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17 décembre 2015 4 17 /12 /décembre /2015 22:48

 

Source : http://rue89bordeaux.com

 

 

Supercoop, tête de gondole hyper coopérative

 
 

Un rayon du supermarché coopératif de New-York (DR)

Un rayon du supermarché coopératif de New-York (DR)

 

Pour manger mieux, moins cher et démocratiser l’accès à une nourriture de qualité, des Bordelais veulent créer un supermarché où les clients seront aussi les patrons. Le projet, porté façon sociocratie par une association, avance lentement mais sûrement au fil des permanences et des réunions.

« Le supermarché coopératif, c’est un peu l’Amap version 2. 0″ lance Anne Monloubou. La présidente des Amis de Supercoop a déjà deux créations d’Amap (association pour le maintien de l’agriculture paysanne) à son actif mais « ce système a des limites », selon elle :

« C’est compliqué, pas très souple, la gamme de produits est limitée, ça prend du temps et quand on se retrouve avec 10 radis noirs, c’est un peu embêtant. »

Aussi lorsqu’une amie installée à New York lui parle du Park Slope Food Coop, un supermarché géré par des consommateurs, c’est le déclic.

Le PSFC, installé dans le quartier Brooklyn, existe depuis 1973 et c’est un véritable succès outre-Atlantique : il affiche aujourd’hui près de 16 000 membres au compteur et de nombreuses personnes sont sur liste d’attente. Pour y faire ses emplettes, il faut être membre de la coopérative et accepter de consacrer du temps au fonctionnement du supermarché.

En France, il existe un autre projet similaire, la Louve, à Paris. Mais il est actuellement bloqué en raison de problèmes d’autorisations administratives liées à des questions d’accessibilité. Son ouverture est espérée pour l’été 2016.

A Bordeaux, Anne Monloubou et Annie Debaud, une camarade de promo en reprise d’études comme elle dans une école de commerce, commencent à plancher sur le projet dès 2014. C’est encore un « work in progress », qui nécessite quelques conditions indispensables. Voici la liste des courses !

 

1 – Recruter des consom’acteurs

En 2015, les deux jeunes femmes ont organisé les premières réunions d’information, suivies très rapidement en mars de la création des Amis de Supercoop. C’est cette association qui portera le projet jusqu’à la création de la coopérative, prévue pour fin 2016.

Selon le principe d’une voix égale une part, les adhérents, qui seront aussi les seuls clients du supermarché, seront donc des coopérateurs et auront un droit de regard sur la vie du magasin et sur les références des produits qui garniront les rayons.

Le projet se fait rapidement connaître et décroche quelques récompenses : le Prix coup de cœur de l’Economie sociale et solidaire (ESS) de Bordeaux Métropole en novembre et celui de l’Innovation sociale décerné par le Conseil régional d’Aquitaine.

Grâce à ce dernier prix, l’association sera aidée dans sa démarche par des chercheurs en sciences sociales du laboratoire bordelais Crisalidh dirigé par Luc Paboeuf, par ailleurs président du Conseil économique social et environnemental régional d’Aquitaine( CESER).

 

2 – S’organiser entre bénévoles

Le projet étant porté par des bénévoles, sa mise en œuvre est lente mais Elisabeth Sarlat est optimiste. L’adhérente aux Amis de Supercoop résume la situation :

« On est tous enthousiastes mais l’organisation est un vrai casse-tête pour faire coïncider les emplois du temps de chacun. Notre retour sur investissement est que se sera bon et moins cher. »

Pas facile en effet d’avancer dans le cadre d’un projet associatif même si d’après Josianne Mauriac, cadre du secteur médical à la retraite qui s’investit dans le projet :

« On s’appuie sur l’expertise de certains de nos collègues qui ont déjà l’habitude de travailler pour des groupements d’achats pour rechercher des producteurs en bio. »

Elizabeth Sarlat et Laurence Mougenot  tiennent une permanence.

Elizabeth Sarlat et Laurence Mougenot tiennent une permanence (DR).

 

Pas de recette miracle

Pour faire avancer le projet, 11 groupes de travail ont été créés, de la gestion de l’association à l’informatique en passant par le groupe qui s’occupe des questions juridiques, celui de l’étude de marché, celui des finances ou celui des achats.

Les Amis de Supercoop n’ont pas de recette miracle pour faire aboutir leur projet, et doivent s’adapter en cours de route, notamment pour tenir compte du turn-over des bénévoles.

Sont d’ailleurs recherchées quelques compétences pour réaliser différentes missions ; notamment des juristes, des comptables, des rédacteurs pour le blog et des graphistes. Avis aux amateurs.

 

3 – Trouver le bon coin

L’autre difficulté rencontrée pour mettre en œuvre Supercoop, et de loin la plus importante, c’est de trouver un local qui satisfasse toutes les exigences requises.

L’association recherche un espace de « 750 mètres carrés dans un quartier politique de la ville comme Saint-Michel ou la Benauge, par exemple », indique Laurence Mougenot, une « supercoopienne ». Elle précise :

« On veut de la mixité, que le lieu soit accessible en tramway et ait suffisamment de place pour que les gens puissent s’y garer. »

Plusieurs lieux ont été proposés, dans le quartier Carles Vernet à Bègles et à Bordeaux aux Aubiers… Mais aucun ne réunit pour l’instant tous les critères.

 

Supercoop à Euratlantique ?

Pour l’association, l’idéal serait en effet « de s’installer dans les quartiers sud de Bordeaux dans le périmètre d’Euratlantique (Belcier, Bègles…) pour être situé près des axes routiers empruntés par les producteurs », indique Anne Monloubou. Le Marché d’intérêt national (MIN), où sont installés les grossistes, se trouve en effet dans cette zone.

Mais ce n’est semble-t-il pas facile de trouver un terrain du côté de ce quartier plus tourné vers les affaires que vers l’économie sociale et solidaire. L’OIN (Opération d’Intérêt National, l’organisme étatique qui pilote l’aménagement des lieux) a toutefois promis de communiquer à Supercoop l’existence de lieux qui pourraient intéresser l’association.

 

4 – Ne pas brader ses principes

Les amis de Supercoop poursuivent plusieurs objectifs. D’abord, se réapproprier leur consommation face aux grands groupes agro-alimentaires.

Rétablir ensuite une certaine justice sociale devant l’assiette, puisque le projet doit donner accès à des produits à la fois de qualité et moins chers à tous les adhérents. Pour y arriver, l’association souhaite diminuer au maximum le nombre d’intermédiaires, pour baisser de 20% à 40% les prix pratiqués par rapport à un supermarché classique.

Dans l’esprit du slow food et de l’agriculture paysanne, l’association vise aussi la transparence sur les produits de leur production à leur vente, et veut promouvoir une agriculture locale respectueuse de la nature.

Anne Monloubou défend ainsi l’idée « d’avoir un rôle d’éducation populaire avec des débats, des Disco Soup, des ateliers autour du bien manger et d’autres activités qui seront proposées en plus du supermarché ».

Dans les rayons, l’alimentaire représentera 80% des produits et les 20% restant seront consacrés aux produits d’hygiène et aux produits ménagers. Laurence Mougenot explique qu’il y aura « un maximum de bio, équitable et local car l’idée, c’est de se fournir auprès des producteurs locaux ».

 

5 – Dégoter des producteurs

Josianne Mauriac, des amis de supercoop.

Josianne Mauriac, des amis de supercoop (DR).

 

Près de 2000 à 3000 références de produits seront proposées selon « des critères de fraîcheur, de qualité et de diversité ». Josianne Mauriac complète :

« Nous avons mis en route une distribution de produits dans le cadre d’un groupement d’achats. On achète des légumes et des fruits, de l’épicerie salée et sucrée ainsi que des produits d’entretien et d’hygiène.

Pour nous le groupement d’achats est un laboratoire qui nous permet de tester nos partenariats avec les producteurs locaux, d’avoir une idée des besoins des futurs coopérateurs et de ce qu’ils souhaiteront trouver. »

En somme, une manière de mettre en route une version en mini format de la Supercoop qui permet aux adhérents de l’association de choisir les produits et de les commander en ligne.

 

Mise en bouche

Ainsi l’association peut estimer quels types de produits elle pourra proposer dans les rayons en étant déjà en contact avec les futurs fournisseurs. Le groupement d’achats permet également d’estimer ce que chaque producteur sera en mesure de fournir. Elle ajoute :

« Nous avons une charte de fonctionnement pour choisir des producteurs locaux. On travaille avec des producteurs bio ou qui sont en cours de certification. On propose aussi des produits équitables comme le café et des produits régionaux comme la gamme des produits Idoki, un regroupement de producteurs fermiers du Pays basque. »

L’association est en train de référencer les producteurs et prend du temps pour les connaître en se rendant sur leurs exploitations et en testant  leurs produits plusieurs fois. Anne Monloubou, la présidente de l’association, précise :

« Aujourd’hui ce sont surtout des produits bio mais on proposera aussi des produits auxquels les gens sont attachés et qui ne sont pas forcément bio. Pour nous, l’important c’est d’avoir des produits de qualité qui soient le plus local possible. »

La démarche est, selon Anne Monloubou, très bien accueillie par des producteurs habitués à fournir des ruches, Amap et autre magasins bio.

« Notre but n’est pas de faire des marges énormes sur leurs dos. On va travailler seulement sur des circuits courts avec un intermédiaire au maximum. »

 

6 – Recruter des coopérateurs-clients-caissiers…

Au Park Slope de New-York qui emploie près de 70 personnes, les 16 000 adhérents s’activent bénévolement pour la coopérative 2h45 par mois.

Le projet bordelais table lui sur 1200 à 1500 adhérents pour que le projet fonctionne. Et pour que le projet tienne la route, la coopérative devra également créer quelques postes salariés, dans le domaine des achats, de la gestion comptable et la gestion des ressources humaines et l’informatique.

 

 

Pour permettre au supermarché d’ouvrir du lundi au samedi, les bénévoles participeront au projet à hauteur de trois heures par mois pour « déballer, peser, encaisser ou faire du baby-sitting par exemple ».

Actuellement, l’association Les Amis de Supercoop compte 205 membres, « 610 membres potentiels au total si l’on compte ceux qui ont manifesté leur intérêt pour le projet, soit en assistant aux réunions soit via les réseaux sociaux » précise Lydia, membre elle aussi de l’association. Pour pouvoir ouvrir ses portes, Supercoop devra donc décupler ses adhésions.

 

 

Source : http://rue89bordeaux.com

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17 décembre 2015 4 17 /12 /décembre /2015 22:35

 

 

Les "donneries" dans les déchèteries de la Métropole de Lyon
DÉVELOPPEMENT DURABLE - Publié le 9 décembre 2015

Lancement des "donneries" dans 9 déchèteries de la Métropole

Pour réduire le gaspillage et éviter la production de déchets, la Métropole de Lyon favorise la réutilisation d’objets pouvant encore servir, en créant 9 premières donneries. Continuons à recycler... Avant de jeter, pensez à donner !

Depuis le 24 novembre dernier, les habitants de la Métropole de Lyon peuvent déposer leurs objets devenus inutiles pour eux mais encore utilisables pour d'autres, dans l'une des 9 "donneries" implantées dans 9 des 18 déchèteries du territoire métropolitain.

 

Qu'est-ce qu'une "donnerie" ?

C'est en faisant le constat que certains objets déposés dans les déchèteries pouvaient être réutilisés que le concept de donnerie a pris forme. En effet, il s'agit d'un lieu où l'on donne les objets encore en état ou réparables qui pourront connaître une deuxième vie.

Très concrètement, l'objectif est de réduire le gaspillage et de limiter la production de déchets. Tous les objets déposés dans les donneries sont remis à des associations relevant de l'économie sociale et solidaire.

Après les avoir réparés si nécessaire, ces structures les mettent ensuite à disposition des personnes en difficulté ou les vendent à des particuliers, leur permettant ainsi de bénéficier d'une ressource financière pour leurs autres activités solidaires.

 

Quels objets sont concernés ?

La plupart des objets peuvent être donnés : consoles et jeux vidéo, ordinateurs, téléviseurs, appareils photo, téléphones, lecteurs CD, DVD, livres, vélos et pièces détachées, articles de sport et de loisirs, instruments de musique, jeux, jouets, peluches, meubles, objets de décoration, vaisselle, électroménager, outils de bricolage et de jardinage, montres et bijoux, équipement bébé, accessoires et bagagerie.

Attention, les vêtements, le linge et les chaussures ne sont pas acceptés.

 

Quelles associations sont partenaires ?

Foyer Notre-Dame des Sans Abris
Emmaüs Lyon
Rhône Emplois et Développement - REED
Espaces Vêtements du Coeur
Collectif La Clavette
Envie Rhône
Estime

 

Comment ça se passe ?

Dès leur arrivée à la déchèterie, un agent d'accueil oriente et informe les usagers à propos des bénéficiaires potentiels des objets qu'ils déposent.

 

Quand ?

Les donneries sont ouvertes aux mêmes horaires que les déchèteries tous les matins du lundi au samedi :

De 9h00 à 12h00 du 1er novembre au 31 mars
De 8h30 à 12h00 du 1er avril au 31 octobre. 
 

Dans quelles déchèteries trouver une donnerie ?

 

En savoir +

Document PDF   Télécharger le guide complet des donneries - 189 Ko

 

 

Source : http://www.lyon.fr

 

 

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17 décembre 2015 4 17 /12 /décembre /2015 22:18

 

Source : http://www.bfmtv.com

 

 

Une centaine d'organisations demandent la levée de l'état d'urgence

 
 
 

 

Une centaine d'organisations demandent la levée de l'état d'urgence
 
 
Manifestation Cop21- Place de la République à Paris le 29 novembre 2015
 
 

 

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17 décembre 2015 4 17 /12 /décembre /2015 18:25

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

La « planche à billets », c’est quoi ?

Le Monde |


 

Durée : 04:27

 

Eclairage

 

Quand l’économie va mal, on dit que la Banque centrale peut faire fonctionner la « planche à billets ». Concrètement, qu’est-ce que cela veut dire ? Explications en vidéo.

 

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 


 

 

 

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17 décembre 2015 4 17 /12 /décembre /2015 17:29

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

En Espagne, Podemos a cristallisé la révolte contre les élites

16 décembre 2015 / Entretien avec Florent Marcellesi
 


 

Dimanche, l’Espagne renouvelle son parlement avec un scrutin qui s’annonce très ouvert. Le Parti Populaire – au pouvoir – et le Parti socialiste sont bousculés par l’émergence de deux formations politiques, Podemos et Ciudadanos, qui promettent un renouvellement du personnel et de la vie politique.

 

Florent Marcellesi, Français installé en Espagne, est député européen et membre du parti écolo Equo, qui s’est allié à Podemos pour la campagne des législatives. Il nous explique les enjeux des élections générales de dimanche, alors que s’annonce un grand renouveau politique en Espagne.

 

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Florent Marcellesi.

Reporterre – L’écologie n’est pas très forte en Espagne… En parle-t-on dans la campagne ?

Florent Marcellesi – Pas vraiment. Le premier thème, la corruption, a été mis en avant par les partis émergents. Le Parti populaire (PP) [1] a été très fortement critiqué. Chez eux, la corruption ne concerne pas juste quelques personnes, elle est structurelle et institutionnalisée. Le sujet suivant, c’est l’économie. On a encore 22 % de chômage en Espagne, donc la relance économique est au cœur du débat avec la santé, les retraites, l’état providence. Enfin, le dernier sujet, c’est la réforme de la constitution et la réforme territoriale : que faire avec la Catalogne, qui veut l ’indépendance ?

La bonne nouvelle, de notre point de vue écologique, c’est que notre alliance avec Podemos [2] nous donne la possibilité d’obtenir deux députés. Et la transition écologique est incluse dans le programme de Podemos. Un bémol : ce n’est pas sa priorité. Par exemple, il y a eu deux grands débats entre les candidats, en pleine COP 21. Dans le premier, il était prévu de parler du changement climatique à la fin, mais le temps a manqué. Dans le deuxième, les journalistes ont dit qu’on n’avait pas parlé de changement climatique, mais que ce n’était pas grave parce qu’on peut lire les propositions des candidats sur internet.

Même avec Podemos, nous avons encore de longs débats à avoir. Ils défendent « la social-démocratie du XXIe siècle » et veulent relancer la consommation. Nous demandons le passage à un modèle qui prenne en compte les limites de la planète… Pour nous, c’est se tromper de siècle que de ne pas parler d’écologie.

 

Quelles sont les prévisions pour le scrutin de ce dimanche 20 décembre ?

Il est très difficile de savoir ce qui va se passer. C’est la première fois que les partis Podemos et Ciudadanos [3] se présentent aux législatives. La seule chose que l’on sache est que le système bipartisan va devenir un système à quatre partis. On pense que le Parti populaire sera premier, avec un score en baisse, de 40 % aux dernières élections à 25 % dimanche, mais on se demande qui va finir deuxième.

 

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Militants du parti écologiste espagnol Equo lors de la campagne pour les élections municipales à Séville, en mai 2015.

 

Il est peu probable qu’un parti obtienne la majorité absolue dimanche. A-t-on une idée des alliances qui pourraient se former entre PP, PSOE [4], Podemos et Ciudadanos ?

Non, tout est ouvert. Le système espagnol a été pensé pour avoir deux partis majoritaires qui alternent au pouvoir. Mais la situation actuelle fait voler en éclat la Constitution de 1978. On ne l’a jamais essayée pour un système à quatre partis et on a de gros doutes qu’elle fonctionne.

 

Ces élections présentent un enjeu majeur pour l’avenir du pays. Cela redonne-t-il envie aux citoyens de participer à la vie politique ?

Les débats télévisés sont très, très, suivis. On pense que la participation à ces élections sera très élevée. Il y a beaucoup d’attente. Le système politique espagnol va être chamboulé.

On sait que le changement est possible, mais qui dit changement ne dit pas forcément amélioration. La seule chose que l’on sache, c’est qu’il faut virer le PP du pouvoir pour qu’il y ait du changement.

Par exemple, concernant les questions du changement climatique et de l’énergie, le PP a fait la pire réforme d’Europe pour les énergies renouvelables, alors même que l’Espagne est un des pays qui a le plus de potentiel. Le PP a autorisé des prospections de pétrole aux Baléares et aux Canaries, il soutient le gaz de schiste en Espagne contre les communautés autonomes qui n’en veulent pas. Et l’Espagne est un des pays qui a le plus augmenté ses émissions de gaz à effet de serre depuis la crise.

 

La fin du bipartisme signifie-t-elle que, chez vous, le changement peut venir par la politique institutionnelle ?

La recomposition du paysage politique ne peut pas se comprendre sans les Indignés [5]. Ce sont eux qui ont placé la démocratie et la corruption au centre du débat politique et sociétal en Espagne. Ils ne font pas de politique partisane mais ils ont permis, depuis la naissance de Podemos, une opposition non pas sur un axe gauche/droite, mais sur un axe ceux d’en bas contre ceux d’en haut, démocratie contre dictature, le neuf contre le vieux. Podemos a réussi à transformer l’hégémonie culturelle des Indignés en hégémonie politique.

Il y a environ deux ans, les mouvements sociaux ont vécu un changement de perception et de concept. Ils ont compris que, s’ils pouvaient changer les choses d’en bas, il leur fallait vraiment avoir un pied dans les institutions et un pied dans la rue pour généraliser et porter leurs idées.

En mai dernier, les élections municipales ont marqué un premier changement institutionnel clair. À Barcelone, à Madrid, à Saint-Jacques de Compostelle, à La Corogne, à Cadix, des mouvements sociaux appuyés par des partis politiques ont emporté de grandes mairies. [Lire ici le reportage de Reporterre à Barcelone

 

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Manifestation des Indignés espagnols, en mai 2011.
 

En France, aux régionales, la liste menée par Gérard Onesta en Languedoc Roussillon-Midi Pyrénées ressemble le plus à cette alliance société civile-partis politiques. Mais elle n’a recueilli que 10 % au premier tour.

On ne peut pas comparer ce qui se passe en France et ce qui se passe en Espagne. Chez vous, il y a le Front national, un parti anti-élites qui profite depuis trente ans des erreurs de la droite comme de la gauche, et du manque d’espérance...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

 

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17 décembre 2015 4 17 /12 /décembre /2015 17:02

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Sous-traitance

Une journée avec les agents de nettoyage du métro, ces travailleurs invisibles et multitâches

par

 

 

 

Ils mènent un labeur souterrain, de jour comme de nuit. Les agents de nettoyage du métro sont au contact permanent des usagers. Si quais et couloirs demeurent propres, c’est grâce à eux. Paradoxalement, leur travail suscite une quasi-indifférence. À Lyon, la sous-traitance de l’activité d’entretien des quais et des rames conduit à une dégradation des conditions de travail. Immersion dans le quotidien de ces travailleurs de l’ombre.

Balayer d’abord les feuilles qui obstruent les voies d’accès au métro pour « faciliter le passage de l’usager ». Puis nettoyer les quais, « en commençant par le plus gros », afin d’assurer de la « visibilité ». Se faufiler entre les passagers, sans les gêner, pour vider les poubelles et les stocker dans un local dédié. Mettre ensuite en marche l’auto-laveuse, et terminer par les vitres. Mehdi* connait sa station de métro dans les moindres recoins. Agent de nettoyage depuis 2001, il a développé sa propre méthode de travail. Dès 5 h 30, à l’heure des premières rames, il débute sa journée [1]. Durant six heures, poussant son chariot, il lave un quai et des couloirs par lesquels transitent des milliers de voyageurs. Un travail physique dans un bruit permanent, payé au salaire minimum, souvent invisible pour l’usager. « Ce que tu ne vois pas n’existe pas », lâche Mehdi.

 

Les nouvelles pratiques des usagers créent de la surcharge

À défaut d’être reconnu, Mehdi subit l’évolution des habitudes des voyageurs qui empruntent le métro lyonnais. « Les gens sont plus pressés qu’avant. Tout le monde court avec son café ou son croissant, observe-t-il. Il tombe des gouttes et des miettes, c’est comme cela que naît la surcharge. » L’arrivée des distributeurs de boissons sur les quais et des journaux gratuits à l’entrée des stations ont aussi créé un surplus de travail. « Les distributeurs mettent plus de journaux dans les bacs que ce que les gens prennent. » Résultat, les poubelles vidées à la main par les agents de nettoyage débordent. Il y a aussi les tâches imprévisibles, comme « le vomis ou la pisse »... Ce matin-là, c’est une autre « surprise » qui attend Medhi. Des emballages souillés d’une célèbre enseigne de fast-food sont éparpillés sur le sol.

Les gestes quotidiens de Mehdi ne se cantonnent pas qu’au nettoyage. « Avec notre chasuble jaune, les gens nous prennent pour des TCL [nom commercial du réseau de transport en commun des 59 communes de la métropole lyonnaise]. On est sollicités par l’usager pour des renseignements, pour savoir quand l’ascenseur sera réparé, pour ouvrir les portes quand il y a des poussettes. Ça prend du temps, mais si on ne le fait pas, l’employeur peut nous reprocher d’être malpolis. » Travailler près des portiques d’entrée, c’est parfois se retrouver dans des situations délicates. « Les gens qui n’ont pas de tickets nous demandent d’ouvrir : si on ouvre c’est une faute grave, si on refuse il y a un risque d’agression. » Sur le sol, une écharpe traîne. « Je vais la mettre de côté et la donnerai à l’agent de ligne. » La collecte des objets perdus fait aussi partie, malgré lui, de son métier.

 

 

« Tout le travail des autres prestataires nous retombe dessus »

Sur le quai, une tache humide sur le sol s’étend en raison d’une fuite d’eau au plafond. Il l’a déjà signalée à la société exploitante des transports en commun de la métropole, Keolis Lyon. Mais dans l’attente d’une intervention, difficile de rendre le quai vraiment propre. « Comme nous sommes sur place, on repère souvent les problèmes techniques de la station. Si les canalisations sont bouchées, par exemple, j’appelle directement l’agent de ligne. On gère tout, en fait ! Et l’info ne circule pas forcément bien. Il y a tout un travail invisible que personne ne voit. »

 

À l’étage, l’ascenseur fait enfin l’objet d’une intervention, au terme de plusieurs jours de panne. Pour Mehdi, cette réparation est synonyme de « TE », c’est-à-dire de « travaux exceptionnels ». Il redoute les éventuelles éclaboussures d’huile qui suivront le départ du réparateur, lesquelles ne s’enlèvent qu’au kärcher. « Normalement, ce sont les prestataires qui doivent nettoyer leurs salissures, ça fait partie de leur mission. Mais souvent, ils ne le font pas, ou quand ils le font, il faut faire les finitions. Tout le travail des autres prestataires nous retombe dessus. » Laver les vitres du publicitaire Clear Channel, nettoyer les cabines des ascenseurs Schindler, ramasser les journaux gratuits, etc. « C’est ce manque de reconnaissance qui rend le travail plus difficile que dans d’autres secteurs. Le nettoyage est le secteur le moins respecté. »

 

Victimes de la concurrence

Deux fois par semaine, la société exploitante du métro effectue des inspections. « Ils contrôlent l’agent de nettoyage, mais pas le prestataire qui a sali, soupire Mehdi. Ils devraient tenir compte des sociétés qui sont passées les jours précédents, en ayant en main les demandes d’autorisations de travaux, et ne pas tout mettre sur le dos de l’agent ! » Les agents redoutent également les contrôles du week-end : les stations accumulent la crasse laissée par les fêtards, alors même qu’ils sont moins nombreux à intervenir. Des produits de nettoyage peuvent aussi régulièrement leur faire défaut. La palette de produits, commandée chaque mois par le chef d’équipe pour plusieurs stations, est souvent incomplète. « C’est le premier qui arrive qui se sert. Il peut manquer des lames, des balayettes, des franges, des grattoirs. Sans lame, c’est impossible d’enlever les chewing-gums. » Il serait ainsi fréquent que des agents de nettoyage vident les sacs poubelle et les réutilisent. Ou qu’ils mettent de l’eau dans les auto-laveuses, à défaut de produits nettoyants.

 

 

À plusieurs reprises, Mehdi a demandé à son employeur une pelle avec un long manche. En vain. Il a décidé de conserver la pelle de son ancienne entreprise, « plus pratique pour le dos, ça évite de se baisser ». Mehdi impute ce manque de moyens à la concurrence féroce entre les sociétés de nettoyage. Dans le cas du métro lyonnais, Keolis – filiale de la SNCF – lance tous les trois ans un appel d’offres pour les prestations de nettoyage. « On va vers le moins-disant, même s’il y a toujours plus de choses à faire », regrette Mehdi. Alors que les cadences s’accélèrent, le manque d’effectif est ressenti par les agents de nettoyage. « En ce moment, ils sont seulement deux dans l’équipe de nuit pour nettoyer les accès et les voies, au lieu d’être quatre, illustre-t-il. Ils ne peuvent pas respecter le calendrier ! » Les accidents du travail sont aussi monnaie courante dans le secteur, à l’image des agents qui collectent les sacs poubelle des métros et qui se seraient tous « abîmés les disques lombaires ».

 

La bataille du droit

Absentéisme, maladies... « La souffrance est morale, ici, ça vous abîme. L’exprimer, c’est mieux, sinon c’est la dépression. » C’est ce qui a conduit Mehdi à s’engager. Délégué syndical depuis mai 2014 à la CNT-Solidarité ouvrière du Rhône, il est aussi devenu membre du Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail depuis trois mois. Au local de son syndicat, il retrouve Didier Goncalves, défenseur syndical. Ce dernier sort un épais classeur où sont rangés les « chronos », ces courriers envoyés aux employeurs pour différentes infractions au Code du travail. « Les sociétés de nettoyage multiplient, par exemple, les recours abusifs aux CDD », note-t-il. Ici, des primes d’expérience sautent, les visites médicales d’embauche n’ont pas lieu et des compteurs de congés payés sont erronés. Là, des indemnités transport non payées, la non-reprise du salarié au moment des appels d’offre et la baisse du volume horaire pour les remplaçants des salariés absents.

« Le droit de base n’est vraiment pas respecté, résume Didier Goncalves. Il y a un manque de respect, un tutoiement unilatéral envers des travailleurs souvent d’origine subsaharienne ou maghrébine. On retrouve toutes les difficultés du monde du travail, dans le nettoyage. » Mais tout n’est pas figé. Des négociations ont eu lieu récemment, après que l’inspection du travail a dressé un procès-verbal pour défaut de prise en charge par l’employeur de l’entretien de la tenue de travail [2]. Les actions collectives demeurent un moyen de pression important pour faire respecter le droit, comme en témoignent les grèves de juillet 2014 des agents de nettoyage du métro lyonnais [3]. Mehdi reste déterminé à poursuivre ses tournées auprès des autres agents. « Je veux qu’on gagne le respect et la dignité. »

 

Texte et photos : @Sophie_Chapelle

*Le prénom a été modifié.

 

Sur le même sujet :
- Femmes de ménage : un métier à hauts risques toxiques, oublié par l’écologie
- Surprises au fond des poubelles et espérance de vie limitée : le merveilleux quotidien des éboueurs

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17 décembre 2015 4 17 /12 /décembre /2015 16:52

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

« Aujourd’hui, en France, un contrôle généralisé de la population est possible »

17 décembre 2015 / Entretien avec Joël Domenjoud, écologiste assigné à résidence
 


 

Le Conseil constitutionnel se penche aujourd’hui sur les assignations à résidence décidées dans le cadre de l’état d’urgence. Joël Domenjoud, fait partie des 26 militants écologistes qui ont subi cette mesure. Il explique ce que lui inspire le virage sécuritaire du gouvernement et ce que cela implique pour les mouvements contestataires.

 

Reporterre – Peux-tu rappeler les faits ?
Joël Domenjoud – Le jeudi 26 novembre, des amis m’appellent pour me dire qu’il y a une perquisition chez eux, à Ivry, qui semblait liée à la COP 21. Je me suis dit qu’il valait mieux que je sorte de chez moi. J’ai alors vu que j’étais suivi. S’ils voulaient m’interpeller, mieux valait que je sois dans un lieu public. Je me suis posé dans un café et j’ai passé des coups de téléphone. J’ai appris l’assignation d’une autre personne, donc j’ai compris ce qu’il se passait. J’ai été appelé par ma voisine, qui m’a dit que l’immeuble était plein de policiers, puis, j’ai reçu ce coup de fil : « Venez immédiatement au commissariat, on a un papier à vous remettre. » Je me suis donc présenté pour retirer mon assignation.

 

Quels étaient les motifs ?
Le motif était mon implication dans l’organisation d’événements autour de la COP 21. La possibilité que les manifestations et l’organisation d’actions dans le cadre de la COP 21 aboutissent à des troubles à l’ordre public.

 

Te voila l’un des 26 militants dits écologistes assignés...
Oui, 26. Moi, je me suis présenté comme écologiste parce qu’on essayait à tout prix de me définir, alors j’ai préféré le faire moi-même. Je me suis défini par rapport à ce qu’on me reprochait dans la fiche de renseignement, par exemple mon implication à Bure, et je ne m’en suis pas caché. En l’occurrence, je suis un militant écologiste, mais qui lutte aussi sur le terrain social.

 

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Lors du Camp action climat anticapitaliste à Bure, dans la Meuse, en août 2015.

Qu’est ce que ces mesures disent de l’état du pays ?
Le virage sécuritaire qui était déjà pris est encore plus prononcé. Ça confirme une tendance de plusieurs années : dès qu’il se passe quelque chose en France, on répond par de nouvelles lois sécuritaires. Là, c’est même pire : on met en place un régime d’exception, qui rappelle la période de la guerre d’Algérie. L’état d’urgence de 2005 était un état d’exception localisé autour d’une situation donnée, mais, en réalité, dans les banlieues et les quartiers populaires, l’état d’exception est perpétuel, avec une impunité policière permanente. Aujourd’hui, on a en place un cadre qui permet un contrôle social généralisé de l’ensemble de la population, qui rappelle aussi les années de plomb.

 

Que t’évoque cet acharnement sur des opposants politiques ?
Ça fait plusieurs années qu’on constate une criminalisation des militants, c’est la continuité de la logique, avec une cran bien supérieur. On est dans la prédictibilité de ce que les gens pourraient faire, alors qu’avant, c’était plus une amplification de ce qu’ils avaient fait. C’est beaucoup plus dangereux encore.

 

En tant que militant, qu’est-ce que cette assignation a changé pour toi ?
Ça met en état d’alerte sur le niveau de répression et de contrôle social. Notre niveau d’engagement comme militant au quotidien est-il à la mesure de la répression ? Il ne s’agit pas d’un réflexe de peur, car, en vérité, cela amplifie ma révolte et réaffirme ma détermination, mais il faut avoir conscience que les dangers sont réels : on peut facilement se retrouver privé de liberté, à partir d’une fantasmagorie construite autour d’un profil d’appartenance à une mouvance.

 

S’agit-il d’une volonté d’en punir un pour en toucher cent ?
Il y a clairement une logique ; le message est : « Attention, on va coincer des personnes, mais toutes celles qui sont autour d’elles peuvent subir la même chose. » Ça fait que les gens dans l’entourage peuvent être tentés de rétrograder leur niveau d’engagement, renoncer à un certain nombre de choses, être impressionnés par le contexte et, pour finir, s’autocensurer. De ce point de vue, c’est plus une attaque psychologique qu’une réelle mesure coercitive. Avoir ciblé vingt-six personnes dans toute la France, dans des milieux très différents, est une façon de dire à plein réseaux : attention, maintenant l’état d’urgence nous permet de vous assigner pendant des semaines sur la base de simples présomptions ou à cause d’idées politiques.

 

Qu’est-ce que l’assignation a changé dans ta vie personnelle ?
Je dois pointer trois fois par jour au commissariat. Si je n’y vais pas, je suppose qu’ils viennent me chercher, et le risque, c’est six mois de prison. À partir de la déclaration de l’état d’urgence, c’est quelque chose qu’on avait vaguement envisagé. Il y a pas mal de militants fichés "S", et la fiche S n’est pas fondée sur des actes commis mais sur les engagements des personnes. Ça peut aussi bien concerner des personnels d’ONG, des syndicalistes….

 

Le Conseil d’État a modifié la date de l’audience...
Oui, elle devait se tenir mercredi 9, et finalement, elle a eu lieu vendredi 11. Ainsi, il n’y avait aucun moyen pour le tribunal de suspendre l’assignation, qui prenait fin le lendemain. Donc, le pouvoir ne prenait pas de risque : on subissait cette assignation jusqu’à la dernière seconde, quelle que soit la décision rendue par le Conseil d’État. À partir de là, ma prochaine bataille, c’est la possibilité de demander des indemnités pour ce que ça m’a coûté, et aller à la Cour européenne des droits de l’homme, ce que je trouve intéressant car il y aura un jugement rendu depuis l’extérieur de la France. La famille française des énarques qui ont partagé les bancs des mêmes écoles, qui vont diner au Siècle, qui trouvent que la franc-maçonnerie fait un bon réseau social, cette famille est monde à part, qui se protège et ne va pas se sanctionner, car toute l’institution républicaine est en jeu. Par contre, si le jugement vient de l’extérieur de cette grande famille, il y a une chance qu’il puisse être indépendant.

 

Comment analyses-tu la réaction du gouvernement aux mouvements de contestation sociale et écologique ?
Comme tout gouvernement, l’actuel redoute de perdre le pouvoir. Il sent qu’il est en train de le perdre face au FN, donc il a des réflexes autoritaires. Il se dit peut-être que, par des démonstrations de force et d’autorité, il va regagner une légitimité. C’est un réflexe très martial et qui, rappelons-le, vient d’un gouvernement socialiste. Mais cela s’est déjà vu dans l’histoire : ce n’est pas inintéressant de faire le parallèle avec l’époque où la gauche a préparé le terrain à Vichy. C’est cette grande famille qui réagit, celle qui inclut la droite et la gauche : c’est le jeu des jacobins contre les montagnards, le même jeu de ping pong depuis trois siècles au cours desquels le pouvoir reste à peu près dans les mêmes sphères. Le FN n’en fait pas partie. Le danger qu’il représente, c’est que le pouvoir quitte la grande famille. Et cela provoque une inquiétude profonde, car risquent d’être dépossédés non seulement des politiciens, mais aussi des notables, chefs d’entreprises, toute une économie, une administration.

 

Je ressens l’état d’urgence comme une façon pour le pouvoir de tenter de figer le cadre et de faire le ménage tout autour. Envisager de prolonger l’état d’urgence est un aveu clair et net, car cet état permet de faire plein de choses. C’est comme passer des lois au 49.3 quand tout indique qu’autrement elles ne passeraient pas...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

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17 décembre 2015 4 17 /12 /décembre /2015 16:37

 

Source : http://www.latribune.fr

 

 

 

Grèce : Alexis Tsipras renonce à son plan anti-austérité

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Alexis Tsipras a renoncé à faire voter un "contre-programme".

Alexis Tsipras a renoncé à faire voter un "contre-programme". (Crédits : REUTERS/Yannis Behrakis)

 

Sous la menace des créanciers, le gouvernement grec a renoncé à proposer un "programme parallèle" pour faire pendant aux mesures d'austérité qui lui ont été imposées.

La bonne volonté du gouvernement grec n'aura pas duré une semaine. Lundi 14 décembre, un projet de « programme parallèle » a été soumis aux députés grecs. Ce programme avait pour but de compenser les mesures d'austérité réclamées par les créanciers et que le gouvernement avait fait adopter depuis juillet dernier. Ce jeudi 17 décembre, le texte a été retiré. Selon des médias grecs, la cellule technique de l'Eurogroupe, l'Euro working group (EWG) aurait rejeté ce programme. Un  rejet qui menaçait de compromettre la libération du milliard d'euros que le vote de mesures par la Vouli, le parlement grec, mardi, permettait d'envisager.

 

Fonctionnement normal du mémorandum

Pour ne pas prendre le risque de ne pas avoir cet argent, le gouvernement a donc fait marche arrière. Alexis Tsipras, le premier ministre grec, fait ici l'expérience concrète de l'application du troisième mémorandum qu'il a signé le 19 août dernier. Ce texte faisait explicitement référence à la nécessité pour l'exécutif hellénique de ne prendre aucune mesure budgétaire supplémentaire sans l'aval des créanciers. Privé de cet aval dans le cadre de son « programme parallèle », le gouvernement grec a dû logiquement renoncer à son projet.

 

Le détail du programme envisagé

Que voulait faire Alexis Tsipras ? Le texte comprenait plusieurs mesures. La première consistait à pouvoir donner une couverture médicale à ceux qui ne sont pas couverts par la sécurité sociale. Le gouvernement Tsipras entendait aussi développer dans les mairies et les préfectures de cellule de soutien aux « personnes vulnérables. » La soupe populaire payée par l'Etat devait être élargie et prolongée d'une année. Une « facture sociale » d'électricité, permettant des baisses pour les ménages les plus fragiles, était aussi envisagée. Enfin, dans l'éducation, Athènes voulait développer les classes de soutien.

Pourquoi les créanciers ne veulent pas de ce programme

L'Euro working group aurait évalué le coût de ce « programme parallèle » à un milliard d'euros. Un coût qui semble très élevé. En mars, un programme plus ambitieux de lutte « contre l'urgence humanitaire » avait été évalué à 200 millions d'euros. Ceci est d'autant plus étonnant que le gouvernement grec en novembre a affiché un excédent primaire de 4,4 milliards d'euros contre un objectif de 2,6 milliards d'euros. Autrement dit, le gouvernement d'Alexis Tsipras joue les bons élèves budgétaires et est en passe de faire mieux que les objectifs. Mais le mémorandum ne prévoit pas pour autant de « récompenser » ces « succès. » Toute mesure budgétaire doit avoir l'imprimatur des créanciers et si ces derniers jugent que des dépenses remettent en cause les objectifs à moyen terme, ils peuvent les refuser. Du reste, le mémorandum prévoit aussi qu'en cas de dépassement des objectifs, les excédents dégagés iront, pour un quart, au remboursement de la dette.

 

Des motivations politiques

En réalité, ce plan « parallèle » n'est pas du goût des créanciers qui avait déjà tenté en mars de bloquer l'adoption du premier texte sur l'urgence humanitaire. La raison en est fort simple. La logique du « programme » est de réduire les dépenses sociales afin d'ancrer la baisse des dépenses publiques, mais aussi de favoriser la compétitivité. Ces dépenses sont jugées inutiles et contre-productives de ce point de vue. Mais l'objectif est aussi politique : avec ce « programme parallèle », Alexis Tsipras tentait de rassurer sa base électorale sur sa capacité à « compenser » la dureté des mesures adoptées et qui restent à adopter, notamment la très douloureuse réforme des retraites à venir.

En coupant ainsi à Alexis Tsipras toute possibilité de « servir sa base », les créanciers prouvent que, malgré la très bonne volonté de ce gouvernement, le combat politique n'est pas terminé. Les créanciers ont dû, il est vrai, négocier ferme sur la question des expulsions des résidences principales et sur la question des créances douteuses des banques. Les créanciers entendent logiquement ne faire aucun « cadeau » au gouvernement grec. En bloquant ce programme, ils montrent l'étendu de leur pouvoir et affirment ainsi qu'ils sont les vrais maîtres de la Grèce. Du reste, le ministre allemand Wolfgang Schäuble, a fait savoir voici peu qu'il refusait la demande d'Alexis Tsipras de se passer du FMI dans le programme.

 

Bonne ou mauvaise nouvelle ?

Ce retrait du « programme parallèle » met en lumière la quasi-inexistence de toute marge de manœuvre pour Alexis Tsipras. Est-ce une mauvaise nouvelle pour lui ? Sans doute, car sa capacité d'action est nulle et cela nuit à son discours de « bouclier » contre l'austérité qu'il porte depuis la signature du mémorandum. Mais cette impuissance peut aussi l'absoudre d'une partie de la responsabilité qui, de fait, se reporte sur les créanciers. Elle pourrait aussi justifier la volonté d'Alexis Tsipras d'en finir le plus rapidement possible avec le programme afin de reprendre une certaine liberté d'action. Un pari à haut risque, car l'effet des mesures prises ne s'est pas encore fait sentir sur l'économie du pays qui absorbe encore difficilement  le choc de la crise de juillet dernier.

 

 

 

Source : http://www.latribune.fr

 

 

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17 décembre 2015 4 17 /12 /décembre /2015 16:27

 

Source : http://cadtm.org

 

 

Communiqué du CADTM France

Pour le gouvernement, faire et défaire, c’est toujours travailler… Surtout quand c’est au profit des patrons et du Medef

17 décembre par CADTM France

 

 

 

http://www.assemblee-nationale.fr/

 

Le 15 décembre, l’Assemblée nationale a été le théâtre de deux dénis de démocratie.
Le premier consiste dans le vote d’un amendement annulant l’amnistie fiscale accordée début décembre par le Sénat aux sites de presse en ligne Mediapart et Arrêt sur images. Cette amnistie consistait à reconnaître le bon droit de ces deux médias de bénéficier du même taux de TVA de 2,1 % que celui appliqué à la presse papier. Mediapart (depuis 2008) et Arrêt sur images (depuis 2011) s’étaient auto-appliqués ce taux réduit jusqu’en février 2014, date à laquelle l’Assemblée nationale avait validé par un vote l’alignement des taux de TVA de la presse papier et de la presse en ligne.

 

Un mauvais coup n’arrivant jamais seul, les députés ont aussi décidé ce 15 décembre, à la demande de Christian Eckert, secrétaire d’État au budget, de défaire un vote qui venait de décider l’obligation, pour les grandes entreprises, de rendre public le « reporting » (la déclaration et la publication) de leurs activités et impôts payés pays par pays. Initialement adopté par 28 voix contre24, un nouveau vote a rejeté le dispositif initialement validé par 25 voix contre 21. Le ministre a invoqué « quelques risques en matière de compétitivité et quelques risques en matière d’échanges d’informations » (sic !) et a justifié sa position au motif de l’attente d’une étude d’impact et l’inscription de cette disposition, dans une directive, par la Commission européenne. La transparence financière, plus que jamais nécessaire, est une nouvelle fois reportée à plus tard dans un pays qui perd pourtant chaque année entre 60 et 80 milliards d’euros du fait de la fraude et de l’évasion fiscales. L’absence d’obligation pour les grosses entreprises de faire toute la transparence sur leurs activités et leur fiscalité, à la différence des autres contribuables, est inadmissible. Qui plus est, ces violations répétées, de la démocratie, par le gouvernement et le parlement, contribuent à apporter de l’eau au moulin d’une extrême droite qui prouve de jour en jour l’étendue de sa menace.

 

Face à une telle situation, le CADTM réclame la fin de « l’union nationale » des fraudeurs, de Cahuzac à Balkany, en passant par les grosses sociétés et les banques qui prospèrent dans les paradis fiscaux. Le CADTM exige la mise en place immédiate d’une transparence financière digne de ce nom.

 

 

 

Autres articles en français de CADTM France (42)

 

 

Source : http://cadtm.org

 

 

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17 décembre 2015 4 17 /12 /décembre /2015 14:43

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

Le gouvernement vole au secours du secret fiscal des entreprises

16 décembre 2015 | Par Dan Israel
 
 
 

Pour son dernier budget portant sur une année pleine, le gouvernement avait prévu d'imposer une baisse des dépenses publiques. Mais rien ne s'est passé comme prévu et il a du faire plier sa majorité sur plusieurs mesures.

Un court instant, ils y ont cru. Et puis le gouvernement, qui a failli se faire déborder, a repris la main. Non, les entreprises françaises ne seront pas obligées de rendre publics tous les détails sur leurs filiales, à commencer par leur localisation, leurs bénéfices et les impôts qu’elles payent où qu’elles soient dans le monde. Non, les ONG militant en faveur de cette transparence, meilleur outil contre l’optimisation fiscale abusive des multinationales, n’auront pas remporté la partie. Et non, les députés écologistes et ceux de la gauche du PS, qui se battent parfois depuis plusieurs années en faveur de cette transparence, n’ont pas fait plier le gouvernement sur ce « reporting public pays par pays ».

 

Le duel, qui a eu lieu dans la nuit de mardi à mercredi, au-delà d’une heure du matin, est un saisissant résumé du marathon budgétaire. Le débat parlementaire autour du collectif budgétaire s’achèvera ce jeudi, après les lectures définitives à l’Assemblée et au Sénat, du projet de loi de finances (PLF) 2016 et du projet de loi de finances rectificatif (PLFR) 2015, qui vient boucler l’année écoulée. Et tout au long de ces semaines, le gouvernement s’est employé à parer au plus pressé, colmatant ici une brèche qu’il n’avait pas aperçue, étouffant là un début d’incendie qu’il avait laissé s’attiser. Et perdant parfois la partie, aussi. À l’heure du bilan, l’exécutif peut se targuer d’avoir tenu bon sur l’essentiel de ses priorités, mais pas d’avoir su fixer un cap clair et précis pour ce qui constituait le budget de la dernière année gouvernementale pleine avant l’élection présidentielle de 2017.

 

L’avant-dernier amendement qu’aura examiné l’Assemblée en deuxième lecture du PLFR aura ainsi été l’objet d’un bras de fer forcené, et d’une manœuvre de procédure qui a finalement permis au gouvernement de l’emporter. La partie s’est jouée juste après qu’il avait obtenu le rejet de l’amendement en faveur de la presse en ligne sur la question de la TVA.

 

Les Verts et une partie des députés socialistes, dont Dominique Potier, Pascal Cherki et Yann Galut, présentaient à nouveau la mesure qu’ils étaient parvenus à faire voter en première lecture, imposant aux grandes entreprises la transparence totale sur leurs filiales. Le Sénat ayant rejeté leur amendement, il fallait donc le revoter. Ils étaient appuyés par un texte cosigné par l’économiste star Thomas Piketty, publié sur le Club de Mediapart. Le gouvernement, la commission des finances, la droite et une partie des socialistes y étaient opposés, préférant s’en tenir à la mesure tout juste introduite dans le PLF par le ministère des finances, et réservant les détails sur ces filiales aux seules autorités fiscales. Tous estiment que pour aller plus loin, il faut attendre une décision européenne en ce sens.

 

 

Dix jours auparavant, la mesure avait été adoptée par une poignée de voix. Cette fois, ce sont 28 députés qui l’ont approuvée, face à 24 parlementaires qui y étaient opposés. Grande joie de Pascal Cherki qui venait d’appeler à un « vote courageux » et de Dominique Potier qui vantait « une loi de fierté », non « pas la fin du monde », mais « le début d’un nouveau monde ». Mais comme il en a le droit, le secrétaire d’État au budget Christian Eckert a aussitôt demandé une seconde délibération, où les députés doivent voter sur un nouvel amendement présenté par le gouvernement. Quarante minutes de suspension de séance plus tard, nouveau vote, et rejet final de l’amendement, à 25 voix contre 21. LCP résume très bien les débats en vidéo.

 

Dans l’intervalle, Eckert a négocié avec les socialistes favorables au reporting public, et même trouvé un compromis : moins d’entreprises concernées ou une date d’entrée en application plus tardive. Ne restait au ministre qu’à obtenir le feu vert de l’Élysée… qui a refusé tout net. En parallèle, Bruno Le Roux, président du groupe socialiste à l’Assemblée, avait rappelé dans l’hémicycle deux députés, Jean-Louis Dumont et François Pupponi, et réussi à faire changer d’avis Sébastien Denaja, qui avait initialement soutenu l’amendement, avant de le rejeter (« Il était inutile de renverser la table hier. La mesure n’est pas enterrée mais simplement reportée », a-t-il fait valoir au site Novethic). Jolie manœuvre.

 

« Sur la forme, ces méthodes sont insupportables et inacceptables, déclare aujourd’hui Yann Galut. Sur le fond, la France a manqué une occasion historique d’être vraiment en pointe, alors que sur le plan européen, elle est leader dans ce combat depuis des années. » Dominique Potier, lui, se dit « amer » : « Le chemin le plus court vers une directive européenne, c’est une loi française, j’en suis persuadé. » « Nous sommes dans une période où il est crucial de montrer qu’il n’y a pas d’impuissance publique, notamment face aux intérêts privés. Il ne faut pas entretenir la désespérance », ajoute-t-il.

 

Dans ce domaine, le gouvernement « a montré un bien triste visage », ont réagi les ONG françaises qui luttent sur ce terrain. Il s’est aussi retrouvé sur les mêmes positions que le Medef, très soucieux de défendre la « compétitivité » des entreprises, qui aurait censément eu à souffrir de cette transparence. Et ce n’est bien sûr pas le seul point où Bercy ou l’Élysée se sont trouvés en phase avec le patronat. Car le budget présenté le 30 septembre avant d’être débattu au Parlement ne suivait qu’une seule ligne : la lutte contre les déficits et la restauration de la compétitivité des entreprises.

 

« Ce projet de loi est celui des objectifs atteints et des engagements tenus », a répété tout au long de ces deux mois et demi le ministre des finances Michel Sapin, se félicitant de la « maîtrise de la dépense publique », notamment par la mise en œuvre des 50 milliards d’euros d’économies sur 2015-2017 décidées l’an dernier. Et tant pis si c’est au prix d’un recul significatif de la part des richesses du pays consacrée à l’éducation, l’emploi ou l’écologie, comme le pointe avec justesse Alter Eco plus.

 

L’autre fierté de l’exécutif concerne les baisses d’impôt, notamment sur les entreprises. Bercy vante les « 33 milliards d’euros d’air frais » dont elles bénéficieront en 2016 et les ménages ne sont pas oubliés, avec une baisse d’impôt sur le revenu de 2,1 milliards en 2016, après 3 milliards en 2015. 12 millions de ménages sont concernés, soit les deux tiers des contribuables, « le cœur des classes moyennes », a plusieurs fois insisté le ministre.

 

L'emploi, invité de dernière minute

Ce sont les dramatiques circonstances des attentats du 13 janvier qui ont obligé le pouvoir à revoir ce dogme. D’abord en faisant passer le « pacte de sécurité » devant le pacte de compétitivité. Comme nous l’avons raconté, les parlementaires n’ont pas cillé pour voter plus de 700 millions d’euros de dépenses supplémentaires en faveur de la police et de la gendarmerie, de la justice et de l’armée. Tout à coup, et c’est heureux, il s’est trouvé une bourse à délester de quelques centaines de millions. Certes, comme le relèvent Les Échos, la France venait d’apprendre qu’elle bénéficierait d’une ristourne de plus d’un milliard sur ses versements prévus au budget européen. De tels investissements, nécessaires, auraient pourtant été impensables quelques jours plus tôt.

 

C’est ensuite le choc du premier tour des élections régionales qui a forcé Manuel Valls à déclarer qu’il allait se battre pour l’emploi, alors que le dossier du chômage avait été escamoté, de façon tout à fait consciente, dans le débat budgétaire jusqu’alors (lire notre analyse). Peu après 20 heures, dès dimanche 13 décembre, Manuel Valls estimait pourtant que les résultats électoraux étaient une « injonction » à « agir, sans relâche, plus vite » contre le chômage. Tout comme le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis, qui a lancé : « Nous ne pouvons plus continuer comme cela. Il faut agir contre la précarité et pour l’activité comme nous nous sommes attaqués à la compétitivité et à la refondation de l’école. C’est l’inflexion qui doit intervenir durant les 18 mois à venir.»

 

Le lendemain sur France 2, le premier ministre déclarait encore : « Il y a une urgence pour lutter contre le terrorisme, il y a aussi une urgence pour lutter contre le chômage. » Mais rien ou presque dans la loi de finances 2016 ne concrétise cette promesse, et la ministre du travail, Myriam El Khomri, n’a pour l’heure à se mettre sous la dent que les éléments de langage sur la dynamique que sont censées enclencher les baisses de charges du pacte de responsabilité (depuis un an, l’employeur d’un salarié au Smic ne paie plus de cotisation sociale et les allègements de charge sont ensuite progressifs jusqu’à 1,6 Smic).

 

L'amendement Ayrault-Muet combattu par le gouvernement

Manuel Valls et Michel Sapin avaient pourtant sous la main une mesure toute symbolique, et fort politique, qu’ils auraient pu exploiter comme une preuve de leur attention envers les classes populaires : l’amendement Ayrault-Muet. Mais cette mesure, qui vise à transformer une partie de la prime d’activité (cette nouvelle prestation sociale qui fusionnera à partir du 1er janvier 2016 la prime pour l’emploi et le RSA activité) en une ristourne de la CSG, pour rendre progressif cet impôt sur le revenu bis, a justement été votée contre l’avis du gouvernement, après un mois d’intense bataille d’influence. En première lecture, comme Mediapart l’a relaté, puis en seconde lecture, vendredi 11 décembre, sous les applaudissements d’une partie de la gauche.

 

Jean-Marc Ayrault a d’ailleurs largement joué de cette partition en direction des Français les plus pauvres, vantant « une mesure de justice fiscale » et « un message très fort adressé à ceux qui espèrent que nous allons continuer les mesures dans deux directions : la baisse des impôts mais à la fois davantage de justice fiscale ». L’exécutif, de son côté, était trop inquiet de la question du financement de cette mesure, et de se voir accusé de devoir augmenter un autre impôt pour compenser la nouvelle dépense.

 

Dans un genre plus mineur, mais symbolique, ce n’est qu’en deuxième lecture que Christian Eckert s’est résolu à ne pas se prononcer sur le passage de 20 % à 5,5 % de la TVA sur les produits d’hygiène féminine, dite « taxe tampon ». Dans un premier temps, paralysé par les 55 millions d’euros nécessaires pour financer la mesure, le gouvernement s’était prononcé contre, et il a fallu toute la puissance de feu des associations féministes pour que le Sénat rétablisse cet amendement et fasse reprendre le débat.

 

Ces broncas non anticipées

Il est d’autres broncas dont le gouvernement n’avait pas prévu l’ampleur. Le meilleur exemple est l’obligation pour les veufs et veuves ayant eu un enfant de payer à partir de 2015 la taxe d’habitation et la taxe foncière. C’est la conséquence de la suppression de la demi-part des veuves, votée en 2008 sous Sarkozy, et le gouvernement avait repéré le problème. Mais il n’avait pas anticipé le bruit qu’allaient faire les mécontents, à partir de début novembre, sur le thème du « matraquage fiscal ». Cette accusation dont veut à tout prix se défaire le gouvernement…

 

Résultat, Christian Eckert est obligé d’indiquer au Journal du dimanche que « les personnes concernées qui auraient déjà payé ces impôts en 2015 seront remboursées sans démarche particulière », et le gouvernement de sortir de son chapeau le 12 novembre, en plein débat à l’Assemblée, une exonération définitive pour tous ceux qui en avait bénéficié en 2014, ainsi qu’une entrée progressive dans l’impôt en trois ans pour les autres, qui changeraient de situation après 2015. « Un dispositif juridiquement solide et pérenne », se félicite Michel Sapin, sans convaincre totalement. « Le gouvernement s’est pris les pieds dans le tapis », ironise à bon droit le député LR Éric Woerth dans l’hémicycle.

 

Ce commentaire aurait pu s’appliquer sur l’autre dossier chaud de la première moitié du mois de novembre, celui de la réforme de la DGF. La dotation globale de fonctionnement est la principale enveloppe allouée par l’État aux collectivités, et elle est notoirement distribuée de façon inéquitable et archaïque entre les diverses communes. Un « scandale ambulant », pointait un ministre à l’époque, ravi de voir menée une « réforme de gauche ». Car le gouvernement avait décidé de revoir les règles d’attribution de la DGF, afin de rétablir l’équité dans son versement. Son ambitieux projet aura finalement été stoppé net par la levée de boucliers de nombreux élus, dont ceux de l’Association des petites villes de France, menée par le socialiste Olivier Dussopt. Ulcérés par le manque de préparation de la réforme et par des consultations qu’ils ont jugé trop peu nombreuses, ces élus ont finalement obtenu le report d’un an de la mesure, et une commission d’étude sur le sujet, où Dussopt aura une large place.

 

L'aide au développement rabotée discrètement

Dans un dernier cas, sur les sujets liés à l’aide au développement, le gouvernement a joué plus finement. Comme sur la question de la transparence fiscale, il a plaidé que la France ne devait pas être en avance sur l’Union européenne, il a subi plusieurs revers dans l’hémicycle… et a finalement récupéré la main.

 

Les camouflets, il a d’abord semblé les essuyer sur la question de l’élargissement de la taxe sur les transactions financières. En vigueur en France uniquement sur les ventes d’actions à long terme, cette taxe a été élargie par les députés, en première puis en deuxième lecture, aux transactions « intradays », où l’achat et la vente se passent dans la même journée. Michel Sapin était contre, expliquant inlassablement qu’il préférait attendre une décision européenne sur l’installation de la TTF dans une dizaine de pays, alors même que Mediapart expliquait récemment que l’aboutissement prochain de cette négociation est loin d’être acquis.

 

« Je ne crois pas à une taxe sur les transactions financières large dans un seul pays », a rappelé le ministre le 11 décembre à l’Assemblée, à l’unisson avec le président de la commission des finances, le député LR Gilles Carrez. Mais Sapin a laissé faire les députés, en demandant que la mesure ne démarre pas avant 2017. Mais il a surtout prévenu que si les négociations européennes échouaient, il demanderait un nouveau report de la mise en application de cette TTF élargie. Une manière plutôt fine de s’assurer que c’est sa position qui prévaudra, quoi qu’il arrive.

 

Autre manœuvre, moins élégante, le gouvernement a imposé fin octobre, au détour d’un amendement qu’aucun député n’avait vu venir, une baisse des crédits accordés à l’aide au développement. Quelques jours plus tôt, l’Assemblée les avaient pourtant considérablement augmentés, contre son avis.

 

Aucun des députés vigilants sur cette question n’avait été averti que l’amendement-coup de ciseau allait être présenté, et personne ne s’y est donc efficacement opposé. Et le 11 décembre, ces députés n’ont pas réussi à changer la donne, malgré le dépôt de plusieurs amendements pour augmenter les crédits, soit de l’aide au développement, soit de l’agence qui en est chargée. Le budget alloué à la mission « aide au développement » sera donc « en baisse de 7,7 %, soit 210 millions d’euros, par rapport à 2015, et de 112 millions d’euros par rapport au budget initial présenté en septembre par le gouvernement », a calculé l’ONG ONE.

 

Aux parlementaires qui s’émouvaient de son intransigeance, Michel Sapin a répondu le 11 décembre que ces chiffres étaient « parfaitement conformes à l’engagement du président de la République », qui a promis fin septembre devant l’ONU 4 milliards de plus pour le développement d’ici 2020. « Il y a des limites à tout », a lancé le ministre. « Ça me révolte », a alors soufflé Olivier Faure, vice-président du groupe socialiste, sonné.

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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