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12 janvier 2016 2 12 /01 /janvier /2016 14:23

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

En Syrie : des photos de bouffe pour narguer les affamés

 

 

 

Dans le sud de la Syrie, la ville de Madaya meurt de faim. Les 30 000 à 42 000 habitants (leur nombre n’est pas établi, d’autant qu’elle a accueilli de nombreux réfugiés) avalent des feuilles d’olivier et de mûrier et improvisent des bouillons en mélangeant des épices à l’eau chaude.

 

Carte de Syrie

Carte de Syrie - AFP/Valentina Breschi et Thomas Saint-Cricq
 

Selon une habitante, certains se sont résignés à manger chiens et chats. Un autre dit qu’il n’y a plus guère de chiens et de chats dans les rues. Un résident de Madaya indique au Monde :

« Il n’y a rien que les habitants n’aient pas essayé. A Madaya, on vit comme des animaux. »

Depuis six mois, la ville montagnarde est prise en étau par l’armée de Bachar el-Assad et celle du Hezbollah libanais. Madaya est « punie » pour son soutien à l’opposition (même s’il n’y a, officiellement, plus de combattants opposés au régime).

 

Madaya sous la neige

Madaya sous la neige - page Facebook « Madaya »
 

L’état de siège a précipité la malnutrition et la famine parmi la population. Coupée du monde, elle l’est aussi du ravitaillement. Les convois humanitaires se font rares. Le régime syrien a autorisé un premier acheminement de vivres et de médicaments en octobre 2015. Un deuxième convoi est en cours.

Mais ce n’est pas suffisant. 23 personnes seraient mortes au seul mois de décembre. Acheter un kilo de riz à Madaya coûterait entre 100 et 230 euros.

 

Des images de corps squelettiques

Pour alerter sur la famine en cours, la page Facebook « Madaya » (qui parle de l’actualité de la ville depuis 2013) a diffusé début janvier des photos d’enfants, aux corps rongés par la malnutrition. Le cliché de cette gamine est repris par de nombreux médias.

 

 

 
 
 

مضايا madaya

Photographe · 11 580 J’aime

· 5 janvier, 10:52 ·

‫#‏مضايا‬
‫#‏انقذوا_المحاصرين‬
أطفال مضايا نتيجة الجوع ..

 
 

Les jours suivants, les signes de la famine en cours se multiplient sur Twitter (mais aussi des fakes). Un infirmier syrien envoie plusieurs preuves à une correspondante de ABC News :

 

Permalien de l'image intégrée

Permalien de l'image intégrée

Permalien de l'image intégrée

The aid still hasn't reached & the horror continues. New photos from hardworking medical team inside

 

 

« Toujours pas d’aide humanitaire à Madaya, l’horreur continue. »

 

Un homme, se présentant comme un aide-soignant dans un hôpital de la ville, capture ces images :

 

 

 

Des images de bouffe sordides

En parallèle de la diffusion de ces images, un autre hashtag est partagé sur Twitter et sur Facebook : « #متضامن_مع_حصار_مضايا » en arabe, à traduire en français par « Je soutiens le blocus contre Madaya ».

L’idée, sordide, consiste à poster une image de repas faste et copieux, accompagnée de ce hashtag. Plusieurs internautes arabophones se prêtent au jeu. Il semblerait qu’il s’agisse à chaque fois de partisans du régime de Bachar el-Assad ou du Hezbollah libanais.

Comme cet utilisateur Facebook, dont la photo de profil est à l’effigie de Bachar el-Assad et de son père, Hafez el-Assad :

« Poisson et entrées.
JeSoutiensLeBlocusContreMadaya »

 

تنابل آل سعود متضامنين مع حصار مضايا
و شو وقفت علينا؟
و قال حتطين الحق عالشيعة و جمهور حزب الله قال 😂😂😂😂😂😂
‫#‏متضامن_مع_حصار_مضايا‬

 
 
 
 

Repérés par le site Beirut Syndrome, certains internautes ont diffusé des photos de squelettes (effacés depuis, mais accessibles en cache).

Tweet de @zeinabatallah22

Tweet de @zeinabatallah22

« Une femme de Madaya attendant son homme »

« J’ai trouvé l’homme en question. »

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

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12 janvier 2016 2 12 /01 /janvier /2016 14:05

 

Source : http://gard.demosphere.eu/rv/2881

 

 

samedi 30 janvier 2016 à 10h

 

Vivre c'est un art. Vive la paix

L'Association Alter Anagia en partenariat avec la Mairie de Saint Dionisy organise le Samedi 30 janvier 2016 au Foyer de Saint Dionisy une journée, autour du thème : Vivre c'est un art . Vive la Paix ! Tout un programme ! Entrée 12€ . gratuit jusqu'à 16 ans . Réservation obligatoire en ligne ou par télépnone 0633734962 ou réservation en ligne

La paix est une denrée rare ? Depuis quand la paix est une option au bien être de la planète ? Existe-t-il une école de la paix ? Comment parler de paix sans parler de guerre ? La paix est il une notion abstraite ? J'ai des médicaments et souhaite les acheminer a ceux qui en ont besoin, comment faire ? Et les enfants au milieu de tout ça ?

Pourquoi avons-nous organisé cette journée ? D'une part pour vous faire découvrir des actions de paix autour de vous et d'autre part réunir des dons qui seront destinés à aider des enfants victimes de guerre. Nous avons pensé aux enfants qui sont au milieu des situations difficiles victimes directes et indirectes de la guerre.

Pendant cette journée , vous pourrez rencontrer des associations dont leurs actions humanitaires sont de grande importance pour aider , soulager, soigner et entretenir avec tous les êtres en dialogue de solidarité et respect des droits de l'homme.

Notre but c'est de vous faire découvrir, vous inciter à pratiquer la non-violence comme mode de vie et aussi de partager avec nous vos opinions vos suggestions et votre savoir-faire. Sous la forme d'un atelier de découverte pour grands et petits Alter Anagia vous présentera tout au long de la journée les associations humanitaires de votre entourage.

Puis le soir nous partagerons ensemble un repas tiré du sac , histoire de créer une ambiance de convivialité. Et pour clore la journée nous avons invité un groupe de 4 musiciens latino-américains qui joueront et chanterons de la Salsa des Caraïbes. Vous apprendrez à danser la salsa et vous rirez de vous-même si jamais vous pensez que vous vous ne vous bougez pas assez ! Fêtons ensemble la Paix !

Comment pouvez-vous nous aider ? Bien sûr avec votre présence et votre générosité en réservant vos places . En tant que bénévole, disposer des chaises et des tables. Participer avec vos idées et votre expérience. Diffuser cette informations autour de vous. Nous attendons plus de 100 personnes pour une action top réussite !

La réussite de cette action dépend du nombre des inscriptions à cette journée. Pour participer il est nécessaire de vous inscrire . Cela nous permettra de moins stresser et de mieux organiser la salle du foyer de Saint Dionisy, le covoiturage et les boissons.

.Qui participe à cette action: La CIMADE , Terre des enfants , LDH , Unicef , Pharmacie Humanitaire Internationale , Les petits bonheurs, les amis Quakers de Congénies. Amnesty Internationale , La maison ouverte , le groupe Salsa La YEMA et Alter Anagia alternatives intercommunales.

Programme : http://vaunage.net/vca-affiche-web.pdf

Affiche Concert http://vaunage.net/affichelayema02a.pdf

document au format PDF:


document au format PDF:

Source : http://vaunage.net/vca-affiche-web.pdf
Source : message reçu le 12 janvier 00h

 

 

Source : http://gard.demosphere.eu/rv/2881

 

 

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11 janvier 2016 1 11 /01 /janvier /2016 19:15

 

Source : https://www.collectifstoptafta.org

 

 

Libre-échange contre climat : la plainte de TransCanada contre l’État fédéral américain confirme les craintes des mouvements citoyens

 

 

 

Communiqué de presse

L’entreprise canadienne TransCanada a annoncé mercredi 6 janvier son intention de poursuivre l’État fédéral américain devant un tribunal arbitral en raison de la décision du Président Obama de ne pas autoriser le projet d’oléoduc KeyStone XL [1]. KeyStone avait pour but de transporter les pétroles bitumineux issus des champs de l’Alberta jusque dans le Golfe du Mexique.

TransCanada s’appuie sur le chapitre 11 de l’ALENA (Accord de libre-échange USA-Canada-Mexique) et le mécanisme de règlement des différends Investisseur-État du traité.
L’entreprise estime la décision du Président Obama injuste, et prétend que des permis ont été octroyés à des projets similaires dans le passé. Selon elle, cette décision ne serait pas fondée sur la qualité intrinsèque du projet mais sur la « perception de la communauté internationale que l’administration fédérale américaine devrait agir en leader en matière de lutte contre le changement climatique » [2].

TransCanada réclame donc 15 milliards de dollars de compensation, arguant du manque à gagner au regard des profits qu’elle escomptait.
TransCanada a par ailleurs initié un recours juridique parallèle contre le gouvernement Obama, auprès d’une cour fédérale au Texas, affirmant que le refus du Président d’accorder le permis de construire allait à l’encontre de constitution américaine. La compagnie aura ainsi le privilège de choisir la décision qui lui sera la plus avantageuse, droit dont nul autre citoyen ou entreprise nationale ne peut jouir.

Les plaintes déposées par TransCanada confirme les inquiétudes des mouvements sociaux et citoyens. Ceux-ci alertent depuis des mois parlementaires et responsables politiques français et européens des risques que comportent les accords de libre-échange lorsqu’ils incluent un mécanisme d’arbitrage au bénéfice exclusif des investisseurs étrangers. L’accord UE/Canada (CETA) et l’accord UE/États-Unis (TAFTA), qui comprendront ce type de dispositif, pourraient de la même façon permettre à une entreprise européenne ou nord-américaine d’attaquer une décision publique dès lors qu’elle menacera ses intérêts, fut-elle nécessaire à la santé publique, à la protection de l’environnement ou à la sauvegarde du climat [3].

Pour Amélie Canonne, de la campagne Stop TAFTA en France, « cette nouvelle plainte prouve que la cohabitation entre le régime international de commerce et d’investissement actuel et l’ambition prétendue de lutter contre le changement climatique est impossible. ALENA, TAFTA ou CETA sont incompatibles avec les objectifs affichés lors de la COP21, car ils permettront à n’importe quelle entreprise du secteur des énergies fossiles d’attaquer toute politique ambitieuse visant à la transition énergétique. »

« Le cas TransCanada pose une question démocratique fondamentale : est-il normal qu’une entreprise puisse unilatéralement contester une décision d’intérêt général devant un panel d’arbitres ne répondant à aucune juridiction publique ? Cette plainte va dissuader les gouvernements nord-américains d’agir pour le climat, et contribuer à paralyser l’action publique. Sans compter le coût de la procédure et les potentielles indemnités, qui seront facturés aux contribuables américains » commente Nicolas Roux, également engagé dans la campagne Stop TAFTA en France.

 

 

Notes

[1] http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2015/11/06/obama-annonce-le-rejet-du-projet-d-oleoduc-keystone-xl_4804833_3222.html

[2] http://www.transcanada.com/news-releases-article.html?id=2014960&t=

[3] Voir Le Paradis des pollueurs, Aitec, CEO et TNI, http://aitec.reseau-ipam.org/IMG/pdf/paradispollueurs.pdf

 

 

 

Source : https://www.collectifstoptafta.org

 

 

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11 janvier 2016 1 11 /01 /janvier /2016 18:53

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

Mille vaches : une décision juridique cruciale est attendue d’ici une semaine

7 janvier 2016
 

 
 

Pour les opposants, cela pourrait signifier une impasse juridique dans leur lutte contre la ferme-usine dite des Mille vaches à Drucat, dans la Somme. En juin dernier, Reporterre révélait que l’exploitation abritait près de 800 vaches, au lieu des 500 autorisées. Ont suivi des arrêtés de la Préfecture de la Somme, sommant la société de se mettre en règle. L’entreprise n’ayant pas obtempéré, elle devrait aujourd’hui, selon nos calculs, plus de 100.000 euros d’amende et d’astreintes aux autorités françaises. Mais l’exploitant refuse de payer ces sommes et demande la suspension des arrêtés de la préfecture : le 22 décembre dernier, il plaidait en ce sens devant le tribunal administratif d’Amiens.

« L’avocat de Michel Ramery, l’exploitant des Milles Vaches, maintient que la demande d’agrandissement de la ferme a été déposée en mars dernier, et que la préfecture n’a pas répondu à temps. Il utilise la règle administrative selon laquelle ’le silence vaut acceptation’ », explique Grégoire Frison, avocat des opposants à la ferme-usine. « Si le tribunal lui donne raison, c’est un très gros problème pour nous car cela veut dire qu’on ne peut plus contester juridiquement l’autorisation d’exploitation », s’inquiète-t-il.

Paradoxalement, l’espoir viendrait de la Préfecture de la Somme : «...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

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11 janvier 2016 1 11 /01 /janvier /2016 18:23

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

Les Faucheurs volontaires agissent à Vienne contre les OGM camouflés en mutagenèse

9 janvier 2016 / par Philippe Desfilhes (Reporterre)
 


 

Les OGM menacent de rentrer subrepticement sous forme de nouvelles biotechnologies.

 

Les Faucheurs volontaires remettent ce samedi 9 janvier 2016 au matin au Commissariat de police de Vienne (38) une liste d’une cinquantaine de personnes. « Ce sont les faucheurs qui ont participé le 1er janvier 2014 à la destruction du colza OGM muté cultivé à Fontenoy-sur-Moselle (54) par le Cetiom (Centre interprofessionnel des oléagineux et du chanvre) », indique Annick Bossu, Faucheuse volontaire. Le Cetiom a porté plainte et une personne a été inquiétée.

Ces militants anti OGM (organismes génétiquement modifiés) profiteront de cette remise de liste pour alerter sur les dangers de la mutagenèse qui a donné naissance au colza détruit. « Cette technique est porteuse des mêmes dangers que les OGM obtenus par transgenèse, ce que reconnaît la directive CE 2001-18 tout en l’excluant de son champ d’application », regrette Mme Bossu.

Pour les Faucheurs volontaires il s’agit aussi de dénoncer les nouvelles biotechnologies. « Elles risquent de ne pas être reconnues comme produisant des OGM par la Commission européenne qui doit leur donner sur un statut juridique dans les mois qui viennent ».

Crisp/Cas9, mutagenèse dirigée par oligonucléotides, nucléases à doigt de zinc ...

 

*Suite de l'article sur reporterre

 

 

Source : http://www.reporterre.net

 

 

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11 janvier 2016 1 11 /01 /janvier /2016 18:03

 

Source : https://blogs.mediapart.fr

 

 

 

MEDEF : une mesure révolutionnaire contre le chômage

 

 

 
 
Pour lutter contre le chômage, le patronat demande l'extension du bénévolat à tous les emplois utiles à la société.

 

Joies de la pauvreté créative ( Joies de la pauvreté créative ("les cinq étages du monde parisien") © Bertall (1845)

 

Il ne sera pas dit que le MEDEF reste les bras croisés face à la catastrophe économique et sociale que représente le chômage de masse dans notre pays. Dans une lettre ouverte au premier ministre et publiée hier dans un hebdomadaire dominical, le patronat se mobilise en demandant au gouvernement des mesures radicales visant à supprimer définitivement la charge que représente, pour les entreprises, la rémunération, même faible, des emplois productifs et utiles à la société.

Cette proposition, présentée par le patron des patrons comme "révolutionnaire", se fonde sur un constat simple. « Il y a aujourd'hui, observe Pierre Gataz, une part encore trop importante des salariés qui réalisent des tâches qui par leur caractère productif, créatif ou social n'ont pas basculé dans la modernité de l'emploi idiot et inutile. Ce différentiel qualitatif constitue une inégalité entre les employés. C'est une question de bon sens : on ne peut pas avoir en même temps la satisfaction d'effectuer un boulot pas trop stupide, voire éprouver du plaisir au travail et en plus vouloir être payé. Il est logique que le plaisir soit de l'ordre de la dépense et non du gain financiers. »

Ainsi, tous les emplois de production ou à caractère sociaux ne devraient plus être rémunérés par les entreprises. Le MEDEF remarque par ailleurs que la tendance positive au travail gratuit s'intensifie dans l'ensemble des professions artistiques et intellectuelles. Le recours au bénévolat devra être généralisé, voire inscrit dans la loi. Ouvriers, infirmiers, agriculteurs, journalistes, professeurs, écrivains, artistes (y compris de cirque), éducateurs, aides à domicile, réparateurs : autant de métiers pour lesquels la joie éprouvée au travail compenserait le train de vie modeste que pourrait facilement leur assurer de maigres allocations versées par l’État. On sait combien Pierre Gataz, sous la douche et l’œil qui frise, aime à entonner ce refrain : « la bohème, la bohème, ça veut dire on est heureux... ».

Dans cette perspective, et pour remotiver ceux qui se lancent courageusement dans des carrières idiotes, seuls seraient rémunérés les emplois d'audit, de contrôle, de gestion des ressources humaines ou les tâches administratives dont l'intérêt pour le travailleur comme pour la société est absolument nul. Libérer les entreprises des salaires versés aux emplois productifs permettrait la création de milliers de contrôleurs des travaux finis, de livreurs de pizza nocturne, de gardiens devant la supérette, de vendeurs de temps de cerveau disponible et de producteurs de rapports en dix exemplaires, tout en préservant les dividendes des actionnaires.

La ministre du travail semble accueillir favorablement cette proposition originale et déjà des discussions sont en cours pour mettre en place deux nouveaux contrats destinés aux jeunes, diplômés ou non, qui devront s'engager et choisir entre « un boulot de bolos pour un salaire de trimard» et « un boulot swag pour peau d'zob ». Le ministère du travail espère ainsi faire baisser enfin la courbe du chômage avant la grande primaire de toutes les gauches prévue pour les calendes grecques, que le candidat Hollande a déjà largement remportée.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

 

 

Source : https://blogs.mediapart.fr

 

 

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11 janvier 2016 1 11 /01 /janvier /2016 17:39

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

 

Revenu universel : le projet du siècle !

 

Enfin un vrai sujet ! Enfin une idée, lâchée cette fois pour de bon (mais par une ministre, Myriam El Khomri, considérée comme une des plus faibles du gouvernement...), qui permettra de nous poser de vraies questions, de nous poser même l’essentiel des questions que pose le politique autour d’un débat unique qui pourrait se révéler splendide.

Depuis trente ans que chaque élection enfante un nouvel échec, que chaque espoir fabrique une désillusion, on avait pris l’habitude de penser que la montagne politique devrait toujours accoucher d’une souris technique, que c’était cela, désormais, la politique, réduite aux acquêts des maigres « marges de manœuvres » laissées par l’Europe et la mondialisation.

Et voila qu’aujourd’hui la souris s’apprête à accoucher d’une montagne ! Et c’est au moment où on s’y attendait le moins, au moment même où nous semblions atteindre le fond du fond du gouffre, avec cette sottise de déchéance de nationalité qu’une seule question suffit à ridiculiser : qu’est-ce qu’on fait si « l’autre pays » décide de dégainer la déchéance avant nous ?

L’idée de revenu universel, si on ne la caricature pas, pourrait se transformer en projet du siècle, projet de notre siècle, cent ans après l’instauration de l’impôt sur le revenu. 

 

Communauté, liberté et sécurité

Comment comprendre la violence des replis identitaires tous azimuts qu’on observe aujourd’hui : nationalistes, régionalistes, religieux – et pas seulement en islam : juifs, catholiques, protestants évangélistes... se repliant comme rarement dans leurs certitudes magiques ? Le spectaculaire processus de libéralisation – économique et culturelle – de ces dernières décennies n’y est sans doute pas pour rien. Vivre sous le froid régime de ce double libéralisme apparaît plus compliqué que prévu. Pour les plus vulnérables, cela peut s’apparenter à une double peine. L’Etat moderne hérité des Lumières a mis à bas les communautaristes étroits et leur étouffante logique de superstition et de domination. Que cet Etat – qui a pris en France la forme de l’idéal républicain – deux siècles plus tard, vienne à s’affaisser à son tour, et l’individu se retrouve nu comme un vers. Ce qui, autour de lui, constituait son univers de référents symboliques, le politique allié à l’intellectuel l’ont sauvagement combattu puis patiemment déconstruit. Au-dessus de lui, cet Etat-nation toujours si sûr de lui, la même coalition se met, depuis un demi-siècle, martel en tête de le disperser. 

A quoi sert une communauté ? Voila alors la première question du siècle. Nous devons revenir aux bases pour comprendre l’enjeu de ce qui vient. Une communauté, c’est d’abord l’ensemble des gens qui m’entourent – ceux qui comptent pour moi et ceux sur lesquels je peux compter : famille, tribu, clan... quel que soit le nom qu’on leur donne. Je cherche leur reconnaissance, je m’investis pour asseoir ma place parmi eux.

Comment faire vivre cette sainte liberté (mes valeurs et mes choix de vie m’appartiennent), acquise dans la souffrance du siècle des révolutions, sans sacrifier une forme de sécurité existentielle sans laquelle peu de choses dans la vie ne méritent d’être vécues ? 

 

La fin du travail et la justice

La deuxième question est celle du travail lui-même, de la fin du travail. Ce travail qui, comme chacun sait, nous préserve de trois grands maux : l’ennui, le vice et le besoin. Ce travail qui, comme l’avait compris Nietzsche, constitue la « meilleure des polices ».

L’oisiveté pour tous, est-ce là ce qu’on nous promet ? On mesure les périls... ou en tout cas les peurs. Le débat est lancé. Est-ce seulement par nécessité de survivre que je me lève à 5 heures du matin pour prendre mon RER ? Est-ce seulement par nécessité de survivre que Bill Gates, une fois les trois premiers millions amassés, a consacré une énergie non moins remarquable à fabriquer les dizaines de milliards suivants ? 

La troisième question est celle de la justice. Le progrès technologique supprime des emplois humains, la cause est entendue : sinon à quoi servirait-il de remplacer les humains par des machines ? Mais il ne fait pas que cela. Il crée d’autres besoins, d’autres marchés. Et surtout, il ne supprime pas les richesses produites – il a même tendance à les accroître. A qui ces richesses doivent-elles revenir ? A qui appartiennent-elles ?

Il serait beaucoup trop simple, si on est vraiment attaché à réfléchir en termes de justice, de répondre « aux propriétaires des machines ». Le propriétaire des machines a toujours une dette : envers la société dans laquelle il a grandi, bien entendu, mais aussi pour les machines. Le prix qu’il a payé pour les acquérir n’a rien à voir avec le prix réel de leur développement, ce n’est jamais le prix des millénaires de savoirs et de méthodes qui se sont accumulés avant de pouvoir les construire. Il ne paie que leur coût marginal, à un instant donné de notre évolution collective. Qu’il soit récompensé pour avoir su leur trouver le meilleur des usages à l’époque où il vit, c’est justice. Qu’il soit récompensé comme unique démiurge de l’empire néo-industriel qu’il développe, c’est fiction. Cette idée a rarement été aussi forte qu’à l’ère du numérique, où les contributeurs anonymes se comptent par centaines de milliers, autant parmi ceux qui ont réussi, d’ailleurs, que parmi ceux qui ont échoué. 

Voila donc (trop) sommairement esquissées trois des questions auxquelles une société vraiment mûre, vraiment sérieuse, vraiment sûre de ses valeurs et de sa valeur se devrait de commencer à apporter des réponses. Vivement qu’on s’y mette sérieusement !

 

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

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11 janvier 2016 1 11 /01 /janvier /2016 17:23

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

Sur Facebook, les réfugiés syriens dénoncent les agressions de Cologne

 

 

 

Les violences de la nuit du réveillon ont fait réagir les Syriens fraîchement arrivés en Allemagne, fustigeant à coups de hashtag ces comportements qui jettent le discrédit sur leur communauté. Beaucoup redoutent l’amalgame et le rejet, certains imaginent un complot de l’extrême droite ou d’Assad.

 

(De Berlin) Dimanche 10 janvier, la police de Cologne a indiqué en fin d’après-midi qu’elle avait enregistré plus de 516 plaintes liées aux incidents qui ont eu lieu lors de la nuit du réveillon. Environ 40% des plaintes visent des infractions d’ordre sexuel.

En réaction à ces violences de masse dans diverses villes allemandes, la chancelière Angela Merkel a plaidé, samedi 9 janvier, pour un durcissement des règles d’expulsion des demandeurs d’asile et du droit pénal en matière sexuelle.

La police a ajouté ce week-end que les suspects étaient « majoritairement des personnes originaires d’Afrique du Nord », des « demandeurs d’asile ou des personnes, qui se trouvent en Allemagne en situation illégale ». Un groupe de personnes assez vague, mais dont la définition laisse croire à certains qu’il s’agirait de migrants majoritairement syriens arrivés cette année, malgré l’absence de preuves concrètes.

 

Soupçon médiatique infondé

Comme après les attentats de novembre, j’ai contacté Monis Bukhari, le modérateur du groupe Facebook La Maison syrienne en Allemagne, pour connaître le ressenti des réfugiés syriens face aux violences qui ont eu lieu.

Au téléphone, Monis Bukhari me raconte d’abord que les réfugiés syriens se sont rendu compte des incidents du Nouvel An en même temps que tout le monde lorsqu’ils ont lu ou vu les informations dans les médias arabes ou grâce à la version arabe de la Deutsche Welle :

« Les Syriens ont eu très peur et ils sont encore choqués car la majorité des médias ont mentionné les migrants et les Syriens dans les premières informations. Les Syriens eux-mêmes ont commencé à croire que des Syriens étaient impliqués alors que la police n’avait rien dit dans ce sens. Jusqu’à aujourd’hui, il n’y a toujours pas de preuve. »

Jeudi 7 janvier, Die Welt titrait « la majorité étaient des demandeurs d’asile fraîchement arrivés » et rapportait les propos des policiers qui disaient avoir contrôlé en majorité des Syriens.

Ni une, ni deux, certains twittos français ont fait le lien entre « contrôle d’identité » et culpabilité de viols à Cologne, y compris des journalistes (bon, rien de très étonnant de la part de Valeurs actuelles).

 

Un complot de Pegida ou d’Assad ?

Comme dans la foulée des attentats du 13 Novembre, avec l’affaire du passeport syrien indestructible, ces premières informations ont semé la confusion et participé à l’élaboration de théories complotistes. Monis Bukhari ajoute  :

« Cette nuit-là, à cause du passeport syrien qui avait été retrouvé, beaucoup ont pensé qu’il s’agissait d’un complot pour faire du mal aux Syriens. Aujourd’hui, c’est pareil. Les Syriens se demandent si [le mouvement allemand d’extrême droite, ndlr] Pegida ou le régime de Bachar el-Assad ne sont pas derrière tout ça. »

Les soupçons sur le régime syrien sont dus au fait, selon lui, que « l’agence russe RT a été la première à sortir cette information en disant que 1 000 migrants étaient à l’origine de ces crimes ». Effectivement, la chaîne russe n’a pas hésité à faire le raccourci entre les 1 000 personnes alcoolisées qui jetaient dangereusement des pétards devant la gare de Cologne et les suspects de type arabe ou nord-africain qui ont commis des agressions, tels qu’ils sont cités dans les communiqués de la police.

Les Syriens accusent les Maghrébins

Parmi les nombreux commentaires postés sur le groupe Facebook, beaucoup nient que des Syriens aient pu participer à ces violences. Le modérateur rapporte les témoignages de compatriotes présents ce soir-là devant la cathédrale de Cologne et qui accusent les Arabes originaires du Maghreb :

« Sur le groupe Facebook, des Syriens qui étaient à Cologne ce soir-là racontent qu’ils ont vu des gens du Nord-Ouest de l’Afrique boire de l’alcool, commettre des vols et entourer les femmes pour les agresser. Le problème c’est que nous les Syriens, on ne sait pas faire la différence entre un Marocain ou un Tunisien. Mais certains ont reconnu les gangs qui ont fait ça. »

 

Capture d'écran du groupe La Maison syrienne en Allemagne

Capture d’écran du groupe La Maison syrienne en Allemagne - Facebook

 

Dimanche 10 janvier, la police de Cologne a indiqué qu’elle avait arrêté un homme de 19 ans de nationalité marocaine, qui serait coupable du vol d’un téléphone portable appartenant à une femme de 23 ans. La veille, la police avait également arrêté un suspect marocain en possession de lettres sur lesquelles étaient maladroitement traduites des « phrases de drague » telles que « gros seins », « je veux fucker » et d’autres mots crus.

 

Comment dire son soutien ?

Les incidents du Nouvel An, tout comme les attentats de novembre, participent à la stigmatisation des réfugiés en Allemagne, selon Monis. Ces événements ont d’ailleurs déjà des conséquences sur la vie de certains Syriens et sur le regard que leur portent les Allemands. Il me rapporte l’histoire d’une Syrienne, qui avait l’habitude de prendre le café tous les jours avec ses voisins et qui ont cessé de la voir depuis la nouvelle année.

Sur le groupe des Syriens en Allemagne, plusieurs manifestations de soutien ont été organisées, même si l’adhésion n’est pas totale, comme l’explique Monis Bukhari :

« Certains Syriens ont décidé d’organiser des manifestations de soutien pour s’excuser auprès des Allemands, même s’ils ne sont pas convaincus que des Syriens aient pris part au chaos dans les villes allemandes. D’autres, comme moi, pensent qu’il ne faut pas s’excuser pour quelque chose que nous n’avons pas fait, mais nous devons soutenir toutes les manifestations qui dénoncent ces agressions. »

Cette mobilisation a aussi lieu sur les réseaux sociaux, où des hommes et des femmes postent des photos d’eux-mêmes tenant une pancarte dénonçant le sexisme en arabe et en allemand, via le hashtag en allemand #SyrerGegenSexismus (#LesSyriensContreLeSexisme).

 

Capture d'écran d'un post #SyrerGegenSexismus

Capture d’écran d’un post #SyrerGegenSexismus - Facebook
 

De manière plus surprenante, Monis Bukhari a décidé de détourner le hashtag #Rapefugee (#RéfugiéVioleur), utilisé par des militants d’extrême droite sur les réseaux sociaux pour désigner les « réfugiés violeurs » du réveillon :

« Je suis un Syrien réfugié en Allemagne et j’ai honte des viols. Je demande aux autorités de condamner ces violeurs à la plus grande peine #Rapefugee. »

 

I'm Syrian refugee in Germany and I'm ashamed of rape, I ask the authorities to treat those rapists for the maximum punishment

 

Il nous explique sa démarche :

« Le hashtag #Rapefugee a été lancé par l’extrême droite. Comme ça ne servait à rien que je réponde à ces personnes, qui m’auraient forcément attaqué sur Internet, j’ai décidé d’utiliser leur hashtag en publiant mon message et j’ai encouragé les Syriens à faire pareil en postant des messages en allemand et en anglais. »

 

Des commentaires haineux

Après la médiatisation des incidents de Cologne, de nombreuses personnes n’ont pas hésité à demander des comptes sur Facebook aux organismes qui viennent en aide aux réfugiés. Le plus souvent ces remarques sont publiées dans les commentaires.

Jointe par messagerie Facebook, la plateforme Flüchtlinge Wilkommen (Bienvenue aux réfugiés), qui met en relation des réfugiés avec des personnes prêtes à les héberger, raconte :

« Comme vous pouvez le voir, les gens parlent des événements constamment dans les commentaires, quel que soit le sujet du post. Nous supprimons les commentaires inappropriés, c’est-à-dire les contenus insultants, menaçants ou qui font l’apologie de la violence. Tout le reste est conservé mais nous ne leur répondons pas. »

Même constat chez l’ONG Flüchtlinge helfen (Aide aux réfugiés), qui reçoit également de nombreux commentaires haineux, qu’elle supprime à chaque fois. Une tâche qui prend du temps et dont elle se passerait bien :

« Nous sommes avant tout une page qui s’occupe des réfugiés et qui se concentre sur cette mission. Nous ne sommes pas une page de débat. Nous avons clairement pris position : ces incidents sont inacceptables et devront être poursuivis devant la justice. Mais il y a trop d’émotion en ce moment et nous ne voulons pas y prendre part. »

Si ces associations ont décidé de modérer en silence, la page Facebook officielle de l’Office fédéral pour la migration et les réfugiés a décidé de répondre aux commentaires à l’aide de ce message standardisé et prudent :

« Salut [...], les évènement de Cologne sont graves. L’enquête de police sur les incidents est toujours en cours – on ne sait toujours pas si des réfugiés se trouvent parmi les délinquants. La police et la ville de Cologne vont certainement prendre les mesures nécessaires, pour protéger la population. Lors de la procédure de demande d’asile, la reconnaissance en tant que réfugié est exclue si le demandeur d’asile est considéré pour des raisons graves comme un danger pour la sécurité de la République fédérale d’Allemagne ou pour la société, parce qu’il a été condamné à une peine d’emprisonnement d’au moins trois ans pour une infraction criminelle ou pour une infraction particulièrement grave. »

La vidéo pédago de youtubeuses

Ce week-end de nombreuses associations ont également décidé de partager la dernière vidéo YouTube du duo germano-syrien Deutschland für Anfänger (L’Allemagne pour les débutants). Isabella Müller-Reinhardt et Abir Alhaffar y rappellent gravement, en alternant en allemand et en arabe, que des femmes ont été agressées dans de nombreuses villes d’Allemagne la nuit du réveillon.

 
L’Allemagne pour les débutants : les agressions sexuelles de la Saint-Sylvestre à Cologne

Elles invitent les témoins de ces scènes à aider les policiers avant d’insister sur le droit des femmes en Allemagne :

« Une valeur importante en Allemagne est qu’ici les femmes ont les mêmes droits que les hommes. Les femmes mais aussi les petites filles doivent être traitées avec respect, quelle que soit leur nationalité ou leur religion. »

 

Source : http://rue89.nouvelobs.com

 

 

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11 janvier 2016 1 11 /01 /janvier /2016 17:09

 

Source : http://cadtm.org

 

 

Une Europe au service de la majorité, et non d’une élite. Inégalités et pauvreté : il est temps d’inverser la donne en Europe

8 janvier par Alice Graas

 

 

 

CC - Flickr - Michael Coghlan

 

En résumé, il nous explique que les politiques d’austérité appliquées dans tous les pays de l’Union pour faire face à la crise économique ces dernières années n’ont fait que creuser les inégalités déjà présentes. Selon Oxfam, il est donc plus que nécessaire d’opérer un virage radical pour parvenir à une meilleure redistribution des richesses grâce à plus de justice fiscale et sociale.

La crise économique qui sévit actuellement dans nos pays amène ceux-ci à prendre des décisions néfastes, encourageant la paupérisation de la population. Cependant, tandis que les conditions de travail se détériorent, qu’augmente le nombre de personnes en situation de pauvreté, les pourcentages les plus riches de nos populations continuent de gagner chaque année un peu plus, creusant un écart profond entre riches et pauvres dans l’UE et constituant progressivement une société à deux vitesses.

En 2015, Oxfam lance une campagne intitulée « A égalité ! », dans le but de mettre ces processus en évidence et d’inciter les Etats européens à agir à travers une croissance durable et un renforcement de la protection sociale, pour redevenir des exemples en termes de droits humains.

 

Des niveaux de pauvrété et d’inégalité intolerables

Malgré un Produit Intérieur Brut (PIB) moyen par habitant assez élevé (26 600 €/an), la plupart des pays d’Europe connaissent des taux de pauvreté importants. Pour ne citer que quelques chiffres éloquents, en Espagne, Italie, Roumanie, Lituanie et Lettonie, plus de 30% des enfants vivent en-dessous du seuil de pauvreté et sur les 500 millions de personnes habitant l’UE, près de 10% manquent d’argent pour chauffer leur logement ou encore faire face à des dépenses imprévues. Les taux de chômage sont également très importants, puisqu’en 2013, ils dépassent les 15% en Grèce, en Espagne, en Croatie, au Portugal et à Chypre. Mais le manque d’emploi n’est pas la seule raison de l’augmentation du taux de pauvreté, puisque même certains actifs font face à des problèmes pour subvenir aux besoins de leur famille. Dans de nombreux pays européens, les salariés possèdent un pouvoir d’achat plus faible qu’avant la crise financière de 2008.

Face à cette augmentation de la pauvreté, certains individus continuent néanmoins de prospérer : entre 2010 et 2013, le secteur du luxe a progressé de 28%.
Lorsque l’on observe les statistiques, on constate que la répartition des richesses est plus favorable à certaines populations. Genre, âge et origine sont des facteurs qui la font fortement varier. En effet, 85% des milliardaires européens sont de sexe masculin, tandis que les femmes sont six millions de plus que les hommes à avoir un revenu inférieur à 60% du revenu médian. L’écart salarial entre les deux sexes persiste dans tous les pays de l’Union, même s’il varie entre 30% (pour l’Estonie) et 3 % (pour la Suède). On constate une réduction de cet écart, mais celle-ci est davantage consécutive à la réduction des salaires masculins qu’à une meilleure redistribution genrée.

D’autre part, les jeunes sont de plus en plus exposés au risque de pauvreté. Ils sont désormais plus nombreux entre 18 et 29 ans à se trouver en bas de l’échelle de répartition des salaires, place qui était autrefois occupée par des personnes de plus de 65 ans (retraités). En 2013, le pourcentage de jeunes européens vivant dans la pauvreté était de 30%.

Enfin, les migrants |1|
sont également une catégorie très exposée à la pauvreté. La discrimination dont sont victimes ces personnes rend difficile la mobilité sociale. Ici encore, ce sont les femmes qui restent les plus touchées. Cette discrimination est partiellement liée à la croyance répandue et entretenue par les politiciens et certains médias selon laquelle la contribution fiscale des migrants dans l’UE serait inférieure à ce qu’ils reçoivent sous la forme de services de santé et d’aide sociale. C’est totalement faux, et si dans certains pays les migrants apportent une contribution fiscale faible ou négative, ce n’est pas parce qu’ils dépendent davantage d’allocations sociales, mais plutôt parce qu’ils touchent des salaires très bas, et par conséquent contribuent moins que les salariés mieux payés en terme d’imposition.

 

Déséquilibre des ressources : 1% des Européens les plus riches détiennent pratiquement un tiers des richesses du continent.

Les importants taux de pauvreté que l’on retrouve dans l’Union Européenne sont surtout liés à une mauvaise répartition des richesses. Cela apparaît clairement dans le graphique suivant : le 1% les plus riches de la population européenne se partagent 31% des richesses alors que les 40% les plus pauvres doivent se contenter du 1% de richesses restant.

 

Fig. 1 : Répartition des richesses en Europe en %. |2|

PNG - 57.8 ko

Source : Deborah Hardoon, chercheuse en chef, Oxfam GB. D. Hardoon (2015), http://policypractice.oxfam.org.uk/..., d’après les données du Credit Suisse.
Page 17 du rapport.


Face à l’augmentation de la pauvreté dans l’Union européenne, celle-ci a créé en 2010, dans le cadre de sa stratégie Europe 2020, |3| la « Plateforme contre la pauvreté et l’exclusion sociale ». Malgré cette initiative, les taux de pauvreté continuent d’augmenter dans tous les pays, et l’écart entre les plus riches et les plus pauvres de se creuser.

Si la crise financière est la première responsable de cette situation, les politiques d’austérité qui ont suivi celle-ci dans de nombreux pays ont empiré la récession économique et sociale que subissait déjà la majorité de la population. Pourtant, les États ont à leur disposition un grand nombre d’outils afin de corriger la distribution inégale des revenus et des richesses. Bien mené, un processus de redistribution utilisant l’impôt peut permettre une réduction drastique du coefficient de Gini, |4|
autrement dit des inégalités, par exemple en renforçant la contribution fiscale des riches et en rendant ainsi accessible à tous l’éducation, les soins de santé, les services de garde d’enfants, et d’autres aides pour les plus démunis. Un système de ce type, qui implique une augmentation des dépenses sociales ne sera pas pour autant forcément très onéreux. Le système danois est l’un des plus égalitaires du monde, mais il n’est que le neuvième régime le plus cher des pays de l’OCDE, bien après les États-Unis, où n’existe même pas un système de soins de santé accessible à tous.

 

Le cercle vicieux des inégalités économiques et de la confiscation politique

Le problème réside dans le fait qu’aujourd’hui, pouvoir et politique ne sont plus autonomes mais sont contrôlés par une élite économique. Celle-ci use de son influence pour élaborer des politiques et des réglementations en sa faveur et aux dépens des plus démunis. Cela a pour conséquence de renforcer les inégalités en même temps que le pouvoir des plus riches. De plus, face à cela, les plus pauvres ne bénéficient d’aucun pouvoir pour promouvoir des politiques plus égalitaires.

Le lobby financier est en effet très puissant dans l’Union européenne. Il œuvre avec force pour influencer les décisions, aux dépens des syndicats et des organisations de la société civile. D’autre part, les pays européens font preuve d’un manque cruel de transparence, d’intégrité et d’égalité concernant l’accès à la réglementation sur le lobbying. La société civile œuvre pour le suivi et l’analyse des dépenses consacrées au lobbying, à travers des organisations telles que le site LobbyFacts.eu. Ce n’est pourtant pas suffisant. Selon Oxfam, les politiques ont eux aussi leur rôle à jouer en matière de législation, par exemple en renforçant la transparence en matière de lobbying.

Les citoyens européens ne sont pas dupes de cette prise de pouvoir des intérêts privés. Ils sont nombreux à être très désabusés vis-à-vis de leur gouvernement, de leurs institutions nationales, mais également des institutions européennes, en particulier dans les pays qui souffrent le plus des conséquences de la crise financière mondiale (Grèce, Italie, Espagne).

On l’a vu, les politiques sociales sont en danger en Europe à cause de l’obéissance de nos leaders à un néo-libéralisme sans frein. Les décisions prises sont souvent en contradiction totale avec les besoins de la majorité de la société. La privatisation des services publics ou encore la réduction des taux marginaux supérieurs |5| en sont des exemples criants. Un autre est celui des politiques adoptées par de nombreux États européens depuis 2008 pour faire face à la crise financière, sous l’influence de la Troïka (Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international). Celle-ci emploie deux mécanismes pour orienter les politiques des États selon son bon vouloir. Le premier mécanisme, ce sont ses « programmes ». Ils permettent à des pays demandeurs d’accéder au crédit en échange de coupes budgétaires dans les services publics, encourageant la privatisation de ceux-ci. Le second mécanisme, c’est le pacte fiscal. Celui-ci exige que ratio dette-PIB ne dépasse pas 60%, et interdit aux pays de s’endetter de plus de 0,5% du PIB chaque année. Les États sont obligés de ratifier ce pacte pour pouvoir bénéficier du mécanisme européen de stabilité |6| et le transgresser peut donner lieu à des sanctions financières. Ces deux mécanismes protègent encore des intérêts privés en ignorant les besoins sociaux des citoyens européens.

Ainsi, depuis 2008, les institutions européennes ont vivement encouragé les Etats à privatiser les services publics (transports, eau, énergie, santé, etc.). En parallèle, elles ont pratiquement imposé une série de mesures d’austérité impliquant des coupes dans les dépenses publiques, ce qui a rapidement amené au démantèlement de mécanismes permettant de diminuer les inégalités. La réduction des aides à l’éducation et à la formation aura principalement des impacts sur les plus démunis, puisqu’elle empêchera des enfants issus de foyers plus pauvres de profiter d’une scolarité plus longue et de qualité. A contrario, les élèves issus d’un milieu plus aisé ne seront pas affectés par cette situation. Les restrictions ont également un impact plus important sur les femmes. Parce qu’elles représentent la majorité des fonctionnaires de l’État, mais aussi parce que la réduction des services publics en matière de santé, d’éducation et de garde d’enfants a pour conséquence une augmentation du travail domestique, aujourd’hui encore majoritairement réalisé par les femmes. Certaines prennent donc la décision de travailler à temps partiel pour pouvoir mieux assurer leurs responsabilités au sein de leur foyer, percevant alors un salaire plus faible.

A côté de ces mesures d’austérité et de ces privatisations, les pays européens ont également assoupli la réglementation en matière d’emploi et ont limité les droits des employés. Ceci a eu comme conséquence de déréguler le marché du travail. De plus, les processus de négociation collective ont été affaiblis, en même temps que les salaires dévalués, laissant peu d’armes aux travailleurs pour défendre leurs droits.

 

Des régimes fiscaux injustes

« Dans l’UE, la fiscalité n’a jamais été aussi intéressante pour les hauts revenus, les plus fortunés et les grandes entreprises les plus rentables ». |7| En effet, toutes les dernières réformes fiscales se sont avérées bénéficier exclusivement aux plus nantis : diminution des impôts sur les hauts revenus voire suppression de l’impôt sur les fortunes, et a contrario, hausse des taxes sur la consommation et coupes budgétaires dans les systèmes de protection sociale. Cette stratégie a des conséquences néfastes pour les revenus les plus faibles et intermédiaires, ce dans tous les pays d’Europe. D’autre part, et en dépit du principe de solidarité supposé unir tous les pays membres, une concurrence fiscale préjudiciable s’installe dans l’Union. Les plus grandes fortunes migrent dans des paradis fiscaux comme le Luxembourg, Andorre ou Monaco, et certaines entreprises s’implantent dans des pays à la fiscalité avantageuse à seule fin de réduire leurs impôts. Cette situation pose un problème tel que la Commission européenne a adopté deux recommandations pour les États membres concernant les paradis fiscaux et la concurrence fiscale déloyale. Celles-ci n’ont cependant que peu de suivi, car les États manquent de volonté politique ou de confiance pour décider d’agir conjointement.

Progressivement, néanmoins, l’Europe se réveille et adopte des mesures pour une plus grande justice fiscale. Les entreprises sont cependant bien plus épargnées que les fortunes privées. Même si la Commission fait des efforts vers plus de transparence et d’harmonisation concernant la fiscalité des entreprises, les propositions énoncées ne sont pas assez radicales pour améliorer la situation durablement et efficacement.

 

Exigeons un agenda au service de la majorité et non d’une élite

Pour obtenir une plus grande justice sociale et une redistribution de ressources, il est nécessaire que les États investissent dans les dépenses sociales, de santé et d’éducation. Il parait dès lors évident que les politiques d’austérité ne sont pas une solution à la crise, puisqu’elles ne font que creuser encore davantage les inégalités. Pour preuve, « les États de l’UE qui investissent plus dans les politiques sociales (santé, éducation), qui disposent de bons systèmes de protection sociale et qui soutiennent le marché du travail de façon flexible sont parmi les plus prospères de l’Union […], et résistent mieux à l’impact négatif de la crise financière sur le plan social et économique ». |8|

Ceci nous montre clairement que l’austérité est une politique basée exclusivement sur les intérêts de l’élite économique et financière. En effet, malgré les impacts néfastes qu’elle a sur les citoyens, et les critiques qu’elle suscite de la part de la société civile, elle continue d’être appliquée sans répit. Pour le CADTM comme pour d’autres mouvements radicaux, ces politiques ne sont qu’une excuse pour faire disparaître les conquêtes sociales obtenues par la classe travailleuse depuis des décennies. D’autre part, appliquées comme solution à la crise de la dette publique de 2009-2010, elles font payer celle-ci à ceux et celles qui ne l’ont pas provoquée et ne font que la subir depuis plusieurs années.

Quatre démarches politiques sont tout d’abord indispensables : renforcer la démocratie institutionnelle et améliorer la transparence des processus décisionnels, sanctionner les lobbyistes qui agissent de manière illégale ; cesser les politiques d’austérité et réinvestir dans les services publics et cesser les privatisations, créer des systèmes de protection sociale qui répondent aux besoins des plus vulnérables (femmes, jeunes et migrants, ou encore ménages à bas revenus) ; garantir un travail et des salaires décents, renforcer les systèmes de négociation collective ; et enfin améliorer la justice fiscale, en restant attentif à l’impact des politiques fiscales sur les pays en développement. |9|

Pour le CADTM, il faut également s’attaquer à la source du problème, autrement dit la dette. Pour pouvoir continuer à payer celle-ci, les pays entrent dans une spirale infernale dans laquelle ils sont chaque fois obligés d’emprunter davantage pour rembourser des intérêts qui ne cessent d’augmenter. La Troïka accepte que les pays continuent à emprunter en contrepartie de quoi elle leur impose de mettre en place des mesures d’austérité tout autant antisociales qu’inefficaces. On a vu le résultat en Grèce : malgré la prise de certaines mesures néolibérales dictées par les institutions européennes et qui se sont révélées catastrophiques pour la population, la dette grecque est passée de 129 % du PIB en 2009 à 179 % en 2014 ! Il est donc nécessaire de réaliser un audit de la dette, en incluant les citoyens européens dans le processus. Ensuite, il faut systématiquement exiger l’annulation de la partie illégitime de la dette (la partie dont la population n’a pas bénéficié), si nécessaire de façon unilatérale (autrement dit sans consulter le FMI) et mettre en œuvre une série de mesures nécessaires, comme la socialisation du secteur bancaire, la taxation des couches les plus riches, des patrimoines et des grosses entreprises, l’augmentation des dépenses publiques, etc. afin de permettre à tous les pays de l’Union de s’acheminer vers la justice sociale et la (vraie) démocratie. |10|

 

 
Notes

|1| Le terme fait ici référence tant à des personnes nées en dehors de l’Union qu’aux enfants nés en Europe de ces personnes.

|2| Id ibid. p. 17.

|3| -Cette stratégie a pour but d’établir une croissance inclusive tout en améliorant le contexte social au sein de l’Union. Elle vise à extraire 20 millions d’Européens de la pauvreté en luttant en parallèle contre l’exclusion sociale.

|4| -Le coefficient de Gini mesure l’ampleur des inégalités dans la société, qu’il évalue entre 0 et 100, 0 désignant une égalité parfaite (chacun dans la société possède la même chose) et 100 une inégalité absolue (une seule personne possède tout).

|5| Le taux marginal est le taux auquel les revenus sont taxés. Il augmente en fonction de la tranche de revenus dans laquelle on se situe. Le taux marginal supérieur correspond au taux auquel la tranche la plus élevée est taxée.

|6| Le mécanisme européen de stabilité est une institution qui permet d’aider des Etats en difficulté économique, à travers une aide financière.

|7| Id ibid. p. 36.

|8| Id ibid. p. 41

|9| Il reste néanmoins nécessaire d’adapter ces quatre principes aux contextes intentionnels et nationaux.

|10| Pour un texte plus complet sur l’analyse du CADTM de la situation européenne, se référer à l’excellent « Et si on arrêtait de payer ? 10 questions/réponses sur la dette publique belge et les alternatives à l’austérité » d’Olivier Bonfond aux Editions Aden. La situation en Belgique n’est bien sûr pas la même que dans tous les pays européens, mais les méthodes pour combattre la dette sont susceptibles d’être transposées dans la plupart des Etats de l’Union.

 

Auteur

Alice Graas

 

 

 

Source : http://cadtm.org

 

 

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11 janvier 2016 1 11 /01 /janvier /2016 16:13
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