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31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 00:26
 

 

mardi 30 août 2011

37e étape Vierzon - Villefranche-sur-Cher

 

Quatre marcheurs, un éclaireur étaient à Vierzon pour prendre le départ. Le nombre de marcheurs reste stable, mais un roulement s’organise depuis le départ. La marche a accueilli de nouveau une personne venue prendre le relai avec son véhicule pour aider les marcheurs. Ce sont environ une trentaine de personnes qui se sont relayées depuis le départ de Toulouse.
Après avoir salué les personnes qui nous ont accueillis chez eux, et un de nos marcheurs repartis pour quelques jours, la marche s’est mise en route. Le parcours de la journée a suivi comme la veille le Canal du Berry, les marcheurs apprécient de rester à l’écart des routes dangereuses et de profiter des chemins de randonnées.
L’arrivée à Villefranche-sur-Cher s’est effectuée en fin de journée, les marcheurs ne s’attendaient pas à recevoir un accueil particulier, après les échos de la rencontre qui a eu lieu entre  leur éclaireur et le maire de la ville. Ce dernier n’a pas souhaité apporter son soutien aux marcheurs, ni même porter le moindre intérêt au projet. Malgré le nombre important de structures à Villefranche pouvant convenir à l’accueil, les marcheurs ont du se débrouiller seuls et ont installé leur camp au bord du Cher. La place de l’Hôtel de ville est restée vide malgré le rendez-vous fixé à 19h00.
La soirée a permis de tenir une assemblée où les marcheurs ont pu prendre quelques décisions portant sur la suite de l’itinéraire. Des ajustements ont été effectués afin de mieux coordonner les différentes marches et de répondre aux initiatives proposées par les assemblées de Tours et Orléans. Une nouvelle recrue a rejoint la marche dans la soirée.
Programme de la suite : 
29/08 : Villefranche-sur-Cher, rdv 19h00 place de l’Hôtel de Ville. 
30/08 : Saint Aignan, rdv 19h00, Place des Remparts. 
31/08 : Montrichard 
01/09 : Amboise 

02/09 : Tours

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30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 23:49

spaanserevolutie

La Douce France

In March on Brussels on 29 August 2011 at 22:06

Barbezieux, August 29
Day 35 of the March on Brussels. From Montlieu, 31 km.

Dear people,

The countryside is changing. After the endless woodland plains of Aquitania, we are now walking through the sweetly sloping hills of the Charrente. The most we see is vineyards, some corn, some fields of burned flowers, and empty country roads to connect the ailing little villages.

Morning break


The changeable weather and the cold clouds blowing in from the ocean are behind us for the moment. Our luck continues. And with southern sun in your back, you also realise that this is maybe the perfect season for walking. You can find apples and sometimes pears. The blackberries are almost finished, but there’s figs, and if you’re lucky you can find a tree full of late summer peaches, ripe and juicy. And there’s the grapes of course, red and white. I’m not an expert on the subject, but I have a feeling 2011 is going to be an excellent wine year.

Comrade Perro

Today as well we’re walking together. We are less than we were in the days before Bordeaux. Maybe sixty, counting everybody. But it gives us the opportunity to regroup. Without holding fruitless internal assemblies we are organising ourselves among each other. The Route commission and the Kitchen commission are working pretty well, and that is what counts at the moment. An Action commission has been formed a couple of days ago, and the Dynamisation commission is trying to find ways to get our internal assembly to work again. All in all, the positive spirit reigns. It’s getting better all the time.

JC with donkey

We arrive in Barbezieux, another of France’s sad little villages. This must have been a vital country community once, but those days are long gone. What’s left is the silence and the closed hatches of the houses. There are still people living here, there are the usual shops, and two huge supermarket halls which cater for the hinterland, where many people from Holland, England and Germany have bought a country home.

I have the impression that the villages themselves suffer because they don’t have a real economy any more. They are bypassed by the main roads, there are hardly any artisans or small farmers left, the agriculture in the surroundings supplies only the big distribution. People have emigrated to the city, or if they still live in the village they depend on the city for work.


I think that a village is a perfect size for a community on a human scale. There are many people would like to live a life in closer contact to the land, even though some of them don’t know it yet. The village could return to be the centre of a local economy based on sustainable agriculture, but it has to be as much as possible self sufficient. Freedom is not the possibility to choose between Leclerq and Carrefour to get the same products. Freedom is being independent from the big distribution and eating healthy products from the land where you live.


At this evening’s cosy little assembly in front of the castle of Barbezieux there were once again some local people from various well oranised civic associations. We have a lot in common with them, we are all fighting the same system of wasteful consumption. So other than in Tyrosse, this time we were much more open towards collaborating with them. They need a common demonitator that brings them together, and we need their experience and organisation.

Little by little we’re learning from our errors, and working on our strategy and communication. France is not Spain, and we cannot expect all the world to participate in our assemblies and restart from scratch when many of them have been working on alternatives for years.

The 15M movement is only three and a half months old, and already we did incredible things. But the road to a complete change of our society will be long. We will have to compromise and make maximum use of our ‘liberty of action’, we will have to recognise the people who share our goals, and unify them.

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30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 21:20

 

 

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30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 16:24
Eco89

Par Robin Carcan et Olivier Laffargue | Journalistes | 29/08/2011 | 19H09

Une personne tape sur un clavier d'ordinateur (Laffy4k/Flickr/CC).

En partenariat avec Miroir social

Le courrier traditionnel, has been pour Pôle emploi ? Selon un document de travail tombé entre les mains du SNU-FSU, l'organisme public a dans ses cartons un projet très avancé de radiation par courrier électronique. Le projet a circulé entre la direction opérationnelle des services et la direction support aux informations début juillet, et a été évoqué par le site ActuChômage.

On peut lire dans ce document que « cette dématérialisation concerne désormais aussi les courriers opposables, […] dont l'AC2R (l'information de radiation) ». Joint par Rue89, Pôle emploi confirme travailler sur la question.

Ce document a provoqué une forte réaction de la part des syndicats des travailleurs de Pôle emploi. Ils craignent une grande augmentation des radiations administratives, un chiffre qui atteint déjà des sommets.

« Le recours est très compliqué »

Dans le cas présent, le risque concerne en particulier des radiations indues car ils estiment que le procédé est trop peu sécurisé. Dominique Simon est membre du bureau national du Snutife-FSU, le syndicat majoritaire :

« Il n'y a aucun moyen de vérifier si le demandeur a reçu le message ou pas. Sa boîte peut très bien être pleine, comme cela arrive souvent, ou le message passé en spam. Or, une fois l'opération actée, le recours est très compliqué. »

Actuellement, l'organisme public a l'obligation d'envoyer le courrier de confirmation de radiation par lettre recommandée avec accusé de réception. Le fait de renseigner son e-mail au moment de l'inscription est présentée comme une facilité pour l'usager. Avec ce système, il pourrait très bien se retrouver radié sans même le savoir.

Sous couvert de dématérialisation des services, Pôle emploi risque d'aggraver les inégalités devant l'accès à Internet, explique le syndicat. Ce dernier souhaite un maintien du courrier papier pour les actes importants et demande d'urgence une concertation entre les organisations syndicales et la direction.

Uniquement sur « consentement éclairé »

A Pôle emploi, on fait savoir que la dématérialisation des échanges se fait depuis juin dernier et avec le « consentement éclairé » du demandeur uniquement, c'est-à-dire qu'il fait sa demande sur l'espace personnel et qu'un e-mail de confirmation arrive dans sa boîte pour valider le service.

Jean-Baptiste Lafay, chargé de communication à Pôle emploi, rejette tout risque et ne reconnaît que des avantages :

« Les demandeurs qui y souscrivent le font en connaissance de cause, et ils peuvent revenir sur cette décision d'un simple coup de fil.

C'est beaucoup plus rapide et plus fiable. Par courrier, non seulement ça prend plus de temps, mais en plus, on entend très souvent les demandeurs nous expliquer qu'ils n'ont pas reçu le pli. »

Le coût de cette forme de communication, nettement moindre pour Pôle emploi, est également un argument de poids… Selon l'organisme, si cette évolution des services est appelée à se généraliser, elle ne fera pas disparaître totalement les envois papier, pour ne pas défavoriser ceux qui auraient des difficultés avec l'outil informatique.

Photo : une personne tape sur un clavier d'ordinateur (Laffy4k/Flickr/CC).

 

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30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 12:14

15 Septembre 2008 : La Banque américaine Lehman Brothers faisait faillite. Cet évènement marqua le début de la "crise financière" des subprimes qui entraînera d'autres faillites d'institutions financières qui avaient investi leurs actifs dans des "produits financiers toxiques". La panique qui en résulta entraîna les puissances publiques du monde entier à s'endetter de façon colossale, auprès des banques et marchés financiers, pour sauver d'autres banques de la faillite en les renflouant.

Tout naturellement, les Etats qui se sont endettés pour sauver ces banques se sont rapidement trouvés en situation critique de quasi-défaut de paiement. Incapables de se refinancer en faisant appel à l'émission monétaire (procédé jadis naturel puisque régalien, aujourd'hui interdit depuis 1913 aux Etats-Unis, et depuis 1973 en France), ils ont entrepris des "plans de rigueur budgétaire" asphyxiant encore d'avantage l'économie réelle et livrant les patrimoines publics aux spéculateurs, véritables rapaces dont le cynisme n'a manifestement aucune limite. Ce véritable putsch du cartel bancaire trouve en France sa réalisation ultime dans la "règle d'or", dont j'ai eu l'occasion d'évoquer la nature abjecte dans un article précédent, "Instituer la règle d'or : Abattre l'arbre des possibles".

Ce rapide résumé de la situation ne peut que révolter les citoyens sincères qui ne peuvent se résoudre à voir la souveraineté de la France ainsi livrée aux spéculateurs apatrides ; il ne peut qu'exaspérer les millions de travailleurs Français qui sont contraints, quotidiennement, de verser une part grandissante du fruit de leur labeur à l'Etat, Etat qui, dans une posture schizophrène (et coupable), continuera à ponctionner notre Peuple pour enrichir des institutions financières et contribuer de ce fait à pérenniser un système absurde qui détruit l'économie réelle et les patrimoines publics.

Face ce putsch bancaire, nous devons résister. Cette guerre de la Banque, contre les Peuples qu'elle entend mâter, met en lumière la totale inadaptation des moyens classiques de résistance politique. Ce n'est pas par des manifestations ou par de quelconques pétitions que nous ferons plier un pouvoir bancaire aux ramifications nombreuses et aux auxiliaires zélés. Et c'est parce que nous sommes désarmés, et donc désemparés, que l'oligarchie politico-financière peut se livrer à ce pillage abjecte.

Cette analyse, je ne suis pas le premier à la faire, et elle fut notamment exprimée à l'occasion du premier BankRun organisé, le 7 Décembre 2010, qui eu un succès relatif mais qui eu au moins le mérite de poser les jalons d'une nouvelle forme de résistance, en ébauchant ce que pourrait être une dissidence économique organisée.

En ces temps d'imposture politique, où les gouvernements et le pouvoir bancaire travaillent ensemble aux pillages des Nations et à la destruction des souverainetés populaires, il semble urgent d'organiser la riposte populaire, par une dissidence économique et politique organisée et coordonnée, comme nous avons commencé à le faire par le Projet Spartacus.

Le 15 Septembre prochain, 3 ans jour pour jour après la faillite de Lehman Brothers, nous réaliserons un nouveau BankRun. Nous devrons nous mobiliser en masse, mobiliser nos réseaux respectifs, et converger dans cette action commune de dissidence économique : fermer nos comptes et livrets bancaires, retirer un maximum d'argent aux distributeurs de billets, et créer ainsi un "effet boule de neige" susceptible de s'accentuer, de s'autoalimenter, pour menacer véritablement le pouvoir bancaire en le privant de liquidités.

J'espère pouvoir compter sur le soutien des organisations Françaises de résistance, sur celui des sites internets et des blogs, pour relayer cet évènement. Tous les dissidents Français sont invités à y participer activement, à diffuser ce message, par mails ou par les réseaux sociaux. Sur le terrain, les Brigades de la Dissidence vont propager ce message par le biais d'une affiche réalisée spécialement pour l'occasion.

Le BankRun du 15 Septembre devra être une action de grande ampleur, concrétisant notre volonté de dissidence économique et notre résistance à l'hégémonie du pouvoir bancaire. Le 15 Septembre, on fait sauter la Banque !

Vincent V le 29 Aout 2011


__________________

Un évènement lancé par La Dissidence : http://la-dissidence.org/

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30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 12:00



Le mouvement international des Indignés porte des revendications qui font écho à celles d'Attac et du mouvement altermondialiste, notamment la démocratie et le refus de la dictature de la finance. Ce mouvement d'un nouveau genre est porteur d'espoir dans un contexte de crise européenne aiguë. Il appartient à chacun d'entre nous que cet espoir puisse se concrétiser.  

Actuellement trois marches populaires du mouvement des Indignés (parties de Madrid, Barcelone, Toulouse) traversent le territoire français. Attac France appelle ses adhérents et comités locaux à s'informer sur ces marches, à les soutenir, à les accueillir et à les rejoindre.

Nous portons à votre connaissance l'appel à soutien de l'AG du mouvement démocratie réelle Paris, avec des liens utiles pour s'informer.

Les coprésidents,
Aurélie Trouvé, Thomas Coutrot
Paris, le 29 août 2011


Appel à rejoindre en France les marches populaires indignées vers Bruxelles
 
Face à la crise mondiale, depuis quelques mois, le mouvement des Indignés s’est développé dans différents pays pour demander une démocratie réelle maintenant.
 
Aujourd’hui, les Indignés de Madrid marchent vers Bruxelles, le cœur du pouvoir dans l’Union européenne. Cette marche entrera en France le 17 août, elle passera par l’ouest de la France puis par Paris le 17 septembre, et elle arrivera à Bruxelles le 8 octobre pour préparer la mobilisation mondiale du 15 octobre.
 
Une marche est aussi partie de Toulouse le 23 juillet, et d’autres sont en projet : marche de Barcelone (passant par Lyon), marche de Saragosse (passant par Rodez), marches partant d’Italie, aux États-Unis…  
 
Nous appelons tous les citoyens indignés et concernés à s’informer sur ces marches, à les accueillir, à les soutenir et à les rejoindre.
 
Nous devons construire ensemble ce mouvement et le développer, pour arriver à une mobilisation internationale d’ampleur, globale et pacifique, dont les marches et le rendez-vous mondial du 15 octobre ne seront qu’un début !
 
Assemblée générale de Paris, 7 août 2011
 
Nos sites web :
http://www.marche-paris.fr/de.html (pour la coordination des marches vers paris)
http://paris.reelledemocratie.fr (site officiel des indignés de paris)
 
Mail de contact (information) : walktoparis17s@lists.takethesquare.net
 
site facebook : http://www.facebook.com/pages/Marche-à-Paris-17-S-Marche-à-Bruxelles/187662047965389?sk=wall
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30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 11:55

 

 

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30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 00:16

  Les indignés espagnols sont arrivés à Saint-Etienne

 

Le progrès-  le 29/08/2011 à 00:00

/ Fabrice Roure

/ Fabrice Roure

Hier, à partir de 19 heures, les indignés espagnols sont arrivés, par petits groupes. Les uns remontaient d’Annonay, les autres venaient de la Haute-Loire. Au total, une quarantaine de marcheurs espagnols venant essentiellement de Catalogne se sont retrouvés au point de rencontre annoncé, le centre commercial de Monthieu. Ils étaient bien sûr accueillis et attendus par les indignés stéphanois si bien que le rassemblement a pris de l’ampleur. Et vers 20 heures, ce sont pas moins d’une soixantaine de personnes qui, en cortège et au son des djembés, ont pris la direction du centre-ville via la rue de la Montat. En tête du défilé, une grande banderole « Indigne-toi ». Le cortège a pris du poids en cours de route et c’est environ une centaine de personnes qui a défilé à la tombée de la nuit dans le centre-ville stéphanois. Pas de changement dans les mots d’ordre. « Nous luttons tous contre le système financier, le chômage, la précarité », nous disait hier Djamel Rami, l’un des animateurs du mouvement à Saint-Etienne.

Un repas en commun était organisé hier soir, suivi de prises de paroles. Les Espagnols doivent quitter la ville ce matin. Comme d’autres indignés ils vont rejoindre Paris, où est prévu un rassemblement le 17 septembre. De là, une marche de protestation sera organisée jusqu’à Bruxelles.

A.C.
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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 21:34

La Marseillaise- 25 08 11

 

 


Photo DR
Photo DR
Pour l’idéologie ultra-libérale dominante, ce sont les dépenses publiques qui seraient responsables de la dette, passant sous silence la place prépondérante des marchés financiers.

Tout le monde s’accorde à reconnaître la place prépondérante qu’ont pris les « marchés financiers » dans nos économies.
Cependant, la place inconsidérée prise par les puissances d’argent n’est pas le fruit d’une volonté divine. Elle est la conséquence de décisions politiques prises dans les années 1970. C’est ainsi qu’en 1973, le statut de la Banque de France a été modifié. Ce changement consistait à interdire à la Banque de France de financer l’Etat à un taux d’intérêt nul, disposition qui existait jusque-là. Dorénavant, les finances publiques devaient chercher des ressources auprès des banques privées


La France ruinée par les exigences
de la Finance


Résultat : depuis 1974, la France a payé en intérêts 1200 milliards d’euros (à comparer avec les 1641 milliards de dette publique actuelle). Depuis cette date, les budgets connaissent des déséquilibres.
Si l’on y ajoute l’incidence de la baisse des recettes publiques due aux baisses d’impôts - 100 milliards d’euros en 10 ans selon un rapport parlementaire - et les exonérations de cotisations sociales (30 milliards d’euros par an), on ne peut s’étonner de la montée de la dette. Pour mesurer la baisse des rentrées fiscales, il est nécessaire de comparer la part des recettes de l’Etat par rapport au PIB. Celles-ci ont culminé à 22,5% du PIB en 1982, elles n’étaient plus que 15,1% en 2009
Dans un rapport de mai 2010, Jean-Philippe Cotis, directeur de l’INSEE et Paul Champsaur, président de l’Autorité de la statistique publique, estimaient que sans les multiples baisses de prélèvements consenties par les gouvernements successifs depuis le début des années 2000, le niveau de la dette publique serait inférieur de 20 points du PIB à ce qu’il est aujourd’hui soit la bagatelle de 400 milliards d’euros ! Récemment, la Cour des Comptes a mis le doigt sur l’explosion des « niches fiscales ». A partir de 2004, ces dernières ont connu une progression incontrôlée pour atteindre 73 milliards d’euros en 2009.
Sans compter les 75 milliards retirés de la liste des niches depuis 2005. Parmi elles, la niche « Copé » qui exonère d’impôts les plus -values provenant des cessations des filiales détenues au moins depuis deux ans par la maison mère. Son coût : 22 milliards d’euros entre 2007 et 2009. La Cour des comptes a mis le doigt sur le régime de l’ « intégration fiscale » qui consiste pour la société mère de décider du périmètre fiscal en y intégrant les résultats de ses filiales. Ce dispositif aurait coûté à l’Etat près de 20 milliards en 2009. Autrement dit, le gouvernement prétend s’en prendre à quelques niches fiscales mais ne comptabilisent plus comme telles des cadeaux royaux faits aux patrons et qui coûtent plusieurs milliards d’euros aux finances publiques.
La prise de pouvoir des marchés a permis aux grandes entreprises d’imposer des taux de rendement des capitaux s’élevant à 15, voire 25%. Ces exigences de profitabilité inhibent fortement l’investissement qui se tourne vers les placements juteux.


La dette privée transfigurée en dette
publique


D’autre part, ces exigences ont entraîné une constante pression à la baisse sur les salaires avec une consommation en panne et une hausse du chômage, ayant comme conséquence une croissance en berne.
Cette demande insuffisante a été contrecarrée par le développement de l’endettement des ménages, créant ainsi une richesse fictive, permettant une croissance de la consommation sans augmentation de salaires.
Ce qui a entraîné une bulle financière se terminant par des krachs (voir la crise des subprimes). Volant au secours des banques, les gouvernements ont métamorphosé une dette privée en dette publique. C’est ainsi qu’en 2007, le déficit public moyen dans la zone euro était de 0,6% du PIB, mais la crise l’a fait passer à 7% en 2010. Quant à la dette publique, elle est passée dans la même période de 66 à 84 % du PIB. Ainsi, la mainmise des marchés financiers s’est imposée en plusieurs actes.
Acte I : Les pouvoirs décrètent la liberté totale de circulation des capitaux.
Acte II : des réglementations plus laxistes en matière d’impôts pour les sociétés et les couches aisées entraînent un assèchement des budgets des Etats et une liquidité importante entre les mains des possesseurs de capitaux.
Acte III : Une somme énorme de capitaux est ainsi disponible et peut ainsi financer les dettes avec des taux d’intérêts rémunérateurs.
Acte IV : devant les déficits publics qui grimpent, les Etats imposent à leurs peuples des sacrifices. Ces politiques d’austérité doivent être inscrites, telles les tables de la loi, dans la Constitution. Cette règle d’or dépossède les peuples de leur légitime souveraineté.
La morale de l’histoire est claire : nos maux ne proviennent pas de dépenses publiques dispendieuses. Par rapport au PIB (richesses créées), celles-ci ont baissé. Elles représentaient 55% en 1993 et sont tombées à 53% en 2008. La place prépondérante prise par les marchés financiers doit être remise en cause. Pour cela il appartient aux peuples d’écrire le dernier acte.
Acte V et fin : les peuples reprennent le pouvoir sur les marchés financiers. Ils s’émancipent d’eux en retrouvant au niveau national et européen la maîtrise publique de la finance et du crédit, en taxant les banques et les profits financiers, en changeant le rôle et la mission de la Banque centrale européenne, en relevant les salaires, en développant les services publics. La France pourrait agir au sein de l’Europe pour remplacer le fonds européen de stabilité financière qui soutient les marchés par un fonds européen de soutien au développement social. Il s’agit de créer un pôle public bancaire avec un crédit sélectif favorable aux investissements porteurs d’emplois, de salaires, de formation et de recherche. On le voit, il s’agit de mettre en oeuvre une autre politique. Celle qui consiste à reprendre le pouvoir à la Finance.

 

Henri Génard


   
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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 21:31

 

  Marxa Mediterranea, 26 et 27 Août 2011, Lunel-Nîmes-Montélimar

 

Ils sont peu nombreux mais ils sont déterminés. Plus ils avancent plus ils seront forts, Los Indignados de Catalogne, de Valencia ou de Murcia marchent sur Bruxelles.

Nous les avons avancés en voiture depuis Lunel jusqu’à Montélimar. Ils auraient pu s’estimer satisfaits, et rester là, dans le cadre agréable de la ferme où ils devaient faire étape. Mais c’est à peine reposé que déjà certains reprenaient la route à pied, pour avancer 20 km encore un peu plus au Nord, vers Loriol, et Valence.

 

Le 26 Août, était pour nous, Indignés de Nîmes, une date symbolique. Le hasard fait que nous avions commencé à tenir nos assemblées le 26 Mai sur la Place de la Maison Carrée, trois mois jour pour jour avant l’arrivée des marcheurs de la Marxa Mediterranea. Depuis ce jour, il y a toujours eu quelqu’un là, à 19 h, pour tracter, discuter en assemblée ou en tout sens, partager un repas. Et donc il n’a pas été un instant question de ne pas les aider du mieux que nous le pouvions.

Ceci est le récit de notre rencontre.

 

 

De Lunel à Nîmes, 26.08.2011

De Lunel à Nîmes, la plupart des Indignados faisant le chemin à pied, la logistique était un peu plus simple. Un des problèmes de l’organisation est que les effectifs sont mouvants, on ne sait jamais exactement combien ils sont, certains arrivant, d’autres repartant. Mais s’ils se quittent, ils savent où se retrouver, ils vont à Paris !

De Nîmes viennent deux voitures et une camionnette pour les bagages et en plus de celles venant avec eux du Sud  et du camion cuisine espagnol, le transport est assuré pour les éclopés et ceux qui ont à organiser le campement en avant.

Vers onze heure, après avoir chargé tous les bagages voiture, nous quittons Lunel pour Nîmes et trouvons les marcheurs, partis de bonne heure, dispersés en petit groupes, avançant sous une chaleur tropicale tout au long de la Nationale 113, qui est ici une succession de zones pavillonnaires, artisanales ou commerciales,  l’exemple même de la dévastation et de la laideur uniforme de la société industrielle et marchande, pas vraiment une balade pour le plaisir.

Pour l’accueil en ville, nous avions décidé de mettre les autorités devant le fait accompli et donc de prendre la rue sans plus de formalité. Il fallait un endroit ombragé, près du centre ville, près d’un point d’eau, suffisamment visible mais pas gênant pour ne pas déclencher immédiatement la réaction des forces de l’ordre. La petite place, dite ‘Le Bosquet’, servant de boulodrome à coté des Jardins de la Fontaine était parfaite. Nous avions deux solutions de repli en cas d’expulsion, un autre jardin public, le Mont du Plan et, plus loin du centre ville un terrain de sport proposé comme abri par des Indignés syndicalistes.

Vers midi les premières voitures déchargent le matériel, la cuisine se met en place et les premiers soutiens arrivent apportant simplement leur présence ou du ravitaillement, des médicaments (bandages et autres pommades), quelques vêtements, des chaussures, des tentes. Les conversations s’engagent de toutes part malgré la différence de langue. Nous sommes quelques hispanisants, certains des Espagnols parlent Français ou ont quelques notions. Petit à petit les marcheurs arrivent et dans un apparent désordre et avec une certaine nonchalance le campement s’organise et les tentes éclosent une à une. On mange, on se repose, certains vont prendre des douches chez les camarades indigènes, d’autres vont travailler en commission ou communiquer avec la coordination et les contacts des étapes suivantes.

Le temps est orageux et la météo annonce des orages violents. Une première averse arrive et nous sortons des bâches pour abriter le matériel et les gens. Mais la pluie s’arrête et nous laissera tranquilles jusqu’au soir.

La presse est là aussi et interroge les Indignés de tous pays. Il y aura un article dans le Midi Libre et La Gazette de Nîmes, un reportage sur FR3, c’est déjà ça, bien que dans l’ensemble ce soit silence radio de la part des médias. Il ne faut pas s’en étonner.

Toujours pas de réactions des autorités. Un premier passage de la Municipale n’a rien déclenché. Dans l’après midi une poignée de policiers viennent tâter le terrain. On se présente, on explique que demain on sera repartis et que vu le temps orageux on a monté les tentes. On nous laisse donc tranquille, sous condition de rester calmes, avec même un « on vous comprend », toujours assez surprenant. Est-ce que cela exprime un vrai sentiment où est-ce une tactique ? A Montpellier il y a deux jours les flics ont été autrement plus menaçants, comment savoir ? De toutes façons ils obéissent aux ordres.

 

Enfin nous partons en cortège, au moins une centaine de personnes, banderoles en tête, pour tenir l’assemblée ‘inter-Populaire’ sur la Place Tahrir de Nîmes (ex Maison Carrée) et nous nous installons sur les marches de la Place.

 

Assemblée, Place Tahrir de Nîmes, 26.08.2011, 19h.

Le fonctionnement des Assemblées est expliqué, les tours de paroles, la personne à qui on demande de les enregistrer, le rôle du facilitateur ainsi que les gestes de communication silencieuse qui permettent de s’exprimer sans couper la parole et qui ont pour vertu de rendre sensible le sentiment collectif. Il faut être attentif, écouter pour pouvoir parler pertinemment, capter les informations, s’adresser à l’assemblée entière et le moins souvent possible a un seul interlocuteur. Il est demandé d’être bref, de savoir attendre son tour, d’accepter la critique et de ne pas accaparer les débats. Facile à dire, mais dans l’enthousiasme des discussions même les plus sages se laissent emporter.

Il y a ici un obstacle de plus à surmonter, l’assemblée doit être bilingue et il faut laisser le temps aux traducteurs qui se relaient, bravo à eux et notamment à Azul, le ‘casque bleu’ à la chevelure bleue électrique.

Ensuite les Indignados se sont présentés, eux et leurs objectifs. Chacun a donné son nom, son lieu d’origine avec parfois quelques mots pour expliquer pourquoi il marchait.

Le sens de la Marche est clair, il faut porter à Bruxelles les revendications des Indignés Espagnols et de toute l’Europe. Ils montent là haut pour protester contre les politiques dévastatrices menées par leurs gouvernants et dictées par la Commission Européenne, la BCE et le FMI. Mais ils veulent aussi que tous se joignent à eux et porter la parole de chacun. Une sorte de vaste cahier de doléances sera collecté et servira de bases aux revendications. Le but est aussi d’établir des contacts directs entre tous les mouvements Européens, de lever partout l’étendard de la révolte, mobiliser en chemin toutes les énergies, et rassembler le plus de monde possible pour aller manifester à Paris puis à Bruxelles. Le 17 Septembre , la marche étant à Paris, sera une journée d’actions mondiales contre les logiques financières, les bourses doivent être bloquées, Wall Street, Londres, Paris, Frankfort…

Au travers de questions sur la solidarité avec la lutte des peuples ‘arabes’, avec lesquels Los Indignados se sont immédiatement solidarisés, puis de la situation en Grèce ou en Espagne nous apprenons plusieurs choses. D’abord que l’Italie s’est mise aussi en marche, ainsi que l’Allemagne et que donc c’est de toute l’Europe que convergeront les marches. La vague monte!

Puis le constat est fait du peu de concessions faites par les gouvernements qui refusent d’entendre et ne veulent rien savoir. C’est logique, l’oligarchie profite du système tel qu’il est pourquoi donc envisager un changement, et comment le pourrait-elle alors que tout va bien pour ceux qui en font partie. Nous hésitons entre plusieurs qualificatifs pour les désigner, ces gens qui prétendent imposer leur monde désastreux et absurde : brutalité, cruauté, cynisme, hypocrisie, aveuglement, bêtise, la liste n’est pas close…Nous faisons le constat que partout les réponses à nos justes revendications sont les mêmes, c'est-à-dire des miettes et que si nous allons dans un premier temps demander pacifiquement, il faut déjà envisager les suites à donner à ce mouvement qui ne doit pas s’arrêter à Bruxelles.

 

La pluie se met à tomber et nous quittons d’un commun accord les marches de la place pour nous abriter sous les colonnes du temple (la Maison Carrée est un temple romain miraculeusement intact et nous n’ébranlerons pas tout de suite ces colonnes…). Nous nous serrons un peu et les débats reprennent, sans mégaphone, ce qui est bien plus direct. Les témoignages affluent et montrent concrètement les situations inextricables et kafkaïenne dans lequel s’englue plus particulièrement la jeunesse du fait d’un accès aux études barré par le mur de l’argent, du peu de travail proposé et de sa précarité, de l’indigence des aides sociales et des nombreuses exceptions et conditions pour les obtenir, excellent moyen de ne pas les donner, du rôle de flicage et de contrôle qu’on veut faire jouer aux personnels sociaux, du peu de moyens qu’ils ont pour faire honnêtement leur métier. Il est clair que ce sont des miettes qu’on nous jette, juste de quoi survivre et ne pas exploser de rage. Plus il y aura de pauvres et de précaires plus la pression sur ceux qui ont encore la chance d’avoir un métier stable sera forte, plus la peur de perdre son emploi sera grande et plus les concessions seront faciles à obtenir pour les patrons. Le mécanisme est en place depuis longtemps déjà, la ‘Stratégie du Choc’ est systématiquement appliquée partout.

Le gâchis est immense, les dégâts seront aussi irréversibles que ceux de Tchernobyl et Fukushima : déculturation et ignorance, refuge dans des stratégies claniques mafieuses et gangs ultra violent (comme au Mexique par exemple). On n’effacera pas de sitôt les conséquences de ces politiques imbéciles et court termistes.

 

Les solutions ? Chacun a les siennes mais reviennent en boucle la destruction du système financier et du pouvoir de l’argent, la réappropriation des entreprises par les travailleurs, à l’exemple des travailleurs Argentins qui ont expropriés leurs patrons, l’autogestion et une démocratie directe basée sur la participation active et la recherche du consensus dans des assemblées locales (quartiers, villages, entreprise) qui se fédèrent. On sent bien que les expériences des anarchistes Catalans, extrêmement actifs avant et pendant la guerre civile sont encore vivaces et influent sur la jeunesse actuelle. Mais les temps sont nouveaux et bien d’autres influences sont présentes, issues des mouvements Alter-mondialistes notamment mais aussi d’un courant de pensées dit ‘citoyenniste’ qui veut raviver la démocratie en réformant la Constitution et dont les variantes multiples s’étendent de l’extrême droite (La Nation, le Peuple et ‘éventuellement’ un leader charismatique, Ein Völk, ein Reich, ein Fürher ! en somme…) jusqu’aux républicains-communistes (et vice versa) de Mélenchon.

   

Le constat est cependant le même pour chacun, nous allons dans le mur, à grande vitesse. La crise est morale, politique, économique, écologique…et nous avons affaire à forte partie, l’oligarchie domine et façonne l’opinion, elle a réussit à imposer sa doxa. La remettre en cause, malgré le constat évident de son échec, sera une tâche immense. Ils ont tous les moyens, financiers et militaires, nous n’avons que le nombre (et encore…).

Seule la lutte payera et celle-ci entend bien durer jusqu’à la victoire. Bruxelles n’est qu’une étape.

 

La pluie cesse enfin, l’assemblée se termine. C’est un moment intense de fraternisation, on se sent tous soudés vers un même but : les Indignados c’est nous et ils sont Les Indignés. Si je peut me permettre : sous les magnifiques colonnes de ce temple antique, Demosthène, Périclès et les frères Gracchus semblent nous écouter attentivement dans cette Agora ressuscitée.

Seule ombre au tableau, un crétin est venu balancer un fumigène dans le campement pendant que nous étions en nombre sur la Place de la Maison Carrée. D’où vient cette provocation ? Mystère.

Mais le camp est resté calme, et plus rien ne viendra le déranger. Les plus fatigués s’endorment tandis que d’autres prolongent bien au-delà du raisonnable les conversations et la musique.

 

 

27.08.2011 La Marche part vers le Nord.

Au matin, arrivent les premiers véhicules. Nous avons réussi à réunir assez de monde pour transporter d’un coup toute la Marxa Mediterranea vers la ferme  qui doit les acceuillir, à La Laupie, près de Montélimar, soit environ 135 km. Le camp est totalement plié et nous laissons l’endroit intact et propre aux mains des boulistes. Départ vers 11 h et rendez vous devant le pont sur le Rhône, au Teil.

Jusqu’à ce point tout va bien, on se retrouve tous et si quelques uns ont préférés passer par l’autoroute ils nous donnent de leurs nouvelles en nous annonçant qu’ils sont coincés dans les embouteillages, c’est jour de retour de vacances et il y a du monde. Par la rive gauche, pas de problèmes.

C’est en traversant Montélimar que la colonne de voiture éclate et se disperse en tous sens. Manque de précision sur l’itinéraire, confusion de la signalisation routière, nous mettrons deux heures à tous rallier La Laupie. Fâcheux contretemps qui fait prendre pas mal de retard sur les prévisions.

Le lieu d’accueil est une superbe bâtisse et une grande ferme en agriculture bio, située le long du TGV dans une belle plaine. L’endroit est frais et accueillant, les proprios ont bien fait les choses. Le repas est déjà prêt, la presse locale est là aussi.

 

Les Espagnols tiennent leur conseil de guerre et s’organisent pour la suite. Ils vont à Valence demain, où doivent les retrouver les Indignés de St Etienne, très mobilisés et qui ont tout prévu, même une manifestation d’envergure. Il est décidé que vu l’heure tardive, la majorité restera sur place ce soir tandis que quelques véhicules partent en éclaireurs prendre contact avec Valence et que les plus acharnés des marcheurs partiront tout de suite et iront ce soir jusqu’à Loriol pour s’avancer sur la route de Valence qui est encore à 40 km.

 

Pour nous c’est l’heure des adieux. Il nous faut retourner vers nos affaires et autres obligations. Pourtant, ce n’est pas l’envie qui nous manque de continuer, qu’est ce qui est plus important que cette marche des gueux qui vont réclamer justice ? L’aventure, la lutte, la fraternisation c’est plus que tentant. On se console en se disant que la lutte est globale qu’elle doit avoir lieu partout et que partout il faut l’animer, chez nous aussi donc. Adieu donc, Paco, Azul, Kevin, Anna, Miguel-Angelo et tous les autres…rendez-vous à Paris ou à Bruxelles, on y sera !.

On lâche rien !

 

Conclusion et commentaires, à destination des marcheurs et de ceux qui les accueillent :

Ils sont peu nombreux, mais en apparence seulement. Les gens vont et viennent, quittent et rejoignent, cela double au moins le nombre des marcheurs. Les Catalans de Perpignan sont repartis chez eux hier mais c’est pour revenir, ils sont allés présenter leur démission à leurs patrons. De plus, de nombreux groupes passent sans se signaler, il y en aurait déjà eu deux qui seraient passés par Nîmes dans les jours précédant l’arrivée de la Marche.

En train ou en stop, de nombreux Espagnols ou Français ont prévus de monter vers Paris et Bruxelles. Il serait bien que tous ces gens sachent qu’ils peuvent obtenir de l’aide partout, notamment là ou la marche en a reçu. A Nîmes nous sommes prêts à loger et à ravitailler tous les Indignés qui passeront. Il faut organiser cela, le faire savoir.

D’autre part aller à Paris est un long voyage et nous avons peu de ressources. Il y a eu quelques rumeurs concernant la neutralité bienveillante des contrôleurs SNCF. D’après des copains cheminots il ne faut guère y compter, les contrôleurs risquent leur place si ils oublient de contrôler. C’est un puissant dissuasif à la solidarité… Il vaut mieux organiser des co-voiturage.

Tout semble s’organiser dans une nonchalance toute Espagnole. Il est vrai que les décisions sont facilement remises en cause, que les plans changent souvent et parfois au mépris de ceux qui se débattent pour organiser les choses. C’est un des problèmes de la marche. Mais cela tient au fait que les gens de la marche, jusqu’à présent, se sont sentis autonomes. Ils ont marchés de la frontière jusqu’à Lunel et ils savent qu’ils peuvent donc avancer par leurs propres moyens. Pour des étapes longues, comme celle que nous avons fait avec eux il est cependant nécessaire qu’ils se coordonnent mieux et à l’avance avec les soutiens locaux. Ils en ont certainement compris la nécessité ; ils apprennent vite. Mais il reste que l’auto gestion nécessite un minimum de responsabilisation personnelle et de participation active. Cela manque parfois à certains qui n’ont pas intégré toutes les conséquences du mouvement dont ils prétendent faire partie.

 

Ils auront besoin, dans leur marche vers le Nord et le froid, de bonnes chaussures, de vêtements chauds et étanches, de couvertures. Il faut aussi leur fournir une assistance médicale si possible. Il y a des gens affaiblis, ayant des problèmes physiques ou psychologiques (différentes dépendances…). Ce ne sont pas des Superman-woman et il leur faut de l’assistance ponctuellement.

 

L’impact de la Marche est certain. Ils redynamisent les groupes locaux ou en suscitent d’autres. Les voir et les entendre remotive. A Nîmes nous avions initié le mouvement en solidarité avec le peuple Espagnol et sa lutte. Ce sont donc en un certain sens des modèles. Or nous avons constaté que même s’ils semblent bien plus aguerris dans la tenue des assemblées et dans l’action, ils ont en gros les mêmes problèmes et les mêmes réussites que nous.

 

Dans la colonne des réussites :

Organisation horizontale, sans chefs ni porte paroles. Vu le fonctionnement des assemblées, il est matériellement difficile qu’une minorité prenne le pas sur le groupe et s’en empare.

La prise de parole de tout le monde  chacun peut s’exprimer à sa manière et selon son angle de vision du monde. Il n’y a pas de vérité absolue ni de doctrine. Les points de vue sont extrêmement divers et dans les assemblées s’expriment de nombreuses personnes qu’on n’entends jamais, notamment toute la frange des marginaux et autres déclassés, ceux qu’on pourrait appeler les ‘désintégrés’. Ce sont les premières victimes du système, il est légitime qu’ils parlent même si objectivement on frôle le n’importe quoi pour différentes causes dont l’alcool n’est pas la moindre. La plupart ont bien compris le mécanisme du système qui les opprime, mais ont du mal à formuler des critiques argumentées et raisonnées. Ils ont cependant fait 80% du chemin pour la plupart. C’est bizarrement cette parole que les militants ‘classiques’ ne prennent pas le temps d’écouter, tant il leur faut du raisonnable, du discours structuré costaud et savant. Ils préfèrent parler à la place de ces gens là. Et ne sont pas présents pour expliquer ce qu’ils savent, partager leurs connaissances et leurs analyses.  

Activisme le mode de fonctionnement privilégie l’auto organisation et l’action. Le groupe inspire une forte mobilisation à tous. Le consensus implique chacun comme si c’était lui qui avait pris la décision. Il en résulte une grande autonomie dans l’action, une certaine spontanéité qui ne se pose pas plus de questions et agit. La marche en est un exemple, elle n’a pas attendu d’avoir des buts précis pour se lancer en avant (en marchant on a bien le temps pour discuter non ?).

 

Dans la colonne des moins réussis

Le flou idéologique. C’est la critique numéro un. Je l’ai dit on voit de tout chez les Indignés, on va des thèses Nationalistes aux idées les plus anarchistes, des syncrétismes mystiques les plus improbables à l’athéisme total. Ce n’est un problème que pour les frileux et les têtes raides sectaires.

Les grandes lignes du mouvement sont clairement anti-capitalistes, anti-autoritaires, internationalistes, humanistes, écologistes. Des récupérations de l’extrême droite ne peuvent y fonctionner qu’en apparence et parce qu’elles reprennent les idées dites ‘de gauche’. Que certains s’y laissent prendre, cela paraît logique, vu les discours actuels de cette mouvance et le grand n’importe quoi de notre époque. Que ça et là se manifeste les tenants du complot (Reopen 9/11, Bilderberg et autres martiens qui dirigent secrètement le monde) pourquoi s’en étonner hors que circulent sur le net toutes sortes de rumeurs. Les plus malins d’entre nous s’y laissent régulièrement prendre et il faut bien dire que certaines informations ne sont pas si farfelues que ça. Nous connaissons tous la réalité des manipulations dont sont capables les service secrets de tous pays (faux attentats anarchistes comme à la gare de Milan dans les années de plomb, faux groupes terroristes selon la stratégie de contre guérilla mise au point par l’armée Française en Algérie, Think Tank de droite et action concertées de groupes de pression financiers etc..). Pourquoi s’offusquer que ces thèses conspirationnistes fassent leur chemin parmi nous, elles ne sont pas si invraisemblables que ça.

Cependant il est clair qu’une conspiration ne se fait pas au grand jour. Les tenants de l’ultra libéralisme sont si arrogants et certains de leur force qu’ils avancent à peine masqués,  donc nul besoin d’aller y voir une conspiration, mais c’est bien une offensive idéologique délibérée contre laquelle nous devons nous battre. Et d’autre part pourquoi régulièrement faire allusion à la confession des financiers qui nous régenteraient et grassement souligner qu’ils seraient tous juifs. C’est bien à certains ‘détails’ qu’on repère les nazis (rappelons le, nazis=national socialistes, le programme de la Le Pen, donc nulle exagérations de ma part) qui s’infiltrent parmi nous. A nous d’être clairs et vigilants. Ces gens là ne sont pas compatibles avec l’essentiels des idées défendues par les Indignés.

Le flou idéologique n’est donc que le reflet de la variété des influences. Nous sommes désireux de bâtir un consensus et cela ne se fait pas sans la diversité. On peut considérer que certains se contenteraient de réformes institutionnelles pour assurer une démocratie plus réelle. D’autres poussent le raisonnement un peu plus loin et réclament une révision du capitalisme, plus ou moins vaste selon leur audace à le remettre en cause. On nous a tellement dit qu’il n’y avait pas d’alternatives qu’il reste quelques tabous bien ancrés et indéboulonables. S’attaquer au capitalisme est un de ces tabous (« ça fait pas vraisemblable-sérieux » entend t-on souvent)

 

L’inefficacité, autre critique récurrente, Le mouvement des Indignés ne serait qu’un vaste foutoir inorganisé incapable de se structurer et d’inquiéter réellement le système. C’est faire bien peu de cas de ce qu’est le mouvement Espagnol, par exemple (mais on peut aussi bien parler des Tunisiens ou des Grecs) qui mobilise des foules dans toutes les villes Espagnoles depuis début Mai. Que les résultats ne soient pas à la hauteur de la mobilisation est un fait. Mais on ne voit pas très bien, de la part des critiques, ce qu’ils ont pu faire de mieux depuis fort longtemps. Le mouvement des Indignés est puissant, pèse sur l’opinion et le gouvernement. Il a marqué des points et peut continuer à le faire. Le moins qu’on puisse dire c’est que en France la presse n’en a pas fait ses gros titres. La révolte c’est en Lybie, pas derrière les Pyrénées…

Ici la mobilisation est restée marginale. C’est probablement dû à la perception de la crise par l’opinion. En Espagne ou en Grèce, c’est 40% de la jeunesse au chômage. Cela a un petit air de catastrophe bien plus net qu’ici. Attendons donc et faisons confiance à Sarko, Merkel, Lagarde et Trichet pour tout foutre en l’air…On verra si les donneurs de leçons soulèverons les foules aussi bien que les Indignados.

 

Le Pacifisme On nous reproche notre ‘pacifisme’. C’est bien la critique la plus conne qu’on puisse entendre. Primo, elle vient généralement de la part de gens qui se planqueront dès que le premier CRS arrivera. Ce sont, en tout cas ici, d’authentiques Tartarins qui, sous  prétexte que nous n’envisagerions pas la violence, se pressent de  ne rien faire et surtout  de ne pas s’impliquer…

Deuzio quelle violence pouvons nous mobiliser ? Les bombes, la kalash, les tanks ? On rêve sur les grandes largeurs, on est dans le fantasme pur. Laissons aux forces de l’ordre leur monopole, nous vaincrons parce que nous avons raison certainement pas parce que nous serons violents.

Tertio, avant la violence il y a bien des degrés et la désobéissance en est un, et des plus efficaces. Le sabotage et la menace de l’utiliser en est un autre. Quoiqu’il en soit nous n’en sommes pas là. Le 17 Septembre est un jour de protestation mondiale contre la finance, c’est déjà un bon programme. Soyons nombreux dans la rue ce jour là, c’est un début. Si on nous envoie la flicaille, on verra bien ce qu’en pense l’opinion.

 

L’apolitisme. C’est une volonté présente dans de nombreux collectifs, aussi bien les collectifs de lutte nés pendant la lutte contre la réforme des retraites que, par exemple, les collectifs anti gaz de schistes. C’est donc une volonté générale qui n’exprime somme toute que le désir de ne pas se soumettre a des stratégies décidées en haut lieu. Les militants de base n’ont été que trop considérés que comme de forces d’appoints, des tirelires ou de simples colleurs d’affiches. C’est bien la base qui veut décider localement de ses actions, et veut se fédérer alentour avec tous ceux qui ont des objectifs similaires. C’est donc aussi le désir de faire de la vraie politique, de l’action locale. C’est aussi la volonté de ne pas faire dépendre l’action de considérations électorales.  Elle entend garder la maîtrise de ses actions. Qui l’en blâmera ? Les potes anars ?

 

Donc, clairement, nous ne récusons aucune organisation politique si tant est qu’elle a en vue des objectifs compatibles avec les nôtres. Elles sont assez peu nombreuses cependant. Nous appelons leurs militants à se joindre à nous si ils savent oublier leurs querelles partisanes. Ils n’ont pas à se cacher de leurs appartenances, leur engagement est sûrement légitime. Mais qu’ils sachent laisser leurs drapeaux au vestiaire et qu’ils viennent défendre leurs positions comme nous défendons les nôtres, ouvertement.

Il est un peu désespérant de devoir répéter sans cesse ce genre de discours. Comment pourrons nous bâtir une opposition puissante à l’ultra libéralisme financier mondialisé si nous n’unissons pas nos forces dans des collectifs tous azimuts ? Initions la lutte on discutera après, et pas l’inverse, sous peine d’immobilisme.

En tout cas le refus des partis et d’une autorité supérieure aux assemblées locales est un symptôme qu’il serait bon d’analyser, sur place. Donc bienvenue aux militants curieux et capables d’auto critique.

 

Les quelques défauts du mouvement des Indignés ne doivent pas cacher ses réussites. Il dure et se radicalise, il s’étend à toute l’Europe, fait référence dans le monde entier où on peut aisément lui trouver des frères, en Israël, en Inde, au Chili... La protestation est globale, multiforme, qu’attendons nous pour nous lever nous aussi ?

 

Tous à Paris et à Bruxelles !

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