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20 décembre 2015 7 20 /12 /décembre /2015 22:07

 

Source : http://www.politis.fr

 

Par Claude-Marie Vadrot - 20 décembre 2015

Fukushima : glaçants aveux du responsable de la centrale

 

 

 

 

Dans un entretien accordé le 20 décembre à l’Agence Associated Press, le responsable de la réparation de la centrale de Fukushima a avoué qu’il était dans l’incapacité de prévoir quel serait le coût de la mise en sécurité des installations, et de fixer une date pour que les réacteurs fondus cessent de menacer la santé des salariés de l’entreprise et les habitants de la région alors que les bâtiments accidentés continuent à polluer les sous sols et l’atmosphère.

 

Masuda Naohiro a même ajouté qu’il ignorait si, quand et comment les nouveaux robots pourraient réussir à explorer les débris des réacteurs fondus pour faire le point sur la réaction qui se poursuit en dégageant une chaleur d’environ 100° et des émanations radioactives. Il a également reconnu qu’il devait faire face à une véritable « zone de guerre ». Toutes déclarations qui contrastent avec les affirmations du gouvernement japonais répétant régulièrement que la situation est entièrement sous contrôle.

 

Le responsable de la Tepco, la société propriétaire de la centrale, a précisé que les ingénieurs ne savaient même pas où se trouvaient les débris des réacteurs ni comment il serait possible de les extraire. Il ignore également si les travaux nécessaires pourront être commencés avant une dizaine d’années. Avec cette précision :

« Une nouvelle science devra être inventée pour commencer le nettoyage et il faudra pour cela prendre en compte les risques courus par les salariés et l’environnement. »

D’autant plus que des éléments radioactifs continueront à fuir dans les nappes souterraines, dans la mer et dans l’air.

 

 L'un des bâtiments réacteur en septembre 2015 toujours inaccessible aux techniciens (Photo : Claude-Marie Vadrot)

L’un des bâtiments réacteur en septembre 2015 toujours inaccessible aux techniciens (Photo : Claude-Marie Vadrot)
 

 

Des aveux qui contredisent radicalement les propos rassurants et les mensonges proférés par des responsables de la centrale lors de la visite des installations et de la région par Politis à la fin du mois de septembre dernier. Des propos de « propagande » que démentaient d’ailleurs la plupart des analyseurs automatiques de radioactivité mis en place sur le chantier, les combinaisons spéciales portées par de nombreux techniciens et l’abandon sur place de centaines de voitures et d’engins de chantiers fortement contaminés.

En conclusion Masuda Naohiro, qui travaille depuis 30 ans pour la Tepco, a assuré que, désormais, il annoncerait aussi bien les bonnes que les mauvaises nouvelles. Mais, pourtant, il n’a rien dit sur la bonne vingtaine de millions de tonnes de déchets radioactifs entassés sous de simples bâches dans la campagne environnantes…

 

Une faible partie des 20 millions de tonnes de terre et de déchets radioactifs entassés dans la zone évacuée (Photo Claude-Marie Vadrot)

Une faible partie des 20 millions de tonnes de terre et de déchets radioactifs entassés dans la zone évacuée (Photo Claude-Marie Vadrot)

 

 

Nota Bene :

Photo : Masuda Naohiro (à gauche), lors de la visite à Fukushima de l’ambassadrice des USA au Japon, Caroline Kennedy accompagnée de son fils Jack Kennedy Schlossberg, le 14 mai 2014 (AFP PHOTO/POOL/Toru YAMANAKA).

 

 

Source : http://www.politis.fr

 

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20 décembre 2015 7 20 /12 /décembre /2015 21:52

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

 

La décroissance à portée de main

19 décembre 2015 / Fabrice Flipo
 

 
 

 

La pensée de la décroissance est foisonnante et féconde. Un ouvrage en rassemble les notions clé pour mettre en valeur « ce mouvement et cet enjeu majeur de notre temps ».

 

Fabrice Flipo est maître de conférences en philosophie politique et sociale, spécialiste de l’écologisme et de la modernité. Il enseigne à l’école des Télécoms d’Evry et a publié notamment Nature et politique, contribution à une anthropologie de la globalisation et de la modernité. Il anime un blog.



Récemment est paru un ouvrage important, consacré au vocabulaire de la décroissance. Il s’agit d’un projet international, déjà édité en Angleterre et en Espagne, coordonné par trois chercheurs de l’Institut des sciences et technologies environnementales de l’Université autonome de Barcelone, et tous les trois membres du groupe d’étude Research & Degrowth (Recherche et Décroissance). Le livre réunit les contributions de 60 auteurs sur 528 pages.

Il comprend quatre parties. La première est consacrée aux courants de pensée, où l’on retrouve l’anti-utilitarisme, la bioéconomique, les courants de l’écologisme ou encore la critique du développement. Les huit entrées font le tour des grandes sources d’inspiration de la décroissance, qu’elles soient militantes ou plutôt académiques, comme la political ecology anglo-saxonne.

La seconde s’intéresse aux notions clé que l’on retrouve fréquemment utilisées dans les différents courants de la décroissance : autonomie, bien commun, bonheur, capitalisme, croissance (évidemment !), entropie, extractivisme, simplicité volontaire, etc. Les 25 entrées expliquent chacune en quelques pages quelles sont les principales réflexions et analyses sur le sujet.

 

Construire un paysage commun

La troisième partie aborde la question de l’action, avec une présentation de certaines actions et mesures emblématiques de la décroissance, tels que les coopératives, la désobéissance, les monnaies communautaires, l’économie féministe ou encore le partage du travail. Les 18 entrées montrent que la décroissance n’est pas seulement théorique et abstraite, mais qu’elle s’incarne dans des pratiques et des utopies concrètes (entrée « néo-utopistes ») qui incarnent les idéaux et nous font entrer dans le monde de demain.

La quatrième partie regarde du côté des alliances possibles. Le buen vivir, l’économie féministe ou l’ubuntu (le bien vivre au sens sud-africain) sont les pistes principales avancées dans ce domaine. L’idée est de montrer que si la décroissance n’invente pas tout, elle entre en résonance avec des pratiques existantes, dans le monde entier, c’est donc de là que vient l’espoir.

Pourquoi cet ouvrage est-il important ? Parce que dans un paysage décroissant minoritaire, morcelé, aux échanges parfois difficiles, mais avec une réelle dynamique et une forte créativité, du commun doit se construire, ce qui passe notamment par une mise en valeur des lieux de rencontre, ce qui construit un paysage commun, où chacun peut se repérer.

 

La vie que nous pourrions choisir de mener demain

L’ouvrage donne accès de manière simple et lisible aux notions clés utilisées dans les milieux qui prennent au sérieux la question de la décroissance. Le lecteur non-spécialiste et non-initié trouvera ici un outil efficace et agréable à lire, lui permettant de s’instruire et de se faire sa propre idée. Les entrées sont relativement courtes, elles évitent toute complication inutile, mais étudient en profondeur le poids des logiques économiques et industrielles qui pèsent sur les conditions d’existence collective. Elles présentent d’autres formes d’organisation de la production et des échanges, critiquent les effets de nos choix de société sur le rapport au politique, montrent les expériences collectives qui témoignent d’ores et déjà de l’existence de résistances créatives et vivaces partout dans le monde. Il s’agit là d’un panorama complet de notre vie quotidienne, et de la vie que nous pourrions choisir de mener demain !..

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

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20 décembre 2015 7 20 /12 /décembre /2015 20:55

 

Source : http://www.humanite.fr

 

Les abattoirs d’Alès redémarrent, les questions de fond demeurent

Daniel Roucous
Vendredi, 11 Décembre, 2015

 

 

AFP/Pascal Guyot
 
Fermés pour non respect des règles d’abattage, les abattoirs d’Alès redémarrent sous contrôle mais pas sans doute.
 

Fêtes de Noël et de fin d’année obligent, le maire d’Alès (Gard) a décidé, mercredi 9 décembre, le redémarrage des abattoirs municipaux.

Rappelons qu’ils avaient été fermés, à la demande du maire, suite à la diffusion d’une vidéo de l’association de défense animal L214  montrant que les animaux y étaient abattus au mépris des règlements.

Certes il s’agit d’un abattoir de proximité, important pour la filière viande, mais ce n’est pas une raison pour enfreindre la loi. Cette loi nous l’avions précisé dans notre enquête sur les conditions d’abattage et de travail dans les abattoirs téléchargeable ici http://www.humanite.fr/abattoirs-ca-craint-pour-les-animaux-pour-les-effectifs-aussi-590239

Cette réouverture des abattoirs d’Alès fait suite à un test de fonctionnement sous le contrôle d’un vétérinaire référent national des abattoirs.

Cela va de soi mais n’assure pas pour l’avenir que les effectifs vétérinaires seront suffisants afin d'assurer que les animaux sont abattus dans les règles à tous les niveaux. Au-delà pour assurer la sécurité sanitaire.

En fait pour des raisons uniquement économiques, aucune réponse a été apportée aux questions de fonds soulevées par notre enquête. D’ailleurs l’association L214 a demandé au maire d’Alès de pouvoir filmer et rendre publique les nouvelles pratiques de l’abattoir comme vous pouvez le lire dans le communiqué suivant http://www.l214.com/communiques/2015/12/10-re-ouverture-abattoir-ales/

L’audit économique et financier mandaté par l’Etat et l’enquête préliminaire sur les « faits d’acte de cruauté et mauvais traitements sur animaux » effectuée à la demande du parquet d’Alès sont attendus.

Ils devraient alimenter un débat de fond, demandé par des associations de défense animale mais aussi des parlementaires,  sur les conditions d’abattage mais aussi de travail dans les abattoirs et les effectifs vétérinaires.

 

Une liste des abattoirs 100% étourdissement

L'OABA vient de dresser la liste des abattoirs qui pratiquent l'étourdissement avant l'abattage et comment les consommateurs peuvent en avoir connaissance sur les emballages http://oaba.fr/pdf/Liste_abattoirs_2015.pdf

Ceux qui ne figurent pas sur cette liste abattent les animaux ans étourdissement selon des proportions variables de quelques pourcentages à 100%.

"Le but de cette liste, nous explique Frédéric Freund, directeur de l'OABA, est d'inciter les abattoirs qui ont une activité mixte (abattage avec et sans étoudisseemnt) à différencier leurs productions en optant pour un étiquetage volontaire du type "abattage conventionnel garanti" afin de ne pas se fermer des consommateurs et de les informer."

Le feront-ils ? "Oui répond-il, si les consommateurs arrêtent d'acheter de la viande provenant de ces établissements".

 

Concernant la commission d'enquête sur les conditions d'abattage des animaux de boucherie dans les abattoirs déposée le 17 novembre 2015 par des sénateurs à la présidence du Sénat, il semblerait qu'elle ne soit pas la bienvenue ni prioritaire !

 

 

Source : http://www.humanite.fr

 

 

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20 décembre 2015 7 20 /12 /décembre /2015 20:39

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

Rencontre avec Pablo Soto, le geek de Podemos

 

 

Ce dimanche, les Espagnols votaient pour renouveler leur Parlement. Au cours de la campagne, le parti de gauche radicale Podemos a proposé d’étendre au pays la politique qu’il a commencé à mettre en place à Madrid, son laboratoire.

 
Législatives : les résultats
Selon les premiers sondages de sortie des urnes, le Parti populaire (droite), au pouvoir depuis 2011, obtiendrait autour de 27 % des voix. La deuxième place se joue entre le nouveau parti de gauche radicale Podemos et les socialistes du PSOE.

(De Madrid) Il y a quelque jours, nous avons rencontré Pablo Soto. Cet homme de 36 ans est développeur web, mais c’est au troisième étage de la mairie de Madrid qu’il reçoit.

 

Pablo Soto, à Madrid

Pablo Soto, à Madrid - Amandine Sanial/Rue89
 

« Tout a changé », dit-il, alors que ses yeux électriques s’arrêtent sur deux belles photographies d’une marée humaine envahissant la Puerta del Sol.

« Je crois que la société évolue. A Madrid, cela fait quatre ans que ça bouge beaucoup. Il y a eu cette chose merveilleuse, cette mobilisation sans aucun parti politique, sans syndicat, sans association, sans organisation traditionnelle.

La société civile s’est organisée seule, par Internet, pour réclamer la démocratie. La démocratie directe, tout de suite. Des centaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues ce jour là, le 15 mai 2011. »

Pablo Soto est un des fils de cette nuit qui a bouleversé le pays. Une gifle, un coup de cœur, une prise de conscience. Il marque une pause.

« J’étais là, parmi eux. On ne disait pas “on veut du pain”, “on veut du travail”, non. On voulait juste de la démocratie. Ça a permis de faire se rencontrer des gens qui luttaient pour les libertés sur Internet, d’autres qui luttaient contre les expulsions, d’autres pour l’éducation… C’était plus fort que la politique traditionnelle. Depuis ce jour là, nous avons l’impression que tout peut arriver. Que nous pouvons construire notre propre politique. C’est comme si nous avions ouvert une porte. »

 

« La politique est venue à moi ! »

Portée par cette dynamique, Manuela Carmena renverse l’échiquier politique aux élections municipales de mai dernier, et enlève la mairie de Madrid. Dans la liste de l’ancienne juge et avocate, beaucoup d’inconnus et de personnes, comme elle, issues de cette société civile qui s’est réveillée quatre ans plus tôt sur la Puerta del Sol. La présence de Pablo Soto n’était pas assurée pour autant.

« Entrer dans l’institution, ça m’a fait me poser beaucoup de questions. Mais en fait, ce n’est pas moi qui suis allé chercher la politique, c’est la politique qui est venue à moi ! »

Si Soto date son engagement de 2011, il reconnaît néanmoins un intérêt plus ancien pour les affaires publiques. Un intérêt contraint : en 2001, à 22 ans, ce programmateur autodidacte invente Blubster, un logiciel de partage de musique sur Internet. Très vite, l’application en peer-to-peer séduit des milliers, puis des millions d’utilisateurs à travers le monde.

Mais les multinationales du secteur ne voient pas d’un très bon œil le développement de cette technologie gratuite de partage. Warner, Universal et autres Sony se rassemblent alors pour attaquer Soto en justice, lui réclamant 13 millions d’euros.

A l’évocation de ce souvenir, il fait la moue. « Ça m’a beaucoup politisé », se souvient-il, amer.

« J’ai gagné le procès mais six mois après, les lobbys ont fait pression et ont changé la loi espagnole. Cet exemple, je l’ai vécu de très près, mais ça se passe comme ça dans toute la société. Je me suis rendu compte que peu importe la raison, peu importent les années de lutte, ce sont les intérêts économiques qui priment. Et pour moi, il n’est pas possible de s’épanouir en tant que citoyen dans un système qui n’est pas véritablement démocratique. »

 

Apôtre de la transparence

Alors, Soto s’engage pour la liberté sur Internet. Aujourd’hui de l’autre côté de la barrière, parmi les gens qui décident, il poursuit la lutte, assurant n’avoir aucune ambition personnelle, ni étiquette ou comptes à rendre. « Je me définis comme un travailleur public », expose-t-il gravement. Carnet de notes posé sur les genoux, il tripote son stylo. Clic-clac.

« Je ne représente personne. Je ne peux pas représenter un million de personnes, c’est impossible. Ce que nous pouvons faire en revanche, c’est travailler pour que ces personnes puissent se représenter elles-mêmes et exercer leurs droits. »

Le grand projet de l’ancien développeur. Il s’arrête un instant, prend le temps de réfléchir. Poursuit.

« Le code informatique commence à être aussi important que le code des lois. Si l’administration utilise un code fermé, il est impossible de savoir quelle est la loi derrière. Il y a beaucoup de droits politiques qui passent par une relation informatique, qui doit être libre pour que les gens puissent savoir comment elle fonctionne. »

Le voilà devenu apôtre de la transparence. Avec une arme, Internet.

« Nous vivons une révolution technologique bien plus profonde qu’a pu l’être l’invention de l’imprimerie. Internet a créé une masse de millions de personnes reliées en temps réel, capables de se rassembler, de communiquer, ce qui change complètement le rapport de l’élite aux masses.

Irrévocablement, cela va déboucher sur un changement social et politique. La démocratie représentative ne sert que pour rendre possibles les décisions collectives quand des milliers de personnes ne peuvent se retrouver ensemble dans un bâtiment pour délibérer, débattre et voter. Mais aujourd’hui, nous avons la technologie pour cela. »

Pas impressionné par les accusations de populisme que lui valent ses idées, le jeune « conseiller pour la participation citoyenne, la transparence et le gouvernement ouvert » développe son grand projet dès son arrivée à la mairie.

 

Pablo Soto, à Madrid

Pablo Soto, à Madrid - Amandine Sanial/Rue89
 

Après quelques mois de travail, il lance Decide Madrid, une plateforme d’initiative populaire, qui fonctionne en deux temps :

  • transparence, open data (données libres) d’un côté,
  • débat et participation citoyenne de l’autre.

Sur le portail dédié, chacun peut soumettre son idée pour la ville. Et si la proposition est approuvée par 2% de la population (soit 53 000 personnes), elle est automatiquement étudiée par un groupe de travail, avant de passer au vote, pour une adoption définitive.

 

En lien avec Paris et Reykjavik

Les propositions pour un billet unique dans les transports ou pour retirer les subventions à la corrida recueillent pour l’heure respectivement 8 098 et 6 333 soutiens. Encore loin du seuil minimal pour leur validation.

« Nous allons aussi copier Paris. Nous aussi, nous voulons un budget participatif. Nous allons même améliorer cette idée. Nous sommes en contact régulier avec les développeurs de Reykjavik, qui sont les premiers à l’avoir fait, avec ceux de Paris aussi. »

 

Quelques semaines après le lancement de sa plateforme, le nouvel élu dénombrait plus de 200 000 visites, pour presque 3 000 propositions. « Trop peu », estime-t-il.

En effet, l’outil a bénéficié d’une campagne de publicité sur les murs et les bus de la ville au moment de son lancement, mais depuis, les Madrilènes semblent avoir oublié son existence. Malgré un bon départ, ils sont désormais peu nombreux à faire vivre le site. Les dernières propositions ne recueillent qu’une poignée de soutiens, et aucune ne s’est pour l’heure concrétisée.

Il est sans doute encore tôt pour tirer un premier bilan de l’expérience, mais force est de constater qu’après plusieurs décennies de politique traditionnelle, la version numérique ne rentre pas si facilement dans les mœurs.

 

L’enthousiasme du jeune homme se heurte également à la barrière digitale : tous les Madrilènes n’ont pas Internet. Les personnes âgées et les catégories de population les plus pauvres sont donc tenues à l’écart de ce système. Pour contourner ce problème, il est néanmoins possible de se rendre en mairie et de soumettre sa proposition oralement à des fonctionnaires, qui l’inscrivent ensuite sur la plateforme.

Malgré tout, Soto est confiant. Le changement des habitudes sera long, mais pour lui, il est inéluctable.

« Et si nous pouvons changer Madrid, nous pouvons changer n’importe quelle ville. Si nous pouvons mettre en place un mécanisme direct ici, pourquoi ne le ferions nous pas à Barcelone, à Paris, à Berlin et dans toute l’Europe ? Pourquoi pas ? »

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

 

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20 décembre 2015 7 20 /12 /décembre /2015 20:13

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

La surprenante activité de Podemos dans des campagnes à l’abandon

19 décembre 2015 / Julia Abadía González et Vladimir Slonska-Malvaud (Reporterre)

 

 

 

Le parti né des manifestations des «  indignés  » dans les grandes villes du pays a revitalisé la politique espagnole jusque dans les campagnes, frappées par les difficultés économiques et le dépeuplement. Pour les élections générales de dimanche, il fait campagne en défendant le monde rural.

 

- Ejea de los Caballeros, Tafalla, Molina de Aragón, Teruel (Espagne), reportage

« Quelle est la position de Podemos sur l’utilisation de l’hydrogène pour les tracteurs  ?  » À Ejea de los Caballeros, c’est la fin du meeting, jeudi 10 décembre. La question émerge du premier rang du public, et son auteur est agriculteur dans cette petite bourgade de province typique du nord de l’Espagne. L’interpellation, surprenante pour qui n’est pas habitué des rencontres de Podemos, en dit long sur la revitalisation politique provoquée par l’apparition du parti violet, lors de la campagne pour les élections européennes de mai 2014. Jusque loin des grands centres urbains, d’où le parti à pris son essor.

Dès ses débuts, deux cercles (la structure de base de Podemos) dédiés aux problématiques des zones rurales ont été créés à l’échelle du pays : Podemos Celtiberia – Mundo Rural et «  agriculture, élevage, pêche et alimentation  » (Agpa).

« On a depuis toujours la sensation d’être oubliés par tous les partis politiques. Les campagnes représentent un faible poids électoral  », constate Iván Flamarique, membre du cercle « monde rural » de la communauté autonome de Navarre (Nord).

 

« Une politique pour les villages depuis les villages  »

Installé dans un café face à la mairie de Tafalla (10. 966 habitants en 2014), cet agriculteur de 35 ans explique son retour dans son village natal de Mendívil (58 habitants en 2014), pour développer un projet de permaculture. Attiré dès sa création par Podemos, il a décidé de rejoindre le mouvement pour partager ses connaissances sur un secteur professionnel jusque-là très peu représenté dans le parti. Depuis l’été 2015, dix militants liés de façon directe ou indirecte au monde agricole composent le cercle monde rural de Navarre.

Les autres cercles ruraux locaux se sont constitués, peu à peu, à l’initiative des habitants des zones concernées. Ils se sont ainsi ajoutés à Podemos Celtiberia – Mundo Rural et à Agpa pour mettre leurs expériences et leurs connaissances au service des instances nationales du parti. «  Le problème que Podemos a rencontré à ses débuts, y compris dans son cercle rural national, est qu’il y avait très peu de membres directement liés au monde rural », explique Iván Flamarique. Les cercles ruraux régionaux se sont donc constitués pour remédier à ce manque.

 

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Le slogan de campagne de Podemos pour les élections générales, lors d’une réunion publique à Ejea de los Caballeros (Aragon).

 

Le niveau local et le niveau national s’articulent selon le principe fondateur de Podemos : « Ce sont les gens qui portent les propositions, pas nous. Personne ne connaît mieux les problématiques d’un endroit que celui qui les vit  », affirme Marta Chordá, membre de Podemos Celtiberia – Mundo Rural et candidate aux élections générales du dimanche 20 décembre pour la province de Saragosse. «  Il faut faire une politique pour les villages depuis les villages  », résume-t-elle.

 

« Les services de base ne sont pas garantis »

Reste la question de la participation des classes populaires des campagnes dans les cercles ruraux. Selon Marta Chordá, deux profils type s’y retrouvent : «  Des personnes qui habitent à la campagne depuis toujours, et des citadins avec un travail et des études universitaires qui souhaiteraient revenir là où ils sont nés mais qui y renoncent, car les services de base ne sont pas garantis. »

Politiquement, le spectre est encore plus large : «  On rencontre des gens sans aucun passé militant et qui adhérent à Podemos pour la perspective de changement qu’il offre. Mais aussi d’anciens membres d’autres partis politiques, des militants de la marea blanca [mouvement pour la défense de la santé publique], de la marea verde [pour le droit à l’enseignement public de qualité]  », constate Pedro Arrojo, tête de liste de Podemos dans la province de Saragosse, et figure du mouvement écologiste en Espagne. «  Podemos a articulé les forces du changement  », sourit-il.

 

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Pedro Arrojo, tête de liste de Podemos dans la province de Saragosse pour les élections générales espagnoles du 20 décembre 2015, et Marta Chordá, membre de Podemos Celtiberia-Mundo Rural, également candidate sur la liste de Saragosse.
 

Tous reprennent le mot d’ordre de la lutte contre le dépeuplement de l’intérieur de l’Espagne, et réclament des services publics de proximité et des infrastructures de télécommunication de qualité. La révolution industrielle des années 1960 a provoqué en effet un grand exode vers Madrid et Barcelone. Les campagnes se sont vidés de leurs habitants.

Selon le directeur de l’Institut d’investigation sur le développement rural Serranía Celtibérica, Francisco Burillo, « les territoires sujets au dépeuplement en Espagne représentent plus de 63.098 km², soit le double de la Belgique, et la densité de population de ces zones est inférieur à 8 habitants par km²  ». Avec des autocars qui passent seulement une fois par jour, des ambulances qui arrivent en retard, des communes de 3.500 habitants sans aucune formation professionnelle pour les jeunes, des réseaux des communications insuffisant et des hôpitaux à parfois 150 kilomètres, ces zones continuent à perdre des habitants faute d’une qualité de vie attractive.

 

« Il ne s’agit pas d’une question d’égalité, mais de justice » 

La  loi pour le développement durable du milieu rural , approuvée sous le gouvernement du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE, social-démocrate) de José Luis Rodríguez Zapatero (2004-2011), posait le cadre juridique pour lutter contre le dépeuplement de l’intérieur de l’Espagne. Mais elle n’a jamais été appliquée. La situation, déjà alarmante, dans les années de croissance économique, est devenue insoutenable avec la crise de 2008 et les coupes budgétaires du Parti populaire (PP, droite) de Mariano Rajoy (2011-2015).

L’application de cette loi, de même que la lutte contre le clientélisme dans les institutions ou la création d’emplois dans les zones rurales font partie des mesures proposées par Podemos pour s’attaquer au problème. Le parti s’engage également à préserver l’existence de toutes les municipalités, contrairement au nouveau parti de droite Ciudadanos, qui propose de supprimer les communes de moins de 5.000 habitants. Le PP avait de son côté opté pour l’asphyxie financière.

 

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Vue de la petite ville de Molina de Aragón.
 

« Les fonds Forcol [fond régional de coopération locale de la région de Castilla – La Mancha] représentaient 13 % du budget de la mairie. En 2011, María Dolores de Cospedal [présidente PP de la région] a décidé de les supprimer  », raconte Montserrat Lacalle Herranz, conseillère municipale Molina Se Mueve (membre de la coalition de Podemos) à Molina de Aragón, dans le centre de l’Espagne. «  Les mairies ont très peu de revenus. Dans notre village, nous avons un important patrimoine historique qu’il faut restaurer, mais il n’y a pas d’argent. La partie arrière de notre château, l’un de nos principaux symboles, est en train de s’effondrer , regrette-t-elle. Le monde rural a besoin d’investissement. Il ne s’agit pas d’une question d’égalité, mais de justice . »

Autre absurdité : Molina de Aragón, avec ses belles maisons en pierre et ses 3.500 habitants, est inscrite depuis quelques mois dans le réseau des municipalités-refuge. « Nous avons trois maisons prêtées par des riverains pour accueillir des réfugiés. Nous leur avons prévu aussi des services de conseil juridique, d’accompagnement et d’appui linguistique pour faciliter leur arrivée . » Malgré la bonne volonté des habitants, les trois maisons restent vides : l’accueil et la répartition des réfugiés relèvent de la compétence du gouvernement national…

 

Indignation sans précédent dans le pays 

L’émergence tonitruante de Podemos sur la scène politique ne doit pas faire oublier le long chemin de croix de la lutte contre l’oubli des zones rurales. Le nouveau parti peut en effet compter sur les nombreuses initiatives de ceux qui l’ont précédé, avec plus ou moins de succès, dans l’Aragon, en Castilla – La Mancha, en Castilla y León, dans la communauté de Valence et dans La Rioja ces vingt dernières années : Teruel Existe, Soria Ya, La Otra Guadalajara, La Plataforma Cívica de Cuenca, Al Jiloca ya le Toca.

Mais les temps ont changé. Le chômage et les scandales de corruption au sein du PP et du PSOE ont provoqué une indignation sans précédent dans le pays. « Le ras-le-bol qui s’est manifesté sur la place de la Puerta del Sol, le 15 mai 2011 à Madrid, était aussi présent dans le monde rural. Mais il n’y avait pas la même force de mobilisation pour le montrer  », explique Marta Chordá.

 

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Pedro Arrojo, tête de liste Podemos dans la province de Saragosse, lors d’une réunion publique à Ejea de los Caballeros (Aragon), le 10 décembre 2015.
 

«  Beaucoup des gens n’ont pas fait le lien, jusqu’à très récemment, entre le dépeuplement des campagnes et la mauvaise gestion du gouvernement. Nous avions une perception fataliste de la réalité. Maintenant, cela a changé...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

 

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20 décembre 2015 7 20 /12 /décembre /2015 20:01

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

 

Les communs, la vraie idée révolutionnaire

 
 
Pourtant mentionnés dans le code civil, ces biens dont "l'usage est commun à tous" auraient pu disparaître si la crise du système néo-libéral ne les avait remises au goût du jour.
 
ALLILI MOURAD/SIPA
 

Biens communs, ou communs, voilà un concept nouveau, à l'intersection des sciences politiques et de l'économie. Un concept à la mode, qui génère moult publications, autant de colloques et de livres. Mais de quoi s'agit-il ?

Ce concept vient de loin, des communaux, d'une époque où l'Etat n'existait pas encore. Il remonterait à la révolution néolithique, à cette première révolution agricole. A l'époque, les hommes se sont approprié des champs qu'ils vont labourer, ensemencer, moissonner, en d'autres mots travailler, et qui de ce fait deviendront leur propriété. Le reste de l'espace, les bois qui leur fournissent le combustible et les terres où ils vont chasser et éventuellement faire brouter les animaux récemment domestiqués sont des espaces communs. Cette réalité va s'institutionnaliser, pour pouvoir les gérer, les administrer de façon durable. Selon les droits locaux, les paysans pouvaient laisser paître leurs bêtes sur ces communaux, voire couper du bois, tailler des ajoncs. La première révolution libérale et son corollaire, le développement de la propriété privée, ont fait disparaître une grande partie de ces biens communs en Occident. La loi des «enclosures» à la fin du Moyen Age les réduira. Les propriétaires terriens vont s'en saisir.

 

UN CONCEPT OUBLIÉ

Les charges contre les communs sont très violentes jusqu'à une époque récente. Il faut imposer la propriété privée. Au début de l'offensive, il y a évidement John Locke, « le fondateur de la propriété privée au sens moderne du terme ». Mais la bataille est longue. Elle continue, s'intensifie même. Elle dure tout le XIXe siècle. Marx et Proudhon succèdent à Rousseau et résistent. Au XXe siècle, l'intensité du débat diminue un peu pendant les Trente Glorieuses. Mais le retour du libéralisme dans les années 70 relance la machine. En 1968, le biologiste Garrett Hardin explique dans la Tragédie des biens communs que leur disparition serait due à leur surexploitation. Les comportements individualistes entraîneraient l'épuisement des ressources limitées, leur pollution, voire leur destruction. Le résultat serait donc perdant-perdant. Pour éviter la surexploitation, il n'y a d'alternative que la privatisation ou éventuellement la nationalisation.

On a l'impression que c'est la fin. Face à la doxa, la pratique s'étiole, même si, dans certaines sociétés traditionnelles, en Afrique notamment, le pacage est encore pratiqué. Cette affaire n'intéresse plus que les historiens qui en recherchent les scories dans le droit de glanage encore en vigueur dans certains départements ruraux, ou dans notre code civil qui témoigne de cette pratique. L'article 714 édicte : « Il est des choses qui n'appartiennent à personne et dont l'usage est commun à tous...»

 

CONFIANCE EN L'AUTRE

Très tôt, quasiment seule au début, l'Américaine Elinor Ostrom résiste. Elle réfute la Tragédie des biens communs de Garrett Hardin. Elle montre qu'il existe des collectivités qui gèrent des biens communs de manière économiquement optimale et cela, depuis très longtemps. Certains, depuis presque mille ans. Ces institutions fondées sur la coopération ont retenu toute son attention. Elle a particulièrement étudié la gestion commune des forêts et prairies de haute montagne en Suisse et au Japon et les communautés d'irrigation des Philippines. Elle en a déduit les conditions pour qu'un commun fonctionne. Elle en identifie huit, dont les plus importantes sont que les usagers du bien commun se trouvent en interdépendance. Ensuite, qu'ils se connaissent et qu'ils se fassent confiance entre eux, et que ces groupes aient des frontières bien définies. Autant dire que, par les temps individualistes qui courent, elles sont assez difficiles à réunir. Mais, pleine d'espoir, elle conclut que « chaque commun est un cas particulier ». Il n'existe pas de « recette ».

En 2009, pour ce travail, Elinor Ostrom va devenir la première femme à recevoir le prix Nobel d'économie. En pleine crise des subprimes, cette nomination est une double révolution. En quarante ans, les mâles dominants de l'économie n'avaient jamais trouvé une femme à récompenser. En plus, Elinor Ostrom n'est pas économiste. Elle est une spécialiste de sciences politiques. Cette année-là, la science économique doutait.

 

PRATIQUE COLLECTIVE

Avec la crise du système libéral, sur ces bases, les communs reviennent d'actualité à partir des années 2000. Certains vont y voir la grande « alternative » du XXIe siècle. D'autres rêvent que « la lutte pour la défense des biens communs se transforme en une lutte pour un nouveau modèle social ». Mais ce combat risque d'être long, car personne n'est d'accord sur son contour. Sa définition est floue. A une extrémité du spectre, la charte de l'« université du bien commun » de Rome en donne une définition très générale : « Le bien commun est constitué de l'ensemble des principes, des institutions, des moyens et des pratiques que la société se donne pour garantir à tous une vie humainement décente, assurer un "vivre-ensemble" pacifique, convenable et coopératif entre tous, conserver la sécurité de sa propre maison, et donc la soutenabilité de l'écosystème local et global ; le tout en tenant compte du droit à la vie des générations futures. » Pour d'autres, dont Elinor Ostrom, Pierre Dardot et Christian Laval, le bien commun serait lié à une pratique collective, le qualificatif définirait le bien. Les biens deviennent communs parce qu'ils sont gérés en commun.

L'idée est très séduisante. Elle se développe avec l'explosion des logiciels libres, un exemple qui prend une place importante, voire prépondérante, dans la littérature et les colloques sur le sujet. A l'heure des nouvelles technologies de l'information, la communauté des informaticiens a mis ses savoirs et son travail en commun pour proposer des logiciels gratuits et ouverts à tous. Les utilisateurs de Firefox, Linux et Spip ne savent peut-être pas qu'ils utilisent un bien commun. Wikipédia fonctionne sur la même logique. Son efficacité n'est plus à démontrer. Sa procédure d'amélioration en boucle fonctionne bien, loin du modèle perdant-perdant de Garrett Hardin.

Le concept se décline aussi en vert, et ce n'est pas du green washing ! Les écologistes ont su se saisir de ce qu'Elinor Ostrom appelle les communs «naturels» en opposition avec ceux dérivés des nouvelles technologies. Cette théorie est localement très adaptée aux initiatives en réaction au développement des semences de Monsanto, très efficace aussi contre la privatisation des savoir-faire locaux. C'est aussi un outil contre la privatisation de l'eau. En Irlande, par exemple, la troïka - Banque mondiale, Commission européenne et FMI - a conditionné certaines aides à la facturation de l'eau. Les Irlandais ont refusé, ils ne l'ont jamais payée. En Italie, les citoyens se battent aussi pour récupérer sa gestion. Certains souhaitent la remunicipalisation de l'eau quand d'autres aspirent à la création d'un commun qui échappe à la gestion du politique. C'est aussi une idée généreuse. Là où les libéraux proposent de la concurrence, d'autres optent pour la collaboration ou, pour reprendre le vocabulaire de Dardot et Laval, pour « tourner le droit d'usage contre la propriété ». Pour finir, les communs proposent aussi un concept poétique et pacificateur. La Lune, par exemple, est chose commune. Le droit de propriété de notre satellite a été défini en 1967. Un traité international établi sous l'égide de l'ONU précise que « l'espace extra-atmosphérique, y compris la Lune et les autres corps célestes, ne peut faire l'objet d'appropriation nationale par proclamation de souveraineté, ni par voie d'utilisation ou d'occupation, ni par aucun autre moyen ».

Comment résister à une idée si généreuse ? Les colloques se multiplient sur le sujet. La cause a ses héros, dont Naomi Klein. Certains livres sont des succès d'édition. Commonwealth, l'essai de Michael Hardt et Antonio Negri, a un certain retentissement outre-Atlantique. Commun, essai sur la révolution au XXIe siècle, de Pierre Dardot et Christian Laval, a été traduit en plusieurs langues et vient d'être récemment édité en poche.

 

ET L'ÉTAT, DANS TOUT ÇA ?

Mais les communs ont du mal à intéresser en France. Le concept se développe plutôt dans des pays à déploiement étatique tardif, comme l'Italie, l'Espagne et certaines nations d'Amérique du Sud. Il séduit aussi dans des pays où la critique de l'Etat est un sport national, comme les Etats-Unis. Dans son article « Le commun contre l'Etat ? » (lire Pour en savoir plus), Serge Audier est obligé de l'analyser à travers le débat italien. Pour reprendre ses termes : « Le public français ignore à peu près tout de cette nébuleuse qui connaît pourtant une véritable "mode" en Italie. » Les Français craignent que le développement de ce concept n'accélère la réduction des services publics, brusque l'atrophie de la main gauche de l'Etat. Il faut dire que le concept concurrence celui de bien public. Or, certains ne s'en cachent pas, les communs sont aussi un moyen de réduire le pouvoir de l'Etat, voire un outil contre l'Etat. Antonio Negri et Michael Hardt font partie de ce groupe. « L'Etat est devenu le complice et même l'agent actif de la privatisation du monde », tempêtent-ils. Leur antiétatisme vaut leur antilibéralisme. Pierre Dardot et Christian Laval sont un peu sur la même ligne. Même si le propos est un peu plus nuancé, il est clairement affiché : « Si le commun devient une question si importante, c'est qu'il révoque brutalement les croyances et les espérances progressistes dans l'Etat. » Ces deux auteurs savent que la pente est savonneuse. Joignent-ils leur voix à Ronald Reagan pour qui « l'Etat est le problème » ? Malgré les apparences, évidemment non, mais ils se sentent obligés de préciser pour leurs lecteurs qu'« il ne s'agit pas de faire écho à la condamnation néolibérale des interventions sociales, culturelles et éducatives de l'Etat ». Le propos est assez confus.

Les Français sont échaudés par ces discours. Pas totalement amnésiques, ils se souviennent du glissement rapide de la deuxième gauche. Pour reprendre la formule d'Alfred Loisy, « le PSU [Parti socialiste unifié] annonçait l'autogestion, et c'est le marché qui est venu ». Tout dérape après l'échec du mouvement social des montres Lip dans les années70 et s'amplifie avec les grandes privatisations de Lionel Jospin, quand il était Premier ministre, de 1997 à 2002, pour aujourd'hui s'épanouir dans le social-libéralisme à la façon d'Emmanuel Macron.

Les plus plus posés savent enfin que la mise en œuvre des communs s'apparente au droit d'association. La loi de 1901 y fait même référence. Son article 1 définit l'association comme « la convention par laquelle deux ou plusieurs personnes mettent en commun, d'une façon permanente, leurs connaissances ou leur activité dans un but autre que de partager des bénéfices ». Il n'y aurait donc rien de nouveau sous le soleil, si ce n'est que les communs sonnent mieux que cette institution très française de la IIIe République. Ainsi vont les modes.

 

Pour en savoir plus :

Commun, essai sur la révolution au XXIe siècle, de Pierre Dardot et Christian Laval, La Découverte Poche, 600 p., 13,50 €.

Etat social, propriété publique et biens communs, de Thomas Boccon-Gibod et Pierre Crétois, Le Bord de l'eau, 300 p., 22 €. A lire plus particulièrement l'article de Serge Audier.

Le Retour des communs, la crise de l'idéologie propriétaire, sous la direction de Benjamin Coriat, Les liens qui libèrent, 250 p., 21,50 €.

 

 

Source : http://www.marianne.net

 

 

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20 décembre 2015 7 20 /12 /décembre /2015 18:49

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

« Anarchy » : quand les joueurs prennent les rênes de la fiction

 

 

 

La France quitte la zone euro, des indépendantistes « libèrent » la Bretagne, des punks passent à l’action directe... Dans le monde fictif d’« Anarchy », la tension entre pouvoir central et mouvements de base s’est retrouvée entre scénaristes et joueurs.

 

« Mes chers concitoyens, mes chères concitoyennes, ce matin la France a quitté la zone euro... »

Voilà comment commençait « Anarchy », une fiction d’anticipation politique, qui proposait aux joueurs d’écrire collectivement sur le Web la vie dans une France sortant des rails.

Ça s’est fini il y a un an, mais si je vous en parle aujourd’hui, c’est parce qu’une des journalistes du projet, Marion Guénard, a publié récemment un livre (éditions Les petits matins, 124 pages, 18 euros) qui raconte les coulisses et le déroulement du projet.

On y voit comment l’écriture collective confronte les auteurs traditionnels à de nouvelles forces et comment leurs décisions littéraires dessinent aussi des choix politiques.

 

Au début, un travail de spécialistes

Au début, « Anarchy » est un monde fictif, créé par des spécialistes. Des scénaristes écrivent les grandes lignes de l’histoire, des game designers pensent les règles du jeu et conçoivent le site.

 

Affiche de Mai 68 :

Affiche de Mai 68 : « La beauté est dans la rue » - Charles Perussaux/BNF
 

Le site, lui, reprend les codes du site d’info, avec des lives, des articles, des vidéo et des JT, créés par des journalistes qui suivent une chronologie établie à l’avance.

Les internautes peuvent participer à l’écriture de deux façons  : en participant à un concours quotidien pour écrire le destin de cinq personnages principaux pilotés par la rédaction, ou en créant des personnages et en les faisant vivre.

 

Indépendantiste breton et punks à chien

Le projet est lancé le 30 octobre. Très vite, des centaines de gens jouent le jeu. Ils postent des photos, des témoignages censés illustrer les événements de la fiction, s’approprient les personnages proposés et surtout peuplent la fiction de nouveaux personnages.

Les audiences ne décollent pas vraiment, mais les passionnés sont très actifs et ouvrent de plus en plus de pistes parallèles. Un joueur crée un indépendantiste breton qui libère la région de la tutelle de Paris, un autre anime un groupe de militants punks adeptes de l’action directe.

 

Le dilemme des auteurs professionnels

Les scénaristes avaient prévu une tension entre un gouvernement central qui met en place l’état d’urgence et des mouvements du type Occupy ou Tahrir qui veulent une politique horizontale et nouvelle.

Or ce qui est intéressant et que raconte très bien le livre de Marion Guénard, c’est que c’est exactement la même bataille qui se joue dans l’écriture.

Car les journalistes sont rapidement pris dans une contradiction. Ils doivent suivre un cadre préétabli, avec une chronologie précise – mais plus la fiction devient collective, plus l’inventivité des joueurs commence à faire craquer le cadre. Il est de plus en plus difficile de faire coïncider les péripéties prévues à l’avance avec les propositions qui arrivent sur le site. Le jeu périclite.

 

« Le grand virage »

Les journalistes décident alors de faire ce qu’ils appellent «  le grand virage  ».

Ils décident de lâcher la bride aux joueurs.

De faire, en somme, une vraie fiction horizontale et démocratique. La fiction s’envole. Un groupe de libertaires punks qui s’appelle les Oubliés commence à poser des bombes. Par une nuit noire, des inconnus libèrent les animaux du zoo de Vincennes. La vraie joie commence.

«  Jubilation. Tout est faux. Tout est vrai. C’est délicieux. »

Alors même si pour finir ce sont les scénaristes qui reprennent le dessus, en sortant in extremis une intervention de l’ONU et une votation citoyenne, il y a quand même eu ce beau moment, où les lignes bougent pour de vrai, où les auteurs deviennent des simples «  arbitres de la fiction  », où, pour reprendre une belle métaphore de Marion Guénard, les joueurs sont un chœur dans la tragédie grecque et les auteurs le coryphée, qui donne la parole.

« “Anarchy” est devenue l’écriture d’un futur possible à plusieurs, avec une forme d’utopie politique sous-jacente importante. Pensons collectivement notre destin et écrivons-le, faisons récit commun, recréons du récit.  »

Malgré le relatif échec d’« Anarchy », qui n’a pas fédéré plus de quelques centaines de joueurs, c’est une belle idée, qui colle au Web dans ce qu’il a de meilleur et doit résonner aujourd’hui que tout s’effondre et que tout est à construire.

Making of
Chaque vendredi, dans l'émission «  Poésie et ainsi de suite  », diffusée sur France Culture de 23 heures à minuit, je fais une chronique sur ce qu'Internet change à l'écriture. Vous pouvez la retrouver ensuite sur Rue89. Claire Richard
 
 
 
 
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18 décembre 2015 5 18 /12 /décembre /2015 21:59

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Témoignages Plateforme des victimes des hypothèques

Espagne : « Transformer l’imaginaire collectif, c’est déjà un processus révolutionnaire »

par

 

 

 

Des centaines de milliers de personnes ont été expropriées de leur logement par les banques, après la crise financière, qui a frappé de plein fouet l’Espagne et son secteur immobilier. Dans la foulée du mouvement 15-M, une Plateforme des victimes des hypothèques (PAH) s’est développée dans tout le pays et a obtenu plusieurs succès. L’une de ses porte-parole, Ada Colau, a même remporté la mairie de Barcelone. Alors que se déroulent ce 20 décembre les élections législatives espagnoles, Carlos Macías, porte-parole de la plateforme en Catalogne, raconte l’histoire de ce mouvement social.

 

Cet article a initialement été publié dans le journal CQFD.

 

« Le BTP était devenu le modèle économique de l’Espagne, mais avec la crise la fin du “rêve espagnol” a sonné. Jusqu’en 2007, l’État et les banques poussaient les gens à s’endetter, exerçant ainsi une forme de contrôle social : un peuple endetté n’a plus le temps de s’organiser, de penser à faire la révolution ou de défendre ses droits. Avant que la bulle immobilière [1] n’explose en 2008, des gens qui venaient des mouvements sociaux sur le logement ou luttant pour les droits élémentaires se sont regroupés et ont anticipé la crise à venir. Ils ont pensé que les luttes sur le logement pouvaient constituer un sujet politique pour les années à venir. De là est née la PAH [2], ici à Barcelone en 2009, avec la volonté de dénoncer le système en cours et de regrouper les gens qui en étaient victimes en vue d’actions collectives, sur des bases autogestionnaires et d’entraide, avec une organisation en assemblées.

Le mouvement s’est vite propagé. Aujourd’hui, il y a 70 groupes en Catalogne et 240 dans l’ensemble de l’État espagnol. Nous faisons une assemblée régionale chaque mois pour nous coordonner et mener des campagnes communes, et nous organisons des rencontres tous les trois mois au niveau national. Chaque entité est autonome localement, avec des décisions prises au consensus et des groupes de médiation en cas de conflit. Le 15-M [3] a beaucoup renforcé les PAH : c’est le moment où je m’y suis engagé, cherchant une manière de concrétiser et de prolonger la colère partagée dans la rue. Une autre force de la PAH, c’est de rassembler des gens différents : ceux qui sont issus du mouvement squat avec leur savoir-faire pour l’ouverture de bâtiments, des anarchistes de toujours et d’autres issus de mouvements plus citoyennistes. Sans compter toutes les personnes pour qui c’est la première forme d’engagement de leur vie.

 

Dans un pays qui connaît le plus grand nombre d’expulsions en Europe mais aussi de logements vides, il a été facile de démontrer l’implication des gouvernants, des banques et des entreprises de construction. Nous avons ensuite mené des actions directes de désobéissance civile non violentes pour nous opposer aux expulsions et nous avons fait pression sur les banques pour qu’elles débloquent les situations.

 

Récupérer collectivement des logements vides

Nous avons aussi mené des campagnes pour que la législation permette d’annuler la dette en cas d’expulsion. Nous avons “récupéré” collectivement des logements vides appartenant aux banques ou au gouvernement, et milité pour l’accès à un loyer social. L’imaginaire a beaucoup changé : la population comprend ces occupations, ce qui nous protège un peu de la répression. Et grâce à ce soutien populaire, les gens qui participent à la PAH gagnent en puissance, car ils oublient leurs peurs.

Après la dénonciation et l’action directe, nous avons fait des propositions législatives, comme l’ILP [4] en 2012, qui a mis le thème du logement dans l’agenda politique. Tous les partis ont eu à se positionner sur un changement de législation.

Seul le Partido popular (PP) [5], qui a la majorité absolue au Parlement, a jusqu’ici refusé de changer la loi selon notre proposition. Cette année, nous avons donc opté pour une forme d’action inspirée des luttes argentines, les escraches, destinées là-bas aux anciens tortionnaires de la dictature bénéficiant d’une impunité légale. Nous sommes allés devant les domiciles des élus PP munis de panneaux verts “¡ Sí se puede !” [« Oui, on peut »] [6] avec nos revendications et des pancartes rouges disant “¡ No !”, avec ce qui devait cesser. Bien entendu, cela ne leur a pas plu, ils ont tenté de nous criminaliser en nous traitant publiquement de terroristes, de nazis à la solde de l’ETA. Bref.

 

« Des milliers de familles vivent aujourd’hui dans des logements occupés à Barcelone »

On a alors saisi les administrations et les municipalités pour non-assistance à personnes en danger et violation des droits humains, et on leur a demandé de soutenir ces réquisitions de logements vides, ce qui a eu au début un peu de succès. Mais les administrations locales ont peu de compétences, aussi nous avons saisi les instances régionales, avec par exemple une proposition législative populaire au parlement de Catalogne, pour demander une aide destinée aux victimes du système de crédit et aux occupations. Même s’il n’y pas de statistiques officielles, des milliers de familles vivent aujourd’hui dans des logements occupés à Barcelone, et après la vague des expulsions dues aux hypothèques, 65% d’entre elles sont motivées par des impayés de loyer. Tout cela s’accompagne de revendications pour un logement digne, avec l’accès à l’eau, à l’électricité et au gaz.

Depuis l’arrivée au pouvoir de la nouvelle mairie, les changements, comme l’arrêt des expulsions d’édifices publics, demeurent plutôt symboliques, vu qu’il y en avait peu. Mais ça ne fait que 100 jours qu’elle est au pouvoir. Elle a imposé une table de négociation avec les banques et toutes les associations de lutte, dont la PAH, ce qui n’est pas rien, car cela faisait un an que le dialogue était rompu. Notre première revendication a été de pouvoir participer pleinement aux décisions concernant le logement, non pas dans un cadre formel mais dans une optique de travail en commun.

Trois groupes de travail ont été créés, pour les trois points les plus urgents : 1. les expulsions – comment changer les politiques locales liées aux expulsions ? 2. les services sociaux – comment aider les personnes touchées par les expulsions ? 3. les logements vides – comment mobiliser ces espaces au service des personnes ? Peut-être attendons-nous plus de Barcelona en Comú [7] ou de Podemos que du PP ou du PSOE [8], mais nous ne sommes liés à personne.

 

Par exemple, nous faisons pression sur la nouvelle mairie pour réaliser un recensement précis des logements vides dans la ville. À qui appartiennent ces logements ? Sont-ils squattés ? Quels sont ceux en situation d’insalubrité ? Réalisé par les services de l’État en 2011, le seul recensement en notre possession dénombre 80 000 logements vides : un chiffre indubitablement en dessous de la réalité. À partir de nouvelles données, on pourra pousser la mairie à lancer des réquisitions : si un logement est vide depuis trois ans, le propriétaire peut soit recevoir une amende de 500 000 €, soit être exproprié, et son bien transformé en logement social. Si l’appartement est insalubre, le propriétaire est également obligé de le réhabiliter.

 

Des luttes d’Argentine et du Mexique, jusqu’à l’Espagne

Tout cela est comme un engrenage, et le seul acteur-clé, c’est la société civile organisée. Si la rue n’exerce ni pression ni contrôle, la mairie ne pourra rien faire, même avec la meilleure volonté. On est prêts à mettre la misère à Ada Colau et son équipe s’ils oublient la rue. Mais il est vrai que la population est moins mobilisée, nous vivons un moment d’accalmie dans les cycles de lutte. Par ailleurs, les expulsions liées au crédit ont été très rapides et très brutales. Face cachée de l’iceberg, les expulsions liées aux loyers sont inscrites dans un dispositif plus général de précarisation et de crise, ce qui fait que les gens ont du mal à tenir dans la durée.

Les gens qui ont fondé la PAH venaient du mouvement squat et connaissaient bien l’histoire zapatiste au Mexique. Il y avait des liens forts avec ceux qui ont lutté lors de la crise en Argentine, ce qui nous a donné des bases puissantes en termes d’horizontalité et de partage des savoir-faire, dans une perspective révolutionnaire.

Que veut dire “faire la révolution” ? Si cela signifie tout changer du jour au lendemain, ce n’est pas ce que nous sommes en train de faire. Mais il y a des prolos qui côtoient des gens de la classe moyenne ou des immigrés, réunis autour des mêmes enjeux. Des gens qui sans la PAH ne se seraient jamais parlé et qui s’entraident dans des situations concrètes d’expulsions ou de démarches administratives – le tout avec beaucoup de femmes très actives. Ce dialogue transforme l’imaginaire et les a priori de chacun. Or justement, transformer l’imaginaire collectif, c’est déjà un processus révolutionnaire. »

 

Propos recueillis par Ferdinand Cazalis et Bruno le Dantec (CQFD)

 

Cet article est tiré du dossier de CQFD n°137 : « Au-delà de Podemos, Le pari municipaliste », paru en novembre 2015.

Photos : "Barcelone, octobre 2015" par Ferdinand
Cazalis
Dessin de Une : Émilie Seto

 

Notes

[1Bétonnage frénétique du territoire (aujourd’hui, 3 millions d’appartements vides) dopé par les banques et le blanchiment d’argent. Entre 1996 et 2007, le taux de propriétaires dans le pays passait à 80%. Des centaines de milliers de familles seront ruinées par l’explosion de la bulle. Entre 2007 et 2008, les constructions chutent de 25%, 2 millions de personnes se retrouvent au chômage du jour au lendemain. Ne pouvant plus payer leur crédit ou leur loyer, 600 000 familles ont été depuis expulsées de leur logement.

[2Association de familles ruinées et expulsées de leur logement par les banques. Elle s’est élargie aux locataires et squatteurs expulsés. Présente dans plus de 240 quartiers.

[3A partir du 15 mai 2011 et pendant plusieurs semaines, des milliers de personnes sans drapeau ni parti occupent les places au cri de « Ils ne nous représentent pas ! » et « Démocratie réelle maintenant ! », exprimant une défiance radicale vis-à-vis de la classe politique. Le mouvement, au départ fragile, a été fondateur pour l’engagement politique de toute une jeunesse espagnole touchée par un fort taux de chômage (18% en 1996, 8% en 2006, 22% en 2015). Pour mieux en comprendre les enjeux, voir « Madrid : les racines du 15-M », Émilien Bernard et Ferdinand Cazalis, Article 11, décembre 2011,

[4En mars 2011, la PAH et d’autres organisations de la société civile utilisent le principe constitutionnel d’Initiative législative populaire, qui permet de porter une loi au Parlement si 500 000 signatures sont recueillies en sa faveur. Avec 1,5 million de signataires, cette proposition demande : 1. L’effacement de la dette rétroactivement, donc aussi pour les familles expulsées avant le changement législatif, 2. Un moratoire sur les expulsions, 3. La création de logements sociaux pour reloger les familles expulsées, et la réquisition des immeubles vides appartenant aux banques.

[5Droite de gouvernement, antisociale et corrompue.

[6Calqué sur le « Yes, we can » d’Obama, ce « Oui, on peut ! » est un slogan ralliant autant les militants des mareas (Mouvements de masse qui protestèrent, à partir de 2012, contre la privatisation des services publics. Marée verte pour l’éducation, blanche pour la santé, bleue pour l’eau, etc.), de la PAH ou les partisans de Podemos.

[7Liste de convergence, avec à sa tête Ada Colau, porte-parole de la PAH locale, ayant remporté la mairie de Barcelone en mai 2015.

[8Gauche monarchiste et libérale.

 

 

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Source : http://www.bastamag.net

 

 

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18 décembre 2015 5 18 /12 /décembre /2015 00:09

 

Source : http://gard.demosphere.eu/rv/2772
 

 

 

mardi 9 février 2016 à 19h30

 

LE CODE DU TRAVAIL EN DANGER

 

Conférence Débat Avec Gérard FILOCHE

 

Animé par le Collectif Citoyen et Politique "Rupture et Transition" petite Camargue et la participation de syndicalistes locaux.

« J'aime l'entreprise ! » Formule douloureuse lorsqu'il y a six millions de chômeurs, que les licenciements se multiplient et que bénéfices et dividendes augmentent. L'Entreprise, avec un grand E n'existe pas, elles sont toutes différentes. Leur seul point commun : être un lieu d'exploitation où s'achète et se vend la force de travail. Sans salariés, une entreprise n'existe pas. C'est le salariat qui produit les richesses et n'en reçoit pas la part qu'il mérite.

En plein débat sur la loi Macron, le Code du travail est critiqué de toutes parts et ces attaques ne viennent pas de ceux qui travaillent, mais de ceux qui exploitent le travail. Elles ne viennent pas de ceux qui souffrent au travail, mais de ceux qui s'enrichissent sur le travail des autres.

Le Code du travail serait trop gros, trop compliqué ou encore «un répulsif de l'emploi». Gérard Filoche apporte des réponses éloquentes avec une démonstration limpide : si les lois, les conventions sur les durées du travail, les salaires, la sécurité et les droits syndicaux sont là pour protéger le salarié, c'est aussi la qualité du Code du travail qui garantit l'emploi et par conséquence, le progrès économique au service des humains.

À travers ce document édifiant, il revient en premier lieu sur les entreprises et la situation économique actuelle pour ensuite consacrer une longue partie à ce Code du travail mis en danger. Il apporte des propositions claires et pertinentes pour défendre l'existence du Code du travail et son amélioration et non sa déperdition.

 

« Vive l'entreprise ? » est publié aux éditions Hugo & cie. 14,95 €, 192 pages, 15 x 22 cm.

 

 

Source : http://gard.demosphere.eu/rv/2772

 

 

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Réunions - conférences et débats
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17 décembre 2015 4 17 /12 /décembre /2015 22:48

 

Source : http://rue89bordeaux.com

 

 

Supercoop, tête de gondole hyper coopérative

 
 

Un rayon du supermarché coopératif de New-York (DR)

Un rayon du supermarché coopératif de New-York (DR)

 

Pour manger mieux, moins cher et démocratiser l’accès à une nourriture de qualité, des Bordelais veulent créer un supermarché où les clients seront aussi les patrons. Le projet, porté façon sociocratie par une association, avance lentement mais sûrement au fil des permanences et des réunions.

« Le supermarché coopératif, c’est un peu l’Amap version 2. 0″ lance Anne Monloubou. La présidente des Amis de Supercoop a déjà deux créations d’Amap (association pour le maintien de l’agriculture paysanne) à son actif mais « ce système a des limites », selon elle :

« C’est compliqué, pas très souple, la gamme de produits est limitée, ça prend du temps et quand on se retrouve avec 10 radis noirs, c’est un peu embêtant. »

Aussi lorsqu’une amie installée à New York lui parle du Park Slope Food Coop, un supermarché géré par des consommateurs, c’est le déclic.

Le PSFC, installé dans le quartier Brooklyn, existe depuis 1973 et c’est un véritable succès outre-Atlantique : il affiche aujourd’hui près de 16 000 membres au compteur et de nombreuses personnes sont sur liste d’attente. Pour y faire ses emplettes, il faut être membre de la coopérative et accepter de consacrer du temps au fonctionnement du supermarché.

En France, il existe un autre projet similaire, la Louve, à Paris. Mais il est actuellement bloqué en raison de problèmes d’autorisations administratives liées à des questions d’accessibilité. Son ouverture est espérée pour l’été 2016.

A Bordeaux, Anne Monloubou et Annie Debaud, une camarade de promo en reprise d’études comme elle dans une école de commerce, commencent à plancher sur le projet dès 2014. C’est encore un « work in progress », qui nécessite quelques conditions indispensables. Voici la liste des courses !

 

1 – Recruter des consom’acteurs

En 2015, les deux jeunes femmes ont organisé les premières réunions d’information, suivies très rapidement en mars de la création des Amis de Supercoop. C’est cette association qui portera le projet jusqu’à la création de la coopérative, prévue pour fin 2016.

Selon le principe d’une voix égale une part, les adhérents, qui seront aussi les seuls clients du supermarché, seront donc des coopérateurs et auront un droit de regard sur la vie du magasin et sur les références des produits qui garniront les rayons.

Le projet se fait rapidement connaître et décroche quelques récompenses : le Prix coup de cœur de l’Economie sociale et solidaire (ESS) de Bordeaux Métropole en novembre et celui de l’Innovation sociale décerné par le Conseil régional d’Aquitaine.

Grâce à ce dernier prix, l’association sera aidée dans sa démarche par des chercheurs en sciences sociales du laboratoire bordelais Crisalidh dirigé par Luc Paboeuf, par ailleurs président du Conseil économique social et environnemental régional d’Aquitaine( CESER).

 

2 – S’organiser entre bénévoles

Le projet étant porté par des bénévoles, sa mise en œuvre est lente mais Elisabeth Sarlat est optimiste. L’adhérente aux Amis de Supercoop résume la situation :

« On est tous enthousiastes mais l’organisation est un vrai casse-tête pour faire coïncider les emplois du temps de chacun. Notre retour sur investissement est que se sera bon et moins cher. »

Pas facile en effet d’avancer dans le cadre d’un projet associatif même si d’après Josianne Mauriac, cadre du secteur médical à la retraite qui s’investit dans le projet :

« On s’appuie sur l’expertise de certains de nos collègues qui ont déjà l’habitude de travailler pour des groupements d’achats pour rechercher des producteurs en bio. »

Elizabeth Sarlat et Laurence Mougenot  tiennent une permanence.

Elizabeth Sarlat et Laurence Mougenot tiennent une permanence (DR).

 

Pas de recette miracle

Pour faire avancer le projet, 11 groupes de travail ont été créés, de la gestion de l’association à l’informatique en passant par le groupe qui s’occupe des questions juridiques, celui de l’étude de marché, celui des finances ou celui des achats.

Les Amis de Supercoop n’ont pas de recette miracle pour faire aboutir leur projet, et doivent s’adapter en cours de route, notamment pour tenir compte du turn-over des bénévoles.

Sont d’ailleurs recherchées quelques compétences pour réaliser différentes missions ; notamment des juristes, des comptables, des rédacteurs pour le blog et des graphistes. Avis aux amateurs.

 

3 – Trouver le bon coin

L’autre difficulté rencontrée pour mettre en œuvre Supercoop, et de loin la plus importante, c’est de trouver un local qui satisfasse toutes les exigences requises.

L’association recherche un espace de « 750 mètres carrés dans un quartier politique de la ville comme Saint-Michel ou la Benauge, par exemple », indique Laurence Mougenot, une « supercoopienne ». Elle précise :

« On veut de la mixité, que le lieu soit accessible en tramway et ait suffisamment de place pour que les gens puissent s’y garer. »

Plusieurs lieux ont été proposés, dans le quartier Carles Vernet à Bègles et à Bordeaux aux Aubiers… Mais aucun ne réunit pour l’instant tous les critères.

 

Supercoop à Euratlantique ?

Pour l’association, l’idéal serait en effet « de s’installer dans les quartiers sud de Bordeaux dans le périmètre d’Euratlantique (Belcier, Bègles…) pour être situé près des axes routiers empruntés par les producteurs », indique Anne Monloubou. Le Marché d’intérêt national (MIN), où sont installés les grossistes, se trouve en effet dans cette zone.

Mais ce n’est semble-t-il pas facile de trouver un terrain du côté de ce quartier plus tourné vers les affaires que vers l’économie sociale et solidaire. L’OIN (Opération d’Intérêt National, l’organisme étatique qui pilote l’aménagement des lieux) a toutefois promis de communiquer à Supercoop l’existence de lieux qui pourraient intéresser l’association.

 

4 – Ne pas brader ses principes

Les amis de Supercoop poursuivent plusieurs objectifs. D’abord, se réapproprier leur consommation face aux grands groupes agro-alimentaires.

Rétablir ensuite une certaine justice sociale devant l’assiette, puisque le projet doit donner accès à des produits à la fois de qualité et moins chers à tous les adhérents. Pour y arriver, l’association souhaite diminuer au maximum le nombre d’intermédiaires, pour baisser de 20% à 40% les prix pratiqués par rapport à un supermarché classique.

Dans l’esprit du slow food et de l’agriculture paysanne, l’association vise aussi la transparence sur les produits de leur production à leur vente, et veut promouvoir une agriculture locale respectueuse de la nature.

Anne Monloubou défend ainsi l’idée « d’avoir un rôle d’éducation populaire avec des débats, des Disco Soup, des ateliers autour du bien manger et d’autres activités qui seront proposées en plus du supermarché ».

Dans les rayons, l’alimentaire représentera 80% des produits et les 20% restant seront consacrés aux produits d’hygiène et aux produits ménagers. Laurence Mougenot explique qu’il y aura « un maximum de bio, équitable et local car l’idée, c’est de se fournir auprès des producteurs locaux ».

 

5 – Dégoter des producteurs

Josianne Mauriac, des amis de supercoop.

Josianne Mauriac, des amis de supercoop (DR).

 

Près de 2000 à 3000 références de produits seront proposées selon « des critères de fraîcheur, de qualité et de diversité ». Josianne Mauriac complète :

« Nous avons mis en route une distribution de produits dans le cadre d’un groupement d’achats. On achète des légumes et des fruits, de l’épicerie salée et sucrée ainsi que des produits d’entretien et d’hygiène.

Pour nous le groupement d’achats est un laboratoire qui nous permet de tester nos partenariats avec les producteurs locaux, d’avoir une idée des besoins des futurs coopérateurs et de ce qu’ils souhaiteront trouver. »

En somme, une manière de mettre en route une version en mini format de la Supercoop qui permet aux adhérents de l’association de choisir les produits et de les commander en ligne.

 

Mise en bouche

Ainsi l’association peut estimer quels types de produits elle pourra proposer dans les rayons en étant déjà en contact avec les futurs fournisseurs. Le groupement d’achats permet également d’estimer ce que chaque producteur sera en mesure de fournir. Elle ajoute :

« Nous avons une charte de fonctionnement pour choisir des producteurs locaux. On travaille avec des producteurs bio ou qui sont en cours de certification. On propose aussi des produits équitables comme le café et des produits régionaux comme la gamme des produits Idoki, un regroupement de producteurs fermiers du Pays basque. »

L’association est en train de référencer les producteurs et prend du temps pour les connaître en se rendant sur leurs exploitations et en testant  leurs produits plusieurs fois. Anne Monloubou, la présidente de l’association, précise :

« Aujourd’hui ce sont surtout des produits bio mais on proposera aussi des produits auxquels les gens sont attachés et qui ne sont pas forcément bio. Pour nous, l’important c’est d’avoir des produits de qualité qui soient le plus local possible. »

La démarche est, selon Anne Monloubou, très bien accueillie par des producteurs habitués à fournir des ruches, Amap et autre magasins bio.

« Notre but n’est pas de faire des marges énormes sur leurs dos. On va travailler seulement sur des circuits courts avec un intermédiaire au maximum. »

 

6 – Recruter des coopérateurs-clients-caissiers…

Au Park Slope de New-York qui emploie près de 70 personnes, les 16 000 adhérents s’activent bénévolement pour la coopérative 2h45 par mois.

Le projet bordelais table lui sur 1200 à 1500 adhérents pour que le projet fonctionne. Et pour que le projet tienne la route, la coopérative devra également créer quelques postes salariés, dans le domaine des achats, de la gestion comptable et la gestion des ressources humaines et l’informatique.

 

 

Pour permettre au supermarché d’ouvrir du lundi au samedi, les bénévoles participeront au projet à hauteur de trois heures par mois pour « déballer, peser, encaisser ou faire du baby-sitting par exemple ».

Actuellement, l’association Les Amis de Supercoop compte 205 membres, « 610 membres potentiels au total si l’on compte ceux qui ont manifesté leur intérêt pour le projet, soit en assistant aux réunions soit via les réseaux sociaux » précise Lydia, membre elle aussi de l’association. Pour pouvoir ouvrir ses portes, Supercoop devra donc décupler ses adhésions.

 

 

Source : http://rue89bordeaux.com

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