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17 septembre 2011 6 17 /09 /septembre /2011 14:53

Publié le 17-09-11 à 09:04    Modifié à 12:00     par Le Nouvel Observateur avec AFP     Réagir

Les quatre dirigeants du groupe de transformation d'aluminium, séquestrés depuis vendredi matin, ont profité d'une diversion des gendarmes pour sortir.

Constellium ERIC PIERMONT / AFP Constellium ERIC PIERMONT / AFP

Les responsables de Constellium retenus par des salariés en colère sur le site de Ham (Somme) se sont échappés dans la nuit du vendredi 16 au samedi 17 septembre, a-t-on appris de source syndicale. Le groupe de transformation d'aluminium veut supprimer 127 postes sur 200.

Les dirigeants, séquestrés depuis vendredi matin, "ont pris la fuite", profitant d'une "diversion" au moment de la visite d'un gradé de la gendarmerie vers 2h pour s'engouffrer dans une ouverture taillée dans une grille du site de fabrication de profilés en aluminium, a indiqué Benoît Merelle, délégué syndical CFTC (majoritaire).

Salariés "écoeurés"

Parmi eux se trouvait le président de cette activité pour le monde de Constellium, Paul Warton, le directeur pour la France, Hervé Pelcerf, ainsi que deux dirigeants du site de Ham. Une cinquième personne, responsable des ressources humaines du site, initialement retenue, avait été relâchée entre temps par les salariés, a précisé Benoît Merelle.

"Un commandant de gendarmerie est venu nous voir, on a fait une réunion, et pendant ce temps-là, de l'autre côté de l'usine, ils ont fait une opération en découpant le grillage et en débroussaillant l'accès pour faire le chemin. Ils les ont fait sortir par là", a expliqué le syndicaliste.

"Les salariés sont écoeurés par l'attitude de la direction", a-t-il commenté.

"Il n'y a pas de dialogue. On n'a obtenu aucune avancée concrète" alors que les syndicats demandent la pérennisation du site et soutiennent un projet de réindustrialisation du site, qui a reçu l'intérêt d'un fonds d'investissement, mais a été repoussé par Constellium, a-t-il regretté.

Rencontre houleuse

Les salariés du site de Ham, menacé par un plan social annoncé en février supprimant 127 postes en raison de la mise à l'arrêt d'une des deux presses à aluminium du site, avaient profité d'une visite de Paul Warton vendredi matin pour l'interpeller sur l'avenir de leur usine.

Après une rencontre houleuse, les salariés étaient sortis de l'usine et avaient fermé les grilles à l'aide de cadenas, enfermant les cinq dirigeants qui se trouvaient à ce moment-là dans les bureaux.

Vendredi soir, une tentative de médiation du sous-préfet avait échoué, les salariés estimant que la proposition de la direction, à savoir se retrouver pour négocier lundi dans un hôtel à une trentaine de kilomètres de là, était purement dilatoire.

Le Nouvel Observateur - AFP

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17 septembre 2011 6 17 /09 /septembre /2011 14:52

Le nouvel observateur-

LE PLUS. Les dettes publiques des pays fragiles ne diminueront pas au cours des dix prochaines années, et l'Allemagne ne pourra pas les payer, comme certains le souhaitent. 

Gaël Giraud

> Par Gaël Giraud chercheur en économie

Edité par Aude Baron   Auteur parrainé par Guillaume Malaurie

Le symbole euro à Francfort en Allemagne, en 2005 (Wikimedia Commons - Lars Aronsson - cc)

Le symbole euro à Francfort en Allemagne, en 2005 (Wikimedia Commons - Lars Aronsson - cc) 

 

Certains espèrent que l'Allemagne pourra in fine financer l'excédent de dette publique des pays fragiles de la zone euro. Cet espoir est insensé. L'Allemagne ne peut pas payer ces dettes. La raison en est simple : elles continueront d'augmenter dans les années à venir, et plus rapidement que ne le permet la croissance allemande (pourtant vigoureuse). Soyons précis : pour pouvoir ne fût-ce que stabiliser sa dette publique aux conditions actuelles du marché ou des prêts du FMI et du Fonds Européen de Stabilité Financière, la Belgique, l'Italie, l'Espagne, le Portugal, l'Irlande, la France et la Grèce auraient besoin de réaliser des excédents budgétaires totalement hors de portée. Athènes, par exemple, devrait passer en un an de 9% de PIB de déficit à 11% d'excédent budgétaire ! Les plans d'austérité ne serviront à rien : non seulement ils ne permettront pas de réaliser la saignée budgétaire nécessaire, mais encore ils précipitent nos pays dans la récession et, en diminuant davantage encore les trop maigres recettes fiscales, ne font qu'aggraver le mal.

 

Consentons donc à l'évidence : les dettes publiques des pays fragiles (France incluse) ne diminueront pas au cours des dix prochaines années. Si l'on veut ramener ces dettes au niveau de 75% du PIB des pays concernés, cela représente la bagatelle de 1.322,134 milliards d'euros, soit 53% du PIB allemand en 2010. En admettant - hypothèse héroïque ! - que l'Allemagne connaisse pendant dix ans une croissance annuelle de 3% et une inflation de 2%, cela lui coûterait entre 3 et 4 points de PIB chaque année. Soit, davantage que ses gains de croissance. Pendant dix ans ! Serait-ce suffisant pour “calmer les marchés” ? Même pas : l'Espagne est aujourd'hui à 75%, et n'est pas épargnée par les attaques spéculatives. Et nous serions encore très loin des 60% exigés par Maastricht.

 

Il n'y a donc pas d'autre issue au mur des dettes publiques européennes que celle de la restructuration ou de la monétisation des dettes par la planche à billets. Quant aux banques qui seront en faillite en cas de restructuration, il faudra se résoudre à les nationaliser, en sécurisant les avoirs des petits épargnants.

 

 

Cet article a été publié dans "Le + des lecteurs" dans le Nouvel Observateur du 15 septembre 2011.

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16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 20:13

 

 

In March on Brussels on 16 September 2011 at 20:15
Bagneux, September 16

Day 53 of the March on Brussels. From Montlhéry, 26 km

This morning

Dear people,

 

We are camping near the gates of Paris. We have reencountered comrade Waldo who has meticulously prepared our arrival in this modest black-and-white suburb of the capital.

 The walk over here was a strange experience. We didn’t cross the city and we didn’t cross the countryside. It was a hybrid. Old villages and modern flats interspersed with cornfields and vegetable gardens.

 

Street art in the suburbs

 

Half way towards the center of gravity, the urban matter thickens. We go from suburb to suburb over a bicycle lane through a green corridor of parks. The monuments we encounter tell the story of the division of general Leclerc, who received the honour to be the first to enter Paris in August 1944. While the soldiers were liberating the city, Ernest Hemingway was ‘liberating’ the wine cellars of the luxury hotels.

 

 

Since yesterday we are joined by a comrade from Barcelona, a veteran of the Mediterranean march. He confirms all the bad stories. I haven’t yet heard a single positive word about their march. Rumours had already reached us that they did at least three legs by car. It’s all true. They are a bunch of slackers.

What I didn’t know was that a French girl living in Barcelona joined the march in Montpellier, and grabbed power. The principles of horizontally were abbandoned in favour of dicatorship. She controlled everything, the assembly and the logistics. She imposed rules and punishments.

“Really?” I ask, “and did things go better after that?”

“No. The internal conflicts persisted. The only result was that people stopped participating and thinking for themselves, which are more less the two things we want to accomplish. Those who didn’t agree with the new regime packed their bags and left.”

Lady Blue Eyes, the Führer, was only once confronted with a rebellion, in Nimes. A minority of hard core marchers refused to go by car. But everything was already organised. A fait accompli. The rebels desisted. The march restarted from Lyons.

The only positive result of the coup was that the internal assemblies stopped being a lengthy waste of energy and time. They turned into informative meetings where the leader communicated her decisions to the group. The popular assemblies on the other hand were a theatrical piece that followed the exact same script every single night, interpreted by the same actors. “A farce.”

 

I recognise these tendencies. But in our march we never even got close to the extremes of the Mediterranean. And though we should all be sad about the failure of our comrades, a most human reaction to this news is one of self complacency. “We aren’t so bad after all, compared to those gilipollas of the Mediterranean.”

Unndoubtedly the most succesful march from a human and a revolutionary point of view is Toulouse. They were few and their organisation was minimal, but very functional. For the most part of the trip they didn’t have a support vehicle. They walked distances of 25 km max with their bagpacks on their shoulders and they hardly ever ate a hot meal. Only sandwiches. They didn’t have commissions, and they didn’t exhaust themselves with internal assemblies. Everything worked out naturally.

Even their communication was much better than ours. Their blog is serious, updated by one person only, and whenever they had a support vehicle at their disposal, the car went ahead to the villages on the route to distribute flyers and attach manifests announcing the popular assembly. By comparison, our Communication commission has counted up to eight people, about as much as the entire Toulouse march, and they hardly ever managed to do any difusion in the villages on the route, or to bring out the word of the march on the internet. One example says it all: the other day a member of our Communications commission came to me to ask if he could send an email to his family. They hadn’t heard from him in ten days, and he wanted to let them know that he was alive.

 

At Orléans our march has literally swallowed the Toulouse march. We treated them simply as another handful of marchers. We never did anything to integrate them, or to learn from their experiences. It’s one of our capital sins. Arrogance. ‘We are the March on Brussels, we come from Puerta del Sol, and we are going to teach the world the gospel of peaceful assemblyism.’

Some of the people from Toulouse have already left our march. The others don’t participate in the assembly, and rumour has it they are planning to secede after Paris and walk to Brussels the way they used to.

 

In the two speaches I held to the popular assemblies of Tours and Orléans I stressed the fact that there are many people who share our objectives. People who have been fighting for a better world for years. “We are conscious of this”, I said. “We also come here to learn from you. With all due humility.”

Comrade Vladimir, the only active participant from the Toulouse march summed it up in three words. For him, the movement of the indignados can only be aimed at one thing.

“Convergence of struggles.”

 

 

 

Petit assemblee, Disneyland style

Anarchism Rules!

In March on Brussels on 15 September 2011 at 23:10

Montlhéry, September 15

Day 52 of the March on Brussels. From Etampes, 29 km

 

'Minimalism'

 

Dear people,

 

This morning, instead of going walking early, we sat down in the tavern ‘le petit caporal’, to plot about actions in Paris. We were not the only ones. There are small groups within our march preparing actions and diversive manoeuvres of their own accord. Also the Mediterranean march and the indignados in Paris are busy cooking up their own plans.

Then when the time comes to coordinate things in the internal assembly, we lose hours deciding whether a journalist of a photographic magazine should be allowed or not to assist to the assembly. In the end, we don’t even get to talk about the important things.

But do not think that this is a ridiculous chaos, o no, it’s tactics. The only way for us to avoid that the police knows what we’re going to do is to make sure that we ourselves don’t have any idea of what’s going to happen.

 

So far for things in practice. These last few days I have been talking about the theoretical nature of our movement with comrade Roberto, from the Economy commission, which is now known as the commission ‘Autogestión’, to appease the anti-monetarians within the march.

Roberto is a former stock broker and bank employee. He started off as a choir boy in church. He knows the enemy, and he has a very analytical way of thinking which isn’t blurred by any kind of moral. I’m trying to convince him to be part of a secret Intelligence commission, with the objective to gather any type of information about the march.

This information is divided on various levels. One is the organisation of the march, another is a classification of its participants on the basis of their mentality, and another is a classification on the basis of their political ideas.

We made a scheme of the commissions. Route, Economy and Dinamisation are the primary ones. The Route decides where we’re going. Economy controls the secondary commissions of Logistics and Kitchen. Dinamisation is a kind of central committee which prepares the politics of the assembly. If you control these three commissions, you control the march.

But maybe the most important commission of all is Communications. Through Communications we create the public image of the march. We depend on public support. Without effective propaganda, there is no march.

As for the mentality, people can be divided into the ‘rigorosos’, or the people who want to shape order out of chaos, the ‘permisivos’, who try to keep the group together with comprehension and endless search for consensus. There are the parasites, who don’t really care as long as they don’t have to walk and receive a free meal. And finally, there are a few visionaries who don’t take themselves or the march too seriously. They watch on with amazement and joy how this incredible movement develops.

On a political level you can recognise the classical distinction between radical revolutionaries and practical reformists. The former want to change everything overnight, so that as from tomorrow we can all live together, happily ever after. The latter admit that things are a bit more complicated than that. But most people probably don’t have any clear political ideas at all. They know things are not right in society, but they wouldn’t really know where to start to make a change.

 

At midday we walk. It was a strange day today. A part of the distance I walked alone, and whenever I did, I got lost. This hardly ever happens. I arrived last, late in the evening. I missed the popular assembly on the village square, which was a shame, because I heard it had been very interesting.

There was a woman present who works in a psychiatric institution. She told that she had 23 patients in her department, ten of which had drinking problems. It seems that Sarkozy has passed a law which allows police to send people who are caught drunk on the street to a mental institution. One of the patients got caught the very first time he ever touched a bottle. After six months in the clinic he had become a true alcoholic.

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16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 18:17

Des ouvriers métallurgistes séquestrent leurs patrons

LEMONDE.FR avec AFP | 16.09.11 | 18h57   •  Mis à jour le 16.09.11 | 19h19

 
 

Des salariés en colère retiennent depuis vendredi 16 septembre, au matin, cinq responsables de Constellium sur le site de Ham (dans l'est de la Somme), où le groupe de transformation d'aluminium veut supprimer 127 postes sur 200. Ils menaçent de les séquestrer durant tout le week-end.


Profitant d'une visite du président de cette activité pour le monde, Paul Warton, en compagnie du directeur pour la France, Hervé Pelcerf, les salariés de ce site de production de profilés en aluminium (cadres de fenêtres, barres et structures), ont bouclé le site vendredi matin vers 10 heures.

"On les a laissés venir, tous les outils de production tournaient quand M. Warton est venu nous voir", raconte Benoît Merelle, délégué syndical CFTC, majoritaire. "A ce moment-là, tous les salariés qui avaient commencé à 6 heures ont arrêté de travailler pour demander des explications sur le plan social", ajoute-t-il.

LES DIRIGEANTS VONT PASSER "UN PETIT WEEK-END EN PICARDIE"

Mais les arguments de la direction, assignée par la CGT en référé pour plusieurs points du plan social que le syndicat juge illégaux, ont suscité la colère. "On s'est rendu compte qu'on était arrivés à un point de rupture, explique Frédéric Dagnicourt, délégué CGT. Du coup on a décidé de fermer les grilles de l'usine après que les cadres dirigeants sont retournés dans les bureaux."

Le directeur industriel, le responsable de la production, ainsi que la directrice des ressources humaines du site sont également retenus dans l'enceinte de l'usine, a confirmé Nicolas Brun, le directeur de la communication de Constellium, détenu à 51 % par le fonds Apollo, à 31 % par Rio Tinto et à 10 % par le Fonds stratégique d'investissements (FSI).

Les salariés, qui prévoient de se relayer pendant la nuit, montent la garde devant l'entrée, brûlant des palettes malgré de fortes rafales de vent. Une dizaine de gendarmes, ainsi que les gardes du corps de M. Warton, patientent à proximité.

"Notre direction est gardée bien au chaud dans les bureaux. Ils vont avoir le temps de réfléchir à l'avenir du site, puisqu'il est évident que nous ne sommes pas du tout d'accord à ce sujet. Je pense qu'ils vont passer un petit week-end en Picardie", commente M. Merelle.

"LE SITE CONTINUERA À VIVRE", ASSURE LA DIRECTION

Les syndicats craignent que le plan social, qui prévoit la mise à l'arrêt d'une des deux presses à aluminium, ne soit qu'"une fermeture déguisée" avant de définitivement mettre la clé sous la porte, l'an prochain.

La direction réfute. "Le site de Ham a perdu 14 millions d'euros sur les trois dernières années, on ne pouvait donc continuer comme ça, mais le site continuera à vivre avec une presse et 80 personnes, comme dans notre usine en Allemagne. M. Warton était justement venu pour expliquer les investissements complémentaires qu'on va faire", assure M. Brun.

Les salariés, qui dénoncent un "massacre industriel", font remarquer que la nouvelle presse, achetée il y a deux ans, rencontre de nombreux problèmes et n'a toujours pas atteint sa capacité de production prévue, faute de moyens.

Le gâchis est d'autant plus grand selon eux qu'un plan de reprise alternatif pour les trois sites de production de profilés de Constellium en France — à Ham, Nuits-Saint-Georges (Côte-d'Or) et Saint-Florentin (Yonne) — avait suscité l'intérêt d'un fonds d'investissement. La direction n'avait pas donné suite.

Le plan social avait été annoncé en février par Constellium, ex-Alcan EP, lui-même héritier de l'ancien fleuron industriel français Pechiney.

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16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 11:54
Marianne-Philippe Bilger - blogueur associé | Jeudi 15 Septembre 2011 à 05:01 | Lu 5408 fois

Face aux transgressions républicaines qui s'amoncellent depuis 2007, selon notre blogueur associé, l'avocat Philippe Bilger, il est nécessaire de ne plus fermer les yeux. Il espère un sursaut républicain des différents candidats à la présidentielle.



(capture d'écran Dailymotion - e-ostadelahi-fr - cc)
(capture d'écran Dailymotion - e-ostadelahi-fr - cc)
Quel nouveau scandale pour demain ? Chaque jour nous apporte sa misérable et dégradante pitance. Certes, dans cette litanie du déclin démocratique, tout ne doit pas être mis sur le même plan mais il me semble que peu ou prou chacune des séquences, dérisoire, choquante ou frauduleuse, révèle une distance de plus en plus grande entre l'idéal républicain et sa traduction au quotidien.

Quelques exemples : la gestion étrange de Clearstream avec Dominique de Villepin mais la confirmation bienvenue de sa relaxe, le rôle des Parquets à Nanterre et à Paris dans les informations ayant abouti au procès de Jacques Chirac, les affaires Woerth, les écoutes Bettencourt nous plongeant dans un officieux où finance, privilèges et justice, contre tous les principes, révèlent leur pacte, le traitement calamiteux et orienté, avant Bordeaux, de ces dernières procédures, la dilapidation programmée Tapie-Lagarde, l'instruction Karachi loin d'avoir ouvert toutes les portes de la vérité et de la corruption, les fréquentations de personnalités, pour rester modéré, à la fois sulfureuses, richissimes et protégées : notamment Ziad Takieddine et Alexandre Djouhri, la polémique autour des déclarations d'Isabelle Prévost-Desprez par précaution « temporairement déportée » mais risquant - ce serait absurde - une procédure disciplinaire, la nomination d'Arno Klarsfeld - s'il ne sert pas, on le sert ! - à la tête de l'Office français de l'immigration, les dénonciations de l'avocat Robert Bourgi en même temps, de 1997 à 2005, partie prenante de la lucrative Françafrique et jouant aujourd'hui au « chevalier blanc » prétendument improvisé, Bourgi honoré le 27 septembre 2007 par le président de la République pourtant éclairé par et sur le personnage, etc (nouvelobs.com, Marianne 2, Mediapart, le Figaro, Libération, L'Express.fr).

Faut-il continuer ?

J'entends déjà les relativistes, les tolérants, les indifférents souligner qu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil et que sous tous les régimes et avec tous les présidents la morale publique a été battue en brèche. Peut-être. Ce qui est tout de même singulier et dévastateur aujourd'hui, et depuis 2007, c'est l'accumulation répétée et ostensible de transgressions, de dérives et d'indélicatesses qui ne semblent plus gênées d'exister mais au contraire viennent comme une provocation permanente faire la nique au citoyen ordinaire comme si le Pouvoir n'avait qu'une seule ambition : manifester que l'essentiel de sa supériorité tient à son droit de s'échapper de l'Etat de droit largement entendu.

Ce qui me rend mélancolique, et beaucoup de citoyens avec moi, est de devoir constater que l'indignation n'a plus de frontières, qu'elle ne s'arrête plus devant tel ou tel parti mais qu'elle est poussée à dénoncer les violations de l'éthique partout et au sein d'institutions sans la qualité desquelles l'air public devient irrespirable. Le pire est que le nauséabond chuchoté ou proclamé n'étonne plus personne. Il y a comme une évidence de l'absence de rectitude dans notre pays. On se doute que Bourgi ne s'est pas réveillé spontanément, on présume que Jacques Chirac, Dominique de Villepin, Alain Juppé (pour le Club 89) et Jean-Marie Le Pen ne sont pas mis en cause pour rien et on éclate d'un rire amer quand on prétend exonérer Nicolas Sarkozy. On n'oublie pas non plus les frères Guérini.

Il est clair qu'il ne suffit pas de faire appel à la gauche pour « réenchanter la politique », comme Gérard Courtois le demande dans son excellente analyse hebdomadaire sur la France, dans Le Monde. Je la trouve tout de même optimiste dans la mesure où elle croit trouver demain dans la politique - espérée de gauche - les remèdes à une crise politique incontestable. Mais la crise morale dépasse, et de très loin, les effets de celle-ci qui semble par comparaison maîtrisable et presque classique.

La politique en tant que telle est affectée par la corruption des valeurs qui structuraient le vivre ensemble et légitimaient l'adhésion des gouvernés aux gouvernants et les déclinaisons partisanes n'y pourront rien. L'époque est révolue où il suffisait, pour mettre en garde les responsables politiques de tous bords, de les alerter sur la probable montée du Front national si leurs errements se poursuivaient. Cette facilité n'est plus d'aucun secours. Le politique n'a plus le moral parce que la politique est décriée pour avoir abandonné la morale. Retrouvons d'abord l'éthique égarée pour redonner peut-être du lustre à ce qui, sans elle, n'est que technique vide de sens.

Cette crise morale a commencé dès 2007 et elle est devenue paroxystique au cours de ces derniers mois. Elle est infiniment dangereuse parce que, contrairement aux crises économique et sociale qui, au moins en théorie, ne rendent pas inconcevable un redressement par des solutions adaptées et une confiance restaurée, la morale appelle, suscite, exige une révolution des esprits et des pratiques, un bouleversement qui ferait de notre démocratie de plus en plus vicieuse une République se souvenant de la vertu qu'on lui prêtait et acharnée à la faire revivre.

Pères et mères-la vertu

L'exemplarité dans un sale Etat
On comprend mieux pourquoi les projets, les programmes demeurent patiemment dans les tiroirs et que les généralités abondent. Comme si l'on gardait l'intelligence et l'inventivité au pied. Parce que le désastre moral emporte tout et qu'il n'est plus nécessaire de nous offrir des idées, des convictions mais des personnalités, de l'intégrité, de la décence, de la rigueur (pas seulement financière !) et de l'exemplarité.

On se moquait hier des « pères, mères-la vertu », on les jugeait ridicules, peu accordés à une société de mouvement et de débridement. Aujourd'hui, on les sollicite, on les attend. La demande d'éthique est trans-partis et sa satisfaction, sans doute aussi. Cela fait longtemps que François Bayrou a placé au coeur de son discours cette exigence de la morale publique et d'une gouvernance d'abord respectée parce que respectable. Ségolène Royal, qui a crevé l'écran de la télévision à C politique, a consacré une part importante de ses réponses à l'affirmation d'une révolution morale dans l'Etat et la pratique de celui-ci. Pour sa part, François Hollande, excellemment interrogé le même jour par Anne-Sophie Lapix sur Canal Plus, a fait apparaître à mon sens des faiblesses. Manifestement, il saura résister à la tentation de la sévérité et tout laisse craindre que le moment venu, il ne sache pas faire « le ménage », contrairement à son ancienne compagne. Son intelligence est trop vive, trop ironique pour être capable de la brutalité nécessaire demain. On estime le politique, on reste réservé devant l'homme. Quant à Nicolas Sarkozy, il nous a déjà déclaré que ces affaires relevaient de « clapotis dans un verre d'eau ». Pour peu qu'on renverse l'éthique avec le verre d'eau, que restera-t-il au citoyen nostalgique d'une République qui n'aura été irréprochable que le temps de la formulation du concept ?

Je fais un rêve : le jour où au sein de tous les partis, surtout ceux au service du pouvoir, on pourra compter sur le même dégoût, la même nausée devant ce sale Etat, on aura accompli un grand pas, une énorme avancée.

On n'a plus le droit de fermer les yeux, de se boucher le nez et de croire qu'ailleurs, c'est pire.
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16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 11:45

LEMONDE.FR avec AFP | 16.09.11 | 08h55

 
 

 

Le dernier bilan social, rendu public en mai, faisait apparaître une dégradation des indicateurs de santé au travail pour le personnel, avec notamment une hausse des arrêts maladie.

Le dernier bilan social, rendu public en mai, faisait apparaître une dégradation des indicateurs de santé au travail pour le personnel, avec notamment une hausse des arrêts maladie.AFP/ERIC PIERMONT

Une salariée du centre financier de La Poste s'est suicidée, jeudi 15 septembre, sur son lieu de travail à Paris (15e) en se défenestrant du 4e étage, ont annoncé des syndicats du groupe. La direction a précisé que "les circonstances de ce décès font actuellement l'objet d'une enquête de police".
 



La CGT, tout en disant ne pas connaître les raisons de cet acte, a souligné que "le fait de choisir de se suicider sur son lieu de travail, pendant ses heures de service, en présence de ses collègues ne peut être considéré comme anodin".

La CGT a rappelé qu'elle "ne cesse de dénoncer les pressions engendrées par les restructurations permanentes décidées à La Poste au nom de la rentabilité". Le syndicat affirme que "les services financiers sont particulièrement touchés" et estime qu'il y a "urgence à revoir en profondeur la finalité, l'organisation et le contenu du travail" au sein du groupe.

 JOURNÉE  DE DEUIL

"C'est avec une grande tristesse que La Poste a appris ce jour, en fin de matinée, le décès d'une collaboratrice", a indiqué la direction du groupe, qui a déclaré qu'"une cellule psychologique a été mise en place pour soutenir l'entourage professionnel".

Le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) a été réuni. Celui-ci a décidé d'ouvrir une enquête, a indiqué dans la soirée Alain Amblard (CGT). Il a précisé que la salariée avait été en congé longue maladie et avait repris ses fonctions il y a trois semaines, avant d'être de nouveau arrêtée au bout d'une semaine suite à un accident de travail. Elle était revenue travailler normalement jeudi matin.

La CFDT a fait part de son côté de sa "stupeur" et dit attendre les résultats de l'enquête. Le secrétaire national du PS chargé des services publics, Razzy Hammadi, a évoqué pour sa part "une journée de deuil pour La Poste toute entière et pour le service public". "Quelles que soient les conditions de ce drame, le Parti socialiste rappelle son exigence (...) de voir être mis en place au plus vite un diagnostic social indépendant analysant les conditions des restructurations violentes de l'entreprise et leurs effets sur les agents", a-t-il ajouté.

La Poste, devenue le 1er mars 2010 une société anonyme à capitaux publics, emploie environ 240 000 personnes. Le dernier bilan social, rendu public en mai, faisait apparaître une dégradation des indicateurs de santé au travail pour le personnel, avec notamment une hausse des arrêts maladie.

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16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 11:41

LEMONDE.FR | 15.09.11 | 18h36

 

Les quatre tours de refroidissement du centre nucléaire de production électrique de Dampierre-en-Burly.

Les quatre tours de refroidissement du centre nucléaire de production électrique de Dampierre-en-Burly.Mathilde Gérard / Le Monde.fr

Même s'il a rapidement été maîtrisé, l'accident de la centrale de Marcoule n'a pas manqué de rouvrir le débat sur la gestion d'un accident nucléaire grave en France. Cette fois, les conséquences sont restées confinées au périmètre le plus réduit : celui de ce centre de traitement de déchets nucléaires du Gard où l'explosion d'un four a fait un mort et quatre blessés.


Mais que se serait-il passé si l'accident de Marcoule avait entraîné des fuites de particules radioactives, portées vers Avignon, à une trentaine de kilomètres, par le mistral qui soufflait ce jour-là ? Plus généralement, maintenant que le drame de Fukushima a laissé entendre que l'impensable était possible, la question se pose : comment une telle catastrophe nucléaire serait-elle gérée en France ?

Selon Jean-Luc Godet, à la tête de la Direction des rayonnements ionisants et de la santé à l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), "l'accident de Tchernobyl a montré les limites d'une mentalité probabiliste", qui suppose que les probabilités statistiques d'un accident sont si faibles que nul n'ait besoin de s'en préoccuper.

DANS L'URGENCE

La catastrophe dans la centrale ukrainienne conduit donc les autorités à se pencher enfin sur une doctrine française à suivre en cas d'accident… trente ans après la construction du premier réacteur produisant de l'électricité nucléaire en France, à Marcoule justement. Les Plans particuliers d'intervention (PPI) font alors leur apparition, supervisés, autour de chaque site nucléaire, par les préfets, et encadrés désormais par un décret de 2005. Le principe : prévoir un confinement de la population, une éventuelle évacuation, et la prise de comprimés d'iode.

Ces PPI forment une base indispensable à l'intervention en phase d'urgence, mais encore limitée. Au Japon, des villages ont été évacués dans un rayon de cinquante kilomètres autour de la centrale de Fukushima. En France, ces plans couvrent une zone ne dépassant pas dix kilomètres, voire 500 mètres pour certaines installations, déplore Roland Desbordes, président de la Criirad (Commission de recherche et d'information indépendante sur la radioactivité). Au-delà, rien n'est prévu pour les populations.

Ce n'est pas la seule limite. A Marcoule par exemple, la zone couverte par le PPI est répartie entre le préfet du Gard et celui du Vaucluse, avec les risques que cela soulève en termes d'ordres contradictoires.

DES PLANS OPÉRATIONNELS ?

Mais surtout, des doutes existent sur l'application des PPI et leur capacité à parer à toute éventualité. Concernant la première mesure, le confinement : "Lors de l'accident d'AZF à Toulouse, le préfet a ordonné de s'enfermer chez soi. Mais dans certaines maisons, les fenêtres avaient éclaté. Et dans les zones rurales, si on coupe la ventilation d'un élevage en batterie, tous les animaux meurent", explique Raymond Sené, physicien nucléaire membre du GSIEN (Groupement des scientifiques pour l'information sur l'énergie nucléaire).

Les PPI prévoient également la mise à disposition de comprimés d'iode – qui  permettent uniquement de se protéger d'une contamination à l'iode radioactive, à l'origine de cancers de la thyroïde. Mais l'épisode de Marcoule a démontré les dysfontionnements du dispositif  : "c'est un fiasco", affirme Alexandre Pissas, président de la CLI (Comité local d'information) de ce site. "Toutes les communes concernées n'ont pas été chercher leurs boîtes, certains habitants non plus, et des stocks entiers d'iode sont périmés dans les pharmacies…" De plus, selon Roland Desbordes, "il est désormais interdit de se procurer de l'iode au-delà de la zone très limitée du PPI."

Reste la question sensible de l'évacuation. Dans les PPI, un accident aussi important que celui de Fukushima n'est clairement pas envisagé. Car de nombreuses centrales sont installées à proximité de grands foyers de population – la centrale de Bugey est à 35 kilomètres de Lyon, celle de Nogent-sur-Seine à une centaine de kilomètres de la région parisienne… Pour Yves Cochet, député EELV (Europe Ecologie-Les Verts), "s'il y a un accident grave dans la centrale de Nogent, que les vents soufflent vers l'Ouest, que les nappes phréatiques et la Seine sont contaminées, ce sont potentiellement 12 millions de Franciliens qui sont touchés. Or, rien n'est prévu pour faire face à cette éventualité, et de toute façon, il est totalement impossible d'évacuer rapidement Paris et sa banlieue."

PLAN "PLUTÔT CONFIDENTIEL"

Selon Yves Cochet, après la phase d'urgence, l'armée a toutefois élaboré un plan "plutôt confidentiel", où il est notamment prévu, si aucune évacuation rapide n'est possible, "de départager la population déjà trop contaminée pour être évacuée, et celle qui pourra partir. Une discrimination assez effrayante…" En tout cas, au-delà des premiers jours, aucun "document officiel" ne prévoit pour le moment la marche à suivre, assure Jean-Luc Godet.

Une enveloppe financière est par contre prévue pour faire face aux dommages nucléaires, à hauteur de 1,5 milliard d'euros, dont près de la moitié avancée par l'exploitant. Le montant est insuffisant, estime le président de la Criirad : "Il n'y a pas d'assurance pour le nucléaire. Et l'argent mis sur la table équivaut seulement au prix du sarcophage posé autour de la centrale de Tchernobyl."

"PENSER LA SUITE"

Pour faire face à ces lacunes, l'ASN est chargée, depuis 2005, de penser le moyen et le long terme. "A l'époque, on faisait des exercices où le préfet ordonnait la mise à l'abri des gens, puis c'était tout, il ne savait pas comment lever cet ordre… Il fallait logiquement penser la suite", explique Jean-Luc Godet. Depuis six ans, le Codirpa (Comité directeur pour la gestion de la phase post-accidentelle) mobilise donc environ 130 membres – associations, élus, CLI, agences sanitaires, experts européens en radioprotection, exploitants nucléaires, etc. – pour plancher sur ce problème complexe. Avec un tas de questions sensibles : comment nettoyer les maisons dans les zones urbaines contaminées ? Que faire des objets et déchets radioactifs ? Comment enfouir ou déplacer les sols superficiels contaminés ? Comment réhabiliter les terres devenues improductives pour l'agriculture ?

Une des premières avancées du Codirpa est de dessiner un zonage du territoire en cas d'accident : une première zone dite "d'éloignement" de quelques kilomètres ; une deuxième zone de "protection" où "il est plus avantageux de rester que de partir", selon M. Godet, et où la population vivrait dans des habitations nettoyées sans pouvoir consommer les produits de la terre ; puis une zone de "surveillance", sur une soixantaine de kilomètres à la ronde, où les produits alimentaires sont susceptibles de dépasser les niveaux maximum admissibles de radioactivité.

RIEN DE PRÉVU EN CAS D'ACCIDENT GRAVE

Mais pour l'instant, le Codirpa ne réfléchit pas encore à un scénario à la hauteur de Tchernobyl ou de Fukushima. Il se fonde sur les simulations de deux accidents, dont le plus grave occasionnerait des rejets radiocatifs pendant seulement vingt-quatre heures, alors qu'à Fukushima, six mois après la catastrophe, les fuites n'ont pas pu être maîtrisées !

L'examen d'un accident plus grave et complexe viendra dans un second temps, après la publication d'une première doctrine sur la gestion d'un accident modéré début 2012 et après avoir tiré les leçons de Fukushima, promet Jean-Luc Godet.

Autre faiblesse du Codirpa : malgré un effort de concertation avec les associations et les acteurs locaux, plusieurs voix se sont élevées contre une implication et un pouvoir encore insuffisants de la population. La Criirad, elle, a refusé de participer au comité de l'ASN. Notamment parce que le Codirpa accorderait "une place maîtresse à une association comme le CEPN [Centre d'étude sur l'évaluation de la protection dans le domaine nucléaire], composée d'Areva, d'EDF, du CEA et de l'IRSN, représentant en fait le lobby nucléaire". Plus grave, selon Roland Desbordes : "Sur le fond, le Codirpa construit son travail sur des programmes de recherche européens sur Tchernobyl – Ethos et Core qui ont conclu, en gros, que la vie pouvait très bien s'organiser dans des zones contaminées, en minorant largement les problèmes de la radioactivité et de l'état de santé de la population. Il veut adapter ce modèle en France".

Angela Bolis

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16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 11:32

LEMONDE.FR avec AFP | 14.09.11 | 19h29   •  Mis à jour le 14.09.11 | 21h06

 
 

 

La plate-forme pétrolière Deepwater Horizon en feu, le 21 avril 2010, dans le golfe du Mexique.

La plate-forme pétrolière Deepwater Horizon en feu, le 21 avril 2010, dans le golfe du Mexique.AFP/HO

Les autorités fédérales américaines ont publié mercredi 14 septembre, après dix-sept mois d'enquête, leurs conclusions sur l'explosion de la plateforme Deepwater dans le golfe du Mexique, le 20 avril 2010, qui a provoqué la plus grande marée noire jamais connue aux Etats-Unis. Ce rapport pointe la responsabilité du géant pétrolier BP et de plusieurs sous-traitants comme Halliburton ou Transocean dans l'explosion de la plateforme pétrolière.


Le rapport conclut en effet que "la cause principale de l'accident", qui a provoqué la mort de onze personnes, est liée "au défaut du coffrage en ciment du puits", qui aurait dû empêcher le pétrole et le gaz de remonter. Le groupe américain Halliburton était en charge du coffrage au fond de l'océan.

Le texte reconnaît aussi les torts de l'équipage de la plateforme, propriété du Suisse Transocean, qui a poursuivi son travail malgré les risques et les signes de problèmes. Par contre, le texte indique que le groupe ne pouvait être tenu pour responsable du manque d'entretien du bloc d'obturation du puits, qui aurait dû éviter la marée noire en fermant le puits.

 BP, ULTIME RESPONSABLE

Mais au final, le rapport conclut que BP, en tant que propriétaire du puits, est l'ultime responsable de l'accident. Les enquêteurs accusent ainsi le géant pétrolier britannique d'avoir essayé de gagner du temps et réduit les coûts sans en considérer les conséquences.

Depuis le début de la marée noire, les trois entreprises se renvoient la responsabilité de l'explosion de la plate-forme. En avril, BP a ainsi engagé des poursuites contre trois de ses sous-traitants, Halliburton, Transocean et Cameron International, les accusant de négligences et défaillances. Mais Halliburton a aussi annoncé début septembre avoir porté plainte contre BP, qui lui aurait transmis des informations incorrectes avant l'explosion de Deepwater Horizon.

Plus de 1 700 km de zones marécageuses et de plages ont été polluées et plus de 6 000 oiseaux sont morts, selon le Conseil américain de défense des ressources naturelles. Un an après, quelque 2 000 personnes participent encore aux opérations de nettoyage. Et, selon le gouverneur de Louisiane, Bobby Jindal, près de 500 km de côtes sont toujours maculées de pétrole.

Mais la pire marée noire de l'histoire des Etats-Unis a également été un drame humain et économique. Depuis la catastrophe, BP a commencé à distribuer une partie des 20 milliards de dollars provisionnés pour dédommager les victimes de la catastrophe

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16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 11:21

Dans sa fuite en avant carcérale - 30 000 places de prison supplémentaires financées en toute logique par la suppression des postes d'enseignants et la fermeture d'écoles - Sarkozy reprend à son compte la vieille idée d'encadrement militaire pour les mineurs délinquants, proposée par Eric Ciotti, mais popularisée par Royal, qui se vante d'en avoir été la promotrice lors de sa campagne électorale de 2007, allant même jusqu'à regretter aujourd'hui qu'avec l'annonce de Sarkozy, « seuls 200 mineurs » seraient concernés.

Qu'une certaine fraction de la gauche rêve d'une jeunesse en uniforme et au garde-à-vous n'est pas à proprement parler une découverte.

La proposition de loi tendant à ce que des mineurs condamnés puissent choisir d'effectuer leur peine au sein d'un établissement d'insertion de la défense (EPIDE) plutôt qu'en prison, s'éclaire par la méfiance obstinée de son auteur (Eric Cotti) pour la justice des mineurs et la croyance naïve dans les vertus de la discipline militaire.

Le service militaire consiste à se préparer à la guerre

La conviction en l'efficacité éducative de l'armée a la vie dure dans un pays qui semble largement partager la nostalgie du service militaire, oubliant ce qu'il était réellement et surtout entretenant une curieuse confusion sur la finalité de ce dernier.

Jusqu'à plus ample informé, la fonction de l'armée est de protéger un pays d'une agression extérieure, même s'il est vrai qu'il faut remonter à loin dans l'histoire pour voir l'armée française s'acquitter à bien de cette tâche. Le service militaire, n'en déplaise à ceux qui ne veulent en voir que l'aspect folklorique, consiste à se préparer à la guerre, c'est-à-dire à tuer ou se faire tuer sur ordre.

De ce point de vue, on peut affirmer que la conscription fut une des institutions les plus criminelles qui soient, responsable, dans son court mais meurtrier siècle d'histoire, de la mort de millions de jeunes hommes qui ne demandaient qu'à vivre.

« Leur inculquer à la fois un savoir être et un savoir-faire »

Faire la guerre, puisqu'il faut bien appeler la chose par son nom, nécessite de s'appuyer sur une certaine forme de discipline, particulièrement brutale, fondée sur l'obéissance absolue aux ordres, même inhumains, à la soumission irréfléchie à la hiérarchie.

Si l'on veut bien considérer que la délinquance d'un mineur relève d'abord d'une inadaptation à la société, on a du mal à croire que sa réinsertion, impliquant une acceptation réfléchie des règles qui la régissent, pourrait, de près ou de loin, s'inspirer d'une logique de déstructuration, d'abrutissement de la personne humaine, caractéristique de la discipline militaire.

S'il s'agit -comme le prétend Ciotti - « de leur inculquer à la fois un savoir être et un savoir-faire, grâce à une discipline stricte inspirée de la rigueur militaire », l'armée apparaît plutôt alors comme un contre-exemple.

Encadrement : 969 adultes pour 2250 jeunes

En terme de réinsertion de jeunes en difficulté, l'armée ne brille d'ailleurs pas par ses résultats : créée en 2005 avec un objectif affiché de 10 000, puis, à terme, de 50 000 jeunes, l'EPIDE intègre péniblement, en 2010, 2250 inscrits, avec un taux de démission en cours de route de 38% et à l'arrivée un emploi stable pour un jeune sur deux.

Des résultats à mettre en rapport avec l'encadrement hors norme - 969 adultes pour 2250 jeunes - à faire rêver enseignants et éducateurs de toutes les autres structures, confrontées à des réductions drastiques en personnels.

Une autre structure (Jeunes en équipe de travail ou JET), fonctionnant sur le même principe, avait été supprimée en 2003 pour cause d'inefficacité chronique et de coût financier exorbitant : deux millions d'euros par an alors qu'au final, de l'aveu même des responsables militaires, seul un jeune sur trois confiés à l'armée ne retombait pas dans la délinquance. On ne s'improvise effectivement pas éducateur.

Faire condamner les parents de mineurs délinquants

De Ciotti, on ne compte plus les initiatives législatives confondant dans une même logique prétentions éducatives et sécuritaires : avant d'être à l'origine de la suppression des allocations familiales pour les familles d'élèves absentéistes, il s'était par exemple signalé par un projet - finalement avorté - visant à faire condamner les parents de mineurs délinquants.

Cette hyperactivité qui tourne à vide est en réalité révélatrice du refus, de l'incapacité, à prendre en considération la complexité des problèmes et la préférence, typique de la présidence sarkozyenne, pour les mesures simplistes autant qu'inefficaces.

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16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 10:54

Un Pif gonflable géant à la fête de l'Huma 2006 (DaffyDuke/Flickr/CC)

Squizé des débats de la Fête de l'Humanité, qui se déroule ce week-end à La Courneuve, le réseau Sortir du Nucléaire constate qu'« il est toujours aussi difficile de parler du sujet nucléaire en milieu communiste ». Le groupe militant a payé 1 300 euros son stand dans le « forum des associations », chapiteau regroupant une dizaine d'organisations.

Cet espace a été, selon l'organisateur de la Fête, Sylvère Magnon, « spécialement créé pour les associations qui n'ont pas les moyens de participer à la Fête ». Argument un peu tordu pour tenter de faire croire que le réseau est choyé… En réalité, le prix est le même pour tous les stands, mais dans cet espace-là, tente, mobilier, et tout le matériel sont fournis. Et un petit lieu de débat proposé en son centre.

Lorsqu'en août, l'organisation de l'événement demande à Sortir du Nucléaire, comme à toutes les associations, de proposer des débats, le réseau militant suggère :

  • un débat sur la transition énergétique, co-organisé avec Greenpeace et Attac. Le réseau explique : « On prend contact avec des gens de Global Chance et de Negawatt » [deux groupes de réflexion reconnus pour leur sérieux, ndlr] ;
  • un débat sur les travailleurs du nucléaire, où la parole aurait été donnée aux sous-traitants comme Philippe Billard, lanceur d'alerte. Denis Baupin (adjoint EELV au maire de Paris) était intéressé.

« Le choix de débats contradictoires »

Début septembre, la réponse tombe. Ces débats ne sont pas retenus dans le programme. Explication de l'organisateur :

« Il y avait déjà un débat sur le nucléaire le samedi au forum social, on ne souhaitait pas deux débats au même moment sur le même sujet.

Et puis, on a fait le choix de débats contradictoires, or ce n'était pas la formule proposée par Sortir du Nucléaire, qui proposait un seul point de vue. »

Connu comme très militant, le réseau avait cette fois proposé des thèmes d'ouverture, pas uniquement dénonciateurs. Mais cela n'a pas plu à la Fête et au journal L'Humanité, qui « souhaite la confrontation, aucun sens unique », dixit Sylvère Magnon.

Le goût du débat du rassemblement communiste aurait-il des limites ? Pas du tout à entendre les organisateurs, bien conscients que Fukushima a fait bouger les lignes.

« Aller vers un public pas acquis »

Sortir du Nucléaire, qui a vu ses effectifs militants gonfler depuis la catastrophe au Japon, ne veut « pas tomber dans la polémique », mais « trouve le procédé pas très correct », selon Laura Hameaux, porte-parole du réseau. Elle précise :

« Cette année, il nous semblait primordial d'aller vers ce type de public pas acquis à la sortie du nucléaire. On proposait un débat sur les conditions de travail justement pour dépasser l'opposition primaire entre pro et antinucléaires et montrer que la sortie du nucléaire ne se fera pas du jour au lendemain, et que c'est un gros gisement d'emplois. »

Du coup, ceux qui veulent débattre du nucléaire pourront aller au forum social samedi à 13h30 entendre Yannick Rousselet, de Greenpeace, faire face à deux membres de la CGT (Energie et Chimie) sur le thème :

« Quel avenir pour la filière nucléaire en France et dans le monde après Fukushima ? »

Les communistes indécis sur le nucléaire

Un débat pas très équilibré, auquel a essayé de se joindre Sortir du Nucléaire, en dernière minute. Là encore, il a essuyé un refus. Marcelle Allanore, responsable du forum social, justifie :

« Tout est calé depuis juin, on ne peut pas bousculer à la dernière minute, ils peuvent venir dans la salle et prendre le micro. Qu'ils reviennent l'année prochaine. »

L'année prochaine, un nouveau gouvernement aura pris les décisions sur l'avenir du nucléaire. Reste aux communistes, fondus dans le Front de Gauche de Mélenchon, à fixer une ligne claire. Le Parti de Gauche était initialement favorable à une sortie du nucléaire, mais depuis que son candidat est le représentant des communistes, il botte en touche et préfère parler d'un référendum. Et les militants ? Ils pourront toujours prendre le micro à La Courneuve.

Photo : un Pif gonflable géant à la fête de l'Huma 2006 (DaffyDuke/Flickr/CC)

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