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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 16:16

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

Climat d’insécurité

LE MONDE | • Mis à jour le | Par

 

 

 

Sur l'île yéménite de Socotra, en novembre 2015.

C’était bien évidemment la question piège. Samedi 14 novembre, sur la chaîne de télévision CBS, l’animateur du débat entre les prétendants à l’investiture démocrate pour l’élection présidentielle américaine a demandé à Bernie Sanders s’il pensait toujours que le changement climatique était « la menace la plus importante pour la sécurité des Etats-Unis », comme il l’avait déclaré quelques semaines auparavant. La question est presque rhétorique. La veille, Paris était ensanglantée par des attaques terroristes d’une brutalité inédite en France. L’« urgence climatique » semble reléguée, depuis, à une question vaguement subsidiaire.

 

Bernie Sanders a pourtant répondu qu’il maintenait « absolument » son opinion. « En fait, le changement climatique est directement lié à l’augmentation de la menace terroriste (…), a-t-il expliqué. Si nous n’écoutons pas ce que les scientifiques nous disent, nous allons voir des pays tout autour du monde c’est ce que dit la CIA se battre pour l’accès à l’eau, pour l’accès aux terres arables, et nous verrons surgir toutes sortes de conflits. »

Tirer un lien entre sécurité et changement climatique en fait sourire certains. Ce lien est pourtant une certitude, et une certitude suffisamment incommodante pour être systématiquement oubliée et régulièrement redécouverte.

 

« Multiplicateur de menaces »

En mars 2008, le haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité transmettait aux Etats membres un rapport sans ambiguïté sur le sujet. Sept ans après sa rédaction, force est de constater son caractère prémonitoire. Le texte estimait que le réchauffement agit comme un « multiplicateur de menaces » dans des zones déjà traversées par des tensions sociales, politiques, religieuses ou ethniques.

 

« Les changements climatiques risquent d’avoir, à l’avenir, des incidences sur la stabilité sociale et politique au Proche-Orient et en Afrique du Nord », détaillait le rapport, qui pointait « les tensions liées à la gestion des ressources hydriques de la vallée du Jourdain et du bassin du Tigre et de l’Euphrate, qui se raréfient » et l’aggravation de ces tensions par l’augmentation des températures.

Il mettait aussi l’accent sur « une augmentation sensible de la population du Maghreb et du Sahel » au cours des prochaines années qui, combinée au changement climatique et à la diminution des surfaces agricoles, pourrait entraîner une « déstabilisation politique » et « accroître les pressions migratoires ». Même alerte sur le Yémen.

De manière troublante, presque toutes les zones identifiées en 2008 comme les plus sensibles au réchauffement – de la Mésopotamie au Levant en passant par le Yémen, le Sahel et l’Afrique du Nord –, ont basculé sept ans plus tard dans l’instabilité ou le chaos, chaos dont les attentats du 13 novembre sont le monstrueux rejeton.

Le cas syrien, en particulier, a fait l’objet de plusieurs travaux, cherchant la part prise par le climat dans la situation actuelle. Francesca de Châtel (université Radboud de Nimègue, aux Pays-Bas), spécialiste des questions de gestion de l’eau au Proche-Orient, en a livré une chronique saisissante, publiée en janvier 2014 dans la revue Middle Eastern Studies. Le scénario combine un cauchemar environnemental à une incurie à peu près totale du gouvernement syrien dans la gestion de ses conséquences.

Entre 2007 et 2010, favorisée par le réchauffement en cours, une sécheresse d’une sévérité jamais vue depuis le début des relevés météorologiques s’installe sur la région. Les Nations unies estiment que 1,3 million de Syriens en sont affectés. En 2008, pour la première fois de son histoire, la Syrie doit importer du blé. L’année suivante, plus de 300 000 agriculteurs désertent le nord-est du pays faute de pouvoir poursuivre leur activité. Car non seulement il ne pleut pas, mais un grand nombre de nappes phréatiques, surexploitées depuis les années 1980, sont à sec… En 2010, 17 % de la population syrienne est en situation d’insécurité alimentaire.

Bien sûr, les déterminants environnementaux n’invalident nullement les autres – religieux, politiques, ethniques, etc. –, habituellement mis en avant. Mais leur rôle est clair : comment penser que la destruction partielle de la production primaire d’un pays puisse être sans effet aucun sur sa stabilité et la sécurité de ses voisins ?

 

Grilles de lecture

Dans une étude publiée en mai dans Journal of Development Economics, Matthias Flückiger et Markus Ludwig, de l’université de Bâle, en Suisse, donnent une illustration extraordinaire de ce lien entre environnement et sécurité. Les deux économistes ont analysé les données relatives aux actes de piraterie au large d’une centaine de pays, et à l’abondance de plancton dans les mêmes eaux. Selon leurs calculs, lorsque la quantité de plancton baisse de 10 %, le nombre d’actes de piraterie augmente d’autant…

Parce qu’elle est étrangère à nos grilles de lecture habituelles, cette corrélation peut surprendre, mais elle n’est pas si étonnante. Le plancton – affecté par le réchauffement – forme le socle de la chaîne alimentaire marine : lorsqu’il vient à manquer, ce sont les pêcheries qui trinquent. Les pêcheurs se retrouvent alors avec des bateaux qui ne peuvent plus servir à pêcher. Il faut donc trouver une autre activité permettant de les amortir, et la piraterie en est une.

En frappant Paris le 13 novembre, l’organisation Etat islamique (EI) a remis le court terme au centre de l’agenda politique. La conférence décisive sur le climat, qui doit s’ouvrir le 30 novembre dans la capitale française, est passée au second plan. Pour la lutte contre le réchauffement, c’est une mauvaise nouvelle. On aura compris que, pour l’EI et tous ceux qui prospèrent sur le désespoir des plus pauvres, c’est une formidable victoire.

 
 Stéphane Foucart

 

 

Source : http://www.lemonde.fr

 

 

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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 14:30

 

Quelques liens :

http://marchemondialepourleclimat.org/fr/

http://coalitionclimat21.org/

http://marchesurlacop.noblogs.org/

https://www.facebook.com/events/832275816805963/

 

 

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dimanche 29 novembre 2015 à 10h

 

Marchez pour le climat !

 

Le 29 novembre 2015, veille de l'ouverture de la COP21, une Marche Mondiale pour le Climat est organisée dans de nombreuses villes du monde et de France

afin de contraindre les états à agir radicalement contre le réchauffement climatique, dénoncer les activités prédatrices des multinationales et leurs conséquences pour les populations et les éco-systèmes et apporter des solutions alternatives pour une véritable transition.

L'association St Hilaire Durable, en lutte contre un projet de golf-immobilier à St Hilaire de Brethmas, a choisi cette date pour organiser une marche qui partira d'Alès pour se rendre

sur la ZAD golfique de St Hilaire

Gaspillage de la ressource en eau, destruction de terres agricoles, multiplication des déplacements par la création d'un urbanisme excentré, morcellement des territoires,

ce projet, porté par Alès Agglomération, est éminemment néfaste pour le climat et notre territoire.

Votre association/collectif est invité(e), au travers de tous ses adhérents et sympathisants, à participer à cette marche.

 

 

 

le 29 novembre,

A pied et à vélo,

marchons ensemble d'Alès à St Hilaire !

10h : Rassemblement sur le parvis de la mairie d'Alès puis marche jusqu'à St Hilaire de Brethmas

12h30 : Arrivée-Rassemblement sur la ZAD golfique de St Hilaire pour un pique-nique géant

sur place : stands, interventions, débats

Nous vous demandons de bien vouloir nous faire savoir, par retour, si votre association participera à la marche et si elle souhaite apparaître comme soutien de cet événement.

 

pièce jointe: application/pdf

 

 

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Source : http://www.lexpress.fr

 

 

 

COP21: faute de marche pour le climat, les ONG se mobilisent autrement

 

Par avec AFP, publié le 23/11/2015 à 17:11

 

 

 

Une manifestation géante avait eu lieu à New York en septembre 2014 lors du sommet Climat à l'ONU. A Paris, la grande marche pour le climat, en marge de la COP21, est interdite pour cause d'attentats.

 

Une manifestation géante avait eu lieu à New York en septembre 2014 lors du sommet Climat à l'ONU. A Paris, la grande marche pour le climat, en marge de la COP21, est interdite pour cause d'attentats.

 

REUTERS/Adrees Latif

 

 

Pour des raisons de sécurité après les attentats de Paris, la société civile sera privée des grands rassemblements des 29 novembre et 12 décembre, initialement prévus dans la Capitale, en marge de la COP21. Quelles alternatives pour les ONG?

 

Comment se faire entendre sans manifester? La société civile, qui devait être une actrice majeure de la COP21 à Paris, est privée de la grande marche pour le climat prévue le 29 novembre et probablement de l'"action de masse" organisée le 12 décembre prochain. "L'exigence de sécurité s'impose", a fait savoir la présidence de la COP21, quelques jours après les attentats du vendredi 13 novembre. Le risque: que le sommet s'enferme dans un huis clos diplomatique. A côté de quelques appels à la désobéissance, les 130 ONG réunies sous la bannière "Coalition climat 21"cherchent à raviver la mobilisation citoyenne par d'autres biais. 

 

>> Quelle sécurité pour la COP21 après les attentats? 

 
 

Des chaussures pour le climat

Les marcheurs avaient initialement rendez-vous le dimanche 29 novembre à 12h, à Paris, sur la place de la République, entièrement dédiée à la mémoire des victimes, à proximité des lieux des fusillades. "Nous ne pourrons pas manifester en personne, mais nous pouvons encore nous assurer que notre message y sera entendu", espère l'organisation Avaaz, qui veut "recouvrir la place et les rues avoisinantes de chaussures, qui symboliseront chacun de nos pas". 

"La négociatrice en chef pour la France lors de la COP21, Laurence Tubiana, déposera même ses Converse", se félicite une membre de l'organisation, Marie Yared. Pour l'imiter, il est d'ores et déjà possible d'envoyer sa paire de chaussures par La Poste ou de la déposer sur place. Pour que la marche de Paris existe un peu quand-même, au moins virtuellement, un parcours visuel et sonore devrait être installé le long du parcours. "Nous allons la faire vivre d'une manière artistique", assure Alix Mazounie, pour Réseau action climat. 

 

Plan B in Paris: Fill the Place de la République with shoes! https://secure.avaaz.org/fr/paris_march_next_steps_/ 

 

 

Une marche par procuration

 

Paris ne devait pas manifester seule, loin s'en faut. La grande marche pour le climat devait mobiliser les citoyens dans des centaines de villes dans le monde. S'il semble difficile de les maintenir à Beyrouth ou Bamako, elles aussi meurtries récemment par le terrorisme, ces "Global Climate March" devraient fleurir sur tous les continents comme prévu.  

Les marcheurs "empêchés" y seront représentés par procuration, grâce à un site qui doit être lancé ce mercredi: March4me.org. "Là où les manifestations sont maintenues, ailleurs en France et dans le monde, chacun pourra endosser le nom d'une personne qui souhaitait défiler à Paris et qui se sera inscrite sur le site, explique Benoit Hartmann, de France nature environnement. Une façon de satisfaire l'énorme envie de manifester pour le climat". 

 

La marche climat n'aura pas lieu, mais la mobilisation continue sur le digital ! #

 

 

March for everyone & everything that can't, we're all in this together. pic.twitter.com/dEEpPrbJlC

 
 

D'autres rendez-vous à Paris et près de Paris

D'autres actions sont maintenues à Paris ou à proximité. La Conférence de la Jeunesse, COY11, doit se tenir du 26 au 28 novembre au Parc des Expositions de Villepinte. L'"espace Génération climat" est maintenu au Bourget, où est confiné le pan diplomatique de la COP21. Ce dernier rendez-vous est un peu trop "officiel" au goût des ONG, qui avaient déjà lancé un certain nombre de rassemblements "off" dans ce festival pour le climat, note Slate

Le sommet citoyen de Montreuil propose débats, projections, ateliers... les 5 et 6 décembre. A proximité de la Gare du Nord, "The Place to Be" se veut un "média center" alternatif. La Villette organise le 5 décembre également une plantation citoyenne avec la militante indienne Vandana Shiva. Et le CentQuatre accueille la Zone d'Action pour le Climat du 7 au 11 décembre, dans le 19e arrondissement de Paris. Nicolas Hulot y est attendu le 8 décembre, puis Naomi Klein le 10 décembre... L'activiste devrait y répéter ce qu'elle a écrit dans le Guardian. Pour elle, l'annulation des marches à Paris est l'illustration même de l'injustice liée au changement climatique: "Ceux qui font face aux pires conséquences du changement climatique n'ont presque pas voix au chapitre dans les débats." 

 

En route pour Ostende avec le Climate Express

Le Climate Express devait permettre à 10 000 Belges de se rendre à la COP21 de Paris, en vélo, en bus ou en train. Et si les Français le prenaient "en sens inverse", suggère Libération. Compte tenu de la tension et des risques dans la capitale belge, c'est vers Ostende que les regards se tournent désormais. La ville a dit "oui" à la Coalition Climat belge qui espère créer un "rassemblement sur la plage".  

 

Marche pour le climat à Paris annulée, mais . Le 29 novembre, soyons plus de 10.000 à Ostende!

 
 

Un signe distinctif dans les rues et sur Internet?

Un signe distinctif va être créé, à l'instar du coeur vert utilisé lors de la manifestation géante à New York en septembre 2014 lors du sommet climat à l'ONU. L'idée: l'arborer sur les vêtements, dans les vitrines des magasins, aux balcons, etc. Reste à savoir à quoi il ressemblera, s'il fera écho au logo officiel de la COP21 ou plutôt aux symboles nés après les attentats du 23 novembre. Et s'il aura du succès sur les réseaux sociaux, autre lieu de mobilisation citoyenne. 

Source : http://www.lexpress.fr

 

 

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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 14:20

 

Source : http://www.liberation.fr

 

 

COP21

Climat : comment se manifester sans manifester

Par et (mis à jour à )
 

 

Climat : comment se manifester sans manifester Illustration Chip Thomas. 350.org

 

Le gouvernement a interdit les grandes marches prévues à l'occasion du sommet de l'ONU du Bourget. Voici quelques pistes pour que la société civile décrète à sa façon l'état d'urgence climatique.

 

 

Se faire entendre, malgré tout. Alors que le gouvernement a décidé ce samedi de prolonger l'interdiction de manifester en Ile-de France jusqu’au 30 novembre , le jour d’ouverture de la COP 21 (après avoir interdit les marches pour le climat prévues sur la voie publique à Paris et dans d’autres villes de France les 29 novembre et 12 décembre), comment faire pour manifester son attachement à la lutte contre le changement climatique ? Comment les citoyens pourront-ils faire pression sur les décideurs du monde entier et les 138 chefs d’Etat et de gouvernement qui se réuniront au Bourget du 30 novembre au 11 décembre pour la COP 21, le sommet de l’ONU sur le climat censé aboutir à un accord global et contraignant pour combattre le dérèglement climatique et ses impacts, y compris militaires ou sanitaires ? Comment faire entendre la voix de mouvements, d’acteurs engagés qui ne seront pas parmi les 14 000 représentants officiels de la «société civile» (ONG, entreprises, think tank, etc.) à l’intérieur de la COP 21 ? Voici quelques pistes – non exhaustives, bien évidemment – lancées par différentes organisations de la société civile, et recensées par Libération.

 

1. Marcher virtuellement

Dès mercredi 25 novembre, le site march4me.org sera ouvert à ceux qui ne pourront pas marcher en France. L’idée est de permettre à chacun d’être représenté symboliquement par quelqu’un qui peut marcher ailleurs. En effet, «57 marches sont prévues dans le monde entier», de Berlin à Sydney en passant par Kampala ou Ottawa, souligne la Coalition Climat 21, une alliance de plus de 130 organisations de la société civile à l’origine de multiples manifestations citoyennes prévues en marge de la COP 21.

Après les tragiques attentats à Paris, Beyrouth ou Bamako, «il est plus que jamais nécessaire de continuer à se mobiliser pour un monde de paix, insiste Juliette Rousseau, coordinatrice de la Coalition Climat 21, dont les membres se sont réunis jeudi soir pour décider de la suite à donner à la mobilisation. Or la crise climatique menace d’aggraver la situation. Les attaques terroristes attaquent un collectif, un "nous". Continuer à se mobiliser est une façon de créer une résilience collective. Sachant que la COP 21 n’est pas une fin en soi, les mobilisations en marge de celle-ci ne sont qu’une étape de plus dans la construction d’un mouvement de long terme.» 

«A côté de l’état d’urgence, il y a l’état d’urgence climatique, insiste Eros Sana, de l’ONG 350.org. Le dérèglement climatique fait aussi des victimes, à Tuvalu, en Zambie ou en France. Si les peuples ne poussent pas les dirigeants à changer le monde, celui-ci ne changera pas. Nous voulons un monde plus juste et plus équitable, nous avons les solutions.» Internet permet aussi de signer «Osons», l’appel aux chefs d’Etat lancé en octobre par Nicolas Hulot sur le site de sa Fondation et qui a déjà recueilli près de 620 000 signatures.

 

Un autocollant des Climate Games. (Photo climategames)

 

2. Se lancer dans les «Climate Games»

Les collectifs, mouvements, associations, organisations impliquées discutent collectivement des suites à donner aux actions de masse prévues pour le 12 décembre et interdites par le gouvernement (encerclement symbolique des 18 hectares du centre de négociations du Bourget, chaînes humaines autour de la place de la République à Paris…). «Nous réfléchissons à des modalités ingénieuses de «manifester sans manifester» ce jour-là. D’ici la semaine prochaine, nous lancerons un appel en ce sens de manière très concrète», indique Malika Peyraut, des Amis de la Terre. Parmi les initiatives créatives de désobéissance civile ? Les red lines, les lignes rouges, ou les climates games. Ces derniers se voulaient, avant les attentats, la plus grande action de désobéissance menée pour le climat. Ils ont été notamment co-pensés par John Jordan, l'un des créateurs du laboratoire de l’imagination insurrectionnelle.

L’idée n’est pas abandonnée, loin de là. «Seuls les mouvements de justice climatique et leur désobéissance civile seront capables de faire en sorte que 80% des combustibles fossiles restent dans le solécrit ainsi l’équipe des climates gamesNous sommes plus dévoué-e-s que jamais aux formes d’action qui cherchent à s’adresser aux causes premières du changement climatique de manière non-violente et déterminée. A Paris, notre terrain de jeu a été totalement transformé, mais partout ailleurs dans le monde, nous encourageons les gens à poursuivre leurs actions et leurs aventures. Nous appelons toutes les équipes à Paris à prendre en compte les conditions exceptionnelles dans lesquelles se dérouleront les Climates Games et nous vous demandons de ne pas avoir peur ni d'effrayer qui que ce soit. La nature décentralisée et créative des Climates Games pourrait devenir l’alternative non violente à cet état d’urgence. Comme des champignons qui sortent à l’aube, des fourmis qui franchissent les frontières la nuit, nous résisterons à la peur et au choc émotionnel, nous nous relèverons, nous nous adapterons et nous résisterons. Nous ne nous battons pas pour la Nature, nous sommes la Nature qui se défend.»

 

3. Afficher un signe de ralliement

A quoi ressemblera ce signe ? S’agira-t-il de porter quelque chose sur soi, d’afficher quelque chose à ses fenêtres, sur les réseaux sociaux ou sur son vélo ? Le 29 novembre seulement ou pendant toute le COP 21? Rien n’est tranché pour l’heure, mais la Coalition Climat 21 «y travaille».

 

4. Recouvrir les rues de chaussures

L’organisation Avaaz vient d’imaginer «une action symbolique inoubliable» place de la République, à Paris, la veille du sommet, le 29 novembre. Il s’agirait, «aussi loin que porte le regard», de «recouvrir la place et les rues avoisinantes de chaussures, qui symboliseront chacun de nos pas. Des milliers et des milliers de "chaussures en marche". Une paire pour chacun d’entre nous». Concrètement, l’organisation propose à chacun de prendre une paire de chaussures, d’écrire son nom dessus, de la décorer ou d’y insérer un «message d’espoir pour notre avenir», puis de l’envoyer au siège d’Avaaz France, à Montreuil. Autre option, déposer sa paire de chaussures en personne auprès des volontaires en tee-shirt rose «à la sortie 4 du métro République, à l’entrée de la rue du Faubourg-du-Temple tous les jours de 8 heures à 19 heures, à partir de samedi matin et jusqu’au 28 novembre». Laurence Tubiana, l’ambassadrice française chargée des négociations sur le climat, a promis jeudi dans un tweet qu’elle apportera ses baskets place de la République et leur demandera de marcher pour elle :

 

 

On November 29th, we are marching for Paris and everything we love. Join us and let's make history! https://secure.avaaz.org/en/save_the_date_nov29_loc/ 

.@Avaaz I will bring my sneakers to the place de la Republique and ask them to walk for me and for climate

 

 

5. Imaginer des installations éphémères

Tout au long du parcours initialement prévu à Paris, de la place de la République à celle de la Nation, «le matériel créé par les artistes et militants pour la marche sera utilisé pour faire vivre celle-ci», explique Marie Yared, d’Avaaz. Installations artistiques, citoyens, nature ou solutions représentés visuellement, performances sonores…, l’idée est d'«habiller, de décorer, d’occuper le parcours de la marche», sur les trottoirs ou dans les arbres, sur tout l’espace public, mais «sans gêner la circulation». «Nous n’en avons pas encore discuté avec la préfecture, mais nous ne voyons pas pourquoi elle nous interdirait cela», précise Alix Mazounie, du Réseau Action Climat (RAC)-France.

 

(Illustration Nina Montenegro. 350.org)

 

6. Participer au sommet des chaises réquisitionnées

L’interdiction des marches illustre, pour Attac, le «sentiment de dépossession et la confusion entre sécurité et ordre sécuritaire». Pour l’association altermondialiste, «les mobilisations pour le climat sont aussi notre réponse aux terroristes : vous rêvez de tuer et de mourir, nous voulons la justice sociale et préserver la vie sur cette Terre que nous avons en partage.» Attac appelle donc «à renforcer toutes les initiatives décentralisées prévues pour les 28 et 29 novembre».

Mais aussi à «participer au Sommet citoyen pour le climat les 5 et 6 décembre à Montreuil, à s’inscrire dans les activités de la Zone action climat (ZAC) au Cent-Quatre, à Paris». Ces deux manifestations, essentiellement prévues dans des lieux clos, sont maintenues. A Montreuil, par exemple, il est toujours prévu que le Village mondial des alternatives organisé par le mouvement Alternatiba – qui a lancé le 17 novembre un appel au maintien des mobilisations citoyennes pour le climat, signé par 17 000 personnes – accueille un «sommet des 196 chaises réquisitionnées» dans des banques jugées complices de l’évasion fiscale, pour mettre l’accent sur la question du financement du Fonds Vert et de la transition sociale et écologique.

 

7. Rendre les transports gratuits

Maxime Combes, économiste et membre d’Attac a aussi suggéré jeudi sur son blog d'«occuper un même jour, aux quatre coins du pays (et plus ?) une série de centres commerciaux (ce n’est qu’une idée - peut-être pas la meilleure), d’entreprises privées ou de banques pour dénoncer (et bloquer) leurs agissements inacceptables en matière de réchauffement climatique». «Chiche, fonçons dans les centres commerciaux (ou les marchés de Noël qui sont autorisés)… !», écrit-il. Et de proposer aussi des actions ciblées dans les transports collectifs : «Pour rendre les transports gratuits en libérant l’accès à ces services essentiels de la transition énergétique, ou bien organiser, sur une même journée, une manifestation festive et informative décentralisée dans tous les transports ferrés d’Ile-de-France (et d’ailleurs), pour échanger avec la population.» Ceci dit, précisait-il vendredi matin, «ce ne sont que des idées, rien n’est validé».

 

8. Faire une plantation citoyenne

Envie «de semer ensemble les graines du changement pour une nouvelle citoyenneté planétaire» ? De se réunir «dans la solidarité pour l’avenir de l’humanité et la Terre-Mère» ? La Villette organise le 5 décembre une plantation citoyenne avec la militante écologiste indienne Vandana Shiva, figure de l’altermondialisme. Dans la foulée, une rencontre, des débats auront lieu avec le Canadien Paul Watson, écoguerrier des océans et créateur de Sea Sheperd, et le britannique Rob Hopkins, professeur de permaculture et confondateur du mouvement des villes en transition.

 

Carte qui montre la distorsion d’une mappemonde en fonction des émissions de gaz à effet de serre (pour plus d’information, Carbonmap.org)

 

9. Mettre le cap sur la COP en tracto-vélo

Un convoi de centaines de personnes à vélo ou en tracteur partira samedi de Notre-Dame des Landes pour arriver une semaine plus tard sur le plateau de Saclay. L’assemblée d’organisations entend «dénoncer l’hypocrisie criante entre la volonté du gouvernement de lutter contre le réchauffement climatique, et la destruction de terres agricoles et de zones humides, de dizaines d’habitats pour y construire… un nouvel aéroport.» Et les animateurs de la ZAD de NDLL d’assurer : «Malgré l’escalade sécuritaire et la déferlante annoncée de lois liberticides, notre volonté est de continuer à manifester, à lutter et à porter haut et fort la voix de territoires en luttes impactés par des projets inutiles et imposés.» Deux étapes par jour sont prévues pendant la semaine de convoi.

 

10. Prendre le Climate Express en sens inverse

Près de 10 000 Belges devaient converger, à vélo, bus, train, à Paris le 29 novembre à l’occasion d’un Climate express lancé par la Coalition climat belge, une plateforme de plus de 60 organisations, associations, etc. «Interdire aux citoyens de s’exprimer sur un sujet aussi important que l’avenir de la planète, c’est admettre la victoire de la peur face à la terreur», souligne Nicolas Van Nuffel, le porte-parole de la coalition. Du coup, les organisateurs belges sont déjà à la manœuvre pour préparer une alternative. Une manifestation devrait être proposée en Belgique, en dialogue avec les autorités…

 

11. Soutenir les énergies renouvelables

Par exemple en changeant de fournisseur d’électricité. En quelques clics, on peut rejoindre Enercoop, «seul fournisseur d’électricité à s’approvisionner directement et à 100 % auprès de producteurs d’énergie renouvelable : éolien, hydraulique, photovoltaïque et biomasse». Ou en plaçant ses sous au service de ces énergies. Lancée fin septembre par Energie Partagée et la Nef, la campagne «épargnons le climat» incite ainsi les citoyens à placer leur épargne au service de projets de production d’énergie 100% renouvelables. Un demi-million d’euros de promesses a déjà été enregistré sur le site www.epargnonsleclimat.fr

(Illustration Sea Fist. Nicolas Lampert. 350.org)

 

12. Défier l’interdiction de manifester

«Nous refusons la stratégie du choc qui consiste à utiliser les attentats tragiques pour restreindre les libertés, assure ainsi le collectif Les désobéissants. Nous appelons à refuser la suspension de l’état de droit que constitue l’état d’urgence et à venir manifester le 29 novembre à midi place de la République, pour la justice climatique, la transition écologique et les alternatives au capitalisme.» Les organisateurs appellent donc «chacune et chacun à venir ce jour-là, dans le calme, sans haine et sans violence». Ils assument les risques, certes. Mais «le risque est plus grand de ne pas nous manifester : combien de sécheresses, d’inondations, de famines, de guerres, combien de millions de victimes pouvons-nous éviter si nous affirmons la voix des citoyens du monde entier ?»

 

Christian Losson , Coralie Schaub

 

 

Source : http://www.liberation.fr

 

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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 13:52

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

La Chine avant la COP21 (2). La société se mobilise face à la crise environnementale

 

24 novembre 2015 | Par Gilles Taine
 
 

Face à la multiplication des catastrophes environnementales et à l'impossibilité de s'organiser au niveau national, les citoyens chinois manifestent de plus en plus ouvertement leur mécontentement. Des oppositions parfois violentes aux projets industriels se multiplient, en ville mais aussi dans les zones rurales.

Dès 2005, l'Agence nationale chargée de la protection de l'environnement (devenue ministère de l'environnement en 2008) fait officiellement état de 5 000 « incidents de masse liés aux questions environnementales ». Cet euphémisme, qui désigne les manifestations publiques liées à la pollution qui regroupent plus de cent personnes, souligne que, dès le départ, les autorités abordent le problème environnemental sous un angle politique, comme enjeu de la stabilité sociale. L'écologie entre dans le radar du gouvernement à partir du moment où elle est considérée comme remettant en cause la stabilité sociale et donc potentiellement le monopole du pouvoir du Parti. La réponse apportée aux griefs des manifestants, qu'elle prenne la forme de concessions ou de répressions, a pour but principal d'éviter de prolonger une situation d'instabilité sociale. C'est d'ailleurs pour cela que, très souvent, les industriels se contentent de fermer une usine quelque part pour la rouvrir ailleurs, en général dans une zone plus éloignée et moins développée.

C'est ce qui se passe en 2007, lorsqu'un projet d'ouverture d'une usine de paraxylène (produit chimique utilisé dans la fabrication du polyester et de bouteilles en plastique) à Xiamen, approuvé par le gouvernement central malgré le fait qu'il soit situé dans une zone densément peuplée, provoque des manifestations pacifiques regroupant des dizaines de milliers de citadins. Ce mouvement bénéficie d'une telle couverture médiatique aux niveaux national et international, que le vice-directeur de l'Agence nationale chargée de la protection de l'environnement enjoint les autorités de la ville à « revenir sur leur décision de développer le projet », alors même que celui-ci est inscrit dans le 11e plan quinquennal. Après les manifestations, des consultations publiques sont organisées et le projet annulé. L'usine est déplacée dans une autre ville, plus petite et plus pauvre (en l'occurrence, la ville de Zhangzhou, toujours dans la province du Fujian) où les mouvements d'opposition qui se tiennent début 2008 sont sévèrement réprimés et la couverture médiatique rendue impossible par la censure.

 

Manifestation contre un projet d'usine chimique fabriquant du paraxylène dans la pronvince de Guandong en avril 2014 © Reuters Manifestation contre un projet d'usine chimique fabriquant du paraxylène dans la pronvince de Guandong en avril 2014 © Reuters

 

Les autorités apportent donc une réponse différente à ce type de mouvement d'opposition selon l'endroit où il se développe, grand centre urbain ou bourg rural. Ironie du sort, la nouvelle usine a déjà subi deux explosions, en 2013 et en avril dernier, donnant raison aux opposants au projet. Les événements de Xiamen marquent le début de la prise de conscience des atteintes portées à l'environnement par les populations urbaines et conduisent à la multiplication de mouvements analogues dans les villes chinoises, notamment à Dalian en 2011, ou encore à Ningbo dans la région de Shanghai, plus récemment. Comme dans le cas de Xiamen, ces manifestations de citadins obtiennent des gouvernements locaux qu'ils déplacent les projets industriels prévus ailleurs.

Ce sont donc les zones rurales qui sont les premières victimes de la pollution. Ne bénéficiant ni d'un accès privilégié à des experts juridiques ou aux médias, ni de la visibilité des citadins, les ruraux ont plus de mal à faire valoir leurs droits contre les pollueurs. Le cas de Dongyang, dans la province du Zhejiang, où de violentes manifestations se sont déroulées en 2005 est de ce fait emblématique. En 1999, le gouvernement local de Dongyang décide de favoriser l'implantation de l'industrie chimique dans la région pour accélérer le développement économique. Dès 2001, le secrétaire du Parti d'un des villages de la zone refuse de signer un accord de mise à disposition des terres à l'une des usines chimiques. Après avoir écrit un article démontrant que la compagnie en charge d'établir l'usine pollue les eaux des villages où elle développe ses activités de façon systématique, il est arrêté et jeté en prison pour trois ans. En juillet 2003, les villageois détruisent toute leur récolte de riz à cause de la pollution provoquée par les déchets des usines chimiques rejetés dans l'eau du fleuve qui irrigue leurs rizières. Ils tentent en vain d'obtenir réparation en utilisant la seule voie « légitime » de présentation des griefs, la pétition.

Après avoir pétitionné sans succès les gouvernements local, municipal, provincial et même central pendant deux ans, ils décident en 2005 de bloquer l'accès au parc industriel. La situation dégénère quand le gouvernement local envoie plusieurs milliers d'agents de police pour forcer la levée du blocage. En réponse, trente à quarante mille villageois se révoltent et saccagent le parc industriel et des bâtiments officiels. Ce n'est qu'à partir de ce moment-là que les autorités centrales et provinciales ainsi que les médias commencent à s'intéresser à la situation. Une délégation de l'Agence nationale chargée de la protection de l'environnement mène une enquête dans la zone industrielle et ordonne la fermeture des usines ; le maire et le secrétaire du Parti de Dongyang sont limogés et huit villageois sont arrêtés pour « troubles à l'ordre public ». Par ailleurs, des militants écologistes se voient interdire le droit d'établir une ONG pour surveiller la fermeture des usines et l'initiateur du projet est arrêté. À la suite de cet incident, la province du Zhejiang, dont le secrétaire du Parti de l'époque n'est autre que l'actuel président Xi Jinping, met en place plusieurs politiques publiques dont une qui s'attaque au fond du problème : l'obligation pour les banques de cesser d'accorder des prêts aux industries polluantes.

 

Les plus grands succès d'interpellation sur les questions environnementales sont l'effet d'individus

Cette approche de la résolution des conflits environnementaux est caractéristique de la politique de maintien de la stabilité. Dans le cas où l'opposition villageoise ne parvient pas à attirer l'attention des médias ou du gouvernement central, on se contente de la réprimer et de continuer à agir comme avant. En revanche, si la contestation s'amplifie et obtient un écho national, alors on fait quelques concessions, tout en arrêtant les agitateurs et en empêchant la constitution d'organisations indépendantes qui puissent vérifier que les engagements sont tenus.

Les ONG agissent en parallèle et parfois en appui à ces mouvements. Profitant du degré de sensibilité politique plus faible de la question environnementale par rapport à d'autres sujets et de sa grande technicité, elles se placent au départ dans l'optique de « conseiller du prince », et tentent de sensibiliser les fonctionnaires. Ces dernières années, certaines d'entre elles, telles que l'Institute of Public and Environmental Affairs, se concentrent sur la question de la transparence et de l'information du public. Elles développent des plateformes sur Internet qui répertorient les conflits environnementaux ou recensent les entreprises les plus polluantes, dans le but de faire pression sur le gouvernement ou les multinationales étrangères qui s'appuient sur des sous-traitants ne respectant pas la législation chinoise.

L'IPE et deux autres ONG chinoises, Friends of Nature et Green Beagle, ont par exemple été à l'origine d'une campagne contre Apple. Celle-ci a duré plusieurs années et visait à dénoncer le fait que les sous-traitants chinois de la marque à la pomme étaient coupables de pollution. Après la publication de plusieurs rapports et de nombreuses séances de négociations avec les dirigeants américains, les ONG ont obtenu de la firme qu'elle oblige ses sous-traitants à respecter la législation environnementale chinoise. Cette campagne a été la base d'une autre portant sur l'ensemble de l'industrie high-tech, qui a permis de dénoncer des problèmes analogues dans les chaînes de production d'autres marques. En s'attaquant à des multinationales étrangères célèbres, les ONG chinoises ont pu bénéficier à la fois d'une très bonne couverture médiatique et du soutien du gouvernement. Cette stratégie leur a permis d'éviter de s'attirer les foudres des autorités et de s'assurer le soutien d'organisations et de consommateurs étrangers.

D'autres organisations, telles que le Centre de défense des victimes de pollutions de l'université de droit et de sciences politiques de Chine, se concentrent sur les questions juridiques et occupent la double fonction d'expert pour améliorer la législation environnementale chinoise et de soutien légal aux victimes de pollution en les aidant à porter leur affaire devant les tribunaux chinois.

Il apparaît toutefois que les plus grands succès d'interpellation sur les questions environnementales sont l'effet d'individus et plus particulièrement de journalistes. Le cas le plus récent et le plus spectaculaire est celui du documentaire Under the Dome de l'ancienne présentatrice et journaliste d'investigation de CCTV, Chai Jing, qui a été visionné plusieurs millions de fois et ouvertement soutenu par le ministre de l'environnement avant d'être censuré et retiré des portails vidéo chinois. De nombreux cas d'exposition de scandales environnementaux sont le fait de journalistes d'investigation, en partie parce que les médias, bien plus que les ONG, sont perçus par les victimes comme le moyen le plus efficace d'attirer l'attention sur leur situation et d'y apporter une solution rapide.

Ainsi, même si elle fait face à de nombreux obstacles, la population chinoise s'organise de plus en plus pour protéger l'environnement. Lorsqu'elles incluent les élites ou ont pour cible des entités étrangères, ces mobilisations ont de fortes chances de succès. À l'inverse, lorsqu'elles sont le fait de villageois, elles risquent davantage d'être réprimées. Quoi qu'il en soit, la protection de l'environnement est aujourd'hui le seul sujet qui mobilise l'ensemble de la population chinoise, riches Pékinois comme pauvres riziculteurs, et appelle de ce fait une réponse approfondie des autorités, qui aille au-delà d'une répression ponctuelle dont le but est de protéger les intérêts étatiques et de rétablir une stabilité sociale éphémère.

 

 

 

 

 

Source : https://www.mediapart.fr

 

 

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25 novembre 2015 3 25 /11 /novembre /2015 16:06

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com/blog/technoverdose

 

 

Quittons les terrasses, ouvrons plutôt nos portes

 
 

« Nous allons être engagés dans une véritable guerre menée par le tiers-monde contre les pays développés. »

Cette phrase, Jacques Ellul l’a écrite en 1988 à la fin du « Bluff technologique », le dernier tome de sa trilogie technicienne, où après avoir exposé comment le progrès technique s’était emparé de nos esprits, il concluait par les catastrophes prévisibles que cette domination psychologique et économique allait entraîner.

Quinze ans plus tard, Jean-Luc Porquet écrivait d’ailleurs dans son ouvrage consacré à Ellul (éditions Le Cherche midi), qu’il était « l’homme qui avait presque tout prévu ». »

Après les tragiques événements du vendredi 13 novembre, et les dérives politiques qui ont suivi, justifiant l’étouffement de toute contestation écologique et citoyenne, renforçant l’impunité des lobbys et des élus au détriment des libertés individuelles, il a paru nécessaire de rappeler que ces attentats ne sont que le dernier épisode d’une guerre contre le système technicien, que nous avons commencée il y a bien longtemps, et que nous perdons avec un enthousiasme qui ne se dément pas.

 
 

1 La technique et le terrorisme

 

Si la plupart des commentateurs se contentent de rappeler que Daech n’existerait pas sans d’une part la déstabilisation du Moyen-Orient consécutive aux invasions successives (et mal préparées) de l’Afghanistan, puis de l’Irak, et d’autre part l’idéologie wahhabite de l’Arabie saoudite, ils négligent de remonter plus loin : jusqu’à la technique !

Car les deux causes généralement invoquées ont – et c’est une évidence pour chacun – comme point commun l’exploitation du pétrole. Le pétrole, parfois appelé naphte ou or noir, littéralement l’huile de pierre, qui dans l’histoire a servi de base à une arme redoutable – le feu grégeois – ou de combustible pour l’éclairage, avant que les progrès d’abord de la technique mécanique, puis de la technique chimique, ne lui découvrent d’autres usages bien plus pertinent, car démultipliant sa valeur pour le rendre indispensable, de sorte qu’il est devenu en quelques années un socle de la société occidentale.

 

Ces monstres que nous avons créés

On parle bien de certaines entreprises comme « too big to fail ». Avec une ressource naturelle comme le pétrole, nous pourrions dire dans un sens qu’elle est « too useful to fail », trop précieuse ou utile pour ne pas être utilisée, ce qui en a fait évidemment un objet de convoitise, plus peut-être que l’or, les pierres précieuses ou l’uranium. Sa possession est un atout stratégique – voire géopolitique – et la bonne entente avec ses propriétaires l’est donc d’autant plus. Des généralités, trop souvent entendues peut-être, mais néanmoins nécessaires en préliminaire.

Pour repousser le terrorisme moyen-oriental, il ne faut pas mettre directement les pieds dans le plat en se contentant de détruire le mal, ce ne serait que le symptôme, ni nous évertuer à stabiliser le Moyen-Orient (par la guerre, le commerce ou le soutien aux révolutions populaires) ni tenter d’adoucir le wahhabisme, puisque ces deux mesures ne nous apporteraient qu’un bref sursis dans la catastrophe qui nous guette, c’est-à-dire l’avènement de la société technicienne par l’intermédiaire de la guerre. Car, quoiqu’en disent de nombreux éditocrates ou François Hollande, c’est une guerre, mais une guerre contre les monstres que nous avons créés.

Pour autant, il serait tout aussi simpliste de vouloir être radical et d’arrêter de recourir du jour au lendemain au pétrole. L’embargo sur le pétrole moyen-oriental – si tant est qu’il soit possible à l’heure actuelle – ne ferait que précipiter les choses en sapant l’un des fondements économiques de cette zone, et amplifierait donc ce que nous connaissons. S’il est trop tard pour revenir en arrière, c’est donc qu’il nous faut envisager une nouvelle porte de sortie.

 
 

2 Abandonner la puissance pour accomplir la révolution nécessaire

 

Or, si Jacques Ellul se permet d’être aussi pessimiste quant à notre avenir, c’est aussi parce qu’en son temps, il a exposé les causes profondes de cet avenir qu’alors il était l’un des seuls à entrevoir, mais aussi une solution pour éviter qu’il n’advienne – hélas c’est trop tard – ou qu’il ne s’aggrave. 

Et sa solution est à la fois celle qui nous sauvera du dérèglement climatique et de l’affrontement mondial, l’un et l’autre étant de toute manière liés, puisque le changement climatique induira des pénuries et des exodes forcés qui risquent d’aboutir à des affrontements.

Il prône ainsi ce qu’il appelle la révolution nécessaire, mais que d’autres ont appelé à la même époque la décroissance, ou la sobriété, même si ces concepts frères ne portent pas forcément en eux la même signification quant à notre rapport à la technique. 

En effet, il dénonce avant tout notre culte des gadgets, de ces objets du quotidien qui ne servent à rien – ou si peu – et non seulement nous encombrent, mais demandent en plus des ressources matérielles, financières et humaines considérables. Et par gadgets, il entend aussi bien les vrais bibelots sans utilité réelle que les surplus de production consécutifs de notre système économique.

 

Tant de choses dont ils manquent

Au lieu de produire de tels déchets de consommation, il propose de reconvertir leurs usines pour aider gratuitement les pays en développement tout en réduisant par ailleurs le temps de travail dans les pays développés, en promouvant l’autogestion et la décentralisation dans la production ainsi que l’instauration d’un revenu de base. Machines-outils, pompes, panneaux solaires, ordinateurs, véhicules, il y a tant de choses dont ils manquent et que nous avons en excédent. 

Tant de choses qui pour la plupart ne nous manqueront pas, puisque soit elles sont déjà fabriquées pour rien, soit elles ne servent qu’à satisfaire un vain besoin qui nous a été insufflé par le marketing et les médias de masse. Rien qu’une nouvelle politique sociale basée sur un meilleur partage du temps de travail, un revenu de base et du temps libéré ne peut résoudre.

Tout ceci reposant sur ce qu’il appelle la recherche de la non-puissance, c’est-à-dire la prise de conscience de la véritable nature de la Technique – et donc des conséquences du progrès technique – pour cesser de la sacraliser, et ainsi de prêter une foi aveugle en la rationalité et l’efficacité. Nul besoin d’ordinateurs surpuissants dont nous n’utilisons en réalité qu’une infime partie, nul besoin d’accumuler cent fois de quoi détruire la Terre, nul besoin de créer de nouveaux services et métiers pour pallier la baisse de l’emploi productif, dirigeons-nous directement vers ce qui est le mieux pour tous, c’est-à-dire ce qui nous rend vraiment heureux.

Bref, engageons la transition individuelle pour changer la société toute entière.

 
 

3 Quittons les terrasses, ouvrons nos portes

 

Dans une telle vision des choses, les appels récents à réinvestir les terrasses et à ne pas abandonner notre mode de vie sont une véritable provocation. Car c’est justement notre consumérisme occidental effréné, celui qui nous fait consommer chaque année les ressources de quatre planètes Terre, celui qui nous contraint à établir des contrats léonins avec des pays en développement, celui qui nous enchaîne à notre emploi salarié pour réussir à ne pas crouler sous les dettes, qui est cause de nos malheurs. 

 

Porte et porte suivante

Porte et porte suivante - Juan Pablo Lauriente/Flickr/CC
 

C’est parce que pour satisfaire ce consumérisme nous sommes contraints d’exploiter le reste du monde que celui-ci donne naissance à des monstres tels que les groupes terroristes islamistes auxquels nous sommes confrontés.

En l’occurrence, et pour reprendre les mots-dièses en vogue sur twitter après les attentats, la pire solution serait de prôner le #TousEnTerrasse, puisque c’est la cause profonde de cet attentat, alors qu’il nous faudrait en fait appliquer le #PorteOuverte et accueillir les victimes du Système technicien pour mieux les former et les aider à développer leurs pays d’origine.

Là, nous aurions une vraie stratégie de lutte contre le terrorisme, et elle coûterait vraisemblablement moins de cher que les bourbiers militaires dans lesquels nous nous engageons systématiquement depuis le 11 septembre 2001.

Nous affranchir de la Technique

Cela ne dédouane pas les auteurs des attentats, car ce sont moins ces objectifs louables que leurs propres ambitions – ou plutôt celles de leurs mentors – qu’ils ont servies lors de ces crimes odieux. Toutefois, il était nécessaire de recontextualiser le cadre technique dans lequel ils s’inscrivent.

Un meilleur partage des ressources mondiales, une aide au développement gratuite et efficace permettra non seulement de stabiliser les pays du Sud, mais aussi de lutter contre le réchauffement climatique, et nous résoudrons d’un même coup les problèmes principaux de notre époque. Au prix de notre affranchissement de la Technique.

Détruisons Daech et ses clones, choisissons la consommation responsable. Nos choix économiques individuels seront plus efficaces que toutes les bombes que nos gouvernements iront déverser sur des populations civiles des pays du Sud.

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com/blog/technoverdose

 

 

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25 novembre 2015 3 25 /11 /novembre /2015 15:51

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

Ces « ramasseurs de l’ombre » nettoient la nature sans s’en vanter

 

Près de Boulogne-sur-Mer, nous avons rencontré les anonymes qui ramassent les déchets ramenés par la mer. On a parlé politique, générosité et sensibilité à l’environnement.

 

(De la Pointe aux oies) Nous sommes en novembre et le soleil fait doucement tomber les manteaux sur la plage de la Pointe aux oies, près de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais).

Sur le sable, des kitesurfeurs, des promeneurs mais aussi une soixantaine de motivés, sacs-poubelle à la main. Ils ne sont membres d’aucune organisation, beaucoup ne se connaissent pas. Ensemble, ils vont passer un bout de leur dimanche après-midi à ramasser les déchets de la plage, bénévolement, le sourire aux lèvres.

 

Le groupe des ramasseurs de déchets sur la plage de la Pointe aux oies, près de Wimereux, le 8 novembre 2015

Le groupe des ramasseurs de déchets sur la plage de la Pointe aux oies, près de Wimereux, le 8 novembre 2015 - Thibaut Schepman/Rue89
 

Leur venue est le fruit d’un bouche-à-oreille qui marche bien, depuis des années. Moi-même, j’ai été alerté par l’e-mail d’un lecteur de Rue89 qui vit dans le coin  :

«  J’connais un gars qui ramasse des déchets depuis plus de huit ans sur la Côte d’Opale. Ce gars-là ne fait pas ça pour être une star, ni pour le buzz, ni pour faire le beau à la COP21. Il n’a pas non plus décidé de sauver la planète : avec ses potes, il invite “les gens” à se joindre à lui, tous les mois, toute l’année, pour ramasser les déchets que l’on trouve sur les plages sensibles du coin. »

 

Un « groupe de potes »

Thomas Hemberger explique comment ramasser les déchets sur la plage de la Pointe aux oies, près de Wimereux, le 8 novembre 2015

Thomas Hemberger explique comment ramasser les déchets sur la plage de la Pointe aux oies, près de Wimereux, le 8 novembre 2015 - Thibaut Schepman/Rue89

Nous avons contacté ce fameux gars, qui s’appelle Thomas Hemberger.

Il nous a raconté comment l’aventure a démarré  :

« Au début, on était trois ou quatre à vouloir faire quelque chose et à se balader avec un grand sac-poubelle.

On s’est structurés et on a créé une association, Nature libre. On a commencé à être plus nombreux, des gens croyaient même qu’on faisait des travaux d’intérêt général !

En 2010, on a reçu des premières subventions, on a mis en place un vrai programme de ramassage, suivant les saisons et les marées. Depuis, on est entre 50 et 70 à chaque ramassage mais ça ressemble toujours à un groupe de potes, c’est super horizontal. »

Cette drôle d’organisation fonctionne très bien. En 2014, 6 tonnes de déchets ont été ramassées. La journée record : 180 participants, 1 760 kg de déchets.

 

Des ramasseurs de déchets sur la plage de la Pointe aux oies, près de Wimereux, le 8 novembre 2015

Des ramasseurs de déchets sur la plage de la Pointe aux oies, près de Wimereux, le 8 novembre 2015 - Thibaut Schepman/Rue89
 

On a interrogé les présents, dont beaucoup viennent pour la première fois : qu’est-ce qui les motive à renoncer à tout ce que peut offrir un dimanche pour ramasser des déchets ?

Elisabeth, 67 ans, a entendu parler de l’opération en faisant ses courses dans un magasin bio  :

 

Elisabeth ramasse les déchets à la Pointe aux oies, près de Wimereux, le 8 novembre 2015

Elisabeth ramasse les déchets à la Pointe aux oies, près de Wimereux, le 8 novembre 2015 - Thibaut Schepman/Rue89
 

« Je n’avais rien à faire, je suis venue. Je ne pense pas être écolo pour la politique, par contre j’aime l’école pratique, dans mon quotidien. »

Plus loin, une famille m’explique  :

« On a vu ça dans le journal gratuit, on s’est dit que c’était une bonne idée pour les enfants, on devait aller à une brocante mais finalement on est venus là. »

 

« On se sent comme un petit héros »

Denis Blot est sociologue à l’université de Picardie. Il a commencé à venir aux collectes de déchets dans le cadre d’une étude sur les déchets sauvages pour l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie).

Maintenant, il vient parce qu’il aime ça.

Je lui demande : mais pourquoi diable tant de gens consacrent leur dimanche à mettre les mains dans les rebuts ?

« Ce n’est pas facile de vivre avec la sensation que ce qu’on aime autour de nous se dégrade. Donc certaines personnes sautent sur l’occasion de faire quelque chose dès qu’elle se présente. Le nettoyage n’est pas extrêmement utile en soi, mais vivre sans serait difficile.

Nos meilleurs souvenirs de collecte, c’est quand il fait un temps pourri. L’an dernier, le 21 décembre, on était une petite dizaine, dont la moitié habillés en père Noël. C’était dur, il neigeait, mais c’est un super souvenir.

Dans nos vies, on n’a pas souvent l’impression de faire quelque chose de bien ; là, on se sent comme un petit héros. »

En discutant avec certains participants, on comprend petit à petit que ces sessions dominicales sont aussi un exercice de réflexion intense.

 

« Prisonniers de ce qu’on fabrique »

Jonathan – celui qui qui m’avait envoyé un mail – aime beaucoup ramasser les petits tubes que l’on trouve par centaines sur la plage. Il demande aux gens : « A votre avis, c’est quoi ? »

 

Des tubes de Coton-Tige dans la main de Jonathan sur la plage de la Pointe aux oies, près de Wimereux, le 8 novembre 2015

Des tubes de Coton-Tige dans la main de Jonathan sur la plage de la Pointe aux oies, près de Wimereux, le 8 novembre 2015 - Thibaut Schepman/Rue89
 

Réponse : des tubes de Coton-Tige. On les jette dans les toilettes, comme si l’eau était une poubelle. Ceux-ci sont trop fins pour être filtrés par les stations d’épuration, ils finissent dans les rivières puis dans la mer, qui en ramène inlassablement une petite partie sur la plage.

C’est l’occasion d’expliquer où part l’eau quand on tire la chasse, mais aussi de lancer de longues réflexions sur notre rapport aux déchets.

Et ça ne laisse pas indemne, comme me l’explique Jonathan  :

« Pour moi, ça a changé plein de choses. Je me dis que l’être humain est un génie pour fabriquer des choses mais qu’il ne sait pas du tout ce qu’elles deviennent. On est un peu prisonniers de tout ce qu’on fabrique en fait. Je n’achète plus rien d’emballé, grâce à ça je ne jette presque plus rien à la poubelle. J’ai débranché mon frigo aussi. »

 

« Décider de ce qui est naturel ou non »

J’accompagne Denis pendant quelques mètres. Je l’observe et ça me confirme que se baisser pour ramasser les détritus fait travailler les méninges  :

 

Laisse de mer à Audresselle

Laisse de mer à Audresselle - F. Lamiot/Wikimedia Commons/CC
 

« On essaye de ne pas toucher à ce qui est naturel pour ne pas l’abîmer. Par exemple, il y a souvent des filets de pêche coincés dans des algues dans la laisse de mer.

On n’y touche pas, parce que c’est un véritable écosystème, de nombreuses espèces en dépendent. Si on les retire, on aura un site propre mais ce serait un site mort.

C’est paradoxal, quand même. Ça veut dire que l’homme qui veut préserver la nature doit décider de ce qui est naturel ou non. »

Il m’emmène un peu plus loin :

« Ça, par exemple, c’est quoi  ? C’est un mélange de roches et de métaux sur lequel sont accrochés des filets en plastique et des algues. On ne va pas le jeter ! Je crois qu’on va devoir se résoudre à laisser une bonne partie de notre environnement devenir une hybridation entre du naturel et du manufacturé. »

 

Denis Blot s'interroge sur la nature des déchets sur la plage de la Pointe aux oies, près de Wimereux, le 8 novembre 2015

Denis Blot s’interroge sur la nature des déchets sur la plage de la Pointe aux oies, près de Wimereux, le 8 novembre 2015 - Thibaut Schepman/Rue89
 

Collecteurs de déchets anonymes

Thomas confirme que les participants réguliers se posent beaucoup de questions, et que ces sessions l’ont transformé :

« Quand tu te balades sur la plage avec un sac, tu comprends que la majorité des déchets vient de la terre, arrive dans la mer par les fleuves et les rivières, et est en partie ramenée sur la plage par la mer.

Tu ne peux pas chercher les coupables, tu es obligé de te dire que la solution, c’est de produire moins de déchets, tu comprends que c’est la société de consommation le problème.

On ramasse six tonnes de déchets par an. C’est pas ça qui va sauver le monde. Par contre, ça nous permet de construire une vraie relation avec notre environnement, on l’observe, on le défend un peu, on développe une vraie sensibilité, c’est très fort et très beau. »

Pour moi, le plus fort et le plus beau, ce n’est pas que tant de gens dévouent leur jour de repos à ce ramassage, ni même que mettre les mains dans la merde permette à certains de révéler un peu de la fraîche beauté du monde.

 

Capture d'écran d'évènements et groupes locaux consacrés au ramassage des déchets sur Facebook

Capture d’écran d’évènements et groupes locaux consacrés au ramassage des déchets sur Facebook
 

Non, le plus fort et le plus beau, c’est que des gens comme ça, on en trouve partout. Denis tente de faire un inventaire de ces collecteurs anonymes en France. C’est très difficile :

« Il y a des gens qu’on ne repérera jamais. Je pense à une personne dont on m’a parlé qui ramasse seule les déchets sur 3 km de plage.

Des gens comme ça, il y en a des centaines en France. Ils pourraient aller voir leur maire, pour dire “c’est sale là-bas”, mais ils préfèrent s’en charger eux-mêmes.

Ils se réapproprient ces espaces, c’est une forme de démarche politique. »

 

« Je me vois comme un sportif »

J’ai ainsi rencontré Ronald, qui ramasse des déchets dans la nature du côté dHesdin (Pas-de-Calais). Il a tenté de rameuter du monde via Facebook, mais pour l’instant, il est le plus souvent tout seul.

Frédéric Vincent, lui, nettoie seul les bords des routes près de Calais depuis quinze ans. Il m’a expliqué sa démarche :

« On me parle souvent de gens qui ont été vus sac-poubelle à la main en sortant d’un champ ou d’un chemin. Je pense que même si la majorité ne fait rien, il y a beaucoup de ramasseurs de l’ombre.

Moi, j’ai commencé parce que ça me dégoûtait de voir les merdes des gens un peu partout. J’étais en colère, je m’habillais même en tenue militaire.

En parlant avec les gens, j’ai compris que ça ne servait à rien de faire la guerre. Je fais maintenant de la sensibilisation dans les écoles, j’ai installé des panneaux sur les bords de routes.

Je ramasse toujours tout seul, c’est vrai que physiquement, je dérouille, mais je me vois comme un sportif qui travaille dur pour atteindre un jour une performance exceptionnelle, c’est-à-dire que les enfants du coin aient un monde meilleur. »

En l’écoutant, je repense aux mots de Jean Giono, vantant le travail solitaire d’Elzéard Bouffier, ce personnage de la fiction « L’Homme qui plantait des arbres » (Revue forestière française, 1973), qui, pendant toute sa vie, a tenté dans l’anonymat de restaurer la nature, en « reforestant » un bout de Provence désertique :

« En même temps que l’eau réapparut réapparaissaient les saules, les osiers, les prés, les jardins, les fleurs et une certaine raison de vivre. Mais la transformation s’opérait si lentement qu’elle entrait dans l’habitude sans provoquer d’étonnement. [...]

Qui aurait pu imaginer, dans les villages et dans les administrations, une telle obstination dans la générosité la plus magnifique ? [...]

Quand je réfléchis qu’un homme seul, réduit à ses simples ressources physiques et morales, a suffi pour faire surgir du désert ce pays de Canaan, je trouve que, malgré tout, la condition humaine est admirable. Mais, quand je fais le compte de tout ce qu’il a fallu de constance dans la grandeur d’âme et d’acharnement dans la générosité pour obtenir ce résultat, je suis pris d’un immense respect pour ce vieux paysan sans culture qui a su mener à bien cette œuvre digne de Dieu. »

 

Thomas Hemberger rit en posant un casque déposé par la mer sur plage de la Pointe aux oies, près de Wimereux, le 8 novembre 2015

Thomas Hemberger rit en posant un casque déposé par la mer sur plage de la Pointe aux oies, près de Wimereux, le 8 novembre 2015 - Thibaut Schepman/Rue89
 
 
 
 
 
 
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Published by democratie-reelle-nimes - dans Ils réagissent Consommer et agir autrement
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25 novembre 2015 3 25 /11 /novembre /2015 15:33

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

À Bure, les travaux de la poubelle nucléaire avancent en catimini

25 novembre 2015 / Pierre Bonneau et Gaspard D’Allens (Reporterre)
 


 

En octobre, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs a franchi une nouvelle étape dans la préparation de son projet d’enfouissement des déchets, pourtant toujours privé d’existence légale. Les travaux battent leur plein, suscitant une réprobation locale grandissante.

 

- À Bure (Meuse), reportage

« Eh ben alors, les fouilles ont commencé, qu’est-ce-que vous attendez pour vous allonger devant les machines ? » À Bure, lorsque un agriculteur du coin interpelle les habitants de la Maison de résistance à la poubelle nucléaire, l’inquiétude est prégnante. Lundi 28 septembre, le grondement métallique des machines a réveillé la campagne. Les travaux ont débuté dans l’opacité et pris tout le monde de court.

Sur des dizaines d’hectares en contrebas du laboratoire de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), les tracto-pelles creusent des tranchées régulières de 50 centimètres à 2 mètres de profondeur. Les engins charrient des tonnes de terre rocailleuse. « Ils ont débuté le diagnostic archéologique, ils quadrillent le terrain pour voir s’il est nécessaire de faire des fouilles plus approfondies, explique Sylvie (les prénoms ont été modifiés), permanente de la Maison de résistance, devant ce qui ressemble à un champ de bataille. C’est une étape préalable et obligatoire à tout projet d’aménagement. » Sur le chantier, des archéologues supervisent les opérations. Les gendarmes et les vigiles, eux, surveillent.

Après les « cartographies détaillées », les « études géotechniques » ou les « états initiaux environnementaux » commencés depuis des mois, les fouilles préventives marquent le franchissement d’une nouvelle étape. L’État avance ses pions alors que le projet Cigéo (pour Centre industriel de stockage géologique) « n’a aucune existence légale. Ni déclaration d’autorisation de chantier ni déclaration d’utilité publique », s’indigne Sylvie.

 

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À l’arrière-plan des tranchées, des foreuses posent des bornes pour les études géotechniques.
 

Depuis 2007, l’Andra s’est façonné un empire, son appétit a grignoté le territoire. En Meuse et en Haute-Marne, l’Agence a progressivement acquis près de 2.900 ha2.000 ha de forêt et environ 820 ha de terres agricoles. Une vaste réserve foncière qu’elle utilise comme monnaie d’échange pour s’emparer des parcelles se trouvant dans la zone d’emprise du projet Cigéo, avec l’appui des Sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural (Safer) de Lorraine et de Champagne-Ardenne.

« Avec des offres parfois alléchantes, l’Agence incite agriculteurs et propriétaires à échanger leurs terrains contre des terres situées en dehors de la zone, raconte Julien, un autre habitant de la Maison de résistance. L’Andra démarche individuellement les gens, elle fabrique du chacun pour soi. » Une méthode qui permet de « nettoyer le territoire en évitant les longues procédures d’expropriation ». « Ceux qui essayent de résister font face à un harcèlement, doublé de menaces d’expropriations et de contrôles », ajoute-t-il.

 

« Le territoire va devenir un désert nucléaire »

Jusqu’au début des travaux, les agriculteurs ayant vendu ou échangé leurs terres bénéficiaient d’un effet d’aubaine, ils pouvaient continuer à les cultiver gratuitement grâce à des baux précaires. « Aujourd’hui, c’est fini. Les travaux prennent une ampleur phénoménale, constate, amer, un paysan devant ses anciens champs de céréales lacérés par des tranchées. Si j’avais su, je n’aurais pas échangé mes parcelles. »

À deux kilomètres à peine des fouilles, tracto-pelles et dameuses agrandissent une route autour du projet Syndièse, un projet satellite du Cigéo financé par le Commissariat à l’énergie atomique. Il vise à produire du carburant à partir de biomasse et condamne, selon Lorraine nature environnement, « les forêts locales à devenir le réservoir de nos voitures ». En parallèle, dans les bois achetés par l’Andra, les bûcherons ont déjà effectué des coupes à blanc et en prévoient d’autres.

L’emprise du projet de Cigeo ne cesse d’augmenter, passant d’environ 300 ha lors du débat public contesté de 2013, à près de 600 ha en 2015. « La taille estimée de l’installation de stockage de surface a quasiment doublé, ainsi que la surface pour entreposer les 10 millions de m3 de remblais. Chaque mois ou presque, on découvre une nouvelle installation liée au projet », déplore Régine Millarakis, de Lorraine Nature Environnement. Pour qualifier ce développement tentaculaire, certains militants parlent d’« Andraville ».

 

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Carte schématique de l’emprise du projet réalisée par l’Andra en 2015.
 

Début septembre, les opposants ont par exemple appris que RTE (Réseau de transport de l’électricité) prévoyait de détruire 7 ha au sud de Bure pour l’installation d’un transformateur électrique raccordant Cigéo au réseau. Et que des « projets de zone à urbaniser à vocation économique, avec supérette et boulangerie, » allaient fleurir dans la foulée.

« Les habitants ne sont pas au courant de tous ces projets », et les associations peinent à obtenir des informations. Pour Régine Millarakis, la vision d’ensemble reste cependant limpide : « À terme, c’est tout le territoire qui est condamné. Cette zone agricole et forestière va être vidée de ses habitants historiques pour devenir un désert nucléaire. Avec toutes les infrastructures associées, ses travailleurs, et ses gendarmes. »

 

Briser la chape de résignation

Sur place, le ras-le-bol s’exprime et la résistance continue de s’organiser. Le 2 octobre, une cinquantaine d’individus se sont retrouvés à Mandres-en-Barrois . Dans ce petit village de 150 personnes, situé à 3 km à l’est du laboratoire, « c’est la première fois, en vingt ans, que les habitants appellent à une réunion », témoigne Yves, l’un des initiateurs de l’événement.

Cette commune est depuis plusieurs années dans la ligne de mire de l’Andra, qui souhaite s’approprier le bois communal pour le raser et y construire une zone de puits, de ventilation et de stockage des remblais sur 270 ha. À 500 m de profondeur, 300 km de galeries seraient également creusées pour stocker les déchets nucléaires. Début juillet, le conseil municipal a accepté l’offre de l’Andra dans l’opacité complète et sans aucune consultation populaire. « Ils se sont même réunis à 6 heures du matin pour décourager les opposants ! »

Certains habitants ont alors brisé la chape de résignation pour envoyer, au cours de l’été, une lettre de demande de recours gracieux au préfet. « On n’avait plus le choix, il fallait oser, poursuit Yves, qui participe pour la première fois – comme la plupart – à une réunion publique. Le plus dur, ça a été d’afficher nos noms dans la lettre. On a eu 30 personnes. Sans le recueil des identités, on en aurait eu deux fois plus. Beaucoup ont peur des représailles. »

Cette peur, ils ont encore dû la braver ce soir-là : le maire, partisan du projet Cigéo, a refusé de leur prêter la salle communale, au mépris de la loi. « Il pensait nous faire reculer, mais il s’est trompé », poursuit Yves, en installant le projecteur face au mur extérieur du bâtiment. Les participants se serrent près des braseros, un verre de soupe à la main. « Ce soir, on se sent moins seul. On s’aperçoit que beaucoup de gens sont contre le projet. »


Tout au long de la présentation des cartes de l’emprise de Cigéo par des militants de l’association BureStop, l’assemblée bruisse d’indignation. Beaucoup prennent conscience de l’ampleur de la future poubelle nucléaire. « Ça y est, cette fois j’ai compris, ils vont tout nous prendre ! » confie un jeune agriculteur du village à sa grand-mère. « Que faut-il faire ? » demande un habitant. « Continuer d’organiser des réunions dans d’autres villages ! » lui répond quelqu’un. Dans leurs communiqués, les associations appellent à « l’action collective » tandis que des membres du collectif VMC, organisateur du camp estival, appellent à « se tenir prêts à converger vers l’Est pour les bloquer ».

Dépasser l’isolement

Pour Julien, de la Maison de résistance, les mobilisations de l’été ont aussi permis de dépasser l’isolement. « Entre l’action des 100.000 pas, l’Alter Tour, le camps des Ami.e.s de Silence !, le camp anticapitaliste du collectif VMC, les rencontres ont été nombreuses. »...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

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25 novembre 2015 3 25 /11 /novembre /2015 15:21

 

 

                   UN TOIT C'EST UN DROIT                                                                              

VOUS N'ÊTES PAS SEULS !

Chaque année, l'hiver installe une situation encore plus insupportable que d'habitude : des personnes vivent sans logement, ou dans des logements indignes.

Le droit au logement, c'est un droit constitutionnel depuis 1946,

un droit de l'homme universel depuis 1948.

Condition essentielle pour vivre, mener une scolarité, trouver un travail, être en bonne santé... il serait interdit aux plus précaires, aux menacés d'expulsion, aux étrangers ?

C'est une atteinte à leur dignité et à la justice sociale. Une atteinte aux droits fondamentaux.

 

Pourtant, la solution est spectaculaire : Selon les chiffres 2012 de l'INSEE,

Il existe à Nîmes plus de 7000 logements vacants.

Il y a 800 logements sociaux vides à Nîmes.

Il faut le faire savoir !

Le sujet de la réquisition des logements doit être posé.

 

Un logement vide, c'est inacceptable puisqu'il y a des gens mal logés ou des gens sans logements.

Pour mener la lutte collective, et sans se substituer aux associations déjà présentes sur le terrain, nous voulons constituer un collectif « Droit au logement » avec vous qui êtes sans logement ou en logement provisoire ou précaire, insalubre, sous la menace d'une expulsion,... et des soutiens :

Vous n'êtes pas seuls ! Ni pour lutter pour obtenir un logement décent, ni pour lutter pour plus de justice sociale.

 

Soutiens, témoignages, discussions …

nous, citoyens et associations porteurs de cette initiative, vous proposons

une rencontre

MERCREDI 25 NOVEMBRE À 20H00

AU CENTRE PABLO NERUDA

1 Place Hubert Rouger - Nîmes

avec

JEAN-BAPTISTE EYRAUD

Co-fondateur et militant

de Droit Au Logement

 

Vers 19h00, près de l'entrée du Centre P. Néruda,

une soupe chaude sera proposée avant le débat.

    Entrée libre.

 

 

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25 novembre 2015 3 25 /11 /novembre /2015 14:39

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Interdictions

L’état d’urgence face au terrorisme tourne à la répression des mouvements sociaux

par

 

Des militants écologistes qualifiés de « groupes et groupuscules appartenant à la mouvance contestataire radicale et violente » et interdits d’entrée en Eure-et-Loir. A Paris, une soixantaine de personnes ayant manifesté en solidarité avec les migrants viennent d’être convoquées au commissariat. Les autorités profitent de l’état d’urgence face à la menace terroriste pour réprimer les mouvements sociaux et écologistes.

En Île-de-France, les premières convocations sont arrivées quasi immédiatement dans les boîtes aux lettres. 58 personnes soupçonnées d’avoir participé à un rassemblement de soutien aux migrants, qui a réuni quelques centaines de personnes le 22 novembre à Paris, sont visées, indique la préfecture de police de Paris. Elles ont « commis ou tenté de commettre l’infraction de violation d’une interdiction de manifestation prise en vertu de l’état d’urgence », selon un procès verbal consulté par le site militant Paris-Luttes Info. Suite aux attentats du 13 novembre, le préfet de police de Paris a interdit toute manifestation sur la voie publique jusqu’au 30 novembre à minuit. Les personnes qui enfreignent l’arrêté d’interdiction encourent jusqu’à six mois d’emprisonnement et une amende de 7 500 euros.

 

 

« Parmi les 58 personnes poursuivies, il y a deux militants de Droit au logement dont le porte-parole Jean-Baptiste Eyraud, détaille Annie-Pourre, membre de l’association, contactée par Basta !. Ils ont visé haut. Le Préfet de police a indiqué qu’ils devaient faire l’objet de "poursuites exemplaires". C’est un acte politique », dénonce t-elle. Cette manifestation a mobilisé « un important dispositif de sécurisation » de la part des forces de l’ordre, ce qui les a « détournées de leur mission prioritaire de sécurisation générale », indique de son côté la préfecture de police de Paris. Question de priorités... Apparemment, les policiers n’ont procédé à aucun contrôle d’identité pendant la manifestation et ont identifié les contrevenants grâce aux images des caméras de vidéo surveillance. « Or, certaines personnes qui n’étaient pas présentes ont été convoquées », réagit Annie Pourre.

 

« Il s’agit bien de nous bâillonner ! »

Cette marche entre Bastille et la place de la République, intitulée « Migrant-e-s : Bienvenue », avait été décidée avant les attentats du 13 novembre, à l’appel de plusieurs organisations syndicales, associatives et politiques. Après l’interdiction de la manifestation par la préfecture, des militants de certaines organisations signataires ont néanmoins tenu à défiler. « Qu’ils soient nommés réfugiés, migrants ou sans-papiers ils et elles sont aussi, des victimes des guerres, des violences et de la misère qui les ont contraints à quitter leurs pays, a ainsi plaidé le syndicat Solidaires. Agir en solidarité participe aussi de la réponse aux attentats qui ont ensanglanté Paris. »

Alors que les convocations au commissariat se poursuivent, un appel à manifester « contre l’interdiction de manifester » est sur le point d’être rendu public par plusieurs organisations syndicales, associatives et politiques [1]. « Nous, mouvements sociaux, sommes interdits de nous rassembler et de manifester dans les rues, jusqu’à nouvel ordre. Femmes, migrants, défenseurs du climat et de la planète, altermondialistes, mal logés, salariés menacés, chômeurs et précaires, défenseurs des droits sont visé(e)s, alors que sont autorisés les marchés de noël et autres initiatives commerciales à l’occasion des fêtes de fin d’année, tout comme les événements sportifs ou culturels, écrivent les signataires. Cette interdiction ne vise donc pas à nous protéger, ni à économiser les forces de l’ordre, puisque les activités mercantiles sont autorisées. Il s’agit bien de nous bâillonner ! » Les signataires de l’appel demandent également la fin des poursuites contre « les 58 ».

 

« L’état d’urgence tourne à la caricature »

« L’état d’urgence tourne à la caricature », insiste Annie Pourre. Et pas seulement à Paris. La préfecture d’Eure et Loire vient d’interdire aux militants de « Cap sur la Cop » de traverser le département. Ce convoi rassemble 200 opposants à l’aéroport de Notre Dame des Landes qui se rendent en vélos et tracteurs à Paris. L’arrêté préfectoral qualifie ces militants de « groupes et groupuscules appartenant à la mouvance contestataire radicale et violente ». « Jusqu’où le gouvernement ira-t-il pour arrêter cinq tracteurs, un triton, une cabane, une cantine mobile et 200 cyclistes de 1 à 77 ans, armés d’un peu d’huile de chaînes et de pompes à vélo ? », réagissent les personnes visées par l’arrêté. Des responsables du convoi envisagent de déposer un référé liberté contre cette décision.

D’autres ont décidé de contourner l’interdiction de défiler sur la voie publique en mettant en avant « l’état d’urgence climatique ». C’est le cas d’organisations membres de la Coalition Climat 21 qui appellent à former une chaine humaine le dimanche 29 novembre à Paris, à la veille de l’ouverture de la conférence internationale sur le climat. « Pour la justice climatique, pour la paix qu’elle contribue à apporter et en hommage aux victimes des attentats, nous formerons, à Paris une chaîne humaine sur les trottoirs entre place de la République et Nation, sur le boulevard Voltaire en passant par le Bataclan et la rue de Charonne », précise la Coalition. A tous ceux qui veulent nous empêcher de nous exprimer, nous répondons : unis et solidaires nous voulons vivre ensemble sur une Terre juste et vivable. »

 

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25 novembre 2015 3 25 /11 /novembre /2015 14:27

 

Source : http://www.liberation.fr

 

 

Bravons l'état d'urgence, manifestons le 29 novembre

 

Place de la République à Lille. Samedi après midi. 
Rassemblement en hommage aux victimes des attentats de Paris.
Lille.
Le 14 novembre 2015

Place de la République à Lille. Samedi après midi. Rassemblement en hommage aux victimes des attentats de Paris. Lille. Le 14 novembre 2015 Aimée Thirion

 

Un collectif refuse de laisser la rue à l’armée ou à la police et appelle à manifester pour le climat, le 29 novembre, place de la République. Malgré l’interdiction du gouvernement.

 

Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour comprendre que l’état d’urgence décrété pour trois mois n’allait pas se limiter à protéger la population française contre de nouveaux attentats.

Ce week-end, une grande partie de la ville de Sens (Yonne) a été soumise à un couvre-feu, sans rapport clair avec les attentats. C’est la perquisition d’un appartement – dont les locataires n’auraient finalement pas été inquiétés – qui a justifié cette punition collective. Parmi les 1072 perquisitions nocturnes diligentées hors de tout cadre judiciaire par les préfets, moins d’une sur dix a abouti à une garde à vue. À Nice, c’est une fillette de six ans qui a été blessée lors d’une opération de police : les policiers intervenus en pleine nuit avaient enfoncé la mauvaise porte. Dimanche en Loire-Atlantique, c’est une caravane de 200 vélos accompagnée de 5 tracteurs qui a été bloquée par les forces de l’ordre : il s’agissait de dissuader les cyclistes de rejoindre Paris pour la COP21.

 

Pendant ce temps, le gouvernement reprend sans scrupule des mesures promues hier encore par l’extrême droite. Les journaux nous l’assurent : les sondages confirment l’adhésion massive des Français à cet état d’exception sans précédent depuis cinquante ans.

 

C’est une victoire pour Daesh que d’être parvenu, avec moins d’une dizaine d’hommes, à faire sombrer l’État dans ses pires réflexes réactionnaires. C’est une victoire pour Daesh que d’avoir provoqué la mise sous tutelle sécuritaire de la population tout entière.

 

Le dimanche 29 novembre, une gigantesque manifestation était prévue dans les rues de Paris pour faire pression sur les gouvernants mondiaux, à qui personne ne faisait confiance pour trouver une solution au réchauffement climatique. Des centaines de milliers de personnes étaient attendues de toute l’Europe. Manuel Valls, certainement lucide sur le caractère dérisoire des accords qui sortiront de la COP21, craignait beaucoup cette manifestation. Il a donc décidé de l’interdire, au prétexte que la foule risquerait d’être la cible d’un attentat. M. Valls jouerait-il avec le feu en laissant les Français risquer leur vie en faisant leurs courses de Noël ? Il se donne en tout cas les grands moyens : ceux qui voudraient manifester encourent 6 mois de prison. M. Valls va-t-il nous mettre en prison pour nous protéger des attentats ?

 

La proposition que nous faisons, nous savons que dans les circonstances actuelles nous aurons du mal à la faire entendre. Depuis dix jours, les écrans ressassent la gloire des «valeurs» françaises. Nous prenons cela au pied de la lettre. S’il existe quelque chose comme une valeur française, c’est d’avoir refusé depuis au moins deux siècles de laisser la rue à l’armée ou à la police. La mobilisation à l’occasion de la COP21 est un enjeu primordial et nous n’acceptons pas que le gouvernement manipule la peur pour nous interdire de manifester.

 

Dimanche 29 novembre, nous appelons à braver l’état d’urgence et à nous retrouver à 14h sur la place de la République.

 

Parmi les signataires :

Frédéric Lordon, Directeur de recherche au CNRS

Pierre Alféri, Romancier, poète et essayiste

Hugues Jallon, éditeur, écrivain

Ludivine Bantigny, Historienne

Eric Hazan, Editeur

Julien Salingue, Docteur en Science politique

 

Joelle Marelli, Philosophe, écrivain, directrice de programme au Collège international de philosophie.

Jacques Fradin, Mathématicien, chercheur en économie

Ivan Segré, Philosophe

Nathalie Quintane, Poétesse

Christophe Granger, Historien

Nacira Guénif, Sociologue

Serge Quadruppani, Ecrivain

Joss Dray, Auteure-photographe

La parisienne libérée, Chanteuse

François Cusset, Professeur de civilisation américaine

Jean-Jacques Rue, Programmateur de cinéma et journaliste

Pétition en ligne : https://www.change.org/p/la-rue-bravons-l-etat-d-urgence-retrouvons-nous-le-29-novembre-place-de-la-republique

 

 

Source : http://www.liberation.fr

 

 

 

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