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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 14:44

L'Assemblée nationale lors d'un vote le 15 septembre 2010 (Benoit Tessier/Reuters).

Depuis quelques jours, les boîtes e-mail des députés débordent de messages alarmistes. Des appels au bon sens, des menaces voilées, des flatteries subtiles, des conseils évidemment désintéressés : tout est bon pour les convaincre de ne pas adopter certains volets du plan de rigueur.

Le courrier du président du Conseil national du notariat est un modèle du genre. Il était adressé au rapporteur général de la commission des Finances, l'UMP Gilles Carrez, mais de simples députés en ont reçu une copie en PDF, envoyée par des notaires de leurs circonscriptions.

« Eviter au gouvernement de commettre cette grave erreur »

Ce qui les inquiète, c'est la taxation des plus-values immobilières. Oh, bien sûr, pas parce qu'elle pourrait réduire le nombre de transactions et nuire à leur chiffre d'affaires. C'est par civisme qu'ils alertent l'Assemblée nationale :

« Il va de soi que le notariat comprend la nécessité de recettes complémentaires pour faire face à une conjoncture très délicate. De même, il entend jouer pleinement son rôle d'instituteur de la loi pour expliquer les réformes aux concitoyens que sa fonction le conduit à rencontrer et à conseiller.

Mais c'est précisément cette fonction singulière qui me conduit vers vous. »

 

Le Syndicat national de la rénovation donne, lui, une leçon de diplomatie. Lui aussi, il s'oppose à la taxe sur les plus-values immobilières. Mais, preuve de sa bonne volonté, il fait une contre-proposition. Au passage, il flatte les députés, en les présentant comme le dernier recours pour que le bon sens l'emporte :

 

« Mal informés, les millions de Français concernés n'ont pas encore pris conscience de l'étendue de cette mesure.

Il est encore temps de l'éviter, en se limitant au coup de rabot de 10% infligé à toutes les autres niches fiscales.

Par contre, conscients de l'effort collectif qui doit être consenti, nous pensons qu'il serait raisonnable de réduire l'abattement après cinq ans de détention à 5% au lieu de 10% actuellement […].

Nous formons l'espoir que vous aurez à cœur d'éviter au gouvernement de commettre cette grave erreur. »

Des chiffres et des sondages pour impressionner

D'autres rappellent qu'ils doivent être pris au sérieux. Le président de la Mutualité française dans la région Rhône-Alpes rappelle aux députés locaux qu'il représente « 276 mutuelles protégeant environ deux millions de familles adhérentes dans la région ».

Ces élus auront du mal à échapper au message de la Mutualité française sur le projet de taxe sur les assurances santé :

« Vous allez d'autre part être sollicité directement par des mutuelles de votre département ainsi que par les structures fédératives avec qui vous entretenez déjà des relations étroites […]. »

Lorsque les arguments de bons sens et les sentiments ne suffisent pas, il reste l'arme ultime : le sondage. Ce mercredi matin, le Syndicat national des boissons rafraîchissantes a envoyé aux députés les résultats d'une étude sur la hausse de la TVA sur les sodas, commandée à Harris Interactive.

Selon ce sondage, 58% des Français ne sont pas ou pas du tout favorables à cette hausse. D'ailleurs, ils ne sont pas dupes : ils « prêtent au gouvernement des objectifs davantage budgétaires que sanitaires concernant l'augmentation du prix des boissons avec sucre ajouté ». Les députés oseront-ils passer outre l'avis du peuple, dûment certifié par sondage ?

Dessin de Baudry sur les niches fiscales.

Photo : l'Assemblée nationale lors d'un vote le 15 septembre 2010 (Benoit Tessier/Reuters).

 

 

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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 14:39

Dans divers coins du globe, des indignés espagnols, grecs, israéliens… et même, à une moindre échelle, bayonnais ou nîmois se lèvent ! Des émeutes ont éclaté dans les quartiers populaires britanniques. Et cela dans le sillage d'un « Printemps arabe » (la Tunisie, l'Égypte, la Libye…mais aussi le Maroc, la Syrie, le Yémen…) vivifiant, ayant enclenché des logiques révolutionnaires complexes et contradictoires mais toujours en mouvement. Un vent de contestation indissolublement sociale et démocratique commence à essaimer sur la planète.

Et si un blockbuster hollywoodien avait rencontré cette révolte mondialisante ? Le succès de « La planète des singes : les origines » de Rupert Wyatt (en France : 2 millions 817 000 entrées au bout de la quatrième semaine, celle du 31 août-6 septembre) ne ferait-il pas écho à ce climat de rebéllions accrues ?

 

 

 

Un singe marxiste nommé Caesar

Depuis le roman de science fiction de Pierre Boulle (1963) et la première adaptation cinématographique de Franklin J. Schaffner, avec Charlton Heston (1968), on en est au septième opus de « La planète des singes ». Adossé à une esthétique et à un récit plus sobres que le film de Tim Burton en 2001, la version de Rupert Wyatt en apparaît davantage percutante politiquement.

Économie de paroles, économie de dégoulinements sentimentalistes, économie d'afféteries narratives, dans un
usage retenu des images de synthèse : l'effet politique s'en trouve redoublé. Cette fiction cinématographique éclaire, ce faisant, certains mécanismes d'une action collective à portée révolutionnaire dans un groupe opprimé.

Des singes humanisés par des expériences dans le domaine de la recherche génétique, mais continuant à être traités comme des animaux emprisonnés dans des cages, se présentent alors comme la métaphore de tous ces humains traités comme des choses ou des animaux, bref des sous-humains, par les élites au service des mouvements erratiques du Capital mondialisé.

Le singe Caesar, développant une intelligence hors du commun à la suite d'expériences scientifiques à visées à la fois médicales et pécuniaires, devra rompre le charme profondément intériorisé de ses rapports avec la société humaine dominante, dont la dureté se révèlera fort éloignée des relations affectives à coloration paternaliste nouées avec ceux qui l'ont élevé (Will le chercheur, son père Charles, atteint de la maladie d'Alzheimer, et la compagne de Will, Caroline).

Il aura à choisir le camp de ses congénères contre les humains, sans pour autant oublier les liens sentimentaux qu'il a tissés avec ces trois humains.

Il devra s'attaquer d'abord et pratiquement aux combats et aux divisions des singes entre eux, pour ensuite stimuler la constitution progressive d'un sentiment partagé de la commune oppression, ouvrant sur la possibilité d'une émancipation.

Où le film rejoint les sciences sociales

Par des moyens proprement cinématographiques, le film rejoint les travaux en sciences sociales de ceux qui ont insisté -de l'historien britannique Edward P. Thompson aux sociologues français Pierre Bourdieu et Luc Boltanski- sur le caractère non naturel de la construction d'un groupe autour d'intérêts communs, nécessitant alors un travail social, entre avancées et reculs, convergences et fragmentations.

Bien que Caesar ne goûte guère la violence, l'insurrection des singes ne pourra éviter un affrontement avec des forces répressives explicitement alliées au capital, débouchant sur une libération (provisoirement ? ) victorieuse. Beau personnage mélancolique, parce que brutalement détaché des joies partagées dans l'enfance avec des humains mais aussi attristé des morts survenus parmi les singes et parmi les humains, Caesar incarne un révolutionnaire à la fois déchiré, déterminé et paradoxalement humain.

En 1765, l'Encyclopédie des Lumières du XVIIIe siècle ne caractérisait-elle pas la mélancolie de manière étonnante comme « le sentiment habituel de notre imperfection », nous engageant dans un métissage de nostalgies, de fragilités assumées et de potentialités subversives ?

De l'arthrite « léniniste » de la révolution simiesque

Il y a cependant un hic dans « La planète des singes : les origines ».

Hollywood, qui pourtant nous surprend encore une fois politiquement, apparaît dans le même temps lesté par des conservatismes, quelque chose comme une arthrite « bolchevique ». Et si la figure « léniniste » de la révolution avait trouvé refuge à Los Angeles dans les industries culturelles, à l'écart des aspirations les plus démocratiques et libertaires des « indignados » d'aujourd'hui ?

Dans la version de Rupert Wyatt, un chef semble devoir nécessairement donner la direction à l'insurrection des opprimés. Les logiques chaotiques et partielles d'auto-organisation à l'œuvre dans les processus révolutionnaires arabes comme parmi les « indignados » n'ont pas d'écho ici.

L'auto-émancipation des opprimés ne suppose-t-elle pas une rupture tant avec les tutelles des dominants qu'avec les nouvelles tutelles des chefs politiciens ou des avant-garde révolutionnaires parlant au nom des opprimés ? Depuis deux siècles que la perspective d'une société non-capitaliste émancipée, démocratique et pluraliste durable échoue, cette question libertaire a quelques raisons historiques pour elle et les révoltes en cours la relancent pratiquement.

Autre point aveugle de la vue cinémato-simiesque des rébellions contemporaines : les écueils de l'approche exclusivement militariste de l'élan émancipateur.

Des couilles (et des poils)

La politique à gauche, et encore plus la politique révolutionnaire, s'est énoncée principalement dans un vocabulaire viril, lié à l'hégémonie des visions socio-historiquement dominantes du masculin : autour du lexique du « combat » et des « rapports de force ». Bref s'insurger, c'est montrer qu'on a des couilles (et des poils ! ).

La politique émancipatrice n'est-ce pas aussi explorer, expérimenter, tâtonner, inventer, faire éclore des choses qui n'existent au mieux qu'à l'état lacunaire, en partant de nos faiblesses ? Bref ne s'agit-il pas de marier une politique de la baffe dans la gueule (des puissants) et une politique de la caresse (dans l'exploration
d'autres mondes possibles) ?

La présence renouvelée des femmes dans les mouvements sociaux en cours comme l'effet des fragilisations contemporaines des masculinités parmi les militants, en fissurant la chape de plomb machiste, pourraient
aider à poser ces questions contre les conservatismes simiesques. Rupert Wyatt, en accusant davantage les fragilités mélancoliques de son personnage Caesar, aurait pu aussi s'en saisir dans un langage cinématographique, de manière plus décalée par rapport aux stéréotypes genrés hollywoodiens.

Notons toutefois que, dans ses pleins (ce qu'il suggère politiquement) et dans ses creux (ses manques et ses impasses), « La planète des singes : les origines » ouvre un espace de questionnements actuels que ni les Aubry, Hollande, Royal, Montebourg, Joly, Mélenchon, Arthaud… n'ont vraiment, pour l'instant, approché !

Philipe Corcuff a récemment publié « B.a.-ba philosophique de la politique pour ceux qui ne sont ni énarques, ni politiciens, ni patrons, ni journalistes » (éditions Textuel, collection « Petite Encyclopédie Criitque », 2011).

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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 14:26

LEMONDE.FR | 08.09.11 | 11h51   •  Mis à jour le 08.09.11 | 14h19

 
 

 

François Fillon a annoncé fin août la création d'une taxe sur les boissons à sucres ajoutés, dans le cadre d'un programme d'austérité.

François Fillon a annoncé fin août la création d'une taxe sur les boissons à sucres ajoutés, dans le cadre d'un programme d'austérité.AFP/JEAN-PIERRE MULLER

Pour "protester symboliquement" contre la nouvelle taxe sur les boissons à sucres ajoutés annoncée le 24 août par le premier ministre, François Fillon, dans le cadre du plan d'austérité, le producteur américain de boissons sans alcool Coca-Cola a annoncé jeudi 8 septembre qu'un important investissement prévu en 2012 dans son usine des Bouches-du-Rhône était remis en question.

Cet investissement de 17 millions d'euros, portant sur la rénovation d'une ligne de production de canettes, devait être officialisé le 19 septembre, à l'occasion de la célébration des 40 ans de l'usine des Pennes-Mirabeau. "Celui-ci n'est pas annulé, mais il doit être réévalué dans le contexte d'incertitude créé par la taxe", annonce le groupe dans un communiqué. La taxe doit être discutée dans les semaines à venir dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Coca-Cola attend de voir comment se déroulera le vote au Parlement, a précisé à l'AFP une porte-parole.

 

"ÇA FAIT UN PEU PEUR"

En réaction, un syndicaliste CGT de Coca-Cola, joint par Le Monde.fr, se dit préoccupé : "Les salariés sont inquiets car ils sentent que ce n'est pas bon pour l'avenir du site. Ça fait un peu peur", souligne Christian Locastro, délégué syndical Coca-Cola pour la zone sud.

La décision de Coca-Cola avait été annoncée mercredi soir lors d'une réunion des délégués centraux de l'entreprise. La direction semblant attendre maintenant le vote de la mesure par le Parlement, le syndicaliste CGT s'interroge sur la suite: "L'investissement est-il juste suspendu pour faire pression ou sera-t-il remis en cause ?" L'annulation de la venue de John Brock, président de Coca-Cola Enterprises, pour les 40 ans du site, renforce cette incertitude.

CONTRE LA "STIGMATISATION DES BOISSONS SUCRÉES"

La direction de l'entreprise l'a justifié en déclarant:  "Nous entendons ainsi protester symboliquement contre une taxe qui sanctionne notre entreprise et stigmatise nos produits", explique Coca-Cola, qui "réaffirme son opposition vigoureuse à toute forme de stigmatisation des boissons sucrées et à leur assimilation à d'autres catégories de produits tels que le tabac".

Matignon a justifié l'instauration de cette taxe au nom d'une nécessaire lutte contre l'obésité, rappelant que le poids moyen des Français a augmenté de plus de 3 kilos entre 1997 et 2009. La taxe qui doit entrer en vigueur début 2012 devrait rapporter 120 millions d'euros à l'Etat. Elle devrait renchérir le prix de la canette d'un centime d'euro en moyenne, selon les industriels du secteur.

Implanté en France dans l'entre-deux-guerres, le groupe américain emploie 3 000 salariés répartis sur cinq sites de production en France. Le site des Bouches-du-Rhône, le deuxième en terme de production, compte 203 employés et trois lignes de production. Il a fait l'objet de 45 millions d'euros d'investissements depuis cinq ans, selon le communiqué.

Sylvia Zappi avec AFP et Reuters

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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 14:25

LEMONDE.FR avec AFP | 08.09.11 | 12h34   •  Mis à jour le 08.09.11 | 13h16

 
 

 

Une parcelle de maïs transgénique cultivé en plein champ près de Vic-Fezensac, à quelques kilomètres d'Auch, dans le Gers, en 2004.

Une parcelle de maïs transgénique cultivé en plein champ près de Vic-Fezensac, à quelques kilomètres d'Auch, dans le Gers, en 2004.AFP/ERIC CABANIS

La Cour européenne de justice (CEJ) a demandé, jeudi 8 septembre, à la France de revoir sa copie sur la suspension de culture du maïs génétiquement modifié de Monsanto. L'institution estime que cette décision, remontant à 2008, n'avait pas été prise de façon satisfaisante sur le plan juridique.

La CEJ note que Paris était en droit d'adopter "des mesures d'urgence" pour suspendre la mise en culture de cet OGM controversé mais souligne que cette procédure est soumise à des règles précises et contraignantes. Le Conseil d'Etat français devra se prononcer sur la légalité ou non de la décision des autorités françaises de suspendre la mise en culture de l'OGM MON 810 à la lumière de l'arrêt de la Cour européenne de justice (CEJ).

La France a suspendu, en février 2008, la mise en culture de l'OGM MON 810 sur le territoire national en recourant à une clause de sauvegarde prévue par la législation européenne et en invoquant des "risques sérieux pour l'environnement".

Or, note la CEJ, "un Etat membre [de l'UE] ne peut recourir à la clause de sauvegarde pour adopter des mesures suspendant puis interdisant provisoirement l'utilisation ou la mise sur le marché d'un OGM tel que le maïs MON 810". En revanche, ajoute l'arrêt, des "mesures d'urgence" peuvent être adoptées.

Cependant, détaille le tribunal, lorsqu'un Etat entend adopter de telles mesures d'urgence, il doit respecter plusieurs conditions et notamment informer "officiellement la Commission [européenne] de la nécessité de [les] prendre". Si la Commission ne prend pas de mesures, l'Etat doit alors l'informer "immédiatement" de la teneur des mesures conservatoires qu'il a adoptées. Cette information doit intervenir "au plus tard de manière concomitante à l'adoption des mesures d'urgence", précise la Cour.

Outre l'urgence, les Etats sont dans l'obligation d'établir l'existence d'une situation susceptible de présenter un risque important "mettant en péril de façon manifeste la santé humaine, la santé animale ou l'environnement", souligne également la Cour. L'évaluation des risques doit être "aussi complète que possible", insiste le tribunal.

La CEJ répondait à une demande du Conseil d'Etat en France, saisi de plusieurs recours introduits par le géant américain Monsanto, l'Association générale des producteurs de maïs et par plusieurs producteurs de semences.

Seuls deux OGM sont cultivés dans l'UE : le maïs MON 810 en Espagne, au Portugal, en République tchèque et en Slovaquie, et la pomme de terre OGM Amflora, développée par le groupe allemand BASF, en Allemagne et en Suède. Quinze autres plantes OGM, pour la plupart des maïs génétiquement modifiés, ont demandé une autorisation de culture. Le processus d'autorisation pour les cultures est l'objet d'un vif débat en Europe, actuellement dans l'impasse. La Commission suggère de laisser aux Etats la décision d'autoriser ou non la culture sur leur territoire. En échange, l'exécutif européen attend leur accord pour les homologations réclamées par les géants de l'agroalimentaire, dans les pays qui le souhaitent.

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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 14:22

LEMONDE pour Le Monde.fr | 08.09.11 | 15h21

 
 

 

Une mine d'uranium exploitée par la société française Areva, au Niger.

Une mine d'uranium exploitée par la société française Areva, au Niger.AFP

Leurs dégâts font rarement la une des journaux. Pourtant, à en croire nombre d'ONG, les grands groupes miniers provoquent d'importants dommages sur les territoires où ils opèrent. "L'essentiel de l'activité se déroule dans des pays peu développés où la mobilisation est moins importante que dans les économies développées, explique la directrice générale de Novethic, Anne-Catherine Husson-Traore. Les enjeux environnementaux et sociaux sont pourtant colossaux et les profits du secteur mirobolants".

Pourtant, les grands groupes miniers détaillent assez peu à leurs actionnaires les risques liés à leur activité, selon les conclusions de l'étude réalisée par le centre de recherche Novethic et le cabinet de conseil Be_linked publiée ce jeudi 8 septembre.

 COMMUNICATION PARTIELLE OU OPAQUE

Sur les 23 entreprises sélectionnées par l'enquête, représentant un chiffre d'affaires total de 389 milliards d'euros en 2010, douze ont une communication partielle et cinq sont considérées comme opaques, dont le géant suisse Glencore. Coté français, les trois entreprises du panel – Areva, Eramet et Imerys – se situent dans une moyenne "insatisfaisante", selon l'étude.

Le secteur est souvent accusé, pêle-mêle, de polluer les eaux et les sols, de contribuer à la déforestation, de dégrader la biodiversité, de traiter insuffisamment des résidus de minerais parfois radioactifs… Le tout dans des pays à faible gouvernance, où les pouvoirs publics ne défendent pas suffisamment leur population face à l'expropriation des terres, la dureté des conditions de travail et la captation des richesses induits par les activités de ces grandes multinationales. Difficile pour les groupes miniers, dans ces conditions, de communiquer de la façon la plus transparente…

Mais "le risque de réputation est également important pour les institutions investissant dans ce secteur minier", explique, dans l'étude, Typhaine de Borne, analyste chez l'agence de notation extra-financière EIRIS. Et l'activisme de certaines grandes ONG (Amnesty International, Greenpeace, les Amis de la Terre...) pour toucher les investisseurs peut s'avérer concluant, témoignent les auteurs de l'étude. Ainsi, en juillet 2010, les actionnaires de la société britannique Vedanta (5,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2010) se sont opposés à l'extraction de bauxite dans la région d'Orissa en Inde suite à un rapport d'Amnesty dénonçant les risques environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) du projet.

Résultat, l'entreprise a vu son cours de Bourse chuter de 30 % les jours suivants. Le fonds souverain du gouvernement norvégien, chargé de gérer la rente pétrolière, a, lui, exclu de ses participations le géant minier australo-britannique Rio Tinto, accusé d'avoir participé à un conflit ayant fait près de 15 000 morts lors de la guerre civile entre 1990 et 1997 en Papouasie-Nouvelle-Guinée afin de prolonger son exploitation de cuivre à ciel ouvert.

Les risques financiers générés par des procès peuvent pourtant entrainer des dommages et intérêts s'élevant en millions voire en milliards d'euros. Pour preuve, dans le secteur énergétique, "la condamnation de Texaco-Chevron par une cour équatorienne à plus de 8 milliards de dollars de dommages et intérêts (portés à 18 milliards si Chevron ne publie pas d'excuses publiques) suite à un procès qui a duré 18 ans", expose dans l'étude Me William Bourdon, président de l'association Sherpa.

EVASION FISCALE

Des efforts sont consentis mais difficile d'en cerner la véritable teneur. Ainsi l'accord du groupe Areva (9 milliards de chiffre d'affaires dans l'industrie minière en 2010) avec les associations Sherpa et Médecins du Monde pour la création d'un observatoire de la santé sur ses sites miniers au Niger et au Gabon reste de la poudre aux yeux pour un grand nombre d'ONG. La société Eramet , elle, s'est engagée à "garantir les meilleurs standards internationaux sur les dimensions environnementales et sociales" sur son projet de mine de nickel en Indonésie, selon Catherine Tissot-Colle, directrice de la communication et du développement durable de l'entreprise. Ce qui lui a valu en 2010 le prix "Pinocchio" des Amis de la Terre censé récompenser "une stratégie de communication mensongère".

Pour autant les entreprises sont peu inquiétées en Bourse, à l'instar du géant des matières premières Glencore (102 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2010) qui a réussi à lever plus de 7 milliards d'euros lors de son introduction sur les marchés d'actions en mai dernier malgré sa grande opacité. Condamné par de nombreuses ONG pour non respect des normes sociales, fiscales et environnementales, il fait l'objet d'une enquête de la Banque européenne d'investissement (BEI).

L'entreprise opérant en Zambie aurait évité de payer plus de 550 millions de dollars à l'Etat hôte entre 2005 et 2008 en manipulant les prix de transferts. Et ce cas est loin d'être isolé. " L'évasion fiscale de ces multinationales serait de l'ordre de 400 à 440 milliards ", précise Me Bourdon qui s'insurge contre les stratégies de communication bien huilées tentant de les faire passer pour "les nouveaux bienfaiteurs de l'humanité".

Les investisseurs responsables sont donc appelés à jouer un rôle plus important auprès des entreprises minières cotées pour obtenir plus de transparence sur l'impact de leurs activités dans les territoires où elles opèrent, conclue l'étude.

Ronan Kerneur

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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 14:11

spaanserevolutie

Counterespionage

In March on Brussels on 7 September 2011 at 21:45

Ste. Catharine de Fierbois, September 7

Day 44 of the March on Brussels. From Les Ormes, 23 km

View from my tent, the mairie of Les Ormes

Dear people,

A recurring theme, both in the march and in the acampadas, is the question of the infiltrados. I’ve heard and seen things with respect to this, but I prefer not to give it too much importance. It might get out of hand.

As I noticed, rumours can easily influence behaviour, and few things are more susceptible to rumour than the suspicion that there are people secretly dedicated to sabotage.

Of course, the first thing a good infiltrado will do, is stimulate these suspicions. He will warn people, whispering about the risks of talking to certain comrades. He will create mistrust and paranoia.

Some people can take this very seriously. They start to look at things and to listen to others in a different way. They can easily freak out.

The 15M movement is public, so it’s not difficult to gather information about what is going on. In fact, I’m convinced that somewhere deep down in Franco’s bunker under Puerta del Sol  there are people of the Spanish intelligence which are much better informed about the movement than any one of us.

When I was in the Communication commission of the acampada in Sol, I noticed that notebooks containing contact details of volunteers, translators and press contacts regularly disappeared. The same happened to parts of the archive that was guarded by Documentation.

Another job of an infiltrator is to sabotage the decision making process by blocking certain key propositions. This happens often, especially in the more sensible commissions of Economy and Politics. It leads to paralysis and discouragement.

Unlike many of the more susceptible members I don’t think that our movement is bursting with infiltrados on all sides, for the simple fact of numbers. To infiltrate all the assemblies and working groups that popped up all over Spain, it’s unlikely that police or intelligence can dispose of enough people which could credibly take part in the movement.

Still, it’s typical to see that whenever the personal frictions within a group are on the rise, or things start to go wrong, people are talking about the infiltrados again, and about the necessity to ‘defend’ ourselves.

Public marketing

Next to the ‘official’ commissions that have been formed in Sol and elsewhere, there are also known to exist some unofficial ones. One of these is the Counterespionage commission.

There is a famous anecdote going around about this commission. They say that in line with the principles of openess that characterise our movement the meetings used to be anounced publically, by megaphone. “Today Counterespionage at three o’ clock in Plaza del Carmen.” They also say that the acts of the meeting were meticulously uploaded onto the internet.

It turned out this wasn’t very effective, and soon the commission disappeared out of the public eye. In its place, secret commissions have been formed on various occasions. These are so secret that they ignore each other’s existence. Of course, it’s also possible that they don’t exist at all, and that the stories about Counterespionage are based on rumours that have been spread by the infiltrados themselves.

These stories grow like weed. You can spend an entire marching day listening to them. They are completely open source and copyleft. You can take them, modify them and redistribute them at will.

Today a handful of comrades accompany me as I take the alternative roads along the river Vienne. It’s a bit longer as usual, but I prefer to follow the water. These are the ancient veins of commerce, transport and communications, the lifeline of society. It’s along these waters that villages and cities were founded and nations expanded their borders.

We end up in another marvellous phantom village. The restaurants and the bars have closed their doors for lack of customers. Only a small pizza van parks every evening at the church square to feed the stuborn inhabitants who still resist.

In this river valley the farmers are mainly cultivating corn. A bit higher from the fields there are forests populated by wild boars. Coincidentally, this evening, a fire has been lighted and pieces of meat have been roasting for some time now. I wonder if comrade Legionario undertook a little hunting trip today…

Comrade Abdullah and comrade Cubano playing chess

Jeanne d'Arc

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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 14:18

spaanserevolutie

Frontierland

In March on Brussels on 6 September 2011 at 21:03

Les Ormes, September 6

Day 43 of the March on Brussels. From Naintré, 28 km.

View from my tent

Dear people,

Entering the village of Les Ormes is almost a Wild West experience. A ghost town, abbandoned overnight when the gold rush ended. On a given moment, the hero arrives. He is a poor lonesome cowboy.

The saloon of Les Ormes

Unlike the frontier villages, which were built just as quickly as they were left, the villages in the French countryside have had a story of centuries, followed by long decades of the decline.

What’s left is the same old west image we all know from the movies, only in stone instead of wood. Our travelling caravan takes control of the place without any resistance, and the pirate flag is raised on the village square.

Our logistic problems have been temporarily solved today. Two generous people from the village offered to help is transport the kitchen and the bags to Les Ormes with their stationwagons.

In the meantime, having breakfast while looking at the map I decide to take a little tourist trip on the other bank of the river, to the site of the old Gallo-Roman city of Poitiers.

There is hardly anything left other than what appears to be a city gate. The rest is rubble and a buried Roman theatre on the slope of a hill. I arrive there with comrade Panna, the cowboy from Asturias. We notice that the site is fenced. A sign says that you have to pay various euros to enter. There’s no-one there, and thankfully the autorities have left the gate unlocked, so we enter.

Roman theatre

On top of the hill we sit. I’m content. I feel at home between the ruins of ancient empires. It gives me the feeling of ‘ashes to ashes and dust to dust’. I imagine the people of this town watching a comedy on a summer night. They were part of an empire whose culture spanned almost the entire known world. They would never have imagined that an empire so mighty could fall one day, and turn into this. Rubble on a hill.

Even when the Roman empire was in full decline, people didn’t realise it. Only with the hindsight of history can we see clearly the lifecycle of a civilization.

 

Also today’s mighty global empire based on the transformation of natural resources into trash through consumption, will fall. It would fall by itself even if no-one would rebel against it. And it wouldn’t take nature much more than a century to make our houses, our palaces and our skyscrapers crumble. At first sight, nothing would be left but a virgin planet.

Looking down at these feeble remains of a Roman provincial city, all I really notice is the fence around it and the sign with the price in euros. The thought that crosses my mind is that our civilization is ridiculous, and nothing else.

While I was walking with comrade Panna along the river Vienne, some of our comrades where engaged in an action. I didn’t assist because I’m fed up with our Communications commission. If we plan actions, I want all of us to be involved and informed. I want to know exactly what we’re going to do, with whom, and why. If not, I walk.

Volkswagen Beetle

Duck in Châtellerault

The action, as I heard, was one of solidarity with French workers on strike. They were protesting against flexibilisation and the speculation on labour by interim agencies. Our platoon of indignados was hailed by the striking work force, and cheerfully they paraded through the factory. Most of the people I spoke were very positive about it. We’ve begun to fraternise with the working class, and that’s good. Our movement needs to mobilise a lot of people here in France, to make an impact. Not only workers, also students and professors, immigrants, people from the suburbs, middle classes and self employed professionals.

If all those people become aware of the potential for human self determination, there will be no boundaries to all the great things we could do.

Field kitchen

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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 13:49
Guillaume Champeau - publié le Jeudi 25 Août 2011 à 09h54 - posté dans Société 2.0

 

 

Avec le printemps arabe et les émeutes de Londres, certains élus s'inquiètent de plus en plus du rôle que peuvent jouer les réseaux sociaux pour amener les jeunes à se soulever dans la rue. Parmi eux, le député Bourg-Broc propose au gouvernement que l'Hadopi, dont le rôle est pourtant circonscrit à la lutte anti-piratage, remplisse une nouvelle mission de surveillance des réseaux sociaux.

Le député Bruno Bourg-Broc (UMP) redoute l'utilisation des réseaux sociaux par les jeunes français, et cherche à savoir qui pourrait faire la police. Constatant que les réseaux sociaux sont "détournés en outils de propagandes pour certains groupuscules" qui créent des pages qui peuvent "être lues par des jeunes facilement manipulables", et que "la police reçoit de plus en plus de plaintes en rapports avec ces réseaux sociaux", l'élu de la Marne avance une solution.

Interrogeant le gouvernement, le député "souhaiterait connaître sa position sur ces évolutions mais également les actions envisagées pour lutter contre ces dérives avant qu'elles se généralisent, et savoir si ce rôle de surveillance et de prévention peut être attribué à l'agence Hadopi".

"On constate le peu de prévention faite quant aux dangers de ces réseaux sociaux, qui détruisent la vie de certaines personnes, qui peuvent inciter à la violence, et à certains « conflits » qui se finissent parfois dans la rue", indique le député dans une question écrite repérée par PC Inpact.

Le même député Bruno Bourg-Broc s'est déjà intéressé plusieurs fois aux prérogatives de l'Hadopi, en s'inquiétant par exemple du fait que son action se limite au seul P2P, sans viser le streaming ou le téléchargement direct, ou du fait que les mails de l'Hadopi puissent ne pas être lus.

Mais c'est la première fois qu'un élu demande ainsi que les fonctions de l'Hadopi soit étendues au delà de sa mission de prévention du piratage et de promotion de l'offre légale, vers une mission plus générale de surveillance du web.

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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 13:45
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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 13:22

Actualutte-Published on septembre 06, 2011 with

 

Alors que le chômage a encore augmenté en juillet, totalisant 36 100 nouveaux demandeurs d’emploi, il faut ajouter 47 900 chômeurs qui ont été rayés des listes de Pôle emploi. Des radiations administratives, résultat de la dématérialisation du service public. 

Les radiations administratives ont augmenté de 25% au mois de juillet. Selon le syndicat SNU, ces radiations inhabituelles à cette période de l’année, seraient fortement liées à la dématérialisation des courriers de Pôle emploi. Proposée par la direction au management en juin 2011, cette dématérialisation a été présentée comme une simple modernisation du service. Plus problématique, parmi les courriers concernés, se trouvent les convocations et les avertissements avant radiation. Ces derniers demandent aux personnes inscrites à Pôle emploi absentes à un entretien de se présenter dans les quinze jours pour justifier de cette absence.

Une modernisation qui ne fait qu’accroitre le distance entre le personnel du service public et ses usagers et qui participe un peu plus à ladéshumanisation de Pôle emploi. Un service public inadapté pour répondre aux demandes des 4 128 000 de chômeurs français. Avec la dématérialisation des courriers c’est les inégalités sociales qui se creusent un peu plus, stigmatisant les personnes qui n’ont plus les ressources suffisantes pour avoir et maintenir en état de marche un ordinateur et leur connexion électronique.

Un mois de juillet noir, qui atteint les 84 000 chômeurs, si l’on additionne les radiations aux nouveaux demandeurs d’emploi.

 

Justine Cohendet

 

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