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11 août 2011 4 11 /08 /août /2011 15:41

Les indignés 57

Paradoxalement, c'est de la part de militants (de partis politiques essentiellement de gauche, la vraie et de syndicats) que les indignés perçoivent souvent des réticences.

Ce qui revient toujours c'est :

« Vous n'arriverez à rien. Ce qu'il faut, c'est une grève générale ; il n'y a que de cette façon qu'on obtient quelque chose. » (Notez le « vous » alors que cela devrait être « nous »)

Ma réponse est bien rodée maintenant :

« Depuis combien de temps attendez-vous cette fameuse grève générale ? Ne remontons pas jusqu'à la préhistoire, parlons seulement de la période de contestation de la régression des retraites, automne 2010. Même dans ce contexte où la majorité de la population était contre le projet du gouvernement, où plus de trois millions de personnes étaient dans les rues, vous n'avez pas obtenu une grève générale... et vous y croyez encore ? Et cela reste encore votre cheval de bataille ?

Vos adhérents sont si peu nombreux par rapport à la population... peanuts, les amis, peanuts... et pourtant, vous existez depuis des décennies !!!

Prenez conscience que vos discours sont formatés, répétitifs et, surtout, inefficaces, ceci dit sans vouloir vous fâcher, c'est un constat, simplement un constat dont vous devriez tenir compte pour réfléchir et changer de méthode.

Vous êtes dans une ornière et vous vous obstinez à y piétiner encore, ne faisant que creuser encore plus la dite ornière … bientôt, vous n'y serez même plus visibles.

Pensez autrement ! Faites un pas de côté !

Nous n'avons pas (encore) la solution pour sortir du bourbier mais, ça y est, nous avons fait un pas de côté.

Ah ! Bien sûr, il n'est pas confortable, ce chemin inconnu où tout est à découvrir, à défricher... il est difficile de prévoir ce que l'on va trouver plus loin... il est facile de retomber dans l'ornière... nous veillons à ce que cela n'arrive pas et nous devons tout apprendre au fur et à mesure.

Pour sortir de ce système qui nous broie, nous avons compris qu'il ne faut plus du tout appliquer ses règles : non, nous ne voulons pas créer un énième parti politique, non, nous ne voulons pas de représentants de notre mouvement, non, nous ne nous contentons pas de la majorité pour décider de quelque chose, nous pratiquons le consensus jusqu'à obtenir l'unanimité, non, nous ne voulons pas être récupérés ni par un parti politique, même « ami », ni par un syndicat. »

 

En ce qui concerne les citoyens « lambda », la palette de réactions est plus large et va de :

- « C'est bien ce que vous faites, bravo  ! » (Notez encore le « vous » au lieu du « nous »... ne nous dites pas bravo, il n'y a aucun héros, ici ; rejoignez-nous, c'est mieux)

- « Alors ? Que proposez-vous  ? » (Encore le « vous »... nous n'avons pas à proposer quelque chose, nous ne sommes pas des politiques en campagne électorale, nous sommes des citoyens... réfléchissons, cherchons ensemble)

- « Vous devriez avoir un leader  ! » (toujours le « vous » !!! Quand donc nos concitoyens cesseront d'attendre un homme providentiel ? Quand comprendront-ils que c'est à eux de prendre leur destin en mains ?)

- « Nous sommes en démocratie ! Que voulez-vous de plus  ? » (Euh... non... justement... et de développer notre argumentaire : la démocratie ne se résume pas au seul droit de vote, il faut un contre-pouvoir citoyen au pouvoir politique, etc...)

Jusqu'à la pollution quasi quotidienne de fachos qui arrachent nos affiches, inscrivent des insultes, des appels à la violence, des propos racistes sur le mur de la démocratie que nous avons installé avec les moyens du bord. (nous devons « faire le ménage » à chaque fois)

********************

Nous sommes sur le Titanic qui coule par soubresauts successifs.

Le capitaine et l'équipage, censés faire évacuer les passagers, sont déjà dans les canots de sauvetage et s'apprêtent à abandonner le navire tout en jurant qu'ils s'occupent de tout et que tout le monde sera sauvé. Ils emmènent déjà avec eux les passagers de 1ère classe.

D'ailleurs, des gilets de sauvetage sont à la disposition de chacun et si la température de l'eau est à environ deux degrés, il faut bien comprendre qu'il faut accepter de faire des sacrifices en une telle circonstance.... et...

il faut du monde pour aider à porter les caisses de champagne, les paquets de nourriture de luxe, les coussins moelleux, les radiateurs dans les canots... certains des passagers se précipitent pour apporter tout ça, puis retournent à leur place, sur le pont du bateau... c'est normal... l'équipage, les passagers de luxe, ils font partie de l'élite, ils ont plus d'importance que la populace.... au fait..

il y a aussi besoin de quelques-uns, bien costauds pour ramer... ce n'est pas aux membres de l'équipage de le faire, ils ont déjà tant de responsabilités pesant sur leurs épaules... Pour les nourrir, nous avons tout un sac rempli de pain rassis...

immédiatement, des volontaires se bousculent...

une voix s'élève sur un des canots déjà presque plein : « En plus, il faut les nourrir ! Comme c'est ennuyeux... ce sac de pain, ça prend de la place ! Ah ! Les travailleurs, quelle plaie ! » - « Voyons, voyons » lui répond quelqu'un « N'oublions pas que la devise de la France, qui fait partie de son identité, est « liberté, égalité, fraternité », offrons-leur la possibilité de manger ce pain rassis, soyons généreux. » et, le visage transfiguré par l'immense joie d'avoir, de façon magistrale, prouvé sa bonté d'âme, il réajuste avec soin la ravissante couverture en fourrure de vison dont il est enveloppé.

 

Sur le pont, les passagers, pour une large moitié, ont entièrement confiance et attendent patiemment le moment où l'eau les atteindra et où ils pourront agréablement flotter sur l'eau grâce à leurs gilets de sauvetage si généreusement mis à disposition.

D'autres se lamentent ou/et protestent, sans plus, en pensant qu'ils ne s'en sortiront pas dans une eau si froide : ils vont mourir d'hypothermie avant l'arrivée des secours... et attendent le moment où l'eau les atteindra et où ils pourront lentement mourir de froid en flottant grâce à leurs gilets de sauvetage que ces « enfoirés » ont mis à leur disposition.

Une minorité cherche une solution... vite !

Sur le pont supérieur, l'orchestre joue en boucle le même air.

 

Le Titanic, bien sûr, c'est le système qu'on nous impose depuis des décennies.

Le capitaine et l'équipage, les passagers de 1ère classe, c'est l'oligarchie qui nous opprime.

Les passagers, hors ceux de 1ère classe, ce sont les citoyens. Ceux qui font confiance aux promesses qu'on leur a faites, sont … de droite ; ceux qui se doutent qu'ils vont mourir de froid quand le bateau aura complètement coulé sont... de gauche ; la minorité qui cherche une solution en ne comptant que sur soi-même, ce sont les indignés.

Et l'orchestre, ce sont les militants évoqués plus haut, serinant le même refrain depuis des lustres, sans aucun résultat pour faire évoluer les choses. (Titre du refrain : « Il faut une grève générale »)

Les indignés commencent à s'activer tout en exhortant les autres passagers et les membres de l'orchestre à faire de même.

« Fabriquons des radeaux avec des tables, des sommiers de lit, des bancs, des portes d'armoire et de placards ! Vite ! Cherchons des cordes pour les faire tenir ! Vite ! Il faut être prêts avant que le paquebot ne sombre définitivement ! »

Peu, très peu de passagers les suit ; l'orchestre, lui, continue à jouer son sempiternel air.

Les indignés s'écrient : « Regardez ! Voyez du côté opposé à celui où vont les canots de sauvetage : une caravelle, toutes voiles hissées ! Oui, comme une de celles sur laquelle s'est embarqué Christophe Colomb ! Celle-là, elle est baptisée « réelle démocratie »... fabriquons des radeaux pour la rejoindre et monter à bord et partons chercher une nouvelle route vers les Indes... nous découvrirons ainsi un monde nouveau. »

********************

Depuis le 29 mai, les indignés 57 sont sur la place St Simplice, à Metz, tous les soirs, du lundi au samedi, de 19h à 21h, par tous les temps.

Tous les dimanches, à 17 h, ils organisent un débat public.

Pour faire un travail d'information, ils affichent des articles traitant de sujets jamais abordés à la télévision.. régulièrement arrachés par les fachos... tant pis, on recommence et on recommence encore.

Le 14 juillet, certains d'entre eux ont rejoint les indignés de Paris (et ont ainsi pu goûter à la joie de respirer des gaz lacrymogènes)

Fin juillet, ils sont partis 3 jours pour soutenir ceux qui luttent à Bure contre l'enfouissement des déchets radioactifs.

Jeudi 4 aôut, ils ont participé à la « faites de l'égalité » organisée par la LDH devant le centre Pompidou en y affichant ce texte :

« La déclaration des droits de l'homme peut se résumer en UNE phrase :

« Nul être humain ne sera humilié, jamais, d'aucune façon, d'aucune manière, en aucune circonstance, aucune situation » 

Or, celui qui ne mange pas à sa faim est humilié,

celui qui ne dispose pas d'un logement décent est humilié,

celui qui est méprisé, violé, torturé, puni injustement est humilié.

Pendant ce temps, les puissants qui s'octroient des privilèges vivent dans le luxe, la gabegie, le gaspillage ; ils ne craignent même pas, souvent, d'être poursuivis par la justice quand ils commettent des délits.

LE PEUPLE EST EN SOUS-FRANCE ! »

Samedi dernier, une indignée madrilène est venue leur rendre visite.

Ils rejoindront les indignés espagnols qui sont partis vers Bruxelles à pied, lors de leur passage à Paris et/ou lors de leur arrivée dans la capitale belge.

Ils ont un autre projet important pour la rentrée, en septembre....

Leur philosophie est affichée sur la face avant du « mur de la démocratie » : (réécrite, déjà, trois fois pour cause de « sabotage » des fachos)

LES INDIGNÉS :

- Ne font l'apologie d'aucun parti politique

- Rejettent toute forme de racisme

- Ne sont pas tous de gauche

- En ont assez d'être en sous-France

- Veulent un réveil citoyen

- Sont solidaires des autres peuples

- Se méfient de tous les gouvernements

- Prônent la non-violence (la non-violence, ce n'est pas la passivité, c'est ne pas céder)

********************

En ce moment, pour cause de vacances de certains, nous sommes peu nombreux : VENEZ !

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11 août 2011 4 11 /08 /août /2011 13:17

 

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11 août 2011 4 11 /08 /août /2011 12:45

LEMONDE.FR avec AFP | 10.08.11 | 21h16   •  Mis à jour le 11.08.11 | 08h45

 

Des gravats présentant des traces de radioactivité ont quitté par erreur le site de la centrale nucléaire du Bugey (Ain) et ont été déversés dans une carrière, avant d'être rapatriés à la centrale, a-t-on appris mercredi 10 août auprès d'EDF, confirmant une information du Progrès.

 

"Mardi en fin de matinée, un camion a chargé des gravats sur un chantier en zone non nucléaire" et quitté le site "par erreur" bien que "le dispositif de contrôle automatique" à la sortie de la centrale ait "détecté des traces de radioactivité", a expliqué une porte-parole d'EDF.

Le chargement, présentant "de très faibles traces de radioactivité artificielle", a tout de même été déchargé dans une carrière, avant d'être rapatrié mercredi matin vers la centrale, a-t-on précisé. "Aucune trace de radioactivité artificielle" n'a été relevée mercredi dans la carrière, située à Pérouges (Ain), après l'enlèvement des gravats, affirme EDF.

L'indicent a été classé au niveau 0 (sur 7) sur l'échelle INES (Échelle internationale des événements nucléaires) et "n'a eu aucune conséquence sanitaire [ni] environnementale", a affirmé le groupe.

WebRepÉvaluation globale 

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11 août 2011 4 11 /08 /août /2011 12:44

 

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11 août 2011 4 11 /08 /août /2011 12:34

 

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11 août 2011 4 11 /08 /août /2011 12:33

Cette marche vers Bruxelles a pour but de réclamer la démocratie directe en Europe. Elle dénonce le monopole des technocrates non élus, des oligarchies politiques qui détiennent tous les pouvoirs et elle exige leur départ. L'arrivée à Paris est prévue le 17 septembre 2011. L'arrivée à Bruxelles est prévue le 08 octobre.

Pour nous contacter : roadtobrussels@gmail.com

mercredi 10 août 2011

Nouvel itinéraire modifié Limoges(11/08) - Paris (17/09)

11/08/11
Limoges
Oradour sur Glane
20km
12/08/11
Oradour sur Glane
Bussiere Boffy
22 km
13/08/11
Bussiere Boffy
Bellac
21 km
14/08/11
Bellac
Saint Pardoux
23 km
15/08/11
Saint Pardoux
Bessines-sur-Gartempe
11 KM
16/08/11
Bessines-sur-Gartempe
La Souterraine
20km
17/08/11
La Souterraine
Azerable
15km
18/08/11
Azerables
Eguzon-Chatôme
15km
19/08/11
Éguzon-Chantôme
Argenton sur Creuse
20km
20/08/11
Argenton sur Creuse
Neuillay-les-Bois
23 km
21/08/11
Neuillay-les-Bois
Chateauroux
19km
22/08/11
Chateauroux
Neuvy-Pailloux
17 KM
23/08/11
Neuvy-Pailloux
Issoudun
13 KM
24/08/11
Issoudun
Saint-Florent-sur-Cher
22 km
25/08/11
Saint-Florent-sur-Cher
Bourges
18km
26/08/11
Bourges
Bourges
REPOS
27/08/11
Bourges
Mehun-sur-Yèvre
17 km
28/08/11
Mehun-sur-Yèvre
Vierzon
15 km
29/08/11
Vierzon
Villefranche-sur-Cher
25km
30/08/11
Villefranche-sur-Cher
Saint Aignan
30 km
31/08/11
Saint Aignan
Montrichard
19 km
01/09/11
Montrichard
Amboise
19 km
02/09/11
Amboise
Tours
25 km
03/09/11
Tours
Amboise
25km
04/09/11
Amboise
Onzain
20km
05/09/11
Onzain
Blois
18 km
06/09/11
Blois
Mer
19 km
07/09/11
Mer
Meung-sur-Loire
20 km
08/09/11
Meung-sur-Loire
Orleans
19 KM
09/09/11
Orleans
Orleans
REPOS
10/09/11
Orleans
Artenay
21 km
11/09/11
Artenay
Toury
14 km
12/09/11
Toury
Angerville
15 KM
13/09/11
Angerville
Etampes
21 km
14/09/11
Etampes
Dourdan
17 km
15/09/11
Dourdan
Choisel
20 km
16/09/11
Choisel
Rambouillet
17km
17/09/11
PARIS
PARIS


Quelques ajustements peuvent toujours avoir lieu, en particulier autour d'Orléans car plusieurs orléanais souhaitent aider afin d'avoir l'itinéraire le plus pertinent possible.

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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 16:41

Le premier ministre britannique David Cameron avec une policière, à Croydon au sud de Londres, le 9 août 2011 (Stefan Rousseau/Reuters).

C'est le choc des images : celles de Londres en proie aux pires émeutes de mémoire de Londonien, et celles de la Bourse et de ces visages attérés de traders sous le choc. Qu'est-ce que ces deux scènes sans rapport apparent nous disent sur notre monde ?

La crise financière et la violence urbaine : le rapprochement est hasardeux, et pourtant, inévitable, ne serait-ce que parce que ces deux sujets se disputent la une des journaux sans qu'il soit aisé de les analyser à chaud.

Le rapprochement, pourtant, s'impose, car réduire les émeutes de Londres, comme le font de nombreux politiciens et journalistes britanniques, à de simples actes criminels, sans prendre en considération le contexte économique et social dans lequel elles se produisent, relève de l'aveuglement. Même si les scènes de pillage, la dégradation gratuite, et la violence sans but évident brouillent le sens et facilitent les analyses réductrices, comme en France en 2005, lors de l'explosion des banlieues.

« Observez et pleurez pour notre avenir »

C'est dans le Daily Telegraph, le vieux quotidien conservateur, pourtant, qu'à côté des éditoriaux « law and order », on trouve cette analyse de Mary Riddell, chroniqueuse du journal :

« Ce n'est pas une coïncidence si les pires violences que Londres a connues en plusieurs décennies se déroulent dans un contexte d'économie mondiale en train de s'effondrer.

Bien que l'épicentre de l'actuelle crise soit dans la zone euro, les gouvernements britanniques successifs se sont employés à cultiver la pauvreté, les inégalités, et l'inhumanité qui sont aujourd'hui exacerbés avec la crise financière.

L'absence de croissance de la Grande-Bretagne n'est pas un sujet de discussion ni même un argument pour accabler George Osborne [le chancelier de l'échiquier ou ministre de l'Economie et des Finances britannique, ndlr], pas plus que notre force de non-travail sans formation, démotivée et sous-éduquée, n'est une variable d'ajustement de notre bilan national.

Observez les équipes de casseurs à l'action dans les rues de nos villes, et pleurez pour notre avenir. La génération perdue s'entraîne pour la guerre. »

Excessif ? Réaction trop émotionnelle sous le coup des images des bâtiments en flamme et de l'« anarchie » qui monte, comme le titrent plusieurs quotidiens ?

Toujours plus d'austérité ?

La crise sociale a bon dos pour justifier des pillages insensés, répondent les apôtres de la répression et du « Kärcher » pour régler les problèmes. Mais la répression suffirait-elle pour résoudre la question du chômage massif (en Grande-Bretagne comme dans les quartiers défavorisés de France, comme en Espagne ou en Grèce), l'absence de perspective, des budgets sociaux décroissants, de l'insécurité ?

C'est là que la crise financière et la panique actuelle entrent en jeu. La crise financière, centrée sur la question de la dette et des équilibres budgétaires, pousse tous les gouvernements européens à plus d'austérité, à des réductions de dépenses publiques, à rogner et à diluer le modèle de société bâti dans l'après-guerre.

Comme l'ont joliment exprimé les « indignados » de Madrid, « nous ne sommes pas contre le système, c'est le système qui est anti-nous »…

Ces politiques, présentées comme inévitables pour « rassurer les marchés » et mettre fin à l'« esclavage » de la dette et du déficit, sont perçues par une part croissante de la population, en Europe, comme le prix payé par les pauvres pour un système qui est devenu fou, celui de la finance-reine.

110815_2011_p154.jpgEn 2008-2009, les citoyens ont assisté au sauvetage des banques qui avaient participé au système et avaient manqué d'y laisser leur peau ; en 2011, c'est à eux qu'on présente l'addition.

Les émeutes de Londres ne sont pas directement liées aux derniers épisodes de la crise financière, qu'il s'agisse des soubresauts de la zone euro ou de la dégradation de la note de la dette américaine… Mais elles font assurément partie du paysage social d'une Europe ultra-libéralisée et paupérisée (c'est en particulier vrai en Grande-Bretagne après les périodes choc de Thatcher et Blair), en train de subir des électrochocs (Irlande, Portugal, Grèce…) peut-être insupportables.

Les dirigeants politiques européens actuels, concentrés sur l'objectif prioritaire de sauver ce qui peut l'être du système monétaire et de leur crédit, comme ceux qui aspirent à diriger leurs pays demain, auraient tort de négliger les signaux qui sont envoyés par les populations. Sous la forme éminemment sympathique des « indignados » de Madrid, ou sous celle, sinistre, des émeutiers de Londres.

Photo : le premier ministre britannique David Cameron avec une policière, à Croydon au sud de Londres, le 9 août 2011 (Stefan Rousseau/Reuters).

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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 16:40

Thierry Mariani à l'Assemblée nationale en 2007 (Charles Platiau/Reuters)

Fondateur de la Droite populaire, le ministre des Transports Thierry Mariani a annoncé ce week-end souhaiter la mise en place d'un »fichier généralisé des allocataires », afin de « lutter contre les profiteurs du bas et les profiteurs du haut de l'échelle sociale ». Aussitôt, Xavier Bertrand, ministre du Travail et de la Santé, s'est dit « tout à fait d'accord » avec ce projet. Les réactions n'ont pas tardé, à gauche, contre une mesure qui « stigmatise les plus pauvres ».

L'ancien secrétaire général de l'UMP a annoncé la mise en place de ce fichier central des allocataires sociaux – d'ici la fin de l'année – comme « la meilleure façon de lutter contre les fraudes fiscales ».

A gauche comme au centre, les réactions sont vite tombées ce lundi : Marisol Touraine, chargée de la protection sociale au sein du PS, a dénoncé « un concours Lépine de la trouvaille la plus antisociale » au sein du gouvernement. Au Nouveau Centre, Hervé Morin a quant à lui critiqué le fichage « des plus pauvres à des fins électoralistes ».

« On généralise la suspicion à tous les assurés sociaux »

Sans connaître en précision les détails de ce projet, Nicolas Duvoux, maître de conférences en sociologie à l'université Paris-Descartes et à l'EHESS, y voit la suite logique d'un discours politique qui date déjà de plusieurs semaines, voire plusieurs mois :

« Nous sommes dans une séquence politique où les fraudes sont l'angle d'attaque à partir duquel on lance la question des minimas sociaux. Ce discours monte en puissance, et se généralise désormais à l'égard de tous les assurés sociaux. »

A première vue, Nicolas Duvoux voit dans la déclaration de Xavier Bertrand « un signe politique », même si ce fichier unique peut s'avérer être « une source de meilleure connaissance de la population pour un meilleur accès aux droits », en parallèle d'un contrôle des fraudes plus accru. L'expert se demande notamment si ce fichier permettra de remédier aux « non-recours », ces personnes ayant droit à des prestations sociales mais ne les demandant pas.

« Mais tout cela reste très ambigu » explique t-il. Dans son rapport sur l'application des lois de financement de la Sécurité sociale, la Cour des comptes avait déjà, en septembre 2010, insisté sur l'importance de concilier la lutte contre les fraudes « avec d'autres priorités comme l'amélioration de l'accès au droit ou la simplification des procédures », des objectifs « qui peuvent au demeurant être contradictoires avec la lutte contre les fraudes ».

D'autant plus que, s'il rassemble l'ensemble des assurés sociaux, ce fichier central concernera des prestations, et donc des populations, très différentes. Nicolas Duvoux :

« Je ne vois pas, comment l'on pourrait avoir un fichier de tous les assurés sociaux en France d'ici la fin de l'année. »

Lutter contre les fraudes, et faciliter l'accès aux droits

En réalité, le projet ne date pas d'hier. « Cela fait plusieurs mois que le ministère des Affaires sociales et la Sécurité sociale y réflechissent » explique Daniel Buchet, responsable de la lutte anti-fraudes au sein de la Caisse nationale d'allocations familiales (Cnaf).

Celui-ci évoque un projet « assez conséquent », qui concernerait plus d'une centaine de régimes différentes. « Cela sera engagé d'ici la fin de l'année, et au moins effectif dans les trois branches de la Sécurité sociale », à savoir maladies, familles et retraites.

Pour Daniel Buchet, ce fichier unique « est aussi indispensable pour faciliter l'accès aux droits » :

« Par son biais, on pourra se rendre compte qu'une personne est au chômage alors qu'elle n'est pas déclarée. »

Alors qu'il n'existe, aujourd'hui, que des fichiers nationaux limités à chaque branche, l'idée de ce fichier commun à l'ensemble des caisses prestataires est, selon le responsable « fraudes » à la CNAF, de proposer un échange « multi-partenaires ». L'objectif : éviter le cumul des prestations, et simplifier les démarches administratives. « C'est une réponse appropriée », justifie t-il.

Pourtant, les fraudes aux prestations sociales ne représentent encore aujourd'hui qu'un « phénomène minime » rappelle Nicolas Duvoux, de l'EHESS.

Selon le rapport Sécurité sociale 2010 de la Cour des comptes, la part de fraudes dans l'ensemble des prestations versées ne serait, pour la branche familles, que de l'ordre d'1%, à hauteur de 675 millions d'euros. Sans compter que la majeure partie de cette somme revient aux caisses prestataires. Au final, le préjudice reviendrait à environ 170 millions d'euros.

L'information des assurés en question

L'autre problème lié à ce fichier central est qu'il concerne en priorité, selon Daniel Buchet, les particuliers (bénéficiaires de prestations sociales), alors que ce sont les entreprises qui sont en majorité responsables des fraudes sociales.

Selon le rapport du député des Bouches-du-Rhône Dominique Tian, rendu public fin juin, la fraude aux prélèvements (cotisations salariales et patronales) représenterait entre 8 et 15 milliards d'euros. Celle aux prestations entre 2 et 3 milliards.

A priori, rassure Daniel Buchet, ce fichier ne devrait pas comprendre d'informations personnelles supplémentaires au dispositif existant. Nom, prénom, numéro de sécurité sociale, prestations accordées et période concernée : rien de nouveau donc, sauf que ce répertoire de données sera généralisé, et automatisé. Avec une contribution plus importante de Pôle emploi, les caisses prestataires seront automatiquement signalées dès qu'une personne recevra deux prestations non cumulables.

Sophie Nerbonne, de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil), précise :

« La Cnil n'a jamais contesté la lutte contre les fraudes, mais si nous sommes saisis, nous regarderons bien les conditions de mise en oeuvre de ce fichier. Il sera nécessaire d'informer les assurés sur la mise en commun de leurs informations ».

Si elle est saisie, la Cnil prendra donc soin de vérifer quelles informations circulent sur les allocataires, et pendant combien de temps. Et surtout, si les premiers concernés seront bien informés du fichier en question.

Photo : Thierry Mariani à l'Assemblée nationale en 2007 (Charles Platiau/Reuters).

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8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 23:01

spaanserevolutie

Goodbye to Castilla

In Sol on 8 August 2011 at 17:15

Madrid, August 8.

Dear people,

In the coming weeks and months the 15M movement will be confronted by the two forces which – in different forms and shapes – have dominated Europe since the middle ages. The Church, and the Empire.

The first one was and still is represented by the bishop of Rome. The second one, in this case, is represented by Brussels, capital of the European Union. The pope will visit Madrid in mid August for the so-called ‘World Youth Day’, and Brussels is the goal of the popular march that has departed from Madrid on July 26.

In my burning desire to cover and keep covering the unfolding history of this revolutionary movement I have opted to join the march.

Yesterday evening a General Assembly was celebrated in Puerta del Sol. For me, even though I’m not someone who regularly assists assemblies or working group meetings, being there and witnessing it all was a way to say goodbye. It was a good assembly. The attendance was high, in the thousands probably, and thanks to the working group ‘Dinamización de Asambleas’, the procedures have improved a lot since the early days.

Scenes from the General Assembly in Sol, Aug 7.

 

Every assembly has it’s own ‘ordine del día’, which is either decided by the Coordination Commision or established at the end of the previous assembly. Each point is introduced by a member of the commission that is working on the subject. After that the moderator opens a limited number of speaker turns (6 or 12) and a time limit (usually abouth half an hour). The famous clock of Puerta del Sol signs the time. At the end a proposal is voted if there is room for consensus. If not, it will go back to working group, which will try to incorporate the various propositions and present it to the next assembly.

The assembly starts with a denouncement of the police violence against demonstrators last thursday and the unconstitutional occupation of Sol for three days. The assembly demands the resignation of the responsible delegate of the government.

The two main topics of today are the attitude of the movement with regard to the upcoming national elections on November 20 and to the visit of the pope.

A clear 'No!' to the formation of a political party

A proposal to form an ‘assemblary’ political party is voted down by an overwhelming majority. “It would mean playing their game, obeying their rules. That’s not what this movement is about. Let them have their elections. We couldn’t care less. We should go on building our own alternative.” Waving hands all over the square. We go our own way, we will make new rules to replace to old ones and create a game in which everyone can take part.

An interesting alternative is proposed: create a 15M Blank Vote Party. Our Legal commission is asked to look into this. It would mean that blank votes would actually count as blank votes, and that the resulting seats should remain empty. I like it. As a first step towards real democracy it would make parliament much more representative.

As for the visit of Joseph Ratzinger, most people stress the fact that our opposition is not against the pope as head of the church, but against the tens of millions of euros of public money spent on the event in a time of economic hardships. This is unacceptable in a state that is secular by constitution.

The upcoming ‘World Youth Day’ is an enormous propaganda event for which young people, with heavy subsidies, are flown into Madrid from all over the world. The event is sponsored by big companies like Telefonica, Coca Cola, the department store Corte Inglés and more, mostly because their sponsorship is tax deductible. It means that not just the visit is paid for with public money, but also the marketing circus surrounding the event. This is the reason why the 15M movement is firmly against it.

We don’t want to alienate the catholics from our movement, but there are some people in the assembly that implicitly accuse the majority of hypocrisy. “We are not against the pope you say? Well mind you, the pope represents a criminal organisation that has caused suffering, repression and mass murder for centuries here in Spain. If we are against the politicians and the banks, then my goodness, we should be against the church as well!”

The speaker is from the Commission of Macro Politics, which is generally regarded as the most radical wing of the movement. He is right, there’s no denying it. The catholic church in Spain has always been a violent reactionary force, from the Reconquista and the Inquisition onwards, passing by the Peninsular War, the Civil War and the Franco dictatorship. The clerus here is still heavily conservative and homophobic, apart from being economically subsidised and exempt from taxation. But we have to remember that there exist many local catholic movements here which oppose the clerical hierarchy and take their inspiration directly from the teachings of Jesus. “Love thy neighbour. Don’t do unto someone else etc.” That is what counts in their eyes, the rest is bull shit. We don’t have to forget that the early christians were revolutionary indignados just like us.

Personally I think our movement shouldn’t take the church head on. We are a constructive movement, and as such I think we should give our support to these organisations of grass roots christian brotherhood, as long as they respect the fact that many of us do not share their believes.

At the stroke of midnight the assembly ends. We walk around Puerta del Sol, two days after it was liberated. I love this place. It changed my life. And that of many other people as well. And it will keep changing lives in the years to come.

Tomorrow I will join the march on Brussels. Through the hills of the Basque Country and all through mighty France we will march to the capital of the Empire. We will penetrate deep into the most isolated inlands, where noble Gaulic tribes still resist the legions of Caesar. I do not know if in these places I will have regular access to the internet or electricity, but whatever happens I will try to inform you to the best of my abilities. “Jim”, my good friend and brother in arms will stay behind to report from Madrid. We formed a great team on the Northern Column and here in Madrid, climbing scaffoldings during the occupation of Sol. I’m confident we will continue to do a great job in documenting the Spanish Revolution.

Yours faithfully,

Oscar

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8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 22:47

spaanserevolutie

“No human being is illegal!”

In Sol on 7 August 2011 at 10:53

 

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  Dear people,

When the Goths plundered Rome in 410, they showed a minimum of consideration towards the proletarian masses. In the three days of violent orgy that ensued, they spared the lot of them and mainly limited themselves to looting the residences of the rich and destroying the remainders of classical antiquity.

When the Huns invaded Puerta del Sol in August 2011, they didn’t leave anything at all. The entire citizenry got evicted, their food storage was looted, and everything that was nailed down was taken away and destroyed. Three days the occupying force prevented the citizens from returning before they ceded to popular pressure and retreated to their barracks.

Saturday was the first full day in which Puerta del Sol was free again. The only visible signs of the 15M movement are small gatherings around pieces of cardboard on which is written: ‘Culture’, or ‘Info’. The once mighty Acampada with its 4000 volume library, its day care center, its temple and its internal telephone lines is a distant memory.

As I walk over the square in the evening I am happy to see that it is full, not only with young people, not only with people drinking, but with citizens of all ages in small groups, discussing among each other. I look at the clock. It’s almost midnight. The moon has just risen. It’s one of those fairy tale moments when something unexpected is about to happen.

And so it does. Suddenly I hear voices, in crescendo. “No human being is illegal! No human being is illegal!” I see two municipal police officers with steel faces hastily walk by, followed by a growing crowd of people. I deduce that they have been trying to check the identification of an immigrant and maybe even tried to make an arrest.

People here don’t like that. They don’t think that not possessing certain papers is a crime. And fortunately we are living in a time and place in which they are not afraid to express their feelings of humanity. The mass of people grows, the police officers walk back to their car, which gets sealed of quickly by a line of national police on stand-by. They didn’t perform an arrest. They are forced to retreat. People applaud, they sing their hymn, “From North to South / From East to West / The struggle continues / Whatever the cost!” and they turn back to their conversations.

The whole scene didn’t take more than five minutes. It was an amazing display of civilized protest and heartwarming solidarity. People were determined, but never aggressive. As if to say: “You can occupy this square whenever you want. You can destroy everything that we build. But in the end you can never take this place away from us. We are stronger, because we have our human dignity, and we have our freedom.”

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