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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 13:52
Florine Bristaud - Marianne | Mardi 13 Septembre 2011 à 15:01

 

Luc Chatel est un ministre sémillant, excellent avocat de son projet éducatif. La rentrée est pour nous l’occasion de confronter ses belles paroles aux réalités du terrain, qui découlent directement des réformes qu’il a mises en place ces deux dernières années.



(capture écran: Europe 1 - Dailymotion)
(capture écran: Europe 1 - Dailymotion)
Lorsque M. Chatel dépeint l’école à laquelle il aspire, il s’attèle à décrire un enseignement de plus en plus individualisé, auquel il aurait contribué, en instaurant des « heures de soutien personnalisé » au lycée et « deux heures consacrées à l’aide personnalisée aux élèves en difficulté » en primaire. Il rajoute d’ailleurs, non fier de l’innovation, que « C’est une grande nouveauté ! C’est un grand progrès! ». Pourtant, à l’heure où l’on dénombre 4800 suppressions de postes d’enseignants du secondaire, pour 80 000 élèves de plus par rapport à l’an dernier, ces propos triomphalistes sonnent faux. Avec des classes de maternelle comptant jusqu’à 32 élèves, et des secondes de 35 lycéens en moyenne, on est loin, très loin de l’enseignement personnalisé… Alors Chatel a beau clamer que « l’enseignant est un symbole », il le raréfie sans état d’âme. D’autant plus que les enseignants ne voient pas clairement en quoi consistent ces innovations. Une jeune agrégée professeur en Seine-Saint-Denis confie d’ailleurs à Jean-Pierre Chevènement : « Moi je n’y comprends pas grand-chose. Avant on appelait ça le contrat individualisé, c’était la loi Fillon. Maintenant, c’est le soutien personnalisé, et le plus curieux c’est que ça se fait dans des groupes. Donc ce n’est pas tellement personnalisé ! ». En somme, des profs dans le brouillard, qui tentent tant bien que mal de coller aux nouveaux textes.

 

A la question « faut-il accroître les obligations de service des enseignants ?», Monsieur Chatel se garde bien de répondre, laissant volontiers la parole à Monsieur Chevènement. En revanche, lorsqu’ il s’agit des modalités de formation des enseignants, notre ministre a des idées bien arrêtées. Il affirme qu’ « on ne peut pas dire que les IUFM (Instituts Universitaires de Formation des Maîtres) étaient des terreaux favorables (…) pour la préparation des enseignants à leur métier », ajoutant que « ça a fait beaucoup de dégâts ». Dans le souci, oh combien louable, de minimiser ces « dégâts », notre ministre a réformé la formation des enseignants lors de la « masterisation », entrée en vigueur à la rentrée 2010. Avant cela, les professeurs tout juste certifiés ou agrégés enseignaient durant 6 à 8 heures par semaine et bénéficiaient de dix heures de formation théorique hebdomadaire durant leur première année. Depuis la réforme, les nouveaux arrivants effectuent d’emblée des temps complets, à savoir 15 heures d’enseignement pour les agrégés et 18 pour les certifiés. Un emploi du temps qui laisse peu de place aux formations, qui ont été tout bonnement réduites à trois petits jours avant la rentrée, et une quinzaine de jours durant l’année scolaire. Sans oublier qu’on demande dorénavant aux jeunes profs d’y assister… sans être rémunérés ! Des stagiaires tout fraîchement sortis de la fac, qui doivent concilier formations éclairs, temps complet et préparations de cours, ce qui induit qu’ils ont un emploi du temps plus chargé que leurs collègues avec 20 ou 30 années d’ancienneté. Pas sûr que ces enseignants se sentent en « terreaux favorables » comme dirait Chatel. Pour minimiser les « dégâts », Monsieur Chatel a donc simplement décidé de minimiser les formations. Outre leur fréquence trop faible, c’est surtout leur désorganisation qui a été dénoncée par les stagiaires. Les rectorats, pris dans l’urgence à la rentrée 2010, n’ont eu d’autre choix que de faire un « savant bricolage », et c’est ainsi que les stagiaires de l’académie de Créteil ont appris en octobre comment accueillir au mieux les élèves à la rentrée de septembre. Les techniques de réalisation d’une interrogation ont été abordées en février, et les problèmes d’autorité en mars, pas moins de six mois après leur entrée en fonction.
Selon Monsieur Tisserand, Directeur adjoint de l’IUFM de Strasbourg, ce n’est pas tant la masterisation en elle-même qui a été hautement critiquée, mais plutôt ses modalités de mise en place. Les directives du ministère étaient plus que vagues, et trop tardives, aboutissant à une mise en pratique différente dans chaque académie. Les stagiaires ont effectué des temps complets dans certaines académies, tandis qu’ils ont bénéficié d’une décharge de 2 ou 4 heures dans d’autres. Les textes prévoyaient également que chaque nouvel enseignant bénéficie d’un tuteur pour l’aider dans la réalisation de ses cours. Dans un rapport du ministère datant de janvier 2011, 139 stagiaires étaient toujours sans tuteur cinq mois après la rentrée. Des tuteurs choisis à la hâte, et qui, pour certains d’entre eux, ne disposaient que d’une seule année d’ancienneté. Monsieur Chatel avait annoncé en mai dernier que depuis l’application de la masterisation « il n’y a pas eu plus de démissions d’enseignants qu’auparavant », et il affirmait même avoir reçu des lettres de remerciements de « stagiaires heureux » ! Des jeunes enseignants si satisfaits qu’ils ont crée un collectif « stagiaires en colère ». Ils ont compilé pas moins de 166 témoignages de stagiaires excédés en à peine trois mois de novembre 2010 à février 2011, pour constituer ce qu’ils ont appelé « Le livre noir d’une rentrée à plein temps ».
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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 13:44
Emmanuel Lévy - Marianne | Mercredi 14 Septembre 2011 à 12:01

Après les économistes proches de la gauche de la gauche, comme Jacques Généreux, c'est au tour des libéraux d'en appeler à la fin du grand n'importe quoi qui règne sur la planète finance. Marc Fiorantino, «homme de marché», propose lui aussi la nationalisation (partielle) de toutes les banques françaises.



Marianne : N’est-ce pas paradoxal pour un libéral comme vous d’en appeler à nationaliser les banques ?

 Marc Fiorentino : Il faut être pragmatique. Dans la situation qui est nôtre, ce n’est pas une question de choix mais de nécessité. Les banques européennes, et françaises en particuliers ont un besoin cruel de fonds propres. Elles ont beau dire le contraire, chacun sait que leur bilan se détériore au fur et à mesure que se dégrade la situation des Etats et avec elle la valeur des dettes que les établissements bancaires ont dans leurs livres. C’est cela l’origine de leur dégringolade à la bourse.  

Prenons un exemple : la dette grecque. Alors qu’elle se négocie en deçà de 50% de sa valeur, celle-ci est encore inscrite dans leur bilan pour des montants compris entre 80% et 100% de la valeur. Et ce qui est vrai pour la Grèce, l’est pour une série de pays de la zone euro. C’est cet écart qui explique que Christine Lagarde (ndlr : directrice générale du FMI), dise « il faut 200 milliards d’euros pour les fonds propres des banques européennes », quand celles-ci clament qu’il n’en est rien en invoquant les stress test. Mais ces stress test, c’est l’école des fans, une vaste plaisenterie.
Résultat : quelqu’un doit mettre de l’argent, et ce quelqu’un ce ne peut être que l’Etat.


Encore une entorse au libéralisme : vous souhaitez encore dégrader le déficit public ?

 M. F. : Oui, enfin non. Je m’explique : non seulement il n’y a pas d’autres acteurs capable de mettre sur la table les milliards nécessaires mais en plus, c’est une bonne affaire à plusieurs titre. A mon sens, il faut acheter 30 % de l’ensemble des banques hexagonales. Cela coûte entre 30 et 40 milliards d’euros. Qu’on les emprunte sur le marché ou auprès de la banque européenne d'investissement, dans tout les cas, ce ne sera pas cher.

Premier bénéfice : on rassure tout le monde et notamment les déposants. Que l’on continue ainsi et la panique qui risque de se produire conduira de toute façon à une nationalisation.

Second bénéfice : le gain futur que l’Etat retirera de cette opération, idéalement dans trois ou quatre ans. Les prix des titres bancaires sont tellement dépréciés que leur marge de progression est à mon sens important, peut-être même de 100 %.

Troisième et dernier bénéfice : en entrant au capital des banques, on va enfin mettre fin à cette comédie qui n’a que trop longtemps duré. En 2008, pour faire simple, l’Etat a prêté aux banques pour une bouchée de pain, contre leur engagement à renoncer à spéculer et à se concentrer vers le financement de l’économie. Il n’en fut rien. Et surtout à ce qu’elles mettent de la clarté dans leur comptes.


Où en en sont ces promesses ?

 M. F. : Nulle part. Surtout, rien n’a changé depuis 2008 sur la clarté. Elles se plaignent aujourd’hui de se faire attaquer. Mais ce n’est que le juste prix pour leur manque de transparence. Qui possède quoi et pour combien ? Qui détient de la dette pourrie dans ses comptes ? On n’en sait rien. Comme les Allemands le demandent, et comme le refusent en cœur nos banquiers, il faut imposer aux banques de faire la lumière sur leurs comptes.


Laurence Parisot, pour ne citer qu’elle, prétend que l’attaque des banques hexagonales est une opération concertée menée depuis l’autre rive de l’Atlantique. Qu’en pensez vous ?

 M. F. : Je ne crois pas un instant au complot anglo-saxon. Laurence Parisot est grotesque. Si elle a des preuves qu’elle les mette sur la table. Comme je l’ai dit plus haut, il est raisonnable, rationnel même, de s’inquiéter de la solidité à court terme des banques.


Et donc de spéculer sur leur baisse ? L’AMF n’a-t-elle pas interdit les ventes à découvert sur ces titres ?

 M. F. : Vous rigolez. Il n’y a rien de plus simple que de contourner cette règle absurde. Pour un néophyte cela à l’air imposant, pour une structure un peu organisée, je ne parle même pas d’un gros hedge fund, c‘est un jeu d’enfant.

 

 

Marc Fiorentino précise qu’il ne compte pas modifier ses positions sur les titres des établissements qu’il évoque dans cet interview. Dernier livre paru : Sauvez votre argent ! éd. Robert Laffont, 164 pages, 13,5€  

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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 13:29

LEMONDE.FR | 13.09.11 | 17h42   •  Mis à jour le 13.09.11 | 18h25

 
 

 

Le site de Marcoule, dans le Gard.

Le site de Marcoule, dans le Gard.AFP/DOMINIQUE FAGET

L'accident survenu lundi 13 septembre dans un centre de traitement des déchets nucléaires sur le site de Marcoule a relancé les inquiétudes sur la capacité de la France à faire face à un accident nucléaire. En mars, Slate avait déjà évoqué, à l'occasion de la catastrophe de Fukushima, les dysfonctionnements des plans d'évacuation dans l'Hexagone. Le titre de l'article, republié lundi, est sans équivoque : "La France n'est pas préparée au pire scénario nucléaire". Slate pointe notamment les difficultés liées à la proximité des installations nucléaires avec les grands centres de peuplement. "Si les autorités n’avaient pas choisi d’implanter des centrales si près des grandes villes, la question ne se poserait pas aujourd’hui", souligne le média en ligne, carte à l'appui. La ville de Lyon, par exemple, se trouve à 35 km de la centrale du Bugey et à 40 km de Saint-Alban.


RMC souligne de son côté que, "sur place, aucune mesure de protection de la population n'a été prise, mais des écoles ont pris l'initiative de confiner temporairement leurs élèves, et la panique s'est emparée un temps d'un village voisin dont les habitants ont entendu la sirène qui a retenti à l'intérieur du site après l'accident".

France Soir décrit aussi comment "les pharmacies [ont été] assaillies" à Laudun, une commune voisine de Marcoule, par des habitants inquiets réclamant des comprimés d'iode. Un comprimé disponible uniquement sur ordonnance. "La dernière distribution a eu lieu il y a quatre ans, c'est une procédure stricte qui prévoit de donner une boîte par famille. Normalement, tout le monde doit donc avoir sa boîte. Dans la réalité, on s'aperçoit bien aujourd'hui que ce n'est pas du tout le cas", explique une pharmacienne.

Malgré les annonces rassurantes émises dans l'après-midi, l'inquiétude demeure, comme en attestent certaines réactions à un article du quotidien régional Midi Libre. Ainsi, sous l'article "Explosion sur le site de Marcoule, il n'y a pas de 'fuite radioactive'", les quelques réactions vont toutes dans le même sens : "N'ayez pas peur ! Le nuage non radioactif s'est arrêté à la clôture grillagée du site de Marcoule…", ironise un internaute.

Une méfiance qui souligne les problèmes de communication et de transparence dans une telle situation. Depuis leur bureau parisien, les journalistes du Wall Street Journal se sont heurtés à un mur quand ils ont voulu solliciter l'entreprise Socodei, filiale d'EDF qui gère le centre de traitement et de conditionnement des déchets où s'est produit l'accident.

Mais en matière de communication, les journalistes ont leur part de responsabilité, accuse Michel Claessens, directeur de la communication du réacteur expérimental international ITER. Dans un article publié sur Atlantico, et intitulé "Les médias du XXIe sicèle sont-ils incapables de traiter du nucléaire ?", l'ancien journaliste scientifique assène : "Les lois médiatiques ne facilitent pas l'information sur les sujets nucléaires, bien au contraire. On l'avait observé, entre autres incidents, pour Fukushima : si les médias rapportent des news, la valeur informative de ces nouvelles est souvent très limitée. Les événements sont-ils montés en épingle ou y a-t-il volonté de désinformer ?"

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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 13:26

LEMONDE.FR avec AFP | 12.09.11 | 18h38   •  Mis à jour le 12.09.11 | 20h35

 
 

 

Une raffinerie du groupe Total près de Lyon en octobre 2010.

Une raffinerie du groupe Total près de Lyon en octobre 2010.AFP/PHILIPPE DESMAZES

Le groupe pétrolier Total a indiqué lundi 12 septembre qu'il souhaitait continuer à rechercher du gaz de schiste dans le sud-est de la France, dans le cadre d'un permis exclusif obtenu en 2010, mais sans avoir recours à la technique de la fracturation hydraulique, désormais interdite. A ce stade, Total ne précise pas quel type de technique il pourrait utiliser si jamais les recherches de cet hydrocarbure non conventionnel étaient concluantes.

Total a déposé auprès de l'administration française, un rapport "motivé par la volonté du groupe de préserver les droits à l'exploration d'un domaine minier, droits qui lui ont été attribués en mars 2010 pour une durée de 5 ans". Il y présente un "programme de travail", qui "ne prévoit pas de recours à la technique de la fracturation hydraulique", assure le groupe dans un communiqué. "On pense que l'interdiction de la fracturation hydraulique seule ne justifie pas qu'on renonce au permis, parce qu'il y a d'autres hydrocarbures qui peuvent être trouvés et produits sans la fracturation hydraulique", a expliqué à l'AFP Bruno Courme, directeur Total Gaz Shell Europe.

LE DEVENIR DES PERMIS EXCLUSIFS EN QUESTION

Le permis accordé à Total dit "de Montélimar" couvre une zone de 4 327 km2 le long du Rhône du nord de Montélimar jusqu'à Montpellier. Dans un premier temps, Total compte terminer "la phase d'études préliminaires lancée en 2010", visant à analyser les données déjà existantes sur le sous-sol de cette zone. Si les résultats sont jugés "encourageants", le pétrolier prévoit "une phase de forage destinée à recueillir des échantillons de roches" pour mieux déterminer le potentiel en hydrocarbures de la zone.

Dans le cadre de la loi adoptée en juillet sur l'exploration et l'exploitation des gaz et huile de schiste, les titulaires de permis ont jusqu'au 13 septembre pour déclarer la technique utilisée et s'ils renonçaient ou pas à leurs droits d'exploration. Dans le cas d'utilisation de la fracturation hydraulique, les permis seront abrogés, car la France est le premier pays à avoir interdit l'usage de la technique de la fracturation hydraulique, jugée hautement polluante. Cette technique consiste en effet à injecter sous forte pression d'énormes quantités d'eau, de sable et des centaines de produits chimiques pour briser la roche et extraire le gaz situé à plus de deux kilomètres sous terre.

Le ministère de l'énergie a indiqué que "le gouvernement se prononcera sur le devenir des permis exclusifs de recherche d'ici le 13 octobre, après instruction par l'administration". Les rapports remis par les industriels devraient alors être rendus publics.

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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 13:24

LEMONDE.FR avec AFP | 13.09.11 | 21h57

 
 

Une association de défense de l'environnement limousine a annoncé, mardi 13 septembre, qu'elle avait déposé un recours devant le tribunal administratif contre l'Etat, jugeant "illégale" une autorisation de stockage de déchets radioactifs délivrée par la préfecture de la Haute-Vienne à Areva.

Le recours déposé par l'association Sources et rivières du Limousin concerne le stockage de plusieurs tonnes de déchets radioactifs à Compreignac, sur un site géré par Areva, que le géant du nucléaire était sommé de déplacer depuis plusieurs mois. La préfecture de la Haute-Vienne avait ainsi laissé au groupe nucléaire jusqu'au 1er septembre pour évacuer les matières en question, des boues radioactives issues du curage d'un étang. Or, selon SRL, la préfecture a récemment édité un arrêté autorisant Areva à stocker ces boues sur un site voisin, à Bellezane.

Cette autorisation "temporaire" court sur trois ans, ce qui est "illégal", soutient SRL qui invoque une jurisprudence "très claire à ce sujet : une autorisation temporaire ne peut excéder six mois et suppose une étude d'impact qui là n'a pas été produite", affirme M. Gatet, juriste de l'association, qui a déposé un recours devant le tribunal administratif de Limoges afin de faire ramener sa durée à six mois.

"Je pense que dans cette affaire, nous avons toujours pris toutes nos responsabilités. Nous nous sommes appuyés sur une circulaire visant à gérer les situations d'urgence", a indiqué Henri Jean, secrétaire général de la préfecture, qui reconnaît que la loi prévoit pour les stockages temporaires un délai de six mois renouvelable une fois, soit douze mois au total. Sources et rivières du Limousin indique par ailleurs avoir déposé une plainte au pénal contre Areva. Selon M. Gatet, l'entreprise n'a pas respecté ses engagements puisque "à peine 50 % des résidus incriminés ont été déplacés" de Compreignac à Bellezane.

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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 13:16

Point de vue | LEMONDE | 14.09.11 | 11h18   •  Mis à jour le 14.09.11 | 14h27

par Jean-Philippe Colson, professeur émérite à la faculté de droit de l'université Montpellier-I, auteur de "Nucléaire sans les Français" (Maspero, 1977)

 
 

Bien que qualifié de non nucléaire – comme le disait déjà la présidente d'Areva à propos de Fukushima –, l'accident de Marcoule illustre une fois de plus les dangers liés à cette énergie. Cette fois-ci, c'est le plus ancien centre industriel nucléaire de notre pays qui est atteint. Et demain? La France possède une tradition nucléaire bien établie, avec 58réacteurs, soit près d'un réacteur par million d'habitants, ce qui en fait le pays le plus nucléarisé au monde. Cette tradition tourne à l'obstination, voire à l'idéologie. Serions-nous condamnés au nucléaire, malgré les avertissements répétés qu'il nous donne et qu'il vient de renouveler à Fukushima? Cette obstination éclaire les constantes de notre développement nucléaire et a refusé les évolutions nécessaires à notre temps, à commencer par la prise de conscience environnementale.

le-site-de-marcoule-dans-le-gard

La première constante est l'absence de débat public, tant sur la décision d'implantation d'une centrale que sur les grands choix de la politique nucléaire. Nul texte (pas plus la loi de 2006, aujourd'hui, que le décret de 1963, hier) ne requiert de déclaration d'utilité publique pour la création d'une centrale nucléaire ou d'un centre de stockage de déchets radioactifs.

C'est ainsi, et cela s'appelle le droit nucléaire! Par comparaison, on peut remarquer que plusieurs pays ont, au contraire, recouru au législateur ou à des consultations populaires pour décider de leur avenir énergétique. Les renoncements au nucléaire se multiplient: Autriche, Suisse, Allemagne, Italie. D'autres pays décident de ne pas remplacer les réacteurs en fin de vie (Espagne, Suède).

La deuxième constante de la politique nucléaire de la France, c'est le secret. La liste de ces secrets est longue, qu'il s'agisse, bien sûr, du nucléaire militaire, mais aussi des transports de matières radioactives et, surtout, des incidents de sites (Saint-Laurent, le Blayais, la Hague, Tricastin, Paluel, etc.). Les dangers atomiques, ainsi occultés par le secret, le sont aussi par la publication de statistiques rassurantes sur la très faible probabilité supposée d'un accident nucléaire majeur.

Mais la réalité contredit ces probabilités. Les trois accidents de Three Mile Island (1979), Tchernobyl (1986) et enfin Fukushima (2011) sont intervenus en une trentaine d'années. Soit en moyenne un accident majeur tous les dix ans.

La troisième constante est qu'il conviendrait de faire confiance aux techniciens de l'atome. A tous les niveaux: sûreté des centrales, radioprotection, gestion des déchets radioactifs à vie longue, etc. Ainsi, depuis ses origines, le droit nucléaire français n'est pas autre chose qu'une codification de la confiance que l'on nous impose de faire aux techniciens de l'atome et aux savants. Pour cette nucléocratie, l'atome est affaire de technique, pas de démocratie.

Confiance aveugle, secret et absence de débat sont liés, se renforcent mutuellement et caractérisent depuis ses origines le développement nucléaire français. Pour le reste, circulez, dispersez-vous, irradiez-vous, le nucléaire est trop important pour être discuté.

Ces constantes se sont conjuguées avec deux séries d'évolutions. En premier lieu, la part d'électricité d'origine nucléaire dans le bilan énergétique français n'a cessé de croître. En 1975, cette part était de 8,3%. Elle est aujourd'hui proche de 80%. Nous sommes donc devenus dix fois plus dépendants du nucléaire. Et dix fois moins libres d'en sortir… Cette croissance s'accompagne d'une augmentation de notre dépendance. Il y a belle lurette que les mines d'uranium du sol français sont épuisées (depuis 1990) et que nous dépendons d'un approvisionnement étranger, avec toutes les contraintes, incertitudes et risques de conflits que cette situation comporte pour l'avenir.

La deuxième évolution est un processus continu et croissant de privatisation. Certes, EDF et Areva sont deux sociétés – encore – détenues par une majorité de capitaux publics, mais les nombreux sous-traitants auxquels elles recourent sont, eux, privés et emploient souvent des personnels intérimaires chargés de la décontamination et de la maintenance des sites. Des intérimaires qu'il suffit de changer quand ils tombent malades… Ces personnels connaissent une forte rotation et sont devenus les "nomades" du nucléaire. Une rotation qui risque d'ouvrir la voie à la répétition de ce que Nils Diaz, président de la commission de réglementation nucléaire américaine, rappelait en 2004 à propos de l'accident de Three Mile Island: "Quelqu'un aurait dû le faire. N'importe qui aurait pu le faire. Tout le monde pensait que quelqu'un d'autre le ferait. Finalement, personne ne l'a fait…"

Dans le même temps, deux évolutions nécessaires à notre temps restent refusées par le nucléaire. La précaution s'efface devant la confiance réclamée par la technocratie nucléaire. Y compris lorsque celle-ci ne sait que faire. Le démantèlement de la centrale à eau lourde de Brennilis en est l'illustration. Que fait l'industrie nucléaire? Elle construit des réacteurs sans savoir comment elle les démantèlera sans dommage pour l'environnement ni ce qu'elle fera de leurs déchets.

Ainsi, depuis sa consécration par la loi du 2 février 1995 relative au renforcement de la protection de l'environnement, le principe de précaution est violé par les autorisations de création de réacteurs nucléaires (Flamanville, Penly) et de centres de déchets (Bure), du fait de l'absence de données précises (techniques, environnementales et financières) concernant leur démantèlement futur et les conditions d'élimination de leurs déchets radioactifs à haute activité et/ou à vie longue. Et les réacteurs construits antérieurement ne le respectent pas davantage.

Le principe du "pollueur payeur" n'est pas non plus appliqué par le nucléaire. Envisageable pour le temps court (mais sous-estimé par Areva et EDF), il est exclu pour la gestion à long terme des déchets radioactifs (plusieurs dizaines de milliers d'années). Le long terme pose également le problème de l'irréversibilité.

Faut-il s'orienter vers un stockage à grande profondeur, c'est-à-dire irréversible, ou bien privilégier des solutions permettant aux générations futures d'intervenir? La question n'est plus ici seulement technique, elle devient aussi éthique. Long terme, incertitude et irréversibilité se conjuguent ainsi pour reporter l'application du principe du "pollueur payeur" sur les générations futures.

Dans notre pays, le nucléaire aura donc la vie dure et toute sortie prendra plus de temps qu'ailleurs parce qu'il y est devenu une véritable idéologie. Nombreux sont cependant les chantiers d'énergies renouvelables à exploiter. Contrairement à ce que le discours dominant veut faire croire, les obstacles à cette sortie et au développement massif de ces chantiers sont plus politiques que proprement techniques.

Si les Français veulent à leur tour sortir du nucléaire, sans perdre davantage de temps, il leur reste à se convaincre que le nucléaire comporte une constante et une évolution: il est toujours aussi dangereux, et il est devenu une source d'énergie ringarde.

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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 13:15

spaanserevolutie

The Great Plains

In March on Brussels on 13 September 2011 at 23:07

Toury, September 13

Day 50 of the March on Brussels. From Orléans, 38 km.

Comrade Cat

Dear people,

 

The march from Toulouse has added some much needed fresh blood and positive energy. There’s a good feeling in the group. And so this morning we left the ‘Sarkozy laboratory’ of Orléans triumphantly, and singing. The police has never shown up.

United marches leaving Orléans

We took the right way, and the wrong turn, meaning that today’s leg would be longer than it already was. For us, doing almost forty kilometres is nothing special, but I imagine that our comrades of Toulouse had some difficulty adapting, especially after three days of rest.

By now our group is more or less half French, half Spanish, even though some of the marchers from Toulouse are Spanish as well, ‘refugees’ from the Mediterranean march.

Outside Orléans we encountered a war cemetery. French soldiers who fell during the lightning invasion by Nazi-Germany in 1940. It was incredibly sad to see all the straight lines of identical crosses. We rendered hommage to them, comrade Abdullah left a brief wish in the guest book, “these victims merit a nation that is worthy of their sacrifice. 15M, March on Brussels”.

Near the cemetery we enter the forest over the road. It’s a military training ground. We hear shooting in this distance.

 

Once we come out of the forest, the countryside has changed. The Loire valley was like a watershed. We are now entering the great plains of Northern France, a sight that is familiar to me. ‘The endless lowlands’, as the poet sings. Every time I see it again after a long time in the South, it impresses me. The space is so enormous, the dome of the heavens is so overwhelming and majestic. It’s like being at sea. But instead of the sails of the ships, you see the clock towers of the villages in the distance.

Image of a French village

Melancholy, sweet melancholy. It’s wonderful. I imagine this land on a cold Christmas eve. I am a traveller, and this is where I was born. Battered by the icy wind I walk across the snow, following the weak lights of the village I left when I was young. I’m looking for the warmth of a fire and human company that feels familiar. I knock on a door, but time has taken its toll. Nobody recognises me anymore. The door closes, the wind howls. I cover myself as best I can with my worn out cape, and I walk on, back to the South, hoping to see another spring.

 

I wake up from my thoughts, and finally, straight through the fields we reach Toury. The sun is already setting, but there are many things still to be done. We have to decide on the route to Paris, we have to write a comunicado about who we are, and why we are doing this crazy march. But there’s one problem. Electricity. My battery is almost empty. For the first time I fear I cannot send news from the march into the world. We interrupt the assembly. We need someone to take us to the nearest plug-in, late at night, in the French country side.

We end up in the bathroom of the municipal camping, which we clandestinely turn into a communications office. It’s absurd. It makes you realise how dependend we are on electricity. What would happen to our civilization, I think, if one day, for whatever reason, the light goes out.

 

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Published by democratie-reelle-nimes - dans Les marches des indignés vers Bruxelles
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13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 23:14

http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=4820

13-09-2011

Exploité par la société Socodei, filiale du groupe EDF, Centraco est un centre de traitement et de conditionnement de déchets faiblement ou très faiblement radioactifs, situé sur la commune de Codolet, à proximité du site de Marcoule, dans le Gard. Le traitement s’y effectue soit par fusion pour les déchets métalliques, soit par incinération pour les déchets incinérables.

Le 12 septembre, l’explosion d’un four servant à fondre les déchets radioactifs métalliques a déclenché un incendie dans l’installation, lequel a pu être maîtrisé à 13h le jour même. L’accident a fait un mort et quatre blessés, dont un gravement présentant des brûlures. Le bâtiment n’a, lui, pas été endommagé et aucune contamination n’aurait été détectée, les blessés n’ayant pas été contaminés. Les mesures réalisées à l’extérieur du bâtiment par l’exploitant et les services publics de pompiers spécialisés auraient confirmé l’absence de contamination. Suspendant son organisation de crise, l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) estime que « Cet accident ne comporte pas d’enjeu radiologique ni d’action de protection des populations ». Elle prévoit, néanmoins, de réaliser des inspections pour analyser les causes de l’accident.

L’association Robin des Bois a contré ces propos rassurants, affirmant que l’accident n’est pas terminé. Selon elle, dans la mesure où Centraco dispose d’autorisations de rejets atmosphériques et liquides considérables impliquant du plutonium, du tritium, du césium 137, « l’explosion du four a inévitablement provoqué des bouffées de radioactivité ». Si tel est le cas, et qu’elles ne sont pas sorties par des cheminées, il y a de fortes probabilités pour qu’elles aient contaminé l’outil industriel et des bâtiments.

Depuis sa mise en exploitation en 1999, cette installation nucléaire a déjà présenté de nombreux dysfonctionnements, tels que le dépassement des limites mensuelles et annuelles de rejets gazeux en tritium (décembre 2007) ou la perte temporaire de la détection de l’alarme incendie de l’unité d’incinération (mai 2011). Face à ces défaillances, l’ASN a demandé à l’exploitant de définir et de mettre en œuvre des actions visant à améliorer la sûreté de l’exploitation. Dans son rapport annuel 2010, en conclusion à des opérations de contrôle menées en 2010, l’ASN déclarait que « les mesures correctives mises en place par l’exploitant commencent à produire des effets sur le terrain ».

Cécile Cassier

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13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 15:24

Le Monde-13 septembre 2011

La nouvelle « petite phrase » a été lâchée dimanche soir dernier par le ministre de l’Intérieur et elle a beaucoup choqué localement (voir par exemple les articles de La Provence ici et ici).

Invité de l’émission « Le grand jury RTL -LCI-Le Figaro » et interrogé un moment sur la situation dans la deuxième ville de France, Claude Guéant a déclaré : « Il y a à Marseille une immigration comorienne importante qui est la cause de beaucoup de violences. Je ne peux pas la quantifier ». Le ministre n’a donc aucun élément précis, il n’a que des « on dit », mais cela lui suffit pour stigmatiser une partie importante de la population marseillaise. L’enjeu n’est donc pas d’analyser la délinquance. Il est probablement seulement politicien : au moment précis où le Front National tenait son université d’été à Nice, il s’agit sans doute (une fois de plus) de chasser sur ses terres en vu de l’élection présidentielle de 2012.

Après les Roumains, les Comoriens, et après eux à qui le tour ?

Depuis le désormais célèbre discours de Grenoble en juillet 2010, l’habitude avait été prise par l'entourage de Nicolas Sarkozy de s’en prendre aux Roumains. A en croire Brice Hortefeux puis Claude Guéant, le principal problème serait là. Or leurs propos et les statistiques qu’ils ont répandu dans le débat public sont tout sauf objectifs, certains chiffres avancés sont d’autant plus douteux qu’ils sont totalement invérifiables. Là, le ministre pouvait dire « je peux le quantifier mais hélas je ne peux pas vous expliquer comment »... Cette fois-ci l’on va encore plus loin : « je ne peux pas le quantifier mais je vous l’assure quand même ». Il pense sans doute que cela suffira pour un électorat qui dira toujours que c’est vrai et qu’il en a la preuve avec ce qui se passe justement en ce moment en bas de son immeuble. Alors quoi, tandis que les délinquants parisiens seraient souvent roumains, ceux de Marseille seraient massivement comoriens ?

Non, bien sûr. Certes, il y a des personnes impliquées dans la délinquance et dans des actes violents chez les citoyens marseillais comoriens ou d’origine comorienne, dont la plupart habitent les quartiers très pauvres du nord de la ville. Mais il y a d'abord et principalement des dizaines de milliers d'entre eux qui vivent en respectant les lois, qu'ils soient ouvriers, employés, commerçants, chefs d'entreprise, enseignants, artistes, sportifs, etc. En réalité, Marseille, ville cosmopolite depuis toujours, est forte d’une immigration comorienne importante, elle est même la « première ville comorienne », comme on disait jadis qu’elle était la « première ville corse ». La raison est simple : les Comores sont une ancienne colonie française devenue indépendante seulement en 1975. Il s’agit d’un archipel au large du Mozambique, peuplé par quelques 730 000 personnes, dont l’une des quatre principales est Mayotte, qui a choisi de rester française. La capitale des Comores est Moroni, qui compte quelques 60 000 habitants, un peu moins donc que la « communauté comorienne » de Marseille (évaluée entre 60 et 80 000 personnes). La France est la première terre d’immigration des Comoriens, beaucoup ont la double nationalité, le Français demeure une des langues officielles des Comores, la monnaie s’appelle le franc comorien et la France est le premier partenaire commercial des Comores. C’est dire si, comme l’indique le site du ministère des affaires étrangères : « la France et les Comores partagent une communauté de destin ».

Au-delà de la stupéfaction qui pourrait saisir l’observateur étranger constatant que, dans un même pays, selon les ministères, les mêmes personnes sont vues comme des amis ou des ennemis, on mesure ici le gouffre qui sépare deux conceptions du vivre-ensemble. Et il faut une nouvelle fois constater que monsieur Guéant a choisi la sienne, celle de l’extrême droite, celle qui érige des menaces étrangères face à une nation de Français conçue sans doute comme éternelle, à la peau blanche et partant le matin acheter sa baguette de pain au son des cloches de l’église. C’est de la xénophobie pure et simple, pour ne pas dire plus. Et de la part d'un ministre de la République, c'est lamentable.

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13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 15:21

MANAGEMENT. Carine Beaufils était conseillère financière dans une grande banque française depuis six ans. Par ras-le-bol des "briefing", "debriefing", "phoning", "reporting journalier" et surtout de cet "empire sans âme et sans éthique", elle a démissionné tout récemment. Voici la lettre adressée à ses supérieurs.
Sélectionné et édité par Hélène Decommer

 

Mesdames, Messieurs les Dirigeants de la Banque,

 

Après mon congé parental, je vais être amenée à reprendre mes fonctions de Conseiller Financier au sein de votre établissement bancaire. Or, après six années d'expérience à vos côtés, si je me sens tout à fait capable de donner satisfaction à mes clients, je suis à présent certaine de ne plus être en capacité de le faire pour vous.

 

Démission Flickr the air we breathe.

Flickr-the air we breathe-cc

 

La simple idée d'entamer la journée par un briefing avec un directeur qui s'acharnera à me fixer des objectifs "ambitieux" pour chacun de mes rendez-vous est de nature même à jeter une ombre sur les trois mois de congé qu'il me reste. Cet obscurcissement sera de surcroit accéléré par la notion de debriefing où le même directeur comparera mes réalisations avec ses petits objectifs.

 

Je suis par avance hantée par la séance de phoning obligatoire (car génératrice d'entretiens profitables), avant l'incontournable reporting journalier qui permettra à ma hiérarchie de fabriquer des camemberts témoins de ma force productrice.

 

Je n'étais pourtant pas hostile à l'Anglais, mais l'excès d'ing provoque désormais chez moi une forme sévère de répulsion.

 

En dehors de cette affection soudaine, je sais par avance que vous ne manquerez pas d'objectiver le Conseiller senior que je suis à la hauteur de ma seniorité sans vous douter qu'il me sera difficile de supporter la présence d'un "moniteur des ventes" qui veillera à ma remise à niveau.

 

Il garantira l'application scrupuleuse de notre méthode de vente, me jugera sur le schéma à trois pôles que tout conseiller de notre établissement se doit de dessiner à son client, arbitrera la rondeur de mes cercles et vérifiera que les flèches obligatoires seront de la couleur requise par vos experts ès coloriage de schéma. [dans la banque où je travaille, tout collaborateur a l'obligation de réciter une méthode de vente à chaque client - mot pour mot - et doit également dessiner un schéma aux formes et couleurs obligatoires sous peine de sanctions ; des moniteurs présents aux rendez-vous clientèle y veillent].

 

Vous comprendrez donc que mon appréhension en vue d'une nouvelle trouvaille infantilisante de votre part est à son paroxysme. Ceci étant, je me dois de reconnaître votre réel talent en la matière. La prochaine fois, nous pourrions peut-être faire du collage, cela améliorerait notre ordinaire.

 

Mais je dis vous sans même savoir à qui je m'adresse. Qui êtes-vous exactement ? D'où me viennent mes ordres de récitation ? Mes petits mots en -ing ? Je connais mon N+1, mon N+2. J'aimerais leur en vouloir, avec leurs mails enflammés et leur classement des vendeurs quotidiens, de me pousser sans en avoir l'air à vendre des actions au premier venu. Mais je ne peux pas m'appuyer sur ce réconfort.

 

La plupart du temps mal formés et sans réelle fibre managériale, ils ne sont que des pions à peine plus responsables de leurs actes que je ne le suis. Eux aussi dorment mal et évitent de se regarder dans la glace. Les objectifs qu'ils me fixent ne sont qu'une partie des leurs et ils faut bien que nous les atteignions si l'on veut que nos camemberts aient l'heur de vous plaire.

 

Comme eux, je m'appuyais jusque là sur votre entière culpabilité et sur ma non-responsabilité. En d'autres termes, je ne m'estimais pas responsable des objectifs coupables que vous m'attribuiez.

 

Faut-il croire que le fait de devenir parent fasse évoluer, car je pense aujourd'hui qu'accepter ces conditions de travail contribue à poser chaque jour une nouvelle pierre pour édifier votre empire sans âme et sans éthique.

 

Je ne peux pas continuer à travailler pour vous, même si c'est en votre nom, car j'ai décidé de ne pas ternir le mien. Je m'appelle Carine Beaufils, et je souhaiterais que vous retiriez tout de suite ce nom de vos effectifs.

 

Vous souhaitant des collaborateurs plus collaboratifs ainsi qu'une très haute rentabilité par l'atteinte de leurs objectifs,

 

Je n'espère pas à bientôt,

 

CB (initiales pourtant prédestinées)

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