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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 15:08
Lampedusa
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Mettez une île perdue au milieu de la Méditerranée, la première passerelle vers l'Europe et le cap à l'intérieur pour des milliers de migrants qui arrivent de la rive sud. Faites édifier sur cette bande de terre un camp de concentration et remplissez-le, un arrivage après l'autre, de gens désespérés. L'île, autrefois habitée seulement par les pêcheurs et utilisé pour héberger les touristes, semble désormais une nouvelle forteresse Bastiani. Au début, les premiers commerçants et les commerçants sont heureux.  La surveillance permanente de la Force de police garantit un revenu mensuel conséquent, mais au fil du temps le mécontentement va croissant. Les équilibres se rompent. Dans les filets on recueille les corps des naufragés, la mer ressemble à un cimetière liquide, laissant en surface les traces de vies noyées. Les gens sont fatigués de voir "toute la misère du monde" débarquer sur leurs plages. La douleur, les tragédies, les visages désespérés. Sur l'île il n’y a plus de bonheur, mais le rugissement d'une guerre permanente: la guerre des fourmis affamées cherchant espoir. Qui a pensé tout ça a fabriqué une bombe sociale. Distillé en laboratoire dans les alambics de la haine est apparue la chasse la chasse à l’immigré qui s’est déchaînée à Lampedusa.
Professeur Dal Lago  nous en sommes à la guerre entre pauvres? Ils avaient besoin de ces images auxquelles les médias apportentent un puissant multiplicateur symbolique?
Avec la catastrophe économique qui se rapproche existe le risque que de telles situations de ce type se présentent en série. Quand l'horizon s'assombrit vous blâmer le premier qui passe à portée de main, le voisin le plus proche qui vous dérange ou vous pensez que c’est là la raison du dommage pour vous. Dans ces conditions, c’était inévitable, d'ailleurs, n'est pas la première fois dans les CPA et les Cie des incidents de ce genre aient éclaté. C’est la preuve confirmée du fait qu’on ne peut pas contrôler les flux migratoires par des expulsions pures et simples, qui fonctionnent encore moins lorsqu'il n'y a pas d'argent pour payer les avions.
La violence contre les migrants à Lampedusa est très préoccupante…
Il est inévitable qu'il y ait des conflits de promiscuité dans une situation si explosive, bloquée. Voici seulement une semaine, La Russa est allé clamer sur tous les toits que tout fonctionnait. Maintenant les résultats sont évidents. Nous sommes devant le résultat de lois idiotes qui laissent les gens enfermés à pourrir jusqu’à 18 mois. Vous ne pouvez pas accumuler des êtres humains dans ces conditions et s’étonner ensuite qu’ils se rebellent. Ces dynamiques doivent être éteints à la source, et non pas une fois qu'elles ont éclaté. Aujourd'hui, certains, comme la Ligue, se vautrent en elle. Nous avons non seulement un gouvernement de droite, mais en plus un gouvernement incapable de répondre de façon satisfaisante au point de vue de la Droite, même. Pour la classe politique, la condition des migrants est considérée comme un problème marginal, secondaire. Elle ne s’en soucie pas du tout. En un souterrain et profond mépris à l’endroit des problèmes que rencontrent ces populations. En ce sens on peut dire qu'ils sont pires que leurs prédécesseurs. Le gouvernement s'effondre, Berlusconi est enfermé dans son palais assiégé. Dans le reste du monde il est considéré comme le Kadhafi d’ Europe: un bouffon. Le problème est que ce ne sont pas seulement les gens de Droite qui se sont avérés des inacapables.
S’est enclenchée là une dynamique dangereuse ?
Bien sûr. Il faut être très attentifs parce qu’is sont non seulement incapables de contrôler n'importe quel mécanisme, mais ils sont aussi dépourvus de toute stratégie. Nous sommes face à un gouvernement qui n'a pas de culture politique suffisante pour mettre en actes  un discours qui ait un sens sur les flux migratoires.
  
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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 13:23

 

 

 

 

le 20 sept. 2011

LES FAITS
Ce soir la marche des indignés se dirigeant vers Bruxelles, passait son troisième jour à Paris et empruntait le boulevard Saint-Germain, quand vers 21 heures sont arrivés plusieurs fourgons de la police nationale.
Rappelons puisque ceci n'est plus une évidence que la police est sensée servir le peuple et le protéger.
Or, sans aucun avertissement préalable et sans aucune raison, ils ont gazé avec des lacrymogènes les marcheurs qui évoluaient sur le trottoir et les ont dirigé vers le boulevard Saint-Germain, dans lequel ils les ont encerclé.
Sous le prétexte d'un contrôle d'identité, ils les ont gazé une seconde fois et ont utilisé la violence (coups de poings, de pieds et insultes) sur les citoyens des différents pays présents (Français, Espagnols, Grecs, Allemands, Anglais...).

Pour toute réponse sur la raison de cette interpellation violente de citoyens pacifiques dans leurs droits : "ce sont les ordres que nous avons reçu". Rappelons qu'un policier a le devoir de ne pas exécuter un ordre allant contre les lois françaises et européennes et de surcroît de dénoncer la personne donnant cet ordre et les agents qui l'exécute. Les citoyens utilisaient ici leur droit à la liberté d'expression et d'opinion et ne troublaient en aucun cas l'ordre public, puisqu'ils empruntaient les espaces réservés aux piétons.
Une personne a été gravement blessée, inconsciente lors de son départ avec les pompiers et deux autres personnes plus légèrement (l'une d'entre elle a eu une épaule déboitée), ils sont actuellement hospitalisés.

Plusieurs personnes se sont opposées à l'interpellation en se plaçant devant les bus de CRS amenant les 80 indignés au commissariat de police pour le contrôle de leur identité. Ils ont également été violentés, mais cette fois-ci, de manière plus particulière. Maitrisés par la force, certains d'entre eux ont été éloignés de la vue des gens, derrière les fourgons de police, ils ont été insultés et ont reçu des gifles et des coups de pied de la part des CRS, les policiers ont rempli leurs gants de gaz lacrymogène et les leur ont passé sur le visage, leur mettant au passage des doigts dans les yeux, pour enfin les embarquer dans un fourgon, qu'ils avaient au préalable également rempli de gaz lacrymogène.

Finalement les trois quart des personnes ont été relâchées rapidement, puisque aucun chef d'inculpation concret n'existait, les derniers interpellés ont été relaché entre 1h et 2h du matin.
Cette interpellation est symbolique de la dictature dans laquelle nous vivons et est très grave. C'est la manière que le gouvernement français utilise pour accueillir ses confrères européens et pour répondre à leur aspiration d'une démocratie participative et horizontale.

Chaque jour nous vivons l'oppression et la répression de cette société oligarchique. C'est une urgence de se soulever pour reprendre nos droits. C'est même un devoir. Nous voulons reconstruire ce monde que nos dirigeant détruisent jour après jour. Mais nous ne pourrons le faire qu'avec vous et votre parole. Un peuple uni va de l'avant.

La résistance est en marche, rejoignez-nous.

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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 13:14

Le Buvard Bavard - 21 septembre 2011

Les Indignés marchent sur Paris




La reconquête de l'espace public face à la tolérance zéro


Arrivée des marches à Paris les 17,18,19 et 20 septembre

Il nous tardait de pouvoir plaquer ces mots sur vos murs. Un buvard imbibé des couleurs feu de notre escapade parisienne. Car l’expérience humaine que nous avons vécue ensemble, avec bien d’autres qui avaient aussi fait le voyage vers Paris, est tout sauf anodine. Nul besoin de nous torturer pour que l'on vous livre ce morceau de vie. En vous confiant que nous y avons vu une lumière que les yeux ne peuvent voir.
Partis samedis de la Place Flagey à Bruxelles sur le coup de 6h du mat’, nous étions équipés du matériel nécessaire et résolument décidés à couvrir l’arrivée à Paris des marches espagnoles et française. Une étape importante avant l'objectif final : Bruxelles, du 8 au 15 octobre. Cette première journée parisienne du 17 septembre coïncidait avec l’Anti-Banks Day. Nous apprendrons d'ailleurs quelques heures plus tard la mobilisation simultanée de plusieurs dizaines de milliers de personnes de l’autre côté de l’Atlantique, au cœur même de Wall Street. Quasi au même moment chez nous, plus de 2000 personnes se réunissaient à Thiange pour dénoncer la politique belge en matière de nucléaire ainsi que l’omerta qui règne sur la catastrophe humaine de Fukushima...
Mise en jambes
Mais peu avant tout cela, nous voici donc enfin parvenus au point de rencontre annoncé par les protagonistes parisiens du Mouvement, la Cité Universitaire, dans le 14ème arrondissement. Durant plus de 4 heures, nous avons pu discuter, faire connaissance et préparer ensemble banderoles et pancartes, certains n'hésitant pas à se faire maquiller comme des guerriers avant la bataille. Pendant ce temps, un buffet de fortune était dressé sur une des allées de la Cité U, posé sur des cartons eux même posés sur des poubelles publiques. Il est à noter qu’après le départ des Indignés, l’endroit était aussi propre qu’à leur arrivée.

Les Indignés marchent sur Paris (photos © Quentin Bruno)
Les Indignés marchent sur Paris (photos © Quentin Bruno)
Les Indignés marchent sur Paris (photos © Quentin Bruno)
Les Indignés marchent sur Paris (photos © Quentin Bruno)
Les participants n’étaient autres que des femmes, des hommes et des enfants, citoyens venus d’Espagne, de Grèce, de Belgique et d’ailleurs. Ils n’étaient autres que l’aveugle qui marchait vers la Bastille parmi les voyants ; ils n’étaient autres que des inconnus unis, en marge d’un monde déshumanisé et désuni. De la Cité Universitaire à la Bastille, à la reconquête de l’espace public, nous avons pu resentir dans les jambes et les tripes ce qui faisait l’essence de cette longue Marche. La journée était belle, ensoleillée, jalonnée de rencontres et de bonne humeur. De place en place, d'une banque à l'autre, les marcheurs ont su marquer leur passage intelligemment. Un véritable happening. Les uns rebaptisaient les rues - "rue du Capitalisme", puis "rue de la Vraie Liberté", ou encore "place de la Dignité" - les autres recouvraient les vitrines des banques de messages à la craie, barraient les distributeurs de billets par des bandes adhésives, tandis qu'autours d'eux les autres marcheurs pointaient un doigt accusateur en scandant : "coupables, coupables !". Devant eux, des groupes de gendarmes se postaient systématiquement devant chaque banque sur le parcours, démontrant symboliquement à quel point leur rôle de gardiens de la paix s’était étrangement transformé en celui de défenseurs des banques. Un des moments les plus surréalistes de la journée fut marqué par une course-poursuite absolument étonnante. Dans un moment d'hilarité générale, les Indignés se sont mis à courir derrière les CRS qui tentaient d’atteindre la banque suivante avant l'arrivée du cortège. Exquis, pour un peu on en redemanderait. Ces heures de marche à travers Paris étaient rythmées à la guitare, au sax ou au chant par de joyeux musiciens saltimbanques, certains affublés d’un nez rouge. Une marche pour les 7 à 77 ans, tous indignés, tous anonymes.
Les Indignés marchent sur Paris (photos © Quentin Bruno)
Les Indignés marchent sur Paris (photos © Quentin Bruno)
Les Indignés marchent sur Paris (photos © Quentin Bruno)
Les Indignés marchent sur Paris (photos © Quentin Bruno)
Les Indignés marchent sur Paris (photos © Quentin Bruno)
Les Indignés marchent sur Paris (photos © Quentin Bruno)
Les Indignés marchent sur Paris (photos © Quentin Bruno)
Les Indignés marchent sur Paris (photos © Quentin Bruno)
Les Indignés marchent sur Paris (photos © Quentin Bruno)
Les Indignés marchent sur Paris (photos © Quentin Bruno)
Les Indignés marchent sur Paris (photos © Quentin Bruno)
Paris gagné
Autour d’une centaine de marcheurs principalement venus d’Espagne mais aussi de Toulouse, l’affluence internationale de ce 17 septembre a démontré qu’il était possible de mobiliser un nombre important de citoyens sans pour autant déployer les calicots traditionnels des organisations syndicales et partisanes. Non pas que leurs adhérents ne soient pas les bienvenus, que du contraire ! Mais l’heure n’est décidément pas à la défense des intérêts d’un groupe particulier, il s'agit aujourd'hui d’appeler ensemble à une convergence générale de tous les acteurs de la société civile.

Tout va bien se passer...

Après cette traversée de la Ville Lumière, de la Banque de France aux Halles en passant par Notre-Dame, nous voici arrivés place de Bastille, peu après 20h, sous une pluie battante. Et là il y eut comme un froid. Le comité d’accueil était particulièrement impressionnant. Un dispositif répressif composé d'au moins 300 CRS et gendarmes, spectaculairement alignés devant les fourgons tels des soldats prêts à intervenir au moindre clignement de paupière de leur supérieur hiérarchique. Emmurés dans leur harnachement façon Robocop, ils nous apparaissaient soudainement comme de sinistres exécutants décérébrés à la solde du Ministère de l’Intérieur. De dialogue il ne pouvait être question. "Tout va bien se passer" qu'ils disaient... Il ne nous a pas fallu longtemps pour comprendre que le but de la manoeuvre consistait tout simplement à nous encercler sur une recoin de la place. Ainsi rassemblés sur les pavés ruissellants de la place, certains des Indignés se sont assis en un groupe compact, accrochés les uns aux autres, les coudes serrés, conscient que leurs sorts individuels étaient liés au sort du groupe. L'un de nous deux était alors lui-même au beau milieu de ce petit groupe d'irréductibles et peut témoigner de l’émotion et de la force qu’une telle union a généré en lui. Nous avons vu des femmes et des hommes pleurer. Certains chantaient alors que d’autres se faisaient traîner par terre, dans les flaques, comme de vulgaires sacs de sable.

Les Indignés marchent sur Paris (photos © Quentin Bruno)
Les Indignés marchent sur Paris (photos © Quentin Bruno)
Les Indignés marchent sur Paris (photos © Quentin Bruno)
Ces confrontations, sous la drache de surcroît, ont empêché une grande Assemblée Générale sur la place. Elle a néanmoins pu se tenir le lendemain après-midi, au même endroit, sous la surveillance étroite de nombreux gendarmes postés comme des épouvantails sur les marches de l’Opéra Bastille.
Contrastes
Certains médias traditionnels ont relayé ces évènements, le plus souvent en les minimisant. Ce positionnement nous semble révélateur de l’intérêt disons sélectif de ces bourreaux de la médiation. En revanche, du côté des réseaux de renseignement citoyens, des millions de tweets et des centaines de retransmissions en streaming depuis les différents théatres d’opération ont permis aux internautes du monde entier de suivre les faits en direct.
Vous avez dit non-violence ?
Lundi 19 septembre vers 20h, plus de 200 marcheurs qui parcouraient ensemble les rues de Paris (sans bloquer la circulation, se limitant à marcher sur les trottoirs) se sont fait littéralement agresser par la police, sans avertissement, à coup de flashballs et de gaz lacrymogènes, pris en étau sur le boulevard Saint-Germain, alors qu’ils se dirigeaient vers l’endroit où ils comptaient camper et tenir une Assemblée Populaire. Une personne est tombée inconsciente et des blessés sont à déplorer, ils ont été emmenés en ambulance par les pompiers. Habilement mis à l'écart, isolés des regards extérieurs par les fourgons de police, une centaine de marcheurs ont ainsi été molestés, arrêtés puis entassés dans un bus, drivés à toute allure vers un poste de police où ils ont été parqués plusieurs heures comme des animaux, faisant l'objet d'une vérification d'identité, pour ne pas parler d'un fichage en bonne et due forme. Malgré la violence policière, il est à noter que l'attitude non-violente des Indignés n’a jamais été prise en défaut. Ils ont ensuite été relaxés au compte-gouttes jusqu'aux petites heures du matin, seuls ou par petits groupes, sans doute pour éviter qu’ils ne se rassemblent à nouveau. C’est cependant mal les connaître, car il y a de grandes chances que ces porteurs de dignité soient encore plus nombreux la prochaine fois !
Ils ont le coeur sur la main
Nous sommes encore marqués par les images de ces coeurs dessinés au marqueur rouge sur les paumes de nos mains, ouvertes vers le ciel. Et par ces messages adressés sur le bitume de Paris aux forces de l’ordre gouvernemental : "Ceci est notre seule arme!" ou encore "Libérez nos camarades!". La disproportion des effectifs policiers déployés et leur contreproductive inutilité expriment mieux que des mots l'attitude crispée des autorités face à la tentative des marcheurs de se réapproprier l’espace public. Cette attitude porte pourtant un nom: la tolérance ZERO.
Autorisation de respirer
Mardi 20 septembre, 22h - toujours à Paris. Dernières infos. Les marcheurs ont décidé de poser leurs tentes à Bercy. Une quinzaine de tentes ont été installées à l'heure qu'il est. D'après des sources fiables sur place, un représentant de la police est passé les voir lors de l'assemblée qui se tenait là, pour leur signifier oralement qu'ils avaient l'autorisation de passer la nuit à cet endroit. Après lecture de la presse espagnole, qui ce matin se faisait largement l'écho des événements de Paris, il y a de quoi se demander si ce revirement de situation n'est pas le signe de la crainte des autorités de voir les multiples bavures se retourner contre elles, sur le plan médiatique.
Bruxelles : du 8 au 15 octobre
Au regard de ce que nous avons vécu ici à Paris ces quatre derniers jours, nous ne pouvons que vous encourager à nous rejoindre et à participer à cette extraordinaire aventure humaine. Soyez avec nous tous, à Bruxelles, pour l'arrivée des marcheurs le 8 octobre. Femmes, hommes et enfants de tous bords, avec ou sans emploi, avec ou sans papiers, ouvriers, employés, fonctionnaires, indépendants, artistes, féministes, humanistes et activistes, pères ou mères de famille, retraités ou étudiants, que vous soyez syndiqués, membres d’une association ou même d’un parti. Car aujourd’hui les choses sont claires : c’est à tous mais donc à chacun qu'il revient de joindre les actes aux paroles.



Littéralement,
Badi Baltazar & Roland Nasky

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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 13:05

LEMONDE.FR Avec AFP | 22.09.11 | 09h54

 
 

Une grève générale des transports à Athènes, déclenchée en réaction au nouveau train de mesures d'austérité décidé par le gouvernement grec dans l'espoir d'empêcher la faillite du pays, provoque jeudi 22 septembre le chaos dans la capitale.

Situation exceptionnelle, Athènes est privée de tout transport, avec l'appui des taxis, irrités par un projet de libéralisation de leur secteur, tandis qu'enseignants et employés municipaux ont également prévu des arrêts de travail. Les contrôleurs aériens ont entamé un arrêt de travail de quatre heures, forçant les compagnies aériennes à annuler ou reporter les vols.

 

Une partie de la population a manifesté, mercredi 21 septembre, pour protester contre les dernières mesures d'austérité.

Une partie de la population a manifesté, mercredi 21 septembre, pour protester contre les dernières mesures d'austérité.AFP/LOUISA GOULIAMAKI

Ces mouvements sociaux reflètent la colère, l'incrédulité et la consternation de la population devant le nouveau tour de vis annoncé la veille par le gouvernement. Dès mercredi soir, une manifestation anti-austérité a eu lieu dans les rues d'Athènes. Le gouvernement socialiste venait de décider de baisser les retraites supérieures à 1 200 euros mensuels, de mettre au chômage technique 30 000 salariés du secteur public d'ici à la fin 2011 et d'abaisser le seuil minimum d'imposition.

"LA GRÈCE SE TRANSFORME EN HOSPICE POUR LES PAUVRES"

Même les milieux d'affaires s'inquiètent. "La Grèce se transforme en hospice pour les pauvres, avec de nouvelles mesures annoncées chaque jour et chaque semaine", a commenté le patron de la chambre de commerce et d'industrie d'Athènes, Constantinos Michalos, pour la télévision publique. Selon lui, "il n'y a pas de boussole, ce gouvernement ne sachant pas où il va".

Le malaise est aussi perceptible dans les rangs des députés et d'anciens ministres du Parti socialiste, qui doutent de ces nouvelles mesures d'austérité après deux années de récession.

"Nous allons faire tout ce qu'il faut pour ne pas mettre en danger l'avenir du pays et sa place dans la zone euro", a assuré le ministre des finances grec Evangélos Vénizélos. La Grèce veut convaincre ses créanciers de lui verser une sixième tranche de huit milliards d'euros du prêt consenti en mai 2010, sans laquelle elle risque de se retrouver en cessation de paiement en octobre. Elle devra aussi convaincre ses fonctionnaires qui ont d'ores et déjà programmé une grève le 5 octobre prochain. Une grève générale est aussi attendue le 19 octobre.

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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 13:02

LEMONDE.FR avec AFP | 21.09.11 | 18h11

L'enseigne de hard discount ED a été condamnée mercredi 21 septembre par le conseil des prud'hommes de Créteil à verser 40 000 de dommages et intérêts à trois salariés licenciés pour avoir refusé de travailler le dimanche.

 

En 2009, ces trois salariés, employés au magasin ED d'Oyonnax, dans l'Ain, avaient été licenciés pour "non-respect des horaires planifiés et insubordination" après avoir informé leur direction qu'ils ne souhaitaient pas travailler le dimanche matin afin de préserver leur vie familiale. Ils avaient alors saisi le conseil des prud'hommes de Créteil, lieu d'implantation du siège d'ED.

 "CONSÉQUENCES MAJEURES" SUR LEUR VIE FAMILIALE

A l'audience en juin, l'avocat du groupe, Me Jean-Jacques Fournier, avait notamment rappelé que la grande distribution était un secteur où l'ouverture le dimanche matin était "de plein droit" et que les salariés étaient dès lors amenés à travailler ce jour-là. De son côté, l'avocate des plaignants, Me Inès Plantureux, avait plaidé que l'obligation de travailler le dimanche n'était pas prévue dans leur contrat et qu'elle aurait eu des "conséquences majeures" sur la vie familiale de ses clients.

Dans sa décision, le conseil leur donne raison et déclare leur licenciement dénué de "cause réelle et sérieuse". Il leur alloue à chacun 40 000 euros de dommages et intérêts pour préjudice moral et ordonne notamment un rattrapage de l'indemnité de licenciement qui leur a été versée. "Le conseil des prud'hommes a considéré qu'assimiler le refus de travailler le dimanche à une faute était un abus de pouvoir de la part d'ED", a commenté Me Plantureux. "Ces salariés n'étaient pas capricieux. Ils travaillaient déjà le samedi et avaient des plannings chargés mais travailler le dimanche leur empêchait tout simplement d'avoir une vie familiale", a-t-elle fait valoir, ajoutant qu'aucun de ses trois clients n'avaient pour l'heure retrouvé un travail.

Me Fournier a estimé qu'il ne s'agissait que d'une "décision de première instance". Il n'était pas en mesure d'indiquer si la société ED comptait faire appel du jugement. L'enseigne ED appartient au groupe Dia, une ancienne filiale de Carrefour devenue indépendante en juillet.

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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 12:59

LEMONDE.FR | 21.09.11 | 18h44   •  Mis à jour le 21.09.11 | 19h03

 
 

 

L'avion d'Air Méditerranée à destination de la Turquie est parti sans ses 22 passagers malentendants dimanche à Marseille.

L'avion d'Air Méditerranée à destination de la Turquie est parti sans ses 22 passagers malentendants dimanche à Marseille.AFP/FRED DUFOUR

"On ne peut laisser passer l'idée qu'une personne sourde ne peut pas voyager toute seule !" La vingtaine de Marseillais, sourds ou malentendants, qui se sont vu refuser d'embarquer sur un vol Air Méditerranée dimanche, dénoncent une "discrimination".


Ce groupe de 22 personnes, membres de l'Association des Sourds de Marseille, devait partir en vacances en Turquie depuis l'aéroport de Marseille-Marignane. Mais c'est après l'enregistrement de leurs bagages dimanche que tout a dérapé.

"Au moment d'embarquer, une personne de la compagnie a dit qu'ils ne pouvaient pas", rapporte Fabienne Guiramand, interprète en langue des signes, dont la mère faisait partie du groupe. Les voyageurs ont tenté de faire valoir que tous avaient déjà volé dans les mêmes conditions pour la Tunisie l'an passé. Pour Michèle Vial, inscrite à ce voyage avec sa sœur sourde, "tout le monde était parfaitement autonome", presque tous "étaient capables de parler et se faire comprendre" et "plusieurs étaient même appareillés [pour entendre]".

Quand, après plus d'une heure de palabres, la compagnie a proposé de les transférer à Lyon où, dimanche soir, un autre avion avec le personnel ad hoc les prendrait en charge, ils ont refusé. "Crevés et blessés, ils avaient l'impression qu'on les prenait pour des débiles mentaux", s'emporte Fabienne Guiramand.

UN IMPÉRATIF DE SÉCURITÉ

Anne Loubet, directrice générale d'Air Méditerranée, a "regretté" mercredi l'incident, évoquant "un impératif de sécurité". "Dans les procédures d'exploitation d'Air Méditerranée, une personne sourde et muette est considérée comme une personne à mobilité réduite", explique-t-elle, précisant qu'à ce titre la compagnie impose "de mettre à disposition un membre d'équipage cabine par tranche de cinq passagers".

Dans Libération, Fabienne Guiramand récuse cet argument : "Les personnes sourdes entendent très bien avec les yeux, et de façon souvent plus attentive que beaucoup d'autres passagers. Par exemple, quand des Chinois voyagent, ils ne comprennent souvent pas mieux les mots dans les cabines. C'est juste un problème de langue, pas de handicap."

DISCRIMINATION

"Le dossier est en cours auprès de l'agence pour être indemnisé. Mais le remboursement est une chose, la discrimination en est une autre", souligne Mme Guiramand, précisant que des démarches ont été initiées auprès du défenseur des droits pour dénoncer une "discrimination".

La ministre des solidarités, Roselyne Bachelot, a pour sa part évoqué un acte discriminatoire. "Dans un vol aérien, une personne sourde est dans la même situation qu'une personne qui ne comprend pas la langue de l'équipage. Devrons-nous désormais réserver l'accès à bord aux seules personnes qui parlent l'anglais ou le français ?", s'est-elle interrogée, annonçant avoir demandé au défenseur des droits "un point sur les discriminations que subissent encore les personnes handicapées dans l'accès aux transports".

Du côté de la compagnie, on concède volontiers une maladresse et "une erreur de communication", on admet que le pilote aurait dû s'adresser directement aux passagers et les informer des règles de sécurité. En revanche, Anne Loubet réfute le terme de "discrimination".

Le Monde.fr avec AFP

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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 11:38

Le cirque de Guéant continue encore ce soir contre les Indignados à Paris...
On aurait pu croire que la trêve avait été décrétée, les Indignados ayant été autorisés à camper autour du stade de Bercy hier.

Mais voilà, Samedi les banques ont été huées et aujourd'hui c'était devant la Bourse que les Indignados manifestaient. C'est bien là leur crime, ne pas rester parqués là où ils ne gênent pas. Ils préfèrent agir et mettre le doigt là où ça fait mal.
Pour leur part, ils auront atteints leurs objectifs et essayé de mettre un maximum de foutoir dans la capitale.
Et nous?
Et vous?
Acteur ou spectateur?

 

 

Communiqué, 20.09.2011

 

Depuis Samedi, date de leur arrivée à Paris, les Marches des Indignés d’Espagne et de France qui vont protester à Bruxelles contre les politiques de l’Europe ultra libérale sont en butte à l’intimidation et au provocations policières. Hier au soir, alors qu’ils traversaient simplement le Quartier Latin, sans raisons aucunes, les menaces ont été mises à exécution : coups, injures, gaz, 80 personnes interpellées, 3 blessés graves.

 

A quel jeu jouent donc nos ‘responsables’ politiques ?

 

Face à l’hypocrisie doucereuse et veule de Delanoë, le ‘Socialiste’, qui leur refuse toute assistance ou abri, et à la froide brutalité calculée de Guéant, le ‘Libéral’, qui les fait tabasser, ce mouvement internationaliste, pour la Paix, la Justice, la Démocratie, la Liberté, n’oppose comme défense que ses seules mains vides et sa volonté revendiquée de rester non violent.

 

Les Indignados ne sont cependant pas sans armes. Ils marchent avec la vérité et le droit car ils protestent à juste titre contre la casse sociale, contre la marchandisation généralisée et contre la corruption et la rapacité de ceux qui prétendent nous gouverner et ne font qu’obéir aux ordres des rentiers qui saccagent le monde pour leur seul profit.

 

C’est bien parce qu’ils ont raison de s’indigner, de se lever et de regarder avec espoir vers un autre avenir que les Indignados inquiètent.

 

S’ils sont certes surpris par l’absence de réel soutien massif en France, ils ne sont pas étonnés par les coups qui leurs viennent des gardiens de l’ordre établi. Leur mouvement s’étend partout ailleurs en Europe et dans le monde, gagne en puissance chaque jour. Ils ne reculeront pas et seront nombreux à Bruxelles, en Octobre. Sans travail, sans argent, sans logis ils sont aussi sans peur !

 

Nous, Indignés de Nîmes, appelons tous ceux qui refusent de se résigner à un monde mortifère et carcéral à se rassembler pour décider d’agir contre ce pouvoir illégitime qui prétend nous intimider et nous mater. Devant la crise, face à l’arrogance et l’impunité des puissants, il y a urgence.

 

Qui sème la misère récolte la colère.

 

Les Indignés de Nîmes

Tous les jours, assemblée à 19 h Place de la Maison Carrée

Contacts : reelle.democratie@laposte.net

democratie-reelle-nimes.over-blog.com 

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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 11:23

 

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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 23:41

spaanserevolutie

Taking the Square

In March on Brussels on 21 September 2011 at 23:14

Paris, September 21

Day 58 of the March on Brussels. Surprise action.

Dear people,

This is what I was talking about yesterday. A surprise action, planned in secret, and executed to perfection by the entire group. We are an army.

Acampadaparis @ Bercy, in the morning.

At ten in the morning the tents at Bercy had to be folded. Police were present in a small number to see to it that we did. After breakfast, people start assembling, most probably for the rest of the day. I go to the Communication squat – more commonly known as ‘Media Center’ – to upload information and to the start planning the road to Brussels with the Route commission.

Media Center

When we’re done, the rest goes back to the assembly in Bercy. Only comrade Roberto and me, the Intelligence commission, we stay around to do some investigative tourism in Paris. We walk towards the Opéra, looking for traces of the Paris that was. We don’t find any of it, but what we do find is much more interesting. La Place de la Bourse.

Yours truly on reconnaissance

The rectangular square is big enough to hold an acampada. It’s dominated by the immense temple of commerce in greco-roman style. On the opposite side there are two major banks and a luxury bar. In an angle there is the seat of the Financial Markets Authority. And on the far side, the headquarters of the Agence France Press. There is not a single police officer to be seen. The site is perfect.

“This is where we must hold our popular assembly”, I say, “it can only be here.”

We hide away in a boulangerie, we tear out the standard tourist map of the city, and we start making a plan. The idea is very simple, it’s brilliant. We decide to return to Bercy to make preparations.

At Bercy, the assembly has reached a decision in less than seven hours. The idea is to hold a popular assembly in Notre Dame, and to go there in silent march, everyone in line, so as to avoid any accusions of us holding an illegal demonstration.

The idea is good. But ours is better. We start talking to the right people, and in short the word gets around that we have a plan B. Four people know the details. The others will have to confide.

Walking off in line to Notre Dame

At six o’ clock people start moving silently in a long line towards the center of town. It’s impressive to see. Unfortunately, many of our communications comrades are absent. At Gare de Lyon, I don’t know from whom, we receive a message saying that Notre Dame is full of police and that the bus is already there to take us away.

This is it. We can act. The game is on again.

Once the entire line has passed the entrance of the Gare de Lyon subway station we stop. In five persons we spread word. We go for plan B. Everybody turns around. The tail becomes the head and starts marching into the subway.

Now all has to go right. We can’t take any wrong turns, we have to keep everyone together, and we have to move fast. Divided over two trains we go to the end of line, the Saint Lazare station. When everyone is out on the platform, we move to take the number three metro line going back. Four stops and we are at Bourse.

When we are all assembled, each of us raising a hand to signal their presence, I head to the exit, a bit worried to find the place crawling with police. But no, the word didn’t get out. The square is ours for the taking. I give a shout of joy as we pour out into the daylight. “Assemblee populaire! Ici! Maintenant! Put the word out on twitter, facebook and whatever! We are here, in front of the Stock Exchange!”

Surprise assembly in front of the Stock Exchange

It takes five minutes, we are getting ready to sit down in a circle, when we hear the police sirens. Two vans drive up. They immediately surround us. Within moments there’s a police officer behind every single one of us. I move to the center of the circle to start filming.

Police arriving

Jesus Christ, one of the four people who knew about the plan, together with me, Roberto and Geraldo, moderates the assembly. He keeps his cool, we all keep our cool. We continue as if nothing is happening. The people at Agence France Press only need to look out of the window to gather news. I’m overjoyed, the move worked out as I planned. The rest is out of my hands.

We are informed that this assembly constitutes an illegal manifestation, because it was not announced to police. We respond that we are peaceful citizens gathering in a public square, not to demonstrate, but to hold an assembly.

Other people start to arrive. They want to join in, so they start to sit down outside the police perimeter, beginning to surround them. The police retreats to break the siege and let the people join in on our assembly. From behind their windows, the people at AFP look down curiously.

As police prepare to clear the square, we all move to the center, locking arms and legs together. It takes time and a lot of effort for them to drag us away. Outside the circle, sympathisers are cheering us one, someone is singing Schillers “Ode to Joy”. Curiously, the police respect the people who are filming. We are allowed to shoot it all from the beginning to the end, close up. We are the last to be rounded up. While they take me away, someone starts singing the “Marseillaise.” I can’t resist. I sing along.

Allons enfants de la patrie / Le jour du gloire est arrivé / Contre nous de la tirranie / L’étendard sanglant est levé

And so, yet again, they take us away in one big bus and various vans. Eighty people in total. But this time they don’t bring us to some vulgar police station. We got a huge promotion in just two days. They take us to an office of the French Intelligence.

In the police bus

They check all they need to check. Hours pass by, they don’t interrogate anyone. At midnight, once again, we’re free.

So what do we do now? We go back to the Stock Exchange for our rendez-vous. We can sleep there if we want, but without tents, or we can go back to Bercy and camp.

We stay. As I put out a piece of cardboard to sleep on, I smile. We conquered the square today, and we will hold it through the night. French intelligence was outsmarted by our own intelligence today, and I’m proud of it. Now we can leave Paris with our head up high.

Reconquest of the Stock Exchange Square after midnight

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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 23:18

Libération - le 21 Septembre

 

Plus de deux mille personnes "indignées" par la corruption au sein de la classe politique ont manifesté mardi soir à Rio, répondant à un appel lancé sur les réseaux sociaux après une série de scandales qui ont contraint quatre ministres à la démission en trois mois. ( © AFP Antonio Scorza)

RIO DE JANEIRO (AFP) - Plus de deux mille personnes "indignées" par la corruption au sein de la classe politique ont manifesté mardi soir à Rio, répondant à un appel lancé sur les réseaux sociaux après une série de scandales qui ont contraint quatre ministres à la démission en trois mois.

La police a estimé à "plus de 2.000" le nombre des manifestants, un chiffre décevant pour les organisateurs qui attendaient 30.000 personnes.

"Pourquoi des corrompus notoires peuvent-ils être candidats" à des élections, clamait l'un des organisateurs du haut d'un camion muni de haut-parleurs sur la place Cinelandia, théâtre traditionnel des grandes manifestations.

Sur les marches du Conseil municipal, une centaine de manifestants de tous âges ont empoigné des balais vert et jaune aux couleurs du pays, sous une immense affiche avec le message "Citoyens dans la rue, le nettoyage, c'est (la présidente) Dilma (Rousseff) qui le fait".

Ce rassemblement "Tous ensemble contre la corruption!", sans étiquette politique, a été convoqué via internet après une série de scandales qui ont éclaboussé le gouvernement de la présidente Dilma Rousseff au cours des trois derniers mois.

Une des fondatrices du mouvement, Cristiane Maza, a déclaré à l'AFP qu'après "avoir vu plusieurs personnes poster des messages contre la corruption (sur Facebook), je les ai copiés et postés sur mon mur. Un ami a fait de même, puis un autre et ça a fait boule de neige".

Quatre ministres ont été contraints à la démission à la suite d'accusations d'enrichissement illégal ou de détournements de fonds publics, et nombre de députés et sénateurs sont régulièrement accusés de corruption.

De 2002 à 2008 la corruption a coûté l'équivalent de 23 milliards de dollars au Brésil, selon une étude récente.

"Je suis là parce que cette passivité de la société ouvre la porte à tous les abus des hommes politiques", a déclaré à l'AFP l'ingénieur Claudio Serricchio, 60 ans qui portait un nez de clown.

"Ce nez de clown représente la sensation que nous avons quand nous voyons une députée empocher (un pot de vin) de 50.000 reais (22.000 euros) et ne pas être sanctionnée par le parlement. Si on ne manifeste pas, cette situation ne prendra jamais fin. Les jeunes doivent prendre le relais", a ajouté cet ingénieur qui a participé aux grandes manifestations des "Diretas ja'" dans les années 80 qui réclamaient des "élections directes immédiates" à la fin de la dictature (1964-85).

La présidente Rousseff, qui a assumé le pouvoir en janvier, a commencé à donner un coup de balai inédit contre la corruption au risque de mettre en péril la coalition gouvernementale.

Mais les mouvements citoyens considèrent que c'est encore "insuffisant".

La première Marche contre la corruption a eu lieu le 7 septembre, jour des commémorations de l'Indépendance du Brésil, rassemblant près de 30.000 personnes à Brasilia.

© 2011 AFP

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