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2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 14:52
Grèce: le camp des Indignés à Athènes évacué par la police

ATHENES — La police et des employés municipaux d'Athènes ont évacué samedi les manifestants anti-austérité du mouvement des Indignés qui campaient et occupaient depuis plus de deux mois la place centrale de Syntagma, épicentre du pouvoir et des contestations en Grèce, a constaté l'AFP.

Le campement de tentes et d'installations éphémères installé depuis le 25 mai sur la place en face du Parlement a été démantelé ainsi que "différents objets qui polluaient l'environnement", a indiqué dans un communiqué la police, selon laquelle 25 camions ont été nécessaires pour mener à bien l'opération de nettoyage.

La police a procédé à l'arrestation de huit personnes durant l'opération, quatre Grecs, deux Français, un Allemand et un Roumain, accusés d'avoir "violé les lois sur la protection de l'environnement", a ajouté la police sans autre précision.

Ils seront transférés devant un procureur.

"Il n'y a pas eu de bousculade, mais à leur façon ils ont été très clairs sur le fait qu'on devait partir", a dit à l'AFP l'un des manifestants évacué du camp, qui se retrouvait dans une rue voisine avec son paquetage.

"Je ne comprends pas pourquoi on nous a dit de partir, les places publiques sont faites pour tous les citoyens", a ajouté le jeune homme en requérant l'anonymat.

"Nous avons essayé de dérouler une banderole une fois que la place a été évacuée, mais on nous a dit de l'enlever tout de suite, faute de quoi on risquait d'être arrêté", a ajouté un autre Indigné.

Plusieurs d'entre eux ont indiqué qu'ils avaient l'intention de rester dans les alentours.

Depuis le 25 mai, le mouvement des "Indignés" calqué sur un mouvement éponyme en Espagne a réussi à faire descendre des dizaines de milliers de Grecs dans la rue sans violence au début du mouvement pour protester contre des mesures d'austérité et la politique de réformes menée par le gouvernement grec, sous la pression des créanciers du pays.

Ce mouvement, fortement relayé par les réseaux sociaux, qui se voulait apolitique et loin de toute étiquette syndicale, a rencontré un vif succès initial car les manifestations dégénèrent souvent dans la violence en Grèce.

Au milieu d'une forêt de banderoles pronant la "révolution maintenant, partout", ils s'étaient installés à résidence sur la place, menant de nombreux débats publics sur la façon de sortir de la crise de la dette qui écrase le pays, ou de renouveler la démocratie.

Leur nombre a beaucoup diminué depuis l'arrivée des grosses chaleurs à la mi-juillet.

La place, bordée de grands hôtels et de bâtiments publics, a été le théâtre les 29 et 30 juin d'actes de violence importants et inondée de gaz lacrymogènes par la police, lors des manifestations qui tentaient d'empêcher le vote de quatre nouvelles années d'austérité en Grèce, à la demande des créanciers du pays.

Copyright © 2011 AFP. Tous droits réservés. Plus »

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1 août 2011 1 01 /08 /août /2011 22:30
Ce qui nous attend est bien pire que Big Brother

Interview du président de la CNIL (Commission Informatique et Libertés) également sénateur divers droite et ancien membre du RPR...

Certains estiment que le recours massif aux nouvelles technologies n’est pas à craindre, dès lors qu’on n’a personnellement rien à se reprocher. Que leur répondez-vous ?

A. T. : Quelle naïveté ! Tenir un tel discours revient à confondre intimité et innocence. Il faut préserver son intimité, quand bien même on est irréprochable ! Nous devons pouvoir aller et venir sans être tracés, pistés, contrôlés. Qu’adviendra-t-il de notre liberté d’expression si nous sommes en permanence épiés et jugés pour des propos tenus en privé ? Resterons-nous spontanés, si nous n’avons plus jamais la certitude d’être seuls ?

Nos concitoyens critiquent volontiers la multiplication des fichiers de police, tout en mettant librement en ligne, sur les réseaux sociaux, nombre d’informations les concernant. Comment expliquez-vous ce paradoxe ?

A. T. : Lorsque j’ai pris la tête de la Cnil, il y a sept ans, la multiplication des fichiers régaliens à la suite des attentats du 11-Septembre me préoccupait au premier chef. Aujourd’hui, nous sommes entrés dans une autre ère : celle du fichage de masse et du « flicage ludique », si je puis dire. Les gens diffusent spontanément un tas d’informations sur eux. Aujourd’hui, un citoyen est forcément fiché quelque part, et souvent sur de multiples bases. Peut-être seront-elles interconnectées un jour ? Cette transparence, c’est le rêve des multinationales : elles espèrent bien tirer profit de nos profils. C’est une forme de Big Brother convivial… Mais revenons au paradoxe que vous pointiez du doigt : les objectifs des réseaux sociaux et des fichiers de police diffèrent fondamentalement, mais leurs effets sont analogues, puisque tout le monde sait que les personnels de police voient en Internet une mine d’informations. Au final, les citoyens doivent vraiment se créer une conscience numérique, comme ils se sont petit à petit forgés une conscience écologique.

N’est-il pas un peu exagéré de comparer les dérives actuelles au Big Brother d’Orwell ?

A. T. : Mais ce qui nous attend est bien pire ! Car Big Brother était un système centralisé, on pouvait se rebeller contre lui. Or, aujourd’hui, nous assistons à la multiplication des nano-Brothers (capteurs, puces électroniques dans les cartes et les portables). Ce sont là des outils de surveillance multiples, disséminés, parfois invisibles. Ils sont donc bien plus difficiles à contrôler. On ne sait pas qui collecte les données, ni dans quel but, ni pour combien de temps. Prenons l’exemple des puces RFID – qui permettent aujourd’hui de géolocaliser les marchandises. Leur usage va probablement s’étendre. À terme, les individus consentiront sans doute, eux aussi, à être tracés en permanence. Nous allons assister à un développement "métastasique", si je puis dire, massif et pernicieux, des puces électroniques. Par sécurité et par confort, nous consentirons exceptionnellement à être pistés lors de nos vacances aux sports d’hiver. Et ce, afin d’être secouru rapidement en cas d’accident. Petit à petit, nous ne nous en passerons plus...

Alex Türk : «Ce qui nous attend est bien pire que Big Brother»

Le sénateur, Alex Türk, plaide pour un « droit à l’opacité » et appelle ses concitoyens à se mobiliser contre les dérives du traçage généralisé (1)

Avec cet article

Les technologies numériques (biométrie, vidéosurveillance, géolocalisation) nous offrent une sécurité renforcée tout en empiétant sur nos libertés individuelles. Comment, concrètement, la Cnil arbitre-t-elle entre les deux ?  

 Alex Türk (2) :  Aucune technique n’est bonne ou mauvaise en soi, seul l’usage qu’on en fait peut être préoccupant. Ainsi, lorsque la Cnil doit se prononcer sur la mise en place d’un nouveau dispositif intrusif, elle évalue toujours de façon concrète les enjeux spécifiques du dossier qu’on lui soumet. En général, plus la sécurité des citoyens est en jeu, plus nous consentons à l’installation de tels dispositifs. Ces dernières années, par exemple, nous avons validé la mise en place de contrôles biométriques au sein des aéroports. Le gain en matière de sécurité nous semblait en effet évident. En revanche, nous venons de refuser l’installation de technologies identiques au sein des cantines scolaires. C’était totalement déplacé.

 Certains estiment que le recours massif aux nouvelles technologies n’est pas à craindre, dès lors qu’on n’a personnellement rien à se reprocher. Que leur répondez-vous ?  

 A. T. : Quelle naïveté ! Tenir un tel discours revient à confondre intimité et innocence. Il faut préserver son intimité, quand bien même on est irréprochable ! Nous devons pouvoir aller et venir sans être tracés, pistés, contrôlés. Qu’adviendra-t-il de notre liberté d’expression si nous sommes en permanence épiés et jugés pour des propos tenus en privé ? Resterons-nous spontanés, si nous n’avons plus jamais la certitude d’être seuls ?

 Nos concitoyens critiquent volontiers la multiplication des fichiers de police, tout en mettant librement en ligne, sur les réseaux sociaux, nombre d’informations les concernant. Comment expliquez-vous ce paradoxe ?  

 A. T. :  Lorsque j’ai pris la tête de la Cnil, il y a sept ans, la multiplication des fichiers régaliens à la suite des attentats du 11-Septembre me préoccupait au premier chef. Aujourd’hui, nous sommes entrés dans une autre ère : celle du fichage de masse et du « flicage ludique », si je puis dire. Les gens diffusent spontanément un tas d’informations sur eux. Aujourd’hui, un citoyen est forcément fiché quelque part, et souvent sur de multiples bases. Peut-être seront-elles interconnectées un jour ? Cette transparence, c’est le rêve des multinationales : elles espèrent bien tirer profit de nos profils. C’est une forme de Big Brother convivial… Mais revenons au paradoxe que vous pointiez du doigt : les objectifs des réseaux sociaux et des fichiers de police diffèrent fondamentalement, mais leurs effets sont analogues, puisque tout le monde sait que les personnels de police voient en Internet une mine d’informations. Au final, les citoyens doivent vraiment se créer une conscience numérique, comme ils se sont petit à petit forgés une conscience écologique.

 N’est-il pas un peu exagéré de comparer les dérives actuelles au Big Brother d’Orwell ?  

 A. T. :  Mais ce qui nous attend est bien pire ! Car Big Brother était un système centralisé, on pouvait se rebeller contre lui. Or, aujourd’hui, nous assistons à la multiplication des nano-Brothers (capteurs, puces électroniques dans les cartes et les portables). Ce sont là des outils de surveillance multiples, disséminés, parfois invisibles. Ils sont donc bien plus difficiles à contrôler. On ne sait pas qui collecte les données, ni dans quel but, ni pour combien de temps. Prenons l’exemple des puces RFID – qui permettent aujourd’hui de géolocaliser les marchandises. Leur usage va probablement s’étendre. À terme, les individus consentiront sans doute, eux aussi, à être tracés en permanence. Nous allons assister à un développement « métastasique », si je puis dire, massif et pernicieux, des puces électroniques. Par sécurité et par confort, nous consentirons exceptionnellement à être pistés lors de nos vacances aux sports d’hiver. Et ce, afin d’être secouru rapidement en cas d’accident. Petit à petit, nous ne nous en passerons plus…

 N’y a-t-il pas un hiatus entre, d’un côté, les délais très courts qui s’écoulent entre une innovation technologique et son application industrielle et, de l’autre, un temps juridique souvent long pour encadrer son usage ?  

 A. T. :  C’est vrai. Mais ce temps long, comme vous dites, est inhérent à la démocratie. On ne peut que se féliciter de vivre dans un pays où le Parlement prend son temps pour débattre et pour légiférer. Alors, c’est vrai, il existe un décalage considérable entre ce temps politique et celui de l’innovation. Il est d’ailleurs de plus en plus fréquent à la Cnil que les ingénieurs me préviennent de la mise sur le marché de telle ou telle application et que, finalement, elle se fasse encore plus rapidement que prévu !

 Peut-on envisager à moyen terme un organe de régulation international dans ce domaine, une sorte de Cnil mondiale ?  

 A. T. :  Ce serait souhaitable, en effet. Mais, pour cela, il faudrait que les Américains et les Européens se montrent capables de réelles convergences. Or, pour l’heure, nos conceptions divergent grandement… Notre rapport aux réseaux sociaux est, à cet égard, tout à fait emblématique. Pour nous, les données personnelles sont des attributs de la personnalité qui méritent une protection spécifique, alors que, outre-Atlantique, on les considère comme de simples biens marchands.

(1) Alex Türk est président de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil)

(2) La Vie privée en péril, des citoyens sous contrôle,  Odile Jacob, 2011, 265 p., 19,90 €.

RECUEILLI PAR MARIE BOËTON


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1 août 2011 1 01 /08 /août /2011 22:17
Même vidéo mise en ligne par Kna, avec un sous-titrage uniquement en français :
 
Par Pierre Fetet Publié dans : Au Japon Communauté : Fukushima blogs
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Dimanche 24 juillet 2011
maire-minamisoma.jpgOn se souvient encore du SOS lancé sur YouTube en mars dernier par Katsunobu Sakurai, maire de la ville de Minamisoma (70 000 habitants avant l’accident), qui lui a valu une notoriété mondiale. Dominique Leglu en avait fait l’écho dans son blog en relevant cette phrase : « Même les gens qui veulent nous aider et les médias ont peur de venir dans notre ville qui se trouve à 25 km de la centrale nucléaire de Fukushima ». Le réalisateur de la vidéo, Kenichiro Nakata, cité par l’agence Kyodo news dans une dépêche du 1er avril, avait expliqué à l’époque que les résidents victimes du désastre ne savaient même pas s’ils devaient rester ou évacuer.
 
Quatre mois plus tard, la contamination de la ville est avérée, mais suite à l’annonce du gouvernement de la reprise en main de la centrale nucléaire, le maire demande à ses concitoyens évacués de revenir dans la ville. Un membre du conseil municipal, Koichi Ohyama, n’est pas du tout de cet avis. Et pour se faire entendre, il utilise le même canal d’information que son maire, YouTube, pour dénoncer le manque cruel d’information sur la contamination réelle de la localité. Il s’oppose en fait au retour des personnes évacuées tant que toutes les mesures n’auront pas été prises pour mettre la population hors de danger, en particulier les enfants. « Les gens perdent l'habitude de se protéger contre la contamination », prévient Koichi Ohyama. C’est effectivement très dangereux. La radioactivité est invisible mais elle va rester dangereuse durant des dizaines d’années. Les territoires contaminés par l’accident de Tchernobyl sont confrontés aux mêmes problèmes : les gens reviennent.
 
Il est évident que cet homme a raison de protester contre le retour de la population évacuée, car c’est la condamner à la maladie future. Le cas de Minamisoma ne va pas être un cas isolé malheureusement. La pression économique va conduire à de fortes tensions dans la population entre ceux qui sont pour un retour rapide à une vie normale, quitte à « oublier » la radioactivité, et ceux qui ne conçoivent pas la vie sans une information transparente et une prise de précaution maximum, jusqu’à une évacuation définitive le cas échéant.
 
Au-delà du drame de cet homme et de cette ville, c’est le problème de l’exode définitif d’une partie de la population japonaise qui va se poser. Ceux qui connaissent les dangers réels de la radioactivité, ceux qui sont bien informés, ceux qui ont les moyens de partir : tous ces gens sont déjà partis ou sont en train de se préparer à partir. Si Koichi Ohyama estime qu’il y a trop de danger à rester et se décide à quitter sa ville, qui continuera à s’inquiéter de la santé de la population ?
 
Voici donc la vidéo de Koichi Ohyama, diffusée le 18 juillet 2011 sur YouTube. Elle est suivie par la traduction en français de son discours, réalisée par Pom’Verte du groupe Fukushima Informations. Mille mercis à elle pour cet important travail qui permet aux francophones de connaître la réalité.
 
 

 
 
 
 

Nouvel SOS de Minamisoma, Fukushima

 
« Bonjour les amis, je m'appelle Koichi Ohyama, et je suis membre indépendant du conseil municipal de Minamisoma, dans la Préfecture de Fukushima.
 
Ma ville pâtit encore gravement de contamination radioactive, et les gens continuent d'avoir peur du danger en cours venant de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, qui est à peu près à 30 kilomètres de notre Mairie.
 
Vous qui m'écoutez, vous, tous les habitants de Minamisoma et de la Préfecture de Fukushima, vous, tous les gens du Japon et tous les gens du monde entier, j'aimerais que vous sachiez ce qui est en train de se passer ici, à Minamisoma.
 
Le 8 juillet, M. Katsunobu Sakurai, le Maire de Minamisoma, cité dans la liste des 100 personnalités les plus influentes du Time, a demandé aux résidents de la ville qui avaient été évacués de la zone de 20km à 30km autour de Fukushima, de rentrer chez eux.
 
Alors, beaucoup d'inquiétudes des résidents me sont parvenues depuis lors. Leurs inquiétudes sont :
 
- Les abris temporaires ou les appartements mis à disposition par la Ville sont dans la zone des taux de doses (de radiation) élevées.
 
- La Ville a construit des bâtiments scolaires temporaires sans enlever la surface de sol contaminée.
 
- Le Gouvernement ne vérifie ni les taux d'irradiation de mon puits ni ceux des légumes produits pour ma propre consommation (les légumes non destinés à la vente).
 
- La vérification des taux d'irradiation de ma maison évacuée, et le nettoyage de sa contamination sont-ils à ma charge (sous ma responsabilité) ?
 
Et tant d'autres sujets d'inquiétudes.
 
Je pense que les inquiétudes des résidents sont très raisonnables [valables], que le Maire ne devrait pas leur demander de repartir, et que le Gouvernement ne devrait pas supprimer la Zone de Préparation à l'Évacuation d'Urgence, qui est de 20km à 30 km autour de Fukushima Daiichi, avant d'en assurer la sécurité.
 
Aucune information détaillée sur la sécurité de la zone de 20 km à 30 km n'a été fournie, c'est pourquoi l'annonce du Maire provoque beaucoup d'inquiétude et de la colère chez les résidents.
 
Dans cette situation, dans le cadre de mon devoir d'annonce publique en tant que membre du Conseil Municipal, j'ai décidé de fournir des informations importantes sur Minamisoma par le biais de YouTube, suivant en cela l'exemple du Maire.
 
À notre avis, la chose la plus dangereuse est la contamination au plutonium, au strontium, et à tous les 31 autres sortes de matières radioactives, répertoriées officiellement au tableau n°5 du rapport de l'AIEA adressé le 6 juin au Gouvernement japonais.
 
Le Gouvernement a officiellement admis que ces matières sont "venues par les airs" de Fukushima Daiichi, mais il n'a pas fait d'enquête, ni annoncé où elles ont "atterri". J'ai demandé directement au Maire et aux membres du Parlement Japonais d'enquêter sur leur contamination, mais je n'ai eu aucune réponse.
 
En hiver, il souffle à Minamisoma de puissants vents saisonniers en provenance des hauts plateaux de l'ouest. Une partie de ces hautes terres sont dans le village de Itate, où les taux relevés sont si élevés qu'on demande à tous les habitants d'évacuer. Donc si des vents violents viennent de ces hauts plateaux hautement contaminés, notre ville sera de nouveau lourdement polluée au prochain hiver.
 
Et si nous enlevons maintenant les matières radioactives de la ville, nous serons de nouveau contaminés en hiver. Notre eau potable provient également de ces hauts plateaux.
 
Où sont ces quantités massives de 31 sortes de matières radioactives très dangereuses, dangereuses au possible ? On peut consulter le tableau et les chiffres dans les sites officiels, mais ni la télévision ni les journaux n'en parlent. C'est totalement injuste.
 
Le Gouvernement et le Maire n'ont pas le droit de mettre les habitants en danger en supprimant la zone restreinte avant d'en avoir contrôlé et assuré la sécurité, tout particulièrement pour la santé des jeunes. Ils sont notre trésor.
 
Nous ne devrions pas poursuivre la restauration économique suite à la catastrophe nucléaire avant d'avoir assuré la sécurité de notre vie.
 
Les parents ne peuvent pas assurer la sécurité de leurs enfants sans une déclaration de sécurité fiable et responsable du Premier Ministre, du Gouverneur, et du Maire. Et au final, c'est le Gouvernement qui doit fournir l'assurance et la responsabilité de la sécurité.
 
Or à Minamisoma, les gens perdent l'habitude de se protéger contre la contamination simplement parce que beaucoup de temps est passé depuis le 11 mars. Ils ont tendance à penser qu'il y aura moins de risques sans le sol, qu'ils n'ont plus besoin de masques, et parfois ils sont au milieu de la poussière dangereuse sans aucune protection.
 
Nous devons tous demander au Gouvernement d'enquêter et d'annoncer publiquement où se trouvent les 31 sortes de matières radioactives dangereuses en provenance de Fukushima Daiichi.
 
D'abord, nous devons connaitre les faits. Ensuite, nous devons y faire face.
 
Nous ne pouvons pas attendre jusqu'à ce qu'il soit trop tard pour notre santé et notre vie. Le Gouvernement et le Maire ne doivent pas compromettre la santé et la vie des habitants au nom de l'économie.
 
L'avenir de nos enfants dépend maintenant de notre choix et de notre action. Nous devons être responsables de notre santé et de la vie à venir. C'est tellement critique maintenant.
 
S'il vous plait, faites connaitre cette situation à vos voisins et à vos amis, et demandez de l'aide.
 
Merci beaucoup de votre attention. »
 
 
 
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En savoir plus avec d’autres articles:
 
Dans Ecocentric, un blog du Time (langue anglaise)
un article de Krista Mahr du 21 Juillet 2011 consacré à Koichi Ohyama
« Is This Mike On? Another YouTube SOS from Fukushima »
 
Dans le site de l’Express
un article de Philippe Mesmer du 22 juillet 2011 consacré à Katsunobu Sakurai
Japon: le maire qui veut sauver sa ville après Fukushima
 
 
 
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Ce n’est pas le seul SOS lancé par un Japonais, je vous avais déjà fait part de l’appel à l’aide des habitants de la ville de Fukushima début juillet :
 
 
 
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Note : le titre de cette page a été emprunté à la chanson du groupe The police : « Message in a bottle »
 
 
Par Pierre Fetet Publié dans : Au Japon Communauté : Fukushima blogs
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1 août 2011 1 01 /08 /août /2011 22:16
Lien vers les autres photos ici
 
aiea2.jpg
 
 
 
 
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Dans la série « Voir Fukushima », voir aussi dans ce blog :
 
Shéma : plan du niveau technique de l’unité 4
Photos : piscine de l’unité 4
Album : photos prises par un liquidateur
Vidéo : reportage sur Fukushima et Tchernobyl
 
Photos : les systèmes de décontamination de l’eau
Schéma : fuite du corium dans le sol
 
Photo et vidéo : porte du bâtiment de l’unité 2
Schéma : projet de digue de 33 m de hauteur
 
Vidéo : visite de la centrale par les experts de l’AIEA
 
Photos : réacteur 4
Webcam Tepco : enregistrements sur youtube
Vidéo : vague du 11 mars sur la centrale
 
Vidéo : environnement de la centrale et zooms sur réacteurs 1 et 4
 
Photos : arrivée de la vague sur la centrale de Fukushilma Daiichi
Webcam de la centrale par Tepco
 
Vidéo : Shigeru Aoyama Clear, conseiller technique en énergie nucléaire, visite la centrale de Fukushima Daiichi
 
Photos : album de 70 photos de la centrale de Fukushima Daiichi
 
Vidéo : piscines de stockage de combustible usé des réacteurs 3 et 4
Vidéo : visite de l’unité 1 par des robots
 
Vidéo : images de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi
 
Photos : tous les clichés fournis par Tepco
Vidéo : zone interdite
 
Webcam de la centrale par Weather Online
 
Vidéos : survol des réacteurs avec des drones
Vidéos : des robots filment au sol
 
Photos : les 15 séries de photos de Cryptome
 
Photo satellite : visite de la centrale avec Google Earth
 
 
 
Par Pierre Fetet Publié dans : Au Japon Communauté : Fukushima blogs
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Mercredi 27 juillet 2011

 
 
La  population de Fukushima, abandonnée par les autorités politiques, vit des heures terribles. Il n’est pas besoin de commenter cette vidéo, les images et les paroles en disent assez pour savoir ce que ces Japonais endurent aujourd’hui, en 2011, suite à un accident nucléaire. Il faudrait être un doux rêveur pour imaginer que cela puisse se passer autrement en France dans la même situation de contamination radioactive généralisée d’un territoire. Comme cet homme que l’on voit à la fin du reportage, je me demande si les pronucléaires ont des enfants…
 
 
 
Cette vidéo suscite l’émoi sur le net, comme en témoignent par exemple les articles de Bigorneau ou Cécile Monnier, dont vous trouverez les liens ci-dessous.
 
 
 
Vivant à Tokyo, je dénonce ce gouvernement irresponsable
par Bigorneau
26 juillet 2011, Rue89
Plus de quatre mois après le séisme de magnitude 9 et l'accident de la centrale nucléaire de Fukushima, la situation n'est pas maîtrisée, et elle apparaît même bien pire que prévu (certains experts l'annoncent pire que Tchernobyl). Je vis à Tokyo, depuis près d'un an, et la gestion de la catastrophe par le gouvernement japonais me révolte. Mais, comme la majorité des Japonais que je connais, je ne dis rien, parce que ça fait trop peur de penser à ça tous les jours. C'est plus simple quand on ne sait pas. Cependant, un soir, j'ai vu cette vidéo. Je suis écœurée, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase.
(…)
 
A Fukushima, le gouvernement japonais assassine sa population…
Une vidéo mise en ligne par la population de Fukushima jette un pavé dans la marre. Alors que la contamination radioactive n’a jamais cessé, le gouvernement refuse d’aider les parents à mettre leurs enfants à l’abri. Pire encore, les mesures prises pour contrôler l’information et préserver la ligne officielle visent à contraindre les habitants à rester chez eux. Un comportement délibéré qui pourrait bien être caractérisé de crime…
(…)
 
 
 
(1) Merci à Hervé, du groupe Fukushima informations pour la traduction française, et à TheGuillaumes pour avoir inséré le sous-titrage en français dans la vidéo. Pour avoir le texte complet des dialogues, se reporter au bas de cette page.
 
 
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Pour s’informer sur les dernières actualités concernant la catastrophe de Fukushima et ses conséquences, voici une sélection de quelques articles intéressants parus ces dernières semaines. Désormais, vous pourrez retrouver cette page actualisée d’articles référencés dans le menu « archives » du blog de Fukushima.
 
Fukushima: quelle est la situation de la centrale?
par Cécile Dumas
4 mois et demi après l’accident, provoqué par le séisme et le tsunami du 11 mars, que se passe-t-il à la centrale de Fukushima-Daiichi ? Le point sur une situation toujours très critique.
(…)
 
Le METI avait prévu le pire : le Melt-through
par Trifouillac
23 juillet 2011, Gen4
Le Ministère de l'Industrie Japonais avait prévu le type d'accident rencontré à Fukushima : La perte des systèmes de refroidissement, la création du corium et le percement des 2 cuves par ce dernier. Le réacteur concerné est un GE Mk1 similaire à l'unité 1 de Fukushima Daiichi.
(…)
 
Kotoé a vécu Fukushima comme un tremblement intérieur
entretien avec Kotoé Makino, artiste et danseuse japonaise.
22 juillet 2011, Ouest-France
Née à Tokyo, cette Japonaise de 34 ans est arrivée en Bretagne il y a trois ans et s'est établie à Peumerit-Quintin depuis un an. Cinq mois après la catastrophe de Fukushima, elle raconte comment elle a vécu, à distance, ces événements.
(…)
 
Pendant les travaux, la contamination continue
par François Leclerc, économiste
21 juillet 2011, blog de Paul Jorion
Le typhon Ma-On, qui menaçait la centrale sinistrée de Fukushima, l’a finalement épargnée pour aller se perdre dans l’océan. Comme lors de l’épisode précédent, des mesures de fortune avaient été prises par Tepco, l’opérateur, n’empêchant pas le niveau de l’eau contaminée de dangereusement monter dans les sous-sols en raison des pluies diluviennes.
(…)
 
La ruine et le désespoir des éleveurs de Fukushima
nouvelle AFP
20 juillet 2011, Le Point
"De nombreuses vaches sont mortes après l'accident nucléaire car les éleveurs n'ont pu les nourrir. Maintenant, c'est à notre tour de mourir de faim." Le paysan Masami Yoshizawa est désespéré par l'interdiction du boeuf de Fukushima, qui le prive de son gagne-pain. Comme les autres éleveurs de cette préfecture du nord-est du Japon, Yoshizawa a vu sa vie basculer le 11 mars à cause de l'accident à la centrale nucléaire Fukushima Daiichi, inondée par un tsunami géant consécutif à un séisme sans précédent.
 
Le plongeon de l’uranium n’aura pas lieu
par Camille-Yihua Chen
19 juillet 2011, L’édito matières premières and Co
La peur du nucléaire couvait sous la braise ; la catastrophe de Fukushima l’a ravivée.
Au milieu d’un concert de protestations contre l’atome civil, l’uranium — minerai indispensable au fonctionnement des centrales nucléaires — a vu son élan haussier se briser net. De 61,35 $ la livre le 24 mars, le cours du yellowcake (poudre d’uranium) est retombé le 24 juin à 54,25 $ la livre. Une chute de plus 13% en trois mois.
(…)
 
 
Japon: nouvelle crise autour du bœuf contaminé par la radioactivité
par Cécile Dumas
19 juillet 2011, Sciences et Avenir
Plusieurs centaines de têtes de bétail contaminées par la consommation de fourrage radioactif ont été vendues au Japon. Une crise dont l'ampleur s'accroît de jour en jour. Au Japon, le nombre de têtes de bétail commercialisées contaminées par du césium se monte à 578 entre la fin mars et le début juillet, selon les informations de la chaîne japonaise NHK. Après les légumes, le lait, le thé, les produits de la mer et les champignons shiitaké, c’est au tour du bœuf d’alimenter les craintes sanitaires des Japonais suite à l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi.
(…)
 
 
Après Fukushima : une extension massive de l'industrie nucléaire mondiale se prépare
par William Whitlow
16 juillet 2011, World Socialist Web Site
Un rapport de l'Economist Intelligence Unit [le service de recherche et d'analyses du journal The Economist, ndt] prédit une croissance massive sur toute la planète de la production d'énergie nucléaire au cours de la décennie à venir. La prise en compte du désastre de Fukushima, considéré maintenant comme le pire accident industriel de l'histoire, devrait être minime.
(…)
 
Enfin l’ère postnucléaire
par Ulrick Beck, sociologue, philosophe
(traduction : Olivier Mannoni)
9 juillet 2011, Le Monde
Ce qui suit présente certaines des recommandations d'experts ayant servi de base à la politique d'Angela Merkel, qui prévoit la mise en place d'alternatives au nucléaire d'ici à 2021. L'Allemagne pourrait montrer qu'une sortie de l'énergie nucléaire est une opportunité de créer une économie de pointe.
(…)
 
 
-------------------------------------------
 
Traduction française de la vidéo:
« Les autorités japonaises face à la colère des habitants de Fukushima »
Le 19 Juillet à Korahi, ville de Fukushima, les gens face à Akira Sato, directeur du Département des urgences nucléaires locales :

Ne pensez-vous pas que les gens de Fukushima, comme les autres gens, ont le droit de s'échapper pour ne pas être exposés à la radioactivité ?

A.S. Le gouvernement essaye de réduire le taux d'exposition autant que possible.

Vous ne répondez pas à sa question!
Comme cela, vous dites qu'ils n'auraient pas ce droit? Ils ont bien ce droit, n'est-ce pas?

A.S. Je ne sais pas s’ils ont ce droit.

Quoi? Alors vous aussi vous n'en avez pas le droit !
Alors vous aussi, vous-même vous pensez que vous n'avez pas le droit de vivre une vie en bonne santé ?
Réponds-moi !
Vous pensez que les gens de Fukushima n'ont pas des Droits de l'Homme ?
Vous voulez dire qu'il existe une différence de standard d'exposition à la radioactivité pour la préfecture de Fukushima et pour les autres préfectures ?

A.S. Ce que je dis c'est que le gouvernement a essayé de réduire autant que possible le taux d'exposition.

Vous n'avez pas répondu à sa question !
Le gouvernement applique un standard différent pour les gens de Fukushima, c'est ça ?

A.S. J'ai déjà dit tout ce que je peux dire.

Quoi ?
Il y a des gens à Fukushima qui veulent évacuer. Prenez la responsabilité de les évacuer s'il vous plait.
Veuillez nous donner une réponse, un commentaire de votre part.
S'il vous plait répondez !
Assez de temps de réflexion, répondez-nous!

A.S. Bien, vous êtes libres d'évacuer à vos propres risques.
Si les gens vivent dans un endroit en toute sécurité, le gouvernement leur demande de
rester.

C'est maintenant un cas d'urgence, n'est-ce-pas?
La ville de Fukushima est sans danger?
Même dans le bloc communiste le gouvernement russe a évacué rapidement la population du Belarus pendant l'accident de Tchernobyl !
Pourquoi sur la terre, le Japon, une nation libre, ne peut-il pas faire la même chose pour nous?
Même l'Union Soviétique l'a fait pour leur peuple !
L'Union Soviétique a évacué 240 000 enfants en deux semaines !
Qu'est-que le gouvernement a foutu pendant les derniers quatre mois ?
Vous devriez avoir honte !
Qu'est-ce que vous venez en fait faire ici ?
Vous voulons  que vous fassiez examiner l'urine de nos enfants très rapidement !
Et nous voudrions que vous nous informiez plus tard qui fera ces analyses et comment elles seront réalisées.
S'il vous plait, emportez cette urine avec vous.

Akira Sato et les autres officiels se lèvent, sortent précipitamment comme s'enfuyant...

– Ils sont terrribles...
C'est si absurde...
Testez cette urine !
Qu'est-ce que vous pensez que vous faites?
Testez cette urine!
Pourquoi refusez-vous?
Qu'est-ce que vous pensez que vous êtes en train de faire?
S'il vous plait, ne vous enfuyez pas!
S'il vous plait emportez cette urine avec vous!

A.S. Ce n’est pas notre travail.

Nous voudrions que vous l'ameniez au gouvernement central !

A.S. Ce n'est pas du tout notre travail.

Qu'est-ce que vous voulez dire par cela ?
Vous ne pensez pas que vous devriez emporter cette urine avec vous ?
Ils l'ont apportée pour vous aujourd'hui comme ils l'avaient promis !
Ils l'ont apportée pour vous aujourd'hui !
Pourquoi ?
Vous aviez dit auparavant que s’ils vous apportaient les urines vous les feriez analyser ! Vous n'avez pas dit cela ?
S'il vous plait emportez ces urines avec vous !
Arrêtez !
S'il vous plait ne vous enfuyez pas !
Vous ne devriez pas vous enfuir ainsi !
S'il vous plait communiquez avec nous ainsi que les gens peuvent le faire!
Qu'est-ce que vous pensez que vous faites ?
Vous pensez que les bureaucrates à Tokyo sont plus importants que les gens à Fukushima ?
Je vous en supplie, s'il vous plait !

A.S. Nous ne pouvons pas en décider.

Pourquoi cela ?
Vous n'avez pas d'enfants ?
 
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1 août 2011 1 01 /08 /août /2011 22:12
Samedi 30 juillet 2011
- Tepco a édité cette vidéo de la visite du bâtiment du réacteur n°2 de la centrale de Fukushima Daiichi, le 8 juillet 2011, à l’aide du robot Quince. Cryptome l’a diffusé sur youtube.

 
 
 source originale à télécharger :
 
Dans le même temps, Tepco a donné le plan du bâtiment de l’unité 2, pour les niveaux 1, 2 et 3 :
 
plan reacteur2
 
 
source :
 
 
- Le 26 juillet, c’est au tour du bâtiment 3 de recevoir la visite du robot Quince, puis de 11 employés le 27.

 
 
source originale à télécharger :

 

 

Du coup, on obtient également le plan du bâtiment 3 (niveaux 1 et 2), grâce à un document au format pdf. fourni par Tepco :

 

tepco-plan-reacteur3a.jpg
 
tepco-plan-reacteur3b.jpg.
 

Les photos suivantes sont tirées de la vidéo (dernière photo : impossible de monter plus haut, trop de dégats)

 tepco-video-reacteur3.jpg
 
tepco-video-reacteur3b.jpg
 
tepco-video-reacteur3c.jpg
 
tepco-video-reacteur3d.jpg
 
tepco-video-reacteur3e.jpg.
photos Tepco meilleure définition :
 
Dans ce bâtiment, on a mesuré 280 mSv/h comme indiqué sur ce document :
 
reacteur3-mesure-radioactivite.jpg
 
source :
 
 
- Enfin, retour sur la visite des experts de l’AIEA à Fukushima du 22 mai au 2 juin 2011.
Une série de photos à découvrir, tirées du site de l’AIEA
 
aiea-juin-2011.jpg
 
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1 août 2011 1 01 /08 /août /2011 22:09
Par Pierre Fetet Publié dans : Au Japon Communauté : Fukushima blogs
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Dimanche 31 juillet 2011

hirado-norio.jpgLe témoignage que j’ai choisi de diffuser aujourd’hui ne traite pas de l’accident de Fukushima, mais il doit être lu pour comprendre comment la catastrophe a pu arriver. Rédigé il y a 15 ans au Japon par Norio HIRAI, technicien chaudronnier travaillant pour la construction et l'entretien des centrales nucléaires, il ajoute un éclairage saisissant sur le fonctionnement du nucléaire au Japon. Homme de terrain, Norio HIRAI apporte son expertise, et ses craintes sont malheureusement devenues réalité. Puisse son témoignage posthume ‒ l'auteur est mort d’un cancer en 1997 ‒ arriver aux portes du pouvoir, afin que son manifeste atteigne un tant soit peu la conscience de ceux qui nous gouvernent.

 

Je suis conscient de la longueur de ce texte et du temps qu’il faut consacrer pour le lire complètement. C’est pourquoi, bien que je vous encourage à le lire entièrement, j’ai relevé quelques passages qui donnent le ton du témoignage de Norio et j’ai ajouté un sommaire numéroté pour accéder avec plus de facilité à tel ou tel paragraphe.

 

J’aimerais également exprimer ma reconnaissance à Tomomi DUFILS qui a réalisé la traduction du texte japonais en français en avril 2011, et à son mari Gabriel, ancien membre de la Gazette nucléaire, qui a permis sa diffusion sur internet (Ce témoignage a déjà été diffusé plusieurs fois sur le web et il faut encore encourager sa diffusion). Merci aussi à Janick qui a effectué la traduction du texte de présentation de l'auteur, placée à la suite du témoignage. Merci enfin à Florent, lecteur de ce blog, et Pascal, veilleur de Fukushima, de m'avoir transmis cette info.

 

 

Quelques passages et commentaires pour une lecture rapide :

 

« A la centrale de Fukushima de TEPCO, nous avons démarré la centrale en laissant un bout de fil de fer et on a échappé de peu à un grave accident qui aurait pu avoir une répercussion sur le monde entier. L’ouvrier savait qu’il avait fait tomber ce fil de fer mais il ne savait pas à quel point la conséquence de son acte était dangereuse. »

 

« Il n’y a pas beaucoup de poissons pêchés en bordure des îles nipponnes que l’on peut manger sans craindre le risque de la contamination radioactive. »

 

« Finalement, concernant la centrale de Fukushima, on a conclu que la démolition était irréalisable. Le fabricant américain qui a vendu cette centrale a envoyé des ouvriers au Japon, et il les a fait réparer le réacteur en les exposant à des quantités de radioactivité inimaginables par rapport à la norme japonaise. Aujourd’hui, cette centrale fonctionne toujours. Alors qu’on avait prévu de l’utiliser 10 ans, elle a déjà fonctionné plus de 30 ans. Au Japon, il y a 11 centrales que l’on exploite toujours malgré leur vieillissement, cela m’inquiète beaucoup. »

 

« J’ai peur que mes mots soient brutaux mais je n’arrive pas à m’empêcher de penser que ce pays est devenu fou. » [en 1996]

 

« Il y a environ 5 ans, j’ai été faire une conférence sur mon travail à Hokkaido. Quand j’ai dit « on va continuer à surveiller les déchets nucléaires pendant 50 ans ou 300 ans », une collégienne a levé sa main. Elle a crié « J’ai une question. En parlant de la surveillance des déchets qui dure 50 ou 300 ans, est ce que c’est vous qui allez le faire ? Non, ce n’est pas vous, les adultes d’aujourd’hui, c’est nous, la prochaine génération, et les générations qui suivent. Mais nous, nous n’avons pas envie de le faire ! » Est-ce que quelqu’un peut donner une réponse à cette fille ? »

 

« En plus, il ne faut pas confondre la sûreté et la sécurité. S’il y a des centrales nucléaires, il n’y a plus rien de sûr. »

 

Quand Norio a appris qu’il avait un cancer, il a décidé de mettre à jour tout ce qu’il connaissait des centrales nucléaires. Il nous explique entre autres que :

- On n’explique pas les dangers dus à la radioactivité aux ouvriers.

- Quand il y a un accident nucléaire, peu de personnes sont compétentes pour comprendre ce qu’il se passe.

- La surveillance des travaux n’est pas faite par des gens qualifiés.

- Les contrôleurs sont souvent des personnes qui ne connaissent rien à l’énergie nucléaire.

- Le service de l’inspection nucléaire est assuré par des retraités du ministère du commerce et de l’industrie.

 

 

 

Témoignage de Norio HIRAI,

technicien chaudronnier du nucléaire,

(rédigé en 1996)

source en japonais :

http://www.iam-t.jp/HIRAI/pageall.html#page2

source en français :

http://resosol.org/Gazette/important/Japon%202011/témoignage.rtf

 

SOMMAIRE

 

1. Je ne suis pas militant contre les centrales nucléaires

2. La sécurité, une perspective chimérique

3. Les centrales nucléaires construites par des gens sans qualification 

4. Les contrôles et les inspecteurs d’apparence

5. Le plan antisismique bâclé

6. Le contrôle régulier est fait également par les gens incompétents

7. Le déversement de radioactivité dans la mer

8. Le plus horrible, c’est l’irradiation interne (la contamination)

9. Rien à voir avec le chantier normal

10. Le lavage de cerveau « absolument sûr » qui dure 5 heures

 

 

11. Qui va sauver les ouvriers du nucléaire ?

12. L’accident de la centrale Mihama a été une mauvaise surprise

13. L’accident de Monju

14. Le plutonium japonais dans les armes nucléaires françaises ?

15. Le Japon qui n’ose pas interrompre le projet

16. On ne peut ni démonter, ni démolir

17. La surveillance et l’entretien après la fermeture

18. Les déchets nucléaires qu’on ne sait même pas traiter

19. L’irradiation et la discrimination affreuse des habitants

20. Puis-je avoir des enfants ?

21. On ne peut jamais être en sécurité si la centrale nucléaire ne disparaît pas.

 

 

1. Je ne suis pas militant contre les centrales nucléaires

J’ai travaillé pendant 20 ans dans des centrales nucléaires. Il y a toujours des polémiques sur les centrales nucléaires où les personnes disent qu’ils sont pour ou contre, ou alors que c’est dangereux ou pas.

Mais aujourd’hui, je veux simplement vous raconter ce qui se passe dans les centrales. Vous allez comprendre qu’il y a une grande différence entre la réalité et l’idée que vous en avez. Vous allez en même temps découvrir que les centrales nucléaires irradient (contaminent) tous les jours de plus en plus de personnes et sont à l’origine de discriminations.

Vous allez certainement découvrir des choses que vous n’avez jamais entendues. S’il vous plaît, lisez mes textes jusqu’à la fin et réfléchissez par vous-même. Quand on parle des centrales nucléaires, beaucoup de gens parlent du plan de construction. Mais personne ne parle des travaux effectués. Sans connaître le chantier, on ne peut pas savoir la réalité des centrales.

J’ai fait ma formation de tuyauteur dans les ensembles industriels et les grandes usines chimiques. J’ai été embauché pour construire (participer à la construction des) les centrales nucléaires à la fin de mes vingtièmes années, puis j’ai longtemps travaillé comme chef de chantier. Je connais presque tout sur les centrales nucléaires, plus qu’un simple employé ne pourrait jamais savoir.  

 

2. La sécurité, une perspective chimérique

L’année dernière, le 17 Janvier 1995, il y eut un grand tremblement de terre à Kobé. Et le peuple japonais a commencé à s’inquiéter si les tremblements de terre ne présentaient pas de danger pour les centrales nucléaires japonaises. Résisteront-elles vraiment contre tous les tremblements de terre ? Ce n’est pas du tout sûr. Le gouvernement et les compagnies d’électricité soulignent que les centrales sont bien conçues et construites sur des sols bien stables. Mais c’est une perspective chimérique. 

Le lendemain du séisme, je me suis rendu à Kobé. Les nombreuses relations entre les dégâts à Kobé et la problématique des centrales nucléaires m’ont dérouté. Jusqu’à ce jour, qui avait imaginé que les rails du Shinkansen et les poteaux de l’autoroute pourraient tomber?

En général, nous imaginons que les constructions des centrales nucléaires, du Shinkansen ou des autoroutes sont soumises à des contrôles rigoureux de l’administration. Mais à Kobé, nous avons découvert des coffrages laissés dans les poteaux en béton du Shinkansen. Les armatures de l’autoroute avaient été mal soudées: (elles avaient été collées par le métal de la soudure mais les bords de l’armature eux-mêmes n’avaient pas été fusionnés). Elles ont toutes été disloquées avec le séisme.

Pourquoi une telle chose s’est-elle produite ? Parce qu’on a accordé trop d’importance au plan, au bureau, mais on a négligé la surveillance sur le chantier. Si ce ne fut pas la cause directe, on peut dire que cette négligence a provoqué l’ampleur de la catastrophe.

 

3. Les centrales nucléaires construites par des gens sans qualification 

Comme pour les constructions de Kobé, il y a aussi trop d’erreurs humaines dans les centrales nucléaires. Par exemple, connecter des tuyaux en laissant des outils à l’intérieur. Il n’y a pas beaucoup d’ouvriers très compétents. Ils n’arrivent pas à suivre parfaitement un plan de construction bien conçu. Ce plan chimérique part de l’idée que ce sont des ouvriers experts qui le réalisent, mais nous ne nous sommes jamais posé des questions sur la qualité des ouvriers et leurs conditions de travail.

Pour les centrales nucléaires comme pour les autres chantiers, la main d’œuvre et même les inspecteurs sont constitués par des gens sans qualification suffisante. C’est compréhensible qu’un grave accident se produise dans les centrales nucléaires, les Shinkansen ou sur les autoroutes.

La conception du plan des centrales nucléaires est bien faite. Il y a de nombreuses mesures de protection et de secours de prises. S’il y a quelque chose qui fonctionne mal, ça s’arrête comme il faut. Mais ce n’est qu’au niveau du plan. Les travaux de construction mal faits fragilisent ce plan.

Par exemple, pour construire une maison, même si le plan est dessiné par un dessinateur de première qualité, si elle est construite par des charpentiers et des plâtriers qui ne sont pas compétents, on aura des fuites d’eau et des cloisons mal installées. Malheureusement cette maison ce sont les centrales nucléaires japonaises.

Avant, il y avait toujours un contremaître qu’on appelle « Boushin » pour superviser les travaux. Il avait encore plus d’expérience que le chef de chantier qui était moins âgé que lui. Le Boushin était fier de son travail et il considérait l’accident et la négligence comme une honte. Il savait bien sûr la dangerosité de l’accident.

Depuis environ 10 ans, il n’y a plus de manœuvres compétents. On ne demande aucune expérience au moment du recrutement. Les ouvriers sans compétence ne savent pas le danger de l’accident. Ils ne savent même pas quels sont les travaux non réglementaires et mal faits. C’est la réalité des centrales nucléaires japonaises.

Par exemple à la centrale de Fukushima de TEPCO, nous avons démarré la centrale en laissant un bout de fil de fer et on a échappé de peu à un grave accident qui aurait pu avoir une répercussion sur le monde entier. L’ouvrier savait qu’il avait fait tomber ce fil de fer mais il ne savait pas à quel point la conséquence de son acte était dangereuse. Dans ce sens, une centrale nucléaire toute neuve construite par ces gens incompétents est aussi bien dangereuse qu’une vieille centrale.    

Depuis qu’il n’y a plus beaucoup d’ouvriers compétents, on a standardisé la construction des centrales. Ça veut dire qu’ils ne regardent plus le plan mais ils montent simplement des pièces préfabriquées en usine, en assemblant la pièce numéro 1 avec la pièce numéro 2 comme dans jeu de dominos. Alors ils ne savent plus ce qu’ils sont en train de construire et à quel point ces travaux doivent être précis. C’est une des raisons pour lesquelles le nombre d’accidents et de pannes augmente dans les centrales nucléaires.

Dans la centrale nucléaire, il y a aussi le problème de l’irradiation qui empêche de former les successeurs. Quand on travaille dans la centrale nucléaire, il fait très sombre et chaud et avec la protection c’est impossible de parler. Alors les ouvriers se communiquent par gestes. Comment peuvent ils dans ces conditions transmettre leurs savoir faire? En plus, on envoie d’abord les gens compétents travailler et ils s’exposent très vite à la quantité de radioactivité annuelle autorisée et ne peuvent plus travailler, ça accentue encore l’incompétence des ouvriers.

Par exemple pour les soudeurs, ils fatiguent leurs yeux en travaillant. Après 30 ans, ils ne peuvent plus faire de travaux précis et ils ne trouvent plus d’embauche dans la pétrochimie. Et c’est comme ça qu’ils arrivent aux centrales nucléaires.

Vous avez peut-être une fausse image comme quoi les centrales nucléaires sont quelque chose de très sophistiqué. Mais ce n’est pas une construction aussi sûre qu’on l’imagine.

Je pense que vous avez bien compris pourquoi les centrales nucléaires sont construites par des gens incompétents et que ça ira de pire en pire.

 

4. Les contrôles et les inspecteurs d’apparence

Vous pensez peut-être que les contrôles rigoureux évitent des problèmes même si les ouvriers des chantiers ne sont pas assez compétents. Mais ces systèmes de contrôle sont encore problématiques. Pour les contrôles japonais, les inspecteurs viennent vérifier la construction déjà achevée. C’est la raison pour laquelle ça ne marche pas. Il faut venir regarder les travaux en cours, sur place.

Les inspecteurs doivent être spécialistes de la soudure s’ils sont les inspecteurs pour la soudure. Et ils doivent être capables de montrer le travail correct aux manœuvres, en disant: Non, il ne faut pas faire comme ça. Regardez comment je fais. S’ils ne savent pas comment faire les travaux, comment ils peuvent faire des contrôles corrects ? En l’état actuel, ils auditionnent l’entreprise qui a commandé la construction et celle qui l’effectue, et ils leur demandent de fournir les papiers nécessaires. Voilà le système de l’inspection aujourd’hui.

Il y a quelques années, on a eu des accidents dans les centrales nucléaires très souvent. Alors le gouvernement a décidé d’envoyer des conseillers de sécurité spécialisés dans chaque centrale nucléaire pour donner l’autorisation du démarrage après la construction ou du redémarrage après les contrôles réguliers. Je savais que ces conseillers ne connaissaient pas grande chose du nucléaire mais je n’imaginais pas à quel point.

Quand j’ai fait une conférence à Mito, il y a un homme du Ministère de la science et la technologie qui s’est présenté en public en disant: « Je me sens tellement mal à l’aise d’avouer ce fait, mais je ne connais rien du nucléaire », et il a continué: « De la peur d’être irradiés, les inspecteurs n’ont pas voulu travailler dans les centrales en marche. Comme on vient de supprimer des places dans le ministère de l’agriculture avec le remaniement gouvernemental, ils ont envoyé des fonctionnaires qui donnaient des conseils aux éleveurs du ver à soie ou de la sériole (poisson), sans aucune formation. Voilà pourquoi les conseillers qui n’y connaissent rien du tout, donnent l’autorisation du démarrage dans toutes les centrales. Le conseiller de la centrale de Mihama, contrôlait la qualité du riz jusqu’à il y a 3 mois».

Cet homme a raconté une telle histoire en donnant les noms de ces conseillers. Est-ce que vous pouvez avoir confiance en l’autorisation de démarrage accordée par tous ces gens qui n’y connaissent rien?

Quand il y a eu un grave accident dans la centrale de Fukushima de TEPCO qui a entraîné le démarrage du système de refroidissement de secours, le quotidien Yomiuri a publié un article « Le conseiller spécialisé n’a pas pu participer à l’équipe de la centrale ». Effectivement c’était le journal qui lui a appris la nouvelle de ce grave accident le lendemain matin. Pourquoi le conseiller n’était au courant de rien ? Parce que tous les gens de TEPCO savaient qu’il n’y connaissait rien du tout. Dans la pagaille totale, ils n’avaient pas le temps de lui expliquer de A jusqu’à Z. Donc l’équipe ne lui a même pas demandé de venir sur place.

Au-dessous de ces fonctionnaires irresponsables du ministère, dans la hiérarchie nucléaire, il y a le service de l’inspection nucléaire. Ce sont des gens du Ministère du Commerce et de l’Industrie qui ont pris leur retraite et sont embauchés dans ce service. Ils occupent des postes importants et enrichissent le service en demandant des contrats à des anciens subordonnés. Ils n’ont jamais travaillé dans ce domaine. Ils possèdent tous les pouvoirs sur l’inspection de la centrale nucléaire et on ne peut rien faire sans leur autorisation bien qu’ils n’y connaissent rien. Ils viennent au contrôle mais, bien sûr, ils ne font que regarder. Malheureusement, ils ont quand même un pouvoir colossal. Encore au-dessous de la hiérarchie, il y a les compagnies d’électricité et les trois fabricants de réacteurs nucléaires qui suivent: Hitachi, Toshiba et Mitsubishi. Moi, j’ai travaillé chez Hitachi. Après les fabricants, il y a encore des sous-traitants de la construction dont j’ai parlé tout à l’heure. Ca veut dire qu’au dessus des fabricants, ils ne sont pas compétents et au dessous des fabricants non plus, il n’y a pas beaucoup de gens compétents. C’est aussi pour cela que les compagnies d’électricité ne peuvent pas expliquer les détails au moment des accidents.  

Je disais toujours, avant et après ma retraite, qu’il faut que ce soient des organismes compétents et indépendants qui s’occupent de l’inspection mais non pas des entreprises nationalisées ou des services où les anciens fonctionnaires du ministère travaillent. Et indépendants de l’influence du Ministère du Commerce et de l’Industrie qui préconise l’installation des centrales nucléaires. Je disais qu’il fallait réclamer toujours des conseillers qui ont de l’expérience et des inspecteurs qui contrôlent et expliquent sur le chantier pour trouver des mauvaises soudures ou des travaux mal faits. Mais jusqu’à aujourd’hui, rien n’a changé. Vous voyez à quel point les centrales nucléaires japonaises sont administrées avec irresponsabilité et approximation!

 

5. Le plan antisismique bâclé

Après le grand séisme de Kobé, on a très vite vérifié le plan antisismique de toutes les centrales nucléaires du Japon. Le résultat absurde publié en septembre 1995 disait que toutes les centrales résisteront aux tremblements de terre de n’importe quel niveau. Au moins pour celles dont je me suis occupé pour mon travail, les premières centrales nucléaires, on n’avait pas prévu le grand tremblement de terre. C’est aberrant de confondre les nouvelles et les vieilles centrales pour leur résistance contre les tremblements de terre, en disant de n’importe quel niveau. En 1993 quand il y a eu le séisme de degré 4, la centrale numéro 1 d’Onagawa s’est arrêtée automatiquement suite à l’augmentation subite de la puissance. C’était un accident très grave. Très grave parce que la centrale qui a été construite en 1984 pour que ça s’arrête à un degré de sismicité 5 s’est arrêtée avant d’atteindre le niveau. C’est comme si le blocage du frein a arrêté la voiture subitement sur l’autoroute sans appuyer sur le frein. Tohoku EPC ne reconnaît pas la gravité de la chose en disant «tant mieux si ça s’est arrêté». Mais l’affaire n’est pas si simple. Si l’arrêt s’est effectué au degré 4 bien qu’il avait été conçu pour que ça s’arrête au degré 5, on ne peut pas nier la possibilité que ça ne s’arrête pas au degré 5. C’est un signe qu’il y a des choses qui ne fonctionnent pas comme prévu.    

La centrale de Fukushima s’est arrêtée également d’une façon imprévisible au moment du séisme en 1987. Au Japon, il y a 10 centrales qui sont du même modèle. C’est vraiment terrifiant quand on pense au danger que les tremblements de terre présentent vis-à-vis des centrales nucléaires.

 

6. Le contrôle régulier est fait également par les gens incompétents

On arrête à peu près tous les ans les réacteurs pour procéder au contrôle régulier. Dans le réacteur nucléaire, la pression de l’eau chaude et de la vapeur monte de 70 à 150 atmosphères, mais ce n’est pas une simple eau chaude car la température monte jusqu’à 300°C, elle circule très vite et use les tuyauteries. Au moment du contrôle régulier, on ne peut pas éviter la nécessité de changer des tuyaux et des soupapes qui sont des fois usés jusqu’à la moitié de leur épaisseur. Mais l’irradiation accompagne inéluctablement cette procédure.

Le démarrage du réacteur émet plein de radioactivité et de radiations. Les gens qui y travaillent subissent des radiations. Avant de se rendre auprès du réacteur, ils se déshabillent et se mettent en combinaison de protection. Peut-être vous imaginez que cette combinaison protège le corps de la radioactivité mais en réalité, ce n’est pas le cas. La preuve, on place le radiamètre, sous la combinaison, sur le gilet. La combinaison de protection est un simple vêtement de travail qui sert à ne pas emporter la radioactivité à l’extérieur mais il ne protège pas les manœuvres de l’irradiation. Donc après le travail, ils doivent se mettre en slip pour vérifier s’ils ne sont pas contaminés. Si la radioactivité reste uniquement sur la peau, c’est ce qu’on appelle la contamination externe, on peut l’enlever presque entièrement avec la douche. Ils se lavent minutieusement jusqu’à ce qu’ils ne soient plus radioactifs avant de sortir dehors.     

Les manœuvres mettent aussi des chaussures qui ont été préparées par l’entreprise mais on n’est pas sûr de trouver la bonne taille. Alors, leurs pas sont mal assurés. En plus ils doivent mettre un masque qui couvre la tête. Ils travaillent avec ces combinaisons et l’angoisse de la radioactivité. Pratiquement, personne ne peut faire de bon travail avec cet équipement. C’est complètement différent d’un chantier normal.

En plus, plus que 95% des personnes qui s’occupent de ce travail n’ont aucune expérience. Ce sont des agriculteurs et des pêcheurs désœuvrés en dehors de la saison. Ces gens qui n’ont pas d’expérience, travaillent sans savoir le danger que ça représente.

Par exemple, pour serrer une cheville avec un écrou, on dit au manœuvre «serrez la en diagonale, sinon ça fuit». L’opération se déroule dans une zone de radiations contrôlée, un endroit très dangereux plein de rayonnements. Les manœuvres amènent le radiamètre. Mais comme la quantité de radiations varie d’une pièce à l’autre, la durée du temps acceptable en minutes change chaque fois.

Avant de rentrer au chantier, on explique aux ouvriers le travail d’aujourd’hui et la durée de ce travail décidée en fonction de la quantité autorisée journalière d’irradiation. S’ils vont travailler au chantier où on peut rester 20 minutes, on leur donne une minuterie qui sonne au bout de 20 minutes en disant «Vous devez sortir quand ça sonne». Mais ils ne sont pas munis d’une montre car elle serait polluée par la radioactivité. Ils doivent donc deviner le temps restant. C’est comme ça qu’on les envoie au travail.   

Là-bas, ils n’arrivent pas à se concentrer pour serrer la cheville car ils se demandent toujours combien de temps est déjà passé. Est ce que c’est 10 minutes? Ou peut-être déjà 15 minutes? Ils ont très peur de l’alarme de la minuterie, cela les fait plus que sursauter. Le bruit de l’alarme est assez fort pour rendre tout pâle quelqu’un qui ne l’a pas jamais entendue. Quand ça sonne, ils ont déjà reçu une irradiation équivalente à des dizaines de radiographies. C’est bien normal qu’ils ne puissent pas fournir des prestations assez correctes comme tout simplement serrer des chevilles en diagonale. Pouvez-vous imaginer les conséquences?

 

7. Le déversement de radioactivité dans la mer

Le contrôle régulier se fait souvent en hiver. Mais à la fin du contrôle, on verse dans la mer des tonnes d’eau contaminée par la radioactivité. Honnêtement, il n’y a pas beaucoup de poissons pêchés en bordure des îles nipponnes que l’on peut manger sans craindre le risque de la contamination radioactive. La mer du Japon est déjà contaminée par la radioactivité.

Ce n’est pas uniquement au moment du contrôle régulier que l’on effectue le rejet d’eau irradiée dans la mer. Pour baisser la température que la centrale dégage, au Japon, on utilise l’eau de la mer. Elle devient de l’eau chaude qui contient de la radioactivité. Ainsi on rejette des tonnes d’eau par minute à la mer. 

Même s’il y a des accidents dans les centrales nucléaires, les états déclarent immédiatement qu’il y n’a aucun problème. D’ailleurs, les compagnies d’électricité essayent de les cacher. Avec la population japonaise très peu sensible à ce sujet, la mer du Japon se pollue sans cesse. On lave d’abord les vêtements de protection couverts de radioactivité à l’eau. On la déverse également dans la mer. La quantité de la radiation mesurée à l’orifice d’évacuation est très élevée. Savez-vous que des sites d’élevage de poisson se trouvent à proximité? Ainsi, les gens qui cherchent la nourriture de bonne qualité doivent être intéressés par la sûreté des centrales nucléaires. Si on n’agit pas tout de suite, on ne pourra plus trouver de poissons qui ne sont pas contaminés. 

Il y a quelques années, à l’exposé du procès qui demandait l’arrêt de la centrale de Shiga dans la préfecture d’Ishikawa, une vieille colporteuse de 80 années toute déconcertée, a raconté cette histoire. « Je ne connaissais rien de la centrale nucléaire jusqu’à maintenant. Mais aujourd’hui, une jeune dame qui était toujours fidèle a refusé mes algues. Elle m’a dit « Je suis désolée mais je ne peux plus acheter vos algues ». La centrale de Shiga a démarré aujourd’hui. Je ne connaissais rien au nucléaire, mais maintenant je sais ce que c’est. Qu’est ce que je vais devenir alors? » Même aujourd’hui, on continue de polluer la mer du Japon sans que vous le sachiez.

 

8. Le plus horrible, c’est l’irradiation interne (la contamination)

Dans le bâtiment de la centrale, tout devient radioactif et émet des radiations. Parce que les radiations peuvent traverser même une paroi de fer d’une grande épaisseur. Les radioéléments qu’on reçoit sur la peau, la contamination externe c’est horrible, mais le pire c’est la contamination interne.

Par exemple, la poussière. Une simple poussière qui se trouve n’importe où devient radioactive dans une centrale nucléaire à cause de la radioactivité qu’elle reçoit. Le fait d’inspirer cette poussière radioactive par le nez ou la bouche, c’est de la contamination interne. En faisant le nettoyage dans la centrale, on est exposé le plus, au danger de la contamination interne. Avec cette contamination interne on reçoit les radiations de l’intérieur du corps c’est beaucoup plus dangereux que l’irradiation externe, car le corps est en contact direct avec la source des radiations.

Les radioéléments sont évacués du corps au bout de environ 3 jours par la voie transpiratoire et urinaire. Mais pendant ces 3 jours, ils restent dans le corps. En plus, quand on parle d’élimination, c’est un langage humain, il en reste toujours un peu, et ça c’est très dangereux. Même si ce sont des petites quantités à la fois, elles s’accumulent dans le corps.

Vous devez le savoir, si vous avez déjà visité une centrale nucléaire, c’est très bien nettoyé où il y a des accès au public. Peut-être le guide vous a même vanté « regardez, comme c’est propre ». Mais c’est bien normal. Ça serait dangereux s’il y avait de la poussière radioactive dans l’air.

Moi, j’ai développé un cancer à cause de la contamination interne que j’ai reçu plus que cent fois. Quand le docteur m’a diagnostiqué un cancer, j’avais très peur. Mais je me suis rappelé ce que ma mère disait toujours « rien est plus grand que la mort ». Ca m’a donné envie de faire quelque chose. Alors, j’ai décidé de mettre au jour tout ce que je connais des centrales nucléaires.

 

9. Rien à voir avec le chantier normal

La radioactivité s’accumule. Même si ce sont des petites quantités, si vous travaillez 10 ans dans une centrale, vous accumulez la radioactivité de 10 ans et c’est très dangereux. Le règlement pris par le gouvernement exige de ne pas dépasser la limite de 50 millisiverts (mSv) par an. Cela veut dire que l’on peut tout faire si on respecte cette limitation.

Par exemple, les travaux au moment du contrôle régulier demandent environ 3 mois. Donc on divise la limite de 50 mSv par cette durée des travaux pour avoir la limite autorisée journalière. Mais, dans un endroit où il y a beaucoup de radiations, on ne peut travailler que 5 à 7 minutes par jour. On ne peut pas faire grand chose avec si peu de temps. Alors on rassemble les temps de travail sur 3 jours ou une semaine afin de travailler 10 ou 20 minutes de suite, bien que ce soit une méthode inadmissible. Au moins, si les ouvriers savaient qu’il y a un grand risque de leucémie ou du cancer… Mais les compagnies d’électricité n’avertissent d’aucun de ces risques.

Une fois, une grande vis qui se trouvait sur le réacteur s’est desserrée quand la centrale nucléaire était en plein fonctionnement. Comme la centrale émet une colossale quantité de radioactivité en état de marche, on a préparé 30 personnes pour serrer une seule vis. Ils ont fait la queue devant la porte. Ils devaient courir jusqu’à la vis qui se situait à environ 7 mètres de là. Après 3 secondes, l’alarme sonnait. Il y eu même des ouvriers qui ont passé tout leur temps ouvrable en cherchant la clé. Finalement, ça a coûté 4 millions de yens, l’équivalent de salaire de 160 personnes, pour faire uniquement quelques tours de vis. 

Vous vous demandez peut-être pourquoi on n’a pas arrêté la centrale pour serrer la vis. Mais la compagnie d’électricité veut l’éviter autant que possible car l’arrêt d’une journée de la centrale lui cause des milliards de perte. La radioactivité est quelque chose de très dangereux, mais pour l’entreprise, l’intérêt financier passe avant la sécurité humaine.

 

10. Le lavage de cerveau « absolument sûr » qui dure 5 heures

Les gens qui travaillent où il y a de la radioactivité s’appellent les ouvriers nucléaires. Au Japon, 270 000 personnes ont déjà travaillé comme ouvriers nucléaires, dont la plupart dans les centrales nucléaires. Ainsi, 90 000 personnes y travaillent aujourd’hui. Tous ces gens assurent le fonctionnement des centrales nucléaires, comme le contrôle régulier qui a le lieu une fois par an, en subissant de la radioactivité.

Avant de commencer à travailler dans les centrales nucléaires, on donne aux ouvriers 5 heures de cours de formation sur la sécurité face aux radiations. Le but de ces cours est tout d’abord d’atténuer leur angoisse. On ne leur dit jamais qu’il y a des dangers. L’Etat surveille la quantité de la radioactivité et donc il n’y a pas de danger, « les anti-nucléaires parlent du risque de cancer et de la leucémie à cause de la radioactivité mais ce sont que des gros mensonges, si on respecte bien les normes imposées par le gouvernement il n’y a aucun problème ». Un tel lavage de cerveau dure 5 heures.

Les compagnies d’électricité procèdent à ce lavage de cerveau également avec les gens qui habitent à côté des centrales. Elles font venir les personnes connues pour faire des conférences, elles donnent des cours de cuisine, ou insèrent des encarts publicitaires imprimés en couleur dans les journaux. Peut-être les accidents dans les centrales angoissent les habitants, mais grâce à toutes ces propagandes de l’Agence de sécurité nucléaire, ils ne peuvent pas penser autrement que «nous ne pouvons pas nous passer du nucléaire pour avoir suffisamment d’électricité».

Moi-même, pendant presque 20 ans en tant que responsable de terrain, j’ai procédé au lavage des cerveaux, une plus grande manipulation mentale que celles d’Asahara et d’Oume, vis à vis des ouvriers. Je ne sais pas combien de personnes j’ai tué. Il y a des gens qui me demandent si les ouvriers ne sont pas inquiets. Mais comme ils ne sont pas avertis des dangers de la radioactivité ou de la contamination, la plupart ne sont pas inquiets. Ils ne pensent même pas que c’est à cause de leur travail dans les centrales, quand ils tombent malades. Tous les ouvriers sont irradiés quotidiennement. Le travail des responsables consiste de cacher cette réalité à ceux-ci et à l’extérieur de la centrale. Si les ouvriers ou même n’importe qui s’inquiète du problème de l’irradiation, vous n’êtes pas digne d’être responsable sur place. Ainsi, sont les conditions de travail dans les centrales nucléaires.

J’ai exercé un tel travail longtemps. Il m’arrivait souvent que je ne pouvais plus le supporter sans aide de l’alcool et j’en buvais de plus en plus. Ainsi, je me posais souvent des questions. Pourquoi, et pour qui, il faut vivre des jours plein de mensonges? Au bout de 20 ans, je me suis aperçu que mon corps lui même était déjà gravement détruit par les radiations.

   

 

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Fukushima
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1 août 2011 1 01 /08 /août /2011 22:03
Dimanche 31 juillet 2011
Témoignage de Norio HIRAI,
technicien chaudronnier du nucléaire,
(rédigé en 1996)
source en japonais :
source en français :
 
unité 3 moyenne face cachée 110316 1f sora 1 - CopieCe témoignage est édité en 2 parties
Cette page est la deuxième partie (paragraphes 11 à 21)
 
 
 
 
 
 
 
SOMMAIRE
 
 
1. Je ne suis pas militant contre les centrales nucléaires
2. La sécurité, une perspective chimérique
3. Les centrales nucléaires construites par des gens sans qualification 
4. Les contrôles et les inspecteurs d’apparence
5. Le plan antisismique bâclé
6. Le contrôle régulier est fait également par les gens incompétents
7. Le déversement de radioactivité dans la mer
8. Le plus horrible, c’est l’irradiation interne (la contamination)
9. Rien à voir avec le chantier normal
10. Le lavage de cerveau « absolument sûr » qui dure 5 heures
11. Qui va sauver les ouvriers du nucléaire ?
12. L’accident de la centrale Mihama a été une mauvaise surprise
13. L’accident de Monju
14. Le plutonium japonais dans les armes nucléaires françaises ?
15. Le Japon qui n’ose pas interrompre le projet
16. On ne peut ni démonter, ni démolir
17. La surveillance et l’entretien après la fermeture
18. Les déchets nucléaires qu’on ne sait même pas traiter
19. L’irradiation et la discrimination affreuse des habitants
20. Puis-je avoir des enfants ?
21. On ne peut jamais être en sécurité si la centrale nucléaire ne disparaît pas.
 
 
11. Qui va sauver les ouvriers du nucléaire ?
 
Une fois, dans la centrale de Fukushima de TEPCO, un ouvrier s’est blessé gravement le front avec un polissoir automatique. Comme il saignait beaucoup, on a appelé l’ambulance pour l’emporter à l’hôpital de toute urgence. Pourtant, ce blessé était plein de radioactivité. TEPCO s’est tellement précipité qu’ils n’ont pas ôté ses combinaisons de protection ni l’ont lavé à l’eau. Les secouristes connaissant peu de la contamination radioactive, alors ils l’ont fait entrer dans l’hôpital sans enlever la radioactivité. Les secouristes ont été contaminés, l’ambulance a été contaminée, le docteur et les infirmières ont été contaminés, et les clients de l’hôpital ont été contaminés, et ils sont sortis de l’hôpital avec de la radioactivité... Cet événement a pris une telle ampleur qu’il a mis une ville entière dans la panique. Ils voulaient tout simplement sauver aussi vite que possible un homme qui portait une grande blessure. Mais comme la radioactivité ne se voit pas, personne n’a eu le temps de penser à la contamination radioactive.
 
Avec une seule personne, c’était déjà une grande panique. Si un grand nombre d’habitants devenait contaminé par la radioactivité à cause d’un grave accident, qu’est ce que ça pourrait donner? Pouvez-vous l’imaginer? Vous devez vous sentir concerné. Il s’agit de tout le monde au Japon.
 
 
 
12. L’accident de la centrale Mihama a été une mauvaise surprise
 
J’ignore si vous ne le savez pas ou si vous n’êtes pas simplement intéressés, mais les centrales nucléaires japonaises ont déjà connu plusieurs accidents qui doivent faire peur à tout le monde. Ils pourraient être équivalents à ceux de Three Mile Island et de Tchernobyl. Par exemple, en 1989 dans la centrale de Fukushima Daïni, la pompe de recyclage a volé en éclats. C’était un accident qui n’était jamais été arrivé dans le monde jusqu’à alors.
 
Ainsi, l’accident de la centrale de Mihama de la compagnie de l’électricité du Kansai en 1991, avec l’éclatement d’une canalisation, a été un accident très grave. Il a rejeté une énorme quantité de radioactivité directement dans l’air et dans la mer.
 
L’accident de Tchernobyl ne m’a pas beaucoup surpris. En construisant des centrales nucléaires, je savais qu’on ne peut pas éviter une telle catastrophe. « Par hasard, c’est arrivé à Tchernobyl. Par hasard, ce n’est pas arrivé au Japon ». C’est ce que j’ai pensé. Mais au moment de l’accident de Mihama, la peur a fait flageoler mes jambes et je ne pouvais pas me lever de ma chaise.
 
On peut dire que cet accident a été très grave car on a dû démarrer le système de refroidissement de secours à la main. Ce système de refroidissement est le dernier rempart pour protéger la sécurité de la centrale nucléaire. Si ce système ne marche pas, il ne reste plus rien à faire. Cet accident où il a fallu utiliser le système de refroidissement de secours est pour moi comme un autocar qui roule à 100km par heure sur l’autoroute avec 120 millions personnes à bord, dont le frein de service ne fonctionne pas, ni le frein à main, et enfin on réussit à l’arrêter en le précipitant contre le rocher.
 
Au moment de l’accident, l’eau radioactive qui se trouvait dans le réacteur s’est échappée dans la mer et on était sur le point que le cœur se retrouve à sec. Toutes les soupapes de sécurité, autrement dit les innombrables mesures de précautions dont le Japon était fier, n’ont pas donné suffisamment d’effet et un autre Tchernobyl aurait pu se produire à 0,7 seconde près. Heureusement, un ouvrier expérimenté était là, bien que ce fut le samedi. Le système d’arrêt automatique n’ayant pas fonctionné, c’est lui qui a jugé la gravité de la situation et arrêté manuellement le réacteur. Ainsi, on a échappé de justesse à un grave accident qui aurait pu concerner le monde entier. On peut dire que tous les japonais, ou même, tous les humains ont eu vraiment de la chance ce jour-là.
 
Cet accident a été causé par une mauvaise installation d’une des entretoises qui sert à tenir les milliers de tuyaux d’un diamètre de 2 mm pour qu’ils ne se touchent pas à cause de la vibration. C’était un défaut de construction. Cet accident a en même temps dévoilé l’incertitude des contrôles systématiques, car personne n’a remarqué cette mauvaise installation pendant plus de 20 ans. On s’est également aperçu que les ouvriers du chantier pratiquaient des choses que le concepteur n’a jamais pu imaginer comme: si c’est trop long on le coupe, si c’est trop court on l’allonge.
 
 
 
13. L’accident de Monju
 
Le 8 décembre 1995 à Kouga du département de Fukui, il y a eu un accident grave, une fuite de sodium dans le surgénérateur de Monju, du Centre de recherche des réacteurs et des combustibles nucléaires. Ca faisait déjà plusieurs fois qu’on avait des accidents à Monju. D’ailleurs, on m’a appelé au chantier de Monju, 6 fois, car mes anciens subordonnés y sont devenus directeurs ou superviseurs ou ouvriers de la construction de Monju et ils m’appelaient chaque fois qu’ils avaient des problèmes. A l’époque, j’avais déjà pris ma retraite, mais je ne pouvais pas laisser tomber car je savais que même un seul accident est inacceptable dans les centrales nucléaires.
 
Un jour, on m’a donc demandé de venir au chantier de Monju, car ils n’arrivaient pas à emboîter les tuyaux. En arrivant, j’ai bien constaté que tous les tuyaux qui sont préfabriqués comme ceux qui sont faits sur commande étaient de la bonne taille et installés en respectant le plan. Mais ils ne pouvaient tout de même pas les emboîter. J’ai beaucoup réfléchi mais je n’arrivais pas à trouver la cause. En cherchant toute la nuit, j’ai enfin compris. Monju était construit par plusieurs fabricants comme Hitachi, Toshiba, Mitsubishi et Fuji. Et chaque fabricant employait des normes de plan différentes.
 
Pour dessiner les plans, chez Hitachi où j’ai travaillé, on négligeait moins que 0,5mm. Mais chez Toshiba et Mitsubishi, on l’arrondissait à la valeur supérieure. Et chez Nihongenken on arrondissait à la valeur inférieure. Ce n’est que 0,5mm, mais quand il y a 100 fois, ça fait une grande différence. C’est pour cela qu’on ne pouvait pas emboîter les tuyaux bien que tous respectaient le plan.
 
Comme ça n’allait pas, on leur a fait refaire des pièces. C’était le prestige du pays qui était en jeu. Pour ça, on ne dépensait jamais trop d’argent.
 
Pourquoi une telle chose est arrivée? Parce que chaque entreprise gardait ses savoir-faire et ses propres informations. Ils n’ont pas discuté pour se mettre d’accord sur la façon de traiter ces 0,5mm, pour garder leurs secrets. Je suppose aussi qu’ils n’ont rien non plus discuté sur le thermomètre qui a été la cause directe de l’accident de 1995.
 
Dans n’importe quel ensemble industriel, on installe le même type de thermomètre dans les tuyauteries. Mais je n’ai jamais vu de thermomètre qui était aussi long que celui de Monju. Je suis sûr qu’il y avait quelqu’un qui avait remarqué que c’était dangereux au moment de la construction. Mais il n’a rien dit car ce n’était pas son entreprise qui s’en occupait et il n’en était pas responsable.
 
Le fabricant du surrégénérateur était formé d’une équipe composite comme le Centre de recherche, lui même était une équipe composite des compagnies d’électricité. Dans une condition pareille, l’accident est inéluctable. Je ne vois pas comment ça ne pouvait pas arriver.
 
Ce qui est encore incroyable, c’est que le gouvernement ne le reconnaît toujours pas comme un accident bien que ça a été un accident très grave. Il a expliqué qu’ « il y a eu un phénomène » comme pour l’accident de la centrale de Mihama. Peu après l’accident de Monju, j’ai été appelé par le Conseil Général de Fukui. Dans le département, on compte 15 réacteurs nucléaires. Ce sont les députés du parti Libéral-Démocrate qui les ont acceptés et je leur disais toujours « S’il y a un accident, ce sera de votre faute. Ceux qui étaient contre le nucléaire ne sont pas responsables ». Et bien cette fois-ci, ils m’ont demandé conseil en disant « Cette fois, on a décidé de se battre contre le Centre de recherche. On ne peut plus fermer les yeux ».
 
Je leur ai dit d’abord « C’est un accident. Il ne faut pas se laisser duper par le mot phénomène ». A la télévision, au moment du compte rendu fait par le Centre de recherche au Conseil Général, le porte-parole du Centre a employé le mot « le phénomène de cette fois-ci », et aussitôt un député a crié « Non, c’est un accident ! ». Mais, si on n’avait rien dit, le Centre et le gouvernement l’auraient passé comme un simple phénomène. Non seulement les riverains, mais aussi tout le monde doit faire attention à ce mot qui présente les choses à la légère.
 
Les peuples comprennent les choses d’une façon complètement différente selon qu’on dit un accident ou un phénomène. C’est parce que le gouvernement joue avec les mots que le peuple japonais n’est pas sensible au risque d’accident nucléaire, c’est une tromperie.
 
 
 
14. Le plutonium japonais dans les armes nucléaires françaises ?
 
Le plutonium qu’on utilise dans le surgénérateur de Monju est extrait, sur commande du Japon, à partir du recyclage effectué en France. Le recyclage du combustible nucléaire consiste à extraire du plutonium des déchets d’uranium, déjà brûlés dans les centrales. Le plutonium est une matière que l’on peut produire uniquement de manière artificielle.
 
A Monju, on utilise environ 1,4 tonnes de plutonium (à la fois dans le réacteur). La bombe de Nagasaki contenait environ 8 kg de plutonium. Alors, combien de bombes nucléaires peut-on produire à partir du plutonium de Monju ? Le plutonium est une matière très dangereuse qui est capable de provoquer le cancer des poumons à partir de quantités très faibles. Sa demi-vie radioactive est de 24 000 ans, presque l’éternité (pour nous). C’est ainsi que l’on a choisi le mot Pluton : le nom du roi des Enfers, pour sa racine. On a bien raison de le considérer comme la matière la plus dangereuse du monde.
 
Mais combien de gens savent qu’il y a une grande probabilité pour que le plutonium japonais ait été utilisé dans les essais nucléaires français effectués dans le Pacifique Sud jusqu’en 1995 ? Dans le centre de recyclage français, ils ne distinguent pas le plutonium destiné aux armes nucléaires du plutonium à utiliser dans les centrales. C’est donc quasiment sûr que du plutonium japonais a été utilisé dans les essais nucléaires. 
 
C’est la raison pour laquelle le gouvernement japonais ne pouvait pas déclarer ouvertement son opposition contre les essais nucléaires français. Si le Japon voulait arrêter la France, c’était très facile. Il lui suffisait de renoncer au contrat de recyclage. Mais il n’en a rien fait.
 
Le marché du recyclage nucléaire prend la deuxième place dans l’ensemble des transactions commerciales entre ces deux pays. A quoi cela sert de crier « non aux essais nucléaires » sans savoir cette réalité ? Le Japon avance son statut de seul pays irradié. Mais nous avons certainement contribué indirectement à irradier les habitants de Tahiti et à contaminer l’Océan Pacifique.
 
La communauté internationale a déjà abandonné le plutonium. Il n’y a que le Japon qui persiste à essayer de produire de l’électricité avec une matière si dangereuse. Ils essaient maintenant d’utiliser le combustible MOX, mélange d’uranium et de plutonium, dans les réacteurs ordinaires. Mais c’est excessivement dangereux, c’est un peu comme brûler de l’essence dans un chauffage à fioul. Les centrales n’ont pas été conçues pour brûler du plutonium. La fission nucléaire du plutonium dégage beaucoup plus d’énergie que celle de l’uranium. C’est pour cette raison qu’on l’utilise pour fabriquer la bombe atomique.
 
Le Japon est un pays qui ne possède pas beaucoup de ressources énergétiques naturelles. Mais cela ne justifie pas une telle erreur. Si l’on n’arrête pas les centrales nucléaires, si l’on n’abandonne pas le plutonium, le nombre des gens irradiés va augmenter partout dans le monde.
 
 
 
15. Le Japon qui n’ose pas interrompre le projet
 
Dans le monde, le temps de l’énergie nucléaire est bientôt terminé. En février 1996, les Etats-Unis ont déclaré leur projet de diminuer le nombre de centrales nucléaires américaines de moitié d’ici 2015. Le président a également ordonné d’arrêter l’extraction du plutonium. Il est si redoutable qu’ils ont arrêté même les recherches scientifiques.
 
Les Etats-Unis, comme l’Angleterre et l’Allemagne, ont déjà arrêté les centrales surgénératrices où l’on brûle du plutonium comme celle de Monju. L’Allemagne a stoppé celle qu’elle avait achevée (Kalkar) et a construit un parc de loisir (Wunderland) à la place. La plupart des pays ont renoncé car ils ont compris que c’est impossible de produire de l’électricité à partir du plutonium. Le gouvernement japonais doit savoir qu’il a commis une erreur. Mais il n’a pas encore abandonné le plutonium. Il a même annoncé la reprise du projet.
 
Pourquoi le Japon n’abandonne pas ? Parce que c’est un pays qui n’a pas assez de courage pour interrompre les projets déjà votés. C’est vraiment dangereux, mais je peux vous donner beaucoup d’exemples montrant ce caractère du gouvernement.
 
La politique nucléaire du Japon est vraiment mal organisée. Le gouvernement n’a pas réfléchi aux conséquences. Il espérait toujours que la situation s’arrangerait avec le temps. Il était toujours irresponsable dans ses décisions. Des décennies sont déjà passées, et il n’a même pas trouvé de solution pour traiter ses déchets nucléaires.
 
Un autre problème : auparavant, il y avait toujours beaucoup d’étudiants dans le domaine de l’énergie nucléaire. Désormais, les jeunes ne choisissent plus cette spécialité, qui a disparu de presque toutes les universités, comme de l’Université de Tokyo. Les étudiants ne veulent même plus faire de recherche fondamentale dans ce domaine.
 
Ainsi les laboratoires de recherche d’Hitachi et Toshiba ont été réduits par trois. Ils se consacrent plus pour la recherche sur les turbines à gaz de la cogénération, des réacteurs plus efficaces pour produire de l’électricité et de l’eau chaude en même temps. Même les fabricants commencent à abandonner le nucléaire.
 
Takehisa Shimamura, ancien chef du Centre du nucléaire, a publié un livre intitulé « Le sermon du nucléaire ». Il y écrit: « Le gouvernement japonais s’amuse à justifier ses actes du passé sans réfléchir. Ce n’est pas qu’il n’y a pas assez d’électricité. C’est qu’il possède trop d’uranium et de plutonium inutiles, l’uranium et le plutonium qu’il n’a pas osé refuser. Et maintenant, pour prouver qu’il ne produit pas des armes nucléaires, il construit de plus en plus de centrales, la démonstration de l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire ». Je pense qu’il décrit très bien la nature de ce pays.
 
 
 
16. On ne peut ni démonter, ni démolir
 
La première centrale nucléaire commerciale au Japon a démarré en 1966 dans la commune de Tokaido, dans le département d’Ibaraki. C’était un réacteur anglais d’une puissance de 160 mégawatts. Depuis, des centrales américaines ont été installées, et le Japon s’est même mis à construire ses propres centrales. Actuellement, 51 centrales nucléaires fonctionnent dans ce petit pays, la plus grande étant de 1.350 mégawatts.
 
On les a mises en route sans savoir concrètement comment les démonter ni les démolir, ni comment traiter leurs déchets. Le réacteur en acier, bien que d’une grande épaisseur, se fragilise à cause des quantités colossales de radioactivité, on les avait donc construites pour une exploitation de 10 ans, après quoi le démantèlement et la démolition étaient prévus. Mais en 1981, on s’est aperçu que les plans de démantèlement et de démolition de la centrale nucléaire de Fukushima, qui avait alors fonctionné 10 ans, n’étaient pas du tout réalisables. Le Parlement a même discuté sur le fait que ce réacteur ne pouvait plus résister aux rayonnements ionisants.
 
A l’époque, j’ai participé aussi à la recherche de solutions. Nous avons tous les jours étudié différents modes de démolition. Mais nous avons seulement compris que, pour démonter et démolir cette centrale nucléaire pleine de radioactivité, des dépenses représentant plusieurs fois le budget de sa construction seraient nécessaires, et qu’une irradiation trop importante des ouvriers serait inévitable. Car on ne peut travailler que quelques dizaines de secondes près du réacteur si l’on veut respecter la norme.
 
Tout est réalisable sur le papier, mais concrètement, les ouvriers doivent tout faire à la main, avec l’irradiation que cela implique. On ne peut donc rien faire avec cette radioactivité, ni démonter, ni démolir la centrale. Certaines personnes parlent d’envoyer des robots, mais les nombreuses recherches n’ont pas encore réussi à produire des robots qui ne se dérèglent pas à cause de la radioactivité.
 
Finalement, concernant la centrale de Fukushima, on a conclu que la démolition était irréalisable. Le fabricant américain qui a vendu cette centrale a envoyé des ouvriers au Japon, et il les a fait réparer le réacteur en les exposant à des quantités de radioactivité inimaginables par rapport à la norme japonaise. Aujourd’hui, cette centrale fonctionne toujours.
 
Alors qu’on avait prévu de l’utiliser 10 ans, elle a déjà fonctionné plus de 30 ans. Au Japon, il y a 11 centrales que l’on exploite toujours malgré leur vieillissement, cela m’inquiète beaucoup.
 
Le réacteur nucléaire de 100 kilowatts destiné à la recherche s’est arrêté suite à une fuite de radioactivité dans l’Université Industrielle Musashi à Kawasaki, dans le département de Kanagawa. On estime qu’il aurait fallu 2 milliards de yens pour la réparation et 6 milliards de plus pour le démantèlement. Le budget annuel de l’Université ne suffit même pas pour la démonter. Ils sont donc obligés de l’arrêter et l’entretenir jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de radioactivité.
 
Si cela avait été un grand réacteur de 1.000 mégawatts, on n’aurait vraiment rien pu faire.
 
 
 
17. La surveillance et l’entretien après la fermeture
 
Pourquoi on ne peut pas démonter une centrale nucléaire ? Comme elle fonctionne avec de l’eau et de la vapeur, on ne peut pas la laisser sans entretien après l’arrêt. Elle se rouillerait très vite et il y aurait des fuites de radioactivité par des trous. Un seul démarrage avec du combustible nucléaire suffit pour polluer la centrale. Et une fois polluée, on ne peut plus la laisser se reposer, ni la démonter, ni la démolir.
 
Il y a beaucoup de centrales nucléaires qui ont été fermées dans des pays développés. Elles sont fermées car ils ne peuvent pas les démonter ni les démolir. Fermer une centrale nucléaire, ça veut dire qu’on arrête de produire de l’électricité et qu’on retire le combustible. Mais il y a encore beaucoup de choses à faire.
 
Actuellement, le Japon compte 54 réacteurs nucléaires pour produire de l’électricité, 51 en fonctionnement et 3 en construction. Il y en a plusieurs qui sont trop dangereux pour continuer à les exploiter. Il ne faut pas oublier les réacteurs pour la recherche possédés par des universités et des entreprises. Donc dans tout le Japon, il y a 76 réacteurs, de 100 kilowatts à 1.350 mégawatts.
 
Mais je me demande si les compagnies d’électricité vont continuer à surveiller sérieusement les centrales fermées qui ne produisent plus d’électricité ni d’argent. D’un autre côté, elles cherchent à construire de nouvelles centrales et à agrandir celles qui sont déjà construites. Par exemple, elles veulent ajouter un 5ème réacteur sur le site de Hamaoka qui se trouve sur un endroit très dangereux par rapport à la faille qui provoque souvent des tremblements de terre dans la région de Tokai. A Fukushima, elles ont ajouté un nouveau réacteur sur le terrain de football. Pour des nouvelles installations, elles veulent construire des centrales à Makimachi dans le département de Nigata, Ashihama du Mie, Kaminoseki du Yamaguchi, Suzu du Ishikawa, et Ooma et Toudu d’Aomori. Elles envisagent d’avoir de 70 à 80 réacteurs d’ici 2010. J’ai peur que mes mots soient brutaux mais je n’arrive pas à m’empêcher de penser que ce pays est devenu fou.
 
Bientôt, la fermeture des vieilles centrales nucléaires va sûrement venir. C’est un grand problème. Imaginez des centrales nucléaires fermées qui apparaissent partout dans le Japon dans l’avenir assez proche. Vous ne pensez pas que c’est non seulement inquiétant mais macabre?
 
 
 
18. Les déchets nucléaires qu’on ne sait même pas traiter
 
Il faut aussi parler des déchets nucléaires qu’on produit chaque fois qu’on fait tourner les réacteurs, ça veut dire tous les jours. En parlant déjà des déchets nucléaires de faible activité, il y en a 800.000 fûts dans le Japon. On utilise le mot faible mais il y en a qui sont tellement forts en radioactivité qu’on peut recevoir la dose létale en restant uniquement 5 heures à côté.
 
Depuis le démarrage de la première centrale nucléaire au Japon jusqu’en 1969, dans toutes les centrales, on mettait tous les déchets nucléaires dans des fûts et les jetait dans les mers à proximité. A l’époque, c’était normal. Quand je travaillais dans la centrale de Tokai du département d’Ibaraki, les sous-traitants emportaient les fûts en camion et ils les jetaient au large de Chiba en bateau.
 
Mais justement c’est avec cette histoire que j’ai commencé à douter qu’il y a quelque chose qui n’est pas clair dans les centrales nucléaires. Les fûts métalliques se rouillent au bout de 1 an dans la mer. Je me suis demandé ce qui se passerait avec les déchets nucléaires qui étaient dans les fûts et les poissons qui habitent dans la mer.
 
Maintenant, on rassemble les déchets nucléaires à Rokkasyo dans le département d’Aomori. Ils prétendent surveiller 3 millions de fûts de déchets nucléaires pendant 300 ans. Mais je me demande déjà s’il existe le fût qui fait de l’usage pendant 300 ans. Et durera-t-elle aussi cette entreprise sous-traitante pendant si longtemps ? Qui peut assurer tous ces problèmes ?
 
Et puis, parlons des déchets nucléaires de haute activité. C’est le déchet qui reste après l’extraction du plutonium du combustible usé. Le Japon commande cette extraction à l’Angleterre et à La France. En 1995, la France a retourné 28 barres de déchets de haute radioactivité. Ce sont des mélanges de déchets de haute radioactivité et de verre enfermés dans un container métallique. J’ai entendu que le fait de rester 2 minutes à côté de ce container suffit pour tuer quelqu’un. Le gouvernement dit qu’il va garder ces barres fortement radioactives pendant 30 ou 50 ans tout en les refroidissant à Rokkasyo du département d’Aomori et les transporter quelque part ailleurs pour les enfouir en profondeur. Quelque part qu’il ne sait pas encore où ça pourrait être. Dans tous les autres pays, ils planifient l’enfouissement des déchets nucléaires de haute radioactivité, mais il y en a aucun qui l’a déjà accompli. Personne ne connaît la solution.
 
Pour le bâtiment de la centrale nucléaire elle même, le gouvernement japonais envisage de la fermer hermétiquement pendant 5 ou 10 ans et l’enterrer en dessous du terrain où la centrale a été, après l’avoir démolie en petits morceaux et mis en fûts métalliques. C’est un projet très optimiste mais la démolition d’un seul réacteur donnera des dizaines de milliers de tonnes de déchets plein de radioactivité. Comment peut-on trouver la place pour tous ces déchets dans un pays où on manque même de place pour jeter les ordures ménagères ? En tout cas, c’est bien clair que le Japon sera encombré de déchets nucléaires un jour. Il faut faire quelque chose. Il faut qu’on arrête les centrales nucléaires aussi vite que possible.
 
Il y a environ 5 ans, j’ai été faire une conférence sur mon travail à Hokkaido. Quand j’ai dit « on va continuer à surveiller les déchets nucléaires pendant 50 ans ou 300 ans », une collégienne a levé sa main. Elle a crié « J’ai une question. En parlant de la surveillance des déchets qui dure 50 ou 300 ans, est ce que c’est vous qui allez le faire ? Non, ce n’est pas vous, les adultes d’aujourd’hui, c’est nous, la prochaine génération, et les générations qui suivent. Mais nous, nous n’avons pas envie de le faire ! » Est-ce que quelqu’un peut donner une réponse à cette fille ?
 
Quand on dit «surveiller 50 ans ou 300 ans», peut-être ça vous donne l’impression que tout sera fini au bout de ces durées. Mais s’il y a toujours des centrales nucléaires qui fonctionnent, ce sont des 50 ans et 300 ans qui se renouvellent pour toujours.
 
 
 
19. L’irradiation et la discrimination affreuse des habitants
 
Le gouvernement et les compagnies d’électricité ont menti pendant des dizaines d’années en disant que les centrales nucléaires japonaises n’avaient jamais émis de radioactivité à l’extérieur. Mais depuis quelque temps, ils ne peuvent plus continuer leurs mensonges.
 
Il y a de la radioactivité qui sort des cheminées très hautes des centrales nucléaires. Très précisément, c’est la compagnie qui la rejette volontairement. Comme elle la rejette 24 heures sur 24, les habitants à côté prennent de la radioactivité tout au long de l’année
 
J’ai reçu une lettre d’une jeune femme de 23 ans. J’ai vu des traces de larmes sur l’enveloppe. Elle m’a écrit « J’ai trouvé un travail à Tokyo et rencontré un homme. Nous nous sommes fiancés et nous avons déjà fini la pré-cérémonie du mariage avec la famille. Mais il a subitement rompu nos fiançailles. Il m’a expliqué que ce n’est pas du tout de ma faute et il aimerait bien aussi se marier avec moi. Mais ses parents se sont aperçus que j’ai grandi à Atsuga dans le département de Fukui et qu’il y a plus d’enfants leucémiques à côté des centrales nucléaires. Comme ils n’ont pas envie d’avoir leur petit enfant leucémique, ils ne sont plus d’accord avec notre mariage. Dites-moi, pourquoi je dois subir une telle chose ? ». Qui a droit de faire vivre un tel drame à cette jeune femme ? En plus, je connais plein d’autres histoires pareilles.
 
Cette histoire n’est pas arrivée à côté d’une centrale nucléaire. Elle est arrivée à Tokyo. Est-ce que vous pouvez approuver sans aucun souci le mariage entre un homme qui a déjà travaillé dans les centrales nucléaires avec votre fille ou la femme qui a vécu à côté d’une centrale nucléaire comme elle avec votre fils ? Les jeunes doivent également se sentir concernés car vous pouvez très bien tomber amoureux de quelqu’un d’irradié. Je sais qu’en parlant de cette discrimination, je pourrais provoquer encore plus de discrimination. Mais il faut que je vous informe. Pour les gens qui sont déjà opposés aux centrales nucléaires, j’aimerais bien que ce problème soit un de leurs arguments et pas seulement parce qu’ils ont peur des accidents. Ce n’est pas seulement la Nature et la santé humaine que les centrales nucléaires détruisent, elles détruisent aussi le cœur des hommes.
 
 
 
20. Puis-je avoir des enfants ?
 
Pour finir, je vous raconte une histoire qui m’a beaucoup choqué. Une histoire qui m’est arrivée au cours d’une conférence organisée par le syndicat des instituteurs à Kyowa de Hokkaido qui se situe à côté de la centrale Tomari. Je ne manque pas d’en parler chaque fois. J’aimerais bien que vous vous rappeliez de cette histoire même si vous oubliez les autres.
 
La conférence a eu lieu le soir. Il y avait environ 300 personnes, à peu près moitié de parents et moitié d’instituteurs et professeurs. Mais il y avait aussi quelques collégiens et lycéens car ils pensaient que les centrales nucléaires sont des problèmes de leur génération et pas seulement ceux des adultes.
 
Une fois que j’ai eu fini mon discours, j’ai demandé s’il y avait des questions. Une fille de deuxième année de collège a levé sa main en pleurant et elle s’est exprimée :
 
« Vous, les adultes qui se sont réunis ce soir, vous êtes tous des menteurs et des hypocrites. Je suis venue ici aujourd’hui pour voir quelle tête vous faites. Les adultes d’aujourd’hui, notamment ceux qui sont là, vous êtes toujours en train de faire semblant d’agir pour les enfants pour tous les choses. Le problème des pesticides, les terrains de golf, les centrales nucléaires. Moi, je vis à Kyowa juste à côté de la centrale de Tomari. Je reçois de la radioactivité sans cesse. J’ai lu qu’à Sellafield en Angleterre, à côté de l’usine nucléaire, il y a plus d’enfants leucémiques qu’ailleurs. Moi, en tant que fille, je rêve de me marier un jour. Est ce que je peux avoir des enfants ? »
 
Cette fille a demandé en pleurant aux 300 adultes qui se trouvaient devant elle. Mais personne ne pouvait lui répondre.
 
Elle a continué: « Si vous savez que les centrales nucléaires sont dangereuses, pourquoi vous n’avez pas manifesté au moment de la première construction ? Pourquoi vous ne manifestez que maintenant ? En plus, vous avez même laissé construire le deuxième réacteur. Je préfère ne pas avoir d’électricité qu’avoir la centrale nucléaire ». Justement, le deuxième réacteur de la centrale Tomari venait d’entamer sa mise en route.
 
« Je ne comprends pas pourquoi vous faites cette conférence si tard. Si j’étais un adulte qui avait des enfants, j’arrêterais la centrale même au risque de ma vie ». Elle a ajouté en pleurant « Maintenant avec le deuxième réacteur, je reçois 2 fois plus de radioactivité. Mais je n’abandonnerai pas Hokkaido ».
 
Je lui ai demandé si elle avait déjà confié son inquiétude à sa mère ou à son professeur. Elle m’a répondu « Je sais que ma mère et mon professeur sont ici aujourd’hui. Je ne leur ai jamais posé des questions. Mais entre les filles de la ville on en parle tout le temps qu’on ne peut pas se marier ni avoir des enfants ».
 
Les professeurs n’étaient pas au courant que leurs élèves ressentaient une telle inquiétude.
 
Ce ne sont pas uniquement les 8 ou 10 km de rayon autour de la centrale qui sont concernés. Beaucoup de collégiens et lycéens ressentent la même chose dans la zone des 50 ou 100 km autour de la centrale. J’aimerais bien que vous pensiez toujours à ces jeunes.
 
 
 
21. On ne peut jamais être en sécurité si la centrale nucléaire ne disparaît pas.
 
Certainement, l’accident grave de Tchernobyl a aussi effrayé beaucoup de Japonais. Mais j’imagine que beaucoup de gens, surtout ceux qui habitent au loin, dans les grandes villes, ont peur de manquer d’électricité si on ferme les centrales nucléaires.
 
Mais c’est le résultat des propagandes qu’ils font en dépensant beaucoup d’argent. « Les centrales nucléaires, c’est une utilisation pacifique de l’énergie atomique », « Vous n’avez pas besoin d’avoir peur. Les accidents n’arriveront jamais dans les centrales nucléaires japonaises », « Le Japon manque de sources d’énergie. Les centrales nucléaires nous sont indispensables ». Ce sont des propagandes du gouvernement et des compagnies d’électricité. Et la réalité, comme l’accident de Monju, ils essayeront toujours de la cacher.
 
C’est bien vrai que les centrales nucléaires produisent de l’électricité. Mais j’ai constaté en travaillant 20 ans, avec mes yeux et même avec mon corps qu’elles fonctionnent toujours en irradiant les ouvriers. Et puis les gens qui habitent à côté souffrent, en se débattant entre ceux qui sont pour et contre avant l’installation, et en étant irradiés et discriminés après la construction.
 
Vous ne devez pas croire qu’un accident dans une centrale nucléaire ne provoque pas des terribles conséquences, ni qu’il n’y a pas de problème si jamais l’accident arrive, ni que c’est une utilisation pacifique !
 
Non, tout cela n’est pas vrai. Ce n’est pas pacifique s’il y a des ouvriers qui meurent à cause de l’irradiation, comme moi, et des gens qui souffrent à côté des centrales. En plus, il ne faut pas confondre la sûreté et la sécurité. S’il y a des centrales nucléaires, il n’y a plus rien de sûr.
 
En plus, même si le nucléaire produit de l’électricité en ce moment, l’entretien des déchets nucléaires pour des dizaines de milliers d’années demandera une énorme quantité d’électricité et de pétrole. C’est sûr que ça demandera plus d’énergie qu’on en a produit jusqu’à maintenant grâce au nucléaire. D’ailleurs, ce sont nos descendants qui seront obligés d’entretenir toutes les centrales fermées et leurs déchets.
 
Pour toutes ces raisons, je vous demande de regarder le visage de vos enfants et vos petits-enfants tous les matins, et réfléchir si le Japon peut continuer à construire des centrales nucléaires. Ce n’est pas uniquement le risque de l’accident, mais il y a aussi le risque du tremblement de terre. Le désastre irrémédiable va arriver si on continue ainsi. Je veux que vous sachiez cette réalité.
 
Je manifeste pour ne plus construire de centrales nucléaires. Je suis contre les nouvelles installations de centrales nucléaires avec conviction. Et je pense qu’il faut arrêter celles qui sont en fonctionnement.
 
Tant que les centrales nucléaires existeront, la tranquillité n’existera pas sur la Terre.
 
Laissons la Terre jolie pour nos enfants.
 
Norio HIRAI   
 
                                                                        
 
       

 

A propos de l’auteur, Norio HIRAI :

 

Décédé en 1997.

Spécialiste expert en pose de tuyauteries dans  les centrales nucléaires, consultant auprès du Conseil national de recherches sur les accidents nucléaires, représentant du Centre d’aide aux travailleurs nucléaires exposés aux radiations,  assistant spécial du juge dans le procès pour l’arrêt de la centrale de la Compagnie d’électricité Hotoriku Noto (actuellement centrale de Shika),

assistant spécial du juge dans le procès pour l’arrêt de la centrale de la Compagnie d’électricité  Tôhoku à Onagawa,

témoin à charge dans les poursuites pour l’arrêt du réacteur  n° 3 de la centrale de Fukushima 2.

Après sa disparition, il n’a pas eu de successeur au Centre d’aide aux travailleurs nucléaires exposés aux radiations, qui a dû fermer.

 

Autres liens (pour les anglophones):

Témoignage de Norio HIRAI traduit en anglais

http://www.facebook.com/note.php?note_id=122692927808800&comments

Commentaires sur le témoignage de Norio HIRAI

http://sites.google.com/site/glovoicesjp01/news/aboutiwantyoutoknowwhatnuclearplantisbymrnoriohirai

http://www.atanone.net/a-dangerous-mix-earthquakes-and-nuclear-power-plants/

 
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1 août 2011 1 01 /08 /août /2011 21:59

Cette marche vers Bruxelles a pour but de réclamer la démocratie directe en Europe. Elle dénonce le monopole des technocrates non élus, des oligarchies politiques qui détiennent tous les pouvoirs et elle exige leur départ. L'arrivée à Bruxelles est prévue le 17 septembre 2011.

Pour nous contacter : roadtobrussels@gmail.com

lundi 1 août 2011

8e étape Cahors - Labastide-Murat

Les marcheurs étaient toujours sur le GR65 et sont arrivés en fin de journée à Labastide-Murat. L'étape a été très éprouvante mais les routes et paysages traversés étaient merveilleux. Un grand merci aux copains qui sont venus soutenir les marcheurs avec leur camionnette !!



L'accueil a encore été très convivial , et les marcheurs sont hébergés pour la nuit chez l'habitant. Encore merci !!
L'assemblée s'est tenue sur la place de la mairie et a abordé les points suivants : historique des différentes marches populaires , projets de villages en transition vers leur autonomie énergétique.

Un socle de revendications commence à voir le jour, mais cela reste encore au stade de l'ébauche :
Abolition des privilèges pour les politiques , la finance , les banques et toutes ces oligarchies qui controlent et dominent par leurs monopoles.
Un toit , à manger et la dignité pour tous !!


Ce soir les marcheurs espagnols sont arrivés à Castillejo de Mesleón après une étape très éprouvante de plus de 30km. La fatigue n'entame pas leur détermination et nous les saluons en pensant au rendez-vous de Bruxelles.


Leur itinéraire commence à se préciser, surtout pour la partie espagnole. Il ne tient qu'à nous de les aider et de leur réserver l'accueil qu'ils méritent sur chacune de leurs étapes.
Leur itinéraire détaillé est maintenant disponible sur le blog, en voici quelques dates:
 

06-8-2011 : arrivée à Burgos
10-8-2011: arrivée à Vitoria
15-8-2011: arrivée à Donosti (Saint Sebastien)
16-8-2011 : arrivée à Irún
17-8-2011 ou 18-8-2011: arrivée à Bayonne,
Programme des prochaines étapes :
lundi 1er août : départ de Labastide-Murat dans la matinée , arrivée à Rocamadour en fin d'après-midi.
Rendez-vous 19h30  devant la mairie pour une assemblée populaire qui se déplacera peut-être vers une place agréable
Mardi 02 août : départ de Rocamadour dans la matinée , arrivée à Souillac en fin d'après-midi.
Rendez-vous 19h30 pour une assemblée populaire Place de l'Abbaye.

dimanche 31 juillet 2011

7e étape Lascabanes - Cahors

Les marcheurs ont quitté Lascabanes où s'est tenu la veille une assemblée  vivante d'une quinzaine de personnes. La rencontre avec des acteurs associatifs était très enrichissante.

Le beau temps est revenu et la route est maintenant très valonnée, ça commence à tirer sur les mollets.

A cahors l'accueil organisé chez l'habitant a aussi été très chaleureux. Les discussions ont tourné autour du thème des assemblées populaires, leurs fonctonnements, leurs avantages et leurs limites.


samedi 30 juillet 2011

6e étape Lauzerte - Lascabanes

Aujourd'hui, huit personnes ont marché, dont 5 jusqu'à Lascabanes. Le temps a été très ensoleillé, et le parcours (qui empruntait le GR 65) a permis des rencontres intéressantes et des discussions toute la journée. Les personnes rencontrées ont montré qu'elles étaient prêtes à aider dès qu'on le demandait.



Deux nouvelles :
* une mauvaise : nous nous sommes séparés et nous avons eu du mal à marcher ensemble toute la journée. La marche a eu lieu en ordre dispersé ;
* une bonne : la gendarmerie est venue poser des questions au point d'arrivée. Comme nous étions dispersés, elle n'a pas pu nous interroger (un mal pour un bien).

Demain soir, après la rencontre sur la place, nous logerons au bar le Barouf (rue Saint-James). Ceux qui ne peuvent venir à dix-huit heures peuvent venir nous y rencontrer.


Nous envoyons notre soutien aux copains qui se réunissent à Namur ce weekend pour préparer l'arrivée des marches. Les points suivant y seront abordés:
  • - Actions à faire le 17 septembre à Bruxelles
  • - Actions coordonnées et européennes futures (après 17/9)
  • - Propositions européennes (campement européen? Village d'indigné / Commune libre? Manifestations?)
  • - Méthodes de communication internationale.


En espagne de nombreuses caravanes s'organisent :


 
RUTA MESETA
Recorrido previsto de la Marcha Indignada Popular a Bruselas desde Madrid :
Burgos,Vitoria (9-11 agosto),Bilbao ,...San Sebastián ,Irún (17 agosto),Bayona , ...

 
RUTA MEDITERRÁNEA
Barcelona ,Girona,La Junquera,...Perpiñan,Narbona,Toulouse ...
  
RUTA EBRO
Les Marches de Rioja, Aragón y Navarra se joindront à la Marche de Madrid entre:
Vitoria (9 août)
Irún (17 août)


Programme de demain
Départ de Cahors , place François Mittérand dans la matinée.
Arrivée à Labastide-Murat pour une assemblée populaire place de la mairie à 19h00.

vendredi 29 juillet 2011

5e étape Moissac- Lauzerte

De nombreuses personnes sont venues échanger sur la place, du coup le départ a été retardé ; la marche s’est bien déroulée, mais a été éprouvante (terrain vallonné) , l'accueil a été fantastique.



Plus d’une trentaine de personnes ont apporté force victuailles, bio pour la plupart, et sont restées  à l’heure qu’il est pour la discussion générale en AP.


Le lien avec les marcheurs espagnols commence à se créer. 43 marcheurs sont arrivés hier à  Pedrezuela et seront ce soir à La Cabrera . Des infos précises seront mise en ligne. (itinéraire, organisation, coordination...)

Voici quelques photos de l'étape à Pedrezuela hier:



http://madrid.tomalaplaza.net/2011/07/28/recorrido-de-las-marchas-populares-indignadas-a-bruselas/
 http://www.facebook.com/pages/15M-Marcha-Bruselas/115074155256399
https://twitter.com/#!/marchabruselas

¡ vamos despacio porque vamos lejos !

jeudi 28 juillet 2011

Prochains rendez-vous

jeudi 28 juillet : Lauzerte , place des Cornières
vendredi 29 juillet  : Lascabanes , place centrale
samedi 30 juillet : Cahors , place François Mitterand

mercredi 27 juillet 2011

4e étape Montauban - Moissac

Les marcheurs s'établissent ce soir à Moissac.
Tout comme hier à Montauban , de nombreuses personnes se sont mobilisées pour leur arrivée, offrant hébergement et repas. Les marcheurs sont ravis de recevoir un acceuil si chaleureux.

Nous avons quelques premiers contacts avec les marcheurs espagnols nous travaillons pour nous coordonner et nous pourrons publier très vite des informations sur leur marche.

Cet été, à la rentrée, entre le 17 Septembre et le 15 Octobre , où que vous soyez , qu'importe votre nombre , organisez vos assemblées reclamez la liberté, l'egalité, la dignité pour tous !
Ceux qui souhaitent participer à ces évènements internationaux, rejoignez les marches !

This summer and this fall, between the 17th of september and the 15th of october, no matter where you are, no matter how much you are, do some people assemblies, claim freedom, equality and dignity for all !
Those who want to participate in international gatherings join marches everywhere...

Este verano, en otoño, entre el 17 de septiembre y el 15 de octubre, no importa donde esteis, no importa cuantos sois, hagan asambleas populares, exigen la libertad, la igualdad y la dignidad para todos.
Los que quieran participar a estos eventos internacionales juntanse a las marchas.



Nous avons trouvé le nom définitif de notre compagnon de fortune : "Indi". Nous avons trouvé une famille d'accueil qui l'attend impatiament à Bruxelles.
Indi veut nous suivre en courant, plus moyen de le garder sur les épaules... ça promet ;)



Programme de l’étape de demain :
Départ : .Moissac, Place Delthil (au pied de l'abbatiale et de la mairie). Rendez- vous entre 09h00 et 09h30.
Arrivée : Lauzerte , place des Cornières
 L’assemblée se tiendra sur la place à 18h30.

3e étape Verdun-sur-Garonne - Montauban

Ce soir la  marche a rallié Montauban. Une vingtaine de personne a accueilli les marcheurs.

L’assemblée a permis la rencontre de personnes de tout âge et de tout horizons  et a chacun a pu partager le fondement de sa fibre militante, de son indignation .Le débat portant sur des problématiques globales, les perspectives et structures et initiatives locales ont été mises à l’honneur.
Les montalbanais ont pris l’initiative d’organiser eux même l’hébergement et le repas ce qui nous a permis de passer une soirée très conviviale. Encore merci à eux pour leur accueil !
 
La bonne nouvelle de la journée est la confirmation d’une marche vers Bruxelles au départ de Madrid.
Les marcheurs espagnols sont partis aujourd’hui de la Puerta del Sol.
Le rendez-vous à Bruxelles est maintenu, il coïncidera avec l’arrivée des espagnols à Paris. Nous attendons des infos plus précises de Madrid afin de coordonner les différentes marches.
Un outil a été créé permettant d’éditer affiches et tracts afin de pouvoir informer et diffuser en amont. N’hésitez pas à télécharger le fichier PDF pour préparer l’arrivée de la marche chez vous :
http://www.fichier-pdf.fr/2011/07/26/marche-internationale-brussels-17sept-a5/marche-internationale-brussels-17sept-a5.pdf
Programme de l’étape de demain :
Départ : Montauban, Esplanade des Fontaines. Rendez- vous entre 09h00 et 09h30.
Arrivée : Moissac, Place Delthil (au pied de l'abbatiale et de la mairie).
L’assemblée se tiendra sur la place à 18h30.



Programme pour jeudi : arrivée prévue à Lauzerte , place des Cornières .

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1 août 2011 1 01 /08 /août /2011 21:53

Comment s´est crée #acampadasol, texte pour diffusion internationale.

1. NOUS SOMMES LES INDIGNÉS

Le 15 mai 2011, un groupe de citoyens de différentes idéologies, nous avons commencé un mouvement a-partisan connu sous le nom de 15M. Ce jour là, après une manifestation, et d'une manière spontanée, nous avons décidé de camper dans les rues et les places de notre ville, pour montrer notre rejet face à la situation politique et économique dont nous souffrons quotidiennement. C´était pour nous une façon de nous organiser pour chercher entre tous une manière de créer un meilleur monde.

Plus de 50 villes espagnoles se sont rapidement jointes au mouvement en créant des campements dans tout le pays, des groupes d'appui ont également surgi dans beaucoup d'autres pays. Actuellement, dans certaines villes, nous ne campons plus sur les places principales, mais nous organisons des centaines d'assemblées dans les quartiers.

Aucun parti, association ou syndicat ne nous représente. Nous ne le souhaitons pas car nous croyons qu´en tant que personnes, nous devons décider par nous mêmes. Nous voulons réfléchir ensemble à comment créer un monde où les personnes et la nature se placent au devant des intérêts économiques. Nous voulons imaginer et construire le meilleur des mondes possibles. Ensemble nous pouvons et nous le ferons. Sans peur.

http: // www.youtube.com/watch ? V=x2xuSHdjZ00

http: // www.youtube.com/watch ? V=Vr9BTyug4FA

http: // www.youtube.com/watch ? V=bRBbI257cOQ

http: // periodismohumano.com/temas-destacados/los-primeros-40-de-sol.html

http: // english.periodismohumano.com / 2011 / 06 / 06 / the-first-40-at-sol/

 

2. POUR QUOI PRENONS-NOUS LES PLACES ?

Nous prenons les places parce qu'elles ont toujours été les nôtres, mais nous l'avions oublié. Ils nous appellent les indignés, et nous le sommes.

Nous sommes fatigués de nous sentir comme des numéros dans les journaux, des données statistiques, en tant que consommateurs potentiels; fatigués d´être considérés comme de la marchandise aux mains d'hommes politiques et banquiers.

Nous avons un vote, mais nous n'avons pas de voix, nous sommes frustrés du manque de volonté des hommes politiques de développer des mécanismes directs de participation dans la prise de décisions. Des mécanismes qui en finiraient avec la corruption et le manque de transparence dans la politique, les institutions publiques, et qui mettraient le citoyen au-devant des marchés et autres intérêts particuliers.

Nous ne comprenons pas pourquoi nous avons à payer la facture d'une crise dont ceux qui sont responsables continuent à jouir de bénéfices record. Nous sommes fatigués et las des injustices. Nous voulons redonner une dignité à l'humanité.

Le monde actuel n´est pas celui dans lequel nous voulons vivre, et nous sommes ceux qui doivent décider de son devenir. Nous savons que nous pouvons changer le monde, et nous le faisons avec bonne humeur.

Nous prenons les rues et les places pour les mêmes raisons que d´autres mouvements citoyens l´ont fait avant nous, comme en Islande ou dans les pays du Printemps Arabe, et pour les mêmes raisons que d'autres pays le feront après nous.

Nous jouons notre rôle de manière locale, mais nous pensons de manière globale. Les problèmes sont à échelle planétaire et la solution qui existe est globale.

3. QUE FAISONS-NOUS ?

Nous sentons, observons, pensons, écoutons, parlons, proposons, discutons, coopérons, apprenons, créons des réseaux, nous communiquons, nous essayons de nous comprendre, travaillons, construisons …

Nous luttons … pour le changement d'un système injuste, controversons ses lois, ses schémas de participation, ses systèmes économiques et proposons des alternatives concrètes et réalisables afin d'améliorer le monde et la vie de tous ses habitants.

Nous créons … les réseaux humains et digitaux qui donnent naissance à de nouvelles formes de connaissance collective, en alimentant notre capacité d'analyse toujours plus grande et nos mécanismes de prise de décisions conjointes. Nous sommes l'organisation de l'intelligence collective.

Nous développons … de nouvelles méthodes pour nous organiser, nous rattacher et vivre. En face de l'immobilisme soutenu par le système, nous cherchons un état d'évolution et d'améliorations permanentes, d'active participation, de réflexion et d'analyse, de décision et d'action.

4. COMMENT LE FAISONS-NOUS ?

Nous récupérons et utilisons l'espace public : nous prenons les places et les rues de nos villes pour nous réunir et travailler d'une manière conjointe, ouverte et visible. Nous informons et invitons tous les citoyens à nous rejoindre.

Nous débattons sur les problèmes, cherchons des solutions et provoquons des actions et des mobilisations. Nos réseaux et outils télématiques sont ouverts : toute l'information est disponible sur Internet, en plus de l'être sur les rues et sur les places.

Nous nous organisons dans des assemblées, en prenant des décisions de manière ouverte, démocratique et horizontale. Il n´y a pas de leadership ni de hiérarchie.

[Manuel Espagnol] http: // madrid.tomalaplaza.net / 2011 / 05 / 31 / guia-rapida-para-la-dinamizacion-de-asambleas-populares/

[Manuel English] https: // n-1.cc/pg/file/carolinagc/read/344945/quick-guide-to-dynamics-of-peoples-assemblies-13_6_2011

Comme les travaux sont nombreux et très variés, pour nous organiser, nous nous divisons et répartissons les tâches entre trois types de groupes :

1. Des commissions

2. Des groupes de travail

3. Des assemblées générales

Les commissions et les groupes de travail travaillent de manière autonome.

Les Commissions ont un caractère structurel et organisationnel, ce sont les outils du mouvement (Commission légale, Commission de communication, Commission d'informatique, etc..).

Les Groupes de travail pensent, débattent et font des recherches collectives sur des sujets concrets (le Groupe de travail de politique, d'économie, d'environnement, etc..) afin d'analyser les problèmes et chercher des solutions.

Les Commissions et les Groupes de travail sont ouverts à qui veuille y participer. Ces réunions sont réalisées dans des espaces publics, et toutes les décisions sont reprises dans les actes qui se publient sur Internet. Toutes sont organisées en assemblées horizontales, mais le fonctionnement interne de chacune est décidé par le propre groupe et se fait dans une évolution et une optimisation constante du fait de leur caractère ouvert et collectif.

Les décisions importantes des Commissions et le travail des Groupes de travail sont ensuite soumis à l'Assemblée Générale pour qu'entre tous nous les évaluions et les ratifiions. Ainsi nous conjuguons un travail indépendant et efficace avec une coordination d'assemblée et horizontale.

Dans la sphère virtuelle, nous créons des réseaux sociaux et des outils web pour nous rattacher et pour mettre en commun notre travail et nos actions. Nous utilisons le réseau social N-1 et d'autres outils collaboratifs pour nous regrouper; nous avons nos propres pages :

http: // www.takethesquare.net (international)

http: // www.tomalaplaza.net (étatique)

http: // www.tomalosbarrios.net (des quartiers)

Nous utilisons Twitter et Facebook pour donner une visibilité au travail effectué et avoir une forte visibilité sur Internet.

5. ORGANIGRAMME

Voici quelques commissions :

- Communication.

Elle communique à l'extérieur ce qui se passe dans le mouvement. Deux de ses tâches fondamentales sont l'interaction avec les médias et la diffusion d'informations au travers d´internet et des réseaux sociaux. Elle compte sur la présence d´une sous-commission de traduction qui permet une diffusion globale au mouvement.

- Extension.

Elle incite d'autres secteurs, collectifs ou agents sociaux à participer et s'incorporer : des universités, des associations vicinales, des lieux de travail. Elle essaye de coordonner les autres campements et assemblées, en les appuyant et en les promotionnant à échelle locale, nationale et internationale.

- Légal.

Elle donne une couverture légale au mouvement, en expliquant la situation juridique dans laquelle il se trouve, en parlant avec la police et c´est elle qui prévoit les « risques » légaux qui peuvent se poser.

- Dynamisation des assemblées.

Elle se charge de préparer la méthodologie à suivre dans l'assemblée : préparation anticipée d'un ordre du jour, modération, gestion des temps d'intervention et des de tours de parole, etc. Elle élabore aussi l'acte de l'Assemblée Générale.

- Information.

Elle informe dans la rue les citoyens qui s'intéressent au mouvement.

- Action.

Elle organise les activités internes (des conférences, des rencontres, des évènements ludiques, revendicatifs, etc..) et planifie des actions externes de sensibilisation, d'information ou de pression politique.

- Coordination interne.

Elle coordonne le travail des commissions. Elle essaie de collecter les décisions que prennent les différents groupes et les redistribue au poste d'information. Elle coordonne aussi l'information essentielle de toutes les commissions (comme les lieux de réunions, les contacts, etc..).

- Analyse.

Elle vérifie le discours interne, externe, l'organisation et la manière dont s´étend le mouvement. Son travail est de reprendre et de relancer l'information, après l'avoir analysée, changée et systématisée.

Il y a aussi des Commissions dont le travail fondamental est lié à l'existence des campements :

- Infrastructure.

Elle fournit les moyens matériels nécessaires pour les campements ou pour les autres activités: tentes, chapiteaux, postes de travail, distribution de l'espace, points d'information, installation électrique (des générateurs), sanitaires, etc. Une bonne partie du matériel est obtenue par des donations.

- Respect.

Elle veille à l´ambiance pacifique et au respect, elle intervient lors de possibles incidents, en cas de provocations et en prévient les situations de risque. Sa force : uniquement la parole, elle utilise une communication verbale pour expliquer et convaincre de l'importance de l'ambiance de respect.

- Infirmerie.

En cas d'urgence elle se charge des premiers secours, collecte et gère le matériel sanitaire.

- Alimentation.

Elle reprend et traite les dons d'aliments et établit l´ordre des repas.

- Propreté

Elle organise des méthodes pour que les camps soient maintenus propres et salubres. Ce n'est pas un service de nettoyage : nous sommes tous responsables de la saleté que nous générons.

Quelques uns de nos groupes de travail :

Education et une Université.

Culture.

Environnement.

Economie.

Travail Social.

Politique.

Féminisme.

Migration et Mobilité.

Science et Technologie.

Pensée

6. LIENS

International

www.takethesquare.net contact.takethesquare@gmail.com

http: // www.facebook.com/Take.the. Square

Espagne

www.tomalaplaza.net

www.tomalosbarrios.net

[Rréseau social]

www.n-1.cc

Manuel Espagnol

http: // madrid.tomalaplaza.net / 2011 / 05 / 31 / guia-rapida-para-la-dinamizacion-de-asambleas-populares/

Manuel English

https: // n-1.cc/pg/file/carolinagc/read/344945/quick-guide-to-dynamics-of-peoples-assemblies-13_6_2011

Organigramme Espagnol

https: // n-1.cc/pg/file/carolinagc/read/341360/organigrama-grfico-de-acampadasol

Histoire Espagnol

http: // periodismohumano.com/temas-destacados/los-primeros-40-de-sol.html

Histoire English

http: // english.periodismohumano.com / 2011 / 06 / 06 / the-first-40-at-sol/

Des vidéos

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=x2xuSHdjZ00

http://www.youtube.com/watch?v=Vr9BTyug4FA&feature=player_embedded

http://www.youtube.com/watch?v=bRBbI257cOQ&feature=player_embedded

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1 août 2011 1 01 /08 /août /2011 21:51

spaanserevolutie

A day with the March on Brussels

In Sol on 31 July 2011 at 22:45

Castillejo de Mesleón , July 31

Dear People,

This weekend, together with comrade Daniel from the Extension Commission, we made a surprise visit to the Brussels March. We found them camping in the foothills of the Sierra de Guadarrama at about eighty kilometres North of Madrid, in the gorgeous little town of Buitrago de Lozoya.

They had put up their tents in front of the Picasso Museum. One of our comrades explains what the museum is doing here. This is the collection of Buitrago’s most famous citizen: Picasso’s barber. In the last years of his long and productive life, Picasso confided his innermost turbulences to his barber, and each time his barber cut his hair, the great artist gave him a painting or a sketch. Over the years this ammounted to a significant collection, enough to fill a museum.

I’m happy to meet various people from the Northern Column. And not only. There are people from almost all of the marches here. Barcelona, Galicia, Valencia, Málaga. Some of them have already been walking for over five hundred kilometres in the last few weeks. And they just keep on going.

The ascent, waiting for the group.

In total we’re about fifty persons. It’s an international march, and indeed there are various nationalities present. Germans, French, Americans, a Russian girl, a Cuban comrade, our iconic comrade Sancho from Mexico, and a horse. At the mountain pass we’re joined by a South-African woman, a veteran of the struggle against apartheid.

Comrade Ernesto crossing the Sierra

The road is long today. About 35 kilometres, crossing the mountains. It’s the second time in two weeks that I cross the Sierra de Guadarrama on foot, this time in northern direction through the pass of Somosierra at over 1400 metres. The route is not nearly as interesting as the one we took from Segovia. We’re following the service roads and paths of the A1 Madrid-Burgos. There is hardly any shadow.

Reaching the pass of Somosierra

From day-break onwards, when they come to advise us on the route, we receive an honorary escort from our comrades of the Guardia Civil. They perform the function of trailblazers, they guide the traffic around us when we decide to take to the big roads, they make sure that people who lag behind follow the right route, and for the last few kilometres up to the pass, their commanding officer walks along with us.

The Guardia Civil is on our side. A couple of days ago at a protest at the Moncloa palace, residence of the prime minister, they almost got into conflict with the national police. One of the police officers had torn down a protest sign of one of our comrades. He was severely reprimanded by an officer of the Guardia Civil: “What did you that for? There is nothing wrong with showing a protest sign.”

Spotting the eagle on the top

But also among the national police officers we can count on a lot of sympathy, undoubtedly thanks to the civil and peaceful nature of our protest. This is what one courageous police officer has admitted speaking to the National Assembly in Sol, last week. When the siege on parliament was lifted by force on wednesday morning, the people in charge will have made very sure to put only the officers of undoubted loyalty in the first line.

Descent along the A1

We descend into Castilla y León over the A1 under the burning sun. We get constantly honked. That is the whole idea. We follow the main roads for visibility. It’s another way to spread the word. When we finally finish our descent many people are convinced we’re already there. It’s what they were told when the comrades from logistical support served us lunch at the mountain pass. Now, it turns out we still have to walk another ten kilometres.

The organisation and the coordination of the march is far from perfect. They didn’t even have a route when they started. This can lead to tention, as we have noticed. And this is also the reason why we are here. Daniel has been following all the marches to Madrid, he knows their troubles and the solutions they have adopted. He has come to share his knowledge.

Camping out at Castillejo

After we finally reach Castillejo and put up camp, Daniel and me drive back to Madrid together with our comrade from South-Africa. She’s an intercultural communications expert. When she heard about the march on the BBC she has interrupted her business trip and made a thousand kilometer detour just to walk with us for a day.

 

 

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