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12 janvier 2016 2 12 /01 /janvier /2016 16:31

 

Source : http://www.humanite.fr

 

 

Le libre échange ruine les paysans et détruit la planète

Gérard Le Puill
Mardi, 12 Janvier, 2016
Humanite.fr

 

Photo Noah Seelam / AFP
 
Trois années de production agricole mondiale légèrement supérieure à la demande solvable auront suffit pour mettre en difficulté des centaines de millions paysans sur tous les continents, les agriculteurs européens étant souvent les plus durement impactés par cette baisse des cours en raisons des facilités données aux pays tiers pour exporter sur le vieux continent . Analyse.
Selon la FAO, les cours des principales denrées alimentaires ont fléchi pour la quatrième année consécutive en 2015. Ils sont en baisse de 19,1% en moyenne par rapport à l’année précédente. Ainsi, selon l’indice de la FAO, le prix des céréales, y compris le riz, a régressé de 15,5% en 2015 par rapport à 2014. La chute est de 28,5% pour les produits laitiers, de 15,1% pour la viande en moyenne, de 19% pour les huiles végétales et de 21% pour le sucre.
 
 L’Union européenne n’en finit pas de négocier des accords de libre échange sur fond de réduction des tarifs douaniers entres différents groupes de pays dans toutes les régions du monde. Elle vient aussi de produire son étude. Elle montre, sans que cela soit dit, que ce libre échange a favorisé la surproduction et la chute des cours sur le marché communautaire. Selon cette étude, 71% des produits agricoles et alimentaires importés dans les pays membres du l’Union européenne sont entrés sans le moindre doit de douane et seulement 20% se sont vu appliquer les droits de douane en vigueur au taux plein. Beaucoup de productions en provenance des pays tiers ont bénéficié de tarifs douaniers réduits.
 
Selon le rapport de la Commission, les fruits, les légumes, les noix et leurs préparations sont les produits qui ont le plus bénéficié d’un accès préférentiel au marché européen. Les préparations alimentaires sont le second secteur à avoir le plus disposé de réductions tarifaires bilatérales, tandis que les huiles végétales (en particulier l’huile de palme) et les produits non comestibles (tabac brut et fleurs coupées) étaient les autres produits profitant le plus du système de préférences généralisées appliquées par l’l’UE, indique aussi cette étude.
Il faut ici introduire un éclairage sur le rôle déstabilisateur joué tardivement par l’accord « Tout sauf les armes » négocié par le Français Pascal Lamy quand il était commissaire européen en charge du Commerce. C’était quatre ans avant qu’il ne devienne directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) de 2005 à 2013. Cet accord permettait à 49 pays pauvres d’exporter en Europe des contingents de plus en plus importants de produits agricoles aussi divers que du bois d’œuvre, des fruits, du riz de l’éthanol, du sucre , de l’huile de palme, des crevettes d’élevage dans les pays membres de l’Union européenne . Assurés d’avoir des débouchés, notamment à partir de 2010, beaucoup de pays ont fait de la déforestation à grande échelle dans le but d’exporter du riz, du sucre, de l’huile de palme en Europe. L’étude de l’Union européenne le confirme à sa manière puisqu’elle révèle que les produits qui ont bénéficié des plus grandes facilités d’accès au marché européen ont été la viande, les préparations de viande, le blé, le maïs et le riz ainsi que le miel. 
 
Le double résultat de cette politique d’ouverture des frontières de l’Europe à cette gamme de produits des pays tiers, dont beaucoup sont situés en Asie, a été une baisse des cours des produits agricoles, notamment en 2015, au sein des pays membres de l’Union européenne. Souvent, les paysans des pays exportateurs ont parallèlement été dépossédés des terres qu’ils cultivaient au profit des firmes impliquées dans l’agrobusiness et tournées vers l’exportation. Avec un bilan carbone désastreux, via une vaste déforestation de ces pays, à commencer par le Cambodge.
 
Aujourd’hui, en dépit des difficultés que cette politique d’importations sans restriction impose aux paysans européens en perturbant les marchés , l’Europe continue d’ouvrir d’autres champs de ruines en négociant le TTIP avec les Etats Unis et en ouvrant une négociation parallèle avec les pays du Mercosur dont les plus gros exportateurs de produits agricoles sont le Brésil et l’Argentine. Et l’on découvre à l’occasion que les syndicalistes européenne du COPA-COGECA, structure européenne dans lequel figurent la FNSEA et les représentants des coopératives agricoles française, rappellent dans un courrier à Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, qu’elles « soutiennent le processus de pourparlers de libre échange avec les Etats Unis » tout en s’inquiétant de l’ouverture de négociations avec le Mercosur, en quoi elle n’ont pas tort pour le coup.
 
Mais là encore, elles se contentent de faire part de leurs doutes concernant la « réelle volonté d’ouverture du marché » des pays du Mercosur. Elles notent que plusieurs d’entre eux ont augmenté en 2014 leurs tarifs douaniers sur les fruits et légumes et que le Brésil a reconduit pour cinq ans une mesure antidumping sur la poudre de lait de l’UE « alors qu’aucune entreprise européenne n’en avait exporté auparavant un seul kilo». Et de juger, en mettant déjà un peu d’eau dans leur vin, qu’il est « évident qu’un accord sur le chapitre agricole devra être significativement positif pour l’UE dans les deux négociations avec les Etats Unis et le Japon afin de compenser les pertes qu’engendrerait un accord avec le Mercosur ».
Ces « syndicalistes » ne semblent pas vivre sur la même planète que les paysans qu’ils ont pour mission de défendre auprès la Commission présidée par Jean-Claude Juncker. Surtout quand on lit ceci à propos de l’élevage aux Etats Unis : « Un rapport de l’administration américaine de l’alimentation et du médicament (FDA) publié au mois de décembre 2015, constate qu’entre 2009 et 2014, la quantité d’antibiotiques à usage vétérinaire distribuée dans le pays a augmenté de 22% (…) Aux Etats Unis, la majorité des antibiotiques est disponible en « vente libre » et ne nécessite aucune prescription ou surveillance vétérinaire. Les antibiotiques vendus exclusivement pour leurs indications thérapeutiques ne représentaient que 28% du volume des ventes en 2014. Les autres antibiotiques disposaient de l’indication « promoteur de croissance », combinée ou non avec l’indication « usage thérapeutique ». 
Malgré cela la négociation entre l’Europe et les Etats Unis se déroule normalement sous l’œil vigilant- mais très compréhensif - des pontes européens du COPA-COGECA totalement déconnectés des paysans qu’ils disent représenter ! 
 
 
 
 
 
 
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12 janvier 2016 2 12 /01 /janvier /2016 16:19

 

Source : http://www.liberation.fr

 

 

Interview

Alain Badiou : «La frustration d’un désir d’Occident ouvre un espace à l’instinct de mort»

Par et (mis à jour le )

 

 

Alain Badiou

 

Alain Badiou : «La frustration d’un désir d’Occident ouvre un espace à l’instinct de mort»Alain Badiou : «La frustration d’un désir d’Occident ouvre un espace à l’instinct de mort» Dessin Sylvie Serprix

Le philosophe publie un ouvrage sur la tuerie du 13 Novembre, dont il impute la responsabilité à l’impossibilité de proposer une alternative au monde tel qu’il est. Il pointe notamment l’effondrement des idées progressistes, victimes d’une crise profonde de la pensée depuis l’échec du communisme.

 

Comment comprendre l’énigmatique pulsion de mort qui anime les jihadistes ? Des tueries de janvier à celles de novembre, chacun cherche les causes, sociales ou religieuses, de cette «radicalisation» qui, ici et ailleurs, cède à une violence inouïe. Pour le philosophe Alain Badiou, les attentats sont des meurtres de masse symptomatiques de notre époque, où règne sans limite le capitalisme mondialisé. Dans son dernier ouvrage, Notre mal vient de plus loin : penser la tuerie du 13 Novembre, qui sort le 11 janvier chez Fayard, il rappelle la nécessité d’offrir à la jeunesse mondiale, frustrée par un capitalisme qui ne tient pas ses promesses, une alternative idéologique.

 
Quelles différences voyez-vous ­entre les attentats de janvier et ceux de novembre ?

Dans les deux cas, on a le même contexte historique et géopolitique, la même provenance des tueurs, le même acharnement meurtrier et suicidaire, la même réponse, policière, nationaliste et vengeresse, de la part de l’Etat. Cependant, tant du côté du meurtre de masse que du côté de la réponse étatique, il y a des différences importantes. D’abord, en janvier, les meurtres sont ciblés, les victimes choisies : les blasphémateurs de Charlie Hebdo, les juifs et les policiers. Le caractère idéologique, religieux et antisémite des meurtres est évident. D’autre part, la réponse prend la forme d’un vaste déploiement de masse, voulant symboliser l’unité de la nation derrière son gouvernement et ses alliés internationaux autour d’un mot d’ordre lui-même idéologique, à savoir «nous sommes tous Charlie». On se réclame d’un point précis : la liberté laïque, le droit au blasphème.

En novembre, le meurtre est indistinct, très évidemment nihiliste : on tire dans le tas. Et la réponse n’inclut pas de déploiement populaire, son mot d’ordre est cocardier et brutal : «guerre aux barbares». L’idéologie est réduite à sa portion congrue et abstraite, du genre «nos valeurs». Le réel, c’est le durcissement extrême de la mobilisation policière, avec un arsenal de lois et de décrets scélérats et liberticides, totalement inutiles, et visant rien de moins qu’à rendre éternel l’Etat d’urgence. De là résulte qu’une intervention rationnelle et détaillée est encore plus urgente et nécessaire. Il faut convaincre l’opinion qu’elle ne doit se retrouver, ni bien entendu dans la férocité nihiliste des assassins mais ni non plus dans les coups de clairons policiers de l’Etat.

 
Vous analysez le 13 Novembre comme un «mal» dont la cause serait l’échec historique du communisme. Pourquoi ? C’est une grille de lecture qui paraît nostalgique et dépassée…

J’ai essayé de proposer un protocole d’explication aussi clair que possible, en partant des structures de ­notre monde : l’affaiblissement des Etats face à l’oligarchie privée, le désir d’Occident, et l’expansion du capitalisme mondialisé, face auquel aucune alternative n’est proposée aujourd’hui. Je n’ai aucune nostalgie passéiste. Je n’ai jamais été communiste, au sens électoral du mot. J’appelle «communisme» la possibilité de proposer à la jeunesse planétaire autre chose que le mauvais choix entre une inclusion résignée dans le dispositif consommateur existant et des échappées nihilistes sauvages. Il ne s’agit pas de ma part d’un entêtement, ni même d’une tradition. J’affirme seulement que tant qu’il n’y aura pas un cadre stratégique quelconque, un dispositif politique permettant notamment à la jeunesse de penser qu’autre chose est possible que le monde tel qu’il est, nous aurons des symptômes pathologiques tels que le 13 Novembre.

 
Donner toute la responsabilité à l’emprise tentaculaire du capitalisme mondialisé, n’est-ce pas ignorer la responsabilité de la pensée, des intellectuels qui voulaient précisément promouvoir un autre modèle ?

A partir des années 80, un certain nombre d’intellectuels, qui sortaient déçus et amers, faute d’un succès immédiat, du gauchisme des années 60 et 70, se sont ralliés à l’ordre établi. Pour s’installer dans le monde, ils sont devenus des chantres de la sérénité occidentale. Evidemment, leur responsabilité est flagrante. Mais il faut aussi tenir compte du retard pris du côté d’une critique radicale de l’expansion ­capitaliste et des propositions alternatives qui doivent renouveler et renforcer l’hypothèse communiste. Cette faiblesse est venue de l’amplitude de la catastrophe. Il y a eu une sorte d’effondrement, non seulement des Etats socialistes, qui étaient depuis longtemps critiqués, mais aussi de la domination des idées progressistes et révolutionnaires dans l’intelligentsia, singulièrement en France depuis l’après-guerre. Cet effondrement indiquait une crise profonde, laquelle exigeait un renouvellement conceptuel et idéologique, notamment philosophique. Avec d’autres, je me suis engagé dans cette tâche, mais nous sommes encore loin du compte. Lénine disait des intellectuels qu’ils étaient la plaque sensible de l’histoire. L’histoire, entre le début des années 70 et le milieu des années 80, nous a imposé un renversement idéologique d’une violence extraordinaire, un triomphe presque sans précédent des idées réactionnaires de toutes sortes.

 
Dans le monde que vous décrivez, il y a l’affaiblissement des Etats. Pourquoi ne pourraient-ils pas être des acteurs de régulation face au capitalisme mondialisé ?

Nous constatons que les Etats, qui avaient déjà été qualifiés par Marx de fondés de pouvoir du capital, le sont aujourd’hui à une échelle que Marx lui-même n’avait pas prévue. L’imbrication des Etats dans le système hégémonique du capitalisme mondialisé est extrêmement puissante. Depuis des décennies, quels que soient les partis au pouvoir, quelles que soient les annonces du type «mon adversaire, c’est la finance», la même politique se poursuit. Et je pense qu’on a tort d’en accuser des individus particuliers. Il est plus rationnel de penser qu’il y a un enchaînement systémique extrêmement fort, un degré saisissant de détermination de la fonction étatique par l’oligarchie capitaliste. La récente affaire grecque en est un exemple frappant. On avait là un pays où il y avait eu des mouvements de masse, un renouvellement politique, où se créait une nouvelle organisation de gauche. Pourtant, quand Syriza est arrivé au pouvoir, cela n’a constitué aucune force capable de résister aux impératifs financiers, aux exigences des créanciers.

 
Comment expliquer ce décalage entre la volonté de changement et sa non-possibilité ?
 

Il y a eu une victoire objective des forces capitalistes hégémoniques, mais également une grande victoire subjective de la réaction sous toutes ses formes, qui a pratiquement fait disparaître l’idée qu’une autre organisation du monde économique et social était possible, à l’échelle de l’humanité tout entière. Les gens qui souhaitent «le changement» sont nombreux, mais je ne suis pas sûr qu’eux-mêmes soient convaincus, dans l’ordre de la pensée et de l’action réelles, qu’autre chose est possible. Nous devons encore ressusciter cette possibilité.

 
Jürgen Habermas parle de l’économie comme la théologie de ­notre temps. On a l’impression que cet appareil systémique est théologique. Mais comment expliquez-vous ce qui s’est passé en France ?

Je voudrais rappeler que la France n’a pas le monopole des attentats. Ces phénomènes ont à voir avec le cadre général dans lequel vivent les gens aujourd’hui, puisqu’ils se produisent un peu partout dans des conditions différentes. J’étais à Los Angeles quand a eu lieu en Californie, après l’événement français, un terrible meurtre de masse. Cela dit, au-delà des analyses objectives, il faut entrer dans la subjectivité des meurtriers, autant que faire se peut. Il y a à l’évidence chez ces jeunes assassins les effets d’un désir d’Occident opprimé ou impossible. Cette passion fondamentale, on la trouve un peu partout, et c’est la clé des choses : étant donné qu’un autre monde n’est pas possible, alors pourquoi n’avons-nous pas de place dans celui-ci ? Si on se représente qu’aucun autre monde n’est possible, il est intolérable de ne pas avoir de place dans celui-ci, une place conforme aux critères de ce monde : argent, confort, consommation… Cette frustration ouvre un espace à l’instinct de mort : la place qu’on désire est aussi celle qu’on va haïr puisqu’on ne peut pas l’avoir. C’est un ressort subjectif classique.

 
Au-delà du «désir d’Occident», la France semble marquée par son passé ­colonial…

Il y a en effet un inconscient colonial qui n’est pas liquidé. Le rapport au monde arabe a été structuré par une longue séquence d’administration directe et prolongée de tout le Maghreb. Comme cet inconscient n’est pas reconnu, mis au jour, il introduit des ambiguïtés, y compris dans l’opinion dite «de gauche». Il ne faut pas oublier que c’est un gouvernement socialiste qui, en 1956, a relancé la guerre d’Algérie, et un Premier ministre socialiste qui, au milieu des années 80, a dit, à propos de la population en provenance d’Afrique, que «Le Pen pos[ait] les vraies questions». Il y a une corruption historique de la gauche par le colonialisme qui est aussi importante que masquée. En outre, entre les années 50 et les années 80, le capital a eu un impérieux besoin de prolétaires venus en masse de l’Afrique ex-coloniale. Mais avec la désindustrialisation forcenée engagée dès la fin des années 70, le même capital ne propose rien ni aux vieux ouvriers ni à leurs enfants et petits-enfants, tout en menant de bruyantes campagnes contre leur existence dans notre pays. Tout cela est désastreux, et a aussi produit cette spécificité française dont nous nous passerions volontiers : l’intellectuel islamophobe.

 
Dans votre analyse, vous évacuez la question de la religion et de l’islam en particulier…

C’est une question de méthode. Si l’on considère que la religion est le point de départ de l’analyse, on ne s’en sort pas, on est pris dans le schéma aussi creux que réactionnaire de «la guerre des civilisations». Je propose des catégories politiques neutres, de portée universelle, qui peuvent s’appliquer à des situations différentes. La possible fascisation d’une partie de la jeunesse, qui se donne à la fois dans la gloriole absurde de l’assassinat pour des motifs «idéologiques» et dans le nihilisme suicidaire, se colore et se formalise dans l’islam à un moment donné, je ne le nie pas. Mais la religion comme telle ne produit pas ces comportements. Même s’ils ne sont que trop nombreux, ce ne sont jamais que de très rares exceptions, en particulier dans l’islam français qui est massivement ­conservateur. Il faut en venir à la question religieuse, à l’islam, uniquement quand on sait que les conditions subjectives de cette islamisation ultime ont été d’abord constituées dans la subjectivité des assassins. C’est pourquoi je propose de dire que c’est la fascisation qui islamise, et non l’islamisation qui fascise. Et contre la fascisation, ce qui fera force est une proposition communiste neuve, à laquelle puisse se rallier la jeunesse populaire, quelle que soit sa provenance.•

 

Robert Maggiori , Anastasia Vécrin

 

Notre mal vient de plus loin, Penser les tueries du 13 novembre, Fayard, 72 pages, 5 euros.

 

 

Source : http://www.liberation.fr

 

 

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Economie et social Ils réagissent
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12 janvier 2016 2 12 /01 /janvier /2016 15:07

 

Source : http://www.liberation.fr

 

 

A la barre

Neuf mois de prison ferme contre d'anciens salariés de Goodyear

Par

 

Le syndicaliste CGT Mickaël Wamen, de l'usine Goodyear, fait partie des condamnés. Il manifestait à Amiens en janvier 2014. Photo François Nascimbeni.AFP

 

Les ex-employés de l'usine d'Amiens-Nord, pour la plupart syndiqués à la CGT, étaient poursuivis pour «séquestration et violence en réunion». En 2014, ils avaient retenu deux cadres pour protester contre la fermeture de leur usine.

 

 

Un verdict exceptionnellement sévère pour des syndicalistes. Le tribunal correctionnel d’Amiens a condamné, mardi,  huit anciens salariés de l’usine Goodyear à 24 mois de prison, dont 9 ferme, pour «séquestration». Parmi eux, sept étaient encartés à la CGT, dont le très énergique Mickaël Wamen, ancien délégué syndical de l'entreprise. Deux des huit salariés ont également été condamnés pour «violences en réunion», mais sans peine supplémentaire. Les faits poursuivis: la «retenue» durant trente heures, entre le 6 et le 7 janvier 2014, du DRH et du directeur de la production, pour protester contre la fermeture de l’usine, intervenue quelques jours plus tard. 

 

«Détresse sociale»

Cette décision n'est pas très éloignée des demandes du parquet, qui lors de l’audience du 24 novembre, avait réclamé 24 mois de prison, dont un an ferme «aménageable», pour «séquestration et violence en réunion».  Et ce, alors même que la direction de Goodyear Dunlop Tires France, ainsi que les deux cadres de l’usine concernés par les faits, avaient retiré leur plainte. A la barre, les prévenus avaient alors évoqué «un coup de colère» face à une direction qui «n’apportait aucune réponse» à la «détresse sociale» dans laquelle se trouvaient les 1 142 salariés du site. 

«C’est un jugement hallucinant», a réagi mardi Fiodor Rilov, l’avocat des salariés, qui met également en cause l’exécutif: «Ça participe d’une répression grandissante à l’égard des syndicalistes qui se battent contre la fermeture de leur usine. Et je ne peux pas croire que le parquet, qui avait réclamé de la prison ferme, ait élaboré son réquisitoire en dehors de tout cadre fixé par le gouvernement». Un verdict qui, selon lui, «va désormais peser comme une épée de Damoclès sur tous les salariés qui aujourd’hui se battent pour sauver leur entreprise». Et de prédire une grande mobilisation pour le procès en appel, «à laquelle François Hollande aura à assister en tant Président»

 

Dans un communiqué publié dans la matinée, la CGT Goodyear d’Amiens-Nord ne manque pas, elle aussi, de politiser l'affaire, qualifiant ce jugement d'«arme avec laquelle Hollande, Valls, Taubira et l’ensemble du gouvernement ont décidé d’intimider tous les salariés qui se battent pour leurs droits et leurs emplois. Le but est de faire peur aux syndicalistes pour qu’ils cessent de se battre pendant que le gouvernement prépare la suppression de la moitié du Code du travail». Réaction outragée, également, de l'ex-syndicaliste CGT des Conti, Xavier Mathieu: «C’est écœurant, on a voulu faire un exemple. Mais en matière d’exemplarité, c’est toujours les petits qui trinquent, jamais les patrons qui ferment les entreprises illégalement, comme cela a été fait pour Continental en 2009. Au final, les Goodyear payent pour ce qui s’est passé à Air France. Le but, c’est d’intimider». Et de rappeler son propre passage devant les juges: «En 2010, j’ai été condamné à une amende de 4000 euros, alors que le parquet avait requis cinq mois avec sursis. Et c’était sous Sarko...»

Ce verdict clôt - provisoirement - huit ans d’un conflit sans fin entre la direction du groupe de pneumatiques et une partie des syndicats de l’usine, dont la CGT. A l’origine de ce bras de fer: la volonté des dirigeants, en 2007, de réorganiser le travail sous la forme des 4x8 dans leurs deux usines d’Amiens (Goodyear et Dunlop). Un système complexe et controversé, rejeté à l’époque par les syndicalistes et les salariés de Goodyear lors d’un référendum, mais pas par leurs collègues de l’usine Dunlop, située de l’autre côté de la rue. La direction annonce alors un plan de 478 suppressions d’emploi pour les Goodyear. Une «punition pour avoir mal voté», estiment à l’époque les syndicalistes. S’en suivront des années de batailles judiciaires, le plus souvent remportées par la CGT, avant le baisser de rideau définitif. Puis l’échec de la reprise d’une partie du site par le PDG américain de Titan, Maurice Taylor, à l’automne 2014. Une sorte de Donald Trump du pneumatique, qui déclarait en 2014, après avoir insulté la CGT: «La France est devenue un pays communiste et quand vous tomberez aussi bas que la Russie, peut-être que vous aurez une chance de repartir». Dernier acte de cette saga, enfin, avant ce jugement au pénal: l’enterrement par la direction, à l'automne 2015, du projet de Scop (Société coopérative et participative) porté par les salariés pour reprendre une partie de la production. Quelques semaines plus tard, Goodyear et Titan signaient pourtant un accord pour produire des pneus... en Russie

Luc Peillon

 

 

Source : http://www.liberation.fr

 

 

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12 janvier 2016 2 12 /01 /janvier /2016 14:47

 

Source : http://www.bastamag.net

 

 

Conditions de travail

Samsung accusé de pratiques commerciales trompeuses en France

par

 

Des enfants de moins de 16 ans qui travaillent plus de 10 heures par jour, sans protections contre les substances dangereuses qu’ils manipulent : cela se passe en Chine et en Corée, dans les usines sous-traitantes du géant de l’électronique Samsung. Et c’est l’ONG locale China Labor Watch (CLW) qui révèle ces violations des droits humains. Ce n’est pas la première fois que Samsung se fait épingler pour le travail des enfants chez ses sous-traitants. China Labor Watch a déjà révélé à plusieurs reprises que des enfants turbinent pour fabriquer les smartphones vendus par Samsung.

A chaque fois, l’entreprise promet que le problème sera réglé. Elle assure être une « entreprise responsable et citoyenne, qui [mène] des actions à travers le monde pour tendre vers un monde meilleur, protéger l’environnement et renforcer les communautés qui [l’entourent] » . Cet écart entre le discours de l’entreprise et les constatations de China Labor Watch a déjà valu au géant coréen une plainte pour « pratiques commerciales trompeuses », déposée en France en février 2013 par les associations Peuples Solidaires, Sherpa et Indecosa-­CGT, l’association de consommateurs de la CGT. Après 18 mois d’enquête, la plainte a été classée sans suite.

La solidité des éléments du dernier rapport de China Labor Watch a convaincu Sherpa et Indecosa-­CGT de recourir à nouveau aux tribunaux pour tenter de faire condamner Samsung, toujours pour « pratiques commerciales trompeuses ». Les plaignants ont cette fois retenu la citation directe, une « option » judiciaire qui ne nécessite pas d’enquête et exige donc d’avoir à sa disposition des éléments sérieux permettant de prouver l’infraction lors de l’audience et des débats. « Alors que le leader mondial du smartphone se targue de mettre en place des engagements éthiques exemplaires dans ses usines afin de prévenir les violations des droits humains, nous souhaitons faire juger ce double discours mondial qui consiste à séduire les consommateurs par une communication éthique tout en fermant les yeux sur des comportements absolument contraires », expliquent les associations. L’audience se tiendra ce lundi 11 janvier.

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12 janvier 2016 2 12 /01 /janvier /2016 14:39

 

Source : http://www.bastamag.net

 

Amérique latine

Quand l’industrie minière assèche les fleuves et désertifie les villes

par

 

 

 

Le Chili dépend fortement de ses exportations de cuivre. Mais le revers de la médaille est désastreux. Les multinationales minières ont dévasté des territoires, pompant et polluant l’eau, asséchant fleuves et lagunes, poussant à l’exil l’entière population de villages. Et ce, en toute impunité, l’État chilien n’ayant pas rompu avec certaines pratiques initiées sous la dictature de Pinochet. La société civile résiste malgré tout, et fait parfois reculer les géants miniers.

Quillagua a des allures de ville fantôme. Écrasée par le soleil, enveloppée de poussière, cette localité perdue dans le désert d’Atacama, au nord du Chili, a perdu 90 % de sa population en vingt ans. La faute au manque d’eau. Non pas que la pluie ait brusquement cessé de tomber : dans cette zone, la plus aride au monde selon la NASA, les précipitations annuelles n’ont jamais dépassé une moyenne de 0,2 millimètres par an…

Pourtant, Quillagua était, jusque dans les années 1990, une oasis florissante à l’agriculture prospère. Les habitants – principalement des agriculteurs issus du peuple aymara – cultivaient le maïs et la luzerne, irriguant leurs champs avec l’eau du fleuve Loa, dans lequel il faisait également bon se baigner, ce qui attirait les touristes. Mais aujourd’hui, le fleuve a disparu. Il ne reste plus que des flaques d’eau stagnante à l’odeur insupportable.

 

Le fleuve pollué à l’arsenic et à l’acide sulfurique...

« Codelco et Soquimich ont tué le Loa », explique Eliana Soza. Installée derrière la caisse du minimarché poussiéreux qu’elle tient avec son mari, elle raconte la catastrophe. Née à Quillagua il y a 53 ans, elle a vu le fleuve mourir brutalement, suite à la rupture de réservoirs d’eau contaminée par les déchets miniers de la compagnie publique Codelco, spécialisée dans l’extraction de cuivre. « C’était en mars 1997, se souvient-elle. Il y a eu de gros orages qui ont fait déborder les piscines d’eau contaminée. Il y a eu une coulée de boue noire qui s’est mélangée au fleuve. Les poissons sont morts, tous les animaux qui vivaient dans l’eau sont morts. »

La même catastrophe s’est répétée trois ans plus tard, en février 2000. En plus du fleuve, l’air et les champs alentours ont été durablement contaminés par les déchets miniers – en particulier l’arsenic et l’acide sulfurique : le bétail est mort, ainsi que les abeilles. Il est devenu impossible de cultiver les champs. La présence d’arsenic dans le sol s’étant élevée à des taux dix fois supérieurs au seuil critique.

Malgré les rapports d’experts, le ministère de l’Environnement a dédouané Codelco. L’entreprise n’a donc jamais été poursuivie, et n’a jamais versé un seul centime pour réparer les dommages subis par la communauté. Sans possibilité de cultiver la terre, et privés des revenus auparavant issus du tourisme et de l’élevage des crevettes de rivière, les habitants sont tombés dans les filets d’une autre compagnie minière, Soquimich, qui a racheté 70 % des droits d’extraction de l’eau détenus par la communauté.

 

...Puis asséché par une autre compagnie minière

Au Chili, depuis la loi sur l’eau instaurée en 1981 sous la dictature militaire du général Pinochet, l’eau est un bien commercial comme un autre, que l’on peut posséder, acheter et vendre. « Nous étions sans ressources. Des gens de la mine sont venus à la maison, ils nous ont proposé d’acheter nos droits sur l’eau. On n’avait pas le choix : on avait besoin de cet argent et, de toute façon, l’eau était contaminée, alors on a signé, » se souvient José Salazar, un habitant du village. Ce n’est pas un cas isolé : presque toutes les familles ont vendu leur droits d’extraction de l’eau. Depuis, Soquimich pompe sans relâche dans le fleuve, en toute légalité. En théorie, la communauté peut encore extraire du Loa soixante litres d’eau par seconde pour arroser ses cultures. Dans la pratique, à hauteur de Quillagua, il n’y a plus rien à prélever : le fleuve est à sec.

Suite à l’assèchement, la grande majorité des habitants sont partis. Ceux qui restent tentent de survivre. Trois fois par semaine, la ville est approvisionnée en eau potable par camion-citerne. Pas question de gâcher : « Avant, on avait autant d’eau qu’on voulait pour arroser les plantes, se laver, faire le ménage... Maintenant, il faut économiser », raconte Eliana. Économiser l’eau, mais aussi l’argent, devenu dur à gagner dans un village figé sous le sable du désert.

 

Une économie basée sur l’extraction

Les habitants de Quillagua ne sont pas les seules victimes du manque d’eau. Le nord du Chili – le désert d’Atacama en particulier – est constellé de mines, avec plus de 3 000 exploitations minières, principalement tournées vers l’extraction du cuivre. Le Chili est le principal producteur mondial de ce minerai, avec 5,7 millions de tonnes produites en 2014. C’est une ressource essentielle pour le pays, qui représente près de 50 % des exportations et contribue à hauteur de 11 % au produit intérieur brut.

Or, l’extraction du cuivre est particulièrement gourmande en eau et intervient dans une zone particulièrement sèche. Un contexte peu favorable et qui semble empirer, selon le glaciologue et ingénieur minier Jorge Hernandez : « À cause du changement climatique, les hivers sont chaque année plus courts, avec très peu de neige et des températures très élevées (à tel point qu’on peut se promener en tee-shirt à 4 500 mètres d’altitude), ce qui a un impact très fort sur l’approvisionnement hydrique de la région. » Or, l’eau utilisée dans les mines est principalement issue de la fonte des neiges et captée dans des fleuves ou des nappes souterraines près de la Cordillère des Andes.

Mélangée à divers produits chimiques, elle sert à séparer le cuivre des autres matériaux (roches, sédiments et minéraux) recueillis lors de l’extraction. « Par exemple, pour séparer le cuivre des minerais oxydés, on arrose le concentré de cuivre avec une solution d’eau et d’acide sulfurique pendant cinquante jours », explique Jorge Hernandez. Une fois utilisée, cette solution hautement toxique est conservée dans des bassins appelés « piscines de déchets ». Ces réservoirs n’ont pas vocation à être vidés : ils stockent indéfiniment des millions de tonnes de déchets toxiques issus de la mine. Lorsqu’une piscine est pleine, une autre prend le relais.

 

Une industrie en marge des lois

En cas de fortes pluies – très inhabituelles mais de plus en plus fréquentes dans le nord du pays, ces dernières années, probablement en raison du changement climatique – ou de tremblement de terre (le Chili est le pays le plus sismique au monde), les conséquences sur l’environnement sont désastreuses, comme ce fut le cas à Quillagua. Pour les populations locales, en majorité indigènes, l’industrie minière représente donc un double péril permanent : menaces d’assèchement des cours d’eau, d’un côté, de pollution, de l’autre. D’où de nombreux conflits entre les communautés et les entreprises minières.

C’est le cas de la communauté indigène aymara de Cancosa, située dans la région de Tarapaca, tout au nord du pays. La mine de Cerro Colorado, filiale de la multinationale BHP Billiton, est installée sur son territoire depuis 1981. Cette mine de cuivre extrait l’eau de nappes souterraines à raison de 90 litres par seconde. Or elle n’a légalement le droit d’utiliser que 35 litres par seconde. Conséquences directes : le niveau de la lagune est en baisse depuis 2002 ; le marécage d’altitude, les cinq sources d’eau de la communauté et de nombreux puits sont à sec. Il n’y a plus assez d’eau pour irriguer les cultures et abreuver les animaux.

La situation est reconnue par les tribunaux : la mine de Cerro Colorado a d’ailleurs été condamnée en février 2006 par la cour régionale de Tarapaca à verser une amende de 70 000 euros pour contamination environnementale. À cette occasion, la société s’est engagée à rétablir le niveau initial d’eau dans la lagune et le marécage (grâce à un système d’arrosage automatique puisant directement dans une nappe souterraine), et à installer des instruments d’observation pour surveiller leur niveau. Mais la solution n’est pas durable : quand la mine arrêtera d’arroser, la lagune et le marécage s’assècheront de nouveau.

 

Complicité et désinformation de l’État

La mine n’a jamais payé l’amende : elle a conclu un accord extrajudiciaire avec la communauté et s’est engagée à financer des programmes d’investissement et des bourses d’études pour les habitants de Cancosa. Cette stratégie de compensation directe des dommages causés aux communautés est très répandue au Chili. Les entreprises minières ont pris l’habitude de mettre en place des fondations d’aide aux résidents des communes sur lesquelles elles s’installent pour limiter les conflits potentiels.

De son côté, l’État n’hésite pas, au besoin, à désinformer les citoyens. Un exemple flagrant est l’attitude de l’État chilien face au désastre écologique provoqué par l’entreprise nord-américaine Andes Copper, puis par la société nationale Codelco dans la baie de Chañaral. « De 1938 à 1990, la compagnie Andes Copper, puis la société Codelco [à partir de 1971] , ont rejeté directement dans la mer les déchets miniers provenant de la mine El Salvador », raconte Manuel Cortés, auteur du livre La mort Grise de Chañaral et président de l’association Chadenatur, qui lutte pour la défense de la nature dans la commune. « 320 millions de tonnes de résidus solides et 850 millions de tonnes d’eaux usées ont été déversées dans la baie via le fleuve Salado », décrit-t-il en contemplant l’étendue grise qui fait office de plage.

 

Plage au sable toxique

Il s’agit en fait d’une accumulation de déchets miniers très fins, qui, à première vue, ressemblent à du sable. S’étendant sur neuf mètres d’épaisseur et sur près de six kilomètres de long, elle a fait reculer la mer de plusieurs centaines de mètres, rendant totalement inutilisables les installations portuaires aujourd’hui enfouies. Le sable de cette plage artificielle est hautement toxique. Une toxicité que nie totalement le gouvernement : la baignade est officiellement autorisée depuis 2003.

« De 2001 a 2003, Codelco a prétendument nettoyé la plage et la baie. Le président Ricardo Lagos [président de la République de 2000 à 2006] en personne s’est baigné ici en décembre 2003, devant les médias, pour prouver qu’il n’y avait plus aucun risque sanitaire, raconte Manuel Cortés. Et la municipalité a fait construire trois piscines sur la plage. Pourtant, les dernières analyses du sol indiquent une contamination grave, et il y a autant de nickel dans l’air qu’à proximité d’une centrale thermoélectrique. » Chañaral est d’ailleurs la commune qui compte le plus de morts par tumeurs au niveau régional, selon le service de santé d’Atacama.

Si aujourd’hui les déchets de la mine El Salvador ne sont plus rejetés directement dans la baie, c’est grâce à l’action des citoyens qui, en 1988, ont saisi la Cour suprême pour faire interdire cette pratique. Codelco a été contraint de faire construire un canal de décantation des déchets, mis en service en 2001. « Les eaux usées sont acheminées sur 78 kilomètres jusqu’à Caleta Palito, au nord de la baie. Les déchets solides tombent dans le fond du canal, et l’eau claire qui reste en surface est rejetée dans la mer… », explique Manuel Cortés. Malgré cette première victoire, le combat des habitants de Chañaral continue : « Nous exigeons la reconnaissance et la réparation des dommages subis par notre communauté. Nous réclamons le droit à vivre dans un environnement libre de contamination, comme le garantit l’article 19 de notre Constitution », martèle Manuel Cortés.

 

L’eau du Sud : source d’énergie pour les mines du Nord

Sa colère contre l’impunité des sociétés minières, Manuel Cortés la partage avec des milliers de Chiliens, du nord au sud du pays. Si les mines pompent l’eau du Nord, elles utilisent également indirectement l’eau du Sud, pour s’approvisionner en électricité. Si le nord du Chili est désertique, le sud est pour sa part très riche en eau, avec de nombreux lacs, fleuves et torrents, propices à l’installation de centrales hydroélectriques. Une énergie propre mais à l’impact environnemental non négligeable : les centrales fonctionnent grâce à la construction de grands barrages qui déséquilibrent totalement les systèmes hydriques, asséchant certains cours d’eau et inondant des zones sèches.

À Neltume, une localité située à 800 kilomètres au sud de Santiago, de nombreuses communautés mapuches sont mobilisées depuis 2006 contre le projet de construction de trois centrales hydroélectriques qui provoquerait l’inondation de 160 hectares de terres indigènes, dont une zone pourtant déclarée « réserve de la biosphère » par l’Unesco en 2007. L’énergie produite serait bien supérieure aux besoins locaux en électricité : « L’électricité produite au Sud, au détriment des populations locales, sert à alimenter en énergie les mines du Nord, dont les bénéfices profitent bien plus aux multinationales étrangères qu’à l’économie chilienne », dénonce Marcela Mella, porte-parole de l’association No a Alto Maipo, qui lutte contre l’installation d’une centrale hydroélectrique à quelques kilomètres de Santiago. Selon les chiffres émis par la Commission nationale d’énergie, la demande d’électricité du pays a été multipliée par quatre ces vingt dernières années, « ce qui est normal pour un pays minier, plus gourmand en énergie qu’un pays dont l’économie est basée sur d’autres types de services », a déclaré l’institution au journal La Tercera. Pour un pays qui ne dispose pas de ressources pétrolières ou gazières notables, l’énergie hydroélectrique s’impose comme la solution pour soutenir l’activité minière.

 

Une pression citoyenne efficace

La mobilisation citoyenne réussit cependant parfois à contrecarrer les projets industriels, comme celui baptisé HidroAysén. La transnationale espagnole Endesa prévoyait de construire une centrale hydroélectrique et cinq barrages en Patagonie ainsi qu’une ligne à haute tension de 2 000 kilomètres de long pour assurer l’acheminement de l’énergie produite jusqu’à Santiago. Sept ans de mobilisation citoyenne dans tout le pays ont finalement conduit au rejet du projet par le gouvernement en juin 2014. Face à ces difficultés d’acceptation des grands projets électriques, certaines mines mettent en place des solutions pour produire elles-mêmes une partie de leur électricité grâce à des champs de panneaux photovoltaïques et d’éoliennes.

Le besoin des entreprises de redorer leur blason environnemental, d’être acceptées par les populations locales et d’anticiper un éventuel assèchement des sources d’approvisionnement en eau douce conduit les ingénieurs des mines à chercher des solutions pour résoudre les problèmes liés à l’eau. Ainsi, de nombreuses mines privilégient désormais l’usage d’eau de mer à celui d’eau douce [1]. Le groupe BHP Billiton construit actuellement, au sud d’Antofagasta, la plus grande usine de dessalement d’eau de mer du continent – d’une capacité de traitement de 2 500 litres d’eau par seconde – pour alimenter l’une de ses mines d’extraction de cuivre.

D’autres groupes, comme Antofagasta Minerals, ne dessalent qu’une petite partie (8 %) de l’eau de mer qu’ils utilisent, le sel ne nuisant pas à la plupart des procédés de traitement du cuivre. Grâce à l’eau de mer, les mines réduisent significativement leurs besoins en eau douce et donc leur impact environnemental [2]. Selon les estimations de la commission chilienne sur le cuivre (Cochilco), ce procédé permettrait de stabiliser la demande en eau douce de l’industrie minière autour de 550 millions de mètres cubes annuels à partir de 2016.

Cette technologie représente un surcoût de production pour l’industrie, qui doit par ailleurs faire face à une baisse du prix du cuivre. Mais elle ne diminue en rien l’intérêt économique que représente le secteur, dans un pays où l’impôt minier est très faible (de 3 à 15 % en fonction des minerais et seulement pour les mines dont le chiffre d’affaires annuel est supérieur à 7 millions d’euros). Les bénéfices annuels réalisés au Chili par les principales sociétés minières représentent environ 12,5 milliards d’euros. Des chiffres qui expliquent la volonté des mines de développer des solutions garantissant leur approvisionnement en eau et en électricité sur le long terme.

Ces initiatives limitent sans aucun doute l’impact des mines sur l’environnement, mais n’apportent cependant aucune solution à la gestion des déchets miniers qui s’accumulent dans les piscines à proximité des cours d’eau. Elles ne changent en rien la situation des habitants de Quillagua, Cancosa, Chañaral et des centaines d’autres localités sinistrées par l’industrie minière, qui voient leur environnement et leur économie détruits en totale impunité, au nom d’une course aux profits à laquelle ils ne prendront jamais part.

Anne Le Bon

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12 janvier 2016 2 12 /01 /janvier /2016 14:23

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

En Syrie : des photos de bouffe pour narguer les affamés

 

 

 

Dans le sud de la Syrie, la ville de Madaya meurt de faim. Les 30 000 à 42 000 habitants (leur nombre n’est pas établi, d’autant qu’elle a accueilli de nombreux réfugiés) avalent des feuilles d’olivier et de mûrier et improvisent des bouillons en mélangeant des épices à l’eau chaude.

 

Carte de Syrie

Carte de Syrie - AFP/Valentina Breschi et Thomas Saint-Cricq
 

Selon une habitante, certains se sont résignés à manger chiens et chats. Un autre dit qu’il n’y a plus guère de chiens et de chats dans les rues. Un résident de Madaya indique au Monde :

« Il n’y a rien que les habitants n’aient pas essayé. A Madaya, on vit comme des animaux. »

Depuis six mois, la ville montagnarde est prise en étau par l’armée de Bachar el-Assad et celle du Hezbollah libanais. Madaya est « punie » pour son soutien à l’opposition (même s’il n’y a, officiellement, plus de combattants opposés au régime).

 

Madaya sous la neige

Madaya sous la neige - page Facebook « Madaya »
 

L’état de siège a précipité la malnutrition et la famine parmi la population. Coupée du monde, elle l’est aussi du ravitaillement. Les convois humanitaires se font rares. Le régime syrien a autorisé un premier acheminement de vivres et de médicaments en octobre 2015. Un deuxième convoi est en cours.

Mais ce n’est pas suffisant. 23 personnes seraient mortes au seul mois de décembre. Acheter un kilo de riz à Madaya coûterait entre 100 et 230 euros.

 

Des images de corps squelettiques

Pour alerter sur la famine en cours, la page Facebook « Madaya » (qui parle de l’actualité de la ville depuis 2013) a diffusé début janvier des photos d’enfants, aux corps rongés par la malnutrition. Le cliché de cette gamine est repris par de nombreux médias.

 

 

 
 
 

مضايا madaya

Photographe · 11 580 J’aime

· 5 janvier, 10:52 ·

‫#‏مضايا‬
‫#‏انقذوا_المحاصرين‬
أطفال مضايا نتيجة الجوع ..

 
 

Les jours suivants, les signes de la famine en cours se multiplient sur Twitter (mais aussi des fakes). Un infirmier syrien envoie plusieurs preuves à une correspondante de ABC News :

 

Permalien de l'image intégrée

Permalien de l'image intégrée

Permalien de l'image intégrée

The aid still hasn't reached & the horror continues. New photos from hardworking medical team inside

 

 

« Toujours pas d’aide humanitaire à Madaya, l’horreur continue. »

 

Un homme, se présentant comme un aide-soignant dans un hôpital de la ville, capture ces images :

 

 

 

Des images de bouffe sordides

En parallèle de la diffusion de ces images, un autre hashtag est partagé sur Twitter et sur Facebook : « #متضامن_مع_حصار_مضايا » en arabe, à traduire en français par « Je soutiens le blocus contre Madaya ».

L’idée, sordide, consiste à poster une image de repas faste et copieux, accompagnée de ce hashtag. Plusieurs internautes arabophones se prêtent au jeu. Il semblerait qu’il s’agisse à chaque fois de partisans du régime de Bachar el-Assad ou du Hezbollah libanais.

Comme cet utilisateur Facebook, dont la photo de profil est à l’effigie de Bachar el-Assad et de son père, Hafez el-Assad :

« Poisson et entrées.
JeSoutiensLeBlocusContreMadaya »

 

تنابل آل سعود متضامنين مع حصار مضايا
و شو وقفت علينا؟
و قال حتطين الحق عالشيعة و جمهور حزب الله قال 😂😂😂😂😂😂
‫#‏متضامن_مع_حصار_مضايا‬

 
 
 
 

Repérés par le site Beirut Syndrome, certains internautes ont diffusé des photos de squelettes (effacés depuis, mais accessibles en cache).

Tweet de @zeinabatallah22

Tweet de @zeinabatallah22

« Une femme de Madaya attendant son homme »

« J’ai trouvé l’homme en question. »

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

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12 janvier 2016 2 12 /01 /janvier /2016 14:05

 

Source : http://gard.demosphere.eu/rv/2881

 

 

samedi 30 janvier 2016 à 10h

 

Vivre c'est un art. Vive la paix

L'Association Alter Anagia en partenariat avec la Mairie de Saint Dionisy organise le Samedi 30 janvier 2016 au Foyer de Saint Dionisy une journée, autour du thème : Vivre c'est un art . Vive la Paix ! Tout un programme ! Entrée 12€ . gratuit jusqu'à 16 ans . Réservation obligatoire en ligne ou par télépnone 0633734962 ou réservation en ligne

La paix est une denrée rare ? Depuis quand la paix est une option au bien être de la planète ? Existe-t-il une école de la paix ? Comment parler de paix sans parler de guerre ? La paix est il une notion abstraite ? J'ai des médicaments et souhaite les acheminer a ceux qui en ont besoin, comment faire ? Et les enfants au milieu de tout ça ?

Pourquoi avons-nous organisé cette journée ? D'une part pour vous faire découvrir des actions de paix autour de vous et d'autre part réunir des dons qui seront destinés à aider des enfants victimes de guerre. Nous avons pensé aux enfants qui sont au milieu des situations difficiles victimes directes et indirectes de la guerre.

Pendant cette journée , vous pourrez rencontrer des associations dont leurs actions humanitaires sont de grande importance pour aider , soulager, soigner et entretenir avec tous les êtres en dialogue de solidarité et respect des droits de l'homme.

Notre but c'est de vous faire découvrir, vous inciter à pratiquer la non-violence comme mode de vie et aussi de partager avec nous vos opinions vos suggestions et votre savoir-faire. Sous la forme d'un atelier de découverte pour grands et petits Alter Anagia vous présentera tout au long de la journée les associations humanitaires de votre entourage.

Puis le soir nous partagerons ensemble un repas tiré du sac , histoire de créer une ambiance de convivialité. Et pour clore la journée nous avons invité un groupe de 4 musiciens latino-américains qui joueront et chanterons de la Salsa des Caraïbes. Vous apprendrez à danser la salsa et vous rirez de vous-même si jamais vous pensez que vous vous ne vous bougez pas assez ! Fêtons ensemble la Paix !

Comment pouvez-vous nous aider ? Bien sûr avec votre présence et votre générosité en réservant vos places . En tant que bénévole, disposer des chaises et des tables. Participer avec vos idées et votre expérience. Diffuser cette informations autour de vous. Nous attendons plus de 100 personnes pour une action top réussite !

La réussite de cette action dépend du nombre des inscriptions à cette journée. Pour participer il est nécessaire de vous inscrire . Cela nous permettra de moins stresser et de mieux organiser la salle du foyer de Saint Dionisy, le covoiturage et les boissons.

.Qui participe à cette action: La CIMADE , Terre des enfants , LDH , Unicef , Pharmacie Humanitaire Internationale , Les petits bonheurs, les amis Quakers de Congénies. Amnesty Internationale , La maison ouverte , le groupe Salsa La YEMA et Alter Anagia alternatives intercommunales.

Programme : http://vaunage.net/vca-affiche-web.pdf

Affiche Concert http://vaunage.net/affichelayema02a.pdf

document au format PDF:


document au format PDF:

Source : http://vaunage.net/vca-affiche-web.pdf
Source : message reçu le 12 janvier 00h

 

 

Source : http://gard.demosphere.eu/rv/2881

 

 

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11 janvier 2016 1 11 /01 /janvier /2016 19:15

 

Source : https://www.collectifstoptafta.org

 

 

Libre-échange contre climat : la plainte de TransCanada contre l’État fédéral américain confirme les craintes des mouvements citoyens

 

 

 

Communiqué de presse

L’entreprise canadienne TransCanada a annoncé mercredi 6 janvier son intention de poursuivre l’État fédéral américain devant un tribunal arbitral en raison de la décision du Président Obama de ne pas autoriser le projet d’oléoduc KeyStone XL [1]. KeyStone avait pour but de transporter les pétroles bitumineux issus des champs de l’Alberta jusque dans le Golfe du Mexique.

TransCanada s’appuie sur le chapitre 11 de l’ALENA (Accord de libre-échange USA-Canada-Mexique) et le mécanisme de règlement des différends Investisseur-État du traité.
L’entreprise estime la décision du Président Obama injuste, et prétend que des permis ont été octroyés à des projets similaires dans le passé. Selon elle, cette décision ne serait pas fondée sur la qualité intrinsèque du projet mais sur la « perception de la communauté internationale que l’administration fédérale américaine devrait agir en leader en matière de lutte contre le changement climatique » [2].

TransCanada réclame donc 15 milliards de dollars de compensation, arguant du manque à gagner au regard des profits qu’elle escomptait.
TransCanada a par ailleurs initié un recours juridique parallèle contre le gouvernement Obama, auprès d’une cour fédérale au Texas, affirmant que le refus du Président d’accorder le permis de construire allait à l’encontre de constitution américaine. La compagnie aura ainsi le privilège de choisir la décision qui lui sera la plus avantageuse, droit dont nul autre citoyen ou entreprise nationale ne peut jouir.

Les plaintes déposées par TransCanada confirme les inquiétudes des mouvements sociaux et citoyens. Ceux-ci alertent depuis des mois parlementaires et responsables politiques français et européens des risques que comportent les accords de libre-échange lorsqu’ils incluent un mécanisme d’arbitrage au bénéfice exclusif des investisseurs étrangers. L’accord UE/Canada (CETA) et l’accord UE/États-Unis (TAFTA), qui comprendront ce type de dispositif, pourraient de la même façon permettre à une entreprise européenne ou nord-américaine d’attaquer une décision publique dès lors qu’elle menacera ses intérêts, fut-elle nécessaire à la santé publique, à la protection de l’environnement ou à la sauvegarde du climat [3].

Pour Amélie Canonne, de la campagne Stop TAFTA en France, « cette nouvelle plainte prouve que la cohabitation entre le régime international de commerce et d’investissement actuel et l’ambition prétendue de lutter contre le changement climatique est impossible. ALENA, TAFTA ou CETA sont incompatibles avec les objectifs affichés lors de la COP21, car ils permettront à n’importe quelle entreprise du secteur des énergies fossiles d’attaquer toute politique ambitieuse visant à la transition énergétique. »

« Le cas TransCanada pose une question démocratique fondamentale : est-il normal qu’une entreprise puisse unilatéralement contester une décision d’intérêt général devant un panel d’arbitres ne répondant à aucune juridiction publique ? Cette plainte va dissuader les gouvernements nord-américains d’agir pour le climat, et contribuer à paralyser l’action publique. Sans compter le coût de la procédure et les potentielles indemnités, qui seront facturés aux contribuables américains » commente Nicolas Roux, également engagé dans la campagne Stop TAFTA en France.

 

 

Notes

[1] http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2015/11/06/obama-annonce-le-rejet-du-projet-d-oleoduc-keystone-xl_4804833_3222.html

[2] http://www.transcanada.com/news-releases-article.html?id=2014960&t=

[3] Voir Le Paradis des pollueurs, Aitec, CEO et TNI, http://aitec.reseau-ipam.org/IMG/pdf/paradispollueurs.pdf

 

 

 

Source : https://www.collectifstoptafta.org

 

 

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11 janvier 2016 1 11 /01 /janvier /2016 18:53

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

Mille vaches : une décision juridique cruciale est attendue d’ici une semaine

7 janvier 2016
 

 
 

Pour les opposants, cela pourrait signifier une impasse juridique dans leur lutte contre la ferme-usine dite des Mille vaches à Drucat, dans la Somme. En juin dernier, Reporterre révélait que l’exploitation abritait près de 800 vaches, au lieu des 500 autorisées. Ont suivi des arrêtés de la Préfecture de la Somme, sommant la société de se mettre en règle. L’entreprise n’ayant pas obtempéré, elle devrait aujourd’hui, selon nos calculs, plus de 100.000 euros d’amende et d’astreintes aux autorités françaises. Mais l’exploitant refuse de payer ces sommes et demande la suspension des arrêtés de la préfecture : le 22 décembre dernier, il plaidait en ce sens devant le tribunal administratif d’Amiens.

« L’avocat de Michel Ramery, l’exploitant des Milles Vaches, maintient que la demande d’agrandissement de la ferme a été déposée en mars dernier, et que la préfecture n’a pas répondu à temps. Il utilise la règle administrative selon laquelle ’le silence vaut acceptation’ », explique Grégoire Frison, avocat des opposants à la ferme-usine. « Si le tribunal lui donne raison, c’est un très gros problème pour nous car cela veut dire qu’on ne peut plus contester juridiquement l’autorisation d’exploitation », s’inquiète-t-il.

Paradoxalement, l’espoir viendrait de la Préfecture de la Somme : «...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

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11 janvier 2016 1 11 /01 /janvier /2016 18:23

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

Les Faucheurs volontaires agissent à Vienne contre les OGM camouflés en mutagenèse

9 janvier 2016 / par Philippe Desfilhes (Reporterre)
 


 

Les OGM menacent de rentrer subrepticement sous forme de nouvelles biotechnologies.

 

Les Faucheurs volontaires remettent ce samedi 9 janvier 2016 au matin au Commissariat de police de Vienne (38) une liste d’une cinquantaine de personnes. « Ce sont les faucheurs qui ont participé le 1er janvier 2014 à la destruction du colza OGM muté cultivé à Fontenoy-sur-Moselle (54) par le Cetiom (Centre interprofessionnel des oléagineux et du chanvre) », indique Annick Bossu, Faucheuse volontaire. Le Cetiom a porté plainte et une personne a été inquiétée.

Ces militants anti OGM (organismes génétiquement modifiés) profiteront de cette remise de liste pour alerter sur les dangers de la mutagenèse qui a donné naissance au colza détruit. « Cette technique est porteuse des mêmes dangers que les OGM obtenus par transgenèse, ce que reconnaît la directive CE 2001-18 tout en l’excluant de son champ d’application », regrette Mme Bossu.

Pour les Faucheurs volontaires il s’agit aussi de dénoncer les nouvelles biotechnologies. « Elles risquent de ne pas être reconnues comme produisant des OGM par la Commission européenne qui doit leur donner sur un statut juridique dans les mois qui viennent ».

Crisp/Cas9, mutagenèse dirigée par oligonucléotides, nucléases à doigt de zinc ...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

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