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15 septembre 2011 4 15 /09 /septembre /2011 16:35

L'explosion d'un four à Marcoule lundi nous rappelle d'abord une évidence : la possibilité d'un accident sur un site nucléaire existe, même EDF préfère parle d'accident industriel. La meilleure preuve qu'il s'agit d'un accident nucléaire

est l'intervention de l'Autorité de sureté nucléaire (ASN), mais aussi les explications demandées par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). EDF joue sur les mots comme l'avait fait Eric Besson en refusant de parler de catastrophe nucléaire à propos de Fukushima et Claude Allègre en parlant de catastrophe naturelle au même propos.

La transparence commence avec les mots que l'on utilise. Pour quoi cette bataille sémantique ? Parce que les déchets radioactifs même faiblement ou moyennement sont dangereux pour la santé, parce qu'on ne maîtrise pas les emballements d'un accident lorsqu'il se produit, parce que la proximité avec le nucléaire militaire et la cible idéale que constituent ces installations pour le terrorisme renforce encore la culture du secret.

D'où les fantasmes de part et d'autres que la confusion et le manque de transparence ne font qu'alimenter. Plus que jamais, les termes du débat doivent être redéfinis et ce n'est pas la commission « Areva » créée par M. Besson pour parler de l'avenir de la filière nucléaire qui va modifier le paysage.

Rejets gazeux et liquides autorisés

En second lieu, une première interrogation sur le risque consistant faire coexister à proximité quatre installations nucléaires : Phénix, ancêtre de Superphénix dont le risque est établi ; l'usine Melox qui fabrique le MOX, et Centraco qui dispose d'une usine d'incinération et d« une usine de refonte d“acier et une usine de stockage de déchets radioactifs.

Comment les risques d'effets domino ont-ils été pris en compte, les installations ayant été réalisées dans le temps à une époque où ce sujet n'était pas pris en compte. Et quid des stress tests sur ces différentes installations ?

En troisième lieu, quid de l'information sur cet accident ? Notons d'abord le retard avec lequel l'information a été donnée. Ensuite, comment être sûr de l'absence de rejets à l'extérieur de l'enceinte ?

En effet, l'autorisation en date du 7 mai 1998, permet des rejets gazeux de tritium et des rejets liquides de tritium et de césium 137. Les limites ont-elles été dépassées ? Et que s'est il passé pour le personnel dans l'installation en dehors des victimes à déplorer.

Seuls des prélèvements dans les sols et sur les végétaux permettront de répondre à la première question.

Une impressionnante litanie d'incidents

En quatrième lieu, cet accident révèle les carences de la société Socodei qui gère Centraco et l'inefficience de l'Autorité de sûreté nucléaire. L'appréciation 2010 est claire :

‘Devant le constat de lacunes dans la culture de sûreté au sein de l'installation Centraco, le directeur général de l'ASN a demandé à l'exploitant de définir et de mettre en œuvre des actions visant à améliorer la sûreté de l'exploitation.

Les actions de contrôle menées en 2010 par l'ASN montrent que les mesures correctives mises en place par l'exploitant commencent à produire des effets sur le terrain. Si les nouvelles dispositions mises en œuvre indiquent une réelle implication de l'exploitant pour remédier aux difficultés rencontrées, l'ASN veille toutefois à ce que la stratégie mise en œuvre permette d'inscrire ces progrès dans la durée.’

La litanie des incidents qui se sont poursuivis jusqu'en 2011 est impressionnante :

  • perte temporaire de la détection de l'alarme incendie de l'unité d'incinération (25 mai 2011) ;
  • perte des deux chaînes de surveillance assurant le contrôle radiologique.. 15 août 2010 ;
  • non respect de la périodicité de réalisation des essais des détecteurs (décembre 2008) ;
  • dépassement des limites mensuelles et anuelles de rejets gazeux en tritium (décembre 2007) ;
  • dépassement d'une des limites radiologiques pour l'acceptation de déchets (juillet 2007) ;
  • dépassement d'une des limites radiologiques pour l'acceptation de déchets (juillet 2007) ;
  • perte de ventilation de locaux de l'unité d'incinération et absence du personnel pour donner l'alarme( juillet 2006) ;
  • non respect de la procédure de réception de déchets liquides (avril 2006).

S'y ajoutent des dépassements à plusieurs reprises des limites de rejets (dioxines, furanes, CO, radioactifs) et de reconditionnement des déchets, un départ de feu à l'atelier de reconditionnement automatique de déchets en 2003. Quelles ont été les sanctions ? Manifestement, les conditions de l'efficacité du contrôle exercé par l'ASN est en cause comme la carence de l'entreprise qui est une filiale industrielle d'EDF ce qui rend d'autant plus inadmissible ce comportement.

En conclusion, cet accident révèle des failles manifestes du système français dans l'information, le fonctionnement et le contrôle de nos installations.

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15 septembre 2011 4 15 /09 /septembre /2011 15:00

spaanserevolutie

The Road to the Bastille

In March on Brussels on 14 September 2011 at 22:53

Etampes, September 14

Day 51 of the March on Brussels. From Toury, 35 km

 

Dear people,

 

In the early days of the revolution I had great fun translating the solemn manifests of the French indignados which had assembled in Place de la Bastille, inspired by what was happening in Puerta del Sol. It was all real, and it was all a game. Together with the people who happened to be there in the Communcations tent at that same particular moment in history, and who spoke better French than me, I answered with resplendent comunicados full of historical and revolutionary winks. “Salut Paris! Ici Madrid! Avez-vouz pris la Place de la Bastille?

They had, it turned out. But they were never able to hold it. The General Assembly in Puerta del Sol fell silent when the news broke that police were clearing the square with tear gas.

Now, almost four months later, I am camped at three days from Paris with the March on Brussels, and together with my general staff we are gathered around a map of the city and its surroundings. We’re going to plan the road to the Bastille.

The fact is that comrade Cowboy has left the Route commission. He gave up after people had repeatedly ignored his routes to go their own way. The vacuum was filled by comrade Polacco, comrade Vladimir from the Toulouse march, two reconassaince bikers freshly in from Spain, and me. I am the only one who speaks both French and Spanish.

When the map is unfolded, my eyes light up. I quickly note the various possibilities. The original idea is to enter Paris straight from the South and be at Bagneux, at eight kilometres from the center, on Friday evening. We are going to change all that. And we’re going to tell nobody about it until the last moment. It’s going to be a complete surprise. We’re going to Versailles.

Secrecy is of the utmost importance, and I repeat it. We’re going to camp in front of the castle, and we don’t want police to know about until we’re there. Everyone who joins in on the meeting agrees. Complete secrecy. The people from Etampes who are monitoring us from a distance seriously nod. The scene is filmed by two people from Canal +. “Not a word! We’re going to Versailles. It’s going to be fabulous.”

“Is it possible?” someone asks. “Sure it’s possible. We’re the March on Brussels. Look, we’ll take these roads, we cross the fields, we take the paths. We’ll be there before anyone knows what’s happening.”

“Right. You’re in front of the castle. Then what? The day after we are expected in the Universitary City at eleven in the morning. The distance from Versailles is over 25 kilometres. We should get up at five and be marching at six. If we arrive, people will be exhausted.”

It’s true. If we want we can do it. Versailles is a great symbolic photo opportunity, but little else. We have to be practical. In the southern banlieues of Paris we can do actions, hold assemblies, incite the workers. And apart from that, when I look around, I start to have doubts about the effective secrecy of the plan.

We return to the original plan. Bagneux in two days. Comrade Waldo will be waiting there with the local indignados. Then Saturday we march into the city to the rendez-vous point near the Gare d’Austerlitz. In the afternoon, we take the Bastille.

Where do we enter Paris? I look at the names of all the city gates. ‘Oh yes’, I think, and I place my finger down on the map. “Here. We will enter Paris through the Porte d’Italie“, I say, “for sentimental reasons.”

That’s it.  Nothing to be proposed to the assembly, because if we do, we’ll never make it to Paris. We will still be here discussing on the route in three days time.

I translate the general idea to comrade Vladimir in French. “If we don’t take Versailles” he says, “we should do something else, something symbolic.” And he comes up with a brilliant idea for a decoy. Something to disorientate the authorities. For obvious reasons I cannot reveal it now. It’s really secret, and it has to be communicated to our people in Paris as fast as possible. But we can’t use mobile phones or email. All our communications are at risk of being intercepted. The only way is to go there in person. Someone will have to jump on a horse and ride to Paris through the night, to bring the dispatch to our liaisons as quickly as possible.

“Who’s willing to do this?” I ask. No-one volunteers.”You can do it”, says someone.

I think about it for a second. I know that the horse won’t be a horse, and it would mean abbandoning the march. I can’t do it. At that moment, enter a messenger. Our people from Paris will be here tomorrow. There’s no need to warn them. We can talk it over in the group and continue as planned.

“Good”, I say, and the map is folded. I’m content. I love this game. “Tomorrow I want a detailed map of the center of the city.”

Love at first sight

 

Popular Assembly in Etampes

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15 septembre 2011 4 15 /09 /septembre /2011 12:09

Publié le 14-09-11 à 11:11    Modifié le 15-09-11 à 09:41     par Le Nouvel Observateur avec AFP     

L'ancien ministre des Solidarités actives propose de créer des contrats aidés rémunérés de sept heures par semaine obligatoires.

Marc-Philippe Daubresse (BERTRAND GUAY / AFP) Marc-Philippe Daubresse (BERTRAND GUAY / AFP)

Forcer au travail les bénéficiaires du RSA (Revenu de solidarité active) est devenue une marotte de la majorité. La proposition avait provoqué un tollé dans l'opposition et chez une partie de la majorité en mai dernier. Laurent Wauquiez proposait alors d'imposer aux bénéficiaires du RSA cinq heures de service social hebdomadaire gratuitement.

Mercredi 14 septembre, l'ancien ministre des Solidarités actives Marc-Philippe Daubresse revient à la charge et suggère de créer des contrats aidés, cette fois rémunérés, de sept heures par semaine, sous peine de sanctions.

Si le RSA, lancé mi-2009, "a servi d'amortisseur social, il n'a pas joué son rôle d'outil d'insertion, notamment à cause de la crise", a estimé Marc-Philippe Daubresse, secrétaire général adjoint de l'UMP, qui doit rendre publiques mercredi ses propositions pour améliorer la prestation. L'ancien ministre avait été chargé en mars par le président Sarkozy de proposer des mesures sur le RSA.

"On a atteint les limites du système puisque le nombre d'allocataires du RSA 'activité' stagne depuis deux ans", a-t-il insisté.

La prestation se décline en deux volets: le RSA 'socle', qui a remplacé le RMI (400 à 450 euros par mois environ) et le RSA 'activité', qui vient compléter un petit salaire (en moyenne, 170 euros).

A fin mai, 1,87 million de foyers touchaient le RSA, soit 673.000 en plus d'un salaire.

241 euros par mois

L'ancien ministre propose donc de créer "un nouveau contrat unique d'insertion (CUI) de sept heures par semaine - une journée de travail - payés au smic horaire", soit 214 euros net par mois, à effectuer dans une association par exemple.

Actuellement, les CUI sont de 20 heures. Les contrats de sept heures seraient d'abord expérimentés dans des départements volontaires.

En tenant compte de la baisse de leur RSA induite par la reprise d'activité, les allocataires gagneraient 130 euros de plus grâce à ce contrat.

Mécaniquement, ces personnes feraient donc progresser le nombre d'allocataires du RSA "activité" et baisser le nombre de demandeurs d'emploi sans activité.

Sanctions prévues

Le CUI viserait des allocataires "en situation de travailler" mais éloignés de l'emploi. A charge pour les départements de désigner ces personnes.

Marc-Philippe Daubresse estime qu'à terme 150.000 contrats pourraient être signés, pour un coût de 420 millions d'euros, à puiser dans le Fonds national de solidarité active (FNSA), créé pour financer le RSA, actuellement excédentaire.

"Le refus de ce CUI serait constitutif d'un manquement aux devoirs (de l'allocataire) et entraînerait automatiquement une sanction conformément à la loi", précise le rapport.

Le rapport propose d'ailleurs de durcir les sanctions : aller au-delà de 100 euros de réduction du RSA en cas d'un premier manquement aux devoirs et que "l'on puisse suspendre la totalité du RSA" plus rapidement en cas de "manquements importants".

Maintien des APL

Le rapport suggère aussi de fusionner "à terme" avec le RSA la Prime pour l'emploi (PPE) et l'Allocation spécifique de solidarité (ASS, pour les chômeurs en fin de droits).

Il propose aussi de maintenir les allocations logement pendant six mois après la reprise d'un emploi, une mesure évaluée à 7 millions d'euros.

Le Nouvel Observateur avec AFP

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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 19:26

 

 Passerellesud média libre publie : 


 
« Un taux de radioactivité 10 fois supérieur à la mesure quotidienne sur Avignon et 4 fois supérieur au pied du Ventoux »
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« Un taux de radioactivité 10 fois supérieur à la mesure quotidienne sur Avignon et 4 fois supérieur au pied du Ventoux »
D’après un article publié le 13 septembre 2011 sur le site internet de la coordination Antinucléaire Sud-Est (voir plus bas), une « augmentation anormale » de la radioactivité portant sur la détection de rayonnements X, Gamma et particules Bêta aurait été mesurée dans un périmètre de 120 km en aval de Marcoule.
Le 12 septembre 2011 des membres du Collectif antinucléaire du Vaucluse auraient effectué des mesures indépendantes de radioactivité en différents points du Vaucluse, du Gard et de l’Hérault, voir le relevé ci-dessous :
JPEG - 53.5 ko
Sans « explication crédible » de la part des responsables de l’accident nucléaire de Marcoule et devant le poids du lobby nucléaire français, le Collectif antinucléaire indique que la cause de cette augmentation de radioactivité pourrait être directement liée à l’explosion survenue dans le Gard.
Dans ce même article, le Collectif antinucléaire rappelle que La Provence est la région la plus nucléarisée de France et que ses habitants, tout comme ceux de Fukushima ou de Tchernobyl, sont quotidiennement exposés aux radiations produites par l’industrie nucléaire ainsi qu’aux dangers que représentent les sites français du Triscastin, de Marcoule et de Cadarache, situés sur des failles sismiques actives [1].
Enfin, le Collectif antinucléaire du Vaucluse indique qu’en matière de dysfonctionnements avérés, le centre nucléaire de traitement de déchets radioactifs (Centraco), n’en serait « pas à son coup d’essai », il se réfère pour cela à la liste très officielle des accidents et incidents répertoriés par l’ASN (Autorité de Sureté Nucléaire).
 
http://passerellesud.org/Marcoule-une-augmentation-de-la.html
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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 14:32

LEMONDE.FR avec AFP | 14.09.11 | 14h31   •  Mis à jour le 14.09.11 

L'Italie est sur le point d'adopter définitivement son plan d'austérité. Les députés ont approuvé, mercredi 14 septembre, lors d'un vote de confiance, le plan de 54,2 milliards d'euros qui doit permettre à Rome de parvenir à l'équilibre budgétaire en 2013 et de réduire sa dette, alors que le pays est sous intense pression des marchés.


Les députés doivent encore entériner définitivement en fin de journée ce plan, adopté par les sénateurs mercredi dernier, mais ce vote final est une formalité maintenant qu'ils ont voté la confiance.

Ce nouveau serrage de ceinture, très impopulaire, avait été annoncé en urgence début août par le gouvernement de Silvio Berlusconi, en échange du soutien de la Banque centrale européenne, le premier plan adopté en juillet ayant été jugé insuffisant par les marchés.

PLAN D'AUSTÉRITÉ ENCORE RENFORCÉ

Après de nombreuses modifications, ce plan a finalement été encore renforcé mardi dernier, avant le vote au Sénat, avec une hausse de la TVA, le relèvement plus tôt que prévu de l'âge de la retraite des femmes dans le privé et une taxe spéciale pour les contribuables gagnant plus de 300 000 euros par an, moins large cependant que celle abandonnée quelques jours plus tôt.

Ces nouvelles mesures ont fait grimper de 45,5 à 54,2 milliards d'euros le montant de ce plan qui prévoit aussi de sévères coupes dans les budgets des ministères et des collectivités locales et un renforcement de la lutte contre l'évasion fiscale, massive dans le pays.

La réduction des coûts de la classe politique a en revanche été allégée, un changement difficile à avaler pour les Italiens, très critiques envers les élus qu'ils voient comme une "caste" de privilégiés.

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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 14:21

Il est bien loin, le "miracle" d'Atacama

Lettre d'Amérique du Sud | LEMONDE | 14.09.11 | 16h19   •  Mis à jour le 14.09.11 

 

Propulsés au rang de stars planétaires après leur médiatique sauvetage, qui a tenu en haleine, le 13 octobre 2010, des millions de téléspectateurs, que sont devenus les 33 mineurs chiliens de San José, à 800 km au nord de Santiago ? A leur sortie de la mine, après un calvaire de 69 jours coincés sous terre, sans eau ni nourriture, ils avaient été reçus comme des héros par le président de droite Sebastian Piñera. Au milieu du désert lunaire d'Atacama les attendaient leurs familles, 2 000 journalistes, et la célébrité...


Les premiers mois, ils ont été harcelés par la presse, négociant à prix d'or des interviews exclusives. Ils ont croulé sous les cadeaux et les invitations à voyager autour du monde. Times Magazine les a sacrés "personnalités les plus importantes de l'année 2010".

Mais, près d'un an plus tard, le conte de fées s'est évanoui. La vague médiatique est retombée et la majorité des mineurs va mal. A 700 mètres sous terre, ils étaient unis, organisés, dotés d'un moral à toute épreuve. A la surface, ils sont divisés, déboussolés et déprimés.

Sept sont toujours en congé-maladie et quinze au chômage. A Copiapo, près de la mine d'or et de cuivre de San José, qui s'est écroulée le 5 août 2010, le plus jeune, Jimmy Sanchez, 20 ans, se sent "triste, seul et angoissé". Seuls quatre d'entre eux sont redescendus dans les mines. Beaucoup, comme Ariel Ticona, Richard Villarroel ou encore Renan Avalos, n'ont pas d'emploi stable et enchaînent les petits boulots.

"Les gens croient que nous sommes devenus millionnaires et nous regardent comme si nous étions des profiteurs et des pleurnicheurs", se lamente Osman Araya. A 31 ans, il a ouvert un petit commerce ambulant de fruits et légumes, avec le seul argent qu'il a touché : un chèque de 10 000 dollars offert à chaque mineur par un milliardaire chilien. Dans la mine, les "33" s'étaient juré que l'argent des interviews serait redistribué à parts égales entre tous. Osman affirme que "cela ne s'est jamais fait".

Franklin Lobos, 54 ans, est plutôt content. Le mineur, qui était sorti de la nacelle un ballon au pied, est l'entraîneur du club de football de Copiapo, ville minière où continuent de vivre la plupart des "33". Edison Peña, le "fou d'Elvis", vit toujours dans une baraque en bois, même s'il a été invité à Graceland et est allé courir le marathon de New York. Angelica, sa femme, est inquiète : "Edison s'est remis à boire et à se droguer."

La majorité souffre de troubles psychologiques. Ils alternent les antidépresseurs le jour et les somnifères la nuit. José Ojeda, 46 ans, ne se réhabitue pas à son lit et dort sur le carrelage de sa cuisine. Ils ont des difficultés à renouer avec leurs proches. "Je ne reconnais plus mon mari, s'angoisse la femme de Victor Segovia. Il était doux, il est devenu farouche et agressif."

"Nous n'avons pas tous la même capacité à rebondir", souligne Mario Sepulveda, qui se dit "comblé". Le comique du groupe, qui était sorti de la mine en faisant des blagues et en hurlant "Viva Chile !", anime plusieurs émissions de télévision.

Quatorze mineurs, les plus âgés et les plus malades, bénéficient, depuis fin août, d'une pension d'environ 400 euros par mois, accordée par le gouvernement. Mais la justice est lente et les "33" attendent toujours de toucher des indemnités. Ils demandent 8,4 millions d'euros aux propriétaires de la mine pour non-respect des normes de sécurité. Trente et un des mineurs ont également porté plainte contre l'Etat chilien pour négligence dans le contrôle des mines. Ils réclament 380 000 euros chacun.

Les trois livres publiés jusqu'ici au Chili sur les "miraculés" de San José sont "un fiasco éditorial", constate un libraire à Santiago. "Normal !, ajoute-t-il, énervé. Le gouvernement a fait tout un plat alors que ce ne sont pas des héros mais des gens qui ont eu la chance de sauver leur peau, à coups de millions, après un accident qui aurait pu être évité !" Les conditions de travail ne se sont pas améliorées dans les mines, malgré les promesses du président Piñera. Vingt mineurs sont morts depuis le début de l'année.

Le grand espoir des "33" est un film en préparation à Hollywood. Regroupés en société anonyme, ils ont vendu le droit de porter leur histoire au cinéma au producteur Mike Medavoy. De nouveaux livres doivent être publiés, avec, en vedette, le journal de bord qu'a tenu sous terre Victor Segovia.

La popularité du président Piñera, premier président de droite élu depuis près d'un demi-siècle, avait atteint le chiffre record de 82 % après le spectaculaire sauvetage. Aujourd'hui, ce milliardaire, entrepreneur, n'a plus que 27 % d'opinions favorables, et le Chili est secoué par un vaste mécontentement social, dont une révolte étudiante sans précédent. Sebastian Piñera souhaite parvenir à un dialogue "constructif" avec les jeunes "indignados", qui exigent une éducation publique, gratuite et de qualité mais également une meilleure répartition des fruits de la croissance. Dans ce contexte politique et social délicat, le président chilien espère fêter en grande pompe, dans quelques semaines, le premier anniversaire du "miracle" d'Atacama.


legrand@lemonde.fr

 

Christine Legrand

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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 14:20

Nicolas Sarkozy en visite à la prison de Reau le 13 septembre (Bertrand Guay/Pool/Reuters)

« Quand Sarkozy dit qu'il veut 30 000 places de prison en plus, il veut en augmenter le nombre de 50%, rien que ça », tweete l'avocat Maître Eolas. En visite au nouveau centre pénitentiaire de Réau, en Seine-et-Marne, le Président a aussi évoqué l'idée d'un encadrement militaire pour les jeunes délinquants (alors qu'il avait raillé cette proposition de la candidate Ségolène Royal). Nous publions la réaction de l'Observatoire international des prisons (OIP). 

Annonçant un objectif de 80 000 places à l'horizon 2017, le président de la République entraîne le pays dans une politique pénale coûteuse et contreproductive en matière de prévention de la récidive. Invoquant le nombre de peines « inexécutées », il estime que la France a besoin de 30 000 places d'emprisonnement supplémentaires pour mettre en œuvre les décisions des magistrats.

Or, la plupart de ces peines sont en réalité en attente d'exécution pour être aménagées en surveillance électronique, placement extérieur ou semi-liberté, des mesures moins coûteuses et plus favorables à prévenir la récidive. Ce sont bien le manque de moyens des services de l'application des peines et des services pénitentiaires d'insertion et de probation qui empêchent l'aménagement rapide de ces courtes peines de prison.

« Ouvrir des prisons pour les courtes peines non dangereuses »

Nicolas Sarkozy souhaite revenir sur cette politique d'aménagement de peine, renforcée par sa propre majorité parlementaire lors de l'adoption de la loi pénitentiaire en novembre 2009. Il préfère aujourd'hui « ouvrir rapidement des prisons dédiées aux condamnés pour courtes peines ne présentant pas de dangerosité particulière », dont il reconnaît lui-même qu'ils représentent « la majorité des personnes incarcérées » et que « la plupart des peines en attente d'exécution sont précisément de courtes peines ».

Si ces détenus ne présentent pas de « dangerosité particulière », il est permis de se demander pour quelles raisons ils doivent nécessairement purger leur peine en prison. [….]

Le président de la République se réfère également à une prison qui n'existe pas : il évoque une prison où l'encellulement individuel serait respecté, en prétendant que sa majorité « a renforcé le respect de la dignité des détenus en inscrivant dans la loi le principe de l'encellulement individuel ». En réalité, la loi pénitentiaire s'est contentée d'en reporter une fois encore l'application à une échéance de cinq ans, soit novembre 2014.

60% des détenus n'ont pas de cellule individuelle

En pratique, ce sont aujourd'hui 60% des détenus (pour un total de 64 700 personnes incarcérées) qui ne disposent pas d'une cellule individuelle. Avec le développement des centres nationaux d'évaluation, Nicolas Sarkozy fait également croire que les professionnels sont en mesure d'effectuer des évaluations de la « dangerosité », ce qui n'est pas le cas en France.

La Haute autorité de santé l'a rappelé en mai 2007, indiquant que « tout le monde s'accorde pour relever la forte subjectivité et le flou des contours » de la notion de dangerosité, « souvent ponctuelle » et qui « doit être redéfinie selon la fluctuation de l'état mental, des facteurs environnementaux, des stresseurs, des traitements utilisés »…

Nicolas Sarkozy se garde enfin de préciser que la construction de 30 000 places de prison représente un coût de plus 3 milliards d'euros pour le contribuable. Outre la construction, le coût d'une journée de détention est évalué en moyenne à 82 euros, ce qui reviendrait avec l'incarcération visée de 80 000 personnes, à un budget de 6,5 millions d'euros par jour.

A titre de comparaison, une mesure de placement extérieur représente un coût moyen de 15 euros par jour, tandis que l'exécution d'un travail d'intérêt général pendant 18 mois coûte au total 550 euros par condamné.

Photo : Nicolas Sarkozy en visite à la prison de Reau le 13 septembre (Bertrand Guay/Pool/Reuters).

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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 13:57

Capture d'écran de la présentation de l'appli "Juif ou pas juif ?" sur l'Apple Store.

Apple refuse les images pornographiques dans sa boutique d'applications iPhone. En revanche, la société accepte de vendre une « appli » ludique dans la rubrique « style de vie » : « Juif ou pas juif ? ».

L'éditeur Jsoft la présente ainsi aux porteurs d'iPhone :

« Hé, tu savais que Patrick Timsit était juif ?

– Ben bien sûr ! Mais Marylin Monroe, est-ce qu'elle était vraiment juive ? Et Dany Boon ? »

Combien de fois n'avons-nous pas eu cette conversation, sans pouvoir y apporter de réponse ?
A partir d'aujourd'hui, cette réponse est dans votre iPhone grâce à l'appli « Juif ou pas juif ? ». »

La fiche de Jean-François Copé sur l'application "Juif ou pas juif ?".Des milliers de personnalités juives (par leur mère), ou « à moitié juive » (par leur père), ou « converties » sont donc listées.

L'éditeur prévient :

« Le but de cette app [application, ndlr] est uniquement de distraire. Rien de plus ! SVP n'y voyez en rien une démonstration quelconque de la supériorité ou (encore moins) de la dominance d'une race sur une autre. »

Et il termine : « Pour la moitié du prix d'un café, n'hésitez plus, faites-vous plaisir ! »

Passible de cinq ans de prison ?

L'application existe déjà en anglais (« Jew or not jew »), ce qui n'a pas soulevé, à notre connaissance, de controverse. Mais les Etats-Unis n'ont pas la même Histoire que la France…

Sur Twitter, l'avocat Maître Eolas rappelle que le code pénal français interdit formellement « le fichage des données à caractère personnel qui, directement ou indirectement, font apparaître les origines raciales ou ethniques, les opinions politiques, philosophiques ou religieuses ».

Un tel fichage est passible de cinq ans d'emprisonnement et de 300 000 euros d'amende.

Contacté par Le Nouvel Observateur, le créateur de l'application, Johann Levy, lui-même juif, s'est dit « extrêmement surpris par l'ampleur de la polémique ». Il ne voyait dans « Juif ou non juif » qu'un service utile à rendre… Après tout, comme en témoignent les suggestions de recherche de Google, les internautes français sont de compulsifs judéomanes.

Dessin de Baudry sur l'application "Juif ou pas juif ?".

Illustrations : capture d'écran de la présentation de l'appli « Juif ou pas juif ? » sur l'Apple Store ; la fiche de Jean-François Copé sur l'application « Juif ou pas juif ? » ; dessin de Baudry sur l'application « Juif ou pas juif ? ».

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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 13:52
Florine Bristaud - Marianne | Mardi 13 Septembre 2011 à 15:01

 

Luc Chatel est un ministre sémillant, excellent avocat de son projet éducatif. La rentrée est pour nous l’occasion de confronter ses belles paroles aux réalités du terrain, qui découlent directement des réformes qu’il a mises en place ces deux dernières années.



(capture écran: Europe 1 - Dailymotion)
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Lorsque M. Chatel dépeint l’école à laquelle il aspire, il s’attèle à décrire un enseignement de plus en plus individualisé, auquel il aurait contribué, en instaurant des « heures de soutien personnalisé » au lycée et « deux heures consacrées à l’aide personnalisée aux élèves en difficulté » en primaire. Il rajoute d’ailleurs, non fier de l’innovation, que « C’est une grande nouveauté ! C’est un grand progrès! ». Pourtant, à l’heure où l’on dénombre 4800 suppressions de postes d’enseignants du secondaire, pour 80 000 élèves de plus par rapport à l’an dernier, ces propos triomphalistes sonnent faux. Avec des classes de maternelle comptant jusqu’à 32 élèves, et des secondes de 35 lycéens en moyenne, on est loin, très loin de l’enseignement personnalisé… Alors Chatel a beau clamer que « l’enseignant est un symbole », il le raréfie sans état d’âme. D’autant plus que les enseignants ne voient pas clairement en quoi consistent ces innovations. Une jeune agrégée professeur en Seine-Saint-Denis confie d’ailleurs à Jean-Pierre Chevènement : « Moi je n’y comprends pas grand-chose. Avant on appelait ça le contrat individualisé, c’était la loi Fillon. Maintenant, c’est le soutien personnalisé, et le plus curieux c’est que ça se fait dans des groupes. Donc ce n’est pas tellement personnalisé ! ». En somme, des profs dans le brouillard, qui tentent tant bien que mal de coller aux nouveaux textes.

 

A la question « faut-il accroître les obligations de service des enseignants ?», Monsieur Chatel se garde bien de répondre, laissant volontiers la parole à Monsieur Chevènement. En revanche, lorsqu’ il s’agit des modalités de formation des enseignants, notre ministre a des idées bien arrêtées. Il affirme qu’ « on ne peut pas dire que les IUFM (Instituts Universitaires de Formation des Maîtres) étaient des terreaux favorables (…) pour la préparation des enseignants à leur métier », ajoutant que « ça a fait beaucoup de dégâts ». Dans le souci, oh combien louable, de minimiser ces « dégâts », notre ministre a réformé la formation des enseignants lors de la « masterisation », entrée en vigueur à la rentrée 2010. Avant cela, les professeurs tout juste certifiés ou agrégés enseignaient durant 6 à 8 heures par semaine et bénéficiaient de dix heures de formation théorique hebdomadaire durant leur première année. Depuis la réforme, les nouveaux arrivants effectuent d’emblée des temps complets, à savoir 15 heures d’enseignement pour les agrégés et 18 pour les certifiés. Un emploi du temps qui laisse peu de place aux formations, qui ont été tout bonnement réduites à trois petits jours avant la rentrée, et une quinzaine de jours durant l’année scolaire. Sans oublier qu’on demande dorénavant aux jeunes profs d’y assister… sans être rémunérés ! Des stagiaires tout fraîchement sortis de la fac, qui doivent concilier formations éclairs, temps complet et préparations de cours, ce qui induit qu’ils ont un emploi du temps plus chargé que leurs collègues avec 20 ou 30 années d’ancienneté. Pas sûr que ces enseignants se sentent en « terreaux favorables » comme dirait Chatel. Pour minimiser les « dégâts », Monsieur Chatel a donc simplement décidé de minimiser les formations. Outre leur fréquence trop faible, c’est surtout leur désorganisation qui a été dénoncée par les stagiaires. Les rectorats, pris dans l’urgence à la rentrée 2010, n’ont eu d’autre choix que de faire un « savant bricolage », et c’est ainsi que les stagiaires de l’académie de Créteil ont appris en octobre comment accueillir au mieux les élèves à la rentrée de septembre. Les techniques de réalisation d’une interrogation ont été abordées en février, et les problèmes d’autorité en mars, pas moins de six mois après leur entrée en fonction.
Selon Monsieur Tisserand, Directeur adjoint de l’IUFM de Strasbourg, ce n’est pas tant la masterisation en elle-même qui a été hautement critiquée, mais plutôt ses modalités de mise en place. Les directives du ministère étaient plus que vagues, et trop tardives, aboutissant à une mise en pratique différente dans chaque académie. Les stagiaires ont effectué des temps complets dans certaines académies, tandis qu’ils ont bénéficié d’une décharge de 2 ou 4 heures dans d’autres. Les textes prévoyaient également que chaque nouvel enseignant bénéficie d’un tuteur pour l’aider dans la réalisation de ses cours. Dans un rapport du ministère datant de janvier 2011, 139 stagiaires étaient toujours sans tuteur cinq mois après la rentrée. Des tuteurs choisis à la hâte, et qui, pour certains d’entre eux, ne disposaient que d’une seule année d’ancienneté. Monsieur Chatel avait annoncé en mai dernier que depuis l’application de la masterisation « il n’y a pas eu plus de démissions d’enseignants qu’auparavant », et il affirmait même avoir reçu des lettres de remerciements de « stagiaires heureux » ! Des jeunes enseignants si satisfaits qu’ils ont crée un collectif « stagiaires en colère ». Ils ont compilé pas moins de 166 témoignages de stagiaires excédés en à peine trois mois de novembre 2010 à février 2011, pour constituer ce qu’ils ont appelé « Le livre noir d’une rentrée à plein temps ».
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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 13:44
Emmanuel Lévy - Marianne | Mercredi 14 Septembre 2011 à 12:01

Après les économistes proches de la gauche de la gauche, comme Jacques Généreux, c'est au tour des libéraux d'en appeler à la fin du grand n'importe quoi qui règne sur la planète finance. Marc Fiorantino, «homme de marché», propose lui aussi la nationalisation (partielle) de toutes les banques françaises.



Marianne : N’est-ce pas paradoxal pour un libéral comme vous d’en appeler à nationaliser les banques ?

 Marc Fiorentino : Il faut être pragmatique. Dans la situation qui est nôtre, ce n’est pas une question de choix mais de nécessité. Les banques européennes, et françaises en particuliers ont un besoin cruel de fonds propres. Elles ont beau dire le contraire, chacun sait que leur bilan se détériore au fur et à mesure que se dégrade la situation des Etats et avec elle la valeur des dettes que les établissements bancaires ont dans leurs livres. C’est cela l’origine de leur dégringolade à la bourse.  

Prenons un exemple : la dette grecque. Alors qu’elle se négocie en deçà de 50% de sa valeur, celle-ci est encore inscrite dans leur bilan pour des montants compris entre 80% et 100% de la valeur. Et ce qui est vrai pour la Grèce, l’est pour une série de pays de la zone euro. C’est cet écart qui explique que Christine Lagarde (ndlr : directrice générale du FMI), dise « il faut 200 milliards d’euros pour les fonds propres des banques européennes », quand celles-ci clament qu’il n’en est rien en invoquant les stress test. Mais ces stress test, c’est l’école des fans, une vaste plaisenterie.
Résultat : quelqu’un doit mettre de l’argent, et ce quelqu’un ce ne peut être que l’Etat.


Encore une entorse au libéralisme : vous souhaitez encore dégrader le déficit public ?

 M. F. : Oui, enfin non. Je m’explique : non seulement il n’y a pas d’autres acteurs capable de mettre sur la table les milliards nécessaires mais en plus, c’est une bonne affaire à plusieurs titre. A mon sens, il faut acheter 30 % de l’ensemble des banques hexagonales. Cela coûte entre 30 et 40 milliards d’euros. Qu’on les emprunte sur le marché ou auprès de la banque européenne d'investissement, dans tout les cas, ce ne sera pas cher.

Premier bénéfice : on rassure tout le monde et notamment les déposants. Que l’on continue ainsi et la panique qui risque de se produire conduira de toute façon à une nationalisation.

Second bénéfice : le gain futur que l’Etat retirera de cette opération, idéalement dans trois ou quatre ans. Les prix des titres bancaires sont tellement dépréciés que leur marge de progression est à mon sens important, peut-être même de 100 %.

Troisième et dernier bénéfice : en entrant au capital des banques, on va enfin mettre fin à cette comédie qui n’a que trop longtemps duré. En 2008, pour faire simple, l’Etat a prêté aux banques pour une bouchée de pain, contre leur engagement à renoncer à spéculer et à se concentrer vers le financement de l’économie. Il n’en fut rien. Et surtout à ce qu’elles mettent de la clarté dans leur comptes.


Où en en sont ces promesses ?

 M. F. : Nulle part. Surtout, rien n’a changé depuis 2008 sur la clarté. Elles se plaignent aujourd’hui de se faire attaquer. Mais ce n’est que le juste prix pour leur manque de transparence. Qui possède quoi et pour combien ? Qui détient de la dette pourrie dans ses comptes ? On n’en sait rien. Comme les Allemands le demandent, et comme le refusent en cœur nos banquiers, il faut imposer aux banques de faire la lumière sur leurs comptes.


Laurence Parisot, pour ne citer qu’elle, prétend que l’attaque des banques hexagonales est une opération concertée menée depuis l’autre rive de l’Atlantique. Qu’en pensez vous ?

 M. F. : Je ne crois pas un instant au complot anglo-saxon. Laurence Parisot est grotesque. Si elle a des preuves qu’elle les mette sur la table. Comme je l’ai dit plus haut, il est raisonnable, rationnel même, de s’inquiéter de la solidité à court terme des banques.


Et donc de spéculer sur leur baisse ? L’AMF n’a-t-elle pas interdit les ventes à découvert sur ces titres ?

 M. F. : Vous rigolez. Il n’y a rien de plus simple que de contourner cette règle absurde. Pour un néophyte cela à l’air imposant, pour une structure un peu organisée, je ne parle même pas d’un gros hedge fund, c‘est un jeu d’enfant.

 

 

Marc Fiorentino précise qu’il ne compte pas modifier ses positions sur les titres des établissements qu’il évoque dans cet interview. Dernier livre paru : Sauvez votre argent ! éd. Robert Laffont, 164 pages, 13,5€  

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