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1 septembre 2011 4 01 /09 /septembre /2011 14:27

Un ancien directeur d'école nous a fait parvenir la lettre de démission qu'il vient d'envoyer à l'inspecteur d'académie de l'Essonne. Il y explique ne plus avoir sa place au sein d'un système éducatif qui n'a que faire d'une pédagogie respectueuse de l'enfant

Je souhaite par ce courrier, monsieur l'inspecteur, vous présenter ma démission. Depuis la fin des années 80, je n'ai pu qu'assister à la dégradation de la liberté éducative et pédagogique de l'enseignant, et à l'appauvrissement du champ éducatif à l'école.

Sous couvert d'un « recentrage » perpétuel vers l'acquisition de « fondamentaux », de socle, l'école primaire s'est appauvrie, s'est repliée sur elle-même ; elle s'est coupée des ressources de son environnement naturel, à la fois urbain, familial et social.

Le temps et le champ de l'enseignement se sont retrouvés de plus en plus quadrillé d'objectifs, d'injonctions et de contrôles. Les possibilités pour les enseignants comme pour les élèves, de faire preuves d'initiative et d'autonomie sont progressivement et toujours plus rognées par des injonctions dans tous les domaines et une inflation de règlementations dissuasives.

Restriction de la liberté éducative

Le plan Vigipirate, l'alourdissement des procédures d'autorisation de sortie, ou d'intervention de tiers, la règlementation des activités physiques […] ont constitué autant d'entraves au développement d'un climat éducatif souhaitable, dans les classes et dans les écoles.

Qui peut encore en effet, dans sa classe et dans son école, sortir en toute simplicité, faire la cuisine, utiliser les transports en commun, faire participer les parents au quotidien de la classe, faire une sortie vélo avec ses élèves ou organiser un séjour avec eux ?

Sans que l'on y prenne garde, c'est toute la liberté éducative nécessaire à l'apprentissage de l'autonomie et au développement des relations éducatives de base qui se sont retrouvées progressivement rejetée hors de l'école.

Inflation des évaluations en tous genres

A la place, nous avons connu une inflation des évaluations en tous genres, nationales, de circonscription ou exceptionnelles, qui prennent de plus en plus de temps, de plus en plus de place et qui déterminent lourdement le quotidien des élèves, comme celui des enseignants.

Cette tendance est allée si loin, que l'on peut se demander si l'enseignement à l'école n'est pas en train de perdre tout sens en se réduisant à la simple préparation… de ses propres évaluations.

En vingt-quatre ans, je n'ai observé également aucun progrès dans la formation ou l'accompagnement des jeunes enseignants.

La formation éducative, l'accès à une formation consistante dans les domaines de la connaissance du développement psycho-affectif de l'enfant, de la connaissance des réalités sociales et contraintes des familles les plus précaires, sont toujours refusés aux jeunes enseignants qui subissent de plein fouet les peurs, les préjugés, auxquels les expose leur impréparation.

Des relations d'autoritarisme et de servilité

Membre de l'Icem pédagogie Freinet [pédagogie fondée fondée sur l'expression libre des enfants, ndlr] de longue date, j'aurais souhaité contribuer à l'intérieur de l'Education nationale au développement d'une pédagogie respectueuse de l'enfant, de ses besoins et de ses aspirations.

Je suis malheureusement aujourd'hui forcé de constater que de telles pratiques pédagogiques n'ont plus de place dans l'Education nationale, telle qu'elle est devenue.

Les sanctions, ou plus banalement les brimades et dénis de reconnaissance pleuvent sur nos collègues et camarades qui, partageant nos principes, refusent les modes d'évaluation néfaste, l'absurdité du » soutien scolaire » obligatoire, ou le fichage des enfants dans Base Élèves.

La relation avec la hiérarchie s'est tellement dégradée qu'il n'y a plus de place aujourd'hui dans notre institution que pour des relations d'autoritarisme et de servilité qui empêchent le développement de toute créativité nécessaire à l'acte d'éduquer. Aujourd'hui, Monsieur l'Inspecteur, il devient clair que c'est en dehors de l'école que peuvent se développer de véritables innovations pédagogiques et éducatives.

Mon attachement profond à l'éducation et à la pédagogie

C'est pour cette raison, que dans le cadre de l'action associative, je contribue à promouvoir de nouvelles formes de travail éducatif qui, répondant à des besoins sociaux pressants, ne trouvent pas de place à l'école.

C'est également pour cette raison que dans le cadre de la formation professionnelle, je contribue à développer des actions de formation propres à aider les éducateurs d'aujourd'hui à devenir les véritables promoteurs et ingénieurs de leur pratique professionnelle et éducative.

Constatant que ces objectifs n'ont plus aujourd'hui de place dans l'Education nationale, je vous prie donc de prendre en compte ma démission. Dans cette perspective, je vous prie de croire en mon attachement profond à l'éducation et à la pédagogie.

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1 septembre 2011 4 01 /09 /septembre /2011 14:13

Le Monde - 01 septembre 2011

« Conformément aux exigences du Ministère de l’Intérieur, le nombre de reconduites d’étrangers en situation irrégulière devient l’objectif prioritaire de la DDSP pour le reste de l’année 2011. Pour rappel, l'objectif (...) est fixé à 35 pour le département de Loir-et-Cher (zone police et zone gendarmerie). Nous sommes actuellement à 6 reconduites effectives, ce qui est insuffisant ». Ainsi s'exprime un directeur départemental de la sécurité publique (DDSP) dans une Note de service datée du 25 juillet dernier, mise en ligne sur le site du Réseau Éducation Sans Frontières (RESF). Et son cas n'est pas isolé même si, ailleurs, des consignes ont pu être données oralement, comme nous l'indiquent les représentants du syndicat Unité SGP Police ainsi que cet officier supérieur de gendarmerie qui souhaite naturellement rester anonyme.

La « politique du chiffre » est bien connue non seulement des policiers et des gendarmes qui la critiquent régulièrement, mais aussi du grand public. Au fil des ans, la presse (Le canard enchaîné, Libération, Le Monde...) a révélé à plusieurs reprises la façon dont les forces de l’ordre reçoivent localement des objectifs chiffrés très précis qui ne concernent pas seulement la « baisse de la délinquance » et la « hausse du taux d’élucidation » qu’il faut impérativement afficher en fin d’exercice. Derrière ces obligations générales médiatisées, arrivent aussi des consignes plus ou moins discrètes concernant tel ou tel type de délinquance.

Le dilemme du policier

C’est la « délinquance de voie publique » qui concerne le plus les citoyens dans leur vie quotidienne, mais qui est aussi difficile à combattre pour les policiers et les gendarmes, s’agissant généralement d’une petite délinquance anonyme. Pour améliorer l’élucidation sans faire trop augmenter le nombre de faits enregistrés (c’est le dilemme), il vaut mieux s’occuper d’infractions que l’on est certain de résoudre à 100 %. La « meilleure » façon de faire est d’interpeller ce que l’on appelle des « shiteux » en jargon policier. Traduisez : « personnes mises en cause pour usage de stupéfiant ». Entre 2002 et 2010, ces infractions ont augmenté de 75 % (dans l'activité policière, non dans la réalité), soit la plus forte augmentation de toute la période. De même, avec les « infractions à la police des étrangers », les faits sont élucidés en même temps qu’ils sont constatés. Entre 2002 et 2010, ces infractions ont augmenté elles de 50 %.

Mais l’arrestation de clandestins a aussi une autre fonction aux yeux du gouvernement : elle permet de remplir les objectifs d’expulsion d’étrangers. Et, à l’approche de l’élection présidentielle, il semble que le gouvernement ait décidé d’afficher plus que jamais de « bons chiffres » en la matière. Après que la loi du 16 juin 2011 (dite loi Besson) ait modifié profondément le droit des étrangers en restreignant les garanties procédurales des migrants (voir l'analyse de la Cimade), l’heure est maintenant à la mise à exécution. C’est en tous cas ce à quoi s’emploie fortement depuis cet été le ministère de l’Intérieur, de l’outre-mer, des collectivités territoriales... et de l’immigration.

« L’objectif prioritaire du second semestre 2011 »

Il n'est certes pas nouveau que les unités de la Police aux frontières (PAF) et les chefs de police et de gendarmerie des départements frontaliers reçoivent des objectifs chiffrés d'expulsion. Ainsi, au début de l'année, le préfet des Alpes-Maritimes avait excédé les policiers en leur fixant un objectif de 1 420 reconduites à la frontière, réparties par types d'unités (voir Le Monde du 22 mars 2011). Mais il semble que l'on est passé cet été à un niveau supérieur en étendant cette politique à d'autres départements pourtant moins concernés.

En témoigne donc cette Note de service datée du 25 juillet dernier, envoyée par le chef de la Direction Départementale de la Sécurité Publique (DDSP) de Loir et Cher à toutes ses unités. Elle est intitulée explicitement « Reconduites d’étrangers en situation irrégulière : objectif prioritaire du second semestre 2011 ». Ses références sont indiquées en tête de la Note : « Courrier de M. le Préfet en date du 27 juin 2011 ; Instructions verbales de M. le Préfet en date du 22 juillet 2011 ». Il s’agit donc d’une consigne émanant du ministère. Le texte enfonce le clou : « M. le Préfet de Loir et Cher a tenu à réorienter les priorités de la DDSP du Loir et Cher pour le second semestre de l’année 2011. Conformément aux exigences du Ministère de l’Intérieur, le nombre de reconduites d’étrangers en situation irrégulière devient l’objectif prioritaire de la DDSP pour le reste de l’année 2011 » (en caractères gras dans le texte).

A l’heure où le ministre de l’Intérieur Claude Guéant multiplie les déclarations sur la « guerre à la délinquance » (comme ces jours derniers en déplacement à Marseille pour y changer le préfet délégué à la sécurité) et où le débat se porte notamment sur la présence effective des policiers sur la voie publique, ce document est édifiant à plus d’un titre. Il révèle d’abord les contradictions dans lesquelles sont plongés policiers et gendarmes. Non contents de voir leurs effectifs et leurs budgets réduits en permanence, ils font aussi l’objet d’injonctions multiples et toutes « prioritaires ». Il révèle ensuite les contradictions de la politique de sécurité. Comment prétendre renforcer la présence dissuasive sur le terrain et renforcer les unités de police judiciaire luttant contre la délinquance organisée si, dans le même temps, l’on érige en priorité la reconduite aux frontières des clandestins ? Cette dernière est en effet consommatrice d’effectifs, de temps et de véhicules, sans parler des moyens financiers à commencer par les billets d’avions. Les associations (RESF, la Cimade, le Gisti, la LDH...) dénoncent depuis des années ces opérations qu’elles estiment choquantes pour les Droits de l’Homme et les valeurs républicaine d’asile. Dans un communiqué du 27 août 2011, RESF dénonce « une machine à expulser de plus en plus inhumaine », constatant la multiplication de l’enfermement d'enfants dans les centres de rétention (désormais 45 jours possibles), de l’expulsion de pères et donc de démantèlement de familles, de retrait de mesures de protection des enfants pour pouvoir les expulser, ou encore d’arrestation sur les lieux d'hébergement d'urgence.

"On marche sur la tête"

Expulsion de Roms par avion à Lille, octobre 2009

Par ailleurs, sur son site Internet, ce réseau militant recense d’innombrables cas qui sont aussi autant d’exemples de ces contradictions de la politique de sécurité et de l’emploi des moyens policiers humains et financiers. Certains récits sont proprement ubuesques, lorsque ce sont des dizaines de journées de travail de policiers qui sont dépensées localement pour des expulsions qui se trouvent contrariées, ajournées et déplacées par les militants mais aussi par les passagers des avions voire par les commandants de bord, et enfin par la justice qui est régulièrement saisie des nombreux cas d'expulsion présentant des illégalités. En termes de finances publiques, on parlerait d’une gabegie.

Pour ce policier, représentant local d’un syndicat dans un département voisin du Loir et Cher, et qui nous indique que des consignes équivalentes ont été reçues - mais seulement verbalement - dans son commissariat, « on nous annonce qu’il faut réduire les dépenses d’essence et d’entretien des véhicules parce qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses, qu’il faut se réorganiser pour être davantage présents sur la voie publique avec moins d’effectifs, qu'il faut que les procédures judiciaires soient traitées dans des délais toujours plus rapides et en même temps qu’il faut multiplier les expulsions de ces pauvres types, c’est du grand n’importe quoi, on marche sur la tête ». Un raccourci sans doute, mais qui en dit long tout de même sur cette politique du chiffre qui restera un peu comme la marque de fabrique des ministres de l’Intérieur qui l’ont promue avec une belle continuité depuis 2002.

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1 septembre 2011 4 01 /09 /septembre /2011 14:03

LEMONDE.FR | 31.08.11 | 11h54   •  Mis à jour le 31.08.11 | 13h04

 
 

Kiki : Pourquoi la juge Prévost-Desprez n'a-t-elle pas enquêté sur cette information ?

Gérard Davet et Fabrice Lhomme : Dans le livre que nous publions, la juge relate avoir recueilli hors procès-verbal des confidences de témoins dans l'affaire Bettencourt sur d'éventuels versements d'argent liquide à Nicolas Sarkozy. Elle n'a pas enquêté plus avant sur ces faits pour deux raisons principales : la première tient au fait que les témoins ne voulaient pas s'exprimer sur procès-verbal par peur de mesures de rétorsion. La seconde est que la magistrate n'était pas saisie d'un éventuel cas de financement politique, puisqu'elle n'enquêtait que sur un abus de faiblesse.

Simone : Comment expliquez-vous le comportement de Mme Prévost-Desprez, magistrate faut-il le rappeler, qui vous communique une telle information recueillie par sa greffière entre deux portes ?

Gérard Davet et Fabrice Lhomme : Madame Prévost-Desprez a manifestement été écœurée par les manœuvres du pouvoir via le procureur de Nanterre pour l'empêcher d'enquêter. C'est ce qui explique qu'elle ait aujourd'hui envie de vider son sac.

Noël : La magistrate ne devait-elle pas dénoncer ces faits au parquet ? N'est-ce pas une obligation déontologique ?

Gérard Davet et Fabrice Lhomme : Encore une fois, à partir du moment où ces confidences ont été recueillies hors procès-verbal, elles ne pouvaient pas être utilisées judiciairement. Par ailleurs, la juge entretient des relations tellement exécrables avec le Parquet, qu'elle soupçonne de protéger le pouvoir, que toute communication entre les deux parties était absolument impossible.

Tarentule : Relater les paroles d'une juge dessaisie qui évoque des déclarations hors-procès verbal, n'est-ce pas un peu "limite" pour des journalistes d'investigation que vous êtes ? N'êtes-vous pas en train de vous exposer à une plainte en diffamation ?

Gérard Davet et Fabrice Lhomme : Il nous a semblé que recueillir les déclarations d'une magistrate connue et respectée était au contraire une démarche journalistique incontestable. D'autre part, ces déclarations viennent conforter d'autres éléments déjà apparus publiquement. Par ailleurs, quand bien même les déclarations des témoins parlant de remise d'espèces auraient été consignées sur un procès-verbal, elles n'en constitueraient pas plus une preuve irréfutable.

Raphaël : Pourquoi avoir choisi de faire un livre, plutôt que de publier une série d'articles dans Le Monde ?

Ju : Pourquoi n'avoir pas publié cette information dans votre journal ?

Gérard Davet et Fabrice Lhomme : Les personnes que nous avons interrogées, et qui toutes décrivent un système visant à affaiblir ou attaquer des personnes coupables de menacer le président de la République, n'ont accepté de s'exprimer qu'à condition que leurs témoignages soient regroupés dans un ouvrage, afin d'éviter une personnalisation excessive et donc dangereuse pour elles.

Elisa : Ce livre va-t-il rendre plus difficile votre travail journalistique vis-à-vis de l'Elysée ?

Gérard Davet et Fabrice Lhomme : Nous n'en savons rien, mais en ce qui nous concerne, la publication de cet ouvrage ne changera absolument rien à nos méthodes de travail.

Judith : Curiosité : pourquoi avoir publié ces bonnes feuilles dans Libé et L'Express, alors que vous êtes tous deux journalistes au Monde ?

Gérard Davet et Fabrice Lhomme : La publication de bonnes feuilles est un choix qui relève uniquement de l'éditeur. D'autre part, nous estimons qu'il est préférable que les extraits d'un livre publié par des journalistes ne paraissent pas dans la publication qui les emploie, pour des raisons déontologiques qui nous semblent évidentes.

Nicolas. F. : Votre livre fait déjà beaucoup de bruit ce matin, alors qu'il s'agit uniquement d'extraits, pourriez-vous nous en dire un peu plus concernant celui-ci ?

Gérard Davet et Fabrice Lhomme : Notre livre donne la parole à une trentaine de personnalités qui ont toutes en commun d'avoir été à un moment ou à un autre victimes de la vindicte du pouvoir. Il s'agit de magistrats, de policiers, de hauts fonctionnaires, de journalistes, etc., dont la carrière, voire la vie, a été affectée. Nous décrivons les méthodes, parfois brutales, utilisées par le pouvoir pour se débarrasser des gêneurs.

Henry : Que ferez-vous si M. Sarkozy vous attaque en diffamation ? Comment pouvez-vous apporter des preuves de vos dires ?

Gérard Davet et Fabrice Lhomme : C'est à la justice maintenant de faire son travail et de s'emparer de ces révélations. Une nouvelle fois, ces déclarations de la juge s'inscrivent dans un contexte plus général. La juge Prévost-Desprez a relu ces déclarations, les assume et si la justice le souhaite, nous imaginons qu'elle sera disponible pour toute audition.

MrBen : Vous-mêmes ou votre éditeur avez-vous subi des pressions avant la sortie du livre ? Avez-vous contacté l'Elysée pour avoir les explications du président ?

Gérard Davet et Fabrice Lhomme : Premièrement, nous n'avons subi aucune pression de qui que ce soit. Par ailleurs, concernant Nicolas Sarkozy, il s'est toujours tenu à une règle : il ne répond jamais aux demandes d'entretien dans un livre le concernant.

Nous avons publié ce livre lorsque nous avons terminé notre enquête tout simplement. Nous n'obéissons à aucun calendrier politique. Enfin, en France, ne sommes-nous pas en permanence en campagne électorale ? Si nous avions voulu interférer dans le cours de la prochaine présidentielle, nous aurions au contraire retardé le livre, afin qu'il paraisse dans les derniers mois ou les dernières semaines précédant l'échéance. Sur le plan politique, la seule chose que nous souhaitons, c'est qu'il y ait un débat parlementaire et, pourquoi pas, une demande de commission d'enquête sur les méthodes employées par le pouvoir et les services secrets.

Tommaso : Y a-t-il une chance pour que l'enquête reprenne et qu'il y ait un nouveau développement judiciaire ?

Gérard Davet et Fabrice Lhomme : Bien entendu, pour la bonne et simple raison qu'il y a toujours des enquêtes en cours sur les différents volets de l'affaire Bettencourt. Elles sont instruites au tribunal de Bordeaux, et les juges qui en sont chargés pourraient se saisir de nos révélations.

Paul : Pensez-vous que votre livre aura un impact sur le choix des Français en 2012 ?

Gérard Davet et Fabrice Lhomme : Ce n'est absolument pas notre propos. Nous ne sommes pas des journalistes politiques, mais des journalistes enquêteurs. Notre seul but, c'est de décrypter un système dont la violence n'est pas compatible avec un Etat démocratique.

betacam33 : Ces juges de Bordeaux n'ont-ils pas été saisis justement dans l'optique d'étouffer cette affaire ?

Gérard Davet et Fabrice Lhomme : Non. Ceux qui ont voulu étouffer l'affaire, ce sont les membres du Parquet dépendant du pouvoir. En particulier Philippe Courroye, dont les méthodes ont été déclarées illégales par la cour d'appel de Bordeaux. Les juges de Bordeaux ont toute latitude, s'ils le souhaitent, pour pousser à fond leurs investigations.

Ryad : Est-ce que vous pensez que vos révélations démontrent clairement l'absence d'un contre-pouvoir effectif, ce que devrait être la justice et qui, le cas échéant, interviendrait contre les dérives monarchiques ?

Gérard Davet et Fabrice Lhomme : La justice n'est pas indépendante en France, on peut le regretter. On s'aperçoit, à la lueur de cette affaire, à quel point la volonté sarkozyste de supprimer les juges d'instruction serait une erreur. Même si ceux-ci ne sont pas tous exempts de reproches, ils présentent au moins l'avantage d'être indépendants.

Dominique : La juge risque-t-elle des poursuites disciplinaires ?

Gérard Davet et Fabrice Lhomme : La juge n'est pas membre du parquet, elle dépend du siège. Il est compliqué de s'en prendre à une magistrate opiniâtre, courageuse et qui n'a connu, par ailleurs, aucune faute.

Chat modéré par Emmanuelle Chevallereau et Cécile Prieur

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1 septembre 2011 4 01 /09 /septembre /2011 14:02

LEMONDE.FR avec AFP | 31.08.11 | 20h06   •  Mis à jour le 31.08.11 | 20h25

 
 

 

Une plate-forme de forage de gaz de schiste à Ray, dans le Dakota du Nord, en septembre 2010.

Une plate-forme de forage de gaz de schiste à Ray, dans le Dakota du Nord, en septembre 2010.AFP/KAREN BLEIER

La compagnie anglo-néerlandaise Shell doit très prochainement signer un accord visant à investir environ 800 millions de dollars (554 millions d'euros) dans l'exploration et la production de gaz de schiste en Ukraine, a annoncé, mercredi 31 août, la présidence ukrainienne.

"Il est prévu que 200 millions de dollars [138 millions d'euros] soient investis dans l'exploration et près de 600 millions de dollars [416 millions d'euros] dans la production" de gaz de schiste, a précisé à la presse le chef de l'administration présidentielle, Sergui Liovotchkine. L'accord doit être signé jeudi avec Naftogaz, la société publique ukrainienne des hydrocarbures, et à cette occasion, le président Viktor Ianoukovitch rencontrera une délégation de Shell venue à Kiev, a-t-il ajouté.

Le gouvernement ukrainien avait précédemment annoncé que Shell espérait produire huit à dix milliards de mètres cubes de gaz de schiste par an sur le gisement d'Iouzovske, situé dans les régions de Donetsk et Kharkiv. L'Ukraine affirme avoir les plus grosses réserves de gaz de schiste en Europe, mais aucune estimation fiable de leur volume n'a jamais été réalisée.

 

RÉDUIRE LA DÉPENDANCE AU GAZ RUSSE

Très dépendante des importations de gaz russe, qu'elle juge trop onéreuses, cette ex-république soviétique essaie d'en réduire la consommation et de trouver des sources d'énergie autres. Le premier ministre Mykola Azarov a déclaré mardi que le pays devait faire des efforts pour parvenir à diviser par trois dans les années à venir les achats de gaz russe, qui doivent s'élever à 41 milliards de mètres cubes cette année, soit près de 65 % de sa consommation annuelle. Pour le chauffage, les autorités devraient remplacer le gaz par le charbon national, a-t-il notamment indiqué.

Dans ce contexte, la société Naftogaz a officiellement annoncé au géant russe Gazprom qu'elle prévoyait de réduire ses achats de gaz en 2012 à 27 milliards de mètres cubes, a indiqué mercredi une source gouvernementale ukrainienne à Interfax. En réponse, le patron de Gazprom, Alexeï Miller, a déclaré que le contrat en vigueur interdisait à l'Ukraine de passer sous le seuil de 33 milliards de mètres cubes de gaz achetés par an.

"En 2012, Gazprom peut fournir à l'Ukraine 27 ou 26 ou 29 milliards de mètres cubes de gaz. Ou bien ne pas en livrer du tout si l'Ukraine le souhaite", a-t-il dit, cité par Interfax. "Mais en tout cas, Naftogaz doit payer les livraisons d'au moins 33 milliards de mètres cubes. Telles sont les conditions dans le contrat en vigueur", a-t-il poursuivi.

 

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1 septembre 2011 4 01 /09 /septembre /2011 13:56

LEMONDE.FR avec AFP | 19.08.11 | 21h38   •  Mis à jour le 19.08.11 | 21h49

 
 

Le pétrolier français Total a confirmé vendredi 19 août avoir versé un "acompte" de 7 millions d'euros pour racheter des droits d'exploration en Libye à une société de l'homme d'affaires franco-libanais Ziad Takieddine, mais a qualifié l'opération de "courante" et transparente. Le site d'information Mediapart (article payant) avait rapporté jeudi que le géant pétrolier avait secrètement versé 9,8 millions de dollars à la société North Global Oil & Gas Company (NGOGC) en marge d'un contrat gazier conclu avec le régime libyen, "avec l'appui de l'Elysée".

Dans un droit de réponse publié à Mediapart, Total explique qu'il "était intéressé depuis plusieurs années par un nouveau projet d'exploration-production étendu à la production de gaz en Libye, sur lequel la compagnie North Global Oil & Gas Company détenait une partie des droits". Le groupe a alors préféré acheter les droits de la société plutôt que de nouer un partenariat, selon Total. "C'est dans ce cadre" que le pétrolier a négocié un accord avec NGOGC, "au titre duquel Total créditait NGOGC d'un acompte de 9,8 millions de dollars" versé en tant qu'à valoir sur le rachat éventuel de la totalité de ses droits, précise-t-il.

 PROJET GAZIER AVORTÉ DÉBUT 2010

"Cette opération, qui garantissait la possibilité pour Total de racheter la totalité des droits de NGOGC, est courante dans le domaine minier et n'a aucunement été réalisée dans le secret", assure le géant français. Selon Mediapart, Claude Guéant, alors secrétaire général de la présidence française, avait donné "un coup de pouce" à Total dans ce dossier. Mais le projet d'un accord gazier aurait définitivement avorté début 2010.

Le nom de Takieddine a été cité à plusieurs reprises par des témoins dans le cadre de l'enquête sur le volet financier de l'affaire des sous-marins de Karachi. Ce marchand d'armes, qui dément être intervenu dans le contrat pakistanais, est également présenté par Mediapart comme "l'intermédiaire du clan du président français" Nicolas Sarkozy auprès du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi. Selon des informations publiées le mois dernier par Mediapart, il aurait négocié plusieurs contrats d'armement avec le régime libyen.

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1 septembre 2011 4 01 /09 /septembre /2011 13:50

Un journaliste de Mediapart dépose plainte pour menaces de mort

LEMONDE.FR | 01.09.11 | 15h29

 

Le journaliste de Mediapart, Fabrice Arfi

Le journaliste de Mediapart, Fabrice ArfiAFP/BERTRAND LANGLOIS

Un journaliste du site d'information Mediapart a déposé plainte, mercredi 31 août pour des menaces de mort qu'il dit avoir reçues au moment où il signait des articles sur l'homme d'affaires Ziad Takieddine, proche de personnalités de la majorité. Dans l'acte déposé au parquet de Paris, le reporter Fabrice Arfi vise notamment le responsable d'une société de renseignement privée.


Cet homme, qui aurait travaillé pour Ziad Takieddine a, selon le site, envoyé plusieurs SMS injurieux et mençants à Fabrice Arfi en juillet, juste avant la publication d'une série d'articles sur l'homme d'affaires. Mediapart entendait montrer la proximité supposée de Ziad Takieddine avec l'Elysée, et évoquait son supposé rôle d'intermédiaire avec le régime Kadhafi avant la guerre en Libye.

Le site d'information explique avoir pris attache, le 5 juillet, avec l'homme qui a proféré les menaces, afin d'en avoir le cœur net. Mediapart rapporte qu'il a alors inondé son interlocuteur d'injures et de nouvelles menaces

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1 septembre 2011 4 01 /09 /septembre /2011 13:48

LEMONDE | 01.09.11 | 12h05   •  Mis à jour le 01.09.11 | 13h54

L'espionnage des communications de plusieurs journalistes du Monde par le pouvoir a débuté à l'été 2010, au début de l'affaire Bettencourt, après la publication de conversations captées clandestinement au domicile de la milliardaire. Les extraits des enregistrements révélés le 16 juin 2010 par le site Internet Mediapart mettaient notamment au jour des infractions fiscales, mais aussi des suspicions de financement politique occulte ainsi que les immixtions de l'Elysée dans la procédure d'abus de faiblesse conduite par le parquet de Nanterre.


Dans les semaines qui suivent, Le Monde publie plusieurs articles relatant l'évolution de la procédure judiciaire diligentée par le parquet de Nanterre suite à la révélation des enregistrements clandestins. Le procureur, Philippe Courroye, notoirement proche de Nicolas Sarkozy, a choisi d'ouvrir une simple enquête préliminaire – procédure à laquelle aucun avocat n'a accès et placée sous l'autorité du parquet – plutôt qu'une ou plusieurs informations judiciaires, conduites par des juges d'instruction indépendants.

QUAND LE CONTRE-ESPIONNAGE PLACE SOUS SURVEILLANCE UN JOURNALISTE DU MONDE

Dans son édition datée du 18-19 juillet, Le Monde, sous la signature de Gérard Davet, révèle le contenu des déclarations à la police du gestionnaire de fortune de la milliardaire, Patrice de Maistre. Ce dernier, au cours de sa garde à vue, le 15 juillet, a assuré aux enquêteurs avoir été incité à procéder au recrutement de l'épouse d'Eric Woerth, alors ministre du budget, cinq mois après avoir obtenu la légion d'honneur par son intermédiaire. Titré "Le principal collaborateur de Liliane Bettencourt met Eric Woerth en difficulté", l'article provoque la fureur de Nicolas Sarkozy, qui exige des plus hauts responsables policiers qu'ils mettent fin à ces fuites de plus en plus embarrassantes.

C'est dans ce contexte que la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), le contre-espionnage, va donc, comme nous le révélons aujourd'hui, requérir auprès de l'opérateur téléphonique Orange la saisie des relevés téléphoniques de Gérard Davet, en violation flagrante de la loi sur le secret des sources. Parmi les numéros identifiés par le contre-espionnage, celui d'un magistrat, David Sénat, conseiller technique de Michèle Alliot-Marie au ministère de la justice, dont les relevés téléphoniques vont également être obtenus par la DCRI auprès de son opérateur téléphonique. Dans la foulée, la chancellerie met brutalement fin aux fonctions de M. Sénat, accusé d'être à l'origine des fuites.

 

David Sénat, l'ancien conseiller de Michèle Alliot-Marie, est soupçonné d'être à l'origine des fuites.

David Sénat, l'ancien conseiller de Michèle Alliot-Marie, est soupçonné d'être à l'origine des fuites.AFP/PIG

LE PARQUET DE NANTERRE PROCÈDE À SON TOUR À LA SURVEILLANCE DE TROIS DE NOS COLLABORATEURS

Un second épisode intervient à la rentrée 2010, toujours sur fond d'espionnage des communications des journalistes. Dans la plus grande discrétion, le procureur de Nanterre Philippe Courroye ordonne, le 2 septembre 2010, une enquête préliminaire. La veille, Le Monde a révélé que la juge Prévost-Desprez, chargée d'un supplément d'enquête dans le volet "abus de faiblesse" de l'affaire Bettencourt, avait procédé à une perquisition chez la milliardaire. L'avocat de cette dernière, Me Georges Kiejman, a immédiatement déposé une plainte pour violation du secret de l'enquête. M. Courroye, en conflit ouvert avec Mme Prévost-Desprez, espère ainsi obtenir le dessaisissement de sa collègue.

Le parquet saisit l'inspection générale des services (IGS), demandant aux policiers d'identifier les numéros de téléphones portables personnels et professionnels de trois journalistes du Monde – les auteurs de l'article paru le 1er septembre, Gérard Davet et Jacques Follorou, et Raphaëlle Bacqué, journaliste politique –, puis de recenser les appels entrants et sortants, incluant les SMS échangés, dans la période allant du 23 juillet au 2 septembre 2010.

Les policiers, sans doute pour se couvrir, vont acter, dans un procès-verbal du 30 septembre 2010, une demande plus précise du parquet de Nanterre, qui exige d'obtenir le contenu des SMS, en particulier ceux échangés entre Mme Prévost-Desprez et Jacques Follorou, coauteur d'un livre avec la juge. Les policiers disposent donc des identités des correspondants des journalistes : avocats, policiers, confrères… Le 26 octobre 2010, à la demande de M. Courroye qui avait clos son enquête, le procureur général de Versailles ouvre une information judiciaire pour "violation du secret professionnel". L'enquête sera ensuite dépaysée à Bordeaux, avec l'ensemble de la procédure Bettencourt. C'est dans ce cadre que le juge bordelais Philippe Darphin a sollicité, le 24 janvier 2011, l'avis de la cour d'appel quant à la légalité de la procédure.

 

En conflit ouvert avec Isabelle Prévost-Desprez, Philippe Courroye espérait obtenir le dessaisissement de sa collègue.

En conflit ouvert avec Isabelle Prévost-Desprez, Philippe Courroye espérait obtenir le dessaisissement de sa collègue.AFP/FRED DUFOUR

"UNE VIOLATION MANIFESTE" DE LA LOI SUR LA PRESSE, SELON LA COUR D'APPEL DE BORDEAUX

Dans son arrêt, rendu le 5 mai 2011, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Bordeaux rappelle qu'à aucun moment "l'accord des intéressés, qui n'ont d'ailleurs pas été entendus au cours de l'enquête, n'a été recueilli", ce qu'exige pourtant l'article 77-1-1 du code de procédure pénale. Comme l'indique l'arrêt, la loi du 4 janvier 2010 prévoit, elle, que l'on ne peut porter atteinte au secret des sources d'un journaliste, à moins d'exciper d'un impératif prépondérant d'intérêt public, condition qui, selon eux "n'a pas été remplie".

Les magistrats de la cour d'appel notent par ailleurs que M. Courroye, hormis la saisie des fadettes, n'a procédé à aucun autre acte d'enquête, et donc que "la condition de nécessité et de proportionnalité des actes accomplis fait défaut". Il y a, selon les magistrats, une "violation manifeste" de l'article 10 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 2 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. La procédure doit donc être annulée. A l'automne 2010, M. Courroye, dans un entretien au Figaro, avait pourtant assuré ceci : "Je suis pointilleux sur le respect du secret des sources des journalistes."

INERTIE DU PARQUET DE PARIS, SAISIE D'UNE JUGE D'INSTRUCTION

Le secret des correspondances des journalistes du Monde a donc bien été bafoué par les autorités. Deux plaintes pour "violation du secret des sources" sont déposées par le quotidien et ses collaborateurs auprès du parquet de Paris. Le procureur de Paris, Jean-Claude Marin, ordonne deux enquêtes préliminaires, et presse la DCRI de fournir ses arguments, mais les services secrets font la sourde oreille. Finalement, le parquet classe sans suite, début 2011.

Dans la foulée, deux plaintes avec constitution de partie civile sont déposées auprès du tribunal de Paris, dont l'instruction est confiée à la juge Sylvia Zimmermann. Celle-ci s'est déclarée compétente pour mener les investigations, en juin 2011. La section de recherches de la gendarmerie de Paris obtient auprès de l'opérateur téléphonique Orange les réquisitions de la DCRI.

Le contre-espionnage français a bien réclamé les factures téléphoniques détaillées de notre collaborateur Gérard Davet, contrairement aux affirmations officielles. La juge Zimmermann devrait maintenant tenter de remonter la chaîne hiérarchique, afin de déterminer les responsabilités dans ce qui est devenu une affaire d'Etat.

Fabrice Lhomme

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31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 20:55

Publié le 30-08-11 à 18:58    Modifié le 31-08-11 à 11:14     par Le Nouvel Observateur avec AFP     

Tant le Secours populaire français qu'ATD-Quart Monde tirent l'alarme sur ces "pauvres qui deviennent de plus en plus pauvres".

Des personnes sortent des locaux du Secours Populaire avec des colis de nourriture, le 4 décembre 2009 à Saint-Eloy-les-Mines (AFP) Des personnes sortent des locaux du Secours Populaire avec des colis de nourriture, le 4 décembre 2009 à Saint-Eloy-les-Mines (AFP)

Le taux de 13,5% de pauvres en France métropolitaine en 2009 dévoilé mardi 30 août par l'Insee est bien "en dessous" de la réalité de 2011, la situation s'étant depuis "considérablement aggravée", a estimé le président du Secours populaire français, Julien Lauprêtre. 

De son côté, ATD Quart Monde a jugé ces chiffres "alarmants mais pas inéluctables". "J'insiste sur le fait que ce sont des chiffres qui remontent à 2009, mais depuis, la situation s'est considérablement aggravée", a t-il déclaré. Le Secours populaire français dispose de 1.400 permanences réparties sur tout le territoire, et "quand toutes nos fédérations disent:  "ça augmente sans cesse", il y a une réalité. Les chiffres de l'Insee sont malheureusement en dessous de la gravité de la situation aujourd'hui en 2011", a-t-il ajouté.

Ces "personnes qui ne s'attendaient pas à ce qui leur arrive"

Selon lui, "des pauvres deviennent de plus en plus pauvres mais il y a aussi des personnes qui ne s'attendaient pas à ce qui leur arrive : cadres, petits commerçants, petits artisans". "Ce phénomène, j'insiste beaucoup là-dessus, grandit", a assuré Julien Lauprêtre. Il y a aussi "de plus en plus de travailleurs pauvres", et la "misère" progresse dans les rangs des "jeunes", qui n'ont jamais été aussi nombreux à se tourner vers le Secours populaire, a-t-il ajouté.

Conséquence de la crise, la France métropolitaine comptait 8,2 millions de pauvres en 2009, contre 7,8 millions l'année précédente, selon une étude de l'Insee publiée mardi : 13,5% de la population étaient considérés comme pauvres, c'est-à-dire vivant avec moins de 954 euros par mois, contre 13% en 2008.

Dans un communiqué, ATD Quart Monde "constate que la fragilisation des plus pauvres ressentie par ses équipes ces dernières années se confirme à plus grande échelle : difficulté à nourrir la famille tout au long du mois, accès aux soins, dettes de loyer et donc augmentation des expulsions, précarité énergétique...". Mais selon l'association, ces chiffre sont "alarmants mais pas inéluctables". C'est "à ceux qui nous gouvernent et souhaitent nous gouverner de nous dire ce qu'ils comptent faire pour détruire la misère. Parce que c'est possible: elle résulte de choix ou de non choix faits par des hommes et des femmes, souvent en notre nom...", ajoute ATD Quart Monde.

Le Nouvel Observateur - AFP

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31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 20:36

 

 

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31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 20:28

Le Monde - 30 août 2011

Le niveau de vie des plus aisés augmente, celui des plus modestes baisse, la pauvreté s’accroît


La crise économique a eu un impact sur le niveau de vie de "l’ensemble des ménages" français, mais "ce sont les plus modestes" d'entre eux qui ont été "les plus touchés", avance l'Insee dans une étude publiée mardi 30 août.

Cette "photographie" montre en l'occurrence que le niveau de vie des plus modestes a baissé entre 2008 et 2009, alors que, dans le même temps, celui des ménages les plus aisés a continué d'augmenter, même si, pour certains d'entre eux, c'est moins rapidement que les années précédentes.

Elle témoigne aussi d'une progression du nombre de personnes pauvres (+ 337 000, à 8,17 millions) et de la proportion de personnes ayant un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté (+ 0,5 point).

Le niveau de vie d'un ménage correspond à son revenu disponible (somme des revenus d’activité, retraites, indemnités de chômage, revenus du patrimoine et financiers et prestations sociales, moins les impôts directs) divisé par le nombre d’"unités de consommation" figurant dans le ménage.

Une unité de consommation est attribuée au premier adulte du ménage, 0,5 unité autres personnes de 14 ans ou plus et 0,3 unité aux enfants de moins de 14 ans. Le niveau de vie est donc le même pour toutes les personnes d’un même ménage.

Niveau de vie médian

En 2008, la population française se coupait en deux autour d'un niveau de vie de 19 000 euros par an. En 2009 la ligne de partage se situe à 19 080 euros (soit 1 590 euros par mois). En euros constants, la progression est de 0,4 %.

Niveau de vie des Français les plus modestes

Entre 2005 et 2008, les quatre premiers déciles de la population, c'est-à-dire les 40 % de personnes les plus modestes, avaient connu une progression annuelle moyenne de leur niveau de vie d’environ + 2 %.

L'année 2009 a marqué un coup d'arrêt : "en euros constants, les quatre premiers déciles diminuent", indique l'Insee, soulignant que la baisse est "plus marquée pour le premier décile".

Le niveau de vie des 10 % des personnes les plus modestes a ainsi reculé de 1,1 %, devant "inférieur à 10 410 euros annuels".

L'Insee attribue pour une part cette situation à la "hausse du nombre de chômeurs dans le bas de la distribution des niveaux de vie".

L'institut de statistiques souligne, en creux, que cette baisse de niveau de vie aurait pu être pire encore. Il souligne, à ce titre, que les versements de prestations consécutifs à la perte de revenus du travail ont "atténué quelque peu la baisse des niveaux de vie", mais, surtout, que les mesures d’aides ponctuelles, sociales et fiscales, prises par le gouvernement en 2009, ont également joué un rôle d'amortisseurs pour les ménages modestes.

Niveau de vie des Français les plus aisés

Pour les personnes se situant au niveau de vie médian et au-delà, le niveau de vie a en revanche augmenté. L'Insee souligne notamment que, pour les 10 % les plus aisés, le niveau de vie était "supérieur à 35 840 euros annuels" en 2009, soit une augmentation de 0,7 % par rapport à 2008.

L'étude souligne néanmoins que cela "marque un ralentissement dans la progression de ce décile" par rapport aux années précédentes.

Pauvreté

Entre 2008 et 2009, le nombre de personnes dites pauvres est passé de 7,83 millions à 8,17 millions. cela signifie qu'elles se situent au-dessous du seuil de pauvreté, équivalent à 60 % du niveau de vie médian, soit 954 euros par mois en 2009.

Le taux de pauvreté, c'est-à-dire la proportion de Français vivant au-dessous de ce seuil atteignait 13,5 % fin 2009, contre 13 % un an plus tôt. On revient ainsi à un niveau voisin de celui de 2007 (13,4 %).

L'Insee ajoute que, sur les 8,2 millions de personnes pauvres, 4,5 millions vivent en réalité avec pas plus de 773 euros par mois. L'institut rappelle que le socle du RSA pour une personne seule est de 455 euros.

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