende que les regards se tournent désormais. La ville a dit "oui" à la Coalition Climat belge qui espère créer un "rassemblement sur la plage".  

 

Marche pour le climat à Paris annulée, mais . Le 29 novembre, soyons plus de 10.000 à Ostende!

 
 

Un signe distinctif dans les rues et sur Internet?

Un signe distinctif va être créé, à l'instar du coeur vert utilisé lors de la manifestation géante à New York en septembre 2014 lors du sommet climat à l'ONU. L'idée: l'arborer sur les vêtements, dans les vitrines des magasins, aux balcons, etc. Reste à savoir à quoi il ressemblera, s'il fera écho au logo officiel de la COP21 ou plutôt aux symboles nés après les attentats du 23 novembre. Et s'il aura du succès sur les réseaux sociaux, autre lieu de mobilisation citoyenne. 

Source : http://www.lexpress.fr

 

 

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